' v. KM MHMMHR1 BlB, )UE r rip wrxUsS' .*LvF* V m ' ^ it'.H */[^ iwft& C* tliwci WIS :ke M*MM*fcNM> rjBjMgp**Mi >i i r' i i' i ''" THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY Pfc 8Z3 -&fc*mfr^ Return this book on or before the Latest Date stamped below. JUL 5 W* L16 1_H41 bit Fsrtrnfnn u r f f '' ' BIBLIOTHEQUE LA TIME - FRANAISE 5 PUBLIE PAR CL. F. PANCKOLCKE. Exegi monumentum are perennius. ( Hou. . Otl, lib. m , ode Su. ) ' (' PARIS. IMPRIMERIE PANCKOJCKE , Rue des Poitevins, 14. u r n HISTOIRE NATURELLE DE PLINE TRADUCTION NOUVELLE PAR M. AJASSON DE GRANDSAGNE PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIER, DAUNOU, EMER1C DAVID, DESCURET, DOE , E. DOLO , DUSGATE , FE, L. FOUCH, FOUR1ER,' GUIBOURT, ELOI JOHANNEAU, LACROIX, LAFOSSE, LEMERCIER, LETRONNE, LOUIS LISK.ENNE, L. MARCUS, MONGES, C. L. F. PANCKOUCK.E, VALENTIN PARISOT , QUATREMERE DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUET, 11. THIBAUD, THUROT, VALENCIENNES , HIPP. VERONE. TOME SEPTIEME. PARIS C. L. F. PANCKOUE MEMBRE Dh 1,'URIIKE ROTAI, DE T. A LEGION ll'llO.IH EIM', DITEUR, RUE DES POITEVINS, N I !\ M DCCC XXX. * # 9tl / 2-2-7 nrf. Y.1 AVERTISSEMENT. QUANT) nous avons voulu traduire les cinq livres de la Zoologie de Pline , nous avons commenc par lutter corps corps avec ce rude jouteur, comme disait J.-J. Rousseau en parlant de Tacite; puis nous avons confront notre version avec celles de nos de- vanciers , et surtout avec la traduction justement estime que Gueroult a publie de cette mme Zoologie. Souvent nous avons t assez heureux pour nous rencontrer avec lui ; souvent nous avons cru trouver des tournures plus exactes , et souvent aussi nous lui avons emprunt sans scrupule des expressions et des phrases meilleures que les ntres , imitant son exemple l'gard de Poinsinet de Sivry : c'est donc lui-mme que nous en rapporterons le plus grand mrite , si les secours qu'il nous a fournis nous ont mis mme de donner une traduction plus exacte que la sienne. Nous n'avons nglig aucun des autres moyens qui taient en notre puissance pour donner plus de perfection un travail qui se trouvait en concurrence avec celui d'un si redoutable rival: aussi avons- nous examin avec une scrupuleuse attention , et admis un grand nombre de leons nouvelles ; avons-nous eu cent fois recours Aristote ( qui est pour nous l'objet d'une tude particulire , et dont nous devons donner une traduction avec M. le baron Cuvier) , afin de dterminer le sens de passages que Pline avait tran- scrits du philosophe grec , en les dfigurant ; nous sommes- nous efforc de mettre notre traduction en parfaite harmonie avec le latin , chose qui a t faite avec si peu de soin dans Gueroult , qu'on peut montrer , de la manire la plus claire , que sa version a t faite sur un texte diffrent de celui qui se trouve en regard. Nous avons bien des fois adopt un sens op- pos au sien quand nous avons cru reconnatre qu'il avait t induit en erreur par des connaissances peu approfondies en his- toire naturelle ; et en cela notre plus grand mrite est d'tre n 454165 nnu viij AVERTISSEMENT. quelques annes plus tard , et une poque o les sciences ont fait de plus vastes conqutes. Nous nous sommes abstenu de relever les erreurs de notre devancier , dont les travaux nous ont ouvert la route , et qui aurait sans doute mieux fait que nous s'il avait eu les mmes ressources : aussi , aprs tous nos efforts pour le surpasser , nous estimerons-nous heureux si le public ne juge pas notre traduc- tion indigne de paratre aprs celle d'un si grand matre. J.-B. F. Sx. Aj. de Ga. -, % % * * " *> HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE NEUVIEME. C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER IX. AQUATIL1UM SATURA. Quare miaxima in mari ailimalia. I. i. xYnimalium, quse terrestria appellavimus, homi- num quadam consortione degentia, indicata natura est. Ex reliquis minimas esse volucres convenit. Quamobrem prius quorum, amnium, stagnorumque dicentur. i. Sunt autem complura in iis , majora etiam terres- tribus. Causa evidens, humoris luxuria. Alia sors ali- tum, quibus vita pendentibus. In mari autem tam late supino, mollique ac fertili nutrimento accipiente causas gnitales e sublimi , semperque pariente natura, pleraque etiam monstrifica reperiuntur, perplexis, et in semet ali- ter atque aliter nuncflatu, nunc fluctu convolutis semi- nibus, atque principiis : vera ut fit vulgi opinio'quid- '.;,.., HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE IX. PFSORIPTION 11ES ANIMAUX AQUATIQUES. Pourquoi la m:;r nourrit les plus grands animaux. I. I. J 'ai fait connatre la nature des animaux que nous avons appels terrestres, et qui vivent dans une sorte de socit avec l'homme. Les plus petits parmi les autres sont, sans contredit, les volatiles. Je vais donc passer d'abord aux animaux qui peuplent les mers , les rivires et les tangs. 2. Plusieurs d'entre eux sont plus grands mme que les animaux terrestres. L'humide qui surabonde dans leur lment en est videmment la cause. Il n'en est pas ainsi des oiseaux qui vivent suspendus dans les airs. La mer recevant dans son immense tendue les germes que la nature, toujours active et fconde, rpand du haut du ciel , leur fournit une nourriture douce et propre les dvelopper; et c'est aussi dans son sein que se for- ment la plupart des monstres, parce que ces germes se mlent et se confondent ensemble, agits en tous sens i. 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. quid nascatur in parte naturae ulla, et in mari esse praeterque multa, qu nusquam alibi. Rerum quidem, non solum animalium simulacra esse, licet intelligere intuentibus uvam , gladium, serras : cucumim vero et co- lore et odore similem : quo minus miremur equorum eapita in tam parvis eminere cochleis. Indici maris belluae. IL 3. Plurima autem et maxima in Indico mari ani- malia, e quibus balense quaternum jugerum, pristes du- cenum cubitorum : quippe ubi locustae quaterna cubita impleant : anguillae quoque in Gange amne tricenos pe- des. Sed in mari belluae circa solstitia maxime visun- tur. Tune illic ruunt turbines, tuncimbres, tunedejectae /inontium jugis procellae b imo vertunt maria, pulsatas- que ex profundo belluas cum fluctibus volvunt : et alias tanta thynnorum multitudine, ut Magni Alexandri clas- sis haud alio modo, quam hostium acie obvia contra- rium agmen adversa fronte direxerit : aliter sparsis non erat evadere : non voce , non sonitu , non ictu , sed fra- gore terrentur, nec nisi ruina turbantur. Cadara appel- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 5 par les veuts et par les flots; en sorte que cette opinion du vulgaire, que tout ce qui nat dans les autres parties de la nature se trouve aussi dans la mer, avec une infi- nit d'autres productions qui n'existent point ailleurs, parat conforme la vrit. En effet, on peut reconnatre que la mer ne borne pas ses imitations aux tres anims, mais les tend encore tous les autres objets, quand on y observe la grappe , l'pe , la scie , le concombre avec la couleur et l'odeur du concombre terrestre. Ne soyons, donc plus tonns que la tte du faible limaon ait de la ressemblance avec celle du cheval. Monstres de l'ocan Indien. IL 3. La mer des Indes produit et le plus d'animaux et les plus grands : des baleines de quatre arpens, des scies de deux cents coudes, des langoustes de quatre coudes. On trouve dans le Gange des anguilles de trente pieds. Mais c'est principalement vers le temps des sol- stices que paraissent ces tres monstrueux. Alors les vents, les orages, les temptes, se prcipitant du som- met des montagnes, agitent les mers dans toute leur profondeur, et roulent avec les vagjies ces animaux normes , qu'ils enlvent du fond des abmes. Les thons se trouvent quelquefois en si grande quantit, que la flotte d'Alexandre -le -Grand se rangea contre eux en bataille comme contre une 'arme ennemie. S- pars, les vaisseaux n'auraient pu s'ouvrir un passage. Les cris, le bruit, les coups ne les pouvantent pas; ils ne sont effrays que par un fracas clatant, et pour 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. latur Rubri maris peninsula ingens. Hujus objectu vas- tus efficitur sinus, duodecim dierum et noctium remigio enavigatus Ptolemaeo rgi, quando nullius aurae recipit aflatum. Hujus loci quite praecipua ad immobilem ma- gnitudinem belluae adolescunt. Gedrosos, qui Arabin amnem accolunt, Alexandri Magni classium praefecti prodidere , in domibus fores maxillis belluarum fa- cere, ossibus tecta contignare, ex quibus multa quadra- genum cubitorum longitudinis reperta. Exeunt et pecori similes bellua ibi in terram, pastaeque radies fruticum remeant : et quaedam equorum , asinorum , taurorum capitibus, qu depascuntur sata. Qure in quoque oceano maxima?. III. 4- Maximum animal in Indico mari pristis, et balaena est : in Gallico oceano physeter, ingentis co- lumn modo se attollens, altiorque navium velis dilu- viem quamdam eructans. In Gaditano oceano arbor in tantum vastis dispansa ramis, ut ex ea causa fretum numquam intrasse credatur. Apparent et rotae appellata 1 a similitudine, quaternis distinctae radiis, modiolos ea- m oculis duobus utrimque claudentibus^ HISTOIRE NATURELLE, L1V. IX. 7 les dissiper, il faut qu'on les accable. Dans la mer Rouge se trouve une grande pninsule nomme Cadara. Elle forme, eu se prolongeant dans les eaux, un vaste golfe que le roi Ptolme fut douze jours et douze nuits tra- verser la rame, parde qu'aucun vent ne s'y fait sentir. Dans ce lieu calme et tranquille , les poissons grossissent au point de n'tre plus qu'une masse inerte. Ceux qui commandaient les flottes d'Alexandre ont rapport que les Gdroses , qui habitent les bords du fleuve Arabis , faisaient des portes leurs maisons avec des mchoires de poissons , et des solives avec les os , dont plusieurs avaient quarante coudes de long. L , des troupeaux marins viennent terre se nourrir de racines d'arbris- seaux, puis retournent la mer; et quelques-uns, qui ont des ttes de cheval , d'ne , de taureau , paissent les champs ensemencs. Des tres les plus grands qu'enfante chaque mer. III. 4- Les plus grands animaux de la mer desIndes sont la pristis (la scie) et la baleine. Dans l'ocan Gallique, c'est le souffleur, qui, s'levant comme une haute colonne au dessus mme des voiles des vaisseaux , vomit une norme quantit d'eau. Dans l'Ocan de Cadix se trouve l'arbre dont les rameaux s'tendent tellement, que l'on croit que c'est par cette raison qu'il n'est jamais entr dans le dtroit. On y voit aussi ces poissons qui leur forme a fait donner le nom de roues. Ils ont quatre rayons , et leurs yeux sont placs aux deux extrmits du moyeu. 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. De Tritonum et Nereidum figuris. De elephantorum marinorum figurisl IV. 5. Tiberio principi nuntiavit Olisiponensium le- gatio ob id missa, visum, auditumque in quodam specu concha canentem Tritonem, qua noscitur forma: et Ne- reidum falsa non est , squamis modo hispido corpore , etiam qua humanam effigiem habent. Namque hc in eodem spectata litore est, cujus morientis etiam garni i- tum tristem accolae audivere longe. Et divo Augusto legatus Galliae complures in litore apparere exanimes Nereidas scripsit. Auctores habeo in equestri ordine splendentes, visum ab his in Gaditano oceano marinum hominem , toto corpore absoluta similitudine : ascen- derenavigia nocturnistemporibus, statimque degravari , quas insederit, partes : et si diutius permaneat, etiam mergi. Tiberio principe, contra Lugdunensis provinciae litus simul trecentas amplius belluas reciprocans desti- tuit oceanus , mirae varietatis et magnitudinis , nec pau- ciores in Santon um litore : interque reliquaselephantos, et arietes , candore tantum cornibus adsimulatis , Nerei- das vero multas. Turranius prodidit expulsam belluam in Gaditana litora, cujus inter duas pinnas ultim caudae cubita sexdecim fuissent, dents ejusdem cxx maximi dodrantium mensura, minimi semipedum. Belluae, ctii HISTOIRE NATURELLE, L1V. IX. <> Figures des Tritons et des Nrides ; figures des lphans marins. IV. 5. Une dputation de Lisbonne vint annoncer l'empereur Tibre que dans une grotte on avait vu, sous la forme connue , et entendu un Triton qui jouait des airs avec une conque. La forme des Nrides n'est point non plus une fable , seulement elles sont hrisses d'caills , mme dans la partie qui a la figure humaine. Car on en vit une qui vint mourir sur le mme rivage, et dont les glapissemens plaintifs furent au loin entendus des habi- tans. Le commandant de la Gaule crivit aussi Auguste qu'on voyait sur le rivage beaucoup de Nrides* rho'rtes, Des chevaliers romains de la plus haute considration m'ont assur avoir vu, dans la mer de Cadix, un homme marin parfaitement conform, qui montait la nuit sur les barques, faisait pencher la partie sur laquelle il se plaait, et mme la submergeait s'il y restait long-temps. Sous Tibre, la mer, en se retirant, laissa sur le rivage de la province lyonnaise plus de trois cents animaux d'une varit et d'une grosseur prodigieuse. Elle n'en laissa pas moins sur les ctes de la Saintonge , et entre autres des lphans, des bliers marins, dont les cornes taient seulement indiques par des marques blanches, et plusieurs Nrides. Turranius crit que la mer jeta sur les rivages de Cadix un poisson, dont la queue avait son extrmit seize coudes de largeur; ses dents, au nombre de cent vingt, avaient, les plus grosses, neuf pouces de longueur, et les plus petites six. Entre les au- tres merveilles que Scaurus exposa dans son dilit, il io C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. tlicebatur exposita fuisse Andromeda , ossa Romae, ap- portata ex oppido Judeae Joppe , ostendit inter reliqua miracula in aedilitate sua M. Scaurus, longiludine pe- dum xl, altitudine costarum Indicos elepbantos exce- dente, spinae crassitudine sesquipedali. De balaenis ; de orcis. V. 6. Balnae et in nostra maria pntrant. In Gadi- tano oceano non ante brumam conspici eas tradunt, condi autem statis temporibus in quodam sinu placido et capaci, mire gaudentes ibi parre. Hoc scire orcas, infestam his belluam, et cujus imago nulla repraesenta- tione exprimi possit alia, quam carnis immens denti- bus truculent. Irrumpunt ergo in scrta, ac vitulos earum, aut ftus, vel etiamnum gravidas lancinant morsu, incursuque, ceu Liburnicarum rostris fodiunt. Illae ad flexum immobiles, ad repugnandum inertes, et pondre suo onerat, tune quidem et utero graves, pariendive pnis invalida?; solum auxilium novere in altum profu- gere, et se toto defendere oceano. Contra, orcae occur- rere laborant, seseque opponere et caveatas angustiis trucidare, in vada urgere, saxis illidere. Spectantur ea prlia , ceu mari ipsi sibi irato , nullis in sinu ven- tis, fluctibus vero ad anhelitus ictusque, quantos nulli turbines volvant. Orca et in portu Ostiensi visa est , op- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. n lit voh* le squelette du monstre, auquel on disait qu'An- dromde avait t expose. On l'avait apport dcJopp, ville de Jude. Sa longueur tait de quarante pieds; les ctes taient plus hautes qu'un lphant indien; l'pine avait un pied et demi d'paisseur. Baleines , orques. V. 6. Les baleines pntrent jusque dans nos mers. On dit qu'elles ne paraissent pas avant l'hiver dans l mer de Cadix, et qu' des temps rgls elles se cachent dans un golfe spacieux et tranquille , o elles se plaisent singulirement faire leurs petits. C'est ce que n'igno- rent pas les orques, qui leur font une guerre acharne, et qu'on ne peut mieux se reprsenter que comme une norme masse de chair arme de dents terribles : ils se prcipitent dans ces retraites , dchirent les jeunes ba- leines, les baleineaux, et mme les mres si elles n'ont pas encore mis bas, en fondant sur elles et les perant comme ferait l'peron d'une galre liburnique. Les ba- leines , sans flexibilit pour se retourner, sans courage pour se dfendre, accables par leur propre poids, et alors encore surcharges par le fardeau qu'elles portent, ou affaiblies par les souffrances de l'enfantement, ne connaissent d'autre ressource que de fuir et de se faire un rempart de l'ocan tout entier. Les orques s'ef- forcent de les arrter, de s'opposer leur passage, de les acculer dans une anse pour les y gorger, de les pousser sur les bas-fonds, de les froisser contre les rochers. ia C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. pugnata a Claudio principe. Venerat tune exaedificanle eo portum, invitata naufragiis tergorum advectorum e Gallia, satiansque se per complures dies, alveum in vado sulcaverat, adtumulata fluctibus in tantum, ut circumagi nullo modo posset : et dum saginam persequitur, in li- tus fluctibus propulsa, emineret dorso multum supra aquas carinae vice inversae. Praetendi jussit Caesar plagas multiplies inter ora portus : profectusque ipse cum praetorianis cohortibus populo romano spectaculum prae- buit, lanceas congerente milite e navigiis assultantibus , quorum unum mergi vidimus, reflatu belluae oppletum unda. * An spirent pisces ; an dormiant ? VI. Ora balaenae habent in frontibus : ideoque suraraa aqua natantes , in sublime nimbos eflant. 7. Spirant autem confessione omnium et paucissima HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i3 ( '.es combats sont vraiment un spectacle : il semble que la mer soit, furieuse contre elle-mme. Sans qu'aucun vent se fasse sentir dans le dtroit, les flots, pousss par le souffle et le choc des combattans, s'agitent et se soulvent avec plus de force que dans la plus violente tempte. On a vu jusque dans le port d'Ostie un orque auquel l'em- pereur Claude livra combat. Il tait venu , lorsque ce prince faisait travailler ce port, attir par le naufrage d'un vaisseau qui apportait des cuirs de la Gaule. Il s'tait repu de ces cuirs pendant plusieurs jours , s'tant fait sous les eaux une espce de canal dans lequel il se trouvait enferm par le sable entass autour de lui, de manire qu'il ne pouvait se dgager. Un jour, en pour- suivant sa proie, il fut pouss par les flots sur le rivage, et son dos se montrait au dessus des eaux comme une carne renverse. L'empereur fit tendre une multitude de filets l'entre du port, et s'tant lui-mme avanc la tte des cohortes prtoriennes, il donna aux Romains le spectacle d'un combat livr ce monstre par des sol- dats monts sur des barques, d'o ils faisaient pleuvoir une grle de traits ; et j'ai vu moi-mme une de ces barques submerge par l'eau dont le souffle de l'orque l'avait remplie. Les poissons respirent-ils ? dorment-ils ? VI. Les baleines ont sur la tte des vents au moyen desquels, en nageant la surface de la mer, elles pous- sent en l'air comme des nues de l'eau qu'elles ont avale. 7. Tout le monde convient que ces animaux respirent i & C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. alia in mari, quae internorum viscerum pulmonem ha- hent , quoniam sine eo nullum animal putatur spirare : nec piscium branchias habentes, anhelitum reddere, ac per vices recipere existimant, quorum haec opinio est : nec multa alia gnera etiam branchiis carentia : in qua sententia fuisse Aristotelem video, et multis persuasisse doctrinae indaginibus. Nec me protinus huic opinioni eorum accedere liaud dissimulo : quoniam et pulmonum vice aliis possunt alia spirabilia inesse viscera, ita vo- lente natura : sicut et pro sanguine est multis alius hu- mor. In aquas quidem penetrare vitalem hune halitum quis miretur, qui etiam, reddi ab lus eum cernt : et in terras quoque tanto spissiorem naturae partem, pe- netrare, argumento animalium, quae semper defossa vi- vunt, ceu talpae? Accedunt apud me certe efficacia, ut credam etiam omnia in aquis spirare naturae suae sorte : primum saepe adnotata piscium aestivo calore quaedam anhelatio, et alia tranquillo velut oscitatio : ipsorum quoque, qui sunt in adversa opinione, de somno pis- cium confessio : quis enim sine respiratione somno lo- cus? Prterea bullantum aquarum suflatio, Lunaeque effectu concharum quoque corpora augescentia. Super omnia est, quod esse auditum et odoratum piscibus, non erit dubium : ex aeris ulrumque materia. Odorem quidem non aliud, quam infectum ara, intelligi possit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. S ter crustis intecta, quae sunt triginta. De singulis alias dicemus. Nunc enim natur tractantur insignium. Qui maximi pisces. XVII. 1 5. Prcipua magnitudine thynni : invenimus talenta quindecim pependisse. Ejusdem caudae latitudi- nem duo cubita et palmum. Sunt et in quibusdam am- nibus haud minores : silurus in Nilo, esox in Rheno, HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 35 brise la tte. Leur cri est une espce de mugissement qui leur a fait donner la dnomination de veau. Ils sont cependant susceptibles d'ducation, apprennent saluer de la voix et de la tte, et rpondent par un murmure confus quand on les appelle. Nul animal ne dort d'un plus profond sommeil. Leurs nageoires, qui leur servent se conduire dans la mer, leur tiennent aussi lieu de pieds pour se traner sur la terre. On prtend que leurs peaux , mme aprs avoir t enleves et dtaches de l'animal , conservent une sorte de sympathie avec les mouvemens de la mer, et que le poil se redresse toutes les fois que la mare baisse. On attribue aussi une vertu soporifique leur nageoire droite, et l'on dit que, place sous la tte, elle provoque au sommeil. i4- Parmi les animaux aquatiques dnus de poil, deux seulement sont vivipares : le dauphin et la vipre. Combien il y a d'espces de poissons. XVI. H y a soixante-quatorze espces de poissons, sans compter les crustacs qui en forment trente. Je par- lerai dans la suite de chacune en particulier : je m'occupe ici des plus remarquables. Quels sont les poissons les plus grands. XVII. i5. Le thon est un poisson de la premire grandeur. On en a vu un qui pesait quinze talens. Sa queue avait de largeur deux coudes et un palme. Il y a dans quelques fleuves des poissons non moins grands, 3. 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. attilus in Pado , inertia pinguesccns, ad mille aliquando libras, catenato captus hamo, nec nisi boum jugis ex- tractus. Atqui hune minimus piscis appellatus clupea, venam quamdam ejus in faucibus mira cupidine appe- tens, morsu examint. Silurus grassatur, ubicumqueest, omne animal appetens , equos natantes saepe demergens. Prsecipue in Mno Germaniae amne protelis boum, et in Danubio marris exlrahitur, porculo marino similli- mus : et in Borysthene memoratur prcipua magni- tudo , nullis ossibus spinisve intersitis , carne praedulci. In Gange Indiae platanistas vocant, rostro delphini et cauda , magnitudine autem xv cubitorum. In eodem esse Statius Sebosus haud modico miraculo affert, vernies brauchiis binis, sexaginta cubitorum, caeruleos, qui no- men a facie traxerunt. His tantas esse vires, ut elephan- tos ad potum venientes, mordicus comprehensa manu eorum abstrahant. Thynni , cordylae , pelamides : membratim ex his salsura. Melan- drya, apolecti, cybia. XVIII. Thynni mares sub ventre non habent pinnam. Intrant e magno mari Pontum verno tempore gregatim, HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 3 7 tels que le silure dans le Nil, l'sox dans le Rhin, l'at- tilus dans le P : ce dernier s'engraisse par l'inaction , et pse quelquefois jusqu' mille livres. On le prend avec un hameon attach une chane. Il faut un attelage de bufs pour le tirer terre. Cependant un trs-petit pois- son qu'on nomme clupe le fait prir par sa morsure, en s'attachant avec une ardeur extraordinaire une veine de sa gorge. Le silure exerce ses ravages partout o il se trouve ; il attaque tous les animaux , et souvent at- tire au fond de l'eau les chevaux qui nagent. C'est sur- tout dans le Mein , rivire de la Germanie , et dans le Danube, qu'il faut employer la force des bufs et des crampons de fer pour tirer terre un poisson qui a beau- coup de ressemblance avec le cochon marin. Il y a dans le Borysthne un poisson norme qui n'a point d'os ni d'a- rtes, et dont la chair est trs-dlicate. Les Indiens nom- ment plataniste un poisson du Gange, long de quinze coudes , et qui a le museau et la queue du dauphin. Stace Sbose fait mention de vers prodigieux qu'on trouve dans le mme fleuve. Ils ont deux oues , soixante coudes de longueur, et sont de couleur bleue. Leur forme leur a fait donner ce nom. Ils sont d'une force telle, que, lorsqu'un lphant vient boire, ils lui saisissent la trompe, et de leur morsure l'entranent dans l'eau. Les thons , les cordyles , le* plamides ; salaisons qu'on fait de certaines parties de ces poissons. Les mlandryes, les apolectes, les cybies. XVIII. Les thons maies n'ont point de nageoires sous le ventre. Au printemps , ils passent en troupes de 1 38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. nec alibi fetificant. Cordyla appellantur partus , qui ftas redeuntes in mare autumno comitantur : limosae vero, aut e luto pelamides incipiunt vocari : et quum an- nuum excessere tempus , thynni. Hi membratim caesi, cer- vice et abdomine commendantur, atque clidio, recenti dumtaxat, et tum quoque gravi ructu : cetera parte plenis pulpamentis sale adservantur. Melandrya vocan- tur, caesis quercus assulis simillima. Vilissima ex his, quae caudse proxima , quia pingui carent : probatissima , quse faucibus : at in alio pisce circa caudam exercitatis- sima. Pelamides in apolectos particulatimque consectae, in gnera cybiorum dispartiuntur. Amiae : scombri. XIX. Piscium genus omne praecipua celeritate ado- lescit, maxime in Ponto. Causa, multitudo amnium dulces inferentium aquas. Amiam vocant, cujus incre- mentum singulis diebus intelligitur. Cum thynnis haec et pelamides in Pontum ad dulciora pabula intrant gregatim cum suis quaeque ducibus, et primi omnium scombri, quibus est in aqua sulphureus eolor, extra qui ceteris. Hispaniae cetarias bi replent, tbynnis non com- meantibus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 3 9 grande mer dans le Pont-Euxin , et ne fraient pas ail- leurs. Les petits, qui accompagnent leurs mres lorsque, en automne, elles retournent dans la mer, sont appels cordyles. On commence ensuite les appeler limoneux ou plamides , nom qui a le mme sens ; et lorsqu'ils ont plus d'un an , on les nomme thons. On les coupe par tranches, et les parties les plus estimes sont le cou, le ventre, et la gorge ; mais il faut les manger frais, encore alors causent-ils des rapports dsagrables. Le reste se conserve marin. On appelle mlandryes les morceaux qui ont la forme de copeaux de chne. On met peu de prix aux morceaux voisins de la queue, parce qu'ils sont maigres. Ceux qui sont prs de la gorge sont les plus recherchs; mais, dans les autres poissons, on donne la prfrence aux parties voisines de la queue. On coupe les plamides en apolectes et autres morceaux , que l'on subdivise en cybium de toute espce. Amias , scombres. XIX. Toutes les espces de poissons croissent trs- vite , surtout dans la mer du Pont. La cause en est dans le grand nombre de rivires qui viennent y porter des eaux douces. On nomme amia un poisson qui prend chaque jour un accroissement sensible. Les amias entrent par troupes dans le Pont avec les plamides et les thons, pour y chercher une nourriture plus douce. Chaque troupe a son chef. Les maquereaux , qui , dans l'eau , ont la couleur du soufre, et celle des autres poissons quand ils en sont dehors, sont les premiers entrer dans ko C. PLINII HST. NAT. LIB. IX. Qui non sint pisces in Ponto : qui intrent , et qui alias re- deant. XX. Sed in Pontum nulla intrat bestia piscibus ma- lefica, prter vitulos et parvos delphinos. Thynni dex- tra ripa intrant, exeunt laeva. Id accidere existimatur, quia dextro oculo plus cernant, utroque nalura hebete. Est in euripo Thracii Bosphori , quo Propontis Euxino jungitur, in ipsis Europam Asiamque separantis freti angustiis , saxum miri candoris , a vado ad summa per- lucens, juxta Chalcedonem in latere Asi. Hujus as- pectu repente territi , semper adversum Byzantii pro- montorium, ex ea causa appellatum Aurei Cornus , pr- cipiti petunt agmine. Itaque omnis captura Byzantii est, magna Chalcedonis penuria mille passibus medii inter- fluentis euripi. Opperiuntur autem Aquilonis flatum, ut secundo fluctu exeant e Ponto, nec nisi intrantes portum Byzantium capiuntur. Bruma non vagantur : ubicumque deprehensi, usque ad quinoctium , ibi hi- bernant. Iidem spe navigia velis euntia comitantes , mira quadam dulcedine per aliquot horarum spatia et passuum millia a gubernaculis spectantur , ne tridente quidem in eos saepius jacto territi. Quidam eos qui hoc thynnis faciant , pompilos vocant. HISTOIRE NATURELLE , L1V. IX. 4 i cette mer. Les rservoirs d'Espagne en sont remplis. Les thons ne viennent pas jusque-l. Poissons qu'on ne trouve jamais dans le Pont ; poissons qui y entrent et qui en reviennent. XX. Il n'entre dans le Pont aucun animal nuisible aux poissons , except les veaux marins et les petits dau- phins. Les thons suivent la rive droite lorsqu'ils entrent ; leur retour ils suivent la gauche ; on en attribue la cause ce que ces animaux, qui ont naturellement la vue faible, voient pourtant un peu mieux de l'il droit que de l'il gauche. Dans le Bosphore de Thrace, qui runit laPro- pontide au Pont-Euxin, l'endroit mme o le dtroit qui spare l'Europe de l'Asie est le plus resserr , existe un rocher d'une surprenante blancheur, qui se fait voir depuis le fond jusqu' la surface de l'eau. Il est auprs de Chalcdoine sur la cote d'Asie. A son aspect, les thons effrays se jettent en foule vers le cap de Byzance , qui est l'opposite , et qu'on a par cette raison nomm le cap de la Corne-d'Or. Aussi toute la pche du thon se fait Byzance, tandis qu'on n'en prend pas un Chal- cdoine, qui n'en est spare que par un dtroit de mille pas. Ils attendent l'aquilon pour sortir du Pont avec un flot favorable , et la pche n'a lieu que lorsqu'ils entrent dans le port de Byzance. Pendant l'hiver ils ne voyagent point. En quelque endroit que cette saison les surprenne, ils y sjournent jusqu' l'quinoxe. Souvent ils accom- pagnent les vaisseaux qui vont la voile, et c'est un spectacle fort agrable, que de les voir, du haut de la pouppe, suivre pendant quelques heures et l'espace de /,2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. Multi in Propontide aestivant : Pontum non intrant. Item soleae , quum rhombi intrent : nec sepia est, quum loligo reperiatur. Saxatiliurn , turdus et merula desunt : sicut conchylia , quum ostreae abundent. Omnia autem hibernant in iEgeo. Intrantium Pontum soli non re- meant trichiae. Graecis enim in plerisque nominibus uti par erit, quando aliis atque aliis eosdem diVersi appel- lavere tractus. Sed hi soli Istrum amnem subeunt : ex eo subterraneis ejus venis in Adriaticum mare defluunt: itaque et illic. descendentes , nec umquam subeuntes e mari visuntur. Thynnorum captura est a Vergiliarum exortu ad Arcturi occasum : reliquo tempore hiberno latent in gurgitibus imis , nisi tepore aliquo evocati , aut pleniluniis. Pinguescunt et in tantum, ut dehis- cant. Vita longissima his bienuio. Quare pisces extra aquam exsiliant. XXI. Animal est parvum , scorpionis effigie , aranei magnitudine. Hoc se , et tliynno , et ei qui gladius voca- tur, crebro delphini magnitudinem excedenti , sub pinna adfigit aculeo : tantoque infestt dolore , ut in nave* HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 43 plusieurs milles, sans que le trident, lanc sur eux plusieurs reprises, les pouvante. Quelques-uns nomment" pompiles les thons qui suivent ainsi les vaisseaux. Beau- coup de poissons passent l't dans la Propontide, et n'entrent pas dans le Pont. Telles sont les soles : les tur- bots y entrent. On y voit aussi le calmar, mais jamais la sche. Parmi les saxatiles , le tourd et le merle ne s'y trouvent pas , non plus que les poissons coquilles , au lieu que les hutres y abondent. Tous passent l'hiver dans la mer Ege. Mais de ceux qui entrent dans le Pont, les seuls qui n'en reviennent pas sont les trichias. Je fais observer ici que chaque pays ayant donn aux mmes espces des noms diffrens, je crois devoir me servir des noms grecs. Les trichias sont les seuls qui entrent dans le Danube ; de l ils descendent la mer Adriatique par des conduits souterrains ; mais on ne les voit jamais remonter de cette mer. La pche des thons se fait depuis le lever des pliades jusqu'au coucher de l'arc- ture. Le reste de l'hiver, ils se tiennent cachs au fond des abmes, moins qu'un temps doux ou la pleine lune ne les invite en sortir. Ils engraissent au point de se fendre. Leur vie la plus longue est de deux ans. Pourquoi les poissons sautent hors de l'eau. XXI. Il est un petit animal de la forme du scorpion , et de la grandeur de l'araigne , qui s'attache sous la na- geoire du thon et d'un autre poisson qu'on nomme pe, souvent plus grand que le dauphin. En les piquant de son aiguillon, il leur cause une douleur si vive qu'ils 44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. saepenumero exsiliant. Quod et alias faciunt aliorum vim timentes, mugilcs maxime, tam praecipuae veloci- tatis, ut transversa navigia intrim superjactent. Esse auguria ex piscibus. XXII. 16. Sunt et in hac parte naturse auguria, sunt et piscibus praescita. Siculo bllo ambulante in litore Augusto , piscis e mari ad pedes ejus exsiliit : quo ar- gumenta vates respondere, Neptunum patrem adoptante tum sibi Sex. Pompeio ( tanta erat navalis rei gloria ) : Sub pe&ibus Caesaris futuros, qui maria terapore illo tenerent. In quo gnre piscium mares non sint. XXIII. Piscium, feminae majores quam mares. In quodam gnre omnino non sunt mares , sicut in ery- thinis et chanis. Omnes enim ovis gravidae capiuutur. Vagantur gregatim fere cujusque generis squamosi. Capiuntur ante solis ortum : tum maxime piscium fal- litur visus. Noctibus, quies : et illustribus aeque, quam die , cernunt. Aiunt et si teratur gurges , interesse ca- ptura? : itaque plures secundo tractu capi quam primo. Gustu olei maxime, dein modicis imbribus gaudent. HISTOIRE NATURELLE, L1V. IX. /,5 se jettent frquemment clans les vaisseaux. Cela arrive d'autres , lorsqu'ils fuient des ennemis redoutables, et surtout aux muges, dont la lgret est si grande, qu'ils sautent quelquefois par dessus les navires. Augures tirs des poissons. XXII. 16. Les augures se retrouvent aussi dans cette partie de la nature, et les poissons eux-mmes ont la prescience de l'avenir. Fendant la guerre de Sicile , Au- guste se promenant sur le rivage, un poisson s'lana de la mer, et vint tomber ses pieds. C'tait le temps o Sextus Pompe , fier de ses victoires navales , se donnait Neptune pour pre. Les augures consults rpondirent que ceux qui tenaient alors l'empire de la mer seraient mis aux pieds de Csar. Espces de poissons qui n'ont point de mles. XXIII. Parmi les poissons , les femelles sont plus grandes que les mles. Dans certaines espces, il n'y a point de mles : tels sont les rythins et les chanis ; car tous les individus que l'on prend sont remplis d'ufs. Les poissons cailles vont presque toujours en troupes. On les prend avant le lever du soleil : c'est le moment o ils voient le moins. Ils reposent la nuit; et lorsqu'elle est claire, ils discernent les objets aussi bien que pen- dant le jour. On dit que la pche est plus abondante, lorsqu'on agite le fond de l'eau , et que par cette raison le second coup de filet est plus heureux que le premier. if C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. ahinturqiie. Quippe et arundines , quamvis in paiude prognatac , non tamen sine imbre adolescunt : et alias ubicumque pisces in eadem aqua assidui, si non ad- fluat, exanimantur. Qui calculum in capite habeant ; qui lateant hieme ; et qui hieme non capiantur, nisi statis diebus. XXIV. Praegelidam hiemem omnes sentiunt, sed maxime qui lapidem in capite habere existimantur, ut lupi, chromes, sciaenae, pagri. Quum asperae hiemes fuere , multi caeci capiuntur. Itaque his mensibus ja- cent speluncis conditi , sicut in terrestrium gnre retu- limus. Maxime hippurus et coracinus hieme non capti, praeterquam statis diebus paucis, et iisdem semper : muraena et orphus, conger, percae, et saxatiles omnes. Terra quidem , hoc est , vado maris excavato condi per hiemes torpedinem , psettam , soleamque tradunt. Qui aestate lateant ; qui siderentur pisces. XXV. Quidam rursus stus impatientia , mediis fer- voribus sexagenis diebus latent , ut glaucus , aselli i auratae. Fluviatilium silurus Canicul exortu sideratur, HISTOIRE NATURELLE, L1V.IX. /, 7 Ils aiment singulirement l'huile: les pluies modres les rjouissent et les font crotre. Les roseaux eux-mmes , quoiqu'ils naissent dans les marais , ne croissent point sans pluie. Les poissons qui demeurent constamment dans la mme eau prissent , s'il n'y entre pas une eau nouvelle. Poissons qui ont une pierre dans la tte ; autres qui se tiennent cachs l'hiver ; autres qu'on ne prend pas l'hiver, except certains jours. XXIV. Tous les poissons se ressentent de l'pret des hivers, surtout ceux qu'on dit avoir une pierre dans la tte, comme les loups, les chromis, les scines et les pagres. Aprs les hivers rigoureux , on en prend beau- coup qui sont aveugles. Aussi pendant cette saison ils se tiennent cachs dans leurs retraites, comme je l'ai dit de quelques animaux terrestres. L'hippure et le coracin ne se prennent pas l'hiver, si ce n'est pendant un petit nombre de jours dtermins, qui sont toujours les mmes. On ne prend pas non plus la murne, l'orphe, le congre, la perche, ni aucun saxatile. On dit que pendant l'hi- ver la torpille, la psetta et la sole se cachent dans la terre , c'est--dire dans des trous qu'elles creusent au fond de la mer. Poissons qui se cachent l't , ou qui sont influencs par les astres. XXV. D'autres au contraire ne peuvent supporter les chaleurs , et se cachent soixante jours pendant les ar- deurs de l't , comme le glauque , l'non et la dorade. /,8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. et alias semper fulgure sopitur. Hoc et in mari acci- dere cyprino putant. Et alioqui totum mare sentit exor- tum ejus sideris : quod maxime in Bosphore* apparet. Alga enim et pisces superferuntur, omniaque ab imo versa. De mugile. XXVI. 17. Mugilum natura ridetur, in metu capite abscondito, totos se oceutari credentium. Iisdem ta- men tanta salacitas, ut in Phnice, et Narbonensi pro- vincia , coitus tempore e vivariis marem linea longinqua per os ad branchias religata emissum in mare, eadem- que linea retractum , feminae sequantur ad litus , rur- susque feminam mares partus tempore. De acipensere. XXVII. Apud antiquos piscium nobilissimus habitus acipenser, unus omnium squamis ad os versis, contra quam in nando meant , nullo nunc in honore est : quod quidem miror, quum sit rarus inventu. Quidam eum elopem vocant. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 49 Parmi les poissons de rivire, le silure est fortement af- fect par le lever de la canicule, et d'ailleurs la foudre l'assoupit toujours. On croit que les mmes effets ont lieu dans le cyprin. Au surplus le lever de la canicule* se fait sentir la mer entire , et cela se remarque sur- tout dans le Bosphore; car les poissons et l'algue ma- rine y sont ports la surface des eaux, et tout est dans la confusion la plus entire. Du muge. XXYI. 17. H y a quelque chose de risible dans la na- ture des muges : quand ils ont peur, ils se cachent la tte croyant qu'on ne les aperoit plus. Ils sont d'ailleurs si ardens en amour que, dans la Phnicie et la province Narbonaise , on lche la mer, au temps de l'accouple- ment, un mle attach une longue ficelle qui passe de la bouche aux oues; puis on le retire par cette mme ficelle, et les femelles le suivent jusqu'au rivage. Dans la saison du frai , la femelle est pareillement suivie par les mles. De l'acipenser. XXVII. L'acipenser, le seul des poissons dont les cailles soient tournes vers la tte, et celui que les an- ciens plaaient au premier rang , ne jouit plus aujour- d'hui d'aucune estime. J'en suis tonn, car il est rare. Quelques auteurs le nomment lops. *>} VII. 5o C. PLIN1I HIST. NAT. L1K. IX. De lupo ; de asello. XXVIII. Postea praecipuam auctoritatem fuisse lupo , et asellis, Cornlius Nepos, et Laberius poeta mimo- rum , tradidere. Luporum laudatissimi , qui appellantur lanati , a candore molli tiaque carnis. Asellorum duo g- nera : callariae , minores : et bacchi , qui non nisi in alto capiuntur, ideo praelati prioribus. At in lupis, in amne capti praeferuntur. De scaro ; de mustela. XXIX. Nunc scaro datur principatus , qui solus pis- cium dicitur ruminare , herbisque vesci , non aliis pis- cibus , mari Carpathio maxime frequens. Promontorium Troadis Lecton sponte numquam transit. Inde advectos Tiberio Claudio principe, Optatus Elipertius praefectus classis , inter Ostiensem et Campaniae oram sparsos dis- seminavit. Quinquennio fere cura est adhibita , ul capti redderentur mari. Postea frquentes inveniuntur Italiae in litore, non antea ibi capti. Admovitque sibi gula sapores piscibus satis, et novum incolam mari ddit, ne quis peregrinas aves Romae parre miretur. vt. Proxima est mensa jecori dumtaxat mustelarum, HISTOIRE NATURELLE, L1V. IX. 5 1 Du loup ; de l'non. XXVIII. Cornlius Nepos et Laberius, pote comique, nous ont transrais que la prfrence se porta ensuite sur le loup et l'non. Les loups les plus recherchs sont ceux qu'on nomme lanati , cause de leur chair blanche et tendre. Il y a deux espces d'non , le callaria qui est la plus petite espce, et le bacchus qui ne se prend qu'en pleine mer, et qui, par cette raison, est le plus estim. Mais les loups pchs dans les rivires sont jugs les meilleurs. Du scare ; de la mustle. XXIX. Aujourd'hui le scare prdomine. On dit que c'est le seul poisson ruminant ; qu'il se nourrit d'herbes , et ne mange point les autres poissons. Il abonde surtout dans la mer Carpathienne. Jamais il ne passe de lui- mme au del du promontoire de Lecte en Troade. Sous l'empereur Claude Tibre, Optatus Elipertius, comman- dant de la flotte, en fit apporter de cette mer, et les rpandit le long des ctes, depuis Ostie jusqu' la Cam- panie. Pendant cinq ans on eut soin que ceux qui taient pris fussent rendus la mer. Depuis ce temps on en trouve beaucoup sur les rivages de l'Italie, o l'on n'en voyait pas auparavant. Quand , pour augmenter les ri- chesses de la table, la gastronomie sme des poissons et donne de nouveaux habitans une mer, faut-il s'tonner de voir les oiseaux trangers se reproduire dans Rome ? Le mets le plus dlicat, aprs le scare, est le foie de 4- 5 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. quas (mirum dictu) inter Alpes qtioque lacus Rhaetiae Brigantinus mulas marinis gnrt. Mullorum gnera ; et de sargo comit. XXX. Ex reliqua nobilitate, et gratia maxima est et copia mullis, sicUt magnitudo modica : binasque libras ponderis raro admodum exsuperant, nec in vivariis piscinisque crescunt. Septentrionalis tantum hos, et proxima occidentis parte gignit oceanus. Cetero eorum gnera plura. Nam et alga vescuntur, et ostreis , et limo, et aliorum piscium carne : barba gemina insi- gniuntur inferiori labro. Lutarium ex iis vilissimi generis appellant. Hune semper comitatur sargus nomine alius piscis, et cnum fodiente eo, excitatum dvort pabu- lum. Nec litoralibus gratia. Laudatissimi conchylium sapiunt. Nomen his Fenestella a colore mulleorum cal- ciamentorum datum putat. Pariunt ter anno. His certe toties fetura apparet. Mullum exspirantem versicolori quadam et numerosa varietate spectari, proceres gulae narrant, rubentium squamarum multiplici mutatione pallescentem , utique si vitro spectetur inclusus. M. Api- cius ad mne luxus ingenium mirus, in sociorum garo (nam ea quoque res cognomen invenit) necari eos prae- cellens putavit , atque e jecore eorum alecem excogitare HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 53 mustle. Un fait remarquable, c'est que le lac de Brigan- tia enRhtie, au milieu des Alpes, produit des mustles qui ne le cdent pas celles de la mer. Des diverses espces de mulles ; du sarge qui les accompagne. XXX. Des autres poissons qui ont quelque r- putation , le meilleur et le plus commun est le mulle. Sa grosseur est mdiocre, rarement il pse plus de deux livres. Il ne crot ni dans les rivires, ni dans les rser- voirs. On ne le trouve que dans l'ocan Septentrional , et dans la partie qui est le plus l'occident. Au surplus il y en a de plusieurs espces. Les uns vivent d'algue, d'autres, d'hutres; d'autres se nourrissent de limon, et d'autres enfin de la chair des autres poissons. Ce qui les caractrise, c'est un double barbillon la lvre infrieure. Le moins estim est celui qu'on nomme vaseux (M. Lu- tarius). Il est toujours accompagn d'un autre poisson nomm sarge, qui, tandis que le mulle fouille la vase, dvore toute la nourriture qu'il en a fait sortir. On fait peu de cas de ceux qu'on pche sur les cotes. Les plus recherchs ont la saveur des poissons coquilles. Fe- nestella pense que le nom de mullus leur est venu de la couleur de la chaussure appele en latin mulleus. Us fraient trois fois l'an : du moins voit-on paratre leurs pe- tits trois poques. Les coryphes de la table prten- dent qu'un mulle expirant se nuance en mille manires diffrentes, et que si on le place dans un bocal, on voit le rouge clatant de ses cailles plir et s'teindre par une infinit de dgradations successives. M. Apicius r 54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. provocavit : id eniin est facilius dixisse, quam quis vi- rent. Mirabilia piscium pretia. XXXI. Asinius Celer e consularibus, hoc pisce pro- digus , Caio principe unum mercatus octo millibus niim- muni : quae reputatio aufert transversum animum ad contemplationem eorum , qui in conquestione luxus coquos emi singulos pluris quam equos, quiritabant. At nunc coci triumphorum pretiis parantur, et coquo- rum pisces. Nullusque prope jam mortalis sestimatur pluris , quam qui peritissime censum domini mergit. 18. Mullum lxxx librarum in mari Rubro captum Licinius Mucianus prodidit. Quanti mercatura eum luxu- ria, suburbanis litoribus inventum? Non ubiqtie eadem gnera placere. XXXII. Est et hc natura, ut alii alibi pisces prin- cipatum obtineant : coracinus in iEgypto : zeus , idem faber appellatus, Gadibus : circa Ebusum salpa ? obscc- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 55 homme admirablement ingnieux pour tous les raffine- mens du luxe, a pens que la meilleure manire d'ap- prter le mulle tait de le faire mourir dans la saumure, qu'on appelle garum des allis ( garum sociorum), car cela mme a obtenu un surnom. Il proposa un prix celui qui inventerait une saumure nouvelle avec le foie de ce poisson. Il est plus facile de rappeler cette proposition, que le nom de celui qui mrita le prix. Prix normes de quelques poissons. XXXI. Asinius Celer , consulaire , a donn sous Caligula un exemple de prodigalit, en payant un mulle huit mille sesterces. Cela donne penser ceux qui , dans leurs dclamations contre le luxe, se plaignaient de ce qu'on achetait les cuisiniers plus cher que les che- vaux. Aujourd'hui un cuisinier cote autant qu'un triomphe, un poisson autant qu'un cuisinier; et dj nul mortel ne parat d'un plus haut prix que l'esclave qui connat le mieux l'art de ruiner son matre. 1 8. Licinius Mucianus rapporte qu'on pcha dans la mer Rouge un mulle du poids de quatre-vingt livres. S'il et t pris sur nos rivages, combien le luxe l'aurait pay ! Varit de saveur des espces suivant les lieux. XXXII. 11 arrive aussi que certains poissons se trou- vent meilleurs dans un pays que dans un autre, comme le eoracin en Egypte , le zus, qu'on nomme aussi faber, 56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. nus alibi , et qui nusquam percoqui possit , nisi ferula verberatus : in Aquitania salmo fluviatilis marinis omni- bus praefertur. De branchiis ; de squamis. XXXIII. Piscium alii branchias multiplies habent , alii simplices , alii duplices. His aquam emittunt acce- ptam ore. Senectutis indicium squamarum duritia , quae non sunt omnibus similes. Duo lacus Italiae in radieibus Alpium , Larius et Verbanus appellantur, in quibus pisces omnibus annis Vergiliarum ortu exsistunt , squa- mis conspicui crebris atque pracutis , clavorum cali- garium effigie : nec amplius , quam circa eum mensem , visuntur. Vocales , et sine branchiis pisces. * "-, XXXIV. 19. Miratur et Axcadia suum exoctum, appellatum ab eo, quod in siccum somni causa exeat- Circa Clitorium vocalis hic traditur, et sine branchiis : idem aliquibus adonis dictus. Qui in terram exeant. Tempora captura;. XXXV. Exeunt in terram : et qui marini mures vo- cantur, et polypi , et muraenae. Quin et in lndiae flumi- nibus certum genus piscium, ac dcinde resilit : nam in HISTOIRE NATURELLE , LIV. IX. 5 7 Cadix; et prs d'Ebuse, la saupe, poisson immonde ail- leurs, et que nulle part on ne peut faire cuire sans l'avoir frapp coups de baguette. Dans l'Aquitaine le saumon de rivire est prfr tous les poissons de mer. Des oues , des cailles. XXXIII. Parmi les poissons, les uns ont les oues formes de plusieurs lames, chez d'autres elles sont sim- ples, et chez d'autres elles sont doubles. Ils rejettent par ces ouvertures l'eau entre par la bouche. La duret des cailles est l'indice de la vieillesse. Elles ne sont pas sem- blables dans tous. Au pied des Alpes , en Italie , sont deux lacs, le Larius (lac de Corne) et le Verbanus (lac Majeur), o chaque anne, au lever des pliades, paraissent des pois- sons revtus d'caills serres et trs-pointues, qui res- semblent des clous de bottines. On ne les voit jamais qu' cette poque. Poissons dous de la voix ; poissons sans oues. XXXIV. 19. L'Arcadie aussi admire son exocet, ainsi nomm parce qu'il sort de l'eau pour dormir. On dit que vers le fleuve Clitorius, ce poisson a de la voix et point d'oues. Quelques-uns le nomment adonis. Poissons qui viennent terre. Instans favorables la pche. XXXV. Ceux qui viennent terre sont les polypes, les murnes, et ce qu'on appelle rats marins. Il en est do mme d'une espce de poissons qui se trouvent dans les 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. stagna et amnes transeundi plerisque evidens ratio est , ut tutos ftus edant, quia non sint ibi qui dvorent par- tus, fluctusque minus saeviant. Has intelligi ab iis cau- sas, servarique temporum vices, inagis miretur, si quis reputet quoto cuique hominum nosci , uberrimam esse capturam sole transeunte Piscium signum. Digestio piscium in figuras corporis. Rhomborum et passerum differentia. De longis piscibus. XXXVI. 20. Marinorum alii sunt plani, ut rhombi , soleae , ac passeres , qui a rhombis situ tantum corpo- rum diferunt. Dexter resupinatus est illis , passeri lae- vus. Alii longi , ut muraena, conger. De piscium pinnis , et natandi ratione. XXXVII. Ideo pinnarum quoque fiunt discrimina, quae pedum vice sunt data? piscibus : nullis supra qua- ternas : quibusdam binae, aliquibus nullae. In Fucino tantum lacu piscis est, qui octonis pinnis natat. Bina? omnino, longis et lubricis, ut anguillis et congris. Nullae, ut muraenis, quibus nec branchiae. Haec omnia flexuoso corporum impulsu ita mari utuntur, ut serpen- tes terra. In sicco quoque repunt, ideo etiam viva- HISTOIRE NATURELLE, Lit. IX. 5 9 fleuves de l'Inde, et qui vivent alternativement sur la terre et dans l'eau. La plupart des poissons ne passent dans les tangs et les rivires que pour y frayer plus en sret, parce qu'il ne s'y trouve point d'animaux crain- dre pour leurs petits, et que les flots y sont moins agits. L'on sera bien plus frapp de cet instinct, et de leur exactitude saisir certaines poques, si l'on pense com- bien peu d'hommes savent que la pche la plus abondante se fait lorsque le soleil passe au signe des Poissons. > Classification des poissons d'aprs les formes du corps. Diffrence des turbots et des plies. Des poissons longs. XXXVI. 20. Parmi les poissons de mer, les uns sont plats, comme le turbot, la sole et la plie qui ne diffre du turbot que par la position latrale de son corps. Celui-ci se tient sur le ct droit , et la plie sur le ct gauche. Les autres sont longs, comme la murne et le congre. Nageoires et manire de nager des poissons. XXXVII. De l aussi une diffrence dans les nageoires, que la nature a donnes aux poissons au lieu de pieds. Aucun n'en a plus de quatre ; quelques-uns en ont deux, d'autres n'en ont point. Dans le lac Fucin seulement se trouve un poisson qui en a huit. Les poissons longs et glissans n'en ont que deux, comme l'anguille et le congre. Quelques-uns en sont absolument dpourvus , comme les murnes, qui manquent galement d'oues. Tous ces pois- sons vont dans la mer en se repliant, comme les serpens 6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. ciora talia. Et e planis aliqua non habent pinnas, ut pastinacae : ipsa enim latitudine natant. Et quae mollia appellantur, ut polypi, quoniam pedes illis pinnarum vicem prstant. Anguillae. XXXVIII. ai. Anguillae octonis vivunt annis. Du- rant et sine aqua senis diebus aquilone spirante : au- stro, paucioribus. At biemem eaedem in exigua aqua non tolrant , nec in turbida : ideo circa Vergilias maxime capiuntur, fkiminibus tum praecipue turbidis. Pascun- tur noctibus. Exanimes piscium solae non fluitant. \ 11. Lacus est Italiae Benacus in Veronensi agro Min- cium amnem transmittens , ad cujus emersus annuo tempore Octobri fere mense, autumnali sidre, ut pa- lam est, hiemato lacu, fluctibus glomeratae volvuntur, in tantum mirabili multitudine, ut in excipulis ejus flu- minis, ob hoc ipsum fabricatis, singulorum millium globi reperiantur. , Muraenae. XXXIX. iZ. Murna quocumque mense parit, quum. ceteri pisces stato pariant. Ova ejus citissime crescunt. In sicco litore lapsas vulgus coitu serpentium impleri HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 61 sur la terre. Ils rampent de mme tant sc; aussi ces animaux sont-ils plus vivaces. Quelques-uns des poissons plats sont aussi sans nageoires, telles sont les paste- nagues : leur seule largeur les soutient sur l'eau. Ceux qu'on appelle mollusques comme les polypes, n'en ont pas non plus : leurs pieds leur en tiennent lieu. Anguilles. XXXVIII. 2 1 . Les anguilles vivent huit ans. Elles peu- vent vivre six jours hors de l'eau par un vent du nord , mais moins long-temps par un vent du midi. Elles ne sup- portent pas l'hiver, si elles ne sont dans une eau abondante et claire. Aussi les prend-on vers le lever des pliades , lorsque l'eau des rivires est plus trouble. Elles vont la nuit chercher leur nourriture. C'est le seul poisson qui ne flotte pas tant mort. 22. Prs de Vrone, en Italie, est le lac Bnaco, que le Mincio traverse. Chaque anne, au mois d'octobre, dans le temps o ce lac ressent l'impression de la constel- lation automnale, les anguilles roulent agglomres vers l'endroit par o sort le Mincio, en si prodigieuse quantit, qu'on en trouve des boules d'un mille ensemble dans les enceintes pratiques cet effet dans le fleuve. Murnes. XXXIX. 23. La murne produit tous les mois, au lieu que les autres poissons ne fraient qu' une poque de l'anne. Ses ufs prennent un accroissement trs- 6a C. PLINII HIST. NA.T. LIB. IX. putat. Aristoteles smyrum vocat ma rem, qui gnral. Discrimen esse, quod muraena varia et infirma sit, smy- rus unicolor et robustus, dentesque extra os Uabeat. In Gallia septentrionali muraenis omnibus dextra in maxilla septenas maculas , ad formam Septentrionis , au- reo colore fulgent , dumtaxat viventibus , pariterque cum anima extinguuntur. Invenit in hoc animali docu- menta saevitiae Vedius Pollio eques romanus ex amicis divi Augusti, vivariis earum immergens damnata man- cipia , non tamquam ad hoc feris terrarum non suficien- tibus , sed quia in alio gnre totum pariter hominem distrahi , spectari non poterat. Ferunt aceti gustu prae- cipue eas in rabiem agi. Tenuissimum his tergus : con- tra anguillis crassius : eoque verberari solitos tradit Verrius praetextatos : et ob id mulctam his dici non in- stitutam. Planorum pischim gnera. XL. 24- Planorum piscium alterum est geuus, quod pro spina cartilaginem habet, ut raiae, pastinacae, squa- tiaae, torpdo : et quos bovis, lamiae, aquilae, rana 1 Hominibus Gi^aci appellant. Ouo in numro sunt squali HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. Gl rapide. Le vulgaire pense qu'elle vient sur le rivage s'ac- eoupler avec le serpent. Aristote donne le nom de smyre au mle, qui produit la fcondit. Suivant lui, le mle et la femelle diffrent en ce que celle-ci est faible et de couleurs varies, au lieu que le mle est vigoureux, d'une seule couleur, et ses dents sont saillantes. Dans la Gaule sep- tentrionale, toutes les murnes ont, au ct droit de la mchoire, sept taches de couleur d'or, qui reprsentent la constellation de la grande Ourse. Ces taches sont clatantes pendant que vit la murne, et s'effacent sa mort. La voracit de cet animal fit concevoir un nouveau genre de cruaut Vedius Pollion , chevalier romain , l'un des fa- voris d'Auguste. Il faisait jeter dans un vivier de murnes les esclaves qu'il avait condamns; non que la frocit des btes terrestres ne pt servir sa fureur, mais elles ne lui auraient pas offert le spectacle d'un homme dchir tout la fois dans toutes les parties de son corps. On dit que le vinaigre les rend plus furieuses. Leur peau est trs- mince; celle des anguilles, au contraire, est paisse. Ver - rius crit qu'on se servait de peaux d'anguilles pour chtier les enfans des citoyens, et que, moyennant cela, la loi n'avait pas prononc d'amende contre eux. Poissons plats : leurs espces. XL. it\. Il y a une sorte de poissons plats qui ont des cartilages au lieu d'artes; tels sont la raie, la paste- nague, l'ange, la torpille, et ceux que les Grecs ont gomms buf, lamia, aigle, grenouille. Il faut mettre de ce nombre les squales, quoiqu'ils n'aient pas la forme 64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. quoque, quamvis non plani. Haec Graece in universum aeXxxvi appellavit Aristoteles primus, hoc nomine eis imposito : nos distinguere non possumus, nisi cartila- ginea appellare libeat. Omnia autem carnivora sunt ta- lia, et supina vescuntur, ut in delphinis diximus. Et quum ceteri pisces ova pariant, hoc genus solum, ut ea quae cete appellant , animal parit , excepta quam ranam vocant. Echeneis, et veneficia ejus. XLI. a5. Est parvus admodum piseis adsuetus ptris, echeneis appellatus : hoc carinis adhaerente naves tar- dius ire creduntur, inde nomine imposito : quam ob causam amatoriis quoque veneficiis infamis est, et judi- ciorum ac litium mora : quae crimina una laude penst, fluxus gravidarum utero sistens , partusque continens ad puerperium. In cibos tamen non admittitur. Pedes eum haberc arbitratur Aristoteles , ita posita pinnarum similitudine. Mucianus muricem esse , latiorem purpura , neque aspero, neque rotundo ore, neque in angulos prodeunte rostro, sed simplice concha, utroque latere sese colligente : quibus inhrentibus, plenam ventis stetisse navem, portantem a Periandro, ut castrarentur nobiles pueri : conchasque quae id praestiterint , apud Gnidiorum Venerem coli. Trebius Niger pedalem esse, et crassitudine quinque digitorum naves morari : praeter- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. fi 5 plate. Aristote les a tous compris sous la dnomination gnrale de slaques. Je ne puis mieux les dsigner que par le nom de cartilagineux. Ils sont tous carnivores , et se renversent, comme je l'ai dit du dauphin , pour saisir leur proie. Tous les poissons tant ovipares, ceux-ci ce- pendant, l'exception de la grenouille de mer, sont vivi- pares comme les ctacs. chnis. Enchantemens auxquels il sert. XLI. a5. Il existe un poisson trs-petit, accoutum vivre dans les rochers, et qu'on nomme chnis. On croit que, s'attachant la carne des vaisseaux, il retarde leur course ; et c'est de l que lui vient son nom. D'aprs cette mme opinion , on l'emploie composer des poi- sons pour teindre l'amour, pour prolonger les procs et ralentir l'action de la justice. Il rachte toute sa mali- gnit par l'heureuse proprit qu'il a d'arrter les pertes des femmes enceintes, et de conduire l'enfant terme. Toutefois il n'est pas admis au nombre des alimens. Aristote, tromp par la forme de ses nageoires, lui a sup- pos des pieds. Mucien parle d'un murex plus large que la pourpre, dont la tte n'est ni raboteuse ni ronde, dont le bec n'est point anguleux. Sa coquille est simple, et se replie en dedans de chaque ct. Il dit qu'un tel poisson s'tant attach un vaisseau qui portait les ordres de Priandre , pour qu'on ft eunuques des enfans d'une naissance distingue, le vaisseau qui voguait pleines voiles demeura tout coup immobile: il ajoute que les vu. 5 66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. ea hanc esse vim ejus adservati in sale, ut aurum, quod dcident in altissimos puteos, admotus extrahat. Qui pisces colorem mutent. XLII. 26. Mutant colorem candidum mnae, et fiunt aestate nigriores. Mutt et phycis , reliquo tempore can- dida, vere varia. Eadem piscium sola nidificat ex alga, atque in nido parit. Qui volitent extra aquam. De hirundine. De pisce qui noetibus lucet. De cornuto. De dracone marino. XLIII. Volt hirundo, sane perquam similis volucri hirundini : item mil vus. 27. Subit in summa maria piscis ex argumento ap- pellatus lucerna, linguaque ignea per os exerta, tran- quillis noetibus relucet. Attollit e mari sesquipedanea fere cornua , quae ab his nomen traxit. Rursus draco marinus captus, atque immissus in arenam, cavernam sibi rostro mira celeritate excavat. De piscibus sanguine carentibus. Qui piscium molles appellentur. XLIV. 28. Piscium quidam sanguine carent , de qui- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 67 coquilles qui rendirent ce bon office l'humanit sont honores dans le temple de Vnus Cnide. Trebius Ni- ger dit que ce murex a un pied de long et cinq doigts d'paisseur, qu'il retarde les vaisseaux, et que, gard dans le sel , il a encore la vertu d'attirer l'or qui est tomb dans les puits les plus profonds. Des poissons qui changent de couleur. XL1I. 26. Le mena quitte sa couleur blanche, et de- vient noir pendant l't. La couleur du phycis change aussi ; blanc tout le reste de l'anne, il est vari au prin- temps. C'est le seul poisson qui se fasse un nid d'algue, o il dpose ses ufs. Poissons volans. L'hirondelle. Le poisson qui brille la nuit. Le poisson cornu. Le dragon marin. XLIII. L'hirondelle, poisson qui a beaucoup de res- semblance avec l'hirondelle oiseau, vole, ainsi que le mi- lan de mer. 1 7. On voit s'lever la surface des eaux un poisson qu'on nomme lanterne, parce que, tirant une langue en- flamme, il brille dans les nuits tranquilles. Un autre poisson lve au dessus de la mer ses cornes longues d'un pied et demi, ce qui l'a fait nommer cornu. Le dragon marin, pris. et jet sur le sable, se creuse un trou avec une promptitude incroyable, au moyen de son museau. Des poissons qui n'ont point de sang. Quels sont les poissons mous. XLIV. a8. Je vais parler de quelques poissons qui 5. 68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. bus dicemus. Sunt autem tria gnera : In primis quae mollia appellantur : deinde conteeta crustis tenuibus : postremo testis conclusa duris. Mollia sunt, loligo, se- pia , polypus , et cetera ejus generis. His caput inter pe- des et ventrem : pediculi octoni omnibus. Sepiae et loli- gini pedes duo ex bis longissimi et aspcri , quibus ad ora admovent cibos, et in fluctibus se, velut ancoris, stabiliunt : cetera , cirri , quibus venantur. De sepia; de loligine; de pectunculs. XLV. 29. Loligo etiam volitat , extra aquam se effe- rens , quod et pectunculi faciunt sagittae modo. Sepia- rum generis mares varii et nigriores, constantiaeque majoris. Percussae tridente feminae auxiliantur : at fe- mina icto mare fugit. Ambo autem, ubi sensere se ap- prebendi, effuso atramento, quod pro sanguine his est , infuscata aqua absconduntur. De polypis. XL VI. Polyporum multa gnera : terreni majores, tjuam pelagii : omnes bracbiis, ut pedibus ac manibus, utuntur : cauda vero, quae est bisulca et acuta, in coitu. Est polypis fistula in dorso, qua transmittunt HISTOIRE NATURELLE , LIV. IX. 69 n'ont pas de sang. Ils forment trois classes. La premire est compose de ceux qu'on appelle animaux mous ; la seconde des crustacs ; les testacs forment la troisime. Les animaux mous sont le calmar, la sche, le polype, et autres de ce genre. Us ont la tte place entre les pieds et le ventre. Tous ont huit pieds. La sche et le calmar ont deux de leurs pieds trs -longs et raboteux, avec lesquels ils portent leur nourriture la bouche, et se tiennent comme ancrs au milieu des flots. Ils se servent des autres comme de filets pour attraper leur proie. La sche ; le calmar ; les ptoncles. XLV. 29. Le calmar vole aussi, s'lanant hors de l'eau , ainsi que le ptoncle , la manire d'une flche. Parmi les sches, le mle est d'une couleur varie et plus fonce. Il a aussi plus de courage. Quand sa femelle a t frappe du trident, il vient son secours; si c'est le mle qui a t bless, la femelle s'enfuit. Tous deux, quand ils s'aperoivent qu'on veut les prendre, obscur- cissent l'eau en rpandant une liqueur noire qui leur tient lieu de sang, et se drobent ainsi la vue. Les polypes. XLVI. Il y a plusieurs sortes de polypes. Ceux de terre sont plus grands que ceux de mer. Leurs bras leur servent tous de pieds et de mains. Dans l'accouplement ils se joignent par la queue , qui est fourchue et pointue. Us ont sur le dos un conduit par lequel ils rejettent l'eau de la 70 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. mare : eamque modo in dextram partem, modo in sini- stram transferunt. Natant obliqui in caput, quod pr- durum est sufflatione viventibus. Cetero per brachia velut acetabulis dispersis, haustu quodam adhaerescunt : tenent supini, ut avelli non queant. Vada non apprehen- dunt : et grandibus minor tenacitas. Soli mollium in siecum exeunt, dumtaxat asperum; laevitatem odere. Vescuntur conchyliorum carne, quorum couchas com- plexu crinium frangunt : itaqne praejacentibus testis cubile eorum deprehenditur. Et quum alioqui brutum habeatur animal, ut quod ad manum hominis adnatat, in re quodammodo familiari callet. Omnia in domum comportt : dein putamina erosa carne egerit, adna- tantesque pisciculos ad ea venatur. Colorem mutt ad similitudinem loci, et maxime in metu. Ipsum brachia sua rodere falsa opinio est. Id enim a congris evenit ei : sed renasci, sicut colotis et lacertis caudas, haud falsum. De navigatore polypo. XLVII. Inter prsecipua autem miracula est, qui vo- catur nautilos, ab aliis pompilos. Supinus in summa aequorum pervenit, ita se paulatim subrigens, ut emissa omni per fistulam aqua, velut exoneratus sentina, facile HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. 71 mer, et qu'ils fout passer tantt droite, tantt gauche. Ils nagent en portant obliquement la tte, partie qu'ils ont dure et gonfle tant qu'ils vivent. Le long de leurs bras se trouvent de petites ventouses au moyeu desquelles, par une sorte de succion, ils s'attachent tous les corps, et, renverss , s'y tiennent avec tant de force qu'on ne peut les en arracher. Ils ne s'attachent point au fond de la mer, et les plus grands y adhrent encore moins que les autres. Seuls de tous les animaux mous , ils viennent sur le ri- vage, mais il leur faut un terrain rude et raboteux. Ils vitent ce qui est lisse et doux. Ils se nourrissent de la chair des coquillages, dont ils brisent les coquilles en les pressant entre leurs bras. Aussi leur retraite est-elle in- dique par les coquilles parses l'entour. Cet animal, d'ailleurs stupide au point de nager vers la main de l'homme , est trs - intelligent pour ce que j'appellerai son mnage. Il porte toute sa proie dans sa demeure , et lorsqu'il a rong la chair, il jette les dbris au dehors, et saisit les petits poissons qui s'en approchent. Il prend la couleur des lieux o il est , surtout lorsqu'il a peur. On croit sans fondement qu'il se ronge les bras. Ce sont les congres qui les lui mangent. Ce qui est vrai, c'est que les bras lui repoussent comme la queue aux colotes et aux lzards. Le polype navigateur. XLV1I. Le polype nomm nautile par les uns et pom- pile par les autres , est une des principales merveilles de la nature. Il s'lve la surface de la mer renvers sur le dos, et pousse peu peu , par un conduit, l'eau dont 7 CL PLINII HIST. NAT. LIB. IX. naviget. Postea prima duo brachia retorquens, mem- branam inter illa mirae tenuitatis extendit. Qua velifi- cante in aura, ceteris subremigans brachiis, mdia cauda, ut gubernaculo , se rgit. Ita vadit alto, liburnicarum ludens imagine, et, si quid pavoris interveniat, hausta se mergens aqua. * Polyporum gnera : solertia. * XLVIII. 3o. Polyporum generis est ozaena, dicta a gravi capitis odore, ob hoc maxime muraenis eam con- sectantibus. Polypi binis mensibus conduntur. Ultra bimatum non vivunt. Pereunt autem tabe semper, fe- minae celerius, et fere a partu. Non sunt praetereunda et L- Lucullo proconsule Baeticae comperta de polypis, quae Trebius Niger e comitibus ejus prodidit : avidissi- mos esse concharum : illas ad tactum comprimi, praeci- dentes brachia eorum, ultroque escam ex praedante ca- pere. Carent conchae visu, omnique sensu alio, quam cibi et periculi. Insidiantur ergo polypi apertis : imposi- toque lapillo extra corpus, ne palpitatu ejiciatur : ita securi grassantur, extrahuntque carnes : illae se contra- hunt, sed frustra, discuneatae. Tanta solertia animalium hebetissimis quoque est. Praeterea negat ullum esse atro- cius animal ad confciendum hominem in aqua. Luctatur enim complexu, et sorbet acetabulis, ac numeroso suctu HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. >3 il est charg, et ainsi dbarrass de son lest, il vogue l'aise, carte ses deux premiers bras, et tend une mem- brane d'une finesse admirable. Pendant que cette voile reoit le vent, il rame par dessous avec ses autres bras, et sa queue lui sert de gouvernail. Il s'avance et joue sur les eaux comme une liburnique lgre. Au moindre dan- ger, il se remplit d'eau et coule fond. * Des diverses espces de polypes : leur adresse. * XXVIII. 3o. Dans la classe des polypes est l'ozna , ainsi nomm de l'odeur forte de sa tte. C'est cette odeur principalement qui le fait suivre par les murnes. Les polypes se cachent pendant deux mois. Ils ne vivent pas au del de deux ans. Ils prissent toujours par une putr- faction spontane, les femelles plus vite que les mles, et le plus souvent aprs avoir produit. Je ne dois pas omettre les observations faites sur les polypes lors du proconsulat de L. Lucullus dans la Btique , et que Trebius Niger, un des Romains de sa suite, nous a transmises. Les po- lypes recherchent les coquillages avec avidit. Ceux-ci se referment au moindre attouchement, et, leur coupant les bras , ils font leur repas de celui mme qui les voulait manger. Les coquillages ne voient point; ils ne sentent que les alimens et les dangers. Les polypes cherchent donc les surprendre lorsqu'ils sont ouverts. Ils posent une petite pierre dans l'caill, ayant soin qu'elle ne touche pas le corps, de peur que l'animal ne fasse quelque mou- vement qui la repousse. Alors ils s'approchent sans rien craindre et tirent la chair. Le coquillage veut se refermer, 74 C. PL1NII HIST. NAT. L1B. IX. dum trahit, quum in naufragos urinantesve impetum cepit. Sed si invertatur, elanguescit vis : exporrigunt enim se resupinati. Cetera, quae idem retulit, monstro propiora possunt videri. Carteiae in cetariis adsuetus exire e mari in lacus eorurn apertos, atque ibi salsamenta populari ( mire omnibus marinis expetentibus odorem quoque eorum : qua de causa et nassis illinuntur ) : con- vertit in se custodum indignationem assiduitate furti. Immodicae his sepes erant objectae : sed lias transcende- bat per arborem : nec deprehendi potuit, nisi canum sagacitate. Hi redeuntem circumvasere noctu, concitique custodes expavere novitatem. Primum omnium magni- tudo inaudita erat : deinde color muria obliti, odore diri. Quis ibi polypum exspectasset, aut ita cognosceret? cum monstro dimicare sibi videbantur. Namque et afflatu terribili canes agebat, nunc extremis crinibus flagella- tos, nunc robustioribus brachiis clavarum modo incus- sos, aegreque multis tridentibus confici potuit. Ostendere Lucullo caput ejus , dolii magnitudine , amphorarum quindecim capax, atque (ut ipsius Trebii verbis utar) a pour les individus , c'est la maigreur de quelques-uns, lorsqu'on en prend d'autres de la mme espce qui sont trs-gras. Reproduction des poissons. LXXIV. 5o. La curiosit et l'admiration dont la g- nration des poissons est. l'objet, me font galement une loi de ne pas diffrer davantage d'en parler. Ils s'ac- couplent en se frotlant ventre contre ventre avec une telle clrit, qu'ils trompent l'il le plus attentif. Les dauphins et les autres ctacs procdent de la mme manire, mais un peu plus* lentement. Dans la saison de l'accouplement, les femelles suivent les mles en leur pressant le ventre de leur museau ; les mles suivent de mme les femelles au temps du frai , et dvorent leurs ufs. L'accouplement ne suffit pas pour la gnration ; il faut que le mle , se promenant parmi les ufs pro- duits par la femelle , les arrose 1 de- sa liqueur sminale, vu. 9 lio C. PI.INII HIST. NAT. LTB. IX. 5i. Piscium ov in mari crescunt, quaedam summa releritate, ut murnarum : quaedam paulo tardius. Plani piscium quibus cauda non obest, aculeique, et testudines in coitu superveniunt : polypi crine uno fe- minae naribus adnexo : sepiae et loligines linguis, com- ponentes inter se brachia, et in contrarium nantes : ore et pariunt. Sed polypi in terram verso capite coeunt. Reliqua mollium tergis , ut canes : item locustae , et squillae : cancri , ore. Ranae superveniunt , prioribus pe- dibus alas feminaemare adprehendente , posterioribus clunes. Pariunt minimas carnes nigras, quas gyrinos vocant, oculis tantum et cauda insignes : mox pedes figurantur, cauda findente se in posteriores. Mirumque, semestri vita resolvuntur in limum nullo cernente , et rursus vernis aquis renascuntur quae fuere : naturae perinde occulta ratione, quum omnibus annis id eveniat. Et inituli et pectines sponte naturae in arenosis pro- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i>i Dans une si grande quantit, beaucoup ne reoivent rien de cette aspersion fcondante ; sans cela , la mer et les tangs seraient combls de poissons , la quantit d'ufs que contient une. femelle tant innombrable. 5i. Les ufs des poissons grossissent dans la mer, les uns avec une extrme vitesse, comme ceux des murnes, les autres avec plus de lenteur. Les tortues , et ceux des poissons plats qui leur queue et leurs piquans ne font point d'obstacle, s'ac- couplent en se mettant les uns sur les autres : les po- lypes , en attachant un de leurs bras aux narines de leurs femelles : les sches et les calmars, par la langue, entremlant leurs bras et nageant en sens contraire. Ils jettent leur frai par la bouche. Les polypes se joignent la tte en bas; les autres mollusques se couvrent comme les chiens, *ainsi que les langoustes et les squilles; les cancres s'accouplent pa'r la bouche. Les grenouilles se mettent les unes sur les autres , le mle tenant , avec les pieds antrieurs, la femelle embrasse par dessous les aisselles , et lui serrant les aines avec ses pieds de der- rire. Elles produisent de -trs-petits morceaux de chair noire qu'on appelle gyrins , o l'on ne distingue que: les yeux et la queue ; bientt les pieds paraissent , la queue se fendant poiy former ceux de derrire : chose merveilleuse ! aprs avoir vcu six mois , elles se rsol- vent en limon sans qu'on s'eh aperoive : au. printemps elles renaissent sous leur premire forme ; et, dans une opration qui se renouvelle tous les ans , le procd de la nature demeure toujours inconnu. Les moules et les peigrfes naissent spontanment 9- i3* C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. veniunt. Quae durions teste sunt, ut murices, purpurae, salivario lentore : sicut acescente humore culices : apuee, spuma maris incalescente, quum admissus est imber. Quae vero siliceo tegmine operiuntur, ut ostrea, ptrescente limo, aut spuma circa navigia diutius stantia, defixos- que palos, et lignum maxime. Nuper compertum in os- treariis, humorem iis fetificum lactis modo effluere.An- guillae atterunt se scopulis : ea strigmenta vivescunt : nec alia est earum procreatio. Piscium diversa gnera non coeunt , praeter squatinam et raiam : ex quibus na- scitur priori parte raiae similis , et nomen ex utroque compositum apud Graecos trahit. Quaedam tempore anni gignuntur , et in humore , ut in terra : *rere pectines , Jimaces , hirundines : eadem , empore evanescunt. Piscium lupus et trichias bis anno parit, et saxatiles omnes. Mulli ter, "ut chalcis : cypri- nus sexies , scorpiones bis , ac sargi vere et autumno. Ex planis squatina bis: sola autumno, occasu Vergilia- rum. Plufimi piscium tribus mensibus , aprili , maio , junio. Salpae autumno : saVgi , torpdo . squali , circa f r y f- HISTOIRE NATURELLE, L1V. IX. i33 dans les endroits sablonneux. Les testacs, dont l'enve- loppe est plus dure, tels que les murex et les pourpres, proviennent d'une humeur salivaire et gluante , de la mme manire que les cousins proviennent de l'eau croupissante , et les anchois de l'cume de la mer mise en fermentation par l'eau de pluie. Ceux qui sont cou- verts d'un test pierreux , comme les hutres , naissent du limon qui se corrompt , ou de l'cume forme autour des vaisseaux long-temps en station , ou des pieux en- fonces dans la mer, et gnralement autour du bois. On a reconnu depuis peu, dans les parcs d'hutres, que ces coquillages laissent couler une liqueur prolifique sem- blable au lait. Les anguilles se frottent contre les ro- chers , , et les parcelles dtaches de leur corps par ce frottement s'animent. Il n'est point pour elles d'autres moyens de gnration. Les poissons d'espces diffrentes ne s'allient point ^ensemble , except la squatine et la raie : il provient de ce croisement un animal qui , par la partie antrieure, ressemble la raie, et auquel les Grecs donnent un nom compos de ceux des deux pois- sons. Dans l'eau comme sur la terre, il est des temps mar- qus dans l'anne pour la naissanc de certains animaux: les peignes , les limaces , les hirondelles naissent au printemps, et disparaissent aussi des poques rgles. Le loup, le trichias , et tous les saxatiles , produisent deux fois l'an ; le mulet , ainsi que le chalcis , produit trois fois, le cyprin six fois, les scorpions deux, et deux fois aussi lessarges, au printemps et l'automne. Parmi les poissons plats, la squatine produit deux fois l'an; seule M / ; J J , | I ( i34 C. PI.INII HIST. NAT. LIB. IX. aequinoctium : molles vere : scpia omnibus mensibus. Ova ejus glutino atramenti ad speciem uvae cohaeren- tia , masculus prosequitur adflatu , alias sterilescunt. Polypi hieme coeunt , pariunt vere ova tortili vibrata pampino , tanta fecunditate , ut multitudinem ovorum occisi non recipiant cavo capitis , quo praegnantes tu- lere. Ea excludunt quinquagsimo die , e quibus multa propter numerum intercidunt. Locus^tae , et reliqua te- nuioris crustae, ponunt ova super ova , atque ita incu- bant. Polypus femina modo in ovis sedet, modo caver- nam cancellato brachiorum implexu claudit. Sepia in ter- reno parit inter arundines, aut sicubi enata alga : exclu- dit quintodecim die. Loligiues in alto conserta ova edunt, ut sepias. Purpurae, murices, ejusdemque gne- ris , vere pariunt. Echini ova pleniluniis habent hieme : et cochleac hiberno tempore nascuntur. . Qui intra se ova pariant , et animal. LXXV. Torpdo octogenos ftus habens invenilur ; eaque intra se parit ova praemollia, in alium locum uteri ! H T H > HISTOIRE NATURELLE , LIV. IX. i 35 elle produit en automne , au coucher des Pliades. Un grand nombre de poissons produisent dans trois mois de l'anne, en avril, mai et juin. La saupe jette son frai en automne; les sarges , la torpille, les squales, vers l'quinoxe; les mollusques au printemps; la sche dans tous les mois : ses ufs tiennent ensemble comme une grappe , par le moyen d'une espce de colle noire ; le maie les fconde par son souffle , sans cela ils seraient striles. Les polypes fraient en hiver, et produisent au printemps des ufs attachs des filets tortills, et en si grande quantit , que , le polype mort, si on les fait sortir de la cavit de sa tte qui les contient, on ne pourra plus les y faire rentrer. Ces ufs closent le cinquantime jour ; mais , sur le nombre , il en prit beaucoup. Les langoustes et les autres poissons mince caille posent leurs ufs les uns sur les autres , et les couvent ainsi. La femelle des polypes , tantt se tient sur ses ufs , tantt ferme sa retraite par le croisement entrelac de ses bras. La sche pond terre, parmi les roseaux ou sur un lit d'algue : l'closion a lieu le quinzime jour. Les calmars font leurs ufs en pleine mer, et ces ufs tiennent ensemble comme ceux des sches. Les pourpres , les murex, et les autres poissons de ce genre, produisent au printemps. Les hrissons pondent en hiver, au temps des pleines lunes. C'est aussi en hiver que naissent les cochles. Poissons la fois ovipares et vivipares. LXX.V. On trouve dans la torpille jusqu' quatre-vingt petits. Elle produit en elle-mme des ufs trs- mous, qui I. /; U i36 C. PLINII HIST. N4T. LIB. IX. transferens, atque ibi excludens. Simili modo omnia , quae cartilaginea appellavimus. Ita fit , ut sola piscium et animal pariant et ova concipiant. Silurus mas solus omnium dita custodit ova, saepe et quinquagenis die- bus , ne absumantur ab aliis. Cetera? feminae in triduo excludunt , si mas attigit. Quorum in partu rumpatur venter, dein coeat. LXXVI. Acus , sive belone , unus piscium dhi- scente propter multitudinem utero parit. A partu coale- scit vulnus : quod et in caecis serpentibus tradunt. Mus marinus in terra scrobe effosso parit ova , et rursus obruit terra : tricesimo die refossa aperit , fetumque in aquam ducit. Qui vulvas habeant : qui se ipsi ineant. LXXVII. 5a. Erythini et chanae vulvas habere tra- duntur : qui trochos appellatur a Grcis, ipse se inire. Ftus omnium aquatilium inter initia visu carent. Quae longissima vita piscium. LXXVIII. 53.iEvi piscium mmorandum nuper exein- i i f- v p y HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i 37 passent dans une autre partie de son corps pour clore. Il en est ainsi de tous les poissons que nous avons nomms cartilagineux. Il arrive de l que, de tous les poissons, ces derniers seuls sont vivipares et produisent des ufs. Le silure mle est le seul poisson qui garde ses ufs, sou- vent mme pendant cinquante jours, de peur qu'ils ne soient dvors: trois jours suffisent pour faire clore les ufs des autres femelles, si le mle les a touchs. Poissons dont le ventre se rompt pendant le frai , pour se runir ensuite. IiXXVI. L'aiguille de mer, ou belone , est le seul poisson dont le ventre se fende par l'effet de son exces- sive fcondit : la plaie se referme ensuite ; et cela r dit-on, a lieu aussi pour les serpens aveugles. Le rat ma- rin pond hors de la mer, dans un trou qu'il a creus ; il recouvre ses ufs cfe terre , puis le treizime jour il vient les dcouvrir , et mne ses petits l'eau. De ceux qui sont pourvus de vulves ; de ceux qui se fcondent eux-mmes. LXXVII. 5^. On dit que les rythins et les chanis ont une matrice, et que le poisson nomm trochos par les Grecs se fconde lui-mme. Tous les petits des animaux aquatiques sont , dans le commencement , privs de la vue. De la plus longue vie accorde aux poissons. LXXVIII. 53. Nous avons eu nagure un mmorable ''Il ' /un !38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. plum accepimus. Pausilypum villa est Campaniae , haud procul Neapoli ; in ea in Csaris piscinis a Pollione Ve- dio conjectum piscem , sexagesimum post annum exspi- rasse scribit Annaeus Seneca , duobus aliis aequalibus ejus ex eodem gnre etiam tune viventibus. Qux meu- tio piscinarum admonet, ut paulo plura dicamus hac de re , priusquam digrediamur ab aquatilibus. Quis primus vivaria ostrearum invenerit. LXXIX. 54- Ostrearum vivaria primus omnium Ser- gius Orata invenit in Baiano, aetate L. Crassi oratoris , ante Marsicum bellum : nec gulae causa , sed avaritiae , magna vectigalia tali ex ingenio suo percipiens , ut qui primus pensiles invenerit balineas , ita mangonizatas villas subinde vendendo. Is primus optimum saporem ostreis Lucrinis adjudicavit , quando eadem aquatilium gnera aliubi atque aliubi meliora , sicut lupi pisces in Tiberi amne inter duos pontes, rhombus Ravennae, mu- rna in Sicilia , elops Rhodi : et alia gnera similiter , ne culinarum censura peragatur. Nondum Britannica serviebant litora, quum Orata Lucrina nobilitabat: postea visum tanti in extremam Italiam petere Brundisium ostreas : ac ne lis esset inter duos sapores , nuper exco- gitatum, famem longae advectionis a Brundisio compa- soere in lAicrino. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i3 9 exemple de la longvit des poissons. Annus Snque crit qu' Pausilype, maison de campagne prs deNaples, en Campanie, un poisson qui avait t mis par Vadius Pollion dans les rservoirs de Csar y est mort aprs plus de soixante ans, et que deux autres de la mme espce, et datant de la mme poque , vivaient encore lorsqu'il crivait. Puisque j'ai fait mention de rservoirs, je crois devoir m'tendre un peu plus sur ce sujet, avant de quitter les animaux qui vivent dans l'eau. A qui l'on doit les parcs d'hutres. LXXIX. 54. Sergius Orata est le premier qui imagina les parcs d'hutres dans les environs de Baies, au temps de l'orateur L. Crassus , avant la guerre des Marses ; et ce ne fut point la gourmandise , mais une spculation d'intrt qui le dirigea, car il tirait de grands produits de ses conceptions industrieuses, et dj il avait su mettre profit sa dcouverte de bains suspendus, en revendant des maisons de campagne aprs y avoir dispos ces com- modits du luxe. Ce fut lui qui le premier assigna la prminence la saveur des hutres du Lucrin ; car , parmi les poissons d'une mme espce , il y a des prfrences attaches ceux de tel ou tel lieu, par exemple aux loups pris dans le Tibre , entre les deux ponts , au turbot d Ravenne , la murne de Sicile , l'lops de Rhodes, et ainsi du reste, pour ne pas faire ici une carte culinaire. Les rivages de la Bretagne n'- taient pas encore asservis lorsqu'Orata donnait ainsi de la renomme aux hutres du Lucrin ; plus tard on pr- i4o C. PLINII HIST. NAT. L1B. IX. Quis primus reliquorum piscium vivaria instituent. LXXX. Eadem aetate prior Licinius Muraena, reli- quorum piscium vivaria invenit : cujus deinde exemplum nobilitas secuta est , Philippi , Hortensii : Lucullus ex- ciso etiam monte juxta Neapolim majore impendio , quam villam exaedificaverat , euripum et maria admisit: qua de causa Magnus Pompeius Xerxen togatum eum appellabat. Quadragies H- S piscinae a defuncto illo ve- niere pisces. Quis murenarum vivaria instituent. LXXXI. 55. Murnarum vivarium privatim exco- gitavit C. Hirrius ante alios, qui cenis triumphalibus Caesaris dictatoris , sex millia numro muraenarum mu- tuo appendit. Nam permutare quidem pretio noluit, aliave merce. Hujus villam intra quam modicum qua- dragies piscinae vendiderunt. Invasit deinde singulorum piscium amor. Apud Baulos in parle Baiana piscinam habuit Hortensius orator, in tjua muraena m adeo di- HISTOIRE NATURELLE , L1V. IX. . 141 fera d'en aller chercher Brindes , l'extrmit de l'Ita- lie; et pour qu'elles ne disputassent pas le premier rang, on s'est avis rcemment de repatre dans le lac Lucrin les hutres apportes de Brindes, aprs les avoir affames par ce long trajet. A qui l'on doit les viviers pour les autres poissons. LXXX. Dans le mme temps Licinius Murna inventa les rservoirs pour les autres poissons, et il eut dans la suite des imitateurs dans la classe leve , les Philippe , les Horten%ius : Lucullus , travers une montagne qu'il fit raser auprs de Naples , plus de frais que ne lui en avait cot pour la construction de sa maison de cam- pagne, creusa un dtroit donner passage la mer. Le grand Pompe l'appelait pour cela Xerxs en toge. Aprs sa mort les poissons de ce rservoir furent vendus quatre millions de sesterces. p De l'inventeur des viviers murnes. LXXXI. 55. C. Hirrius imagina le premier des r- servoirs particuliers pour les murnes ; et pour les fes- tins que donna le dictateur Csar , l'occasion de ses triomphes, il lui en prta six mille au poicjs, ne voulant recevoir en change ni argent ni autre valeur. Sa maison de campagne ayant t vendue quelque temps aprs, les rservoirs en firent monter le prix quatre millions de sesterces. Vinrent ensuite les prdilections individuelles pour certains poissons. ABaules, au terntire de Baes, i4 C. PLINI1 HIST. NAT. LIB. IX. lexit , ut exanimatam flesse credatur. In eadem villa , Antonia Drusi , muraena? , quam diligebat', inaures ad- didit : cujus propter famam nonnulli Baulos videre eon- cupiverunt. Quis primus cochlearum vivaria instituent. LXXXII. 56. Cochlearum vivaria instituit Fulvius Hirpinus in Tarquiniensi, paulo ante civile bellum, quod cum Pompeio Magno gestum est, distinctis quidem ge- neribus earum , separatim ut essent albae, quae in Rea- tino agro nascuntur : separatim Illyricse, quibus magni- tudo prcipua : Africanae, quibus fecunditas: Solitanae, quibus nobilitas. Quin et saginam earum commentas est , sapa et farre, aliisque generibus, ut cochlese quo- que a^tiles ganeam implerent : cujus artis gloria in eam tiagnitudinem perducta sit, ut octoginta quadrantes ca- pernt singularum calices. Auctor est M. Varro. Pisces terreni. LXXXIII. 57. Piscium gnera eliarnnum a heo- phrasto mira produntur : circa Babylonis rigua dece- dentious fluviis , in cavernis aqwas habentibus rema- nere. Quosdam inde exire ad pabul pinnulis gmdien- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i /, 3 l'orateur Hortensius avait dans un rservoir une murne qu'il affectionnait tellement, qu'il la pleura, dit -on, lorsqu'elle mourut. Dans la mme campagne , Antonia , fille de Drusus, orna de pendans d'oreilles une murne qu'elle chrissait , et cette singularit attira bien des curieux Baules. De l'inventeur des parcs cochles. LXXXII. 56. Fulvius Hirpinus , peu de temps avant la guerre civile entre Csar et Pompe, tablit des rser- voirs de cochles dans sa maison de Tarquinie. Il les distingua par espces , mettant d'une part les blancs, qui naissent dans le territoire de Rate; de l'autre , ceux d'iilyrie, qui sont les plus gros ; d'un autre ct, ceux d'Afrique , qui sont les plus fconds ; et d'un autre en- core , ceux de Solita , qui sont les plus beauV De plus , il inventa la manire de les engraisser avec du vin cuit , de la farine et autres ingrdiens, afin que la gourman- dise trouvt une jouissance jusque dans les cochles ; et cet art fut pouss si loin, qu'on a vu, suivant M. Var- 1 ron , des coquilles d'une capacit de vingt cyathes. Poissons terrestres. LXXXIII. 57. hophraste cite des espces extraor- dinaires de poissons. Il rapporte qu'aux e/ivirons de Babylone , lorsque les fleuves se retirent , ces poissons s'arrtent dans des cavernes o il y a de l'eau*; quel- ques-uns en sortent pour aller patre : ils avancent r44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. tes , crebro caudae motu , contraque venantes refugere in suas cavernas , et in iis adversos stare : capita corum esse ranae marina? similia , reliquas partes gobionum , brahchias ut ceteris piscibus. Circa Heracleam , et Crom- nam , et Lycum , et multifariam in Ponto unum genus esse , quod extremas fluminum aquas sectetur, caver- nasque faciat sibi in terra , atque in his vivat , etiam reciprocis amnibus siccato litore. Effodi ergo : motu de- mum corporum vivere eos adprobant. Circa Heracleam eamdem , eodemque Lyco amne decedente , ovis relic- tis, in limo generari pisces, qui ad pabula petenda pal- pitent exiguisbra nchiis , quo fieri non indigos humoris : propter quod et anguillas diutius vivere exemptas aquis. Ova autem in sicco maturari, ut testudinum. Eadem in Ponti regione adprehendi glacie piscium maxime go- biones , non nisi patinarum calore vitalem motum fa- tentes. Est in his quidem, tametsi mirabilis, tamen ali- qua ratio. Idem tradit in Paphlagonia effodi pisces gra- tissimos cibis ,'terrenos , altis scrobibus, in bis locis ubi . ... nullae restagnent aqu : miratusque et ipse gigni sine coitu , humoris quidem vim aliam inesse , quam pu- teis , afbitratur , ceu vero in nullis reperiantur pisces. Quidquid esl hoc , certe minus ;;dinirabilem talparum facit vitam subterranei animalis, nisi forte vermium ter- renorum et lus piscibus nalura inest. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i45 l'aide de petites nageoires et en agitant vivement la queue ; et quand ils sont poursuivis , ils se rfugient dans leurs trous , et s'y tiennent en dfense. Leur tte est celle de la grenouille marine ; le reste de leur corps ressemble celui du gobius, et ils ont des oues comme les autres poissons. 11 dit que dans le voisinage d'Hra- cle, de Cromna, du Lycus, et surtout dans le Pont, on en trouve une espce qui suit le bord des rivires, se creuse des retraites dans la terre, et y vit, lors mme que la retraite des eaux laisse le rivage sec. On les dterre, et le mouvement de leurs corps, rvle la fin, leur existence. Aux environs de cette mme Hracle , et lorsque le Lycus se retire, des ufs laisss dans le limon naissent des poissons qui, pour aller chercher leur nour- riture , respirent par des branchies si petites qu'ils peu- vent se passer d'eau , et que c'est une pareille orga- nisation que les anguilles doivent la facult de vivre long-temps hors de l'eau. Leurs ufs, comme -ceux des tortues, arrivent maturit sur le bord du rivage. Dans le Pont , des poissons , et particulirement des gobius , se trouvent saisis par la gele , au point de ne donner signe de vie que lorsqu'ils sentent la chaleur des plats. Ceci, quoiqu'tonnant, peut cependant s'expliquer. Le mme Thophraste ajoute que dans la Paphlagonie on trouve des poissons , d'un got trs-dlicat , enfoncs dans la terre une grande profondeur , et dans des lieux o nulle eau ne sjourne ; et , admirant que leur nais- sance a lieu sans copulation, il l'attribue quelque prin- cipe gnrateur tranger l'eau de puits, parce qu'on n'y trouve jamais de poissons. Quoi qu'il en soit , cela VII. 10 i/,6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. De muribus in Nilo. LXXXIV. 58. Verum omnibus his fidem Nili inun- datio adfert, omnia excedente miraculo : quippe dete- gente eo musciili reperiuntur inchoato opre genitalis aquae terraeque, jam parte corporis vi ventes , novissima effigie etiamnum terrena. Quomodo capiantur anthise pisces. - LXXXV. 5g. Nec de anthia |pisce sileri convenit , quae plerosque adverto credidisse. Chelidonias insulas diximus Asiae , scopulosi maris , ante promontorium sitas : ibi frequens hic piscis et celeriter capitur uno g- nre. Parvo navigio, et concolori veste , eademque hora per aliquot dies continuos piscator enavigat certo spa- tio, escamque projicit. Quidquid ex eo mittitur, suspecta fraus praedae est : cavensque quod , timuit quum id saepe factum est , unus aliquando consuetudine invitatus an- thias, escam adpelit. Notatur hic intentione diligenti , ut auctor spei, conciliatorque capturae. Neque enim est difficile*, quum per aliquot dies sol us accedere audeat. Tandem et aliquos invenit , paulatimque comitatior , HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. tft rend moins surprenante la vie de la taupe , cet ani- mal souterrain ; moins peut-tre que la nature de ces poissons ne soit la mme que celle des vers de terre. Rats du Nil. LXXXIV. 58. Mais l'inondation du Nil rend ces faits croyables , par un prodige qui les surpasse tous. Lorsqu'il cesse de couvrir les campagnes , on trouve de petits rats , ouvrage bauch de la terre et de l'eau , dont une partie du corps est anime , tandis que l'autre n'est encore que de la terre. Pche des anthias. LXXXV. 59. Je ne dois pas omettre, sur le poisson anthias , ce que beaucoup de personnes ont admis comme vrai. J'ai dit que les Chlidonies taient des les d'Asie , dans une mer seme de rochers , situes devant un promontoire. Ce poisson s'y trouve en grande quai*- tit ; et pour le prendre pomptement on n'a qu'un seul moyen. Un pcheur monte sur une petite barque, avec des habits de mme couleur ; il s'avance plusieurs jours de suite dans un espace dtermin , et jette des appts. Tout ce qui vient de sa main est suspect , le poisson se mfie et s'carte; mais, aprs que cette action a t plu- sieurs fois rpte, un d'eux, rassur par l'habitude, vient saisir l'appt : on le remarque avec une grande atten- tion, car sa confiance est la promesse et le gage dune pche abondante. Il n'est pas difficile de le reconnatre, 10. 148 C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. postremo grges adducit innumeros , jam vetustissimis quibusque adsuetis piscatorem agnoscere, et e manu ci- bum rapere. Tum ille paulum ultra digitos in esca ja- culatus hamum , singulos involat verius quam eapit , ab timbra navis brevi conatu rapiens , ita ne ceteri sen- tiant , alio intus excipiente centonibus raptum , ne palpitatio ulla aut sonus ceteros abigat. Conciliatorem nosse ad hoc prodest, ne capiatur, fugituro in reliquum grege. Ferunt discordem socium duci insidiatum puchre noto , cepisseque malefica voluntate : agnitum in ma- cello a socio , cujus injuria erat : et damni formulam editam , condemnatumque addidit Mucianus sestimata lite. Iidem anthi , quum unum hamo teneri viderint , spinis , quas in dorso serratas habent , lineam secare traduntur : eo qui tenetur, extendente, ut praecidi pos- sit. At inter sargos , ipse qui tenetur , ad scopulos li- neam terit. De stellis marinis. LXXXVI. 60. Praeter haec claros sapientia auctores HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i49 parce que pendant plusieurs jours il est le seul qui ose s'approcher. Au bout d'un certain temps il trouve quel- ques compagnons, et peu peu son cortge augmente; enfin il amne avec lui des troupes innombrables d'an- thias , les plus anciens tant familiariss avec le pcheur qu'ils reconnaissent , et dans la main duquel ils vont prendre de la nourriture : alors le pcheur lance, non loin de ses doigts, l'hameon que couvre l'appt, et les enlve l'un aprs l'autre , ou plutt les escamote l'ombre de sa barque , dans laquelle se trouve quelqu'un qui les reoit sur des morceaux d'toffe, de peur que leur agi- tation ou le moindre bruit qu'ils feraient en tombant ne donne l'alarme aux autres. Il faut donc s'attacher bien reconnatre le poisson embaucheur pour ne le pas pren- dre , car tout le reste s'enfuirait. On rapporte qu'un pcheur, dans l'intention de faire tort son associ, jeta l'hameon l'anthias embaucheur , et russit le prendre , mais que cet anthias fut reconnu au march par celui qui sa prise avait caus prjudice; et Mucien ajoute que l'auteur du dommage, ayant t traduit en justice , fut condamn une amende. On dit que lorsque les anthias voient quelqu'un des leurs pris l'hameon , ils coupent la ligne avec l'espce de scie dont leur dos est arm, celui qui est pris s'appliquant tenir la ligne bien tendue , pour qu'elle soit plus facile couper. Quand un sarge se trouve pris, il frotte contre les rochers la ligne qui le retient. Des toiles marines. LXXXVI. 60. Je vois des auteurs, fort estims pour i5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. video mirari stellam in mari : ea figura est : parva ad- modum caro intus , extra duriore callo. Huic tam igneum fervorem esse tradunt, ut omnia in mari contacta adu- rat , omnem cibum statim peragat. Quibus sit hoc co- gnitum experimentis , haud facile dixerim : multo me- morabilius dixerim id, cujus experiendi quotidie occa- sio est. De dactylorum miraculis. LXXXVII. 61. Concharum e gnre sunt dactyli ab humanorum unguium similitudine appellati. His natura in tenebris remoto lumine, alio fulgere claro, et quanto magis humorem habeant , lucere in ore mandentium , lucere in manibus , atque etiam in solo ac veste , deci- dentibus guttis : ut procul dubio pateat , succi illam na- turam esse , quam miraremur etiam in corpore. De inimicitiis inter se aquatilium , et amicitiis. LXXXVIII. 61. Sunt et inimicitiarum atque concor- diae miracula. Mugil et lupus mutuo odio flagrant : con- ger et murna, caudas inter se praerodentes. Polypum in tantum locusta pavet, ut si juxta vidit, omnino mo- riatur. Locustam conger : rursus polypum congri lac- rant. Nigidius auctor est, praerodere caudam mugili lu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i5i leur savoir, s'tonner de voir une toile dans la mer: telle est la figure de l'animal. A l'intrieur elle prsente un peu de chair, et en dehors une enveloppe fort dure. Ils lui attribuent une chaleur si vive, qu'elle brle tous les corps qu'elle touche dans la mer, et digre l'instant toute espce d'alimens. Il me serait difficile de dire quelle ex- prience ils en ont faite. Je regarde comme plus digne d'tre cit ce que nous pouvons nous-mmes prouver tous les jours. Merveilles des dactyles. LXXXVII. 6. Au nombre des coquillages sont les dactyles , ainsi nomms cause de leur ressemblance avec l'ongle de l'homme. Leur proprit est de reluire dans les tnbres; plus ils contiennent de liquide, plus ils brillent, et dans la bouche de ceux qui les mangent, et dans les mains; les gouttes mmes qui tombent terre ou sur les habits jettent le mme clat : en sorte qu'on trouve dans une liqueur une proprit qu'on admirerait mme dans un corps solide. Amitis et haines mutuelles des animaux aquatiques. LXXXVI1I. 62. 11 existe aussi entre les poissons des antipathies et des sympathies merveilleuses. Le muge et le loup se portent une haine rciproque. Il en est ainsi du congre et del murne, qui se rongent mutuellement la queue. La langouste a une telle frayeur du polype, que le voir auprs d'elle la fait mourir sur-le-champ. Le congre redoute la langouste, mais son tour il dvore i5a C. PLINII HIST. NAT. LIB. IX. pum, eosdemque statis mensibus concordes esse. Omnes autem vivere , quibus caudae sic amputentur. At e con- trario amicitiae exempla sunt (praeter illos de quorum diximus societate) balaena et musculus : quando prae- gravi superciliorum pondre obrutis ejus oculis , infes- tantia magnitudinem vada prnatans demonstrat, ocu- lorumque vice fungitur. Hinc volucrum naturae dicentur. HISTOIRE NATURELLE, LIV. IX. i53 le polype. Nigidius crit que le loup ronge la queue du muge, et que dans certains mois de l'anne ils vivent en bonne intelligence. Il ajoute que ceux qui ont ainsi perdu leur queue n'en continuent pas moins de vivre. D'un autre ct, outre les poissons que j'ai cits comme vivant en socit, on a l'exemple de l'accord qui rgne entre le muscule et la baleine. Comme celle-ci a les yeux appesantis par le poids norme de ses sourcils, le mus- cule , nageant devant elle , l'avertit des bas-fonds qui pourraient incommoder sa vaste corpulence ; il sert d'il la baleine. Je vais maintenant passer aux oiseaux. NOTES DU LIVRE NEUVIME. I , page 4- ligne 4-. Ueam. Les ufs de sche ( sepia officina- lis , L.) sont rassembls en grappes , de couleur obscure , et tout- -fait semblables des raisins noirs. Gladium. Le poisson pe ( xiphias gladius , L. ). Serras. La scie ( squalus pristis , L. ). Cucumim. Les holothuries , ou priapes de mer, surtout Vholo- thuria pentactes , L. , qui, lorsqu'elle est contracte, a exactement la forme d'un concombre. Ligne 5. Equorum capila in tam parvis eminere cochleis. L'bip- pocampe ou cheval marin ( sjngnatus hippocampus , L. ) 1 petit poisson qui , ayant le corps cuirass , a pu tre pris pour un coquillage. Sa tte rappelle en petit la forme de celle d'un cheval. II, page 4-, ligne io. Locust quaterna cubita impleant. Nous avons vu des langoustes et des homards de trois et quatre pieds de longueur. Ligne n. Anguill quoque in Gange amne tricenos pedes. Ceci est une exagration de voyageur, que rien ne justifie. Page 6 , ligne 7. In domibus fores maxillis belluarum facere. Rien n'est plus croyable : en Norvge on emploie encore au- jourd'hui les mchoires de baleines comme des poutres dans les constructions. Ligne 9. Exeunt et pecori similes bellu , ibi , in terrain , past- que radies fruticwn , remeant. Ce sont les lamantins et les du- gongs , animaux herbivores , qui tiennent de prs aux ctacs , et qui, dit-on, viennent patre l'herbe des rivages, ou du moins les algues qui en garnissent les. rochers. Ligne 11. Equorum, asinorum , taurorum capitibus. Il n'y a NOTES DU LIVRE IX. i55 entre les ctacs et les animaux domestiques aucune ressemblance relle ; mais le peuple trouve souvent de ces sortes de rapports dans son imagination. III , page 6 , ligne i5. Physeler. C'est peut-tre la grande ba- leine, qui anciennement n'tait pas rare dans le golfe de Gascogne, o les Basques ont appris la pcher. Ligne 17. In Gaditano oceano arbor. L'ide de cet animal est prise peut-tre de l'espce d'toile de mer nomme tte de M- duse ; mais la taille norme qu'on lui attribue n'a aucun fonde- ment dans la nature. Les habitans du Nord ont des contes analogues sur un poulpe qu'ils disent grand comme une le, ej qu'ils appellent kraken. Ligne ig. Roi appellat. L'ide de la roue a pu tre prise de ces zoophytes nomms mduses par Linnseus , et qui ont en effet la forme d'un disque divis par des rayons : on aura pris quelques taches pour des yeux ; mais ces mduses n'ont point une gran- deur excessive , telle que Pline semble la leur attribuer en les plaant dans ce chapitre, et telle qu'Elien la leur donne positive- ment (liv. XIII , ch. 20) , en les dcrivant d'ailleurs de manire les faire assez bien reconnatre. Nous avons vu tout au plus des rhisostomes de deux pieds de diamtre. Page 8 , ligne 5. Tritonem nereidum, etc. Il est impossible d'expliquer ces tritons et ces nrides autrement que par la fraude de ceux qui les montraient ou qui prtendaient les avoir vus. Toute la ville de Londres a eu l'anne dernire le spectacle de ce qu'on appelaityZ/e de mer (meermaid). Nous avons examine un objet absolument semblable ; c'tait un corps d'enfant dans la bouche duquel on avait introduit des mchoires d'un spare , et o l'on avait remplac les jambes par un corps de scine. IV, page 8, ligne 19. Elephantos , et arietes , etc. On a de tout temps donn aux divers ctacs des noms d'animaux terrestres. Il serait possible que les bliers marins fussent de cette grande espce de dauphin que l'on nomme autrement bootshopf, et qui a sur l'il une tache blanche, courbe peu prs comme la corne d'un blier. i56 NOTES DU LIVRE IX. L'lphant est peut-tre le morse (trichechus rosmarus , L. ), qui a des dfenses sortant de la bouche comme l'lphant ; ce- pendant il est confin dans les mers septentrionales , et je ne sache pas qu'on l'ait jamais vu sur nos ctes. Page 8 , ligne il. Bettuam in Gaditana litora. D'aprs cette description, et surtout d'aprs ses dents , cet animal devait tre le cachalot (phjseter macrocephalus , L.). Page 10 , ligne i. Ossa Rom , adportata, etc. Les os prten- dus du monstre auquel on avait expos Andromde taient sans doute des os , et surtout des mchoires infrieures de baleine , comme on en voit sur beaucoup de ctes , o on les recueille quelquefois cause de leur tonnante grandeur. Ligne 5. Spin crassitudine sesquipedali. Les squelettes de ba- leine du Musum d'histoire naturelle ont des vertbres au moins de cette paisseur , et il y en a de plus grandes. V, page 10 , ligne 7. Baln\et in nostra maria pntrant. Il est certain qu'encore aujourd'hui la Mditerrane a quelques ba- leines. Le Musum d'histoire naturelle possde la tte d'une qui avait chou aux Martigues. Cette anne mme, 182g , il en est chou une sur les ctes du Languedoc. Ligne 10. Orcas. On croit que c'est le grand dauphin appel paulard ou bootskopf (delphinus orca , L. ) ; en effet, ce c- tac est un dangereux ennemi pour la baleine , qu'il attaque surtout en lui dvorant la langue , laquelle est norme et fort tendre. Cependant, V orque pris dans le port d'Ostie , en juger par sa grandeur, devait tre un cachalot. VI , page 12 , ligne i4- Ora baln habent in frontibus. Les baleines ont, non pas la bouche, mais les narines, sur le som- met de la tte , et c'est par l qu'elles lancent des colonnes d'eau. Ligne 16. Spirant in mari, qu pulmonem habent. Ce sont les ctacs , animaux semblables aux quadrupdes par leurs viscres, leur respiration , leurs mamelles, et qui en diffrent seulement par leur forme gnrale , qui se rapproche de celle des poissons. NOTES DU LIVRE IX. i5 7 Page i4 > ligne 8. Pulmonum vice aliis possunt alia spirabUia inesse viscera sicui et pro sanguine est multis alius humor. En effet , les mollusques ont , au lieu de sang , un liquide bleutre ou sans couleur. Les insectes respirent par des traches , c'est- -dire par des vaisseaux lastiques qui pntrent dans toutes les parties de leur corps. Enfin , les branchies sont un organe aussi essentiellement respiratoire que les poumons. Tout ce que l'au- teur ajoute sur l'introduction de l'air dans l'eau est galement conforme la vrit. C'est par le moyen de l'air ml l'eau , ou de celui qu'ils vont humer sa surface , que les poissons respirent. Page 16 , ligne 4- Balnis a fronte , delphinis a iorso. Les dauphins ont leurs narines , autrement appeles vents , un peu plus en arrire sur la tte que les baleines , sans les avoir ce- pendant sur le dos. VII , page 16 , ligne 9. Delphinus. 11 y a dans cet article un mlange de traits relatifs aux deux animaux dont j'ar parl dans ma note sur le chapitre 38 du livre VIII. Ligne 10. Mullum infra rostrum os illi. Ce n'est pas vrai du dau- phin ctac , mais bien du squalus acanlhias , du requin , etc. ; pinn aculeos , du chapitre suivant , ne convient aussi qu' l'a- canthias. Le reste des deux chapitres parat se rapporter plutt au vrai dauphin, mais les modernes ne l'ont pas vu s'apprivoiser ce degr ; aussi quelques auteurs ont-ils pens qu'il s'agissait dans ces histoires du lamantin (trichechus manaius). Ce qui nous dtourne de cette opinion , c'est que le lamantin n'habite point la Mditerrane. IX , page 22 , ligne 19. Latera. La pche des muges a lieu encore dans l'tang de Lattes , sur la cte du Languedoc , comme du temps de Pline ; et on peut en voir la description dans les Mmoires d'AsTRUC , sur l'histoire naturelle de cette province (page 568) ; mais les dauphins n'y sont plus pour rien , et ce- pendant la mme fable a t place en d'autres lieux par Elien ( liv. Il , ch. 8) et par Oppien (Halieutic, v , v. 4^5). Albert {de Anim. , liv. xxiv ) prtend que ce moyen tait en usage de i58 NOTES DU LIVRE IX. son temps sur les ctes d'Italie, et Rondelet {de Piscib. , liv. xvi, ch. 8) que c'tait sur les ctes d'Espagne, prs de Paamos. Peut-tre le fait se rduit-il (ainsi que l'ont pens Belon et Astruc) ce que les dauphins, en poursuivant les troupes de muges, les contraignent quelquefois se jeter dans les" anses et les tangs sals ; ce qui , dans certaines circonstances , a pu en rendre la pche plus abondante. XI , page 26 , ligne 17. Delphinorum. J'ai dj fait remarquer qu'il y a encore ici quelque confusion entre un animal du genre des dauphins , et un autre du genre des squales. Peut - tre s'agit-il principalement de ce grand dauphin que Linnaeus nomme delphinus iursio ; mais alors la comparaison de ses dents avec celles d'un requin ne serait pas exacte ; et , d'ailleurs , on sait par Athne (liv. vil, p. 3io) que tjrsium ou tursion tait, cher les Romains , un morceau sal de requin. XII , page 28 , ligne 4- Casas integant navigant cymbis. Je crois que c'est encore ici une grande exagration de voyageur. Page 3o , ligne 5. Cornibus latis , sed mubilibus. On a pris ici les pieds de devant pour des cornes ; dans les tortues de mer ils sont en effet longs, troits et pointus. XV, page 3a , ligne i4> Pristis , balna. C'est mal propos que Pline place la scie et la baleine parmi les animaux qui ont du poil. Aristote (liv. VI , ch. 12) dit bien que la scie et le buf ^qui est une raie) font des petits vivans comme la baleine et le dauphin , mais il ne va pas plus loin. Ce qui est dit ensuite du veau marin est gnralement exact , except toutefois les proprits de son poil et les vertus de sa nageoire. XVI, page 34 , ligne 11. Piscium species. Aujourd'hui le seul Cabinet du Roi possde prs de six mille espces de pois- sons. XVII, page 34, ligne i5. Prcipua magnitudine thynni. Cetti, dans son Histoire naturelle de Sardaigne . tom. III , p. i34 , assure NOTES DU LIVRE IX. i 5q que les thons de mille livres ne sont pas trs-rares , et que l'on on a pris qui pesaient jusqu' dix-huij cents livres. Page 34 , ligne 17. Quinque cubita et palmum. Ce passage est, comme le prcdent, pris d'Aristote ( liv. vm), et semble un peu moins croyable. Une distance de sept huit pieds d'une pointe de la queue l'autre annoncerait un individu de vingt-cinq pieds de longueur ; aussi la plupart des manuscrits de Pline ne portent-ils que deux coudes. Ligne 18. H aud minores : silurus in Nilo. 11 ne peut y avoir de doute sur le silurus : c'est un synonyme du glanis d'Aristote , puisque Pline rapporte de lui (liv. ix, ch. 16 et 5i ) les mmes choses qu'Aristote de son glanis ( Hist. , liv. VIII , ch. 20 , et liv. IX , ch. 37 ) , savoir les soins qu'il prend de sa famille , et l'effet que produisent sur lui la canicule et les orages. Il est facile de prouver , d'ailleurs , que ce n'est point l'es- turgeon , mais bien le poisson encore nomm silurus par les naturalistes , le wels o schaid des Allemands , le saluth des Suisses , etc. i. Pline, dans le chapitre actuel , dit que c'est un poisson cruel , qui saisit et noie souvent des chevaux. 2 . Aristote dit de son glanis qu'il brise les hameons ; l'es- turgeon , poisson trs-inoffensif, ne fait rien de tout cela. 3. Ausone (Moscll. , v. i35 et suiv.) dit qu'il ressemble un dauphin , et parat comme enduit d'huile d'olive ; deux ca- ractres trs-vrais pour le wels , qui est lisse et d'un brun ver- dtre , et nullement pour l'esturgeon , qui est gris et hriss de boucliers pineux. 4-. Aristote assure que ses ufs ont la grandeur d'un pois ; le wels est un des poissons dont les ufs sont les plus grands. Du reste , ce qui est rapport par Pline ( hic ) et par Elin ( liv. xiv, ch. i5) de la grandeur du silure, de sa voracit , de la manire dont on le prend , etc. , convient trs-bien au wels. Ce que l'on dit du soin qu'il prend des ufs de sa femelle n'est pas exact ; mais comme le mle et la femelle se tiennent dans des trous et y vivent fort tranquilles , il suffit que l'on ait vu de leurs ufs la proximit d'un mle , pour que l'on ait fait cette histoire. 160 NOTES DU LIVRE IX. Strabon ( xvn , p. m. 8:s3 B. ) parle du a-lxovpas comme d'un poisson du Nil; Pline^ liv. v, ch. g) le nomme aussi parmi les poissons d'un lac dont on prtend que le Nil tire son ori- gine. Elien (liv. XII, ch. 29) en place de privs dans un tang prs de Bubaste , de petits dans le Cydnus de Cilicie ; il en met aussi dans l'Oronte, dans le lac Apame, etc. ; c'est que toutes ces eaux produisent , non pas prcisment le wels d'Allemagne, mais des poissons du mme genre , et d'un grand nombre d'es- pces dont on peut voir plusieurs dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Au reste , ces noms', comme tous ceux des anciens , n'avaient pas une acception aussi fixe qu'aujourd'hui. Ainsi Elien (liv. XII, ch. i4), parlant du glanis du Mandre et du Lycus, auquel il rapporte ce qu'Aristote avait dit du soin que ce poisson prend de sa progniture , dit qu'il ressemble au silure : il le compare par consquent quelque autre espce du mme genre, peut-tre aux silures de l'Egypte. C'est ainsi que Pausanias raconte ( Messeniac. , p. m. 280) que le Nil , le Rhin, l'Ister, etc., produisent des poissons nuisibles, semblables aux glanis de l'Her- mus et du Mandre , mais plus forts et plus noirs. Il y a en effet des silures dans ces rivires; dans le Rhin et dans l'Ister c'est le wels lui-mme ; dans le Nil ce sont d'autres espces , et apparemment que lies glanis du Mandre taient d'espces plus petites. Page 34 , ligne 18. Esox in Rheno. On ne sait pas au juste ce que c'est que cet esox du Rhin , dont le nom ne parat que dans ce seul endroit , et une autre fois dans Hesychius (sV;| , i"XPvs KtiTcoftis). Rondelet (Fluvial., 178) a souponn qu'il fallait lire exos , et que cette dnomination avait t imagine pour une espce d'esturgeon. Gesner ( page 368 ) demande si ce ne pourrait pas tre le brochet; mais le brochet tait bien connu des Romains sous le nom de lucius , et sa taille n'est jamais assez grande pour que Pline l'ait compare au wels et l'attilus , et pour qu'Hesychius ait pu le rapprocher des c- tacs. Cependant c'est d'aprs cette conjecture que le genre des brochets porte le nom ftesox dans les naturalistes modernes. Page 36, ligne 1. Attlus in Pado. 11 y a dans le P plusieurs trs-grandes espces du genre des esturgeons , et dans le nombre NOTES DU LIVRE IX. 161 il s'en trouve une qui porte encore , selon Salvien et Rondelet ( page 4-i6) , les noms ftadello et d'adilo. Aldrovande l'appelle adeno ou ladano , et en donne la figure ( page 563 ). C'est trs- probablement l'attilus de Pline. Page 36 , ligne 3. Minimus piscis appellatus clupea. C'est sans doute quelqu'un de ces nombreux animaux parasites qui s'attacbent aux branchies des autres poissons et en sucent le sang, peut-tre une des petites espces de lamproies. Nous verrons ailleurs que ce nom de clupea a aussi t employ pour la feinte ou pour X alose ; c'est pourquoi Linnseus l'a consacr au genre entier des harengs. Ligne g. Et in Borjsthene memoratur prcipua magniludo, nullis ossibus spinisve intersitis , carne prcrdulci. Il n'est plus question ici du silure , mais de quelqu'une de ces grandes espces d'es- turgeon si communes dans les fleuves qui se jettent dans la mer Noire, et dont le squelette est en effet toujours cartilagineux, et la chair gnralement trs-bonne. Ligue ii. In Gange platanistas. C'est probablement le dauphin du Gange (delphinus Gangeticus) , dcrit par le docteur Roxburgh , dans les Mmoires de Calcutta , tome vil , et dont j'ai parl dans mes Recherches sur les ossemens fossiles , tome v, premire partie, pag. 27g. Il a le museau et la queue du dauphin ordiniare , mais je ne voudrais pas rpondre qu'il atteignt une longueur de quinze coudes. Ligne 1 3. Vermes branchiis binis , sexaginta cubitorum. Ctsias donne une histoire semblable ( Ind. , c. 27) ; mais son ver a deux dents , et non pas deux branchies ; il ne prend que les bufs et les chameaux , et non pas les lphans , et on en tire une huile qui allume tout ce qu'elle touche. Dans la plupart des manuscrits et des ditions de Pline le ver est long de soixante coudes au lieu de sept , et cela tait ncessaire pour pouvoir dvorer des lphans. Je souponne que c'est quelque congre ou quelque mu- rne qui aura donn lieu ces rcits exagrs l'orientale. XVHI, page 36, ligne 20. Thjnni mares sub ventre nonhabent pinnam. Quoique prise d'Aristote ( liv. v, ch. g ) , cette assertion est fausse. Le thon mle ne diffre point de sa femelle parles na- geoires. Au reste, Pline a exagr l'expression d'Aristote. Celui- VIT. I 1 i6a NOTES DU LIVRE IX. ci dit seulement que le thon femelle diffre du mle par une petite nageoire sous le ventre qui manque au mle , et non pas que ce mle n'ait aucune nageoire sous le ventre. Page 38 , ligne g. Probatissima, qufaucibus , etc. L'exprience confirme ce que Pline avance de la diffrence de got des diverses parties du thon. {Voyez CETTI , Ist. nat. di Sardegna , tom. III, page 1 37 et i38). XIX , page 38 , ligne i3. Scombri. Les naturalistes mo- dernes appliquent ce nom au maquereau ( scomber, scombrus L.) , et tout semble prouver qu'ils ont raison ; on voit par divers pas- sages des potes latins que les scombri taient communs et de petite taille; qu'on les enveloppait de papier pour les vendre, et que l'on en menaait les vers des mauvais potes comme on les menace aujourd'hui du poivre et de la cannelle. Martial , liv. iv, pigr. 86 : Nec scombris tunicas dabis molestas ; et Perse , Sot. 1 , v. 43 : Et cedro digna locutus Linquere nec scombros meluentia carmin a nec thus. D'ailleurs Aristote (Hist. , liv. IX, ch. 2) range le scombre parmi les poissons qui vivent en troupes ; i\ l'associe aux thons , aux plamides, mais le dit infrieur pour la force (liv. vm, ch. 2 ). Enfin le maquereau porte encore aujourd'hui des noms drivs de scomber: Constantinople, scombri (Hammer, Const.etleBosph. I, page 4-5) ; Venise, scombro (Salvian., page 24.1); en Sicile, scurrnu, scrumiu, scambirro (Rafinesque, indice d'Ittiol., Sic., p. 19). Ligne 16. Amiam ocant. X? Amia des anciens , ainsi que l'a trs-bien vu Rondelet (p. 238), est un poisson auquel, sur presque toutes les ctes de la Mditerrane , on a, mal propos, trans- fr le nom de peamide. C'est la limosa de Salvien (fol. 123), la peamide de Bel on (page 179)1 le premier thon d'Aldrovande (p. 3i3), enfin le scomber sarcla de Bloch (p. 334-). La preuve de cette synonymie , c'est que le scomber sarda est la seule espce du genre des thons, dans la Mditerrane, qui ait les dents fortes , tranchantes , et soit capable d'attaquer de grands poissons , comme NOTES DU LIVRE IX. i63 Aristote le dit de Yamia (Hist. anim. liv. IX, ch. 3y ). Aristote {Hist. liv. il, ch. i5) a mme trs-bien connu sa vsicule du Bel, qui est d'une longueur plus qu'ordinaire. XX, page 4-0, ligne 23. Pompilos. Le vrai pompile des an- ciens , qui accompagnait les vaisseaux et leur annonait en les quittant l'approche de la terre (lien , liv. II, ch. i5, et Cli- tarchus, ap. Athen, , liv. VII, p. 284), tait le pilote des naviga- teurs modernes {gasterosteus ductor, L.) ; mais ce nom tpom- pius peut avoir t donn d'autres poissons qui ont la mme habitude ; il vient de tro/u.'jh , comiialus { Oppien, Hal. , 1 , 188). Page 4-2, ligne 2. Sole. Les soles (pleuronectes solea, L. ). Rhombi. Les turbots {pleuronectes maximus , L.). Sepia. La sche ( sepia ojficinalis , L. ). Ligne 3. Loligo. Le calmar ( Sepia loligo, L.). Tardas et merula. 11 y a lieu de croire que ce sont des labres. Ligne 6. Trichi. Les trichias sont des poissons de la famille des harengs. Un scholiaste d'Aristophane attribue l'origine de ces noms aux artes fines et en forme de cheveux (Sp/jj} qui rem- plissent leur chair, ce qui est en effet propre ce genre. Aristote (Hist., VI, i5) prsente le membras, le trichis et le trichias comme diffrens ges du mme poisson. Le trichis tait petit et commun ; on parle dans Aristophane (Hipp. , v, 662) d'en don- ner un cent pour une obole. On le salait pour approvisionner les flottes ( Id. , Acharn. , v. 5i ). Ainsi tout fait croire que le trichis tait la sardine ( clupea sptus , L. ) , ou peut- tre une espce plus petite , mais semblable , telle que la melette ( clupea me- lelta, Nob.). Le trichias aura t alors la sardine proprement dite, ou une sardine de plus grande taille, ou peut-tre mme la feinte {clupea ficta , LacP.), que l'on appelle encore sardine en quel- ques endroits , notamment sur le lac de Garde en Lombardie. Ligne 8. Istrum amnem subeunt. Ce passage doit se rapporter \&feinte, qui ainsi que l'alose remonte dans les rivires ; quant l'ide que ce poisson se rendait dans l'Adriatique par des ca- naux souterrains, elle n'a aucun fondement. N. R. La feinte, ainsi nomme de son nom flamand venth ou vinth, et que Lacpde appelle clupea ficta, est une espce trs- II. 164 NOTES DU LIVRE IX. semblable l'alose, que Bloch mme (pi. 3o , fig. i ) a repr- sente au lieu de l'alose , mais qui en diffre parce qu'elle a de petites dents dont l'alose manque. XXI, page 4 2 i ligne 17. animal est parvum , etc. C'est un animal de la famille des lernes qui a t reprsent , mais impar- faitement , par Boccone dans ses Recherches et Observations natu- relles { p. 287 ) , et que Gmelin a nomm pennatula filosa , quoique ce ne soit point une pennatule. C'est le genre pennelle d'Oken. II pntre dans la chair des thons et des xiphias, et les rend, dit-on, furieux. Ligne 18. Gladius. ISpce ou Y empereur (xiphias gladius, L.). XXIII, page 44 1 ligne i3. Pisciumfemin ma/ores quam mares. Cela est vrai, surtout au temps o elles sont pleines d'ufs. Ligne 1 3. In quodam gnre omnino non sunt mares, sicut in erjrthinis et chanis. Aristote l'avait dj dit , mais avec doute (Hist. liv. VI, ch. i3). Ovide comme pote a t plus afhrmatif ( Hal. , 107) : Et ex se CoDcipieDS channe , gemiuo fraudata parente. Quelque incroyable que la chose paraisse, elle n'est pas sans un fondement au moins apparent. Cavolini a observ dans des pois- sons du genre des serrans {pera cabrlla et pera scriba, L.) , une sorte d'herraaphroditisme ; l'ovaire a toujours dans sa partie in- frieure un lobe qui, d'aprs sa texture, parat tre de la laitance; et il croit qu'en effet dans cette espce et dans quelques unes du mme genre , tous les individus produisent des ufs et les f- condent eux-mmes. Ligue i5. Chanis. Le yjtvt) ou '/kvvn des Grecs est le pera cabiilla de Linnaeus , l'un des serrans de nos ctes de Provence , espce qui selon Forskal (Faun. arab. , p. 36, n. 32), et selon Sonnini ( Voyage en Grce et en Turquie , 1 , 281 ) , porte encore parmi les Turcs et les Grecs modernes le nom de chani ou de channo , et o Cavolini a observ l'organisation singulire dont nous venons de faire mention. Gaza traduit ykvvti par hiatula, parce qu'il le suppose venir de yjtlya , je bille. Selon Ath- NOTES DU LIVRE IX. i65 ne (vil, p. m. 327) , Aristote l'avait dcrit comme rouge fonc et vari de raies noires , ce qui convient trs-bien au pera scriba, L. , l'espce de serran la plus voisine du cabrilla. XXIV, page 4-6^ ligne 8. Lapidem in capile habere exisiiman- tur. Tous les poissons ont dans le labyrinthe membraneux de leur oreille des corps pierreux suspendus dans un liquide glatineux ; mais ces corps, ou au moins l'un d'eux, sont plus grands dans certaines espces que dans d'autres. C'est surtout dans les scines qu'ils arrivent au plus grand volume. Ligne 9. Lupi. Le loup de nos ctes de la Mditerrane , le bar de celles de l'Ocan (pera labrax , L.). Chromes. Aristote attribue son chromis des pierres dans la tte (Hist., vin, c. ig), une oue fine (ibid., iv, 8), la facult de faire entendre une sorte de grognement (ibid., IV, 9) et l'habitude de vivre en troupes et de ne pondre qu'une fois par an (v, 9), toutes circonstances qui conviennent trs-- bien au maigre ( scina umbra, Nob.). Ajoutez qu'picharme dans Athne (vil, p. m. 282) dit que le chromis ainsi que le xiphias sont au printemps les meilleurs des poissons, rapprochement et qualification qui vont aussi trs-bien au maigre cause de sa grandeur et de son bon got ; cependant comme le glaucus qu' Aristote distingue du chro- mis a des rapports encore plus frappants avec le maigre, et comme Belon nous dit que l'ombrine (se. cirrhosa) porte encore quelque- fois Marseille les noms de chron ou de chrau, comme au rap- port de Gyllius, elle prend sur la cte de Gnes celui de chro , il ne serait pas impossible que ce ft elle qui et t le chromis des Grecs ainsi que l'a pens Belon. Scin. "ZkiIi, signifie ombre, et l'on en a tir plusieurs noms de poissons. Celui de s-kIaivo. a t traduit par les modernes par umbra ou ombre ; mais ce nom est donn aujourd'hui. des pois- sons si diffrens , depuis Y ombre des Italiens ou maigre des Fran- ais ( scina umbra , NB. ) , Vombrinc (se. ebrhosa, L. ) , jusqu' V ombre d'Auvergne (salmo ihymallus , L. ) , et Y ombre chevalier (salmo umbla, L.) , que cette traduction n'claircit rien. Aristote ne dit autre chose de son scina, sinon qu'il a des pierres dans la tte ( Hist. , vin, c. 19) ; ce qui est commun beaucoup de *66 NOTES DU LIVRE IX. poissons. Pline copie ce passage en conservant le nom grec. Ovide , Columellc et Ausone nomment Vumbra ; mais dans les deux premiers c'est un poisson de mer (/?/. , v. 1 12 : tum corporis timbra liventis , etc.), dans le troisime c'est un poisson d'eau douce (Mosell., v. 901, effugiens oculos cleri levis umbra natat). Varron , qui cite aussi le nom (Yumbra parmi ceux des poissons (de Ling. lai. , liv. iv), ajoute que l'espce qui le porte le doit sa couleur ; ce qui , joint a la qualification de livens que lui donne Ovide, fait juger qu'elle tait obscure. 11 ne serait donc pas im- possible que ce ft le corb ou corbeau de mer (scina nigra , N.). Page 46 , ligne 9. Pagri. Ce passage est tir d'Aristote (Hist. , liv. vin, c. 19) , o pour pager il y a qkyypos. On appelle au- jourd'hui, sur les ctes de la Mditerrane, de plusieurs noms drivs de ceux-l, tels que pagre ou pageau , fragolino , etc., un poisson d'un rouge argent, qui est le sparus erythrinus de Linnaeus (son sparus pagrus est une autre espce). Les Grecs modernes l'ap- pellent aussi cptypos, et c'est la meilleure preuve que l'on ait de son identit avec le phaggros d'Aristote ou le pager de Pline ; en- core faut-il bien distinguer de ce pagre marin un phagre ou pha- grorios du Nil, qui parat avoir t tout diffrent. Le pagre de mer des anciens pourrait en effet avoir t le ntre , car le peu qu'ils disent de ses caractres lui convient. Il tait rouge comme le ntre : rutilus pagur, dit Ovide (Hal. v. 108) ; c'tait, selon Aris- tote (liv. vin, ch., i3), un poisson la fois littoral et de haute mer, qui avait des pierres dans la tte ( liv. vin , ch. , ig) , c'est- -dire des corps pierreux assez grands dans le labyrinthe de l'o- reille. Oppien (Hal., 1, i^-o) distingue des b%uvvyov). Aristote dit (Hist., liv. v, ch. 10) que c'est un petit poisson , et de ceux qui croissent le plus rapidement; et (liv. IX, ch. 2) qu'il vit en troupes. C'tait un poisson peu estim que l'on nommait ordinairement au diminutif ( Athn., p. 3og) , dont on faisait des salaisons et du garum ( Geopon. , 1. XX , c. 25) , que l'on prenait en grand nombre, et que l'on employait comme appt pour la pche des anthias (lien, XII , 17); mais il y avait aussi des coracins de rivire. Strabon ( Gogr. , xvu) parle de ceux du Nil ; et Athne (liv. vu , p. 309 et VIII, p. 356) les vante extraordinairement pour la bont de leur chair. Il dit ail- leurs que parmi les nombreux et bons poissons de ce fleuve , les coracins sont au rang des meilleurs. Martial en dit autant (liv. XII, pigr. ) : Princeps INiliaci raperis coracine macelli , Pell prior est gloria nulla gulae. Mais Pline dit (liv. XXXII , ch. 5) que ce coracin tait particulier au Nil, et mme (liv. v, ch. g) que, d'aprs son existence dans un lac de la basse Mauritanie , Juba avait prtendu que le Nil sortait de ce lac. Selon Athne (liv. III, p. 121), les riverains du Nil le nommaient cta7 , bouclier, et ( liv. vil , p. 3og) ceux d'Alexandrie l'appelaient TXcclet^ cause de son contour. Or, nous savons que le meilleur poisson du Nil est le bolty (Jabrus niloticus, L. , mon chromis niloticd). Il est plat, comprim. Pos sur le ct il parat arrondi. Sa couleur est ple compare celle du petit poisson qui lui est congnre (le castagnau; spams chromis , L., mon chromis caslanea) , qui est d'un brun noirtre , et qui four- mille sur nos ctes o il n'a jamais pu tre estim que comme ap- pt ou salaison. Je ne doute donc nullement que le coracin de mer ne ft ce castagnau, et celui du Nil le bolty. Page 4-6, ligne i/.. Murna. On a dout, d'aprs l'autorit de PaulJove, si ce mot signifiait la murne d'aujourd'hui {murna helena , L. ) , ou la lamproie (pelromy zon marinus , L.). Ces deux poissons ont en effet, en commun , un corps long, lisse, sans na- geoires paires, une chair agrable, etc. ]\|ais il y a d'autres ca- ractres d'aprs lesquels on peut aisment prouver qu'au moins NOTES DU LIVRE IX. 169 dans la plupart des passages , soit de Pline , soit d'Aristotc , soit d'lien , c'est la premire acception qui est la vritable. Ardens Auralis niurna notis dit Ovide (Hal. ,\. 1 1 et 1 15) , ce qui ne peut se rapporter qu' la murne. La lamproie n'a point de taches jaunes. Dans un autre endroit (v. 27), il l'appelle murna jerox , ce qui galement ne convient qu' la murne; la lamproie, qui ne peut que sucer, ne mrite point cette pithte. On voit aussi dans Elien (I. IX, c. lyd) que la murne se dfend avec ses dents , qui sont sur un double rang ; dans Arslote (Jtlist., liv. vm, ch. 2), qu'elle ne vit que de chair, et dans Pline mme (1. IX, c. 88), qu'elle coupe la queue du congre. Des murnes seules et non des lamproies pouvaient d- vorer ces esclaves que leur faisait jeter Vedius Pollion , comme le rapporte Snque (de Clementia, liv. I, ch. 8 ) , et d'aprs lui Pline et Tertullien. Enfin , ce qui est compltement dcisif , Arstote dit (liv. il, chap. i3) que la murne a quatre bran- chies de chaque ct comme l'anguille , et la lamproie en a sept. Cependant lorsque Pline parle des sept taches des murnes de la Gaule septentrionale, il y a grande apparence qu'il parle d'a- prs quelque conte de voyageur auquel les sept orifices bran- chiaux de la lamproie a\aient donn naissance. Page 4-6, ligne i4- Orphns. Yorphus des anciens, que Gaza tra- duit parcernua, nom inconnu aux anciens Latins, tait rougetre , avait les cailles pres , les dents pointues, de grands yeux , la chair <'ure. Il vivait dans la mer solitairement le long des rochers o il trouvait des coquillages dont il faisait sa principale nourriture. Il se cachait pendant l'hiver dans les creux des rochers sous-marins. Sa croissance tait rapide , il ne vivait pas plus de deux ans ; quand on le coupait par morceaux ses muscles palpitaient encore. Rondelet , qui a soigneusement recueilli ces diffrens caractres, en fait l'appli- cation un poisson du genre des pagres qui parat tre le barbier. Mais il ne serait pas facile de prouver la justesse de cette application , la tradition ne la justifie pas. Le nom d'orphe a disparu des ctes de France et d'Italie. Selon Gillius et lielon , on le retrouve chez les Grecs modernes, mais sous la forme de ropho. 170 NOTES DU LIVRE IX. Page 46, ligne i4- Conger. Le congre (murna conger, L.). Perce. Il est probable qu'il s'agit ici des poissons que les an- ciens nommaient perches de mer, et l'on a lieu de penser que c'- tait l'espce de serran qui a des bandes brimes en travers du corps comme la perche ( \e pera scriba, L.). C'est du moins l'opinion de la plupart des naturalistes; et, en plusieurs endroits d'Italie, les pcheurs nomment encore cette espce percia marina. Page 4-6, ligne 16. Pseltam. "Ynllci, que Gaza traduit par passer, tait un poisson plat, que l'on compare toujours la sole, au tur- bot. Athne (1. vil, sub.fin., p.m.33o) dit mme que c'est le pois- son que les Romains appelaient rhombus , c'est--dire le turhot , mais le turbot tait aussi le p/uGos des Grecs, comme le prouve un passage de Naucrates cit immdiatement aprs par Athne. Je crois trouver une preuve que psetta est non pas le turbot (pleuron. maximus, L.), mais la barbue (pleuronectes rhombus, ejd.), et cela dans un passage d'Aristote (1. IX, c. 37), o il est dit que le psetta se cache dans le sable comme la baudroie , et attire les petits poissons en agitant les filets d'autour de sa bouche. Ce sont les petits rayons distincts de la partie antrieure de la nageoire dor- sale qui forment une espce de frange sur le museau de la barbue, et qui lui ont mme valu son nom franais. Le turbot ne les a point. XXV, page 4-6 , ligne 19. Glaucus. Les naturalistes ont tous suppos, d'aprs Rondelet, que le glaucus des anciens est un cen- tronote (le scomber amia ou le scomber glaucus, L.), mais il est facile de prouver le contraire ; Aristote (liv. Il, chap. 17) dit que le glaucus a les appendices du pylore en petit nombre , comme la dorade [sparus aurata, L), et les centronotes les ont pres- que en plus grand nombre que la plupart des poissons. Le glaucus tait un grand poisson (Athn. , III, 107) qui les muges servaient d'appt (OPPIEN., Hal. III, v. ig3), qui vi- vait dans la haute mer (Arist., Il, i3) , et cherchait sa nourri- ture dans les roches et dans le sable (Oppien, Hal., I, 170), qui se tenait cach en t pendant soixante jours (Arist. , vm, i5). Ajoutez que, d'aprs divers passages d'Athne et d'autres auteurs que l'on trouvera runis dans Gesner (Pisc, page 392) , ce poisson tait fort estim, et que sa tte tait la partie que NOTES DU LIVRE IX. 171 l'on en prfrait. D'aprs ces traits, ce devait tre plutt un maigre (scina aquila, Cuv.) qu'un centronote ; il est vrai que le maigre portait aussi le nom de latus, mais ces diversits de no- menclature ne sont que trop communes dans les anciens. Page /j6, ligne 19. Aselli. Presque tous les naturalistes, et tou- jours en suivant Rondelet, appliquent ce nom au merlus (gadus merluccius, L.), ou au genre des gades en gnral ; il est bien vrai que l'onos des Grecs , qui est Yasettus des Latins , s'appelait aussi ytcfos (Dorion ap. Athen., vil, 3i5). Mais cet onos tait loin d'avoir les caractres du merlus : il se cachait dans le sable comme la baudroie et faisait vibrer ses barbillons pour attirer les petits poissons (Arist., ix, 37) ; on ne le voyait point pendant la ca- nicule (ibid., vin , 5; et Elien, IX , 38) : loin de vivre en trou- pes, comme la plupart des gades, il vivait toujours solitaire (Elien, vi, 3o). Sa bouebe tait faite comme celle des squales (Atben., VII , 3i5) ; son ventre tait tachet (id., ibid.); sa taille grande (Epich., 16); sa chair dlicate et propre tre offerte aux fivreux (G^LIEN x de Alim. fac. , III et method. vil , g , et vin , 2). Il n'est gure (dans les gades de Linnseus) que la mus- tle ou lote de mer (gadus iricirrhalus , pi. i65) qui prsente une partie de ces caractres ; encore dit-on que sa chair ne vaut rien ; mais Galien entendait peut-tre parler de la lote de ri- vire, gadus Iota, dont la chair est excellente , et qui ressemble assez la mustle pour avoir port le mme nom. Ligne 20. Aural. L'aurata, en grec ^/>vv?, sourcil d'or; en notre langue , daurade de la Mditerrane {spams aurata, L.), remarquable en effet par le trait dor en forme de croissant qu'elle a au dessus des yeux. Silurus. Voyez la note sur la sect. 17 de ce livre. XXVI, page 48, ligne 7. Mugilum. Les muges ou mulets (mugil , L.), genre dont nos ctes possdent plusieurs espces, mais dont les habitudes , telles que Pline les raconte ici, ne sont pas bien authentiquement constates. XXVII , page 4-8 , ligne 16. Acipenser... elopem. Le caractre d'caills diriges vers la tte , que les anciens attribuent leur acipenser et leur blops ou lops n'a lieu dans aucun poisson ; i7 NOTES DU LIVRE IX. mais le genre des esturgeons a, au lieu d'caills, des plaque:) disposes sur des lignes longitudinales et qui n'empitent point les unes sur les autres , ne s'imbriquent point la manire des tuiles comme les cailles de la plupart des poissons. Ce fait, mal dcrit par le premier observateur, peut avoir donn lieu cette expression inexacte : c'est probablement ce qui a dtermin Rondelet, et d'aprs lui la plupart des modernes, donner le nom d'acipenser l'esturgeon ordinaire , et mme tout le genre des esturgeons. En effet , Athne range l'acipenser parmi les poissons cartilagineux et dans la famille des squales. Cepen- dant Pline assure que l'acipenser est rare ; la mme chose est remarque par Cicron; et Martial en dit autant : Ad palatinns acipensem miltile m en sa s , Ambrosias ornent munera rara dapes. Ce qui ne peut pas rigoureusement se dire de l'esturgeon. Selon A rchestrate, dans Athne, l'acipenser tait petit et avait le museau trs-poinfu et la forme triangulaire ; le moins beau ne valait pas moins de mille drachmes attiques ; choses que l'on peut aussi con- clure du bon mot de Pontius , rapport par Cicron , qui , voyant Scipion inviter indiffremment ceux qui venaient le visiter un dner o devait paratre un acipenser que l'on venait de lui ap- porter, lui dit : Scipio vide quid agas; acipenser iste paucorum ho- rninum est. Or, notre esturgeon a souvent dix et douze pieds de longueur. La vogue de l'acipenser chez les Romains n'a pas t constante, mais lorsqu'elle avait lieu, elle tait excessive , et , au rapport d'Athne (liv. vu, pag. 294.), de Sammonicus Severus, cit par Macrobe (Saturn., liv. Il, c. 12), on le faisait apporter table par des serviteurs couronns et prcds d'un trompette; enfin, Archeslrate dans Athne (liv. vil, p. 2g4) dit qu'il se trouve Rhodes; qu'on le nomme le galus de Rhodes. Ces di- verses circonstances me feraient croire que l'acipenser tait plus particulirement l'espce de petit esturgeon museau pointu , si estim des Russes sous le nom de sterlet {acipenser ruthenus , L. ; acipenser pygmus, Pall.). Ce poisson habite dans la mer Noire et dans les lleuves qui s'y rendent. On l'a transport avec succs dans le lac Ladoga, et dans le lac Mler en Sude. C'est le plus NOTES DU LIVRE IX. i 7 3 petit et le plus dlicat des esturgeons ; et Pallas assure qu'on le vend Ptersbourg des prix fous, insano prelio , quand il passe deux pieds de longueur. Rien n'empcherait qu'il n'y en et dans les rivires de l'Asie Mineure , et par consquent dans le voisinage de Rhodes ; d'o l'on en portait quelquefois Rome, surtout quand la mode et le luxe le demandaient. Il est vrai que Pline (liv. xxxil , c. 2) prtend qu'il n'est pas tranger l'Italie, et en tire la conclusion qu'il n'est pas le mme que l'lops dont Ovide a dit (Hal. I , vers 96) : Al preliosus elops , uosiris incognitos undis. Mais Ovide en dit mht, autant de l'acipenser, vers i3l : Tuque peregrinis, acipenser, nobitis undis. Au reste , les noms n'taient pas assez fixes chez les anciens pour que celui d'acipenser n'ait pas pu tre donn aussi l'esturgeon commun ; et c'est ce qui aura motiv le passage de Pline. Rondelet n'ayant pas fait attention ce qui a pu occasioner l'erreur que les cailles de l'acipenser taient l'envers, suppose que cette particularit est propre l'lops , et que ce sont ceux qui confondaient les deux espces qui l'avaient attribue l'aci- penser, mais elle ne se. trouve exactement dans aucun poisson connu; et l'lops a pu tre, soit ce mme sterlet, soit quelque autre espce d'esturgeon. Appien, dans Athne (liv. vil, p. 294.), dit, comme Pline, que l'lops tait le mme que l'acipenser; et on ne voit pas, en effet, que rien de ce qui est dit de l'lops contrarie cette synonymie. A la vrit , Aristote n'en parle que deux fois (liv. Il, chap. i3 et i5) par rapport des dtails d'anatomie qui ne le caractrisent point ; mais on voit par Varron (de Re rust. , liv. Il, chap. 6) , et par Pline (liv. IX, chap. 54-) , que c'est Rhodes qu'il tait le meilleur , comme Archestrate (Athn. , liv. vu , chap. 295 ) l'avait fait entendre de l'aci- penser ; Columelle(liv. vm, ch. 16) et Elien (liv. vm, ch. 28) le placent dans la mer de Pamphylie, qui est voisine de Rhodes. Pline (liv. xxxil, ch. 2) assure que plusieurs attribuaient l'lops la palme de la saveur; Mation Parodus dans Athne le dit le plus noble de tous les poissons , un mets digne des dieux, aussi le payait-on fort cher; et Varron, selon Nonius , l'appelle 174 NOTES DU LIVRE IX. multummunus, ou midtinummus ; lien assure (1. VIII, c. 28) que le* pcheurs , assez heureux pour le prendre , couronnaient de fleurs eux-mmes et leur navire, et l'annonaient, en rentrant au port, au son de la trompette ; ce qui revient ce que Sammonicus (Macrob. loc. cit.) dit avoir vu pratiquer pour l'acipenser la table de l'empereur Svre. M. Pallas {Zoograph. Ross., III, pag. 97) affecte ce nom d'lops une espce d'esturgeon plus hrisse que les autres, reprsente dans Marsigli (Danub. iv, pi. 12 , f. 2) sous le nom de huso sextus; mais on ne voit pas sur quoi il se fonde pour croire que c'est celle-l prcisment que les anciens nommaient lops. Je n'ai pas besoin de dire que le poisson auquel Linnus a donn les noms cTe/o/j-y saunis, et qui est tranger l'Europe , n'a rien de commun avec l'lops ou Thlops des anciens. XX VIII , page 5o, ligne 5. Asellorum duo gnera: callarise, mi- nores : et bacchi, qui non nisi in alto capiunlur. On trouve ce nom de bacchos , comme synonyme d'onos (Euthydem. ap. Athen. Vil , 3i5). On y trouve aussi ceux de callarias, de gelaries, de galeri- das, mais aucun caractre pour distinguer les espces auxquelles ces noms pouvaient appartenir. On n'oserait pas mme affirmer que c'taient toujours des lotes ou des mustles ; la nomenclature des anciens tait trop irrgulire. XXIX, page 5o, ligne 10. Scaro. Le scare est le poisson le plus clbr par les anciens auteurs , i. A cause de la facult de ruminer qu'on lui attribuait (Arist., II, 17, et vin, 17 ; et Ovid. , liai., 118): At contra herbosa pisces laxantur arena , Ut scarus , epastas solus qui rumint escas. 2 . Parce qu'il ne vivait que de vgtaux (Arist. , vin , c, 2 ; lien , 1 , c. 2) ; 3. Parce qu'il produisait un son (Opp., Hal. I, i3; et Suid. voc. vevp.cv) ; 4. Par son ardeur en amour : on en attirait un grand nombre au moven d'une femelle attache la ligne (Oppien., Hal. iv, v. 78; lien, liv. 1 , c. aj; NOTES DU LIVRE IX. 175 5. Par sa prudence et par les secours qu'ils se rendaient entre eux pour se tirer des fdets (Ovid., Hal. 9 , Oppien , Hal. iv, 4.0 ; LIEN ,i,4); 6. Sa patrie originaire tait l'Archipel et les mers voisines (Athn. vil, pag. 32o), surtout la mer Carpathienne entre la Crte et l'Asie Mineure (ix, c. 17) ; 7 . 11 fut fameux Rome de bonne heure parmi les gourmands (Ennius apud Apul., Apol. I ; et HOR., epod. II , v. 49) ; 8. Du temps de Columelle il n'avait pas encore pass la Sicile (Col., vin, c. 16); mais Elipertius Optatus, sous Claude, en apporta des ctes de la Troade et en rpandit entre Ostie et la Campanie(PnN., lib. IX, c. 17 ; et Macro b., Sat., lih. 11, c. 12); 9 . On l'assaisonnait avec ses intestins ; aussi Epicharme (apud Athen., lib. vu, p. 3ig et 32o), dit-il que les dieux craignent d'en rejeter les excrmens : TSv o/(Ti to o-xf StfAtThv inCttXfh ^o/j. Et Martial (lib. xm, ep. 84) : Hic scarus quoreis qui Tenit obesus ab midis Visceribus bonus est : caetera -vile sapit. io. C'tait un poisson bien color, que Marcellus de Seide appelle fleuri, et Oppien vari et peint, etc. On a cherch long-temps quel pouvait tre ce poisson. Ron- delet donne pour tels un scare ( liv. vi , chap. 2 ) et un labre (ibid., c. 3); Belon dcrit (Ag. , 233) et reprsente (Observt., pag. 21), comme tant le scare, un poisson inconnu aujourd'hui aux naturalistes , et auquel il attribue des prominences sur les cts de la queue. Aldrov. (Pisc, pag. 8 ) appelle scarus cretensis une espce du genre qui porte prsent le nom de scarus, genre qui se distingue par des mchoires osseuses faites quelques gards comme un bec de perroquet. Ayant appris par Belon que le nom de scaros est encore usit dans l'Archipel, j'ai fait venir les poissons qui le portent, et il s'est trouv qu'ils rpondent la figure d'Aldrovande.Tout ce qui m'a t crit de leurs habitudes , de la manire dont on les prend, dont on les assaisonne , rpond fort exactement ce que les an- 176 NOTES DU LIVRE IX. ciens en ont dit, en sorte que je ne doute point d'avoir retrouve" le vritable scarus des Grecs et des Romains , dans le poisson reprsent sous ce nom par Aldrovande. Page 5o , ligne 21. Jecori mustelarum. Hardouin nous parat avoir trs-bien prouv que c'est la lote (gadus Iota, L. ) qui se nomme encore motelle dans plusieurs de nos provinces. Son foie est en effet un manger des plus dlicats. XXX, page 52, ligne 5. MuUis C'est le Ifyxu, des Grecs, le triglia des Italiens modernes , le rouget des Provenaux , le mullus barbatus de Linnseus. Aucune synonymie n'est mieux prouve en histoire naturelle. Pline le caractrise parfaitement par la double barbe qu'il porte sous le menton et par sa couleur rouge. Ligne 7. Septentrionalis tantwnhos, et proxima occidentis paiie gi gnit oceanus. Nos ctes de la Manche et le golfe de Gascogne pro- duisent une espce de mulle plus grande, raye de jaune (mullus surmuletus , L.), qui se trouve la vrit aussi dans la Mditer- rane, mais qui y est plus rare que la petite espce toute rouge. XXXI, page 5/J. 1 ligne 12. MullumLXXX librarum. Quoique les mulles de la mer des Indes soient en gnral plus grands que les ntres, il n'y en a aucun qui approche de ce poids. Mucianus aura pris quelque autre grand poisson de couleur rouge pour un mulle. Il y en a de tels dans les genres des pristipomee et des diacopee. XXXH,page 54, ligne 17. Coracinus inJEgjpto. Nous avons dj vu quelecoracin d'Egypte doit tre le bolty (labnis niloticus , L.). Zeus , idem faber appellatus , Gadibus. Gillius a appliqu le nom e faber a la dore ou poisson saint Pierre, parce qu'il l'a entendu appeler forgeron en Dalmatie , et que les Dalmates prtendent trouver dans ses os tous les instrumens d'une forge , comme on prtend trouver ceux de la passion dans le brochet. C'est d'aprs lui que les naturalistes modernes appellent ce poisson zeus faber; mais rien ne prouve que ce soit vraiment le faber des anciens , et mme l'pithte de rare ( rarus faber) , que lui donne Ovide (Rai., v. 126), ne peut gure convenir la dore qui n'est point rare dans la Mditerrane. A la vrit, si le ya.XKsCs des Grecs NOTES DU LIVRE IX. 177 tait le mme que le/aber, comme ou peut le supposer, on aurait un argument de plus en faveur de la dore , dans ce que dit Athne (1. vu , p. 38) , que c'est un poisson de forme ronde ; mais d'un autre ct Qppien {liai., v. i33) le range parmi les poissons saxatiles qui paissent prs des roches hcrheuses , et la dore est au contraire un poisson de haute mer. Page 54, ligne 18. Salpa. Le poisson nomm encore ainsi en Italie , et saupe en Provence, ou vergadelle en Languedoc (spams salpa, L.), rpondassezcequelesanciensontditde leur -aa^tm; qu'elle mange de l'herbe et *n" remplit son estomac ( P ancrt ap. Atiien.), qu'elle a des lignes. nombreuses et rouges sur le corps ( Oppien , llalieut.). Ce poisson , comme le dit Pline , est commun et mauvais ; mais il n'est pas meilleur Ivia que sur d'autres ctes. M. de La Roche dit mme expressment, dans son histoire des poissons de cette le {Annal, du Mus. , xm), que la chair de la saupe y est peu estime. Page 56, ligne 2. In Aquilania salmo , etc. C'est le saumon, poisson qui en effet remonte les fleuves, soit de la France, soit de tout le Nord, et est d'un excellent got. XXXI 11 , page 56, ligne 5. Piscium alii branchias mutiplices liaient, alii simplices , alii duplices. C'est un fragment d'un pas- sage plus tendu d'Aristote (Ilist., 1. il, c. i3), o le philo- sophe distingue les poissons d'aprs le nombre de leurs bran- chies ; mais ce passage dans son tat actuel est inintelligible, ou du moins ne peut s'accorder avec l'observation. On ne connat aucun poisson qui n'ait. qu'une ou deux branchies. Les baudroies (lophius) en ont trois de chaque ct ; le trs-grand nombre des poissons quatre et une demie attache l'opercule; quelques car- tilagineux en ont cinq ou six, et les lamproies en ont sept. Ligne 10. Vergiliarum ortuexsistunt, squamis conspicui crebris atque pracutis. Dans diverses espces de cyprins , notamment la rosse (cypr. rutilas , L.), le gardon (cjpr. jes.es , L. } et la brme (ypr. brama, L. ) , le mle a pendant le temps du frai de petites verrues adhrentes la peau et aux cailles. On a particulirement observ cette disposition dans une espce des lacs de la Lombardie , que l'on nomme^o dans ce pays, et qui parat la mme que notrt: VU. il i7 NOTES DU LIVRE IX. gardon. Hondelet le reprsente (de Piscib. siagn. marin., p. i53) et le nomme pigus vel cjprinus clavalus ; mais il le prend tort, ainsi que Pline, pour une espce particulire. O'est de cet tat sin gulier, que nous avons observ nous-mme, que Pline parat avoir voulu parler. Sa maison de campagne prs du lac de Cme lui fournissait l'occasion de le connatre. XXXIV, page 56, ligne i5. Exoctum.... adonis. Ce n'est pas beaucoup prs Yexoclus de Liniueus , qui est un poisson volant ; mais tout porte croire qu'il s'a*git , dans ce chapitre , de quelques espces des genres nomms .aujourd'hui blennius et gobius. Ces petits poissons demeurent en effet assez souvent sur les rochers du rivage quand la mer se retire, et peuvent y passer quelque temps sans eau. Ligne 17. Sine branchiis. Ceci doit s'entendre seulement de leurs oues qui sont peu ouvertes; mars aucun poisson ne manque de branchies; peut-tre mme, comme le souponne Dalchamp, Pline a-t-il seulement mal traduit le passage de Clarque , ovk yjivla.s Qp'oyyjav, qui est fort exact. Cela est bien plus naturel que de leur faire dire tous deux une erreur , en supposant , comme Hardouin , qu'il y avait ovk iyjuvlcts Qpdyyjn.. XXXV, page 56, ligne 20. Marini mures. Selon Oppien (H al., v. 174 s e<]'\i les souris de meV, quoique* petites , attaquent les autres poissons et rsistent mme aux hommes. Leur peau est trs- solide et leurs-dents Irs-fortes. Thophraste,(di?^f.:. in sicc. *w.) les nomme avec les phoques et tes oiseaux, comme se nourrissant galement sur terre et-sur mer. Je ne sais pas si sur ces deux pas- sages on peut dire avec Dalchamp que ce sont des tortues. En ce cas ce serait la tortue luth (testudo coriacea, L.), qui'n'est pas rare dans la Mditerrane.. Peut-tre aurait-on autant de raison de croire que ce serait le fiasco psaro (tetrodon,Li.^). Ligne 21. Polypi. Le poulpe (sepia octopodia, L.). Murna , la murne, (inurna helena, L.). La murne peut vivre hors de l'eau comme l'anguille, ainsi que l'a dj trs-bien expliqu Thophraste ( de piscib. in sicco vivent. ) , par la petitesse de leurs orifices branchiaux ; et c'est une opinion commune NOTES DU LIVRE DC. 179 qu'elles en sortent, et vont en rampant en chercher d'autres : ce- pendant les pcheurs de Comacchio ont assur Spallanzani que cela ne leur arrive jamais d'elles-mmes. Le poulpe rampe aussi trs-bren sur le rivage quand la mer est retire , et y court mme assez vile. A Page56 , lig. 2 1 . Quin et in Indice fluminibus certnm gmis piscium, acdeinderesilii. Il est question de ces poissons dans le livre de Mi- rabil. auscult. ', cap. 72. Thophraste (de Piscib. in sicco vivent) dit qu'ils sont 'semblables des muges (1o7s /u.vvois). Nous avons reconnu que ce sonj les diffrentes espces du genre ophicephalus de Bloch. Ces poissons ressemblent beaucoup des muges par le corps et par la tte; et M. Hamilton Buchanan, dans son His- toire des poissons du. Bengale, nous apprend qu'ils rampent dans l'herbe une grande distance des rivires o ifs vivent, au point que le peuple les croit tombs du ciel. XXXVJ , page 58, ligne g. Plani, utrhombi (le turbot, pleuro- nectes maximus, L.) r solece (la sole , pleuron. solea, L.) ac passe- rez ( la plie ; pleuron. platessd) ; dexter resupinalus est illis (rhombis), passeri lvus. Les pleuronectes en gnral ont les deux yeux du mme ct du corps; le turbot les a du ct, gauche 4 et se couche sur le sable sur le ct droit; la plie , -ou le carrelet , a , au con- traire, les yeux du ct droit 'et se couche sur le gauche. XXXVII, page 58, ligue r5. Null/s supra quatrnas. Par na- geoires, Pjine, comme ristole,. entend seulement les nageoires paires ; les pectorales qui reprsentent nos bras , et les ventrales qui reprs'entent nos pieds ; et non pas'les nageoires verticales du dos, de l'anus, de la queue; aueun poisson n'en a en effet plus de deux paires^. . Ligne 16. tbusdam bin. Les anguilles, les congres , etc. Aliquibus jiut/cr. Les murnes , les lamproies. ' . In Fucino tqntum lacu piscis est , qui octcmis pinnis natat. 11 ne peut tre ici question que de quelque fnollusque ou de quelque crustac. Ligne ig. Nulles, ut murnis,j]uibus necbranchi. Les murnes ont des oues tout comme les anguilles, mais l'orifice en est en- 2 180 NOTES DU LIVRE IX. core plus petit, et les opercules en sont presque imperceptibles sous la peau , au point que quelques modernes en ont ni l'exi- stence, par exemple Lacpde. Page 60 , ligne 1. E planis aiqua non habent pinnas , ut pasti- nacce. Dans la pastenague encore plus que dans les raies , de trs- grandes nageoires pectorales horizontales , sont tellement unies au corps, qu'elles ne paraissent pas. tre des nageoires. Ligne 3. Pedes illis , etc. Il nomme ici pieds de poulpes ces grands tentacules qui couronnent leur tte et qui leur servent en effet galement nager et ramper. XXXV11I, page 60, ligne 6. Anguill octonis vivunt annis. Spallanzani , dans son Histoire nat. des anguilles des lagunes de Co- macchio , dit qu'elles y entrent jeunes et sont cinq ans y crotre , aprs quoi elles retournent dans le P. Durant et sine aqua senis diebus. Le mme auteur rduit cette dure quatre-vingt ou cent heures. Hiemem edem in exigua aqua non tolrant , nec in trbida. Le froid et l'eau corrompue leur sont trs-funestes. Ligne i5. Fluctibus glomerat volvunlur, etc. Spallanzani raconte que les pcheurs des lagunes de Comacchio forment, avec des ro- seaux, des chambres dans lesquelles'ils prennent les anguilles lors- qu'elles veulent retourner dans le P, et qu'elles s'y accumulent par milliers , au point' d'y former des monceaux qui s'lvent jus- qu' la surface de l'eau. Page 62, ligne 2. Murna varia et infirmas, sit, myrus unicolor et robustus. La murne ordinaire estmarbre de brun et de jaune ; mais il y en a une espce plus grande , dents plus fortes , et toute brune (murna Christini de Risso). C'est l sans doute le vrai my- rus des anciens. Les Naturalistes modernes ont'appel mal pro- pos murna myrus une petite espce de.congr qui a des taches jaunes sur la nuque. Ligne 4. In Gallia septentrionali , etc. Nous avons- dj fait re- marquer que c'est une description confuse ou mal comprise de la lamproie qui aura donn lieu ce passage. XL, page 62 , ligne 19. Kai , les raies; pasiinac , la paste- NOTES DU LIVRE IX. 181 tenague (raia paslinaca , L.) ; squatin , l'ange (si/ualus squa- tina, L.) ; torpdo , la torpille (raia torpdo , L.). Page 62 , ligne 20. Bovis. Oppien dcrit ce buf de mer ( Hal. , lib. il , v. 14.1 seq.) ; il lui donne jusqu' onze et douze coudes de largeur ; des dents petites , faibles , peu apparentes ; il le compare un toit de maison. Quoiqu'il ne parle point de ses cornes, c'est probablement l'espce de trs-grande raie cornue, que l'on a ap- pele rcemment cphaloptre , et ses cornes mme ont pu mo- tiver ce nom de bos. Pline en parle ailleurs sous le nom de cornula, liv. ix, ch. o -, et liv. xxxn,'ch. n.. Lami , aquilce. Probablement le mylobate (raia aquil , L.), qui ce nom d'aigle convient cause de la grande envergure et de la forme pointue de ses nageoires pectorales. Kan. Blpet^or kxisvs , rana marina. C'est la baudroie (lo- phius piscatorius , L. ). il faut remarquer ici que , bien que ses os aient peu de consistance, ce n'est pas vritablement un carti- lagineux. Page 64. , ligne 6. Hoc gnas solum... animal parti, excepta quant ranam vocant. 11 est vrai que la baudroie est ovipare ; mais il s'en L faut de beaucoup que tous les cartilagineux soient vivipares. I-.es raies nommment produisent des ufs trs-grands, de forme carre et quatre cornes, et envelopps d'un test corn trs-dur. XLI, page 64, lign il. Echeneis. C'est Vecheneis rmora, L., qui a sur la tte un organe au moyen duquel il peut s'attacher aux corps. Il se fixe ainsi- sur les navires , sur les grands poissons , etc., et se fait transporter au loin , mais il ne pourrait arrter le moin- dre btiment. Aussi est-ce bien de l'loquence perdue que tout ce que Pline en dit plus loin , liv. XXXII , chap. 1. Ligne 16. Pedes eum habere , etc. On ne voit pas en quoi les nageoires du rmora ressembleraient des pieds plus que celles des autres poissons. Ligne 18. Murium. La coquille laquelle Pline attribue ici un pouvoir semblable " celui de l'echeneis est , d'aprs la description qu'il en donne, quelque espce du genre cjrpra, ou pucelage, et sa forme a d le faire consacrer Vnus pour le moins autant (hic son pouvoir fabuleux. Je dois faire remarquer ici que Har- i8i NOTES DU LIVRE IX. douin , dans sa note, suppose une chose impossible, que les lvres de cette coquille mordraient un navire. Ces lvres pier- reuses sont immobiles et ne peuvent rien mordre. XL1I , page 66 , ligne 4- M.n... phycis, etc. Plusieurs pois- sons prennent , l'poque du frai , des couleurs plus vives : ou croit, d'aprs Rondelet, page i38, que le mena est le poisson que l'on appelle aujourd'hui menola en Italie et mendole en Provence (spams mna, L.) ; c'est en effet un poisson de peu de valeur, ce qui est conforme ces vers de Martial , liv. XII, pigr. 32: Fuisse gerres aut Inutiles maenas Odor impudicus urcei falebalur; , et qui , s'il ne change pas du blanc au noir, comme le dit Pline , prend des couleurs plus vives au printemps; qui sent mauvais certaines poques,, ainsi que le dit Airistote, Hist., liv. vin, chap. 3o. Voyez. RlSSC , nouv. dit. , p. 34-8. Quant au phycis, il est bien plus difficile dterminer. C'tait un poisson blanchtre qui prenait au printemps une couleur varie (Arist. vin, 3o); qui est appel rouge dans une pigramme d Apollonide ; que, dans un troisime passage, on dit semblable au pera - et au channa (Speusipp. ap. Athen. v) , et que , dans un quatrime, on couronne d'pines [kKetvo. ligne t*2. Pinna. L* pinne marine, grande coquille brvalve, remarquable par Ja belle soie qu'elle produit, et au moyen de laquelle elle se fixe au fond del mer. Ligne i/[.' Pinnolerem.' On. trouve souvejit dans, la coquille de la pinne', comme'dans Celle de quelques autres bivalves, de petits crabes qui y sont comme emprisonns ; efc c'est ce qui a donn lieu a la fable de leur association a,vec l'animal. de cette coquille ; fable dont on trouve dans divers auteurs des dveloppemens fort ig NOTES DU LIVRE IX. diffrens , mais tous galement imaginaires. Nous avons dj vu qu'il faut bien distinguer le pinnotre de ce chapitre, qui est le mme que celui d'Aristote , d'un autre dont Pline a parl ci- dessus, p. 58, et qui est le bemard-l'hermite. * LXV1I, page' 1 16, ligne 6. Novit torpdo vint suant} ipsa non iorpens. La torpille (raia torpdo , L.) a , de chaque ct du corps , un organe qui produit une lectricit galvanique et donne des commotions semblables celles de la bouteille de Leyde. C'est par ce moyen qu'elle effraie et repousse ses ennemis et qu'elle engourdit ou tue les poissons dont elle fait sa proie. Ligue 9. Hu/'us jecori teneriias nulla prfertur. Le foie de la torpille est trs-dlicat , ainsi que celui de la plupart des raies. Ligne 10. Rancc... pscatrix. C'est la baudroie (lophius piscato- rius, L.), grand poisson trs-large gueule, qui a sur le sommet de la tte des filets mobiles termins par des lanires membra- neuses. Il parat qu'elle 6'enfonce dans le sable et y exerce en effet l'artifice dont parle Pline pour attirer les poissons dont elle se nourrft. Ligne i3. quatina {raia squalina, L.) , rhombus {pleuronectes maximus, L.). Ces poissons ne prsentant point de filets distincts, il est difficile qu'ils se servent de leurs nageoires, comme le dit notre auteur ; mais rhombus est ici pour psetta , qui est la barbue {pleuronectes rhombus , L.) , qui a les rayons antrieurs de sa na- geoire dorsale Spars , et formant de petits filets. ( Vide supra , page 170.) % Ligne i5. Pastinaca... radio {quod tefyim ex ei). La pastenaguc {iaia pastinaca , L.) a sur la queue une'pin pohtue , compri- me , tranchante et dentele en scie , qui est une arme trs-dan- gereuse. C'est le mme poisson qui reparat {supra, p. 72) sous le nom grec de trygon. Ligne 20. Scolopendr... 'interanea evomunt? etc. Ce ,ne sont pas de vraies scolopendres , mais des animaux de la classe des vers sang rouge ou annlides, tels entre autres que de trs- grandes nrides. Ces vers , ayant sur les cts des tentacules qui ressemblent des pieds , et tant souvent arms de mchoires tranchantes, ont pu tre pris aisment pour des scolopendres. NOTES DU LIVRE IX. io/5 Ils ont une trompe charnue, souvent trs-volumineuse , et qui peut sortir ou rentrer, selon les besoins de l'animal. C'est ce qui a fait dire qu'il rendait ses intestins et qu'il les avalait de nouveau ; ce n'est que l'expression qui n'est pas exacte. Page 118, ligne 2. Vulpes marin.... facile prrodant. Les re- nards marins dont il est ici question sont des espces de squales qui, au moyen de leurs dents tranchantes, comme celles d'une scie, il est bien ais de couper une ligne. Ligne 6. Aries. Nous avons dj vu que c'est le delphinus orca de Linnaeus. LXVIU , page 118, ligne 16. Urtic. Les orties de mer er- rantes sont les medus de Linnaeus , et les orties fixes ses actini. Ligne 17. Vis pruritu mordax. Plusieurs espces de mduses et d'animaux de la mme classe , surtout la physale , font prou- ver une cuisson la peau qu'elles touchent. Ligne 20. Compleclensque devoraU Ceci est vrai, surtout des actinies; elles ont la bouche entoure de quantit de tentacules charnus au moyen desquels elles saisissent les petits animaux qui passent leur porte et les engloutissent. Ligne ai. Jactari se passa, etc. Ceci se rapporte surtout aux mduses et aux physales. Page 120, ligne 4-- Ora ci in radie. Il existe un genre ou une subdivision des mduses qui parat ne se nourrir que par le moyen d'un appareil trs-rameux, et divis en une multitude de filamens, dont l'ensemble reprsente assez bien la racine d'un vgtal. C'est le genre que j'ai nomm rhizostome. LX1X , page 120, ligne 7. Spongiarum tria gnera, etc. Il y en a bien davantage, mais l'auteur ne parle que des espces que l'on recueillait pour des usages domestiques. Ligne 10. Aluntur conchis, etc. On trouve quelquefois des co- quilles et de petits animaux logs dans des ponges; mais ils n'en font pas la nourriture; l'ponge, n'ayant aucune bouche, ne peut vivre et crotre que de l'inhalation des substances dissoutes dans l'eau de la mer. vu. i3 i94 NOTES DU LIVRE IX. Page 120 , ligne n. Ubi avulsorem sensere, contracte. Plusieurs observateurs disent que c'est le seul signe d'animalit qu'elles donnent ; mais M. Grant assure qu'elles n'en jouissent mme pas. Ligne i4- Conchct minui in his repert. Nous venons de le dire : ce sont des coquilles qui se logent entre les replis des pon- ges, qui entament mme leur tissu pour s'y enfoncer; mais elles ne leur servent nullement de nourriture. Page 122, ligne 9. Aplysi. Les aplysies des anciens sont des espces d'pongs ou d'alcyons, trop compactes pour pou- voir servir laver. C'est arbitrairement que Linnaeus a appliqu ce nom au genre de mollusque qui est le livre marin des anciens. LXX, page 122, ligne i4 Animalium planorvm piscium simi- lem. Il ne serait pas impossible que ce fussent les grandes raies, et particulirement les plus grandes de toutes , les cphaloptres. Page 124 , ligne 21. Pianos pisces... sacros appellanl eos. Il est certain que le nom de poisson sacr a t donn plusieurs poissons fort diffrens , tels que Vanthias ou aulopias (AltlST. lib. ix, e. 37); le pompile, le dauphin (Athen. lib. vu, art. an- thias), parce que l'on croyait que leur prsence tait un garant contre les poissons dangereux. Il parat que les auteurs consults par Pline donnaient cette pithte aux poissons plats (pleuronec- tes, L.) ; et en effet ces poissons n'ayant point de dfense , leur abondance dans un parage prouve qu'il n'est pas trs-frquenl par les poissons voraces. LXXI , page 126, ligne 5. Nullum esse sensum, ut ostreis. Les hutres et les autres bivalves ont, au contraire, le sens du tact des plus dlicats. Ligne 6. Eadem natura, qu frutici, ut holothuriis, pulmonibus, slellis. Les divers zoophytes, les toiles du moius (asterias, L.) , sont bien loin d'tre rduits une existence vgtative ; ce sont de vrais animaux qui ont le sens du tact, un mouvement volon- taire plus ou moins complet , et qui saisissent et dvorent une proie. On ne sait pas trs-bien ce que c'est que Yholoihurium des anciens. Aristote (flist., lib. I , ci) le range, ainsi que l'hutre, parmi les animaux, qui, sans tre attachs, n'ont pas la facult NOTES DU LIVRE IX. lyS rie se mouvoir, et (de Pari., lib. iv, cap. 5) il ajoute que l'holo- thurie et le poumon ne diffrent gure de l'ponge que parce qu'ils sont dtachs. On pourrait croire que ce sont des alcyons, de ces espces arrondies qui se dtachent aisment des fonds o elles croissent. Page 126, ligne 8. Mstiva animalia... et qu capillus maxime celt , etc. 11 y a des crustacs qui ont t appels puces de mer et poux de mer, et dont plusieurs sont parasites et vivent aux dpens des poissons et des ctacs. Ainsi on nomme vulgairement pou del baleine un pjcnogonum ; un calyge a t nomm pou des poissons; un autre, pou du maquereau; un binocle ou ozole , pou du gas- troste , etc. Quant au nom de puce de mer, c'est surtout aux pe- tites squilles qu'il a t donn cause de leurs sauts. Ligne 12. Quibusdam vero ipsis innascuntur, etc. Aristote dit que la chalcis souffre par des poux qui s'attachent ses branchies. Un grand nombre de poissons ont les branchies sujettes tre attaques par des animaux parasites du genre des lernes ou de celui des monocles de Linnceus, qui a t beaucoup subdivis depuis. Ce sont ces parasites que l'on a appels des poux , bien qu'ils n'aient de commun avec les vritables poux que leur habitude de sucer les autres animaux. Ligne i3. Chalcis. Les anciens parlent de leur chalcis comme d'un poisson semblable aux thrisses et aux sardines (Atuen. vil , p. m. 328) , qui voyageait en troupes (Arist., lib. v, cap. 9), qui habitait la mer et l'eau douce (id., lib. VI, c. i4), et dont on faisait des salaisons (salibus exesam chalcidem, Colum, , vm , 17 ; et Athen., loc. cit.). D'aprs ces circonstances , je crois que c'est la feinte (clupeaficta, LacP.), Yagone des Lombards, qui runit tous ces caractres , et que l'on a mme nomme quelquefois sardine du lac de Garde. LXXI1 , page 126, ligne i5. In lepore. Le livre de mer des anciens est le mollusque nomm mal propos apljsia par Lin- nseus et par les naturalistes modernes. Ses tentacules et son mu- seau ressemblent assez aux oreilles et au museau d'un livre , pour, avoir donn lieu cette dnomination. Comme son odeur est i3. 196 NOTES DU LIVRE IX. dsagrable, et que sa figure est assez rebutante, on a attribu ce mollusque une foule de proprits merveilleuses et mme funestes, que les pcheurs racontent encore , mais que l'observa- tion ne confirme point. 11 rpand seulement une liqueur un peu acre , prpare par un organe qui est voisin de ceux de la gn- ration. On peut consulter le mmoire que j'ai publi ce sujet dans mon ouvrage sur l'anatomie des mollusques. Quant au livre marin des Indes qui tait velu, j'ignore ce que ce peut tre, moins que l'on n'ait nomm ainsi quelque ttrodon , dont les mchoires fendues peuvent avoir rappel le museau du livre, et qui ont souvent la peau hrisse de fines et courtes pines. Les navigateurs attribuent aussi aux ttrodons des qualits vnneuses. Page 1 26 , ligne 20. Araneus. On a lieu de croire que c'est la vive (trachinus draco, L.), qui fait en effet, avec les pines de sa premire nageoire dorsale, des blessures difficiles gurir, non pas qu'elles soient envenimes , mais parce que ces aiguillons , trs-grles et trs-pointus , pntrent fort avant dans les chairs. Voyez ce que nous en avons dit ci-dessus (note du chap. 3, p # 183 et 184.). Page 128 , ligne 1. Radius, super caudam eminens trygonis. L'ai- guillon de la queue de la pastenague , nomme ici d'aprs son nom grec, est aigu, tranchant, et a ses bords dentels en scie, de manire que lorsqu'il a pntr dans les chairs il ne peut se retirer qu'en les dchirant. Voil ce qui rend ses blessures si dangereuses ; mais il n'est pas rellement envenim, et quant son action sur les arbres et sur le fer, elle est fabuleuse. LXXIII, page 128, ligne 8. Mgrotave singulos. Il y a des mala- dies qui frappent individuellement sur les poissons , mais il n'est pas rare aussi que certaines espces soient attaques en gnral et comme par une sorte d'pizootie. Il y en a eu un exemple , il y a quelque temps , sur les brochets de la valle de Montmorency ; on les vit tout d'un coup flotter la surface : leur peau avait des taches rouges , leur chair tait devenue dsagrable et maligne. LXXIV , page 128, ligne 11. Attrilu venlrium. Cela n'est pas gnral ; certains poissons , et surtout ceux qui produisent des petits vivans, ont un accouplement trs-rel; dans la plupart, NOTES DU LIVRE IX. 197 au contraire, le mie ne t'ait autre chose que d'arroser de sa lai- tance les ufs dj pondus, comme il est dit un peu plus loin. Page 128 , ligne i4- Delphini... paulo diutius. Les ctacs ont un accouplement tout semblable celui des quadrupdes. Ligne ai. Singuli uteri innumerabilia concipiant. On a calcul qu'une morue , un esturgeon , etc. , produisent chaque anne des centaines de milliers d'ceufs. Page i3o, ligne 1. Piscium ova in mari crescunt. Les ufs des poissons ordinaires, ceux des grenouilles, des crapauds, etc., n'ont pas de coquilles, mais seulement une tunique membraneuse, et, lorsqu'ils ont t fconds, ils s'imbibent et grossissent par la p- ntration du liquide ambiant. Ligne 3. Plani.... et iestudines. 11 est probable que ce passage se rapporte surtout aux raies ; mais on n'a pas de notions bien positives sur la manire dont elles s'accouplent. 11 est probable qu'elles le font ventre ventre. Quant aux tortues, il est certain que le mle monte sur le dos de la femelle , et mme dans plu- sieurs espces, le sternum du mle est concave, pour s'adapter mieux la carapace convexe de la femelle. Ligne . Poljpi, etc. Ces dtails sur l'accouplement des cpha- lopodes sont tirs d'Aristote. Je ne sache point qu'aucun obser- vateur moderne les ait constats : je ne sais mme , si , d'aprs l'or- ganisation de ces animaux , il n'est pas plus probable qu'ils n'ont pas d'accouplement, et que le mle fconde les ufs aprs qu'ils sont pondus comme dans le grand nombre des poissons. Ligne 8. Reliqua mollium tergis, ut canes. Quel que soit ici le sens du mot mollia, l'assertion est peu exacte. Les mollusques gast- ropodes, soit hermaphrodites, soit sexes spars, ne s'accou- plent que par le ct. Les mollusques acphales n'ont pas d'accou- plement du tout, et fcondent eux-mmes leurs ufs. Les crustacs s'accouplent ventre ventre, etc. Ligne 1 1. Gjrinos. 11 y a du vrai et du faux dans ce dtail. Les grenouilles produisent des ufs ; dans ces ufs se dveloppent des ttars qui ont une queue comme les poissons , mais leurs pieds ne sont pas produits par la division de la queue. Ils naissent la base de la queue, et, mesure qu'ils grandissent, elle se sphacle et se dtruit. 198 NOTES DU LIVRE IX. Page i3o , ligne 1^. Resolmntur in limum. Les grenouilles , pendant l'hiver, se cachent dans la vase, mais elles ne se changent pas en vase. Ligne 17. Sponie natur, etc. Les formations spontanes d'ani- maux sont toutes fausses. On connat aujourd'hui les ufs et tout ce qui concerne la gnration des moules , des pourpres, des cou- sins, etc. Les petits poissons nomms apua sont des jeunes de poissons plus grands , etc. Page i32 , ligne 5. Defixosque palos , et lignum maxime. Beaucoup de coquillages dposent leurs ufs le long des pieux enfoncs dans l'eau, sur les plantes marines, sur les vieilles carnes de vais- seaux ; mais ils ne naissent pas de la dcomposition de ces'xorps. Ligne 7. Hiimorem.... lactis modo effluere. Dans les temps o les hutres pondent , leur corps parat en effet rempli , dans certains endroits , d'une humeur laiteuse qui pourrait bien tre leur li- queur fcondante. Ligne 8. Anguill atterunt se scopidis : ea slrigmenta vivescunt. C'est ici une des suppositions que l'on a faites sur la reproduction des anguilles , mais elle n'est pas plus fonde que les autres. Ligne 10. Prter squatinam et raiam. Le squale et la raie ne produisent pas plus ensemble que les autres poissons d'espce dif- frente , et le squatino raia ou rhinobatis est une espce particu- lire , de forme plus plate que le squale , plus alonge que la raie , mais qui n'est pas un hybride de ces deux l. Ligne 1 4-. Pectines , les peignes (ostrea pecien , L. ; ostreaja- coba, etc.) Limaces, les limaces. Hirundines. C'est hirudines qu'il faut ici , les sangsues. Ligne i5. Lupus , le loup ou loubine {pera labrax , L.), {vid. sup. ad IX , c. 28). Trichias, la sardine {vid. sup. ad ix, c. 71 , p. ig5 ). Ligne 16. Chalcis. C'est encore un nom de la feinte (Ibid.). En effet, le chalcis tait un poisson voyageur (Arist. , Hist. , 1. v, c. 9) qui avait beaucoup d'artes ( Athn., 1. vil, p. 328), qui , selon pente ( ib. ) , ne diffrait pas de la sardine , qui en tait au moins fort voisin , et que l'on salait de mme ( Coltjm. , liv. vin, ch. 17). C'tait, selon Callimaque , le nom que les NOTES DU LIVRE IX. 199 Chalcdoniens donnaient la ihrissa. Or la thrissa est bien sre- ment la feinte. Page i2, ligne 16. Cjprinus. Ce nom parat si rarement dans les anciens, que l'on n'est pas bien sr de sa signification. Les moder- nes s'accordent le donner la carpe , mais rien ne prouve du moins que ce soit la carpe vulgaire. C'tait un poisson de lac et de rivire , qui pondait cinq ou six fois par au (AR1ST., Hist., liv. VI, ch. 14.) , qui a le palais charnu, en sorte qu'on le prendrait pour une langue ( id. , liv. IV, ch. 8 ) , caractres qui conviendraient bien tout ce genre : mais d'un autre ct , Oppien le faisant lit- toral, semble le placer dans la mer ; et Pline lui-mme (sup. 1. IX, c. 25) en fait autant {hoc et in mari accidere yprino). Il est vrai qu'il a ajout de son chef ces mots in mari au passage d'Aristote qu'il cite en cet endroit. Page i34, ligne 8. Locust.... incubant. Les crevisses, en g- nral , attachent leurs ufs aux filamens des nageoires qu'elles ont sous la queue , en sorte qu'elles paraissent les couver. LXXY, page i34, ligne 18. Torpdo... intra se paru ova pr- mollia , in alium locum uteri transferens , etc. Tous les poissons chondroptrygiens ont , outre leurs ovaires , de vritables ovi- ductus qui manquent aux poissons ordinaires , et dont la partie infrieure , dilate , tient lieu d'utrus , ou qui donnent dans un utrus vritable, o les ufs descendent quand ils ont atteint la grandeur qu'ils doivent avoir, et o mme ils closent lorsque l'espce ne met au jour que des petits vivans. LXXVI, Page i36, ligne 8. Acus dhiscente propier mulli- tudinem utero parit. Le syngnathe aiguille (syngnathus acus , L.), et en gnral tous les syngnathes ont sous la queue, derrire l'anus , une fossette ferme par deux valves mobiles , dans la- quelle ils dposent leurs ufs au moment de la ponte. Ensuite ces deux valves s'ouvrent pour laisser sortir les ufs ou les pe- tits qui en closent , et c'est ce qui a fait croire qu'ils ne pou- vaient mettre bas que par la rupture de leur ventre. Ligne 10. Mus marinus. Nous avons dj vu qu'on regarde ce mus marinus comme une tortue de mer, et en effet ces tortues pondent peu prs comme il est dit ici. 200 NOTES DU LIVRE IX. LXXVII, page i36, ligne i5. Erythini et chance vidvas habere truuntur. Il veut dire que ces poissons passent pour tre tous fe- melle s et nous avons vu ci-dessus qu'en effet Cavolini a cru dcouvrir qu'ils ont tous des ufs, mais qu'ils ont aussi tous de la laitance , en sorte qu'ils peuvent se fconder eux-mmes. Le chana est le pera cabrilla de Linmeus, et Yerjthins est probablement le pera scriba; deux espces de mon genre senan. Ligne 16. Qui trochos appellatur a Grcis , ipse se inire. Nos colimaons et nos limaces sont hermaphrodites , mais ont besoin d'un accouplement rciproque. La plupart des univalves de mer ont, au contraire, les sexes spars; mais la verge du mle est trs-grande et il est oblig de la replier sous son manteau ; c'est ce qui a pu faire croire qu'il se copulait avec lui-mme. Ligne 17. Ftus omnium aquatilium inier initia visu carent. Cette proposition ne peut s'entendre que du ftus encore envelopp des membranes de son uf; car, en gnral , les plus petits poissons montrent dj, ds le moment de leur naissance, des yeux trs-beaux et trs-vifs. LXXXIII , page i4-2 , ligue 18. Piscium gnera... Theophrasto. Nous ne connaissons pas bien ces poissons de l'Euphrate dont a parl Thophraste , comme en gnral les poissons d'eau douce trangers sont la partie la plus ignore de l'Ichthyologie. D'aprs ce qu'il rapporte de leurs formes et de leurs habitudes , ce doi- vent tre des espces du genre gobius de Linnseus , surtout de la subdivision appele periophthalmus par Bloch ; ces espces ont coutume de ramper sur les herbes marines et mme sur les ri- vages. Page i44- > ligne 4- Circa Heracleam, etc. Il parat qu'il s'agit ici de ces espces de loches (cobitisfossilis, L. ) qui se tiennent dans la vase, et qui subsistent long-temps dans sa profondeur, aprs que l'eau qui la recouvrait a manqu : il arrive souvent de les trouver vivantes , lorsque l'on creuse dans des fonds desschs de marais ou de ruisseaux. Ligne 12. Kxiguis branchiis , quo fieri non indigos humoris. Plu- sieurs poissons , dont l'orifice des oues est pelit, ou qui ont dans l'intrieur de ces parties des organes propres y conserver de NOTES DU LIVRE IX. aoi l'eau, peuvent, comme les anguilles, vivre quelque temps sec; tels sont les priophthalmes dont je viens de parler ; les chiro- nectes , les ophicphales , les anabas, etc.; mais il est difficile de dire de quelle espce sont ceux du Lycus dont il est ici ques- tion. LXXXVI, page i5o, ligne i. Slellam in mari... pana admo- ihun caro, etc. L'toile de mer (aslerias, L.) , revtue d'un test calleux, n'a, l'intrieur, que ses viscres et ses ovaires pres- que sans muscles appareils. Igneum fenorem , etc. Pline a raison de dire qu'il ne sait sur quelle autorit on pourrait parler de cette proprit : elle est fabuleuse. LXXXV1I, page i5o, ligne 9. Dactjli. Les dails, sorte de coquillage multivalve, vivent dans la vase durcie ou mme dans l'intrieur des rocbers , dans lesquels ils se creusent des cavits d'o ils ne peuvent sortir. 11 faut briser les pierres pour les pren- dre. Leur got est poivr, et ils rpandent une lueur phos- phorique. LXXXV11I, page 102, ligne 4-- Balna et musculus , etc. Dans un aulre endroit (lib. XI, cap. 62 , Dard.) , Pline dit que le mus- culus (qui balnam antecedit) a, au lieu de dents, des soies dans la bouche, et il parat avoir rendu par ce nom le /u.va-iKt)po d'Aristote (Hist. , 1. 111 , c. 12 ) , et au liv. XXXII, c. Il , il en compte parmi les bellu , les plus grands animaux aquatiques. Ce serait donc une espce de baleine, et probablement le rorqual de la Mditerrane; je le croirais d'autant plus que le mot antecedit a l'endroit ci-dessus (1. XI , c. 62) pourrait bien signifier superat , et que le rorqual devienne plus grand que d'autres baleines. Mais dans l'endroit que nous commentons (I. ix, c. 88), il est an- nonc simplement comme un conducteur de la baieine; et les autres auteurs, Oppien, Elien , Plutarque, Claudien , parlent de ce conducteur comme d'un petit poisson ; il y a donc eu de la part de Pline, ou peut-tre de celle des autres auteurs, quel- v qu'une de ces confusions de nomenclature si ordinaires aux an- aoa NOTES DU LIVRE IX. ciens. Au reste , rien ne confirme cette ncessit o les anciens croyaient la baleine d'tre conduite par un autre animal ; peut- tre l'entendaient-ils du cachalot, dont un des yeux est petit et peut-tre oblitr. LIVRE DIXIME. - C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER X. VOLUCRUM NATURjE. De struthiocamelo. I. I. ^equitur natura avium , quarum grandissimi et psene bestiarum generis , struthiocameli Africi vel iEthiopici, altitudinein equitis insidentis equo excedunt , celeritatem vincunt : ad hoc demum datis pennis , ut currentem adjuvent : cetero non sunt volucres , nec a terra tolluntur. Ungulae iis cervinis similes, quibus di- micant , bisulcae , et comprehendendis lapidibus utiles , quos in fuga contra sequentes ingerunt pedibus. Conco- quendi sine delectu devorata mira natura : sed non minus stoliditas , in tanta reliqui corporis altitudine , quum colla frutice occultaverunt , latere sese existiman- tium. Prmia ex iis ova , propter amplitudinem , pro quibusdam habita vasis , conosque bellicos , et galeas adornantes penn. V \ \ l\ V * V\ \ \ X X V\ V V V \ * % X X 1.X V V %. V W X \ X i\UWUU\Vl\WV\ m VVW/V\UVW\UVWUVV\ WVX. WX/h. HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE X. DESCRIPTION DES OISEAUX. L'autruche. I. i. i^lous sommes arrivs l'histoire des oiseaux: les plus grands sont les autruches, qui semblent se rappro- cher de la classe des quadrupdes , et se trouvent en Afrique ou en Ethiopie. Elles surpassent en hauteur un homme cheval, et le devancent la course. Leurs ailes ne leur ont t donnes que pour les aider courir ; elles ne volent point , et mme ne s'lvent point de terre. Leurs pieds sont fourchus comme ceux du cerf: elles s'en servent pour combattre et pour saisir des pierres qu'elles lancent dans leur fuite contre ceux qui les pour- suivent. La nature les a doues de l'tonnante facult de digrer toutes les substances indiffremment; mais l'in- telligence est si faible dans un si grand corps, qu'elles se croient entirement couvert lorsqu'elles ont cache leur cou dans les broussailles. On recherche principalement leurs ufs cause de leur grosseur, qui est telle qu'on ao6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De phnice. II. 2. iEthiopes atque Indi , discolores maxime et inenarrabiles ferunt aves , et ante omnes nobilem Ara- bia pbnicem , haud scio an fabulose , unum in toto orbe, nec visum magnopere. Aquilae narratur magnitu- dine , auri fulgore circa colla , cetero purpureus , caeru- leam roseis caudam pennis distinguentibus , cristis fau- ces , caputque plumeo apice honestante. Primus atque diligentissimus togatorum de eo prodidit Manilius , se- nator ille maximis nobilis doclrinis doctore nullo : ne- minem exstitisse qui viderit vescentem : sacrum in Arabia soli esse, vivere annis quingentis sexaginta, senescen- tem casiae thurisque surculis construere nidum , replere odoribus, et superemori. Ex ossibus deinde et medullis ejus nasci primo ceu vermiculum : inde fieri pullum : principioque justa funera priori reddere , et totum d- ferre nidum prope Panchaiam in solis urbem , et in ara ibi deponere. Cum hujus alitis vita magni conversionem anni fieri prodidit idem Manilius , iterumque significa- tiones tempestatum et siderum easdem reverti. Hoc au- tem circa meridiem incipere , quo die signum arietis sol intraverit. Et fuisse ejus conversionis annum pro- dente se, P. Licinio , Cn. Cornelio coss. ducentesimum HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 107 s'en sert au lieu de vases; et leurs plumes, qui ornent les cimiers et les casques. Le phnix. II. 1. L'Inde et l'Ethiopie voient natre des oiseaux pars de diverses couleurs , et qu'on ne saurait dcrire ; mais l'Arabie possde le plus merveilleux de tous, si toutefois son existence n'est pas fabuleuse , le phnix , unique dans l'univers , et qu'on n'a pas vu souvent. On le dit de la grandeur de l'aigle. Son cou a l'clat rayon- nant de l'or ; le reste du plumage est pourpre : quelques pennes incarnates se dploient sur sa queue d'azur ; des crtes garnissent le dessous de sa gorge , et sa tte est dco- re d'une huppe. Manilius , ce snateur si clbre par ses connaissances qu'il n'a dues qu' lui seul , est le pre- mier Romain qui nous ait appris sur le phnix qu'on ne l'a jamais vu manger , qu'il est consacr au soleil en Arabie , qu'il vit cinq cent soixante ans ; que, par- venu la vieillesse, il construit un nid avec des branches de cannelle et d'encens , et que, l'ayant rempli de par- fums , il y meurt. De ses os et de sa moelle nat comme un ver qui devient un petit oiseau. Ce nouveau phnix commence par rendre l'autre les devoirs funbres, en- suite il porte le nid entier dans la ville du soleil , prs de la Panchae , o il le dpose sur l'autel. Selon le mme Manilius , la rvolution de la grande anne se rapporte la vie du phnix, et lorsqu'elle s'achve, les saisons et les signes se retrouvent aU mme point. Il fixe l'poque de ce renouvellement au jour o le soleil entre dans le signe du blier , midi. Il ajoute que ao8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. quintum decimum. Cornlius Valerianus phnicem de- volavisse in iEgyptum tradidit , Q. Plautio , Sex. Papi- nio coss. Allatus est et in Urbem, Clauclii principis cen- sura, anno Urbis dccc, et in comitio propositus , quod actis testatum est , sed quein falsum esse nemo dubi- taret. Aquilarum gnera. III. 3. Ex his quas novimus, aquil maximus lionos, maxima et vis. Sex earum gnera : Melanaetos a Grcis dicta, eademque Valeria, minima magnitudine, viribus prcipua , colore nigricans : sola aquilarum ftus suos alit : ceterae , ut dicemus , fugant : sola sine clangore , sine murmuratione. Conversatur autem in montibus. Secundi generis pygargus, in oppidis mansitat et in cam- pis , albicante cauda. Tertii morphnos , quam Homerus et percnon vocat, aliqui et clangam, et anatariam, se- cunda magnitudine et vi : huicque vita circa lacus. Phemonoe Apollinis dicta filia, dents ei esse prodidit, mutae alias , carentique lingua : eamdem aquilarum ni- gerrimam , prominentiore cauda. Consentit et Bus. Ingenium est ei , testudines raptas frangere e sublimi jaciendo : qiiae sors interemit poetam iEschylum, prae- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 209 l'anne o il crivait , sous le consulat de P. Licinius et de Cn. Cornlius , est la deux cent quinzime de cette priode. C. Valerianus rapporte que le phnix passa en Egypte sous le consulat de Q. Plautius et de Sex. Pa- pinius. Il a t apport jusque dans nos murs , et montr l'assemble du peuple pendant la censure de l'empe- reur Claude , l'an 800 de Rome. Ce fait est attest par les Actes ; mais personne ne doute que ce ne ft un phnix suppos. Les aigles ; leurs diverses espces. III. 3. L'aigle est, de tous les oiseaux que nous con- naissons , le plus noble et le plus fort. Il y en a six espces : celle qu'on nomme en grec melanaetos, dans notre langue valeria, est la moins grosse, la premire par la force, et de couleur noirtre: c'est la seule qui nour- risse ses petits ; les autres , comme nous le dirons , chassent leurs aiglons du nid : c'est la seule qui ne fasse entendre ni cri ni murmure; elle n'habite que les montagnes. La seconde espce, le pygargue, prfre le voisinage des plaines et des lieux habits ; sa queue est blanchtre. La troisime , le morphnos , qu'Homre ap- pelle aussi percnos : quelques-uns lui donnent encore le nom d'aigle criard et d'anataire ; c'est la seconde pour la grandeur et la force : elle vit autour des lacs. Ph- mono , qu'on a crue fille d'Apollon , a publi que cet aigle a des dents , qu'il est muet et sans langue , qu'il est le plus noir de tous, et celui dont la queue a le plus d'tendue. Bus est du mme sentiment. Il enlve les vu. i4 ao C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. dictam fatis ( ut ferunt ) ejus diei ruinam secura caeli fide caventem. Quarti generis est percnopterus : eadem oripelargus, vulturina specie , alis minimis , re- liqua magnitudine antecellens , sed imbellis et degener, ut quam verberet corvus. Eadem jejun semper avidi- tatis, et querul murmurationis. Sola aquilarum exanima fert corpora : ceterae , quum occidere, considunt. Hc facit , ut quintum genus yvyaiov vocetur, velut verum , solumque incorrupt originis , mdia magnitudine, co- lore subrutilo , rarum conspectu. Superest haliaeetos , clarissima oculorum acie, librans ex alto sese : visoque in mari pisce , prseeeps in eum ruens , et discussis pec- tore aquis rapiens. Tlla , quam tertiam fecimus , circa stagna aquaticas aves adpetit mergentes se subinde, do- hec sopitas lassatasque rapiat. Spectanda dimicatio, ave ad perfugia litorum tendente, maxime si condensa arundo sit : aquila inde ictu abigente aise, et quum adpetit, in lacus cadente : umbramque suam nanti sub aqua a li- tore ostendente : rursus ave in diverso , et ubi minime se credat exspectari , mergente. Hc causa gregatim avibus natandi, quia plures simul non infestantur, res- persu pennarum hostem obccantes. Spe et aquilae ipsae non tolrantes pondus adprehensum , una merguntur. Halietus tantum implumes etiamnum pullos suos per- cutiens, subinde cogit adversos intueri solis radios, et HISTOIRE NATURELLE, LIV.X. an tortues , et , par un instinct singulier , il les brise en les laissant tomber du baut des airs ; c'est ce qui causa la mort du pote Escbyle. L'oracle, dit-on, avait prdit qu'il prirait ce jour-l par la cliute d'une maison ; pour viter ce malheur, il se tenait en rase campagne , se fiant la solidit des cieux. La quatrime espce est le percnoptre, autrement oriplarge, qui tient du vau- tour, et surpasse les autres en grosseur, quoiqu'il ait proportion les plus petites ailes; mais il est lche et abtardi au point de se laisser battre par le corbeau. Cet aigle est toujours affam, insatiable, et fait entendre un murmure plaintif. C'est le seul qui emporte des animaux morts ; les autres se posent terre quand ils ont tu leur proie. Par opposition cette espce dgnre , l'on appelle la cinquime gnesion , comme tant la seule de race franche et pure. Cet aigle est de moyenne grandeur; sa couleur tire sur le fauve : on ne l'aperoit que rarement. L'halite forme la dernire espce. Sa vue est trs-perante. Il plane au haut des airs ; et ds qu'il voit un poisson dans la mer, il fond sur lui et l'enlve, aprs avoir cart l'eau avec sa poitrine. L'aigle de la troisime espce se prcipite , le long des tangs , sur les oiseaux aquatiques : ceux-ci plongent mille et mille fois; mais, vaincus enfin par la fatigue et le som- meil, ils deviennent sa proie. Chasse curieuse ! l'oiseau poursuivi se rfugie vers le rivage o les roseaux sont les plus pais ; l'aigle le dbusque de cet asile en le bat- tant de ses ailes ; mais , en voulant le saisir , il tombe dans l'tang : l'oiseau qui nage sous l'eau , apercevant l'ombre de l'aigle, se dtourne et va sortir l'endroit o 14. 2i2 C PLINII HIST. NAT. LIB. X. si conniventem humectantemque animadvertit, prcipi- tt e nido , velut adulterinum atque degenerem : illum cujus acies firma contra stetit , educat. Haliaeeti suum genus non habent , sed ex diverso aquilarum coitu na- scuntur. Id quidem, quod ex iis natum est, in ossifragis genus habet , e quibus vultures progenerantur minores: et ex iis magni , qui omnino non gnrant. Quidam ad- jiciunt genus aquilae , quam barbatam vocant : Tusci vero ossifragam. Natura earum. IV. Tribus primis , et quinto aquilarum generi ina?- dificatur nido lapis aetites, quem aliqui dixere gangi- tem : ad multa remdia utilis, nihil ign deperdens. Est autem lapis iste praegnans , intus , quum quatias , alio velut in utero sonante. Sed vis illa medica non nisi nido direptis. Nidifcant in ptris et arboribus : pariunt et ova terna : excludunt pullos binos : visi sunt et trs aliquando. Alterum expellunt tdio nutriendi. Quippe eo tempore ipsis cibum negavit natura , prospiciens ne HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. n il compte que son ennemi l'attend le moins. Les oiseaux aquatiques nagent en troupes nombreuses , parce que , runis, ils ne redoutent aucune attaque; car l'eau qu'ils font jaillir avec leurs ailes aveugle leur ennemi. Souvent aussi les aigles , ne pouvant soutenir le poids de l'oiseau qu'ils saisissent , sont entrans avec lui au fond de l'eau. L'haliaete bat ses petits, avant qu'ils ne soient couverts de plumes , pour les forcer regarder le soleil ; s'il en voit un clignoter ou larmoyer, il le prcipite du nid comme btard et dgnr : il nourrit seulement celui qui soutient l'clat de la lumire. Les haliaetes ne forment point une espce propre ; ils proviennent du mlange des diverses races d'aigles. Leurs petits sont du genre des ossifrages : de ces derniers naissent les petits vautours , et de ceux-ci les grands , qui restent infconds. Quelques auteurs ajoutent une septime espce, qu'ils nomment l'aigle barbu ; c'est l'ossifrage des Toscans. Caractres distinctifs des aigles. IV. Dans la construction de l'aire des trois premires espces et de la cinquime, entre la pierre alite, que quelques-uns appellent gangite, bonne pour plusieurs remdes , et qui ne perd rien au feu. Elle renferme en elle une autre pierre qu'on entend rsonner, lorsqu'on la secoue ; mais elle n'a de vertu qu'autant qu'on l'a prise dans l'aire mme. Les aigles font leurs nids dans les rochers et sur les arbres : ils pondent trois ufs, mais ils ne font clore que deux petits; quelquefois ce- pendant on en a vu trois ; s'ils en ont deux , ils en ai/, C. PLINII HIST. NAT. LB. X. omnium ferarum ftus raperentur. Lingues quoque earum invertuntur diebus his , albescunt inedia pennae , ut merito partus suos oderint. Sed ejectos ab his cognatum genus ossifragi excipiunt , et educant cum suis. Verum adultos quoque persequitur parens , et longe fugat , aemulos scilicet rapinae. Et alioqui unum par aquilarum magno ad populandum tractu , ut satietur, indiget. D- terminant ergo spatia, nec in proximo praedantur. Rapta non protinus ferunt , sed primo deponunt : expertaeque pondus, tune demum abeunt. Oppetunt non senio, nec aegritudine , sed fam , in tantum superiore aderescente rostro , ut adun citas aperiri non queat. A meridiano au- tem tempore operantur, et volant : prioribus boris diei , donec impleantur hominum conventu fora , ignavae se- dent. Aquilarum penuae mixtas reliquarum alitum pen- nas dvorant. Negant unquam solam hanc alitem ful- mine exanimatam : ideo armigeram Jovis consuetudo judicavit. Quando legionum signa esse cperint. V. 4. Romanis eam legionibus C. Marius in secundo HISTOIRE NATURELLE, LV. X. ai5 chassent un , ennuys de nourrir ; car , dans cette saison , la nature prvoyante leur a refus la pture pour prvenir la destruction des petits de tous les autres animaux. A cette poque leurs ongles se renversent, leur plumage blanchit par la disette qu'ils prouvent , en sorte que leur haine pour leur progniture n'est pas Sans motif. Les ossifrages, espce congnre, reoivent les aiglons rebuts et les lvent avec leurs petits. Mais la mre les poursuit alors mme qu'ils ont pris leur croissance , et les chasse au loin pour qu'ils ne viennent point partager sa proie. Au surplus, chaque couple d'aigles a besoin, pour sa nourriture, d'une grande tendue de pays : ils rglent donc leurs limites , et leurs rapines ne s'tendent point au del. Ils n'emportent pas leur proie dans l'instant qu'ils l'ont saisie, ils la posent terre; et, aprs en avoir prouv le poids, ils pren- nent leur vol. Ils ne meurent point de vieillesse ni de maladie, mais de faim; parce que la partie suprieure de leur bec s'alonge si fort, en se recourbant, qu'ils ne peuvent plus l'ouvrir. Ils ne butinent et ne parcourent les airs qu'au milieu du jour ; le matin , ils restent oi- sifs jusqu' l'heure o la multitude afflue dans les mar- chs. Mles celles des autres oiseaux, leurs plumes les dtruisent. On dit que cet oiseau est le seul que le tonnerre ne frappe jamais. C'est par cette raison qu'on lui fait porter la foudre de Jupiter. Quand l'aigle est-il devenu l'enseigne de la lgion? V. 4- G. Marius, pendant son second consulat, af- 2i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. consulatu suo proprie dicavit. Erat et antea prima cum quatuor aliis : lupi, minotauri, equi, aprique singulos ordines anteibant. Paucis ante annis sola in aciem por- tari cpta erat : reliqua in castris relinquebantur. Marius in totum ea abdicavit. Ex eo notatum, non fere legionis unquam hiberna esse castra , ubi aquilarum non sit ju- gum. Primo et secundo generi non minorum tantum qua- drupedum rapina , sed etiam cum cervis prlia. Multum pulverem volutatu collectum, insidens cornibus excutit in oculos, pennis ora verberans, donec praecipitet in ru- pes. Nec unus hostis illi satis est : acrior est cum dra- cone pugna, multoque magis anceps, etiamsi in are. Ova hic consectatur aquilae aviditate rnalefica : at illa ob hoc rapit ubicumque visum. Ille multiplici nexu alas ligat , ita se implicans , ut simul dcidt. De aquila, quae in rogum virginis se misit. VI. 5. Est percelebris apud Seston urbem aquilae glo- ria : educatam a virgine retulisse gratiam , aves primo , mox deinde venatus adgerentem. Defuncta postremo, in rogum accensum ejus injecisse sese, et simul confia- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. ai 7 fecta l'aigle exclusivement aux enseignes des lgions romaines. Jusqu'alors il avait partag cet honneur avec quatre autres animaux : aprs l'aigle, le loup, le mino- taure , le cheval et le sanglier prcdaient les rangs. Depuis quelques annes on portait l'aigle seul au combat, les autres restaient dans le camp; Marius les supprima tout--fait : ds- lors on n'a presque jamais vu de lieux rservs une lgion pour ses quartiers d'hiver o il ne se trouvt une paire d'aigles. L'aigle de la premire et de la seconde espce ne se contente pas d'enlever les petits quadrupdes, il attaque mme le cerf. Perch sur son bois, il lui secoue dans les yeux la poussire qu'il a ramasse en se roulant terre , et le frappe de ses ailes sur la face jusqu' ce qu'il le prcipite dans les rochers. Un seul ennemi ne lui suffit pas. Il poursuit le serpent avec plus d'acharnement et le combat avec bien moins d'avantage , quoiqu'au milieu de l'air. Le serpent recherche avidement les ufs de l'aigle pour les dtruire; l'aigle, pour se venger, l'enlve partout o il le trouve. Celui-ci lui lie les ailes par ses replis multiplis, s'enlaant tellement autour de lui qu'ils tombent tous deux ensemble. D'un aigle qui se prcipita sur le bcher d'une jeune fille. VI. 5. Un aigle, dans la ville de Sestos, s'est acquis une grande clbrit. Elev par une jeune fille, il prouva sa reconnaissance en lui apportant d'abord des oiseaux, puis du gibier de toute espce. Enfin, quand elle fut morte, il se jeta dans les flammes du bcher et se laissa 218 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. grasse. Quam ob causam incola: , quod vocant Heroum in eo loco fecere, appellatum Jovis et virginis, quoniam illi deo aies adseribitur. De vulture. VII. 6. Vulturum praevalent nigri. Nidos nemo adtigit : ideo etiam fuere, qui putarent illos ex adverso orbe ad- volare, falso : nidificant enim in excelsissimis rupibus. Ftus quidem saepe cernuntur, fere bini. Umbricius aru- spicum in nostro aevo peritissimus, parre tradit ova tre- decim : uno ex iis reliqua ova nidumque lustrare, mox abjicere. Triduo autem ante advolare eos , ubi cadavera futura sunt. Sanqualis avis, et immussulus. VIII. 7. Sanqualem avem, atque immussulum, augu- res romani in magna quaestione habent. Immussulum aliqui vulturis pullum arbitrantur esse, et sanqualem ossifrag. Massurius sanqualem ossifragum esse dicit, immussulum autem pullum aquilae, priusquam albicet eauda. Quidam post Mucium augurem visos non esse Romae confrmavere : ego (quod veri similius) in desidia rerum omnium non arbitror agnitos. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 219 brler avec elle. En mmoire de cet vnement, les ha- bitons levrent en ce lieu une sorte de monument qu'ils appellent Heroum , et qu'ils consacrrent Jupiter et la jeune fille, parce que l'aigle est l'oiseau de ce dieu. Du vautour. VIL 6. Parmi les vautours, les noirs sont les plus vigoureux. Personne n'est parvenu jusqu' leurs nids, ce qui a fait penser quelques auteurs qu'ils viennent d'une rgion oppose la ntre, mais tort, car ils font leurs nids sur les rochers les plus levs. On aperoit assez souvent leurs petits, ordinairement au nombre de deux. Umbricius, le plus habile des aruspices de notre sicle, prtend qu'ils pondent treize ufs , qu'ils en emploient un purifier les autres et le nid lui-mme, qu'ensuite ils le jettent. Il ajoute qu'ils volent trois jours l'avance dans les lieux o il doit y avoir des cadavres. Le sanquale ; l'immussule. VIII. 7. Le sanquale et l'immussule sont le sujet d'une question fort controverse parmi les augures ro- mains. Quelques-uns pensent que l'immussule est le petit du vautour, et le sanquale celui de l'ossifrage. Massurius dit que le sanquale est l'ossifrage, et l'immus- sule le petit de l'aigle, avant que sa queue ne blanchisse. Quelques auteurs ont assur que ces oiseaux n'ont point t vus Rome depuis l'augure Mucius. Je crois, avec plus de vraisemblance, que, dans l'indiffrence gnrale o nous vivons, ils n'ont point t reconnus. C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Accipitres : buteo. IX. 8. Accipitrum gnera sedecim invenimus : ex iis githum claudum altero pede prosperrimi augurii nup- tialibus negotiis et pecuariae rei. Triorchem a numro testium, cui principatum in auguriis Phemonoe ddit : buteonem hune appellant Romani, familia etiam ex eo cognominata, quum prospero auspicio in ducis navi se- disset. Epileon Graeci vocant, qui solus omni tempore apparet : ceteri hieme abeunt. Distinctio generum ex avi- ditate. Alii non nisi ex terra rapiunt avem : alii non nisi circa arbores volitantem : alii sedentem in sublimi : ali- qui volantem in aperto. Itaque et columbae novere ex iis pericula, visoque considunt, vel sub volant, contra natu- ramejus auxiliantes sibi. In insula Africae Cerne in oceano accipitres totius Massaesyliae humi fetificant : nec alibi nascuntur, illis adsueti gentibus. In quibus locis societate accipitres et homines aucupentur. X. In Thraciae parte super Amphipolim homines at- que accipitres societate quadam aucupantur. Hi ex sil- vis et arundinetis excisant aves : illi supervolantes depri- HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. aai Les perviers ; le buteo. IX. 8. Nous trouvons seize espces d'perviers. Nous dis- tinguerons l'githe, boiteux d'un pied, et du plus heureux prsage pour les mariages et les bestiaux ; le triorche , ainsi appel du nombre de ses testicules, qui Phmono a donn le premier rang parmi les augures favorables : les Romains l'appellent buteo; une famille mme en a tir son surnom , lorsque par un auspice heureux un de ces oiseaux fut venu se poser sur le navire du chef. Les Grecs nomment pilos l'espce qui seule se montre toute l'anne; les autres disparaissent pendant l'hiver. On distingue les espces par leur manire de saisir leur proie. Les uns ne s'emparent de l'oiseau qu' terre ; d'autres l'enlvent seulement quand il voltige autour des arbres : d'autres, lorsqu'il est perch sur une branche leve : quel- ques-uns, quand il vole en plein air. Aussi les colombes savent ce qu'elles ont craindre de cet ennemi : sa vue , elles s'arrtent ou s'envolent , s'aidant de son instinct contre lui-mme. Les perviers de toute la Masssylie font leurs nids terre dans l'le de Cern, le long des ctes d'Afrique, dans l'Ocan; et ceux de ces contres-l ne naissent point ailleurs. O les perviers et les hommes se runissent pour chasser. X. Dans la partie de la Thrace au dessus d'Amphipolis, les hommes et les perviers s'associent en quelque sorte pour la chasse. Ceux-l font lever les oiseaux des ro- m C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. munt. Rursus captas aucupes dividunt cum iis. Traditum est, missas in sublime sibi excipere eos : et quum tempus sit capturas, clangore ac volatus gnre invitare ad occa- sionem. Simile quiddam lupi ad Maeolim paludem faciunt. Nam nisi partem a piscantibus suam accepere, expansa eorum retia lacrant. Accipitres avium non edunt corda. Nocturnus accipiter cymindis vocatur, rarus etiam in silvis, interdiu minus cernens. Bellum internecinum ge- rit cum aquila, cohajrentesque saepe prehenduntur. Quae avis sola a suo gnre interimatur : quse avis singula ova parit. XI. 9. Coccyx ex accipitre videtur fieri , tempore anni figuram mutans, quoniam tune non apparent reliqui, nisi perquam paucis diebus : ipse quoque modico tem- pore aestatis visus non cernitur postea. Est autem neque aduncis unguibus solus accipitrum, nec capite similis illis, neque alio quam colore, ac rictu columbi potius. Quin et sumitur ab accipitre, si quando una apparuere : sola omnium avis a suo gnre interempta. Mutt autem et vocem : procedit vere, occultatur Caniculae ortu : sem- perque parit in alienis nidis, maxime palumbium, ma- jori ex parte singula ova , quod nulla alia avis : raro HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. aa3 seaux et des forts, ceux-ci rabattent les oiseaux qui volent dans les airs. Aprs la chasse, les perviers reoivent leur part de la proie. On dit qu'ils saisissent en l'air le gibier qu'on leur jette, et que, l'instant de cette cap- ture leur paraissant arriv , ils en avertissent les chas- seurs par leurs cris et par un vol particulier. Les loups marins font quelque chose d'analogue auprs du Palus- Motide; car, si les pcheurs ngligent de leur laisser leur part, ils dchirent les filets qu'on a laisss tendus. Les perviers ne mangent point le cur des oiseaux. L'pervier nocturne s'appelle cymindis, est rare mme dans les fo- rts, et voit mal pendant le jour. Il fait l'aigle une guerre implacable ; aussi les prend-on souvent accrochs l'un l'autre. Oiseau qui ne prit que victime de sa propre espce. Oiseau qui ne pond qu'un uf. XI. g. Le coucou semble n'tre qu'un pervier, qui change de forme une certaine poque de l'anne; car alors on ne voit pas les autres , si ce n'est pendant un trs-petit nombre de jours. Le coucou lui-mme dispa- rat aprs s'tre montr une partie de l't. Seul des perviers il n'a pas les ongles crochus, ni la tte de ce genre ; par la couleur et par le bec , il ressemble plutt la colombe. Ir n'est pas mme pargn par l'pervier lorsqu'ils se rencontrent : de tous les oiseaux , il est le seul qui soit dtruit par son espce. Il change aussi de voix ; il parat au printemps et se cache au lever de la Canicule. Toujours il pond dans le nid des autres, sur- aa4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. bina. Causa subjiciendi pullos, putatur, quod scit se invisam cunctis avibus, nam minuta? quoque infestant : ita non fore tutam generi suo stirpem opinatur, ni fefel- lerit : quare nullum facit nidum, alioqui trepidum ani- mal. Educat ergo subditum adulterato fta nido. Ille avidus ex natura, praeripit cibos reliquis pullis, itaque pinguescit, et nitidus in se nutricem convertit : illa gau- det ejus specie, miraturque sese ipsam, quod talem pe- pererit : suos comparatione ejus damnt, ut alienos, absumique etiam se inspectante patitur, donec corripiat ipsam quoque jam volandi potens. Nulla tune avium suavitate carnis comparatur illi. Milvi. XII. 10. Milvi ex eodem accipitrum gnre, magni- tudine difFerunt. Notatum in his, rapacissimam et fa- melicam semper alitem nihil esculenti rapere umquam ex funerum ferculis, nec Olympiae ex ara. Ac ne feren- tium quidem manibus, nisi lugubri municipiorum immo- lantium ostento. Iidem videntur artem gubernandi do- cuisse caudae flexibus : in caelo monstrante natura , quod opus esset in profundo. Milvi et ipsi hibernis mensibus HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. ^5 tout dans celui des pigeons ramiers, ordinairement un seul uf, ce qui n'arrive aucun autre oiseau, rare- ment deux. On pense qu'il est pouss placer ainsi ses petits , parce qu'il sait la haine que lui portent tous les oiseaux, car les plus faibles mme lui font la guerre. Il croit ne pouvoir garantir sa progniture qu'en les trom- pant; ainsi cet oiseau, d'ailleurs timide, ne fait aucun nid. La couveuse qui fait clore l'uf adultre, lve cet enfant suppos. Celui-ci, naturellement avide, en- lve la nourriture ses jeunes compagnons : il devient gras et brillant d'embonpoint, il attire lui toute l'af- fection de sa nourrice ; elle se complat , elle s'admire dans son ouvrage; ses propres enfans, en comparaison, lui deviennent trangers ; elle souffre mme qu'il s'en repaisse ses yeux; mais lorsqu'il est en tat de voler, il la dvore elle-mme. Alors il n'est point d'oiseaux dont la chair soit aussi dlicate. Milans. XII. 10. Les milans, qui appartiennent aussi au genre des perviers, n'en diffrent que par la grandeur. On a observ que cet oiseau vorace et toujours affam n'enlve point les viandes consacres aux funrailles, ni sur l'au- tel d'Olympie; et que, s'il touche celles qu'on porte en plein air, c'est un prsage funeste aux villes qui offrent le sacrifice. Il semble avoir enseign, par le mouvement de sa queue , l'art de conduire le gouvernail , la nature montrant dans les cieux ce qu'il faut faire sur la mer. Les milans aussi disparaissent pendant l'hiver ; cepen- vm. i5 226 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. latent, non tamen ante hirundinem abeuntes. Tradun- tur autem et a solstitiis adfici podagra. Digestio avium per gnera. XIII. 1 1. Volucrum prima distinctio pedibus maxime constat. Aut enim aduncos ungues habent, aut digitos, aut palmipedum in gnre sunt, uti anseres et aquaticae fere aves. Aduncos ungues habentia, carne tantum ves- cuntur ex parte magna. Cornices : inauspicatae aves. Quibus mensibus non sint inauspi- catae. XIV. 12. Cornices et alio pabulo : ut qu duritiam nucis rostro repugnantem, volantes in altum in saxa tegulasve jaciunt iterum ac spius, donec quassatam perfringere queant. Ipsa aies est inauspicat garrulita- tis, a quibusdam tamen laudata. Ab Arcturi sidre ad hirundinum adventum notatur eam in Minervae lucis templisque raro, alicubi omnino non aspici, sicut Athe^ nis. Prterea sola haec etiam volantes pullos aliquandiu pascit : inauspicatissima ftus tempore, hoc est, post solstitium. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 227 dant ils ne partent pas avant les hirondelles. On dit qu'aux solstices ils sont attaqus de la goutte. Classification des oiseaux. XIII. il. La forme des pieds surtout fournit les ca- ractres distinctifs pour la classification des oiseaux. Car, ou ils ont des ongles crochus, ou des doigts, ou ils ap- partiennent au genre des palmipdes, comme les oies et. presque tous les oiseaux aquatiques. Ceux qui ont les ongles crochus ne vivent que de chair pour la plupart. Des corneilles. Oiseaux de mauvais augure. A quelle poque l'augure cesse d'tre sinistre. XIV. 12. Les corneilles se nourrissent encore d'un autre aliment. N'ayant pas le bec assez fort pour briser les noix, elles s'lvent, et, du haut des airs, elles les jet- tent plusieurs reprises sur les rochers ou les toits jus- qu' ce qu'elles les aient casses. Le croassement de cet oiseau est de mauvais augure ; cependant quelques-uns le vantent comme heureux. On observe que , depuis le lever de l'Arcture jusqu'au relour des hirondelles, la cor- neille se montre rarement dans les bois sacrs et dans les temples de Minerve, et point du tout en de certains lieux, par exemple, Athnes. De plus, c'est le seul oi- seau qui continue nourrir ses petits, mme aprs qu'ils ont. pris leur essor. Il est du plus sinistre prsage dans le temps de la couvaison , c'est--dire aprs le solstice. 2*8 C. PLINI1 HIST. NAT. LIB. X, De corvis. XV. Ceterae omnes ex eodem gnre pellunt nidis pullos, ac volare cogunt, sicut et corvi : qui et ipsi non carne tantum aluntur, sed robustos quoque ftus suos fugant Jongius. Itaque parvis in vicis non plus bina conjugia sunt : circa Cranonem quidem Thessaliae sin- gula perpetuo : genitores soboli loco cedunt. Diversa in hac, ac supradieta alite qudam. Corvi ante solstitium gnrant, iidem grescunt sexagenis diebus, siti maxime, antequam fici coquantur autumno. Cornix ab eo tem- pore corripitur morbo. Corvi pariunt quum plurimum quinos. Ore eos parre aut coire vulgus arbitratur : ideo- que gravidas, si ederint corvinum ovum, per os partum reddere : atque in totum, difficulter parre, si tecto inferantur. Aristoteles negat, non hercule magis, quam in iEgypto ibim : sed illam exosculationem , quae saepe cernitur, qualem in columbis, esse. Corvi in auspiciis soli videntur intellectum habere significationum suarum. Nam quum Mediae hospites occisi sunt, omnes e Pelo- ponneso et Attica regione volaverunt. Pessima eorum significatio , quum glutiunt vocem velut strangulati. HISTOIRE NATURELLE , LIV. X. i%g Corbeaux. XV. Tous les autres oiseaux du mme genre chassent leurs petits du nid et les contraignent voler : les cor- beaux , quoiqu'ils ne vivent pas seulement de chair, font la mme chose ; ils ne souffrent pas mme que leurs petits, devenus adultes, demeurent dans leur voisinage. Aussi n'en voit-on pas plus de deux couples dans les cantons peu tendus. Il n'y en a jamais qu'un dans les environs de Cranon , en hessalie ; le pre et la mre cdent la place leurs enfans. Il y a quelques diffrences entre cet oiseau et le prcdent. Les corbeaux produi- sent avant le solstice : ils sont malades soixante jours et souffrent surtout de la soif avant la maturit des figues d'automne. La corneille, cette poque, commence tre attaque de cette maladie. Les corbeaux pondent or- dinairement cinq ufs. Le vulgaire croit qu'ils pondent ou qu'ils s'accouplent par le bec; que, pour cette rai- son, une femme enceinte, si elle mange un uf de cor- beau, rendra son enfant par la bouche, et qu'en gnral elle accouchera difficilement si on porte un uf de cor- beau dans la maison. Aristote nie expressment que le corbeau , non plus que l'ibis en Egypte , s'accouplent de la sorte : les baisers qu'ils se donnent si souvent, ne sont pas diffrens de ceux des colombes. Les corbeaux seuls , dans les auspices , paraissent avoir l'intelligence des cho- ses qu'ils annoncent. Lorsque les htes de Mdias furent assassins, ils s'enfuirent tous du Ploponnse et de l'Attique. Leur plus sinistre prsage a lieu quand ils touffent leur voix, comme si on les tranglait. lo C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De bubone. XVI. Uncos lingues et nocturnae aves habent, ut noctuae, bubo, ululae. Omnium horum hebetes interdiu ocul Bubo funebris, et maxime abominatus publicis prcipue auspiciis, dserta incolit : nec tantum desolata, sed dira etiam et inaccessa : noctis monstrum, nec cantu aliquo vocalis, sed gemitu. Itaque in urbibus aut om- nino in luce visus, dirum ostentum est. Privatorum do- mibus insidentem plurimum scio non fuisse feralem. Vo- lt numquam quo libuit, sed transversus aufertur. Capitolii cellam ipsam intravit Sex. Palpelio Histro, L. Pedanio coss. propter quod nonis martiis urbs lustrata est eo anno. Aves quarum vita aut notitia intercidit. XVII. 1 3. Inauspicata est et incendiaria avis , propter quam saepenumero lustratam urbem in annalibus inve- nimus, sicut L. Cassio, G.Mario coss., quo anno et bu- bone viso lustrata est. Quae sit avis ea, nec reperitur, nec traditur. Quidam ita interpretantur, incendiariam esse qusecumque apparuerit carbonem ferens ex aris vel altaribus. Alii spinturnicem eam vocant : sed hc ipsa quae esset inter aves, qui se scire diceret, non inveni. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a3i Hibou. XVI. Les oiseaux de nuit, comme le chat -huant, le hibou, la hulotte, ont aussi les ongles crochus. Tous ont la vue faible pendant le jour. Le hibou, oiseau fu- nbre , prsage abhorr surtout dans les auspices pu- blics, habite les lieux dserts, abandonns, affreux mme et inaccessibles j/inonstre de la nuit qui n'a point de chant, et qui ne fait que gmir: aussi quand il est vu dans les villes, ou seulement aperu pendant le jour, est-il d'un sinistre augure. Je sais pourtant qu'il s'est souvent pos sur les maisons des particuliers sans y causer aucun malheur. Il ne vole jamais en droite ligne, il va de travers comme emport par le vent. Sous le consulat de Sex. Palpelius Hister et de L. Pedanius , un hibou entra jusque dans le sanctuaire du Capitule, et ce sujet la ville fut purifie cette anne, aux noues de mars. Oiseaux dont la race est teinte ou la connaissance perdue. XVII. i3. L'oiseau nomm incendiaria est aussi de mauvais augure, et nous trouvons dans les annales que souvent il a t cause que la ville a t purifie, comme il arriva sous le consulat de L. Cassius et de C. Marius, pendant lequel elle le fut aussi l'occasion d'un hibou. Ni les livres, ni la tradition ne nous ap- prennent quel est cet oiseau. Quelques-uns expliquant son nom, jugent qu'on appelle ainsi tout oiseau qui aura t vu enlever du feu des autels et des sacrifices. al'* C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. i4- Cliviam quoque avem ab antiquis nominatam , animadverto ignorari. Quidam clamatoriam dicunt, La- beo prohibitoriam. Et apud Nigidium subis appellatur avis, qu aquilarum ova frangat. 1 5. Sunt prseterea complura gnera depicta in Etrusca disciplina, sed ulli non visa : quae nunc defecisse mirum est, quum abundent etiam quae gula humana populatur. Quae a cauda nascantur. XVIII. 1 6. Externorum de auguriis peritissime scrip- sisse Hylas nomine putatur. Is tradit noctuam, bubo- nem, picum arbores cavantem, trygonem, cornicem, a cauda de ovo exire : quoniam pondre capitum perversa ova, posteriorem partem corporum fovendam matri ad- plicent. De Noctuis. XIX. 17. Noctuarum contra aves solers dimicatio. Majore circumdatae multitudine , resupinae pedibus r- pugnant, collecteeque in arctum, rostro et unguibus totas teguntur. uxiliatur accipiter collegio quodam naturae, HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a33 D'autres le nomment spinturnix ; mais je n'ai trouv personne qui prtendt le connatre. i4- J'observe que l'oiseau nomm clwia par les an- ciens est galement inconnu. Quelques-uns l'appellent elamatoria, Labon prohibitoria. Nigidius parle aussi du subis, qui brise les ufs de l'aigle. i5. Beaucoup d'autres espces ont t figures dans les rituels trusques; mais personne ne les a vues. Il est tonnant que ces espces manquent aujourd'hui, puis- que celles mme dont la gourmandise de l'homme fait sa proie, se trouvent en abondance. Oiseaux dont la queue sort la premire. XVIII. i6. Hylas passe pour celui des trangers qui a le mieux crit sur la science augurale. Il enseigne que le ebat-huant, le hibou, le pic, qui perce le bois, le trygon et la corneille sortent de l'uf par la queue , parce que les ufs, renverss par la pesanteur de la tte, prsentent immdiatement la mre la partie post- rieure couver. Oiseaux de nuit. XIX. 17. Les chats-huants combattent avec beaucoup d'adresse contre les oiseaux ; investis par un nombre su- prieur, ils se renversent sur le dos et se dfendent avec les pieds, ramassant leur corps qu'ils couvrent tout en- tier de leur bec et de leurs ongles. L'pervier, par une 234 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. bellumque partitur. Noctuas sexagenis diebus hiemis cubare, et novem voces habere tradit Nigidius. De pico Martio. XX. 18. Sunt et parvae aves uncorum unguium, ut pici, Martio cognomine insignes, et in auspiciis magni. Quo in gnre arborum cavatores scandentes in subrep- tum felium modo : illi vero et supini , percussi corticis sono, pabulum subesse intelligunt. Pullos in cavis edu- cant avium soli. Adactos cavernis eorum a pastore cu- neos, admota quadam ab his herba, elabi creditur vulgo. Trebius auctor est, clavum cuneumve adactum, quanta libeat vi, arbori in qua nidum habeat, statim exsilire, cum crepitu arboris, quum insederit clavo aut cuneo. Ipsi principales Latio sunt in auguriis, a rege, qui no- men huic avi ddit. Unum eorum prscitum transire non queo. In capite praetoris urbani iElii Tuberonis, in foro jura pro tribunali reddentis, sedit ita placide, ut manu prehenderetur. Respondere vates , exitium imperio por- tendi, si dimitteretur : at si exanimaretur, praetori. Et ille avem protinus concerpsit : nec multo post implevit prodigium. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a35 espce de sympathie , vient son secours et partage le combat. Nigidius crit que les chats-huants couvent pendant soixante jours en hiver, et qu'ils ont neuf sortes de voix. Le pic de Mars. XX. 18. Il y aussi de petits oiseaux qui ont les on- gles crochus, comme les pics, consacrs Mars, et d'une grande importance dans les auspices. Ceux de cette espce creusent les arbres, y grimpent, la manire des chats , mais le corps renvers ; ils frappent l'corce et connaissent au son qu'elle rend , si elle cache quel- que nourriture. Seuls des oiseaux , ils lvent leurs pe- tits dans les creux des arbres. On croit vulgairement que lorsqu'un berger en a bouch l'entre avec un coin , ils le font tomber en y appliquant une certaine herbe. Trebius croit qu'un coin ou un clou enfonc avec quel- que force que ce soit dans un arbre qui renferme un nid de pics , s'chappe en faisant clater l'arbre, ds que l'oiseau s'est pos sur ces objets. Dans leLatium ils tiennent le premier rang pour les augures, depuis que le roi Picus leur a donn son nom. Je ne puis passer sous silence un de leurs prsages. Elius Tubron, prteur de Rome, tant dans le forum sur son tribunal, un pic vint se poser sur sa tte et se laissa prendre avec la main. Les devins rpondirent que si on le lchait, Rome tait me- nace de sa ruine, et que si on le tuait, le prteur mourrait. A l'instant Tubron le mit en pices, et peu aprs le prsage fut accompli. 9.36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De his qui uncos ungues habent. XXI. 19. Vescuntur et glande in hoc gnre, pomis- que multae, sed quae carne tantum non vivunt, excepto milvo : quod ipsum in auguriis dirum est. Uncos un- gues habentes omnino non congregantur, et sibi quaeque praedantur. Sunt autem omnes fere altivolae , praeter noc- turnas; et magis, majores. Omnibus alas grandes, cor- pus exiguum. Ambulant difficulter. In ptris raro con- sistant , curvatura unguium prohibente. De pavonibus. XXII. 20. Nunc de secundo gnre dicamus, quod in duas dividitur species, oscines, et alites : illarum ge- neri cantus oris, his magnitudo differentiam ddit : ita- que prascedent et ordine : omnesque reliquas in his pavonum genus, quum forma, tum intellectu ejus et glo- ria. Gemmantes laudatus expandit colores, adverso maxime sole, quia sic fulgentius radiant. Simul umbrae quosdam repercussus ceteris, qui et in opaco clarius micant, conchata quaerit cauda : omnesque in acervum contra- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a3 7 Des oiseaux pourvus de serres. XXI. 19. Les oiseaux qui appartiennent ce genre ne se nourrissent pas seulement de chair ; ils' mangent aussi des glands et des fruits, l'exception du milan, qui est d'un trs-sinistre prsage, quand il use de cette nourriture. Les oiseaux qui ont les ongles crochus ne se rassemblent jamais en troupes : chacun chasse pour soi. Ils volent presque tous fort haut , l'exception des oiseaux nocturnes , et les plus grands s'lvent le plus. Ils ont tous les ailes grandes et le corps petit ; ils mar- chent difficilement ; ils se posent rarement sur les ro- chers; la courbure de leurs ongles les en empche. Paons. XXII. 20. Parlons prsent du second genre qui se divise en deux espces ; les oiseaux dont on consulte le chant et ceux dont on consulte le vol. La nature du chant chez les uns, et la grandeur du corps chez les au- tres, constitue leurs diffrences; je commencerai par les derniers, et le paon prcdera tous les autres, tant parce qu'il est le plus beau , que parce qu'il a le senti- ment et l'orgueil de sa beaut. Lorsqu'on lui donne des louanges, il dploie ses cou- leurs blouissantes, surtout en face du soleil, parce qu'alors les reflets en sont plus tincelans. Il cherche, en formant la roue, relever encore l'clat de la lumire par des nuances plus sombres ; il rassemble en une seule a38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. hit pennarum, quos spectari gaudet , oculos. Idem, cauda annuis vicibus amissa cum foliis arborum , donec renascatur iterum cum flore , pudibundus ac maerens quaerit latebram. Vivit annis xxv. Colores incipit fun- dere in trimatu. Ab auctoribus non gloriosum tantum animal hoc traditur, sed et malevolum, sicut anser ve- recundum : quoniam lias quoque quidam addiderunt notas in his , haud probatas mihi. Quis primum pavonem cibi causa occident. Quis farcire insti- tuerit. XXIII. Pavonem cibi gratia Rom primus occidit orator Hortensius, aditiali cena sacerdotii. Saginare pri- mus instituit circa novissimum piraticum bellum M. Au- fidius Lurco, exque eo quaestu reditus sestertium sexagena millia habuit. De gallinaceis. XXIV. ai. Proxime gloriam sentiunt et hi nostri vi- giles nocturni , quos excitandis in opra mortalibus , rumpendoque somno natura genuit. Norunt sidra, et ternas distinguunt horas interdiu cantu. Cum sole eunt cubitum , quartaque castrensi vigilia ad curas laborem- que revocant. Nec solis ortum incautis patiuntur obre- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a3 9 gerbe tous les yeux de ses plumes qu'il tale complai- samment l'admiration des spectateurs ; mais, tous les ans , ses plumes tombent la cliute des feuilles : hon- teux et triste, il se cache jusqu' ce que la saison des fleurs lui rende sa parure. La dure de sa vie est de vingt-cinq ans. C'est la troisime anne qu'il com- mence taler ses riches couleurs. Des auteurs en font un animal non-seulement glorieux , mais malin : suppo- sition aussi gratuite , mon sens , que celle qui prte de la pudeur l'oie. Qui le premier servit un paon sur sa table; qui les fit engraisser le premier. XXIII. L'orateur Horteusius est le premier Romain qui fit tuer le paon pour la table, son repas de rcep- tion dans le collge des pontifes; et le premier qui le fit engraisser est M. Aufidius Lurcon , vers le temps de la dernire guerre des pirates. Il se procura par ce moyen un revenu de soixante mille sesterces. Des coqs. XXIV. 21. Aprs les paons, les oiseaux les plus sen- sibles la gloire sont ces vigilantes sentinelles , cres par la nature pour arracher l'homme au sommeil et le renvoyer ses occupations. Ils connaissent les rvolu- tions sidrales; et, de trois en trois heures, ils mar- quent, par leur chant, les diverses poques du jour. Ils se couchent avec le soleil ; ds la quatrime veille 24o C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. pre , diemque venientem nuntiant cantu , ipsum vero cantum plausu laterum. Imperitant suo generi , et regnum in quacumque sunt domo , exercent. Dimica- tione paritur hoc quoque inter ipsos , velut ideo tela agnata cruribus suis intelligentes : nec finis saepe com- morientihus. Quod si palma contingit, stalim in Victo- ria canunt , seque ipsi principes testantur. Yictus occul- tatur silens , greque servitium patitur. Et plebs tamen que superba , graditur ardua cervice , cristis celsa : caelumque sola volucrum aspicit crebro , in sublime cau- dam quoque falcatam erigens : itaque terrori sunt etiam leonibus ferarum generosissimis. Jam ex his quidam ad bella fantum et prlia assidua nascuntur, quibus etiam patrias nobilitarunt , Rhodum , ac Tanagram. Secundus esthonos habitus Melicis, et Chalcidicis , ut plane dign aliti tanlum honoris prbeat romana purpura. Horum sunt tripudia solistima. Hi magistratus nostros quotidie regunt , domosque ipsis suas claudunt aut reserant : hi fasces romanos impellunt aut retinent, jubent acies aut prohibent , victoriarum omnium toto orbe partarum auspices : hi maxime terrarum imperio imperant , extis etiam fbrisque haud aliter quam opim victimae diis grati. Habent ostenta et prposteri eorum vespertinique cantus. Namque totis noctibus canendo , Boliis nobi- lem illam adversus Lacedmonios prsagivere victoriam, HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 2/,i militaire, ils nous rappellent l'occupation et aux travaux. Ils ne souffrent pas que cet astre vienne nous surprendre ; leur chant annonce l'arrive du jour, et ce cbant lui- mme est annonc par le battement de leurs ailes. Ils commandent en matres et ils exercent la souverainet en quelque maison qu'ils soient. L'empire chez eux est aussi le prix de la victoire, comme s'ils comprenaient la destination des armes qu'ils portent leurs pieds : sou- vent les deux rivaux meurent en combattant. Si l'un d'eux est vainqueur, aussitt il chante son triomphe et lui-mme se proclame souverain. Le vaincu se cache en silence , supportant l'esclavage avec douleur. Non moins superbe , le peuple marche la tte haute et la crte le- ve : seuls de tous les oiseaux ils regardent habituel- lement le ciel, dressant en mme temps leur queue re- courbe en faucille ; aussi inspirent-ils de la terreur au lion mme, le plus intrpide des animaux. Quelques- uns d'eux semblent natre uniquement pour la guerre et les combats ; et par l ils ont illustr leur pays natal, Rhodes et Tanagre. On assigne le second rang ceux de Mlos et de Chalcis ; aussi n'est-ce pas sans raison que la pourpre romaine leur rend tant d'hommages. Leurs repas sont des prsages solennels. Ce sont eux qui chaque jour rglent la conduite de nos magis- trats, et leur ouvrent ou leur ferment leurs propres mai- sons : ce sont eux qui prescrivent le mouvement ou le repos aux faisceaux romains, qui ordonnent ou dfen- dent les batailles; ils ont annonc toutes les victoires, remportes dans tout l'univers ; ils commandent aux matres du monde. Leurs entrailles et leur chair ne sont vu. 16 a/i C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. ita conjecta interpretatione , quoniam victa aies illa non caneret. Quomodo castrentur. De gallinaceo locuto. XXV. Desinunt canere castrati : quod duobus fit mo- dis : lumbis adustis candente ferro , aut imis cruribus : mox hulcere oblito figlina creta : facilius ita pinguescunt. Pergami omnibus annis spectaculum gallorum publie editur, ceu gladiatorum. Invenitur in annalibus, in Ari- minensi agro, M. Lepido , Q. Catulo coss. in villa Ga- lerii locutum gallinaceum , semel , quod equidem sciam. De ansere. XXVI. 11. Et anseri vigil cura, Capitolio testata de- fenso , per id tempus canum silentio proditis rbus. Quam ob causam cibaria anserum censores in primis locant. Quin et fama amoris, ^Egii dilecta forma pueri Olenii, et Glauces Ptolemaeo rgi cithara canentis , quam HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a/j3 pas moins agrables aux dieux que les plus grasses vic- times. Leurs chants, entendus le soir et des heures extraordinaires, forment des prsages. En chantant toute la nuit , ils annoncrent aux Botiens cette fameuse victoire sur les Lacdmoniens : les devins l'interprt- rent ainsi , parce que cet oiseau ne chante point quand il est vaincu. Castration des coqs. D'un coq qui parla. XXV. La castration leur te le chant. Cette opration se fait de deux manires: en leur brlant ou les lombes, ou le bas des jambes avec un fer chaud, et recouvrant la plaie avec de la terre potier : alors ils engraissent plus facilement. A Pergame, on donne chaque anne pu- bliquement des combats de coqs , ainsi que chez nous on donne des combats de gladiateurs. Nous trouvons dans les annales que, sous le consulat de M. Lepidus et de Q. Catulus , dans la mtairie de Galerius au terri- toire d'Ariminum , un coq parla : c'est le seul exemple que je connaisse d'un pareil prodige. De l'oie. XXVI. 11. L'oie aussi fait une garde vigilante; nous en avons pour preuve le Capitole, sauv dans un moment o la chose publique tait trahie par le silence des chiens. C'est en mmoire de cet vnement que la pre- mire fonction des censeurs est de passer le bail pour la nourriture des oies. Cet oiseau conoit mme de l'amour 16. a44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. eodeni tempore et aries adamasse proditur. Potest et sapientiae videri intellectus his esse. Ita cornes perpetuo adhsisse Lacydi philosopho dicitur, nusquam ab eo , non in publico, non in balneis, non noctu, non inler- din digressus. Quis primum jecur anserinum instituit. XXVII. Nostri sapientiores , qui eos jecoris bonitate novere. Fartilibus in magnam amplitudinem crescit : exemptum quoque lact mulso augetur. Nec sine causa in qustione est , quis primus tantum bonum invenerit, Scipione Metellus vir consularis, an M. Seius eadem aetate eques rom. Sed (quod constat) Messalinus Cotta, Messalae oratoris filius, palmas pedum ex his torrere, atque patinis cum gallinaceorum cristis condire reperit. Tribuetur enim a me culinis cujusque palma cum fde. Mirum in hac alite , a Morinis usque Romam pedibus venire. Fessi proferuntur ad primos : ita ceteri stipa- tione naturali propellunt eos. Candidorum alterum vec- tigal in pluma. Velluntur quibusdam locis bis anno. Rursus plumigeri vestiuntur : mollior, qu corpori proxima : et e Germania laudatissima. Candidi ibi, ve- rum minores, gantae vocantur. Pretium plumae eorum, HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a/5 pour l'homme. On dit qu'une oie se passionna pour la beaut du jeune Egius d'Olne ; et pour Glauc , l'une des musiciennes du roi Ptolme, qu'on prtend avoir t dans le mme temps aime par un blier. On pour- rait ajouter qu'elle a l'intelligence de la sagesse. Les auteurs parlent d'une oie qui s'tait attache au philo- sophe Lacyde ; elle le suivait constamment dans les rues, aux bains, sans jamais le quitter ni le jour ni la nuit. L'inventeur des foies d'oies. XXVII. Plus sages, les Romains ont connu la bont de son foie. Cette partie devient prodigieusement grosse dans les oies qu'on engraisse : on l'augmente encore en la faisant tremper dans du lait miell. Ce n'est pas sans raison qu'on cherche l'auteur d'une si belle dcouverte , s'il faut en faire honneur Scipion Metellus, person- nage consulaire, ou M. Seius, chevalier romain qui vcut dans le mme temps. Mais, du moins, un fait cer- tain, c'est que le secret de rtir les pattes d'oie et d'en composer un ragot avec des crtes de poulet , appar- tient Messalinus Cotta , fils de l'orateur Messala. Car chacun des inventeurs recevra de moi fidlement la palme qui lui est due. Une chose tonnante dans cet oiseau, c'est que, du pays des Morins, il vienne pied jusqu' Rome. On porte la tte du troupeau les oies qui sont fatigues : les autres les poussent devant elles par un effet de cet instinct qui les porte se serrer en mar- chant. On tire un autre profit de la plume des oies blanches. En certains lieux, on les dpouille deux fois 246 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. in libras denarii quini. Et inde crimina plerumque auxiliorum praefectis, a vigili statione ad hsec aucupia dimissis cohortibus totis. Eoque delicise processere, ut sine hoc instrumento durare jam ne virorum quidem cervices possint. De commageno. XXVIII. Aliud reperit Syriae pars , quse Commagene vocatur : adipem eorum in vase reo cum cinnamo nive multa obrutum , ac rigore gelido maceratum , ad usum prclari medicaminis, quod ab gente dicitur Commage- num. Chenalopeces , chenerotes , tetraones , otides. XXIX. Anserini generis sunt chenalopeces : et qui- bus lautiores epulas non no vit Britannia, chenerotes, fere ansere minores. Decet tetraonas suus nitor, absolu- taque nigritia, in superciliis cocci rubor. Alterum eo- rum genus vulturum magnitudinem excedit , quorum et colorem reddit. Nec ulla aies , excepto struthiocamelo , HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 47 l'an, et elles se couvrent encore de nouvelles plumes. Le duvet le plus doux est celui qui est le plus prs du corps; le plus estim vient de la Germanie. Les oies y sont blanches, mais plus petites; on les nomme gantes. Leur plume se vend cinq deniers la livre. De l, pour l'ordinaire, les dsordres reprochs aux commandans des auxiliaires qui envoient la chasse des oies des co- hortes entires, au lieu de les tenir leur poste. Nous en sommes venus ce point de mollesse que dj les hommes eux-mmes ne peuvent plus dormir, si leur tte ne repose sur le duvet. Du commagne. XXVIII. La partie de la Syrie appele Commagne a trouv un autre secret : c'est de laisser macrer par un froid rigoureux, couverte d'une couche paisse de neige, la graisse d'oie mle de cannelle dans un vase d'airain , pour en faire ce prcieux mdicament qu'on appelle commagne, du nom du pays. Les chnalopces , les chnrotes , les ttraons , les otides. XXIX. Au genre de l'oie appartiennent les chna- lopces et les chnrotes, un peu plus petites, qui for- ment le mets le plus exquis de la Grande Bretagne. Les ttraons sont remarquables par le lustre et le beau noir de leur plumage , et par la couleur carlate de leurs sour- cils. Une de leurs espces surpasse en grosseur les vau- tours auxquels ils ressemblent pour la couleur. Si l'on a/|8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. majus corpore implens pondus , in tantum aucta , ut in terra quoque immobilis prehendatur. Gignunt eos Al- pes, et septentrionalis regio. In aviariis saporem perdunt. Moriuntur contumacia spiritu revocato. Proximae eis sunt, quas Hispania aves tardas appellat, Graecia oti- das , damnatas in cibis. Emissa enim ossibus medulla , odoris taedium extemplo sequitur. Grues. XXX. 23. Inducias habet gens pygma abscessu gruum (ut diximus) cura iis dimicantium. Immensus est tractus, quo veniunt, si quis reputet a mari Eoo. Quando proficiscantur consentiunt : volant ad prospi- ciendum alte : ducem , quem sequantur, eligunt : in extremo agmine per vices , qui acclament , dispositos habeiit, et qui gregem voce contineant. Excubias ha- bent nocturnis temporibus, lapillum pede sustinentes, qui laxatus somno et decidens indiligentiam coarguat. Cetera? dormiunt capite subter alam condito , alternis pedibus insistentes. Dux erecto providet collo , ac prse- dicit. Eaedem mansuefactse lasciviunt, gyrosque quos- dam indecoro cursu vel singulae peragunt. Certum est , Pontum transvolaturas , primum omnium angustias pe- tere , inter duo promontoria Criumetopon , et Caram- bin : mox saburra stabiliri. Quum mdium transierint, HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. *4<) excepte l'autruche, il n'est point d'oiseau plus pesant, lel point qu'il se laisse prendre terre, sans remuer. Ils naissent sur les Alpes et dans les pays septentrionaux. Dans les volires, ils perdent leur qualit. Ils se font mourir en retenant leur respiration. Aprs eux, les plus gros sont ceux que l'Espagne appelle oiseaux lourds, et la Grce otides, ddaigns pour la table. L'odeur de la moelle tire de leurs os fait soulever le cur. Les grues. XXX. 1 3. Les pygmes jouissent d'une trve au dpart des grues, qui leur font la guerre, ainsi que nous l'avons dit. Leur traverse est immense, si l'on songe qu'elles viennent de la mer orientale. Elles conviennent d'un jour pour le dpart; elles volent fort haut pour dcouvrir de loin; elles choisissent un chef pour les diriger; quel- ques-unes d'entre elles se placent tour tour la queue de la troupe pour rappeler par leurs cris celles qui s'car- teraient. Des sentinelles veillent pendant la nuit, tenant dans leur patte une petite pierre dont la chute, quand elles s'endorment, dcle leur ngligence : le reste dort la tte cache sous l'aile, se soutenant alternativement sur un pied et sur l'autre. Le chef, le cou tendu, ob- serve et avertit. Les grues apprivoises sont foltres, et mme , en courant seules , elles dcrivent des cer- cles avec des mouvemens grotesques. Il est certain que les grues, lorsqu'elles s'apprtent traverser le Pont- Euxin , s'approchent du dtroit entre les promontoires Criumtopos et Carambis, o elles se lestent avec du sa- a5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. abjici lapillos e pedibus : quum attigerint continentem , et e gutture arenam. Cornlius Nepos , qui divi Au- gusti principatu obiit, quum scriberet turdos paulo ante eptos saginari , addidit , ciconias magis placere , quam grues : quum hc nunc aies inter primas expetatur, il- lam nemo velit attigisse. De ciconiis. XXXI. Ciconiae quonam e loco veniant, aut quo se rfrant, incompertum adhuc est. E longinquo venire non dubium , eodem quo grues modo : illas hiemis , lias aestatis advenas. Abiturae congregantur in loco certo : comitataeque sic, ut nulla sui generis relinquatur, nisi captiva et serva, ceu lege prdicta die recedunt. Nemo vidit agmen discedentium , quum discessurum appareat : nec venire , sed venisse cernimus : utrumque nocturnis ft temporibus. Et quamvis ultra citrave pervolent, numquam tamen advenisse usquam , nisi noctu , existi- mantur. Pythonos comen vocant in Asia patentibus campis , ubi congregatae inter se commurmurant , eam- que qu novissima advenit , lacrant, atque ita abeunt. Notatum , post idus augustas non temere visas ibi. Sunt qui ciconiis non inesse linguas confirment. Honos iis serpentium exitio tantus, ut in Thessalia capitale fuerit occidisse, eademque legibus pna , quae in homicidam. HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. a5i ble. Au milieu du trajet, elles laissent tomber les petites pierres de leurs pieds ; arrives terre , elles rejettent le sable qu'elles ont dans la gorge. Cornlius INepos, qui mourut sous Auguste , parlant de l'usage rcent d'engraisser les grives , ajoute qu'on prfrait les ci- gognes aux grues. Aujourd'hui la grue est recherche comme un mets exquis : personne ne voudrait goter de la cigogne. Les cigognes. XXXI. D'o viennent les cigognes, o se retirent- elles ? C'est encore un problme. Nul doute qu'elles ne viennent de loin, de la mme manire que les grues : celles-ci voyagent l't; celles-l l'hiver. Avant de par- tir, elles se runissent dans un lieu dtermin : nulle ne manque au rendez-vous, moins qu'elle ne soit captive et esclave; elles s'loignent comme si le jour tait fix par une loi. Personne ne les voit partir quoiqu'elles an- noncent leur dpart; personne non plus ne les voit venir; on s'aperoit seulement qu'elles sont venues. Le dpart et l'arrive ont lieu la nuit; et qu'elles volent en de ou au del , on croit qu'elles n'arrivent jamais que la nuit. Rassembles dans les vastes plaines de l'Asie qu'on ap- pelle Pjthonos corne, elles jasent entre elles , mettant en pices celle qui arrive la dernire, et partent aprs cette excution. On a observ qu'on ne les voit gure en cet endroit aprs les ides d'aot. Quelques auteurs assurent que les cigognes n'ont point de langue. On leur porte tant d'honneur pour la destruction des serpens , qu'en Thessalic c'tait un crime au premier chef de les C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De oloribus. XXXII. Simili anseres quoque et olores ratione com- meant : sed horum volatus cernitur : liburnicarum modo rostrato impetu feruntur, facilius ita findentes ara, quam si recta fronte impellerent : a tergo sensim dila- tante se cuneo porrigitur agmen , largeque impellenti praebetur aurae. Colla imponunt prcedentibus : fessos duces ad terga recipiunt. Ciconiae nidos eosdem repe- tunt : genitricum senectam invicem educant. Olorum morte narratur flebilis cantus (falso, ut arbitror), ali- quot experimentis. Iidem mutua carne vescuntur in- ter se. De avibus peregrinis quse veniunt : coturnices, glottides, cy- cbxamus, otus. XXXIII. Verum liaec commeantium per maria terras- que peregrinatio non patitur differri minores quoque, quibus est natura similis : utcumque enim supradictas magnitudo et vires corporum invitare videri possint. Coturnices ante etiam semper adveniunt , quam grues : parva avis , et quum ad nos venit , terrestris potius , quam sublimis. Advolant et hae simili modo , non sine periculo navigantium, quum adpropinquavere terris. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a53 tuer ; les lois avaient dcern la mme peine que pour l'homicide. Les cygnes. XX.XTI. Les oies et les cygnes voyagent semblablement , mais on aperoit leur vol. Ils s'avancent en formant une pointe, comme celle des navires liburniens; dans cet ordre ils fendent l'air plus aismentque s'ils le pressaient defront. Le coin qu'ils forment s'largissant peu peu en arrire, la troupe s'tend et prsente une grande surface au vent qui la pousse. Les derniers posent leur cou sur ceux qui les prcdent. Les guides fatigus sont reus au dernier rang. Les cigognes retournent aux mmes nids ; les jeunes, leur tour, nourrissent les mres devenues vieilles. On raconte, d'aprs quelques exemples faussement all- gus , je crois , que le cygne sa mort fait entendre un cri plaintif. Ces mmes oiseaux se mangent entre eux. Oiseaux trangers qu'on voit en nos climats : caille , glottis , cychrame, otus. XXXIII. Ces migrations des oiseaux traversant les mers et les terres ne permettent pas que je diffre l'histoire des plus petits , qui ont le mme instinct ; quoique, dans les premiers, leur grandeur et leur force semblent les y inviter. Les cailles arrivent mme tou- jours avant les grues : c'est un petit oiseau qui, une fois arriv, se tient terre bien plus qu'il ne s'lve dans les airs. Elles volent de la mme manire , non sans danger pour les navigateurs, l'approche de terre ; car souvent 1 5/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Quippe velis spe incidunt, et hoc semper noctu, mer- guntque navigia. Iter est his per hospitia certa. Austro non volant, humido seilicet et graviore vento. Aura ta- men vehi volunt , propter pondus corporum , viresque parvas. Hinc volantium illa conquestio labore expressa. Aquilone ergo maxime volant ortygometra duce. Pri- mam earum terrae adpropinquantem accipiter rapit. Semper hinc remeantes comilatum sollicitant : abeunt- que una persuas glottis, et otus, et cychramus. Glottis prlongam exserit linguam : unde ei nomen. Hanc initio blandita peregrinatione avide profectam , pnitentia in volatu , cum labore seilicet, subit : re- verti incomitatam piget, et sequi : nec umquam plus uno die pergit : in proximo hospitio deserit. Verum in- venitur alia, antcdente anno relicta : simili modo in singulos dies. Cychramus perseverantior festinat etiam pervenire ad expetitas sibi terras. Itaque noctu is eas excitt, admonetque itineris. Otus bubone minor est, noctuis major, auribus plumeis eminentibus : unde et nomen illi : quidam latine asionem vocant : imitatrix alias avis ac parasita, et quodam gnre saltatrix. Ca- pitur haud difficulter, ut noctuae, intenta in aliquo, circumeunte alio. Quod si ventus agmen adverso flatu HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. a5f> la vole entire s'abat sur les voiles toujours pendant la nuit, et submerge le navire. Elles ont dans leurs voyages des stations rgles. Elles ne volent point par le vent du midi , parce qu'il est humide et lourd ; cependant elles ont besoin que le vent les soutienne , cause de leur pesanteur et de leur faiblesse : de l vient qu'en volant on les entend se plaindre de la fatigue qu'elles prouvent. Elles volent donc surtout par le vent du nord , ayant l'ortygomtre leur tte. L'pervier enlve la premire qui approche de terre. Quand elles repar- tent, elles sollicitent d'autres oiseaux les accompagner. Le glottis, l'otus et le cychrame, persuads, partent avec elles. Le glottis est ainsi nomm cause de l'extrme lon- gueur de sa langue. Sduit par leurs sollicitations , il part d'abord avec plaisir , bientt la fatigue amne le repentir ; il est quelque temps partag entre le dsir de les quitter et la honte de revenir seul : jamais il ne les accompagne plus d'un jour; au premier gte, il les aban- donne ; mais elles y trouvent un autre glottis laiss l'anne prcdente , et la mme chose arrive tous les jours. Le cychrame, plus persvrant, est impatient d'ar- river au terme. Il les veille pendant la nuit et presse le dpart. L'otus est plus petit que le hibou et plus grand que le chat-huant, ayant les oreilles surmontes d'une aigrette de plumes releves , d'o lui vient son nom. Quelques-uns l'appellent en latin asio ; oiseau, au sur- plus, imitateur, parasite et danseur. On le prend sans peine , comme les chats-huans ; pendant qu'il regarde un des chasseurs , un autre le saisit. Si le vent, venant 2 56 C. PLTNII HIST. NAT. LIB. X. cperit inhibere , pondusculis lapidum adprehensis , aut gulture arena repleto, stabilitse volant. Coturnicibus veneni semen gratissimus cibus : quam ob causam eas damnavere mensac, simulque comitialem propter mor- bum despui suetum , quem solae animalium sentiunt, prter hominem. Hirundines. XXXIV. ^4- Abeunt et hirundines hibernis mensi- bus, sola carne vescens avis ex iis quse aduncos ungues non habent : sed in vicina abeunt , apricos secutae mon- tium recessus : inventseque jam sunt ibi nudae atque de- plumes. Thebarum tecta subire negantur, quoniam urbs illa saepius capta sit : nec Bizyae in Thracia , propter scelera Terei. Ccina Volaterranus equestris ordinis, quadrigarum dominus, comprehensas in urbem secum auferens , victorise nuntias amicis mittebat, in eumdem nidum remeantes , illito victori colore. Tradit et Fa- bius Pictor in annalibus suis , quum obsideretur praesi- dium romanum a Ligustinis, hirundinem a pullis ad se adlatam : ut lino ad pedem ejus adligato nodis signi- ficaret , quoto die adveniente auxilio eruptio feri deberet. HISTOIRE NATURELLE , LIY. X. 257 souffler dans une direction contraire, arrte la troupe, nts oiseaux saisissent des cailloux , ou se remplissent de sabir le gosier , pour se lester dans le vol. Les cailles sont trs-avides de semences vnneuses , ce qui les a fait bannir des tables. Une autre raison de cette pro- scription, c'est le mal caduc, auquel elles sont sujettes, seules entre les animaux, except l'homme. Hirondelles. XXXIV. il\. Les hirondelles nous quittent aussi dans la mauvaise saison. De tous" les oiseaux qui n'ont pas les ongles crochus , ce sont les seuls qui vivent de chair. Elles passent dans des contres voisines, o elles cherchent l'abri des montagnes exposes au soleil. On les y trouve quelquefois nues et sans plumes. On dit qu'elles ne font point leurs nids dans les maisons de Thbes , parce que cette ville a t prise plusieurs fois; non plus qu' Bizya en Thrace , cause du crime de Tre. Ccina de Volaterre , de l'ordre questre , en- trepreneur des chars pour la course , emportait des hi- rondelles Rome , et les renvoyait pour annoncer ses amis les succs des courses. Elles revenaient dans leur nid , peintes de la couleur victorieuse. Fabius Pictor crit dans ses Annales qu'une garnison romaine tant assige par les Liguriens , on lui apporta une hiron- delle prise dans son nid ; afin qu'en lui attachant une ficelle la patte , il ft connatre aux assigs , par le nombre des nuds , le jour qu'ils seraient secourus , pour qu'ils fissent une sortie. vu. 1 7 flk a58 C. PLINII HST. NAT. LIB. X. De avibus nostris quae discedunt , et quo abeant : turdi , meruke , sturni. De avibus quae plumas amittunt in occultatione : turtur, palumbes. Sturnorum et hirundinum volatus. XXXV. Abeunt et merul , turdique , et sturni simili modo in vicina. Sed hi plumam non amittunt, nec oc- cultantur : visi spe ibi , quo hibernum pabulum pe- tunt : itaque in Germania hieme maxime turdi cernun- tur. Verius turtur oceultatur, pennasque amittit. Abeunt et palumbes , quonam et in iis incertum. Sturnorum generi proprium catervatim volare, et quodam pilse orbe circumagi , omnibus in mdium agmen tendenti- bus. Volucrum soli hirundini flexuosi volatus velox celeritas : quibus ex causis neque rapinae ceterarum alitum obnoxia est. Ea demum sola avium nonnisi in volatu pascitur. Quae avium perennes , quae semestres , quae trimestres : galguli , upupae. XXXVI. 25. Temporum magna differentia avibus. Perennes, ut columbae: semestres, ut hirundines : trimes- tres , ut turdi et turtures : et quae, quum fetum eduxere , abeunt, ut galguli, upupae. HISTOIRE NATURELLE, LIV.X. a5 9 Oiseaux voyageurs de notre climat : o se rendent - ils ? Grives , merles, tourneaux. Oiseaux qui muent dans la retraite : tour- terelles , ramiers. Vol des tourneaux et des hirondelles. XXXV. Les merles , les grives et les tourneaux passent de mme dans les pays voisins ; mais ils ne perdent pas leurs plumes , et ils ne se tiennent pas cachs. Souvent on les a vus dans les rgions o ils vont chercher leur nourriture pendant l'hiver. Aussi les grives surtout abondent-elles en Germanie pendant cette saison. On peut assurer que la tourterelle se tient cache et perd ses plumes. Les ramiers changent aussi de pays, mais l'on ne sait o ils vont. Les tourneaux ont une manire de voler qui leur est propre : ils volent par troupes en formant un peloton roulant sur lui-mme, o chacun cherche toujours se rapprocher du centre. L'hirondelle seule a un vol flexueux et trs-rapide , ce qui l'empche de devenir la proie des autres oiseaux; elle est aussi le seul oiseau qui ne prend sa nourriture qu'en volant. Oiseaux qui restent chez nous toute l'anne ; oiseaux qui sjournent six mois ou trois mois :, galgules , huppes. XXXVI. a 5. Les oiseaux ne se montrent pas tous pen- dant le mme espace de temps. On voit les uns toute l'anne, comme les colombes; d'autres six mois, comme les hirondelles ; ou trois , comme les grives et les tour- terelles. D'autres , tels que les galgules et les huppes , partent aprs avoir lev leurs petits. '7- *6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Memnonides. XXXVII. 26. Auctores sunt , omnibus annis advolare Ilium ex .ZEthiopia aves, et confligere ad Memnonis tu- mulum , quas ob id memnonidas vocant. Hoc idem quinto quoque anno facere eas in iEthiopia circa regiam Memnonis, exploratum sibi Cremutius tradit. Meleagrdes. XXXVIII. Simili modo pugnant meleagrides in Bo- tia. Afric hoc est gallinarum genus, gibberum, variis sparsum plumis : quae novissimae sunt peregrinarum avium in mensas recept propter ingratum virus. Ve- rum Meleagri tumulus nobiles eas fecit. Seleucides. XXXIX. 27. Seleucides aves vocantur, quarum ad- ventum ab Jove precibus imptrant Casii montis in- col , fruges eorum locustis vastantibus. Nec unde ve- niant, quove abeant, compertum, numquam conspec- tis , nisi quum prsidio earum indigetur. Ibis. XL. 28. Invocant et vEgyptii ibes suas contra serpen- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a6i Memnonides. XXXVII. 26. Selon certains auteurs , il vient tous les ans de l'Ethiopie Ilion des oiseaux qui se livrent des combats prs du tombeau de Memnon , ce qui les a fait appeler memnonides. Cremutius donne comme un fait vrifi par lui , que tous les cinq ans ces oiseaux font la mme chose en Ethiopie , prs du palais de Memnon. Mlagrides. XXXVIII. En Botie , les mlagrides se livrent de pareils combats. C'est une sorte de poules d'Afrique , bossues et d'un plumage vari. De toutes les espces trangres , elles sont les dernires qu'on ait admises sur les tables, cause de leur mauvaise odeur ; mais le tombeau de Mlagre les a rendues clbres. Sleucides. XXXIX. 27. On nomme sleucides certains oiseaux que Jupiter , flchi par les prires des habitans du mont Casius, envoie contre les sauterelles qui ravagent leurs moissons. On n'a point encore dcouvert d'o ils vien- nent ni o ils vont, car on ne les voit jamais que lors- qu'on a besoin de leur secours. Ibis. XL. 28. Les Egyptiens invoquent aussi leurs ibis 26a C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. tium adventum : et Elei Myiagron deum, muscarum multitudine pestilentiam adferente : quae protinus inter- eunt, quam litatum est ei deo. Quse quibus locis aves non sint. XLI. 29. Sed in secessu avium et noctuae paucis die- bus latere traduntur : quarum genus in Creta insula non est : etiam si qua invecta sit, emoritur. Nam haec quoque mira naturae differentia : alia aliis lcis negat : tanquam gnera frugum fruticumve , sic et animalium , non nasci , translatitium : invecta emori , mirum. Quid est illud unius generis saluti adversum? quaeve ista na- turae invidia? a t qui terrarum dicti avibus termini ? Rhodus aquilam non habet. Transpadana Italia juxta Alpes Larium lacum appellat, amnum arbusto agro, ad quem ciconiae non permeant : sicuti nec octavum ci- tra lapidem ab eo, immensa alioqui finitimo Insu- brium tractu examina graculorum monedularumque, cui soli avi furacitas argenti aurique praecipue mira est. Picus Martius in tarentino agro negatur esse. Nuper, et adhuc tamen rara , ab Apennino ad urbem versus l cerni cpere picarum gnera, quae longa insignes cauda variae appellantur. Proprium his calvescere omni- bus annis , quum serantur rpa. Perdices non transvo- lant Botiae fines inAttica: nec ulla avis in Ponto, insula HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. a63 contre l'incursion des serpens , et les lens le dieu Myiagre, lorsque la multitude des mouches apporte des maladies pestilentielles; elles meurent aussitt qu'on a sacrifi ce dieu. Lieux o ne se trouvent jamais certains oiseaux , et quels oiseaux. XLI. 29. On prtend aussi que les chouettes, l'poque o les oiseaux se retirent, restent caches pendant quelques jours. Il ne s'en trouve point dans l'le de Crte ; celles mme qu'on y transporte , prissent. Et c'est encore-l une des tranges bizarreries de la nature : il est des choses qu'elle refuse certains lieux. Nous voyons sans surprise que, parmi les animaux comme parmi les grains et les fruits , des espces ne viennent point en de certaines con- tres; mais qu'il y en ait qui prissent transportes en ces mmes contres, c'est ce qui est tonnant. Qu'y a-t-il donc qui soit aussi funeste une seule espce? Quelle est cette envie de la nature, ou quelles sont sur la terre les limites assignes aux oiseaux ? Rhodes n'a point l'aigle. Dans l'Italie Transpadane , prs des Alpes, est le lac Larius (de Cme), bord de vergers; les cigognes n'y viennent jamais, et mme huit milles de distance l'on n'a peroit ni le gra- culus (geai), ni la mondule (choucas) , seul oiseau qui ait l'trange manie de drober l'or et l'argent , tandis qu'on en voit des troupes immenses dans le pays des In- subriens , qui est limitrophe. On dit que le pic de Mars n'existe point dans le territoire de Tarnte. Il n'y a pas long-temps qu'on voit, depuis l'Apennin jusqu' Rome, les pies longue queue, qu'on appelle varies, et encore a64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. qua sepultus est Achilles , sacratam ei dem. In fidenate agro juxta urbem ciconiae nec pullos nec nidum faciunt. At in agrum volaterranum palumbium vis e mari quot- annis advolat. Romae in aedem Herculis in foro Boario nec muscae, nec canes intrant. Multa praeterea similia, quae prudens subinde omitto in singulis generibus , fas- tidio parcens : quippe quum Theophrastus tradat invec- titias esse in Asiam etiam columbas , et pavones , et corvos , et in Cyrenaica vocales ranas. De oscinum generibus , et quae mutant colorem et vocem. XLII. Alia admiratio circa oscines : fere mutant co- lorem vocemque tempore anni , ac repente fiunt aliae : quod in grandiore alitum gnre grues tantum : hae enim senectute nigrescunt. Merula ex nigra rufescit , canit aestate , hieme balbutit , circa solstitium muta. Ro- strum quoque anniculis in ebur transfiguratur dumtaxat maribus. Turdis color state circa cervicem varius, hieme concolor. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a65 y sont-elles assez rares. Ce qui leur est particulier, c'est qu'elles deviennent chauves tous les ans lorsqu'on sme les raves. Les perdrix, dans l'Attique, ne franchissent jamais les frontires de la Botie ; et dans celle des les du Pont o est le tombeau d'Achille , nul oiseau ne passe au del du temple consacr ce hros. Les cigognes ne font point leurs petits ni leurs nids sur le territoire de Fidne ; et tous les ans une multitude de ramiers vient de la mer dans les campagnes de Volaterre. A Rome, il n'entre ni mouches ni chiens dans le temple d'Hercule, sur le march aux bufs. Je pourrais citer sur chaque espce une foule de traits semblables ; je les omets dessein , dans la crainte de me rendre ennuyeux. Tho- phraste, par exemple , avance que les colombes , les paons et les corbeaux ont t ports en Asie, et les grenouilles coassantes dans la Cyrnaque. Oiseaux chanteurs. Oiseaux qui changent de couleur et de voix. XLII. Les oiseaux chanteurs nous offrent un autre sujet d'admiration : ils changent presque entirement de couleur et de voix une certaine poque de l'anne , et deviennent tout coup diffrens d'eux-mmes. Les grues sont les seuls des grands oiseaux o s'observe ce phnomne, car elles noircissent en vieillissant. Le merle, de noir devient rousstre : l't il chante ; l'hiver il balbutie quelques petits cris , et il se tait au solstice. A l'ge d'un an , le bec des mles seulement prend la couleur de l'ivoire. Les grives ont la nuque de couleur varie durant l't, d'une seule couleur durant l'hiver. 66 C. PLINII HIST. NA LIB. X. De lusciniis. XLIII. Luscirtiis diebus ac noctibus continuis quin- decim garrulus sine intermissu cantus, densante se frondium germine , non in novissimum digna ihiratu ave. Primum tanta vox tam parvo in corpusculo , tam pertinax spiritus. Deinde in una perfecta musicae scien- tia modulatus editur sonus : et nunc continue) spiritu trahitur in longum , nunc variatur inflexo , nunc distin- guitur conciso, copulatur intorto, promittitur revocato, infuscatur ex inopinato ; interdum et secum ipse mur- murt; plenus, gravis, acutus, creber, extentus : ubi visum est, vibrans, summus , mdius, imus. Breviter- que omnia tam parvulis in faucibus, quae exquisitis ti- biarum tormentis ars hominum excogitavit : ut non sit dubium hanc suavitatem praemonstratam efficaci auspi- cio, quum in ore Stesichori cecinit infantis. Ac ne quis dubitet artis esse , plures singulis sunt cantus , nec iidem omnibus , sed sui cuique. Certant inter se, palamque animosa contentio est. Victa morte finit saepe vitam , spiritu prius dficiente, quam cantu, Meditantur aliae juveniores , versusque quos imitentur accipiunt. Audit discipula intentione magna, et reddit , vicibusque reti- cens. Intelligitur emendat correptio, et in docente quaedam reprehensio. Ergo servorum illis pretia sunt , HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 267 Rossignols. XLIIL Le ramage du rossignol se fait entendre quinze jours et quinze nuits sans interruption , lorsque le feuil- lage des arbres commence s'paissir. Cet oiseau n'a pas le moins de droits notre admiration : d'abord cette force de voix dans un si petit corps , ce souffle si pro- long. Les modulations de son cbant semblent le fruit d'une tude approfondie de la science musicale : coups de gosier prolongs , cadences varies , batteries vives et lgres , roulades prcipites , reprises soutenues , demi-silences inattendus , quelquefois un simple gazouil- lement; le rossignol cause alors avec lui-mme. Sa voix est tour--tour pleine, grave, aigu, perle, tendue; il cbante son gr le dessus , la haute-contre , la taille et la basse ; en un mot , un si faible organe produit tous les sons que l'art des hommes a su tirer des instrumens les plus parfaits : aussi ne peut-on douter que celui qui chanta sur la bouche de Stsichore enfant , n'ait annonc par un prsage infaillible la douceur de sa posie. Et ne croyez pas que l'art soit tranger ces oiseaux : chaque rossignol chante plusieurs airs, et ces airs ne sont pas les mmes pour tous, chacun a les siens. Ils se dispu- tent le prix du chant avec une opinitret bien marque; souvent il en cote la vie au vaincu, qui ne cesse de chanter qu'en cessant de respirer. D'autres, plus jeunes, tudient et reoivent les airs qu'ils doivent imiter. Le disciple coute avec une attention extrme ; il rpte la leon, et se tait pour couter encore. On reconnat que a68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. et quidem ampliora, quam quibus olim armigeri para- bantur. Scio sestertiis sex , candidam alioquin , quod est prope invisitatum , venisse , quae Agrippinae Claudii prin- cipis conjugi dono daretur. Visum jam ssepe, jussas ca- nere cpisse, et cum symphonia alternasse : sicut ho- mmes repertos , qui sonum earum , addita in transversas arundines aqua, foramen inspirantes, linguaeque parva aliqua opposita mora , indiscreta redderent similitudine. Sed eae tantae tamque artifices argutiae a quindecim die- bus paulatim desinunt, nec ut fatigatas possis dicere, aut satiatas. Mox aestu aucto in totum alia vox fit, nec modulata , aut varia. Mutatur et color. Postremo hieme ipsa non cernitur. Linguis earum tenuitas illa prima non est, quae ceteris avibus. Pariunt vere primo quum plurimum sena ova. De melancoryphis , erithacis , phnicuris. XLIV. Alia ratio ficedulis : nam formam simul co- loremque mutant : hoc nomen autumno : non habent postea : melancoryphi vocantur. Sic et erithacus hieme , idem phnicurus aestate. Mutt et upupa, ut tradit JEs- chylus poeta, obscena alias pastu avis, crista visenda plicatili, contrahens eam subrigensque per longitudinem capitis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 26 y le matre reprend et que l'lve se corrige : aussi les ros- signols s'achtent aussi cher que les esclaves, et mme plus cher que ne se payaient autrefois les cuyers. Je sais qu'un de ces oiseaux , qui de plus tait blanc , ce qui ne se voit presque jamais, a t vendu six mille sesterces : c'tait un prsent pour Agrippine, femme de l'empereur Claude. On en a vu souvent qui chantaient au commandement, et al- ternaient dans un chur. Il s'est aussi trouv des hommes qui, soufflant dans un chalumeau rempli d'eau et garni dune languette , imitaient le rossignol de manire faire illusion. Au reste, ces modulations si savantes cessent peu peu au bout de quinze jours, sans qu'on puisse dire que ce soit par lassitude ou par dgot. Quand les cha- leurs arrivent, leur voix devient tout autre, sans mlodie et sans nuance. Leur couleur change aussi. Enfin , pendant l'hiver l'oiseau disparat. La langue des rossignols n'est pas pointue comme celle des autres oiseaux. Ils pondent, au commencement du printemps , ordinairement six ufs. Mlancoryphes (tte-noire) , rithaques (rouge-gorge) , phnieures (rouge-queue). XLIV. Autre changement dans les ficdules, car ils perdent en mme temps leur forme et leur couleur. On les appelle ainsi pendant l'automne; ensuite ils portent le nom de mlancoryphes. C'est ainsi que l'oiseau nomm rithaque en hiver , s'appelle phnicure eu t. Le pote Eschyle attribue aussi un changement la huppe, qui se nourrit des alimens les plus sales, et se fait remarquer par une aigrette qui peut se replier, qu'elle dresse et qu'elle abaisse le long de sa tte. a 7 o C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. OEnanthe , chlorio , merulse , ibis. XLV. OEnanthe quidem etiam statos latebr dies ha- bet, exoriente Sirio occultata, aboccasu ejusdem pro- dit : quod miremur, ipsis diebus utrumque. Chlorion quoque , qui totus est luleus , hieme non visus , circa solstitia procedit. 3o. Merulae circa Cyllenen Areadi, nec usquam aliubi , candid nascuntur. Ibis circa Pelusium tantum nigra est , ceteris omnibus locis candida. Tempus avium geniturse. XL VI. 3i. Oscines, preeter exceptas, non temere ftus faciunt ante quinoctium vernum , aut post au- tumnale : ante solstitium autem dubios , post solstitium vitales. Halcyones : dies earum navigabiles. XLVII. 3ot. Eo maxime sunt insignes halcyones. Dies earum partus, maria, quique navigant, novere. Ipsa avis paulo amplior passere , colore cyaneo ex parte ma- jore , tantum purpureis et candidis admixta pennis, collo gracili ac procero. Alterum genus earum magnitudine distinguitur et cantu. Minores in arundinetis canunt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 271 nanthe , chlorion , merle , ibis. XLV. L'nanthe reste aussi un certain temps sans se montrer : cach au lever de Sirius, il reparat son cou- cher, et , ce qui est surprenant , aux jours prcis du lever et du coucher de cette constellation. Le chlorion , qui est entirement jaune , cach en hiver , se montre vers les solstices. 3o. Les merles naissent blancs aux environs de Cyl- lne en Arcadie , et nulle part ailleurs. L'ibis est noir, seulement aux environs de Pluse , blanc dans tous les autres lieux. poques de la reproduction chez les oiseaux. XL VI. 3i. Les oiseaux de chant, sauf les exceptions, ne pondent gure avant l'quinoxe du printemps, ni aprs celui d'automne : les pontes avant le solstice sont hasar- des ; aprs , elles russissent. Alcyons : jours alcyoniens , favorables la navigation. XLV1I. 3a. Sous ce rapport surtout, les alcyons m- ritent d'tre remarqus. Les mers et les navigateurs con- naissent les jours qu'ils font leur couve. L'oiseau est un peu plus gros que le moineau : il a le cou mince et long; la plus grande partie de son plumage est bleue, entremle seulement de quelques plumes blanches et pourpres. Il y en a une autre espce qui diffre par la 27a C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Halcyonem videre rarissimum est, ne nisi Vergiliarum occasu, et circa solstitia brumamve, nave aliquando cir- cumvolata statim in latebras abeuntem. Fetificant bruma, qui dies halcyonides vocantur, placido mari per eos et navigabili , Siculo maxime. Faciunt autem septem ante brumam diebus nidos , et totidem sequentibus pariunt. Nidi earutn admirationem habent pilae figura, paulum eminenti , ore perquam angusto, grandium spongiarum similitucline : ferro intercidi non queunt, franguntur ictu valido , ut spuma arida maris. Nec unde confingan- tur, invenitur. Putant ex spinis aculeatis : piscibus enim vivunt. Subeunt et in amnes. Pariunt ova quina. De reliquo aquaticarum gnre. XLVIII. Gaviae in ptris nidificant : mergi et in ar- boribus. Pariunt plurimum terna : sed gaviae aestate, mergi incipiente vere. De solertia avium in nidis. Hirundinnm opra mira. Ripariae. XLIX. 33. Halcyonum nidi figura , reliquarum quo- que solertiae admonet : neque alia parte ingnia avium HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 27 i grandeur et le chant. Ceux de la petite espce chantent dans les roseaux. Rien de plus rare que de voir un al- cyon : il ne se montre qu'au coucher des Pliades et vers le solstice d'hiver; et, aprs avoir voltig quelque temps autour du vaisseau , il retourne dans sa retraite. Il pond au solstice d'hiver, pendant les jours appels alcyo- niens , poque o la mer est calme et navigable , sur- tout celle de Sicile- Les alcyons font leurs nids pendant les sept jours qui prcdent le solstice , ils pondent les sept jours suivans. Ces nids sont admirables : ils ont la forme d'une boule un peu alonge par le haut , avec une entre fort troite, et ressemblent de grandes ponges. On ne peut les couper avec le fer, il faut les briser par un coup violent , comme l'cume sche de la mer. On n'en connat pas la matire. On pense qu'ils sont composs d'artes de poisson , vu que l'alcyon s'en nourrit. Ces oiseaux entrent aussi dans les rivires. Ils pondent cinq ufs. Des autres oiseaux aquatiques. XLVIII. Les gavia (moue*ttes) et les mergus ( plongeons) nichent dans les rochers, mais ceux-ci nichent aussi sur les arbres. Ils pondent ordinairement trois ufs, les premiers en t, les derniers au commencement du printemps. Adresse des oiseaux dans la construction de leurs nids. Btisse merveilleuse des hirondelles. De celles qu'on nomme hirondelles de rivage. XLIX. 33. Le nid des alcyons me rappelle l'adresse des autres oiseaux , car il n'est aucune partie o leur vir. 18 a;/| C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. magis admiranda sunt. Hirundines luto construunt, stra- mento roborant. Si quando inopia est luti, madefactae multa aqua pennis pulverem spargunt. Ipsum vero ni- dum mollibus plumis floccisque consternunt tepefacien- dis ovis, simul ne durus sit infantibus pullis. In ftu summa aequitate alternant cibum. Notabili munditia ege- runt excrementa pullorum : adultioresque circumagi docent, et foris saturitatem emittere. Alterum genus hirundinum est rusticarum et agrestium, quae raro in domibus , di versos figura , sed eadem materia confin- gunt nidos, totos spinos, faucibus porrectis in angus- tum , utero capaci : mirum qua peritia et occul tandis habiles pullis, et substernendis molles. In ^Egypti He- racleotico ostio mollem eontinuatione nidorum evaganti Nilo inexpugnabilem opponunt stadii fere unius spatio : quod humano opre perfici non posset. In eadem juxta oppidum Copton insula est sacra Isidi, quam ne laceret amnis idem, muniunt opre, incipientibus vernis die- bus , palea et stramento rostrum ejus firmantes, conti- nuatis per triduum noctibus tanto labore , ut multas in opre emori constet. Eaque militia illis cum anno re- dit semper. Tertim est earum genus , quae ripas exca- vant , atque ita internidificant. Harum pulli ad cinerem ambusti , mortifero faucium malo , multisque aliis mor- bis humani corporis medentur. Non faciunt hae nidos, HISTOIRE NATURELLE, ClV. X. -27 5 industrie soit plus admirable. Les hirondelles construi- sent leurs nids avec de la boue , et les consolident avec de la pdille ; si la boue leur manque , elles se mouillent tout le corps et secouent l'au de leurs ailes sur la pous- sire. Elles tapissent de duvet et de flocons l'intrieur du nid , afin que les teufs se tiennent chauds yet que les" nouveau-ns reposent mollement. Elles donnent leurs petits la becque tour--tour avec une parfaite galit. Elles jettent avec un soin bien remarquable les ordures; et, quand les petits sont devenus un peu plus forts, elles les instruisent se tourner pour se vider hors du nid. Il est une autre espce d'hirondelles rustiques et champtres : celles-ci font rarement leurs nids dans les maisons; elles les construisent de la mme matire, mais en leur donnant une forme diffrente. Ils sont renverss ; l'entre se prolonge en se rtrcissant.; l'intrieur est spacieux. Par cet artifice admirable, elles cachent leurs petits et leur procurent un lit commode. En Egypte , la bouche Hraclotique , elles: opposent , par le ras- semblement de leurs nids, une digue d'environ un stade, inexpugnable aux dbordemens du Nil. Les hommes ne pourraient venir bout d'un pareil ouvrage. Dans le mme pays , prs de la ville de Coptos , au commencement du printemps, elles fortifient la pointe d'une le. consacre Isis, avec de la paille et du foin , et travaillent pendant trois jours et trois nuits de suite avec une telle ardeur, que plu- sieurs meurent de fatigue. Chaque anne la mme corve recommence. Une troisime espce d'hirondelles creuse des trous sur le bord de la mer, et y dpose ses ufs. Les petits decelles-ci, rduits en cendres ^gurissent l'esqui- 18. 276 V C. PLINII HIST. N^T. LIB. X. migrantque multis diebus ;uite, si futiiriiin est ut auc- tus amnis attingat. ' Acanthyllis, etc. L. In gnre vitiparrarum est, cui nidus ex musco arido ita absolufa perficitur pila, ut inveniri non pos- sit aditus. Acanthyllis appellatur, eadem figura ex lino intexens. Picorum alicui suspenditur surculo primis in ramis cyathi modo , ut nulla quadrupes possit accedere. Galgulos quidem ipsos dependentes pedidus somnum capere confirmant , quia tutiores ita se sperent. Jam pu- blicum quidem omnium est tabulata ramorum susti- nendo nido provide eligere, camerare ab imbri, aut i fronde protegere densa. In Arabia cinnamolgos avis ap- pellatur : cinnami surculis nidificat. Plumbatis eos sa- gittis decutiunt indigen , mercis gratia. In Scythis avis magnitudine otidis, binos parit , in leporina pelle sem- per in cacuminibus ramorum suspensa. Picae quum di- ligentius visum ab homine nidum sensere , ova transge- runt alio. Hoc in lus avibus, quarum digiti non sunt accommodati complectendis transferendisque ovis, miro traditur modo. Namque surculo super bina ova impo- sito ac ferruminato alvi glutino , subdita cervice me- dio , aequa utrimque libra dportant alio. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 277 nancie et plusieurs autres maladies du corps humain. Ces dernires ne construisent pas de nids; et, si la # crue du fleuve doit les atteindre, elles s'loignent plusieurs jours d'avance. Acanthyllis, etc? , L. Dans le genre des oiseaux qu'on nomme viti- parra , est une espce qui compose son nid de mousse sche : il est rond et si bien ferm , qu'on n'en saurait trouver l'entre. L*acanthyllis faonne le sien de la mme manire, avec du -lin. Quelques pics donnent leur nid la forme d'une coupe , et le suspendent aux premires branches des arbres , afin que nul quadrupde ne puisse l'atteindre. On assure que les galgulus dor- ment suspendus par les pieds , se croyant ainsi plus en sret. Un fait avou de tous, c'est qu'ils choisissent une branche large pour soutenir leur nid , qu'ils le votent pour le garantir de la pluie, ou qu'ils l'abritent sous un pais feuillage. L'oiseau d'Arabie nomme cinna- mologe construit son nid avec des pousses de cinname. Les habita ns l'abattent avec des flches plombes, pour en faire le trafic. Il y a dans la Scythie un oiseau de la grandeur de l'otis , qui pond deux ufs dans une peau de livre toujours suspendue la cime des arbres. Les pies , lorsqu'elles s'aperoivent que leur nid a t ob- serv attentivement par quelqu'un , transportent les ufs dans un autre endroit. Ces oiseaux , dont les ongles ne sont pas propres embrasser ni transporter les ufs, emploient, dit-on , un moyen admirable : avec une ma- tire glutineusc tire de leur ventre , ils attachent un | a 7 C PUNII HIST. NAT.tUB. X. \ * Merop,.De perdicibus. Ll. Nec yero iis minor solertia, quae cunabula in terra faciunt , corporis gravitate prolibitae sublime pe- tere. Merops vocatur, genitores suos reconditos pascens, pallido intus colore pennarum ,*superne cyaneo, pri- mori subrutilo. Nidifient in specu sex pedum defossa altitudine. Perdices spina et frutice sic muniunt receptaculum , ut contra feras abunde vallentur. Ovis stragulum molle pulvere contumulant , nec in quo loco peperere incu- bant : neve cui frequentior cpnversatio sit suspecta, transfrant alio. lll quidem et maritos suos fallunt, quoniam intemperantia libidinis frangunt earum ova, ne incubando detineantur. Tuhc inter se dimicant ma- res desiderio feminarum : victum aiunt venerem pati. Id quidem et coturftices Trogus, et gallinaceos ali- quando : perdices vero a domitis feros , et no.vos , aut victos, iniri promiscue. Capiuntur quoque pugnacitate ejusdem libidinis, contra aucupis indicem exeunte in prlium duce totius gregis. Capto eo procedit alter, ac subinde singuli. Rursus circa conceptum feminae ca- piuntur, contra aucupum feminam exeuntes , ut rixando HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 279 uf chaque bout d'un lger rameau ; puis, posant le cou dessous et faisant le balancier gal , ils les transportent o ils veulent. Mrops. Des perdrix. LI. L'industrie -n'est pas moins admirable en ceux qui font leurs nids terre, parce qu'ils sont trop pesans pour pouvoir s'lever. I,e mrops , qui nourrit ses pre et mre dans leur retraite, a le plumage ple en des- sous , bleutre sur le corps , et d'un roux ardent l'extrmit des ailes. Il fait son nid dans les grottes , six pieds en terre. JLes perdrix munissent si bien leurs nids d'pines et de broussailles , qu'ils n'ont rien craindre des btes de proie ; elles forment un lit de poussire pour y d- poser mollement leurs ufs. L'endroit o elles les ont pondus n'est pas celui o elles les couvent : elles les transportent ailleurs , de peur'qu'un sjour trop frquent ne devienne suspect; elles se cachent mme de leurs mles , parce que , tourments du besoin 'de jouir, il s cassent les ufs pour empcher l'incubation. Alors , privs de femelles, ils se battent entre eux , et le vain- queur, dit-on, assouvit sa passion sur le vaincu. rogus crit que les cailles font de mme, et quelquefcnVaussi les coqs. Il ajoute que les perdrix mles apprivoiss cochent les mles sauvages nouvellement amens ou vaincus, sans diffrence. Cette humeur guerrire, inspire par l'amour, devient funeste leur libert. Le chef de la compagnie se dtache pour attaquer le mle que lui prsente l'oi- seleur ; il est bientt pris : alors un autre lui succde, a8o C. PLINI1 HIST. NAT. LIB. X. abigant eam. Neque in alio animali par opus libidinis. Si contra mares steterint feminae , aura ab his fiante prae- gnantes fiunt : hiantes autem exserta lingua per id tempus aestuant. Concipiunt et supervolantium adflatu, saepe voce tantum audita masculi. Adeoque vincit li- bido etiam ftus caritatem, ut illa fiirtim et in occulto incubans , quum sensit feminam aucupis accedentem ad marem , recanat revocetque , et ultro praebeat se libi- dini. Rabie quidem tanta feruntur, ut in capite aucu- pantium saepe caecae metu sedeant. Si ad nidum is cpit accedere, procurrit ad pedes ejus fta, praegravem aut delumbem sese simulans , subitoque in procursu aut brevi aliquo volatu cadit, fracta aut ala aut pedibus : procurrit iterum, jam jam prehensurum efFugiens , spem- que frustrans, donec in diversum abducat a nidis. Ea- dem pavore libra ac materna vacans cura , in sulco re- supina gleba se terras 'pedibus adprehensa operit. Perdi- cum vita ad sedecim annos durare existimatur. .*. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 281 el tous viennent ensuite l'un aprs l'autre. On prend les femelles dans la saison o elles conoivent, lorsqu'elles courent vers la chanterelle du chasseur , pour la forcer quitter la place en la harcelant. Dans nul autre ani- mal l'uvre de la fcondation ne s'opre d'une manire semblable. Si les femelles se trouvent sous le vent des mles , l'air qui en vient les rend fcondes : pendant ce temps on les voit, tout enflammes, ouvrant le bec et tirant la langue : elles conoivent mme lorsque les mles passent au dessus d'elles en volant ; souvent il suffit qu'elles aient entendu leur voix. L'ardeur du plai- sir l'emporte tellement sur la tendresse maternelle, que cette perdrix qui couve furtivement et dans un lieu cach, voyant la chanterelle s'approcher du mle,* le rappelle par ses cris et va s'offrir ses dsirs. Elles sont transportes d'une passion si furieuse , que souvent , aveugles par la crainte , elles se posent sur la tte des chasseurs. Si l'oiseleur s'approche du nid , la mre se prsente ses pieds, feignant d'tre accable ou rinte; aprs avoir couru ou vol quelques pas , elle tombe tout coup comme si elle avait les pattes ou l'aile casses , puis se remet fuir, s'chappant des mains du chasseur qui croit la saisir, et trompant son esprance jusqu' ce qu'elle l'ait loign de sa couve. Lorsqu'elle est dlivre de toute crainte et que la tendresse maternelle est ras- sure, elle se couche la renverse dans un sillon, et se couvre d'une motte de terre qu'elle tient dans ses pattes. On croit que les perdrix vivent jusqu' seize ans. f 28* G PLINII HLST. NAT. LIB. X. De columbis. LU. 34. Ab his columbarum maxime spectantur si- mili ratione mores iidem : sed pudicitia illis prima , et neutri nota adulteria. Conjugii fidem non violant , com- munemque servant domum. Nisi clebs, aut vidua,ni- Y- ^9. Plurimum volant, quae apodes, quia careant * * * f ' ' ' usu pedum : ab aliis cypselli appellantur, hirundinum specic. Nidificant in scopulis. Hae sunt, quae toto mari cernuntur : nec umquam tam longo naves , tamque conti- nuo cursu recedunt a terra , ut non circunlvolitent eas * * '" apodes. Cetera gnera residunt et insistunt : his quies, &* nisi in nido , nulla : aut pendent , aut jacent. v * , * ' * De pastu avium. Caprimulgi. Platea. LVI. Et ingnia aeque varia , ad pastum maxime. 4o. Caprimulgi appellantur grandioris merulae*as- pectu , fures nocturni : interdiu enim visu carent. In- trant pastorum stabula, caprarumque uberibus advo- lant suctum propter lactis : qua injuria uber emoritur, caprisque caecitas, quas ita mulsere, oboritur. Platea nominatur, advolans ad eas, quae se in mari mergunt , et capita illarum morsu corripiens , donec capturam ex- lorqueat. Eadem quum devoratis se implevit conchis, calore ventris coctas evomit,, atque ita ex iis esculenta legit, testas excernens. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. agi . -, V tK * * Apode ou cypselles. , # * * . LV. 3g. Les apodes, aihsi nomms parce qu'ils n'ont pas l'usage se purifient, elles et leur^s ufs^en tournant autour avfec un* ftu de paille 4a. Les chardonnerets, oiseaux de la plus petite es- pce, excutent ce qu'on leur commande, non-seulement avec leur voix, mais encore avec leurs |)iedstet leur bec, qui leur tiennent lieu de mains. Il y a un oiseau, d'ail- leurs petit, nomm taurus, dans le territoire d'Arles, qui imite # le mugissement du buf.- Un autre r qu'on appelle anthus, imite le hennissement des chevaux, se vengeant ainsi lorsque, par leur approche, ils le forcent a quitter le pturage. Oiseaux oui Darlent : les oerroauets. c qui- ^parlent f les perroquets '.* * ' * LVIII. Bien plus, les perroquets imitent la parole de l'homme, et suivent mme une .conversation. L'Inde nous envoie cet oiseau , qu'elle nomme sittace. Tout son plumage est vert; seulement un collier rouge brille au- tour de son cou. Il salue les empereurs et rpte les mots qu'il entend. Le vin surtout le met en gat. Sa tte a la mme duret que son bec. Quand on lui ap- prend parler, on le frappe sur cette partie avec une petite verge de fer, autrement il ne sent pas les coups. Lorsqu'il s'abat, il se reoit sur son bec, qui lui sert sou- tenir son corps, el supple ainsi la faiblesse de ses pieds. t0 294 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Picse glandares. XjIX. Minor nobilitas, quia non ex longinquo venit, sed expressior loquacitas , generi picarum est. Adamant verba qu loquantur. Nec discunt tantum , sed diligunt : meditantesque intra semet , cura atque cogitatione in- tentionem non occultant. Constat emori victas dificul- tate verbi , ac nisi subinde eadem audiant, memoria falli : quaerentesque mirum in modum hilarari , si int- rim audierint id verbum. Nec vulgaris illis forma, quam- vis non spectanda. Satis illis decoris in specie sermonis humani est. Verum addiscere alias negant posse , quam qu ex gnre earum sunt , qu glande vescantur : et in,ter eas facilius , quibus quini sunt digiti in pedibus : ac ne eas quidem ipsas , nisi primis duobus vit annis. Latior iis est lingua : omnibusque in suo cuique gnre, qu sermonem imitantur humanum : quamquam id pne in omnibus contingit. Agrippina Claudii csaris tur- dum habuit (quod numquam ante) imitantem sermones hominum. Quum hc proderem, habebant et csares juvenes sturnum , item luscinias, grco atque latino sermone dociles : prterea mditantes in diem, et assi- due nova loquentes , longiore etiam contextu. Docentur secreto , et ubi nulla alia vox misceatur, adsidente qui crebro dicat ea, qu condita velit , ac cibis blandiente. j HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. ay5 * * ' * Pies qui vivent^de glands. LIX. La pie est moins renomme, parce qu'elle ne vient pas de loin ; mais son langage est plus expressif. Lesepies aiment rpter des paroles; elles ne les ap- prennent pas seulement, elles les affectionnent; tudiant en elles-mmes, elles montrent leur empressement par leur soin et leur application : on en a vu* mourir des efforts que leur cotait un mot difficile. Elles oublient aussi , moins qu'elles n'entendent de temps en temps les mmes choses : leur joie clate lorsqu'elles ont en- tendu le mot qu'elles cherchaient. Leur forme n'est pas commune, sans avoir rien de frappant; elles sont assez belles du talent qu'elles ont d'imiter le langage humain. On prtend que toutes les espces de pies n'apprennent pas parler , mais seulement celles qui se nourrissent de glands; et, parmi ces dernires, celles qui ont cinq doigts aux pieds apprennent plus facilement , encore ne peut-on les instruire que dans les deux premires annes. Elles ont la langue plus large, ainsi que, dans chaque espce, tous les oiseaux qui imitent la parole, ce qu'ils font presque tous. Agrippine , femme de l'empereur Claude , avait , ce qui ne s'tait jamais vu, une grive qui parlait. Au moment mme o j'cris , les jeunes Csars ont un tourneau et des rossignols qui appren- nent des mots grecs et latins , tudiant chaque jour et rptant des mots nouveaux, et mme des phrases assez longues. On les instruit dans un lieu retir , et o ils ue puissent entendre aucune .autte voix. Le matre, 296 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. * Propter cor^um loquentem seditio populi romani. i LX. 43. Reddatur et corvis sua gratia, indignatione quoque populi romani testata, non solum consientia. Tiberio principe ex fet supra Castorum aedem genito pulls, in oppositam sutrinam devolavit, etiam reli- gione commendatus offcin domino. Is mature ser- moni adsuefactus, omnibus matutinis evolans in Rostra, forum versus , Tiberium , dein Germanicum et Dru- sum caesares nominathn , mox transeuntem populum romanum salutabat, postea ad tabernam remeans, plu- rium annorum adsiduo officio mirust Hune sive aemula- tione vicinitatis, manceps proximse sutrinae, sive iracun- dia subita, ut voluit videri , excrementis ejus posita calceis macula, exanimavit : tanta plebei consternatione , ut f>rimo pulsus ex ea regione, mox et interemptus sit, funusque innumeris aliti celebratum exsequiis, constra- tum lectum super iEthiopum duorum humeros , praec^ dente tibicine, et coronis omnium generum , ad rogum usque , qui constructus dextra viae Appiae ad secundum lapidem, in.campo Rediculi appellato, fuit. Adeo satis justa causa populo romano visa est exsequiarum , inge- . v \ P r r r a HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 097 assis auprs d'eux, redit plusieurs fois ce qu'il veut gra- ver dans leur mmoire , et les caresse en leur donnant manger. * -, ,\ ' -." Sdition du peuple romain cause par la mort d'un corbeau dress. , % m LX. 43. Rendons aussi justice au mrite du corbeau, mrite senti par le peuple romain , attest mme par son indignation. Sous l'empire de Tibre, un jeune corbeau, tombant d'un nid plac sur le temple des Dioscufes, s'a- battit en volant dans une boutique de cdrdonnier adosse au temple , qui le rendait sacr pour le matre de la bou- tique. L'oiseau apprit de bonne heure parler; tous les matins il s'envolait sur la tribune^ : l , tourn vers le forum, il saluait, par leurs noms, Tibre, les csars Ger- manicus et Drusus , ensuite le peuple romain qui passait sur la place , puis il retournait la boutique , et pen- dant plusieurs annes il s'acquitta de cet office admira- blement. Un cordonnier voisin le tua par jalousie, ou, comme il voulut le faire croire , dans un premier mo- ment de colre, parce qu'il lui avait gt quelque chaus- sure. La multitude en fureur commena par le chasser loin du temple, et bientt le mit en pices. On fit l'oiseau des funrailles solennelles. Le lit funbre fut port sur les paules de deux Ethiopiens , prcds d'un joueur de flte, avec des couronnes de toute espce, jus- qu'au bcher, construit la droite del voie Appienne , deux milles de Rome, dans le champ nomm Redicu- Itts. Le talent d'un oiseau parut donc au peuple romain un motif assez juste de funrailles , ou la cause suffi- 298 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. iiiimi avis, aut supplicii de cive romaao, in ea urbe, in qua multorum prineipum nemo duxerat funus : Scipio- nis vero iEmiliani post Carthaginem Numantiamque deletas ab eo, nemo vindicaverat mortem. Hoc gestum M. Servilio, C. Cestio coss. a. d. v kalend. april. Nunc quoque erat in urbe Roma, hsec prodente me, equitis rom. cornix e Baetica, primum colore mira admodum nigro : deinde plura contexta verba exprimens, et alia crebro addiscens. Necnon et recens rama Crateri Mo- nocerotis cognomine , in Erizena regione Asiae corvorum opra venantis , eo quod devehebat in silvas eos insiden- tes corniculis humerisque : illi vestigabant agebantque, eo perducta consuetudine, ut exeuntem sic comitaren- tur et feri. Tradendum putavere mmorise quidam, vi- sum per sitim lapides congerentem in situlam monu- menti, in qua pluvia aqua durabat, sed quae attingi non posset : ita descendere paventem expressisse tali conge- rie, quantum poturo sufficeret. : - M Diomede. LXI. 44- ^ ec Diomedeas prseteribo aves: Juba catar- h t * * ractas vocat : eis esse dents, oculosque igneo colore, cetero candidis , tradens. Duos semper iis duces : alte- rum ducere agmen . alterum cogre. Scrobes excavare > i irrff nvrw HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. a 99 sanle du supplice d'un citoyen romain-, dans une ville o personne n'avait conduit le deuil de plusieurs grands personnages, o personne n'avait veng la mort de Sci- pion milien , destructeur de Carthage et deNumance, Ce fait se passa sous le consulat de M. Servilius et de C. Cestius , le cinquime jour avant les calendes d'avril. Au moment o j'cris , il existe Rome une corneille apporte de la Btique, et qui appartient un chevalier romain : elle est d'un noir admirable; elle prononce des phrases entires, et en apprend chaque jour de nou- velles. On a parl dernirement d'un certain Craterus V m surnomm Monoceros, qui chassait avec des corbeaux dans l'Erizne , contre d'Asie. Il les portait dans les forts, perchs sur des baguettes et sur ses paules : les corbeaux cherchaient le gibier ;' et il avait pouss l'art si loin , que , lorsqu'il sortait pour la chasse , les cor- beaux sauvages eux-mmes l'accompagnaient. Quelques crivains ont cru devoir transmettre la postrit qu'on a vu un corbeau , press de la soif, jeter des cailloux dans une urne spulcrale o se conservait l'eau du ciel ; comme il n'y pouvait atteindre, et qu'il n'osait descendre au fond de l'urne , il fit , par ce moyen , monter une quantit d'eau suffisante ses besoins. Oiseaux de Diomde. LXI. 44- J e ne passerai pas sous silence les oiseaux de Diomde : Juba les appelle cataractes. Il dit qu'ils ont des dents, les yeux couleur de feu, et le plumage blanc; qu'ils ont toujours deux chefs, dont l'un conduit 3oo C. PLIMI HIST. NAT. LIB. X. rostro , inde crate consternere, et operire terra, quae ' ante fuerit egesta : in his fetificare. Fores binas omnium scrobibus : orieutem spectare , quibus exeant in pascua : occasum, quibus redeant. Alvum exoneraturas subvolare semper, et contrario flatu. Uno ha? in loco totius orbis visuntur, in insula , quam diximus nobilem Diomedis tumulo atque delubro, contra Apuliae orani, fulicarum * ' similes. Advenas barbaros clangore infestant, Graecis tantum adulantur, miro discrimine, velut generi Dio- medis hoc tribuentes : aedemque eam quotidie pleno gutture madentibus pennis perluunt atque puri6cant : unde origo fabulae, Diomedis socios in earum effigies * * mutatos. * , Quae animalia nihil discant. LXII. 45- Non omittendum est, quum de ingeniis disserimus , e volucribus hirundines esse indociles , e terrestribus mures : quum elephanti jussa faciant, leo- nes jugum subeant; in mari vituli , totque piscium ge- nera mitescant. . HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3oi la troupe et l'autre ferme la marche ; qu'ils creusent, avec leur bec , des trous qu'ils couvrent d'une claie , sur laquelle ils tendent la*, terre qu'ils en ont tire ; qu'ils y font leur nid. Tous ces trous ont deux ouver- tures , l'une vers l'orient , par laquelle ils sortent pour chercher leur nourriture ; l'autre vers l'occident , par laquelle ils rentrent; que, pour se dbarrasser le ventre, ils s'lvent toujours en l'air, volant contre le vent. Ces oiseaux , qui ressemblent aux foulques, ne se voient que dans un seul lieu de l'univers, dans l'le situe vis--vis la cte de l'Apulie , que nous avons dit tre clbre par le tombeau et le temple de Diomde. Us perscutent par leurs cris les trangers qui abordent dans l'le. Par un discernement qui tient du prodige , ils ne tmoignent d'amiti qu'aux Grecs , comme s'ils rendaient hommage aux compatriotes de ce hros. Chaque jour ils arrosent et purifient le temple avec l'eau qu'ils rpandent de leur bec et qu'ils secouent de leurs ailes trempes : de l l'o- rigine de la fable qui dit que ce sont les compagnons de Diomde changs en oiseaux. Animaux rebelles l'ducation. LXII. 45. Nous ne devons pas omettre , lorsque nous traitons de l'intelligence , que, parmi les oiseaux , les hi- rondelles , et , parmi les animaux terrestres , les rats , sont indociles ; tandis que les lphans excutent les ordres qu'on leur donne, que les lions subissent le joug, et que les veaux marins et tant d'espces de poissons s'appri- voisent. I u 3oa C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De potu avium : de porphyrione. LXIII. 4^- Bibunt aves suctu : ex his, quibus longa colla , intermittentes , et capite resupinato velut infun- dentes sibi. Porphyrio solus morsu bibit. Idem est pro- prio gnre, omnem cibum aqua subinde tinguens , deinde pede ad rostrum , veluti manu , adferens. Lauda- tissimi in Commagene. Rostra iis , et praelonga crura rubent. Haematopodes. LXIV. 47- Haec quidem et haematopodi , multo mi- nori, quamquam eadem crurum altitudine. Nascitur in Egypte Insistit ternis digitis. Praecipue ei pabulum musc. Vita in Italia paucis diebus. De pastu avium. LXV. Graviores omnes fruge vescuntur, altivolae carne tantum. Inter aquaticas, mergi solliciti sunt devo- rare , quae ceterae reddunt. Onocrotali. LXVI. Olorum similitudinem onocrotali habent : nec distare existimarentur omnino , nisi faucibus ipsis ines- HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. 3o3 De la manire de boire chez les oiseaux : le porphyrion. LXIII. 46. Les oiseaux boivent en aspirant ; ceux qui ont un long cou boivent plusieurs reprises et en renversant la tte, comme s'ils versaient l'eau dans leur corps ; le porphyrion seul boit en mordant : il a aussi l'habitude de tremper dans l'eau tout ce qu'il mange, et de le porter son bec avec son pied , comme avec une main. Les plus vants sont ceux de la Commagne. Ils ont le bec rouge , ainsi que les jambes , qui sont fort Hmatopodes. longues. LXIV. 47- U en est de mme de l'hmatopode, beau- coup plus petit, mais de la mme hauteur de jambes. Tl nat en Egypte. Il a trois doigts aux pieds. Les mouches sont sa principale nourriture. Il vit peu de jours en Italie. Nourriture des oiseaux. LXV. Tous les oiseaux pesans sont frugivores ; ceux de haut vol ne vivent que de chair. Parmi les aqua- tiques , les plongeons dvorent ce que rendent les autres. Les onocrotales. LXVI. Les onocrotales ressemblent aux cygnes , et l'on ne croirait pas qu'ils en diffrent, s'ils n'avaient au 9 3o4 C PLINII HIST. NAT. LIB. X. set alterius uteri genus. Hue omnia inexplebile animal congerit, mira ut sit "capacitas. Mox perfecta rapina, seiisim inde in os reddita, in veram alvum ruminantis morae refert. Gallia hos septentrionali proxima oceano mittit. \ De peregrinis avibus : phalerides , pbasianae , numidic*. LXVII. In Hercynio Germanise saltu invisitata gnera alitum accepimus , quarum plum ignium modo collu- ceant noctibus. In ceteris nihil prter nobilitatem lon- ginquitate factam , mmorandum occurrit. 48- Phalerides in Seleucia Parthorum , et in Asia , aquaticarum laudatissimae : rursus Pbasianae in Colchis geminas ex pluma aures submittunt , subriguntque. Nu- midic in parte Africee Numidia, omnesque jam in Italia. Phnicopteri , attagenae , phalacrocoraces , pyrrhocoraces , lago podes. LXVIII. Phnicopteri linguam prcipui saporis esse, Apicius docuit, nepotum omnium altissimus gurges. Attagen maxime ionius clbra tur, vocalis alias, captus vero obmutescens,quondam existimatus inter raras aves. HISTOIRE NATURELLE, LIV.X. 3o5 bas du gosier une seconde poche: cet animal insatiable y amasse tout ce qu'il mange, tant la capacit en est prodigieuse ! Quand il a fini de butiner , il ramne peu peu les alimens dans son bec , et les fait passer dans son vritable estomac, la manire des ruminans. La Gaule voisine de l'ocan Septentrional nous envoie ces r oiseaux ^ Oiseaux trangers : phalrides , faisans , oiseaux de Numidie. LXVII. Nous avons ou dire que dans la fort Her- cynienne, en Germanie, il existe une sorte d'oiseaux que nous n'avons point vus , et dont les plumes brillent la nuit comme des feux ; les autres n'ont rien de remarquable que la circonstance de l'loignement. 48. Dans la Sleucie, province des Parthes, et dans l'Asie, sont les phalrides, les plus estims des oiseaux aquatiques. Dans la Colchide se trouvent les faisans, qui ont aux oreilles une touffe de plumes qu'ils baissent et redressent volont. Les oiseaux de Numidie sont dans la partie de l'Afrique qui porte ce nom , et dj dans toute l'Italie. #' ? * t Y *tr Phnicoptres , altagnes , phalacrocorax , pyrrhocorax , lago- podes LXVIII. Apicius , le plus raffin de tous les gour- mands , nous a appris que la langue du phnicoptre est d'un got exquis. On vante surtout l'attagen d'Ionie, oiseau chanteur qui se tait quand il est pris, et que l'on comptait autrefois parmi les oiseaux rares. On le prend vu. 20 * 3o6 C. PLINII HIST. NAT. LID. X. Jam et in Gallia Hispaniaque capitur, et per Alpes etiam , ubi et phalacrocoraces , aves Balearium insula- rum peculiares : sicut Alpium pyrrhocorax , luteo ro- stro, niger : et praecipuo sapore lagopus : pedes leporino villo nomen ei hoc dedere , cetero candid , columbarum magnitudine. Non extra terram eam vesci facile, quando nec viva mansuescit, et corpus occisae statim marcescit. Est et alia nomine eodem, a coturnicibus magnitudine tantum differens, croceo tinctu cibis gratissima. Visam in Alpibus ab se peculiarera iEgypti et ibim Egnatius Calvinus prefectus earum prodidit. De novis avibus : bibiones. LXIX. 49- Venere in Italiam Bebriacensibus bellis civilibus trans Padum et nov aves (ita enim adhuc vo- it - (k *& cantur) turdorum specie, paulum infra columbas magni- tudine, sapore gratae. Balares insulae nobiliorem etiam supra dicto porphyrionem mittunt. Ibi et bteo accipi- * -* ^ *I" ^^ h M j**^ - '* M trum generis in honore mensarum est : item bibiones : sic enim vocant minorem gruem. * * '# * De fabulosis avibus. De fabulosis avibus. LXX. Pegasos equino capite voluqres, et gryplias au- rita aduncitate rostri fabulosos reor : illos in Scythia, HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. 307 aujourd'liui dans la Gaule , en Espagne , et mme sur les Alpes , o se trouvent aussi le phalacroeorax , oiseau particulier aux les Balares, le pyrrhocorax des Alpes, dont le bec est jaune et le plumage noir, et le lagopode, qui est un excellent manger. Ce nom lui vient de ce qu'il a les pieds garnis d'un poil semblable celui du livre. Du reste , il est blanc , et de la grandeur du pi geon. Il n'est pas facile d'en goter hors du lieu natal parce qu'il ne s'apprivoise pas, et se gte ds qu'il est tu. Il y a un autre oiseau du mme nom qui ne diffre de la caille que par sa grandeur, et dont la chair, avec une sauce au safran , est un mets trs-agrable. Egnalius Calvinus, prfet des Alpes , dit avoir vu dans ces mon- tagnes l'ibis propre l'Egypte. Nouveaux oiseaux : les bibions. LXIX. 49- Durant les guerres civiles de Bbriac, les oiseaux nouveaux (on leur donne encore aujourd'hui ce nom ) sont venus en Italie au del du P ; ils ressemblent aux grives ; ils sont un peu moins grands que les pi- geons , et agrables au got. Les les Balares nous en- voient un porphyrion plus estim que le prcdent. Dans ce pays , le buto , du genre des perviers , est recher- ch pour la table , ainsi que les bibions : c'est le nom qu'on donne la petite grue. Oiseaux fabuleux. LXX. Les pgases, animaux ailes a tte de cheval , et les gryphons aux oreilles saillantes , au bec crochu. 20. 3o8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. lios in jEthiopia. Equidem et tragopana , de qua plures adfirmant , majorem aquila , cornua in temporibus cur- vata habentem , ferruginei coloris, tantum capite phni- ceo. Nec sirnes impetraverint fidem : licet adfirmet Dino, Clitarchi celebrati auctoris pater, in India esse : mulcerique earum cantu, quos gravatos somno lac- rent. Qui crdit ista , et Melampodi profecto aures lam- bendo, ddisse intellectum avium sermonis dracones non abnuet : vel quse Democritus tradit, nominando aves , quarum confuso sanguine serpens gignatur : quem quisquis ederit, intellecturus sit alitum colloquia : quae- que de una ave galerita privatim commmort, etiam sine his immensa vitae ambage circa auguria. Nominan- tur ab Homero scopes, avium genus : neque harum sa- tyricos motus, quum insidentur, plerisque memoratos facile conceperim mente : neque ipsae jam aves noscun- tur. Quamobrem de confessis disseruisse praestiterit. " Qtns galhnas farcire instituent : quique hoc primi censores ve- ^ tuerint. ^% *^ 0~ LXXI. 5o. Gallinas saginare Deliaci cpere : unde pestis exorta , opimas ayes et suopte corpore unctas de- HISTOIRE NATURELLE , L1V. X. 3o 9 ne sont pour moi que des tres fabuleux ; ceux-l dans la Scythie , ceux-ci dans l'Ethiopie. J'en dis autant du tragopan , malgr les auteurs qui assurent que cet ani- mal est plus grand que l'aigle, qu'il a sur les tempes deux cornes recourbes, que son plumage est couleur de rouille, et sa tte pourpre. Je ne crois pas non plus aux sirnes, quoique Dinon , pre de Clitarque , auteur clbre , as- sure qu'elles existent dans l'Inde , qu'elles charment les hoinmes par leurs chants, pour les mettre en pices lors- qu'ils sont accabls par le sommeil. Qui ajoute foi de pareils contes pourra croire aussi que des dragons don- nrent Mlampe l'intelligence du langage des oiseaux en lui lchant les oreilles ; il croira ce que dit Dmo- crite, qui cite certains oiseaux dont le sang mlang donne naissance un serpent qui fait comprendre les entretiens des oiseaux quiconque le mange; et tout ce que le mme auteur rapporte particulirement de l'oiseau hupp. La science augurale est dj assez embrouille, sans la surcharger de ces rveries. Homre parle d'une espce d'oiseaux qu'il nomme scops. Je ne puis concevoir ce que la plupart des auteurs content des mouvemens grotesques que font les scops lorsqu'ils sont investis. Ces oiseaux mmes ne sont plus connus; il vaut donc mieux donner quelques dtails sur ceux dont l'existence n'est s y pas conteste. y V V (jui l'on doit l'art d'engraisser les poules ; dit prohibitif des censeurs ce sujet. LXXI. 5o. Les Dliens ont les premiers engraiss les . poules. C'est d'eux que vient cette passion de dvorer * 3io C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. vorandi. Hoc primum antiquis cnarum interdictis ex- ceptum invenio jam lege C. Fannii cos. xi annis ante tertium punicum bellum, ne quid volucre poneretur, praeter unam gallinam , qu non esset altilis : quod deinde caput translatum , per omnes leges ambulavit. Inventumque diverticuluni est, in fraude earum, galli- naceos quoque pascendi lacle addito cibis : multo ita gratiores adprobantur. Feminae quidem ad saginam non onines eliguntur, nec nisi in cervice pingui cute. Post- ea culinarum artes, ut clunes spectentur, ut dividantur in tergora , ut a pede uno dilatat repositoria occupent. Dedere et Par'thi cocis suos mores. Nec tamen in hoc LXXII. Aviaria prirnus instituit, inclusis omnium generum avibus, M. Laenius Strabo Brundisii equestris ordinis. Ex eo cpimus carcere animalia coercere, qui- * * v9b ^^k fit. > " i t * $ ' bus rerum natura caelum adsignaverat. ^r. Maxime tamen insignis csl in hac memoria, Clo- HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. 3n- des oiseaux chargs d'embonpoint et arross de leur propre graisse. Je trouve dans les anciens rglemens somptuaires cette dfense nonce en premier lieu par la loi du consul C. Fannius , onze ans avant la troisime guerre punique, qu'on ne servt point d'autre volaille qu'une seule poule, et encore ne devait-elle pas tre en- graisse. Cet article a t rpt depuis dans toutes les lois. Pour l'luder, on imagina de nourrir, avec des alimens dtremps dans le lait, les jeunes coqs, qui sont, par ce moyen, rputs beaucoup plus dlicats. Toutes les poules ne sont pas galement bonnes engraisser; on ne choisit que celles qui ont la peau du cou grasse. Ensuite s'exerce l'art du cuisinier, pour que la volaille ait les cuisses d'une belle apparence , qu'elle soit fendue le long du dos, et qu'aussitt qu'on la tire par un seul pied, les diffrentes parties s'tendent sur toute la surface du plat. Les Par- thes aussi ont donn leurs modes aux cuisiniers ; et pourtant , malgr tout leur savoir-faire , nulle pice ne plat tout entire ; ici on ne vante que la cuisse, l on n'aime que l'aile. l ;* * De l'inventeur des volires. Le plat d'sope. r* * LXXII. M. Lnius Strabon , de l'ordre questre , le premier fit construire Brindes des volires o il ren- ferma des oiseaux de toute espce. C'est depuis ce mo- ment que nous avons commenc resserrer dans une prison les animaux qui la nature avait assign le ciel pour domaine. J*^ 5 1 . Mais ce qu'il y a de plus fameux en ce genre , 3ia C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. dii ^Esopi tragici liistrionis patina, H-S centum taxata : in qua posuit aves cantu aliquo aut huraano sermone vocales, H-S sex singulas coemptas : nulla alia indu- ctus suavitate , nisi ut in his imitationem hominis man- deret, ne qustus quidem suos reveritus illos opimos , et voce meritos : dignus prorsus filio, a quo devoratas diximus margaritas. Non sit tamen (ut verum fatear) facile inter duos judiciuiri turpitudinis : nisi quod mi- nus est summas rerum natur opes, quam hominum linguas, cnasse. Generatio avium : quae praeter aves ova gignant. LXXIII. 52. Generatio avium simplex videtur esse, quum et ipsa sua habeat miracula , quoniam et quadru- pdes ova gignunt, chamaeleones , lacertae, et quae dixi- mus inter serpentes. Pennatorum autem infecunda sunt , quae aduncos habent ungues : cenchris sola ex his supra quaterna edit ova. Tribuit hoc avium generi na- tura , ut fecundiores essent fugaces earum , quam fortes. Plurima pariunt struthiocameli , gallinoe , perdices. Soli coitus avibus duobus modis : femina humi considente, ut in gallinis : aut stante, ut in gruibus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3i3 c'est le plat de l'acteur tragique Clodius ./Esope , qui cota cent mille sesterces : il n'tait compos que d'oiseaux qui chantaient ou qui parlaient, pays chacun au prix de six mille sesterces. .ZEsope n'y cherchait d'autre plaisir que celui de manger en eux une imitation de l'homme , oubliant que c'tait sa voix qu'il devait lui-mme son immense fortune; digne pre de ce Clodius qui dvora des perles, comme nous l'avons rapport. A dire vrai, il n'est pas ais de dcider lequel des deux a commis l'action la plus honteuse. Peut-tre, cependant, est-il moins horrible d'avoir mang les chefs-d'uvre les plus riches de la nature , que de s'tre nourri de langues humaines. '^^*A*b *'* ^-* ; M fti Reproduction des oiseaux. Noms des autres animaux ovipares. % j A^ SB** VB " J^ h.kw ~\t * LXXI1I. 52. La gnration des oiseaux parat simple dans ses moyens , quoiqu'elle ait elle-mme ses mer- veilles, puisque des quadrupdes produisent aussi des ufs : tels sont les camlons, les lzards, et ceux que nous avons mis au nombre des serpens. Parmi les oiseaux, ceux qui ont les ongles crochus sont peu fconds ; le cenchris est le seul de cette classe qui ponde au del de qualre ufs. La nature a donn plus de fcondit aux oiseaux timides qu'aux oiseaux courageux. Ceux qui font les pontes les plus nombreuses sont les autru- ches , les poules, les perdrix. L'accouplement ne s'o- pre que de deux manires parmi les oiseaux : la fe- melle s'accroupit comme la poule, ou reste debout comme la grue. 3 . .', C. PLINII HIST. NAT. L1B. X. 3 % * t" Ovorum genera^J \jfc LXXIV. Ovorum alia sunt candida , ut cokimbis , perdicibus : alia pallida, ut aquaticis : alia punctis dis- tincta, ut meleagridi : alia rubri coloris, ut phasianis . cenchridi. Intus autem omne ovum volucrum bicolor. Aquaticis lutei plus quam albi , idque ipsum magis luri- dum quam ceteris. Piscium unus color, in quo nil can- didi. Avium ova ex calore fragilia, serpentium ex fri- gore leuta , piscium ex liquore mollia. Aquatilium , rotunda : reliqua fere fastigio cacuminata. Exeunt a rotundissima sui parte , dum pariuntur, molli putamine, sed protinus durescente , quibuscumque emergunt por- tionibus. Qu oblonga sint ova, gratioris saporis putat Horatius Flaccus. Feminam edunt , qu rotundiora gignuntur, reliqua marem. Umbilicus ovis a cacumine inest , ceu gutta eminens in putamine. 53. Quaedam omni tempore coeunt , ut gallinae, et pariunt , prterquam duobus mensibus hiemis brumali- bus/Ex iis juvencae plura, quam veteres , sed minora, et in eodem ftu prima ac novissima. Est autem tanta focunditas, ut aliquse et sexagena pariant, aliquae quo- HISTOIRE NATl UELLE, LIV. X. 3i5 Des diverses espces d'ufs ; leur nature. LXXIV. Parmi les ufs, les uns sont blancs, comme ceux des pigeons et des perdrix; les autres, ples comme ceux des oiseaux aquatiques; varis et tachets, comme ceux des mlagrides : ceux des faisans et du cenchris sont rouges. Tous les ufs des oiseaux sont de deux cou- leurs en dedans; ceux des oiseaux aquatiques ont plus de jaune que de blanc, et le jaune est plus ple que dans les autres. Ceux des poissons n'ont point de blanc; ils sont d'une seule couleur. Les ufs des oiseaux sont cassans , cause de la chaleur de l'animal ; ceux des serpens sont souples, cause de leur froideur; ceux des poissons sont mous, cause de l'lment humide o ils se trouvent. Les ufs des oiseaux aquatiques sont ronds ; les autres s'ont ordinairement allongs vers le sommet : ils sortent par le plus gros bout. Au moment de la ponte la coquille est molle; mais elle se durcit aussitt, mesure que chaque partie se montre au jour. Horace pense que les ufs oblongs sont d'un got plus dlicat ; les plus ronds produisent des femelles, et les autres des mles. Sous le sommet de l'uf est le germe, comme une goutte de liqueur qui surnage dans la coque. *< 53. Certains oiseaux, tels que les poules, s'accouplent et pondent en tout temps, except les deux mois froids de l'hiver. Les jeunes poules pondent plus souvent que les vieilles, mais leurs ufs sont moins gros. Dans une mme ponte, les premiers et les derniers ufs sont les plus pe- tits. Telle est la fcondit de cette espce , qu'il y en a qui 3i6* ( :. Pl.IMI HIST. 1VAT. UB. X. tidie, aliquae bis die, aliquae in tantum, ut effetae mo- riantur. Adrianis laus maxima. Columbae decies anno pariunt, qudam et undecies : in ^gypto vero etiam brumali mense. Hirundines , et merulae , et palumbi , et turtures bis anno pariunt : cetera? aves fere semel. Turdi in cacuminibus arborum luto nidificantes paene contex- tiiri , in secessu gnrant. A coitu diebus decem ova ma- turescunt in utero. Vexatse autem gallinae et columbae penna evulsa, aliave simili injuria, diutius. Omnibus ovis medio vitelli parva inest velut sanguinea gutta, rjuod esse cor avium existimant, primum in omni cor- pore id gigni opinantes : in ovo certe gutta ea salit, palpitatque. Ipsum animal ex albo liquore ovi corpora- tur. Cibus in luteo est. Omnibus intus caput majus toto eorpore : oculi compressi capite majores. Increscente pullo, candor in mdium vertitur, luteum circumfundi- tur. Vicesimo die, si moveatur ovum, jam viventis in- tra putamen vox auditur. Ab eodem tempore plume- scit : ita positus , ut caput supra dextrum pedem habeat , dextram vero alam supra caput. Vitellus paulatim dfi- cit. Aves omnes in pedes nascuntur, contra quam reli- qua animalia. Quaedam gallinae omnia gemina ova pa- riunt, et geminos interdum excludunt , ut Cornlius Celsus auctor est , alterum majorera. Aliqui negant omnino geminos cxcludi. Plus vicena quina incubanda HISTOIRE NATURELLE , LIV. X. 3i 7 pondent soixante fois; quelques-unes donnent un uf par jour, d'autres en donnent deux; il en est qui pondent jusqu' ce qu'elles meurent d'puisement. Les plus estimes sont celles d'Adria. Les pigeons pondent dix, et quelques-uns onze fois par an; en Egypte, ils pondent mme au solstice d'hiver. Les hirondelles , les merles , les ramiers et les tourterelles font deux pontes par anne ; les autres n'en font ordinairement qu'une. Les grives construisent au sommet des arbres, et avec de la boue , leur nid , qui ressemble presqu' un tissu , et font leur couve avant le dpart. Aprs l'accou- plement, les ufs sont dix jours mrir dans l'o- vaire de la mre. Les poules et les pigeons qui ont eu des plumes arraches, ou qui ont t maltraits de quel- que autre manire, tardent plus long- temps. Tous les ufs ont au milieu du jaune comme une goutte de sang, qu'on croit tre le cur de l'oiseau , parce qu'on est dans l'opinion que cette partie est la premire forme dans tous les animaux: il est certain, du moins, que cette goutte dans l'uf saute et palpite. L'animal lui-mme se forme du blanc et se nourrit du jaune: tous, encore ren- ferms clans l'uf, ont la tte plus grosse que tout le corps. Les yeux sont ferms et plus grands que la tte. A mesure que crot l'oiseau , le blanc passe au milieu , le jaune s'tend tout l'entour. Le vingtime jour, si l'on remue l'uf, on entend dj crier le poussin vi- vant : ds-lors il commence se couvrir de plumes. Sa situation est telle, que la tte pose sur le pied droit, et l'aile droite sur la tte. Le vitellus diminue^eu peu. Tous les oiseaux naissent par les pieds , l'inverse 3! 8 C. PLWII HIST. NAT. L1B. X. subjici vtant. Parre a bruina incipiunt. Optima fetura ahte vernum quinoctium. Post solstitiuni nata non implent magnitudinem justam , tntoque minus , quanto LXXV. 54. Ova incubari intra decem dies dita uti- lissimum : vetera aut recentiora infecunda. Subjici im- pari numro debent. Quarto die postquam cpere incu- bari, si contra lumen cacumine ovorum adprehenso una manu , purus et uniusmodi perluceat color, sterilia exi- stimantur esse, proque eis alia substituenda. Et in aqua est experimentum : inane fluitat : itaque sidentia, hoc est, plena, subjici volunt. Concuti vero experimento vtant, quoniam non gignant confusis vitalibus venis. Incubationi datur initium post novam lunam , quia prius inchoata non proveniant. Celerius excluduntur calidis diebus. Ideo state undevicesimo educunt fetum : hiemS, xxv. Si incubitu tonuit, ova pereuut : et acci- pitris audita voce vitiantur. Remedium contra tonitrus, HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3 19 des autres animaux. Certaines poules ne pondent que des ufs jumeaux, dont il clt, suivant Cornlius Celsus, deux poussins plus grands l'un que l'autre. Quelques-uns nient la naissance de ces poussins jumeaux. On dfend de donner aux poules plus de vingt-cinq ufs couver. Elles commencent pondre aprs le solstice d'hiver. Les meilleures couves se font avant l'quinoxe du printemps. Les poussins clos aprs le solstice n'ar- rivent pas leur juste grandeur, et ils y parviennent d'autant moins qu'ils sont ns plus tard. sont les meilleurs faire couver ; vieux ou trop frais , ils sont infconds. On doit les mettre sous la poule en nombre impair. Le quatrime jour aprs l'incubation commence , si , ayant pris des ufs par les deux bouts et les opposant la lumire , ils vous paraissent clairs et d'une seule couleur, ils sont striles; il faut en substituer d'autres. On les prouve aussi dans l'eau : l'uf clair surnage ; on donnera donc la poule ceux qui vont au fond ou qui sont pleins. On dfend , par exprience , de secouer les ufs , parce que , les principes de vie tant confondus , ils ne produisent rien. L'incubation doit commencer aprs la nouvelle lune; avant, elle ne russirait pas. Les ufs closent plus vite pendant les rhaleurs : en t dix-neuf jours suffisent; l'hiver, il en faut vingt-cinq. Pendant l'incubation, le tonnerre fait prir les ufs ; le cri de l'pervier ls gte. Le remde 3ao C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. clavus ferreus sub stramine ovoi'iim positus, aut terra ex aratro. Quaedain autem et ci Ira incubitum sponte naturae gignunt, ut in JEgypti fimetis. Scitum de quo- dam reperitur, Syracusis tamdiu potare solitum , donec LXXVI. 55. Quin et ab homine perficiuntur. Livia Augusta , prima sua juventa Tiberio Caesare ex Nerone gravida, quum parre virilem sexum admodum cuperet, hoc usa est puellari augurio, ovum in sinu fovendo, atque quum deponendum haberet, nutrici per sinum tradendo , ne intermitteretur tepor. Nec falso augurata proditur. Nuper inde fortasse inventum, ut ova in ca- lido loco imposita paleis ign modico foverentur, ho- mine versante, pariterque et stato die illinc erumperel ftus. Traditur quaedam ars gallinarii cujusdam, dicen- tis quod ex quaque esset. Narrantur et mortua gallina mariti earum visi succedentes invicem, et reliqua fetae more facientes, abstinentesque se a cantu. Super omnia est anatum ovis subditis atque exclusis admiratio, primo non plane agnoscentis fetum : inox incertos incubitus sollicite convocantis : postremo lamenta circa piscinae stagna , mergentibus se pullis natura duce. * t v. HISTOIRE NATURELLE, LTV. X. 3*i contre le tonnerre est un clou de fer, ou de la terre dtache d'une charrue, qu'on place sous la paille du nid. Il y a des ufs qui closent naturellement , sans incubation , comme dans les fumiers de l'Egypte. On connat l'histoire d'un Syracusain qui avait coutume de boire jusqu' ce que des ufs couverts de terre fussent elos. Augure lire des ufs par une impratrice. LXXVI. 55. L'homme mme opre cette uvre. Dans sa premire jeunesse, l'impratrice Livie, d'abord femme de Tibrius Nron , et alors enceinte de Tibre , dsirant ardemment avoir un fils, recourut cet augure usit parmi les jeunes filles. Elle prit dans son sein un uf pour le couver; et, lorsqu'elle tait oblige de le quitter, elle le remettait sa nourrice pour en prendre le mme soin , afin qu'il ne se refroidt pas. On rapporte qu'elle ne fut point trompe par le prsage. C'est de l, peut-tre, qu'est venue cette invention rcente d'chauffer, par un feu modr, des ufs placs sur la paille dans un lieu chaud lui-mme ; un homme les retourne de temps en temps, et ils closent tous ensemble jour marqu. On cite l'habilet d'un nourrisseur de volailles qui , l'in- spection d'un uf, disait par queLle poule il avait t pondu. On raconte aussi qu'une poule tant morte, les coqs prirent successivement sa place et remplirent toutes les fonctions de mre, s'abstenant mme de chanter. Le spectacle le plus singulier est celui d'une poule qui l'on a fait couver des ufs de cane; d'abord, m- vi f. ai 3* C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Quales gallinae optimae. LXXVII. 56. Gallinarum generositas spectatur crista erecta, interdum gemina : permis nigris , ore rubicundo, digitis imparibus , aliquando et super quatuor digitos transverso uno. Ad rem divinam, luteo rostro pedibus- que, purae non videntur : ad opertanea sacra, nigr. Est et pumilionum genus non strile in his, quod non in alio gnre alitum , sed quibus certa feeunditas rara, et incubatio ovis noxia. Morbi earum, et remdia. LXXVIII. 57. Inimicissima autem omnium generi pituita, maximeque inter messis et vindemiae tempus. Medicina in fam, et cubitus in fumo, utique si ex lauro , aut herba sabina fit : penna per transversas in- serta nares, et per omnes dies mota : cibus, aliium cum farre, aut aqua perfusus, in qua maduerit noctua, aut cum semine vitis albae coctus ; et quaedam alia. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3a3 connaissant les poussins qui en sont clos , ensuite les appelant avec une inquitude qui trahit son embarras, enfin se lamentant sur le bord de l'tang, o, guids par la nature, ils vont se plonger. Quelles sont les meilleures poules. # LXXVII. 56. On reconnat une bonne poule la crte droite , et mme double , au bec rouge , aux doigts ingaux , quelquefois un cinquime doigt plac transversalement. Dans les pratiques religieuses , celles qui ont le bec et les pieds jaunes ne sont pas rputes pures : pour les mystres de la bonne Desse on choisit des poules noires. Il y a aussi une espce naine qui n'est pas strile, ce qu'on ne voit dans aucun autre oiseau; mais rarement elles pondent poque fixe , et leur in- cubation est nuisible aux ufs. Maladies des poules , et leurs remdes. LXXVIII. 57. La maladie la plus funeste l'espce est la ppie , principalement entre la moisson et la ven- dange : les remdes sont la dite et les fumigations de laurier et de sabine sous le juchoir. On passe dans les narines de l'oiseau une plume qu'on retourne tous les jours ; on les nourrit avec de la farine mle d'ail , ou dtrempe dans une eau o l'on aura plong une chouette , ou cuite avec la semence de vigne blanche. 11 y a encore d'autres recettes. 21. 3a/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Quando aves , et quot ov pariant. Ardeolarum gcnern. LXXIX. 58. Columbae proprio ritu osculantur anle coitum. Pariunt fere bina ova : ita natura modrante , ut aliis crebrior st ftus , aliis numerosior. Palumbes et turtures plurimum terna : nec plus quam bis vere pa- riunt : atque ita , si prior ftus corruptus est : ei quamvis tria pepererint, numquam plus duobus eclu- cunt. Tertium quod irritum est, urinum vocant. Pa- lumbis incubt femina post meridiana in imatutinum , eetero mas. Columbae marem semper et feminam pa- riunt , priorem marem , postridie feminam. Incubant in eo gnre ambo , interdiu mas, noctu femina. Excludunt vicesimo die. Pariunt a coitu quinto. iEstate quidem in- terdum binis mensibus terna educunt paria : nam de- cimo octavo die excludunt , statimque concipiunt. Quare inter pullos saepe ova inveniuntur, et alii provolant , alii erumpunt. Ipsi deinde pulli quinquemestres fetifi- cant. Et ipsae autem inter se (si mas non sit) femina; aeque saliunt, pariiintque ov irrita , ex quibus nihil g gnitur : quae hypenemia Graeci vocant. 5g. Pavo a trimatu parit. Primo anno unum aut ai- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3-i5 poques des pontes : nombre des ufs. Des diverses espces de hrons. ' 4> LXXIX. 58. Un usage particulier aux pigeons , c'est de prluder , par des baisers , des caresses plus in- times. Ils pondent ordinairement deux ufs. La nature a rgl la ponte , plus frquente dans certaines espces , plus nombreuse en d'autres. Les ramiers et les tour- terelles donnent au plus trois ufs. Ils ne font que deux pontes au printemps , encore faut-il que la premire couve ait t dtruite : eussent-ils pondu trois ufs , il n'en elt que deux ; le troisime , qui est infcond , se nomme uf vent. La femelle du ramier couve de- puis midi jusqu'au lendemain matin, le mle la remplace le reste du temps. Les pigeons produisent toujours un maie et une femelle ; le mle clt le premier, la fe- melle le surlendemain. Ils couvent tous les deux , le mle pendant le jour , la femelle pendant la nuit. Les ufs closent le vingtime jour. La femelle pond cinq jours aprs l'accouplement. En t ils font quelquefois trois couves en deux mois , car leurs ufs closent le dix-huitime jour , et les femelles sont aussitt fcon- des; aussi trouve-t-on souvent des ufs parmi les petits, et voit-on des pigeonneaux s'envoler du nid, et en mme temps d'autres sortir de l'uf. Les petits ensuite pro- duisent au bout de cinq mois. Les femelles elles-mmes, prives de mles, ne laissent pas de s'exciter entre elles, et pondent des ufs clairs qui ne produisent rien : les Gres les appellent hypnmiens. 5f). Le paon est fcond trois ans. La premire an- 3a6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. terum ovum, sequenti quaterna quinave, ceteris duo- dena , non amplius , intermittens binos dies ternosve parit, et ter anno, si gallinis subjiciantur incubanda. Mares ea frangunt desiderio incubantium. Quapropter noctu et in latebris pariunt , aut in excelso cubantes : et nisi molli strato excepta , franguntur. Mares singuli quinis sufficiunt conjugibus. Quum singulse aut binae fuere, corrumpitur salacitate fecunditas. Partus excludi- tur diebus ter novenis, aut tardius tricesimo. Anseres in aqua coeunt , pariunt vere : aut si bruma coivere, post solstitium , quadraginta prope. Bis anno, si priorem fetum gallinae excludant : alias plurima ova sedecim : paucissima , septem. Si quis surripiat , pariunt donec rumpantur. Alina non excludunt. Incubanda subjici utilissimum novem , aut undecim. Incubant fe- minae tantum tricenis diebus : si vero tepidiores sint, viginti quinque. Pullis eorum urtica contactu mortifera, nec minus aviditas, nunc satietate nimia, nunc suamet vi : quando adprehensa radice , morsu saepe conantes avellere, ante colla sua abrumpunt. Contra urticam re- medium est, stramento ab incubitu subdita radix earum. 60. Ardeolarum tria gnera : leucon , asterias , pellos. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3u 7 ne il pond un ou deux ufs, la seconde, quatre ou cinq, les autres, douze, jamais plus, deux, ou trois jours d'intervalle, et trois fois l'anne si l'on fait cou- ver ses ufs par une poule. Les mles brisent les ufs pour jouir de la couveuse : c'est pourquoi la femelle pond de nuit et dans un lieu retir, ou mme dans les en- droits levs o elle est perche , et l'uf se brise si on ne le reoit sur un lit de paille. Chaque mle suffit cinq femelles; lorsqu'il n'en a qu'une ou deux, il trouble, par sa lascivet , l'uvre de la gnration. Les ufs closent le vingt-septime jour, ou le trentime au plus tard. Les oies s'accouplent dans l'eau ; elles pondent au printemps, ou environ quarante jours aprs le solstice, quand elles s'accouplent l'hiver. Elles pondent deux fois si l'on fait couver leurs premiers ufs par des poules , autrement elles en donnent seize au plus et sept au moins. Si on leur drobe leurs ufs, elles pon- dent jusqu' ce qu'elles soient puises. Elles ne font point clore des ufs trangers. Le mieux est de leur donner neuf ou onze ufs couver. Les femelles seules couvent pendant trente jours , et pendant vingt-cinq si elles sont plus chauffes. Le contact de l'ortie est mor- tel pour leurs petits; leur avidit ne l'est pas moins, soit par l'excs de nourriture , soit par les efforts qu'ils font souvent , saisissant une racine , ils se brisent le cou en essayant de l'arracher. Le remde contre l'ortie est la racine mme de la plante , mise sous la paille de leur nid. 60. Il y a trois sortes de hrons : le blanc , l'toile , 3*8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. lli in ceitu anguntur. Mares quidetn cum vociferalu sanguinem etim ex oculis profundunt. Nec minus gre pariunt gravidae. Aquila tricenis diebus incubt, et fere majores alites : minores vicenis , ut milvus et accipiter. Singulos fere parit , numquam plus ternos : is qui go- lios vocatur, quaternos; corvus aliquando et quinos : incubant totidem diebus. Cornicem incubantem mas pas- cit. Pica novenos : melancoryphus supra vicenos parit , semper numro impari : nec alia plures : tanto fecun- ditas major parvis. Hirundini caeci primo pulli , et fere omnibus quibus numerosior ftus. * i 4 H > . Quae ova hypenemia : quae cynosura : quomodo optime serventur ova. LXXX. Irrita ova, quae hypenemia diximus, aut mu- tua feminae inter se libidinis imaginatione concipiunt , aut pulvere : nec columbae tantum , sed et gallinae, per- dices , pavones, anseres, chenalopeces. Sunt autem ste- rilia, et minora, ac minus jucundi saporis, et magis hu- mida. Quidam et vento putant ea generari : qua de causa etiam zephyria appellantur. Hc autem , vere tan- tum fiunt , incubatione derelicta , quae alii cynosura dixere. Ova 'aceto macerata in tantum emolliuntur, ut HISTOIRE NTURELI E* LTV^C. 3a<) le cendr. Ces oiseaux prouvent de grau des douleurs clans l'accouplement. Les maies jettent des cris, e sang mme leur sort par les yeux. Les femelles ne souffrent pas moins lorsqu'elles pondent. L'aigle couve pen- dant trente jours , comme presque tous les grands oi- seaux; ceux qui sont moins grands, tels que le milan et l'pervier, vingt jours. L'aigle ne fait gure qu'un petit , jamais plus de trois; l'oiseau qu'on appelle aegolios , quatre ; et le corbeau quelquefois cinq : ils couvent un nombre gal de jours. Lorsque la corneille couve, le mle la nourrit. La pie produit neuf ufs ; le m lan - coryphe , plus de vingt , et toujours en nombre impair : aucun autre oiseau n'en fait davantage , tant la fcon- dite est plus grande dans les petites espces ! Les petits de l'hirondelle , et ceux de presque toutes les espces qui produisent beaucoup , ne voient pas dans les pre- miers jours. v*t*-J*ki' ufs vents : ufs dits cynosures; procd pour garder les ufs. LXXX. Les ufs clairs, que nous avons nomms hypnmiens, sont pondus parles femelles qui s'excitent entre elles par une image de l'accouplement , ou en se rou- lant dans la poussire; ce qui arrive non-seulement chez les pigeons, mais aussi chez les poules, les perdrix , les paons, les oies , les chnalopces. Ces ufs sont striles, plus petits , moins agrables au got et plus humides. Quelques auteurs pensent qu'ils sont engendrs par le vent : c'est pourquoi on les nomme aussi zphyriens. On ne trouve qu'au printemps, el lorsqu'une couvaison a t 33o C. PLINil HIST. NAT. LIB. X. per anuulos transeant. Servari ea in lomeato, aut hieme in paleis , aestate in furfuribus , utilissimura. Sale exina- niri creduntur. . * . . a * . % V * Quae volucrum sola animal parit , et lact nutriat. * * * / . LXXXI. 61. Volucrum animal parit vespertilio tan- * ' . tum , cui et membranaceae pinnae uni. Eadem sola vo- lucrum lacle nutrit : ubera admovet. Parens geminos volitat amplexa infantes, secumque portt. Eidemcoxen- dix una traditur, et in cibatu culices gratissimi. rr. ** fc Quae terrestrmm ova pariant. Serpentium gnera. LXXXII. 6i. Rursus in terrestribus ova pariunt ser- pentes : de quibus nondum dictum est. Coeunt com- plexu , adeo circumvolut sibi ipsae, ut una existimari biceps possit. Viperae mas caput inserit in os, quod illa abrodit voluptatis dulcedine. Terrestrium eadem sola intra se parit ova unius coloris et mollia , ut pisces. Tertia die intra uterum catulos excludit : deinde singu- los singulis diebus parit, viginti fere numro. Itaque cetera? tarditatis impatientes, perrumpunt latera, occisa HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 33 1 abandonne, les ufs que d'autres ont appels cynosures. Macrs dans le vinaigre, les ufs s'amollisent au point de passer par un anneau. Le meilleur moyen de les con- server , c'est de les mettre dans la farine de fves , ou sur la paille pendant l'hiver, et dans le son l't. On croit que dans le sel ils se vident entirement. Nom du seul oiseau qui soit vivipare et qui allaite. LXXXI. 61. La chauve -souris est le seul oiseau vivipare, le seul dont les ailes soient formes d'une membrane, le seul qui ait des mamelles et qui allaite ses petits , au nombre de deux. La mre voltige en les tenant embrasss, et les transporte avec elle. On dit qu'elle n'a qu'un os au bassin. Elle est trs-friande de moucherons. * Animaux terrestres ovipares. Diverses espces de serpens. LXXX1I. 62. Parmi les animaux terrestres, les serpens aussi produisent des ufs ; je n'en ai point encore parl. Ils s'accouplent en s'embrassant, tellement entortills en- semble, qu'on croirait voir un seul serpent deux ttes. Le mle de la vipre introduit sa tte dans la gueule de la femelle , qui la ronge dans le transport du plaisir. Seule des animaux terrestres elle produit en elle-mme des ufs d'une seule couleur , et mous comme ceux des poissons. Le troisime jour ils clpsenl dans son corps, puis elle en enfante un par jour, jusqu'au nombre de vingt. Les derniers , impatiens de sortir, percent les flancs 33a Ci PLINII HIST. NAT. LIB. X. parente. Cetera? serpentes contesta ova in terra incu- bant, et fetum sequente excludunt anno. Crocodili vi- cibus incubant, mas et feinina. Sed reliquorum quoque terrestrium reddatur generatio. ^ " Terrestrium omnium generatio. * * LXXXIII. 63. Bipedum solus homo animal igignit. Ilomtni tantum primi coitus pnitentia , augurium sci- licet vit a pnitenda origine. Cleris animalibus stati per tempora anni concubitus : bomini (nt dictum est ") omnibus lions dierum nocluimque. Ceteris satietas in coitu, homini prope nulla. Messalina Claudii csaris conjux, regalem existimans palmam, elegit in id certa- men nobilissimam e prostitutis ancillam mercenariae stipis, eamque nocte ac die supervit, quinto atque vi- cesimo concubitu. In hominum gnre maribus diverti- cula veneris exeojritata, omuia scelere naturae : feininis vero abortus. Quantum in hac parte multo nocentiores quam fer sumus? Viros avidiores veneris hieme, fe- minas aestate, Hesiodus prodidit. Coitus aversis elephautis, camelis , tigribus, lyncibus , rliinoceroti , leoni , dasypodi, cuniculis, quibus aversa genitaliaAOameli etim slitudines, aut scrta certe p- lent : neque interveniro datir sine pernicie. Coitus tota HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 333 et donnent la mort la mre. Les autres serpcns cou- vent terre leurs ufs attachs ensemble : ils closent l'anne suivante. Dans l'espce du crocodile , le maie et la femelle couvent alternativement. Mais faisons aussi connatre la gnration des autres animaux terrestres. Mode de reprot e reproduction de tous les aniniaux terrestres. LXXXIII. 63. De tous les bipdes, 1 homme est le seul vivipare. L'homme seul se repent la premire fois qu'il connat la femme : ainsi le prsage de la vie est un repentir ! Les autres animaux ont des saisons dtermi- nes pour l'union des sexes; l'homme, ainsi que je l'ai dit , peut se reproduire toutes les heures du jour et de la nuit. Chez les autres., la jouissance amne la sa- tit; l'homme est presque insatiable. Messaline, femme de l'empereur Claude, estimant cette palme digne d'une impratrice, choisit pour rivale une esclave mercenaire, la plus fameuse des prostitues, et triompha d'elle en soutenant vingt-cinq assauts dans l'espace d'un jour et d'une nuit. Dans l'espce humaine, il tait rserv un sexe d'imaginer des plaisirs qui trompent la nature en l'outrageant, et l'autre les avortemens. Combien nous sommes en ce genre plus coupables que les brutes ! H- siode a crit que les hommes sont plus ardens l'hiver, et les femmes l't. L'accouplement a lieu croupe croupe chez les l- phans, les chameaux, les tigres, les lynx, le rhinocros, le lion , le dasypode, les lapins , qui ont les parties de la gnration diriges en arrire. De plus, les chameaux 33/, C. PLINII HIST. NAT. LTB. X. die : et his tantum ex omnibus, quibus solida ungula. In quadrupedum gnre mares olfactus accendit. Aver- tuntur et canes, phocae , lupi , in medioque coitu, invi- tique etiam cohaerent. Supra dictorum plerisque feminae priores superveniunt, reliquis mares. Ursi autem, ut dictum est , humanitus strati , herinacei stantes ambo inter se complexi : fles mare stante, femina subjacente : vulpes in latera projectse, maremque femina amplexa. Taurorum cervorumque feminae viin non toleraut : ea de causa ingrediuntur in conceptu. Cervi vicissim ad alias transeunt, et ad priores redeunt. Lacertae , ut ea quae sine pedibus suut , circumplexu venerem novere. * 4 ' :. Omnia animalia quo majora corpore, hoc minus fe- cunda sunt. Singulps gignunt elephanti, cameli, equi : acanthis duodenos, avis minima. Ocyssime pariunt, quae plurimos gignunt. Quo majus est animal, tanto diutius formatur in utero. Diutius gestantur, quibus longiora sunt vitae spatia. Neque crescentium tempestiva ad gene- randum aet#s. Quae solidas habent ungulas, singulos : quae bisulcas, et geminos pariunt. Quorum in digitos HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. 335 recherchent les solitudes, ou du moins les lieux carts, et l'on ne saurait les y troubler sans danger. Leur accou- plement dure un jour entier , ce qui n'arrive qu' eux parmi tous les solipdes. Dans la classe des quadrupdes, l'odeur de la femelle excite le mle : les chiens , les phoques , les loups se retournent au milieu de l'accou- plement , et restent attachs ensemble , mme malgr eux* Dans la plupart des espces que j'ai nommes , les femelles les premires viennent sur le maie; dans les autres, ce sont les mles. Les ours , comme il a t dit , s'accouplent couchs la manire de l'homme ; les h- rissons , tous deux debout et se tenant embrasss ; les chats , le mle debout et la femelle tendue sous lui ; les renards , couchs sur le cot , la femelle embrassant le mle. Les vaches ni les biches ne peuvent soutenir les assauts du mle : voil pourquoi elles marchent au mo- ment de la conception. Les cerfs passent successivement diffrentes biches , puis reviennent aux premires. Les lzards , comme les animaux sans pieds , s'accou- plent en s'entortillant. Tous les animaux sont d'autant moins fconds, qu'ils sont plus grands. Les lphans, les chameaux , les chevaux ne produisent qu'un petit; le chardonneret, fort petit oiseau, en produit douze. Ceux qui multiplient le plus enfantent le plus vite. Plus un animal est grand , plus il est de temps. se former dans le ventre de la mre. Les espces qui ont une plus longue vie ont la gestation plus longue. L'animal , non plus , n'est point propre engendrer qu'il n'ait pris son accroissement. Les soli- pdes ne font qu'un petit; ceux qui ont les pieds fourchus 336 C. PLINH HIST. NAT. LIB. X. pedum fissura divisa est, eanumerosiora in ftu. Sud superiora omnia perfectos edunt partus , hc inchoatos : in quo sunt gnre leaenae, ursae : et vulpes informia eliam m a gis, quin supradicta, parit : rarumque est vi- dere parientem. Postea lambendo ealefaciunt ftus om- nia ea, et figurant. Pariunt plurimum quaternos. Ccos autem gignunt canes, lupi, pantherre, thoes. Canum plura gnera. Laconicae octavo mensae utrimque gnrant. Ferunt sexaginta diebus , et plurimum tribus. Cetera* canes et semestres coitum patiuntur. Implen- tur omnes uno coitu. Quae ante justum tempus conce- pre, diutius ccos habent catulos, nec omnes tolidem diebus. Existimantur in urina attollere crus fere seme- stres : id est signum consummati virium roboris : fe- mina? boc idem sidentes. Partus duodeni, quibus nume- rosissimi : cetero quini, seni, aliquando singuli, quod prodigiosum putanl, sicut omnes inares, automnes fe- minas gigni. Primos quoque mares pariunt : in ceteris alternant. Ineuntur a partu sexto mense. Octonos Laco- nicae pariunt. Propria in eo gnre maribus labore, sala- citas. Vivunt Laconici annis dnis, feminae duodenis : cetera gnera quindenos annos, aliquando et vicenos : nec tota sua retate gnrant, fere a duodecimo desinen- tes. Felium et ichneumonum reliqua, ut canum. Vivunt annis senis. I . /' *' ; , HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 33 7 en font deux. Les portes des fissipdes sont plus nom- breuses. Les premiers produisent leurs petits tout con- forms, ceux-ci ne les produisent qu'bauchs : dans cette classe sont les lionnes et les ourses. Les petits du renard sont encore plus informes , et il est rare de surprendre la femelle au moment o elle met bas. Ces animaux, en lchant leurs petits , les chauffent et leur donnent une forme. Ils en font quatre au plus. Les loups , les chiens , les panthres , les thos font leurs petits aveugles. Il y a plusieurs espces de chiens: ceux de Laconie, mles et femelles, sont fconds huit mois. Les femelles portent soixante ou soixante-trois jours au plus; les autres chiennes reoivent le mle six mois : un seul accouplement suffit pour une porte. Celles qui ont t couvertes avant l'ge convenable gardent leurs petits plus long-temps aveugles , mais tous ne le sont pas un gal nombre de jours. On croit qu' six mois les mles lvent la cuisse pour uriner, ce qui est l'indice de l'entier dveloppement de leurs forces ; les femelles s'ac- croupissent. Les portes les plus nombreuses sont de douze, ordinairement de cinq, de six, quelquefois d'un seul , ce qui passe pour un prodige , comme lorsque les petits sont tous mles ou tous femelles. Les premires portes ne donnent que des mles , dans les suivantes il y a des mles et des femelles. Les mres sont cou- vertes six mois aprs le part. Les chiennes de Laco- nie font huit petits. Une particularit dans cette race , c'est que la fatigue rend les mles plus ardens. Ces derniers vivent dix ans , et les femelles douze; dans les autres espces ils vivent quinze et quelquefois vingt ans. VII. 22 338 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Dasypodes omni mense pariant, et superfetant, sicul lepores. A partu statim implentur. Concipiunt, quamvis ubera siccante ftu. Pariunt Vero ccos. Elephanti, ut diximus, [pariunt singulos , magnitudine vituli trime- stris. Cameli duodecim mensibus ferunt : trimatu pariunt vere, iterumque post annuin implentur a partu. Equas autem post tertium diem, aut post unum ab enixu uti- liter admitti putant, coguntque invitas. Et mulier sep- timo die concipere facillime creditur. Equarum jubas tondere praecipiunt, ut asinorum in coitu patiantur hu- militatem : cornantes enim gloria superbire. A coitu solae animalium currunt ex adverso aquilone austrove, proutmarem aut feminam concepere. Colorem illico mu- tant rubriore pilo, vel quicumque sit, pleniore : hoc ar- gumento desinunt admittere, etiam nolentes. Nec impe- dit partus quasdam ab opre, falluntque gravidae. Vicisse Olympia praegnantem Echecratidis Thessali invenimus. Equos, et canes, et sues initum matutinum adpetere, feminas autem post meridiem blandiri diligentiores tra- dunt. Equas domitas lx diebus equire, antequam grega- les : sues tantum coitu spumam ore fundere : verrem subantis audita voce, nisi admittatur, cibum non capere HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. W9 Ils n'engendrent pas pendant toute la dure de leur vie ; ils cessent peu prs la douzime anne. Pour tout le reste, le chat et l'ichneumon ne diffrent pas du chien. Us vivent six ans. Les femelles des dasypodes mettent bas tous les mois, et sont sujettes la superftation comme les hases. Aussitt aprs le part elles redeviennent pleines. Elles conoivent mme dans le temps o leurs petits puisent leur lait. Ceux-ci naissent les yeux ferms. Les lphans, comme nous l'avons dit, ne produisent qu'un petit, de la grandeur d'un veau de trois mois. La femelle du cha- meau porte un an; elle conoit trois ans, met bas au printemps , et redevient pleine au bout d'un an. On pense qu'il est bon de faire couvrir les jumens trois jouis, ou mme un jour aprs qu'elles ont poulin; on les force souffrir l'approche du mle. On croit que la femme elle-mme conoit trs-facilement le septime jour aprs l'accouchement. On recommande de couper le crin des jumens pour qu'elles consentent supporter la honte de s'allier avec l'ne, car cette parure les rend fires et or- gueilleuses. Seules de tous les animaux , aprs qu'elles ont t couvertes , elles courent vers le nord ou le midi , selon qu'elles ont conu un mle ou une femelle. Aussi- tt elles changent de couleur, le poil devkmtplus rouge, ou plus fonc s'il est d'une couleur diffrente : on re- connat alors qu'elles ne souffrent plus les approches du mle ; aussi le refusent-elles avec obstination. Le part ne les empche pas toutes de travailler, et quelquefois on ne s'aperoit pas qu'elles soient pleines. Nous lisons que la jument du Thessalien chcratide, tant pleine, 22. 3/,o C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. usque in maciem : feminas autem in tantum efferari, ut hominem lacrent , candida maxime veste indutum. Ra- bies ea aceto mitigatur naturae asperso. Aviditas coitus putatur et cibis fieri : sicut viro eruca, pecori cpa. Quae ex feris mitigentur, non concipere, ut anseres : apros vero tarde, et cervos, nec nisi ab infantia edu- catos, mirum est. Quadrupedum praegnantes venerem arcent, prseter equam et suem. Sed superfetant dasypus et lepus tantum. t S Quae sit animalium in uteris positio. LXXX1V. 64. Qucumque animal pariunt, in capita gignunt circumacto sub enixum ftu : alias in utero por- recto. Quadrupdes gestantur extensis ad longitudinem cruribus, et ad alvum suam applicatis : homo in semet conglobatus, inter duo genua naribus sitis. Molas, de qui- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 3/, i remporta le prix aux courses d'OIympie. Les chevaux, les porcs , les chiens recherchent les femelles le matin ; l'aprs-midi ce sont les femelles qui cherchent les mles, ce que disent les observateurs les plus exacts. Des ju- mens domptes entrent en chaleur soixante jours avant celles qu'on nourrit en troupeaux Les porcs seuls cu-: ment dans l'accouplement ; un verrat qui enteud le cri d'une truie en chaleur s'abstient de nourriture, au point de maigrir s'il ne peut en jouir; et les truies deviennent si furieuses qu'elles dchirent les hommes, surtout ceux qui sont vtus de blanc. On apaise cette rage en leur ar- rosant les parties gnitales avec du vinaigre. On prtend que certains alimens provoquent l'amour; que l'eruca ( roquette) produit cet effet sur l'homme, et l'ognon sur le menu btail. Un fait surprenant , c'est que des ani- maux sauvages qu'on apprivoise , comme les oies , ne produisent pas , et que les sangliers et les cerfs n'en- gendrent que fort tard , encore faut-il qu'on les ait le- vs tout jeunes. Les femelles des quadrupdes , une fois pleines, refusent le mle, except la jument et la truie. Le dasypode et le livre sont les seuls sujets la super- ftation. Position des animaux dans l'utrus. LXXXIV. 64. Tous les animaux vivipares naissent la tte la premire , car le ftus se retourne lorsque le terme approche ; jusqu'alors il est tendu dans la ma- trice. Les quadrupdes, tant qu'ils sont dans le corps de la mre , ont les jambes allonges et appliques contre leur ventre. L'homme est repli en boule, le nez entre les 3/, i C. PL1NII HIST. NAT. LIB. X. bus ante diximus, gigni putant, ubi millier non ex mare, verum ex semetipsa tantum conceperit : ideo nec ani- mari, quia non sit ex duobus : altricemque habere per se vitam illam, quae satis arboribusque contingat. 65. Ex omnibus, quae perfectos ftus, sues tantum et numerosos edunt : item plures, contra naturam solidi- pedum, aut bisuleorum. Quorum animalium origo adhuc incerta sit. LXXXV. Super cuncta est murium ftus, haud sine cunctatione dicendus, quamquam sub auctore Aristotele et Alexandri Magni militibus. Generatio eorum lam- bendo constare, non coitu , dicitur : ex una genitos cxx tradiderunt: apud Persas vero, praegnantes et in ventre parentis repertas. Et salis gustatu fieri prguantes opi- nantur. Itaque desinit mirum esse , unde vis tanta messes populetur murium agrestium : in quibus illud quoquo adhuc latet , quonam modo illa multitudo repente oc- cidat. Nam nec examines reperiuntur, neque exstat qui inurem hieme in agio effoderit. Plurimi ita ad Troadem proveniunt : et jam inde fugaverunt incolas. Proventus eorum siccitatibus : tradunt ctiam obituris vermiculum in capite gigni. vEgyptiis muribus durus pilus , sicut HISTOIRE NATURELLE , LIV. X. 3/ 3 genoux. On croit que les moles , dont nous avons parl prcdemment , se forment lorsque la femme , sans com- munication avec l'homme, conoit d'elle-mme; qu'elles ne s'animent point , parce qu'elles ne rsultent pas du concours des deux sexes , et qu'elles n'ont par elles-mmes que la vie vgtative des plantes et des arbres. 65. De tous les animaux dont les petits naissent tout conforms , les truies seules donnent des portes nom- breuses, et mme plusieurs dans l'anne , ce qui est contre la nature des solipdes et des quadrupdes pieds four- chus. Animaux dont l'origine est encore incertaine. LXXXV. Ce qui doit le plus nous tonner, c'est la fcondit des rats , et ce n'est pas sans hsiter que j'en parlerai , quoique j'aie pour garans Aristotc et les soldats d'Alexandre-le-Grand. On rapporte comme un fait certain que ces animaux se reproduisent en se lchant, et non par la copulation ; qu'une seule mre a produit cent vingt petits; que, mme chez les Perses, on a trouv dans le corps d'une mre des petits prts mettre bas. On croit aussi que cette espce conoit en gotant du sel : alors il n'est plus surprenant qu'un nombre si pro- digieux de mulots dvastent nos moissons. On ne sait mme point encore comment cette multitude immense disparat tout coup ; car on n'aperoit point leurs corps, et personne n'a jamais trouv de mulots en fouillant la terre pendant l'hiver. Il en nat quelquefois des quan- tits innombrables dans la Troade, et mme ils ont une fois chass les habitans. C'est dans les scheresses qu'ils 3/4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. herinaceis. Iidem bipdes ambulant, ceu Alpini quoque. Quum diversi generis coivere animalia , ita demum g- nrant , si tempus nascendi par habent. Quadrupedum ova gignentium laeertas ore parre (ut creditur vulgo) Aristoteles negat : neque incubant eaedem , oblitae quo sint in loco enixae , quoniam buic animali nulla memoria. Itaque per se catuli erumpunt. De salamandris. LXXXVI. 66. Anguem ex medulla hominis spinae gigni , accipimus a mullis. Pleraque enim occulta et caeca origine proveniunt, etiam in quadrupedum g- nre : 67. Sicut salamandra , animal lacerti figura, Stella- WL tum, numquam, nisi magnis imbribus, proveniens , et serenitate deficiens. Huic tantus rigor , ut iguem tactu restinguat, non alio modo, quam glacies. Ejusdem sanie , quae lactea ore vomitur, quacumque parte corporis hu- mani contacta, toti defluunt pili : idque quod contactum est , colorem in vitiliginem mutt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 345 pullulent le plus. On dit aussi que sur la fin de leur vie il s'engendre dans leur tte un petit ver. Les rats d'Egypte ont le poil dur comme les hrissons. Ils marchent deux pieds , comme ceux des Alpes. Quand des animaux d'espces diverses se sont accoupls , ils ne produisent qu'autant que la dure de la gestation est la mme pour les deux. Parmi les quadrupdes ovipares , les lzards pondent par la gueule, ce que croit le vulgaire, mais Aristote le nie. Ces animaux ne couvent pas leurs ufsj oubliant en quel lieu ils les ont dposs, parce qu'ils n'ont aucune mmoire : ainsi les petits closent tout seuls. Des salamandres. LXXXVI. 66. Nous apprenons de plusieurs auteurs qu'il s'engendre un serpent de la moelle pinire de l'homme. Certes, la plupart des gnrations s'oprent d'une manire occulte et inconnue, mme dans la classe des quadrupdes. 67. La salamandre en offre un exemple : sa forme est celle du lzard ; son corps est toile. Elle ne parat jamais que dans les grandes pluies; elle disparat dans le beau temps : elle est si froide que, par son contact, elle teint le feu comme ferait la glace. L'cume blanche comme du lait qu'elle jette par la gueule , fait tomber le poil de toutes les parties du corps humain qu'elle touche, et laisse sur la partie touche une tache l>luu- chtre. 3/,6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. Quae nascantur ex non genitis. Quae nata nihil gignant : in. quibus neuter sexus sit. LXXXVII. 68. Quaedam vero gignuntur ex non ge- nitis , et sine ulla simili origine , ut supra dicta : et quaecumque lempus anni gnrt. Ex iis qudam nihil gignunt , ut salamandrae. Neque est iis genus masculi- num femininumve : sicut neque in anguillis , omnibus- que quae nec animal, nec ovum ex sese gnrant. Neu- trum est et ostreis genus, et ceteris adhaerentibus vado vel saxo. Quae aulem per se generantur, si in mares ac feminas descripta sunt, gnrant quidem aliquid coitu, sed imperfectum et dissimile, et ex quo nihil amplius gignatur, ut vermiculos muscae. Id magis declaravit na- tura eorum , quae insecta dicuntur , arduae explanatio- nis omnia , et privatim dicato opre narranda. Qua- propter ingenium prdictorum , et reliqua subtexetur edissertatio. De sensibus anirnalium. Tactum omnibus esse : item gustatum. Quibus visus piaecipuus : quibus odoratus : quibus auditus : de talpis. An ostreis auditus. LXXXVIII. 69. Ex sensibus ante cetera homini tactus, dein gustatus : reliquis superatur a multis. Aquilas cla- rius ccrnunt : vultures sagacius odorantur : liquidius HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 34 7 Des animaux qui doivent la naissance des tres qui ne l'ont point reue. De ceux qui ne se reproduisent point. De ceux qui n'ont point de sexes. LXXXV1I. 68. Certains animaux sont produits par des tres non engendrs, et leur origine n'a rien de sem- blable celle des espces dj nommes, dont une sai- son de l'anne amne la naissance. Quelques-uns ne produisent rien , comme les salamandres. Elles ne sont ni mles ni femelles, non plus que les anguilles, et tous les animaux qui ne sont ni vivipares ni ovipares. On ne distingue pas non plus de sexe dans les hutres ni dans les autres coquillages qui vivent attachs au fond de la mer ou aux rochers. Quant aux animaux qui s'engen- drent par eux-mmes, s'ils sont diviss en mles et en femelles , ils produisent en s'accouplant , mais un tre imparfait, d'une forme diffrente, et qui n'est plus apte la reproduction , comme les vers qui naissent des mouches : c'est ce qui se voit plus clairement dans les insectes, dont la nature, si difficile expliquer, sera expose dans un livre particulier. Ainsi nous allons ache- ver ce qui nous reste dire sur l'instinct et l'organisa- tion des animaux dont nous avons parl. Organes des sens chez les animaux. Universalit du toucher et du got. Quels tres excellent , soit par la vue , soit par l'odorat , soit par l'oue. Des taupes. Les hutres entendent-elles ? LXXXVIH. G9. L'homme excelle par le sens du tou- cher, ensuite par celui du got ; les autres sont plus parfaits chez beaucoup d'animaux. L'aigle a la vue plus 348 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. audiunt talpae obrutae terra , tam denso atque surdo ua- turae elemeuto. Praeterea voce omnium in sublime ten- dente sermonem exaudiunt : et si de iis loquare , intelli- gere etiam dicuntur, et profugere. Auditus cui hominum primo negatus est , huic et sermonis usus ablatus : nec sunt naturaliter surdi , ut non iidem sint et muti. In marinis , ostreis auditum esse , non est verisimile : sed ad sonum mergere se dicuntur solenes. Ideo et silen- tium in mari piscantibus. Qui ex piscibus clarissime audiant. LXXXIX. ^o.^Pisces quidem auditus nec membra ha- bent, nec foramina : audire tamen eos palam est : ut patet, qum plausu congregari feros ad cibum adsuetu- dine in quibusdam vivariis spectetur : et in piscinis Cae- saris gnera piscium ad nomen venire , quosdamque sin- gulos. Itaque produntur etiam clarissime audire, mugil, lupus, salpa, chromis, et ideo in vado vivere. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. S^y perante , le vautour l'odorat plus subtil : l'oue est plus fine dans les taupes, qui vivent enfonces sous la terre , le plus dense et le plus sourd des lmens. Encore que le son monte toujours, elles entendent ce qu'on dit; et, si l'on parle d'elles, on prtend qu'elles le comprennent et qu'elles s'enfuient. Dans l'espce humaine , celui qui la nature a refus le sens de l'oue a t priv en mme temps de l'usage de la parole, et il n'y a point de sourd de naissance qui ne soit en mme temps muet. Parmi les animaux marins, les hutres n'ont vrai- semblablement pas le sens de l'oue : on assure toute- fois qu'au moindre bruit les solnes plongent ; aussi , en mer , le silence est-il ncessaire aux pcheurs. Quels poissons entendent le mieux. LXXXIX. 70. Les poissons n'ont ni l'organe de l'oue , ni ouverture extrieure ; cependant il est cer- tain qu'ils entendent : la preuve, c'est que dans quel- ques viviers on les accoutume se rassembler, quand on frappe des mains , pour recevoir leur nourriture. Dans les rservoirs de Csar, tous les poissons d'une mme espce accourent lorsqu'on les appelle ; il en est mme qui viennent seuls leur nom : aussi assure-t-on que le muge , le loup , la saupe, le chromis entendent trs-bien , et que c'est par cette raison qu'ils vivent sur les bas-fonds. 35o C. PLINTI HTST. NAT. LTB. X. Qui ex piscibus maxime odorentur. XC. Olfactum iis esse manifeste patet : quippe non omnes eadem esca capiuntur : et prius, quam adpetant, odorantur. Quosdam et speluncis latentes , salsamento illitis faucibus scopuli piscator cxpellit, veluti sui ca- daveris agnitionem fugientes. Conveniuntque ex alto etiam ad quosdam odores , ut sepiam ustam , et poly- pum : qu ideo conjiciuntur in nassas. Sentinae quidem navium odorem procul fugiunt : maxime tamen piscium sanguinem. Non potest ptris avelli polypus : idem cu- nila admota , ab odore protinus resilit. Purpurse quoque ftidis capiuntur. Nam de reliquo animalium gnre quis dubitet? Cornus cervini odore serpentes fugantur, sed maxime styracis : origani, aut calcis, aut sulphuris formic necantur. Culices acida petunt, ad dulcia non advolant. 71. Tactus sensus omnibus est, etiam quibus nullus alius : nam et ostrcis ; et terrestrium , vermibus quoque. Diversitas animalium in pastu. XCI. Existimaverim omnibus sensum et gustatus esse: cur enim alios alia sapores adpetant ? in quo vel praeei- HISTOIRE NATURELLE, LIV.X. 35 1 Chez quels poissons l'odorat est le plus subtil. XC. Il est vident qu'ils ont l'odorat , car ils ne se prennent pas tous la mme amorce , et avant de la saisir ils la flairent. Quelques-uns se cachent dans des trous, dont le pcheur les force sortir en frottant l'en- tre de leur retraite avec du poisson sal; ils s'enfuient comme s'ils reconnaissaient les cadavres de leurs sem- hlables. On les voit mme accourir de la haute mer certaines odeurs , comme celle de la sche brle et du polype : c'est pourquoi l'on met de cette amorce dans les nasses. Ils fuient l'odeur de la sentine des vaisseaux, mais encore plus le sang de poisson. Il n'est pas possible d'arracher le polype des rochers ; mais l'odeur de la cunile lui fait lcher prise l'instant. Les pourpres se pren- nent aussi des amorces ftides. A l'gard des autres animaux , qui peut en douter? L'odeur de la corne de cerf, et plus encore celle du styrax, met les serpens en fuite; l'odeur de l'origan, de la chaux vive et du soufre, tue les fourmis. Les moucherons cherchent les acides, et n'approchent point des choses qui sont douces. 71. Le sens du toucher est commun tous les ani- maux , mme ceux qui sont privs de tous les autres; car il se trouve jusque dans les hutres et dans les vers de terre. Diversit des animaux dans le choix des alimens. XCI. Je croirais aussi que le sens du got appar- tient tous; car pourquoi toutes les espces n'ont-elles 35a C. PLINII HIST. NAT. L1B. X. pua naturse architectae vis. Alia dentibus prsedanlur, alia unguibus, alia rostri aduncitate carpunt, alia lati- tudine ruunt , alia acumine excavant , alia sugunt , alia lambunt , sorbent , mandunt , vorant. Nec minor varietas in pedum ministerio , ut rapiant, distrahant, teneant, premant, pendeant, tellurem scabere non cessent. 1 Quae venenis vivant. ''*. : XCH. 72. Venenis capreae, et coturnices (ut diximus) pinguescunt , placidissima animalia : at serpentes ovis , spectanda quidem draconum arte : aut enim solida hau- riunt, si jam fauces capiunt, quae deinde in semet con- voluti frangunt intus , atque ita putamina extussiunt : aut si tenerior est catulis adhuc tas , orbe adprehensa spirae , ita sensim vehementerque praestringunt , ut am- putata parte, ceu ferro, reliquam quae amplexu tenetur sorbeant. Simili modo avibus devoratis solidis , eonten- tione plumam excitam revomunt. Quse terra : quae fam aut siti non intereant. XCITI. Scorpiones terra vivunt. Serpentes, quum oc- HISTOIRE NATURELLE, LIV.X. 353 pas les mmes apptits ? Et c'est en quoi la nature, qui a form toutes choses, fait surtout clater sa puissance. Les uns saisissent leur proie avec les dents , les autres avec leurs ongles ; quelques-uns, selon que leur bec est crochu, large ou pointu, dchirent, arrachent ou creu- sent ; d'autres sucent, lchent, hument, mchent, d- vorent. Il n'y a pas moins de varits dans l'usage qu'ils font de leurs pieds pour saisir, dchirer, tenir, serrer, se suspendre, et gratter continuellement la terre. Noms des animaux qui vivent de poisons. XCII. 72. Les chvres et les cailles, animaux fort pai- sibles, s'engraissent de plantes vnneuses, comme nous l'avons dit. Les serpens mangent les ufs avec la mme adresse que les dragons; car, si leur gosier est assez large, ils les avalent entiers, puis, se repliant sur eux-mmes, ils les cassent dans leur estomac , et rejettent les coquilles : si au contraire, par le manque des annes, ils ne peuvent avaler l'uf, ils s'entortillent autour, le compriment peu peu , et avec tant de^ force , qu'en ayant coup le bout comme pourrait faire un instrument tranchant, ils avalent ce qui reste enferm dans leurs replis ; de mme , aprs avoir dvor des oiseaux entiers , ils font un effort et vomissent les plumes. Noms des animaux qui vivent de terre; de ceux que la faim ou la soif ne peut faire mourir. XCIII. Les scorpions vivent de terre. Les serpens , vit. a3 35/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. casio est , vinum praecipue adpetunt , quum alioqui exiguo indigeant potu. Eaedem minimo et paene nullo cibo, quum adservantur inclusse : sicuti aranei quoque, alioqui suctu viventes. Ideoque nullum interit fam aut siti venenatum. Nam neque calor his , neque sanguis , neque sudor , quae aviditatem naturali sale augent. In quo gnre omnia magis exitialia, si suum genus edere, antequam noceant. Condit in thesauros maxillarum ci- bum sphingiorum et satyrorum genus : mox inde sen- sim ad mandendum manibus expromit : et quod formicis in annum solemne est , his in dies vel horas. y3. Unum animal digitos habentium herba alitur , lepus : sed et fruge solidipedes, et e bisulcis sues omni cibatu et radicibus. Solidipedum volutatio propria. Ser- ratorum dentium carnivora sunt omnia. Ursi et fruge, fronde, vindemia, pomis vivunt , et apibus, cancris etiam , ac formicis. Lupi, ut diximus, et terra in fam. Pecus potu pinguescit : ideo sal illis aptissimus : item veterina , quamquam et fruge et herba : sed ut bibere , sic edunt. Ruminant praeter jam dicta, silvestrium cervi, quum a nobis aluntur : omnia autem jacentia potius quam stantia , et hieme magis quam aestate , septenis fere mensibus. Pontici quoque mures simili modo reman- dunt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 355 lorsqu'ils trouvent l'occasion d'en boire, sont trs-friands de vin , quoique , d'ailleurs, ils n'aient besoin que de trs- peu de boisson. Lorsqu'on les garde renferms, ils ne mangent presque rien ; de mme que les araignes, qui se nourrissent en suant. Aussi nul des animaux venimeux ne prit de faim ou de soif, car ils n'ont point la chaleur, le sang, la sueur, qui, par leur sel naturel, provoquent l'apptit. Ils sont tous plus dangereux lorsque, avant de blesser, ils ont mang quelque bte de leur espce. Les sphinx et les satyres mettent leurs alimens en rserve dans les poches de leurs joues; ensuite ils les tirent peu . peu avec leurs pattes pour les manger. Ce que les fourmis font pour l'anne, ils le font pour chaque jour et pour chaque heure. 73. Seul des animaux fssipdes , le livre se nourrit d'herbe; les solipdes se nourrissent d'herbes et de grains. Parmi les bisulces, le porc mange de tout, et mme des racines. Les solipdes se vautrent. Tous les animaux qui ont les dents en forme de scie sont carnivores. Les ours mangent des grains , des feuilles , des raisins , des fruits, des abeilles, des crevisses mme et des fourmis. Les loups, comme nous avons dit, mangent jusqu' de la terre quand ils sont affams. Le menu btail s'en- graisse en buvant ; c'est pourquoi le sel lui est trs- bon. Il en est de mme des btes de somme , qui se nourrissent de grains et d'herbes : elles mangent pro- portion de ce qu'elles boivent. Outre les animaux dj nomms , les cerfs , parmi les btes fauves , ruminent lorsqu'ils sont nourris la maison. Tous ruminent plu- tt couchs que debout, et plus l'hiver que l't, pen- a3. 356 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. De diversitate potus. XCIV. In potu autem , quibus serrati dents , lam- bunt : et mures hi vulgares, quamvis ex alio gnre sint. Quibus continui dents , sorbent : ut equi , boves. Neutrum ursi , sed aquam quoque morsu vorant. In Africa major pars ferarum aestate non bibunt inopia imbrium : quam ob causam capti mures Libyci , si bi- bere, moriuntur. Orygem perpetuo sitientia Africa? g- nrant, et natura loci potu carentem, etmirabili modo ad remdia sitientium. Namque Gaetuli latrones eo du- rant auxilio, repertis in corpore eorum saluberrimi li- quoris vesicis. Insidunt in eadem Africa pardi condensa arbore, occultatique earum ramis, in praetereuntia desi- liunt, atque e volucrum sede grassantur. Fles quidem quo silentio , quam levibus vestigiis obrepunt avibus , quam occulte speculatae in musculos exsiliunt ! Excre- menta sua effossa obruunt terra , intelligentes odorem illum indicem sui esse. Quae inter se dissideant. Amicitiam animalium esse : et affectus animalium. XCV. 74- Ergo et alios quosdam sensus esse , quam HISTOIRE NATURELLE, L1Y. X. 357 dant peu prs sept mois de l'anne. Les rats du Pont remchent de la mme faon. Diversit dans la manire de boire. XCIV. Quant la manire de boire, ceux qui ont les dents en scie lapent : c'est ce que font les rats or- dinaires , quoiqu'ils soient d'une autre classe. Ceux qui ont les dents continues hument, comme les chevaux et les bufs. Les ours ont une manire toute diffrente, ils boivent l'eau en mordant. En Afrique, la plus grande partie des btes sauvages ne boit point pendant l't, faute de pluies : c'est pour cette raison que les rats de Lybie meurent si on les fait boire. Les dserts de l'A- frique produisent l'oryx , qui ne boit jamais dans ces lieux toujours arides , et fournit un remde admirable contre la soif. Il est d'une grande ressource pour les voleurs de la Gtulie , qui trouvent dans son corps des poches remplies d'une liqueur trs-salubre. En Afrique encore , les lopards grimpent sur des arbres touffus , et , cachs dans le feuillage , ils s'lancent de la de- meure des oiseaux sur les animaux qui passent. Avec quel silence , avec quelle lgret le chat se glisse vers les oi- seaux ! comme il se tient en embuscade pour sauter sur la souris qu'il guette ! Cet animal enfouit ses ordures et les recouvre de terre , parce qu'il sait que cette odeur le trahit. Antipathies de certains animaux. Qu'ils sont susceptibles d'amiti et d'affection. XCV. 7/4- H est a ' s ^ de reconnatre qu'il existe encore 358 C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. supra dictos , haud difficulter apparet. Sunt enim quae- dam his bella amicitique , unde et affectus , praeter illa qu de quibusque eorum suis diximus locis. Dissident olores et aquilae : corvus et chloreus , noctu invicem ova exquirentes. Simili modo corvus et milvus , illo praeripiente huic cibos : cornices atque noctua : aquila? et trochilus (si credimus), quoniam rex appellatur avium: noctuae et cetera? minores aves. Rursus cum terrestri- bus , mustela et cornix : turtur et pyralis, ichneumones vespas et phalangia. Ranae aquaticae, et gaviae. Harpe et triorcbes accipiter. Sorices et ardeolae , invicem fe- tibus insidiantes. iEgithus avis minima cum asino. Spi- netis enim se scabendi causa atterens , nidos ejus dissi- pt : quod adeo pavet , ut voce omnino rudentis audita , ova ejiciat , pulli ipsi metu cadant. Igitur advolans ul- cra ejus rostro excavat. Vulpes et nisi : angues , mu- stelae , et sues. ./Esalon vocatur parva avis , ova corvi frangens, cujus pulli infestantur a vulpibus. Invicem haec catulos ejus ipsamque vellit. Quod ubi viderunt corvi , contra auxiliantur , velut adversus communem hostem. Et acantbis in spinis vivit : idcirco asinos et ipsa odit , flores spinae dvorantes. ^Egithum vero an- thus in tantum, ut sanguinem eorum credantnon coire , multisque ob id veneficiis iiifament. Dissident thoes ac leones. Et minima aeque ac maxima. Formicosam arbo- HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 35g quelques autres instincts dans les animaux. Il y a entre eux des haines et des amitis qui produisent beaucoup d'affections diffrentes de celles que nous avons nommes en traitant de chaque espce. Il y a antipathie entre les cygnes et les aigles , ainsi qu'entre le corbeau et le chlore , qui , pendant la nuit , cherchent les ufs l'un de l'autre. La mme antipathie existe entre le corbeau et le milan: le premier arrache l'autre sa proie; entre les corneilles et la chouette ; entre les aigles et le trochilus , si la chose est croyable , parce qu'on l'appelle roi des oiseaux ; entre les chouettes et tous les petits oiseaux. Quelques volatiles vivent aussi en guerre avec certains animaux terrestres: la belette avec la corneille; la tour- terelle avec le pyralis; la gupe-iehneumon avec le pha- langium ; les grenouilles aquatiques avec les gavias ; la harpe avec l'pervier-triorches ; les souris avec les h- rons , cherchant rciproquement surprendre leurs pe- tits; l'aegithe, oiseau de la plus petite espce, avec l'ne: celui-ci, se grattant contre les pines, dtruit les nids de l'aegithe , qui en a une telle frayeur, qu'aussitt qu'il entend braire un ne il renverse ses ufs , et que les petits eux-mmes tombent d'effroi. Pour se venger, il vole sur l'ne , et avec le bec lui dchire ses ulcres. Le renard est en guerre avec le nisus; les serpens, les belettes avec les cochons. On nomme aesalon un petit oiseau qui brise les ufs du corbeau , et dont les petits sont poursuivis par les renards. L'aesalon , son tout, harcelle coups de bec les petits du renard , et la mre elle-mme: cette vue les corbeaux viennent comme auxiliaires contre l'ennemi commun. L'acanthis 36o C. PLIN1I HIST. NAT. LIB. X. rem erucae cavent. Librat araneus se filo in caput ser- pentis porrectae sub umbra arboris suae , tantaque vi morsu cerebrum adprehendit , ut stridens subinde , ac vertigine rotata , ne filum quidem desuper pendeiitis rumpere , adeo non fugere queat : nec finis ante mor- tem est. Exempla affeetus serpentium. XCVI. Rursus amici pavones et columbae : turtures , et psittaci : merulae , et turtures : cornix et ardeolae , contra vulpium genus communibus inimicitiis. Harpe et milvus contra triorchem. Quid , non et affectus indicia sunt etiam in serpentibus , immitissimo animalium g- nre? Dicta sunt , quae Arcadia narrt de domino a dra- cone servato , et agnito voce draconi. De aspide mira- culum Philarcho reddatur : is enim auctor est , quum ad mensam cujusdam veniens in ^Egypto aleretur assidue, euixam catulos , quorum ab uno filium hospitis inter- emptum : illam reversam ad consuetudinem cibi , intel- HISTOIRE NATURELLE, L1V. X. 36 1 vit dans les pines ; aussi hait-il les nes , qui d- vorent les fleurs de l'pine. L'anthus hait tellement Tsegithe , qu'on prtend que leur sang ne peut se mler , et qu'il jouit pour cette raison de la honteuse clbrit de servir beaucoup d'enchantemens. Il y a antipathie entre les thos et les lions ; elle n'est pas moindre entre les plus petits qu'entre les plus grands des animaux. Les chenilles n'approchent pas d'un arbre o est tablie une fourmilire. L'araigne, voyant un serpent tendu l'ombre de son arbre , s'abat sur sa tte et lui mord le cerveau avec tant de force , qu' l'instant le reptile siffle, et, en proie aux convulsions , il ne peut ni fuir, ni mme rompre le fil suspendu au dessus de lui. Le combat ne finit que par la mort du dernier. Exemples de l'affection des serpens. XCVI. D'autre part, une troite sympathie rgne entre les paons et les pigeons, entre les tourterelles et les perroquets , entre les merles et les tourterelles. La corneille et les hrons s'unissent, par une haine com- mune, contre le renard; la harpe et le milan contre le triorches. Et n'a-t-on pas vu des preuves touchantes d'affection dans les serpens, les plus cruels de tous les animaux? Nous avons rapport ce que l'Arcadie ra- conte d'un jeune homme sauv par un dragon qu'il avait nourri, et qui reconnut sa voix. Philarque rapporte un fait merveilleux de l'aspic. Il dit qu'en Egypte un de ces reptiles venait assidment la table d'un homme o il recevait sa nourriture. Un de ses petits donna la 36a C. PLINII HIST. NA. LIB. X. lexisse culpam , et necem intulisse catulo , nec postea in tectum id- reversam. De somno animalium. XCVII. 70. Somni quaestio non obscuram conjecta- tionem habet. In terrestribus , omnia quae conniveant , dormire manifestum est. Aquatilia quoque exiguum qui- dem , etiam qui de ceteris dubitant , dormire tamen existimant : non oculorum argumento, quia non babent gnas : verum ipsa quite cernuntur plaeida , ceu sopo- rata , neque aliud quam caudas moventia , et ad tumul- tum aliquem expavescentia. De thynnis confidentius adfinnatur : juxta ripas enim aut petras dormiunt. Plani autem piscium in vado , ut manu saepe tollantur. Nain delphini , balaenque stertentes etiam audiuntur. Insecta quoque dormire silentio adparet , quia ne luminibus quidem admotis excitentur. Quae somnient. XCVIII. Homo genitus premitur somno per aliquot menses : deinde longior in dies vigilia. Somniat statim infans : nam et pavore expergiscitur , et suctum imita- tur. Quidam vero numquam : quibus mortifermn fuisse HISTOIRE NATURELLE, LIN . X. 36'i mort au fils de son hte. L'aspic , revenant l'ordi- naire prendre sa nourriture , reconnut le crime, en fit justice, et ne reparut plus dans la maison. Du sommeil des animaux. XCVII. ^5. La question du sommeil n'est pas difficile rsoudre. Dans les animaux terrestres , il est vident que ceux qui peuvent fermer leurs paupires dorment. Les auteurs qui rvoquent en doute le sommeil des autres conviennent cependant que les poissons dorment; c'est pourtant un fait dont leurs yeux ne donnent aucun indice, puisqu'ils n'ont pas de paupires; mais dans le repos on les voit tranquilles comme s'ils taient assou- pis : ils ne remuent que la queue, et s'agitent avec ef- froi au plus lger bruit. On peut parler plus affirmati- vement des thons , car ils dorment le long des rivages et des rochers. Les poissons plats dorment sur le sable, au point qu'on les prend la main. Quant aux dau- phins et aux baleines, on les entend mme ronfler. Les insectes donnent aussi; leur silence le montre : on peut alors approcher une lumire sans qu'ils fassent aucun mouvement. Animaux chez lesquels a lieu le rve. XCVIII. I /homme, aprs sa naissance, est plong dans le sommeil pendant plusieurs mois , ensuite il veille de jour en jour davantage. L'enfant rve ds les premiers temps, car il se rveille en sursaut, et suce ses lvres comme s'il ttait. Il est cependant des hommes 36/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. X. signum contra consuetudinem somnium , invenimus cxempla. Magnus hic invitt Iocus , et diversis refertus documentis, utrumne sint aliqua praescita animi quiescen- tis : qua fiant ratione , an forluita res sit, ut pleraque. Et si exemplis agatur, profecto paria fiant. A vino et a cibis proxima , atque in redormitatione vana esse visa , prope convenit. Est autem somnus nihil aliud , quam animi in mdium sese recessus. Praeter hominem so- mniare equos , canes, boves, pecora, capras, palam est. Ob hoc creditur et in omnibus quae animal pariant. De iis quae ova gignunt , incertum est : sed dormire ea , certum. Verum ad insecta transeamus : hc namque restant immensae subtilitatis animalia : quando aliqui ea neque respirare, et sanguine etiam carere prodiderunt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 365 qui ne rvent jamais ; s'il leur arrive de rver , contre leur habitude , c'est pour eux un signe de mort ; nous en avons des exemples. Ce sujet, si grand, si controvers, nous conduirait examiner si l'me , pendant qu'elle repose, voit l'avenir; par quel moyen s'opre cette pr- vision-; si ce n'est qu'une chose fortuite comme tant d'autres. Si l'on veut se dcider par les faits , on trou- vera autant d'exemples d'un cot que de l'autre. On con- vient presque unanimement qu'aussitt aprs le repas, ou pendant le second sommeil , les songes ne signifient rien. Le sommeil n'est autre chose que la retraite de l'me, qui se recueille en elle-mme. Outre l'homme, il est manifeste que les chevaux, les chiens, les bufs, les moutons, les chvres rvent. On croit, en consquence, qu'il en est de mme de tous les vivipares. Quant aux ovipares , la chose n'est pas certaine ; mais qu'ils dor- ment , c'est un fait incontestable. Passons maintenant aux insectes ; car il nous reste dcrire ces animaux d'une petitesse infinie, et qui, suivant certains auteurs, ne respirent point et n'ont point de sang. NOTES DU LIVRE DIXIME. Page 204, ligne 4- du titre. Volucrum natur. Ce titre a t imagin par Brotier, d'aprs celui du livre, au commencement de l'ouvrage. Hardouin et tous ceux qui l'ont suivi ne mettent rien. Dupinet et Poinsinet de Sivry crivent de la "Nature des oiseaux; Gueroult, des Oiseaux; la version italienne de Lodov. Dome- nichi dlia Nalura delli uccelli {de la Nature des oiseaux); Dan. Denso et Gott. Grose , von der Natur der v'ogel (de la Nature des oiseaux); la version ou plutt la compilation hollandaise indique dans le catalogue de la Bibliothque roya