> s ^ c v *> I RAPPORTS SUR L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893 t! v. ; MINISTERS DU COMMERCE, DE I/INDUSTRIE DBS POSTES ET DBS TELEGRAPIIES EXPOSITION INTERNATIONALE DE CHICAGO EN 1893 T ~~~ * RAPPORTS PUBLIES SOUS LA DIRECTION DE M. CAMILLE KRANTZ COMMISSAIRE GENERAL DU GOUVERNEMENT FRANAIS COMITE 34 x Imprimerie et Librairie. /- Cartographic PARIS IMPRIMERIE NATIONALE M DCCC XCIV RAPPORTS DE MM. H. LE SOUDIER ET LE COMMANDANT G. DEFFORGES COMMISSAJRES RAPPORTEURS COMITE 34 Imprimerie et Librairie RAPPORT DE M. HENRI LE SOUDIER LIBRAIKE r.l>ITi:i:il COMMISSAIRE RAPPORTEUR COMITK 34. jOMITE E 3/1. IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. A 1'Exposition universelle de Chicago, le Comite 34 comprenait la librairie, les impressions typographiques, la lithographie , la reliure, les cstampes et les journaux. Sauf deux maisons, Firmin-Didot et C 10 et Goupil et C' e , qui avaient expose dans des salons separe's, les autres, au nombre de cinquante-cinq, s'etaient r^unies en collectivite" sous le patro- nage du Cercle de la librairie. Par suite de divergences de vue avec le Comite ame'ricain des re"com- penses, il n'y a pas eu de jury frangais a 1'Exposition de 1898. Le choix d'un juge unique et d'une recompense unique, une me'daille de bronze, accompagn<5e d'un diplome, n'a pas permis a la France de prendre part au concours. Seul parmi les autres nations, notre pays, suivi bientot en cela par la Belgique, s'est mis aussitot hors concours. Quelques exposants, dans d'autres sections, bien quo leur pays ait accepte le systeme de distribution des recompenses que le Comite ame'ricain avail impose , se sont refuse's a con- courir. Les membres du jury francais ont done du ^changer leurs fonctions contre celles de commissaires rapporteurs, et c'est a ce titre que nous pre"- sentons le travail qui va suivre. Les instructions qui nous ont 6l6 remises portaienl sur deux points essentiels : 1 Renseignements aussi complets que possible sur la situation et 1'avenir de notre Industrie aux Etats-Unis et indication des reTormes qu'il paraitrait ulile d'op^rer; 2 Etude comparative de notre exposition de librairie et des expositions etrangeres. Nous nous sommes done attache, en ce qui concerne la librairie, a etudier 1'etat actuel de nos relations avec les Etats-Unis compare a celui des autres nations. Apres quelques considerations generates sur 1'Exposition de Chicago, nous nous proposons d'insister d'une maniere toute parliculiere 4 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. sur le vaste champ ouvert a 1'industrie du livre aux Etats-Unis et sur les efforts que nous avons a faire pour concourir avec 1'AIlemagne, notre plus serieuse concurrente dans 1'Amdrique du Nord. Grace au flot montanl de son immigration, elle menace tout particuherement et notre commerce de librairie et aussi notre languc, battue en breche par la langue allemande dans les colleges et universites des Etats-Unis. II n'existait que fort peu de bases precises pour e"tablir ce travail, aussi nous a-t-il fallu, pour nous rendre compte dc la situation, rnodifiee certamement depuis {'exposition de Philadelphie en 1876, parcourir les principals villes des Etals-Unis et re"unir, aupres des personnes compe"tentes, des renseignements precis sur la question. Nous dirons aussi quelques mots sur le Canada, que nous avons e"galement visile", et sur les de'bouche's que notre Industrie y trouve tout naturellement, en indiquant les moyens propres a les etendre encore dans les deux pays. Apres cet expose, nous pourrons aborder avec plus de profit la scconde partie de notre lache, c'est-a-dire etudier les Expositions f'rancaises el les comparer aux expositions etrangeres, en insistant tout spc"cialement, d'une maniere tres de"taillce , sur {'organisation et les moyens d'action des libraircs allemands, qui sonl, comme nous 1'avons dit plus haul, nos seuls concur- rents S($rieux pour la ventedes livres en langues iHrangeres aux Etats-Unis. CONSIDERATIONS GENERALES. A peine notre Exposition de 1889 avait-eHe ferine" ses portes, laissant le monde entier encore e"bloui des merveilles qu'elle renfermait et du succes sans pre"ct'dent qu'elle avail remporte", quo les Etats-Unis avaient deja re*- solu de fairc une Exposition universelle dans leur pays. Le Nou?eau-Monde voulait quo 1'anniversaire du quatrieme centenaire de sa de'couverle par Christophe Colomb fut marque* par une demonstration imposante des progres accomplis par les Americains du Nord depuis 1876, et, a cet effet, toutes les nations furent conviees a prendre part a ce touruoi paci- fique. Ce n'est pas sans une lutte acharne'e entre New- York, Chicago, Washington et Saint-Louis que la capitale de 1'Hlinois fut choisie. II ne fallut pas moins de huit tours de scrutin au Congres de Washington pour arriver a obte.nir le quorum de i5/i sur 807 votants. Enfin, au dernier tour, Chicago obtint i 67 voix; New- York, 107 voix; Saint-Louis, a 5 voix, et Washington, 18 voix; 1'Exposition du Centenaire, la World's Fair, comme I'appelerent les Americains , devait s'e'panouir sur les bords du lac Michigan. Toutes les nations repondirent a 1'appel qui leur fut adresse", et 1'on ne compte pas moins de cinquante-deux pays, y compris les colonies et pro- tectorats de 1'Angleterre, du Danemark, de 1'Espagne, de la France et de la Hollande, qui participerent a 1'Exposition de Chicago. Ce sont les sui- vants : Allemagne. Equateur. Indes. Autriche. Espagne. Jamai'que. Belgique. Cuba. Nouvellc-Galles du Slid. Brfeil. lies Philippines. Trinite. Bulgarie. France. Gr^ce. Chili. Tunisie. Guatemala. Colombie. Grande-Bretagnc. Haiti. Corfo. Guinee anglaisc. Honduras. Costa-Rica. Canada. Italic. Danemark. Colonie du Cap. Japon. Saint-Thomas. Ceylan. Johorc. EXPOSITION IMVERSELLE DE CHICAGO. Liberia. Mexique. Monaco. Norvege. Orange. Paraguay. Pays-Bas. Curasao. Perse. Portugal. Re"publique Argentine. Russie. Saint-Domingue. Siara. Suede. Suisse. Turquie. Uruguay. Venezuela. Le i cr mai 1898, 1'Exposition etait solennellement ouverte par Ic prc"- sident Cleveland, sans avoir cependant le privilege d'etre plus complete- ment pre'te que ses devancieres, car 1'installation inte'rieure, quoique menee avec une activity prodigieuse, n'^tait qu'a moitie' acheve'e a la date fixe'e pour 1'inauguration. L'Exposition de Chicago, on 1'a rdpete souvent, a 6*16 surtout un succes d'architecture. Avec les beaux palais qui formaient la Ville blanche, e'levde sur les bords du lac Michigan, au milieu du pare Jackson, 1'Exposition prdsentait un aspect vraiment grandiose, et quiconque s'est trouve", par un beau soleil, au milieu du bassin central, entoure" des Palais des Manufac- tures, des Mines, de 1'Electricite' et des Machines, avec le Palais de 1' Admi- nistration a une extremite' et la colonnade quifaisait face an lac de 1'autre, a e'te' saisi d'une veritable admiration, tellement le tableau, le fond et le cadre etaient harmonieux et imposants a la fois. Quant aux produits exposes, ils ne differaient guere de ceux que nous venions d'admirer a Paris, a cette difference pres que 1'Ame'rique y 6laii plus largement repre'sente'e et que 1'AHemagne, dont nous n'avions pu (Jtudier les produits ni en 1878 ni en 1889, y avail une exposition des plus importantes, tout au moins par le nombre des produits exposes. Par suite du nombre (Snorme de sujets allemands e'migre's aux Etats-Unis et particulierement a Chicago, un grand effort avait e'te' fait par 1'cmpire d'AUemagne pour figurer d'une maniere brillante a 1'Exposition. Pour la librairie, 1'Allemagne, l'Am(5rique et la France ont ele* les seulcs nations qui y aient ve"ritablement pris part d'une maniere complete. L'An- gleterre a fait presque de"faut; 1'Autriche et la Russie ont envoye 1 fort peu de livres; quant a la Belgique, la Suede, la Norvege, le Danemark, la Suisse, 1'Italie et 1'Espagne, leur exposition dc librairie n'a joue" a Chicago qu'un role assez efface". Le classement ge'ne'ral fut loin d'etre parfait. La distance d'un palais a un autre ^tait trop grande, si 1'on considere que la surface totale dc IMPRIMER1E ET LIBRAIRIE. 7 {'emplacement occupe* par 1'Exposition dans le pare Jackson avail presque trois fois plus d'e'tendue qu'a Paris en 1889, que le terrain occupe" par les constructions mesurait une surface double de celui recouvert par notre derniere Exposition, et que le nombre des palais, qui, a Paris, avail e"le de cinq, e'lail de vingt-huil a Chicago, ayant cout6 87 millions de francs, au lieu de ao millions a Paris. Le grand nombre d'exposants re"parlis sur cette immense surface, un peu au hasard et sans uniformite, a rendu des plus pe"nibles les visiles a 1'Exposition. Ceux qui y sont venus dans le bul d'(5tudier ont du perdre un temps pre"cieux, tant a chercher les divers emplacements qui etaient de nature a les inte'resser qu'a parcourir les dis- tances dnormes qui se"paraienl les produits de meme nature d'un pays des produits similaires d'un autre. II e'lail done impossible d'eludier un meme produit dans divers pays sans avoir a entreprendre un veritable voyage; c'est ainsi que les livres francais dtaient exposes au premier elage du Palais des Manufaclures el ceux d'Allemagne au milieu du pare, au Pavilion alle- mand, oil ils occupaienl lout le rez-de-chaussee et une partie du premier (Stage; la Suede possedait un Pavilion, avec ses livres dans une autre parlie du pare. Quant a la Russie, une partie de son exposition de livres se trou- vail au rez-de-chaussee du Palais des Manufaclures el 1'aulre partie au Palais de 1'Eleclricile , ou e'lail e"galemenl relegue un de nos edileurs fran- cais, M. Tignol. Cetle dispersion, sur un immense espace, de tout ce qui inteVesse noire industrie a e"te" des plus facheuses. On avail deja regrette" en 1889, a Paris, de voir cerlaines expositions e"trangeres dissernine'es dans leurs Pa- vilions nationaux, et il serail desirable que noire prochaine Exposition ne tombat pas dans les me"mes errements. Nous avons enregislre avec une cerlaine fiert^ un ve"rilable succes pour 1'exposition francaise en general et 1'exposition de librairic en particulier. Elle occupait un emplacement bicn 6claird au premier e"lage du Palais des Manufaclures el en face du lac Michigan. Grace a une heureuse disposilion des vilrines el a la disposition beaucoup plus pratique des bibliolheques, les produils de nos induslries avaienl la bonne forlune d'elre mis en va- leur. II esl a de"plorer cependanl que noire classe, a Chicago comme a Paris en 1878 el en 1889, ail ele rele'gue'e au premier elage ou les visi- leurs sonl certainement plus rares qu'au rez-de-chausse"e. Une aulre cri- lique porte sur le mode adopte" par cerlains e"dileurs : les vilrines ferme'es. II faut, a notre avis, abandonner ce systeme el s'en lenir aux bibliolheques 8 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. ouvertes, comme celles qui renfermaient les publications de la moitie" des exposants de notre classe ou mieux encore de trouver un amenagement rjui permette d'examiner les livres a loisir et d'en apprecier la valeur. Sans aller peut-etre aussi loin que certains pays, 1'Allemagne notamment, qui a fait de son exposition un veritable e"talage et qui semble avoir obtenu par la un excellent requital comme ventes et relations d'affaires, il faudrait ndanmoins introduire une modification serieuse dans le sens que nous nous permettons d'indiquer. Les ouvrages de tres grands prix seuls devraient (Hre tenus enferme's. Pour les autres, la comme en toutes choses, il faut savoir faire la part du feu. Quel est l'e"diteur qui ne s'expose a recevoir en retour des volumes defraichis toutes les fois qu'il fait des envois d'ofiice ou a con- dition? Combien il aurait e'te' profitable a notre industrie que les profes- seurs d'universite's ou de colleges vinssent feuilleter et parcourir dans notre section a Chicago nos ouvrages de sciences et d'art! Us y auraient trouve" ce que de rares prospectus ou catalogues sont impuissants a leur faire de"couvrir. Nous aurions aussi aime a voir sur la grande table, ou figuraient les ca- talogues des e"diteurs, les meilleurs de nos journaux politiques et de nos revues; c'est ce qui a eHe* judicieusement pratique dans bon nombre de sections, notamment dans les sections allemande et sue"doise. Les direc- teurs des grands journaux de Paris et de nos meilleures revues eussent fait volontiers le service de leurs publications pendant la dure"e de 1'Exposition , et le public cut eHe" heureux de pouvoir parcourir les derniers articles du Figaro, du Temps ou de la Revue des Deux-Mondes et d'admirer les belles gravures de V Illustration. Le journal francais se fait trop rare aux Etats- Unis, si on e"tabiit la comparaison avec les journaux allemands qui y ont une large place, la plus large, il faut le dire. Ce ne sont point la des de- tails de mince importance, il y va de la renommee et de 1'influence dc notre pays, et nous souhaitons qu'il en soit tenu compte a une prochaine exposition. Quelque regrettable qu'ait e"te" 1'organisation deTectueuse du jury charge" de la repartition des recompenses a 1'Exposition -de Chicago, organisation qui a motive la raise hors concours de la section francaise, cette derniere, de 1'aveu des autorite's compe'tentes de 1'^tranger, a tenu 1'un des premiers rangs, et si 1'on avail pu amener la Commission americaine a adopter un sys- teme rationnel et a constituer un jury vraiment international avec creation dc diplome d'honneur et de diplomes gradues, nos exposants en auraienl justement recu une large part. Est-ce le contre-coup de leur abstention IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 9 qu'on a voulu faire sentir aux nations hors concours, en ometlant dans la premiere edition du catalogue officiel les noms des exposants francais? Toujours cst-il qu'a part la section des Beaux-Arts avec 989 nurneros, tant pour la sculpture, la peinlure, la gravurc et les pastels el la section de 1'Electricit^ avec 9 k noms, la premiere Edition du catalogue officiel n'a mentionn(5 ni les produits ni les noms des autres exposants francais. La Belgique a et plus heureuse, bien que hors concours : elle a eu 1'honneur de voir ses exposanls ported au catalogue officiel. En resume", 1'Exposilion de Chicago n'a e"t ni pire ni meilleure que les expositions qui 1'ont pre'ce'dee. Au point de vue de 1'architecture et de 1'as- pect exterieur, elle a e"te plutot un succes. On a voulu faire grand, trop grand peut-etre, carles produits n'ont pu y tre e"tudie"s aussi soigneuse- ment qu'ils 1'auraient et<5 avec une meilleure classification et sur un espacc plus restraint. Nous allons maintenant etudier quelle consommation de livres en langues e"trangeres nous offrc 1'Am^rique du Nord, tant aux Etats-Unis qu'au Ca- nada; quelle place occupe la langue francaise dans 1'enseignement et dans la population , en la comparand a la langue des autres pays d'Europe. LE LIVRE ET LES BIBLIOTHEQUES AUX ETATS-UNIS. Dans les pre"ct$dentes expositions a 1'^tranger, aucun rapporteur, quo nous sachions, n'avait, en ce qui concerne la lihrairie, e"tudie les debou- ches que nous offrait le pays ou elles se tenaient. On s'elait borne" a e"tudier les produits de chaque nation en les comparant avec les notres, mais per- sonne n'avait donnd place a une etude meme succincte sur la consommation des produits examines et sur celle des produits similaires etrangers; cela tenait sans doute a ce que le jury n'avait a s'occuper que des produits com- pare's entre eux tant en France que dans les sections e"trangeres. L'etude nouvelle que nous allons essayer de faire nous parait pourtant presenter un inlereH majeur. Les Etats-Unis offrent un large champ de consommalion pour les livres et les journaux, en quelque langue qu'ils soient imprime's. Les ouvrages de toutes series, scientifiques et litt&aires et les journaux sous toules les formes, quotidiens, hebdomadaires ou mensuels, illustres ou non, y Irou- vent un nomhre considerable de lecteurs. 10 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Les Etats-Unis sont peut-etre le pays du monde ou Ton rencontre le plus de bibliotheques riches et bien ame'nage'es. Les bibliotheques publiques, celles des universit^s et des colleges, tant de garfons que de filles, les bi- bliotheques privies et celles d'une foule d'institutions ou d'associations sont comme un immense reservoir ou viennent se de"verser les productions de 1'esprit, sous quelque forme et dans quelque langue que ce soit. II n'est pas rare de voir les revenus d'une university atteindre pour une anne"e 5oo,ooo francs, i million, 2 millions meme. La plus pauvre a un revenu annuel de /iB,ooo francs. Ces nombreuses bibliotheques sont pour la plupart richement dote"es, soit par des dons multiples en argent ou en livres, soit par des donations vraiment royales dont les Mecenes ame"ricains comblent a 1'envi les insti- tutions qui ont un but utile. M. Standford ne vient-il pas de donner a tine seule university la somme de 20 millions de dollars, soit plus de 100 mil- lions de francs ! et les libe'ralite's de ce genre ne sont pas rares , sans atteindre des chiffres aussi e'leve's. Pour donner une ide"e de la richesse de certaines bibliotheques, qu'il nous suffise de citer quelques chiffres. On compte actuellement aux Etats- Unis, d'apres le dernier recensement, environ /i,ooo bibliotheques con- tenant ensemble plus de 3i millions de volumes, dont 27 millions de volumes relics. Pour une population totale de 63 millions d'habitants, cela fait en moyenne une bibliotheque pour 16,000 habitants et une moyenne de 5o volumes par too habitants. Les Etats les mieux dole's en volumes sont ceux qui se trouvent sur les bords de 1'Atlantique et ceux du Centre. L'Etat de Massachusetts, avec une population de 2,200,000 habi- tants, possede a lui seul plus de Boo bibliotheques renfermant 6 millions de volumes ou brochures. L'Etat de New-York, avec le me'me nombre de bibliotheques, possede 4,5oo,ooo volumes et brochures pour une popu- lation de 6 millions d'habitants. Ensuite vient 1'Etat de Pennsylvanie avec 35o bibliotheques contenant 3 millions de volumes pour une population de 5, Boo, ooo habitants. Comme on 1'a vu plus haut , la moyenne par i oo habitants est de Bo vo- lumes pour les Etals-Unis. Mais tous les Etats ne sont pas si heureusemenl favorise"s. Ainsi le Texas, 1'Etat qui a le moins de volumes a lire eu e"gard au nombre d'habitants, ne dispose que de k volumes pour 100 habitants, tandis que celui qui a le plus de livres a lire est le District Colombien qui dispose de 92/1 volumes pour i oo habitants. Dans 1'Etat de Massachusetts, IMPRIMER1E ET L1BRA1RIE. 11 qui a Boston pour capitale, on a 63 fois plus de volumes a lire que dans le Texas, et le Texas en a 281 fois moins que le District Colombien, dont Washington est la capitale. On cstime qu'il y a aux Etats-Unis 3 bibliotheqties de plus de 5oo,ooo volumes, i de 3oo,ooo a 5oo,ooo volumes, 26 de 100,000 a 3oo,ooo, 68 de 5o,ooo a 100,000, 128 de 26,000 a 5o,ooo, 383 de 10,000 a 26,000, 565 de 5,ooo a 10,000, et enfin 2,600 biblio- theques de 1,000 a 5,ooo volumes. Ce qui precede prouve assezque les Etats-Unis pre"sentent un vaste champ ouvert a l'industrie du livre. Dans les bibliotheques publiques, les plus grandes facilites sont offertes aux lecteurs pour lire sur place ou emporter les ouvrages qu'ils desirent consulter chez eux. Aussi le public a-t-il pris 1'habitude, quand il veut lire un livre, d'aller a la bibliotheque plutot que chez le libraire. Beaucoup de bibliotheques sont gratuites, et le prel des livres est fait sans aucune remuneration. De la vient peut-etreque le public acheteur est plus rare qu'en Europe. En resume", on lit beaucoup aux Etats-Unis, et, parmi ces nombreux lec- teurs, c'est la femrne qui forme le plus fort contingent. L'homme, nous entendons la g^neralite" , manque de temps pour lire; ses affaires 1'absorbent trop et le font vivre dans une fievre perpe"tuelle. II se contente des jour- naux qui forment la seule lecture de la plupart des business men de rAme"- rique du Nord. C'est ce qui explique les tirages fabuleux de certaines feuilles politiques, tirages inconnus dans notre vieille Europe, et le nombre de pages qu'ils comportent pour un seul numero. On compte souvent 3 a pages grand format, comme pour la Chicago Tribune dans son nume"ro du di- manche. La femme, au contraire, a plus de loisirs. A I'oppose de 1'homme, qui, ge"ne"ralement a 1 5 ou 1 6 ans, quitte l'e"cole primaire pour se consacrer aux affaires et commencer son apprentissage, la jeune fille prolonge ses Etudes bien au dela et souvent jusqu'a 20 ans. Une fois marine, elle continue a s'mstruire, alliant I'^lude des arts d'agr^ment aux Etudes speciales. Aussi 1'homme qui n'appartient pas a une profession liberale ne jouit-il, en ge"- neYal, que d'une instruction plutot sommaire, tandis que la femme possede une instruction d'un niveau plus clove" : son esprit est plus orne, grace a ses lectures. Nous ne parlons, bien entendu, que de la classe qui s'adonne aux affaires el qui forme d'ailleurs les quatre cinquiemes de la population aux Etats-Unis. 12 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Cette predominance intellectuelle de I'^lement fe"minin assure dans les bibliotheques publiques une large place aux ouvrages de litterature et aux romans, tandis que, dans les universities, ce sont surtout les auteurs clas- siques etles ouvrages de sciences qui dominent. Au milieu de tous ces iivres, il serait interessant de connaitre la part qui est faite aux Iivres en langues dtrangeres et surtout aux langues francaise et allemande. LIVRES EN LANGUE FRVNCAISE ET ALLEMANDE. o Un premier fait, pe"nible a constaterpour nous, cstque, dans un nombre important de bibliotheques, les Iivres en langue allemande entrcnt pour une proportion considerable parmi les ouvrages en langues dtrangeres, pro- portion qui atteint pour certaines villes le chiffre e"norme de 90 p. too. Quelques bibliotheques, toutefois, principalement dans 1'Est, onl laisse une large part aux ouvrages fraucais, surtout aux ouvrages litteraires; mais plus on avance dans 1'Ouest, apres avoir quitte les Etats voisins de 1'Atlantique, plus on constate que la langue allemande domine. II en est de merne pour les peViodiques. Ainsi, a la bibliotheque publique de Chi- cago on compte 65 pe"riodiques allemands, plus at journaux en langue allemande publics aux Etats-Unis, surtout a Chicago, tandis qu'on ne rencontre que 21 peViodiques francais, plus 2 journaux en langue fran- caise imprimis aux Etals-TJnis, le Courrier de I' Illinois, public a Kankakee, ct le Courrier des Etats-Unis, publie" a Ne\\ -York. Get e"tat de chose est du a 1'immigration allemande aux Etats-Unis, qui depasse de beaucoup celle des autres nations. Qu'il nous suffise de ciler quelques chiffres. A Milwaukee, ville peu distante de Chicago, sur le lac Michigan, la population allemande forme les quatre cinquiemes des habi- tants, et, Chicago, sur une population d'un million et demi d'habitants, compte pres de /ioo,ooo Allemands, plus que d'Americains natifs qui ne sont que 800,000 environ, centre 216,000 Irlandais, BS^ooTcheques, 5o,ooo Polonais, /i5,ooo Su^dois, aulantde Norvegiens, 35,ooo Anglais el \ 3,ooo Francais seulement. Ce grand nombre d'Allemands,pour la plu- part naturalises Am^ricains par necessity, soil pour s'exon^rer du service militaire en Allemagne, soil parce que leur genre d'affaires lesypousse, font plus indirectement, pour la venle des Iivres allemands et pour la diffusion dc 1'influence et des idees allemandes, qu'aucune autre cause. Au budget du Board of Education de 1'Etat de 1'illinois pour 1892, qui est de plus de IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 13 3d millions de francs, on voit porte"e unesomme de presde i million pour emoluments attributes aux professeurs d'allemand et pour achat do livres allemands. De plus, dans toutes les families d'origine allemande, on a conserv^ picusement la langue allemande et un attachement vivace a 1'an- cienne patrie, qui malgre" lout reste toujours la mere-patrie. Pour nous en convaincre, nous n'avons qu'a lire un article paru dans la Tdglichc Illinois Slants Zeitung, grand journal quotidien public* a Chicago ct qui, en parlant de 1'exposition des livres allemands a Chicago, dit entre a utres : Pour nous, Germano-Ame'ricaius,rexposilion des livres impre'giie's de notre ancienne patrie udits qui s'eflfor- cerent sans relache d'apportcr en Ameriquc les ide"es allemandes; aussi les Germano-Americams leur doivent-ils une grande reconnaissance. Actuellement 1'enseignement de la langue allemande estdonne a 1'Univer- site de Harvard par quatre professeurs titulaires et quatre repetiteurs qui pour la moitie sont allemands de naissance et ont fait la plus grande partie de leurs etudes en Allemagne. Tel est le cas de M. Bartlett, le directeur actuel des etudes allemandes. Apres avoir passe par les Universites de Berlin et de Bonn, il fut appele a Harvard par le professeur Hedge et l'e"tude de 1'allemand est pousse"e jusqu'au plus haul degre. Un court apercu des matieres de 1'enseignement montrera qu'aucune autre languc vivanle ne possede un enseignement aussi approfondi en Ame'rique. L'enseignement esl divise en trois cours, plus un seminar ou cours supe- rieur. Le cours e'le'mentaire comprend : grammaire, exercices; prose; clas- siques modernes, theatre classique; poemes lyriques et ballades, lecture de textes scientifiques. Dans le cours moyen on (Studiera a fond Lessing, Schiller, Goethe, 1'histoire generale de la htteVature allemande particulie- rement celle des XH" et xm c siecles, 1'histoire de la litterature et de 1'art au temps de la Reforme, celle de la critique litteYaire et esthdtique depuis Lessing jusqu'aux Romantiques, enfin les tendances politiques dans la lit- terature allcmande au xix" siecle. Le troisieme cours comprend le gothiquc, le vieux saxon et le vieil haut-allemancl, 1'histoire de la langue allemande depuis le xu e siecle, les poesies du Nord, la mythologie germanique, 1'an- tiquite germanique, la l(5gende de Faust. Le cours supdrieur ou seminar s'occupe exclusivement de philologie et comprend trois divisions distinctes : le haut-allemand ancien, le haut-allemand du moyen age et le haut-alle- mand moderne. Pour finir nous citerons encore une Universite importante de 1'Est, celle de Providence. Nous verrons par le tableau suivant quelle place y occupe 1'enseignement de 1'allemand compare a celui du francais pour 1'obtention de differents grades universitaires : IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 17 I1EURES COIVSACDEES GRADES. ANNIES. CHAQIE SK1I MM: 1 Li LiXGDB franyaisc. allemanrle. heures. lieures. N i " annee. 6 O es arts a annee. o 6 Baclielier i ann<5e. a annee. 6 o i5 6 , . ( i annee. 6 i5 ( a annee. 6 i5 i5 i" annee. 6 i5 Ingenieur a" annee. i " annee. 6 6 6 i5 ( a* annee. 16 10 66 tii L'^tude de 1'allemandpeut durcr quatre ans au college et a 1'Universite, un, deux ou trois ans, plus le cours sup^rieur; cet cnseignement est tel qu'il peut mencr au professorat. Dans les ecoles superieures, on constate que les cours d'allemand sont suivis par aa,ooo Sieves, 18,000 filles et 9,000 garcons, contre 12,000 sculement qui suivent le cours de franfais : 8,000 lilies et /t,ooo garcons. Ce sont les Etats de Massachusetts (6,000) et de New-York (1,000) qui ferment le plus fort contingent a 1'elude du francais. Notre ancienne pos- session, la Louisiane, ne donne pour IMtude de notre langue que le chiffre de i27,toutesfilles, et le Tennessee 2 seulement. L'etudedel'allemandestre'- partie d'une maniere plus uniforme dans la plupart des Etats, mais dans une- proportion plus forte dans les Etats suivants : New-York, 3,ooo; Ohio, 3,ooo; Illinois, 2,000; Pennsylvanie, a,ooo; Massachusetts, i,5oo; Wisconsin, i,5oo; Minnesota, 1,000, etc. Nous pourrions citer une foule d'autres exemples dans d'autres ecoles, notamment dMcoles speciales, sur- tout d'ingenieurs, ou rallemand est presque exclusivemement enseigne", les cours de francais n'etanl suivis que dans le premier semestre de la premiere anne'e (apprentice half year}. La consequence immediate de l'inf<5riorite dcs cours de francais est que notre langue est tres pen repandue aux Etats -Unis. On ne peul se figurer le petit nombre d'Americains qui parlcnt courammcnl le francais, nous cntendons dans la classe moyenne. Notre langue serait plutot parl(5e par 34. a 18 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. les chefs des families allemandes devenus ame'ricains, qui convorsent et e"crivent assez bien Ic francais. L'e"migre allemand apprend tres vite 1'an- glais et se fait rapidement aux habitudes de sa nouvelle patrie. Par suite, les Allemands en general sont assez aime's aux Etats-Unis ou ils ont ap- porte" leur industrie et leur intelligence et ou ils s'ameYicanisent en peu de temps. Ils constituent aux yeux de 1'Americain, qui est toujours porte" a coter par un chiffre homines et choses, une valeur reelle, car ils restent aux Etats-Unis et consomment sur place 1'argent que d'autres comme les Italicns, les Francais et surtout les Chinois emportent dans leur patrie, lorsque le pe"cule amasse" par I'e'conomie atteint un certain chiffre. L' Alle- mand au contraire s'lStablit dans la ville de son choix, il y fonde une famille, qui devient americaine, mais sans jamais abandonner lalangue maternelle ni rompre les attaches qui le hent a 1'ancienne mere-patrie. De plus 1'Al- lemand comme 1'Ame'ricain est un bon consommateur, il defense large- ment et sans compter. II ne pousse pas 1'e'conomie comme le Chinois, par exemple, jusqu'a faire venir de Chine la plupart des denre"es alimentaires ne"cessaires a sa consommation, riz, the*, etc. Tout le monde a entendu parler de 1'agitation provoque"e aux Etats-Unis par la question chinoise et les mesures proposers pour ecarter et au besoin expulser du territoire des Etats-Unis des Strangers qui gagnent 1'argent amencain, sans donner la conlre-partie en consommation. De tous ces faits, il re"sulte que 1' Allemand , mieux accueilli que n'importe quel Stranger, progresse et s'e"tend chaque annee de plus en plus et que les exportations des livres allemands aux Etats-Unis augmentent r^gulierement. Les notres, au contraire, ne pro- gressent pas beaucoup , le tableau suivant en fera la preuve : IMPRIMER1E ET LIBRAIRIE. 19 TABLEAU DBS EXPORTATIONS DE LIBRAIRIE FRANCA1SE (tlVRES, CARTES, MUSIQUE) POUR LES nix DERMERES (Poids brut en kilogrammes.) ANNEES. EXPORTATION AUX ETATS-UMS. EXPORTATION TOTALE A I/STRANGER. LIVRES en LAVGUKS niorles ou etrangeres. LIVRES en UMVI franjaise. CARTES GBO- GRAPB1QUBS. MtJSlqUE CRAVBB. LITRES oil LAMCURS mortes ou ctrangores. LIVHES en LiNCUB fran^aisc. CARTES CKO- GnAPHlQUES. HUS1QUE GRATKB. 1883 39,884 35,34 1 63,3d 69,461 70,01 1 59,091 63,36 7 59,45s 39,7 3 9 55,835 99,590 69,349 Manque. 73,195 58,994- 79.801 84,84 9 8o,4o5 iti,oll 105,537 Manque an Tableau de, expor- tation*. 3,719 4.694 3,o49 1 9,446 1 ',737 i,64o 999 Manque. 9,667 Manque. 38o,364 384, 499 49o,5ao 599,335 807,018 99l.l45 996,136 919,965 769,33o 555,939 9,935,545 9,8o5,36i 2,894,644 9,893,046 3,015,709 9,741, 438 9,589,009 3,891,839 4,94o,8i8 3,901,915 Albums It images. io,64o 16,690 17,010 15,676 >9,3i3 i5,74a i3,o6i 19,549 9i,5o4 90,099 19,701 47,041 45,o54 45,o59 47,096 44,336 34,6io 4a,o49 46,699 54,797 60,989 1884 1885 . ... 1886 1887 1888 .... 1889 1890 1891 1892 TOTAUI. o38,47* 7,5,9,3 9i,4o4 6,676,544 31,094,957 178,191 466,869 Total poll Total pou r les i!K ann r 1809 1,335,789 161,379 Total poul Total pou les dix annees 8,4t5,86i 3,84 7 , 777 TABLEAU DBS IMPORTATIONS ET EXPORTATIO\S DE LIBRAIRIE (LIVRES, CARTES, EN ALLEMAGNE POUR LA MEME DUREE (l 883-1 892) ^. ANNEES. IMPORT TONNES. ATIONS. MM Li: MARCS. EXPORT TONNES. ATIONS. MILLE MARCS. 1883 2,5g.'i a , 7 3 7 3,839 3,954 2,906 a,8ao 2,691 3,856 2,978 3,o33 9,07 s 9. 5 79 9,9oo jo,34o i i,6ao 11,899 11,704 12,707 i3,a53 i3,4g8 7 ,6 9 3 7'9' 8,5 9 3 8,883 9,s44 9,161 9,126 9,300 9,434 9,3 11 26,926 27,684 3O,074 81,086 87,900 87,926 87,418 43,o4a 43,n4 4s,55o 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 TOTAUX 38,897 118,678 88,554 356,719 11 Extrait du Tableau du commerce de la France. (i) Statistisches Jahrbuchfiir das Deutsche Reich, 1898. 20 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. TABLEAU COMPARATIF DBS EXPORTATIOXS DE LIBIUIRIE ALLEMAJiDE DANS LES DIVERS PAYS ET DBS IMPORTATIONS DE LIVHES ETRANGERS EN ALLEMAGNE POUR L'ANNEE iSo^ 1 '. PAYS IMPORTANT LES LIVRES AI.I.liM VM.S et EXPORTAM I.EUBS LITBKS en Allemagne. LIBR ALLEMANDE IMPOItTEB. AIRIE INDIGE.1E PAYS IMPORTANT LES LITRES ALLEMAXDS et LIBR . ALLEMANDE IHPOBTSB. URIE ^ -^ INDIGKSE BXPOUTKE en Allemagne. en Allemagnc. en Allemagne. tonnes. i6a i58 33o *97 161 /i4i sin 3,8 9 5 a 7 tonnes. Go 55 4a8 a33 65 166 43 i,a36 a tonnes. 5,goa a8 67, 977 57 i,383 7 a5 261 tonnes. 2, -288 4 196 5o3 i 9* i 17 Danemark France. . . . Russie Grande-Brelagne . . . Italic Brcsil Etals-Unis Suede-Norvege Indos anplaisfs Autriche-Hongrie. . . Espagne et Portugal . A reporter . . . TOTAL 5,903 2,988 0,3u 3,o33 KTAT RECAPITULATIF DES EXPORTATIONS DE LIBRA1R1E (nVRES, CARTES 1 ' 2 ', MUSIQUE) POUR LA FRANCE ET L'ALLEMAGXE. ^TATS. EXPORTATIONS DE LIBRAIRIE ACX ETATS-CK1S. EXPORTATIONS TOTALES DE LIBRAIRIIi A L'ETRA^G:;R. 1892. 1883 a 1892. 1892. 1883 a 1892. kilogr. 161,873 1,383,000 kilogr. 1,335,789 a kilogr. 3,847,777 g,3i 1,000 kilogr. 38,4 1 5,86i 88,554,000 Devant de tels rdsultats une question se pose lout naturellement. Com- ment re"agir et quels sont les moyens, tout en augmenlant noire influence aux Etats-Unis, d'ut'.'ndre la vente de nos livres et d'y re"pandre nos jour- naux et nos revues? 11 ne faut pas se le dissimuler, ces moyens ne sont pas aises a mettrc en pratique. Us sont toutefois nettement indiqu<5s et ce qui s'est passe" de- ('' Statislisches Jahrbuchjur das Deutsche Reich, i8g3. & LccliiHrcdes cartes geograpliiqnos exporlees aux Etats-Unis pour 1'annee i 892 manque an Tabled i du commerce de la France. IMPRIMERIE ET LIBRAIR1E. 21 puis nombrc d'anne"es pour Ics Allemands nous montre assez ce qu'il fau- rlrait faire : payer de sa personnc, allcr en Ame'rique et tenter d'y contre- balancer 1'influencc de nos voisins. Si nous cherchons ou s'e"coule le livrc en langues e"trangeres , nous trouvons aux Etals-Unis qu'il va pour une large part chez I'Ame"ricain , que ce soil Ic public ou les bibliolheques de toutes sortes, niais il faut aussi faire entrer en ligne de compte la popu- lation etrangere ou dc souche cHrangere, les AHemands s'il s'agit de livres allemands et les Francais s'il est question de nos livres. Or aux Etats-Unis cct appoint est tres important pour I'Allemagne tandis que pour nous il fait deTaut en grande partie. Mais il n'est jamais trop tard, etpourquoi nos jeunes Francais, qui se destinent au commerce, au lieu d'aller en Angle- terre, n'auraient-ils pas le courage dc traverser 1'Atlantique? La population francaise qu'on rencontre aux Etats-Unis, quoique pour la majeure partie fort inteYessante et composee de travailleurs serieux et probes n'occupe pas en ge"ne"ral une position sociale suffisante pour exercer une influence bien grande. A cote de ces vaillants compatnotes il y a malheureusement une population de gens moins inteYessants et qui ne sont pas fails pour porter a 1'etranger le bon renom de notre pays. Le Francais, casanier par nature, ne s'expatrie souvent que lorsqu'il y est force 1 ; ceux de nos compatriotes qui sont dans une certaine position de fortune ne voyagent pas assez. On a bien commence" dans certaines de nos Ecoles de commerce a donner aux Sieves les plus militants des bourses de voyage, mais combien est restreint le nombre de ces privilege's et combien peu de temps ils peuvent profiler de la faveur qui leur est accorded! Le Progres konomique, dans un article du i cr octobre dernier, en parlant des bourses de voyage alloudes par 1'Ecole supdrieure de commerce du Havre, nous apprend que le Directeur de cette e"cole, avec 1'assentiment et le concours financier de la Chambre de commerce, avail profitd des vacances de Paques de 1892 et 1898 pour mener une elite d'e"leves, la premiere fois a Hambourg, la seconde fois ^en Angleterre. En 1892, sous la con- duite du Directeur et de deux professeurs, 16 (Sieves du cours prdparatoire et des cours normaux s'^taient rendus a Hambourg el y avaienl sejourne" une dizaine de jours. Cetlc anne"e, les Sieves elaienl un peu moins nom- breux el le sejour en Anglelerre avail ete" moins long, mais, somme loute, les eleves en avaienl retire" plaisir et profit. Une sod'cUe" Ires meVitante fondee par un homme d^vou^. M. Rauber, un Alsacien, la SOCIKTE POUR F.A PROPAGATION DES LAHGUES ETRANGERKS, encou- 22 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. rage'e par de baules protections, accordc tons les ans des bourses de se'jour a I'tHranger et cette anne"e huit bourses (trente-cinq bourses dans les trois dernieres annees) ont e"te attributes par voie de concours a des instituteurs, institutrices, employe's de commerce, etc., tous Sieves des cours publics et gratuits d'anglais, d'allemand et d'espagnol qui sont alles en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. Mais ces essais sont isoles, et il serait a de"sirer que ces exemples fussent plus suivis et les voyages d'une duree un peu moins mesure'e, carle se'jour est trop court et le but risque d'etre manque". Tout au plus souleve-t-on le voile et laisse-t-on a Thieve le de"sir de retourner plus tard dans les contrees qu'il n'a fait qu'entrevoir. H serait de toute ne'cessile' de favoriser ceux de nos compatriotes qui seraient tenths d'aller chercher fortune a I'e'lranger. Les society's d'e"migra- tion, aidees de nos consuls, ou les Ecoles de commerce elles-me*nies pour- raient procurer a quelques-uns de nos jeunes gens qui ne trouveraient pas de situation en France les moyens de s' employer a I'^tranger. Si ces coura- geux Francais re"ussissaient, comme tout porte a le croire, puisqu'ils seraient guide's et appuye"s serieusement, ils ne tarderaient pas a avoir de nombreux imitateurs. Les affaires de toutes sortes, commerce, banque, Industrie, sol- licitent une multitude de forces aux Elals-Unis et rien ne nous empecherait, si nous en avions le courage, d'e"galer nosvoisins et meme, avec le temps, de les surpasser. En ce qui concerne la librairie particulierement, il y a d'autres moyens plus faciles et dont les resultats seraient plus imme'diats. Ils ne peuvent s'appliquer qu'aux bibliotheques qui, ayant des fonds suffisants, achelent une certaine quantite" de livres. II faudrait les sollicker par des prospectus bien faits et le plus possible re'diges dans la langue du pays, par 1'envoi de catalogues avec titres spe"ciaux en anglais capables d'nttirer ainsi leur attention et de faciliter leurs recherches. Nos editeurs devraient faire fre- quemment de ces envois aux personnes susceptibles d'acheter des ouvrages de leur fonds. Ils devraient aussi avoir recours au concours de la presse, qui est encore plus puissante aux Etats-Unis qu'en Europe, et faire an- noncer leurs nouveaute's ou en faire publier des comptes rendus. Telle est la maniere d'opeVer des libraires allemands et anglais qui inondent non seulement 1'Amerique, mais le monde entier, de prospectus luxueux el de- laine's de leurs nouvelles publications. Un litre dans une bibliographic ou un catalogue dit Irop peu, il faut plus d'explications el au titre joindre une lable des matieres et indiquer les points saillanls de 1'ouvrage, surtoul IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 23 pour ce qui concerne les ouvrages scientifiques et historiques qui sent tres recherch^s en AmeYique. II nous reste maintenant a dire quelques mots du Canada eta indiquer succinctement quel parti nous pouvons tirer de ce pays qui sous la domi- nation anglaise a pourlant conserve" tant d'atlaches avec la France tout autant par la langue que par les gouts et les sentiments. II nous a e"te" par- ticulierement agitable de nous retrouver au milieu de quasi-compatrioles clans les villes de Montreal et de Quebec ou notre langue est parle"e par la majorit^ de la population, surtout dpns la derniere de ces villes. Les bibliotheques, sans (Hre aussi nombreuses et aussi bien dot^es qu'au.x Etats-Unis, ont cependant une certaine importance et achetent sur- tout, en dehors des livres en langue anglaise, des livres francais. La popu- lation allemande, fort clairseme'e, n'exerce plus la son influence sur la vente du livre comme aux Etats-Unis, et nous avons pour cette Industrie, du moins, un avantage marque. La plupart des meilleures librairies ap- parliennent a des Canadiens francais et les ouvrages en langue francaise occupent la plus large place dans leurs rayons. II ne faudrait pas croire cependant que les livres allemands y font defaut; les livres scientifiques surtout sont tres recherche's dans les bibliotheques de colleges et d'uni- versiles et c'est par le moyen que nous indiquions plus haul, c'est-a-dire par 1'envoi re"gulier de prospectus et de catalogues qui font connaitre les pro- ductions nouvelles, que la librairie allemande pe"netre d'une maniere rela- tivement large au Canada. Nos e"diteurs devront done faire d'une maniere continue une propagande tres seYieuse dans le Dominion, ils seront ap- puye"s par les nombreux Canadiens francais qui voient tout ce qui vient de France avec une sympathie marquee. Si ces derniers pouvaient supprimer les droits d'entre"e qui frappent encore le livre en langue e"trangere, ils feraient faire a notre commerce un grand progres au Canada. Comme on a pu le voir par tout ce qui precede sur 1'importation du livre francais et la propagation de notre langue aux Etats-Unis, la ques- tion meYite la plus serieuse attention et nous avons cru de noire devoir, bien que la veYite" soil quelquefois dure a entendre, de la dire tout entiere sans la moindre restriction. Loin de nous la pensee de vouloir froisser cer- taines susceplibilite's : nous estimons que le vrai patriotisme cbnsiste, non pas a flatter scs compatriotes , mais a leur dire toute la veYite". Nous avons, Dieu merci, une supeYiorite incontestable dans beaucoup de brandies de 24 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. 1'industrie en ge'ne'ral; nous possedons encore la premiere place, incon- tesle"e celle-la, dans tout ce qui louche a 1'art et au bon gout, mais il faul ne pas perdre de vue que les autres nations marchent aussi el sans relache dans la voie du progres et nous croyons qu'il serail coupable de ne pas laisser echapper libremenl le cri d'alarme sur ce qui se passe a I'dtranger quand nos inle're'ls sonl en jeu et de s'endormir dans une se'curite' aussi trompeuse que pleine de perils. Dans 1'^tude des exposilions e"trangeres que nous allons aborder main- tenant, 1'Allemagne occupera une place tres large, plus large qu'aucun aulre pays. Nous ne devons pas perdre de vue, en effel, que tous nos efforts doivent tendre a contre-balancer 1'influence de nos voisins dans toutes les conlre"es du globe en ge'ne'ral et en parliculier au\ Elats-Ums el c'esl en nous appliquanl a les mieux connaitre que nous pourrons luller avec avanlage. II ALLEMAGNE. L'AlIemagne e"tait fort bien represented, dans la section dc la librairic, a Chicago, et son exposition, renfermant un Ires grand nombre d'ouvragcs de loutes sortes, elail tres belle, [/arrangement des volumes, e"pars sur des tables, laissait peut-etre a de"sirer au point de vue de 1'aspect, mais le but poursuivi etait atteint : faire connaitre le plus possible les publications allernandes en les mettant a la porlde du public, non pas seulement dans des rayons de bibliothcques, mais pour ainsi dire sous la mam des visi- teurs, de maniere qu'elles parussent s'offrir d'elles-mcmes a leur curiosite". L'aspect n'avait rien de pittoresquc, mais dans un pays ou 1'Allemagne compte tant de clients, les re'sultats n'ont pas (Ste" douteux. Aussi cette section, qui occupait sur les bords du lac Michigan le rez-de-chaussee du Dcutsches ILius ou Pavilion allemand situe dans le pare Jackson, e"tait-elle toujours rcniplie denombreuxvisiteurs. Deuxrepre'sentants, auxquelsdesgardiens en sous-ordre preHaient leur concours, e"taient occupe's a renseigner le public. Avant d'examiner chaque exposition en detail, quelques mots sur 1'orga- nisation actuelle de la librairie allemande nous feront mieux comprendre quel lien solide unit les libraires allemands, non seulement entre eux en Allemagne, mais partout ou ils operent : aux Etats-Unis comme a Buenos- Ayres; au Cap de Bonne-Espe"rance, comme a Tokio, a Sidney, grace au Borsenverein ou Bourse des libraires de Leipzig. LIBRAIRIE. Organisation. De tous les pays, c'est 1'Allemagne qui possede le plus de libraires. II y en a 6,io4 d'apres le Fuhrer (lurch die Buchgewerbliche Kollectiv-Austellung des Deutsclien Reichs m Chicago i8g3, qui contient les renscignements les plus inte"ressants sur la librairie dc 1'Empire allemand. Ces 6,000 libraires sont re'partis dans i,ao4 villes. De plus, sur la surface du globc-jls sont repandus un peu partout : on en compte 779 en Autriche, 860, dans les autres Etats de 1'Europe, i a 5 en Amerique, 9 en Asie, 8 en Afrique et 6 en Auslralie. 26 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. La librairie s'est d(5vclopp^e dans les pays de langue allemande plus rapidement que partout ailleurs, par exemple dans 1'Autriche-Hongrie et dans la Suisse allemande. Elle compte des repre"sentants dans les pays les plus e'loigne's. partout ou existent des centres peupl^s d'Allemands. Par libraires, il faut entendre le commerce de livres proprement dit, celui de la musique, la librairie d'art et les cartes ge"ographiques. Elle a des repre"sentants tres divers et bien distincts : les editeurs ou Ver- leger, les commissionnaires et les libraires de"taiHants ou Sortimenter. L'edi- teur produit, le libraire ^coule les produits et le commissionnaire sert d'intermediaire entre les deux, interme'diaire tres important chez nos voisins et mme, comme on le verra plus loin, indispensable. Dans le commerce de la librairie de detail rentrent le colportage et la librairie d'occasion, branches qui se sont beaucoup accrues dans ces derniers temps et qui me- nacent de de"passer le commerce de livres neufs. Le trafic des livres se faisait, dans les siecles precedents, a la foire de Francfort-sur-Mein et se bornait a des e*changes. A 1'epoque de la ReTorme, il se produisit une revolution dans le commerce des livres, et grace a 1'ac- tivite deployee dans 1'imprimerie , le centre des affaires de librairie se transporta de Francfort a Leipzig, ou il se trouve encore actuellement. Le commerce des livres qui, jusqu'au commencement de ce siecle, se faisait presque exclusivement lors des foires, se deVeloppa par la creation a Leipzig de maisons de commission qui sont encore une des spdcialites caracteristiques de la librairie allemande. Tout libraire -allemand a son repre"sentant ou commissionnaire a Leipzig, qui sert d'intermediaire au libraire detaillant pour ses affaires de librairie et ses inte're'ts en ge"ni ! ral. Le commissionnaire de Leipzig recoit les commandes adress^es par ses clients aux editeurs, les transmet a ces derniers, qu'ils soient de Leipzig ou d'autre part; il veille autant que possible a ce que les commandes soient executes le plus promptement possible, groupe les envois qui lui sont remis et les expedie a dates fixes et re*gulierement a ses correspondants. II sert aussi d'intermediaire pour effectuer les pavements et de cette maniere fait 1'office de banquier. Depuis quelque temps, la Reichs-Bank ou Banque de 1'Em- pire, avec son systeme de virements tres bien organise", a un peu modifis" les rapports financiers du commissionnaire avec son client. Tout libraire esttenu d'adresser ses envois a Leipzig, franco de port et de tous frais; par centre, les envois partant de Leipzig se font toujours en port du. Un tres grand nombre d'e"diteurs habitant d'autres villes que IMPR1MERIE ET LIBRAIRIE. 27 Leipzig ont un de"pot de leurs publications dans cette derniere ville, si bicn que les commandes du libraire detaillant peuvent eHre exe'cule'es sans retard a Leipzig m&me. Les commissionnaires de Leipzig, seuls, repre"sentent a eux tous environ 7,500 libraires. Les autres centres de commission pour la vente des livres, mais dans un rayon plus restreint, sont Stuttgart, Berlin, Vienne, Budapest, Prague et Zurich. L'echange des correspondances entre libraires avec TEmpire d'AHe- magne, 1'Autricbe-Hongrie et la Suisse se fait en grande partie par 1'en- tremise du commissionnaire de Leipzig, qui transmet lettres, commandos, prospectus, etc., a la Bestellanstalt on bureau special de distribution. Ce bureau se trouve dans la Maison des Libraires (Deutsches Buchhdndlerhaus) , a Leipzig, et a pour mission de distribuer toutes les correspondances au commissionnaire respectif des libraires de"taillants; ce dernier les fait par- venir a 1'adresse de ses clients dans les paquets , ballots ou caisses qu'il leur expcklie. On pourra se faire.une ide'e de 1'importance de cette institution quand on saura que quatorze employe's sont occupe's toute la journe'e, du matin jusqu'au soir, a trier des papiers d'affaires , et que le nombre de bulletins dc commande, de circulaires, etc., s'e"leve, dans le courant d'une anne'e, a plus de 3o millions. Une autre branche du commerce de la librairie qui s'est de'veloppe'e d'une maniere seVieuse a Leipzig, dans ces dernieres anne*es, est le Barsortiment ou la vente des livres au comptanl. Le Barsortimenter ou revendeur, achete les livres les plus courants en grand nombre, les fait relier et les fournit au prix net original de l'e"diteur. Les livres en langues e"trangeres sont e"ga- lementfournis au commerce par de nombreuses maisons de Leipzig. Par suite de la centralisation de la majeure partie du commerce de la librairie a Leipzig, le libraire detaillant se trouve constamment en rapport avec les e'diteurs. Par la voie de Leipzig, le libraire recoil non seulement ses commandes a compte ferme,.mais encore toutes les nouveaute"s qui viennent a paraitre, et ces dernieres lui sont pour la plupart fournies a condition. En Allemagne, le libraire sail exactement a quelle clientele con- vient tel ou tel ouvrage et il le fait remettre en communication au domicile des personnes qu'il peut interesser. Le client peut juger ainsi de la valeur de 1'ouvrage qui lui est communique" et il le garde le plus souvent. Les auteurs, en AHemagne, retirent de ce systeme un tres grand avantage et c'est grace a cette organisation que la production du livre dans ce pays de*- 28 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. passe celle des autres nations. En France, il semble quo le libraire attende, en ge"ne"ral, que 1'acheteur vienne le trouver; le plus souvent, il s'abstient d'aller le solhciter. De la, pour 1'editeur, un surcroit de defenses dans les frais de publicite" par la voie des journaux, de I'affiche ou du prospectus. Si nous pouvions obtenir de nos libraircs de"taillants, en France, qu'ils employassent le systeme allemand pour faire connaltre les nouvelles pro- ductions litteraires et scientifiques , nous aurions fait un grand progres, el ce systeme contribuerait puissamment a la ventedu livre. C'est un peu grace a lui que la production en Allemagnc atteint des chiffres considerables. Borsenverein. C'est en 182 5 que fut fonde" a Leipzig le Borsenverein der deutsclien Buchliandler qui correspond en beaucoup plus grand a notre Cercle de la hbrairie. Cette vaste association e"lend ses operations spe'cia- lementsur 1'Allemagne, 1'Autriche-Hongrie, la Suisse et aussi un peu sur tout le monde civilise", si bien que sur le globe on rencontre un peu partout des libraires qui sont en rapport avec le Borsenverein. Au commencement de 1892, d'apres le catalogue de la section de li- brairie allemande. 1'Association des libraires allemands comptait 2,672 membres representant 2,690 maisons. Dans ce nombre 1'Allemagne figu- rait pour 2,268 membres; I'Autriche-Hongric, pour i 79 ; la Suisse, 118; la Belgique, 6; le Danemark, 6; la France, 20; la Grece, i; la Grande- Bretagne, i 5; la Hollande, 8; 1'Italie, 16; laNorvege, A; la Roumanie, i ; la Russie, 34; la Suede, 6; la Turquie 2, et 1'Ame'rique , i5. En mars 1898 ie nombre des membres e"tail monte" a 2,726. Le Borsenverein a revise ses statuts le 26 septembre 1887. II a eu en vue surtout la defense des inte"rets de la librairie allernande dans toutcs ses branches. II s'est attache" d'une maniere toute particuliere a chercher les moyens capables d'e"tendre et de faciliter de plus en plus et de part et d'autre les relations d'affaires, la simplification des reglements de compte, la fixation de certaines regies ayant trait aux rapports avec le public et surtoul 1'uniformite des prix de vente et la question des rabais a accorder a certaines categories de personnes, enfin la fondation de caisses de se- cours et de protection pour les employe's. Une excellente coutume attached a 1'organisation ge"nerale de la librairie allemande et destinee a former une e"cole de libraires instruits et connaissant a fond leur profession consiste a faire faire a tout jeune homme, qui so destine au commerce de la librairie, un apprentissage de trois anne"es; il ne devient r6ellement commis libraire IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 29 qu'au bout de ces trois ans et retire de ses chefs un certifical qui lui sort pour ainsi dire de diplome. II en re"sulle un ensemble de jcunes libraircs qui, lorsque le moment esl venu de s'etablir el ils s'elablissent en grand nombre, font des chefs de maison expeVimentes. Ce systeme ne con- tribue pas peu a donner a la librairie allemandc de se"rieux representanls et d'utiles auxiliaires capables tant dans leur pays qu'a I'e'trangcr d'aider puissamment a la vente et a 1'dcoulement des livres. Le Borscnverein a joue dc tout temps un role important quand il s'est agi d'ctablir des reglements pour la corporation tout entiere. H a rendu des services inappnkiables dans la lutte qu'il a engagee et soutenue victo- rieusement contre la contrefafon et il a aide 1 puissamment a faire voter la loi pour la protection litte"raire. Tout re"cemmenl il a e"labore un regle- mentqui fixe d'une maniere cerlaine les usages commcrciaux, jusqu'alors pen determines, quidoivent re*gir la corporation. Un autre mouvement du a son initiative est le reglement qui rdgit les rapports entre auteurs el edi- teurs et qui va servir de travail pre'paratoire a la loi d'Etat qui doit etre presentee prochainement au Reichstag. Mais le plus grand service que le Borsenverem a rendu a la corporation est d'avoir su maintemr, apres une lutte de longues annees , le principe de la vente au prix fort dans la librairie allemande, c'est-a-dire que le prix de vente au public ordinaire nc doit pas etre infe'rieur au prix marque". En un mot c'est grace aux efforts inces- sants du Borsenvercin que le commerce de la librairie a 6t6 protege d'unc ma- niere efficace contre la concurrence des gacheurs de prix (Schkitderer} , qu'il a cornbattus, energiquement soutenu par la rnajorite des libraires coalises. Un mouvement dans le me'me sens s'est produit chez nous 1'annee der- niere, mais il est de date trop r^cente pour qu'on puisse en pr^voir en- core les resultats. II serait a de"sirer que les efforts qui sont tenths pour unifier les prix aboutissent le plus vite possible. A cote du Borscnverein, fonctionnent des associations locales de moindre importance au nombre de 3 1 . Elles sont repandues un peu partout en Al- lemagne dans des ccrcles ou villes determine'es et sont autant d'auxiliaires dont les efforts tcndent au meme but que le Borsenvcrem , qui forme pour ainsi dire le comite" central. Une autre institution merite d'etre signalee ici, c'est la Societe" de secours des libraires allemands el 1'Union de secours des employes en librairie qui a pour but, comme son tilre 1'indique, de venir en aide a ses membres dans le besoin ou a leur famille, quand ils viennent a decoder, laissanl une veuve et des enfants dans la gene. 30 EXPOSITION IJNIVERSELLE DE CHICAGO. L'immeuble du Borsenverein ou Bourse des libraires, erige en 1886 a Leipzig, tHant devenu insuffisant, un nouveau bailment fut construit de 1886 a 1888 sous le nom de Maison des libraires aliemands au prix de 1,960,000 francs. Ce vaste monument contienl returns tous les services du Borsenverein : la GcscltdftsstcUe ou bureaux, le BorsenUalt , organe quo- tidicn des libraires avec la redaction, 1'administration et 1'imprimerie, la redaction de 1'annuaire de la librairie allemande, le Schuh-Adressbucli , la bibliotheque, la Bestellamtah dont nous avons parle plus haul et qui a pour but de distribuer toutes les commandos et papiers d'affaires de toutes sortes, puis la Socidte centrale de I'mdustrte du livre s'occupant entre autres de faire des expositions permanentes de livres, ou les ouvrages sont renou- veles chaque semaine par des ouvrages plus recents. Tous les ans il s'y tientune exposition ge"ne"ralequi a lieu generalement au moment de la foire; enfin le Borsenverein possede dans son immeuble le Musee de I'industrie du livre qui n'est pas le moins inte"ressant. Tous les ans a 1'^poque de la foire de la librairie (Ostermesse) qui a lieu quelques semaines apres Paques, c'est a la Bourse des libraires que se tiennent, le dimanche de la Cantate, les assemblies generates, ou se dis- cutent toutes les questions ayant trait a la librairie, tandis que le jour sui- vant on y regie les comptes de I'annee pre"ce~dente, comptes arretes au 3 1 ddcembre de 1'ann^e fooule'e. G'est meme une des particularity's de la li- brairie allemande, qu'on paye en avril ou mai, suivant 1'^poque ou tombe le jour de Paques, les ouvrages recus entre le i cr Janvier et le 3 1 decembre de I'ann^e pr^c^dente. Les trois ou quatre mois qui precedent la foire sont mis a profit pour retourner les volumes invendus et dresser les eiats de compte qui sont envoye"s aux Miteurs pour le reglernent d(5finitif des comptes de I'annee pr6ce"denle qui se font comme nous 1'avons dit une fois par an a la foire de Paques. En Allemagne, comme en Autriche-Hongrie et en Suisse, les envois a condition pour une si longue dure"e se font sur une tres grande echelle, c'est cequi permet aux libraires de ces pays d'envoyer eux-me'mes a condition a leurs clients les ouvrages qui les inteYessent. L'^coulement des livres y gagne ^normement et il faut reconnaitre que la grosse pro- duction de livres chez nos voisins est due aux grandes facility's accorde"es par les e"diteurs et qui consistent a recevoir beaucoup de nouveaules sans autre risque que cclui du transport; elle est due aussi a cette foule de libraires exp<5rimentes et connaissant bien leur metier qui pratiquent tous le systeme d'envoyer ^ 1'examen les livres qu'ils refoivent. IMPRIMER1E ET LIBRAIRIE. 31 Bibliographic. La bibliographic est arrive a un haul degre* de perfec- tion. Le Borsenblatt , 1'organe des libraires allemands public" par le Borsen- verein, donne dans ses numeros, qui paraissent tous les jours, excepte" les dimanches et fetes, la nomenclature de toutes les nouveaute"s dans toutes les branches. Des catalogues, re"unissant toutes les publications, donnent la bibliographic de tout ce qui parait par semaine, par mois, par trimestre, p;ir semestre, par an. D'autres catalogues plus importants sont public's tous les cinq ans; ils sont classes d'apres divers systemes et, suivant pas a pas la marche de la production, sont une source pre"cieuse de renseignemcnts pour les travailleurs et les savants. A c6te" de cela, des catalogues spe"ciaux, traitantde chaque science a tous les degre"s, paraissent en grand nombre et facilitent la tache du libraire et des auteurs, grace a une compilation me"- ticuleuse et des plus consciencieuses. Production. En 1892, les nouvelles publications s'e"levaient a pres de 28,000, en 1871, ce chiffre n'e"tait que de 1 1,000; en 1881, il atteignait i5,ooo et en 1891 il de"passait deja 21,000. Le nombre des libraires augmentait dans la meme proportion. En 1871, le Scliulz-Adrcssbucli comp- tait 3,828 libraires; en 1898, leur nombre est de 7,898, reparlis sur le globe et, pour la plupart, ils servent a faire connaitre et re"pandre le livre allemand, tout en s'occupant de la vente des livres d'occasion et d'arlicles de papeterie. Dans toutes les branches dc la librairie, qu'il s'agisse des li- vres, des journaux, de la librairie de detail proprement dite, du colpor- tage, des livres d'occasion, des livres d'art, des cartes ou de la musique, on constate que les progres sont constants, et on n'a eu qu'a jeter un coup d'oeil sur 1'exposition du pavilion allemand, dans le pare Jackson, pour s'apercevoir qu'il y a eu beaucoup de progres de revise's dans la fabrica- tion des ouvrages de toutes sortes. Publications musicules. Le commerce de la musique est conside"re couime une branche du commerce des livres. On estime a 5,3 02 le nombre des libraires qui vendent de la musique, mais on ne cornpte que 5oo mai- sons environ qui en font le commerce exclusif. En 1891, on a releve, comme production totale en musique, un nombre de 8,609 ouvra g es i nombre qui de'passe la production de tous les autres pays. Les e'ditcurs de inusi<|ue, qui sont actuellement 260 environ, se re"partissent un peu dans toutes les villes d'Allemagne et les Editions classiques ont conquis depuis longtemps la meilleure place sur le marche de tous les pays. 32 EXPOSITION UNIVERSFJXE DE CHICAGO. Cartes gtographiques. La cartographic a pris en Allemagne, dcpuis les dernieres annees surtout, une extension considerable, grace a 1'activite de"ploye"e dans les e"tablissements geographiques de Berlin, Gotha, Leipzig, Weimar et Glogau. Ces e"tablissements sont renseigne"s admirablement par les Societes de geographic, qui leur communiquent une foule de documents, leur permettant ainsi de mettre les cartes constamment a jour avec les toules dernieres modifications. II n'est done pas e'tonnant que la carto- graphic alleniande progresse sans cesse a tous e"gards et donne satisfaction aux plus difllciles parmi les savants, les explorateurs, les commercanls el les e"coles. On voit par tout ce qui precede que 1'organisation de la librairie alle- mande laisse bien peu a desirer. Nous avons insisle longuement sur ce sujet, car, sans prendre la totalild des moycns employes par nos voisins, il y aurait lieu de s'en inspirer, les re"sultats qu'ils obtiennent e"tant dcs plus satisfaisants. C'est grace a cette organisation que le commerce des livres allemands tend de plus en plus a se de"velopper non seulement en Alle- magne et en Europe, mais aussi dans le Nouveau-Monde et les autres par- ties du globe. C'est un auxiliaire puissant pour la propagation des livres en ge'ne'ral soil par 1'entremise des membres du Borsenvcrein e*tablis aux Etals-Unis et qui inondent de prospectus et de catalogues les bibhotheques, les universites ct les profcsseurs, soil par le Borsenblatt qui penetre dans tous les cenlres non seulement d'Ame'rique, mais encore du monde enlier. Le croirait-on? ce sont les libraires allemands a New-York et a Boston qui detiennent dans leurs mains la meilleure clientele de livres francais. IMPRIMERIE. 11 n'est pas rare de renconlrer en Allemagne un grand nombre d'impri- meries poss^dant un outillage complet non seulement pour imprimer, c'est-a-dire composer et tirer, mais encore fondant leurs caraclercs et appli(juant tous les precedes de reproduction graphique dans ce qu'ils ont de plus etendu. Elles n'onl pas besoin, comme dans beaucoup de nos im- primeries, de recourir isol^ment au fondeur, au clicheur, au graveur, etc., pris en dehors de leur etablissemcnt, elles ont tout sous la main sans sortir de chez elles. Du reste les chiffres qui suivent vont nous 3difier sur le developpement de rimprimeric chez nos voisins. D'apres une statistique IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 33 tres consciencieusemcnt faito par M. Karl Klimsch, de Francfort-sur-Mein , il y avail, en 1889, en Allemagne, /i,2/i3 imprimeries n'imprimant exclu- sivcment que des iivres et 1,067 autres s'occupant d'imprimerie et de li- thographic. G'etait done un total de 5,3 10 imprimeries travaillant avcc 16,172 machines de divers systemes depuis la presse rotative jusqu'a la presse a bras. II faut ajouter a ce chiffre 9,000 machines auxiliaires et environ a, ooo machines a vapour repre"sentant une force de 12,000 che- vaux-vapeur, de sorte que 1'imprimerie qui sert a la fabrication du livre travaillait avec 27,200 machines diverses en chiffres ronds. A la composition, on comptait plus de 35, ooo personnes, dont 1,6/17 protes, 1,028 correcteurs, 2/1,077 compositeurs hommes, a4o composi- teurs femmes et 8,309 apprentis. Voila pour le personnel employe" a 1'im- pression; quant aux machines, elles occupaient i5,4/io ouvriers. Qu'on ajoute a ces chiffres environ 20,000 employes aux Ventures et dans les bureaux, on arrive pour l'anne*e 1890 au nomhre de 70,000 personnes employees dans les imprimeries d'Allemagne. Depuis cette epoque, le nombre des imprimeries s'est accru de plus de 5 o o e" tablissements nouveaux , le personnel et le nombre de machines on t aug- mente en proportion. Laville qui compte le plus d'imprimeries est Berlin, qui en possede actuellement 602. On admet que dans cette branche d'indus- trie, rAllemagne n'est ddpassee que par 1'Angleterre et les Etats-Unis. Au point de vue de la production et des moyens d'action, 1'Allemagne n'est surpassee par aucune autre nation. Les chefs des grandes imprimeries sont pour la plupart a la teHe de capitaux importants, ils se tiennent au courant des precedes les plus nouveaux ct des inventions les plus re*centes. Les produits des fonderies en caracteres, sans arrivcr au fini de ceux des usines similaires d'Angleterrc ou d'AmeViquc, obtiennent, grace a leur excellent materiel, de tres bons resultals tant comme qualite que comme variete. Quant aux machines employees pour rimprimerie du livre, ellcs sont arrivees en Allemagne a une grande perfection, et par la supeYiorite reconnue de 1'enseignement technique dans les e"coles d' Allemagne, les industries qui se livrentaux travaux d'imprimerie y trouvent un personnel special, dont 1'instruction moyenne cstassez complete pour elever le niveau de perfection des produits de leur Industrie. Parlons d'abord des irnpri- meries qui se livrent a 1'impression du livre. Litres. Nous avons vu plus haut qu'on avail constate pour 1'annec COMITE 34. 3 34 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. 1891 une production de 22,000 ouvrages, ce qui donne a 1'Allemagne, si on ne considere que la quanthe, le pas sur les autres pays. A ce chiffre, doivent s'ajouter les nornbreuses reimpressions, plus les ouvrages qui , bien qu'imp rime's en Allemagne, sont destines a 1'etranger; pour ces derniers les moyens de constatation manquent totalement. En ce qui concerne la bonne impression des livres, 1'editeur y a une grande part, on 1'a repete" souvent; c'est lui, et non 1'imprimeur, qui indique les caracteres a employer, qui choisit le papier, fixe en un mot le cout de 1'impression. Chaque fois que 1'imprimeur y a trouve" une remuneration suffisante, le resultat n'a rien laisse a d^sirer et les ouvrages de luxe de meme que les publications illustre"es ou les livres a figures comme aussi la musique, qui sont sortis des presses de Leipzig, Stuttgart et Berlin ou meme de villes de province moins importantes, peuvent e^re compares sans de"savantage avec les publi- cations similaires de France. Publications illustrfos. Une mention sp&iale doit 4tre faite des illus- trations. Depuis quelques ann$es on constate de grands progres dans cet art. L'ouvrage illustre" gagne de plus en plus la faveur du public et, pour y repondre, editeurs et imprimeurs re"unissent leurs efforts dans le but d'ar- river a une execution parfaite, non seulement pour orner les ouvrages de grand luxe, mais aussi pour computer ou expliquer le texte, le plus sou- vent, en employant la couleur. La re"ussite a ete complete et on n'a qu'a examiner pour s'en convaincre les grandes Editions illustre"es des classiqucs comme Goathe, Schiller, Shakespeare, les grandes bibles illustr^es ainsi que les nombreux ouvrages de voyages et d'histoire naturelle. Nous ne devons pas oublier les journaux illustres tels que la Leipziger illustrirle Zeitung, la Modenie Kunst, Ueber Land und Meer, Daheim, Gartenlaube, Munchener Jlie- l*ende Blatter et une foule d'autres. Les illustrations en noir ont certainement atteint une certaine perfec- tion, mais on a voulu aller plus loin et imprimer en couleurs pour avoir une representation plus exacte de la rdalite, on y a peut-etre moins reussi, mais 1'usage s'en repand de plus en plus. On emploie beaucoup la chro- motypographie , qui vaut la chromolithographie dans les reproductions artistiques, et a 1'avantage de proc^der plus rapidement. L'impression typo- graphique en couleur n'est pas seulement employee pour illustrer des publi- cations artistiques de grand luxe et des livres a figures, on 1'emploie aussi, comme chez nous, a illustrer des journaux dont le tirage est considerable. 1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 35 Nous pouvons voir par la Moderne Kunst ce qu'on peut obtenir en ce genre. Sans trop de frais elle est parvenue a de tres bons r<5sultats et les nume'ros de Noel de 1'an dernier, sans atleindre la perfection du Figaro-Noel ou du Paris-Noel, egalent, s'ils ne les de"passent, les publications similaires an- glaises aux tons souvent heurtes, etqui n'ont pas le moelleux des teintes que nous obtenons chez nous. Deux precedes, celui invente par le docteur Bug. Albert, I'Albertchromie, et celui de E. Vogelkurtz feront faire a la typogra- phic en couleurs de notables progres. L'impression des billets de banque qai, a 1'art d'imprimer comme on le fait pour les livres, exige un supplement d'experience dans 1'emploi des precedes graphiques, est maintenant le monopole de la Reichsdruckerei ou Iruprimerie de 1'Empire. Elle seule fabrique le papier-monnaie de 1'Empire d'Allemagne et les bons de la poste allemande. Ces deux sortes de travaux ont peut-etre au point de vue de 1'illustration perdu de leur varie^e", mais I'uniformile qui 1'a remplacde y a certainement gagne par le fini du travail, qui rend la contrefafon impossible. A la tele de 1'important etablissement de la Kaiserlich Deutsche Reichs- druckcrei se trouve M. Busse. M. von Stephan, secretaire d'Elat et direc- teur general des posies de 1'Empire d'Allemagne , dirige la section technique cle rimprimerie imperiale. Cette derniere ne s'occupe pas seulement d'im- primer les travaux courants du Gouvernement allemand, mais elle a aussi la mission de developper au plus haul degre", a I'lmprimerie imperiale, tous les arts graphiques, lithographic, heliogravure, gravure sur bois et sur cuivre, etc. Le travail le plus remarquable a etc" certainement la reproduction obte- nue par la gravure sur cuivre des peintures des anciens maitres, disse"- min(5es aux quatre coins de 1'Europe, et nous nous proposons d'y revenir, lorsque nous etudierons les produits de cette imprimerie. C'est le profes- seur Rose qui e"tait charge de representer la chalcographie a 1'Exposition , et sa haute competence a su mettre en valeur la reproduction remarquable des oeuvres de Rembrandt, Diirer, Albrecht, Menzel, etc., sorties des presses de 1'lmprimerie imperiale. Les imprimeries privees de Leipzig ct de Francfort, qui s'occupaient autrcfois de la fabrication des billets de banque pour le compte de banques qui avaient le privilege d'emettre du papier-monnaie, durent, lorsque ce privilege passa a I'lmprimerie imperiale, solliciter des commandes a 1'etran- 3. 36 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. ger pour des travaux de meme nature, notammcnt dans I'AmeYique du Sud et dans cerlaines contrees de 1'Asie. Ces travaux portent surtout sur le papier-monnaie, les timbres-poste, les litres, elc., et sont executes avec une rare perfection; ils peuvent etre pris pour modeles au point de vue du fini et de la se"curile" qu'ils offrent contre les imitations. Travaux de ville. Les petites imprimeries , c'est- a-dire cellcs cpii ne rentrent pas dans la categoric des etablissements qui ne s'occupent ni de 1'impression des grands ouvrages, ni des ouvrages illustre's, nides journaux, ne peuvent etre comparers a ces dernieres, mais leur sont pour ainsi dire subordonne"es. Si Ton mesurait le progres de la civilisation, dans la masse d'un peuple, au nombre des imprimeries ordinaires, la nation allemande occuperait le premier rang. L'emploi d'imprime's pour le commerce, les associations et les families est e"normeen Allemagne. Nous ne pouvons faire ici une comparaison avec ce qui se produit en Angleterre ou aux Etals- Unis, ou Ton arrive dans ce genre de travaux a un chifl're bien supericur, mais il n'en est pas moins vrai qu'au point de vue de 1'execution , I'Allemagne n'est pas au-dessous de ce qui s'imprime chez nous. Les travaux d'impression soigne"s ne dependent pas toujours du compo- siteur et de 1'imprimeur, mais aussi du dessinaleur, du graveur, du fon- deur, et ils demandent le concours de lous les arts graphiques a la fois. 11s sont tribulaires, et dans une large mesure, de la typographic en couleurs, branche qui a fait de re"els progres dans ces dernieres anne"es, on 1'a con- state" a Chicago. Bien des causes ont marque leur influence dans la marche ascendante de cette induslrie. Les artistes et les maitres de 1'art ont senti le besoin d'avoir parmi les praticiens des auxiliaires utiles. Ils se sont adjoint des gens du metier, repute's pour leur habilete" , et ont cherche" dans les divers styles et les differents arts tout ce qui pouvait concourir a donner une bonne disposition a la composition. Les industries spe"ciales ont forme" des associations, dont avant tout on s'est applique a cultiver le gout et a de"velopper le sens artis- tique. On a pu voir dans 1'exposition collective allemande, encadre"es dans un tableau, les feuilles du dernier volume des Modeles publics par I' Asso- ciation des imprimeurs allcmands, qui ont montre" jusqu'a 1'evidence qu'en Allemagne ce ne sont pas toujours les plus grandes imprimeries qui font les travaux les plus soignes, mais qu'il existe de moclestes imprimeries, au fond de provinces e"loigne"es, dont les travaux temoignent d'un art ve"ri- IMPRIMERIE ET LIBRAIR1E. 37 lal)le. Le nSsuItat a die que de nombrcuses imprimeries de province ont exerce* leur activite* de ce cote" et en ont retire" de gros profits, elles sc sont adonndes a 1'impression des travaux de ville pour les diffdrents usages du commerce et en ont fait une branche importante de leur maison. Journaux. L'impression des journaux et revues est tres de'veloppe'e en Allemagne, et si Ton nc considere que le nombre, cette industrie tient un fort bon rang. Les tirages sont loin d'atteindre le cbiffre colossal des feuilles gigantesques de Nexv-York ou de Londres, et le tirage de certains journaux de Paris leur cst supeYieur, mais par suite de la decentralisation politique et commerciale en Allemagne, le nombre des journaux quotidiens, tirant une ou plusieurs dditions par jour, de"passe celui des Etats-Unis. D'apres le tarif qu'a dresse" la direction des Postcs, envue des abonnements accepted par elle, on compte, pour Tanned 1898, dans son catalogue ge"ne"ral, 6,664 journaux, sans parler des supplements. II y en a 6,5 a 2 re'dige's dans la Inngue du pays et 1/12 dans d'autres langues. Quant a la p^riodicite" , on rcleve qu'il y a k journaux qui paraissent dix-neuf fois par semaine; 9, dix-huit fois; i , quatorze fois; 17, treize fois; 55, douze fois; et i , onze fois par semaine. Certes, 1'Allemagne brille par le nombre de ses journaux, mais si Ton considere 1'imprcssion, le papier el la disposition, la qualite" laisse beau- coup a ddsirer et reste bien au-dessous de ce qu'on fait en Angleterre et aux Etats-Unis. II faut reconnailre que ces pays disposent de moyens bien plus puissants et d'un nombre de lecteurs autrement important; ils peuvent done sans inconvenient mettre plus de luxe dans la matiere employee et apporter des soins plus me'ticuleux a la confection male'rielle du journal. II faut ajouter que les caracteres gothiques, employe's en Allemagne, male's aux caracteres latins, surtout dans les annonces, produisent un effet detestable et offrent une disposition qui frise le mauvais gout. Le deVcloppement inusite de la prcssc politique a bien donne" naissance h une branche spdciale de commerce, qui consiste a ceder a des journaux de province, quotidiens ou hebdomadaires, des supplements humoristiques tout fails, espece de passe-partout; mais ce genre d'affaires n'a pas encore atteint 1'importance des patent sides d'AmeYique. Ce sont des cliches tout prepares pour 1'imprcssion et contenant la presque totalite d'un numdro tout compose* avec une partic politique, littdraire et humoristique. Ces cli- ches sont envoye"s a certains journaux de province, qui n'ont qu'a ajouter 38 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. leur titre, les nouvelles locales et les annonces, pour avoir uu nume'ro tout preH a tirer. Enseignement professionnel. II nous reste a parler de 1'enseignement professionnel , dont I'imprimerie en Allemagne retire le plus grand profit. En dehors des (koles professionnelles dependant de 1'Etat, il y a, pour former les apprentis, dans les plus grands centres d'imprimerie , des ecoles speciales ou , a cote de 1'enseignement re"gulier, il y a un cours a part destine" aux futurs imprimeurs; on rencontre de ces e"coles a Berlin, Leipzig. Ham- bourg et Dresde. Les grandes associations d'imprimeurs concourent aussi a 1'enseignement professionnel; elles font rdgulierement des rapports, elles re"unissent des collections des meilleurs travaux, entretiennent des biblio- theques techniques que les inte"resses peuvent consulter, etc. L'Acade'mie royale des beaux-arts et Ecole des arts et metiers de Leipzig a fondd un cours supeVieur de dessin typographique ; on y professe aussi 1'enseigne- ment de tous les arts graphiques, et des ateliers d'essai sont installed dans le but d'y joindre la pratique a la the'orie. Le Zentralverein fur das gesammle Bucligewcrbe a centralist 1'enseignement technique et a pris en main la defense des interets dc la corporation. Cette Socie'te possede un mus5e re- marquable et entretient des expositions pcrmanentes, qui sont d'un secours inappreciable pour tous ceux qui cherchent a se perfectionner. C'est ce muse"e qui possede la fameuse collection d'incunables Klernm. Le Gouvernement de Saxe en a fait 1'acquisition au prix de 5oo,ooo francs et 1'a offerte gratuilcment au Zentralverein; ce dernier 1'enrichit reguliere- ment des dons qui lui sont adresse"s. Ghaque annee des expositions des nou- veaute"s de la librairie ont lieu d'une maniere permanente et on renouvelle chaque semaine les livres qui y sont exposes; de plus, de temps en temps, de grandes expositions sont ouvertes et donnent les rnoyens de s'instruire a ceux qui veulent se perfectionner dans 1'art de 1'imprimeur, offrant des modeles varies qui se renouvellent constamment. Enfin , 1'Associalion des imprimeurs public chaque anne'e, depuis quatre ans, une collection des plus inte'ressantcs et des plus instructives , comprenant exclusivement des modeles rassemble"s un peu partoul, aussi bien en Allemagne qu'a 1'etranger et qu'on peut consulter a loisir. Comme on le voit, rien n'a 6l& neglige pour aider a perfectionner 1'art de 1'imprimeur en Allemagne. Nous allons maintenant examiner rapidement les autres industries qui sont les auxiliaires indispensables de I'imprimerie. IMPR1MERIE ET LIBRAIRIE. 39 Caracteres d'impnmene. L'exploitation de la fonderie des caracteres en Allemagne se fait concurremment avec la fabrication des filets (Messing- linien) en cuivre, la galvanoplastie et la ste're'otypie ou clichage. On ren- contre cependant dans ces trois genres d'industrie des maisons qui s'adon- nent exclusivement a une seule de ces fabrications. Nous avons deja constate" plus haul que les fonderies de caracleres et les fabriques de filets en cuivre avaient contribue" puissamment aux progres de 1'imprimerie en Allemagne. Grace aux ameliorations apporte"es dans la fabrication des caracteres d'im- primerie, de reels progres out e'te' constates a 1'Exposition de Chicago par la consultation des diverses publications exposes et si on les compare avec les productions des annees prtkedentes. Ces progres portent surtout sur la varie"te des types qui est tres etendue , principalement en ce qui concerne les travaux de ville. Dans la fabrication des types nouveaux, 1'Allemagne est au-dessous de 1'Amerique, mat's elle produit beaucoup plus que la France et 1'Angleterre. Les fondeurs allemands ont su profiler de nos lecons et ils se sont efforts d'arriver a 1'uniformit^ dans la hauteur des caracteres, tandis qu'en Amerique et en Angleterre regne plutot un certain arbitraire. Toujours est-il que par suite de cette incessante recherche des moyens d'arriver a la perfection, grace a la diversite" des vignettes, des encadre- ments et des divers ornements en ge'ne'ral, la fonderie de caracteres alle- mande est en mesure de lulter avec un certain succes avec celles des autres pays. En 1889, 1'Allemagne posse"dait 83 fonderies en caracteres avec a,i5a ouvriers. Ces e"tablissements travaillaient avec 90 machines a fondre completes, 926 machines doubles et 871 machines auxiliaires de toutes sortes. La fabrication des filets en cuivre comprend aussi celle des encadre- ments et ornements de toutes sortes. En 1889, elle comptait 9 e"tablisse- ments employant 186 ouvriers et 129 machines. La galvanoplastie, servant a obtenir des cliches, comprend aussi le cuivrage, I'acieYage et le nickelage des cliches. Cette branche compte 42 eHablissements travaillant avec ki machines dynamo et i o i autres machines. II n'est parle" ici que des e"ta- blissements sp&iaux et il n'est pas tenu compte dans ces chiffres des ma- chines speciales que possedent la plupart des grandes imprimeries. Stdrdotypie. La ste're'otypie , par suite de 1'usage d'appareils spe"ciaux destines aux maisons peu importantes, s'est tellement etendue, qu'il n'y a presque pas d'imprimerie qui n'aitson atelier de clichage. On comptait pour 40 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. cettebranche, il y a quelques anne"es, 229 e"tablissements travaillant avec 556 personnes, chiffre qui cst bien depasse" maintenant. Les cmpreinles se prennent presque exclusivement au papier macb.6, celles en platre ne sent employees que pour des travaux sptkiaux. Pour se"cber les matrices on a dckouvert certains precedes qui marquent un vrai progres, enlre autres la Kaltstereotypie , qu'on emploie avec succes pour 1'impression des journaux et qui a 1'immense avanlage de menager notablement les caracteres qu'on desire clicher. Enfin, la fabrication des caracteres en bois est exploite'c dans un grand nombre d'e"tablissements. La gravure dos caracteres et des encadrements laisse bien peu a de"sirer; le traitement des bois et les moyensdelesrcndrc insensibles aux influences de la temperature sont en progres marque; on a bien essaye" ces derniers temps de faire des caracteres d'affiches en cuivre, et leur duree dtait tres supe"rieure a celle des caracteres en bois, mais le prix de revient est tres eleve, et en somme ces nouveaux caracteres sont peu r^pandus. Gravure sur bois, sur cuivre, sur acier. En Allemagne, on a commence* a s'occuper seYieusement de la gravure sur bois en 1880, et actuellement les progres realises sont tres marque's. Sans avoir atteint la perfection des graveurs francais, ameVicains et anglais , les Allemands nous ont donn^ ces dernieres anne"es des travaux remarquables , et ils ne tarderont pas a marcber de pair avec leurs rivaux. Bien que les proce'de's photo-mour les Grangers. II ne faut pas toutefois se dissimuler que la reliure en Allemagne fait tous les jours des progres. Elle manque; encore du gout qui fait lant rechercher partout 42 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. les reliures francaises, raais comme reliure de commerce elle obtient deja de tres bons resultats. La reliurc en gros a son siege principal a Leipzig; ensuite viennent Stuttgart et Berlin , comme grands centres de fabrication. Cette importante Industrie est represented par des maisons puissantes qui possedent d'irnmenses fabriques, des machines a vapeur, uii e"clairage electrique, etc. On constate que le gout commence a se developper, sans atteindre encore la perfection. Un journal de New-York, Y Evening Post, le faisait remarquer au mois de juillet dernier dans un article tres e"logieux pour nous; sa conclusion e"tait que, pour ce qui concerne la reliure, nous <5tions les mattres inconleste"s. Pour donner une id6e de 1'importance de cette fabrication dans certaines villes, disons qu'il n'est pas rare de rencontrer des fabriques qui possedent 100 ouvriers pour Berlin, i5o pour Stuttgart et jusqu'a 3oo a Leipzig. Dans cette derniere ville, le recensement des machines employees dans les ateliers de reliure a donne" le nombre de 160 machines, dont Ao au moins servent a orner le plat des volumes, a dorer et a imprimer les titres. En 1891, un e"tablissement de reliure de Leipzig a employe" les mate'riaux sui- vants dont nous donnons la valeur en chiffres ronds : colle 6,5oo francs; peau 87,000 francs; papier 4o,ooo francs; carton /io,ooo francs; toile 69,000 francs; or en feuilles 60,000 francs; salaires a63,ooo francs. Une autre fabrique de reliure a Leipzig a fourni en 1891 : 85o,ooo re- liures completes et 4oo,ooo emboitages, employant des mate'riaux pour une somme de 3i3,ooo francs etpayant des salaires pour une somme de 260,000 francs. Quelques-uns de ces vastes (Hablissements ne remontent pas au dela de vingt-cinq ans, cinquante ans au plus, lour clientele se trouve en majeure partie en Allemagne, mais Us fabriquent aussi beaucoup pour I'&ranger. La fabrication des registres a son principal siege a Hanovre. Dans les provinces rhe"nanes, elle est aussi fort bien represented, et Hambourg pos- sede plusieurs e"tablissements , de meme que Berlin et d'autres grandes villes. Les maisons principales peuvent concourir avantageusement avec les maisons anglaises et ameYicaines , et il n'est pas rare de voir leurs re- pre"sentants dans les cinq parties du monde ou ils de"ploient une grande activity. Tous ces etablissements spe"ciaux ont des machines a imprimer et des machines diverses pour la re"glure, le faconnage, etc. Une seconde branche de la reliure s'occupe des portefeuilles , des porte- IMPR1MERIE ET LIBRAIRIE. 43 monnaies ct des albums pour photographies; son siege principal est a Berlin et aussi a Offenbach sur le Mein. Les exportations a 1'etranger attei- gnent un chiffre tres e"Ieve". Une troisieme branche de la reliure concourt a fabriquer des carton- nages. A Berlin, en Saxe, en Thuringe et dans la Prusse rhenane, on compte un certain nombre de fabriques, qui font surtout les cartonnages de luxe et ceux destines au commerce et a 1'industrie. Dans ces fabriques, on emploie beaucoup de femmes. La gravure du cuivre est intimement lie"e a la reliure, dans ce sens qu'elle ne s'occupe presque exclusivement que de faconner des fers spe"- ciaux, des lettres et des ornements en cuivre pour en parer la reliure. Cette industrie reside, dans son entier de"veloppement, surtout a Leipzig, Berlin, Stuttgart et Hambourg. Ce genre de gravure a trouve 1 un vastc champ d'activite dans la reliure , ou 1'on emploie la toile imprime"e en cou- leurs. Pour ces sortes d'impressions sur toile, on emploie des plaques do cuivre gravies et des plaques de zinc qu'on a fait mordre a 1'acide. II n'est pas e"tonnant de voir pour une seule couverture de livre jusqu'a vingt pla- ques diffeYentes , car pour chaque couleur et chaque me"tal il faut une plaque spe"ciale. Les caracteres en cuivre, qui servent aurelieur pour imprimer a la main, se sont faits longtemps et presque exclusivement a Paris; depuis quelque temps, les Allemands fabriquent eux-memes et a meilleur marche"; les relieurs allemands n'ont done plus recours a la fabrication (Hrangere. Au contraire, bon nombre d'e'tablissements de gravure d'Allemagne recoivent des commandes de l'e"tranger. Leur principals clientele se trouve en Angle- terre et dans I'AmeYique du Sud. On dit que les Allemands ont de bonnes machines a imprimer; mal- heureusement ces dernieres (5taient si peu repre"sent<5es a 1'Exposilion dc Chicago , qu'il a eHe" impossible de les ^tudi.er. ENCRES D'IMPRIMERIE ET pAlES A ROULEAUX. La fabrication des encres d'imprimerie et celle de la pate a rouleaux d'imprimerie forment une branche tres importante de rimprimerie alle- mande. D'apres 1'annuairc Klimsch, elle comprend 2 8 fabriques; deux d'entre elles possedent des succursales en Ame"rique. Presque toutes fabri- 44 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. qucnt les matieres qui entrent dans la composition des encres, a 1'cxception de 1'huile et de quelques acides. Les encres se vendent a l'e"tat liquide et aussi en poudre. En poudre, elles peuvent se conserver plus longtemps et etre employees plus tard dans 1'imprimerie, me'lange'es au vernis. On n'a pas de donnees certaines sur la fabrication totale des encres d'imprimerie; toutefois nous savons, qu'en 180,0, une fabriquc de Leipzig a livre i,aoo,ooo kilogrammes d'encres de couleurs. La fabrication de la pate a rouleaux en Allemagne suffit pour la con- sommation nationale, et on n'a recours ni a l'Ani(5rique, ni a 1'Anglcterre. Les imprimeurs demandent surtout une pate qui offre une certaine resis- tance a rhumidite" ou a la chaleur, et cette proprie'te' est obtenue d'une maniere asscz satisfaisante, pour que 1'Allemagne arrive a en expe"dicr dans les pays d'outre-mer. PAPIERS. La fabrication du papier touche de si pres a 1'industrie du livre , quo nous ne pouvons nous abstenir d'en dire quelques mots, malgre" les inte"- ressantes observations de M. Augustin Blanche! (Rapport du Comitij 20). En 1891, 1'Allemagne possedait 5oi usines fabriquant le papier a la machine, 34 4 fabriques de carton et moulins a papier, avec un total de bien pres de 1,000 machines a faire le papier. On a constate" qu'en outre il y avail en Allemagne 53o usines fabriquant de la pate de bois, 38 autres s'occupant de pre'parer la pate obtenue avec de la paille, et 63 usines pour la preparation de la cellulose. Comme tous ces e"tablisse- ments produisent beaucoup plus de papier que rAllemagne n'en con- somme, ils en font 1'exportation sur une grande e"chelle. La fabrication la plus importante porte sur les papiers de luxe, les papiers de couleurs, les papiers points, les enveloppes, les papiers den- telles, les cornets en papier et la pate a regislre. Le nombre d'ouvriers employe's a ces diverses fabrications s'e"leve au chiffre d'environ 60,000. La fabrication des papiers de couleurs est la plus de'veloppe'e , et peu de pays s'adressent ailleurs qu'en Allemagne pour acheter des papiers de cetle sorte. II n'est pas rare de voir a Berlin, Leipzig et Nurenberg de nom- breuses fabriques de papier de luxe employer de 3oo jusqu'a 1,200 ou- vriers. Quelques-uns de ces etablissements font de la publicite" sur une vaste echelle (une maison va jusqu'a envoyer des prospectus en 1 7 langues) et leurs produits ont acces un pen partout dans tous les pays du monde. 1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 45 L'exportation du papier, carton el objets en papier et en carton, papier a ecrire, s'est e'leve'e en 1891 a 1 10 millions de francs et ['importation en Allemagne a 17 millions seulement; la difference est done de 98 millions au profit de 1'Allemagne. Apres cette vue d'ensemble sur les diverses industries qui concourent a la fabrication du livre en Allemagne, nous allons examiner les differenles expositions des editeurs allcmands et des autres industries qui se ratta- chcnt a cette branche importante. 46 EXPOSITION UMVERSELLE DE CHICAGO. EXPOSITIONS ALLEMANDES. Dans le pare Jackson, faisant face au lac Michigan, s'elevait une con- struction dans le style de la Renaissance allemande, premiere e"poque. Elle portait sur ses murs exterieurs des fresques aux couleurs vari^es, qui repre"sentaient divers sujets du temps, avec inscriptions se detachant en lettres gothiques sur fonds bariole". G'5tait le Deutsches Hans, litte"ralcment maison allemande ou pavilion de 1'Empire allemand. L'exposition col- lective des libraires allemands occupait le rez-de-chausse"e et une partie du premier e"tage, le reste du Pavilion avait e"te" reserve" au Commissariat general et aux bureaux. De loutes les expositions de librairie, celle de 1'Allemagne re"unissait bien certainement le plus de volumes. Les ouvrages dans tous les genres y figuraient avec une profusion, que le nombre seul des exposants peut ex- pliquer. On comptait bien pres de /ioo noms dnns le catalogue de i'expo- sition de librairie allemande. Ce dernier ne pouvait sans doute rivaliser avec la publication analogue quo notre Cercle de la librairie a fait distri- buer dans la section frangaise et qui etait une merveille de typographic et de bon gout, mais il pre"sentait divers avantages que nous aurions aime^ a rencontrcr dans le catalogue francais. Chaque e'diteur y figurait a son ordre alphabe"tique avec les litres de ses principals publications et une notice donnait la date de fondation de la maison et des details sur ses di- vers ddveloppements, depuis son origine jusqu'a 1'epoque actuelle; c'etait la un document des plus utiles a consulter et d'un vif interet. Ces notices nous ont fait voir avec quel soin jaloux les libraires allemands tiennent au courant, au jour le jour, pour ainsi dire, leur ge"ne"alogie. On rencontre la 1'histoire abrege"e de chaque maison avec 1'indication des Editions qui ont e"te" le commencement de leur fortune et aussi la mention de debuts souvent difficiles. Mais ce qui fait de ce catalogue un veritable document, c'est 1'introduction qui le precede, ecrite par des specialistes, comme MM. G. Thomalen, E. Wiener et D. Schultz-Heucke , tenant de plus ou moins pres au Borsmverein de Leipzig. Cette introduction donne une vue d'ensemble tres complete sur 1'industrie du livre en Allemagne et contient des renseignements pre"cieux, qui nous ont servi pour e"tablir certains chiffres de statistique public's dans le present rapport. Voila une excel- IMPRIMERIE ET LIBRA1RIE. 47 lente publication, dont les editeurs francais pourraient s'inspirer dans 1'avenir. Grike a ce catalogue si complet sous tous les rapports, I'tHude de 1'ex- position des livres dans la section allemande a e"te" des plus profitables. II est a remarquer que les Editeurs allemands, connaissant a fond les Etats- Unis, n'ont envoye" que des volumes relic's, sachant par experience que I'Americain, et surtout les bibliotheques, prdferent la reliure au volume broche". Pas de vitrines ferme'es, peu de rayons, les livres e"taient la (Spars sur des tables, dans un pe'le-mele qui pouvait ne pas $tre artistique, c'est vrai, mais au moins, qui mettait !es ouvrages exposes a la portee de la main des visiteurs. Un e"diteur a lui seul, Bernhard TAUCHNITZ, de Leipzig, a expose" sa collection complete des British Authors, qui s'eleve a pres de 3,ooo volumes. Quelques volumes de la collection eussent peut-etre passe" inaperfus, un nombre pareil ne pouvait manquer de frapper les regards. C'est la de la publicite" bien comprise. Ne pouvant dans le cadre restreint de ce travail consacrer une mention spe"ciale a chaque exposition, nous nous bornerons a signaler les plus sail- lantes. Malgre le chiffre e"norme des exposants, tous les e"diteurs n'eHaient pas represented , et certaines maisons tres importantes ont fait defaut. Nous avons constate avec surprise et regret 1'absence de maisons comme Wcid- mann, de Berlin; Teubner, de Leipzig; Hirschwald, de Berlin; Paul Parey, de Berlin. L'importante maison F.-A. BROCKHAUS, de Leipzig, avait expose" son Conversations-Lexicon a 1'exclusion de toute autre publication, c'e"tait une lacune regrettable. Cos absences totales ou des participations incompletes n'ont cependant pas diminue" 1'imporlance de 1'Exposition et en se reportant a la forte organisation de la librairie allemande, qui est un modele, on peut deduire une fois de plus de ces faits que 1'union fait la force. LIBRAIRIE. Ce qui contribue serieusement a la diffusion du livre allemand, ce sont les documents bibliographiques dont disposent les libraires. La librairie J.-C. HINRICUS, de Leipzig, par les materiaux qu'elle prdpare avec un soin meticuleux et public rdgulierement en fascicules hebdomadaires, mensuels, puis par volume semestriel, annuel et quinquennal, a rendu de re"els ser- vices a la corporation. Depuis 1798, epoque ou J.-C. Hinrichs a publie pour la premiere fois son catalogue, les fascicules ou volumes ont continue" 48 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. a paraitre regulierement et sur le rneme plan. A 1'Exposition, cettc librairie nous a montre", a cote" de cette vaste bibliographic, d'importants ouvrages sur 1'Egypte et 1'Assyrie, notammcnt le Hieroglyphisch-demottsclies Worterbuch, de Brugsch, en 7 volumes, d'un prix supeYieur a 1,000 francs; du memo auteur, le Dictionnairc gdograpliique de I'ancienne Egypte, et le Thesaurus ins- cnptionum aegypliacarum. Notons encore YAssynologische Biblwthck, public par Fred. Delitzsch et Paul Haupt, et la Rcalencyclopedie fur protestantische Tlicologie und Kirche, en 18 volumes. C'est en 1860 que la librairie J.-C. Hinrichs deltuta dans la publication des ouvrages d'e"gyptologic; en 187/1, clle continuait par 1'assyriologie et, dcpuis une dizaine d'annees, ses prin- cipales publications traitent de theologie. Si nous avons parle en premier lieu de la librairie J.-G. Hinrichs, c'est qu'a elle revient 1'honneur d'avoir, il y a bientot un siecle, fonde" la biblio- graphic allemande, qui se continue encore maintenant sous la direction de son chef actuel, Hermann Rost. Elle n'est toutefois ni la plus ancicnne, ni la plus importante, et si nous recherchons dans les archives de la li- brairie GOTTA, de Stuttgart, nous trouvons qu'elle fait remonter la foncla- tion de sa maison a 280 ans. Ce n'est qu'en 1787 que Johann Friedrich von Gotta prit la direction de la librairie, qu'il garda jusqu'a sa mort, en 1882; il e"tait le fils de 1'arriere petit-fils du fondateur. Une de ses pre- mieres entreprises fut la fondation de i'Allgemeine Zeitung, qui plus tard, en 1810, passa a Augsbourg, puis a Munich. A cote de ce journal, la li- brairie Gotta en public beaucoup d'autres. Gitons les Horen, dont il cnlre- prit la publication avec le concours de Schiller et Goethe, de 1795 a 1797? en attendant qu'il dditat plus tard leurs ceuvres, avec celles d'une foule d'autres ce'lebrite's : Auerbach, Hebel, Herder, Jean-Paul Richter, Schle- gel, Simrock, Uhland, etc. Ce ne furent pas seulement les ouvrages de lille"ralure qui figurerent dans son catalogue, toutes les branches de la science y furent representees successivement. Nous y remarquons les noms les plus illustrcs, parmi les homines d'Etat, les juristes, les economistes, les philologues, les historiens et les sciences diverses y trouverent leur place, qu'il s'agisse de la science de I'ing^nieur, de la medecine, des math(5matiques ou de la theologie. Ge sont les freres Kroner qui sont a la tete de cette importante maison d'e"dition depuis 1889. M. Wilhelm Spe- mann, qui etaitjurd a 1'Exposition de Chicago, y entra comme associ^ en 1891, en meme temps que M. Alfred Kroner. On a surtout rcmarque a IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 49 Chicago la Bibliotltck der Wcltlittcratur, comprenant aoG volumes si bien imprimes ct joliment relics en toile, pour le prix modeste de i fr. a5, puis la Volksbibliothek, avec 58 volumes, les ceuvres dc Goethe en 36 vo- lumes, les ceuvrcs de Humboldt, les romansde Siidermann et les discours politiques du prince de Bismarck. Une non moins importante librairie, et dont 1'origine remonte a 1786, est celle de FniEDiucii VIEWEG, de Brunswick. Son fondateur Friedrich Vieweg, un travailleur infatigable, transfera sa librairio dc Berlin a Bruns- wick en 1799 et, dans cette ville, il 1'amena rapidemcnt a une prosperite qui dure encore. II approcha personnellement les plus grands homines de son temps et il sut mettre ses relations a profit. Son filsEdouard, enlre" dans la maison en 1826, mourut en 1869 et ses successeurs continuent digne- ment 1'oeuvre commcnce'e il y a plus d'un siecle. C'est surtout la chimie avec la physique et les sciences en ge"ne"ral qui forment le fond des publications de la librairie Friedrich Vieweg und Sohn. Signalons le Hand-Worterbuch dcr Clicmic, de Febling, dont 6 volumes ont paru; Grundriss dcr Anatomic dcs Mcnsclien, par J. Henle et Handbucli dcr sijslematischm Anatomic des Mensclien, en 3 volumes, du memo auteur, el une Encyclopedic agncole, en i k volumes, par Otto et Birnbaum. L'anthropologie est represented par les Anthropo- logische Sammlungen Deutschlanch, et la science de 1'ingenieur par le Lelirbuch dcr Ingenicur-und Mascliincii-Mechanik, par J. Weisbach. D'importanls perio- diqucs sont publics par la librairie Vieweg; qu'il nous suflise de citer les plus connus, la Dcutsclte Vicrlcljahrscliriflfiirtijfentliche GcsundlieitspJJcge, dirigee par A. Spies et M. Pistor, et I'Arcliivfiir Anthropologie par Lindenschmidt et J. Hanke, autant de publications scientifiques qui font honneur a la librairie F. Vieueg und Sohn. Les grandes cncyclope"dies allemandes etaient represente'es a Chicago par le Brockhaus Conversations-Lexicon et le Meyer's Conversations-Lexicon. Le dictionnaire de la conversation e"dite" par la maison F. A. BROCKHAUS a une reputation universelle. La fondation de ce recueil remonte au siecle dernier, mais c'est en 1811 que la publication fut reellement acheve'e. La 1 1\ edition est en cours de publication. A 1'Exposition figuraient les cinq premiers volumes de la 1 4 e Edition et douze autres de la i 3 e . II est regret- table que la maison F. A. Brockhaus n'ait expose que ce seul specimen parmi ses nombreuses publications: c'est un joyau qui demandait a ne pas rester isole" dans la bibliotheque ou il se trouvait enferme. 34. i> 50 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. L'encyclope"die rivale, le Meyer's Conversations Lexicon, etail par centre enlouree et accompagnee d'une foule d'ouvrages importants, publics par le BIBLIOGRAPHISCHES foisTiTCT (Meyer) de Leipzig. Cette vaste encyclopedic, qui en est a la 5 e Edition , fut commence'e en 1 8 3 9 el ne fut acheve"e que dix-sept ans plus tard, en 1 855. C'est en 1 87/1 que la maison d'e"dilion actuelle dul se transporter a Leipzig, la publication de la 3 C Edition du Conversations- Lexicon ayant ne"cessile" une raise en oeuvre beaucoup plus large. C'est de ce moment aussi que date 1'extension de i'lnstitut. Nous nous rappelons avoir visile" en 1879 ce vaste elablissemenl, et il nous a e"l<5 donncS de voir quel chemin il avail parcouru, depuis le jour, ou le fondatcur, Joseph Meyer, d<5buta a Golha en 1826 dans une modesle maison, au fond d'un jardin, avec une imprimerie composed de deux presses a bras. Force" de quillcr Golha en 1828, Jacques Meyer inslallail une imprimerie a Hildburghausen el c'esl son fils, Hermann Julius Meyer, qui fil construire a Leipzig le vasle elablissemenl actuel ou les machines les plus perfeclionne'es el les precedes les plus nouveaux onl concouru a mettre sur pied des publicalions comme le Conversations-Lexicon en 16 volumes el 3 supple"menls avec 10,000 gra- vures, carles el plans dans le lexle, plus 960 planches donl i5o chromes et 260 cartes; le Tliierleben, de Brehm, en 10 volumes, conlenant 1,800 gravures dans le texte, 9 grandes cartes, 100 planches en chromo et 80 gravures sur bois; la 3" Edition est en cours de publicalion. On remar- quail encore le Meyer's Handlexicon, un abrc"ge" de la grande encyclopedic, et les guides de voyage Meyer's Reisebilcher. A citer encore une magnifique collection de classiques comprenant loules les lilteralures : allemande, an- glaise, francaise, italienne, espagnole et portugaise, scandinave et russe et la h'tte'rature de I'antiquite" , 1'ensemble formanl un nombre considerable de volumes. Avec les publicalions universellemenl connues de WILHELM ENGELMANN, de Leipzig, nous abordons un genre d'ouvrages de haute Erudition. L'ou- vrage remarquable de Ebers, Papyros, sur la m6decine des anciens Egyp- liens, en a volumes in-folio avec de tres belles phololilhographies , a surlout allire 1'atlenlion. Le //attf//wc/iy*Mr die gesammte Augenheilkunde, en 7 volumes, de Grafe el Siimisch, le Handbuch fiir spezielle Eisenbahntechmk , par E. Heu- singer von Waldegg, en 5 volumes, sonl des ouvrages que les sp^cialistes prisent a une haule valeur. On a aussi remarqu^ 1'ouvrage de Slein sur 1'organisme des infusoires et I'liisloirc universelle de Weber en i 6 volumes. IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 51 Eniin des neriodiques , qui se trouvent dans toutes les bibliotheques du mondc savant, comme la Zeitschrift fiir ivissenschaftliche Chemie publi^e par Van Siebold ct Von Kolliker, et les Botanische Jahrbiicher, de A. Engler, donnent la mesure de ce que pent cbez nos voisins un puissant e"diteur. Les ouvrages de the"ologie sont une des principales spe'cialite's de la li- brairie HERDER, de Fribourg. Fondee en 1801, elle a successivement etabli des succursales a Munich, Strasbourg, Vicnne en Autriche etmeme a Saint- Louis aux Etats-Unis. A col& de 1'importantc encyclopedic eccliSsiastique de Wetzer et Welte on a remarque" les Acta et decrela sacrorum conciliorum recentior urn, les ouvrages du cardinal Hergenrother, enlre autres le Handbuch der allgemeinen Kirchengeschichle en 3 volumes, ceux du professeur Hettinger et de 1'eveque Hefele; de ce dernier une histoire des conciles, et enfin de J. Janssen une histoire du peuple allemand en 6 volumes qui est digne d'attirer 1'attention. Plusieursimportantes collections, le Jahrbuck dtr Natur- tvisscnschaftcn , Ylllustrierte Ribliothekder Ldnder-und Volkerkunde, le Herder's Conversations-Lexicon et la bibliotheque theologique viennent clore digne- ment la longue suite d'ouvrages qu'a publics la librairie Herder. Les oeuvres de Freytag et le dictionnaire allemand des freres Grimm ont trouve" dans S. HIRZEL, de Leipzig, un e"diteur consciencieux.Dansl'exposition d'Ernest KEIL on remarquait la Garlenlaube , la cclebre revue de famille si repandue partout, et les romans de Marlitt et de Werner. Les freres PAETEL nous montraient la Deutsche Rundschau et des romans des meilleurs auteurs. La librairie PUTTKAMMER et MUULBRECHT, importante par ses ouvrages de jurisprudence et de statistique, avait expose" entre autres son Wegweiser durch die neuere Lileratur der Staats-und Rechts Wissenschaften, par 0. Miihl- brecht, qui rend d'inestimables services aux sp^cialistes. Une fort ancienne maison d'ddition , puisqu'elle a et^ fondle il y a plus de deux siecles a Hamm en Westphalie, en 1668, s'est surtout specialisee sous la direction de son chef acluel KARL MULLER-GROTE, dans les publi- cation de luxe. La bonne impression des classiqucs, Goethe, Schiller, Lessing, Heine, etc., illustre's avec leplus grand soin, les dessins de Diircr et les gravures et eaux-fortes de Schongauer, Diirer et autres maitres, temoi- gnent d'une execution irr^prochable. II nous faut signaler encore YAllge- meine Geschichte in Einzeldarslellungen , par Oncken, en hk volumes, qui ont popularise 1'art de la gravure sur bois et sur cuivre. i. 52 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Quoiquc plus jeune quo la pre"cedente , puisqu'elle ne date que de 1 8/12 , la librairic SPRINGER n'en a pas moms prospe"r<$ rapidoment. Des sa fonda- tion, clle a comment a dditer des ouvrages sur la politique, mais plus tard elle publia surtout des ouvrages de pharmacie et de chimie appliquee; ac- tuellement, elle e"dite aussi des livres de mathe'matiques, de physique et vingt peYiodiques divers s'occupant de sciences a tous Ics points de vue. Citons comme principaux ouvrages : Arbeiten am dcm kaiserlichen Gcsundlicits- amte en 7 volumes; Index der Krystallformen der Miner alien, par N. Gold- schmidt, en 3 volumes; Verfassungs Gcschi elite der Vereinigtcn Staatcnvon Ame- rica, par H. Hoist; enfin le Reichskursbuch , qui est 1'indicateur des chemins de fer le plus re"pandu en Allemagne et se tire a tres grand nombre huit fois par an. La librairie TREWENDT, de Breslau, exposait son imporlantc Encyclopedic der Nalurwissenschaften , en cours de publication, et dont le tome XXXII va paraitre incessamment. KARL TRUBNER, de Strasbourg, chef d'une jcune maison, comparee avec la plupart des pre"ce"dentes, puisqu'elle nedate que de 1872, s'est deja fait un nom comme e"diteur de philologie allemande et orienlale. Nous avons rcmarque les ouvrages du D r K. Brugmann sur les langues indo-germaniques et 1'ouvrage important Quellcn und Forschungen zur Sprache und Kulturgeschichle der germanischen Volkcr, cnfin la Zcitsoltrift fur physiologisclie Cliemic publie"e par F. Hoppe-Seyler. La librairie ASHER et C", de Berlin, e"dite des ouvrages scientifiqucs, mais surtout des ouvrages d'arche'ologie. Fondee en i83opar Adolf Asher, elle est dirige"e actuellement par MM. A. Behrend et E. Goldstucker. Elle possede a Londres unc librairic de detail sous la me'me raison sociale. Un de ses plus beaux ouvrages est intitule" Olympia, recueil de documents sur lesfouilles ordonnees a Olympia par le Gouvernement allemand. Ce recueil a etc publie par le Ministere de 1'Instruction publique de Prusse, sous la direction d'Ernst Curtius et de Friedrich Adler. L'ouvrage dont deux vo- lumes out paru comprendra en tout cinq volumes de texte, quatre volumes de planches et un album de cartes et plans; 1'ouvrage est d'un prix eleve" et coutera i,5oo francs une fois complet. Un autrc ouvrage important porte le litre de Monumcntos del arte mexicano antiguo par Ant. Penafiel. II est en trois langues, espagnol, franfais et anglais; et les magnifiques planches qui 1'accompagnent , au nombre de 3 18, temoignent de soins tout parti- IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 53 culiers. On voyait encore dans 1'exposition de la librairie Asher et C' trois grands in-folio contenanl iki planches en couleurs avec texte, pour servir a 1'etude de la civilisation et de 1'industrie au pays des Incas; il est intitule" Das Todtenfcld von Ancon in Peru, par W. Rciss et A. Sliibel. Enfin citons un periodique important, Zeitsclirift fur Ethnologic, organe de la Societe" d'an- thropologie de Berlin dontles nomsde re"dacleurs, A.Virchow, A. Hartmann, A. Bastian, A. Voss, disent assez la haute valeur. La librairie Alexandre DUNCKER avail expose" la Correspondance politique de Fr&Uric le Grand, qui comprend 3o volumes in-i; un beau volume grand in-folio bien relic", Ein Kairserheim, et des Aquarelles de Christian Wilberg. BER.\AKI> FRIEDRICH VOIGT, de Weimar, s'est cre"e une spe"cialite" qui n'a pas peu contribue" aux progres re"alise"s dans tous les mdtiers. II a public" une col- lection de manuels pour toutes les professions, et il y a peu de ces dernieres qui n'y soient repre"sentees. Ces manuels sont Ires populaires et on les ren- contre prcsque partout dans chaque atelier d'Allemagne , ou ils apportent des connaissances techniques Ires profitables a 1'industrie. A cote" de ces manuels, qui peuvent paraitre en general d'un prix assez e"Ieve" pour la masse, la librairie Voigl a public" une neurologic allemande en 3o volumes et une geographic par Cannabich, qui meYitent d'etre signalers. Tout le monde connait la publication des Westermann's Monatsltefte a laquelle I'e'diteur GEORGE WESTERMANN, de Brunswick, a attache" son nom ct qui se recommande a tous tantpour le fond que pour la forme. Cette maison public un diction naire qui est tresrepanduen France, Vollstandiges Wortcrbuch dcr franzosischen und deutschen Sprachc, en un volume , par M. A. Thibaut. II est difficile de rencontrer quelque chose de plus clair comme redaction et de mieux imprime comme texte; aussi comme dictionnaire courant a-t-il une grande vogue dans tous les pays. Nous avons dil quelques mots de la collection de BERNARD TAUCHNITZ, de Leipzig. C'est en 18/11 queparut le premier volume des British Authors et depuis, cette collection connue dans le monde entier s'est enrichie re"guliere- mcnt des productions de tout ce que l'Ame"rique et 1'Angletcrrc comptent d'auteurs celebres. Une autre collection, The German Authors, qui en est a son 5i e volume, figuraitaussi al'Exposition avec de nombreux dictionnaires dans toules les langucs. 54 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Si los Allemands ont public des ouvragcs de liaule Erudition un peudans tous les genres, ouvrages de longue haleine qui ont demande beaucoup de travail et d'e"normes sacrifices d'argcnt, il est une science ou ils excellent, c'est la geographic. La cartographic allemande occupe sans conteste le premier rang, tant pour la richesse des documents que pour 1'execution parfaite des cartes. L'Angleterre public de inagnifiques cartes comme celles que nous avons vues dans 1'exposition Johnston and C; 1'Amcrique nous a donne" de fort beaux atlas; la maison Hachette, il y a peu de temps, a public" le superbe atlas Schrader, Antoine et Prudent, mais aucun pays ne possede 1'egal des atlas Stieler, qu'a publics JUSTUS PERTHES, deGotha, et qui donnent la mesure de ce que peut un travail assidu , joint a une me"thode scrupuleuse, le tout mis en O3uvre par des hommes de science re"fle"chis et des travailleurs infatigables. L'e"tablissement de Justus Perthes date de 1786 et son fonds de librairie se composait alors principalement de I'Almanach do Gotha qu'il avait achete" de la librairie Ettinger. A la mort du fondateur, la maison passa successivement entre les mains de deux de ses heritiers. Lorsque le dernier mourul, Bernhard Perthes, le proprie'taire actuel, ctait trop jeune pour cntrer dans la maison et ccttc derniere fut ge"re"e par deux parents et amis de la famille, Muller et Besser, jusqu'au i cr juillet 1881, e"poque de I'entre'e definitive du chef actuel. De 1'Institut ge"ographique de Justus Perthes sort la pre"cieuse publica- tion intitulee Petermann's Mlttheilungen, a la tele de laquelle se trouve M. A. Supan et qui passe pour renfermer les meilleursdocumentsge"ographiques. Tout le monde connait a cote" de 1'atlas Stieler celui de Berghaus qui traitc plus spe"cialement de la geographic physique et comprend autant d'atlas se"par<$s pour la geologic, 1'hydrographie, la me'te'orologie , le magne"tisme tcrrestre, la flore, le regne animal et la population. Nous avons eu (Sgale- ment sous les yeux 1'atlas historique de Spruner, qui comprend le moycn age et les temps modernes, et une trcs belle carte d'Afriquc en i 2 feuillets. L'Institut ge"ographique a aussi public un petit atlas de poche, qui est une merveille, et tout dernierement un petit Atlas antiquus de poche, qui a eu un succes des plus me"rite"s. Les travaux ge"ographiques ne sont pas execute's avec succes seulement par Justus Perthes; d'autres maisons ont suivi cette voie, ou I'Allemagne semble exceller. La maison CARL FLEJIMING, de Glogau, dont la fondation remonte 31790, avait expose" un fort beau specimen de son alias de Sohr- IMPRIMERIE ET LIBRAIR1E. 55 Berghaus, urie belle carte des chemins defer del'Europe etune carte mu- rale de 1'Anie'rique du Nord par Handtke. La librairie Carl Flemming a mis une grande partie de son activite" dans l'(5dition des ouvrages pour la jeunesse. Nous citerons les plus populaires : le Tochter Album et le Herzblat- tchens Zeilvertrieb, par Thekla von Gumpert, et les Flemming's Vaterlandische Jugenckchriften, qui se composent de a 8 volumes. On s'est fre"quemment arre'te' devant le fac-simile" des deux plus an- ciennes cartes du continent americain e"tablies sur 1'ordre de Charles-Quint, 1'une en 1 5 27 par le fils de Cbristophe Colomb, Fernando Colon, etl'autre en i5ag par Diego Ribero de Seville. C'est le GEOGRAPHISCHES INSTITUT de Weimar qui les a reproduites d'une maniere remarquable. Get e"tablisse- ment, dont 1'origine remonte a 1 783 , e"dite surtout des cartes, des globes et des revues ge"ographiques. Nous avons remarque* aussi une immense carte de Chine, imprime'e en chinois par H.-S. Hermann, de Berlin, et des- tine*e a e"tre envoye"e en Chine. Pour e'tre d'une origine moins ancienne, puisqu'elle remonte a i835, la librairie WAGNER-DEBES n'en occupe pas moins un fort bon rang. Elle possede a Leipzig un e"tablissemenl compost d'un bureau geographique , d'une imprimerie lithographique et d'une librairie. Un des proprietaires, M. E. Debes, est 1'auteur d'une carte physique de la terre en huit feuilles, de deux autres cartes physiques de I'Allemagne au i/85oooo et d'une carte murale d'Europe au 1/8270000. Nous avons regrette" de ne pas voir & Chicago la premiere livraison de 1'important atlas qu'ils viennent de publier, et qui re"unit tout ce qu'on peut trouver de plus net comme carto- graphic. II n'y a qu'une ou deux livraisons de panics sur dix-sept que for- mera 1'atlas une fois termine". La cartographic allemande e"tait fort bien repre'sente'e a Chicago , mais il serait difficile de tout mentionner; qu'il nous suffise de citer encore le nom de DIETRICH REIMER, de Berlin, qui s'occupe surtout de cartes et de globes. Son exposition ne comprenait malheureusement qu'un tres petit nombre de ses publications. On y remarquait le celebre Grosser-Hand- Atlas, de Kiepert; le Kolonial-Atlas , du me'me auteur, et un Atlas antiquus en cinq Editions diffdrentes : allemande, ame"ricaine, francaise, hollandaise et italienne. 56 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. Un atlas remarquable, I'Allgemeincr Handallas, par R. Andree, figurait clans 1'exposition de 1'importante librairie VELIIAGEN et KLASING, de Biele- feld et de Leipzig. II se compose de 1/10 cartes et possede un index alpba- betique de tous les noms contenus dans 1'atlas. II faut citer aussi I'Allge- melner lustorlscher Handallas avec 0,6 cartes et texle, par G. Droysen. Gitons encore, bien que ne touchant pas a la geographic, lejournal illustre" le Daheim, qui en est a sa vingt-cinquieme annee et se trouve re"pandu dans la plupart des families et une bible remarquable, en plusieurs langues, publiee par Lauge et commencee en 18/1/1, le Theologiscli-homiletisches Bi- belwerk, en 20 volumes pour 1'Ancien Testament et 16 pour le Nouveau Testament. Nous ne pouvons mieux terminer la serie Geographic qu'en citant lenom de B.EDECKER, dont la collection de guides a couvertures rouges figurait a 1'exposition en meme temps que ses manucls de conversation pour les prin- cipales langues de 1'Europe. La plupart des guides sonttraduits en anglais et en francais et les renseignements si pratiques et en meme temps si exacts qu'ils renferment les ont fait rechercher par tous les gens qui voyagent. La librairie Karl Baedecker fut fondle a Coblence en 1827 et ce n'cst qu'en 1872 qu'elle fut transferee a Leipzig, d'ou elle commenca a lancer par le monde entier le nombre si considerable de ses guides, dont les tirages s'elevent a plusieurs centaines de mille exemplaires. Si du domaine de la geographic, nous passons dans celui de la linguis- tisque, nous trouvons un monument aussi remarquable que 1'atlas Stieler, cet autre monument pour servir a 1'histoire de la geographic; nous voulons parler du grand dictionnairc de Sachs-Villatte en deux volumes, qui est certainement le plus complet qui ait ete fait jusqu'a ce jour, et dont il existe aussi une edition abregee en un volume. Le professeur GUSTAV LANGEN- SCHEIDT fut le fondatcur de la librairie, qui porte son nom. La maniere donl il la fonda est meme assez originale. II cherchait depuis longtemps un editeurpour ses Untcrrichtsbriefe zur Erlcrnung dcr franzosisclien Spraclie, qui ont un renom universel; personne ne voulut les publier. Decourage par ces recherches infructueuses, il resolut d'arreter ses demarches et de se faire I'&liteur de ses propres ouvrages. Le succes fut tel, qu'encourage par cette tentative heureuse, il publia bientot le meme ouvrage pour 1'dtude de a langue anglaise. II est 1'auteur d'un systeme pour figurer la prononcia- IMPR1MERIE ET LIBRA1RIE. 57 lion au moyen de signes inge"nieux, mais qui manquent peut-etre de sim- plicile". Lcs ouvragcs d'archileclure out e"le" briHamment repre"sente"s a 1'exposi- tion allemande dc Chicago. La librairie ERNST WASMUTH est une des plus iinporlanles , quoique de fondation recente. C'est en 1879 que I'e"dileur Ernst Wasmuth s'etablil a Berlin et, depuis, sa maison a prospe"re" et s'est accrue avec une rapidile" peu commune. On pre"lendail a Berlin que les beaux ouvrages qu'il a publics e"laienl en nombre si considerable, qu'ils semblaient sortir de terre, cheque's par une sorte de magie. Ce que tout le monde sail, c'est que son aclivite" tenait du prodige et que, connaissant a fond les beaux livres de la maison Morel, de Paris, dont il e"tait le repre"- senlanl en Allemagne, il avail su s'en inspirer et, profitant du mouvement qui s'opdra apres la guerre de 1870 en faveur de lout ce qui toucbait a 1'arl et a rarchileclure en particulier, il n'eut qu'a suivre la voie qui lui e"lail loule trace"e. Au milieu des beaux ouvrages , tous d'un prix Ires e'leve', qui ornaienl 1'exposilion d'Ernst Wasmuth, citons d'abord Archltektur Deulschhmds , par H. Licht, puis Palast-Architektur von Oberitalien und Tos- rana, par R. Reinhardt. C'est lui qui a e"dile" la traduction allemande de 1'ouvrage si connu de Racinel, le Costume historique , public" par Didol, et on a pu voir a Chicago un ouvrage erne" de 100 planches inlilule" Bauor- namente Berlins, par 0. Lessing, qui a e"te" fort remarque". II est a supposer que ces sortes d'ouvrages ont un grand e'coulement aux Elals-Unis, car Ernst Wasmuth a une succursale imporlanle a New- York. Ce qui tendrait a le faire croire, c'est qu'une librairie similaire, e"mule de la pre"cedenle a Berlin, la librairie HESSLING et SPIELMEYER, a e"galement une succursale a New-York. Fonde'e en 1872 sous la raison sociale Clae- sen et C' e , cette maison a e'te' achele"e en 1891 par les proprietaires acttiels, qui onl continue" exactement le rneme genre de publications se ratlachanl a 1'archilecture el aux arts ddcoralifs. Parmi les ouvrages exposes, on peut signaler les Meisterwcrke schweizerisclier Glasmalerci et Die deutsche Villa, puis les Coiner Neubauten, par Riickwardt, et les Architektonische Studlen- blatter am Budapest, du m^me artiste. On a du remarquer que les maisons d'(5dition d'ouvrages d'architecture sont de fondalion rdcenle, elles sont presque toutes poslerieures a la guerre 58 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. franco-allemande. La librairie GILBERS, de Dresde, elle aussi, fut fondle vers cette e"poque, en 1872 et, depuis 188 5, c'est M. John Gott. Bleylqui est a sa te"te. Son exposition reunissait des ouvrages de grande valeur ar- tistique. Nous citerons entre autres Das vegelabile Ornament, une collection d'ornements nouveaux ayant pour base le regne ve"ge"tal et spe"cialement destined aux arts de"coratifs. C'est un ouvrage orne" de 3o chromolitho- graphies el d'un prix abordable. Une autre publication, intitule Original- Compositionen zu Flachmnstern , destined surtout aux tapissiers de"corateurs , e"tait a remarquer, avec ses 48 planches en phototypie; enfin les Muster- zimmer, par le professeur Jean Pape, est un ouvrage qui a eu un grand succes; ce sont deux volumes ornes de chromolithographies repre"sentant des decorations completes d'appartements et d'habitations a la ville et a la campagne. Une librairie toute re"cente, la librairie L. WERNER, de Munich, qui ne date que de 1891, a expose" entre autres deux belles publications: Die Suddeutsche Architektur und Ornamentik, au xviii" siecle , en 6 volumes, et les Reichen Zimmer, de la residence royale de Munich, par K. Trautmann, un grand in-folio avec 60 belles planches en phototypie. Un grand nombre de librairies dont les maisons furent fonde'es a leur d^but en province vinrent tot ou tard s'installer soil a Berlin, soil a Leip- zig, attire"es vers les grands centres de librairie ou elles trouverent un champ plus vaste a leur activity. La librairie E. A. SEEMANN a suivi ce mou- vement comme beancoup d'autres, et, en 1861, elle transportait ses affaires d'Essen, ou elle avait debute" en 1868, a Leipzig. Elle s'est con- fined dans 1'edition des ouvrages d'arl ou qui traitent de 1'histoire de 1'art. Tous les ouvrages qu'elle public sont imprimis avec soin, et le lirage des illustrations ne laisse rien a de"sirer. Parmi ses auteurs on releve les noms de W. Liibke, Anton Springer, Alfred Woltmann et K. Woermann. C'est cette maisori , qui e"dite la revue si remarquable Zeitschriftfur bildende Kunst, que dirige M. C. von Liitzow. Une autre publication, exploited sous le nom du proprie"taire de la librairie, Arthur Seemann, sous le titre de Littera- rischer Jahresbericht , a puissamment contribue" a la diffusion de la littera- lure allemande. La presse pe"riodique allemande nMtait pas moins bien repre"sentee que IMPRIMERIE ET L1RRAIRIE. 59 le livre a 1'Exposilion de Chicago. A latete desjournaux illustre's de 1'Alle- magnc marche I'lllustrirte Zeitung, publiee par J. J. WEBER, de Leipzig, de- puis un demi-siecle et qui va nous donner bientol le centieme volume de sa collection. De belles gravures sur bois et une impression des plus soi- gne"es lui ont valu sa reputation. A col6 du journal figuraient de jolis vo- lumes tels que la Galerie Schoner Frauenkopfe et les Meisterwerke der Holz- schneidekunst , nous offrant en 1 4 volumes des chefs-d'oeuvre de reproduction par la gravure sur bois dans le domaine de 1'architecture, de la sculpture et de la peinture. Enfin deux volumes, signed Zacharias, repre"sentent le monde des animaux et des plantes d'eau douce en 5o superbes gravures. Qui ne connait les Fliegende Blatter, de Munich? cette feuille humoris- tique dont les illustrations et le texte, tout en e"tant de"sopilants, ne de"pas- sent jamais les Hmites du bon ton et de la saine morale? Au i cr Janvier de cette anne"e, il y a eu cinquante ans que fut ionde'e la librairie BRAUN et SCHNEIDER et le cinquantenaire des Fliegende Blatter a 6l& fet^ en meme temps que celui de la fondation de la maison qui commenfait a leur faire voir lejour il y a un demi-siecle. Les jolis albums et les publications artis- tiques sortis des presses de cet e'tablissement le mettent a un rang tres honorable. On remarquait a cote des 5i volumes de la ce"lebre feuille hu- moristique trois volumes des Munchener Bilderbogen, qui ont re*pandu dans le monde entier, par de fideles reproductions, les chefs-d'oeuvre de 1'art munichois. D'autres ouvrages illustrds comme celui des Hervorragende Ge- mdlde von Spitzweg, reproduction en taille-douce des oeuvresdumaitre, ont fait 1'admiration des amateurs de publications artistiques. Un autre journal humoristique tout aussi connu, est le Kladderadatsch ; c'est la librairie A. HOFMANN et C', de Berlin, qui le public. II fut fondi$ en 18/18, et, pendant pres de cinquante ans, des e'crivains satiriques, comme Adolf Glassbrenner etD. Kalisch sous les pseudonymes de Kladdcra- dalsch et de Schulz et Miiller, ont su amuser des millions de lecteurs. G'est la meme librairie qui publia, il y a quelques anne"es, le Bismark-Album , un recueil dc caricatures sur le prince de Bismarck, tire* a un nombre conside- rable d'exemplaires. La Socie"l<$ des journaux de mode qui s'intitule Expedition der Europai- schen Moden-Zeititng fut fondde en Dresde a 1 85 1 . MM. Klemm et Weiss, les 60 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. proprie"taires actuels, ont expose* une Ires inte"ressante collection composee de la serie complete de leur journal et deux autres series, Tune forme'e par le Journal des Luxus, anne"es 1786 a i8aa et 1'autre par I'Allgemeine Moden-Zeitung , anne"es 1 8a3 a i85o;ils ont intitule" cette collection i 786- 1892 . Elle nous donne, en effet, 1'ensemble des modes qui se sont suc- ce'de' depuis le commencement de ce siecle jusqu'a 1'heure actuelle. Dans la section franchise le Moniteur de la Mode avail fait une exposition de ce genre, comprcnant sa collection de i845 a 1898. Pour terminer la revue des journaux , citons ceux publics par la librairie J.-H. SciioiiER, de Berlin: le Familienblatt , journal illustr^ qui jouit d'une excellente reputation en Allemagne et YEcho, journal hebdomadaire qui condense dans ses colonnes tout ce qui est relate* d'inlt'ressant dans la presse quotidienne, et qui compte un grand nombre de lecteurs en France. On sail que I'Allemagne est le berceau de grands compositeurs de mu- sique. Aussi le commerce de la musique forme-t-il une branche importante qui est represented par des maisons considerables. La plus ancienne et la plus puissante est la maison BREITKOPF et HARTEL, de Leipzig. Elle occupe, sans conteste, le premier rang en Allemagne et peut-etre dans le monde entier. Sa fondation date de 1719, mais si on remonle aux orlgines, on trouve que 1'imprimerie qu'avait achete"e Bernard Christophe Breitkopf avail eHe" cre^e par un nomme" Job. Georgi en i6f)4. II serait Irop long d'examiner les divers tnembres de la famille qui se suc- ce"derenl dans la direction de cette maison : qu'il nous suffise de dire que ce sont les petits-fils de Gotlfried Christian Harlel , mort en 1897, M. Wil- helm Volkmann, de Halle, et le docteur Oscar von Hase, d'Ie"na, qui sont a la t(He de cet importanl e"tablissement. Sa superficie ne mesure pas moins de 8,5oo metres Carre's, il emploie plus de 5oo ouvriers occupes a la fa- bricalion des livres et de la musique et possede 35 presses me"caniques, 3o presses a bras, plus une fonderie de caracteres d'imprimerie , une clicherie; on y fait aussi la galvanoplastie, la gravure des notes de musique, la lithographic et la reliurc. La librairie Breitkopf et Hartel a public un ca- talogue d'o3uvres musicales que nous avons vu a 1'Exposition. II comprend en i , 4 1 6 pages la nomenclature de plus de vi ngt mille ouvrages de musique de loutes series au nombre desquels figurent au grand complet les noms de tous les auleurs classiques. La musique classique etail repre"senlee par IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 61 les omvres dc Bach en 5/i volumes (ant pour le chant quc pour 1'orchcstre ct le piano, Ies ceuvres de Beethoven en 38 volumes, celles de Chopin, Gliick, Grdlry, Mendelssohn, Mozart, Schubert, Schumann, Strauss el Wagner sans oublier Ies cfiuvrcs musicales de plusieurs tetes couronne"es, celles de Frederic le Grand en /I volumes relies au prix de 60 francs, des empcreurs Ferdinand III, Leopold l cr ct Joseph I cr . II faut ciler encore une collection des classiques anciens et modernes, edition populaire, compre- nant i,5oo volumes, une autre de morceaux d'orchestre contenant 1,000 nume'ros, une autre de morceaux de chant en i,35o livraisons, une collection de livrets d'opera avec 35o numeros et une autre de chan- sons allemandes comprenant 3,ooo nume'ros. La maison Breitkopf et Hiir- tel possede encore un vaste magasin de papier a musique re'gle de toutes Ies J'acons et en cinq diverses quality's de papier. A cote" de cet immense slock d'oeuvres musicales, la maison a e'dite' un nombre considerable d'ou- vragcs litteraires et scientifiques et de livres sur la musique et Ies beaux- arts. Enfin, une collection de portraits de musiciens et de savants vient compiler cette riche nomenclature. Deux maisons universellement connues par leurs editions musicales, Ies maisons PETERS et LITOLFF, avaient egalemenl expose". La premiere, fonde'e a Leipzig en 1800, s'est de'veloppe'e d'une maniere peu commune parses belles Editions de mailres classiques a bon marche. La maison Litolff, de Brunswick, ne date que de 1828, mais elle est parvenue a egaler sa devan- ciere; 1'une et 1'autre ont expose" leur collection complete. Un autre edileur de musique B. Scuorrs SOHNE, de Mayence, a publie" un grand nombre d'oRuvrcs musicales tant classiques que modernes, entre autrcs la plupart des oeuvres de Richard Wagner; il avail expose la partition d'orchestre de Parsifal, de Richard Wagner, imprimee sur papier du Japon et revetue d'une belle reliure de luxe. Nous avons dit en parlanl de 1'organisation de la librairie allemande quel role important joue le commissionnaire a Leipzig. Deux maisons, deux emules plulot que deux rivales, liennent le premier rang dans celtc branchc si puissante de la librairie en Allemagne, ce sont les maisons F. VOLCKMAR et K. F. KoEHLEn. Bien qu'elles ne s'occii[)cnt point de faire des editions, elles prennent la place de 1'^diteur dans beaucoup de cas en ce qui concerne le placement des livros. Elles achetcnt, en effet, en grand 62 EXPOSITION UWVERSELLE DE CHICAGO. nombre, Ics ouvrages les plus courants, les font relicr et les vendent an meme prix, sinon moins cher, que I'cSditeur lui-meme. Ges deux maisons ont done plutol exposd des specimens de reliure que des volumes. La librairie F. Volckmar avail 6*16" charged d'installer a 1'Exposition de Chicago, dans le salon du Commissaire ge"ne"ral allemand, une bibliotheque de famille devant renfermer les ouvrages les plus importants de 1 literature couranle pour servir a la leclure en famille. Elle se composait de 189 ouvrages en 3i6 volumes au prix lotal de 8,760 francs et le choix en avail e^e" fait dc la maniere la plus heureuse. II consistait a re"unir un en- semble des O3uvres de 1'espril les plus remarquables de 1'Allemagne, sans toulefois de"passer le budgcl dont peut disposer un homme leltre" dans une position moyenne de fortune. II a done fallu faire un choix des meilleures editions et relier les volumes de maniere a donner en meme temps des dchantillons de la reliure allemande. La maison F. Volckmar s'est acquittee de sa ta"che avec le plus grand succes. II est a regretler que cette biblio- theque soil reside dans le salon prive" du Commissaire general et n'ait pu e'tre examinee que par les privilegie's. Nous avons appris que sur la fin de 1'exposition, elle a ele installee dans la salle de 1'exposilion colleclive ou le public avail acces et ou elle a e'le forl remarquee. La librairie F. Volckmar avail expose" son catalogue illustrd de livres d'elrennes qu'elle a commence a publier en 1877 el qui forme acluellemenl 16 volumes. Comme la librairie F. Volckmar, la maison H.-F. Kcehler est une maison de commission qui possede un Bar- Sort iment. Sa fondation remonle a 1789, mais elle ne s'occupe de la venle des livres relic's pour son compte que depuis cinq ou six ans. C'esl pour rdpondre au besoin qui se fait de plus en plus senlir d'avoir des volumes tout relic's, que ce commerce ap- pele Bar-Sortiment a pris depuis quelques anne"es une si grande extension. Les Etals-Unis, qui sont un vaste champ pour le placement des livres alle- mands et ou on achele surtout les livres avec leur reliure, ont, sans doute, une large part dans les progres qu'a fails cette branche speciale de la li- brairie allemande. Les bibliotheques y trouvent de grands avantages de prix pour leur budget et pour les livres une plus longue dure"e. Les vo- lumes exposes par la maison K.-F. Koehler n'avaient pas ete* relic's en vue de 1'Exposilion , ils provenaienl du slock de ses magasins el se Irouvaienl la comme e"chantillons. Des calalogues tres interessants (Haient egalement IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 63 exposes, les uns pour libraires par ordre alphabelique tie noms d'autcurs avec prix, les autres pour Ic public par ordre syste'matique de matures. Ils donnent un ensemble complet de ce qui se public dans le domaine de la liUeYature et des sciences. Nous sommes contraints de nous arreter; il y aurait un grand nombre depositions dignes d'etre signalers, mais il nous faudraitpour cela eten- dre ce rapport bien au dela des limites que nous nous sommes assignees. Nous les avons me'rne de'passe'es, mais devant 1'importance de la librairie allemande et de ses produits, non seulement a 1'Exposilion de Chicago, mais encore dans tout le Nouveau Monde, nous nous sommes fait un de- voir de trailer la question avec tous les details qu'elle comporte. II nous reste a dire quelques mots sur I'imprimerie, la lithographic, la fabrication des encres et la reliure. IMPRIMERIE. La KAISERLICH DEUTSCHE REICHSDROCKEREI, Imprimcrie impe'riale d'Alle- magne, avait une exposition des plus inteYessantes; elle se trouvait dans le Pavilion allemand. Une se"rie de gravures du plus grand interet, repre"sen- lant d'anciennes peinlures, a surtout attire" notre attention, non seulement par le travail qui est remarquable, mais aussi par sa valeur qui se trouve encore augmentee par les peines infinies qu'on a cues pour reproduire les originaux. Tous e"taient des chefs-d'ffluvre , et il a fallu souvent se rendre dans les pays les plus lointains et obtenir des Gouvernements etrangers ou des particuliers les autorisations ne"cessaires en pareil cas. L'Imprimeric imperiale a e"te la premiere a mettre celte ide*e en pratique, et la grande valeur des originaux a rendu sa tache des plus difficiles, mais elle a eu la rare bonne fortune de pouvoir la remplir jusqu'au bout. On admirait beaucoup a 1'Exposition la reproduction de la plus vieille carte du Monde, exe'cute'e dans les ateliers de I'imprimerie impe'riale. G'cst dans un convent du Hanovre, a Ebstorf, que fut de"couvert 1'original, en 1866. D'apres 1'auteur, un ge"ographe inconnu du xin e siecle, la terre est rondo, sa surface est plane et Jerusalem en est le centre. Un autre specimen de reproduction figurait a 1'exposition de la Rcichsdruckerci et repre'sentait 1'exemplaire unique de la carte du Monde exe'cute'e par Gerhard Mercator a Duisbourg, en 1669, et dont 1'original se trouve actuellement 64 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. a Breslau. II nous a etc clonne de voir aussi une se"rie de gravurcs rcpre"- sentant le developpement de Fimprimeric en Allemagne depuis le commen- cement du xv e siecle et marquant d'une maniere frappante les progres fails par les Allemands depuis les premiers essais de Gutenberg jusqu'a nos jours. Un certain nombre d'esquisses representaient les monuments d'Olympia, ou le Gouvernement a ordonne' des fouilles, et un tableau, contenant des reproductions de cartes a jouer, nous montre les cartes italiennes de toutcs cspeces, a commencer par les cartes rondes du xm e siecle. G'est le musee de Bologne qui a prete les originaux et les a fait assurer pour unc sommc de 600,000 francs. Au Moyen age, 1'Italie et 1' Allemagne, comme on sail, ont e"te les deux pays ou 1'art de la gravure e"tait le plus developpe. Ges diffeVents specimens ont donne" la note ge"nerale de ce que |)eut cxdcuter I'lmprimerie impe"riale de 1'Empire et il faut reconnaitrc que dans les divers genres, qu'il s'agisse de gravure, d'he'liogravurc ou d'eaux-fortcs , il est difficile de la surpasser. G'est M. Busse qui est directeur de cet important (Hablissement, et il a su, tout en imprimant les travaux courants pour le Gouvernement alle- mand, de'velopper & un Ires haul degre* les arts graphiques. Quelques chiffres donneront une idee de 1'importance de la Reichsdruckerei. L'Imprimerie impe'riale occupe i,3oo personnes, artistes, employes, imprimeurs, graveurs, etc. Les travaux courants donnent environ i a 8 mil- lions de feuilles par an. Pour 1'exercice 1891-1892, les recettes ont ete de 7,210,000 francs et les depenses de 5, 080,000 francs. II a 6(6 tire, pour la meme anne"e, i/j,i 18,000 feuilles de 100 timbres chacune, soil pres de i milliard et demi; 286 millions de cartes postales, 82 millions de mandals-poste, etc. Quant au papier-monnaie, billets de banquc et autres papiers de valeur, on lvalue leur nombre a 7,/ioo,ooo. L'imprimerie W. DBUGLLIN, de Leipzig, avail envoye de nombreuv spe- cimens de ses impressions speciales, surtoul en langues orientales. II dtait inl^ressant de voir imprimees des langues si diverses, depuis 1'allemand et 1'anglais jusqu'au chinois et au turc, en passant par le grec, I'h^breu, 1'inca, le malais, le persan, le russe, le Sanscrit, le siamois, le syriaquc ct le copte. Nous croyons que c'est la seule imprimerie, dans le monde enticr, qui reunisse une telle varie'te' de caracteres avec le personnel neces- saire pour composer et corriger dans ces diverses langues. Un ouvrage , qui est un veritable chef-d'o3uvre d'impression, dans le style des vieilles IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 65 chroniques, figurait a 1'Exposition; c'est un grand in-folio, intitule" : Chromck des Sdchsisclicn Konigshauses und seiner Residenzsladt , qui fut offert au roi et a la reine de Saxe, a 1'occasion du vingt-cinquieme anniversaire de leur manage, par la municipalite de Dresde. D'autres iraprimeries, raais de moindre importance, e"taient repre'sente'es a Chicago. Citons les irnprimeries C. GRUMBACH, de Leipzig, qui avail envoye un tableau avec de jolis specimens; FORSTER et BORRIES, de Zwickau, avec de nombreux e"chanlillons de leurs travaux. Enfm le DEUTSCHEH BUCHDRUCKER-VEREIN, ou Association des imprimeurs allemands, avail expose" six lableaux conlenant plus de cenl feuilles prises dans les amides 1889, 1890, 1891 el 1892 de leur Recueil international d'echange de spe"- cimens de Iravaux graphiques, el on a pu juger d'une maniere Ires nelte de I'ensemble de la produclion allemande dans les Iravaux d'imprimerie, appele"s Iravaux de villew. Les exchanges portent sur des specimens que les membres composent et e"changenl enlre eux, el consliluenl une sorle d'enseignemenl mutuel. L'Associalion des imprimeurs allemands, fondle en 1869, s'e"tend sur tout 1'empire allemand; elle possede neuf comile"s re"parlis dans neuf secleurs; elle a son siege a Leipzig el comple 17,000 membres, donl 1/1,000 ouvriers. Elle a surtoul pour but de deTendre les inte'rets de la corporation, de mainlenir les prix a un laux remune'rateur, de regler les salaires des ouvriers el employe's el de re"glemenler 1'appren- lissage. Enfin elle s'occupe de fonder des dcoles spe'ciales, des caisses de retraites et de secours. Elle possede un organe qui, sous le litre de Zeitschrift fur Deutschlaiids Buchdrucker, parait une fois par semaine. Comme on le voil, 1'imprimerie en Allemagne a une organisalion lout aussi solide que celle de la librairie, el loul concourt a son developpemenl d'une maniere conlinue el des plus seVieuses. II exisle une foule de socie'le's qui aidenl puissammenl a perfectionner 1'art de 1'imprimeur. Un nombre considerable de trace's spdciaux et 16 journaux, s'occupanl exclusivement d'imprimerie, sont aulanl d'auxiliaires pre"cieux qui concourent a l'e"duca- lion de 1'ouvrier imprimeur allemand. LITHOGRAPHIE. La lithographic ^tait repre'senle'e par quelques maisons importantes qui en font leur spe'cialite'. Mais au nombre des grandes maisons que nous Count 34. *5 66 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. avons de"ja passe"es en revue, on en compte un grand nombre qui posse- dent des presses lithograph iqucs et les font servir a leurs besoins person- nels. Nous avons surtout remarque" 1'exposilion de la maison MEISSNEB et BDCH , de Leipzig. Fondle en 18.61, elle s'est de'veloppe'e rapidement, et bientot elle cre*a une succursale a Londres. A cote" de travaux courants, tels que : images en chromo, menus, cartes de Noel, etc., elle a expose" des fac-si- mile"s d'aquarelles, d'apres un precede" a elle, qui me"rite une mention par- ticuliere. On y voyait une belle aquarelle originale d'Alberti, repre"sentant les Pfohcurs vinitiens, accompagne"e du fac-simile" obtenu par le proce"de" Meissner et Buch, et il faut convenir que le re"sultat etait merveilleux; d'au- tres fac-simile's d'aquarelles, reproduisant des tableaux connus de Hardy, Weber, Wollen, ont e'te' aussi fort remarque's. D'autres maisons, comme celles de MEISENBACH , RIFFARTH et C' e , de Berlin, avec succursale a Munich; E. PCICKAU, de Leipzig; M. WACHTER, de Fnbourg i. B.; G. LOEWEN SOHN, de Furth, nous ont aussi donne" de beaux specimens de leurs impressions en couleur et en noir, chromolitho- graphies, photolithographies, photogravures et autres proce'de's. ENGRES D'IMPRESSION. La fabrication des encres e"tait represented par la maison KAST et EHINGER, de Stuttgart. Elle a expose" une se"rie d'imprime's en noir et en cou- leurs obtenus avec ses produits, employes dans la majeure partie des impri- meries d'AHemagne. RELIURE. La reliure se fait sur une grande e"chelle en Allemagne. C'est une in- dustrie qui s'est beaucoup ddveloppe"e, surtout depuis une dizaine d'anne"es; sa production est considerable, et les reliures que nous avons examinees nous ont paru solides et bien exdcut^es, mais il faut avouer que la g6ne"ra- lite" laisse un peu a d^sirer au point de vue du gout ; la reliure est plutot lourde, et nous avons remarque" 1'abus qui est fait de 1'or et des ornements. L'aspect ge"ne"ral manque de grace et les tons sont souvent criards. La REICHSDBUCKEREI de Berlin, qui possede des ateliers importants de re- liure, avait expose" des specimens Ires soignds, entre autres un Nathan der Weise relic* en parchemin blanc, assez sobre d'ornements. MORITZ GOHRE, de IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 67 Leipzig, so prdsentait avec quelques jolies reliures; citons : une Exposition de Munich en 1888, reliure Louis XV avec dorure a la main, du prix de Boo francs; un Germania, reliure a incrustations du prix de 26 francs et un cadre pour photographies, genre mosaique, du prix de 760 francs. Hermann GRAF cNoSoHN, d'Altenburg, avaient envoy<5 de jolis albums relic's genre mosaique et une cassette a bijoux en chagrin blanc avec ornements incruste's. Enfm, K.-F. KOEHLER, de Leipzig, dont nous avons deja parle" plus haul, avait expose une quantite" de volumes relics, mais c'e"taient sur- tout des reliures de commerce et qui, par consequent, n'avaient aucune prevention a 1'art. De nos e"tudes sur les diff^rentes branches de 1'industrie du livre dans la section allemande a Chicago, il re*sulte ceci : Que la librairie allemande, grace a une organisation tres complete, la plus complete peut-e'tre, a su prendre une place importante dansle monde entier, qu'il s'agisse du livre, des cartes gi 5 ographiques ou de la musique; Que son esprit de propagande et aussi, il faut le dire, sa situation toute parliculiere, en raison de 1'exode constant de sa population vers le Nouveau-Monde, lui donnent un avantage marque" aux Elats-Unis, ou 1'usage de la langue allemande est assez repandu pour que 1'instruction publique lui laisse le pas sur les autres langues etrangeres; Que les differents etablissements d'AHemagne qui concourent a 1'en- semble de 1'industrie du livre, soil comme etablissements publics, soil comme etablissements priv^s, sont munis des moyens les plus perfectionne"s et sont a m^me dc lulter avec n'importe quels etablissements similaires de 1'etranger; comme consequence, leur production de*passe de beaucoup celle des autres pays et leurs exportations atteignent un chiffre tres e"leve; Qu'a cote d'un enseignement professionnel tres deVeloppe* et disposant d'elements multiples, mis en valeur par de nombreuses et puissantes cor- porations, les employes ou ouvriers se sont organises pour de"fendre leurs interns presents et futurs, qu'il s'agisse de salaires ou de pensions de re- traite; qu'ils forment une grande famille dont les membres se solidarisent sur toutes les questions de metier, en vue du de"veloppement des connais- sancesa acqu^rir et des perfectionnements a re"aliser; Que 1'Allemagne, enfin, offre une superiority incontcstee sur tout ce qui louche a la cartographic; qu'elle occupe un tres bon rang pour tout ce qui concerne I'impression du livre; que, toutefois, du cote des reuvres de gout, 5. 68 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. notamment les publications illustre"es et la reliure, elle n'a pas encore la premiere place, mais qu'elle travaille sans relache el met tout en ceuvre pour tenter d'egaler ses rivaux. Rappelons, en terminant, ce quo disait il y a pres d'un demi-siecle une des lumieres de notre corporation , Ambroise Firmin-Didot : En tout temps , disait-il en i 83 1 , 1'amour des livres s'est maintenu en Allemagne, qui est encore aujourd'hui le centre et le principal marche* du commerce de la librairie. Le nombre toujours croissant de ses impressions, le savoir pro- fond des professeurs de ses Universite"s , le zele dclaird de ses libraires et de ses imprimeurs, quo distinguent leur instruction et leur amour de leur profession, ont puissamment contribue" au progres des lumieres. Ill AMERIQUE. ETATS-UNIS. Commc il etait facile de le pre"voir, la librairie ame"ricaine e"lail large- mcnt repre'sente'e a 1'Exposition dc Chicago. Elle occupait au premier elage, dans la parlie ouest du Palais des Manufactures, un vaste empla- cement ou les maisons importantes avaient tenu & honneurde figurer. Les t'dileurs ameVicains ne s'etaient pas reunis en collectivite", chaque inaison avail expose^ pour son compte individuellement. La encore, comme en Allemagne, pas de vitrines ferrates, mais les ouvrages e"pars sur des tables formant e"talage. Les AmeVicains, gens pratiques et commerc,ants par excel- lence, ont appliqu^ au livre le sysleme ge"ne"ralement employe" pour pre"- senter a 1'acheteur la plupart des marchandises ordinaires : les faire voir et apprtkier au public. Des reprdsentanls actifs et intelligents, sans perdre de vue le cote" affaires, renseignaient les visiteurs avec bonne grace, les sollicitant meme a venir examiner leur exposition. Avant d'aborder I'e'tude de leurs produits, nous devons, suivant le plan que nous nous sommes trace" jusqu'ici, passer rapidement en revue les progres accomplis depuis la derniere Exposition du Centenaire en 1876 el essayer de donner une idee de 1'organisation de la librairie aux Etats- Unis. Ces progres ont die considerables : qu'il nous suffise d'indiquer en quelques lignes les e"tapes successives quc la production des livres y a suivies depuis cette e"poque et meme depuis 1880. Production. De 1880 a 18/41, lisons-nous dans le rapport annuel du Publisher's Weekly pour 1891, paru en Janvier 189 a, on a publi6 aux Etals-Unis, pendant cette peViode dc douze anne"es, 1,11 5 ouvrages; sur ce nombre, 62 3 e"taient des oeuvres originates et ^192 des re'impres- sions d'ouvrages dlrangers, ce qui fail une moyenne de 5a ouvrages par an. En 18 53, on publia 733 ouvrages, donl 278 dtaienl des re"impressions de livres anglais, 35 des (reductions et 4 20 des oeuvres originates, signe'es d'auleurs ameYicains. C'etait d<5ja une augmentation de 800 p. 100 sur 70 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. la production moyenne de 1880 a i84i. Si on compare la progression de la population, on voit quecette derniere s'est accrue dans le me'melaps ae temps de 80 p. 100, la production du livre aurait done progress^ dix fois plus vite que la population. En 1880, la population, qui en 18/11 n'e"tait d'apres les rapports officiels que de 17 millions d'habitants, attei- gnait le chiffre de 5o millions et, cette annee la, le nombre d'ouvrages pu- blic's, parti de 5 a en 18/11 , passe a plus de a,ooo. En 1890, dix ans plus tard, la population e"tait de 6 a millions et demi d'habitants et il sort des presses ame'ricaines 4,55o, ouvrages dans cette merne anne"e de 1890. Nous donnons d'apres le Publisher's Weekly I'e'chelle exacte de la production des livres aux Etats-Unis dans les dix dernieres anne"es. Nombre d'ouvrages publics. 1881 2,991 1882 3,4 7 a 1883 3,68i 1884 4,o88 1885 4,o3o Nombre d'ouvrages publics. 1886 4,776 1887 4,43 7 1888 4,63i 1889 4,oi4 1890 4,55 9 Gomme dans presque tous les pays, c'est le roman qui atteint le plus gros chiffre. Du reste voici comment les nombres ci-dessus se de'composent pour les deux anne"es 1800 et 1801: i u u Ouvrages publics en 1890. en 1891. Romans .............................. 1,118 1,1 o5 The"ologie et religion ..................... 467 5a8 Ouvrages pour la jeunesse ................. 4o8 46o Enseignement et linguistique ............... 899 355 Jurisprudence .......................... 458 348 Histoire litte'raire et melanges .............. i83 a5i Beaux-arts et ouvrages illustrds ............. 1 35 228 Biographies , me'moires ................... ai8 911 Sciences morales et politiques .............. i83 197 Poesies et theatre ....................... 168 ig3 Voyages .............................. i6a i3g Histoire .............................. i53 ia4 Sciences me'dicales , hygiene ............... 117 108 Arts industriels ......................... 1 33 106 Sciences physiques et mathdmatiques ........ g3 97 A reporter ........ 4,3g5 4,45o 1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 71 Ouvragos publics Report 4,45o A,3g5 Sports et r&re'ation 8a 79 Economic domestique et rurale 39 71 Philosophic et morale 1 1 89 Litte'rature salirique et huraoristique 4 a a6 TOTAL 4,55g 4,665 Comme on le voit, a part 1887, 1890 et 1891, les chiffres oscillent autour de /i,ooo. Get e"tat stationnaire indique-t-il qu'on lit moins? Non, mais les journaux quotidiens et la presse pe"riodique, re"pandus de plus en plus aux Etats-Unis, retirent au livre un grand nombre de lecteurs. Le temps semble loin ou New-York ne comptait que 7 journaux quotidiens, i journal hebdomadaire, 2 journaux de me"decine (i trimestriel et 1'autre semestriel) et i journal religieux hebdomadaire, public" par T. et J. Swords, les premiers editeurs americains qui s'utablirent a New-York en 1764. En 1888, la statistique relevait deja 54o journaux et periodiques, dont plu- sieurs en langues dtrangeres et i en chinois. 11 y a dix ans, New-York avail a 9 journaux politiques quotidiens, paraissant le matin, glesoir, loparais- sant tous les cinq jours, 38/1 hebdomadaires, 1 1 bi-hebdomadaires, a 5 bi- mensuels, i85 mensuels, 3 paraissant tous les deux mois, 11 trimestriels et t semestriel. Actuellement ces chiffres sont de beaucoup de"passe"s. Une autre cause pour laquelle le public achete moins, mais lit tout autant, si ce n'est plus, reside dans la facihte que lui offrent les vastes bibliotheques qui se sont fondles et ou les lecteurs se montrent particu- lierement assidus. Un homme considerable aux Etats-Unis, M. Wm. J. Harris, dans un article remarquable de 1' American Journal of Education, a fort bien indiqu^ les fonctions de la bibliotheque. II nous apprend que le nombre des bibliotheques aux Etats-Unis s'est accru dans une proportion inusite"e, grace aux nouvelles lois d'Etat, qui ont cr^ des taxes spe"ciales pour leur entretien; et on peut dire qu'un grand nombre de villes en retirent les plus grands bienfaits. Les encouragements, donne"s par 1'Etat a ces bibliolheques, ont une large repercussion parmi les riches particu- liers qui se prennent aujourd'hui d'une veritable Emulation dans leurs actes de ge"ne"rosite envers ces institutions. On comprend en effet qu'imm<5- diatement apres I'^cole et le journal, doit venir la bibliotheque comme 72 EXPOSITION UMVERSELLE DE CHICAGO. agent d'instruction. A I'e'cole on apprend a lire, le journal et la biblio- theque offrent un aliment pour la lecture; 1'une prepare a 1'instruction que les autres donnent et ddveloppent. On considere ces trois moyens comme les facteurs capables de preparer le peuple americain a la brillante destined qui lui est re'serve'e. M. Harris raconte qu'autrefois, dans une ville de 1'Etat de Massachu- setts, la majorite des membres d'une commission scolaire, dont il faisait partie, de*cida deconsacrer une somme de 5o dollars (9 So francs environ) a 1'achat d'un certain nombre de livres de lecture, en prenant dix exem- plaires de cliaque ouvrage. On devait les remettre entre les mains de dix e'leves d'une classe, qui, apres les avoir lus, les passeraient a dix de leurs camarades, et ainsi de suite jusqu'a ce que toute IMcole les eut lus. On devait ensuite les faire circuler de la meme maniere dans les autres e'coles de la ville. Ce systeme de faire passer les volumes des mains des profes- seurs dans celles des e'leves e"tait ainsi la demonstration pratique du role de la bibliotheque dans 1'inslruction. Enfm la tendance marquee qui se manifeste vers la lecture des Standard Works ou ouvrages repute's classiques n'est pas faite certainement pour en- cotirager la vente des ouvrages nouveaux; mais si cet e"tat de choses a retire quelques profits a I'e'diteur, il serait inexact de pre'tendre que la produc- tion du livre a peYiclite 1 outre mesure en AmeVique, puisque pendant ces dix dernieres anne"es elle a augments' de plus de 5o p. 100. Organisation. II n'est pas non plus sans interet de voir comment fonc- tionne la librairie aux Etats-Unis et de connaitre son organisation. G'est en la connaissant mieux qu'il nous sera peut-etre possible de trouver les moyens de faire pe"ne"trer nos publications plus avant dans ce pays. Nous avons deja insiste", dans la premiere partie de ce rapport, sur la nikessile qu'il y avait pour nous a ne pas nous laisser devancer par d'autres na- tions dans le vaste champ que nous offre 1'Ame'rique, nous n'avons done pas a y revenir. La librairie americaine est represented par {'American Book Trade Asso- ciation qui tient la place, sans pouvoir toutefois lui etre compare, du BiJr- senverein allemand, dont nous avons parle" plus haul, ou de noire Cerclc de la librairie. L'organe officiel des libraires est le Publisher's Weekly, American book trade Journal, paraissant a New- York une fois par semaine. G'est un AHc- IMPRIMER1E ET LIBRAIRIE. 73 mand, F. Leypold, qui crea en 1862 le premier recueil bibliographique sous le titre de American Literary Gazette and Publisher's Circular, qui s'est fondu avec le Publisher's Weekly en 1879. A la tete de ce dernier se trouve actuellement M. A. Growoll qui a bien voulu nous donner avec la meilleure grace des renseignements fort inteYessants. M. Growoll parle 1'allemand avec une purete" qui nous fait supposer que ses ancetres ont vu le jour de 1'autre cote" du Rhin. II est 1'auleur d'un ouvrage tres interessant sur la profession du libraire intitule The Profession of Bookselling, Part I et qui a paru lors de 1'Exposition de Chicago; il nous donnera bientot la suite, il faut 1'esperer. N'est-ce point un fait a noter, en passant, que la bibliogra- phic a (He* cultive"e dans tous les temps avec succes par nos voisins, tant chez eux qu'a 1'tHranger ? Aux Etats-Unis M. Caspar, d'origine allemande, libraire a Milwaukee, s'est occupe de reunir une foule de mateYiaux et en a fait des index de toules sortes qui rendent les plus grands services; il a publie entre autres un Directory on livre d'adresses, dont il est 1'auteur, qui ne comporte pas moins de i,5oo pages grand in-8 et contient 5 1,000 adresses de libraires, papetiers, journaux, etc., du monde entier. En France m^me n'est-ce pas a un AJlemand, M. Otto Lorenz, naturalist depuis, que nous devons le catalogue ge'ne'ral de la hbrairie franchise, qui porte son nom, et continue par E. Jordell, un autre bibliographe Stranger, un Suddois? Le Publisher's Weekly est re'dige' avec soin et methode. La partie biblio- graphique conlient le catalogue des ouvrages nouveaux classes par noms d'auteurs et d'e'diteurs, par ordre de titres et par ordre syste"matique, et cola chaque semaine, chaque mois et chaque anne"e. DC plus, a chaque saison, des listes speciales, nomme'es Lists of seasons, donnent, en mai, un catalogue complet avec prix des livres de lecture et des guides pour la saison des voyages, en juilletdes livres d'enseignement pour la rentre"e, et en novembre, des livres d'e"trennes pour Noel. II publie dans chaque nurnero du journal une analyse succincte des meilleurs ouvrages, excellenle idee que rien n'ernpe'cherait de mettre en pratique chez nous. Le prix des annonces est relativement eleve", 100 francs une page et ia5 francs les pages spe"ciales. Le prix de 1'abonnement au contraire est comparativement bon marche", i5 francs seulement aux Etats-Unis. A cote* du Publisher's Weekly, se publie un recueil mensuel sous le litre 74 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. de The Library News, fonde" en 1868 sous le nom de Literary Bulletin. II pre"sente chaque mois un ensemble complet de la literature courante au moyen de courtes notices d'ouvrages et de biographies d'auteurs. Elles sont consacrees aux meilleures oauvres litteYaires. Autrefois il se publiait un in- teYessant recueil mensuel appcle" 1' 'American Bookseller, e"dite" par {'American News Company, mais il a cesse" de paraitre depuis quelque temps. Au nombre des recueils de bibliographic, le plus important est {'Ame- rican Catalogue, qui donne la liste des volumes parus en 1876. G'est F. Lcypoldt, dont nous avons parle plus haul, qui en est 1'auteur, assiste par L. E. Jones. Deux supplements, un pour les ouvrages parus de 1876 a 1 8 8 li et 1'autre pour ceux public's dei88iai8go, ont eHe" kite's depuis. Us ont e"te" re"digt5s par miss A. L. Appleton, sous la direction de M. R. R. Bowker, et contiennent la lisle des livres parus aux Elats-Unis, classes par ordre alphabe"tique de noms d'auteurs et de titres dans la premiere partie, et par ordre syste"matique dans la seconde. Le premier volume de 1876 contenant la partie par ordre alphabe'tique de noms d'auteurs et de titres est epuisee, la partie syste"matiquc, dont il reste un petit nombre d'exem- plaires, est vendue 76 francs; {'American Catalogue (1876-1884) est du prix de 90 francs et le dernier (1884-1890) coute 75 francs. Signalons encore {'Annual American Catalogue qui parait a la fin de chaque anne"e. II faut avouer que tous ces instruments de travail sont peu recherche's des libraires arne'ricains. Ces derniers n'ont pas en ge'ne'ral une connais- sance bien approfondie de la litte'ralure de leur pays; le classement des livres dans leur magasin est des plus primilifs, car ils les considerent trop comme une denre"e ordinaire, qu'ils cUbitent comme telle. Le libraire detaillant, Retail Bookseller, fait peu ou point d'envois en communication a sa clientele, les circulates, prospectus et catalogues lui sont a peu pres inconnus. II a besoin pour son commerce d'un capital relativement considerable, car a 1'oppose" des habitudes de la librairie al- lemande, qui permettent a un libraire de recevoir la presque totalite" des livres a condition, et souvent pour une anne"e entiere, quelquefois plus, le Retail Bookseller doit acheter pour ainsi dire tout au comptant. Pour avoir une clientele re"guliere, il lui faut en magasin un tres large assorti- ment. Comme chez nous, les magasins de nouveaute"s font aux libraires de detail une concurrence tres serieuse et leur causent un prejudice re"el, IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 75 car ils achelenl a 1'approche des ftHes de Noel un stock considerable de livres, qu'ils revendent au-dessous du cours. Le libraire, vraiment digne de ce nom et connaissant bien son metier, n'existe re*elleiuent que dans la libraire ancienne, c'est le Second Hand Bookdealer. Tous, il faut cependant le dire, ne sont point des catalogues vivanls, et il en est encore qui vendent le livre comme ils delnteraient tout autre merchandise. Cela tient un peu au milieu commercant a ou- trance, ou vit le libraire ame"ricain. Toutefois, Ics libraires -d'occasion sont en ge"ne>al plus au courant de la librairie que les libraires deHaillanls or- dinaires et a cot<5 de leur librairie ancienne ils sont obliges d'avoir des ouvrages nouveaux, car mieux renseigne"s que leurs confreres des librai- ries modernes, ils ont une meilleure clientele et obtiennent d'heureux re"- sultals. Si du Retail Bookseller et Second Hand Bookdealer, nous passons au Jobber. ou libraire en gros, nous touchons imme'diatement aux grandes affaires, aux affaires de speculation. Ce dernier achete les ouvrages courants en enorme quantite* et les revend aux librairies de detail en prelevant son benefice. Ce n'est pas un commissionnaire, au sens strict du mot, parce qu'il n'achete pas seulement sur commande; c'est plutot un libraire en gros. En me'me temps que les livres, le Jobber achete ^galement par tres grandes quanlite"s des fournitures scolaires, encre, plumes, papier, ca- hiers, etc., et opere a ses risqus et perils. Bien plus, il entretient dans certaines villes des agents qui visitent la clientele des libraires et des pa- petiers (Stationers) ou autres commercants qui auraient le placement de livres ou de fournitures d'e"cole et de bureau. En outre, il a des voyageurs qui parcourent les diverses regions du pays et visitent les libraires plu- sieurs fois par an. L'action du Jobber s'e"tend encore plus loin, il vend aussi directement au public, il va de soi qu'il accorde a ce dernier moins de rabais qu'au libraire. La corporation des Jobbers est riche et puissante et les editeurs comptent seYieusement avec elle. Le commissionnaire en li- brairie, comme on le connait en France et en Allemagne, c'est-a-dire re- pre"sentant un certain nombre de clients, achetant pour leur comple et groupant les remises des 5diteurs, n'existe pas aux Etats-Unis. Les agences de journaux ou News Companies ont, comme leur nom Tin- 76 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. dique, pour spdcialite la vente des journaux, a laquelle ils joignent de temps a autre la vente des livres. On rencontre ces agences a Boston, Philadelphie et surtout New-York. C'est dans cette derniere ville que Y Ame- rican l\'ews Company et Y International News Company ont leur siege. A la teMe de cette derniere se trouve M. Peppmiiller, un ArneVicain d'origine allemande; elle fait sur une grande echelle ^importation des journaux al- lemands. L' American News Company, de beaucoup la plus importante, pos- sede, dans presque toutes les villes des Etats-Unis, une succursale qui effectue sur place les commandes de toute rnaison ayant un compte ouvert chez elle. Les affaires qui s'y traitent et le nombre de feuilles de toutes sortes qui s'y debitent atteignent un chiffre considerable. Nous arrivons aux e"diteurs proprement dits, c'est-a-dire aux e"diteurs de livres ou Publishers. L'ddition se fait seulement dans les grands centres, surtout dans 1'Est, a New-York, Boston, Philadelphie et Washington; Chicago, Cincinnati et San Francisco complenl aussi plusieurs grandes maisons. On rencontre encore des e"diteurs dans les villes de moindre im- portance, mais ils se bornent a e"diter des livres pour les e"coles, des ou- vrages de pie"te" et des livres se rapportant a la contre*e. Dans les cinq ou six grandes villes indique"es plus haul, il existe des maisons considerables et toutes puissantes, disposant de capitaux Sieve's et publiant chaque ann^e un grand nombre de volumes et d'ouvrages de longue haleine. Elles s'oc- cupent surtout de htteralure, d'histoire, de voyages, etc. Quelques-unes annoncent dans leur catalogue de nombreux ouvrages scienlifiques, ma- lhe"matiques, geograpliiques, etc.. et publient des Magazines a gros ti- rages, telles les maisons Harper Brothers, Scribner's Sons, etc. Enfin d'autres, surtout a New- York et Boston, oilitent des livres d'enseignement; la plus importante est V American Book Company, de New-York. Nous n'a- vons pas cite a dessein deux branches importantes, le droit et la medecine, car elles forment un genre a part d'exploitation , que nous e"tudierons plus loin. Le iancernent des ouvrages de librairie est plus onereux en Amdrique qu'en Europe, mais on a constate" que le rendement est supe"ricur. On pent 1'expliquer par le plus grand nombre d'habitants d'abord, par le nombre surprenant d'e'coles et colleges, et par 1'existence de nombreuses biblio- theques bien dot^es, re"pandties partoutsur le territoire immense des Elats- Unis. Les catalogues de fonds ne jouent pas le role que nous leur donnons IMPRIMERIE ET LIBRA1RIE. 77 en Europe. Chaque maison importante a bien le sien, mais en general ces catalogues ne brillent pas toujours par 1'exaclilude et, a quelques excep- tions pres, sont raal fails. Les tables des malieres surtout laissent beau- coup a de"sirer; les titres sont souvent incomplets et ne donnent qu'une faible ide"e de 1'ouvrage annonce", aussi le public et le libraire sont fre"- quemment embarrasses pour trouver des renseignements exacts dans les catalogues. La publicit4 ne se fait done que rarement par catalogues. Elle se fait plutot par les journaux d'abord, si repandus aux Etats-Unis, ensuite par les voyageurs. On fail des insertions en grand nombre et reitere'es a satiete dans les journaux locaux, dans ceux des autres villes et surtout dans les revues et Magazines. Cetle publicile", qui s'adresse directement au public, rapporte d'autant plus aux e"diteurs, qu'ils fournissent aux parliculiers et aux bibliotheques sans passer par 1'entremise du libraire et ils y trouvent ainsi un Ires gros profit. De plus, cbaque maison a ses voyageurs, qui plusieurs fois par an, meme jusqu'a quatre fois, visitent la clientele des libraires. Ces visiles se font d'une maniere assez onginale, mais vraiment fort pratique, car le libraire pcut ainsi acheter en connaissance de cause et sur echanlillons. Quand le voyageur d'une maison importante arrive dans une ville, il descend dans le meilleur hotel. Toujours Ires soigne dans sa tenue, il n'emporte dans ses visiles aucun livre avec lui, pas me'me de catalogue, mais il fait une tourne"e chez les libraires en les priant de venir a un jour et a une heure fixes d'avance, a son hotel ou dans une vaste chambre il a expose ses hvres. C'esl sur ces Echanlillons que le libraire fait ses re"assortiments ou achete les nouveautds qu'il croil de nalure a in- leVesser sa clienlele. II n'est nullement question de commandes a condilion, loules les venles se font a compte ferme, el le reglernent de comple a lieu a 3o ou 60 jours, rarement & go jours. II arrive quelquefois que le voyageur est aulorise 1 , suivant 1'importance des achats, a faire des rabais exception- nels. Un grand nombre d'edileurs se sonl specialises el publient soil des ou- vrages de medecine, soil des ouvrages de jurisprudence. Ils forment une calegorie parfailemenl distincle el on les connail sous le nom de Medical Booksellers ou de Law Booksellers. Les premiers n'e'dilenl que des livres de medecine el les autres des livres de droit. Ils publient en g^neVal des ceuvres originates, mais ils reimplement aussi des ouvrages parus en Angle- terre et tirenla grand nombre. On renconlre aussi des maisons specialist 78 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. dans les publications theologiques, technologiques ou d'enseignement. D'autrcs s'occupent exclusivement de la re"impression des cbefs-d'ceuvre de la literature anglaise : Shakespeare, Byron, Milton, Macaulay, etc., et il se fait dans ce genre d' edition des affaires tres importantes. Aussi des mai- sons anglaises, Macmillan, Routledge et d'autres de Londres onl-elles elabli des succursales a New- York, autant pour propager les ouvrages de leur fonds que pour se defendre centre cet envahissement. D'autres e"diteurs enfin vendent exclusivement des romans broches, Paper Novels ou Dimn Novels, romans populaires ou les avenlures les plus exlraordi- naires et les plus invraisemblables font le re"gal des lecteurs peu fortune's. L'impression laisse trop souvent a de"sirer et le papier employe" a ces ro- mans jure, il faut le dire, avec les beaux papiers ame"ricains dont nous parlerons plus loin, quand nous e"tudierons les productions des editeurs Appleton, Harper, Scribner, etc., car le papier 1'impression et la reliure des livrcs americains sont en general de tous points excellents; il est vrai qu'ils content plus cher qu'en Europe. II y a une derniere branche d'5diteurs dont il nous reste a parler; ce sonl \esSubscription Booksellers ou editeurs d'ouvrages en souscription. Une foule d'ouvrages paraissent aux Etats-Unis comme ouvrages en souscrip- tion et ne peuvent etre vendus autrement que par 1'entremise d'agents spe- ciaux et attitres par chaque editeur, toujours au comptant et au prix fort. Les Subscription Booksellers repartissent leurs agents par regions bien de"li- mitees; ils y installent un office ou bureau dans une ville determined et ont des sous-agents, sortes de courtiers qui visitent les particuliers et leur offrent directement les ouvrages de cette spe"cialite. C'est un peu ce que font chez nous les courtiers qui placent de la librairie a temperament, a cette difference pres que la vente se fait presque toujours au comptant et le plus souvent au prix fort. La vente par ce systeme donne de gros be'ne'- fices aux Editeurs. Quant aux agents, il leur faut des aptitudes exception- nelles pour re*ussir, car dans un pays ou toute affaire se traite avec rapi- dit6 et ou les instants sont compte"s, il faut une adresse rare pour approcher la clientele et s'en faire ecouter. Les libraires de"taillants ne peuvent pas acheter ces sortes d'ouvrages directement a l'e"diteur; quand ils veulent se procurer les ouvrages en souscription, ils doivent transmettre leur com- mande a 1'agent principal de la region, qui les leur livre avec un certain rabais. IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 79 Journaux et Magazines. L'industrie du journal est peut-e'tre ce qu'il y a de plus extraordinaire aux Etats-Unis. II est a regrelter qu'elle n'ait pour ainsi dire pas e"te" repre"sentee a 1'Exposition. Le nombre des e"diteurs de journaux, qui sont classes en Ame'rique dans la meme categoric que les e"diteurs de livres, est e"norme. Chaque ville a ses journaux, qui tous tirent a des chiffres inconnus dans nos de"partements et offrent a leurs lecteurs un nombre de pages pres duquel nos maigres feuilles d'Europe feraient triste figure. Nous garderons toujours le souvenir de noire e"tonnement, en arrivant a Chicago, un dimanche de juillet, de nous avoir vu servir pour o fr. 26 la Chicago Tribune qui ne comptait pas moins de 6 4 pages ce jour-la, dans un format plus grand que le plus grand de nos journaux quotidiens. Nous ne parlons pas du New-York Herald, du World, etc., qui atteignent certains jours un nombre de pages ^gal, sinon supe"rieur. Aussi, faut-il pour imprimer des feuilles aussi gigantesques des machines non moins gigantesques, et la presse rotative Hoe est construite pour faire des tirages tels qu'en une heure on imprime quatre grandes pages a 100,000 ex- emplaires. Pour certaines feuilles, une seule de ces machines ne suffit point, car elles tirent quatre et me'me cinq Editions par jour. On se rend compte que de telles machines soient ne"cessaires pour im- primer certains grands journaux, comme le New-York Herald, qui tire son numdro du dimanche a 48 pages, ordinairement illustrees d'une foule de dessins, et les profits que donnent les grands journaux quotidiens doivent 4tre passablement Sieve's, car le rneme New- York Herald vient de faire batir a New-York un veritable palais de marbre decore" et installe avec un luxe surprenant. Au lieu de s'elever dans les airs, a la hauteur de vingt Stages , comme le World, par exemple , il n'a qu'un rez-de-chaussde et un e"tage. M. Bennett a done pu e"tendre la construclion en largeur et installer au rez-de-chausse"e les machines, la composition et tousles services qui re"- clament la main-d'oeuvre. Cette disposition lui a permis en outre de se faire une reclame permanente, de jour et me'ine de nuit, comme on va le voir, car au moyen d'immenses glaces qui partent du sol et montent jusqu'au plafond du rez-de-chausse"e, il montre a tous le fonctionnement de cette vaste imprimerie, devenue maison de verre d'un nouveau genre. La grande machine Hoe y fonctionne ordinairement vers i heure du matin et il y a foule a cette heure matinale pour assister au tirage du journal. Les Magazines sont tout aussi re"pandus que les journaux quotidiens et 80 EXPOSITION UiNlVERSELLE DE CHICAGO. nous avons eu deja a constater qu'aux Etats-Unis on lit beaucoup plus les Magazines quc les livres. On n'a qu'a parcourir le Harper's Monthly, le Century, le Scribner's Monthly Magazine et tant d'autres, pour se rendre comple de ce que sont ces revues lilteYaires. Quant aux revues scienti- fiques, elles ne le cedent en rien aux pre"ce"dentes et dans un pays ou la main-d'ceuvre et la matiere premiere sont assez cheres on s'etonne du bon marche" relatif de ces revues. Quelques-unes ne comptent pas nioins de 12 a ik feuilles d'impression par nume"ro et ne coutent que 4 dollars, soil environ 20 francs par an. Les journaux de mode occupent une large place, moindre cependant que les journaux destines a la jeunesse, si bien illustre"s et si attrayants. On compte aussi un grand nombre de journaux et revues techniques, qui tous ont un nombre considerable de lecteurs, qu'il s'agisse d'art ou d'arts industriels, de technologic, de commerce, d'agricuiture, d'electricite" , de me"decine ou de sport. Un des plus re"pandus est le Scientific American qui s'occupe surtout des de"couvertes et des recherches touchant a ('ensemble des connaissances humaines a tous les degre's. Cartographic. La cartographic se tient a un excellent rang. Les cartes sont tres nettes. et les tirages en couleurs ne laissent rien a de"sirer. Nous avons vu entre autres un atlas pour les e"coles primaires, qui est un vrai modele du genre; son prix est de 8 francs, il renferme 128 pages avec texte et cartes en cinq couleurs, et une foule de belles illustrations en noir: il est cartonne" en toile grise. Le tirage a du en e"tre considerable. IMPRIMERIE. L'imprimerie est arrived aux Etats-Unis a un de\eloppement qui est fait pour nous surprendre. Qu'il s'agisse de tirages de journaux, et nous avons vu de quels puissants moyens disposent ces derniers avec des machines du genre de celle de Hoe, ou d'impression d'ouvrages de luxe, on doit con- stater le triomphe des machines americaines. Les Etals-Unis sont peut-etre le pays ou on compte le plus d'imprime- ries, toutes en ge'ne'ral bien outillees. Elles travaillent vite et bien, tant au point de vue des tirages et de 1'impression que des proce'de's de toutes sortes en usage pour 1'illustration. II est toutefois une ombre au tableau, et 1'on serait tente de croire que les correcteurs sont au-dessous de leur IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 81 tache, quand on examine le catalogue officiel de 1'Exposition de Chicago, ou les incorrections ou coquilles fourmillent, surtout quand il s'agit de noms d'exposants. Ce fait est d'autant plus regrettable que ce catalogue e*tait bien imprime et avait fort bon aspect, mais on se demande comment 1'im- primeur, W.-B. CONKEY, de Chicago, qui avait le monopole de cette publi- cation et qui en a retire" un joli profit(chaque volume e"tait vendu 7 fr. 5o), n'a pas cru devoir se procurer les accents qui figurent dans notre langue. On sait que les exposants francais faisaient defaut dans la premiere Edi- tion du catalogue, sauf dans la section des Beaux-arts et dans celle des Ma- chines, et il semble que rimprimeur aurait du sefaire un point d'honneur de ne pas estropier les noms de ces quelques privilege's. Pas plus que beau- coup d'autres (Strangers, ils n'onttrouve* grace devant lui. Le Laboratoire cen- tral d'Mectricitd s'est vu appeler Labomtorie I'e'lectricite , de meme la Socidtd toulousame d'e'lectricite xSociitd toulousaine I'electrlcite ; qui aurait pu recon- naitre dans Compagnie de towage de lo Bosse Seine et de I' Vises, notre Compagnie de touage de la Basse-Seine et de I'Oise; et M. Labitte dans zLobittCTi; M. Boudreaux dans ature, d'histoire, de voyages et de vulgarisa- tion sont relies d'une maniere tres simple mais pratique et d'assez bon gout. Peu d'or et absence de plaques sur les plats. D'autres ouvrages sont vendus en sets, telles les ceuvres completes ou choisies d'un auteur; elles sont reunies dans un carton , muni d'un couvercle avec etiquette imprimee donnant le titre. L'editeur et le libraire les gardent ainsi en magasin tout empaquetees et les remettent dans cet etat a 1'acheteur, qui fait relier sui- vant son gout. Les ouvrages importants, les ouvrages a consulter, les dic- tionnaires, les guides, les manuels de medecine et de jurisprudence sont 88 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. relics en toile ou en peau plcine, comme aussi en dcmi-reliure. Les livres de me"decine proprement dits et de jurisprudence, qui forment, comme nous 1'avons dit , la spe'cialite' des Medical et Law Booksellers, sont relies enbasane pleine. Les livres pour presents, anthologies, poesies, classiques, etc., sont relic's en veau (tree calf binding) comme aussi en cuir de Russie et meme en soie. Ces sortes de reliures coutent tres cher, et aux principales feHes elles sont tres recherche'es comme cadeaux. Sans arriver au fini.et surtout au gout de nos relieurs francais dans 1'ornementation, les reliures ame"ricaines sont soigneusement faites et solides, mais beaucoup plus cheres que les notres. La reliure ordinaire d'un in-i a demi-chagrin , plats papier, a facon (%ale, coute de deux a trois fois la notre; quant aux reliures de luxe, elles atleignent desprix hors de proportion avec les notres. PAPIERS. II se fait aux Etats-Unis une consommation de papiers, 6gale"e par peu de pays, non seulement pour les livres, mais surtout pour les magazines et les journaux. Les papiers d'impression destines aux livres et aux revues sont d'une excellente qualite" et tres bien fabrique"s. La pate en est tres blanche et leur force de resistance leur permet de supporter, sans crainte d'accidents, les plus forts calandrages ; pour les illustrations, c'est un avan- tage qui n'est pas a d^daigner. Quant aux journaux quotidiens, leur papier, tout en e"tant ge'ne'ralement meilleur que celui fabrique" chez nous pour cet usage, laisse cependant souvent a de"sirer, ainsi que cela se comprend pour des publications e'phe'meres, comme le journal quotidien, que les Ame"ri- cains abandonnent, aussitot lu, la ou ils se trouvent, en wagon, en tramway, dans la rue me'me. II y a des fabriques de papier re"parties un pcu partout sur le vaste territoire de 1'Union ; les plus importantes sont dans 1'Est et les quantites fabrique"es, depuis le papier de luxe jusqu'au papier sans fin le plus ordinaire pour journaux, atteignent des chiffres considerables. Dans ce rapide expose", on a pu voir que si la plus grande surface a e"te" donnee a la librairie ame"ricaine a Chicago, ce qui etait naturel, le visiteur n'a pas eu a le regretter, car les travaux qu'elle a exposes sont- de ceux que l'Europe"en admire. Les precedes de reproduction aux Etats-Unis sont vraiment merveilleux et il n'est pas exagere' d'alfirmer qu'ils occupent sans conteste une des premieres places pour ne pas dire la meilleure, au point IMPRIMER1E ET LIBRAIRIE. 89 que certaines de leurs autotypics peuvent a peine etre egale"es en Europe. L'imprimerie et les machines a imprimer ont excite notre admiration et la lithographic est tres de"veloppe"e. La reliure est en progres constant et le jour ne parait pas e"loign6 , oil l'Ani(5ricain , qui fait relier en Europe les vo- lumes qu'il y achete, fera venir les volumes broca^s pour faire faire chez lui les reliures, les reliures courantes s'entend, celles de luxe devant 4tre longtemps encore re"serve"es a nos relieurs frano du Harper's Magazine imprint pour 1'Exposition de Chicago avail 160 pages de texte et une centaine de pages d'annonces. Une partie de 1'exposition Harper e"tait consacre"e aux diverses operations par ou passe la fabrication d'un magazine, depuis le manuscrit jusqu'a la mise en vente. A signaler enfin quelques belles reliures. La maison rivale CHARLES SCRIBNER'S SONS, de New-York, possede un ca- talogue tres fourni de publications importantes. Elle occupait un large salon ou elle avait expos<5 un choix de ses meilleurs ouvrages relic's avec soin par les maitres de la reliure en Amerique, Zaehndorff, Riviere, etc. II faut citer : In the darkest Africa, par Stanley: Home and Haunts of Shakes- peare et Audsley's Ornemental Arts of Japan. On remarquait de belles col- lections, entre autres celles de History of United States, en 9 volumes; The great Educators, en cours de publication; Epochs of History, la volumes d'histoire moderne et 1 1 d'histoire ancienne du prix de 5 francs le vo- lume. Une autre collection, la International Theological Library, a e"te" en- tre prise par Scribner, de New-York, et Clark, d'Edinburgh, elle est inter- nationale, catholique et scientifique et s'adresse surtout aux e"tudiants en theologie. Dans un autre ordre d'ide"es, nous avons remarqutS un ouvrage important sur les peintres et la peinture : Cyclopaedia of Painters and Pain- tings, par John Champlin et Charles C. Perkins, h forts volumes in-/i, contenant plus de 2 , o o o illustrations ; le prix de 1'ouvrage est de i o o francs ; les American Illustrators, par F. Smith, edition tire"e a 1,000 exemplaires sur papier du Japon avec 1 5 planches en couleurs et ornee de plus de 100 gravures et portraits dans le texte; les aquarelles sont remarquables et le papier de toute beaute; les Great Streets of the World repre"senfent les rues remarquables des plus grandes villes du moncle avec texte; le Broad- way, a New-York; Picadilly, a Londres; les Grand's boulevards, a Paris, IMPRIMERIE ET LIBRAIR1E. 93 avec texte par Francisque Sarcey et illustrations par G. Jcanniot; 1' [Inter den Linden, a Berlin, par Paul Lindau; le Corso, a Rome; le Canal Grande, a Venise, et la Perspective de Newsky, a Saint-Petersbourg. A citer encore un bel atlas, le Scribner's Statistical Atlas of the United Stales, par Fletcher, W. Hewes et Harry Gannett. Enfin , on a beaucoup remarque un beau vo- lume sur le Sport Yachting americain avec de magnifiques chromolithogra- phies. C'est rimprimerie J. J. Little et C, de New-York, qui centralise a peu pres tous les travaux de la maison Scribner. Celte importante librairie public aussi son magazine, le Scribner's Ma- gazine, qui paraft tous les mois. Avec celui de Harper, c'est le plus lu aux Etats-Unis; le prix du nume'ro n'est que de i fr. a 5 et 1'abonnement est de i 5 francs. Le nume'ro de 1'Exposition comprenait plus de i 60 pages de texte et i 5o pages d'annonces. On estime a une somme enorme le prix de revient de ce nume'ro special, mais on a oublie de nous dire que les annonces ont du couvrir la majeure partie des frais. L'exposition des dessins originaux de cette revue reproduits par la gravure sur bois ou 1'autotypie est tres instructive. La aussi, comme dans 1'exposilion pre'ce'dente , on a puvoir com- ment se faisait un magazine. On pouvait e"galement se rendre compte des precedes employes pour 1'illustration , depuis le dessin de 1'artiste jusqu'a 1'achevcment de la reproduction. Pour faire constater les progres realises dans rimprimerie de la revue, on avait expose" un exemplaire de \' American Magazine public" a New- York en de"cembre 1787, par Samuel Loudon. Dans un salon d'angle, simple, mais arrange' avec gout, la maison D. APPLETON and C, de New-York, avait expose" ses publications, qui peu- vent rivaliser avec celles des maisons pre'ce'denles. Les livres de fonds s'e"levent a plusieurs milliers de volumes, et depuis plus d'un dcmi-siecle, MM. D. Appleton and C ont public" les productions les plus en renom, dues a la plume d'auteurs distingues d'Europe et d'AmeYique et embras- sant toutes les branches des connaissances humaines. 11s ont eu 1'heureuse idee de publier un catalogue separe' pour chaque speciality, ce qui facilite aux bibliophiles ou aux bibliotheques le choix des ouvrages, qu'il s'agisse dc litteralure, de science ou d'art. Le nombre de ces catalogues est de 36, portant chacun, comme tomaison, une lettre de 1'alphabet de A a Z (le J et le Q manquent et continuant par AA, BB, etc.); quclques-uns de ces catalogues spe"ciaux sont illustre's de portraits d'auteurs comme celui de Harper and brothers. A citer parmi les ouvrages exposes les Recent Ideas of 9i EXPOSITION UMVERSELLE DE CHICAGO. American Art, par Bancroft , ct la Picturesque America. Une exposition inle- ressante e"tait celle des planches des Ideals of Life in France. Dans des vi- trines se trouvaient la New American Cyclopcedia formant 16 volumes et mise au courant chaque anne"e par un nouveau volume, et YArt of the World, un magnifique ouvrage illustre" par le proce'de' Goupil et contenant plusieurs phototypies tir6es par Boussod et Valadon, de Paris. Ce dernier ouvrage rappelle un peu le Figaro -Salon et la Picturesque America. Pour quelqu'un qui n'est pas familiarise" avec les details de 1'impression d'un dictionnaire ni avec les proce'de's me"caniques et artistiques employe's pour faire une revue illustre"e, 1'exposition de la CENTURY COMPANY, de New- York offrait un rare attrait. Formant salon ferme, auquel on accedait par deux portes, cette exposition fort bien installed, contenait, a cote" de beau- coup d'autres, deux publications remarquables : le Century Dictionary et le Century Magazine. Elles sont imprime'es par Theo. L. de Vinne, de New- York. L'ide"e du dictionnaire est due a M. Smith, qui la mit a execution en 1882. II y a peu de publications qui aient absorbe", comme le Century Dictio- nary, autant de capitaux avant leur apparition et sans qu'aucun profit ait e"te" re'alise'. Mais ses (Sditeurs avaient une telle confiance dans 1'entreprise, qu'ils de*penserent pres de 3 millions avant de mettre en vente une seule livraison du dictionnaire. Quand ils eurent la certitude de pouvoir faire paraitre la publication bien re"gulierement, ils mirent en vente le premier volume, et des lors le succes ne fit plus aucun doute. On avail lvalue" a un an le temps qu'il faudrait pour e"couler la premiere Edition ; en six mois elle 6tait epuise"e, et il fallut remettre sous presse. Une autre Edition aug- mented voyait aussitot le jour, suivie bientot d'une troisieme. II forme six volumes et coute 3a5 francs. C'est aussi dans 1'exposition de la Century Company qu'on pouvait faire une e"tude compare'e des dictionnaires anciens et modernes, tousouverts a la me'me page. La collection commencait par An English Expositor, par John Bullokar, paru a Londres en 1616. Ce fut, dit-on, le premier dictionnaire anglais. A la suite venaient des diction- naires de loutes sortes et de toutes dates. On pouvait egalement se rendre compte des proce'de's employes et comme on le pratique pour le Century Ma- gazine et le Saint-Nicholas, autre magazine public" par la Century Company. On remarquait aussi les dessins originaux repre"sentant les vues du Palais de 1'Exposition, par Caslaigne, parues dans le Century Magazine de mai 1898, IMPR1MERIE ET L1BRAIRIE. 95 a 1'ouverture de 1'Exposition de Chicago. Nous devons signaler la War Series, le Life of Lincoln et un grand nonibre de manuscrits d'auteurs ce"- lebres. G'est en 1870 que Rosvvell Smith, apres un voyage qu'il fit en Europe avec le docteur J. G. Holland, vint se fixer o New-York et fonda le Scrib- ner's Monthly, actuellement Century Magazine, en collaboration avec le doc- teur Holland et la librairie Ch. Scribner and G. En 1881, le docteur Holland, dont la saute" e"tait fort e"branle"e, se retira. M. Smith acheta sa part puis, bientot apres, celle de Ch. Scribner. Dans 1'acte de vente avec ce dernier, il avail e"te" stipule" que le Scribner's Monthly Magazine devait changer de nom et, malgre" 1'avis de ses amis qui croyaient qu'il e"tait im- possible de changer le nom d'un tel journal sans lui porter un grand pre"- judice, il n'h<5sita pas a accepter cette clause assumant ainsi une lourde responsabilite". Mais, grace a une activity sans e"gale, grace surtoutaune savante direc- tion, le succes couronna ses efforts et la circulation du journal qui porta de"sormais le titre de Century Magazine, au lieu de diminuer, a constam- ment progress^, au point que dans les dernieres ann^es le tirage e"tait en moyenne de 200,000 exemplaires par numero mensuel. On peut juger par quelques chiffres des frais occasionne"s par 1'illustration seule du journal. En 1876, les illustrations coutaient rarement plus de 8,000 francs par nume"ro et celles du nume"ro de novembre de la meme annee couterent 16,000 francs; actuellement, les frais d'e"tablissement de certains articles atteignent une somme e^gale a ceux de tout un numeYo d'autrefois. En 1890, 1'article sur la Californie a coute" a illuslrer, a lui seul,la somme de i 0,000 francs, et le montant total des frais de gravure sur bois dans tous les numeros de cette anne"e-la a de"passe" 4o,ooo francs. Ces illustrations occasionnent soil par le papier qui doit etre de meilleure qualite", soit par 1'impression qui demande plus de soin, un surcrott de defenses qui e"gale le prix des dessins ct de la gravure. La gravure d'un portrait de George Elliot a e"te" payee jusqu'a 1,260 francs, un portrait de Howell, dans le numero de mars 1882, coute 1,600 francs dont 5oo francs furent payds a 1'artiste. C'est encore M. Smith qui, en 1878 , fonda le Saint-Nicholas, magazine pour les enfants, et le mit sous la direction de Mrs. Mary Mops Dodge, qui le dirige depuis cette e"poque. Cette anneVla fut de"sastreuse en Ame"rique , et, profitant du mauvais e"tat ge"n6ral des affaires, il acheta un certain 96 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. nombre de journaux concurrents pour les reunir au Saint-Nicholas. Les Our Young Folks, de Boston, le Little Caporal, de Chicago, le School Day Maga- zine and Children's Home, de Philadelphie, vinrent se fondre avec le Sa-int- Nicholas, qui tire maintenant bien pres de 100,000 exemplaires. C'est de lui que Charles Dudley Waren disait a ses debuts : Si nos enfants n'aiment pas ca, il n'est que temps de se mettre a changer 1'espece dans notre pays. La Century Company a encore publie d'autres ouvrages, entre autres le Spiritual Songs et Laudes Domini, chants d'e"glise dont il a e"te" vendu plus d'un million d'exemplaires. C'est Cambridge pres Boston qui futle berceau de I'imprimerie en Ame"- rique. II y a deux cent cinquante ans, Stephen Daye etablit au coin de la Dunster Street et du Harvard Square, dans la maison du Directeur du Harvard College, une imprimerie rudimentaire, qui fut la seule dans 1'A- me'rique du Nord pendant pres d'un demi-siecle. L'imprimerie et 1'Univer- site de Harvard grandirent cote a cote, car il n'y a peut-e"lrc pas de ville, toute proportion gardee , ou on derive autant de livres chaque anne"e qu'a Cambridge et il est difficile de rencontrer en Ame"rique une Universite" aussi importante que celle de Harvard. C'est la que sont les vastes etablis- sements de HOUGHTON , MIFFLIN AND COMPANY , imprimeurs et editeurs d'ouvra- ges remarquables, posse"dant des maisons a Boston, New- York, Chicago et une agence a Londres. L'imprimerie est connue sous le nom de Riverside Press, qui lui vient de sa position pres de la Charles River. La maison appartient a six associes, dont le plus age", M. Henry 0. Houghton, est ne en i8a3. A quatorze ans, il de"buta comme apprenti a la Burlington Press et a dix-neuf ans, sur les conseils de son frere, alors au college de Burlington, il y entra, comme il nous 1'a dit lui-rne'me, avec 12 cents (60 centimes) dans une poche, mais avec une dose enorme de force de caractere dans 1'autre, a-t-il ajoute" en souriant. II a fait preuve, en effet, d'une energie peu commune. C'est en 18/19 ( l u '^ se r< ^ un ^ a Mr. Bolles pour e"tablir une imprimerie a Cambridge, et a partir de cette epoque, la maison edita bon nombre d'ouvrages parmi lesquels les ceuvres de Bacon, Dickens, Carlyle, Macaulay et Cooper. En 1866, il associa son frere, puis en 1872, M. Mufflin, alors age" de vingt-sept ans seulement, mais qui avail pns tous ses grades a l'Umversit6 de Harvard. Celte puissante maison a bien juslifie" sa devise qui figure en franfais IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 97 sur sa marque el sur tous ses livres : Tout bim ou rien. A cote d'ouvrages importants , tels que : The Narrative and critical history of America et The River- side natural history. M. Houghton et Mifflin ont public" les oeuvres d'au- leurs celebres : Longfellow, Tennyson, Howells, Holems, Emerson, etc. Un bel ouvrage par W. H. Edwards en trois series represente les Butterflies of North America, papillons de 1'Ame'rique du Nord. Chacune des deux pre- mieres series contient environ 5o planches en couleurs et coute la premiere 200 francs et la seconde aa5 francs: la troisieme, en coursde publication, comprendra de seize a vingt fascicules a 12 fr. 5o, avec trois planches colorizes chacun; actuellement, il y en a urie quinzaine de parus. On estime a 3,ooo le nombre des ouvrages sortis des presses de la Riverside Press. Une idt^e originale consistait a avoir place" a 1'Exposition les busies des auteurs au-dessus des corps de bibliotheque, et de les montrer ainsi au milieu de leurs ceuvres. Comme curiosite", on voyait un exemplaire d'un premier tirage des reuvres de Ch. Dickens, que M. Houghton, alors pro- prietaire de la Riverside Press, imprima en 1861, pour la W. A. Townsend Company de New-York. Gelle-ci, a la suite d'e"ve"nements qu'il serait trop long de raconter a cette place, abandonna la publication a M. Houghton qui, s'e"tant associe" a M. Kurd en 1869, sc mil a editer. C'est la maison Houghton and Mifflin qui imprime le fameux International Dictionary de Webster et publie The Atlantic Monthly magazine, fonde" en 1867 par M. Philipps et achete en 1878 par Houghton and Mifflin. Pour donner une ide"e de 1'organisation de ce vaste etablissement, qu'il nous suffise d'indiquer que tous' les corps de batiment sont munis d'ap- pareils automatiques pour donner 1'alarme en cas d'incendie, et sont relies au poste central de la ville; qu'une escouade de 65 ouvriers est exerce" con- stamment en vue d'accidents de cette nature, si frequents aux Etats-Unis. Le personnel comprend 600 personnes, hommes et femmes, par moitie". En chiffres ronds on compte : 100 personnes occupies aux machines, 100 a la composition et a la correction, 20 au clichage, 225 au pliage, a la couture et au brochage, 10 aux expeditions et 76 a la lithographic, le reste est employe" a la comptabilite", a la correspondance ou remplit les fonctions de gardiens ou de gens de service. La librairie ESTES AND LAURIAT, de Boston, est renommee pour ses edi- tions de luxe en souscription. On admirait entre autrcs un Walter Scott, public" par Andrew Lang, tire a 1,000 exemplaires sur papier du Japon COMITE 34. 7 98 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. ct illustr<5 de 3oo eaux-fortes, gravies d'apres des tableaux originaux par des artistes tels que : Millais, Macbeth, Lefort, Lalauze, Teyssonnieres et qui ont coute 1 plus de a 00,000 francs; plus loin, une Edition de luxe des romans d'Alexandre Dumas illustre's, qui sera complete en Zio volumes, in-8, au prix de is fr. So le volume; les ceuvres de Victor Hugo illus- tre*es en 3o volumes, a i5 francs et sur papier de Hollande a a 5 francs le volume; les oeuvres de George Elliot, de Dickens; une Histoire de France, de Guizot, et une Histoire de France, d'Henri Martin. Enfin une Edi- tion des Shakespeare's Heroins renfermant une collection de a i superbes photogravures, exe'cute'es par la maison Goupil de Paris, et tire"e a 160 exem- plaires seulement, 100 pour l'Angletcrre et 5o pour I'Ame'rique; chaque planche porte la signature autographe de 1'artiste ; elle est en plus nume'- rote'e etparaphe'e par les editeurs. La librairie, outre son catalogue d'ou- vrages en souscription , public un catalogue d'ouvrages vendus par la voie ordinaire: livres pour la jeunesse, collections de livres de voyages qu'elle appelle, les unes Zigzag Books dont plus de 35o,ooo volumes a 7 fr. 5o ont ete vendus , les autres Knockabout Club Series aussi a 7 fr. 5 o , d'autres cnfin Three Wasar Girls et Yong Folk's Epochs of History. On remarquail des ouvrages dils Standard Works in sets tels que les ceuvres de Thackeray, 20 vo- lumes relic's, a5o francs; de George Elliot, 12 volumes relies, i.So francs; Carlyle, 20 volumes relies, 3oo francs, et une charmante Edition des oeuvres de Shakespeare en i a volumes de poche , reliure souple , 1 5 o francs. Une belle collection d'in-folio contenant des eaux-fortes par les maitres americains et europeens, traite de 1'art dans divers pays : Ame'rique, Eu- rope, Angleterre, Italie, France, Allemagne; chaque volume est du prix de 3 7 fr. 5o. Aux murs (Haient exposees les illustrations des ouvrages de cette maison , obtenues par la gravure et autres proce'de's. La librairie GEORGE BARBIE, de Philadelphie , avait une exposition qui ne le ce"dait en rien aux pre'cedentes. G'est, on le pretend, la plus ancienne maison d'e'dition d'Amerique. Elle imprime elle-me'me les ouvrages qu'elle public , et il sort de ses presses de fort belles publications illustre'es. On remarquait surtout une Mythologie des Troyens parfaitement illustre'e , les ffiuvres de Victor Hugo avec des gravures tres soigne*es et les ceuvres de Gffilhe et Schiller dont 1'impression ne laissait rien a desirer, enfin VOjfictal illustrated publication art and architecture , periodique qui parait deux fois par mois et renferme de fort belles illustrations. IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 99 Nous avons dit plus haut que le Webster's International Dictionary e"tait imprint par la Riverside Press, de Cambridge; c'est chez M. G. et C. MERRIAM AND C, de Springfield , qu'il est al. L' American Library Association avait eu 1'heureuse ide"e d'installer une bibliolheque modele contenant plus de 5,ooo volumes. Le choix de ces volumes avait 4te fort judicieusement fait et leur classemenl, opeVe 1 avec un soin me"thodique d'apres les deux meilleurs systemes en usage dans les bibliotheques les plus importantes du pays, no laissait rien a de"sirer. 11s 108 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. formaient un fonds que toute bibliotheque doit commcncer par acque'rir. Un catalogue, base" sur les deux systemes pre'cite's, est un type qui peut servir a tout bibliothe'caire, car il est le plus instructif de tous les ouvrages publics sur la matiere. Les volumes composant cette bibliotheque modele peuvent 4tre estime"s a une cinquantaine de raille francs. Une exposition des fournitures pour bibliotheques venait computer cet ensemble. Des e'chanlillons de reliure, non seulement d'Arneriquc mais aussi d'autres pays, surtout d'Angleterre et d'Allemagne notamment, for- maient le complement naturel a une exposition de tout ce qui concerne les bibliotheques. MACHINES A IMPRIMER, A PLIER ET A BROCHER. II serait trop long de passer en revue toutes les machines am<$ricaines servant dans 1'industrie du livre et exposes a Chicago. On y rencontrait une varie'te' de systemes et de dimensions de toutes sortes depuis la ma- chine de HOE jusqu'a la Little Make Money, invented par la CAMPBELL PRINTING PRESS. Pour s'en rendre compte plus facilement, on n'avait qu'a visiter la section des brevets, ou les machines a imprimer offraient un grand inte're't. Toute machine brevete"e aux Etats-Unis y e"tait repre'sente'e par un modele. On y voyait le modele de la fameuse machine a imprimer Hoe, dont 1'ori- ginal est a New-York dans 1'imprimerie du New-York Herald. Nous avons dej'a parl<5 des machines a imprimer les journaux. Parmi ces dernieres la plupart sont munies d'appareils a couper les feuilles et a les plier. Au nombre des constructeurs des machines de ce genre MM. WAL- TER SCOTT AND C, de Plainfield, dans 1'Etat de New-Jersey, ont cherche a obtenir dans 1'impression plus de rapidite", et, a cet effel, ils ont multiplie' les rouleaux de papier sans fin sur leurs machines rotatives; la machine qui e"tait a 1'Exposition en avait trois, si bien que lorsque le papier sort des appareils a couper et a plier, dont est munie la machine, il donne trois feuilles encarte"es 1'une dans 1'autre. [/inconvenient de ces machines est d'occuper beaucoup de place, mais elles donnent un rendement moycn de a 5, ooo journaux de 4 a 1 2 pages a 1'heure ou de 12,000 a 18,000 pour 16 ou a 4 pages. Celte maison construit en ce moment une machine a impri- mer a la fois un nombre de couleurs qu'on n'avait pas encore atteintjusqu'ici. D'autres machines, celles de Me. INDOC, de Boston, et dc la CAMPBELL IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 109 PRINTING PRESS COMPANY sont disposers de manure a faire passer sous les yeux les feuilles imprime'es. Ces dernieres passent en dessous et, revenant s'enrouler surun cylindre, pre"sentent le cote" imprime aux regards de I'ope"- rateur, qui peut ainsi a tout moment controler le travail. La DUPLEX PRINTING PBESS COMPANY exposait des machines non moins cu- rieuses. Elles tiennent le milieu entre la presse rotative et la machine dou- ble. EHes sont, pretend-on, les premieres de ce systeme qui aient e"te invcn- te"es. Elles offrent les avantages suivants : 1'impression , au lieu de se faire sur un cylindre, a lieu sur des formes poshes a plat et le tirage se fait ce- pendant avec du papier sans fin comme .sur la rotative. La composition n'cst pas mobile sous des rouleaux fixes; ce sont ces derniers qui circulent sur la composition et prennent la couleur sur les deux cote's de la machine. On emploie celte derniere surtout pour imprimer les journaux a faibles li- rages, car elle est tres economique, puisqu'elle supprime les margeurs et les cliches cylindriques tout en donnant un travail tres exact. Une machine Duplex, de la dimension de celle qui figurait a 1'Exposition, tire a 1'heure 6,000 cxemplaires d'une feuille de 8 pages grand format. Nous avons nomine plus haut la machine appele"e The Little Make Money, la petite machine a gagner de l'argent, nom vraiment suggestif et qui passe pour une vraie trouvaille en Amerique. Elle est fabriquee par la Campbell Printing Press Company de New-York et est base"e sur le principe des machines Walter Scott, sur lesquelles nous appelions 1'attention il n'y a qu'un moment. Ce systeme permet au conducteur, qui voit se deYouler la feuille imprimee sous ses yeux, de surveiller conlinuellemerit son travail. Celte maison fabrique aussi des machines quiplient depuis 4 pages jusqu'a 6/1 pages. Citons encore la maison MONTAGUE AND FULLER, de New-York, qui expo- sait des machines a imprimer et a relier; SHERIDAN, de New-York, la Cox DUPLEX PRESS COMPANY etla POTTER PRINTING PRESS COMPANY, aussi de New- York. L'exposition de 1' AMERICAN TYPE FOUNDERS COMPANY etait remarquable a tous les points de vue. Cette association de fondeurs en caracteres a son siege a New-York et comprcnd des maisons possedant des fonclcries sur 110 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. tous les points des Etats-Unis, depuis New-York, Boston et Cleveland jus- qu'a San Francisco en passant par Milwaukee, Chicago, Saint-Louis avec succursales dans une dizaine d'autres villes et des agents dans un nombre egal de grands centres et meme a Londres. Nous avons termini 1'examen des expositions que nous avions a e"tudier dans la section ame'ricaine. La conclusion de cet elude est que les impri- meries aux Etals-Unis possedent un merveilleux outillage, que par leurs machines perfectionne"es , leurs proce'de's de reproduction aussi remar- quables et leurs beaux papiers, les Ame'ricains sont parvenus a 5galer nos plus beaux travaux et souvent a les surpasser. Quand on considere le peu de temps ecoule depuis que ce pays existe effectivement, on est stupdfait des progres realises, car il a marchtS a pas de geant. Sans doute, les moyens d'action ne manquaient pas, grace aux capitaux considerables dont dis- posent les Arne'ricains, mais il fallait les mettre en oeuvre. Aucun peuple jusqu'ici ne nous avail montre un pareil spectacle, et 1'e'tranger ne sail ce qu'il doit admirer le plus, de leur activite" sans egale, de leur coup d'oeil si sur dans des travaux menes avec une rapidite vertigineuse , de la supe"- riorite incontestable qu'ils ont acquise en me'canique, ou de 1'^mulation de tous a encourager 1'instruction, les artistes, les savants et les institutions de bienfaisance. Une ve'rite' de"coule de tout ce qui precede, c'est que le Nouveau Monde a cre"e" des me'thodes nouvelles et marcbe a la conquete de 1'ancien, conqueHe qui pour etre pacifique n'en sera pas moins assure'e. Puisse le xx e siecle ne pas nous donner raison! IV AUTRES PAYS ETRANGERS. Les Etats-Unis et 1'Allemagne formaient avec la France, dont nous re*- servons I'&ude pour la fin de ce travail, les trois seules puissances qui eussent, en ce qui concerne 1'industrie du livre, veVitablement pris part a i'Exposition. Cela ne veut pas dire que les produits exposes par quelques- uns des autres pays ne fussent pas remarquables, bien au contraire, mais lour nombre comme celui des maisons qui les pre"sentaient e"tait tres limite". Aussi 1'^tude devant en 6tre force"ment plus courte, nous avons cru devoir les reunir en un seul chapitre et suivre 1'ordre alphabetique. ANGLETERRE. Quoique assez bien repre'sente'e , 1'Angleterre offrait de regrettables la- cunes pour la librairie. C'est m^me un fait e"trange-que les e"diteurs anglais se soient abstenus dans une aussi large mesure, et que les maisons impor- lantes de Londres, qui ont pour la plupart des succursales en Amerique, n'aient pas cru devoir figurer a I'Exposition de Chicago. On n'y voyait guere que d'excellents specimens des arts graphiques, soit en noir, soit en couleurs, ce qui a fait regretter une abstention inexplicable. The Fine Art Society, The Art Union, The Decorative Art Journals Company et quelques autres nous ont montre" des echantillons merveilleux de leurs proce"de"s. Quant aux editeurs de livres, a part JOHNSTON , d'Edimbourg, VIRTUE ET C' e , SAXON ET C', LOCKWOOD ET C ie et quelques autres, ils (Haient fort peu repr(5sent(5s. II eut et<5 pourtant interessant de pouvoir comparer a Chicago les produits de deux peuples parlant la me'me langue et qui se ressemblent par plus d'un cote 1 . L'un et 1'autre ont d'excellentes machines a imprimer, de beaux pa- piers, des process qui se valent et ils peuvent lutter a armes egales. Production. Le chiffre de la production des livres en Angleterre, sans atteindre celui d'Allemagne ou de France, de"passe cependant celui des Etats-Unis. On estime a 6,706 pour 1'Angleterre le nombre des ou- 112 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. vrages publics en 1891; en 1890, il aurait etc de 5,785. Ceux qui domi- nent sont les romans, les ouvrages de droit et les voyages. Organisation. ^organisation de la librairie anglaise est loin d'etre ar- nvee a la perfection. En Angleterre comme aux Etats- Unis , on considere tout au point de vue des affaires, et les livres s'y vendent comme toute autre den- ree. Les employe's en librairie n'y font pas d'apprentissage special ; pourvu qu'iis saclient ecrire lisiblement et bien complex, on ne leur demandc pas en general d'autres connaissances. Aussi est-on souvent force de recourir a des commis de nationalite etrangere, surtout a dcs AHemands, qui eux sont tenus, comme on le sait, de faire un stage de trois ans et souvent ont satis- fait chcz eux a 1'examen du volontariat d'un an. A quelques exceptions pres, on pent affirmer d'une maniere generate que le libraire anglais cntre aux affaires sans preparation. Aussi lui faut-il un certain temps pour s'entralner et pour connaitre la litttkature de son pays; une longue pratique lui cst necessaire, et ce n'est que par une sorte de routine qu'il acquiert la con- naissance des livres. La librairie anglaise peut se diviser en trois categories : les libraires de- taillants ou Booksellers depuis le Discount Boolcscller ou libraire en gros jus- qu'au Stationer, qui en meme temps que les livres populaires vend surtout des articles de papeterie ; les libraires d'occasion ou Second hand dealers et les editeurs ou Publishers. L'organe principal de la librairie anglaise est le BooL-seller, recueil men- sucl tres fourni qui contient de nombreuses annonces des t'diteurs ct donnc dans sa premiere partie des comptes rendus d'ouvrages a paraitre ou vcnant deparaitre, tant anglais qu'e'trangers. II contient aussi des renseignements de toute nature qui tous offrent un certain inte'ret pour la profession. II cst mensuel, et son prix est de 7 francs par an. Un autre organe, la Publisher's Circular, parait toutes les semaines. II porte comme sous-titre : Bookseller's Records of british and foreign litteraturc et a etc* fonde" en 1 887 par les Editeurs de Londres. II est actuellement pu- blic" par I'importante maison Sampson Low, Marston et G' e de Londres. Son prix est de o fr. 35 le nume'ro, de 10 francs par an pour la Grande-Bre- tagne et de i h francs pour 1'Union postale. Comme le Bookseller, il donne IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 113 des annonces d'ouvrages et contient des articles de fonds, souvent fort bien illustre"s, et des notices inte"ressant le commerce de la librairie. II n'y a pas a Londres dissociation de libraires a proprement parler. 11 existe bien une socie'te', la London Bookseller Society, mais elle n'a pas donne" tous les resullats qu'on etait en droit d'altendre. Comme dans quel- ques autres pays, on constate en Angleterre une crise du livre. Actuelle- ment il y a un mouvement sdricux pour arriver a unifier les prix de vente au public, mais le re"sultat, appreciable deja, que nous avons obtenu en France, semble encore e"loigne", malgre" tous les efforts des libraires an- glais. Les ve"ritables libraires de"taillants sont les Discount Booksellers, ou li- braircs, qui achetent en gros et vendent avec rabais. Ges derniers accordant en effet au public une remise de a 5 p. o/o , et, sur les articles qui devraient etre vendus net, ils font souvent un escompte, qui va jusqu'a 5 p. o/o. On ne trouve pas seulement les Discount Booksellers a Londres, mais aussi dans d'autres villes importantes d'Angleterre : Liverpool, Manchester, Birming- bam, Edimbourg, Dublin, etc. Malgre" ce rabais exagere" qu'ils accordent au public, leurs profits sont souvent e"normes, et en ge"ne"ral ces libraires en gros disposent de capitaux considerables qu'ils emploient a acheter par grandes quantites les ouvrages courants. Ce sont les petits libraires de Londres et de la province qui en patissent, car bien souvent ils ne sont pas en compte avec les editeurs et ne jouissent pas de remises exceptionnelles. Ils sont obliges toutefois, pour ne pas perdre leur clientele, de fournir aux mernes conditions, c'est-a-dire de vendre 9 pence le livre d'un shilling qu'ils ont paye eux-me'mes le plus souvent 9 pence. Ils travaillent done a perte, et s'ils n'avaient pas quelque branche accessoire, la librairie ancienne ou la papeterie, ils so verraient force's de cesser leur commerce. On se demande me'me dans quelle situation se trouvent les pelits libraires de province qui ont, en plus du transport, a supporter les frais de com- mission. Dans ces derniers temps, on en est arrive" a constater que, si 1'etat actuel ne vient pas a e"tre modifie, la librairie deviendra pour beaucoup de ces libraires une branche accessoire. Un e"diteur de Londres, M. W. Heine- mann, cite me'me une ville de 20,000 habitants qui ne compte qu'un seul libraire, et encore ce dernier est-il plutot a la tete d'un salon de coiffure. Ge n'cst pas la une exception , car il y a une foule d'autres libraires de pro- vince qui vendent des articles de fantaisie et des articles de fumeurs, COMITE 34. 8 114 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. pipes, tabacs, etc. On comprend done que les connaissances bibliogra- phiques soient plus que restreintes et que lorsqu'un libraire ne possede pas en magasin un ouvrage qui lui est demande", il ne se donne pas la peine de le faire venir, mais re"pond sirnplement qu'il ne 1'a pas. II trouve infiniment plus commode, et il n'he'site jauiais a le faire, d'envoyer 1'ache- teur dans une autre librairie ou il sail que celui-ci pourra se procurer le livre qu'il desire. Une consequence toute naturelle est que le commerce des livres neufs en est arrive" a se concentrer dans les grandes villes d'abord, puis dans certaines villes et enfin dans certaines maisons. On doit y voir un danger, car, si cet e"tat de choses continue, les Discount Booksellers en viendront a dieter leurs conditions aux e"diteurs. Avec le temps meme il peut se faire qu'ils exercent sur les e"diteurs une tellc pression que ces derniers ne pour- ront e"diter que des livres qui auront 1'approbation des Discount Booksellers. II existe une librairie qui, par sa situation privilegie'e comme librairie des cbemins de fer, fournit les livres franco de port sans accorder aucun ra- bais. S'il lui prenait fantaisie de faire des remises, ce qui lui serait facile a cause de son privilege, en peu de temps, elle monopoliserait a son profit la vente des livres en Angleterre. II y aurait certainement un remede a apporter a l'e"tat de crise actuel, mais jusqu'ici les e"diteurs n'ont pas voulu prendre part au mouvement; ils preferent n'avoir a trailer qu'avec un petit nombre de maisons plutot que d'etablir de nouvelles relations avec une foule de petites librairies, aux- quelles ils devraient ouvrir un compte, et ils aiment mieux s'en tenir aux anciennes habitudes. La Publisher's Circular a donne" I'hospitalite' dans ses colonnes a de nombreuses correspondences a ce sujet, mais on n'a pas encore pu aboutir. Nous croyons qu'on est parti d'un principe faux : on s'accorde a rcconnaitre que la librairie anglaise traverse une crise, mais que le public ne doit pas etre moleste. C'est la malheureusement ou se trouve le rneud de la question , car, du jour ou les prix de vente au public seront remonte's d'un commun accord, la crise sera termine'e. Ainsi a-t-on fait en Allemagne. Qui ne se rappelle pourtant les luttes qu'il a fallu sou- tenir pour arriver a Iriompher des mauvaises volonte"s et a reduire a Tim- puissance les ScUeudercr ou gacheurs de prix ? C'est en marchant d'accord la main dans la main qu'e"diteurs et de"taillants sont parvenus, apres dix ans d'efforts, a imposer leur volonte. Les seconds ont compris qu'il fallait a tout prix conjurer le peYil qui les menacait; les premiers les ont largement IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 115 seconds, sentant que, pour etrc re"gulierement pace's par lesinterme'diaires, il fallait que ceux-ci trouvassent dans leur profession un profit re'mune'ra- teur sans etre obliges de recourir a une autre branche de commerce pa- rallele. Les libraires detaillanls d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse vendent maintenant au prix fort, avec la tolerance d'accorder aux professeurs, in- stitutions, bibliotheques , etc., une remise maximum de top. o/o sur le prix marque". Les Aliemands ont toujours pre"tendu que le livre n'e"tait pas une denre"e comme les autres, mais un produit de 1'esprit qui avail son prix parfaitement precise", tant par l'e"diteur dans ses annonces et dans son catalogue que sur le livre lui-meme : qu'un e"diteur ne pouvait publier un livre deja paru sans encourir une repression, et que ce monopole armait les e"diteurs et leur mettait en main une sanction naturelle, qui doit consis- ter a supprimer les avantages inhe"rents a 1'ouverture d'un compte. Us ont et plus loin : tout libraire refusant de se soumettre au reglement est mis a 1'index, voit ses annonces refusers dans les organes de la librairie; il ne trouve rneme pas un intermediate, commissionnaire ou revendeur, pour exe"cuter ses commandes, resultat inoui' et exemple peu commun de disci- pline dans une si vaste association. Quelques libraires de"taillants allemands en ont appele^ aux tribunaux de leur pays pour faire cesser ce qu'ils appe- laient l'attcinte a la libert^ du commerce : ils ont constamment perdu. Grace a ce systeme, pas de dommage cause, le plus modeste libraire comme le plus grand peut s'adonner avec zele'et sans decouragement au placement des livres et surtout des nouveaute"s suivant la spe"cialit6 qu'il aura choisie. On a vu par la production croissante du livre en Allemagne ct par le nombre de ses libraires que les re"sultats ont e"t^ satisfaisants. On comple en Angleterre d'importantes maisons de librairie qui s'occu- pent exclusivement de la vente des livres d'occasion, mais la plupart des petites librairies ont un fonds plus ou moins considerable de vieux livres , dont 1'^coulement forme le plus clair de leurs be"n<$fices, par suite de la crise actuelle qui s<5vit sur les livres neufs. II s'y fait de grandes ventes publiques, et, detail original, on a vu des organisateurs de ventes aux en- cheres attirer les acheteurs et les inciter a acheter par 1'attrait d'un ban- quet qui a lieu a la fin de la vente aux frais du libraire et auquel assistent les plus gros et souvent tous les acquereurs. L'e"diteur (publisher] en Angleterre est avant tout un fabricant de livres. 8. 116 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. II livre au libraire ses marchandises tout comme un autre fabricant et a compte ferme. Peu ou pas d'envois a condition, partant pas d'ouvrages retournes a de"lai fixe. La plupart du temps, les pavements se font a 3o ou a 90 jours, le plus fre"quemment au comptant. II y a meme a Londres quelques maisons qui demandent une provision d'avance. Ce systeme, on le comprend, n'est pas fait pour engager le libraire a faire connaitre les nouveaute"s, car il montre pour les nouvelles publications un scepticisme au moins e"gal a celui dont fait preuve tout deHaillant dans d'autres pays, et il arrive souvent que 1'auteur d'un ouvrage nouveau de valeur ne trouve pas d'e"diteur. Car, sans vouloir faire un crime a 1'editeur anglair de ne pas publier des ouvrages pour se faire connaitre et ajouter a la gloire de sa maison, il est un fait constant, c'est qu'il desire toujours en retirer profit, et, si ce profit ne doit pas e*tre imme'diat, il refuse de publier. II ne faut done pas s'etonner de rencontrer une foule d'auteurs qui font impri- mer a leurs frais. Mais qu'il s'agisse d'un volume a succes, les premieres editions sont enleve'es le jour meme de 1'apparition et les autres se succe dent sans que 1'organe des libraires 1'ait me'me annonce". Ges ouvrages a succes sont presque toujours imprime's dans divers formats, de divers prix, pour permettre de les repandre un peu partout et de les mettre & la portee de toutes les bourses. Ge que nous disions plus haul, en parlant des e"diteurs anglais, qu'en pubhant un livre ils n'ont en vue que le profit qu'ils peuvent en tirer, est confirme" par un fait assez etrange. Tandis que dans d'autres pays 1'editeur s'attache au fur et a mesure des Editions successives a les ameliorer, a les corriger et a les augmenter aubesoin, en Angleterre les Editions sesuivent et se ressemblent. Aussi qu'arrive-t-il ? G'est que 1'impression du texte et des illustrations laisse de plus en plus a de'sirer a mesure que les tirages augmentent. Aussi en Angleterre plus que partout ailleurs attache-t-on plus deprix aux premieres Editions, car, pourvu qu'on attende un peu, on tombe sur des exemplaires de"testables. Comme nous 1'avons vu, 1'editeur fait peu ou point d'envois d'officeni a condition ; la plupart des ventes se font a compte ferme et le plus souvent au comptant, a moins que le libraire ait un compte chez 1'editeur, auquel cas il beneficie d'un compte variant de un a trois mois, mais rarement de six mois et parfois d'une surremise ou escompte supplementaire au regle- ment. L'escompte varie de 2 5 p. o/o a 3o p. o/o, et l'e"diteur accorde un exemplaire gratis par 12 ou 2 k exemplaires; il donne aussi souvent le IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 117 demi-treizieme , soil 7-6 1/2. Pour de grandes quantity's achete"es, les re- mises augmentent dans une large proportion, et les Discount Booksellers recoivent parfois pour leurs achats en gros jusqu'a 5o p. o/o ; on comprend quelle concurrence ils peuvent faire a la petite librairie. Le placement des nouveaute's se fait d'une maniere originale. Ainsi, les ouvrages populaires et scientiflques se vendent rarement par 1'entremise du libraire, qui trouve tout naturel que 1'editeur s'adresse au public et lui vende directement. Ce sont les revues, les prospectus, etc., qui portent leur apparition a la connaissance des acheteurs. Pour les autres ouvrages d'une vente courante, les romans, les ouvrages a sensation, etc., 1'^diteur, aussit6t les premiers exemplaires sortis des presses, les remet a un placier, qui parcourt la ville et re"unit ainsi les commandes sans attendre le r&ultat des annonces faites dans le Bookseller ou la Publisher's Circular qui sont lus superficiellement et surtout par les libraires de la province. L'e"diteur pre"- fere aller solliciter les libraires, le volume en main. Les maisons impor- tantes ont un ou plusieurs placiers spe"ciaux pour les nouveautes, employes seYieux et qui ont besoin pour remplir cette fonction difficile de qualites exceptionnelles : bonne tenue, nullementimportuns etsurloutpas bavards. Us font le plus souvent de bonnes affaires, car il y a en Angleterre un grand nombre de collectionneurs qui achetent tout ce qui renlre dans leur speVialite 1 et surtout en premieres Editions. De la un nombre considerable de libraires qui de leur cote" se spe"cialisent, ce qui simplifie singulierement 1'assortiment et les connaissances de metier. Les risques sont peut-e'tre plus grands, mais on peut courir la chance que les Editions augmentent de prix quand les suivantes auront vu le jour. On compte a Londres cinq ou six grandes librairies qui importent les publications parues sur le continent, francaises, allemandes, etc. Ils e"cou- lent un nombre considerable de revues et livres francais soil dansle public, soil pour 1'exportation aux pays d'outre-mer. Le commissionnaire en libraire existe a Londres comme a Paris et a Leipzig. Comme chez nous, son role consiste a re"unir les envois de"pose"s chez lui par les e"ditetirs au nom de ses clients et a les expe"dier a jour fixe en y joignant ce qu'il a achete" pour le compte de son commettant et en prelevant une commission. Le commissionnaire est aussi charge d'cxpessantes de la librairie Delalain et que les instituteurs arne'ricains et membres de 1'enseignement ont pu con- sultcr avec fruit a pour titre : Circulates et instructions offlcielles relatives a 1'instruction publique. Cette publication, qui en est a son onzieme volume et comprend toute la serie des instructions ministtirielles des vingt-trois dernieres ann^es, est certainement le plus precieux des recueils pour qui a int^ret a suivre le mouvement de 1'instruction publique en France. Comme ^diteurs et imprimeurs , la maison Delalain freres s'est acquis en France un renom me"rite", et a 1'^tranger ses publications de documents universi- taires sont tres consulte"es. MM. GAUTHIER-VILLARS PERE ET FILS, quai des Grands-Augustins, 55, a Paris, avaient envoye" a Chicago un grand nombre d'ouvrages de valour, IMPRIMERIE ET L1BRAIRIE. 135 concernant les sciences mathe'matiques, physiques, aslronomiques et la col- lection des nombreux journaux, annales et revues spe"ciales dont ils sont les e"diteurs. Savants et malhe'maticiens eux-me'mes, MM. Gaulhier-Villars ont pu grouper autour d'eux tous les grands e"crivains scicntifiques qui ho- norent notre pays par leurs travaux. Le Cours d'astronomie, de B. Baillaud, de I'lnstitut; les Lecons siir la thdorie mathdmatiquc de I'e'lectricite', de J. Ber- trand; les Lecons de physique ghiirale , de J. Chapuis et Berget; le Cours de physique de I' Ecole poly technique, de J. Jamin et Bouty, etc. ; tous ces ouvrages d'une importance scientifique reconnue figuraient a cote" d'ceuvres de Ca- mille Flammarion, des Methodes nouvelles de la mdcanique ce"leste, de M. H. Poincare", et de {'Encyclopedic scienlifique des aide-memoire et de la Biblio- theqtic photograpltique comprenant un nombre de volumes considerable. Chez MM. Gauthier-Villars Tart de 1'imprimeur ne le cede en rien a 1'intelligence des e"diteurs, et Ton peut dire que tout ce qui sort de cette importante mai- son est irrdprochable. Les nombreux ouvrages exposes par M. GCERINET, rue du Faubourg-Sainl- Marlin, i 4o, a Paris, sont des ouvrages d'art, dans un luxe d'edition plus ou moins grand, suivant le prix, mais tous elite's avec beaucoup de soin. Tous ces beaux livres , composes surtout de planches , sont accompagne"s d'un texte francais, mais les dessins parlent assez pour frapper 1'artiste de tous les pays. La Librairie d'art decoratif possede un catalogue tres fourni , qui re"pond a tous les besoins de 1'art par les documents pre"cieux qu'on y trouve. L'origine de la maison HACHETTE ET C' e , boulevard Saint-Germain, 70,, a Paris, ne remonte pas a un temps bien e'loigne' de nous, car elle fut fondle en 1 826 , et pourtant cette e"poque marque certainement une trans- formation complete dans la librairie classique. Son fondateur, Louis Ha- chette, quittait rUniversite", apres avoir pass^ par 1'Ecole normale, et il avail pu se rendre compte par lui-me'me combien le livre classique pdchait sou- vent par sa me"thode, toujours par sa fabrication. II arriva, imbu d'idfes neuves, hardies pour le temps, sans la routine souvent inhe'rente a une profession suivie de pere en fils. Mais le jeune editeur avail re"uni autour de lui cette phalange dc maitres ^rudils qui constituaient la forte ge"ne"ra- tion litk-raire de 1 83o , ct tout de suite le succes vint rdcompenser les efforts r(5unis des professeurs et de 1'^diteur. 136 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. De purement classique qu'elle devait etre dans la pensee de son fonda- teur, la inaison de la petite rue Pierre -Sarrazin se transforma peu a peu, par 1'adjonction de toute une serie d'ouvrages embrassant la literature generate, les connaissances utiles et les publications de grand luxe. Le succes vint tres promptement; vingt-cinq anne"es avaient suili pour faire de cette petite librairie, ayant a lutter contre la concurrence, le mauvais vouloir, la rou- tine surtout, un e"tablissement aux larges proportions. Grace aux efforls ct a 1'intelligence de son fondateur, ses affaires alleignirent un chiffre consi- derable, et il s'adjoignit ses deux gendres, MM. Breton et Tcmplier. Une des causes qui contribua puissamment au de"veloppement de cette maison se trouve dans 1'initiative dont fircnt preuve les chefs de la maison Hachette, en imitant les chefs des grandes maisons d'edition allemandes d'alors et en ouvrant largement des comptes de de"pot a tous les libraires de province, ce qui ne se faisait pas en France avant cette e"poque. La li- brairie de province achetait alors ferine a ses risques et perils , comme nous le voyons encore dans certains pays que nous avons passes en revue pre- ce"demnient. MM. Hachette accorderont a tout libraire de province un compte de depot d'au moins 3oo francs avec faculte" de retour des in- vendus. Les petites librairies de province, qui jusqu'alors n'osaient acheter que fort timidement et qui n'avaient dans leurs vitrines d'autres marchan- dises que quelques classiques, des articles de bureau et des images d'Epinal , devinrent, elles aussi, plus luxueuses et mieux assorties. Les belles Editions que la maison Hachette leur remeltait en depot et qu'elles e"talaient devant leur clientele les amenerent a s'occuper plus sikicusement de la librairie de luxe. MM. Hachette cre"erent aussi la Bibliotheque des gares qui leur donna une sorte de monopole dont leurs confreres semblerent se montrer un peu jaloux, quoiqu'ils ne dussent s'en prendre qu'a eux-memes de leur manque d'initiative. G'est a ce moment que se place la creation de cetle admirable publication qui dure encore, Le Tour du monde. L'art de 1'illustration etait encore presque a son enfance, et on se reprtSsente aise'ment 1'^clat que pro- duisit 1'apparition de ce pe"riodique. Et coup sur coup paraissaient, dans un luxe dMdition et de reliure inconnu jusque-la, lesouvrages illustres de Gus- tave Dor6 qui eurent tant de succes. La collection complete des ouvrages public's par la maison Hachette, plus de 6,000 volumes, ne figurait a 1'Exposition que par un choix d'ou- vrages de luxe : Le livre de Ruth, Uhistoire de Joseph, Le Cantique des Can- IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 137 liqucs, L'Arioste, I'flistoire de la ceramique el tant d'autres oeuvres remar- quables, ses diclionnaires et quelques specimens de ses bibliotheques di verses , ses Guides Joanne, etc.; mais ce qui donnait a cette exposition une grande importance, c'est sa partie cartographique, dans laquelle figurait a cote" du Nouveau dictionnalre de geographic universelle, de MM. Vivien de Saint- Martin et L. Rousselel, avec leur Atlas universal Ac geographic, \ 'Atlas de ffihgrapliie moderne, de Schrader, Prudent et Anthoine, oeuvre absolument hors ligne et qui monlre ce que pourraient produire en ce genre les Francais, avec de puissants moyens. La maison Hachette a e"le une des premieres a montrer la voie, il faut lui en savoir gre". Enfin la Mode pra- tique, le nouveau journal demode 6dite par la maison , presentait ses belles gravures et un luxe de dessins bien faits pour attirer 1'attention. De toutes parts, le nom de J. HETZEL, rue Jacob, 18 , a Paris, est be"ni par 1'enfance et la jeunessc, car c'est lui qui a pour ainsi dire renouvele" le livre cnfantin, qui auparavant laissait fort ii de"sirer. Aujourd'hui, grace au mouvement imprime' a ce genre de litte'ralure qui s'est faite attrnyante et recreative , la morale decoule d'une suite d'aventures plus ou moins extra- ordinaires qui frappent les jeunes intelligences et les retiennent sans les fatiguer. La creation du Magasin d' education et de recreation et la Bibliolheque qui en est sortie, les OEuvres de Jules Verne, d'Erckmann-Chatrian, les Albums Slald mirent la maison Hetzel a 1'un des premiers rangs , et il en est peu qui gran- dirent avec autant de rapidite. A cote" de tous ces charmants volumes pour cnfants, nous avons trouve* une excellente et pratique collection, la Biblio- thequc des professions, composed aujourd'hui de 116 volumes avec figures et dessins, les OEuvres de Viollet Le Due, les OEuvres de Victor Hugo, etc., qui montrent que la librairie Het/el a tourne" son activite" avec succes vers d'autres branches, en dehors de son premier genre. La maison HOLLIER-LARODSSE et G', rue Montparnasse, 17 a Paris, an- ciennement librairie Larousse et Boyer, avait envoye a 1'Exposition, en de- hors du Grand diclioimairc universel, 1'oeuvrc C(51ebre de Pierre Larousse (17 volumes), une seYie de dictionnaires spe"ciaux, tels que le Didionnaire des operas, par Fe"Iix Clement ct Pierre Larousse, le Didionnaire d'eledricite" et de magnelisme, par G. Dumont, etc., la Revue etmjclopedique , de date re"- cente, dont la valeur documentaire est gen<5ralement reconnue, et nombre 138 EXPOSITION IMVERSELLE DE CHICAGO. d'ouvrages scolaires auxquels est applique" un mode de reliure plus pra- tique que le cartonnage ordinaire. Ces ouvrages, qui s'adressent aux jeunes enfants, sont illustre's de norabreuses gravures, ce qui les rend moins arides pour des intelligences pen de'veloppe'es encore. Nous avons remarque" dans les specimens exposes un soin tout particulier apporte" a la composi- tion et a 1'ex^cution des ouvrages e'dite's par ces imprimeurs-e'diteurs , car la rnaison Hollier-Larousse possede aussi une importante imprimerie. Dans 1'exposition des ouvrages de luxe, la maison HEBERT (A. HOUSSIAUX ET C', successeurs), rue Perronet, 7, a Paris, tenait une fort bonne place avec ses ouvrages de prix eleve's : les OEuvres completes de Francois Coppce, les OEuvres illustre'es de H. de Balzac, une Suite de i oo dessins pour les ceuvres de Victor Hugo, les OEuvres compUtes de Mollere et les OEuvres completes d 'Alfred de Mussel. Tous ces ouvrages, dont les illustrations sont dues aux maitres du crayon el du burin, sont autant de monuments dresses a la gloire des grands litterateurs francais, et, en Amerique, on les a appre'cie's. La maison JODVET ET C' c , rue Palatine, 5 , a Paris, proprie"taire du fonds de la librairie Furne, fondle en 1826, exposait sa collection de volumes d'histoire : Dictionnaire de la Revolution francaise , par E. Boursinet A. Chal- lamel; L' Alsace ct les Akaciens a trovers les siecles, par C.-E. Ma this; I'His- toire de France, d'ErnestHamel; les ouvrages de Henri Martin etde Thiers; YHistoire de la Resolution franfaise et du Consulat, enfin toute une collec- tion de volumes pour e"trennes et distributions de prix. Dans les livres d'in- struction ge'ne'rale, on remarquait les trois volumes du Dicttonnaire franfais illwtre" des mots ctdes choses, par Larive et Fleury, avec ses nombreuses gra- vures au nombre de pres de 5,ooo et ses aoo cartes, neuvre sortie des presses de Chamerot; enfin toute la collection de ce beau recueil, le Ma- gasin pittoresque , qui continue un succes qui ne s'est jamais dementi dcpuis soixante ans. MM. H. LAMIRAOLT ET C", rue de Rennes, 61, a Paris, exposaient leur Grande Encyclopedic , qui va bientot atteindre son vingtieme volume. EHe comprend 1'inventaire raisonne" des sciences, des lettres et des arts pour la fin du xix e sieclc et est publie"e sous la direction d'un comitd de douze di- rectcurs. Cette publication est certainement la plus scientifique et la plus documented qui ait jamais (He" (5ditfe. Les cartes gravees par MM. Ehrard 1MPR1MERIE ET LIBRA1RIE. 139 freres sont fort soigne"es et les dessins Ires nombreux. G'est une grande en- Ireprise et dans laquelle d'enormes capitaux ont du tre engages; elle fait grand honneur a ses e"diteurs, qui en promettent 1'achevement pour une e"poque qui devra prece"der la fin du siecle de deux ou trois ans, soit en 1897 ou i 898. L'Allemagne a depuis longtemps ses deux principales en- cyclopedies , le Brockhaus Conversations Lexicon et le Meyer's Conversations Lexicon, 1'Am^rique a 1' Encyclopedia americana et la New American Cyclo- pwdia, 1'Angleterre a \' Encyclopedia Britannica et la Chamber's Encyclopedia; la France devait suivre ces nombreux exemples et contribuer ainsi a de"- truire cette erreur g^neralement re"pandue, qu'une encyclopedic en rem- place une autre dans une bibliotheque. Le contraire plutot est vrai. Une nouvelle Edition entierement refondue pourrait remplacer une Edition plus ancienne, mais chaque encyclopedic a sa valeur propre. Le domaine de 1'esprit li ii main est tellement vasle que des ouvrages d'une importance en- cyclope"dique, aussi e"tendue soit-elle, ne pourront jamais tout embrasser. Les encyclope"dies se completent les unes les autres, et les encyclope"dies ci- ties plus haut de meme que celles de Diderot, Larousse ou Lamirault, sont des oeuvres dont la conception est tout a fait diffe"rente. La librairie A. LAROSE, rue Soufflot, 22, a Paris, e"dileurdu Rccueilge'- nfral des lois et des arrets, du Journal du Palais, du Repertoire general alpha- be'tique du droit fraiifais et de tant d'autres journaux, revues, recueils et ouvrages de legislation, avail expos^ dans ses vitrines 1'ensemble de ses editions, si recherch^es de tous ceux qui s'occupent de droit aussi bien en France qu'a 1'etranger. La maison d'(5dition artistique H. LAUBENS, rue de Tournon, 6, a Paris, ancienne librairie Renouard , avait une exposition tres remarquable. L'His- toire de I' art ddcoratif du xiv si&cle a nos jours, le Dictionnaire encyclope'dique des marques, monogrammes , cliijfres, le Dictionnaire ge'ne'ral de l'e"cole fran- caise, etc., enfin les id volumes de I'Hisloire des peintres , de Charles Blanc, et tant d'autres ouvrages d'art qui sont la sp^cialite" de cette librairie, e"taient bien fails pour atlirer 1'allcnlion du monde arliste am^ricain. C'est surtoul aux livres de liturgie que se consacre la librairie Vicron LECOFFRE, rue Bonaparte, 90, a Paris, et ses Livres de chant romain sont adopted dans nombre de dioceses, aussi bien en France qu'en Ameriquc, 140 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. surtout au Canada. Cette maison a expose^ de remarquables Editions de plain-chant dont 1'impression est parfaite. L'cxposition de la librairie H. LE SOLDIER, boulevard Saint-Germain, 17^, a Paris, comprenait, en dehors de ses publications spe"ciales, la Re- vue des livres et du theatre, qui comprend actuellement 26 volumes, inven- taire raisonnd du mouvement litleYaire de la France depuis 1'annec 1880, et YAnnuaire des journaux , revues et publications pdnodiques de Paris qui en est a sa quatorzieme anne"e. A cot6 d'ouvrages tels que les Memoires du marshal de Moltke, traduction francaise, le Manuel des conseils de guerre aux armies, une Carte de I' emplacement des troupes francaises avec index, figuraient une se>ie d'ouvrages d'enseignement pratique des langues vivantes,langues allemande, anglaise, italienne, etc., de nombreuses cartes et son Nouvel atlas primaire, ouvrage dont le mode absolument nouveau et qui consisle dans 1'enseignement par 1'aspect merite une mention toute speciale. On re- marquait aussi un petit volume de poche tres curieux, le Memorial technique universel, a 1'usage de 1'ingenicur et de toute personne qui veut avoir a lout moment sous la main les formules matbdmatiques de toutes sortes, dans un format qui peut tenir dans une poche de gilet et contient la matiere de gros volumes. II faut citer un ouvrage d'erudition intituI6 Grammaire rai- sonne'e de la langue francaise , par Leon Cle"dat, avec preface de Gaston Pa- ris, le savant philologue, qui est un veritable monument pour 1'^tude do notre langue. La maison A. LE VASSEUR ET C", rue de Fleurus, 33, a Paris, est tres connue par son systeme de vente de livres par abonnement, c'esl-a-dire par payements e"chelonnes. Ce systeme permet aux petites bourses de se procurer tout de suite des ceuvres, dont le prix e"leve cut e"t6 rendu inacces- sible a nombre d'amateurs peu fortunes. Mais cette maison ne se borne pas au role d'interme"diaire : elle a edite^ de belles publications au nombre desquelles nous pouvons citer YHlsloIre d'un regiment, avec des illustrations d'apres Raffet, Carle Vernet, Charlet, Detaille, Sergent, etc. : Autour da drapeau, par le g<5ne"ral Thoumas; les OEuvres completes de Biijbn, I'Arl na- tional, la Flore me'dicale, etc. , tous ouvrages qui Itknoignent du soin ap- port(5 par la librairie A. Le Vasseur a ses Editions. La LIBRAIRIE DE LA BIBLIOTIIEQUE NATIONALE, passage Montesquieu, 5, a IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 141 Paris, dont M. L. Berthier est le chef, pre'sentait sa collection de petils vo- lumes a couverture bleue, si populaircs en France comme a 1'etranger. Elle a innove un genre sans precedent et a reussi a mettre entre toutes les mains depuis 1 863 , epoque de sa fondation, une collection des meilleurs auteurs francais et Strangers a o fr. 2 5 le volume. La collection compte actuelle- ment 33o volumes, qui se vendent broches ou relic's. La LIDIIAIRIE ILLCSTREE, rue Saint-Joseph , 8, a Paris, tend de plus en plus a dcvenir librairic d'art. Parmi les volumes qu'elle avail exposes a Chicago, La vieille France piltoresque et monumcnlale (Normandie, Bretagnc, Touraine ct Provence) obtenait un certain succes, car les livres d'etude sur les monuments anciens dc la vieille Europe auront toujours de la vogue en Ameriquc. On remarquait aussi un livre fort curieux, Lc luxe francais sous I'Empire. Les LiBRAiRiES-lMi'RiMoiES RKUNiES, rue Saint-Benoit , 7, a Paris, an- cienne maison Quantin et Morel, dirigee aujourd'hui par MM. May et Mot- teroz, tenaient une des premieres places parmi les expositions des libraires francais. Comme imprimerie, cette Societ^ peut rivaliser avec les plus grandes maisons de France et de I'eHranger pour la perfection de ses tra- vaux; comme maison d'edition, elle a public une quantite considerable d'ouvrages de valeur; on n'a qu'a citer le Diclionnaire de Tameublement ct dc la (Ucomtion. par Henry Havard. dont les 66 planches en chromolithogra- phie sont des chefs-d'oRuvre. Cetle maison a imprime les OEuvres de Victor Hugo, Edition nevarietur; les ouvrages suggestifs d'Octave Uzanne, I'Even- ta'd, I'Ombrclk, la Femmc; les monographies des grands maitres de 1'art : Boucher, Albert Durcr, Barye, Millet, Van Dick, Hans Holbein. On s'arretait aussi devant 1'inte'ressante collection de la Bibliolliequc de I 'enseiffnemcnt des beaux-arts, oeuvre de vulgarisation pubhee a un reel bon march6, malgre les grands frais d'etablissement qu'elle represents. Ccllc maison, relativement nouvelle dans I'cidition, apublie en tres peu d'annecs un nombre considerable d'ouvrages tres gout^s des bibliophiles. MM. ALFRED MAME ET FILS, a Tours, dont la maison pourra celebrer son centenaire en 1896, dirigent certainement 1'un des plus vastes (Hablisse- ments dans 1'industrie du livre, comme (Sditeurs, imprimeurs et relieurs. Leurs etablissements occupent un nombre considerable d'ouvriers, et leur 142 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. fabrication este"norme, 5oo,ooo volumes annuellement donl la moitie" re- lies. Cette maison doit son immense developpement a 1'extreme bon marche" auquel elle a pu dtablir sa collection de livres de prix, qui renferme ac- tuellement plus de 1,000 titres, MM. Mame et fils se sont fait une specia- lite" des livres classiques a 1'usage des e"coles chre'tiennes , et nombre d'ou- vrages de luxe sont sortis de leurs presses. Leur exposition a e"te" fort remarquee a Chicago. Nous citerons en pre- miere ligne le Polyeude martyr, trage"die de Corneille, grand in-/i, orne du portrait de 1'auteur, de cinq magistrates eaux-fortes signe'es Albert Maignan et de nombreuses gravures sur bois, et les Missels, dont celui dit des Catacombes est un cbef-d'osuvre, qui ne le cede en rien au Missel des sept sacrcmenls ; le texte est encadre 1 de chromolypographiesd'un gout exquis. La collection des' Chefs-tf ceuvre de la langue francaise du xvn siecle, gravures de Foulquier, les superbes volumes hisloriques Charlemagne, par Vetault; Jeanne d'Arc, par Marius Sepet, etc., les livres liturgiques, bre"viaires et diurnaux paroissiens et livres d'heures avec leurs belles reliures, donnaient a cette exposition un aspect polychrome des plus flatteurs a 1'oeil. On sail la haute valeur morale de lous les ouvrages sortant de I'impri- merie Mame et fils, et cette bonne renomme'e n'a pas peu conlribue" au succes de leurs (Sditeurs. La librairie G. MASSON, boulevard Saint- Germain, 120, a Paris, avail une exposition tres remarquable. A cols' de nombreux ouvrages de me'de- cine et d'histoire naturelle, illustre"s de gravures sans e"gales, signed des maitres les plus connus, d'ouvrages de physique, de chimie et de mathe'- matiques, elle public de nombreux ouvrages de technologic et de vulgari- sation. Elle a aussi public des livres d'enseignement secondaire qui te- moignent d'une fabrication des plus soigne"es; dans le domaine des livres d'enseignement primaire, elle compte des ouvrages fort goutes dans le monde des professeurs et des instituteurs : la Grammaire francaise , de Ba- taille, I 1 'Alias, de Dubail, etc. G'est peut-etre la maison d'e'dition qui compte le plus grand nombre de pe"riodiques, dont le chiffre atteint la trentaine. II faut citer surtout la Gazette liebdomadaire de me'decine et de cliirurgte, le Journal de I'agriculture et la Nature. Ce dernier journal, sirepandu et si bien compris, compte aujour- d'hui plus de ao,ooo abonne's; 1'impression du texte et les gravures sont IMPR1MERIE ET LIBMIRIE. 143 vraiment remarquables a tous e"gards. Enfm les norabreux pdriodiques scien- tifiques indites par la librairie G. Masson, les Annales de physique et dechimic, les Annales des sciences naturelles, etc. , figuraient avec avantage a 1'exposi- tion , car 1'inte're't qui s'attache a ces publications oblige le monde scienti- fique de tous les pays a les consulter, et elles sont fort recherchees en Ame- rique. Parmi les principaux ouvrages de me'decine, il faut citer un Traitt de medecine publie" sous la direction de nos plus grands me"decins, Charcot, Bouchard, Brissaud , etc. ; un Tralte de chirurgie, par Simon Duplay, Berger, Broca, etc.; un Traitd Ac gym'cologie, par S. Pozzi; des Lecons de therapeu- lique, par G. Hayem; une Anatomic du cerveau de I'lwmme, par Brissaud; enfin un Dlctionnaire usuel des sciences me'dicales, par Dechambre. La maison OLLENDORFF, rue de Richelieu, a 8 bis, a Paris, fondle pour assurer la vente des fameuses methodes pour apprendre les langues etran- geres du professeur H. G. Ollendorff, tout en continuant a donner ses soins a 1'edition de ces methodes, a trouve" un succes me'rite" dans la publi- cation des romans de nos meilleurs ecrivains contemporains, sous la direc- tion de M. Paul Ollendorff, le chef actuel de cette importanle maison. Ci- ter les noms des romanciers qui ont contribue" au renom de la maison Ollendorff, c'est dire que 1'^diteur a su s'entourer d'une pleiade d'^crivains de nitrite a tous les points de vue : Georges Ohnet, Albert Delpit, Theu- riet, Maupassant, pour ne citer que ceux-la, ont vu leurs ceuvres atteindre des tirages Ires Sieves, grace a leur valeur et aussi a la publicite qui leur a e"te faite sans compter. Nos archives th^atrales ont etc" enrichies par YHistoire universelle du theatre, ['Album de la Come'die Francaise, le Mitsee de la Come'die Francaise. Citons encore des collections fortinle"ressantes, celledu The'dtredecampagnc,\a Collection des moralisles, la Collection pour les jeuncs Jilles , recucils dc memoires expurgfe. La librairie Ollendorff a commence depuis quelque temps a publier des Editions de bibliophiles , dans lesquelles figurent dejales oeuvres d' Albert Delpit et de Georges Ohnet. Les imprimeurs-e'diteurs E. PLON-NOURIUT ET C' c , rue Garanciere, 8,10, a Paris, avaient expos<5, en dehors de leurs ouvrages courants en litt^ra- ture, histoire, beaux-arts, jurisprudence, etc., celte magnifique Collection de mdmoires sur 1'ancien regime, la Revolution, I'Empire, la Restaura- 144 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. tion, etc., universellement connue aujourd'hui. Parmi ces Etudes curieuses, on remarquait les Me'moires du general-baron de Marbol, qui ont obtenu une si grande vente et font grand honneur a la maison Plon. La librairie Plon-Nourrit et C' e avail dans ses vitrines nombre de spe"- cimens de ses beaux ouvrages de luxe auxquels elle donne le double soin de 1'imprimeur et de l'e"diteur : Les maitres jlorentins du xr siecle, 3o dessins par le comte H. Delaborde et W. Haussoullier d'apres les peintures et les sculptures originales, tirees des collections de M.Thiers; Sahara et Sahcl, par E. Fromentin, illuslre d'eaux-fortes; La Franche-Comle , par Henri Bouchot, illustre"e par Eugene Sadoux; Leone Lconi et Pompeo Leoni, par Eug. Plon, un des chefs de la maison, et la gracieuse Ncuvamc de Colette avec les belles illustrations de E. Bayard. La riche collection des albums de Mars, de Monvel, de Crafty et Caran d'Ache n'a pas e"te moins remarquee. Enfin, la Bibliotlictjuc liisloriquc, qui compte des e"crivains comme Thureau-Dangin, Albert Sorel, Vandal, Camillc Rousset, etc., indiquait quelle large part la librairie Plon donne a 1'e'dilion des ouvrages qui sont du domaine de 1'histoirc. C'est cette meme librairie qui public 1'important periodique in- titule La revue hebdomadalre , recueil qui donne dans son ensemble la repre- sentation la plus complete du mouvement intellectuel contemporain. Elle s'cst assure" le droit de publier la premiere, apres 1'apparition en volume et dans des conditions tout a fait privilegiees, c'est-a-direa {'exclusion, pen- dant un temps donne", detouteautre revue ou journal, les romans des prin- cipaux e"crivains de ce temps. Une large place y est attribute a 1'histoire, aux me'moires et aux voyages. Dans 1'ordre des sciences (sciences naturelles, anthropologie, philoso- phic, arche"ologie , etc.), les e"diteurs C. REINWALD ET C' 6 , rue des Saints- Peres, i5, a Paris, tiennent une excellente place. Cette maison a e"dite les ouvrages de Charles Darwin, d'E. Haeckel, de L. Biichner, de Carl Vogl, de P. Broca , etc. , le Manuel d'anatomie compare des Vcrtebres, du professcur R. Wiedersheim , les ouvrages philosophiques de Burnouf, P. Gener, Gi- rard de Rialle, du docteur C. Letourncau, de Mantegazza et les e'ditions du centenaire de Voltaire et de Diderot. Comme recueil periodique, il faut citer les Archives de zoologie experimenlale et gdne'rak et le Bulletin mensuel de la librairie francaise , qui cst arrive" a sa 35 C annee. Les editeurs de la Revue des arts dccoratifs, J. ROCAM ET C 1C , rue du Hel- IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 145 dor, ill, a Paris, avaient expose a cole" des fascicules de cetle belle publi- cation artistiquc des ouvrages de valeur, tant par l'<5rudition de leurs au- leurs que par le soin et la richesse de I'ddition. Nous citerons 1'oeuvre gra- cieuse de Marius Vachon (Lafemme dans I'art), ceuvre ou Ton peut voir quelle a e"te" 1'influence exerce"e par la grace et la beaute" de la femme sur les evolutions de I'esthelique dans I'anliquile, au Moyen Age, pendant la Renaissance et dans les temps modernes. A citer encore une tres impor- tante seYie d' Albums de dessins et modules, veritable musee graphique ou sont reproduits avec une nettete remarquable les objets d'art les plus saillants dc toutes les e"poques et. de tous les pays et qui font la richesse des plus celebres collections, La librairie EDOCARD ROUVEYRE, rue de Seine, 76, a Paris, s'est fail une speciality des publications bibliographiques et des ouvrages d'art industrial. Gette maison n'a edite que des livres de luxe, qui sont tous des ouvrages de bibliophiles. L'art dans la mrtison, de Henry Havard, et les Styles dans la maison Jrancaise , par Edouard Bajot, sont des (Buvres devenues classiques. Le grand marchaml de tableaux, M. SEDELMEVER, rue La Rochefoucauld, 6, a Paris, exposait dans la classe 34 YOEuvre compUte de Rembrandt, Boo photogravures avec la biographie et 1'histoire de ce peintre par le docteur W. Bode, directeur du Musee de Berlin; cette ceuvre remarquable forme 8 volumes. A cote d'ouvrages du meme genre, 1'exposition de M. Se- delmeyer comprenait un certain nombre de gravures tres remarquees, dont les planches ont ete detruiles apres un tirage tres restreint, ce qui donne une grande valeur au petit nombre d'exemplaires mis en vente. La SOCIETE BIBLIQUE PROTESTANTE DE PARIS, TUC deS SailllS-PcrCS , 54, a Paris, avail exposd les diverses editions dc scs nombrcuses bibles francaises, calholiques et proleslanles. Cette importanle collodion s'^levc acluellement a pres de 900 volumes. L'imprimeur-e'dileur A. STORCK, rue do I'Holel-dc-Ville, 78, a Lyon, avail expose des ouvrages du plus haul intere 1 ! scienlifique el archeologique. Nous avons remarqud une ^ludc foii inleressanle sur 1'induslrie lyonnaise par 1'imprimeur-editeur A. Slorck lui-meme el H. Martin; un Rccueil d'ar- clicologie lynnnaise avec de belles eaux-fortes in-folio, repr^senlant les prin- COMITE 34. 10 146 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. cipaux monuments ou motifs architectural!* anciens de la ville de Lyon ; Les Vaudois, par A. BeYard, orn6 de 3o reproductions des anciennes gra- vures dc 1'ouvrage de Le"ger; les Archives de I'antliropologie cnmmelle el des sciences pinoles , 7 volumes in-8 et nombre d'ouvrages d'hygiene et de me"- decine fort bien elite's. La collection des beaux ouvrages de luxe elite's par la librairie de 1'^di- tion nationale EMILE TESTARD, rue de Conde, 18, a Paris; devait forcement arreter 1'attenlion des amateurs de belles Editions. Les OEuvres completes de Victor Hugo avec leur longue suite de planches signers des plus grands noms , les OEuvres completes de Moliere et la Collection artistique, dans laquelle les illustrations reconstituent avec tant d'art par le pinceau et par la gra- vure, dans des scenes inte"ressantes et mouvementees , le costume, les moaurs, 1'ameublement et 1'architecture des diverses epoques. amenaient un nombreux public devant cette exposition remarquable. La librairie spe"ciale d'architecture E. TH^ZABD ms, de Dourdan (Seine- et-Oise), avail envoye" a Chicago une collection importante de beaux ou- vrages spe"ciaux sur la matiere : Interieurs d'appartements modernes , ouvrage dont les dessins en couleurs sont fort re"ussis ; Nouveau modeles de tentures, decorations et fenetres , a 5 planches en couleurs et 12 planches de coupes; Nouveaux modeles de bois et marbres, volume in-folio avec 82 planches de couleurs ; Les grands architectes francais des epoques Louis XV, Louis XVI, 220 planches reproduisant les O3uvres de J.-F. Blondel, de Deneufforges, de Ch. Delafosse, de Salembr^a et de Le Cance et nombre d'autres ou- vrages, dont la valeur ne le cede en rien a ceux que nous venons de citer. La librairie WESTHAUSSER , rue de 1'Abbaye, 10, & Paris, a publi des ouvrages importants de litte"rature , de science militaire et une collection de livres pour 1'enfance, albums, livres d'images me'caniques, alphabets, dont le catalogue comporte plus de 200 titres differents. Musique. La musique n'dtait represented que par une seule maison. La maison d'(5dition musicale A. DURAND et fils, place de la Madeleine, 4, a Paris, fondle en 18/17 P ar ^- Finland, a donne" une grande extension aux publications de musique d'orchestre. Elle representait a Chicago, avec les quatre operas de Wagner, Lohengrin, le Vaisscaufantome, le Tannhduser et Rienzi, dont les partitions orchestrees sont des modeles, des partitions IMPRIMERIE ET LIBRA1RIE. 147 signers : Saint-Saens, Bizet, Massenet, Guiraud, Lalo, d'Indy, Godard, Widoi\ etc., tous noms fort connus en Ame'rique. MM. A. Durand et fils exposaient aussi des ouvrages thiSoriqucs et d'enseignement musical, fort apprecies des amateurs. Journaux. Le SYNDICAT DE LA PRESSE PE"RIODIQUE DE PARIS, boulevard Saint-Germain, 1 17, a Paris, pre"sentait au Nouveau Monde les principales revues et publications artistiques illustrees de Paris: la Revue des Deux Mondes qui y figurait dans sa 63 e annexe d'existence, la Gazette des beaux- arts, courrier europe"en de 1'art et de la curiosite* avec la Chronique des arts et de la curiosite", bulletin hebdomadaire d'art; Y Illustration, le plus beau journal illustre" du monde, le Monde illustre 1 qui rivalise avec I' Illustration sans I'dgaler cependant , mais qui depuis quelques anne"es a fait d'immenses progres; la Revue illustre'e, le Magasin illustre' d'e'ducation et de rdcrdation , la Mode nationale et les nombreux journaux de mode de la maison Abel Gou- baud. Journaux de modes. S'il est un art dont nous puissions revendiquer tout le merite et dans.lequel nous ne trouvions guere de concurrence, c'est 1'art de la mode. Les journaux de modes portent dans tous les pays du monde les creations de notre fabrication et le renom de nos habiles cou- turieres. Parmi les journaux traitant de ces matieres, le Moniteur de la mode, fonde* en 18 A3 et dirige" acluellement par M. Abel Goubaud, est certaine- ment un de ceux qui contribuent le plus a 1'expansion du gout francais a I'^tranger. 11 compte aujourd'hui avec ses Editions francaise, anglaise, ame"ricaine, allemande, italienne, espagnole plus de 200,000 abonne"s. M. Goubaud n'avait pas seulement expose" la collection de son journal, avec ses dessins de toilettes, ses dessins d'ameublements, ses patrons, etc, mais on s'arretait aussi devant son exposition pour admirer les luxueux et importants ouvrages public's par le journal, tels que YHistoire de la coiffure desfemmes en France, YHistoire de la table et les Faiences anciennes. La mai- son Goubaud e"dite, en plus du Moniteur de la Mode : le Guide des Coulu- rieres, les Nouveaute"s parisiennes, la Modiste parisienne et le Caprice, la Mo- diste umverseUe, la Nouveaute 1 et le Messager des Modes. Une importante publication annuelle qui touche de pres a la presse , 10. 148 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. YAnnuaire de la Presse francaisc et du Monde pohtique, apportait a Chicago tous les renseigneiuents sur nos journaux et revues, la liste de toutes les associations syndicales des journalistes de Paris et des d6partements avcc leurs statuts, la liste des chroniqueurs parlementaires, litteYaires, judi- ciaires, me'dicaux, dramatiqucs et musicaux avec 1'indication des journaux oil ils ecrivent. Cette publication paraissait inleYesser les AmeVicains qui , sans avoir aulant de journaux que la France, sont nos maitres dans 1'arl de les exploiter en grand. Pour finir, il nous reste a dire quelques mots sur le Service gfogra- phique de 1'armee et sur 1'Alliance francaise qui avaient organise' une exposition' 1 '. Lc SERVICE GEOGHAPHIQBE DE L'ARJIEE au Ministerc de la Guerre avail en- voy^ a Chicago les meilleures de ses oeuvres modernes : le Canevas gi'ode- siquc de la France, deux parties de la Carte de France an 1/80000 en 378 feuilles, dite Carte de FElat-major, grave"e sur cuivre. Les specimens exposes representaient une partie de la frontiere des Pyrenees et un frag- ment des Alpes. De nomhreuses cartes de la France, de I'AlgeVie et de la Tunisie figuraient a cette exposition avec la Carte des environs de Pans, la Carte du department de la Seine, etc. * L'ALLHNCE FIUNCAISE, rue de Crenelle, 45, a Paris, association n;itio- nale pour la propagation de la langue francaise dans les colonies et a I'e'tranger, e"tait repre'sente'e a Chicago par la collection de son bulletin. Sa presence au milieu de 1'exposition du hvra s'exphque par ce fait que ce'te association est la propagatrice par excellence des ffiuvres de litte"rature fran- caise depuis 1'ouvrage classique jusqu'aux plus belles de nos publications. En effet, cette Socidte patriotiquc, a laquelle nous nous faisons honncur d'apparlenir, base son utilite pratique sur ce fait que stout client de la langue franjaise devient un client des produits francais, or le premier produit que tele client dcmandera, c'est le livre, la premiere industrie a laquelle il doit s'adresser necessairement, c'est 1'industrie du livre. Aujour- d'hui, grace au concours des a 0,000 adherents de 1' Alliance en France, dans les colonies sur tous les points du globe, de ses 191 comit^s de propagande en France, de ses 5i comites d'action a 1'etranger, la langue (1) Voir, a la page 167, le rapport detaille de M. le commandanl DeDTorges, du Service geo- yraphique de 1'armee, sur la carlograpliie a I'Exposilion de Chicago. IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 149 francaise commence a se propager dans des proportions de"ja marquees, et le budget fort important de celte Societe lui permet de distribuer des subventions et des livres a plus de 200 e"coles, ou, sans elle, noire langue eut e'te' fort ne'glige'e, ignored peut-elre. Souhaitons done que sa prospe"- rite" continue et surtout que le nombre de ses adherents a 1'elranger aug- mente, car, puisque noire emigration est au-dessous de celle de beaucoup de pays, nous 1'avons vu pour 1'Amerique du Nord au de"but de ce rapport, il est de toute necessite" que des sympathies venant de l'(5trangcr y con- servent et y ddveloppent au besoin la langue francaise battue en breche par celle des pays qui, de"bordant de population, envoienl leurs colons porter dans toutes les parties du monde et leurs produits et leur langage. IMPRIMERIE. L'imprimerie typographique n'e"lait, en dehors de I'lmprimerie natio- nale, represented que par cinq maisons, et nous avons regretle 1'abscnce de nos grandes imprimeries parisiennes qui, par leur organisation et leurs beaux travaux, auraientpu lutteravec avantage avec les imprimeries e"tran- geres. C'est done la une abstention regrettable pour notre bon renom a 1'etranger. Nous devons nous hater d'ajouter que 1'exposition collective des e'diteurs francais montrait assez de specimens des travaux d'imprimerie en France, pour que les imprimeurs puissent s'abstenir d'une exposition par- ticuliere. Toutefois, ces derniers eussent e'te' a m^me de grouper et de mcttre en valeur les divers precedes, qui autrement se trouvaient diss^- mini5s un peu partout et naturellement n'eHaient pas pr^sentes avec la meme methode qu'y avaient apport^e les rares maisons que nous allons passer en revue. L'etablissement de 1'Etat qui porte le nom d'imprimerie nationale, au- trefois Imprimcrie rotjale, fonde par Louis XIII, en 16 /to, e"tait largement repre'sente' a Chicago. Nous avons pu voir dans ses vitrines des travaux qui montraient I'lmprimerie nalionale sous ses diffeVentes faces : impres- sions orientales, adminislratives, de luxe, d'art, etc. On avail choisi pour les envoyer a 1'Exposition des oeuvres qui avaient pour la plupart l'int<$ret de 1'inddit. C'est ainsi qu'on y trouvait les complements des impressions, dont le commencement seul figurail a 1'Exposition du Centenaire de 1889 a Paris. Tels c"taient : 1 le Tezkereh-i-Evlia ou Memorial des Saints, re- 150 EXPOSITION ONIVERSELLE DE CHICAGO. production d'un manuscnt oui'gour de la Bibliotheque nalionale, traduit par feu M. Pavct de Gourteille. Ce volume etait a peine dbauche" en 1889 ; il n'avait pas e"t<5 termine, el son litre notamrnent, qui esl emprunle" a une page d'un Goran de 1'ancienne mosque"e de Kheyram, n'a e"le" tire que dans le cours de l'anne"e 1891; 2 les tomes IV et V de I'Histoire de la partici- pation de la France a I'ctablissement des Etats-Ums d'Amdrtque. A 1'Exposition de 1889, cet ouvrage s'arretait au lome III, les deux derniers volumes ne parurent qu'en 1890 et 1891. On comprend quel inte'ret cet ouvrage avail au point de vue politique et historique, pour les visiteurs de 1'Expo- sition de Chicago; 3 Le Lexique syriaque do Bar-Bahloul, qui n'etait cependant pas encore termini; k Le Catalogue des monnaies musulmanes et le tome II du Mahdmstu, 5 La Loi du contraste simuhand des oouleurs, qui a paru a 1'Exposition de 1889, pour le texte seulement, les planches tiroes en couleurs indeld- biles n'avaient pu lre exe"cule"es que depuis, et constituaient une fortinte"- ressante nouveaute". Les aulres ouvrages exposes etaient, a de rares exceptions pres, dans les memes conditions. La plupart d'entre eux Etaient simplement des tra- vaux courants, lire's a part en vue de I'Exposilion de Chicago. Le Specimen des caracteres Strangers que possede I'ctablissement avail e'te' ajoute" au.x pr4ce"dents volumes comme un document des plus curieux pour les verilables amateurs etrangers. Dans 1'une des vilrines, on ne voyail que des reliures; clles avaienl ete exe"culees dans les aleliers de I'Imprimerie nationale et pour 1'Exposition de Chicago spe"cialement. Deux d'enlre elles se signalaienl par leurs mo- saiques et leurs petils fers : 1'une, in -4, reconstituait une reliure du xvi e siecle, dans le style de Grolier; 1'autre Ctait la reliure du manuscrit ouifgour; elle reproduisait la page du manuscrit arabe excScut^e en typo- graphic, pour former 1'en-lete ou frontispice de 1'ouvrage. Une troisieme reliure aux petils fers e"galemenl, mais plus simple, nous montrait le genre du xvm" siecle. On avail r^uni sur des panneaux un specimen de diff^rents travaux d'heliograxiire, de phototypie, de gravures sur pierre. D'un c6te", les portraits de Vergennes, de Washington, de La Fayette ct de Rochambeau, puis la reproduction de tapisseries commandoes a Beauvais par Louis XVI en 1787-1789 pour en faire hommage au president Washington et re- 1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 151 pre"sentant 1'une, sousle nom d'Amdriqtte, le triomphe dece dernier, 1'autre, sous celui d'Europe, la reconnaissance des Etats-Unis par les puissances europeennes. Ges pieces avaient etc" tiroes de VHistoire de la participation de la France a Tttablissement des Etats-Unis d'Amdriqiie. De 1'autre cote" des reliures se trouvaient les planches extraites du M6- morial des Saints, des phototypies reproduisant des peintures de"corant un salon de 1'hotel actuellement occupe" par I'lmprimerie nationale (ancien hotel de Rohan, dit aussi Hotel de Strasbourg ou Palais Cardinal, rue Vieille-du-Temple, n 87). Nous n'avons pas ici a refaire 1'historique de I'lmprimerie nationale, c'est seulement sa production et son mode de travail qui nous inte"ressent. Get e"lablissement qui possede une des plus riches collections de types orientaux, dont il a tous les poincons, fait tous les genres : impressions administrates (budgets, enqueues, rapports, formules, services, etc.), impressions fiduciaires (hons du Trdsor, litres de rente de 1'Etat, vignettes pour le controle de perception et 1'impot), impressions de luxe et autres (lal)eurs, peViodiques et publications speciales pre"pare"es en vue des exposi- tions, etc.). L'Imprimerie nationale fait toutes les reproductions dans ses ateliers; on y emploie la gravure sur bois et sur cuivre, la photographic et les pro- cede"s de morsure par acide, en creux et en relief. Elle fait 1'impression en couleurs, en typographic et en lithographic , I'heliogravure, la photogra- vure, la chromolithographie , la chromotypographic, la reproduction de 1'aquarelle, etc. Si cet etablissement est surtout destine" aux travaux commandos par 1'Etat, il execute cependant pour le compte des particuliers les ouvrages exigeant I'emploi de caracteres etrangers, lorsqu'ils ne se trouvent point dans les imprimeries privees, ou bien les travaux qui ne"cessitent des soins particuliers de composition et d'ex^cution. L'Imprimerie nationale possede i58 sortes de caracteres Grangers. Le chiffre total s't51eve a plus de G 0,0 oo kilogrammes. La Collection orientale, dont 1'impression se pour- suit, la publication du Corpus Inscriptionum Semiticarum, qui comprendra toutes les inscriptions pheniciennes, h(5bra'iques, aramdennes, palmyr^- niennes, nabatecnnes, himyarites, ^thiopiennes et quelques-unes des plus anciennes inscriptions syriaques ou arabes, t&noignent aujourd'hui de la place que 1'Etat a faite dans son Imprimerie nationale aux travaux , dont les anciennes civilisations sont 1'objet. 152 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. L'homoge'neite cst le cachet particulior de cette vaste imprirnerie. Elle peut d'autant mieux 1'obtenir, qu'elle n'cst point tributaire du commerce pour ses caracteres. Tous, Strangers ou francais, sont dessine"s, graves, fondus dans ses ateliers, qui comprennent en outre la galvanoplastie. L'lmprimerie nationale occupe un personnel dc i,3oo employes, ou- vriers et ouvrieres (1 ', et une caisse de secours et de retraite fonctionne a leur profit; elle est alimented au moyen d'une retenue hebdomadaire ou mensuelle. On compte dans ses ateliers : Machines a imprimer , Presses a bras. en blanc on en retiration 4g en deux couleurs 3 lithographiques k typographiques 85 lithographiques a6 typographiques pour dpreuves 6 taille-douce a En 1898, cllc a consomme* 869,785 rames de papier, soit pres de 180 millions de feuilles imprim^es. Elle a produit a, 9/1 a cliche's en galva- noplastie pesant 9,900 kilogrammes et valant 10,000 francs en chiffres ronds, et 4, 61 k cliches en ste're'otypie pesant /i,3oo kilogrammes ct va- lant 1 5,o oo francs. Les recettes ont e"te" en 1892 de 6.073,981' 5g Et en 1898 de 5,810,678 36 Ses defenses ont dgale 1 en i8ga 5,935,872 36 Et en 1898 5,6o3,86o 33 Le travail a I'lmprimerie nationale est re'mune're aux pieces, d'apres les larifs de main-d'osuvre fixes annuellement de concert avec les dele- gue*s des administrations publiques ct sanctionnes par le President de la Repubiique. Et, afin d'etre a me'me d'allouer aux employe's et aux ouvricrs et ouvrieres de l'e"tablissement le be"neTice des pensions de retraite ct de secours de maladie, les traitemenls des employe's sont soumis a unc re- tenue re"guliere de 5 p. o/o, et les salaires des ouvriers el ouvrieres a celle de 3 p. o/o au profit d'une caisse qui est specialc a l'e"tablissement. L'lmprimerie nationale ne recherche pas les be'ne'fices. Qtiand il s'en l " 66 employes, ft 5 contremailres ct auxi- hrocheuses, regleuses, rolieuses, i3g ouvricrs liaires, 38a compositeurs, 69 imprimcurs, divers, 80 hommcs o artistes graveurs, etc., 4o conducteurs ot cons), 4o clevcs (lilies), innrgeurs, ft 9 margeases et receveuses, 396 IMPR1MER1E ET L1BRAIRIE. 153 |)roduit, elle abaisse ses tarifs, mais elle cntretient ses bailments et augmentc son outillage avec ses propres ressources. La difference entre ses recettes et ses defenses est verse"e au Trt'sor en fin d'exercice. Cette difference a e"te", en i8c)2,de 1/17,109^'. a Set, en i8g3,de a 06, 7 i8fr. o3. La valeur du materiel est a pen pres de 9 millions de francs. Comme personnel, 1'Imprimerie nationale a la me'me importance que I'lmprimerie impe"riale de Berlin, mais est au-dessous de 1'Imprimerio imperiale de Sainl-Pelersbourg. Cornme production, elle surpasse comme nombre de feuilles imprime'es 1'etablissement similaire d'Allemagne , mais ce dernier a en plus 1'impression des tirnbres-poste et des titres qui n'est pas complee dans les 128 millions de feuilles lirees; la production de 1'etablissement russe est bien supeVieure, puisqu'il atteint 260 millions de feuilles. Quant aux recettes, c'est la Russie qui marche en tete avec 20 mil- lions de francs centre 7,210,000 francs pour 1'Allemagne et 6 millions de francs pour la France. Pour les be"ne"fices, nous avons vu que I'lmpri- merie nationale, ne chercbant point a en faire, avail accuse" un excedenl de 200,000 francs environ, tandis que I'lmprimerie imperiale allemandc en avail un de a millions environ, et I'lmprimerie imperiale russe, de 1,800,000 francs. Ge sont surtout les connaisseurs , les savants et les hommes de metier qui ont pu apprecier a Chicago les travaux exposes, les services que I'lm- primerie nationale peut rendre a la science et la perfection de ses tra- vaux, qui sont encore une des manifestations de 1'art francais. Les beaux specimens d'impression qui avaient e"te envoy^s a 1'Exposition par M. EDOOARD CRETE", de Corbeil, lui ont valu tous les suffrages des connaisseurs. II n'y avail du reste qu'a jeler les yeux sur la double page, lexle anglais el lexle francais, que eel habile imprimeur avail composee pour sa maison, dans le beau calalogue de 1'Exposition francaise; cetle page esl cerlainemenl 1'une des plus belles du recueil. Celte maison a e"le fondee par le grand-pere du directeur acluel, en 1808. Depuis les speci- mens d'ouvrages de grand luxe et de medecine lirds en noir et en couleurs, jiisqu'au modeste cabier d'e"criture tire d'un seul coup et des deux cote's en deux couleurs, on sent que M. Edouard Grele" est un maitre dans son art et, on peut ajouter, un arliste. L'imprimerie L. DANEL, de Lille, est le plus grand etablissement de ce 154 EXPOSITION UiMVERSELLE DE CHICAGO. genre, dans le nord de la France. Le nombre de ses ouvriers se chiffre par 5oo environ, et ello possede 3 presses me"caniques, 97 presses a bras, i fonderie en caracteres, des ateliers de gravure, de photogravure, de photographic, etc. Elle se specialise dans les impressions pour chemins de fer, travaux administratifs, scientifiques et les Editions de luxe. C'est par centaines de millions qu'elle produit les Etiquettes de toutes sortes. Fondle en 1697, cette maison subsiste sous le meme nom depuis sa creation. A Chicago , c'est surtout par les ouvrages de luxe qu'elle e"tait represen- ted. On y remarquait le bel ouvrage de Charles Cousin ( Voyage dans un grem'er), les deux volumes parus des Racontars lUustrds d'un vieux collectton- neur et nombre d'autres oeuvres traitant de matieres relatives a I'art. M. L. Danel, officier de la Legion d'honneur, a obtenu les plus hautes recompenses aux Expositions de Paris 1878 et 1889, et son exposition a Chicago lui en eut valu une semblable. On peut dire que les Danel ont re- conquis leurs lettres de noblesse par le travail intelligent et constant de quatre generations, car on a pu voir dans 1'ouvrage de M. J. Houdoy (Les imprimeurs lillois), les armoiries de Guillaume Danel, e"chevin de Saint- Omer (1687), et le sceau de Colart Danel (tA6o). La premiere de ces pieces est un beau specimen des impressions chromolypographiques de la maison L. Danel, de Lille. Depuis 182 5, la maison PAUL DUPONT, rue du Bouloi, b, a Paris, n'a cesse" de prendre un developpement de plus en plus grand, soit comme imprimerie administrative, soit cornme maison d'edition. En dehors de la librairie de la rue du Bouloi, ou sont installes les bu- reaux de cette vaste administration , 1'imprimerie de Clichy est un etablis- sement de premier ordre dans lequel tout ce qui a trait a 1'industrie du livre trouve sa place, composition, clicherie, galvanoplastie, reliure, re- glure, fonderie en caracteres et de blancs, etc. Plus de 180 machines de toutes sortes y fonctionnent journellement, actionne"es par 3 machines a vapeur d'une force de a3o chevaux. On y trouve encore des machines ro- talives pour gravures en couleurs, des presses spe"ciales pour nume'roter les litres, un local distinct pour le collage des feuilles de coupons a renou- veler et 1' apposition du timbre de jonction. Plus de i,aoo employe's et ou- vriers, 900 hommes et 3oo femmes sont occupe"s toute Tann^e dans les deux e"tablissements. On peut y imprinter jusqu'a pres de 5 millions de IMPRIMERIE ET LIBRAIR1E. 153 fcuilles par jour, et les deux maisons ont parfois de"passe" le chiffre de 3 millions de rames de papier tire" en 3oo jours de travail re*el. La page d'impression en couleurs place"e dans le catalogue de 1'exposilion de la librairie francaise montrait a quelle perfection typographique la mai- son Paul Dupont peut atteindre; elle avait e'te' tirde en une seule fois sur machine typographique a k couleurs (systeme Lambert). L'e"dition com- prend deux categories distincles : librairie administrative et livres clas- siques primaires et secondaires. Un ensemble de i h publications perio- diques inteVessant les lettres et le droit public complete et continue 1'instruction donne*e par les livres ct fournit aux fonctionnaires et agents de tous ordres les documents officiels, reglements et arrets nouveaux. Enfm 1'imprimerie Paul Dupont comprend en outre une maison d'e"dition musi- cale. De concert avec le Figaro, elle publie depuis 1891, sous le nom de Figaro musical, un recueil mensuel qui comprend cent pages de musique moderne inedite et de musique classique. Des presses de rimprimerie LAHORE, rue de Fleurus, 9, a Paris, fon- dee par Leonard (Fre'de'ric P r ) en i653, aujourd'hui Socittt de timprimerie gtntrale (imprimerie Ch. Lahure et Simon Racon), sont sortis nombre de livres de luxe, les belles publications illustre'es des grands e'diteurs et en general les journaux importants, les catalogues des grands magasins et les publications a gros tirages. On peut dire du reste que cette maison , qui n'occupe pas moins de 600 ouvriers, aborde tous les genres. Elle s'est fait une speViali te de la composition des langucs latine, grecque, allemande, anglaise, hollandaise, italienne, espagnole et portugaise; c'est dire qucl secours elle apporte a la publication des ouvrages classiques. Son genre de typographic en couleurs excite 1'admiration; tout le monde connait cette oeuvre magistrate (le Conte de f Anker), son Paris illustrd, etc. C'est surtout dans les reproductions d'aquarelles que rimprimerie Lahure triomphe avant tout : son proce'de' qui lui permet la reproduction des aquarelles sur papier grenu , ce qui augmente 1'illusion. Les e"tablissements MOULLOT FILS aine", rue Vacon, 5i, a Marseille, s'oc- cupent d'imprimerie typographique et lithographique; ils impriment un grand nombre de journaux et emploient tous les precedes usit.es : chromo- lithographie, phototypie, photogravure; ils ont aussi une fabriquc de re- gistres. Fondee en i85o, la maison Moullot occupe actuellement un per- 156 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. sonnel bicn pres de 4oo personnes; ellc possede en moyenne 5o machines typographiques ou lithographiques reparlies dans ses nombreuses succur- sales. Les quelques specimens exposes te"moignaient du soin tout particu- lier que cette maison apporte a ses travaux. LITHOGIUPHIE. L'imprimerie lithographique e"tait fort bien represented , si Ton s'cn tient au gout artistique et aux tirages bors lignes que pre"sentaient les spe"ci- mens exposes. Le nombre des maisons qui avaient expose* e"tait malheu- reusement, comme dans I'industrie pre'ce'dente, fort restreint. L'imprimerie F. CHAMPENOIS, boulevard Saint-Michel, 66, a Paris, an- cienne maison Testu et Massin, se faisait remarquer a Chicago par le fini du travail et 1'excellent emploi des couleurs. Cette exposition attirait vive- ment 1'altention des spe"cialistes. On y remarquait un magistral Portrait de Uon XIII, reproduction du peintre Chartran, estampe tire"e pour V Edition Internationale du portrait du Saint-Perc, une se"rie de Planches de botaniqup Mitees pour le Dictionnaire de botaniquedc la librairie Hachette, unPaysage suisse, des Fac-simiUs d'aquarelles d'apres les originaux de Linder, Mar- chetti, etc., et surtout des specimens varies ft impression sur melal, plats d^coratifs, ornementations de boites; coffrets, cadres et objets de fantaisie. Les impressions lithographiques de M. F. Champenois sont arrive'es a une rare perfection; son chef me'rite les plus grands e"loges, et ses travaux onl fait grand honneur a notre pays. Cette maison avait eu 1'excellente idee d'exposer a Chicago des impressions de genres diffdrents executees pour l'Am(5rique et 1'Angleterre en langue anglaise. C'dtait affirmer que ces pays ne de"daignaient pas ou e"taient obliges de s'adresser a nos habiles impri- meurs pour certains travaux qu'ils ne pouvaient confier a leurs nalionaux, malgr6 1'excellence de leurs machines. M. JULES HAUTECOZUR, rue de Rivoli, 172,3 Paris, ^diteur d'estampes, propri(5taire et directeur actuel de 1'ancienne maison Martinet, fondee en i 7()6 , retrouvait a son exposition de Chicago son public non moins prcsse" quo celui qui s'arrete si volontiers devant ses vitrines de la rue de Rivoli a Paris. Les publications artistiques en taillc-douce, gravures au burin et a 1'eau-forte, photogravures reproduisant en couleurs, avec une seule IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 157 Blanche, quelqucs tableaux el aquarelles des mattres, toutes ces oeuvres donnaient aux AmeYicains une haute idde de 1'art franfais. Parmi les gra- vures et caux-fortes exposes, il est difficile de faire une selection; on de- vrait les citer toutes : la Primavera, grave"e par Josinski d'apres Botticelli, e'preuve de remarque sur parcheinin; le Message, gravee par G.Ldvy d'apres A. Cabanel, epreuve de remarque sur parchcmin; la Fenalson, gravee par Focillon d'apres Lhermitte , epreuve de remarque sur satin et lant d'autres. L'atelier de dessrn lithographique d'EucENE MAULER, rue du Cherche- Midi, 55, a Paris, exposait divers sujets de chromotypographic executes pour les journaux illustres et quelques letes de caraclere executees spdciale- ment en vue de 1'Exposition de Chicago. Tous ces travaux ont e"te" reconnus d'un grand caractere artislique et d'une execution irreprochable. Citons encore M. J. MINOT, rue Be"ranger, 5, a Paris, imprimcur- editeur. Celte maison, fondee en 1889, occupe un nombreux personnel homines et femmes et possede un certain nombre de machines. Elle a pre- sente" dcs travaux remarquables par les soins apportes dans le fini de 1'exe"- cution, soil sur papier et sur cartes, soil sur e"to(Tes et spe"cialement sur satin. Les grandes maisons parisiennes n'e"taient pas seules represenlees a Chi- cago; quelques importants etablisscmenls de la province avaienl fait prcuve (^initiative en prenant part, elles aussi, a 1'cxposition a laquelle nous avaient convies les Americains. Parmi ces maisons, nous devons citer M. B. SIHVEN, de Toulouse, qui exposait quelques specimens de ses produits ar- tistiques en chromolithographie, en fac-similes d'aquarelles et de pein- turcs, en etiquettes chromo pour tissus, en sujets de fantaisie pour carton- nagcs, en petitcs cartes chromo et sujets divers pour primes ct pour re- clames, en atfiches illustrees, tableaux-annonces, calendriers et epheme- rides. Les diff^rents services de la maison B. Sirven, fondle en i83/i, ont pris une extension considerable ; la maison se compose de six e"tablissements distincts etfabrique ellc-meme ses papiers, pates de hois, toiles cirees, car- tons, etc.; son personnel compte Goo ouvrieis, et la production qui atteint le chiffre de i million de kilogrammes d'impressions diverses est consom- mee moilie par la France, moitie par 1'etranger. 158 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. ENCRES D'IMPRIMERIE. La fabrication des encres d'imprimerie etait represented a Chicago par 1'iinportante maison CH. LOBILLEUX ET C' e , rue Suger, 1 6 , a Paris. Get e"ta- blisseinent est aujourd'hui connu dans le monde entier, et Ton peut dire que toutes les imprimeries francaises qui ont a co3ur d'obtenir des travaux bicn execute's, soil en noir, soit en couleurs, emploient la marque Loril- leux. Cette maison a des succursales a 1'^tranger, ou elle fournit ses encres pour un chiffre considerable. CARACTERES D'IMPRIMERIE. Nous devons une mention speciale a 1'exposition de MM. TURLOT ET C'% fondeurs en caracteres, rue de Rennes, 128 , a Paris. Gette maison est au- jourd'hui universellement connue et a fourni les caracteres de la phipart des ouvrages de grand luxe des plus grandes maisons d'e"dition et d'im- pression : Maine, Hachette, Chamerot, Motteroz, Quantin, etc. MM. Tur- lot sont les fournisseurs de la plus grande parlie de nos grands journaux poliliques : le Figaro, le Temps, le Petit Journal, etc. Leur vitrine s'elevait isolee au milieu d'une salle oil elle a 4te fort remarqu^e par les spe"cialistes. Les plus hautes recompenses ont ete" obtenues par cet e"tablissernent qui est forme par la reunion de plusieurs maisons ayant tenu une place mar- quante et me'rite'e en France: Marcellin-Legrand, Virey freres, Golson, Gh. Durriey et Dumeil. RELIURE. La renomme'e du relieur GBUEL, rue Saint-Honore 1 , /n8, a Paris, est universelle; aucun amateur de beaux livres n'ignore son nom, et Von peut affirmer que son exposition a produit une veritable sensation. Cette mai- son, qui remonte a 1811, alors qu'elle e"tait dirige par Desforge, n'a fait que grandir et prospeVer sous la direction de M. Gruel, 1'un des maitres dans cet art, qui la reprit en 1826. Des lors elle resta dans la famille, et c'est aujourd'hui M. Le"on Gruel qui est reste seul chef et proprie"taire de la maison, apres avoir e"te associe avec M. Edmond Engelman, son frere de mere. A Chicago, c'e"tait un ^merveillement, et de 1'avis des personnes compe"- 1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE. 159 tcntes et des riches amateurs de 1'Amerique, la beaute" et le fini du travail des ceuvres expose'es surpassaient tout ce qui a 6l6 fait jusqu'ici. En dehors de la reliure, la maison Gruel a dditt 5 quelques livres de pidte : le Parois- sien de la Renaissance, un Parotssien romam, une Imitation de Je'siis-Chnst, un Livre d'heures, le Manuel de I'amateur de reliures, tous ouvrages qui sont des ceuvres d'art. A signaler aussi la reliure en mosai'que d'un livre de mariage sur velin avec bas-reliefs en ivoire repre*sentant le Mariage a Cana, fermoir argent dore" d'un travail exquis. PAPETERIE. La maison LAIR ET MAILLET, fabricants de papiers, rue Saint-Andre"-des- arts, 60, exposait en dehors du Comite 20, avec le Cercle de la librairie. Elle avait expose" un album contenant des specimens de ses papiers d la main fiUprranfa , pur chiffon de toile, pour timbres et actes d'etat civil, de ses papiers Jiduciaires a la main pour billets de banque et administrations publiques et de ses papiers divers pour Editions de luxe. La belle qualite de ses produits a eHe" fort rcmarqude. 160 EXPOSITION UN1VEKSELLE DE CHICAGO. CONCLUSION. Nous voici arrive* au terme de notrc mission. Nous avons essaye cle la remplir de noire micux, nous attachant surtout a donner une idee generule tant cle la production que de 1'organisalion de la librairie dans lespays qui ont expose* a Chicago. Ce sont la deux facteurs de succes inlimemcnt lids, car il est hors de doute, comme on a pu s'en convaincre, que dans cer- lams pays 1'organisation a beaucoup influe sur la production et la vend- des livres. Notre plus vif desir serait d'avoir fourni a nos compatriotes des renseignements utiles. Quoique mieux outille's en France que beaucoup de nos voisins, il nous resle encore beaucoup a faire. Les libraires detaillants sont chex nous de fort utiles auxiliaires, mais un grand nombre d'entre eux n'ont peut-etre pas les connaissances du metier assez developpdes pour exercer tous utile- ment leur profession. II nous faudrait des e"coles speciales pour la librai- rie, comme il y en a deja pour former les imprimeurs, el dans lesquelles les jeunes gens qui se destinent a ce commerce pussent acque"rir les con- naissances ne'cessaires pour faire de bons libraires. 11 faudrait surtout en- gager notre jeunesse a apprendre les langues vivantes et a passer qucl- ques anne'es a 1'etranger pour s'y perfeclionner dans la langue du pays et eludier des precedes commerciaux qui different des notres. L'etranger esl un vaste champ pour I'dcoulement des livres, et il est indispensable de le bien connaitre pour nous y ouvrir des debouches. Qu'il nous suffise de resumer les conclusions que nous avons donne*es a la fin des precedents chapitres. A commencer par 1'Allemagne, on a vu que la production y atteinl un chiffre supeYieur a la notre et que les livres allemands se re"pandent de plus en plus a I'dtranger. L'emigration est certainement pour beaucoup dans ce rdsultat, et, si 1'exportalion des livres en langue allemande augmentc sans cesse, il faut I'altribucr aux nombreux Allemands qui sont re"pandus partout et penetrent, memo comme professeurs, dans les umversites (5lrangeres, ou ils apportent la langue, les iddes et par suite les livres de la mere-patrie; 1MPR1MERIE ET LIBRAIRIE. 161 mais il no faut pas perdre de vue non plus qu'unc bonne organisation a aide tout aussi puissamment a leur propagation. Les Etats-Unis, bicn que produisant beaucoup moins, sont arrives a dcs resultals surprenants, grace a leurs proce'de's merveilleux, a leurs papiers et a un outillage perfectionne. L'Angleterre se fait admirer par ses impressions si e"gales et si nettes, par ses beaux papiers et par des precedes qui dgalent ceux des Ame'ri- cains, auxquels ils les empruntent parfois. A part ces trois pays, la France n'a pas de concurrence se"rieuse a re- douter. Mais, si nous occupons la premiere place dans la plupart des branches de notre industrie, I'imprimerie, la lithographic et la reliure no- tamment, de meme quo dans tout ce qui est affaire d'art et de gout, nos concurrents nous serrent de pres dans d'autres branches, et il ne faut pas se dissirnuler que la lutte devient des plus serieuses. Nous la soutenons vaillamment et on peut dire avec succes, mais devant les surprises que nous ont reservees les proce'de's de reproduction des AmeVicains et leur mer- veilleux outillage; devant le chiffre considerable des exporlations de livres de nos voisins d'Outre-Rhin, nous devons redoubler d'energie et tourncr nos efforts vers ce double but: inaintenir nos precedes de fabrication a un niveau supeVieur en les pcrfectionnanl toujours et repandre de plus en plus nos publications dans le monde entier par une publicity et des moycns dc pro[)agandc bien compris : ce sera servir a la fois nos interets particu- licrs et ceux de la France. I Mill i I 0/1. It TABLE DES MATIERES. I. CONSIDERATIONS GENERALES 5 Le livre et les bibliolheques aux Elats-Unis 9 Livres en langue franfaise et en langue allemande i a Enseignemenl des langues franjaise et allemande dans les universiles 1 1\ Exporlation et importalion des librairies francaise et allemande 19 II. ALLEMAGNE a5 Librairie a5 Imprimcrie 3a Reliure ti i Encres d'imprirnerie et pates a rouleaux 43 Papiers l\l\ Expotitions allemandes : Librairie l\ 7 Imprimerie 63 Lilbographie 65 Encres d'impression 66 Reliure 66 III. AMERIQUE (ETATS-UMS) 69 Librairie 69 Cartographic 80 Imprimerie 80 Lithographic 85 Reliure 87 Papiers 88 Expotilions americaines : Librairie 90 Machines a imprimer, a plier el a brocher 108 IV. AUTRES PAYS STRANGERS : \M.II.TI.I;IIK lit AnrmcHE 119 BELGIQUE 120 I >t M.M u;k 1 -JO 1 I . 164 EXPOSITION UN1VERSELLE DE CHICAGO. EsPAGHE 122 IllLlE 1 2 a RUSSIE 12/1 SUEDE ET NORVEGE is8 V FRANCE 129 Librairie 1 3o Musique i4G Impritnerie 1/19 Lithographic 1 56 Encres d'imprimerie i58 Fonderie en caracteres 108 Heiiure 1 58 Papeterie 1 5g COHCLUSION 1 60 GOMITE 34 Cartographic RAPPORT DE M; LE COMMANDANT G. DEFFORGES DU SERVICE GEOGRAPHIQDK DR L'ARMKE COMMISSAIRE RAPPORTEUR COMITE CARTOGRAPHIE. Un tres petit nombre de puissances avaient envoys' des specimens de leurs cartes ofHcielles a 1'Exposition de Chicago. L'Angleterre. 1'Espagne, les Etats-Unis d'Ame'rique , la France, le Mexique et le Japon avaient seuls apporte" leur contingent ge"ographique. Les expositions cartographiques de trois d'cntre elles (1'Angleterre, les Etats-Unis et la France) (Haient tres completes et du plus haul inte're't pour le ge"ographe. Nous examinerons successivement dans ce travail : La France, L'Espagne, Les Etats-Unis, Le Mexique, L'Angleterre, Le Japon. FRANCE. L'exposition cartographique ofFicielle de la France a Chicago compre- nait : 1 Les publications du Service ge"ographique de 1'arme'e (Ministere de la Guerre); 2 La carte vicinale au j^j du Ministere de 1'InteYieur; 3" Les productions du Ministere des Travaux publics : A. Cartes du service des Fonts et Chausse"es; B. Cartes geologiques. SERVICE GEOGRAPHIQUE DE L'ARMEE. Les specimens de cartes envoyes a 1'Exposition universelle de Chicago par le Service ge"ographique de l'arm(5e franfaise ne compronaient pas 168 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. les productions anciennes de ce service, mais seulement les plus impor- tantes de ses ceuvres modernes. Les travaux gdodesiques y etaient representes par les traces des triangu- lations de la France et de i'Algerie. Les travaux topographiques et cartographiques, par : 1 Des specimens de la carte de France, dite de I'Etat-Major, a 1'echclle de j^, dresse"e d'apres les leves execute's sur le terrain, ainsi quc des di- verses cartes a echelles plus petites, qui derivent dc la carte fondamentale \ i a soooo' 2 Des fragments des cartes d'Algerie et de Tunisie a g^, cartes fon- damentales, dresse"es d'apres les leves, ainsi que des autres cartes a diverses e"chclles qui en deYivent; 3 Comme topographic a grande (Schelle, des reproductions de levies a jjjjj et des exemples de transformation de ces love's en plans-reliefs, ainsi quc des fragments de carles aux (khelles de ^ et de ~ a ; k" Un specimen de carte geographique a 1'dchelle de ^^- TRAVAUX GEODESIQUES (N OS 1 ET 7 DE L'EXPOSITIOfi). Sur la carte au ^-^ , dite du nlvellement general de la France et sur un as- semblage des cartes d'AlgeVie et de Tunisie a la me'me echelle, le Service geographique avait trace" les triangulations primordiales, qui ont scrvi de base aux leve"s re"guliers de la France et de sa colonie africaine. G'est a 1'ancienne Academic des sciences qu'appartient 1'honneur d'avoir ex<5cut^ les premieres grandes operations geodt'siques destinees a faire con- naitrc la forme et les dimensions du sphe"roide terrestre. En 1669, Picard executa, pour la premiere fois, la mesure d'un dcgre du meridien de Paris; peu de temps apres, Dominique Cassini etendit cette mesure a toule la parlie de 1'arc du meridien qui traverse la France. Quelques anneesplus tard, des astronomes francais mesurerent, les uns au Perou, d'autres en Laponie, des arcs de meridiens situes a des latitudes differentes. Plus tard encore, Cassini de Thury revisa la m(!ridienne dc France; La Caille alia verifier la longueur de 1'arc de un degre au cap tie Bonne-Espe- rance. CARTOGRAPHIE. 169 En 1790, Delambre et Me"chain de"terminerent de nouveau la grande meridienne de France jusqu'a Barcelone,dans Ic but d'obtenir la longueur d'un arc de meYidien qui permit d'emprunter aux dimensions de la Terre, d'apres les idees alors recues, 1'unite fondamentale du systeme me"trique. Bientot apres, cette me"ridienne fut prolonged par Biot et Arago jusqu'aux Baloares. Les ingenieurs geographes ont recueilli 1'heritage des astronomes de i' Academic des sciences et eHendu leur oeuvre. G'est sur la grande chaine de triangles qui se prolonge sans interruption dc Dunkerque a Formentera, qu'ils ont appuye" les operations geode"siqucs de premier ordre servant de base a la grande carte de France a 5 Us ont commence a dtablir ce r^seau, qui, continue" a partir de 1 83 1 par les ofliciers du corps d'Etat-Major, constitue les triangulations de deuxieme et de troisieme ordre, dont les mailles serrees couvrent toute la surface du territoire. Une pleiade de savants, parmi lesquels il faut citer en premiere ligne Brossier, Henry, Brousseaud, Bonne, Puissant, Coraboeuf , Peytier, Testu, ont attache" leurs noms a ces remarquables operations. Pendant longtemps, les methodes d'observation et de calcul inaugu- rees par Delambre et applique"es avec succes par les ingenieurs geographes ont e"te conside"re"es comme atteignant les dernieres limites de la perfec- tion. El les ont servi de point de depart aux nouvelles methodes imagines par Gauss et Bessel. Mais 1'introduction dans IE science ge"ode"sique de ces methodes nou- velles et les progres re"alise"s dans les instruments par Part du constructeur ont amene les triangulations modernes a un tel degre de precision que les incertitudes et les petites erreurs subsistant dans 1'ancien re"seau fran- cais ne pouvaient plus etre admises. Dans le but de les rechercher et de les faire disparaitre, le Ministere de la Guerre donna en 1869, au Depot de la Guerre, sur 1'initiativc du Bureau des longitudes, 1'ordre d'entreprendre une nouvelle mesure de la meridienne de France. Gette mesure poursuivie pendant dix-huit ans sous la direction du ge"ne"ral Perrier est aujourd'hui acheve"e. Elle s'etend de la frontiere d'Espagne, ou elle se raccorde avec la trian- gulation espagnole, au pas de Calais, ou elle se relie aux re"seaux anglais et beige. 170 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Ellc s'appuie sur trois bases mesurees a Paris ( ViUtjuiJ), a PorpigBan et a Cassel. La latitude et 1'azimut fondamentaux ont etc mesures en cinq stations choisies autour de Paris. En outre, des observations astronomiques ont 6l6 faites en sept stations re"parties le long de la me"ridienne. L'ancien re"seau francais, compose de six chatnes paralleles et de trois me"ridiennes accessoires, a etc" relie a la nouvellc meYidienne a son point d'intersection avec chacun des paralleles. Les six chaines paralleles sont, a partir du Nord : Le parallele d'Amiens ; Le parallele de Paris; Le parallele de Bourges; Le parallele moyen; Le parallele de Rodez; La chaine des Pyrenees et du littoral me'dilcrrane'en. Les trois me"ridiennes accessoires sonl : La meridienne de Bayeux; La meridienne de Sedan; La meridienne de Strasbourg. L'ensemble de ces triangulalions forme un re"seau dit a gril, dont les mailles sont remplies par une triangulation dite de remplissage. En Algdrie et en Tunisie , la me'me meHhode a (5t(5 suivie. Une grande chaine parallele, mesure'e de la frontiere du Maroc a 1'ex- tre'mite' du cap Bon, relie'e d'un cote a 1'Espagne, de 1'autre a 1'Italie par un r6seau special de jonction, sert d'appui a la triangulation de l'Alg(5rie et de la Tunisie. II s'en detache quatre chaines mdridiennes : la meridienne d'Alger a Laghouat, la meridienne de Biskra, la me'ridicnne de Gabes, la m^ri- dienne de Nemours a Aiin-Sefra. Le canevas primordial, algeVien et luni- sien , sera complete par une chafne parallele a la limite des Hauls Plateaux, dont deux troncons sont d(5ja mesure's, entre Ai'n-Sefra et Laghouat, a 1'Ouest, entre Biskra et Gabes, a 1'Est. Des bases ont ete mesurees a Oran , Alger et Bone ; d'autres seront me- surees a Laghouat et a Tunis. Des observatious astronomiques ont ^t^ exi5- ciite"es a Alger, Nemours, M'Sabiha, Bone, Tunis, Guelt-es-Stel, G^ryville, Biskra et Laghouat. CARTOGRAPHIE. 171 Cette triangulation du nord de 1'Afrique est activement poursuivic. L'extension de notre occupation vers le Sud ne perniet pas de fixer i'tSpoque de son achevement. Comme en France, line triangulation de remplissage vient combler les vides des mailles du reseau. TRAVAUX TOPOGRAPHIQUES ET CARTOGRAPHIQUES. Le Service ge'ographique est le seul e'tablissement public, en dehors du De"pot de la Marine, qui possede les minutes des love's re*guliers de la France etde ses colonies ou protectorats. Ces minutes, e"tablies au ^ pour la France, I'Alge'rie et la Tunisie, sont la source d'ou decoulenl toutes les carles francaises , aussi bien celles du Ministere de IlnteVieur ou du Mi- nistere des Travaux publics que les cartes du Service ge'ographique lui-meme. Ces diverses productions cartographiques sont simplement dessine*es et eta- blies differemment, avecplus ou moins de details, en insistant sur tel point plutot que sur tel autre, suivant les besoins des services publics auxquels elles sont destinees. Les cartes e"tablies pour les besoins de 1'armee et publie"es par le Service ge'ographique forment trois groupes principaux : 1 Cartes tactiques, au 8 -^ pour la France, au ^ pour I'Alg^rie et la Tunisie; 2 Cartes stratdgiques , au ^ pour la France , 1'Algerie et la Tunisie , au ^ooP our la France; 3 Cartes chorographiques au ^ et au ^ pour la France, au j^ pour 1'Alg^rie et la Tunisie. La simple enumeration de ces groupes fait clairement comprendre la destination sp^ciale de chacun d'eux. N' 2 et 3. Carte de la France a 8 -^j- En 278 feuilles, dite carte de I'Etat-Mnjor. Gravure sur cuivre. La carte geomelrique de la France, dite carte (le Cassini de Thury, Camus et Monligny (I'y/iZi), a 1'echelle de ^3, ^tant devenue insulfisante, l'ex(5cu- tion d'une nouvelle carte de France, destinee a la remplacer, fut prescrite par ordonnance royale du 6 aout 1817. 172 EXPOSITION IMVERSELLE DE CHICAGO. Les operations geodesiques et topographiques commencerent simulta- nement le i cr avril 1818. La ge"ode"sie de premier et de deuxieme ordre e"tait lerminee en i85/i, la triangulalion du troisieme ordre en 1868, les love's topographiques en 1866, la gravure en 1882. Les minutes a Pe'chelle de ^~ ont ete executees par les officiers du corps des ingenieurs g^ographes, puis par ceux du corps d'Etat-Major; les reduc- tions a jjjj; par les dessinateurs du De"pot de la Guerre. La surface grave"e de cette carte , qui couvrirait plus de i oo metres carries , rcpresente plus de 5,ooo annees de travail, fournies par pres de 800 of- ficiers ou artistes dessinateurs et graveurs. Les 278 feuilles qui la compo- sent, quoique gravees par 65 artistes diffe"rents, presentent dans leur exe- cution une grande homog^neite. Gette carte est soumise a une revision periodique sur le terrain et constamment tenue a jour, par fractions correspondant aux revisions an- nuelles , au moyen d'une Edition zincographique , et, depuis 1 8 8 g , an moyen d'une nouvelle Edition sur cuivre, en cours de publication par quarts de feuille. Les specimens exposes repre"snlaicnt : N 2. Une partie de la frontiere des Pyrenees, comprenant les feuilles d'Auch, Toulouse, Castres, Bedarieux, Saint-Gaudens, Pamiers, Carcas- sonne, Narbonne, Bagneres, Foix, Quillian et Perpignan. N 3. Un fragment des Alpes, comprenant les feuilles d'Annecy, Albert- ville et Saint-Jean de Maurienne, ainsi qu'une partie de celles de Nantua, Chambe'ry et Grenoble. N &. Carte de la France a ^- Gravfe sur zinc, en couleurs (en cours d' execution). Cette carte est une reduction de la carte a ^- a - Les mouvements du terrain y sont represents par des courbes de niveau rehausse"es par une teinte au crayon lithographique , qui rend le relief plus sensible a 1'ceil. L'usage exclusif des courbes de niveau , pour le figured de la montagne dans les cartes a petites (Schelles, pr^sente 1'inconvenient d'6craser le relief et d'uniformiser les divers accidents du sol. Pour obvier a cet inconvenient, on a cherch6 a obtenir le modele du terrain par un crayonnage methoJique, fonde sur 1'hvpothesc d'un^clairage CARTOGRAPHY. 173 oblique et re"gle par un diapason oil la teintc augmenle en raison directe de rintensite de la penle. On s'est attache", en outre, a determiner la teinte de ce crayonnage de fagon a donner a la montagne, tout en lui me"nageant un relief et un mo- dele suffisants, assez de transparence et de douceur pour laisser ressorlir les details de la planimetrie et surtout le reseau des voies de communi- cation. La teinte bleue est re"serve"e aux eaux, le vert aux bois. Les routes et chemins sont en rouge, tout le reste de la planimetrie en noir. Chaque feuille de la carte a ^ correspond exactement a 4 feuilles de la carte a j^jj. Elle compte 82 feuilles, dont quelques-unes seulement sont encore a terminer et parailront dans le courant de 1'annee 1898. Le specimen expose comprenait environ un quart de la surface tolale, dcpuis le parallele de Mulhouse jusqu'a la Mediterrane'e. II representait toute la region des Alpes franraises, la vallee du Rhone, le Jura, la Cote- d'Or, les Ce"vennes, en un mot tout le terrain compris entre la limite orienlale de la carte et le meridien de Narbonne, peu distant de celui de Paris. Get assemblage se composait de 1/1 feuilles entieres, 7 demi-feuilles et de fragments de feuilles voisines. N 5. Carte de la France a ^. Gravde sur cuivre. Reduction au quart de la carte a -^g,- Cette carte a^ete grave"e et publie"e de t85a a 1888. C'est une veritable carte communale de la France. On n'y a fait figurer que les principales voies de communication et les centres administratifs, jusqu'aux chefs-lieux de commune inclusivement. Les formes du terrain ont ete ge'neralise'es de maniere a etre en rap- port avec l'echeHe. Elles sont repr^sentees en hachures dans 1'hvpothese de la lumiere ver- ticale, c'est-a-dire d'apres le systeme adopte pour la carte a 5^- La carte a ~^ se compose de 33 feuilles; chacune de ses feuilles en- tieres correspond a 1 6 feuilles de la carte a ^- et a li feuilles de la carle % | " 200000' Le specimen expose elait la feuille 33, qui donne 1'ile de Corse. 174 EXPOSITION UB8VER8ELLE DE CHICAGO. IS 6. Carte de la France a ^ Grave's sur cuivre. Cette carte qiii vient d'etre terminee cotuprencl, en 6 feuilles, la France enliere, ainsi qu'une partie des territoires limitrophes, jusqu'au meridien de Verceil. La montagne, repre'senle'e par des hachures, est e"claire"e par la lumiere verticale, rehaussee dans certains cas par un l^ger effet de lumiere oblique. N M 8 et 9. Carte de 1'Algerie a ^ Heliogravure et gravure sur zinc en couleurs (en cours d'exe'culion). Les leves sur le terrain sont fails a 1'e'chelle de ^ et re'duils a ^~ dans les ateliers du Service ge"ographique. La carte est exe"culee d'apres les principes adoptes pour la carte de France a ^ (voir n 4). Elle compte une couleur de plus que cette derniere : le violet pour les vignes. La publication en a e"te" commencee en 1888; actuellement, plus de 80 feuilles sont publie"es et raises en vente. Cette carte pourra s'e'tendrc plus ou moins vers le Sud, au fur et a me- sure des besoins de la colonie. Les premieres feuilles ont e*te exe'cute'es en gravure sur zinc; puis, par suite de perfectionnements dans les precedes, la gravure sur zinc a e"te remplacee par 1'heliogravure , plus economique et plus expe"ditive. Lc specimen numero 8 comprenait 1 2 feuilles du departement de Con- stantine, avec le relief du terrain en teinte gris bleute. Le specimen nume"ro g comprenait k feuilles du departement d'Alger, avec la montagne tire"e en bistre. N 10. Carte de 1'Algerie a ^. En couleurs (en cours de publication). Execut^e dans le meme systeme et par les monies proc<5d^s que la carte a j~j. Les leves sont fails sur le terrain a l'echeHe de ~^ et r^duits a ^~ par les dessinaleurs du Service g^ographique. CAUTOGRAI'HIK. 175 Gctte carte ne compte encore quc 7 feuilles publiees. Elle est destined a devenir la veritable carte topographique du sud de 1'AlgeYie, pour toutcs les parties ou 1'^chelle de 5 -^ ne sera pas jugee n5- cessaire. Mais elle comprendra en outre toute la partie nord de la colonie,pour laquelle elle ne sera qu'une reduction de la carte a 5 -^- Le specimen expose se composait de 3 feuilles du sud du departe- ment d'Alger. N* 1 1 . Carte de 1'Algerie a ^ 6 feuilles, grave'es sur pierre, en couleurs. Cette carte a e"te e"tablie au moyen d'une reduction des nombrcux itine*- raires qui ont e"te executes par des olficiers d'e"tat-major, a la suite des co- lonnes expe"ditionnaires. Appuvee sur une triangulation ge'odesique, elle a e'te' tenue au courant d'apres les travaux topographiques les plus regents. Elle est gravee en trois couleurs. Le noir est attribue" aux voies de com- munication, aux divisions administrates et aux Ventures; la montagne est figuree par un estompage obtenu au moyen du crayon lithographiquc. Elle est la base d'une carte des etapes de I'Alge'rie, publiee a la meme echelle. N 12. Carte de la Tunisie & ^. En couleurs (en cours de publication). Cettc carte, dont 7 feuilles seulement sont publiees, n'est quc le pro- longement de la carte a 5^ de 1'Algerie (n 8). Elle est executed de la meme facon, tant au point de vue des leves sur le terrain, qu'a celui de leur publication en heliogravure. Le specimen expose etait un assemblage de k feuilles autour de Tunis. N 1 3. Carte de la Tunisie a En cours de publication. Cette carte, dite de reconnaissance, est une Edition provisoire, destinee a 4tre remplacec par une carte reguliere, avec terrain en courbes de niveau, sur le modele de la carte de 1'Algerie a ^^ (n 10). Elle se composera de 33 feuilles, dont quelques-unes seulement restent a publier. 176 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. Les eaux y sont figurees en bleu; (out le reste de la planime'lrie et Ics ecrilures, en noir; le relief du terrain y est exprime par un estompage au crayon lithographique. Les formes seront precisees dans Petition ddlinitive par 1'addition des courbes de niveau. Le specimen expose comprenait toute la partie la plus interessante de la carte, depuis le nord de la Tunisie jusqu'au golfe dc Gabes, sur toutc la largeur dela Regence, de 1'Estal'Ouest. G'est un assemblage de 3 feuillesen largeur sur 6 en hauteur, soil 18 feuilles. N U. Carte de la Tunisie a m \ ra - Cette carte, grave"e sur zinc, en 2 feuilles en couleurs, e.st le prolongc- ment de la carte de l'Alg6rie a ^ (n 1 1 ). Elle cst done executed dans le meme esprit et par les memes procetles. N" 15. Environs de Paris a i ~- Gravure sur zinc, en couleurs. Cette carte comprend 36 feuilles. Les voies de communication, les divisions adrninistralives et les <5cri- tures y sont repre'sente'es en noir; les eaux, en bleu; les bois, en vert; les habitations, en rouge. La montagne est figuree par des courbes de niveau , de couleur bistre , equidistantes de 5 metres. L'effet des courbes est rehausse par un estompage gris bleute, au crayon lithographique, analogue a celui qui est employe* pour les cartes d'Alge'rie et de Tunisie et pour la carte de France a ~^- Le specimen expose" e"tait un assemblage de It feuilles de hauteur sur a feuilles et demie de largeur; il se compose des environs de Versailles, partie ouest et sud-ouest de la carte. N 1 6. Carte du departement de la Seine a jjjj;- Gravure sur cuivre. 9 Cette carte, composee de 9 feuilles, comprend, outre le department de la Seine, une grande partie de celui de Seine-et-Oise, ainsi quc la portion occidental du departement de Seine-ct-Marnc. Kile correspond exactemcnt, comme territoire, a la carte des environs CARTOGRAPHY. 177 de Paris a ~^, en couleurs, expose"e sous le n 15. Elle est unc reduction des love's a -^ executes, dei8i8ai8ai, par les inge"nieurs ge"ographcs. Exe'cute'e et grave"e dans le systeme de la carte de France a jjj^, avec le terrain figure en hachures eclairees par la lumiere verticale, elle a eHe" completee et mise a jour d'apres une revision faite sur le terrain en 1883. N 17. Amplification a 1'echelle de j^ de la carte de France a jj^;. Heliogravure. Au fur et a mesure de la publication de la nouvelle Edition de la carte a jjjjj (voir n 2), chaque quart de feuille est reproduit au moyen de 1'he- liogravure a 1'echelle de ^. Cette amplification n'est pas publiee. Elle est dcstinee a salisfaire a divers besoins des services de 1'arme'e. Le specimen expose" reproduisait une partie du terrain represente a ^~ sous le n 3. N 05 18 et 19. Leves de precision a grande echelle. Ces love's, sur lesquels le terrain est figure par des courbes do niveau obtenuesau moyen d'instruments de precision permettant de les determiner avec une exactitude aussi rigoureuse que possible, sont execute's sur le ter- rain a rechelle de ~, sauf pour les regions de hautes montagnes (Alpcs et Pyrenees), ou Ton emploie 1'echelle de ^^. Les instruments en usage pour le leve" des details sont la planchette mumc du declinatoire, la regie a 6chmetre du colonel Goulier et le jalon- mire. La planimetrie est appuyee sur la triangulation de la carte de France , compleHee par des cheminements au tacheometre. Les Ievt 5 s a ^ sont ensuite reproduits a l'6chelle de ^ au moyen de I'heliogravure. Les specimens exposes rcpresentaient, sous le n 18, les environs de Salins (Jura) et, sous le n" 19, une partie de la vallee du Doubs. N M 20 et 21. Plans-reliefs. A 1'aide des leve"s de precision (n" 18 et 19), le Service geographique etablit des plans en relief dont la construction comporte diverses phases, indiquees par les cinq tableaux sous le n" 20, qui repre"sentaient les e"tats successifs d'un meme fragment de plan en relief. 178 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. i" ETAT. Brique do platre sur laquclle a e"te reportee, par un decalque fait a la presse lithographique, une e"preuve retourne"e du plan, ou les mouvements du terrain sont figures par les courbes de niveau. Une machine a percer, armee d'une meche prismatique triangulaire, animee d'un mouvement rapide (600 a 800 tours a la minute) et dont la longueur peut etre re"gle"e avec toute la precision ne"cessaire, creuse dans le bloc de platre des trous dont la profondeur varie avec 1'altitude de chaque courbe de niveau; la meche dikoupe le platre en suivant exacte- ment le trace des courbes de niveau. On commence par le creux le plus profond, c'est-a dire par celui qui a pour base la courbe la plus eleve'e. On releve ensuite la meche de la quantite convenable, ct on etend la de"coupure en creux, en prenant pom- base la courbe suivante. On continue de la sorte, courbe par courbe, en relevant chaque fois la meche d'une quantite" e"gale h 1'equidistance des courbes de niveau. / On obtient ainsi le deuxieme e"tat. a" KTAT. Moule a gradins. Ge moule donne en creux tous les mou- vements de terrain qui etaient primitivement represented par les courbes. En y coulant du platre, on obtient le troisieme e*tat. 3 e TAT. Relief a gradins. Ge relief est ensuite retouche" a la main par un artiste, de facon a obtenir le model^ du terrain en faisant dispa- raitre les ressauts. Le resultat de ce travail est le quatrieme e"tat. 4 e ^TAT. Etat relief a gradins abattus. On colle sur ce relief une epreuve du plan, tire sur papier mince, pouvant s'appliquer sur les formes modele'es, de facon que les details du plan se trouvent exactement a la place qui leur correspond sur le relief. On y applique, au pinceau, les teintes convenlionnelles et on colle le papier. On obtient ainsi le cinquieme etat, c'est-a-dire le relief term hid. On pourrait a la rigueur, au lieu de faire d'abord un moule en creux, construire direclement le relief a gradins. Mais le resultat serait moins satisfaisant. II faudrait, en effet, pour creuser le platre dans les ravins etroits, employer des meches assez grosses pour ne pas se fausser, et des lors on ne pourrait pas conserver a ces ravins la forme caracteristique qui rdsulte de la rencontre brusque de CARTOGRAPHIE. 179 leurs versants. Au contraire, il n'y a aucune difficulte a tailler en saillie des parties aigues. Cette maniere de proce"der a d'ailleurs 1'avantage de conserver la ma- trice pour le cas ou un accident de retouche surviendrait pendant 1'abatage des gradins. Le numero s i (application du proce'de' qui vient d'etre de"crit) repre"- sentait une partie du plan-relief de la valle"e de la haute Moselle. Ce plan a c"te exe'cute' a 1'aide de fragments de petites dimensions, ob- tenues comrnc il est explique ci-dessus; ils ont e"te" assembles et scelles de facon a former des tables qui mesuraient oio dans le sens du meVidien et oa5 dans le sens du parallc-le. A cet effet, on a assemble" des moules pris sur les modeles du quatrieme e"tal, et cet assemblage sert a oblenir le relief definitif en staff; 1'habillage et le coloriage se font sur ce relief. Dans tous les plans-reliefs du service geographique, 1'echelle des hau- teurs est exactement la me'me que cclle du plan. Les mouvements du ter- rain sont done repre'sente's avec leur forme veritable et non avec 1'exage"- ration qu'on croit quelqucfois devoir leur donner pour les rendre plus sensibles a 1'ceil. N 22. Carte de TAfrique & Heliogravde en 6 a feuilles. La premiere Edition de cette carte a etc" faite en 1881, au Service geV graphique, par le chef de bataillon du genie de Lannoy de Bissy. La seconde edition est publie"e par les soins de ce service et tenue au cou- ranl au moyen des itineraires et des croquis des explorateurs. La rapidite" avec laquelle s'accumulent les nouveaux documents sur les regions africaines rend cette mise au courant difficile et ne"cessite une trans- formation complete des premieres feuilles. Le specimen expose comprend 5 feuilles de la deuxieme Edition : Gelles de Timbouctou, Free Town, Segou Sikoro, Monrovia, Koumassi. Enfin, le Service geographique exposait, en outre, un tableau curieux presentant l'($tat des diverses planches de zinc qui servenl au tirage d'une carte en sept couleurs ou teintes, et divers cartons contenant des specimens de cartes que le public pouvait ainsi examiner de plus pres. 180 EXPOS1TIOM UiMVERSELLE DE CHICAGO. MINISTERE DE L'INTERIEUR. Carte du Ministere de I'lntdrieur au -^oo- La carte du Ministere de 1'Interieur a etc" entreprise pour doter I' Ad mi- nistration departementale ct communale d'une sorte de dictionnairc des routes et des chemins du lerritoire, constamment tenu a jour. C'est dans cet esprit qu'ellc a etc exe"cutee, et elle rend, dans cet ordre d'ide'es, les plus rdels services. U avail paru suffisant, au de"but, de se borner aux seules indications planime'triques. Mais 1'inte'ret de fournir des renseigne- ments precis sur les altitudes, dans le double but de justifier le trace sur les voies construites et de donner une premiere indication rapidc dans le choix des nouvelles voies a e"tablir s'est manifesto promptement, et il a ete decide, quelques annees apres le commencement des travaux, que la nouvelle carte porterait le figure du terrain, avec I'indication des cotes d'altitude. Cette carte est principalement une carle vicinale, qui est elablie et doit etre entretenue de facon a donner toujours avec precision 1'etat d'avance- menl du re"seau routier du tcrritoire francais. Elle a e"te" dessine"e au ^^ d'apres une photographic reduitc de la carte au ^ de 1'Etal-Major franfais, revisee avec soiu au point de vue des voies de communication. La projection est la projection polye'drique, aujourd'hui Ires en honneur. Chaque feuille a la forme d'un trapeze compris entre deux in^ridiens dis- tants d'un demi-degr5 et deux paralleles distants d'un quart de degre". La dimension des feuilles varie, pour les fuseaux verlicaux, de o m. 3/jg a o m. di 9, ct pour les zones horizontals, de o m. 978 a o m. 977, eritrc les deux limites extremes du de"parlement du Nord et du departement de la Corse. La division du quart du cerclc adopted est exclusivement la division sexag(5simale. La carte est grave*e sur pierre, puis clichee sur cuivre par les precedes electrochimiques. Ce sont ces cuivres qui resolvent les corrections au fur et a mesure de la revision et qui servent ensuite a obtenir sur pierre les reports a 1'aide desquels sont eflectu^s les tirages. CARTOGRAPHIE. 181 La carte est en cinq couleurs : Le bleu pour les eaux et les cotes d'altitude; Le vert pour le bois et les forces; Le rouge pour les routes et chemins et pour la population; Le noir pour toutes les autres indications planimelriques et les dentures: La mine de plomb pour le figure" du terrain; Les formes du terrain sont figures au moyen d'un estompage a teintes degrades ct sont acccntue'es par 1'emploi, pour l'e"clairage , de la lumiere oblique. La carte est maintenant terminde. La derniere livraison est sous presse et va paraitre incessamment. La carte achevee se compose de 588 fetiilles. L'exposition carlographique du Ministerc de 1'Inte'rieur a Chicago com- prenait : Deux panneaux de feuilles de 1'intdrieur des terres et des cdtes Type courant de la carte. La feuille de Sainte-Foy i e -i, i r,i utilisation des dessms. Minutes expose'es. La feuille de Cliamounix Carte de"partemeutale de ITonne Carte ddparlementale des Ardennes Carte de 1'arrondissement de Reims Environs de Mantes Environs de Chambe'ry Environs de Paris Etablissement par report de cartes dVn- semble pour les besoins des adminis- trations daux, soil par souscription directe du de"parte- ment, soil par entente avec un libraire de la region, autoiise" par la pre- fecture. On doit remarquer les cartes cantonales pour ecoles, muettes et com- pletes. Elles ont ete" etablies sur la demande de Inspection d'academie de 1'Aisne; elles ont donne" au point de vue pe'dagogique d'excellents re"sultats; les enfants apprennent a lire une carte en travaillant sur un document qui repr^sente la region qu'ils parcourent tous les jours. Les autres cements de 1'exposition (dessins, cuivre, etc.) avaient pour but de faire connaitre certaines parties du travail d'etablissement et les mesures prises pour une conservation assured et economique du materiel. Toute la partis technique de 1' execution mate'rieHe de la carte (gravure, report, tirage) est confiee a la maison Erard, de Paris, qui expose per- sonnellement diverses cartes murales dont I'inte're't est purement pe"dago- gique. MINISTERE DES TRAVAUX PUBLICS. A. Cartes du Service des ponts et chaussees. Le Ministere des Travaux publics public et entretient une carte au jj^- disposed en vue de faire ressortir les donne"es qui interessent les services des travaux publics : ouvrages d'art des routes, chemins de fer et canaux, phares, courants de circulation, mete"orologie et regime des eaux, irrigations et usines hydrauliques, richesses minerales, usines metallurgiques et con- cessions minieres. Elle porte des courbes de niveau de 100 en 100 metres et 1'indication des lignes se"paratives des bassins hydrologiques. Elle comprendra iki feuilles en trois couleurs gravees sur cuivre, de o m. 43 sur o m. 3o de cote"; 10/1 feuilles sonl publie"es, 87 restent a paraitre et seront acheve"es en trois ans. Un specimen de cette carte figurait a 1'exposition du Ministere des Tra- vaux publics, avec une carle ge"ne>ale au ^t ae ' a navigation interieure de la France et une carte des chemins de fer francais a la meme ^chelle. CARTOGRAPHIC. 183 B. Carte geologique de la France. Le Service de la carte ge"ologique d&aillc'c de la France a e"t organist par dtkret du i" octobre 1868, sous la direction d'Elie de Beaumont. Re"- organis<5 a la mort de cet illustre savant, il a 6t<$ dirigd jusqu'en 1887 par M. Jacquot, auquel a succe"de M. Michel Le"vy, actuellement directeur. L'objet du Service est de porter, a 1'aide de tcintes et de signes conven- tionnels, sur la carte au ^ de 1'Etat-Major, le re"sultat des explorations geologiques exe"cule"es sur toute IMlendue du territoire. Ces explorations sont confines a tout un personnel d'inge"nieurs des mines el de professeurs de geologic. Oes explorations sont conduites, pour les pays de plaine, sur Ics feuilles memes de la carte au 5^; pour les pays montagneux, on cm- ploie des agrandissements photographiques au ~- a des feuilles de la carte au ^ , pour permettre de pousser plus loin le leve" des details. Mais la publi- cation est toujours faite au j^. Le coloriage des feuilles est execut^ a 1'aide de planches. La carte geologique est accompagne'e de me'moires descriptifs, embrassant chacun une des grandes regions naturelles de la France. Les regions correspondent, en effet, a autant de compartiments fondes sur des analogies dans la composition du sol. Sous le rapport geologique, elles represented autant d'unite's propres a donner lieu a un pareil nombre de coupures ou de chapitres dans le texte explicatif de la carte de"tail- La carte detaille"e complete comprendra a 58 feuilles, dont i53 sont pu- et dont io5 sont dans un bon dtat d'avancement. A litre de spe"ci- men de ses travaux de detail , 1'exposition du Service de la carte geologique a Chicago prfoentait au public un assemblage en un seul panneau de ill feuilles au ^ represenfant le plaleau cenlral de la France, les carles de la rade de Bresl, du mont Dore, du bassin d'Autun, la carle g<5olo- gique de Paris au ^ et une premiere reconnaissance de 1'Alg^rie. Le Service de la carte geologique a 6i6 charg<5, en 1891, de re"sumer les re"sullats des explorations dans une Edition au jj^j, qui a pour but d'uni- fier et de coordonner les donnees geologiques au fur el a mesure de la pu- blication des cartes au ^. La premiere feuille, celle du bassin de Paris, a paru en 1892 et figurait a 1'Exposition de Chicago. ('' Annnles des mines, 1886. Note do M. Jacquot sur la carte geologique dc la Franco. EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. On y voyait enfin une carte geologique generale de la France, qui est publiee a I'e'chelle de ^~ et tenue au courant des explorations nouvelles. Elle exprime dans ses grands traits la constitution geologique du pays et ses relations avec la geologic des pays voisins. Elle se modifie et se com- plete peu a pen a chacune de ses Editions successives. Outre ses belles cartes, le Service geologique exposait divers atlas, une collection complete des me"moires publics a titre d'explication de la carle geologique, et d'importants travaux sur la topographic souterraine des bassins houillers francais. ANGLETERRE. La cartographic officielle est confie'e en Angleterre a YOrdinance Surrey office, dont le siege est a Southampton avec succursales a Dublin et a Edimbourg et dont le directeur actuel est le ge'ne'ral sir Charles Wilson. \1 Ordinance Survey , comme noire Service geographique de I'arme'e, exe 1 - cute sur le terrain les love's re"guliers et detient les minutes ou sont pulses les e"le"ments des diverses cartes du Royaume-Uni. Les Indes anglaises possedent dans I'India Survey office, a Calculta, un etablissement similaire, entierement inde"pendant et qui a la charge de la carle de 1'Hindoustan. ^Ordinance Survey office exposait seul a Chicago. Triangulation. La premiere tentative d'exe'cution d'une carte regu- liere en Angleterre est due au ge'ne'ral Watson, qui, sous-chef d'e"tat-mnjor en Ecosse du due de Cambridge apres la bataille de Culloden , tenta (17^7) d'e"tablir une carte exacte des Highlands, foyer de la rebellion, dans un but tout militaire. II cut comme assistant dans ce premier essai William Roy, plus tard ge'ne'ral, qui pre"ludait ainsi a la grande ceuvre de la trian- gulation ge'nerale du royaume, qu'il entreprit en 1788 et qu'il dirigea jusqu'a sa mort. Son ceuvre, un instant abandonee apres sa mort, fut reprise par ses successeurs et termine'e en 1 85a. C'esl au general Roy qu'on doit, du cote" anglais, la premiere jonction par-dessus le pas de Calais, des triangula- tions anglaise ct francaise. Cette premiere jonction, due a 1'initiative fran- caise, fut, du cole francais, 1'reuvre de Cassini de Thury, alors directeur de 1'Observatoire, assiste de Legendre et Mechain. CARTOGRAPHY. 185 La triangulation anglaise embrasse toute 1'etendue du Royaume-Uni. Elle est du systemc polygonal, c'est-a-dire ne pr^sente pas de chatnes dis- tinctes et a ete compenst^e d'un seul bloc. Elle a ete, en 1 86 1 , de nouveau rcliee a la triangulation francaise par-dessus le pas de Calais, par le colo- nel James et le capitaine Clarke repr^sentant 1'Angleterre , et par le colo- nel Levret, assist^ des capitaines Beaux et Perrier, designed par le Depot de la Guerre francais. Chaque groupe d'observateurs , anglais et francais, a execute la liaison enliere pour son propre compte. L'accord des r^sultats est tout a fait satisfaisant. Le canevas s'appuie sur six bases , et de nombreuses determinations astro- norniques ont permis d'etudier de pres un certain nombre d'interessantes deviations de la verticale. L'ensemble de 1'ceuvre est decrit, avec detail, dans 1'ouvrage de Clarke : Account of the triangulation of Great Britain and Ireland. Topographie et cartographic. Un certain dfoordre a rt$gne au debut dans les echelles de la carte anglaise, jusqu'en i853-i85/i. L'Angleterre entiere et une partie de 1'Ecosse avaient ete levies a 1'echelle de a pouces par mille et publiees a une echelle plus petite de moitie. La carte d'Irlande etait a 1'echelle de 6 pouces par mille; enfin, certaines parties de 1'Angle- terre et de 1'Ecosse avaient etc" dessinees a des echelles variables de 6 pouces par mille a 20 pouces par mille. En 1 853-i 85 6, les echelles furent regularisees, et depuis lors le Royaume-Uni leve et public ses cartes oflicielles avec une uniformite parfaite. Les leves sur le terrain sont au ^j, soit a5,3/14 pouces par mille. Us reproduisent les limites de chaque parcelle et constituent ainsi un veritable cadastre, execute par la methode ancienne des alignements, et tout a fait exceptionnellement avec le tacheometre. Us sont publies tels quels et con- stituent les plans de paroisses (parish maps") qu'accompagnaient autrefois des cahiers indiquant la surface de chaque propriete. Ces surfaces sont aujourd'hui imprimees en chiffres sur la carte memo au milieu de chaque parcelle. Les altitudes, sur ces cartes, proviennent d'un nivellement continu dc haute precision qui embrasse toutes les routes du Royaume et de nivelle- mcnts secondaires appropri6s. Le figure du terrain est en courbes de niveau. C'est de ces plans de paroisse que derivent les deux autres cartes an- glaises, la carte de comte et la carte d'cnsemble. 186 EXPOSITION IMVERSELLE DE CHICAGO. La carte de corale" est a six pouces par mille (-355). Ellc est obtenue par reduction photographique des plans de paroisse, avec suppression des derails inutiles. Le figure" du terrain y est en courbes de niveau. La carte d'ensemble est a i pouce par rnille (^j). Elle derive a son tour par reduction photographique de la planimetrie, de la carte des comic's, avec les simplifications re'clame'es par la reduction de l'e"chelle. Le figure" du terrain y est exprime" en hachures suivant les lignes de plus grande pente, d'apres le principe de la lumiere verticale. Les plans de paroisse correspondent absolument a notre cadastre, les cartes de comic" a nos leve"s de precision et la carte d'ensemble a notre carte d'Etat-Major. U Ordinance Survey office ne public pas de carte choro- graphique. Enfin les villes et leurs environs sont love's a une e"chelle beau- coup plus grande , ^ a ^ , et constituent ce qu'on appelle en Angleterre les town maps. Au point de vue cartographique , il faut signaler la rapidit^ , la simpli- cile" et la perfection de la reduction des leves -minutes au ^5, a I'e'chelle de jjjjj, par 1'emploi de la photographic et du zinc. Sans cntrer dans des details qui ne seraient pas ici a leur place , il nous suffira de dire que , .en quelques semaines, les love's du terrain sont reduits a 1'^chelle par la pho- tographie, dessine"s a nouveau sur I'^preuve r^duite et photographies une seconde fois avec une telle perfection , que le second cliche" photographique permet un report imme'diat sur le zinc et se trouve par consequent pre't a suffire a tous les besoins du tirage. II faut aussi admirer dans la carte a i pouce par mille la beaute" de la gravure. ^Ordinance Survey a trouve" d'ailleurs, dans ces dernieres anne"es, le moyen de tirer pratiquement des dpreuves sur cuivre , a froid , et en use cou- ramment pour ses besoins journaliers. Des specimens de ces diverses cartes formaient a 1'Exposilion de Chicago un ensemble veritablemenl remarquable qui avail manque aux Expositions de 1878 et de 1889 a Paris. ETATS-UNIS D'AMERIQUE. Le Gouvernemenl des Elals-Unis n'a pas encore entrepris une carte re 1 - guliere, a une e"chelle topographique, de son immense territoire. II a cependant crtSe" depuis longlemps deja un ^lablissemenl, le Coast and Geodetic Survey, qui a , comme son nom 1'indique , la charge & la fois de 1'hydrographie et de la triangulalion de tous les Etats de 1'Union. Cette CARTOGRAPHIC. 187 triangulalion, presquc terming sur les cotes, est loin d'etre aussi avancee dans rinteYieur du pays. Elle progresse cependant, et Ton peut entrevoir la date de son achevement. En attendant, de nombreux love's ont (Ste" executes, a des (khelles diverses, depuis le leve re*gulier a ^^ jusqu'aux reconnais- sances au ,-joj^j, soil par divers services du Gouvernement pour les besoins officiels, soil par certains Etats a lours proprcs frais, soil par des entre- prises particulieres, telles quo les compagnies de chemins de fer, pour des travaux d'inte're't public. L'ensemble de ces love's et reconnaissances couvre a pen pres les yf des Etats-Unis et forme un ensemble de documents ge"o- graphiques des plus inteYessants. L'dtendue enorme de la contre"e et la rapidite* inattendue du de"velop- pcment de la colonisation et de la mise en valeur du territoire expliquent sufTisamment le desordre apparent et la diversite de I'reuvre ge"ographique de 1'Union. Une commission, re"unie en 1892 par les soins du Gouvernement, a dis- cut<5 a fond les conditions dYUablissement d'une carte topographique re"gu- liere. II faut s'attendre a voir avant peu d'ann(5es un etablissement central, probablement le U. S. Coast and Geodetic Survey fondu avec la section topo- graphique du U. S. Geological Survey, prendre en mains la direction des travaux ge"ographiques en AmeYique, afm d'apporter 1'ordre ne"cessaire dans celte masse considerable de mateYiaux cartographiques et d'achever sur un plan uniforme I'^bauche deja si avance"e de la carte des Etats-Unis d'Ame"- rique. Nous avons pu examiner en detail, a Chicago, les diverses productions qui devront etre utilises dans 1'accomplissement de cctte oauvre gigan- tesque, et nous en donnons ci-dessous une analyse succincte. Nous les rangerons sous trois litres distincts : 1 Les love's de repartition des terres (Public Land Surveys); a Les reconnaissances geographiques officielles; 3" Les travaux de cartographic reguliere ex^cut(5s par : a. Le U. S. Geological Survey ; b. Le Lake Shore Survey; c. Le U. S. Coast and Geodetic Survey; d. Les divers Etats de 1'Union (State Surveys). 1. Love's de repartition des terres (Public Land Surveys). Ges loves 188 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. ont etc" execute's sur presque tout le territoire, de 1808 a 1879, sous la direction et le controle du Ministere de 1'lnterieur (Department of Interior, Public Land office), en vuc de la constitution des tots de terre attribues aux nouveaux colons. La me"thode suivie est partout la m^me. Elle est tres simple et enseignee dans les ecoles primaires. On choisit un point de depart arbitraire et on trace astronomiquement sur le terrain , en les pi- quetant, deux lignes oriente'es exactement Est-Ouest et Nord-Sud. Sur la ligne oriented Est-Ouest qui prend le nom de base, on determine, de 2/1 en 24 rnilles, 1'origine de lignes nouvelles qui sont orientees vers le Nord et arre'te'es a une base nouvelle siluee a a 4 milles au Nord de la pre- miere. On partage ainsi ]a bande de terrain comprise entro les deux bases en trapezes egaux dont les cotes Sud, Esl et Quest ont 2 4 milles de cote. Ces surfaces seraient exactement carries sans la convergence des me"ridiens et portent le nom de blocks. Elles sont subdivisees par de nou- veaux meVidiens et de nouveaux paralleles en 1 6 townships de G milles de cote. Chaque township est lui-meme partage" de la m^me maniere en 36 carreaux e"gaux dont la surface approche d'un mille carre". Arrive" a la nouvelle base, qui se nomme ligne de correction, on recommence, en re- prenant cette fois la ligne de correction comme base fondamentale. Les bases et les meVidiens sont trace's astronomiquement au theodolite ; les distances sont mesure"es avec le plus grand soin a la chaine. On a ainsi un filet a mailles re"gulieres qui embrasse tout le pays. En reliant les points principaux de subdivision a une triangulation ou a des points determines astronomiquement, en ayant soin de marquer exactement sur les lignes du reseau les points de passage des cours d'eau, des routes, et d'y rapporter, par des mesures convenables, les details de la planimetrie, il est clair qu'un pareil leve" peut fournir les plus seVieux elements pour 1'etablissement d'une carte. Malheureusement, ces precautions, recommanddes aux geometres par le Gouvernement, n'ont pas ^te partout observers, et le travail, en bien des regions, n'est pas assezcomplet pour dispenser de nouveaux love's. Les minutes ont e"te" dessine"es a 1'echelle de 2 pouces par mille ou^; malgr(5 1'insuffisance de quelques-uns de ces travaux, le General Land office en a tir^ de bonnes cartes planimetriques locales a des e"chelles de i pouce pour i o a i 8 milles et une carte geneYale des Etats-Unis h 1'echelle de i pouce pour 4o milles. 2. Reconnaissances geographiques ojficielle.1. Comme partout ailleurs, CAUTOGIUI'HIE. 189 c'est a 1'armee et aux ingenicurs quo les Etats-Unis doivcnt les premieres reconnaissances gene>ales de leur territoire. L'Ouest tout entier, au fur et a mesure de la misc en valeur des nouveaux territoires livres a la culture, a e"te leve* d'une maniere rapide par les co- lonnes militaires qui accompagnaient ou pre'ce'daient, pour leur preparer la voie ou les prote"ger, les premiers pionniers de la colonisation. II faut citer, parmi les plus celebres de ces reconnaissances, celles de Lewis et Clarke, au commencement du xix" siecle, et plus tard celles de Long Pike et Fremont. A cet ordre de travaux geographiques se rattachent tSgalement les rernarquables Etudes faites en vue de 1'etablissement du grand Trans- continental Pacifique. Tous ces leves se bornaient a des itine'raires a la boussole, avec distances estime"es au pas du cheval ou du voyageur. Le ter- rain e"tait dessine a vue, les altitudes mesure'esau barometre et, de distance en distance, des coordonnees astronomiques determine'es avec soin don- naient une base suflisante pour raccorder entre eux et mettre en place les elements force"ment un peu he'tcrogenes que fournit la methode expe'die'e. C'est avec de tels documents que le general G.-K. Warren elablit et publia en 1867 la premiere carte des Etats-Unis qui cut quelque valeur ge"ogra- phique. On reconnut sans peine les avantagcs de pareilles reconnaissances, ct de 1867 a 1879 les cxplorateurs civils ou militaires, encourages par leurs premiers succes ct rendus plus habiles parl'experienceacquise, perfection- nerent leurs metodes de leve. Clarence King, Wheeler, Hayden, Powell, dirigerent successivement ou simultanement des expeditions celebres , qui ont augmcnte* considerablement les ricbesses geograpbiques du pays. Clarence king, de 1867 a 1871, reconnut et dessina toute la bandc du territoire comprise enlre les lignes des chernins de fer de i'Umon Pacific et du Central Pacific, depuis la longitude de Cheyenne jusqu'a la frontiere orientalc de Californie. La surface de cette bande de 100 milles environ de largeur Nord-Sud est de 87,000 milles Carre's. Dei86gai877,le capitaine Wheeler a execute un travail analogue a 1'ouest du ioo c meridien jusqu'a la region de la Corddlere, sur une e'ten- due de 861,000 milles carres. De 1871 a 1879, Hayden a dresse une carte de reconnaissance du Colorado, du Wyoming, de 1'Idaho, de 1'Utah et du Pare National du Yellowstone sur une etenduc d'environ 100 milles carres. Enfin le major Powell, direclcur actuel da U. S. Geological Survey, a la 100 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. suite de sa ce"lebre exploration du Colorado et de sa dccouverte du grand Canon, a etc" conduit a lever environ 67,000 milles Carre's des territoires de 1'Arizona et de I'Utah. Tons ces leves sont appuye"s sur une triangulation rapide, assise elle- mcme sur la projection a 1'aide d'observations astronomiques precises. Dans quelques-uns, une triangulation secondaire plus serre"e a etc" executed dans la triangulation a grandes mailles. Les altitudes sont mesurees soil a 1'aide de distances zenitales, soil au baromelre. Dans les love's de Clarence King, Wheeler et Hayden, les details du terrain sont dessine"s en croquis sur des carnets ad hoc et depouilles au bureau central. Dans les leves de Powell, le dessin e"tait acheve" sur le terrain a la planchette. La publication a e"te faite a des echelles diverses, variant de i pouce pour t\ milles a i pouce pour 8 milles. La carte de> Wheeler est en hachures ; les trois autres sont en courbes de niveau. 3. . U. S. Geological Survey. Les leva's rivaux de Wheeler, Hayden et Powell furent interrompus en 1879, et la ne'cessite' apparut de donner plus d'unite au travail. En consequence, leurs brigades, qui de"pendaient jus- qu'alors du Ministere de la Guerre, furent fondues en un seul corps rattache' au Ministere de 1'Interieur et qui, sous le nom de U. S. Geological Survey, entreprit d'achever sur un plan uniforme le leve" topographique du terri- toire. Le Geological Survey, depuis 1882, a poursuivi activement sa tache sur 55 o inilles carres d'e"tendue dans les Etats de Massachusetts, Rhode Island, Connecticut, New-Jersey, New-York, Pensylvanie, Maryland, Vir- ginie, Louisiane, Texas, Arkansas, Illinois, Iowa, Wisconsin, Missouri, Kansas et dans 1'Ouest. La me'thode est reste"e a peu pres la me'me, mais les operations sont plus precises et le travail plus serre. La triangulation n'a, en ge"ne"ral, qu'un caractere provisoire. Le leve" est fait a la planchette. Les altitudes sont donne"es soil par des nivellements g(5om5triques , soil par des distances zenithales, soit enfm par le barometre. La carte a etc" publiee a trois echelles differentes : i pouce par naille, ou SMO? * pouce pour 2 milles, on j^; i pouce pour I* milles, ou ^? La derniere est 1'ancienne echelle des reconnaissances; elle est aujourd'hui abandonnee. Les cartes sont gravies sur cuivre et imprime'es en trois cou- leurs : noir pour la planimetrie, bleu pour les eaux et bistre pour le figure du terrain, qui est en courbes de niveau, avec une e"quidistance variant de CARTOGRAPHIE. 191 5 pieds a aod pieds, suivant l'(khelle ct la nature plus ou rnoins monta- gneuse de la contre"e. J. Lake Shore Survey. De 18/11 a 1881, les officiers du ge"nie ache- verent le leve" de la region des Grands Lacs et du Saint-Laurent, en 1'ap- puyant sur une triangulation re"guliere. G'est un des meilleurs travaux to- pographiques des Etats-Unis. La triangulation du Lake Shore a fourni au Public Land Survey les positions ne"cessaires a 1'e'tablissement de ses cartes dans toute la region avoisinant les Grands Lacs. La carte, graved sur cuivre, est tres belle; l'e"chelle varie, suivant les regions, du ~ au ~^. Le terrain est exprime en hachures, les sondes sont en pieds. Dans le me'me ordre d'idees, les olficiers du corps du gi^nie ont, en vue des travaux entrepris pour 1'ame'lioration du cours du Mississipi et du Mis- souri, leve", avec triangulation re"guliere, de bonnes cartes de ces rivieres. c. U. S. Coast and Geodetic Survey. G'est sur la proposition du pre"- sident Thomas Jefferson que le Gongres, en 1807, autorisa la creation du National Coast Survey. C'etait alors un simple bureau hydrographique, faisant partie inte"grante du Ministere des Finances (Treasury Department). Ce bureau cut bientot la charge de fournir aux leve's des divers Etats les po- sitions ge"ographiques. II cut a executor, en dehors de son travail special sur les cotes, des triangulations rcgulieres dans I'interieur du pays. Ce surcroit d'attributions augmenta naturellement 1'importance du service, qui prit, en 1878, le nom actuel de U. S. Coast and Geodetic Survey. II est aujourd'hui sous les ordres d'un superintendant qui reside a Wa- shington (D. C.), oil se trouve {'office central. Deux offices secondaires fonc- tionnent a San-Francisco el a Philadelphie. Les travaux sur le terrain sont partages entre deux grandes classes : les travaux hydrographiques et les travaux de campagne (Jleld works), qui comprennent I'astronomie de position, la geodesic et la topographic. Les travaux hydrographiques qui embrassent, outre les sondages et le dessin des cotes, une etude complete des mare"es et du magne'tisme ter- restre, sont confie's a des officiers de marine detaches pour un temps au U. S. Coast and Geodetic Survey et place's, au point de vue technique, sous les ordres directs du superintendant. Quinze navires, dont huit a vapeur, appartiennent a 1'etablissement et constituent une superbe flotte hydrogra- phique. Un de ccs navires, le Blake, faisait partie de 1'exposition du Gou- 192 EXPOSITION UNIVERSE! ,LE DH CHICAGO. vcrncment a Chicago. On pouvait voir a son bord tous les appareils et instruments utilises dans ies leves hydrographiques et admirer la parfaite installation du navire, construit spe'cialement en vue de 1'hydrographie. Les travaux de campagne sont diriges par un e"tat-major d'environ soixante ingenieurs gcographes avcc le personnel auxiliaire ne"cessaire. La plupart de ces ingenieurs sont e'tablis, a poste fixe, au centre des regions qu'ils sont charges de trianguler ou de lever. Quelques-uns sont a Washington a la disposition du superinlendant pour les expeditions loin- laines, telles que la reconnaissance de 1'Alaska, par exemple. Enfin {'office central, divise en dix bureaux, recoil les minutes, fait exe"cuter les calculs, ie dessin, la gravure et 1'impression des cartes, etc., et ne comprend pas moins de i35 employe's, calculateurs, dessinatcurs, graveurs, imprimeurs, constables, etc. Un atelier de construction et de reparation des instruments est adjoint a 1'etablissement. La triangulation primordiale, qui sert de base a tous les travaux aussi bien hydrographiques que topographiques, comprend un grand arc oblique qui part de la frontiere du Canada et du Maine et suit la cote de I'Atlan- tique jusqu'au golfe du Mexique. Une chaine analogue a eHe mesure'e le long de la cote du Pacifique, de 1'embouchure de la Columbia River a la frontiere du Mexique. Enfm, deux chaines de premier ordre, soude"es aux triangulations oceaniques, partent, 1'une de San-Francisco, 1'aulre de Washington, et s'avancent 1'une vers 1'autre le long du 3o, c parallele. Elles se rejoindront probablement en 189 5 et donneront au canevas primordial de la carte des Etats-Unis la forme d'un H irre"gulier. A ce premier reseau sont de"ja venues se souder les triangulations entre- prises par les Etals de New -Hampshire, Massachusetts, New-Jersey, Wisconsin, Indiana, Kentucky et Californie. D'autres sont en cours ou a 1'etudeetdoivent couvrir le pays tout enlier d'un rdseau serre" de triangles. Une triangulation secondaire a &\.& ex^cutee, dans lesmaillesdu canevas de premier ordre, tout le long des cotes americaines, a 1'exception de 1'Alaska, ou le travail a commence depuis plusieurs anndes, mais avec le caraclerc d'une simple reconnaissance. L'hydrographie des cotes des Etals-Unis a pu, par consequent, eHrc entiercmenl achevee dans ces dernieres annees, except(5 sur la cote de 1'Alaska. Elle est arrivee aujoiird'hui a la periode ou elle ne reclame plus CARTOGRAPHY. 193 autre chose qu'une revision syste'matique et un entretien re"gulier des cartes marines. Les efforts et les ressources du Coast and Geodetic Survey peuvent done e'lre maintenant concentres sur les travaux et les leve"s continentaux. Les love's topographiques du meme e"tablissement ne couvrent encore qu'une etroite bande de terre de 3 a 5 milles de large tout le long des cotes, ports, baies et rivieres, jusqu'aux points limites ou la mare"e se fait sentir. Us couvrent une e"tendue de 3A,ooo milles Carre's. Les mappes sont executes a la planchette au ^ et sont publiees a des echelles qui varient de ~ a 5^. Les courbes de niveau sont tracers sur les mappes a une dquidistance de 10 a 20 pieds. Dans la publication, le figure* du terrain est en courbes aux grandes Echelles, en hachures aux petites echelles. Le district de Golombie, territoire fe"de"ral, a e"te" leve en entier et public au ^ avec courbes de niveau a une e"quidistance de 5 pieds. Ajoutons que, sur la proposition du docteur T. C. Mendenhall, superin- tcndant du Coast and Geodetic Survey , le Ministre des Finances (Secretary of Treasury} a decide que les echelles sur toutes les cartes de 1'e'tablissement seraient dordnavant exprime'es en kilometres, ce qui est un grand pas fait vers 1'adoption aux Etats-Unis du systeme me'trique decimal. En re'sume', d'apres un travail de Henry Gannett, chef topographe de I'U. S. Geological Survey , auquel nous avons emprunte" une partie des chiffres de ce rapport, 9,800,000 milles Carre's ou les yf de 1'e'tendue du terri- toire sont assez bien connus et peuvent elre dessines avec exactitude au loooooo ou a I'e'chelle de i pouce pour 1 6 milles environ. a,65o,ooo milles carres ou les -f environ peuvent e'tre repr^sent^s a 1'^chelle double de ^^ ou de i pouce pour 8 milles. 920,000 milles Carre's ou les ~ sont love's avec assez de precision pour fournir une carte au j^j ou t pouce pour k milles. U Go milles Carre's ou le \ de la surface peut e'tre public" au ^~ ou a 1'^chelle de i pouce pour 2 milles. 100 milles Carre's ou ^ du pays est leve" assez exactement pour fournir des cartes au ^ ou & 1'echelle de i pouce par mille. Enfin 87,000 milles carres ont etc", par le Coast and Geodetic Survey , love's avec une re"elle precision et sont represents par des minutes exacles au YJJJ;. On voit par la que les deux etablissements qui se parlagent 1'exe- COMITE 34. t3 194 EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO. cution de la carte re"guliere des Etats-Unis out encore devant eux unc longue et fructueuse carriere. Mais en presence des resultats acquis on ne saurait douter qu'ils ne terminent leur tache dans le temps le plus court et avec un e"datant succes. d. State Surveys. Enfin les Etats de New-Hampshire, de New-York, de Pensylvanie, de Wisconsin, de Minnesota, de Kentucky, de Galifornie, de New-Jersey ont a leurs frais ou a frais communs, avec le Gouvernement fe"de"ral, leve" et public" des cartes plus ou moins completes de tout ou partie de leur territoire. Le travail le plus parfait est celui de la carte de 1'Etat de New-Jersey. Get Etat a dernande" sa triangulation primordiale au V. S. Coast and Geodetic Survey , a execute a ses frais la triangulation se- condaire et a execute' ses love's de detail avec le concours de \'U. S. Geolo- gical Survey. La carte est publie"e a 1'echelle de i pouce par mille, avec e*quidistance de 10 et 20 pieds, suivant les regions. La tendance est a 1'heure pre"sente dans les divers Etats de 1'Union de suivre 1'exemple de 1'Etat de New- Jersey, et de s'adresser pour la triangulation au Coast and Geodetic Survey, pour le leve" de dtHail a YU. S. Geological Survey, et de supporter tout ou partie des frais occasionne"s pour la confection de la carte. G'est e"galement a \'U. S. Geological Survey que s'adressent aujourd'hui les grandes com- pagnies de cbemins de fer quand elles de"sirent publier leurs Etudes et leurs love's; I'U. S. Geological Survey semble devenir dans ces dernieres anne"es l'e"tablissement central topographique des Etats-Unis. II faut remarquer cependant qu'il n'a pas encore aborde" les grandes e'chelles, que pratique au contraire depuis longtemps dans ses travaux hydrographiques le Coast and Geodetic Survey. ESPAGNE. L'Espagne exposait un plan de Madrid au ^ grave" sur pierre et im- prime' en noir, qui a deja figurd a diverses expositions. Les courbes de niveau y sont tracees de mitre en metre. Un carton renfermait quelques specimens de la carte au jjjjj, en couleurs, dite Carte ge'ndrale d'Espagne. Gette carte est en cinq couleurs : bleu pour les eaux , rouge pour les loca- lite"set les routes principales, noir pour les limites, les chemins de fer, les escarpements, etc.; vert pour les pres, bois, jardins, etc. ; brim pour le GARTOGRAPHIE. 195 figur^ du terrain qui est obtenu au moyen de courbes de nivcau. Elle est gravee et tire"e sur pierre. Elle pre"sente un tres bel aspect, est fort claire et tres lisible. La projection est du systeme dit polycentrlque , c'est-a-dire qu'elle est faite sur le plan tangent au centre de chaque feuille. Chaque feuille esl limited par deux paralleles distants de t o' et deux meridiens se'pare's par un intervalle de ao'. La base de cette carte est une triangulation tres soigne"e, faite en peu d'anne"es sur un plan tres uniforme et dans des conditions de precision qui ont valu une juste renomme'e au premier directeur de la carte, feu le ge"ne"ral Ibanez. Les premiers love's sur le terrain e"taient faits au 5^, en vue de 1'e'tablis- sement du cadastre. Le manque d'argent et la ne"cessite" de Mter les travaux de la carte ont fait suspendre ces love's a grande e"chelle et y ont fait sub- stituer des leves au j^j avec nivellement geome'trique continu. Cependant la carte d'Espagne est, a 1'heure actuelle, loin d'etre acheve^, ct le nouveau directeur de 1'Institut gdographique et statistique d'Espagne, M. Arrillaga, successeur du general Ibanez, a entrepris, pour arriver plus rapidement a doter son pays d'une carte complete, la publication d'une carte au ^~ a dessine"e a 1'aide des documents dont il dispose. MEXIQUE. En 1878, le Gouvernement mexicain a organise" un institut cartogra- pbique, qui rdunit, pour I'dtablissement d'une premiere carte du pays, les efforts de trois ministeres : les Travaux publics, les Finances et la Guerre. La carte est plutot une carte de reconnaissance. Elle est appuye"e sur de nombreuses determinations astronomiques et dessine"e la plupart du temps sur des itineraires. Les environs des grandes villes et certaines regions importantes sont triangules et leves par les proce"de"s de la topographic re"guliere. La carte d'ensemble est au ,-^j- en 2/1 feuilles, chaque feuille se subdi- vise en k sections pour 1'echelle du ^~ et chacune de ces sections en a 5 coupures pour r(khelle du j^j- Enfin chacune de ces coupures peut se diviser en a 5 sections nouvellcs pour 1'echelle du ^. C'est un systeme geographique decimal complet. La carte est publie'e en couleurs, avec l^gende sur chaque feuille. 196 EXPOSITION U.MVERSELLE DE CHICAGO. JAPON. Lc Japon execute une carte, a la fois gtalogiquc et topographique , au sBoM e ^ au 4^55 > en couleurs, avec Venture en caracteres latins. Gette carte, comme celle du Mexique, n'est en re'alite' que la publication de la premiere reconnaissance du pays, et, tout en ayant une grande va- leur ge"ographique , ne saurait (Hre compared aux productions cartogra- phiques europ&nnes, resultat de love's r^guliers appuy^s sur des triangu- lations completes. TABLE DES MATIERES. Pages. CABTOOBAPBIE. France 1 67 Angleterre i84 Elats-Unis d'Amerique 186 Espagne i g4 Mexique i g5 Japon ..,..,, , 196 TABLE GENERALE DU VOLUME. Pages. M. II. LE SOUDIER. Imprimerie. Librairie. M. LE COMMANDANT G. DEFFORGES. Cartographic 167 T 5OO El F7 DATE DUE DEMCO 38-297