mm jtx , .ja i ; . p*waff' n Kr**flBSfe' rr*T.*r' -9 >5 WtiM C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER VI. SITDS , C ENTES , MARIA , OPPIDA, PORTUS , MONTES, FLUMINA, MENSUIt/E, POPULI QUI SUNT, AOT FUERUNT. Ponti et Maryandinorum. I. i. Xontus Euxinus, antea ab inhospitali feritate Axenos appellatus, peculiari invidia naturee sine ullo fine indulgentis aviclitati maris, et ipse inter Euro- pam Asiamque funditur. Non fuerat satis oceano am- bisse terras, et partem earum aucta inanitate abstulisse : non irrupisse fractis montibus, Calpeque Africa; avulsa tanto majora absorbuisse, qnam reliquerit, spatia : non per Hellespontum Propontida infudisse, iterum terris devoratis : a Bosporo quoque in aliam vastitatem pan- ditur nulla satietate , donec exspatianti lacus Maeotii ra- pinam suam jungant. Invitis hoc accidisse terris, indieio sunt tt angusti, atque tam parva naturae repugnantis intervalla, ad Hellespontum octingentorum septuaginta i\V\l\\\l\l\V\V\V\A\VV\V\\l\\\V\V\^V\\\V\*V\tiV\\tiVV\M/VV^V\*A^\*\VMJVi\W.V\,'VVVVVV% HISTOIRE NATURELLE DE PLINE; LIVRE VI. POSITIONS, RACES, MERS, VILLES, PORTS, MONTS, FLEUVES, MESURES, PEUPLES ANCIENS ET MODERNES COMPRIS DANS Le Pont et le pays des Maryandines. I. i. VJTrace la jalousie singulire de la nature, toujours complaisante pour les empitemens de la mer; le Pont-Euxin, jadis nomm Axne, cause des murs inhospitalires de ses habitans, s'tend au loin entre l'Europe et l'Asie. C'tait peu pour l'Ocan d'envelopper la terre, et d'avoir augment, en en ravissant une partie, la somme des lieux inhabitables; c'tait peu d'avoir en- vahi les montagnes dchires, arrach Calp l'Afrique, et submerg bien plus de terrain qu'il n'en reste d'inac- cessible ses eaux; c'tait peu d'avoir, par l'Hellespont, rpandu la Propontide sur le sol , derechef englouti : au del du Bosphore s'ouvre encore une immense masse d'eau, dont l'insatiable avidit va, dans ses excursions lointaines, faire alliance avec les eaux, non moins spo- liatrices, du Motis. Ces usurpations n'ont eu lieu qu'en i. 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. quinque passuum : ad Bosporos duos, vol bubus meabili transitu : undc nomen arabobus, et jam quaedam in dis- sociatione germanitas concors. Alitum quippe cantus, canumque latratus invicem audiuntur : vocis etiam hu- manae commercia, inter duos orbes manente colloquio, nisi quum idipsum auferunt venti. Mensuram Ponti a Bosporo ad Maeotium lacum quidam fecere xiv tri- ginta oclo mill. d passuuni. Eratostbenes centum mino- rem. Agrippa a Cbalcedone ad Pbasin x mill. Inde Bos- porum Cimmerium trecenla sexaginta mill. Nos inter- valla generatim ponemus comperta in nostro vo, quando etiam in ipso ore Cimmerio pugnatum est. Ergo a faueibus Bospori est. amnis Kliebas, quem ali- qui Rhesum dixerunt. Deinde Psillis, portus Calpas. Sagaris fluvius ex inclytis : oritur in Phrygia, accipit vastos amiies, inter quos Tembrogium et Gallum : idem Sangarius a plerisque dictus , a quo incipiunt Maryan- dini sinus, oppidumque Heraclea Lyco flumini adposi- tum. Abest a Ponti ore millibus ducentis : portus Acone, veneno aconito dirus , specus Acherusia. Flumina : Pae- dopides , Callichorum , Sonautes. Oppidum Tium , ab Heraclea triginta octo millibus pass. Fluvius Billis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VT. 5 dpit du sol, tmoin tous ces dtroits, ces intervalles si resserres que la rsistance de la nature forme, et l'He- lespont, o le passage est de huit cent soixante- quinze pas, et aux deux Bosphores, qu'un buf peut franchir la nage, ce qui mme leur a valu ce nom. Au milieu de tant de faits disparates, on sent encore la fraternit des deux pays. D'un rivage l'autre, on entend le gazouille- ment des oiseaux , les aboiemens des chiens ; des voix humaines peuvent mme , dans ces deux mondes diff- rens , nouer et soutenir un dialogue , moins que les vents n'emportent les paroles. Le Pont, du Bosphore au lac Motis, selon quelques auteurs, a quatorze cent trente- huit milles et demi; ratosthne retranche cent milles de ce calcul. De Chalcdoine au Phase , Agrippa compte mille milles, auxquels il en ajoute trois cent soixante autres, pour aller du Phase au Bosphore Gimmrien. Nous donnerons en dtail le tableau des distances trouves par nos contemporains, car on s'est battu nagure jusque sur le Bosphore Cimmrien. Au del du Bosphore coule le Rhbas, nomm par quelques-uns Rhsus. Puis viennent Psillis, le port Cal- pas, le Sagaris, rivire clbre qui prend sa source en Phrygie, reoit, entre autres grands affluens, le Tem- broge et le Gallus, et se nomme communment Saugare. L commencent les golfes Maryandiniens. Sur le fleuve Lycus est situe Hracle, douze cents pas de l'entre du Pont. Arrivent ensuite le port Aconc , fameux et re- doutable par l'aconit, la grotte Achcrusie , les rivires Pdopide, Calliehore, Sonaute, la ville de Timn , trente- huit milles d'Hracle, et le fleuve Billis. 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Paphlagonum. II. %. Ultra quem gens Paphlagonia, quam Pylaeme- niam aliqui dixerunt, inclusam a tergo Galatia. Oppidum Mastya Milesiorum, deinde Cromna. Quo loco Hene- tos adjicit Nepos Cornlius, a quibus in Italia ortos cognomines eorum Venetos credi postulat. Sesamum op- pidum , quod nunc Amastris. Mous Cytorus a Tio lxiii mill. passuum. Oppida : Gimolis, Stphane : amnis Parthenius. Promontorium Carambis vasto excursu, abest a Ponti ostio cccxxv mill. passuum : vel , ut aliis placuit , cccl mill. Tantumdem a Cimmerio , aut ut aliqui maluere , cccxn m d. Fuit et oppidum eodem no- mine, et aliud inde Armene : nunc est colonia Sinope, a Cytoro clxiv millibus. Flumen Evarchum : gens Cap- padocum , oppidum Gaziura , et Gazelum : amnis Ha- lys, a radicibus Tauri per Cataoniam Cappadociam- que decurrens. Oppida : Gangre , Carusa , Amisum liberum, a Sinope cxxx mill. passuum. Ejusdemque nominis sinus tanti recessus, ut Asiam paene insulam faciat, ce mill. passuum aut amplius per continentem ad Issicum Ciliciae sinum. Quo in omni tractu prodi- tur, trs tantum gentes Graecas jure dici, Doricam, Ionicam, iEolicam, ceteras Barbarorum esse. Amiso junctum fuit oppidum Eupatoria , a Mithridate con- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 7 La Paphlagonie. II. 1. Par-del commence la Paphlagonie, selon quel- ques-uns Pylmnie; la Galatic la termine par derrire. On y voit les villes de Mastye, Milsienne d'origine, et de Gromna, aprs laquelle Cornlius Nepos place les Hntes, dont sont issus, dit-il, leurs homonymes italiens, les Vntes. Suivent Ssame, aujourd'hui Amastris, le mont Cytore, soixante-trois milles dcTium, les villes de Cimolis et de Stphane, le Parthnius, le cap Carambis, qui fait une vaste saillie en mer, et qui est trois cent vingt-cinq, ou, comme le disent quelques-uns, trois cent cinquante milles de l'entre du Pont; trois cent cinquante milles aussi, ou, suivant quelques calculs, trois cent douze milles et demi, le sparent du Bosphore Cimmrien. Prs de l tait aussi une ville de Carambis, puis Armne; aujourd'hui on ne voit que Sinope, colonie cent soixante-quatre milles de Cytore. L'Evarque vient ensuite, et aprs lui, chez les Cappadociens , les villes, de Gaziure et de Gazle, le fleuve Halys, que le pied du Taurus panche dans la Cataonie et la Cappadoce, les villes de Gangre, de Caruse et d'Amise (celle-ci est libre et cent trente milles de Sinope). L commence un golfe de mme nom, si profond, qu'il fait de l'Asie une presqu'le, dont l'isthme, entre la cte de l'Euxin et le golfe d'Issus, en Cilicie, n'a que deux cents milles. Toute cette contre ne prsente que trois peuples vraiment Grecs, des Do- riens, des Ioniens, des Eoliens; le reste est complte- ment barbare. A la ville d'Amise confinait Eupatorie, 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. ditum. Victo eo , Pompeiopolis utrumque appellatum est. Cappadocum. III. 3. Cappadocia intus habet coloniam Claudii C- saris Archelaidem , quam praefluifHalys. Oppida : Co- mana , quod Sarus : Neocaesaream , quod Lycus : Ama- siam, quod Iris in rcgione Gazacena. In Colopena vero Sebastiam et Sebastopolin. Haec parva, sed paria supra dictis. Reliqua sui parte Melitam, a Semiramide con- ditam, haud procul Euphrate : Diocsaream, Tyana, Castabala, Magnopolim , Zelam : et sub monte Argo Mazacam, quae nunc Csarea nominatur. Cappadociae pars praetenta Armeniae majori, Melitene vocatur : Com- magenae, Cataonia : Phrygi, Garsauritis , "Sargarau- sene, Cammanene : Galatiae, Morimene : ubi dister- minat eos Cappadox amnis, a quo nomen traxere, antea Leucosyri dicti. A Neocaesarea supra dicta minorem Armeniam Lycus amnis disterminat. Est et Ceraunus intus clarus. In ora autem ab Amiso oppidum et flumen Chadisia, Lycastum, a quo Themiscyrena regio. Themiscyrena regio , et in ea gentes. - '-> IV. Iris flumen deferens Lycum. Civitas Ziela in- tus, nobilis clade Triarii , et Victoria C. Csaris : in HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 9 btie par Mithridate; aprs sa dfaite, elles ne form- rent plus qu'une mme ville , sous le nom de Pompio- polis. La Cappadoce. III. 3. La Cappadoce, qui est dans les terres, nous offre Archlade, sur PHalys, colonie de Claude, Co- mane sur le Sare, Nocsare sur le Lycus, Amasie sur l'Iris , dans la Gazacne ; dans la Colopne , Sbastie et Sbastopolis , petites villes, ainsi que les prcdentes, Mlite , fonde par Smiramis , peu de distance de l'Euplirate, Diocsare, Tyane, Castabale, Magnopolis, Zla, et, au pied de l'Arge, Mazaca, aujourd'hui Csa- re. Les provinces de la Cappadoce sont, du ct de la grande Armnie, la Mlitne; de la Commagne, la Cataonie; de la Phrygie, la Garsauritide, la Sargarau- sne, la Cammanne; de la Galatie, la Morimne. Sur les bords du Cappadox, une des limites du pays auquel il a donn son nom, les habitans ont celui de Leuco- syres. Un peu au del de Nocsare, le Lycus forme la borne du ct de la petite Armnie. Dans le centre du pays, est encore la ville clbre de Craune. Sur la cte, aprs Amise, se voient la ville de Chadisie, avec rivire de mme nom , et Lycaste , laquelle confine la Thmis- cyrne. Le pays de Thmiscyre et ses habitans. * IV. Le Lycus tombe dans l'Iris. Dans les terres, Zila rst fameuse par la dfaite de Triarius et par la victoire de o C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. ora amnis hermodon, ortus ad castellum, quod vocant Phanaram, praeterque radies Amazonii montis lap- sus. Fuit oppidum eodem nomine, et alia quinque, Ama- zonium , Themiscyra , Sotira , Amasia , Comana : uuiic Manteium. 4- Gentes Genetarum, Chalybum. Oppidum Cotyo- rum. Gentes : Tibareni, Mossyni notis signantes cor- pora. Gens , Macrocephali : oppidum Cerasus , portus Chordule. Gentes : Bechires , Buzeri. Flumen , Mlas. Gens , Macrones : Sidene , flumenque Sidenum , quo adluitur oppidum Polemonium ab Amiso cxx mill. pass. Inde flumina, Iasonium, Melanthium : et ab Amiso lxxx mill. pass. Pharnacea oppidum , Tripolis castellum et fluvius. Item Philocalea, et sine fluvio Liviopolis : et a Pharnacea centum mill. passuum , Trapezus liberum , vasto monte clausum. Ultra quod gens Armenochalybes , a majore Armenia xxx mill. passuum distans. In ora ante Trapezunta flumen Pyxites : ultra vero gens San- norum Heniochorum. Flumen Absarum, cum castello cognomine in faucibus, a Trapezunte cxl mill. passuum. Ejus loci a tergo montium Iberia est : in ora vero He- niochi, Ampreutae, Lazi. Flumina : Acampsis, Isis, Mo- grus , ^athys. Gentes Golchorum. Oppidum Matium , flumen Heracleum , et promontorium eodem nomine , clarissimusque Ponti Phasis. Oritur in Moschis : naviga- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. n Csar. La cte offre le Thermodon, qui prend sa source prs du fort de Phanare, et descend le long et jusqu'au pied des monts Amazones. Suivait une ville de mme nom avec cinq autres , s Amazonium,Thmiscyre, Sotire, Amasie, Comane. Aujourd'hui l'on y voit Mantium. 4. Nous rencontrons ensuite les Gentes, les Cha- lybes, Cotyore, les Tibarnes, les Mossynes, qui se latouent le corps; les Macrocphales, Crasonte, le port de Chordule, les Bchires, les Buzres, le Mlas, les Macrons, la Sidne, rgion baigne par un fleuve de mme nom , qui passe Polmonium , cent vingt milles d'Amise; Iasonium,Mlanthium; et quatre-vingt milles d'Amise, Pharnace, le fort Tripoli, et Philocale, sur une rivire de mme nom ; Liviopolis , qui n'a point de fleuve ; et cent milles de Pharnace , Trapzonte , cit libre, dont un vaste mont borne le territoire. Au del se trouvent les Armnochalybes , qui sont trente milles de la grande Armnie. La cte avant Trapzonte pr- sente le Pyxite, et aprs Trapzonte les Sannes-Hnioques. L'Absare, dont l'embouchure s'offre avec un fort de mme nom, est cent quarante milles de Trapzonte. Aux mon- tagnes de ces parages est adosse l'Ibrie. Sur la cte se suivent les Hnioques , les Ampreutes , les Lazes , et les fleuves Acampsis, Isis, Mogre, Bathys; puis les Colques, Matium, l'Hracle, rivire avec promontoire de ce nom, et enfin le Phase. Ce fleuve, le plus clbre du Pont, prend sa source chez les Mosques; les gros vaisseaux le remontent jusqu' trente-huit milles et demi, les petits beaucoup plus haut; cent vingt ponts mettent ses deux ia C PLINII HIST. NAT. LIB. VI. tur quamlibel. magnis navigiis xxxvm mill. d passuum. Inde minoribus longo spatio, pontibus cxx pcrvius. Oppida in ripis habuit complura : celeberrima , Tynda- rida, Circaeum, Cygnum, et in faucibus Phasin. Maxime autem inclaruit Ma. , xv mill. passuum a mari , ubi Hip- pos et Cyaneos vasti amnes e diverso in eum confluunt. Nunc liabet Surium tantum, et ipsum ab amne in- fluente ibi cognominatum, usquequo magnarum navium capacem esse diximus. Et alios accipit fluvios, magni- tudine numeroque mirabiles, inter quos Glaucum. In ore ejus , insulae sine nomine , ab Absaro lxx m. Inde aliud flumen Charien. Gens Salae, antiquis Phthirophagi dicti, et Suani. Flumen Cobum e Caucaso per Suanos fluens. Dein Rhoas. Regio Ecrectice. Amnes : Singa- mes, arsuras, Astelepbas, Chrysorrhoas. Gens Absilae, castellum Sebastopolis , a Phaside centum mill. pass. Gens Sannigarum, oppidum Cygnus, flumen et oppi- dum Penius. Deinde multis nominibus Heniochorum gentes. Picgio Colica , et gentes Ach?eorum , et ceter* codera tractu gentes. V. 5. Subjicitur Ponti regio Colica , in qua juga Gaucasi ad Riphos montes torquentur , ut dictum est , altero latere in Euxinum et Ma?otiu devexa, altero in HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i3 rives en communication. Sur ses bords taient beaucoup tic villes, entre autres Tyndaride, Circ, Cygne, et l'embouchure mme, Phase. Ea, la plus fameuse, tait quinze milles de la cte, au confluent de deux grandes rivires qui viennent de directions opposes, PHippos et le Cyane. On ne voit aujourd'hui que Surium, ainsi nomme d'un des tributaires du Phase; c'est l que s'ar- rtent les gros vaisseaux. Bien d'autres belles rivires se jettent encore dans le Phase, notamment le Glaucus. A l'embouchure du premier , sont des les sans nom , soixante-dix milles d'Absare. Viennent ensuite le fleuve Charien , les Sales, jadis Phthirophages, les Suanes, le Cobe, qui descend du Caucase et arrose le pays des Suanes , le Rhoas , le pays des Ecrectices , le Singame , le Tarsure, l'Astlphas , le Chrysorrhoas , les Absiles, le fort de Sbastopolis, cent milles du Phase, les San- niges, Cygnonte, le Pnius et la ville de Pnius, enfin les nombreuses tribus des Hnioques. La Colique , les chens, et autres peuplades de ces parages. V. 5. Au dessous est la rgion du Pont dite Colique, caractrise par le flchissement du Caucase vers les monts Riphes. Un de ses flancs alors regarde l'Euxin i/i C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Caspium et Hyrcanium mare. Reliqua litora ferae na- tiones tenent $ Melanchlaeni , Coraxi urbe Colchorum Dioscuriade, juxta fluvium Anthemunta, nunc dserta : quondam adeo clara, ut Timosthenes in eam ccc na- tiones, dissimilibus linguis, descendere prodiderit. Et postea a nostris cxxx interpretibus negotia ibi gesta. Sunt qui conditam eam ab Amphito et Telchio, Castoris ac Pollucis aurigis putent, a quibus ortam Heniochorum gentem feram constat. A Dioscuriade oppidum Hera- cleum : distat a Sebastopoli lxx mill. pass. Achi, Mardi $ Cercet : post eos Serri , Cephalotomi. In intimo eb tractu Pityus oppidum opulentissimum , ab Henio- chis dirptum est. A tergo ejus Epageritae, Sarmatarum populus in Caucasi jugis : post quem Sauromatae. Ad hos profugerat Mithridates Claudio principe, narra vit- que Thalos iis esse confines, qui ab oriente Caspii maris fauces attingerent : siccari eas aestu recedente. In ora autem juxta Cercetas, flumen Icarusa, cum oppido Hiero et flumine, ab Heracleo cxxxvi mill. Inde promonto- rium Crunae, a quo supercilium arduum tenent Toret. Civitas Sindica, ab Hiero lxvii m d passuum. Flumen Setheries. 6. Inde ad Bospori Cimmerii introitum lxxxvjii mill. d passuum. HISTOIRE NATURELLE, L1V. VI. iS et le Palus-Motide, tandis que l'autre a en face les mers Hyrcanienne et Caspienne. Le reste de la cte est des peuples sauvages, tels que les Mlanchlnes, les Coraxes , qui habitaientDioscuriade, ville Colque sur l'Anthmonte, aujourd'hui abandonne, jadis clbre. Timosthne dit qu'elle tait jadis le rendez-vous de trois cents nations qui parlaient autant de langues diffrentes ; et nous-mmes nous y avons eu cent trente interprtes. Quelques-uns assurent qu'elle doit sa fondation Ampliite et Tel- chius, cuyers de Castor et Pollux, et, de l'aveu una- nime des auteurs , tiges de la nation hnioque. Au del de Dioscuriade se suivent Hracle, soixante-dix milles de Sbastopolis ; les Achens, les Mardes, les Cerctes, puis les Serres, les Cphalotomes, et, au fond mme de cette cte lointaine, Pityonte, cit opulente, dtruite par les Hnioques. Derrire cette ville, les Epagrites, tribu sarmate, habitent les flancs du Caucase, et prc- dent les Sauromates. C'est chez eux que Mithridate se rfugia sous le rgne de Claude; et, par lui, on a su qu'aux Sauromates, du ct de l'est, confinent les Tha- es, non loin du dtroit de la mer Caspienne, dtroit qui est sec lors du reflux. Quant la cte, prs des Cerctes, elle a encore le fleuve Icaruse, Hirum, ville, et Hirum , rivire , cent trente-six milles d'Hracle , le cap Crunes, dont le sommet escarp est le sjour des Tortes, Sindique, ville soixante-sept milles et demi d'Hirum et le Sthries. 6. De l l'entre du Bosphore Cimmrien, il y a quatre-vingt-huit milles et demi. iG C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Bosporus Cimmerius. VI. Sed ipsius peninsulae inter Pontum et Maeotim lacum excurrentis, non amplior lxvii mill. d passuum longitudo est : latitudo nusquam infra duo jugera. Eio- nem vocant. Ora ipsa Bospori, utrimque ex Asia atque Europa, curvatur in Mseotin. Oppida, in aditu Bospori primo Hermonassa , dein Cepi Milesiorum. Mox Stra- toclia, et Phanagoria, et paene desertum Apaturos, ulti- moque in ostio Cimmerium , quod antea Cerberion vocabatur. 7. Inde Maeotis lacus, in Europa dictus. Maeotis, et gentes circa Maeotim. VII. A Cimmerio S accolunt Motici , Vali , Serbi , Arrechi , Zingi , Psesii. Dein Tanain amnem , gemino ore influentem, colunt Sarmat, Medorum (ut ferunt) soboles, et ipsi in multa gnera divisi. Primo Sau- romat Gynsccocratumeni. Amazonum connubia. Dein Evazae, Cottae, Cicimeni, Messeniani, Costobocci, Choa- trae, Zigae, Dandari, Tussagetae, Turcae, usque ad soli- tudines saltuosis convallibus asperas : ultra quas Arim- phi, qui ad Riphaeos pertinent montes. Tanain ipsum Scyth Silin vocant , Motin Temerinda quo significant HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 17 Le Bosphore Cimmrien. VI. La pninsule mme, qui est entre le Pont-Euxin et le Motide, n'a que soixante-sept milles et demi de long sur une largeur qui n'est jamais moins de deux ju- gerums. Eon en est le nom. La cte du Bospfllfre se recourbe sur le Motide , tant du ct de l'Asie que de celui de l'Europe. Ses villes sont , l'entre mme du Bosphore, Hermonasse, puis Cpes, cit d'origine mil- sienne , Stratoclie, Phanagorie, Apature, dserte ou peu s'en faut, et enfin, l'extrmit du dtroit, Cimmrium , jadis Ceberrium. 7. On entre ensuite dans le Motide, que nous avons dcrit avec l'Europe. ** Le Palus-Molide , et nations circonvoisines. VII. Pass Cimmrium, la cte prsente les Moti- ques, les Vales, les Serbes, les Arrques, les Zinges, les Psses. Le Tanas, qui entre en mer par deux em- bouchures, est habit par les Sarmates, qui, dit-on, sont une branche de la nation mde, et qui , eux-mmes, forment nombre de petites peuplades; les Sauromatcs Gyncocratumnes paraissent d'abord (c'taient les maris des Amazones) ; puis les Evases, les Cottes, les Cicimnes, Messniens , les Costobocques , les Choatres , les Ziges , les Dandares, les Tussagtes, les Turcs qui nous mnent jusqu' d'pres vallons boiss et dserts; enfin les Arim- phens, habitans des monts Riphes. Dans la langue v.* 1 i S C. PLINII HIST. NAt. LB. VI. matrem maris. Oppidum in Tanais quoque ostio fuit. Tenuere finitima primi Cares, dein Glazomenii et Maeo- ncs, poslea Panticapenss. Sunt qui circa Maeotin ad Ceraunios montes has tradant gentes : A litore Napitas : supraque Essedones Colcbis junctos, montium cacuminibus. Dein Carmacas, Oranos, Autacas, Mazacas, Cantocaptas, Agamathas, Picos, Rhymozolos , Ascomarcos : et ad juga Caucasi Icatalas , Imaduchos , Ramos , Anclaeas , Tydios , Ca- rastaseos, Authiandas. Lagoum amnem ex montibus Catheis, in quem defluit Opharus : ibi gentes Caucadas, Opharitas : amnes, Menotharum, Imityem ex montibus Cissiis, inter cdeos, Carnas, Uscardeos, Accisos, Ga- bros , Gogaros. Circaque fontem Imityis , Imityos , et Aparthenos. Alii influxisse eo Scythas Auchetas, Atar- neos , Asampatas. Ab bis Tanaitas et Inapaeos viritim deletos. Aliqui flumen Opbarium labi per Cantecos et Sapeos : Tanain vero transisse Phatareos , Herticeos , Spondolicos , Synliietas , Amassos , Issos , Gatazetos , Tagoros , Catonos , Neripos , Agandeos , Mandareos . Satarcheos, Spaleos. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. j 9 des Scythes, le Tanas s'appelle Silis et le Motis T- mrinde, c'est--dire mre de l'Ocan. A l'embouchure du Tanas tait jadis une ville ; le pays circonvoisin fut occup d'abord par les Cariens, puis par les Clazom- niens et les Moniens, enfin par ceux de Panticape. Des environs du Motide aux monts Craunes quel- ques auteurs placent d'abord les Napites peu de dis- tance des cotes , et au dessus les Essdons et les Colques, sur les cimes des montagnes; puis les Carmaques, les Oranes, les Autaques, les Mazaques, les Cantocaptes, les Agamathes, les Pics , les Rhymozoles, les Ascomar- ques; et, vers les flancs du Caucase, les Icatales, les Tmaduques, les Rames, les Anclaces, les Tydes, les Ca- rastases, les Authiandes. Suivent le Lagos, qui descend des monts Cathes et qui reoit l'Ophare, les Caucades et les Opharites; dans le voisinage, le Mnothare, l'Imi- tys, qu'panchent les monts Cissiens et qui baignent le pays des Acdes, des Carnes, des U scardes , des Accises, des Gabres, des Gogares; puis les Imityens et les Apar- thnes aux sources de l'Imitys. D'autres disent que les Scythes Auchtes, les Atarnens, les Asampates ayant envahi le pays, dtruisirent totalement lesTanates et les Inapes. Quelques-uns font couler l'Ophare chez les Can- tces et les Sapens , et le Tanas chez les Phatares , les Hertices, les Spondolices, les Synhites, les Amasses, les Isses, les Cataztes, les Tagores, les Catones, les Nripes, les Agandes, les Mandares, les Satarques, les Spales. ao C. PLIMI HTST. NAT. MB. VI. Cnppadooire situs. Y III. 8. Peracta est interior ora, omnesque accol : nunc reddatur ingens in mediterraneo sinus : in quo milita aliter, ac veteres, proditurum me non eo inf- cias, anxia perquisita cura, rbus nuper in eo situ ges- tis a Domitio Corbulone, regibusque inde missis sup- plicibus, aut regum liberis obsidibus. Ordiemur autem a Cappadocum gente. Longissime hc Ponticarum om- nium introrsus recedens, minorem Armeniam, majorem- que, et Commagenem laevo suo latere transit : dextra vero omnes in Asia dictas gentes, plurimis superfusa populis : magnoque impetu scandens ad ortum Solis et auri juga, transit Lycaoniam, Pisidiam, Ciliciam : va- dit super Antiochi tractum, et usque ad Cyrrhesticam ejus regionem, parte sua, qu vocatur Cataonia, con- tendit. Itaque ibi longitudo Asise xn quinquaginta milt. passuum efBcit : latitudo, dcxl mill. Armenia major et minor. IX. 9. Armenia autem major incipiens a Paryadris montibus, Eupbrate amne (ut dictum est) aufertur Cap- padoci : et qua discedit Euphrates, Mesopotami, haud minus claro amne Tigri. Utrumque fundit ipsa, et initium Mesopotamiae facit, inter duos amnes itiirae. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 21 Position de la Cappadoce. VIII. 8. Ici se terminent la cote intrieure et rmun- ration des peuples qui l'habitent. Dcrivons l'immense golfe de la Mditerrane. Si dans ce tableau je m'carte souvent de mes devanciers, ce n'est que d'aprs des re- cherches exactes et les connaissances acquises tant de Corbulon, qui y a port dans ces derniers temps le th- tre de la guerre, que des rois qui sont venus solliciter Home, ou des princes qu'ils nous ont envoys en otages. Nous commencerons par la Cappadoce. De tous les pays qui bordent le Pont, c'est celui qui s'enfonce le plus avant dans les terres; il dpasse gauche les deux Arm- nies et la Commagne, droite toutes les nations asia- tiques que nous avons dj nommes, et, charg lui-mme de peuples nombreux, il s'lve rapidement vers les lieux o naissent le soleil et la chane.du Taurus, traverse la Lycaonie, la Pisidie, la Cilicie , atteint le voisinage d'An- tioche, et jette jusqu'aux confins de la Cyrrhestique celle de ses provinces qu'on a nomme Cataonie. L'Asie a, dans cet endroit, douze cent cinquante milles de lon- gueur sur six cent quarante de largeur. La petite et la grande Armnie. IX. 9. Aux monts Paryadres commence la grande Armnie, que PEuphrate, comme nous l'avons dj dit, spare de la Cappadoce, et que le Tigre, quand l'Euphrale s'loigne, limite du ct de la Msopotamie. Tous deux descendent de l'Armnie, au sein de laquelle commence la Msopotamie , puisque la Msopotamie n'est que l'in- il C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Quod iter est ibi , tenent Arabes Orei. Sic finem , usque in Adiabenen perfert. Ab ea transversis jugis inclusa, latitudinem in laeva pandit ad Cyrum amnem transversa Araxem : longitudinem vero ad minorem usque Arme- niam , Absaro amne in Pontum defluente , et Paryadris niontibus , qui fundunt Absarum , discreta ab illa. Cyrus fluvius , et Araxes. X. Cyrus oritur in Heniochiis montibus, quos alii Coraxicos vocavere : Araxes eodera monte , quo Eu- phrates vi mill. passuum intervalle* : auctusque amne Musi, et ipse (ut plures existimavere) a Cyro defertur in Caspium mare. Oppida celebrantur in minore, Caesarea, Aza, Nico- polis : in majore, Armosata Euphrati proximum , Tigri Carcathiocerta : in excelso autem Tigranocerta : at in campis juxta Araxem Artaxata. Universae magnitudi- nem Aufidius quinquagies centena mill. prodidit. Clau- dius Csar longitudinem a Dascusa ad confinium Caspii maris, xm mill. passuum : latitudinem dimidium ejus, a Tigranocerta ad Iberiam. Dividitur ( quod certum est ) in prsefecturas , quas Hxpoyiyicc vocant , quasdam ex iis vel siogula rgna quondam , barbaris nominibus cxx. Claudunt eam ab oriente montes, sed non statim , Cerunii , nec Adiabene regio. Quod interest spatii , HISTOIRE NATURELLE, L1V. VI. 2 3 tervalle compris entre leurs eaux. Les Arabes Orens habitent prs de l. Ainsi de ce ct l'Armnie s'tend jusqu' l'Adiabne. L , une chane transversale l'arrte, et elle s'tend gauche jusqu'au Cyrus, coupant l'Araxe dans cette expansion ; tandis qu'en longueur elle va jus- qu' la petite Armnie, dont la spareut et l'Absare qui descend vers le Pont-Euxin , et les monts Paryadres d'o sort l'Absare. Le Cyrus et l'Araxe,, X. Le Cyrus prend sa source dans les monts des H- nioques, nomms par quelques auteurs monts Coraxi- ques. L'Araxe s'chappe de la mme chane six milles de la source de l'Euphrate, et grossi du Musis va lui-mme tomber dans le Cyrus, qui le porte la mer Caspienne. Dans la petite Armnie, les villes les plus connues sont Csare, Aza, Nicopolis. Dans la grande, on dis- tingue Armosate prs de l'Euphrate , Carcathiocerte sur le Tigre, Tigranocerte sur des hauteurs, Artaxate dans les plaines voisines de l'Araxe. Selon Aufidius, le pays entier a cinq mille milles. Claude en compte , de Dascuse la limite Caspienne, treize cents milles; la largeur de Tigra- nocerte l'Ibrie serait de moiti. Un fait certain , c'est qu'elle est divise en cent vingt prfectures , ou , comme ils disent, stratgies, dont quelques-unes autrefois formaient des royaumes. Tous ces noms sont barbares. A l'est, ses bornes sont les monts Craunes et l'Adiabne, mais celle- ci ne touche pas immdiatement l'Armnie : un espace in- termdiaire appartient aux Sophncs, derrire lesquels 24 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Sopheni tenent : ab Iris juga : ultra Adiabeni teneut. Per convalles autem proximi Armeniae sunt Menobardi , et Moscheni. Adiabenen Tigris, et montes invii cin- gunt. Ab laeva ejus regio Medorum est, et prospectus Caspii maris. Ex oceano hoc (ut suo loco dicemus) in- funditur, totumque Caucasiis montibus cingitur. Incolae per confinium Armeniae nunc dicentur. Albania , Iberae , et junctas gcntes. *. XI. 10. Planitiem omnem a Cyro usque, Albanorum gens tenet : mox Iberum , discreta ab iis amne Alazone, in Cyrum e Caucasiis montibus defluente. Praevalent oppida, Albaniae, Cabalaca : Iberiae, Harmastis juxta flumen, Neoris : regio Thasie, et Triare usque ad Pa- i-yadras montes. Ultra sunt Colchicae solitudines , qua- rum a latere ad Gerauuios verso, Armenochalybes habi- tant et Moschorum tractus ad Iberum amnem in Cyrum defluentem : et infra eos Sacassani, et deinde Macrones ad flumen Absarum. Sic plana ac devexa obtinentur. Rur- sus ab Albaniae confinio, tota montium fronte gentes Silvorum fer, et infra Lubienorum : mox Diduri et Sodii. Portae Caucasiae. \ XII. 1 1-, Ab iis sunt portae Caucasiae, magno errcrc HISTOIRE NATURELLE, LTV. VI. a5 s'lvent les monts qu'occupe l'Adiabne. Les Muo- bardes et les Moschnes habitent les valles voisines; le Tigre et des monts inaccessibles forment comme une ceinture l'Adiabne. A gauche paraissent les Mdes, et dans le lointain la mer Caspienne, qui, comme nous le dirons en temps et lieu, est aussi une manation de l'Ocan , et qu'entourent les monts Caucases. Passons aux habitans de l'Armnie. L'Albanie , l'Ibrie : nations voisines. XI. 10. La plaine, partir du Cyrus, est tout entire occupe par les Albaniens, puis par les Ibriens , que s- pare de ceux-ci l'Alazon coulant des pics du Caucase vers le Cyrus. On remarque en Albanie Cabalaque, en Ibrie Harmastis sur une rivire, Noris, le pays de Thasie, le Triare qui va jusqu'aux monts Paryadres, pass lesquels commencent les dserts de la Colchique. Sur le flanc qui regarde les monts Craunes errent les Armnochalybes et les Mosques, qui s'tendent jusqu' l'Iber, nouveau tri- butaire du Cyrus. Au dessous de ceux-ci les Sacassanes, et ensuite les Macrons nous ramnent l'Absare. Telles sont les populations de la plaine et des lieux bas. Re- tournant aux confins de l'Albanie et sur le devant de toute la chane des montagnes, on trouve les sauvages peuplades des Silves et des Lubiens, puis les Didures et les Sodiens. Portes Caucasiennes. XII. ii. Un peu plus loin sont les portes Cauca- v.6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. multis Caspiae dictae, ingens naturae opus montibus in- terruptis repente, ubi fores obditae ferratis trabibus, sub- ter mdias amne diri odoris fluente, citraque in rupe castello (quod vocatur Cumania) communito ad arcen- das transitu gentes innumeras : ibi loci , terrarum orbe portis discluso , ex adverso maxime .Harmastis oppidi Iberum. A portis Caucasiis per montes Gordyaeos, Valli, Suarni indomitoe gentes , auri tamen metalla fodiunt. Ab iis ad Pontum usque Heniochorum plura gnera, mox Achaeo- rum. Ita se habet terrarum sinus e clarissimis. Aliqui inter Pontum et Caspium mare ccclxxv mill. passuum, non amplius interesse tradiderunt : Cornlius Nepos cgl mill. Tantis iterum angustiis infestatur Asia. Claudius Caesar a Cimmerio Bosporo ad Caspium mare cl mill. prodidit : eaque perfodere cogitasse Nicatorem Seleucum , quo tempore a Ptolemo Cerauno sit inter- fectus. A portis Caucasiis ad Pontum ce mill. passuum esse constat fere. Insnlae in Ponto. . XIII. 12. Insulae in Ponto Planctae, siveCyaue, sive Symplegades. Deinde Apollonia, Thynias dicta, ut dis- lingueretur ab ea quae est in Europa. Distat a continente passibus mille : cingilur tribus mill. Et contra Pliarna- HISTOIRE NATURELLE , LIV. VI. 27 siennes et non Caspiennes, comme l'ont mal propos crit quelques auteurs. Gigantesque construction de la nature qui n'a point l juxta-pos les montagnes , ce passage peut tre ferm par une porte compose de quel- ques poutres charges de ferremens, et le fort de Cu- manie lev sur un rocher dfend l'entre des lieux des hordes innombrables. C'est l, c'est en face de la ville ibrienne d'Harmastis qu'une porte isole deux par- ties du monde. Pass ces portes, on touche aux monts Gordyens, o les Valls, les Suarnes, nations encore indomptes, ex- ploitent des mines d'or. De l au Pont on rencontre en- core des peuples Hnioques, puis les Achens. Telle est celte clbre rgion du globe. Du Pont la mer Caspienne quelques-uns ne mettent que trois cent soixante-quinze milles. Cornlius Nepos en compte deux cent cinquante, tant l'Asie est encore une fois resserre par les eaux. Claude crit que du Bosphore Cimmrien la mer Caspienne il y a cent cinquante milles, et que Seleucus Nicator songeait unir les deux mers lorsqu'il fut assassin par Ptolme Craune. On s'accorde peu prs sur la distance de deux cents milles suppose entre les portes Caucasiennes et le Pont. Iles du Pont. XIII. 12. Dans le Pont sont les les Plantes, Cya- nes ou Symplgades; puis, un mille du continent, Apollonie, surnomme hyniade, pour la distinguer de l'Apollonie d'Europe (elle a trois milles de tour); et vis-- a8 C. PUNII HIST. NAT. LIB. VI. ceara Chalceritis, quam Graeei Ariam dixerunl, sacram- que Marti, et in ea volucres cum advenis pugnasse, pennarum ictu. Gentes a Scythico Oceano. XIV; i3. Nunc omnibus, qu sunt interiora Asiae, dictis, Riphaeos montes transcendt animus, dextraque litori oceani incedat. Tribus hic partibus cli adlncns Asiam : Scylhicus a septemtrione, ab oriente Eous, a meridie Indicus vocatur, varieque per sinus et accolas in complura nomina dividitur. Verum Asiae quoque magna portio adposita septem- trioni, injuria sideris rigentis, vastas solitudines habet. Ab extremo Aquilone ad initium orientis aestivi , Scythse sunt. Extra eos ultraque Aquilonis initia Hyperboreos aliqui posuere, pluribus in Europa dictos. Primum inde noscitur promontorium Celticae Lytarmis, fluvius Caram- bucis , ubi lassata cum siderum vi Riphaeorum montium deficiunt juga. Ibique Arimphaeos quosdam accepimus, haud dissimilem Hyperboreis gentem. Sedes illis nemora, alimenta baccae,capillus juxta feminis virisque in probro existimatur : ritus clmentes. Itaque sacros haberi nar- rant , inviolatosque esse etiam feris accolarum popidis : nec ipsos modo, sed illos quoque, qui ad eos profuge- rint. Ultra eos plane jam Scythae, Cimmerii, Cissianthi, HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. ag vis de Pharnace, Chalcritide, i'Arie dos Grecs, qui l'ont consacre Mars, parce que les oiseaux, disent- ils, y combattent les trangers coups d'ailes. Nations voisines de l'Ocan Scythique. XIV. i3. Maintenant que tout l'intrieur de l'Asie est dcrit, franchissons en imagination les monts Ri- phes, et ctoyons droite l'Ocan. Cette grande mer baigne l'Asie de trois cots : au nord ocan Scythique, ocan Oriental l'est , ocan des Indes au sud ; il prend encore nombre d'autres noms selon les golfes qu'il forme et les peuples qu'il voit sur ses ctes. Vne vaste portion de l'Asie est expose au souffle du nord , et en proie un froid glacial qui y cre aussi d'immenses solitudes. Du point le plus proche de cette rgion septentrionale l'est habitent les Scythes; plus loin et au del des lieux o commence le nord sont les Hyperborens , que presque tous les auteurs placent en Europe. La se voient d'abord le cap Lytarmis en Cel- tique, et le Carambucis dans les lieux o finissent puises la rigueur du ciel et la chane mme des Riphes. En- suite paraissent quelques Arimphens assez semblables aux Hyperborens : ils habitent les bois et se nourrissent de baies ; les deux sexes regardent de longs cheveux comme un emblme de honte; leurs murs sont douces : aussi assure-t-on que les peuples voisins , mme les plus sauvages, ne leur font aucun mal, et que mme ils res- pectent quiconque a cherch un asile dans leur pays. A leur suite on rencontre les Scythes, les Cimmriens, les 3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Georgi , et Amazonum gens. Haec usque ad Gaspium et Hyrcanium mare. Caspium et Hyrcanium mare. XV. Nam et irrumpit e Scythico oceano in aversa Asiae, pluribus nominibus accolarum appellatum, cele- berrimis duobus, Caspio et Hyrcani. Non minus hoc esse quam Pontum Euxinum , Clitarchus putat. Eratos- thenes ponit et mensuram : ab exortu et meridie, per Gadusiae et Albaniae oram quinquies mille cccc stadia. Inde per Anariacas, Amardos, Hyrcanos, ad ostium Oxi fluminis , quater mille dccc stad. Ab eo ad ostium Jaxar- tis, mm cccc. Quae summa efficit quindecies centena septuaginta quinque mill. passuum. Artemidorus hinc detrahit viginti quinque mill. passuum. Agrippa Caspium mare, gentesque quae circa sunt, et cum his Armeniam determinans, ab oriente oceano Serico , ab occidente Cau- casi jugis, a meridie Tauri, a septemtrione oceano Scy- thico, patere qua cognitum est, ccccxc m passuum, in longitudinem : ccxc m in latitudinem prodidit. Non de- sunt vero qui ejus maris universum circuitum a freto xxv mill. pass. tradunt. Irrumpit autem arctis faucibus , et in longitudinem spatiosis. At ubi cpit in latitudinem pandi, lunatis obli- quatur cornibus : velut ad Maeotium lacum ab ore des- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 3i Cissianthes , les Georges, les Amazones, puis les mers Caspienne et Hyrcanienne. Mers Caspienne et Hyrcanienne. XV. Des noms divers donns par les peuples rive- rains cette mer qui de l'ocan Scythique pntre au cur de l'Asie , tels sont en effet les deux plus clbres. Selon Clitarque, la mer Caspienne n'a pas moins d'ten- due que la mer Noire : Eratostline mme en donne la mesure, qu'il fixe cinq mille quatre cents stades pour les ctes de la Cadusie et de l'Albanie, quatre mille huit cents pour celles des Anariaques , des Amardes , des Hyrcaniens jusqu' l'embouchure de l'Oxus, deux mille quatre cents jusqu' celle du Jaxarte , en tout quinze cent soixante-quinze milles. Artmidore retranche vingt- cinq milles cette somme. Agrippa , qui enferme la mer Caspienne, les peuples circonvoisins et l'Armnie entre l'Ocan Srique l'est, la chane du Caucase l'ouest, le Taurus au sud et l'ocan Scythique.au nord, value la surface connue de cette contre quatre cent quatre- vingt-dix milles de long sur deux cent quatre-vingt-dix de large. Quelques auteurs ont port le circuit de toute cette mer, partir du dtroit, deux mille cinq cents milles. Un bras de mer troit, mais extraordinairement long, aide l'invasion des eaux. A peine commencent-elles prendre de la largeur, qu'elles se recourbent de chaque 3% C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. cendcns, sicilis (ut auctor est M. Varro) similitudine. Primus sinus appellatur Scythicus : utrimque enim ac- colunt Scythse, et per angustias inter se commeant : hinc Nomades, et Sauromatae multis nominibus, illinc Abzoae non paucioribus. Ab introitu dextra, mucronem ipsum faucium tenent Udini Scytharum populus. Dein per oram Albani (ut ferunt), ab Iasone orti : ante quos mare quod est, Albanum nominatur. Hc gens superfusa montibus Caucasiis, ad Cyrum amnem, Armenise confinium atque Iberiae descendit, ut dictum est. Supra maritima ejus Udinorumque gentem , Sarmat , Utidorsi , Aroteres prtenduntur : quorum a tergo indicatse jam Amazones Sauromatides. Flumina per Albaniam decurrunt in mare, Casius et Albanus : deinde Cambyses in Caucasiis ortus montibus : mox Cyrus in Coraxicis, ut diximus. Oram omnem a Casio praltis rupibus inaccessam, patere ccccxxv mill. passuum auctor est Agrippa, A Cyro Cas- pium mare vocari incipit : accohmt Caspii. Corrigendus est error in hoc loco multorum, eorum etiam , qui in Armenia res proxime cum Corbulone ges- sere. Namque hi Caspias appellayere portas Iberiae , quas Caucasias diximus vocari : situsque depicti et inde missi, hoc nomen inscriptum habent. EtNeronis principiscom- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 33 cot en croissant, comme pour descendre dans leMotide par l'entre ordinaire, et affectent, comme le dit Varron, la forme d'une sicilis. Le premier golfe s'appelle Scythique ; et, effectivement, sur chaque rive sont des Scythes qui communiquent par le dtroit: ce sont les Nomades et les Sauromates d'un ct, les Abzoas de l'autre; ces deux races se subdivisent en nombre de peuplades. A droite de l'en- tre et la pointe mme du bras de mer habitent les Udins, aussi d'origine scythique, puis sur la cote les Al- bains prtendus descendans de Jason (les eaux voisines prennent d'eux le nom de mer d'Albanie). Le peuple dis- smin sur la chane du Caucase descend , comme nous l'avons dit , jusqu'aux frontires de l'Armnie et de l'Ib- rie. Au dessus de la cte qu'il occupe et des Udins s'ten- dent les Sarmates , les Utidorses , les Arotres , derrire lesquels se trouvent les Amazones Sauromatides dj cites. Les fleuves qui traversent l'Albanie pour se rendre la mer sont le Casius, l'Albanus, le Cambyse qui sort du Caucase, le Cyrus qui a sa source dans les monts Coraxiques. Toute cette cte, qui, partir du Casius, est hrisse de rochers inaccessibles, a, selon Agrippa , quatre cent vingt-cinq milles. Au Cyrus la mer prend le nom de Caspienne , et en effet les Caspiens habitent la cte partir de l. Relevons ici une erreur commune, mme chez ceux qui dernirement ont fait la guerre en Armnie avec Corbulon. Ils ont donn le nom de Caspiennes aux portes ibriques, dont plus haut nous avons annonc que le nom vritable est portes Caucasiennes, et le premier de ces noms se trouve sur les plans qu'ils ont dessines sur v.* 3 34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. minatio, ad Caspias portas tendere dicebatur : quum peteret illas, quae per Iberiam in Sarmatas tendunt, vix ullo propter adpositos montes aditu ad Caspium mare. Sunt autem aliae, Caspiis gentibus junctae : quod di- gnosci non potest , nisi coraitatu rerum Alexandri Ma- gni. Adiabene. XVI. Namque Persarum rgna, quae nunc Partho- rum intelligimus , inter duo maria, Persicum et Hyrca- nium Caucasiis jugis adtolluntur. Utrimque per devexa laterum Armeni majori, a frontis parte, quae vergit in Commagenen, Sophene (ut diximus) copulatur, eique Adiabene Assyriorum initium : cujus pars est Arbelitis ? ubi Darium Alexander debellavit, proxima Syriae. To- tam eam Macedones Mygdoniam cognominaverunt , a similitudine. Oppida : Alexandria, item Antiochia, quam Nisibin vocant. Abest ab Artaxatis dccl m passuum. Fuit et Ninus imposita Tigri , ad solis occasum spectans , quondam clarissima. Reliqua vero fronte , qua tendit ad Caspium mare, Atropatene, ab Armeniae Otene regione discreta Araxe. Oppidum ejus Gazae, ab Artaxatis ccccl m passuum : totidem ab Ecbatanis Medorum , quorum pars sunt Atropateni. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 35 les lieux et envoys ici. Les prparatifs menaans de Nron avaient, dit-on, pour but les portes Caspienncs; le but vritable tait le passage qui mne de l'ibrie cbcz les Sarmates ; l'exacte juxta-position des montagnes n'en laisse aucun qui mne la mer Caspienne. Il est vrai qu'il y a de vritables portes Caspiennes cbez la nation de ce nom; mais on ne peut en prendre connaissance que dans les relations des compagnons d'Alexandre. Adiabne. XVI. L'empire Perse, aujourd'hui empire Parthe, s'lve entre les mers Hyrcanienne et Persique, et sur le dos de la chane Caucasique abaisse de chaque cot. A la grande Armnie dont le front penche vers la Com- magne se lie la xSophne, que continue pareillement l'Adiabne, vestibule de l'Assyrie : l'Arblitide, si cl- bre par la victoire dfinitive d'Alexandre sur Darius en fait partie et est voisine de la Syrie. Toute la contre fut nomme Mygdonie par les Macdoniens , cause de sa ressemblance avec la Mygdonie d'Europe. Ses villes sont Alexandrie, Antioche, autrement Nisibis, sept cent cinquante milles d'Artaxate , Ninus sur le Tigre , ville jadis fameuse, expose au couchant. La ligne extrieure de l'empire Parthe prsente encore l'Atropatne, spare par l'Araxe de l'Otne en Armnie; Gaza, sa ville prin- cipale, est quatre cent cinquante milles tant d'Artaxate que d'Ecbatane en Mdie, dont l'Atropatne est une province. 3. 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. 4 Media , et port* Caspiae. XVII. i4- Ecbatana caput Mediae Seleucus rex con- didit : a Seleucia magna dccl m passuum : a portis vero Caspiis xx M. Reliqua Medorum oppida, Phazaca, Agan- zaga , Apamia Rhaphane cognominata. Causa portarum nominis eadem , quae supra , interruptis angusto transitu jugis , ita ut vix singula meent plaustra, longitudine vin mill. passuum , toto opre manu facto. Dextera laevaque ambustis similes impendent scopuli, sitiente tractu per xxviii mill. passuum. Angustias impedit corrivatus salis e cautibus liquor, atque eadem emissus. Prasterea ser- pentium multitudo , nisi hieme, transitum non sinit. i5. Adiabenis connectuntur Carduchi quondam dicti, nunc Cordueni, praefluente Tigri : his Pratitae, zccpcSov appellati, qui tenent Caspias portas. lis a latere altero occurrunt dserta Parthiae, et Citheni juga. Mox ejusdem Parthiae amnissimus sinus, qui vocatur Choara. Duae urbes ibi Parthorum, opposita? quondam Mdis, Cal- liope , et alia in rupe Issatis quondam. Ipsius vero Par- thiae caput Hecatompylos abest a portis cxxxm mill. pas- suum. Ita Parthorum quoque rgna foribus discluduntur. Egressos portis excipit protinus gens Caspia , ad litora HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 3 7 Mdie et portes Caspiennes. XVII. i4- Ecbatane, capitale de la Mdie, fonde par Sleucus, est sept cent cinquante milles de Sleucie et vingt milles des portes Caspiennes. Les autres villes de ce pays sont Phazaca, Aganzaga, Apame Rhaphane. Le nom de ces dernires portes vient comme prcdem- ment d'un passage troit que laisse l'interruption de la chane : peine les chariots passent-ils un un dans la route qu'y a mnage la main de l'homme , et qui a huit milles de longueur. A droite et gauche s'lvent d'- normes rochers qui semblent calcins. On fait ainsi vingt- huit milles sans trouver d'eau. Le passage est en outre difficile par l'humidit que laisse chapper des rochers le sel dont ils abondent , et cependant le trajet ne peut se faire qu'en hiver cause de la multitude de serpens qui infestent ces lieux. i5. Aux Adiabnes confinent les ci-devant Cardu- ques, aujourd'hui Cordunes, dont le Tigre baigne le pays ; derrire ceux-ci sont les Pratites , Par Odon , qui occupent les portes Caspiennes. De l'autre cot se prsen- tent les dserts de la Parthine et la chane du Cithne; puis le golfe Choara , le plus dlicieux de la Parthine , avec deux villes parthes jadis ennemies des Mdes, Cal- liope et Issatide : cette dernire, aujourd'hui ruine, tait sur un rocher. Hcatompylos, capitale de la Par- thine, est cent trente-trois milles des portes Caspiennes, qui par consquent isolent l'une de l'autre des provinces du mme empire. Sorti des portes Caspiennes, on se 38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. usque, quae nomen portis et mari ddit. Lva, raon- tuosa. Ab ea gente retrorsus ad Cyrum amnem produn- tur cxxv mill. pass. Ab eodem amne si subeatur ad portas, dcc millia passuum. Hune enim cardinem Alexan- dri Magni itinera fecere, ab iis portis ad Indise princi- pium, stadia xv m sexcenta octoginta prodendo : ad Bactra oppidum, quod appellant Zariaspa, mmm septin- genta. Inde ad Jaxartem amnem, v millia. Gentes circa Hyrcanium mare. XVIII. 16. A Caspiis ad orientem versus regio est, Apavortene dicta, et in ea fertilitatis inclytae locus Da- reium. Mox gentes Tapyri, Anariacae, Stauri, Hyrcani, a quorum litoribus idem mare Hyrcanium vocari incipit, a flumine Sideri. Citra id amnes Maxeras, Stratos, omnia ex Caucaso. Sequitur regio Margiane,apricitatis inclytae, sola in eo tractu vitifera, undique inclusa montibus amnis , ambitu stadiorum mille quingentorum , diffici- lis aditu propter arenosas solitudines per cxx mill. pas- suum , et ipsa contra Parthi tractum sita : in qua Alexan- der Alexandriam condiderat. Qua diruta a barbaris, An- tiochus Seleuci filius , eodem loco restituit Syriam. Nam interfluente Margo, qui corrivatur in Zotale, is maluerat illam Antiocham appellari. Urbis amplitudo circuitu lxx stad. In liane Orodes Romanos, Crassiana clade HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 3 9 trouve chez les-Caspiens, qui occupent le pays jusqu' la cte, et qui ont donn leur nom la mer comme au dfil. A gauche s'lvent des montagnes. De cette r- gion au Cyrus il y a , dit-on, cent vingt-cinq milles; du fleuve aux Portes on en compte sept cents. Les itinraires d'Alexandre font de ce lieu le point de dpart universel, et comptent , de l aux frontires de l'Inde , quinze mille six cent quatre-vingts stades ; Bactres , vulgairement Zariaspe , trois mille sept cents; l'Iarxate, cinq mille. Nations ranges autour de la mer Hyrcanienne. XVIII. 16. A l'est de la mer Caspienne, l'Apavor- tne contient la plaine Darium , d'une extrme fertilit. Suivent les Tapyres, les Anariaces, les Staures , les Hyr- caniens , dont la cte , au fleuve Sidris , indique l'ins- tant o la mer Caspienne prend le nom d'Hyrcanienne. En de de ce fleuve sont le Maxeras, le Stratos : toutes ces rivires viennent du Caucase. La Margiane dveloppe ensuite ses plaines riches et chries du soleil , ses vigno- bles, les seuls que possde la Parthine, les montagnes dlicieuses qui forment autour d'elle une ceinture de quinze cents stades, dont l'abord est presque rendu inac- cessible par des dserts de cent vingt milles. Elle est vis-- vis de la Parthine. C'est l qu'Alexandre fonda Alexan- drie, et qu'aprs la destruction de cette ville Antiochus, fils de Seleucus, voulut reproduire en ces lieux la Syrie; en effet , il donna le nom d'Antioche la ville , cause du fleuve Margus qui la traverse, et qui forme de nom- breux canaux Zotale. La ville a soixante-dix stades de 40 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. captos deduxit. Ab hujus excelsis per juga Caucasi pro- tenditur ad Bactros usque gens Mardorum , fera , sui juris. Ab eo tractu gentes Ochani, Chomari, Berdrigei, Harmatotrophi, Bomarei, Comani, Marucaei, Mandrueni, Iatii. Flumina : Mandrum , Gridinum : ultraque Cho- rasmii , Candari, Attasini , Paricani, Sarang, Parrha- sini , Maratiani , Nasotiani , Aorsi , Gelae , quos Grci Cadusios appellavere, Matiani. Oppidum Heraclea, ab Alexandro conditum : quod deinde subversum ac resti- tutum, Anliochus Achaida appellavit: Derbices, quorum medios fines secat Oxus amnis , ortus in lacu Oxo : Syr- matae, Oxydrac, Heniochi, Bateni, Saraparae, Bactri, quorum oppidum Zariaspe ( quod postea Bactrum ) a flumine appellatum est. Gens haec obtinet aversa montis Paropamisi , ex adversus fontes Indi : includitur flumine Ocho. Ultra Sogdiani , oppidum Panda , et in ultimis eorum finibus Alexandria ab Alexandro Magno conditum. Aree ibi sunt ab Hercule ac Libero ptre constitutae, item Cyro , et Semiramide , atque Alexandro : finis omnium eorum ductus ab illa parte terrarum, includente flumine Jaxarte , quod Scyth Silin vocant : Alexander milites- que ejus , Tanain putavere esse. Transcindit eum am- nem Demodamas, Seleuci et Antiochi regum dux, quem maxime sequimur in iis : arasque Apollini Didymaeo statuit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 41 tour. C'est l qu'Orode conduisit les Romains faits prisonniers la dfaite de Crassus. De ces sommits jusqu' Bactres, et toujours sur les pentes du Caucase, sont rpandus les Mardes , nation sauvage et indpen- dante que suivent les Ochanes, les Chomares, les Ber- driges , les Harmatotrophes , les Bomares , les Co- manes, les Marucens, les Mandrunes, les Iatiens, les fleuves Mandre et Gridine, puis les Chorasmiens, les Candares, les ttasins, les Paricans, les Saranges, les Parrhasins, les Maratiens, les Nasotiens, les Aorses, les Gles (chez les Grecs, Cadusiens) et les Matiens. Hra- cle, btie par Alexandre, ensuite dtruite , puis rebtie, reut d'Antiochus le nom d'Achade. Les Derbices habi- tent des deux cts de l'Oxus , qui prend sa source dans un lac de mme nom, et prcdent les Syrmates, les Oxydraques , les Hnioques , les Batnes , les Sarapares , les Bactriens, dont la capitale Zariaspe a pris du fleuve sur lequel elle est situe ce nom qu'elle a depuis chang en celui de Bactres. Ce peuple, adoss aux monts Paro- pamises, l'opposite des sources de Tlndus, a pour li- mites l'Ochus , pass lequel on entre en Sogdiane. L se voient Panda, et, l'extrmit du pays une Alexandrie fonde par Alexandre ; puis des autels fonds par Hercule et Bacchus, Cyrus, Smiramis, Alexandre : car tous ces conqurans s'arrtrent ce point devant les eaux de l'Iaxarte, que les Scythes nomment Silis, et qu'Alexan- dre et ses soldats prirent pour le Tanas. Ce fleuve fut franchi parDmodamas, gnral de Sleucus et d'Antio- chus , qui nous nous attachons surtout pour ces dtails , et qui leva sur ses bords un autel Apollon Didymen. !>i C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Scytharum gentes et situs ab Oceano Eoo. XIX. 17. Ultra sunt Scytharum populi. Persse illos Sacas in universum appellavere a proxima gente , anti- qui Aramaeos. Scythae ipsi Persas, Chorsaros : et Cau- casum montem, Groucasum, hoc est, nive candidum. Multitudo populorum innumera : et quae cum Parthis ex. quo degat. Celeberrimi eorum Sacae, Massagetae, Dahae, Essedones, Ariacae, Rhymmici, Psicae, Amardi, Histi, Edones, Camae, Camacse, Euchatae, Cotieri, An- tariani, Pialae, Arimaspi, antea Cacidari, Asaei, Oetei. Ibi Napaei interiisse dicuntur, et Apellaei. Nobilia apud eos flumina, Mandrageum et Caspasium. Nec in alia parte major auctorum inconstantia : credo propter innu- meras vagasque gentes. Haustum ipsius maris dulcem esse et Alexander Magnus prodidit : et M. Varro, talem perlatum Pompeio, juxta res grent i Mi thridatico bello, magnitudine haud dubie influentium amnium victo sale. Adjicit idem, Pompeii ductu exploratum, in Bactros septem diebus ex India perveniri ad Icarum flumen , quod in Oxum influt , et ex eo per Caspium in Cyrum sub- vectas, quinque non amplius dierum terreno itinere, ad Phasin in Pontum Indictas posse devehi merces. Insula? toto eo mari multae, vulgata una maxime Tazata. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 43 Peuplades scythes le long de l'ocan Oriental ; leur position gographique. XIX. 1 7. Au-del de ce fleuve habitent les Scythes , qui les Perses appliquent en gnral le nom de Saces, particulier une nation voisine, et que l'antiquit nom- mait Aramens. A leur tour les Scythes appellent les Perses Chorsares et le Caucase Groucase, c'est--dire blanc de neige. Ils se composent d'une foule de peuples, et peuvent traiter de pair avec les Parthes. Les plus connus sont les Saces, les Massagtes, les Dahes, les Essdons , les Ariaques , les Rhymmiques , les Psices , les Amardes, les Histes, les Edons, les Cames, les Ca- maces, les Euchates, les Cotires, les Antarianes, les Piales, les Arimaspes, jadis Cacidares, les Ases, les tes. Les Napes et les Apelles ne sont plus aujour- d'hui. Les rivires les plus connues de nos jours sont la Mandrage et la Caspasie. Au reste, il n'est point de pays sur lequel les auteurs s'accordent moins ; la cause en est, je crois, le grand nombre et la vie errante de ces nations. L'eau de cette mer est douce, au rapport d'Alexandre-le-Grand et de Varron, qui en vit porter Pompe pendant la guerre de Mithridate : sans doute c'est l'norme masse d'eaux apportes par les fleuves tri- butaires qui neutralise la salure. Varron ajoute que l'on reconnut, sous Pompe, qu'on peut en sept jours trans- porter des marchandises indiennes de l'Inde la Bac- triane et au fleuve Icare, tributaire de l'Oxiis; puis passer par la mer Caspienne dans les eaux du Cyrus, et au bout d'un voyage terrestre de cinq jours au plus , 44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Seres. XX. A Caspio mari Scythicoque oceano, in Eoum cursus inflectitur, ad orientem conversa litorum fronte. Inhabitabilis ejus prima pars, a Scythico promontorio, ob nives : proxima inculta , saevitia geritium. Anthropo- phagi Scythae insident, humanis corporibus vescentes. Ideojuxta vastae solitudines, ferarumque multitudo, haud dissimilem hominum immanitatem obsidens. Iterum deinde Scythae. Iterumque dserta cum belluis, usque ad jugum incubans mari , quod vocant Tabin. Nec ante dimidiam ferme longitudinem ejus orae quae spectat stivum orien- tem, inhabitatur illa regio. Primi sunt hominum, qui noscantur, Seres, lanicio silvarum nobiles, perfusam aqua depectentcs frondium canitiem : unde geminus feminis nostris labor redor- diendi fila, rursumque texendi. Tam multiplici opre, tam longinquo orbe petitur , ut in publico matrona trans- luceat. Seres mites quidem , sed et ipsis feris persimiles ctum reliquorum mortalium fugiunt, commercia ex- spectant. Primum eorum noscitur flumen Psitaras, proxi- mum Gambari : tertium Lanos, a quo . promontorium HISTOIRE NATURELLE , LIV. VI. 45 dboucher dans le Pont par le Phase. Toute cette mer est seme d'les, dont la plus connue est Tazate. Les Sres. XX. Aprs la mer Caspienne et l'ocan Scythique notre course se dirige vers l'est , car telle est aussi le sens dans lequel s'inflchissent les rivages. La premire portion, partir du cap Scythique, est totalement in- habitable cause des neiges ; la suivante ne l'est gure moins, grce la barbarie des nations qui l'habitent, de ces Scythes dits anthropophages, parce qu'ils se nourrissent de chair humaine. De l ces immenses solitudes, cette population innombrable de btes farouches qui assigent l'espce humaine , leur rivale en cruaut. Ensuite parais- sent encore des Scythes et encore des dserts peupls d'animaux sauvages jusqu' une montagne qui domine la mer, et qu'on nomme Tabis. Ce n'est qu'environ moiti de la longueur de la cote qui regarde l'orient d't que le pays devient habitable. Les Sres sont le premier peuple que l'on y connaisse : leurs forts laine les ont rendus clbres : l, les feuilles sont pares d'un duvet qu'on imbibe d'eau pour en d- tacher les blancs filamens : nos Europennes ont ensuite la peine de rassortir les fils et de rtablir le tissu. Travaux nombreux, voyages immenses, dont le rsultat est dfaire paratre des Romaines en robes diaphanes. A des murs inoffensives, les Sres joignent quelque chose de sau- vage : ils fuient l'approche de tous les hommes , si ce n'est des marchands. On connat chez eux le Psitaras , 46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Chryse : sinus Cyrnaba : flumen Atianos : sinus, et gens hominum Attacorum , apricis ab omni noxio adflatu se- clusa collibus, eadem, qua Hyperborci degunt, tempe- rie. De iis privatim condidit volumen Amometus, sicut Hecataeus de Hyperboreis. Ab Attacoris gentes Phruri, et Tochari : et jam Indorum Casiri, introrsus ad Sey- thas versi , humanis corporibus vescuntur. Nomades quel- que Indiae vagantur. Sunt qui ab Aquilone contingi ab ipsis et Ciconas dixere, et Brysanos. Indi. XXI. Sed unde plane constent gentes , Emodi montes adsurgunt, Indorumque gens incipit, non Eoo tantum mari adjacens, verum et meridiano, quod Indicum ap- pellavimus; quque pars orienti adversa recto pr- tenditur spatio, ad flexum et initium Indici maris xvin lxxv mill. pass. colligit. Deinde qua flectitur in meridiem xxiv lxxv mill. pass. ut Eratosthenes tradit, usque ad Indum amnem , qui est ab occidente finis In- di. Complures autem totam ipsius longitudinem xl die- rum noctiumque velifico navium cursu determinavere : et a septemtrione ad meridiem xxvm quinquaginta mill. passuum. Agrippa longitudinis xxxm latitudinis xxm pro- didit. Posidonius ab stivo solis ortu ad hibernum exor- tum metatus est eam, adversam Galli statuens, quam HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 47 Cambaris, prs de ce fleuve Lanos, pass laquelle s'lve le cap Chrys, le golfe Cyrnabe, l'Atiane, le golfe At- tacorique, les Attacores, que des collines^ exposes au soleil protgent contre tout vent nuisible. Amomte a crit sur ce peuple un volume ex prof es so , comme Hca- te sur les Hyperborens. LesPhrures, lesTochares pa- raissent ensuite. Les Casiriens, qui font dj partie de l'Inde et qui confinent au dedans la Scythie , mangent de la chair humaine. Les Nomades indiens mnent une vie errante. Quelques auteurs disent qu'au nord de ces peuples habitent et les Cicones et les Brysanes. Les Indiens. XXI. Mais c'est partir du lieu o s'lvent les monts Emodes que paraissent de vritables nations et que se dveloppe l'Inde borde non-seulement par la mer Orientale , mais par la mer du Sud , que nous avons appele mer Indique. La cote qui regarde vers l'est , et qui s'tend en longue ligne droite, jusqu'au coude o commence l'Ocan indien , a mille huit cent soixante- quinze milles ; de ce coude que l'Asie fait vers le sud l'embouchure de l'Indus, limite occidentale de l'Inde, Eratosthne compte deux mille quatre cent soixante- quinze milles. Beaucoup d'auteurs expriment cette di- mension en disant qu'un vaisseau ferait le tour en qua- rante jours et quarante nuits de navigation. Du sud au nord ils comptent deux mille huit cent cinquante milles. Selon Agrippa , le pays a trois mille trois cents milles le long sur deux mille trois cents de large. Posidoniu^ 48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. ab occidente aestivo ad occidentem hibernum metabatur totam a Favonio. Itaque adversam ejus venti adflatu ju- vari Indiam, salubremque fieri, haud dubia ratione do- cuit. Alia illius caeli facis, alii siderum ortus : binae aes- tates in anno , binae messes , mdia inter illas hieme Ete- siarum flatu : nostra vero l)ruma lenes ibi auras , mare navigabile. Gentes ibi et urbes innumerabiles, si quis omnes persequi velit. Etenim patefacta est non modo Alexandri Magni armis, regumque, qui ei successere, circumvectis etiam in Hyrcanium mare, et Caspium, Se- leucho et Antiocho , praefectoque classis eorum Patrocle : verum et aliis auctoribus graecis , qui cum regibus Indi- cis morati (sicut Megasthenes , et Dionysius a Philadelpho missus ex ea causa) vires quoque gentium prodidere. Non tamen est diligentiae locus, adeo diversa et incredibilia traduntur. Alexandri Magni comits in eo tractu Indiae, quem armis subegerant, scripserunt quinque millia op- pidorum fuisse, nullum Co minus, gentes ix. Indiamque tertiam partem esse terrarum omnium , multitudinem populorum innumeram , probabili sane ratione. Indi enim prope gentium soli nunquam migravere finibus suis. Col- liguntur a Libero ptre ad Alexandrum Magnum reges eorum cliv annis v[ m ccccli adjiciunt et menses trs. Amnium mira vastitas. Proditur Alexandrum nullo die minus stadia sexcenta navigasse in Indo, nec potuisse HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. /,g regarde l'Inde comme tant situe vis--vis de la Gaule , et donne celle-l une direction , tandis que celle-ci , dit-il , se dirige de l'occident d't l'occident d'hiver, et tout l'ouest de l'Inde. De l , selon lui , ce climat dlicieux et salubre, d incontestablement ce vent d'ouest qui souffle ainsi sur les Indes. Un autre ciel , d'autres astres brillent dans ces beaux lieux ; spars par un hiver pendant lequel soufflent les vents tsiens, deux ts y produisent deux rcoltes par an, et quand nous sommes au solstice d't, ils jouissent de brises charmantes et voient la mer s'ouvrir la navigation. Les peuples , les villes s'y comptent par milliers. L'Inde nous a t rvle , non-seulement par Alexandre-le-Grand et divers rois ses successeurs dont les armes y ont pntr, mais encore par les voyages que firent dans les mersHyrcanienne et Caspienne, Seleucus, Antio- chus, etPatrocle, amiral de leurs flottes, et par des Grecs qui sont rests long-temps dans les cours indiennes (tels sont entre autresMgasthneetDenys, quePhiladelphe y envoya cet effet) , et qui nous ont dcrit la puissance des indignes. Cependant la divergence et l'invraisemblance des rcits rend ici la critique impossible. Les compagnons d'Alexandre ont crit que dans la rgion de l'Inde soumise par leurs armes taient cinq mille villes au moins de la gran- deur de Cos, neuf grandes nations, une foule innombrable de peuples. L'Inde, ajoutent-ils, est une troisime partie du monde. On peut admettre ceci. Seuls ou presque seuls parmi les nations , les Indiens n'ont point abandonn leur pays. De Bacchus Alexandre ils comptent cent cinquante- quatre rois, qui ensemble ont rgn six mille quatre cent cinquante-un ans et trois mois. Les fleuves sont immenses. 4 5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. ante menses quinque enavigare, adjectis paucis diebus : et tamen minorem Gange esse constat. Seneca etiam apud nos tentata Indiae commentatione sexaginta amnes ejus prodidit, gentes duodeviginti centumque. Par labor sit montes enumerare. Junguntur inter se Imaus , Emodus , Paropamisus , Caucasus , a quibus tota decurrit in plani- tiem immensam , et iEgypto similem. Verum utterrena demonstratio intelligatur , Alexandri Magni vestigiis insistamus. Diognetus et Baeton itinerum ejus mensores , scripsere , a portis Caspiis Hecatompylon Parthorum, quot diximus millia esse : inde Alexandriam Arion , quam urbem is rex condidit , dlxxv mill. Inde ad Prophthasiam Drangarum cxcix mill. Inde ad Ara- chosiorum oppidum dlxv mill. Inde Ortospanum clxxv mill. Alexandri oppidum quinquaginta mill. In quibusdam exemplaribus diversi numeri reperiuntur : hanc urbem sub ipso Caucaso esse positam. Ab ea ad flumen Copheta , et oppi- dum IndorumPeucolaitin, ccxxvumill. Inde adflumen In- dum et oppidum Taxila, sexaginta mill. Ad Hydaspen flu- vium clarum, cxxmill. Ad Hypasin non ignobiliorem, xxix mill. cccxc; qui fuit Alexandri itinerum terminus, exsupe- rato tamen amne, arisque in ad versa ripa dicatis.Epistolae quoque rgis ipsius consentiunt bis. Reliqua inde Seleuco Nicatori peragrata sunt : ad Hesidrum, clxix mill. Jo- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 5i Alexandre navigua cinq mois et quelques jours sur l'Indus sans pouvoir sortir des eaux de ce fleuve, et jamais ce- pendant il ne ft moins de six cents stades par jour. L'In- dus pourtant le cde encore au Gange. Snque, qui a essay une description de l'Indus, lui donne soixante af- fluens , et place sur ses bords cent dix-huit peuples. L'- numration des montagnes ne serait pas moins longue. Imas, Emodes , Paropamise, Caucase, toutes ces chanes sont lies ensemble, et parleur abaissement graduel for- ment une plaine immense semblable l'Egypte. Cependant il faut prendre connaissance des dimen- sions de l'Inde par terre : suivons les traces d'Alexandre. Selon Diognte et Bton, chargs de tracer ses itin- raires, des portes Caspiennes Hcatompylos, chez les Parthes, il y a, comme nous l'avons dit, cent trente- trois milles. On compte de l Alexandrie l'Arienne, ville fonde encore par Alexandre, cinq cent soixante- quinze milles; d'Alexandrie Prophthasie la Drangienne, cent quatre-vingt-dix-neuf milles , de Prophthasie Ara- chosie, cinq cent soixante-cinq; d'Arachosie Ortos- pane, cent soixante-quinze, et de l la ville d'Alexan- dre, cinquante milles. (Ici les chiffres diffrent dans quelques exemplaires : la ville mme est au pied du Cau- case). De cette dernire au Cophte et la ville indienne Peucolate, on a deux cent vingt-sept milles; de Peuco- laite l'Indus et Taxile , soixante ; de Taxile la clbre rivire d'Hydaspe, cent vingt; de l'Hydaspe l'Hypase, qui n'est pas moins fameux, vingt-neuf milles, plus trois cent quatre-vingt-dix pas. L s'arrta Alexandre, qui pourtant traversa le fleuve et leva un autel sur la rive 4- 5a C. PLINII IIIST. NAT. LIB. VI. manem amnem tantumdem. Exemplaria aliqua adjiciunt quinque millia pass. Inde ad Gangem cxn mill. Ad Rho- dapham cxix mill. Alii cccxxv mill. in hoc spatio pro- dunt. AdCalinipaxa oppidum, clxvii d, alii cclxv mill. Inde ad confluentem Jomanis amnis , et Gangis , dcxxv mill. , plerique adjiciunt xm mill. d; ad oppidumque Pa- libothra ccccxxv. Ad ostium Gangis dccxxxvii mill. d passuum. Gentes, quas memorare non piget, a montibus Emo- dis, quorum promontorium Imaus vocatur, incolarum lingua nivosum significante, Isari , Cosyri, Izgi, et per juga Chirotosagi , multarumque gentium cognomen Brach- man , quorum Maccocalingae. Flumina : Prinas , et Cai- nas (quod in Gangem influit), ambo navigabilia. Gentes : Galingae proximi mari, et supra Mandei, Malli, quorum mons Mallus , finisque ejus tractus est Ganges. Ganges. XXII. 18. Hune alii incertis fontibus, ut Nilum, ri- gantemque vicina eodem modo, alii in Scythicis monti- bus nasci dixerunt. Influere in eum xix amnes. Ex iis HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 53 oppose. Les lettres de ce prince sont d'accord avec ces calculs. C'est par Seleucus Nicator que ces excursions ont t continues. En voici le rsultat : de l'Hypase l'H- sidre, cent soixante-neuf milles; de l'Hsidre au Jomanes, cent soixante-neuf (ou, selon quelques exemplaires, cent soixante-quatorze); du Jomans au Gange, cent douze; du Gange au Rhodaphe, cent dix-neuf ( selon d'autres, trois cent vingt-cinq); du Rhodaphe Calinipaxa, cent soixante-sept et demi ( selon d'autres , deux cent soixante- cinq ) ; de Calinipaxa au confluent du Jomanes et du Gange , six cent vingt - cinq ( la plupart des auteurs comptent six cent trente-huit et demi), et la ville de Palibothra , quatre cent vingt-cinq. De l aux bouches du Gange, sept cent trente-sept milles et demi. Les peuples nommer sont partir des monts Emodes, dont la cime se nomme Imas , c'est--dire , en indien , nei- geux , les Isares, les Cosyres , les Izges , les Chirotosages , au milieu des monts ; les Brachmanes , dnomination com- mune beaucoup de peuplades particulires, parmi les- quelles les Maccocalinges. Rivires : le Prinas et le Cai- nas affluent du Gange ( toutes deux portent bateau). Nations : les Calinges au bord de la mer, et plus haut les Mandens, les Malles, chez qui se trouve le mont Mallus. Cette contre se termine au Gange. Le Gange. XXII. 18. Selon les uns, ce fleuve s'chappe comme le Nil de sources inconnues, et inonde de mme dans le voisinage : selon les autres , il sort des monts de la Scy- 54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. navigabiles, praeter jam dictos, Condochatem, Eranno- boam, Cosoagum, Sonum. Alii cum magno fragore ip- sius statim fontis erumpere, dejectumque per scopulosa et abrupta, ubi primum molles planities contingat, in quodain lacu hospitari : inde lenem fluere, ubi mini- mum , vin millia passuum latitudine : ubi modicum , sta- diorum centum : altitudine nusquam minore passuum xx : novissima gente Gangaridum Calingarum : regia Par- thalis vocatur. 19. Rgi lx mill. peditum, quits mille, elephanti dcc in procinctu bellorum excubant. Namque vita mitioribus pdpulis Indorum multipartita degitur. Alii tellurem exercent, militiam alii capessunt, merces alii suas evehunt : res publicas optimi ditissimi- que temprant, judicia reddunt, regibus adsident. Quin- tum genus celebratae illic, et prope in religionem vers sapientiae deditum, voluntaria semper morte vitam ac- censo prius rogo finit. Unum super haec est semiferum ac plnum laboris immensi, et quo supra dicta continen- tur, venandi elephantes domandique. lis arant,iis vehun tur, haec maxime novere pecuaria : iis militant, dimi- cautque, pro finibus. Delectum in bella, vires, et aetas, atque maguitudo faciunt. HISTOIRE NATURELLE , LIV. VI. 55 thie; dix-neuf rivires lui portent leurs eaux. Celles qui portent bateau sont, outre celles que nous avons nommes, le Condochate, l'Erannoboas, leCossage, le Sonus. Les uns disent qu'au lieu mme de sa source il s'lance avec fracas, roule au milieu de rochers et de lieux escarps; puis, sitt qu'il rencontre des plaines moins rapides, s'arrte quelque temps dans une espce de lac, au sortir duquel il coule avec lenteur. Sa inoindre largeur est de huit milles , sa largeur moyenne de cent stades , sa pro- fondeur d'au moins vingt pas. La dernire nation que l'on rencontre s'appelle Calinges : Parthalis est le nom du palais. 19. Le roi entretient une arme de soixante mille hommes d'infanterie, mille cavaliers et sept cents l- phans. Les peuples civiliss de l'Inde se divisent en plusieurs classes. Quant aux professions, la premire se compose d'agriculteurs, la seconde de guerriers, la troisime de marchands ; la quatrime comprend les plus sages de la nation : ils administrent l'tat, rendent la justice, en- tourent la personne des rois. Une cinquime classe , vante dans les Indes, est celle des hommes qui se livrent l'tude de la sagesse, qui, chez eux, est presque la re- ligion , et qui finissent par prir volontairement sur un bcher allum par leurs mains. Enfin, viennent ceux qui sont chargs de prendre et de dompter les lphans. Cette classe demi sauvage et condamne aux plus rudes travaux est pourtant la plus ncessaire. Car, dans l'Inde, c'est l'lphant qui laboure, qui transporte, qui forme la base des troupeaux : il partage le service militaire et 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Austrinum polum Indi Dramasa vocant. Amnis Joma- nes in Gangem per Palibothros decurrit inter oppida Methora et Clisobora. A Gauge versa ad meridiem plaga, tinguutur Sole populi, jam quidem infecti, non- dum tamen .thiopuin modo exusti : quantum ad In- dum accedunt, tantum colore praeferunt sidus. Indus statim a Prasiorum gente, quorum in montants Pygmaei traduntur. Artemidorus inter duos amnes xxi interesse tradit. Indus. f XXIII. 20. Indus incolis Sindus appellatus, in jugo Gaucasi montis, quod vocatur Paropamisus, adversus Solis ortum effusus , et ipse undeviginti recipit amnes. Sed clarissimos , Hydaspen , quatuor alios adferentem : Cantabram , trs. Per se vero navigabiles Acesnem , et Hypasin : quadam tamen aquarum modestia nusquam latior quinquaginta stadiis, aut altior x.v passus : am- plissimam insulam efficiens, qua3 Prasiane nominatur; et aliam minoi*em, qua? Patale. Ipse per x cl m. pas- suum (parcissimis auctoiibus]) navigatus, et quodam Solis comitatu in occasum versus, oceano infunditur. Mensuram in ora ad eum ponam, ut invenio, genera- tim, quamquam inter se nul Le congruunt. Ab ostio Gangis ad promontorium Caliiigou, et oppidum Dan- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 5q i^isthne dit de beaucoup d'autres localits dans l'Inde. Le ple sud se nomme en indien Dramasa. Le Jomanes traverse le pays de Palibothra, et vient tomber dans le Gange entre les villes de Mthora et de Clisobora. Au sud du Gange, l'ardeur du soleil altre dj le teint des hommes, qui commencent tre basans, quoique loin d'tre brls par ses rayons comme les Ethiopiens. Mais mesure que l'on se rapproche de l'Indus , on voit les visages noircir. C'est ce fleuve qui sert de limite aux Pra- siens, dont fait partie une race de Pygmes montagnards. Artmidore met d'un fleuve l'autre vingt-un milles. L'Indus. XXIII. 20. L'Indus, Sind dans la langue du pays, sort de la chane du Caucase Paropamise, coule d'abord l'est, et reoit aussi dix-neuf rivires. L'Hydaspe et le Cantabre, qui sont les plus connues, en apportent avec eux, l'un quatre et l'autre trois. L'Acsine et l'Hypase portent bateau. Toujours modeste cependant, l'Indus n'a jamais plus de cinquante stades de largeur et de quinze pas de profondeur. Il forme deux les, l'une trs-grande, que l'on nomme Prasiane, et l'autre plus petite, qui porte le nom dePatale. Les auteurs les moins exagrs le disent na- vigable au moins pendant mille deux cent quarante milles. Vers la fin de son cours il suit en quelque sorte la marche du soleil, coule l'ouest et va tomber dans l'Ocan. Indi- quons ici, malgr l'impossibilit de les accorder, les di- verses distances de cette embouchure aux lieux les plus saillans de la cote. On compte des bouches du Gange au 6o C. PLINII HIST. NA. LIB. VI. dagula dcxxv m passuum. Ad Tropina x xxv mili. pas- suum. Ad Perimulae promontorium, ubi est celeberri- mura Indiae emporium, dccl. Ad oppidum in insula, quam supra diximus , Patalam , dcxx. Gentes montanae inter eum et Jomanem , Cesi , Ce- triboni silvestres : deinde Megall, quorum rgi quin- genti elephanti, peditum equitumque numerus incertus : Chrysei, Parasangae, Asangae, tigri fera scatentes. Ar- mant peditum xxx mill., elephantos ccc, quits dccc. Hos includit Indus, montium corona circumdatos et solitudinibus per dcxxv m. Infra solitudines, Dari, Surae, iterumque solitudines per clxxxvii mill. pass. plerumque arenis ambientibus haud alio modo, quam insulas mari. Infra dserta haec Maltecorae , Singae, Ma- robas , Rarungae , Moruni. Hi montium , qui perpetuo tractu oceani orae praetenti, incolae, liberi et regum ex- pertes, multis urbibus montanos obtinent colles. Na- reae deinde, quos claudit mons altissimus Indicorum Capitalia. Hujus incolae, alio latere late auri et argenti metalla fodiunt. Ab iis Oraturae , quorum rgi eleplianti quidem decem , sed amplae vires peditum : Varetatae , qui sub rege elephantos non alunt, fiducia equitum pe- ditumque. Odomboerae , Salabastrae. Horatae urbe pul- chra, fossis palustribus munita:per quas crocodili, hu- mani corporis avidissimi, aditum nisi ponte non dant. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. (Ji cap Calingique et Dandagule, six cent vingt-cinq milles; Tropine, mille deux cent vingt-cinq; au cap Primule, prs duquel est le plus clbre entrept dos Indes, sept cent cinquante; enfin, Patale, dans l'le de ce nom , six cent vingt. De l'Indus au Jomanes on rencontre dans les montagnes les Cses , les Ctribons , habitant d'paisses forts ; les Mgalles, dont le roi a cinq cents lphans et une arme de fantassins et de cavaliers dont on ne connat pas le nombre; les Chryses, les Parasnges , les Asanges, dont le territoire nourrit des milliers de tigres. Leur force mi- litaire monte trente mille fantassins, trois cents lphans, huit cents cavaliers. Ils ont pour bornes l'Indus et une ceinture de montagnes leves avec un dsert de six cent vingt-cinq milles. Au del de ce vaste espace sont les Dares, les Sures; puis encore cent quatre-vingt-sept milles de d- serts o quelques lieux fertiles se trouvent au milieu d'une mer de sable comme des les dans l'Ocan. Au dessous de ces derniers habitent les Maltcores, les Singes, lesMarohes, les Rarunges, les Moruns, peuple libre et rpublicain, matre des monts dont la chane borde sans interruption la cte de l'Ocan, et sur la pente desquels il a beau- coup de villes. Les Narens s'tendent jusqu'au Capitalia , la plus haute des montagnes de l'Inde. Du ct oppos aux Narens on y exploite de riches mines d'or et d'argent. Suivent les Oratures, dont le roi n'a que dix lphans, mais commande une nombreuse infanterie; les Vartates, qui, forts de leur infanterie et de leur cavalerie , n'lvent poin! d'lphans ; les Odombores, les Salabastres, les Horates, dont la ville magnifique est entoure de fosss que l'on ne Qi C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Et aliud apud illos laudatur oppidum Automela, impo- situm litori quinque amnium in unum confluente con- cursu, emporio nobili. Rgi eorum elephanti m dc, pe- ditum cl M , equitum quinque m. Pauperior Charmarum rex clephantos lx parvasque reliquas vires habet. Ab iis gens Pandae , sola Indorum rgna ta feminis. Unam Her- culi sexus ejus genitam ferunt, ob idque gratiorem prae- cipuo regno donatam. Ab ea deducentes originem im- peritant ccc oppidis, peditum cl mill., elephantis quin- gentis. Post banc trecentarum urbium Syrieni, De- rangae , Posingae, Buzae, Gogiarei, Umbrae, Nereae, Brancosi , Nobundae , Cocondae , Nesei , Pedatrirae , So- lobriasae, Olostr Patalen insulam attingentes : a eujus extremo litore ad Gaspias portas xx xxv mill. pro- duntur. Hic deinde accolunt Indum adversum evidenti de- monstratione Amatae , Bolingae , Gallitalutae , Dimuri , Megari, Ordab, Mesae. Ab his Uri, Sileni : mox d- serta in ccl mill. passuum. Quibus exsuperatis Orga- nag, Aabortae, Sibar, Suert : et ab iis solitudines prioribus pares. Dein Saropbages, Sorgae, Baraomatae, Umbrittaeque, quorum xn nationes, singulisque binae urbes. Aseni trium urbium incolae. Caput eorum Buce- phala , Alexandri rgis equo (cui fuerat boc nomen) ibi HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 63 peut passer que sur ua pont, cause d'une foule de cro- codiles excessivement avides de chair humaine. Automle, comptoir clbre situ sur la cote au confluent de cinq rivires , est aussi aux Horates. Leur roi a mille six cents lphans, cent cinquante mille fantassins, cinq mille ca- valiers. Moins puissant , le roi des Charmes ne possde que soixante lphans et une arme trs-infrieure. Plus loin paraissent les Pandes, seule nation qui obisse des femmes. Hercule , dit-on , eut une fille dans ce pays , et ce peuple, rempli de respect pour sa haute naissance, lui donna la couronne : les femmes issues de son sang lui ont succd, et commandent encore aujourd'hui trois cents villes, cent cinquante mille soldats ; elles ont , de plus , cinq cents lphans. On trouve ensuite les Syrines, qui possdent trois cents villes, les Dranges, les Posinges, les Buzes, les Gogiares, les Umbres, les NFens, les Brancoses, les Nobundes, les Cocondes, les Nses, les Pdatrires , les Solobriases , les Olostres , dans le voisinage de Patale. De l'extrmit de cette le aux portes Caspien- nes, la distance est de mille neuf cent vingt-cinq milles. Plus loin et le long de la rive orientale, dans des po- sitions non contestes, habitent les Amates, les Bo- linges, les Gallitalutes , lesDimures, les Mgares, les Ordabes, les Mses, puis les Ures, les Silnes; vient en- suite un dsert de deux cent cinquante milles, qui nous mne chez les Organages, les Aabortes, les Sibares, les Suertes. L nouveaux dserts, puis les Sarophages, les Sorges , les Baraomates , les Umbrittes diviss en douze peuples, dont chacun a deux villes; les Asnes, qui en habitent trois, et dont la capitale est Bucphale, clbre 64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. sepulto conditum. Montani super hos Gaucaso subjecti , Soleadae , Sondrae : transgressisque Indum , et cum eo decurrentibus Samarabriae, Sambruceni, Bisambritae, Osii , Antixeni , Taxillae , cum urbe celebri , jam in plana demisso tractu, cui universo nomen Amandae. Populi quatuor, Peucolaitae, Arsagalitae, Geretae, Asoi. Etenim plerique ab occidente non Indo amne dter- minant, sed adjieiunt quatuor satrapias, Gedrosos, Ara- chotas, Arios, Paropamisadas, ultimo fine Cophete flu- vio : quae omnia Ariorum esse, aliis placet. 1 1 . Nec non et Nysam urbem plerique Indiae adscri- bunt , montemque Merum , Libero patri sacro : unde origo fabulae, Jovis femine editum. Item Astacanos gen- tem, vitis, et lauri, et buxi, pomorumque omnium in Graecia nascentium fertilem, Qu memoranda, et prope fabulosa, de fertilitate terras, ac gnre frugum arbo- rumque, aut ferarum, aut volucrum, et aliorum ani- malium traduntur, suis quaeque locis in reliqua parte operis commemorabuntur. Quatuor vero satrapiae mox paulo, ad Taprobanen insulam festinante animo. Sed ante sunt aliae, Patale, quam significavimus in ipsis faucibus Indi, triquetra figura, ccxx m passuum latitudine. Extra ostium Indi, Chryse , et Argyre, fer- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 65 par la spulture du cheval d'Alexandre , qui avait port ce nom. Plus haut et sur le Caucase habitent des peu- ples montagnards , les Solades , les Sondres , et de l'autre ct de l'Indus, en suivant le cours et la pente des eaux, les Samarabres, les Sambrucnes, les Bisambrites , les Osiens, les Antixnes, les Taxilles, qui ont une ville c- lbre du mme nom au milieu d'un plateau moins lev dont l'ensemble se nomme Amande. Ajoutons encore quatre peuples, les Peucolates, les Arsagalites, les G- rtes , les Asos. La plupart des gographes mme ne fixent pas la li- mite de l'Inde la rive occidentale de l'Indus , et ils y ajoutent quatre satrapies, la Gdrosie, l'Arachosie, l'Arie, la Paropamisie , que borne le Cophte. Selon quel- ques-uns toutes ces contres forment l'Arie. ai. La plupart des savans mettent aussi dans l'Inde Nysa et le mont Mros, consacr Bacchus, d'o la fable qui fait natre ce Dieu d'une cuisse de Jupiter. Le pays des Astacanes produit des vignes, du laurier, du buis, et gnralement tous les arbres qui naissent en Grce. Quant toutes ces particularits merveilleuses, je dirais presque fabuleuses, sur l'extrme fertilit du sol , sur ses grains , ses arbres , ses btes sauvages , ses oi- seaux , en un mot sur tous les animaux qu'elle contient , je les consignerai chacune leur place dans la suite de l'ouvrage ; je ne parlerai mme que plus bas des satra- pies. Taprobane est maintenant le but de nos dsirs. Mais quelques les se trouvent sur notre route; Pa- tate, l'embouchure de l'Indus est un triangle dont la base a deux cent vingt milles. Pass l'embouchure se pr- v.* 5 64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. sepulto conditum. Montani super hos Caucaso subjecti , Soleadae , Sondr : transgressisque Indum , et cum eo decurrentibus Samarabri, Sambruceni, Bisambritae, Osii , Antixeni , Taxillae , cum urbe celebri , jam in plana demisso tractu, cui universo nomen Amandae. Populi quatuor, Peucolait, Arsagalitae, Geretae, Asoi. Etenim plerique ab occidente non Indo amne dter- minant, sed adjieiunt quatuor satrapias, Gedrosos, Ara- chotas, Arios, Paropamisadas, ultimo fine Copbete flu- vio : quae omnia Ariorum esse, aliis placet. 1 1 . Nec non et Nysam urbem plerique Indiae adscri- bunt , montemque Merum , Libero patri sacro : unde origo fabula?, Jovis femine editum. Item Astacanos gen- tem, vitis, et lauri, et buxi, pomorumque omnium in Graecia nascentium fertilem, Quae memoranda, et prope fabulosa, de fertilitate terrae, ac gnre frugum arbo- rumque, aut ferarum, aut volucrum, et aliorum ani- malium traduntur, suis quasque locis in reliqua parte operis commemorabuntur. Quatuor vero salxapiae mox paulo, ad Taprobanen insulam festinante animo. Sed ante sunt ali, Patale, quam significavimus in ipsis faucibus Indi , triquetra figura, ccxx m passuum latitudine. Extra ostium Indi, Chryse , et Argyre, fer- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 65 par la spulture du cheval d'Alexandre, qui avait port ce nom. Plus haut et sur le Caucase habitent des peu- ples montagnards , les Solades , les Sondres , et de l'autre ct de l'Indus, en suivant le cours et la pente des eaux, les Samarabres, les Sambrucnes, les Bisambrites , les Osiens, les Antixnes, les Taxilles, qui ont une ville c- lbre du mme nom au milieu d'un plateau moins lev dont l'ensemble se nomme Amande. Ajoutons encore quatre peuples, les Peucolates, les Arsagalites, les G- rtes , les Asos. La plupart des gographes mme ne fixent pas la li- mite de l'Inde la rive occidentale de l'Indus , et ils y ajoutent quatre satrapies, la Gdrosie, l'Arachosie, l'Arie, la Paropamisie , que borne le Cophte. Selon quel- ques-uns toutes ces contres forment l'Arie. ai. La plupart des savans mettent aussi dans l'Inde Nysa et le mont Mros, consacr Bacchus, d'o la fable qui fait natre ce Dieu d'une cuisse de Jupiter. Le pays des Astacanes produit des vignes, du laurier, du buis, et gnralement tous les arbres qui naissent en Grce. Quant toutes ces particularits merveilleuses, je dirais presque fabuleuses, sur l'extrme fertilit du sol, sur ses grains, ses arbres, ses btes sauvages, ses oi- seaux , en un mot sur tous les animaux qu'elle contient , je les consignerai chacune leur place dans la suite de l'ouvrage ; je ne parlerai mme que plus bas des satra- pies. Taprobane est maintenant le but de nos dsirs. Mais quelques les se trouvent sur notre route; Pa- tale, l'embouchure de l'Indus est un triangle dont la base a deux cent vingt milles. Pass l'embouchure se pr- v.* 5 66 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. VI. tiles metallis , ut credo. Nam quod aliqui tradidere, au- reum argenteumque iis solum esse, haud facile credi- derim. Ab iis xx m pass. Crocala. Ab ea xn m pass. Bi- baga , ostreis et conchyliis referta. Deinde Coralliba ix m pass. a supra dicta, multaeque ignobiles. Taprobane. XXIY. 11. Taprobanen alterum orbem terrarum esse , diu existimatum est, Antichthonum appellatione. Ut liqueret insulam esse, Alexandri Magni tas resque praestitere. Onesicritus classis ejus praefectus, elephantos ibi majores bellicosioresque, quam inlndia, gigni scrip- sit : Megasthenes flumine dividi, incolasque Palogo- nos appellari, auri margaritarumque grandium fertilio- res , quam Indos. Eratosthenes et mensuram prodidit , longitudinis vu m stad., latitudinis quinque m, nec ur- bes esse, sed vicos septingentos. Incipit ab Eoo mari , inter ortum occasumque Solis Indiae prae tenta, et quon- dam crdita xx dierum navigatione a Prasiana gnie distare : mox, quia papyraceis navibus, annamentisque Nili peteretur, ad nostrarum navium cursus, vu dierum intervallo taxato. Mare interest vadosum, senis non amplius altitudiiiis passibus, sed certis canalibus ita profundum, ut null ancorae sidant : ob id navibus utrimque prorae, ne per angustias alvei circumagi sit HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 67 sentent Chrys et Argyre, o abondent les mines, car je ne peux croire, comme le disent quelques crivains, que le sol mme est de l'or et de l'argent. A vingt milles de l s'lve Crocale, et douze milles plus loin Bibaga, riche en hutres et en coquillages de toute espce. Coralliba n'en est qu'a neuf milles ; elle est suivie d'une foule d'ilts peu connus. Taprobane. XXIV. 11. Taprobane a long-temps pass pour un autre monde, pour le monde des Antipodes. C'est du temps d'iUexandre, et grce ses armes, qu'on s'est assur qu'elle est une le. Onsicrite , amiral de la flotte macdonienne, a crit que la race des lphans y tait plus grosse et plus belliqueuse que dans l'Inde. Selon Mgasthne , un fleuve la traverse : ses habitans se nomment Palogones ; on y recueille plus d'or et des perles plus belles qu'en Inde. Eratosthne value sa sur- face sept mille stades de long sur cinq de large, et lui donne sept cents bourgs sans aucune ville. Taprobane commence dans la mer Orientale et se dveloppe le long de l'Inde entre l'ouest et l'est. De ses ctes Prasiane on comptait jadis vingt jours de traverse. Aujourd'hui que nos vaisseaux ont remplac les btimens de papyrus bons pour la navigation du Nil , on a rduit ce nombre sept. La mer qui la spare du continent est pleine de bas- fonds; la hauteur des eaux n'est que ce six pas, sauf en certains canaux o la profondeur est telle que nulle ancre ne trouve de sol o mordre , mais si troits qu'on donne deux proues aux navires, parce qu'ils ne pour- 5. 68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. necesse. Magnitiulo ad terna millia amphorum. Side- ruin in navigando nulla observatio. Septentrio non cer- nitur : sed volucres secum vehunt, emittentes saepius, meatumque earum terrain petentium comitantur. Nec plus quaternis mensibus anno navigant. Cavent a solsti- tio maxime centum dies, tum illo mari hiberno. Hactenus a priscis memorata : nobis diligentior no- titia Claudii principatu contigit, legatis etiam ex insula adveclis. Id accidit hoc modo : Annii Plocami , qui ma- ris Rubri vectigal a fisco redemerat , libertus circa Ara- biam navigans, Aqilonibu^aptus praeter Carmauiam, xv die Hippuros portum ejus invectus, hospitali rgis clementia sex mensium tempore imbutus adloquio , per- cunctanti postea narravit Romanos et Caesarem. Mirum in modum in auditis justitiam ille suspexit , quod pares pondre denarii essent in captiva pecunia , cum diversae imagines indicarent a pluribus factos. Et hoc maxime sollicitatus ad amicitiam, legatos quatuor misit, prin- cipe eorum Rachia. Ex iis cognitum d esse oppida, portum contra ^ meridiem, adpositum oppido Palaesi- mundo, omnium ibi clarissimo, ac regiam ce mill. pie- bis. Stagnum intus Megisba, ccclxxv mill. passuum am- bitu p insulas pabuli tantum fertiles complexum. Ex eo HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. G 9 raient revirer de bord. Le btiment ne doit tre que de trois mille amphores. La navigation ne se dirige point d'aprs l'inspection des astres. On ne voit point la grande ourse. Mais l'quipage emporte des oiseaux auxquels on donne la vole, et comme ils se dirigent vers la terre, on suit la direction que prennent leurs ailes. Le trajet n'est possible que pendant quatre mois de l'anne. C'est sur- tout pendant les cent jours les plus voisins du solstice de juin qu'on vite la mer ; car c'est alors que l'hiver sou- lve la mer Indique. Jusqu'ici nous ne faisons que transcrire nos devan- ciers; mais des ambassadeurs venus de l'le mme, sous le rgne de Claude, nous ont donn des notions plus compltes. Voici comment: Annius Plocamus, affranchi qui avait achet du fisc les revenus de la mer Rouge, c- toyait l'Arabie , lorsque les aquilons le portrent le long de la Carmanie en quinze jours jusqu' Hippures, o il fut accueilli hospitalircment par le roi, et o, au bout de six mois, ayant appris la langue du pays, il rpondit aux questions du prince par des dtails sur Rome et sur Csar. Ce qui frappa surtout le royal auditeur, c'est que le poids de l'argent de son captif tait toujours le mme , quoique les effigies indiquassent par leur diversit des souverains diffrens. Ce motif surtout l'excita recher- cher l'amiti des Romains , et il nous envoya quatre d- puts , dont le chef s'appelait Rachia. D'aprs le rcit de ceux-ci , Taprobane a cinq cents villes , et au sud un port prs duquel est Palsimonde , la plus belle ville de l'le. Le palais du roi renferme deux cent mille mes. Le lac Mgisba , dans le centre , a trois cent soixante-quinze 7 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. duos amnes emmpere : Palaesimundum , juxta oppidum ejusdem nominis, influentem in portum tribus alveis, quinque stadiorum arctissimo , xv amplissimo : alterum ad septentriones Indiamque versum , Cydara nomine. Proximum esse Indiae promontorium , quod vocetur Co- liacum, quatridui navigatione, medio in cursu Solis in- sula occurrente. Mare id colore perviridi, praeterea fru- ticosum arboribus, jubas earum gubernaculis deteren- tibus. Septentriones Vergiliasque apud nos, veluti novo clo , mirabantur. Ne lunam quidem apud ipsos , nisi ab octava ad xvi supra. terram aspici fatentes. Canopum lu- cere noctibus , sidus ingens et clarum. Sed maxime mi- rum iis erat, umbras suas in nostrum caelum cadere, non in suum: solemque a laeva oriri, et in dexteram occidere potius, quam e diverso. Iidem narra vere, latus insulae, quod praetenderetur Indiae , x mill. stad. esse ab oriente hiberno. Ultra montes Emodos, Seras quoque ab ipsis as- pici, notos etiam commercio : patrem Rachiae commeasse eo : advenis sibi Seras occursare. Ipsos vero excedere ho- minum magnitudinem/rutilis comis, cruleis oculis, oris sono truci , nullo commercio linguae. Cetera eadem , quae nostri negotiatores. Fluminis ulteriore ripa merces positas juxta venalia tolli ab his , si placeat permutatio : non aliter odio justiore luxuriae , quam * si 'perducta mens illuc usque cogitet , quid , et quo petatur, et quare. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 7 i milles de tour, et contient des les o il ne crot que des pturages. Deux fleuves y coulent. Le premier, qui se nomme Palsimonde, se jette dans la mer prs de la ville de mme nom par trois embouchures , dont la moin- dre a cinq stades de largeur et la plus grande quinze ; le second s'appelle Cydara et coule vers le nord et vers l'Inde. Du cap Coliaque, le plus voisin de l'Inde, la terre ferme, la traverse est de quatre jours. On ren- contre au milieu l'le du Soleil. La mer est l d'une cou- leur extrmement verte; des arbres croissent au fond des eaux , et leurs sommits sont souvent froisses par les vaisseaux. Les Taprobaniens Rome voyaient avec ton- nement la grande ourse, les Vergilies ; c'tait pour eux un ciel nouveau. La lune mme, disaient-ils, ne se montre chez eux que de la huitime la seizime heure. La grande et brillante Canope les claire toutes les nuits. Mais ce qui mettait le comble leur tonnement, c'est la direction des ombres vers le ple arctique et non vers le ple austral ; et la position du soleil se levant gauche et se couchant droite, tandis que chez eux c'est tout le contraire. Ils ajoutaient que la cte de Taprobane qui regarde l'Inde a dix mille stades et est l'orient d'hiver. De l'le mme on voit au del des monts Emodes, les Sres, si connus par leur commerce; le pre de Rachia avait t dans leur pays; et les habitans, assurrent-ils, allaient d'eux - mmes au devant des trangers. Leur stature colossale , des cheveux blonds , des yeux bleus , des sons rudes et rauques , point d'idiome pour se communi- quer leur pense , voil ce qui les caractrise. Du reste, ils ressemblent nos marchands : si les marchau- C PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Sed ne Taprobane quidem, quamvis extra orbem a natura relegata, nostris vitiis caret. Aurum argentum- que et ibi in pretio. Marmor testudinis simile, gemmae margaritaeque in honore multo prstantiores : et totius luxuriae nostrae cumulus. Ipsorum opes majores esse di- cebant , sed apud nos opulentiae majorem usum. Servum nemini : non in diem aut interdiu somnum : aedificia modice ab humo exstantia, annonam numquam augeri , non fora litesve esse : coli Herculem : eligi regem a populo snecta clementiaque , liberos non habentem : et si postea gignat , abdicari , ne fit hereditarium regnum. Rectores ei a populo xxx dari : nec nisi plurium sen- tentia quemquam capitis damnari : sic quoque appella- tionem esse ad populum ; et septuaginta judices dari : si librent ii reum, amplius triginta, bis nullam esse dig- nationem , gravissimo probro. Rgi cultum Liberi pa- tris , ceteris Arabum. Regem , si quid delinquat , morte multari , nullo interimente , aversantibus cunctis , et commercia etiam sermonis negantibus. Festa venatione absumi, gratissimam eam tigribus elephantisque con- stare. Agros diligenter coli : vitis usum non esse, pomis abundare. Esse et in piscatu voluptatem, testudinum HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 7 3 lises offertes leur plaisent, ils en posent les retours sur la rive ultrieure du fleuve. Nouvelle occasion de har le luxe encore plus que jamais, pour peu qu'on songe et aux objets que l'on va chercher et aux lieux et au but. Taprobane mme, quoique isole du monde par la nature , n'est pas trangre nos vices. On y estime l'or et l'argent. Ses marbres, qui ont la beaut de l'caill, ses perles, ses pierreries magnifiques sont des plus es- tims ; enfin , c'est notre luxe dans toute son exagra- tion. Mais, disaient-ils, s'ils ont plus de richesses, l'art chez nous tire mieux parti des ntres. Taprobane n'a point d'esclaves : on n'y dort ni tout le jour ni une partie du jour; les difices s'lvent peu au dessus du sol : le prix des denres ne varie pas; on ne connat ni barreau , ni procs. Hercule est le dieu du pays. Le peuple lit pour roi un vieillard recommanda- ble par sa douceur, et sans enfans; s'il devient pre, il abdique pour que l'empire ne devienne pas hrditaire. On lui donne de plus trente conseillers , et on ne condamne mort que sur l'avis de la majorit. L'appel au peuple existe aussi ; on nomme alors soixante-dix juges ; et si ceux-ci absolvent l'accus, les trente courtisans sont dgrads et deviennent des objets de mpris. Le roi porte le costume de Bacchus ; le peuple s'habille comme les Arabes. Si le roi devient coupable de quelque grand crime , on le con- damne mort ; mais personne n'excute la sentence , cha- cun le fuit , on refuse mme d'changer un mot avec lui , et on le laisse prir dans une grande et magnifique chasse contre les lphans et les tigres. L'agriculture est trs- soigne : on ne cultive pas la vigne , les fruits abondent. ft C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. maxime , quarum superficie familias habitantium con- tegi : tanta reperiri magnitudine. Vitam hominum cen- tum annis modicam. Haec comperta de Taprobane. Ariani et junctae gentes. XXV. Quatuor satrapi r quas in hune locum distu- limus , ita se habent. 1 3. A proximis Indo gentibus, montana. Capissene habuit Capissam urbem , quam diruit Cyrus. Arachosia cum oppido et flumine ejusdem nominis, quod quidam Cophen dixere, a Semiramide conditum. Amnis Ery- manthus praefluens Parabesten Arachosiorum. Proximos iis a meridie ad partem Arachotarum faciunt Gedrosos , et a septentrione Paropamisadas : Cartana oppidum sub Caucaso, quod postea Tetragonis dictum. Hc re- gio est ex adverso. Bactrianorum deinde, cujus- oppidum Alexandria, a conditore dictum. Syndraci, Dangal, Parapiani , Cantaces , Maci. Ad Caucasum , Cadrusi : oppidum ab Alexandro conditum. Infra ha3C omnia, ora ab Indo : Ariana regio ambusta Fervoribus, desertisque circumdata, multa tamen inter- fusa opacitate : cultores congregat circaduos maxime (luvios , Tonderon et Ai^osapen. Oppidum Artacoana. Arius amnis , qui praefluit Alexandiiam ab Alexandro conditam. Patet oppidum stadia xxx, multoque pulcrius, HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. ?5 Les habilans aiment la pche, surtout celle des tortues, dont la carapace sert d'abri une famille entire, tant on en trouve d'normes. Une vie de cent ans ne passe point pour longue. Voil ce que nous savons de Taprobane. Les Ariens , et les peuples voisins. XXV. Passons aux quatre satrapies dont nous avons jusqu'ici remis la description. 2 3. Aprs les peuples les plus voisins de l'Indus est un pays montueux, nomm Capissne. Capisse, sa capitale, fut dtruite par Cyrus. L'Arachosie a une ville et un fleuve de mme nom , que quelquefois on appelle Cophs. La ville doit sa fondation Smiramis. Une autre ville arachosienne, Parabeste, est arrose par l'Erymanthe. LaGdrosie au sud , les Paropamisades au nord confinent aux Arachosiens : sous le Caucase est Cartane, depuis dite Ttragonide. Ces pays font face l'Arachosie. Vient ensuite la Bactriane , o une ville d'Alexandrie a reu le nom du prince son fondateur, puis les Syndraces, les Dangales, les Parapianes, les Cantaces, les Maces, les Cadruses prs du Caucase ; ceux-ci ont une ville btie par Alexandre. Au dessous s'tend la cote l'ouest de l'Indus. L'Ariane d'abord y dploie ses plaines brles par la chaleur, ses vastes dserts et les les nombreuses dont ils sont par- sems : deux rivires principales, le Tondre et l'Aro- sape, rassemblent des habitans autour de leurs rives. On. y voit de plus Artacoane, l'Arius, dont les eaux baignent une autre Alexandrie, cration d'Alexandre (cette ville a 76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. sicut antiquius , Artacabane : iterum ab Antiocho muni- tum, stadia l. Dorisci gens. Amnes : Pharnacotis, Ophra- dus. Prophthasia oppidum Zariasparum : Drangae , E ver- gete, Zarangae, Gedrusi. Oppida : Peucolais, Lym- phorta : Methoricorum desertum. Aranis Manais : Au- gutturi gens. Flumen Borru : gens Urbi. Fluraen navi- gabile Pomanus Pandarum finibus. Item Cabirus Suaro- rum, ostio portuosus. Oppidum Condigramma. Flumen Cophes. Influunt in eum navigabilia Sadarus , Parospus, Sodinus. Ari^nae partem esse Daritin aliqui volunt, mensu- ramque produnt utriusque longitudine xx L, latitudine dimidio minore, quam Indiae. Alii Gedrusos, et Pasires posuere per cxxxiv mill. passuum. Mox Ichthyophagos Oritas, propria, non Indorum, lingua loquentes, per ce mill. pass. Inde posuere Arbiorum gentem per ce mill. Ichthyophagos omnes Alexander vetuit piscibus vivere. Ultra dserta : deinde Carmania , ac Persis , at- que Arabia. Navigationes in Indiam. XXVI. Sed priusquam he generatim persequamur. indicare convenit, quae prodit Onesicritus, classe Alexan- dri circumvectus in mediterranea Persidis ex India , nar- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 77 trente stades), Artacabane, beaucoup plus belle et plus ancienne que la prcdente; fortifie postrieurement par Antiochus , elle a cinquante stades. Suivent les Dorisques. Rivires : le Pharnacotide , l'Ophrade. Prophthasie est aux Zariaspes. Peuples : les Dranges, les Evergtes, les Zaranges, les Gdruses. Villes: Peucolas, Lymphorte, puis le dsert des Mthorices. Le Manas , les Augut- tures, le Borru, les Urbes, le Pomane, qui porte bateau et qui touche aux confins des Pandes, le Cabire chez les Suares (celui-ci a un port son embouchure), Con- digramme, le Cophs grossi de trois rivires navigables: le Sadare , le Parospe , le Sodin compltent ce tableau. Dans l'Ariane , quelques-uns comprennent la Daritide et donnent aux deux pays ensemble mille neuf cent cin- quante milles de long sur une largeur de moiti infrieure celle de l'Inde. Selon d'autres , les Gdruses et les Pa- sires s'tendent sur une longueur de cent trente-quatre milles : les Ichthyophages Orites , qui parlent non l'indien , mais une langue particulire, occupent deux cents milles de pays. Les Arbiens qui les suivent ont de mme une cte de deux cents milles. Alexandre avait interdit l'usage exclusif du poisson tous ces Ichthyophages. Les dserts qui commencent immdiatement aprs mnent la Car- manie, la Perse et l'Arabie. Voyages par mer aux Indes. XXVI. Mais avant de s'appesantir sur ces dtails , sui- vons les traces d'Onsicrite , amiral d'Alexandre, qui de l'Inde alla parcourir l'intrieur du golfe de Perse , et 78 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. rata proxime a Juba : dein eam navigationera , quae his annis comperta servatur hodie.' Onesicriti et Nearchi navigatio* nec nomina habet mansionum, nec spatia : primumque Xylenepolis ab Alexandro condita, unde ceperunt exordium, juxta quod flumen , aut ubi fuerit , non satis explanatur. Haec tamen digna memoratu produntur. Arbis oppidum a Nearcho conditum in navigatione ea. Flumen Nabrum navium capax : contra insula distans lxx stad. Alexan- dria condita a Leonnato jussu Alexandri in finibus gen- tis , Argenus portu salubri. Flumen Tuberum naviga- bile, circa quod Pasirae. Deinde Ichthyophagi tam longo tractu , ut xx [dierum spatio praenavigaverint. Insula , quae Solis appellatur, et eadem cubile Nympharum, ru- bens, in qua nullum non animal absumitur, incertis causis. Ori gens : flumen Carmaniae Hytanis portuo- sum , et auro fertile. Ab eo primum septentriones ap- paruisse adnotavere. Arcturum nec omnibus cerni noc- tibus , nec totis umquam. Achasmenidas usque illo te- nuisse. iEris et ferri metalla , et arsenici , et minii exer- ceri. Inde promontorium Carmaniae est, ex quo in ad- versa ora ad gentem Arabiae Macas trajectus distat l mill. pass. Insulae trs , quarum Oracla tantum habita- tur aquosa, a continenti xxv mill. pass. Insulae iv jam in sinu ante Persida. Circa lias hydri marini vicenum eu- r / r f HISTOIRE NATURELLE , LIV. VI. 79 dont Juba a parl nagure. Nous traiterons ensuite de la navigation aujourd'hui en usage. Le voyage d'Onsicrite et de Narque n'indique ni dis- tances ni points de repos. On n'explique pas mme suf- fisamment o et sur quelle rivire est Xylnpolis, ville fonde par Alexandre, et d'o partirent les deux ami- raux. Voici pourtant les points les plus dignes de remar- que. Arbis, fonde par Narque pendant le voyage; le Nabre, o remontent les vaisseaux ; vis--vis et soixante- dix stades une le ; Alexandrie , fonde sur l'ordre du conqurant, par Lonnat, aux extrmits du pays; Ar- gne avec un bon port , le ubre , rivire navigable , dont les bords sont habits par les Pasires , la cte des Ichthyophages, si longue qu'il faut vingt jours pour la parcourir , l'le du Soleil , autrement lit des Nymphes ( la terre en est rouge et des causes inconnues y font prir - tous les animaux), le peuple des Ores, l'Hytanis, qui coule en Carmanie et forme un port. L'or abonde aux environs. C'est l que l'quipage commena revoir la grande ourse. L'Arcture ne se montre ni toutes les nuits , ni la nuit entire. L s'arrtait l'empire des Achmnides. On y exploite le cuivre, le fer, l'arsenic, le minium. Vient ensuite le cap de Carmanie, cinquante milles des Maces, peuple arabe de la rive oppose. A vingt-cinq milles du continent sont trois les, dont une seule, Ora- cla, a de l'eau et des habitans. A l'entre du golfe et devant la Perside sont quatre les. L on vit avec effroi des hydres marines de vingt coudes venir la nage vers les vaisseaux. Les les Acrotade et Gaurates vien- nent ensuite. Dans la dernire sont les Chianes. Au mi- 1 1 I ,( 8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. bitorum adnatantes terruere classem. Insula, Acrota- dus : item Gauratae, in quibus Chiani gens. Flumen Hy- peris in medio sinu Persico ., onerariarum navium capax. Flumen Sitiogagus, quo Pasargadas septimo die naviga- tur. Flumen navigabile Heratemis : insula sine nomine. Flumen Granis modicarum navium capax, per Susianen fluit : dextra ejus accolunt Deximontani, qui bit union perficiunt. Flumen Zarotis ostio difficili, nisi peritis : in- sulae duae parvae : inde vadosa navigatio palustri similis , per euripos tamen quosdam peragitur. Ostium Euphratis. Lacus, quem faciunt Eulaeus et Tigris juxta Cbaracem. Inde Tigri Susa. Festos dies ibi agentem Alexandrum in- venerunt septimo mense, postquam digressus ab iis fue- rat Patalis; tertio navigationis. Sic Alexandri classis na- vigavit. Postea a Syagro Arabiae promontorio Patalen Favonio, quem Hippalum ibi vocant, peti certissimum videbatur xiii xxxii mill. passuum aestimatione. Secuta tas propiorem cursum tutioremque judica- vit, si ab eodem promontorio Zigerum portum Indiae peteret. Diuque ita navigatum est, donec compendia invenit mercator, lucroque India admota est. Quippe omnibus annis navigatur, sagittariorum cobortibus im- positis : etenim piratae maxime infestant. Nec pigebit totum cursum ab ^Egypto exponere , nunc primum certa notitia patescente. Digna res, nullo anno imperii nostri HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 81 lieu du golfe Persique dbouche l'Hypris , qui reoit les btimens de transport ; puis viennent le Sitiogage , qui mne en sept jours Pasargades, l'Hratmis, navigable aussi, une le sans nom, le Granis, qui coule en Susiane et o ne voguent que de petits vaisseaux (sur la droite de ce fleuve sont les Deximontanes , qui travaillent le bitume); l'embouchure du Zarote est difficile pour tout autre qu'un habile navigateur; prs de l sont deux pe- tites les ; on vogue ensuite sur des eaux semes de bas- fonds et d'euripes : on dirait des marcages. De l , re- montant l'embouchure de l'Euphrate , puis un lac form par le Tigre et l'Eule , auprs de Charax , on arrive par le Tigre Suse. L les deux amiraux trouvrent Alexandre au milieu des festins , sept mois aprs son dpart de Patale, et le troisime mois de leur embarquement. Tel fut le trajet de la flotte d'Alexandre. Dans la suite on a dcouvert qu'un vent nomm Hippale transporte en ligne directe du cap Syagre, en Arabie, Patale, course qui est de treize cent trente-deux milles. La gnration suivante trouva plus d'avantage, de sret et de brivet se rendre de ce mme cap au port Zigre en Inde; et tel a t long-temps l'itinraire maritime jusqu' ce qu'un marchand, en l'abrgeant, ait mis l'Inde la porte de notre cupidit. Chaque anne maintenant on fait un voyage dans l'Inde; mais les flottes sont garnies d'archers , car les pirates infestent ces mers. Traons ici l'itinraire tout entier, partir de l'Egypte , puisque l'on n'a que depuis peu des notions exactes sur ce point, qui certes est digne d'attention, car il n'est pas v.* G 82 C. PLINII fflST. NAT. LIB. VI. minus h-s quingenties exhauriente Jndia, et merces re- mittente, quae apud nos centuplicato veneant. Duo millia passuum ab Alexandria abest oppidum Ju- liopolis. Inde navigant Nilo Coptum ceem mill. pas- suum , qui cursus Etesiis flantibus peragitu'r xii diebus. A Copto camelis itur, aquationum ratione mansionibus dispositis. Prima appellatur Hydreum , xxxn mill. Se- cunda in monte, diei itinere. Tertia in altero Hydreu- mate, a Copto xcv mill. Deinde in monte. Mox ad Hy- dreum Apollinis, a Copto clxxxiv mill. passuum. Rursus in monte. Mox ad novum Hydreum a Copto ccxxxiu mill. passuum. Est et aliud Hydreum vtus . Troglody- ticum nominatur, ubi praesidium excubat diverticulo duum millium. Distat a novo Hydreumate iv mill. pas- suum. Inde Brnice oppidum , ubi portus Rubri ma- ris, a Copto cclviii mill. passuum. Sed quia major pars itineris conficitur noctibus propter aestus , et stativis dies absumuntur, totum a Copto Berenicen iter duo- decimo conficitur die. Navigare incipiunt aestate mdia ante Canis ortum , aut ab exortu protinus , veniuntque circiter xxx die Ocelim Arabise, aut Canen thuriferae regionis. Est et tertius portus , qui vocatur Muza, quem Indica naviga- tio non petit , nec nisi thuris odorumque Arabicorum mercatores. Intus oppidum, regia ejus appellatur Saphar, I I HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 83 d'anne o l'Inde ne ravisse Rome cinquante millions de sesterces , et ne nous donne en retour des marchan- dises qui chez nous se vendent cent fois cette somme. D'Alexandrie Juliopolis on compte deux milles; de l 4e Nil et les vents tsiens mnent en douze jours Coptos, trois cent trois milles plus loin : l on prend des chameaux , et l'on s'arrte , pour prendre de l'eau , des relais disposs sur la route. Hydreum, le premier, est trente-deux milles ; le second, dans une montagne, se dcouvre aprs un jour de marche; Hydreuma, le troi- sime, est quatre-vingt-quinze milles de Coptos. Qua- trime station, sur une montagne; cinquime, Hy- dreum d'Apollon (cent quatre-vingt-quatre milles de Coptos). Nouvelle montagne; de celle-ci on va Novum Hydreum (deux cent trente-trois milles de Coptos). A quatre lieues de l est l'ancienne Hydreum, dite aussi Hydreum la Troglodytique, o se trouve de ^uoi loger deux mille hommes. Enfin, on arrive Brnice, port sur la mer Rouge, situ deux cent cinquante-huit milles de Coptos ; mais comme on ne marche gure que la nuit, et que le jour est consacr au repos , toute cette route se fait en douze jours. La navigation commence vers le milieu de l't, quel- que temps avant ou immdiatement aprs le lever de la canicule; trente jours suffisent pour atteindre Oclis en Arahie, ou Cane dans le pays de l'encens. Muza, le troi- sime port de ces parages , n'est hant que par ceux qui trafiquent de l'encens et des aromates de l'Arabie; ja- mais ceux qui vojtt* aux Indes n'y relchent. Dans les 6: mu 84 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. aliudque Save. Indos autem petentibus utilissimum est ab Oceli egredi. Inde vento Hippalo navigant diebus qua- draginta ad primum emporium Indi Muzirim, non expetendum propter vicinos Piratas , qui obtinent lo- cum nomine Nitrias : neque est abundans mercibus. Prterea longe a terra abest navium statio, lintribus- que adferuntur onera, et regeruntur. Regnabat ibi , cum proderem hc , Celebothras. Alius utilior portus gentis Necanidon , qui vocatur Barace. Ibi rgnt Pandion , longe ab emporio mediterraneo distante oppido, quod vocatur Modusa. Regio autem ex qua piper monoxylis lintribus Baracen convehunt , vocatur Cottonara : qu omnia gerttium , portuumve , aut oppidorum nomina apud neminem priorum reperiuntur. Quo apparet mu- tari locorum status. Kx India renavigant mense iEgyp- tio Tybi incipiente, nostro decembri : aut utique Mechi- ris iEgyptii intra diem sextura, quod fit intra Idus Ja- nuarias nostras : ita evenit , ut eodem anno remeent. Navigant autem ex India vento Vulturno : et cum in- travere Rubrum mare, Africo vel Austro. Nunc revertemur ad propositum. W > ' Carmania.- j , XXVII. Carmanise oram patere duodecies entena l mill. passuum> Nearchus scripsit. Ab initio ejus ad flu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 85 terres est une ville dont le palais s'appelle Saphar. Une autre ville encore se nomme Save. Le plus avantageux, c'est de repartir d'Oclis. Le vent Hippale porte ensuite le vaisseau en quarante jours Muziris , premire ville marchande que prsente l'Inde. Mais on ne se dirige gure vers ce point , tant cause des pirates voisins qui occupent le lieu dit Nitria, et du peu d'abondance des marchandises , que parce que les navires stationnent loin du rivage , et qu'il faut des bateaux pour emporter et rapporter les marchandises. Cette cte, au moment o j'cris, obit au roi Clbothre. Le port de Barace, chez les Ncanides , est beaucoup meilleur. Le roi du pays se nomme Pandion. Le march est quelque distance de la capitale , qu'on nomme Moduse. La contre d'o l'on ap- porte Barace , sur des canots d'une seule pice de bois , des cargaisons de poivre, s'appelle Cottonara. Nul autre jusqu'ici n'a donn ces noms de villes, de ports ou de nations, ce qui indique des changemens de dnomination. Pour revenir de l'Inde, on part au commencement du mois gyptien Tybi , qui rpond notre dcembre , ou le 6 de Mchiris, ce qui revient nos ides de janvier, de sorte que l'aller et le retour ont lieu dans l'anne. Le vent qui ramne de l'Inde est le Vulturne, et quand on est dans les eaux du golfe Arabique, c'est l'Africus ou l'Auster, Revenons notre objet. - Carmanie. XXVlI. La cte de la Carmanie a, selon Narqtie, douze cent cinquante milles d'tendue. Du point o 86 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. men Sabin centum mill. passuum. Inde vineas coli et arva ad flumcn An dan in xxv mill. spatio. Regio voca- tur Armuzia. Oppida Carmani, Zethis, et Alexandria. ... * i Sinus Prsicus et Arabicus. XXVIII. Irrumpit dende et in hac parte geminum mare terras, quod Rubrum dixere nostri, Graeci Ery- thraeum a rege Erythra, aut (ut alii) solis repercussu talem reddi colorera existimantes : alii ab arena terra- que, alii tali aquae ipsius natura. i[\. Sed in duos dividitur sinus. Is qui ab oriente est, Prsicus appellatur, xxv m. passuum circuitu , ut Erato- sthenes tradit. Ex adverso est Arabia, cujus xn mill. passuum est longitudo. Rursus altero ambitur sinu , Arabico nominato. Oceanum qui influit , Azanium appel- lant. Persicum introitum v mill. passuum latitudinis, alii quatuor fecerunt. Ab eo ad intimum sinum recto cursu x xxv mill. propemodum constat esse, et situm ejus humani capitis effigie. Onesicritus et Nearchus ab Indo amne in sinum Persicum, atque illinc Babylonem Eu- phratis paludibus , scripserunt xvn mill. passuum esse. In Carmaniae angulo sunt Chelonopbagi , testudinum superficie casas tegentes, carne vescentes. A flumine Arbi HISTOIRE NATURELLE, L1V. VI. 87 elle commence jusqu'au Sabis on compte cent milles. Des vignobles, des champs ensemencs s'tendent sur un espace de vingt-cinq milles, jusqu' l'Andanis. Le pays lui-mme se nomme Armuzie. On voit en Carmanie les villes de Zthis et d'Alexandrie. Golfes Persique et Arabique. XXVIII. La terre ensuite est envahie par une double mer nomme chez nous mer Rouge , et chez les Grecs Erythre, soit cause du roi Erythras, soit parce que la rverbration ds rayons solaires donne cette nuance aux eaux , soit cause de celle du sable et de la terre , soit enfin pour indiquer la nature mme des eaux. i[\. Elle se divise en deux golfes. Le plus oriental est le golfe Persique. Eratosthne lui donne deux mille cinq cents milles de circonfrence. Vis--vis est l'Arabie, qui a douze cents milles de longueur ; l'autre est le golfe Ara- bique, qui communique avec l'Ocan parle golfe d'Azanie. L'entre du golfe Persique a cinq milles de large , ou , selon quelques-uns , quatre. De l au fond du golfe il y a , en ligne directe , onze cent vingt-cinq milles ; sa figure re- prsente une tte humaine. Selon Onsicrite et Narque, de l'Indus au golfe Persique, et de l Babylone, en remontant les marcages que forme l'Euphrate, il y a dix-sept milles. A l'extrmit de la Carmanie sont les Chlonophages, qui mangent la chair de la tortue et transforment en ss c plevh msT. nat. lib. vi. promontorium ipsum inhabitant , praeter capita toto cor- pore hirti, coriisque piscium vestiti. a5. Ab horum traclu Indiam versus Caicandrus d- serta insula in oceano, l mill. passuum traditur : juxta- que eam freto interfluente Stoidis, quaestuosa margaritis. A promontorio Carmanis junguntur Armozei. Quidam interponunt Arbios, ccccxn millia passuum toto litore. H>i portus Macedonum , et ara? Alexandri in promonto- rio. Amnes : Saganos \ dein Daras, et Salsos. Ab eo promontorium. Themisteas, insula Aphrodisias habitatur. Inde Persidis initium ad fiumen Oroatin. quo dividitur ab Elymaide. Contra Persidem insulae. Philos Casan- dra, Aracia cum monte praealto Neptuno sacra. Ipsa Persis adversus oceasum , sita obtinet litora dl mill. passuum retiam in luxum dives, l Parthorum jam pri- dem translata nomen. Horum de imperio nunc paucis. Parthomm rgna. XXIX. Rgna Parthorum duodevigintf sunt innia ; ita enim dividunt provincias, circa duo (ut' diximus) maria, Rubrum a mrdie, Hyrcanum a septentrione. Ex iis undecim , quae superiora dicuntur, incipiunt a confinio Armeniae. Caspiisque li ton bus : pertinent ad Scvthas, cum quibus ex aequo degunt. Reliqua scptem HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 8,j nul sa carapace. Passe le fleuve Arbis, et sur le promon- toire mme, ou trouve un peuple dont tout le corps est velu, sauf la tte, et qui se revt de peau de poissons. 25. Plus loin et vers l'Urne est, dit-on, l'le dserte de Cacandre, au milieu de l'Ocan, cinquante inillos. Un modique dtroit la spare de Stode , o l'on s'enrichit par la pche des perles. Pass le promontoire, les Armozens confinent aux Carmaniens : quelques-uns cependant pla- cent entre ces deux peuples les Arbiens : la cte entire a quatre cent douze milles. Ensuite viennent, sur un cap, et la cte macdonienne , et les autels d'Alexandre. Les fleuves Saganes, Dare, Salse, prcdent le cap Thmi- stas et l'le Aphrodisiade , qui a des habitans. Au del commence la Perside, que l'Oroatis spare de l'Elymade. Vis--vis de la Perside sont les les de Phitas , de Ca- sandrc, d'Aracie, avec"une haute montagne. Aracie est consacre Neptune. L'tendue de la Perside est de cinq cent cinquante miltes; sa direction est occidentale. L'o- pulence d cette contre va jusqu'au Juxe ; mais il y a VI. mill. passuum. Sic fieri ad apertum mare xvni lxxv mill. passuum. Reliqui omnes propter Solis ardorem na- vigari posse non putaverunt. Quin et commercia ipsa infestant ex insulis Arabes Ascitae appellati, quoniam bubulos utres binos sternentes ponte piraticam exercent sagittis venenatis. Gentes Troglodytarum idem Juba tradit Therothoas a venatu dictos, mir velocitatis : sicut Ichthyophagos , natantes ceu maris animalia : Barge- nos, Zageras, Chalybas, Saxinas, Syrecas, Daremas, Domazanes. Quin et accolas Nili a Syene non iEthio- pum populos, sed Arabumesse dicit usque Meroen. Solis quoque oppidum, quod non procul Memphi iniEgypti situ diximus, Arabas conditores habere. Sunt et qui ulterio- rem ripam iEthiopiae auferant adnectantque Africae , ri- pas autem incolere propter aquam. Nos relicto cuique intelligendi arbitrio , oppida quo traduntur ordine utrim- que ponemus. iEthiopia. XXXV. A Syene , et prius Arabiae latere, gens Cata- dupi. Deinde Syenitae. Oppida : Tacompson, quam qui- dam appellaverunt Thathicen , Aranium, Sesanium, San- dura, Nasaudum , Anadoma, Cumara, Peta et Bochiana, Leuphithorga , Tantarene, Mchindira, Noa, Gophoa, Gystatae, Megeda, Lea, Rhemnia, Nupsia, Direa, Pa~ HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i33 pensent que l'extrme ardeur du soleil rendrait impossi- ble une navigation ultrieure. Il y a plus ; le commerce , dans ces parages, est troubl par les Arabes Ascites, in- sulaires qui, jetant un pont sur des outres accouples deux deux , font voler de l des flches empoisonnes et exercent la piraterie. Juba compte encore parmi les Tro- glodytes les Throthos , ainsi nomms de leurs chasses continuelles et de leur extrme agilit ; les Ichthyophages , qui nagent comme des animaux marins ; les Bargnes , les Zagres , les Chalybes , les Saxines , les Syrques , les Darmes , les Domazanes. Selon lui , les peuples qui bor- dent le Nil , de Syne Mro , ne sont point des Ethio- piens , mais des Arabes. Hliopolis mme , cette Hlio- polis voisine de Memphis , et ci-dessus mentionne , a t , dit-il , btie par les Arabes. Quelques auteurs d- tachent de l'Ethiopie , pour la donner l'Afrique , la rive orientale du Nil , qu'ils prtendent habite par des races africaines passes sur l'autre bord, disent-ils , pour avoir l'eau leur porte. Sans prendre part ce dbat , nous allons nommer les villes dans l'ordre o elles se trouvent. Ethiopie. XXXV. Partant de Syne , et du ct de l'Arabie, on a , outre les Catadupes et les Synites, les villes suivantes : Tacompso, quelquefois Thathice, Aranium, Sesanium, Sandure , Nasaude , Anadoma , Cumare , Pta , Bochiana , Leuphithorge , Tantarne , Mchindira , Noa , Gophoa , Gystates, Mgde, La, Rhemnie, Nupsie, Dire, Pa- tage , Bagade, Dumane, Rhadate, o l'on adorait comme i34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. taga , Bagada, Dumana, Rhadata', in quo felis aurea pro deo colebatur. Boron in mediterraneo , Mallos , proximum Meroae : sic prodidit Bion. Juba aliter : Oppidum in monte Megatiehos , inter ./Egyptum et iEthiopiam, quod Arabes Myrson voca- vere. Deinde Tacompson, Aranium, Sesanium, Piden, Mamuda, Corambin , juxta eam bituminis fontem : Ham- modara, Prosda, Parenta, Marna, Tessara, Gallas, Zo- ton, Graucomen, Emeum, Pidibotas, Hebdomeconta- cometas, Nomadas in tabernaculis viventes : Gysten, Pemmam, Gadagalen, Paloin , Primin, Nupsin, Dase- lin, Patin, Gambreves, Magasen, Segasmala, Cranda, Denna, Gadeuma, Thena, Catha, Alana , Macum, Scam- mos, Goram in insula : ab iis Abala, Androcalim, Se- ren , Mallos , Agocen. Ex Africae latere tradita sunt eodem nomine Tacomp- sos altra, sive pars prioris : Magora, Sea, Edosa, Pe- lenaria, Pyndis, Magusa, Bauma, Linitima, Spintum, Sydopta, Gensoa, Pindicitora, Agugo, Orsima, Suasa, Maumarum, Urbim , Mulon , quod oppidum Graeci Hy- paton vocarunt : Pagoargas, Zamnes, unde 'elephanti incipiant : Mamblia, Berresa, Cetuma. Fuit quondam et Epis oppidum contra Meroen , antequam Bion scri- beret, deletum. Haec sunt prodita usque Meroen : ex quibus hoc HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i35 dieu un chat d'or, Boron dans les terres , Mallos prs de Mro. Telle est la liste de Bion. Jtiba compose ainsi la sienne : sur le mont Mgati- chos , entre l'Egypte et l'Ethiopie , une ville dite Myrse par les Arabes , puis Tacompso , Aranium , Ssauium , Pide , Mamuda , Corambis ; prs de celle-ci une source de bitume ; Hammodare , Prosde , Parente , Marne , Tcs- sare , Galles , Zotum , Graucome , Eme , Pidibotes , Hebdomcontacomtes ; des Nomades qui vivent sous des tentes ; Cyste , Pemma , Gadagalc , Palos , Primis , Nupsis , Daslis , Patis , Gambrvc , Magase , Sgasmale, Grande , Denna , Cadeume , Thnc , Cathe , Alane , Ma- cum, Scammos, Gora dans l'le; ensuite Abala, Andro- ealis, Sr, Mallos, Agoce. Sur la rive africaine sont d'abord une autre Tacomp* so, peut-tre partie de la premire, Magore, Se, dose, Pclnaria, Pyndis , Maguse, Baume, Linitime, Spinte , Sydopte , Gensoa, Pindicitore , Agugo, Orshne, Suase, Maumare, Urbis, Mule, ou, comme l'appellent les Grecs, Hypate; Pagoargas, Zamnes, o commence la contre des lphans ; Mamblia , Berrse , Gtume. Jadis , vis--vis de Mro , existait Epis. Mais cette ville fut dtruite avant l'poque o Bion crivait. De toutes les villes qui se trouvaient avant Mro, au- 1 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. tempore nullum prope utroque latere exstat. Certe soli- tudines nuper renuntiavere principi Neroni , missi ab eo milites praetoriani cum tribuno ad explorandum , in- ter reliqua bella et thiopicum cogitanti. Intravere au- tem et eo arma romana divi Augusti temporibus, duce P. Petronio, et ipso equestris ordinis praefecto iEgypti. Is oppida eorum expugnavit, quae sola invenerat, quo dicemus ordine : Pselcin, Primin, Aboccin, Phthurin, Cambusin, Attevan, Stadisin, ubi Nilus prcipitans se, fragore auditum accolis aufert. Diripuit et Napata. Lon- gissime autem a Syene progressifs est dcccclxx mill. passuum. Nec tamen arma romana ibi solitudinem fece- runt. iEgyptiorum bellis attrita est .ZEthiopia, vicissim imperitando serviendoque , clara et potens etiam usque ad Trojana bella Memnone rgnante : et Syri imperi- tasse eam , nostroque litori , aetate rgis Cephei patet Andromedae fabulis. Simili modo et de mensura ejus varia prodidere : pri- mus Dation ultra Meroen longe subvectus : Mox Aris- tocreon, et Bion, et Basilis : Simonides minor etiam, quinquennio in Meroe moratus , cum de jEtbiopia scri- beret. Nam Timosthenes classium Philadelplii praefectus, sine mensura, dierum lx a Syene Meroen iter prodidit: Eratosthenes dcxxv mill. Artemidorus dc mill. Sebosus ab iEgypti extremis sedecies centena lxxv mill. pas- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i3 7 cune presque n'existe aujourd'hui. Du moins les prto- riens envoys par Nron avec un tribun pour reconnatre le pays ne parlrent que de dserts ce prince, qui entre autres guerres mditait celle d'Ethiopie. Les armes romaines pntrrent en ce pays sous Auguste. Le g- nral tait Ptrone , chevalier et prfet d'Egypte. Il con- quit tout ce qu'il y trouva de villes , et dans l'ordre sui- vant : Pselcis, Primis, Aboccis, Phthuris, Cambusis, Attvan , Stadisis, o les cataractes du Nil rendent sourds les habitans. Il pilla aussi Napata, et s'avana neuf cent soixante-dix milles au sud de Syne. Cependant ce n'est point par les armes romaines que l'Ethiopie est devenue un dsert ; ce sont ses guerres contre l'Egypte , guerres fcondes et en victoires et en revers , qui l'ont crase. L'Ethiopie avait t puissante et illustre jusqu'au temps de la guerre de Troie sous Memnon ; et sous le roi C- phe elle commandait, comme le prouvent les fables d'Andromde, et la Syrie et nos cotes. De mme on a vari sur sa mesure. Dalion , le pre- mier, alla fort loin au del de Mro. Aristocron , Bion , Basile suivirent ses traces, ainsi que Simonide le jeune, qui fit Mro un sjour de cinq ans lorsqu'il crivit sur l'Ethiopie. Timosthne, amiral de Philadelphe, compte, sans employer de mesures prcises, soixante journes de Syne Mro : Eratosthne dit six cent vingt -cinq, Artmidore six cents milles: Sbose, en partant de l'extrmit de l'Egypte, compte seize cent soixante-quinze milles : ces derniers n'en admettent que i38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. suum : unde proxime dicti xn l. Verum omnis ha?e fnita nuper disputatio est , quoniam a Syene dccclxxiii mill. Neronis exploratores renuntiavere his modis : A Syene Hieran Sycaminon liv mill. passuum. Inde Tama lxxii millia pass. Regionem Evonymiton jEthio- pum primam, cxx. Acinam liv. mill. Pitaran xxv. Ter- gedum cvi mill. Insulam Gagauden esse in medio eo tractu. Inde primum visas aves psittacos, et ab altra (quae vocatur Artigula) animal sphingion, a Tergedo cynocephalos. Inde Napata lxxx mill. Oppidum id par- vum inter prdicta solum. Ab eo ad insulam Meroen ccclx mill. Herbas circa Meroen demum viridiores , sil- varumque aliquid apparuisse, et rhinocerotum elephan- torumque vestigia. Ipsum oppidum Meroen ab introitu insulae abesse lxx mill. passuum : juxtaque aliam insu- lam Tadu dextro subeuntibus alveo , quae portum face- ret. iEdificia oppidi pauca. Regnare feminam Canda- ccrn , quod nomen multis jam annis ad reginas transiit. Delubrum Hammonis et ibi religiosum, et toto tractu sacella. Cetetum cum potirentur rerum iEtliiopcs, in- sula ea magn elaritatis fuit. Tradunt armatorum ccl mill. dare solitam, artificum cccc mill. alere. Reges /Ethiopum xlv et hodie traduntur. 3o. Universa vero gens iEtheria appcllata est, deinde Atlantia, mox a Vulcani fdio iEthiope ^Ethiopia. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i3o douze cent cinquante. Mais toutes ces discussions ont t termines dsormais par le rapport des envoys de N- ron, qui comptent, de Syne jusqu' Mro, huit cent soixante-treize milles , savoir : de Syne Hira Syca- minos, cinquante-quatre ; de l Tama, soixante-douze; au pays des Evonymites, premire contre de l'Ethiopie, cent vingt; Acine, cinquante-quatre; Pitare , vingt- cinq; Tergde, cent six. Au milieu de cette rgion est l'le de Gagaude. L les envoys virent les premiers per- roquets : Tergde commencrent les cynocphales , et une le nomme Artigule, les sphingies. De Tergde Napate, seule petite ville qu'ils aperurent, il y a quatre- vingt milles ; enfin , de l Mro , trois cent soixante. Enfin, Mro, l'herbe devint plus verte, on vit quelques bois ; des traces de rhinocros , d'lphans se montrrent. Mro mme est soixante-dix milles de l'entre de l'le, et prs d'une autre le qu'on appelle Tadu , et qui forme un port en remontant le bras droit du Nil. La ville a peu de maisons. Elle obissait une reine Candace, mais depuis long-temps toutes les souveraines y portent ce nom. On y voit un temple d'Hammon clbre. D'autres temples sont sems dans tout le pays. Au reste, rien n'a t plus fameux que cette le , tant que les Ethiopiens eux-mmes l'ont t. Elle fournissait deux cent cinquante mille guerriers et nourrissait quatre cent mille artisans. On dit qu'encore aujourd'hui l'Ethiopie est partage entre quarante-cinq rois. 3o. Le pays entier a t appel successivement Eth- rte , Atlantic, enfin Ethiopie, d'Ethiops, fils de Vulcain. i*o C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Animalium hominumque effigies monstriferas circa extremitates ejus gigni minime mirum, artifci ad for- manda corpora effigiesque caelandas mobilitate ignea. Ferunt certe ab orientis parte intima gentes esse sine naribus, aequali totius oris planitie. Alias superiore la- bro orbas, alias sine linguis. Pars etiam ore concreto et naribus carens, uno tantum foramine spirat, potumque calamis avenae trahit, et grana ejusdem avenae sponte provenientis ad vescendum. Quibusdam jpro sermone nutus motusque membrorum est. Quibusdam ante Pto- lemaeum Lathurum regem iEgypti ignotus fuit usus ignium. Quidam et Pygmaeorum gentem prodiderunt in- ter paludes , ex quibus Nilus oriretur. In ora autem, ubi desiimus, continui montes, arden- tibus similes rubent. Troglodytis et Rubro mari a Me- roe tractus omnis superponitur : a Napata tridui itinere ad Rubrum litus , aqua pluvia ad usum compluribus locis servatur, fertilissima regione, quae interest, auri. Ulteriora Atabuli , ^Etbiopum gens tenet. Deinde contra Meroen Megabari , quos aliqui Adiabaras nominavere , oppidum habent Apollinis. Pars eorum Nomades, qua? elephantis vescitur. Ex adverso in Africae parte Macrobii. Rursus a Megabaris Memnones et Davelli, dierumque viginti intervallo Critensi. Ultra eos Dochi, deinde Gym- netes semper nudi. Mox Ander, Mathit, Mesagebes, HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. 141 A ses extrmits naissent, et l'on ne doit nullement s'en tonner, des animaux et des hommes de formes monstrueu- ses ; l'excessive mobilit des feux solaires varie les corpr et multiplie les types l'infini. On assure qu' l'extrmit orientale on trouve des peuples sans nez, et dont le vi- sage est tout plat. D'autres n'ont point de lvres sup- rieures, ou point de langue; d'autres, sans bouche et sans narines , ne respirent que par une ouverture , boi- vent l'aide d'un tuyau d'avoine, et n'ont d'autre ali- ment que les grains de cette mme avoine, production spontane du pays. Quelques-uns n'ont d'autre langage que les gestes et les signes; quelques-uns, avant le roi d'Egypte Ptolme Lathure, ignoraient l'usage du feu. Plusieurs crivains placent aussi en Ethiopie, et au mi- lieu des marais qui forment la source du Nil , le peuple pygme. Sur la cte , l'endroit o nous nous sommes arrts, s'lve un long cordon de montagnes rougeatres et qu'on dirait embrases ; elles dominent Mro d'un ct, et s'- tendent jusqu'aux Troglodytes et la mer Rouge de l'autre: deNapate la mer Rouge, qui se trouve trois journes de distance, on conserve l'eau de pluie pour diffrens usages. Le pays intermdiaire abonde en or. Au del sont les Atabules , peuple d'Ethiopie. Vis--vis de Mro habitent les Mgabares , que quelques-uns ont nomm Adiabares , et qui ont une ville d'Apollon. A ce peuple appartient une horde nomade qui se nourrit d'lphans. Vis--vis et dans la partie africaine se prsentent les Macrobes. Aux Mgabares confinent les Memnones, que suivent les Davelles, et vingt journes de ceux-ci les Crilenses, i4a C. PLINII HIST. NA.T. LIB. VI. Hippore, atri coloris tota corpora rubrica illinunt. At ex Africae parte Medimni. Deinde Nomades cynocepha- "lorum lact viventes, Olabi, Syrbot, qui octonum cu- bitorum esse dicuntur. Aristocreon Lybiae latere a Meroe oppidum Tolen dierum quinque itinere tradit. Inde dierum duode- cim Esar yEgyptiorum oppidum , qui Psammeticum fugerint : in eo produntur annis trecentis habitasse. Contra in Arabico latere Daron oppidum esse eorum. Bion autem Sapen vocat, quod ille Esar, et ipso no- mine advenas ait significari. Caput eorum in insula, Sembobitin : et tertium in Arabia, Sai. Inter montes autem et Nilum Symbari sunt, Phaliges : in ipsis vero montibus Asachae multis nationibus. Abesse a mari di- cuntur dierum quinque itinere. Vivunt elephantorum Tenatu. Insula in Nilo Semberritarum , reginae paret. Ab ea Nubei iEthiopes dierum octo itinere. Oppidum eorum Nilo impositum, Tenupsis. Sambri, apud quos quadru- pdes omnes sine auribus, etiam elephanti. At ex AfrieaB parte Ptoembari, Ptoemphan, qui canem pro rege ha- bent, motu ejus imperia augurantes : Arusbi oppido longe a Nilo sito. Postea Achisarmi, Phalliges, Mari- geri , Casamarri. Bion alia oppida in insulis tradit, a Sembobiti Me- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. ift les Doques plus loin encore, les Gymntes toujours nus y les Andres , les Mathites , les Msagbes , les Hippores , qui ont tout le corps noir et qui le frottent de rouge , les Mdimnes dans la partie africaine, les Nomades, qui vivent du lait des cynocphales, lesOlabes, les Syrbotes, qui , dit-on , ont huit coudes. Selon Aristocron , au del de Mro et du ct de la Lybie, est cinq lieues Tol, puis douze journes sar, ville gyptienne fonde par des bannis qui chap- paient Psammtique (cet tablissement subsista trois cents ans), et sur la cte oppose Darum, ville arabe. L'sar d' Aristocron est nomme Sap chez Bion, qui traduit ce nom par trangers. Il ajoute que leur capitale tait Sembobites , dans une le , et qu'ils avaient en Arabie une troisime ville du nom de Sais. Entre les montagnes et le Nil habitent les Symbares et les Phaliges : les mon- tagnes mme donnent asile aux nombreuses peuplades des Asaques. Celles-ci sont, dit-on, cinq journes de la mer, et vivent des lphans auxquels ils donnent la chasse. Dans le Nil est l'le des Semberrites, soumise la domination d'une reine. L commence le pays des Nubes Ethiopiens, qu'on traverse en huit journes, et o est une ville de Tnupsis , sur le Nil. Suivent les Sambres, chez qui tous les quadrupdes, mme les lphans, sont sans oreilles. Dans la partie africaine se prsentent les Ptoembares, les Ptoemphanes, qui ont pour roi un chien dont ils consultent les divers mouvemens, les Arusbes, avec une ville situe loin du Nil , puis les Achisarmes , les Phalliges, les Marigres, les Gasamarres. Bion place d'autres villes dans des les qu'il nous i/,4 C. PLINII fflST. NAT. LIB, VI. roen versus dierum toto itinere vigiuti. Proximae insul.t oppidum Semberritarum sub regina : et aliud Asar : alterius oppidum Daron. Tertiam Medoen vocant, in qua oppidum Asel. Quartam eodem , quo oppidum , no- mine Garoden. Inde per ripas oppida : Navos, Modun- dam , Andatim, Secundum, Colligat, Secande, Navec- tabe, Cumi, Agrospi, iEgipam, Candrogari , Arabam , Summaram. 1 Regio supra Sirbitum , ubi desinunt montes , traditur a quibusdam habere maritimos iEthiopas, Nisicastes 7 Nisitas , quod significat ternum et quaternum oculorum viros : non quia sic sint , sed quia sagittis praecipua con- templatione utantur. Ab ea vero parte Nili, quae supra Syrtes majores oceanumque meridianum protenditur, Dalion vocatos esse dicit, pluvia tantum aqua utentes Cisoros, Longoporos. Ab OEcalicibus dierum quinque itinere Usibalcos, Isuelos, Pharusos, Valios, Cispios. Reliqua dserta. Deinde fabulosa. Ad occidentem versus Nigr , quorum rex unum oculum habeat in fronte. Agriophagi, pantherarum et Ieonum carnibus maxime viventes. Pamphagi , omnia mandentes. Anthropophagi , humana carne vescentes. Cynamolgi, caninis capitibus. Artabatit quadrupedum ferarum modo vagi. Deinde Hesperii, Perorsi, quos in Mauritanie confinio diximus. Pars qudam yEthiopum locustis tantum vivit, fumo et HISTOIRE NATURELLE, LTV. VI. i/,5 montre de Sembobitis Mro , sur une ligne de vingt journes. Dans les premires est la ville des Semberrites, soumise une reine, puis Asar. Dans une autre le est Daron. Mdo, la troisime, a la ville d'Asel; la qua- trime, nomme Garode, a une capitale de mme nom. Sur les rivages sont Navos , Modunde , Andatis , Scunde , Colligat, Scande, Navectabe, Cumes, Agrospe, gipa, Candrogares , Araba , Summara. Pass Sirbite, o cessent les monts, quelques auteurs placent des Ethiopiens maritimes, les Nisicastes, les Ni- sites, ce qui veut dire hommes trois yeux ou quatre yeux, non que telle soit leur conformation, mais parce qu'ils excellent tirer de l'arc. Vers la partie du Nil , qui s'tend au dessus des grandes Syrtes et de .l'ocan Mridional , Dalion dit qu'il y a des peuples qui ne boivent que l'eau de pluie , et les nomme Cisores et Lon- gopores. A cinq journes des calices sont les Usibalques, les Isules, les Pharuses, les Valies, les Cispies, puis d'immenses dserts, des sables. A l'ouest sont les Ngres, dont le roi n'aurait qu'un il au milieu du front; les Agriophages , qui se nourrissent surtout de la chair de lion et de panthre ; les Pamphagcs , omnivores ; les An- thropophages, qui mangent de la chair humaine; les Cv- namolges, qui ont la tte du chien; les Artabatites , qui errent comme les btes sauvages; les Hespriens, les P- rorses, qui habitent aux confins de la Mauritanie. Une partie des Ethiopiens n'a d'autres alimens que des sau- terelles , qu'ils salent et fument pour l'anne. La plus longue vie, chez eux, est de quarante ans. v.* 10 i-4G C. PLINII HIST. NA.T. LIB. VI. sale duratis in annua alimenta : ii quadragesimum an- num vitae non excedunt. iEtbiopum terram universam cum mari Rubro patere in longitudinem semel et vicies centena lxx mill. pas- suum : in latitudinem cum superiore iEgypto duodecies centena xcviii mill. Agrippa existimavit. Quidam lon- gitudinem ita diviserunt : a Meroe Sirbitum, xn die- rum navigationem. Ab ea xn ad Davellos. Ab his ad Ocan um iEthiopicum sex dierum iter. In totum autem ab Oceano ad Meroen dcxxv mill. passuum esse inter auctores fere convenit : inde Syenen , quantum diximus. Si ta est yEthibpia ab oriente hiberno ad occidentem hi- bernum. Meridiano cardine silvae ebeno maxime virent : a mdia ejus parte imminens mari mons excelsus, ter- nis ardet ignibus, Theon ochema dictus Graecis : a quo navigatio quatridui ad promontorium , quod Hesperion ceras vocatur, confine Africae juxta iEthiopas Hespe- rios. Quidam et in eo tractu modicos colles amna opa- citate vestitos iEgipanum Satyrorumque produnt. Insulae ^Ethiopici maris. XXXVI. 3i. Insulas toto eo mari et Ephorus com- plures esse tradidit, et Eudoxus, et Timosthenes : Cli- tarchus vero Alexandro rgi renuntiatam adeo divitem, ut -equos incolae talentis auri permutarent. Alteram , HISTOIRE NATURELLE, UV. VI. i/,7 Selon Agrippa , toute l'Ethiopie , avec la mer Rouge , a de longueur deux mille cent soixante-dix milles , et de largeur, avec l'Egypte suprieure, douze cent quatre- vingt-dix-huit. Quelques-uns dtaillent ainsi la longueur : de Mro Sirbite, douze jours de navigation; de l chez les Davelles, douze jours; de chez ceux-ci l'Ocan Ethiopique , six jours : et en tout , de l'Ocan Mro , six cent vingt-cinq milles (car telle est peu prs l'opinion unanime); de Mro Syne , la distance ci-dessus indi- que. L'Ethiopie se dirige de l'orient d'hiver l'occident d'hiver. Au sud s'tendent de vertes forts d'bne : au centre de cette cote s'lve une montagne qui domine la mer et qu'embrasent des flammes ternelles. Les Grecs l'appellent Then Ochma. De l au cap dit Hesprion Cras, qui confine l'Afrique, chez les Ethiopiens Hes- priens , il y a quatre journes de navigation. Dans ces parages sont , dit-on , quelques petites collines ombrages de bois charmans, qu'habitent les Egipans et les Satyres. Iles de la mer d'Ethiopie. XXXVI. 3i. Ephore, Eudoxe, Timosthne, disent que cette mer est pleine d'les. Selon Clitarque , on an- nona Alexandre que dans une d'elles la richesse tait telle, que les habitans donnaient un talent d'or pour un chefca'li : Dans une autre, sur une montagne sacre qu'om- 10. i48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. ubi sacer nions opacus silva repertus esset , distillantibus arboribus odore mir suavitatis. Contra sinum Persicum Cerne nominatur insula adversa iEthiopiae, cujus neque magnitudo , neque intervallum a continente constat , iEthiopas tantum populos habere proditur. Ephorus auctor est, a Rubro mari navigantes in eam non posse propter ardores ultra quasdam columnas (ita appellan- tur parvae insula* ) provehi. Polybius in extrema Mauri- tania contra inontem Atlantem a terra stadia octo abesse prodidit Cernen. Nepos Cornlius ex adverso maxime Carthaginis a continente passus mille : non ampliorem circuitu duobus millibus. Traditur et alia insula contra montem Atlantem , et ipsa Atlantis appellata. Ab ea quinque dierum navigatione solitudines ad iEthiopas Hesperios , et promontorium , quod vocavimus He- sperion ceras , inde primum circumagente se terra- rum fronte in occasum, ac mare Atlanticum. Contra boc quoque promontorium Gorgades insulae narrantur, Gorgonum quondam domus, bidui navigatione distan- tes a continente, ut tradit Xenophon Lampsacenus. Penetravit in eas Hanno Pnorum imperator , prodidit- que hirta feminarum corpora , viros pernicitate evasisse : duarumque Gorgonum etes argumenti et miraculi gra- tia in Junonis templo posuit ,. spectatas usque ad Cartha- ginem captam. Ultra has etiamnum duae Hesperidum HISTOIRE NATURELLE, LIV. fi. x4 9 brageait une fort , les arbres distillaient les parfums les plus dlicieux. A l'opposite du golfe Persique et vis--vis de l'Ethiopie est l'le de Cern, dont on ne connat exac- tement ni la grandeur ni la distance qui la spare du continent. On sait seulement qu'elle est habite par des thiopiens. Ephore dit que ceux qui viennent de la mer Rouge ne peuvent, cause de l'excessive chaleur, avan- cer au del de certaines colonnes, tel est le nom qu'on donne de petites les. Polybe place Cern l'extrmit de la Mauritanie, vis--vis du mont Atlas, huit stades de la cte. Cornlius Nepos la met un mille du conti- neut , et prcisment en face de Carthage , et ne lui donne que deux milles de tour. Vis--vis du mont Atlas se trouve, dit-on, une autre le du nom d'Atlantide, aprs laquelle on ne trouve, pendant cinq journes de navigation, jusqu'aux Ethiopiens Hespriens et au cap d'Hesprion Cras, que des dserts. lia, la cote commence se cour- ber vers l'ouest et la mer Atlantique. Vis--vis de ce cap sont encore, assure-t-on, les les Gorgades, jadis de- meures des Gorgones. Xnophon de Lampsaque les met deux journes de navigation du continent. Hannon , l'amiral carthaginois, y pntra, et rapporte que les femmes y ont tout le corps velu, que les hommes lui chapprent par leur agilit: les peaux de deux gorgones furent, tant comme preuve que comme monument mer- veilleux, suspendues dans le temple de Junon, o on les vit jusqu' la prise de Carthage. On parle encore aussi de deux les des Hesprides, situes au del des prcdentes. Mais telle est l'incertitude sur tous ces points , que Stace Sbose, qui compte quarante jours de navigation des les i5o C. PLINII tilST. NAT. LIB. VI. insulte narrantur. Adeoque omnia circa haee incerta sunt , ut Statius Sebosus a Gorgonum insulis praenavi- gatione Atlantis dierum xl ad Hesperidum insulas cur- sum prodiderit, ab iis ad Hesperu ceras unius. Nec Mau- ritanie insularum certior fama est. Paucas modo constat esse ex adverso utololum , a Juba repertas , in quibus Gtulicam purpuram lingere instituerat. De insulis Fortunatis. XXXVII. 32. Sunt qui ultra eas Fortunatas putant esse , quasdamque alias : quarum numro idem Sebosus etiam spatia complexus , Junoniam abesse a Gadibus dccl mill. passuum tradit. Ab ea tantumdem ad occa- sum versus Pluvialiam, Caprariamque : in Pluvialia non esse aquam, nisi ex imbribus. Ab iis ccl mill. pass. Fortunatas contra laeva Mauritanie in ix horam solis : vocari Convallem a convexitate, et Planariam aspecie : Convallis circuitum , ccc mill. passuum, Arborum ibi proceritatem ad centum xiv pedes adolescere. Juba de Fortunatis ita inquisivit : sub meridie quoque positas esse prope occasum, a Purpurariis dcxxv mill. passuum , sic ut ccl supra occasum navigetur : deinde per ccclxxv mill. passuum ortus petatur. Primam vo- cari Ombrion nullis aedificiorum vestigiis : habere in niontibus stagnum, arbores similes frule : ex quibus HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i5i des Gorgones celles des Hesprides le long du mont Atlas, n'en compte qu'un de celles-ci l'Hesprion C- ras. Les les de la Mauritanie ne sont pas mieux connues. On sait seulement que Juba en avait dcouvert quelques- unes vis--vis des Autololes, et qu'il y avait tabli des manufactures de pourpre de Gtulie. Les les Fortunes. XXXVII. 3a. Quelques auteurs croient que plus loin encore est l'archipel des les Fortunes avec quelques autres, dontSbose fixe mme les distances. DeGades Ju- nonia, dit-il , il ya sept cent cinquante milles. De celle-ci Pluvialia et Capraria, l'ouest, mme distance. Plu- vialia n'a d'autre eau que l'eau de pluie. A deux cent cinquante milles de celles-ci sont les les Fortunes , situes gauche de la Mauritanie, sur la ligne de la neuvime heure du soleil. L'une a eu le nom deConvallis cause de son terrain montueux, l'autre celui de Planaria cause de ses plaines. Convallis a trois cents milles de tour. Les arbres y atteignent cent quatorze pieds de hauteur. Juba a fait aussi ses recherches sur les les Fortunes. Elles se trouvent, dit-il, au sud-ouest, six cent vingt- cinq milles des Purpuraries , savoir , deux cent cin- quante en tirant vers l'ouest, et trois cent soixante- quinze en se dirigeant l'est. La premire s'appelle Om- brios, et n'a point de maisons; dans ses montagnes est un lac : elle a des arbres semblables la frule, les uns i5a C. PLIM1 HIS. HAT. LIB. VI. aqua exprimatur, ex nigris amara , ex candidioribus po- tui jucunda. Alteram insulam Junoniam appellari, in ea aediculam esse tantum lapide exstructam. Ab ea in vicino eodem nomine minorem. Deinde Caprariam la- certis grandibus refertam. In conspectu earum esse Ni- variara , quae hoc nomen accepit a perptua nive , nebu- losam. Proximam ei Canariam vocari a multitudine ca- num ingentis magnitudinis : ex quibus perducti sunt Jubae duo : apparentque ibi vestigia aedificiorum. Quum autem omnes copia pomorum et avium omnis generis abundent, hanc et palmetis caryotas ferentibus, ac nuce pinea abundare. Esse copiam et mellis. Papyrum quo- que et siluros in amnibus gigni. Infestari eas beluis , quae expellantur assidue, putrescentibus. Terrae per inensuras compart. XXXVIII. At abunde orbe lerrarum extra intra in- dicato , colligenda in arctum mensura aequorum videtur. 33. Polybius a Gaditano freto longitudinem directo cursu ad os Maeotis xxxiv xxxvn mill. d passuum pro- didit. Ab eodem initio ad orientem recto cursu Siciliam x lx mill. d passuum, Cretam cxxlxxv mill. passuum, Rhodum clxxxvii mill. d passuum : Chelidonias tan- tumdem : Cyprum ccxxn mill. passuum. Inde Syriae Se- leuciam Pieriam cxv mill. passuum. Quae computatio HISTOIRE NATURELLE , LIV. VI. 1 53 blancs , les autres noirs : ceux-ci donnent une eau amre, ceux-l une boisson agrable. La seconde, nomme Junonia , possde un petit temple de pierre. Un ilt ct porte le mme nom. Arrive ensuite Capraria ,. remplie de grands lzards; vis--vis s'lve Nivaria, ainsi nomme de ses neiges ternelles. Elle est couverte dbrouillards. La plus voisine s'appelle Canarie, cause de ses normes et nombreux chiens; on en amena deux Juba ; Canarie a quelques restes d'difices. Toutes ces les abondent en fruits et oiseaux de toute espce : Canarie a de plus des bois de palmiers dattes et des pommes de pin. Elles abondent aussi en miel. Les fleuves produisent du papyrus et des silures. Mais elles sont infectes des cadavres des animaux marins , que le flot vomit sur les rives et qui y pourrissent. . v Dimensions compares des diverses parties du monde. XXXVIII. Maintenant que nous avons suffisamment dtaill l'extrieur et l'intrieur du globe, donnons un prcis de la dimension de ses mers. 33. Selon Polybe, du dtroit de Gades l'entre du Palus-Motide , en ligne droite, il y a trois mille quatre cent trente-sept milles et demi. Du mme point la Sicile, l'est et toujours en ligne droite, douze cent soixante et demi; la Crte, trois cent soixante-quinze; Rhodes, cent quatre-vingt-sept et demi ; aux Chlidonies , cent quatre-vingt-sept et demi ; Cypre, deux cent vingt- deux ; Sleucie Piria, en Syrie, cent quinze : total , i54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. efficit vicies ter centena xl mill. passuum. Agrippa hoc idem intervallum a freto Gaditano ad sinum Issicum per longitudinem directam xxxiv xl passuum mill. taxt, in quo haud scio an sit error numeri , quoniam idem a Si- culo freto Alexandriam cursu x l mill. passuum tra- didit. Uni versus autem circuitus per sinus dictos ab eodem exordio colligit ad Maeotim lacum, c lvi mill. passuum. Artemidorus adjicit dccliii mill. Idem cum Maeotide clxxiii xc mill. passuum esse tradit. Haec est mensura inermium , et pacata audacia fortunam provo- cantium hominum. Nunc ipsarum partium magnitudo comparabitur, ut- cumque difficultatem afferet auctorum diversitas. Ap- tissime tamen spectabitur ad longitudinem latitudine addita. Est ergo ad hoc praescriptum Europae magni- tudo lxxxii xciv mill. passuum. Africae (ut mdia ex omni varietate prodentium sumatur computatio) efficit longitudo xxxvii xcviii mill. Latitudo, qua colitur, nus- quam ducenta quinquaginta millia passuum excedit. Sed quoniam a Cyrenaica ejus parte nonagentorum de- cem millium passuum eam fecit Agrippa , dserta ejus ad Garamantas usque, qua noscebantur, complectens; universam mensuram, quae venit in computationem , xlv vin mill. passuum efficit. Asi longitudo in con- fesso est lxTi lxxv mill. passuum. Latitudo sane coin- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i55 deux mille trois cent quarante milles. Agrippa value ce mme intervalle du dtroit de Gades au golfe d'Issus, en ligne droite, trois mille quatre cent quarante milles ; rsultat o peut-tre il y a erreur de chiffres, puisque le mme auteur ne eompte que douze cent cinquante milles du dtroit de Sicile Alexandrie. Tout le tour de la mer, en suivant les golfes ci-dessus, du dtroit de Gades au Palus -Motide, serait de dix mille cinquante -six milles. Artmidore en ajoute sept cent cinquante-trois, et dit qu'en y comprenant le Palus-Motide il porterait le total dix-sept mille trois cent quatre-vingt-dix milles. Telles sont les mesures qu'a fixes l'audace humaine pai* sible , sans armes et dfiant la fortune. Comparons maintenant les graudeurs des diverses par- ties du monde , quelque obstacle qu'y oppose la diver- sit des auteurs , et songeons que le meilleur moyen de marquer la grandeur d'un pays est d'ajouter la largeur la longueur. Ceci pos, l'Europe a huit mille deux cent quatre-vingt-quatorze milles. L'Afrique , pour prendre la moyenne des divers calculs , a trois mille sept cent quatre- vingt-dix-huit milles de longueur : nulle part la largeur de la partie habite n'excde (\eux cent cinquante milles ; mais comme Agrippa lui donne, du cot de la Cyrnaque et y compris tous les dserts connus jusqu'aux Garamantes, neuf cent dix milles de large , la dimension totale dont nous cherchons le chiffre sera de quatre mille six cent huit milles. Quant l'Asie , on porte unanimement sa longueur six mille trois cent soixante-quinze milles; sa largeur, de la mer d'Ethiopie Alexandrie, prs du Nil, en passant par Syne et Mro , serait de mille huit i56 C. PLINU HIST. NAT. LIB. VI. putetur ab iEthiopico mari Alexandriam juxta Nilum sitam , ut per Meroen et Syenen mensura currat , xvin lxxv mill. passuum. Apparet ergo Europam paulo minus dimidia Asiae parte majorem esse, quam Asiam. Eamdem altero tanto et sexta parte Africae , ampliorem quam Africam. Quod si misceantur omnes summae, liquido patebit Europam totius terrae tertiam esse par- tem et octavam paulo amplius : Asiam vero quartam et quartamdecimam : Africam autem quintam et insuper sexagesimam. Digestio terrarum in parallelos et uinbras pares. XXXIX. His addemus etiamnum unam Graecae inven- tionis sententiam vel exquisitissimae subtilitatis , ut nihil desit in spectando terrarum situ : indicatisque regioni- bus noscatur, et cum qua cuique earum societas sit , sive cognatio dierum ac noctium , quibusque inter se pares umbrae et aequa mundi convexitas. Ergo reddetur hoc etiam, terraeque universae in membra caeli digeren- tur. Plura sunt autem haee segmenta mundi, quae nostri circulos appellavere, Graeci parallelos. 34- Principium habet Indiae pars versa ad austrum. Patet usque Arabiam et Rubri maris accolas. Continen- turGedrosi, Persae, Carmani, Elymaei, Parthyene, Aria, Susiane, Mesopotaniia , Seleucia coguominata Babyl<>- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i5 7 cent soixante-quinze milles. Il est donc clair que l'Europe est un peu moins de moiti plus considrable que l'Asie, et qu'elle est une fois et un sixime plus grande que l'Afrique. Si l'on runissait toutes ces sommes en une seule, l'Europe fournirait au total gnral un tiers, un huitime et quelque chose; l'Asie un quart et un qua- torzime; l'Afrique un cinquime et un soixantime. Division de la terre en parallles et en ombres gales. XXXIX. Couronnons tout ceci par l'exposition d'une d- couverte minemment ingnieuse des Grecs, afin qu'il ne manque rien cette description , et qu'aprs avoir par- couru les diverses rgions on apprenne de plus leurs liai- sons entre elles, le rapport de leurs jours et de leurs nuits, la parit de leurs ombres, et la similitude de leurs positions relativement la convexit du monde. Rappor- tons ainsi la terre des portions correspondantes dans le ciel. Ces lignes qui coupent le monde et qu'on nomme en grec parallles , chez nous cercles , sont nombreuses. 34. La premire commence la partie sud de l'Inde, s'tend jusqu' l'Arabie et aux ctes de la mer Rouge , comprend Gdrosie , Perside, Carmanie, Elymiotide, Parthyne , Ariane , Susiane , Msopotamie , Sleu- cie Babylonienne, Arabie jusqu' Ptra , Cel - Syrie , 1 58 C v PL1NII HIST. NAT. LIB. VI. nia, Arabia ad Petras usque, Syria Cle, Pelusiuin , iEgypti inferiora, quae X.poc vocatur Alexandriae, Africae maritima, Cyrenaica oppida omnia , Thapsus, Adrume- tum , Clupea, Carthago, Utica, uterque Hippo, Numi- dia, Mauritania u traque , Atlanticum mare, columnse Herculis. In hoc caeli circumflexu quinoctii die mdia, umbilicus, quem Gnomonem vocant, vu pedes longus, umbram non amplius iv pedes longam reddit. Noctis vero dieique longissima spatia horas xiv quinoctiales habent , brevissima e contrario x. Sequens circulus incipit ab India vergente ad occa- sum , vadit per medios Parthos , Persepolin , citima Persidis, Arabiam citeriorem, Judam, Libani montis accolas. Amplectitur Babylonem, lduinseam, Samariam, Hierosolymam , Ascalonem , Joppen , Caesaream, Phni- cen , Ptolemaidem , Sidonem , Tyrum , Berytum , Bo- tryn, Tripolin, Biblum , Antiochiam, Laodiceam , Se- leuciam, Ciliciae maritima, Cypri austrina, Cretam, Lilybaeum in Sicilia, septentrionalia Africae et Numi- diae. Umbilicus aequinoctio xxxvpedum, umbram viginti quatuor pedes longam facit. Dies autem noxque maxima quatuordecim horarum aequinoctialium est, accedente iis quinta parte unius horae. Tertius circulus ab Indis Imao proximis oritur. Ten- dit per Caspias portas Mediae proximas , Cataoniam , HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i5g Pluse, Basse-Egypte ou parages d'Alexandrie, Afrique maritime, Cyrnaque avec toutes ses villes, Thapse, Adrumte , Clupe , Carthage , Utique , les deux Hippones , Numidie, les deux Mauritanies, mer Atlantique et. co- lonnes d'Hercule. Sous cet aspect de la vote cleste, l'poque de l'quinoxe midi , une verge ou gnomon de sept pieds de long ne projette que quatre pieds d'ombre. La nuit et le jour les plus longs ont quatorze heures qui- noxiales; les plus courts, au contraire, n'en ont que dix. La seconde zone part de l'Inde occidentale, traverse la Parthyne, Perspolis, ctoie le nord de la Perse et contient l'Arabie suprieure , la Jude , le Liban et tous ses habitans. Babylone, Idume, Samarie, Jrusalem, Ascalon, Jopp, Csare, laPhnicie, Ptolmas, Sidon, Tyr, Bryte , Botrys , Tripoli , Biblos, Antioche, Laodi- ce, Sleucie, la cte de Cilicie, le sud de Cypre, la Crte, Lilybe en Sicile, le nord de l'Afrique et de la Numidie en font partie. A l'quinoxe, un gnomon de trente-cinq pieds aurait l'ombre de vingt-quatre. La nuit et le jour les plus longs sont de quatorze heures qui- noxiales et un cinquime. La troisime zone a son origine l'Inde voisine des monts Imas , passe par les portes Caspiennes prs de la 160 C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Cappadociam , Taurum, Amanum, Issum, Cilicias por- tas, Solos, Tarsum, Cyprum, Pisidiam, Pamphyliae Si- den , Lycaoniam , Lyciae Patara , Xanthum , Caunum , Rhodum , Coum , Halicarnassum , Gnidum , Dorida , Chium, Delum, Cycladas mdias, Gythium, Maleam, Argos, Laconiam, Elin, Olympiam, Messeniam Pelo- ponnesi , Syracusas, Catinam, Siciliam mediam, Sar- diniae austrina , Carteiam , Gades. Gnomonis centum unciae, umbram septuaginta septem unciarum faciunt. Longissimus dies est aequinoctialium horarum qua- tuordecim atque dimidiae , cura tricesima parte unius hor. Quarto subjacent circulo , quae sunt ab altero latere Imai, Cappadocise austrina, Galatia, Mysia, Sardis, Smyrna, Sipylus, Tmolus mons Lydia3, Caria, Ionia, Trallis, Colophon, Ephesus , Miletos, Samos , Chios, Icarium mare, Cycladum septentrionales, Athenae, Me- gara, Corinthus, Sicyon, Achaia, Patrae, Isthmos, Epi- rus, septentrionalia Sieilise, Narbonensis Galliae exor- tiva , Hispaniae maritima a Carthagine nova , et inde ad occasum. Gnomoni xxi pedum respondent umbrae xvi pedum : longissimus dies habet quinoctiales horas qua- tuordecim, et tertias duas unius horae. Quinto continentur segmento ab introitu Gaspii ma- ris , Bactra, lberia, Armenia, Mysia, Phrygia, Helles- HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. itti Mdie, comprend Cataonie , Cappadoce, TaUrus, Amanc, Issus, portes de Cilicie, Soles, Tarse, Cypre, Pisidie, Side en Pamphylie , Lycaonie , Patare en Lycie , Xanthe , Caune , Rhodes, Cos, Halicarnasse, Gnide, Doride, Chios, Dlos, le milieu desCyclades, Gythium, Male, Argos, Laconie , Elis , Olympie , Messnie en Ploponnse, Syra- cuse, Catine, le milieu de la Sicile, le sud de la Sar- daigne , Carte, Gades. Un gnomon de huit pieds quatre douzimes donne six pieds cinq douzimes d'ombre. Le plus long jour a quatorze heures quinoxiales et demie, plus un trentime. La quatrime zone commence de l'autre ct de l'I- mas. Elle coupe le sud de la Cappadoce, la Galatie, la Mysie, Sardes, Smyrne, Sipyle, le mont Tmole en Ly- die, la Carie, l'Ionie, Tralls, Colophon, phse, Milet, Samos, Chios, la mer* Icarienne, les Cyclades septentrio- nales, Athnes, Mgare, Corinthe, Sicyone, l'Achae, ,Patras, l'Isthme, l'Epire, le nord del Sicile, l'est de la Gaule Narbonaise , la cte d'Espagne depuis Cartha- gne en fuyant l'ouest. Un gnomon de vingt-un pieds donne seize pieds d'ombre; et le plus long jour a quatorze heures quinoxiales deux tiers. Dans la cinquime zone, qui part de l'entre de la mer Caspienne, sont Bactres, l'Ibrie, l'Armnie, la Mysie , la i6a C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. pontus, Troas, Tenedus, Abydos, Scepsis, llium , Ida mons , Cyzicura , Lampsacum , Sinope , Amisum , Hera- clea inPonto, Paphlagonia, Lemnus, Imbrus, Thasus, Cassandria, Thessalia , Macedonia, Larissa, Amphipo- lis, Thessalonice , Pella,iEdessa, Bera, Pharsalia, Ca- rystum, Euba Botum, Chalcis, Delphi, Acarnania, iEtolia, Apollonia, Brundisium, Tarentum, Thurii, Lo- cri, Rhegium , Lucani , Neapolis, Puteoli, Tuscum mare, Corsica, Balares, Hispania mdia. Gnomoni septem pedes , umbr sex. Magnitudo diei summa horarum aequinoctialium quindecim. Sexta comprehensio, qua continetur urbs Roma, ara- plectitur Caspias gentes, Caucasum, septentrionalia Armeniae, Apolloniam supra Rhyndacum, Nicomediam , Nicaeam , Chalcedonem , Byzantium , Lysimachiam , Cherronesum, Melanem sinum, Abderam, Samothra- ciam , Maroneam , iEnum , Bessicam , Thraciam , Mae- diam,Paeoniam,Illyrios, Dyrrachium, Canusium, Apu- liae extima, Campaniam, Etruriam, Pisas, Lunam, Lu- cam , Genuam, Liguriam , Antipolin, Massiliam, Nar- bonem , Tarraconem , Hispaniam Tarraconensem me- diam, et inde per Lusitaniam. Gnomoni pedes novem, umbrae octo. Longissima diei spatia, horarum aequinoc- tialium quindecim, addita nona parte unius horae : aut, ut Nigidio placuit , quinta. HISTOIRE NATURELLE, LIV. VI. i63 Phrygie, l'Hellespont, la Troade, Tndos, Abydos, Scep- sis, Ilium , le mont Ida , Cyzique, Lampsaque , Sinope , Amise, Hracle de Pont , la Paphlagonie, Lemnos, Im- bros, Thasos, Cassandrie, la Thessalie, la Macdoine, Larisse, Amphipolis, Thessalonique , Pella , Edesse, Bre, Pharsale , Caryste, Eube la Botienne, Chalcis, Delphes, l'Acarnanie, l'Etolie, Apollonie, Brindes, Ta- rente, Thurium, Locres, Rhegium , la Lucanie, Naples, Putoles , la mer de Toscane , la Corse , les les Balares , le milieu de l'Espagne. Gnomon de sept pieds et ombre de six. Le plus long jour est de quinze heures quinoxiales. Sous la sixime division se rangent Rome, les peuples caspiens , le Caucase , le nord de l'Armnie , Apollo- nie sur Rhyndaque, Nicomdie , Nice, Chalcdoine, Byzancc , Lysimachie , la Chersonse , le golfe Mlane , Abdre, Samothrace, Marone, Enos, la Bessique, la Thrace , la Mdie , la Ponie , l'Illyrie , Dyrrachium , Canusium , l'extrme Apulie, la Campanie, l'Etrurie , Pise , Luna , Lucques , Gnes , la Ligurie , Antipolis , Mar- seille, Narbonne, Tarragone, le milieu de l'Espagne tarragonaise, et enfin la Lusitanie. Neuf pieds de gno- mon, huit d'ombre. Longueur du plus grand jour de l'anne, quinze heures quinoxiales et un neuvime, ou, selon Nigidius, un cinquime. 1 1 i6/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. VI. Septima divisio ab altra Caspii maris ora incipit ; vaditque supra Calatim , Bosphorum , Borysthenem , Tomos , Thraci aversa , Triballos , lllyrici reliqua , Adriaticum mare, Aquileiam, Allinum, Venetiam, Vi- cetiam , Patavium , Veronam , Cremonam , Ravennam , Anconam, Picenum , Marsos, Pelignos, Sabinos, Um- briam , Ariminum , Bononiam , Placentiam , Mediola- uum, omniaque ab Apennino : transque Alpes Galliam Aquitanicam, Viennam , Pyrenaeum , Celtiberiam. Uin- bilico triginta quinque pedum, umbrae triginta sex, ut tamen in parte Venetise exaequetur umbra gnomoni : amplissima dies horarum quiuoctialium quindecim, et quintarum partium borae trium. Hactenus antiquorum exacta celebravimus. Sequen- tium diligentissimi , quod superest terrarum tribus as- signavere segmentis. A Tanai per Maeotin lacum et Sarmatas usque Borystbenem , atque ita per Dacos par- temque Germniae , Gallias, Oceani litora amplexi, quod esset horarum sedecim.' Alterum per Hyperboreos et Britanniam , borarum decem et septem. Postremum Scythicum a Ripliaeis jugis inThulen, in quo dies con- tinuarentur (ut diximus) noctesque per vices. Iidem et ante principia , quse fecimus , posuere circulos duos. Primum per insulam Meroen , et Ptolemaiden , in Ru- bro mari ad elepbantorum venatus oonditam : ubi Ion- HISTOIRE NATURELLE, L1V. VI. i65 A la septime zone, qui commence l'autre extrmit de la mer Caspienne, appartiennent Calatis, le Bosphore, le Borysthne, Tomes, le nord de la Thrace, les Triballes, lerestedel'Illyrie , la mer Adriatique, Aquile, Altinum, la Vntie , Vicence , Pa doue , Vrone , Crmone , Ra venue, Ancne, lePicnum, lesMarses, les Phgnes, les Sabins, l'Ombrie, Arimini, Bologne, Plaisance, Milan et tout le pays au pied de l'Apennin; et au del des Alpes, l'Aquitaine, Vienne, les Pyrnes, la Celtibrie. Gnomon de trente-cinq pieds et ombre de trente-six, sauf dans la partie de laVntie, o l'ombre est gale. Le plus long jour est de quinze heures quinoxiales et trois cinquimes. Jusqu'ici j'ai transcrit d'anciens auteurs. Les modernes les plus exacts ont rang sous trois climats le reste du inonde. D'abord ils embrassent , du Tanas par le lac Meotis et la Sarmatie, jusqu'au Borysthne ; et de l, par la Dacie, une partie de la Germanie, et les Gaules jusqu'aux rives de l'Ocan : ce climat est de seize heures; l'autre passe par les Hyperborens et la Bretagne : climat de dix-sept heures ; enfin des monts Riphes Thul on a le climat de la Scythie : une longue suite de jours y succde, comme je l'ai dit, une longue suite de nuits. Les mmes auteurs ont fait prcder de deux climats l'chelle vulgaire. Le premier passe par l'le de Mro et par la ville de Ptolmas sur la mer Rouge, destine la chasse des lphans. Le jour le plus long y est de douze iGG C. PLINII HIST. NA. LIB. VI. gissimus clies duodecim horarum esset , dimidia hora amplior. Secundum per Syenem iEgypti eimtem , qui esset horarum tredecim. Iidemque singulis dimidia ho- rarum spatia usque ad ultimum adjecere circulis. Et hactenus de terris. HISTOIRE NATURELLE, L1V. VI. 167 heures et demie. Le second traverse Syne en Egypte ; il est de treize heures. Ces mmes auteurs ont ajout graduellement une demi-heure, jusqu' ce qu'ils arri- vassent atteindre le plus haut climat. Mais ici finit la gographie. NOTES DU LIVRE SIXIME. Chap. I , page 2 , ligne 7. Pontus Eux/nus, anlea ab inhospitali, etc., etc.. Inde Bospho- rum Cimmerium irecenta sexaginta millia. Dans les phrases que Pline accumule ici sur le Pont-Euxin , il y a plus de subtilits et de recherches que de vrits. On peut aussi blmer l'auteur de sembler en quelque sorte reprocher la mer ces envahisse- mens salutaires , ces dtroits , ces golfes , toutes ces sinuosits auxquelles l'Europe mridionale et l'Asie Mineure doivent la fa- cilit des transports, des voyages, du commerce. Qu'il y a loin de ces ridicules mcontentemens inspirs, on le croirait, par le c- lbre passage d'Horace , Nequicquam dcus abscidit Prudens Oceano dissociabili Terras qu'il y a loin , disons-nous , de ces expressions banales et si peu en rapport avec la ralit des faits , ce bel aphorisme de Pascal : Les rivires sont des routes mobiles qui portent l'homme et ses vaisseaux. Tout le monde sait que le Pont-Euxin se nomme aujourd'hui mer Noire. Situ entre l'Europe et l'Asie dont il forme la limite, partir du canal de Constantinople jusqu' la saillie occidentale du Caucase, il communique avec la Propontide ou mer de Marmara par ce mme dtroit de Constantinople (anciennement Bosphore de Thrace)etavecles Palus Motides ou mer d'Azofpar le Bosphore Cimmrien (dtroit de Zabache). Le nom d ,v fi^evos , inhospitalier, qui lui fut donn originairement cause de la frocit des peu- plades voisines, notamment de celles qui habitaient la Colchide et le Caucase, fut chang en celui d'Euxin , Ev^itvor, hospitalier, NOTES DU LIVRE VI. \ 169 non point comme on le dit vulgairement, lorsque les murs de ces hordes sauvages se furent adoucies (car on ne voit pas claire- ment qu'elles l'aient jamais t, mme de nos jours), et moins encore par antiphrase, mais par euphmisme et afin d'viter une ide dsagrable. Jamais, aux yeux des Grecs, le Pont-Euxin ne fut une mer hospitalire ; mais on put dsirer de le trouver hos- pitalier; de l l'expression d'Ev^eivos. C'est ainsi que les Furies ont t appeles Eumnides , Y.vjueveTs , bienveillantes , bienfai- santes , non point certes par antiphrase (qui, chez les anciens, une poque recule , et os plaisanter sur le compte de ces re- doutables desses?), mais parce que, dans les invocations fr- quentes que l'effroi des mortels leur adressait , revenaient souvent ces mots ev/uevss ale , ei , desses , soyez bienveillantes : le souhait devint bientt une appellation gnrale. Les dimensions relles du Pont-Euxin sont quatre cent dix-neuf lieues et demie dans la plus grande longueur, et cent vingt-quatre lieues un tiers de largeur. On sait le mot d'un vieux soldat, assis au parterre des Franais, un soir que l'on jouait Mithridate. l'instant o le vieux prince dit ses deux fils : Doulez-vous cjuc rEuxin ne me porle en deux jours Aux lieux o le Danube y vient finir son cours ? Oui certainement j'en doute, s'cria le vtran. Et en effet, s'il et t dans l'intention du pote de faire l un cours de go- graphie ancienne , il et commis une faute grave; car la distance de Panticape, o se passe la scne, l'embouchure du Danube (distance qui est. peu prs les trois cinquimes de la plus grande longueur du Pont-Euxin) est beaucoup trop grande pour qu'un vaisseau, fin voilier et parfaitement servi par les vents, mme de nos jours et sur la mer la plus favorable la navigation, puisse la parcourir. Chap. I, page 4-, l'gne i3. Ergo a faucibus Bosphori est amnis Rhebas... Fluvius Billis. Le Rhbas, aulremeut Rhebeus et Rhebanus, 'P(Sas-, 'Pne/os- , C P- C&vs, est un de ces ruisseaux qui, comme le Xanthe, le Lignon et tant d'autres, doivent toute leur clbrit aux chants des po- % 170 NOTES DU LIVRE VI. tes. Son cours n'est gure que de trois milles gographiques , et sa largeur, comme on peut le penser, rpond la longueur de son cours. Cependant Scylax et les divers auteurs de Priples le nomment tout aussi bien qu'Orphe (v. 711) et Apoll. de Rho- des (liv. il, v. 652. Cf. Avienus , v. 974, 175, et Den. le P- RlG., v. 794). Tournefort (lettre xvi) et d'nville, dans ses cartes, le nomment aujourd'hui Riva. On voit que c'est absolu- ment le mme nom prononc la grecque , la disparition de Y s prs. Chap. I , page 4 > ligne 14. Psillideest nomme aussi par Strabon (liv. xil), par Ptolme (liv. v, n. 1) et par d'autres ; mais l'on varie sur l'orthographe, le premier crivant 'YiKMs, le second ^ihxis, le troisime 'Vlxis. Nous ignorons le nom moderne qui y rpond. Probablement ce n'tait qu'un bourg obscur et sans importance. Le port de Cal- pas ou Calp , qui suit immdiatement (KaA-ar M/unv d'Etienne de Byzance), se nomme maintenant , selon d'Anville , Kerbek. Ligne i5. Sagaris. Il a dj t dit un mot du Sagaris ou Sangarius, dont le nom se retrouve sous la forme moderne Sakaria. Il prenait sa source prs de Sangia, en Phrygie, arrosait la partie occidentale de la Galatie, traversait la Bithynie et se jetait dans le Pont- Euxin. C'est, en grandeur, le second fleuve de l'Asie Mineure, et il ne le cde qu' l'Halys ou Qisil-Ermak. De ses deux tribu- taires , le Tembrogius (Thymbres de Tite-Live, liv. xxxvill , 11. 18) , qu'il ne faut pas confondre avec le Qv^pios de Strabon (liv. Xlll), est videmment le Sursak; le Gallus, moins connu, nous semble tre l'Alhaur, affluent bien plus recul dans les ter- res, et par consquent bien plus voisin de la source du fleuve; ce qui, pour le dire en passant, confirme encore notre conjec- ture, puisque Pline, dcrivant ici la cte, doit, lorsqu'il s'carte un instant du littoral, nommer d'abord les dtails les plus voi- sins de la mer dont il suit les sinuosits. Nous ne devons point quitter le fleuve Sangarius sans rappeler au lecteur la fable clbre d'Atys et de la nymphe Sangaride. NOTES DU LIVRE VI. 171 Chap. I, page 4i ligne 17. Les Maryandyniens dont le nom se relrouve chez presque tous les gographes de l'antiquit , sont trs-peu connus et ont donn lieu aux conjectures les plus diverses. Les uns , frapps de la res- semblance des noms Thyni , Bi-Thyni , Maryan-Dyni , et soup- onnant dans ce dernier une dpravation indigne de Maryan- Tyni , ont vu , dans ces trois peuples habitans de la Bithynie , les trois rameaux d'une mme souche. Selon d'autres , les Maryandy- niens seraient venus d'une contre plus orientale de l'Asie, ainsi que les Paphlagoniens leurs voisins (HROD., liv. IV, n. 38). Parmi les preuves qui viennent l'appui de cette opinion , on remarque surtout celle-ci , que les Maryandyniens furent soumis au joug de la rpublique d'Hracle , et traits par les vainqueurs peu prs comme les Ilotes par les Spartiates , ce qui jamais n'ar- riva aux vritables Bithyniens. Le golfe des Maryandyniens se nomme aujourd'hui golfe de Sakaria du nom du fleuve qui s'y jette. Ligne 1 8. Hracle du Pont , aujourd'hui Erekli , ville maritime et puis- sante, fonde, selon M. Raoul-Rochette, Histoire des Colonies grecques, tome Il , pag. 3oo , etc. , par les Mgariens j ce qu'at- testent en effet Xnophon (Retraite des dix mille, liv. VI, pag. 220, dit. d'Henri Etienne), Diod. de Sicile (liv. xiv), Ar- rien , (Pripl. du Ponl-Euxiii) , Pausanias (liv. V, n. 26). Ceux qui , comme Justin (liv. Xiv, n. 3) et Etienne de Byzance (arti- cle n attribuent la fondation d'Hracle des Botiens , ne s'loignent que mdiocrement de la tradition gnralement reue : car il parait, d'aprs le passage de Pausanias ci-dessus in- diqu , que des Tanagrens de Botie s'taient associs aux Mga- riens pour la fondation de la colonie. (Cf. Scymn. DE Cmo, Fragmens, v. 23o, tome II , page 56.) Hracle devint, dans la suite, une ville trs-florissante, et donna naissance d'autres colonies, savoir : Arciroessa , Calatis, Chersonse, Panle. La Callantia d'Arrien n'est autre que Calatis. i;a NOTES DU LIVRE VI. Chai. I, page 4? ligne 20. Acone , 'Akvui dans Etienne de Byzance. Solin et Martien ne se servent que du singulier. Specus Acherusia. Ce que Pline nomme Specus Acherusia tait un antre ouvert dans le promontoire de mme nom. Ce promon- toire s'avanait en forme de presqu'le et couvrait le golfe au fond duquel est situe la ville d'Hraele. C'est par cette caverne que , selon la fable , Hercule descendit aux enfers. Ligne 22. Tium, Tov ou T/of, aujourd'hui Falios, treize lieues au nord-est d'Hracle, sur une pointe avance en mer, prs de l'embouchure du Billus , avait t fonde par des Milsiens (Arrien , Priple du Pont-Euxin, page i4 du tomei, dition Hudson ; Philon, dans Et. DE Byz. , art. T/oj; Mla, liv. I, ri. 20), et avait reu son nom d'un certain Tius , personnage de race sacerdotale et chef de la colonie milsienne. Il paratrait que , pendant quelque temps , ium , ainsi que les villes de S- same , de Cytore et de Cromne, fut soumise la domination d'Amastris (Vojez ScYMN. DE Ch. , Fragm., tom. il, p. 55, 56. Cf. STRAR., liv. XII, Pripl. Anon. du Pont-Euxin; ARRIEN, Pripl.) ; mais elle ne tarda pas se sparer de la confdration et forma toujours depuis une ville indpendante, jusqu' l'poque de la toute-puissance romaine. Le fleuve Billis ou Billus se nomme Falios comme'la ville. . Chap. II , page 6 , ligne 2. Ultra quem gens Paphlagonia... Galatia. La Paphlagonie est une des provinces septentrionales de l'Asie Mineure. Le Pont-Euxin au nord , le fleuve Halys l'est et du ct du Pont , le Parth- nius l'ouest et du ct de l'ouest, dessinent trs-nettement ses limites , qui , du ct du midi , sont plus difficiles spcifier. Il parat que la chane des monts Olympes orientaux et du Magaba la sparait de la Galatie. On peut fixer sa latitude 4-0 35' d'une NOTES DU LIVRE VI. i 7 3 part et 2 8' de l'autre. La superficie totale ne s'loignait pas de dix-neuf cents lieues carres. Ce pays rpond aujourd'hui aux sandjiakats de Kaslamouni et de Boli en Anadholi et une partie de celui de Dsjanik. Selon la fable , Paphlagon , fils de Plane et petit-fils d'Ag- nor, donna son nom au pays. Diverses peuplades barbares occu- paient le pays. Les Hnles ou Vntes , la plus illustre de ces tribus incivilises, habitaient entre le penchant septentrional des monts Cytore et la mer. C'est de Pylmne, leur chef, que le pays prit le nom de Pylmnic. Au reste, il ne faut pas croire que le nom de Pylmne ait l particulier un de leurs rois, par exemple, celui qui vint porter des secours aux royens (Hom., liv. il , Caialog.) : tous les princes qui rgnrent, dans ce pays le portrent; de sorte que le nom propre devint vraiment un nom appellatif, comme plus tard il en fut des Ptolme, des Arsace , des Csar, etc. Le pays travers par une chane de montagnes courant succes- sivement du sud au nord, puis l'ouest, puis encore au nord pour se reporter vers l'ouest, peu prs paralllement la cte, prsentait des aspects trs-varis. Les plaines taient fertiles et riches. L'olivier y donnait des produits abondans. L'intrieur du pays lait bois : les montagnes fournissaient d'excellent cinabre. Strabon parle des poissons fossiles que l'on trouve dans les terrains secs et levs de cette province. Gnralement les anciens parlent des Paphlagoniens comme d'un peuple incivilis, stupide et crdule l'excs. Du reste, Papblagoniens, Hnles et autres, vivaient . peu prs indpendans , quand l'ambition de Crsus recula les bornes de l'empire de Lydie presqu'au fleuve Halys. Dans la suite , ils furent soumis aux lois de l'empire mdo- persan, et rgis au nom des successeurs de Cyrus par des Satrapes dont pourtant ils finirent par secouer le joug, lors de l'invasion de l'Asie par Alexandre. Us russirent mme s'emparer d'une partie de la Cappadoce , et eurent des rois particuliers jusqu' ce qu'enfin les discordes intestines , et la proximit de deux puissans voisins, les rois dePont et deBithynie, qui chacun de leur ct convoitaient cette proie, les forcrent consentir tre protgs par les R omains, 174 NOTES DU LIVRE VI. Ceux-ci les laissrent encore quelque temps se gouverner par leurs propres lois , et obir des rois de leur sang. Mais la dy- nastie royale s'tant teinte sous Auguste , dans la personne de Castor, fils de Djotare, un dcret imprial dcida la runion de la Paphlagonie aux provinces immdiates de l'empire. Chap. II , page 6 , ligne 3. Oppidum Mastjra Milesiorum... P ompeiopolis uirumque appella- tion est. Mastya , qu'Hardouin a tort de souponner identique la ville nomme par Ptolme (liv. V, chap. 6) Moson ou Moston , puisque celle-ci tait dans la Galatie, avait t effecti- vement fonde par les Milsiens en mme temps que Cromne. Il est probable que , comme Cromne , Cytore et Ssame , elle tait enferme dans l'enceinte d'Amastris. M. Raoul-Rochette (Hist. des Colonies grecques, tom. III, pag. 33j) prsume que ce fut en remplacement de Tios qui en avait t bannie ou qui s'en tait spare. Ligne 4- Cromna. Cromne, Kpfitvu. d'Etienne de Byzance et Martien d'Hracle, avait t fonde, comme nous venons de le dire, par les Milsiens. Comprise plus tard dans Amastris , elle forma le corps de cette ville. (Cf. le Grand Etjmologiste , art. Amastris.) Quo loco Heneios adjicit Nepos Cornlius. Les Hntes ou V- ntes, que nous avons dj nomms comme la tribu la plus illus- tre de la Paphlagonie , et dont nous avons indiqu la demeure , le long des monts Cytore , ne sont gure connus que par le pas- sage d'Homre {Iliade, il, catalogue des vaisseaux). Strabon con- jecture que , s'tant tablis en Thrace, et de l s'lant de plus en plus avancs vers l'est, ils s'tablirent dans la Vntie italienne (liv. xil); mais, dans le livre IV, il annonce que les Vntes de l'Italie doivent leur origine aux Vntes gaulois des environs de Vannes. La premire opinion semble la plus probable, parce que les Vntes d'Italie parlaient une langue radicalement diffrente de tous les dialectes latins et celtes, et que d'autre part les Pa- phlagoniens avaient un idiome trs-loign de ceux de tous les NOTES DU LIVRE VI. 17S peuples environnans. Voyez Strahion (liv. XI i) qui donne une petite liste de mots paphlagoniens. Chap. II , page 6 , ligne 6. Sesamum oppidum. Ssame ne doit pas tre tout--fait confon- due avec Amastris , dont originairement elle tait distincte ; il est vrai que plus tard elle y fut enclave et devint son Acropole. Cf ce qui a t dit plus haut de Cromne et la note suivante sur Amastris. Ligne 7. Amastris. Amastris, dans une petite pninsule, seize lieues nord- est de Bithynium, dut sa fondation la femme d'un tyran d'Hra- cle , qui runit dans une mme enceinte plusieurs villes voisines, savoir : Cromne , Cytore et Ssame. La ville de Tios ou Tium en Bithynie ne fut jamais enclave dans ses murs; mais elle fut cense faire partie de la mme cit ou confdration. Elle s'en spara dans la suite, et nous avons remarqu que c'est aprs cette poque que Mastya dut tre annexe la ville d 1 Amastris. Amastris fut prise par Triarius , lieutenant de Cotta, et passa ds-lors sous la domination des Romains. L se termina le faible rle politique que cette ville avait jou en Asie. On a d' Amastris quantit de mdailles, les unes la gloire des divinits du paga- nisme , les autres en l'honneur des empereurs romains. Amas- tris se nomme aujourd'hui Amasrh. Mons yiorus a Tio , etc. Le mont Cytore, aujourd'hui Ku- dros , s'tend de l'ouest l'est , peu prs paralllement la cte du Pont-Euxin, et va rejoindre lest a chane des Olgazes. Il tait couvert de buis (Voyez Virg., Gorg., liv. Il , v. 4^7). Une ville de mme nom se voit sur la cte peu prs gale dis- tance de Cromne et du promontoire de Carambis dont il sera bientt question. Ligne 8. Cirnolis , KI/Uwa/ de. Strabon (liv. XII ), KifiaxU de Martien d'Hracle , s'appelle aujourd'hui Kimoli. Elle est l'est du pro- montoire de Carambis. 176 NOTES DU LIVRE VI. Chap. II , page 6, ligne 8. Stphane, Zleqxvn de Mart. Hracl., 21s*v/f d'Etienne de Byzance , avait t fonde par les Maryandyniens. Elle se nomme aujourd'hui Istephan. Amnis Parthenius. Le Parthnius prenait sa source au mont Olympe , sur les confins de la Galatie et de la Bithynie. Le nom actuel Bartin reprsente assez bien le nom ancien , que l'on a mme conserv intact en disant Parlhni. Ligne 9. P runiontorium Carambis vasto excursu. Encore une de ces images familires au style minemment pittoresque, mais souvent inexact de Pline. Le cap Carambis, aujourd'hui Keremph, n'est point, beaucoup prs, le plus remarquable de cette cte. Le Lepte Acra, aujourd'hui cap Indj , s'avance encore plus au nord dans la mer. Il est vrai que, comme l'indiquent ses noms grecs et turcs , il n'a point les vastes dimensions du Keremph. La ville de Carambis est aussi nomme par Scylax. Ligne i3. Armene, > kp/j.ivn dans Scylax et dans Strabon , appartenait la ville de Sinope , dont probablement elle tait une colonie, et qui elle servait de port. (Voyez Xnoph., Retr., liv. vi). Il ne faut pas croire , avec Pomponius Mla , que jamais cette ville ait t la limite de la Paphlagonie. Cette ville tait dj dtruite du temps de Pline. Etienne de Byzance, qui en parle en deux en- droits, lui donne une fois le nom d'Almne. Sinope, aujourd'hui Sinoub, huit lieues sud de Stphane, et seize d'Aboni-tichos , avait eu pour premier souverain Apis, surnomm Inachus; elle fut ou fonde de nouveau ou notable- ment augmente par les Argonautes Autolycus , Phlogius et Di- lon {Voyez Strab. , Gog., Iiv. XII, p. 54.6. Cf. Apoll., liv. I, chap. ix, 16; Schol. d' Apoll. de Rh. , liv. il, v. 94.7 et 9^8; Val. Flacc, liv. v, v. 108: Plut., Vie e Luadlus) ; enfin une f f ( / r v : mi f f / ('/ NOTES DU LIVRE VI. 177 colonie milsienne vint s'y tablir (l'an 741 avant J.-C, selon M. Raoul-Rochette) , et c'est alors qu'elle arrita la plus haute puissance. Elle donna naissance plusieurs colonies , telles qu'Odinius, Bechirias, Trapzonte, Cherades , Lycaste , Cra- sonte , Armne , etc. C'est principalement aux riches mines de fer dont tait remplie la contre des environs , et la pche du thon , que les Sinopens devaient leur prosprit. Quelque d- chue que soit la ville , il s'y fait encore un commerce considra- ble de poissons. Sinope a donn naissance plusieurs hommes distingus, parmi lesquels il faut remarquer Mithridate, si fameux par ses guerres contre les Romains, Diogne le Cynique, et Aquila , auteur d'une version grecque de l'Ancien Testament* Chap. Il , page 6 , ligne i4 L'Evarque , Evup^os d'Hracl. et d'Etienne de Byzance , est une des petites rivires ctires l'ouest de l'Halys, et par cons- quent il ne faut pas s'imaginer avec Etienne de Byzance qu'il ait jamais spar la Paphlagonie de la Cappadoce. L'erreur du lexi- cographe vient sans doute de ce qu'il y avait dans le voisinage une peuplade cappadocienne, et que l'Evarque formait la limite entre celle-ci et les Paphlagoniens. Ligne i5. Gaziure et Gazel se nomment aujourd'hui, selon d'Anville, Gudes et Aladjiam. L'Halys , seul fleuve un peu considrable de l'Asie Mineure, prenait sa source dans l'Armnie Mineure, coupait la Cappadoce de l'est l'ouest, et, aprs de trs-grands circuits, allait se jeter dans le Pont-Euxin. Parmi ses affluens principaux , il faut remar- quer une autre rivire qui coule dans la partie sud de la Cappa- doce , peu prs de l'est l'ouest, puis flchit vers le nord pour se joindre au courant principal. Celle-ci se nommait aussi Halys. Aujourd'hui les noms des deux fleuves sont diffrens. Le grand Halys s'appelle Qisil-Ermak, et le petit Halys, Eusdent. L'Halys' est surtout clbre dans l'histoire par la bataille qui eut lieu sur v*. 12 11 \ s /.m ra 10 Yl IN il 178 NOTES DU LIVRE VL ses bords, enlrc les Mdes et les Lydiens, et pendant laquelle eut lieu une clipse de soleil prdite par Thaes. Chap. H , page 6 , ligne i5. Gangre, Tiyypa. d'Etienne de Byzance , au sud-ouest et fort avant dans les terres, sur les confins de la Galatie, fut la rsi- dence d'un roi indigne nomm Morses , et du prince galale Djotare. Sous les Romains, elle eut le rang de mtropole de la Paphlagonie, et il s'y tint un concile au quatrime sicle; on la nomme aujourd'hui Kiangari. Ligne 17. Caruse, KctpvvixoM,xeta. d' Arrien (Prip.), Ko)t<*- *lct de Ptolme , mais probablement par une erreur de copiste. Et a Pharnacea... Ileniochorum gentes. Pharnace ou Pharnacie , $a.pvKX.ei& d' Arrien, Qapvcutta. de Ptolme (liv. v, n. 6), remar- quable par la mort de Monime.D'Anville prtend qu'elle ne faisait qu'un avec Crasonte. Mais rien ne prouve cette assertion. Ligne i5. Trapzonte , Trapezus, en grec r paveX ) ovs (gn. ovvloi) , au- *88 NOTES DU LIVRE VI. jourd'hui Tarbosan ou Tarabesoun, quatorze lieues nord-est de Carassa, dix-neuf ouest de Rhizum (Riseh) : une des plus commerantes et des plus riches de ces contres barbares, est une de celles sur l'origine de laquelle on a le plus discut. Voici comment M. Raoul-Rochette (Hist. des colonies grecques) rsume et juge les diverses opinions nonces ce sujet. Je fixe la fondation de Trapzonte l'an 747 avant notre re quoique le Syncelle, qui m'a servi de guide, ne donne point (Sync, Chronog., pag. 212) une date prcise. Cet auteur rap- porte la fondation de Trapzonte dans le Pont , entre celle de Cyrne par les Threns, et celle de Naxos. Or, selon Eusbe (Chronic., il, p. n3), que le Syncelle suit et copie pour tout ce qui regarde les colonies grecques, la fondation de Cyrne tombe en la troisime anne de la cinquime olympiade , et celle de Naxos , en la premire anne de la onzime olympiade : le terme moyen entre ces deux dates me donne la deuxime an- ne de la huitime olympiade pour l'poque approximative de la colonie de Trapzonte ; et , quoique ce calcul ne soit pas in- faillible , on peut du moins s'assurer qu'il s'loigne fort peu de la vritable poque. Au reste , la plupart des anciens s'ac- < cordent attribuer l'origine des Trapzontins une colonie de Sinope : c'tait l'opinion de Diodore et de Xnophon cits par Eustathe ( sur Benys le Prigle , v. 775 et suivans , tome IV , page i36; et v. 587 , ibid. , page t23) ; et les ouvra- ges de ces auteurs , tels qu'ils nous sont parvenus , confir- ment la citation d'Eustathe (Diodore de Sicile, liv. xiv, chap. 3i ; XNOPHON, Retr., liv. VI, chap. 8, 17). Strabon (liv. xii, page 548) et Scylax (PripL, page 33, tome 1) don- nent simplement cette ville le titre de ville grecque ; mais Etienne de Byzance (art. T/>enreoy8 NOTES DU LIVRE VI. observations ne deviendront importantes que lorsque nous au- rons le moyen de classer distinctement les diverses hordes de Zigeunes , et de distinguer les nuances qui certainement doivent les sparer. Le verbe auxiliaire se rattache entirement aux lan- gues indo-plasgiques ; mais la grammaire zigeune nous a paru offrir quelques rapports remarquables avec le persan pour les pronoms , et avec le turc pour les dclinaisons des noms sub- stantifs. Quel rsultat tirerons-nous de ces faits ? Le savant Grell- mann et son ami Buttner, qui nous devons tant de renseigne- mens, n'ont pas hsit regarder les Zigeunes comme une des basses castes indiennes , chasse par quelque grande rvolution de sa patrie , et devenue nomade. Le caractre incontestablement indou de leur langue , leurs qualits physiques , et le nom de Sinte qu'ils se donnent, sont les trois argumens solides sur les- quels on fonde cette hypothse gnralement admise. On a cher- ch dterminer l'poque de leur sortie et le lieu prcis de leur demeure ancienne ; les dvastations de l'Inde sousTamerlan, vers l'an i/{.oo, paraissent fournir un motif plausible de leur fuite. On considre aussi comme certain que leur patrie doit tre cher- che dans l'Inde occidentale , non loin des bords de l'Indus ou du Sinde ; mais Pallas trouve que leur dialecte indique comme leur ancien pays le Moultan, d'o sont originaires les marchands indous vivant Astrakhan. Fra Bartholomeo croit au contraire qu'ils viennent du Guzerate, spcialement des environs de Tatta, o demeure une peuplade de pirates appels Tchinganes. Enfin , D. Richardson s'est flatt de les avoir retrouvs dans la caste des Bazigurs , espce de mntriers et de danseurs vagabonds. Si l'on voulait les chercher parmi les petites castes des Indous , aucune, selon nous , ne leur ressemblerait plus que la subdivi- sion des Soudras, nomme Correwa's, gens errans , qui n'ont aucune demeure fixe , qui logent sous des tentes , et dont le principal mtier est de tresser des corbeilles ou de faire des couvercles de chaudrons, tandis que leurs femmes gagnent beau- coup d'argent dire la bonne aventure. Voil prcisment nos Bohmiens et nos Bohmiennes , dira-t-on ; pourquoi cher- cher plus long-temps ? NOTES DU LIVRE VI. 19^ Une difficult plus gnrale , c'est de concevoir pourquoi , venus de l'Indoustan vers l'an 14.00, les Zigeuues se montrent, en i5o , par essaims nombreux et concentrs en Valachie, Hon- grie et Pologne , sans qu'on puisse indiquer aucun rassemble- ment considrable de leurs bordes en Perse , en Tartarie , dans le Caucase. M. .liasse , savant rempli d'ides originales , a dvelopp une bypothse diffrente sur l'origine des -Zigeunes. Il dmontre que depuis trois mille ans il a exist en Europe des tribus er- rantes portant le nom de Sigynes ou Zigeunes , en mme temps que celui de Sinties ou Sinti. Il voit dans nos Zigeunes ou Sintes les descendans immdiats de ces peuplades anciennes. D'un autre ct , M.Lolewel, gographe polonais, a dmontr que ds l'au- rore de l'histoire , il a demeur sur le Bosphore Cimmrien, et mme en Europe , notamment en Thrace , des nations indoues. Nous allons combiner ce qui nous a paru bon dans l'un et l'autre systme avec nos propres aperus. Un peuple qui porte le mme nom que les Zigeunes est mentionn par l'histoire la plus ancienne de l'Europe. Les Si- <> gynes , semblables aux Mdes par l'habillement , demeurent au nord de l'Ister , dans un pays qui parat dsert ; du moins ce sont les seuls habitans sur lesquels j'aie pu avoir quelques ren- seignemens. lis ont de trs-petits chevaux long poil , qui ne sauraient porter des hommes , mais qui tranent un char avec la plus grande rapidit. Leurs frontires vont jusqu' celles des Hntes de l'Adriatique. On dit qu'ils sont les descendans des Mdes , ce que je ne conois pas ; mais tout est possible avec le laps du temps. Les Liguriens entendent par le mot Sigyne un marchand ambulant ; les Cypriens nomment ainsi un genre " de javelots. Tel est le tmoignage du pre de l'histoire pro- fane. Strabon applique les mmes traits , mais avec des circon- stances nouvelles, aux Sigynii, peuplade murs persanes, dans les montagnes de l'Hyrcanie , au sud de la Caspienne. Les Si- gynni d'Apollonius de Rhodes habitaient prs de l'embouchure du Danube , et ceux du faux Orphe demeuraient dans le royaume du Pont. Ces trois positions , quoique loignes les unes des autres , indiquent une de ces migrations anciennes dont la go- aoo NOTES DU LIVRE VI. graphie seule conserve des traces. Le trait physique qui caract- rise les chevaux des Sigynes est un indice important. Les che- vaux sauvages de la plaine scythique , et quelques-uns de ceux de Baschkires, ont du poil plus ou moins long ; mais nous ne dciderons pas si les Zingi caucasiens de Pline , et les Singae in- diens du mme auteur, font partie de la chane des peuplades zigeunes ou zinganes, ni si la ville deZigana en Cappadoce est une trace des migrations de ces nomades. La seconde souche de ces tribus vagabondes se trouve dans les Sindi ou Sinti , voisins du Bosphore Cimmrien , et habitans de la Sindica , dont le nom, dans les manuscrits, est crit In- dica. Comme ces mots Sind, Hind et Ind sont presque synonymes, et constamment confondus par les Orientaux , nous ne discute- rons pas ces variantes. Hesychius concilie les opinions des an- ciens , en disant : Les Sindi , peuple indien. Les traditions sur l'industrie commerciale de ce peuple ; sur leur extrme l- chet, s'tant laiss vaincre par les Scythes, leurs anciens matres, coups de fouets ; sur la prostitution de leurs femmes , dont le nom mme devient infme , tout concide trs-bien avec l'opi- nion qui en fait descendre les Zigeunes , ou Sinties de nos jours. Le trait le plus singulier, c'est la figure des parties sexuelles , le lingam , qui , d'aprs Etienne de Byzance , semblerait y avoir t porte publiquement comme dans l'Indoustan. Cette peuplade parat s'tre rpandue jusqu'en Macdoine , o nous trouvons une rgion sintique ; et jusqu' Lemnos , o les Sinties taient les ouvriers de Vulcain ; trait qui rappelle le mtier des Sintes- Zigeunes. Mais les Sinties et les Sigynnii ne sont pas les seules nations asiatiques que nous trouvons disperses en Europe ou sur les confins de cette partie du monde ; les Scythes de la tribu royale ou dominante taient Mdes d'origine, et les noms gographiques de l'ancienne Scyihie s'expliquent par la langue zend. Nous revien- drons sur ce fait. En abandonnant l'origine tartare des Gtes, sou- tenue par d'Anville ; en attendant les claircissemens que M. de Saint-Martin fait esprer au monde savant sur l'Inde europenne des auteurs armniens , nous ferons observer que le bas Danube a port anciennement le nom de Matous, qui semble rappeler le NOTES DU LIVRE VI. 20 1 hros indien Madhou, antagoniste de Krischna, ou le mot madhur, eau douce. Une ville d'Aigypsos , et dans Scylax Aigyptos , fon- de, selon Ovide , par un Caspien l'entre du delta du Danube, nous parat aussi un monument ethnographique trs-remar- quable. Mais l'existence ancienne des Indi dans l'Asie Mineure , entre les Cariens et les Ciliciens , est atteste par l' Histoire des Macchabes , et parfaitement dmontre dans un mmoire sp- cial. D'aprs tous ces indices runis, nous croyons que l'on peut soutenir, sans tre tax de tmrit, que des tribus de race in- doue se sont trouves errantes , ou tablies en Europe , ou sur ses confins , ds les premiers sicles historiques. Comment s'y trouveraient-elles ? taient-ce des migrations de l'Inde antrieures l'histoire ? taient-ce les ennemis exils de Krischna, ce qui expli- querait d'une manire inattendue la singulire prtention des Zigeunes d'avoir jadis abandonn le Christ? tait-ce une branche des Indouwan Berber, que le Schah-Nam place dans les r- gions Hyperborennes ? taient-ce des colonies transportes des rives de l'Indus par les despotes de la Perse ? C'est aux historiens, aux orientalistes discuter ces possibilits. La gographie des peuples a fait son devoir ; elle trouve en Europe mme des tribus qui paraissent tre la souche des Zigeunes ou Sintes ; elle se tient ce fait remarquable , et n'est pas embarrasse pour expli- quer comment ces petites hordes ont pu rester long-temps inaper- ues au milieu de tant d'autres nomades et sauvages englobs dans l'empire romain d'Orient. Ne se seraient-ils pas nomms Roma , comme sujets des Romains? n'ont-ils pas pu errer dans les marais de la basse Valachie? La petite Egypte , o ils disent avoir form un tat , ne seraient-ce pas les environs de la ville d'Aigypsos? Les Zigeunes, les Sintes, les Gypsies , les Tchin- ganes ne peuvent-ils pas tre des tribus distinctes par leur dia- lecte , leur origine spciale , leurs migrations locales ? C'est surtout de ce point que nous engageons les savans partir pour les recherches ultrieures. ao* NOTES DU LIVRE VI. ClUP. VI, page 16, ligne 2. Sed ipsius peninsul inler P ontum et Motiin lacum... in Europa didus. La Chersonnse Taurique, depuis Crime, et aujourd'hui Tauride, s'avance, en effet, entre la mer d'Asow, qui en baigne la partie orientale , et la mer Noire, qui se droule autour des ctes ouest et sud. La partie mridionale en est extrmement fertile: de belles forts, les oraugers, les citronniers, les vignes, l'olivier, les plantes tinctoriales y croissent ou peuvent y crotre avec uu peu de culture. Les villes de Cpi, d'Hermonasse, de Phanagorie, devaient leur fondation aux Grecs {Vojez Scyl., Pripl., p. 3i ; Amm. Marc. , liv. xxn , c. 8 ; et Cate dans Et. i>e Byz. , art. $a,v&- yopsiet). Nous ne dciderons point ici si c'est aux iens , aux Poniens ou auxEoliens, qu'il faut en attribuer la fondation. Du reste, nous remarquerons qu'il existait aussi une le de Pha- nagorie (Voyez Et. de Byz., art. Tett/pijtn). Sur Hermonasse, consultez Stuck sur Arrien, Priple du Pont-Euxin. Cpi, ainsi nomme probablement par allusion la beaut et la ri- chesse des paysages environnans , qui en faisaient comme le jar- din du Bosphore, fut dtruite par les barbares du temps de Pro- ope (Proc, Guerre des Goihs, liv. IV, c. 5). Il est noter que toutes ces les se trouvaient dans le pays des Siutes, et que mme ceux-ci possdaient sur le rivage dit de leur nom Sindicus Portns. Le nom d'Apatnros, 'A.'&tfovpo? de Strabon, et Appatura du gographe de Ravenne , a fait penser aux Apaturies et la Vnus 'K.tsklovpos des Grecs , en latin Venus Dolosa. Cimmerium , autrement Cerbcrium , a donn naissance au nom de Bosphore Cimmrien, donn toute la contre environnante. Le nom moderne de Crim ou Crime en vient certainement. Quels liens unissaient les Cimmriens aux Kimri ou Cimbres rpandus dans les plaines basses qui avoisinent la Baltique et le nord? A quelle poque ces hordes errantes vinrent-elles s'tablir sur les ctes de l'Euxin ? A quel degr de puissance parvinrent- elles? Toutes ces questions , encore ensevelies dans de profondes NOTES DU LIVRE VI. aoi tnbres, ue peuvent tre discutes ici. nous devons seulement prendre note de la parent qui unit tous ces peuples et des mi- grations qui, incontestablement, amenrent ou les Cimbres du Bosphore dans la Germanie, ou les Cimbres de la Germanie dans le Bospbore. En vain des savans estimables ont pens que les Cimmriens n'taient qu'un peuple imaginaire, et ont cru en trouver une preuve dans le nom mme de Cerberium, videm- ment mythologique, disent-ils. Qu'importe l'origine mythologi- que d'un mot? un peuple superstitieux n'a-t-il pu placer dans une ville relle le thtre de quelques-unes des fables qu'il se plaisait raconter ? Le voyage d'Oreste en Tauride , la dlivrance d'Iphignie, la statue vole au roi Thoas empchent-elles que la Crime irait exist? et parce que quelques lgendes auront plac sur une pointe de cetle pninsule le lieu o Hercule vint faire voir le jour Cerbre , arrach des enfers , s'ensuit-il que le lieu , prtendu tmoin du prodige, soit aussi imaginaire que Cerbre lui-mme ? Chap. VII, page 16 , ligne i3. A Cimmerio accolunl Motici... Spaleos. Les nombreuses peu- plades ici numres par Pline, ne furent sans doute presque tou- tes que des tribus nomades : il serait donc peu prs superflu de vouloir rechercher soit leur origine et leur filiation, soit leurs habitations. D'ailleurs, il est indubitable que beaucoup de ces noms sont dfigurs ; les manuscrits de Pline mme ne s'accor- dent pas sur la manire dont on doit les crire ; tmoin, pour se borner un seul chantillon, la note 3i , page 6o4, tome il de l'dition Lemaire. Ajoutons que Pline, copiant des auteurs de diffrens ges, n'a pas toujours eu gard l'poque des rensei- gnemens qu'il se bornait transcrire , et que de l rsultrent certainement des doubles emplois. Ainsi Ton ne peut gure dou- ter que ses Zingi ne soient les mmes que les Zigae. Cependant , parmi ces peuples , nous remarquerons : i. Les Serbes qui, s'avanant successivement vers l'est, s'ta-* Mirent d'abord en Macdoine, o le nom de la ville de Servitza , atteste encore leur sjour, puis se fixrent sur les bords de la ao/| NOTES DU LIVRE VI. Morava et de la Drina. Le pays qu'ils occupent se nomme aujour- d'hui Servie. 3. Les Sauromates Gyncocratymnes , Tvva.iKOKpct.1ov/iiSvot, tribu sarmate, ainsi nomme probablement de ce que, pendant quelques annes, elle obissait la veuve d'un chef pendant l'enfance de son fils. Cette particularit, qui ne dut tre que passagre, est sans doute ce qui donna lieu la dnomination impose la tribu par les Grecs ; mais si le voyageur qui fabriqua le nom de Gyncocratymnes ft pass une quinzaine d'annes plus tard dans le mme pays, il est probable qu'il n'aurait point retrouv de peuple gouvern par des femmes. Nous avons parl dans d'autres endroits des Sarmates. Une des meilleures preuves du peu de choix que Pline mettait dans la recherche de ses renseignemens, est certainement ce nom ancien et fautif de Sauromate qu'il donne au peuple sarmate, quand dj, depuis long-temps, les auteurs romains avaient renonc cette vieille orthographe, ainsi que l'apposition Amazonum connubia, quand, depuis si long-temps , nul homme de sens ne croyait l'exis- tence des Amazones. 3. Les Turcs , nomms aussi par Pomponius Mla et dont quelques tribus s'taient ds-lors rpandues hors du Turkestan. 4. Les Ziges , Ziches et Zches des auteurs byzantins {Voyez STIPTEU , Memori populorum , art. Zecchica), probablement tribu circassienne, puisque zig en circassien signifie homme. Il est probable qu'il ne faut pas confondre ces peuples avec les Zigeunes ou Sintes , dont il a t question dans la note prc- dente. 5. Les Auchtes , aujourd'hui Osstes , qui sont diviss en plusieurs tribus , et habitent depuis les sources du Terek jus- qu'aux branches septentrionales du Kour. Cuap. IX , page ?o , ligne ig. Armenia autern major... cingilur. L'Armnie, divise comme le faisaient vulgairement les anciens en Grande et Petite Armnie , ne formait point une rgion naturelle. Quiconque veut se faire des ides nettes sur les grandes divisions du globe , doit donc NOTES DU LIVRE VI. ao5 laisser de ct cette distinction, et regarder comme synonyme d'Armnie le mot de Grande Armnie. Celle-ci, situe l'est de l'Euplirate , avait pour limites : au nord , la ligne qui , partant du lia Ion mi (Bathys), au nord-est de Gonieh , sur la mer Noire, remontait cette rivire et le Gour- goro, suivait jusqu'au nord du lac Sbanga (Lychnitis) la chane de montagnes qui forme le versant des eaux de l'Aras (Araxe) et du Kour ( Cyrus) qu'elle longeait alors jusqu'au confluent de ces deux rivires : la ligne qui, de ce confluent, remontait l'Aras, jusqu'un peu au dessous de Nakhivan , et de ce point allait sui- vre la chane de montagnes qui passe entre, les lacs de Van (Ar- sissa) et d'Ourmiah (Spauta) pour aboutir au Tigre, un peu au dessous de Mossoul , formait la limite septentrionale de l'Ar- mnie et la sparait de la Mdie et de l'Assyrie. Elle avait au sud la Msopotamie, dont elle tait spare par le Tigre et le mont Taurus jusqu' l'Euplirate. Elle formait ainsi un quadrilatre ir- rgulier, dont la plus grande diagonale avait cent quatre-vingt- dix lieues du nord-est au sud-ouest, et la plus petite cent dix lieues. Quanta la Petite Armnie, situe l'ouest de TEuphrate, elle se trouvait dans la Cappadoce , dont elle formait la lisire orientale. Nous avons dit ci-dessus qu'elle contenait trois petites provinces : l'Orbalisne , la Lanisne et la Mlitne. Dans la suite, ces provinces furent portes quatre et mme cinq, mais seulement par les modifications dans les circonscriptions territoriales. L'Armnie est actuellement partage entre les empires russe, turk , persan, et quelques princes kourdes, soumis la domina- tion ottomane. L'Armnie russe forme une partie du gouverne- ment russe de Gorgie ; l'Armnie perse est comprise dans l'Iraq- Adjmi , dont elle forme la partie nord ; l'Armnie turque se di- vise en cinq pacbaliks ou grands gouvernemens , savoir : Akhal- zikh , Kars , Erz-Roum , Diarbkir et Van. Quant aux divisions des anciens , elles sont fort peu connues ; cependant, en rassemblant les noms pars d'un ct dans les cri- vains grecs et romains , de l'autre , dans YHist. armnienne de Mose de Chornc , auteur du cinquime sicle, on est arriv au aoG NOTKS DU LIVRE VI. tableau suivant, qui peut jeter du jour sur les chapitres de Pline que nous examinons en ee moment. GRANDES DIVIS. PROVINCES. PETITES DIVIS. SELON MOISfl I. Hadte Armnie, sur le haut Euphratc. II. I 4 e Armnie, lisire depuis Kars( jusqu' Diarbkir. I III. Alznia , sur le Tigre. IV. TuRNBERANIA , entre le Mourad et le lac Van. v. Moca, entre les provinces m et iv, ' Carina. jSpra. . . Derzane. Eklsia. . . ^Et 5 autres. 'Chorzne. . Hasiiane.. . Balahuwitia. Zopha Schadacha. Hansita. . . . Et 3 autres. Arzne Ncphercerta. Et 8 autres.. Taron Harkh Corchorunia. Reznunia. . . . Et 1 3 autres. Ishensis Et 8 autres. . 'Corduza. . . . VI. Corze, 1 Atrovana. . le nord \ Garthunisia. du Kourdistan. I Albacia. iEt 4 autres.. VII. . Persarmnie, ) Maria partie \ Zarchuwi-n. . de PAdjcrbadjn. 'Et 7 autres.. DIVISIONS GRECQUBSClROMAINES. Caranitis. Hispratis Xerxne ou Der- Akilisne Inconnues Chorzne Astianne, Ansta- nitis Bolbne? Sophne Soducne ? Asti'ne,Ansit(jne. Inconnues Arzanne Incertaine Inconnues Tauranitium. . . ( Basilissne?). Incertaine. Inconnue.. Inconnues. Moxone.. Isenchi Incertaines Gordyne , Cor- dut ne Atropatne propre Gordynsi* Inconnue Inconnues. . Marund . Inconnue . Inconnues. NOMS MODERNES CORRESPONDANT. Erzeroum ( terri- toire). Isper , ville. Au sud d'Erze- roura. Egklis. Inconnus. Kars. Incertains. Incertain. Partie du Diarb- kir. Incertain. Incertains. Inconnus. Arzen. Meiafarikain , ville. Incertains. Taro. Vers les sources du Mourad. Hali-Carcara. Sur le lacdeVan. Incertains. Moucb, prs le lac de Van. Inconnu. Inconnus. Dans le Kourdis- tan. TAdjerbadjn. le Kourdistan. Albak, ville Schiacassne . [Et 10 autres.. Colbophoria Thrlia Cangaria .. . Taschira. . . . Arlavania. .. Zavachia . . . El 3 autres.. Colba Asurta Y.l 6 autres.. Basnia Arsarunia. . . Siracia Bagrvanda . Vanandia . . . Malaza Et 4 autres. Artaxata.. Coltcne. . . Naxuana. . Inconnues. Inconnue . Sibacne ?. Inconnues Incertaine.. Incertaine.. Incertaines. Bagravandne.. Inconnue Inconnues Olne . . . . Sacassne . Van. Ardjis ( territoi- re ). Incertain. Incertain. Nachtchiwan. Incertains^ Siunikh , district au sud-ouest du lac Erivn. Incertain. Incertains. Erivn , nomm aussi Iran. Mogban ? Incertains. Dansl'Adjerbad- jn. Dans TErivn. Incertain. Inconnues Incertains. Gogarne .... Gholobtne ?. Incertaine. . . . Gangara. . , Inconnue . . Inconnue . . Inconnue . . Inconnues. . Cholua. . . . Surta Incertaines. Inconnue . . Inconnue . . Inconnue .... Bagravandne. Phannc?. . . . Incertaine. . . . Incertaines. . . Gurgistn. Inconnu. Trialtie ( Gor- _ g J )-. Incertain. Taschir (Gorg.). Arlawand fGor.) Zavach (Gorgie). Incertains. SurlehautKour? Idem. Incertains. Pasin-Sufla. Sur TAraxe, auN. d'Eschmiazin. Sur le Sanki. Incertain. Incertain. Mlaskerd , ville. Incertains. ao8 NOTES DU LIVRE VI. On voit qu'au lieu de cent vingt stratgies que Pline donne l'Armnie, et dont Ptolme nomme vingt-une (Cf. Strabon et Tacite qui en nomment aussi quelques-unes), Mose de Cho- rne indique quinze grandes provinces et cent quatre-vingt-sept sous-divisions. 11 nous est peu prs dmontr qu'il a mal class les sous-divisions ; aussi tous les efforts choueront long-temps encore dans l'explication de cette bizarre topographie ; mais les rsultats choisis que prsente ce tableau peuvent mettre sur la voie des rectifications , en montrant la correspondance d'un grand nombre de circonscriptions. La Chorzne de Mose et de la plu- part des anciens est probablement la Katarzue de Ptolme ; mais il ne faut pas la confondre avec la Chorzane ou Choriazne de Procope (de Mdif., il , 3; de Bello Pers., il, 2^) qui doit tre tout--fait au midi de l'Armnie , ct de la Sophne (Mannert). Entrons maintenant dans quelques dtails topographiques. I. Dans l'Armnie Mineure : Nicopolis , primitivement Tphrice , dix-neuf lieues nord- est de Novus, se nomme aujourd'hui Diniki. Elle avait t ainsi nomme par Pompe , en mmoire de sa victoire (yUti) sur Mi- thridate Synorie, l'an 66 avant J.-C. Dans la suite, Pharnace, roi de Pont, remporta, prs de cette ville, une victoire sur Domitius Calvinus, lieutenant de Csar. Aza , ou plutt Gaza ou Gazaca , peut-tre colonie de la Gaza mdique , aujourd'hui Tauris. Pline aurait d, pour complter sa nomenclature , ajouter aux trois noms qu'il donne : Cabire ou Sbaste , aujourd'hui Sivas ; Novus, aujourd'hui Hesen-Nov ou Kodj- Hassar ; Synoria ou Sinibra , aujourd'hui Snarvier; Satala, aujourd'hui Arzingan ; Camaches , aujourd'hui Kamak. II. Dans l'Armnie Majeure : Arsamosate, au sud-ouest d'Artagicerta , tait une ville ex- trmement forte (Tacite , Annales, liv. xv, n. 10). On l'appelle aujourd'hui Simsat ou Simchat. NOTES DU LIVRE VI. 209 [Les auteurs anciens varient sur la position de la ville d'Arsa- niosate, et ce qu'on ferait pour concilierleurs sentimens , laisse- rait encore quelque chose dsirer. Un historien des Croisades (Aleert. Aquens, Hist. Hierosol., lib. 3, pag. 2-22) parle d'un chteau nomm Samusart, qui tait situ auprs de ce fleuve, et qui parait ne pas devoir tre distingu de la ville d'Arsamosate ; il ne doit pas l'tre non plus de la ville de Ximxath , que les auteurs arabes met- tent deux journes de Malatih vers l'Orient (Golius, in yflfergan. , pag. 24.8). Ces autorits ne permettraient gure d'hsiter sur l'endroit prcis o se trouvait la ville d'Arsamo- sate , si elles pouvaient se concilier avec la Table de Peutinger et l'anonyme de Ravenne. Dans la Table, on voit une route qui va depuis l'Euphrate jus- qu'au Tigre, dans cet ordre : Ad Aras, Thirtonia, Mahara, Colchis, Corvilu, Arsinia, Coissa ; vient ensuite une station considrable, qui n'est dsigne par aucun nom de ville : or, c'est vraisemblablement cette station inconnue et place au- prs du Tigre qui, dans l'anonyme de Ravenne, est appele Arsamosate. Voici la route que cet auteur nous a laisse , et qu'il prend d'orient en occident : Arsamosathi, Arsinia, Gor- bilon , Choleis , Mazara , Thertoiiia. Il suivrait de l que la ville d'Arsamosate tait auprs du Tigre, ou mme qu'il y avait, en Armnie , deux villes du mme nom, l'une auprs de ce dernier fleuve , et l'autre auprs de l'Euphrate. En atten- dant que ce point de gographie soit clairci, j'ai cru qu'il suffisait de placer la ville dont parle Polybe dans une des parties mridionales de l'Armnie Majeure (Barthlemi). Quant aux raisons qui nous ont fait prfrer Arsamorata Armosta, le passage suivant, extrait du mme auteur, suffira pour le faire apprcier. En citant les monumens qui concernent la ville d'Arsamosate, je n'ai pas fait usage d'une mdaille qu'on lui avait attribue , et qui se trouve dans le cabinet du grand-duc. Elle reprsente d'un ct la tte de Marc-Aurle , et au revers ou a lu ce mot APMOCAITTHNN, autour d'une figure d'Hercule. T.* l4 V ao NOTES DU LIVRE VI. M. Spauheim et le pre Hardouin l'ont cite d'aprs Holstnius: mais le premier, aprs l'avoir explique assez au long dans l'dition du livre de Usu et prsiantia numismatum , qu'il donna en Hollande en 1671, n'en a pas parl dans la nouvelle di- tion, donne en Angleterre en 1706; et le second, c'est-- dire le pre Hardouin , qui l'avait cite dans l'dition in-4- de son Pline, l'a dclare suspecte dans l'dition in-folio. Il y a lieu de croire qu'ils s'taient repentis l'un et l'autre d'avoir si lgrement ajout foi la citation d'Holstnius. La mdaille qu'ils avaient d'abord attribue la ville d'Arsamosate , est, selon toutes les apparences , une mdaille des Sattes , ville situe dans la Lydie, auprs du fleuve Hermus; M. Vaillant ( Num grc. , p. 56 ) , qui l'avait vue dans le cabinet du grand-duc , l'a dcrite dans le recueil qu'il a donn des m- dailles frappes par les villes grecques : elle reprsente, au re- vers de la tte de Marc-Aurle , une figure d'Hercule avec cette lgende : En. AIA. HPKAANOY. APX. A. CAITTHNQN. EP- MOC. En cbangeant la premire lettre du mot EPMOC, qui est le nom du fleuve , et en le joignant avec celui de CAlTTHNftN, qui est le nom de la ville, on avait fait APMOAITTHNnN , qui marquait que la mdaille avait t frappe Arsamosate. Sur la foi de ce monument , M. Spanbeim avana que la ville d'Arsamosate devait s'appeler Armosate , et le pre Hardouin mit Armosata dans le texte de Pline , au lieu d'Arsamote qu'il avait trouve dans les premires ditions de cet auteur; ils s'taient aussi appuys sur le fragment de Polybe, dans lequel on trouve Armosata. Le nombre des auteurs qui l'ont appele Arsamosate est beau- coup plus grand, et ce sont des auteurs qui ont crit en diffrens temps et en diffrentes langues : tels sont Tacite , Ptolme , l'anonyme de Ravenne, Denys, patriarche des Jacobites, cri- vain du huitime sicle , et Aboul-Farage , qui vivait dans le treizime; sur quoi il faut observer que les tmoignages des deux derniers mritent d'autant plus d'attention , que ces deux crivains ont vcu dans des pays voisins de l'Armnie , et que le premier ayant t patriarche des Jacobites, et le second primat de cette secte , ils ont d connatre mieux que personne NOTES DU LIVRE VI. an le nom d'une ville dont l'vque tait de leur dpendance. Il parat donc qu'on doit plutt se dterminer pour le nom d'Arsamosate que pour celui d'Armosate , moins qu'on ne suppose que cette ville a port les deux noms la fois, comme celle d'Artaxata qui, suivant Strabon ( lib. Il, p. 5a8), s'ap- pelait aussi Artaxiasata ; mais alors il faudrait convenir qu'elle a t beaucoup plus connue sous le nom d'Arsamosate que sous celui d'Armosate. ] Arcathiocerta , depuis Amide , Constantia du temps o l'em- pereur Constance II la fit fortifier pour couvrir de ce ct la frontire de l'empire; et aujourd'hui encore Amid, Kara-Amid, Diarbekir, douze lieues sud-est d'Argne, et quinze sud-ouest d'Artazierta , fut, dans le quatrime sicle, mtropole d'une pro- vince particulire en Msopotamie. Les rois Sassanides de Perse et les empereurs grecs s'en disputrent long-temps la possession. Elle finit par tre prise par les Sarrasins sous Hraclius en 63g. Tigranocertapa , ville de Tigrane (cerla en armnien signifiait ville, et on doit remarquer la consanguinit de tous ces mots de i karta, phnicien, cirt en africain, certa, armnien; 2 gherd, ghard, persan , gorod, grod, grad dans les langues slaves , et peut- tre hirt , kir, ker dans les idiomes celtiques), avait t fonde par Tigrane , gendre de Mithridate, qui fit d'normes dpenses, tant pour la construire que pour la peupler, et qui l'rigea en capitale de l'Armnie. On la nomme aujourd'hui Cered. Artaxata, anciennement capitale de l'Armnie sur un coude de l'Araxe , six lieues sud-ouest de Tibium (Tvin) et douze lieues est d'Armavria (Armavir), avait t btie par Artaxies , d'aprs le conseil d'Annibal. Brle et rase par Corbulon , gnral de Nron , elle fut ensuite rebtie par les ordres du prince, qui lui donna le nom de Nronie. Elle n'existe plus aujourd'hui. Nous ajouterons au trop court catalogue de Pline, qui, quoi qu'il en dise , ne nous semble pas avoir fait grand usage des m- moires de Corbulon, Arze, soixante lieues est de Trapezonte, aujourd'hui Erz- Roum; Elegia, trois lieues nord-ouest d'Arze, aujourd'hui Ilija ; ( Voyez tome IV ). 14. a la NOTES DU LIVRE VI. Gymnias, sept lieues nord -ouest d'Elegia, aujourd'hui Gennis ; Theodosiopolis, sept lieues est d'Arze, aujourd'hui Hassan- Cala ou Cali-Cala ; Phasiane , aujourd'hui Pasiani ou Pasan ; Hispiratis , vingt lieues nord-ouest d'Adranutzium , aujour- d'hui Epira ; Adranutzium, aujourd'hui Arnadoudji ; Chorsa (d'o la Chorzne) , aujourd'hui Kars ; Abnicum, dix-sept lieues ouest de Chorsa, aujourd'hui Anisi ; Valarsapat, vingt-cinq lieues ouest de Chorsa, aujourd'hui ksmiazin ; Haxuana , trente-six lieues d'Artaxate , aujourd'hui Nak- chivan ; Signa, aujourd'hui Baiazid ; Daudyana , dix lieues sud-ouest de Sigua, aujourd'hui Diadine ; Artagicerta (Artazera de MELA, liv. II, n. 102) , aujourd'hui Ardis; Charpote, treize lieues sud-ouest d'Artazicerta , aujourd'hui Khar-Birt ; Elegia (distincte de la premire ville de ce nom ) , sept lieues sud-ouest d'Arsamosate , aujourd'hui Ilija ; Martyropolis , dix-sept lieues nord-est d'Amide , aujour- d'hui Miafarkin ; Thospia, depuis Arzaniorum Oppidum, douze lieues sud- est de Martyropolis , aujourd'hui Hesn-Keif. Les fleuves Cyrus, Araxe et Arsanias ont, peu de lettres prs , les mmes noms , et s'appellent aujourd'hui Kour, Aras et Arsen. Chap. XI , page 24. , ligne 9. Planitiem omnem a Cyro usque.... Diduri et Sodii. L'Albanie se nomme aujourd'hui Daghistan et Chirvan ; l'Ibrie , que l'on dis- tingue de l'Espagne , 'Ij8/>/et des Grecs dans les temps anciens , par l'pithte d'Asiatique , est la Gorgie actuelle (dans laquelle l'Imirtie ou Imireti rappelle le nom d'Ibrie) ; les autres petites VOTES DU LIVRE VI. ai contres limitrophes font partie de l'Aderbaidjan et du Mazend- ran en Iran. Rien de pins maigre que tout te que Pline dit de ces rgions asiatiques, ainsi que de toutes les provinces qui ont t com- prises dans l'empire mdo-persan , au del de l'Euphrate. Dans l'Albanie, o il ne nomme que Cabalaca , autrement Cabala, et aujourd'hui Kablas-Var, Ptolme cite une tren- taine de villes parmi lesquelles Albana , Getara , Nias-Abad ou Der-Bend, et Bakou tenaient le premier rang. Dans l'Ibrie , outre Harmastis, qui ne peut tre autre qu'Har- moza sur le Cyrus, et probablement dans le voisinage de la ville actuelle d'Akhalzikh, chef-lieu d'un pachalik turco-armnien ( Voyez les notes sur les chap. IX et x) ; et Noris , dont on ne connat pas la position, il et t propos de nommer Zalissa , capitale environ quarante-cinq lieues nord-est d'Har- mozica ; Phryxus, depuis Ideessa , trente-huit lieues ouest de Zalissa sur l'extrme frontire de la Colchide ; Seumara , place forte sur l'Aragus, deux lieues nord d'Har- mozica ; Cumania, dont au reste il a parl chap. Il, et dont le nom rappelle les Kumuks modernes. L'Alazon n'a point chang de nom puisque celui d'Alazan , qu'il porte encore aujourd'hui, n'en diffre que par une Jetlre. Chap. XII , page 24. , ligne 23. Ab is sunt porl Caucasi , etc. Nous runirons ici tout ce que nous avons dire d'utile sur le Caucase , considr comme systme de montagnes et non comme rgion. On sait que ces montagnes ont t clbres chez les anciens, tant sous le rapport historique que sous le rapport mythologique. La fable place sur leur sommet le lieu tmoin du supplice ternel de Promthe ; et leur base la cour d'Ets et le thtre des exploits de Jason ; l'histoire nous montre dans cette haute chane la barrire qui sparait l'empire, romain de l'Asie Suprieure , efc la civilisation d'avec la barbarie. * 2i4 NOTES DU LIVRE VI. Le nom mme de la montagne est aussi ancien que l'histoire. Les opinions sur son origine et sur sa signification sont trs- partages , l'explication la plus ancienne se trouve dans Pline. Cet auteur drive ce mot du scythe Graucasus , qu'il explique par blanchi par la neige. Le mot Caucase, actuellement inconnu aux habitans de ces montagnes , drive vraisemblablement du persan koh kf, c'est--dire le montKf , dont l'ancienne forme parat avoir t kohkafsp. En Perse, toutes les hautes monta- gnes, formant les limites du pays, sont encore aujourd'hui appeles Kf. Pour exprimer la totalit des possessions du m schah , on dit tout ce qui se trouve d'un kf l'autre. C'est par cette raison que les gographes anciens , adoptant le nom donn par les Perses ou Mdes qui frquentaient ces contres , ont appel Caucase , non-seulement la chane de montagnes qui se trouve entre la mer Noire et la mer Caspienne , mais aussi les hautes chanes de l'Afghanistan de l'Inde. Les Arm- niens donnent cette montagne les noms de Kov-Kas , Kau- kas et Kavkas. Les Gorgiens ont adopt dans leurs livres les mmes dnominations , mais ordinairement ils se servent de celle de Jal-Bouz , qui est turque , et signifie crinire de glace. Les Persans appellent le Caucase Elbrouz , nom dsignant des montagnes trs-leves qui forment des pics. LesNoga, les Kumuks et autres tribus turques qui avoisinent le Caucase , le nomment communment Jal-Bouz et Jedi- Jal-Bouz (les sept crinires de glace) ; ils changent quelquefois ce nom en Jel- Bouz (vent et glace). Ils l'appellent aussi Jeldis-Daghlas, ou montagne des Astres. Une autre dnomination commune en Gorgie est celle de Themi. {Dictionnaire gographique uni?., tom. il, 2 e part, pag. 6t4-) En effet , le milieu de cette chane est d'une lvation telle, que souvent les anciens l'ont compar aux Alpes sous le rapport de l'lvation , comme les modernes aux Pyrnes , tant cause de la situation dans un isthme trs-vaste , qu' cause des cour- bures et des coudes frquens du fate. Le milieu du systme est hriss de glaciers ou couvert de neiges ternelles (Voyez Gul- DENSTEDt, Voy., I, 4^4 (en allem.); REINES, Description du Cauc. , etc., I, 16 (ail.) : Cf. PkoC, Guerre des Goths. liv. IV. NOTES jju JLivivjc vi. ai5 n. 3.) Une note officielle du nivellement baromtrique de la route qui conduit de Mozdok Tillis, nivellement excut aux mois de septembre et d'octobre 1818 par les officiers du corps des in- gnieurs de l'arme russe, donne, entre autres rsultats, les mesures suivantes : Bords duTrek Mizdok (lat. 43 44' 5"). . . 81 7a toises. Premire lvniion depuis Mizdok 160 3o Montagne de la Cabardah 4 '{3 10 Kailonkhova ou Tchim infrieur j58 01 Ecroulemens de 1817 861 18 Stephantzmiuda ( lat. 4a ai' a" 7 ) 995 4 Ghergheti 1,029 57 Couvent de Sioni i,a64 4* Kobi (couvent en ruines) 1,1 43 69 Montagne de la Croix 1,829 49 et il s'en faut de beaucoup que les points calculs soient les plus hauts de la chane. M. Vichnevski porte 2,783 toises au dessus du niveau de la mer l'lvation de l'Albordj. La longueur gnrale du Caucase, depuis l'embouchure du Kouban dans le Pont-Euxin , par quarante-quatre degrs latitude nord et trente-cinq degrs longitude est jusqu'au cap Apchron dans la mer Caspienne (quarante degrs vingt-une minutes lati- tude nord et quarante-sept degrs trente minutes longitude est) est de deux cent douze lieues , et, en ayant gard aux sinuosits du fate , de deux cent quatre-vingt-dix. Treize versans ou bassins principaux, dont sept au nord et six au sud, tablissent le relief gnral du Caucase. Le plus important des dtails consigner ici est la dviation de la chane vers le nord-ouest, l'instant o il approche de la mer Noire ; au lieu de suivre la ligne ouest- nord-ouest ou ouest-quart-nord-ouest qu'il affectait antrieu- rement, il s'tend paralllement fw long des ctes de la mer Noire, sparant ainsi les Abazes actuels, autrefois Abasci, de la Circassie. A l'occident , la haute chane se termine brusquement au nord de la Mingrlie, par des montagnes escarpes, les monts C- raunii des anciens ; celles qui sparent les Abasci des Cerctes se nommaient Coraxici des Coraki leurs habitans. Enfin , un cap qui 2i6 NOTES DL LIVRE VI. se projette dans la Circassie actuelle, si riche en bons chevaux , se nommait Hippici Montes, et porte encore aujourd'hui le nom de Beeck-Tau. Plusieurs passages ou dfils traversent le Caucase et condui- sent d'Europe en Asie. Les modernes les plus exacts en comptent trois ou cinq dans le Caucase occidental , sept dans le Caucase central , et quatre dans le Caucase oriental. Sans entrer dans des dtails qui, presque tous, furent inconnus Pline et aux anciens, bornons-nous indiquer les quatre passes principales dont ils font mention , et runissons ainsi dans cette note la plus grande parlie des remarques que l'on pourrait faire sur le chap. xvil de ce livre. Les deux principaux passages du Caucase , dit Maltebrun , sont dsigns chez les anciens sous le nom de Portes Caspiennes et Albaniennes. Le premier est sans contredit le dfil qui conduit de Modot Tifls ; c'est l'troit vallon de quatre journes, o , selon Strabon, coulait la rivire Aragon, aujourd'hui Arakui (Strab. , liv. xi). C'est, comme Pline dit, un norme ouvrage de la nature , qui a taill une longue ouverture parmi les rochers, ouverture qu'une porte de fer grille suffirait encore pour inter- cepter (Plin. , lib. VI, c. 2). C'est le passage par lequel, selon Priscus , les barbares du Nord menaaient galement l'empire ro- main et celui des Persans (Prisc. , de Lgation., pag. 23; comp. Proc, Vers., I, 20). Le chteau fort qui fermait ce passage re- oit divers noms chez les anciens ; celui qui subsiste aujourd'hui se nomme Dariel. Les Portes albaniennes des anciens seraient, selon l'opinion commune, la Passe de Derbend, le long de la mer Caspienne ; mais si l'on compare avec soin tous les indices que nous ont laisss les anciens ; si on rflchit sur le silence qui est gard dans les descriptifs de ce passage , l'gard de la mer Caspienne ; si on se rappelle que Ptolme place expressment les Portes d'Albanie prs les sources du fleuve Kasius , qui , d'aprs l'ensemble de sa gographie , est le Koisu ; si on observe que le mme gographe place les Diduri voisins des usci, prs des Portes Sarmatiques , et que ces deux tribus , sous les noms de Didos et de Tusches, demeurent encore prs d'un dfil qui passe par le territoire d'Ouma-Khan, le long de la frontire NOTES DU LIVRE VI. 217 du Daghestan , et traverse ensuite le district de Kagmamcharie (Lapie, Carte du Caucase, Annales des Voyages, XI 1), on res- tera persuad que c'est l qu'il faut chercher les Portes Alba- niennes ou Sarmatiques, jusqu'ici mconnues. Le nom de Portes Caspiennes , appartenant en propre un dfil prs de Thran , dans l'ancienne Mdie , est appliqu par Tacite et quelques au- tres anciens, diverses passes du Caucase. D'avec toutes ces passes qui traversent la chane du sud au nord , il faut distinguer les Portes Ibriennes, ou le dfil des Parapaux , aujourd'hui Schaourapo , par lequel on arrive de l'Imirtie en Kartalinie ; d- fil o , du temps de Strabon, on franchissait des abmes et des prcipices , mais que les Persans , dans le quatrime sicle , ont rendu praticable aux armes (Proc, Bell. Goih., pag. 600 ; Gui.r DENSTEDT, lib. I, 3l40- Chap. XIII , page 26, ligue ai. Insul in Ponto Planct... pennamm iclu. Tout a t dit de- puis long-temps sur les deux cueils nomms par les anciens tantt les Cyanes , cause de la couleur bleutre des eaux avec lesquels ils se confondaient; tantt Symplgades (2 v/f<5rAW- y.S'ei), parce que, de loin, ils semblaient se runir et ne former qu'un mme ilt ; effet naturel , que l'imagination potique des Grecs ou la peur transforma en chocs brusques destins pres- ser et craser les vaisseaux engags dans le passage ; tantt enfin Plantes, c'est--dire errantes. L'le Apollonia Thynias ne se trouve point sur les cartes, et nul gographe ne fait mention d'une le du Pont qui porte ce nom. Il est prsumable que Pline, en lisant le mot Thynias, synonyme , ou peu prs , de Bithynienne , aura , par inadvertance ou par prcipitation, cru qu'une le de la Bithynie ne pouvait tre que dans l'Euxn ; car la Bithynie n'a de ctes que sur cette mer. 11 n'a point song au lac Apolloniatide sur les confins de la Bithynie et de la Mysie , lac au milieu duquel tait une ville d'Apollonie , sise sur une le laquelle elle donnait son nom. L'Apollonia Thynias n'est probablement pas autre chose que cette le. ai8 NOTES DU LIVRE VI. L'ile Chalcritide, selon Hardouin, aurait t ainsi appele du nom mme des oiseaux auxquels il donne celui de yjLXKhpns. Mais qu'est-ce que les Chalcres? Il est bien plus probable qu'il s'agit ici d'un ilt dans lequel les Grecs virent ou crurent voir du cuivre. Quant au nom moderne de l'le, il faudrait commencer par s'assurer de la position exacte de Pharnacie, et probablement d'ailleurs il n'est ici question que d'un ilt ou d'un cueil abso- lument sans importance. On ne conoit gure comment Pline, qui passe sous silence tant de lieux remarquables , transcrit aussi religieusement le journal des Argonautes. Chap. XIV , page 28 , ligne 5. Nunc... Rfphccos montes transcendt animus... Hc usque ad Cas pium et Ujrrcanium mare. Ce paragraphe , d'une insignifiante brivet , est , de plus , rempli d'erreurs et de confusion. On ne peut approuver tout au plus que la manire rapide et nette dont il dessine et jette la presque totalit des mers autour des ctes. En runissant par la pense ce qu'il dit ici ce qu'il a nonc prcdemment sur les mers occidentales, nous voyons la mme masse d'eau entourer tout le continent connu , et prendre succes- sivement , selon les quatre points du monde qu'elle parcourt , quatre noms divers : Atlantique, le long des ctes occidentales d'Europe; Scythique, au nord de la Scythie, tant europenne qu'asiatique; Oriental, l'orient; enfin, Indique ou Indico- Africaine, le long des ctes de l'Inde, de l'empire perse, de l'Arabie et de l'Afrique mridionale : mais c'est tort que notre auteur se reprsente , comme tous les anciens , l'ocan Scythique courant un peu au nord de la mer Caspienne , dont (comme nous le verrons dans le chapitre suivant) on prenait la plus grande longueur de l'ouest l'est, pour le rabattre rapidement du nord au sud, et revenir ensuite vers l'ouest ; car, quoiqu'il ne marque pas expressment les dimensions de chaque ocan, qui peut dou- ter que, s'il eut souponn l'immense tendue de toute cette cte Norvgienne, Russe, Sibrienne, Mantchourienne , Chinoise et Indochinoise , qu'il faudrait suivre pour revenir par le nord et l'est l'embouchure du Gange, il n'et employ une , et mme NOTES DU LIVRE VI. a 19 plus d'une, de se expressions favorites : irnmenso undarum amlitu, immenso litorum et sinuum flexn, etc. ? La suite d'ailleurs nous fera voir clairement jusqu' quel point Pline, comme tous ses con- temporains, ignoraient les vritables proportions et la grandeur de l'Asie, tant au septentrion qu' l'orient. De plus, remarquons, i. Que les monts Riphes ou Rhipe , comme les appellent les auteurs les plus anciens, Eschyle, PindareJ, etc. , n'avaient ja- mais eu d'existence que dans la fabuleuse imagination des potes ; que probablement le nom de Rhipe lui-mme n'tait qu'un mot gnrique dsignant, dans quelque idiome barbare, toute cime ou chane de montagnes ; que tour tour le Balkhan , les rgions o nat le Danube, les Alpes, les Pyrnes, les monts Hercy- niens, le Taurus mme et le Caucase , ont t dcors de ce nom, que sans cesse le progrs des connaissances forait relguer plus au nord avec le cortge de fables qui l'avait toujours ac- compagn. ^ 2 . Qu'il faut en dire autant des Hyperborcns, ce peuple si heureux, si riche, si sage, si merveilleusement couvert du froid, quoique situ sous le ple, puisqu'il avait un jour de six mois. Plac au pied des monts Riphes qui, selon la plaisante physique du temps, le prservait des vents glacs du nord , il de- vait suivre en tout le destin de ces montagnes ambulantes. Hro- dote, dit Malte Brun , regrette beaucoup de n'avoir pu en dcou- vrir la moindre trace. Il et bien voulu demander de leurs nouvelles leurs voisins les Arimaspes , gens trs-clairvoyans , quoique n'ayant qu'un seul il; mais on ne sut pas plus lui indi- quer la demeure de ceux-ci (Hrod., liv. IV, n. n). 3. Que les Scythes qui , selon toutes les apparences , avaient rempli de leurs tablissemens toute la moiti septentrionale de la Russie actuelle , entre le Danube et le Tanas , et mme quel- ques contres de l'Asie, puisque les Macdoniens d'Alexandre en rencontrrent au dessus de la Colchide et de Tlbrie , avaient disparu de l'Europe vers le temps de Mithridate qui , aid des Roxolans, des Iazyges et des Bastarnes, anantit leur puissance et fora leurs faibles restes se disperser ou se retirer dans le nord-est. Toutes les qualits physiques donnes par Hippocrale ?20 NOTES DU LIVRE VI. aux Scythes, se retrouvent chez les Permiens , les Finnois, et autres peuples des gouvernemens d'Archangel, de Vologda, etc. ; de plus, tous ces peuples sont nomms Tchoudes par les Slaves. Or les Gtes et les Daces, de qui il est probable que les Grecs apprirent l'existence des Scythes, parlaient indubitablement une langue slave. On peut donc aujourd'hui regarder comme certai- nes, et l'existence d'un empire scylhique dans la Russie mridio- nale, du VI e au i er sicle avant J-C. , et l'anantissement de cet empire par Milhridate. Hrodote a nomm, avec une exactitude rare pour un temps si recul , les tribus principales de la race scy thi- que ; Thucydide, Diodore de Sicile, Justin, Slrabon, en font men- tion dans la gographie et dans l'histoire. Mais, partir de cette poque , tous les crivains qui mettent de la prcision dans leurs rcits ne nomment plus dans ces rgions que les Iaxamates, les Iazyges , les Roxolans, etc. ; partout le nom de Sarmates ou de hordes sarmatiques a remplac le nom de Scythes : et ce n'est que par une trange confusion des temps et des races que Pline, Mla et d'autres mlent encore les vastes espaces entre la Bal- tique et l'Euxin avec les noms des Budini , des Geloni , des Scythes, Basilides, Arotres , autrement Georgi, ou cultiva- teurs. Nous avons indiqu plus haut (page ?o4 ) ce que pouvaient tre les Amazones. Les Cimmriens, dj aperus dans la Tauride , ne figurent l probablement que parce que l'crivain trancrit par Pline les aura dplacs et transports un peu au nord-ouest : l'auteur latin, sans chercher lequel des deux avait raison, aura conclu en met- tant des Cimmriens dans la Pninsule et hors de la Pninsule. Le cap Lytarmis est le Domnes-Ness et le Carambucis parat rpondre au Nimen. Chap. XV , page 3o , ligne 4-. Nam et irrumpit e Scyihico Oceano in aversa Asi , elc. Peu de points en gographie ont donn lieu plus de discussions que la mer Caspienne. Sa grandeur extraordinaire (nul lac au monde ne l'gale en surface , mme ceux de l'Amrique septentrionale) ; la multipli- NOTES DU LIVRE VI. a a r cit des nations , tribus et hordes errantes qui ont camp ou qui campent sur ses bords, et par suite la multiplicit des noms par lesquels on la dsigne; les erreurs de tout genre auxquelles ont donn lieu et sa configuration , et sa dimension , et sa direction et ses communications, soit extrieures et visibles, soit souter- raines avec l'ocan scythque ou avec le Pont-Euxin ; la qualit ainsi que l'immense quantit de poissons qu'elle fournit (quinze cent mille terlets pris en un an ont valu un million de roubles) ; enfin la masse d'eaux qu'y roulent sans cesse des fleuves im- menses , tout a contribu exciter la curiosit mme des per- sonnes les plus trangres la gographie sur cette mer sin- gulire ; et il est certain qu'une monographie consacre l'exa- men des questions qu'on a souleves sur elle pourrait intresser des gens du monde. Parlons d'abord des noms qu'elle a ports : mer Caspienne (en latin mare Caspium) , et dans la partie voisine de l'Hyrcanie , mer Hyrcanienne* Le premier de ces noms' venait sans doute de kasp, montagne, nom donn au Caucase. Les Arabes du moyen ge lui donnaient les noms de mer des Khasoars ou Khazars , mer de Djordjan , mer de Dilem, mer de Ghilan, mer de Thabaristan et mer de Bakou. Les historiens chinois du temps de J.-C. l'ap- pelaient Si-Hai ou mer Occidentale ; les annalistes' russes du dixime sicle la connaissaient sous le nom de Cuavelinskoe ou Khvalinskoe more, d'aprs les Khvalisses, peuple qui habitait aux bouches du Volga. Dans les cartes du moyen ge , une po- que que nous ne pouvons fixer, on voit le nom de mar di Sala que Wahl {Asien., i, 679, etc.) veut traduire par mer de Sel : peut-tre vaudrait-il mieux attribuer l'origine de cette dno- mination la ville de Sara ou Sara, capitale du Kaptchak, men- tionne par Pegoletti (Itin.) et dsigne quelquefois par le nom de Sala. On lui donne aussi le nom de mer d'Astrakhan. Les dif- frentes tribus turques qui vivent sur ses bords l'appellent com- munment Kosghoun Denghizi , dnomination que l'on traduit de diverses manires , dont nulle ne donne de sens raisonnable. Les Persans la connaissaient sous la dnomination de Kolzoum , et les Turcs sous celle de Bahri-Ghouz ou Bahri-Ghaze. Chez les Armniens, elle porte le nom de Gasbits-Dzov , et chez le* 222 NOTES DU LIVRE VI. Gorgiens ceux de Kaspis-Sgva (mer Caspienne) et de mer de Daroubandi ou Derbend. Le plus curieux cependant de tous ces noms divers est celui que l'on trouve dans le Zend-Avesta, Tchekaet Daeti, c'est--dire la grande eau du jugement Est-ce, dit Malte Brun, que le dluge de No, si fameux dans l'Orient, aurait quelque rapport avec les affaissemens qui ont pu con- courir la formation de la mer Caspienne :' Cette mer est situe entre 36 4o' et 47 20' de latitude nord, et entre 44 et ^2 de longitude est , et s'tend mme jusqu' 54, si l'on y comprend le lac amer de Kouli-Deria ou Adji- Kouassi, qui communique avec elle par le dtroit de Karabo- ghaz. Sa longueur, du nord au sud , est de deux cent soixante- cinq lieues, et sa largeur moyenne de soixante-cinq soixante- dix lieues. Quant l'tendue et la forme de la mer Caspienne , on ne peut se figurer combien d'erreurs elle a donn lieu. Pendant trs-long- temps on a cru que la plus grande longueur devait se prendre de l'est l'ouest , et toutes les cartes du dix-septime sicle nous montrent la mer Caspienne de cette direction. Ce ne fut qu'au dix-huitime sicle , quand la possession de la ville d'Astrakhan et les vastes projets politiques de Pierre- le-Grand attirrent enfin l'attention des Russes sur cette mer , qu'enfin des bauches encore grossires , mais dj bien suprieures tous les anciens travaux, commencrent rectifier les ides sur ce point. Cependant de savans dfenseurs des anciens ont cru pouvoir justifier leurs ides sur la mer Caspienne en admettant des modi- fications considrables dans son tendue : Il n'est plus douteux, dit l'auteur de l'art. Caspienne , dans le Dictionnaire universel gographique , que la mer Caspienne a t anciennement beau- coup plus tendue. Pallas a mme cherch prouver que, vers le nord , elle se prolongeait cent vingt-cinq lieues de plus ; qu'elle se runissait l'est la mer d'Aral , et l'ouest la mer d'Asof , l'endroit o coule actuellement le Manyteh. Guldenstedt ajoute que , vers l'embouchure de la Kouma et du Trek , elle devait couvrir une tendue de cinquante lieues : mais qu'ensuite la quantit d'eau apporte par les fleuves ne suffisant pas pour cou- NOTES DU LIVRE VI. aa3 vrir un espace aussi considrable en raison de la quantit qui s'en perdait par l'vaporation , les eaux s'taient retires dans leurs limites actuelles. Les observations rcentes faites par les voyageurs russes , qui ont visit les contres situes l'est de la mer Caspienne , donnent lieu de penser que cette mer tait autre- fois beaucoup plus tendue de ce ct , et que la mer d'Aral en faisait partie. Le desschement graduel des lacs et des rivires dans la partie occidentale de l'Asie moyenne donne beaucoup de probabilit cette supposition; en effet, M. de Mouravier a re- connu les anciens bords de la mer Caspienne , entre les ctes ac- tuelles et la pointe mridionale de la mer d'Aral. Le Djn- Deria, ou le bras mridional et le plus fort des trois par lesquels le Sir (Iaxartes) se jette dans ce lac, a sch depuis dix ans, et le Kouvan-Deria , formant le bras du milieu, a diminu consid- rablement en cent ans. Les environs de l'Aral dmontrent claire- ment que les bords de cette mer se sont rtrcis , et que les sa- bles mouvans contribuent puissamment lui faire perdre de sa surface. Les mmes observations ont t faites pour les lacs de la Baraba , contre de la Sibrie occidentale. Ces faits prouvent que les auteurs anciens n'avaient pas tort de donner la mer Caspienne une tendue beaucoup plus grande de l'ouest l'est qu'elle ne l'a de nos jours, et de ne pas parler de l'Aral , qui , en effet , n'tait , de leur temps , que la partie orientale de cette mer. Du temps d'Hrodote , le bras principal du Sir, qu'il appelle Araxe, tombait dans la mer Caspienne ; trente-neuf autres bras de ce fleuve se perdaient dans des marcages qui , vraisemblable- ment, ont sch, et qui font partie de la Steppe des Kirghiz. C'est donc un espace gagn par les sables sur la partie de la mer' Caspienne devenue plus tard l'Aral. Cette mer est, de tous cts, entoure par la terre, et ne communique avec aucune autre, malgr l'opinion de quelques naturalistes , qui lui supposent des communications souterraines avec la mer Noire ou mme avec le golfe Persique. Ces raisons , que nous ne prsentons en dtail que parce qu'elles sont fortes , et peuvent sembler de nature entraner la conviction , ont t au moins branles par des argumens non moins solides, desquels il rsulterait qu'admis de grandes modi- 124 NOTES DU LIVRE VI. fications dans la mer Caspienne, ces modifications remonteraient sinon une poque antdiluvienne , au moins une poque ant- historique , et que, trs-certainement la mer Caspienne, l'isthme Caucasien et la Tatarie avaient, au temps d'Hrodote comme de Ptolme, leurs formes actuelles. Maltebrun (Prcis de Gogr., tom. ni , pag, 296 et suiv.) a donn un excellent rsum de toute cette discussion. La communication de la mer Caspienne avec l'ocan Scythique ou Glacial, est une nouvelle erreur, et n'eut d'autre fondement que l'ide alors en vogue parmi les gographes du voisinage de ce mme ocan. En Europe , ce que l'on connaissait de la Balti- que passait pour tre la partie mridionale de cet ocan Scythique. Quoi de plus naturel que de conclure de l qu'en Asie, peu prs la mme latitude , s'tendait le mme ocan , et que la mer Caspienne n'en tait qu'un golfe. C'est tort que Brottier et Hardouin ont introduit dans le texte Oxi au lieu de Zoni. Oxus est bien le nom ancien vulgaire du fleuve dont veut parler notre auteur. Mais le Zonus, lvot, dont le radical prsente si videmment le mot indigne Ozioun, Djioun (vulgairement et tort travesti par les Europens en Gihon) est trs-curieux et doit tre prcieusement conserv dans le texte. Chap. XV , page 32 , lign 3. Hinc Nomades... Amazones Sauromatides. Dans la premire phrase de ce passage sont probablement indiques trois races, savoir : i. Par Nomades, des Kalmouks ou des Mongols , les ou- lousses de cette race ayant de temps immmorial plant leurs cabanes et fait errer leurs troupeaux dans les steppes entre le Volga et le Don; 2 . Des Sarmates ; 3. Des Tatars , car nul autre peuple trs-nombreux , c'est-- dire divis en nombreuses tribus, ne parat, aprs les deux que nous venons de nommer, avoir occup ce pays. Les Udini, qui paraissent ensuite, peuvent faire penser aux an- ciens Budini d'Hrodote. Peut-tre cependant faudrait-il cher- NOTES DU LIVRE VI. 2*5 cher l'origine de ce mot dans le slave vod, voda, eau , en raison de la position maritime de la peuplade accule en quelque sorte dans la pninsule d'Abakansko, et presque partout cerne par les flots de la mer Caspienne. Les Utiderses , dont le nom s'est dj rencontr liv. IV, n. 1 1 et 25, Adorses de Tacite (Ann., liv. XII , n. i5); et Aorses de Strabon (liv. XII , 778) et des autres auteurs; et que l'on nous reprsente comme une nation extrmement remarquable , puis- qu'ils pouvaient mettre jusqu' vingt mille hommes sous les armes , et qu'ils entretenaient d'ailleurs des relations commer- ciales suivies avec les Armniens et les Mdes : les Utiderses , dis-je, occupaient, le long des ctes septentrionales de la mer Caspienne, absolument les mmes contres que celles o Denys le Prigte place les Ouni , parens des Chuni Borysthnites de Plolme (Rommel, Kankasus,-. 68), et probablement des trop clbres Huns ou Hiong-Nous. Or, aior signifiait hommes dans la langue des- Scythes, et il ne parat pas que le nom des Huns ait eu d'autre sens. Ces considrations ont fait souponner ( un peu lgrement , selon nous) que les Utiderses appartenaient la grande nation hunnique. Chap. XVI , page 34 , ligne 8. Namque Persarum rgna, qu, etc. Pline, ayant pour but de faire le tour de l'Asie , absolument de la mme manire qu'il a fait celui d'Europe , et s'imaginant , comme nous le verrons , que le continent Asiatique se terminait un peu au nord de la mer Cas- pienne, et un peu l'est des Indes, va nous faire parcourir les provinces septentrionales de l'ancien empire mdo-persan, don- nera une nomenclature aussi complte qu'il le pourra des peu- plades du monde barbare, dont il ne souponnait pas l'tendue, et qui comprenait la Tatarie, la Mongolie, la Kalmoukie et la Sibrie, s'appesantira sur le peu qu'il connat de l'Inde ; et enfin, revenant l'occident par les ctes mridionales de ce mme em- pire perse , par lequel il commence sa longue excursion, il nous amnera dans l'Arabie, d'o il passera en Afrique pour revenir au dtroit de Gades. v*. i5 a 26 NOTES DU LIVRE VI. L'empire part lie, ou monarchie persane des Arsacides , con tenait la plus grande partie des provinces qu'avait possdes, au temps de sa plus haute puissance, la dynastie achmnide (d'o cette espce de parenthse , qu nunc Parthorum intelligimus) : il faut en excepter seulement l'Asie Mineure, l'Egypte, la Syrie et partie de l'Armnie. Nous croyons donc tre utile eu plaant la tte des notes sur cette grande rgion , le tableau de ses divisions principales, moins les quatre pays que nous venons d'excepter. Babylonie. i Assyrie > aujourd'hui la Turquie. Chalde ) Perside Drangiane c ? l'Iran ou Perse occidentale, ousiane Partacne Carmanie Gdrosie Paropamises Arachosie Parthie Bactriane Sogdiaue ^ l'Iran. Hyrcanie Albanie Chap. XIX, page ^.2 , ligne 2. Ultra sunt Scyiharum populi.... Tazala. Pline dbute encore par une erreur. Il est visible qu'il ne s'agira pas uniquement des hordes scytbes dans tout ce qui va suivre , et qu'il entassera ple- mle des Mongols, des Tatars , selon qu'ils se rencontreront dans les auteurs qu'il compulse , et comme en effet les rencontrait le voyageur. Ligne 3. Sacas.... appelavere. Les Saces (Voyez Asiedt d'Anville, pre- NOTES DU LIVRE VI. 227 mire feuille, et Asie de Walb ,1,417) habitaient dans le canton de la Boukharie , encore aujourd'hui nomm Sakita. C'est ce que confirme le prsent passage de Pline ; car o trouver mieux que dans la Boukharie des voisins barbares aux Perses civiliss? Chap. XIX , page 4-2 , ligne 4* Aramos. Le nom d'Aramens est videmment le mme que celui d'Arimas donn par Homre aux peuples du nord, et d'Aram, anciennement consacr dsigner la Scythie. 11 est probable que ce nom avait une signification gnrale telle que les peuples du midi s'en servissent naturellement pour indiquer leurs voisins du nord. Le mot Arimaspe n'est pas autre chose que ce mme mot Arim ou Aram, joint la dsinence asp, si frquente chez les anciens Persans (de l les noms de Gustasp , Lohrasp , Hystaspe : asp dans l'ancien zend ou le pelhvi signifiait cheval, et pro- bablement les Persans , l'exemple des Grecs , pour qui c'tait affaire majeure que d'avoir le radical hipp.... dans leur nom, re- gardaient comme noble et distingu un nom termin par le radical asp). Ligne 7. Massagetce. Massagtes signifie Grands Gtes. Leur demeure principale tait au del du Jaxarte ( Iak) et dans le voisinage des marais qui forment les bouches du fleuve. Le nom propre de Gt est demeur une vaste contre qui s'tend jusqu' la Srique. Ligne 8. Dah. Les Dahes, au sud de l'Astabne, en Hyrcanie. Essedones. Les Essdons ou Issdons, au nord-est des Saces (Ptol. , 1. vi), et vis--vis des Massagtes (HROD., 1. 1 , n. 201), vivaient, dit-on, sur des chariots (esseda), ainsi que l'indique leur nom. Si, comme l'affirme Elien (Hisi. des animaux , liv. ni, n. 4) 1 ils occupaient le mme pays que les Myrmides (ces fabu- leuses fourmis indiennes occupes ramasser de l'or), il faudrait placer leur demeure dans l'Igour, et vers les monts Alta. Ligne 9. liisti , Edones. Les Histes et les dones , dont il est parl i5. aa8 NOTES DU LIVRE VI. plus bas, n'ont probablement d'existence que par la dcomposi- tion vicieuse du mot Histiedones en Histi et Edones , et par un double emploi , qui , malgr la trs-lgre diffrence des noms Histiedones et Issdones , n'a point t souponn par Pline. Chap. XIX , page 42 , ligne 9. Euchat. Les Euchatae ont t placs par d' Anville Koten , dans la Petite Boukharie. Mais on peut aussi souponner qu'ils occuprent une valle de l'Himmalaa vers les sources de l'Indus , au milieu d'un pays nomm Cathai , c'est--dire dsert. ( C TlE- FENTHALER , et WALH , Hindostan, II , 4&4 , 4-74- Chap. XX , page 44 1 ligne 7. Ideo juxta vast solitudines , ferarumque mullitudo , etc. On regarde en effet l'Asie centrale comme un foyer d'o nombre d'espces animales se sont rpandues dans les contres environ- nantes. D'une part on y retrouve beaucoup d'animaux fourrure de la Sibrie : l'hermine, la zibeline, l'cureuil stri, la loutre qui fourmille sur les bords des lacs si frquens dans la Kalmou- kie , et le porte-musc, amant des vastes solitudes ; de l'autre se voient le chameau deux bosses , le kousau ou ne sauvage , le cheval sauvage , nomm takia chez les Kalmouks , et iahi chez les Mantchoux ; le djiggeta ou hermine , qui erre par bandes innombrables dans le dsert de Kobi ; l'iak , ou buf grognant sauvage (vacca grunniens de Gmel. Nov. comm. Pelr. , v , tab. 7), remarquable par sa queue de cheval , ses cornes tournes en ar- rire et son long poil soyeux ; enfin , au milieu de ces herbi- vores inoffensifs se reconnaissent aussi des espces froces et re- doutables : l'ours brun et noir, le karakal (proprement kara-kulak, c'est--dire oreille noire. Voyez Gdldenstedt , No*, comm. Petr., XX, p.5oo), le manoul, le korsak, le karagan, l'irgis ou lynx blanc , l'once , et mme , selon quelques auteurs , le tigre. ( Cf. GEORGI , Russie , tom. IX , p. i64g SlEVERS , Lettr. sur la Sibrie, dans les Nouveaux Mm. du Nord; P ALLAS, Act. Peirop. , 1777 ; Noue. Mm. sur le Nord, II, 6, etc.) NOTES DU LIVRE VI. a 29 Chap. XX , page 44 > ligne 9. Usque ad fugum incubons mari quod vocant Tobin. Ce prtendu promontoire , cens terminer l'Asie au nord-est , et , si l'on fait attention aux expressions de Pline , peu prs dans le pays des Igours , a t suppos par les gographes anciens, par suite de la fausse opinion qu'ils avaient, sur le voisinage de l'ocan Septentrional, opinion fonde, tant sur le cours des rivires que sur la vue du lac Palcati-Nor. Le mot Tabis est probablement identique au mot mongol Daba, qui signifie montagne en gn- ral ; peut-tre quelques-uns le rapprocheront-ils de Tibet. Ligne 20. Primi sunt hominum, qui noscantur, Seres... et Ciconas dixere, et Brjsanos. La Srique ou pays des Sres est extrmement remar- quable en ce qu'elle forme la limite des pays intrieurs de l'Asie visits par les anciens. Aussi , depuis deux mille ans , n'a-t-on cess d'en parler et d'accumuler sur le compte de cette contre, et les disparates et les erreurs. Ptolme , tablissant arbitraire- ment ses longitudes d'aprs un itinraire des caravanes mar- cbandes , la porta infiniment trop Test. De l les ides exagres des anciens sur l'extrme loignement oriental des Sres. De l aussi les opinions errones des modernes qui ont t chercher les Sres jusqu' la Chine. Avant d'aller plus loin cependant, il est ncessaire de distin- guer deux Sriques , l'une dans la partie mridionale du Dckhan, et peu de distance de Ceilan , l'autre , dans le nord de l'in- doustan et s'avanant mme au nord des montagnes qui servent de barrire la pninsule Indoustanique. La fausse opinion d'Eratosthne sur l'existence d'un ocan Oriental o le Gange allait se perdre , n'avait pas tard tre combattue. Hipparque (Strab., lib. 1) , prs de cent cinquante ans avant J.-C. , soutint que la mer des Indes , qu'il tendait jusqu' la Chine, ne communiquait point avec les autres mers, et que le Gange y terminait son cours dans un golfe particulier. Aprs l'embouchure de ce fleuve , au lieu de remonter la cte a3o NOTES DU LIVRE VI. de l'Asie au nord, comme Eratosthne le faisait, Hipparque la des- cendait au midi, et la ramenant l'ouest jusqu' ce qu'elle joignt les rivages orientaux de l'Afrique , il formait de la mer Erythre un vaste bassin entour dans toute sa circonfrence et isol de toutes les autres mers. Quoique ce nouveau systme , n Alexandrie , adopt par Marin de Tyr et soutenu par Ptolme ( Gog. , lib. Vil , cap. 3-5 ; Goss. , Gog. des Grecs analyse) , ne ft qu'une erreur substitue celle d'Eratosthne , il ne prsente pas moins la certitude que les peuples qui , alors , naviguaient le plus dans l'Inde , reje- taient toute ide , tout rapport qui semblait annoncer qu'on tait parvenu jusque dans un ocan Oriental, c'est--dire dans les mers de la Chine et du Japon ; et il en rsulte qu'il n'existait , parmi ces peuples , aucune relation authentique , aucun itin- raire qui donnt connaissance des pays situs au del des ctes occidentales du royaume de Siam. Au temps de Ptolme , le terme le plus loign de la navigation des Grecs et des Romains, dans ces parages, tait Thin et Catigara, connues maintenant sous les noms de Tana-Sriin et de Chligua. Les changemens faits cette poque par les gographes , dans la direction qu'ils supposaient aux ctes mridionales de l'Inde , n'influrent point sur la disposition donne par leurs cartes aux contres situes au nord de la chane du Taurus. Ces monts y conservrent dans toute leur tendue la latitude du trente- sixime degr environ, qu'ralosthne leur avait assigne; et la Srique resta place la mme hauteur qu'elle avait occupe jusqu' ce moment, c'est--dire que Marin de Tyr et Ptolme la laissrent sur les confins immdiats de l'Inde , au nord de cette contre et l'orient de la Scythie. Seulement, au lieu de dter- miner la Srique au levant par la mer, ils ajoutrent, vers cette partie du monde, des terres inconnues qui firent rentrer la Sri- que dans l'intrieur de l'Asie, et ds-lors l'ocan Oriental, l'ocan Srique, l'ocan Scylhique, ainsi que les promontoires imaginaires, dont on avait suppos l'existence, disparurent de leurs cartes. Ce nouveau plan n'tait plus aussi hypothtique que celui d'Eratosthne ; il tait fond sur les indications et le rapport des NOTES DU LIVRE VI. i voyageurs. Les Grecs, ds le commencement de l're chrtienne, faisaient un commerce direct avec la Srique ; la route qui y conduisait tait connue ; on en avait mme publi des itinraires ; mais aucun malheureusement n'est parvenu entier jusqu' nous. Le seul , dont il reste une trs-petite partie , se trouve dans la Gograph.'de Plolme (lib. I, cap. il, 12), qui l'avait extrait de celle de Marin de Tyr : encore, au del de Bactres, est-il tel- lement dnu de circonstances locales et laisse-t-il tant d'incer- titudes sur le lieu qui doit rpondre Sera , que les Sansons ont cru pouvoir reculer cette ville jusque dans la partie orientale de la Tartarie chinoise; que Guillaume de Lisle a transport Sera Pkin, et d'Anville Kantchou dans le Tangut. (Voyez VOrbis vtus et Asia vtus des Sansons, publis en i65o, i65y, 1667 et 1679; VOrbis vtus de G. de Lisle et VOrbis veteribus notus de d'Anville , mais plus particulirement ses Recherches sur la Sri- que des anciens dans les Mmoires de l'Acadmie des Inscriptions et Belles-Lettres, tome XXXII, ou dans son Antiquit gographique de l'Inde; Malte-Brun, Prcis de gographie ancienne et moderne, tome I. ) Remarquons d'abord que Mla dit formellement : Les Sres demeurent au milieu des rgions orientales dont les Scythes et les Indiens occupent les deux extrmits ; ce que confirme ici Pline lui-mme. C'est d'ailleurs ce qui rsulterait videmment de la collation attentive des divers passages o il est ques- tion des relations commerciales qui attiraient les Occidentaux en ces pays loigns. On allait y chercher du fer, des toffes, des pelleteries, de la soie, et une laine renomme, tellement fine , que les femmes grecques et romaines la filaient en vte- mens diaphanes. Cette laine , que M. Gossellin ne veut qu'on prenne ni pour du coton , ni pour un tissu de soie, serait, selon lui, celle que nous fournissent aujourd'hui les chvres tibtaines. Quoi qu'il en soit de cette hypothse qui ne nous semble pas suf- fisamment justifie , toujours est-il qu'il faut chercher les Sres dans une contre telle que, d'un ct , le climat permette l'du- cation des vers soie , tandis que de l'autre, on trouve des pel- leteries en abondance; c'est--dire, comme le disent les deux auteurs prcdemment cits, entre la Scythie et l'Inde. Or, comme a32 NOTES DU LIVRE VI. selon eux, l'Asie se terminait un peu l'est du Gange et un peu au nord de la mer Caspienne , il devient vident que le seul em- placement qui convienne la Srique est le Tibet et la lisire m- ridionale voisine. hes dtails donns par Pline , dit Maltebrun , confirment cette explication. Aprs avoir nomm quatre rivires , Psitaras , Carnabi , Lanos et Cyrbanas , qu'il dirige vers son ocan Srique , mais qui , dans la ralit , paraissent reprsenter quelques rivires mridionales de la Bucharie , dont les eaux se perdent dans les sables du grand dsert, limite naturelle des con- naissances des anciens , Pline nous indique lesTochari, les Thyri, les Casiri et les Attacori , comme les principales nations de la Srique. La premire de ces tribus est place par Ptolme dans la Bactriane (Ptol. , lib. vi) , o elle a laiss son nom la con- tre de Tocaristan , partie de la grande Bucharie. Les Thyri rap- pellent la ville de Kaspatyros d'Hrodote ( liv. III , n. 102 , lib. iv, n. 44 1 lib. vil, n. 67, 68, 85), situe non loin de la contre Paktyka , voisine de la Bactriane et de l'Inde. Tyr ouThyr signifie, en persan , porte ; Kasp est le nom gnrique des montagnes (Walh , Hindostan, liv. H, n. 47 2 > not.) ; Thouran est encore aujourd'hui le nom d'un district au nord de Candahar. Les Ca- siri , qui , selon Pline , pouvaient dj tre censs faire partie de l'Inde , sont probablement les Caspiri ou habitans de Kachemire. D'aprs l'ensemble de ces positions , l'heureuse valle des Atta- cori , garantie contre les frimats du nord et les vapeurs pestifres du midi , doit tre cherche dans le royaume de Latak. Le nom mme des Attacori parat tenir la langue sanskrite (altak , dfendu) ; et cette remarque commune la plupart des noms de la Srique, concourt, avec tant d'autres circonstances, placer ce pays prs des sources de l'Indus et du Gange, o les anciens livres sanskrits nous dpeignent le pays sacr , le sjour de l'abon- dance et de la flicit, le fameux Siri-Nagur (Walh , Hindostan, lib. il , n. 445, 5n, etc.). On peut mme croire que la tradition sur la longue vie des Sres (DlON., Perieg., v. 753. Schol. Expos. tt. Mundi , in Geog. Grc. minor. , lib. III, n. 1), porte deux cents ans , ou du moins cent vingt , avait t puise dans les fa- bles sacres des Bramins. Il est probable que les Cyrni , Indiens dont Pline vante la longvit (Plin., lib. vu, cap. 2), demeu- NOTES DU LIVRE VI. a33 raient sur les bords du fleuve Cyrnabas , dans la Srique , peut- tre le Kiria de la petite Bucharie. Les auteurs contemporains de Pline s'accordent parfaitement avec cet expos. Denys le Prigte rapproche les Sres des To- cliari ; selon le Priple de la mer Erythre, les marchandises de la Srique arrivaient dans les ports de l'Inde par la route de Bac- tres, aussi bien que par celle du Gange (Peripl. mar. Eryth., 36). Tous ces indices ne conviennent qu'au Tibet. Ptolme, comme on l'a indiqu plus haut, ne diffre de ces auteurs que par suite de son systme de graduation longitudi- nale. Mais au milieu de ces erreurs, dues la logique rigoureuse de l'astronome gographe, percent des lueurs de vrit dues aux observations positives des voyageurs , ou aux rcits des indignes : c'est que la Srique (Ptol. , liv. I, n. n ; liv. IV, n. 12) tait borne l'est par des terres inconnues : ce n'tait donc point la Chine baigne l'est par des mers : au sud, les monis Emodus et Ottorocorras la sparaient de l'Inde. Or, l'Emodus et l'Imaiis des anciens est la chane nomme Emod, Hema et Himmala par les Indiens modernes (Wai.h, liindostan , lib. Il, n. 709); le nom Ottorocorras est videmment compos des mots sanskrits uttara-curu, qui signifient pays du nord ( WlLFORD, Asiatic. research. , lib. VI , n. 4 , 1 ) > e * ce nom reste encore , avec peu de changement, la partie septentrionale du royaume d'scham (Walh, n. 52g-532 , d'aprs les Asiatic. research.). Ces circon- stances fixent la position de la Srique au nord de l'Inde. Quand nous aurons ajout , d'aprs Ammien Marcellin , que les Sres taient voisins de l'Ariane ( Amjyi. Marc. , lib. xxm, n. 6), c'est--dire de la partie orientale de la Perse, et que la Srique tait un plateau trs-lev, couronn de hautes montagnes et versant ses eaux de tous les cts {Contra orientalem plagam , in orbis speciem consert celsorum aggerum summitales ambiunt Seras. .... liane itaque planiiiem undique prona declivitate prruptam , etc. ylmm. Marc, loco citato), il ne peut rester douteux que ce vaste pays n'ait compris une bonne partie du grand et petit Tibet, avec une lisire de la petite Bucharie, le Kachemire et quelques autres valles des pays montagneux o naissent ITndus et le Gange. C'est ce que confirment , de la manire la plus claire , les a34 NOTES DU LIVRE VI. noms de Seri-Nagar, c'est--dire (puisque nagar en sanskrit est un titre honorifique dsignant les villes du premier rang) Sera Metropolis, et de Serici Montes, aujourd'hui Serra-Lik, mon- tagnes qui sparaient la Srique de l'Inde , et qui effectivement forment la harrire entre le Tihet et l'Indoustan. Mais cette Srique transhmalaenne ( qu'on nous passe le mot) ii faut unir une Srique en de de l'Hmalaa, une Srique que l'on trouve dans l'Indoustan et immdiatement voisine de la premire, une Srique dont la temprature douce permette au ver soie de se dvelopper. Or, c'est justement ce qui se ren- contre sur le versant mridional des montagnes de l'Indoustan , et le pays situ au del de l'Hypasis , dit Strabon , est le meilleur de l'Inde : certains animaux , et mme des hoinmes , y ont des proprits extraordinaires ; les Sres , par exemple , vivent au del de deux cents ans. Ds le temps de Julien on voit paratre comme dputs de nations indiques des Indi et des Serindi (Amm. Marc, liv. xxn, n. 7). Selon Procope, les moines qui importrent dans l'empire grec ce secret de l'ducation des vers soie sjournrent dans la Srinde, province de l'Inde. e,c -) Les Prasiens , dont les innombrables chariots et les lphans inspirrent l'effroi aux Macdoniens , sont clairement indiqus dans les livres sanskrits sous le nom de Pragi ou empire d'O- rient , tandis que les Gangarides, non moins redouts par leur valeur , et plus clbres encore par leur justice et leur fli- cit , se retrouvent dans les mmes ouvrages sous le nom de Gangaradessa ou royaume du Gange ( Voyez Wilford , Asiat. Research. , IV, Chronology of ihe Indous}. 11 existe sur Palibothra, leur capitale , trois opinions diffrentes : d'Anville , Robertson et autres savans l'identifient avec l'Allahabad moderne, jadis nomme Prase et dcore du titre de reine des villes saintes (Cf. Aen Akberi ,ii, 35, m, 255) ; selon Rennel {Mem.. etc., 9) et Will. Jones {Asiat. Research., iv), elle aurait perptu son NOTES DU LIVRE VI. a5i nom dans Patelponter ou Patalipoutra auprs de Patna ; enfin de nouveaux documens rvls par Wahl (Hind., I, 370) et par Wilford {Asiat. Research) inclineraient nous montrer cette antique capitale dans Radjemal , jadis Balipoutra ou liengale. Les Sandres ne peuvent tre que les Soudras , quatrime caste Indoue , compose de vritables serfs qui ne peuvent , sous au- cun prtexte , user de leur libert personnelle, acqurir, poss- der, se marier hors de leur caste, sous peine de voir les fruits de leur union assimils aux Parias. Et que l'on ne s'tonne pas de cette confusion qui fait d'un nom de caste un nom de peuple : nous avons dj vu ci-dessus multarumque genlium cognomen Brachman ; et l'on conjecture avec raison que les Chatens d'Arrien (Expdit. d 'Alexand. , liv. VI, 9, i3), les Cathares de Diodore de Sicile (liv. XVII , n. 92) et les Chatries de Ptol- me dsignent les Rasbuttes modernes , qui sont principalement de la caste des Kotteri ou propritaires de biens-fonds, et de celle des Kchatrya ou guerriers. Les Peucalates se retrouvent dans le canton de Pekheli , quoique la ville de ce nom ne dpende point de l'ancienne capi- tale Peucela. Les Coraucases , tant pour le nom que la position , correspon- dent au pays de Gorka. Les Suertes, ailleurs Soretanes, Soringes , ou Sores, une des principales nations de la cte Orientale, rappellent le nom de Tchoramandalam ou royaume des Tcliores , aujourd'hui Coro- mandel. Les Calinges sont videmment les habitans du district de Ca- lingapatnam, comme la Msolie dsigne le pays de Mazulipatnam. Les Asauges, les Mgalles, les Thalutes , les Andares , dont Pline nous donne si bien la statistique , nous sont parfaitement inconnus, moins que lisant , comme le conjecture Maltebrun, Odanes ( le Brahmapoutre ) pour Iomaues , et Imaiis pour In- dus, nous ne saluions les habitans du royaume d'Asham dans les Asauges , dans les Mgalles , les habitans du royaume de Mecklcy, et dans les Thaluctes les Indo-Chinois des bords du Thalouan , dans l'Ava oriental. a5a NOTES DU LIVRE VI. Ciiap. XXII, page 52, ligne 18. Hune alii incertis fontibus , ut Nilum novissima gnie Gan- garidum Calingarum. En effet , la source du Gange n'a t dfi- nitivement fixe qu'en 1808 par Webb, et en 1817 par Hudson, qui l'ont trouve quelques lieues au nord de Gangoutre , sur le grand versant mridional de l'IIimalaa, vers les 3i 4' de lati- tude nord, et 7 5 o/ de longitude est. Long-temps auparavant, cependant, on avait fait des tentatives pour la dcouvrir ; mais ni les lamas envoys par l'empereur chinois Tanghi , ni les re- cherches du savant Tieffenthaler , n'avaient produit de rsultat satisfaisant. L'incertitude de sa source, si long- temps inconnue et du reste si facile expliquer, tant par l'extrme longueur de son cours , qui n'a pas moins de six cents lieues, que par le nom- bre considrable de ses affluens, dont plus d'un a d tre pris par les voyageurs pour le bras principal ; cette incertitude , disons- nous , n'est pas le seul trait commun du-Nil et du Gange. Comme tous les grands fleuves de la zone torride , ce dernier fertilise par dos dbordemens priodiques , d'avril octobre, les contres qu'il parcourt , et vers la fin de juillet toute la partie basse du Bengale est inonde sur une tendue d'environ trente lieues. Enfin, on sait que ses eaux, minemment salubres comme celles du Nil , sont sacres aux yeux des Indous , pour qui la desse Ganga (tel est en bengali le nom du Gange) est une des pre- mires divinits. Le mot Ganga, d'ailleurs, signifie fleuve, et est commun plusieurs autres rivires de l'Inde, parmi lesquelles le Godaveri dans le Dkzan , et le Movil-Ganga dans l'le de Ceilan ; mais le Gange du nord, le Gange bengalique, est le fleuve, le Ganga par excellence. 11 s'en faut de beaucoup que Pline nomme tous les affluens prin- cipaux du Gange , car nous ne retrouvons chez lui nulle trace du Baghirati , du Callineddi , de la Tousa", de la Gogre , du Goumti , du Foulgo , du Dommondah , du Bogmotti , de la Ma- hanada et de la Tistah ; mais nous reconnaissons : i. Le Djemnah dans le lomanes; 2 . La Cane dans le Canas ; NOTES DU LIVRE VI. a 53 3. Le Sone (Soaue en angl. ) dans le Sonus; 4-. Le Ram-Gongu.(ou fleuve de Ramas) dans l'rannoboas, mot videmment dfigur , et d'ailleurs compos de deux radi- caux , dont le premier, quoique along d'un e initial , et mo- difi la fin par le changement de Vm en n, ne prsente pas moins tout homme habitu la physionomie des syllabes in- diennes , le nom du hros favori des mythologies indiques , Rama ; 5. Le Gemdouk dans le Condochates ; 6. Le Coss ou Cosi dans le Cosoage. Il ne nous reste donc que le Prinas , dont nous ne pouvons re- connatre l'quivalent moderne. Le Gange forme en effet plusieurs cataractes que les anciens n'ont point distingues suffisamment , mais dont la premire , surnomme Bouche de la vache, tant l'objet d'une vnration particulire et le but de nombreux plerinages chez les pieux Indous , a d tre mentionne en leur prsence. Cette chute est dans les monts Himalaa; les deux autres se Irouvent Deuprag et auprs de Hourdvar. La largeur donne au Gange par notre auteur est videmment exagre , au moins dans la partie suprieure de son cours. 11 est vrai cependant qu'aprs avoir reu la Djemnah il devient con- sidrable , et que dans les environs de son embouchure il arrive une largeur de prs d'une lieue , les non comprises. A trente lieues de la mer il se divise, et forme un vaste delta que traver- sent nombre de petits bras , et qu'enferment les deux rameaux- principaux , dits Megna ( celle-ci se confond avec le Bramah- poutre , CataBda des anciens) et Hougli. C'est ce grand delta que Pline appelle Modogalingam , probablement pour Mahaca- linga. Ptolme nomme cinq embouchures du Gange, savoir: Cambuswn, embouchure occidentale du Gange ou Gande- vari. Magnum , embouchure du Ganga, confondue avec l'embou- chure occidentale du Gange. a 5', NOTES DU LIVRE VI. P scudostomum. Anlibole , rivire d'Houringotta. Cataheda, M3gna ou Bramapoutre. Chap. XXIII, page 58, ligne n. Indus incolis Sindus appelatus , in jugo Caucasi..... oceano in- funditur. Effectivement le vritable nom de l'Indus est Sind ou Sint. Dans le nord de son cours cependant il porte les noms de, i Rilab, ou eau bleue ; 2 Attok chez les indignes , et Mekran chez les Occidentaux , lorsqu'il traverse les monts Tau. Sa source , pour dire franchement les choses , n'est pas en- core trs-exactement connue. On la place gnralement sur le revers occidental des monts Blour ; mais le fait est que quand on a remont le fleuve jusqu'au del des monts qui ferment au nord le Pendjab, on ne sait plus quelle branche on doit regarder comme (a principale, question qu'il faudrait pralablement, et avant toute recherche ultrieure , dcider d'une manire irrvocable. Les quatre rivires clbres nommes par Pline ne peuvent tre considres toutes comme des affluens directs. Nons ignorons si c'est ainsi qu'il les a vues toutes les quatre ; ce qu'il y a de cer- tain , c'est qu'au moins les deux premires sont dans ce cas ses yeux , et qu'il a tort pour l'une des deux. Remarquons que , selon toutes les apparences , notre auteur n'a point pens aux eaux tributaires de la rive droite, qui, i sont gnralement moins majestueuses ; 2 se rendent dans le Sindh suprieur , et par consquent traversent des pays bien moins ac- cessibles aux anciens , et bien plus rarement visits par eux. 11 s'agit donc ici des quatre rivires qui arrosent le Pendjab , et qui , avec le Sindh , ont donn naissance au nom mme de Pendjab , ou cinq rivires. Or , de ces quatre rivires , une seulement est affluent direct du Sindh ; les trois autres se rendent dans cet affluent principal , et ne roulent leurs eaux dans le Sindh qu'aprs les^ avoir roules dans les siennes. A moins donc que l'on ne suppose que par les mots quatuor alios adfereniem trs (sous-entendu adfereniem} , Pline n'ait NOTES DU LIVRE VI. aj5 indiqu des rivires extrmement petites , on doit admettre qne Pline s'est tromp dans ce passage ; mais tout--l'heure nous allons expliquer son erreur , et montrer comment elle drive de renseignemens peu prs exacts. Les quatre rivires secondaires du Pendjab se nomment Behut, Chen-Ab, Ravci et Setledje (nous suivons ici l'ordre dans lequel elles se prsentent de l'ouest l'est) ; or, d'aprs les documens les plus exacts , selon nous le Chen-Ab reoit le Behut, et plus bas le Ravei ; il tombe ensuite dans Je Setledje , tributaire im- mdiat du Gange. Ds-lors, qui empche de dire, i que le Chen-Ab roule dans son sein les eaux de trois rivires (les siennes d'abord, puis celles du Behut et du Ravei) , trs defert amnes ? 2 que le Set- ledje roule en lui quatre rivires, quatuor defert? (Cf. cependant la fin de la note.) Pline serait donc parfaitement exact , quoique un peu am- bigu , si le Chen-Ab reprsentait le Canlabre , et si l'Hyphase se retrouvait dans le Setledje. Or, l'identit de Cantabre avec Chen-Ab, Chent-Ab ne sem- blera plus chose douteuse si l'on songe la manie qu'avaient les anciens de torturer les noms anciens pour les faire ressembler ceux qu'ils connaissaient dj. Travestir le Khen-Ab ou Khent- Ab en Cantabre tait donc pour eux une transformation des plus naturelles et des plus innocentes. Quant l'Hydaspe , il est reconnu que c'est le Behut ; et comme incontestablement l'Acesines est le Ravei, l'Hyphase ne peut tre que le Sctlejde. Mais oulre qu'il n'est nullement trange qu'au sein de contres si lointaines et si peu connues on se soit tromp sur l'importance relative des diverses eaux d'un mme bassin , la ressemblance des noms Hydaspe et Hyphase ( que probablement on prononait Hyphasdes , Hypasdes , de telle sorte que les deux mots 'TS'clo-ths , 'T-reto- fus n'taient que des anagrammes l'un de l'autre) a pu aisment donner naissance celte erreur. Les deux deltas mentionns par Pline ont t reconnus de nos jours -, le plus petit est l'est , et reprsente Patale. Divers canaux secondaires parcourent les deux les fluviales. Ptolme a 56 NOTES DU LIVRE VI. nomme sept branches principales , dont voici , selon- M. Gos- sellin , les NOMS ANCIENS. Sagapa.. . . Sinthum. . Aurcum. .. Chariphri. Saparages. Sabalassa . Lonibares . NOMS MODERNES. Rivire de Pilti. Rivire de Darraou. Rivire d'Haid-Jamani. Rivire Fetta. Rivire Poagedami. Rivire d'Assarpour. Nous joindrons cette note les dtails suivans sur les rivires du Panje-Ab. Ils sont extraits du Voyage de Narque , trad. Billecocq. Les cinq fleuves du Panje-Ab, qui se dchargent dans l'Indus, sont , en suivant leur ordre commencer de l'ouest , l'Hy- daspe , l'Acsines , l'Hydraotes , l'Hyphasis et le Saranges. Outre ces fleuves , Arrien , d'aprs Mgasthne , fait tomber le Sinarus dans l'Hydaspe , le ootapus dans l'Acsines , et le Nendrus dans le Saranges; la vrit , il dclare ne parler qu'avec dfiance des deux derniers, attendu que les Macdoniens n'en eurent point connaissance ; et quant au Sinarus et au Tootapus, c'est la seule fois qu'il en fasse mention. De ces cinq fleuves , l'Acsines est le principal : il reoit l'Hydaspe l'ouest ; l'Hydraotes vient le joindre de l'est, ainsi que l'Hyphasis, le Saranges et le Nendrus , qui se jette pareillement de l'est dans ce fleuve , au rapport d'Arrien , avant qu'il se dcharge dans l'Indus. En donnant la prfrence l'Hydaspe, et en mettant" son nom le premier de tous, Ptolme cause une confusion qui n'a pas laiss que d'em- barrasser beaucoup , et les commentateurs et Mercator, qui a cor- rig ses cartes : mais Arrien conserve l'Acsines l'honneur de la primaut ; il assure formellement que tous les autres fleuves perdent leurs noms en se joignant lui, et que cette prminence lui reste jusqu'au moment o il se jette dans l'Indus. L'opinion d'Arrien parat d'autant plus vraisemblable, que le Chen-Ab mo- derne, qui n'est autre chose que l'Acsines des anciens , rclame encore aujourd'hui mme cette prminence. Mais si Ptolme s'est tromp dans une circonstance particu- NOTES DU LIVRE VI. ifc? Hre, il est d'accord avec Arrien et Strabon pour indiquer dans le mme ordre les rivires du Panje-Ab ; et Pline, qui nglige de parler de quelques fleuves intermdiaires , n'avance rien qui contredise ces auteurs. Ainsi donc , sous ce rapport , la go- graphie ancienne est uniforme ; et si les modernes ne s'accordent pas , soit entre eux , soit avec eux-mmes , nous devons imputer leurs mprises cette varit infinie de dnominations sous les- quelles la plupart des rivires dont il s : agit sont dsignes , ou bien la diversit mme des noms qu'elles reoivent dans les di- vers langages, mogol, tatare , persan ou indou. L'Hydaspe est le premier dans l'ordre tabli ; c'est le Chelum des gographes modernes : il coule entre l'Indus l'ouest , et l'Acsines l'est. On peut citer ce fleuve comme l'exemple le plus remarquable de la varit de dsignations dont je parlais tout--1'heure. Ptolme ne nous sera pas moins utile ici que dans toutes les autres occasions ; il formera le point de rap- prochement entre l'orthographe des Macdoniens et le sanskrit, distribuant la lumire de l'un et de l'autre ct , et brillant lui- mme au centre comme l'astre qui la dispense. Hydaspes , Arrien, Strabon et Ptolme. Bidaspes , Ptolme. Bedusta , le sanskrit, suivant l'Ayeen-Akbary. Veiasta , le sanskrit , selon Tieffenthaler. Dindana , au bas des montagnes de Kachemire (Tieffen- thaler ). Chelum, persan ou mogol (Cheref-Eddin). Zalam , Forster , etc. Jalam ou Jalum , idem. Djalam , idem. Zeloom, entre Arungabad et Rotas (Tieffenthaler). Jamad, d'une le ainsi nomme , et qui se trouve sur une partie de son cours ( Tieffenthaler). Behut , dans l'indostan , suivant l'Ayeen-Akbary. Telle est cette liste , qui prsente douze noms pour un seul v.* 17 a58 NOTES DU LIVRE VI. fleuve | et qui suffit pour expliquer ,et mme pour rendre excu- sables les erreurs auxquelles aurait pu donner lieu une pareille varit. Toutefois , Zeloom , Zalam, Jalam ou Djalam, Chelum. sont la mme consonnance modifie par le dj persan. Dindana est un nom du fleuve dans une. partie de son cours, et Jamad dans une autre. Behut est la dnomination en usage parmi les Mogols ; elle a un rapport vident avec le Bedusta ou Vetasta du sanskrit , comme avec le Bidaspe ou Hvdaspe des Grecs ; et toutes ces ressemblances proviennent de la relation qui existe entre les voyelles a et dans l'orlbograplie orientale, ou de l'af- finit des consonnes h et v avec l'A aspire. D'Anville a pris ce fleuve pour l'indus d' Arrien ; une erreur premire est devenue ainsi la source de toutes les autres : mais la position de l'Hydaspe est dtermine d'une manire trop pr- cise dans I'Ayeen-Akbary, pour qu'on puisse l'avenir com- mettre de semblables mprises. Nous y voyons que l'Hydaspe a sa source dans la province de Kacbemire , et qu'il est navigable pour des vaisseaux de deux cents tonneaux, jusqu' Syrin-Nagar, capitale de cette province. Arrien , ainsi que nous l'avons dit , fait tomber son fleuve Sinarus dans cette rivire ; mais quel endroit s'y dcbargerait-il ? serait-ce de l'est , ou de l'ouest ? en dedans des limites de Kachemire , ou au bas des montagnes ? c'est ce qu'il parat impossible de dcouvrir ; mais Arrien se fonde sur l'autorit de Mgasthne , et ne parle pas d'aprs les instructions des Macdoniens ; il ne connat rien de ce qui concerne Kacbemire , et pourtant je crois apercevoir un certain rapport de ce nom avec celui de la rivire appele Syrin-Nagar, qui est renferme dans les limites de cette province. Quoi qu'il en puisse tre , le fleuve , aprs avoir pass les montagnes , et tre descendu jusqu'au Pergunnah de Shoor, joint l'Acsines an Chen-Ab , et vingt coss plus bas il reoit le Ravei ou Hydraotes ZufFrabad: l , les trois rivires runies prolongent leur cours soixante coss au del , et oprent leur jonction avec l'indus Outche , l'Oxydracie des Macdoniens. Voil ce que nous apprend I'Ayeen- Akbary, que le Doo-Ab , ou l'tendue de pays qui spare l'Hy- daspe de l'indus , est dsign sous le nom de Sind-Sagur par les Mogols , et qu'on estime sa largeur de soixante coss ou cent NOTES DU LIVRE VI. iSij quatorze milles. Le terme moyen de cette largeur est pris, autant que je peux le reconnatre , au point o la route traverse le Doo-Ab, et, comme tel, il doit tre valu dans les calculs qui suivent. La largeur entire du Panje-Ab , en y comprenant tous les Doo-Abs depuis l'Indus jusqu'au Satludj , est fixe cent quatre-vingts coss , on environ trois cent cinquante milles. Les mesures positives font cette largeur de cent quatre-vingt-cinq coss. Cheref-Eddin ne diffre pas beaucoup de l'Ayeen-Akbary ; car il dit que le Chelum sort de la fontaine Vir, ou Syrin-Nagar, et qu'aprs avoir pass les montagnes il reoit le nom de Dindana et de Jamad ; il entre alors dans le Gen-Ave , et au dessus de Moultan les deux fleuves joignent le Ravei, qui baigne les murs d'un autre Moultan. Ces fleuves, ainsi runis, sont encore grossis par le Biah , et le tout va se dcbarger dans l'Indus Outche. La mention que fait Cheref-Eddin de deux Moultans s'accorde avec ce que nous connaissons des anciens Malles et du Moltan moderne ; et il est digne de remarque que cet auteur, comme Arrien , fait arriver l'Hyphasis ou Biah dans le Chen-Ab avant que cette rivire opre sa jonction avec l'Indus. Le second fleuve est : ISAcesines ou ATtesines d'Arrien, Pline, Strabon, Quinte- Curce. Le Chen-Ab de l'indostan et de l'Ayeen-Akbary. Le Yen-Auh ou Chen-Aub du persan et de Rennell. Le Gen-Ave de Cheref-Eddin. Le Tchen-Ave de d'Anville. Le Tchen-dar-Bargar du sanskrit et de Tieffenthaler. Le Chun-der-Bahka du sanskrit et de l'Ayeen-Akbary. Le San-da-Bala de Ptolme. Le Shan-Trou de Bernier et de d'Anville. A la seule inspection de ces dix noms diffrens , on aperoit le rapport qu'ils ont pour la plupart les uns avec les autres , of- 6o NOTES DU LIVRE VI. frant tous, except YAksines, soit la syllabe tchen , soit une modification plus ou moins forte de cette syllabe ; et je ne puis m'empcher de croire que c'est par erreur dans la manire d'en- tendre, ou bien par le dsir d'adoucir un son rude et barbare, que les Grecs ont crit Ake-sin-es pour Akhen-ises , ou A- cesin-es pour Ab-tchenes. Justin parle d'une tribu situe sur ce fleuve, et qu'il appelle Hia-cen-sanas, nom dans lequel la syllabe prdominante se trouve conserve. La lettre initiale, venue jus- qu' nous par le moyen du dj persan , occasione toute cette varit qu'on remarque dans djen, djan, tschan, tschen, chan , chen , chin , j'en , gen , tchun , chun , shan , san. C'est Ptolme qu'appartient l'honneur d'avoir conserv cette consonnance : et soit que nous fassions driver le san-da- hala de ce gographe, de san-ab ou chan, soit que nous tirions tout le mot sanda-bala de CAandabahka , la correspondance du nom avec celui du fleuve en langue sanstrite est galement facile reconnatre. L'Ayeen-Akbary tablit comme un fait certain que Chun-der etBahka sont deux fleuves qui sortent de la mme mon- tagne , dans cette chane, dsigne sous le nom de Cutwar ou Kishtewar, et qui confondent leurs eaux et leurs noms. J'en con- clus que c'est dans le second de ces fleuves que nous devons chercher le ootapus d'Arrien, cette rivire que, d'aprs l'au- torit de Mgasthne , l'historien grec fait arriver dans l'Ac- sines, presque ds le commencement de son cours. De l'aveu de tous les gographes, tant anciens que modernes , l'Acsines est le premier des fleuves du Panje-Ab ; tous sont d'accord sur ce point qu'il reoit l'Hydasp ou Chelum de l'ouest , et que l'Hydraotes ou Ravei vient le joindre de l'est. Quant la question de savoir s'il reoit de mme le Biah et le Satludj , ou si ces rivires oprent leur jonction avec l'Indus sans communiquer avec l'Acsines , c'est encore aujourd'hui un problme gographique. Arrien assure partout que l'Hyphasis , le Saranges et le Nendrus, c'est--dire le Biah, le Satludj et le Cal , se runissent l'Acsines, soit directement, soit par l'in- tervention de l'Hydraotes : mais l'Ayeen-Akbary les fait dchar- ger dans l'Indus sans le secours d'aucun fleuve intermdiaire, beaucoup au dessous de Moultan, et c'est l l'autorit sur la- NOTES DU LIVRE VI. util quelle se fonde le major Rennell. Tieffenlhaler, si je 'le com- prends bien , n'est pas consquent avec lui-mme ; car, dans un endroit, il s'accorde avec Rennell et PAyeen-Akbary, et dans un autre il prtend que le Biah et le Satludj vont se joindre au Ra- vei. Ce qui justifie le major Rennell d'avoir prfr l'autorit de l'Ayeen-Akbary celle d'Arrien , c'est qu'Arrien convient lui- mme qu'au del de l'Hyphasis ou Biah , il n'a point de donnes positives sur lesquelles il puisse se rgler, et qu'il ne suit plus ses guides macdoniens , mais seulement Mgasthne. De la Rochette s'est rang , dans cette circonstance particulire , l'opinion de d'Anville , et la position qu'il assigne la ville d'Ayjodin, ainsi qu'aux pays adjacens, s'accorde mieux avec la marche de Tymour, teUe qu'elle est rapporte par Cheref- Eddin , qu'aucun autre systme topographique dont j'aie eu con- naissance. Il est assez extraordinaire que d'Anville, qui se trompe plus souvent parce qu'il recherche les lymologies que parce qu'il les nglige, n'ait pas observ que Shan-Trou a la mme racine que Shan-Ab (le Tchen-Ave de ce gographe). Mais c'est une erreur sur laquelle j'ai trop insist. L'Acsines a donc l'avantage, ainsi que je l'ai fait remarquer, de conserver son nom jusqu'au moment o il se joint l'Indus. Arrien indique encore ce fleuve comme le seul du Panje-Ab qui ne soit guable en aucun temps de l'anne , tandis que tous les autres le sont aprs la saison des pluies. La province de Doo- Ab, qui spare l'Acsines de l'Hydaspe ou Chelum, se nomme Jenhat ou Jenhut ; et sa largeur n'est estime que vingt coss ou environ trente-six milles , quoiqu'il nous faille chercher dans cette province le royaume de Porus , et une population qui ait pu fournir ce monarque indien une arme de quarante mille hommes. Quelque exagration qu'il paraisse y avoir dans ce der- nier fait, racont par les historiens, l'Ayeen-Akbary nous le confirme ; car, une poque et dans un sicle o nous avons suppos que la population tait diminue , Aboul-Fazil assure que le contingent de troupes pour Jenhut est de trois mille sept cent trente hommes de cavalerie, quarante-quatre mille deux cents fantassins, et que le revenu de la province s'lve 2o3, iG4 Hv. slerlings (plus de cinq millions). 26a NOTES DU LIVRE VI. Le troisime fleuve est : LTJjdraotes d'Arrien. L' Hyarotes de Strabon et de Quinte-Cnrce. Y? lyrawuiti du sanskrit et de l'Ayeen-Akbary. JJIearatli du sanskrit et de Tieffenthaler. Le Rhuadis de Ptolme. UAd/is et Adaris des commentateurs de Ptolme. Le Rave ou Race du persan ou de l'indostan. Il parat, par cette liste, que, de la terminaison ravatti, ra- waiti , ou rawutti , drivent le Rhuadis de Ptolme et le Ravei des modernes ; de mme que l'Iyrawutti est l'Hyarotes de Stra- bon et l'Hydraotes d'Arrien. Ou le connat mieux aujourd'hui comme la rivire de .Lahore , ce qui rend plus extraordinaire l'erreur que d'Anville a commise , en plaant Lahore sur l'Ac- sines, Lahore qui est une ville dont la clbrit gale presque celle de Dehly mme. Les routes de Kaboul, Candahr, Attok et Moultan vont toutes aboutir Lahore , comme un centre plac entre chacune d'elles et la capitale ; et la fameuse avenue qui se prolongeait dans une tendue de plus de trois cents milles, depuis cette ville jusqu' Dehly, et qui ne subsiste peut-tre plus que dans les pages de l'histoire , dpose non-seulement d'une communication habituelle , mais encore de l'importance des rela- tions qu'entretenaient avec l'une et l'autre ville les voyageurs qui parcouraient celte route, ainsi que de leur nombre et de leurs richesses. La communication l'ouest , de Nice jusqu' cette ville, telle que la reconnut Alexandre, est probablement toujours ouverte aujourd'hui. En effet, bien que la route depuis Attok traverse prsent Rotas dans une ligne plus septentrio- nale , le rapport que je dmontrerai ci -aprs exister entre l'le de Jamad et Nice, donnera penser qu'un gouvernement tabli dans cette le, soit qu'il ft tributaire d'un autre, soit qu'il jout d'une entire indpendance, ouvrirait naturellement une route vers une capitale telle que Lahore ; et comme une ligne tire d'Atlok au travers de Jamad est toujours plus directe que celle qui traverse Rotas, il ne semble pas impossible que, NOTES DU LIVRE VI. i63 dans les temps les plus recals, cette ligne ft le moyen de communication. Qu'Alexandre soit vritablement parvenu jus- qu' Lahore , que cette ville existt de son temps , c'est de quoi nous avons des preuves assez fortes ; car le nom crit Lehaner, une poque dj loigne, tait, dans les sicles plus anciens encore , Lack-onore et Lo-pore ; onore et pore, tant des terminai- sons qui expriment, en langue indienne, une ville ou une forte- resse, nous fournissent une raison pour qu'Alexandre ait trouv un Por-us sur l'Hydaspe, un second Por-us sur l'Hydraotes , prenant tous deux leur nom du pays qu'ils gouvernaient, comme Taxile de Taxila, et ayant perdu l'un et l'autre leur distinction naturelle, originaire, par le dfaut d'attention des Grecs. Ainsi donc, dans Lo-pore, nom primitif de Lahore, nous pouvons conjecturer, avec quelque vraisemblance , que nous avons la ville du second Porus. Une remarque de Tieffenthaler confirme l'anciennet de ce lieu ; il observe qu'une des douze portes de Lahore est appele encore Taxili : il dit que cette porte est l'ouest ; et il n'y a pas de doute que la route qui la traversait ne conduist au Taxila des Macdoniens, comme les portes de Kaboul et de Dehly mnent ces villes. Le mdecin Bernier vint de Dehly Lahore, la suite d'un Omrah qui se rendait auprs d'Aurengzeb; et s'il avait t aussi curieux de recueillir des ma- triaux pour l'histoire et la gographie , que la connaissance particulire de la langue persane lui en facilitait les moyens, nous aurions pu recevoir de lui beaucoup d'instructions et de ren- seignemens trs-utiles : mais il a rempli son livre tout entier des dtails de la puissance et de la grandeur mogoles. La seule circonstance intressante qu'il rapporte de Lahore est la dca- dence de cette ville cause par le changement du cours du Ravei , qui coule aujourd'hui quelques milles de distance. Tavernier dpose galement de ce fait ; et peut-tre n'a-t-il rien qui doive nous sembler extraordinaire, lorsqu'il s'agit de fleuves dont le dbordement est toujours occasion par les pluies p- riodiques qui inondent le pays. Tieffenthaler parle d'un canal qu'on a creus depuis, du fleuve jusqu' la ville : mais a-t-il pro- duit l'heureux effet de rendre Lahore sa premire splendeur? C'est ce qui me parat fort douteux. Lahore tait encore une 264 NOTES DU LIVRE VI. place importante sous l'empire de Ndir-Schah ; mais ce conqu- rant la perdit par trahison. Elle se trouve aujourd'hui en la pos- session des Siks, qui sont, dans le sicle actuel, les distes et les dmocrates de l'Indostan. Cheref-Eddin , gographe toujours exact lorsqu'il suit Tymour dans sa marche, s'est tromp en confondant le Biah avec le Ravei, erreur dans laquelle je n'ai pu me persuader qu'il ft tomb, que lorsque j'ai reconnu qu'il avait plac Lahore sur le Biah. Le Ravei, au rapport de Bernier, est aussi large que la Loire; mais cela dpend de la saison o l'on voit ce fleuve. Quoi qu'il en soit , les vaisseaux construits sur le Bavei Lahore sont grands et trs-propres la navigation en mer, non pas, la vrit, par la manire dont ils sont btis, mais par leur force et leur volume. La province qui spare le Ravei du Chen-Ab se nomme Ret- chna ; elle a trente coss de largeur. La quatrime rivire du Panje-Ab est : Y? Hyphasis d'Arrien. UHjpasis de Pline (liv. vu, chap. 17). LSHjpams de Strabon (liv. xv). Le Beascha du sanskrit et de Tieffenthaler. Le Bejpasha du sanskrit et de l'Ayeen-Akbary. Le Bibasis ou Bipasis de Ptolme. Le Beah, Bea, Beand } Biah du persan ou de l'indostan. Le Bipasis de Ptolme est encore ici le point de rapproche- ment entre le Beypasha du sanskrit et l'Hyphasis des Macdo- niens , qui fixent constamment les bornes de leur expdition ce fleuve. L'erreur de d'Anville , qui le place le dernier dans Tordre o il range les rivires du Panje-Ab, a malheureusement en- tran Bernouilli , Tieffenthaler et de la Rochette dans son sys- tme, ce qui est d'autant plus extraordinaire que tous ils recon- naissent le Setledj , et pourtant ils n'ont pu dcouvrir que la quatrime rivire, quelle qu'elle fut, devait tre le terme de l'expdition. Cette rivire prend sa source dans le Pergunnah de Shoor, et sort de cette partie de la chane septentrionale nomme NOTES DU LIVRE VI. a65 Keloo , puis va joindre le Setledj ou Satludj , prs de Feerouz- Poor. Au dessous de cette jonction , le fleuve se partage de nou- veau, prs d'Ayjodin, en quatre branches appeles Har, Haray, Doond et Hoorny. Ces quatre divisions se runissent encore en approchant de Moultan, et, selon Rennell , se dchargent dans l'Indus, environ cinquante milles au dessous de cette ville. Arrien , ainsi que je l'ai dj observ , les fait arriver jusque dans l'Acsines ou Chen-Ah. Son autorit est suivie par de la Ro- chette. Dans quels crivains modernes ce dernier a-t-il trouv la confirmation du systme d' Arrien ? Je ne le devine pas , moins que ce ne soit dans Cheref-Eddin , qui fournit, il est vrai , une preuve directe ; car l'Ayeen-Akbary, bien qu'il semble implicitement favoriser l'opinion du major Rennell, manque de prcision au moment mme o la prcision devient le plus nces- saire. Entre le Ravei et cette rivire , Alexandre soumit les Cathens , mais dans une position beaucoup plus basse que celle o passait la route depuis Lahore , ainsi que je le conclus de l'erreur de Strabon , lequel a confondu les Cathens avec Sopi- ths, dont le territoire tait situ, n'en pas douter, prs du confluent des deux rivires, quel que. puisse tre le lieu o ce confluent sera fix ci-aprs. Ici l'arme refusa de continuer sa marche : mais Alexandre, qui s'tait procur des renseignemens relatifs l'existence d'un royaume puissant, situ sur les bords du Gange, royaume que nous retrouvons jusqu' un certain point dans les diffrentes di- visions de l'empire moderne ; Alexandre , dis-je , ne pouvait se rassasier de conqutes. La rvolte, aprs tout, se borna une dsobissance momentane des Macdoniens : ils firent entendre des plaintes et manifestrent de la mauvaise humeur ; mais aucun excs ne fut commis ; et le parti que prit le roi d'acquiescer leur demande prouve que sa prudence galait son courage. En cet endroit donc, comme au terme de ses progrs, il leva des autels , et retourna vers l'Hydaspe , sur lequel il devait s'em- barquer avec ses troupes et aller reconnatre l'Indus son embou- chure. De la Rochelte a plac ces autels sur le Setledj , et au point o la route de Lahore Dehly traverse ce fleuve ; mais ils furent *66 NOTES DU LIVRE VI. construits sur le Biah, non sur le Setledj, et plus bas que cette route , si la position des Cathens est exacte. La province qui spare le Biah du Ravei se nomme Bari , et n'a que dix-sept coss de largeur; le nombre des troupes, qui excde cent soixante mille hommes, et le revenu considrable de cette province, marquent une population capable d'opposer la rsistance qu'Alexandre prouva dans le pays. L se termin- rent ses conqutes ; et mon objet n'est pas d'aller plus loin. Mais comme il reste encore une rivire pour complter la srie des fleuves du Panje-Ab, il ne peut tre inutile ni dsagrable pour le lecteur de la connatre tout entire, ainsi que la liaison des parties de ce tout entre elles. La cinquime rivire est donc : Le Saranga ou Sa/anges d'Arrien. \? Hesudrus de Pline. Le Zadadrus, Zaradrus, Zardrus de Plolme. Le Shatoodes, Shetoodes du sanskrit et de l'Aycen-Akbary. Le Satludj , Setlooge et Satluz de Tieffenthaler. Le Selle] , Setledge de Rennell. Le Seteluj du persan et de l'indostan. Dans le Shetoodes du sanskrit , nous trouvons l'Hesudrus de Pline ; et dans le Satludj ou Satluz, le Zardrus de Ptolme. Anquetil du Perron nous apprend que Zardluz est l'orthographe propre de ce nom en langue persane , et que le mot crit en ca- ractres grecs donnerait ncessairement Zardrus. La source de cette rivire est fort loigne au nord-est, dans les montagnes de Ohaloo : en descendant de ces montagnes, il prcipite son cours jusqu' Feerouz-Poor, o il reoit le Biah ; et les deux fleuves , ainsi runis , vont se dcharger, soit dans le Chen-Ab , soit dans l'Indus lui-mme , comme je l'ai dj fait remarquer. Arrien parle d'une rivire nomme Hesudrus , qui se joint au Saranges ; mais il ne nous donne aucun indice particulier, l'aide duquel nous puissions dcouvrir quelle est celte rivire. Peut-tre est-ce le Cal qui , selon de la Rochette , sort du Setldej , puis NOTES DU LIVRE VI. 267 va s'y rejoindre , ou qui , suivant d'autres auteurs , a une source spare , et vient du nord-est se runir ce fleuve. Comme Ar- rien dclare n'avoir que des doutes sur tout ce qui concerne la gographie par del l'Hyphasis , et que , dans le fait , nous n'avons aucun intrt dterminer le vritable cours du Set- ledj, il devient assez inutile de pousser plus loin ces recherches. Je me contenterai d'ajouter que Plolme joint le Zardrus avec le Bipasis , c'est--dire le Setlej avec le Biah , et fait arriver leurs eaux ainsi confondues, non pas dans l'Indus, mais dans le Chen-Ab. ' La province qui spare le Setledj du Biah , est nomme Beyt Jalindhar ; elle a cinquante coss de largeur. , Tel est l'ordre dans lequel se suivent les cinq fleuves du Panje-Ab; et lorsque l'Ayeen-Akbary en compte six, soit dans la province de Lahore, soit dans Moultan, c'est toujours en y comprenant l'Indus, sans admettre jamais le Setledj comme com- pos de deux rivires. Cette numration de noms sera de quel- que utilit pour la gographie , en ce qu'elle prviendra toute espce d'erreur l'avenir; non que je croie en avoir complt la liste , car il est probable que les voyageurs qui , par la suite , traverseront ce pays en diffrentes latitudes , parviendront re- cueillir un plus grand nombre de noms de localits ; mais c'est un cadre qui pourra tre rempli mesure que les dcouvertes fu- tures en fourniront les moyens. Aucun intrt ne nous attache donc aujourd'hui cet objet, qui n'est que secondaire. Toute- fois on doit regarder comme digne , jusqu' un certain point, de la curiosit des savans, un travail qui prouve l'analogie des d- nominations donnes par les Macdoniens ces fleuves, toutes dfigures qu'elles sont avec leurs noms naturels , et qui offre un chantillon, si je puis m'exprimer ainsi, du succs avec lequel les personnes verses dans la connaissance des langues orientales peuvent se livrer des recherches plus approfondies. Mais , aprs avoir conduit chacune de ces rivires dans l'Indus , j'estime que quelques observations gnrales sont ncessaires pour le complment de mon travail. Les sources de tous les fleuves qui se dchargent dans le grand canal de l'Indus .sont places au midi de celte longue chane de montagnes , appele a68 NOTES DU LIVRE VI. Hindoo-Khoo , qui spare la Tartarie de l'Indostan. L'Indus lui- mme, ce que prtendent le major Rennell et l'Ayeen-Akbary, coupe cette chane , comme le Gange et le Burhampootes ; sa dernire source reste toujours inconnue. La chane de montagnes qui se prolonge par Candahr, le Paropamisus des anciens , et la rsidence des Aghvans ou Afghans de nos jours , s'tend vers le nord jusqu' Kaboul, et recle la source de ces rivires qui viennent de l'ouest se jeter dans l'Indus ; si cette chane est coupe par l'Indus , elle s'lve encore du ct oriental de ce fleuve , et , se partageant pour former un cercle autour de Kache- mire , elle laisse chapper le Chelum ou Hydaspe de sa partie septentrionale, tandis que, de sa partie mridionale, sortent l'Acsines , l'Hydraotes et l'Hyphasis. Les montagnes qui cou- vrent Kachemire l'est , paraissent se diviser de nouveau en deux chanes , nommes Tchamon par Cheref-Eddin et Jemma par les modernes. Entre ces deux chanes de montagnes est la route que suivit Tymour dans son retour de Dehly ; c'est aussi dans leur sein que nous devons trouver, selon toute probabilit, les sources du Setledj. Les pluies qui tombent dans ces montagnes grossissent tous les fleuves qui joignent l'Indus de l'ouest ou de l'est, environ vers le solstice d't ; et c'est ce qui fit qu'Alexandre et Tymour, lesquels avaient form l'un et l'autre le plan d'une campagne d't, prouvrent tous les inconvniens de la saison d'hiver. On peut indiquer Moultan comme la limite au del de laquelle ces pluies ne s'tendent pas ; et depuis Moultan , l'Indus , comme le Nil , coule vers la mer travers un pays que rafrachissent rarement des ondes bienfaisantes, ou une rose salutaire, et qui semble condamn une strilit ternelle, si l'on en excepte toutefois une langue de terre troite qu'arrosent les eaux du fleuve. En suivant la flotte dans sa navigation travers cette partie abandonne, il est difficile de dcouvrir une situation topogra- phique pour les tribus qu'Alexandre trouva conqurir. Nous recueillerons bien ce sujet quelques lumires parses dans l'Ayeen-Akbary, dans les ouvrages de d'Auville et du major l\eu- nell ;mais, moins de supposer qu'un meilleur gouvernement et NOTES DU LIVRE VI. 269 une plus grande industrie avaient produit de son temps une po- pulation suprieure en nombre celle dont nous parlent les rela- tions des auteurs ou voyageurs modernes, la conqute dut tre un objet de trs-peu, d'importance pour ce hros. Mou intention a t de dmontrer que l'ordre des fleuves du Panje-Ab est le mme dans Arrien , Ptolme et l'Ayeen-Akbary, et que les noms conservs dans Ptolme correspondent tous ceux du sanskrit. Pour que la preuve ft complte , il fallait se reporter une poque o le sanskrit tait la langue naturelle du pays , o la communication avec des peuples trangers ne l'avait point en- core altr, o enfin les invasions des Grecs, des Tatares ou des Perses , n'avaient pas produit encore le fcheux effet de le corrompre. Je conclus de tout ceci que les divers noms de ces fleuves, vrifis d'aprs Ptolme, Arrien et le sanskrit, sont tels que les prsente le tableau suivant : ARRIEN. PTOLME. LE SANSKRIT. Zadadrns ( Hesudrus , Bidasta ou Bedusta. Chemdar-Bahka. Izrawutti. Beypasha. g6S Shatoodes ou Satludj. Chap. XXII, page 56, ligue 18. 1. MONTS MALEES. Quorum mons Maleus, in quo umbr ad seplentrionem, etc.. Per- senos montes. Il s'agit ici certainement des monts Ghates occiden- taux qui , situs l'ouest du plateau du Dekhan , s'tendent de vingt degrs trente minutes de latitude nord sept degrs cin- quante-six minutes par soixante-onze degrs quarante minutes et soixante-quinze degrs douze minutes longitude est. On va- lue leur hauteur moyenne huit mille quatre cents pieds au ni- veau de la mer ; quelques-uns s'lvent infiniment au dessus. a-o NOTES DU LIVRE VI. Ce que dit Pline de la direction de l'ombre six mois au nord et six mois au sud , n'est que trs-lgrement exagr , vu l'extrme voisinage de la partie sud de cette chane et de l'quateur. Au reste, le nom de Male , que notre auteur donne aux Ghauts, est un nom gnrique, mala en indien signifiant montagne. De l les noms de Malvah et de Malabar (Mal dans Cosmas, Ma- laaca dans la langue des indignes) donns diverses parties de la cte et celui de Malayes que portent les habitans. 2. MODES. Les autres Emodes sont, comme l'indique le nom, les Hmat, Himmaleh, Himla, Himia, Himva , Himalaa, clbres aujour- d'hui par leur lvation qui n'a point de pareille sur le globe : vingt-cinq sommets de cette chane surpassent en hauteur le Chimborao (Voyez Revue encyclopdique , tom. XIII, pag. 4-5g , et Asiat. Research., tom. xiv, n 6). Ce vaste systme de monts que l'on peut regarder comme le noyau de toutes les chanes de l'ancien continent, et qui tend au loin ses longs rameaux sous les noms d'Imaus, Mustag, Hmus , Hymette , n'est pas moins remarquable par le privilge qu'on semble lui reconnatre aujour- d'hui d'avoir t le berceau commun des peuples et des religions, si tant est que , comme beaucoup de savans semblent aujourd'hui disposs l'admettre , les religions et les peuples descendent d'un mme centre. 3. Paropamises. Les Paropamises se trouvent encore dsignes dans la gogra- phie moderne par ce nom , que cependant on restreint d'ordi- naire la chane de montagnes qui s'tend entre Hrat et Banian, en traversant diagonalement le Khoraan actuel , et qui , par consquent , unit les monts Turok aux Indou-Koch. On ne peut douter que les anciens n'aient compris sous cette dnomination, et les Paropamises des modernes , et l'Indou-Koch , au moins jusqu' la rivire de Kachgar. Beaucoup de sommets de cette chane conservent des neiges ternelles ; c'est elles que la Bactriane et la Sogdiane , places du trente-cinquime au qua- rante-unime degr de latitude nord , ont d , chez les anciens , NOTES DU LIVRE VI. 271 leur rputation de septentrionalit. En effet , outre l'lvation dj assez considrable du sol , on doit remarquer que ces mon- tagnes , places au sud des deux contres en question , intercep- taient les vents du sud. Quant aux dtails de la chane, on ne doit pas omettre que la clbre INisa de la mythologie grecque est pro- bablement , ou un sommet particulier, ou un fragment des Paropa- mises. Nisa avait t place tour tour dans l'Egypte , dans l'Arabie ; Euripide lui-mme, en voulant soumettre le monde entier son Bacchus, n'avait pu le conduire que jusqu'aux murailles de Bac- tres, quand les conqutes d'Alexandre , apprenant l'occident civi- lis l'existence d'une ville de Nisa , donnrent lieu la fable qui nous montre dans Bacchus le conqurant de l'Inde. Des savans profonds, l'aide de ce mot, mais peut-tre trop peu en garde contre la sduction des artifices tymologiques, ont reconnu dans Deva-Nicha , ou le dieu de Nicha, le Aivvo-of des Grecs. Le clbre mont Mrou, colonne et axe du monde, a t la cuisse (/unpi) o fut enferm Bacchus ; ce que , du reste , les anciens pressentaient ou affimaient dj. ( Voyez Pline mme , dans ce livre, page 64-, lign. 12 et i3.) Siva et Baghis donnent, par leur combinaison, le mystique surnom de Sebazius ; Bacchus est le mme nom que Baghis : enfin , qui ne distingue , ou du moins qui ne souponne dans ces noms de Paropamises, Paropanises, Parnisse , les monts ( Pareli) Nisa ou Nicha? Voir Miiller ( Gl. d. ait. vielk. ) , Grres ( Mjthengesch. , tome I , page 4-7 , note 1) , Langls (Recherches asiatiques , tome I , pages 261 , 268 , etc. , etc. ). Chap. XXIII , page 64. , ligne 6. Etenim plerique, etc. Effectivement, dans les temps anciens, on a regard comme faisant partie de l'Inde beaucoup de contres l'ouest du Sind ; et mme, de nos jours , nous trouvons des Indiens jusque dans les provinces de la Perse , particulirement dans le Mkran , pays que les gographes orientaux compren- nent souvent dans leur Sindistan. Nous allons donner ici , d'aprs M. Gossellin , la description des ctes indiques de l'Indus au Gange , c'est--dire le nom des a 7 2 NOTES DU LIVRE VI. lieux principaux , avec les points modernes correspondons , et l'indication des distances. t I. POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Lonibarc Indi oslium. Bardaxima civilas. Syraslra vicus. . . . Monoglossum cmporium. Mophides fluvius Pacidare oppidum Namadus fluvius Malaenm vel Balaeum prom. Catuane Nusaripa Pulipula Supara Goaris fluvius Dunga Binda tluvius Simylla emporium et prom. POSITIONS MODERNES correspondantes. Embouchure de Flndus Assarpour Sundar, port de Bardiano. . Vers le fond du golfe de Cutch A l'embouchure de la ri- vire de Morwe Bivire de Noanagar Bivire de Canswa Pointe de Din. Kerrah Vers la pointe Groapnaut. Vis--vis Pulo-Pram.. . . Embouchure du Mahi, ou fleuve de Godra Gungar Embouch. du Nerbuddah . Cap et port de Souhali , prs Surate en degrs. Minutes. O 1-j IOO i5o 172 3 7 377 447 485 54 5 7 6 6i5 677 710 en s!.-.i.- de O 3i5 1,167 i,75o 2,007 3,698 4,398 5,21 5 5,658 5,997 6,720 7> I 7~> 7.898 8,283 11. POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Sini \ lia emporium et prom. Hippocura Balipatna Mandagara Byzanlium Chersonnesus. . . . Nanaguna fluvius. Arinagara iNitri emporium. Tyndis civilas. . . POSITIONS MODERNES correspondantes. Cap et port de Souhali , prs Surate Bacaim Dabul Bajaponr Presqu'le de Dewgur. Dans la baie de Goa. . Sur le cap Ramas. 112 2o3 263 3o3 3^8 3 7 4 Carwar ; 394 Toundry ! 4 a ^ DISTANCE en degrs. en stades de -00. Stades. i,3o~ 2,368 3,o68 3,535 4.060 4.363 4,5q 7 4, 9 58 NOTES DU LIVRE VI. 27^ POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Bramagara Callicaris extrema Modiris (velMuziris) emp. Pseudostomus fluvius Podoperura Semne Coreura Bacare Baris fluvius Melenda Elancorum emporium. . . . Cotliara uietrepolis Banibala Comaria prom. et civitas. (Simylla promontorium). Irliiizigeris iasula Heptanesia iusula Tncadiba insula Peperina Tnnesia iusula Leuce insula Nanigeris insula POSITIONS MODERNES correspondantes. Mulki Rivire de Manealor. Corry Parone Rivire de Cranganor. Cochin Anjenga Belingoum Cap et forter. de Comorin Cap de Souhali Ile de Bombay Ile de Sunderdon Ile de Goa Ile d'Onor Iles et rocs de Parmra. . Ile ou roc des Sacrifices. Ile d'Eniam en stades en degrs. de 5i6 53o i35 34 348 437 610 5a3 85o 6,030 6,i83 622 7,257 672 7,81 700 8,167 8,435 723 )> 8i3 9,485 8^7 q,88a 885 io,325 o 1,574 3,663 4,060 5,098 5,g5o 7,268 9,9i7 III. POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Comaria prom. et civitas Sosicure Colcbi emporium Solenus fluvius Cory vel Calligicum prom POSITIONS MODERNES correspondantes. Cap et forter. de Comorin Idinjacarey Col-Patnam Veyp-Arrou Cap de Ramanan-Cor- . . Cory insula | Ile de Ramanan-Cor en degrs. 3o 56 i45 en stades de Mil 1/9. o 556 1,037 1,611 2,685 18 *74 NOTES DU LIVRE VI. IV. POSITIONS ANCIENNES selon Plolme. Cory vel Calligicum proin. Argari civita- Salur emporium. Nigama metropoiis Tbelchyr Curura vel Corula civilas. POSITIONS MODERNES correspondantes. Cap de Ramanan-Cor. . . . Artingari Shatur Nga-Palnam Tolesca-Pajnam A Temb. sept, du Cavry , nomme Coin-Ram. . . . POSITIONS ANCIENNES selon Plolme. Curura vel Corula eivilas. Cbaberis fluvius Chaberis emporium Sobura emporium Poduce emporium Mlange emporium Tyna fluvius. Cotlis Maliarapha Maesolus fluvius Contacossyla emporium.. . Coddura Allosygne emporium Locusundesolvunt inChry- sen navigantes Palura civitas POSITIONS MODERNES correspondantes. Pointe de Callimre, prise pour Curura Embouchure du Cavry, Nga-Patnam Cavry-Patnam Subarayen Emb. de la riv. de Carv- Pondi ou du Paliar. . . . Mliapour ou Sem-Thom. Rivire d'Arimgon Cotta-Patnam A l'embouchure de la riv. Je Mare la Emb. occid. du Krichna. . . Cotta-Pollam Gundur, prsdu lacColair. ElJor, prs du lac Col air. . Sortie du lac Colair prs de Muglatore Palicol ou Palicole en degrs ai 49 120 i3o 169 225 233 3o4 364 384 416 456 49 5i3 en stade de 38g 97 2,222 2,407 3,i3o 4,167 4,3i5 5,63o 6,:4i 7,m 7.704 8,445 9.09 3 9,5oo NOTES DU LIVRE VI. VI. 375 POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Palura civitas. Nanigsena Caiicardamna.. . Cannagara Manda lluvius. . Cottobara Sippara Tandis fluvius. . Mapura Minagara Dosaron lluvius. Cocala A damas fluvius. Cosamba Canibusum G angis ostium . Palura civitas Magnum Gangis ostium.. Camberichum Gangis ost. Tilogrammum civitas. . . . Pseudostomum Gangis ost. Antibole Gangis ostium.. POSITIONS MODERNES correspondantes. Pointe de Kalliinre , prise pour Palura Nga-Patnaoi Karical Marcana, rivire. Penta polis Catabeda fluvius. Mopur, entre de la rivire, Sinagrua-Palam Sicca-Collam Embouchure du Krichna Ja pointe de Divi Kaumbole , prs du lac Go lair Embouch. occid. du Ganga ou Gandewary Palikol ou Palicole. . . . Emb. du Ganga, prise pour IVmbouchurtoccidentale du Ganse Ancienne emb. du Gange, nomme rivire d'Hou- ringolta en degrs. Baracura emporium. Tocasanna fluvius. . Sambra civitas Sadus fluvius Sada civitas Embouchure du Megna, ou Brama-Poutrn Rerracoum. Rivire de Ramou Rivire d'Aracan Embouchure d'une rivire ai 33 n5 a5o 308 M 38a 399 44a 493 5i3 5-28 640 ;50 80 883 97 2 i,oao en stade de Il 1 1 KO- Stades. O 38g 611 V a,i3o 4,63o 5,333 7>74 7,38 9 8,185 g,i3o y,5oo 9-778 11, 85a 1 3,88g i5,i85 i6,35a 18,000 i8,88g 18. 276 NOTES DU LIVRE VI. VII. POSITIONS ANCIENNES selon Plolme. Sada civitas Barabonna emporium . Temala fluvius Temala civilas Temala civitas. Tacola emporium Pour les dtails intermd. , voyez le tabl. n VIII. Tacola emporium Zabae civitas Pour les dtails intermd. , voyez le tabl. n IX. Zabae civitas.. Catigara Sinaruni statio . Pour les dtails intermd. , voyez fin du tabl. n IX , et les tabl. nX, XI. POSITIONS MODERNES correspondantes. Embouchure d'une rivire. A l'embouchure de la riv. de Dornbac A l'embouchure de la riv, de Dombac Dans la baie de Ngras . . Dans la baie de Ngras. Tavai Tavai A l'embouchure de la riv. de Chtigua DISTANCE en degrs. 190 O 87 O 480 o 195 en stades de 1111 1/9. Stades. O 3,5ig o 1,611 8,889 3,6ii VIII. POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. POSITIONS MODERNES correspondantes. DIST en degrs. ANCE en stades de 5oo. A l'embouchure de la riv. Minutes. O ? 167 35o 38o 840 Stades. Promontorium post ipsam. A l'embouchure de la riv* A l'embouch. d'une rivire 725 I,3 9 2 2,917 3,l67 Promontorium post ipsam. Dans la baie de Bangri. . . 7,000 NOTES DU LIVRE VI. IX. 277 POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Tacoia emporium Promont, post Tacolam. Chrysoana fluvius Sabana emporium Palandas fluvius Malaeucolon promont. . . Attabas fluvius Coli civitas Perimula Perimulus sinus Saramande Pagrasa Sobannus fluvius Pitlionobaste emporium. Acadra Zabae civitas Magnum promonto iuin POSITIONS MODEKNES correspondante. Dans la baie de Ba ngn. SnmaSaminang,prsducap d'OuIor el des les Sam- bilong Prs de Malaca. Pointe de Ligor. X. DISTANCE en degrs. 485 6 7 5 t. ,55 en stades de 5oo. Stade 4,042 5,625 12,542 POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Magnum promontorium . . Thagora Balonga metropolis Throana Daona fluvius Corgatha metropolis. . . . Sinda civitas Pagrasa Dorius fluvius Aganagara Serus fluvius.. i Limes magni sinus versus Sinas Aspilhra fluvius Bramma civitas Ambastus fluvius Rhabana civitas Sentis fluvius Notium promontorium. . . POSITIONS MODERNES correspondantes. Pointe de Ligor. Cini Embouchure du Mnam. Emb. de la riv. d'Ogno . . Rivire de Chantban. . . A remb.de la riv. Menotte, Rivire de Cancao Pointe de Camboja en degrs 264 430 468 5 7 5 745 780 8/9 Sude 4,889 8,667 10,6^6 13,796 14,444 16,278 278 NOTES DU LIVRE VI. XI. POSITIONS ANCIENNES selon Ptolme. Notium promonlorium. . Ferinus sinus Satyrorum prooiontorium Sinarum sinus Cotiaris fluvius Catigara Sinarum statio. . POSITIONS MODERNES correspondantes. Cap de Martaban Golfe de Martaban Cap Quekmi Vers l'embouchure de la ri- vire de Tavai Emb. mr. du Tama-Srirn E ml), del riv. de Clic Ligua en degrs. 5o 125 23o 356 4o5 en stades de mi 11a. Stades. o 926 2,3 1 5 4,2DQ 6,5q3 7,5oo Chap. XXIV , page 66 , ligne 7. Taprobanen alterum Hc comperta de Taprobane. Quoi qu'en dise Poinsinet, Taprobane ne peut tre autre que Ceilan. C'est ce que prouvent positivement, i p . Leur voisinage d'une cte indostanique ( voisinage tel , que des montagnes qui dominaient l'le on apercevait les mon- tagnes du continent , et sans lequel d'ailleurs il et t impossi- ble aux anciens d'y arriver) ; 2 L'identit de Taprobane et de la Sielen-Dive, de Cosmas l'indicopleuste (or, Dive , en sanskrit et dans toutes les langues indiennes , signifie le ; Sielen-Dive est donc l'le Sielen ou Geilan , dont on reconnatra maintenant avec la plus grande fa- cilit les lettres radicales sous les formes plus ou moins altres de Serandlves d'Ammien Marcellin, Serandib ou Serendib de l'a- rabe , et mme Simunda, lisez Silunda, de Ptolme , Pline , etc.) ; 3. La suite des positions dtermines par M. Gossellin, et par le tableau desquelles nous terminerons cette note. Outre les noms ci-dessus indiqus , Ceilan a port ceux de Salabha , ou le riche (que l'on reconnat dans le Salike de Ptolme) , et de Langa en sanskrit. On la nomme vulgairement Singala ou Chingala , c'est--dire le des lions : de l le nom de Chingulais donn aux habitans. Quant aux renseignemens donns , ou soi-disant, par les am- NOTES DU LIVRE VI. 79 bassadcurs de la Taprobane , ces dtails , dit Gossellin , ren- ferment des fables et des mprises videntes , dont une partie doit tre attribue la fausse interprtation donne par les Ro- mains aux rcits des ambassadeurs de la Taprobane. 11 n'est pas vraisemblable , par exemple , qu'ils aient dit que de leur le ils dcouvraient le pays des Sres par del les monts Emodes. De Ceilau ces montagnes , qui font partie de la grande chane que traverse le Gange pour entrer dans l'Inde, il y a quatre cent vingt lieues en ligne droite , et plus encore jusqu' Sri- Nagar, l'ancienne Sara, capitale du pays des Sres de la Scythie, dont Pline veut parler dans cet endroit. Une pareille distance serait seule un motif suffisant pour persuader que des insu- laires , babitans d'un pays trs-chaud et trs-fertile , devaient ignorer jusqu'au nom d'une contre place au milieu des hautes montagnes du Tibet, o le froid est si rigoureux : cette contre, d'ailleurs, n'offrait aux commerans d'alors , comme ceux d'au- jourd'hui, que des pelleteries et des laines, dont les Taprobaniens n'avaient aucun besoin. Il faut donc qu'il soit ici question d'un peuple de Sres fort diffrent de celui de la Scythie et de celui du Ser-Hind. Les Sres qu'avait visits le pre de Rachias devaient exister dans le conti- nent de l'Inde qui avoisine Ceilan; et, en effet, les lieux qu'ils habitaient nous sont indiqus par les noms de Sera , que portent encore aujourd'hui une ville et une province entire de Maissur, situes au del des montagnes qui terminent, l'ouest, les plaines du Carnate. Ces montagnes sont environ quarante lieues de Ceilan , et il est possible qu'on les dcouvre des hauteurs de cette le. Ainsi , tout annonce videmment que Pline , tromp par la rptition du nom de Sres, confond ici en une seule nation les diffrens peuples de ce nom , et c'est lui qui , en attribuant aux Sres du Maissur les mmes murs qu'aux Sres de la Scythie , a cru voir les monts Emodes dans les mon- tagnes du Carnate, dont parlaient les ambassadeurs de la Tapro- bane. Les Sres dont il est question pouvaient bien , il y a dix-huit sicles , ne pas tre confins dans la seule province qu'ils occu- pent maintenant ; et nous croyons entrevoir des vestiges d'une a8o NOTES DU LIVRE VI. domination plus tendue dans les noms qu'ils semblent avoir lais- ss Sringa-Patnam , capitale actuelle du Maissur , et la ville de Sringham , situe sur le fleuve Cavry, au sommet du delta form par ses embouchures. On doit mettre au rang des fables, ou plutt au nombre des choses mal comprises par ceux qui interrogeaient les ambassa- deurs de la Taprobane, les phnomnes rapports sur le lever et le coucher du soleil , sur la direction des ombres , sur la dispa- rition de la lune pendant les deux tiers de sa rvolution , sur leur tonnement la vue des Pliades et de la grande Ourse. De leur temps la claire des Pliades avait environ i6 i5' de dclinaison borale ; elle s'levait par consquent, sur l'horizon du centre de Ceilan , d'environ 8i 35' ; et il tait impossible que cette constellation y ft inconnue. La grande Ourse se cou- chait pour cette le. Les Taprobaniens auront remarqu Rome qu'elle y restait visible pendant toutes les nuits , et ils ont pu tre frapps de ce phnomne aprs avoir vu disparatre , durant leur voyage , Canope et les autres toiles comprises entre le quarante-huitime et le quatre-vingt-deuxime degr sud. Quant la direction des ombres , ils peuvent avoir dit que chez eux elles se prolongeaient , vers le nord , pendant environ sept mois ; vers le midi , dans le reste de l'anne ; et , sous cet aspect , leur rapport tait exact. Les renseignemens qu'ils donnrent sur quelques localits de la Taprobane prsentent aussi des difficults. On trouve bien dans Ptolme que cette le avait port avant lui le nom de Simundi ou Palsimundi insula ; on y voit mme un cap An- drasimundi : mais cet auteur n'a connu ni la ville de Palsesi- mundi , ni le fleuve du mme nom , ni celui de Cydara , ni le lac Megisba , ni le port dTippuri , o l'affranchi de Plocamus disait avoir abord ; et nos connaissances actuelles ne donnent aucun moyen pour s'assurer de l'emplacement de ces lieux. On sait seulement que dans la partie septentrionale de Ceilan il existe un lac nomm Padiwiel-Colam d'o sortent deux fleuves, dont l'un dirige son cours vers le nord-est pour tomber dans le golfe de Cuklay , et l'autre au sud-est pour se rendre dans la baie de Trinquemale. Deux autres fleuves ont aussi leurs sources NOTES DU LIVRE VI. 281 l'ouest et prs de ce lac ; l'un se porte directement au nord , l'autre au nord-ouest , jusque dans les environs de l'le Ma- naar, o il se perd vis--vis les ctes de l'Inde. Si l'on pou- vait croire que l'indication vague d'un fleuve qui coulait vers le midi aurait fait penser aux Romains , et Pline en particu- lier, qu'il devait aboutir la cte mridionale de l'le , on en conclurait que la baie de Trinquemale est l'ancien port de Pal - simundum , et le Cydara l'un des fleuves dont nous venons de parler. A nos veux , cette terminaison de simundum , frquemment donne aux noms de lieux de l'le de Ceilan par les Grecs et les Romains , doit tre regarde comme trangre au nom vritable. C'est ainsi que nombre de gens , chez nous , disent Lille en Flandre , Rennes en Rretagne , quoique rien au monde ne soit plus inutile que cette addition. Malte-Brun et d'autres disent que l'annexe Val , qui se trouve devant simunda dans Palsimunda ou Palsimundum, n'est que l'adverve grec tskxm , comme si l'on disait h ix.x&i *,t/u.vvo ou lip.ovvS'os. Nous souponnons que cet affixe initial pourrait fort bien reprsenter le mot baii, parfait ou sacr. On sait , du reste , que c'est principalement dans le Dkhan mri- dional et dans l'le de Ceilan que fut parl l'antique idiome de ce nom. Le mot Rachias , que Pline donne comme nom propre du prince qui envoyait Claude les ambassadeurs , n'est videm- ment que le mot Radjah , titre gnrique des souverains , et identique , comme l'on sait , au rex , reg-is des Latins. Quant la distance de sept ou vingt jours que Pline admet entre Ceilan et la cte indostanique , elle doit tre compte , non pas de l'le au cap Ramanan-Cor , qui est le plus voisin , mais du cap Comorin Ceilan , en passant devant Ramanan- Cor , car la distance alors est de soixante-cinq soixante-dix lieues ; et ds-lors on conoit que les vaisseaux grecs , faisant de neuf dix lieues par jour, aient mis sept jours traverser cet espace. Les pirogues des Indiens allaient beaucoup plus len- tement. Nous finissons , comme nous l'avons annonc , par le tableau 282 NOTES DU LIVRE VI. des principales localits et positions de Ceilan d'aprs Ptolme , expliqu et rectifi par M. Gossellin. POSITIONS ANCIENNES selon Plolnie. POSITIONS MODERNES correspondantes. Borum promontoriuin. . . Galiba extrema Margana civiias Iogana civiias Andrasiimmdi promont.. . Soana fluvius Sindocanda civitas Priapidis porlus Anubingara Prasodcs sinus Jovis exirerna Nubarta Azanus fluvius Odoca civitas Orneon extrema Dagaua civitas sacra lun. Corcoba Dionysii civitas Cctaeum promontoriutn. . . Baracus fluvius Bocana civitas Marduli porlus Abaralha civitas in extrein. Solis porlus Procuri civitas in promont. Rhizala porlus Oxia promoulorium Ganges fluvius Spatana portus Nagadiba civitas Pasi sinus Anubingara civiias Modulti emporium Phasis fluvius. ? . Talacori emporium Borum promontorium.. . Cap Calasnane Cap, et 1 le Galttc Rivire Arripo Cap de Monche-Catty. . . . Rivire de Pompairpo. . . . Ounavelij Chilow Ngornbo Lagunes de Ngombo. . . . Pointe de Colombo Caitoura , Rivire d 1 Hingame Gendore Cap Dondra Tangale . Baie d'Hoenne-Recelewel . Emb. de FAudoen-Oroen. Pointe d'Arraegamen Embouch du INardel-Aar Paykiri-Chene Koderipoe Batacolo , sur une pointe. Compaposieren en degrs. Cap de Coliar Mowil-Ganga , fleuve. . . . Embouchure deRio-Serto, Cuklay Golfe de Ramskerk Moeltave , . . . . Madam Rivire Tiagam Cap Calasnane 45 68 86 io4 127 144 166 174 184 2o5 238 25o 277 293 317 347 385 49 416 428 44o 458 5o6 535 542 55 1 56 1 5 7 6 591 606 62a n -li.de> de III 1,9. 5oo 833 1,259 1,593 2,352 2,667 3,074 3,2 '22 3,407 3,796 4/l7 4,63o 5,i3o 5,426 5.870 6,426 7,i3o 7^74 7^o4 7.926 8,148 8,481 9,222 9.370 *9'77 10,037 IO,3o4 10,38g 10,667 io .94 11,222 11,574 NOTES DU LIVRE VI. a83 Chap. XXV, page 74, ligne 6. Capissen , aujourd'hui Corden et ses environs. P. Ligne 7. Arachosia, aujourd'hui Chatzan, selon le pre Hardouin , qui blme ceux qui en font Candahar. Je serais tent d'en faire Sia- rank , dont le mot Aranchosia ou Arachosia ne me parait tre que l'anagramme. P. C'est Hardouin qui a raison. En effet , comme l'Arachosie se trouvait entre la Drangiane l'ouest, la Gdrosie, la Choarine, les Oriles au sud , la Paropamisade au nord , et diverses con- tres de l'Inde l'est, il est vident, d'aprs les cartes modernes compares avec les cartes anciennes, qu'on peut regarder ce pays comme reprsent , i par le Siouistan ou Sivistan , qui fait partie du Kaboul propre ; 2 par le Saraouan , dans le Belou- tchistan. Le nom d'Arachosie s'est conserv dans celui d'Arro- khage ( Voyez la note suivante) ; mais il ne faudrait pas s'imaginer que ce district, assez petit, reproduise 1'.tendue de la province ancienne. V. P. Ligne 8. Cum oppido , aujourd'hui Candahar et Hacan, selon le pre Hardouin. P. Candahar est beaucoup trop au nord pour convenir la po- sition de la ville d'Arachosie ou Arachote ; d'ailleurs , on sait que ce nom appartient Alexandrie la Paropamisique. Arachosie, ville , est aujourd'hui Rokhage ; et le nom d'Arrokhage , donn au territoire environnant , n'est autre chose que Rokhage prcd de l'article al. La rivire homonyme , que consquemment on nomme indiffremment Arachosie ou Arachote , s'appelle prsent Lara. V. P. Ligne 9. Amnis Erjmanthus. Le fleuve ou plutt la rivire qui passe entre la ville nomme Chabul et la rgion nomme Cabul. Voyez la carte de l'Asie par Van-Lochom. P. a84 NOTES DU LIVRE VI. Il n'est pas impossible que l'Erymauthe doive tre identifi avec l'Etymander de quelques auteurs anciens , aujourd'hui Hel- mende ( Voyez Saumaise , ex. Pline sur Solin ; et cf. Arrien , Expdition d 'Alexandre , liv. IV ; PoLYBE , LXI , etc.); dans tous les cas , ce serait un de ses affluens : c'est une grave erreur que d'y voir, avec Poinsinet , la rivire de Kaboul. V. P. Chap. XXV, page 74, ligne 10. Parabesten Arachosiorum. Cette ville, dont le nom signifie valle , n'est autre que Chabul , ville qu'il ne faut pas confondre avec la contre de Cabul l'orient de laquelle elle est situe. P. Ligne 11. Gedrosi, aujourd'hui Circan et Macron , ou Makheran , selon le pre Hardouin. P. Voyez la note sur le chapitre cs5 , ligne 12. Ligne 12. Paropamisad. Peuples des montagnes adosses au Circan. P. Cartanu, aujourd'hui Birusen, et non pas Chabul , comme se l'est figur le pre Hardouin. P. Ligne i3. Regio... Bactrianorum. Cette contre se nomme aujourd'hui Tarbakan , comme je l'ai dj observ. P. Le vrai nom est Balkan , ainsi nomm de Balk , capitale qui * succd Bactres. V. P. Ligne i-4- Cujus oppidum Alexandria , a conditore dictum. 11 y a beaucoup d'incertitude sur cette Alexandrie , que les uns regardent comme la mme qu'Alexandrie la Paropamisique , tandis que d'autres , au contraire, la confondent avec Alexandreschate ('Axe%&vfpeta. gvKavKa.ix.6To sis *h.xs%cLV- fpeictv vrxiv vfo KTStt, "Apet ,"Ap& , "Apov , etc. V. P. NOTES DU LIVRE VI. 287 Chap. XXV, page 74, ligne 21. Ariacoana, aujourd'hui Cosana ou Casana. P. Ligne 22. Arius amnis. C'est un fleuve qui tombe dans le Pultinalon. P. "Apeiof d'Arrien (Hv. iv), 'Apelcte de Ptolme ( liv. vil, ch. 1 7)* 'A.pi&s deStrabon (liv. xi), est videmment l'Heri-Roud. V. P. Ligne 1^. Artatabane. C'est cette ville ou celle d'Artacoana qui r- pond , chez les anciens , la ville de Cosana ou Casana des mo- dernes. P. Page 76 , ligne t. Dorisci gens, aujourd'hui ceux de la ville et du lac Burgion. Pharnacoiis. Ce fleuve et l'Ophrade qui suit sont deux ri- vires indiques dans la carte de la Perse par Hondius , dont l'une passe l'orient de Babachi , et l'autre l'occident de Cor- carchistan, et qui, toutes deux, se jettent dans le lac Burgion. P. Ligne 2. P rophtasi , aujourd'hui Corcarchistan au voisinage de Tar- bakan que j'ai dit rpondre la contre des Bactres Zariaspes. P. Cf. la note suivante sur Drang. V. P. Drang. Tout le pays situ entre Corcarchistan et Eudras. P. Ap&yycii de Strabon (liv. XI : &pkyya.t eSrpos- TlepriKtis). On dit non moins communment Zaranges , et c'est de ce nom qu'il s'est conserv des traces jusque chez les modernes, la Prophtha- sie , ci-dessus nomme , n'tant autre que Zarange dans le Sedjistan. V. P. Evergei , aujourd'hui Eudras, synonyme d'Euvergte. P. Ligne 3. Gedrusi, aujourd'hui Bassar. Le pre Hardouin confond mal propos ces Gdruses avec les Gdroses. P. 288 NOTES DU LIVRE VI. Chap. XXV , page 76, ligne 3. Lymphoria , Pecolais. Ces deux villes sont inconnues aux mo- dernes ; elles font sans doute aujourd'hui partie des dserts Mlhoriques , c'est--dire situs au pied du mont Maugracot , o l' Indus prend sa source. Au reste les noms de ces deux villes sont altrs dans le texte. Cinq manuscrits portent Peucopolis, Siphorta. P. Ligne 4-- Melhoricum desertum , aujourd'hui la contre dserte nomme l'Eremaer, l'orient du mont Maugracot. P. Ammis Manain. Ici Pline reprend la cte , puisqu'il va tre question d'un port; mais la rivire dont il s'agit et tous les noms topographiques qui suivent sont sans aucun rapport avec l'tat actuel de noire topographie moderne , sans doute faute de bon- nes cartes , ou plutt faute de bons mmoires. P. Ligne 5. Flumen Borru. De trois manuscrits l'un porte flumen eorum , et les deux autres flumen horum : tout le reste flumen Borru. P. Ligne 6. Cabirus Suarorum. Au texte la plupart des diteurs lisent Ca- beron Sorarum au lieu de Cabirus Suarorum , qui est la leon con- stante des meilleurs manuscrits. P. Ligne 7. Flumen Copha. Ce fleuve est trs-diffrent d'un autre du mme nom dont on a parl plus haut. Le pre Hardouin en fait le mme fleuve que l'Arbis, c'est--dire selon lui, l'Ilment des cartes modernes , qui se jette dans l'ocan Indique , aprs avoir reu le Sal, le Ghir et l'Ilmentel. P. Ligne 10. Dariiin. C'est la partie de la Mdie qui regarde l'orient, et qui confine la Carmanie. P. NOTES Dl LIVRE VI. *$ Chap. XXV , page 76 , ligne 12. Gedrosos. Peuples de la cte maritime de l'Ariane, c'est--dire de la cte en de de l'Indus. [Voyez ci-dessus , note sur le cha- pitre a5 , page 76 , ligne 4--) P- Pasires. La carte moderne de l'Asie par Van-Lochom nous montre une ville de Pasir situe entre deux fleuves qui bornent la partie occidentale de la contre de Circan. P. La relation de Narque marquait aussi , vers le commence- ment de la cte des Ichthyophages , un village du nom de Padira, avec un assez bon port. 11 est par 6/j. 5j' de longitude orien- tale de Paris , et 25 26' de latitude nord. Entre la baie qui forme son port et un petit golfe plus l'ouest , s'avance une pninsule dsigne par le nom arabe de Bagasira (Gasira, Djesirah, dans cette langue, signifie le ; et l'on a remarqu que toutes les fois que l'on trouve la syllabe ba la tte d'un nom gographique dans ces parages , on est peu prs sr de rencontrer une baie prs de l ). V. P. v Ligne i3. Ichthyophagos. C'est--dire mangeurs de poissons'. Leur con- tre est celle o se voient aujourd'hui les villes de Como, de Dulcidan et de Goadel. Cette contre est borne l'occident par une chane de montagnes , d'o ces Ichlhyophages taient nomms Orites, c'est--dire montagnards. P. On s'en fera une ide encore plus juste en se figurant qu'elle s'tend sur une longueur de quajre cent cinquante milles en ligne droite , ou en suivant les dtours de la cte d'environ six cent vingt-cinq milles de Malana , aujourd'hui Malan , au Carum- Badir, aujourd'hui cap Jask ou Djask. C'est aujourd'hui la cte du Beloutchistan , moins le Lottsa , province sud-est de cette grande contre. Le nom d'Ichthyophages , comme on" le devine aisment , ne dsigne point un peuple particulier , mais seule- ment le genre habituel , ou plutt unique , de nourriture des habitans, nourriture laquelle les rduisaient ou les conduisaient et la strilit des ctes , et l'abondance de la pche maritime dans ces parages. 290 NOTES DU LIVRE VI. Cha. XXV, page 76, ligne i. Oritas. Arricn fixc.;,,Malana la limile du territoire des Orites. Selon lui, l'tendue de la cte est de seize cents stades. L'on peut, d'aprs cela , tablir d'une manire plus prcise , le rap- port de ce gographe avec nos mesures modernes , en con- sultant la carte de Dalrymple , qui met entre l'Arabie ( limite orientale) et le cap Malana une distance de quatre-vingt-cinq milles gographiques. Le total des dislances partielles, marques chaque jour sur le journal de Nrque, ne s'lve,, il est vrai , qu' quinze cents stades ; mais le manuscrit de Gronovius don- nant entre Pagala et Kabala une distance de quatre cent trente stades , au lieu de trois cents marques par le premier entre les mmes points , il en rsulte une distance totale de seize cent trente stades , ce qui s'accorde avec l'valuation donne par Ar- rien , ce dernier ne fixant la distance qu'en nombre rond et sans fractions. On voit d'aprs ces observations , que le mme journal peut servir dterminer avec prcision les positions de Pagala , Kabala et Krakola. La carte du commodore Robinson donne les noms d'Arrah, de'Cuderab et de Kindarah ; mais on ne peut tablir avec certitude la conformit de positions de ces lieux , ni celle de leur nombre. Arrien nous prsente les Orites, hahitans de celle cte , arms et habills comme les tribus in- diennes, mais il croit voir dans leurs mofturs et leurs usages une race diffrente de ces dernires. Le pays des Orites , selon, Arrien , est born l'est par l'Arabis , au nord par une ehane de montagnes qui s'tend paralllement aux bords de la mer, l'ouest par une partie de cette mme chane , qui va jusqu' la mer vers Malana ou le cap Moran; ce cap, qui semble peu saillant et peu lev, se joint probablement au cap Arrabah , la distance d'environ trente milles vers l'ouest, par des terres d'une certaine lvation. Nous retrouvons dans le nom du cap Arrabah la dnomination origi- naire des Rloutches Arabites de J'antiquit. Le lieutenant Porter dit que la cte porte , jusqu'au cap Guadel , le nom de Bloache ( pays des Bloaches) , et celui de Brodia depuis ce cap jusqu'au NOTES DU LIVRE VI. agi golfe Persique. Ou ne peut do nc d^ ter que ces montagnards , franchissant les limites qn aligne leur tribu , n'aient tendu leur puissance travers e pavs des Orites jusqu'au cap Guadel, et laiss leur nom au^^^Arrabah comme une trace de leur excursion vers l'occident ; et , si l'on connaissait le nom qu'ils se donnent entre eux , peut-tre leur langue naturelle of- frirait-elle quelque rapport avec leur dnomination primilive. D' Anville fait de Hailr la capitale moderne de cette province , et croit voir dans cette ville l'Ora des anciens; il semble suivre en cela le gographe de Nuhie , qui fait passer par Har une route trace depuis l'Indus jusqu' Firabuz dans le Mkran et la Gdrosie : nous ne pouvons sur ce point puiser aucun renseigne- ment exact dans l'auteur du Priple ; car cet crivain , qui tra- versa l'ocan sans approcher des ctes de la Gdrosie , parle de la baie de Thrabdon et d l'Indus, qu'il appelle Sinthus, mais ne dit que deux mots sur Orsea. 11 place cette ville l'embou- chure d'une rivire et dans une baie, tandis que cette baie se termine Guadel , et qu'Oraea est bien plus avanc l'est de Guadel ; son erreur est donc manifeste , si , par Ora , il a voulu dsigner l'Ora des anciens. Ptolme place l'Ora 102 20' de longitude , et io 4.0' de latitude. Les gographes anciens ap- pellent Gdrosie toute la cte qui s'tend entre la Carmanie et l'Indus, et que les Orientaux nomment aujourd'hui. Mkran ; mais on doit distinguer les parties dsertes de ce pays , de celles qui sont peuples. Les dtails donns par Arrien sur la cte des Orites n'offrent que trois points fixes et bien marqus : ce sont l'Arabis, le To- roerus et le cap Malana ou Moran. Thyenot , qui parle du cap Malan , sans cependant s'en tre, approch assez pour le voir, prouve du moins que le nom existe toujours dans la langue du pays ; mais , d'autre part , la position du cap Moran , donne par le lieutenant Porte, et la ressemblance de ce nom avec celui de Malan , nous obligent reconnatre l'identit de ces dnomi- nations , surtout si l'on observe que notre oreille confond sou- vent les deux sons / et r dans les idiomes trangers. Porter, ainsi qu' Arrien, fait mention de trois noms d'endroits diffrens sur cette cte, Arrah , Kudjerah et les rochers de Kingal.Kudjerah 9- agi NOTES DU LIVRE VI. est peut-tre le mme noMque Krokala , dont parle Narque , car la langue grecque n'alBk: son nui rponde au ch an- >AmeKrc m > ressemblai glais. Ces deux mots ne diflj^^Bpas beaucoup l'un de l'autre pour la prononciation. Ces refWnblances , la conformit de posi- tions et de distances doivent fixer notre opinion. La Rochette croit voir dans Kingala moderne ce que les anciens appelaient Kabana. Strabon donne cette cte dix-buit cents stades d'tendue, et diffre ainsi de cent soixante-dix stades avec Arrien , diff- rence extraordinaire , si ces deux historiens ont pris tous deux pour base de leur calcul le journal original du voyage de Narque, mais que l'on doit peut-ire attribuera l'inexactitude des chiffres dans les manuscrits grecs. Dans le manuscrit de Gronovius , les stades d'Arrien , corrigs , sont de cent deux milles ; ceux de Strabon, cent treize; le commodore Robinson tablit ce nombre un peu plus de cent milles , ce qui s'accorde tellement avec les deux premiers calculs , que les navigateurs ne pourraient es- prer un rsultat plus exact sans le secours des iustrumens que pos- sdent les modernes. (Extr. du Voy. de Narque, trad. Billecocq.) Cn.\P. XXV, page 76, ligne i5. Inde posuere Arbiorum gen'em. . . Par del les Ichthyophages , vers l'oceident, ces auteurs comptent encore un intervalle de deux ceuts milles jusqu' la nation des Arbiens , lequel intervalle est rempli non-seulement par les dserts qui sont au couchant des Ichthyophages, mais encore par la nation des Chlonophages, intermdiaire entre l'Arbis et la nation propre des Arbiens. P. Ichthfophagos omnes Alexander vluit piscibus vivere. C'est ainsi que Nabuchodonosor et d'autres conqurans essayrent , mais en pure perte, de faire cesser l'abstinence du porc chez les Juifs. II est trs-facile de soumettre avec la force une nation quel- conque, mais il n'y a point de force qui puisse prvaloir contre le prjug et l'obstinalion , soit religieuse, soit superstitieuse. Les infructueuses dragonnades de Louis xiv en sont une preuve bien sensible. P. La dfense d'Alexandre tait fort sage dans le fond, mais elle -supposait bien d'autres mesures sur lesquelles on ne dit rien. Il NOTES DU LIVRE VI. i* 9 3 fallait, par exemple, habituer les Ichthyophages la culture de quelques arbres qui pouvaient crotre sur leurs ctes arides , ou- vrir des routes au commerce, etc., etc. ; sans cela il tait dri- soire d'interdire le poisson des hordes ncessairement tran- gres l'agriculture et l'industrie. -Leur dfendre de vivre de pche, c'tait leur dfendre de manger. V. P. Chap. XXVI , page 76, ligne 19. Sed priusquam Africo vel... Auslro. Dans cette note que nous ti- rons de Maltebrun , nous nous bornons strictement exposer l'historique des navigations des anciens dams la merdes Indes jusqu'aux environs de l'poque de Pline. Les positions qu'il indi- que , d'aprs Onsicrite et Narque , se retrouveront dans les tableaux annexs aux notes sur la Carmanie (chap. 0.7), le golfe Persique (chap. *8) et le golfe Arabique (chap. 32). Long-temps la navigation de la mer des Indes parat tre res- te dans l'tat o fut celle de la mer du sud, avant l'arrive des Europens. Les voyages des Phniciens et des Hbreux, soit vers la ville d'Ophir, en Arabie, soit vers la terre inconnue d'Ophir, offrent trop peu de certitude historique et de prcision gogra- phique, pour qu'un crivain de bonne foi puisse se permettre d'en tirer des conclusions'. Les premiers Gres qui pntrrent jusqu'aux rivages de la mer des Indes, nomme mer ry- threnne ou Rouge , trouvrent les Arabes-Sabens en posses- sion du commerce de l'Inde (Aga.thar.ch. , 65; Strabon., lib. xvi, pag. 124., dit. Alinel ; DlODOR. SlCUL. , lib. ni)- C'tait de ces Arabes, nous disent-ils, que les Phniciens avaient tir les marchandises qui , pendant des sicles , avaient enrichi Tyr et Sidon (Agatharch., lib. i). De mme les con- qutes de Ssostris, si elles sont relles, ne s'tendirent que jusqu'au promontoire Mosylon, vis--vis de la cte des Sa- bens. Il ne reste donc que les Indiens auxquels on puisse at- tribuer la priorit sur les Arabes dans la navigation de ces pa- rages ; mais les lois de Meou dfendent aux Indous d'aller en '< haute mer ; et nous venons en outre d'apprendre que tous les noms de gros navires, usits dans l'Indostan, sont d'origine Sgi NOTES DU LIVRE VI. -arabe (note de M. Solvins, auteur de la Description des In- dous); circonstance qui semble devoir faire rejeter toute ide d'anciennes navigations lointaines, excutes par des Indiens. Quoique les Arabes n'eussent que des barques couvertes de! cuir, et dans la construction desquelles il n'entrait pas mme un clou de fer {Priple de lamer Erjth. , passim; Si'RhV. , 1. xvi, chap. ; Procop., Pers., liv. l), leiirs voyages dans l'Inde doi- c vent remonter une haute antiquit, puisque les denres de ce dernier pays parvenaient Jrusalem et Tyr, du temps de Salomon. Les trsors accumuls par les, Sabens, et qui excitaient la cupidit de l'empereur Auguste , ne purent tre que les fruits d'un monopole long-temps concentr dans les mains de ce peuple. L'existence des pirates trs-hardis que les Grecs trouvrent sur la cte mridionale d'Arabie (Diod. , liv. III ; Stkab. , liv; xvi , ch. ) offre une preuve subsidiaire de l'antiquit de la navigation chez cette nation ; car l'avidit des pirates nat de la contemplation des richesses qu'amasse l'industrie du commerant. Mais quand on voit ces pirates et leurs imitateurs ou descendais, sur la cte de Malabar, tablir leurs repaires parmi des bas-fonds , et mme des Ascites d'Ara- bie aller attaquer des, navires, et n'avoir que des radeaux, soulevs par des outres (Plin., VI, 29), on ne peut gure douter que les navigateurs arabes suivaient les ctes, et que, mme avec la connaissance des vents priodiques rguliers , ils n'osaient confier la haute mer leurs frles navires. Rien ne prouve que sous les Ptolmes , les Grecs d'Egypte aient fait directement, le commerce de l'Inde ; et, s'ils le faisaient, c'tait certainement au moyen d'un cabotage semblable celui des Arabes {Camp. Vincent, Periplus ofihe Erythrean sea; HeE- REN , Grcccorum de India notitia , dans les Comm. societ. Gott. ). Les projets d'Eudoxus et de Jambusus pour aller droit dans l'Inde ne nous sont connus que par les rapports des crivains quLles tournent en ridicule ou les surchargent de circonstances fabuleuses (STRAB. , DlOD. ; comp. Eichhorn, llist. du comm. de l'Inde, pag. 37). Hippalus, plus intelligent ou plus heureux, procura aux Grecs d'Egypte la connaissance parfaite de ces vents irrguliers qui fixent invariablement la navigation de NOTES DU LIVRE VI. a 9 5 l'Inde, et que nous nommons moussons {Priple de la mer Erj th., pag. 32 , dans la coll. des Geog. min.'). Celui du. sud-ouest, qui conduit vers l'Inde les blimens sortis du golfe Arabique, reut le nom d'Hippalus. Alors toute la navigation changea de face; le marin , plus hardi , traversa rapidement les mers de l'Arabie , aborda dans la pninsule indienne, et revint l'aide du mousson contraire. Ce fut sous Auguste que la navigation vers l'Inde prouva ce grand changement. Alors.-AElius Gallus, gouverneur d'Egypte, fit partir du port de la Souris, en grec Mjos Hor- mos , situ sur la cote gyptienne du golfe Arabique , une flotte marchande compose de cent vingt navires. Les Romains , flatts du profit immense qu'ils tiraient de ce ngoce, le cultivrent avec avidit. 11 tait trs-considrable d temps de Pline Une autre branche de commerce de l'Inde remonte probable- ment une poque extrmement ancienne. Patala, versl'embou- chure de l'indus, recevait par caravanes et par bateaux les toiles fines, dont la fabrication est trs-ancienne dans l'Inde. Les Gerrhens venaient chercher ces marchandises, ainsi que l'encens et la myrrhe de l'Arabie mridionale (Narque, Priple, 3j ; " Agatharch. , 65 ; Suidas) : ils transportaient ces objets, soit Babylone, et plus tard Ratn (Amm.-Marcell. , 1. xiv, c. 3) sur l'Euphrate , soit , travers le grand dsert , Palmyre en Syrie, et plus anciennement Tyr, o toute la contre de Gerrha tait connue sous le nom de Daden (EzCHiEL , XXVII, i5). Une troisime route vers l'Inde nous est indique par des relations contradictoires et obscures. Selon Pline , on avait dit Pompe que les marchandises de l'Inde pouvaient tre embarques sur Plcharus , rivire qui se jetait dans l'Oxus ; ce dernier , d'aprs une hypothse des anciens , s'coulait dans la mer Caspienne. Les marchandises pouvaient ensuite tre transportes l'embouchure du Cyrus, et de l sur les bords du Phase , dans la Colchide ( Comparez Prgcope , Pers. : , Il , 25). Strabon assure, d'aprs Patrocle, que les marchan- dises de l'Inde taient transportes par l'Oxus dans l'Hvr- canie, et ensuite , par les fleuves , jusqu'aux bords du Pont- Euxin (STRABON, liv. II, page 5o ; liv. XI , page 35 1 , dition Casaubon). Le mme auteur affirme (liv. XI , pages 5o6 , 5ocj, 296 NOTES DU LIVRE VI. dit. Almelon) que les Aorsi , peuple habitant au nord-ouest de la mer Caspienne, transportaient sur les rivages du Pont, et l'aide de leurs chameaux, les marchandises indiennes qu'.ils recevaient, des Armniens et des Mdes. On a expliqu de plusieurs manires ces passages obscurs ( Heeren , sur le Commerce de l'Inde , dans les Comment, soc. Gotting. , XI , etc. ; MANNERT -, Gogr. des Grecs et des Ro- mains; SPRENGEL, Histoire del gographie). D'abord, ceux qui croient une ancienne embouchure de l'Oxus dans la mer Caspienne pensent qu'on doit entendre' la lettre les ou-dire de Pline ; mais l'Oxus a probablement toujours eu son era- bouchure au mme endroit o elle se trouve aujourd'hui ( Confrez la deuxime partie de cette note ) ; c'est ce qu'on peut conclure indirectement du passage o Strabon dit que l'Iaxartes , notre Sir-Daria , s'coule aussi dans la mer Cas- pienne (Strab. , loco cit.). Qu'on regarde tine carte, et on se convaincra que l'Iaxartes n'a jamais pu s'couler directe- nient dans notre mer Caspienne : ainsi , les marchandises de ' l'Inde ont d tre transportes par terre des bords de l'Oxus leur- destination ultrieure. Il se prsentait naturellement deux routes , l'une par l'Ochus ou le Tedjen , la mer Cas- << pienne , le Cyrus et le Phasis ; c'est probablement celle que Strabon dsigne lorsqu'il parle des fleuves par o ce com- merce se dirigeait. L'autre route naturelle , c'tait de tourner <( la mer Caspienne par le nord. Nous osons presque affirmer que c'tait la route que suivaient les Aorsi monts sur leurs chameaux , quoique Strabon prtende leur faire traverser les prcipices du Cauca-se , o les chameaux ne sauraient tre em- ploys avec succs. C'tait la route habituelle des ngocians du moyen ge ; c'tait encore celle qu'ont d suivre les anciens voyageurs grecs qui firent connatre Hrodote la vraie na- lure de la mer Caspienne. Une fausse hypothse sur la mer Caspienne parat avoir induit en erreur et Patrocle et Pompe, et ceux qui parlaient d'aprs eux. Le dtroit imaginaire qui , selon la plupart des anciens, unissait cette mer l'ocan Sep- tentrional, les forait tracer au sud la route commerciale qui rellement a d exister au nord. NOTES DU LIVRE VI. 29-? Nous ajoutons cette note le fragment suivant, aussi de Malte-Brun (Prcis , tome ni), sur l'embouchure de l'Oxus. Si on se borne lire superficiellement les gographes grecs et romains ; si au lieu de peser leurs tmoignages on les compte, on ne remarquera qu'une opinion assez unanime au sujet de l'Oxus : il est cens s'couler dans la mer Caspienne , en allant droit de l'est l'occident. Strabon et Pline le supposent ; Pto- lme le dit expressment ; mais diverses circonstances enlvent cet accord des auteurs tout ce qu'il offre d'imposant. D'abord , Pexlension trop grande donne par ces gographes la mer Caspienne du ct de l'est , et leur silence l'gard du lac Aral , doivent faire croire qu'ils regardaient ce lac comme une partie de la mer Caspienne , et que , par la prtendue jonction de l'Oxus avec cette dernire mer , ils n'entendaient parler que de sa jonction relle avec ce lac : c'est ce qui paratra surtout pro- bable ceux qui , la carte la main , rflchiront sur le passage o Strabon affirme que l'Iaxartes ou le Sir-Dria s'coule ga- lement dans la mer Caspienne ; chose que la direction du cours de ce dernier fleuve a d de tout temps rendre impossible: donc l'erreur vidente qui a exist au sujet de ce fleuve a facilement pu s'tendre l'Oxus ; ce qui tait fabuleux l'gard de l'un , l'est galement l'gard de l'autre. Il existe d'ailleurs un tmoignage formel d'un ancien , qui marque le cours de l'Oxus conform- ment l'tat actuel des lieux ; c'est celui de Pomponius Mla , qui , aprs avoir fait couler ce fleuve de l'orient en occident , le conduit directement au nord , et lui donne une embouchure dans le golfe Scylhique. Il est vident que , pour arriver la mer Cas- pienne, le fleuve devait continuer couler dans la direction est et ouest; s'il tournait au nord , il ne pouvait rencontrer d'autre bassin que celui "du lac Aral, considr sans doute , par les au- teurs que suivait Mla , comme un golfe de l'ocan Septentrio- nal ou Scythique. L'ordre dans lequel Denys le Prigte nomme l'Oxus indique que \ bien qu'il le fasse couler dans la mer Cas- pienne , il place son embouchure dans la Sogdiane ou dans la Chorasmie , et non pas chez les Dcrbices , peuple qui occupait les environs du lac Balkan; il semble donc avoir connu Pinflexon du cours de ce fleuve vers le nord. *g& NOTES DU LIVRE VI. Un passage trs-important de Patrocle , cit par Strabon , prouve encore d'une manire formelle que l'Oxus avait son em- bouchure au mme endroit o nous la trouvons. < Les uns disent < que l'Ochus (le Tedjen) coule au travers de la Bactriane ; < les autres le font couler sur la limite de ce pays : ceux-ci le considrent comme diffrent de l'Oxus jusqu' son embou- chure, et plus mridional que celui-ci , quoique tous les deux < ils aient leur coulement dans la mer en Hyrcanie ; ceux-l >< conviennent que, ds l'origine, ce sont des fleuves diff- '< rens , mais qu'ils se runissent, et que le lit de l'Oxus a sou- vent six sept stades de large. Il est du moins sr que l'Iaxar- tes , ds le commencement jusqu' la fin , est diffrent de l'Oxus, quoiqu'il s'coule dans la mme mr. Patrocle dit que leurs embouchures sont loignes l'une de l'autre de quatre- vingts farsangs ; mais le farang persan est , selon les uns , de soixante stades , selon d'autres de trente , et selon quelques- < uns de quarante. Kn mesurant , l'ouverture de compas , !a distance actuelle entre l'embouchure -la plus mridionale de ! laxartes ou Sir-Daria , et la plus orientale de l'Oxus ou Gihon, ou trouve deux degrs et vingt minutes , quivalant deux mille cinq cent quatre-vingt-douze stades de 1 1 1 1 i/g au de- gr; or, le farsang tant prs <\e trente stades, la distance, selon Patrocle, serait de deux mille quatre cents stades': c'est pr- cisment le nombre de stades que donne Eratosthne , cit par Strabon un peu plus haut. Ainsi , les distances anciennes et modernes s'accordent peu de. chose prs. Cet accord paratra encore plus surprenant si on examine les mmes distances prises le long des rives du lac Aral ' r on les trouve alors de trois mille trois cent vingt stades , ou de quatre-vingt-trois farsangs quarante stades. Enfin , si on prend pour termes extrmes l'em- bouchure la plus occidentale du Gihon , et la plus septentrio- nale du Sir-Daria , on aura quatre-vingt-deux farsangs soixante stades. Ainsi , les trois indications donues par Patrocle , ou plutt par les Persans qu'il avait consults , concourent d- montrer que les deux embouchures de Y Oxus et de l'Iaxartes taient la mme distance l'une de l'autre o elles sont aujourd'hui: donc l'un et l'autre s'coulaient dans le lac Aral. NOTES DU LIVRE VI. i 90 < 11 reste donc prouv que les Grecs et les Koiuaius n'ont eu par eux-mmes aucune notion sre et positive sur l'embouchure de l'Oxus ; mais les traditions qu'ils ont recueillies , et quelques donnes gographiques qui leur sont parvenues , rendent pro- bable que ce fleuve avait alors le mme cours et la mme em- bouchure qu'aujourd'hui ; les Grecs et les Romains ne Tout conduit dans la mer Caspienne que par une consquence nces- saire de leur faux svstme sur l'tendue de celte mer. Les Orientaux fourniraient sans doute quelques lumires sur cette matire obscure ; mais , ne pouvant consulter leurs crits dans les langues orientales , nous ne pouvons entrer dans une discussion dtaille de leurs opinions. lbn-Hankal, suivi par Aboulfda, dcrit le cours du fleuve Gihon conformment nos cartes modernes, et lui assigne son embouchure dans le lac Khowarezm , que nous appelons la mer d'Aral. Aboulfda cite , mais sans l'approuver , l'assertion de Rasm' Olmamouri , selon lequel un bras du Gihon se jetterait dans la mer Verte , c'est- -dire dans le golfe Persique. Le gographe turc Hadji-Khalfat dit , d'aprs ^lamdoulah, gographe persan, qu'un bras de l'Oxus se dirige vers la mer Caspienne, en traversante grand bruit la valle de kherlawah. Le voyageur Abd'oul-Kcrim, qui visita les lieux eu i^o- iy4o i affirme que le Gihon, loin d'arriver dans le Mazandcru (THyrcanie), comme l'ont dit quelques auteurs, n'arrive pas mme jusqu'au lac de Khowarezni , attendu que de frquentes saignes , rclames par les besoins de l'agriculture , en absorbent entirement les eaux. Les voyageurs europens des seizime et dix-septime sicles nous paraissent avoir vu les faits , moins par leurs propres yeux qu' travers le prisme trompeur que leur prsentait la gogra- phie de Ptolme. S'il n'en et pas t ainsi , ces voyageurs se- raient-ils tombs dans tant de contradictions ? Hanway , Bruce et Jenkinson prtendent connatre un bras dessch de l'Oxus , qui autrefois en conduisait les eaux, ou du moins une partie de ses eaux , dans la mer Caspienne ; mais l'un d'eux trouve l'em- bouchure de ce bras prs de Sellisoure, par quarante-deux degrs et demi, l'autre dans la grande baie de Balkan , par trente-neuf degrs ; le grand atlas russe , qui vient de paratre , le fixe au 3oo NOTES DU LIVRE VI. petit golfe de Balkan. On n'est pas plus d'accord sur l'endroit o ce bras de l 'Oxus se dtache du bras qui coule dans le lac Aral; les uns placent le point de dpart Hazarasp, les autres Vazirkend ; il y en a qui descendent jusqu' Urghenz. Enfin, l'poque du prtendu desschement de ce bras par les Tatares est galement un sujet d'incertitude et d'assertions contradic- toires. Les Arabes que nous venons de citer n'admettent point l'ide d'un desschement moderne ; il a d tre antrieur lbn- Hankal , c'est--dire au dixime sicle : les Russes, au contraire, prtendent qu'il a t fait vers l'an 1719, pour empcher leurs projets de conqute. Examinons en dtail le rcit des Russes, au sujet de cette prtendue drivation des eaux du Gihon. Pierre^-le-Grand avait entendu parler des sables d'or que roule le Kisil-Daria , fleuve qui, venant de l'est, se jette dans le Gihon, et que l'on confond quelquefois avec celui-ci. Il r- solut de s'emparer d'un pays o il esprait trouver des mines trs-riches , et par lequel il pouvait d'aill urs ouvrir un com- merce avec J'Inde. Des marins furent envoys chercher l'embou- chure du Kisil-Daria , que l'on supposait se jeter dans la mer Caspienne. On trouva une rivire quelconque, peut-tre le Tedjen , qu'on prit pour le Kisil-Daria : les savans , consults , dirent que c'tait l'Oxus. Une expdition fut rsolue et prpa- re ; Alexandre Beckewitz, fils d'un prince circassien , capitaine de la garde du czar , et sachant la langue tatare , fut charg de conduire un corps de trois mille hommes aux prtendues em- bouchures du Kisil-Daria , et de le mettre en possession des contres adjacentes. Les Tatares , inquiets de voir les Russes revenir plusieurs fois ce mme endroit, dtournrent, dit-on, le cours du fleuve en le barrant par une forte digue, et le con- duisant par trois canaux dans le lac Aral. Beckewiiz arrive avec son arme, et cherche en vain le fleuve par o il comptait re- monter jusqu' Khiwa; il ne se laisse point effrayer par ce contre- temps : il construit en pierre calcaire , cimente de chaux et de coquillages , sur le promontoire Karagansko , un fort qui devait lui servir de place d'armes , et avance ensuite avec ses troupes contre Khiwa. Le khan marche sa rencontre avec une nom- NOTES DU LIVRE VI. Soi breuse arme ; l'artillerie europenne dcide promptement la victoire. Le khan, vaincu et priv d'espoir, envoie demander au gnral russe quels sont les griefs de la Russie , et quels sacrifices on exige de lui. Beckewitz , plein de l'ide de la pr- tendue drivation du fleuve Kisil-Daria, demande au khan de faire abattre les digues qui empchaient le fleuve de couler vers la mer Caspienne , et de lui rendre son ancien cours. Le prince tatare rpond que cette opration est au dessus de ses forces, et qu'il n'est plus possible de fermer les canaux dans lesquels le fleuve a^ dj pris sa nouvelle direction. Beckewitz dclare alors qu'il excutera cet ouvrage avec ses propres gens , pourvu qu'on garantisse sa sret en lui donnant des otages. Les Tatares ac- cdent avec plaisir celte proposition : les otages sont donns , et servent en mme temps de guides l'arme russe, qui marche pendant cinq jours vers le prtendu lit dessch du fleuve ; par- tout on ne rencontrait que de petites mares d'eau stagnante. La soif dvorait les soldats. Les guides , dans les vues les plus per- fides , proposent aux Russes de se sparer en petites troupes , et de suivre diffrentes routes. La ncessit force le chef des Russes suivre le conseil des ennemis. A peine l'arme russe s'est-elle dissmine dans ces dserts mal connus, que les Tatares qui la quittaient attaquent de toutes parts ces faibles dtachemens: les uns prissent sous le glaive, les autres sont rduits en esclavage ; l'infortun Beckewits , conduit devant le khan , est hach en morceaux ; un tambour, couvert des lambeaux de sa peau cor- che, et conserv Khiwa comme trophe, atteste la post- rit la dsastreuse issue de cette expdition ,' conue et conduite sans prudence. La Russie apprit ces vnemens par ceux des soldats qui , laisss dans le fort Karagansko, purent se sauver bord des btimens qui les avaient amens. Ce rcit doit-il nous faire changer d'opinion l'gard de l'ancien cours de l'Oxus :' Il nous semble qu'il est impossible d'admettre qu'une faible nation tatare ait pu ,. en une ou deux annes , excuter les travaux immenses qu'et exigs la drivation d'un grand fleuve. 11 est plus facile concevoir qu'un dtache- ment russe , envoy en avant pour reconnatre la prtendue em- bouchure du Kisil-Daria , ait pu se tromper, en se contentant de 3oa NOTES DU LIVRE VI. remonter pendant une lieue ou deux le premier torrent gonfl d'eau de pluie qu'il aura rencontr. Les Tartares, voyant Beckewitz obstin suivre un projet chimrique, se seront bien gards de lui dire la vrit', puisque l'erreur leur devait tre utile. Toutes ces questions seraient dcides si un voyageur, le baromtre la main , pouvait aller par terre de Guriew As- trabad , en tournant la mer Caspienne par l'orient. Les cartes russes admettent des valles sablonneuses entre le cours actuel de l'Oxus et la mer Caspienne. Mais sur quelles autorits se fondent-elles ? Georgi dans sa Description de la Russie, et Gmelin dans ses Voyages, reprsentent ce pays comme rempli d'une chane de montagnes qui, sortant de la Steppe des Kirguis , se continue jusqu' Astrabad , en sparant entirement le bassin du lac Aral de celui de la mer Caspienne. Nous ne pouvons juger ce procs ; mais nous en avons fait un rapport aussi clair que les connaissances actuelles le per- mettent. Chap. XXVI , page 76 , ligne ai. Mediterraneo Persidis. Perside ou Perse sont des dnomina- tions synonymes ; cependant quelques-uns entendent par la Per- side la cte maritime de la Perse , et par la Perse l'intrieur du pays. P. Cette distinction est vaine. D'autres ont voulu , avec un peu plus de raison , que la Perside fut la province, originairement royaume vassal de la Mdie ; et la Perse , le grand empire fond par Cyrus , et lev au plus haut degr de puissance et de gloire par Cambyse et par Darius I. La Perside se nomme au- jourd'hui Fars ou Farsistan. V. P. Chap. XXVI, page 84, ligne i5. f x India renavigant mense JEgyptio Tybi incipienle , nostro de- cembri : aut utique Meckiris JEgyptii intra diein sexlum , quod fit intra Idus Januarias nostras. Il rsulte de ce passage que Pline a crit ce chapitre entre les annes 4-8 et 5 1 de J.-C. , ou plutt qu'il a emprunt cette notice un auteur qui crivait cette poque. En effet , la concidence du 6 mchir et des ides de janvier ne NOTES DU LIVRE VI. 3o3 jietit pas avoir lieu dans une anne 'Je la priode caniculaire au Ire que celle dont le premier Thoth, ou le commencement , tombe sur le 1 1 aot ; mais ces aimes sont l'an ^8 , 4g , 5o ou 5i de J. - C. , puisque la priode caniculaire avait commenc le 20 juillet de l'an i32 2 avant J.-C. Les dates gyptiennes rela- tives la navigation du golfe Arabique et de la mer Indienne , qu'on lit dans le Priple de la mer Erythre, appartiennent aux annes 60 65 de J.-C. On voit donc que l'auteur de ce Priple a crit aprs Pline , ou du moins aprs la personne de laquelle le naturaliste romain tient ce qu'il dit sur l'poque des voyages dans l'ocan Indien. Mannert ( Geogr. der.Griech. und Rm , 1. 1 , p. i63) a dit le contraire. ' L.. M. Chap. XXVII ,. page 84, ligne 22. Carmania. La Carmanie , aujourd'hui Kerman , s'tendait le long des ctes du golfe Persique et de la mer Erythre (aujour- d'hui partie de la mer des Indes ). Les douze cent cinquante milles que Pline donne la cte quivalent dix mille stades ; d'autres auteurs , au contraire, n'valuent la longueur d ce lit- toral qu' six mille stades. La raison de cette diffrence vient certainement de ce que les limites orientales de la Carmanie n'ont point toujours t les mmes. On ne peut douter qu'une grande partie du Mkran n'y ait t autrefois comprise ; et , dans les pre- miers sicles de l're chrtienne, la Carmanie, loin de se terminer au cap Capella (cap de Jask) , l'extrmit septentrionale du golfe Persique , s'tendait sur les bords de l'Ocan jusque vers le cap Mlan actuel. Divisant maintenant par la pense la tota- lit de la cte carmanienne en trois parties , l'une orientale , voi- sine des Arbites et de l'Inde ; l'autre occidentale , le long du golfe Persique ; la troisime centrale , nous aurions , d'aprs les autorits combines de Narque dans Arrien , de Strabon et de Plolme , i. Pour la cte orientale.. . 4,ooo stades. 2 . Pour la cte centrale. . . . 2,600 3. Pour la cte occidentale. 3,700 Tota io,3od stades. = i,25o milles. M OU LH UV*E fi La tlumimt se drynak Carawme propre en maritime H Cimum Dserte. La prtmwht tait Itertile. surtout en vin ; les mi'- Tar^eat . de nm , de m'arm les paillettes dfordaes les miin t' i mil > i notrn tmiiit dr intr r f 1 1 iiain Di serte tait aride, et. ainsi ye I m i Snot son wm, dpourvue d*ba- fc i HT Mme -fJi l md m mM um msmntSon entre les denasob- drrens A. pare par les mots Jndr mm* 4r et mtm W>m * xxv awK. jpnao . Ntee sll iliiwil a entendre eau vingt- cmj mines en ne t tawatu m vign an lu > plaines (ms IfansWpavsnn tinnrna m IT Mmniiiuetens'cHranssillMtmoeie, tait ne iifc de mme nom. ao jonrdf hoi Gomrom o Bender- Abassi , a joaate-see tteees snd-est 4e Pasarsades. Le de cette ville et dn pays semble avoir ne origine commune arec cerna d^Qeemane, Otemande on Tlnimiidi . le boa principe selon les dnchinea 4k roroasterme. Cependant 3 paratrait fcs.Toss. , Aefc sm- Poxvositrs Mla. p. S8o) ne. dans te dmlecte parle sur ces ctes, fin i m h mme ebose jue le mrtxo* des Grecs oe des Latins , c est-*-00 23oo i._l)C 2-5oc 3o6 NOTES DU LIVRE VI. selon Ploliue Achidana fluv. Carius fluvius. Dara flav.. POSITIONS selon iVarnue. Une le consacre a Nepinne. Surplus de la Ion gueur d'Oaracta. Une le 3oo stades du continent.. Pylora, le dserte. Sidodona, pet. ville. Le prom. Tarsias. Cataea , le vis-a-vis les limites de la l'erse. La petite le An- gan Roud - Chionr , on Rivi-re sale. . . . Surplus de la lon- gueur de Vroct . Riv. prs Bender- Congo L'le Maloro ..... L'le Ploro Le cap Gherd. . . . Riv. prs de Siraf. L'le de Keish .... DISTANCES stades de (111 i|) an degr. particu- lires. 4oO 4oO 3ao 3 20 II. Cales de La Perse. Bagradas fluv.. Rrisoanafluv. Ionaca civitas. Brisoanafluv. Chersonesuui pr. Front, de la Perse , vis--vis l'le Ca- taea. lia, ville vis--vis l'le Caicandros. Une le habite o l'on pche des per- les Un promontoire de 4o stades. Un port au pied du mont Ochns. Le port Apostana Un golf, dont les ri- vages son t habi ts. Gogana, l'emb.du fleuve Aron. Cotes du Fars. Le rivage vis--vis l'le de Keish. . . . Gilla, ville vis--vis l'le Andarvia. , . L'le Schifwar.. Le cap Dara-Bin. . Le port Nachlo.. Bender-Tibben . . . Le golfe d'AsIo. . . Iakau La vi I . de Congon, l'euib. d'un fleuve, qui est la rivire de Congon. Presqu'le d'Aboti- Chahar 390 3io 46o 440 58o NOTES DU LIVRE VI. 307 POSITIONS Hhogomanes fluv Taoce extrema . , Oroatis fluv Le fleuve Sitactis. LefleuveHratmis etlavil.d'Hiratis. La presqu'le M- sambria jusqu'au fleuve Padargus. Taoce, sur le fleuve Granis. Le fleuve Rogonis. Le petit fl. Brizana, et ensuite lu fleuve Arosis, le plus gr. de tout le trajet. Gran , rivire. . . . Le fleuve Si ta. . . . Le cap de Bendcr- Rcigli Ab-Chirin Le fleuve et la ville de Kirazin La presqu'le d'A- bou-Schahar jus- qu'au fleuve La vil. de Tag, sur le fleuve de Grn. La rivire de Regh. Embouch. de PAb- Chirin DISTANCES en stades de lin il,, au degr. particu- lires. 810 49 200 200 4oo 2,8ao 2 >99 3,170 3,420 3,73o 4,220 4,620 5,020 III. Cotes de la Susiane. Oroalis fluv.. . Tenagos arenosus, Eulaeus fluvius. Pelodes sinus.. Mosus fluvius. Charax Tigridis ost. or. . Tigridis ost. occ, Le fleuve Arosis, frontire de la Su sianc. Le golfe ou le lac Cataderbis. Une mer vaseuse pendant Dirido'.is, l'einb. de l'Euphratc. Ct. du Khs-Istan. Embouch.de l'Ab- Cliirin Le golfe de Dlem. Bender-Regh Une mer vaseuse pendant Ab-Cbirin Golfe de Dlem.. . Ancienne embouc. de rEujihrate. . . Mes , ou Rivire d'Endian A l'einb. de la riv. de Karun louch. E. du Tigre. Boucb.O. du Tigre. 5oo 600 5oo 890 1,100 1,290 1,790 2,200 2,320 2,840 3,08o 3,700 uo. 3o8 NOTES DU LIVRE VI. Chap. XXVIII, page 86, ligne n. XXV mill. passuwn circuitu. Ce passage , qui jusqu'ici a tou- jours sembl un des plus difficiles de Pline , offre des variantes considrables dans les divers manuscrits et ditions. Le manuscrit de Chifflet ( Voyez note d'Hardouin) porte XV M p ( lisez xv M p) ; Saumaise {Ex. Plin., p. 83;) lit xvil M p (lisez xvn M p). Har- douin veut qu'au lieu de xxv M P on lise xxv M p, c'est--dire qu'au lieu de vingt-cinq milles on en ait deux mille cinq cents. La pre- mire distance tait en effet visiblement trop petite ; mais la seconde, quoique beaucoup plus considrable, l'est encore trop peu, compa- re la ralit. En effet, les deux mille cinq cents milles de Pline ne reprsentent encore , dans l'ide de cet auteur, que vingt mille stades. Or , les distances prises par Narque le long des ctes , de l'emboucbure de l'Indus celle de l'Euphrate seule- ment, s'lvent dj vingt-deux mille sept cents stades suivant Arrien , vingt-un mille trois cents suivant Strabon , enfin dix- neuf mille cinq cents si l'on s'en rapporte d'autres passades de Pline ; de plus , tous trois affirment que Narque comptait encore trois mille trois cents stades depuis l'embouchure de l'Eu- phrate jusqu' Babylone. {Voyez NARQUE dans Arrien, Indos., n. 4-i ; Pline , ch. 3o , o il dit ccccxn m p = 3,2g6 stades ; Strabon, liv. il , xv, xvi.) 11 est donc clair que la mesure de Pline , si l'on s'en tenait son texte , serait trop courte. Or on remdierait d'une manire bien simple l'erreur , en crivant stades au lieu de pas : on aurait alors, au lieu de vingt-cinq mille pas , vingt-cinq mille stades , dont les dtails se trouveraient avoir t donns par Narque , savoir : Cte des Arbiens (corrige selon Gossellin). i ,ooo stades. Cte des Orites (Pline, vi, 25) i,6oo Cte de la Carmanie (/