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THE UNIVRSITY
OF ILLINOIS
LIBRARY
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UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY AT URBANA-CHAMPAIGN
BIBLIOTHEQUE
LATINE -FRANAISE
PUBLIEE
C. L. F. PANCKOUCKE.
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/
PARIS. - IMPRIMERIE DE C. L. F. PANCKOUCKE,
Rne des PoileTns , n i4-
HISTOIRE NATURELLE
DE PLINE
TRADUCTION NOUVELLE
PAR M. AJASSON DE GRANDSAGNE
ANNOTEE
PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, O. CUVLER,
DAUNOU, MERIC DAVID, DESCURET , DOE, E. DOLO , DUSGATE ,
FE, L. FOUCH, FOURIER, GUBOURT, ELOI JOHANNEAU,
LACROIX, LAFOSSE, LEMERCIER, LETRONNE , LOUIS LISKENNE,
L. MARCUS, MO X G ES,
C. L. F. PANCK.OUCKE, VALENTIN PARISOT ,
QUATREMRE DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUET,
H. THIBAUD, THUROT, VALENCIENNES , HIPP. VERONE.
TOME QUATRIME.
PARIS
C. L. F. PANCKOUCRE
Mf.MBRF. I)K T.'ORDRF. ROTAI. DE I.A LEGION DHONKKIin
KDITKUJl, RUE DF.S POITEVINS, N l/|.
m nccc XXIX.
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HISTOIRE NATURELLE
DE PLINE.
LIVRE CINQUIME.
454162
C. PLINII SECUNDI
HISTORIARUM MUNDI
LIBER V.
CONTINENTUR SITUS , GENTES , MARIA, OPPIDA , PORTUS , MONTES,
FLUMINA, MENSUR*, POPTJLI QUI SUNT, AUT FUERTTNT.
Mauritaniarum.
I. i\.frica.m Graeci Libyam appellavere, qua mare ante
eam Libycum ineipiens iEgyptio finitur. Nec alia pars
terrarum pauciores recipit sinus , longe ab occidente
littorum obliquo spatio. Populorum ejus, oppidorum
nomina, vel maxime suht ineffabilia prterquam ipso-
rum linguis, et alias castella ferme inhabitant.
i. Principio terrarum Mauritanie appellantur, usque
ad C. Gsarem Germanici filium rgna, saevitia ejus in
duas divisse provincias. Promontorium oceani extimum
Ampelusia nominatur a Grcis : Oppida fuere, Lissa,
et Cotta ultra columnas Herculis : nunc est Tingi, quon-
dam ab Antaeo conditum : postea a Claudio Caesare,
HISTOIRE NATURELLE
DE PLINE.
LIVRE V.
POSITIONS, NATIONS, MERS, VILLES, PORTS, MONTS, FLEUVES, MESURES,
PEUPLES OU ACTUELLEMENT EXISTANS, OU QUI ONT CESSE D'EXISTER.
Les Mauritanies.
I. Jjes Grecs ont donn le nom de Libye l'Afrique
depuis le point o la mer de Libye commence la bai-
gner, jusqu' celui o la mer d'Egypte la termine. Nul
autre pays ne contient si peu de golfes; le rivage, au
contraire , s'allonge en ligne oblique partir de l'occi-
dent. Ses peuples , ses villes , portent des noms que
l'idiome indigne peut seul rendre; et d'ailleurs, il n'y
a gure dans cette contre que des bourgades.
i. A l'entre se trouvent les deux Mauritanies, qui,
jusqu'au rgne de Caligula , Csar, fils de Germanicus ,
formaient deux royaumes, transforms, par la cruaut
de cet empereur, en deux provinces. Le cap qui fait saillie
sur l'Ocan t nomm Amplusie par les Grecs. Lissa
et Cotta taient deux villes places au-del des colonnes
d'Hercule. Aujourd'hui l'on ne trouve que Tingis, jadis
i.
4 C. PLTNII HIST. NAT. LIB. V.
quum coloniam faceret, appellatum Traducta Julia.
Abest a Belone oppido Baeticae , proximo trajectu xxx m
pass. Ab eo xxv m pass. in ora Oceani , colonia Augusti
Julia Constantia Zilis, regum ditioni exempta, et jura
Baeticam petere jussa : et ab ea xxxn m passuum colo-
nia a Claudio Caesare facta Lixos, vel fabulosissime
antiquis narrata. Ibi regia Anti , certamenque cum
Hercule : et Hesperidum liorti. Adfunditur aestuarium.
e marf flexuoso meatu , in quo draconis custodiae instar
fuisse nunc interpretantur. Amplectitur intra se insu-
lam, quam solam, e vicino tractu aliquanto excelsiore ?
non tamen stus maris inundat. Exstat in ea et ara
Herculis , nec praeter oleastros aliud ex narrato illo auri-
fero nemore. Minus profecto mirentur portentosa Grae-
ciae mendacia, de iis et amne Lixo prodita, qui cogi-
tent nostros nuper paulo minus monstrifica quaedam
de iisdem tradidisse. Prasvalidam hanc urbem majorem-
que Cartbagine magna; praeterea ex adverso ejus sitam,
et prope immenso tractu ab Tingi : quaeque alia Cor-
nlius Nepos avidissime credidit. Ab Lixo xl m in rae-
diterraneo altra Augusti colonia est Babba , Julia
Campestris appellata : et tertia Banasa, lxxv m Valen-
tia cognominata. Ab ea xxxv m pass. Volubile oppi-
dum, tantumdem a mari utroque distans. At in ora a
Lixo quinquaginta m amnis Subur, praeter Banasam
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. 5
btie par Ante : Claude , en en faisant une colonie ,
changea son nom en celui de Traducta Julia. De l
Blone, en Btique , le trajet le plus court est de trente
milles. A vingt-cinq milles , et sur la cte Ocanique,
Zilis, colonie d'Auguste, nomme depuis Julia Constan-
tia , avait t distraite du domaine des rois de Mauritanie,
et ressortait , pour la justice , de la Btique. A trente-deux
milles tait Lixos , rige par Claude en colonie, et si
clbre par les fabuleuses relations de l'antiquit. C'est
l qu'on plaait et le palais d'Ante , et son combat avec
Hercule, et les jardins desHesprides. Un estuaire^ qui se
glisse en replis sinueux dans les terres, offre, selon les
explications modernes , quelque ressemblance avec le
dragon qui les gardait. Au milieu se trouve une le qui
seule n'est jamais inonde par le flux de la mer, quoi-
qu'elle soit un peu plus basse que les terres circonvoi-
sines , qui toutes sont couvertes par 1rs eaux. On y voit
aussi un autel d'Hercule: mais, l'exception de quelques
oliviers sauvages, rien ne donne l'ide de la fameuse fort
d'arbres aux fruits d'or. Ceux-l pourtant feront grce
aux miraculeuses et menteuses narrations des Grecs , qui
songeront que, de nos jours mme, nos crivains ont
rapport sur eux et sur le fleuve Lixos des faits presque
aussi tranges. Puissante et plus grande que la grande
Carthage, Lixos se trouve situe vis--vis de cette der-
nire, et une immense distance deTingis. L'avide cr-
dulit de Nepos a entass bien d'autres dtails. A quarante
milles de Lixos, et dans les terres, une autre colonie
d'Auguste a pris le nom de Julia Campestris, au lieu de
celui de Babba; et, soixante-quinze milles plus loin, une
6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
coloniam defluens , magnifions et navigabilis. Ab eo
totidem m pass. oppidum Sala, ejusdem nominis fluvio
impositum, jam solitudinibus vicinm, elephantorum-
que gregibus infestum, multo tamen magis Autololum
gente , per quam iter est ad montem Africae vel fabulo-
sissimum Atlantem.
E mediis hune arenis in clum adtolli prodiderunt,
asperum , squalentem , qua vergat ad litora Oceani , cui
cognomen imposuit : eumdem opacum , nemorosumque ,
et scatebris fontium riguum, qua spectat Africam, fruc-
tibus omnium generum sponte ita subnascentibus , ut
nunquam satietas voluptatibus desit. Incolarum nemi-
nem interdiu eerni : silere omnia , haud alio , quam
solitudinum horrore : subire tacitam religionem animos
propius accedentium , prterque horrorem elati super
nubila, atque in viciniam lunaris circuli. Eumdem noc-
.-
tibus micare crebris ignibus , aegipanum satyrorumque
lascivia impleri, tibiarum ac fstulae' cantu, tympano-
rumque et cymbalorum sonitu strepere. Haec celebrati
auctores prodidere, prter HercuU et Perseo laborata
ibi. Spatium ad eum immensum incertumque.
Fuere et Hanhonis Carthaginiensium ducis commen-
tarii , punicis rbus florentissimis explorare ambitum
HISTOIRE NATURELLE, L1V.V. 7
troisime, Banasa, a reu celui de Valentie. A trente-
cinq milles de celle-ci , et gale distance des deux mers ,
est la ville de Volubile. Sur la cte , et en s'loignant de
Lixos, on rencontre, cinquante milles, le beau fleuve
Subur, qui passe Banasa. Il est navigable. Cinquante
milles plus loin , Sala , sur les bords du Sala , dans le
voisinage des dserts, est infeste par des bandes d'l-
phans , mais bien plus encore par la nation des Auto-
loles , dont le pays nous mne au pied de la chane
Africaine, si clbre dans la fable sous le nom d'Atlas.
C'est , dit-on , du sein des sables que s'lance dans les
cieux ce pic pre et horrible du ct du rivage de l'Ocan,
auquel il a donn son nom; bois, ombreux, travers
par des sources dlicieuses, par de cent fruits d'espces
diverses du ct de l'Afrique, il n'est pas de dsir qu'il
ne puisse rassasier par ses richesses spontanes. Le
jour, absence totale d'habitans, silence universel, toute
l'horreur des dserts ; cependant un respect religieux
s'empare de l'me, mesure que l'on approche, et l'on
sent de l'effroi en s'levant au dessus de la nue et dans
le voisinage de l'orbite lunaire. La nuit, des feux tin-
cellent sur ses flancs , que peuplent les danses lascives des
gipans et des satyres, et qui retentissen tau chant des fltes
et de la tibia, aux sons des cymbales et des tambours.
Voil ce que disent des auteurs clbres , relativement
cette montagne. On sait les travaux d'Hercule et de
Perse. L'immense espace qui spare le mont de la cte
n'est pas connu.
Il a exist des mmoires d'Hannon, amiral carthagi-
nois, charg, lors de la plus grande puissance de cette
8 C. PLINII fflST. NAT. LIB. V.
Afric jussi : quem secuti plerique e Grcis nostrisque,
et alia quidem fabulosa, et urbes multas ab eo condi-
tas ibi prodidere, quarum nec memoria ulla, nec vesti-
gium exstat.
Scipione ^Emiliano res in Africa gerente, Polybius
Annalium conditor, ab eo accepta classe, scrutandi
illius orbis gratia circumvectus , prodidit a monte eo
ad occasum versus, saltus plenos feris, quas gnrt
Africa, ad flumen Anatin cccclxxxv m pass. Ab eo
Lixum ccv m passuum : a Gaditano freto cxn m pas-
suum abesse. Inde sinum qui vocetur Saguti. Oppi-
dum in promontorio Mulelacha. Flumina , Subur , et
Salam. Portum Rutubis a Lixo ccxm m passuum. Inde
promontorium Solis : portum Risardir : Gaetulos Auto-
loles : flumen Cosenum : gentes, Scelaticos, et Masa-
tos. Flumen Masatat : flumen Darat, in quo crocodi-
los gigni. Deinde sinum dcxvi m pass. includi montis
Barce promontorio excurrente in occasum, quod ap-
pellat Surrentium. Postea* flumen Salsum, ultra quod
jEthiopas Perorsos, quorum a tergo Pharusios. lis jungi
mediterraneos Gtulos Daras. At in ora iEthiopas Dara-
litas, flumen Bambotum, crocodilis et hippopotamis
refertum. Ab eo montes perpetuos usque ad eum, quem
Theon Ochema dicemus. Inde ad promontorium Hespe-
rium navigatione dierum ac noctium decem , in medio
HISTOIRE NATURELLE, LIV.V. 9
rpublique , d'explorer le tour de l'Afrique. Grand nom-
bre de Grecs et de Romains les ont suivis; et, entre
autres fables, ils ont cit, d'aprs lui, le nom d'une
foule de villes fondes par lui , dont il ne reste ni trace
ni mmoire.
Du temps o Scipion Emilien faisait la guerre en
Afrique, Polybe l'historien ayant reu de lui le com-
mandement d'une flotte, et tent une circumnavigation,
pour faire des dcouvertes dans cette partie du monde,
trouva, au del de ce mont, et l'ouest, vers le fleuve
Anatis, quatre cent quatre-vingt-cinq milles, des bois
pleins des btes farouches qu'enfante l'Afrique. Le Lixos
serait deux cent cinq et le dtroit de Gads cent
douze milles de la montagne. Plus loin s'offrent le golfe
Saguti , le capMulelacha avec une ville, les fleuves Subur
et Sala, le port Rutubis, deux cent treize milles de
Lixos, le promontoire du Soleil, le port Risardir, les
Gtules Autololes, le fleuve Cosne , les peuplades Scla-
tiques etMasates, le fleuve Masatat, le Darat, o il y a
des crocodiles, et un golfe de six cent seize milles, termin
par un promontoire que projette l'ouest le mont Barc,
et que Polybe nomme Surrentium. Suivent le fleuve Salsus,
les Ethiopiens Prorses; derrire ceux-ci, les Pharusiens
auxquels il faut joindre les Gtules Dares, puis les thio-
piens Daratites; le Bambote, dont les eaux fourmillent
d'hippopotames et de crocodiles, et une suite non in-
terrompue de montagnes, jusqu' celle que nous nom-
merons Thn-Ochma. Dix jours et dix nuits de na-
vigation mnent de l au cap Hesperium. C'est au
milieu de ce vaste espace que Polybe place l'Atlas ,
io C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
eo spatio Atlaiitem locavit, a ceteris omnibus in extre-
mis Mauritanie proditum.
Romana arma primum , Claudio principe , in Mauri-
tania bellavere, Ptolemaeum regem a C. Csesare inter-
emptum ulciscente liberto ^Edemone, refugientibusque
barbaris , ventum constat ad montem Atlantem. Nec
solum consulatu perfunctis, atque e senatu ducibus, qui
tum res gessere, sed equitibus quoque romanis qui ex
eo prfuere ibi , Atlantem pntrasse in gloria fuit.
Quinque sunt (ut diximus) romanae colonise in ea pro-
vincia, perviumque fama videri potest. $ed iJ plerumque
fallacissimum experimento deprehenditur , quia digni-
tates , quum indagare vera piget , ignorantiae pudore
mentiri non piget : haud alio fidei proniore lapsu , quam
ubi fals rei gravis auctor exsistit. Et quidem minus
miror incomperta quaedam esse equestris ordinis viris,
jam vero et senatum inde intrantibus 7 quam luxuri ,
cujus efficacissima vis sentitur atque maxima, quum
ebori citroque silv exquirantur, omnes scopiili Gaetuli
muricibus ac purptiris. *
Indigenae tamen tradunt in ora ab Sala centum quin-
quaginta mill. passuum : flumen Asanam marino haustu,
sed portu spectabile : mox amnem quem vocant Fut :
ab eo ad Dvrin (hoc enim Atlanti nomen esse eorum
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 1 1
que tous les autres mettent l'extrmit de la Mauri-
tanie.
C'est sous Claude que, pour la premire fois, les ar-
mes romaines attaqurent la Mauritanie, quand l'affran-
chi Edmon entreprit de venger Ptolme , son matre ,
mis mort par l'ordre de Caligula. Il est constant que la
retraite des barbares nous conduisit au pied de l'Atlas.
Arriver au bas de cette chane fut un titre de gloire,
non-se*iilement pour les consulaires ou les snateurs, qui
commandaient l'arme, mais pour les chevaliers romains,
qui , la suite de cet vnement , gouvernrent le pays.
La province, comme nous l'avons dit, contient cinq co-
lonies romaines, t et on pourrait croire que l'Atlas a t
travers dans tous les* sens. Mais l'exprience prouve que
ces suppositions sont trompeuses : les hommes en place,
aprs avoir nglig de faire des recherches sur la vrit ,
ne craignent point d'en imposer pour ne pas tre taxs
d'ignorance ; or, jamais on ne se laisse plus facilement aller
la confiance que quand une autorit grave nous atteste
un fait. Au reste , ce n'est point des personnages de
l'ordre questre, ,qui passent de cet ordre dans le snat,
que je m'tonne de voir Ces recherches trangres : mais
comment le luxe les nglige-t-il , lui dont l'activit si
nergique, si puissante, cherche l'ivoire et le citre dans
les forts, dans les rocs de la Gtulie les murex t les
pourpres.
Mais coutons les indignes. Sur la cte et cent
cinquante milles, se prsente Sala; l'Asana, o remonte
la mare, est pourvu d'un beau port et prcde le fleuve
Fut, situ deux cents milles du Dyris (tel est le nom
ii C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
lingua convenit) duceata mill. passuum interveniente
flumine , cui nomen est Vior. Ibi fama , exstare circa
vestigia habitati quondam soli, vinearum palmetorum-
que reliquias.
Suetonius Paulinus ( quem consulem vidimus ) primus
romanorum ducum transgressus quoque Atlantem ali-
quot millium spatio, prodidit de excelsitate quidem
ejus , quae ceteri : imas radies densis altisque repletas
silvis incognito gnre arborum , proceritatem spectabi-
lem esse enodi nitore, frondes cupressis similes, praeter-
que gravitatem odoris, tenui eas obduci lanugine : qui-
bus addita arte, posse, quales e bombyce, vestes confici.
Verticem altis, etiam state, operiri nivibus. Deeumis
se eo pervenisse castris, et ultra ad fluvium, qui Ger
vocaretur, per solitudines nigri pulveris eminentibus
interdum velut exustis cautibus , loca inbabitabilia fer-
vore , quanquam hiberno tempore , expertum. Qui
proximos inhabitent saltus, refertos elephantorum , fera-
rumque, et serpentium omni gnre, Canarios appellari.
Quippe victum ejus animalis promiscuum his esse, et
dividua ferarum viscera. Junctam .Ethiopun gentem
quos Perorsos vocant, satis constat. Juba, Ptolemaei
pater, qui primus utrique Mauritanie imperavit, stu-
dioruin claritate memorabilior etiam, quam regno, simi-
lia prodidit de Atlante : praeterque gigni ibi herbam
HISTOIRE NATURELLE , L1V. V. 1 3
de l'Atlas dans la langue des naturels du pays) : un
fleuve, nomm "Vior, traverse la route qui y mne. On
dit que l se trouvent des restes de vignes et de plants
de palmiers , indices d'anciennes habitations.
Sutone. Paulin, que nous avons vu consul j et qui,
le premier, parmi les gnraux romains , s'avana quel-
ques milles au del de l'Atlas, a parl, comme ses devan-
ciers, de la hauteur du mont. La base du mont, dit-il,
est plante de bois touffus , gigantesques , d'arbres in-
connus, levs, magnifiques, sans nuds, runissant un
feuillage semblable celui du cyprs , et une odeur
forte, un lger duvet , dont l'art pourrait aisment former
des tissus , comme de celui du bombyx. Des neiges cou-
vrent la cime, mme pendant l't. Sutone y arriva
au bout de dix jours de marche, puis alla plus loin, et
toucha les bords du fleuve Ger, aprs avoir travers des
dserts de sable noir, sems de quelques pointes de ro-
chers pour ainsi dire calcins : l chaleur, quoiqu'on ft
alors en hiver, rendait ces lieux inhabitables. Les peuples
voisins, habitent des forts peuples d'lphans, de btes
farouches, de serpens de toute espce, et s'appellent
Canariens, parce qu'ils se nourrissent communment de
la chair des chiens. Ils y joignent les entrailles des btes
sauvages , qu'ils dpcent. On sait assez que leurs voisins
sont les Ethiopiens Prorses. Juba , pre de Ptolme ,
premier roideMauritanie,etplus remarquable encore par
son savoir que par son rang, donne les mmes dtails
sur l'Atlas. Il ajoute que le pays produit une herbe nom-
me euphorbe, en mmoire du mdecin qui la dcou-
14 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
euphorbiam nomine ab inventore medico suo appella-
tam. Cujus lacteum succum miris laudibus clbrt
* in claritate visus , contraque* Serpentes , et venena om-
nia, privatira dicato volumine. Et satis superque de
Atlante. 4 + * f
i. Tingitaniae provincial longitudo clxx mill. pas-
suum est. Oentes,in ea, qudndam prascipua Maurorum,
unde nomen , quos. plerique Maurusios dixerunt. Atte-
nuata bellis ad paucas recidit familias. Proxima illi Mas-
saesylorum fuerat, sed simili modo exstincta est. Gaetulas
nunc tenent pentes , Baniurae, multoque validissimi Au-
tololes : et horum pars quondam Vesuni , qui avulsi his
propriam fecere gentem, vrsi ad iEthiopas. Ipsa pro-
vincia ab oriente montuosa, fert elephantos. In Abyla
quoque monte, et quos Septem fratres a simili altitu-
dyie appellant : ii fret'o imminent juncti Abyl. Ab his
ora interni maris. Flumen Tamuda navigabile , quon-
dam et oppidum. Flumen X^aud , et ipsum navigiorum
capax. Rusadir oppidum et portus, Malvana fluvius na-
vigabilis. / .
Sig oppidum ex adverso Malachae in Hispania sitae ,
Syphais regia , alterius jam Mauritaniae. Namque diu
regum nomina obtinuere, ut Bogudiana appellaretur
extima : itemque Bocchi, qu nunc Caesariensis. Ab ea
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. i5
vrit. Le suc laiteux qu'on en exprime est excellent soit
pour claircir la vue, soit contre la morsure du serpent
et contre tous les poisons; et Juba a compos ^exprs un
livre sur ce sujet. Mais en voil plus que suffisamment
sur l'Atlas. .
2. La Tingilane a cent sdixant-dix milles de lon-
gueur. Parmi les nations qui l'habitaient, les Maures,
qui lui ont donn leur nom, et que quelques-uns appel-
lent Maurusiens, occupaient le premier rang; mais les
guerres l'ont rduite un petit nombre de familles. Les
Masssyles venaient ensuite , mais ils se sont teints
pareillement. Le sol est aujourd'hui aux Gtules et aux
Baniures, et surtout aux puissans Autololes, puis aux
Vsunes, branche des Autololes, qui s'est dtache de
la masse de la nation pour former un peuple particulier,
et qui habite vers l'Ethiopie. Montueuse vers l'est, la pro-
vince produit des lphans. On en voit aussi au mont
Abyla et dans les montagnes que leur gale hauteur a
fait nommer les Sept-Frres ; celles-ci sont jointes
Abyla , et s'avancent dans la mer. C'est l que commence
la cote Mditerranenne. Suit le fleuve Tamude, qui est
navigable, et qui, jadis, baignait une ville de ce nom,
le Laud , qui porte aussi bateau , la ville et le port de
Rusadir, et la Malvana pareillement navigable.
Vis--vis de Malacha, en Espagne, est la ville* d
Siga, jadis rsidence de Syphax. Elle fait partie d'une
seconde Mauritanie ; car pendant long-temps on leur
donna le nom de leurs rois : et la Tingitane tait
appele Mauritanie de Bogud , comme la Csarienne
iC C. PLIMI HIST. NAT. LIB.V.
portus Magnus a spatio appellatus, civium romanorum
oppidum. Amnis Mulucha, Bocchi Massaesylorumque
finis. Quiza Xenitana peregrinorum oppidum, Arsen-
naria Latinorum, tribus millibus passuum a mari. Car-
tenna colonia Augusti, legio secunda. Item colonia
ejusdem, deducta cohorte praetoria, Gunugi. Promon-
torium Apollinis : oppidumque ibi celeberrimum Caesa-
rea, antea vocitatum loi, Jub regia, a divo Claudio
coloniae jure donata : ejsdem jussu deductis veteranis ,
Oppidum novum : et Latio dato, Tipasa. Itemque a
Vespasiano imperatore eodem munere donatum Icosion.
Colonia Augusti Rusconiae. Rusucurium civitate hono-
ratum a Claudio. Rusazus colonia Augusti. Salde colo-
nia ejusdem. Item Igilgili. Oppidum Tucca imposilum
mari , et flumini mpsagae. Intus colonia Augusta , quoe
item Succabar : item Tubusuptus. Civitates : Timici,
Tigav. Flumina : Sardabal, Aves, Nabar : gens Macu-
rebi : flumen Usar : gens Nabades. Flumen Ampsaga,
abest a Caesarea ccxxri millibus passuum. Utriusque
Mauritaniae longitudo decies triginta novem mill. Lati-
tudo quadringentorum sexaginta septem mill. pass.
*
Numidire.
'%'"
! *
II. 3. Ab Ampsaga Numidia est, Masinissae clara
nomine, Metagonitis terra a Grcis appellata : Numidae
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 17
Mauritanie de Bocchus. Plus loin se succdent Portus
Magnus , cit romaine , ainsi nomme de la gran-
deur de son port, le Mulucha, dont les eaux limitaient
les Masssyliens et le royaume de Bocchus , Quiza
Xenitana, tablissement tranger, Arsennaria, ville la-
tine trois milles de la mer; Cartenne, colonie d'Au-
guste, la seconde lgion ; Gunugi, autre colonie fon-
de par le mme , pour une cohorte prtorienne ; le
cap d'Apollon. et la clbre ville de Csare, jadis loi,
sjour de Juba, dot par Claude du droit de colonie;
Oppidum novum, que Claude fit btir par des vt-
rans; et Tipasa, qui eut les privilges du droit latin.
Vespasien accorda la mme faveur Icosium. Rusco-
nies, autre colonie d'Auguste, prcde Rusucurium,
que Claude honora du droit de cit romaine; Rusaze,
Salde, Igilgili, toutes trois colonies d'Auguste; Tucca,
l'embouchure de l'Ampsagas, dans la mer; dans les
terres, Colonia Augusta, autrement Succabar, Tubu-
supte, colonie d'Auguste; les villes de imici et de Ti-
gaves, les rivires de Sardabal, d'Aves, de Nabar; les
Macurbes, l'Usar, les Nabades. De l'Ampsagas Csa-
re, on compte deux cent vingt-deux milles. Prises en-
semble, les deux Mauritanies ont trois cent neuf milles
de long sur quatre cen^soixante-sept de large.
La Nnmidie.
IL 3. A l'Ampsagas commence la Numidie, pays c-
lbre par le nom de son roi Masinissa. Les Grecs l'ap-
rv. -2
i8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
vero Nomades a pcrmutandis pabulis , mapalia sun ,
hoc est, domus, plaustris circumferentes. Oppida :
Cullu, Rusicade, et ab eo ad quadraginta octo m pas
suum in mediterraneo colonia Cirta, Sittianoruni cogno-
raine : et alia intus Sicca : libcrumque oppidum Bulla
Regia. At in ora acatua, Hippo Regius, flumen Armua.
Oppidum Tabraca civium romanorum. Tusca fluvius,
Numidiae finis : nec prseter marmoris numidici, fera-
rumque proventum aliud insigne.
Africae.
III. 4- A Tusca, Zeugitana regio, et qu proprie
vocetur Africa , est. Tria promontoria : Candidum : mox
Apollinis , adversum Sardiniae : Mercurii , adversum
Siciliae, in altum procurrenlia , duos effciunt sinus :
Hipponensem , proximum ab oppido , quod Hipponem
dirutum vocant, Diarrhytum a Grcis dictum, propter
aquarum irrigua. Gui finitimum Theudalis immune op-
pidum, longius a litore. Dein promontorium Apollinis,
et in altero sinu Utica civium romanorum , Catonis
morte nobilis : flumen Bagrana. T,ocus , Castra Cor-
nelia : colonia Carthago magn in vestigiis Carthaginis :
colonia Maxulla. Oppida : Carpi , Misua , et liberum
Clupea in promontorio Mercurii. Item libra Curubis ,
Neapolis. Mox Africae ipsius alia distinctio. Libyph-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 19
pellent Mt.ngonitide : Numides vient de Nomades , parce
que ce peuple, changeant souvent de pturages, roule
ses mapalies, c'est--dire ses maisons', sur des chariots.
Cullu, Rusicade, sont sur la cote; quarante-huit
milles dans les terres se trouve Cirta dite Sittiana. Sieca
et la ville libre de Bulla Regia sont aussi dans l'int-
rieur. Sur la cte se suivent Tacatua, Hippo Regius,
l'Armua; Tabraque, cit romaine; et le Tusca, qui
forme la limite de la Numidie. La Numidie ne fournit
que de beaux marbres et des btes farouches.
L'Afrique.
III. 4- Au del du Tusca commencent la Zeugitane et
l'Afrique proprement dite. Trois caps qui s'avancent dans
la mer, savoir : le cap Blanc, celui d'Apollon, vis--
vis de la Sardaigne.; celui de Mercure, en face de la
Sicile, forment deux grands golfes, l'un qui prend
son nom de la ville d'Hippone , aujourd'hui dtruite ;
l'autre que les Grecs nomment Diarrhyte , cause
des eaux qui l'entrecoupent. Thcudalis, ville libre quel-
que distance de la cte , confine au dernier. A la suite
du cap d'Apollon apparaissent, mais dans l'autre golfe,
Utique, cit romaine, clbre par la mort de Caton; le
Bagrada, un lieu nomm Castra Gornelia; Carthage,
colonie, btie sur les ruines de la grande ville de ce
nom ; Mxulla, colonie; les villes de Carpi, de Misue,
et la ville libre de Clupe, sur le cap de Mercure; puis
la ville libre de Curubis et Neapolis. L commence
une nouvelle division de l'Afrique. On donne le nom
ao C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
nices vocantur, qui Byzacium incolunt. Ita appeliatur
regio ccl m pass. per circuitum, fertilitatis eximiae,
cum centesima fruge agricolis fnus reddente terra. Hic
oppida libra, Leptis, Adrumetum, Ruspina, Thapsus.
Inde Thenae, Macomades, Tacape. Sabrata contingens
Syrtim minorem, ad quam Numidiae et Africse ab
Ampsaga longitudo dlxxx mill. passuum : latitudo ,
qua cognitum est , ce mill. Ea pars , quam Africain
appellavimus , dividitur in duas' provincias , veterem et
novam, discretas fossa, inter Africanum sequentem et
reges, Thenas usque perdue ta, quod oppidum a Car-
tbagine abest ccxvi mill. passuum.
Syrtium. .
IV. Tertius sinus dividitur in geminos, duarum Syr-
tium vadoso ac reciproco mari diros. Ad proximam ,
quae minor est , a Carthagine ecc m pass. Polybius tra-
dit, ipsam centum mill. passuum aditu, ccg mill. am-
bitu. Et terra autem, siderum observatione, ad eam per
dserta arenis, perque serpentes iter est. Excipiunt
saltus repleti ferarum multitudine : et introrsus elephan-
torum solitudine n mox dserta vasta , ultraque Gara-
mantesr, ab Augylis dierum xn itinre distantes. Super
illos. fuere gens Psylli, super quos lacus Lycomedis ,
desertis circumdatus. Augyla >ipsj medio fere spatio
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 2?
de Libyphnicie au territoire de Byzacium , rgion de
deux cent cinquante milles de circuit, et d'une fertilit
rare : les crales y rendent cent pour un. Villes libres :
Leptis, Adrumte , Ru^pine , Thapse. Suivent Thnes ,
Macomade,Tacape, Sabrate, prs de la petite Syrte. En
cet endroit la Numidie et l'Afrique forment, partir
de l'Ampsagas, une ligne de cinq cent quatre -vingt
milles de long : la largeur connue est de deux cents mil-
le. Ce que nous entendons aujourd'hui par Afrique se
divise en deux provinces, la Vieille et la Nouvelle : elles
ne sont spares que par un foss creus par ordre du
second Scipion l'Africain et des princes numides , et qui
s'tend jusqu' Thnes, deux cent seize milles de Car-
tilage.
Les Syrtes.
IV. Le troisime enfoncement se divise en deux gol-
fes, dits Syrtes, dont les bancs de sable et les mares
font l'effroi des navigateurs. De Carthage au premier,
qui est le moins considrable, Polybe compte trois cents
milles. L'entre, ajoute-t-il, en est de cent milles, et le
tour de trois cents. On peut aussi y arriver par terre, mais
sans avoir d'autre guide que les astres , et < travers des
dserts de sable et des serpens. Viennent ensuite des bois
remplis de btes froces; dans les terres, des dserts
qu'habitent seuls les lphans ; plus loin , d'immenses
solitudes, et enfin les Garamantes, que douze jours de
marche sparent des Augyles. Les Psylles, puis le lac
He Lycomde, environn de dserts, suivent les Garer
n C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
locantur ab iEthiopia, qu ad occidentem vergit, el
a regione quae duas Syrtes interjacet, pari utrinque
intervalle Sed litore inter duas Syrtes, ccl m passuum.
Ibi civitas OEensis, Cinyps fluvius ac regio. Oppida :
Neapolis , Taphra , Abrotonum , Leptis altra , qu
cognominatur magna. Inde Syrtis major, circuitu dcxxv
aditu autem cccxn mill. pass. Inde adeolit gens Cisi-
padum. In intimo sinu fuit ora Lotophagon , quos qui-
dam Alachroas dixere , ad Philnorum aras : ex arena
sunt e. Ab bis non procul a continente palus vasta
amnem Tritonem nomenque ab eo accipit, Pallantias
appellata Callimacbo, et citra minorem Syrtim esse
dicta : a multis vero inter duas Syrtes. Promontorium ,
quod majorem includit, Borion appellatur. Ultra Cyre-
naica provincia.
Ad hune finem Africa a fluvio Ampsaga populos dxvf
habet , qui romano parent imperio. In his colonias vi
prter jam supradictas, Utbinam, Tuburbin. Oppida
civium romanorum xv, ex quibus in mediterraneo di-
cenda Azuritanum, Abutucense ; Aboriense, Canopi-
cum , Chilmanense , Simittuense , Thunusidense , Tu-
burnicense , Tynidrumense , Tibigense , Ucitana duo ,
majus et minus : Vageuse. Oppidum latinum unum
Usalitanum. Oppidum stipendiarium unum, Castris Cor-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 23
mantes. Les Augyles mmes sont placs peu prs
gale distance de l'Ethiopie occidentale, et du pays qui
s'tend entre les deux Syrtes : deux cent cinquante mil-
les les sparent de la cte Syrtique. L sont OEa, le
fleuve Cinyps et la rgion de ce nom; les villes de Nea-
polis, de Taphra, d'Abrotone, de Leptis seconde, dite
la Grande. La grande Syrte dveloppe ensuite sa cte
de six cent vingt-cinq milles de tour, qui laisse un pas-
sage de trois cent douze milles. Les Cisipades en bordent
les premires rives. Le fond du golfe est aux Lotopha-
ges, autrement Alachros. Ceux-ci confinent aux autels
des Philnes, qui sont construits en sable. Non Join de
l et du continent, un vaste marais, nomm par Calli-
maque Marais de Pallas, reoit d'une rivire qui s'y d-
charge, le nom de Triton. Au reste, si ce pote le sup-
pose en de de la petite Syrte, la majeure partie des au-
teurs le place entre les deux Syrtes. Le cap qui termine
la grande Syrte se nomme Borion. Au del on entre en
Cyrnaque.
De l'Ampsagas cette limite, l'Afrique nourrit cinq
cent seize peuples, sujets de Rome, dont six colonies,
savoir : Uthine, Tuburbis, et les quatre nommes plus
haut, quinze cits romaines. J'ai encore nommer dans
les terres, Azuris, Abutuca, Aborie, Canope, Chilmane,
Simittua, Thunusida, Tuburnique, Tynidrume, Tibiga,
les deux Ucis, la grande et la petite, et Vaga; une cit
latine, Usalis ; une tributaire, Castra Cornelia ; trente
villes libres, parmi lesquelles, l'intrieur , Acolis,
Acharis, Avin, Abziris, Canopis, Melzis, Matera, Sa-
laphis, Tusdris , Tiphica , Tuuica , Theuda , Tageste,
24 . C. PLINII HIST. NA. LIB. V.
neliis. Oppida libra triginta, ex quibus dicenda intus
Acolitanum , Acharitanum , Avinense , Abziritanum ,
Canopitanum, Melzitanum, Materense, Salaphitanum ,
Tusdritanum, Tipbicense , Tunicense, Theudense, Ta-
gestense , Tigense , Uiusubritanum , Vagense aliud ,
Visense, Zamense. Ex reliquo numro non civitates tan-
lum, sed pleraeque etiam nationes jure dici possunt, ut
Natabudes , Capsitani , Misulani , Sabarbares , Massyli ,
Nisives, Vamacures , Ethini, Mussini, Marchubi, et
tota Gaetulia ad flumen Nigrin , qui Africam ab iEthio-
pia dirimit.
Cyrenaidae.
V. 5. Gyrenaica, eadem Pentapolitana regio, illustra-
tur Hammonis oraculo , quod a Cyrenis abest cccc m
passuum : fonte Solis : urbibus maxime quinque, Br-
nice , Arsinoe , Ptolemaide , Apollonia , ipsa Cyrene.
Brnice in Syrtis extimo cornu est, quondam vocata
Hesperidum supradictarum , vagantibus Grciae fabulis.
Nec procul ante oppidum fluvius Letbon, lucus sa-
cer, ubi Hesperidum borti memorantur. Abest a Lepti
ccclxxv m pass. Ab ea Arsinoe , Teuchira vocitata ,
xliii m passuum. Et deinde Ptolemais , anliquo nomine
Barce, xxn m passuum. Mox xl m pass. promontorium
Phycus per Creticum niare excurrit , distans cccl m
passuum a Taenaro T^aconicae promontorio. A Creta
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 2 5
Tiga, Ulusubris, une autre Vaga, Visa, Zama. Parmi
les autres, je nommerai , mais ce sont plutt, pour la
plupart, des nations que des villes, les Natabudes , les
Capsitains , les Misulains , les Sabarbares , les Massyles ,
les Nisives, les Vamacures, les* Ethins, les Mussins, les
Marchubiens, et toute la Gtulie, jusqu'au fleuve Nigris,
qui spare l'Afrique de l'Ethiopie.
La Cyrnaque.
V. 5. La Cyrnaque ou Pentapole est clbre par
l'oracle de Jupiter Ammon, situ quatre cents milles
de Cyrne, par la Fontaine du Soleil, et surtout par ses
cinq villes, Brnice, Arsino, Ptolmas, Apollonie,
et Cyrne elle-mme. Brnice est btie sur le promon-
toire qui termine la grande Syrte, et qui jadis, lorsque
les fables grecques taient en vogue, portait le nom de
Corne des Hesprides. Non loin de cette ville est le
fleuve Lethon , et un bois sacr, autrefois, dit-on ,
jardin des Hesprides. Elle est trois cent soixante-
quinze milles de Leptis. De cette ville celle d' Arsino,
vulgairement Teuchire, on en compte quarante-trois. A
vingt-deux milles se prsente Ptolmas , antrieurement
Barc ; puis , quarante milles , le cap Phyconte, qui fait
saillie dans la mer de Crte, et qui est deux cent vingt-
26 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
vero ipsa ccxxv m. Post id Cyrene, a mari undecim
il passuum. A Phycunte Apolloniam xxiv mill. pass.
Ad Cherronesum lxxxviii mill. passuum. Unde Cata-
bathmum ccxvi mill. passuum. Adcolunt Marmaridae, a
Partouii ferme regioue ad Syrtin usque majorem por-
recti. Post eos Ararauceles , et jam in ora Syrtis Nasa-
moues, quos autea Mesammones Graeci appellavere, ab
argumento loci , medios inter arenas sitos. Cyrenaicus
ager xv m passuum latitudine a litore , arboribus ferti-
lis hbetur. Intus eodem spatio frugibus tantum : mox
triginta mill. passuum latitudine, et ccl mill. passuum
longitudine , lasere modo.
Post Nasamones, Asbyst, et Maeae vivuut. Ultra
eos Hammanientes xi dierum itinere a Syrtibus majo-
ribus ad occidentem , et ipsi quaqua versus arenis cir-
cumdati : puteos tamen baud difficiles binum ferme
cubitorum inveniunt altitudine, ibi restaguantibus Mau-
ritaniae aquis. Domos sale montibus suis exeiso, ceu
lapide, construunt. Ab bis ad Troglodytas biberni occa-
sus plaga dierum septem iter, cum quibus commercium
gemmae tantum, quam carbunculum vocamus, ex jEtbio-
pia invectae. Intervenit ad solitudines Afric , supra
minorem Syrtin dictas, versa Pbazauia, ubi gentem
Phazaniorum , urbesque Alelen et Cillabam subegimus.
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 27
cinq milles de cette le, trois cent cinquante milles du
cap Tnare en Laconie. Enfin , onze milles de la mer
est Cyrne. Du cap Phyconte Apollone , ou compte
vingt-quatre milles. Il y en a quatre - vingt - huit pour
arriver la Chersonse, deux cent seize pour aller au
Catabathme. Les Marmarides qui habitent prs de l s'-
tendent en longueur peu prs du point correspondant
Partonium jusqu' la grande Syrte; puis viennent les
Araraucles, et, sur les bords du golfe, les Nasamons,
prcdemment appels par les Grecs Msammons, parce
qu'ils demeuraient au milieu des sables. La Cyrnaque
est trs-boise le long de la cote jusqu' quinze milles
dans les terres. La culture des grains russit merveille
dans les quinze suivans; les trente derniers ne produi-
sent, sur une longueur de deux cent cinquante milles,
que du laser.
Aprs les Nasamons, se voient les Asbystes et les Ma-
ques ; plus loin, et onze journes de la grande Syrie,
vers l'ouest, les Hammaniens, qu'environnent aussi, de
toutes parts, des sables immenses : cependant on creuse
trs-aisment chez eux des puits deux coudes de pro-
fondeur : il parat que les eaux de la Mauritanie vien-
nent, par-dessous les sables, sjourner chez eux. Ils se
construisent des maisons en taillant des blocs de sel
comme nous des pierres. De l au pays des Troglodytes,
qui habitent au couchant d'hiver, et avec lesquels on
ne fait d'autre commerce que celui de la pierre prcieuse
qu'on nomme escarboucle , et qu'on tire de l'Ethiopie ,
il y a sept jours d marche. Au milieu de ces solitudes
de l'Afrique que nous avons dcrites , et place au
28 C. PLIN1I HIST. NAT. LIB. V.
Item Cydamum e regione Sabratae. Ab his nions longo
spatio in occasum ab ortu tendit, Ater nostris dictus a
natura adusto similis, aut solis repercussu accenso.
Ultra eum dserta : Matelgae oppidum Garamantum :
itemque Dbris , adfuso fonte , a medio die ad mediam
noctem aquis ferventibus, totidemque horis ad mdium
diem rigentibus : clarissimumque oppidum Garama
caput Garamantum : omnia armis romanis superata ,
et a Cornelio Balbo triumphata : uni huic omnium
externo curru et Quiritium jure donato : quippe Gadibus
genito civitas romana cum Balbo majore patruo data
est. Et hoc mirum, supradicta oppida ab eo capta,
auctores nostros prodidisse : ipsum in triumpho,'praeter
Cydamum et Garamam, omnium aliarum gentium ur-
biumque nomina ac simulacra duxisse, quae iere hoc
ordine. Tabidium oppidum, Niteris natio, Negligemela
oppidum , Bubeium natio , vel oppidum , Enipi natio ,
Thuben oppidum : mons nomine Niger : Nitibrum ,
Rapsa, oppida ; Discera natio, Dbris oppidum, flumen
Nathabur, Tapsagum oppidum, Nannagi natio, Boin
oppidum, Pege oppidum, flumen Dasipari. Mox oppida
continua, Baracum, Buluba, Alasi, Balsa, Galla, Maxala,
Zizama. Mons Gyri , in quo gemmas nasci titulus prae-
cessit. Ad Garamantas iler inexplicabile adhuc fuit ,
latronibus gentis ejus puteos (qui sunt non alte fodiendi,
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 29
dessus de la petite Syrte, est la Phazanie, qu'habite le
peuple Phazanien , et o les Romains ont soumis Alle
et Cillabe ; puis viennent Cydame , vis--vis de Sabrate, et
une longue chane de monts qui court de l'est l'ouest, et
que nous avons nomme Noire cause de sa couleur, qui
semble indiquer des monts brls par la chaleur ou par
l'ardente rverbration des rayons solaires. Au del se
trouvent des dserts qu'interrompent Matelge, ville des
Garamantes; Dbris, o jaillit une source dont les eaux
brlantes de midi minuit, sont glaciales de minuit
midi; Garama, clbre capitale des Garamantes : toutes
villes vaincues par les armes romaines , et lmens du
trionlphe de Balbus, seul tranger qui aient t ac-
cords et le char triomphal et le droit de cit romaine ;
car, n Cadix , il obtint ce dernier privilge en mme
temps que son oncle , comme lui nomm Balbus. Ce-
pendant, chose merveilleuse, des auteurs romains ont
recueilli exactement le nom de toutes ces villes con-
quises par Balbus ; et le triomphateur mme , lors de
son triomphe,, fit passer sous les yeux des Romains,
avec Cydame et Garame, les noms et les effigies de
tous les peuples et de toutes les cits vaincues par lui :
Tabidie, les Nitrides, peuple; Ngligmle, ville; Bu-
bie, nation ou ville; les Enipes, peuple ; Thuben , ville;
le mont Niger; Nitibre et Rapsa, villes; les Discres,
nation; Dbris, ville ; le Nathabur, fleuve; Tapsague,
ville; les Nannages, nation; Boin et Pge, villes; le
Dasipari, fleuve; enfin Baracum, Bulube, Alasi, Balsa,
Galla, Maxale, Zizame, villes; le mont Gyri, o, selon
l'inscription, naissent des pierres prcieuses. Le chemin
3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
si locorum notitia adsit) arenis operientibus. Proximo
bello, quod cum OEensibus gessere initiis Vcspasiani
imperatoris, compendium vise quatridui deprehensum
est. Hoc iter vocatur Prter caput saxi. Finis Cyrenai-
cus Catabathmos appellatur oppidum et vallis repente
convexa. Ad eum terminum Cyrenaica. Africa a Syrti
minore decies centena lx m passuum in longitudine pa-
tet : in latitudine, quacognitum est, dccc
* Libyse Mareotidis. *
VI. 6. Quae sequitur regio, Mareotis Libya appel-
latur , iEgypto contermina. Tenent Marmaridae , Adyr-
machidae : dein Mareotae. Mensura a Catabathmo ad
Pargetonium lxxxvi m passuum. In eo tractu vicus
Apis interest , nobilis religione ^Egypti ' locus. Ab eo
Paraetonium lxii m passuum. Inde Alexandriam ce
millia passuum : latitudo glxix est. Eratostlienes a
Cyrenis Alexandriam terrestri itinere dxxv m prodidit.
Agrippa totius Africae a mari Atlantico cum inferiorc
^Egypto xxx xl mill. passuum longitudinem. Polybius
et Eratostlienes diligentissimi existimati, ab Oceano ad
Carthaginem magnam , x mill. passuum : ab ea Cano-
picum Nili proximum ostium, xv xxvm fecerunt. Isido-
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. 3i
(jui menait chez les Garamantes fut jug impraticable,
parce que les voleurs du pays masquent, l'aide du
sable, l'ouverture des puits, que, du reste, si l'on con-
naissait bien les lieux, on creuserait sans grand tra-
vail. Dans la dernire guerre que les Romains , au com-
mencement du rgne de Vespasien, eurent contre les
habitans d'OEa, on dcouvrit une route qui abrgeait le
chemin de quatre jours, et qu'aujourd'hui on appelle
Prter caput saxi. La Cyrnaque se termine la
ville de Catabathme et une valle rapide qui s'abaisse
tout coup. L'Afrique, partir de la petite Syrte, a
mille soixante milles de long sur huit cents de largeur
connue.
* La Lybie Marotide. *
VI. 6. Le pays qui suit immdiatement se nomme
Libye Marotide, et confine a l'Egypte. I^es Marmari-
des, les Adyrrpachides, les Mrotes l'occupent. De Ca-
tabathme Partonium, on compte quatre-vingt-six
milles. Apis, lieu clbre par les souvenirs religieux de
l'Egypte, se prsente sur la route, soixante-deux milles de
Partonium. De l Alexandrie H y a deux cents milles;
la largeur est de cent soixante-neuf. Eratosthne affirme
que d'Alexandrie Cyrne, par terre, il y a cinq cent
vingt-cinq milles. Agrippa donne toute l'Afrique,
depuis la mer Atlantique, et y compris la cote de
l'Egypte infrieure, trois mille quarante milles; Polybe
et Eratosthne, si renomms pour l'exactitude, admet-
tent, de l'Ocan C'arthage^ onze Cents milles; et de
Carthage la bouche Canopique du Nil, qui est la plus
3 2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
rus a Tingi Canopum xxxv xcix mill. pass. Artemido-
rus *l mill. minus, quam Isidorus.
Insularum circa Africain.
- *
VII. 7. Insulas non ita multas complectuntur haec
.'M
maria. Clarissima est Meninx, longitudine xxv mill.
pass. latitudine xxn ab Eratosthene Lotophagitis ap-
pellata. Oppida habet duo, Meningem ab Africae latere;
et altero , Thoar : ipsa a dextro Syrtis minoris promon-
torio passibus mille quingentis sita. Ab ea centum mill.
passuum contra leevum , Cercina , cum urbe ejusdem
nominis libra, longa xxv mill. pass. lata dimidium
ejus , ubi plurimum : at. in extremo non plus quinque
mill. passuum. Huic perparva , Carthaginem versus ,
Cercinitis ponte jungitur. Ab his quinquaginta mill.
fere passuum Lopadusa, longa vi mill. passuum. Mox
Gaulos et Galata , cujus terra scorpionern , dirum ani-
mal Afric, necat. Dicun^ur et in Clupea emori, cujus
ex adverso Cosyra cum oppido. At contra Carthaginis
sinum duae ^Egimori arae , scopuli verius , quam insulae ,
inter Siciliam maxime et Sardiniam. Auctores sunt, et
lias quondam habitatas subsedisse.
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 33
voisine, quinze cent vingt-huit milles de distance. De
Tingis Canope, selon Isidore , la route est de trois
mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf milles. Artmidore
ne retranche que quarante milles de ce calcul.
Iles autour de l'Afrique.
VII. 7. Ces mers ne contiennent qu'un petit nombre
d'les. Mninx, la plus connue, a vingt-cinq milles sur
vingt-deux; Eratosthne l'appelle Lotophagitide. Il s'y
trouve deux villes, Mninx, du cot de l'Afrique, et de
l'autre Thoar. L'le mme n'est qu' un mille et demi
du cap qui termine droite la petite Syrte. A cent mil-
les, gauche, s'lve Cercine avec une ville libre de
mme nom. Elle a vingt-cinq milles de long sur moiti de
large dans sa plus grande dimension, mais vers l'extr-
mit elle n'en a plus que cinq milles. Du cot de Car-
thage, un pont unit au continent la trs-petite le de
Cercinitide. A cinquante milles environ, Lopaduse s'tend
sur une ligne de six milles. Suivent Gaulos et Galata ,
dont le sol tue le scorpion , malfaisant enfant de l'Afri-
que. On dit aussi de ces animaux qu'ils meurent Clu-
pe , vis--vis de laquelle Cosyre s'offre avec une ville de
mme nom. Vis--vis du golfe de Carthage, entre l'Afri-
que et la Sardaigne, on voit poindre sur les eaux les
deux autels d'gimore, qui sont moins des les que des
rochers. Des auteurs racontent que jadis elles eurent
des habitans , mais qu'ensuite elles s'affaissrent dans les
eaux.
IV.
3/ C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
Aversorum Africae.
VIII. 8. Interiori autem ambitu Africae ad meridiem
versus , superque Gtulos , intervenientibus desertis ,
primi omnium Libyaegyptii , deinde Leucaethiopes habi-
tant. Super eos jEthiopum gentes Nigritae, a quo dictum
est flumine : Gymnetes, Pharusii jam oceanum adtin-
gentes, et quos in Mauritaniae fine diximus, Perorsi. Ab
his omnibus vastae solitudines orientem versus usque ad
Garamantas, Augylasque et Troglodytas : verissima opi-
nione eorum, qui desertis Africae duas yEthiopias super-
ponunt, et ante omnes Homeri, qui bipertitos tradit
./Ethiopas , ad orientem occasumque versos. Nigri fluvio
eadem natura, quae Nilo : calamum, et papyrum, et
easdem gignit animantes , iisdemque temporibus auges-
cit. Oritur inter Tareleos iEthiopas , et OEcalicas. Horum
oppidum Mavin quidam solitudinibus imposuerunt,
Atlantas juxta eos, ^Egipanas semiferos, et Blemmyas,
et Gamphasantas, et Satyros, et Himantopodas. Atlantes
dgnres sunt humani ritus, si credimus. Nain neque
nominum ullorum inter eos appellatio est , et solem
orientem occidentemque dira imprecatione contuentur,
ut exitialem ipsis agrisque : neque insomnia visunt
qualia reliqui mortales. Troglodytae specus excavant.
Hae illis domus , victus serpentium carnes , stridorque ,
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 35
Les pays de l'autre ct de l'Afrique.
VIII. 8. Si nous faisons intrieurement le tour de l'A-
frique, vers le midi, et au del du pays des Gtules, que
viennent couper des dserts intermdiaires , nous trouvons
les Libygyptiens , puis les Leucthiopiens ; plus loin , les
peuplades thiopiennes, qui le fleuve ci-dessus nomm
a valu le nom de Nigrites, les Gymrites, les Pharu-
siens qui touchent l'Ocan , et les Prorses mention-
ns la fin de la description que nous avons faite de la
Mauritanie. Aprs tous ces peuples, de vastes solitudes
s'tendent vers l'est jusqu'au pays des Garamantes, des
Augyles et des Troglodytes. Ainsi ceux-l disent vrai,
qui admettent, au dessus des dserts de l'Afrique, deux
Ethiopies; et Homre surtout a t bien instruit, lors-
qu'il a plac, et l'est et l'ouest, les Ethiopiens par-
tags en deux peuples. Le Nigris offre les mmes parti-
cularits que le Nil : le calame , le papyrus , les mmes
animaux, enfin les mmes crues priodiques. Il prend
sa source entre les Ethiopiens Tarles et les Ecaliques.
Quelques auteurs placent au milieu de ces dserts
Mavis, qui est une ville du dernier de ces peuples. Vien-
draient ensuite les Atlantes, les Egipans demi-animaux,
et les Blemmyes, et les Gamphasantes, et les Satyres,
et les Himantopodes. Les Atlantes, s'il faut en croire
ces auteurs , sont une espce infrieure l'homme. Us
ne se donnent point de noms; ils font, en le regar-
dant, des imprcations contre le soleil levant, ou cou-
chant, comme s'il tait fatal et eux et la terre. Us
3.
36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
non vox : adeo sermonis commercio carent : Gara-
mantes , matrimoniorum exsortes , passim cum feminis
degunt. Augylae inferos tantum colunt. Gamphasantes
nudi, prliorumque expertes, nulli externo congre-
gantur. Blemmyis traduntur capita abesse, ore et oculis
pectori adfixis. Satyris , prter fguram , nihil moris
humani. iEgipanum, qualis vulgo pingitur, forma. Hi-
mantopodes loripedes quidam, quibus serpendo ingredi
natura est. Pharusii quondam Pers, comits fuisse
dicuntur Herculis ad Hesperidas tendentis.
9 .
Nec de Africa plura quae memorentur, occurrunt.
jEgypti et Thebaidis.
IX. 9. Adhaeret Asia, quam patere a Canopico ostio
ad Ponti ostium Timosthenes xxvi xxxix m passuum
tradidit. Ab ore autem Ponti ad os Maeotis Eratosthe-
nes xv xlv m passuum. Universam vero cum iEgypto
ad Tanain , Artemidorus et Isidorus lxiii lxxv m" pass.
Maria ejus complura ab accolis traxere nomina : quare
simul indicabuntur.
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 3 7
ne rvent point comme le reste des hommes. Les Troglo-
dytes habitent des grottes souterraines; leurs repas, dans
ces tristes demeures, ne consistent qu'en chair de ser-
pent; leur voix n'est qu'un sifflement aigu : ils ne con-
naissent point les mutuels bienfaits du langage. Les
Garamantes , trangers au mariage , s'accouplent au
hasard. Les Augyles n'adorent que les dieux infernaux.
Les Gamphasantes sont nus , ignorent ce que c'est qu'un
combat , et ne se laissent approcher d'aucun tranger.
Les Blemmyes, assure-t-on, n'ont point de ttes; leur
bouche, leurs yeux sont colls sur la poitrine. Les Sa-
tyres n'ont rien de l'homme que la figure. La forme des
Egipans est celle que l'on reprsente vulgairement. Les
Himantopodes ont pour jambes des espces de lanires
sur lesquelles ils se tranent comme en rampant. Les
Pharusiens , Perses d'origine , accompagnaient Hercule ,
lors de son expdition contre les Hesprides.
Il n'y a rien de plus dire de l'Afrique.
L'Egypte et la Thbade.
IX. 9. A cette partie du monde est jointe l'Asie, qui,
de la bouche Canopique du Nil l'entre du Pont, a,
selon Timosthne , deux mille six cent trente-neuf milles.
De celle-ci l'entre du Motide, Eratosthne en compte
seize cent quarante-cinq. Ensemble et y compris l'Egypte
jusqu'au Tanas, l'Asie, selon Artmidore et Isidore, a
six mille trois cent soixante-quinze milles. Ses nombreu-
ses mers ont pris les noms des peuples riverains. Aussi
les indiquerons-nous en mme temps que ceux-ci.
38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
Proxima Afric incolitur iEgyplus, introrsus ad meri-
diem recedens , donec a tergo praetendantur iEthiopes.
Inferiorem ejus partem Nilus, dextra laevaque divisus,
amplexu suo dtermint , Canopico ostio ab Africa , ab
Asia Pelusiaco , clxx m pass. intervalle*. Quam ob cau-
sam inter insulas quidam iEgyptum retulere, ita se fin-
dente Nilo, ut triquetram terrae figuram efEeiat. Ideo
multi graecae litterae vocabulo , Delta appellavere -fgyp-
tum. Mensura ab unitate alvei , unde se primum fndit
in latera, ad Canopicum ostium, cxlvi m, ad Pelusia-
cum cclvi m est. Summa pars , contermina iEthiopiae 7
Thebais vocatur. Dividitur in praefecturas oppidorum r
quas Nomos vocant, Ombiten, Apollopoliten, Hermon-
thiten , Thiniten , Phaturiten , Coptiten , Tentyriten ,
Diospoliten , Antaeopoliten , Aphroditopoliten , Lycopo-
liten. Quae juxta Pelusium est regio , nomos habet ,
Pharbaetiten , Bubastiten , Sethroitn , Taniten. Reliqua
autem Arabicum, Hammoniacum tendentem ad Ham-
monis Jovis oraculum , Oxyrynchiten , Leontopoliten ,
Athribiten, Cynopoliten, Hermopoliten , Xoiten, Men-
desium , Sebennyten , Cabasiten , Latopoliten , Heliopo-
liten , Prosopiten , Panopoliten , Busiriten , Onupliiten ,
Saiten, Ptenethu, Plitliemphu, Naucratiten, Meteliten,
Gynaecopoliten , Menelaiten, Alexandriae regione. Item
Libyae Mareotis : Heracleopolites est in insula Nili,
HISTOIRE NATURELLE, LIV.V. 3g
Le pays contigu l'Afrique est l'Egypte , qui s'tend
au midi, dans les terres, jusqu' ce qu'enfin elle ait
l'Ethiopie derrire elle. Sa portion infrieure est limi-
te par le Nil , qui se divise et l'enveloppe droite et
gauche. De la bouche Canopique , la plus voisine de
l'Afrique, la Plusiaque, qui regarde le Nil , on compte
cent soixante-dix milles. Aussi a-t-on quelquefois regard
l'Egypte comme une le cause de la bifurcation du
Nil , d'o rsulte un triangle. De l le nom de la lettre
grecque delta donn l'Egypte par les Grecs. Du lieu
o son lit nagure unique commence former deux
bras la bouche Canopique, il y a cent quarante-six
milles ; et la bouche Plusiaque , on en compte deux
cent cinquante-six. Le haut pays , voisin de l'Ethiopie ,
se nomme Thbade. Il se divise en prfectures que l'on
appelle nomes : ce sont ceux d'Ombos , d'Apollopolis ,
d'Hermonthis, de Thine , de Phaturis, de Copte, de
Tentyra,de Diospolis, d'Antaeopolis , d'Aphroditopolis,
de Lycopolis. Dans la contre qui environne Pluse,
sont les nomes Pharbtis, Bubastis, Sthros , Tanitis ;
les autres sont les nomes Arabique, Hammoniaque ,
sur la route du temple de Jupiter Ammon , o l'on
rencontre Oxyrynque , Lontopolis , Athribis , Cynopo-
lis , Hermopolis , Xoa , Mends , Sbennys , Cabase ,
Latopolis , Hliopolis , Prosope , Panopolis , Busiris ,
Onuphis , Sais , Ptenethu , Phthemphu , Naucratis ,
Metelis , Gyncopolis , Menelas , dans le territoire
d'Alexandrie. De mme, dans la Libye Marotide, sont
Hraclopolis, dans une le du Nil qui a cinquante milles
de longueur, et dans laquelle se voit un temple d'Her-
4o C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
longa passuum quinquaginta m , in qua et oppidum Her-
culis appellatum. Arsinoitae duo sunt : hi et Memphi-
tes, usque ad summum Delta perveniunt. Cui sunt con-
termini ex Africa duo oasitse. Quidam ex his aliqua
nomina permutant , et substituunt alios nomos , ut
Heroopoliten , Crocodilopoliten. Inter Arsinoiten autem
ac Memphiten lacus fuit, circuitu ccl m passuum : aut,
ut Mucianus tradit, ccccl m, et altitudinis quinqua-
ginta passuum , manu factus : a rege , qui fecerat ,
Mridis appellatus. Inde lxii m passuum , abest Mem-
phis , quondam arx iEgypti regum : unde ad Hammonis
oraculum xn dierum iter est. Ad scissuram autem Nili ,
quod appellavimus Delta , xv m passuum.
Nili.
X. Nilus incertis ortus fontibus, it per dserta et
ardentia : et immenso longitudinis spatio ambulans,
famaque tantum inermi quaesitu cognitus , sine bellis ,
quae ceteras omnes terras invenere. Originem (ut Juba
rex potuit exquirere) in monte inferioris Mauritanie,
non proculOceano habet, lacu protinus stagnante, quem
vocant Nilidem. Ibi pisces reperiuntur alabetae, coracini,
siluri. Crocodilus quoque inde ob argumentum hoc
Caesareae in Iseo dicatus ab eo spectatur hodie. Praeterea
observatum est, prout in Mauritania nives imbresve
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. /,i
cule, deux nomes arsinotes, et celui de Memphis, qui
touche l'origine du Delta, et que limitent, cot de
l'Afrique, deux oasis. Quelques auteurs remplacent ces
noms par d'autres , et citent d'autres nomes , tels qu'H-
roopolis et Crocodilopolis. Entre Arsino et Memphis
s'tend un lac de deux cent cinquante, ou, selon Mu-
cien , de quatre cent cinquante milles de tour. Sa pro-
fondeur est de cinquante pas. Il a t creus par la
main de l'homme ; le roi sous lequel il fut excut , lui
donna son nom de Mris. A soixante-deux milles de l
est Memphis, jadis capitale et sjour des rois d'Egypte,
qui est douze journes du temple d'Ammon , et a
quinze milles de l'endroit o le Nil se divise en deux
hranches.
Le Nil.
X. Le Nil jaillit de sources inconnues et court d'a-
bord dans des solitudes brlantes, o il se dveloppe en
longs et immenses replis, que nous a rvls une renom-
me pacifique et trangre au bruit des armes qui ont
fait la dcouverte des autres contres. Son origine, au-
tant que le roi Juba a pu le savoir par ses recherches ,
est dans une montagne de la Mauritanie infrieure,
non loin de l'Ocan, dans un lac marcageux que l'on
nomme Nilide. L , on trouve en fait de poissons des
alabtes, des coracins, des silures. On voit mme, C-
sare, comme pour attester que l est la source du Nil,
un crocodile consacr dans le temple d'Isis. De plus ,
4a C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
satiaverint , ita Nilum increscere. Ex hoc lacu profusus
indignatur fluere per arenosa et squalentia, conditque
se aliquot dierum itinere. Mox alio lacu majore, in
Caesariensis Mauritanie gente Massaesylum erumpit ,
et hominum ccetus veluti circumspicit , iisdem anima-
lium argumentis : iterum arenis receptus condilur rur-
sus xx dierum desertis ad proximos iEthiopas : atque
ubi iterum senserit hominem , prosilit , fonte ( ut veri-
simile est ) illo quem Nigrin vocavere. Inde Africain
ab iEthiopia dispescens , etiamsi non protinus populis ,
feris tamen et belluis frequens , silvarumque opifex ,
medios iEthiopas secat, cognominatus Astapus , quod
illarum gentium lingua significat aquam e tenebris pro-
fluentem. Insulas ita innumeras spargit, quasdamque
tam vastae mgnitudinis , ut quanquam rapida celeri-
tate, tamen dierum quinque cursu non breviore trans-
volet : circa clarissimam earum Meroen, Astabores laevo
alveo dictus , hoc est , ramus aquae venientis e tene-
bris : dextro vero Astusapes, quod latentis significatio-
nem adjicit : nec ante Nilus, quam se totum aquis con-
cordibus rursus junxit : sic quoque etiamnum Siris, ut
ante, nominatus per aliquot millia, et in totum Homero
jEgyptus, aliisque Triton : subinde insulis impactus,
totidem incitatus irritamentis : postremo inclusus mon-
tibus, nec aliunde torrentior , vectus aquis properan-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 43
ou a observ que les crues du Nil sont en proportion
des pluies ou des neiges qui inondent la Maurita-
nie. Indign, au sortir de ce lac, de couler dans des
lieux horribles et sur des plaines de sable, il se cache
sous terre l'espace de plusieurs journes de chemin.
Bientt il reparat dans la Mauritanie Csarienne,
chez les Masssyles, s'lance d'un lac plus considrable
que le premier, offrant pour preuve d'identit les mmes
animaux, et examine en quelque sorte la civilisation de
ces nouveaux lieux , se cache encore sous les sables
l'espace de vingt journes de marche, jusqu' ce qu'il
atteigne la plus voisine des deux Ethiopies; l, sen-
tant qu'habitent des hommes , il jaillit probablement
de la source que l'on appelle Nigris; puis, servant de
limite entre l'Afrique et l'Ethiopie, peupl , sinon de
nations nombreuses, du moins d'animaux sauvages, de
btes farouches , et par d'immenses forts , il coupe en
deux l'Ethiopie sous le nom d'Astape , qui, dans la
langue de ce pays , veut dire eau tombant des tnbres. Il
forme aussi une innombrable quantit d'les , dont quel-
ques-unes sont si grandes , que ses eaux , malgr la rapi-
dit de leur lan , ne mettent pas moins de cinq jours
en achever le tour. Mro, la plus connue, est forme
gauche par l'Astaboras, c'est--dire bras d'eau qui vient
des tnbres; et droite, par l'Astusapes, ou bras d'eau
cache. Le nom de Nil ne lui est donn que lorsqu'il a
runi la masse totale de ses eaux. C'est ainsi que, pen-
dant quelques milles, il porte, encore aujourd'hui comme
autrefois , celui de Siris , et qu'Homre l'appelle dans
tout son cours Egyptus, d'autres Triton pendant tout le
44 C. PLINII HIST. NA. LIB. V.
tibus ad locum iEthiopum, qui Catadupi vocantur,
novissimo catarracte inter occursantes scopulos non
fluere immenso fragore creditur, sed ruere. Postea lenis
et confractis aquis, domitaque violentia, aliquid et spa-
tio fessus, multis quamvis faucibus in iEgyptium mare
se evomit. Certis tamen diebus auctu magno per totam
spatiatus iEgyptum , fecundus innatat terrae.
Causas hujus incrementi varias prodidere : sed maxime
probabiles, Etesiarum eo tempore ex adverso flantium
repercussum, ultra in ora acto mari : aut imbres
jEthiopiae aestivos , iisdem Etesiis nubila illo ferentibus
e reliquo orbe. Timus mathematicus occultam protulit
rationem : Phialam appellari fontem ejus, mergique
in cuniculos ipsum amnem , vapore anhelantem fumi-
di cautibus ubi conditur. Verum sole per eos dies
cominus facto , extrahi ardoris vi , et suspensum abun-
dare, ac ne devoretur , abscondi. Id evenire a Canis
ortu, per introitum solis in Leonem, contra perpendi-
culum fontis sidre stante, quum in eo tractu absu-
niantur umbrae. Plerisque e diverso opinatis largiorem
fluere , ad septemtrionem sole discedente , quod in
Cancro et Leone evenit, ideoque tune minus siccari.
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. /,5
cours qu'il fournit en Egypte. Ensuite , des les embar-
rassent son cours, ds obstacles excitent son imptuo-
sit , des montagnes le cernent : alors , plus violent que
jamais , il roule ses eaux rapides vers le lieu de l'Ethiopie
nomm Cataracte , et descendant , par une dernire
chute , au milieu de rochers rebelles , il jette plutt
qu'il n'panche ses flots. Mais ensuite paisible, assoupli,
mettant un frein sa violence, et comme fatigu du
long chemin qu'il a parcouru , quoique divis en nom-
breuses embouchures , il s'lance dans la mer d'Egypte.
De plus , il dborde une poque fixe , et promne sur
l'Egypte entire ses eaux cratrices de la fcondit.
On varie sur les causes de cette crue. Les plus plau-
sibles sont , ou l'arrive des vents tsiens qui , cette
poque, soufflent l'opposite du fleuve, et repoussent
les eaux de la mer dans l'embouchure; ou les pluies qui
tombent l't en Ethiopie, par suite des nuages que ces
vents y apportent d'une autre contre. Time le ma-
thmaticien a imagin une thorie plus mystrieuse. A
l'entendre , le Nil , sorti d'une source qu'il nomme
Phiala, coulerait dans un lit souterrain, exhalant des
vapeurs brlantes autour de ces roches fumantes sous
lesquelles il se cache ; mais quand arrive le temps o le
soleil approche de la terre, l'nergie des rayons attire le
fleuve qui, en quelque sorte suspendu dans l'air, d-
borde, puis se cache, pour ne pas tre compltement
dvor. Or, ceci a lieu au lever du Chien, lors de l'en-
tre du soleil dans le Lion , et lorsque , perpendicu-
laire la source du fleuve, il ne produit aucune ombre
dans ces climats. La plupart , au contraire , pensent
46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
Rursusin Capricornum et austrinum polum reverso sor-
beri : et ob id parcius fluere. Sed Timaeo si quis extrahi
posse credat , umbrarum defectus iis diebus et locis sine
fine adest.
Incipit crescere luna nova, quaeeumque post solsti-
tium est , sensim modiceque Cancrum sole transeunte ,
abundantissime autem Leonem. Et residit in Virgine,
iisdem, quibus adcrevit, modis. In totum autem revo-
catur intra ripas in Libra , ut tradit Herodotus , cente-
simo die. Quum crescit, reges aut praefectos navigare eo,
nefas judicatum est. Auctus per puteos mensurae notis
deprehenduntur. Justum inerementum est cubitorum xvi.
Minores aquae non omnia rigant : ampliores detinent,
tardius recedendo. Hae serendi tempora absumunt solo
madente : illae non dant sitiente. Utrumque reputat
provincia. In duodecim cubitis famem sentit, in tre-
decim etiamnum esurit : quatuordecim cubita hilarita-
tem adferunt : quindecim securitatem : sedecim delicias.
Maximum inerementum ad hoc aevi fuit cubitorum de-
cem et octo , Claudio principe : minimum quinque ,
Pharsalico bello , veluti necem Magni prodigio quodam
fin mine aversanle. Quum stetere aquae, apertis molibus
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 47
que le Nil roule des flots plus abondans lorsque le soleil
s'carte vers le nord ; ce qui a lieu dans le Cancer et
dans le Lion , et qu'alors le fleuve ne peut diminuer ;
tandis qu'au retour du soleil dans le Capricorne et vers
le ple austral , les flots sont pomps par cet astre ; ce
qui les rend moins abondans. Mais un fait rfute le sys-
tme de l'attraction de Time : c'est que l'ombre est jus-
tement nulle cette poque et dans ce lieu tout le temps
que dure la crue.
Le fleuve commence monter la nouvelle lune qui
suit le solstice, quelle qu'elle soit; il prend des accroisse-
mens modrs et successifs quand le soleil parcourt l'Ecre-
visse ; il est son maximum de hauteur, lorsque l'astre
atteint le Lion. Il redescend ensuite pendant la pr-
sence de la Vierge, comme il avait mont, et coule dans
ses anciennes rives, sous la Balance, cent jours aprs les
avoir quittes, comme le dit Hrodote. Pour les rois et
les grands, c'est un sacrilge de naviguer sur ce fleuve
pendant sa crue. Des puits avec des marques indiquent
les varits de la crue ; la hauteur dsirable est de
seize coudes. Trop faible, elle n'arrose pas toutes les
terres; trop forte, elle les occupe trop long-temps,
et retarde les produits. Dans ce cas , le temps qu'il
faut pour scher le sol humide absorbe l'poque des
semailles ; dans le premier, comment ensemencer un
sol aride? L'Egypte tient compte de tous deux. A douze
coudes , famine ; treize, gne; quatorze, un sou-
rire ; quinze, scurit parfaite; seize, transports,
ivresse gnrale. La crue la plus considrable de l'po-
que contemporaine est celle qui eut lieu sous Claude :
/,8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
admittuntur. Ut quaeque liberata est terra, seritur. Idem
amnis unus omnium nullas exspirat auras.
Ditionis vEgypti esse incipit a fine iEthiopiae Syene :
ita vocatur peninsula mille passuum ambitu, in qua
Castra sunt , latere Arabi : et ex. adverso insula iv
Philae, dc m passuum a Nili fissura, unde appellari
diximus Delta. Hoc spatium edidit Artemidorus, et in
eo ccl oppida fuisse. Juba cccc m passuum. Aristo-
creon ab Elepbanlide ad mare dccl m pass. Elephantis
insula intra novissimum catarracten iv m passuum, et
supra Syenen xvi m habitatur, navigationis iEgyptiae
finis, ab Alexandria dlxxx m pass. In tantum erravere
suprascripti. Ibi iEthiopic conveniunt naves. Namque
eas plicatiles humeris transferunt, quoties ad catarractas
ventum est.
* Urbium in ^Egypto *.
XI. YEgyptus super ceteram antiquitatis gloriam xx
m urbium sibi , Amase rgnante , babitata praefert : nunc
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 49
elle fut de dix-huit eoudes. La plus faible fut de cinq,
et eut lieu dans la guerre de Pharsale. On et dit que
le fleuve , par un miracle , voulait prouver son horreur
pour le meurtre du grand Pompe. Quand les eaux s'ar-
rtent, on ouvre les canaux pour en faciliter l'coule-
ment. On ensemence le terrain mesure que les eaux
l'abandonnent. De tous les fleuves, le Nil est le seul qui
n'exhale point de vapeurs.
Le Nil ne commence couler sous la domination
gyptienne qu' Syne, limite de l'Egypte et de l'Ethio-
pie. C'est une pninsule d'un mille de circonfrence , et
o , du ct qui regarde l'Arabie, se voit Castra. En face
est l'le de Phil , qui a quatre milles de circuit , et qui
est six cents milles de la bifurcation du Nil , qui a valu
au pays le nom de Delta. Tel est le calcul d'Artmidore ,
qui, de plus, y met deux cent cinquante villes. Juba va-
lue la distance quatre cents milles. Selon Aristocron,
d'lphantis la mer il y aurait sept cent cinquante
milles. Mais Elphantis, cette le situe quatre milles
en de de la dernire cataracte, seize milles au del de
Syne, Elphantis, terme de la navigation gyptienne,
est cinq cent quatre-vingts mille d'Alexandrie. Tant
les auteurs prcits se sont laisss abuser ! C'est le ren-
dez-vous gnral des barques thiopiennes : pliantes et
lgres, les bateliers les transportent sur leurs paules,
ds qu'ils sont arrivs aux cataractes.
* Les Tilles de l'Egypte *.
XI. L'Egypte, outre son antiquit immmoriale, se
vante d'avoir possd vingt mille villes sous le rgne
iv. t\
5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
qupque multis , etiamsi ignobilibus , frequens. Celebra-
tur tamen Apollinis : mox Leucothe : Diospolis magna,
eadem Tbebe portarum centum nobilis fama : Coptos
Indicarum Arabicarumque mercium Nilo proximum em-
porium. MoxVeneris oppidum, et iterum Jovis, ac Ten-
tyris : infra quod Abydus , Memnonis regia , et Osiris
emplo inclytum , vu m d passuum in Libyam tremotum
a flumine. Dein Ptolemais , et Panopolis , ac Veneris
iterum. Et in Libyco Lycon , ubi montes fniunt Thebai-
dem. Ab iis oppida Mercurii f * Alabastron , Canum , et
supra dictum Herculis. Deinde Arsinoe, et jam dicta
Mempbis : inter quam et Arsinoiten nomon , in Libyco,
turres , quae pyramides vocantur : Labyrintbus in Mridis
lacu nullo additoligno exdificatus : et oppidum Crialon.
Unum prseterea intus et Arabiae conterminum claritatis
magnae, Solis oppidum.
10. Sed jure laudetur in litore iEgyptii maris Alexan-
dria, a Magno Alexandro condita, in Africae parte, ab
ostio Canopico xu mill. passuum juxta Mareotim lacum,
qui locus antea Rhacotes nominabatur. Metatus est eam
Dinochares architectus pluribus modis memorabili inge-
nio , xv m passuum laxitate insessa , ad effigiem Maee-
donicae chlamydis orbe gyrato laciniosam, dextra lvaque
anguloso procursu : jam tum tamen quinta situs parte
regiae dicata.
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 5i
d'Amasis. De nos jours mme, on en voit encore beau-
coup, quoiqu'elles soient pour la plupart moins renom-
mes. On distingue cependant Apollinopolis, Leucothe,
Diospolis la Grande, autrement Thbes , si clbre par
ses cent portes; Coptos, prs du Nil, entrept de toutes
les marchandises de l'Arabie et de l'Inde; puis Aphrodi-
topolis, Diospolis , Tentyris ; au dessous, Abydos , clbre
par le palais de Memnon et le temple d'Osiris, Ptolmas,
Panopolis, une autre Aphroditopolis ; et dans la Libye
gyptienne, Lycopolis, prs de laquelle une chane de
monts limite la Thbade. Suivent Hermopolis, Alabas-
tropolis, Cynopolis, et la ville d'Hercule dj nomme,
Arsino , Memphis , mentionne pareillement ( entre
celle-ci et le nome Arsinote, dans la Libye, se voient
les tours dites Pyramides, et le labyrinthe du lac Mris,
dans la construction duquel il n'est point entr de bois).
L'Egypte nous prsente encore Criale ; l'intrieur ,
quoique prs des limites de l'Arabie , la clbre Hlio-
polis.
10. Sur la cte s'lve Alexandrie, clbre juste ti-
tre. Elle doit son nom Alexandre , qui la btit dans la
partie africaine de l'Egypte , douze milles de la bou-
che Canopique du Nil, prs du lac Marotis, sur le lieu
antrieurement appel Rhacots. L'architecte Dino-
chare, homme de gnie plus d'un gard, en traa le
plan , et lui donna la forme circulaire d'une chlamyde
macdonienne , dont il imita jusqu' la saillie anguleuse
de droite et de gauche : ds l'origine, la surface du ter-
rain fut de quinze milles, et un cinquime fut destin aux
palais.
4-
5a C. PL1MI HIST. NAT. L1B. V.
Mareotis lacus a meridiana urbis parte , euripo e
Canopico ostio mittitur mediterraneo commercio, insu-
las quoque plures amplexus, triginta mill. passuum tra-
jectu , cl ambitu , ut tradit Claudius Caesar. Alii sch-
nos in longitudinem patere xl faciunt , schnumque
stadia triginta : ita fieri longitudinis cl mill. pass. tan-
tumdem et latitudinis.
Sunt in honore et intra decursus Nili multa oppida ,
praecipue quae nomina dedere ostiis , non omnibus ( xn
enim reperiuntur, superque quatuor, quae ipsi falsa
ora appellant), sed celeberrimis septem, proximo Alexan-
driae Canopico , deinde Bolbitino , Sebennytico , Phat-
nitico , Mendesico , Tanitico , ultimoque Pelusiaco. Prae-
terea Butos , Pharbaethos , Leontopolis , Athribis , Isidis
oppidum , Busiris , Cynopolis , Aphrodites , Sais , Nau-
cratis : unde ostium quidam Naucraticum nommant ,
quod alii Heracleoticum , Canopico, cui proximum est,
praeferentes.
Arabise, quae est ad mare jEgyptium.
XII. il. Ultra Pelusiacum Arabia est, ad Rubrum
mare pertinens , et odoriferam illam , ac divitem et Beatae
cognomine inclytam. Hc Catabanum et Esbonitarum ,
et Scenitarum Arabum vocatur, sterilis, praeterquam
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 53
Ijc lac Marotis, au sud de la ville, est form par un
curipe qui , de la bouche Canopique , le conduit la
Mditerrane. Il embrasse plusieurs les dans son sein,
et facilite beaucoup le commerce. Selon Claude l'empe-
reur, sa largeur est de trente milles, sa circonfrence
de cinquante. Quelques-uns lui donnent quarante schnes
de longueur (le schne quivaut trente stades); dans
ce cas, l'tendue du lac serait de cent cinquante milles,
tant en long qu'en large.
Les bouches du Nil enferment encore nombre de
villes clbres, notamment celles qui ont donn leur
nom , je ne dis pas toutes ces bouches (car on en compte
douze, et, de plus, quatre, qui ont le surnom de fausses
embouchures) , mais aux sept les plus clbres. Ce sont
celles de Canope (la plus voisine d'Alexandrie), de Bol-
bite, de Sebennys, de Phatne, de Mends, deTaniset de
Pluse, qui est la dernire. Les autres villes sont Bute,
Pharbthe,Lontopolis, Athribis, la ville d'Isis, Busiris,
Cynopolis, Aphroditopolis , Sais, Naucratis, dont quel-
ques-uns ont nomm la rivire bouche Naucratique, la
prfrant la Canopique, qui en est voisine. Quelques-
uns l'appellent encore Hraclotique.
Les ctes de l' Arabie situes le long de la mer d'Egypte.
XII. il. Pass Pluse commence l'Arabie, qui s'tend
vers la mer Rouge, et va rejoindre cette Arabie, si riche
en parfums , si opulente , si clbre par l'pithte d'Heu-
reuse. Celle dont il est question ici contient d'abord les
Calabanes, les Esboniles, les Arabes Scnites. Strile
54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
ubi Syriae coufinia adtingit, nec nisi Casio monte nobi-
lis. His Arabes junguntur, ab oriente Canchlei, e meri-
die Cedrei, qui deinde ambo Nabataeis. Heroopoliticus
vocatur, alterque iElaniticus sinus Rubri maris in iEgyp-
tum vergentis, cl mill. pass. intervallo inter duo oppida,
iElana, et in nostro mari Gazam. Agrippa a Pelusio
Arsinoen Rubri maris oppidum , per dserta cxxv m pas-
suum tradit : tam parvo distat ibi tanta rerum naturae
diversitas.
Syriae.
XIII. 12. Juxta Syria litus occupt, quondam terra-
rum maxima, et pluribus distincta nominibus. Namque
Palsestina vocabatur , qua contingit Arabas , et Judaea ,
et Cle, dein Phnice : et qua recedit intus, Dama-
scena : ac magis etiamnum meridiana, Babylonia. Et
eadem Mesopotamia inter Enphratem et Tigrin : qua-
que transit Taurum, Sophene : citra vero etiam Com-
magene. Et ultra Armeniam, Adiabene, Assyria ante
dicta : et ubi Ciliciam adtingit, Antiochia. Longitudo
ejus inter Ciliciam et Arabiam, cccclxx m passuum est.
Latitudo a Seleucia Pieria, ad oppidum in Eupbrate
Zeugma, clxxv m passuum. Qui subtilius dividunt,
circumfundi Syria Phnicen volunt : et esse oram ma-
ritimam Syriae : cujus pars sit Idumaea et Juda , deinde
Phnice, deinde Syria. Id quod praejacet mare totum,
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 55
partout, except aux confins de la Syrie, elle n'a de re-
marquable que le mont Casius. Ensuite paraissent l'est
les Canchlens , au sud les Gdrens , qui confinent les
uns et les autres aux Nabatens. La mer Rouge s'allonge
vers l'Egypte en deux golfes , l'Hroopolite et l'Elanite.
D'Elana Gaza, sur notre mer, il y a cent cinquante
milles. Selon Agrippa, de Pelusium Arsino, sur la
mer Rouge, en traversant les dserts, il y a cent vingt-
cinq milles : quelle faible distance entre deux natures
si diffrentes !
La Syrie.
XIII. 12. A cot de l'Arabie, s'tend, le long de la
cte, la Syrie, jadis pays immense et divis en plusieurs
provinces. La partie la plus voisine de l'Arabie a t
appele Palestine, Jude, Clsyrie, Phnicie : l'intrieur
se nommait Damascne ; plus au sud, c'tait la Babylo-
nie : entre l'Euplirate et le Tigre, la Msopotamie; au
del du Taurus, la Sophne; eu de, la Comagne;
plus loin , l'Armnie , l'Adiabne , l'Assyrie , dj nom-
me ; et, prs'des bornes de la Cilicie, l'Antiochide. Sa
longueur, de la Cilicie l'Arabie, est de quatre cent
soixante-dix milles sur cent soixante -quinze de large,
distance de Sleucie Pieria Zeugma , sur l'Euphrate.
Quelques auteurs, plus minutieux dans la division des
pays, font de la Syrie la ceinture de la Phnicie, et de
celle-ci la cte de la Syrie; cette cte se diviserait en
Idume, Jude, Phnicie, Syrie. Toute l'tendue de
mer qui la baigne s'appelle mer Phnicienne. Le peu-
ple phnicien jouit d'une haute clbrit, comme ayant
56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
Phnicium appellatur. Ipsa gens Phnieum in magna
gloria litterarum inventionis, et siderum, navaliumque ac
bellicarum artium.
Idumaeae , Palaestinae , Samariae.
XIV. A Pelusio Chabriae castra, Casius mons, delu-
brum Jovis Casii, tumulus Magni Pompeii. Ostracine
Arabia finitur, a Pelusio lxv mill. passuum.
1 3. Mox Idumsea incipit , et Palaestina , ab emersu
Sirbonis lacus, quem quidam cl m passuum circuitu
tradidere : Herodotus Casio monti adplicuit : nunc est
palus modica. Oppida : Rhinocolura, et intus Raphea :
Gaza, et intus Anthedon : mons Argaris. Regio per oram
Samaria. Oppidum Ascalo liberum, Azotus : Jamnese
duae, altra intus. Joppe Phnieum, antiquior terrarum
inundatione, ut ferunt. Insidet collem praejacente saxo,
in quo vinculorum Andromdes vestigia ostendunt. Coli-
tur illic fabulosa Ceto. Inde Apollonia : Stratonis tur-
ris, eadem Caesarea, ab Herode rege condita : nunc
colonia prima Flavia, a Vespasiano imperatore deducta.
Finis Palstines centum octoginta novem millibus pas-
suum , a confinio Arabise : deinde Phnice. Intus autem
Samariae oppida : Neapolis , quod antea Mamortha dice-
batur : Sebaste in monte , et altiore Gamala.
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. 5 7
invent l'alphabet, l'astronomie, la navigation et l'art
militaire.
LTdume , la Palestine , la Samarie.
XIV. Aprs Pluse, on rencontre Chabri Castra, le
mont Casius, un temple de Jupiter Casius, le tombeau
du grand Pompe; et Ostracine, borne de l'Arabie,
soixante-cinq milles de Pluse.
i3. Bientt commencent l'Idume et la Palestine,
l'mersion du lac Sirbonide , dont Hrodote fait un ap-
pendice du mont Casius, et qui, prsent par quelques
auteurs comme ayant cent cinquante milles de tour,
n'est plus maintenant qu'un marais de mdiocre gran-
deur. Lieux principaux : Rhinocolure, et dans les terres,
Raphe ; Gaza , sur la cte ; Anthdon , dans les terres ;
le mont Argaris; la Samarie, le long de la cte, Ascalon,
ville libre ; Azote ; les deux Jamnes , dont l'une dans les
terres; Jopp, ville phnicienne, antrieure, dit-on, au
dluge , et situe sur une colline en face d'un roc isol en
mer, o l'on montre les traces des chanes d'Andromde
( elle est clbre par le culte de la fabuleuse Cto ) ;
Apollonie , la tour de Straton , autrement Csare , fon-
de par Hrode , et nomme aujourd'hui Flavia colonia
prima , du nom de Vespasien , qui y a envoy une colo-
nie. De sa limite aux bornes de l'Arabie, il y a cent
quatre-vingt-neuf milles. La Phnicie commence ensuite.
Dans l'intrieur de la Samarie sont les villes de Nea-
polis, primitivement Mamortha; de Sbaste, sur une
colline; et de Gamala , sur une montagne.
58 C. PL1NII HIST. NAT. LIB. V.
Judaeae.
XV. i4- Supra Idumaeam et Samariam Judaea longe
Iateque funditur. Pars ejus Syri juncta, Galilaea voca-
tur : Arabise vero et iEgypto proxima Peraea, asperis
dispersa montibus, et a ceteris Judaeis Jordane amne
discreta. Reliqua Judaea dividitur in toparchias decem ,
quo dicemus ordine : Hierieuntem palmetis consitam,
fontibus irriguam : Emmaum, Lyddam, Joppicam, Acra-
batenam, Gophniticam , Thamniticam , Bethleptephenen ,
Orinen , in qua fuere Hierosolyma , longe clarissima
urbium orientis, non Judaeae modo : Herodium cum op-
pido illustri ejusdem nominis.
i5. Jordanis amnis oritur e fonte Paneade, qui co-
gnomen ddit Caesareae, de qua dicemus : amnis am-
nus , et quatenus locorum situs patitur , ambitiosus ,
accolisque se praebens , velut invitus Asphaltiten lacum
dirum natura petit, a quo postremo ebibitur, aquasque
laudatas perdit pestilentibus mixtas. Ergo ubi prima
convallium fuit occasio, in lacum se fundit, quem plures
Genesaram vocant, xvi mill. passuum longitudinis , vi
mill. latitudinis, amnis circumseptum oppidis : ab
oriente , Juliade , et Hippo : a meridie , Tarichea , quo
nomine aliqui et lacum appellant : ab occidente Tibe-
riade, aquis calidis salubn.
HISTOIRE NATURELLE, LIV.V. 5 9
La Jude.
XV. 1 1\. Au dessus de l'Idume et de la Samarie s'-
tend, en long et en large, la Jude. La partie voisine
de la Syrie se nomme Galile ; celle qui confine
l'Egypte et l'Arabie , est la Pere : des monts escar-
ps la hrissent, et le Jourdain la spare du reste de la
Jude , qui se divise en dix toparchies , dans l'ordre
suivant : Jricho, qui a des bois de palmiers, et qu'ar-
rosent des fontaines ; Emmas, Lydda, Jopp , Acrabate,
Gophnis , Thamnis , Bethleptephne Orine ( dans celle-ci
tait Jrusalem , la plus clbre ville , non-seulement de
la Jude , mais de l'Orient) , et Herodium , avec une ville
illustre de mme nom.
i5. Le Jourdain sort de la fontaine Panade, qui a
donn son nom une Csare dont nous parlerons. Ce
beau fleuve, qui se replie sur lui-mme autant que le
permet la nature des lieux, et se prte ainsi aux vux
des habitans, se dirige comme malgr lui vers l'horrible
lac Asphaltite, qui l'engloutit enfin, et qui vicie ses no-
bles eaux en les confondant avec son onde pestilentielle.
A la premire pente que lui offre le bassin des valles ,
il se jette dans un lac appel par quelques auteurs
Genesara, qui a seize milles de long sur six de large, et
qu'entourent de belles villes, Juliade et Hippo, l'est;
au sud, Tariche, nom que quelques auteurs donnent
au lac mme; et, l'ouest, Tibriade, dont les eaux
thermales sont bonnes pour la sant.
6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
16. Asphaltites nihil praeter bitumen gignit : unde
et nomen. Nullum corpus animalium recipit : tauri came-
lique fluitant. Inde fama, nihil in eo mergi. Longitu-
dine excedit centum m passuum, latitudine maxima xxv
implet, minima sex. Prospicit eum ab oriente Arabia
Nomadum , a meridie Machaerus , secunda quondam arx
Judaeae, ab Hierosolymis. Eodem latere est calidus fons
medicse salubritatis Callirrhoe, aquarum gloriam ipso
nomine praeferens.
17. b occidente litora Esseni fugiunt, usque qua
nocent : gens sola , et in toto orbe praeter ceteras mira r
sine ulla femina, omni Venere abdicata, sine pecunia,
socia palmarum. In diem ex aequo convenarum turba
renascitur, large frequentantibus , quos vita fessos ad
mores eorum fortune fluctus agitt. Ita per saeculorum
millia ( incredibile dictu ) gens aeterna est , in qua nemo
nascitur. Tarn fecunda illis aliorum vitae pnitentia est.
Infra hos Engadda oppidum fuit, secundum ab Hiero-
solymis fertilitate, palmetorumque nemoribus : nunc
alterum bustum. Inde Masada castellum in rupe, et
ipsum haud procul Asphaltite. Et hactenus Juda est.
* Decapoleos *.
XVI. 18. Jungitur ei latere Syriae Decapolitana re-
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. Gi
16. L'Asphaltite ne produit que du bitume, d'o son
nom. Il repousse tout corps vivant; les taureaux, les
chameaux y surnagent : aussi assure-t-on que rien ne
va fond. Il est long de plus de cent milles , large de
vingt-cinq dans sa plus grande dimension, de six dans
ses plus petites. De ses bords, on voit, l'est, l'Arabie
des Nomades ; au sud , Machronte , jadis la plus forte
place de la Jude aprs Jrusalem. Du mme ct est
la source thermale de Callirho , connue par ses vertus
mdicinales, et dont le nom indique assez la clbrit
de ses eaux.
17. l'ouest, mais bien loin du rivage exhalaisons
pestilentielles , les Essniens , miracle unique dans l'uni-
vers , vivent seuls , sans femmes , sans volupts , sans
argent , et n'ont de socit que celle des palmiers. Sans
cesse leur troupe s'augmente de recrues trangres trs-
nombreuses : agits par les flots de la fortune, et las
enfin , mille affligs viennent eux ; et ainsi ( chose
tonnante ! ) un peuple , o personne ne nat , subsiste
pendant des milliers de sicles. Tant le dgot de la vie
est pour eux une source fconde de population ! Au
dessous des Essniens tait Engadda , la premire aprs
Jrusalem pour la fertilit et ses bois de palmiers ; mais
Engadda, comme Jrusalem, n'est plus qu'un monceau
de cendres. On voit ensuite le fort Masada sur un ro-
cher, non loin du lac Asphaltite. L finit la Jude.
* La Dcapole *.
XVI. 18. Du cot de la Syrie vient alors la Dcapo-
Ga C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
gio, a numro oppidorum, in quo non omnes eadem
observant. Plurimi tamen Damascum ex epoto riguis
amne Chrysorrhoa fertilem : Philadelphiam , Rhapha-
nam, omnia in Arabiam recedentia. Scythopolin (antea
Nysam , a Libero ptre , sepulta nutrice ibi ) , Scytbis
deductis. Gadara, Hieromiace prfluente, et jam dictum
Hippon : Dion, Pellam aquis divitem, Galasam, Cana-
tham. Intercursant cinguntque lias urbes tetrarchi,
regionum instar singulae , et in rgna contribuuntur ,
Tracbonitis , Paneas , in qua Caesarea cum supradicto
fonte : Abila, Arca , Ampeloessa, Gabe.
Phnices.
XVII. 19. Hinc redeundum est ad oram, atque Ph-
nicen. Fuit oppidum Crocodilon, est flumen : memoria
urbium, Doron, Sycaminon. Promontorium Carmelum,
et in monte oppidum, eodem nomine, quondam Ecbatana
dictum. Juxta Getta , Jebba : rivus Pagida , sive Belus ,
vitri fertiles arenas parvo litori miscens. Ipse e palude
Cendevia a radicibus Carmeli profluit. Juxta colonia
Claudii Caesaris Ptolemais, qu quondam Ace. Oppi-
dum Ecdippa. Promontorium Album. Tyrus quondam
insula, praealto mari septingentis passibus divisa, nunc
vero Alexandri oppugnantis operibus continens , olim
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 63
litaine, ainsi nomme du nombre de ses villes, nombre
qui n'est pas le mme chez tous les auteurs. La plupart
cependant s'accordent citer Damas, que fertilise le
Chrysorrhoas, divis en une infinit de canaux , Phila-
delphie, Raphane (ces trois villes tirent vers l'Arabie);
Scvthopolis, jadis nomme Nysa par Bacchus, en l'hon-
neur de sa nourrice, qui y fut ensevelie (une colonie de
Scythes lui a donn son nom actuel); Gadare, jadis
Hippone, baigne par PHieromiax; Dium ; Pella, o
coulent plusieurs sources; Galase, Canathe. Ces villes
sont environnes et comme entrecoupes par les ttrar-
chies, qui font comme autant de pays et de royaumes
particuliers. Tels sont la Trachonitide ; la Panade, o
est Csare avec la source susdite; Abila, Arca, Ampe-
loesse, Gabe.
La Phnicie.
XVII. 19. Revenons de l la cte et la Phnicie.
On y voyait une ville des Crocodiles ; mais on ne voit
plus que la rivire de ce nom. De mme, il ne reste plus
des villes de Dorou et de Sycaminon que le souvenir.
Suivent le cap Carmel, et, sur ce mont, une ville de
mme nom , jadis appele Ecbatane; puis Gette, Gebba,
le Pagide ou Belus qui, le long de ses petites rives, d-
pose un sable dont on tire beaucoup de verre, et qui
sort du lac Cendevia , au pied du Carmel ; prs de l
Ptolmas , jadis Ac , colonie de Claude ; Ecdippe ; le
cap Album. Enfin , Tyr, cette le que jadis un canal pro-
fond, large de sept cents pas*, sparait de la terre, et
que les travaux d'Alexandre, lorsqu'il l'assigea, y ont
64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
partu clara , urbibus genitis , Lepti , Utica , et illa
Romani imperii mula, terrarum orbis avida, Cartba-
gine : etiam Gadibus extra orbem conditis. Nunc omnis
ejus nobilitas concbylio atque purpura constat. Cir-
cuitus xix mill. passuum est, intra Palaetyro inclusa.
Oppidum ipsum xxn stadia obtinet. Inde Sarepta, et
Ornithon oppida : et Sidon artifex vitri , Thebarumque
Botiarum parens.
20. A tergo ejus mons Libanus orsus, mille quin-
gentis stadiis Simyram usque porrigitur, qua Cle Syria
cognominatur. Huic par, interjacente valle, mons adver-
sus Antilibanus obtenditur, quondam muro conjunctus.
Post eum introrsus, Decapolitana regio est, prdictae-
que cum ea tetrarchiae, et Palaestinae tota laxitas. At
in ora etiamnum subjecta Libano, fluvius Magoras :
Berytus colonia, r quae Flix Julia appellatur. Leontos
oppidum : flumen Lycos : Palaebyblos : flumen Adonis.
Oppida : Byblos, Botrys, Gigarta, Trieris, Calamos :
Tripolis , quam Tyrii et Sidonii et Aradii obtinent.
Ortbosia, Eleutberos flumen. Oppida : Simyra, Mara-
thos, contraque Arados septem stadiorum oppidum et
insula, ducentos passus a continente distans. Regio in
qua supradicti desinunt montes, et interjacentibus cam-
pis, Bargylus mons incip\t.
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. 65
unie, est clbre par les villes dont elle a t la mre;
entre autres Leptis, Utique, et cette Carthage qui, ri-
vale de l'empire romain , voulut rgner sur l'univcs et
au del de l'univers; Gades : aujourd'hui, toute. sa cl-
brit se borne ses coquillages et sa pourpre. vSon
circuit actuel, y compris l'ancienne Tyr, est de dix-neuf
milles ; la ville mme a vingt-deux slads. On rencontre
ensuite* Sarepte; Ornithopolis; Sidon, aux belles verre-
ries , la mre de Thbes*en Botie.
10. Derrire cette ville commence la chane du Li-
ban , qui se continue* quinze* cents stades jusqu' Si-
myra et jusqu'aux lieux o la Syrie prend le nom de
Clsyrie. Paralllement cette chane s'tend l'nti-
liban , qui lui tait runi par un mur. Au del, et encore
plus dans les terres, est la Dcapole^ avec les ttrarchies
dont il a t^parl, et toute la Palestine. Sur la cte
que domine le Liban se rencontrent, encore le Magoras;
Bryle, autrement Julia Flix, colonie; Leontopolis ; le
Lycus , Palbyblos ; l'Adonis; Byblos, Botrys, Gygarte,
Trires, Calamos; Tripoli, habite par trois peuples, des
Tyriens, des Sidoniens, des Arauiens; Orthosie, l'Eleu-
thre, Simyra, Marathe; et vFs-^vis xl'Arad, une ville
et une le de sept stades , deux cent? pas du continent ;
enfiri le pays o cessent les deux chans ci-dessus nom-
hes.. Il se compose de longues plaines , au bout des-
quelles s'lve le niont Bargyle.
IV.
66 C PLINII HIS. NAT. LIB. V.
Syriae Antiochise.
XVIII. Hinc rursus Syria, desinente Phnice. Op-
pida : Carne, Balanea, Paltos, Gabale : promontorium ,
in quo Laodicea libra , Diospolis , Heraelea , Chara-
drus, Posidium. * *
21. Deinde promontorium Syriae Antiochiee. Intus
ipsa Antiochia libra, pidaphnes cognominata, Oronte
amne dividitur. In promontorio autem Seleucia libra,
Pieria appellata.
22. Super eam mons eodem, 'quo alius, nomine,
Casius. Cujus excelsa altitudo quarta vigilia orientem
per tenebras Solem aspicit : brevi circumactu corporis ,
diem noctemque pariter ostendens. Ambitus ad cacu-
men xix m pass. est : altitudo per directum , iv. t in
ora amnis Orontes, natus inter Lbanum et Antiliba-
num juxta Heliopolin. Oppidum Rhosos : et a tergo
Porte , quae Syriae appellantur , . intervallo Rhosiorum
montium et Tauri. In ora oppidum Myriandros : mons
Amanus , in quo oppidum Bomitae. Ipse ab Syris Cili-
ciam spart.
' .. . ' % . '
* Reliquae Syriae *.
XIX. Nunc interiora dicantur. Cle habet Apamiam ,
Marsya amne divisam a Nazerinorum tetrarchia : Bam-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 67
* * % -
La Syrie Antiochienne.
XVIII. L s'arrte la Phnicie et recommence la Sy-
rie. Carne, Balance, Paltos, Gabale, prcdent un cap
o s'lve Laodice, ville libre, que suivent Diosp'olis,
Hracle, Charadre, Posidium.
1 1 . On trouve ensuite le cap de la Syrie Antiochienne.
Dans les terres,, et sur l'Oronte qui la coupe en deux,
est Antioche Epidaphnes, ville libre. Sleucie Pieria,
libre aussi, est sur le cap.
22. Au dessus de celle-ci, s'lve un mont Casius,
diffrent de celui que nous avons vu. Sur sa cime exces-
sivement haute, on voit,. au milieu des tnbres de la
quatrime veille, le. soleil se lever; et par un simple
mouvement; du corps on peut, en se retournant, aper-
cevoir la lumire , ou se trouver dans une obscurit
profonde. La route qui mne au sommet est de dix-neuf
milles; sa hauteur perpendiculaire est de quatre. Sur la
cte est l'Oronfce, qui prend 'sa source, entre le Liban et
l'Antiliban, prs d'Hliopolis. Suit Rhosos; et derrire,
entre la chane Rhosicnne et le aurus, les Portes Sy-
riennes; Myriandre, sur la cte; le mont Amane, sur
les flancs duquel s'lve Bomite, et qui spare la Cilicie
de la Syrie.
* Le reste de la Syrie *.
XIX. Parcourons l'intrieur. Dans la Clsyrie, se
voient A pme, que les eaux du Marsyas sparent de
5.
68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
bycen , quae alio nomine Hierapolis vocatur, # Syris vero
Magog ( ibi prodigiosa Atargatis , Graecis . autem Der-
*
ceto dicta, colitur) : Chalcidem cognominatam ad Be-
lum, unde regio Chalcidene fertilissima Syri. Et inde
Cyrrhestice Cyrrhum : Gazatas , Gindarenos , Gabe-
nos :. tetrarchias duas, buas Granucomatae vocantur,
Emesenos, Hylatas, Ituraeorum gentem, et qui ex iis
Btarreni vocantur : Mariamitanos : tetrarchiam, quae
Mammisea appellatur : Paradisum , Pagras , Pinaritas ,
Seleucias praeter jam dictam tluas , quae ad Euphraten ,
et quae ad Belum vocantur, Cardytenses. Reliqua autm
Syria habet (exceptis quae cum Euplirate dicentur),
Arethusios , Berenses , Epiphaneenses. Ad orientem
Laodicenos, qui ad Libanum cognominantur , Leuca-
dios, Larissos, praeter tetrarchias in rgna descriptas
barbaris nominibus xvir. . - . . " .*
' ; # /
Euphrati
XX. a. Et de Euphrate hoc in loco dixisse aptis-
simum fuerit. Oritur in praefectura Armeni majoris
Caranitide , ut prodidere ex iis , qui proxime viderant ,
Domitius Corbulo , in monte Aba : Licinius Mucians
sub radicibus montis , quem Capoten appellant , supra
Zimaram, xu m pss. initio Pyxurates nominatus. Fluit
Derxenem primum, mox Aniticara, Armeni regiones
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 69
la ttrarchie des Nazerins ; Bambyce , autrement Hiera-
polis,*en syrien Ma gog (c'est l qu'on adore la mons-
trueuse Atargatis ou Derceto des Grecs) ; Chalcis-sur-
Belus, qui a donn la rgion voisine, la premire de
la Syrie pour la fertilit, le nom de Chalcidne; Cyr-
rhe, avec la Cyrrhestique, Gaztes, Gindarne, Gabne,
les deux ttrarchies dites Granucomates ; les Emsnes,
les Hilates, les Iturens, les Btarrnes, une de leurs
tribus; les Mariamitanes, la ttrarcbie de Mammise;
Paradise, Pagres, les Pinarites; les deux Sleucies, au-
tres que celles ci-dessus (l'une est sur l'Euphrate-, l'au-
tre ur le Blus, ce qu'indiquent leurs surnoms); enfin,
les Cardytes. Il ne reste , pour achever le tableau de la
Syrie, que quelques peuples dont nous parlerons en
mme temps que de l'Euphrate, plus les Arthusiens,
les Bren6, les Epiphaniens ; . et l'est, ceux de Lao-
dice surnomms du Liban, de Leucade, de Larisse, et
dix-sept ttrarchies noms barbares , regardes comme
mitant de souverainets.
L'Euphrate.
"X.X. il\. C'est ici le lieu de parler de l'Euphrate. Ce
fleuve sort de la Caranitide, prfecture de la grande
Armnie. Parmi ceux qui l'ont contempl de plus prs,
Corbulon le fait natre au mont Aba, et Mucieri, au
pied du mont Capote au dessus de Zimare. Pendant les
douze premiers milles, il s'appelle Pyxurate. Il traverse
d'abord la Derxne, puis l'Anatique, et spare la Cap-
padoce des provinces Armniennes. De Dascuse Zi-
7 o C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
a Cappadocia excludens. Dascusa abest a Zimara lxxv
m pass. Inde navigatur Pastonam , quinquaginta m
passuum. Melitenen Cappadociae, xxiv mill. passuum.
Elegiam Armeniae decem mill. passuum, acceptis flumi-
nibus Lyco, Arsania, Arsano. Apud Elegiam occurrit
ei Taurus mons : nec resistit , quamquam xn mill. pass.
latitudine praevalens. Omiram vocant irrumpentem :
mox ubi perfregit , Euphraten : tum, quoque saxosum
ac violentum. Arabiam inde laeva , Oreon dictam re-
gionem , trisdhna mensura , dextraque Commageuem
disterminat, pontis tamen, etiam ifbi Taurum expu-
gnat , patiens. Apud Claudiopolim Cappadociae , cur-
sum ad oceasum solis agit. Primum hune illi in pugna
Taurus aufert.: victusque et abscissus sibimet, alio modo
vincit, ac fractum expellit in meridiem. Ita natur
dimicatio illa quatur, hoc eunte quo vult, illo prohi-
*
bente ire qua velit. A catarractis iterum na^gatur; xl m
passuum inde Commagenes caput Samosata.
* Syriae ad Euphratem *.
XXI. Arabia supra dicta, habet oppida : Edessam,
quae quondam Antiochia dicebatr., Callirhoen a fonte
nominatam : Carrhas clade Crassi nobiles. Jungitur pr-
fectura Mesopotamiae , originem ab Assyriis trahens ,
in qua Anthemusia et Nicephorium oppida. Mox Arabes,
HISTOIRE NATURELLE,- LIV. V. -]i
mare ? il y a soixante-quinze milles. De l jusqu' Pas-
tone on compte par eau cinquante milles; Mlitne
en Cappadoce, vingt-quatre; Elgie, en Armnie,
dix. I^Euphrate alors reu le Lycus , l'Arsanias,
l'Arsane.. ^A Elgie, le aurus lui oppose une faible
barrire, malgr sa Jargeur, qui est de douze milles.
Le fleuve l'attaque- ( on l'appelle alors Omiras ) , la
brise. C'est alors qu'il prend le nom d'Euphrate. Son
cours est imptueux ; il roule d'normes pierres. A sa
gauche*, est une contre arabe dite Oron; sa droite,
la Comagne. Son lit a trois schnes de large. Malgr
sa rapidit, dans sa lutte contre le Taurus, il porte
des ponts. A Claudio-polis r en Cappadoce, il coule vers
l'ouest. Le aurus change cette direction le premier, et?
quoique vaincu dans le combat, dont le rsultat est de
le co/iper, il triomphe d'une autre nianire et chasse le
lienve au sud. Ainsi , dans cette lutte de la nature^ tous
deux ont # avantage gal : l'un va o il veut aller ; l'autre
l'empche de suivre la direction qu'il avait prise. Aprs
les cataractes il recommence porter bateau. Samosate,
capitale de la Comagne, est quarante milles.
* Les parties de la Syrie voisines de l'Euphrate *.
XXI. Dans l'Arabie, que j'ai nomme nagure, sont
Edesse, jadis Antioche ; Callirho, qui doit ce nom
une fontaine; Carrhes, clbre par la dfaite de Cras-
sus. A cette contre confine la prfecture de Msopo-
tamie, qui commence aux^^mtes de l'Assyrie, et o
sont Anthmusie et Nicephorium. Suivent les Arabes
7 a C. PLUNII HST. NAT. LIB. V.
qui Praetavi vocantur : horum caput Singara. A Saino-
satis autem , latere Syriae , Marsyas amnis influit. Cin-
gilla Commagenen finit, lmin,e civitas incipit. Oppida
adluuntur Epiphania et Antiochia, quae ad Euphraten
vocantur. Item Zeugma, lxxii millibus passuum a Sa-
mosatis, transitu Euphratis nobile. Ex adverso Apa-
miam Seleucus, idem utriusque conditor, ponte junxe-
rat. Qui cohaerent Mesopotamiae , Rhoali vocantur. At
in Syria oppida , Europum , Thapsacum quondam , nunc
Amphipolis. Arabes Scenitae. Ita fertur usque Uram
locum, in quo conversus ad orientem relinquit Syriae
Palmyrenas solitudines , quae usque ad Petram urbem ,
et regionem Arabiae Felicis appellatae, pertinent.
25. Palmyra urbs nobilis situ, divitiis soli, et aquis
amnis , vasto undique ambitu arenis includit agros ,
ac velut terris exempta a rerum riatura, privata sorte
inter duo imperia summa, Romanorum'Partborumque,
et prima in discordia semper utrimque cura. Abst a Se-
leucia Parthorum, quae vocatur ad Tigrin,-'cccxxxvir
mill. passuum : a proximo vero Syriae htore, ccnr mil-
libus : et a Damasco viginti septem propius.
26. Infra Palmyrae solitudines , Stelendena regio est ,
dictaeque jam Hierapoli^ JE [Bera , et Chalcis. Ultra
Palmyram quoque ex solitudinibus iis aliquid obtinet
HISTOIRE NATURELLE, LIV.V. 7 1
Prtayes, capitale Singare. Du cot de la Syrie, pass
Samosate, s'offrent le fleuve Marsyas; Cingille, borne
de la Comagne, dont Imme tait la premire ville,
Epiphanie etAntioche, toutes deux ^ distingues par leur
position sur l'Euphrat, ainsi que Zeugina, clbre pas-
sage de l'Euphrate, soixante-douze milles de Samosate.
Vis--vis est.Apame; et Sleucus, fondateur des deux
villes , les avait unies par un pont. A la Msopotamie con-
finent ensuite les Rhoales. Revenant en Syrie , nous
trouvons Europe, Thapsaque, aujourd'hui Amphipolis.
Les Arabes Scnites nous portent ensuite Ur, o le
fleuve, tournant l'est, laisse sec les solitudes de la
Pahn^rrne, (fui .s'tendent jusqu' Ptra et l'Arabie
Heureuse. ; ." \ ' * |
2 5. Palmyre, clbre par sa position, la richesse de
son sol, la dlicieuse abondance de ses eaux, isole en
quelque sorte' par. la ceinture de sables qui environne
ses plaines, subsiste indpendante entre deux immen-
ses monarchies , celle des Romains et celle des Parthes.
A la moindre tincelle de guerre, 'son alliance est la
premire pense des deux tats rivaux. Elle est trois
cent trentorsepf milles de Sleucie la Parthique, autre-
ment Sleucie-sur -Tigr, deux cent trois de la cote
de Syrie la plus voisine v et cent soixante-seize de
Damas. ' '' V '.
26. Au dessous des dserts de Palmyre s'tend la St-
lendne ; puis trois villes dj nommes : Hierapolis ,
Bre, Chalcis. C'est aussi par del Palmyre qu'on trouve
7', C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
Emesa : item Elatium, dimidio propior Petrae, quam
Damascus. A Sura autem proxime est Philiscum, op-
pidum Parthorum ad Euphratem. Ab eo* Seleuciam
dierum decem navigatio, totidemque fere Babylonem.
Scinditur Euphrates a Zeugmate dlxxxxiv millibus pas-
suum circa vicum Massicen : et parte laeya in Meso-
potamiam vadit per ipsam Seleuciam, circa eam prae-
fluenti infusus Tigri. Dexteriore autem alveo Babylo-
nem, quondam Chaldaeae caput petit, mediamque per-
means, item quam Otrin vocant, distrahitur in paludes.
Increscit autem et ipse Nili modo statis diebus, pauluin
differens , ac Mesopotamiam inundat j , sole obtinente
vicesimam partem Cancri : minui incipit in Virgine, et
Leone transgresse In totum vrO rmeat in vicesima
nona parte Virginis. .'
Ciliciae : et adjunctae gentes. ,
XXII. 27. Sed redeamus ad oram Syriae, cui proxima
est Cilicia. Flumen Diaphanes, mons Crocodilus, portae
Amani montis. Flumina : Andricus, Pinars, Lycus :
sinus Issicus. Oppidum Issos , ind Alexandria : flumen
Chlorus, oppidum iEg liberum, amnis Pyramus, portas
Ciliciae : oppida , Mallos , Magarsos , et intus Tarsos.
Campi Aleii : oppida Cassipolis , Mopsos liberum , Py-
ramo impositum : Thvnos, Zephvrium, Anchiale. Am-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 7$
Emse, qui empite. un peu sur ces dserts; Elatium,
de moiti plus voisine de Ptra que de Damas. Aprs
Sura, mais non loin d'elle, se voit Philisque, ville par-
the,*sur l'Euphrate. De l Sleucie, il y a dix jours de
navigation, et autant pour se rendre Babylone. Pass
Zeugma, l'Euphrate se divise vers le bourg de Massique
et forme aussi deux bras, l'espace de cinq cent quatre-
vingt-quatorze milles. Le bras gauche baigne la Mso-
potamie, traverse Sleucie et se jette prs d'elle dans le
Tigre. Le bras droit coule vers Babylone, jadis capi-
tale de la Chalde, la partage en deux, passe de mme
dans Otris, puis forme des marais. Il s'enfle presque
comme le Nil des poques marques, et inonde la
Msopotamie, lorsque le soleil est au vingtime degr
du Cancer, diminue quand le soleil quitte le signe du
Lion et entre dans celui de la Vierge, et reprend toul-
-fait sa premire lyiteur au vingt-neuvime degr de
la Vierge. %.-* . '
- v v- . * ". .
, .
La Cilicie et ses annexes.
XXII. 27. Revenons k la cte de Syrie, voisine de la
Cilicie. On y trouve le Diaphane, rivire; le mont Cro-
codile; les portes dumont Amane; les rivires Andrique,
Pinare, Lycus; le golfe et la ville d'Issus, puis Alexan-
drie ; le Chlore, la ville libre d'Eges, le Pyrame, les portes
de Cilicie; Malles, Magarse, Tarse, dans les terres; les
plaines Alennes, Cassipolis, Mopse, ville libre sur le Py-
rame; Thynos , ^ephyrium , Anchiale ; le Sare, le Cyd-
nus, qui, quelque distance de la mer, traverse la ville
#6 C. PLINII HIST.'NAT. LIB. V.
ns : Saros, Cydnus Tarsum liberam urbem procul a
mari secans : rgio Celenderitis cum oppido. Locus
Tympheum, Soloe Cilicii, nune Pompeiopolis : Adana ,
Cibyra, Pinara, Pedalie, Aie, Selinus, Arsinoe, Iotape,
Doron. Juxtaque mare Corycos, eodem nomine oppi-
dum, et portus, et specus. Mox flumen Calycadnus.
Promontorium Sarpedon. Oppida : Holmoe , Myle. Pro-
montorium et oppidum Veneris, a quo proxime Cyprus
* ' . *
iqsula. Sed in continentr oppida, Myajada/Anemuriiui,
* . .*...*' **' * "<. '
Coracesium , finisque antiquus Ciliciae Mlas amnis.
Intus autem dicendi Anazarbeni, qui nunc Csarea :
Augusta, Castabala, Epiphania, qu antea OEniandos,
Eleusa , Iconium : Seleu'cia supra amnem Calycadnum .
Tracheotis cognomine, a mari relata*, iibji \bcabatur
Holmia. Prterea intus flumina, l^ipris, Boitfbos, Para,-
disus. Mons Imbarus. t ..
r * %
Isauricae et Homonarduip. *
XXIII. GiliciaB Pamphyliam omnes junxerte, neglecta
gente Isaurica. Oppida ejus intus ', Isaura^ Clibanus ,
Lalasis : decurrit autem ad mare Anemurii regione
supra dieti. Simili modo omnibus, qui eadem compo-
suere, ignorata est contermina* ilU gens Homonadum ,
quorum intus oppidum Homona. Cetera castella xliv
inter asperas eonvalles latent.
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V. 77
libre de Tarse, la Cleftdritide avec la ville de Clend-
ris; un lieu nomm Nympheum; Soles de Cilicie, au-
jourd'hui Pompeiopolis : Adana, Cibyra, Pinara, Pda-
lie, Aie, Slinonte, Arsino, Jotape, Doroh, et, prs
de la mer, Coryque, ville, port et caverne renomme;
le Calycadne, le cap Sarpdon; Holme, Myle ; le cap et
la ville de Vnus, peu de distance d l'le de Cypre;
dans les terres , Myande , Anemurium , Coracesium , et le
fleuve Mlas, jadis borne de la Cilicie; dans les terres,
Anazarbe, aujourd'hui Csare; Augusta; Castabale;
Epiphanie, jadis OEniande; Eleuse, Iconium; Sleucie
Trachotide, sur le Calycadne, primitivement btie prs
de la mer, et nomme Holmia; enfin, les fleuves Lipa-
ris, Bombos, Paradise et'le mont Imbare.
LTsaurie : lej Homonades. '
XXIII. A la' Cilicie, tous les gographes font succder
la Pamphylie, sans s'occuper des Isaures, dont les villes
l'intrieur sont Isaure, Clibane, Lalaside. Leur pays va
toucher la mer vers Anemurium dont j'ai parl ci-dessus.
De. mme -tous ceux qui ont dcrit ces contres ont
ignor l'existence des Homonades, qui sont voisins des
Isaures , et ont dans les terres une ville d'Homona , et
quarante-quatre forts cachs dans d'pres valles.
78 C. PLNII HIST. NAT. LIB. V.
V
' m *
Pisidiae.
XXIV. Insident verticem Pisidae , quondam Solymi
appellati, quorum coloni Caesarea, eadem Antiochia.
Oppida : Oroanda , Sagalessos.
Lycaoniae.
XXV. Hos includit Lycaonia in Asiaticam jurisdic-
tionem - versa , cum qua conveniunt Philomelienses ,
Tymbriani , Leucolithi , Pelteni , Tyrienses. Datur et
tetrarchia ex Lycaonia f qua parte Galatiae contermina
est, civitatum xiv urbe celeberrima Iconio. Ipsius Ly-
caoniae celebrantur Thebasa in Tauro : Hyde in confinio
Galatiae atque Cappadociae. A latere autem ejus super
Pamphyliam veniunt Thracum soboles, Milyae, quorum
Arycanda oppidum.
Pamphyli.
XXVI. Pamphylia, ante Mopsopia appellata. Mare
Pamphylium Cilicio jungitur. Oppida ejus : Side, et
in monte Aspendum, Pletenissum, Perga. Promonto-
rium Leucolla. Mons Sardemisus : Amnes : Euryme-
don juxta Aspendum fluens : Catarractes, juxta quem
Lyrnessus et Olbia, ultimaque ejus orae Pbaselis.
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. :<>
La Pisidie.
XXIV. Le haut des monts qui dominent ces valles
est aux Pisidiens, jadis Solymes. Ils ont une colonie ap-
pele Csare ou Antioche , et deux villes , Oroande et
Sagalesse.
La Lycaonie.
XXV. La Pisidie a pour borne la Lycaonie, qui tire
vers le district d'Asie, dont font partie Philomle, Tym-
bria, Leucolithe, Pelta, Tyr. La Lycaonie mme cde
ce district une ttrarchie limitrophe de la Galatie, et qui
compte quatorze villes, dont la plus clbre est Iconium.
Quant la Lycaonie propre, l'on vante surtout Th-
base, dans les monts Taurus; Hyde, sur les confins de
la Galatie et de la Cappadoce. A sa gauche et au dessus
de la Pamphylie sont les Milyes, descendans des Thra-
ces, qui possdent une ville d'Arycande.
La Pamphylie.
XXVI. Suit la Pamphylie, jadis Mopsopie. La mer
Pamphylique joint celle de Cilicie. On y voit Side, As-
pende, sur une montagne; Pltnisse, Perga, le cap
Leucope, le mont Sardemise, l'Eurymdon, qui coule
Aspende; le Catarracte, qui baigne Lyrnesse; Olbia; et
Phaslide, la dernire ville de la cote.
tto C. PLINII HIST. NAT. LIB. V,
Tauri montis.
> *
XXVII. Junctum ei mare Lycium est, gensque Ly-
cia, unde vastum sinum Taurus mons, ab Eois veniens
litoribus, Chelidonio promontorio disterminat. Immen-
sus ipse, et innumerarum gentium arbiter, dextro latere
septemtrionalis", ubi primum ab ndico mari exsurgit,
laevo ineridianus , et ad bceasum tendens : mediamque
distrabens Asiam , nisi opprimenti terras occurrerent
maria. Resilit ergo a septentrione : flexusque immensum
iter quserit, velut de industria rerum natura subinde
aequora opponente , hinc Phnicium , hinc Ponticum ,
illinc Caspium et Hyrcanium # , contraque Maeoticum
lacum. - Torquetur itaque collisus inter haec claustra ,
et tamert victor, flexuosus evadit usque ad cognata Ri-
, "... . . #.*,
phaeorum montium juga, numerosis nominibus et novis,
quacumque incedit, insignis : Imau prima parte dictus,
mox Emodus, Paropamisus, Circius, Chambades, Pa-
ryadres , Gboatras , Oreges , Oroandes , Niphates , Tau-
rus : atque ubi se quoque exsuperat, Caucasus : ubi
bracbia emittity subinde tentanti maria similis, Sarpe-
don, Coracesius, Cragus, iterumque Taurus : etiam
ubi dehisit, seque populis aperit, portarum tamen no*
mine unitatem sibi vindicans., quae alibi Armeniae, alibi
Caspiae, alibi Ciliciae vocantur. Quin etiam confractus,
HISTOIRE NATURELLE LIV. V. 81
L mont Taurus.
XXVII. De l on arrive la mer de Lycie et la
Lycie mme, o le Taurus, venu des rgions de l'O-
rient , termine au cap Chlidoine un golfe immense. Im-
mense lui-mme et rgulateur d'innombrables nations,
il part des mers indiques, portant l'ouest son flanc
gauche, qui, pourtant, regarde le sud. L'Asie entire se
trouverait coupe par lui en deux parties , si la mer n'op-
posait un obstacle ses envahissemens. Ds-lors il s'-
carte vers le nord et dcrit un arc immense , contrari
dans sa course par la nature qui lui oppose ici la mer
Phnicienne, l le Pont-Euxin, plus loin la mer Cas-
pienne , l'Hyrcanienne , et vis--vis le lac Motis. Bris
en quelque sorte entre tant de barrires, il se recourbe;
et cependant ses sinuosits le conduisent triomphant ,
ou peu s'en faut , jusqu'aux monts Riphes , qui se rat-
tachent un lien de parent. A mesure qu'il avance,
ses noms varient , mais tous sont fameux : Imas , Emode ,
Paropamise, Circius, Chambade, Paryadre, Choatras,
Orges , Oroande , Niphate , Taurus , et le Caucase aux
lieux o il se surpasse lui-mme en hauteur; plus loin,
quand il projette des bras qui aspirent envahir la mer,
Sarpdon, Coracse, Cragus, encore Taurus ; quand il
s'ouvre et livre passage aux races humaines, portes Ar-
mniennes , Caspiennes , Ciliciennes , et la scission qu'in-
dique le mot porte ne dtruit pas son unit. Souvent
aussi , quand il recule dmembr devant la mer, il re-
oit et l les noms de vingt nations : droite, ce
iv. 6
8a C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
effugiens quoque maria, plurimis se gentium nomini-
bus hinc et illinc mplet : a dextra Hyrcanius , Caspius :
a laeva Paryadres, Moschicus, Amazonicus, Coraxi-
cus, Scythicus appellatus. In universum vero Grce
Ceraunius.
Lyciae.
XXVIII. In Lycia igitur, a promontorio ejus oppi-
dum Simena, mons Chimaera noctibus flagrans, He-
phaestium civitas, et ipsa saepe flagrantibus jugis : Oppi-
dum Olympus ibi fuit : nunc sunt montana, Gag,
Corydalla, Rhodiopolis. Juxta mare, Limyra cum amne,
in quem Arycandus influit : et mons Massycites : An-
driaca civitas, Myra. Oppida : Apyre, et Antiphellos,
qua? quondam Habessus : atque in recessu Phellus.
Deinde Pyrrha, itemque Xanthus a mari xv m passuum,
flumenque eodem nomine. Deinde Patara, quae prius
Sataros : et in monte, Sidyma. Promontorium Cragus.
Ultra, par sinus priori : ibi Pinara, et quae Lyciam
finit Telmessus. Lycia quondam lxx oppida habuit ,
nunc xxxvi habet. Ex his celeberrima, praeter supra
dicta, Canas, Candyba, ubi laudatur OEnium nemus,
Podalia , Chma praefluente Adesa : Cyaneae , Ascanda-
lis, Amelas, Noscopium, Tlos, Telandrus. Compre-
liendit in mediterraneis Cabaliam , cujus trs urbes
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 83
sont les chanes Hyrcanienne , Caspienne; gauche,
on a les monts Paryadre , Moschique, Amazonique, Co-
racique, Scy tique. Les Grecs lui donnent le nom gn-
rique de Craunien.
La Lycie.
XXVIII. Revenons la Lycie. Aprs le cap Chlido-
nien que projette le Taurus, on rencontre Simne, le
mont Chimre, qui , la nuit, tincelle de feux; Hephes-
tium, entoure de cimes qui, souvent , brlent de mme;
Olympe, aujourd'hui ruine; Gazes, Corydales , Rho-
diopolis, toutes trois sur les montagnes; prs de la mer
Limyre, avec une rivire de mme nom o tombe l'Ary-
cande : le mont Massycite, Andriaque , Myra , Apyre,
Antiphelle, jadis Habesse; et, dans un golfe, Phellonte;
plus loin, Pyrrha, Xanthe, quinze milles de la mer,
avec un fleuve de mme nom; Patare , jadis Satare; Si-
dyme sur un mont; le cap Crage; puis un golfe sem-
blable au premier, sur lequel est Pinare; enfin, Tel-
messe , borne de la Lycie. De soixante-dix villes qu'avait
la Lycie, trente-six seulement subsistent encore. Les
plus connues, aprs celles que nous venons de nommer,
sont Canes, Candybe, clbre par le bois Enium, Po-
dalie, Chme, sur l'Adse; Cyanes, Ascandalide, Am-
las, Noscopium, Tlos, Tlandre. La Cabalie, l'int-
rieur de la Lycie, contient les trois villes d'Enoande,
Balbure et Bubon. Pass Telmesse, commencent la mer
Asiatique ou Carpathienne, et l'Asie propre. Car l'Asie
6.
84 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
OEnoanda , Balbura, Bubon. Telmesso Asiaticum
mare, sive Carpathium, et quae proprie vocatur Asia.
In duas eam partes Agrippa divisit. Unam inclusit al)
oriente Phrygia et Lycaonia , ab occidente iEgo mari ,
a meridie iEgyptio , a septentrione Paphlagonia. Hujus
longitudinem cccclxx mill. passuum, latitudinem cccxx
mill. fecit. Alteram determinavit ab oriente, Armenia
minore : ab occidente , Phrygia , Lycaonia , Pamphy-
lia : a septentrione , provincia Pontica : a meridie ,
mari Pamphylio : longam dlxxv mill. passuum, latam
cccxxv mill.
Carise.
XXIX. In proxima ora Caria est, mox Ionia : ultra
eam jEolis. Caria mdise Doridi eircumfunditur, ad
mare utroque latere ambiens. In ea promontorium Pe-
dalium. Amnis Glaucus deferens Telmessum. Oppida :
Ddala , Crya fugitivorum. Flumen Axon , oppidum
Calynda.
28. Amnis Indus in Cibyratarum jugis ortus, reci-
pit lx perennes fluvios , torrentes vero amplius cen-
tum. Oppidum Caunos liberum, deinde Pyrnos. Portus
Cressa, a quo Rhodus insula xx m. Locus Loryma.
Oppida : Tisanusa, Paridion, Larymna. Sinus Thymnias.
Promontorium Aphrodisias. Oppidum Hyda. Sinus Sch-
HISTOIRE NATURELLE, L1V.V. 85
a t divise par Agrippa en deux portions, l'une qui a
pour bornes, l'est, la Phrygie et la Lycaonie; l'ouest,
la mer Ege; au sud, la mer d'Egypte; au nord, la Pa-
phlagonie (elle a quatre cent soixante-dix milles de long
sur trois cent vingt de large) ; l'autre, que terminent la
petite Armnie l'est; l'ouest, la Phrygie, la Lycao-
nie, la Pamphylie; au nord, la province de Pont, et la
Pamphylie au sud (celle-ci a cinq cent soixante-quinze
milles de long et trois cent vingt-cinq de large).
La Carie.
*
XXIX. Sur la cte voisine sont la Carie, l'Ionie, et plus
loin l'Eolide. La Carie enveloppe la Doride , et touche ,
par deux bouts, la mer. Ses points principaux sont le
cap Pedalium , le Glaucus , dont le Telmesse est tribu-
taire; Ddale, Crya, ville d'esclaves fugitifs; l'xum et
Calynde.
28. L'Inde qui, sorti de la chane des Cibyrates, re-
oit plus de soixante rivires et de cent lorrens; Caune,
ville libre; Pyrne, le port Cressa, vingt milles de
Rhodes; Loryme, simple lieu; Tisanuse, Paridium, La-
rymne, le golfe Thymniade, le cap Aphrodisiade, Hyda,
le golfe Schne, le pays dit Bubasse, les ruines d'Acan-
the , autrement Dulopolis; Gnide, ville libre, sur un
86 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
nus. Regio Bubassus. Oppidum fuit Acanthus , alio
nomine Dulopols. Est in promontorio Gnidos libra,
Triopia , dein Pegusa et Stadia appellata. Ab ea Doris
incipit.
Sed prius terga, et mediterraneas jurisdictiones indi-
casse conveniat. Una appellatur Cibyratica. Ipsum oppi-
dum Phrygise est. Conveniunt eo xxv civitates, celeber-
rima urbe Laodicea.
29. Imposita est Lyco flumini, latera adluentibus
Asopo et Capro, appellata primo Diospolis, dein Rhoas.
Reliqui in eo conventu , quos nominare non piget r
Hydrelitae, Themisones, Hierapolitae. Alter conventus
a Synnada accipit nomen. Conveniunt Lycaones, Ap-
piani , Eucarpeni , Doryli , Midaei , Julienses , et reli-
qui ignobiles populi xv. Tertius Apamiam vadit, ante
appellatam Celnas, dein Ciboton. Sita est in radie
montis Signise, circumfusa Marsya, Obrima, Orga,
fluminibus in Mandrum cadentibus. Marsyas-'ibi red-
ditur , ortus , ac paulo mox conditus , ubi certavit tibia-
rum cantu cum Apolline , Aulocrenis : ita vocatur con-
vallis decem mill. passuum ab Apamia, Phrygiam pe-
tentibus. Ex hoc conventu deceat nominare Metropolitas r
Dionysopolitas, Euphorbenos r Acmonenses, Peltenos,
Silbianos. Reliqui ignobiles ix.
Doridis in sinu , Leucopolis, Hamaxitos , Elacus , Eu-
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 87
cap; Triopie, depuis Pguse et Stadie. C'est l que com-
mence la Doride.
Mais auparavant, il convient d'indiquer les rgions
adosses la cte, et les juridictions de l'intrieur. La
premire s'appelle Cibyratiquc; Cibyre, en Phrygi, en
est le chef-lieu. Vingt-cinq villes en ressortissent. Aprs
Laodice, la plus clbre de toutes r
29. Primitivement Diospolis, puis Rhoas, sur le Ly-
cus, son confluent avec l'Asope et le Cpre; nommons
encore, dans ce canton, Hydrle,Themisone, Hierapolis.
La deuxime juridiction a reu son nom de Synnade. A
celte ville appartiennentLycaonium, Appie, Eucarpc, Do-
ryle, Mide, Julia, et quinze autres villes obscures. Celles
de la troisime ont pour chef-lieu Apame, jadis, Clne,
depuis Cibotos. Cette ville, au pied du mont Signia, est
baigne par le Marsyas, l'Obrime, l'Orga, qui tombent
dans le Mandre. C'est l qu'on voit reparatre le Mar-
syas, qui, peu de temps aprs tre sorti de sa source,
s'enfonce sous terre Aulocrnes, o le dieu du mme
nom disputa le prix de la flte Apollon. Ce lieu est
un vallon qu'on rencontre dix milles d'Apamie , sur la
route de Phrygie. Parmi les villes de cette juridiction ,
il est propos de nommer Mtropolis , Dionysopolis ,
Euphorbie , Acmone , Pelta , Silbia. J'en omets neuf
autres qui sont peu connues.
La cte du golfe Dorique nous offre Leucopolis, Ha-
88 G. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
thene. Dein Cariae oppida , Pitaium , Eutane , Halicar-
nassus. Sex oppida contributa ei sunt a Magno Alexan-
dre*, Theangela, Sibde, Medmassa, Euranium, Peda-
sum, Telmessum. Habitatur in ter duos sinus, Ceramicum
et lasium. Inde Myndos, et ubi fuit Palmyndus, Na-
riandus, Neapolis, Caryanda, Termera libra, Bargyla,
et a quo sinus Iasius, oppidum Iasus.
Caria interiorum nominum fama praenitet : quippe
ibi sunt oppida, Mylasa libra, Antiochia, ubi fuere
Seminethos et Cranaos oppida : nunc eam circumfluunt
Mander, et Orsinus. Fuit in eo tractu et Maeandropolis.
Est Eumenia Cludro flumini adposita , Glaucus amnis ,
Lysias oppidum , et Orthosia : Berecyntbius tractus ,
Nysa : Trallis , eadem Euantbia , et Seleucia , et Antio-
chia dicta. Adluitur Eudone amne, perfunditur The-
baide. Quidam ibi Pygmaeos habitasse tradunt. Praeterea
sunt Thydonos , Pyrrha , Eurome , Heraclea , Amyzon .
Alabanda libra, quae conventum eum cognominavit :
Stratonicea libra , Hynidos , Ceramus , Trcezene , Pho-
rontis. Longinquiores eodem disceptant foro , Orthro-
nienses , Halydienses , seu Hippini , Xystiani , Hydis-
senses, Apolloniatae , Trapezopolitae , Aphrodisienses li-
beri. Praeter hc sunt Coscinus, Harpasa adposita fluvio
Harpaso, quo et Trallicon quum fuit, adluebatur.
HISTOIRE NATURELLE, LTV. V. 89
maxite, Elonte, Euthne. Puis on rentre en Carie o
se voient Pite , Eutane , Halicarnasse , entre les deux
golfes Cramique et Iasique, avec les six villes que lui
annexa Alexandre -le -Grand (Thangle, Sibo'e, Med-
masse, Euranie, Pdase, Telmesse); puis Mynde, l'em-
placement de Palmynde , Nariande ,Neapolis , Caryande ,
Termre , ville libre; Bargyle, o commence le golfe
Iasique , enfin Iasos.
L'intrieur offre des noms clbres. C'est en Carie que
se trouvent Mylase, ville libre; Antioche, sur l'empla-
cement de Sminthe et de Cranaos, environne aujour-
d'hui par le Mandre et l'Orsin ; les ruines de Man-
dropolis, Eumnie sur le Cludre, le Glaucus, Lysiade,
Orthosie, le canton Brcynthien , Nysa ; Tralles, au-
trement Evanthie, Sleucie et Antioche, baigne par
l'Eudone , et coupe par le Thbas (quelques auteurs y
placent l'ancienne demeure des Pygmes); enfin Thy-
done, Pyrrha, Eurome, Hracle, Amyzon, Alabande,
ville libre, chef-lieu d'une juridiction qui porte son nom;
Stratonice , ville libre ; Hynide , Crame , Trzne ,
Phorontide. Quelques villes assez lointaines , Orthronie ,
Halydie ou Hippium, Xystia, Hydisse, Apollonie, Tra-
pezopolis , Aphrodisie , ville libre , dpendent aussi de
la juridiction d' Alabande. Nommons, de plus, Coscines,
Harpase sur le fleuve de ce nom, qui passait aussi a
Trallique, aujourd'hui ruine.
90 C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
* Lydi* \
XXX. ^ Lydia autem perfusa flexuosi amnis Maeandri
recursibus , super Ioniam proccdit , Phrygrae ab exortu
solis vicina, ad septemtronem Mysia, meridiana parte
Cariam amplectens , Maeonia ante appellatar. Celebratur
maxime Sardibus in latere Tmoli montis, qui antea
Timolus appellabatur, vitibus consitus, et ex eo pro-
fluente Pactolo, eodemque Cbrysorrhoa, ac fonte Tarne :
a Maeoniis civitas ipsa Hyde vocitata est, clara stagno
Gygaeo. Sardiana nunc appellatur ea jurisdictio. Con-
veniuntque in eam extra prsedictos , Macedones Ca-
dueni . Philadelpheni , et ipsi in radie Tmoli Cogamo
flumini adpositi Maeonii , Tripolitani : iidem et Antonio-
polit Maandro adluuntur : Apollonoshierit , Mesoti-
molitae, et alii ignobiles.
Ioniae.
XXXI. Ionia ab Iasio sinu incipiens, numerosiore
ambitu litorum flectitur. In ea priraus sinus Basilicus ,
Posideum promontorium et oppidum, oraculum Bran-
ebidarum appellalum, nunc Didymsei Apollinis, a li-
tore stadiis viginti. Et inde centum octoginta, Miletus
Ioniae caput, Lelegeis ante, et Pityusa, et Anactoria
nominata ,' super nonaginta urbium per cuncta maria
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 91
'La Lydie*.
XXX. La Lydie, o le Mandre dploie ses sinuosi-
ts, est au dessus -de l'Ionie. Ses bornes sont : l'est,
la Phrygie; au nord, la Mysie; au sud, la Carie. Mo-
nie tait jadis son nom. Sa ville la plus clbre, est Sar-
des, sur le flanc du Tmole, jadis Timole, couvert de
vignobles, et d'o s'chappent le Pactole, ou Chrysor-
rhoas , et la fontaine de Tarn. Les Moniens appelrent
souvent la ville Hyde. Son lac de Gygs est fameux.
Elle est aujourd'hui le chef-lieu de la juridiction sar-
dienne, et elle voit venir dans ses murs , outre la po-
pulation des villes ci-dessus nommes, les Macdoniens
Cadunes , ceux de Philadelphie ; les Moniens , fixs
au pied du Tmole, sur les bords du Cogame; ceux de
Tripoli, autrement Antoniopolis, sur le Mandre, d'A-
pollonos-Hiera , de Msotimole , et d'autres villes peu
connues.
LTonie.
XXXI. LTonie commence au golfe d'Iasos, et se pro-
longe sur un littoral nombreuses dcoupures. Aprs
le golfe Basilique , le premier qu'elle offre , se voient le
cap Posideum et une ville de mme nom , l'oracle dit des
Branchides , aujourd'hui oracle d'Apollon Didyme,
vingt stades de la cote ; cent quatre-vingt stades plus
loin, Milet, jadis Llgide, Pityuse; et Anactoric, ca-
pitale de IToni, et fondatrice de plus de quatre-vingt-
9 a C. PLINII HIST. NAT. LIB. V.
genitrix : nec fraudanda cive Cadmo , qui primus pro-
sam orationem condere instituit. Amnis Maeander ortus
e lacu in monte Aulocrene, plurimisque adfusus oppi-
dis, et repletus fluminibus crebris, ita sinuosus flexibus,
ut saepe credatur reverti : Apamenam primum perva-
gatur regionem, mox Eumeneticam, ac dein Bargyleti-
cos campos : postremo Cariam placidus, omnesque eos
agros fertilissimo rigans limo, ad decimum a Mileto
stadium lenis illabitur mari. Inde nions Latmus. Op-
pida, Heraclea montis ejus cognominis : Cariea, Myus,
quod j)rimo condidissc Iones narrantur, Athenis pro-
fecti : Naulochum , Priene. In ora quae Trogilia appel-
latur, Gessus amnis. Regio omnibus Ionibus sacra, et
ideo Panionia appellata. Juxta a fugitivis conditum (uti
nomen indicio est) Phygela fuit, et Marathesium oppi-
dum. Supra haec Magnesia Mandri cognomine insignis ,
a Thessalica Magnesia orta. Abest ab Epbeso xv mill.
passuum : Trallibus eo amplius ni mill. Antea Thes-
saloce et Androlitia nominata : et litori adposita Dera-
sidas insulas secum abstulit mari. Intus et Thyatira
adluitur Lyco , Pelopia aliquando, et Eubippa cogno-
minata.
In ora autem Manteium , Ephesus Amazonum opus ,
multis antea expetita nominibus : Alopes, quum pugna-
tum apud Trojam est, mox Orlygia, et Morges vocata
HISTOIRE NATURELLE, LIV. V. 9 3
dix villes sur toutes les mers ; clbre d'ailleurs par la
naissance de Cadmus, le premier qui crivit en prose;
le Mandre, qui sort d'un lac sur le mont Aulocrnes,
arrose diverses villes, reoit plusieurs afluens ; et dans
les nombreux replis qu'il fait, et par lesquels il semble
revenir sur lui-mme, traverse l'Apamne, puis l'Eu-
mntique, les plaines Bargyliennes, roule des eaux pai-
sibles en Carie , rpand sur toutes ces plaines un limon
qui les fconde, et enfin se joint la mer, dix stades
de Milet. Suivent le mont Latmos , Hracle , sur une
montagne de ce nom, Carique, Myonte, fonde par les
Ioniens venus d'Athnes , Nauloque , Prine , le Gesse ,
sur la cte de Trogilie ; puis le pays qui a reu le nom
de Panionia et que rvrent tous les Ioniens ; Phygle,
btie, ainsi que l'indique son nom, par des esclaves fu-
gitifs; Marathesium; et au dessus de ces villes, Magnsie
du Mandre, fille de la Magnsie de Thessalie, quinze
milles d'Ephse, et trois au plus de Tralles. Thessaloce
et Androlitie ne sont plus; et les les Drasides, ranges
le long de la cote, ont t englouties. Au dedans des
terres, Thyatire, jadis Plope etEvhippe, est baigne
par le Lycus.
La cte offre ensuite Manteium, phse, fonde par
les Amazones, et successivement dote de vingt noms;
Alope, pendant la guerre de Troie, puis Ortygie, Mor-
94 C. PLNII HIST. NAT. LIB. V.
est , et Smyrna cognomine Trachea , et Samornion ,
et Ptelea. Adtollitur monte Pione, adluitur Gaystro
in Cilbianis jugis orto , multosque amnes dfrente ,
et stagnum Pegaseum, quod Phyrites amnis expellit.
Ab his multitudo limi est, qua terras propagat, mediis-
que jam campis Syrien insulam adjecit. Fons in urbe
Callipia, et templum Dianae complexi e diversis regio-
nibus duo Selenuntes. Ab Epheso Manteium aliud Colo-
phoniorum , et intus ipsa Colophon , Haleso adfluentc.
Inde Apollinis Clarii fanum, Lebedos : fuit et Notium
oppidum. Promontorium Coryceon, mons Mimas cl
mill. pass. excurrens, atque in continentibus campis
residens. Quo in loco Magnus Alexander intercidi pla-
nitiem eam jusserat vu mill. d pass. longitudine , ut
duos sinus jungeret, Erythrasque cum Mimante cir-
eumfunderet. Juxta eas fuere oppida Pteleon , Helos ,
Dorion : nunc est Aleon fluvius, Corynaeum Mimantis
promontorium, Clazomense, Parthenie, et Hippi, Chy-
trophoria appellatse quum insulae essent : Alexander idem
per duo stadia continenti adnexuit. Interiere intus Da-
phnus et Hermesia, et Sipylum, quod ante Tantalis voca-
batur, caput Mseoniae, ubi nunc est stagnum Sale : obiit
et Archopolis substituta Sipylo, et inde illi Colpe, et
huic Lebade.
Regrcdientibus inde abest xn mill. passuum ab Ama-
HISTOIRE NATURELLE, L1V. V.
ligne 3.
Oceani. C'est--dire de l'ocan Atlantique. Pline, qui a parl
jusqu' prsent des villes maritimes situes sur le dtroit de Gi-
braltar, commence maintenant nous dcrire les ctes occiden-
tales de l'Afrique. La ville de Zilis , dont il va faire mention , est
appele par les Arabes Ar-Zila. Ptolme (iv, 1) place cette ville
prs de l'embouchure du fleuve Zileia. Elle est aussi mentionne
par Slrabon (xil, p. 827) et par Antonin. Selon ce topographe,
la ville de Zilis est situe six cents pas romains au sud d'un
endroit appel ad Mercurium. D'aprs cela , je croirais que cette
place se trouvait au pied du cap Spartel , ou sur ce cap mme ,
Antonin ayant driv le nom d' 'Hermicm , que Scylax donne
ce promontoire , d'Herms , nom grec de Mercure. Ainsi la ville
de Zilis est situe six mille pas au sud du cap Spartel , et c'est
prcisment la distance de ce cap la ville d'Arzila. L. M.
Ligne 6.
Lixos. Aujourd'hui Larache, sur le fleuve Lucos , appel Lixus
par les anciens {Voyez un peu plus bas). L. M.
Ligne 7.
Regia Anti. Comparez Solin (24), Lucain (iv, p. 5o,o),
Martian (vi , p. 2i5). Hardouin.
Voyez aussi Philostrate ( Viia Apollonii Tyanei , liv. VI ).
L. M.
Ligne 8.
Ilesperidum horti. D'aprs Hsiode {Theog.). L. M.
Dans le cinquime chapitre de ce livre , et au quatrime du
neuvime, Pline place le jardin des Hesprides autre part.
POINSINET.
i3a 1VOTES DU LIVRE V.
Chap. I , page 4 > ligne ai.
Babba. Ce mot est peut-tre synonyme du mot latin campestris,
champtre. Du temps de Strabon, contemporain d'Auguste,
on parla encore phnicien dans le voisinage de la ville et du
fleuve Lixos , et le mot Babba peut tre driv du mot hbreu
Bea'b ou Beab, au milieu d'une fort paisse. L. Marcus.
Ptolme crit Baba ; Etienne de Byzance, Babse. Hard.
Selon Poinsinet, Marmol prend cette ville pour l'endroit nomm
Bni-Tudi sur nos cartes.
Ligne 22.
Banasa. Aujourd'hui Fanfara selon Moletius; Pfenfara selon
Marmol. P.
Lign 23.
Volubilis. Selon Poinsinet, Fez, nom africain que les Romains
ont chang enfascia, bande, et qu'ils ont remplac par volubilis ,
nom qui signifie une chose qui peut tre plie et servir de
bande. Selon la conjecture plus plausible de Mannert (x, p. 4oo),
cette ville est notre Walili ou Qualili. On y trouve des ruines de
btimens romains , selon Lon l'Africain. L. M.
Ligne 25.
Subur. Aujourd'hui Subu.
Page 6 , ligne 2.
Sala. Aujourd'hui Sal ou Buragrag.
Ligne 4-
Autololi. Ptolme (iv, 6) nomme ce peuple Autolati, l sa
capitale Autolola. Il le place au milieu de la cte de Maroc.
L, M.
Ligne 5.
Fabulosissimum. Fabuleuse non quant l'existence, mais quant
aux particularits qu'on en raconte , et aux dtails dans lesquels
Pline est entr. P.
Les fables qu'on lit dans le texte sont empruntes au Priple
d'Hannon. Beaucoup de savans , entre autres M. Gossellin , pen-
NOTES DU LIVRE V. H3
sent qu'elles ne se trouvaient pas dans l'original carthaginois du
Priple , et que les Grecs les ont ajoutes aprs coup. La preuve
du contraire, c'est qu'Aristote ou l'auteur pseudonyme du livre
Hep) Ba.v/u. kovfju. , dont le titre porte le nom de ce philosophe
grec , et qui , s'il n'est pas d'Aristote , a t pourtant crit de son
temps (33o av. J.-C), lisait dj ces fables dans le Priple d'Ilan-
non. Elles se rapportent surtout aux environs de la montagne
appele par Hannon Thn Ochma, (r)ecv oyjffjut, Char des Dieux.
Cette montagne fut aussi mentionne dans l'original punique du
Priple, tmoin Marin de Tyr, auquel Ptolme a emprunt sa
description de la cte occidentale , et qui nous apprend (Ptol. ,
vi, 6) qu'un fleuve appel Masitholus prend sa source dans le
mont Char des Dieux. Le nom de ce fleuve peut tre regard comme
punique , car il se laisse dcomposer dans les mots hbreux ma-
saot, voyages , train , et el, dieu , et sa signification se rapproche
donc du nom grec Thn Ochma, Char des Dieux. Or, c'est sur
cette montagne que le fleuve Masitholus prend sa source. Au nord
de cette montagne , l'auteur du Priple grec d'Hannon a plac un
pays trs-chaud, qu'il nomme Thymiamata , et d'o des ruisseaux
de feu se prcipitent dans la mer. Le nom de ce pays est gale-
ment punique; car on peut le dcomposer dans les mots hbreux
et syriaques ihap , cte, et hhamimala, chaleur. Il n'est pas rare
que le p soit chang en m dans l'hbreu. On dit, par exemple,
pilleth et milleth, sauver; rpas et ramas , fouler aux pieds, etc.
Au lieu dire Thap-Iihamimata, Cte de la Chaleur, on disait donc
probablement aussi Tham Hkamimata, et c'est de cette expression
que les Grecs ont form le mot thymiamala. En arabe on emploie
encore le mot tham, cte, la place du mot hbraco-syrien
ihap. L. Marcus*
Ciiap. I, page 6 , ligne 22.
Hannonis. Ce passage de Pline a t employ par la plupart
des auteurs qui ont crit sur le Priple d'Hannon pour dter-
miner l'poque laquelle vcut cet amiral carthaginois. Voici
ce qu'ils ont conclu. Fabricius et Melot font voyager Hannon
l'an 3oo avant J.-C. ; Dodwel , vers 34o ; Campomanes , vers
i34 NOTES DU LIVRE V.
4.07; Floriau d'Ocampo, vers 44 1 ; Mariana , vers 4-48; de
Brcquigny , vers 5oo ; Mannert , Heeren , Rennel et Malte-
Brun , entre les annes 470 et 444- avant J.-C. ; Bougainville ,
vers 570. De tous ces chiffres, les seuls admissibles sont ceux qui
nous font remonter au del de 444- avant J.-C. ; car c'est cette
poque qu'Hrodote voyagea dans l'Egypte , et ds le temps d'H-
rodote les Carthaginois faisaient souvent de grands voyages le
long des ctes occidentales de l'Afrique. Cependant Hannon est
le premier marin de cette nation qui ait entrepris une course ma-
ritime de ce genre.
5.-J. Vossius et Gossellin pensent qu'Hannon vcut dans le
dixime sicle. Leur opinion est fonde sur un passage d'H-
siode dans lequel ce pote grec, qui vcut vers 0,60 , fait mention
d'une place , le jardin des Hesprides , aux bords de la mer At-
lantique et sur la cte occidentale de l'Afrique. Hannon, dit
M. Gossellin , est le premier homme du monde qui ait navigu par le
dtroit de Gibraltar. Avant lui on ne pouvait donc pas savoir que
V Afrique et F Europe ne s'tendent pas V infini vers l'ouest, mais
que le continent de ces deux parties de la terre est ferm par une
grande mer. Ainsi Hannon vcut avant Hsiode , puisque ce pote
connat dj le fait en question. On peut objecter ce raisonne-
ment, que, selon Mla, qui tait n dans le midi de l'Espagne ,
la ville de Gads ou Cadix , qui est situe l'ouest du dtroit de
Gibraltar, a t fonde du temps de la guerre de Troie, et par
consquent plusieurs sicles avant celui d'Hsiode; ainsi l'opi-
nion que M. Gossellin et Vossius ont de l'ge d'Hannon repose
sur une argumentation fausse ; et Hsiode peut avoir eu connais-
sance de l'existence de la mer Atlantique par suite des premiers
voyages des Phniciens Cadix. Du reste , il nous est facile de
prouver que l'opinion de M. Gossellin est fausse, et qu'Hannon
ne peut pas avoir vcu avant l'an 700. Ammien Marcellin nous
apprend que la ville de Thbes en Egypte fut conquise par les
Carthaginois lorsque cette nation commenait faire ses pre-
miers efforts pour rpandre sa domination sur des pays tran-
gers. Inter primordia pandentis se laie Carthaginis. Pline dit dans
cet endroit qu'Hannon vcut dans le sicle le plus florissant de
Carthage ; c'est--dire lorsque cet tat s'tait dj soumis plu-
NOTES DU LIVRE V. i35
sieurs parties de l'Afrique et quelques les de la Mditerrane ;
donc Hannon vivait aprs la conqute de Thbes par les Cartha-
ginois ; mais cette dernire conqute doit avoir eu lieu peu de
temps avant l'invasion des Perses dans l'Egypte , c'est--dire
avant l'an 5oo , puisqua cette poque les Thbains , comme Am-
nien Marcellin nous l'apprend, taient occups restaurer leur
ville , dtruite par les Carthaginois. Donc Hannon ne peut pas
avoir vcu avant l'an 700. L. Marcus.
Chap. I , page 8 , ligne 7.
A mont eo. C'est--dire de l'Atlas. M. Gossellin a fait voir,
dans ses Recherches sur la gographie des anciens ( tom. I , Priple
de Polybe), que le point de l'Atlas par lequel Pline commence
compter dans ce passage est situ son extrmit sud-ouest et
sur les frontires septentrionales du dsert de Zahara. L. M.
Ligne 9.
Anatis. Aujourd'hui Ommirabih, situ, selon l'valuation juste
de Pline , 54 i/3 lieues marins de 20 au degr du fleuve Lucos ,
et l'extrmit sud-ouest de la chane Atlantique. ( Voyez Gos-
sellin, audit endroit.) \. L. M.
Ligne 10.
Lixus. Aujourd'hui Lucos, 2g lieues et demie de Ceuta, selon
Pline, et 27 lieues selon nos cartes. Les mots a freto Gaditano se
rapportent l'entre orientale de Gibraltar, ou la colonne Abila
aux environs de la ville actuelle de Ceuta. ( Voyez GosSEL-
LIN. )
11 ne faut pas confondre ce fleuve, comme Gossellin l'a fait,
avec la rivire Lixus d'Hannon. Cette dernire a t place par
Hannon au sud des colonies carthaginoises qu'il tablit sur les
ctes de Maroc. Le fleuve dont Pline parle ici d'aprs Polybe
est* situ au nord de ces colonies et de presque tous les la-
blissemens des Phniciens et des Carthaginois sur la cte occi-
dentale de l'Afrique. J'invoque en tmoignage le contenu de
ce chapitre de Pline. Le naturaliste romain ne connat pas d'au-
tre endroit que Zilis, entre le cap Spartel , qu'il nomme Ampr
*
i36 NOTES DU LIVRE V.
lusa, et le fleuve Lixus , qui est notre Lucos d'aujourd'hui.
Toutes les autres places de la cte sont situes au sud du fleuve
Lucos, et parmi elles, il y en a plusieurs dont les noms sont
puniques , et qu'en consquence nous devons regarder comme
ayant t fondes ou par les Phniciens ou par les Carthaginois ;
telles sont Rusubis, appele Rusibis par Ptoleme , et Risardir ,
deux noms propres de villes , dans lesquels les syllabes initiales
rus et ris sont videmment une corruption du mot hbreu ros,
en arabe ras, rocher, cap, promontoire. Le golfe Saguti, dont
Pline , copiant le Priple de Polybe , va parler sous peu , est le
golfe du Commerce , y.qx ligne 18.
Laud, aujourd'hui Gomera , selon Hardouin; Nocor, selon
Mannert. L. M.
Ligne 19.
Rusadi'r. Voyez , pour la signification de ce mot , les notes
prcdentes. Rusadir porte aujourd'hui le nom de Melilla.
Malvana , aujourd'hui Malaa. Antonin appelle ce fleuve
Malva et Ptolme Maloua. C'est la mme rivire que le Malacha ,
dont Pline va bientt parler, et qu'il en distingue par erreur
l'exemple de Mla (Po/cz Mannert, pag. 42g). Nous ajouterons
un nouvel argument ceux dont ce savant s'est servi pour prouver
que les deux fleuves Malacha ou Molocath , et Malva ou Malvana
n'en font qu'un ; c'est que le nom Malacha , regard comme d'ori-
gine grecque , est synonyme du nom Malva, regard comme mot
latin ; car /JLoxoyji , molokh , veut dire en grec une mauve ,
malva. L. M.
Ligne 21.
Siga, aujourd'hui Aresgol , selon Mariana ; Guardia ou Sereni,
selon Dupinet; Red-Roma, selon Mannert; et Tachumbrit, se-
lon Shaw. L'opinion du dernier savant est prfrable celle des
autres. L. M.
Ligne 28.
Bogudiana. Les rois qui rgnrent sur la Mauritanie Tingi-
tane, depuis la seconde guerre punique jusqu'au sicle d'Au-
guste, portrent tous le nom de Bocchus ou celui de Bogud ou
Rogoas. Le Bogud dont Pline parle en cet endroit est celui que
Bocchus , roi de la Mauritanie Csarienne , et parent de Massi-
nissa , priva de ses tats. ( Voyez la fin des notes du chapitre pr-
cdent. ) L. M.
NOTES DU LIVRE V. i53
Chai. I , page 16 , ligne i.
Portas Magnus, aujourd'hui Mars el-Kibir. L. M.ARCUS.
Ligne 2.
Amnis Mulucha. {Voyez la noie sur le mot Malvana de ce cha-
pitre. )
Bocchi , beau-pre de Jugurtha et roi de la Mauritanie Tingi-
tane. L'empire de Jugurtha , grossi des tats de ses cousins Ad-
herhal et Hiempsal, qu'il fit assassiner, contenait la Numidie
proprement dite et la Mauritanie Csarienne. Ce dernier pays est
spar par le fleuve Malva ou Malacha de la Mauritanie Tingi-
tane. . L. M.
Ligne 3. *a ...
Quiza Xenana, c'est--dire Quiza l'Etrangre, du mot grec
^evos , xenos , tranger. Mla et Antonin appellent cet endroit
Guiza, Ptolme Kuisa. Selon Shaw, cette place tait situe aux
environs de la ville actuelle d'Oran , ce qui est trs-probable.
Arsennaria, aujourd'hui Arzen, ville o l'on trouve encore
beaucoup de ruines de constructions romaines. L. M.
Ligne 4-
Cartenna , aujourd'hui Tenez, selon d'Anville, et Mesgram ,
selon Mannert , ce qui est plus probable. L. M.
Ligne 6.
Gunugi. Ptolme et Antonin placent cet endroit l'est du
promontoire d'Apollon , et non l'ouest comme le fait Pline. Il
tait situ non loin du cap Mestagan.
Promontorium Apollinis , aujourd'hui cap Mestagan. L. M.
Ligne 7.
Catsarea. Jol Csesarea , selon Ptolme (iv, 2), aujourd'hui
Tenex, selon Dupinet et Mannert; Scherchell, selon Hardouin et
i54 NOTES DU LIVRE V.
Shaw ; Damas , selon d'Anville. La premire opinion est prf-
rable aux deux autres. '* L. Marcus.
Chap. I , page 16 , ligne 8.
loi. On lit ce nom dj dans Scylax. Il vient probable-
ment du verbe arabe gaUa , tre clbre ou noble , d'o vien-
nent aussi les noms Agnel Amena et Djoliba ou Djaliba. Le pre-
mier nom est celui de la langue berbre selon Lon; il signifie
la langue noble ; on n'y peut pas mconnatre l'adjectif arabe
aglal, noble , et un substantif driv du verbe arabe et bbreu
amar, parler. Joliba est le nom indigne du Niger; il signifie
grand fleuve , selon Mungo-Parck ; on peut dcomposer ce nom
dans-les mots arabes aglal, grand, noble, et obb, fleuve. L. M.
Ligne 10.
Tipasa. Cette ville est dj connue de Scylax , qui la nomme
Thapsus. Ammien l'appelle Tiposa. Elle est situe , selon Man-
nert, dans le voisinage de Damas. L. M.
Ligne ii.
Icosion, aujourd'hui Scherchell, selon Mannert et Gibral. -
L. M.
Ligne 12.
Rusconia. La syllabe rus > par laquelle le nom Rusconia et les
deux autres qui suivent , commencent , est le mot hbreu ros, en
arabe ras, rocher, cap. Rusconia est , selon Mannert, le cap Ar-
batel.
Rusucurium, aujourd'hui Colcah (Voyez MANNERT, pag. 4 I 4)
L. M.
Ligne i3.
Rusazus , aujourd'hui Aor.
Solde, aujourd'hui Pedeles ou Delys , selon Ortlius et Man-
nert. L. M.
Ligne i4-
Igilgili, aujourd'hui Gigeri, la ville aux collines. L. M.
NOTES DU LIVRE V. i55
Ciiai. I, page 16 , ligne i4>
Tucca, aujourd'hui dtruite, selon Hardouin.
Ligne 16.
Succabar, prs de Mazuaa, selon Mannert.
Tubusuptum, aujourd'hui Burgh , selon Mannert.
Timici. Celte ville tait situe, selon Pline, dans le voisinage
dArsennaria, aujourd'hui Arsen. L. Marcus.
Ligne 17.
Tigava , aujourd'hui el-Herba, selon Mannert.
Sardabal, peut-tre le Chinalaph de Ptolme, appel aujour-
d'hui Schellf. ~*
Aces. Ce fleuve est appel Savis par Ptolme , qui place la
ville d'Icosium , appele aujourd'hui Scherchell, sur ses bords.
Nabar. Mla appelle ce fleuve Vbar; c'est le Giffer. L. M.
Ligne 18.
TJsar. Ptolme nomme ce fleuve Sisar; c'est l'Ajebbi des
gographes modernes, qui se jette dans la Mditerrane , prs de
la ville de Budja.
Nabades. Ce peuple porte dans Ptolme le nom de Nasabi; il
demeure sur les rives du fleuve Nasava , appel aujourd'hui Bu-
berse. ( Voyez la carte de Shaw.) L. M.
Chap. II , page 16 , ligne 24.
Metagonitis. Ce n'est pas la Numidie qui portait autrefois le
nom de Metagonitis , mais toute la cte septentrionale de l'Afri-
que , depuis les frontires occidentales du territoire de l'empire
des Carthaginois, situes prs d'Hippo Regius jusqu'aux Co-
lonnes d'Hercule. On appelait ainsi cette cte, parce que les Car-
thaginois y avaient tabli une longue srie de villes' et de bourgs
i56 NOTES DU LIVRE V.
btis tous long-temps aprs les villes, qui couvrirent la sur-
face de l'Afrique proprement dite , ou le territoire des Carthagi-
nois. Metagonos veut dire en grec descendant, ou ce qui a lieu
aprs un autre vnement. L. Marcus.
Chap. H, page 16, ligne 24.
Numid vero Nomades. ( Voyez mes notes sur le mot Mau-
rusios du chapitre prcdent. ) L. M.
Page 18 , ligne 3.
Cullu, aujourd'hui Collo. Ptolme appelle cet endroit le grand
Collops , pour le distinguer du petit Collops, qui est silu plus
l'est , prs du cap Ferro des gographes modernes. Entre les deux
Collops se trouve le golfe Numide , et au fond de ce golfe la ville
de Rusicade , dont Pline va parler , et qui est appele aujourd'hui
Sgigata ou Stora , selon Shaw et Mannert. L. M.
Ligne 4-
Cirta. Le nom de cette ville est plinicien. 11 signifie grande
ville; on la nomme actuellement Cosantina ou Costantina; on
trouve encore beaucoup de ruines d'anciens btimens puniques et
romains dans les environs de cet endroit.
Sittianorum. Sittius , ou Sitius , officier du parti de Csar, com-
battit pour lui en Afrique avec de grands succs , et obtint en
rcompense la ville de Cirta et les pays situs entre les fleuves
Aurun et Ampsaga, qu'il avait arrachs Juba l'an, roi de
la Numidie. L. M.
Ligne 5.
Sicca , aujourd'hui Kaff, selon Shaw, qui y a trouv une
pierre avec l'inscription ordo Siccensium.
Bulla Regia. On a donn le surnom de regia, la royale , cette
ville , parce qu'elle appartenait aux rois de la Numidie dans les
temps anciens , et pour la distinguer d'une autre ville du nom de
Bulla, et qui tait situe dans l'Afrique proprement dite. Ptolme
lui donne le surnom de Minsa. Ce dernier mot veut dire prince
NOTES DU LIVRE V. 157
en langue berbre ; il est par consquent synonyme du mot latin
regia , royale. Bulla Regia porte aujourd'hui le nom de Badja.
L. Marcus.
Chap. II , page 18 , ligne 6.
Tacaiua, aujourd'hui Tamseh , selon Shaw et Mannert..
Hippo Regius, aujourd'hui Bona. (Voyez l'Afrique de. Bruns,
tom. vi , pag. 21 5.)
Armua, aujourd'hui Mafragg. L. M.
Ligne 7.
Tabraca. Cet endroit, comme Hardouin l*a dj dit , porte en-
core son ancien nom.
Tu sca, aujourd'hui Zaine. L. M.
Ligne 8.
Marnions nuriiidki. Pline ( xxxvi , 7 ) nous apprend que le
marbre numidique tait du nombre des marbres tachets , et quant
la couleur des taches , elle tirait sur le safran , comme on en
peut juger par le passage d'Isidore {Origines, xvi , 5).
PoiNSINET.
Chap. III , page 18 , ligne 11.
Zeugitana regio. Cette contre de l'Afrique ancienne s'tendit
du fleuve Tusca , appel aujourd'hui Zaine , jusqu'aux frontires
septentrionales du Byzacium , pays dont Pline va bientt parler, et
qui commence au nord, dans les environs de l'ancien Horrea Cae-
lia, appele aujourd'hui Hercla. Elle comprit le territoire Cartha-
ginois proprement dit*; on la nomme l'Afrique proprement dite
pour la distinguer non-seulement de l'Afrique entire , regarde
comme troisime partie de notre globe; mais aussi de l'Afrique,
regarde comme province proconsulaire du vaste empire romain.
Celle-ci contenait , depuis la mort de Juba l'an , roi de la Numi-
die , non-seulement l'Afrique proprement dite ou la province Zen-
gitane , mais aussi la Numidie , le Byzacium , et mme la province
i58 NOTES DU LIVRE V.
Tripolis , ou les pays situs entre la petite et la grande Syrte. C'est
avec cette tendue de territoire que l'Afrique proconsulaire des
Romains s'tend sur tous les pays que les historiens et les go-
graphes arabes du moyen ge comprennent sous la dnomination
d'Afrikia oh Afrique (Voyez CaSTIGLIONI , Mmoire gographi-
que et numismatique sur la partie orientale de la Barbarie, appe-
le Afrikia par les Arabes. A Milan, 1826, pag. 2 et 3). Avant
la mort du roi Juba, la province proconsulaire du nom d'Afrique
comprenait seulement les pays dont les Carthaginois taient
matres au moment de la destruction de leur capitale, c'est--
dire l'Afrique proprement dite et le Byzacium. La Numidie,
qui n'avait jamais t soumise aux Carthaginois , et les pays
situs sur la petite Syrte et entre celle-ci et la grande, dont
la majeure partie appartenait autrefois aux Carthaginois, furent
gouverns par Massinissa et par ses descendans. Depuis que Csar,
aprs la dfaite des armes de Scipion , de Caton et du roi Juba
l'an , avait runi les tats de ce prince la province proconsu-
laire du nom d'Afrique , on comprit les pays ajouts cette pro-
vince sous la dnomination de Nouvelle Afrique, et on appela
Ancienne Afrique l'Afrique proprement dite et le Byzacium. {Voyez
la fin de ce chapitre de Pline et le milieu du suivant.)
L. Marcus.
Chap. III , page 18, ligne 12.
Candidum, aujourd'hui cap Blanc. Polybe appelle ce promon-
toire x&tv u.%po7ti ensuite , entre Thapsus et Tnenae. Cette dernire place
est appele aujourd'hui Taini. L. Marcus.
Chap. III , page 20 , ligne 5.
Macomades. Aujourd'hui Mahometa.
Tacape. Aujourd'hui Gaps. Du temps de Pline, Tacape et tou-
tes les villes situes entre cette place et les autels des Phileni, le
long de la cte , appartenaient encore aux Emporia , ou villes
commerantes sur la mer; mais, depuis le troisime sicle de
l're chrtienne , ces endroits formaient ensemble la province de
Tripolis , et le nom d'Emporia fut alors restreint aux villes si-
tues sur les rives occidentales de la petite Syrte , depuis Taenia
jusqu' Tacape , que l'on commena compter parmi les endroits
appartenant au Byzacium.
Sabrata. Aujourd'hui Tripoli. Pline se trompe en disant que la
ville de Sabrata fut contigu' la petite Syrte. Ptolrae, Antonin
et les auteurs de la Table de Peutinger et du Priple grec de la
mer intrieure , publi par Iriarte , placent tous la ville de Sa-
brata , au milieu de la cte , entre les deux Syrtes. L. M.
Ligne 9.
Veterem et novam. ( Voyez la note sur les mots Zeugitana regio
de ce chapitre. ) L. M.
Ligne 10.
Discrelas fossa , etc. Les rois dont il est ici question sont Mi-
cipsa , fils de Masinissa , et ses quarante-trois frres. Le second
Scipion l'Africain ayant t nomm excuteur de son testament
par Masinissa, assigna Micipsa, pour son partage, la Maurita-
nie Csarienne et la Numidie ; quant aux quarante-trois frres de
Micipsa , il distribua entre eux le reste des tats de Masinissa ,
en sparant les possessions romaines ou la contre Zeugitane et le
NOTES DU LIVRE V. i63
Byzacium de celles des fils de Masinissa par une longue digue, qui
se dirigea de Thsena vers le sud aux frontires du grand dsert et
de l vers le nord-ouest jusqu'au fleuve Tusca. L. Marcus.
Chap. IV, page 20 , ligne i4
Syrtium. La petite Syrte porte aujourd'hui le nom de golfe de
Gabs , et la grande Syrte celui de Sydre. La contre situe entre
les deux Syrtes, regio Sjrtica, est appele Tripolis, comme du
temps de Solin, qui nous apprend (chap. xxvil) que la rgion Syr-
tique doit son surnom de Tripolis aux trois villes Sabrata , Leptis ,
CEa, qu'elle renferme dans son sein. Le nom Syrte vient du mot
grec o-vpeiv, attirer, entraner. Ce nom leur fut donn par les an-
ciens, parce que les vagues semblent y entraner les vaisseaux
qui , une fois engags dans les sables , ne peuvent plus s'en tirer.
Hrodote ne connat pas encore les deux Syrtes ; Scylax en parle
dj. L. M.
Ligne 18.
Et terra, etc. Ce passage n'a pas t compris par Hardouin ni par
Poinsinet. Il ne s'agit pas ici, comme ces deux savans l'ont pens,
d'une route de l'intrieur de l'Afrique vers la Syrte , mais de celle
que Caton, faisant la guerre Csar, a prise pour arriver de la Cy-
rnaque dans les plaines d'Utique , en suivant la cte (Lucain ,
Phars., IX , 365). Antonin et l'auteur de la Table de Peutinger
nous font connatre les routes qui conduisaient, dans les temps
anciens, de Leptis magna (aujourd'hui Lbida) Brnice, ville ma-
ritime de la Cyrnaque. Dlia Cella l'a faite tout rcemment en
accompagnant , comme mdecin, l'arme du pacha de Tripoli. La
route conduit par les grandes plaines dsertes qui sparent le
plateau de l'Atlas de celui du Barca, et travers plusieurs lignes
de coteaux. Lucain s'exprime en termes plus forts que ceux
de Pline sur les dsagrmens et les dangers de cette route , et
Dlia Cella n'en fait pas non plus un tableau trs-flatteur. La
preuve que Pline veut parler de la route des caravanes de Leptis
Brnice , c'est que des contres montagneuses vous entrez ,
selon lui , dans des plaines dsertes, et par celles-ci dans le pays
des Garamantes et dans l'oasis d'Augyle , terres situes dans l'in-
I I.
164 NOTES DU LIVRE V.
trieur de l'Afrique. Si le naturaliste romain avait voulu parler
d'un voyage de l'intrieur de l'Afrique vers les Syrtes, il nous au-
rait conduits des sables du grand dsert aux montagnes du Bi-
ledulgerid et de l dans les plaines arides de la rgion Syrtique,
qui sont moins striles que celles du grand dsert. L. Marcus.
Chap. IV, Page 20, ligne 21.
Dserta vasta. Les dserts tn question sont ceux que l'on
trouve au midi de la grande Syrte , et qui sparent les montagnes
du Fezzan et l'Atlas des hauteurs de la Cyrnaque et du Barca
(Salluste, B. Jugurth., 79; Della Celia, dans les Annales
des Voyages, par Malte-Brun et Eyris, tom. xvn, p. 224.).
L. M.
Ligne ai.
Garamantes. Ils habitaient le Fezzan , et leur territoire s'ten-
dait , dans les temps anciens, de Germa, ancienne capitale du
Fezzan , jusqu' l'endroit de ce mme nom .Germa , que l'Edrisi
place dix journes au sud d'Augylae , appel aujourd'hui Audjela.
(Fq/e-zWALKENAER, Recherches sur l'intrieur deV Afrique, p. 37 5.)
C'est de la seconde Germa , situe sur les frontires orientales
du pays des Garamantes , que Pline parle ici ; car il value la dis-
tance des habitations des Garamantes Augylse, douze jours;
et Hrodote ainsi que l'Edrisi l'valuent dix jours. L. M.
Ligne 23.
Psylli. Hrodote (lv, 174 et i83) place les Garamantes au sud
des Psylli, et ceux-ci l'est des Macae, qui demeuraient sur les
bords du fleuve Cinyps, appel aujourd'hui Wadi-Quaam. Les
Psylli habitaient par consquent les environs du cap Mesurata.
Lacus Lycomedis. Aujourd'hui lac de Lynxama. L. M.
Page 22 , ligne 1.
Qu ad occidentem vergit. Pour comprendre ce passage , il est
ncessaire de savoir que les anciens terminaient l'Afrique au nord
NOTES DU LIVRE V. i65
de la ligne , et qu'ils s'imaginaient que du dtroit d'Hercule la
cte occidentale de l'Afrique se dirige non vers le sud-ouest ,
mais vers le sud-est et au dtroit de Babelmandeb. L. MARCUS.
Chap. IV, page 22 , ligne 4
Civitas ensis. OEa tait situe six lieues du nouveau Tripoli.
Cinyps. Aujourd'hui Wadi-Quaam. L- M.
Ligne 5,
Neapolis. Mannert pense que cette ville est la mme que Leptis
magna dont Pline va faire mention. Il a fond celte opinion sur
un passage de Strabon , dans lequel Leptis magna porte le surnom
de Neapolis ou de ville nouvelle ; il allgue plusieurs autres rai-
sons pour soutenir sa conjecture, qui nous semble trs -plau-
sible.
Taphara. On lit Taphra dans plusieurs manuscrits , et cette le-
on me parat prfrable celle du texte , puisque Tapbrura est
le nom d'un endroit du Byzacium (Ptol., IV, 5) , et que la plu-
part des places maritimes de la rgion Syrtique ont t bties par
des Phniciens ou par des Carthaginois.
Leptis altra, etc. Plus haut, Pline a parl de Leptis, ville du
Byzacium. Celle-ci a t appele la petite Leptis par les anciens,
pour la distinguer de la grande , dont Pline parle ici et qu'on
nomme actuellement Lebida.
Abrotonum. Mme ville que Sabrata , dont Pline a dj parl
et qui est appele maintenant Vieux Tripoli. ( Voyez Mannert,
pag. 137.) L. M.
Ligne 8.
Lotophagi. C'est--dire mangeurs de lotos ( rhamnus lotus ,
Linn.). Les habitans de la rgion Syrtique se nourrissent encore
principalement des fruits de cette plante (Dapper, d. hollandaise,
page 296). Les Lotophagi demeuraient entre Leptis magna et le
i66 NOTES DU LIVRE V.
lac Triton , qu'on nomme aujourd'hui Schibkah-el-Loudeah.
L. Marcus.
i
Chap. IV, page 22 , ligne 9.
Alachroas. C'est--dire ayant la couleur de mer.
Dalechamp.
Ligne 10.
Palus vasta, etc. Comparez Hrodote (iv, 179). Le lac Tri-
ton est appel aujourd'hui Schibkah el-Loudeah et le fleuve Tri-
ton, el-Hammah selon Shaw. L. M.
Ligne 11.
Pallantias. Les Grecs disent que Pallas a t leve sur les
bords du lac Triton, o quelques-uns la font mme natre du dieu
Triton , quoiqu'on croie ordinairement que Pallas est sortie de
la tte de Jupiter. L. M.
Ligne i.
Borion. Aujourd'hui Tajuni. L. M.
Ligne 18.
Supradictas. Cirta , Sicca , Carthago , Maxulla. HardUIN.
Uthinam. Aujourd'hui Udine.
Tuburbit. Aujourd'hui Tabersole. L. M.
Ligne 20.
Azuritanum. Aujourd'hui Keff. Ptolme et Antonin appel-
lent cet endroit Assuros ou Assurae. L. M.
Abuliicense. On lit Abitacense dans quelques manuscrits.
H.
Canopicum. Canopissae dans Ptolme, qui place cet endroit
prs de la cte Numidique et l'est de Tabraca. L. M.
Ligne ai.
Chlmanense. Ptolme place un endroit du nom Kilma au sud
de Maxala. H-
NOTES DU LIVRE V. 167
Chap. IV, page 22 , ligne ai.
Thunusidense. Thunusda, selon Ptolme , qui place cet en-
droit au sud et prs de Tabraca. L. Marcus.
Simittuense. Dans les environs de fa ville Thethelle du Budja.
Tuburnicense.TxihxiTixicz, selon Ptolme, au sud-ouest d'Hippo
Regius. L. M.
Ligne 2 1.
Tjnirumense. Thunudromon , selon Ptolme , au sud de Ru-
sicada.
Tibigense. Tigisa, selon Ptolme , prs de l'apcien Tribilis,
appel aujourd'hui Anouna.
Ucitana. Prs de Ruspina , au sud d'Adrumetum , selon Ptol-
me. L. M.
Ligne 1 3.
Vagense. Waga , selon Ptolme , qui place cet endroit prs
de Cirta. L. M.
Ligne 24.
Usailanum. Uzanon , selon Ptolme, l'ouest d'Utica.
Castris Corneliis. Aujourd'hui Porto Tarina. L. M.
Page 24 > ligne 2.
Acolitanum. Acola , appele Acholla par Tite-Live , Ptolme
et Strabon, tait situe prs du bourg Elalia, o l'on trouve les
ruines de cette ancienne ville romaine.
Atharitanum , Avinense, Ahziritanum, Canopitanum, Melzita-
ium. Tous ces lieux sont inconnus, puisqu'aucun auteur ancien
autre que Pline n'en a. fai^ mention. On connat cependant des
vques d'Abzira, Canopita et' Melzita. Hardouin suppose que la
ville Abina est la Vina de Ptolme , situe dans l'Afrique propre-
ment dite , et appele actuellement Tubernocke. L. M.
i68 NOTES DU LIVRE V.
Chap. IV, page 24 , ligne 3.
Malerense. Peut-tre le Ad Nedera d'Antonin, silu prs de
l'ancien Theveste , appel aujourd'hui Tifesch. Hermolaiis pense
que c'est le Maduros de Plolme , silu plusieurs lieues au sud-
est d'Hippo Regius. L. Marcus.
Ligne 4-
Tusdrilanum. Thydros , selon Ptolme; Tusdris, selon An-
tonin ; aujourd'hui el-Jemma. L. M.
Tiphicense. On lit aussi Tiricense et Phisiciense dans les manu-
scrits. . Hardouin.
Tunicense. De Tunes, aujourd'hui Tunis. L. M.
Thudense. Ville du Byzacium. H.
Tagesiense. Tagaste ou Thagaste est sijue , selon Antonin ,
cinquante- trois pas au nord- ouest d'Hippo Regius, et fut la ville
natale de saint Augustin. L. M.
Ligne 5.
Tigense. Tigisis est, selon Procope, un endroit de la Numi-
die; il le place au pied de la montagne Arausius, qu'on nomme
actuellement Auraz ; il nous apprend que , dans le voisinage de
Tigisis, on voyait deux colonnes sur lesquelles on avait crit en
langue phnicienne : Nous nous sommes enfuis devant le brigand
Josu ,fils de Noun. Peut-tre l'adjectif Tigense de Pline n'a-t-il
pas de connexion avec le Tigisis de Procope, mais avec le Tigos
de Ptolme , ville situe sur le lac Triton , et qu'on nomme au-
jourd'hui Tegeuse.
Ulusubrilanum. Ulizibirra , selon Ptolme, situe au sud-ouest
d'Adrumetum.
Vagense aliud. L'endroit dont Pline parle ici tait une ville!
libre. Il a parl plus haut d'une ville du mme nom , qui jouissait
du droit de cit romaine. Cette dernire ville tait situe prs
de Cirta dans la Numidie ; Vaga , dont il est question ici , tait
situe dans le Byzacium, au sud-ouest d'Utique. On crit quelqne-
H?
NOTES DU LIVRE V. r6g
fois le nom de cette place, Vacca. ( Sali.. , Bell. Jugurth., 12
et 4.1.) L. Marcus.
Chap. IV, page 24, ligne 6.
Zamense. Il y avait deux villes du nom Zama dans la province
proconsulaire d'Afrique. La premire tait situe dans la contre
Zeugitane et cinq journes l'ouest de Carthage : c'est l que
Scipion vainquit Annibal ; l'autre porte le surnom de Regia, la
Royale, parce que les rois numidiques y rsidaient souvent. Elle
fut situe dans l'intrieur du Bysacium et dans les environs du
lieu qu'on appelle actuellement Zowarin. C'est de cette dernire
ville du nom de Zama que Pline parle en cet endroit. L. M.
Ligne 8.
Natabudes. On lit Natabut dans quelques manuscrits de Pline
et Nasabutes dans Ptolme et Hardouin. Les Natabutes sont voi-
sins des Missulani , dont nous parlerons bientt.
Capsitani. C'est--dire les habitans de la ville de Capsa et de
ses environs. Capsa, surnomm Hecatompylos, est une ville trs-
ancienne. On dit qu'elle a t btie par l'Hercule tyrien (Sall.,
Bell. Jugurth., 94-96; DlOD. DE Sic, IV, 18). On la nomme
maintenant Cafla.
Misulani. On lit Musulani dans quelques manuscrits et dans
Tacite {Annal. , il , 5?.) et Ammien Marcellin (xxix). Ptolme
crit le nom de ce peuple Misoulami, et le place au sud de la ville
de Cirta , appele aujourd'hui Cosantina ou Costantina.
Sbarbares. On lit Sababeres dans quelques manuscrits et Sa-
bouboures dans Ptolme, qui place ce peuple dans les monta-
gnes de Thambe et prs des sources du fleuve Rubricatus , ap-
pel aujourd'hui Scibuse.
Massjli. Us rgnaient, du temps de la seconde guerre pu-
nique , sur toute la Numidie, depuis le fleuve Ampsaga jusqu' ce-
lui de Tusca sur les frontires du territoire Carthaginois. Leurs
rois furent Gala et le fameux Masinissa. Du temps de Ptolme,
c peuple demeurait encore sur la rive orientale du fleuve Amp-
saga. L. M.
170 NOTES DU LIVRE V.
Ciiap. IV, page 24. , ligne 9.
Nisices. Nisibis , dans Ptolme , l'ouest des Missulani.
Hardouin.
Mussini. Mussuni , selon Ptolme ; Mussoni , selon Ammien
(xix, 5), sont probablement les babitans de la ville d'Antonin,
lieu situ sur le fleuve Bagradas. Ptolme appelle cet endroit
Moussa ; on le nomme actuellement Teschure.
Marchubii. Machurebi , dans Ptolme, l'est de la montagne
Zalycus , appele Wanasbrise , selon Shaw. L. Marcus.
Ligne io.
Tota Gcetulia. Les anciens appelrent Gtules tous les peu-
ples de l'Afrique , qui demeurrent au sud des Mauritains et des
Numides. Leurs habitations s'tendirent du Biledulgerid dans l'in-
trieur du dsert , et de la mer Atlantique jusqu'aux pays situs
au sud de la petite Syrte. L commena le pays des Garamantes ,
situ entre les mmes parallles que celui des Gtules , et qui
fut born au nord-est par la contre des Nasamones, l'est et
au sud-est par celle des Blemmyes, habitans du dsert que nous
appelons actuellement Bilma , et qui de l passrent aux bords
du Nil , dans la Nubie et dans le Sennaar, o Eratosthne les
trouve dj tablis (LetrosNE , Mmoire sur l'inscription de Silco,
Journal des Savons, 182 5).
Nigrin. Ce fleuve est le Darab , comme nous allons le voir
dans les notes du huitime chapitre. L. M.
Chap. V, page 24, ligne i.
Hammonis oraculo. L'oasis de Jupiter Ammon est appele au-
jourd'hui Syouah. L. M.
Ligne i5.
Fonte Solis. L'eau de cette source tait chaude le matin et le
soir. Elle bouillait minuit ; elle tait congele midi. ( Vojr^p
Hrodote, iv, 181 ; Mla, 1,8, etc.) Il ne faut pas confondre
NOTES DU LIVRE V. 171
cette source du soleil avec celle dont Pline parle dans le ving-
time chapitre du second livre. Cette dernire prsentait les mmes
phnomnes que celle dont il est ici question ; mais elle tait si-
tue au sud-ouest de la premire et sur la route de Gadams
Germa, ancienne capitale duFezzan. Cette dernire source porta
le nom de Dbris chez les hommes du pays. Elle est situe sur la
route de Germa , ancienne capitale du Fezzan , Graat. On la
nomme actuellement *Omm-el-Abid, ville aux esclaves. {Voyez
plus bas la note sur le mot Dbris de ce chapitre.) L. Marcus.
Chap. V, page 24 , ligne i5.
Brnice. Aujourd'hui Bengasi, prend son ancien nom de B-
rnice, femme de Ptolme Evergte. L. M.
Ligne 16.
Arsinoe. Aujourd'hui Teuchira ; prend son nom d' Arsino ,
femme de Ptolme Philadelphe. On appelait cette ville Teuchira
avant de la nommer Arsino.
Piolemaide. Aujourd'hui Tolomela.
Apollonia. Aujourd'hui Marza Souza , selon Dlia Cella.
L. M.
Ligne 18.
Hesperidum, etc. Les anciens placrent le jardin des Hespri-
des tantt l'extrmit nord-est de la grande Syrie, et entre
Brnice et Teuchira ou Arsino; tantt sur les bords de la pe-
tite Syrte ; tantt sur la cte occidentale de l'Afrique, et tantt
dans les oasis du dsert de la Libye. L. M.
Ligne 22.
Ptolmas, antiquo nomine Barce. La ville de Ptolmas avait
t btie par des habitans de Barc, situe cent stades (de six cents
par degr) au sud-est de Ptolmas. Cette dernire fut d'abord le
port de Barc ; elle fit oublier ensuite le nom et le lustre antique
de Barc , et cette ville et Ptolmas passrent depuis pour un
seul et mme endroit; ce qu'ils ne furent jamais. L. M.
7 a NOTES DU LIVRE V.
Chap. V, page 2/f , ligne 24.
Phjcus. Aujourd'hui Ras Sem. L. Marcus.
Page 26, ligne 1.
Cyrene. Aujourd'hui Grenae. L. M.
Ligne 3.
Chersonesus. Aujourd'hui Ras Razat , surnomm la Grande-
Chersonse par Ptolme , pour la distinguer de la petite, qui est
situe plus l'est et prs de la ville d'Alexandrie en Egypte.
Catabathmus. Aujourd'hui cap Luco ; prend son nom ancien ,
qui signifie en grec descente dans une valle profonde, de ce qu'une
valle profonde, borde l'est et l'ouest par plusieurs ranges
de hautes collines , s'tend de cet endroit jusqu'aux frontires de
l'Egypte. Catabathmus appellatur oppidum et vallis repente coneexa,
dit Pline la fin de ce chapitre ; et Mla (i, 8) nous donne une
description assez dtaille de cette longue valle. C'est Catabath-
mus que , du temps de Pline , l'Egypte , comme il le dit lui-mme ,
finissait l'ouest , et que commenait la Cyrnaque. Du temps
des rois Ptolmes, qui conquirent la Cyrnaque, il en tait de
mme ; mais , du temps d'Hrodote , et lorsque l'Egypte tait
soumise des princes indignes et aux Persans, l'Egypte ne s'-
tendait pas aussi loin vers le couchant : elle finissait au golfe Plin-
thinthes, appel aujourd'hui Lago Segio.
Toute la cte entre Catabathmos et Alexandrie d'Egypte fut
divise, au temps du rgne des Ptolmes , en deux nomes, dont
l'un s'appela le nome de Marotis et l'autre le nome de la Libye.
Le premier s'tendit d'Alexandrie jusqu'au golfe Plinthinthes ,
o finissait l'Egypte du temps des pharaons et des souverains
persans ; l'autre alla de ce golfe jusqu' Catabathmos. Pline con-
fond ces deux nomes ensemble , et appelle toute la cte com-
prise entre les villes d'Alexandrie et de Catabathmus , du non
de Marotis Libya. Ptolme compte non-seulement ce dernier
endroit parmi les villes de l'Egvpte, mais aussi Paliuros et le port
NOTES DU LIVRE V. 173
de Mnle , deux endroits situs l'ouest de Catabathmus. Cette
ville Paliuros et le port de Mnle forment ensemble un nome
de l'Egypte , auquel Ptolme donne le nom de nome de la
Marmarique. Pline ne parle pas de ce nome ; il parat pourtant
que le territoire qui le compose fut t la Cyrnaque pour tre
ajout l'Egypte , lorsque le snat romain fit de la Cyrnaque
une province romaine, c'est--dire l'an 65 av. J.-C. L. Marcus.
Chap. V, page 26 , ligne 4-
Marmarid. Hrodote ne connat pas encore le nom de ce
peuple ; Scylax l'tend dj tous les peuples indignes de l'Afri-
que, qui demeuraient entre la grande Syrte et Parsetonium ou
Bareton. Le nom Marmaridae est d'origine phnicienne ; il signifie
mener une vie errante ; Marmar veut dire encore aujourd'hui aller
d'un lieu un autre en arabe , et les habitans de l'ancienne Marma-
rique taient nomades. L. M.
Ligne 5.
Partoni. Aujourd'hui Bareton. L. M.
Ligne 6.
Ararauceles. Araraukides, selon Ptolme (lv, ), dans les
environs de Barc. L. M.
Nasamones, quos antea Mesammones. Des deux mots grecs ,
mesos, au milieu , et ammos, sable , selon Pline ; des mots phni-
ciens Nasse- Ammon, hommes d'Ammon; et Mald-Ammon,
tribu d'Ammon , selon Bochart. Hardouin.
Ligne 12.
Lasere. C'est--dire en Sylphium ou en Ferula Tingitana , se-
lon Dlia Cella. L. Marcus.
Ligne i3.
Asbjst. On lit Abytse dans quelques manuscrits , et Hasbil
dans d'autres. Ptolme crit Asbystae, et c'est aussi l'orthogra-
phe d'Hrodote , qui place cette nation au sud de la ville de
Cyrne. Hardouin.
i 7 4 NOTES DU LIVRE V.
Cbap. V, page 26 , ligne i3.
Mac. Hrodote (IV, iy5) place cette nation l'ouest des Na^
saraones et sur le fleuve Cinyps, appel aujourd'hui Wadi-Quaam.
L. Marc us.
Ligne 1^,
Hammanientes, etc. Ce passage de Pline nous donne la preuve
certaine que la route des caravanes qu'Hro.dote dcrit dans les
181 i85 e chapitres du IV e livre , ne se dirigea pas de Garama,
ancienne capitale du Fezzan, vers le midi et au Bornou, comme
Heeren et Rennel pensent, mais qu'elle continua d'aller l'ouest,
comme elle avait fait- depuis Thbes , son point de dpart. Les
marchands qui parcouraient ce chemin dans les temps anciens
n'avaient pas le dessein que Heeren leur prte, d'aller chercher
de l'or dans le pays des Ngres ; ils voulaient acheter les pierres
prcieuses qu'on trouve dans les montagnes d'Eyre et de Go-
riano, qui bordent le Fezzan au sud et au nord-ouest, et qui
sont appels Gir ou Girgir, Niger ou Usargala et Mons Ater
par les anciens. Les Arabes exploitaient ces mmes mines dans le
moyen ge. {Voyez l'ouvrage indiqu dans la note sur le mot
IJxus du premier chapitre de ce livre., ) L. M.
Ligne 23.
Phazania. Aujourd'hui le Fezzan, est ici plus recul vers l'ouest
qu'il ne l'est sur nos cartes. Le nom de ce pays, ainsi que celui
du Fez vient peut-tre du mot arabe Faza, parcourir le dsert
avec les chameaux ou autres btes de somme. Les habitans du
Fezzan taient autrefois et sont encore les principaux voyageurs
marchands de l'Afrique ; et Juba , roi de la Mauritanie et contem-
porain d'Auguste, sait dj quefaza veut dire en arabe, parcou-
rir un pays en tout sens (Pline).
Ligne 2.4.
Alelen et CiUabam. Aujourd'hui Tanet-Mellulen ou la station
Mellulen , sur la route de Gadamez Oserona et Zaouila ou Zala
moiti chemin d'Augyla Murzuck. L. M.
NOTES DU LIVRE V. i 7 5
Chap. V, page a8 , ligne i .
Cjdamum. Aujourd'hui Gadamez , est situ presque sous le
mridien du vieux Tripoli , l'ancien Sabrata. L. Marcus.
Ligne 2.
Ater. Aujourd'hui Gibel-Assoud , nom arabe qui est syno-
nyme du nom latin mons ater, montagne noire. Rennel et Hee-
ren prennent tort le mons ater des Romains pour le Haroudje
noir d'Hornemann. M. Walckenaer prend cette montagne pour la
chane Eyre , au sud du Fezzan. 11 est facile de prouver la fausset
de l'opinion de M. Rennel ; car en se rendant des environs de
Sabrata (vieux Tripolis) ou d'OEa (Tripolis) Cydamus ou Ga-
damez , et de l dans le Phazania ou Fezzan et Garama ou Germa,
ou traverse le Gebel Assoud ; mais on ne passe pas par le Ha-
roudje noir. Quant l'opinion de M. Walckenaer, qui est aussi
celle de M. Latreille , elle est plus difficile rfuter ; mais comme
la chane Eyre est appele Girgiris et non montagne Noire par
Ptolme ; comme d'ailleurs dans ce chapitre Pline a toujours
dcrit les pays rapprochs de la cte avant ceux qui en sont plus
loigns et au midi des premiers ; comme enfin la ville de Garama
ou Germa est situe au nord de la chane Eyre, nous avons cru
devoir rejeter l'opinion de MM. Walckenaer et Latreille y et
prendre le mons Ater ou montagne Noire pour le Gebel Assoud
et non pour la chane Eyre. L. M.
Ligne 4>
Matelg. On Ht Talgse et Telgae dans quelques manuscrits.
Peut-tre est-ce le Durga de Ptolme plac au nord-est de
Garama et dans le Fezzan. L. M.
Ligne 5.
Dbris, adfuso fonte , etc. La source de Dbris nous fait con-
natre la position de cette ville. Pline parle dans le cent
sixime chapitre du second livre , de cette source, qu'il nomme
fons Sois, la source du Soleil , et ajoute qu'elle est situe dans
un pays de Troglodytes, c'est--dire d'hommes qui habitent des
176 NOTES DU LIVRE V.
cavernes et des maisons tailles dans les montagnes. Ptolme
place un endroit du nom Bedir (BiTez/sof) au nord-ouest de
Garama. Ce Bdir est probablement le Dbris de Pline ; car
Priscien ( Periegesis , pag. 369 ) place cette ville Dbris et sa
source dans le voisinage de Garama. Sur la route de cet en-
droit , qu'on appelle maintenant Germa , Graat , ville situe
au nord-ouest de l'autre endroit , le voyageur anglais Oudney
{Voyages de Clappction , Denham et Oudney dans le nord et les par-
ties centrales de l 'Afrique , traduction franaise d'Eyris et Lare-
naudire, page 82) a trouv des maisons tailles dans les mon-
tagnes, et dont l'usage n'est pas connu des habitans actuels du
pays. C'est donc prs de ces habitations troglodytiques que l'on
doit chercher l'emplacement de l'ancien endroit du nom Dbris
ou Bedir : celui-ci peut tre regard comme le moderne Omm-
el-Abid , situ prs de ces maisons de montagne. Le nom
Dbris, pris pour un mot thiopien gyz, vient dedebr, lieu sacr
sur ou dans une montagne. L'oracle de Jupiter Ammon, dans
l'oasis de Syoua, prs duquel il existait autrefois une source ayant
les mmes qualits que celle de Dbris (Pline , 11 , io5, et v,
4) , a t fond , selon Hrodote , par des Ethiopiens et par des
gyptiens. Il ne faut donc pas nous tonner de rencontrer des
mots gyz dans les langues des anciens peuples de la Marmarique.
L. Marcus.
Chap. V, page 28, ligne 7.
Garama. La position de cette ville clbre de l'antiquit n'est
plus douteuse depuis que M. Oudney en a visit les ruines , parmi
lesquelles il y a des restes de construction romaine. Garama
s'appelle actuellement Germa , et est situe quatre journes au
nord-ouest de Murzuck, capitale actuelle du Fezzan ( Oudney,
loco citato , pag. 5g 64 ) C'est l que Lyon l'avait dj place
avant Oudney. Rennel l'avait cherche trois journes au sud-est
de Murzuck. L. M.
Ligne 9.
Triumphata. Cornlius Balbus a triomph peu de temps avant
l'assassinat de Csar ; c'est ce qui a fait oublier long-temps les
exploits de ce gnral romain. L. M.
NOTES DU LIVRE V. 177
Chap. V, page 28 , ligne i5.
Hoc ordine. H est probable que les noms et les images des villes
conquises par Balbus ne se succdaient pas par ordre gographi-
que ; mais d'aprs leur importance dans le triomphe de Balbus.
Nous manquons donc presque de tout moyen pour dterminer la
position des lieux dont les noms vont suivre. Tout ce qu'on peut
dire de certain, c'est que les conqutes de Balbus ne dpassrent
pas le parallle du i5 e degr de latitude nord et que les pays qu'il
parcourut sont situs entre les mridiens de Cydamus ou Gadames
et de Paraetonium ou Bareton. En effet, Bareton est le lieu le
plus oriental de la cte septentrionale de l'Afrique dont Pline
parle dans ce chapitre, et Cydamus ou Gadames a t plac par le
naturaliste romain l'ouest de tous les endroits occups par
Balbus. Enfin Pline dit, la fin de ce chapitre , que la latitude de
l'Afrique Cyrnaque, c'est--dire de la rgion Syrtique et de la
Cyrnaque , ne se monte pas plus de huit cent mille pas ro-
mains. Ce nombre de pas romains ne fait pas encore seize degrs,
et si nous les faisons partir du point le plus mridional de l'Afrique
Cyrnaque , seize degrs vers le sud ne nous mnent pas encore
au quinzime degr de latitude nord. Ainsi les conqutes de Balbus
n'atteignirent pas les bords du lac Tsad , et les seuls pays qu'il
puisse avoir parcourus sont : l'est et le midi de Tunis ; le Tri-
poli ; le Fezzan ; le Barta : le Fbabo ou Aibo ; les oasis et d-
serts de Hagara , Tibesti, Assieu , Tabou , Ahir , Kawar, Bilma ,
l'Agadez , le Canem , le Kaugha , le Maddajo ; enfin les bords
du lac Fittrie et des fleuves Cucu, Schary, Djad, Batta, Ha-
dba et Gazel , d'Edrisi , de Burkhardt , de Ritschie et de Lyon.
L. Marcus.
Ligne 16.
Tabidium. Tibesti , au sud-est du Fezzan , dont Pline a dj
parl.
Niteris. Cette leon me parat prfrable celle deNitiebris,
que l'on rencontre dans quelques manuscrits ; car Pline parlera
plus tard d'une ville de Nitibrum et d'un fleuve Nathabur; et il.
"n'est gure probable que Cornlius Balbus ait fait poser les noms
IV. 4 2
178 NOTES DU LIVRE V.
et les images du mme peuple deux fois dans son triomphe. Les
Niteris de Pline sont peut-tre une branche des Nitriotae de Pto-
lme , qui demeuraient sur les bords du lac de Natron de l'E-
gypte, et l'ouest de la grande et de la petite Oasis des anciens.
Il me parat pourtant plus probable que le nom Nitrs signifie
un pays riche en nitrum ou natron , comme le sont plusieurs oasis
de la partie orientale du dsert de Zahara , et surtout l'oasis de
Bilma , o je place et les Niteris et la ville de Negligemela , qui
vient aprs, et dont le nom, regard comme phnicien , veut dire
la valle du Sel. . L. MARCUS.
Chap. V, page 28, ligne 17.
Bubeium natio , vel oppidum. Probablement l'oasis Febabo des
gographes modernes , au nord-est de Bilma et de Tibesti.
Enipi natio, etc. Ici Pline me semble revenir de l'est et du sud-
est l'ouest et au nord-ouest , d'o il est parti. C'est ce que nous
indiquent au moins les noms del ville de Dbris et celui du mont
Gyr ; car quant l'endroit nomm Dbris, nous savons dj que
c'est le Om-el-Abid d'Oudney, au nord-ouest de Garama ou
Germa. Quant au mont Gyr, c'est le Goriano d'Oudney, o il se
trouve des pierres-gemmes comme dans le Gyr de Pline (OuDNEY,
Cl appert ON et Denham, Voyages dans V Afrique, page 12 de la
traduction franaise ). L. M.
Ligne 18.
Thuben oppidum, mons nomine Niger, etc. Le mont Niger, de
Pline , me semble tre le mont. Usargala de Ptolme , d'o vient
un affluent du fleuve Niger, selon le gographe grec. La ville de
Thube de Pline est le Thabudis de Ptolme sur le fleuve Bagra-
das , dont les sources naissent au pied de la montagne Usargala de
Ptolme, qui est le mont Niger de Pline. La ville Nitibrum de
Pline est, ce qu'il parat, la nation Natembes de Ptolme,
qui demeure au nord de la montagne Usargala ou Niger. Quant
cette montagne, nous la prenons pour une continuation de la
chane Eyre, au sud du Fezzan et non pour les montagnes de
l'oasis d'Agadez , comme l'a fait Mannert. Le Bagradas de Ptol-
NOTES DU LIVRE V. 179
me n'est pas le fleuve d'Agadez , comme dit Mannert , mais le
Dasibar (Bahhar-Das ou Dasi-Bahhar, fleuve aux herbes) de
Pline , et l'Azawan des gographes modernes , qui doit son nom
actuel la ville de Thabe ou Thabudis , qui fut situe autrefois
sur ses bords. Quant la ville de Rapsa , ou ce n'est autre chose
que le Kapsa de Ptolme sur le Ragradas , ou bien elle fut situe
au nord de Nitibrum , capitale des Natembes de Ptolme , et au
pied de la montagne Mampsarus , que le gographe grec place au
nord de la chane Usargala. L. Marcus.
Chap. V, page 28 , ligne 19.
Discera, etc. Les endroits qui suivent me semblent avoir t
situs l'est et au nord-est de ceux dont nous avons parl dans
la note prcdente. Discera est l'Im-Zerat des gographes mo-
dernes, sur la route de Sockna Murzuck. La syllabe di du nom
Discera est synonyme de celle dVm du nom Im-Zerat. La der-
nire peut tre regarde comme le mot arabe m, mre, chef-
lieu ou chef-pays d'une province , prononc la manire des an-
ciens Hbreux et des Ethiopiens Gyz ; di pour um est l'abrvia-
tion du mot syrien dira, demeure , contre.
Dbris. Aujourd'hui Om-el-Abid au nord-ouest de Garama
ou Germa. Voyez la note sur les mots Dbris affuso fonte de ce
chapitre. L. M.
Ligne 20.
Natkabur. Le fleuve Tessava du Fezzan.
Tapsagum. Peut-tre Sana.
Nannagi. On lit Damagi dans quelques manuscrits. Nannagi
est peut-tre le Traghan des gographes modernes.
Boin. Le Vanios ou Ranios de Ptolme au nord-ouest de
Garama, et au nord de Redir, le Dbris de Pline et le Om-el-
Abid d'Oudney. L. M.
Ligne 21.
Pege. Le Winega d'Oudney, sur la route de Germa Graat.
Dasibari. Le Bagradas de Ptolme , et l'Azanan des go-
12.
180 NOTES DU LIVRE V.
graphes modernes. (Voyez la note sur le mot Thuben de ce cha-
pitre.) L. Marcus.
Chap. V, page 28 , ligne 22.
Baracum. Ce mot est peut-tre compos des mots arabes ou
thiopiens bahar-Cum, le fleuve Ku, et bara-Cum, nom d'une
ville sur ce fleuve. Gaa'h et aussi Gaa'hgaa'h veut dire fleuve qui
ne cesse jamais de couler, dans l langue chaldaco-hbraque
des Talmoudisles , et Gogo ou Koko est , selon Edrisi , le nom
d'un fleuve qui prend sa source dix journes de marche d'Au-
gyle , vers le sud, et qui semble tre le Gir de Ptolme (Wal-
kenaer, Recherches , etc., pag. 374).
Balsa. On lit Balla dans quelques manuscrits , et cet endroit
parat tre le Billa de Ptolme sur les frontires nord-est du
Fezzan.
Galla. Le Gelanos de Ptolme au nord-ouest de Garama.
Maxala. Aujourd'hui Missolat sur la route de Tripoli Mur-
muck. On lit Maxalla en place de Maxala dans quelques manu-
scrits. Le premier nom se rapproche plus que le second du nom
moderne Missolat de l'ancien Maxala ou Massalat. L. M.
Ligne 23.
Zizama. On lit Cisama dans quelques manuscrits. Cette ville
est peut-tre la capitale du peuple Samamyk de Ptolme. Le
gographe grec place la ville de Gelanos dans le territoire de cette
nation , et cette ville est identique avec l'endroit Galla de Pline.
Gyri. Le Goriano des gographes modernes , o les voya-
geurs anglais Clapperton, Denham et Oudney ont trouv des
jaspes rubanns, du quartz -j asp e , des onyx, des cornalines et des
agathes (loco citato , pag. 12). L. M.
Page 3o , ligne a.
ensibus. Les habitans de la ville d'a , six lieues du nou-
NOTES DU LIVRE V. 181
veau Tripoli, sur la cte septentrionale de l'Afrique. Voyez sur
la guerre dont Pline parle ici , Tacite (iv, 5o). L. Marcus.
Chap. V, page 3o , ligne /*.
Prceier caput saxi. C'est probablement le Gibel-Gelat ou le
rocher Gelt des voyageurs anglais Clapperton . Denham et Oud-
ney (loco citato, pag. i3). Ce rocher est plus haut que les autres
monts de la chane Guriano ou Gyr, et une ville situe sur le som-
met de ce rocher serait aussi imprenable que le Knigstein de la
Saxe. C'est au pied de cette montagne que l'on passe quand on
veut se rendre du vieux et du nouveau Tripoli Missolat ( le
Maxala de Pline) , et del Garama ou Germa , ancienne capitale
du Fezzan. L. M.
Ligne 5.
Calabathmos. Aujourd'hui cap Luco. {Voyez la note que nous
avons faite prcdemment sur ce mot dans ce chapitre.) L. M.
Ligne 8.
In lalitudine, etc. Comparez la fin de la note sur les mots hoc
ordine de ce chapitre. L. M.
Chap. VI , page 3o , ligne 10.
Mareotis Libya. Voyez la fin de la note sur le mot Calabath-
mos du chapitre prcdent. L. M.
Ligne n.
Adyrmachid. Voyez l'intressante description qu'Hrodote
(iv, 168) nous a laisse de ce peuple. Il tend les habitations de
cette nation des bords de l'embouchure Canopique du Nil et de
ceux du lac Mareotis ou Mareia jusqu' Catabathmus (cap Luco),
et le port Pleunos, situ tout prs du Catabathmos et son
ouest. L. M.
Ligne 12.
Mareot. Sur les bords du lac Mareotis ou Mareia. Le nom
Mareia de ce lac est compos , selon M. Champollion , des mots
i8 NOTES DU LIVRE V.
( optes mai, donner, et re ou //^soleil ; il signifie dolin parle so-
leil, ou don du soleil. Strabon (vil , 79g, Casaubon) nous a donn
une description dtaille de ce lac. L. Marcus.
Chap. VI ^ page 3o , ligne i4-
Apis. Le nom de cet endroit rappelle celui du buf sacr que
l'on adora dans le temple de Thbes. C'est en ce lieu que les p-
lerins venant de l'Egypte pour se rendre l'oracle de Jupiter Ara-
mon , quittaient la cte pour entrer dans le dsert. Voil ce qui
a fait regarder par les Egyptiens ce lieu comme sacr (Strabon,
xvii, n5o, Almel). L. M.
Chap. VII , page 32 , ligne 5.
Meninx. Aujourd'hui Gerbi, du nom de l'un de ses anciens
chefs-lieux ( ab. Peuting.). # L. M.
Ligne 10.
Cercina. Aujourd'hui Querquanes. L. M.
Ligne i4>
Cercinitis. Aujourd'hui Cherchana. L. M.
Ligne i5.
Lopadusa. Aujourd'hui Lampedousa. ( Voyez III, 1^. )
Hardouin.
Ligne 16.
Gaulos et Galata. Goso et Tusi. ( Voyez III , i4- ) H.
Ligne 18.
Cosyra. Aujourd'hui Pantalarea. {Voyez III , i4-) H.
Ligne ig.
JEgimori ar. Aujourd'hui Zowamura ; Zimbra , selon Shaw.
L. Marcus.
NOTES DU LIVRE V.
Chap. VIII , page 34- , ligne 2.
Inieriori. Toute la premire partie de ce chapitre est extraite
presque mot mot de Mla (i, 4-), dont nous rapportons ici les
mots textuellement, parce qu'ils doivent faire la base du com-
mentaire de cette moiti du chapitre de Pline, dont nous par-
lons. Aprs avoir dcrit la Cyrnaque, Mla , rsumant l'instar
<1<> Pline tout ce qu'il avait dit jusqu'ici de l'Afrique , s'exprime
en ces termes : Caetera Numid et Mauri tenent. Sed Mauri in
Atlanliann pelagiis expositi. Ultra Nigrit et Pharusii usque ad
JEthiopes. Hi et reliqua hu/'us et toium latus , quod meridiem speclat
usque in A sie confinia , possident. At super ea , qu Libjco mari
abluuntur , LibyJEgyptii sunt et Leuctihopes et Gtuli. Deiride
lata vacat regio perpetuo tractu inhabilabilis : tum primos ab Oriente
Garamantes , post Augjlos et Troglodjtas et ultimos ad occasum
Atlantes audimus. Les autres parties de l'Afrique septentrionale
sont occupes par les Numides et par les Maures. Ces derniers
demeuraient sur les rives de l'ocan Atlantique. Au del d'eux
sont les Nigrites et les Pharusiens, qui confinent aux Ethiopiens ;
ceux-ci occupent non-seulement le reste de la cte africaine
qui est battue par les flots de la mer Atlantique, mais aussi
celle qui est situe vers le midi et qui va jusqu'aux confins de
l'Asie.
Ptolme (v, 5) a compris ce passage de manire placer les
Liby-Egyptiens au sud de la grande et de la petite Oasis, et sur
la route de ces contres au Darfour ; les Leucthiopes demeurent,
selon le gographe gr, sur les bords de la mer Atlantique,
entre le cap Ryssadium (cap Meric) et le fleuve Masitholus (S-
ngal). Une vaste plaine sablonneuse, JVet^o? Kc ct^po^of %a>pk,
spare les habitations des Leucthiopes de celles des Liby-
Egyptiens. Les parties septentrionale et nord-ouest de ce dsert
sont habites par les Gtules et les' Nigrites ; les parties sud-
ouest , mridionales et sud-est du dsert sont habites par des
tribus thiopiennes ou ngres. Ptolme ne pense pas , ainsi que
Mla, que du dtroit de Gibraltar le continent de l'Afrique se di-
rige immdiatement vers l'est et le sud-est. Mais Pline partage
cette ide de Mla. Dans le cas o la premire partie du chapitre
184 NOTES DU LIVRE V.
de Pline , dont nous parlons , semblerait devoir tre explique
dans le sens que Ptolrae donne au passage de Mla, le pays des
Gtules et des Nigrtes , des Leucsethiopes et des Ethiopiens
Pharusii et Perorsi , etc. , se rapprocherait de plus en plus des
mridiens du pays des Garamantes, des Augyli, des Troglodytes
et des Liby-Egyptiens. Dans cette hypothse, le dsert de Zahara
est extrmement rtrci ; l'intervalle qui spare les Ethiopiens oc-
cidentaux de ceux de l'orient devient trs-petit ; et le dsert ,
dont les bords sont occups l'est et l'ouest par des Ethiopiens .
de race diverse , n'est pas moins peupl dans l'ouest et au sud-
ouest que dans le nord-ouest et l'est, o l'on trouve le Fezzan
et les oasis de Berdoa , Bilma , Tibesti, Agadez, etc. , etc. , etc.
Tel est pourtant le systme qu'il faut admettre : la partie du cha-
pitre de Pline dont nous parlons a le sens que Ptolme donne
Mla. Pline (v, i , 2, 4-) qui ici copie cet auteur, a plac
les demeures des Gtules dans les parties mridionales des tats
barbaresques , et par consquent dans le nord du grand dsert ;
les Pharusii et les Perorsi demeurent, selon lui, sur les bords de
la mer Atlantique, et sur la lisire nord-ouest et ouest du grand
dsert ( v , 1 ) ; dans le vingt-cinquime chapitre du septime
livre , il numre les peuples thiopiens riverains de cette portion
de l'ocan qui bat le continent de l'Afrique au midi, ocan qui,
selon Pline, commence au nord de l'quateur, de sorte que la
pointe la plus mridionale de la pninsule ainsi dessine par les
anciens ne dpasse pas le parallle du quinzime degr de latitude
nord ; car les plus grandes dimensions de l'Afrique sont de 469,000
pas romains dans la Mauritanie , de 200,000 dans la Numidie ,
de 81, 388 dans la rgion Syrtique et dans la Cyrnaque, et de
625,000 dans la Nubie et dans le Sennaar.
Ainsi les mots interiori aulem ambiiu ad meridiem de Pline doi-
vent tre regards comme identiques avec l'expression at super
eaquLibjco mari alluuntur de Mla; et les Gtules, les Liby-
Egyptiens et les Leucsethiopes ne demeurent pas sur la cte
mridionale mme de l'Afrique ; mais mi-chemin entre celle-ci
et la cte septentrionale laquelle Mla donne le nom de Liby-
que, pendant qu'il attribue celui d'Ethiopienne ( Mla, 1,3)
la cte mridionale. Les mots inlerenientibus deserlis se rappor-
NOTES DU LIVRE V. i85
tent ceux qui leur succdent, et nou ceux qui les prcdent.
C'est entre le pays des Leucsethiopes et entre celui des Liby-
Egyptiens , mais non entre les Gtules d'un ct et les deux
premires nations de l'autre, que Pline met des dserts. Les mots
super eos JPdhiopum gnies Nigritcc, etc., veulent dire au sud et au
sud-ouest des Gtules , des Liby-Egyptiens et des Leucsethiopes
se trouvent des peuplades ngres'. L. Marcus.
Cbap. VIII, page 34 , ligne 3.
Gtula. Voyez la note sur le mot Gtulia du quatrime cha-
pitre. L. M.
Ligne 4*
Libygyptii. Sur la route de la grande et de la petite Oasis au
Darfour. Voyez Ptolme (v, 4)- ^ e nom Libygyptii veut dire ,
une nation compose de Libyens ou de Berbres, et d'Egyptiens
qui se sont mls ensemble.
Leucthiopes. Ethiopiens blancs , c'est--dire hommes d'un
teint bruntre et hommes basans, mais non des ngres ou hom-
mes tout noirs. Ptolme (V, 6) place cette nation sur les bords
de la mer Atlantique, et entre le'cap Ryssadium et le fleuve Ma-
sithohis. Nous avons prouv , dans le premier chapitre du livre
cit dans la note sur les mots Thn Okhma du premier cha-
pitre, que le cap Ryssadium de Ptolme est le cap Mric des
gographes modernes , que le fleuve Masitholus est le Sngal ,
et que les Leucsethiopes de Ptolme sont les Azanaghis, qui
demeurent le long de la cte du grand dsert , et qui ne sont pas
aussi noirs que les ngres de la Sngambie. Rennel prend les
Leucsethiopes des auteurs grecs et romains pour les Poules et
pour les Mandingos de la haute Sngambie. L. M.
Ligne n.
Home.ri, etc. Odyss. , I , 23 :
Ai&ioTrac toi fi^Sra. i^ukim , ht^atoi vcTpav
O /MIV S'UTQfA.'iVO'J i.7TpiOl}', Ot f V<6v7o.
Les Ethiopiens , relgus aux bornes du monde , se scindent en deux
rameaux ; les uns occupent les lieux o se conche Hyprion , les aulrcs
l'Orient.
186 NOTES DU LIVRE V.
Ces deux vers d'Homre ont t interprts de diffrentes ma-
nires par les anciens. Strabon et Mla les entendirent comme
Pline; mais Aristarque, cit par Eustathe (sur l'Od/ss. , I, a3),
pense que le Nil est la barrire qui spare les Ethiopiens occi-
dentaux et orientaux. D'autres , se fondant sur Hrodote ( m,
94.5 97; vu), se sont imagins que les Ethiopiens occidentaux
du pote grec sont les ngres de l'Afrique, et les Ethiopiens
orientaux ceux de l'Ocanique.
Il est plus raisonnable de penser que les thiopiens occiden-
taux d'Homre sont les ngres de l'Afrique et les habitans basa-
ns de la Nubie et de la haute Egypte , o Homre connat la
ville de hbes , et que les Ethiopiens orientaux du pote grec
sont les nations teint fonc du midi de l'Arabie et de la Perse.
Homre fait dbarquer Sidon et sur la cte de l'Egypte et de la
rgion syrtique plusieurs des chefs grecs qui avaient pris part la
guerre de Troie ; c'est donc Sidon que les Grecs ont pu voir ,
avant le sicle d'Homre , les caravanes des Arabes de l'Ymen.
En Egypte ils firent connaissance avec les caravanes du Soudan,
de la Nubie et du Thbas. On peut aussi supposer que les Ethio-
piens orientaux d'Homre sont les Colques ; car ce peuple ,
dont le pote grec parle souvent , a le teint noir et la physio-
nomie des ngres, selon Hrodote, qui le prend pour une colo-
nie des Egyptiens. Homre place le chteau du Soleil , son lac
et le thtre de ses amOurs avec les nymphes de l'Ocan , dans la
Colchide. C'est la proximit du soleil que les anciens attri-
buaient le teint basan ou noir de la peau des Ethiopiens. C'est
dans la Colchide que l'on doit chercher le terme des connais-
sances d'Homre sur le nord-est de l'Asie et l'ocan Oriental.
L. Marc us.
Chap. VIII , page 34 , ligne 12.
Nigri fluvio , etc. Nous avons numr dans la note qui prcde
toutes les mesures que Pline nous a laisses sur la latitude de l'A-
frique dans ses diffrentes parties. La mesure qui nous conduit le
plus vers le sud, est celle des 800,000 pas compter du point le
plus mridional de la rgion syrtique vers le midi ; elle ne nous
conduit pas encore jusqu'au quinzime degr de latitude nord.
NOTES DU LIVRE V. 187
Ainsi le Niger de Pline ne peut pas tre le Djoliba de Mungo-
Park , qui coule de l'ouest au nord-est , et de l'est au sud-ouest ;
car ce fleuve a ses sources entre le douzime et le onzime degr de
latitude nord, et n'atteint nulle part le quinzime degr, moins
que ce ne soit Tombouctou. Il y a plus : le Niger de Pline ,
ainsi que celui de Ptolme , ne coule pas de l'ouest l'est,
comme on le croit en gnral , mais de l'est l'ouest et au nord-
ouest. Pline dit dans ce chapitre que le Niger prend sa source
entre les Ethiopiens Tarlens et les Ethiopiens caliques ; ces
derniers demeurent, selon Ptolme, l'est dumontThala, situ
au midi de la rgion syrtique , et d'o le Niger se dirige , selon
Ptolme , vers la montagne de Mandros , dans le sud de l'em-
pire de Maroc. En consquence , dans le cas o les Ethiopiens
caliques de Ptolme et ceux de Pline seraient les mmes , il
deviendrait certain que les sources du Niger de ces deux savans
sont situes dans le milieu de l'Afrique, et que cette rivire coule
de l vers les contres occidentales de cette partie de la terre.
Or, la supposition que nous venons de faire est juste ; car Pline
(iv, 35) nous dit lui-mme, sur l'autorit de Dalion , qui le
premier des Grecs a voyag dans les pays africains situs au sud
de Mro ( 33o ans avant J.-C. ) , que les Ethiopiens caliques
demeuraient au sud de la rgion syrtique. Dans le chapitre que
nous commentons , il place cette nation , de. sa propre autorit ,
prs des sources du Niger et entre les Atlantes ( placs jadis par
Hrodote , lv, 181 , vingt journes l'ouest des Garamantes ,
dans le Fezzan) et les Blemmyes , qui, de l'oasis de Lilma leur
mre-patrie, se sont rpandus jusqu'aux rives nubiennes du Nil,
et au del , dans les temps anciens.
Maintenant qu'il est prouv -que les Ethiopiens caliques de
Pline et ceux de Ptolme sont le mme peuple , Ton peut pr-
sumer que les Tarelei de Pline sont identiques avec les Thalae
de Ptolme ; car le gographe grec met les demeures des Thalae
au pied de la montagne de Thala , d'o le Niger se dirige vers la
chane de Mandros ; et Pline place les sources du Niger entre le
pays des Tarelei et celui des caliques.
On me demandera maintenant quel fleuve se rapporte le Niger
de Ptolme et de Pline , si ce n'est pas le Djoliba de Mungo-
i88 NOTES DU LIVRE V.
Park, et qu'il coule de l'est vers l'ouest. On ne peut donner
d'autre rponse satisfaisante cette question que celle-ci : Le
Niger de Ptolme et de Pline est le Ziz de nos gographes , qui ,
selon Jackson , ne coule pas du nord-ouest vers le sud-est ; ce qu'on
lit dans tous nos ouvrages de gographie , mais du sud-est vers
le nord-ouest, et qui s'enfle priodiquement comme le Nil (Ebn
HAUCAL dans Walckenaer, Reckerc. sur l'intrieur de l'Afrique,
pag. 470 ) Si cette supposition est juste, le Niger de Ptol-
me et de Pline sera identique avec le Ger ou Niger de Cor-
nlius Balbus , dont Pline a parl dans le premier chapitre de ce
livre. L. Marcus.
Chap. VIII , page 34 , ligne 16.
Mavin. Au lieu de ce mot on lit Magium dans plusieurs ma-
nuscrits. Cette dernire leon me parat prfrable la premire,
car Ptolme place une nation du nom de Mimaki ct desThalse,
qui sont les Tharelei de Pline , et le nom de Magium ressemble
celui de Mimaki. L. M.
Ligne 17.
Atlantas. Voyez un peu plus bas.
Blemmjas. Voyez, sur ce peuple, le second tome des Mmoires
de Quatremre sur l'Egypte; et Letronne, sur l'inscription grec-
que du roi nubien Silco (Journal des savans , i85). Comparez
aussi notre note sur les mots Nigri fluvio , et celle sur les mots
capita desse de ce chapitre.
JEgipanas. Voyez un peu plus bas. L. M.
Ligne 18.
Gamphasantas. Voyez un peu plus bas.
Himantopodas. Mla (ni, 9) dit de ce peuple qu'ils ont des
jambes si maigres , qu'ils ne peuvent se tenir debout , et qu'ils
rampent comme des lzards. Pline, plus bas (vi), parle d'un peuple
qui les voyageurs attribuaient le mme vice de conformation ;
il le nomme Syrciti, de o-vpeiv, traner, et il le place dans le mi-
lieu de l'Hindouslan. Il n'est pas besoin de rechercher les demeures
NOTES DU LIVRE V. 189
de nations qui peut-tre n'ont jamais exist. Le nom Himanto-
podes vient du mot grec himas ( juks ) , fil , corde, et de pous ,
gnitif podos ('aroys-, s Tav.'iS'cs tsotaijlqv wa.pci.'tovr. Cf. Sal-
luste, G. de Jug., c. 5 ; Mart. Cap., etc. Il n'y a pas besoin d'un
long examen pour apercevoir combien peu cette division est na-
turelle. L'islhme de Suez est videmment la limite commune des
deux mondes , qui s'tendent l'un l'est et l'autre l'ouest de la
pointe sud-est de la Mditerrane. V. Parisot.
Chap. IX , page 38 , ligne 1 .
Introrsus ad meridiem recedens, donec a tergo priendaniur JEthio-
pes. L'Egypte n'est , proprement parler, que la longue valle
du Nil entre les deux chanes de montagnes dites chane Libyque
*9% NOTES DU LIVRE V.
et chane Arabique. Cette valle a de trois quarts de lieues deux,
trois , six, neuf, et mme quinze lieues de largeur. Elle s'largit
considrablement vers l'embouchure qui, scinde, comme nous
le verrons plus bas, en un grand nombre de bouches , occupe
une surface infiniment plus considrable. Mais le plus souvent ,
et notamment sur les cartes , on tend le nom d'Egypte toute
la contre l'est du Nil jusqu' la mer Rouge , et une partie
du dsert l'ouest. En consquence , si nous reprsentons par
une ligne droite , comme c'est l'usage , cette limite occidentale ,
en quelque endroit d'ailleurs que l'on place le commencement de
l'Ethiopie et la fin de l'Egypte , cette contre aura sur les cartes
la forme d'un trapze ; et si le rivage de la mer Rouge, au lieu
de flchir vers le sud-sud-ouest, s'avanait directement du nord
au sud paralllement la limite libyco-gyptienne , elle aurait la
forme d'un paralllogramme. Resterait maintenant dcider o
passe cette limite mridionale. 11 est certain que sa position a va-
ri ; mais les cataractes qui sont entre la ville de Syne et l'le de
Philes (par -24 5i' 2" de latitude nord) en dterminent une trs-
naturelle , et ce fut en effet la limite la plus ordinaire , quoique
indubitablement Philes et toutes les les voisines , achompso ,
Elphantne, aient t, certaines poques, habites, gouvernes
et remplies de monumens par les Egyptiens.
Chap. IX , page 38 , ligne 3.
Inferiorem ejus partent Nilus, dextra lvaque divisus, amplexu suo
dtermint , etc., etc. Il sera plus bas parl du Nil ; remarquons ici
seulement que c'est tort que Pline voit la basse Egypte tout en-
tire dans l'le forme par les deux bouches les plus loignes du
Nil. A l'ouest, l'est, et mme au sud de cette le , se trouvent
encore des surfaces plus considrables que tel ou tel grand-duch
d'Allemagne. Il est vrai que le nom de Delta, donn par les Grecs
cette le , est pris quelquefois pour synonyme de basse Egypte;
mais il n'en avait t ainsi qu'en Egypte mme ; et , du temps de
son indpendance , la partie orientale tait cense faire partie de
l'Arabie , et se nommait Tiarabia ; la partie occidentale , regar-
de comme de la Libye , tait nomme Niphaat. Dans l'tat des
NOTES DU LIVRE V. ic/S
choses du temps de Pline il n'en tait plus ainsi : confondre l'E-
gypte infrieure avec le Delta tait un abus de mots, et, s'il faut
le dire , une vritable faute. En consquence , rservons le nom de
Delta l'le seule , et celui de basse Egypte pour l'le avec ses an-
nexes orientaux , occidentaux et mridionaux ; mais dans tous les
cas , et lors mme que nous admettrions dans le langage courant
cette synonymie inexacte de basse Egypte et de Delta, gardons-
nous de dire que le cours du Nil est, l'est et l'ouest, la borne*
de la basse Egypte. Cf. la note p. 195 sur les nomes. V. Parisot.
Chap. IX , page 38 , ligne 6.
lia se findenie Nilo , ut triquetrain ierr figurant efficiai. Ideo
multi grc litires vocabulo , Delta appeavere J,gypium. Hro-
dote ( liv. Il , i.5) est encore plus formel que Pline, et nous ap-
prend qu'en effet la haute antiquit ne donnait le nom d'Egypte
qu'au Delta. Dans ce sens, il est trs-clair qu'on avait raison de
faire une le de ce pays. Quant au mot Delta en lui-mme , tout
le monde sait qu'il est grec d'origine, et que la lettre A ren-
verse est une reprsentation de l'espce de triangle qui-
latral que forment d'une part les deux branches les plus loi-
gnes du fleuve , de l'autre la Mditerrane. Le vritable nom
gyptien selon Ephore , dans Etienne de Byzauce (art. Ag^ret),
aurait t Ptimuris ( Urtjuvpts) , qui , si nous dgageons la ter-
minaison , nous ramne Ptimour, ou peut-tre Petmour (mot
mot, en copte, ce qui est entour , ceint de toute part. Nous trou-
verons absolument la mme ide dans le nom impos l'le de
Prirrhuse, Uspippiova-et., dans la mer Ege. Pline , ch. 38).
Au reste , le Delta tait divis en deux parties par le bras Sben-
nytique ; la portion orientale se nommait grand Delta, et l'occi-
dentale petit Delta. Cette dernire est en effet notablement plus
petite. Ptolme (liv. iv) parle encore de deux petits Deltas ,
compris , le premier entre les branches Bubastique ( autrement
Plusiaque) et la Phatmtique ; le second, ce que l'on pr-
sume , entre la Phatmtique et la Sbennytique. Il semblerait plus
simple et plus conforme ce qu'il y a de frappant dans les faits,
d'appeler petits Deltas, ou Deltas secondaires, i l'le entre les
branches Tanitique et Bubastique , qui toutes deux drivent d'un 1
iv. 3t
i 9 4 NOTES DU LIVRE V.
mme bras; 2 l'le entre les branches Phatmtique et Mend-
sienne, auxquelles un mme bras donne aussi naissance. Nous
reviendrons sur ce sujet dans la note sur les bouches du Nil.
V. Parisot.
Chap. IX, page 38 , ligne 9.
Mensura ab unitate ad P elusianum CCLVI M est. Il est pro-
bable qu'on doit lire CLVI ; en effet , la branche Plusiaque n'a
gure que de trois quatre lieues de plus que le bras Canopique ;
et si elle fait un coude gnral plus considrable , en revanche
elle rencontre la mer 3i 6' de latitude septentrionale, tandis
que l'autre ne tombe dans la Mditerrane qu' 3i 26'. En rap-
prochant de ces mesures celle de 170 milles donne pour la lon-
gueur de la cte., on voit que le triangle form par le Delta du
Nil est, peu de chose prs, quilalral , les chiffres de Pline
revenant 5j , 52 et 4-9 lieues, et l'ingalit du premier dispa-
raissant entirement ds que l'on adoucit un peu les dtours de la
cte mditerranenne. V. P.
Ligne 11.
Summa pars , conlermina JEthiopi , Thebaisvocaiur. L'Egypte
se trouve assez naturellement divise en deux parties trs-in-
gales , i la basse Egypte, compose du Delta et de ses environs;
2 la haute Egypte , partir de la bifurcation jusqu' la limite
du pays ; mais l'usage fit de la haute Egypte deux parties peu
prs censes gales longitudinalement (quoique la deuxime l'em-
porte de beaucoup), i l'Heptanomide, 2 la Thbade. Comme
la Thbade est la plus recule dans les terres , il arrive souvent
que l'on donne ce mot comme synonyme de haute Egypte ou
d'Egypte suprieure. Pline ne se donne ici la peine d'entrer dans
aucun dtail, soit sur la division de l'Egypte, soit sur les points
o s'arrte chacune des grandes rgions , et ne nomme pas l'Hep-
tanomide ; il ne l'indique pas mme , par quelque mot , comme
Egypte intermdiaire ; et cependant il ne pouvait ignorer que
jamais la Thbade, quel que soit le point o on veuille l'arrter,
n'a t limitrophe du Delta, ou mme de l'Egypte infrieure. C'est
ce que prouve notamment le passage du chapitre 1 1 : Et in Li-
byco Lycon ubi montes finiunt Thebaidem. Ainsi, tout l'espace de
NOTE! DU LIVRE V. ig5
Lycopolis , sept ou huit lieues au dessus de la bifurcation du
Nil , n'est , d'aprs lui , qu'une province anonyme ; et cependant
cette rgion est plus vaste que le Delta , cette rgion contient
Memphis. Au surplus, avant de finir, remarquons, sur cette limite
de la Thbade Lycopolis, que, dans la division vulgaire moderne
de l'Egypte en Eahhari ou basse Egypte, Ouestanieh ou contre du
milieu , Sad ou haute Egypte , le Ouestanieh correspond exacte-
ment l'Heptanomide , comme le Eahhari l'ancienne Egypte
infrieure, et le Sad la Thbade; mais que dans les divisions
politiques antrieures , il s'en faut de beaucoup que les choses
aient t de mme , et que la sparation de la Thbade et de
l'Egypte intermdiaire ft un peu au dessous d'Abydos.
Chap. IX, page 38, ligne 12.
Dciditur in prcefeciuras oppidorum , quas Nomos vocant, Omhi-
ien , etc. Hrodote (liv. II, c. 164.) est le premier chez lequel
se trouve le mot de nome , vftos , appliqu aux subdivisions ter-
ritoriales de l'Egypte. Ce mot est videmment d'origine grecque;
et l'on sait que vip.a signifiant rgir, administrer, vb^os revient
juridiction, prfecture (et tel est en effet le mot de Pline dans
le passage qui nous arrte). Cependant, quelques auteurs mo-
dernes se sont appuys d'un passage de saint Cyrille d'Alexan-
drie pour prtendre que le mot est d'origine gyptienne , et n'a
t qu'import par les voyageurs et gographes grecs. "Voici ce
passage : No^co? etuT
k>h&i. Mais , d'une part , aucun mot gyptien qui approche
de vbi-tos ne se rencontre , soit dans le dictionnaire copte , soit
dans les vocabulaires gyptiens manuscrits, tant en dialecte mem-
philique qu'en dialecte thbain , ce qui, quoique coup sr
on ne connaisse pas tous les mots qui entrrent dans la langue
des anciens Egyptiens, est dj un prjug contre l'origine gyp-
tienne du mot ; de l'autre , on trouve trs-souvent dans les livres
crits en langue copte ou gyptienne le mot pthoch pour rendre
celui de prfecture. Enfin, Diodore de Sicile ( liv. VI, chap. 66)
dit formellement : v lv 'harlov katu. rbv hxxmwh ^ikxiKtov bvo-
UxZeTcll V/W05-.
196 NOTES DU LIVRE V.
La division de l'Egypte par nomes est attribue au grand S-
sostris (Sthos Ramss) , fils d'Amnophis III , qui , mditant de
vastes conqutes , voulut, avant de quitter son royaume natal ,
assurer l'ordre et la stabilit de chacune de ses parties ( Voyez
Diodore de Sicile , liv. i , chap. 5o ). 11 est vrai que l'on a
contest cette assertion en faisant valoir , soit l'impossibilit
absolue que les prdcesseurs de ce monarque auraient eue
gouverner leurs tats sans subdivisions territoriales , soit la con-
struction du labyrinthe au centre des nomes , construction ant-
rieure de beaucoup Ssostris, si, comme le veut Manthon, elle
date du rgne de Lamaris, quatrime pharaon de la douzime dv-
nastie , au moins 25oo ans avant J.-C. On peut dire entre autres
rponses, i que la runion de l'Egypte entire sous un mme
sceptre n'eut lieu qu' partir du commencement de la dix-huitime
dynastie (et mme selon Volney, et, l'opinion commune qui com-
mence tomber en ruines), sous le huitime roi de cette dix-
huitime dynastie ; or Ssostris , chef de la dix-neuvime , n'est
spar de ce dernier que par dix rgnes , qui se rduisent sept
gnrations; 2 que l'existence de divisions antrieures, proba-
blement irrgulires , capricieuses ou peu fondes, ne dut point
tre un obstacle une division nouvelle plus uniforme ; 3 que,
conformment ce systme de fixit et d'zVz statu quo qui carac-
trise si minemment l'antique Egypte, le monarque lgislateur
dut chercher s'accorder autant que possible avec les anciennes
institutions , et qu'il n'y a rien d'tonnant ce qu'il ait laiss
juste autant de nomes au sud qu'au nord du labyrinthe.
Chaque nomarchie tait partage ultrieurement en toparchies,
lesquelles leur tour se composaient de plusieurs communes ru-
rales : ainsi , les toparchies revenaient peu prs nos arrondis-
semens de sous-prfectures.
11 est certain que l'Egypte des Pharaons se composait de trente-
six nomes ; tel est aussi le nombre que portent presque toutes
les gographies grecques et romaines ; et tel est en particulier
celui que fixe Strabon , qui , plus circonstanci que Pline , en
donne dix la Thbade , dix l'Egypte infrieure , et seize
l'Egypte du milieu , sur quoi nous devons remarquer :
i. Que ce nombre detrente r six n'est parfaitement exact qu'ai:-
NOTES DU LIVRE V. 197
tant que l'on fait abstraction des annexes orientaux et occidentaux
du Delta, qui l'un et l'autre contiennent plusieurs cantons, qu'a-
prs la disparition de l'indpendance et de la nationalit gyp-
tiennes , on appela nomes ;
2. Que , comme on peut le conclure de la note prcdente ,
l'Egypte du milieu n'est point identique ici l'Heptanomide, qui
ne se compose que de neuf nomes , et qui , si le nombre de ses
prfectures tait rigoureusement celui qu'indique l'tymologie
(l'arrt, sept; vojuos, nome), n'en aurait que sept. Nous verrons'plus
tard quelle circonstance est due cette divergence entre la dno-
mination gographique etla ralit qu'elle semble devoir annoncer.
Ceci pos, revenons Pline , et commenons par remarquer
que dans l'ordre de ses nomes rgne la plus fcheuse comme la
plus fantasque irrgularit ; c'est ce dont la suite de cette note
convaincra aisment tous les lecteurs
Parcourons d'abord la Thbade.
Pline lui donne onze nomes : un prs , c'est ce que compte
Strabon ; mais il y a celle diffrence entre Pline et Strabon, que
ce dernier ne porte point la Thbade au del d'Abydos, tandis
que Pline pousse la sienne jusqu' Lycopolis. Dans ce cas, et y
compris le nome Lycopolite, il devrait en mentionner dix-sept.
De ces onze nomes que donne Pline , en suivant ou probable-
ment en voulant suivre le cours du Nil, deux sont hors de place,
savoir le nomeTinite, qui ne doit venir qu'aprs le Diospolite, et
TAntopolite, qui , dans une nomenclature plus soigne, cderait
sa place l'Aphroditopolite , pour prendre celle de ce dernier.
Ainsi, jious disposerions nos onze nomes dans l'ordre suivant;
1. Ombitc ou Nome cTOmbos.
1. Apollonopolite ou Nome d'Apollonopolis.
3. Hermonlhite ou Nome d'Hermonthis.
4. Phaturite ou Nome de Thbes.
5. Coptite ou Nome de Coptos.
6. Tcntyrite.. ou Nome de Tentyra.
7. Diospolite ou Nome de Diospolis. ,
8. Thinile ou Nome de This.
9. Apliroditopolite ou Nome d^phrodilopolis
10. Anlopolite ou Nome d'Antopolis.
11. Lycopolite ou Nome de Lycopolis.
198 NOTES DU LIVRE V.
Reste dire quels sont les six nomes manquons ; ce sont:
i Le Latopolite; 4 Le Ptolmate ;
2 Le Diospolite majeur 5 Le Panopolite ;
3 L'Oasite suprieur; 6 Le Typslitc.
De ces six , trois sont nomms plus bas au milieu de ceux du
Delta , 6avoir , quoique fort obscurment, l'Oasite ( sunt conter-
mini ex Africa duo Oasit) , le Latopolite et le Panopolite. Il
n'est pas question des deux autres , et probablement mme , s'il
faut le dire , Pline n'a pas t instruit de cette circonstance re-
marquable , que la grande Diospolis , ou hbes , formait elle
seule deux nomes, savoir le Phturite qu'il a nomm, et qui com-
prenait le Memnonium ou partie occidentale de la ville avec les
terres voisines , et le Diospolite majeur , compos de la partie
orientale de celte capitale et de son territoire. Ceci pos , offrons
le tableau de la hbade de Pline et de la Thbade qui rsulte
des gographes anciens et modernes , rectifis et complts les
uns par les autres.
NUMEROS
d'ordre.
5.
6.
7-
8.
9-
10.
11.
NOMS DES NOMES
IELOI4 PL1N
Ombos
Apollonopolis .'
( Nomm parmi les prfectures
du Delta
Hermonthis ,
This (devrait occuper le n 10).
( Manque)
Thbes
Coptos
Tentyra
Diospolis
( Voyez entre 4 et 5 )
( Indiqu aprs tous les nomes,
mme du Delta )
SELON LA
Ombos.
Apollonopolis.
Latopoiis.
Hermonthis.
Thbes ou Diospolis-la-Grande
( partie orientale ).
Thbes ou Diospolis-la-Grande
( partie occidentale).
Coptos.
Tentyra.
Diospolis-la-Petite.
This (et mieux, Abydos).
Oasite premier ou suprieur.
NOTES DU LIVRE Y.
*99
NUMEROS
d ordre.
i3.
./,.
i5.
16.
NOMS DES NOMES
SELON l'LlSI
( Manque)
( Nomm dans le Delta ) .
( Voyez entre i5 et 16 )
Antopolis
Aphroditopolis ( devrait tre
au n 14 )..
( Manque)
Lycopolis. 1
SELON LA VRAIE GKOCRAPIIIB.
Ptolmas.
Panopolis.
Aphroditopolis.
Antopolis.
Hypslis.
Lycopolis.
Quant aux nomes de l'Heptanomide et du Delta , la confusion
est encore plus grande ; et il serait tellement fastidieux d'essayer
de porter la lumire dans ce chaos, que nous nous contenterons
de faire suivre ici les noms dans l'ordre vritable , et sans en
omettre un seul.
HEPTANOMIDE.
18 I. Nome d'Hermopolis.
19 a. Nome de Thodosiopolis.
20 3. Nome de Cynopolis.
ai /j. Nome d'Oxyrrhynque.
aa 5. Nome Oasite second ou Oasite infrieur.
a3 6. Nome d'Hraclopolis.
a4 7. Nome de Crocodilopolis ou d'Arsino.
a5 8. Nome d 1 Aphroditopolis du sud.
26 g. Nome de Memphis.
EGYPTE INFRIEURE
1. Iitai'i't VRAIE OU DELTA.
27 . 1. Nome de Pharbthe.
28 a. Nome de Tanis.
39 3. Nome de Mendes.
3o 4- Nome de Prosopis.
3i 5. Nome de Busiris.
3a 6. Nome de Sbcmiitc ou de Xs
33 7. Nome de Sais.
34. ...... . 8. LNouic d'Onuphib
2qo NOTES DU LIVRE V.
35 9. Nome de Phlhenelhii.
36 ; . . 10. Nome de Cabase.
2. APPENDICES LATRAUX, OU EXTRA - DELTAQUES.
a. ORIENTAL OU ARABIQUE.
37 1. Nome d'Hliopolis.
38 2. Nome d'Alhribis.
39 3. Nome de ubastis.
4o 4- Nome Arabique ou d'Hroopoiite.
4i 5. Nome de Slhros.
b. OCCIDENTAL OU LIBYQUE.
4a 1. Nome Nitriote.
43 2. Nome Ammonien.
44 3. Nome Andropolite.
45 4- Nome Mniate.
46 5. Nome Marotite.
47 6. Nome Alexandrin.
11 rsulte de ce tableau , dont le dernier compartiment n'est
probablement point complet , et semble devoir tre augment
d'au moins deux nomes ,
i. Qu'au lieu de trente nomes ici indiqus (abstraction faite
des synonymes), il s'en trouve trente-deux dans notre auteur
(abstraction faite des quatorze dont il a t question dans le ta-
bleau de la Thbade) ;
2 . Que de ces trente-deux nomes , vingt-sept seulement ap-
partiennent des nomes vritables , tandis que les cinq suivaus,
l'Atarrhabite, le Phthempbu, le Naucratite, le Mtlite, le Gyn-
copolite , ne sont au plus que des toparchies ou sous-prfectures
mal propos leves au rang de nomes. Au reste, Pline n'a pas
seul commis cette erreur, car on lit dans Ptolme : Mtwa/tm?
v'onos , MTWAs- fJMTf'oxis ; dans Strabon (liv. xvil), Tvvaiko-
tFOXTifts v/u.o , etc.;
3. Enfin , que trois nomes parmi ceux que nous connaissons
ont t omis (l'Alexandrin , TAndropolite et le Nitriote) ; il est
vrai que peut-tre Pline a regard l'Alexandrin comme faisant
partie du Mniate ; mais rien ne semble devoir autoriser cette
conclusion. Et MnLas et-elle t voisine d'Alexandrie, comme
on le conjecturera, si l'on veut que cette ville ait t fonde au
NOTES DU LIVRE V. 201
bord de la mer par Mnlas , lorsqu'il vint chercher sa femme en
Egypte , il ne serait point tonnant qu'Alexandrie, comme Thbes,
et t divise en deux nomes , le Mnlate et l'Alexandrin.
Nous ne finirons point cette note sans dire comment il se fait
que l'Heptanomide ait pu contenir neuf nomes au lieu de sept.
11 parat que le nome de Thodosiopolis fut pendant un certain
temps , sous la domination des Lagides, une simple toparchie;
et d'autre part l'Oasite , qui forme le cinquime nome , tant
situ hors de la valle du Nil , et ne faisant en quelque sorte
point partie de l'Egypte, ne fut regard que comme dpendance,
mais non comme partie intgrante de l'Heptanomide.
Cf. la note pag. 209 et suiv. , o nous entrerons dans quelques
dtails sur les noms gyptiens anciens et arabes modernes de
toutes les capitales des nomes dont nous avons offert ici le ta-
bleau.
Chap. IX , page 38 , ligne 18.
Hammoniacum tendeniem ad Hammonis Jovis oraculum. Le tem
pie et l'oracle d'Amoun ( car tel est le vritable nom de ce dieu,
assimil par les Grecs leur Zevs , et dont on a si ridiculement
driv le nom de \,k/j./j.os et i'ijuy.os , sable), le temple et
l'oracle d'Amoun , disons-nous , se trouvent dans la plus sep-
tentrionale des oasis , et non , comme le dit Strabon , dans son
voisinage. ( Cf. RlPAULT, Mm. sur les oasis , insr dans la D-
cade gypt., tom. I , p. i5i.) C'est ce que dmontrent:
i. La distance que quelques pages plus bas {Memphis ...unde ad
Hammonis oraculum XII dierum iter est) Pline met entre Memphis
et le temple d'Amoun. Ces douze journes de route , values
raison de sept lieues par jour, donnent quatre-vingt-quatre
lieues , ce qui est prcisment l'intervalle entre les ruines de
Memphis et l'oasis aujourd'hui nomme Siouah ;
2 . Les dimensions que Diodore de Sicile donne l'oasis en
question (cinquante stades), qui, prises pour des stades de six
cents au degr, reviennent un peu plus de six milles ; or, telle
est peu prs la grandeur de Siouah, selon Brown {Voyage en
Syrie et en Afrique , tom. I , p. 35 ) ;
3. Les circonstances locales. Selon le mme Diodore, le temple
%o% NOTES DU LIVRE V.
d'Amoun tait environn d'un grand nombre de beaux arbres, et
peu de distance tait une source froide ou chaude , selon que
le soleil tait plus ou moins lev sur l'horizon. Or, Siouah est
presque entirement couverte de palmiers ; et Brown ( pass. cit)
termine en disant : On y trouve en abondance de l'eau douce
et de l'eau sale ; mais les sources qui fournissent la premire sont
pour la plupart chaudes ; une des sources qui se trouvent
prs des ruines que j'ai dcrites ( probablement celles du temple ou
de quelques difices destins aux prtres ) est , suivant le rapport
des gens du pays, tantt froide et tantt chaude.
Cuap. IX , page 4-o , ligne 4-
Duo Oasit. Le nom d'oasis ( v Oc r la
par la
par la
par la
par la
Bouche
Bouche
Bouche
Bouche
Bouche
Bouche
Canopique.
Bni.BITINE.
Sf.BENNTTfQIl
Phatmtiq.
Mende.
Tanitique.
PlUSIAQ.
NOTES DU LIVRE V. 209
Cette nomenclature s'loignant de celle d'Hrodote tant pour
l'ordre que pour les noms eux-mmes ( Canopique , Bolhitine,
Satique, Sbennytique , Bucolique, Mendsienne, Plusiaque t
telles sont les sept embouchures selon cet historien ) , nous ne
voyons que deux manires de le concilier avec les autres go-
graphes : la premire , qui est celle de M. Champollion et de tous
les modernes qui semblent avoir rflchi srieusement cette
difficult, consiste voir dans la Sbennytique la Phatmtique
vulgaire , tandis que la Sbennytique ordinaire deviendra la Sa-
tique d'Hrodote. Quant la Bucolique, ce ne serait qu'un canal
de drivation entre la Mendsienne et la soi-disant Sbennytique.
La seconde , qui nous est propre, ferait du nom de Bucolique un
synonyme de Phatmtique ; la branche Sbennytique garderait
son nom , et le bras Satique serait cette drivation de la Cano-
pique qui a lieu cinq six lieues au dessous de Sas , et huit
neuf au dessus de la bifurcation qui donne naissance la Bolbi-
tin Ou Tali. Cette hypothse, qui suppose moins de confusion,
et qui surtout libre Hrodote de l'erreur qu'on lui prte assez
gratuitement en voulant qu'il ait pris un canal d'irrigation pouf
un bras du fleuve , n'a rien d'invraisemblable en elle-mme , et
se concilie merveille avec le texte. V. Parjsct.
Chp. X , page /$ , ligne 17.
JEyptus super cleram antiquitatis gloriam XX M urhium. 11 est
clair que nombre de ces villes ne furent que de gros bourgs. Quant
l'numration de toutes les villes connues dans l'Egypte an-
cienne , Pline lui-mme ayant renonc la donner, nous ne la
tenterons point ici. Parcourons seulement les villes nommes par
lui dans ces trois chapitres sur l'Egypte, ainsi que Celles qui fu-
rent capitales de nomes , et donnons-en les noms , tant gyp-
tiens anciens et arabes modernes, que grecs et latins, employs
parfois au lieu des dnominations pliniennes ; car , et c'est une
remarque essentielle faire avant d'entamer la gographie de
l'Egypte, chaque ville semble avoir deux ou trois noms, ou mme
plus, selon que Ton ajoute au nom la finale polis en grec,
le mot oppidum ou urbs en latin , que l'on traduit ou qu'on laisse
IV. t/,
ao NOTES DU LIVRE V.
intact le mot grec , qui est la base du nom propre , etc , etc.
Ainsi, par exemple, Herculis et Hraclopolis ne sont qu'un seul
et mme nom ; Canum , Cynon , Cynopolis ne dsignent que la
mme ville ; Aphrodites est l'abrviation, l'ellipse usuelle i'Aphro-
ditopolis , que les Latins reprsentent leur gr par Veneris oppi-
dum ou par Veneris. On sent combien un tel systme de traduction
et d'ellipse devait jeter d'obscurit dans la gographie ancienne;
c'est absolument comme si nous traduisions Bielgorod par Ville
blanche , et Carlsruhe par Repos de Charles.
Nous rangerons les villes dont il va tre question selon l'ordre
alphabtique.
Abydos. Ruine aujourd'hui, et probablement mme du temps
de Pline. Les Arabes nomment ses ruines El-Babi , c'est--dire
le Temple. Kircher prtend (dip. gypt. , tom. I ; Chorog. Mg. ,
c. 5) , mais tort , que son nom gyptien tait Niphaiat. ( Cf. ,
pour la description de ses vastes et magnifiques ruines , Savary,
Voyage en Egypte. ) Le Memnon , dont il est question dans Pline
et dont elle possdait un palais , est identifi Ismandes , qui est
videmment le mme nom que l'Osymandyas des Grecs , et par
consquent un des anciens Pharaons qui ont port le nom de
Mandoue.
Alabastron , autrement Alabastropolis , au milieu du dsert
et des montagnes d'o l'Egypte tirait son clbre alabastrite (/-
btre oriental ou albtre calcaire des modernes ). Cf. liv. XXXVI.
Alexandrie , 'h.xe^tvS'pSicf. ; aujourd'hui Iskanderieh selon les
Turks et les Arabes. Rhakoti ; c Puk>tis , c Pa.KG>7t)s, avant qu'A-
lexandre et tripl son enceinte, et que les Ptolmes y eussent
tabli le sige de l'empire. Un des quartiers de cette grande ca-
pitale conserva mme ce nom. {Voyez Stbabon , liv. xvn ; Et.
de Byz. , art. e PetxT? ; Tac. , Hist. , liv. iv ; Collect. Histor.
rom. script, qui exstant, tom. II. )
Antopolis , 'Ai'Tt/6'sroA/f , probablement quelquefois 'Ai/t./ov,
Antu , Anti , Anti opp. ou urbs ; Tkoou en copte thbain ,
Tkou en copte memphitique ; Qdou-el-Kharab ou Qdou-el-
Koubbara des Arabes. Kircher prtend", sans en donner aucune
raison, que l'ancien nom gyptien de cette ville est Canub.
Aphroditopolis , Aphrodites , 'Atypo^iTw. , 'Ay6'ar. , et en latin Apollinis , Ap. urbs , Ap.
oppid. ; Cf. Apollinopolis , c'est--dire la ville d'Apollon , nom
commun aussi trois villes , i Apoll. magna, ou la grande ,
dans la Thbade ( Odfou des Arabes , Atb des anciens Egyptiens ,
et non, comme le dit Kircher, Phthinthi ou Phthnti) ; 2 Apoll.
parva , ou la petite , aussi dans la Thbade , mais plus au nord
( Qouss des Arabes , Kos-Verver ou Kos-Varvir en thbain , Kos-
Virvir en mempbitique) j 3 Apoll. de la Thbade mridionale,
ou du nome Antopolite ( Kos-Kain chez les anc. Egyptiens).
Arsino. Voyez Crocodilopolis-la-Grande, etc.
Atarrhabis. Voyez Athribis.
Atarbechis , 'kTa.p$\y)s, Hrod. , liv. il, n. 4* ; 'Arctp^iKis ,
Et. de Byz. ; 'ASapfayjs > selon Jablonski. Ce dernier ( Panth.
gypt. , pars I, p. 4*5, etc.) veut identifier cette ville avec l' Aphro-
ditopolis de Strabon, vu qu'effectivement l'Athor gyptienne tait,
aux yeux des Grecs , la mme que leur Vnus. M. Champollion
(l'Egypte sous les Pharaons, tom. II, p. 172 et 173) ramne plus
simplement le nom en question Atarbagi.
Athribis , v A3pi(lts d'Hrodote et de Ptolme ( qui cependant
crit 'Av%f>t@>t7tis v'o/jlos ) , "KSpeiflis de Strabon (liv. xvii), et
par corruption 'A%xj>p&(its d'Etienne de Byzance , 'A%cipct/u(Zn
d'Hcate (cit par Etienne de Byzance ), "ASxiQt de quelques
autres (aussi dans Etienne de Byzance), et mme 'Aity/JW dans
Hirocls (Synecd. imperii orient.') , et Optfietov dans Ptolme
( concurremment avec la forme Athribis ) , est un mot videm-
ment gyptien, sauf la terminaison ; probablement Athrbi ou
Athrebi, comme on le voit dans les manuscrits coptes en dialecte
mempbitique. On lit dans les manuscrits thbains Aihrpi , cl
14.
>i2 NOTES DU LIVRE V.
Alhlebe dans un sermon manuscrit ( aussi en thbain ) du Muse
Borgia ( Voyez ZOEGA , Catal. manuscr. copt. , Mus. Borg. >
pars m a , p. 286). Les coptes actuels crivent souvent Thrabo et
Threbi; les Arabes disent aujourd'hui Atrib, et quelquefois Trib.
Bubastis , BovQ&irlos ou BoiifZcKrlts , une des plus anciennes
villes de l'Egypte , puisqu'elle existait sous le pharaon Bokhos ,
chef de la deuxime dynastie gyptienne (Manthon dans Eu-
SBE ) , n'existe plus aujourd'hui. Ses ruines sont magnifiques.
Ses crmonies religieuses attiraient chaque anne plus de sept
cent mille personnes. Poubati tait son vrai nom; mais rien ne
prouve , comme l'ont dit les Grecs, que ce mot ait signifi chat ;
il est trs-probable, au contraire, que cette ide n'est qu'une fable.
Busiris, Bova-ipis , HROD. , II, 60; Bc/f/f, Strab. , xvil ;
Taphosiris ( Ta.is comme signifiant tombeau d'Osiris, et revenant
Beo-//)/?, ou buf d'Isis, vu que le tombeau d'Osiris tait l'effigie
d'un buf, est absolument vide de sens.
Butos , Bot/Tos- , Bovra , nom donn par les Grecs Ptenet.
Voyez Phtenetu.
Cabase , qui n'est plus aujourd'hui qu'une misrable bour-
gade appele Kabas par les Arabes , porta le nom de Chehbs en
memphitique , et de Kbahs en thbain,
Canum. Voyez Cynopolis.
Crialon , probablement corruption de Crocodilopolis.
Coptos , K-o-TOf , d'o l'on prsume que les Coptes ont tir
leur nom , et que mme on a form celui d'Egypte , qui est ab-
solument identique (A- yvtrT.... , radical & K'iywuTos , se lais-
sant facilement rduire Yvttt, d'o quiconque connat le copte
sait combien il est naturel de tirer Coupt ou Copt ) , s'appelait
Keft , et les Arabes disent encore Qeft ou Qefth.
Crocodilopolis , Kpox.oe!xcv ou K. rroxts , nom commun i
Taoud (en gyptien Tof et Tosot) ; 2 Adrib ou Atrib, qui
fut aussi le nom ancien: 3 Mdineh -Faiiom (en ancien
NOTES DU LIVRE V. 21 3
gyptien Piom ). Celte dernire se distingue par le nom de Cro-
codilopolis-la-Grande.
Cynopolis , Cynon , Cynos , Kvviv , Kvvbs , Kvjw rrxts ,
Kwts -o-. , Ymvtt. , et en latin Canum, Ks en gyptien ancien
(quelquefois Koeis) , et El-Ghis des Arabes.
Diospolis , Aj6j'07W? dans Ptolme. Il
ne faut pas s'imaginer que ce nom s'applique seulement au nome,
tandis que celui de Buto , Bqvto , Bovra , qui est en rapport
avec lui , serait celui de la mtropole. On adorait Phtheneti
Buto , nourrice d'Horus. Les Grecs , qui croyaient reconnatre
leur Latone dans Buto , donnrent la ville le nom de sa prin-
cipale divinit. Le fait est donc que Pteneti et Buto sont abso-
lument synonymes, soit comme noms de ville, soit comme noms
de nome.
ai6 NOTES DU LIVRE V.
Prosopis, Tlpoe-coffh , Pchali des Coptes, Bchadi ou Abchadi
des Arabes.
Ptolmas , Absou ou Absa des Arabes , Pso des gyptiens
anciens. Cf. This.
Sas, long-temps la plus belle ville du Delta, ruine; s'appelait
en gyptien Sa , et s'appelle aujourd'hui Sah-el-Hadjar.
bennyte, ZefivvvTos (aussi Pline aurait-il d appeler son
nome Sbennylite ) , leQvvios d'Hirocls; autrefois Semnouti
dans la langue du pays, et aujourd'hui Samannoud.
Sthros , Sthron ou Sthrum , est , selon M. Champollion
jeune , le Psarion ou Sarion mentionn dans YHisl. du martyre
des deux frres Pirou et Athm ( manuscrit copte ancien ; voyez
V Egypte sous les Pharaons}.
Solis. Voyez Hliopolis.
Syne , "Zvtivti , clbre parmi les anciens , j comme limite
et du monde habitable et du monde romain, quoique les Romains
aient au moins nominalement possd un peu de pays au del ;
2? comme place sous le tropique du cancer , ou assez prs de ce
tropique pour que le phnomne de la disparition de l'ombre y
et lieu au jour du solstice d't, ce qui est faux (elle est 38'
plus au nord) ; en ancien gyptien Souan ; en arabe actuel Os-
souan , et non , comme on le rpte chaque jour , Assouan.
Tanis, Tccvts , en ancien gyptien Tan, ce qui signifiait la belle.
Tentyra ou Tentyris , Tvrvptt (rt) , Tevrvpif ; Dender des
Arabes ; Dendri ou Hidendri des Egyptiens anciens.
Thbes , 0M#ai , dans l'ancien idiome thbain , Tap; la plus
ancienne capitale de l'Egypte ; dchue lors de la fondation de
Memphis ; est remplace aujourd'hui par des ruines immenses ,
qui ont plus de huit lieues de tour, et par quatre villages, Qour-
nou ou Mdinet-Abou , Gournah , Qarnaq et Louqsor.
Thodosiopolis , aujourd'hui Thahha ; Tireh dans l'ancienne
langue de l'Egypte.
This , Oeh ou &h , trs-petit village entre le Nil et la chane
libyque , devint, ce qu'il parat, assez important aprs la chute
de l'indpendance gyptienne , et donna son nom au nome d'A-
bydos , appel depuis lors nome Thinite. On a prsum que ce
nom fut aussi donn , une poque tardive , Ptolmas. Quoi
NOTES DU LIVRE V. 217
qu'il en soit , si l'on nous demande comment de This on a fait
Thinite , nous rappellerons les mots grecs Txayjs ou Txayjv ,
'Ajct)? ou 'AxTJf, fc ou 0P, gnitifs Txayjvos , 'AktTvos, t)7vos.
Veneris. Voyez Aphroditopolis.
Xos , Sois (Ptol. , Et. de Byz. , Strab. , etc. ) , a t form
par une lgre altration de l'ancien gyptien Shhou qu'on lit
dans plusieurs nomenclatures coptes , de celles gyptiennes , et
dans d'autres manuscrits gyptiens. Le nom arabe moderne est
Sakha. On lit dans un manuscrit copte de la Bibliothque royale
Xs ; mais c'est une corruption du mot grec Eo? , dj lui-
mme un peu corrompu. Kircher prtend , tort , que les noms
Skhou et Sakha se rapportent Sas (LACROZE , Lexic.ccgjptaco-
lat. , p. 100) ; mais nous avons dj reconnu Sa's dans Sa , et
Xoi's ne prsente d'autre altration de Skhou que , i la termi-
naison grecque s pour ou; 2.* la transposition de Skh en Khs,
ou E. * V. Paiusot.
Chap. X, page 4 1 ligne 18.
Ut Juba rex. Ammien Marcellin ( xxil , i5 ) nous apprend que
Juba a puis la description qu'il fait ici de l'origine du Nil dans
des livres puniques. Mla (m, 9) , reproduisant par ordre in-
verse les positions du Priple d'Hannon , nous apprend qu'
l'est du pays des Ethiopiens occidentaux , qui demeurent au pied
de la montagne de Thn Okhma ou Char des Dieux, se trouve,
au milieu du continent de l'Afrique , un grand lac , et que de ce
lac, qu'on nomme Nuchul, une grande rivire se dirige de l'ouest
vers l'est, et forme le Nil , aprs avoir coul , tantt par dessus
la terre et tantt par dessous. C'est probablement la tradition
primitive des Carthaginois sur les sources du Nil , que Juba a
dfigure et explique sa guise, en transportant le lac Nuchul
des pays situs au midi des parties occidentales du grand dsert
de Zahara, dans les contres situes au nord de ces rgions sablon-
neuses. Le fleuve sortant du lac Nuchul de Mla est le Djoliba ,
ce que je me flatte d'avoir parfaitement tabli dans le premier
tome du livre indiqu dans la note sur le mot Lixus du premier
chapitre. Le lac Nilidcs de Pline, et le fleuve qui en sort , est
le Drah ou Darah , rivire de l'empire de Fez et de Maroc , qui se
ai8 NOTES DU LIVRE V.
gonfle priodiquement comme le Nil (M.\rmol. Africa , dit.
espagnole de i5gg , in- 4, tom. m , pag. 62). Cette der-
nire assertion a t mise hors de doute par M. Walckenaer, dans
ses Recherches sur l'intrieur de l'Afrique , p. 356 et suivantes.
L. Marcus.
Chap. X, page 4o , ligne 21.
Nilidem. Nilotis , selon Julius Orator, qui dit que le fleuve Ni-
lotis , qui sort de ce lac, se perd dans les sables du dsert, et ne
runit pas ses eaux celles du Nil. Ethicus et Orosius appellent
le lac Nilides de Pline Dara , et aussi Nuchul. Ce dernier nom
a probablement pass des sources du Djoliba, ou du lac Nuchul
de Mla , celles du fleuve Darah ou Drah. Il n'est pas une cor-
ruption du mot Nil , comme Mla pense, mais du mot hbreu
Nahhal , fleuve situ dans un grand bassin. Le nom Darah ou Drah
vient de Dyris, ancien nom indigne de l'Atlas (Pline , v, i), ou
de Dharrah , mot arabe qui veut dire regorger d'eau. L. M.
Page 4- 2 1 ligne 3.
Alio lacu majore. Situ , selon Mannert ( p. 54-4- ) t P r ^ s des
sources du fleuve D jiddi , dans le pays de Zab , ce qui est trs-
douteux. L. M.
Ligne 8.
Fonte (ut verisimile est) illo , quem Nigrin vocavere. Ce passage
parat tre en contradiction avec notre opinion que le Niger de
Pline coule de l'est l'ouest ( Voyez la note sur les mots Nigri
fluvio du huitime chapitre). Mais la difficult qui se prsente est
facile lever. Pline ( v , 5) mentionne une montagne du nom de
Niger, parmi les lieux dont les noms et les images furent ports
en triomphe par Cornlius Balbus. Nous avons prouv cette
occasion que ce mont Niger de Pline est le mont Usargala de
Ptolme. Selon ce gographe grec, il dcoule de cette mon-
tagne , non-seulement un affluent du Niger, mais aussi un bras
du fleuve Gir. L'affluent du Niger se dirige vers le sud -ouest;
mais celui du Gir court, comme ce fleuve, vers le sud-est. Pline
ayant appris que deux rivires, coulant dans des directions op-
poses , prennent la source sur le mont Niger, les fait sortir toutes
NOTES DU LIVRE V. 219
les deux d'un seul lac, et donne ce lac le nom que porte
la montagne o il se trouve. Du reste , ne perdons pas de vue
que le naturaliste romain donne comme hypothse probable, mais
pas comme un fait certain , ce qu'il dit sur l'coulement du Nil
par la source Niger ; il parat mme que cette opinion lui est per-
sonnelle , et qu'il ne l'a point emprunte Juba. L. MARCUS.
Chap. X , page 2 , ligne i3.
Aquam e ienebris profluentem. Diodore de Sicile ( II , p. 34 )
nous apprend que le mot asto veut dire lui seul eau des t-
nbres , et Pline confirmera bientt par son tmoignage ce que
Diodore a dit. Le mot assd veut dire en hbreu l'effusion de
l'eau , et aussi tin lieu cach. La racine de ce mot est ssoud, ver-
ser de l'eau. On la trouve aussi dans la langue gyz sous la forme
de ssaeitha. Assouthi veut dire , dans cette dernire langue, l'ef-
fusion de l'eau ; et sct signifie en copte un grand lac. Ainsi ,
l'acception que Pline et Diodore attribuent au mot asto est juste,
et ce mot est d'origine hbraco-gyz. L. M.
Ligne 17.
Meroen. Les ruines de Mro , capitale de l'le du mme nom
( Cf. la note sur Aslusapes , page suivante) , sont situes prs de
Chcndi. L. M.
Ligne 18.
Ramust etc. Cette tymologie, ainsi que celle du mot astusapes,
est due probablement Pline , qui l'a forme en partant de la
signification connue du mot asta. La vraie explication du nom
Astborasy celle que ce nom a dans la langue gyz , nous a t
donne par Bruce. Ce voyageur anglais nous apprend que le fleuve
Tacazze , qui est l'Astaboras des anciens , se nomme Atbara ,
dans le nord-ouest, et que ce nom veut dire pays des esclaves,
d'aprs le dire des habitans du pays. L'expression gyz Ad-Gabr
signifie en effet pays des esclaves ; et Pline ( vi ) met vis--vis
de Mro un peuple du nom Adjaberi , sur les bords de l'Asta-
boras. Il ajoute que ce peuple s'appelle aussi Mgabari ; mais ce
nom , regard comme gyz, est en quelque sorte synonyme de
iio NOTES DU LIVRE V.
l'autre, puisque Ma - Gabr veut dire, en gyz, l'eau des esclaves.
Ainsi , on peut regarder comme certain que le nom Astaboras
rpond l'expression gyz ma- gabr, eau des esclaves. On appela
ainsi le Tacazze dans ses parties nord-ouest , puisque celles-ci
sont habites par les sauvages Changalas , que les Abyssins et les
Sennaaricns chassent comme des btes froces pour les rduire
en esclavage. L. Marcus.
hap. X , page fa , ligne 19.
Astusapes. Eratosthne , cit par Strabon , emploie le mot
Astosabas au lieu d' Astusapes , et distingue le fleuve de ce nom
d'Astape, que la plupart des autres crivains anciens regardent
comme celui qui , s'unissant avec l'Astaboras , grossit le Nil sur
les frontires mridionales de Mro. Nous prenons le fleuve
Astape des anciens pour le fleuve Pous de Sait, qui est situ
entre le Nil Bleu et le fleuve Blaqc de Brown, et non pour le
NU Bleu , comme on le fait ordinairement. Ce dernier fleuve a
port le mme nom que le Tacazze dans les temps anciens : on
l'appela Astaboras. Le Tacazze ne dbouche pas dans le Nil mme,
mais dans le fleuve Bleu , et cette rivire forme un grand delta en
se runissant au Nil : c'est ce delta qui a t appel l'le de Mro
par les anciens. Ces assertions , qui choquent les ides reues
qu'on se fait du cours des fleuves de l'Abyssinie , seront prouves
dans le livre indiqu dans la note sur le mot Lixus du premier
chapitre. M. Manuert a mis des opinions trs-rapproches de la
ntre sur ce sujet. *. L. M.
Ligne 21.
Siris. Eustathe (Scolia in Dion. Perieg. , v) dit que le nom
nubien Siris, du Nil, veut dire ordre dans la langue des ha-
bitans de ce pays , et qu'ils appellent ainsi le Nil , puisque les
inondations arrivent une fois dans l'anne , et toujours la mme
poque. Ssur'a veut dire mettre en ordre en lhiopien-gyz.
L. M.
Ligne 23.
JEgyptus. L'origine de ce nom du Nil n'est pas connue. Selon
NOTES DU LIVRE V. 221
les Grecs, il vient lu roi Egyplus, frre de Danaiis ; mais Ma-
nthon dit que le roi Egyptus des Grecs est appel Ssostris par
les gyptiens, et son frre rmas. Il est donc trs-douteux qu'il
ait rgn un prince du nom d'Egyptus sur l'Egypte, et que ce
prince ait donn son nom au Nil. ( Voyez Ciiampollion, l'Egypte
sous les Vliaraons, t. I. ) L. MARCUS.
Chap. X , page 4-2 , ligne a3.
Triton. Tzetzes ( sur Lcophron , XX, i3) dit que le Nil a
reu ce surnom de Triton parce qu'il avait trois noms divers ,
savoir, ./'Egyptus, Actos et Nil dans les temps anciens. Bruce
pense que ce nom a t donn au Nil , puisqu'il nat de la ru-
nion des trois fleuves , Tacazze ou Astaboras , Nil bleu ou
Astape , et Nil blanc ou Nil proprement dit. Nous pensons que
le nom Triton du Nil vient du mot copte tert (racine rt) , se
diviser ou tre divis en brandies , et qu'on a appel ainsi le Nil
parce qu'il a sept embouchures , ou parce que ses eaux sont
souvent dtournes dans des canaux. L. M.
Page 44, ligne 1.
Catadupi. Ce nom est grec , et veut dire sdfcrd. On appela
ainsi les cataractes du Nil prs de Ouadi-Halfa , parce qu'on pensa
que le fracas que les eaux du Nil font en tombant des rochers est
en tat de rendre sourds ceux qui sont assez imprudens pour se
rapprocher trop des lieux o sont les cataractes. M. Jomard a
montr dans son Mmoire sur les cataractes ( Description de l'E-
gypte , tom. 1) qu'il y a beaucoup d'exagration dans les rcits
que les anciens, et surtout Snque, font du fracas des cata-
ractes. L. M.
Ligne 9.
Etesiarum. Cette explication de la crue des eaux du Nil est
due Thaes (PlutarquE , de Placilis philosophorum , v, 1 ;
Hrodote, II, 19 et 97). Les vents tsiens, ainsi que les autres
vents du nord , contribuent en effet l'augmentatiou des pluies
thiopiennes, qui grossissent le Nil. L. M.
222 NOTES DU LIVRE V.
Chap. X , page 44 ? ligne 10.
Aut imbres, etc. Telle fut l'opinion d'Homre (Champollion ,
loco cit.) y de Dmocrite et d'Agatharchide : elle est la vraie.
Hardouin.
, Ligne 12.
Timus. Voyez sur cette opinion de Tirae , Aristide l'ora-
teur. L. Marcus.
Ligne i3.
Vhialam. Solin et Aristide appellent aussi la source du Nil
Phiala , et Julius Orator parle d'un lac du Nil que l'on appelle
Foloen. Marmol connat ce lac ; il le nomme Zaflan , et le place
tout prs des sources du Nil. Nous pensons qu'une des nombreuses
sources du Nil porta en effet le nom de Phiala du temps des an-
ciens, et nous faisons venir ce nom du mot gyz fil ou filfil, l'eau
jaillit de sa source. ^ L. M.
Ligne 18.
Leonem. Dcii l'usage de faire sortir l'eau de la bouche des
lions dans les fcntaines monumentales. L. M.
Chap. XIII , page 54 , ligne io.
Pline quitte l'Afrique pour n'y revenir que vers la fin du livre
suivant. C'est donc ici que commence vritablement la descrip-
tion de l'Asie ; car , quoiqu'aux yeux des anciens l'Egypte ft
comprise dans cette vaste contre du monde ( Voyez la premire
note sur l'Egypte, page 190) , il est impossible, dans un com-
mentaire moderne, de faire usage, mme un instant, de cette ide,
que repoussent galement et l'usage vulgaire et la saine gogra-
phie physique.
Quant l'ordre que suit l'auteur dans sa description de l'Asie,
on peut en prendre connaissance dans l'index des livres v et vi ,
que nous rsumerons ici de manire en faire mieux saisir les
avantages et les dfauts.
NOTES DU LIVRE V. ' 2a3
LIVRE V.
3 21. Syrie.
i 44- Asie-Mineure, en suivant les ctes partir de
la Cilicie ( et y compris les les ) jusqu' la
Bithynie inclusivement.
LIVRE VI.
i 3. Suite et fin de l'Asie.
4 7. Partie des rgions caucasiennes.
8. Complment l' Asie-Mineure ( Cappadoce).
<) 12. Fin des rgions caucasiennes.
i3. Iles de la mer Noire.
i4 i5. Gographie de l'Asie entre l'Ocan scythique et
la mer Caspienne.
16, 17, 18. Empire mdique.
19. Scythie orientale.
20. Sres.
21 26. Inde , Ariane et annexes.
27 3i. Empire parthe , golfes Persique et Arabique.
32. Arabie et golfe Arabique.
On voit aisment que Pline suit rarement des divisions na-
turelles, et que trop souvent il morcel un mme sujet, diss-
minant ce qu'il doit en dire en deux passages diffrens. Ce dfaut
se fera remarquer aussi dans les dtails.
La vritable marche dans le systme de l'auteur et t de
dcrire ,
i. Syrie*. \
2 . Asie-Mineure : >Asie occident, ou Cistigrine.
3. Armnie et Msopotamie '
4. Caucase. \
_ . . . , . ,. . \ Asie septentrionale.
5. ocythies occid., mdiane et orient
G. Inde
7 . Perse
8 . Arabie
i
> Asie orient, ou Trnstigrine.
aa4 NOTES DU LIVRE V.
Quant la Syrie, par laquelle il dbute, elle forme, avec les
deux antres rgions qui la suivent dans notre tableau , une masse
parfaitement distincte, que limitent naturellement, au nord, les
Alma-Dagh , ou monts Amanus des anciens; l'est, les ondes
de la Mditerrane ; l'ouest , l'Euphrale ; et au sud, le dsert
arabique. Cette dernire borne cependant peut tre regarde
comme moins caractrise que les autres ; et ce n'est pas sans
raison que , tirant une ligne imaginaire de l'embouchure de
l'Euphrate la pointe extrme du golfe de Skanderoun , on re-
garderait la Syrie comme un appendice cultiv de l'Arabie , et
le pendant septentrional de ce que , dans les gographies vul-
gaires , on appelle l'imen. Quoi qu'il en soit , tout le monde
sait qu'aujourd'hui ce pays est un de ceux qui forment l'empire
ottoman d'Asie , empire qui quivaudrait aux possessions des
Romains , dans cette partie du monde , avant les conqutes de
Trajan , si l'on en retranchait l'Aldjesireh et l'Armnie turque,
et qui correspond exactement ce que , dans le petit tableau
ci-dessus , nous nommons Asie Cistigrine.
Statistiquement parlant, la Syrie, ou, comme le prononcent
les Turks, la Sourie ou Souristan , se partage aujourd'hui en
quatre pachaliks , savoir Damas , Acre ou Side , Tripoli et
Alep. V. Parisot.
Chap. XIII, page 54, ligne 11.
Quondam terrrvm maxima , cl piuibus distiricta nominibus.
En effet , on a souvent compris sous la dnomination vague
de Syrie , de trs-vastes tendues de pays. Sans rappeler ici le
nom de Syrie-Blanche ou Leucosyrie , donn la Cappadocc
parce que plusieurs peuples de cette contre, issus sans doute
de colonies syriennes, avaient le teint plus blanc que les Syriens
proprement dits , situs de sept huit degrs plus au sud , il
suffit de songer que les rois de Syrie que les Romains eurent
combattre dans le deuxime sicle avant Jsus-Christ , taient
toujours reprsents comme rgnant peu prs des rivages de
la Phnicie aux bords de l'Indus ; et , effectivement , telle avait
t peu prs l'tendue de l'empire des Sleucidcs sous le-
NOTES BU LIVRE V. 2*5
premiers princes de cette dynastie. Des immenses et naissantes
murailles de la ville d'Antiochc, Nicator transmettait des ordres
jusqu'aux confins du Pendjab et du Npal. 11 est vrai que cette
vaste domination ne subsista pas long-temps dans son intgrit,
et que , ds l'an 0.S0 avant J.-C. ( c'est--dire cinquante-un ans
aprs la fondation vritable de la monarcbieSyro-Macdonienne),
le Partbe Arsace secoua le joug des successeurs d'Alexandre, et
fonda l'Hyrcanie , ce royaume des Sleucides qui peu peu pri I:
des accroissemens remarquables , et enfin , sous le roi Mitbri-
date (162-137), s'tendit sur presque tous les pays situs
entre l'Indus et l'Euphrate. Joignons ici, d'aprs M. Ad. Balbi, le
Tableau approximatif de V tendue en milles carrs {de Go au degr)
des monarchies persanes, prises aux poques les plus remarquables
de leur histoire.
Empire Mdo-Persan , lorsque Cyrus runit la Mdie
la Perse 3ao,ooo ?
Ibicl. l'poque la plus brillante du rgne de Darius ,
fils d'Hystaspc . 1,296,000 ?
Royaume des Parlhes l'poque de sa plus grande ten-
due . 5/|0,ooo?
Royaume des Sassanides , ou second empire persan ,
l'poque de sa plus grande puissance, et sans tenir
compte des occupations militaires de Chosros II 610,000?
Royaume de Sophis , ou troisime empire persan , l'-
poque la plus brillante du rgne d'Alexandre-le-Grand'. 660,000?
Royaume de Perse sous Nadir . 800,000?
Royaume de Perse actuel , ou Iran 355,ooo ? j
Royaume de Kaboul 172,000 :
Un calcul analogue pour l'tendue de l'empire des Sleu-
cides , l'poque de sa plus baute prosprit , donnerait envi-
ron 600,000 milles carrs ; d'o l'on peut conclure clairement
que le quondam terrarum maxima , pris dans un sens absolu ,
aurait t exagr , puisque la monarebie de Darius 1 , poss-
dant de plus que celle de Sleucus l'Asie Mineure , l'Egypte ,
beaucoup d'les de l'Archipel, et vers le nord plusieurs rgions
qui , aprs la mort d'Alexandre et ayant l'avnement des Arsa-
iv. i5
,?)
> 527,000?
226 NOTES DU LIVRE V.
cidcs , restrent compltement indpendantes , tait arrive
une tendue de 1,296,000 milles carrs , c'est--dire plus d'un
quart de l'empire russe (M. Hassel donne celui-ci 367,496 milles
carrs de quinze au degr , ou de ceux qui ont t employs ci-
dessus , 5,879,724).
Quant aux noms divers ports par le pays, ils viennent, comme
on le devine, des peuples divers entre lesquels il tait divis, et
qui y vivaient dans l'indpendance , ou se gouvernaient par des
souverains de leurs choix. On complterait la nomenclature de
Pline en ajoutant aux noms qu'il rapporte, i ceux des quatre
royaumes de Syrie qui existrent avant que David et Salomon
assujettissent en grande partie ce pays (ces quatre royaumes s'ap-
pelaient Emalh , Soph, Gessur, Damas); 2 ceux des peuplades
qui habitaient le pays de Chanaan, et qui furent expulses de la
contre par Josu , ou les Juges ses successeurs. V. P.
Chap. XIII, page 54, ligne 12.
Namque Palstina, etc Antiochia. Le meilleur commentaire
que l'on puisse donner de ce passage sera le tableau suivant ,
dans lequel seront comprises toutes les subdivisions premires usi-
tes pendant les trois premiers sicles de l'empire romain. Il n'est
pas besoin d'avertir que nous n'y faisons entrer ni la MsopotamieJ,
ni l'Adiabne, qui, d'aprs nos ides ci-dessus nonces sur l'Asie
Cistigrine , envisage dans ses divisions naturelles, n'et pu ja-
mais faire que politiquement et nominalement partie de la Syrie.
PROVINCES. CAPITALES.
Comagne ( -ne ). Samosate.
Cyrrheslique ( -tica ) . Cyrrhe.
Pirie ( -ria) . Alexandrie.
Sleucide ( -cis ) Sleucie.
. Antiochie. ( -ia). Antioche.
Syrie suprieure.^ . . ,
Casiotide ( -tis). Laodicee (ad mare}.
Apamne (-men). Apamce.
Chalcidice ( -ice) . Chalcide.
Chalybonilide. . . . ( -tis). Chalybn.
Palmyrtne ( -ne). Palmyre.
NOTES DU LIVRE V. 227
Clsyrie Damas.
Phnicie ! Tyr.
( Galile ( -lea). Csarc (Philippi).
) Samarie ( -ria ) . Sarnarie.
Palestine .<
1 Jude ou Idume. . ( -dea). Jrusalem.
' Pe're ou Dcapole. ( -rcea). Philadelphie.
Chap. XIII , page 54 , ligne i.
le. En grec Ko/am , sous-entendu Syria , en franais Cl-
syrie , c'est--dire Syrie creuse : tel est le nom que les Grecs
donnrent une valle longitudinale forme par les deux branches
du Liban. Cette chane , qui traverse la Syrie dans la direction du
nord au sud , et qui s'tend entre les parallles d'Acre et de
Tripoli , se bifurque vers son extrmit septentrionale , et jette
au loin deux rameaux , dont l'un regarde la Mditerrane , tandis
que l'autre borde les plaines de Damas. La verte et fertile valle
que dominent ces deux crtes a d cette circonstance le nom de
Clsyrie. Parmi les autres localits du globe qui prsentent plus
ou moins de rapports avec cette contre , on peut remarquer la
partie des Andes de Quito, qui va depuis la rivire de Quito jus-
qu'au Paramo de l'Ossuai. Les cimes les plus leves sont ranges
en deux files , qui forment comme une double crte de la Cordi-
lire. Cependant il ne'faudrait pas , l'exemple du clbre astro-
nome Bouguer, conclure de leur disposition symtrique, que le
creux qu'elles laissent entre elles est une vritable valle , car
une double crle est loin d'tre une vritable ramification. L'Anti-
liban n'est , comme l'annonce sa composition mme , qu'une
dnomination hellnique , les indignes ne dsignant la chane
orientale que par des noms spciaux ou par le nom tout--fait
gnral de Liban ; aussi , dans la suite , les historiens ont-ils ap-
pliqu arbitrairement , et en gens qui n'ont jamais t sur les
lieux , le nom d'Antiliban : de l beaucoup de confusion chez les
crivains anciens et chez les modernes , beaucoup de savantes et
peu dcisives discussions. (Voyez Roland , Palestine; BSCHING ,
Asien. , I, 24-5 et suiv. ; MANNERT, Geogr. dcr Griech. undRm.,
vol. vi , i re part. , p.' 34i et suiv.) V. P.
i5.
2x8 NOTES DU LIVRE V.
Chap. XIII , page 54 , ligne 16.
Mesopoiamia Sophene, etc. {Voyez, pour la Msopotamie,
liv. VI , n. 3o ; pour la Sophne , ibid. , n. g ; pour l'Adiabne ,
ibid. , n. 16.) Cette synonymie de l'Adiabne et de l'Assyrie est
aussi mise en avant par Ammien-Marcellin ( liv. xxill, p. 25 1),
et ces tmoignages positifs forcent peu prs de croire que
l'Adiabne correspondait l'ancienne Assyrie ; mais il est mi-
nemment probable qu'originairement le premier de ces noms ne
dsignait qu'une sous- division , et ne se substitua qu'insensi-
blement au second. L'tymologie donne par les Grecs du nom
d'Adiabne ( privatif et Ata.{Zat'vetv) est parfaitement ridicule.
L'Adiabne a t ainsi nomme du fleuve Ziab ou Diab , le Zab
des modernes et le Lycus des Grecs. ( N. B. Lycus, loup , n'est
que la traduction exacte du syrien diab. ) V. P.
Ligne 19.
Antiochia. Province , et non ville. Les dsinences franaises
font trs-bien ressortir la diffrence. Antiochie est le nom du
pays , Antioche celui de la capitale. Il parat qu'on disait quel-
quefois Antiocbne.
Ligne 22.
Qui subtilius.... deinde Syri. Rien de plus clair que ce passage
vainement attaqu comme suspect par Scheffer ( De milil. nav. ,
lib. I , n. 2 , p. i6)*et quelques autres. La longue cte de la
Mditerrane , qui va du sud au nord , et qui touche d'un ct
l'Arabie , de l'autre la Syrie , n'est point d'un bout l'autre
occupe par les Phniciens : ceux-ci n'habitent que la partie cen-
trale de ce littoral. Au sud ils ont la Syrie ; au nord ils ont la
Syrie, de mme qu' l'est encore ils ont la Syrie. Le mot circum-
fundi exprime donc presque ce que , dans les gographies mo-
dernes , et d'aprs les bizarres systmes de limitation labors
dans les dites ou les congrs , on appelle un enclave.
La phrase qui suit ( Id auod prjacet mare tolum Phnicium
appellalur) achve encore de lever,, tous les doutes. La ponctua-
tion ordinaire ( celle qui place la virgule entre tolum et Ph-
NOTES DU LIVRE V. 2*0.
7/icium) rend la phrase dpourvue de sens. En la transposant
comme nous nous le sommes permis , Pline dit : La mer tout
enlire se nomme mer de Phnicie. 11 est clair qu'il y a une
espce d'opposition entre ce qui prcde et cette dernire r-
llexion. En effet, une fois prvenus que la cte mditerranenne
n'est pas entirement phnicienne , nous en concluons assez na-
turellement que la mer de ces parages porte aussi d'autres noms
que celui de mer de Phnicie. Ainsi , par exemple , on aurait au
sud la mer Syro-gyptienne , et au nord la mer Syro-Cilicienne.
Or, c'est justement ce qui n'a pas lieu ; et les eaux qui baignent
la Syrie propre , comme celles qui se brisent sur la cte ph-
nicienne , sont galement comprises sous la dnomination g-
nrale de mer de Phnicie. V. P.
Chap. XIII, page 56 , ligne i.
Fpsa gens Phm'ciim in magna gloria ltterarum inventionis , etc.
Pline attribue ici aux Phniciens quatre grandes inventions, dont
une seule suffirait pour immortaliser jamais un peuple. Voyons
les titres des Phniciens chacune d'elles.
L'Ecriture alphabtique , car tel est le sens de lilterarum. Il y
a long-temps dj que Zoega (de Ltterarum apud Mgypt. usu et
orig., dans son grand ouvrage sur les oblisques , sect. IV, ch. 1 1,
p. 4 2 3 et Suiv. ) reconnut des hiroglyphes phontiques , et as-
signa la caste sacerdotale de l'Egypte l'invention de l'criture
alphabtique. MM. Silvestre de Sacy et Akerblad , dans leurs
travaux sur le texte dmotique de l'inscription de Rosette , ont
donn de nouvelles preuves l'appui de celte opinion , forte-
ment appuye par le docteur Young (An Account of some rcent
discoveries in hieroglyphical littrature and Mgyptian antiquities.
Lond. , 1823, in-8 ; et supplment eYEncyclop. brilannica) ;
mais c'est surtout M. Champollion le jeune ( Lettre M. Dacier
sur V alphabet des hiroglyphes phontiques employs par les Egyp-
tiens. Paris, Firmiu-Didot , 1822 ; et Prcis du systme hiro-
glyplnque des anciens Egyptiens. Paris, 1824) que l'on doit l'avan-
tage d'tre enfin fix sur celle importante question. Nul doute
qu'une mthode kyriologique , idographique , holo-hirogly-
a3o NOTES DU LIVRE V.
pliique n'ait t la premire en usage chez les prtres gyptiens ;
mais , ds les temps les plus reculs , ils consacrrent un certain
nombre de leurs caractres hiroglyphiques, ou autres, crire
phontiquement les mots des langues trangres. Les formes de
l'criture, il est vrai , demeurrent , pour l'il , figuratives et
symboliques*, mais, au fond, un systme semi-alphabtique avait
dj commenc. L'criture hiratique ou sacerdotale , drivation
simple et tachygraphie de la premire , y eut recours bien plus
souvent. La dmotique ou populaire, autrement pistolographe ,
vint encore abrger et rduire celle-ci: aussi , dans cette dernire,
trouve-t-on beaucoup moins de signes homophones ; et les for-
mes , de plus en plus arbitraires , ne gardent-elles presque plus
rien de figuratif. Cependant , ces trois modes d'criture ne for-
ment , au fond , qu'un seul et unique systme singulirement
complexe , tenant dans son origine la simple reprsentation
des ides par la peinture des objets , aboutissant dans ses dve-
loppemens un mlange de caractres figuratifs , symboliques et
phontiques , parmi lesquels dominent les derniers , sans pour-
tant tre purs de tout mlange avec l'ancienne mthode.
Maintenant , en quoi consiste le mrite des Phniciens ? Trs-
certainement il consiste avoir saisi et mis exclusivement en
usage la mthode phonographique dont ils durent ncessaire-
ment reconnatre les avantages. Un peuple marchand ne pouvait
un instant se servir de l'criture symbolique. Comment exprimer
en hiroglyphes la pourpre de premire et la pourpre de seconde
qualit ? comment, avec des images kyriologiques, tenir un livre
de compte et des journaux ? Admis le systme nouveau , ils
eurent , de plus , l'immense mrite de le rpandre et de le popu-
lariser. Il ne faut point douter que c'est surtout cette circon-
stance qu'ils durent le renom d'inventeurs. Tout le monde con-
nat ces vers de Lucain :
C'est de lui ( ce peuple ) que nous vient cet art ingnieux
De peindre la parole et de parler aux yeux ;.
Et par les traits divers de figures traces ,
Donner de la couleur cl du corps aux penses.
Traduction de Urbeuf.
NOTES DU LTVBE V. a3i
Notons pourtant que cette longue paraphrase ne rend que trs-
obscurment le vers latin Mansuram rudibus vocem signare figuris ,
o rudibus et signare expriment aussi nettement l'criture phono-
graphique que si le pote ft sorti de l'Acadmie des inscriptions,
tandis que ceux de Brbeuf pourraient fort bien s'appliquer aux
hiroglyphes purs. Pour en revenir aux Phniciens , il ne faut
donc point s'tonner que tous les anciens presque aient souscrit
l'opinion qui en fait les inventeurs de l'alphabet. Parmi les mo-
dernes qui, adoptant la mme ide, ont fait ressortir le service
que ce peuple a rendu la civilisation , un des plus remarquables
est P.-L. Courrier.
L'Astronomie. Chez tous les peuples d'une haute antiquit
( et , relativement ceux-ci , les Phniciens furent une nation
moderne), nous retrouvons l'astronomie avec des dveloppemens
et des applications remarquables. Sans faire , avec M. Fourier,
remonter les connaissances astronomiques de la caste sacerdotale
d'Egypte 25oo ans avant J.-C. {Voyez FoURIER, "Recherches sur
les sciences et le gouvernement de l'Egypte , dans la Description de
l'Egypte , Antiq. , Mm.\ 1. 1 , p. 8o3 et suiv. ) , ce qui , du reste ,
n'a rien de ridicule , et sans admettre , avec Dupuis , que toutes
les religions drivent de l'astronomie et s'expliquent par elle
(systme v exclusif, d'aprs les principes duqA on pourrait tout
aussi bien prtendre que , puisque dans l'Amrique espagnole cer-
taines villes portent des noms tels que laTrinidad, la Conception,
la Vera-Cruz, Santa-F et Nombre-de-Dios, le christianisme doit
sa naissance la dcouverte de l'Amrique) ; sans, dis-je, ad-
mettre l'une ou l'autre de ces hypothses, toujours est-il qu'
une poque trs-recule, on voit les notions astronomiques do-
miner la religion , inspirer les cosmogonies et les mythologies ,
occuper les murailles et les plafonds des temples, rgir express-
ment l'anne rurale , et mme donner naissance une philosophie
ou une thologie transcendantale par la formation des grandes
priodes (la plus clbre, comme Ton sait, est le Calfah ou Jour
de Brahma , quivalant 4-?32o, 000,000 annes humaines) , et
par la doctrine des manations. Les Phniciens ne semblent donc
avoir l d'autre gloire que celle d'appliquer l'observation des
astres la direction des navires vers un but donn.
23a NOTES DU LIVRE V.
La Navigation. On est unanime sur ce point. D'autres
peuples sans doute, et notamment les nations insulaires, ont eu
des pirogues , des canots , des radeaux ; mais ces frles embar-
cations ne peuvent tre compares la marine phnicienne. Les
Phniciens , les premiers , adaptrent vritablement le vent et
l'eau la marche des vaisseaux : les premiers ils eurent mts ,
voiles, rames, agrs , tout ce qui commence indiquer un vaste
systme ; les premiers ils ont jet l'espce humaine dans la route
des perfeclionnemens, des hautes tentatives, des puissantes com-
binaisons mcaniques et matrielles. Nous n'avons fait que pous-
ser de plus en plus ce qu'ils avaient dj conduit un point de
perfection remarquable. Au surplus , observons qu'en tout on
voit les circonstances faire la moiti des frais. Les Phniciens ,
malgr leur haute intelligence, n'eussent point cr la navigation
s'ils n'eussent t en quelque sorte comprims dans une lisire
troite de terrain , entre une vaste mer d'un ct , et de l'autre
une chane de montagnes couverte de bois de construction.
Quant aux arts de la guerre , probablement la tactique , la
discipline , les mots d'ordre , l'organisation militaire , il est clair
que les Phniciens trouvrent dj cette mode tablie ; car l'es-
pce humaine n'a gure t sur la terre sans se battre , et on ne
s'est pas battu de&*cles sans faire un art de cette boucherie.
Chas. XIV , page 56 , ligne 8.
Ab emersu Sirhonis lacus mons Angaris. A consulter les
cartes anciennes, le lac Sirbonide (lipfiavU xi/xv n , Ptolem. ,
liv. iv, n. 5 ; Zepficovis A/'^vw, Hrodote , liv. ni , n. 5) aurait
t en partie dans la Casiotide , et probablement la limite com-
mune se serait trouve passer au milieu de ses eaux. Peut-tre
concilierait-on Pline et cette opinion des cartographes , en pla-
ant la borne des deux pays une petite saillie que forme le lac
vers le tiers de sa cte mridionale. C'est tort que Strabon
( liv. XVI ) le confond avec le lac Asphaltite ( Voyez ci-dessous).
Probablement cette erreur est due l'ancien circuit que lui ont
attribu les auteurs indiqus par Pline ; car nul lac de cette con-
tre , except la mer Morte , n'arrive une telle grandeur. Le
NOTES DU LIVRE V. a33
lac Sirbondc se nomme aujourd'hui Sebaket-Bardol , c'est--
dire lac du roi Baudouin. Au reste , notons, i que ce lac n'est
autre chose qu'un golfe marcageux uni la Mditerrane par
un dbouch des plus troits, et qu'une trs-longue presqu'le s-
pare de la haute mer (il prsente absolument l'image du Frischc-
Ilaff et Curischc-Haff de la Baltique ) ; 2 que nous n'avons pas
encore quitt la cte mridionale de la Mditerrane , en d'autres
termes , que la rive de cette mer n'a pas encore quitt sa direc-
tion est pour prendre celle de sud nord , et que par cons-
quent nous nous trouvons toujours dans l'Egypte actuelle.
Rhinocolura , Ts6 ou m 'pivoKXovpci, , aujourd'hui el-Arich ou
A'rich , chteau fort de la Basse-Egypte , sur le torrent d'Egypte
a son embouchure dans la Mditerrane , au milieu des dunes et
sur la route de Syrie. C'est l que la cte commence flchir pour
se porter vers le nord. On varie sur le nom ancien, qui quel-
quefois se trouve crit Rhinoctura {J r ojez t.DeByz. , Ptol.,
Josl'im) , et il est trs-permis de souponner que les Grecs
l'altrrent pour y trouver des syllabes hellniques. En effet , pi%
plvas signifie nez; un lger changement dans les lettres suivantes
amenait au mot koxo'jc , amputer , mutiler , d'o l'historiette si
souvent rpte et insre dans tous les lexiques , qu'un roi de
Perse ( SNQUE, Colre, liv. III, n.'20 ) ou d'Ethiopie ( Dion.
DE Sic. , Biblioih. , liv. i) fit l couper le nez tout un peuple.
Selon Diodore , plus circonstanci ici que tous les autres , cette
horrible excution aurait t un acte de clmence et de prudence
tout la fois ; et ce prince , voulant coloniser en ce lieu des
criminels condamns au dernier supplice , aurait pourtant jug
propos , en leur faisant grce de la vie, de les signaler leurs
voisins par une marque ostensible et indlbile. Au reste, Poin-
sinet avait dj remarqu trs- sensment que l'tymologie du
mot n'tait rien moins que claire, vu qu'on peut penser piv'os ,
peau, cuir, bouclier mme, ou piVu, lime, tout aussi bien
qu' p)v. Dans le premier cas, Rlnocolura signifierait, dit -il,
la ville des circoncis. Un autre , tout en gardant Bhinocorura r
fait venir ce nom de p)v et x,eipa , qui , apparemment , signifiai) l
tondre en parlant des cheveux, peut trs-naturellement signifier
abattre en parlant des nez. Nous ne voyons pas pourquoi Us
23/ NOTES DU LIVRE V.
tymologistes n'ont pas song Rhinocopoura (le second radi-
cal alors serait ytsto) ou Rhinotomoura (on aurait alors TS/ar,
TSTO/uet). Une fois dans cette voie , que suivent si communment
des savans , du reste estimables , il n'est rien que l'on ne puisse
trouver son gr. Malheureusement toutes ces rveries seront
places leur rang , c'est--dire au dessous de zro , pour
peu qu'on se donne la peine de songer que jamais roi perse ou
thiopien , tablissant une colonie en Syrie une poque recu-
le , n'alla imposer de nom grec la ville nouvelle ou au peuple.
On peut rpondre , il est vrai , que les Grecs n'ont fait que
traduire le nom tranger, de mme que , par exemple, les Hon-
grois nomment Uj-Videk et les Allemands Neusatz , l'ancienne
ville grco-latine de Neo-Planta ; de mme que tous les jours
nos latinistes disent Petropolis pour Ptersbourg , et que nous-
mmes , au besoin , nous ne ferions nulle difficult de rendre le
cap de Bonne-Esprance par Agathelpi prom. , et la rpublique des
Sept-lles par Heptanesos. Mais , dans ce cas , outre qu'il est in-
dispensable d'avertir, de manire ou d'autre , que l'on se permet
une altration des plus fortes , le nom que l'on forge doit tre
form selon le gnie de la langue qu'on emploie ; or, c'est ce qui
n'aurait pas eu lieu dans Rhinocoloura : rien en grec ne peut
rendre raison de cette r que tous admettent dans la syllabe finale.
Je conois Rhinocolouse (-ou?/?), Rhinocoloutes (-ovtoj),
Rhinocolumnes (-ovyuspoz ) , Rhinocoloutre (-ovTpiov , -ouT/>t);
je conois dix autres manires de fabriquer le mot, mais dans au-
cune on ne voit IV seule se mler la dsinence.
ffliaphia , 'Vaqua, dans Etienne de Byzance ; 'Pcp/et dans
Strabon ( liv. XVI ). U Itinraire d'Antonin le place gale dis-
tance de Rhinocolure et de Gaza et sur la cte , quoi qu'en dise
Pline (DOD. , XX , n. 74.). Cette ville a peine chang de nom ,
puisqu'elle s'appelle aujourd'hui Refah {Voyez d'Anville, Mm.
sur l'Egypte, d'aprs Aboulfda.)
Gaza , autrement Aza , seize milles au sud d'Ascalon {Itin-
raire d'Antonin, p. i5o), et sept stades de la mer, o elle avait
un fort dsign , tantt par le nom de Gazseorum portus , tantt
par le nom de Majumas ( Sozomne , Ilisl. , v, 3, VII, 21 ;
vagor. , Hist. y il, 5), commun tous les ports de la Syrie.
NOTES DU LIVRE V. a35
Selon Mla ( liv. I , n. 1 1 ) , le nom de Gaza indiquerait une
origine persane, et serait d ce que Cambyse, se rendant en
Egypte , y laissa ses magasins et son trsor. Cette tymologie semble
dmentie par la haute antiquit du nom de Gaza , que l'on trouve
dans la Gense (ch. x, v. 58). Cette ville , une des plus floris-
santes de la Syrie (Cf. Arr. , il , 27 ; Quinte-Curce, iv, 6 ;
Plutarqtje , Vie d'Alex., etc.) , prouva dans la suite de grands
revers. Dvaste par Antiochus-le-Grand , deux fois conquise
par les Juifs , elle dchut un tel point , que, malgr les efforts
du prleur Gahinius pour faire renatre sa splendeur (Strab.),
saint Luc {Actes des Aptres, VIII , 26) l'appelait la solitaire
Gaza. Dans la suite , cependant , elle reprit de l'importance , et
vers le sixime sicle elle faisait un trs-grand commerce, surtout
en vins ( Voyez AboulfDA , Tab. Sjr., p. 77, d. Kler ; Grg.
DE Tours , Hist. des Francs, vu , 29 ). Elle tait alors au sud
de l'emplacement qu'elle avait jadis occup , et vingt stades de
la mer. Ces deux faits , peu remarqus jadis , sont prouvs par
un anonyme, dont les descriptions, insres dans les Geogr.minor.
Gr. , tom. iv, pag. 38 , distinguent m via. T-tci de epv/u.os TZ*.
( Diodore de Sic. , Bill., xix , 80 , etc. ). Le port eut , sous
Constance II , le nom de Constantia , et devint un instant une
ville indpendante de Gaza ; mais il parat que , ds le temps de
Julien, les choses avaient t remises sur l'ancien pied. La ville
actuelle de Gaza , autrement Razze , appartient au pachalik de
Damas.
Anihedon , 'AvSnfv , aussi sur la cte , malgr l'assertion
formelle de Pline , qui se trompe sur cette ville comme sur Ra-
phia. Elle tait vingt milles de Gaza ( Sozomne , Hist. , v, 9).
Selon Josphe (Antiq. jud., xm , 21 ) , Hrode changea son
nom en celui d'Agrippiade. Vingt ans plus tard , et s'il et assez
vcu pour voir les enfans d' Agrippa cder la place au fils de Livie,
il l'et nomme Tibriade. La ville ne tarda pas reprendre son
nom d'Anthdon. Dupinet l'appelle Daron.
Angaris. Telle est la leon commune , et elle nous semble de
beaucoup prfrable celle que donnent quelques-uns des ma-
nuscrits d'Hardouin (ceux qu'il nomme Reg. , I , 2) , et l'dition
princeps , qui portent Argaris. Au reste , qu'on lise Angaris ou
a 36 NOTES DU LIVRE V.
Argaris, Pline esl le seul qui cite ce nom. C'est tort queBrolier
et d'autres traduisent ce mot par Garizam et Garizim , qui n'en
est que l'anagramme ; mais le mont Garizim , qui est voisin de
Napolis ou Sichem, est, par consquent, assez loin del cte
que dcrit et suit Pline. Peut-tre ce nom d'Angaris n'est-il qu'une
dformation de celui d'Ecron , ville des Philistins ( cite Mac-
chabes, liv. I , ch. i4- , v. 6 et a , et que plus tard on trouve ,
chez les Grecs, sous la forme d' '.Axx&prl, extrmement voisine ,
comme on le voit, d"A/Tet/:&>j' , d'o Angaris ). L'Angaris de
Pline serait alors une montagne voisine d'Ecron. V. P.
Chap. XIV, page 56 , ligne 5.
(Tous les pays dcrits dans cet alina et dans cette note appartiennent vrita-
blement l'Afrique, et sont de fait compris aujourd'hui dans l'Egypte.)
Chabri castra. Plac par consquent sur la route de Peluse
au mont Casius. Strabon ( liv. xvi ) le nomme Xdfiptov X,fo%>
Chabrias , gnral athnien clbre , tait le chef des Grecs mer-
cenaires qu'entretenait auprs de sa personne le roi d'Egypte
Ncctanbus II , et aida ce prince faire rentrer dans le devoir
ses sujets rvolts. Dans la suite il marcha avec les troupes de
Nectanbus contre celles d'Artaxerxe Ochus , qui voulait faire
rentrer l'Egypte sous la domination macdonienne , et probable-
ment c'est alors qu'il campa au lieu mentionn par Pline.
Casius mons ( aujourd'hui Raz Gazaroun), premire montagne
de ce nom. Nous en retrouverons encore d'autres. ( Voyez ci-
dessous, n 18.)
Delubrum Jovis Casii, avec un bourg ou une ville mentionne
par Strabon (liv. xvi), sous le nom de Ajb? epov Keta-iov , et par
Ammien sous celui de Casium. Elle est aussi sur VItinraire
d'Antonin. Probablement le temple exista avant la ville , qui ,
dans le commencement , ne fut que l'ensemble des habitations
sacerdotales et des logemens destins recevoir les plerins.
Tumulus magni PompeiL C'est en effet en vue de Casium que
fut tu le comptiteur de Csar (Voyez Dion , liv. XLll). Un
affranchi lui leva un modeste tombeau , d'o l'pigramme:
Marmorco Licinus lumulo jacet , at Cato parvo ,
Poinpeins nullo . . . Credimus esse Deos !
NOTES DU LIVRE V. a37
Le tombeau de Pompe a inspir Lncain des vers magnifiques
autant que peu connus. Les voici :
Forsilan aut sulco sterii quum poscere Gnem
A Superis, aut Roma volet feralibus auslris,
Ignibus aut nimiis , aut terr tecta moventi : ''
Consilio jussuque Deum transibis in urbem ,
Magne , tuam , summusque feret tua busta saccrdos.
Nam quis ad exustam cancro torrente Syenen ,
Ibit , et imbrifera siccas sub Pliade Thebas
Spectalor Nili ; quis Rubri stagna profundi ,
Aut Arabum portus mercis muiator Eoae ,
Magne , petet , quem non tumuli venerabile saxum,
Et cinis in summis forsan turbatus arenis
Avertet , manesque tuos placare licebit
Et Casio prferre Jovi ? Nil ista nocebunt
Fam busta tuae. Templis auroque sepultus,
Vilior timbra fores : nunc est pro numine sumino
Hoc tumulo fortuna jacens. Augustius aris
Victoris Libyco pulsatur ab quore saxum.
Tarpeiis qui saepe Deis sua thura negarunt ,
Inclusum tusco veneranlur cespitc fulmen.
Proderit boc olim , quod non mansura sepulchri
Ardua marmoreo surrexit pondre moles :
Pulveris exigui sparget non longa velustas
Congeriem , bustumquc cadet , morlisque peribunt
Argumenta jux. Veniet felicior selas,
Qua sit nuln fidcs saxum monstranlibus istud.
Atque erit jEgyptus populis forlasse nepotum
Tam mendax magni tumulo, quam Creta Tonantis.
Ostracine, tort nomme par Dupinet Stragioni , se reconnat
aujourd'hui dans le bourg de Strati en Egypte, dix lieues sud-
ouest d'El-Aricb , et peu de distance d'un raz ou cap Straki ,
dont le nom est videmment identique avec celui d'Ostracine. Ce
cap se trouve peu prs au milieu de la langue de terre longi-
tudinale qui spare la Mditerrane du lac Sirbonide {Voyez ci-
dessous), et en forme la saillie septentrionale. Le nom d'Ostra-
cine vient videmment de l'abondance des hutres oHaute Gali
sarelb) )
Zabulon (o. du lac de Gnsaretn) . \
Issachar ( valle d'Esdrelon, mont /Basse Galile.
Thabor ) J
Manass ( demi- tribu occid. de ) ,
mle avec la suivante ( Dora et 1
Csare )
Ephram ( Sichem , Sa marie, can- I
ton Saronas).
Benjamin (entre E|ihram et Juda^
Jricho, Jrusalem).
Samarie.
Htbites )
. . ?Juda (Hbron, Jude propre). . . \ Jude.
Amontes ) v t r / ^
Philistins { Penta- (Simon ( s.'-o. de Juda )
H e ) (Dan (Jopp, etc.)
NOTES DU LIVRE V.
a3g
DIVIS. CANAAN.
DIVISIONS ISRAELITES.
Moabites | Rubcn (Pre propre mridionale,
Hesborj),
Ammonites , Gcl-
sad
11IVIS. ROMAINES.
Basan (roy. de).
Gad (Pre septenirionale, partie V j, . ,
de Dcapole et Ammonitide) . . / ercc
Mariasse ( demi-tribu orient, de ) ,
( Gaulon ilidc , Batane ) . . . .
B. Tableau des grandes Divisions et Subdivisions
( i' s et 2 es sicles av. et apr. J.-C. )
GR. DIVISIONS.
Galile. .
Samarie.
SUBDIVISIONS ULTERIEURES.
Galile suprieure.
Galile infrieure.
Jude.
{Jude propre
Pentapole ou Palestine propre .
Idume
Palestine .
Trachonitide
Gaulonitide
i Batane
Auranitide.
Iture
| Dcapole
[ Pre propre
Ammonitide
v Moabitide
capitales.
Csare.
Tibriade.
Samarie.
Jrusalem.
Gaza.
Hbron.
Boslra.
Gadara.
Pella.
Philadelphie.
C. Tableau des Divis. tablies tant parTrajan que Constantin
ET SES SUCCESSEURS.
(N.B. Sou* ceux-ci la Palestine tait comprise dan* le diocse d'Orient. )
DIVISIONS.
Arabie
Palestine i re ..
CAPITALES.
anciennes provinces
contenue* dans Ja division.
Rostra
( Batane.
\ Auranitide.
! Samarie,
Jude proprement dite.
Pentapole.
l/iO
NOTES DU LIVRE V.
DIVISIONS.
Palestine 2 e ......... .
Palestine 3 e , ou Salu-
taire
Phnicie i re .
CAPrTAl.ES.
ANCIENNES PROVINCES
contenues dans la division.
Galile
Gaulonitide.
Dcapole.
Ptre (Hume.
( Arabie ptre.
Ptolmas Cte.
D. Tableau des Divisions actuelles de la Palestine
(d'aprs Bsching, Volncy, etc.).
DIVISIONS.
El-Khods
El-Khalil
VILLES PRINCIPALES.
Jrusalem.
( Jricho.
. n. -o. de Jud<
f Hbron.
( s. de Jude. *
sa ou Falestin | Cle ' Jaffa > etc '
Gaza.
Ludd * Lydda et son canton.
Samarie.
Partie de la plaine d'Esdrelon.
Galile.
Trachonitide.
Auranitide.
El-Gaur j Pre.
El-Charrat I Gbalne.
Nabolos
Areta
Saphad
Blad-Chkif
V. P.
Chap. XIV, page 56, ligne 12.
llegio per oram Samaria et altiore Gamala. La ci-devant
Samarie , gale , d'aprs l'opinion ordinaire , au territoire de
l'ancienne demi-tribu d'phram , tait la plus petite , mais aussi
la plus fertile portion de la Jude. On ne connat gure ses bornes
que du ct de l'est et du nord, o elle tait arrte par le Jour-
dain et le torrent de Kison , qui y formait une grande valle ,
NOTES DU LIVRE V. a/,i
dite communment fj.ya. spiftov, comme beaucoup d'autres de
la Palestine. Il faut croire , comme le dit Mannert , que l'on d-
terminait ce nom par quelque annexe , comme ju. m. Aeyewos,
/. le gouverneur de
la Jude y faisait sa rsidence. Dans la suite elle devint capitale de
la Palestine III e . Quant au nom primitif de Tour de Straton, cit
par tous les gographes, ainsi que par Josphe (Antiquits jud.,
Xiv, 8) et S. Jrme (Chroniq. , olymp.cxci, 4-) , il serait assez
curieux d'examiner quel fut ce Straton , et en quel temps il v-
cut. Les N oi-elles en font un Grec migr et fondateur d'un ta-
blissement en Syrie. Mannert ( Geogr. der G. und Rm , tome vi,
i re part., p. 255 ) , rapprochant du nom de cette ville celui de
Tour de Staton, port aussi par une petite forteresse de Jru-
salem , conclut que ce Grec existait vers le temps du premier S-
leucus , ou peu aprs , puisque bientt ses faibles successeurs se
trouvrent hors d'tat de donner des lois ou des noms aux villes
juives. La dnomination de Colonia prima Flavia , jointe aux
mots Aug. Caesarea , se remarque , suivant Hardouin , sur une
mdaille de bronze qui porte d'un ct l'image de Srapis , et
dont le mme savant rapporte l'ge au rgne de Marc-Aurle. Cf.
aussi le passage d'Ulpien , Digeste, liv. I, tit. i5 ( de Censib.) ,
rapport par Hardouin.
Napolis , aujourd'hui Nabolos ou Naplouse. Le nom indigne
Mamortha est crit avec un lger changement , Mabortha , dans
Josphe ( Guerre des Juifs, V, 4-) Benjamin {Itinr. , p. 38 ) , et
d'aprs lui nombre de savans , parmi lesquels Hardouin , la re-
gardent comme la mme que Sichem; mais un passage d'Eusbe,
qui place les restes de cette ville ( sv <&poa.), dit 26/2<*j-7h, v th 'S.AjuetpeTiS't tsoxiyjw. Selon
les Arabes et Maundrell (p. 98), elle est deux journes de
marche de Jrusalem ; et non , comme le dit fautivement Jo-
sphe , une seule ; aussi d'Anville , dans sa carte de. Jude ,
la place-t-il trop au sud , ainsi que toutes les localits environ-
nantes. Il ne reste aujourd'hui de cette ville qu'une place qua-
drangulaire , dont deux cts sont entours de colonnes. C'est
ces ruines que s'applique le nom de Sebastia.
Gamala. La haute montagne sur laquelle cette ville tait assise
lui a valu son nom , que tous les interprtes s'accordent ti-
rer de gamel , chameau. Cette montagne n'est autre que le
clbre Carmel , cime la plus leve de l'Antiliban. Josphe
( Guerre des Juifs , liv. IV , n. 1 ) l'appelle Ville des Chevaliers
Wffav <&Q\t; ) , dune colonie militaire* qu'Hrode y avait
tablie. On conoit en effet qu'un point si remarquable de la
chane de la Syrie devait avoir militairement de l'importance.
Mannert {Geogr. der G. und R., tom. VI, i re part., p. 296) sup-
pose que cette ville est la mme que Gabara en Galile. Il y avait
une ville homonyme sur la rive orientale de la mer de Galile ,
a/6 NOTES DU LIVRE V.
et par consquent au del du Jourdain. Dalchamp , qui ne con-
naissait que celle-ci, reproche Pline ou ses copistes la phrase
Sebaste in monte, in altiore Gamala, sans s'expliquer sur ce qu'il
aurait jug convenable d'y substituer. V. P.
Chap. XV, page 58 , ligne 2.
Supra rliqua Juda. La Jude se partage donc, selon
Pline, en trois parties, savoir: i Galile: 2 Pre; 3 Jude
propre ; ou , pour dessiner plus nettement cette division , en
Galile et Jude d'une part , et Pre de l'autre. Les deux
premires rgions se trouvent alors l'ouest du Jourdain , et
peuvent tre comprises sous le nom de Jude cisjordanienne ,
tandis que celui de trans jordanienne serait donn la Pre , en
raison de sa position l'est du fleuve.
La Galile se subdivise, selon Ptolme , en infrieure et su-
prieure ( v Ac> et KajTo> Ta.xixa.ia. ) ; celle-ci tait habite en
grande partie par des Phniciens , des Syriens , des Grecs , et
mme ( Voyez Strabon , liv. XVI ) par des gyptiens : aussi le
mme Ptolme la regarde-t-il comme faisant partie de la Ph-
nicie , et presque tous les crivains latins et grecs nomment-ils
comme phniciennes les villes de la cte. Il est certain que Pline
en fait autant , et que par Galile il entend seulement la Galile
infrieure et une infiniment petite partie de la suprieure. Il suf-
firait, pour le prouver, de voir chez lui Scythopolis attribu la
Dcapole. Nous nous bornerons ici complter Pline , en nom-
mant les principales rivires ou montagnes de cette contre ; ce
sont:
i. Dans la Galile infrieure ,
Le mont Thabor, Habyrion ou Atabyrion des Grecs (Eusbe,
Qnomastic. ; JosPHE , Guerre des Juifs , IV, 2 ; S. JRME sur
OsE , ch. v ; Polybe , I ; Pokocke , Description de l'Orient ,
tom. Il, p. g5);
Le torrent de Kison ;
Nazareth ( Pokocke , ibid. , p. 94. ) j
Bethsan ou Iiethchean, depuis Scythopolis ( Voyez plus bas);
Caperkolani , Ka,TSpKOTta. de Ptolme, dont un gographe,
NOTES DU LIVRE V. 247
plus orthodoxe qu'clair , a fait Capernaiim ou Capharnaiim ;
Tibriade ( JoSPHE , Antiq. Jud. , XVIII, 3 ; Gogr des Juifs,
11 , 8 ; Aboulfda, Tab. j/r., p. 88; Et. de Byz.) ;
Emmais ou Ainmaiis, clbre par ses bains chauds , et tota-
lement diffrent de TEmmaus voisine .de Jrusalem ( Voyez plus
bas, page 24.9 , ligne i5, etc.);
Tarich ( JOSPHE , Guerre des Juifs , III , 1 7 ; SlRABoN , XVI ;
Sutone , Vie de Titus ) ;
Kapemaum (S. Luc , ch. v, v. 3i ; S. Matthieu , ch. iv,
v. i3);
Bthulie ;
Juliade ( Voyez ci-dessous ) ;
Sepphoris , autrement Diocsare ( JosPHE , Antiq. jud. ,
xiv, 10; xviii, 3 ; Sozomne, Hist. eccls. , iv, 10).
2. Dans la Galile suprieure , *
Dan, jadis Las , primitivement aux Sidoniens , conquise en-
suite par la tribu de Dan, et depuis ce temps la ville la plus sep-
tentrionale de la Jude (Josu, xix, v. 475 Juges, XVIII, v. 26;
Gense, XIV, v. i4-) ;
Gabara , Tt Tafiapa. ( Josphe , sa vie ) ;
Jotapate, peut-tre de la Basse-Galile (JosPHE, sa vie; Guerre
des Juifs, III , 4 1 6 ) ;
Cana , qui n'est clbre que par le miracle de l'eau change
en vin.
La Pre devait son nom sa position au del (en grec, a.pei/u. ; Av, cou-
ler) indiquerait que cette rivire roulait jadis des paillettes d'or.
Philadelphia, QtXcLfexqa. des Grecs, Rabbalh des Ammonens
(ses plus anciens habilans connus) et des Juifs (JosPHE , Guer.
des Juifs, liv. III , n. 4), Rabatbamana de Polybe (v, 71) ; Am-
17-
V f / S [ I .1
260 NOTES DU LIVRE V.
mana d'Etienne le Byzance, aujourd'hui Amman (d'Anville).
Avant de recevoir de Ptolme Philadelphe ( Etienne de Byz. )
le nom de Philadelphie, elle avait dj quitt celui de Rabbath
ou Rabbath-Ammon (dont Ammana et Rabathamana ne sont que
des dformations) pour celui d'Astart (Et. de Byz.). Le pays
circonvoisin , que l'on peut considrer comme de l'Arabie, et
qui , en effet, s'appela Arabie philadelphienne('A/>st|2/. tV P/Ast-
e\$icts , S. Epiph., Anaceph., p. i4-5) appartient rellement la
Clsyrie (d'o la mdaille rapporte par Hardouin 0IAAAEA-
civeti d'Etienne de Byzance et d'Hirocl. (Itin., page 712, d.
Wessel.), d'o les adjectifs 'PctqctveMlctt et Raphanensis : trente-
trois mille d'Apame : probablement celle dont Aboulfda men-
tionne les ruines sous le nom de Rafaniat (Tabl. sjr., pag. 107) ,
dans le voisinage de Barin. Guillaume de Tyr (Gesta Dei p. Fr.,
pag. 84-5) la cite comme prise en ii25 par le comte de Tripoli.
Scythopolis, la plus grande ville de la Dcapole si l'on n'y
comprend pas Damas, tait sur les deux rives du Jourdain,
l'instant o il sort du lac de Gnsareth , et six cents stades de
Jrusalem , cent vingt de Tibriade, vingt-un milles de Neapolis,
seize de Gadara ( 'Cf. Macchab., liv. il, chap. 12, v. 29; JosPHE,
sa Vie; Itin. Hieros.,\>ag. 587; Itin. d'Anton., page 197). Primi-
tivement appele Betchan et Bethsan , elle reut dans le moyen
ge le nom de Bazan qu'elle porte encore aujourd'hui. Celui de
Scythopolis ou "SkvQcv tokis indique une colonie de Scythes,
et rien n'est plus facile que d'expliquer ce fait quand on pense
que cette grande famille de barbares s'tait, vers les septime,
huitime et neuvime sicles avant Jsus-Christ, avance au sud
jusque vers les frontires de l'Egypte {Voyez Hrodote et le
Sync. Chron. , p. 2i4-). Il est donc aussi inutile que contraire
la vraisemblance de voir dans ce mot si rgulirement hellni-
que de Scythopolis une corruption du nom indigne Succoth, ou
mme , comme le veulent quelques-uns , du nom Bethsan. Selon
Mannert (tome VI, i rc part., n. 299), les prophties menaantes
I Y
\\\
NOTES DU LIVRE V. 261
d'Ezchiel sur Magog (Ezech., chap. 29) s'appliqueraient peut-
rire avec raison aux habitans de Scythopolis que l'on sait avoir
t livrs l'idoltrie (Macchab. , liv. Il , chap. 12, n. 29). 11 est
clair, du reste, que ce n'est pas Bacchus qu'il faut attribuer la
colonie scythe.
Gadara. Tctfctpa. d'Etienne de Byzance et de Ptolme (liv. v,
n. i5), Gaddara selon Dalchamp , aujourd'hui Kedar (d'o
Cdar), seize milles de Tibriade et de Scythopolis (Voyez ltin.
(TAnt. et Table de Peutinger) , s'appela aussi quelque temps n-
tiochie et Sleucie, ce qu'assure Etienne de Byzance. L'Hero-
max ou Hieromax qui la baignait n'est qu'un misrable torrent
nomm Iarmoch dans la Bible, et aujourd'hui Iermouk. On a dit
aussi par dpravation Jaromas.
Hippon. Voyez ci-dessus. Hippon Dion sans virgule , ou Hip-
podun d'un seul mot, est videmment une mauvaise leon.
Dion. AW. Ptolme (liv. v, n i5o. Cf. Et. de Byz. et Re-
jlaixd , Palsl., pag. j3j) qui cite une pigramme grecque sur
l'eau de Dium. Dans des temps postrieurs , Dium fut comprise
dans l'Arabie romaine.
Pella. Primitivement Butis, BV7is (Et. de Byz.), deux milles
au sud de Dium, et cinq milles gographiques sud-est de Scytho-
polis. Totalement inconnue du reste , sauf par la circonstance
que mentionne Pline et par un mot de Josphe (Guerre des Juifs,
liv. III, n. 2).
Galasam. Nom dfigur ce qu'il parat d'aprs un passage de
Josphe. (Voyez Guerre des Juifs , II, 19, Qih&S'eKqsia.v ts ka.yys) et rocailleuses , semes de quelques valles. Les monts
eux-mmes , selon Strabon , s'appelaient Trachones. Les habitans
gnralement de race arabe , mls de Grecs et de Syriens , n'oc-
cupaient que des bourgades , auxquelles Eusbe joint la ville de
Canatha.
Paneas. Nom commun une ville et une province. Il est vi-
dent que Pline pense ici la province. La ville nomme dans le
moyen ge Banias et Blinas porta aussi les noms de Csarea ,
ou , pour la distinguer des nombreuses cits homonymes que pos-
sdait l'empire romain, Csarea Philippi (Hrode Philippe), d'o
la dnomination actuelle de Qsarieh. Selon la plupart des au-
teurs, Panas aurait t btie sur l'emplacement de l'ancienne
ville de Dan : mais Eusbe (Oncm., art. Bnaai de Josphe , aujourd'hui
i ici I inav. Elle avait appartenu au ttrarque Lysanias , d'o la d-
nomination frquente d''AiAMn AvJtoV, dans Josphe "A/ww, trs-
probablement sur la petite rivire d'Arca, que l'on rencontre
un mille au nord de l'Eleuthre (Cf. PocoCKE, il, 299; Maun-
drell, a Journey from Al., p. 1^6). Le nom d'Arki ou Aracka,
qui figure dans les listes gnalogiques des peuples de Chanaan ,
n'est probablement qu'une transfiguration lgre d'Arca. Dans ce
cas , cette ville aurait eu se glorifier d'une trs-haute antiquit.
Elle appartenait la Phnicie. Les Romains la concdrent H-
rode Agrippa. Alexandre-Svre y naquit et lui donna le nom de
Csare. (Hist. Aug., Vie d'Alexandre-Svre, 1; AuREL. VlCT.,
Vie d'Alex., chap. i3.) Nous le retrouvons dans Aboulfda (Tab.
sjr., d. Kler, pag. n3) sous le nom d'Aarkat, et dans les his-
toriens des Croisades ', sous ceux d'Arka ou d'Archar.
Ampeloessa , contre couverte de vignes , ainsi que l'indique
son nom grec , et o rien n'oblige croire qu'il y avait des villes.
C'est donc tort qu'Hardouin y souponne le surnom de la ville
d' Area qui prcde , ou de celle de Gabe qui suit.
Gabe. Tafia, de Josphe (Guerre des Juifs*; il , 19) ; 'TCCa,
d'Etienne de Byzance. Pline lui-mme (liv. XII, n 4.1) dit Gabba ;
TafiaTcV d'Eusbe (Onomast.) ; au pied du Carmel , entre Ptol-
mas et Csare (Panas) et seize milles de celle-ci (Josphe,
Guerre des Juifs, III , 1) : avait appartenu la tribu de Zabulon ,
puis, par consquent, la Basse -Galile. Dalch. et toutes
les anciennes ditions portent Gabala. Mais Gabala {Voyez ci-
dessus) est une ville toute diffrente. Il ne reste plus de traces de
Gabe. Au reste , on peut , la simple inspection d'un diction-
naire gographique de l'Ecriture-Sainte, apercevoir combien cette
syllabe gab tait frquente au commencement des noms de villes ,
puisqu'outre Gabe et Gabala, nous y voyons encore figurer Gabaa ,
Gabath , Gabaon , Gabatha cl Gabbula. V. P.
264 NOTES DU LIVRE V. *
CHAP. XVII , page 62 , ligne i3. Hinc redeundian.... mons incipit.
NOUS
CHEZ PLINE.
Crocodilon
oppidum.
Crocodilon
flumrn.
SYNONYMIES
C I E N N E.
KfoxoTiip*0T.
N. B. Beaucoup de caps
de ce nom se trouvent dans
toutes les gographies ; ce
qui se conoit aisment, puis-
qu'il n'indique qu'un des as-
pects physiques sous lesquels
les promontoires peuvent de
loin s'offrir aux navigateurs.
Nous connaissons, de compte
fait , au moins douze caps
Blancs, ou Cabi Bianchi, ou
Capos Blancos , clbres ,
outre celui qui termine la
baie d'Acre. Nous indique-
rons ici la position des prin-
cipaux :
i. Cte de l'empirede Ma-
roc ;
2. Cte du royaume de Tu-
nis:
Akka en arabe ,
Acre ou Saint-
Jean - d'Acre ;
dans les livres
et les cartes eu-
ropennes.
POSITIONS
Ruines de Zib.
( Pococke , A
Descr. ofPa-
lst. ; Maun
drell , Voyez
p. 83).
Cap Blanc , Ca-
bo Bianco , C.
Branco , etc.
A 27 lieues n.-n.-o.
de Jrusalem, 8 s.
de Tyr ; par 32
46. 5. long. e. ,
3254.35.1at.N.;
dans une grande
plaineditc en grec
Miy6j ; iSbr( Theodoret,
S. Ezcli., 26 ) dans la lan-
gue indigne ; 7'sor ( *\\ )
des crivains hbreux ;
Sar, Sara, Sarra, selon les
Romains , qui venaient y
faire le commerce ( de l
l'adj. Sarranus , synonyme
de Tytius ).
N. S. Universellement
connue : premire ville de la
Phnicie, et par consquent
du monde occidental , pour
e commerce dans les 9 e . , 8".
et ']". sicles avant J. - C. ;
subjugue par Nabuchad-
nsar II , roi de Babylone
( Voyez Positions et Dist ) ;
ne se releva jamais compl-
tement du coup que la ruine
le sa libert porta son in-
dus! rie et sa richesse. Cf
Mannert, Gengr. der Gr.
undR., t. vi. partiel' .,
pag. 36i-36g; Maundrell,
A. Journ. ; Pocockb ;
Sour
POSITIONS
DISTANCES
Se disting. en deux
villes: i. la vraie
Tyr , l'anc. Tyr ,
in 9*, Josphe(^./uiV.,
vm , 7 ) ; St Paul ( Epitre
aux Romains) crit, comme
Pline, Sarepta. Zarpath
du premier livre des Rois,
xvn , g. Sara dans Scy-
lax . probablem. par faute
des copistes.
N.B. Clbre par ses vins.
Voyez Al de Tral. , i, i3;
Sid. Apoll. , Carm., xvn;
Fulgence , Mythol. , II.
'H O/>/0av? 'Opy*8v v, 2o (i); et chez Stra-
boa et quelques auteurs ,
oro. Tsidon en hbreu.
N. B. La plus ancienne des
villes phniciennes, mre de
Tyr et de presque toutes les
cits de la cte , ainsi que de
la Thbcs Botienne ( Cad-
rans tait fils d'Agnor. roi
srx\aLi B/3xoc ou ITtXa;i-
iniEUi..
Voyez la note
p. 227 , indi-
que dans l;i
colonne colla-
trale.
POSITIONS
DISTANCES.
Gnralement i5 1.
de la mer.
Nahr-el-Damcr
Baerout.
Xahr-cl-Kch,
c.--d.lefleuYi
du Chien.
Plus prs de Sidon
que de Bryte.
A 36 milles d'H-
liopolis et 18 de
Byblos (Aboulf.,
Tabl.syr., v .$\).
Sur le fleuve Lon
ou Lonte (voyez
l'art, suivant) , et
;>r.obab'em. son
smbouch. (Voyez
Synonymie anc).
(Vu sud de Byblos
(Strab., xvi) et
au nord de BWte,
niais plus prs de
celle-ci.
NOTES DU LIVRE V.
NOMS
CHEZ PLINE.
Adonis.
Pvblos.
Botrys.
Gigarla.
S YNONTMIES
ANCIENNE.
t/j8\o (Ptol.); Alcobile
dans Yltin. Hierosol.
"Afun.
N. B. Le hros de ce nom
tait particulirement hono-
r Byblos. Le nom du fleuve
venait de ce qu' certaines
poques de l'anne il roulait
la mer des flots rouges que
l'on prtendait tre le sang
d'Adonis, bless par un san-
glier {Voyez Lucien, Dess.
syr.). Pococke , qui a t dix
fois tmoin du phnomne
aprs de grosses pluies subi-
tes , l'explique fort naturel-
lement par la couleur rouge
qu'ont en cet endroit les ter-
rains du Liban , dont l'Ado-
nis emporte des parcelles
dans ses flots.
BijSxoc et non Bii3xoc (comme
dans Zosime et quelques
autres). Zebelet (Zij8-
xT),PH0CAS,i, 5. Djobil
( Aboulfeda , Tab. S. ).
Gibl, Tibelou Tibil chez les
Hbreux? Les Gibelins, qui
fournissaient Salomon des
bois du Liban , auraient t
alors les habitans de Vieille-
Byblos.
BoTfl v d'E. i)B B. ; Polyb. ,
v , 68 ; Strab. , iiv. xvi ;
Botrus , Tab. de Peut.
Tpo de Scylax ( pag. 42 ;
Tpo khi xi/Ah ) , nom pro-
bablement altr.
Zicarda , dans un manuscrit
cit par Ortlius. Tiyttp-
tov au sing. , Strab. , xvij
et Notit. Ecoles.
iCIl'EILt.
Ibrahim-Bacha,
r o s 1 t 1 o n s
DISTANCES
Elbileh des in-
dig. , Dehibi-
lom ; Djebal
desEuropens.
Batroun.
??Nephicastron
(Dupinet).
A une lieue de By-
blos.
A 10 lieues s. -o. de
Tripoli.
A 12 milles au nord
de Byblos ( selon
Ja Table de Peu-
tinger) , et sur la
mer, car elle avait
un fort ( Voyez Sy-
nonymie anc.) .Cf.
J. Malala ( 1. 11,
p. 229) , et Po-
cocke (p. i44 ) -,
qui croit en avoir
reconnu, les ves-
tiges.
NOTES DU LIVRE V.
273
NOMS
CHEZ PLINE.
Trieris.
Calamos.
Tripolis.
Orlhosia.
SYNONYMIES
ANCIENNE.
Tp;iipf, selon Strabon (xvi),
qui en fait un fort (Xarpiov),
et Et. de Byz. , qui l'rig
en ville. Trires de Da-
niel, xi, 3o ; Vulgat.
Tridis de Yllin. Hierosol. ?
Ainsi nomme , dit IVIan-
nert , de ce que le fort avait
quelque ressemblance avec
une trirme !!
KXUfAOS , Strab. ; Polyb. ,
v,68.
TpTTOXfj , c'est--dire trois
villes. Elle dut avoir ,
dans la langue phnicienne,
un autre nom. V . plus bas.
2V. B. Cette ville se com-
posait de trois parties dis-
tinctes, fondes, la premire
par Tyr , la seconde par Si-
Hon, la troisime par Arad ,
trs-peu de distance les unes
des autres. Aprs avoir assez
long-temps subsist comme
villesdistinctes, quoique for-
mant un mme tout , les trois
tablissemens se runirent
"Oj>9a)9-j*, Ptol. ; 'OpSaio-fct,
Strab. et Tab. de Peut. ;
'Op9ri*8ot. , Macchabes ,
liv. 1 , ebap. i5, v. 37 ; Or-
ihosis sacra , Prisc. , Pe-
rieg. , p. 38g.
ACTUELLE.
Rui
Callemon.
arabolos ou
Tarablis chez
les Turks; Tri-
poli , Tripoli
de Sourie chez
les Europens.
POSITIONS
DISTANCES.
A 12 milles de Tri-
polis (Itin.Hier.),
3uien fait unrelai
e poste).
A une lieue et dem.
de Tripolis.
A 20 mil.de Botrys,
et un peu au nord
du capThoproso-
pon (Qsov -*
irov), aujourd'hui
lremseida , s e-
lendait jusqu' la
cte, tandis qu'au-
jourd'hui un mon-
ticule de sable la
spare de la mer
et du porl.
Tortosa(DuPi-
net ). Poinsi-
net proclame
Tindentit de
TortosaetOp-
8&>o - /*(non'Op-
9 a> 9-t;mais
Khler ( dit.
d'AbouIfda
f. 17 , note ) a
rendu minem-
ment probable
queTortosere
prsentc*Anta
rade.
A i2millesde Tri-
polis, et un peu au
sud de lVmboucb.
du fleuve suivant.
IV.
274
NOTES DU LIVRE V.
NOMS
CHEZ PLINE.
SYNONYMIES
.KC1SK!
Eleulherus flu-
nien.
Siinyra.
Marathos.
Arados.
Inlerj.camp..
Bargylus.
EXpoj de Strab. , etc.
nom grec qui probablement
traduisait un nom phni-
cien aujourd'hui inconnu
N. B. La moins faible des
rivires ctires de ces para-
ges. ( Voyez Synonymie ac
tuelle ).
Xiftvfiot, Et. de Byz. ; et
lifJLvpa. , gnitif v , d'o le
Tei^ifxvfa. de Strabon , d-
formation du fait des copis
tes , pour Ta liy.vpn.
Z. m. r. de la Gense , 18
(en toutes lettres Zemari?
Zimri ? ) ? Voyez Michae-
Lts , Spicil. , n, p. /|9 seqq. ;
Busching, Gogf , p. 307.
'H M*/>8oj , Strab. ; A-
rien, Expdit. d'Alex.,
u , i3.
Grande , riche ; dtruite
aprs Alexandre, et avant la
conqute de la Syrie par les
Romains.
Arvad de la Gense , x, 1
( Cf. Ezch. , xxvn , 8 )
i "AputTo des Grecs.
Trs-bien dcrite par Stra-
bon, xvi.
ACTUELLE.
Vallaniaf Dufi-
net)? Fleuve
Saint ( Har-
douin)??
Nahr-el-Qibir,
c'est--dire le
grand Fleuve.
Su mira.
Ruines trs-bel
les et trs-vaS'
tes.
Les plaines se nommaient,
l'ouest et du cl de la mer,
g MxKfa; et m Mx.f a ; l'est
et vers Damas, Mttpo-ei
Primitivement Djounia,
c'est--dire plaine.
Ruad pour l'le:
la ville n'exis-
te plus.Volney
( Voy.enSyr.,
t. n , p. 171 )
dit qu'il n'en
reste pas mme
deruin.;Shaw,
Maundrell , et
Pococke , as-
surent en avoir
vu.
Aujourd. sans
nom.
POSITIONS
DISTANCES.
Cours : du sud au
nord, entre Simv-
re et Orthosie, en
venant de Tri poli.
Limite septentrio-
nale de la Phni-
cie , selon Ptol-
me.
Au nord de la plai-
ne de Marsyas. V.
fin du tableau, In
terjac. camp.
Voyez Synonymie
ancienne. La plai-
ne orientale va de
Laodice au Li-
ban.
V. P.
NOTES DU LIVRE V. 27 5
Chap. XVIII , page 66 , ligne 2.
Oppida : Carne Antiochi. Carn, Kdpvn d'Etienne de
Byzance , qui la met en Phnicie ; Kpvos d'Artmidore , d'o
Kdpctvos dans Strabon (xvi), qui, au nom de cette ville, ajoute
to 'Errveiov Tris 'ApoS'ov. Mannert (G. d. Gr. u. Rm. , tom. VI ,
part. 1 , p. 397) , la regarde comme la mme qu'Antarade, d-
truite aujourd'hui.
Balana , Bahctvoci des ditions vulgaires de Ptolme ; Bat-
xa.voAa.1 dans celle d'Erasme ; Ba^ctvuTu (tcl) de Strabon ; Bala-
na dans Y Itinraire " A ntonin ; Balne dans la Table de Peutinger;
aujourd'hui Banias , vingt-quatre ou vingt-six milles d'Antarade.
Paltos , huit milles de Balane et huit milles de Gabale,
aujourd'hui ruines de Boldo.
Gabale , T^cchet de Strabon ; Gavala dans la Table de Peutin-
ger; Giblim dans la Bible {Rois, liv. I , v. 18 ; Cf. les Interpr. ),
aujourd'hui Djbleh , petite ville trs-voisine de Laodice. C'est
de l qu'on tire vulgairement le nom d'Elagabale, dieu syrien
que le prince de ce nom voulut naturaliser Rome , mais qu'en-
suite Alexandre-Svre renvoya en Syrie avec ses prtres , ses
adorateurs et sa statue conique.
Laodicea. Cinq autres villes de l'antiquit ont aussi port ce
nom, et mme une d'entre elles tait aussi en Syrie. C'est la c-
lbre Laodicea ad Libanum, dsigne dans Ptolme par l'odieux
surnom de Scabiosa ( inattentivement chang dans l'dition d'E-
rasme en Cabiosa ). Celle dont il s'agit ici tait distingue de ses
homonymes par ceux de Tlupdxios ou d 1 Ad mare , selon la langue
dans laquelle ses habitans principaux s'exprimaient. Embellie
et considrablement agrandie par Sleucus Nicator ( 3oo ans
avant J. - C. ) , que l'on regardait comme son fondateur , elle
existait auparavant sous les noms de Leuc-Act et de Ramtha,
qui probablement voulait dire en syriaque la mme chose qu'en
grec Leuc-Act , Blanche-Rive. Laodice s'appelle aujourd'hui
Ladqui ou Lattaqui. (Voyez note suivante, Antioche.)
Diospolis. Mannert accuse ici Pline d'entremler sa des-
cription de la Syrie propre le nom d'une ville de la Palestine
18.
276 NOTES DU LIVRE V.
(on se rappelle Diospolis, primitivement Lydda, prs de Csare,
voyez p. 240 ). Hardouin dclare nettement qu'il s'agit de tout
autre ville que de la Diospolis juive, et semble, d'aprs l'auto-
rit de ses manuscrits ( Reg. 1,2, Colb. 1,2, Par. , Chiffl. ) ,
insinuer qu'on doit lire Dipolis, ce que Pomsinet n'a pas manqu
d'introduire dans le texte. Mais personne ne dit ce que c'tait que
eette Dipolis ; peut-tre doit-on y voir quelque ville commun-
ment dsigne par un autre surnom. Mais quelque parti que l'on
adopte ce sujet, il sera toujours bien difficile d'absoudre Pline
du reprocbe d'avoir interverti Tordre naturel de son itinraire.
Hracla , quelques milles de Laodice. Pococke, qui s'est
donn la peine de faire des courses pdestres sur tout ce rivage ,
a retrouv la situation d'Hracle dans quelques digues qu'on
nomme aujourd'hui Minta Bourdeleh ou Baie de la Tour.
Charadrus, X&paipos, xi/uhv kai vlvsiov K/A/x/stf, dit Etienne
de Byzance ; et Scylax (p. 38 ) parle dans le mme sens. Pline
commet donc ici une nouvelle inadvertance en mlant la descrip-
tion de la Cilicie la Syrie.
Posidium , Uoa-siS'eiov , quelques milles au nord d'Hracle,
dans l'intrieur d'une petite baie. Une petite ville , so-.is le nom
de Possda , se trouve aujourd'hui sur cet emplacement. V. P.
Chap. XVIII , page 66 , ligne 7.
Anliochia. Sleucus Nicator , fondateur , c'est--dire rnova-
teur et protecteur de soixante-trois ( Appien) ou mme soixante-
quatorze (TZETZS, Chiliad., vu , v. 169 et suiv.) villes en Asie,
avait donn seize le nom d'Antioche. Nous allons donner ici
la nomenclature des principales :
1. Antiochia ad Cragum , en Cilicie, au sud-ouest prs du
mont Cragus , sur le bord de la mer : aujourd'hui An-
tiochetta ;
2. Antioche en Carie , sur le Mandre , au nord d'Aphro-
disias ;
3. Atstiociie de Babylonie, sur le Tigre ;
NOTES DU LIVRE V. 277
4. Antioche, ci-devant Nisibis, en Mygdonie (partie de la
Msopotamie), sur le Mygdonius : Aujourd'hui Nisbin;
5. Antioche , autrement Sleucie , Alexandrie ou Mar-
GINIE , capitale de la Margiane , sur le Margus , prs des
confins de la Bactriane ; .
6. Antioche , depuis Csare , capitale de la Phrygie -, sur
les confins de la Lycaonie et de la Pisidie ;
7. Antioche de Comagne (partie de la Syrie) , au nord
prs de Taurus.
Celle dont il s'agit ici est la plus clbre de toutes. Fonde par
Antigone , et non par Alexandre comme le disent tort Liba-
nius ( Eloge d'Ant. , p. i32 et i33) et Malala ( Chroniq. , p. 254--
a56 ) , puis , aprs la dfaite du roi d'Asie Ipsus , agrandie par
Sleucus , un de ses vainqueurs ( Voyez J. MLALA , Chroniq. ,
p. 254-256 ; et Libanius , Eloge d'Ani. , p. i32 et i33 , dit.
Reisk: Cf. Diodore de Sictle, xx , 4-7 avec les notes de
Wesseling ; JosPHE , Anliq. jud. , XII , 3 , et contre App., Il ;
EUSBE, Chroniq., II, p. i4-0 ; Le SYNCELLE, Chronogr. , p. 274;
CEDRENUS, Hist. Compend., p. 17; EuNAP. , Vie de Liban. ; DlON
Chrysost., Disc, xlvii; Pausan. chezZETZ., Chil.vn, v. 169;
EuST., surBenyslePrieg., p. 918; JUSTIN, l.XV, n. 4, etc., etc.),
et non par son fils Antiochus, comme le dit Julien (Misopogori) ;
elle arriva une telle opulence et une telle beaut, que sous
les empereurs elle tait regarde comme la troisime ville de la
monarchie romaine. Si l'on n'et considr que la grandeur ,
elle et t la premire ; car, ds le rgne suivant ( c'est--dire
sous Antiochus Thos I) , Antioche, trop petite pour contenir
sa population , vit s'lever prs d'elle une seconde ville. Sleu-
cus II ou Callinicus en fonda une troisime , et Antiochus Epi-
phane ordonna la construction d'une quatrime : toutes ensuite
furent runies dans une mme enceinte par une mme muraille;
et cependant l'immense cit ne cessa de s'agrandir, mme sous
la domination des Romains.
La grande Antioche tait*surnommce , tantt 'Ecr) tov 'Qpv-
tov , tantt 'Etf7 Actqvti.
Effectivement, elle est situe sur l'Oronte ^aujourd'hui Oronte
278 NOTES DU LIVRE V.
ou Nahr-el-Assi , seul fleuve vritablement remarquable de la
Syrie). Mais il est indubitable que bien d'autres petites rivires
venaient dans ses murs se joindre au fleuve principal.
D'abord , on sait que le dlicieux faubourg de Dapbn , si
clbre dans la suite par les plaisirs auxquels venaient en foule
s'y livrer les habitans d'Antioche , n'tait primitivement qu'un
vallon coup par nombre de ruisseaux qui y rpandaient la fer-
tilit et la fracheur. Actqvt) , en grec , signifie laurier ; et en
effet ces beaux arbres y dployaient en quelque sorte spontan-
ment tout le luxe de la plus riche vgtation. .
Ensuite Etienne de Byzance dit formellement que l'abondance
des eaux dont elle tait environne ( krr rtis Triftoyjis rv
vS"t1a>v) lui avait valu le surnom de Chersonse. ( Cf. Strabon,
XVI ; EUSTATHE , S. Ben. le Prig. , v. 918.)
Enfin , par l on expliquerait naturellement la mdaille cite
par Vaillant. ( Hist. Reg. Syri, p. 260 , 261 ). Voyez plus bas,
page 282.
Antioche fut en grande partie dtruite par un tremblement de
terre sous Trajan. Justinien , qui la releva de ses ruines , lui
donna le nom de Thopolis. Cependant nous la retrouvons dans
Y Histoire des Croisades sous son nom primitif. On la nomme au-
jourd'hui Antaqi ou Antakieh. Sa population n'excde pas dix
mille mes ; et de son ancienne splendeur elle n'a gard que des
aqueducs et des catacombes. V. P.
Cha.p. XVIII, page 66, ligne 11.
Casius. Le mont Casius, dont il est ici question, ne ressemble
celui dont il a t fait mention au commencement de la Syrie
que par l'identit des deux noms et par ceux de Casiotide, que
tous deux firent donner aux pays circonvoisins. Ces deux Casio-
tides peuvent se distinguer aisment par les noms de Casiotide
septentrionale et Casiotide mridionale, ou, si l'on veut, par
ceux de Casiotide syro-gytienne , Casiotide syro-cilicienne. Le
premier mont Casius s'appelle encore Raz-el-Cazeroun , c'est--
dire promontoire de Caz. Le second, d'aprs un passage remar-
quable d'Amniien-Marcellin (xxil, i5), combin avec celui de
NOTES DU LIVRE V. 279
Strabon , qui place au pied de ce mont, et prs de l'embouchure
de l'Oronte , la clbre grotte de Nymphseum, ne peut tre que
l'Okrab de Pococke , et, selon une dnomination plus exacte,
le pic le plus septentrional de la petite chane qui court septen-
trionalement de Laodice Autioche. Au Casius lui-mme tait
oppos un Anticasius ( Voyez Ptolme ) , que l'on peut tre
leut de regarder comme cette chane de Lockbmani , qui se lie
d'une part aux Alma-Dagh ou leur prolongation sud-ouest ,
de l'autre aux monts Akrad, dont, aprs une direction presque
compltement mridionale, on volt la chane flchir vers le sud-
quart-sud-ouest , et donner lieu , par sa bifurcation , aux deux
chanes clbres sous le nom de Liban et d'Anliliban.
Pococke , qui a aperu l'ouest de l'Okrab un sommet aussi
trs-lev , regarde celui-ci comme le vritable Casius ( Voyez
tom. il, p. 284). La simple inspection d'une carte bien dessine
prouverait que les deux assertions peuvent parfaitement se con-
cilier ensemble : la chane des Casius s'oppose la chane des
Lockhmani, qui s'carte peu de la parallle; au grand pic Casius
correspond le grand pic Lockhmani.
Quant la hauteur principale , elle n'a point t mesure , et
personne sans doute ne s'avisera , sur la foi de Pline , de, donner
la cime 2,666 toises ( =4 milles de 75 au degr) d'lvation.
Le Tumel-Mezereb , regard comme le plus haut sommet du
Liban , n'atteint que 8,g46 pieds ( i,^ 1 toises ). D'ailleurs, un
fate de 2,666 toises entrerait mme sous l'quateur, dans la li-
mite des neiges ternelles , et les anciens n'auraient pas manqu
de remarquer ce phnomne , puisqu'ils taient monts sur la
cime , et que de l ils voyaient le jour l'est , tandis que l'ouest
tait encore plonge dans les tnbres.
Resterait dterminer si cq second phnomne s'offre avec
quelque apparence de vrit: on ne peut le contester absolument;
et puisque les mathmatiques prouvent qu' une hauteur de
1,000 pieds le lever du soleil commence peu prs une minute
plus tt qu'au niveau de la mer, et que, par exemple , au som-
met du Tnriffc ( 11,424 pieds au dessus de l'ocan ) on voit
le soleil poindre 11' 5i" 3'" plus tt que dans la plaine, on
peut admettre une diffrence de sept huit minutes eu Ire l'appa-
j
28o NOTES DU LIVRE V.
rition du jour du ct de l'est et son apparition au couchant. Il
faut donc se garder, quoique chaque veille comprt trois heures,
de croire que Pline , en citant la quatrime veille comme l'po-
que du phnomne , ait par l voulu dire qu'il avait lieu ds le
commencement de cette veille, et que la diffrence tait de trois
heures. Pomponius Mla et Lucain (x, v. 34-) appliquent cette
particularit au Casius d'Egypte, probablement par inadvertance.
(Cf. ArSTOTE, Mtor., liv. I, n. 16; etCABE, sur la Mtor.
d'Aristote , 1 , text. 63 , p. 388. )
Nous pourrions disserter aussi avec assez de longueur sur
l'tymologie du mot Casius, mais nous osons croire que l'on nous
saura gr de sacrifier cette excursion philologique, et de nous
borner faire observer le rapport de ce mot rduit Kas , son
radical, avec Caucase ou Koh-Kas, videmment form sous l'in-
fluence de la mme ide.
La Sleucie , que Pline place si prs de cette montagne et du
fleuve Oronte , se nomme aujourd'hui Soueiddi. V. P.
Chap. XVIII , page 66 , ligne i4~
At in ora amnis... ipse ab S/ris Ciliciam superat. Orontes.
L'Oronte, roi des fleuves de la Syrie, n'a pourtant que vingt-
huit myriamtres (environ cinquante-sept lieues) de cours , et H
resterait la plus grande partie de l't sec, si de nombreuses
barres ne retenaient ses flots. Profondment encaiss , il ne four-
nit de l'eau aux campagnes voisines qu'au moyen de machines
roues places sur ses bords. De l\ dit-on, son nom moderne
d'Asi (Assi , Aasi), c'est--dire l'obstin.
Hliopolis. 'Rhi'otjoMs (Ptol., v, i5) bien diffrente del'Hlio-
polis d'Egypte {Voyez ci-dessus , page 21 3), une des principales
cits de la Clsyrie , tait, selon quelques-uns , au nombre des
villes de la Dcapole syriaque {Voyez page 257) , entre Laodice
et Damas. On la nomme aujourd'hui Balbek; et l'ouvrage deVol-
ney {Voyage en Syrie ) lui a donn jamais une clbrit clas-
sique : Iialbek, ville de cinq mille mes, dit Malte-Brun, est
comme ensevelie dans les ruines imposantes de l'ancienne Hlio-
polis. On a tir d'une carrire voisine la pierre qui a servi
NOTES DU LIVRE V. 281
construire le temple. II reste encore, au fond de cette carrire,
une pierre qui a soixante-dix pieds de longueur, quatorze pieds
de largeur et quatorze pieds cinq pouces d'paisseur. Qu'on juge
de la grandeur des difices auxquels on employait des blocs sem-
blables.
Rhosos. 'Pais-or d'Etienne de Byzance ; 'P&>i (dix mille) a.vS'pos.
Mons Amanus. L'Alma-Dagh. Voyez ci-dessus page 224.
Bomite. Totalement inconnue. Pline est mme le seul qui en
parle. Peut-tre le mot BapTcti, d'o il en a tir son nom de Bo-
mite, n'est-il qu'un nom de peuple et dsigne-t-il les habitans
de Bomos (Bw^to?). Or Bw/tor signifiait autel, et il est possible que,
sur les confins de la Cilicie et de la Syrie, les deux grandes na-
tions de ces contres se fussent accords lever un autel, au-
tour duquel , par la suite , surgirent quelques cabanes.
28a NOTES DU LIVRE V.
Chap. XIX, page 66 , ligne 11.
Apamiam. Apame. 'AciC?de Strabon , aujourd'hui No-
sairis (voyez carte des Pachalicks du Hhaleb , Reha et Baghdad
par Rousseau ) ou Nassariens , dits aussi Ansari ( la diffrence
que prsentent en apparence ces deux noms ne tient qu' la forme
des dclinaisons arabes) , clbre dans l'histoire des Croisades
sous le nom d'Assassins (Voyez Tchsen, Mmoire sur les Nas-
sairiens dans les Memorabil. de Paulus, tome iv).
Bambyce. Ba.ju.v\in de Strabon (liv. xvi), BopfiKft par erreur
de copistes , dans les anciennes ditions de Plutarque qui , d'ail-
leurs , atteste le changement de nom (Vie d'Ant. : Hpa.v ts-xiv, wV
(ZopQKtiV ^polepov kKctKav) opr selon Elien (Histoire des Anim.,
liv. Xll , n. 2) par Sleucus. Le nom syrien de Magog a donn
lieu au nom moderne Munbedje. Sur Gog et Magog , voyez
Calmet ( Dictionnaire de la Bible ). Quant Atergatis , cf. la
note page a43.
Chalcis , X&xkis ' vpa? d'Etienne de Byzance et de Ptolme
NOTES DU LIVRE V. 2 83
(liv. v, n. i5), aujourd'hui Qinncsrin : tait dix-huit milles de
Bre, selon l'Itinraire d' Antonio. Beaucoup d'autres villes an-
ciennes ont port ce nom qui , gnralement d'aprs son tymo-
logie grecque, dsigne un lieu o il y a des mines de cuivre.
Ad Belum. Le Blus dont il est question n'est probablement
que la chane qui s'tend sous des noms divers de l'Oronte au
Chalus , et qui , dans l'emplacement de l'ancienne Chalcidne ,
s'appelle Djebel-el-Semmas. Le nom gnrique de la chane est
Quouaiy.
Cyrrhestice , ou , selon l'dition de Dalchamp , Cyrrhistica ,
Hvf>ti/ua.1ca , c'est--dire habitans de Granos ou Granon.
Emesenos. Habitans d'Emse ; voyez plus bas.
Hylatas , totalement inconnu. Hermolas , souponne qu'il
faut lire Heliatas, c'est--dire habitans d'Hliopolis , conjecture
probablement assez mauvaise. Le mot 'TxkleLs, ou , si nous pas-
sons du dorien l'attique, 'Thlns est purement d'origine grec-
que , et signifie habitans des forts. Il ne s'agit donc ici que d'une
peuplade habitant au milieu des bois , et tout au plus ayant quel-
284 NOTES DU LIVRE V.
ques misrables bourgades. Il ne faut point s'tonner que le nom
moderne ne se trouve pas.
Iturorum gentem. 'lloupetiot de Strabon. Peuple montagnard
dont le pays tait voisin de la Cbalcidne {Voyez Strabon, liv.
xvi) et de laTrachoniide {id., ibid.). Anctres des Druzes
Baetaneni {Voyez PoiNSINET , 5 19).
Mariammitanos.Habitansde Mariamme, MctpiiX(Jt.jUti d'Arrien(ll,
i3 Notit. eccles. prov. Syr. secund et Concile de Chalet) Mariame et
Ma.picx/Mi de Ptolme (Hierocles , Itin. , dit. Wessel. , p. 712),
quelques milles l'ouest d'Emse diffrait d'une Mariame,
bourgade insignifiante du district de Damas.
Mammisea, ou, selon les manuscrits, Mamisea. Lisez Man-
nizea. On ne retrouve point de Mammisea , et Yltiner. cFAntonin
place dans la Cyrrhestique une Minniza vingt milles de Cyr-
rhus et vingt milles de Bre.
Paradisum. Tla-px^euros d'Etienne de Byzance , dans le district
de Laodice (Ptol., liv. v, n. i5).
Pagres. Tl&rpctt de Strabon (xvi) , prs des Portes Amaniques>
Pinaritse. Habitans de Pinare , Rlvapct de Ptolme.
Seleucjas... vocantur. Sieucie sur l'Euphrate, aujourd'hui,
selon les divers interprtes, Bacbadmosal, Altur, Nazacepha,
Gueser ou Baudra. Sieucie sur Blus : 1e*VKtxtl\os d'Etienne
de Byzance, aujourd'hui Chogr. (et non Divir'igi, comme le veut
Girol. Ruscelli) , ne diffre probablement pas du Sebj d'Aboul-
gazi.
Cardytenses , et non comme Dalcbamp Carditenses , habitans
de Cardyte ; Kpfv'lo d'Etienne de Byzance. Assez grande ville.
L'ordre alphabtique engagerait lire Tardytenses.
Arethusios. Habitans d'Arthuse; 'ApsQove& en syriaque.
Prs d'Apame, sur l'emplacement du bourg de Cheizer. V. P.
Chap. XX, page 68, ligne 17.
Euphratis. L'Euphrate est un des fleuves classiques les plus
clbres. La description qu'en donne Pline (liv. v) n'embrasse
que la partie suprieure de son cours. Pour qui serait curieux
' de suivre ce fleuve jusqu' la mer, dont il est tributaire, il de-
viendrait ncessaire de recourir aux notes qui accompagneront
le n 3i du liv. VI.
286 NOTES DU LIVRE V.
Comme le Missouri , l'Amazone , l'Ienisi , le Gange , l'Eu-
phrate nat de plusieurs sources qui se disputent l'honneur d'tre
la principale. Deux surtout peuvent revendiquer ce titre , le
Mourad et le Frat.
Toutes deux sortent des montagnes de l'Armnie , au nord-
est d'Erzeroum ; mais le Mourad vient de l'Ala-Dagh ou Nabat:
le second se forme, sous les murs d'Erzeroum, par la jonction
de deux ruisseaux, et la masse de leurs eaux runies n'gale pas
celle que roule le Mourad , qui , par consquent , est regard
gnralement comme le vritable Euphrate , quoique le nom de
Frat donn , par les Orientaux l'autre brandie , indique que
celle-ci est la premire dans leur opinion.
L'Ala-Dagh est videmment l'Aba ( v Aj2or) de Ptolme (liv.v,
n. i3) , qui y place les sources de l'Euphrate et de l'Arase ; en
effet, cette chane spare les eaux de l'Aras et de l'Euphrate , qui
naissent chacun sur deux versans opposs.
Notons, au reste, pour tre parfaitement exacts , que ce n'est
pas sur un versant de l'Ala-Dagh lui-mme que ce grand fleuve
prend naissance , mais bien sur un versant plac vis--vis , dans
une chane excessivement petite , mais trs-haute , ce qu'indique
mme le nom d'Ardgi-Dagh ( mont Blanc ) donn au sommet.
Cette chane , il est vrai , peut tre considre comme annexe ou
portion des Ala-Dagh. Il n'y aurait donc pas contradiction entre
Corbulon et Mucien. Le premier aurait dsign la patrie de l'Eu-
phrate par une dnomination gnrale; le second aura donn le
nom spcial d'un sommet : peut-tre mme y a-t-il synonymie
entre le mont Capote et l'Ardgi-Dagh , car on peut souponner
dans Capote Casp-Tagh, ce qui, dans les langues indignes, signi-
fie aussi mont Blanc, tandis qu'Ardgi-Dagh est un mot hybride,
form de grec et de tatar, et d simplement au mlange des
races.
Pour la Caranitide , Kaptivlris de Strabon ( liv. XI ) , succes-
sivement place dans la grande Armnie et dans la petite , voyez.
les notes sur le livre vi , n. g.
On ne retrouve plus aujourd'hui de ville du nom de Zimara ;
mais on sait par Ptolme ( 1. v, n. 7 ) qu'il existait une ville de ce
nom dans l'Asie Mineure ; on peut mme , par ^Itinraire d'An-
*
NOTES DU LIVRE V. 287
fonin et la Table de Peutinger, en retrouver la place. Voici ce
qu'on trouve dans Y Itinraire :
D'Analibe Zimara 16 milles.
Teucile 16
Sabe. ..... 28 .
Dascuse. ... 16
Total. ... 60
La Table de Peutinger donne ainsi les distances :
Zimare 18 milles.
Znocope 18
Vereuso. i3
Sabe 18
Dascuse 18
Total. ... 67
On en a conclu avec raison la position de Zimara sur l'Eu-
pbrate, quelques lieues au dessous du confluent des deux bran-
dies primitives , vers l'emplacement actuel de Dangisli ou de
Pastek.
Derxne , probablement Xerxne ( Strabon , liv. XI , et Et.
de Bvz. crivent Ssptyvii), du nom de Xerxs.
Anatique , ainsi nomme , probablement de quelque ville
d'Anas ou Anatis , o l'on adorait la desse de ce nom. Elle
avait un temple magnifique en Armnie. ( Voyez Strabon , xi,
et Pline, xxxiii. )
Armeni regiones a Cappadocia excludens. C'est partir du
confluent des deux Euphrates primitifs que le fleuve forme la li-
mite entre la Cappadoce et l'Armnie. Au dessous de Zimara ,
cependant, il dvie un peu gauche (vers l'est, par consquent),
et rentre de quelques lieues en Armnie.
Dascusa, A y?a , crever, tendre, parce qu'il dborde ; ou
eufin de ps DlStOJ/f > diviser, sparer, parce qu'il spare ou borne
les dserts. Quant aux Grecs , c'est encore ieur langue qu'ils
ont demand l'tymologie du nom du fleuve , o ils ont cru re-
trouver Evtypalva , rjouir.
*
Chap. XX , page 70 , ligne 18.
Commagenes caput Samosata. Cette capitale de la Commagne
tait situe avantageusement sur l'Euphrate, au sommet du grand
coude par lequel le fleuve tourne subitement du nord-ouest au
sud-est. Elle tait trente-quatre lieues d'Antioche, et au nord-
est. Son nom, qui n'a t modifi que trs -lgrement, est au-
jourd'hui Semisat.
Chap. XXI, page 70, ligne 20.
Arabia supra dicta pertinent. Voyez , p. 28g, la partie de
la note relative au mot Arabiam. Du texte de Pline il semblerait
rsulter que toutes les villes qu'il va nommer sont l'ouest de
l'Euphrate ; mais l'on se trOmpejait gravement si l'on admettait
cette hypothse.
NOTES DU LIVRE V. agi
CfiAi'. XXI, page 70, ligne 10.
Edessam. Edesse , aujourd'hui Orpha ou Moa , selon d'autres.
Dupinet traduit Roahis ou Raze. P.
Ces noms diversement altrs , mais dont le plus usuel est
Or/a, drivent de celui de Calliro , ou pour mieux dire de Ro
ou Roa, pour lequel les Orientaux ont lu successivement Rhoa ,
Rhoua, Orrhoa, Orrhoua , et- en substituant aux .voyelles o, ou,
le v ou Vf, Orva, Orfa. Du reste , tous les noms de cette ville
sont trangers l'Orient : d'abord, celui de Callirho est vi-
demment d'origine grecque, et veut dire belles eaux. Etienne de
Byzance ( art. *h.VTiyjiu. ) fait de ces belles eaux , non une fon-
taine , mais un marais ou trs-petit lac , et , de plus , place Edesse
la huitime dans la liste des villes du nom d'Antioche. Une m-
daille cite par Vaillant (Hist. rcg. syr. , p. 199) porte pour pi-
graphe : ' 'AfT toyjicv tkv trpbs KecxKipnv. Le nom d'Antioche in-
dique de mme une fondation ou colonisation contemporaine de
l'poque des Sleucides , et par consquent nous reporte la
Grce. Enfin Edesse aussi est un nom , sinon attique, du moins
macdonien. Une ville de la Macdoine , sur l'Erigone , tait ainsi
appele ; et, selon Etienne de Byzance (art. v Ep. XXI , page 70 , ligne 24.
Nicephorium , aujourd'hui Nefrun, selon Dupinet; Nisivancasi,
selon Castaldus. P.
Nicepborium, ou, en francisant, Nicphorie, dut sa fondation
au dsir qu'avait Alexandre de perptuer dans ces contres le
souvenir de ses victoires. Le tmoignage de Pline sur la position
de cette ville est confirm par Etienne de Byzance , de sorte qu'il
ne nous reste aucun doute sur ce point. Nicphorie , dit-il ,
nomme aussi Constantina, tait voisine d'Edesse. Ailleurs ce
mme auteur , s'accordant avec Plutarque et Dion Cassius , la
place dans l'Osrone, prs deZenodotium. Quant l'origine de
cette colonie, nous avons la mme certitude, car Dion Cassius
lui donne, ainsi qu' Zenodotium, le litre de ville grecque. Isi-
dore de Charax ajoute la probabilit de cette assertion , en
donnant la ville une origine macdonienne, et en regardant
Alexandre comme son fondateur. D'aprs l'accord de ces auteurs,
on ne peut douter que Nicphorie n'ait t une colonie macdo-
nienne ; et , de plus , il devient en mme temps minemment
probable que Zenodotium eut la mme origine. V. P.
soY NOTES DU LIVRE V.
Chap. XXI, page 72 , ligne 1.
Singara. Dupinet traduit Singa. Au reste, quatre manuscrits
lisent Prsetavi au lieu de Mnelavi. Le pre Hardouin lit Retavi
sans aspiration. P.
Le vrai nom moderne est Sinjar. Quelques savans ont rappro-
ch tort le nom du Sinear ou Sennaar de la Bible, taut cause
de l'homophonie des deux noms , qu' cause de la vaste tendue
des plaines qui entourerrt Singara, et dans lesquelles, selon eux,
aurait t construite la tour de Babel. Ce qu'il y a de certain ,
c'est que c'est dans les plaines de Sinjar que, vers 81 5, le kha-
life Al-Mamoun fit mesurer deux degrs du mridien. V. P:
. * Ligne 2.
Marsyas, aujourd'hui Cingas , qui est le nom qu'il avait du
temps de Ptolme. Le pre Hardouin conjecture que c'est son
nom syrien. P.
Cingilla. Ainsi portent les manuscrits. Les diteurs lisent Gin-
gla. Le pre Hardouin pense que la Cingilla de Pline est la Cec*-
lia de Ptolme. . * P.
Ligne 3.
Jmme. Les manuscrits porterit Imen ; et non pas Merorum ,
comme lisent les diteurs. Imen est la mme ville que les au-
teurs postrieurs Pline ont appel Immae , et que Ptolme ap-
pelle Imma. P.
Ligne 4-
Epiphania. Dupinet traduit Alep ou Haloppe ; il ajoute en
marge que les Turcs l'appellent Adelphe. P.
Antiochia. Le pre Hardouin confond cette Antiochie avec
celle qui tait surnomme ad Taurum. P.
Ligne 5.
Zeugma. Zeugma signifie en grec un joug, une liaison. La ville
de Zeugma devait ce nom au pont qui la joignait celle d'Apa-
NOTES DU LIVRE V. i$5
me. C'tait, comme l'observe Dion, le passage ordinaire des
Parthes, lorsqu'ils franchissaient l'Euphrate. On ignore son nom
moderne. P.
Zeugma n'existe plus aujourd'hui. On ne voit plus sur l'em-
placement o elle existait qu'une trs-faible bourgade qui a con-
serv le nom de Zegm. Sur la rive oppose est une vieille
forteresse dite Roum-Cala (c'est--dire Chteau-Romain) qui
commande le passage. V. P.
Chap. XXI, page 72, ligne 6.
Apamiam, Il s'agit ici d'Apame, par-del l'Euphrate, comme
on en peut juger, tant par ce passage de Pline , que par l'asser-
tion expresse d'Etienne de Byzance, est et alia Apamea, Persici
juris, qu Edess ad septentrionem objacet. P.
Ligne 8.
Hhoali, ainsi nomms du voisinage o- ils taient de Roahis
ou Raze. % P.
Ligue 9.
Europum. Ptofme place cette ville dans la Cyrrhestique.
Thapsaeurn , deux cent cinquante milles de Zeugma, selon
Strabon ( liv. xvi). P.
Et par consquent neuf lieues sud de Znobie , quinze nord-
ouest de Gadirtha (Rahabeh) , et dix-huit nord-ouest d'Anzara
( Osara), sur le Danube. Thapsaque se nomme aujourd'hui Racca
Vasieh , et, suivant d'Anville, El-Der. C'tait une ville grande
et opulente. Elle fut long-temps une des clefs de la haute Asie.
On y passait l'Euphrate gu du temps de Xnophon. L'arme
d'Alexandre y traversa ce fleuve sur deux ponts. V. P.
Ligne 10.
Arabes Scenil. Ceux de ce nom qui taient tablis vers le lieu
nomm lira dont nous allons parler.
Uram Locum. C'est le mme que Pline nommera ensuite Sura
au chap. 26 , du moins si on veut croire Ortelius , le pre Har-
296 NOTES DU LIVRE V.
douiu et d'autres savans. Je n'en crois rien, et je pense que Ura
tait au lieu nomm aujourd'hui Gorur, qui est l'endroit o
I'Euphrate commence se dtourner vers l'Orient. Sur quoi,
consultez la carte de l'Asie par Van Loehom , o vous verrez
qu' partir de Gorur, I'Euphrate se dtourne du midi au sud-
est, aprs quoi, arriv vers Cadissa, il prend son cours en plein
est. P.
Cette conjecture est juste j et se trouve appuye par l'autorit
de d'Anville, qui place ce lieu vingt-sept lieues nord-ouest de
Cnes (Cen), et par consquent quarante-trois aussi nord-
ouest d'Hatra.* C'est donc tort qu'Hardouin et Ortelius l'iden-
tifient avec Sura , qui aujourd'hui s'appelle Surieh. L'Ura de
Pline estl'Ur de la Gense, patrie d'Aran et d'Abraham. V. P.
iu Kra<
Chap. XXI, page 72, ligne i3.
Pelram , aujourd'hui Arach, Slerac , Mecha , ou Krac , selou
les divers interprtes. Quoi qu'il en soit, c'est cette Petra qui a
donn son nom l'Arabie Ptre. P.
Krac est le vrai nom actuel. Dans le moyen ge elle porta celui
de Montral , que lui donna Godefroy de Bouillon aprs l'avoir
prise. Celui de Ptra , qui a t port par plusieurs autres villes
de l'antiquit , entre autres une dans la Sogdiane (aujourd'hui
Chadman ou Hisarac) , une dans la Colchide (aujourd'hui Co-
polet) , et une dans la Macdoine , indique une situation trs-
forte (ixTpx , rocher). La Ptra dont il est ici question fut
assige par Dmtrius Poliorcte, qui renona au projet de s'en
emparer. Postrieurement Pline , elle fut comprise dans la
Palestine troisime. V. P.
Ligne 14.
Palmyra, urbs nobilis.... ulrimque cura. C'est la Tadmor que
les chroniques arabes placent avant le rgne de Salomon. Josphe,
rejetant en partie ces documens qu'il regarde comme fabuleux ,
la croit fonde par ce riche monarqtre. Quoi qu'il en soit , c'est
l'poque des Sleucides que l'opinion la plus probable fixe le
commencement de sa prosprit et l'rection de ses principaux
monumens. Il est d'ailleurs prouve par les inscriptions que l're
NOTES DU LIVRE V. 297
en usage Palmyre tait l're des Sleucides. Les historiens ro-
mains ne commencent parler de Palmyre que du temps de
Marc-Aurle , qui voulut la piller; mais ses habitans se relirrent
au del de. l'Euphrate avec ce qu'ils possdaient de plus prcieux.
Quarante ans aprs , les dpenses et le luxe de Palmyre devinrent
excessifs. Elle est aujourd'hui dtruite. Le nom de cette ville c-
lbre est devenu europen depuis que Volney a fait de ses ruines
le prtexte de son fameux examen des croyances religieuses. On
peut aussi lire avec plaisir, dans le Voyage en Sjrie du mme au-
teur, un morceau loquent sur les dbris immortels de cette ville
arabe et grecque. C'est probablement sous l'influence de cette
double description qu'a t conu le pome pique de M. Dorion,
intitul Palmyre conquise. Voici comment il s'exprime dans la
prface de son ouvrage ( page 20 et suiv. , 2 e dition ) sur cette
ville fameuse : Dans les dserts d'Arabie quelques espaces cul-
tivs s'lvent comme des les au milieu d'un ocan de sable.
Tadmor ou Palmyre indique par son nom les palmiers qui
prtent leur ombre ces rgions tempres. Palmyre , situe
une gale distance du golfe Persique et de la Mditerrane,
< tait frquente par les caravanes qui portaient aux nations
de l'Europe les riches produits de l'Inde. Cette ville opu-
lente et libre liait la monarchie des Parthes celle des Ro-
mains par les bienfaits du commerce. Elle maintnt sa neutra-
lit jusqu'au rgne de Trajan. La petite rpublique florit
depuis sous le nom de colonie romaine de droit italique , et
ce fut dans" cet intervalle que les Palmyriens levrent ces
temples , ces palais , ces aqueducs , ces portiques d'architec-
ture grecque dont les ruines, parses sur plusieurs lieues d'-
tendue , excitent la curiosit des voyageurs.
Palmyre , situe au pied d'une grande chane de montagnes
striles l'occident, et dcouvertes de tous les autres cts,
se trouve, selon Ptolme , au trentime degr de latitude,
six journes d'Alep , la mme distance de Damas, environ
vingt lieues de l'Euphrate versTorient. Cette ville , place
sur un terrain exhauss , conserve un peu plus de trois lieues
de circonfrence. D'une montagne escarpe sur la gauche, en
arrivant par la valle des Tombeaux , la vue s'tend extraor-
*9& NOTES DU LIVRE V.
diuairemeut loin vers le sud. Le dsert y ressemble la mer.
Du ct de l'ouest on dcouvre le sommet du mont Liban , et
trs-distinctement les hauteurs loignes de l'Antiliban. La
rivire la plus considrable prend sa source, l'ouest, au
pied des montagnes , dans une belle grotte leve o l'on peut
se tenir debout. Dans le fond se trouve un bassin d'eau trs-
limpide , d'environ deux pieds de profondeur. Le courant ,
qui sort avec rapidit , n'a gure plus d'un pied de profondeur
et trois de largeur. Cette eau chaude et sulfureuse , o se
baignent les habitans , va se perdre , l'est de Palmyre , dans
le^ dsert. Une inscription qui se trouve encore auprs , sur
un autel ddi Jupiter, apprend que cette source s'appelait
Ephea , et que l'on confiait le soin de la garder des personnes
qui tenaient cet office par lection. L'autre rivire est presque
aussi grande ; elle traverse la ville dans un acquduc souter-
rain , prs du grand portique et dans la mme direction ; elle
se joint la premire vers l'est . et se perd ainsi dans le sable.
C'tait l'usage des paens de placer les spultures dans le
voisinage ou dans l'enceinte des murailles. A gauche et
droite de la valle , plusieurs tours carres d'une hauteur con-
sidrable servaient de tombeaux, aux Palmyriens. A peine a-t-on
pass ces monumens vnrables , que les montagnes , se se-
rt parant , laissent voir l'aspect de la ville. Vers l'Euphrate une
tendue de plat pays se dcouvre perte de vue* sans pr-
senter un seul objet anim.
L'olivier croissait Palmyre , l'air y tait sain , comme
Longin nous l'apprend dans son ptre Porphyre, et le ciel
toujours serein , except lorsque la pluie , trs-rare en cette
contre , et souvent prcde de tourbillons, enlve du dsert
une si grande quantit de poussire , que tout le pays en est
obscurci. > Le nom de Palmyre est devenu tellement populaire
et emporte si bien l'ide de ruines magnifiques, que Lebrun a dit:
Sur le? ruines de PaUnyre ,
lie temps a promen sa faux.
Ode, liv. iv, Exegi.
(Cf. Woo et DXWKINS, the liuin of Palmjr.) Il est inutile
NOTES DU LIVRE V. 299
d'insister sur le rle que joua cette ville au coinmeuceiueut du
troisime sicle de notre re, lorsque Odnat, sauveur de l'em-
pire, fut associ par le snat la dignit impriale, et que Z -
nobie , hritire de sa puissance , prit le titre de reine de l'Orient
et balana quelque temps la fortune romaine , montrant ainsi
l'univers quel degr de splendeur l'Arabie pouvait prtendre
par ses propres forces , et prludant en quelque sorte la grande
conqute commence par Mahomet.
Pour la Sleucie, dont il est ici question , voyez liv. VI, chap.
3o ; quant Damas , il en a dj t longuement parl. C'est
tort que Poinsinet traduit propius par la moindre distance, ce
qui est faux dans la ralit, et, de plus, insoutenable en bonne
latinit. Cf. Philosophical Trans. , tom. XVIII, n. 257. V. P.
Chap. XXI, page 72, ligne 21.
F' * < * '
Infra Palmyr solitudincs, etc.... Vicesima nona parte Virginis.
Stelendena. Pline est le seul chez qui il soit fait mention de
la Stelendne. P.
Page 74. , ligne 1 .
Emesa."E/us