2)17-73 GBGi m I/IIL-LIMOI BT SA GRANDE VILLE DE CHICAGO. R6dige sous les ordres de son Excellence, SHELBY M. CULLOM, Gouverneur de litat, pour 1'Exposition Universelle de Paris en 1878. L'lLLINOIS. POSITION GEOGRAPHIQUE, SON ETENDUE, SON HlSTOIRE, SES ECOLES, SES RESSOURCES, SON AGRICULTURE, Rfedige sous les ordres de son Excellence, S. M. CULLOM, gouverneur de 1'Etat, pour 1'Exposition Un^verselle de Paris en 1878. J. M. \GREGORY, Docteur en Droit, President de 1'Universite Indnstrielle d'lllinoin. Member du Conseil de Santd de 1'Etat, O. R. KEITH, ESQ. Negociant-fabricant et Importateur a Chicago. HONORAIRES DBS fiTATS-UNIS POUR L'fiTAT D'lLLINOIS. CHICAGO: IMPRIMERIE DE KNIGHT ET LEONARD, 105-109 RUE MADISON. 1878. PREFATORY. The undersigned Honorary Commissioners of the United States for the State of Illinois, to the International Exposition of Paris for 1878, appointed by the President on nomination of his Excellency Governor S. M. Cullom, respectfully present this description of the extent, history, character, resources and civilization of their State. The statements in this pamphlet are gathered from official sources as far as possible, and from the most recent authorities, and are believed to be trustworthy in character, and in most cases under the facts as they are to-day. Few countries perhaps in all the world are so loved and admired by their own people as this magnificent State of Illinois. Its history is full of romance. Its wonderful growth has been full of surprises. Its very atmosphere seems pregnant with inspiration, and its great sweeps of beautiful prairies seem to stimulate a corresponding breadth of views, purposes and enterprises. The energy and daring of its people have become almost proverbial throughout the Union. To many it seemed the extravagance of recklessness till its splendid and solid fruits gave evidence of its persistence and steady power. It has carried the State, within the lifetime of a single generation, from a territorial condition to the fourth place in a sisterhood of thirty-eight sovereign States, and it is almost certain that the census of 1880 will leave only New York and Pennsylvania in its front in population, and none superior to it in wealth and power. With more miles of railroad than any other State; with the largest coal-field in the world; with an expanse of fertile soil in a single body unmatched upon the globe; with a commerce greater than that of any other inland State of the world ; with manufacturing powers and facilities which may challenge comparison in any land; with its manufactured products already contesting the palm in the most distant markets of earth ; with its educational agencies and institutions, supported by princely revenues and achieving richer and richer results; with a people touched as with fire by the magnificence and promise of their surroundings; with a civilization of a type uniting the polish and refinement of the old with the freshness and vigor of the new, robust as the pioneers from which it caught its breath, but touched already by its love of art and taste; what must seem extravagant boastfulness to others, seems but sober, every-day fact and truth to its own citizens, who have seen its prairies blooming one decade with wild flowers, and blossoming, the next, with farms, villages and beautiful cities; and their great city, the magnificent queen of the lakes, one year in ashes and the next shining in new splendor, with an architecture richer, stronger and grander than the old. The Commissioners have put their little offering in the French language, not merely out of compliment to the great people to whose Exposition it is dedicated, but also for the convenience of the great majority of the readers to whom it is presented. J. M. GREGORY, . Commissioners. 0. R. KEITH, OHAPITRE I. SITUATION ET ETENDUE. L'Etat d'lllinois, le quatrieme des Etats Unis au point de vue de la population et de la richesse, est si hie" dans Tangle forme" par la riviere Ohio avee le Mississipi. Les flots puissants de ce dernier roulent d'un bout a 1'autre de sa frontiere occidentale. L'Ohio baigne sa frontiere sucl sur une longueur de 225 kilometres (140 milles anglais), et le Wabash, Tun des affluents de TOhio fait environ la moitie" de sa frontiere orientale. Au nord-est, il touche 96 kilo- metres des rives du lac Michigan. Et c'est ainsi qu'il occupe une position favorise'e entre les grands cours d'eau qui alimentent le com- merce avec le Golfe du Mexique et les grands lacs sur lesquels flot- tent les vaisseaux qui transportent ses produits jusqu' au St. Laurent et a TAtlantique. En latitude, TEtat d'lllinois s'Stend du 36 56' au 42 30' N., ce qui correspond presque exactement avec celle du Portugal. Sa longi- tude est comprise entre 87 35' et 91 40' ouest de Greenwich. La latitude de Chicago, sa principale ville, est la me'me que celle de Rome. La longueur du pays, du nord au sud, est de G24 kilometres, soit 386 milles anglais. Sa plus grande largeur de Touest a Test, est de 341 kilometres on 212 milles. La surface de Tlllinois est de 145,064 kilometres carres (55,410 milles Carre's) on 14,471,195 hectares (35,758,080 acres). Ainsi notre e*tat est plus du quart de la France en etendue, presque aussi grand que TAngleterre et le pays de Galles ensembles, presque cinq fois aussi grand que la Belgique, et pres de la moitie" de la grandeur de TItalie. II est beaucoup plus grand que chacun des deux grand e*tats de New York et de Pensylvanie. SURFACE ET IRRIGATION. L'lllinois consiste en line immense plaine s'abaissant depuis le voisinage du lac Michigan dans la direction du sud et du sud ouest. C'est dans cette direction du sud ouest que coulent les principales 5 rivieres qui vont se jeter dans le Mississipi. La partie la plus basse de cette plaine est a I'angle meridional extreme de 1'Etat et n'est e'leve'e qne de 105 metres (340 pieds) an dessus du niveau du golfe du Mexique. La plus grande altitude du pays est a I'angle nord-ouest; elle mesure 244 metres soit 800 pieds ; 1'altitude moyenne est 167 m. (550 pieds) au dessus de la mare'e. Apres la Louisiane et le Delaware, 1'Illinois est le pays le plus uni de 1'Union. Une petite bande dans le coin nord-ouest, an tour de Galena ou se trouvent les mines de plomb, est entrecoupe de collines, et il y a aussi des escarpements sur les bords du Mississipi et de la riviere Illinois; mais, de beaucoup, le plus grande partie de la surface est formee par la prairie unie ou le'ge'rement ondule'c. Les principales rivieres dans les limites de 1'Etat sont la Rock, Plllinois et le Kaskaskia, affluents du Mississipi ; 1'Embarras et le Petit Wabash, tributaires du Wabash, et enfin la Saline et le Cash qui se jettent dans 1'Ohio. L'lllinois est la plus grande de toutes; elle depasse un peu la Seine en longueur. Sas principaux affluents sont le Kankakee qui a sa source dans 1'Iudiana et la riviere Des Plaines qui vient du Wisconsin. Dans son cours de pres de 805 kilo- metres (500 milles) dont pres de la moitie sont navigables, elle regoit en outre, le Fox et le Spoon du Nord ; le Vermilion, le Mackinac et le Sangamon du Sud. Son lit est large et pro fond ; il s'elargit en petits lacs. La riviere Rock a aussi sa source dans le Wisconsin; son cours est de 483 kilometres (300 milles) jusqu'au Mississipi; elle est impar- faitement navigable sur une longueur de 402 kilometres (250 milles) mais la partie supe"rieure de son cours est embarrassee par des rapides. Le Kaskaskia a sa source dans le comte de Champagne d'oii provient aussi le Sangamon, 1'Embarras et les affluents de la rive sud du Ver- milion : il coule presque parallelemeut a 1'Illinois; sa longueur est de 250 milles. Le Big Muddy est aussi un cours d'eau considerable. Les rivieres qui se jettent dans 1'Ohio et le Wabash out en general moius de volume que celles qui se rendent directement dans le Mississipi; mais pourtant plusieurs d'entre eux sont navigables. La riviere de Chicago qui se versait autrefois dans le lac Michi- gan a eu son courant change de direction par le draguage du canal qui la relie avec 1'Illinois; maintenant elle emporte dans le Mis- sissipi une partie des eaux du lac et 6tablit ainsi une communica- tion entre ce dernier et le Golfe du Mexique. Le grand Meschacebe", le Pere des fleuves lui mSme peut etre revendique" par 1'Etat d'lllinois comme un des siens puisqu'il coule tout le long de sa frontiere occi- dentale sur une longueur de plus de 1,000 kilometres ou 625 milles. CHAPITKE II. ESQUISSE HISTORIQUE. L'lllinois a e"te* decouvert et colonise par des Fran9ais. Dans les premieres anne'es du dix-septieme siecle, les colons fran9ais du Canada se sentirent attires du cote de 1'ouest, vers les regions des grands lacs. Jean Nicollefc visita, en 1639, les Winnebagoes, qui vivaient vers le fond de la Baie Verte (Green Bay), dans ce qui est maintenant 1'Etat du Wisconsin; puis traversant jusqu'a la riviere Wisconsin, il la descendit assez bas pour pouvoir dire a son retour que s'il eut continue trois jours de plus il aurait atteint la mer. Cette mer n'e"tait probablement rieu autre qu'une grande innondation du Mississipi, dont les Indiens lui avaient parle. Bientot apres des 6tablissements de commerce fran9ais et des missions commencerent a fleurir autour des grands lacs. En 1641, deux missiounaires atteigni- rent la sortie du Lac Superieur et y prechereut aux Indiens. Les hardis marchands et leurs uon moins braves compagnons, les prStres, pe'netrerent de plus en plus en avant dans le de'sert. On ne sait pas au juste quand les premiers pionniers arriverent dans 1'Illinois. Peu de temps apres 1'etablissement des magasins fran9ais autour du Lac Superieur, les Illinis, ou Indiens Illinois, vinrent, avec d'autres tribus, de leurs distuutes demeures et de leurs territoires de cbasse pour faire des echanges avec les blancs. Dans ce temps-hl les Illinois demeuraient au-delii du Mississipi, car les vaillants Iroquois les avaient chasses de leurs domaines. Quelques annees apres ils reviurent cepen- dant et s'6tablirent de nouveau sur les bords de la riviere qui porte encore leur nom. Un jeune missionnaire jesuite, Jacques Marquette, vint s'etablir, en 1668, a La Poiute, a I'extr^me ouest du lac Superieur. II 6tait n6 en 1637, a Laon, d'une famille ancienne et honorable. Sa vocation le poussa tl joindre les jesuites -A 1'dge de dix-sept ans, et il fut envoye au Canada en 1666. II avait une grande aptitude pour les langues, et il apprit a parler couramment six dialectes indiens. A La Pointe, Marquette apprit des Illinois 1'existence de ce grand fleuve qu'ils avaient du traverser pour venir le voir, et qu'il supposa devoir se 9 10 jeter dans le Golfe de Californie. II en entendit parler aussi par les Sioux, qui demeuraient sur ses rives, et il fut pris d'un ardent de*sir d'en explorer le cours. A la fin, 1'occasiou tant desires s'offrit A, lui. En 1672, Frontenac, gouverneur du Canada, chargea Louis Joliet, le fils d'un cliarron de Quebec, de faire line exploration en vue de decou- vrir ce grand fleuve dont on lui avaifc tant parle". Le Pere Marquette fut choisi pour 1'accompagner. Us s'embarquercnt au mois de mai 1573, dans deux canots de bouleau, avec cinq hommes, suivirent la cote septentrionale du lac Michigan, entrerent dans la Green Bay, remonterent le Fox Eiver, dans le Wisconsin, et le 7 juin ils arriverent au village des Mascoutins et des Miamis, a 1'oust du lac Winnebago. Continuant leur route au milieu des marais et des champs de riz sauvage, ils atteignirent le Portage, ou il leur fallut porter leurs canots un mille et dcmi a travers la prairie et les marecages, et ils les lancerent dans la riviere Wisconsin, laissant alors derriere eux la grande vallee du St. Laurent et des lacs pour entrer dans celle encore plus grande du Mississipi. Enfin, le 17 juin ils virent se derouler sous leurs yeux les eaux larges et rapides du grand Pere des Eaux, coulant au pied des falaises couronnees d'arbres qui bordent ses rives. Les desirs du Pere Marquette etaient satisfaits : le fleuve puissant et mysterieux e"fcait la devaut ses yeux. Se confiaut a ses flots et suivant son courant, nos explorateurs continuerent leur voyage pendant deux semaines sans rencontrer un seul e^tre humain. Ils voyageaient pendant le jour et debarquaient le soir pour preparer leurs repas. Le 25 juin ils decouvrireut des empreintes de pas sur le sable, sur la rive occidentale; suivant un sender bien battu ils arriverent a un village indien, au bord d'une riviere. Les habitants quitterent en foule leurs huttes pour voir les etrangers, et Marquette se sentit rassure" en voyant qu'ils etaient v6tus d'etoffes frangaises, car il comprit qu'ils etaient des amis et allies. En reponse a ses questions ils lui repondirent qu'ils rier 1682, leurs canots glisserent sur la surface du mysterieux Pere des Eaux. L'histoke de leur voyage sur ce fleuve 16 est trop longue pour que nous la racontions ici. D6passant le point le plus bas atteint par Marquette, La Salle continua sa route jusqu'au Oolfe du Mexique, et plauta sur ses bords mar^cagenx uue colonne portant les armes de France et 1'inscription : " Louis le Grand, roy de France et de Navarre, regue ; le neuvieme d'avril 1682." La Salle donna le nom de Louisiane au nouveau domaine qu'il venait de de"cou- vrir pour la couronne de France. Ce nom est employe" aujourd'hui pour designer 1'un des 6tats de 1'Uniou, mais il couvrait alors toutes les regions qui s'e"tendent des Alleghanies jusqu'aux Montagnes Kocheuses, et depuis les Grands Lacs jusqu'au Golfe. Eevenant sur letirs pas, nos aventuriers rassemblerent des hommes autour d'eux, arracherent la foret qui couronnait le Rocher des Aniline's, en entourerent le sommet d'une palissade et y batirent des magasins et des habitations; La Salle appela cette nouvelle colonie le Fort St. Louis. Les Indiens revinrent s'e'tablir sur le site de leur ancien village, ct La Salle en Evaluait le n ombre a quatre mille guerriers, ou vingt mille ames. D'autres etablissements furent fondes ailleurs par les marcliands et les missionnaires qui le suivirent, a l'embouchure du Kaskaskia et du Cahokia et a Peoria, et le pays d'lllinois deviut la demeure permanente des blancs. La fin personnelle de La Salle fut triste. II se rendit en France, d'oii il conduisit, en 1684, une expedition nombreuse et bien equip^e pour e"tablir une colonie a rembouchure du Mississipi. Par la maladresse du commandant de la flotte le de"barquement se fit au Texas, ou par suite d'une s^rie de malheurs ses magasins furent detmits, ses forces diminuees, et presque tous ses hommes souffrirent des effets du climat. Apres deux ou trois aunees de fatigues et de privations intolerables, La Salle essaya de regagner ses anciens Etablissements en Illinois avec tin petit nombre des survivants, mais il fut tue d'un coup de fusil par un de ses hommes, dans les solitudes de 1'Arkansas. Sa mort eu lieu le 19 mars 1687. Ce n'est que le printemps suivant que Tonti apprit son sort, quand il descendit le fleuve avec un seul vaisseau au secours de la petite colonie sur la cote du Texas; mais tous ses hommes 1'abandonnerent, ft 1'exception de deux, et il fut oblig4, quoique bien a contre-cceur, de retourner sur ses pas dans le pays d'lllinois. Les 6tablissements frangais continuerent ft augmenter et ft grandir; en 1720 il y avait dejft une chaine de forts s'etendant depuis le Canada jusqu'aux bouches du Mississipi. Les Frangais ne chercherent pas a defricher le pays et ft le cultiver. SEparEs du reste du monde, ils menerent une existence aisee et nonchalante. 17 A la fin de la guerre de 1754, la derniere des grandes luttes entre la France et 1'Angleterre pour la possession de 1'Ame'rique du Nord les colonies franchises depuis le St. Laurent jusqu'a 1'embouchure du Mississipi, tomberent entre les mains de la Grande Bretagne. En 1765, le capitaine Stirling, de I'arme'e anglaise, fut envoye" pour prendre possession du pays et exiger le serment de fidelity de la part des habitants. Inoccupation de 1'Illinois par les Franqais dura quatre- vingts ans, et Ton trouve encore bien des traces de leur presence le long du grand fleuve que leurs romanesques explorateurs ont rendu fameux. L'Angleterre continua a posse"der le pays jusqu'a la declaration d'independance des Etats-Unis, en 1776. Dans I'et6 de 1778, le colonel George Rogers Clark, un homme des bois du Kentucky fut envoye avec deux cents soldats pour faire reconnaitre 1'autorite du Congres. Traversant le pays jusqu'a Kaskaskia, il prit les habitants par surprise et ils se rendirent sans difficult^. Au mois d'octobre de la meme anne"e, la Virginie, qui re"clamait le pays comme sien, erigea toute la contre"e au nord de 1'Ohio en un comte", celui d'lllinois. Ce territoire fut cede aux Etats-Unis en 1783, et quatre ans apres le Congres 1'organisa sous le nom de Territoire du Nord-Ouest. Quel- ques americains epars e"taient venus s'etablir dans les villages franc.ais de la riviere Illinois et sur le Mississipi. Le nombre total des Ameri- cains capables de porter les armes dans cette region ne s'elevait qu'a soixante-cinq en 1791. Le 7 mai 1800, le congres passa un acte pour diviser le Territoire en deux gouvernernents se'pare's; a cette 6poque la population de 1'Illinois e"tait de 2,458 ames, presque toutee d'origine franchise, et residant dans la partie sud de 1'Etat. En 1809, le pays devint un Territoire distinct. Sa premiere chambre legislative s'as- sembla a Kaskaskia en 1812, et le premier de'le'gue au Congres fut 61 u par elle. En 1818, 1'Illinois devint le vingt-deuxieme Etat de 1'Union, avec une population de 50,000 habitants environ. Le Fort Dearborn fut bati deja en 1804 sur 1'emplacement actuel de Chicago. Dans ce temps-la, le nord de 1'Etat etait habite" principale- ment par les Indiens, car les terres n'en avaient pas encore 6t6 entamees par les blancs. Pendant la guerre de 1812, la garnison du Fort Dear- born, composed de quatre-vingt-dix hommes environ, voyant que les Indiens e"taient hostiles, d^cida de quitter le _fort pour aller a Detroit. A peine avaient-ils march6 deux milles que ces soldats tomberent dans une ernbuscade indienne et furent tons massacres, a 1'exception de deux ou trois qui r^ussirent a s'e'chapper. Le fort fut rebati quatre ans 2 18 apres, et les ossements des massacres soigneusement recueillis requrent une sepulture decente. L'annee 1832 est marquee par une lutte severe centre les Indians ; cette lutte est connue sous le nom de guerre du Faucon Noir (Black Hawk War), et elle s'e'tendit sur toute la par tie nord du pays. Elle resulta en la defaite des Indiens et en mettant le pays en etat d'etre defriche et colonise 1 . Depuis ce moment-la les progres de rillinois en richesse et en population ont e"te rapides, presque au-dela de ce qu'on peut imaginer, et maintenant c'est la quatrieme fitat de 1'Union. La population, d'apres les diffe'rents recensements faits par les 6tats-Unis, s'est accrue comme suit : 1800 2,458 1830 157,455 1860 1,711,951 1810 12,182 1840 476,183 1870 2,539,891 1820 .55,162 1850 851,470 1876* 3,900,000 I/augmentation relative de la population, coinparee avec celles des ]tats qui sont plus peuples, montre que 1'Illinois est encore en progression ascendante, et qu'en 1880 ce sera le troisieme fitat sous ce rapport. Gain Etats. Population, 1870. pour cent. New York 4,382,759 12.94 Pensylvanie 3,521,951 21.19 Ohio 2,665,260 13.92 Illinois 2,539,891 48.36 * Recensement des Ecoles. OHAPITRE III. ABRAHAM LINCOLN. Parmi les grand hommes qui font la gloire de 1'Illinois, aucun n'est plus fameux qu' Abraham Lincoln, le president martyr. La sage politique de cette homme eminent a conduit les fitats-TJnis a travers tous les perils de la terrible guerre civile entre le Nord et le Sad, et sa mort tragique, par la main d'un assassin, terminant sa carriere juste au moment ou la paix e"tait conclue, a rendu sa me'moire sacre"e presque :l l'e*gal de celle de Washington lui-meme. Le President Lincoln naquit en 1809, dans 1'fitat du Kentucky, et il vint s'etablir dans 1'Illinois en 1830. Ses parents e"taient pauvres et il dut s'adonner de bonne heure aux travaux des pionniers dans la foret et les rares cultures de son nouveau pays. Son education fut tres-ne"gligee et imparfaite car il n'alla a l'e"cole que pendant un an, mais ses talents naturels et son bon sens etaient grands, en sorte que sans aide et par des efforts perse"ve*rants il apprit 1'arpentage d'abord et puis ensuite le droit. La guerre ayant eclate" avec les Indiens en 1832, Lincoln s'enrola comme volontaire, et a sa grande surprise, sa compaguie le choisit pour son capitaine. II n'avait alors que vingt-trois ans, et cette election montre quelle haute opinion ses rudes mais honnetes voisins avaient de ses talents et de son e"nergie. Au bout de trois mois de services, la campagne e*tant finie, uotre heros rentra dans ses foyers, pour devenir bientdt un candidat :l la Chambre des Repre"sentauts; toutefois son parti e"tant en minorite", il ne fut pas elu, quoique son arrondissement eut vote" presque a 1'unanimite' pour lui. Nous le trouvons peu de temps apres tenant une boutique de village et un bureau de poste ce dernier etant son premier emploi public. Pendant le jour, Lincoln servira ponctuellement ses pratiques, et ses soirees il les passera a e"tudier les livres de droit qu'un avocat du voisinage voudra bien lui preter, jusqu'a ce qu'enfin il se sente pret ^ embrasser la carridre d'avocat. Ses concitoyens 1'envoyerent les repre"sen- ter a la Chambre des Repre"sentants en 1834, alors qu'il n'avait encore 19 20 que vingt-cinq ans; ils le re"e"lurent en 1834, 1836, 1838 et 1840. Poursuivant sa carriere de succes, Lincoln fut envoye 1 au Congres (Chambre des deputes) de Washington en 1846. La il se montra toujours un ami devoue et independant de la liberte et de la justice ; il vota invariablement pour la restriction de 1'esclavage. En 1858, le comit^ republican de 1'Illinois mit en avant sa candidature pour le Senat des fitats-Unis. Cette campagne electorale est une des plus fameuses dans les fastes de la politique americaine. Le candidat du parti oppose" etait le ceiebre Stephen A. Douglas, deja membre du Senat, et qui cherchait uue reelection. Les deux competiteurs firent la campagne ensemble. Suivant la coutume primitive des gens de 1'ouest, ils s'en allereut de place en place haranguant, 1'un apres 1'autre, chacun a son point de vue, les memes foules reunies autour de la meme plateforme. Les discours prononces dans ce grand debat ont ete publics et ils ont ete regardes pendant longtemps comme 1'un des meilleurs manuels de politique americaine. Douglas remporta la victoire aux Elections, mais Lincoln avait pose", dans sa tournee electo- rale, les fondations du grand triomphe des republicans aux fitats-Unis deux ans plus tard. La convention nationale republicaine se r^unit A Chicago en 1860, et la elle choisit Lincoln comme candidat republi- cain a la Pr^sidence, tandis que les de"mocrates nommerent M. Douglas pour la meme fonction. Apres uue lutte d'une violence rare, Lincoln fut declai'6 elu, et le 4 mars 1861, son inauguration cut lieu au milieu des murmures de la guerre civile qui s'approchait. Cette guerre eclata en effet le 14 avril, precipitee par 1'attaque du Fort Sumter, et pendant quatre ans elle regna, sanglante, et sur une echelle qui n'a d'egale que les grandes guerres continentales d'Europe. Des millions d'hommes se rencontrerent sur le champ de bataille, lances par les deux partis les uus contre les autres. Les combats furent meurtriers et presque sans nombre, les batailles sou vent sur une e"cbelle immense. Enfin un autre citoyen de 1'Illinois, U. S. Grant,, prit le comman- dement des armies du Nord et re"ussit a ^eraser la rebellion. La derniere arm^e rebelle mit bas les armes, et le 14 avril 1865, quatre ans apres la premiere attaque, le drapeau de 1'Union flottait de nouveau sur les mines du Port Sumter. La nation 6tait dans la joie, et le visage triste et soucieux du bon President commen^ait a devenir plus gai. Le soir de ce 14 avril, Lincoln se rendit au theatre, a Washington, pour se reposer des fatigues de la journee, et pendant qu'il jouissait ainsi de la representa- tion, son assassin, 1'acteur J. Wilkes Booth, se glissa derriere lui avec un pistolet charge, et tira le coup fatal. Le President ne pronoi^a 21 LINCOLN MONUMENT. 22 jamais plus une seule parole, et au bout de quelques heures il tait mort. La langue est impuissante ;l de*crire l'e*motion profonde qui saisit la nation tout entiere ft la nouvelle de ce crime. Ddjft avant le matin le t61e"graphe avait fait connaitre aux quarante millions d'Am6- ricains la terrible sc6ne qui venait de se passer dans le theatre de Washington. Toutes les affaires furent suspendues a 1'instant-meme. Le peuple pleurait dans les rues ; les villes et les villages se ten- dirent de noir. Les gens de tous les rangs et de toutes les conditions regrettaieut le martyr comme un pere, et chacun s'accordait a. reconnaitre sa bonte* et A, louer sa sagesse et sa grandeur. Le monde entier s'associa ft ce grand deuil, et meme des contre"es des plus eloigne"es les gouvernements envoyerent leur condoleances a notre nation afflige"e. La de"pouille mortelle du grand President fut transport^ de Washington a Springfield, dans 1'Illinois, et tout le long de la route la foule se pressait autour du cortege funebre pour jeter un dernier regard sur son visage inanimse'. Les plus hauts dignitaires des fitats portaient les cordons du poele et les larmes de la multitude arrosaient le chemin. Un grand monument a la m^moire d' Abraham Lincoln s'e"leve aujourd'hui sur la tombe dans laquelle ses restes reposent. OHAPITRE IV. GEOLOGIE DE L'lLLINOIS. I. DEPOTS SUPEEFICIELS. La surface de 1'Illinois est recouverte d'une couche de drift e"paisse de 100 a 200 pieds. Le drift est compose" en grande partie d'argile bleuatre et il repose sur les formations carboniferiennes qui s'etendent sur au moins les deux tiers de la partie meridionale de 1'Etat. Au dessous 1'on trouve les depots du carbonifere inferieur dont les sub- divisions locales, sont connues sous les noms de Kinderhook, Burlington, Keokuk, St. Louis et Chester; tous ces sous-etages et le silurien qu'ils recouvrent se voient a la surface le long des lignes de soule"vement qui traversent 1'Etat du Nord-ouest au Sud-est. Dans .le Nord-Est, le calcaire du Niagara (Niagara limestone) est le lit sur lequel repose le drift. Dans le Nord-Ouest ce sont surtout les calcaires de Galena et de Trenton du Silurien inferieur. II. LA HOUILLE. Les formations carboniferiennes renferment un grand nombre de lits de bonne houille exploitable d'une epaissenr de 3 a 8 pieds. Cette houille est gene'ralement bitumineuse (a longue flamme) et est souvent accompagnee de veiues de cannel coal ; elle laisse de 8 a 20 pour cent de cendres. On a lieu de croire qu'il n'y en a pas moins de douze couches distinctes. II n'y a pas moins de 400 mines en operation maintenant et le produit annuel de"passe deja 3,000,000 de tonnes. Le travail se fait souvent a ciel ouvert ou dans des galeries ; 1'exploitation par des puits est devenue plus fre'quente ces dernieres anuses; toutefois ces puits ne sont ge"neralement pas profonds 2 a 300 pieds le plus profond a pre"- sent n'a pas plus de 650 pieds. En tous cas 1'approvisionnement de houille est assure" dans 1'Illinois pour une immense pe"riode de temps a venir. III. LES METAUX. Le ploinb est le principal metal exploite en Illinois; on le trouve dans les environs de Galena dont les filons sont settlement une partie 23 24 d'un grand systeme qui s'etend dans les Etats de Wisconsin, d'lowa et dans le notre. Le plomb sulfure" se trouve dans le Galena limestone qui correspond en partie au Trenton limestone du Silurien inferieur. Les filons coupent ce calcaire a des distances rapprochees, imparfaite- ment du N. au S. mais tout-a-fait regulierement de 1'Est a 1'Ouest. La purete du mineral est cause que 1'exploitation se fait encore de la maniere la plus simple et la plus primitive; malgre* cela les produits ont etc* une source importante de revenus pour 1'Etat. II y a environ cinquante ans que Ton a commence a extraire la gale"ne et la production en a augmente graduellement jusqu'en 1845 ou 25,000 tonnes de metal furent expedites de Galena. Depuis lors il y a eu une diminution con- stante mais irreguliere ; malgre cela le travail de ces mines est encore tres-important. Le/er se trouve en abondance dans notre Etat, surtout dans les comtes du Sud. II alterne aussi assez souvent avec les lits de houille; mais jusqu'a present on ne s'est pas occupe de 1'exploiter. On extrait un peu de cuivre a 1'est des mines de plomb dans le N. 0. de 1'Etat. Zinc. La blende associee avec la galene etait autrefois jetee loin comme matiere sans valeur. Une compagnie, etablie depuis quelques annees il La Salle, a repris cette blende et en extrait le zinc et le blanc de zinc & un prix remunerateur. IV. AUTRES MIJSTERAUX UTILES. II y a d'excellente argile a briques dans diverses parties de 1'Etat et dans la region sud, 1'on trouve de tres-bon kaolin pour differeutes sortes de poterie. Ce kaolin est exploite sur une grande echelle. A Ottawa, sur la riviere Illinois, il y a du sable blanc pour les verreries. Les sources salees de Saline et des comtes adjacents pourront etre utilisees quand cela sera necessaire ou profitable. L'epaisseur du drift est si faible a bien des endroits qu'il est fa- cile d'atteindre les roches qu'il recouvre et d'y etablir des carrieres de pierre a batir. Des banes inepuisables de gres blancs et rouges sont exploites a Carbondale et dans plusieurs autres endroits, mais les oal- caires du carbonifere inferieur et du Niagara group sont bien plus generalement employes dans la batisse. Ce sont des materiaux du- rables qui souvent peuvent se polir assez bien, ce qui les rapproche du marbre. Les calcaires sont aussi employes pour faire de la chaux a batir de tres-bonne qualite. L'on fait de bon ciment hydraulique pres d'Ottawa. OHAPITRE V. CLIMAT. L'fitat d'lllinois s'etendant comme il le fait sous cinq degre*s et demi de latitude, son climat presente une assez grande varie'te'. Dans le nord, la temperature varie dans des limites tres e"tendues, les chaleurs d'ete" e"tant quelquefois tres-intenses, et le froid tres-rigoureux en hiver. A Chicago et dans la partie septentrionale de I'fitat en general, les vents dominants sont ceux du sud-ouest et du sud, quoiqu'au printemps et en e"te ceux du nord et de 1'ouest ne soient pas rares. Le vent souffle to uj ours dans une direction ou une autre, car sur onze cents observations il n'y en a que quarante-quatre qui montrerent une atmosphere calme. A Cairo, a, I'extremite" meridionale du pays, le vent le plus habituel est celui du sud, puis celui du nord-est, tandis que ceux du nord et du sud-est sont moins frequents; environ un onzieme des observations donnent une absence de vent. A Eock Island, le vent du sud-ouest pre"domine, quoique ceux du nord-est et du uord-ouest soient communs. En 1859 et 1860, a Peoria, les limites de temperatures ont e"te" 13 F. ( = 25 C.) en de"cembre, et +104 F. (=4-40 C.) en juillet, soit 117 F. de difference (ou 65 Centigrades). A Riley, dans le comte" de McHenry, pres de la froutiere nord de 1'Illinois, le thermometre a varie dans des limites comprises entre 123 F. (58.3 C.). Environ 245 jours de 1'ann^e sont clairs, et 120 nuageux ou pluvieux. Le climat est ge"ne"ralement sain ; les fievres paludeennes qui ^taient si fre'quentes dans les premiers temps de la colonisation ont disparu ou sont devenues moins severes sous 1'influence de la culture et du drainage. Les fievres bilieuses et intermittentes, ainsi que les maladies d'entrailles pre"dominent dans les parties basses et mare*cageuses des " bottom lands," principalement dans le sud du pays. 25 CHAPITEE VI. AGKICULTURE. Un voyageur celebre a dit que 1'Illinois possede la plus grande 6ten- due de terre fertile d'une seule piece que Ton puisse trouver sur toute la surface du globe. Sa superficie de 14,471,195 hectares (35.758,080 acres) est presque entierement cultivable. Avec des changements de niveau suffisants pour 1'ecoulement des eaux, il y a a peine un acre rendu inutile par des montagnes ou des marais. Ce n'est, par le fait, qu'une vaste plaine fertile. 2,832,700 hectares (7,000,000 d'acres) sont boises; le reste est prairie. Le sol est principalement forme par le drift, diluvium transporte des regions plus au nord. Les parties les plus fertiles sont les grandes bandes de "bottom land" ou depots d'allu- vion le long du Mississipi, de 1'Ohio, Wabash et autres moindres rivieres. Apr6s ces terres viennent comme les plus fertiles, les "prai- ries" ou savanes du centre de 1'^tat. En regie generale, les sols du sud sont plus clairs en couleur, plus legers et plus fins que ceux du nord, qui ont une texture plus grossiere et une teinte plus fonce"e. Les regions boise"es sont plus claires que les prairies. D'apres le recensement de 1870, il y avait 202,808 fermes dans 1'fitat, couvrant 10,474,793 hectares (25,882,861 acres), soit en moyenne, 51.8 hectares ou 128 acres par ferme. Cette moyenne a diminue" durant les deux dernieres decades, mais elle a probablement augment^ un peu depuis 1869. Le meme recensement nous apprend qu'il y avait en chiffres ronds 375,000 personnes vouees a 1'agriculture, soit un peu au-dessus de cinquante pour cent de toute la population travailleuse ; de ce nombre, 250,000 etaient fermiers, 133,000 journal iers, et les autres suivaient une profession agricole. Le mai's ou ble de Turquie est la principale culture du pays, les p;lturages la seconde, le ble" la troisieme. Le betail et le pore sont les principaux animaux que 1'on y eleve. La partie centrale de I'll) tat, y compris la Grande Prairie, produit surtout du mai's et du foin qui sont consommes en grande partie sur place, pour 1'elevage des bestiaux et des pores, quoique cependant 1'on exporte aussi une grande quantite de mai's. Dans le sud, la recolte 27 principals est le ble seme en automne. Dans le nord, 1'on a une plus grande variete" de produits, parmi lesquels le beurre et le fromage me"ritent une mention speciale. D'apres les rapports officiels des "assesseurs" il y avait, en 1877, 8,296,350 hectares (20,500,000 acres) en culture, dont 3,615,994 hect. (8,935,000 acres) en mals; 1,767,325 hect. (4,367,000 acres) en patu- rages ; 990,706 hect. (2,448,000 acres) en pre*s ; 784,309 hect. (1,938,000 acres) en ble", et 671,802 hect. (1,660,000 acres) en avoine. La table suivante donne 1'evaluation des recoltes et du betail pour 1877: NOMBEE. VALEUR. en dollars. en francs. Chevaux 1,091,500 59,857,860 310,163.715 Mules 138,000 8,754,720 45,349,450 Vaches 688,600 19,122,422 99,054,146 Bceufs, Tauraux, etc 1,274,100 7,2991,977 144,998,441 Moutons 1,258,500 3,121,080 16,167,194 Cochons 2,900,000 17,081,000 88,479,580 QUANTITES. Mais boisseaux, 268,500,000 77,865,000 403,340,700 B16 " 33,000,000 34,320,000 177,777,600 Seigle " 2,844,000 1,422,000 7,365,960 Avoine " 59,200,000 13,024,000 67,454,320 Orge 2,760,000 2,152,800 11,151,504 Sarrasin " 176,000 128,480 665,526 Pommes de terres " 12,834,000 5,646,960 29,251,253 Tabac livres, 10,500,000 315,000 1,631,700 Foin tonnes, 3,936,000 23,104,320 119,680,378 L'on a rec.u a Chicago en 1877, 1,033,151 tetes de betail, 4,025,570 cochons, et 310,240 moutons. Les recettes en grains se sont montees, en chiffres ronds, a 14,350,000 boisseaux de ble, 2,750,000 barils de farine de ble, 45,300,000 boisseaux de mai's, et 5,000,000 de boisseaux d'avoine. L'fCtat produit en moyenne dix millions de boisseaux de pommes de terres, deux millions de boisseaux d'avoine, deux millions et quart de seigle, cent-soixante-quinze mille boisseaux de sarrazin et dix millions de livres de tabac. 28 1850. 1860. 1870. Nombre total des fermes 76,208 143,310 202,803 Fermes de moins de trois acres 43 " de 3 a 10 acres (excl.) 1,896 3,552 " de 10 a 20 acres " 6,518 10,229 de 20 a 50 acres " 38,186 53,240 de 50 a 100 acres 49,024 68,130 de 100 a 500 acres " 45,532 65,940 de 500 a 1,000 acres " 988 1,367 " de 1,000 et au-dessus 194 302 1850. 1860. 1870. Nombre total d'acres en fermes . . 12,037,412 20,911,989 25,882,861 Nombre d'acres d^friches dans les fermes 5,039,549 13,096,374 19,329,052 Nombre d'acres non-defriches dans les fermes 6,997,867 7,815,615 6,552,909 ^tendue moyenne des fermes .... 158 acres. 146 acres. 128 acres. CHAP1TRE VII. HORTICULTURE. Les premiers colons fran9ais planterent les premiers arbres & fruits dans 1'Illinois a Cahokia et a Kaskaskia, vers la fin du XVIIe siecle. C'etaient des poiriers dont la graine avait dte apportee de France. Quelques arbres plantes probablement au commencement du XVIIIe existent encore vigoureux et productifs. Qnelques-uns de ces vieux poiriers sont devenus fameux a cause de leurs dimensions; on dit que 1'un d'eux, pr6s de Vincennes en Indiana a rapporte" 184 boisseaux de fruit en 1834, et presque autant d'autres annees. Tous les arbres fruitiers cultives dans Ffitat jusque vers 1830 provenaient de semis, et beaucoup de vergers plantes avant 1850 ont la meme origine. La premiere societe importante pour 1'avancement de 1'horticulture fut fondle en 1847, sous le nom d ! 'Association des Fruitier s du Nord- Guest (North- Western Fruit Growers' Asso- ciation), et cette meme annee le premier chemin de fer dans 1'Illinois fut commence deux evenements qui ont donne en peu d'annees un grand impetus & la production et a 1'amelioration des fruits. On planta alors dans presque chaque ferme des vergers de pommiers par greflFes, et plusieurs personues dans differentes parties de I'll! tat se vouent exclusivement it 1'etablissement de pepinieres. II n'y avait probable- ment pas, avant 1850, un seul fermier qui se consacrat tout entier a aucune branche de 1'horticulture pour en faire son gagne-pain. D'apres les rapports re"cents il y avait en 1877 environ 342,682 acres de vergers et de plantations fruitieres, soit une augmentation de 16,576 acres en deux ans. La valeur des fruits cueillis en 1877 est estimee a 3,589,672 dollars, soit en moyenne dix dollars et quarante-sept cents (environ 52 francs 35c) par acre. Ces dernieres annees certains vergers de pommiers ont rapporte dans une seule recolte pour plus de 400 dollars de fruits par acre, et 1'on connait des cas ou les petits fruits out rapporte plus du double de cette somme. . L'fitat s'etendant sous cinq degre"s et demi en latitude (du 37 au 42 30'), et ayaut une grande variete de sol, il y a natu- 30- rellement des regions qui conviennenfc mieux pour certains pro- duits. Par exemple, les peches pour 1'exportation croissent surtout au sud du 32 30' ou dans 1'extreme sud de Flllinois, en aval de Centralia. Le chemin de fer de Flllinois Central a transports, de cette region seulement, 32,356,400 livres de fruits en 1877. Cette grande quantite a et6 vendue A Chicago principalement, pour etre distribute en partie dans les villes avoisinantes. Les formations alluviennes le long du Mississipi, surtout autour d'Alton, sont devenues fameuses pour leurs fruits. L'on y re'colte de grandes quantites de pommes, peches, poires, petits fruits et legumes qui se repandent pour la plupart dans les marches du nord. Quoique la grande region des prairies soit tres-fertile et facile a cultiver, 1'horticulture y est encore peu developpe'e, probablement parceque d'autres iuterets agricoles ont trop completement absorbe 1'attention des habitants. La vigne reussit egalement bien dans toutes les parties de 1'lStat ou le sol et le drainage sont favorables. Les raisins sont si abondants qu'ils se vendent ordinairement de trois a quatre sous la livre, et quelquefois pour faire du vin a raison de trente dollars la tonne (environ 1,000 kilos.), L'on ne fait d'ailleurs que fort peu de vin dans le pays. Les fraises, les framboises et les mures sont les plus importauts des petits fruits ; ce sont toutes, avec la groseille cultivee, des.varietSs domestiques d'especes natives; il y a tres peu de plants d'origine etrangere et quelques hybrides. En dehors des serres et des jardins, 1'on n'a pas de plants de vigne purement europeens. Autrefois 1'Illinois etait celebre pour ses savanes ou prairies, vastes plaines sans arbres qui formaient une grande partie de sa surface. Par habitude et aussi par nScessite', les premiers colons s'arreterent d'abord dans les parties boisees, le long des cours d'eau. Les abattis pour la construction des fermes et clotures, et quelque prodi- galite dans 1'emploi du bois, reduisirent bien tot d'une maniere considerable la quantite de bois utilisable. Mais la construction des chemins de fers causa tout de suite 1'occupation des prairies, et donna les moyens d'irnporter de grande quantites de bois de pin pour la batisse; les mines de charbon furent raises en exploitation, et elles produisent maintenant des quantites immenses de houille. L'on a aussi plante des bosquets et des ceintures d'arbres dans les nouvelles fermes, et ils ont cru avec une rapidite surprenante ; les bois durs par semis atteignent une hauteur de quinze ;l viugt pieds en huit ans, et les bois tendres souvent le double de cela. Ces causes, combinees avec d'autres, ont tellement diminue la cousommation du bois (le noyer 31 noir, juglans nigra, excepte), que les forets n'ont pas decru pendant lea deux dernieres decades ; le prix du bois a bruler et a bfitir est plutdt plus bas qu'autrefois. L'on s'est beauooup preoccupe depuis dix ou douze ans de la plantation de forets pour 1'usage futur et en vue de 1'amelioration probable du climat. A 1'exception des especes d'orne- ment, le meleze d'Europe est la seule essence ainsi plante*e qui ne soit pas indigene, et encore cet arbre n'est-il plus aussi estime qu'autrefois. Le frene blanc, 1'erable, le noyer noir et, au sud du 40 me parallele, 1'oranger des Osages (Maclura aurantiaca) et le catalpa sont les especes que 1'on plante liabituellemenfc. L'attention s'est beaucoup porte"e der- nierement sur le catalpa, ;i cause de sa croissance rapide et de la grande durability de son bois, mais sa valeur dans les plantations artificielles est encore une question a decider par 1'experience. L'oranger des Osages qui joint une plus grande durete aux bonnes qualites du catalpa est recherche surtout pour la charronnerie. Cette espece est mainte- nant presque la seule dont on fasse les haies, et elle donne, a cause de cela, nn aspect particulier au pays. La culture des plantes et des fleurs d'ornement a ete tout-a-fait negligee jusqu'a ces dernieres annees. Les prairies etaient elles- memes d'immenses parterres; mais ;l mesure que le defrichement les a fait disparaitre, les plate-bandes sont devenues plus nombreuses autour des fermes et dans les pares des grandes villes. Dans presque toutes les villes de cinq mille habitants et au-dessus, il y a plusieurs etablissements d'horticulteurs fleuristes, avec serres et orangeries pour les plantes exotiques et pour 1'hiver. Des maraichers approvisionnent les villes avec de grandes quantites de legumes frais. CHAPITKE VIII. INDUSTRIE MANUFACTURIERE. L'fitat a fait de grands progres dans les manufactures depuis le recensement de 1870, surtout a Chicago et dans les autres villes. L'on a de bonnes raisons de croire que les statistiques manufacturieres de notre pays, to uj ours si difficiles a reunir et souvent seulement approxi- matives, sont repre'sentees d'une maniere bien imparfaite dans le neuvieme recensement; toutefois ce sont les donne'es les plus com- pletes et les plus re"centes que nous ayons a notre disposition. En 1870, il y avait en Illinois 12,597 e*tablissements manufacturiers, se servant de 2,330 machines a vapeur repre'sentant 73,091 chevaux- vapeur, et utilisant 528 roues a eau d'une force de 12,953 chevaux- vapeur; 82,979 personnes y etaient occupies, dout 73,045 hommes, 6,717 femmes, 3,217 enfants. Ces manufactures roulaient sur un capital de 94,368,057 dollars; les gages et salaires paye's se montaient a 31,100,244 dollars; les matieres premieres out coute 127,600,077 dollars, et les produits de 1'annee valaient 205,620,672 dollars. Les moulins a farine (681) tiennent le premier rang. Personnes occupees, 3,581 ; capital, 12,931,600 ; salaires et gages, 1,704,778 dollars. Matieres premieres 32,090,825 dollars; farines, etc., 39,413,618 dollars. Puis vient le* pore sale et autre viandes fume'es 33 etablisse- ments, 2,236 ouvriers, un capital de 6,921,000 dollars; gages paye's, 448,560 dollars; matieres premieres, 16,836,541, et viandes pro- duites, 19,818,851 dollars. Les rapports publics a Chicago en Janvier 1873, montrent que pour cette ville seulement les produits de cette branche d'industrie s'eMevaient a 19,153,851 dollars. Comme il y a en outre beaucoup de petites villes qui font le m6me me" tier, il est clair que le volume d'affaires avait gran dement augments' ou bien que les rapports du recensement dtaient beaucoup au-dessous de la ve'rite'. Nous avons au troisidme rang la production de la bi6re et des esprits (alcohol et whisky), occupant 193 e"tablissements avec 1,955 ouvriers et un capital de 7,397,900 dollars. Les salaires et gages paye's representent 1,031,142 dollars, les matieres premieres, 6,898,377 dol- 33 lars, et les produits obtenus, 12,042,975 dollars. Le commerce des bois scies et en planches suit de pres, puisque 410 etablissements ont produit 11,382,649 dollars. Puis viennent les fabriques d'instruments agricoles; 294 maisons ont vendu pour 8,880,390 dollars de leurs produits. La table suivante donne line ide"e claire de la variete" et de 1'importance des differentes autres industries : Npmbre Valeur dea d'etablissements. produits. Dollars. Objetsenfer 130 7,738,443 Vetements (confection) 458 8,407,005 Chars et voitures 1,165 6,019,291 Machines de toutes sortes 131 6,398,794 Tabacs 274 4,319,716 Cuirs 97 4,148,163 Lainages 85 2,725,690 Imprimeries (livres, etc.) 129 2,727,549 Meubles 371 2,982,52'2 Tonnellerie 391 2,501,531 Chaussures 88 2,298,136 Huiles, animales et ve"getales 17 2,642,733 Harnais, selles, etc 687 2,581,416 Menuiserie (portes fenetres, etc.) 94 2,316,320 Ferblanterie et chaudronnerie 478 2,1 94,812 Confiserie 24 1,948,710 Boulangerie , 128 1,732,885 Fours a briques 240 1,638,764 Marbrerie 122 2,098,209 Savons et chandelles 24 1,250,930 Graisses et suifs 5 ' 1,412,900 Papier 16 1,188,400 Wagons de chemins de fer 5 1,010,007 Les autres manufactures quoique produisant aussi pour une forte somme, tombent, chacune se"pare"ment, au-dessous d'un million de dollars. 3 CHAPITKE IX. CHEMINS DE FER. Le r6seau de chemins de fer de 1'Illinois est tres e"tendu ; & peine y a-t-il un comte qui ne soit traverse" par une ou plusieurs lignes. Le nombre total de milles en exploitation est plus grand que dans aucun autre fitat de 1'Union ; 1'augmentation a ete" le plus rapide surtout depuis la guerre de secession; le nombre de milles construits a plus que double depuis lors. II n'y avait que 111 milles en 1850, 887 en 1857, 2,790 en 1860, 3,157 en 1867, 4,823 en 1870, 5,904 en 1871, et 7,109 en 1875, ce qui montre que plus de mille milles de chemins de fer out etc" construits en une seule ann6e dans notre fitat. La ligne la plus importante, 1'Illinois Central, traverse 1'fitat en long depuis Chicago jusqu'a Cairo, et depuis Dubuque jusqu'a Centralia, sur une distance de 705 milles. Commence 1 en 1851, ce chemin de fer a pu tre complete en cinq ans, graces a d'immenses donations de terres. EMBARCADIERE, A CHICAGO, DU CHEMIN DE FEB ROCK ISLAND ET PACIFIC ET DU CHEMIN DE PER LAKE SHORE ET MICHIGAN SOUTHERN. Les inte"rets des chemins de fer forment une partie si importante de l'6conomie gene'rale de 1'Etat d'lllinois, qu'ils ont e'te' le sujet de beaucotip d'actes le"gislatifs speciaux. La convention constitutionelle de 1870 a re'gle' le contrdle de 1'^ltat sur les voies ferrees, et des lois suppl^mentaires adoptees en 1870 et 1873 en ont comple'te' les de"tails.- 34 OHAPITEE X. L'EDUCATION PUBLIQUE. L'fitat d'lllinois a toujours pourvu a replication de tous sea enfants depuis son organisation comme Etat. Les 6coles publiques sont partout a la porte"e de la jeunesse. Le systeme et ^organisation en sont reconnns parmi les meilleurs des ^Itats-Unis. Les quelquea pages qui suivent en feront connaitre les traits essentiels. I. DIVISIONS TERRITOKIALES. Les divisions territoriales reconnues dans le systeme des ecoles sont: 1 1'fitat; 2 le comte"; 3 la commune; 4 le district scolaire. Les limites des trois premiers sont fixes, car elles coincident habitu- ellement avec les divisions politiques. La qnatrieme est variable; elle a 6t cre'ee pour les Ecoles seulement, et subit des cbangements frequents pour les accommoder. II. DIRECTION DES ECOLES. La direction et 1'inspection des e"coles sont entre les mains : 1. D'un inspecteur general otr surintendant de 1'instruction publique paye" par 1'fitat, e"lu par le peuple aux elections gene'rales, et restant en charge pendant quatre ans. 2 Un surintendant de comte un pour les e"coles de chacun des 102 comte^ de 1'^ltat. Us sont aussi elus pour quatre ans, par le peuple du cerate". Us examinent les instituteurs et leur accordent leurs diplomes, et ils inspectent toutes les ecoles publiques. 3. Trois commissaires des e"coles pour chaque commune (town- sbip), elus par le peuple pour trois ans, se reuouvelants par tiers chaque anne"e. Ils ont le pouvoir d'etablir les districts ou de les changer, et de leur repartir les fonds d'e"coles. 4. Chaque district e"lit un comit6 de trois directeurs qui choi- sissent les instituteurs, font batir et meubler les maisons d'^coles, et d'uue rnaniere g^u^rale prennent soin des affaires scolaires. III. LES ECOLES. 1. L'instruction est absoltiment gratuite pour toutes les personnes entre 1'age de six et vingt-un ans demeurant dans le district. 35 36 2. II doit y avoir dans chaque district une ecole ouverte six mois de l'anne"e au moins pour que ce district puisse recevoir sa part des revenus et des fonds d'e"coles. Les e"coles peuvent tre ouvertes plus longtemps si le district a des fonds suffisants. II y avait en 1876, 11,563 e"coles de district, et le nombre des instituteurs, et des insti- tutrices, s'e"levait & 22,121. 3. Les branches d'enseignement sont 1'orthographe, la lecture, l'e"criture, 1'arithmetique, la grammaire anglaise, la geographic et 1'his- toire des ^tats-Unis. Souvent aussi d'autres branches sont ajoutees, telles que la botanique, la physique, la physiologic et 1'hygiene, la tenue des livres et le dessin. 4. Dans les grands villages et les villes, les e"coles sont ordinaire- ment divisdes en plusieurs degres ou de"partements, et le degre" le plus eleve" est le plus souvent une ficole Supe'rieure (High School). 5. Outre les e"coles publiques, il y a dans le pays un grand nombre d'e'tablissements prives, tels qu'e'coles enfantines, e"coles particulieres, academies, pensionnats et ecoles spe"ciales de diverses sortes. iv. FONDS D'ECOLES. 1. Ces fonds sont de differentes sortes et proviennent de diverses sources, savoir: Le fonds d'fitat pour les 6coles pri- maires 948,955 dollars ou 4,934,000 fr. Le fonds des seminaires et colleges, * 216,452 " 1,125,000 " Les fonds des comt^s pour les Ecoles publiques 348,285 " 1,804,120 " Les fonds municipaux 5,081,630 " 26,322,843" Total des fonds permanents... 6,595,323 dollars ou 29,162,774 fr. 2. La plus grande partie des defenses scolaires sont couvertes par des contributions ou taxes annuelles comme suit: Contributions de 1'fitat, s'^levants en 1876 a 1,108,969 dollars ou 5,744,464 fr. Contributions pre'leve'es dans les districts en 1876 6,021,094 " 31,189,264 " Amendes et taxes sur les chemins de fer en 1876 84,183 " 436,070 Total pour 1876. 9,948,796 dollars ou 51,534,607 fr. * Un Seminaire est une ecole ou college pour demoiselles. 37 V. DEFENSES POUR LES ECOLES EN 1876. Dollars. Cents. Salaires des instituteurs , 4,945,193 86 Nouveaux bdtiments d'6coles 501,363 28 Terrains pour les nouvelles e"coles 93,251 39 Loyers, reparations et ameliorations 467,805 53 Appareils, fournitures et ameublements 177,104 69 Livres pour les bibliotheques de districts 3,582 01 Combustible, etc 673,808 80 Tre"soriers municipaux 155,700 32 Dettes (amortissemeut et inte'rets) 850,316 16 Autres defenses 363,727 70 Defenses totales pour 1876. 8,268,589 58 vi. NOMBRE D'ECOLES, D'INSTITUTEURS ET D'ELEVES. Nombres des - doHar franc, Chars et ventures ........... 360,955 8,995,166 44,975,830 Montres et pendules ........ 283,740 1,291,483 6,457,165 Machines a coudre et a tri- coter .................... 155,728 2,853,200 14,266,000 Pianos ..................... 17,575 1,541,051 7,705,255 Orgnes et melodSons ........ 21,608 898,510 4,492,550 II est probable que les chiffres ci-dessus sont beaucoup au-dessous de la verite, vu qu'il y a nn grand nombre d'objets dont les assesseurs n'ont jamais connaissance, et puis les proprie"taires ont intere't a ne pas laisser savoir exactement le moutant de leur avoir. Cela s'ap- plique a pins forte raison aux articles suivants: dollars. francs. Merchandises .......................... 29,169,168 145,847,240 Articles manufactures ................... 3,501,005 17,505,025 Outils et machines ..................... 2,149,651 10,748,255 Outils et machines agricoles .............. 6,090,194 30,450,970 Argenterie ............................ 124,875 624,375 Meubles de maison ..................... 15,671,944 78,359,720 Capitaux (ceux des bauques excepte"s) ... 14,111,717 70,558;585 Sornmes a recevoir ( " " ) ..... 20,882,718 104,413,590 Ces deux derniers items sont probablement bien au-dessous de la ve'rite'. Les immeubles ont e"t6 lvalue's par les assesseurs de la maniere suivante : Terres en culture, 25,402,678 acres, 467,763,440 dollars, soit 18 dollars 42 cents 1'acre. Terres non-defriche"es, 8,790,681 acres, 54,631,227 dollars, soit six dollars 21 cents Pacre. Terrains portant b:ttisse dans les villes et villages, 357,768 lots,* 180,256,652 dollars. Lots non bsltis, 479,725, 3,798,636 dollars. * Un lot a ordinairement 25 picds sur la rue et 100 de profondeur, quelquefois meme 125 et 150 dans les villes, mais dans les villages un lot a 66 pieds sur la rue. OHAPITRE XIII. OKGANISATION POLITIQUE. MEMBEES DU GOUVERNEMElSrT DE I/ETAT. SON EXCELLENCE SHELBY M. CULLOM, GOUVEBNEUB. L'HONORABLE ANDREW SHUMAN, LIEUTENANT GOUVERNEUR. L'HONORABLE GEORGE H. HARLOW, SECRETAIRE. L'HONORABLE THOMAS B. NEEDLES, AUDITEUB DBS COMPTES. L'HONORABLE EDWARD RUTZ, TRESORIER. L'HONORABLE JAMES K. EDSALL, PROCUREUR GENERAL. L'HONORABLE SAMUEL M. ETTER, INSPBCTEUR GENERAL DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. L'organisation politique de 1'Illinois est re'publicaine comme celle de tons les autres fitats de PUnion. Elle reconnait le peuple comme la seule source du pouvoir civil, et ne reconnait au gouvernement d'autre but que la protection et le bien-etre des gouvernes. Tous les citoyens sont libres et egaux politiquenient. Les titres hereditaires n'existent pas et sont sans valeur, et chaque homme jouit de la part de respect general il laquelle peuvent lui donner droit sa bonne conduite, ses talents, ses succes merites ou les services qu'il peut avoir rendus au public. Le pouvoir legislatif est entre les mains d'une Assemble Generale (General Assembly), composee de deux chambres, savoir: le Senat et la Chambre des Representants. L'fitat est divise en cinquaute-une 48 49 circonscriptions electorates, dont chacune elit un secateur et trois representants. Les Senateurs sont elus pour quatre ans, et ils sont renouvele"s par moitie a chaque election. Les deputes sont lus aux Elections ge'ne'rales bi-ennales et leurs fonctions durent deux ans. Le systeme connu sous le nom de systeme cumulatif, en faveur de la representation des minorite's est en vigueur dans 1'Illinois. Chaque citoyen ale droit de voter pour trois candidats nommes dans son bulletin, ou bien il pent reporter ses trois voix sur un seul candidat, ou, encore, le partager entre deux seulement. De cette maniere, s'il se trouve que les re"publicains ou les de*mocrates (comme 1'on appelle a present les deux parties qui divisent les fitats- Unis,) soient en minorite" dans un district, an lieu de nommer trois canditats dans ce district ils n'en choisiront qu'un, sur lequel se concentreront tous les votes des adherents de son parti, et il sera elu a la place de 1'un des trois portes sur les bulletin de la majorite. L'lllinois est le premier et le seul fitat qui ai encore adopte 1 aucune mesure pour proteger les droits de la minorite". Le systeme que nous venons de decrire est en vigueur depuis 1870, et les resultats en sont bons. En pratique, chaque parti apprend a se rendre compte de sa propre force et choisit ses candidats en consequence. Souvent le parti le plus nombreux ne nomme que deux candidats et 1'autre un seule- ment ; dans ce cas la ils sont sur de passer tous les trois. L'Assemble'e ge'nerale ne s'assemble qu'une fois tous les deux ans, a moins d'etre convoquee en session extraordinaire par le Gouverneur, en cas d'evenements graves et extraordiuaires. Elle passe toutes les lois qui concernent les droits des citoyens qui ne sont pas en violation de la Constitution de l j fitat et de celle des fitats-Unis, ou encore, des lois de cs derniers. Le gouverneur a le droit d'opposer son veto contre tout act adopte" par les Chambres, mais celles-ci peuveut passer par dessus par un vote des deux tiers de leurs membres. Le pouvoir exe'cutif est entre les mains d'un gouverneur, 61 u pour quatre ans directement par le peuple en meme temps que le lieutenant- gouverneur, qui, eu temps ordinaire, preside le Se"nat, le secretaire d'etat, 1'auditeur des comptes publics, le tre*sorier de I'^tat, 1'inspecteur general des 6coles, et le procurenr general.* Tous ces fonctionnaires sont en charge pour quatre ans, excepte" le tre"sorier qui ne peut garder sa place plus de deux ans. Le gouverneur doit veiller a 1'exe'cution des lois ; il est le comman- * L?s fonctions de procurer general se bornent pas a la poursuite en justice de criminels; il est encore 1'avocat consultant de 1'Etat; il donne Eon avis sur un grand nombre de points de loi douteux. dant en chef de toutes les forces navales et militaires de I'lCtat ; il doit signer et approuver toutes les lois, excepte celles sur lesquelles il a de'cide' de mettre son veto ; enfin, a 1'ouverture de leur session, il informe la Chambre de la condition du pays. Le pouvoir judiciaire est entre les mains d'une cour supreme de sept juges, de vingt-six tribunaux de district (district court) d'un juge chacun, d'une cour criminelle pour le comte de Cook, dont Chicago fait partie. II y a de plus un tribunal de comte pour chaque comte et des cours infe'rieures pour les villes et les villages. LE CAPITOLE DE L'ETAT D'ILLINOIS. Dans beaucoup de cas, 1'administration de la justice est facile et effective, et les citoyens ont aise"ment acces aux tribunaux. Tous les'proces importants d'oii dependent la liberte, la vie, ou des proprie- tes d'une grande valeur se jugent avec le concours d'un jury. II est facile aux personnes venant d'autres iStats de Union de jouir de leurs droits politiques dans 1'Illinois; tout citoyen am