THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY 845M54 11927 v- (o Return this book on or before the Latest Date stamped below. A charge is made on all overdue books. University of Illinois Library 26 (EUVRES COMPLETES OE PROSPER MERIMEE PUBL1EES SOUS LA DIRECTION DE PIERRE TRAHARD ET EDOUARD CHAMPION FRANCISQUE MICHEL H848H870) JOURNAL DE PROSPER MERIMEE (1860-1868) T F. X T E E T A B L I E T A N N O T E AVEC UJiK INTRODUCTION PAR PIERRE TRAHARD PARIS L1BRAIRIE ANCIEIVNE HONORE CHAMPION 5 et 7, OtiAi MAT.AQUAIS, VI* 1930 (EUVRES COMPLETES DE PUBLIEES SOUS LA DIBECTION DE PIERRE TRAHARD ET EDOUARD CHAMPION (EUVRES COMPLETES in. PROSPER MERIMEE LETTRES A FRANCISQUE MICHEL (1848-1870) JOURNAL DE PROSPER MERIMEE (1860-1868) It. A KTK TIMK HI. CKT (MIVHACil. : extmplaires stir papier f/cs manufactures i in per tales r/n Japon, timm' 1 roles f/c / a J*.>. Cent exemplaires stir papier f/'Arc/ics. nmnerotes He 2fi a t'>r>. f)nze rents cfctnp/aircs stir nanier re/in pur fil ffes Papcteries l.afutna, f/c Voiron, numerates dc I2f) a I J*^o. 444 * RKPRODCCTJON IN Tl RDITK LETTRES A FRANCISQUE MICHEL (1848-4870) JOURNAL DK PROSPER MERIMEE (1860-1868) T F. X T E E T A B L I E T A N .\ O T E AVEC UNE IXTRODUCTIOX PAR PIERRE TRAHARD PARIS LIBRAIRIE ANCIENNE HONORE CHAMPION 5 et 7, QUAI MALAQUAIS, Vl e 1930 V. b INTRODUCTION Les lettres adressees par Merimee a Francisque Mi- chel entre 1848 et 1870 ont une histoire, que void : Le 24 fevrier 1874, M. Paul Bonnaud ecrivait dans la Liberte : Nous avons entre les mains... une correspon- dance inedite, adressee a un ami masculin, et ou 1'auteur, delivre des reserves que sa situation de pretendant 1 et le sexe de son interlocutrice lui imposaient dans les Lettres a une Inconnue, se montre dans un abandon parfois fa- milier et brutal, qui fait tomber bien des illusions, mais qui nous met le personnage mieux a nu que ne le pour- raient faire des lettres musquees ou academiques. G'est une charge realiste de Callot ou de Teniers, a cote d'un fin portrait d'Holbein ou d'Albert Diirer 2 . Sous le litre Lettres a un fnconnu, la Liberte pu- bliait, a la suite de cette courte et vague annonce, quelques fragments de la correspondance en question, 1. Merimee n'a jamais etc le pretendant de Jenny Dacquin, et il ne fut pas question de mariage entre eux, du moins a ma connaissance. 2. On verra combien cet eloge est excessif; rien, dans les lettres de Merimee, ne permet d'evoquer, meme de loin, le ge- nie d'un Diirer ou le talent d'un Teniers. A quoi bon forcer la note? Francisque Michel. a 728203 11 INTROnrOTKtN 0; le numero du 25 fe- vrier des cxtraits des Icttrosdu 22 mars 18. r )l. du 10 no- vembro ct du 1!) juin 1852, du 12 mars 1853, du 21 no- vrmhrr 18,"). 7 ) 2 , cl cinq autrcs passa^rs tires dc Icttres uon dattVs. (li-s cxtraits, fort courts 3 , contienm-nt tics rreurs dr date ct Ic tcxtc n'cn cst pas toujours sur ; ils no donnent do la corrcspondancc integrale rrespoiuJuiice generate de J'rosper Me- rimee (Rerue d Ilixtoire litleraire de Id l-'nince, 18!!), p. .">7. P. Jossernnd, Itrvue d'Histnite litleraiie de la r'rance. a vril-juin 1924, p. 228). 2. Quo la Liberie date faussenicnt do 18-">1. ^!. Jc Ics .u indiijucN cntrc crochet-; 5). 4. J'en dois la communication a 1 ohligeanre de M"' Mouravit el de M. 1'ubbi* H. Brcmond, qni a bien voulu scrvir d'intermt>- diHJre. Jc leur cxprimc iri a toil's deux in a vivc reconiiaissam-c. INTRODUCTION III \ 1'ensemble, surtout etant donne que 1'aquarelle unique est celle dont il est question dans les Lettres a une In- connne, et la seule qui soit connue de Merimee. Si vous pouvez pousser un peu a la roue, vous arriverez, je n'ose en douter, a obtenir un prix superieur. Done, faitespour le mieux, dans 1'interet commun. 1 Ges lettres sont inedites; il est vrai qu'on en a com- munique quelques-unes a M. de Lomenie, qui succeda a Merimee a 1'Academie, en vue de son discours de re- ception; mais il n'a fait que s'en inspirer. Aucune n'a etc publiee *. 2 Je n'ai pas d'autre lettre de Merimee; mais, par centre, j'ai vingt-neuf enveloppes, inherentes aux lettres que vous avez, que j'ai oublie de vous remettre, et que je vous laisserai demain chez Adolphe. 3 Je reconnais a 1'acquereur le droit de faire de ces lettres tel usage qu'il lui plaira, a la condition que, en cas de publication, la memoire de rnon pere, a qui elles etaient adressees, soit respectee, et que 1'acquereur s'en- gage a me donner un exemplaire de toute publication sur ce sujet. Tachez done d'en tirer le plus possible, et bien affec- tueusement a vous. R Francisque MICHEL. II. Paris, 26 juillet 1888 2 . Je soussigne, R. Francisque Michel, declare que les lettres de Prosper Merimee remises par moi a Monsieur Benda : 1 sont inedites; 1. M. R. F. Michel se trompe; il ignore la publication de la Li- berte. Quant a Lome'nie, il les a a peine utilis^es en effet dans son discours, qui est terne et anodin, et ne rend justice qu'& demi a son predecesseur. 2. Ce billet, qui est une sorte de certificat d'authenticite, etait joint a la lettre precedente. IV INTRODUCTION 2" quo jo iiYn possede aucune aulre; .'t quo jc n'i'n ai pas do ropie; f t" que j'autorise I'aequereur a en fa ire lei usage qii'il lui conviondra, pourvu que la inernoire do nion pcrc soil res- pcetee, ot . ot sos hcritiers vondiront sa biblio- tln'-quo I annoo suivanto : los loltros do Mcrimcc clian- m'-rpnt done oncoro do mains. Kn oll'ot. V l:cliiin\\\ ."> avril l'.K)7 annonya quo cent lottros aiitographes do Morimoc. adrossoos a F. Micliol, soraionl vondiios lo 11. a 1'botol Drouot. A cotlo occasion, M. Georges Monlorgucil consacrait, dans lo ineine nu- inero do \'/:clair. un article elogieux a Moriinoe el a F. Michel 2 . II agromontait cot article do citations eni- prunteos aux lottros do Moriinoo, citations tres courtes ot inoxactes 3 ; il arrive inenie quo M. Montorgucil donno dos dates fausses : c'est ainsi quo, par oxeinplo, sous la date dii 27 juillot 180(1, il public un fragment de la lettre du 2.'5 juillot [1H52]. On no pout done faire aucun fond sur uno publication aussi insigniliantc. aussi inorcelee et aussi dofiguree. 1. Cf. PiiiM-rt. Stir Mcfimee, p. .">'. '2. L'nttention vcnail d'rlrc attin'-o snr M : rini('-o par lo Journal dts Debals (|iii projctait d'rlovor a Cannes nn inonunionl a Mr- rinii'i' -l piil>liait la brochure : En I'llo/menr tie I'rusper Mfrimce, in-'", 48 p.. I'.HiT. :!. (Jinij cilntions piii]>Mintr>cs a dons loltrcs non datocs, a HMO loltro du ! deoembre iH.'.l, a uno let In- do IS.Ml. a 11110 lellro du 27 juillet lr,0 (dato fausse). INTRODUCTION . V Quelques jours plus tard, les 11 et 12 avril, on ven- dait a 1'hotel Drouot la bibliothcque dc M. de Barcnton. Le n 305 du Catalogue mentionnait : Cent lettrcs auto- grap/ies inedites de Meriraee. C'etaient les lettres adres- sees a F. Michel, la premiere etant datee du 20 Janvier 1849, la derniere du 8 Janvier 1870 '. L'acquereur Cut M. Gustave Mouravit, delicat lettre, esprit delicieux et d'une science etonnante 2 . 11 paya le manuscrit 1950 frs, ce qui est un prix, meme par ce temps de meri- meisme , ecrivait L. Pinvert en 1908; et il ajoutait : [L'acquereur] a-t-il 1'intention de publier [cette corres- pondance]? Je 1'ignore, comme j'ignore son nom 3 ... . M. Mouravit, qui avail le culte des livres rares et des manuscrits precieux, garda la correspondance, mais il ne la publia pas, au grand regret des merimeistes, que les publications fragmentaires de la Liberte et de 1' Eclair avaient mis en gout. Apres sa mort elle resta dans sa ma- gnifique bibliotheque et ne connut plus d'avatar : des jours meilleurs allaient venir pour elle. En effet, M lle Mouravit, pieuse heritiere des tresors bibliographiques de son pere, conserva le manuscrit, le reservant aux collections de la bibliotheque Spoel- berch de Lovenjoul, a Chantilly 4 . II y a trois ans, elle voulut bien le communiquer a M. Henri Bre- mond, ancien eleve de Mouravit. M. Bremond en pre- para 1'edition, et celle-ci parut, fragmentairement, dans la Revue des Deu.r Mondes (l er juin 1928). Elle etait pre- 1. Cf. Pinvert, ouvr. cite, p. 54-55. 2. Cf. H. Bremond, Merimee et Francisque Michel (Revue des Deux Mondes, \" juin 1928, p 551). 3. Ouvr. cite, p. 56. 4. Propriete de 1'Academie frangaise. VI INTRODUCTION order d'une etude fjenerale, que j'ai plaisir a reproduire integralement iri : .Mt-riini-e ft Frnncisejue Mic/icf. I'ne suite d'heureuses rencontres a mis a ma disposi- tion la trcs curieuse correspondance qu'on va lire. Cormne j'allais sortir du college, il y a lon^ternps de rela, ma bonne etoile conduisit dans rna ville natale. et jusque dans 1 intimitc do ma famillc, un lettre do marque, Gustave Mouravit 1840- 1020 , bien connu des vrais bibliophiles. Originaire dt- Bordeaux, ou il avail ete fagoniH- a rintclligence, a 1'arnour du Livre par G. Brunei junior, ct aux disciplines dc 1'hisloire par lc destinaire mt'mr des lettn-s (juo nous publions, Frari- cisque Michel, il etait venu tout jeune en Provence, a la recherche de je ne sais plus quels inedits, et il s'y etait fixe. Ksprit delicieux et cl line science etonnante, il ap- partenait a cette ecole de letlres, (|iii enlendaient rccon- cilier 1'erudition et le^out. et qui protestaient doncement contre la critique oratoire. asse/ a la mode sous Louis- Philippe et sous 1'Kmpire, preparant. a leur fagon un peu nonchalante, les innovations il<- Brunetiere, et meme la revolution lansonienne; revolution dangereuse, bien- faisante anssi. et, d ailleurs. necessaire. comrne elles le sont presque toutes. Par Asselineau, <|u'il estimait particulierement, par Edouard Fournier et quelques autres minorcs, inoins loin de Sainte-Beuve (pie de Nisard, Gustave Mouravit rejoi- j^nait I'exquise tradition le Nodier. l"n rien de lantaisie, voire de frivolite, oh! d'une frivolite inerimeenne, distingue ces criticpies, ces amateurs, de M. Lanson et de ses eleves. Kn somine tout se ramene a 1 intronisation d'une dixieme Muse, la Bibliographic; mais ils la vou- laient couronnee de invrte. moins impassible et imper- sonnelle q\i'on ne nous ('impose aujourd hui, et plus souple a reconnaitre les droits sacres de ses nobles INTRODUCTION VII sceurs. Mouravit avait pris en amitie 1'avidite eblouie de mes seize ans et il essayait, pour ainsi dire, ma voca- tion litteraire, en s'abandonnant devant moi aux curio- sites sans norabre qui 1'occupaient. Je lui dois d'avoir appris, bien avant l'age ou on la fait d'ordinaire, si on la fait jamais, cette decouverte, qu'il n'y a rien de plus curieux que les livres qu'ori ne lit plus. C'est en le voyant manier, avec quel respect penetre et quel air de gourrnandise! les petits moralistes du xvn e siecle, ou une collection d'archaiques manuels du confes- seur , que j'ai commence a soupconner la portee veri- table et le prodigieux interet de notre litterature reli- gieuse. Comme il arrive aux delicats, Gustave Mouravit n'a presque rien public, mais il laisse apres lui un chef- d'oeuvre authentique, sa bibliotheque, destinee, si je suis bien informe, a enrichir quelque jour nos collections de 1'Institut, a Chantilly. Or, c'est justement parmi ce tresor que se trouvent, pieiisement rasseinblees, amoureuse- ment collees sur de vastes feuilles de japon, les lettres inedites de Merimee a Francisque Michel : deux volumes, habilles de soie pourpre et fleurie et qu'illustrent d'autres reliques, notamment une photographic rarissime del'In- connue, sans compter, cela va de soi, deux autographes de Francisque 1 . La fille de mon vieux maitre, M lle Mou- ravit, aimable gardienne de tant de merveilles, a bien voulu me permettre d'offrir a la Eevue la primeur de cette correspondance, et j'ai demande a 1'auteur d'une these recente et fort remarquee sur la Jeunesse de Meri- mee, M. P. Trahard, de m'aider soil a dechiffrer ces textes, parfois difficiles, soil a les classer chronologique- ment, dans la mesure ou cela serait possible, soil a les 1. Cedes par le fils de Francisque Michel, en 1888, je crois, a M. de Barenton, ces autographes ont ete acquis par Mouravit a la -vente Barenton en 1907. Quelques fragments, en petit nombre, ont ete publics par P. Bonnaud (Liberte des 24 et 25 fevrier 1874) et par G. Montorgueil (Eclair du 5 avril 1907). VIII INTRODUCTION annoter, quand hcsoin serait. l,e recueil, incomplet d'ail- leurs, semble-t-il, SH compose d une ceritaini 1 de Icttres. Nous avons retcnu srulemrnt celles <|iii n'exigent pas de Irop doetes comincntaires, quelqucs-uns de nos lectcurs ignorant peut-etrc le russe, le rhinois et la langue des Bo- manichels. An demeuranl, M. Traliard puhliera inte- gralement toiite eelte correspondancc, et d'une maniere plus critique, dans 1'edition des (Euvres completes de MeriiiieY 1 . II va sans dire quc, de cellcs de ces lettres que nons domions aujourd'hui, nous avons elague sans re- inords tons les passages cpie le latin lui-menie souffrirait a peine. l-e gout de Merimee pour la gaillardise n'est que irop connu. C'est chez lui coninie nne inanie, la ran- (.-on de cette lainiliarite savonrense, qui rend delectable le moindre de ses billets. Professenr a la Facnlte de Bordeaux, et 1'un des pre- curseurs l-s pins meritants de nos grands medievistes contemporains, les G. Paris, les Bedier, les Ch.-V. Lan- glois, Franeiscjne Michel a dn se lior avec Merimee dans le courant de 1rdre s il n cut pas eu d'amis. Ses amis se 1'approprierent. Comment peut-on ecrire des Icttres, quarid on a la facilite de par- ler a tons.' Kli ! quoi, < parler a tons , autant dire a personne. est-ce la le souverain bien? Pour moi, je <-rois. an contraire, que Merimee nous paraitrait moins jfrand, s'il n avail pas eu d amis, s'il n'avait pas ete 1'anii que nous devinons. A ce faux sec toutes les formes de 1 hypocrisie faisaient peiir, mais il ne matujuait pas de tendresse. Jt- suis toul malade. ecrit-il de Cannes en Ioutoillo on eompagnie d'uno jolio fillo. Ainsi se montro-t-il aver Franrisque Michel, our excuse lour jovialite, lour bon sens et leur franc-parlor. Us con- siderenl (pie vivro no consiste pas a croupir dans le jardin des raoinos groccpjos ou dans quelque etude abs- truse; chox L-IIX le savant n'etouH'e pas I'homnio. Oui, ils rostent huinains, Dion nierci ! (^ui osorait le lour repro- cher; 1 Kt s'ils le sont basseiuent, cyniquement parfois, avons-nous done aujourd hui tanl d esprit puritain, ou tant d hypocrisie, quo nous no puissions plus les onvi- sager sans masque. ' INTRODUCTION XIII Les publications insignifiantes de la Libertc et de l']clair, la publication fragmentaire de la Revue dcs Deux Mondes laissaient done beaucoup a faire; et comme la correspondance semblait meriter une publication inte- grale, j'ai repris le travail a pied d'oeuvre. Travail diffi- cile; car si le manuscrit se presente avec une belle or- donnance, cette ordonnance est factice. En effet, les lettres, n'etant presque jamais datees, ont etc classees au petit bonheur. On a vu par la lettre de R. F. Michel que vingt-neuf d'entre elles avaient ete separees de leurs en- veloppes ; ces enveloppes, jointes apres coup aux lettres, ne leur correspondent pas toujours : d'ou un fouillis de dates presque inextricable. II a fallu d'abord reclasser toutes les lettres et reviser toutes les dates en s'ap- puyant la plupart du temps ou sur le timbre de la poste, ou sur le contexte, parfois tres vague. Je ne suis pas cer- tain d'avoir toujours reussi, et il subsiste peut-etre des erreurs, certainement des obscurites. Pour les dates les plus douteuses, j'ai mis un point d'interrogation; et les lettres dont je n'ai pu retrouver la date,je les ai rejetees a la fin de la correspondance. Cette correspondance une fois remise a peu pres en ordre, il restait a en donner, non plus des fragments, mais rintegralite. Nous publions done les cent lettres qui la composent, sans exception, car nous ne nous sommes pas reconnu le droit d'ecarter le billet le plus insigni- fiant. Et ces cent leltres, par respect pour la pensee, aussi libre soit-elle, de 1'ecrivain, nous les publions sans XIV INTRODUCTION la nioindre < oupurc. < >n ;i VH quc la Revim des Morales avail eearte Irs passages Irop erudits el les pas- sages trop seahreux. Pour les premiers, il n existait au- cune diflicultc a les ivtablir : no sont-ils pas la marque memo do Meriiiiee'.' An reste. les lira qui voudra ! Pour les seconds la dill'iculto ('-tail n'-elle: il fallait. on les suppri- mer on lotir suhstituant des lii^nes de points, ce qui au- rail emaille facheusenietit le texle de blancs assex consi- deralles. oil les reproduire en ne laissant, selon une cou- tuine asse/. enfantine. (|ue 1'initiale de certains motsdonl noire pnHcnduc vertu s'ellare. Nous nous soinmes ral- lies an second parti, inoins par conviction que par res- pect dii Icxte. La encore, d'aillenrs, lira <|iii voudra el rougira .iiliii|ni- figure qui nierite une bienveillante attention. t'n pen plus jeune quc Merimee, Michel etait ne a I.yon le 18 fevrier 1809; His d'un ancien professeur, il se des- tine lui-meme a 1 enseigncment , apres d'excellentes etudes classiques qu'il fait dans sa ville natalc. Le jour- nalisme 1'attire d'abord, puis la philologie, a laquelle il se voue d.'-s 1830. He 1830 a 1833 il edite un grand nombre d'opuscules de la litterature frangaise du Moyen Age, comrne la C/ironique de Dugiicsclin, les Chansons de Coucy, Mn/io/net, le Lai d'Havclok le Danois... En 1835, Gui/.ot le charge d'unc mission en Angleterre : Michel fait des recherches dans les bibliotheques sur Thistoire et la litterature franchises. En 1839, il est nomme pro- fesseur de litterature etrangere a la Faculte des lettres de Bordeaux. Correspondant de 1'Institut, membre du Comite historique des arts et monuments, membre de la Societe des Antiquaires et d'autres societes savantes, il est comble de charges et d'honneurs, et il apparait, dans la correspondance que nous publions, epic les lauriers INTRODUCTION XVII academiques ne le laissent pas indifferent. F. Michel est ambitieux, mais il justifie son ambition par un travail acharne. En effet, de 1834 a 1842, il edite, a Paris et a Londres, une trentaine d'ouvrages qui sont tires de la litterature anglaise ou de la litterature franchise des xi e , xn e , xin e et xiv e siecles, et dont plusieurs sont inedits : le Roman d'Eustache Lemoine, Tristan, la Chronique an- glo-normande, les Lais inedits des XII s et XIII e siecles, la C/ianson de Roland, la Chronique des dues de Normandie, le Roman du roi Flore et de la reine Jeanne, le Theatre francais an Moycn Age, la Chanson des Sa.rons, i'Hisloire des dues de Normandie et des rots d Angleterre sont ainsi remis, ou rnis an jour, par 1'infatigable chercheur. Plus tard il edite les poemes de Mclusine et de Gerard de Roussillon, le Roman de la Rose, la Chanson de Roland, le Roman dc Roncevaux, les Voyages meneilleu.K de saint Brandan a la recherche du Paradis terrestre... On le voit, F. Micliel se specialise dans 1'etude de notre litterature du Moyen Age, et ses utiles travaux ont fraye la voie a nos medievistes , a G. Paris, a M. Be- dier... Qui, aujourd'hui, s'en souvient, a part quelques erudits? Mais F. Michel a le merite, ou le tort, selon ces medievistes , de n'etre pas 1'esclave d'une spe- cialite , aussi riche soit-elle. II compose en effet des ou- vrages d'un interet plus general, s'adonne a 1'histoire et a la philologie. La these qu'il presente, en 1847, pour le doctoral es lettres, 1' His to ire des races maudites de la France et de I'Espagne, est curieuse et supporte encore la lecture. C'est, dans 1'enorme production de son ami, un des livres que 1'auteur de Carmen prefere, on devine Francisque Michel. b XVIII INTRODUCTION poun|iioi. Merimee goute cgalement ces etudes origi- nales cjui s appellent : le l.i\rc d'or des metiers (1851- 18.V*), on V. Michel s'occupe des cabarets, des h6tello- ries, des restaurants et des cafes; Histoire des tissus de soil' tin Moyen Age (1852-1854) ; Etudes de philologie com- parer sur I'argot (185Gi ; le Pays basque, sa population, sa langtir... |1857i ; les ficossais en /''rancc et les Franca is en Ecosse (1862), ouvrage d'une erudition et d'une cons- cience reinarquahles ; Ilistoire dn commerce et dc la navi- gation a liordrati.r, j>rincipalement sous I administration anglaise { 18(17-1871 '. Knfin F. Michel se delasse en tra- diiisant les (euvres de Shakespeare, colics dc Goldsmith el de Sterne, et certains pooincs de Tennyson. Quelques recompenses academiques cnconragent co travaillcur acharne ((iii, en 1808, oblient un prix Gobort. Aujourd'hui les resultats d'un pareil labour sont incon- nus, ou meconnus. C'est la faute de 1 ingratitude hu- inaine; c'est aussi un pen la faute dc F. Michel. Get urii- versitaire probe ct conscicncieux, ret infatigable cher- clieur rnanipic dc talent et d'eclat; scs livrcs scntcnt I'huile, et rien n'animc d'aussi savantes dissertations. F. Michel entasse volume sur volume et nc laisse pas un livre. On on est rcduit, pour le connaitrc, a la (Jrandc Encyclopedic ou au Dictionnairc nnivcrscl des contcmporains ; un jour proche viendra ou cos gros livrcs le raycront de leurs colonnes. Alors 1'oubli sera total. Faut-il s'en plaindro? Tant de milliers dc pages, cons- ciencieusement noircics, auront moins pesc dans la ba- lance du destin que les cent pages de Carmen. La cons- tatation pent etre melancolique, mais la poslcrito a raison ; car rien tie supplee 1'art, ( Amerique el partout. la gloire de la France liberale. < C'elail une fusion pratique, accomplie sans bruit, et on i pent ajouter sans art, puisque 1 art ne se voyait pas '... . Pareil salon cosmopolite plait a Merimee, qui sail 1'an- glais el connait asse/. bien les affaires d'Amerique. Aussi lauteur de Carmen reste-t-il lie avec Mrs. Childe jus- qu'au jour oil 1 aimahle femme meiirl prematurernent en 18~)fi. II partage alors la consternation generate. Le cer- cueil emporte en Amerique les restes de Mrs. Childe, landis qu'en France on pleure la jenne femme comme une des nolres*. < Mais Merimee ne perd pas la liaison. De 1845 a 185b' il a frequenle le salon de Mrs. Childe; entre 1853 et 1861 il a correspond!! avec elle et avec son mari. A partir de 18(11, le lils remplace dans son affection les parents trop lot disparus :: , et, jusqu'a la veille de sa mort, Merimee entrelienl avec lui une affectueuse correspondance. Son age lui permet d'etre pour Kdxvard un conseiller pater- nel. J'ai fait hier une heure de morale a votre fils a qui j'ai preche la vache enragee pour laquelle il me semble avoir pen de gout, ecrit-il a sa mere en 1853. II est evident, Madame, que vous avez eu trop de part a la confection de ce garcon-la. Vous lui avez donne volre espril el volrc grace feminine; il ne vit que de poesie et d imagination. Je lui voudrais un pen d ambition et de fjositii'isinc americain. Je lui ai propose d'aller etu- dier 1 arlillerie el le genie a VVestpoint, pour aller dans I. De Salvandy, nuvr. citf, j>. l>. 2. Ibid., p. 7. 3. Mr. Childe meurt a la fin de Janvier 1861 Jbid., p. 203 : lettre de Merimee du -'i Janvier 1S61 ; . INTRODUCTION XXIII deux ou trois ans prendre Cuba a la barbe de 1'Europe; ou bien d'aller se faire Mormon a Deseret pendant deux ou trois ans. II dit qu'il n'a pas de gout pour le metier de guerrier dans un pays de tradesmen. II n'aurait pas d'objection a etre sealed a une douzaine de Mormones, selon les usages et les preceptes des saints des derniers jours, mais il pretend qu'il n'est pas necessaire d'aller a Deseret pour cela et que, dans la rue de Notre-Dame- de-Lorette, on peut pratiquer le rnormonisme. Enfin il a des objections a tout ce que je lui propose et n'a de gout decide pour rien. G'est la le grand defaut que je lui trouve, mais peut-etre cela passera-t-il. L 'important serait de lui trouver une grande passion qui lui donne- rait de 1'ambition ' . Tel est le ton qui regne entre les deux hommes. Meri- raee aime le jeune Edward; ne en 1836 a Philadelphie, celui-ci avail accompagne ses parents en Europe des 1843, et avail complete son instruction partie en France, partie a 1'Universite de Bonn. Apres la mort de sa mere, il s'etait fixe en France, car ses gouls lilleraires et artis- tiques 1'atlachaient a la patrie de V. Hugo; toutet'ois il voyageail beaucoup en Europe, en Egyple, en Turquie... 1. Quelgues Correspondants de Mr. et Mrs. Childe. Lettre du 30 mars 1753, p. 163-164. Le 23 novembre 1862. Merimee recom- mande E. Lee Childe a M me de Montijo : Cette lettre vous sera remise par un de mes bons amis M. Ghilde qui, apres avoir voyage par tout le monde, a garde avec raison 1'Espagne pour la bonne bouche. 11 est Americain, mais il a passe toute sa vie en France et, en 1'entendant parlor, vous ne devineriez jamais sa nationalite. Je vous serais bien oblige de lui donner vos bons conseils pour les excursions qu'il se propose de faire en Anda- lousie. II est tout a fait digne d'apprecier la tierra de Jesus. Le l er Janvier 1869 il lui annonce le mariage de son ami : Nous avons a Cannes a cote de nous Edouard Childe, que je vous ai presente a Paris et qui vient d'epouser la veuve de Benjamin, le neveu de Valentine. 11 semble fort heureux... XXIV INTRODUCTION Linguistc distingue, il parlail 1'anglais, le francais, 1'ita- licn, 1'ospagnol, I'allemand et un peu lo russe; il avait, do plus, fait do fortes etudes classiques ot possedait le greo et lo latin. 11 connaissait fort bien 1'histoire de 1 Kurope, vors laquello il so soritit toujours attire. Son esprit ot sa culture, son charme et ses aimables qualites I'avaiont rendu populairo dans la meilleure societe francaiso, oil il comptait de tres nombroux amis'. Com- ment Meriniee n'aurait-il pas on line instinctive sympathie pour eel etranger instruil, polyglotte, voyageur, huma- nisto, historion comrne lui ? Tout devait rapprocher les deux homines. Kaut-il s'etonner quo Merimee premie bientot Kdward Cliilde pour confident? On sail qu'a partir de 1on morale a lieu vers 18>(). INTRODUCTION XXVII par ce gout de la curiosite historique et par ce sens de 1'universel que nous retrouvons ici a chaque ligne. Que certains jugements de Merimee nous surprennent, qu'ils soient entaches de partialite et, quelquefois, d'ignorance, qu'ils deconcertent par leur etrangete, est-ce uri mail' Us nous forcent ainsi a reflechir, a reviser nos propres ju- gements. De plus en plus Merimee nous apparait comme un classique tempere de romantisme, comme un classifjnc t'largi. Sainte-Beuve se definissait lui-meme ainsi; j'ap- plique, en terminant, le mot a Merimee, qui a beauoup d'affinites avec son ami Saintc-Beuve. II en a tant que je comparerais volontiers son Journal aux Poisons do Sainte-Beuve. Mais si, parfois, les jugements de Meri- mee sont durs et injustes, ils n'ont jamais la mechancete froide et concertee de ceux que porte 1'auteur des Lun- dis; chez Sainte-Beuve le critique subit 1'influence de 1'homme, epouse ses rancunes et ses jalousies perfides ; chez Merimee il garde une independance sereine. En re- vanche, il faut dire que, rnalgre ses defauts, Sainte- Beuve reste un critique de genie, le plus grand que nous ayons; a cote de lui, Merimee, malgre ses qualiles, reste un essay isle. Pierre TRAHARU. LETTRES A FRANCTSOUE MICHEL (1848-1870) 17 Janvier [1848]. Mon cher Monsieur, Je cherche vainement quelque bonne excuse a vous donner en repondant si tard a votre aimable lettre. Vous etes un si grand travailleur qne vous ne devez pas comprendre la paresse. C'est chez moi une ma- ladie chronique. La grippe s'y est ajoutee avec 1'ennui d'epreuves a corriger pour la Revue dea Deux Mondes. Yoila pourquoi je vous ecris le 17 Janvier en reponse a votre lettre du 18 decembre. On m'avait parle d'une Histoire de Don Pedre pu- bliee a Seville, el Ton m'avait meme promis de me remover. Malheureusement mon sieo-e est fait. / o J'avais fait demander s'il y avait quelque chose de bon pour moi dans les archives de Seville. On m'a repondu qu'il n'y avait rien. Mais cela veut peut-etre dire que 1'archiviste ne savait pas lire, on qu'il avait a ut re chose a faire qu'a feuilleter dans ses pape- rasses. Je ne connais pas le dictionnaire Calo dont vous me parlez. J'ai celui de E. Frujillo, qui est tres mauvais. Je feraivenir celui de Jimenez. On m'a mis en rapport avec un bohemien detenu a la Force qui m'a doune quelques renseignements curieux sur ses compatriotes, II m'olTre sa recommandation pour les 4 I'KOSPEH M&IUMEK chefs tie trois tribus (jni habitent mix environs tie Paris. J'en profiterai un ile ces jours. Je me creuse la tete pour decouvrir (jni pent etre cetle dona (lerilia donl vous me parlez. J'espere tjue nous aurt>ns bientftt des nonvelles de votre dernier voyage en Kspagne. Vons n'etes pas hoinnie a vons y promcncr sans en rien rapporter, el, pour cumpleter ines etudes snr la langue romani, j'attends (pie vous nous donniex un troisieme volume tie vos liners nitindilcs. ( v )ue pense/-vous (Tun livre (jui vient de paraitre a Barcelona : Pnletisft'fififi canaHoln por 1)" Esleban I'aln/ie v Cantalozella? (lela me semble digue tie M r I'rudhomme. dependant il y a force exemples (jui peuveut etre utiles. Adieu, Monsieur: j'apprcnds avec bien tin plaisir ([ue vous viendre/ nous voir a Paques. Vous troiiverex au coin tie mon feu des pipes et un fumeur t[ui sera toujours tres lieurenx tie causer avec vous dc rrltns omnibus ft quiliusdam a/iis. Veuille/, en attendant, agreer 1 expression tie tons mes sentiments devoues. l )r ME RIMER. Paris, 20 Janvier I8'il>. Monsieur, Je vous envoie le dernier rapport tie la commission du prix Volney, tjui vous inditjuera les conditions et les delais dn programme. Vous verre/ tjue vous a\cx LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 5 jusqu'au l cr aout pour rouscailler bigorne. Rien n'est encore arrive an secretariat de 1'Academie. II est vrai que MM. les orientalistes sont un pen dominateurs, inais le principal d'entre eux est un homme d'esprit qui comprend et apprecie toutes les etudes serialises, quelle que soil 1'etiquette qu'elles portent. Voici les noms des meinbres de la commission, commission perpetuelle et souveraine en depit de la sacrosainte Republique. Pour 1'Academie des Inscriptions MM. Burnouf, Hase et Reynaud; pour 1'Academie des Sciences, M r Flourens; pour 1'Academie fran- c.aise, M r Jay et votre serviteur. Vous voyez, Mon- sieur, que vous pouvez compter au moins sur un lec- teur tres bien dispose et qui brule de s'instruire. Je joins a cette lettre les vers ecrits au-dessous des peintures du chateau de Villeneuve, pres de Cler- rnont. La Bugorne est une bete fort laide, ayant des comes et des dents canines malgre Cuvier, outre une queue de serpent, fort grosse d'ailleurs, comme 1'indique la legende. La Chicheface, au contraire, est tres maigre et ressemble a un loup etique. Le chateau a etc bati vers la fin du xv e siecle par Rigaud d'Aureille, en son temps maitre d'hotel de Charles VII. Les peintures sont detestables et dignes des vers qui les commentent. [Que vous dirai-jede notrepolitiquePNoussommes a Paris presque aussi reactionnaires que vous autres Bordelais. La Republique ne plait giiereaux badauds, mais crovez qu'ils ne feront rien pour la jeter par I'HOSI'KH MKUIMKK terre. Si die tnnibc d'elle-mSme, si on la ponsse. ils ne la releveront pas, inais ils trouveront foil doux de se laisser mener par mi gonvernemenl dont ils se nioquent. J'ai vu 1'antre soir.chex M r de Falloux, notrc President. 11 in'a parn petit, avee line tele faite pour mi corps bcauconp pins grand, Pair tres irpiitlcinan, nn accent presquc etranger sans qu'on pmsse Ini as- signer nne origiue. II parle fort pen, el ce qu'il dit est convenable, inais il ne fait pas de frais. 11 a les ma- il ii* res d'un legitiine colt/, distant et self-conscious. La reunion etait curieuse. l,e fond ordinaire dn salon ininisteriel, e'est-a-dire des professeurs et des grands vicaires, faisait ressortir (jnantite de notabili- tes orleanistes et carlistes, entre antres tout 1 equi- page dn Carlo-Alberto. Je me suis cm en 1828. Tout ce monde etait souriant, un pen ironique, fort ""ai, et ne paraissant pas croire (jiie dans quelques jours peut-etre on pourrait revet ir la tunique et prendrc le fnsil de munition pour ('changer des balles avec quelques barbes sinistres (jui se promenaient dans les salons cointne le vieillard stnpide iVHernani. Voila qu'on recommence a danser et a diner. On rc- voit des voitiires et des livrees. Si nous avions du courage, de I'esprit, de la conscience et nne demi- douzaine de qualites cjui nous maiKjuent, je trouve- rais que nous ressemblons a la societe du xvi' 1 sieclc qui dansait aussi et se gaudissait entre nn massacre el une emeute. Mais nous nevalons pas nos ancetres dn xvi" sieclc, et nous sommes des fons qui faisons LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 7 du tapage en attendant que les Cosaques viennent nous dire hold !P oar moi j'espere etre pret quand ils viendront et savoir mes trois conjugaisons russes.] Voila ce qui m'occupe uniquement. C'est vous dire que je m'abrutis fort. Adieu, Monsieur, veuillez agreer 1'expression de tons mes sentiments d'estime et d'amitie. P 1 MERIMEC. 7 Mai [1849]. Mon cher Monsieur, Pour repondre categoriquement a votre aimable lettre, il faudrait avoir pu consulter le comite de I'lnstruction publique, on la commission du Minis- tere de 1'Interieur; or les membres de ces deux illustres compagnies sont tres paresseux et ne se reunissent que lorsqu'ils ne peuvent faire autrement. Ce ne sera que dans huit ou dix jours que je pourrai vous dire si Ton accepte la proposition de M r Durand. Ce n'est pas la bonne volonte qui manquera, mais 1'argent est si rare qu'on n'en trouve que lorsqu'il est question de faire des illuminations et des feux d'artifice. Je vous remercie beaucoup de la docte citation que vous m'envoyez et dont notre dictionnaire s'en- richira. II aurait bon besoin de vous pour ne pas demeurer un temoignage de notre ignorance aux ge- nerations futures. Heureusement de trois choses PROSI'KH MKRIMKK 1'ime, (MI il n'y aura pas de dictionnaire, on il n'v aura pas de generation future, ou enfin la generation qui viendra sera si bete qu'clle ne pourra pus rire de nous. Si vous voulex aller en Portugal, atteqdez-vons a passer dix jours en quarantaine pour vous desin- fecter du cholera. M r Dantas a imagine d'envoyer unc montre sous le convert diplomatique a Lisbonne. f.c cachet a etc respcete, mais on a trouve la lettreet la montre. J'cspere que ce dernier accident ne vous arrivera pas. Veuillex me dire la date du manuscrit ou plutot de I'auteur dont vous avez tire le mot ttrlitife. (",'est un point capital que vous nvex ouy)lie. Jc pourrais bien avec votre lettre aller a la Bibliotheque Royale, inais j'aime bien mieux <[iie vous m'ecriviez encore, et croyez (jue le plus grand papier que vous prendrez sera toujours le mieux reou. Adieu, mon cher Monsieur, j'espere (jue vous n'ou- blic/ pas votre I ravail pour le prix Volney. Je 1'attends avec impatience. Mille amities ct compliments. P r MERIMEK. ID .In in 1849. Mon cher Monsieur. Ne croyez pas cpie ce soil par oubli que je ne re- ponds pas a votre lettre. I, a commission a trouve LETTRES A FRANCISQI'E MICHEL 9 des mais et des si an sujet de 1'envoi de M r Durand a Cazeaux, et il n'y a pas encore de decision prise. J'espere que cette irresolution finira vendredi, et alors vous aurez de mes nouvelles aussitot. En attendant, jc vous remercie devotre plume, mais j'aurais mieux aime que vous m'eussiez envoye de votre prose. Mille amities et compliments. P r M. MlMSTERE DE L/IlS'TERIEUR. 21 Jllin 1849. Mon cher Monsieur, Je n'ai encore rien a vous dire. Vous ne pouvez vous faire une idee de la difficulte qu'on eprouve a faire boire des anes qui n'ont pas soif. Je tacherai de revenir la-dessus encore une fois. Tout a vous. P 17 Juillet [1849]. Mon cher Monsieur, Je reviens d'un petit voyage, et je n'ai lu votre lettre qu'a mon arrivee, e'est-a-dire hier soir. Voici le pro- gramme que vous desirez. Vous voyez que le terme du l er aout est de rigueur. Cependant, il y a quelques annees, le prix a etedonne a un M r Pott, professeur 1'HOSI'Kll MKHIMKK allcmand, pour un travail sur les Zigeiiner, dont Ic premier volume avail paru. Je crois (jue, si vous ccri- vie/. a la commission quevous demaudex un delai dc <|iiin/e jours pour achever votre eopie. cc delai scrait accords sans dilliculte, car nous sommes bonnes gens. Nous sommes menaces, en outre, de n'avoir pas Brandt-hose a lire, car il n'v a que (juatrc memoircs envovcs. ('. Csl pen dc chose, a cc (juc m'a (lit un des coininis dn secretariat. .1 ai le plus j^raiul respect pour les (pinions dc ces Messieurs. Vous verre/. par le programme ci-joint qu'il n'v a pas lieu a billet cachete ni a devise. [.le me suis fort dispute 1'autre jour avec M r Cou- sin a 1'. \cadcmie a cette occasion. ,lc disais (ju il v avail des mots fi ancais (jui avaient deux origines, ou, pour parler plus exactement, (ju'il y avail des mots dilTcrcnts de sens, latins ou germanujues. rpii etaient passes en francais avec un son et unc orthographic semblables. .le Ini ai cite lonrl>c, canaille, vcnant de Inrlxi, et lourbe a bruler venant dc liii^'c allemand; sur de xe<'"/'i/x. et .sv//- de .sv////-.] Donncx-moi done cjtielqucs mots, si vous en ave/ dans votrc sac. Millc amities ct compliments. I 11 M. \ Aout l'i!>. MOD cher Monsieur, .1 ai volre manuscrit depuis hier settlement. Je LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 11 vais le lire avec toute 1'attention possible. II y a clix ouvrages an concours. Deux seulement paraissent I'oeuvre de fous; c'est moins qu'il n'en vient d'or- dinaire. Je vois avec inquietude qu'il y en a trois ou quatre sur la linguistique orientale. Enfin nous verrons. Je vous reniercie des mots que vous m'avez en- voyes. Ecttyer est un des plus remarquables, car son histoire est toute moderne. Je vous ecris un mot a la hate et vous dis adieu. P r M. Paris, 24 Aout au soir [1849]. Mon cher Monsieur, Vous m'annoncez votre voyage a Bagneres-de- Luchon. J'espere que c'est par mesure de precaution, non par necessite, que vous allez faire un pelerinage au temple du dieu Ilixo. Nous avons tenu aujourd'hui nos premieres assises. Elles ont un pen deblaye le terrain. Je ne vois sur- nager que deux memoires, 1'un et 1'autre encore inconnus a votre serviteur. L'un sur les orimnes de & la langue frangaise, 1'autre sur les langues ariennes et sur les renseignements que fournit leur etude pour Thistoire de la civilisation. D'apres ce qu'on en dit, ce dernier serait extremement remarquable. J'ai depose votre volume avec un rapport dont je ne vous dirai rien pour le moment, mais j'ai vu avec plaisir 12 1'HOSPKII MERIMEE (|ii On ne s'csl pas signe i\ la lecture dii litre: c est la re quc je craignais le plus. [Jc rcgrette que vous n'avox pas eu Ic temps do nous donncr uuc romparaison de tons les systeines d argot usites en Kurope. .Ic m'explique : ce quc j'appcllcrais la loi dc formation dc l'argot franeais, c'csl la meta- phorc, tonjours burlesque. Kst-ce la lot gencrale dcs langues dc voleurs, ou bien Ic burlesque de noire aru'ot ticnt-il a notre caractere national .' Cette dis- n position toutc e diable, c'est epic jc vais partir, et je regrette de ne pouvoir defendre vos interets pendant le mois de septembre, c'est-ii-dire pendant trois on quatre reu- nions de la commission qui seront peut-etre dccisives. Jc vous ai rccommandc aux juges, mais je crains de tic pas assistcr an jugcmcnl : eependant je ferai mes efforts pourctre de rctour a Paris dans les premiers jours d'octobre, Je comptc partir au commencement du mois proehain pour la Saintongc. Probablement je LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 13 passerai par Bordeaux avant de retourner a Paris, el je ne manquerai pas de m'informer rue Ducau si les eaux de Bagneres vous ont fait du bien. Eu atten- dant, si vous avez quelqu'un pour suivrevotre affaire a Paris, ne negligez pas de faire parler a vos juges. L'important est qu'on vous lise, et dans le nombre il y a des gens qui out tant de respect pour leur majeste academique, qu'ils pourraient, malgre toutes nos recommandations, se faire une opinion sur 1'etiquette du sac. Adieu, mon cher Monsieur, prenez-nous des ins- criptions, si vous en trouvez, et des notes; tout ce qui vient de vous est toujours excellent. Veuillez surtout me dire un mot de vos projets pour le mois de septembre. Je serai tres heureux de vous reucon- trer dans ma tournee, et je n'ai pas besoin de vous dire quo je ferais plus d'un myriametre a cet effet. Mille amities et compliments. P r M. P.-S. Je vous adresse cette lettre a Bordeaux; j'espere qu'elle vous y trouvera encore. Paris, 2 Septembre [1849]. Mon cher Monsieur, Je pars apres-demain. J'espere qu'aucune decision ne sera prise avant mon retour; je vous ai recom- mantle d'ailleurs de mon mieux dans notre derniere 14 I'HOSPEH MEKIMEE seance. Yoici les minis ties juges : M' llase, president, Hurnouf, secretaire, Keynaud, ees trois pour 1'Aca- demie ties Inscriptions. La Francaise est representee par MM. Dupin, Jay et vtitre serviteur, les deux premiers absents. Knfin, I'Academie ties Sciences a pour commissaire M r Fltiurens. Notre maniere tie proeeder est de nous distribuer les memoires et les ouvrages imprimes. A ehaque reunion on fait un rapport. Quelques ouvrages stint 'carles sur le premier rapport, mais, en general, 1'ex- elusion n'a lieu tjue lorsqn elleest proposee par deux etimmissaires qui les tint lus successivemenl. Les ou- v rages reserves passent de main en main jusqu'a ce que cbacun les ait lus. Yous ave/ eu deux rapptirls favorables, le mien et celui tie M r Hase. C est Hur- nouf qui vous tient en ee moment. Tons les ouv rages presentes, sauf un memoire anglais, sont distances. Un travail Ires curieux sur 1'eeriture ancienne ties Mexicains aurait peut-etre pu concourir an prix, mais commc il n'est pas termine, on a cm qu'il va- lait mieux, tlans I'interet meme de 1'auteur, 1 ecarler pour cette fois, alin (ju'il put se represenler an con- cours procliain. Je crois vous avtur dit que le memoire anglais etait un travail serieux et dangereux. Je 1'ai hi el il m'a paru remarq liable, surtout par la logique el la methtide, ingredient rare, ctimme vous savex, parmi les auteurs britannitjues. Je n'espere pas trop vous vnir. car si ie passe a LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 15 Bordeaux, ce sera pendant votre absence, mais nous nous reverrons a Paris le mois prochain. Mille amities et compliments. P 1 M. Tons ces details sur le concours inter nos, bien en- tendu. Paris, 22 Janvier [1850]. Mon cher Monsieur, Pardonnez-moi de n'avoir pas encore fait ce des- sin que vous m'aviez demande. La faule en est an so- leil qui s'obstine ase faire celer, et sans lequel, avcc mes mauvais yeux, il m'est difficile de distinguer le bleu du rouge. Ensuite, vous m'aviez promis de me donner un sujet, el vous me laissez une latitude de- sesperante. Enlin, vous m'effrayez horriblement en me faisant la description de votre cabinet. La com- pagnie que vous m'annoncez est trop bonne pour moi. Je suis honteux de mon naturel et je vous de- manderai comme une favcur de m'epargner les hon- neurs du cadre. Je suis aussi timide que cet homme qui avail repugnance en place publique a cause du monde. Je ne sais pas bonnement ce qu'on dira de faire servir les types nationaux a rimpression des mots arguclie, ^relnchon, proie, etc..., mais il fa ut 1'es- sayer. Le rapport de la commission Volney pent ser- vir de parachute, Je crois que Mignet est du conseil 1f> PHOSPKH MKHIMEE on ccla sc decide: jo le haranguerai. Si vous con- naisse/ les aiilres iiicmbres tie ret areopage, et si je les connuis, veuille/ m 'employer co/i toda franqueza. J'ai trouxe a la vente de M r Viollet-Le-Duc votre llolnnd (jne je me snis procure et qui m'a procure un grand plaisir. Vous m'avex promis je ne me rappelle plus (juoi, mais quelque chose de vous. Tout ce qui vieut de vous me charme. Quand j'aurai fait mon aquarelle, je devieiulrai exigeant. Adieu, mon cher Monsieur, je vous demande un rayon tie soleil et je vous ferai ma tartine. Tout a vous. P r M. Paris, 22 Juin [18^0?! Mon eher Monsieur, Si je rcponds si tartl a votre aimable lettre du l er juin. c'est que je ne I'ai lue que ce matin, a mon arrivee de voyage. Je viens de passer un mois en An- gleterre a respirer le brouillard et le gax acide car- bonique de Londres et des chemins de fer y aboutis- sant. Je reviens fort content du rosbif et tres pen cmervcille des grands travaux d'arehitecture quej'ai vus. Je vous remercie beaucoup des renseignements et des citations excellentes que vous me donnez. Elles concluent, suivant moi, qu'au Moyen Age on se ser- vait du damas, on du moins d'acier fabrique selon les procedes orientaux. Mais n'auriez-vous pas Archives photographiijues VETEMENTS DE SAINT THOMAS BECKET Muscc dc la Cathcdralc dc Sens LETTRES A FRANCISQUE .MICHEL 17 quelques vers ou il serait question d'armes noires brunies, etc..., venant d'Orient? Vous me demandez, a moi ignare, des traites ex jH'ofesso sur les manufactures d'etoffes precieuses aux xn e et xin e siecles. Helas! si vous ne les connais- sez, qui done saura les denicher? Tout ee que je puis vous indiquer, c'est 1'enveloppe d'un livre d'heures ayant appartenu a saint Louis et qui se trouve dans la Bibliotheque de 1'Arsenal. Un fragment d'etod'e de soie Byzantine represente une course cle char, du v on vi e siecle peut-etre, an Louvre, oil il y a encore d'autres fragments provenant de reliques d'Aix-la- Chapelle. Vous pouvez encore consulter les dessins de 1'abbe Martin sur les reliques de Cologne, Aix, etc... II y a a Metz une chasuble donnee par Charle- magne avec des aigles d'or sur soie bleue a Sens, la defroque (la serpilliere de ratichon) de Thomas Becket. Enfin, partout oil il y a des reliques, vous trouverez des fragments d'etoffe de soie et d'or qui peuvent donner une idee des modes du Moyen Age et des precedes de fabrication. Y a-t-il rien sur le com- merce des Venitiens dans Daru? Venise etaitcelebre en matiere de brocards. Je n'ai pas trouve le dit de la Gageure, ni I'autre que vous m'annoncez. Veuillez accabler votre ami des injures que vous lui promettez in petto. J'y join- drai les miennes pour avoir retarde le plaisir que j'ai toujours a lire votre prose. N. 1$. Je nc connais pas encore vos vers. FruncisquK Michel. 2 18 PROSPEH MKIUMKK Je n'ai anemic nouvelle do Dantas. lie que vous me dites de Iiii in eflrave : je le croyais de retour a l > aris. Je vais m'en enquerir a la legation dc Portu- gal. (!e (jiie vous me dites du vin de Bordeaux est bieu tontant, surtout pour qui vieut de se ratisser le gosier pendant un inois avee du sherry, mais je ne sais encore on inon gouveruement m enverra cctte amice. Si je passe a vingt lienes de votre cave, tene/ vous pour certain <|iie j'irai lui fairc visile. Adieu, inille amities et compliments. P. MKIII.MKK. N'oubliez ni la (td^enrc ni le (jtiutier .' Dimanch _22 (Jctobrc 1.S5U.' Mon eher Monsieur, Je vous ai attendu aujourd'hui jusqu'a trois heui'es, puis, oblige de faire line course d'affaires, je suis parti en laissant die/ moi un billet. (iue vous n'avez pas voulu prendre, pour m'excuser de ne vous avoir pas prevenu (jue j'etais force de sortir plutot (ju'u I'ordinairc. Nous aviex eu la bonte de me prevenir ile votre visile, mais vous ne m'aviez pas laissc vot re adresse. J'espere que je serai plus heureux tine autre fois. Je suppose cjue j'aurai le plaisir de vous voir jeudi a rinstitut. Mille amides et compliments. P r MKRIMEK. Veuillez faire nos excuses a M 1 Leblant. LETTRES A FRAIS'CISQUE MICHEL 19 Paris, 16 novembre 1850, r. Jacob, 18. Mon cher Monsieur, vous qtiittiez Paris commej'y arrivals, ce qui m'a para fort mal. Vous m'aviez clit que vous resteriez jusqu'au 15 de ce mois. Consolez- vous de votre rhume, s'il n'est que de cerveau. Je rap- porte de Toulouse une nevralgie; c'est quelque chose de bien plus pire. J'ai canevasse pour vous aujourd'hui a 1'etablisse- inent en face du pont des Arts. II me semble que cela va bien pour vous, mais je ne connais que les gens d 'esprit de la compagnie ; or ce n'est pas la majorite, tant s'en faut. Le danger est dans la propension qu'on a dans ledit etablissement a prendre les cor- respondants aux noms. Les noms en us sont choisis d'enthousiasme. On a aussi beaucoup d'egard an do- micile, et le plus eloigne est le prefere. L'Academie aime a mettre sur son Annuaire : Cuistrius, corres- pondant a Torneo. Elle se persuade ainsi qu'on s'occupe d'elle en pays etranger. Je regrette dans eette occasion de n'avoir pas voix au chapitre, mais je ferai de mon mieux pour que mes voisins se con- duisent com me il faut. Je vous remercie beaucoup des renseignements que vous me promettez sur les lames de Damas. J'avoue que des gens de Damas armes de brans viennois me sernblent bien durs a digerer, si, com me vous me 1'annoncez, il s'agit de brans de Vienna en Dan- 20 I'lUtSI'KK MKIUMKK pliine. Yous m'expliquerex tout cela quand vous se- re/ de loisir. Merei encore de ce (jue vous me dites dcs athees, inais ie crams que t - e mot ne designe an xiv 1 siecle plnlot les heretiques (jue Ics negaleurs du 13on Uieu. II me semblait (juc I alheisine s'elait perdu au Moyen A^e, coiuine 1'usa^e ile wedias vorare puellas, usae si fuiiesle a la generation (jiu vient apres nous. .1 es- IXMC tnmvei 1 dans volre ar cnicme? r) Dantas est plus maigre que jamais. Je crois (ju'il se livre avec assiduite a la fornication, mais il nc LETTRES A FRANCISQT'E MICHEL 23 merite pas, que je sache, le nom de verole tres pre- tieux (,s/f). Mille amities et compliments. P 1 M. Paris, 20 Decembre an soir [1850]. Moil cher Monsieur, on presente aujourd'hui a 1' Academic une liste de neuf candidats a la corres- pondance, savoir : trois pour 1'Italie, trois pour la Bel- gique, trois pour la France, attendu que les trois morts qu'il s'agit de remplacer etaient 1'un Italien, 1'autre Beige et le troisieme Francais. M r Mohl a re- clame centre le procede; efTectivement on pouvait, avec autant de raison, proposer de remplacer un des morts par un bossu, attendu que le clefunt avait 1'epine dorsale dejetee. Mais Mohl a etc hue, et il a ete prouve qu'il y avait toujours dans tons les pays le meme nombre d'hommes de genie. Vous n'etiez pas dans la liste des trois Francais et on vous a prelere MM. Cornichon, Concombre et Melon. II parait que les academiciens libres ne votent pas; je ne savais pas trop s'ils parlaient, et j'ai prie Burnouf de dire quelques mots pour vous mettre sur la liste. II avait epuise son eloquence, m'a- t-il dit, sur un orientaliste qui a invente le Bud- dhisme ou autre chose. Paulin Paris avait epuise la sienne sur un Beige, ce qui m'a oblige a improviser un speech qui ne m'a pas paru trop deplaire a la 24 I'lUiSI'Kli MKIilMKK eompa^nie. J'ai parle de vos travaux sur les races maudites et sur Parrot, el j'ai fait line tartinc pour clcmontrcr que, sur cette maticrc, on pouvait fairc des recbercbes utiles el Importantcs. II m'a paru (|u'il fallait nller an devant de 1'objection d'immora- lile, (jui n a pas ele faite, hicn enteiulu, en seance, niais dont quelques iininortels m'avaicnt fait part dans la l>ihliothe<|ue. C'.'est vendredi prochain qu'on fcra Irs nominations. Mon diseours a eu pour ell'ct ([uevousavez etc ad- joint a la lisle de la commission, niais je ne sais ce (jui en arrivera. Plusieurs tn'ont remcreie en votre nom d'avoir parle. Dieu salt s'lls voteront hien ! J'ou- hliais de vous dire que Jomard, dans son baragouin, a appuve ma motion (jui a passe, ncminc conlradi- fcnlf. Je vous prierai ([lie tout eela rcstc cntre nous. Je viole pour vous, par un pas delicat, le secret que Ton doit aux. affaires d'Klal. Millc aunties el compliments. P' M. \ endredi soil- 27 Decembre 1850\ Vous ave/ eu deux voix, et on a nomine, apres un assc/ lonjr debat. cnlre M' Stievenart et M r A/ema de Montgravier, ledit A/ema. (Vest un olfieier d'ar- lillerie <|iii a fail d'assex bons memoires sur la pro- vince d'Oran. Avant la seance, M r \' r Leclerc m'a re- mcreie de <(' (jue j avais dit pour vous a la prece- LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 25 dente. II a ajoute, en levant les yeux au ciel, que votre temps viendrait. Apres quoi il a vote pour M r Estie- venant. Quant a M r Rouard, n'en dites pas de mal. II decore des pots a beurrc de Bretagne dans nne cave aupres d'Aix, et salt tout ce qui concerne son metier. J'espere que vous ne vous noierez pas dans In Gi- ronde apres avoir lu cette lettre. Buvez plutot une bouteille de vin du cru. Mille amities et compliments. P r MERIMEE. Paris, 3 Fevrier 1851. Mon cher Monsieur, Excusez-moi de vous repondre si tard. Je deviens tons les jours plus paresseux. Je vous felicite du nou- vel ouvrage dont vous m'annoncez 1'edition. Je ne doute pas que, bien que vous 1'ayez fait avec facilite, il ne soit parfait de tout point et que la posterite n'y gagne fort; mais je regrette que vous 1'appeliez du vilain nom de Prosper. On dira cent mille fois a votre fils : Monsieur Prosper, vous prospererez , et s'il n'a pas un aussi bon caractere que celui de son tocayo, il y a de quoi le rendre hargneux. Mais peut-etre etes-vous de ceux qui croient, comme les Romains et comme M r Shandy, a I'influence des noms sur la destinee. J'ai failli m'appeler Zephyrin, et si ce nom eut ete inscrit sur le registre de 1'etat civil qui me concerne, il est probable que je n'aurais pas 2l> IMIOSI'EK MERIMEE attcinl I'annec IKM. Au restc la difficulte de choisir un noin pour un enfant est si grande qu'ellc a con- Irihue en partie a me faire garder le celibat, et j'ajou- terai qu'apres avoir eleve environ cent cinquante chats, je n'en ai jamais nomine un seul. J'ai eu le grand chat noir, la chatte, le petit noir, etc..., mais de noms propres, point. Je vous dirai (jne je suis fort embarrasse pour le renseignement (jue vous me demandex en ce que nous n'avons pas a 1'Institut 1'ouvrage de Fabbe Mar- tin, ct je ne connais <[iie les dessins originaux qu'il a rapportcs d'Aix-la-Chapelle. Mais je connais Icdit abbe, qui est bonhomme et fort complaisant. Veuil- lex me faire unc seric de (juestions que je lui repete- rai avec 1'exactitiidc queThalthybios (sic] avail are- dire les commandemenls de feu Agamemnon, (^'cst evidemmcnt le moven le meilleur. Vous ai-je parle d'une chape donnee par Charlemagne a la cathe- drale de Met/? Elle existe encore, mais ecourtee et rafislolee par tin tailleur moderne. Cesont des aigles a deux teles en or stir fonds de soie cramoisie. Vous avex dans votre voisinage la defroque de saint Ber- trand a Comminges, qui vous est sans doute bien connue. J'aimerats bien lire les livraisons argotiques donl vous me parlex. lOllcs me font venir 1'eau a la bouche. Klles seront d'autanl plus les bienvenues que je suis dans un decouragement slupide. Je viens d'ecrire IM) pages d'histoire, el j'ai passe six mois a me fend re le c... sur des livres russes, et, sur le point - LETTFIES A FRANCISQUE MICHEL 27 de transvaser en prose in-12 les elucubrations d'nn tas de moines, je suis saisi du demon des romans, et j'ai envie d'envoyer 1'histoire a tons les diables, j'en- tends celle de Demetrius. Je suis comme M me Gras- sini quietait toujours malheu reuse parce qu'elle n'ai- mait pas plutot un homme qu'elle en preferait un autre. Saint Nicolas vous garde de 1'inconstance, mon cher ami, et vous doint sa benediction ! Mille fe- licitations a votre pater nite. P. MERIMEE. Paris, 23 Fevrier [1851]. Mon cher ami, Vous m'en demandez long et je ne sais trop si je pourrai vous repondre d'une maniere satisfaisante. A Brest, de mon temps, on appelait les crabes lourlourous. Je me suis demande si les soldats ri'au- raient pas recu le meme nom du pas oblique qu'on leur enseigne, et que les crabes executent sans qu'on le leur enseigne. Pendant la Terreur, un oncle a moi, requisition- naire, avait ete soldat dans un bataillon d'infanterie de marine. Les soldats des bataillons terrestres les appelaient bigorniaux de marine on bigreniaux , ce qui occasionnait un grand debit de coups de sabre et de fleurets demouchetes. J'ai le regret de ne m'etre jamais enquis de 1'etymologie de ces sobriquets-la. A Cherbourg, et dans d'autres ports, on appelle bi- gorneaux des limagons de mer noiratres qui s'at- PliOSF'F.ll MKMIMKK taehenl aiix rochers decouverts a maree basse. On les mange, les limacons ct uon les rochers, avcc une cpingle llel a ne vaul pas le (liable. Jc n'ai pas encore pu inettre la main sur 1'abbc Martin; des a- hier, cite Anastase : Biographic des Pci/jes, in Leo- ncm 111 : In diaeonia B. Georgii fecit vestem de fundato cum historia de clephantis . II explique ce que c'est (jn'une histoire representation) d'elr- phants, mais ne dit pas ee ({u'il faut entendre parr/f fundato. \ons le saurex probablement. Adieu, mon cher ami, je vous souliaite toutes sortes de prosperites. I )r M. /*. >*>. I.,es planches sont de 9 a 18, tome II. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 31 15 Mai 1851. Mon cher ami, vous etes tres fort en calembours, et je ne puis ni ne veux hitter avec vous sur ce ter- rain ; mais pour vous remercier de vos pointes, ac- ceptez les histoires suivantes que j'ai apprises hier an corps cle garde, ou je veillais an salut de la patrie. 1 Un homme etait monte sur une femme, proba- blement, com me dit Rabelais, pour voir plus loin. La femme dit : Prends garde de me faire un en- fant! Xe crains rien, repond-il, le bout est de mon cote. 2 Judith pretend que Rachel est devenue trage- dienne parce qu'elle ne pouvait etre saltimbanque. Pour exercer cette derniere profession, il faut ava- ler des lames de sabre; or, Rachel, dit Judith, a les tetons en dedans, et les lames de sabre ne pour- raient passer. Cagne, cheval (Vidocq) me parait venir du russe KOHB. prononcez cogne, genitif HOHA. prononcez cagnia; kon, ou quelque autre mot aussi mal sonnant, a la meme signification en polonais. La commission des traductions n'a pas encore fait son rapport. Mais, sur des conclusions tres raides de M r de S 1 P., votre ami a eteecarte. Des ignorants de profession comme nous ne pouvaient faire autre- ment. On me remet ce soir le dernier numero de 1'Ecole des Charles, oil je vois un factum de P. P. Je vais le lire. 32 PHUSPKIl MERIMEE Je vons en\oie ei-joint un billet de faire part cle l.ibri, assex drole. Pont-etre 1'avex-vous deja reen. Dantas est tin pen eonsterne lie eeqni so passe en Portugal, d'autant plusquece sont ses amis qui s'en- trcbattent. Do yon know the dill'ei-enee between a bustle and a swamp.' A. A swamp is a little morass. How do yon like it? .le vons ecris infiniment trop tie betises, et je vais me coucher: ne erovex pas <|ne je sois ivre: e est tpie vos ealembonrs m'ont mis en o-aile. Si je ne eraii'iiais d'ollensei 1 votre pudeur, je vons en dirais bien d'anlrcs. Tout a vons. P. M. Paris, ,'U Mai 1851. Mon eher ami. En inemc temps I'HOSI'Klt MKIUMKK lal)K- ! inYii snis a I lt ; . Je suis revenu pour les cher- rlier. Plus rien. Je ne me suis pas amuse a les re- irrrlter, persuade (ju'il s'agissait Sens toute la defroque de Thomas Beckett, et a Metz une chasuble don nee par feu Charlemagne, qui est admirable. .F'ecris aujourd'hui sculement a M r Four- nier. Je ne 1'ai pas fait plutot parce que, si j'avais eu quelque chose de vous a lire, je n'aurais pu accom- r. I'liiiSI'Kl; Mtltl.MKK plir unc tacbe que je me suis imposee, c'cst-a-dire de lire I'ouvrage de Tiekuor sur la (literature espa- gnole, ouvrage (I'liiic digestion tres difficile. II n'v a pas de gateau de ploinb <[iii soil si lourd. C.'est 1111 Yankee tres erudit <-t fort heir, (jui a hi tout cc fjni s'cst eoril rn espagnol, niais (jui ii'v a pas coiupris grand'chosc. Onancl vous sere/ do loisir, vcuillcx m'explujiicr pourquoi uu Amerlcain n'cst {[ii'im Au- j^lais inaiu|iie. Jc vous remerrie bcaucoup dcs citations <|ue vous rn'avex cuvoyces. J'aurais besom de demonstration pour ad melt re quo Krise vcut dire Phrvgie. Je nc sarho pas quo la Phrygie ait etc celebre par scs sabres: clle 1'ctait seulemcnt par la longueur dcs orcillcs dc son roi. tandis iju'en Frisc il v a cu an .Movcn Age dcs arrnuriers illustres. Je me defie tou- jours dcs poetcs. I, a rime Icur fait dire lant de choscs nialgre eux! (.ependant vous me promettex dc me convaincre, ct jc m'en rejouis. puisque ccla mevau- ,dra line dissertation dc volrc part. Jc ne songe pas d aillcurs pour le moment a ricn faire sur Ic Mo\cn Age. Jc me suis remis au russe ct je travaille a unc notice, discours, on lout cc quc vous voudrcx. sur le faux Demetrius, (lela m'amusc assex. Mais j'enragc de nc pas savoir le polonais. Hcurcuscmcnt pour moi que Ics deux cbroniques contcmporaines Ics plus intercssantcs out (>t( ; traduites en russe. Si vous eon- naisscx quelque ouvrage sur le sujet, vcuillex m'en faire part. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 39 Je voudrais bien que la draperie ne vous empechat pas de nous dormer les moyens de parler 1'argot le plus cruscantc. A quand cette bonne ceuvre? Voulez- vous attendre que 1'Assemblee nationale vous ait fourni matiere a un supplement? J'ai vu M r Libri a Londres, qui m'a montre des pieces assez curieuses qu'il va publier des qu'il aura pu obtenir communi- cation de son acte d'accusation. Ce que j'ai vu de cette derniere piece est pietre. On 1'accuse d'avoir vole un Dante des Aides in-12 parce qu'a sa vente il y en avail un in-8, et que le juge d'instruction pre- sume que Ton a change le format afin d'attraper le moride. On 1'accuse encore d'avoir eu des fers ehez lui, au moyen de quoi il rhabillait des reliures endom- magees. Si tout est de la meme force, M r Libri n'aura pas de peine a mettre les rieurs de son cote. Adieu, mon cher Monsieur, mille amities et compliments. P r MERIMEE. Dantas n'est pas mort, mais il a ete tres malade. On annonce son re tour prochain a Paris. Paris, rue Jacob, 18. 10 Aout [1851]. Mon cher ami, j'ai fait un voyage en Angleterre qui m'a oblige a laisser derriere moi une quantite de lettres sans reponse. A mon retour, qui est deja an- cien, j'ai trouve que le paquet des unanswered etait 40 PROSI'EI! MKRIMLF devenu si considerable <[u'iiii seul parti ctait ;i prendrc, c'est de se eoueher eontre, ce qne j'ai exe- cute, dependant on dort inal sur un oreillcr rem- bourrede remordset j'en ressentais partieulierenient a vutre occasion. Jc profile de inon dimanchc pour vous ecrire deux mots. Depnis votre derniere lettre, il y a longtemps clc cola. 1*. Paris a fait nn second article dans le Jour- nal den c/inrlfs. el. a inon avis, s'en est bien tire. II y a de I'esprit dans son faelum, beaucoup de mode- ration el un air de bonhomie qui rend les niechan- ectes plus aimisanlcs. Quant a Feuillet. que vous avez surnommc forl iustement le Conchie, on me dil cju'il prepare un pamphlet contre Xaudel, mais il parait qu'il ne com- pose pas vile. II arrivera comme de la moutarde apres diner. Ou est-ce que j'ai hi line jolie hisloire d'un Margrave a qui un marchand de Paris avail dit m ...'.' II en demeura lout pensif pendant (juinxe jours, ma is, arrive sur la montagne de Savernc, le grand air lui ayanl donne de 1 esprit, il se retourna et s'ecria : A ton ne/, marchand! II parait qu'il faul encore plus de temps a Feuillet pour trouver une repliquc. .le persiste a trouver ([lie vous faites fort bien de regarder les combattants sans vous en meler. Jc Irouve \.rks gentleman like dene pasfaire d'csbroulTe quand on vous a vole uti mouchoir. l.aissex faire la police aux serpents de ville : d'ailleurs, dans 1 Vspece, le mouchoir vous resle loujours. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 41 Qu'cst-ce que la Chronique de Jean Blomton? J'ai lu clans Pontanus, excusez-raoi d'ecrire des noms si incivils, 1'histoire d'un homme qui avait donne son aiineau a une Venus de marbre on de bronze, mais il y a si longtemps de cela que je ne sais plus trop ce que c'est que ce Pontanus. Je n'ai pas de nouvelles de votre dictionnaire d' ar- got. Je veux dire que, depuis le vingt-neuvieme fas- cicule, on ne m'a rien envoye; mais j'espere que vous continuerez chenuement votre osuvre. Nous avons tarit d'argent an prix Volney que nous n'en savons que faire. Pensez a nous etdelivrez-nous des indianisants qui me so-rtent n'importe quoi. Adieu, mon cher ami; je pense que vous viendrez bientot a Paris. Mais je n'en bougerai pas avant le 24 de ce mois. Mille amities et compliments. P r M. Dimanche soir. Mon cher ami, Lord C. est a chasser chez lui pres de Chantilly, mais je dinerai avec lui samedi prochain. Comme il est tres circonspect, necomptez pas sur une reponse autre qu'insignifiante, avant qu'il n'ait pris des ren- seignements aupres du consul anglais de Bordeaux. Enfin je feral ce que vous desirez, mais vous ferez bien de travailler de votre c6te on le consul ou les 42 I'KMSI'Ei; MERIMEE prinoipales inaisons anglaises de Bordeaux. ///' /u- fft It'fnis. Mille amities el compliments. l >r MUIIMKK. .le rerois mic lelhc fir M r I'arker raill< ; s. ICn tout eas, il me parait evident ([lie la teinte brun roujre n est (ju'iine preparation (jui devait etre recouverte par autre chose, peinture, or, on tfemines. o J'apprends avec pelne lion einporlcr le chat, inais je conserve quelques doules. Pourquoi appelle-t-on en Espagne un desir amoureux de la part d une dame cnlabaza. et pour- (juoi pend-on des eitrouilles el des concombres a la porte d'un preteiidanl inalheureux? II me semble (jue vous pourriez faire quelque chose la-dessus en cointncncanl par I histoire des infants de Lara :'i (jui LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 47 la femme de Velasquez fit jeter un eorniehon plein tie sang, ce pourquoi ils tuerent sou naiti, d'ou pro- vinrent tant de malheurs. Dantas regrette sa Guinee. II jouit d'un ambassa- deur qui ne fait rien, en sorte qu'il est oblige de tra- vailler du matin au soir. De plus, les puces le tra- vaillent et Ini font des saignees facheuses. Trouvez- lui done une femme de bien, je veux dire qui en ait un considerable et qui le ramene a des sentiments vertueux. Nous sommes dans un calme parfait. Je crois qu'il en est de meme partout. N'est-ce pas une nation sin- guliere que la notre? Voila une grande revolution faite presque sans effusion de sang. Mais il y a eu ef- fusion d'autre chose a Annecy. La mere d'un ami a moi a ete violee treize fois, ou par treize democrates, on ne sait pas au juste lequel des deux. Mille amities et compliments. P r M. 5 Janvier 1852. Mon cher ami, c'est dans une note du livre de M r Tarbe, page 462, que se trouve la mention des restes de ce Gautier Cornut. Le corps de Gaultier s'etait conserve 524 ans entier et sans derangement dans 1'attitude qu'on lui avait donnee lors de sa se- pulture ^voyez un pen!). Ses dalmatiques et sa cha- suble de soie de couleur lannee conservaient en- 4S I'llOSI'KIl MKIUMKK core cette conlcur et Icur premier arrangement. Ke pallium s v retrouvait aussi. I, a note occupant deux pages jc ne la Iranscrirai tout entiere o esfus ne haubero \\vcenda u.rde liousie. Vous dites tresbieu (ct ailleurs) (jue Ton ue fabriijuait pas alors de cendal en Russie, et que eette etoll'e venait d 'Orient : mais vous ajoutex ([lie ce no in de feudal de Kussie venait de ce que I'etoli'e arrivait par la Mer .Noire. 1" A eette epoque la llussie etait diablement loin tie la Mer Noire. 2" Comme il s'anit d'une ar- LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 51 mure, je crois que I'auteur du roman d'Alexandre fait allusion au costume de guerre des anciens Slaves, qui se composait d'une robe piquee et matelassee a 1'abri des fleches. II y a des Tartares qui en portent encore de semblables. C'est ce que vous appellez gambison. Page 351 et suiv. Je ne puis ad- mettre votre etymologic de souvin : maint paile sou- vin. Souvin ne viendrait-il pas de suavis, doux? Page 362 et suiv. J'ai de grands doutes sur votre in- terpretation de Palles roes. D'apres les exemples ci- tes, il me semble impossible de traduire lonjours par raye. Les targes roees seraient bien plutot des targes rondes, car je n'ai jamais vu de dessins de manuscrits ou il y eut des boucliers a raies. Vous avez encore, a la page 366, rapproche le mot liste de roe. II est evident, a mon avis, qu'il s'agit d'une robe bordee ou frangee d'or, et non d'une etoffe rayee. Page 370. En citant Herodien vous parlez de 1'empe- reur CaracaUus, forme tres inusitee sous laquelle bien des gens ne verraient pas Caracalla ; c'est, je pense, une faute de votre imprimeur. Ah ! les traitres ! Us m'ont fait commettre dans mon article sur Libri un horrible barbarisme en mettant Venetiae au lieu de Lutetiae. Je crois que, pour votre second volume, vous pouvez tirer parti des miniatures et des ta- bleaux dont vous ne vous etes pas servi. II y a au Musee quelques vieux tableaux de Belin represen- tant des ambassadeursvenitiens a I'audiencedu Grand Vizir, si je ne me trompe, ou 1'on voit des etofl'es sin- f>2 I'HOSI'EH MERIMEE jrulieres, brocards et autrcs, que vous seul pourriez iHMNinrr. I'n autre tableau do la memo ecole repre- sente line predication on pays d Orient; il y a des costumes et des ctoiles parfaiteinent rendues. Quand vous viendrez a Paris, je vous indiquerai tout cela plus exaetement. J'ai aussi quelques mauvaises li- ihugraphies d'apres d'ancicns portraits russcs de tsars liabilles d'etoll'es d'or. Si je no vous ai pas montrc eela, c'esl d'abord paree ([ue vous me fai- siex Irop dc calembours, et pnis parce qne je ne me faisais pas trop d'idee du livre que vous elaboriex. Je eroyais que vous vous occnpie/ surtout de la ques- tion industrielle et eommerciale. Mais vous ecrivez de omni re scihili. Courez-donc et finissex comme vous ave/ commence. Sans compliment, je trouve que vous ave/ fait mi excellent livre; settlement, vous instrunientez en passant trop d'academiciens. Je vous enverrai un exemplaire du tirage a part de mon factum sur Libri. Millo amities et compliments. P. M. Paris, ID Juin 1852. [Mon clier ami, si je vous disais que j'ai ete insen- sible an procede de messieurs , vous ne mecroiriex pas. he lait est que je no me suis rappele (jue trop tard 1 aplioi isme de Montrond : il faut se <>arder des * o premiers mouvemenls, parce (ju'ils sont presque LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 53 toujours honnetes. Au reste, mes amis et les indifTe- rents ont fait queue chez moi avec des figures de con- doleance si piteuses, que j'ai vite pris la chose en gaiete. Si je n'etais enor?nentado, je pourrais amu- ser le monde de mon proces et de toutes les bouffon- neries que j'ai vues et oui'es chez les chats fourres. Croyez qu'on y estropie le latin de bonne sorte, et que M r Lalanne a beau siffler les substituts, ils en disent delle grosse dans leurs requisitoires. On m'a explique la chose en me disantque les gens qui n'ont pas le moyen de gagner leur vie com me avocats se font procureurs de la Republique. La morale a tirer de cela c'est que, quand il vous prendra fantaisie d'outrager le President, on vous avertira, mais, si vous vous avisez de pretendre qu'un juge estropie le latin, on vous condamnera a 1,000 francs d'amende et quinze jours de prison]. Vous avez bien raison de dire qu'il ne faut pas ternnere des veaux. J'entre en capella au commencement du mois prochain, en as- sez bonne humeur. J'ai paye mon amende et je n'y pense plus. En somme, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Voici le titre demande : De Orientis commercio cum Russia et Scandinavia, medio aevo, disseruit D. Janus LassenFtasmussen, Havniae, MDCCCXXV, apud F. Brummer. Typis directoris Jani Hostrup Schultzii aulae et Universitatis typographi , in-4, 60 pages. Cette brochure m'a amuse. J'y ai hi la re- lation d'un voyageur qui vit egorger line veuve a Ten- f>4 I'HOSI'KIt MbHIMKK tcrrement tic son marl, apres qu'au prealable elle cut etc cnfifree a sex strcnuis juvcnibus , le tout en grande pompe. Marin, volume IV, HI). 2, trap. .">, p. I .">8, cite un extrait d'un memoire intitule : Infra scriptae haec sunt novitatcs el gravamina tjuac Runt Venetis ct fitlclihtis Domini Duels in K. Armeniae, cxhibitae in scriplis Domino Duci, per Xob. Virimi Pctrum 13ra- j^adino, (jui venit Bajulus tie ipso lle^nt). (losi vicne enun/.iata la relazione nel ter/o libro, Cotnmemo- riali, part. I, e, I CM. L'ouvrage de Marin a pour litre : Storia civile c politico. Del com/nercio n corset. Je suis dans les horreurs tl'un demenagement. Je ne sais tjue fairc de nies livrcs et de mes tableaux, sans parler tie mes meubles que je voudrais savoir a tons les diables. II faut, par dessus le niarche, rjue je fasse faire ties rideaux et je ne sais combien tie choscs. Oh! c|iie j'envie le philosophic Bias qui por- tait tout avec lui. A partir du 20 on du 25 aout, je se- rai rue de Lille, n .")2, on, pour mieux dire, j'y aurai mon domicile politique, car alors je courrai les de- partements. Millc amities et compliments. P r M. Paris, L6 Novembre ^1852". Kuede Mile, 52. Mon cher ami, je vois avec peine que vous n'etes LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 59 pas gueri de la maladie du calembour. Dantas, que vous m'avez corrompu, pretend que vous etes alle en Alger afin de pouvoir dire : J'ai de 1'Afriqueas- sez. Cela me rend tres malheureux, et, si j'avais ete sur 1'imperiale de cette voiture, j'aurais pris le parti du bossu. Seulement il avail tort de se facher, car il est honorable pour un bossu d'avoir la verole. Je ne 1'ai pas, mais line douleur de machoire qui me tient depuis huit jours, et qui me fait 1'efTet d'un commencement dc tic douloureux. Dieu vous en pre- serve ! [J'ai failli encore crever en Provence, il y a deux mois, d'un coup de soleil attrape dans 1'exer- cice de ma profession. Je fus pendant deux jours aux bords du sombre empire, me demandant lequel etait preferable, rendre sa fourchette incognito dans une sous-prefecture pen frequentee, ou bien dans son lit ordinaire entoure de ses parents et amis. Comme je pesais le pour et le contre tres philosophiquement, et n'eprouvant qu'un sentiment d'emm gene- ral, le mistral vint a souffler, et dix minutes apres je mangeais une perdrix et des viedazes.] Mainte- nant il ne s'agit guere de manger, car il me semble qu'on ne me sert que des epingles et des aiguilles a toutes les sauces. Je voudrais bien savoir s'il existe a Bordeaux du vin de Larose, et s'il ressemble a ce que j'ai bu comme tel il y a quelques anne'es, finalement com- bien cela coute per bottle. Mais la premiere chose a savoir c'est quel palais vous avez. Vous me repon- drez qu'il est situe rue Ducau, n 17. Mais je ne parle f)0 PROSPER MKIU.MKF pas dc eelui-la, je voudrais connaitre votre pouvoir degustatif. Lorsque vous viendre/ a Paris, il faudra que nous huvions tin litre on deux, et, d'apres mes observations, jo vous donnerai mes pouvoirs pour un panier dc I, arose. Vous me paraissex conscrver quelque dent contre votrc general en chef. II nous fit 1'autre jour une cnncion, tres eloquente ma foi, en rouvrant les co- mites que je crovais defunts. Us ressuscitent etvont recommencer : je crains 1'eau de houdin qui les a rendus si celebres. Mais que voulcz-vous que fassent tant de gens d'esprit ensemble? Je suis curieux de savoir ee que deviendra la publication des anciens chants francais. Ktcs-vous d'avisd'y insercr ces poe- sies populaires si remar(juables par la force des pen- sees et 1'energic du style, qu'on chantedans tousles cabarets des quatre-vingt-six departements, comme cette romance : Le vcrre ^n main, la j>... au c.. M.... et f in.... et f. ..., Le verre en main, la p... au c.., M et f pour la vertu. 11 me semble seulement qu'on commence ce beau recueil quelques siecles trop tard. Qu'est-ce (jue c'est epic la nouvelle publication de Genin.' La grammaire frangaise de Palsgrave. Est-ce une reimpression ou une dissertation? On m'apprend que je pins la reclamer, rnais je ne sais ou mettre LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 61 mes bouquins dans nion nouveau logement. Croyez qu'il y aura toujours de la place pour vos livres et, tant que le cuir de Russie ne faudra, line honorable reliure pour iceux. Adieu, mon cher ami, tenez-vous en joie et venez nous voir a Noel, si votre Faculte a 1'esprit de se donner des vacances. Ne me parlez jamais de Guigniant ni de Beule : ils me sortent vous savez d'ou. Paris, rue de Lille, 52. 21 Xovembre [1852]. Mon cher ami, quand vous viendrez a [Paris] vous me dicterez un petit impromptu pour votre dame d'Alger, et je vous donnerai a choisir parmi les au- tographes de grands homines que je possede. Mal- heureusement il y a un mois que j'ai vide mon sac en faveur de Lady Mahon, qui m'a emporte jusqu'a un billet de Montalembert. Vous me rendez perplexe avec tous vos chateaux. La question que je vous pose est celle-ci : le Larose a-t-il beaucoup de parfum? Vous appelez cela bou- quet, je crois, quelque chose qui se renifle. Si oui, et qu'avec le voyage et 1'entree cela ne revienne pas a plus de 125 francs, envoyez-moi-z'en vingt-cinq bouteilles et faites tirer sur moi par le facteur qui aura soin de venir le matin; on bien vous me pre- viendrez pour que les fonds soient prets. Je n'aime que le Larose et j'ai le courage de mon opinion. >2 I'liOSI'KH MKIUMKK ( )n dil ([Hi' M r de Hou^e sera nomine. Vani dans la revue clu Claire I'annee ile I'Exode. II met du linge blanc el a tine jolie feinine. Ilier matin, romrne j'etais dans inon lit, on m'annoncc M""' dc Kouge. Je passe ines culottes et j'aecours. persuade qu'elle me prenail pour un aca- demicien pour de bon. J'ai Irouve un chameau qui avail eu des mallu-urs et (jui donnait des leeons de musiquc et porlait tine panearte de porte en poi-te, extirpant des ecus anx niais, doiit je Itis un. I, a veri- table a .'50,000 francs de rentes el on la dit tres jo- lie. Dieu vous n-arde ilcs mendiants a domicile! Je n ai pas encore retire nia <^rarnniair<' de Pals- grave. Je Us le soir les /'.ssais deMacaulav. Je Irouve cela admirable. Seulement 1'auteur me semble avoir taut ile talent que je nc croisplus un mot de cequ'il dil. Avex-vous In son Ilistoire dc Jacques I/.'' C est la perfection. Je viens de corriger la,derniere epreuve ties I'du.v Demetrius. Je svllorinw ifcnitnx de reinpcreur Nicolas. D'un cote je voudrais me menau-er tine protection pour obtenir dans un temps donne tine chaire a Irkoulsk: de I'aulre je crainsde fairc une jean-foutrerie. Quel est votrc avis dedans cet accessoire? [Ce que vous dites du celibal vous est bien facile, a vous ip.ii vous etes marie jenne. Mais que voulex- LETTRES A FRATS'CISQUE MICHEL 63 vous qii'on fasse a mon age? J'ai les conditions vou- lues pour etre c..., mais jc ne sais si j'aurais le ca- ractere assez bien fait pour jouer ce role.] Trouvez- moi une Bordelaise (qui n'ait point ete dans un b ) et qui possede le chateau Larose. Si elle me fait des traits, je m'en consolerai en buvant dn vin du cm. Adieu, mon cher ami, je suis encore tout eveque d'Avranches et je m'ennuie horriblement. Je ne sais ce qu'est devenu Dantas, mais vous le connaissez mal si vous croyez qu'il b pour la Grece: c'est en Pologne qu'il voudrait envoyer son u , si cela pouvait s'expedier. Tout a vous. P. M. Rue de Lille, 52. i er Decembre :1852j. Mon cher ami, je vous remercie beaucoup de votre habilete en negociations. J'ai recu une lettre tres aimable, en prose et en vers, de M r B. Lalande qui m'annonce vingt-cinq bouteilles de Larose et me donne la maniere de m'en servir. J'attends pour lui repondre que j'aie goiite de son vin. S'il faut en ju- ger par son style, il sera excellent. Veuillez lui dire que. s'il veut donner une facture acquittee a 1'homme qui apporteralacaisse, on luiremettra les 125 francs, mais il f and rait qu il 1'envoyat dans la matinee. f>4 PROSPER MKRIMKE c'est-a-dire avant midi, pour etre sur clc me trouver. On, s'il a objection a ee mode do paiement, <|u'il veuille bicn m'en proposer un autre. II m'esttres difficile de vous dormer les renseigne- inents (jiic vous desire/ du Louvre. Je vous enverrai des indications des numc'ros des tableaux et une description telle quelle, niais eela ne vaudra pas grand'chose et il vaudrait inieux (jue vous vissie/. vous-meme les tableaux. Probablement vous recon- naitriez certaines etolTes et les nommeriex ciglaton, tabis, etc... Dites-moi done ee que M r Genin vent dire par la note ei-jointe <|iie je transcris de sa grammaire de Palsgrave: e'est a propos des vers de \V. de Bibles- worth, cites par vous et transerits par M r Chabaille : .\td teste on inotin cheef; la $,/, La Vierge a une robe rouge a pois ou a ^?^>- etoiles d'or, un pen plus petits que les *~$Jjfy ornements des anges. ' X u 214 : Jean de Fiesolc, Conrunnement de la * PHOSPEK MERIMEE Vierge. Le Ironr de sa majestad est convert cle bro- card d'or sous le([iiel 1'etolTe disparait presque en- tierement. Un eveque qu on volt de dos a un inan- tcau blanc sur lequel est line large bandc represen- tant quelques sujets de la Passion en broderie. 123 : Carpaecio, Predication de je ne me rappelle pins <[iiel saint chex Ics Sarrasins. Plnsienrs de ces messieurs out des dolmans a ramages or et soie noire. Maintenant, dans FEcole llainande, n 5115, j'ai remarque line Annonciation dans le style dc Van Eyck, dont 1'ange a nn mantean tres incommode pour voler [vons diriex bon a voler] rouge avec des feuilles de vigne d'or dont la figure t'est icy ponr- traictee : an centre de ehaqne feuille d'or est line antre feuille noire, l/elfet est tres joli. .le me rap- pelle avoir vn nn dessin tout semblable dans d'an- ciennes etoll'es de Venise. X" 592. Keole allemande on llamande : Portrait de t'enimc avec un bonnet asse/ etranarose en ce qui concerne le paiement de ses vingt-ciiuj bou- teilles. P r M. Paris, 27 Decembre 18.")2. Mon cher ami, Julien, ([iii cst un hommc sans pa- reil pour expliquer un textc dilficile, n'entend rien a la geographie. On m'a conseille de chercher dans The novels of Marco J'o/o..., translated from the Italian with notes by William Marsden, .1. l\. S. Lon- don, 181S. in-V', (ju'on dit classi((iic sur la n; iliere. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 71 Voici ce que je trouve livre II, chap. LXV : chan- ghian-fu avec cette note : Ceux qui liront les ecrits de Marco Polo de Venise, says P. Martini, verront clairement, par la situation de cette ville et le nom qu'elle a (Chin-Kiang-fu j, que c'est elle qu'il nom me Cingiam (Chin-gian}. Page 501 a 1'index geogra- phique, page 760, -- on trouve Ckan-ghian-fu, or Chin-Kiang-fu. Bien que la version italienne ne cor- responde pas exactement a la version francaise, il n'est pas douteux que les deux chapitres italien et franrais ne se rapportent au menie lieu. Quinsai dans Marsden : Kin-sai, page 508, avec cette note : At the time when this city, the ca- pital of Southern China under the dynasty of the Song, was surrendered to the arms of Kubla'i, the Chinese annals call it by the name of Lin-gnan. This was changed by the Ming, for that of Ha?ig-Cheu which it had borne at an earlier period et which it still retains. Quin-sai, King-sai, or, according to De- buignes King-tsay, must therefore be considered only as a descriptive appellation, grounded perhaps upon the proverbial saying already noticed, which terms it a celestial abode, although the meaning of the component words may not be precisely the rub- bish our author has assigned to them. II cite en- core Martini, qui dit que le Quinsai de M. Polo est Hang-tcheu. Cette Quinsai, on etait de son temps la cour de la Chine, que les savants et les polis entre les Chinois nomment Kiny-Su et le vulgaire A7/?<-- c 1 o ~ 72 I'KMSI'EM MEIUMKK Sai; c'est de In qn'est vonii le Oninsm dn venitien. Mais King-Sn, en eel emlroit, est un nom do di- gnile, com mini a tontes les villcs royales; aussi si- gnihe-t-il veritablement unc ville royale. P. l.'JT. King-tse, says the editor of Y Histoire generals tic la Chine, exprime 1'endroit on rempereur tient sa eonr, 1. IX, p. 'ilO. -- Kn 11()I, sons I'empcreur Kao-tsong, la llotte des Rin, sai/.s the younger do CrnigiH's, partit de Tsen-Tsin-Ouey, a trentc lienes a 1'esl dc Peking, pour se dinner vers la ville de Lin- ngan, actuellenient Hang-tcheon-fou. (.'est la meme (He adds in a note <[ne Marco Polo nomine King-tsay, t. Ill, p. 32; Mardsen, p. 50'J-oK). On fait u n train horrible dans 1'etablissement ct je n'ai pas pen de peine avons griffonnerces ligiifs, admirant quc vons vous iinagiiiie/ qnc quelqu'un s'm- tcresse a la ville de Quinsai. Vons noterez qne le monosyllabe fan, ju. qui ter- mine ces noms, se met a la fin des noms de tontes les villes, ce (jni me parait un pen obscene. I, a litiere de Marguerite se tronvc decrite a la page 90 des Memoires et lettres de Marguerite de \' francs, on, si non, jc les lui eiivcrrai a Bor- deaux. Sur volrr reponse je rcinettrai 1 'argent a un haii(|uier de Paris. Je vous souhaite line bonne anncc. Xous avons en un temps dc printcmps (jui nous pronict une grande nbonclance de hannctons. Sauley vienl d'epouscr une jeunesse de dix-huil ans, sans reflechir a la prediction de Nostradamus. Coin men t nc m'avez-vous pas encore trouve une veuve (|iii ait un chateau, j'entends chateau Larosc oti aulre en Medoc, non en Espagne? J'ai passe inon jour de Tan dans une alTreuse solitude, ce ([ui in'a donne dcs idees de mariage, outre quo j'avais mange trcs sale. Adieu, nion cher ami. ne m'oubliez pas. Paris, 7 Janvier au soir [1853]. Mon cher ami. Je songc a me marier, particulie- remcnt (je veux dire snrtaiit), pour evitcr les mau- vaises pcnsees arose de M r Lalande : inais le parfum est une condition .sine (jita nan. Adieu, mille amities et compliments. /'. .V. On dit (jue le gucrrier dont vous me par- lex eomme ayant Icrre la mule a cc rapport avee un chapon cju'il est un coq imparfait. Paris, rue de f.ille, 52. 15 Janvier 1853. Mori cher ami, vous saehant prcsse d'cpreuves, je ne vcux pas y mettre votre patience, et je vous en- voie les premiers mots du conte <|iu vous diront toutc 1'histoire : Tres hombres burladeros vinieron a un Key y dijeron le ([uc eran muv buenos macstros par;i haees panos, y senaladamenle (jue hacian un pauo, que todo ho in b re ([lie ftiese lijo de aquel padre <[ue todos LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 77 decian, que veian el pafio, mas el, que non fuese fijo de aquel padre q e el tenia y que las gentes decian, que non podria ver el pafio. L'histoire est racontee partout, commetrop inieux savez. II est evident que pano vcut dire tapisserie, car un pen plus loin 1'alguazil du roi va a I'atelier des farceurs. Y desque entro y no los maestros que tejian, y decian las figuras y las cosas que avia en el pafio, y que el no le veia, tuvo que no era fijo de aquel padre que el cuideva que por eso non lo viera, y tuvo que si gelo supiesen, que perderia toda su ho nra. Les /nae.s'i/'O.s'finissent par 1'aire un habit an roi, qui se promene tout mi, et tout le inonde s'extasie sur la richesse de 1'etoffe, jusqu'a ce qu'un pauvre negro, qui tenait le cheval du roi, lui dit : Sefior, a mi no me empece (sic] q me tengades por fijo de aquel que yo digo, nin de otro, y porende digovos que soy cierto que vos desnudo ides. Votre citation : y desque ovieron, etc... est au cap. 7, p. 54 du Conde Lucanor, dans la Bibliotheca Castellana publicada por A. Keller y C. Possart tomo I. Stuttgart, 1839, in-12. Le litre du chap, vn est : De lo qne contecio a un rey con tres kombres burladeros. Je vous remercie de votre visite a M 1 ' Lalande, mais je crois que je m'en tiendrai ;ui Larose, car je ne fais pas grand cas du corps, et je n'aime que le parfmn. Si le Mouton que vous dites ne 1'emporte 78 I'HOSI'EH MKIUMKK pas sur le I. arose (juc j'ai, je m'en tiendrai, je crois, a re dernier, Ce (jue j'aurais voiilu savoir e'est si CM* diablc dr M r Lalandc avail enfin envoye toucher son argent chex le correspondant do M r Odier, M r J. (). F^onguet, cours d'Aquitaine, 4ii. Vous otes impitoyable pour ce pauvre Genin, Je vous pardonne de tircr de ses ouvrages des torche-cul pour votre tils, inais si vous aviex vu com me inoi avant-hier Ic ue/ de I'auteur, vous n'auriez pas plus voulu Ic mettre dans votre boyau culier ela m'est venu 1'anniversaire de ma con- damnation de 1'annee [>asseo. Je vous avoue que je ne sais si je n'ai pas etc plus sensible aux marques d'interet ([ne mes amis m'ont donnees dans cettc oc- casion. Aujourd'hui j'ai le bonhenr d'avoir relrouve an bout de la France des cousines dont je n'avais jamais entendn parler, et des condisciples qui ont fait de mauvaises alTaires dans 1'epicerie, mais qui m'ont toil jours voue une si sincere affection qu'ils n'hesitent pas, etc... Je compte aller en Espagne an commencement de LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 87 septembre. Je ne sais pas trop encore par ou je pas- serai, mais, si je puis respirer a Bordeaux, croyez que je serai bien heureux de vous serrer la main en passant. Je suis tout a vos ordres pour le 2 e volume des Eloffes, et la Revue des Deux Mondes, et je vous trouve hardi et temeraire d'en douter. Quant aux avis que vous me demanderez vous savez mes prin- cipes : ne pas se faire d'ennemis quand on n'a pas une bonne action pour motif. Je crois que les Me- moires de 1'Academie des Inscriptions peuvent vous oflrir de nombreux exemples a eviter. Quand un academicien engueule un academicien, on se moque de tons les deux; quand on attaque un academicien et qu'on est en dehors de 1'Academie, le monde ad- met bien que 1'academicien est un cornichon, mais il croit que son adversaire est un socialiste et un en- nemi public, qui, de plus, n'a plus de chances a 1'Aca- demie. That's the ground I stand upon . Adieu mon cher ami, mille amities et compli- ments. P r M. Croyez que vos lettres m'arrivent fort bien sans enumeration de mes rares titres et qualites. ftfl PROSPER MERIMEE 7 Juillet [1853]. Je recois ceci de Laborde : j'cspere que c'est ce qu'il vous fant. Tout a vous. P r M. Paris, 2(i Juillet [185.'t<. Mon chcr ami, je n'approiive nullement votrc pre- face on post face. Vous elites an public : Un membrc de I'lnstitut ne rn'a pas me me In; un des redacteurs du Con&titiitionnel a fait nion eloge. Le public re- pond : Que m'importe! -- Regie generale : ne discuter que les fails: laisser chacun avec ses opi- nions. En outre votre passage sur Lenormant n'est ni assez mechant ni assez saillant pour que vous le regrcttie/. A votre place, je eommencerais par 1'ex- trait du Constitutionnel dont je retrancherais les phrases, et je mettrais la reponse aux objections. Rien ne met le lecteur de plus mauvaise humeur que les citations louangeuses : cela ressemble trop aux annonces du sirop depuratif. Un architecte de mes amis a trouve dans un con- trefort de la cathedrale de Bayonne une boite ren- fermant les os et les vetements d'un eveque du xin e siecle. II nous a rapporte les habits qui sont a Cluny. Rien de plus curieux que ces etoffes encore assez bien conservees. La broderie du has de la robe est admirable. Ola ressemble aux plus elegantes LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 89 etoffes chinoises, avec une legende arabe en grosses lettres ou il y a, me dit-on : il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophete; broderie est un mauvais mot. C'est un tissu tres mince d'or et dc soies de differentes couleurs. Les debris de la culotte sont en crepe de Chine (c'est leur apparence) representant des oiseaux af- frontes devant une coupe, etc... La chasuble (ou une longue robe) autrefois blanche, egalement en soie, presente des lignes d'arbres, sic : A Tons ces tissus sont tres minces. Us sont bordes de galons tres ouvrages et d'un travail (or et soie; broderie) lout occidental. Je crois que les etoffes 90 I'HOSI'KJl MKIU.MEK viennent dc pays musulmans ct quo. les bordures on galons qui ctaient appliques sur les eoutures sont fabriques en Franco. An rcstc, il faudrait que vous vinssicx voir tout ccla. Je n'ai jainais vu rien dc plus curicux. Tout a vous. 1>. M. Dimanchc matin, 6 aout 1853. Mon cher ami, Franchcnient j'avais oublie cette ofTVc d'assister an bapteme de votre moutard. Je vous en remercie fort, mais j'ai loutes les repugnances du monde a cette ceremonie: je crois vous avoir dit jusqu'a quel point. Soyex assex bon pour me rendre un petit service. II s'agit de me retenir une place dans la malle-poste de Bordeaux a Bayonne, de facon a ce (juc je puisse el re a Bayonne le 4 septembre dans la journee. Vcuillex ne pas tarder a retonir ladite place: on m'assure qu'il y a tant de voyageurs qu'on n'est ja- mais sur, a moins de s'y prendre longtemps d'avance. Si, par fortune, la malic etait j)rise pour ce jour, j'ainie a croire (ju'elle serait libre de facon a me permettre d'etre a Bayonne le > septembre. II faut absolument que j'y sois an plus tard le \ dans la journee. Je vous rembourserai et vous serrerai la main en passant. Veuillex, si vous etes a Bordeaux, LETTRES A FRANCISQt'E MICHEL 91 me repondre un mot le plus tot possible. Si je n'ai pas de reponse de vous mardiS, tenez ma lettre pour non avenue quand elle vous parviendra ; je chargerai quelque banquier de mon affaire. Plus je considers 1'alTaire de la preface, et plus je suis de mon avis. II vaut mieux que ce soit votre reviewer qui disc que vous etes moins bien traite par votre ministre que M r un Tel qui ne salt pas 1'orthographe (cette phrase laisse a desirer pour la clarte) : je veux dire qu'il ne faut jamais qti'nn anteur parle de lui-meme, A 1'ins- tant le lecteur se cabre et est pret a discuter. Quelle diable d'histoire me contez-vous de ce M r Sasporte, et de la femme de mon collegue et con- frere qui aurait recu des coups de canne et de poi- gnard ! Donnez-moi done des details. II faut vous dire que tout ce qui touche a la justice m'enchante pourvu qu'il s'agisse de coups de pieds, nazardes, croquignoles, etc., et cocuages. Saviez-vous celui de M r Hatton qui, trouvant sa porte fermee, s'avisa d'ecouter et entendit son domestique disant : Si Madame avait la bonte de hausser le cul, je ne fe- rais pas tant de mal a Madame. Ces histoires de cocuage me rappellent la jolie veuve que je n'ai ja- mais vue chez Madame de M, mais ailleurs. Je ne sais pas son nom, mais je n'ai pas oublie sa figure, qui est charmante, ni sa voix, qui a line calinerie ra- vissante. Mais je suis trop vieux, et il est rare a pre- sent que je le fasse plus de 120 fois par mois. Adieu, mon cher ami, n'oubliez ni la poste ni les details 92 F'ROSPER MERIMEE conccrtiant M r Trolong; ne craignez pas de 1'etreen m'en parlant. Que diablc voulez-vous prouver que j'etais majeur a la commission du Senat qui etait chargee de me verifier. Puis on m'a fait tenir dans 1'hemicycle de la salle des seances dans la position du soldat sans armes, et on m'a lu ma sentence. M r Trolong m'a dit, que, puisque j'avais prete serment a la seance rot/ale, etc... La-dessus hilarite sur tons les banes, et je suis alle m'asseoir. J'ai trouve la une grande quantite de cardinaux qui rendent prodigieusement en raison de leur cou- leur et qui iiTont fait fete, enlre autres le cardinal 100 PROSPER MERIMEE Donnct. Us se sont enquis si e'etait encore a moi qu'on tirait des carottes monumentales et out paru contents d'apprendre que je continuais inon com- merce. En me me temps les vieux peres consents out ete fort surpris que j'eusse des connaissances si honorables, ce qni les a continues dans 1'opinion que je dois etre un fameux intrigant. Apprenez qu'une personne (jue j'aimais fort a Madrid a fait un trou a la lune, ce qui m'afflige d'autant plus qu'elle s'est cnfuie avec tin galopin qui nous la gatera. En re- vanche, tout ce qu'il y avail de gens d'esprit a Ma- drid est envoye hors du royaume. Si vous rencontrez a Bordeaux le general Concha presenter- lui mes compliments et dites-lui tout le plaisir que j'aurais a le voir a Paris. Je ne pense pas qu'il y vienne ce- pendant, car, lie comine il Test avec la famille de Hmperatrice, il s'y trouverait dans une position di- plomatiquement embarrassante. Mon cher ami, je n'ai le ea-ur a rien, ct j'admire que vous puissiez travailler. Je me bats les flancs pour faire quelque prose de commande, mais je n'en puis accoucher. Je me suis remis an russe et je voudrais faire une his- toire du dernier grand coquin qui fut 1'Ataman in- dependant des cosaques. J'envoie aujourd'hui cher- cher votre second volume et je ne sais comment faire pour avoir du cuir de Russie pour le relier comme le premier tome. Je pense que le direeteur de la Revue d" Architecture s'arrangera fort de votre plan des bahutiers, quoique, pour le dire en passant, celte maison ne valut pas 1'esbroull'e qu'on en faisait. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 101 Quel theatre avez-vous decouvert? est-ce une col- lection des premieres pieces de feu Poquelin? Je m'interesse par-dessus tout a votre argot et il me semble que vous lanternez beaucoup le public choisi qui attendait ce volume pour le carnaval et qui ne 1'aura pas meme en careme. Mille amities et compliments. Paris, 14 mars [1854]. Mon cher ami, je n'ai pas In volre livre pour la raison que votre editeur n'en avait pas d'exemplaires broches. II a pris le bon que vous m'aviez envoye, promettant, il y a de cela huit jours, de m'envoyer le premier exemplaire qui serait pret. Mais va voir s'ils viennent, Jean. Je vous remercie des vers que vous m'envoycz et qui me semblent tres beaux, si beaux que je vous en crois 1'auteur, car il n'v a pas d'apparence qu'on fasse des vers a Bordeaux. Vous feriez acte de bon courtisan en publiant quelque chose sur les machines de guerre. C'est un sujet que 1'Empereur affectionne et qu'il connait bien Je vous engage a lire son livre sur 1'artillerie, qui me parait excellent, quoiqu'il se soit permis de se moquer d'un passage on votre serviteur avait dit des betises sur 1'art de la guerre au Moyen Age. Croyez que, si vous avez quelque chose de nouvean a dire, vous attirerez son attention; mais notez qu'il ne s'agit pas pour lui d'erudition. Ce qu'il demande 102 1'HOSI'KH MEItl.MEE c'est qu on lui apprcnnc quelque fait qu'il ne sache pas. Ainsi il m'a fort remercie de lui avoir cite un passage dcs Albigeois on il est question du belief. 11 croyait TYj, pluie (j'ecrirais cr-aco-u) pent venir de crypto, part. ffiuacTO?, seme. /t[j.oc, hiver, n'est pas un mot d'argot. C'est le meme jnot que /'.;j.wv avec une terminaison diffe- rente. Observez que les gens du peuple en Grece ne connaissent guere que les deux premieres decli- naisons. On dit /apo? ou /aoovTa? an lieu de /aptov. 11 faudrait dire ce que signifie pacchione ou vous voyez 1'origine de 7:a-Ctoc. N'est-ce pas goinfre? Cela pourrait peut-etre venir des Bohemiens qui appellent pachos ceux qui ne sont pas de leur race? Un Grec Franciique Aiichel. S 114 PROSPER MEKIMEE ferait de pace/none Ta/tiovr,; et non ~*~^'.z$, a ce qu'il me seinble. Tout a vous. l >r M. .!< crois avoir remarque encore plusieurs mots d'origine slave, mais cola nous menerait trop loin. Mardi 20 Mai 185G. Mon cher ami, Vos epreuves sont renvoyees chez Didot. Vous save/ que je n ai pas grand credit aupres de M. Buioz. Maintenant moins que janiais, a cause d'une affaire qu'il a avec M. Madrazo, de Madrid, on je suis intervenu inutilement. Cependant je lui par- lerai si vous voule/, mais il faut avant tout lui en- voyer votre article. Madame de M ne s'arretera pas a Bordeaux: au- trement elle se fiit chargee volontiers du livre de Calderon. On ne pent ricn dedier a 1'Empereur sans s'adresser pour en avoir la permission au Grand Chambellan, M 1 de Cambaceres. Je puis lui parler si vous voule/. Longperier est inalade. Je vais a 1'Institut voir si Ton a le livre que vous dites... P.-S. On ne 1'a pas. Mille amities et compliments. P r M. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 115 Paris, 2 septembre 1856. M r F. M. 25, Museum St. Bloomsbury London. Mon cher ami, je n'ai aucuii moyen de vous pro- curer line audience. II y aquatre mois que je n'ai vu S. M. et il s'en passera peut-etre autant avant que j'aille aux Tuileries. L'Empereur est en ce moment a Biarritz; il ne reviendra qu'en octobre. S'il y a des Anglais dans 1'affaire, ils ne peuvent etre presentes que par leur ambassadeur. Pour vous, il faut que vous vous adressiez an Grand Chambellan. Je ne le connais que pour le voir au Luxembourg; quoique je ne sois pas en relations d'aucune espece avec lui, je crois que je pourrais vous dormer une lettre pour lui, et ce serait votre affaire de lui persuader de vous faire avoir une audience. Je sais la chose difli- cile : 1'Empereur deteste en donner. Voila cepeadant, je crois, le seul moyen d'arriver. Je suis revenu a Paris hier, pas trop bien portant, apres m'etre tres diverti dans les montagnes. Je n'ai pas de nouvelles de 1'argot. Mille amities et compliments. P 1 M. Paris, 23 Septembre 1856. Mon cher ami, J'arrive aujourd'hui a Paris et je repars demain pour trois ou quatre jours. Je trouve votre lettre qui lit) PROSPER MERIMEE me fait grand plaisir. Bien que sans inquietude pour le fond de votrc affaire, je craignais que vous n'eus- siez quelques semaines a en attendre le denouement. 11 faut que M r Jardine soil une grosse bete pour n'avoir pas ilaire le chantage, qui etait manifeste, meme dans le compte-rendu pen bienveillant du Times. Je serais reste a Paris et j'aurais laehe de voir le Ministre si je pensais quc eette demarche put vous etre utile. Maisd'une part, je ne I'ai jainais vu, nit; me en peinture. De 1'autre, ma moralite n'est pas asse/ eonnue pour (jue moil temoignage ait grand ell'et sur lui. Dans ma jeunesse je mesuis fait casser un bras par un mari qui trouvait a redire que je le lisse cocu. [Depuis je n'ai jamais vecu en hypocrite, et la consequence a etc qu'encore aujourd'hui je passe aupres de bien des gens pour un homme im- moral. A mon age, j'en suis asse/ Hatle^, mais vous comprendrez que moi, habitant de Paris, inconnu ou mal eon nu du Ministre (n'est-ce pas lui (jui me fit mettre en prison il y a quelques annees com me procu- reur general?), je suis malpropre a vous recommander dans votrecas. \ ous devriez charger M r Victor Leclerc de la chose. Voulez-vous que je lui en parle? Au reste il me parait pen probable qu'il resulte tie cela pour vous le moindredesagrement en France. Je trouve ce- pendant que vous avex eu deux torts. Le premier, c'est, aussitdt apres le verdict, de n'etre pas revenu a Paris par lei 1 au Ministre au lieu de lui ecrirc. Le second de vous loger dans un hotel oil vont tons les LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 11 1 mauvais garnements francais ct italiens. Quittez-lc bien vite, ou 1'aites mieux, venez a Paris. Quelques mots avec le Ministre dissiperont toutes vos inquie- tudes, si vous en avez reellement. M r Fould doit un dc ces jours me faire diner avec ce ministre. Je lui avais demande cela pour 1'entretenir d'une autre af- faire. II me sera possible alors de faire d'une pierre deux coups et de parler de vous bcaucoup micux que si j'allais tombant des nues lui dire que vous n'etes pas un violeur de filles. Meclitez mes deux conseils, un pen tardifs malheureusement ; je les crois bons. Adieu, mille amities et compliments. P' M. Paris, vendredi soir, [27 septembre 1856]. Monsieur Francisque Michel, Sabloniere H6tel, Leicester square, London. Mon chcr ami, j'ai vu aujourd'hui M r Victor Le- clerc; il parlcra au Ministre. II croit, comme moi, que vous feriez bien de venir ici. De plus il m'a dit qu'on avail mis dans la Gazette des Tribunaux le compte-rendu Bon st. (?), et point le jugement final. II croit que vous feriez bien d'envoyer ce jugement a la Gazette des Tribunaux et au Journal de V Instruc- tion public] lie. Pour ce dernier je ne partage pas son 118 PltOSl'Ell MEIU.MLK avis. J'ai pense qu'il etait bon cjue vous fussiex ins- truit de tout cela. Mille amities et compliments. l )r M. 15 mars [1857]. Mon cher ami, comment voulez-vous rnvc corn me une i'pce : il n'en avait pas parce que c'est du \\iu p siecle, et en- core moins faire parler la jio/tdre parce que c'est du pur arabe traduit en style de journaux. LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 121 Je suis horriblement enrhume. J'ecris a votre ami d'Oxford api-es avoir lu son livre. Mille amities et compliments. T. s. v. p. P r MERIMEE. P.-S. II me semble que vous me demandez des observations sur le chapitre du pays basque ou vous eherchez a donner une idee du genie de la langue. 11 faudrait que je susse le basque et je n'ai nulle envie de 1'apprendre. Je vous conseillerais de sup- primer votre chapitre, on de le refaire en consultant un docte, car il est incomprehensible. Ex. : vous dites page 23 que le verbe est propositionis copula. A la bonne heure. Puis, page 25, vous dites : Quelle anomalie a Vescuara de n'admettre copule du verbe , etc... id est verbe dn verbe! Quediable cela veut-il dire? Je crois que la grammaire ou vous avez trouve cela a voulu dire que le verbe auxiliaire n'avait que deux temps, le passe et le present, et une terminaison particuliere au participe, de meme qu'on disait en latin sum venturus. La grande singularite de la langue basque, autant que je 1'ai pu deviner dans 1'ouvrage de 1'abbe In- chauspe, c'est I'amalgame qui a lieu dans le verbe auxiliaire, qui combine dans un meme mot le verbe, le pronom et le regime ou meme les regimes. II se- rait interessant de decouvrir la loi qui regit cette ag- glutination, pour parler comme les Allemands. 122 I'HOSI'EH Ml i;l\IU Jcndi soir [1857?]. Mon cher ami, Jc vous serais oblige de remettre on d'envoyer a Madame Libri le petit mot ei-inclus. Je regrette de ne pas vous avoir vu pour vous parler de votrc livre dont j'ai lu la moitie. Je vous jjarde un certain nombre d'observations, et dclle o prossc. Vous nous parlez malheureusement Irop pen de ce que vous avez tf/iie Mii-hel. 130 I'HOSPEH MEHIMEE je crols, quant a ['attribution, II a etc grave, ee me semble, et souvenl eopie. Je ne sais si e'est a (ire- noble on a Yienne qu'on in'en a montre un Ires inau- vais, mais qui puiivait el re original. Je n'ai vu personnel Biarritz, ear j'ai passe presque lout moil temps a la villa: je n'ai pas vu la C""""' de la Cliapelle. Je trouve que vous avex grand tort d'avoir fail volre livre pour le roi de I'russe el, elant aussi pra- tique en malierc de librairie, tie vous etre laisse at- traper. Mille amities et compliments. I" M. Dimaiiche. MOM eher ami, voiei la reponse du M al . S'il ne nomine qu'en Mars, j'ai peur qne nous u'ayons a re- fommeneer, ear il me parait pen probable (ju'il dure j usque la. Mille amities. l )r M. cS deecmbre [1801 1. i;her ami, Le eoucours, eommc toujours, est ouverl pour tons les livres publics dans rannec. On n'esl pas Ires ri- goureux dans li pratique, et, si vous a\ ie/ un volume deja public, on vous passera I'autre en 18(>2. Mais ee ([in me parait plus difficile e'est ile persuader a Mes- LETTRES A FRANClSQUE MICHEL 131 sieurs que c'est de 1'histoire de France que vous faites. Je suis pour mon malheur tenu a la chainc depuis le matin jusqu'au soir par la commission pour le nouveau Senatus-consulte. Je ne sais quand je pourrai partir pour Cannes. Adieu, mon cher ami, tenez-vous en joie. P r M. Vendredi, s. d. [1861]. Mon cher ami, Tout ce que je puis vous dire c'est que le pere de Mad. de Montijo avait sur son cachet I'll ma k sicker. Vous me semblez singulier de dire que I'execration s'attache en Ecosse a la memoire d'un des plus lideles compagnons de Bruce. Je pars apres-de- main. Tout a vous. P' M. P.-S. De Vigny est malade et ne vient plus a 1' Academic, et moi je pars. Paris, 18 Mars [1864]. Mon cher ami, Je suis arrive hier de Cannes, ou mes poumons malades m'obligent a passer 1'hiver. Je ne me sou- viens d'aucun exemple de donjon bati sur un tu- mulus. M. Aug. Leprevost a, je crois, fait inserer 132 PROSPEH MKIUMKE clans les instructions I*' point que vous me citex. II me semble qu'il avail rapporte un fait tie ce genre observe par lui en Normandie, inais j'ai oublie eom- pletement le noin tin chateau. Je tloute que gemol soil 1'etymologie tie inotte. .le ne connais pas tie lien plus impropre a rendrc la justice. Un grant! nombre tie donjons n'avaient pas tie portcs. On y accedait par line echelle. Le seigneur elait-il a sa fentMre et les plaideurs dans la four.' Lisex Particle donjon dans le dictionnaire tie Viollet-le-Duc, et aussi Par- tiele chateau. Mille amities et compliments. !>' MKRIMK.,. Cannes, 18 Janvier _I867". Mon cher ami, .le pense tjue vous vous preoccupex sans raison. (^uant anx influences sur le marechal, celles de la personne a laquelle vous faites allusion est la tler- niere a employe!-, si elle pent s employer, car leurs rapports sont loin d\ A *tre bons. Je pense et j'espere t[ue tout s'arrangera pour le mieux. Mille amities. P r MKKIMEE. Je viens d'assister a 1'agonie tie M. C.ousin. Triste spectacle ([ue celui de la vie se debattant dans un corps douxe on quinxe heures apres le depart de Pin- tellitrence ! 1 LETTRES A FRANCISQUE MICHEL 133 Samedi 19 Mai [1867]. Mon cher ami, Supposez-moi tres souffrantet vous serez pres de la verite. Je respire fort mal et le temps froid et aigre que nous avons me fait beaucoup de mal. Vous aurez vu qu'on a donne a O. Feuillet la Bi- bliotheque de Fontainebleau, ce qui m'a surpris, car je croyais la place trop mediocre pour lui. Mille amities. P r M. Cannes, 25 Janvier [1867". Mon cher ami, Voici un mot pour le marechal Niel; je ne le con- nais pas, mais il m'a vu plusieurs fois a Biarritz, chez d'augustespersonnages, et doit meprendrepour quelque chose, etant, lui, crane neuf dans mon me- tier. Je desire fort que cela vous soit bon a quelque chose. Je suis tout malade, et cette mort de Cousin m'a fait grand mal. Tout a vous. P r M. Paris, 52, rue de Lille. 3 Juin [1868?] Mon cher ami, Pourriez-vous me dire s'il v a aux Archives, ou a K54 J'llOSI'KH MKUIMEK la Bibliotheque do Bordeaux, on on I'm oho/ qnelquc Burdelais utic correspondancc quelconque do Ilobbcs avoe tin sicur Bonneau du Verdier? Vous me feriex beaucoup de plaisir en me dormant vos renseigne- inents a ee sujet. Mille amities. I" MKIUMEU. Paris, 16 Juin. -Mon cher ami, J'avais mal hi le noni dc Verdus ('.';. Je suis trop orthodoxe pour avoir rien a faire ehe/ Hobbcs. Xc rccevant pas de reponse, je me suis adresse au ge- neral Daumas qui a fail les questions aux conserva- leurs. On n'a rien trouve. Mille amities. 1*' M KHIMKI:. Cannes, 8 Janvier 1870. Mon cher ami, Je suis en elTet bicn souffrant et je ne prevois pas quand je pourrai quitter ce pays. Tenez-le pour beaucoup plus chaud quc Paris. Je me rejouis de la nomination de Dantas a un meilleur poste et lui en ai fait mon compliment. Merei de vos souhaits, ac-reex les miens. Recom- n mandez-moi a nos amis. P r MKRIMKI:. LETTHES A FRANCISQUE MICHEL 135 ADDENDA Je rejelte a la lin de la correspondance les quatre lettres suivantes, dont il m'a etc impossible de determiner, meme approximativement, la date : .leudi 9 Juin. Mori cher ami, J'ai req u votre petit volume, dont je n'ai lu encore que la preface. Je ne connais guere d'hommes de lettres: cependant si vous desiriex que j'en parlasse a M 1 E. Thierry, qui ecrit dans le Moniteur, je le prierais d'en rendre compte. Mille amities et compliments. l )r MEIUMEI-. Samedi. Mon cher ami, Vous me presentez votre ecclesiastique justement lorsque notre bibliothecaire me dit qu'il est sur les dents, qu'il ne pent faire son rangement parce qu'on lui envoie tous les jours, et pendant les vacances, de nouveaux lecteurs. Vous avez le droit de presenter vous-meme a I'lnstitut; pourquoi n'en usez-vous pas? (illisible}, moi qui n'en ai que trop pour moi-meme! Mille amities et compliments. ?' M. U) FMIUSI'KII MERFMKK Me re red! a 7 hen res. Mon chcr ami, je vous rcnvoie votre pacjuet, on je n'ai cu le temps que de chercher un mot. Jc regrette que vous particz si tot, d'autant plus (jue j'attends du vin de Porto dans quelques jours, sur lequel j'aurais desire avoir vos lumiercs. Mille amities et compliments. P r M. Cannes, 28 decenibre. Mon cher ami, Je rc(;()is la votre. Que voulex-vous (jue je fasse de mon Iron, ou je ne vois ([lie le soleil? Quand j'ai quilte Paris, tout allait fort hien pour vous. Le ini- nistre m'avait rcpondu une Icttre tres polie, (jue jc vous ai envovee aussitot. Je suis toujours fort souf- Irant et il n'y a pas de ressource a mon cas, puisquc ec pays et le temps (ju'il fait ne me soulagent guere. Mille amities. l )r MERIMKE. EDWARD LEE CHILDE Tocqucville a pris son style a Montesquieu, un des homines qui ont le plus fait pour amener la de- cadence actuelle de la lanarue. Lamennais s'est forme sur le modele de cette ca- naille de J.-J. Rousseau, citoyen de Geneve, Dieu nicrci! Cousin et Georges Sand sont les meilleurs ecrivains d'aujourd'hui; certaines pages des Lettres iCun Voyageur sont admirables. Cela tient a ce quc Georges Sand a frequente le peuple et etudie son idiome. Pouchkine avail du sang negre; il descendait par les fenimes d'Annibal, noir lavori que Pierre le Grand avait amene avec lui, et qu'il fit general. Pour bien apprendre le francais, prenez Rabelais, lisez-en quelques chapitres, les prefaces, etudiez la fagon dont il forme sa phrase; puis Montaigne, et quelques auteurs de cette epoque; puis Bossuet; puis rie lisez plus rien du tout, mais ecrivez sur ces mo- deles. 140 PHOSI'EIt MEHIMEK Peuples et imlividus, nous eommenc.ons Ions par la poesie et nous (inissons par la prose. Les Alleinaiuls out fait eeqn'il y a cle pirc: ilsont mis de ['imagination dans nn snjet qni n'en coin- portait pas, 1'histoire. J'ai connn a Athenes un Alle- mancl, nomine Koss, tres savant assurement, I'homme que j'ai vu connaissant le pins intimementla Greee, qui n'hesitait jamais nn momenl a vons expliquer tout ah wo, c-omnie s'il avail assiste au developpe- inent de 1'histoire greccjne. Ainsi, voyex Niebuhr, homme d'un <^raml merile; a cote d'nn fait qn'il a prouve, presquc avec lonles les chances cle proba- bilite la coiKjiuHe de Home par Porsenna (s'ap- puyant sur le champ de Porsenna, au-dela du Tibre, et sur le fait qne les Komains, el non les Etrusques, avaient ecrit 1'histoire de cetle epoque etqu'ils n'an- raient pas etc sc vanter de la prise de leur capitale par I'ennemi), il va chercher le berceau des Etrusques en Rhetie, paree qne Taeite a dit que les premiers habitants s'appelaient Rasena. Or, les inscriptions rapportees de F.ydie par M. Fellows oifrent la meme langue, presque, ([ue les monuments etrnsqnes, et divers autres temoignages eonfirment cette proba- bilitc que les Etrusques venaient de Lydic. De meme JOURNAL 141 Lepsius a suppose que les Pelasges avaient debar que anx benches du Po. On se rappelle 1'orateur dominicain en Espagne, prechant sur la tentation de X.-S., lorsque le de- mon, du haut d'une montagne elevee, Ini of Frit tons les royaumes de la terre, et finit par lui dire de se jeter en bas parce qu'il etait sur que les anges le soutiendraient : Y el Senor responde : Beso a us- ted los manos, Senor Satanas que tengo otra arrera para bayar. J'etais pres de Magnesie avec Ampere. Nous avions envoye nos bagages en avant, et Ton nous avait laisse un guide, du pays apparemment. C'etait un homme parfaitement noir, mais dont les trails n'avaient rien du negre. Quand nous eumes fini nos travaux dans le village ou nous nous etions arretes, nous nous mimes a interroger notre guide; il ne sa- vait que quelques mots de gree. Nous primes eepen- dant 1'entendre repeter : Pendjab , et distinguer qu'il paraissait vouloir dire qu'il venait d'un pays situe pres de 1'Angleterre, et ou les soldats avaient des figures noires et des habits rouges. Assez in- trigues, a notre arrivee a Magnesie, nous nous infor- mons de notre homme. II n'y avait que quelques mois qu'il etait a Magnesie : il ne parlait ni turc ni arabe : etant inoffensif, on le laissait tranquille. Quelle vie mysterieuse que celle de ce m.ilheureux Indien venu du Pendjab j usque sur les bords de la Mediterranee! 142 PROSPER MERIMEE Les AHemands out encore a apprendre que Ton ne doit rien alfirmer positivement ; II faut se con- t ! liter de probabilites approximatives dans le do- niainc de fails aussi incertains qne ceux de 1'histoire ancienne. Les savants, en general, cherchent a rapporter tout a nn systeme preconcu; de la 1'idee des Alleinands de ehereher partont nn element germaniqne, et Xie- bnhr va denicher les Etrusques en Uhetie. C'etail la grande superiorite de Bnrnonf, de savoir a fond les lois iles changements de langnes et de ne se laisser enlrainer par aucune faiblesse de ce genre. II etait profon dement verse dans la langne la plus inipor- lante an point de vue philosophique, le Sanscrit. Hoken in a eonte qn'il y avail nne tribn en Amerique qni, ayant a se plaindre de sa nation, emigra an loin et, pour n avoir rien de com mini avec ses perse- cntenrs, resolnt de changer sa langne en mettant le commencement des mots a la fin, et en retonrnant pour ainsi dire tons les mots. An bout d'nne gene- ration, le but fnt atteint. Vons me demandex si les Orientaux admettent noire superiorite dans quelques branches de la science nouvelle, s ils reconnaissent les decouvertes merveilleuses de ce siecle, si ce qn'ils savent on voient de noire civilisation les frappe. Je vons re- pondrai qn'ils out pour nous les sentiments qne vons JOURNAL 143 avez pour votre bottier, dont vons reconnaissez la grande superiorite dans son metier, tout en vous di- sant que c'est un genre qui ne vous louche en rien, et que cette habilete n'a rien qui vous eH'raie ou qui trouble 1'idee que vous avez de votre propre supe- riorite. Bunsen, dans sou Gott in der Geschichte, dit : Apres vingt mille annees de 1'histoire de 1'huma- nite... Entendrait-il par la depuis la creation de I'liomme? Merimee auquel j'en ai parle me Htles ob- servations suivantes : J'ai cause avec plusieurs des homnies les plus entendus sur la chronologie egyplienne, et ils etaient tons d'avis qu'il n'y avait pas moyen de rien savoir de precis sur le nombrc d'annees qu'ont dure les dynasties. II y a au Louvre la figure d'un scribe egyptien qui remonte certai- nement a 4,000 ans avant 1'ere chretienne. Par generations des enfants de \oe on est convenu o d'entendre des peuples entiers et non des individus. Ainsi le noni Japhet, s'appliquerait a toute une ge- neration. Ce mot, dit-on, signifie : eloine..., ce qui s'expliquerait parfaitement dans la bouche des ecri- vains sacres qui appartenaient tons a la branche de Sem. Les fils de Sem et de Cham se melerent sou- vent, tandis que la branche ainee s'eloigna vers le Nord. On ne peut done, ni dans la Bible, ni dans la chronologie egyptienne, s'en tenira ['expression lit- 144 I'ROSPF.H MKIUMEK terale pour les noms ot les epoques (Bunsen, auquel j'ai parle ties vmgt inille ans clc I'histoirc cle 1'lui- manite , m'a dit que c'elait maintenant 1'opinion reeue, 2 I'ROSPKK MEKIMLK epure et contribue a former la langue a leur maniere, en en chassant les expressions fortes et populaires faisant image et venant o!u genie ineme de la langue, n'avaienl fait aucune des etudes necessaircs a ee role et ont detourne de sa route la langue fram;aise. Heureusement , il s'est trouve parmi les homines qui ont etc appeles a s'en servir d'abord des genies qui en ont tire tout le parti possible: mais que n'au- raient-ils fait, si une coterie de t rente personnes n'cut banni tons les mots vigoureux? ("cite servilite courtisanesque a appauvri la langue. L'n molinusite devenait de mauvaise compagnie et se perdait ; ainsi. des centaines d'expressions et de mots qui four- millent dans les anciens auteurs ont cesse d etre compris. Molierc et Hossuet ont conserve encore quelquc force dans leur langue. Epoques florissantes dans les litteratures qu'on a negligees, par exemple les romans dc chevaleric (tons sont d'origine francaise, le roman ile Pours Bruin, le roman du renard Heinecke-Fuchs. etc., etc.). Us ont beaucoup d'originalite, mais traitent de sujets qui ont perdu de leur interet: beaucoup de repetitions, roulant aussi sur le meme sujet, 1'amour en general et la guerre, ('.he/ les Espagnols, les Canzones sont depourvus des (jualites ties poemes provencaux du xi\'' siecle. Petrarque a beaucoup JOURNAL 153 pulse a cette source et largement traduit. (Un sonnet sur 1'amour est traduit tout enticr.) Les Mongols, destructeurs du Kalifat de Bagdad et de 1'unite de la societe islamique, nc sont pas c-onnus dcs anciens et sont d'une race nouvelle dans 1'Asie occidentale. Les Turcs ne sont pas des Mon- gols purs; ils sont un melange de Mongols et de races japhetiques a difl'erents degres ct adiU'erentes doses. Predecesseurs des Mongols, ils ont ete moins nuisibles qu'eux. Immense impression produite sur 1'Asie par les Grecs (que Ton pent comparer, pour 1'importance numerique, aux cantons de la Suisse), malgre ia puissance organisee de la Perse. Alexandre poussa en avant, jusqu'au coeur de 1'Orient, tandis que tout le christianisme n'a reussi qu'a arracher une bi- coque, qu'elle n'a gardee qu'un siecle, et qui a tremble quatre siecles, jusqu'a ce quo Sobievski la sau vat. Malgre les nombreuses traductions et imitations des langues occidentales dans la litterature russe, >in homme de genie, Pouchkine, au commencement 154 I'HMSI'EIt MERIMEK de ce siecle, 1'a dirigee clans la veritable voiequ'elle doit suivre et 1'a marquee de son empreintc. Con- temporain de Byron, il la irnite dans nne de ses pieces, Knene Onieguine, qni a de la ressemblanee avec Don Juan.. ... Qu'est-ce (jui fait I'enorme difference entrc unc medaille greeque et unc medaille moderne, toute a 1'avantage de la premiere? C'est que, chez nous, 1'cxtreme (ini des details, on les choses les moins saillantes sont aussi achevecs que les parties les plus essenticlles, iiuit a I'ensemble. Dans une medaille greeque an contraire, les parties marquantes sur lesquelles doit etre atliree 1'attention, sont exagerees et traitees avec grand soin. tandis que les autres sont negligees. Le resultat est que cette derniere medaille frappe beau coup pins et laisse une im- pression durable el profonde, parce que 1'a'il n'est pas distrait par la multitude des details. De me me chez Pouchkine, et c'est ce qui le distingue des poetes occidentaux, et, en particulier, de lord By- ron, qui lui est peut-ctre superieur en genie, mais chex lequel Pabondance des idees, entassees sans ordre et sans distinction fait r[n'elles se nuisent entre elles. Don Juan est ce qu'il a ecrit de plus beau. C'est une imitation de Sterne qui, lui-meme, est nne copie de Rabelais, et c'est un snjet qui, jiisqu'alors, n'avait e'te traite qn'en prose, et qui, pour la pre- miere fois, 1 est en vers. JOURNAL 155 Les Anglais ne savent pas ecrire unc piece pour le theatre, ni la mettre sur ses jambes, temoin Sha- kespeare. * * Nicolas Gogol, mort il y a tres pen d'annees, es- prit morose, mort fou, a ecrit beaucoup de nouvelles, entre autres le Revisor, VInspecteur general, piece tres hardie. Le poeme des Bohemiens de Pouch kine, n'est pas une de ses plus mauvaises pieces. Krylof le fabuliste est un auteur tres remarquable. Lermon- toff a ecrit beaucoup en vers; ses sujets sont tres souvent places dans le Caucase ou les scenes se passent. Tourguenief ecrit en prose sur les moeurs des paysans et la vie intime. Le russe a une richesse d'expressions, des nuances al'infini; on pent couper un cheveu en quatre. Trois formes de verbes: le fre- quentatif, Y ...(illisible], et celui qui n'est ni l'un ni 1'autre. Lc vocatif du slave n'a pas etc conserve dans le russe, mais les Russes se servent souvent de la forme slave pour donner un vernis d'antiquite, com me les Grecs du genitif en olo . Niebuhr fait preuve de beaucoup d'esprit dans son ouvrage assurement: ses legons en chaire etaient ce- pendant bien plus remarquables. Bien des choses lui echappaient, probablement parce qu'il n'avait 156 I'HOSI'KR MKPIMLK pas beauconp eouru Ic monde : Ics traits de impurs sui tout lin echappaient. Ainsi il nc eroit pas an trait raconte par Tile-Live, lors de la prise de Rome par Ics Gaulois: I'historien latin dit es vaincus, historiquement parlant, out toujours tort vis-a-vis des vainqueurs ; la these d An- gustin Thierry rehabilitant systematiquement Ics Anglo-Saxons est done mal fondee. Lenr inferiorite o cst pronvee, non pas taut jiar la defaite meme. (jue par 1'afferniisseinent de la domination de la race eonquerante. JOURNAL 157 I n des faits les plus obscurs de 1'histoire est le probleme des ditFerents elements qui ont compose le penple grec. L'invasion des Doriens... d'oii ve- naient-ils? Leur separation en Doriens, loniens, Eoliens? Les Atheniens etaient-ils des loniens? etc., etc. La mention des Atheniens dans Homere est une intercalation posterieure (1860). Le xix e siecle est incontestablement un siecle d hisloire oil les etudes historiques et critiques out ete remises en honneur, et en cela est sa superiorite: mais on s'est jete dans les extremes. Parce que toutes les histoires precedentes etaient congues dans un esprit faux, que Ton n'v tenait nullement compte des peuples, mais que c'etait aux rois et aux grands seuls que Ion faisait attention, etait-ce une excuse pour se jeter dans 1'extreme oppose, pour faire sans cesse 1'apologie des vaincus, pour voir toujours des questions de races la oil il y a lutte entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel? Xiebuhr a une cri- tique pleine de finesse et de talent: 1'art y parait trop cependant; et il pousse tellement loin la re- cherche et la critique que son ouvrage perd de sa valeur. II pretend retrouver dans les premiers cha- pitres de Tite-Live les rimes des anciennes ballades 158 PROSPER MKKIMKK avee lesqnelles it pretendait (juo Tito-Live avail com- pose son histoire. Kt d'on lui est venue cette idee.' DC ee qu'a ce moment I on niait ['existence d'Ho- mere, et ([lie 1'on rapportait toutes les premieres dMivres des peuples a des ballades. Un antenr allemand tres savant de Koenigsberg a eerit un ouvrage snr les mysteres des Crees, on il dit qu'il est convaincu (jn'ils ne signifiaient rien, et il les compare an carnaval des nations modernes qni n'ont egalement ancnne signification, ^<)ila le i- ; - sultat unand on ecrit sans savoir! Grotc, Anglais rompn anx discussions parlemen- taires et helleniste des pins forts, tombe dans line erreur analogue (jnand il parle de la retraite des Dix- Mille: il explique que les Grecs durent leur saint a I'liabitude qu'ils avaient de s'assembler tons les soirs et de discuter entre enx les operations dn lendemain. II est probable qne c'est a leurs c|nalites militaires ([u'ils fnrent redevables de la vie. [/architecture gothique est eminemment fran- caise ; elle a pris naissance dans l'Ile-de-France et dans certaines pai'ties de la Picardie. llors de la, il JOURNAL 159 ne s'est rien faitd'originairementgothique. f^es pre- tentious cles Allemands ne peuvent pas se soutenir. LJne philosophic de 1'histoire est une absurdite. Evidemment quand les memes causes se presentent, les memes eU'ets pro b able me nt suivront, le cceur de I'homme etant partout et toujours le meme; inais red u ire tout en systeme est dangereux et etroit. On a remarque que les aristocraties degeneraient en de- mocraties et, de la, aboutissaient an des*potisme. Herodote a parle de cette loi universelle. La Saint-Barthelemy fut, le 24 fevrier de 1'annee 1592, le triomphe de la democratic. Le protestan- tisme s'etait fait en France de haul en bas. C'etaient les grands du pays, les Chatillons, les Montmo- reney, (jui s'en servaient comnie d'une arme contre la conronne. Remarquez que les causes populaires s'abritent le plus qu'elles peuvent derriere un grand noni. Cesar n'en a ete ni le premier ni le dernier exemple. Mythe dorien : Taras, chef dorien, apres deux essais infructueux sur une ville de 1'Italie meridio- nale, consult a 1'oracle pour savoir ce qu'il fallait 160 I'KOSl'KH MKHI.MEK (jn'il fit pour en arriver a ses fins. II lui fut repondu qu'il ne serait vainqueur que lorsqu'il toinberait tie I'eau d'uu ciel serein, i~ iy/.z'!rj^. I'n jour que, se preparant a un combat, il se fai- sait arranger la chevciure selon la mode dorienne, par sa femme, il sentit plusieurs larmes lui tombcr sur le front, car elle etait inquiete tie son sort. Kile s'appelait Kgle. 11 salua cette coincidence comnie un presage tie victoire, ce tjui arriva en eflct. tie fnt lui qui fontla Tarente. Mcrimee croit que les (iaulois iCeltes au fond , c'est-a-dire unc partie tie la nation, retournerenl au berceau tie leur nation, en Galatie (Asie-Mineure : c'est pendant ce retour qu'ils pillerent Delphes ; seu- lement, ce fait cut lieu bien ties siecles apres qu'ils eurent perdu la niemoire tie leur premiere patrie. Comme les Turcs, ils commencerent a se mettre au service des princes indigenes et finirent pars'etablir a leur place Bunsen ne croit pas tin tout au retour . Le nombre ties compagnons tie Guillaume le Conquerant n'etait pas grand: mais leur graiule su- periorite de civilisation leur conserva les avantages que leur avail tlonnes la victoire. Pas un parmi ces Nord-men ne savait le danois ; ils s'etaient en- tieremeul latinises et francises. C'est a peine si le JOURNAL 161 courant d'emigration des gentilshommes, et autres, de Normandie en Angleterre, dura cent cinquante ans; ainsi la masse de sang etranger n'a jamais ete tres considerable, mais c'etait le levain; ils don- nerent 1'inipulsion et firent de 1'Angleterre ce qu'elle est. L'amoiir du beau etait bien plus developpe chez les Grecs que chez aucun aulre peuple; ils out porte 1'art a un degre beaucoup plus eleve qu'aucun autre peuple. C'est un fait incontestable. D'ou celavient-il? La reponse est bien difficile. Entre autres raisons, leur education etait dilFerente. Les jeux en public, la gymnastique, developpaient les muscles et ehacun etait plus a meme d'apprecier les beautes de la forme. Le commun des homines en savait plus long que maint artiste de nos jours sur la statuaire. Les femmes ne jouaient aucun r< A >le dans la societe grecque. A Rome leur influence etait [grande : voyez] Lucrece, Cornelie, mere des Gracques, etc. On raconte que deux sneurs avaient epouse, 1'une un patricien devenu consul, 1'autre un plebeien qui n'etait quetribun. Comme cette derniere rendait vi- site a sa soeur, le marl consul frappa a la porte, du pied. C'etait 1'habitude des gens bien eleves dans 1'antiquite. Comme elle temoignait de 1'effroi a ce bruit inusite et de son ignorance de cette coutume, sa soeur consulaire railla son manque de {'I'ancisyue Michel. l( 162 PROSPEH MERIMEK savoir-vivre. La caclette n'cut de repos que son mari n'ait pousse le peuple a demander et a oblenir (jne les plebeiens pussenl parvenir an consulat. Ce trait, peut-etre invente, indique le role de la femme a Koine. Cuvier avail an Jardin dcs Plantes plusieurs cabi- nets de travail, reserves, chacun, a line branche par- ticnliere de la science, a la conchy liologie, a 1'orni- thologie, a la pischologic (sic), etc., etc.; dans chaque coin elait un pupitre. II ne composait qu'en se proinenant de long en large ; aussitot 1'idee venue, il la notait, tronvant toujours un pupitre a sa porlec. 11 avail calcule qu'il faisait ainsi plusieurs lieues par jour; il ne prenait pas d'aulre exercice. Ses dis- cours academiques, si admires, ont ete pour la plu- parl composes dans sa voiture arrangee a eel elfel, pendant qu'il se faisail conduire dans le monde, on il allait assidumonl. II y a dans 1'eglise Sainl-Marc, a Venise, une dalle sur laquelle sont sculples un lion gras se lenanl an milieu des flols et un lion rnaigre se tenant sur la terre ferine. Ce fnt 1'oeuvre ou 1'idee d'un chanoine qui voulut ainsi exprimer la destmee de Venise, qui serait riche et Horissante tant qu'elle dominerait sur les mers, mais ({ui deperirail du moment on elle se trouverait releguee sur la terre ferine. JOURNAL 163 Marchiali etait le nom du Masque de fer . II etait de Modene. En sa qualite de Ministre du Due, il avail promis a Louis XIV la cession de Casale, et en avait obtenu, en echange, des conditions favo- rables; de plus, un blanc-seing du Roi. Etant con- vaincu plus tard qu'il avait ete dupe, le Roi chargea Catinat de reprendre Marchiali. Attire dans un vil- lage, il fut saisi par des soldats frangais deguises, emprisonne d'abord a Fenestrelle, puis a 1'ile Sainte- Marguerite. II monrut a la Bastille. On a aux Affaires Etrangeres le rapport de Catinat a ce sujet, ce qui a permis de verifier le nom. Quand la Russie aura sa petite revolution, on verra comme elle marchera dans la voie de [la] con- quete.Voyezcomme elle s'estassimile laMingrelie, la Georgia, etc., etc. La raideur des Anglais, leur mepris nullement deguise pour toute autre race que la leur, leur indifference complete a blesser les va- nites, les susceptibilites, 1'orgueil des peuples qui leur sont soumis, les empecheront a jamais de fonder un etablissement durable aux Indes. Du jour ou les Russes y arriveront, les Anglais seront perdus. On ne remarque d'etriers ni dans les pieces de 164 I'HOSPEK MERIMEE monnaie, ni dans les statues on les sculptures an- ciennes. II etait clu devoir du gouvernenr de la lo- calite, soit en Grece, soil a Rome, de faire placer le long des routes, a de frequents intervalles, de Crosses pierres alin d'aider le cavalier. Hippocrate et Gallien parlent d'ailleurs d'une maladie oeea- sionnee par cet etat de pendaison des jambes, a la suite d'un usage prolonge du cheval. Kes Anglo- Saxons, les Normands, les Anglo-Normands furent probablement les premiers a se servir d'eperons, coninie on le voit d'apres les peintures dans le Temple-Church a Lomlres. Sous Henri III d'Angle- terre, on se servait d'eperons a roue. Henri VIII fut It- premier (jui introduisit 1 eperon en forme d e.toile. Merimee vint a parler un soir de ses tournees ar- cheologiques. Viollet-le-Duc se trouvait ce soir-Ia chez lui : Je me souviens, dit Merimee, cju'une fois. entre autres (c'etait en Alsace , ie visitais line e en compagnie d'un professeur de la religion prr- tendue reformee. Comme il y avail une inscription que nous ne pouvions dechiffrer, il fut chercher de 1'eau benite ct lava la pierre, ce (jui me seandalisa liorriblement. C'.'est bien a vous d'en parler! in- terrompit en riant Viollet-le-Duc: cjue tie fois n'avons-nous pas pris de 1'eau benite pour laver nos plans dans les inlerieurs d'eglises? je vous ai vu sou- vent laver vos bi-osses dans le benitier. Ah! JOURNAL 165 je 1'avais oublie , repliqua Merimee. C'etait a line epoque oil les questions religieuses avaient peut- etre moins de retentissement qu'aujourd'hui. Merimee dinait a Londres chez le Prince de Tal- leyrand, alors ambassadenr. C'etait au moment du siege d'Anvers et Ton s'attendait d'heure en heure a recevoir des nouvelles definitives. On savait que le Prince, le matin, avait recu des depeches par un courrier extraordinaire, mais il n'avait rien dit. A cette epoque, en 1832, les nouvelles voyageaient moins vite qu'aujourd'hui, et toutes les personnes in- vitees a ce diner, parmi lesquelles les sommites de la societe de Londres et tout le personnel de I'am- bassade, etaient fort curieuses d'apprendre quelque chose. Aussi s'etait-on donne le mot pour pousser le Prince i parler, entre autres Milady***, qui s'etait chargee d'attacher le grelot... Prince avez-vous regu des nouvelles d'Anvers? , fit-elle apres le pre- mier service. Talleyrand, qui entendait parfaite- ment quand il voulail, fit la sourde oreille. A toutes les allusions il ne fit aucune attention. Enfin, tout a fait it la fin du diner, comme quelqu'un exprimait la crainte que les F'ranrais ne fussent obliges de lever le siege. C'est ce qui est en effet arrive, Mes- sieurs, dit le Prince tranquillement. Anvers est a nous depuis hier. C'est tout ce qu'il dit. Un autre eut illumine, cut fait part de 1'evenement a tout le 'FtOSI'ER MKRIMEE monde des le premier moment... Talleyrand visait a p rod u ire un plus grand etfet, mais autrement: et il V reussit. Pour prouver jusqu'a quel point les moMirs et la moralite publique ont gagne depuis un siecle, Me- rimee cite le Journal de Barbier, ce bon bourgeois, cet honnete homme de 1760 qui, a propos d'un cri- minel dont les delations compromettaient beaucoup de monde, ecrit tranquillement : (( I, a justice devrait faire empoisonner ccs gens-la , sans se douler dc 1'enormite de ce qu'il ecrit. Unc autre preuve a 1'appui c>st 1'edit du scnal dc Venise qui defcndait aux ouvriers de Murano d'emi- grer a 1'etranger et qui menacait de les faire assas- siner, s'ils s'v etablissaient. M. Heal rec.ut du premier (Consul 1'ordre d'aller interroger le Due d Enghien pen d'instants avanl 1'heure on on devait le fusilier. Cette mission lui plaisait fort pen: il s'arrangea pour arriver a Vin- cennes trop tard! Le Due n'etait plus... On lui remit tout ce qui avail appartenu a la victime de Bona- parte, entre autres une lettre cachetee adressee a la Princessc de Rohan. Real se trouva en alTaires en ce moment, et il ne pensa pas a la faire parvenir a son adresse. Plus tard, il dut se refugier en Ame- rique et, en partant, confia ses papiers a M. Merimee JOURNAL 167 pere, qui les lui rendit a son i-etour. M. Real mort, sa fille pria Prosper Merimee de les examiner. In- terrompu a diverses reprises, il les repassa a son cousin, M. Fresnel, lors du mariage de celui-ci avec la fille de M. Real. Un matin, M. Fresnel, ils ha- bitaient la inenie maison, monte tout eft'are chez Merimee, line lettre ouverte a la main : Tenez, voila ce que j'ai trouve , et il lui donna a lire cette pauvre lettre egaree. Elle contenait une alliance et quelques cheveux. Comme le fi.ls d'un roi etait un dicton Sanscrit qui faisait allusion a lalegende suivante. Le fits d'un roi avait ete vole dans son enfance. Eleve dans les montagnes, parmi les bergers, il avait fini par les surpasser tons en audace : il sortait triomphant de toutes les luttes, de tous les dangers, a force de cou- o rage et de perseverance. Enfin le secret de sa nais- sance s'ebruita: rappele par son pere, ses dignites lui sont rendues, son rang est reconnu, il recom- mence une nouvelle carriere, il trouve de nouveaux devoirs a remplir. C'est Thistoire de Tame humaine (Barthelemy-Saint-Hilaire). (Petite esquisse d une promenade avec Merimee et Saint-Hilaire d Cannes, en Janvier 1868.) Arrete pres d'un puits, Merimee s'asseoit sur une pierre, allume une cigarette : Vous rappelez-vous, PROSPER MEIUMEE dit-il a Saint-Hilaire, cette page d'Ammien Mar- cellin, ou il raconte que, poursuivis par des Parthes, iui et ses legionnaires epuises de soif s'arreterent pres d'un puits, et, n'ayant rien pour puiser 1'eau, y tremperent leurs manteaux, et, en les tordant, purent ainsi avaler quelques gouttes. On ne trouve pas beaucoup de ces traits modernes chez les anciens. On dirait que le fait s'est passe hier. Saint-Hilaire dit qu'ii croyait que cette absence de details venait de ce que les anciens ne les avaient pas juges assez importants pour les consigner par ecrit, que, de plus, 1'esclavage et la constitution de la societe paienne leur laissaient ignorer une foule de choses. Puis on parla des 'Vmjy.vVjju-ra (Commentaires) de Xe- nophon, ou il est raconte qu'on annoncait a Athenes 1'arrivee d'une chamelle d'lonie, et chacun de vanter sa beaute. Socrate voulut Taller voir, et il y a une conversation charmante a ce propos. - - Saint-IIi- laire vint a parler du Banquet de Platon oil, le dis- cours etant venti sur la beaute, Socrate s'excusa de n'en rien dire, plaidant son ignorance. Mais, ajouta-t-il, je me souviens d'avoir rencontre a Co- rinthe une courtisane Diothyma, qui m'en a dit plu- sieurs choses qui m'ontfrappe et je vais vous les re- peter ; et puis suivent des details ravissants. I, a conversation passa a Horace. Merimee cita un vers de Iui desapprouvant qu'on mil en croix un esclave pour avoir mange d'un plat qu'il einportait. Cette indulgence d'Horace laisse supposer comment on punissait les esclaves chez les Remains. La conver- JOURNAL 169 sation tomba sur Ciceron, sur ses lettres, sur les editions qu'on en a faites; on cita sa vanite extraor- dinaire ; il s'inquietait sans cesse de ce que pensait Varron de ses differents ecrits. On parla surtout d'une de ses lettres adressee a Cesar, au plus ter- rible moment de la guerre des Gaules, dans laquelle il lui demande de lui renvoyer courrier par courrier son avis sur tel opuscule qu'il lui a fait parvenir... La cigarette etant finie, nous nous levames et con- tinuames notre promenade. Buckle, dans son Histoire de la civilisation, parlant des Espagnols, ne tient pas assez compte des grands changements qui se sont produits dans le caractere de ce peuple depuis le regne d'Isabelle la Catho- lique. II a 1'air de croire que, tel qu'il estaujourd'hui, tel 1'Espagnol a toujours ete. C'est radicalement faux. D'abord la feodalite n'a jamais existe en Es- pagne. Autrefois, nul pays n'etait mieux dote d'ins- titutions liberates. Chaque province avait ses privileges. Les Juifs et les Maures vivaient avec les chretiens sur un pied d'egalite parfaite. Don Samuel Levy etait le tresorier de Pierre le Justicier. Ce n'est que plus tard, a la fin du xv e siecle, que 1'Eglise catholique, sous pre- texte de religion, fit appliquer de veritables mesures de confiscation. Par suite des habitudes depensieres des chretiens, de leurs querelles et guerres intes- tines, la plupart des descendants des Goths etaient 170 PROSPER MERIMEK mines. Tout 1'argent, pen a pen, etait passe entre les mains des Jnifs ct des Maures. C'est ce que virent les pretres. Aussi, sons le voile de la religion, depouillerent-ils les infideles, ayant grand soin dc prelever largetnent la dime de 1'Eglise. A partir dn regne des souverains catholiques et de 1'introdnction de ('Inquisition, le caractere espagnol devint etroit, bigot, cruel. Avant cc changement, un eveque espa- gnol avail refuse de s'associer a la persecution des Albigeois. * * Toutes les idees nobles, ^ramies, riches et raison- 7 o nables, sont venues des Grecs. Jamais 1'Allemand n a cu une idee raisonnable : il est un chaos d'obs- curite. II n'y a pas d'honnetete chez les critiques alle- mands; ils partent tous d'un systeme precon^u et denaturent les faits pour leur faire prouverce qu'ils veulent. Lessing a pousse son exageration contre le christianisme trop loin. Niebuhr mentait sciemment. II n'y a que les Franc.ais et les Anglais qui out rendu de grands services a 1'hnmanite, les premiers par la clarte qu'ils metlent en tout, les seconds par leur application serieuse et pratique. Jamais reputation n'a ete plus usurpee que celle de Gciithe: elle est bien au-dessous de celle de JOURNAL 171 Schiller, qui lui-meme n'est qu'un ecrivain de second ordre, et grand imitateur. Jamais les Al- lemands n'ont raisonne. Une suite d'inductions n'est jamais sortie de la tete d'un Allemand. Nie- buhr arrange son systeme comme on abat des noix; il torture 1'histoire romaine et denature les faits pour les plier a ses idees. Gemilth signifie escroquerie. Goethe. Schiller et C lc , [sont] des plagiaires fauxet maladroits souvent. Auraient-ils tous existe sans Shakespeare? Leurs philosophes ont tout emprunte a Charles Bonnet (commencement du xvn e siecle), qui avait dit avec plus de simplicite ce qu'ils ont repete. Kant a-t-il dit quelque chose qui ne se trouve pas chez les Grecs? Que signifie un historien comme Niebuhr, disant qu'il n'a jamais lu Vico quand il lui prend toutes ses idees? Alexandre de Humboldt n'etait qu'un Goethe au petit pied. II parlait de beaucoup de choses qu'il ne connaissait pas tres bien avec une timidite qui ren- dait la comprehension plus difficile. Comme ses compatriotes font toujours, il n'avait ni suite, ni ordre, ni methode. X'ayant rien decouvert de lui- meme. il avait beaucoup de facilite a profiler de ce que les autres avaient trouve. II brillait surtout par son extreme aptitude a saisir les rapports des sciences entre elles. On pourrait dire de lui, si 1'on etait un peu severe, que c'etait un farceur. Page 3, ligne 1. 17 Janvier [1848] : Cette lettre, adresseo a Monsieur Francisque Michel, Professeur a 1'Academie, 17, rue Ducau (Ghartrons), Bordeaux , n'est pas datee et. 1'enveloppe n'est pas timbree. D'apres le contexte, je crois pouvoir la dater du 17 Janvier 1848. Elle n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 8. ... avec V ennui d'epreuves a corriger pour la Revue des Deux Mondes ... : II s'agit de YHistoire de Don Pedre 7 er , roi de Castille, dont la premiere partie a paru dans le n du l er decembre 1847 de la Revue des Deux Mondes et dont la seconde partie paraitra dans le n du l er fe'vrier 1848, ce qui confirmait la date que je pro- pose pour cette lettre. C'est a son Histoire de Don Pedre 7 er que Merimee fait allusion dans le paragraphe suivant. , ligne 13. Malheureusement, mon siege est fait... : Parce que la premiere partie de YHistoire de Don Pedre a deja paru. Page 4, ligne 9. ... un troisieme volume de vos Races Maudites : II s'agit de YHistoire des races maudites de la France et de VEspagne. Paris, 2 vol. in-8, 1847. C'est la these de doctorat de F. Michel. , ligne 12. Paleografia espanola por Don Esteban Paluzie y Cantalozella... Ce livre a paru a Barcelone en 1846. , ligne 23. Paris, 20 Janvier 1849 : Cette lettre et les lettres suivantes sont adressees a Monsieur F. Michel, professeur a la Faculte des Lettres, 17, rue Ducau (Char- trons), Bordeaux (Gironde) . 174 NOTES ET ECLAIHCISSEMENTS Page 5, ligne, 24. ... el dignes des vers qui les com- mentent ... : I! s'agit de Rigaud d'Aurelhe, baron de Villeneuve, conseiller de Charles VIII, de Louis XI et de Louis XII. 11 etait ne a Villeneuve d'Ambroa vers 1450 (cf. Revue de VAgenais, 1887, t. XIV, p. 368). Son credit deelina avec 1'age el il se retira en Auvvrgne ou il se con- sola en faisant batir le chateau de Villeneuve (village du Puy-de-D6me). Cf. Nubiliaire d'Auvergne, de Bouillrt. I. 1, p. 90-93. La bigorne est un animal imaginaire, la Chiche-face un fantome dechaine, symbole de gloutonnerie et d'avaricc. Page 6, ligne '. Notre President Louis Napoleon. , ligne 10. ... cold, distant et self conscious froid, dis- tant et gene. Page 7, ligne 3. ... a et savoir mes trois conjugaisons rnsses ... : Depuis 1835, Merimee s'interesse au russe ; en 1840, il se lie a Athenes avec Theodore Lagrene, dont la femme (nee Varinka Doubensky) va 1'initier a sa langue maternelle. Le passage entre crochets a etc publie par la Liberte (24 fevrier 1874). , ligne 9. 7 Mai [1899] : Cette lettre n'est pas datee, mais elle est vraisemblablement de 1849. Page 8, ligne 8. ... sous le convert diplomatique a. Lis- bonne : Miguel d'Antas, ne a Lisbonne en 1823 et ami de Merimee, etait conseiller de la legation du Portugal en France et membrecorrespondantde 1'Academied'Histoire de Madrid. En 1865, il publia Les Faux Don Sebastien, etude sur Vhistoire du Portugal (in-8, Durand). , ligne 24. 19 Juin 1849 : Cette lettre n'a pas ete pu- , bliee par la Revue des Deux Mondes. Page 9, ligne 10. 21 Juin 1849 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 14. ... d jaire boire des dnes qui n'ont pas soif ... : Merimee reprendra le mot plus tard, en 1861, en 1'appliquant a Walewski. Je soutenais un amendement NOTES ET ECLA1RCISSEMENTS 175 propose par le prince Poniatowski en faveur des Arts et des Lettres. Comme j'ai dit un mot a 1'eloge de M. Fould, Walewski s'est leve et a dit en assez mauvais termes qu'il votait centre 1'amendement. Or, cet amendement tendait a lui faire donner des ressources nouvelles pour encoura- ger les artistes. L'etonnement a ete grand dans le Senat . J'ai dit, malheureusement assez haut pour qu'on 1'enten- dit, qu'on ne pouvait faire boire un ministre qui n'a pas soif. Et depuis ce terns-la, il me fait grise mine,etmadame encore plus... (Lettres a M me de Montijo, 23 mars 1861). Meme recit dans la lettre du 21 mars [1861] adressee a Jenny Dacquin (cf. Lettres a une Inconnue, t. II, p. 148- 150). Page 9, ligne 18. 17 Juillet [1849] : Lettre non datee. Page 10, ligne 2. ... udont le premier volume avail paru ... : Les Bohemiens en Europe et en Asie. Halle, 1844. , ligne 13. Le passage entre crochets a ete publie par la Liberte (24 fevrier 1874). , ligne 25. 4 Aout 1849 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 27. J'ai votre manuscrit depuis hier seulement... : II s'agit des Etudes de philologie compares sur V argot. Page 12, ligne 1. ... c'est Id ce que je craignais le plus... : F. Michel avait adresse a 1' Academic, pour le concours du prix Volney, ses Etudes de philologie comparee sur Vargot et sur les idiomes analogues paries en Europe et en Asie. , ligne 3. Le passage entre crochets a ete publie par la Liberte (24 fevrier 1874). Page 13, ligne 21. J'espere qu'elle vous y trouvera : On a fait suivre la lettre a Bagneres-de-Luchon. , ligne 22. Parts, 2 Septembre [1849] : Cette lettre est du 2 septembre, et non du 27, comme 1'indique la Revue des Deux Mondes. , ligne 24. Je pars apres-demain... : Merimee part en tournee d'inspection pour Tours, Saumur et Poitiers ; a la 176 NOTES ET ECLAIKCISSEMENTS fin du mois, il publiera uue Note sur Sainte-Radegonde de Poitiers (cL Bulletin des Comites historiques, 1849, p. 265- 268). Page 14, ligne 27. ... parmi les auteurs brilanniques... : Quatre jours apres cette lellre, It- 6 octobre, la Commis- sion du prix Volney decernait : 1 une medaille d'or do 1,500 francs a Max Miiller pour un manuscrit intitule : (Comparative philology of tfie indo-european languages (c'est le memoire anglais dont parle Merimee) ; 2 une medaille de 1,200 francs a F. Michel pour ses titudes de philologie comparee sur Vargot... Le billet cachete de F. Michel portait comme epigraph*- : De nuptiis Mercurii et philologiac. Le manuscrit portait en epigraphe : Ablatum inediis opus est incudibus istud (Ovide, liv. I. Eleg., VI, v, 9). II y avail dix concurrents. Page 15, ligne 7. 22 Janvier [1850] : D'apres le timbre de la poste. Page 16, ligne 3. ... con toda franqueza... : II s'agit de ('impression des Etudes de philologie comparee sur Vargot qui viennent d'etre couronnees par 1'Academie (second prix Volney). , ligne 6. - ... un grand plaisir... : II s'agit de La Chanson de Roland ou de Roncevaux, du XII e siecle, publiee pour la premiere fois d'apres les manuscrits de la bibliotheque Bodleienne a Oxford. Paris, Silvestre, 1837, in-8, 176 p. , ligne 14. Paris, 22 Juin [1850?] : Cette lettre est in- tercalee, dans la liasse manuscrite, entre la lettre du 13 juin 1851 et la lettre du 23 juin 1851. Or, le contexte indique que cette place n'est pas la sienne, car il y aurait une contradiction a propos du voyage en Angleterre. Sous toutes reserves, je la date de 1850, ce qui prouverait que Merimee a fait deux voyages en Angleterre (un en 1850, etun en 1851?). Page 17, ligne 2. ... venant d'Orient... : F. Michel prepare son ouvrage intitule Recherche sur le commerce, la fabrica- tion et Vusage des etoffes de soie, d'or et d' 'argent... pendant le mm/en age, qui paraitra en 1852-1854 (2 vol. in-4). NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 177 Page 17, ligne 25. ... que vous m'annoncez... : II s'agit de 1'edition du Dit de la Gageure, publiee par F. Michel (Paris, Plassan, 1835, in-8). Page 18, ligne 14. [22 Octobre 1850] : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Je la date d'apres le timbre, assez brouille, de la poste. Page 19, ligne 2. r. Jacob 18 : Cette lettre n'a pas ete pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 4. ... Ce qui m'a paru fort mal... : Un billet de F. Michel, que nous ne publions pas, prouve que F. Mi- chel etait a Paris en octobre ; il en repartit au debut de novembre. , ligne 28. ... en Dauphine... : Le branc designe com- munement une epee (cf. La Curne de Sainte-Palaye, Dic- tionnaire historique de Vancien langage francais). Page 20. ligne 13. ... pour la Grande Bohfme... : II s'agit probablement des planches, extraites de la Grande Bo- htme, qui illustrent Le Livre d'or des metiers de F. Michel (1851). , ligne 19. 5 De'cembre [1850] : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 26. ... et de la poe'sie... : Allusion aux Chants populaires de la Grece moderne publies par Fauriel en 1824-1825 (F. Didot, 2 vol. in-8). , ligne 27. ... les poetes basques sont bien plats... : F. Michel, qui prepare son Pays basque, a deja publie en 1847 les Proverbes basques recueillis par Arnauld Oihenart, sin- vis des poesies basques du meme auteur. Bordeaux (1847, 2 e ed., pet.in-8). Page 21, ligne 4. ... par Bayonne... : Le passage entre crochets a ete publie par la Liberte (24 fevrier 1874). , ligne 7. ... ses mandements... : En 1857, F. Michel publiera son livre sur le Pays basque, dont il sera question plus loin. Francisque Michel. I- 178 .NMTl.S KT KCLAIRCISSE.MENTS Page 21, ligne 10. ...en Ecosse... : Ils'agit d'AadrodeMon- t alembt'rt, seigneur d'Esse,qui lit lacampagned'ficosse en 1548 o| ful tu: an siege de Therouaniie en 155;} (cf. La Chesnaye du Hois, t. XIV, p. 38). l"n anonynie [Fabbe Perau] publia uno elude sur lui dans la Vie des homines illitstrcs dc France (I. XIII, p. 298-340). -- En 1802, F. Michel publiora un ouvrago sur f^es Ecossais en France, les Frangais en fccosse. , ligne I". l'i Decembre 1850 : Celfe leltro n'a pas ete publio'f par la /tci-ue des Deux Mondes. , ligni- 18. ... Panlagruelisle... : Allusion au Rabelais analyse on Explication des 76 figures gravees pour se.s uuH'res... dc F. Michel (Paris, Barba, 1830, in-8). , ligne 22. ... Vajfairc est faite... : F. Michel desirait elre nomine corrospondant de rinstiluf. Pago 22, ligne 26. ... sur cette grande e'nigmc... : Allusion a Fouvrage de Paul Lacroix : L'Hutnme au masque de jcr. Paris, Magt-n, 1836, in-8. Pago 23, ligne 15. 20 Decembre au soir [1850] .- Cette letlre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 24, ligne 22. 27 Decembre [1850] : Cetlo lettro n'a pas etc publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 25, ligne 3. ... Quant a M. Rouard ... : Ktienne- Antoine Rouard, ne en 1792, bibliothecaire do la biblio- theque Mejano, a Aix. , ligno 23. ... tocayo = homonyme. Page 26, ligno 7. ... mais de noms propres, point... : Tou- tefois, en 1856, il annoncera a M mc de la Rochejacquolein la mort de son chat Matifas (cf. Une cnrrespondnnce ine- dite, p. 47). Sur ses chats, cf. Ibid., p. 44. , ligne 13. ... fort complaisant... : Le R. P. Arthur Mar- tin, qui collabore avoc le R. P. Charles Cahier aux ou- vragos d'archeologie dont il va etre question. Do 1841 a 1844, les deux archeologuos avaient publie la Monogra- phic dc la cathedralc de Bourges. NOTES ET ECLAIHCISSEMENTS 17! > Pago 27, ligne 4. ... celle de Demetrius... : Merimee pre- pare son livre intitule Episode de Vhistoire de Russie : Les Faux Demetrius, qui paraitra en decembre 1852. , ligne 26. ... de ces sobriquets-la... : Merimee aurait pu lire dans La Curne de Sainte-Palaye : Les soldats d'in- fanterie de marine sc nomment aussi bigorneaux du cha- peau a deux cornes qu'ils portaient sous le l er Empire (Dictionnaire historique..., t. II, p. 480, note). Page 28, ligne 12. ... Rusand, editeur... : II s'agit des Melanges d'archeologie, d'histoire el de litterature redige's ou rocueillis par les auteurs de la Monographic de la ca- thedrale de Bourges (Cahier et Martin). 4 vol. gr. in-^i paraitront de 1847 a 1856. Page 29, ligne 17. ... du graveleux de votre sujct... : Allu- sion a UHistoire des hotelleries, cabarets, hotels garnis, restaurants et cafes et des anciennes communautes et con- jreries d'hoteliers, de marchands de vins, de restaurateurs, de limonadiers..., quo F. Michel prepare en collaboration avec Edouard Fournier ; le livre paraitra 1'annee meme. , ligne 20. 22 Mars 1851 : Cette lettre n'a pas etc pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 27. ... Get oracle m'a toujours paru... : Merimee aime cet oracle , car il le reproduit dans la lettre qu'il adresse le 7 aoiit 1865 a M me de Montijo. Le general Fox va se marier. II epouse M lle Maberly, une amie de Al me Xifre. Elle etait fort jolie il y a quelques annees. Bien qu'elle soit arrivee a la quarantaine, on jasc de cr mariage. Le general a cinquante-neuf ans, et il y a urn- prediction de Nostradamus qui dit : Qui beaucoup d'ans ayant vecu Trop jeune femme epouscra Si le galleux se grattera Avec les ongles d'un cocu. Page 30, ligne 5. ... d 'avoir pense a... : La phrase est ina- chevee. 180 NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS Page 30, ligno 9. ... que jc voudrais faire.. . : Le passage ent re- crochets a (He publie par la Libcrle (25 fevrier 1874) ct, en parlio, par V Eclair (5 avril 1907), qui dale fausst-mont la leltre du 27 juillel I860 (?) ct mele les lettrcs des 22 mars 1851 el 23 juillel 1852. , lignc 10. ... Vous trouverez des dessins mldiocres... : Merimee semble severe pour Pcuuvrc considerable des deux archeologues. Page 31, lignc 1. 15 Mai 1851 : Cetto lellre n'a pas etc- publiee par la Revue dcs Deux Mondes. , ligiii- 10. ... nf pourraient passer... : Merimee connais- sait et admirait Rachel ; inais il ne se genail pas pour col- porter les bruits les plus fachcux sur sa vie intime (c-f. Lettre* a M mc de Montijo, 22 mai 1840, juin 18'id. 15 avril 18'i3, 25 novembre 1843, 20 Janvier 1844, etc...). , ligne 24. ... M. de .V P... : De Saint-Priest (le comic Alexis de Guignard). , ligne 28. ... Je vais le lire... : Article de Paulin Paris dans la Bibliotheque de V Ecole des Charles (La Chanson de- Roland, ed. de M. F. Genin), t. II, p. 297. F. Michel, qui avail edite la Chanson apres 1'abbe De la Rue, esl niele a ctitte querelle d'erudits. Page 32, ligue 8. How do you like it? Calembour obscene : quelle est la difference entre une crinoline ct un marais? Reponse (A ... nswcr). Un marais est : a little niormtf. un petit mart-cage ; a little more a... un pen plus de... pos- lerieur. Qu'en pensez-vous? , ligne 16. 31 Mai 1851 : Cette letlre n'a pas ete publiee }>ar la Revue dcs Deux Mondes. , ligne 19. - ... trcs spirituel, ma joi... : Letlre a M. Pnu- lin Paris, membre de I'/nstitut. Signe : F. Genin (an sujel de la critique de sa Chanson de Roland}. Paris. F. Didot, 1851,in-8, 51 p. Page 33, ligne 3. M r V. = Villemain. 181 Page 33,ligne 11. ... la Chanson... : II s'agit sans doute do La Chanson de Roland de F. Michel, dont il a etc question deja. , ligne 15. ... de la brochure de M, Guessard... : Examen critique de 1'ouvrage de M. Genin intitule : Des variations du langage francais depuis le XII e siecle. Paris, F. Didot, 1846,in-8. Page 34, ligne 17. [13 Juin 1851] : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 22. ... dans les manuscrits qu'il avail emprun- tes... : Reponse de la Bibliotheque nationals a M. Feuillct de Conches. Paris, Panckoucke, 1851, in-8, 72 p. , ligne 24. ... pour P. Paris... : Lettre a un ami sur 1'article de M. Paulin Paris, insere dans la Bibliotheque de V Ecole des Charles (t. II, p. 297). Page 35, ligne 19. 23 Juin 1851 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 36, ligne 12. ... la Salle Synodale de Sens... : On- s'occupait alors activement de la restauration de la ca- thedrale de Laon sur laquelle Merimee a fait deux rap- ports (avril 1848 et 3 mai 1850), et de la restauration de la Salle Synodale de Parcheveche de Sens, sur laquelle son ami Viollet-le-Duc vient de faire un rapport en avril 1851 (cf. Du Sommerard, Les Monuments historiques de France a V Exposition universelle de Vienne, 1876, in-4, p. 163 et p. 167). , ligne 18. ... de ne V avoir pas vu... : Le Palais de Cristal avait ete erige a Hyde Park pour 1' Exposition universelle de 1851 et transporte a Sydenham en 1852-1854 (cf. Architecture et sculpture peintes au palais de Sydenham. Monileur universel, 2 septembre 1854). , ligne 27. ... Paris el Genin de Vaulre... : Cf. les lettres des 15 et 31 mai et du 13 juin 1851. |S NOTES ET ECLA1RCISSEMENTS Page 37, ligne 10. 17 Jnillet [1851 | : Celle 1ft In- n'a pus ele publiue par la Kevin- des Deux Mondes. , ligne 11. ... qnc vo;/.s o//c; publicr... : Cf. la note de la leUredu 2'2 juin 1851. Page 38, ligne 3. ... outrage d' unc digestion Ires difficile.. . : History of Spanish Literature, by George Ticknor. \e\v- York, 3 vol. in-s. Mt-riinec rn a n-ndu comptc dans la Hi.'vuc des Deux Mondcs du 15 avril 1851. Pa^f 3'J, li^nc 10. ... Ics rieurs dc son cote... : On sail lt^ roliMilissenH'nt qifaura ci'tb' affaire ct racharncmi'iit quc nii'tlra Mi'Timuf a defondro son ami (cf. Li- I'mri:* dc M. Lihri. fle^iie dc.i Dcn.r Mondey. 15 avril-l er inai 1852). , litfin' 22. 10 .lout [ISol] : C.'H< ; l.-Hiv n' i pas dale.' ct IVnvi'loppp csl perdue. D'aprrs lc rontcxtc. j'ai cru pouvoir la datcr P. Paris a paru dans la Kihliotlierjiie dc I' Kcolr des Charles, t. II, p. :>'j:> (La ('hnnnon de liolartd, ed. de M. F. Oenin). , lignu 15. ... il ne eoin/)o,;i' pan cite... : Heponsc a inic incroyablc. allaquc dc in Bibliothcqtie Xntionale louchnnt unc let! re dc Michel dc Montaigne. Paris, Lavmlel, 1851, in-8. , ligiu- 27. ... un niouehoir... : F. Michel avail etc* pris a parti" dans celle querellc a propos de sa Chanson d<- Roland. II ne repliqua pas. en effet. Page 11, ligne 1. ... lilotntoii ... : Graphic inccrfaine. , ligne 2. ... Pontanns... : C'esl lc sujct (I: 1 la Venus d'lllc, et ci'tte source, je crois. n'a pas encore etc signalee. , ligne 7. ... d' argot... : F. Michel prepare sc> Etudes de philologie comparce sitr V argot. , ligne 10. Dimanche soir : (I'-tte lettre n'es( pas datee ; file est plact-e ici dans le manuscril. bicn qu'il ne soil pas NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 183 certain qu'elle date do 1851. Elle n'a pas ele publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 42, ligne 9. Lundi soir : Memes remarques quo pour la precedente. Page 43, ligne 1. 16 Novcmbre [1851] : Cotte lettre n'a pas ele publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 10. ... si mediants poetes... : Cf. la lettre du 5 decembre 1850. , ligne 15. 9 Decembre 1851 : Gette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 18. ... un de vos litres... : II s'agit de YHistoire de I' Empire ottoman, par Ignace Mouradja d'Ohsson. Page 45, ligne 12.- ... pour les dames... : Le passage entre crochets a ete public par 1' Eclair (5 avril 1907). , ligne 22. 21 Decembre 1851 : Cette lettre n'a pas etc publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 47, ligne 14. ... sans effusion de sang... : Allusion an Coup d'fitat du 2 decembre. , ligne 20. 5 Janvier 1852 : Cette lettre n'a pas etc pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 22. ... Tarbe... : II s'agit, non pas de 1'antiquairo remois Prosper Tarbe, mais de Theodore Tarbe. Le livrc auquel Merimee emprunte sa citation s'inlitule : Rc- cherches historiques sur la ville de Sens, 1838 (p. 462-463, en note). Page 48, ligne 6. mais M 1 Tarbe nous donne une couleur... = mais M r Tarbe nous trompe... , ligne 15. ... Salva... : Salva y Perez (don Vicente). Dictionnaire de VAcadeiiiie espagnole. Paris, 1846. , ligne 22. - ... linaje esclarccido... : Chose necessaire. meuble ou objet precieux ; il est dit dans le proverbe : Objet pour objet, a tout prendre je prefere un tambour de basque a une jupe ; ce qui signifie que certaines per- 1M NOTES KT KCLAIP.CISSKMENTS sonnes preferenl ce qui esl agreable a co qui est vraiment ulile. llabeanl... [chose de prix, noble ou precieuse. Anoiennement : noblesse, lignage illustre]. Pap' i'.>. ligne 1. 25 Jdiu'icr [1S52] : Cette lettre n'a pas elo publiee par la Rrvvc des Dcu.r Mondcs. . ligne 17. ... to the upmost pitch nu plus haul point . Page 50, ligne 5. ... dc csas purificaciones. Exo nn vnlr. nada -= dc ci's purifications. Ccln nc vnut ricn . , litfiu' '. 18 Avril [18521 : Ct-ttc Icttrc n'a pas ok- j>ii- bliee par la Revue dcs Dcn.r Mondcs. , lignc 13. ... nn Allemnnd dc ni-rs amis... : II s'agit du preinii'i- vohum- de 1'ouvrap' dc F. Michel : Rrchrrchcs xur Ic commerce, la fabrication ct Vusagc dcs ctojics dc soic, (ior ct d'argent ct. nittrcs tissus precicu.r en Occident. f>rin- cipalcmcnl en France pendant le moyen age. Page 51, litjne 23. ... an lieu de. Lutetiac... : Get article veuait tlo paraitre trois jours auparavant, le 15 avril, dans la Revue dcs Deur Mondcs ; un second paraitra le 1 er mai. Page 52. ligne \. ... parfaitemcnt renducs... : On verra j)Ius loin, dans la lettre du 16 decembre 1852, le detail dc ccs tableaux. , ligne 16. ... Iron d\icadcmicicns... : Le 15 juillet. il publie dans la R^^ue dr* Dcu.r Mondcs un compte-rendu de Fouvrage de F. Michel (cf. la lettre du 23 juillet). Page 53, ligne 1. ... hnnnftcs... : La meme phrase sc retrouve presque textuellement dans une lettre adresst'e le 27 mai 1852 ;i la comtessc de Montijo (cf. Filon, Mcri- mcc ct ses Amis. p. 226). , ligne 'i. ... en gaieic... : Merimee vient d'etre con- damne a 1,000 francs d'amende el a quinze jours de prison pour ses deux articles sur Libri. . ligne 17. ... prison... : Le passage enlre crochets a e'te public par la Liberte (25 fevrier 1874). . ligne 19. ... en capella = a la Conciergerie. NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 185 Page 55, ligne 9. ... une douce fra iche ur... : II ^agit de son emprisonnement a la Conciergerie. , ligne 24. ... en trompette... : Le passage entre crochets a ete publie par 1' Eclair (5 avril 1907), mais sous la date fausse du 27 juillet 1860. Sous la meme date, V Eclair publie un fragment de la lettre du 22 mars 1851. Page 56, ligne 10. ... je V adore... : Le mari de M me Yeme- niz e'tait un fabricant lyonnais, ami des lettres, membre de la Societe des Bibliophiles franoais, qui avait edite a ses frais 1'ouvrage de F. Michel, Recherche sur le commerce, la fabrication et Vusase des etoffes de sole. Le premier volume lui est dedie. , ligne 14. ... dominum... : La traduction du theatre de Plaute date del 836. Page 57, ligne 9. 30 Juillet 1852 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 58, ligne 15. ... d'un demenagement... : Merimee quittele 18 de la rue Jacob pourle 52 delaruede Lille. , ligne 28. Rue de Lille, 52 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 59, ligne 21. ... et des viedazes... : Le passage entre crochets a ete publie par la Liberte (25 fevrier 1874). Page 60, ligne 27. ... ou une dissertation... : II s'agit du livre de F. Genin intitule : Eclaircissement de la langue francaise de J. Palsgrave, suivi de la Grammaire de Gillcs du Guez. avec une introduction. Paris, 1852, in-4. Page 61, ligne 11. ... quand vous viendrez a... : Merimee a omis Paris. Page 62, ligne 3. ... Vannee de VExode... : Allusion a la Notice sur un manuscrit egyptien publiee dans la Revue d'archeologie (1852. t. IX. p. 385), par le comte Olivier de- Rouge, egyptologuc, cons^rvateur du Muse'c egyptien du Louvre depuis 1849. II fut elu membre de 1'Academie des inscriptions et belles-lettres le 8 juillet 1853. 186 NOTKS KT ECLA.IHCISSEMENTS Pago 62, ligne 15. ...les Essais dc .Vlacaulai/... : Merimee ecrit M' Aulay. II fail allusion a YHistoirc d'Angletcrre dc- puis V avenenicnt de Jacques 1 1 , ilonl la traduction par J. iir Poyronnel cst on cours dc publication (1852-1853, 2 vol. in-8), i't aux Essais historiques ct biographiques, dont G. Guizot publiora la Iraduction a partir do I860 (1860- 1865, 3 vol. in-8). Sur le livre dc Macaulay, cf. L'nc cor- respondancc inedite, p. 7'J. Lottrc du 5 avril 1857. , lignc 20. ... dcs Faux Demetrius... : Le livre paraitra on decembre 1852. Pago 63, ligno 3. ... pour jouer ce role... : Le passage entre crochets a ele public par la Libcrte du 25 fevrier 1874 ; mais la Libcrte ne donne pas la dale de la lettiv. , ligne 17. l er Deccmbrc [1852] : Celle lellre n'esl pas dalee, mais elle annonce la leltre du 16 decembre 1852. Ellt! n'a pas ele publiee par la Revue des Deux Maudes. Pago 61, ligne 7. ... unc description telle quellc... : Cf. la lellre du 16 decembre 1852. , ligne 11. ... tabis, etc... : Ciglaton = eloffe precieuse ; labis = eloffe de sole unie el ondee. Pagt: 67, ligne 7. 16 Decembre [1852] : La leltre n'csl pas datee, mais elle fail din-clement suite aux precedi-ntes. Elle n'a pas ele publiee par la Revue dcs Deux Mondcs. . ligne 20. ... sur unc ctoffc... : Ce lableau est acluelle- ment au Louvre dans la salle VII des Peinlures, dite salle dos Sepl-Metres, sous le n 1623 : Nicolo di Pietro Gerini (Florence, 2 e moitie du xiv c sieclc). Lc Couronnement de la Vierge. Le vermicel d'or en question so relrouve d'ail- leurs dans la plupart des tableaux de Tecole venitiennc ei llorenline de la 2 e moitie du xiv c siecle el du commcnce- menl du xv e sieclf (cf. les n os 1511, 1282, 1283, ele...). , ligno 25. ... les ornemcnts dcs anges... : Co tableau est dans la memo salle, sous le n 1563. Turino Vanni, xiv c siecle (Ecole floronlino), La Vierge ct I'Enfant Jesus. NOTES ET ECLAIUCISSEMENTS 187 Page 68, ligno 5. ... en broderie... : Ce tableau ost dans la memo salle (sallo VII), sous le n 1290 : Fra Giovanni da Fiesole, dit 1'Angelico, 1387-1455 (Ecole florentino), Lc Couronnement de la Vierge. Mais 1'cveque dont parlo Merimee a un manleau vert, et non blanc. , ligne 8. ... or et sole noire... : Ce tableau est dans la Galerie d'Apollon sous le 11 1211 : Vittore Carpaccio (Ecole venitienne), La Predication de saint Etienne a Je- rusalem. . ligne 15. L'effet est tres joli : Ce tableau est dans la salle XXIX sous le n 2202. Ecole du maitre de Fle'malle, vers 1420-1460, La Salutation angelique. Le manteau de 1'ange n'est pas rouge, mais jaune double de rouge. Page 69, ligne 3. ... du X V e siecle.. . : Ce portrait n'esl pas celui d'Isabeau de Baviere, comme on le croyait en 1852. - Dans le Catalogue sommaire des peinturcs du Muse'e national du Louvre (1909), Ecole frangaise, p. 109, il est classe sous la rubrique suivante : Ecole de Bourgogne, xv e siecle, 997 r , ancien n 1052. Portrait presume de Isa- beau de Portugal, femme de Philippe le Bon, figure en buste. Cette copie ancienne d'un original disparu no semble pas authentique et a ete retiree des salles d'exposi- tion (n os d'Inventaire : ancien, 2319 B ; nouveau, 2139). , ligne 13. ... le rouge les dessins... : Ce grand tableau est dans la salle X sous le n 999. Ecole franchise, milieu du xv e siecle, Portraits de Jean Juvenal des Ursins, baron de Trainel ct de sa famille (onze enfanls). , ligne 19. . .. de satin ou de drap... : Ces deux tableaux sont dans la salle XI sous les n os 1034 et 1035. N 1034 : Ecole franchise du xvi e siecle, Un bal a la cour de Hen- ri III. N 1035 : Ecole frangaise du xvi e siecle, Bal donne a la cour de Henri III a V occasion du mariage d'Annc, due de Joyeuse, avec Marguerite de Lorraine. , ligne 28. Pas de numero a ce tableau : Ce tableau est dans la salle X sous le n 998. Ecole frangaise du xv e siecle, Le Christ dcscendu de la croix. NOTKS ET ECLA.IHCISSEMENTS Page 70, ligne 15. ... fairc dc Vcsprit... : Lo passage outre crochets a ete public par la Lihcrtc (25 fevrier 187'i). , ligne 21. 27 Deccmhre 1852 : Cette lei Ire if a pas etc pnbliee ])ar la Revue des Dcu.r Mimdcs. Page 71, ligne 25. ... to them... : An temps on eelte ville, capitale de la Chine tin Sud sous la dynastie des .S'o, se rendit aux annes de Kuhlni, les Annales chinoises 1'ap- pellent du aom de Lin-dnan. (> nom-la fu! change par les Ming en celui do flang-Chcii, qu'ello avail porle a line periodo phis ancienne el qu'elle garde encore. Quin-Sai, Kin-Sai, ou, suivant Debuignes. King-Tnai, doivcnt done oil 1 " eonsideres seulcment coin me une appellation descriptive, basee peut-etre sur le proverbe deja cite, qui 1'appelle line demeure celeste, bien que le sens des mots qni le composent puisse n'elre ]>as precisement les bali- vernes que notre auteur leur a attribuees. Page 72, ligne 9. ... DC Gtiigncs... : D'apres de Guignes jeune. , ligne 12. He adds in a note = II ajoute en note. Pago 73, ligne 9. ... dc toilc... : Le texte porte tuillc. , ligne 13. ... emmaillote... : Le texle portc cmmaiUotic. , ligne 16. ... eut... : Le texte porte cust. , ligne 16. ... term incivilite... : Le texle porte a inci- vilite. , ligne 20. ... louangc... : Le lexte porte louanges. , ligne 20. ... />. 96-97... : Le memo fait est rapporlc par Brantome (CEiwrcs completes, collection Petilol et Moiimerque, 1822, t. II, p. 159, col. 2). , ligne 23. ... pas encore... : Cf. la leltre dn 16 decembre 1852. , ligne 27. 3 Janvier 1853 : Celte lellre n'a |>as etc pu- bliee par la Revue rft'.s Deux Mondes. NOTES ET ECLA.IRCISSEMENTS 189 Page 74, ligne 9. ... Nostradamus... : Cf. la lettre du 22 mars 1851. , ligne 17. 7 Janvier au soir [1853] : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 75, ligne 5. ... aussitot... : Ce passage a etc cite par la Liberte du 25 fevrier 1874. , ligne 9. ... Don Quichotte... : II s'agit sans doute du sinologue Stanislas Julien, que Merimee n'aime guere. Je me prepare a nos conquetes en Chine en lisant un nouveau roman que vient de traduire Stanislas Julien, le Ghinois patente du gouvernement. C'est 1'histoire de deux demoiselles, Mademoiselle Can et Mademoiselle Ling... (Lettres a une Inconnue, t. II, p. 133). , ligne 26. ... pendant les six jours... : Le passage entre crochets a ete public par la Liberte du 25 fevrier 1874, mais sans date. Page 76, ligne 18. 15 Janvier 1853 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 77, ligne 1. ... el pano... : Trois mauvais plaisants vinrent trouver un roi et lui dirent qu'ils etaient passes maitres dans 1'art de tisser des etoffes. Us faisaient, en particulier, une etoffe telle que, seuls, pouvaient la voir ceux qui etaient vraiment fils de celui que tout le monde regardait comme leur pere ; en revanche, elle etait invi- sible pour ceux qui n'etaient pas fils de celui qu'eux- memes et les autres consideraient comme leur pere... , ligne 11. ... toda su honra... : Le roi alia dans 1'ate- lier ou les trois artisans tissaient leur etoffe. Mais a peine entre, il se rendit compte qu'il ne voyait pas 1'etoffe, pas plus d'ailleurs que les figures et les objets qui y etaient, disaient-ils, representes. II en conclut qu'il n'etait pas le fils de celui qu'il croyait etre son pere et pensa que si on venait a le savoir, il perdrait tout son honneur. , ligne 19. ... desnudo ides... : Seigneur, peu m'im- 190 NOTES ET ECLAIHCISSEMENTS porlo que vous me teniez pour Ills do eelui quo jo dis etro inou pore, uu d'un auliv quek-onquo ; loul ce quo jo puis vous dirv, e'esl que vous olrvs nu. Cos trois passages sont lives du Conde Lucanor. Page 77, ligno 24. ... ro/j //r.s hnmbres burladores , . . : Ce qtii advint a nn roi avec trois manvais plaisants. Pag<> 78, ligne 14. ... quand il se debarbouille... : Comic Charles Adrien His de Bulenval, ne en 1809, mnrt en . ligne 2'. [28 Janvier 1853] : Cette lettre n'ost pas datee, mais le contexts permel do la dater avec certitude. Kilo n'a pas etc publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 79, ligne 13. ... Burnnuf... : Jean-Pierre Rossignol avail supplee Boissonade en 1845 au College de France dans la chaire de langue et litterature grecques. Le 28 Jan- vier 1853, il fut olu membro do 1'Academie des inscrip- tions et belles-lettres a la place de Burnouf, niort le 28 mai 1852. En 1855, il sera nomine professeur au Col- lego de Franco. , ligne 28. ... dans toute son energie... : Le passage entre crochets a etc public par la Liberle (25 fevrier 1874), mais sans date. Page 80, ligne 22. 12 Fevrier 1853 : Cette lettre n'a pas (He publiee par la Revue des Deu.r Mondes. Page 81, ligne 21. ... to make... : Un autre reglement fut fait (dans la 19 e annee du regne de Henri VII), defendant 1'introduction d'articlos de sole tissoe soulo ou melangoe avec un autre fil. Mais ce n'etait pas 1'introduction d'o- toffes a la piece, car le royaume n'en avail pas de fa- brique fonctionnant a cette epoque, mais de soio tricotee ou de tissu de soie comme des rubans, des galons, des be- guins, des bonnets de dentelles et des ceintures, etc.... que les gens d'Angleterre pouvaient alors fort bion trou- ver moyen de faire. Page 83, ligne 3. 20 Fevrier [1853] : D'apres le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 191 Page 83, ligne 6. ... de Levesque... : Publiee eu 1782 ; en 1789, Levesque etait entre a 1'Acadeinie des inscriptions et belles-lettres, puis au College de France. II avait ete professeur a Saint-Petersbourg. , ligne 7. Mad. de M = Madame de Montijo. Page 84, ligne 16. ... qui merite de Vetre... : UHistoirc generate de la Russie de Karamzine (Nicolas-Mikhaiilo- vitch) parut a partir de 1816. Elle fut traduite aussitot en allemand, en italien, en polonais, en francais (par Saint- Thomas, Jauffret et Divoff. Paris, 1819-1826, 11 vol.). Co serait elle, parait-il, qui aurait donne a Merimee le gout du russe. , ligne 17. [12 Mars 1853] : D'apres le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 85, ligne 11. ... mandez-le-moi '. . . : Cette lettre a ete publiee, avec des coupures, par la Liberte (25 fevrier 1874). , ligne 13. [20 Mai 1853] : D'apres le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 17. ... sans m'embarrasscr du reste... : Allusion a 1'ouvrage de Antoine Possevino intitule Moscovia, sen de rebus moscoviticis. Wilna, 1586, in-8. , ligne 20. [l er Juillet 1853] : D'apres le timbre de la poste. Page 86, ligne 1. ... que votre servileur... : Merimee vient d'etre nomme senateur. , ligne 2. ... un corazon castellano... : Cc que vaut un cceur castillan. , ligne 21. ... dans cette occasion... : Allusion a sa nomi- nation de senateur. Page 87, ligne 19. ... / stand upon... : Voila mon ter- rain. 192 NOTES ET ECLAIIICI5SEMENTS Page 88, ligne 1. 7 Juillct [1853] : Merimue adresse a F. Michel une lettre. du comic Leon de Laborde (dateo du 7 juilli't) sur le tresor do Pharaon. Co billet n'a pas tMe public' par la Revue de.f Deu.r Mondes. , ligne 0. 21 Juillet [1853] : Celte let Ire n'a pas ete pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. Page 92. ligne 14. 1:5 Aout [1853] : Cette loltro, nou dateo, n'a pas ele publieo par la Revue ties Deux Mondes. , ligne 16. ... dans la malic... : Merimee projelte un voyage en Espagm- ; il sera, en elTet, lc 13 seplembrv a Carabanchel et ! 19 a Madrid (cf. Lettres aiur Lenfirmant, 11 aoiit 1853 ; a Mrs. Childc. J). 104 ; a une Inconnuc, (. I, p. 327, 338 ; aii.r Lagrenc, ]>. 75, 80, 82, etc... Chanibun, Lett res inediles, p. 'iO-'i8 : lotlre a Boissonadr. 2 ( .t aout 1853). Page 93, ligne 4. ... a Trouvillc... : Sur son sejour a Trou- ville, cf. Lettres aiix Lenormant 'C'.hambon, .\otes..., p. 322- 323. De'bats : En I'honneur de P. Merime'e, p. 19 : lettre a Lebrun...). , ligne 10. 19 Septembre [1853] : La lettre est adressee a M. Francisque Michel, rue Bichat, n 40. Paris. Le timbre de la poste indique 1'annee. Elle n'a pas ete pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. Page 94, ligne 8. . .. la gente ralea = la canaille. Page 95, ligne 8. ...La Saussaye est id... : Antiquaire qui s'est occupe surtout de Blois et de la Sologne. Page 98, ligne 4. ... /(/' les gueux, ni etc... : F. Michel pre- pare ses tftudes de philologie coinparee sur Vcirgot et sur les idioines analogues paries en Europe et en Asie, dont il va etre question dans les lettres suivantes et qui paraitront deux ans plus tard. , ligne 16. ... pour les jairc courir... : Voici les titres exacts de cos trois livres : Les Aventures de Don Juan de Vargas, racontees par NOTES ET ECLA1RCISSEMENTS 193 lui-meme, traduites de 1'espagnol..., par Charles Navarin (C. H. Ternaux-Cornpans), 1853. Reflexions, sentences et maximes morales de La Roche- foucauld. Nouvelle edition..., par G. Duplessis, avec une preface par C.-A. Sainte-Beuve, 1853. La Nouvelle fabrique des excellens traits de ve'rite, par Philippe d'Alcrippe (P. Lc Picard). Nouvelle edition par Gratet-Duplessis, augmentee des Nouvelles de la terre de Preste-Jehan. 1853. Pago 99, ligne 3. ... que d'hommes... : II s'agit de Homc- naz, evesque des Papimanes , dont il est question dans Pantagruel (cf. 1. IV, ch. XLVIII et suivants). , ligue 10. - ... neither... : Lhomme ne jait pas mes de- lic.es. et la jemme non plus. Page 100, ligne 1. ... Donnet... : Archevequo de Bor- deaux. , ligne 24. ... des Cosaques... : Merimee publiera dans le Moniteur des 21, 22 et 23 juin de la meme annee une etude intitulee Lcs Cosaques de r Ukraine et leurs derniers Ata- mans. Page 101, ligne 8. 14 Mars [1854] : Cette lettre n'est pas datee, et, dans la Revue des Deux Mondes (art. cite, p. 579), elle a ete datee a tort de 1858. En efl'et, les allu- sions des deux derniers alineas imposent la date du l'i mars 1854. C'est en 1854, au debut de la guerre de Cri- mee, qu'il y avait lieu d'etre preoccupe d'envoyer, par 1 ou 8,000, les chevaux aux Dardanelles; c'est en 1854 que 1'amiral Sir Charles Napier a agi dans la Baltique, pres Bomarsund, et rerionce a attaquer Cronstadt ; c'est encore en 1854 que tirer des regiments deux bataillons de guerre pouvait etre difficile. Enfin, les Russes, entres en Valachie en juillet 1853, out evacue le pays en juillet 1854. Lo doute n'est done guere possible. , ligne 10. ... d' ' exemplaires broches... : II s'agit du Livre d'or des metiers (1851-1854), 2 vol. in-8, en collabo- Francisque Michel. 13 i!)4 .NOTES ET ECLAIKC1SSEMENTS ration avec fidouard Fournier (hisloire des hotelleries, cabarets, restaurants el cafes...), el non du Pays basque, comme 1'indiquo faussemenl la Revue des Deux Mondes (art. cite, p. 579, n. 1). Page 101, ligne 25. ... an Moyen Age... : II s'agil dt-s fitudes sur le passe et Vavenir de Vartillerie. Paris, Du- inaine, 1846-1851, 2 vol. in-'. . Pago 102, ligne 3. ... du belier... : II s'agit do La Chanson de la Croisade contre les Albigeois ; on verra plus loin quo Merimee connail co poeme. Pago 103, ligno 1. in Mai [1854] : Col to lottro nYst pas datee, mais olio ost vraisemblablement do 1854. , ligno 10. ... cos Cabarets... : II s'agil du Livre d'nr des metiers. Histoire de* hotellertes, cabarets... , ligno 14. ... a^-ec impatience... : II s'agit des Eludes de philologie comparee *nr Vargot. qui paraitront t-n 1850. Page 104, ligno 3. ... a ecrire... : Lo passage onlro cro- chols a ote publio par la Liberte (25 fevrior 1874). , ligno 5. ... vos etoffes de soie... : Le livro dont il a ote question deja a paru de 1852 a 1854. , ligno 9. ... a leurs rapports... : F. Michel etait candidat au prix Gobert. , ligno 11. ... a C. Constantinople. , ligno 17. ... je crois... : Merimeo avait visile uno partie de la Greco ot do FAsio Mineuro on 1841. Page 105, ligno 12. ... personne... : Fortoul no fut elu membre de 1'Academie dos inscriptions ot belles-lettres quo le 16 fevrier 1855. Page 106, ligne 2. ... de deux billots... : Merimeo travaillo a son edition dos Aventures du baron de Faeneste. par Theo- dore Agrippa d'Aubigno. qui paraitra choz P. Janm-t en 1855. , ligno 5. ... sa langue au chien... : Lo Duchat avait NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 195 commente les Aventures du baron de Faeneste dans les editions de 1729 et de 1731. Merimee reproduit ses notes. Page 106, ligne 9. ... le courage de m'y mettre... : II s'agit sans doute des Cosaques de V Ukraine et leurs derniers Ata- mans qui paraitront dans le Moniteur a la fin du mois suivant (21. 22 et 23 juin). , ligne 1C. 2 Juin 1854 : Cette lettre n'a pas ete publiee dans la Revue des Deux Mondes. Page 107. ligne 17. ... a tous ceux que je connais... : F. Michel avait depose au concours du prix Gobert son ou- vrage intitule : Recherches sur le commerce, la fabrication et r usage des etoffes de soie. d'or et d 'argent... , ligne 23. ... a present... : II s'agit de VHistoire des refu- gies protestants de France depuis la revocation de V Edit de Xantes jusqiCa nos jours. Paris, Charpentier. 1853, 2 vol. in-12. Page 108, ligne 1. 7 Juillet [1854] : Cette lettre n'est pas datee, mais elle est sans doute de 1854. Elle n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 8. ... Sydenham... : Le 2 septembre (1854), Meri- mee publiera dans le Moniteur un article intitule : Archi- tecture et sculpture peintes au palais de Sydenham. , ligne 12. ... ou il ne fera pas froid... : De la mi-aout a la mi-octobre environ, Merimee fait un grand voyage en Allemagne, dans le Tyrol, en Autriche et en Hongrie ; il va de Bale a Innsbruck, puis a Munich, Augsbourg et Prague, enfm a Budapest et Vienne. II revient par Dresde, Berlin et Cologne. Ce n'est qu'en 1858 qu'il ira a Venise. Page 109. ligne 10. [1854?] : Cette lettre n'est pas datee ; d'apres le contexte, je crois pouvoir la placer provisoire- ment ici. Elle n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 17. ... dans le poeme des Albigeois... : Ambon ou Amban, terme d'architecture, petite tribune pour les lec- tures du clerge aux fideles ou galerie qui regne autour d'un 19G NOTES KT rempart. Le mot est cite, en cfTrt, onze fois dans La Chan- son de la Croisade contre les Albigenis (c.f. vers o'i(), 2K01. 4068, 4166, etc...). Page 110, ligne 1. Anqueton espece de chemist* co\irt(>. , ligne 7. ... des Antiquaires de \ormandie... : En aoiit 1853, Merimee avail ete nomine* president de la Sociele des Antiquairos de Normandie. , ligne 10. ... dc V Academic ... : Le Pr/r Gobert avail ete reparti ainsi : l er prix, M. Charles Weiss, pour 1'ouvra^e cite dans la lettre precedente ; 2 e prix. M. Francisque Mich-'l pour son ouvrape sur les etoffes de soie. Page 111, iigne 7. ... ne s'y oppose... : De aoiil a ociobiv (ISo'i). Merimeo fit, en effet, un voyage en Autrirhe et en Hongrie. , Iigne 10. 3 Fevrier 1855 : Colic lettre n'a pas ed'- pn- bliee par la Revue des Den.r Mondes. . Iigne 13. ... le pourquoi... : Le passage ontro crochets a ete publie. inoxactement, par la Liberte (25 fevrier 187'i). , Iigne 15. ... et les prophetes... : Louis-Joseph Vicat, ingenieur des ponts el chaussees. a etudie la fabrication artificielle des chaux hydrauliques el publie diiTerents memoires sur ce sujet. II s'agit ici de son ouvrage intitule : Recherches experimentales sur les chau.r de construction, le* betons et les mortiers, 1818, in-4. Page 112, Iigne 1. [1855J : C.elte lettre n'est pas dalee, mais 1'offre de Fortoul dont il esl question semble bieii indiquer la dale de 1855. , Iigne 8. M. F. : Fortoul, qui, par le decrel du 13 juillel 1855, vienl precisement de donner a 1'Institut une cons- titution nouvelle. , Iigne 10. ... des cours se'ricii.r... : Le passage out re cro- chets a ete publie par la Liberte (25 fevrier 187-'i). mais sous la date fausse de 1851. NOTES ET ECLAIHCISSEMENTS 197 Page 113, ligne 8. [1856] : Cettc lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 114, ligne 1. ... d ce qu'il me sernble... : II s'agit do la correction des epreuves des Etudes de philologie compa- re'e sur I 'argot et sur les idiomes analogues paries en Europe et en Asie qui vont paraitre 1'annee meme chez F. Didot. , ligne 7. 20 Mai 1856 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 22. ... Longpe'rier est rnalade... : Longpericr (Henri-Adrien, Prevost de), membrc de 1'Institut, con- servateur des Antiques du musee du Louvre. Ami do Merimee, il avait fait sa caricature en 1841 (Merimee de- guise en Turc pendant son voyage en Orient. Musee du Louvre. - Reproduite dans La Jeunesse de Prosper Me'ri- mee,i. 1 1, p. 364). Page 115, ligne 1. 2 Septembre 1856 : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 21. ... dans les montagnes... : Merimee revient d'Angleterre et d'ficosse, ou il a passe pres de deux mois. , ligne 25. 23 Septembre 1856 : Cette lettre est adressec a M. Francisque Michel, Sabloniere Hotel. Leicester Square. London. Page 116, ligne 7. ... d Paris... : Merimee vient de Valen- ciennes, ou il a inaugure le 21 septembro la statue de Froissart. , ligne 14. ... cocu... : Allusion au duel qui i'ut provo- que par sa liaison avec M me Lacoste. , ligne 17. ... flatte... : Le passage entre crochets a ete public par V Eclair (5 avrill907). , ligne 20. ... procureur general... : Allusion a 1'affaiiv Libri. Page 117, ligno 15. [27 Septembre 1856] : D'apres h- 198 NOTES KT ECLAIRCISSEMENTS timbre, de la poste. Cette lettre n'a pas etc publiee par la liei'ue des Deux Mondes. Page 118, ligne 5. 15 Mar* [1857] : Cette lettre n'est pas datee ; mais, d'aprcs le text*', die est immedialement an- lerieure a la publication du Pays basque. II semble done qu'on doive lui restituer 1'envcloppe timbree du 15 mars 1857 qui a ete jointe a la letlre du 14 mars [1858) ; 1'crrcur s'uxpliquerait facilemenl, puisqm- vingt-neuf enveloppes onL ele remises par le fils d' 1 F. Michel a M. Ht-nda apres l'-s I'-lttvs, et qut? collcs-ci ont eto acrouplees a cclh-s-la sans qu'on lint compli- du ti-xtf, du timbre et de la cou- leur du papier employe (ainsi a la lettre du 14 mars sur papier bleu, on a joint uni- i-nveloftpe verte). (ielte lettre n'a pas etc publice par la Rcvuc dcs Den > Maudes. Page 11U, ligne 29. ... escnrgots... : Merimec rorrige da-is cetle lettre le chapilre vn du Pays hasntie, intitule Lcs Itohemit'n:*. La chanson I'stiT. ustiT... est a la page 1'iG (Lc Pai/s basque, $a population, sa languc. scs ituvurs, sa littc'ratiirc ct sa inusique. Paris, 1857, in-8). Page 12(1, ligne 13. ... Kera... : L(> glossain- bnhcmien dout Merimee corrige ici quelques mots ust a la page 1 if> du meme ouvrage. . ligne 14. 29 Mars [1857] : Le lettre n'est pas dalee et 1'onveloppe manque. , ligne 1'J. ... de couleur locale... : Le passage enlre cco- chels a etc publie. inexactement. par 1' Eclair (5 avril 1907). , ligne 20. ... en style de jonntai<.r... : Ces ballades ne tigurenl pas dans le repertoire des ceuvres de I". Michel. Page 121. ligii" 7. ... rle la lan^ue... : II s'agit du cha- pitre u dn Pays basque, intitule L' Escuara. , ligne 23. ... de I' abbe Inrhanspc... : Version Souletine de rtfvangile selon saint Matthieu. L'abbe Inchauspe est sou vent cite dans le Pays basque (cf. p. 484). NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 199 Page 122, ligne 1. [1857?] .- Lettre non datee, qui parait etre de 1857. Elle n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 24. ... Darrigol... : L'abbe Darrigol est souvent cite dans le Pays basque (cf. p. 17, 21...). Page 123, ligne 1. Vendredi : Lettre non datee et enve- loppe non timbree ; elle est placee dans le manuscrit apres la lettre du jeudi soir [1857?], et je la maintiens provisoi- rement a cette place. Elle n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 14. [1857] : D'apres le timbre de la poste. Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 124, ligne 5. [1857?] : Lettre non datee et non pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 18. ... Votre guerre de Navarre : II s'agit de rHis- toire de la guerre de Navarre en 1276 et 1277 par Guil- launie Anelier de Toulouse, publiee avec une traduction, une introduction et des notes. Paris. Imprimerie impe- riale, 1856, in-4. Page 125, ligne 5. [1857?] : Lettre non datee et non pu- bliee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 18. ... n'aurait pas a. s'y presenter... : On verra par la lettre suivante que F. Michel presente tout de meme son livre au concours. Page 126, ligne 8. ... que nous ne savons pas... : II est egalement question de cette expression dans une lettre inedite (et non datee) adressee par Merimee a Liltre. Merimee cite un passage de Brantome. Ampres que le due d'Albe desassiegea Sanjac (Senthia), M. le Marechal (Brissac) ne fut pas plus heureux au siege de Coni : si bien que si les Frangois leur reprochoient Sanjac, ils nous reprochoient Coni : a beau jeu, beau retour et ainsy ils se rendoient la jument (M. le marechal de Brissac, t. Ill, p. 73). Merimee demande a Littre le sens de cette 200 NOTKS ET ECLAIKCISSEMENTS expression. Ainsi la lellre .sorail contomporaino do la l"tlro adrossee a F. Michel ! daterait do 1857. Kn sop- lombiv 1858, Mcrimeo publicra la Preface du f. 1 des (Envres do Branlomo. Pag.' 126, ligiic 11. 11858] : Otic let I re n'osl pas dalec, rnais il somble quYlle soil do 1858. Kilo n'a pas cle pnblieo par la Revue des Deux Monties. Page 127. ligne 1. 27 Janvier 1858 .- Colic l.-llro n'a pas oli ; publieo par la Rcvne dr? Dcu.r \1 mules. -, ligno 21. 3 Fevrier 1858 : Lot Ire non da tec d 11011 pn- biiec par la Revue dcs Deit.r Mnndcs. , ligno. 2'i. ... i>ns trof> rher... : II s'agit d'- I'onvrage do F. Michel sur Lc Pays basque. Pago 128. ligno 5. ... pru re'rrratif ... : Merinu'o publiora lc 20 juillot (18581. dans lc Muniteur. nn Rapjinrl tnr les modifications de la Bibliothcgue i/nperialc. date du 27 mars. , ligno 8. ... M. Herculann a etc nomine... : Alexander Horcnlano do Carvalho o Aranjo avail etc elti onrrospon- danl do I'Acadeinio dos inscriptions ot belles-lei Ires le 22 Janvier 1858. , lign*' 12. Bordeaux : Lettro dateo d'apres lo timbre. Elle n'a pas etc publiee par la Revue dcs Deux Mondes. Page 120, ligno G. 2 .\ovcmbrc 1861 : Cotto lettre n'a pas ele publieo par la Revue des Deu.r Mondes. , ligne 11. ... comma histoire de France... : Lcs Ecossais en France, les Francois en Ecossc. 2 vol. in-8. Lo livro parattra 1'annee suivanto a Londro? (1862K . ligno 24. ... black Coniu I?} : Faut-il lire Black Cynip (forme anglo-saxonne pour King) t't traduiro par Rni .Voir? Dans fvanhoe, Richard Cronr do Lion est ainsi appole par coux qui assistonl au lournoi. Mais il scmble qu'ici Merimeo on pronno a son aise avoc 1'histoiro. NOTES ET ECLAIRCJSSEMENTS 201 Page 129, lignc 25. ... /'// inak sicker... : ct qui avail pour devise : J'assurerai (sicker est une forme ecossaise). Pago 130, ligne 14. Dimanche : Lottre non datee, mais placee dans lo manuscrit apres la lettre du 2 novembre 1861. Ellc n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 21. 8 Deccmbre [1861] : Lettre non datee et non publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 131, ligne 9. [1861] : Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. , ligne 21. 18 Mars [1864] : Cette lettre n'est pas datee ; mais je crois pouvoir la dater avec certitude de 1864. En cffet, Merimee parle de son retour de Cannes ; or, dans la lettre a Panizzi du 19 mars 1864 (t. II, p. 12), il lui dit qu'il est rentre de Cannes 1'avant-veille. Cette lettre n'a pas ete publiee par la Revue des Deux Mondes. Page 132, ligne 26. ... de V intelligence... : Le passage entre crochets a etc public par YEclair (5 avril 1907) et par la Revue des Deux Mondes. Merimee fut tres emu par la mort de Cousin (cf. Chambon, Notes sur Prosper Meri- mee, p. 401 ; Lettres inedites. p. LXXX ; Lettres a la prin- cesse Julie. Revue de Paris, 15 juillet 1894, p. 257 : lettre du 18 Janvier 1867 ; Lettres a Panizzi, t. II, p. 269-271 ; Lettres a M me de Montijo, 24 Janvier 1867, t. II, p. 310, etc...). M. Pinvert possedait une lettre inedite tres cu- rieuse, datee du 14 Janvier 1867, ou Merimee raconte a 1'Imperatrice, avec force details cliniques, la mort de son ami. Page 133, ligne 1. [1867] : Cette lettre n'est pas datee, mais elle est de 1867. , ligne 7. ... de Fontainebleau... : En 1867, Octave Feuillet avait remplace Champollion-Figeac. , ligne 11. [1867] : Cette lettre n'est pas datee, mais elle fait suite a la precedente. , ligne 23. [1868?] : Cette lettre n'est pas datee, mais 202 NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS je crois pouvoir lui assignor la date do 1868, puisqu'il s'agit des recherches sur Hobbes, dont il osl question dans la lettre suivante. Elle n'a pas etc publiee par la Rev ai- des Deux Mo rides. Page 13'i, lignp 8. 16 Juin : Cette lottre cst adrossec a M. Francisque .Michel, (.'.arc; of the Rev d George Williams, King's College, Cambridge. Kilo n'a pas etc publiee par la Revue des Deiuc Mondcs. Page 135, ligne 5. '.) Juin : Aucune des quatre lellres sui- vantes n'a ete publiee par la Revue des Deux Mondcs. JOURNAL I>E PROSPER MERI.MEI: Page 137. Lc Journal de Prosper Merimee : II ne saurail etre question de style ici, puisque ce sont des notes hati- vement jetees sur le papier par un etranger. Sur ce Journal, on consul tera : Paul Souday, Quelqucs propos de Merimee (Lc Temps, 26 novembre 1028). - Maurice Levaillant, Les Entretiens de Prosper Merimee (Le Figaro, 15 decembre 1928). Lc Journal de Prosper Merimee (U Action francaise, 13 decembre 1928). Page 139, ligno 13. ... et qu'il fit general... : Merimee va consacrer une elude d'ensemble a Pouchkine en 1868. II a deja traduit les Bohcmicns et le Uussard en 1852. Sur 1'aieul maternel de Pouchkine, Annibal, negre ou pretendu tel, et sur les doutes qui subsistent a cet egard, cf. E. Haumant, Pouchkine. Paris, Bloud, 1911, in-12, p. 13-16. Co qu'afTirme Merimee n'esl pas prouve. Page 140, ligne 6. ... nomine Ross... : En 1841. II est ques- tion de Ross dans le Deu.ricme Voyage en Grccc (1841) di: Ch. Leiiormaat (Beaux- Arts et Voyages. Paris, M. Levy, 1861, 2 vol. in-8). Ce matin, M. Hoos nous a conduits a 1'Acropole. M. Roos cst 1'antiquaire de la monarchie bavaroise ; c'est un homme fort instruit et qui s'est fait une specialite sur le sol de 1'Attique. Malheureusement. son nom allemand lui a nui dans ce pays, et maintenant c'est un Grec, M. Pittakys, qui a la direction de tout NOTES ET ECLAIRCISSEMKNTS 203 (mercredi 14 [seplembre]. t. II, p. 289). Cf. Ibid., p. 290, 291... Page 140, ligne 11. ... honune d'un grand rneritc... : Merimee rend justice a Niebuhr, mais il ne 1'aime pas (el 1 . Melanges historiques et litteraires, ed. Calmann-Levy, p. 113). , ligne 17. ... la prise de leur capitate par Vennemi... : Cf. Histoire romaine de M. B. G. Niebuhr, traduit par P. A. de Golbery. Bruxelles, L. Hauman, 1830, 4 vol. in-8, t. I, p. 511. , ligne 20. ... s'appelaient Rasena... : Cf. Ibid., i. I, p. 104 et note 344 (ou Niebuhr renvoie, non a Tacite, mais aDenys, 1,30, p. 124). Page 141, ligne 11. ... avec Ampere... : En octobre 1841. , ligne 28. ... jusque sur les bords de la Mediterranee : Sur ce guide, cf. Lettre a De Saulcy (La Nouvellc Revue, sept.-oct. 1882, t. XVIII, p. 238-246), et J.-J. Ampere, La Grece, Rome et Dante. Paris, Didier, 1859, in-12. Une course dans V Asie Mineure. Nous nous etions pourvus d'un guide supplementaire ; ce n'etait cependant pas un homme du pays, et a Ephese nous etions plus voisins de notre patrie que lui de la sienne. II avait un nom grec, Calogeros, et on nous le donna pour grec, mais il s'expri- mait avec beaucoup de difficulte dans cette langue. Nous lui demandames ou il etait ne ; il nous repondit que son pays appartenait aux Anglais. Nous pensions mal en- tendre ; en fin il prononca le mot de Peschaver. II venait, en effel, de Peschaver, dans le voisinage du Thibet. Comment un Grec etait-il ne au pied de PHimalaya? Je songeai a ces medailles grecques trouvees dans la Bactriano et qui attestent la persistance de la civilisation hellenique poiiee aux extremites de 1'Asie par Alexandre. Calogeros me faisait 1'eiTet d'une de ces medailles. Cependant, je ne pense point qu'il ait 1'honneur de descendre d'un Macedo- nien de la phalange, et j'imagine qu'il fait plutot partie de quelques-unes de ces populations nestoriennes qui, de 2 ( >'i NOTES KT ECl.AUtClSSEMENTS bonne ht-ure, portercnt le christianisme aux fronlieres de l'lnde (p. 363). Pag- 142, ligne 14. ... le Sanscrit... : Merimec a ete 1'aini d'Kugene Burnouf, inort en 1852. II fait allusion ici aux etudes du celebre orientalist' 1 sur les langues el les lille- ralures de la Perse ct d<- I'lmle, a ses etudes des manus- e.rils /ends et, particulierement, a la serie de memoircs relatifs a la langue el a la lilteralure sanscrite que Hur- uouf publia dans If Journal asiatique el dans le Journal i/>:t Sawints. L<> cousin de Burnout', fimile-Louis Burnout, continual! avoc moins d'eclal IVeuvre d'Eugenc et venait de publi''!' en 185'J uiu 1 Methode pour etudicr la lanm: tntwrite. Sur la I'ainille des Burnouf, qu' Merimee si-mblf avoir assux biou connin 1 , cf. la let Ire du 7 novembre 186'J a Panix/.i : fragment supprime dans 1'edition Cahnann- Levy et publie par F. Chambon. Lettres incdites. p. 242- 243. Gf. egalement Leltn-s des 2d Janvier el 2 seplembre 1849, 14 et 20 deeembre 1850 a Fr. Michel (Burnouf, meinbre du jury pour lo prix Volney avec Merimee). Page 143, ligne 7. ... Gott in der Geschichte... : Paru a Leipzig en 1857 (3 vol.) et Iraduit par A. Dielz sous le litre r>ifi dans VHistoire. Paris. Didii-r, 1868, in-12 (tra- duclion reduite, oil ne figure pas le passage en question). - Merimee connaissait Bunsen. qu'il avail rencontre a Cannes des 1850 ; 1'ecrivain allemand, Ires malade, passa en 'fTet a Cannes !.-, hivers de 1858 et ]85 ( . et moiirut a Bonn en 1860. II lit parlie de la petile colonie elrangere que frequenlait Merimee icf. Une correspondence ineditc, p. 187). a Nous avons iei un baron Bunsen, Allemand et memo Prussien, qui a ete minislre de son pays a Home el en Angle terre pendant nombre d'annees. II nous prele des livres, c'esl-a-dire les siens. .Pen lis un en se])t volumes sur les origines du rhristianisme. 11 y a une erudition im- mense el un falras abominable (Ibid., p. 25 ( ,H. .le n'ai pu convert ir !< baron de Bunsen. qui s'esl moque de mon inscription grecque (Ibid., p. 273-27 i). Cf. Revue nniverselle, l er septembre 1929, p. 525. NOTES ET ECLAIHCISSEMENTS 205 Page 144, ligne 14. ... dont on enveloppait leurs pieds... : L'expression est peu claire ; Merimee songe sans doute au proverbe : Dii lanatos pedes habent. Pago 145, ligne 4. ... du paysan russe... : Merimee a etu- die ceite periode dans Les Faux Demetrius, publics on decembro 1852. , ligne 11. ... cela est defendu... : Cf. 1'article de Meri- mee paru dans la Revue des Deux Mondes du l er juillot 1854, La Litte'rature et le servage en Russie. Dans une lettre adressee a M me de Montijo le 8 juin 1858, Merimeo ecrivait : J'ai longuement cause hier avec un homme tres spirituel, un M. Turghenef, qui m'a parle de ce qui se fait on Russie pour I'emancipation des serfs. , ligne 13. ... et autres... : Phrase incomplete et obscuro. D'ailleurs, ce que rapporte Merimee est inexact ; les Bas- kirs et les Kalmuks habitant la region du nord de la mer Gaspienne ne passaient pas par Moscou pour aller en Sile- sie, et on ne vendait pas les femmes a Moscou. Page 146, ligne 25. ... plus haul... : Ces pages montrent a quel point Merimee, sceptique, a toujours ete preoccupe par les problemes religieux ; les livres sacres lui etaient tres familiers. Ces preoccupations se font jour surtout dans les lettres adressees a M me de la Rochejacquelein (Une correspondance inedite. Paris, Calmann-Levy, 1897, p. 39, 41, 45. 49, 54, 78, 82, 115, 119, 123, 124, 125, 128, 131, 162, 188, 193, 224, 235, 236, 244, 245, 247, 248, 249, 260, 289). Page 147, ligne 18. ... Grote Va eue aussi... : A partir do 1847, ot au fur et a mesure de la publication, Merimee a rondu compte de 1'ouvrage de George Grote, History of Greece, dans la Revue des Deux Mondes (l er avril 1847. l er aout 1848, l er juin 1849, 15 mai 1850, 15 mai 1853, 15juilletl856). , ligne 23. ... d'apparence brutale... : Merimee, qui re- 20() NOTES ET ECI.AIRCISSEMENTS doutait les rouges , etail partisan resolu de I'Empire autorilaire. Pago 148, ligno 5. ... //// foyer d'idees... : Merimee a tou- jours ell le culto do la Greco, surloul, apres lo voyage de 1841 ; il etait d'ailleurs un asso/ bon hellenisto. . ligne III. ... au XVf c fiii'de... : A la memo epnque, Sainte.-Beuve place cello apogee a la (in . ... piece tres hardie... : Merimeo a consacre un article a Gogol dans la Revue des Deux Mondcs du 15 no- vembre 1851 ; il a fail parattre uno traduction du Revisor en juillotl853. , ligno 8. ... une de ses plus mauvaises pieces... : Tra- duile par Merimeo en 1852. Merimec consacrera un article a Pouchkine en 1868. , ligne 13. ... et la vie intirnc... : Merimeo lui consacrera un article en 1868. , ligne 20. ... en oto... .- Passage peu clair ; il y a on russe deux formes de verbos : les perfoclifs el les imper- fectifs ; mais il existe parmi les imperfectifs des verbos qui indiquont une action qui so repete ou peut se repetor. Le vocatif n'existe plus que dans le mot Dieu : boje = o Dieu ! Ce que Merimeo prend pour uno affectation d'ar- chai'sme est un reste, dans la declinaison principalement, do formes ploines en -oyou qui out passe avec le temps a la forme plus simple -oi, mais donl la trace s'est conservee NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS 207 dans les grammaires et, c.a et la, dans la litterature, jus- qu'a la Revolution. (Note communiquee par M. Legras.) Page 156, ligne 8. ... commenca aussitot... : Cf. Niebuhr, Histoire romaine, t. II, p. 527. Merimee, qui cite de me- moire, comme toujours dans ces causeries familieres, se trompe. Niebuhr ne conteste pas le fait. Deux pages plus haut (p. 525 et 526), il discute certaines assertions de Tite-Live sur la presence des vieillards patriciens, des femmes et des enfants dans Rome ; mais il rapporte, sans commentaire, 1'anecdote du vieillard et du soldat. , ligne 15. ... planter leurs orges... : Ibid., t. I, p. 265, 373, 379 (Niebuhr insiste, au contraire, sur la salubrite de Rome). , ligne 16. ... des Sabines... : Ibid., t. I, p. 210. Page 158, ligne 19. ... de la vie... : Cf. Revue des Deux Mondes, 15 mai 1852, compte-rendu de Merimee sur La Relraite des Dix-Mille. Page 159, ligne 2. ... se soutenir... : Dans ses Etudes sur les arts au Moyen Age, Merimee a ete moins categorique sur ce point. , ligne 12. ... de la democratic... : Merimee en a tiuune une autre explication dans la Preface de la Chronique du temps de Charles IX (ed. Calmann-Levy, p. iv...). II y re- vient dans la Correspondance inedite, p. 249. Page 161, ligne 18. ... [grande : voyez}... : Mots retablis. Page 162, ligne 9. ... a la pischologie, etc., etc... : Merimee y avait acces grace a Sophie Duvaucel, belle-fille de Cuvier. , ligne 21 . ... sur la terre ferme. . . : Merimee visita Venise en 1858. Page 165, ligne 5. ... ambassadeur... : Merimee etait en Anglelerre depuis les premiers jours de decembre 1832 (cf. Seize lettres inedites de Merimee a Sutton Sharpe. Mer- cure de France, 16 octobre 1910, p. 193. Cf., p. 203, lettre 20S NOTES ET liCLAIHCISSE.MENTS ', dil Barbier. Page 168, ligne 8. ... chez les anciens... : Cf. Ammien Marcellin (Paris, J.-.I. Dubochel, 1849, in-8). Liv. XIX. eh. vin, p. 116. II s'agit d(> la confusion qui suivit la prise d'Amide, que defendait une garnison romaine. jiar les Perses. Ammien Marcellin s'enfuit alors a Antioehe. II n'esl nullemenl question des Parthes, comme 1- pretend Merimee, qui cite loujours de memoire. , ligne 19. ... a cc propos... : Xouvelle erreur de Meri- mee : cette anecdote n'esl pas dans les Memorables de Xenophon. , ligne 26. ... rai'issants... : Cf. Platonic Opera (Paris, F. Didot, 1856, in-8 ). lu^o-isov, XXII, p. 680. Page 169, ligne 13. ... Histoire de la civilisation. .. : His- tory of Civilisation in England. Le premier volume avail paru en 1857, en memo temps que 1'ouvrage de Bunsen. , ligne 25. ... Pierre le Justicicr... : Merimee a eludie le NOTES ET KCLAIRCISSEMENTS 209 Moyen Age espagnol dans YHistoire de Don Pedre 7 er , roi de Castille, qu'il publia en 1848. Page 170, ligne 19. ... les critiques allemands... : Merimee ne savait que quelques mots d'allemand et il n'a jamais bien connu ni apprecie la litterature allemande. Page 171, ligne 14. ... (commencement du XVII e siecle)... : Merimee se trompe. Charles Bonnet est ne a Geneve le 13 mars 1720 et est mort dans la meme ville le 20 juin 1793. Apres s'etre occupe d'histoire naturelle et de phy- siologie vegetale, il s'adonna a la philosophic des sciences, a la psychologie et a la metaphysique. Son nom restera dans 1'histoire de la philosophic celui d'un emule de Con- dillac, d'un des precurseurs de la psychologie physiolo- gique et des theories transformistes, mais d'un transfor- misme a part, mele de leibnizianisme et de christianisme (F. Picavet). Ses principaux ouvrages sont : Essai de psy- chologie (1754), Essai analytique sur les facultes de Vame (1760), Palingenesis philosophique (1770). II avnit etc un des principaux adversaires de J.-J. Rousseau. Francisque Michel. TABLE DES GRAVURES Pages Ornements sacerdotaux de Thomas Becket (cathe- drale de Sens) 17 Chape de Charlemagne (cathedrale de Metz) ... 26 Ornements sacerdotaux de saint Bertrand de Coni- minges (Abbaye de Saint- Bertrand -de-Com- minges) 28 Nicolo di Petro Gerini. Couronnement de la Vierge (Musee du Louvre) 67 Carpaccio. La Predication de saint Etienne a Jeru- salem (Musee du Louvre) 68 Portrait de Edward Lee Childe (propriete de MmeLee Childe) 136 TABLE DBS MATIERES Page* INTRODUCTION i Lettres a Francisque Michel (1848-1870) .... 1 Journal dc Prosper Merimee (redige par Edward Lee Childe) (1860-1868) 137 Notes et eclaircissements 173 Table des gravures 211 J IA1PRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR A NOGENT-LE-ROTROU LIBRAIRIE ANCIENNE HONORE CHAMPION 5 et 7, OUAI MALAQUAIS. PARIS (vi e i BRUTAILS (AUGUSTS). Geographic monumentale de la France. 1923, in-8o li fr. (JHATELAIN (Lons). Les monuments remains d'Orange. ln-8". fig., planches et carte 30 fr. Couronnc par I'Acadcniic ties Inftcriplions. CHENE88EAJJ (Abbe GEORGES). Sainte-Croix d'Orleans. Histoir" d'une cathedrale gothique reedifi^e par les Bourbons (1599-1829). 3 vol. in-4, dont un album renfermanl 218 fig 300 fr. COUISSIN (PAUL). Les armes romaines. Essai sur les origines el Involution des armes individuelles du legionnaire romain. Avec un avant-propos