Retum this book on or before the Latest Date stamped below. Theft, mutilation, and underllning of books are reasons for disciplinary action and may resolt in dismissal from the University. University of Illinois Library PLATON OEUVRES COMPLÈTES c) / v/ TOME VII. — i« PARTIE U PUl Il a été lire de cet ouvrage : 200 exemplaires sur papier par fil Lafuma numérotés à la presse de i à 200. COLLECTION DES UNIVERSITES DE FRANCE publiée sous le patronage de VASSOCIATION GUILLAUME BUDÉ PLATON OEUVRES COMPLÈTES TOME VII. — l'e PARTIE LA RÉPUBLIQUE LIVRES IV-\II TEXTE ÉTABLI ET TRADUIT PAR EMILE GHAMBRY Professeur honoraire au Lycée Voltaire. PARIS SOCIÉTÉ D'ÉDITION « LES BELLES LETTRES » 96, BOULEVARD RASPAIL 1933 Toas droits réservés. vîlPfi-îViri! Conformément aux statuts de V Association Guillaume Budé, ce volume a été soumis à Vapprohation de la commission technique, qui a chargé M. Auguste Diès d'en faire la revision et d'en surveiller la correction en collaboration avec M. Emile Chambry. ?81 I 1 / 7 SIGLES A = cod. Parisinus 1807. F = cod. Vindobonensis 55. Pap. 1 , 2, 3, A = Papyrus Oxyrhynchus 1, 2, 3, A- Manuscrits cités occasionnellement. W =; cod. Vindobonensis 54- D = cod. Venetus i85. M = cod. MalatestianusouGaesenasXXVIlI,4. Mon. = cod. Monacensis 237. I 00227 I ^- ■;0 ni? LIVRE IV Objection : ces gardiens ne seront pas heureux. Réponse. 419 a I Ici Adimante, prenant la parole à son tour : « Que répondras-tu, Socrate, dit-il, si l'on t'objecte que tu ne rends pas tes guerriers fort heureux, et cela par leur faute, puisqu'ils sont en réalité les maîtres de l'État et qu'ils ne jouissent d'aucun avantage de la société, comme les gouverneurs des autres États qui ont des terres, se bâtissent de belles et spacieuses maisons qu'ils meublent à l'avenant, offrent aux dieux des sacrifices en leur nom, exercent l'hospitalité et possèdent ces biens dont tu parlais tout à l'heure, l'or et l'argent, et en général tous les biens en usage chez les favoris de la fortune ^ Vraiment, dira-t-on, ils sont dans la cité comme des auxiliaires salariés, 420 a n'ayant rien à faire que de monter la garde. Oui, dis-je, et de plus ils ne gagnent que leur nourriture, sans y ajouter aucune solde, comme les autres mercenaires, en sorte qu'ils ne pourront même pas faire un voyage à l'étranger pour leur agrément personnel, ni payer des courti- sanes, ni dépenser à leur fantaisie pour d'autres plaisirs, comme le font les gens qui passent pour des heureux. Voilà, sans compter bien d'autres, des points que tu as laissés de côté dans ton accusation. Eh bien ! ajoute-les-y. b Et maintenant tu veux savoir ce que j'ai à répliquer ? Oui. Nous n'avons, dis-je, qu'à suivre notre route, et noustrou- I. Thrasymaque soutenait (I, 343 A) que les gouvernants gou- vernent dans leur propre intérêt, comme le berger nourrit le trou- peau pour en tirer profit. Sans aller aussi loin, Adimante pense que I Kal ô 'ASE'niavToç ÔTToXa66v Tt oSv, er|, S Z6- 419 a KpaTeç, aTtoXoYifjCJEi, âdcv t'lç as <|>f] jif) nàvu tl EuSai^iovaç TiOLEÎv ToÙTOuç Toùç otvSpaç, Kttl TaOxa 8l' âauTotJç, Sv laTL ^lÈv 1^ ti6Xlç xf) àXT]9£ta, ol 5è jiT]5èv àTToXatJouatv àyaBôv Tfjc; Tt6XECùç, oTov SXXol àypoùç te kektt^^iévol Kal olKtaç olKoSo^ioiijiEvoi KttXàç Kal ^lEyàXaç, Kal xai&Taïc; TxpÉTTouaav KaTaaKEuf]v ktojievol, Kal Suataç Seoîc; ISlac; OiiovTEc;, Kal ^evoSokoOvteç, Kal B-f] Kal fi vOv Bi] où eXeyeç, yi^pvaôv te Kal apyupov KEKTrmÉvoi Kal TidtvTa Saa vo^t^ETaL TOLÇ ^âXXouaiv ^iaKaptoiç Etvat ; àXX' àT£)(Vûàc;, , Kal TaÛTéc y^ EntalTLOL Kal ouSè ^itaSôv TTp6c; TOLÇ aiTloiç Xa^ôdcvovTEc; ooriEp oî ocXXol, ûSote où8' âv ànoSrj^fjaai fioùXcùVTau tSia, è^^éaTaL auToîç, oô8' ETalpatc; SiSévai, oôS' àvaXtaKELV âv mot 3oi3XcdVTai aXXoaE, ota 8f) ol EÔ8at^ovEç 8oKoOvTEc; EÎvat àvotXtaKouai. TaOTa Kal &XXa TotaOTa CTU)(và Tfjç KaTi^yoptaç ànoXElTTEK;. 'AXX', îj 8' 8c;, laTO Kal TaOTa KaTî^yopruiéva. Tl oî5v 8f] 1 àTToXoyT]a6^E6a, ^fiç ; b Nat. Tèv aÔTÔv oîjiov, fjv 8' èy^, TTopEu6^evoL EÔp/|aojiEv, ôç 419 a 2 TTa'vu Tt : TcàvT^ F 11 7 9eoi? om. F add. s. u. F^ || 8 vÛv 8r) : vuv F* Il 420 a I à'XXo rj : ocXX* rj F aXX' r] F^ || 2 ye om. Athen. Il 3 XajjiSàvovTsç oiajzsp oi àXXot : oi'j. oi à'X. X. F oicj. oi à'X. ÀaSovxsç Athen. || 4 Ixaipatç : Ixépot; F^ || 5 àvaXt'fjxetv : av àoixeiv F* || b i çprjç : IçT] F s. u. £cpT)v scripsit F^ || 2 vai om. F add. s. u. F'^. 420 b LA REPUBLIQUE IV 6 verons ce qu'il faut répondre. Nous' dirons en effet qu'il n'y aurait rien d'étonnant à ce que cette condition même de nos guerriers fût très heureuse, mais qu'au reste notre but, en fondant un État, n'est pas de rendre une classe unique de citoyens particulièrement heureuse, mais d'assurer le plus grand bonheur possible à l'État tout entier, parce que nous avons cru que c'est dans un État de ce genre que la justice se découvrirait le mieux, de même que l'injustice dans c l'État le plus vicieux, et que cette découverte nous mettrait à même de trancher la question qui nous occupe depuis long- temps. Or à présent, c'est l'État heureux, du moins nous le croyons, que nous voulons former, sans faire acception de per- sonne ; car nous voulons le bonheur, non de quelques-uns, mais de tous ; aussitôt après nous examinerons l'État contraire. Si nous étions occupés à peindre une statue et que quelqu'un s'approchât et nous blâmât de ne pas appliquer les plus belles couleurs aux plus belles parties du corps, et cela parce que nous aurions peint les yeux, qui en sont le plus bel orne- ment, non en vermillon, mais en noir, nous serions, je d crois, dans le vrai en lui répondant : « surprenant critique, ne t'imagine pas que nous devions peindre des yeux si beaux qu'ils ne soient plus des yeux, non plus d'ailleurs que toute autre partie; considère plutôt si, donnant à chaque partie la couleur qui lui convient, nous rendons l'ensemble parfait. C'est la même chose ici ; ne nous fais donc pas attacher à la condition des gardiens une félicité qui fera d'eux tout autre e chose que des gardiens. Nous pourrions tout aussi bien revê- tir les laboureurs de robes traînantes, les couvrir d'or et leur permettre de ne travailler la terre que pour leur plaisir ; coucher aussi nos potiers sur des lits, les faire boire à la ronde et banqueter devant leur feu, leur roue à côté d'eux, avec la liberté de travailler quand il leur plairait. Nous pour- rions donner à tous les autres un bonheur du même genre, afin que la cité tout entière soit heureuse. Mais garde-toi de nous y engager; car, si nous t' écoutions, le laboureur ne serait 421 a plus laboureur, ni le potier, potier, et personne ne restant les gouvernants ont droit à une part de bonheur au moins égale à celle des simples citoyens. Socrate juge que ce n'est pas le moment d'élucider la question ; il le fera à propos du communisme qui déli- vrera les guerriers de tout souci matériel (v. 465 D et suiv.). 6 nOAlTElAX A 420 b lySjiaL, S XeKTÉa. 'EpoOjiEV yàp Sti Sau^aaTov ^èv Sv oôSèv eXt] eI Kal oCxot oôtcùç EÔSaniovéaTaxot e'ctlv, oô \xi]v Tipbç toOto (îXâ'novTEc; t^v ttôXiv oIkLC,o^ev, bîToç Iv TL i^^îv IGvoç laxaL 8La(|)Ep6vTG><; EÔSai^iov, àXX' Sttcûc; 8ti ^(iXiaxa ^\x] f\ ti6Xlç- àr|6rnJiEv yàp ev tt] TotatiTT] ^dcXtcrra Slv EÔpELV SiKaL0C7t3vr)v Kal au ev Tf] K&KiaTa otKou(iévr| âSiKtav, KaTi8<5vTEÇ 8è ] Kpîvat &v 8 TiàXat ^rjToO^EV. NOv c ^Èv oSv, ôç ol6(iE8a, Tf]v EÔSa'niova tiXAtto^iev oôk àno- Xa66vTEc; ôXtyouç èv aÔTT] toloùtouç Tivàç tiBévteç, oXX' 8Xr|V auT'iKa Se Tf)v IvavTlav aKEvp6jiE9a. "OcrnEp ouv âv eI Tj^iac; àvSpiàvxa ypdc<|>ovTaç TipoaEXSwv tiç lipEyE XÉyov OTL où Toîç KaXXlaTOLÇ ToO ^cbou Ta KdcXXiaTa (|)àp- ^aKa TTpoaTtBE^iEV ol yàp 5<|)9aX^ol KaXXtaTov 8v oôk ôorpElcp EvaXriXi^^ÉvoL eÎev, àXXà ^lÉXavf (iETptcoç âv èSo- KoO^xEV j TTpèç auxèv aTïoXoyEÎaSai XÉyovxEq* « *0t Baujjiàate, d \ii\ oïou 8eÎv f\\^oiç oOtcû koXoùc; ôc|>8aX(jioù(; ypàc|)£LV, oSctte ^Jir|8È 8(J)9aX^oùc; cpalvEaSai, lir|8' au xSXXa ^lÉpr), àXX' aSpEi eI xà' TTpocjfjKovxa EKdiaxoLc; àTio8i86vxEç x6 bXov KaX6v TioioO^iEV Kal Bt\ Kal vOv jif] àvàyKa^E fj^iSc; xotatixrjv £Ô8amovtav xoîç <|)\3Xa5,i TTpoadcnxELv, î] ekelvouç ttôv jiSXXov àîTEpyàaExaL ?j (f)\jXaKac;. 'EntaxdjiEBa j yàp Kal e xoùç yEcopyoùç £,uaxl8a<; àti(|)LÉaavxE<; Kal y^pvabv TiEpi- BÉvxEÇ Tipoç f)8ovi?)v Epyà^EcBat keXeûeiv xi^v yî^v, Kal xoùq KEpa^iÉaç KttxaKXlvavxEÇ èni 8E^ià Tipbc; x6 nOp StaTit- vovxàç XE Kal Euci5)(ou(jiÉvouc;, x6v xpo)(6v napaBE^iÉvouç, baov &v ETiLGujjicoaL KEpa^iEtieiv, Kal xoùç ôiXXouc; Tiàvxaç xoioùxcp xpéno ^aKaptouç ttolelv, ïva 8f) 8Xr| i^ tu6Xiç Eu8aniovT^. 'AXX' f\^oiq ^f) oôxco vouBéxel* ôç, av aoi •nELBcb^iEBa, oôxe ô yEcopyôç yEcopyèç laxai, oOxe || ô KEpa- 421 a C 4 axe']^o[xe8a AF^ : -oijjLeôa F || 5 av post JcpoaeXOwv posuit F || àvSpiàvTa F et Lex. Rhet, Bekker 210. i5, 211. i4 : -"caç A || Ttç : av xtç F Ij 8 £vaXTiXttJL|xévoi : -XBitxu.i/01 F* || e 4 è;;t SeÇtà F sTriSiÇca A Il 7 [xaxapt'ouç ;:oteïv om. F add. s, u, F^ || 8 eùoatfJLOVTJ : eGôaip.tov 7, P. _ 421 a LA RÉPUBLIQUE IV 7 dans sa condition, il n'y aurait plus d'État. Au reste ce désordre aurait des conséquences moins graves chez les arti- sans que chez les guerriers ; car que des cordonniers devien- nent mauvais, qu'ils se gâtent et se donnent pour cordon- niers, alors qu'ils ne le sont pas, il n'y a là rien de grave pour l'État ; mais que les gardiens des lois et de l'État ne le soient que de nom, tu vois bien qu'ils entraînent l'État tout entier à une ruine irrémédiable, et que d'autre part c'est d'eux seuls que dépendent et sa bonne organisation et son b bonheur. » Nous formons, nous, des gardiens véritables, abso- lument incapables de faire du mal à l'État ; si au contraire notre contradicteur fait d'eux des sortes de laboureurs et d'heureux convives en fête, au lieu de citoyens en fonction, c'est qu'il a en vue autre chose qu'un État. Ainsi voyons si, en instituant les gardiens, nous voulons leur donner la plus grande part possible de bonheur, ou s'il faut, ayant égard à la cité tout entière, viser au bonheur général et engager soit par c la force, soit par la persuasion, nos auxiliaires et nos gardiens, ainsi que tous les autres citoyens, à remplir le mieux possible les fonctions qui leur sont propres, et quand l'État tout entier fleurira sous une sage administration, laisser chaque classe prendre la part de bonheur que la nature lui assigne. II Voilà, dit-il, ce que j'appelle bien parler. Et maintenant, repris-je, voici une n faut empêcher autre remarque apparentée à la précé- et de la pauvreté. ^f ^^oi s agil-il ? D'examiner si les deux choses que d voici ne gâtent pas les artisans au point de les rendre mau- vais. Quelles sont-elles ? La richesse, répondis-je, et la pauvreté ' . Comment ? I. L'artisan ne doit être ni trop riche ni trop pauvre, si l'on veut qu'il fasse bien son métier. C'est dans ce même but que Platon a réglé la situation des guerriers : il leur a interdit la possession de l'or et de l'argent et il a pourvu à leurs besoins en leur allouant une pension alimentaire juste satisfaisante (III, 4i6 et 4i7)- 7 nOAITEIAS A 421a jiEÙç Kepa^ietjc;, oôte aXXoç oôSeIç oôSèv ex"^ ^^fc^" ^^ Sv TToXiç ytyvETai. 'AXXà xôv ^lèv aXXcov eXAttcùv Xéyoç* VEupoppÀ(f)OL yôtp (|>aOXoL y^vd^Evoi Kal 5La(|>6apÉvT£c; Kal TTpoaTTOir)aà^EVOL EÎvai \ii] ovteç Tt6XEL oôSèv SEivév, <|)\3XaKEc; 5è vojicov te Kal ttôXecoç \xi\ Svteç, àXXà SokoOvteç ôpfic; 8f) 8ti TxSaav apSrjv tï6Xlv àTioXXtiaaLV, Kal aS toO e8 oIkeîv Kal EuSat^ovEÎv ^6vol t6v KaLp6v l^ouaiv. » El jièv ouv f^tAEÎç jiEv (j)\3XaKac; ôç àXrjSSç ttoloO^iev î^KtaTa I KaKO\3pyouc; T?\q ttôXecûç, ô 8' ekeÎvo Xéycov yEcopyoïiç xtvaç b Kal ôSoTiEp £V TiavrjyiipEt, àXX' oôk ev TtdXEu katiàiopoic; EÔSat^iovaç, aXXo av tl fj ti6Xlv Xéyot. Zketttéov oîîv TïdTEpov TTpôç toOto fiXÉTïovTEÇ Toùç (J)uXaKaç KaSiaTO^EV, Sttcùç 8tl TiXEiaTT) aÔToîç EÔSai^ovta EyyEv/iaETai, f) toOto ^Èv eIç Tf)v ti6Xlv 3Xr|v liXénovTac; SEaTÉov eI Ikelvt] Eyyi- yvExai, Toùç S' ETiiKO\3poi)c; toi3touç Kal toùç (|)tiXaKaç EKEÎVO I àvayKaoTEov ttoleIv Kal TiEiaréov, Sttoc; 8tl aptaxoL c 8r|^LOupyol xoO âauTÔv Ipyou laovTai, Kal toùç aXXouç &TiavTÔt(; OCTaÙTCûç, Kal oOtcù ^u^TTàcrr|c; af^ç tt6Xeg>ç au^a- vojjLEvrjc; Kal KaXôc; oiKt^io^iÉvrjç êaTÉov bncoc; EKàgxoïc; TOLÇ eSvectlv f\ <^{}aiq àrroStScoaL toO ^ETaXa^BàvEtv EÙSat- jiovlaç. II 'AXX', f\ S' bç, KaXc^ç ^lot SoKEÎç XéyEiv. *Ap' oSv, r\v S' £y«i>, Kal t6 toutou à5EX<|)6v 86^0 aoi jiETptcùç XÉyELv ; Tt ^idcXtaTa ; Toùç âXXouç au 8rniLoupyoùç OKéTTEt eI T(i8E | 8iac|>9ELpEL, d ÔGTE Kal KaKoùç ylyvEaSat. Ta TToîa Sf] TaOTa ; nXoOToç, f]v 8' lyco, Kal TTEvta. nôç Sf) ; 421 b 3 sjoa-'ixovaç : xal eù8. F || Xsyo'. : -oiç F || 6 èyy'yveTai : -TjTa: F|| C I ~0'.£Ïv xat 7:eiaLVETai. "ETEpa 8f|, ôç EOïKE, Toîç ({>>3Xa^iv T]ôpi^KajiEv, fi Ttavxl TpéTTG) (|)uXaKTÉov Stiqç jifjTioTE ttôtoùç X/|a£L eIç xfjv ti6Xlv TTapa8ùvTa. rioia TaOxa ; nXoOTéc; TE, f\v S' Ey(*>, Kal TiEvla' || &Ç toO jièv Tpuf)v 422a Kal àpylav Kal vEOûTEpia^ièv ttoioOvtoç, i?\c; 8è oiveXeu- ÔEplav Kal KaKOEpytav Tip6ç tô VECOTEpuaji^. ridcvu \ièv oSv, l<|)r|. T68e ^évtol, S ZoûKpaTEc;, aKéîTEt, Tiôç ifi^itv 1^ tt6Xiç oïa t' laTai tioXe^eîv, ETTEiSàv xp^lJia'^a jif| KEKTr|^Évr| f|, &XXcùc; te k&v TTp6c; ^lEyocXTiv te Kal TiXouatav àvayKaaSf] ttoXe^ieÎv. Af^Xov, î]v 8' Êy(i>, 8tu rrpèc; jièv ^ilav xaXETioTEpov, TTp6ç 8è 8\3o TotaÙTaç [ ^fiov. b d 6 Boxei aoi exi A. Stob. : à'tt. 8. a. F || e i ou; om. F add. s. u. F^ Il 6 cpaivs-cat : -ovtai Stob. || 7 ^n] : 8é Eus. || rjuprîxaiJLev : eîpr^x. Stob. il 8 Xrîaet A : Xr]a7] A^F Eus. Stob. || 10 îtoîa : xxr..¥ Eus. Stob. Il II Ts om. Stob. j] 422 a i xpuçprjv A Eus. Stob. : t. xs F |[ a TCOtouvToç A : èjxTi:. F Eus. Stob. || rîjç 8È F Eus. : xouôe A Stob. || 3 xaxoîpYiav A Eus. : xa/.oupytav F Stob. 422 b Lk RÉPUBLIQUE IV 9 Que dis-tu là ? s'écria-t-il. Tout d'abord, dis-je, s'il faut en venir aux mains, n'est-ce pas des hommes riches que nos gens, athlètes voués à la guerre, auront à combattre ? J'en conviens, dit-il. Mais quoi ! Adimante, repris-je ; un seul boxeur parfaite- ment entraîné à la lutte n'est-il pas pour toi de taille à tenir tête à deux adversaires ignorants de la boxe, et de plus riches et chargés de graisse ? Non sans doute, répondit-il, du moins à tous les deux à la fois. Pas même, repris-je, s'il pouvait se dérober par la fuite C pour se retourner ensuite et frapper chaque fois celui qui le suivrait de plus près, et s'il renouvelait cette manœuvre plusieurs fois sous la chaleur suflocante du soleil? Un tel homme ne pourrait-il pas dompter même plus de deux adver- saires comme ceux-là ? Assurément, dit-il, ce ne serait pas merveille. Et crois-tu que les riches ne soient pas plus habiles et plus exercés à la lutte qu'à la guerre ? Je n'en doute pas, dit-il. Il est donc vraisemblable que nos athlètes tiendront facile- ment tête à des adversaires deux ou trois fois plus nombreux qu'eux. Je te l'accorde, dit-il ; car il me semble que tu as raison. d Et si, envoyant une ambassade dans un des deux États, ils disaient, ce qui d'ailleurs serait la vérité : « Nous ne fai- sons aucun usage de l'or ni de l'argent : cela nous est défendu ; à vous, non ; mettez-vous donc de notre côté, et les biens de l'adversaire sont à vous, » crois-tu que ceux qui s'entendraient faire de telles offres choisiraient de faire la guerre à des chiens durs et maigres plutôt que de se joindre aux chiens contre des moutons gras et tendres ? Je ne le crois pas; mais, poursuivit-il, si un seul État accu- e mule chez lui les richesses des autres, prends garde qu'elles ne le rendent redoutable à l'État pauvre. Tu es bien bon, dis-je, dépenser que le nom d'État puisse être appliqué à tout autre qu'à celui que nous avons organisé. le sol de la terre pour y récolter le fruit de Déo, s'il vous est permis de vivre oisifs et de négliger toutes ces occupations ? » 9 nOAITEIAS A 422 b nôç EÎTTEc; ; f\ 8' 8c. npÔTov \Jikv Tiou, EÎTtov, làv Bkr\ [i&yiEaQai, Spa oô nXouatotc; àvSpàat ^a)(oOvTai aÛTol Svteç ttoXé^iou à6XT]Tal ; Nal toOt6 ye, Ecf>r). T( oSv, fjv 8' Eyo, S 'A8£t^iavTE ; eÎc; nÙKTT^c; &ç oT6v TE KdcXXiaTtt ETil toCto TtapEaKEuao^Évoc; 8uoîv ^ifj TDÛKTatV, TtXoualoiv 8È KalTTiévouv, oôk &v Sokeî ctol ^ocSicdÇ ^éc)(£a6ai; OuK âv Lacùç, E(|)T], a^a yc. Oô8' eIe^eIt^, fjv 8' èycc), ÔTTO<|)E>3yovTi tbv TxpéxEpov âeI TTpoac|)Ep6^EVov I àvaaTpÉ<|>ovTa Kpoi&ELv, Kal toOto ttoloi c TToXXdcKLc; Ev fjXlco TE Kal TTvtyEi ; *Aprj, 0Ô8EV âv yâvouTo 6a\)^aaT6v. 'AXX' OUK OLEL TTUKTLKfjç ttXéov ^etÉ)(elv toù<; TiXoualouc; ènLaTf)^r| te Kal l^iTTEiptoç f\ TioXEjjiLKfjç ; "Eyoy-, ^r]. 'PaStcùç apa f\\ilv ol âSXr^Tal ek tôv eIk^tcov 8t7TXaotoiç TE Kal TpmXaaiOLÇ aÔTCùv ^a)(oOvTaL. Zuy)(Cùp/)ao^iat ooi, M.<^r\' 8okel<; yap ^iol ôpSôç XÉyEtv. 1 Tl 8' âv TtpEaÔEtav Tr£^ii|;avTEç eIç Tf]v ETÉpav tt6Xuv d TàXr)8î^ EÏTTCùaLV, 8ti « 'H^ielc; ^èv ouSèv Y^pvaicp oô8' âpyxjpLCû )(pcc)^E9a, oô8' fj^iiv Séjilç, û^Îv 8é* autiTuoXEjJiT^- aavTEç oî5v ^ieS' fj^icov e)(ete Ta tcov ETÉpov ; » oïel Ttvàç aKoiiaavTac; TaOTa aîpl^aEaBaL Kual ttoXe^ieÎv aTEpEoîç te Kal lo^voîç t^&XXov î^ tisTà kuvwv npoô^Toïc; ttIooC te Kal ariaXoLÇ ; Où ^ot 80KEÎ. 'AXX' èàv eIç ntav, Ecj)r|, ttôXlv ouv- aSpotaBf^ Ta tcov âXXcùV )(prniaTa, bpa \i^ \ Ktv8uvov Épr| e tt] \Jl^ TTXouTo\iar|. Eù8at^icùv EL, î^v 8' Ey(A>, ÎStl oîei a^iov EÎvai aXXT]v Ttvà TTpoaELTTELV ti6Xlv î^ Tf)v Toia\3Tr|v otav i^t^ELc; KaTEaKEUâ- ^O^EV. b 7 "zo^zo : xouToj F"2 II 8 8oxeî : -f} F || ^dyjtoQai : -/eîaôat F || C I Tzoïoï A : -cl F II d 5 TS om. F || e 4 xa-rsaxeuix^ofjLSv : xaxaax. F. VIL I. — a 422 e LA RÉPUBLIQUE iV lo Pourquoi ? demanda- t-il. C'est un nom plus exlensif, repris-je, qu'il faut donner aux autres États; car chacun d'eux n'est pas un, mais plu- sieurs, comme on dit au jeu *; quel qu'il soit en effet, il contient deux États ennemis l'un de l'autre, celui des pauvres 423 a et celui des riches, et chacun de ces deux-ci se subdivise encore en beaucoup d'autres. Si lu les traites comme un État unique, tu te voues à un échec complet ; mais si tu les traites comme étant plusieurs, tu n'as qu'à livrer aux uns l'argent, le pouvoir et les personnes mêmes des autres, et tu auras toujours beaucoup d'alliés et peu d'ennemis ; et ton État, aussi longtemps qu'il se gouvernera sagement, selon l'ordre que nous venons d'y établir, sera très grand, non seulement de réputation, mais de fait, n'eût-il qu'un millier de combat- b tants, et tu n'en trouveras pas facilement un aussi grand ni chez les Grecs, ni chez les barbares, quoique beaucoup paraissent être plusieurs fois aussi grands que le nôtre ; n'est- ce pas ton avis ? Si, par Zeus, répondit-il. III C'est donc ainsi, repris-je, que imites onner ^^^^ pourrions fixer la plus juste limite que nos magistrats doivent assigner à l'accroissement de l'État et à l'étendue de son territoire, après quoi ils renonceraient à toute annexion. » Quelle est cette limite ? demanda-t-il. C'est, à mon avis, répondis-je, la suivante : tant que l'agrandissement ne compromettra pas l'unité de l'État, qu'on l'agrandisse, mais pas au delà. c Fort bien, dit-il. Voici donc encore une prescription que nous ferons à nos gardiens : c'est de veiller de toute leur attention à ce que la cité ne paraisse ni trop petite ni trop grande, mais qu'elle garde un juste milieu et reste une. C'est une prescription, dit-il, qui n'a peut-être pas beau- coup d'importance. I . Platon fait allusion à certain jeu de trictrac où probablement chaque joueur appelait ville (jcdXtç) la partie de l'échiquier qui était de son côté. Tout ce que nous savons de ce jeu, e'est que l'échiquier était divisé en 60 cases. 10 nOAITEIAS A 422 e 'AXXà tI ^i^v ; E<|>r|. Mel^ôvcùç, Î)v S' EY"» XP^ TrpoaayopEiiELV Tàç aXXaç* IkAott) y^P auTOùv tt6Xei(; eIoI TiàjiTToXXai, àXX' ou tt6Xic;, t6 tcùv TTai^évTov. Auo ^Év, kSv StloOv f\, TioXEjita àXXf)- Xaiç, f\ ^Èv TrEvf|TCûv, i^ 8è -nXouatcov to\&tcùv S' jj èv 4-23 a EKaTÉpa TTiivu TioXXal, aXq èàv ^èv «ç ^ifi TTpoa(J)Épr| , TtavToç &v à^àpTOLÇ, làv Se ô>q TToXXaîc;, SlSoùç xà tôv IxÉpcùv Toîç ETÉpOLÇ ^^pf^xaTA TE Kal Suvà^iELÇ f\ Kal aÔTOt^ç, ^uji^à)(OLc; ^èv àei ttoXXoÎç '^pi]aEi, tioXe^iIoic; h' ôX'lyoiç. Kal ECOÇ &v f) tt6Xic; aoi oIkt] aco<|)p6vcûç àç SpTt ETà)(8r), ^EYLCJTr) taxai, ou xû euSokhieîv Xéyco, àXX' qç àXrjScùc; ^EYLaxr), Kal èàv ^6vov î| )(LXicov xcàv npoTToXE- jAotjvxov oCxQ Y<^P HEYopiaa^i£vouç xi?)v oXXr|v ^atpELV èSv. Ttç, E<|)r|, bpoç ; Ot^ai jiÉv, fjv 5' èYo, x6v8e" ^lÉj^pi oC âv èSÉXrj aôE,o^ÉVT] EÎvai ^ta, \Jià\pi xoijxou ad£,Eiv, TTÉpa Se ^ir). Kal KoXôç I y', ^^^' C OuKoOv Kal xoOxo a3 aXXo TTpéaxaYliot xoîç <^)t3Xa^i TTpoaxuXdcxxELV Tcavxl xpà-no bîToaç IJii^te a^iiKpà 1^ tt6Xlc; laxai ^i^xe ^ieyocXt] 8oKoOaa, àXX& xiç lKavf| Kal ^la. Kal (f>aOX6v y', ^<^^, Xcaq auxoiç TTpoaxci£,ojiEv. 8 -oXe'.ç : T.okiç F II 9 ;j.zv : [jl£V yhp F j] roXsijLia W : TzoXi^iai A r.oli^LÎai F II 423 a 3 à|jiatpTotç : -r,ç F || 6 eoj? F : wç A || oj; cm. F add. s. u. Il 8 [Aovov : -a\jX6TEpov t68e, o6 Kal Ev TÔ TTp6a8Ev ETUE^ivrjaSrniEV XéyovTEÇ oç Séoi, eAvte tcov (j>uXàKCùv TIC (jjaOXoç EKyovoç y^^T^***-» ^^^ toùç aXXouç aÔT6v àTTOTTÉ^TTEaSaL, IdcvT' I EK TCOV aXXcûV OTTOuSatoç, eIç d Toùç c|>\iXaKaç. ToOto S' eBoùXeto 8r|XoOv bti Kal toùç SXXouc; TToXlxac;, ixpbq b tlç nÉç 86^elev av TLÇ, xaOTa TtoXXà Kal ^Ey^Xa auxoîç TTpoaTocTTo^iEv, | àXXà e Tidcvxa (J>aOXa, èàv ib Xeyôjievov ev t^Éya <|)uX(iTTCûaL^ jiolXXov 8' àvxl ^iiEY, Kal^Tpo(|)f)V èàv y«P ^^ Trat- 8Eu6^iEvot [xkipioi av8pEc; Y^Y^û^vTai, Txàvxa xaOxa pa8tcû<; 8L64^ovTat, Kal &XXa y^ ^«^^ vOv tJ^ielç TiapaXEiTtotiEv, ti^v TE TÔv Y^vaLKÔv KTfJCTtv Kal Yafciov Kal TTaL8o'noitaç, ÎStl Il Seî TaOTa KttTà t^jv naponitav nàvTa Stl ^dXicTa KOivà 424 a Ta (|>IXC0V TUOLEÎaBaL. 'Op86TaTa y^P, ^^^, yW^®'-'^' ^^* Kal ^ii^v, eÎttov, TToXiTEla eAvttep ana^, Ôp^f)ar| e3, Ep)^ETaL (SaTTEp kOkXoç aô£,avojjiÉvr)' Tpo<)aEic; xpTlCTTal TOLa\iTr|ç TTaL8Etaç àvTLXa^i6av6jiEvaL etl (^eXtIoUÇ tcov TUpOTÉpCDV (JjUOVTttL, ELÇ TE TSXXa Kttl eIç t6 YEVVâv, I ÔOTTEp Kal EV TOLÇ CtXXoLÇ CyàoiÇ. h EIk6ç y', e1>n- C 8 âv Tw ;cpdaOev om. F || d 2 o' è6ojXeTO : 8s ^ouXcxai F || 4 «v ëv : av F II 8 àyaôs : 'yaGè F || ôdÇstev : BeîÇ. Stob. || e 2 £v : [xr] ëv Stob. Il 5 TpoçTjv A Stob. : -cyjv T. F || 8 yd^J-u)"^ : -ov W || 424 a 2 xà oiXtov codd. et Stob. : secl. Hartman || 8 xai dç A Stob. : xat F. 424b LA. RÉPUBLIQUE IV la Il faut donc, pour le dire en deux Il faut se garder mois, que les gardiens de l'État s'atta- de toute innovation i . v * i > dans la musique ""^^""K^ empêcher qu on ne corrompe a et la gymnastique, ^^ur insu l'éducation ; ils doivent en toutes circonstances veiller à ce qu'on n'innove rien dans la gymnastique et la musique contre l'ordre établi ; ils doivent y faire tous leurs efforts, de peur que, quand on dit que « les hommes goûtent particulièrement le chant le plus nouveau, qui sort de la bouche des aèdes, » c on ne s'imagine peut-être que le poète parle non pas d'airs nouveaux, mais d'un mode de chant nouveau, et qu'on n'approuve cette innovation. Or il ne faut ni la louer ni interpréter en ce sens la pensée du poète ; l'introduction d'un nouveau genre de musique est une chose dont il faut se garder : ce serait tout compromettre, s'il est vrai, comme le prétend Damon et comme je le crois, qu'on ne peut changer les modes de la musique, sans bouleverser les lois fondamentales de l'État. Compte-moi aussi, dit-il, parmi ceux qui en sont convain- cus. d IV Je repris : C'est donc, semble-t-il, sur ce terrain de la musique que les gardiens devront bâtir leur corps de garde. Il est certain, dit-il, que sur ce terrain le mépris des lois s'insinue facilement sans qu'on s'en aperçoive. Oui, dis-je, sous couleur d'amusement, et sans avoir l'air de faire du mal. Effectivement, dit-il, c'est ainsi qu'il procède : il s'installe petit à petit, en se coulant doucement dans les mœurs et dans les habitudes ; de là, prenant de la force, il passe dans les contrats que les particuliers font entre eux, et des contrats il s'avance jusqu'aux lois et aux principes de 6 gouvernement avec la dernière insolence, Socrate, tant qu'à la et traitée tout au long dans le livre V. On a supposé que cette sim- ple mention jetée en passant avait incité Aristophane à écrire l'As- semblée des Femmes, et que le livre V était une riposte à cette comédie. Sur cette hypothèse invraisemblable, voyez V Introduction, p. xLix et la note. 12 nOAITEIAS A 424b 'Clq To'ivuv Sià fipa)(éa>v eItteîv, Toiixou àvSEKTÉov toîç InHiEXrjTaîc; i?\q tt^Xecûç, bncoc; &v aÛToùç ^if] X6lQt\ SLa<|)8apÉv, àXkà napà nàvTa auT6 <|)uX(4ttqctl, t6 \ii\ VEOûTEpt^ELV TiEpl YU(JivaaTiKr|v TE Kal ^ouQLKfjv napà xfjv Tà£,iv, àXX' oç oT<5v te ^idcXiaTa cfjuXdTTEiv, <|)o6ounÉvouc; 8Tav Tiç XÉyr] cSç xfjv à0L8f]V JlÔiXXoV ETTLç ev bXo KtvSuvEÙovTa' oô5ajioO yàp KLVoOvTat ^ouaiKf^ç Tpéruot avEU ttoXltlkôv v6^cov TQV ^EytaTCùv, oc; q eoikev, EVTa08à d TTOU otKo8o^r|TÉOV TOLÇ (J>uXa^LV, EV JlOUaLKT]. *H yoOv Tiapavo^ta, E<^r\, pa8lcùç aOTT) XavSàvEi Trapa- SuojiÉvr). Nat, E(j>r|v, ô)ç EV •naL8i6lç yE ^ÉpEi Kal <5)ç KaK6v oôSèv èpya^o^évT]. Oô8è yàp Epyà^ETttL, E<|)r|, &XXo yE f\ KOLià a\jLiKpbv claoïKiatt^iEvri r|pé^ia ÔTtoppEÎ Tup6c; Ta fj8r) te Kal ià ettitt^- ÔEu^iaTa- EK 8è toijtcov eIç Ta Tip6c; àXXi]Xouc; ^uji66XaLa jieI^cov EKBalvEi, EK 8è 8f] TÔv ^u^iBoXaCov Ipj^ETat ettI I Toùç v6^ouç Kal TioXiTEtaç CTÙv TToXXfj, s ZoKpaTEÇ, e b 5 T.aph. 7:acv:a A Stob. : Tiap' âravTa F || [xr] om. Stob. j| 9 km- çpovÉoua' A^ Stob. : -ouaiv AF èTzixXeioua' Hom. |j 10 ietôdvxsaat : à'BdvTeaai Stob. àïdvTea'jt Longinus àxoudvxsaat Hom. || C i [xrf : et [XT] F^ |i Ttç oVrixai : Ttç ol'eTai F^ Stobaei A |j 2 'ouxo : -ov F [| ÈTcaiv^ : -£Ï Stob. Il d 3 a-j-T) F Stob. : ajTr) A || 5 I AoKEt ^01, E<|>r|. OÛKoOv, o E^ àpX^*î EXÉyotxEV, Toîç T^^iETÉpoLÇ TTaialv Evvo^QTÉpou EÔBùç TTaiSLÔç (ieSektéov, ôiÇ Ttapav6^ou yLyvo- jiÉvr)ç aôxfjc; Kal natScûv xoiot^TCùv evv6^iouc; te Kal crnou- Salouç eE^ Il auTÔv avSpaç au^dvEaSai àSiJvaTov ov ; 425 a riôç S' oô^t; IT]. Kal xà a^iLKpà apa, eÎtiov, SoKoOvxa Etvat vé^ma lEjEuptaKouaiv oSxol, S oî TTp6xEpov àTT<*)XXuaav Ttdvxa. rioîa ; Ta TotdSe* atyocç xe xcov vEoxÉpoov j napà TtpEaBuxÉpoLÇ b Sç TTpÉTTEL, Kal KaxaKXloELc; Kal ÛTtavaaxdaELç Kal yovÉcov BEpaTiElaç, Kal Koupdç yE Kal à^iTtEX^vac; Kal ÔTUoSÉaEiç Kal bXov x6v xoO ao^axoç axT^^iaxta^èv Kal xSXXa baa xotaOxa' f) oÔK oÏEL ; *'EycùyE. No^o9exeîv B' aôxà oT^iat EÛr|9Ec;* ouxe ydp tiou ylyvExai, oÔx' &v ^eIvelev X6ya> xe Kal ypà^^iaoïv vo^ioÔEXi^GÉvxa. nôç ydcp ; KivSuvEtiEi yoOv, ?jv 8' Eyr|v, tASe xà &.\opoLlr|v âyo, (iL<*)aEa8aL xoùç xototixouç ooruEp xoùç Kd^vovxdç XE Kal oôk èSéXovxac; ÔTt8 aKoXaalaç EK6f]vai TTovT]pac; Sialxrjc;. riàvu ^Èv oîîv. II ôpixr^OTj : -7)6^ Stob. || C 2 ov : om. F (add. intra u.) et Stob. (alias To pro ov Stob.) || 4 faTjxsv : (paalv F^ Stob. || lO raSe om. A Il d 2 Xr^Çewç F^M : XrJÇgtç codd. [| 4 7:apazav M : ;:a(xrav codd. || e 3 8i7ÎXeo(x£v A2F : yjXGojJLcv A*. 426 a LA RÉPUBLIQUE IV i5 426 a En vérité, c'est une vie plaisante que la leur : ils se soignent et n'aboutissent qu'à compliquer et empirer leurs maladies, et, malgré cela, ils espèrent toujours que, si on leur conseille un remède, ce remède leur rendra la santé. C'est bien là, dit-il, l'erreur de ces sortes de malades. N'est-il pas plaisant aussi, repris-je, qu'ils regardent comme le pire de leurs ennemis celui qui leur dit franchement que, s'ils ne cessent de s'abandonner à l'ivresse, aux excès de table, b à la luxure, à l'oisiveté, ni remèdes, ni brûlures, ni coupures, ni incantations, ni amulettes, ni rien de semblable ne leur profitera ? Ce n'est guère plaisant, dit-il ; ce ne l'est pas du tout de se fâcher contre qui vous donne un bon conseil. Tu n'es pas, à ce qu'il paraît, dis-je, trop partisan de ces sortes de gens. Ah ! non, par Zeus. V Si donc, pour revenir à notre sujet, la cité entière tenait une pareille conduite, tu ne l'approuverais pas non plus. Or que t'en semble ? n'est-ce pas exactement ce que font les c États qui, tout mal gouvernés qu'ils sont, défendent aux citoyens de toucher à la constitution générale, sous peine de mort pour le délinquant, tandis que celui qui flatte le plus agréablement ceux qui vivent sous ce mauvais régime, qui cherche à leur plaire servilement, qui devine leurs désirs et s'entend à les satisfaire, celui-là passera pour un bon citoyen, pour un grand homme d'État, et sera par eux comblé d'hon- neurs* ? Oui, dit-il, c'est exactement ce que font ces États, et je suis loin de les approuver. d Mais si tu considères ceux qui consentent, qui s'empres- I. C'est aux Athéniens que Platon songe ici. Quiconque portait atteinte ou semblait porter atteinte à leur constitution s'exposait à une Ypaor] T.apa.v6txiov (acciisation pour une proposition contraire aux lois existantes), ou à une ilaaffeXia (poursuite pour un délit grave dont la répression n'admettait pas de délai). Mais niille part les '|T,çpia{j.aTa, décrets relatifs à un cas particulier ou à une personne déterminée, n'étaient aussi commims, et les démagogues y trouvaient un large champ pour exploiter leur art de flatter le peuple. i5 nOAITEIAS A 426a Kal jif|v II oStoI ys xoipikwoiç SiaxeXoOaiv laTpEud^ievoL 426 a yàp oôSèv TTEpalvouaiv, TiXfiv yc TiOLKiXàpjiaKov au^iBouXEÛaT], tnb toutou la£a8aL ôyteîc;. riàvu y&p, i4>r|, tôv oÎîto Ka^ivévTcov Ta TotaOTa Ti(i9r|. Tt Se ; ?\v S' lyo- t6Se auTÔv ou )(aptEv, t6 TudtvTov E)^8iaTov T^yEÎaôat tov TàXrjSfj XéyovTa, otl nplv âv jieSùcùv Kal E^iTTHiTiXà^EVOc; Kal à<^poBiaiàl^(ùv «xi àpyoàv TTai!)ar|Tai, I CÔTE <|)r|v âyo, coç loïKaç, tôv toioi&tcov àvSpSv. Oô ^ÉvToi ^à Aia. V OùS' &v 1^ TiéXic; apa, SîtEp SpTi èXéyo^Ev, 8Xr| toloOtov ttolî^, OUK ÈTTaLVÉaEL* f\ ou (|)aLV0VTaL CTOL TauTèv Epyà^EaSai to\jtol<; tcûv ti6Xeov baai KaKcoc; TToXtT£u6^EvaL I npoayopEiJouat toîç TToXiTaïc; Tf)v ^èv KaTdaTaCTiv Tfjç c ti6Xecùc; 8Xr)v ^f] klvelv, cûç àTToBavoujjiÉvouc;, 8c; âv toOto 8p^" 8c; S' âv ac^oLç oStcû TToXtTEuotJiÉvouc; îjSiaTa 9£paTtEÙr| Kal x**P^^iT^oi'- ÔTtoTpÉxcûv Kal TipoyiyvcbaKcav Tac; av ; TauT6v \izv oQv, E<|>r|, I^ioLyE SoKoOat SpSv, Kal oô8' ôttcd- aTioOv ETiaivco. I Tt 8' aS Toùc; SéXovTaç SEpanEiiELV Tàç TotaÛTac; ttôXeic; d 426 a 3 àet W : xaî àe: codd. || 4 ôyiêTç W : -^ç F -r;ç A || 5 Twv : U7:ô ':(i>y F II 7 Xs'YOVTa cm. F add. s. u. F^ [| b 2 aÙTÔv : -tov A^ || 3 ïfr\ ... 5 El cm. F II 5 supra èyw scr. r^r] F^ || c 2 àr:o0avou{x^vouç : -vou w Mon. Il 3 9epa7:=uT] : -et F || d i eê^ovTaç : 10. F. 426 d LA RÉPUBLIQUE IV i6 sent même à donner des soins à de pareils États, n'admires-tu pas leur courage et leur complaisance? Si, dit-il, je les admire, excepté pourtant ceux qui se laissent tromper par eux et qui s'imaginent être réellement de grands politiques, parce qu'ils reçoivent les applaudisse- ments de la multitude. Gomment dis-tu? Tu n'excuses pas, dis-je, ces gens-là? Imagine un homme qui ne sache pas mesurer : si beaucoup d'ignorants comme lui lui répètent qu'il a quatre coudées, penses-tu qu'il pourra s'empêcher de croire ce qu'on lui dit e de sa taille ? Non, dit-il, je ne crois pas qu'il le puisse. Ne sois donc pas dur pour eux : ce sont les gens les plus divertissants du monde, avec leurs règlements du genre de ceux dont nous parlions tout à l'heure, et les corrections qu'ils y ajoutent, dans l'espoir toujours renaissant de trouver un terme aux abus qui se glissent dans les contrats et les affaires que j'énumérais il n'y a qu'un instant, sans se douter qu'ils ne font autre chose que couper les têtes de l'hydre. 427 a En effet, dit-il, ils ne font pas autre chose. Pour ma part, dis-je, je ne me serais pas imaginé que dans un État quelconque, bien ou mal gouverné, un véritable légis- lateur dût se mettre en peine de lois et de règlements sem- blables, dans l'un, parce que cela est inutile et n'amende rien, dans l'autre, parce que le premier venu est capable d'en trouver une partie, et que le reste découle de lui-même des habitudes prises auparavant. ' b Que nous reste-t-il donc à faire, demanda-t-il, en légis- lation P Je répondis: A nous, rien; c'est à Apollon, le dieu de Delphes, à dicter les plus importantes, les plus belles, les premières des lois*. Quelles sont ces lois ? demanda-t-il. Celles qui regardent la fondation des temples, les sacri- fices, et en général le culte des dieux, des démons et des héros, et aussi les tombeaux des morts et les honneurs qu'il faut leur rendre pour qu'ils nous soient propices; car ces I . Platon dit de même dans les Lois 788 B : « Soit qu'on bâtisse une cité nouvelle, soit qu'on en rétablisse une ancienne tombée en i6 nOAITEIAS A 426 d ical TtpoSu^iou^Évouc; oôk ayaaai i7\q àvBpzioLÇ te Kal EuxepEtaç ; "Eyoùy', e4>n, TTXif)v y' oaoi e£,T]TidTr|VTaL on' aôxcov Kal oïovxat xf] àXT^SEia ttoXitikoI EÎvat, ÎStl ènaLvoOvxai ÔTr6 TCùv TToXXcàv. rioûç XÉyELÇ ; oô cnjyytyvoûaKEiç, îjv S' Ey, toÎç àvSpàaiv ; fj oÏEi oî6v t' EÎvat àv8pl \ii] ETTLaxa^iÉvcp jiExpEÎv, éxÉpov ToioiÛTOV TToXXSv Xcyôvxcav 8ti xExpàTir))^t3ç laxiv, aôx6v xaOxa I ^i] i^yEiaSai TïEpl aôxoO ; e OÔK aS, eT], xoOx6 yE. Mi^ Totvuv )(aXÉTTaiVE* Kal y dtp tto\3 Eiat ndtvxcùv X**?*-" ÉCTxaxoL ol xoLoOxoi, vo^o8exoOvxéç xe oîa Spxi Sl/)X6o^iev Kal ETiavopBoOvxEc;, oieI ol6^iEvot xi népaç EÔp/jaEiv TTEpl xà EV xoLÇ ^u^ôoXaloiç KaKoupyrmaxa Kal TTEpl S vOv Sf] lyw IXEyov ayvooOvxEÇ bxt xû Svxl oortEp TSpav té^vouctiv. Kal ^ii^v, Ij Ec|)T], ouK aXXo xt yE noLoOaiv. 427a 'EyoL> ^lÈv xoivuv, r\v 8' èyco, x6 xoioOxov eÎSoç v6^a>v TTÉpL' Kal TToXlXEtac; odl' EV KaKÔÇ OÔX' Iv e8 TtoXlXEUO^lÉVT] tt6Xei âijifjv Sv 8eîv x6v àXrjôtvèv vojioSÉxrjv npayjia- XE\3Ea6ai, ev xf] jxèv Sxi àvco<|>EXf] Kal ttXéov ou8év, ev 8e xf| bxL xà ^lÈv auxoov k&v ôaxtaoOv EÎîpoi, xà 8è bxt aùx6jiaxa ETlEiaiV EK XCÛV E^TipoaBEV ETUlXr|8El)JJlàxC0V. I Tt oSv, E<^T], Exu Sv f\\]ilv XoLTièv xî^ç vo^ioBEalaç EÏr| ; b Kal âycS EÎTTov 8xl 'H^^îv ^ev oô8év, xô jiévxoi 'A7t6X- Xcovi xcp EV AeXcjjoîc; xà xe jiéyiaxa Kal KàXXtaxa Kal TTpcSxa xcùv vojioSExrjjiàxcùv. Ta TToîa ; ?j 8' bç. 'lEpcûv XE t8p\3aELÇ Kal Suaiat Kal aXXai Becùv xe Kal 8aL^6vov Kal f)p6cov SEpaTtEÎat* xEXEUxr|CTàvxcûv (xe) aS 8f]Kai Kal Saa xoîç ekei 8eî ûnrjpExoOvxaç IXecoç aôxoùç e 5 Tt : xe F || 427 a i Tt ye : yé xt F || 3 xaxwç : -otç F -f, F^ b 6 aXXat : aï àXXai Hartman || 7 xs add. Ven. i84 : om. codd. 427 b L.\ RÉPUBLIQUE IV 17 choses-là, nous les ignorons ; et, fondateurs d'un État, nous ne c nous en rapporterons, si nous sommes sages, à aucun autre, et nous ne suivrons pas d'autre interprète que celui du pays ; car ce dieu, interprète traditionnel delà religion, s'est établi au centre et au nombril de la terre pour guider le genre humain. C'est bien dit, fit -il, et c'est ainsi qu'il faut procéder. d VI A présent, dis-je, tu peux, fils Où trouver d'Ariston, considérer la cité comme la justice dans 01,1, ^ 1 ». . notre État? londee. 11 ne reste plus qu a y trouver l'objet de nos recherches. Procure-toi donc quelque part un flambeau approprié, et appelle à ton aide ton frère, Polémarque et les autres, et voyons ensemble en quel endroit réside la justice, en quel endroit l'injustice, en quoi elles diffèrent l'une de l'autre, et à laquelle des deux il faut s'attacher pour être heureux, qu'on échappe ou non aux regards de tous les dieux et de tous les hommes Tu parles pour rien, dit Glaucon, puisque tu t'es engagé à e faire cette recherche toi-même, te déclarant impie si tu ne te portais pas au secours de la justice avec toutes tes forces et toutes tes ressources. C'est vrai, dis-je, ce que tu me rappelles, et je dois m'exé- cuter ; mais il faut que vous m'aidiez. Et bien, dit-il ; on t'aidera. J'espère, repris-je, que nous trouverons ce que nous cher- chons en procédant comme je vais faire. Si notre État est bien constitué, il doit être parfait. Nécessairement. Il est donc évident qu'il est prudent. Les quatre vertus courageux, tempérant et juste. de TEtat: sagesse, (,, ^-^ courage, ^ ., -ni tempérance, jusUce. Donc, quelle que soit celle de ces vertus que nous découvrirons en lui, le 428 a reste sera ce que nous n'aurons pas trouvé. décadence, il ne faut point, si l'on a du bon sens, que, relativement aux dieux et aux temples... on fasse aucune innovation contraire à ce qui aura été réglé par l'oracle de Delphes, de Dodone, de Zeus Ammon ou par d'anciennes traditions. » Cf. Lois 789 C. l^ nOAITEIAS A 427 b i)(eLV. Tàyàp 8f] TotaOTa o5t' èmaxàjiESa i^^ielç oIkI^ovtéç TE tt6Xlv 1 ouSevI aXXcp •nEi.a6^E8a, làv voOv I^^cù^ev, oô5è C )(pr|a6^E9a £^T]YT]Trj àXX' f\ tô Tiaxpto)' outoç \àp SfjTtou 6 9eoc; TTEpl Ta TotaOTa nSioiv àvBptiùTioLÇ TxaTpLoc; l^riYT^i'lÇ év \xkaa Tfjç yi^ç etiI toO Ô(1(}>6v TTapaKiiXEt Kal rioXÉjiapxov Kal toùç SXXouc;, eocv TTQÇ ïSo^EV TioO ttot' Sv elt] f) SLKaLoa>Jvr| Kal noO f\ «StKla, Kal TU àXXl'iXouv Sta<|)épETOV, Kal TtdTEpov Sel KEKTÎ^aSat t6v jiéXXovTa EÙSat^ova EÎvai, eocvte XavSàvrj idivTE jif) TuàvTaç Beo<)ç te Kal àv8pr|V èyca, ÛTTo^i^vr|aKEic;, Kal ttolt]téov ^iév yE ouTCùç, XP^ Se Kal û^Sç £,uXXati6(ivELV. 'AXX', E6év. 'OpBcoc;, IqjTi, XÉyEiç. OÔKOOV Kttl TtEpl TOlixCOV, ETTElSf) TETTOpa SvTtt TVy^dtVEl, cSaaiiTOûç ^t]TT]TÉov ; Af^Xa Bi], Kal ^lÈv 5f) TïpÔT6v yâ jioi SokeX ev aÔTÔ KaTdcSr^Xov b ] EÎvai f) ao(|)ta* Kal tl Stotiov TXEpl aÔT?|V (|>atvETai. Tl; fj S'gç. Zo<|)f] ^ÈV TCO OVTL SOKEÎ ^lOl fj Tt6XlÇ ElVat î|v 5llf)X6o^EV' ELfBouXoç yàp, oô)(^i ; Nat. Kal jj.f)v toOt6 yE aÙT6, f\ EÔBouXia, Sf^Xov bxi EmaTfnir| tIç laTLV ou yàp tiou ômaSIa yE, àXX' ETtLaTfj^T] eS |5ou- XEt3ovTai. AfjXov. rioXXal Se yE Kal TTavToSaTïal ETtLcxf^^iai Iv tt^ 7t6Xei EÎalv . ricûç yàp oô ; *Ap* oSv Stà xfjv TÔv tekt6vcûv èTTiaT/|^T]v ao(J>f) | Kal C EÔBouXoç fj tt6Xiç Ttpoapr)T£a ; OuSa^icùç, £(|>T], Sioc y£ TaiL)TT]v, àXXà tektovik^). OuK apa Stà Tf)v ûnèp tôv ^uXlvcov aKEuSv èniaTifnir|v, (iouXEuo^ÉvT] ôç âv Exo»- ^ÉXTtoTa, ao\3XaKaç xo\3xouç; e rioXl!), Ec|)r|, )(aXKÉaç. OÔKoOv, E<^r|v, Kal xcov aXXcùv oaoi Irciaxi'i^aç e)(ovx£(; ôvo^oc^ovxat XLVEÇ Etvai, nàvxcov xouxcov oQxoi av eÎev ôXiyiaxoL ; rioXtS y£. Tcù CTjjLLKpoxàxo apa eBvei Kal ^iÉpEL lauXT^ç Kal xf^ Iv X0UX9 Imaxri^T], xS rtpoEaxcoxL Kal ap^ovxt, oXr| ao(^T\ Sv eUt] Kaxà <|)i&aLV olKtaSEÎaa rrôXic;* Kal xoOxo, «ç eolke, (av KaXEiaSaL. 'AXrjGÉaxaxa, Ec|)r|, XÉyEiç. i4 î^ W : ?i A f; F jl d 2 aÙTrjç : au-rjç F^ || av add. Ast. : om. codd. il d 8 wvoaâÇotjLEv AF^ : ôv. F || 12 ouv F : om. A |] e 3 ï^rjv : £Ç7] F 11 5 ôXiyiffTot : -yoaTOi F i| 10 oXiyKrcov : -yoaTOV F. 429 a LA RÉPUBLIQUE IV 20 Voilà donc une des quatre choses que nous venons je ne sais comment de découvrir, elle et l'endroit où elle réside. Je crois, dit-il, que nous devons nous tenir pour satisfaits de la découverte. VII Quant au courage en lui-même Le courage se ^^ ^ i^ partie de l'État où il se trouve, trouve dans le corps ,. • r -x j ^ l»l^x .. i des guerriers. P^^'*® 9"^ ^^^^ donner a 1 Etat le nom de courageux, c'est une chose qui n'est pas bien difficile à découvrir. Comment ? b Doit-on, repris-je, pour dire si l'État est lâche ou coura- geux, considérer autre chose que cette partie qui combat et fait la guerre pour lui ? Non, répondit-il, il n'y a pas autre chose à considérer. Que les autres citoyens soient lâches ou courageux, repris-je, il ne dépend pas d'eux, à mon avis, que l'État soit l'un ou l'autre. Non en eflet. L'État est donc courageux par une partie de lui-même, parce que c'est en cette partie que réside le pouvoir de main- c tenir en tout temps l'opinion relative aux choses qui sont à craindre * , choses qui doivent être les mêmes et de la même nature que celles que le législateur a indiquées dans son plan d'Mucation. N'est-ce pas là ce que tu appelles le cou- rage? Je n'ai pas bien saisi, dit-il, ce que tu viens de dire; répète-le. Je repris : je dis que le courage est une sorte de conservation. Conservation de quoi ? De l'opinion que la loi a créée par le moyen de l'éducation sur les choses qui sont à craindre et sur leur nature. J'ai ajouté que le courage la maintenait en tout temps, parce d qu'en effet il la conserve dans le chagrin, dans le plaisir, dans le désir, dans la crainte, sans jamais la rejeter. Je vais, si tu Yeux, illustrer ma pensée par une 'comparaison. I. Pour Socrate et Platon, la vertu est science et le vice igno- rance. Le Loches a pour but de démontrer que le courage lui-même n'est autre chose que la connaissance de ce qui est à craindre et de ce qui ne l'est pas. i»o nOAlTElAS A 429 a ToOto jièv Sf| iv TÔv TCTrApcûv oôk oT8a bvTiva Tp^Tiov T]ôpr|KatiEV, aÛTd te Kal Sttou xfjç 7t6Xeoc; tSpuxai. 'E^ol yoOv 8oKEt, e.<^r\, à'iTO)(pazi Tf|v I TTEpl TÔv 8elv6ûv 86^av, TaOTà te aÔTà EÎvai Kal TOiaOxa, C & TE Kal oîa ô vo^oBÉTTjc; napi^yyEXXEV âv Tf^ TTaL8Eta* îj oô •toOto àvopEiav KaXEÎç ; Oô Ttocvu, Ec|)r|, E^aSov S eÎtieç, àXX' a38iç eItté. ZcûTTiptav Eycay', eTtiov, XÉyo Ttvà EÎvai Tfjv âv8pEiav. riotav 8f) CTcoTriptav ; Tf]v i^q 86^T]c;Tf]<; ônè v6^ou Biol Tf^çTTaL8Etac; yEyovutaç TiEpl TÔv 8elvcov & TE EOTI Kttl oTa* 8tà TTavT6ç 8è IXeyov 66oc; Kal l-niButila, b 7Tavx6ç aXXou ^ij^i^axoç. Tf]v Sf) xoiatixrjv Sùva^iv Kal acoxrjptav Stà navxèc; B6B,r]c; ôpBfjç xe Kal vojxtjjiou Selvcûv TTÉpt Kal ^if] àvSpELav lycoyE KaXw Kal xlBEjiai, Et ^r) xt av &XXo XÉyEiç. d 7 TT)v om. Stob. Il 8 -pozapaoxeuo^ou'Jiv : -co/.aTa'Jx. Théo || 9 SÉçsTai : -rjTa-. W Théo |j ot] om. W Théo || e i ^açr) om. Stob. Il 8euao;;oiôv yiyvstac lo paçàv xai rj TcXuat; : oaou xi lo Paosv xaî fj çjatç /.ai Théo || 2 ojt' aveu puap-dcxcov ojxe (le-à pu|x;jLocTa)V : oj":' av [AcTa p'jp.tAa-:a)V Stob. || 6 ot: : OTt xaî F Stob. || 7 -jTCoyvaÇe : apovài Stob. Il 430 a I jxouatx^ : ly tx. Stob. || {xrioèv : xal (jl. F Stob. || 2 xaXX'.aia Toùç : xaXXtaTou; Stob. || 5 xe om. Théo || ttjv om. Théo jl 6 aùxâSv £X7:A"jvai : £x~Xjv7j auTàiv Théo || 7 yaXeaToa''ou : ^aXaa. Stob. Timaeus gtozO^o^ Théo || 8 touxo 8pav om. Théo H b i xoviaç ' xotvtoviaç Théo || 3 ôeivwv : 8. te Stob. 430 b LA. RÉPUBLIQUE IV 22 Je n'en ai aucune, dit-il ; je pense en effet que, si l'opi- nion juste qu'on a de ces mêmes choses n'est pas le fruit de l'éducation, par exemple l'opinion d'une bête ou d'un esclave, non seulement lu ne la juges pas bien durable, mais encore tu lui donnes un autre nom que celui de courage. c Ce que tu dis est parfaitement exact, répondis-je. J'admets donc ta définition du courage. Admets aussi, dis-je, que c'est une vertu politique, et tu ne le tromperas pas. Mais nous en parlerons mieux, si tu veux, une autre fois ; car, pour le moment, ce n'est pas le courage que nous cherchons, c'est la justice. Sur la recherche du courage, en voilà, je crois, suffisamment. C'est vrai, dit-il. ^ La tempérance ^"^ ^^ ''^"^ f '^^ ^."^^^^' repris-je, se trouve à la fois deux choses à découvrir dans la cité, dans la multitude la tempérance, et celle qui est l'objet de et dans le corps toute cette enquête, la justice. des gouvernants. q • Par quel moyen pourrions-nous découvrir la justice ? Nous n'aurions plus alors à nous occuper de la tempérance. Pour ma pari, dit-il, je n'en sais rien ; cependant je ne désire pas que la justice nous apparaisse la première, si cela doit nous empêcher d'examiner la tempérance ; mais si tu veux m'être agréable, examine celle-ci avant celle-là. e Sans doute, je le veux, dis-je ; j'aurais tort de te refuser. Examine donc, dit-il. C'estceque je vais faire, répliquai-je. A première vue, elle res- semble plus à un accord et à une harmonie * que les précédentes. Gomment ? La tempérance, dis-je, est une sorte d'ordre et d'empire sur les plaisirs et les passions, s'il faut en croire l'expression populaire assez étrange, ma foi: « être maître de soi », et d'autres semblables qui sont comme des traces laissées par cette vertu. Qu'en penses- tu? I. Les termes grecs sont ou^^tov'a et àpjxovia. Le premier que je traduis par accord désigne ici proprement la consonance de l'octave et de la double octave. La deuxième (l'harmonie) s'appliquait aux modes musicaux qui différaient entre eux par l'arrangement des intervalles et par la hauteur. aa nOAlTEIAS A 430 b 'AXX' 0Ô8ÉV, rj S' 8ç, Xéyco' Sokelç •^à.p \ioi xfjv ôp8f)v 36E,av TiEpl Tûùv aÛTQV toiStcûv &VEU TtatSetaç y^Y®^^^**^» Tf|v TE 9r|picû8r| Kal àvSpaTTo868rj, où'te ttocvu ^dvi^iov l'JYEÎaBaL, aXXo té tl f) àv8pECav KaXEÎv. I 'AXr|9£aTaTa, r\v 8' lyci), XÉyELÇ. C 'ATtoSÉ)(ojiat Totvuv toOto àvSpELav EÎvaL. Kal yàp àTro8É)(ou, r\v 8' èyca, TToXtTLK/|v yE, Kal ôpBûç drioSÉ^jEL* auSiç 8è TiEpl auToO, èàv (io\3Xr|, etl kAXXlov SU^EV. NOv yàp où toOto £^r)ToO(jiEv, àXXà 8LKaLoaûvT|V Tip6c; oSv Ti^v ekeIvou ^/|Tr|aiv, a>ç lyS^iat, ÎKavcùÇ e)(el. 'AXXà KaXôç, £r|, XÉyEiç. VIII Aùo jir|v, rjv 8' lyo, etl | Xomà S 8el KaTt8Etv èv d i?[ tt6Xel, fj TE acopoaOvr| Kal oS 8r) EVEKa nàvTa ^rjToO^iEv, SiKaioaiivr). riàvu \ièv ouv. riôç ouv âv Tf)v SLKaLoai&vr|v EÎjpoi^Ev, ïva ^irjKÉTi Tipay^iaTEUCù^ESa riEpl acoc})poaOvr|<; ; 'Ey<*) ^lèv Totvuv, Er|, o^^te otSa out' Blv 3ouXo'mr|v aÔT6 TrpÔTEpov (|>avf|vaL, EtiTEp ^rjKETL ETTLaK£i|;6jiE8a acoc|)poat3vr|v' dXX' EL E^lOLyE f5o\3XEL •^O.piCtEaQoLl, aK6Tl£L TTpÔTEpOV ToOtO ckeIvou. 'AXXà ^lEVTOL, rjv 8' âycû, fiot3Xo^at | yE, eI ^if) oc8lkc3. e 2Ik6tiel 8r|, €.<^r\. Zketitéov, eIttov Kal ôç yE evteOBev lSelv, ^ujKjxavtoç Tivl Kal àp^ovla TUpoaÉOLKEV ^olXXov t\ Ta TipÔTEpOV. nsç; K6a^oc; tio\3 tlç, r\v 8' âyo, f) aax^poaùvx] èaTlv Kal f|8ov6ûv TLVcùv Kal etclGu^ilcùv lyKpàTEia, &q (paai kpeIttco 8f) aÛToO XÉyovTEc; oûk oÎ8' bvTLva Tp6'nov, Kal aXXa &TTa TOLaOTa ^oTtEp '(.yyr] aÛTÎjç XéyETaL* rj yàp ; b 8 [j.ov'.[J.ov Stob. : votxitxov codd. || C 5 èÇrjxoutxîv : Ç. F || d 8 STiiaxs- vî-0|xe6a : -oj{xe6a F H e 6 xojjxoç A Stob, : ô y.. F || 8 Xé^ovisç in m. Yp. AM Stob. : çaivov~at codd. || axTa : xiva Stob. 430 e LA REPUBLIQUE IV aS C'est tout à fait cela, répliqua-l-iL « Être maître de soi », n'est-ce pas une expression ridicule!^ car celui qui est maître de lui-même est aussi, n'est-ce pas ? esclave de lui-même, et celui qui est esclave de lui-même 431 a est aussi son propre maître, puisque c'est au même homme que ces dénominations s'appliquent dans tous les cas. Sans doute. Mais, repris-je, il me semble que le sens de cette expres- sion est qu'il y a dans l'âme même de l'homme deux parties. Tune meilleure, l'autre moins bonne. Quand la partie qui est naturellement la meilleure maintient la moins bonne sous son empire, on le marque par l'expression « être maître de soi », et c'est un éloge. Quand au contraire, par suite d'une mauvaise éducation ou de certaine fréquentation, la partie la meilleure, se trouvant plus faible, est vaincue par les forces de la mauvaise, alors on dit de l'homme qui est en b cet état, et c'est un reproche et un blâme, qu'il est esclave de lui-même et intempérant. Cette explication me semble juste, dit-il. Maintenant, continuai-je, tourne les yeux vers notre nou- vel État : tu y verras réalisé l'un des deux cas précédents ; tu reconnaîtras en effet qu'il a droit à ce titre de a maître de lui-même », puisque celui chez qui la partie la meilleure commande à la mauvaise doit être réputé tempérant et maître de lui-même. Je regarde notre État, dit-il, et je vois que tu dis vrai. c Ce n'est pas cependant qu'on n'y trouve une multitude de passions, de plaisirs et de peines de toute espèce, surtout chez les enfants, les femmes*, les serviteurs, et chez la plu- part de ceux qu'on appelle des hommes libres, en dépit de leur peu de valeur. C'est vrai. Mais les désirs simples et modérés, qui, sensibles au raison- nement, se laissent guider par l'intelligence et l'opinion juste, tu ne les trouveras que dans un petit nombre de gens, ceux qui joignent au plus beau naturel la plus belle éducation. I. Ici Platon parle suivant l'idée commune que les Grecs se fai- saient de la femme. Mais en admettant les femmes aux fonctions de gardiennes, il reconnaît qu'elles sont capables de régler leurs désirs par l'intelligence ({Astà vou). 33 IIOAITEIAS A 430 e nàvTov (idcXiaTa, e<^T]. OuKoOv t6 ^èv Kps'iTTco aÛToO yeXoLov ; 6 yàp lauToO icpelTTCûv Kal fJTTcov SrjTTOu av auToC elt] ical 5 fJTTov KpsLTTCûV II ô auTÔç yàp ev Snaaiv Toiixoiç npoaayo- 431a pEiiexaL. Tt 8' o^f ; 'AXX', fjv S' èyo, r|. 'ArudôXEnE xotvuv, t]v S' âyo), Ttpèc; xf]v vÉav i^t'^tv tt6Xiv, «cal EÛpf|aEt<; Iv auxfj x6 IxEpov xotixcov ev6v KpElxxco yàp ■aÔTfjv aôxî^c; SiKatox; (^-qoeic; TrpoaayopEt^EaBau, EÏTiEp ou ^b a^iELVov xoO yEipovoq ocpx^'- oa<^pov kXt^xéov Kal KpcLXXov xiôxoO . 'AXX' àTto6XÉTTa>, E<|)r), Kal àXr|8f] XsyEiç. Kal jii^v Kal xàç yE TioXXàç Kal navxoSaTiàç l-niSu^iaç «al fjSovàc; xe \ Kal Xiinac; èv Tiai.al ^àXiaxa av xiç EÔpoL c Kal yuvat^l Kal olKéTatç Kal xôv èXEuSÉpcùv XEyo^iÉvcov ev -TOLc; TtoXXoît; xe Kal <|>at3Xotç. riàvu (JiÈv o8v. Tàç Se yE àxtXaç xe Kal jiExptaç, ou Bi] ^Exà voO xe Kal ^6^T]ç SpBîiç Xoyiaji^ SyovxaL, èv ôXtyotc; xe InixEii^Et Kal •xotç (iÉXxioxa jièv <|)Oaiv, (iéXxtoxa Se TTatSEuSEtaLv. II TÔ : Tô) F* Il ta 8r|nou : ajxou Stob. || 431 a 7 èya^axèç : -TSffTe- pov Stob. Il tÔ F Stob. : xôv A. I| 10 iv ôvît'Ôet : èvôv eî'Ôet (f^Br) F^) F ^jj b 6 îtpo^ayopsucaOa: : -pîûeiv Stob. || ou recc. : ouv codd. et Stob. jj 10 YE : TE Stob. Il C I T.ai'sl H. Wolf : raat codd. et Stob. || 7 çuaiv : «çuatv F TpaçsTui Stob. 431 c LA RÉPUBLIQUE IV 24 C'est vrai, dit-iL Ne retrouves-tu pas tout cela dans notre État, ne vois-tu pas que les passions de la multitude vicieuse y sont dominées d par les passions et l'intelligence d'une minorité vertueuse ? Jel vois, e dit-il. IX Si donc il faut jamais dire qu'un État est maître de ses plaisirs et de ses passions et de lui-même, c'est bien du nôtre qu'il faut le dire. Assurément, fit-il. Ne faut-il pas ajouter que par tous ces motifs il est tempé- rant ? Si fait, dit-il. Et si jamais dans un État gouvernants et gouvernés ont eu la même opinion sur ceux qui doivent commander, c'est e encore dans le nôtre que se trouve cet accord. N'est-ce pas ton avis ? Si, dit-il, complètement. Dans lequel de ces deux groupes de citoyens diras- tu done que réside la tempérance, quand ils sont ainsi d'accord ; est-ce dans les gouvernants ou dans les gouvernés ? Dans les deux sans doute, dit-il. Te rends-tu compte, repris-je, que nous avons été bons devins tout à l'heure, en assimilant la tempérance à une sorte d'harmonie * ? Pourquoi donc ? Parce que, si le courage et la sagesse, qui ne résident que 432 a dans une partie de l'État, le rendent néanmoins, l'une sage,, l'autre courageux, il n'en est pas ainsi de la tempérance : celle-ci s'étend absolument à toute la cité et produit l'accord parfait entre tous les citoyens, quelle que soit la classe, basse, haute ou moyenne, où les range, par exemple, leur intelli- I. En tant que vertu politique, la tempérance comprend trois élé- ments, la soumission du pire au meilleur, la soumission des pas- sions à la raison, et enfin l'accord du meilleur et du pire pour déci- der qui doit gouverner. Les deux premiers se ramènent en réalité à un seul et ne sont point fondamentaux, car ils découlent du troi- sième ; celui-ci au contraire ne découle pas des deux autres. Voilà pourquoi, dans sa définition finale, Platon n'admet que le troisième et fait de la tempérance une harmonie. 24 llOAlTEIAi: A 431 c 'AXr|8f), ^T]. OÔKoOv Kal TaOxa ôpSç Ev6vTa aoi èv xf] Tt6XEt Kal KpaTou^iévaç auT68t làç eTiiSu^tac; xàç èv tolç ttoXXoÎc; te Kal I (patjXoLÇ Ô7t6 te tôv èniSu^iâv Kal Tf^ç <()povf)aECûc; d TfjÇ EV Totç âXàTTOal TE Kttl ETIlELKECTTépOlÇ ; IX El apa Seî TLva TtéXiv npoCTayopEt^Eiv KpElTTO fJSovcàv TE Kal ETiiSu^iôv Kal aÔTfjv aÔTf^ç, Kal TaiÛTT^v 7ipoapr|TÉov. riavTdtTTaaLV \ikv oSv, M.<^r\. *Ap' oSv ou Kal aâxppova Kaià nàvTa TaOxa ; Kal jidiXa, E(|)r|. Kal jif]v EÏTtep aS Iv SXXt] néXEi fj aÔTf) 86^a eveotl tolç TE &p)(ouaL Kal àp)(onÉvoLc; | TTEpl ToO oîÎCTTLvaç Sel ap)^Eiv, e Kal EV TaÛTT] Sv EÎT] toOto £v6v f) oô SoKEL ; Kal ^làXa, ec|>T], cr<|)68pa. 'Ev TtOTÉpOLÇ 0Î5v ç Stob. || 9 ») om. Stob. || II où^ : 0Ù8' Stob. Il 432 a 2 rapet/gTO : et in ras. A |f oGto) : oÛTto TTjv 7:oXiv F. 432 a LA. RÉPUBLIQUE IV 25 gence, ou, si tu veux, leur force, ou leur nombre, leurs richesses ou quelque autre avantage du même genre ; en sorte que nous avons pleinement le droit de dire que la tem- pérance est ce concert, cet accord naturel de la partie infé- rieure et de la partie supérieure pour décider laquelle des b deux doit commander et dans l'État et dans l'individu. Je suis entièrement de ton avis, dit-il. Bien, dis-je ; voilà trois sortes de qualités que nous avons reconnues dans l'État, si je ne m'abuse ; quant à la dernière, qui complète la vertu de l'État, que peut-elle être ? Il est évident que c'est la justice. Évident. Dès lors, Glaucon, c'est à présent que, c'est la constance Là justice, chasseurs d'un nouveau genre, il nous â remplir chacun ^^"* cerner le buisson et faire attention son emploi, que la justice ne nous échappe pas et ne et l'injustice est se dérobe pas à nos yeux ; car il est l'empiétement manifeste qu'elle est quelque part ici. sur les fonctions t. jj xi»iii' d'autrui Uegarde donc, et tache de 1 apercevoir ; peut-être pourras-tu la voir avant moi, et me la montrer. Si je le pouvais seulement ! s'écria- t-il ; mais non î te suivre et voir ce que tu montreras, c'est tout ce que je peux faire. Prie les dieux avec moi^, dis-je, et suis-moi. C'est ce que je veux faire ; marche seulement le premier, dit-il. Certes, repris-je, l'endroit paraît être fourré et peu prati- cable ; il est du moins obscur et difficile à explorer ; il faut avancer pourtant. Il le faut, dit-il. Et moi, après avoir regardé : Oh ! oh ! Glaucon, m'écriai-je; il me semble que nous tenons la piste, et que la justice ne nous échappera pas. Bonne nouvelle ! fit-il. I . Prie les dieux, comme doit le faire un chasseur qui part pour la chasse. Cf. Xén. De Venadone, VI, i3 eù^aasvov -o) 'A~o)vÀwvi -/.a- "C^ 'AptltxtSi Tîj 'AypOTlpa {jLSTaSouvat ttj; ôrj'paç, et Platon, Phil. 25 B euyou 8r] xaî oxoTist. ii5 nOAITEIAS A 432 a et ^èv (5o\3XEt, <|)povr)aEi, eI 8è (io\jXEi, to^tJL, eI hk^ «xi TiXrjSEL f\ y^T]\iaaiv r\ aXXcp ôtcooOv tôv toioijtcûv ^gte èpSÔTax' Sv c|)aî^iEv TatiTrjv Tf)v S^^voiav CTC0(J)pocrûvr|v EÎvai, yjEipoMÔq TE Kal à^Eivovoc; koltol (^vaiv £,u^i(|)covlav ÔTï6T£pov 5el ap^ELV Kal EV tt6Xel ] Kal ev evI EKàaTca. b ridcVU ^OL, £c|)r|, ^uvSoKEL. ETev, f]v 5' lyo)* xà ^èv xpla f\^1v £V Trj ttôXel KaTWTiTaL, oç YE oÛTCûcl 86£,ai' t6 8è Sf) XotTièv eTSoç, 8l' S âv Itl àpExfjç ^ETÉ^oL tt6Xlç, Ti TTox' âv eït] ; Sf^Xov yàp 8ti toOt' laTlv f\ 8LKaioauvT). Aî]Xov. OÛKoOv, o rXaÙKCûv, vOv 8f| fj^Sç 8eÎ ôoriEp KuvriyÉTaç Tivàç Bà^vov KtiKXcp TiEpttaTaaSaL •npoaÉ)^ovTaç t6v voOv, \xi\ TiT] 8La(|)UYT] f\ 8LKaLoavEp6v yàp \ 8f) bxu xauTr) TTr| laTuV Spa ouv Kal C TipoSu^ioO KaTL8ELV, Idv TTcoc; Trp6T£po<; E^oO ïSrjc; Kal l^iol 4)pàa KaSopSv, Tiàvu jiol ^lExploç XprjaEL. "Ertou, fjv 8' lyc), eôE^A^evoç ^iet' e^ioO. rioLfjaco TaOTa, àXXà ^lévov, t\ 8' oç, iqyoO. Kal t*^r)v, eÎttov âyc*), 8i3a6aT6ç yâ tlç ô t6ttoc; (jsatvETai Kal ETitaKioc;' loTt yoOv aKOTEivèç Kal 8ua8LEpEuvrjToç. ""AXXà yàp b^icùc; lteov. I 'Itéov yàp, E<|>r]. d Kal âyà KaTL86v 'loù loi5, eÎttov, S TXatiKcov klvSu- VeOo^ÉV Tl EX^LV ÏX^°*ï» '^"''- fc^®'- SOKEL OU TlàvU Tl EK<}>£U- ES àyyÉXXEiç, fj 8' 8ç. 5 8è pouXsi : 8' ou p. F || 7 çaîaev : oa;j.cV F Stob. jj b 9 0a{JLVov F : -v t6 TiàSoç. Tb Tioîov ; ritiXaL, S) jiaKapia, <|)atvETai TTp6 rtoSôv f)tiîv !£, ap)^f)ç KuXtvSEÎaSaL, Kal ou^ écopô^ev âp' atiô, àXX' T]^ev Kaxa- ysXaaTdTaToi* ôoruEp ol Iv Taiç )(^Epolv e)(ovte<; ^t^toOclv I EvtoTE O E)(OUCTLV, Kal l^^AEtÇ eIç aÔT6 \iàv OlÔK aTTEBXÉ- 6 TTO^IEV, TTOppCÛ SE TtOl àlTEaKOTIoO^EV, f\ Sf] Kttl IXdcvSttVEV ïacoç i^t^Sç. nôç, £cf)Ti, XÉyELç; OuTcoç, eÎttov, cùç SokoO^év jJioL Kal XÉyovTEÇ auT6 Kal aKOuovTEÇ TiàXaL oô jiavGdvELV i^^jlcùv auTÔv, oti èXÉyojiEV ipÔTlOV TLVà aÔT6. MaKp6v, EcJ)r|, ib Trpoot(JiLov xS ETitSu^oOvTL àKoOaai. X 'AXX', fjv 5' lycb, StKouE 11 Et TL &pa XÉyo. "O yàp e^ 433 a àp)(î^ç IGÉtiEBa Selv tiolelv Biol Txavxdç, hiE xfjv ti6Xiv KaTOKL^O^lEV, To0t6 EOTLV, «C; E^ol SOKEL, fJTOl TOtiTOU TL eÎSoc; r\ BiKaioa-ùvx]. 'E6É^E8a 5è Srjnou Kal TToXXàKic; eXé- yojiEv, EL ^É^ivr|aaL, otl Iva EKaaTov ev Seol ettltitiSeuelv TCOV TTEpl T1?]V Ti6XlV, ELÇ 8 ai&ToO T^ CJJUQLÇ £TTLTr)5EL0TdcTr| TU£(|)UKuia £Lr|. 'EXÉyo^iEV ydcp. Kal \ii\v OTL ys t6 Ta aiÔToO TupôcTTELV Ka^ ^f) TtoXu- Tupay^ovELV SLKaLocn&vr| ectI, Kal toOto êcXXcov te ttoXXcûv àKr|K6a^iEv Kal [ aÙTol noXXàKLÇ ElpfjKajiEV. b Elpr|Ka^£v ydp. ToOto to'lvuv, fjv 8' lyca, q (JjIXe, klvSuveuel Tp6Tiov TLvà yLyv6^£V0V l^ ÔLKaLOOT^Vr) EÎvaL, TÔ Ta aÛToO TipOCTTELV. Oîa8a o8ev TEK^alpo^iat ; OuK, àXXà XÉy', e.<^T\. e I àîCsSXé-ojXcV : octioS. F || 3 ^ 8y] : r^Zr^ F j| 433 a 2 Beiv om. Slob. Il 3 T'. om. Stob. || A t) om. Stob. |1 ôè F : om. A add. s. u. [| 9 -6 om Stob. Il (xrj om. F |1 b i e?pr|xap.ev om. Stob. i| /i rj om. Stob. 433 b LA RÉPUBLIQUE IV 27 Je crois, dis-je, que ce qui reste dans la cité, en dehors des trois vertus que nous avons examinées, tempérance, courage, sagesse, c'est ce qui leur a donné à toutes la puis- sance de naître, et les conserve une fois nées, tant qu'il c demeure en elles. Or nous avons dit que la vertu qui reste- rait, quand nous aurions trouvé les trois autres, serait la justice. En effet, c'est forcé, dit-il. Mais, repris-je, s'il fallait décider laquelle de ces vertus contribuera le plus par sa présence à la perfection de notre cité, il serait difficile de dire si c'est la conformité d'opinion des gouvernants et des gouvernés, ou le maintien chez les soldats de l'idée légitime de ce qui est à craindre et de ce d qui ne l'est pas, ou la prudence et la vigilance dans les chefs, ou si la cause la plus efficace de son excellence ne serait pas la présence de cette vertu par laquelle enfants, femmes, esclaves, hommes libres, artisans, gouvernants et gouvernés font respectivement leur besogne, sans se mêler de celle des autres. Ce serait difficile à décider, dit-il, assurément. Ainsi donc la force de remplir la tâche que la société impose à chaque individu rivalise, semble-t-t-il, avec la sagesse, la tempérance et le courage pour le perfectionnement de l'État ? Certainement, dit-il. e Et cette force qui concourt avec le reste à la perfection de l'État, n'admets-tu pas que c'est la justice ? Je l'admets absolument, dit-il. xat éauTÔv aoSçpovt [xovio îcpodTfxetv. Dans le langage populaire, owcppoauvTi n'était pas toujours distingué de Bixatoauvr,, et même les philosophes employaient quelquefois les deux mots dans le même sens. Mais dans la République, les deux mots sont distincts ; autre- ment toute la construction de la cité parfaite s'écroule. La tempé- rance est essentiellement l'accord des citoyens sur la personne qui doit commander, et la justice consiste à faire son métier et pas d'autre. Cette manière de définir la justice semble très différente de la définition populaire que la justice est de rendre à chacun ce qui lui est dû. Platon après avoir rejeté au I®'" livre la définition popu- laire, y revient ici en disant que les juges empêcheront les citoyens de s'emparer du bien d'autrui ou d'être dépouillés du leur, et il 27 nOAITEIAS A 433b AOKEL ^OL, f\V 5' EyO, li> ÛTT6XotTTOV £V TT^ T[6XeL Sv èaKÉ^^ieBa, aco(|)poauvr|c; Kal àvSpetac; Kal (|)pov/)aEco(;, toOto EÎvat, 8 TiSoLv ekeIvoiç Tf]v 5\jva^LV napÉa^EV ôote eyye- vÉaSai, Kal £Yy£vo(jiÉvoLÇ yE acoTriptav TTap£)(ELV, IcûOTTEp Ôlv Evfj. KatTot £<|)a^Ev 8LKaiocn5vr)v j laEadai Ter ÛTtoXEi(J)9èv c EKEIVOV, EL Xà Tpla EÛpOUlEV. Kal yàp àvàyKrj, sc|)r). 'AAAà ^lÉvToi, r\v S' èyoû, el 8éol y£ Kpivat tl xf^v TuéXtv î^^iLV xoùxcùv ^locXtoxa àyaBfjv àTTEpyàaExat âyyEvé^EVOV, SùaicpLXov Sv ELF) TToxEpov 1^ o^oSo^la xcùv àp)^6vxcov XE Kal àp)(o^Évcov, t\ f\ TTEpl Selvcùv XE Kal \xi], axxa laxt, 86£,r|Ç Ewà^iou acoxripta ev xolç axpaxioûxaic; èyyEvojiÉvr), fj f^ êv xoLÇ ap)(0UCTL (^p6vr\oiq xe Kal <|)uXaKf] IvoOaa, f^ j xoOxo d ^(iXiaxa àyaSfjv auxf)V ttolel £v6v Kal Iv nauSl Kal ev yuvaiKl Kal So\3Xcû Kal èXEuBÉpcç) Kal Srj^toupyô Kal Sp)(0VTt Kal àp)(o (lÉvcp, bxL x6 aûxoO EKaoxoç eTç wv ETipaxxEv Kal oÔK ETToXuTipay^i6vEi. AtioKpLxov, E(|>r)' Ticûc; S' oÔ ; 'Evà^tXXov &pa, ô>ç eolke, Tip6<; àpExfjv tt6Xecûç xfj xe ao<^ia. aôxî^c; Kal xf] acùcf)pooTjvr| Kal ir\ àvSpEta f\ xoO êKaoxov EV auxî] xà aôxoO TrpàxxEiv Stjva^iç. Kal ^idcXa, £<Î>T]. OÙKoOv SiKaiocnivT^v x6 y£ xotixouc; Ivà^iXXov Sv elç I àpExfjv 7t6Xeco<; 8£lT]q ; e riavxdtTiaCTL \xàv ouv. 7 wv AF2 : "cwv pr. AF Stob. || g o . . . Ttapeo^ç^ev : to . . . Tzapé-^ov Stob. jl lO ye om. Stob. || ia>T]. ' 'AXX' oxav yE, ot^iat, Sri^ioupyàç Ûv fj xlç oXXoç )(pT]^a- xtaxf]c; (J)t3aEi, ETiELxa ETtaipé^iEvoc; | î) TuXoiixo fj ttXt^Sel f) jj lTrcûv lèv t6 EÎ80Ç toOto ôjioXoyfÎTaL Kal ekeî 8iKaioai&VT| EÎvai, auy^ca- pr|a6LiE8a fj8rj' tI yàp Kal IpoO^iEv ; el 8è (ji/|, tote aXXo x^ CTKSip6^iE8a. NOv 8' ekteXéctcù^ev ti]v OKÉipiv f\v &i-f\Qr\\i.EV , eI ev ^lEL^Ovl TIVL TCOV E)(6vTG)V 8LKaLoai3vr|v TupoTEpov EKEÎ ETTlXElpT^CTaL^lEV SEàaaaSaL, pSoV âv ev EvI avBpCOTTC}) KaTL8EÎv oîév EQTiv. Kal I e8o^e 8i^ AV^"^ toOto EÎvat e TtàXtç, Kal oSto (5)Kt^o^EV wç E8uvà^iE8a àptaTrjv, eS Et86T£c; 8tl ev yE Tf] àya8f] âv eut^. ""O oSv ifjt^îv ekeÎ IcfxivTi, ETtavac|)Épcû^£V eIç Tèv Iva, k&v \xàv ô^ioXoyf^Tat, KotXcùÇ eEjEL' èàv 8é tl aXXo ev t^ evI Eji<|)atvr)TaL, TrdtXtv èna- vl6vteç ânl Tfjv Ti6Xtv fiaaavtoOjiEv, || Kal toc^' Sv nap' 435 a &XXr|Xa aKOTioOvTEc; Kal TplBovTEç, ôoTïEp Ik rtupEtov EKXàjiipat TuotfjaanjiEv Tf]v 8LKaLoa\5vT]v, Kal (|)avEpàv yEvo- ^iÉvr|v |5E6aLCdCTat^E8' av auTf)v nap' t)^îv aÛToîç. C 7 Xsytotxev : -oaev F || 8 oixeioTupayta : oixioypaçta F* ot'xeto- Ypaoï'a F2 II g auTou : aùtô F || d i 8oxet om. F |j 2 Xéycoixsv : -o^jlev FJl'e ÈxxeXs'crcofAev : -X£a[j.£v F j] 8 âv : r] èv F || e 3 ye tt) : yeveT^ F 1| 4 sîiavaçéptoijLev : -otxev F || 435 a 2 rupsitov : -pftov F || 4 (5e6a:tor|. Kal S'iKatoc; apa àvf)p SiKataç ttôXecûc; \ Kax' aôxè ib Tf^ç b 6iKaiooT3vr|ç eTSoç ouôèv StotaEi, àXX' ôjioioc; laTau. "OnoLoç, £c}>r|. 'AXXà ^iévTOL ti6Xlç yE fSo^EV Etvai Siicala Ste ev aôxf^ ■rpiTTà yÉvrj (|)\iaecov IvévTa t6 aÔTÔv EKaaTov ETtpaTXEV, r] Stà tSv aÔTÔv to\3tcûv yEVQv aXX' âxTa T[(i8r) te Kal e^elç. 'AXri8f|, s.(\>r]. Kal t6v iva &pa, S <|)tXE, oôtcùc; à^iao^Ev, Ta auTà TaOTa EiSr) Iv Trj aÔToO | 4^u)(f] E)(ovTa, 8tà Ta aÔTà TràSr) c ekeIvolç toùv aÙTcov ôvojkJctcov ôpGôç à^LoOaSaL Tjj ttoXei. nSaa àvdyKr|, £<î>r|. EXq <|>aOX6v yE aS, f^v 8' Eya>, o Gau^iàatE, aKÉ^^ia é^TtETITCOKa^EV TTEpl IpUX^Ç, SÏTE ^X^^ '^^ "ZpiOL sXSl\ TttOTtt EV aÔTrj EÏTE [l-f]. Ott. TiAvu (JLOL 8oKoO^£v, lc})r| , eIç (j)aOXov caoc; yàp, o Z(î>KpaTEÇ, t6 XEy6^Evov ocXt^Séç, 8tl )(aX£TTà Ta KaXdt. alv£Tai, fjv 8' lyco. Kal e8 y' uaBt, S FXaiSKcov, ] ôç i^ d E^f) 86^a, àKpiôoùc; jièv toOto ek TotoiiTcov ^e868cùv, otaïc; vOv EV Toîq Xéyoïc; )(pa)^E8a, oô ^if| ttote XocÔco^ev àXXà yàp |iaKpoTÉpa Kal tiXeIcùv 886c; f) IttI toOto Syouaa* ÏCTCOÇ ^ÉVTOL TÔV yE TrpOElpT^^ÉvCÛV TE Kal TTpOEaKEtl^EVCOV à^lcoç. OÔKoOv àya-nriTév ; e.T], àXXà CTK6neL. *Ap' oSv fj^tv, I fjv 8' lyô, TToXXi^ àvàyKT^ ôtioXoyetv 8ti e ys xà auxà Iv ÊKàCTTcp IvEaTiv f\\i.l\f sXBr\ te Kal fj9r] STiep èv TT^ 7t6Xel; ou yàp ttou SXXoSev EKEiac àcjsÎKTaL. TeXolov yàp Blv EÏr) sX tiç otT]6Etr| t6 Gu^ioeiSèc; \xi\ ek tôv ISicotoûv EV xaîç TT6X£aLV syyEyovÉvai, o* 8f) Kal l^^ouat TaiJTr|v xfjv alxlav, otov ot Kaxà Tf]V Gpd Kr|V te Kal ZKuGiKfjv Kal a)(E86v TL KttTà Tèv avo T6Ttov, f) Tè <|)LXo^a8éç, 8 Si?) tbv Tiap' i^^iiv ^oXlctt' &v tlç alTiàaaLTo t6tiov, î^ t6 | (|>iXo)^i^- 436 a jiaTov, S TiEpl Totiç TE 0LVLKac; Etvai Kal TOÙÇ KaTà AïyuTTTov (jjaiT] TLÇ âv oô)( fJKiaTa. Kal ^làXa, £cj)T]. ToOto ^lÈv 8f) oÔTCùç E)^EL, îjv 8' lycû, Kal oôSèv ^aXenèv yvcûvat. Ou 8îÎTa. XII To8£ 8è fj8r| )(aXET[6v, el t^ aÔTw toi^tco EKaaTa TipàtTO^EV f) Tpialv oî5aLV aXXo aXXcp* ^aySàvo^iEV ^èv ÊTÉpto, Gu^ioù^iESa 8È aXXcp Tcov EV r)^iîv, ETTiGutJioO^EV 8' au XptTCp Tivl TOÙV TIEpl Tf)V TpO(^f)V TE Kal yÉVVrjCTLV 1^8oVCûV Kal I oaa toi&tcov à8EX<|>à, f] oXrj Trj ipu)(^fj KaS' EKaoTov ^ aôxâv TtpdtTTo^Ev, îiTav 8p^if)CTCû^Ev. TaOT* EOTat Ta ^^aXETuà 8ioplaaa9aL à^lcoç Xéyou. Kal E^ol SOKEL, ECj>r|. *C1Be Tolvuv £TTL)^ELpSjiEv aÔTa Spl^EaSai, eïxE xà aôxà àXXfjXoLÇ eTxe Exepdc ectxi. nôç; Af]Xov 8xL xaux6v xàvavxla tioueîv fj TiéLoy^Eiv Kaxà xaôx6v yc Kal rupèç xaôxèv ouk EGcXifjaEi S^a, ôaxE av ttou EÔptaKCù^EV EV aùxoLç xaOTa yiyv^jiEva, ELaéjiESa 8ti | oô c TaÔTèv f]v, àXXà tiXelcû. e 5 eYY6Y0v=vai : h.yty. Stob. yey. F || 7 xôv 7:ap' Stob. : :z£pl xov T,aç codd. jj 436 a 3 recc. : -zo codd. et Stob. jj 8 to'^s : totc F || II Tc5v om. F ]| b 9 ye : Te Gai. || lo âv auToïç : âauToiç F. 436 C LA RÉPUBLIQUE IV ^ Sa Fort bien. Examine ce que je vais dire. Parle, dit-il. Est-il possible, repris-je, que la même chose soit en repos et en mouvement en même temps dans la même partie d'elle même ? Nullement. Mettons-nous encore plus rigoureusement d'accord, de peur qu'en avançant nous ne tombions en contestation. Si en effet on nous disait qu'un homme en repos, mais qui remue les mains et la tête, esta la fois en repos et en mouvement, nous estimerions, je pense, qu'on aurait tort de parler ainsi, et d nous dirions qu'une partie de l'homme est en repos, et l'autre en mouvement, n'est-ce pas ? Oui. Et si, poussant plus loin le badinage, notre subtil interlocu- teur soutenait que les toupies sont tout entières et dans le même temps en repos et en mouvement, quand, leur centre restant fixe, elles tournent sur elles-mêmes, et qu'il en est de môme de tout autre objet qui tourne sur lui-même sans bouger de place, nous rejetterions ce raisonnement, puisque ce n'est pas dans les mêmes parties d'elles-mêmes qu'elles sont ainsi e en repos et en mouvement ; mais nous dirions qu'il faut dis- tinguer en elles l'axe et la circonférence ; qu'elles sont immo- biles relativement à l'axe qui n'incline d'aucun côté, mais que relativement à la circonférence elles se meuvent d'un mouvement circulaire ; et que, si l'axe penchait à droite ou à gauche, en avant ou en arrière, tandis que l'objet tourne, alors il ne serait plus en repos d'aucune part. Et notre réponse serait juste, dit-il. On aura donc beau soulever des difficultés de ce genre : on ne nous déconcertera pas, et nous n'en croirons pas davan- tage que la même chose puisse en même temps, dans la 437 a même partie d'elle-même et relativement au même objet, sup- porter, être et faire des choses contraires* . I. Pour d'autres formules du principe de contradiction, cf. Répu- blique 349 b et 602 e, Eulhydeme 298 b/d, Phédon io4 b, Théétète 190 b, Sophiste 252 d, 269 a, et aussi 280 b où sont précisées les déBnitions formulées ici. Aristote s'en est inspiré, Métaphysique IV, ioo5 b 19. 32 nOAITEIAS A 436 c ETev. ZKéTTet 8f] 8 Xéyco. AéyE, iÉpcovTaL, f] Kal SXXo tl kijkXw TtEpiiov EV Trj auTrj iSpa ToOTa Spfi, OUK âv à'TTo5E)(ol^E8a, coç oô KaTa TaÔTa êauTÔv Ta TotaOTa t6te ^ev6vtcùv te Kal (|)Epo^Évcùv, àXXà j <|)aî^EV © êtv E^ELV auTà EÛBu TE Kal TiEpLcjjEpÈc; EV aÛTotç, Kal KaTà ^Èv Tè EÔ9ù EaTàvaf oôSa^if] yàp à-noKXtvELV KaTa Se xi) TTEpL(|)EpÈç kOkXcû KLVEÎaSat, Î^Tav 8È TTjv EÔBuoptav f\ eI<5 SE^iàv î^ ELÇ àpiaTEpàv f) eIç t6 TTpdaSev f) elç t6 ortiaGEV lyKXlvri a^a TtEpL<|>Ep6^Evov, t6te ouSa^f] laTLV laTavai. Kal ôp6cùç yE, s.<\>r\. OôSèv apai^jific; tSv tolo^tcûv XEydjiEvov EKTTXr|£,Ei, oôSè jioîXXév TL TiEiaEL ôç TtoTÉ TL OCV t6 auT6 8v Sjia KaTà t6 aÔT6 Tupèç Tè aÛTÔ Tavavxta |1 TrdtBoi f| Kal EÏr) f^ Kal TUOLTiaELEv. 437 C9 ô{xoXoyTiato[A£0a : Ôtoao. Gai. j] d ^ xai d : tl xat F || 5 oî ye : V. ye F* Il (j-:po6'.Xoi : (jTpo;j.6ot Gai. || oXoi : oaot F || 8 à7:o5e-/o''txe6a Gai. : -oitxsOa codd. -dtJLsôa A^ || éauTwv : aÙTwv F || 9 rà TotauTa secl. Ast. Twv TO'.ojTwv H. Richards || To'xe : -wv xe F || e i Tai sens du non être. Voir Sophiste 258 c-aôg d. Cf. Shorey, République p. 385. « Platon voit bien, comme le verra 33 nOAITEIAS A 437 a OÔKouv k\ik yE, e(î>r|. 'AXX' o^coç, r\v S' lycû, Xva \i^ àvayKa^o^eSa Tiàciac; Tàç ToiaÙTac; à|jic|)La6r)Tf]aeiç ette^l^vtec; Kal ^EBatoù^iEvou â>ç oÔK àXr|8ELc; oûaaç jit]ki&veiv, ^TToSÉ^iEVOL &<; toutou oOtcûç l^ovToc; eIç t6 ttp6ct9ev TTpoCco^iEv, ô(ioXoyf)aavTEç, Idtv tiote aXXr) <î>avr) TaOTa f) TaOTr|, ndtvTa f\\iiv Ta ànô totStou ^u^BaivovTa XEXu^Éva zasadai. 'AXXà xp^iy êTl, TaÛTa ttoieiv. XIII *Ap' (&v) oSv, 1 T]v 8' lyo, t6 etiivei3elv tû b àvaveuELV Kal t6 E(J)t£a9aL tlvoc; XaBslv tû &TiapvEta6aL ' 8Lv|jfjv Kal TtEivf^v Kal 8Xcoç Taq Im- Bu^taç, Kal au to eBéXelv Kal t6 ^otiXEoBau, oô TuàvTa TaOTC» ELÇ EKELvdc Ttoi âv SeItiç Ta EÎSrj Ta vOv Sf) XE^BÉVTa ; } Otov àsl Tf)V TOO ETTlBu^oOvTOC; ^'UX^^ °^X^ fJTOU EL£a6aL c (|)f|a£L(; EKELVOU oC âv etilBu^t], f\ TTpoadcyECTBaL toCto o âv [5oûXr)TaL cl yEvéaBat, î^ aS, KaB' 8aov eBéXel t'l oÎ TTopt- aBfjvai, ETTtvEUEiv toOto Tipèç aÛTf]v Sxmzp Ttv6c; èpo- tGvtoç, ETTopEyo^ÉvT^v auToO Tfjç yEvÉaEcoç ; "EyoyE. Tt Se ; TO àBouXEÎv Kal [ir\ eBeXelv ht]S' etil6up.elv ouk ELÇ TO aTTCoBELv Kal aTTEXatJVELV art' aÔTÎ^ç Kal elç anavTa TàvavTia ekeIvolç Bfjao^iEV ; lo av add. Bumet, post b 4 âvavTÎwv add. Baiter [jb i 'à l-iveueiv : -0) ït:. F ]| 1-3 TÔi àvaveûctv ... to) àTiapvîïaÔat ... tw àîCojGcïaôai : x6 àv ... TÔ à- ... -Q aTZiii. Gai. || 7 oÀcoç : aXAdi^ F II 8 TauTa jzavTa Gai. Il 9 8f( cm. Gai. ]| C 2 çT^ae-s : çuagi Gai. || fj cm. F add. s. u. || 3 01 vïvî'o'Oa: : vsvéaGa; «xoi et ^cVcaGai Gai. |] au : 9'j oj Gai. || 4 £pw- -ojvTo; codd. et Gai. De Placitis Hippocratis et Platonis p. 48a : èpwv- To; ex âofo-ôjvTo; fecit A^ suprascr. F^, spwvTo; Gai. ibid. p. 5i3 || 5 kr,opiYju.ivr\y : -yojjltjV F --^oiiho-j Gai. || 7 xô : tou Gai. VII. I. — 5 437 d LA RÉPUBLIQUE IV 34 d Sans contredit. Ceci posé, n'admettrons-nous pas qu'il y a une espèce particulière de désirs, et que les plus manifestes de cette espèce sont ce que nous appelons la faim et la soif ? Nous l'admettrons, dit-il. L'une n'est-elle pas le désir de boire, l'autre de manger? Si. Or la soif, en tant que soif, est-elle dans l'àme un désir d'autre chose encore que ce que je viens de dire ? Par exemple la soif est-elle soif d'une boisson chaude ou froide, abondante ou modique, en un mot d'une boisson déterminée ? ou plu- e tôt, si réchauffement se joint à la soif, n'y ajoutera-t-il pas le désir de la fraîcheur, et si c'est le froid, le désir de la chaleur ? et si en raison de sa violence la soif est grande, elle fera naître le désir de boire beaucoup ; si elle est petite, de boire peu. Mais pour la soif prise en soi, elle ne saurait être le désir d'autre chose que de son objet naturel, la bois- son en soi, comme la faim n'est autre chose que le désir du manger. C'est vrai, dit-il ; chaque désir pris en lui-même ne convoite que son objet naturel pris en lui-même ; le désir de telle chose déterminée relève des accidents qui s'y ajoutent. 438 a Ne nous laissons pas surprendre, repris-je, ni déconcerter par l'objection qu'on ne désire pas la boisson, mais une bonne boisson, ni le manger, mais un bon manger, attendu qu'on désire naturellement les bonnes choses, que par conséquent, si la soif est un désir, c'est le désir de quelque chose de bon, quel que soit son objet, soit la boisson, soit autre chose* ; et il en est ainsi des autres désirs. On pourrait trouver, fit-il, que l'objection n'est pas sans force, b En tout cas, repris-je, toutes les choses qui par leur nature Aristote, que le principe ne peut être prouvé que par une réfutation des arguments de l'adversaire, et, après avoir précisé sa signification, diflfère ironiquement la question de sa valeur. » I . On peut faire à Socrate cette objection : « On désire toujours le bien. Gomment dès lors la partie rationnelle pourrait-elle s'opposer au désir ? — Il faut distinguer, dit Socrate, le désir en soi, par exemple, le désir de boire, et le désir particulier, par exemple le désir d'une bonne boisson. Les deux sont logiquement distincts : l'un 34 nOAlTEIAi: A 437 d riôc; I yàp o\i ; d Tot^TCùv Sf) oOtcûç l)(6vTCi>v èrtiButiiôv tl c|)f)ao^iEV EÎvai. eTSoç, Kal EvapysaiàTaç aÔTcSv tot&tcov îjv te SLijJav «xXoO^Ev Kal f\\t TiEÎvav ; f)aojiEv, îj S' Se;. OÔKoOv Tf)v jièv TTOToO, Tf|v 8' êScdSf^ç ; Nat. *Ap' o8v, KaB' 8aov Slipa laxt, ttXéovoc; av tlvoc; f] oC XÉyo^EV ETTiSu^ila ev Tfj 4'U5(f] Etr), otov S'iipa èaTl St^^a apà yE ÔEp^oO ttotoO î) i};u)(poO, fj noXXoO f^ ôXlyou, f) Kal Evl Xéycp TioLoO Tivoç TTCû^iaToç ; ^ âàv ^lÉv Tiç 8Epji6Tr|c; tô ÔLVpElTTpoaT], Tf]V j ToO lpU)(poO ETTlSu^llaV TipOOTiapÉ^OLT' Sv, 6 âàv SE ipu)(p6Tr)ç, Tf]v toO SEp^oO ; làv Se Sià tiXi'|9ouc; Ttapouaiav noXXi^ i^ Stipa ?|, Tf)v xoO ttoXXoO TtapÉ^ETai, èàv 5è ôXtyr], xfjv xoO ôXtyou ; Aut6 8è t6 Stvpî^v ou \kf] ttote aXXou yÉvr]Tat EmSu^la f\ oCnEp tiéukev, aÔToO no^iaToç, Kal axS TÔ TTELvfjv 3pû>tiaToç ; Oôtcûç, E<|)r|, a^Tf) y£ f\ ETiiSu^la EKaaTr) aôxoO ^6vov EKdcaxou oC TTÉc^uKEv, ToO 8è TOLOU î) Totou Ta Tupooyiyvé- jiEva. Il Mi^TOL TLÇ, fjv 8' êy<î), aCTKÉTTTouc; fj(iS<; 8vTa<; Sopu- 438 a 6r]ar|, «ç ouSeIç tuotoO etilBu^ieî, àXXà y^r\ato^ ttotoO, Kal ou aiTou, àXXà )^pr|aToO gItou* TiàvTEÇ yàp apa tôv àyaBôv ETTtBu^oOaLV eI buv 1^ 8'n|»a ETiiBuiila èaii, )(pr]aToO Sv EÏr) EÏTE TTob^aTOÇ eÏte oXXou 8tou IgtIv E-ntSu^la, Kal al aXXat OÔTO. "lacoç yàp av, £<|>r|, 8okol tl XéyEtv ô TaOTa XÉycov. 'AXXà ^lEVToi, T]v 8' Ey«a, baa y' eotI ToiaOTa [ oîa Etval b d 8 r] oO edd. : 7] où A sed t\ in ras., in m. rou sed t. in ras.) ^ 7:0 F (ex -0 fecit r.oxov F^ || 10 rj 7:oXXou rj cm. Athen. || 11 èvt Xe^yw Gornarius : èv oXiya) codd. et Athen. || TioS^xaTo; : rd. A^F^ || xtç : Tt Athen. || e i 7:pocj7:apey otT ' : -yoi Athen. || 3 :ioXXr) f] 8t'|a tj : tîoXXtjv 8'''|a 7] oTt TTjy Athen. || 438 a 5 7:tou.a-co;: 710 A^F || 7 Xê'ys'.v xauxx cm. F. 438 b LA RÉPUBLIQUE VI 35 ont rapport à une autre, si elles sont d'une espèce déter- minée, ont rapport à un objet déterminé, ce me semble ; mais les mêmes choses prises en soi n'ont rapport chacune qu'à son objet pris en soi. Je n'ai pas compris, dit-il. Tu n'as pas compris, repris-je, qu'une chose plus grande n'est telle que par rapport à une autre ? C'est vrai. A une autre plus petite, n'est-ce pas ? Oui. Et qu'une chose beaucoup plus grande n'est telle que par rapport à une chose beaucoup plus petite? l'admets- lu ? Oui. Et que ce qui a été plus grand l'a été par rapport à une chose qui a été plus petite, et que ce qui sera plus grand le sera par rapport à une chose qui sera plus petite ? Je n'en fais aucun doute, dit-il. c Et que le plus a rapport au moins, le double à la moitié, et ainsi de toutes les choses de ce genre ; que d'autre part le plus pesant a rapport au plus léger, le plus rapide au plus lent, et de même le chaud au froid, et qu'il en est de même de toutes les choses du même genre ? C'est vrai. Et pour ce qui regarde les sciences, n'est-ce pas la même chose ? La science en soi est la possession de la connaissance en soi ou de l'objet, quel qu'il soit, qu'il faut assigner à la la science ; mais une science particulière et déterminée a un d objet particulier et déterminé. Voici ce que je veux dire : quand on eut inventé la science de bâtir les maisons, ne se distingua-t-elle pas des autres, au point qu'on lui donna le nom d'architecture P Sans doute. N'est-ce point parce qu'elle était d'une espèce particulière, différente de toutes les autres P Si. Et n'est-ce pas parce qu'elle était la science d'un objet dé- terminé qu'elle aussi devint une science déterminée ) et n'en faut-il pas dire autant des autres arts et des autres sciences ? relève de la partie appétitive, l'autre de la raison, chargée de reconnaître ce qui est bien. 35 nOAITEIAS A 438 b Tou, Ta \i.kv Tioià axTa ttoioO tlv6<; lortv, «ç ejjioI Sokel, Ta 8' aÙTà EKaaTtt aÔToO âKaarou (i6vov. OuK l^aSov, £. . -. ^ et de la raison. ^^"' ^tutre chose que de boire : c est a cela qu'elle tend, à cela qu'elle se porte. C'est évident. Donc, s'il arrive que quelque chose retienne l'âme qui a soif, c'est qu'il y a en elle un autre principe que celui-là même qui a soif et qui l'entraîne comme une brute vers le boire ; car il n'est pas possible, nous l'avons reconnu, que 36 1I0AITEIA2 A 438 d "EaTLv oQtcù. XIV ToOto Totvuv, î^v S' k\6, <|)à8u jie t6te (ioOXEaSat XéyEiv, el apa vOv l^iaSEÇ, 8tl baa egtIv oTa EÎvat xou, aôxà ^èv ^6\fa auTÔv ^6vûc>v eotIv, tôv 8è ttoicùv tivcûv 1 TTotà &TTa. Kal oô Tt Xâyo ôç, otcov &v f|, TOiaOTa Kal e laTLV, coc; apa Kal tôv ûyiEivcov Kal voacoScov f) E-nLCTTfjfjLr) ûytELvf) Kal voacù8r|Ç Kal tcûv KaKcov Kal tcùv àyaSôv KaKf) Kal àyaSf)* àXX' ETiEiSf) oôk aÔToO oCxtEp ETtiaTrujir) eotIv èyÉVETo ettlot/i^T], àXXà noioO tivoç, toOto S' f\v ôyiEivèv Kal voacoSEc;, ttolA Bf\ tlç ^uvéBtj Kal aôxf) yEVÉaSaL, Kal toOto aÔTfjv £TTolr|aEV jir|KÉTt èrrLaTfi^rjv ànXoç KaXEÎaSat, àXXà TOO TTOLOO TlVOÇ TTpOayEVO^ÉVOU laTpLKf)V. "E^iaSov, E(|)r|, Kat \ioi Sokel outcùç e^elv. T6 5è 5f) 8tv|^oç, rjv 8' lyw, oô || TotiTcov Bi^aEtç xcov Ttvèç 439 a EÎvai toOto biTEp èaTlv ; laxt Se 8/jTrou 8ti|;o<; — "EycoyE, îj 8' bç* TTtiaT6c; yE. OuKoOv TTotoO jiÉv TIVOÇ TKjù^axoç Tioi6v Tt Kal 8li|>oc;, Stipoç 8' oSv aÔTb oôte tioXXoO oôte ôXlyou, oî^te àyaBoO OÔTE KaKoO, 0U8' EVI X6yCÛ TTOLoO TLVOÇ, àXX' aÔToO TTWjJiaTOÇ ^6vov auT8 Siipoç ttéalvETaL. Ou Sr^ àX6ycûc;. f^v S' lyco, a£,icûao(jiEV aÔTà Sittoc te Kal ETEpa àXXf)Xcov EÎvai, t6 jièv 9 Xoyt^ETai XoyiaTiK^v TTpoaayopEiJOVTEc; Tfjç i|;ux^Ç» "^^ ^^ ? ^P^ '^^ '^"''- "nEivr] Kal Siiprj Kal TTEpl Tttç aXXaç ETttSu^taç ETtT6r|Tat àX^ytaTov TE Kal ETTLSu^irjTLKév, TiXr|pcbaEa>v tlvcùv Kal i^Sovôv ETaîpov. OÔK, àXX' eIk6tg)<;, | s.(pr], T^yoL^ES' âv oCtcùç. e TaOTa ^Èv Totvuv, r\v S' âycb, S\3o f)^tv wptaSco eÏSt) ev vjjuxil EvovTa' t6 Se Sf) toO Bu^xoO Kal S Su^oûjjiEBa TiéTEpav TptTOV, f\ T0\3tCÙV TTOTÉpO âv ELT] Ô^Oiç* « 'l8où ôjiîv, » £<|)r), « S KaKo8atjiovEc;, E^i7TX/)a9r|TE toC KoXoO SEa^aToç. » "HKOuaa, EcJJT], Kal auTÔç. OStoç ^évtol, F<|>rjv, ô Xéyoç arnialvEi Tf)v Ôpyfjv tioXe- jiEÎv EvtoTE xaîç ETULSu^taLÇ G>ç ocXXo 8v SXXo. Zr^alvEL yocp, e(|>t]. XV OÛKoOv Kal aXXoBt, £(|>r|v, TioXXa)(oO aia6av6^E8a, oTttv (ÎLa^cùVTal Ttva napà t6v XoyLajiôv ETTiSu^ilai, ] Xol8o- b poOvTdc TE aÛTÔv Kal Bu^ioii^Evov TÔ fita^o^Évcp EV aÔT^, Kal «oTiEp 8uoîv oTaaia^ôvTcov £,ij(i^a)(ov tS X6ycp yLyv6- jiEVov t6v 8u^6v toO toloi3tou ; Taîç 8' ETiuGu^taLÇ auT6v KOivcûvi^aavTa, alpoOvToç Xéyou jif] SeÎv, àvTLTTpàTTELV, oT^at a£ oÔK &v ({x&vai yEvojjiÉvou ttotè ev aauTw toO toioi3tou alaSÉaBai, ot^at S' ou8' ev aXXcp. Où \xà t6v Ata, E<|>r|. Tt 5é, f\v S' èyci), 1 bTav Ttç oïr|Tai àSiKEÎv ; oô^ 8acû &v C yEVvaidTEpoc; f|, ToaoÙTcp t]Ttov 8iJvaTaL ôpyt^EaBat Kal TTELVôv Kal ^lycov Kal ÔtXXo ôtioOv tôv toloùtcov TTdca)(G>v 5 TW iTSptO : TfO 8' ET. F II TÔi STÎtôutXYlT'.XW : £7:. Stob. Il 6 XOJTCO : -ou-co Gai. Stob. II 7 à^Xaftovo; : âyaXXiwvo; F || 8 Stjjjlio) : 5T];a.âî F || 9 au om. D Gai. Stob. || lo tew; : t. aèv F Gai. Stob. || xe om. Stob. Il 440 a 7 TîOAstxeTv : yaXeratvetv /.aï r. Gai. |j lo ::oXXayou : -Xaxtç Gai. Il b 5 atpoiîVTOç : -tîç F || Xo^ou : -yot F^ || 6 y6vo{jL6vou : -ov F2 II aauTw A* : lauTw A^F 1| 7 où8' èv : oùôevi F. 440 c L\ RÉPUBLIQUE IV 89 sailles de l'offensé, et que, comme je le disais, sa colère ne saurait s'élever contre lui ? C'est la vérité, dit-il. Et au contraire s'il se croit victime d'une injustice, n'est-il pas vrai qu'il en bout de colère, qu'il s'indigne et combat pour ce qui lui paraît être la justice, qu'il endure avec d constance la faim, le froid et autres traitements du même genre jusqu'à ce qu'il ait triomphé, et qu'il ne cesse pas ses généreux efforts avant d'avoir obtenu satisfaction, ou d'avoir trouvé la mort, ou d'être apaisé par la raison, qui le rappelle à elle comme le berger rappelle son chien ? Ta comparaison, dit-il, est fort juste ; elle l'est d'autant plus que nous avons établi que les auxiliaires seraient sou- mis comme des chiens aux magistrats qui sont les bergers de ia cité. Tu saisis admirablement ma pensée, dis-je ; mais considère encore ceci, e Quoi ? C'est qu'il est visible que la colère est le contraire de ce qu'elle nous paraissait être tout à l'heure. Nous la prenions en effet pour une variété du désir ; maintenant nous sommes bien éloignés de le dire ; nous dirions plutôt que, quand il s'élève une sédition dans l'âme, elle prend les armes en faveur de la raison * . C'est très exact. Est-elle différente de la raison aussi, ou n'en est-elle qu'une variété, en sorte qu'il y aurait dans l'âme, non pas trois parties, mais deux, la raison et le désir ; ou bien, de même que l'État est composé de trois ordres, des mercenaires, des 441 a guerriers et des magistrats, y a-t-il aussi dans l'âme une troisième partie, qui est la colère, laquelle soutient naturel- lement la raison, quand elle n'a pas été gâtée par une mau- vaise éducation ? I. Jusqu'à présent le ôuaos'.ol; a été principalement la source du courage et l'antithèse naturelle du otÀd^oçov. Il est maintenant l'allié du Aoytaitzov, et il devient ainsi beaucoup plus intellectuel. Il prend aussi une valeur morale qu'il n'avait pas : ce n'est plus une simple disposition de l'esprit, c'est un sentiment d'indignation morale en présence de toute mauvaise action qui tend à détruire la constitution de la cité. 39 nOAlTEIAS A 440 c ûtt' Ike'lvou ov av oiT^Tai StKatcûÇ xaOTa Spfiv, Kal, S X^yco, ouK èSéXei Tipèç toOtov auxoO èyetpEaSaL ô 9u^6c; ; 'AXr|ef], €.(^x]. Tl 8è bxav àSiKEtaBal tlç i^yî^Tai ; oûk Iv toi3tcù CeI te Kal )(aXETTatvEt Kal £,u^^axEt tô SokoOvtl SiKatcp Kat, Bià t6, TiEtvî^v Kal Sià t6 ^ty^^^ "^«^ nàvTa xà xoiaOTa 1 TTda)^Eiv, ÛTTo^Évcùv Kal vlkS Kal ou Xf)yEL TÔv yEvvatcùv, d Trplv &v f\ 8LaTTpà£,r)TaL f) TEXEUTrjarj f) ÔSariEp kùcûv ûtt6 vojiÉcoç ÛTï6 ToO X6you toC nap' auTÔ àvaKXrjBElç npaOvBf] ; riocvu ^Èv o3v, Ecjjr), EOLKE toùto S XÉyEiq* KaLTOL y' Iv Tr| ^^ETÉpa ti6Xel toùç ETtLKoupouc; «OTTEp KÙvac; £0É^lE8a ÛTTrjKéoUÇ TCÙV Oip)(6vTCÛV ÔOTTEp TTOL^ÉVCOV Tl6XEC0q. KoXôc; ydp, f\v 5' âyco, voelç S lioùXo^iat XâyELV. 'AXX' vj Trp6ç ToOtcp Kal t6Se evBu^eî ; I T6 Ttoîov ; e "Otl ToôvavTtov f\ otpxtcùc; v^\i.lv c^alvETai TiEpl xoO Ou^oelSoCç. T6te ^èv yàp ETiL8u^Ar)TLK6v tl aÛTo ào^ESa sXvai, vOv 5è ttoXXoO Seîv (|>a^EV, àXXà ttoXù ^oiXXov auTè âv TT] TÎ^ç i|;u)(f]<; GTàaEL TtÔEaSai Ta onXa Tipiç t6 XoyLaTiKÔv. navTocTtaauv, E^jr). *Ap' ouv ETEpov Sv Kal TOUTOU, î^ XoyLaTLKoO TL EÎSoc;, ÔCTTE ^f] Tpla, àXXà Sùo zXBt] EÎvaL sv 4*^X11' XoyLaTLK6v Kal ETILSu^rjTLKév ; t\ KaBûCTIEp EV Tî] Tu6XeL ^UVEL)(^EV aÙTf]V Tpta 8vTa yÉvT], || xp^t*"''^'-*^'^'''^*^^? ettlkoupt]Tlk6v, 3ouXeu- 441a tlk6v, oOtcoç Kal ev L|;u)(fj tp'ltov toOt6 Iotl ih Bu^ioeiSéc;, ETTLKoupov 8v tS» XoyLQTLKÛ (|î\ja£L, ÈAv \ii\ ûti6 KaKÎ^c; Tpo<|)fjc; 8Lacj)9aprj ; c 4 Ài'yw :-tuv F* ÏAf^o'/ F'^ \\ 7 Tsî xi recc. et legit Gai. : ^ri^iX te codd. Çrj-eïxa: Galeni codd. || 8 O'.x xô ... 5ià tÔ : otà tou ... 8tà tou Mon. il d I vixa ... Xr^yst : -/.av ... yeiv Gai. || 7 ^ Ast : eî codd. || 8 TouTf;) -/.ai xdSs : xouxo 8i F || e 3 aùxô F : -t4> A || 5 t^ tt); (j/uy^ç : t7j 'i^'J/fj Gai. Il tÔ Àoyjxtxôv : xo\j -/.ou Ven. i84 || 7 xojxou F : xouxo A Stob. Il XoY'.axt/.ou : -ôv Stob. || xi F Stob. : om. A || 8 Xoyi- axtxov : Xoy.xôv F || 441 a i â;:txoupr]xix6v A Gai. Stob. : cTiixoupixôv F II 2 'iuyj : x^ •;. F. 441 a LA RÉPUBLIQUE IV /io La colère, dit-il, est forcément cette troisième partie. Oui, dis-je, s'il nous apparaît que la colère est distincte de la raison, comme il nous est apparu qu'elle était distincte du désir. Il n'est pas difficile de s'en assurer, dit-il ; car c'est une chose qu'on peut voir même dans les petits enfants : dès leur naissance ils sont pleins de colère^ tandis que la raison me b semble refusée à jamais à quelques-uns et qu'elle se fait attendre chez le plus grand nombre. Par Zeus ! m'écriai-je, c'est fort bien dit. On peut ajouter que les bêtes justifient ton observation, et l'on peut encore la renforcer du témoignage d'Homère que j'ai invoqué plus haut dans cet entretien : « Ulysse se frappant la poitrine gourmanda son cœur en ces termes^. » Car dans ce passage Homère a manifestement représenté, comme deux choses différentes dont l'une gourmande l'autre, c la raison qui a réfléchi sur le meilleur et le pire, et la colère qui est déraisonnable^. G'estbien cela, dit-il. XVI Nous venons]de doubler le cap, non sans peine, dis-je, et nous voilà suffisamment d'accord sur ce point qu'il y a dans l'âme de l'individu les mêmes parties et en même nombre que dans l'État. Gela est vrai. N'est-ce pas dès lors une nécessité que, si l'État est sage, l'individu le soit de la même manière et par la même cause ? Sans doute. d Et si l'individu est brave, que l'État le soit de la même manière et par la même cause, et qu'en tout ce qui regarde la vertu il en soit de même pour les deux ? 1 . Mais non pas d'une colère qui s'indigne en faveur de la vertu , 2. Homère, Odyssée XX i6. 3. Platon reconnaît qu'au lieu d'être l'auxiliaire de la raison, la colère peut être déraisonnable chez l'homme fait, comme Ulysse, aussi bien que chez l'enfant. En réalité, la psychologie de Platon est ici incertaine et flottante. Le ôuixostosç dont il fait une des trois parties de l'âme, au lieu de la volonté, est d'après lui le principe du courage, bien que le courage soit une science j c'est aussi la colère ^o nOAITEIAS A 441a 'AvàyKr), Ec|)r|, Tptxov. Nai, îjv 8' lycb, av ye xoO XoyiaTiKoO SXXo tl 4>otvfj, ôonep ToO Eni9ujjir|TLKoO £<|)àvr) iTEpov 8v. 'AXX' où )(aX£TT6v, ec|)r|, c|)avf^vaL' Kal yàp Iv toîç TiaiStoiç toOt6 y' &v Tiç ï8oL, ôxi 6u^oO ^lèv eôBùç yevé^eva ^leorà EQTi, XoyiCT^oO S' EVLoi (lÈv E^otys SoKoOaiv I oûSétxote b ^lETocXa^iBàvELV, ot 8è rtoXXol 6\\ik ttote. Nal \kà Al', î\v 8' lyo, KaXôç yE eTtteç. "Eti 8è ev tolç Briptoiç av TLÇ ïSol 8 XéyEiç, 8tl oîStcoç e)(ei. Plpèç 8È toOtolç Kal 8 avcû ttou ekeî eIttojjiev, t6 toO 'O^rjpou ^apTupf)aEi, t6 CTTf]8oç 8È TtXr)£,aç KpaSlriv f^vliianE ^i\i8o' EvxaOSa yàp 8f] aoiq &ç EXEpov ETÉpo etiltuXî^ttov TtETioLT^KEv "O^iripoc; t6 àvocXoyiaà^Evov \ TUEpl toO ^eXtIov^ç c TE Kal yelpovoq tS àXoylaxcoç Su^iou^Évo. KojiL8fj, I<|>r|, ôpSôc; XÉyEiç. X»VI TaOxa jièv âpa, ?\v 8' âyc*), n^ytq 8LavEV£\3Ka^EV, Kal fwxiv ETtiEiKSç ô^ioXoyEÎTai Ta auTa \iàv èv tt<5Xei, Ta auTà 8' EV Êvôç EKécoTou TT] ^pu^f] yÉvT] EVEivat Kal XaoL t6v api6^6v. "EaTL TaCTa. OuKoOv £KEÎv6 yE fj8r) àvayKaîov, wç tt6Xi<; t\v ao aott]ç Kal S>q, to\3tcû | Kal tt6Xiv d àvSpEtav Kal oôtcoç, Kal ToîXXa nàvTa TTp6ç àpETf)V ôaauTcoç àti(j)6TEpa E)^Eiv ; 6 çav^ om. Stob. || 9 touto y* : touto où Stob. H b i oùMizoxt : 0Ù8. y£ Stob. Il 3 ï-'. : ka-.l Stob. || 4 : a Stob. || 5 IxeT om. Gai. \\ Tou om. F II c 3 ïz/r\ : Içtjv F || 5 ôji.oXoYerTa'. : wixoXoyiriTat Stob. jj 6 £v6; MW : Ivi codd. et Stob. |1 éxàaxou : -xa> F2 1] yévri F^ Stob. : YÉvs: AF II 9 r,v : ^ F2 II 10 TOÙ-cto : -zo Stob.'lj 12 w 8r] : rjSr) F» jj d 2 àvopeîav F Stob. : xaî àv. A. 441 d LA RÉPUBLIQUE IV 4i C'est forcé. Nous dirons donc aussi, je pense, Glaucon, qu'un homme est juste de la même manière que l'État est juste. C'est une conclusion qui est aussi de toute nécessité. Mais nous n'avons pas oublié que l'État est juste par le fait que chacun des trois ordres qui le composent remplit sa fonction * . Je ne pense pas, dit-il, que nous l'ayons oublié. 11 faut donc nous souvenir que, lors- dansnndivldu. ^"^ chacune des parties qui sont en e nous remplira sa fonction, alors nous serons justes et nous remplirons notre devoir. Oui, dit-il, il faut nous en souvenir. N'appartient-il pas à la raison de commander, puisqu'elle est sage et qu'elle.est chargée de veiller sur l'âme tout entière, et à la colère de lui obéir et de la seconder ? Si. Et n'est-ce pas, comme nous le disions^, le mélange de la musique et de la gymnastique qui met l'accord entre elles, en tendant l'une et en la nourrissant de beaux discours et de 442 a beaux enseignements, en détendant, en apaisant, en adou- cissant l'autre par l'harmonie et le rythme ? Assurément, dit-il. Et ces deux parties, ainsi élevées et vraiment instruites et entraînées à faire leur devoir, gouverneront celle du désir, qui tient la plus grande place dans notre âme et qui est naturellement insatiable de richesses ; elles veilleront sur elle, de peur qu'en se gorgeant de ce qu'on appelle les plaisirs corporels, elle ne grandisse et ne prenne de la force, et b refuse de continuer sa tâche, pour essayer d'asservir et de proprement dite, laquelle est un sentiment aveugle ; c'est aussi, dans une certaine mesure, la volonté laquelle n'a point de place dans la psychologie socratique et platonicienne, où toutes les vertus sont ramenées à la science et les vices à l'ignorance. 1 . Socrate l'a dit 434 c. 2. Socrate l'a dit 4ii e-4i2 a : Un dieu a donné aux hommes les deux arts de la musique et de la gymnastique... afin qu'elles s'har- monisent ensemble par le juste degré de tension ou de relâchement qu'on leur donne, etc.. 4i IIOAITEIAS A 441 d 'AvàyKT]. Kal SlKaiov Sr|, a FXai^iccdv, ot^ai, (|>r)ao^£v avSpa ctvai TÔ oùtS npÔTiG) Snep Kal nôXiç r\v SiKata. Kal toOto TrSaa àvàyKri, 'AXX' o^ 7ir| tifjv toOto lTTiXEXr|ane8a, Îîtl eke'lvti ys tco TÔ laUToO EKaOTOV Iv aÔxf] TipàXTElV Tpiôv 5VTCÛV yEvôv SiKala r\v. OO JIOL SOKOOJIEV, Ecùva aÔTà TioifjaEi, t6 ^lèv ETitTELVouaa Kal TpÉ(f)ouaa XéyoLc; {] te KaXoîç Kal ^laSfj^iaaLV, t6 8è àviEiaa 442 a TTapa^iuBou^iÉvrj, iq^EpoOaa ap^ovla te Kal puB^ô ; Ko^tSfj yE, TJ S' bç. Kal to>3tg) 8f) oîÎTCû Tpa A II Ttp : -ô Stob. jj twv Tiept to : '6 r.zpl Ttuv Stob. Il 9 T.pxzxf^ : -ê'.v F -SI Stob. Il àjXx om. Stob. VII. I. — 6 442b LA RÉPCBLIQUE IV 4a gouverner, quoiqu'elle en soit naturellement indigne, et pour bouleverser toute la vie du corps sociale Assurément, dit-il. Et, repris-je, à l'égard aussi des ennemis du dehors, est-ce que ces deux parties ne sont pas les plus propres à veiller au salut de l'âme tout entière et du corps, l'une en délibérant, l'autre en faisant la guerre, en obéissant au chef et en exé- cutant par son courage les décisions de la première ? Tu as raison. C'est, je pense, cette dernière qui vaut à l'individu le c nom de courageux, quand la colère qui est en lui le main- tient à travers les peines et les plaisirs soumis aux préceptes de la raison sur ce qui est ou n'est pas à craindre. C'est juste, dit-il. Et il est sage par cette petite partie qui a commandé en lui et donné ces préceptes dont je viens de parler, et qui possède d'autre part la science de ce qui est utile à chaque partie et à la communauté qu'elles forment à elles trois. C'est bien cela. Et n'est-il pas tempérant par l'amitié et l'harmonie de ces d mêmes parties, quand celle qui commande et celles qui obéissent sont d'accord pour reconnaître que c'est à la raison à commander, et qu'elles ne lui disputent point l'autorité ? A coup sûr, dit-il, la tempérance n'est pas autre chose que cela, soit dans l'État, soit dans l'individu. Enfin il sera juste par la raison et de la manière que nous avons plusieurs fois exposées. I. Cf. Lois 689 a-b : « A mes yeux, la plus grande ignorance, c'est, quand une chose nous parait belle ou bonne de ne pas l'aimer, mais de la haïr, et, quand une chose nous paraît mauvaise et injuste, de l'aimer et de l'embrasser. C'est cette opposition qui est entre la douleur et le plaisir et l'opinion conforme à la raison qui est pour moi le dernier degré de l'ignorance, et je dis que cette ignorance est la plus grande, parce qu'elle réside dans la multitude de notre âme ; et, en efiFet, ce qui dans notre âme souffre ou jouit est la même chose que le peuple et la multitude dans l'Etat. Quand donc notre âme se révolte coutre la science, le jugement, la raison, qui par nature doivent commander, c'est cela que j'appelle ignorance, et c'est la même ignorance qui fait que dans l'Etat la multitude n'obéit pas aux magistrats et aux lois et que dans l'individu les bons principes qui sont dans son âme restent sans effet et qu'il fait tout 42 nOAITEIAS A 442 b I Kttl SpxEiv £m)(eLpf)ar| Sv oô npoaf^Kov aÔT^ Y^^^*-) "^^^^ b ^ù^TiavTa t6v (itov ndcvTcov àvaTpéipT]. riàvu JlÈV OUV, E<|)T]. *Ap' oSv, fjv S' èyci), Kal toùç I£,cû8ev ttoXe^iIouç xoiiTO Sv icdcXAiaxa âp)^ovTL Kal Trj àvSpELot IttlteXoOv Ta 3ouX£u8ÉvTa ; "EoTi TaOTa. Kal oLvSpEÎov 8f), oT^iai, toi&to t^ t^^ÉpEi KaXoO^Ev Iva iKaaTov, I bTav aÙToO t6 Su^jioelSèc; BioLa6l^r\ Sià te XuttSv C Kal fjSovoûv t6 ÛTto tov Xàycov TTapayYEXBÈv Selv6v te Kal ^Jif). 'OpGôç y', ^^' Zo(|)6v Se ye ekeIvco tô a^iiKpS nÉpEt, tô S TJpxÉv t' ev aÛTÔ Kal TaOTa TTap/]YYEXXEv, e)(ov aS KaKEÎvo lTTLaTfmr|v EV aÛTÔ Tf]V ToO £,UJl<|)ÉpOVTOÇ EkAoTCÛ te Kal 8X0 TÔ KOlVÔ a(|>û5v aÔTéùv Tpiôv ovtcùv. riàvu ^èv oSv. Tt Se ; aÛK^pova oô tt] <|)LXta Kal ^uji<|)c»)vta tt^ aÔTcov 1 toiStcov, bTav t6 te Sp)(ov Kal Tcb àp)(ojiÉvcù t6 XoylcttukSv d S^ioSo£,«aL SeÎv &p)^Eiv Kal jif) aTaaid^caaLV aÔTÔ ; Zco(|>po(j\jvT] \odv, f\ S' oç, ouK àXXo tI eotlv f) toOto, tiôXecûc; te Kal ISlotou. 'AXXà ^lèv Sf) SiKaiéç yE, Ç TToXXàKiç Xéyo^ev, toûtô Kal oStcûç laTai. b I è-tystpTjoT] : èOéXst Stob. || Tipoa^xov : -xsv Stob. |1 2 àvaip^tj/T) : -et Stob. |] 4 "CoÙTto : toutw* A Ij 5 spuXax-o-'Trjv recc. : çuXàtTot tyiv codd. et Stob. j| 6 rpoTioXgijLOuv : rpoax:. Stob. || 7 8s om. Stob. |j èztTeXoùv xà : èjitxeXoû'vTa Stob. || C i ts om. F || 2 tûv Xoytov : t6v Xdyov Stob. Tou Xdyou recc. |] 5 8é ys A^F Stob. : 8s A^ || xto : xtoç Stob. Il 7 éxaaxto xe : Ixaaxoxe Stob. || 8 ôvxwv om. F || 10 aoSçpova où : aàitppov wtou Stob. || Çu[j.çtovta : xf) oujjlç. Stob. || d i xco àpyotx^vw : xtov -tov Stob. Il 2 axaatdÇtoa'.v : -aaojatv Stob. || 3 xt om. Stob. jj 5 Y^ spatium uacuum in F. 442 d LA RÉPUBLIQUE IV 43 Forcément. Eh bien, repris-je, y a-t-il encore quelque chose qui nous voile la justice et la fasse paraître différente de ce qu'elle s'est montrée dans l'État? Je ne le pense pas, dit-il. Nous avons un moyen d'établir solidement qu'elle est la 6 même que dans l'État, s'il reste quelque doute en notre âme : un exemple banal y suffira. Lequel ? Supposons à propos de notre État et de l'individu formé sur son modèle par la nature et par l'éducation, que nous ayons à nous mettre d'accord sur cette question : est-il possible qu'un tel homme détourne un dépôt d'or ou d'argent qu'il 443a aurait reçu? qui, selon toi, lui attribuerait un tel acte? qui ne l'attribuerait plutôt à ceux qui ne lui ressemblent pas? Personne, dit-il. Ne sera-t-il pas également incapable de piller les temples, de voler, de trahir, soit ses camarades dans la vie privée, soit l'État dans la vie publique ? Il en sera incapable. Il ne sera non plus en aucune manière infidèle à ses serments et à tous ses autres engagements. Comment le pourrait-il être ? Quant à commettre l'adultère, à négliger ses parents, à oublier les dieux, ce sont des vices qui conviennent à tout autre plutôt qu'à lui*. A tout autre certainement, dit-il. b Et la cause de tout cela, n'est-ce pas que chacune des par- ties qui sont en lui fait ce qu'elle doit faire, qu'il s'agisse de commander ou d'obéir?. C'est cela, et pas autre chose. Doutes-tu encore que la justice soit autre chose que le contraire de ce qu'ils lui prescrivent. Et je regarde celte ignorance soit dans le corps de l'État, soit dans chaque citoyen comme la plus funeste. » I . Pour prouver la justesse de sa conception de la justice, Platon a recours à quatre critères pris dans la >"ie commune et reposant sur difiërentes associations populaires du mot. Les trois premiers concernent la probité et la loyauté dans la rie publique et privée, 43 nOAITEIAS A 442 d rioXXf) àvdyKr). Tl oSv ; eTttov lyco* \xr] ttt] f)|iLv à-na^SXûvETai aXXo tl SiKaLooiJvri SoKELv EÎvaL f| SriEp ev tt^ ti6Xel ecJxxvt) ; OUK EJlOiyE, £C|)r|, SoKEL. '^CISe ydcp, r]v S' èyw, TïavxdTTaaiv j âv (ÎESaLoaat^ESa e eï XL fj^iôv ETL EV xfj ^ju^fj à^i<|>ia6r|TEÎ, xà cjjopTiKà auxû TTpoa<|)ÉpovTEc;. rioîa 5r) ; OTov eI Séol f\\ioLq àvo^ioXoyEÎaSat TTEpl te EKEtvr|(; tI^ç Tt6XeC0Ç Kttl TOO EKEtvr| Ô^OLCÛÇ TrE(|)UK6T0(; TE Kal TEGpa^- jiÉvou àv8p6c;, eI Sokeî âv TTapaKaTa9f)Kr)v ^P^^^®^ ^ dtpyuptou Se^A^evoç ô toioOtoç ànoaTEpfjaaL, tIv' &v olei olrjSi^vaL toOtov auTÔ l| SpSaat ^oiXXov f\ baoi ^if) toloOtoi ; 443 a OôSév' av, €.(pr]. OÔKoOv Kal LEpoauXLÔv Kttl kXotiôv Kal TtpoSoaLCùv, f| IStot ETatpcùv î^ Sr^ioata ti6X£cov, ekt6ç &v oCtoç eTt) ; 'Ekt6c;. Kôtl ^if]v ouS' ÔTTCùaTuoOv aniaToç f] KaTà bpKouç fj KaTà Tàç êtXXaç ô^oXoytaç. riôç yàp âv ; MoL)(ELaL ^if]v Kal yovEcov à^ÉXELai Kal Becùv àSEpa- TiEualaL TTavTL aXXcp ^lolXXov îj tû tolouto TTpoafjKouat. riavTl (lEVTOL, Erj. OÔKOOV TO\iTa>V 1 TldcVTCÛV atTLOV 8X1 aÔToO TQV Iv aÛT^ b EKaaTov Ta aÔToO TTpdcTTEL apxfjç te nÉpt Kal toO &p^Ea9aL ; ToOto ^xèv otSv, Kal ouSÈv aXXo. "EtL Tt OUV ETEpOV ^TITELÇ SlKaiOOt&VT^V EÎvaL f\ Ta^iXT^V 8 à;:au.6Xûvetai F Stob. : -Tj-rat sed tjt in ras. A (J ii -avTâ;iaaiv : ravTa raaiv Stob. || e 7 tl ooy.tï : ti oo/tJ F rj Soxeî F^ èôd/.si Stob. || 9 TOUTov aÙTo Schneider : -zojzo'/ aÙTÔv codd. touto aùxàv Stob. || 443 a 2 ojÔÉv' m : oijôiv codd. où^sva Stob. j] 4 tÔ:a iTatpwv : i"8tai- Tspov Stob. Il av codd. et Stob. sed a in ras. A || 6 ô-toattouv A : or.oiç t{ ys ouv F ô;:wa-:iY£ouv Stob. || f, (prius) M Stob. : r^ A ?] F || opxou; : olV.ou; Stob. j| 9 uLrjv F : jjiâv A ye iatjv Stob. || b i aùroy TÛv : au TOJTO et au Tourtov Stob. || 2 Ta cm. Stob. |j 3 et 4 «ÀXo. 'Ext Stob. : aXXo ïzi codd. || 4 "" om. Stob. 443b LA. RÉPUBLIQUE IV l^ cette puissance qui rend tels et les hommes et les États? Non par Zeus ! dit-il, je n'en doute pas. XVII Voilà donc parfaitement réalisé le rêve qui nous faisait entrevoir, disions-nous, que, dès la première ébauche de notre cité, un dieu pourrait bien nous faire rencontrer le G principe et comme un modèle de la justice. C'est vrai. Nous avions donc, Glaucon, une image de la justice, image qui nous a aidés à découvrir l'original, dans cet excellent règlement qui enjoignait à l'homme né pour être cordonnier de faire des chaussures, et rien d'autre, à l'homme né pour être charpentier de faire des charpentes, et ainsi des autres artisans. Évidemment. En fait la justice était, ce me semble, quelque chose de d semblable, à cela près qu'elle ne s'applique pas aux actions extérieures de l'homme, mais à l'action intérieure, celle qui le concerne véritablement lui-même et les principes qui le composent, qui fait que l'homme juste ne permet pas qu'au- cune partie de lui-même fasse rien qui lui soit étranger, ni que les trois principes de son âme empiètent sur leurs fonc- tions respectives, qu'il établit au contraire un ordre véritable dans son intérieur, qu'il se commande lui-même, qu'il se discipline, qu'il devient ami de lui-même, qu'il harmonise les trois parties de son âme absolument comme les trois e termes de l'échelle musicale, le plus élevé, le plus bas, le moyen, et tous les tons intermédiaires qui peuvent exister*, qu'il lie ensemble tous ces éléments et devient un de mul- tiple qu'il était, qu'il est tempérant et plein d'harmonie, et que dès lors dans tout ce qu'il entreprend, soit qu'il travaille à s'enrichir, soit qu'il soigne son corps, soit qu'il s'occupe de politique, soit qu'il traite avec des particuliers, il juge tou- le quatrième (adultère, indifférence pour ses parents, oubli des dieux) se rapporte à la moralité en général, y compris le service des dieux. Il ne se donne pas la peine de démontrer comment ces vertus résultent de sa propre conception de la justice, Ta iauTOu "pa-CTstv. I. La figure est prise de l'octacorde, le ÀOYii-r/.ov étant représenté par la plus haute corde, ujsxTrj, qui donnait la note la plus grave, 44 nOAITEIAS A 443 b Tf|v St&va^iv f) Toùç Toioi&Touç BivSpac; te TTapÉ)(£Tai Kal TiéXEiç ; Ma Ala, ?\ 5' Sç, ouk lycoYc. XVII TéXeov âpa /j^iiv t6 IviJttvlov àTtoTETÉXsaTai, o E(J>a^Ev ÛTTOTCTEOaaL oç £Û8()ç àp)(6^i£V0L Ti^c; ttôXecoç olkI^elv KttTa 9e6v Tiva eIç âp)(r)v te | Kal Tiirtov Ttvà Tf^ç c 8LKaLocn3vr|c; klvSuve^jo^ev l^iBEBrjKÉvat. navTotTiaaLV \x.èv oSv. Tè 8É Y£ î^v apa, S> rXaiiKcov, Si' S Kal à<|)éXEL, EÏSoXév TL TT^ç SiKaLooiJVT^ç, t6 t6v ^èv aKUTOTo^LK6v (J)ijaEL ôpSoûc; E^ELV QKUTOTO^ELV Kttl oXXo ^TjSÈV TipdlTTELV, TOV 5È TEKTO- vik6v TEKTalvEaSat, Kal TâXXa Sf) oSt(o. aLVETaL. T6 Se yE àXr)9£Ç, toloOt6v ^iév ti fjv, oç eolkev, f\ BiKOLioavvT], àW où TTEpl Tf]v ] E^cû TTpa£,LV tSv auToO, àXXà d TiEpl Ti^v evt6ç, ôç àXrjBcûç TiEpl EauTèv Kal Ta lauToO, \ii\ làcnxvTa ToXXéTpta TupaTTELV EKaaTov âv aÔTÔ \xr\Bè ttoXu- TipayjiovEÎv Ttpoç aXXT]Xa tô Iv t?\ il^u^fj Y^^T^ àXXà tô ovti Ta OLKEia EU 8É^Evov Kal Sp£,avTa'aÛT6v auToO Kal Koa^if]- aavTa Kal (|)iXov yEvé^iEvov lauTÛ Kal £,uvap^6aavTa Tpla ovTa, ôoTiEp bpouç TpEÎç ocp^iovlaç oiiEyy&c;, veAtt^ç te Kal ÛTiécTriq Kal ^ÉCTr|ç, Kal eI ] aXXa aTTa ^ETa^ù Tuy)(àvEL e SvTa, TtàvTa TaOTa ^uv8f]aavTa Kal TTavTotTuaaiv Eva yEv6- (lEvov EK TToXXôv, a<*>pova Kal f\p\xoa^évov^ oÏJtcû 5f| TTpClTTEtV fjSï], âàv Tt TtpC,r\ TE Kal auvaTTEpYà^rjTat, aoc^tav 8è xfjv èntaTaToOaav TaiJTT] tt] Tipà^EL £TTiaTf)tir)v, SSlkov Se TTpSEjLv II f] Blv oceI Tat3TT]v 444 a XtJT], à^a8Lav Se ti?)v TaOxri au ETnaxaToOaav 86£,av. navTocTiaaLV, t) 8' oç, S ZcûKpaTEç, àXr)9f^ XÉyELÇ. EÎev, 7\v 8' èyo)- t6v jièv 8tKaiov Kal av8pa Kal tt6Xlv Kal 8LKaL0CT\!)VT)v, o TuyX^^^^ ^^ aÔTotç 3v, el Oû^lEV. XVIII "EaTco 8r|, fjv 8' lyo* ^lExà yàp toOto aKEiTTCov, ot^ai, aSiKiav. AfjXov. OÔKoOv axotaiv xivà aS Tptcùv ovtcûv j toutcov Sel aÛTf|v b EÎva'i Kal TtoXuTipay^iocnjvriv Kal àXXoTpLOTTpay^ocjuvT]v Kal ETiavàaTaaLV ^ispouç tlvôç tô 8X9 tî)<; ^ju^f^ç, ïv' ap^T] ev aÙTf] ou Tipoaî^KOV, àXXà TOLO\3tOU OVTOÇ (JJUCTEL o"oU TipÉTTElV auTÔ 8ouXeijelv tQ» toO àp)(iKoO yâvouç ovtl ; TotaOT' axia, ot^ai, (J)f]aojiEV Kal Tfjv Totixcov Tapa)(f)v Kal TTXàvr|v EÎvai Tr]v TE àSiKtav Kal aKoXaatav Kal SsiXtav Kal à^aOlav Kal ^uXXf)68r|v Tiaaav KaKtav. TaÔTà \xàv oSv TaOTa, j EÉpovTa tôv ôyieivâv TE Kal voCToSôv, â>ç EKEtva Ev ajJiaTL, taOTa ev vpuxîl' nfî ; lcf,Ti. Ta jiÉv TTOU ôyiEivà ôylEiav EjmoiEÎ, là Se voacûSr) v6aov. Nat. OÙKoOv Kal 10 ^lÈv SlKata npdtTTELV SiKaLooi&VTjv e^ittoieI, t6 5' aSiKa | àSiKtav ; d 'AvdyKr). "EoTL Se t6 ^lÈv uylEtav ttoleîv xà ev tû acb^iaxi Kaxà tp'ùaiv KaBiaTavai KpaxEÎv xe Kal Kal KpaXEÎaBai ûtt' àXX/|- Xoûv, x6 8è v6aov -napà (p^aiv ap^si-v xe Kal ap^EaSat aXXo ûtt' otXXou. "EaxL yàp. OuKoOv aï, E<|)r)v, x6 8LKaLoat5vr|v e^ttoleîv xà Iv xfj v|>U)(rj Kaxà cpuaiv KaStaxàvaL KpaxEÎv xe Kal KpaxELcSai ÔTi' oXXrjXov, xo 8È àSiKiav napà <^\iaLv ap)(Eiv xe Kal &pxEa8aL aXXo ôti' aXXou ; Ko^t8rj, E<|)r|. 'ApExf] ^xÈv apa, ôç eolkev, ûyiEià xÉ xlç av ELr| Kal KoXXoc; Kal EVE^ioL \ \\)\)'^?\<;, KaKta 8è véooç te Kal ataxoç e Kal àaSÉVEta. "Ectxlv oOxcû. *Ap' o3v oô Kal xà ^lèv KaXà ETitxr|8Ei3^axa eIç àpExfjc; KxfjoLv cf)£pEi, xà 8' alo^pà ELÇ KaKLaç ; 'AvàyKT], 4 sX-rtp : r^7:^p Stob. || te om. Stob. || ôtxatoTJVY) A Stob. : r] 8. F || 6 OTi A Stob. : oTi Sy) F |l où8èv x\ty^ivv. F j| ii tÔ : Ta Stob. jj 12 à'ôt/.a : ào. TîpaTTeiv F |j d 3 r.O'.th : èjx;:. Stobaei S sed kit. puncti» notatum |1 5 vdaov : -wv Stob. || aXXo Ot:' à'XXou : àXX' où/ u::' aXXou Stob. Il 8 au : av F || 9 ts om. Stob. || 11 aXXo om. Stob. || e 4 où om. Stobaei S. 445 a LA RÉPUBLIQUE IV 4? 445 a XIX II nous reste maintenant, ce li y ^ avantage semble, à examiner s'il est utile d'agir désavJntage ^^*^^ ^^ justice, de pratiquer l'honnêteté à être injuste. ®* d'être juste, que l'on soit ou non connu pour tel, ou de commettre des injustices et d'être injuste, en échappant à la punition et à la nécessité de s'amender par le châtiment. Mais, Socrate, dit-il, il me paraît ridicule de s'arrêter à présent à cet examen. Si en effet, quand la constitution du corps est ruinée, la vie devient insupportable, même lorsqu'on peut goûter tous les mets et toutes les boissons et tous les avantages d'une opulence et d'un pouvoir sans bornes, comment serait-il possible qu'elle devînt supportable, quand b la nature du principe même de la vie est troublée et corrom- pue, eùt-on d'ailleurs le pouvoir de tout faire, sauf ce qui peut nous délivrer du vice et de l'injustice et nous procurer la justice et la vertu * ? Et la preuve en est faite par ce que nous avons exposé de la nature de la justice et de l'injustice. C'est ridicule en effet, répondis-je ; cependant, puisque nous sommes arrivés au point de voir dans la dernière évi- dence que telle est la vérité, il ne faut point nous décourager. Xon, par Zeus, il ne le faut pas le moins du monde, dit-il. c Approche maintenant, continu ai-je, Reste à étudier ^^ f^^g^^ ^^^j^. combien il v a, selon les formes du vice ^ . *" , r j • j • j ou injustice. "™°*' "® lormes de vices, du moms de formes qui méritent d'être observées. Je te suis, dit-il ; tu n'as qu'à parler. Eh bien, repris-je, du point de vue élevé où nous a portés la discussion, j'aperçois une seule forme de vertu, mais d'innombrables formes de vice, dont quatre méritent de nous arrêter. Que veux-tu dire ? demanda-t-il. en ce qui regarde la force et la quantité, et surtout bien mélangées. II souffre, quand l'une d'elles est trop petite ou trop grande ou se sépare dans le corps et n'est pas mélangée aux autres. » I . Platon pense que la vie n'est pas viable pour le coupable qui fait sa volonté ; mais qu'elle peut le devenir, s'il veut renoncer au vice. Cf. Gorgias 5o5 a-c et 627 b. 47 IIOAITEIAS A 444 e XIX T6 Bi\ XoLTièv ^5r|, oç Iolkev, f\\Jil\f kaxi aKÉipaaSat Ti6Tepov aS XuatTEÀcL SlKatà te ripàxTeiv Kal || KoXà ettitt)- 445a Seuelv Kal EÎvat StKatov, âdcvxE Xav9(ivr| eocvte \it\ toloOtoç cSv, f) àSiKELV TE Kal âSiKov EÎvaL, EàvTiEp ^f] StSco SCKr)V ^T]Sè (^eXtIcov ylyvrjTaL KoXa^o^iEvoç. 'AXX', i.(pT\, o ZcÔKpaTEÇ, y^^oiov I^oiyE <|>alvETat t6 aKÉ^^a yLyvEaBaL fj8r|, eI toO ^lèv ao^aToç tt]c; (|>iLJaECO<; 8La<|)8£Lpo^Évr)c; Sokel ou Plcotôv EÎvai oôSè jiETa Trécvxov aiTtov TE Kal TioTcov Kal TTavTÔç TiXoÛTOu KalTiàarjÇ àp)(f)<;, Tfjq Se auToO toutou o ^co^ev (jJuaEcoç TapaTTo^iÉvr|Ç Kal 1 SLa<|)8ELpo^Évr)c; fitcoTov apa IcTai, èàvnEp tlç notfj 8 av b 3ouXr|9rj aXXo TrXf^v touto ôti66£v KaKiac; ^èv Kal àSiKtaç ànaXXayriaETat, StKaLoaiJvrjV 5è Kal àpETifjv KTr|a£Tat, etiei- SrjTTEp Ec|)àvT] yE 5vTa EKoiTEpa oîa i^t^Etc; SLEXrjXiiSa^iEV. TeXolov yàp, r\v 8' lyo* àXX' b^coç etteltiep èvTaOSa èXr\- X\38a^Ev, 8aov ot6v te aoi<^éaTaia. KaTiSEÎv Sti TaOTa oôtcùç E^EL ou )(pf] aTtOKdt^iVElV, "KKlQTa, vf) t6v Ata, E(|)T^, TI&VTCOV aTtOK^lT^TÉCV. AEOpo vuv, 1 fjv 8' lyci), tva Kal L8r|ç baa Kal EÏ8r| £5(el i^ c KaKta, oç E^ol 80KEL, a ys 8f) Kal a£,La Séaç. "Erto^ai, e.(pT\' ^6vov XéyE. Kal lii^v, î]v 8' lycû, ôcmEp àruô aKOTiiôc; ^01 (^alvETat, ETTEiSf) EVTaOSa àva6£6r|Ka^EV toO X6you, ev ^ièv EÎvai eÎ8o(; Tfjç àp£TT]ç, ariEipa 8è Tfjç KaKiaç, TÉTTapa 8' ev auTOÎç aTTa cùv Kal a^iov ETTL^vr|a9f]vai. rioûc; XéyELç; e<^t]. 7 (îjç loixsv, r;8r| F || 445 a 7 {J.eTà cm. F || 9 aÙTou "cojxou : au TOUTOU et auTou tou Stob. || xai : te xat F Slob. || b 3 8s : Te F || |-et8r[7:ep : Itziiot^ ye Stob. |I A oTa : oi 0' Stob. || 5 yeXoiov ... IÀrjÀu6a{jLev om. Stob. ]| 8 à;:o/.ULr|-:sov Bekker : -xvtjtsov codd. et Stob. Il C I l'^r,? : el'ÔT]; Stob. || oaa xaî : oaa Stob. |j 2 Ijxoi : l[X0'.ye F |j ye : T6 Stob. || 6 8* Iv auTOt; : 8È aùx^; F' 51 auToT; F^ || auTO:; (XTTa : auTT) ovTa Stob. || 8 7:àjç : wç F. 445 C LA RÉPUBLIQUE IV 48 Autant, dis-je, il y a de formes de gouvernement de genre distinct, autant il y a, selon toute apparence, de formes d'âme. Combien y en a-t-il ? d II y a, répondis-je, cinq formes de gouvernement, et cinq formes d'âme. Nomme-les, dit-il. Je dis, repris-je, que la forme de gouvernement que nous venons de tracer en est une, mais qu'on pourrait lui donner deux noms : quand l'un des gouvernants a autorité sur les autres, on appelle le gouvernement monarchie, et si l'autorité est partagée entre plusieurs, aristocratie. C'est vrai, dit-il. Je dis donc, repris-je, que ces deux formes n'en font qu'une ; car, qu'il y ait plusieurs chefs ou qu'il n'y en ait e qu'un, ils ne changeront rien aux lois fondamentales de de l'État, s'ils ont reçu l'éducation et l'instructioii que nous avons décrites. Il n'y a pas apparence, dit-il. 48 nOAITEIAS A 445 c "Oaoi, f\v S' èycb, tioXltelôv Tpénoi elalv eiSr| e)(^ovteç, ToaoOxoL KivSuvsOouat Kal 4^v))(i]<; Tp6Ttoi EÎvai. néaoi I 8f| ; d riévTE jiÉv, î^v 8' èyo, tïoXiteiôv, ttévte ôè ^^^X^^- AÉyc, êTl, tIveç. AÉyco, EÎTTov, 8x1 eTç jxèv oCtoç Sv t^^elç 8LEXr|X\j8atiEV TToXlTEtaÇ ELf) &V Tp^TTOÇ, ETT0V0^aa8£Lr| 8' av Kttl 8L)(f]* èyyEVo^iÉvou jjièv yàp àv8p6c; ev6ç ev tolç ap^ouat 8La<|)É- povToç (îaatXEla Sv KXr|8ELr|, ttXel6vcûv 8è otpiaTOKpaTta. 'AXri8fj, E<|)r|. ToOto ^lÈv TOLVuv, rjv 8' âyciù, ev eT8o<; Xéyco' oÔte yàp &v tiXeIouç oOte eTç EyyEv6(jiEV0L ] KLvf|aEL£V av Tcov à£,icov e X6you vé^icùv tt^ç tt6Xecùç, Tpo(J)î] te Kal TraL8Ela )(^pr\a6L\i£voc; f\ 8Lr)X8o^EV. Oô yàp cUéç, l p- j- -j et des enfants ^t je donne le même nom a 1 individu modelé sur elle ; mais si cette forme est la bonne, les autres sont des formes mauvaises et manquées, dont le vice afTecte non seulement l'administration des cités, mais encore la formation de l'âme des individus. Ces États vicieux se ramènent à quatre espèces. Lesquelles? demanda-t-il. J'allais les énumérer dans l'ordre où elles me paraissent b sortir les unes des autres, lorsque Polémarque, qui était assis assez loin d'Adimante, avançant la main et saisissant le haut de son manteau à l'endroit de l'épaule, l'attira à lui, et, se tendant lui-même en avant, se pencha sur lui et lui dit quelques mots dont nous n'entendîmes rien, sauf ceci: « Le laisserons-nous passer outre? dit-il, ou bien que ferons- nous? Il ne faut pas du tout le laisser passer, repartit Adimante, à haute voix, lui. » Et moi : Qu'est-ce, dis-je, que vous ne voulez pas laisser passer? Toi, répliqua-t-il. c Moi ? dis-je, et pourquoi? Il nous semble que tu le prends à ton aise, répondit-il, et que tu nous dérobes un chapitre entier, et non le moins impor- tant, pour n'avoir pas d'explications à donner ; tu as cru nous échapper en disant négligemment qu'au sujet des enfants et des femmes tout le monde sait bien que tout est commun entre amis. N'est-ce pas exact, Adimante ? répondis-je. Si, dit-il ; mais cette « exactitude » a besoin, comme tout I 'AyaSi^v ^èv xotvuv Tf)v T0Lai3TT]v ttôXlv te Kal tioXl- 449 a TEtav Kal ôp8f]v KaXco, Kal avSpa t6v toioOtov* KaKàç Se Tàç aXXaç Kal i^^iapTruiÉvaç, eÏTiEp aStr) Ôp8/), TTEpt te ttôXecov 8L0LKf)aEiç kal TiEpl ISicûtSv i|;u)(î^c; TpÔTïou KaTa- GKEufjv, Ev TETTapat TTovr|plac; EÏSEatv oxiaoLc;. riolaç Si?) Ta\JTaç ; £c|)r). Kal ây^ ^^^ ?î<* '^«Ç êT]v, ô^AEtç ouk à<|>lETE ; Zé, Î\ 8' 8c;. j "Otl, èyà) eTtiov, tI ^àXtaTa ; C 'A-noppaSu^ELv f\[iiv Sokeîç, Eç apa riEpl yuvatKCùv te Kal TiatScov TiavTl 8î^Xov 8ti Kotvà tA ({)IXg>v tarai. OuKoOv 8p6ôç, Eq toOto, ôcmep TSXXa, X6you 449 a 2 TÔv om. F II 6 cçti om. A |] 7 y-a : r{kai F || b 9 ai om. F C I o-i rccc. : exi codd. || 2 où xô : aùxô FMi 4 a.ù'6 : -toî F. VII. 1. - 7 449 c LA REPUBLIQUE V 5o le reste, d'être expliquée, afin qu'on voie en quoi consiste ta communauté ; car il y en a de bien des sortes ; n'omets donc pas de dire quelle est celle que tu as en tue. Il y a longtemps d que nous attendons, espérant que tu parleras enfin de la pro- création des enfants, que tu diras comment tu la comprends, comment, une fois nés, on les élèvera, en un mot tout ce qui se rapporte à cette communauté des femmes et des enfants que tu proposes ; car nous pensons que, bien ou mal établie, elle est d'une grande importance, d'une importance capitale même pour la société. Maintenant que tu passes aune autre forme de gouvernement, avant d'avoir suffisamment éclairci ces questions, nous avons résolu, comme tu \'iens de l'entendre, 450 a de ne pas te laisser aller plus loin que tu n'aies expliqué tout cela, comme tu as fait le reste. Moi aussi, dit Glaucon,je joins mon suffrage aux vôtres. N'en doute pas, s'écria Thrasymaque, c'est une résolution qui a toutes les voix de la compagnie. . II Qu'avez-vous fait, en m'assaillant Hésitation •••\ ,,... /-\ii j* de Socrate ^^^^^ ™ ecnai-je. Quelle discussion vous soulevez à nouveau sur la consti- tution! Je me félicitais, moi, d'en avoir fini, heureux qu'on laissât de côté cette question et qu'on s'en tînt à ce que b j'avais dit alors ; en la ramenant à présent, vous ne savez pas quel essaim de disputes vous allez réveiller ; moi, je l'ai prévu, et si j'ai laissé de côté ce sujet, c'est par crainte qu'il ne nous donnât beaucoup de tablature *. Eh quoi I s'écria Thrasymaque, t'imagines-tu que nous soyons venus ici pour fondre de l'or, et non pour entendre discuter ? Sans doute, dis-je, mais non discuter sans mesure. La mesure de discussions comme celle-ci, Socrate, dit Glaucon, est la vie entière pour des gens sensés. Mais ne t'inquiète pas pour nous ; réponds plutôt à nos questions c sans te lasser, et expose-nous tes idées sur la communauté des femmes et des enfants parmi nos gardiens, et sur l'éle- vage des enfants encore tendres dans le temps qui va de la naissance à l'âge où on les instruit ; cet élevage paraît être I . Le début du livre V est un chef-d'œuvre d'exposition drama- tique, où les détails vivants et familiers reposent l'esprit des discus- 5o nOAITEIAS E 449 c SsÎTai tIç ô Tp^Tioç 'zf\q Koivoviaç* tïoXXoI yàp &v yÉvoivTo. Mi] o3v -naoT^ç Svxiva au X^yeic;' wç i^^istç TiàXai | TTcpi- d jiévo^EV oLÔ^evot ak nou ^vr)a8r)aEa8ai TraLSoTToitac; te TTÉpi, TTÔc; TTat8oTTOL/)aovTaL, Kttl yEvo^iÉvouç ncùç Spéipouaiv, Kal 8Xr)v TatJTT]v f\v X^yetç Koivoviav yuvaiKÛv te ical •natôcov ^Éya yàp ti ol6^ie6a <|)ÉpELV Kal 8Xov eIç noXiTEtav ôpSûç f) \xr] opBûoç yiyvé^Evov. NOv oî5v, ettelSi^ aXXr)ç èni- XajiBàvEL TToXiTE^ac; Tiplv xaOTa tKavôç SiEXÉaBaL, SÉSoKTai i^^iLv toOto 8 ab fJKouaaç, t6 ak \\ ^f) ^lEGiÉvaL nplv &v 450 a TaOTa TïàvTa ûSoriEp TaXXa SiÉXOriç. Kal E^È Tolvuv, ô rXauKcov £Tj koivcûvov tî^ç l{;if)({>OU TaiÛTT)ç tIGete. 'A^éXel, E(pr] 6 0paai5jia)(oc;, TiSat TaOTa SsSoy^Eva fjjiîv v6^it^E, S ZoKpaTEÇ. II OTov, f\v 5' âyci), Elpy&aaaOE ETiiXaBà^iEvol ^ou. "Ocrov X6yov TtàXtv, ôoTiEp e£, àp^^fjç, klvelte TiEpl Tf]c; TToXiTEiac;* f]v Q< fjSr) 8LEXr|Xu6<àç lycoyE £)(aipov, àyancûv Et tlç èàaoi TaOTa àiToSE^à^Evoc; àç t6te EppfjBrj. ""A vOv û^iEtç | napa- b KaXoOvTEc; oôk XaniE oaov èa\ibv Xéyov ETTEyElpETE* 8v ôpcSv èyo TiapfjKa t6te, ^f] -napocoxoL ttoXùv oxXov. Tt Se ; fj 8' Sç ô Opaoïi^iaxoç' )(^puao)^oT]aovTa<; oïci Toi3a8E vOv Ev8à8E àqjt^^Bai, àXX' ou X6ycov aKOUCTo^iÉvouç ; Nat, eTtiov, ^Exptcov ys. MÉTpOV SE y', E(f)T], S ZcùKpaTEÇ, ô rXa\3KG)V, TOtOliTOV X6ycov aKouELV bXoç ô [5loç voOv E)(ouaiv. 'AXXà tS jièv rj^ÉTEpov la* où SE TTEpl Sv EpoTCù^Ev ^ir|8a^ôc; àTTOKà^r|c; ?j aot SoKEL Sle^lov, tIç 1^ 1 KOLVcovla TOLÇ (|)ùXa^LV rnjiîv C •natSoov TE TiÉpL Kal yuvaiKÔv iorai Kal Tpo<|)f|ç vÉcov eti OVTCÛV, Tf^Ç EV TÛ ^lETa^Ù y^JpàvCd ^l\VO\lkvT\q yEVÉaEOÇTE Kal 8 Seîtai Xoyou F 1| d a te om. F || 5 oXov : -toç F* || 7 Tauxa : ta pr. A 11 8 aè : ys F^ || 450 a 3 etXE ExaîpE. MrjSÉv, T] 5' 8c;, okvel* ov(te yàp àyv<î>^ovE<; o3te Sntoroi ouTE SOavoL ol àKouaé^Evou. Kal èyw eÎttov *0 aptaTE, t] ttou (5ouX6^iev6c; ^e Tiapa- Bappi&vELv XÉyELç ; "Eyoy', l<î>Ti. nSv Totvuv, T^v 8' Êycb_, TouvavTlov TTOLeic;. riiaTEÙovToc; ^Èv yàp E^oO E^iol EtSÉvaL â XÉycd, KaXôç etx^v f\ Trapa^iuBia* Ev yàp 1 povl^OLÇ TE Kal c|>lXoi(; TTEpl TQV ^lEylaxcùv TE Kal e <()tXcov TàXr)9f| ElS6Ta XéyEiv àa(J)aXè<; Kal SappaXÉov, ànt- aToOvxa Se Kal ^r|ToOvTa a^ia toùç Xéyouc; noiELaGat, 8 8f) Eycb ôpco, (|>o6Ep6v te Kal a<^aXEp6v, o\i ti yàXcûTa || Ô(|)Xelv 451a TiatSiKÔv yàp toOt6 yE* &XXà \ii\ acjsaXElç i^q àXr|9Eta<; oô ^ovov aÔTéc;, àXXà Kal toùç <|>tXouc; ^uvETHonaaà^Evoc; KEtao^ai TiEpl fi îJKLaTa Sel a(|>àXXEa8au. ripoaKUVÔ Se 'ASpàcTEiav, S rXaiiKCùv, ^àpiv oO ^éXXcd XÉyEiv eXtiI^cù yàp ouv IXaTTov à^àpTr|^a àKouatcoç Tiv6ç (|)ovÉa yEVÉaBat f] àrtaTEÛva kocXôv te Kal àyaSôv Kal StKalcûv vo^l^ov TTÉpL. ToOto ouv t6 KLyS^vEu^ia klvSuve\3elv ev èxQpotç KfELTTov f) (|>lXoic;. &aTE oÔK e3 | ^i£ Tiapa^uBEt. b Kal S rXaÙKCùv yEXàaaç" 'AXX', S ZcoKpaTEÇ, Er|, èàv Tt TiàBcotiEv tiXt^^i^eXèç ûtï6 toO X6you, à j p même éducation ^^g'^^ ^^ possession et 1 usage des femmes que les hommes. et des enfants que de leur faire suivre la voie où nous les avons engagés en commen- çant, lorsque nous avons entrepris dans notre plan de consti- tuer nos guerriers comme des gardiens de troupeau. C'est vrai. d Suivons donc notre principe et attribuons aux femmes le même naturel et la même éducation qu'aux hommes, et voyons si cela convient ou non. Gomment .3 dit-il. Ainsi : croyons-nous que les femelles des chiens de garde ^ doivent veiller comme les mâles sur les troupeaux, chasser avec eux et faire tout en commun, ou qu'elles doivent garder le logis, comme incapables d'autre chose que d'enfanter et d'élever des petits, tandis que le travail et le soin des trou- peaux seront le partage exclusif des mâles ? e Nous leur demanderons de tout faire en commun, dit-il, mais en tenant compte de la faiblesse des unes et de la force des autres. Est-il possible, repris -je, de mettre un animal au même usage qu'un autre, si on ne le nourrit et ne le dresse pas de la même manière? Ce n'est pas possible. I. Aristote (Pot. 1264 b 4) trouve qu'il est absurde de comparer les femmes aux chiennes et de leur altribuer les mêmes occupations, parce que les chiens n'ont pas de ménage à soigner. 52 nOAïTEIAS E 451b <5vou Kal Ka8ap6v elvai Kal [ii\ ocnaTEcàva i^^ôv. 'AXXà Sappl^aaç XéyE.' 'AXXà ^lÉvToi, eÎTTOv, Ka9ap6<; ys Kal eke'î & oc<|>E8Etc;, ôç ô v6^oç XéyEL' eIk6c; Se yE, eTttep ekeî, KàvSdiSE. AÉys Totvuv, M.(^T\, TOUTOU y' ëvcKOL. AéyEiv Sr), M.<^t\v lycî), )(pf) àvdcTtaXuv aS vOv, S t6te taoç ISel E(J)E^f]c; XéyELV TuXaKaç toùç avSpaç KaStaTàvai t& Xéyci). Nat. 'AkoXouBô^iev I To'ivuv Kal Tfjv yévEatv Kal Tpo<|)f|v napa- d TiXrjCTCav àTtoStSovTEc;, Kal aKonô^iEV eI fj^tv TtpÉTTEL f] o\i. nôç; ^T]. *05e. Tàc; BrjXEtac; tôv <|)uXàKCùv kuvcûv TtéTEpa ^u^i(|>u- XocTTELV ol6^iE9a Bzlv ocTiEp âv ot appEVEÇ (|)uXàTTCdaL Kal ^uv8r|pE\jELv Kal TSXXa Koivfj rcpàTTEiv, f\ tAc; \ikv olKoupEÎv EvSov «ç àSuvxTouç 8ià t6v tcov CTKuXdcKcov t6kov te Kal Tpo<^>f)v, lohç Se tiovelv te Kal rtSaav ETtuiÉXELav ex^lv TiEpl Ta TTol^vta ; Koivf|, E; : Taï; {j.àv w; Gai. 451 e LA RÉPUBLIQUE V 53 Si donc nous imposons aux femmes les mêmes fonctions qu'aux hommes, il faut aussi leur donner la même édu- cation. 452 a Oui. Or nous avons enseigné aux hommes la musique et la gymnastique. Oui. Dès lors il faut que les femmes aussi aient part à ces deux arts, et à l'art de la guerre, et qu'elles soient traitées de la même manière. Gela ressort, dit-il, de ce que tu dis. Mais peut-être, repris-je, il y a dans ce que nous disons des choses qui, parce qu'elles choquent la coutume, paraî- traient ridicules, si l'on en venait à l'exécution. Il n'y a pas de doute, dit-il. Qu'est-ce que tu y trouves, demandai-je, de plus ridi- cule ? C'est évidemment de voir les femmes s'exercer toutes nues dans les palestres avec les hommes, et non seulement b les jeunes, mais encore les femmes déjà avancées en âge, à l'exemple des vieillards qui se plaisent encore aux exercices du gymnase, alors qu'ils sont ridés et désagréables à voir. Oui, par Zeus, dit-il, cela paraîtrait ridicule, étant donné les habitudes d'aujourd'hui. Mais, repris-je, puisque nous avons commencé à dire noire pensée, ne craignons pas les plaisanteries des rieurs^, quoi qu'ils puissent dire d'une innovation qui appliquerait les c femmes à la gymnastique et à la musique, et surtout au maniement des armes et à l'équitation. Tu as raison, dit-il. Eh bien, puisque nous sommes en train de nous expli- quer, abordons ce que cette institution a de choquant, et prions les rieurs de renoncer à leurs plaisanteries, d'être sérieux et de se souvenir qu'il n'y a pas bien longtemps que les Grecs trouvaient honteux et ridicule, comme encore aujourd'hui la I. On a vu dans ces plaisanteries des rieurs une allusion à la comédie de V Assemblée des Femmes d'Aristophane. Que V Assemblée des Femmes, qui parut entre SgS et Sgo, soit antérieure à la Répu- blique, il n'est guère possible d'en douter. Voyez sur ce sujet l'excel- lent exposé d'Adam, la République de Platon, i" vol. p. 345-355, et l'Introduction, p. xlix-lii. 53 nOAITEIAS E 451e El apa Tatç Yuvai£,lv ettI Tauxà xp^cré^ièSa Kal toÎç àvSpAai, TaÔTà Kal SiSaKXÉov aÔTdcç. Il Nat. 452 a MouaiKf) ^èv èKElvoiç Te Kal yu^^vacTiK^ eS66t]. Nat. Kal lodq yuvai^lv apa TotiTco xà Té)(va Kal Ta Ttcpl Tàv n6XE|iov ocTroSoTÉov Kal )(pT]aTÉov KaTà TaÔTà. EIk6<; e£, tov XÉyEiç, s.(pT\. "lacùç 8/), eÎtiov, Tiapà t6 eSoç y^Xota âv <})atvoLTo noXXà TiEpl Ta vOv XEy6^Eva, el Trpà£,£TaL ^ XéyETat. Kal ^dcXa, E(|)T]. Tt, i^v 8' èycb, yEXotéTaTov aÔTÔv ôpSc; ; f) Sî^Xa 8f) 8ti yu^vàç Taç yuvaÎKaç ev Taîç TtaXaiaTpaLÇ yu^va^ojiévaç jiETtt Toûv àvSpôv, I oô ^6vov tAç vÉaç, àXXà Kal fjSï] Taç b TTpEaôuTÉpaç, ôoTiEp Toùç yÉpovTaç Êv Toîç yu^ivaatoLÇ, îiTav puaol Kal jif] f)8ELc; t^jv oiptv bjjicoç c|>LXoyu^AvaaTcoaLV ; Nf] t6v a ta, E(j)r|* yEXoîov yàp av, ôç yE ev tô Ttaps- OTOÛTL, <})avEtr|. OuKoOv, îjv 8' lyo, ETiELTiEp op^fjoa^iEv XÉyELv, oô o6t]- TEOV Ta TÔv x«P''ÉvTCùv aK(i)^jiaTa, Saa Kal oTa âv eIttoiev ELÇ Tf]V T0ta\3TT]V ^ETaBoXfjV yEVOJlÉvr|V Kal TlEpl Ta yu^ivàaia | Kal TCEpl ^ouaiKfjv Kal oôk EXà)(iaTa TUEpl t^jv c TÔv SnXcov ayéaiv Kal ïttttcûv ô)(f)aEiç. 'Op8û<;, E(j)T^, Xéyeic;. 'AXX' ETTeItTEP XÉyElV f^p^à^lEBa, TTOpEUTÉOV TTp6ç t6 Tpa^ù TOO V6^10U, 8Er|6EÎatv te TOt^TOV ^if] Ta aÛTWV npdcTTELV, àXXà onouSà^ELV, Kal ÛTTo^iv/|aaCTiv Stl oô ttoXùç )(p6voc; 1^ oQ Toîç "EXXr^aiv e86kei oday^poL EÎvat Kal yEXoîa SnEp vOv 7 xat om. A* || 452 a a |X£v ... te : jjlîv ... ys Richards || Te om. Gai. Il 5 xat : -e xat Gai. || 6 Içt), Xéyst; F || 7 e6oç : ettoôô; Eus. Il 8 r.tpl : Tiapi F^ j| vuv : vuv 8r) Eus. || TrpaÇsTat : TcpàtTsirat F^ || 10 Ti om. Eus. sed ti ô* scripsit anle yêXotoTaTOv || BfjXa Br\ : oriXaÔT) F II II yu[j.vài; xàç : yu;j.vaaTàç F || b i xat rjÔT] xàç : ^'Stj xai Eus. xai xàç "^'or) Herwerden || 3 pucoi : puaaoi F || c 6 où : oùv F. 452 c LA RÉPUBLIQUE V 54 plupart des barbares^, que des hommes se fissent voir tout nus, et que, lorsque les Cretois d'abord, et ensuite les Lacé- d démoniens se mirent à la gymnastique, les plaisants de ce temps avaient quelque droit de traduire en ridicule toutes ces nouveautés ; ne le crois-tu pas ? Si. Mais lorsqu'en s'exerçant ils s'aperçurent qu'il valait mieux se mettre nu que de cacher telle partie du corps, la raison mettant en lumière ce qui était le mieux fit évanouir le ridi- cule que les yeux trouvaient à la nudité et cet exemple fit voir qu'il n'y a qu'un homme superficiel qui attache du ridi- cule à autre chose que le mal et que celui qui cherche à faire e rire en ridiculisant tout autre spectacle que celui de la folie et du vice poursuit sérieusement une autre fin que le bien. C'est très vrai, dit-il. IV Ne faut-il pas tout d'abord nous Objection: mettre d'accord sur la possibilité ou à natures l'impossibilité de réaliser nos idées, et différentes, i /• ^ i j- • i • . fonctions ^®^ livrer a la discussion plaisante ou 453 a différentes. sérieuse de qui voudra rechercher si la nature humaine chez la femme est capable de partager tous les travaux du sexe mâle, ou si elle n'est capable d'aucun, ou si elle est capable des uns, inca- pable des autres, et dans quelle classe il faut ranger les exercices de la guerre. A commencer avec une si belle méthode, ne peut-on pas justement espérer d'aboutir à une belle conclusion ? Assurément, dit-il. Veux-tu, dis-je, que nous discutions entre nous la thèse de nos contradicteurs, en nous mettant à leur place, afin de ne pas assiéger une place vide de défenseurs ? b Rien n'empêche, dit-il. Nous allons donc parler pour eux: « Pas n'est besoin, Socrate et Glaucon, que d'autres vous contestent vos propo- I. Cf. Hérodote i, lo: « Chez les Lydiens et chez presque tous les barbares, c'est une grande honte même pour un homme d'avoir été vu nu » et Thucydide i, G, 5 qui dit que les Lacédémoniens, non les Cretois, furent les premiers à se mettre nus. Platon approuve ici l'usage de se mettre nu pour les exercices 54 nOAITEIAS E 452 c Toîç TtoXXoLc; TÔv (iapBàpcùv, yu^ivoùc; avSpaç ôpSaSat, Kal Sxe fjpxovTo T»v Y^t^^aalcov npÔTOt ^lèv Kpf^TEç, | IrrELTa d AaKeSani6vL0t, è^1]v toÎç tôiE àaTcloLÇ Txàvza. TaOTa kûûjicoSeîv f^ oôk oLEi ; "EyoYc* 'AXX' èîTEiSr), oT^iai, XP^t^^votç Sjielvov t6 à-noSÙEaSai ToO CTuyKaXÙTTTEtv ndivTa là xoiaOxa E(|)àvT], Kal t6 ev toÎç ô<|>9t]. IV *Ap' oSv oô Ttpcoxov ^Èv xoOxo TtEpl aôxoûv àvo^oXo- YT^xÉov, eI Suvaxà f\ oô, Kal Soxâov &^ic|)La6i')xr|aLV eïxe xtç ^juXoTTata^iCov elxe cnrouSaaxLKbç e8éXel à^c|>ia6r)xf]CTaL, TïéxEpov Suvaxf] (J>\iaiç f\ àv|j8pcoTclvr| f\ SrjXEia xfj xoO 453 a SppEvoç Y^vo^Ç Koivovî]aaL sic &TTavxa xà EpY» ^ où8' elç EV, î^ eIç xà ^Èv oïa xe, elç 5è xà o\i, Kal xoOxo Bi\ x6 riEpl t6v tt6Xejj.ov TToxÉpcov Eorxlv ; Sp' oô)( oOxcoç âv KoXXiaxà Tiç àp)(6^Evo<; â>q x6 eIk6ç Kal KàXXtoxa xEXEux/]aELEv ; rioXù \E, ^*^T' BoiiXEt o3v, ^v S' è^à), TJt^etç TTp6<; ifjliaç aôxoùç unèp tôv aXXcov à^<|)La6r|xr)CTo^Ev, ïva ^t*) £pr)na xà xoO EXÉpou X6you •noXtopKÎ^xai ; \ OôSév, E(|)r|, kqXi&el. b AÉYco^iEV 8f] ÛTTÈp auxQV 8xL « ^O Z^KpaxÉç XE Kal rXai^KCdv, ouSÈv SeÎ ô^Îv SXXouç àti(|)ia6r|XEÎv aôxol Y^p d lO Ttpàç : et; Stob. || y] om. Stob. || 6 i xat xaXoi) au oui. W j| 2 Tcpôç : £tç Stob. Il 4 TOUTO : -lov F^ || aÙTwv F"^ : aÙTÔv codd. || 6 çtXo7:ai(j[jLtov : -nat'yjxwv F^ || 453 a 5 wç : eî; F || 8 à{ACp'.a6T)-:r|ato{jLev : -ao{X6v Fi 11 b 2 Xc'Ytotxsv : -oaev F* Gai. || 3 8eî : Ôs F. 453 b LA RÉPUBLIQUE V 55 sitîons. Vous-mêmes en effet, en commençant la fondation de votre république, vous êtes convenus que chacun ne devait faire qu'un métier, celui qui est assorti à sa propre nature. » iNous en sommes convenus, je le reconnais ; car il le fallait bien. « Or peut-on nier qu'il n'y ait une très grande différence de nature entre l'homme et la femme ? » La différence est indéniable. a Différente est donc aussi la besogne qu'il faut imposer à chacun suivant sa nature. » c Sans doute. « Gomment dès lors pouvez-vous échapper à l'absurdité et à la contradiction, vous qui prétendez maintenant que les hommes et les femmes doivent remplir les mêmes fonctions, malgré la grande différence de leur nature?» As-tu, cher ami, quelque chose à répondre à cela ? Répondre ainsi au pied levé, dit-il, n'est pas chose facile ; mais je te prierai, jeté prie même tout de suite de te charger de notre réponse, quelle qu'elle soit. Ce sont là, Glaucon, repris-je, sans parler de beaucoup d'autres, des difficultés que je voyais depuis longtemps. De d là mes craintes et mon hésitation à aborder la loi qui doit régler la possession et l'éducation des femmes et des enfants. Par Zeus, dit-il, la chose n'a pas l'air facile. Non, certes, repris-je ; mais voici ce que nous avons à faire. Qu'un homme tombe dans une petite piscine ou qu'il tombe au milieu de la haute mer, il ne se met pas moins à nager. Sans doute. Il faut donc nous mettre à nager nous aussi et tâcher de nous tirer de la discussion, en espérant qu'un dauphin e nous prendra sur son dos * ou qu'un autre miracle nous sau- vera. Il faut le faire, dit-il. du gymnase. Gela ne l'empêchera pas de rendre les gymnases en Grète et à Lacédémone sartout, responsables de la pédérastie (Lois 636 b). I. Allusion à l'histoire d'Arion sauvé par un dauphin qui le prit sur son dos et le porta jusqu'au cap Ténare. Voir Hérodote, i, 23- 24, et Lucien, Dialogues marins, 8. 55 nOAITEIAS E 453 b EV apxfî '^^'^ KaToïKlaECùç, î]v àKiCEiE nôXiv, w^oXoyeÎTE ÔELV Kaxà t3aiv ; » C Tl iif]v ; « ricoç ouv o\)\ &jiapTàaK0VTE<; aS toùç avSpaç Kal xàç yuvaÎKac; Seîv Ta auxà TipàxTEiv, nXEÎaTov KE)(opLa^iÉvr)v <|)\jaLV E^ovxac; ; » "E^^elç xi, S Bau^àaiE, irpèç xaOx' ànoXo- yEÎaSai ; 'Clq jiÈv E^at<|>vr|c;, M.f)v. Oô ^à x6v A ta, E<^T\' ou yàp eôkôXcù eoukev. Où yàp, eTttov. 'AXXà 8f] S8' e.y(Ei' Svxe xlç elc; koXuji- 6f]8pav ^LKpàv E^iTTÉaT], Svxe eIç x6 ^lÉyiaxov TTÉXayoç jiÉaov, Sjicoç y£ veÎ oô8èv fjxxov. riàvu (lÈv ouv. OÛKoOv Kal f\\i.iv vEuaxÉov Kal TiEipaxÉov aàC^aQai ek xoO X6you, fjxoi 8EX(|)tvT]. e 4 "/.a-coixiaeto; : -lîaetoç F Gai. ]| toxiÇere : w. Te F || wtAoXoyeîTe : ôix. Pi 11 9 8' cm. Gai. || C 3 vuv : vuvl W Gai. || 4 ay xoùç : auTOÙç F* Il d 3 xrjv cm. F add. s. u. || ^ eùxoXw : -Xtuç F || 7 vet : et F. 453 e LA RÉPUBLIQUE V 56 Voyons donc, repris-je, si nous ne trouverons pas le moyen d'en sortir. Nous convenons en effet Réponse: qu'à des natures différentes il faut des la différence occupations différentes, et d'autre part n'entraîn7 pli celle ^^^ ^^ ï^^t^ï"^ ^® ^^ ^^"^"^^ «^^ ^^^- des aptitudes. férente de celle de l'homme, et nous n'en soutenons pas moins en ce moment qu'à ces natures différentes il faut donner les mêmes occu- pations. C'est bien cela que vous nous reprochez ? C'est bien cela. 454 a En vérité, Glaucon, repris-je, l'art de la dispute a un sin- gulier pouvoir. Pourquoi ? Parce que, dis-je, bien des gens me paraissent se jeter dans la dispute, même sans le vouloir ; ils se figurent qu'ils discutent, alors qu'ils ne font que chicaner, et cela, parce qu'ils sont incapables d'étudier une question en la divisant selon les genres et qu'ils ne s'attachent qu'aux mots dans leur effort à contredire l'interlocuteur : leur procédé n'est que chicane, et non pas discussion*. C'est en effet, dit-il, le cas de beaucoup de gens ; mais cela nous regarderait-il, nous aussi, dans la question pré- sente ? b Bien certainement, repartis-je, et nous risquons, nous aussi, de nous engager dans une querelle de mots. Comment ? C'est que, nous fondant sur un mot, nous soutenons avec une belle intrépidité, en vrais chicaneurs, que des natures différentes ne doivent pas avoir les mêmes occupations, et que nous n'avons aucunement examiné dans quelle espèce nous rangions cette différence et cette identité de nature, et à quel objet nous la rapportions, lorsque nous avons attribué des emplois différents à des natures différentes et les mêmes emplois aux mêmes natures. Effectivement, dit-il, nous n'avons pas examiné cela. c Je repris : Dès lors il ne tient qu'à nous, ce semble, de nous demander si les hommes chauves ou les hommes chevelus sont de même nature ou de nature contraire, et quand nous aurons reconnu qu'ils sont de nature contraire, au cas où I. Cf. 539 b-d. 56 nOAITElAS E 453 e £pe 8r), fîv 8' eycî), èàv nri £5pa>(i£V t?|v I^oSov. 'O^io- XoyoOjisv yàp 8f] SXXr|v <|>t3aLV aXXo Seîv ImTT^SeiiELv, yuvatKàc; 8è Kal àvSp8c; &XXr|v eTvaf xàç 5è aXXaç <|)Ùctei<; Ta aÙToc <|)a^EV vOv Seîv E'nLTT]SEOaai. TaOxa fj^iôv KaTT|- yopELTE ; Ko^iSf] yE. *H yEvvata, î^v 8' èyo, o rXaÙKov, fj H St^va^ic; xf^ç 454a àvTiXoytKf]ç T£)^vr)<;. T18/); "Otl, eÎttov, 8oKoOaL ^ol eiç aÙTf]v Kal Skovteç •noXXol EjiTitTiTELV Kal oÏEaSai oÔK Ipt^Eiv, oXXà StaXÉyEaSai, Bià ib \x^ 8ùvaa9at Kax' EiSrj Siaipoû^iEvoi t6 XEyé^Evov ènt- aKOTTEÎv, àXXà Kax' aÛTo t6 ovo^a 8lcùkei.v toO Xe)(6£vtoç Tf)v èvavTicûaLv, iptSi, où 8iaXÉKTCû npbq àXXfjXouç XP**^ ^EVOl. "EaxL yàp 8t], E<|)r|, TiEpl ttoXXoùç toOto t6 TtdSoq* àXXà ^ôv Kal Tip6c; i^^iSc; toOto teIvel ev tô napévTL ; riavTàTTaaL | ^èv oxîv, r\v 8' lyo* KLv8uvE\io^i£v yoOv b &KOVTEÇ àvTiXoylaç &TiTEa9ai. v nôç; T8 (^iifl) Tf]v aÙT^jv 3aLv Î5tl ou tôv auxôv 8eî ettitti- Ssu^dtTcov Tuy)(àv£iv Tiàvu àv8pELco<; te Kal èpiaTiKcSç Kaxà t8 5vo^xa 8L(i>K0^iEV, ETiEaKEvI^à^ESa 8È ou8' ênrjoOv tI eTSoç t6 Tfjç ETÉpaç TE Kal TÎ]ç auTf]<; c|)uaEcoç Kal ripèç tI telvov â>piC,6\xs.Qa t6te, Ste tA Eni.Tr)8Eij^iaTa aXXr| <|>uaEi aXXa, Tfj 8È aÔTrj Ta aÛTa àTTE8t8o^Ev. Où yàp o3v, E<|>r|, ETiEaKEipà^EBa. I ToiydtpTOL, eTttov, e^eotlv fj^iiv, cbç loiKEV, àvEpcùTfiv C f\\iSiq aÙToùç eI i^ aÙTf] <|)\jaL<; (|)aXaKpcùv Kal KOjirjTÔv Kal ou)( fj EvavTta, Kal ETiEi8àv ô^ioXoyô^iEv èvavTtav EÎvai, i e 3 8eiv : 8ei F* || 5 xaTr^yopeiTe : -Ta: F || 454 a 8 où cm. F add. s. u. Il b 4 [X71 Ven. i8/i : om. codd. et Gai. || 8 wpi^djxaôa : op. F 11 aXÀTj : oùx aXXr, F^. 454 c LA RÉPUBLIQUE V 57 les chauves exerceraient le métier de cordonnier, de l'interdire aux chevelus, et réciproquement, si les chevelus l'exerçaient, de l'interdire aux chauves. Ce serait par trop ridicule, s'écria-t-il. Mais pour quelle raison, demandai-je, serait-ce ridi- cule ? N'est-ce point parce qu'en posant notre principe, nous n'entendions pas établir l'identité et la diversité des natures d au sens absolu et que nous n'avions en vue que cette espèce de diversité et d'identité qui se rapporte aux occupations mêmes? C'est ainsi que nous disions qu'un homme doué pour la médecine et un homme qui a l'esprit médical ont la même nature, n'est-ce pas * ? Oui. Mais que l'homme doué pour la médecine et l'homme doué pour la charpenterie sont de nature différente ? Absolument. V Conséquemment, dis-je, s'il nous paraît que le sexe masculin diffère du féminin pour l'aptitude à tel art ou à telle fonction, nous dirons qu'il faut les attribuer à l'un ou à l'autre ; mais s'il nous paraît qu'ils ne diffèrent qu'en ce que e la femme enfante et que l'homme engendre, nous n'admet- trons pas pour cela comme démontré que la femme diffère de l'homme relativement à la question qui nous occupe, et nous persisterons à penser que nos gardiens et leurs femmes doivent avoir les mêmes emplois. Et avec raison, dit-il. Prions maintenant notre contradicteur^ de nous apprendre 455 a quel est dans un État organisé l'art ou la fonction pour laquelle l'homme et la femme ne sont pas doués de même, mais dif- fèrent d'aptitudes. Il est juste assurément qu'il nous l'apprenne. Peut-être va-l-on nous dire ce que tu disais toi-même i} 1. En réalité, Platon n'a rien flit de tel auparavant. 2. On a voulu voir dans ce contradicteur Aristophane lui-même. Gela n'est pas vraisemblable ; mais il se peut que l'argument qui suit ait été inspiré dans quelque mesure par V Assemblée des Femmes, où les qualités domestiques essentielles des femmes sont mises en opposition avec leur incapacité pour le gouvernement. 57 nOAITEIAS E 454 C èàv cjjaXaKpol aKUTOTo^icûaiv, jif] èSv KojifjTaç, làv S' au KO(Jif]TaL, ^f) Toùç ÉTÉpouc;. TeXolov ^evtSv £Ït], e<î>r). *Apa Kax' aXXo tl, eÎttov èyco, y^^o'^ov, î^ 8ti t6te oû TiàvTcoç xfiv auTfjV Kal Tf]v ETÉpav c|)i&aLV ETiBÉ^iEBa, àXX' IkeÎvo t6 eTSoç Tf^ç àXXoicbCTEcbc; te Kal ô^oi(i>aECù<; ^6vov j E(|)uXàTTOjiEV t6 TUpèç auTtt TEÎvov xà E7TLTr|SEi3jiaTa ; oTov d laxpLKèv ^Èv Kal îaTpLK:f)v Tf]v vf'ux'^^ M.y^ov'za. Tf]v auTfjv <|>uaLv E)(ELV EXéyotiEV f\ oÙK OLEu ; ^EycoyE. 'laTpLK6v Bè. Kal tektovikôv aXXr^v ; ndcvTCùc; TTou. V OuKoOv, rjv S' EY^) *^^^ '^° '^"^ àvSpcov Kal t6 todv yuvaiKÔv yÉvoç, làv jièv Trpèç xÉ^vriv Ttvà f\ aXXo ETTiTf)- SEU^a Siacjîépov <|)aLvrjTai, toOto 5f) <^f)ao^Ev ÊKaTÉpcp Selv oiTToSiSévaL* làv S' auTÔ toutcû cf)atvr|TaL 8La(f)ÉpELV, tô t6 ^lÈv 6f]Xu tIkteiv, t6 8è êcppEV Ô)(eil)£lv, ouSév tI 1 TTo e fjCTo^ev ^ocXXov àTio5E8eL)(8aL wç Tipàç S T^t^EÎç Xéyo^iEv BioL(pipsL yuvf] àvSpéc;, àXX' etl OLr)a6^E9a 8eîv Ta auTà E7TLTr|ÔEUELV Totjç TE c|>ùXaKac; f\\xiv Kal làq yuvaÎKaç auTÔv. Kal ôpeSç, £aiq yvvaiK6c; te Kal àvSp6ç ; AïKatov yoOv. Tà)(a Totvuv âv, SriEp ait ôXiyov iTp6TEpov EXeysç, eutioi C 8 y.olI Tr,v om. A add. in m. || g [jlovov : làv {a, F [lowov ov A^ || d I âï-uXdcT-zojxev : -tojjiev F^ || t6 ... xstvov xà. Gai. : xà ... Têt'vovTa (t£ivov Ta F) codd. || aù-cà : -xô F |j 2 laxpixov : -xàiv pr. A j] xat tarptxTjv : xaî taxptxôv Mon. et Adam qui seclusit xi\)f ^^/^V ovxa || lyovTa Gai. : ovxa codd. || 5.8s : oé ye Gai. || 8 [xèv om. F || loaùxû: -xûv F* Il e 6 ôpOûç : op. y' F Gai. || 455 a 5 ôXtyov : -yto Gai. VU. I. — 8 455 a LA RÉPUBLIQUE V 58 n'y a qu'un instant, qu'il n'est pas facile de répondre au pied levé d'une manière satisfaisante, mais qu'après réflexion rien n'est plus aisé. C'est vraisemblable. Veux-tu que nous priions notre contradicteur de suivre b notre raisonnement ? peut-être pourrons-nous lui démontrer que dans l'administration de l'État il n'y a pas d'emploi exclusivement propre aux femmes. J'y consens. Voyons, lui dirons-nous, réponds. En disant que tel homme est bien doué pour une chose, et tel autre mal doué, n'entendais-tu pas par là que l'un apprend avec facilité et l'autre avec peine, que l'un, après quelques leçons, est capable de porter ses découvertes bien au delà de ce qu'on lui a mon- tré, et que l'autre, avec beaucoup d'étude et d'exercice, ne peut même pas retenir ce qu'il a appris, qu'enfin chez l'un c le corps est un bon serviteur de l'esprit, et chez l'autre un obstacle. Y a-t-il d'autres marques que celles-là pour dis- tinguer en chaque cas l'homme bien doué de celui qui l'est malP Il répondra, dit Glaucon, qu'on n'en peut citer d'autres. Gonnais-tu quelque profession humaine où le sexe mâle ne l'emporte pas sous tous ces rapports sur le sexe féminin ? Ne perdons pas notre temps à parler du tissage et de la confection des gâteaux et des ragoûts, travaux où les femmes d paraissent avoir quelque talent et où il serait tout à fait ridi- cule qu'elle fussent battues * . C'est vrai, dit-il, qu'à peu près en toutes choses l'un des deux sexes est de beaucoup inférieur à l'autre. Ce n'est pas que beaucoup de femmes ne soient meilleures que beaucoup d'hommes en beaucoup de points ; mais en général la chose est comme tu dis. Ainsi donc, ami, il n'y a pas dans l'administration de l'État d'occupation propre à la femme, en tant que femme, ni à l'homme, en tant qu'homme ; mais les facultés ayant été I, Socrate ne veut pas ennuyer son auditoire en énumérant des exceptions qui sont triviales. Cf. Xénophon, Mémorables IX, ii : « Il faisait voir que, dans l'art de filer les femmes elles-mêmes commandent aux hommes, parce qu'elles s'y connaissent et que les hommes n'y entendent rien. » 58 nOAITEIAS E 455 a &v Kal aXXoç, Stl èv ^èv tô •napa)(pf]^a iKavâç eItieÎv où ^(^Slov, iTTLaKevjja^iévcp 8è ouSèv ^aXEirév. EÏTTOL yàp av. BoiiXcL oCv Sscût^EBa toO xà TotaOTa àvTLXÉyovTOÇ Slko- XouSfjaat iqfcitv, âàv ticùç i^Iielç | ekeIvo IvSEt^ciù^EOa 8ti b oôSév eotlv ETTLTrjSEUtia ïSlov Y^vttLKl TTp6c; SiolKT^aiv tt6Xecoç ; riàvu yE. "ISl 8f), <|)r)ao^Ev TTp6ç aôxdv, àTioKptvou* Spa oStcûc; IXEyEç t6v ^èv eu<|5uÎ] Ttpéc; tl EÎvat, t6v 8è à(|>uî^, èv S ô jiÈv paSlcùç Tl jiavBàvoL, ô Se )(aXETrcùç ; Kal ô jjiev ànb 3pa5(ELac; ^aSi^aEoc; ettI ttoXù EÔpETiK^ç EÏrj oS l^aBsv, ô hk •noXXfic; tia8f)aEco<; TU)((i)v Kal jieXéttic; \ir]B' S l^iaSEV a4>^0LT0 ; Kal t« ^èv xà toO acAJ^iaxoç ÎKavôç | ÛTTr|pETot c Trj Stavola, t« 8è âvavTioÎTo ; *Ap' aXXa àxTa eotIv f\ TaOxa, oTç t6v eÔ(|)uî^ np^ç EKaaTa Kal xàv \ii\ ôpt^ou ; OôSeIç, t\ 8' oç, aXXa (\>T]aEi. OîaSdc TL ouv ÔTcà àvSpcÔTTcov jieXetcÎù^evov, ev s oô nàvTa TaOTa t6 tôv àv8pcùv yâvoç StacjjEpévTcoc; e)(el f\ to tqv yuvaiKcov ; f] ^laKpoXoyco^AEv ttjv te û<|)avTLKf]v XÉyovTEÇ Kal Tf)v TÔv Tionàvcov TE Kal E(|ir)^àTCùV GEpariELav, ev oÎç Br\ tl SoKEL 1 t6 yuvaLKELOv yÉvoç EÎvaL, oC Kal KaTayEXaaTÔTaT^v d âaTL TiàvTcov iqTTcbjjiEvov ; 'AXr|8fj, E(|)r|, XÉyEic;, 8tl ttoXù KpaTEÎTaL âv aTuaaLV &q ETToc; ELTiEÎv TO yÉvoç ToO yÉvouç. TuvaiKEÇ ^lÉvTOL noXXal •noXXoûV &v8pâv ^eXtIouç elç TtoXXà* t6 8è bXov kyjEi aq aO XÉyELÇ. 0Û8ÈV apa EGTLV, O (|)IXe, ETULTr|8Eu^a Tcov tt6Xlv 8lol- KOTÙvToav yuvaiKèç ôl6tl yuvr|, ouS' àv8p6ç 8l<5ti àvrjp, àXX' ô^iotcoç 8LEcrnaptiÉvaL al (p<)azic; ev &^ùaLV, TtdcvTcov Se j àvi'ip, £Ttl nSLoi 8è àaSsvéaTepov yuvf] e àvSpdç. riàvu \z. *H ouv àvSpdcaL Tuocvxa TTpoaTà£,o^Ev, yuvaiKl S' oûSsv ; Kal TTÔc; ; 'AXX' EaxL yocp, ot^at, <5)ç (|)r|ao(iEv, Kal yuvf| LaTpiK/|, f) 8' o\i, Kal (iouaiKT), i^ 8' a^iouaoc; <|)\3aEi. Tl fc./|v ; FutivaaTiKf] 8' apa ou, où8è TToXE^iHKr), f\ Bi ànéXE^ioc; 456a Kal ou <|>LXoyu^vaaTLKr) ; Ot^ai lycoyE. Tl 8é ; <|)iX6ao<|)6ç te Kal ^jiLCT6ao<|)0(; ; Kal 8u^oel8iF)ç, f\ 8" aSu^oç ; "EaTL Kal TaOxa. "EaTLV apa Kal aLVETai. YI Kal yuvaiKEÇ apa al TotaOTai toÎç | toio\3tolç b àvSpàOLV EKXEKTÉai ^UVOLKELV TE Kal ^U^CJJuXAtTEIV , ETTElTTEp Eialv iKaval Kal E,uyyEveîç aÔToîç Tf)v cj)\3aiv. riàvu yE. Ta S' ETTLTr)8EutiaTa ou Ta auTà àTTo8oT£a Taîç aÛTaîç cf)ija£aLV ; e ({ i] : xi Gai. || xpoixd^oavj A^F : -to[j.£v A* || g -^'Jii'/aoxr^-q AF Gai. Eus. : xat y. D || B' apa : oï àp' r] Gai. apa Eus. || oùBs codd. et Eus. : xai Gai. || 456 a 2 xaî où A Gai. Eus. : xai F || 3 ey^ys • ^y^ A' Il 5 a0u{ji.oç ; k'axt A : àOuad; kaxi F Eus. || ii oaa : oaa î] [xàv Gai. oao> Eus. Il t] F : t] Ss Eus. ô 8' Gai. cm. A || b/upotepa : -a; A^ -05 Gai. Il i3 ai cm. Gai. || b 2 Çujx^uXdcTTeiv : ©uX. Gai. || 5 cnzo^oxia ; à;:o8t5o"£a F. 456 b LA RÉPUBLIQUE V 60 Si, les mêmes. Nous voilà donc revenus par un détour à notre point de départ, et nous reconnaissons qu'il n'est pas contre nature d'appliquer les femmes des gardiens à la musique et à la gymnastique. Oui vraiment, c La loi que nous avons établie n'est donc pas irréalisable ni chimérique, puisqu'elle est conforme à la nature ; c'est plutôt l'usage opposé qu'on suit aujourd'hui qui semble contraire à la nature. Il le semble. N'avions-nous pas à examiner si nos prescriptions étaient réalisables et en même temps les plus avantageuses? Si. Or qu'elles soient réalisables, c'est de quoi nous sommes d'accord. Oui. Et maintenant qu'elles soient les plus avantageuses, c'est ce qui nous reste à reconnaître. Évidemment. Pour former une gardienne, l'éducation qu'on donne aux hommes ne servira -t-elle pas aussi pour les femmes, d'au- d tant plus qu'elle s'adresse à la même nature ? Sans aucun doute. Voici une chose que je voudrais savoir de toi. Laquelle ? Ton opinion personnelle sur les hommes ; crois-tu que les uns sont meilleurs ou pires que les autres, ou qu'ils sont tous pareils ? Non, pas pareils. Dans l'État que nous avons fondé, lesquels à ton avis sont les meilleurs, des gardiens formés par l'éducation que nous avons décrite, ou des cordonniers instruits dans l'art de faire des chaussures ? Plaisante question ! s'écria-t-il. J'entends, repris-je ; et comparés aux autres citoyens, les e guerriers ne sont-ils pas les meilleurs ? à juste titre, tant d'importance à l'éducation, et se demander si la prétendue infériorité de la femme ne venait pas de l'ignorance où on la tenait. 6o nOAITEIAS E 4561) Ta aÔTii. "Hko^ev apa sic tA TipéTcpa TrepL<|)Epé^Evoi, Kal 6^0X0- yoO^isv ^i] Tiapà T], EpCOTfiç. MavSàvcû, E(|)T]v. Tt 8é ; tcov aXXcov txoXctôv | oux oCtol e âpiaxoL ; d 6 ::avTaç : -x(ov F j| i3 è'srjv : eçri F. 456 e LA RÉPUBLIQUE V 6i De beaucoup. Et leurs femmes, comparées aux autres femmes, ne seront- elles pas aussi les meilleures ? De beaucoup, elles aussi, répondit-il. Mais y a-t-il rien de plus avantageux pour un État que d'avoir des femmes et des hommes aussi excellents que pos- sible ? Non, rien. Mais cette excellence, n'est-ce pas par la musique et la 457 a gymnastique, pratiquées selon nos prescriptions, qu'ils y parviendront ? Sans nul doute. Alors notre institution n'est pas seulement possible ; elle est encore la plus avantageuse pour l'État. C'est vrai. Ainsi donc les femmes des gardiens devront se mettre nues, puisque la vertu leur tiendra lieu d'habits, et partager avec eux la guerre' et tous les travaux qui se rapportent à la garde de l'État, sans s'occuper d'autre chose ; seulement de ces travaux on leur confiera les plus faciles, plutôt qu'aux hommes, en raison de la faiblesse de leur sexe. Quant à b l'homme qui plaisante à la vue de femmes nues qui s'exer- cent en vue de la perfection, « il cueille le fruit du rire avant qu'il soit mûr^ » et il ignore absolument, semble-t-il, pourquoi il rit et ce qu'il fait ; car on a et on aura toujours grande raison de dire que l'utile est beau, et le nuisible, laid. Assurément. VII Voilà, si je puis dire, la première vague traversée, j'entends la disposition de la loi sur les femmes, que nous venons de discuter. Non seulement nous n'avons pas été c submergés en établissant que tous les emplois doivent être communs entre nos gardiens et nos gardiennes, mais la dis- 1. D'après Hérodote IV, ii6 « les femmes des Sauromates vont à la chasse, à cheval, avec leurs maris ou sans eux, elles vont aussi à la guerre et portent le même costume que leurs maris. » 2. Pindare Fr. 209 (Bergk) à-éXf] (jooiai; ôpl-wv xap;:ov. Pindare raillait ainsi les çua'.oXoyouvra; et leur science. Platon adapte les paroles de Pindare à son dessein de railler les poètes comiques, et substitue tou veXoiou (le rire) à aoç-'aç (la science). 6i nOAITEIAS E . 456 e rioXti Y^* Tt Se ; al yuvaÎKEÇ tôv yuvatKSv où)( auTat eaovTai lîÉXxLaTaL ; Kal toOto, e4)T], TioXt3. "EaTL Se tl ttôXel a^ieivov f\ yuvaÎKdtç te ical &v$pa(; càç àpiGTouç lyYLyveaBai ; OÙK laxLV. ToOto Se ^louaiKr) te Kal yu^ivaattKf) Ttapayiyvé^Evai, «ç i?j^EÎc; Il SLfjXBojjiev, à-nepyàaovTai ; 457 a ïlcùç S' oÔ ; Oô (ji6vov àpa Suvaxov, àXXà Kal apioTov tt6Xei v6^i^ov ETLSEtlEV. OÔTCOÇ. 'AttoSutéov St^ Taîç tcûv cjjuXockcûv yuvai^lv, etteIttep àpExfjv àvTl l^axlcov à^uXaKfic; Tfjç TiEpl Tf]v ti6Xlv, Kal oûk aXXa TupaKTÉov toutcov S' auTÔv Ta EXacJ)p6TEpa Taîç YuvoH.£,lv f] Toîç àvSpàaL Sotéov Stà Tf)v toO yÉvouç | àoQk- b VELav. 'O Se yEXûv àvi^p ânl yu^ivatç yuvaLE,t, toO (^eXtIcttou EVEKa yu^va^o^ÉvaLÇ, ocTEXf) toO yEXo'iou [ao(|)laç;] SpÉTTCov KapTïév, ouSèv oÎSev, â>q eoikev, e(|)' S yEXSt oôS' 8 Tt •npocTTEL* KàXXtCTTa yàp 8f| toOto Kal XÉyETat Kal XEXÉ^ETai, 8tl t6 ^èv (a<|)ÉXL^ov KaX6v, t6 Se (iXaÔEpov cdoy^pàv. navTocnaaL ^èv oSv. VII ToOto jjiev tolvuv ev «cmEp KO(ia (|)cojiev SLa<|)Et3yEiv ToO yuvaiKELOU TUEpl vé^oi) XéyovTEÇ, ûSaxE ^if) TravTdcTtaai KaTaKXuaSfjvat TtBévTac; | &c; SeÎ Kotvfj TidcvTa IrTLTî^SEOEtv c T0\3c; TE tjXaKa<; t^^îv Kal tàç <})uXaKl8aç, àXXà ttt] t6v 457 a 9 àXXa : à'XXo Stob. jj lO oo-io'/ : aTToB. Stob. || b 2 yuvatÇî codd. et Stob. : Tai; y. M Eus, Theod. || 3 yj;jLvaÇo;j.£vai$ F Stob. : yjva- A II aTsÀ^ : yp. âze 8tj in m. A et sic Eus, Theod. |I aoçi'a; secl. Adam j| ôpt-wv: -;:ou.£voç Theod. [| 4 oùth : wv ojv F* ojSè Eus. Il oùô' ô Tt : oùôe xi Stob. || 5 XeXeÇe-cai : XéÇ. F*. 457 C LA RÉPUBLIQUE V 62 cussion a prouvé du même coup que cette disposition est réalisable et avantageuse. A dire vrai, lit-il, c'est à une terrible vague que tu viens d'échapper. Tu conviendras, repartis-je, qu'elle n'était pas énorme, quand tu auras vu celle qui suit. Parle, dit-il ; fais-la voir. A la suite de cette loi et des précédentes vient, je crois, celle-ci.' Laquelle ? Ces femmes de nos guerriers seront d Communauté communes toutes à tous ; aucune n'ha- des femmes bitera en particulier avec aucun d'eux ; et des enfants chez les guerriers. ^^^ enfants aussi seront communs, et le Ses avantages. père ne connaîtra pas son fils, ni le fils son père ' . Il sera, dit-il, beaucoup plus difficile de faire admettre cette loi que l'autre, et d'en prouver la possibilité et l'uti- lité. Pour l'utilité, repris-je, je ne crois pas que l'on conteste l'immense avantage de la communauté des femmes et de la communauté des enfants, s'il est vrai qu'elle soit réalisable ; c'est la possibilité qui, à mon avis, soulèvera le plus de contes- tations. e C'est les deux à la fois, dit-il, que l'on pourra fort bien contester. Tu les coalises ensemble, repartis-je. Moi, j'espérais me dérober à l'une des deux, si tu avais admis l'utilité, et n'avoir plus à discuter que la possibilité ou l'impossibilité. J'ai bien vu, dit-il, que tu cherchais à t'échapper ; mais il faut que tu fasses la preuve de l'une et de l'autre. Je subirai ma peine, répondis-je; mais accorde-moi une 458 a faveur, laisse-moi prendre du relâche, comme ces gens 1, L'excuse de Platon pour cette monstrueuse aberration du communisme des femmes et des enfants, c'est qu'il ne fut ni père, ni époux ; autrement, il n'aurait pas ainsi méconnu ce qui seul donne un but et un prix à la vie. En outre, il était Grec, d'un peuple où le mariage était avant tout une union légalisée pour la procréation d'enfants légitimes. Il faut reconnaître d'ailleurs qu'il ne s'inspire 62 nOAITEIAS E 457 c Xdyov aÔT6v aûxô ôtioXoyeîaGaL wç Suvaxà te Kal <2><|)éXL^a XéyeL ; Kal jidtXa, eT), ou a^«.Kp6v KO^ia 8La<|)ET&yeL(;. f)C7£tç yE, îjv 8' Eyr|, xoOxo ekeIvou ^el^ov TTpôç àntaxtav Kal xoO SuvaxoO TTÉpi Kal xoO La6r|XT]8ECT]. e AéyELÇ, ?)v S' èycû, Xoycùv auaxaaiv lyà) 8' ^^r|v ek yE xoO EXÉpou àTro8pàCTEa9aL, eÏ aoL 86^elev à)c|)ÉXL^ov EÎvai, XoLT[6v 8è 8/) ^lOL ECEaBat riEpl xoO Suvaxou Kal ^i]. 'AXX' OUK IXaOEÇ, r\ 8' 8ç, àTTo8i8p(iaKcov, àXX' à^Kjjoxépcav TtÉpL 8l8ou X6yov. 'YEKX£ov, rjv 8' lyo, 8iKr|v. Toa6v8E ^ievxol ^^àpiaal ^01* laaôv ^lE II Eopxdcaai, ôcmEp ol àpyol xfjv Siàvoiav 458 a C 3 ojjLoXoyeTaGat : ojfxoXoyriaOat A^ 1| 6 ys : 8È F || 8 Xsys : aye Richards || 9 toutw : -twv Eus". || 10 b'Se : (I)8e Stob. || I3 zavxtov : à-. Theod. cm. Stob. || d i (xy|Sea''av txriScVt Theod. || 2 eiôivat exyovov Stob. || 3 yovsa A Theod. : -la; F Stob. |1 5 tou à)Baaiv saiioLaQai {)\jXa^LV. TaOxa TiEipàao^aL aoL TïpoxEpa ouvSiaaKOTiEÎGSaL, \5axEpa 8' EKEÎva^ EÏTiEp Ttapfi^ç. 'AXXà Tïaptïmi, £<|)T|, Kal aK^TTEt. Ot^iai xolvuv, f\v 8 âyo), elttep laovxai ol êcp)(ovxEÇ SE,iol xoiixou I xoO 8v6^iaxoc;, oïxe xotjxoïc; l-niKovipoL Kaxàxauxoc, c TOirç ^lèv E8EXf)aELV TTOLEÎV xà £THXaXx6^EVa, XOÙÇ 8è E7TL- xà^Eiv, xà ^Èv auxoùç ttelBo^iévouç xotç v6^iolç, xà 8è Kal jmiOU^ÉVOUÇ, baOi Sv EKELVOUÇ ETTLXpÉVpCÛ^SV. EIk6ç, ecî>ti. Zù jxèv xolvuv, f\v 8' Eyo, S vo^o8Éxr|<; aôxoîç, ÔOTTEp xoùç av8paç sE^éXE^aç, oôxco Kal xàç yuvaÎKaç EKXÉ£,ac; Ttapa8cùaEtc; Ka8' 8aov ot6v xe ôjio<|)U£Îç* ol 8é, Sxe OLKCaç XE Kal £,uaaCxia Koivà e)(ovxeç, L8Ca 8È oô8£v6ç oô8Èv XOLOOXOV KEKXT]^l£VOU, Ô^oO 8f] ) EQOVXaL, ô^oO 8È àva^jiE- d jiEiy^Évcov Kal ev yu^ivaaloLc; Kal Iv xf] &XXr| xpo<|)rj tn' àvàyKriç, ot^iai, xf^ç Eti<|)Oxou a5,ovxat Tipèç xi^v àXXl^Xcov (letE^iv* f{ oÔK ÂvayKatà aoi Sokû Xéysiv ; 458 b 3 8uvai:à : -xat F || 5 Çu^icpoptoTaT* : Çujjiçep. F || 6 xf] : t^ ts F 11 8 r.oLpiriç F : -tjç A jl C 3 aÙToùç : -tÔç F || TOÎç vdtxot; : Toù; vo{xoy; F H xat : TÎ F H 6 ô cm. Theod. || 7 sÇIXs^aç cm. Eus. Theod. H 8 7:apa5oiast; : -aet Eus. Theod. || cxtê : cctê 8t) Theod. || 10 xsxtt)- jjiévou : -vou; Eus". 458 d LA. RÉPUBLIQUE V 64 Ce n'est assurément pas, dit-il, une nécessité géométrique, mais une nécessité fondée sur l'amour, et dont l'aiguillon est peut-être plus piquant pour pousser et contraindre la foule. VIII C'est vrai, dis- je; mais ensuite. Prescriptions Glaucon, s'en remettre au hasard pour relatives , , '■ ® aux unions ^^^ accouplements, ou pour toute autre action, c'est une chose que ni la religion ni les magistrats ne permettront dans une société de gens heureux. Ce ne serait pas juste en effet, dit-il. Il est dès lors évident que nous ferons des mariages aussi saints' que possible, et nous regarderons comme saints ceux qui seront les plus avantageux à l'État. C'est tout à fait mon avis. 459 a Et comment seront-ils les plus avantageux? C'est à toi de me le dire, Glaucon ; car je vois dans ta maison des chiens de chasse et des oiseaux de belle race en grand nombre. Dis- moi, au nom de Zeus, as-tu pris garde à ce qu'on fait pour les accoupler et en avoir des petits ? Que fait-on ? demanda-t-il. Tout d'abord, parmi ces bêtes mêmes, quoique toutes de bonne race, n'y en a-t-il pas qui sont et qui se montrent meilleures que les autres ? Il y en a. Fais-tu faire des petits à toutes indistinctement, ou t'appli- ques-tu à en avoir surtout des meilleures ? Des meilleures. b Est-ce les plus jeunes, ou les plus vieilles, ou celles qui sont dans la force de l'âge que tu préfères pour cela ? Celles qui sont dans la force de l'âge. Et si l'on ne donnait pas ces soins à la génération, tu penses bien que la race de tes oiseaux et de tes chiens dégé- nérerait considérablement ? Oui, dit-il. Et pour les chevaux, ajoutai-je, et les autres animaux, crois-tu qu'il en soit autrement .^ I. On appelait Oeoyaixta ou ïepôç yd[i-oç le mariage de Zeus et d'Héra, qui était célébré par une fête spéciale. C'était le type idéal H nOAITEIAï E 458 d Oô YECû[iETpLKaLÇ yc, ?\ S' 8c, àXX* èpcûTiKaîç àvAy^aïc;, aï KLvSuvEÙouaLV ekeIvov Spt^T&TEpai eîvai ixphq t6 tteCSelv te Kal eXkelv t6v ttoXùv Xeoùv. VIII Kal ^idcXa, eÎtiov. 'AXXà ^Exà 8f) xaOTa, S FXaiS- KCùv, aTàKTCûç \iè.v ^lEtyvuaSaL àXXi^Xoiç fj | aXXo ôtloOv e TtoLEÎv oÛTE baiov Ev EÔSaL^iàvcùv ttoXel oi3t' èdcaouaiv ol OCpXOVTEÇ. Oô yàp StKatov, E 459 a rXaÙKcov ôpcù yàp aou Iv xrj olkIoc Kal Ktivaç SrjpEUTiKoùç Kal TCùv yEVvalcùv ôpvCGcùv \x6ik Tipàc; Aiéç, TrpoaÉaxT]K(iç tl tolç to\!)tcûv ydc^oLç te Kal naLSo- TToita ; T5 TtoLov ; Ecjjrj. ripÔTov ^Èv aôxSv toi3tcûv, KalrrEp Svtcûv yEvvatcùv, Sp' oÔK Eiat TLVEÇ Kal ytyvovxai êcpiaxoL ; Elatv. riÔTEpov oîîv E^ àTTàvTov ô^oloç yEvvSç, f\ TTpoSu^iEÎ 8ti ^làXtaxa ek tqv àptaTcov ; 'Ek tûùv àptaTCOv. I Tl S' ; EK TCÙV vecotAtcùv f^ EK TCÙV yEpaiTdcTcov fj £^ b aK^a^évTcov otl ^àXiOTa ; "E^ àK^ia^6vT(av. Kal âv \ii] oStq yEvvSTat, ttoX\3 aot iqyEÎ )^EÎpov EGEaSat t6 te tôv ôpvfScûv Kal t6 toûv kuvwv yévoc; ; "Eycoy', l<|>r|. Tl ôÈ ÏTTTTCov oÏEu, f)v 8' lyci), Kal TÔv &XXqv ^cJ>cov ; f^ aXXr| TXT] Exeiv ; d 6 T£ om. Theod. || g [xfetyvuaOai : y^SJ-youaGat A |I 459 a 4 Tt om. F jl TîatSojrotia : -t'atç W|| 12 ex twv àpia-ctov om. Fj|b7^M:75A^F. 459b LA RÉPUBLIQUE V 65 Ce serait absurde, dit-iU Grands dieux ! cher Glaucon, m'écriai- je ; quels hommes supérieurs nous faudra-t-il pour magistrats, s'il en est de même à l'égard de l'espèce humaine ! c [1 en est sûrement de même, répliqua-t-il ; mais pourquoi dis-tu cela ? C'est qu'ils seront, répondis-je, dans la nécessité d'employer un grand nombre de remèdes. Un médecin, môme au-dessous du médiocre, paraît suffire à soigner des gens qui n'ont pas besoin de remèdes, mais qui veulent bien suivre un régime ; si au contraire l'application des remèdes est nécessaire, nous savons qu'elle réclame un médecin plus aguerri. C'est vrai ; mais où veux-tu en venir ? A ceci, repartis-je : il me semble que les magistrats seront d obligés de recourir souvent au mensonge et à la fraude dans l'intérêt de leurs subordonnés, et nous avons dit quelque part que tous les mensonges de cette espèce étaient utiles, à titre de remèdes. Nous avions une bonne raison de le dire, fit-il. Eh bien, cette « bonne raison » semble jouer dans les mariages et dans la procréation des enfants un rôle qui n'est pas de petite importance. Comment cela ? Il faut, repris-je, d'après les principes que nous avons admis, que les sujets d'élite de l'un et de l'autre sexe s'accou- plent le plus souvent possible, et les sujets inférieurs le plus e rarement possible ; il faut de plus élever les enfants des pre- miers, non ceux des seconds, si l'on veut maintenir au trou- peau toute son excellence. D'un autre côté les magistrats doivent être seuls dans le secret de ces mesures, pour éviter le plus possible les discordes dans le troupeau des gardiens * . C'est très juste, dit-il. En conséquence nous instituerons des fêtes où nous uni- rons les jeunes hommes et les jeunes femmes ; nous y ferons des sacrifices et nous chargerons nos poètes de composer des 460 a hymnes appropriés à la célébration de ces mariages. Quant au du mariage : aussi Platon veut-il que ses mariages soient saints comme celui de Zeus et d'Héra. I . Platon pense-t-il que les mesures frauduleuses des gouvernants resteront toujours secrètes, et que, si elles sont connues, elles ne €5 nOAITEIAS E 459 b "Atottov (1£vt&v, f\ S' 8c;, eït], Ba6aî, fjv S' lycù, o <|>CXe cTaipE, ôç apa a<|>6Spa fw/^lv Sel aKpcùv eîvaL tôv àp)^6vTCùv, EÏTiEp Kal TTEpl t6 tSv àv8pc!bTicûv yévoç ^aai^Tcoç e)(^ei. I 'AXXà ^lèv Bi] EXEt, ^r\• étXXà t1 Sf) ; c "Otl àvdcyKT] auxoîç, fjv 8' Eyo, c|)ap^ap^(iKCùv, àXXà Siatxr) £8eX6vtcdv lunafcouEiv, Kal (|)auX6T£pov è^apKEÎv fiyoujiE8a EÎvai- bxav Se hi] Kal cpapjiaKEÙEiv Sér), ïa^iEV ÔTi àvSpELOTÉpou Sel ToO laTpoO. 'AXt^Bî]- àXXà Tipèç TL XÉyELÇ ; ripbç t68e, f^v 8' lycù' c7U)(vô xô i|je\j8el Kal Tfj ànàTT] KLv8uvEUEL f\\i.iv SÉrjOELV XP^^^*^*- To^ùç otpxovTaç j ett' d àcjjEXta Tcov àpxo^Évcov. "Ei^ajiEV 8É Ttou èv <}>apjir]. KXf]poi Si'i XLVEc;, oT^ai, TTOLrjxÉot Ko^ii|;oi, ôoxe xiv <|)aCXov EKELVov alxifiaSaL ècj)' EKàaxr|ç auvÉp^Eoç "^^XT^^ àXXà ^1^ xoùç OLpyovzoLq. Kal ^dXa, £c|>r|. IX Kal xoîç I àyaSoîç yé ttou xôv veov ev ttoXé^ig) f) b aXXoSi TTOU yÉpa SoxÉov Kal aSXa aXXa xe Kal à<|>8ovEaxÉpa 1^ E^ouala xfjç xôv yuvaiKCùV ^uyKOL^fjaEcoç, Xva. Kal a^a jiExà TTpo(|)dcaEcoç «ç tiXeÎctxoi xcûv nalScùv ek Xûàv xoloùxcùv OTTEipcovxai. 'OpSôç. OÔKoOv Kal xà ttEl ytyvojiEva EKyova TiapaXa(ji6dvouaat ai ettI xo\3xcov E(f»EaxT]KUÎai ap^al elxe àvSpcùv elxe yuvaiKÛv ELXE à^ic|)6xEpa' KOLval \ikv ydtp ttou Kal ap)(al yuvat^t xe Kal àvSpdatv. Nat. j Ta ^Èv 5f) xôv àyaScûv, Sokô, XaBoOaat elç x6v ar|K6v C oïaouatv TTapà xuvaç xpoc|)oùç X"P^^ olKouaaç ev xlvl t^ÉpEi xî^ç tt6Xeqc;' xà Se xôv yfEipàvav, Kal âàv xi xôv êxÉpcdv àvàTtrjpov ytyvr)xai, ev àTToppi^xco xe Kal àS/)X9 Kaxa- Kpiiipouaiv âiq irpÉTTEi. EÏTTEp ^éXXei, I<Î>T], Ka6ap6v x6 yévoç xGv (j)uX(iKCûv laEaSai. OÔKoOv Kal xpo<|)f^c; oSxoi ETTL^EXfjaovxai xAç xe jir^xÉpac; 460 b 9 [jlIv cm. F il c 2 ipo^o-j^ : -^à; F || 4 àvarr,pov : -;:eipov F Il 6 txsAXei W : -ot codd. 460 c LA RÉPUBLIQUE V 67 d leur adresse à ce qu'aucune ne reconnaisse son enfant ^ ; si les mères ne peuvent allaiter, ils amèneront d'autres femmes ayant du lait ; et même pour celles qui le peuvent, ils auront soin que l'allaitement ne dure que le temps voulu ; ils les déchargeront d'ailleurs des veilles et des autres soins sur des nourrices et des gouvernantes. Tu rends, dit-il, la maternité facile aux femmes des gar- diens. C'est ce qu'il convient de faire, dis-je ; mais poursuivons l'examen de notre sujet. Nous avons dit que les enfants devaient être faits par des gens dans la force de Tâge^. C'est vrai. e Ne crois-tu pas avec moi que la durée ordinaire de cette force est de vingt années pour la femme, et de trente pour l'homme ? Quelles sont ces années? demanda-t-il. La femme, répondis-je, donnera des enfants à l'État à partir de sa vingtième année jusqu'à la quarantième, et l'homme, après avoir passé « le temps de sa plus fougueuse ardeur à la course», procréera pour la cité jusqu'à cinquante- cinq ans^. 461 a C'est en effet pour les deux sexes, dit-il, le temps où le corps et l'esprit sont dans toute leur force. Si donc un homme au-dessus ou au-dessous de cet âge se mêle de procréer pour l'État, nous déclarerons qu'il a péché contre la religion et la justice, en faisant à l'État un enfant dont la conception subreptice n'aura pas été accompa- gnée des sacrifices et des prières que les prêtres et les prê- tresses et tout le corps de l'État feront à chaque mariage, pour qu'il naisse des hommes d'élite des enfants meilleurs encore, et des hommes utiles au pays des enfants plus utiles encore, 1. Aristote (Poi. b 3, 1262^ i4 sqq.) objecte qu'aucune précau- tion n'empêchera les parents de reconnaître à l'occasion leurs enfants ; car il y a parfois des ressemblances parlantes entre les parents et les enfants. 2. C'était le principe observé à Sparte. Cf. Xén, Rép. des Lacéd. I, 6 et Plut. Lyc. XV, 4. 3. Faire des enfants pour l'État, tel était le but du mariage à Sparte. Cf. Plut. Pyrrh. XXVIII, 5 xwv 8a ;:p£(à\oL è\o^aa.ç èKTiopt^ovxEÇ, làv \ii\ aÔTal ÎKaval Sat, Kal aÔTÔv Totixcov E'nniEXi')aovTaL''6TTCû<; ^téxpiov y^pévov 8r|XàaovTaL, àypuTTvtaç 8è Kal t6v ôiXXov tt6vov TtTSatç te Kal Tpo(|>otç TtapaScbaouaiv, noXXf]v ^a(7TcbvT]v, ec|>r|, XéyEiq Tfjç TraiSoTroilac; xaîc; TÔv (|>uX, àpE,a^ÉvT] ànè ElKoaLÉTL8o<; ^É)(pL TETTapaK0VTa£Tl80Ç tIkTELV Trj Ti6XeL' àv8pl 8' ETTEl- Bàv^ Tf)v ô^uTdTr|v 8p6tiou aK^ii^v rrapfj, t8 ànb to\3tou yEVvSv lf\ TtéXEl t^É^pt TTEVTEKaiTTEVTT^KOVTaÉTOUÇ. 'A^icjjoTÉpcùv 11 yoOv, M.(pT], aÔTT] écK^if) atS^iaTÔç te Kal 461a i^CTo^EV t6 &^(ipTrma, «c; 7TaL8a c|)itOovtoç Trj ttôXei, 8ç, âv XàBr], yEvrjaETau ou)( ûttô Buqloùv 008' ûtt6 eÔ)(cov <\>^ç, Siq EcJ)' EKàaTOLÇ touç yà^ioLc; EvlE,ovTaL Kal lÉpEiai Kal lEpEiç Kal H,O^Tiaaa f) tt6Xiç e£, àyaBôv a^Elvouç Kal e£, oxjjeXIjxcûv d 2 âx7:optÇovT£ç : axopTztÇovxe; 1" || 3 oîrtoç... ôrjXaaovTat om. F || 4 0Y)XaaovTa'. W : -jtovTat A || xe : ye F || 8 TipouÔ^ixeGa F Stob. : :rpo6u5JLOU(xs6a A rpo{jLyi6ou[x£6a DW || g èÇ : t] IÇ F* ei èÇ F^ || e 4 e^^'-o- ati-ctSo; AF Theod. : et'xoaaeT^Soç D Eus. || 5 TÊXTapaxovTalTtSoç : -ToÉTtSoç F II 461 a 5 çixuovxoç : çpuvovxoç F II 6 yevrjaexat D^ : yev- vrjaexai AFD^ || cpùç aç W : çpôaaç aç (aç in ras.) A çuaa; F || 7 èo* om. A sed in m. yp. kz>' k. 461 b LA RÉPUBLIQUE V 68 b mais qui sera au contraire une œuvre de ténèbres et de ter- rible libertinage. Bien, dit- il. La loi est la même, repris-je, pour l'bomme encore en âge d'engendrer qui s'attaque à une femme également en âge, sans que le magistrat les ait unis : un enfant donné à l'État dans de telles conditions, sans fiançailles ni cérémonie religieuse, ne sera pour nous qu'un bâtard. C'est très juste, dit-il. Mais quand les femmes et les bommes auront passé l'âge de donner des enfants à l'État, nous laisserons, je pense, aux hommes la liberté de s'accoupler à qui ils voudront, hor- c mis leurs filles, leurs mères, les filles de leurs filles et les ascendantes de leurs mères ; nous donnerons la même liberté aux femmes, en exceptant leurs fils, leurs pères et leurs parents dans la ligne descendante et ascendante*. Mais en leur laissant ces libertés, nous leur recommanderons avant tout de prendre toutes leurs précautions pour ne pas mettre au jour un seul enfant, fût-il conçu ; ensuite, si leurs précau- tions sont déjouées, de se mettre dans l'esprit que l'État ne nourrira pas un tel enfant. Voilà aussi, dit-il, de sages mesures ; mais par quel moyen d distingueront-ils leurs pères, leurs filles et les autres parents dont tu viens de parler ? Ils ne les distingueront en aucune manière, répondis-je ; mais du jour où un guerrier se sera uni à une femme, il trai- tera les enfants qui naîtront au dixième ou au septième mois après, les mâles, de fils, les femelles, de filles ; ces enfants l'appelleront du nom de père ; et leurs enfants seront ses petits-fils et l'appelleront lui et sa femme du nom de grand-père et de grand' mère, et du nom de sœurs et de frères les enfants nés dans le temps où leurs pères et mères enfantaient ; en conséquence ils s'abstiendront entre e eux, comme je le disais tout à l'heure, de tout commerce I. Les cas énumérés sont tous en ligne directe. Quant aux unions entre frères et sœurs, Platon dira plus bas (46 1 E) qu'elles seront permises, si le tirage au sort le décide ainsi et si la Pythie le confirme. La loi grecque autorisait le mariage entre frère et demi- sœur, pourvu qu'ils ne fussent pas de la même mère, bao\i.r[-z pioi. «8 nOAITEIAS E 461b o<|)EXLHCûTépouc; &eI toilx; eky<5vouc; ^i>(VEaQoLij \ àXX* ÛTtà b ck6tou jisTà SeLvf]c; àKpaTElaç y^Y^vclûç. 'Op8cûç, itpT]. 'O auToç 8é y', eTtiov, vé^ioc;, eAv tic; t«v etl yEvvcbvTCùv \ii] ouvÉp^avToç &p)(0VT0(; &TTTr|Tai tôv ev iqXiÉpEiv K\JT]na nr|SÉv, làv yâvrixai, èàv 8é tl liiàar^Tai, oOtcù TtBÉvai, oç ouk oùaTiç Tpoc^fjc; t^ tolo\3tcû. Kal TaOTa ^lÉv y', £<}>r), ^lExplcoç XéyETat* TTaTÉpaç Se Kal 8uyaTÉpac; Kal S vOv Si?) IXEyEÇ | ttcoc; SiayvoaovTat d àXXfjXcov ; OôSa^icoç, îjv 8' lycû- àXX' à(|>' îjç élv fj^Épaç tlç aûxcov vu^i<|>ioc; yÉVT^Tat, \iet ekeIvt^v Sek^ctç) ^it]vI Kal EBSo^icp 8f) fi âv yÉvTjTau EKyova, TaOxa Txàvxa TïpoaEpEÎ xà ^èv appEva 'vslq, là 8è 8/)XEa 8uyaxÉpaç, Kal EKEÎva ekelvov naxÉpa, Kal oSxo 8f| xà toùtcov iKyova iralSuv nalSaç, Kal EKEÎva aS ekeIvouc; TTàrrrrouc; xe Kal XT]8dic;, xà 8* ev ékeIvcû x^ ^p6vcù yEyovéxa, ev Ç al jir|xÉpEc; Kal ol TraxÉpEç auxQv éyÉvvcov, à8£X(|)àc; xe Kal à8EX<}>oi!Jç, oaxE, 8 | vOv 8f) eXé- e b 6 ep7^ao{x€v: Ôïjaofxsv F || g St; om. Theod. || Teom. Theod. || xat ol : oï 11 Theod. || lo a^T^io^iiv Eus. Theod. : çr^aotAlv codd. || ii auyyi'YvsaOat : èyyiy. F |] oj : w et ^ Eus. w; Theod. || C 2 yavaizaç : 'àç y. F II au om. F || xotç Tou-tov F Eus. Theod. : tai? t. A || A (J^tjÔ' £i; : jjLr)8eîç F (AT) etç Eus. Theod. || 5 {xriSlv A^F Eus. Theod. : {jLrjSI y' ëv (sed £ y' punctis notata) A || xt : ziç Eus. Theod. || 6 TiÔéva- : Ixt. Eus. Il d 6 ÔT^Xsa : -Xeta F || 7 St) om. F || èxeîva W : -vou codd. 461 e LA RÉPUBLIQUE V 69 sexueL Cependant la loi permettra l'union des frères et sœurs, si le tirage au sort le décide ainsi et si la Pythie le confirme * . C'est fort bien, dit-il. X Voilà, Glaucon, ce que sera ou à La communauté peu près la communauté des femmes des femmes ^^ ^^^ enfants entre «les cardiens de et des enfants ,,^. ^ r\ » n ' j 1 * réalise raccord ^ ^tat. Quelle s accorde avec le reste dans l'État. de la constitution et qu'elle en soit la partie la plus excellente, c'est ce qu'il faut à présent établir solidement par la discussion. N'est-ce pas ce que nous avons à faire ? 462 a. Si, par Zeus, dit-il. Ne faut-il pas, pour nous mettre d'accord, nous demander avant tout quel est dans l'organisation de l'État le plus grand bien qu'on puisse citer, bien que le législateur doit avoir en vue en établissant ses lois, et quel est le plus grand mal, ensuite examiner si ce que j'ai proposé nous met sur la voie de ce bien ou nous éloigne de ce mal ? Rien n'est plus nécessaire. Or peut-on citer pour l'État un plus grand mal que celui b qui le divise et d'un seul en fait plusieurs, et un plus grand bien que celui qui l'unit et le rend un ? On ne le peut. Or ce qui unit, n'est-ce pas la communauté de la joie et de la douleur, lorsque, dans la mesure du possible, tous les citoyens se réjouissent ou s'affligent également des mêmes succès et des mêmes disgrâces ? Assurément si, dit-il. Au contraire, ce qui divise, n'est-ce pas i'égoïsme de la I. Avec qui le guerrier se mariera-t-il, si tous les enfants qui naissent dans la classe des guerriers pendant une génération sont ses frères et sœurs ? Il ne pourra épouser que ses nièces. Un fils, par exemple, qui est né d'une mère de 20 ans et d'un père de 26 ne pourra pas se marier avant ^9 ans, puisqu'il aura 29 ans avant que sa fiancée puisse naître et qu'elle ne peut se marier avant 20 ans, tandis qu'un fils dont le père a 54 ans et la mère 89 à sa naissance, peut épouser une fille d'un an plus jeune que lui, parce que son père et sa mère se retirent respectivement à 55 et à 4o ans. Platon entendait-il marier jeunes les enfants des vieux couples, et vieux, ceux des jeunes 69 nOAITEIAS E 461 e yo^iEv, àXXi^Xcûv ^f] aTtTEaBaL. 'A8eXcj>oùç 8è Kal àScXcJjàç Scoaei ô v6^oc; ouvoikelv, eàv ô KXfjpoç xatiTr) ^ujinlTiTTi Kal 1^ riuSta Tipoaavaipfj. 'OpSéxaTa, f) S' 8c;. X 'H ^lèv Sf) KOLvcûvta, O rXat^KCùv, afiTT) te Kal Toiai&TT] yuvaLKwv te Kal TiaiScûv toÎc; q te Kal tôv âv xf] ti6Xel ; C Tl 5' o« ; ^Ap' oSv E< toOSe t6 tol6v8e yW^e'^"'-» Sxav ^ii?) ét^ia <|>9ÉYY(ûVTat £v xfj Tt6XEL icc tolASe ^fj^aTtt, t6 te EJIÔV Kal t6 oôk E^iôv ; Kal TTEpl ToO àXXoTptou KttTÀ TaôxA ; Ko^itSf] ^lÈv oSv. - 'Ev T^TIVL Sf) TldXEL TtXeÎCTTOL ETtI t6 aUTÔ KttTà TaÔTà toOto XÉyouat t6 âjièv Kal t6 oôk è^iiv, aÔTT^ apuaTa ^LOLKEÎTai ; rioXii yE. Kal fJTiç Si?) EyyÛTaTa Iv6ç àv6pTUou ô aÔT6ç X6yoç, TTEpt te XiiTirjç tiovoCvtoc; ^lépouç Kal TiEpl f^Sovfjc; ^aC^ovToç ; *0 aÔT6c; yàp, E(|>ri* Kal toOto S IpcoTSq, toO toloi&tou iyyt^TaTa f\ apioTa ttoXlteuojievt] tt6Xiç olkeÎ. *Ev6c; 8/|, oî^ai, •n&ayipvzoc; tôv ttoXutôv ÔtioOv f) àyaBèv f) KaKÔv, T^ TOLa^Tr) tï6Xlç ^idcXtaTà 1 te (J)f)aEL EauTf]c; EÎvat e t6 TTàCT)(ov, Kal f\ cTuvrjaSi'iaETai Snaaa f\ H,uXXuTTf|aETau. 'AvdyKT], EC|)T], TfjV yE EÔVO^OV. XI "Opa av EÏr), î)v 8' syco, ETiavLÉvaL f\[nv ânl ir\v T^jiETÉpav Ti6Xiv, Kal Ta toO X6you ôjioXoyfuiaTa aKOTtEÎv g YÎYVcovxai : -ovxat F ]| c i ttjç : xoTç F || 4 "^s om. Plut. || 5 xa-JTà : Tauxa F Stob. || 7 Ir.l codd. et lambl. : aot Stob. || x6 aùxo codd. et lambl. : xoi aùxw Wyttenbach xou aùxou Kuster || xaùxà : xauxa Stob. Il II èyyuxaxa : -xco lambl. || 12 xou : rou F || rj xaxà : xai F || i3 xexatjL£V7] codd. et Stob. : xexayiJLévT] Ven. B || d i xat om. F jj 4 aùxô? : aùxo; xe F || e 3 ye e'jvojxov : y' Ivvoij.ov F. 462 e LA REPUBLIQUE V 71 particulièrement à lui ou s'appliquent mieux à quelque autre. Examinons donc, dit-il. 463 a Eh bien, n'y a-t-il pas dans les autres États, comme dans le nôtre, des gouvernants et des sujets ? Si. Ne se donnent-ils pas tous entre eux le nom de citoyens ? Sans doute. Mais, outre ce nom de citoyens, comment le peuple dans les autres États appelle- t-il ses gouvernants ? Dans la plupart il les appelle maîtres, mais dans les démocraties, il leur donne ce nom même de gouvernants. Et dans le nôtre, outre le nom de citoyens, comment le peuple appelle-t-il ses gouvernants*? b Sauveurs et défenseurs, répondit-il. Et ceux-ci, comment appellent-ils le peuple ? Dispensateur de leur salaire et de leur nourriture, dit-il. Et les gouvernants des autres États, comment traitent-ils les peuples ? D'esclaves, dit-il. Et les gouvernants, comment se traitent-ils entre eux? De collègues de souveraineté. Et chez nous ? De gardiens du même troupeau. Pourrais-tu me dire si dans les autres États un gouvernant peut traiter tel de ses collègues en ami, tel autre en étran- ger ? Gela lui arrive souvent. Alors il pense et dit que les intérêts de son ami sont les c siens, mais que ceux des autres ne le touchent pas. Oui. sa partie congénère. Aussi le corps ressent-il peine et plaisir pour la partie la plus petite. C'est que la partie la plus petite a toutes les parties, et ces parties, portant respectivement à leurs congénères, donnent l'annonce de tout. » I. Platon pense ici aux archontes athéniens. L'objet de ce cha- pitre, qui semble se rattacher assez lâchement à ce qui précède, est de prouver que la sympathie (pu[i.TzdQe:oi, communauté de senti- ments) entre les différents ordres est beaucoup plus grande dans la cité platonicienne que dans toute autre, par l'interdépendance où ils sont entre eux. 71 nOAITEIAS E 462 e èv auxf], EL auxf) ^idcXuaT' Ixei £ÏT£ Kal aXXr| Ttç ^xSXXov. OuKoOv )(pi'), Ec|)r). Tl oSv ; loTL jjiÉv II Ttou Kal EV Taîç aXXatç ttôXeoiv 463 a CLpy^ovzkq te Kal Sî^^ioç, laxt Se Kal Iv aôxfj ; "Eaxi. rioXtTaç ^èv Sf] TcàvTEÇ oCtol àXXf]Xoi)ç TrpoaEpoOat ; nôçS'oO; 'AXXà TTpèc; TÔ TioXtTac; xl ô ev xaîc; SXXaic; Sf^^ioç xoùç ap)(ovxaç npoCTayopEUEL ; 'Ev ^lèv xaîç TToXXaîç 8Ea7T6xaç, ev Se xaîç ST^^ioKpaxou- ^Évaiç aôx6 xoôvojia xoOxo, ap^ovxac;. Tl 8' o EV xfj i^jiEXÉpoc 8fj|Jioç ; TTp6q x^ TroXlxaç xl xoùç ^p^ovxàc; (|)r]aLV EÎvai ; Zcùxfjpàç I XE Kal E7TLKOt3pOUÇ, ^T]. Tt 8' ol ap)(ovxEç àXXfjXouç ; Huvàp)(ovxac;, Ecj)r|. Tt 8' ol i^^iÉxEpoi ; Hu^(|3\3XaKaç. ''E)(ELÇ oSv eItueîv xqv &p)(6vxcûv xcov ev xaîç êcXXaiç ttôXeolv, eï xlç xiva ^x^i TrpoaEtTïEÎv xwv ^uvap)(évxG>v x6v ^lèv &ç oIkeîov, x6v 8' qç àXX6xpLov ; Kal TToXXotjç ys. OuKoOv X6v ^lÈV OLKEÎOV OÇ EaUXoO VO^lt^EL XE Kal XÉyEL, j x6v 8' oXXôxpiov ô>q ou)( âauxoO ; C Ouxcû. 6 aux}] : auxT) Stob. || 463 a 2 aùif] : xauTT] F Stob. || 6 xt : xi xat Stobaei A || 9 xojvo|j.a xouxo : t. xo'jvo[xa Stob. xouxo F || àp/^ovta; : xojç ap. F II b 8 et 9 XI 6 ' oî f,aéxepot ; ÇufxçuXaxa; om. Stob. || 10 xwv £V F : èv A. Èv D Stob. || 12 xôv 8' : xàiv 0' F || i4 w; olxstov lauxo-j F. 463 c LA RÉPUBLIQUE V 7a Mais parmi tes gardiens, en est-il un qui pourrait regar- der ou traiter un de ses collègues comme un étranger ? Aucun, dit-il, puisque en tous ceux qu'il rencontre il croira voir un frère ou une sœur, un père ou une mère, un fils ou une fille, ou des descendants ou des aïeux de tous ces parents. C'est très bien dit, repris-je ; mais réponds encore : borne- s ras-tu tes prescriptions à l'emploi de ces noms de parents, ou veux- tu encore que la conduite tout entière de nos d citoyens réponde à ces noms, et qu'ils témoignent à leurs pères tout ce que la loi paternelle commande de respect, de soin, de soumission envers ceux qui nous ont mis au monde ; sans quoi ils ne devront attendre rien de bon ni des dieux, ni des hommes, puisqu'en se conduisant autrement que nous le demandons, ils joindraient l'impiété à l'injustice? Ne sont-ce pas là pour toi les maximes que tous les citoyens feront sonner d'abord aux oreilles des enfants, à l'égard de ceux qu'on leur désignera comme leurs pères et de tous leurs autres parents ? e Ce sont ces maximes, dit-il ; car il serait ridicule qu'ils eus- sent toujours à la bouche ces noms de parents, sans y confor- mer leur conduite*. C'est donc dans notre État plus que dans tout autre que tous les citoyens diront ensemble, quand il arrivera du bien ou du mal à quelqu'un, cette parole que nous disions tout à l'heure : mes affaires vont bien ou mes affaires vont mal. C'est très vrai, dit-il. 464 a N'avons-nous pas ajouté que cette manière de penser et de parler avait pour conséquence la communauté des plaisirs et des peines ? Et nous avons eu raison de le dire. Ainsi chez nous, plus que partout ailleurs, les citoyens participeront au même intérêt qu'ils appelleront leur inté- I . Comment Platon peut-il prétendre que les enfants honorent et aiment comme des pères et mères tant de gens à la fois ? Dès qu'ils auront l'âge de discrétion, ils sauront bien que, parmi tant de gens, il n'y en a que deux qui sont leur père et leur mère. Dès lors, quel respect pourrontr-ils avoir pour le mensonge légal qui leur affirme que tous ces étrangers sont leurs pères et mères ? Le respect et l'affec- tion ne peuvent se fonder sur le mensonge, et la prétention d'imposer aux enfants l'obligation de conformer leurs actes aux noms dont on leur 72 nOAITEIAS E 463 c Tt 8è ol Ttapà aol (|)ùXaKE<; ; Ia6' baiic; aÛTcov ex°'- ^^ TQV ^u^c|)uXfj^iaL e£, àrtàvxov xcov tioXlxcùv ûjivir|aouCTLV euSùç TiEpl xà xoûv nalScov Sxa Kttl TiEpl naxÉpcùv, oQç âv aôxoïc; xlç àTTo<|)f|vr|, Kal TiEpl xoûv êcXXcùv ^uyyEVQv ; I ACxai, M.a^iEV E,uvaKoXou8EÎv xàç xe i^Sovàç Kal xàç Xiirrac; Koivfj ; Kal ôp8cûç yE £c{)a^EV. OuKoOv ^làXiaxa xoO auxoO KOLvcovi^aouaLV fj^iiv ot ttoXî- xai, o 8f) à\ibv ovo^iocaouaiv ; xotjxou 8è koivcûvoOvxeç C 5 Ttç om. F Stob. || 6 ojç [irixpl A Stob. : \i.r\xp\ F || uei: wç u'.et Stob. Il 7 Ixyovo:; : Èyv. Stob. || d 2 vo'jjloç : ô v. F jj TZtpl Tiatépaç : ;:. -ç ex^*- Kal èpQS>q y', lc|>r|, <»^oXoyf|aa^Ev. ToO ^EytaTou Spa àyaSoO ir\ TtéXEL alTla f\\/ilv TTÉ<|)avTaL T^ KotvcùvtaTotç ETiiKoOpoLÇTCùv TE TiatScùv Kal Tcov yuvaiKûùv. Kal [làX', E<|>Ti. Kal jièv hi] Kal toîç npéaSEV yE SjioXoyoOjiEV E((>a(jiEV yàp nou oute oiKtaç toi3tolc; IStaç Seîv EÎvai oÔte yî^v oÔte TL KTf]^a, àXXà Tiapà tcùv | êcXXcov TpoT]V Xa^BàvovTaç C ^La66v Tfjç (|)uXaKf|c;, Koivfj ndcvTac; àvaXtaKEiv, eI ^ieXXoiev ovTQÇ <|)\3XaKEÇ EÎvai. 'OpBcOÇ, EC|)T]. *Ap' oCv oô^, ÎÎTTEp XÉycù, TOv XEy6^Eva etl ^ifiXXov àTTEpyA^.ETai aÙToiùç àXr|9Lvoùç T]. Tl 8é ; StKai te Kal ly'^^^l^û''^" ""P^*^ àXXr)Xouç oôk ol)(/)a£TaL IH, auTCùv caç Inoc; eIttelv Sià t6 (jir|8Èv ïSlov EKTÎ]a9aL 7TXf]v t6 aco^^a, Ta 5' êtXXa KOivdi ; SSev Sf) ÛTidtpxEt ToijTotc; àaTaaiàaTOLÇ EÎvat, 8aa ) yE Sià ^(prj^àTov f] e TiatScùv Kal EjUyyEvcùv KTrjatv avSpcoTioi aTaoïA^ouaiv ; rioXXi^ àvdiyKri, £(|>r|, ànrjXXdcxBaL, Kal \ii\v oôSè (iiatcov yE oôS' aïKlaç SiKai SiKatoç &v EÎEV Iv aÔTOLÇ* fjXL£,L ^Èv yàp fjXtKac; àt^\iv£a8aL koX&v Kal 8lKai6v itou cjji'iaojjiEv, àvàyKrjv ao^idcTcov ènniEXEla tlSsvtec;. 'Op8«c;, z(pr]. Kal yàp t6Se ôp86v |1 ^X^^, r\v 8' èyob, oStoç o vd^ioç- eï 465 a TTOIÛ tIç TCp BujlOÎTO, EV TÔ TOIOÛTÛ) TtXTjpÔV TOV 6ujl6v fjTTOV ETil \iEiCtOvq &v ïoi axàaELÇ. ridcvu ^Èv o3v. ripEaBuTÉpCÙ ^f)V VEOTÉpOÛV TlàvTOV àp)^ELV TE Kal KoXéc^ELV TipOQTETdHjETai. Af^Xov. Kal ^i\v bTi yE vEÔTEpoç TipEaSÙTEpov, Sv jif) ap5(ovTE<; TipoaTdcTTCùaiv, oCte âXXo (ità^EaBaL ETii)(ELpir|aEL ttotè oÔte Ti^TiTELV, (âç t6 eIk6ç- ot^at S' oô8è oXXcùç aTHidcaEi* LKavcà yàp T<à <|)ijXaKE ] koXOovte, 8éoc; te Kal al8<;, al8d>ç ^èv b oç yovÉcov ^f] &TTTEa9aL EÏpyouaa, Séoç 8è t6 tS nàaxovTL Toùç âcXXouç 3or|8ELV, Toùç jièv &q ûeÎç, to{)Ç 8è «q &SeX- (|)0t3<;, TOÙÇ 8è ôç naTÉpaç. Zu^BatvEi yàp oOtcoç, Er|. 7 B-'xai . -XT) F. Il lo àaTaatàaxoi; : -tov F || e i ye : ye Sr) F jj a xaî : rj D Stob. || 3 eçpTj, àvdcyxr] F Stob. || 6 çtÎctojjlsv : ôrj'a. Stob. || àvayxTjv : -xrj D èv ctvàyxrj Adam || èrt[xeXeta : -gta; Stob. jj g yàp : yàp xat Stob. jj 465 a 2 Tzoû : 7:oi F || 3 Xoi : el'y) Stob. ]] ataaetç : -7t; Stob. Il 5 rravTwv : -tt] A^ Stob. || 8 7:p£a6uTepov : -tov F || 9 àXXo : àîXXov Stob. || 10 aXXto; F Stob. : oXXo; A || b i xwXuovcs : -t:ç F II aïow: cm. F || 2 '6 : -cou Madvig. 465 b LA RÉPUBLIQLE V 75 De toute manière les lois assureront la paix entre nos guerriers. Une paix profonde. Mais s'ils ne connaissent pas la discorde entre eux, il n'est pas à craindre que le reste de la cité soit en dissension avec eux ou avec elle-même. Non certes. c Quant aux petits maux dont ils seront exempts, il sied à peine d'en parler et j'hésite à le faire : pauvres, ils n'auront pas à flatter les riches ; ils ne seront pas en butte à la gène et aux peines qu'entraînent l'éducation des enfants et le soin d'amasser de l'argent pour l'indispensable entretien des ser- viteurs, et pour cela tantôt d'emprunter, tantôt denier leurs dettes ^ , tantôt de se procurer à tout prix des provisions pour les déposer entre les mains des femmes et des domestiques et leur en confier l'administration, et tous les inconvénients de toute sorte, cher ami, que tous ces soins occasionnent, inconvénients visibles, vils et indignes qu'on en parle. d XIII Ils sont visibles en effet, dit-il, des^lfrZns. même pour un aveugle. Exempts de toutes ces misères, nos guerriers mèneront une vie plus heureuse que la bienheu- reuse vie des vainqueurs d'Olympie. Comment ? C'est que ces vainqueurs n'ont qu'une petite partie des avantages dont jouissent nos guerriers ; car la victoire de ceux-ci est plus belle et l'entretien qu'ils reçoivent du public, plus complet; en effet, en remportante victoire, ils sauvent l'État tout entier, et en guise de couronne ils reçoivent, eux et leurs enfants, la nourriture et tout ce qui est nécessaire à e leur entretien, et de leur vivant la cité les comble d'honneurs, et, après leur mort, leur donne un tombeau digne d'eux. I. Ces traits sont empruntés visiblement aux mœurs des pauvres gens d'Athènes. Cf. Aristophane, Nuées 1172 sqq. : » On lit sur ton visage l'habitude de nier, de contredire ; on y voit déjà briller clai- rement cette phrase qui sent son barreau : « Gomment dis-tu ? » et cette impudence à se faire passer pour victime quand on est évidem- ment l'offenseur. Il y a même dans ton regard quelque chose d'attique. » 75 nOAITEIAS E 465 b navTa)(f^ 81^ Ik tôv v6jicov Elpi^vT^v npbc; àXXf)Xouc; ol êivSpEç aH,ouai ; rioXXl^v ye. To\!)TCi)v ^if]v Ev âauToîç \ii] axaaia^évTcov, oôSèv Seiv6v [lï] TtoTE 1?) êcXXr) TidXLÇ TTp6ç totûtouç ^ Tip6ç àXXf|Xou<; Si^oaTaTl^CTri. Oô yàp o3v. Té. yc l^i^v 1 ajiLKpéTaTa tqv KaKÔv St' àripÉTTELav Ôkvô C KalXéyELv, cSv àTrrjXXay^iÉvoL âv eTev, KoXaKEtac; te TtXouaicov TTÉvT^TEc; ànoplaç te ical àXyT]86vac; baaç àv TraL8oTpo<|>ta Kal xpr) jJiaTLajJioîç Stà Tpo(|>f)v oIketôv àvayKalav ÏCT)(ouai, Ta ^èv 8avEi^6[jiEV0L, Ta S' EH,apvoi6^iEVoi, Ta 8è ndcvTCûc; TTopiaà^Evou BÉjiEvot Tiapà yuvaÎKàç te Kal olKÉTaç, Ta^LEiiEiv Tiapa86vTEc;, haa. te, cù (jjîAe, TTEpl aÔTà Kal oîa •nàcr^ovai, Sf^Xà te 8f) Kal àyEvvf] Kal oôk aE^ta j XéyELV. d XIII AfjXa yàp, £(|)r|, Kal tuc|)Xô. nfj te Kal tolç &XXol<; TiSatv Sacûv (iloç SEÎTat aÔTot te Kal •n;aî8E<; àva8oOvTai, Kal yâpa SÉxovTat I TTapà tî^ç aÔTÔv •n6XEoc; ^ôvtéç te Kal teXeu- e TifjaavTEÇ Ta<|>f]ç à^taç jiETÉ)(ouaLV. 7 à'Çouai A Stobaei SM : iÇouat F àpÇouai Stobaei A || 11 Btyoaxa- -rjcrr] : 7) in ras. A ÇuyoCTxaxTfasi F j] C 5 8av£tÇd|jLevot ... lÇapvou[X£vot : -vou...-vo'j F Ij èÇapvoutj.£vo: : èÇapxoufx. Stob. || 8 ôv] om. F Stob. Il d 2 ecpri : 8yj F II 3 Tcavxwv X£ ôr; codd. et Stobaei A : n. §£ 8r) Stobaei M î:avxûxe 8ri Stobaei S || 4 ov oi : oiov F || 6 8tà a{Af/.pôv : St' a; [ji.ixpdxgpov F II 8 ÇutjLTcàaTjç : $uvaT:aT), KttXoc. MéjivrjaaL oSv, fjv 8' èyo, bxt èv xoîç Trp6a6Ev ouk oTSa oTou Xéyoç f)titv ETTÉTTXrj^sv 8tl toùç <|)\jXaKaç ouk eôSal- ^o||va(; Ttoioî^Ev, otç è£,6v TràvTa exetv xà t«v tioXutôv 466 a OÔSèv e)(OlEV ; ^fjjJlEÎÇ 8É TtOU EÏTTO^iEV OTL ToOxO ^ÉV, EÏ TTou TiapaTTlTTTOL, eIç aîSSiç aKEi|;ot^£8a, vOv 8è toùç ^èv (|)uXaKac; ç otot t' eT^ev £u8oniovEaTàTr)v, àXX' oôk elç iv ISvoc; àTioBXÉTTovTEÇ ev auxfj xoOto EvfSamov TrXàTToi^EV ; MÉ^VT]JiaL, E<|)T]. Tt oQv ; vOv fj^LV Ô TÔV ElTLKOlipOV fitoç, EÏTIEp ToO \£. TCÙV ÔXU[ATTL0VLKCÛV TToXtJ TE KaXXtcùV Kal à^ELVCÙV (^ttlvETai, \if\ *nr| 1 Kaxà t6v tcûv aKUXoT^jjicûv cJ)atvExaL (Stov fj xlvcov b &XXcov 8r|^LoupYcùv f\ x6v xcov yECùpyoàv ; Ou ^lOL 80KEÎ, £.<^T\. 'AXXà ^évxoL, b yc <«»• skel IXEyov, S'iKaiov Kal IvxaOBa ELTtELv, bxu EL oQxcûc; Ô c|)uXa£, ETn)(Eipf)aEL EuSat^cùv ylyvE- aSai' &aiE iit]8è <|)i3Xa^ EÎvai, tir)8' àpKÉaEi auxô fiioc; oîixcû jiÉxpLoç Kal (iéSatoc; Kal â>q l^t^e'LÇ cj^a^iEv apiaxoç, àXX' àv6r|x6c; xe Kal tiELpaKL(i>8r|(; 86^a I^TTEaouaa EuSai^ovlac; TTÉpt ôp^/iGEL aùx6v BioL B'ùvoi^iv ETil x6 aTTavxa 1 xà ev xrj C tioXel oÎKEioOaBaL, yvoaExat x6v 'Hato8ov bxt xcp ovxi f\v ao<|>6c; XâycDv ttXéov EÎvat ttcoç fj^tau navxéç. 'E^iol ^Év, £(f)r|, ^u^BoiûXcù y^p6\iEvoq ^evel ettI xot3x<}) t^ Zuy)(û)pEÎç apa, f^v 8' Eycb, xi^v xôv yuvaiKcov KOivcùviav TOLÇ àv8pàaLV, t)v 8iEXT^X\36a^iEv, T[aLSELa(; xe nÉpL Kal TtatSoùv Kal (|)uXaKÎ)<; xôv aXXcov ttoXlxôv, Kaxà xe tt6Xiv ^Evoûaaç eIç rtéXE^iév xe lotiaaç Kal £,u^<|)uXàxxELV 8eÎv Kal £,uv8r|pE\jEiv ôoTTEp Kiivaç, Kal I nàvxa nàvxp Kaxà xo d 3 y.otX% : -.oaXo. F || 466 a i Tzoioîtxev F : 7:otou{jLsv A |J 3 axct!;0''[i.£Ga F : t{;dij.e0a A || 4 T^otoTjjiev F : notoufjisv A || slaev A : et [xÈv A^F ècrfjLHv W II 8 Tou : TO\Ji:o F jj 9 ts : ys F || 10 [jlt] ... b i çai'vsTat om. F || b 4 eXeyov : -ojxev F || c A [xeveî : {/.évet F || 9 8cîv : 8f, F. 466 d LA RÉPUBLIQUE V 77 cela elles feront ce qu'il y a de mieux à faire, et qu'elles ne contrarieront pas l'ordre que la nature a établi entre l'homme et la femme, dans les choses où les deux sexes sont faits pour s'associer ensemble ? Je l'accorde dit- il. XIV Ainsi, dis-je, il ne reste plus qu'à reconnaître s'il est possible d'établir chez les hommes cette communauté qui existe chez les autres animaux et par quel moyen cela est possible. Tu m'as prévenu, dit-il : j'allais t'en parler. e Pour ce qui est de la guerre, repris- EducatioD -^ ^^ ^oit assez, ie pense, comment guerrière -i 1 r x ' J f des enfants. '^^ ^^ ^^ront. Gomment? demanda-t-il. Ils la feront en commun, et de plus ils y mèneront ceux de leurs enfants qui seront assez forts pour les suivre, afin que, comme les enfants des artisans, ils voient faire ce qu'il leur faudra faire quand ils seront grands ; non contents de regar- 467 a der, ils feront aussi l'office d'intermédiaires et d'assistants en tout ce qui a rapport à la guerre, et ils serviront leurs pères et mères. N'as-tu pas remarqué ce qui se pratique dans les autres métiers, combien de temps par exemple les fils des potiers ^ servent et regardent avant de fabriquer eux-mêmes ? Si fait. Eh bien, les potiers doivent-ils mettre plus de soin que les gardiens à former leurs enfants par l'expérience et la vue de ce qu'il faut faire ? Ce serait vraiment ridicule, répondit-il. D'ailleurs tout animal combat avec bien plus de courage^ b lorsque ses petits sont présents 2. C'est vrai ; mais le danger, Socrate, n'est pas mince en cas d'échec, et le cas n'est pas rare à la guerre : si en effet ils en- traînent leurs enfants dans leur perte, ils mettent l'État dans l'impuissance de s'en relever. Tu dis vrai, répondis-je, mais tout d'abord penses-tu qu'il faut s'arranger pour ne jamais affronter le danger? 1 . Les métiers n'étaient pas forcément héréditaires chez les Grecs. Voyez Glotz, Hist. grecque II, p, 4o8. 2. Cf. Xén. Cyr, IV, 3, 2 : « G'est encore aujourd'hui la coutume 77 nOAITEIAS E 466 d Suvaxôv Koiva>v£tv, Kal xaOTa TrpaTTotSaaç xà te (iÉXxLaxa TTpà^ELv Kal oô Tiapà (p<}aiv xi^v xoO 8/)Xeoç -npbq x6 &ppev, f\ TiEc|)i3 Kaxov npèc; àXX/|XG5 koivcoveîv ; Zuyxcopô, i(^r]. XIV OÔKoOv, î^v S' Eyob, ekeÎvo Xoltt6v SiEXsaSat, eI apa Kal Iv àv8p(i)TT0L<; 8uvax6v, ôoriEp èv &XXoi<; Câtoiq, xaùxr|v xf|v Koivcoviav âyyEVÉaGat, Kal ÔTir| Suvax6v ; *'E(|)8r|ç, £c|)r|, eIttcùv t^ e^ieXXov û'noXf|4'Ea8aL. riEpl \kkv yàp xwv Iv x^ ttoXe^u oî^iat, | £cf)T]v, SfjXov 8v e xpérrov TToX£^f)aouauv. n&q ; fj 8' 8c;. "OxL Koivfj axpaxE\iaovxai, Kal Tipéç yE S^ouat xoov natScdv eIç xàv ttôXe^iov 8aot dSpol, ïv' &cmEp ot xôv SXXcov SrnALoupyôv BEoàvxat xaOxa S XEXEoBÉvxaç SErjoet Srj^ioup- yElv Tupèç Se xfj 6Éa StaKovEÎv Kal || ÔTtrjpEXEÎv TTocvxa xà 467 a •ne^l x6v tkSXe^ov, Kal BEpaTTEiiEiv TiaxÉpaç xe Kal \ir\'zkpa.q' f] oÔK fjaSïiaai xà TTEpl xàç xÉ^^vaç, oTov xoùç xoàv KEpa- ^lÉcov TTaîSaç, àc; ttoXùv yj)6vov SiaKovoOvxEÇ ÔEcopoCai nplv SnxEaSaL xoO KEpa^EiiEtv ; Kal ^àXa. *H o3v EKEivoiç ETTHJLEXÉaxEpov TTaiSEuxÉov f\ xotç <{>i6XaE,i xoùç aôxcov è^TTEipia xe Kal GÉct xôv TtpoorjK^vxcûv ; KaxayéXaaxov (jievx&v, e(|>T], eïT]. 'AXXà \xT\v Kal tia)(ELxal yE ttSv C&ov SLac|)Ep6vxcûÇ j Tiapôvxcûv ov &v xÉKr). b *'EaxLV ouxco. KlvSuvoç 8é, » ZdÔKpaxEÇ, oô ajiLKpèç a<^iXEt, npoç lauxoîc; TraîSaç àîToXÉ- aavxaç TTotfjaaL Kal xf|v àXXr)v Tt6XLV àS\!)vaxov àvaXaSEtv. 'AXr|8fj, fjv 8' èycû, XéyEtç. 'AXXà où TTpôxov ^lèv i^yEÎ TxapaaKEuaaxÉov x6 ^it^ ttoxe KLvSuvEOaai ; d 7 waTzep : warep xai W |j e 5 oî om. F || 467 a lo xat om. Stob. jl aa/ctxai : txâ)(^s-:at F Stob. 467 b LA RÉPUBLIQUE V 78 Pas du tout. Eh bien, s'il est un cas où il faille l'affronter, n'est-ce pas quand on en sortira meilleur, si l'on réussit ? Évidemment si. C Or crois-tu que c'est un avantage médiocre et qui ne vaut pas le risque où l'on s'expose, que de faire voir la guerre dès leur enfance à ceux qui seront un jour des hommes de guerre ? Non, l'avantage est important au point de vue où tu le places. Il faut donc s'arranger pour donner aux enfants le spec- tacle de la guerre, en pourvoyant d'ailleurs à leur sûreté, et ce sera parfait, n'est-ce pas ? Oui. Tout d'abord, repris-je, leurs pères ne seront-ils pas aussi habiles qu'il est possible à l'homme, et ne seront-ils pas d aptes à reconnaître les expéditions périlleuses et celles qui ne le sont pas ? C'est vraisemblable, dit-il. Ils les mèneront donc aux unes, et se garderont de les exposer aux autres. C'est juste. Et pour les commander, repris-je, ils ne prendront pas les moins capables, mais ceux qui par leur expérience et leur âge seront de bons guides et de bons gouverneurs. C'est ce qu'il convient de faire. Nous avouerons en effet que les choses tournent souvent autrement qu'on ne s'y attend. Oui, certes. Pour les prémunir contre les surprises de cette sorte, il faut, ami, leur donner des ailes dès l'enfance, afin qu'ils puissent au besoin s'échapper en volant, e Que veux- tu dire ? demanda- t-il. Il faut, dis-je, les faire monter à cheval le plus tôt possi- ble, et quand on leur aura appris l'équitation, les mener voir la guerre, non sur des chevaux ardents et belliqueux, des peuples de l'Asie, lorsqu'ils vont à la guerre d'emmener avec eux leur biens les plus précieux ; ils prétendent qu'à la vue de ce qu'ils ont de plus cher ils combattent plus vaillamment ; car ils sont forcés, disent-ils, de le défendre avec plus de cœur. » Tacite, Germ. 7, dit la même chose des Germains. 78 nOAITEIAS E 467 b Tl 8' ; El Tiou KtvSuvEUTÉov, oÔK sv Ç IîeXtIouç laovxat KaTOpSoOvTEç ; j 'AXXà a^iL, TipÔTOv (jiÈv aôxSv ol TïaTÉpEÇ, baa avBpcoTToi, oÔK à^iaSsiç laovTai, àXXà yvot^oviKol tôv CTpaTELÔv Saat ] te Kal ^if] ETtiKtvSuvoi ; d Elk6ç, E<|)r). Elç ^lÈv apa Tàç aH,ouaiv, eIç 8è Tàç EÔXaBfjaovTai. 'OpGôc;. Kal Sipyoviàç \k ttou, f^v 8' âyo, oô toùç (J)auXoTdiTouç aÔTOÎÇ ETTLCTTf]CTO\jaLV, àXXà TOÙÇ EIlTlEiptoC TE Kal fjXlKia ÎKavoùc; i^Y^fc^'^v^Ç '^^ ^^^ Ttai8aYcoY°^Ç EÎvat. ripÉTTEL Yap. 'AXXà Y&p^ (|>i^ao^Ev, Kal -napà 86^av rtoXXà TtoXXoîç 8f) EYÉVETO. Kal (idXa. ripàç Tolvuv Ta ToiaOTa, S , àvaBiôaaTÉov àç vEca- TdcTouç, Kal 8L8a^a^Évouc; Ititieùeiv eaXÉaTaTa, &v Tt 8ér|, aco8f]aovTai ^ETà TipEaBuTÉpCùV fjyE^lOVCOV iTld^lEVOL. 'OpBôç, e<î>T), ^OL 80KEÎÇ 11 XéyELV. 468 a Tt 8è Si^, eÎTTov, Ta TiEpl Tèv TTéXEjiov ; ttSç Iktéov aoi Toùç aTpaxLCùTac; rupèc; aÔToiiç te Kal toùç ttoXejiIouç ; Spa êpScàc; \ioi KaTac|)atvETaL î) otX ; AÉy', £.iTQV TToiif|aavTa 5 ta KàKr|v Spa ou 5T]jiioupy6v TLva SeÎ KaSiaTàvat f| yECùpy6v ; ridcvu ^lÈv oSv. T6v 8è ^cûVTa eIç toùç tcoXe^Iouc; aX6vTa fip' oô SopEav âiS6vai Toîç âXoOat )(pî]a6aL if\ aypa S Tt Ôv | lîotiXovTat ; b KojiiSf] yE. T6v Se àptaTEv)aavTà te Kal EÔSoKtji/jaavTa où npÔTov ^èV ènl CTTpaTELaç ÛTr6 tSv ouaTpaTEUo^iÉvcdV ^EipaKtcûv te Kal TialScùv EV ^ÉpEL ÛT16 IkAotou SoKEt aot ^pf]vaL aTE<|)a- vcûSf^vat ; f^ oô ; "E^otyE. Tt 8é ; SE^tcûGfivat ; Kal toOto. 'AXXà t6S', oîjiat, f\v S' èyci), oôkéTt aot SokeX. T6 TTotov ; T6 <|)iXf]CTal TE Kal épeLv. KocXSc;, fjv 8' èycù. "Oxt ^kv yàp ày*^^ hvii ^61.^01 te fxOUlOL TtXeIoUÇ f\ TOLÇ âXXoLÇ (Cttl alpÉaELC; TÔV TOIOI&TOV TioXXdcKLc; TTapà to^ùç &XXouç laovTai, tv' Î5tl TiXEiaToi ek ToO ToiouTou YiyvcovTai, EÏpT]TaL ^8t]. EÏTto^Ev yàp, E<|)r). XV 'AXXà [ii]v Kttl Ka9' "O^iTipov toÎç touotaSE SlKaiov TniSv TCûv vÉcûv SaoL àyaSot. Kal ] yàp "O^ripoç t6v eôSo- d KL^/|aavTa âv tS ttoXéjig) v6T0tatv AïavTa €.<^t\ Sit^vekéeqctl yEpalpEcGai, &q TauxT^v olKEtav oî5aav TL^f]v tô fjBôvxt TE Kal àvSpE'icp, !£, îjç a^ia tô Tt^SaSat Kal Tf|v lo^ùv aô^fjaEi. 'OpSÔTaTa, E<|)r), riELaô^ESa apa, îjv 8' âyco, TaOTà yE 'O^ifjpco. Kal yàp /j^iELc; Ev TE 8ualaLÇ Kal toîç tolotûtoiç TiSat toùç àyaSotjç, Ka6* Saov o^v àyadol ({>alvcovTai, Kal Savoie; Kal otç vOv 8f| èXÉyo^Ev Tuifiao^iEV, Tipàç 8è toijtoiç E8paLÇ te | Kal e KpÉaaiv 18È ttXeIolç SEnàEaaiv, ïva ét^ia tô Ti^iav àoKâ^Ev toùç &ya6o{)(; &v8pa<; te Kal yuvaÎKac;. KàXXtaTa, £c|>r), XéyEiç. ETev tSv 8è 8f] aTToSavévTCùv ettI OTpaTElac; Sç &v euSo- Ki^i/joac; teXeuttioti Sp' oô TTpwTov jiÈv , èrrEiSàv tiveç toO TototiTou yévouç TEXEUT^jacoaiv, â>ç Spa Il ol ^lÈv Sat^iovEÇ àyvol èrtixSévioL TEXâSouaiv, 469 a èaSXot, àXE^lKaKoi, (f>OXaKEc; jiEpÔTTCùv àvBpQTTOv ; 10 toi; ToioîaSe : toÙ; TOtouTO'jc Hermog. || d 2 al'avTa post yepat p£c6ai Hermog. || 3 oJaav otxstav Hermog. || 10 Ti[jL7)aoa5v : ex ro fecit F II e 5 a-cpaTEiaç W : -tia; A F || 8 ravTwv : 7:av Eus." || 9 tou om. Hermog. || 469 a i TeXéôouortv : xaXéovtat Hermog. || 2 {xepo'jcwv : 6vTiTt3v Hermog. ^69 a LA RÉPUBLIQUE V 8i Certainement, nous le croirons. Nous demanderons à l'oracle quelles funérailles et quels honneurs particuliers il faut accorder à ces hommes qui tiennent des démons et des dieux, et nous les enterrerons comme l'oracle nous l'aura prescrit. C'est ce que nous ferons. Et dès lors nous soignerons et vénérerons leurs tombes, b comme s'ils étaient des démons. Nous rendrons les mêmes honneurs à ceux qui mourront de vieillesse ou autrement, après s'être signalés dans leur vie par une éminente vertu. Ce sera justice, dit-il. „ ^ . Et maintenant à l'éffard des ennemis Conduite . u x x . à tenir envers comment nos soldats se comporteront- Vennemi. ils ? En quoi ? Premièrement en ce qui concerne l'esclavage, paraît-il juste que des cités grecques réduisent des Grecs en servitude? ne devrait-on pas l'interdire, autant qu'il est possible, même aux autres États et les habituer à respecter la race grecque, c excellente mesure pour éviter d'être asservi par les barbares ? De toute manière, dit-il, il importe de l'épargner. Par conséquent nous n'aurons pas nous-mêmes d'esclaves grecs et nous conseillerons aux autres Grecs de faire comme nous ? C'est tout à fait mon avis, dit-il ; s'ils nous écoutaient, ils se tourneraient plutôt contre les barbares et s'abstien- draient de toute guerre entre eux * . Et, ajoutai-je, la coutume de dépouiller les morts après la victoire — mettons les armes à part — te paraît-elle bonne ? d N'est-ce pas pour les lâches un prétexte de ne pas marcher à l'ennemi, comme s'ils remplissaient un devoir indispensable, génies de la terre, gardiens des mortels, dispensateurs de la richesse : c'est le royal honneur qui leur fut départi » (Trad. Mazon). I. C'est la politique que recommandait Isocrate (voir Isocrate de Mathieu et Brémond, vol. I, Intr., p. xi sqq. Budé), c'est celle qu'aurait voulu pratiquer Agésilas : « En apprenant la nouvelle qu'à la bataille de Gorinthe les Lacédémoniens avaient perdu huit mille hommes et les ennemis près de dix mille, il n'en témoigna aucune joie et s'écria au contraire : Malheureuse Grèce 1 ceux qui viennent 8i IIOAITEIAS E 469a nEia6^£6a ^èv oSv. AiaTiu86^£voL apa xoO BsoO ttôc; \pi] toùç Satiiovlouc; TE Kttl Selouç TiSÉvat Kal tIvi 8La<|>6pcû, oôtco Kal Ta\3Tr| Tt S' ou ^éXXo^iev ; Kal t6v Xolti6v 8f] )(p6vov «ç 8aL^<5vcûv, oOxco GepanEtS- ao^Év TE Kttl TtpoGKUvfiao^iEv ttÔTûàv | Tttç 8r) Kttç ; TaÔTà 8è b TttOTa VOJXIOO(JIEV STttV TLÇ Y^lpOC fj TtVl OcXXg) TpOTTCÛ TeXeU- Trjar) tcov oaoL âv 8La<|)Ep6vTCûc; ev tô (ito àyaSol KpiGôaiv ; AïKaiov yoOv, Ecj>r|. Tt 8É ; TTp8ç Toùç ttoXejiIouç nôç TToif)aouatv i^jtiîv ol aTpaTLÔTat ; T6 TTOLOV 81*1 ; ripcoTov ^Èv à V 8p an o s ia|j.oO nÉpL, 8oke'î 8tKaLov "EXXt^vaç 'EXXr|vt8a<; néXEic; àv8pano8t^Ea8aL, f] \iy\B* &XXr| ETrcTpÉ- TTELV KaTà t6 8uvaT6v Kal toOto eSI^eiv, toO *EXXr)VLKoO yÉvouç <|)Et8Ea8aL, EuXaBou^Évouc; | xfjv ÛTt6 tcov (iapôàpov c 8o\jXELav ; "OXcp Kal TiavTL, ec|>T], 8ia<|)ÉpEi t8 c|>EL8Ea8aL. I\/1t]8è "EXXrjva &pa 80OX0V £KTÎ]a8aL jifjTE aÔTot&ç, toîç te aXXoLc; ''EXXrjaiv oôtcù £,u^i6ouXe\3elv ; riàvu jiÈv ouv, Ec|)r|* tiaXX6v y' 2^v oî5v o5tcû Tipèç toùç fiaplioCpOUÇ TpÉTlOlVTO, éaUTÔV 8' àTTÉ)^OLVTO, Tt 8é ; aKuXst^Eiv, fjv 8' lyclb, toùç TEXEUTf)aavTaç nX^jv ottXov, ETTEL8àv VLKf|CTCûatv, îj KaXoûc; E)(^Ei ; f) oô TTp^cjjaaLV tiÈv TOLÇ 8eiXoîç E)(Ei ^f) Tipôç t6v | ^ia)(6^EV0V lÉvaL, &q Tt d TCÛV 8£6vTa>V 8pûVTaÇ bxaV TTEpl t6v TE8vECûTa KUTTTdt^COaL, 7 zi 8' où... 9 7:poaxuvTJ(j{o{jLgv : xi Zé ; où [xsXXofjLev tov Xoitcôv yj>6'/o'f wç 8ai|xova5 ysy^voTaç o-jtw ôepaTrsÙEtv t6 xat Tipoaxuveîv Eus. Theod. Il 8 6eca7r6ÙCTO(JL£v F : -awasv A jj 9 Tîpoaxuvrj^ojjLcv : ex cl> fecit A II b I Taùià 8â -cauTa : xauTa 3s xauxa codd. || 2 Tauxa om. Theod. Il II eùXa6outjL£vou$ : -ot; F || C 4 âxx^aôat : èxxrîaaaôat F || 6 y' : x* Eus. Il xoùç om. Eus. VII. I. — II 469(1 LA RÉPUBLIQUE V 82 en restant penchés sur un cadavre ? D'ailleurs cette rapacité a déjà causé la perte de plus d'une armée. C'est certain. N'est-ce pas à tes yeux une vile cupidité de dépouiller un mort? N'est-ce pas une petitesse d'esprit digne d'une femme de traiter en ennemi un cadavre, alors que l'ennemi s'est envolé, ne laissant là que l'instrument avec lequel il combat- e tait ? Fais-tu quelque différence entre ceux qui font cela et les chiens qui s'en prennent à la pierre qui les a frappés, sans toucher à celui qui l'a lancée ? Pas la moindre, dit-il. Il faut donc renoncer à dépouiller les morts, et permettre à l'ennemi de les relever *. Oui, par Zeus, dit-il, il faut le faire. XVI Nous n'irons pas non plus porter les armes dans les temples, pour les suspendre aux murs ^, surtout les armes des Grecs, pour peu que nous ayons à cœur de montrer notre 470 a bienveillance envers les autres Grecs. Nous craindrons bien plutôt qu'il n'y ait quelque chose de sacrilège à porter dans un temple des dépouilles enlevées à des parents, à moins que l'oracle n'en décide autrement. C'est très juste, dit-il. Et pour la dévastation du territoire grec et l'incendie des maisons, quelle sera, dis-moi, la conduite des soldats à l'égard des ennemis ? C'est à toi d'expliquer ta pensée, si tu veux me faire plaisir. Moi, repris-je, je suis d'avis qu'on ne fasse ni dévastation b ni incendie et qu'on se borne à enlever la récolte de l'année ; veux-tu que je te dise pourquoi ? Certainement. 11 me semble que, s'il y a deux mots pour désigner la guerre et la discorde, c'est qu'il y a aussi deux choses qui de mourir auraient pu, s'ils fussent restés en vie, vaincre tous les barbares. » Ayés, VII (trad. P. Ghambry). Cf. le mot du Spartiate Callicratidas, Xén. Hell. i, 6, i4. I . Les lois de la guerre chez les Grecs permettaient de relever les morts, à moins que le parti qui en faisait la demande n'eût perdu ses droits en pillant ou en profanant un temple. 3. Plutarque indique que les Spartiates faisaient exception à cet usage, Apoph. lac. 234 B. 82 nOAITEIAS E 469 d TioXXà 5è fj8r| aTpaT6TTE8a Stà ti^jv Toia\3TT]v àpTiayfiv aTTCùXETo ; Kal ^dcXa. 'AveXEu9epov Se oô SokeÎ Kal (|>iXo)^l^tiaTov vEKpàv ouXav, ical YuvaiKEiaç te Kal ajjuKpaç Siavolac; t6 tioXé^iiov vo^l- ^ELV Tè aco^a toO teSvecùtoc; ànoTiTa^Évou toO E)(9poO, XeXoltt6to<; 8è ^ etioXé^iel ; îj oïel tl SLà<|>opov SpSv toiùç I toOto TtOLoOvTttç TÔv KuvSv, at Toîç Xt9oic; oTç &v e 3XT]8cùaL )(aXETTatvouaL, toO (ioXdvToç ou)^ àTixé^Evai ; OùSe ajiiKp6v, Ec|)r). 'EaTÉov apa làq VEKpoouXlaç Kal Taç tôv àvaipâoEcov SiaKcoXOcEiç ; 'EaxÉov ^lÉVTot, £4>T], vf| Ala. XVI Ou8è \ir\v Tiou TTp6c; xà Upà Ta ëiiXa oïao^iEV wc; àvaBi^aovTEÇ, ôtXXcoç te Kal Ta tôv 'EXXfjvcov, Idcv tl i^l^tv ^isXr) Tfjç Tipôç Toùç ^ SXXouç "EXXï^vaç Euvotaç* jiSXXov 470 a Bk Kdl <^o6r|a6^iE9a ^r) ti jitaCTjia ?\ npbq ÎEp6v tA TotaOTa omb tSv olkeIcov ÉpEiv, èàv \ii] tu 8f) ô 9e6<; aXXo XéyT]. 'Op86TaTa, E(j)r|. Tt 8È \f\q TE T^fjaECûç Tf)ç 'EXXi^vtKfjç Kal oIklôv EjnTpf|- ' aECùÇ ; Tioî6v tI aoi Spdcaouatv ol CTTpaTiÔTat rtpôç xoùç ttoXe^iIouç ; ZoO, E<î>r), 86E,av àTtoaLvojiÉvou fjSÉcoç âv àKo\3aanii. 'E^iol jiEv TOLVuv, fjv 8' èy***» 8okeÎ toi3tcûv | ^r|8ÉTEpa b TtoLEÎv, àXXà t6v ETiETEiov Kapubv à<()aipELa9aL. Kal Sv EVEKa, 3oi&Xei aoL XÉyco ; riàvu yE. alvETal ^loi, âoTTEp Kal ôvo^idt^ETat 8\3o TaOTa 8v6^aTa, ti6Xeji6ç te Kal aTotaïc;, oîîtg) Kal EÎvai 8uo, ovTa ettI 8uolv e I oTç om. Stob. Il 2 paÀovTo; : ^dXk. F Stob. || où/ à-TO,aevai om. Stob. Il 9 txéXT) :[r) in ras. A || 470 a 2 cpo6r,ao[xeOa : -6r,ad{xe0a F|| 3 XÉyT) : -yei F II 8 aTtoçatvojji^vou : -oaev où F || b 5 Taura : xauTa xà A2'Stob. 470 b LA RÉPUBLIQUE V 83 se rapportent à deux sortes de difTérends, et ces deux choses sont, je crois, d'un côté la parenté et la communauté d'ori- gine, de l'autre la différence de race et de sang ; l'inimitié entre parents s'appelle discorde, entre étrangers, guerre. Cette distinction, dit-il, est fort exacte, c Vois si ce que je vais dire est exact aussi. Je soutiens que les peuples grecs sont unis par la parenté et la communauté d'origine % et diffèrent des barbares par la race et le sang. Tu as raison, dit-il. Quand donc les Grecs se battront avec les barbares et les barbares avec les Grecs, nous dirons qu'ils se font la guerre, qu'ils sont naturellement ennemis, et cette inimitié méritera le nom de guerre ; mais que des Grecs se battent avec des Grecs, quand nous verrons cela, nous dirons qu'ils n'en sont pas moins naturellement amis, mais qu'en ce cas la d Grèce est malade et en discorde, et ce nom de discorde est celui qui s'applique à une telle inimitié. J'en conviens dit-il : mes vues sur ce point sont les tiennes. Considère donc les choses, repris-je, La guerre entre ^ la lumière de la définition que nous Grecs, venons d'admettre. Partout où la dis- corde s'élève et où l'État est divisé, si chacun des deux partis ravage les champs et brûle les maisons de l'autre, vois combien elle paraît funeste et suppose dans les deux partis peu d'amour de la patrie ; autrement ils n'oseraient jamais déchirer ainsi leur nourrice et leur mère. Ce qui est raison- nable, c'est que les vainqueurs enlèvent la récolte des vaincus e et qu'ils pensent qu'ils se réconcilieront ensemble et ne seront pas toujours en guerre. Cette façon de penser témoigne beaucoup plus d'huma- nité que l'autre. Mais quoi ? repris-je, l'État que lu veux fonder ne sera- t-il pas un État grec ? Nécessairement, répondit-il. Les citoyens n'en seront-ils pas bons et doux ? I. Les Grecs ont toujours senti leur communauté d'origine, mais sans s'élever toujours au-dessus des dissentiments qui divisaient les différents Etats. Platon, comme Gimon, comme Isocrate, avait en politique un idéal panhellénique. 83 nOAITEIAS E 470 b TLVOLV Siacf>opaîv. Aéyco 8è Ta 8tio ib ^lèv oIkeîov Kal ^uyYEvéc;, t6 8è àXX6Tpiov Kal ÔBvelov. 'EttI ^èv oSv Trj ToO oIkelou ex^P? crT^acT«-Ç KÉKXT]Tai, ettI 8È Tf| TOO àXXoTpLOU 'n6\€.\ioç. Kal 0Ô8ÉV yc, e<|>t], àTi6 xpÔTiou XéysLc;. "Opa 8f) Kal eI t68e \ TTp6ç 'up6'nou Xéyco. rnjil yàp t6 c ^Èv 'EXXrjVLK^v yÉvoç aÙT8 aûxô oIkeîov EÎvai Kal £,uyyEvÉç, T^ Se (iapBapLK^ ô9vel6v te Kal àXX^TpLOv. KaXcùç yE, E(|)r). "EXXrjvaç ^èv apa 3ap6(ipOLÇ Kal lîapBàpouc; "EXXrjat itoXe^elv jAa)(o^Évouç TE c[>f|ao^EV Kal ttoXe^louc; (^{iOEi EÎvaL, Kal Tu6XEtiov Tf]v E^Spav TauTr|v KXrjTÉov "EXXrjvaç 8è "EXXrjaiv, bTav tl toloOtov Spcoatv, <|)ùaEL [lèv cj)tXouc; Etvai, voaELv 8' Iv tco ToioiiTç Tf]v 'EXXd8a Kal aTaauà^ELV, I Kal aTocatv Tif]v TOLaOTr|v I^Spav KXr|TÉov. d 'Eyà t^Év, lc|)T], a\jyx<»pû outcù vo^t^iELV. ^KéTiEL 8f|, EÎnov, Sti £v Tf) vOv ô^oXoyou^ÉVT] aTàoEi, Stiou av TL toioOtov yÉvrjTaL Kal 8iaaTf| ti6Xic;, èàv EKotTEpoL EKaTÉpcov TE^ivcoaiv àypoiLJc; Kal oLKtac; 1^171^- Tipcùaiv, àq àXLTr)pLcb8T]c; te Sokel f\ aTocatç EÎvat Kal OÔSÉTEpOL aUTÔV <|)lXoTt6XL8EC;' OÔ yàp âv TTOTE EToXjJLCûV Tf)V Tpo(|)6v TE Kal (irjTÉpa KElpEiv aXXà [lETptov EÎvat toilx; KapTTOùç àcJ)aLpELa6aL tolç j KpaToOat tûv KpaTou^iévcov, e Kal StavoEtaBai 6c; StaXXayT^ao^iÉvcov Kal oôk oieI TroXE(jir|- côvtav. TloXù yàp, Ecjjr), f) ^iEpcoTEpcûv aÛTr) f^ Siàvoia EKELvr)ç. Tt 8à Bt] ; £<|)r|V fjv au •n6Xiv oIkI^eiç, o^x 'EXXr|vlc; laTat ; Aeî y' aÛTi^v, Ec|>r|. OÛKoOv Kal àya9ot te Kal fj^Epoi laovTat ; II oùôèv: -Se F || i3 si om. F j| c 6 |i.a/_oix£voui; 7:oX£fx£rv F || tïoXs- {jLi'ouç : -fjLOuç F 11 9 Tw om. F || e 5 IXXrjvtç : -vêç F 1| 8 TJtxepot : yj[xé- TcOOt F. 470 e LA. RÉPUBLIQUE V 84 Assurément si. Ne seront-ils pas amis des Grecs, ne sentiront-ils pas leur parenté avec la Grèce et n'en partageront-ils pas la religion ? Certes si. 471 a S'ils ont un différend avec les Grecs, ne le considéreront- ils pas comme une discorde, puisqu'il sera entre parents, sans lui donner le nom de guerre ? Si, en effet. Dès lors ils mèneront les hostilités comme des gens destinés à se réconcilier ? Assurément. Ils les ramèneront doucement à la raison, sans pousser le châtiment jusqu'à les asservir ou les détruire ; car ils ver- ront en eux des amis à corriger, non des ennemis. C'est bien cela, dit-il. Grecs, ils ne ravageront pas la Grèce, ils ne brûleront pas les maisons, ils ne regarderont pas comme ennemis tous les habitants d'un État, hommes, femmes, enfants, mais seule- ment les auteurs du différend qui sont toujours en petit b nombre ; aussi ne voudront-ils pas ravager un territoire dont la plupart des habitants sont leurs amis, ni renverser les maisons, et ils ne poursuivront pas les hostilités au delà du moment où les coupables seront contraints par les inno- cents qui souffrent de donner satisfaction. Je reconnais avec toi, dit-il, que telle doit être la conduite de nos citoyens envers leurs adversaires, et qu'à l'égard des barbares ils doivent se comporter comme les Grecs le font entre eux à présent. Posons donc aussi en loi que nos gardiens ne ravageront G pas la terre et ne brûleront pas les maisons. Posons-le, dit-il, et reconnaissons la bonté de cette loi comme des précédentes. -, . ^. . XVII Mais en réalité* je crois, So- est-il réalisable ? crate, que, si on te laisse continuer sur /] le sera quand cette matière, tu ne te souviendras les philosophes jamais du sujet que tu as écarté tout à l'heure pour entrer dans tous ces déve- seront rois. I. Ici commence la transition à la troisième cité, ou cité philoso- phique. IU:)!/.l^ 84 nOAITEIAS E 470 e Z<|)68pa yc. 'AXX' ou <|>LXéXXr|VEc; ; oô8è olKelav Tf)v 'EXXàSa f\(i]- aovTaL, oôSè KOLvov/jaouaiv SvTi£p ol &XX01 lep&v ; Kal a<^6Bpa. yc. OÔKoOv xi\v Tipbq Toùç"EXXr|vac;8LaC|)ppVLoOaLV, OÔK IttI SouXeIojI KoXdl^OVTEÇ Ou5' ETt' ÔXéSpcp, CTQ(|)pOVLCTTal SVTEÇ, OÔ TIOXÉ^IIOL. OOtcûç, EC|>T]. CÔ8' apa Tf)v 'EXXdcSa "EXXr|VEÇ Svteç KEpoOaiv, oôSè otK/|aEiç E(ji7Tpf|aouatv, oôSè ô^ioXoy/jaouaiv ev EKAorr) TtéXEi TiàvTac; â)(8poù<; aûxotç EÎvat, Kal avSpaç Kal yuvaÎKaç Kal TiaîSaç, àXX' ôXlyouç aEl E)(9poùc; \ toùç alTlouç tî^ç b SLa<|>opaç. Kal Sià xaOxa nàvTa oÙte Tf)V yfjv âBEXrjaouaLv KEtpELV aÔTQV, wç lXcûv tûv ttoXXôv, oÔte olKlaç àva- TpÉTTEuv, àXXà l^ÉXPL to^ûtou TtoLrjaovTaL xfjv 5La<|)op(iv, ^É)^pi 06 âv ol aÏTioL àvayKaaBôaLV ûtt6 tcûv àvaLTiov àXyotivTcov SoOvai SIkt^v. *EyG) jiÉv, i<|)T), ojioXoyô oOxco Selv irpèç toùç Evavxtouc; xoùç fj^iEXÉpouç TToXlxaç 7TpoCTs.Qr]aEi u<|>' fj^icûv I TTp6c; x6 ^if) eItieîv Ttfj Suvaxf] ytyvEaGat auxr| i^ b noXixEia. 'AXXà XéyE Kal \x^ SiocxpiÔE. OÔKoOv, fjv 8' èyo, Tipôxov jièv x68e \pi\ àvajiVT]aQf]vaL, oxt if)liEÎç ^rjxoOvxEc; StKauocrtvT^v ot6v laxt Kal à8LKlav 8E0pO fJKO^iEV. 7 auTT) F Stob. : om. A add. in m. || g tj yÉvotTo cm. Stob. || d I Tà> : TÔ F II à;:oXei7:£tv : -v. F || 3 éauTOu;: xà lautoiç F || àSeXipo-jç, r.a-ipai : SsXsù; 7:a*-:£pa; F || 5 OTitaÔsv om. F add. s. u. || 6 tauTT) -avTT) : ràv-T) xaûxt F 1| 7 yc A^ : xe codd. || 6 3 T,hTi ajtô F || 472 a 2 cxoaYYEuotJLévco ex em. F : axpâxeuoaévto codd. || 7 XofO'^ Àiyctv F : X^ystv X. A |l' 8 XéyTjç A^ : -yeiç A^F jj b 3 y^pi] xo5c F. 472 b LA. REPUBLIQUE V 86 Soit ! mais que fait cela ? demanda-t-iL Rien ; mais si nous parvenons à découvrir la nature de la justice, exigerons-nous que l'homme juste ne diffère en rien de cette justice, et qu'il lui soit absolument identique, ou c bien nous suffira-t-il qu'il s'en rapproche le plus possible et qu'il y ait plus de part que les autres hommes ? Ceci, dit-il, nous suffira. C'était donc, repris-je, en vue d'avoir un modèle que nous cherchions ce qu'est la justice en soi, et ce que serait l'homme parfaitement juste, s'il pouvait exister, et de même ce qu'est l'injustice, et l'homme complètement injuste. Notre dessein était de considérer ces deux hommes et de nous rendre compte de leur bonheur ou de leur malheur, afin d'être d obligés de reconnaître relativement à nous-mêmes que celui qui aura le plus de ressemblance à eux aura le sort le plus semblable au leur ; mais notre intention n'était pas de {)rou- ver que ces modèles pussent se réaliser * . Tu dis vrai, répondit-il. Penses-tu qu'un peintre aurait moins de valeur, parce qu'après avoir dessiné le plus beau modèle d'homme qui se puisse voir et en avoir rendu tous les traits en perfection , il serait incapable de prouver qu'un tel homme peut exister? Non, par Zeus, fit-il. Eh bien, dirons-nous, n'avons-nous pas, nous aussi, tracé e en paroles le modèle d'un État parfait ? Si. Crois-tu que ce nous avons dit perde de son prix, si nous ne pouvons pas prouver qu'il est possible de former un État sur ce modèle ? Non certes, dit-il. Telle est donc la vérité, dis-je ; mais s'il me faut encore, I. Il est important d'observer que Platon n'attend pas une par- faite réalisation de son idéal, même si les philosophes deviennent rois. Il a conscience de la faiblesse humaine, et chaque fois qu'il propose à l'homme d'imiter les dieux, il ajoute toujours « dans la mesure du possible ». A la fin du livre IX, il dit lui-même : « Le modèle est sans doute dans le ciel pour qui veut voir et, voyant, se gouverner lui-même ; mais peu importe qu'il soit réalisé quelque part ou soit encore à réaliser ; car c'est de lui seul, et d'aucun autre que le phi- losophe suivra les lois. » 8G nOAITEIAS E 472 b Xp/|* àXXà tI toOto ; ec|>T]. OôSév àXX' èàv eOpcû^Ev oTév lori SiKaLocrtvr), &pa Kal avSpa t6v SiKatov à^iàao^Ev jifjSèv SeÎv aÔTfjc; IkeIvt^c; SLac|)ÉpELv, àXkoL Tia\fiCLyr\ toioOtov EÎvat oTov \ SiKaLocnivr) c Eortv ; f) àyaTTi^aotiEv âàv ÔTt lyY^'^"'^** aôxfjç f\ Kal TiXELCTa Tcov SXXcov EKELVi^c; ^lEXÉ^ri ; OOtcoç, EiT aYotTii'iaotiEV. napaSEiy^iaToc; &pa IvEKa, îjv 8* èycù, e^titoO^xev aÔTo TE 8LKaLoai3vr)v oT6v eoti, Kal avSpa Tbv teXécûç SlKaiov eI yÉvoLTo, Kal oToç Sv eXt] yEvd^iEvoç, Kal àSiKtav aC Kal tov àSiK^TaTov, ïva eIç ekeIvouç àTToBXÉrrovTEÇ, oToi &v fjjiiv (J)alvG>VTaL EÔSat^ovlaç te TtÉpi Kal toO èvavTtou, àvayKa- Céi\l£B0L Kal TTEpl f\\xS)V aÔTÛV ÔjloXoyELV, OÇ &V I EKELVOIC; d 8tl ô^ioidTaToç rj, Tf)v EKEtvr|c; ^loîpav ô^0L0TàTT]v e^elv, àXX' oô TotjTou EVEKa, tv' aTToSEt^cdjiEv ôç SuvaTà TaOTa ylyvEaSaL. ToOto ^év, £(f>r|, àXT]8èç XéyEiç. 'OÏEt av ouv îjtt6v Ti àya96v ^oypà<|)ov EÎvai Sç &v ypàipaç TTapàSEty^ia oTov Sv elf) ô KdcXXuaxoc; âvSpcùTTOÇ Kal TTcxvTa ELÇ t6 ypot^^a iKavwç octtoSoùç ^f) l^ri àTTo8Eî£,aL &ç Kal SuvaTÔv yEVÉaSat toioOtov âv8pa ; Ma Li oiJK Eycùy', Ec|)r|. Tt ouv ; oô Kal f)^iEÎç, <|>a^Év, napàSELy^ia ] ETioLoOjiEv e X6ycp àya8f]ç tx^Xecûç ; ridcvu yE. *Htt6v Ti oSv OÏEt TJjiSç eC XÉyEiv TotiTou EVEKa, làv ^^ E)(CûtiEV àTToSEÎ^at 6ç 8uvaT6v oÎîtcû ti6Xlv olKÎ^aaL «ç èXéyETo ; Oô 8fJTa, E(|)Ti. T6 \ik\f Tolvuv àXT]9É(;, îjv 8' èycb, oOtco- eI 8è 8^] Kal 6 Tt cm. F II TOUTO : t. y' A^ || c 5 èÇyiTOÛjxev : Çr)T. F || 6 eî : ^ Bckker || g àvayxaroiuieGa : -dtxsOa F |I d 2 èxsi'vT]? : -oiç W [| av post fjLotpav pr. A II 6 ouv av F || 8 àTîoôetÇac : èniô. F || e 8 8/5 cm. Stob. 472 e LA RÉPUBLIQUE V 87 pour le faire plaisir, m'appliquer à prouver par quel moyen principalement et jusqu'à quel point un tel État serait réa- lisable, il faut encore une fois pour cette démonstration que tu me fasses les mêmes concessions ? Lesquelles ? 473a Est-il possible d'exécuter un chose telle qu'on la décrit? N'est-il pas dans la nature des choses que l'exécution appro- che moins du vrai que le discours ' ? On peut penser autre- ment; mais toi, m'accordes-tu cela, ou non? Je te l'accorde, dit-il. N'exige donc pas que je réalise en effet ce que j'ai décrit en paroles ; mais si je puis découvrir comment on pourrait établir un État très rapproché de notre idéal, reconnais que j'ai démontré ce que tu me demandes, la possibilité de réa- b liser notre constitution. Ne serais-tu pas content d'un tel résultat ? Pour moi, je le serais. Moi aussi, dit-il. XVIII Après cela, semble-t-il, il faut essayer de recher- cher et de montrer les défauts qui font que les États d'au- jourd'hui ne sont pas gouvernés comme le nôtre, et quel changement, aussi léger que possible, les ferait entrer dans l'esprit de notre constitution, changement qui pourrait fort bien se borner à un point, sinon à deux, en tout cas à un très petit nombre de choses de peu d'importance, c Fort bien, dit-il. * Eh bien, repris-je, changeons-y une seule chose, et je crois pouvoir montrer que ces États changeront de face ; il est vrai que cette chose n'est ni petite, ni facile ; mais elle est possible. Quelle est-elle? demanda-t-il. Me voici arrivé, répondis-je, à ce que nous avons comparé I. Platon semble contredire une opinion commune. La plupart des liommes admettent bien qu'un plan parfait doit habituellement être modifié pour être mis en pratique; mais ils n'admettent pas que la "ki^'-i, le discours, ait plus de vérité que la 7:cà^tç, la réalisation ; car la vérité d'une théorie se juge à l'application qu'on peut en faire. Platon n'est pas de cet avis. Pour lui, le monde de l'esprit n'est pas seulement plus parfait, mais il est plus vrai que le monde de la matière. Le vrai, c'est l'idéal. 87 nOAITEIAS E 472 e toOto Ttpo8utir)8T^vaL Sel af|v X^P"-^» àTio8eî£,aL nf] ^àXtcrra Kal KOLià tI SuvaxcûTaT' âv EÏr|, tuAXlv \jiOi npbç xfjv ToiatiTrjv ÔLTiàhEiByiv xà aôxà Sto^ioX^yriaat. Ta TTola ; *Ap' oT6v xÉ XL 11 TipaxBfjvai â>q XéycxaL, fj <|>\5atv e^el 473 a TTpa^LV Xé^ECûç fjxxov àXr|6Etac; EcfxStTTXEaBaL, k&v eI ^i] xcp Sokel; àXXà au •noxEpov o^oXoyELç o6xcùç f\ oô ; 'O^ioXoyoà, Eq eolke, TtELpcb^ESa ^fjxeîv XE Kal ànoSELKVtivaL xt ttoxe vOv KaKooç Iv xaîç ttoXegl TTpàxxExaL 8l' s o^x o8xco<; olKoOvxaL, Kal xlvoç &v a^LKpoxdxou ^lExaBaXdvxoç eX8ol eIç xoCxov x6v xpénov xf]c; TToXLXELaç tt6Xlç, ^idcXLQxa ^lèv ev6c;, eI 8è \ii], 8uolv, Et 8È jif), bxL ôXiylaxcùv xov àpiSuèv Kal a^xLKpoxdtxcov xf]v 8\Jva^LV. navxdcTiaaL | ^lèv oSv, E(|)r|. C 'Ev6c; ^xÈv xotvuv, îjv 8' lycb, (iExa6aX6vxoc; SokoO^jiév ^ol eXEiv 8EL£,aL bxL ^ExaTtéaoL Sv, oô ^iévxol ajiLKpoO yE oô8è ^a8lou, 8uvaxoO 8é. Ttvoç ; EcJ)T^. 'Eti' aôx6 S/|, fjv 8' Ey, eT^xl 8 x^ ^Eyloxç) TTpoariKA^ojiEv 9 ôsî : ypr, Stob. || ii BiojJLoXdyriaat : 8sï ôiJLoXdyTiaat F |j 473 air): r, Stob. Il 3 ôoxeî : --/.r) A^ Stob. || Tidxspov : TrpoT. Stob. || 5 touto : ÊTO) Stob. Il 8 èÇrjupTjX^vat : èÇetpT]- F || b 3 av om. W Stob. || 3 iyoù : ytovg Stob. Il 7 ÏX601 : -6r) D Stob. jj C 2 {jisTaSaXdvTOç : -6aXXovco; A2 II 6 aÙTÔ : -xà) F Stob. 'j| Brj : 8' F Ij eTfii AW Stob. : e'.fxt F |j îcpoa- r,/.àCo{x6v F : npoêix. A Tipoost/.. Stob. 473 C LA RÉPUBLIQUE V 88 à la plus grosse vague; le mot sera dit pourtant, dût-il, comme une vague qui éclaterait de rire, me submerger sous le ridicule et le dédain. Examine ce que je vais dire. Parle, dit-il. A moins, repris-je, que les philosophes ne deviennent rois d dans les États, ou que ceux qu'on appelle à présent rois et souverains ne deviennent de vrais et sérieux philosophes, et qu'on ne voie réunis dans le même sujet la puissance poli- tique et la philosophie, à moins que d'autre part une loi rigoureuse n'écarte des affaires la foule de ceux que leurs talents portent vers l'une ou l'autre exclusivement, il n'y aura pas, mon cher Glaucon, de relâche aux maux qui déso- lent les États, ni même, je crois, à ceux du genre humain ; jamais, avant cela, la constitution que nous venons de e tracer en idée ne naîtra, dans la mesure où elle est réali- sable, et ne verra la lumière du jour. Voilà ce que depuis longtemps j'hésitais à déclarer, parce que je prévoyais combien j'allais choquer l'opinion reçue ; on aura peine en effet à concevoir que le bonheur public et privé n'est pas pos- sible ailleurs que dans notre État. Et lui: Socrate, s'écria-t-il, quel mot, quelle déclara- tion tu viens de lâcher ! En la proférant, tu devais t'attendre à voir bien des gens, et des gens qui ne sont pas à mépriser, 474 a jeter bas leurs habits en toute hâte, et faisant arme de ce qu'ils trouveront sous la main, fondre sur toi de toutes leurs forces, pour t'accommoder de la belle manière. Si tu ne les repousses pas à coups d'arguments et ne parviens pas à leur échapper, à coup sûr, leurs moqueries te feront payer ta témérité*. A qui la faute, dis-je, sinon à toi? Je m'en félicite, répondit-il ; mais sois assuré que je ne t'abandonnerai pas et que je te seconderai de tout mon pouvoir, c'est-à-dire de mes vœux et de mes encouragements ; I. Ce paradoxe nous clioque moins qu'il ne choquait les auditeurs de Platon. Sans doute le philosophe qui descend de sa tour d'ivoire semble peu fait pour gouverner ; le contact de la réahté le blesse, les intérêts mesquins le dégoûtent et il ne sait pas se plier aux compro- missions nécessaires. Mais s'il est, sauf exception, peu fait pour gou- verner, il n'en a pas moins sur les progrès de la société une grande et féconde influence par les grandes et belles idées qu'il répand et qui s'imposent peu à peu même aux gouvernants les plus pratiques. 88 nOAITEIAS E 473 c icO^aTi. Elpf|aETaL 8' oî5v, cl Kal ^éAAei yÉXoTt te &te^vôç ôoTTEp KO^a EKYeA.cov iX6ao(|>oi 3aaiX£i5acdaiv Iv Taîç I Tt6XEaLV f\ ol (iaaiXf^ç te vOv XEyé^iEvoi Kal Suv&aTat /|ocaai Yvr)atcù(; te Kal iKavcoc;, Kal toOto eIç TaÔTàv ^jUjiTTÉaT], 8i3vajil<; te ttoXitik^) Kal r|, toloOtov EKBÉBXrjKac; ^f^^iA TE, Kal Xéyov, Sv eItiov f^yoO ânl oè nàvxj tioXXo\3ç te Kal ou at3Xouç vOv oOtcoç, oXov ptijjavTac; Ta IjidcTia, | yujivoùç 474 a XaBdvTaç 5tl EKàaTcp TiapÉTU)(EV 8ttXov, Selv StaTETa^iÉvouc; oç Bau^iaCTta Epyaao^iévouc;* oOc; eI ^if) à^iuvEi t^ Xéyo) Kal EK(|)E\3^Et, TÔ 8vTt TCùSa^é^lEVOÇ 8cûaELC; 8iKT]V. OuKoOv a\3 ^iOL, fjv 8' lyci), toijtcùv aiTioç ; KaXoûç y', E<|)T1, Êy<à tioiôv. 'AXXA toI as. oô TTpo8obaco, âXX' à^uvco otg Suva^ai* SOva^ai 8è EÔvola te Kal tû TtapaKEXE\jEa6ai, Kal ïaoç âv &XXou tou E^niEXéaTEp^v coi 7 xujJLaxc : a/rJuaTt Stob. || 8 àSoÇtoc xaTaxXuaetv : àtaÇiav xaxaXuaetv Stob. Il II làv : iàv 8È F || d 3 Çup-Tisari : -est F || ^ éx.aTepov : -q ^X^^ toloOtov (ior|66v neipQ toîç b aTTLaToOaiv IvSEt^aaBaL Stl s^ei î\ ab XÉyeic;. riELpaTéov, fjv S' êyoû, etieiSi^ Kal ab oQtco ^lEydcXrjV E,v\i- ^a^tav TTapÉ)^£L. 'AvayKaLov o3v ^loi Sokel, eI ^iéXXojxév TTr| kKLXoOvTa ekelvou, to 8è ^if|, àXXà nSv GTÉpyovTa ; XIX 'Ava^L^vf|aK£iv, ê4>r|, &ç eoikev, 8eî* ou yàp I Tiàvu yE EVVOCO. d "AXXg), eTtTOV. ETTpETIEV, S FXaiJKCÛV, XÉyElV s XÉyELÇ* àv8pl 8' IpOTlKÔ OU TtpÉTTEL Ot^VrmOVELV ^TL TiaVTEÇ ol EV ôpoc t6v (|)LX6Tiai8a Kal IpcùTiKÔv â.\iT\ yé tït] 8àKvouaL te ' ûjjicùv, ToO 8È t6 ypuTtôv (iaatXiKév (paie. EÎvai, t6v 8è Bi] 8ià |iÉaou TouTcov E^i^ETpéTaTa E)(Eiv, I ^lÉXavaç 8è àvSpiKoùç e b 6 ÀsvovTÊç : -YO[JLev F j| C 4 eçil, e'^'t) F || 6 èÇ7)yTiaw(xe6a : -ao'asOa F li lo Tcav : TwavTa F |j I2 0£i : Ôr, F j] d 6 :iot£ÎTe : -xai F || 7 ÏTZixivt- 6r[cj£-:at : îTcatvetTa; A^ l| 9 £a{Ji£TpOTa-:a : ex w fecit A £v jXêTpai- -aTa F. VII, I. — 12 474 e LA RÉPUBLIQUE V 90 noir ont l'air martial, les enfants au teint blanc sont les enfants des dieux ; on parle aussi de teint de miel, expres- sion qui ne peut venir, n'est-ce pas? que d'un amant qui déguise un défaut sous un terme de louange et s'accommode facilement de la pâleur de l'objet aimé, pourvu qu'il soit en sa fleur*. En un mot, vous usez de tous les prétextes, et vous chantez sur tous les tons, pour ne laisser échapper aucun de ceux qui sont dans la fleur de l'âge. 475 a Si c'est sur moi, dit-il, que tu prétends décrire les amou- reux et leurs habitudes, j'y consens, dans l'intérêt de la discussion. Et ceux qui aiment le vin, repris-je, ne vois-tu pas qu'ils en usent de même et que tout prétexte leur est bon pour aimer n'importe quel vin ? C'est vrai. Pour parler aussi des ambitieux, tu remarques bien, je pense, que, s'ils ne peuvent commander en chef, ils commandent le tiers de leur tribu, et que, s'ils ne peuvent être honorés par les personnages puissants et révérés, ils se contentent de l'être par leurs inférieurs et par des gens sans conséquence, parce qu'ils sont avides de distinctions, quelles b qu'elles soient. Sans aucun doute. Réponds-moi maintenant oui ou non. Quand on dit de quelqu'un qu'il désire une chose, entend-on qu'il la désire dans sa totalité, ou qu'il en désire une partie, non l'autre ^ Qu'il la désire dans sa totalité, répondit-il. Ne dirons-nous pas aussi du philosophe qu'il désire de la sagesse non pas telle partie, à l'exclusion du reste, mais qu'il la désire toute ? C'est vrai. Si donc quelqu'un a de l'aversion pour les sciences, sur- tout s'il est jeune et ne sait pas encore discerner ce qui est c bon de ce qui ne l'est pas, nous ne dirons pas qu'il aime la science ni la philosophie, de même que, si un homme a de la répugnance à manger, nous ne dirons pas qu'il a faim, ni qu'il désire manger, ni qu'il est gourmand, mais qu'il est dégoûté. I. Ce passage a été souvent imité. Cf. Lucrèce IV, 1 160-1170 et Molière, Misanth. v. 711-780. go nOAITEIAS E 474 e ISsîv, Xeukoùç Se Secùv TiatSaç eîvau* tieXt^Xcopouc; Se Kal ToÔvo^ia oïei Tivèç aXXou Ttotruia Etvat f\ IpaaToO ûnoKopt- ^o(i£vou TE Kal EU)(Epcoc; (J)épovToç Tf]v à)(p6Tr|Ta, èàv ettI ûpa ?\ ; Kal svl \6>(a> Ttocaac; npocfxiaELÇ npocjjaat^EaBÉ te Il Kal TxàaoLc; ({>G>vàc; àr|, ETl' E^IOO XÉyELV TTEpl TÔV EpCÙTlKOV bxt oÔTO TtoLoOai, auY)(Cûpoù xoO Xdyou )(<4pLV. Tt 8É ; rjv B' è\à- toùç <|)i.Xolvou<; oô Ta aÔTà TaOTa TToioOvTaç ôpSç ; TràvTa oîvov ènl Tcdcarjc; npoc^éLaECùç àcnra- ^o^iÉvouç ; Kal ji&Xa. Kal ^f]v c|)LXoTtjiouç Y^j ^<ï Ey^f^*'-' KcBopSç Sti, &v ^if) aTpaTr|YÎl<7aL 8\3vcovTai, TpiTT\)ap)(oOaLv, kôiv ^if] ûiiè (jlel- ^évQv Kal CTEjivoTÉpcov | Ti^iScSaL, ÛT16 ajiiKpoTÉpcav Kal b <|)auXoTÉpcûv Tuiob^iEVOL àY°'Tt»^'-v, "ç bXcoç Ti^ii^ç etclBu- jir|Tal ovTEÇ. Ko^iiSfl jiÈv o8v. ToOto 8f) <^6lSi f[ \ii]' Spa ôv âcv tlvoç ETTi8u^r|TLK6v XéYoajiEv, TTavTbc; toO eïSouç to\3tou cj)/)ao^iEv ettiGu^ieîv, fj ToO jiÉv, ToO SE oÔ ; riavTéç, Er|. OUKOOV Kal t6v (|)LX6aO(J)OV a0<^i0Lq (|>f)O0^lEV ETTL9uHT]Tf|V EÎvai, oô Tfjç ^lÉv, TÎ)ç 8' o{f, àXXà TïdtaT^ç ; 'AXriefi. T8v ocpa TTEpl Ta I ^laSfujiaTa Sua)(EpatvovTa, &XXcù<; te C Kal vÉov 8vTa Kal ^if|TUQ X6yov l^ovTa tI te )(pT]aT6v Kal jii^, oô (j>f)aonEv LX6ao<|)ov EÎvai, ûScrnEp t6v TiEpl Ta aiTta Suc7)(£pf^ o^te tteivî^v <^a^iEV oÔt' ettl- Su^iEÎv aiTtcùv, oôSè <|)LX6aiTov, àXXà KaK6atTov Etvat. 2 {jLsX'.^Xtopouç in m. yp. A : [xeXaY/^Xwpouç codd. [jLsXi'ypouç secun- dum Plut. Il 8a : xe 5s F |j 5 Tipo^aastç Tiaaaç F [| 475 a 9 ys om. F || b 2 £7Ct6u;xYi-:aL : -xioi F || 5 8r] : 81 F || 9 cprjaotxev ao(ptaç F || C ï xe : 8s F II 3 çprfaoasv ... oioTcep om. F. 475 c LA RÉPUBLIQUE V 91 Et nous aurons raison de le dire. Mais si un homme est tout disposé à goûter à toutes les sciences, se porte volontiers à l'étude et y montre une ardeur insatiable, celui-là, n'aurons-nous pas raison de l'appeler philosophe ? Qu'en dis- tu ? d Et Glaucon répondit : A t'en tendre, Distinction jj g^^^.^^ beaucoup de gens, et des gens entre le philosophe ..-^ . ,. • ' j x " et le curieux. "^^^ smguliers, qui repondent a ce modèle ; il me semble en effet que tous les coureurs de spectacles sont de ceux-là par le plaisir qu'ils ont d'apprendre ; il y a aussi les amateurs d'auditions qu'il serait fort étrange de ranger parmi les philosophes, gens qui ne se dérangeraient pas volontiers pour entendre des discours et un entretien comme celui-ci, mais qui courent partout, comme s'ils avaient loué leurs oreilles, pour écouter tous les choeurs des Dionysies ' , sans en manquer un seul ni à la ville ni à la campagne. Est-ce que tous ces gens-là et tous ceux e qui s'appliquent à des futilités pareilles et à des arts infimes méritent, selon toi, le nom de philosophes ? Nullement, dis-je : ils n'en ont que l'apparence. XX Mais les vrais philosophes, demanda-t-il, qui sont-ils selon toi ? Ceux qui aiment à contempler la vérité, répondis-je. C'est fort bien, fit-il ; mais explique ta pensée. Ce ne serait pas du tout facile, dis-je, vis à vis d'un autre ; mais toi, je crois que tu m'accorderas ce point? Lequel ? 476 a Que le beau, étant le contraire du laid, ils sont deux. Sans contredit. Et puisqu'ils sont deux, que chacun d'eux est un. Je te l'accorde aussi. Il faut en dire autant du juste et de l'injuste, du bon et du mauvais et de toutes les idées ; chacune prise en soi I, Les Dionysies rurales se célébraient en Attique au mois de Poséidon (décembre) dans maints bourgs, comme Eleusis, Phlya, etc. Des prix étaient offerts par les différents dèmes, et des compa- gnies semblent s'être formées à Athènes pour voyager à travers le pays et prendre part à ces concours provinciaux. 91 nOAITEIAS E 475 c Kal ôpBcoc; ys T]aojiev. T6v 8è 8f) EvyjEpQq èSéXovraTiavTèc; ^aSrniaToç '^e-ôeoBoli Kal àa^iévcûç IttI xà ^lavSdcvEtv lovxa Kal àTtXi'|cn:cùc; l)^ovTa, toOtov 8' Iv 8lkt] r)ao^ev (|)LX6aoouç c})r)ao^iEV ; Oô8a^iCdç, ELTtov, àXX' ôjjiotouç ^èv <|)iXoa6<^)OL<;. 'XX Toi6<; 8è àXr|6ivot3ç, £c|>r), Tlvaç XéyEtç ; Toùç TÎ]ç aXr|9ELaç, r\v 8' èyo, (|)LXo8Eq, e., SiaLpoû, X^P^^ t^^^ ^^^ ^^^ ^^ eXeyeç cj)LXo6Eà^iovàç te ical cjjiXotéxvouç Kal npaKTiKoûç, Kttl X"P^Ç ^^ I "^^P^ ^v ^ ^<^Y°^» °^^ ^lôvouc; av tlc; ôpBcoç b TtpoaEiTTOL c|)tXoa6<^ou<;. ricoq, IqjT], XÉYEiç; 01 ^lÉV TTOU, fjv 8' EY», Cf>LXl^KOOL Kttl cc)vàç àaTidc^ovTaL Kal y^péoLq Kal a^i^lxaTa Kal TuàvTa Ta ek tôv toio\jtcov 8r]^ioupYo\3(JiEva, aÔToO Se toO KaXoO àôiivaToç aÙTcov f\ Stàvota Tf]V <|)\jaiv lSeîv te Kal étaTidaaaSai. "'Exei- Y*P o®^ ^^1 ^^^5 oÛTCûç. Oî Se 8f] ETu' aÔT6 t6 KaXôv SuvaTol levai te Kal ôpav KaB" aiuT6 apa ou OTiàvioi &v \ eÎev ; C Kal ^iàXa. 'O oSv KaXà ^Èv npocY^iaTa vojil^cov, aÙT6 ôè KocXXoq ^ir)TE vo^it^cûv tiif]TE, av tlc; i^yH'^^''- ^'"*'- '^^^ Y^"*^*-^ auToO Suvdc^Evoç InEaBat, ovap f\ ÎJTiap Sokeî aoi !^?\v ; Zkôttel 8é. T6 ôvEtpcûTTELv apa ou t<58e laTiv, eoivte ev îiTTvcp tlc; EikvT' EYpriY^P"^ '^^ o^aol6v tco ^if| b^OLOV, àXX' auTè iqY^l'^ot'- EÎvai & EOLKEV ; 'Eyoû Yo^v ^'^j ^ ^' ^Çî <|)aLr|v ôvELpcoTTELV t6v toloOtov. Tl 8e ; o TttvavTLa to\jtcùv f^Y^^t^^^*^*^ '^^ "^^ aÔT6 KaX6v Kal Suvdt^JiEvoç j KaBopSv Kal auT6 Kal Ta eke'lvou ^eté- d XOVTa, Kal oxÏTE Ta (lETÉxovTa auT6 oiJte aÔT6 Ta ^ete- XOVTa T^Y°^l*^^°Ç5 tÎTiap f) ovap aS Kal outoç Sokel aoi ^f]v ; Kal ^JiàXa, E(f)r|, tinap. 12 TTpaxTao'j; : 7:paux. F || b /j r.o'j F : roc A 1| 7 Trjv cpuatv : xc voùv WD2. 476 d LA RÉPUBLIQUE V gî La pensée de cet homme qui connaît mérite donc selon nous le nom de connaissance ; celle de l'autre, qui juge sur l'apparence, le nom d'opinion. Assurément. Mais si cet homme ' dont nous disons qu'il n'a que l'opi- nion, et non la connaissance, se fâchait contre nous et nous e contestait notre assertion, n'aurions-nous pas de quoi le cal- mer et le persuader doucement, sans lui laisser voir qu'il a l'esprit malade ? C'est notre devoir de le faire, dit-il. Eh bien, allons, cherche ce que nous pouvons répondre, ou bien veux-tu que nous lui posions des questions, l'assu- rant que, s'il sait quelque chose, nous n'en sommes pas jaloux, mais que nous serions heureux de trouver un homme qui sait quelque chose? Réponds-nous, lui demanderai-je : celui qui connaît, connaît- il quelque chose ou rien ? Réponds à sa place, toi. Je répondrai, dit-il, qu'il connaît quelque chose. Qui est ou qui n'est pas ? 477 a Qui est ; car le moyen de connaître quelque chose qui n'est pas ? Ainsi nous tenons pour certain, à quelque point de vue que nous nous placions, que ce qui est absolument est connaissable absolument, et que ce qui n'existe en aucune façon, n'est connaissable en aucune façon ? C'est très certain. Voilà qui est bien. Mais s'il y a des choses ainsi faites qu'elles sont à la fois et ne sont pas, ne tiendront-elles pas le milieu entre l'être pur et le non être absolu ? Elles le tiendront. b Si donc la connaissance se rapporte à l'être, et si l'igno- rance doit être rapportée au non être, il faut chercher pour ce milieu un milieu entre l'ignorance et la science, supposé qu'il existe quelque chose de semblable. .Assurément. Est-ce quelque chose que l'opinion ? Sans doute. I. Il se peut que Platon vise Antisthène, adversaire déclaré de la théorie des Idées. On connaît la passe d'armes qui eut lieu entre eux : « Je vois bien le cheval réel, Platon, mais je ne vois pas de 93 nOAITEIAS E 476 d OuKoOv ToiJTou \iàv xfjv SiÀvoiav <5>c; ytyvcidaKOVTOc; yvcibjiT^v âv ÔpBcoc; <|>aL^iev EÎvai, toO Se S6^av âiç BoB^àCovioq ; riàvu ^èv ouv. Tt ouv eàv iq^iîv )(aX£7Talvr| oÎÎtoc;, 8v (^a^EV So^A^elv, &Kk' oô YtyvcibaKEtv, Kal à^icf)La6r|Trj oc; oôk àXr|8f^ Xéyo^iEv ; f^o^iÉv Tt Tiapa^uBEÎaBaL | auTÔv Kal tte'lBelv f^pÉ(jia, etti- e KpoTïTà^iEvou Stl ou)^ uyiatvEL ; Ael yÉ TOI 8f), Ir|. "IBi 5/|, oKÔTiEi tI £poO[jiEv Ttp6<; auT6v f\ (Soi&Xei o8e TtuvBavto^iEBa rrap' auToO, XéyovTEÇ «ç, eï tl oÎSev, ouSeIç auTÔ <|>B6vo<;, àXX' aa^iEvot &v ïSouiev ElSÔTa tl. 'AXX' f\\jLÎ.v Elnè t68e' ô ytyvcbaKCûv ytyvoaKEt tI f) oôSév ; Zù oSv jiol ÛTTÈp EKELVOU àîTOKplvOU. 'AnoKpLvoO^iai, E(|)r|, Stl ytyvdbaKEi Tt. n6T£pov 8v î) ouK Sv ; "Ov rrSç yàp || âv (if) ov yé Tt yvcoa6Etr| ; 477 a MKavcùc; oSv toOto e^^o^ev, kSv eI TTXEOva)(î] aKortot^iEv, ÔTt t6 ^èv TTavTEXcàq 8v TTavTEXôç yvooaTÔv, ^f] 8v 8è ^ir|Sa^if] TïàvTr) ayvcdorov ; 'iKavoTaTa. EÎEV El Se Sf) Tt OÔTOÇ E)^Et ÔÇ EÎva't TE Kttl \xi] EÎvat, ou ^ETa^ù âv KÉOLTO ToO EtXtKptvcùç SvToç Kttl ToO au ^jir|Sa^f| BvToç , lyJETaëjU. OÔKoOv Et ETtl \iè.v t6 8vTt yvôatç f]v, àyvcoa'ta S' 1^ àvàyKfjc; ettI \xi] ovTt, Inl t^ jiETa£,iL) to\3tg) | ^ETa£,\!) Tt b Kal ^r|Tr)TÉov otyvotaç te Kal èntaTruiriç, Et Tt Tuy)(uKE, yvcûvau <5><; laxL x6 5v ; jiSXXov 8è oSé ^01 SokeÎ TipdxEpov otvayKaîov EÎvai SiEXéadai. XXI f)CTOtiEV I Suvéc^ELc; EÎvat yévoc; xl xôv ovxcov, c aîç 8f] Kal i^^ELÇ Suvà^iESa S Suvdc^iESa Kal âXXo irav 8 xl TTEp âv S\jvT]xaL, otov XÉycù oipiv Kal aKofjv xoùv SuvAjiecûv EÎvai, EL apa ^lavSàvtLÇ 8 (SotiXo^at XéyEiv x6 eTSoç. 'AXXà ^avSdvcù, Er|. ^Akouctov 8f] o ^loi <|)aLVExaL riEpl auxcov. Auvà^iEoç yàp lyà oÔXE XLvà)(p6av 6pG> oxiie. cr)(T]^ia oOxe xl xov xolouxov otov Kal aXXcûv ttoXXôv, Tipèç a àTToBXÉTicûv IvLa 8LOpL^otiaL Tiap' Ejiauxô xà \iàv aXXa EÎvaL, xà 8è aXXa* 8uvàjiEG>c; 8' I eIç ekelvo ^i6vov (iXÉnco i<^' S xe eoxl Kal o àîTEp- d yà^^ExaL, Kal xa\3xT] EK(4axT]v auxûv Suva^LV EKoXEaa, Kal xf]v ^èv ETil xô aôxô XExay^iÉvT^v Kal x6 auxo ànEpya^o- ^iévr|v xfjv auxfjv kocXô, xfjv 8' etiI éxÉpcû Kal EXEpov à-nEp- \aCo\JiavT\v aXXT]V. Tl 8è ctj ; ttwç holelç ; Oôxoç, £<|>T). AEOpo 8f] ttAXiv, î^v 8' Ey6, a> apLaxE. 'ETTLaxfj^rjv •néxEpov 8uvajilv XLva v Eppco^iEVEax(jioX6yeiç ^f] t6 aôxb eîvaL ETTLaTr|^T]v te Kal 86£,av. n&q yàp av, ic|)T), t6 yc àva^iApTTiTov tô \ki] àva^apTf|T9 TaÔTév TIOTÉ TLÇ VoOv E^CHV TiBeIt^ ', KaXôç, ^v 8' èya>, Kal SfjXov Stu ETEpov èTTtaxfi^T^ç S<^||^« 478 a ô^ioXoyEÎTai f\\ilyf. ''ETEpov. 'Ec})' ETÉpcp apa ET£p6v tl Suva(iÉVT^ EKaTÉpa aÔTcov TlÉq Nai. AéE,a SE, (|)atiÉv, So^a^Eiv ; Nat. *H TauT6v biiEp ETTtaTfniT^ yiyv6aKEi ; Kal laTat yvcoaTév TE Kal 8o£,aCTT6v t6 auT6 ; fj à8\3vaTov ; 'A8uvaTov, £cf>r), ek tcov cù^oXoyrmévcov EÏTiEp ett' aXXcû aXXr) 8t3va^iLÇ tiécjjukev, Suvoc^elç 8e à^cJjÔTEpat eotov, 86£,a TE j Kal ETtiaTf](Jir|, aXXr| 8è EKaTÉpa, &ç c|)a^EV, ek toi&tcov b 8if) ouK ly)(copEL yvcoaTÔv Kal 8o£,aaT6v TaÔTàv EÎvai. OuKoOv eI t6 8v yvcoaT6v, aXXo ti av 8o^aaT6v f| t6 8v EÏT^ ; "'AXXo. *Ap' oî5v t6 ^1^ 8v 8o^à^EL ; fj à8\3vaTov Kal 8oE,àaai t6 ^f] ov ; 'Evv^EL Bà. Oô)( ô So^di^cûv tni tl <^épEi tt^v S6£,av ; f^ oT6v TE a3 8o^éi^Eiv ^lév, 8o£,à^Etv 8è ^rjSÉv ; 'A8\ivaTov. 478 a 12 Yiyvwjxet : -siv F || b i oa'xev : èç- F || 2 tauTÔv... 3 ôoÇaaxôv cm. F || 4 et 5 el'r] ; aXXo : e,ïr\ yj àXXo F" || 6 SoÇàaat xo : 8. 478 b LA RÉPUBLIQUE V 96 Ainsi celui qui a une opinion l'a sur quelque chose ? Oui. Mais le non être n'est pas une chose, il n'est rien, à par- c 1er exactement. Assurément. Au non être nous avons dû rapporter l'ignorance, et à l'être la connaissance. Avec raison, dit- il. L'opinion ne s'applique donc ni à l'être, ni au non être. Non, en effet. Par conséquent l'opinion ne saurait être ni l'ignorance, ni la connaissance. 11 ne semble pas. Est-elle donc en dehors des deux et, surpasse- t-elle la connaissance en clarté ou l'ignorance en obscurité ^ ? Ni l'un ni l'autre. Mais alors, repris-je, l'opinion te semble plus obscure que la connaissance et plus lumineuse que l'ignorance ? De beaucoup, dit-il. d Elle est donc entre les deux ? Oui. L'opinion est donc quelque chose d'intermédiaire entre l'une et l'autre ? Certainement. N'avons-nous pas dit précédemment que, si nous trou- vions quelque chose qui fût à la fois et ne fût pas, cette chose tiendrait le milieu entre l'être pur et le non être absolu, et qu'elle ne serait l'objet ni de la science, ni de l'ignorance, mais d'une faculté qui apparaîtrait entre l'ignorance et la science ? Nous l'avons dit avec raison. Or nous venons de voir que cette faculté intermédiaire est ce que nous appelons l'opinion. Oui. I . La pleine signification de ces mots clarté, obscurité n'apparaît pas avant VI 5o8 sqq. : « Quand l'âme fixe ses regards sur un objet éclairé par la vérité et par l'être, aussitôt elle le conçoit, le connaît et paraît intelligente ; mais lorsqu'elle se tourne vers ce qui est mêlé d'ob- scurité, sur ce qui naît et périt, elle n'a plus que des opinions, elle voit trouble, elle varie et passe d'une extrémité à l'autre, et semble avoir perdu toute intelligence. » 96 IIOAITEIAS E 478 b 'AXX' Iv yé Tt 8o£,(4^;et ô 8o^A^;cov ; Nat. 'AXXà {Jif]v \jii] ov ye o'^X ^^ '^'•' *^^« (at^Sèv ôp86TaT' &v I TtpoaayopEiioLTo ; C riàvu ye. Mi^ 8vTL ^li^v ayvotav !£, àvdtyKrjç ànéSo^iEv, Svxi Se yvcoaLV ; 'Op8cùç; l(|>r|. OuK otpa 8v oô5è jjif) Sv 5oE,à^eL ; Ou ydcp. OÛTE âpa ayvoia oÔte yvcùatc; Sé^a âv eit] ; OÛK loLKEV. "Ap" ouv EKTÔç TouTcov ectIv, ûîTEpBalvouaa f\ yvûàaLV aa(f>r|VELa f) ayvotav àaac^Elcjc ; OuSÉTEpa. 'AXX' apa, f\v 8' âycù, yvcbaEcoç \ikv aoi atvETaL 86^a aKOTcoSÉaTEpov, àyvolaç 8è (|)av6TEpov ; Kal noXu yE, EC|)r). 'Evt6(; 8' 1 à(ji<|>oLv KEÎTai ; d Nal. MExa^ù apa &v EÏr| Totixoiv 86£,a. Ko^iL8rj ^jLÈv oQv. OÔKoOv £c|)a|jiEv Ev xoîç TipéaSEv, EL xu cj)avEtr| oTov é((ia 8v XE Kal ^f] ov, x6 xoloOxov ^ExaÊ^ù KEtaSai xoO eIXlkplvoûc; Svxoç XE Kal xoO Tràvxcoç ^f] ovxoç, Kal oÙxe ETiLaxfnjir|v oÔXE ayvoiav ett' aôxcp EaEaGat, àXXà x6 ^Exa^ù aS <|>avÈv àyvotaç Kal ETTLaxfnir|c; ; 'Op9ô<;. NOv 8É y£ TTÉ(j)avxat ^cxa^O xoi&xoiv 8 8f) kocXoO^ev 86£,av ; nÉ(|>avxai. C II ffaçrjveioc : aaç^' sTvac F || i4 çavdxepov : oavepoixepov F [6 èvTOç : évôç F. 478 e LA RÉPUBLIQUE V 97 e XXII II nous reste à trouver, ce ^'^^M semble, ce qui participe à la fois de l'être et du non être, et qui n'est, à proprement parler, ni l'être ni le non être purs. Si nous le découvrons, nous le tiendrons à juste titre pour l'objet de l'opinion, et nous assignerons les extrêmes aux facultés extrêmes et l'intermédiaire à la faculté intermédiaire. N'est- ce pas ce qu'il faut faire ? Si. Ceci posé, qu'il parle, dirai-je, qu'il réponde, ce brave 479 a contradicteur qui ne croit pas qu'il existe quelque chose de beau en soi, ni aucune idée du beau absolu toujours identi- ' que à elle-même, et qui ne reconnaît que la foule des belles choses^ cet amateur de spectacles qui ne peut souffrir qu'on lui parle de la beauté et de la justice uniques et des autres réalités semblables. Voyons, mon brave, lui dirai-je ; dans le grand nombre de ces belles choses, y en a-t-il une qui n'ait pas un côté laid, et parmi les choses justes, une qui n'ait pas un côté injuste, et parmi les choses saintes une qui n'ait son côté impie, et ainsi des autres ? Non, répondit-il, les choses belles paraissent elles-mêmes b forcément laides sous quelque rapport, et ainsi de toutes celles dont tu parles. Et les quantités doubles ne peuvent-elles pas être consi- dérées comme des moitiés aussi bien que comme des dou- bles .3 Si. Et les choses grandes ou petites, légères ou pesantes méritent-elles plutôt ces qualifications que nous leur donnons que les qualifications contraires ? Non, dit-il, car chacune tiendra toujours des deux à la fois. Et chacune de ces choses nombreuses est-elle plutôt qu'elle n'est pas ce qu'on dit qu'elle est ? Elles ressemblent, dit-il, à ces propos à double sens qu'on c tient à table, et à l'énigme enfantine de l'eunuque* qui frappe la chauve-souris, où l'on donne à deviner avec quoi et sur quoi il l'a frappée ; car ces choses aussi peuvent être prises en deux sens, et l'on ne peut les concevoir avec certi- I . Voici rénigme : alvoç -iç è 97 nOAITEIAS E 478 e XXII 'EkeÎVO I 8f) XeItIOLt' Sv fj^îV EÛpSÎV, OÇ EOLKE, e t6 à^q)0TÉpOV ^lETÉ^OV, ToO EÎvat TE Kal \JLf\ EÎvai, Kal ouSÉTEpov eIXlkplvèç ôpScûç &v TTpoaaYopEu6^Evov, XvoL, èàv avf], SoE,acn:6v aÔT6 EÎvai Iv SIkt] TrpoaayopEOo^Ev, toÎç ^lÈv aKpoiç Ta otKpa, toÎç 8è jiETaE^ù Ta ^ETa^ù àTToSt- SévTEç* f^ ou)( oîÎTCùc; ; OSto. TotiTOaV 8i^ ÔTTOKEmÉVCDV XEyÉTCO (JlOl, <|)r|CTCÛ, Kal àîTO- KpLvÉaOo 11 § )^pr|aT6ç Se; auTè jièv KaX6v Kal ISéav tlvA 479 a auToO KàXXouç ^r|8E^lav f^yELTaL otEl ^èv KaTà TauTà àaaÙTGiç l^ouaav, TioXXà 8è Ta KotXà vo^i^Ei, ekeÎvoç ô (jjlXoBeA^ov Kal oô8ajif^ àvE)(6^EV0c; av tic; ev t6 K(xX6v <^f\ EÎvat Kal SlKatov Kal TâXXa oîjtco. ce Toûtcùv yàp 6t], S SpLOTE, (jjifjao^jLEV, tôv tioXXûv KaXâv \xav ti laTLV 8 ouk alcT^èv (|}avf]a£TaL ; Kal tôv SiKaCcov, o oôk a8iKov ; Kal Tcov ôatov, o OUK àv6aiov ; » OÔK, àXX' àvàyKr|, E(|)r|, Kal KaXdc ttoc; auTà | Kal ala)(pà b T], EKaaTOV à(IC|>OT£pC0V ££,ETat. n^TEpOV o3v loTl ^O^XoV f) OÔK ECTIV EKaaTOV T«V ttoXXqv toOto 8 fiv TLc; 6TEpa oôte ouSéxEpov. ''E)(ELÇ oxjv auToîç, f]v 8' ly^, 8 ti \pr\azi, f\ Snoi BfjaEiç KaXXlcû 6Éaiv tî^ç ^lETa^iù oôataç te Kal toO ^i] EÎvai ; oxiiE yàp Tiou aKOTCûSÉoTEpa ^i] Svtoç Ttp^ç Tè (lâXXov jif| EÎva^ ç eoikev, Stu Ta tôv noXXôv noXXà v6^inia KoXoO TE TTÉpi Kal TCùv ciXXcov ^ETaEjU TTou kuXlv- ÔELTaL ToO TE ^if) SvTOÇ Kal ToO SvTOÇ ElXlKpiVÔÇ. HÔp/)KajlEV. npocojioXoyf)aa^EV 8é yE, eï tl toloOtov avElr), So^a- ot6v auTo, àXX' oô yvcoaT^v 8elv XéyEaBat, tÎ] ^ETa^{) 8uv(JniEi t6 ^ETaE,ù TrXavr|T6v àXiaKÔ^iEvov. 'O^oXoyfjKa^iEv. Toùç apa TtoXXà KaXà BEo^iÉvouq, \ aÔT6 8è ib KaX6v jifj e èpôvTaç ^rjS' aXXco ett' aÔT6 ayovTi Suva^iÉvouç ETtEaSai, KaU-noXXà SUaia, auT6 8è t6 8tKaLov ^if), Kal TiàvTa oôtcû, 8o£,f]ao^ev STiavTa, yiyvoaKELV 8è Sv 8o£,<&^ouaiv ou8év. 'AvdyKf), E<^>r|. Tt 8è a3 Toix; aÔTà EKaaTa Becù^évouc; Kal aEl KaTà TaÔTà àaaÔTcoç 8vTa ; &p' oô yiyvoaKEiv, àXX' oô 8oE,à^£iv ; 'AvàyKT] Kal TaOTa. OÔKoOv Kal àcmd^EaSat te Kal (J)iXeîv toi&tou<; ^èv TaOTa ' oTç yvooatç laTiv, ekeivouç | 8è e' otç 86E,a ; 480a f) ou ^VT]^iovEÙojiEV Sti aLveTai, eÎtuov ejioI yoOv Ixt Sokel Sv PeXtiôvcùc; <|)avî^vai EL TTEpl TotiTou ^6vou eSel pr|8f]vaL, Kal ^f] TToXXà Ta XoiTtà SleXBeîv ^éXXovtl Kaiôy^zaQoLi tl StacpÉpEt | (itoç b SUaioç ocSIkou. Tt oSv, Ec^jT], Tè ^lExà toOto f)tiîv ; Tl 8' ôtXXo, f^v 8' èyo, f( t6 âE^f^ç ; ETTEi8f] <|>LX6ao(|>oi jiÈO ol ToO àei Kaxà Taôxà àaaÙTox; e)(ovto<; SuvdcjiEvoi E<|)r), ou 8f^Xov ; *H oQv 8oT^ç eIç t6 àXrjSÉaraTov aTioBXénovTEÇ KàKctaE àsl àva(|)ÉpovTÉç te Kal 8e<î>^ji£vol àq oXôv te aKpiBÉaTaTa, oOtco Bt\ Kal I Ta evGoiSe v6^ma KaXôv te nÉpt Kal SiKatcov d Kal àyaGôv TtSEaôai te, èàv Bkr\ TlSEaSai, Kal tA KEtjiEva iL)XaKaç aTrja6^iE9a, f\ toùç èyyfcù- K^Tac; jièv EKaaTov t6 8v, E^TtEipta 8è ^irjSèv ekeIvcov eXXeI- TiovTaç ^r|S' Iv aXXcp ^it]SevI fciÉpEt àpETi^c; ôcTEpoOvTaç ; "Atotcov ^aevt&v, £<|>r), EÏrj ôcXXouç alpEtaBai., eï yE TâXXa ^f) âXXElTioLvto' T0\JT9 yàp aÔTÔ o^^eSov tl tô jiEytaTcp âv Tïp0É)(0LEV. il OÙKoOv toOto 8f| Xéyoû^EV, Ttva TpoTTov oîot t' eaovTat 485a oî aÔTol KaKEÎva Kal TaOTa e)^elv ; riàvu ^lÈv oSv. "O TÎolvUV àp)^6^iEV0L TOUTOU ToO X6yOU èXÉyO^lEV, Tf)V <|>t3alv aÔTÔv npÔTov 8eÎ KaTa^iaBEÎv Kal ot^iaL, èàv ekeIvtjv iKavoûÇ ô^ioXoyfjaco^EV, ôjioXoyrjaELV Kal Stl oîol te TaOTa E)(ELV ol aÔTol, bii TE oôk àXXouç tt^Xecov iqyE^iévaç 8Et EÎvat î^ TotiTouç ; naç; II ToOto ^lèv 8f] TÔv (^LXoa6<|)(ov <|>t3aE\io- XoyfioBo i^t^îv, oTt na6r)jiaT6<; yE aEl | âpcoaiv S âv auToIç b 8r|Xoî EKElvr|<; tî^ç oôalaç tî^ç àeI ovfaT^c; Kal \xy\ TtXavcd- jiÉvrjc; Û7t6 yEvÉCTEoç Kal <^QopoLç. 'n^oXoyrjaScû. Kal jif|v, fjv S' Eydû, Kal hii Tràarjç aÙTfjç, Kal oOte a^itKpoO o^Ite jjleI^ovoç o^^te TniicoTÉpou ovJte aTL^OTÉpOU ^lÉpOUÇ Ek6vTEÇ àcJ)LEVTaL, ÔSoTIEp EV TOtÇ Ttp6a9EV TIEpt TE T©V <{>lX0Ti^CÙV Kal èpCOTLKCdV 8lf)X8otlEV. d 9 TOUTw yàp auTto : touto yàp auTÔ F || 485 a 5 oeï F : ôeiv A II èàv : el' Tt èàv F II b 2 èxetvr,v 5r,Àot Tr,v ouaiav Them. 485 b LA RÉPUBLIQUE VI io3 Tu as raison, dit-il. Après cette qualité, en voici une autre ; vois s'il n'est pas nécessaire qu'on la trouve aussi dans le caractère de ceux c qui doivent être tels que nous avons dit. Laquelle ? La sincérité et la volonté de n'admettre jamais sciem- ment le mensonge * , mais de le détester et de chérir la vérité. C'est naturel, dit-il. Il n'est pas seulement naturel, ami, il est absolument néces- saire que l'homme à qui la nature a donné le caractère amou- reux chérisse tout ce qui est parent ou ami de l'objet aimé. C'est juste, dit-il. Eh bien, peut-on trouver quelque chose de plus étroitement lié à la science que la vérité ? Impossible, dit-il. Or se peut-il que le même esprit aime à la fois la science d et le mensonge ? Pas du tout. Par conséquent celui qui aime réellement la science doit dès ses premières années poursuivre de toutes ses forces la vérité tout entière. Absolument. Mais quand les désirs se portent violemment vers un seul objet, nous savons, n'est-ce pas ? qu'ils ont moins de force pour tout le reste, le torrent se trouvant détourné dans cette seule direction. Sans doute. Dès lors celui dont les désirs se sont portés vers les sciences et tout objet similaire ne cherche que le plaisir de l'âme seule, et il laisse de côté les plaisirs du corps, s'il n'est pas un philosophe simulé, mais un philosophe véritable. e Cela est de toute néccessité. Un tel homme sera tempérant et sans cupidité aucune ; car les raisons pour lesquelles on recherche la richesse et la magnificence font qu'il est le dernier à qui convienne une telle recherche. I . Le mensonge doit être pris dans son sens strictement platoni- cien d'ignorance. L'homme d'État qui ne connaît pas l'idéal est un menteur ; mais celui qui trompe les citoyens en falsifiant les tirages au sort pour les mariages n'est pas un menteur. io3 nOAITEIAS ç 485 b 'OpSôç, £<}>»!, XéyELc;. T68e Tolvuv ^lexà toOto aK6TiEt, eI àydcyK^l ^X^"-^ npbq TOUT© EV Xf] CJJUQEL OÎ &V ^ÉXXcoatV | EGECTSau otoUÇ eXÉ- C YO^EV. T6 TToîov ; Tf]v àijjEtjSEiav Kal t6 EKévxac; EÎvat (jir|8a^iT] TtpoaSÉ- XeaGai t6 i|;e08oç, àXXà ^iiaEtv, Tf|v S' àXf)8Eiav CTTÉpyEtv. EIk6c; y', ê<î>n. Ou \i6vov ys, ûû <ï>tXE, eIk6ç, àXXà Kal TrSaa àvdcyKT] t6v EpCOTLKQÇ TOU (^VOEl Sy^OVICL TïSv TO £,UyyEVÉÇ TE Kttl oIkeIoV Tov TTatSLKCûv àyanav. 'Op86ùç, lc|)T]. ^H oSv olKEiéTEpov Go^ioL Tt âXT^BEiaç &v Eupoiç ; Kal Tioùç ; f] ô' 8c. *H o8v Suvaxàv Elvai Tf]v auTf]v cpùatv <|>LX6ao<|)6v te Kal I (|}LXoipEuSf] ; d OuSa^iûùç yE. T6v apa Tcp ovTt (|)iXo^ia9f| Tràar|c; àXr|9Eta<; Sel eô6{)(; ek VEou Sti ^loXiGTa ôpÉyEaBat ; riavTEXôç yE. 'AXXà ^f]v OTG) yE eIç ev ti al èmSu^itat a<^6Bpa ^énou- aiv, Xa\iEv TTou Stl eIç ToXXa toûto àaSEvéaTEpat, ôonEp ^EOjia èKEÎaE àTTCP)(ETEU^lEVOV. Tl nr|v ; *Ol Sf) TTpèç Ta ^laBr^iaTa Kal Trâv Tb toloOtov êppurjKa- atv, TTEpl Tf]v TT\q ^\)V)(?\q, oî^at, fj8ovf]v auTfîç Ka9' auTTjv eTev av, Tàç Se 8ià toO aco^aToç ekXeltiolev, eI jif] TiETiXa- a^Évcoç, àXX' àXT]9coç pcùv \jii\v 8 yE toioOtoç Kal oô8a^if] iXo)(pt'uiaToc;' Sv yàp EVEKa xprmaTa ^etA ttoXXî^c; 8aTtàvr|ç cmou8à^ETai, &XXcù TLVI ^iSXXoV f] TOÙTCp npOCTTIKEt OTÏOuSà^ELV. c I cXéyojxev : Xéy. F jj 1 1 av àX^ôetaç F || d 8 à-ojy(^6xe'j;j.£vov • à7:o/eT£udu.£vai F |j 12 sTsv : £:: iv F || e 5 rpoarfxs'. om. F. 485 e LA RÉPUBLIQUE VI lo/i C'est bien cela. Voici encore un autre point qu'il faut examiner, si l'on 486 a veut discerner les natures philosophiques de celles qui ne le sont pas. Lequel ? C'est que l'âme ne recèle en elle aucune bassesse, la petitesse d'esprit étant incompatible aVec une âme qui doit tendre sans cesse à embrasser l'ensemble et l'universalité des choses divines et humaines * . Rien de plus vrai, dit-il. Mais quand on est doué d'un esprit sublime et que l'on contemple l'ensemble des temps et l'ensemble des êtres, crois- tu qu'on puisse regarder la vie humaine comme une chose de grande importance ? Impossible, dit-il. b Un tel homme ne regardera donc pas la mort comme une chose à craindre ? Pas du tout. Un naturel lâche et bas ne saurait donc, semble-t-il, avoir part à la vraie philosophie ? Non, à ce qu'il me semble. Mais si l'on est réglé, exempt de cupidité, de bassesse, de vanité, de lâcheté, est-il possible qu'on soit difficile à vivre ou injuste? Non. Quand donc tu voudras discerner l'âme philosophique de celle qui ne l'est pas, tu prendras garde si dès les premières années elle est juste et douce, ou insociable et sauvage. Oui. c Tu ne négligeras pas non plus ceci, je pense ? Quoi? Si elle a de la facilité ou de la difficulté à apprendre. Peut-on s'attendre en effet que jamais un homme prenne sérieusement goût à une étude qui l'ennuie et où il avance peu en dépit de ses efforts ? I. Platon a dit de même dans le Théétete 178 e, en parlant du philosophe : « Sa pensée, pour qui tout cela n'est que mesquinerie et néant, dont elle ne tient compte, promène partout son vol, comme dit Pindare, « sondant les abîmes de la terre », et mesurant ses étendues, etc. » (trad. Diès). io4 nOAITEIAS 7 485 e Kal \i-f]v TTOu Kal t68e SeÎ aKOTTEÎv, Sxav Kptveiv | ^iéXXt^c; 486 a <|)6aiv <|>LX6ao(|)6v te Kal ^Jif). T6 -noLov ; Mi^ OE Xà8r| ^iET£)(ouaa àvEXEuSEptaç* EvavTLdûxaTov yàp Tiou a^iLKpoXoyta ipu)(^f| jiEXXoi&ar| toO oXou Kal TiavTèç âeI £TiopÉ£,Ea9aL SeIou te Kal àvSpcûTrtvou. 'AXT]6ÉaTaTa, £<|>T]. *Hl ouv lÔTiàp^Et Stavotoc jAEyaXoTTpÉTïEia Kal GECopta •navTÔc; ^èv )(p6vou, Tiôcarjc; Se oûataç, oT6v te oïei toùtcû (léya TL SoKEÎv EÎvat t6v àvSpûbTTivov (ilov ; 'ASùvaTov, r\ 8' 8ç. OÔKoOv I Kal SàvaTov ou 8elv6v tl iqyrjaETat ô toloOtoç; b "HKtaToc yE. AelXî^ Sf| Kal àvEXEu8Ép9 (|>t3aEi <|>iXoao(|>tac; àXr|9Lvî^<;, ôç EOIKEV, OÔK âv ^ETEIt]. OÔ JIOL SOKEL. Tt oSv ; ô KÔa^iLoc; Kal ^f) q)uXo5(prnjiaTO(; jit^S' àveXeuSepoc; ^T^S' àXa^àv \iT\Bè 8eiX6c; laS' 8Trr| âv 8uct^ijji6oXoc; f) aSiKoc; yÉvoiTo ; OÔK ECTTUV. Kal toOto 8f| vj^^xV o"KOTTûàv <|>LX6ao(|>ov Kal \ii\ eôSùç VÉCU SvToç ETTiaKÉvpEL, eI Spa 8iKataTE Kal f\\iEpoq f\ 8uaK0L- vci>vr|Toc; Kal àypla. riàvu ^xÈv oCv. Oô \ii]v ouSÈ t68e TTapaXElil^Eiç, ] â>ç èySfiai. C To TToîov ; Eutia9f]c; f\ 8ua^a9f]c;- f] rxpoaBoK&q ttoté tlvA tl iKavttc; âv aT£pE,aL 8 npocTTcov &v àXyov te mpàTTot Kal ^i^yuç a^LKp6v àvtiTOûv ; 486 a 4 |J-T) : [ATjye F || 8 7] ... Stavota tx£yaXo;:p£7t£ta codd, : w ... Ôtavoi'aç |x. W^ (cui cogitationis adest magnijîcentia Ficinus) ai ... otàvota |jL£YaXo7:c£::r,$ Antonini T fj ... 8:avota |JL£YaXo;:p£;;^ Antonini A || b 3 8t) : 8È F II 4 [X£X£ir) : jxETi^et F || 7 8uaÇu|j.6oXoç : -CouXoç F || c 5 <3[xi- xoôv : uL'.x- F. 486 c LA. RÉPUBLIQUE VI io5 Cela n'est pas possible. Et, s'il ne peut rien retenir de ce qu'il apprend, s'il oublie tout, est-il possible que son âme ne reste pas vide de science ? Le moyen qu'il en soit autrement ? S'il travaille sans profit, ne crois-tu pas qu'il finira forcé- ment par se dépiter et par prendre en dégoût l'objet de son étude ? d Comment en serait- il autrement? Ainsi nous n'admettrons par une âme dénuée de mémoire au rang des âmes vraiment philosophiques ; nous la voulons douée d'une bonne mémoire. Certainement. Mais on peut affirmer qu'une âme sans culture et sans grâce est naturellement portée à manquer de mesure. Sans doute. Or la vérité est-elle, selon toi, parente de la mesure ou du contraire ? De la mesure * . Il faut donc chercher un esprit qui joigne naturellement e aux autres qualités la mesure et la grâce, et qui se laisse guider spontanément vers l'essence de chaque chose. Sans doute. Mais peut-être trouves-tu que toutes les qualités que nous avons dénombrées ne sont pas nécessaires ni étroitement liées les unes aux autres dans une âme qui doit atteindre à la pleine et parfaite connaissance de l'être ? Elles y sont au contraire tout à fait nécessaires. 487 a Dès lors pourrais-tu blâmer par quelque endroit une profession qu'on ne peut bien exercer, si l'on n'est pas naturellement doué de mémoire, de facilité à apprendre, de grandeur d'âme, de grâce, et si l'on n'est ami et allié de la vérité, de la justice, de la bravoure, de la tempérance ? Momos lui-même, dit-il, n'y trouverait rien à blâmer. Eh bien, repris-je, n'est-ce pas à des hommes semblables, perfectionnés par l'éducation et l'expérience, et à eux seuls, que tu voudrais confier l'État? I. Sur le rapport profond qu'il y a, dans la doctrine platonicienne entre la vérité et la mesure, voir Philebe 64 e-65 a et les appen- dices E et F dans l'édition du Philebe de R. G. Bury, Cambridge, 1897. io5 nOAITEIAS 7 486 c OÔK âv yévoiTo. Tt 8', eI ^irjSèv ov ^làBot aàl^iv SOvaiTo, Xf|8T]c; «v nXéoç ; Sp' âv oT6ç t' eÏT^ ETuiOTruiT^ç jif) kev6ç Etvai ; Kal TTÔç ; 'Av6vr|Ta 8i^ ttovSv oôk, oïei, àvaYKaaS/jaETat teXeutôv aÛTdv TE jiiaEÎv Kal Tf]v ToiaÙTT]v TTpa^iv ; n&q I 8' o{J ; d *ETTiXf)ajiova Spa vpux^^ ^^ xaîç ÎKavwç <|)iXoa6<^OL<; jif) TTOTE EyKplvCO(IEV, àXXà JlVrj^OVlKf] V aÔTfjV ^T]Tcà^lEV 8eÎv EÎVttL. riavTàTTaat jièv oîv. 'AXX' ou \Jii]v là \E xfjç àmoiiaou te Kal àa^^/uiovoç <|>t3aEC0ç àXXoaé Tioi av \ov TtapÉ^Et. e ns><; 8' oô ; T'i oSv ; ^T] Tir\ 8okoO^£v qol oôk àvayKaia EKaaTa 8leXt]- XuGÉvai Kal é-né^iEva àXXt]Xotç tt] ^eXXoôoti toO 8vtoç iKavôç TE Kal teXécoç 4^^XTi tiE'^oiXf)i|jEa8ai ; 'AvayKatdTttTa \iàv \\ oSv, E<|>r|. 487 a ''EaTLv oSv 8tit] jiÉ^ipEi touoOtov ETTiTr|8EU^ia S ^if) tiot' av TLÇ oî6ç TE yÉvoiTo iKavcûc; £TiLTr)8£0aaL, eI ^if) (|>ùaEt eit] ^Avr^icov, EÔ^a9/)<;, jiEyaXonpETti'iç, eôx^P'-Çi c|>lXoc; te Kal ^uyyEvfjÇ àXrjBELaç, 8iKaioonivr)ç, àv8pEtac;, aco(|)poauvT]Ç ; OuS' âv o Mcû^oç, E<|>r|, i6 yE toloOtov jiÉ^ipaiTO. 'AXX', ?]v 8' èyob, TEXELcoBEiat toîç toloutolç TiaL8£la te Kal fjXiKla Spa oô ji6volç âv Tf]v ti6Xiv IrxiTpÉTTOLÇ ; 7 TzXitoç : àvajzXeio; F || lo àvovr,Ta F: àvdr)-:a A. sed in m. yp. àvdvriTa I| d 3 l-jv.piv(ojjL£v : eux. F || 7 çaîjiev : çajjiev F || 9 £a|jLeTpta cm. F 11 487 a 4 te : ôè F. 487 b LA. RÉPUBLIQUE VI io6 b III Alors Adimante intervint : On Objection défait: ne saurait, Socrate, rien opposer à tes ™/ t^^^?i,^^^ raisons ; pourtant veux-tu connaître sont incapables • ^ n de servir l'État. ^ impression réelle que tu fais sur tes auditeurs, chaque fois que tu exposes cette opinion ? Ils s'imaginent que, faute de savoir question- ner et répondre, la discussion les entraîne à chaque question un peu plus loin de la vérité et qu'à la fin de l'entretien ces petits écarts accumulés font apparaître une erreur énorme, tout opposée à leur premier sentiment. Et de même qu'au trictrac les joueurs inexpérimentés finissent par être bloqués par les joueurs habiles et ne peuvent plus bouger leurs c pièces, de même tes auditeurs finissent aussi par être bloqués et réduits au silence par cette espèce de trictrac qui se joue non avec des pions, mais avec des raisonnements, sans qu'au reste la vérité gagne rien à cette méthode. Et cette remarque, c'est le cas présent qui me la suggère ; ici en effet on pour- rait te répondre que, si le raisonnement ne fournit pas de quoi riposter à chacune de tes questions, en fait on voit bien d que tous ceux qui s'adonnent à la philosophie, et qui, au lieu de s'y livrer seulement dans leur jeunesse pour complé- ter leur éducation, et de l'abandonner ensuite, s'y attardent trop longtemps, deviennent pour la plupart des êtres tout à fait bizarres*, pour ne pas dire tout à fait pervers, et que ceux qui paraissent les plus raisonnables ne retirent de cette étude qui te semble si louable d'autre fruit que l'incapacité à servir l'Etat. Ayant entendu son objection, je repris : Eh bien, penses- tu que ceux qui parlent ainsi ne disent pas la vérité ? Je n'en sais rien, répondit-il ; mais j'aimerais entendre ce que tu en penses toi-même. e Ce que j'en pense, c'est qu'ils disent la vérité. Mais alors, dit-il, sur quel fondement peut-on prétendre que les États ne verront la fin de leurs maux que quand ils seront gouvernés par les philosophes, lesquels, nous venons de le reconnaître, y sont impropres à tout emploi ? I . Cf. dans le Gorgias 485 c/d la thèse de Calliclès : a Chez un tout jeune homme, je goûte fort la philosophie... Mais devant un homme âgé que je vois continuer à philosopher sans s'arrêter jamais, je me dis, Socrate, que celui-là mériterait d'être fouetté » (trad. A. Croiset). io6 nOAITEIAS Ç 487 a III Kal S 'ASct^avToc;' "'Cl ZcûKpaxEÇ, ec(>r), TTpôç ^lèv 1 TaOxà aoi oùSelc; &v oîéç t' Eir| àvTELTTetv àXXà yocp b ToiévSE Ti Tiàa)(^ouaiv ot àKouovTEÇ IkActote s vCv XÉyEic;* fjyoOvTai Bi àriEiptav toO EpcùTSv Kal àîToicptveaSaL ûtt6 ToO Xéyou Ttap' EÉpoaLV, oOtcù Kal acjJEÎc; TeXeUXÔVTEÇ 1 àTTOKXEtEoSaL Kal OÔK E)(EIV 8 Tt XÉyCOOLV ÛTï6 c TïETTElac; a8 xaiiTrjc; tiv6<; Ixépaç, oôk ev ipf|oi<;, àXX' ev Xéyoïc;* etieI t6 yE àXrjBèç oôSév ti jiolXXov Tat&Tr| e)(eiv. AÉyo 8' eIç Tè Tiap6v àTXoSXEijjaç* vOv yàp LXoao<|>tav ôp^f)aavTEÇ ^f) ToO nETtatSECaSat | IvEKa àipdc^iEvoi vÉoi Bvteç àrraX- d XàTTcovxaL, àXXà ^laKpéxEpov EvStaTptipcûaiv, toùç ^èv tiXeIotouc; KalTiàvu àXXoKéTouç yLyvo^iÉvouç, Xva. \x^ Tia^TTO- vfjpOUÇ ELTtOJlEV, TOÙÇ S' ETTLELKEaxàTOUÇ SoKoOvTaÇ h\l(ÙÇ toOt6 yE ÔTt6 ToO ETtiTT^SEÙ^aToç oS au ETiaivEÎç TiàoxovTaç, àxpfjOTouc; Taîç Ti6XEaL yLyvo^évouç. Kal lyob àKoiiaac;* Oïei oQv, eÎtiov, toùç xaCxa XéyovTaç v|;EtL)SEa6ai ; OuK otSa, T\ 8' îJç, àXXà t6 aol 8okoOv i^ôécùc; âv &KOt3oi(Il. I 'AKoiioLÇ Sv bTt IjioiyE cjjalvovTat TàXr|6f^ XÉyEiv. e ricoc; oSv, £<|)r|, eQ e)^el XéyEiv 8ti oô TTp6T£pov KaKcov •nat&aovTai al ti^Xeiç, nplv &v ev aÔTaîc; ot c|)LX6ao<|)ot ap^coaiv, oOc; à)^pf]aTouç êjioXoyoO^EV aÙTaîç Etvat ; b 2 « om. F s. u. add. [J 4 'apaydtxevot D : TzapaysvdtJL. A (in m. -apaydp..) F || 5 àÔpotaÔsvTwv : àO. Ô£ F^ || jAsya F : {xsTà A || 8 çipwaiv Vindob. E : çipouatv codd. |I C i Xsywatv W : -youatv A (sed ou in ras.) F || 3 TauTT] F : -Tr,v A jl 4"^^'; : Tt F [| d i ot-aXXaTXwvxat : -ovxat F 11 4 Se post 0[i.(mç F || e 3 ^auaovTa: : o ex w fecit A. VIL I. — i4 487 e LA RÉPUBLIQUE VI 107 A la question que lu me fais, dis-je, je ne puis répondre que par une comparaison. Ce n'est pourtant pas, ce me semble, ton habitude, dit-il, de parler par comparaisons. IV Bien, dis-je, tu me railles après La faute^ m'avoir jeté sur une question si difficile ,00 en est à VEtat ^ j^ . a-' • ' m. ^88 a „. „,„,,-,;^^ „^^ a démontrer. INeanmoms écoute ma qui n utilise pas le philosophe comparaison, et tu verras encore mieux combien j'ai de peine à former mes comparaisons. Le traitement que les États infligent aux hommes les plus sages est si fâcheux qu'il n'y a pas un seul être au monde ainsi traité, et que, pour en composer une image qui serve à les justifier, il faut que j'en assemble les traits d'objets divers, comme font les peintres, quand ils représentent, en mêlant les espèces, des animaux moitié boucs et moitié cerfs et d'autres monstres du même genre. Ima- gine-toi donc une scène comme celle-ci sur une flotte ou sur un vaisseau unique : un patron plus grand et plus fort que b tout le reste de l'équipage, mais un peu sourd et qui a la \ue basse et des connaissances nautiques aussi courtes que sa vue*, puis des matelots en discorde qui se disputent le gou- vernail, chacun prétendant que c'est à lui de le tenir, bien qu'il n'ait jamais appris l'art du pilote et qu'il ne puisse indiquer sous quel maître et dans quel temps il l'a étudié, qui vont même jusqu'à déclarer que ce n'est pas un art qu'on puisse apprendre et sont prêts à mettre en pièces qui- c conque oserait avancer qu'on peut l'enseigner. Pour eux, ils se pressent toujours autour du patron, le priant, l'obsédant de toutes manières pour qu'il leur confie le gouvernail ; et il arrive, s'ils ne parviennent pas à le gagner, et que d'autres y réussissent, qu'ils les tuent ou les jettent par-dessus bord. Quant au brave patron, ils l'entravent au moyen de la man- dragore, de l'ivresse ou de tout autre expédient ; après quoi, maîtres du vaisseau, ils font main basse sur la cargaison, se gorgent de \nn et de bonne chère, et naviguent comme peuvent naviguer de pareils marins. En outre ils comblent d'éloges et d traitent de grands marins, d'habiles pilotes, de maîtres en l'art I . Ce patron fait songer au bonhomme Peuple dans les Chevaliers d'Aristophane. I07 nOAITEIA^ 7 487 e 'EpcoTSç, ^v 8' èycù, IpooTruia 8e6^evov ànoKptaEcoç Bi EiKévoç XEyo^Évrjç. Zv) 8é yE, l4>r|, otjiat, ouk EÎcùSaç 8l' eIk6vcùv XéyEiv. IV EÎEV, eTttov aKQTTTELc; E^iBEÔXriKQç ^lE ELÇ X6yov oîÎTCo SuaanéSEiKTov. "Akoue S' o3v Tfjç elk6voç, Xv' || etl 488 a ^otXXov L8r|<; oç yXla^pcoç ElKà^o. Oôtco yàp )(aXETi6v t6 Tià8oc; Tcov èniEiKECTTdcTcov, 8 Tipbq Tàç tt6Xeiç TTETT6v6aaiv, OiOTE 0U8' EOTIV EV OuSÈv OlXXo TOLoOxOV TTETTOv66ç, àXXà Sei EK TToXXcov aôxè ^uvayaycLV EiKoc^ovTa Kal dcTToXoyoïJtiEvov ÛTiÈp aÔTcov, OLOV ol ypac|>f|ç TpayEXd(|)ouç Kal Ta TotaCTa ^lEtyvi&vTEc; yp(i(|)ouaiv. Ndr^aov yàp toioutovI yEvé^EVov EÏTE TToXXcOV VECOV TTEpL ELTE \llOLc;' Va\!)KXT]pOV tJlEyÉ8EL ^ÈV Kal poûtiT] uTtèp Toùç EV xf] VT]1 TiàvTaç, I uti6kg)c|)ov Se Kal b opoovTa ôaai&TCûc; fipa)(\3 ti Kal yiyvc&CTKOVTa Trepl vauTiKCdv ETEpa ToiaCxa, toùç 8è vauxaç axaaià^ovxaç Tipèç àXXf)- Xouç TTEpl xfjç KuÔEpvfjaEOc;, EKaaxov otétiEvov 8eÎv kuBep" v6lv,'jif]XE ^a96vxa ttottoxe xf|V xÉ)(vr|v t'ir|XE E)(ovxa àîTo- 8£L£,aL StSàaKaXov lauxoG ^T]hk xP<5vov ev ^ IjiàvSavEv, Tipoç 8È xo\3xoic; cjxxaKovxac; tir|8È SiSaKxôv Eivai, àXXà Kal xôv XÉyovxa àç BiBoiKibv exol^iouc; j KaxaxÉ^ivEtv , auxoùç c 8è auxô (xeI xcp vauKXfjpcp TT£pLKE)(T&CTGaL Seojiévouc; Kal Tiàvxa TTOLoOvxaç ottcoç Sv o(piai x6 Tirj8àXLov ETnxpÉ^jjr), EvtoxE 8', av \if\ TTEiBcûatv, àXXà ocXXol jioiXXov, xoùç ^lèv aXXouç f) aTioKXELvùvxaç f\ EKBAXXovxac; ek xÎ]ç veqç, xèv 8è yEvvaîov vauKXrjpov ^iav8pay6pa f) tiÉBrj fj xlvl oXXo au^T[o8iaavxac; xf^ç vewc; ap^^Euv )(pojiÉvouç xoiç IvoOai, Kal TTLvovx&ç x£ Kal Eucù)(ou^iÉvouç tiXelv cùç x6 eIkoç xoùç xoLoûxouç, Ttpèç 8È xouxoiç ETtatvoOvxaç vauxiKÔv jièv KaXoOvxaç | Kal kuBepvt]Xlk6v Kal ETiLaxà^iEvov xà Kaxà d 7 0£ "je : XiyB F || 488 a 2 t6 F : om. A || 3 -àôo; : yp. TïXrjÔo; in m. A (cui TÔ add. rec. a) I| 4 £v oùSsv : èv oùBsvt F || 7:e7:ov6ô; A : -w; F pr. A II Bel : 8t) F || 5 à-oXoYOutxevov : u7:6pa::o. F || 7 toiou- -ovt : -Tov F li C 8 rXeiv o>; : -Xeïov et; F. 488 d LA RÉPUBLIQUE VI io8 nautique tous ceux qui savent les aider à obtenir le comman- dement, soit en persuadant, soit en violentant le patron, tan- dis qu'ils blâment comme inutile quiconque ne les aide pas. Ils ne se doutent même pas que le vrai pilote doit étudier les temps, les saisons, le ciel, les astres, les vents et tout ce qui se rapporte à son art, s'il veut réellement savoir commander un e vaisseau. Quanta la manière de gouverner, avec ou sans l'as- sentiment de telle ou telle partie de l'équipage, ils ne croient pas qu'il soit possible de l'apprendre ni par la théorie ni par l'expérience, et en même temps l'art du pilotage*. Quand de pareils désordres ont lieu dans les vaisseaux, comment traite- t-on le véritable pilote? Ne crois-tu pas que l'équipage de 489 a vaisseaux ainsi montés ne voit en lui qu'un bayeur aux nuées, un bavard, un propre à rien ? Si fait, dit Adimante. Je ne pense pas, ajoutai-je, qu'il soit nécessaire que tu reprennes ce tableau par le détail, pour voir qu'il est l'image des États dans leurs rapports avec les vrais philosophes ; j'espère que tu comprends ma pensée. Certes, dit-il. Et maintenant à cet homme qui s'étonne que les philosophes ne soient pas honorés dans les États, rapporte d'abord cette comparaison, et tâche de lui faire concevoir qu'il serait beaucoup plus étonnant qu'ils y fussent honorés. b Oui, je la lui rapporterai, fit-il. Et aussi qu'il ne se trompe pas, quand il soutient que les plus sages des philosophes sont inutiles à l'État ; mais, s'ils sont inutiles, prie-le d'en reporter la faute sur ceux qui ne les emploient pas, et non sur les sages ; car il n'est pas dans Tordre que le pilote prie les matelots de se mettre sous son commandement, ni que les sages aillent aux portes des riches. Celui qui a dit ce bon mot a dit un mensonge. La I . L'expression « et en même temps l'art du pilotage » est diffi- cile à expliquer. Asl suppose que Platon distingue entre deux arts : le pilotage scientifique (connaissance de l'astronomie, des vents, etc.) et l'art de commander ; mais Platon vient de dire que les mate- lots ne se doutent même pas qu'il y ait un pilotage scientifique. Pour Adam, qui suit l'interprétation de Schneider : « apprendre à gou- verner, soit par la théorie, soit par l'expérience, et en même temps l'art de gouverner » c'est tout simplement une façon de dire : « apprendre à gouverner et avec cela (par là même) l'art de gou- io8 nOAITEIAS <7 488 d vaOv, Sç &v ^uXAtt^iBAvEiv Sctvàç fj Sticûc; apE,ouaLV f) TtEiBovTEÇ f) f*>iot oô Tniôvxai Iv xaiç TT6XEaL StSaaKÉ te ii\v ElK6va Kal TTEipoù tteCSeiv 8tl tioXù Slv BaujxaaTÔTEpov ^v el I ETHICOVTO. h 'AXXà 8i8à4cù, ^(^^• Kal Stl toCvuv TàXT]8fj XéyEt, aq èi)(pr|aTOL tolç ttoXXoîc; ol ETTtEUKÉaTaTot TCùv Ev cJ)iXoao<|)Ca* TÎ^ç ^lÉvTOL à)(pr|aTCaç Toùç jif] )(pcûuÉvou(; kéXeue alTifiaBat, àXXà ^f) toiùç ETTIELKEÎÇ. OÔ yàp E)(El <|)\jaLV KuBEpvfjTrjv vauTOùv SEÎaBat apxsaBat û(f)' aÛToO, oô8è toùç ao(]>o{)ç èrtl Tàç tcùv ttXou- aicav Bùpaç levai, àXX* 6 toOto Ko^i|;£uaLa Stà xoùç xà xoiaOxa c})(iaKovxaç ETrLxr|- Seuelv, oQç B^ oh <|)T^ç x6v èyKaXoCvxa xf] <|)iXoao<|)Ca XéyEiv ôç T[a^Ti6vr|poL ot tiXeioxol xcùv 16vxcùv ett' auxi^v, ot Se ETTLELKÉaxaxoL a)(prjaxoi, Kal èycb auvE)(cbpr|aa àXT^Sfj ge XÉyEiv ^ yàp ; Mat. V OuKoOv TÎ^ç (iÈv xSv ETiLELKÔv à^p^atioLc; xf)v alx£av 5iEXr)Xij8a^Ev ; Kal ^dXa. Tf]ç 8È xSv TXoXXcov TtovfjpCaç xf]v àvàyKT]v (SouXei x6 \xEià xoOxo SléXScùjiev, Kal bxL ouSà xouxou <|)LXoao(|)£a Ovai x6v KaX6v xe KayaSov èaé^iEvov. Il 'HyEÎxo S' aûxÇ, eI vu ex^*-^' npÔTov jièv 490 a C I tsvai : sTvai F || 7 wc cm. F || d 5 àXy)6rj as : xXr]Ui; xs F | e 3 àxoucotjLEv OY) xat XsytoiJLâv : -ojxev 8rj XeyotJLSV F || 490 a i ajxw -twy F II viXoao<|>Ca(; àXi^Bivfjc;. *Hv yàp oÔTco Xey6^evov. OÛKoOv iv \ikv toOto aT). *Ap' oSv 5f) oô (lETpCcoç àTToXoyrjao^ESa Sti TXp6ç t6 8v TiE<|)UKoç ELT^ à^iXXaaBat 8 yE Svtcûç aeGiÇ &ij;aa6ai Ç TTpoa/|KEt ipu^^iç ècJxiTTTEaSai toO toloi&tou' TTpoaf)KEt Se ^uyyEVEÎ* Ç TTXi^aLàaaç Kal ^iiyElc; t^ Svti Svtcûç, yEvv/|aa<; voOv Kal &Xf)6£iav, yvoCï] te Kal àXi^Scoç C,â>r\ Kal TpÉ<|)OiTo Kal oÎîto Xir|yoL <*>8lvo<;, nplv S' oÔ ; 'Clq oT6v t', £T), tiETpLatiÈv aÔTf] )(op6v KaKÔv écKoXouSfjaat. n&ç yàp ; 'AXX' ôyiÉç TE Kal SCKatov îjôoç, S Kal ao<|>poauvT]v ëiTEadai. 'Op8cùc;, ïLXoa6<})ou <)>ûa£CùÇ x°P^v '^^ ^^^ TidtXiv E^ àp)(f^<; àvayKd^^ovTa tAtteiv ; ^Éjjivr|aaL ydp nou ôtl £,uvÉ6r| TTpoof^Kov ToÛTOtç àvSpEfa, JlEyaXoTTpÉTTEia, EÔ^dcSEta, ^ivfniT]" Kal aoO èniXaSo^évou Sti tiSLc; ^èv àvayK- 8 aTzoXo-pjaoïxeôa : àTîeAopjaâasôa Ast aTieXoytcïaïAsQa Madvig || lo lîTttxlvot : -s: F || b 6 ^oSt) : T. T6 F || oG'to : oûxto 8r] F || 7 Xi^yoi : r, F II 9 Tt TOUTw F 11 C I [Atasrv om. F || 2 Sr; : 81 Stob. || çatAsv F Stob. : çaïasv A || 9 àvayxaÇovra : àvaXatjLSavovTa Ven. i84 àva6t6a- ÇovTa Madvig. 490 d LA. RÉPUBLIQUE VI m d acquiescer à nos raisons, mais que si, laissant de côté les dis- cours, on considérait la personne même des philosophes en question, on serait autorisé à soutenir qu'on voit bien que parmi eux les uns sont inutiles, et la plupart des autres entièrement dépravés. Dès lors nous nous sommes mis à chercher la cause de cette accusation, et nous sommes arrivés à présent à cette question : pourquoi la plupart sont méchants. Et voilà pourquoi nous avons repris le caractère du vrai phi- losophe et pourquoi nous avons dû le définir à nouveau. e C'est bien cela, dit-il. VI II faut maintenant, repris-je, considérer les causes qui dénaturent ce caractère, comment il se gâte en beau- coup de gens, et combien peu échappent à la corruption ; et ce sont ceux-là mêmes qu'on traite non de méchants, mais 491 a d'inutiles. Nous considérerons ensuite ceux qui contrefont ce naturel et en usurpent l'office, et nous verrons quelle est la nature de ces âmes qui, abordant une profession dont elles sont indignes et qui est au-dessus de leur portée, ont, par leurs incartades multipliées, attaché à la philosophie le décri universel dont tu as parlé. Quelles sont, demanda-t-il, ces causes de corruption ? Je vais, dis-je, essayer de te les déve- Le milieu où il vit lopper, si j'en suis capable. Voici d'abord, du philosophe. J® c^o^s, un pomt que tout le monde nous accordera : c'est que des naturels de cette sorte, doués de toutes les qualités que nous venons lî d'exiger chez celui qui veut devenir un philosophe accompli, apparaissent rarement chez les hommes et sont en petit nombre. Ne le crois-tu pas ? J'en suis convaincu. Or vois combien de causes, et de causes puissantes conspi- rent à corrompre ce petit nombre. Lesquelles ? Ce qu'il y a au monde de plus étrange à dire, c'est qu'il n'est pas une des qualités que nous avons admirées dans ce naturel, qui ne perde l'âme qui en est douée et ne l'arrache à la philosophie, je veux dire le courage, la tempérance et toutes les qualités que nous avons énumérées. m nOAITEIAS 7 490 d aa9f)a£Tai | ô^oXoyEÎv oTç Xéyo^iev, edaaç 8è toùç Xoyouç, d elç auToùç ànoBXéipaç Tuepl Sv ô Xéyoç, c|>a(r| ôpav aÙTÔv Toùç ^Jièv à)(pr)aToi;<;, ToiL)çSèTToXXoùç KaKoùç TiSaav KaKiav, if\q SiaBoXfjç Tf)v aixCav ETTiaKOTToOvTEc; Inl toùtcù vOv yEyéva^iEV, xt tto9' ol noXXol KCtKoL, Kal toutou Bt\ EVEKa TrdXiv àvELXrj(|)a(jiEV Tf|v tqv àXrjSôç (fuXoaécjjcov c|)tiaiv Kal eB, àvàyKrjç âipiaà\iEQoL. "EoTiv, Er|, I TttOTa. e VI Tai&TT]ç Si^, fjv S' syw, TÎ^ç (^i&aECûç Seî SEocaaaSai Tàç c|)8opiXoao<|)£ac;* XÉyo 8è àvSpEfav, a(ù(ppocyi>vr\v Kal TiiivTa fi 8iï^X8o^EV. d 3 jjLèv F : cm. A i| 4 toutoj : -tcov F jj e 5 au zàtç : aùiràç F || 491 a 8 ôfxoXoYT'ast : -aat F [] 9 ôt) : ôe F*. 491b LA RÉPUBLIQUE VI iia C'est étrange à entendre, dit-il. c D'autres choses encore, dis-je, pervertissent l'âme et l'arra- chent à la philosophie ; c'est tout ce qu'on regarde comme des biens : la beauté, la richesse, la force du corps, les grandes alliances dans l'État et autres avantages semblables. Tu as là une idée générale de ces causes dont je veux parler. Oui, dit-il ; mais j'aimerais en avoir une explication plus précise. Considère, dis-je, ce qu'est la perversion en général ; alors la lumière se fera dans ton esprit, et tu ne trouveras plus rien d'étrange dans ce que j'ai dit tout à l'heure à ce sujet. Comment veux-tu que je m'y prenne ? demanda-t-il. d Nous savons, repris-je, que toute semence ou rejeton de plante ou d'animal qui ne rencontrent pas la nourriture, ni la saison, ni l'endroit qui leur conviennent, souffrent d'au- tant plus de la privation de ces avantages qu'ils sont plus vigoureux * , parce que le mal est plus contraire à ce qui est bon qu'à ce qui n'est pas bon. Cela est certain. Il est donc logique, je crois, que le meilleur naturel nourri autrement qu'il ne convient devienne pire qu'un naturel médiocre. C'est logique. e Affirmons donc également, Adimante, repris-je, que les âmes les mieux douées, si elles rencontrent une mauvaise éducation, deviennent éminemment mauvaises. Crois-tu en effet que les grands crimes et la méchanceté consommée partent d'une âme médiocre, et non d'une nature forte que l'éducation a gâtée, et qu'une nature faible soit jamais capable de grands biens et de grands maux ? Non, dit-il ; je suis de ton avis. 492 a En conséquence si le naturel philosophe que nous avons défini rencontre l'enseignement qui lui convient, c'est, à I . Cf. Mémorables IV, i , 3-4 : « Les hommes les mieux doués par la nature, qui ont les âmes les plus fortes et qui sont les plus ardents à l'exécution de leurs desseins, s'ils ont reçu de l'éducation et appris leur devoir, deviennent les meilleurs et les plus utiles, car ils font très souvent de grandes choses ; mais s'il» manquent d'éducation et d'instruction, ils deviennent les plus mauvais et les plus nuisibles. » 112 nOAITEIAS q- 49db "Atottov, Ect)r|, àKoOoat. "Exi Tolvuv, I T\v 5' lyoû, Tipbq toiûtoic; xà Xeyé^Eva c àyaeà Tiàvra (pBEtpEi kciX àTtoon^, «iXXoç Kal ttXoOtoç Kal lax^ç aài\jiOLTo^ Kal E^vy^àvEia êppo^évr) âv ttôXei Kal ir&VTa Ta toOtcûv olKEÎa* ex^*-*» Y^P '^^^ tùttov Sv X^ycù. "E^co, ^T Kal f^SÉcûc; y' Sv dtKptBéaTEpov S XÉyEtç TT\j8o(jir)v. AaBoO ToCvuv, îjv S' Ey, 8Xou aûxoO èp8ô<;, Kal aoi Ex!(5r|X6v TE cjjavEÎTat Kal oôk âxoTta S6^ei Ta TtpoEiprj^Éva TCEpl auTÔv. riôç oCv, E(|)r|, KEXEtiEiç ; riavTéç, 1 î^v S' âyo, ortÉp^aToç TtÉpt ^ t3aiv Iv àXXoTpica- TÉpa oSaav Tpocj)r| k<4klov àrtaXXàTTEiv Tf|<; (pai^Xrjc;. "EXEL. OÔKoOv, ^v 5' èyob, S 'ASECjiavTE, | Kal Tàç ipuxàç oÎjtg) e <{>â^EV Tàç EÔ<|)\JEaTuaECûç T^poc^rj SioXo^évr|<; ytyvEoOai, àaSEvf] 8è (|>i&oiv jiEyàXcùv ouTE àyaScov oôte KaKÔv aiT(av ttotè lasoSai ; OÔK, écXXdc, ?\ 8' SÇ, OÎiTCOÇ. "Hv Totvuv e8e^ev !1 toO (|)LXoa6<|)ou <|>{)aiv, av jiÉv, oT^iai, 492 a ^laS^jOEcoç npooT^KOùaT^ç ''^^XH» ^^^ TrSaav àpETf|v àvàyKT] C 5 y' *v : yàp F Ij 9 a-jTwv : -xou F j] ii 7:avco; F Stob. : ràvcoç (w ex fecit) A |1 d 3 ly.aa":w om. Stob. || 5 t.o'j om. F || 8 oucav A Stob. : -3a F || xdc/tov : -wv Stob. xaxi'ov' Boeckh |1 6 i 9w[xev oCiito Stob. Il 5 8toXo[X£vr,ç codd. et Stob. : SioXXuaivrjÇ F^W || 6 r,ozï aht'av Stob. jj 492 a 2 tj/t) : -ot F^. 482a LA RÉPUBLIQUE VI ii3 mon avis, une nécessité qu'en se développant il parvienne à la vertu sous toutes ses formes ; si au contraire il est semé, prend racine Xît pousse dans un terrain mal propice, c'est une nécessité aussi qu'il produise tous les vices, à moins qu'il ne se trouve un dieu pour le protéger. Penses-tu toi aussi, comme le vulgaire, qu'il y ait des jeunes gens corrom- pus par les sophistes, et que ces sophistes corrupteurs soient, pour une part qui compte, de simples particuliers ? Ne crois-tu b pas au contraire que ceux qui le disent sont eux-mêmes les plus grands sophistes et qu'ils savent parfaitement instruire et former à leur gré jeunes et vieux, hommes et femmes? Et quand le font-ils ? demanda-t-il. Lorsque, repris-je, ils siègent ensemble *, en foule pressée, dans les assemblées politiques, dans les tribunaux, dans les théâtres, dans les camps et dans quelque autre réunion publique, et qu'ils blâment ou approuvent à grand bruit certaines paroles ou certaines actions, également outrés dans c leurs huées et dans leurs applaudissements, et que les rochers et les lieux où ils sont font écho à leurs cris et doublent le fracas du blâme ou de la louange ^. En pareil cas, que devient, comme on dit, le cœur d'un jeune homme ? Quelle éducation privée résisterait et ne serait pas emportée dans ces flots de blâme et de louange au gré du courant qui l'entraîne ? N'en viendra-t-il pas à juger comme eux de ce qui est beau et de ce qui est laid ? Ne prendra-t-il pas les d mêmes goûts qu'eux, et ne sera-t-il pas pareil à eux ? Il ne pourra s'en empêcher, Socrate, dit-il. VII Mais, repris-je, nous n'avons pas encore parlé de la contrainte la plus violente. Quelle est-elle ? demanda-t-il. La contrainte en action à laquelle ces beaux précepteurs et sophistes ont recours, quand ils ne peuvent persuader par la parole. Ne sais-tu pas qu'ils frappent d'atimie, d'amendes, de mort celui qui ne se laisse pas persuader ? 1, Les Athéniens étaient assis à l'ecclésia. Cf. Aristoph. Ach. 24 sq. 2. Cf. Euthydeme 3o3 B : « Alors, si je puis dire, les colonnes mêmes du Lycée applaudirent les deux hommes et témoignèrent leur joie. » ii3 nOAITEIAS 7 492a au^avo^iévriv à(|)LKVEÎa9aL, làv Se |jif] èv TipoaT| koùctt^ orra- pEÎaà TE Kttl (|)UT£uB£Îaa TpÉ<|)r)TaL, eiç TrdcvTa TavavuCa au, âàv ^if] TLÇ auTT] (ior]9r|aaç Secov t^XH' ^ ^al ctù f\\ei, ôoTtEp 01 TToXXol, 8La9ELpojiÉvoDÇ TLvàç eIvol Ctï6 ao<|)t- axcov vÉouç, SLa(|)8EipovTaç 8e Ttvaç aoc|>LaTàc; 18lcûtikoi3ç, b TL Kttl à^LOV Xoyou, àXX' ouk aÔTOùç toùç TaOTa XÉyovxac; tiEyioTouç jiÈv 1 EÎvat aocpiaiÔLÇ, TiaL8E>3Euv 8è TEXEcaTaxa b Kal aTTEpydc^EaBat oïouç (3oi3XovTat EÎvai Kal vÉouç Kal TTpEa6uxÉpouc; Kal avSpaç Kal yuvaÎKaç ; n6x£8fi ; f| 8'Sç. "Oxav, EtTtov, ^uyKa6E2i6jiEV0L àQpéoi ttoXXoI eIç ekkXt]- ataq f\ eIç SiKaaxfjpta î^ Béaxpa f\ axpax6TïE8a fj xiva aXXov KOLvov ttXt)6ouç £,uXXoyov E,^v ttoXXô SopOBcp xà jièv i|;ÉyG)ai XCOV XEyO^ÉVCÛV ^ TTpaXXO^lÉVCùV, xà 8È ETTaLVCûaiV, ÛTIEp- BaXXovxcoç EKdtXEpa, Kal IkBoôvxeç Kal KpoxoOvxEÇ, | rtpàç c S' auxoiç aï xe nÉxpai Kal ô xôttoç ev w av oatv ETTr))(oOvxEç; Si-nXàaLov 86pu6ov TTap£)^coat xoO ipoyou Kal ETraivou. 'Ev Sf) xô xoLotixcp x6v vÉov, x6 XEyé^iEvov, xtva oïel Kap8iav La)(£LV ; T] Tiotav [âv] auxS naiSELav ISLcoxiKfjv àvSÉ^ELV, f]v ou KaxaKXuaBEÎoav ûttô xoO xoLOtJXOu vpoyou î^ ETtatvou ol^rjOEaSaL (|)EpotiÉvr|v Kaxà poOv fj ocv oCxoç Kpax£ç, àvàyKr). VII Kal ^f)v, ^v 8' Eya>, oÔtto xf|v jiEylaxi^v àvàyKi^v £lpf)KajlEV. riolav ; Erj. "Hv Epycp TipoaxiBÉaoL X6ycp \x-t\ tteCSovxeç oCxoi ol nai- Ssuxai XE Kal ao(\>iaTai' fj oôk ota8a bxt x6v \i-f\ tt£l96[jievov àxnitatç XE Kal )^fniaaL Kal Savàxoiç KoXà^ouat ; b I 8'î : ~c F II 7 et 8 et c 3 ^J^iyojgt ... è~atvû5iv ... -aoiytoat : -ouat... -0UC7'-... -ouat F || c 3 xa? : zz xaî F jj 4 or^ : 81 F || 5 av secl. Cobet II tôiwT'.xrjv : -oj-tiv F |1 8 (^r^aeiv : rasura supra zi in A quasi fuisset accentus || d 7 xôv F : "ô A. 492 d LA RÉPUBLIQUE VI ii4 Certes si, je le sais, dit-il. Quel autre sophiste, à ton avis, quelle instruction privée e pourrait lutter et prévaloir contre de telles leçons ? Aucune, à mon avis, dit-il. Aucune en effet, et ce serait même une grande sottise de le tenter ; car on ne change point, on n'a jamais changé, on ne changera même jamais un caractère par des leçons de vertu contraires aux leçons de ces gens-là, je parle, cher ami, d'un caractère humain ; s'il s'agit d'un caractère divin \ mettons-le, comme on dit communément, hors de cause ; car tu dois savoir que tout ce qui dans un État ainsi constitué se 493 a sauve et devient ce qu'il doit être doit son salut à une faveur spéciale de Dieu : tu peux l'avancer sans crainte de te tromper. Je ne pense pas autrement que toi là-dessus, dit-il. Voici, repris-je, une chose encore où tu partageras mon sentiment. Laquelle ? Tous ces particuliers mercenaires que le peuple appelle sophistes et regarde comme des rivaux n'enseignent pas d'autres principes que ceux que lui-même professe dans ses assemblées, et c'est cela qu'ils appellent science. On dirait un homme qui, ayant à nourrir un animal grand et fort, après en avoir observé minutieusement les mouvements ins- b tinctifs et les appétits, par où il faut l'approcher et par où le toucher, quand et pourquoi il est le plus hargneux et le plus doux, à propos de quoi il a l'habitude de pousser tel ou tel cri, et quels sons de voix radoucissent ou l'irritent, qui, dis-je, après avoir appris tout cela par une fréquentation prolongée, donnerait à son expérience le nom de science, en composerait un traité et se mettrait à l'enseigner, sans savoir véritablement ce qui dans ces maximes et ces appétits est c beau ou laid, bien ou mal, juste ou injuste, ne jugeant de tout cela que d'après les opinions du gros animal, appelant bon- I . Des hommes d'Etat, comme Thémistocle et Périclès, sont des hommes divins, au même titre que les devins et les poètes : ils sont inspirés et possédés d'un dieu, quand ils font de grandes choses. Ils ne doivent point leur talent à l'éducation et c'est pour cette raison qu'ils ne peuvent le transmettre à leurs fils {Prot. 820 a et Ménon 99 b/c). Mais les hommes divins sont rares et n'apparaissent pas ii4 nOAITEIAS 7 492 d Kal ^éXcL, l<|>r|, a(^6hpa, TCva ouv âlXXov ao(|>LaTf)v oîeu fj tioIouc; ISicotiko^ç Xéyouç èvavTLa toûtolc; ] TeLvovTaç KpaT/|aELV ; e OT^at ^Èv oûSéva, f] S' ôç. Oô yàp, f^v 8' èyo), àXXà Kal t6 ETiL^eipELV ttoXXi*) avoia. OuTs yàp ytyvsTai oùte yéyovEV ouSè oQv \ii] yÉvr|Tai àXXoîOV T^SoÇ TipOÇ àpETf]V Ttapà xfjV TOÛTOV TiatÔEtav TIETTaiSEU^lÉVOV, àvSpûbTTELOV , O ETaîpE* BeLOV JlÉVTOt KttTà Tf]v TTaponi£av èE,oiipci>\xEV X6you* e3 yàp )(pf] elSÉvai, 8 XLTTEp &v acùSf] TE Kal yÉvrjTaL oTov Seî ev T0La\3Tr| KaTaaxdcaEt •noXiiJTELûàv, 8eo0 ^loîpav aôtà acoaai Xéycùv où KaKCùç èpEtç. 493 a O'jS' è^ol âXXoc;, £<î>t^, Sokeî. *'Etl tolvuv aoL, t]v S' Eycb, Tipàc; toutoiç Kal xoSe So£,(kTCO. T6 TToîov ; "EKaaToç xSv ^laSapvoùvxcùv ISucoxSv, oOç 8f] oSxot oo(|>iaxàç KaXoOai Kal àvxLX£)(vouç i^yoOvxai, ^n^ aXXa Ttai- Seùèlv f\ xaOxa xà xôv ttoXXcov 86y^axa, a Bo^olCovoiv oxav à8poLa8ôaiv, Kal ao<|>Lav xauxr|v KaXEÎv oTovTTEp âv eI 8pÉ|i^axoc; ^lEydXou Kal la^upoO xpE<|>o^iÉvou xàç ôpy&c; xlç Kal ETUu8u^lac; KaxE^<4v8avEV, j 8TTr| xe npoaeXBEÎv y(^pr\ Kal b SîTr) Si\\KxaQoLi aôxoO, Kal ôti6xe )(aXEnobxaxov f) Ttpocôxaxov Kal EK x'ivov yCyvExat, Kal (|)Ovà<; 8f] è(p' otç EKocaxaç eïcoBev \jaiv, 8aov Sia<|)ÉpEi tû Svtl, ^^^i^ITE âcopaKcbç EÏT] n/)TE SXX9 Suvaxèç SEt^ai. ToloOtoç Sf| ôv TTpèc; Aièc; oÔK êcTOTioc; av aoL Sokeî EÎvat naiSEUTfjc; ; *H o3v XL ToiiTou 5oKet Sia<|>ÉpEiv ô Tf)v tôv tioXXôv Kal TiavToSaTTcov I ^uvi6vTcov ôpyf)v Kal i^Sovàç KaTavEvoT^KÉvat d tKf] eÏt' ev jiouatKfj elte 8f| ^V TïoXlTLKÎ^ ; 8tl JJIÈV y&p, EOIV TLÇ TOI&TOLÇ 6lllXf| ETTlSELKVli- ^Evoç, f] TiolTjaiv fj Tiva &XXrjv Srmioupylav f| néXEu 5ia- Kovtav, Kuptouç aÔToO TtoLwv Toùç ttoXXot6c;, TTÉpa TÛV ÀvayKalov, fj Aio^ir|SEia XEyojiÉvr) àvàyKT) tioleîv aôx^ "xaOTa & &v oCtol ènaivôaiv ôç Se Kal àyaSà Kal KaXà -raOTa tÎ] àXr|8Ela, fjSr] TTÔTToxé tou fJKouaaç aôxôv X6yov .5l56vtoç où KaTayÉXaaxov ; OT^at 8é yE, îj S' Sç, | oô8' âiKoù(jo\iai. YIIl TaOxa xotvuv nàvTa Ivvofjaaç ekelvo àva^vf)a8r|Tf -aôxè x6 KaX6v, &XXà ^ifj xà TioXXà KaXdt, f) aijx6 xl EKaaxov »Kal \xi] xà TioXXà iKaoxa, Ict8* bncoç || TrXfjBoc; àvÉ^Exat f) 494 a •^yi^aExai EÎvat ; "HKtaxdc y', Ic^Ti. LX6ao(J>ov ^lèv Spa, fjv 8' lycS, TiXf^Boç &8\3vaxov EÎvai. 'AS\3vaxov. Kal xoiùç <|>iXoao\3aEi, ôqt' Iv tô eTTLTr|8EiL»^aTL ^Eivaaav "npbc; teXoç eXBeîv ; 'Evv6el 8' EK TQV E^nTpcaBEv. I 'OjioX6YT]Tai yàp Sf) fj^ilv b EÔ^à8Eia Kal Hvt](jiT] Kal àvSpEta Kal ^lEYaXoTTpÉTtEia Ta\3Tr)ç EÎvaL xf^ç <|)\jaECùç. Nal. OuKoOv EuBùç Ev Tiaialv ô toioOtoç TipcùToç latat ev &TraaLV, aXXooc; te Kal làv t6 aô^ia (|)urj TTpoa(|)Epi?]<; xrj t^xfî ; Tt 8' où ^éXXel ; £c|)r|. BouXr|aovTat 8f), otjiai, auT^ )(pf)a8aL, ETï£L8àv TipEa6\3- TEpoç Y^Y^ir^ai, ETil là aÔTcov npocYtiaxa oï te oIkeîol Kal ot TïoXÎTaL. nSç 8' où ; ^YTTOKelaovTaL | 8tpa Se^^evoi Kal ti^covteç, npoKaTa- c XajiBocvovTEÇ Kal TtpoKoXaKEtiovTEÇ Tf]v ^ÉXXouaav aÔToO Suva^itv. <Î>iXeî yo^v, M.(\>r], o\jTCû Y'i^vzaQai. Tt oSv OLEl, Î^V 8' EY, t6v TOLoOtOV ev TOÎÇ TOIOÛTOLÇ Tïoif|aELv, aXXcùç te Kal làv T\3)(r| ^EYaXr|ç néXEcoc; a>v Kal EV Tai&Tr) TiXoiiatéc; te Kal Y^^vatoç, Kal eti EUEi8f]ç Kal ^lÉyaç ; ap' ou TtXrjpoùBfjaEaBai àjir|)(àvou eXti18o<;, f^yoïJ- ^lEvov Kal Ta TCÙV 'EXXj^vcov Kal Ta tcov 3ap6àpcùv tKavèv laEaBauTrpaTTEuv, | Kal etïI to\3tolc; ùi|;r|Xov â^apEiv aÛTév, d CT)(rmaTLatioO Kal (jjpovfmaTOÇ kevoO avEu voO E^iTTHiTiXà- ^Evov ; Kal ^làX', E(|)rj. 8 ivayzY) : xai àv. F || lo aùxû) : -to F* || b 5 -atalv de Geer: -àatv codd. Il 6 -poaçpepr]? : -cpÉpet; F || c 8 rjYO'jiJLevov : rjYouaev pr. A (j d l èÇacêïv M : èÇapeiv F âÇatoeiv A. 494 d LA REPUBLIQUE \I 117 Et si, tandis qu'il est dans cet enivrement, quelqu'un^ s'approchant doucement de lui, lui dit la vérité, que la rai- son lui fait défaut et qu'il en a besoin, mais qu'elle ne s'acquiert point, si l'on ne s'y dévoue tout entier, penses-tu qu'il lui sera facile d'entendre ces discours au milieu da- tant d'illusions funestes ? Il s'en faut de beaucoup, dit-il. Si pourtant, repris-je, il est un homme qui, à cause de son heureux naturel et de l'accord de ses sentiments avec de tels e discours, soit capable d'en sentir la force et se laisse tourner et entraîner vers la philosophie, que pensons-nous que fas- sent alors ceux qui croient perdre ses services et son amitié ? Actions, discours, ne mettront-ils pas tout en œuvre, et auprès de lui pour le dissuader, et auprès de ce conseiller, pour annihiler ses efforts, soit en lui tendant des pièges dans la vie privée, soit en lui intentant des actions publiques ? 495 a C'est inévitable, dit-il. Eh bien, se peut-il encore que notre homme devienne philosophe ? Ce n'est guère possible. IX Tu vois donc, repris-je, que nous n'avions pas tort de dire que les qualités mêmes dont est fait le naturel philo- sophique, quand elles sont assujetties à un mauvais régime, contribuent en quelque façon à le détourner de sa vocation, aussi bien que les richesses et les autres avantages du même genre qu'on appelle des biens. Non, dit-il, nous n'avons pas eu tort ; tout au contraire nous avons eu raison. Voilà, mon admirable ami, l'exacte et vraie manière dont b le plus beau naturel est perdu et gâté pour la meilleure des professions, naturel bien rare d'ailleurs, comme nous l'avons dit. C'est du nombre de ces hommes que sortent ceux qui causent les plus grands maux aux États et aux particuliers, et ceux qui leur font le plus de bien, quand la fortune les^ entraîne de ce côté ; mais jamais homme d'un naturel grande des cités grecques... J'ajouterai que tu es du nombre des- riches. » Plutarque (Aie. 17, a, 3) nous apprend aussi qu'Alcibiade- considérait la conquête de la Sicile comme un premier pas vers ua empire presque universel. 117 nOAITEIAS cr 494 d T^ 81^ oBtco StaTiBs^iévco Idtv tic; f^pé^a npoaeXSôv TàXT]8f^ ^^YTI' ^'^'- ^°^^ ^^^ IvEOTLv aÔTÛ_, ScîTat Se, t6 Se ou KxrjTàv \ii\ SouXsiiaavTi xf] KTi'iaEi aÔToO, Sp' EÛTTETèç otEi EÎvat ElaaKoOaat Stà togoOtov uKévat Kal tb ^uyyEvÈç TÔv Xdyov eTç ala6àvT]Tat té | Tir) Kal Kc^^iTiTT^Tai e Kal fXKriTai TTp6<; c}>LXoao<|>tav, tI oi6jiE8a SpàaEiv èKcivouç Toùç i^you^iÉvouç àiToXXtivaL aÔToO Tf]v )(pELav te Kal ETaipEiav ; oô nSv ^èv ipyov, nav 8' ettoç XÉyovTàç te Kal TipdiTTovTac; Kal TTEpl aÔTév, ^ttoc; &v jif) TTEtaSf], Kal TTEpl t6v TTEi8ovTa, Sticoç &v \ii] oXôç t' f], Kal ISta etilÔou- XE\3ovTa<; Kal Sr^ioota eIç àyôvac; KaStaTocyTaç ; il noXX/|, ?\ S' Sç, àvàyKTi. ^95 a "EcTiv ouv Sttcoç ô toioOtoç ct>iXoao({>/|aei ; Où Tcàvu. iX. 'Opfic; ouv, î^v 8' èyo, 8tl ou KaKÔc; èXéyo^EV ôç apa Kal aÔTà Ta n?\q <|)LXoa6(|)ou (pvoECùq t^épr), 8Tav Iv KaKfj Tpocj>fi y£vr|TaL, aÏTta TpÔTiov Tivà toO ektieoeiv ek toO ettl- Tr|8E\j^aTo<;, Kal Ta Xsyé^AEva àyaSà, ttXoOtoI te Kal Tifiaa f\ TotauTr) TuapaaKEuf) ; Où yàp, àXX' ôp8co<;, e(|)T], êXÉx8r|. OuToç Si*), EÎTtov, S> Sau^iàaiE, oXESpéç te Kal 8La(|)8oflà ToaaÙTT] TE j Kal Toia\iTr| if\q {^eXTiaTr\q <|>\iaEco<; eIç t6 b âpLGTOv £TTLTf)8Eu^jia, ôXtyî^c; Kal aXXcoç ytyvo^iÉvr|c;, wc; f)(jiEL<; (|)a^EV. Kal Ik toùtcùv 8f] tûùv àvSpoûv Kal oî Ta ^lÉytaTa KaKà Ipya^ié^iEvoi Tac; Tt6XEL<; ytyvovTat Kal Toùq IStc&Tac;, Kal ol T&ya8à, ol Blv Ta\3Tr| TT3)(Cûat f uévteç- ajiLKpà 6 tô Ô£ cm. F II 7 SouXeuaavT'. : -xa F || xTrjasi A^ : xtiaet AF || 9 oei cm. F II II s'iç ataGavr^-cat : etaacc6àvr,xa'. F || xe cm. F || e 2 sXxTQxa'. : fjXeyxTat F || 5 aùxôv : -tov F || 495 a 2 çtXoaocprjas'. : -6TaTOL SVTEÇ TUy^dtVCùat TtEpl t6 aÔTûûV TE)(vt0V. "Ojicûç yàp Sf] TTpéc; yE Tàç àXXaç -xkyyaq KalTtEp outcù TTpaTTOuar|ç LXoao(|>lac; t6 àE,Lco^a (jtEyaXoTtpETTÉaTEpov XElîTETai, oC 8f) £(|)IÉ{JIEV01 TloXXol ÀTeXeLÇ \Jikv Tàç <|)\3aELÇ, ^TTÔ 8è Tcov TE)(vc5v TE Kttl 8rniioupyLÔv ooTiEp Ta acbjiaTa XEXcù6T]VTaL, oOtco Kal Tàç \ K^\)\àq auyKEKXaa^iÉvoi te Kal 6 ôiTioTESpu^^ÉvoL 8ià Tàç (iavaualaç Tuy^àvouaiv f] oûk àvàyKï^ ; Kal ^àXa, E<|>r|. AoKEÎç oSv TL, T^v 8' lycù, 8La<|>ÉpELV auTOÙç 18eîv àpyOptov KTrjaa^iEvou )(aXKÉcùc; c|)aXaKpoO Kal a^icKpoO, VECoaTl (jlèv ek Seg^Qv XeXu^jievou, ev 3aXavElcp 8è XeXoujiévou, VEoupyov C 6 [xàv : txsv ouv F || 8 'clZ-t.... c g Xeydaeva om. F || g aXXot : oi àX. F [| d 2 eîpyawv : s supra '. scripsit A^ || 3 oï av: ola. F || 4 'Jy- y^àytoat : -ouai F || auTtov : auTôiv F || 8 T£ : ôà F || e i auyx£xXaa[A£vot F: ÇupcexXstafxe'vot A || a àzoTeOputxuLevot : -OpuwtjLevoi F Timaeus || 6 laXxiiMi : éo; F2. 495 e LA RÉPUBLIQUE VI ii^ revêt un habit neuf, et, équipé comme un jeune marié, va épouser la fille de son maître, parce qu'elle est pauvre et abandonnée ? 496 a La comparaison est parfaitement exacte, dit- il. Que naîtra-t-il vraisemblablement d'un pareil mariage ? n'est-ce pas des bâtards et des êtres chétifs ? C'est inévitable. De même quand des gens réfractaires à l'éducation s'appro- chent de la philosophie et, malgré leur indignité, ont commerce avec elle, quelles pensées, quelles opinions croi- rons-nous qu'ils puissent enfanter? Des sophismes, pour les appeler de leur vrai nom, et rien de légitime, rien qui tienne d'une véritable science. C'est tout à fait juste, dit-il. X II reste donc, Adimante, repris- ^ 1,1 ^^J^^^'^ je, un bien petit nombre de gens qui pllli0S0pil6S lOrCGS «i* d' i i*i ■• de Vivre à l'écart, ^f^* ^'o^^^ d épouser la philosophie: c'est d'aventure quelque noble esprit perfectionné par l'éducation, que l'exil retient loin de sa patrie et qui, faute de corrupteurs, reste naturellement fidèle à la philosophie ; ou bien quelque grande âme qui, née dans un petit État, en regarde l'administration comme indigne d'elle et s'en désintéresse : on peut y ajouter quel- ques personnes qui, prises d'un juste mépris pour leur métier, passent à la philosophie pour laquelle la nature les a douées. Peut-être encore le frein qui retient notre ami Théagès peut-il en retenir quelques autres ; car tout s'est c réuni pour détourner Théagès de la philosophie ; mais le soin d'une santé précaire l'y retient et l'éloigné de la politique. Quant à ce qui me concerne,* il ne vaut pas la peine de parler de mon signe démonique*: à peine en trouverait-on un autre exemple dans le passé. Or celui qui fait partie de ce petit nombre et qui a goûté la douceur et la félicité d'un tel bien, quand il s'est bien rendu compte que la multitude I. Socrate regardait son signe démonique comme une révélation spéciale de la divinité qui l'avertissait de ce qu'il ne devait pas faire. Ici, comme dans V Apologie 3i D, ce signe lui défend d'entrer dans la vie politique. 119 nOAITEIAS 7 495 e IjiàxLov I;(ovTo<;, àç vv^q àXr|8ô<; TTpoar|KovTa àKoCaat ao(|>la^aTa, Kal ouSèv yv^iaLov ouSè (|>povr|aE«<; [&^tov] àXrj8tvf]c; ex^^ievov ; riavTEXcùç jiÈv ouv, E(|>r|. X n<4vajiLKpov Srj ti, Icjjrjv lyco, o 'ASEi^avTE, XElnExaL TÛv Kax' I à£,tav ô^lXo\jvtcov (|)iXoao<|)la, fj nou ûtiô cjjuyî^ç b KaTaXr](|>8£v yEvvaîov Kal eS TEBpa^^iévov î^Soc;, àiropta tôv StacfîBepoiivTCùv Kaxà cj>\jaLV ^EÎvav In' aÙTfj, f) Iv CT^LKpô tioXel bTav ^lEyàXrj ^^^^(^f] cj)ur] Kal àTijiàaaaa xà tPc; tt6Xeoù<; ÛTTEptSri* f5pa')(^{) Se tio\3 tl Kal an' aXXr|c; TÉ)(vrjc; SuKatcùç aTnidaav eu<|)U£<; In' aÔTr]v âv IXSot. EXr\ S' &v Kal ô ToO fj^ETÉpou ETaipou 0Ela ànElpyouaa auTÔv tcov noXiTLKwv KaTÉ)(Ei. T6 S' fjjAÉTEpov ouK a^iov XÉyELV, t6 Sai^iéviov arjjiEÎov f) yàp no6 TLVt otXXo f\ oûSevI tcov IjjinpoaGEv yâyovEv. Kal TOTJTcov Bi] TCùv ôXlycov OL YEv6^EV0L Kal ysuaà^iEvoL (âç i^Sù Kal jiaKocpLov t6 KTT^^a, Kal t«v noXXôv aî5 iKavâc; 186vtec; ti?)v 496 a 7 où/ hiq : oGtoj; F jj 9 à;'.ov secl. Ast. : aÇtov àAr,6ivTÎj A àÀTiOivfjc (oç à^'.ov F II II ;:ava'jL'.zpov : 7:av ajjLixpôv F || eçrjv syto F : ïfr\ rjv 6' âyoS A || b 2 xaTaXyjOÔÈv : Xs'.ç6;v F || 5 à;:' aXkr]ç : 7:àXXr,; F 11 6 aTijxaaav : ^aaa F || àv IXôot W : àviXOo: codd. || 7 xaTaa/^eiv : -7] F Ij c 3 o-jx : O'jÔ' F II a o-j§£y\ : -osv F || 5 yçvdfjLévo'. : yeyorxsvot. MW2. 496 c LA RÉPUBLIQUE VI lao est folle, qu'il n'y a pour ainsi dire rien de sensé dans la conduite d'aucun homme politique et qu'il n'est point d'allié d avec qui il puisse se porter au secours de la justice, sans s'exposer à la mort; quand, semblable à un homme qui est tombé parmi les bêtes féroces aux fureurs desquelles il refuse de s'associer, sans pouvoir du reste tenir tète à lui seul à toute une meute sauvage, il est sur de périr avant d'avoir rendu service à l'État ou à ses amis, sans profit ni pour lui ni pour les autres, quand, dis-je, il a fait réflexion sur tout cela, il se tient au repos et ne s'occupe que de ses propres aflaires, et, comme un voyageur surpris par une tempête s'abrite derrière un mur contre le tourbillon de poussière et de pluie soulevé par le vent, de même en voyant les autres déborder d'injustice, il s'estime heureux s'il peut passer son e existence ici-bas pur d'injustice et d'impiété, et faire sa sor- tie de la vie avec une belle espérance, dans la sérénité et la paix de l'âme ^ Certes, dit-il, ce ne serait pas avoir gagné le dernier lot 497 a que d'en sortir comme lui. Ce ne serait pas non plus avoir gagné le premier, repris-je, que d'avoir manqué le gouvernement qui lui convenait. Qu'il le rencontre, il deviendra lui-même plus grand et avec son propre salut il assurera celui de l'État. XI Nous avons suffisamment démontré, ce me semble, la cause et l'injustice des calomnies dirigées contre la philosophie. As-tu encore quelque chose à dire là-dessus ? Non, répliqua-t-il,je n'ai plus rien à dire sur ce point; mais à ton avis, parmi les gouvernements d'à présent, quel est celui qui convient au philosophe? b Aucun, répondis-je, et je me plains précisément qu'aucune des formes politiques actuelles ne convienne au caractère du philosophe ; c'est pour cela qu'il se fausse et s'altère, et, comme une graine étrangère semée dans un nouveau terrain I. Cf. Lucrèce : « Suave mari magno... » Mais la différence est plus grande que la ressemblance. Le philosophe de Platon est content s'il peut garder son àme pure, parce que, dans l'état présent des choses, il ne peut pas se sauver à la fois, lui et les autres. Mais il ne prend aucun plaisir à voir de quels maux il est à l'abri ; car il voudrait bien tirer les autres de leur misère, s'ils le lui 120 nOAITEIAS ç 496 c ^avtav, Kttl 8tl oùSeIç oôSèv ûyièc; aç ettoç eItielv nepl xà TÔv tt6X£û)v TipotTTEi ouS' EOTL ^\j^nia)(oc; \ieQ' 8tou tic; lûbv ETil I Tf)v Tw SiKalcp 3oi^6£Lav aâ>C,oiT av, àXX' wariEp eIç d SripLa avSpcûTioç E^TtEacbv, oôte ^uvaStKEtv ISéXcov o^te iKavèc; S>v eTç TiâcjLV àyploLÇ àvTÉ)(Eiv, nplv tl Tr)v tî6Xlv f| c|)lXouc; ôvfjaai TrpoanoXojiEvoç àvo<|)EXf)<; auTÔ te Kal tolç aXXoiç Sv yÉvoLTO, TaOxa rtàvTa Xoyia^cp Xa6Laç Sv svEKa 8La6oXf]v EÏXr)4)EV Kal 8ti oô SiKaicoç, è^iol ^lèv Sokel jiETpLCûç Eipf]a8aL, EL ^if] et' aXXo XÉyEiç Tt a<). 'AXX' ouSév, r\ S' oç, ETL XÉyco nepl toi&tou* àXXà Tf|v Ttpoai^Kouaav auTrj Ttva tcùv vuv XÉyELÇ tioXiteioùv ; OôS' I fjvTLVoOv, EÎTiov, àXXà toOto Kal ETTaiTL^d^iai, b ^r|8E^Lav à£,lav EÎvau tôv vOv KaTÔcaTaatv tioXecûc; ou iXeî KpaTotS^evov levai, oûtcû Kal toOto t6 yévoc; vOv ^lèv oôk Ïo^^eiv t^jv aÛToO Stjvajiiv, ■àXK' eIç àXX^Tpiov f\Qoç ektiItitelv eI 8è Xi'iipETaL xfjv àplaTr|v TToXiTEtav, | ûSonep Kal aÔTÔ àptaTév laTiv, t<5t£ c SrjXoaEi ÔTL toOto jièv t^ ïvtu Beîov î^v, Ta 8è âXXa àv8p<*)- Ttiva, Ta TE Tcov (f)iLiaEcov Kal tcùv ETtiTr|5Euji66G) Sv û^jieÎc; àvTi- ^a(i6av6^EVOL SESrjXdûKaTE (laKpàv Kal )(aX£Tri^v aÔToO Tf)v ^7i6ÔEL^LV etteI Kal t6 XoiTi6v oô TiàvTCùc; pE^aiov SieXBeÎv. Tb 7TOLOV ; Tlva TpÔTTov jiETa)(ELpL^o^iÉvT] ti6Xlc; <|)tXoaocj)tav oô -SioXEÎTai. Ta yàp Sf) ^EyaXî], Kal ih AEyo^iEvov Ta KotXà t^ Svti )(^aXETtd. 'AXX' b^cùç, I Ec^T], XaBÉTco teXoç f\ àTi68EL^iç toutou e ■T]. nSv ToôvavTtov* jiEipàKia ^èv ovTa Kal TiatSaç ^Eipa- icicû8r| TTaL8ELav Kal (piXoao<|)tav ^ETa)^ELpi^EaGai, tôv te £Tou<; C A/É^iEaSat Kal ^r)8Èv aXXo TTpdiTTEiv, b tl ^f| TcdpEpyov, toùç ^ÉXXovTaç Eu8aL^6vcû<; ^iwc^EoSaL Kal TEXEUTrjcravTac; tû lilcù T^ (5e6ico^£Vcû ttjv EKEt ^oîpav ETTLOTifjaEiv TtpÉTtouaav. XII 'Clq àXrjBSç ^lot 8okelç, £(|)r|, XéyEiv yE TipoGiS^icùç, -& ZcùKpaTEc;' oT^ai ^évtol toùç tioXXoOç toùv aKouévxcov TUpoBu^^TEpOV ETt àvTLTEtvELV 0Ô8' OTICOaTLoCv TIELaO^ÉvOUÇ, -anô 0paa\)^d)(ou àp^a^Évouç. Mf) 8L&6aXXE, TJv 8' âyo, êjiè Kal 0paaT&^a)(ov | apTi d 498 a 7 à7:oa6£VvuvTat : -uxat F |j p-àXXov 7:oXù F || 8 r^pay.Xv.-cdou : -Tou F II b 5 çtXoaooîav : aooiav F |j -ce : 8è F j] C i axpaTSiwv : -Ttcùv codd. Il TJûY] om, F II 5 Y£ : xe F || 7 ;:po0i;[Adx£pov : ex w fecit A || àvxtxeivstv : av àvx. Mon. àvxixeveiv Steph. (repugnaturos Ficinus) jj -9 8tà6aXXe : SiàSaXe F». VII. I. — i6 498 c LA RÉPUBLIQUE VI 12» d Thrasymaque et moi, au moment où nous venons de lier amitié, sans jamais d'ailleurs avoir été ennemis. Je n'épar- gnerai aucun effort pour le convaincre lui et les autres, ou du moins pour leur servir à quelque chose dans une autre existence, lorsque, revenus au jour, ils se trouveront de nouveau à des entretiens comme celui-ci*. » C'est les ajourner à bref délai, vraiment, fit-il. Il n'est pas Ce délai n est rien, répliquai-je, impossible de comparé a 1 éternité. Au reste il n'est convaincre la foule pas surprenant que la foule n'ajoute pas- réfractaire au foi à nos discours ; car elle n'a jamais vu gouvernement des exécutée l'idée qui est à présent discutée ; philosophes. , • j 1. i7 ' x j j loin de la, elle n a entendu que dès- phrases comme celle qui vient de m'échapper, construites à dessein sur les mêmes consonances, et non point des propos- où cette correspondance soit, comme dans ma phrase, l'effet d'un simple hasard. Quant à un homme qui soit en rapport et consonance avec la vertu, aussi parfaitement que possi- ble, en acte et en parole, et qui gouverne souverainement 499 a dans un État pareil au nôtre, jamais elle n'en a vu, ni un,. ni plusieurs. Qu'en penses-tu ? Qu'elle n'en a jamais vu. Elle n'a jamais été non plus, cher ami, à même d'assister à de beaux et nobles entretiens, où l'on cherche la vérité de toutes- ses forces et par toutes les voies possibles, dans la seule vue de la connaître, où Ton salue de loin les faux brillants et la dis- pute et tout ce qui ne tend qu'à la vaine gloire et à la chicane^ et dans le barreau et dans les conversations particulières. C'est encore vrai, dit-il. b Voilà, repris-je, les réflexions qui me préoccupaient et me faisaient craindre de parler ; cependant la vérité l'a emporté, et j'ai dit qu'il ne fallait point s'attendre à voir ni un État,, ni un gouvernement, ni même un simple individu toucher à la perfection, avant que ce petit nombre de philosophes^ qu'on traite, non pas de méchants, mais d'inutiles soient forcés par les circonstances à s'occuper, bon gré, mal gré,. 1. Ceci implique la réincarnation de l'âme comme elle est décrite au livre X 608 d sqq. L'éducateur ne doit jamais désespérer, puisque la semence jetée dans cette vie peut porter ses fruits dans> une autre vie. 133 IIOAITEIAS 7 498 d cplXouc; yeyovéTac;, oôSè iTp6 xoO èyQpo^q ovxaç. flelpaç yàp 0Ô5ÈV àvl'jCTOjiEV, êcoç âv î^ Tieiaco^EV Kal toOtov Kal Toùç êcXXouç, f) npoÔpyou Ti TtoLrjaco^iEv elç ekelvov t6v ^tov, bTav oSGlc; yEvitiEvot toîç toloutoic; evtux^cogl X6yoiç. Elç jiiKp6v y', £TtoTE eÎSov yEvd^Evov xè vOv XEyd^Evov, àXXà TToXù ^loXXov 1 TOLaOx' axTa p^niaxa I^ETrtxrjSEc; àXXr)- e XoLÇ «^otco^iéva, àXX' oùk omb xoO auxojiocxou ôortEp vOv £,\)jjmEa<5vxa* avSpa Se apEXÎ] Tcapiao^iévov ical &^oio^£vov ^iÉ)(pi xoO SuvaxoO xeXécùç Epycp xe Kal X6yo, 8uvaax£\3ovxa £v •n6XEL EXÉpoc xoia\3xrj, ou ticStioxe |1 IcûpàKaaiv, oÔxe Eva 499a ouxE ttXeIouc;* f) oïel ; OuSa^coç yE. OûSÉ yE au X6ycov, S ^ia<àpiE, KaXoùV xe Kal IXEuSÉpcov iKavQÇ ETirjKooL yEydvaoïv, oïcùv ^T]xelv ^èv x6 àXr|9È<; E,uv- XExa][iÉVG)c; ek navxàc; xpénou xoO yvcovai y^&piv, xà 8è Kojiipà XE Kal IptaxLKà Kal ^r)Sa^6aE otXXoaE XEivovxa f\ •npôç 86E,av Kal Ipiv Kal ev SlKaiç Kal ev ISlaïc; ouvouctaLÇ TtéppoBEV àona^o^Évcûv. OuSè xotixov, ET]. Toùxcûv I xoL )(àpiv, f]v S' Ey<*), Kal xaOxa npoopo^Evoi b iq^iELÇ laie. Kal 8E5t6xEÇ cJ^oc; èXéyo^Ev, ÛTt6 xàXrjSoCc; i^vayKaa^iEvoL, oxt oÔxe tiôXiç oCxe noXiXEta oô8é y' àvf\p ê^otcùc; ^if| TToxE yÉvr|xaL xéXeoç, nplv av xolç <|)iXoa6 f\ Kttl vOv laxLV EV xiVL |5ap6apLKÛ xéircp, Tidppcù nou EKx6ç ovxL xî]c; I iq(jiEXÉpaç èndipECùc;, f] Kal ETTEuxa yEv/j- d aExat, TTEpl xouxou EXOL^OL xû X6ycp SLa^dc)(Ea8aL, â>q yÉyovEV 1^ £Lpr||jiÉvr| TtoXLXEta Kal laxtv Kal yEvr|aExal yE, oxav aîixr) f^ MoOaa ti6Xecù(; âyKpaxfjc; yÉvT]xat. Ou yàp à5\3vaxoç yEvÉaSat, ouS' i^^ielç àSt3vaxa XÉyo(jiEv|^X, oxt oôk aî5 Sokel IpEÎc; ; '*0 ^laKdtptE, Y\v 8' lyo), 1 ^xf) Tuàvu ox5xa> xcov ttoXXoùv e KaxrjyopEL. 'AXXotav xoi 86^av I^ouaiv, làv auxoîç ^if| (|)lXovelkcov, àXXà Tiapa^iuSoij^Evoç Kal àTToXu6^Evoc; xrjv xfjç (})LXo^a9£Laç 8ta6oXf)v £v8ELKvijr| oQc; XéyEtç xoùç (J>lXo- a6(|)ouç, Kal 8Lopt^r| ôcmEp apxi xr)v xe <|>t3aiv aôxôv Kal xf|v 11 ETtuxf)8Euaiv, XvoL \i.^ iqyôvxat ce XéyEiv oQc; auxol 500 a oïovxaf [f]] Kal làv oSxco SEcovxat, àXXotav xoi <|)f)aEic; aôxoùç 86^av Xr)ipEa8aL Kal aXXa aTTOKpLVEÎaBai. *H oïei XLvà )(^OcXETTatvELV XCÙ ^if) )(aXETlÇ fj (|)90VELV xS (Jlf) CJ)8oV£p^ 8 y.oizr^y.odi Schleiermacher : xaTr[xoot AF (àvxî tou xaxa/.ojdusvoi schol. in A jj d I £-d'|ecoç : oï|/£co; Eus. || 4 auTY) F : aùxr] A Eus. || fj om. F II e 2 àXXoiav : àXX' oTav F || èotv : èv F || 4 IvSetxvur) : -ei F 5 otopîî^r] : -£t F II 500 a 2 r] om. F || oûxto : aùxto F || 3 à-oxpiV£Îa6at F : -veaèai A |j 4 [xr] om. F add. s. u. 500 a LA. RÉPUBLIQUE VI ia5 quand on est soi-même sans haine et sans méchanceté ? Je préviens moi-même ta réponse, et je déclare qu'un caractère aussi revêche peut bien se rencontrer chez quelques hommes, mais non dans le grand nombre. Je partage, dit-il, franchement ton avis. b Tu le partages donc aussi sur ce point, que, si le vulgaire est indisposé contre la philosophie, la faute en est aux intrus* qui ont pénétré bruyamment chez elle contre toute conve- nance, et qui, injurieux ethargneuxles uns envers les autres, et réduisant leurs discussions à des questions de personnes, se conduisent d'une manière indigne de la philosophie. C'est très vrai, dit-il. XIII En effet, Adimante, on n'a guère le loisir, quand l'esprit est vraiment occupé à contempler les essences, c d'abaisser ses regards sur la conduite des hommes, de leur faire la guerre, et de se remplir contre eux de haine et d'aigreur ; mais regardant et contemplant des objets ordon- nés et immuables, qui ne se nuisent pas les uns aux autres, qui au contraire sont tous sous la loi de l'ordre et de la rai- son ^, on les imite et on se rend autant que possible sembla- ble à eux ; ou crois-tu qu'il soit possible, quand on vit avec ce qu'on admire, de ne pas l'imiter ? C'est impossible, dit-il. Ainsi le philosophe, qui vit avec ce qui est divin et d ordonné devient ordonné et divin, autant que le comporte la nature humaine ; mais la masse le juge souvent de façon bien injuste. Assurément. Si donc, repris-je, quelque circonstance le contraint à essayer de faire passer dans les mœurs publiques et privées de ses semblables ce qu'il aperçoit là-haut, au lieu de se bor- 1 . Il semble bien qu'Isocrate a pris ceci pour une attaque person- nelle et qu'il y répond dans VAnlidosis 260 sqq. : « Nous autres poli- tiques, que ces gens-là disent hargneux («ptXaTzeyGrfijLOva; ici est la reprise du mot de Platon çtXa-£"/6T)u.ovfo; ?/ovTa;), nous sommes beaucoup plus doux qu'eux ; car ils tiennent toujours sur notre compte des propos méprisants, tandis qu'en parlant d'eux nous ne disons que la vérité. » 2. Cf. Euripide, /r. 902. 125 IlOAITEIAS q- 500; «tXa'nE)(8T]^6vcû<; i^^ovTaç Kal àEl TiEpl àvSpcûTtcûv ToùçX6youç TioLou^iÉvouç, fJKiCTTa iXoao<|>tot ■npÉnov TtoLoOvTaç ; rioXi» y', E<|)T]. XIII OôSÈ yàp TTou, S 'A5Et(iavTE, (j)(oXf] TÔ yE é>q ■aXrjGcûc; npoç tolç oSat Tf)v Siocvotav e^^ovtl KdtTCù (iXÉTTELV ^Iç àv9p- ^Évôuç oCt' àSiKoOvTa oôt' àSiKoti^Eva ûtt' àXXi^Xov, K6a\xca \ <ÔÈ TuàvTa Kal KaTa Xéyov E)(ovaa; TaOTa ^HJiELa9at te Kal OTL ^làXtaTa àc|)0(ioLoOa8af f) olel Ttvà ^r))(avf)v Etvai, Stg) TLÇ o^iXel àyà^Evoç, \xi] ^iL^ELCT9aL EKELvo ; 'ASiJvaTov, E<|)r|. ©eIo 8f| Kal Koatitcû o y£ cf>LX6aoc|)oç ojiiXSv K6a\ii6q te \ Kal 9eloç eIç t6 SuvaT^v àvBpcûTTo ytyvETaf SiaBoXf) S' âv d -n&at TioXXf| . navT(4TTaat ^kv o3v. "Av oQv TLÇ, eÎtuov, aÔTÔ àvàyKT] yÉvrjTat S ekeî opfi ^EXETÎ^aat ELÇ àv9p : Oecp Stj xa\ xoatxw Eus.' || d 6 [J-ovov : izovov F || àpa y.axôv : àpaxov F add. xa s. u. 500 d LA RÉPUBLIQUE VI 12& ner à se façonner lui-même, crois-tu qu'il sera un mauvai» maître de tempérance, de justice et des autres vertus civiles ?" Pas du tout, dit-il. Mais si le peuple parvient à se rendre compte que nous- c lui disons la vérité sur les philosophes, gardera-t-il son hos- tilité contre eux et se méfiera- t-il encore de nous, quand nous disons que jamais un État ne connaîtra le bonheur, si le dessin n'en a pas été tracé par ces artistes qui travaillent sur le modèle divin ? Il perdra ses sentiments hostiles, répondit-il, s'il se rend 501 a compte de la vérité ; mais de quelle manière crois-tu qu'il» traceront ce dessin ? Ils prendront, repris-je, l'État et les caractères des hommes^ comme une toile, qu'ils commenceront par rendre nette, ce qui n'est pas très facile. En tout cas, tu penses bien qu'il* différeront dès l'abord des législateurs ordinaires en ce qu'il» ne consentiront à s'occuper ni d'un particulier ni d'un État^ pour lui tracer des lois, que lorsqu'ils l'auront reçu net ou l'auront eux-mêmes rendu tel *. Et ils auront raison. Cela fait, ne crois-tu pas qu'ils esquis- Le philosophé ggront le plan de la constitution. modèlera l'Etat ^ j x sur l'idéal divin. Sans doute. b Ensuite, je pense, perfectionnant leur ouvrage, ils tourneront souvent les yeux de deux côtés, d'une part vers l'essence de la justice, de la beauté, de la tempérance et des autres vertus semblables, et d'autre part vers la copie humaine qu'ils en tracent, broyant et mêlant les couleurs humaines ^ suivant les professions et se guidant sur cet exem- plaire qu'Homère^, lorsqu'il le rencontre chez les hommes^ appelle divin et semblable aux dieux. Bien, dit-il. 1 . Cf. Lois 735 b-736 c où il est également question d'une pur- gation (ziôapatç) initiale, et où Platon décrit plusieurs formes de purgation législative. 2. Le mot àvBpetxeXov, que j'ai traduit par couleurs humaines désignait en peinture la couleur de la chair, qui s'obtenait par uo mélange de plusieurs couleurs ; il signifie ici la ressemblance avec l'humanité vraie. 3. Homère IL i, iSi. 126 nOAITEIAS Ç 500 d OLEt yevriaEaSaL aa>cj>poCTÙvr|ç ts Kal SiKatocrtvi^ç Kal ^u^- TTàcjr|ç Tfjc; SrjjJioTiKÎ^ç àpeTÎ^ç ; "\-\kiiXoa6c|)OL<; Kal àTTiat/)- e aouoLV rwxlv XéyouaLV àç oôk av ttote aXXcoç EÔ5amovf|aEiE tt6Xlç, eI ^if) auTi^v SuaYp(ii|;Eiav ot tô GeIco TuapaSElynaTt )(p(A)jiEV0L ^cûyp(ic|>OL ; Oô xaXETravoOatv, îj 8' Bç, IdvTTEp alaBoovxai. 'AXXà Sf] Tlva 11 XÉyEtç TpéTTov Tfjç 8Laypa<|)f]ç ; 501 a Aa66vTEc;, rjv S' èyo, ôoTTEp TttvaKa 7t6Xlv te n. OuKoOv {lExà TaOra oïel ÔTtoypàkpaCTSaL âv t6 axf]^a tî^ç TioXiTELaç ; Tl iii^v ; "ETiELTa, 1 ot^ai, àTTEpya^6jjiEvotTtUKvà âv ÉKaTÉpcoa' oltto- b BXÉTtoiEv, TTp6c; TE Tè cfïôaEL 8tKaLov Kal KaXôv Kal a6ù<|>pov Kal nàvTa tA ToiaOTa, Kal irpèç ekelvo aS 8 ev toîç àvSpcû- TTOLÇ I^TTOLOÎEV, £,U^HIELyvl&VTEÇ TE Kal KEpaVVlÛVTEÇ EK TCÙV ETlLTT]8EU^àTCÙV t6 àvSpElKEXoV, àll EKeIvOU TEK^iaipÔ^EVOL, O 8if| Kal "O^rjpoç ek^cXectev ev toîç àv6p F || (xj vulg. : au xô AF Eus. Hierocles. SOIB LA. RÉPUBLIQUE VI 127 Et tantôt, je pense, ils effaceront, tantôt ils ajouteront un c trait, jusqu'à ce qu'ils aient épuisé leurs efforts à tracer des caractères humains qui soient agréables aux dieux dans toute la mesure du possible. Un pareil dessin, fit-il, ne saurait manquer d'être fort beau. Eh bien, repris-je, n'avons-nous pas réussi à persuader à ceux que lu représentais fondant sur nous de toutes leurs forces, que l'homme capable de dessiner un État est ce même philosophe dont nous leur faisions l'éloge tout à l'heure, entre les mains duquel ils s'indignaient de nous voir remettre les États ? Ne sont-ils pas moins choqués de nous l'entendre répéter à présent ? Beaucoup moins, dit-il, s'ils sont raisonnables. d Que pourraient-ils encore nous objecter ? que les philoso- phes ne sont point épris de l'être et de la vérité ? Ce serait absurde, répondit-il. Que leur naturel, tel que nous l'avons décrit, n'est point parent du bien par excellence. Ils ne peuvent nous objecter cela non plus. Alors quoi ? qu'un tel naturel, étant tombé sur la profes- sion qui lui convient, ne deviendra pas parfaitement bon et sage, s'il en fut jamais de tel ? Diront-ils que ceux que nous avons exclus le deviendront davantage ? « Non certes. S'effaroucheront-ils encore quand ils nous entendront dire que, jusqu'au jour où la race des philosophes sera maîtresse du gouvernement, ni l'État ni les citoyens ne verront la fin de leurs maux et que la constitution que nous avons imagi- née en esprit, ne se réalisera pas en fait ? Ils s'effaroucheront peut-être moins, dit-il. Veu2ç-tu, dis-je, que nous supprimions ce moins* et que nous les déclarions tout à fait radoucis et persuadés, afin 502 a qu'ils en conviennent au moins par pudeur, sinon par un autre motif? Je le veux bien, dit-il. I. Platon pense-t-il pouvoir réellement persuader ses adversaires, qui sont surtout les politiques réalistes à la façon de Calliclès ? C'est possible. En tout cas, il fallait admettre leur assentiment pour démontrer la possibilité de la cité parfaite. 127 nOAITEIAS ^ 501b Kal t6 \jik\f av, oT^at, e^aXeL(|)OLEV, t6 Se TtdtXiv lyYpà- <{>OL£v, 1 Ecoç bxL ^dXiara àv9p<*>TtELa fjSt] elç 8aov evSé- C ^ETttL 6E0C|)LXf] TTOLTjaELaV. KaXXtaTri yoOv av, Ec|)r|, f\ Ypaç toloOt6ç Iotl ttoXitelcov ^coypà<|>o<; ov t6t' etit^voO^iev npiç aÙToi3ç, Sl' ov ekeîvoi €)(aX£T[aLVov 8ti xàç tc6Xeiç aÔTâ TiapESlSo^iEv, Kat Tt ^o^Xov aÙTÔ vOv àta6r|Tf]aaL ; nÔTEpov ^if| toO d 3vToç TE Kal àXr|9Etac; IpaaTàç EÎvai toùç <|)LXoa6c|)ouç ; "Atotiov ^EVTav, E(^r), EÏr). 'AXXà ^f) Tf]V (|)i&aiv auTcov OLKElav EÎvau toO àplaxou, fjv Vj^iEÎc; 8if)X9otiEv ; . OôSÈ toOto. Tt Bk ; Tf|v TotaÛTT]v TU)(oOaav xcov TTpoar]<6vTCûv etti- TT^ÎEU^iaTCûV oÙK àya8f]v teXécoç laEcOai iX6aoov, ELTTEp TLvà aXXr|v ; f| ekelvouç opiaa^Ev ; I Oô 8f)TXou. e "Ext oîîv àyptavoOai XEyovTov fj^uv 8ti irplv fiv TréXEcoc; t6 <|)LXécrocJ)ov yévoc; lyKpaxÈç ysvrjTaL, o3te ttoXei oôte TToXlTatc; KaKcov naOXa laTai, ouSè t^ noXiTEla fjv ^luSoXo- yoOjiEV Xdyc) Ipy^ TéXoç Xf)ipETaL; *'lacoç, Ecf)r|, îjttov. BoijXel o3v, ?\v 5' Ey(A), ^if| ?]TTov c|)co^ev aûxotiç, àXXà TTavTdcTiaai irpàouç yEyovÉvat Kal TTETTEÎaBat, ïva, |1 eI \if\ 502 a XI, àXXà ala)(uv8ÉvxEc; ôjioXoy/) aoatv ; riàvu ^Èv oîîv, M.(^r\. C I aaX'.çjta : [x. xà F Eus. Hierocles || àv6pa5-eta codd. et Eus. : -niva Hierocles || a ôeoçiXt; : 6eoe:Ôr) Badham jj 4 £X£''vouç : /.£''vo'j; F || ^'.aTSTa^JLSvo'jç : àvTixsT. F^ || 8 aùxô om. F j| d 9 çrjaetv : cpûost F r|. Tolo\3touç 8è yEVo^Évouç wç noXXf] àvàyicTl 8iac|)9apf^vai, £)(EL TLÇ XÉyEiv ; «ç jiÈv yàp xaXETTàv aco9î]vai, Kal i^^elç ^Uy)^COpoO^EV toÇ SE EV TiaVTl T^ 1 XP^^'P "^^^ TlAvTCÛV b oôSéttote oôS' âv eTç acûSElr], saQ' oaxiç à^icJ)La6T)Tf|a£iE ; Kal Tucoç ; 'AXXà ti/)v, îjv S' lycb, EÎç iKavàc; yEvé^iEVoç, tioXiv e^cùv -nEL9ojiÉvr|v, ttocvt' âiTLTEXÉaaL Ta vOv àTttOTOiijiEva. 'lKav6ç yàp, £cj)r|. "ApxovToç yàp Ttou, f^v 8' âyoù, tlSévtoç toùç v6^iouç Kal ■rà èTTLTTjSEti^aTa S 8ieXr|X\i9a^iEv, oô SfjTTov) âSiiivaTOV £9ÉXeLV TtOUELV TOÙÇ TIoXlTaÇ. OÔS' ÔTTCÛOTLOOV. 'AXXà Sr), aTiEp iq^icv SokeÎ, S6£,aL Kal aXXoLÇ 9aujiaaTàv TL Kal àSuvaTov ; OÛK oX\iai lycùyE, ] ?) 8' oç. C Kal \jii]v 8ti yE lîâXTtaTa, elttep SuvaTà, ÎKavôç ev tolç .£^Tipoa9Ev, ôiç lyS^iat, 8if]X9o^£v. 'iKavSç yàp. NOv Sr), â>q eoikev, ^u^iBalvEi i^^tv TiEpl i?\q vojio9EaLac; IcptoTa ^Èv EÎvaL S. Xéyo^Ev, eI yévoLTo, )(aXETuà Se yEV£a9aL, ot ^ÉvTot àSuvaTà yE. Hu^iBatvEL yàp, Ec})r|. XV OÔKoOv ETiEiSf) toOto ^liyiç téXoç ï.a)(EVy Ta ettI- Aoma 8f) jiETà toOto Xektéov, Tiva ) Tpàrtov i^ï^îv Kal ek d ^tvcûv ^ia9rniàTcov te Kal ETTLTr)8EUtiàTcov ol acûTi^pEÇ evé- 4 TOUTO : -Tov F II 5 xiç D : xt; A x^ç F || à[jLçptffSr,xr)aet wç : àtxcpt- a6T)xrîaca>ç F || 6 ï'/.-^o'^oi : ïyyovot F || lo xt; F : xtç A || yàp om. F || C 10 xtva : ovx'.va F jj d i xai om. F. 502 d LA RÉPUBLIQUE VI 12^ sciences et de quels exercices se formeront les conservateurs de la constitution et à quel âge ils s'appliqueront à chaque étude. Abordons, dit-il. C'est en vain, repris-je, que j'ai usé d'adresse en passant sous silence précédemment l'épineuse question de la posses- sion des femmes, de la procréation des enfants et de l'établis- sement des magistrats, sachant combien la vérité complète soulèverait de protestations et serait difficile à mettre en e pratique ; car à présent la nécessité d'en parler n'en est pas moins venue. Il est vrai que nous avons épuisé la question des femmes et des enfants ; mais il faut reprendre celle des magistrats pour ainsi dire par le début*. Nous avons dit, si 503 a tu t'en souviens, qu'ils devaient faire éclater leur amour de la patrie dans l'épreuve du plaisir et de la douleur, et ne jamais se laisser surprendre à répudier ce principe ni dans les travaux, ni dans les périls, ni dans aucun changement de position ; qu'il fallait exclure celui qui succomberait à ces épreuves, mais établir comme magistrat celui qui en serait toujours sorti pur comme l'or éprouvé dans le feu, et lui donner des privilèges et des récompenses de son vivant et après sa mort. Voilà à peu près ce que j'ai dit, en biaisant b et enveloppant mes termes, dans la crainte de soulever la discussion présente. Tu dis vrai, dit-il, je m'en souviens. J'hésitais en effet, mon ami, à faire l'audacieuse déclara- tion que je viens de faire ; mais à présent ratifions notre audace et disons que les gardiens parfaits ne pourront être que des philosophes. Osons le dire, fit-il. Remarque combien vraisemblablement le nombre en sera petit ; car étant donné le naturel que nous exigeons des phi- losophes, les qualités qui le composent naissent rarement ensemble sur le même tronc ; elles poussent ordinairement sur des troncs séparés. c Gomment l'entends- tu ? demanda-t-il. I. Platon a traité de l'éducation morale des gouvernants par la musique et la gymnastique ; mais il n'a rien dit de leur éducation intellectuelle, qui doit se superposer à l'autre. 129 nOAlTEIAS Ç 502 d aovTat T?\<; TtoXiTEtaç, Kal Kaxà TTotaç i^XtKiac; CKaaTot éKocaTCùv &TTT6jievoi ; Aektéov jiévTOL, e<|>r|. OôSév, T^v 8' èyo, t6 aoiXoTi6Xi|18àc; te 503 a 66ol<; h^jt' ev aXXt] ^rjSE^La ^ETaBoXfj {|)alvEa6aL EKBoXXovTaç, f\ t6v àSuvaToOvTa àTTOKpLTÉov, t8v 8è TTavTa)(oO dtKfjpaTov EKÔatvovTa ôoTiEp )(puaov ev nupl |iaaavi^6^£vov, aTaTÉov apy^ovioL Kal yépa 8otéov Kal ^oûvtl Kal TEXEUTf)aavTL Kal a8X(*. ToLaOT* ocTTa f\v là XEyd^Eva TiapE^iévToc; Kal napa- KaXuTUTO^iÉvou ToO X6you, | TTEcj)o6rnjiÉvou KiVEÎv Tè vOv b TTap6v. 'AXrjSÉaTaTa, Ec|)r|, XéyEiç* ^Éjivrj^at yap. "'Okvoç yàp, Ecf)T]v, S <|)tXE, lyci), eItteÎv Ta vOv àiroTEToX- jirmÉva* vOv 8è toOto jièv TEToX^ifiaSo eltielv, 8tl toùç àRpLÔEaTocTouç LXoa6(|)ouç hsl KaBiaTàvai. EtpfjaScû ydcp, M.\j£a6aL Kal vEavLKot TE Kal ^EyaXoTTpETtEÎc; làç Stavolaç oTol Koa^tcoç \xsià T^au^tac; Kal fiE6ai6Tr)Toç e8éXelv C,?\v, àXK' ol toloOtol ôtt6 ô^utt]to(; <|>£povTaL 0TTr| &v Toyoiaiv, Kal t6 [iÉBatov ÔTiaV aUTÔV E^OL)(ETaL. 'AXT]6fj, £q>r|, XéyELc;. OÛKoOv Ta fiÉBata a3 TaOTa fjGi] Kal oôk EÔ^iETotBoXa, oTç av TLÇ (iolXXov ôç niaToîç | XP^^"'-'^®» ^°^^ ^^ '^^ d -noXÉ^cp Tipoç ToiL)ç c|)é6ouç SuaKtvrjTa SvTa, Tipèc; Tàç ^laSfjaELÇ au TtotEÎ TaÔTÔv SuaKLvfjTcûc; e-^ei Kal Sua^iaScoc; ôoTTEp àTTovEvapKCûjiÉva, Kal Ottvou te Kal ^àa^iT^c; l^ml^i- TtXavTai, 8Tav ti Bkr\ toioOtov SiaTiovEÎv. "EaTL TaOTa, e.ajiEV àji<|)OTÉpcov Bzlv eu te Kal KaX6ç ^ETÉ)(Eiv, f\ t^HT^s TTatSEtaç i?\ç àKpL6EaTàTT]ç Selv aÔT^ ^i£Ta8uS6vaL jir)TE tl^iî^ç b^T''^^ ^PX^^* 'Op8£)ç, ?\ S' 5c;. OuKoOv oTTaviov aÔT6 oïel loEaSat ; nSç 8* oCf ; BaaavLOTÉov Sf) Iv te | otç t6te EXÉyo^iEV névotç te e Kal <|)66oi(; Kal fjSovaîç, Kal etl h^ 8 t6te TiapEL^iEv vGv XÉyo^EV, 8tl Kal Iv (jia8f]|jiaaL noXXoîc; yu^v&^Eiv BeX^ CKOTToOvTaç eI Kal Ta ^lÉytaTa ^aBrj^iaTa 8uvaTf) laTat èvEyKEÎV ElTE Kal àTtollSElXLàaEL, ^OTIEp Ot EV TOÎÇ ttSXoLÇ 504 a ÂTloSElXLOdVTEC;. npETIEt yé TOI 8f|, lcf)T], OÎÎTO ctkotteÎv. 'AXXà TTOta 8f| XÉyELÇ ^a9f)(jiaTa jiéyiOTa ; XVI Mvt^^iovei&ek; \ikv ttou, îjv 8' lyci), Sti TpiTTà eï8î] C 4 /.oafxtoi; : -tco F || 5 PeÇaidxrjTOç : rjjAepoTTj-îo; W || 7 auTÔiv : TauTwv F II d 7 ye s5pa;jLev : ye çajxèv F || ii a;:avtov : ânav:ôv F 1| 504 a I âôÀotç Orelli : àXXoiç codd. VIL I. - 504a LA RÉPUBLIQUE VI i3i distingué trois parties dans l'âme, nous avons expliqué par là en quoi consistent respectivement la justice, la tempérance, le courage et la sagesse. Si je ne m'en souvenais pas, répondit-il, je ne mériterai» pas d'entendre ce qui te reste à dire. Te rappelles-tu aussi ce que nous avons dit avant cela ? b Quoi donc.*^ Nous avons dit que, pour arriver à contempler ces vertu» dans le meilleur jour possible, il fallait prendre un circuit plus long*, au bout duquel on les verrait en pleine lumière, mais qu'on pouvait cependant compléter notre raisonnement par des démonstrations fondées sur ce qui ne venait d'être dit. Vous avez déclaré que cela suffisait, et alors je vous ai fait un exposé qui n'avait pas, selon moi, la rigueur nécessaire ; mai» peut-être vous en êtes-vous contentés ; c'est à vous de le dire. Pour moi, dit-il, je l'ai trouvé satisfaisant, et les autre» aussi. c Mais, mon ami, repris-je, quand il s'agit de choses si importantes, une mesure qui n'atteint pas à la vérité la plus rigoureuse ne saurait être bien satisfaisante, parce que rien d'imparfait n'est la mesure de quoi que ce soit ; cependant il y a parfois des gens qui se trouvent satisfaits tout de suite et n'estiment pas nécessaire de pousser les recherches plus loin. Il y en a même beaucoup qui s'en tiennent là, dit-il, par nonchalance d'esprit. Et c'est justement, repris-je, ce que doit faire moins que personne un gardien de la cité et des lois. Naturellement, dit-il. Ainsi donc, mon ami, repris-je, il faut qu'il prenne le d long circuit et qu'il travaille à développer son esprit tout autant que son corps ; autrement, nous venons de le dire, il ne parviendra jamais au terme de cette science qui est la plus haute et la plus appropriée à ses fonctions. Quoi donc? ce que nous avons dit n'est-il pas ce qu'il y a de plus important, et y a-t-il encore quelque chose au-des- sus de la justice et des autres vertus que nous avons passée» en revue ? I. Ce circuit plus long est l'entraînement nécessaire pour mettre les gardiens à même d'arriver à une connaissance scientifique des- vertus, en discernant leur relation avec l'idée du Bien. i3i nOAITEIAS ç 504a i|JU)(fjc; SittaTT^aoc^iEVoi ^uveBiÔdc^ojiEv SLKaLoat3vr|c; te iTÉpi Kttl aa><|)pocn3vrjç Kal àvSpElaç Kal ao<^ioLÇ 8 EKaaxov eït). Mf] Y^P tivr)jiovEt3cùv, e<|)T], -uà XoiTrà Slv eït^v StKatoç ^f| &ko>3eiv. *H Kal t6 TTpoppr)8£v auTÔv ; I T6 noîov Bt] ; b 'EXéyo^iÉv TTou ÔTL â>c; (jlèv 8uvaT6v f\v KoXXiaTa aôxà icaTtSELV aXXrj jiaKpoTÉpa eït) TTEptoSoç, f\\J TI£pU£X96vTl KaTac|>avT] ylyvoLTo, t6ûv ^iévtol I^TTpoaBEV TrpoEtprj^ÉvcùV ÊTTo^Évaç aTioSEt^EK; ol6v t' EÏr) TTpoa(ii|;aL. Kal û^ieîç E^apKEÎv IcjjaTE, Kal oOtoù Sf) Ippi'jBr) Ta t6te ttjc; ^èv àRpLÔEiaç, â>q âjiol EalvETo, IXXLTifj, el 8è ôjiîv àpE- aKévTCùç, ûjjiELÇ av toCto eÏttoite. 'AXX' E^lOLyE, ECJJT], tlETptcûC;' E(J)atVETO ^ifjV Kal TOLÇ &XXoL(;. 1 'AXX', s <|)tXE, ^v 8' lyco, ^ÉTpov tôv toloutcûv à-no- c Xeîttov Kal ÔTLoOv ToO ovToç ou nàvu ^ETptcoç ylyvETai* à^EXÈÇ yàp Ou8£V OÔ8ev6ç ^ÉTpOV SOKEL 8' EVLOTÉ TIOLV iKavcoc; fjSr) ex^^-v Kal ot>8Èv Selv TCEpaLTÉpco ^r|TEÎv. Kal ^loX', Ecf)!], au^vol TtàCT^ouaiv aÔTO Stà p<^9u^tav. Toutou 8é yE, t]v 8' lycb, toO naSfjjjiaToç fJKiaTa TipocBeX <{>t3XaKL ti6Xe6ç te Kal v6(ig>v. ElKéç, Ti 8' bç. TlfjV ^JiaKpOTÉpaV TotvUV, O ETaîpE, ECj>r)V, TIEpLLTÉOV j T^ d TOtoiiTG), Kal oô^ îJTTOv jiavSàvovTt TTOvrjTÉov f) yujiva^o- ^Evo)* ^, o vOv 8f] èXÉyojiEv, toO ^EytaTou te Kal ^locXiaTa Tipoaf]KovTo<; ^aBri^iaxoc; etiI téXoç oÙttote fî^Et. Ou yàp TaOTa, £c|)T], ^lÉyiaTa, àXX' etl ti ^el^ov SiKaio- atSvrjc; te Kal ov SifjXSo^iEv ; 6 T.ipi xat : xal repl F || 8 sl'rjv : dr\ F i| b a |J.èv : èatxsv F || 5 oTov x' ei'r) : wç oTdvTe elvai F |[ 6 outoj : ouxs F j| 7 èsaivtxo : çaivexat F* Il èXX'.TûTJ F : -XeczT] A jj C i-3 aTroXeiTCov ... fxeTpttoç : yp. ix::oXet7îov xai oTiouv -oiouxoç où zavu ixe-ptovin m. A àîîoXsÏTCov F et yp. A : -XetTîtov A II C 4 Seiv M : Sst codd. || 6 7:poa8e! W^ : -poaÔeiTai codd. [|, 4 3 7] yutxva^ouévo)... d 3 (xey'axou F : cm. A || 5 xi cm. F. 504 d LA RÉPUBLIQUE VI 182 Oui, repris-je, il y a quelque chose au-dessus, et j'ajoute qu'à l'égard de ces vertus mêmes il ne faut pas nous borner comme nous l'avons fait jusqu'ici à en regarder l'esquisse ; il ne faut pas renoncer à en contempler le tableau achevé. Ne serait-ce pas ridicule d'appliquer tous ses efforts à des e choses de peu de conséquence, pour qu'elles aient toute l'exactitude et la netteté possibles, et de ne pas comprendre que les choses les plus importantes ont besoin aussi de la plus grande exactitude ? Si, dit-il, [ton idée est bonne] ; mais crois-tu, ajouta-t-il, qu'on te laissera passer outre sans te demander ce qu'est cette étude si importante et quel en est l'objet, selon toi ? Pas du tout, répondis-je; mais tu n'as qu'à m'interroger ; au reste tu m'as entendu traiter la question plus d'une fois, et maintenant ou tu l'as oublié ou tu ne cherches qu'à 505 a m'embarrasser par tes objections. C'est plutôt cette dernière supposition qui est la vraie, ce me sem- ^^^ufu^l lïdéf'^^ ^^®' puisque tu m'as souvent entendu du bien ^^^® ^"® l'idée du bien est l'objet de la science la plus haute, et que c'est d'elle que la justice et les autres vertus tirent leur utilité et leurs avantages. C'est encore, tu t'en doutes bien, ce que je vais te répondre à présent, en ajoutant que nous ne connaissons pas exactement cette idée, et que, si nous ne la connaissons pas, connussions-nous tout ce qui est en dehors d'elle aussi parfai- tement qu'il est possible, cela, tu le sais, ne nous servira de b rien, de même que sans la possession du bien celle de toute autre chose nous est inutile. Crois-tu en effet qu'il y ait quel- que avantage à posséder quelque chose que ce soit, si elle n'est bonne, ou à connaître tout, sans connaître le bien, et à ne rien connaître de beau ni de bon ? Non, par Zeus, dit-il. XVII D'autre part tu sais aussi que le vulgaire fait consister le bien dans le plaisir, et les raffinés dans l'intelli- Sans doute. Tu sais aussi, cher ami, que ceux qui partagent ce dernier 1. L'expression « ton idée est bonne (àÇiov tÔ ôiavor^aa) » ne i32 nOAITEIAS T 504 d Kal [iEL^ov, fjv S' lyo, Kal aôxôv toiûtcûv o^\ ÔTTOYpa(f)f]v Seî ôoTtEp vOv ScàaaaBaL, àXXà xf^v TeXecûTàTr)v àTTEpyaJtav jif) TTapiÉvaf f) ou yeXolov IttI jjlèv ocXXolc; a^iLKpoO à^toLÇ Ttav TioiELV I cruvTEtvo^Évouc; oTTCùç îJtl àKpLÔÉaTaTa Kal e ica8apcbTaTa E£,Et, tôv 5è ^lEylaTcov ^^ ^lEylaTac; àE,LoOv EÎvai Kal xàç àKpiBEtac;. Kal jidtXa, E(|)r), [a£,Lov t6 SLav6rnia]* 8 jiévtou ^lÉyiaTov ^à6r|^a Kal TtEpl 5 tl aôxè XéyELÇ, oYei tlv' av aE, e(|)T|, à(f)EÎvaL jif) IpcùTfjaavTa tl èaTiv ; Ou Ttàvu, ^v S' èyw, àXXà Kal ah IpcùTa. FldcvTCùç aÔT6 oÔK èXtyàKiç &K/)Koaç, vGv Se f^ oûk ewoelç î^ aï StavoEÎ Ejiol TTpdtyll^aTa napÉyeiv àvTLXa^i6av6^EVoç. Oî^iat 8è 505 a toOto jioiXXov etteI 8tl yE i^ toO àyaSoO tSéa (jLÉytaTov ^(i6r]^a, ttoXXocklc; àKfjKoac;, f\ Sf] SlKaia Kal TaXXa Trpoa- )(pT]aà^Eva )(pi')ama Kal povELv ; Ma Al' oÔK iycoy', i(pr]. XVII 'AXXà ^f]v Kal t68e yE oîaSa, Stl tolç \ikv TtoXXoLÇ i^8ovf) 80KEL EÎvaL t6 àya86v, tolç 8è KojivpoTÉpoLÇ <^p6vr\aiq. nôç 8' où ; Kal 8tl yE, S cf>tXE, ol toOto ifjyotS^iEvoL oôk e)(ouol 8EL^aL 9 Y] : Y]ç F II aXXoiç : -Xou F j| e 1-2 xaGapoSiaxa xal à/ptSéaTaxa F || 4 àÇtov t6 BtavoTjaa secl. Schleiermacher || 5 xtv' av : xtva F || 7 Tcàv- Twç : 7:. yàp F^ j| 505 a 3 8)) cm. F || Si'xaia : xat 8. F xat xà 8. Pro- clus II 7 è7:iaTaîy.e6a : -âfxeôa F || 8 oùo* d : où 8et F || b i XcXTrjiJLÊÔa : n^jxsôa Bekker || 3 eivat A^ F : eiSévat A. 505b L\ RÉPUBLIQUE VI i33 sentiment ne peuvent expliquer ce que c'est que l'intelli- gence et qu'à la fin ils sont réduits à dire que c'est l'intelli- gence du bien. Oui, dit-il, et cela est fort plaisant. Et comment ne serait-ce pas plaisant de leur part de nous reprocher notre ignorance à l'égard du bien et de nous en c parler ensuite comme si nous le connaissions ? Ils disent que c'est l'intelligence du bien, comme si nous comprenions ce qu'ils veulent dire, dès qu'ils prononcent le mot de bien. Rien n'est plus vrai, dit-il. Mais ceux qui définissent le bien par le plaisir sont-ils moins pleins d'erreur que les autres? Ne sont-ils pas eux aussi contraints d'avouer qu'il y a des plaisirs mauvais ? Incontestablement. Ils doivent donc à mon avis reconnaître que les mêmes d choses sont bonnes et mauvaises ; n'est-ce pas vrai ? Sans doute. Aussi voit-on s'élever sur ce point de nombreuses et gra- ves controverses. Comment en serait-il autrement ? Mais quoi ! n'est-il pas évident qu'à l'égard du juste et de l'honnête, bien des gens s'en tiennent aux apparences et que ces vertus apparentes ont beau n'être que néant, ils n'en veulent pas moins les pratiquer, les posséder et faire croire qu'ils les possèdent ; qu'à l'égard du bien au contraire per- sonne ne se contente des apparences, mais que tout le monde s'attache à la réalité et ne fait aucun cas de l'apparence ? Cela est certain, dit-il. Or ce bien que toute âme poursuit et dont elle fait la fin e de tous ses actes, dont elle devine l'importance, sans pou- voir atteindre à la certitude et définir au juste ce qu'il est, ni s'en reposer sur une solide croyance, comme elle le fait à l'égard des autres choses, ce qui lui fait perdre aussi les avantages qu'elle pourrait tirer d'elles, ce bien si précieux, si considérable doit-il, à notre avis, rester couvert des 506 a mêmes ténèbres pour ces citoyens émincnts à qui nous devons tout confier ? répond pas à la question : « Ne serait-ce pas ridicule d'appliquer tous ses efforts, etc. ? » C'est sans doute la glose d'un moine qui approuvait l'idée de Platon. i33 nOAITEIAS <7 505 b fJTLÇ (J)p6vT^aLÇ, àXX' àvayKà^ovTat teXeutôvxeç xif^v toO dyaSoO <|)àvaL. Kal ^idXa, ec|)r|, yEXotox;. n&ç ^à.p oô)(t, fjv S' Eyco, ] eI ôvEiSi^iovTEÇ yE Stl oûk C tajiEV t6 àyaSôv XÉyouai TidXiv cùç ElSéaiv ; (f)p6vr|aLV yàp aÔT6 <|)aaLV EÎvat àyaSoO, ôç au ^uvlévtcov i^jioàv 8 Tt XÉyouatv, ETTEtSàv t6 toO àyaSoO <|>9Éy£,cûVTaL ovo^a. 'AXrjSÉaTaTa, £68pa yE. Hu(ji6aLV£L Sf] auTOLÇ, oT^iai, ô^ioXoyEÎv | àya8à EÎvat Kal d KaKà TauToc* t\ yàp ; Tt iif)v ; OuKoOv OTL ^èv jiEydcXttL Kal TtoXXal à^icJJiaBrjTfjaELc; TiEpl «ÛToO, (poiVEpàv ; 'Hcoc; yàp ou ; Tt Se ; toSe oô <|)avEp6v, &q StKata \xkv Kal KaXà ttoXXoI àv iXotvTo xà SoKoOvTa, kôîv \xt] rj, 8^coç xaOxa TTpàtTEtv Kal KEKTfia8at Kal SokeÎv, àyaSà Se ouSevI Ixt àpKsî Ta ^oKoGvTa KTSaSat, àXXà là. ovxa ^rjToOcjtv, Tf]v Se 56£,av EVTaOSa fjSf) ttSc; aTt^à^Et ; Kal ^àXa, Icj)r|. ''O Sf] StoKEt I \Jikv &TTaaa y\>MyJ] Kal TotSxou IvEKa TràvTa e TipàTTEt, aTTO^avTEUo^Évr) Tt EÎvat, àxiopoOaa Se Kal oùk €)(ouaa XaÔEtv tKavcoc; Tt tiot' eotIv oôSè TitaTEt )(^pr)aaa8at ^ovt^icp oXa Kal TtEpl Ta aXXa, Stà toOto Se àTTOTuy)(àvEt Kal TCûv aXXov Et Tt o(|>eXoc; t^v, TiEpl bi] t6 TotoOTov Kal togoOtov Ij ouTco c{>co^iEV Seîv EaK0TSa8at Kal ekeIvouç toùç 506 a ISeXtIcttouç ev Trj Tt6XEt, oTç TiàvTa Ey)(EtptoO^Ev ; c 7 ItxnXeto W2 : -soi A e/.-Xeot F || lO oTtJ.at auTOtç F j| d 2 x.axà xajxà : xaxà xà aùxà F j] d 7 xî Si ... zaXà om. F || 8 ^ W : eVr) codd. Il 9 oùôevi : -Slv F. 506 a LA. RÉPUBLIQUE VI i3/| Point du tout, dit-iL En tout cas, dis-je, il n'importe guère, à mon avis, que le juste et l'honnête trouvent un gardien, si ce gardien ignore leur rapport avec le bien, et je prédis qu'on ne les connaîtra pas suffisamment, avant de connaître ce rapport. Ta prédiction est sûre, fit-il. b Notre constitution sera donc parfaitement organisée, si elle a pour veiller sur elle un gardien qui possède cette connais- sance. ^ . , XVIIÏ Nécessairement, dit-il ; mais Qu'est-ce que le . . . q . Ij^Qj^} toi-meme, oocrate, que penses-tu que soit le bien * ? science, plaisir ou quelque autre chose ? Toi, l'ami, répondis-je, je voyais fort bien à l'avance que tu ne serais pas satisfait de l'opinion des autres en cette matière. C'est qu'aussi il ne me paraît pas raisonnable, Socrate, reprit-il, qu'on soit capable d'exposer les opinions d' autrui, et qu'on ne le soit pas d'exposer les siennes, quand depuis si longtemps on s'occupe de ces matières. c Quoi donc? dis-je, trouves-tu raisonnable de parler de ce qu'on ne sait pas comme si on le savait ? De parler comme si on le savait, non, fit-il ; mais de consentir à parler en homme qui expose sa pensée person- nelle, oui. Hé quoi ! dis-je, ne vois-tu pas que les opinions qui ne s'appuient pas sur la science font toutes piètre figure ? les meilleures d'entre elles sont aveugles ; ou trouves-tu quel- que différence entre des aveugles qui vont le droit chemin, et ceux qui ont une opinion vraie de quelque chose sans en avoir l'intelligence ? Je n'en trouve aucune, dit-il. Tiens-tu donc à contempler des choses laides, aveugles, d tortueuses, au lieu d'entendre exposer par d'autres des choses éclatantes et magnifiques ? Au nom de Zeus, Socrate, s'écria Glaucon, ne t'arrête pas I. Le bien de Platon Qzo nXàTtovoç aYaôdv) était dans l'antiquité un dicton pour désigner quelque chose d'obscur. La majorité des interprètes s'accordent à présent à identifier le bien de Platon avec i3^ nOAlTEIAS q- 506a "HKiaiéi y', e<|>r|. Oî^iat yoOv, eÎTiov, SUatà te Kal KaXà ày^oo^l:^^^" ^"^ •noTsàyaSà laTtv, oô ttoXXoO tlvoç aE,LOV <^iiXaKa KEKTf^aGat âv lauTcov t6v toOto àyvooOvTa* ^avTEtio^aL 8è ^r|8Éva auxà TipéTEpov yvoùa£a8aL ÎKavcûc;. KaXSç ydcp, Et^JT), ^avTE\jEL. OÔKoOv fj^îv f\ TToXiTEia teXéoç | KEKoa^ii^aETai, èàv ô b toloOtoç aÙTi^jv ETTiaKOTif] <|)ùXa£„ ô ToÙTCûv Intarfuicov ; XVIII 'AvàyKT^, ET]. 'AXXà au 5f), S ZoKpaTEÇ, nàTEpov ETitaTfjjiT^v t6 àya86v (J)t^<; EÎvai f) i^Sovrjv, fj aXXo tl Tiapà TaOxa ; OuToç, î^v S' èycû, ôivrjp, KaXcoç r\aQ(x Kal rtàXat Kaxa- <{>avi^ç 8tl col oôk àno^^pfjaoL ib toÎç aXXoiç SokoOv nEpl auTcùv. Ou8È yàp 8LKaL6v ^loi, Ecf»r), o ZcoKpaTEc;, c|)atvETaL Ta tôv aXXcùv ^Èv E^^ELV eItielv 86y^aTa, t6 8' aÛToO ^f|, ToaoOTOv )y)6vov TTEpl TaOTa TTpaytiaTEu6^iEvov. Tl 8é ; T\v S' âyci)' j 8okel aoi 8lKaLov Etvai TTEpl ov tlç c ^if) oT8ev XéyELV wç El86Ta ; OùSa^coc; y', E ZwKpaTEÇ, 8 PXaiiKcùv,