^M0w ^*p*-"-* g- ' ' imwmimh MIM Mit il INE-FRAWAISI! Tft.UnXTK - ^ AlIEliUN LAWS ViPHIMERlE DE THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY t v The person charging this material is re- sponsible for its return to the library from which it was withdrawn on or before the Latest Date stamped below. Theft, mutilation, and underlining of books ara reasons for disciplinary action and may resuit in dismlssal from the University. To renew call Tlphone Center, 333-8400 UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY AT URBANA-CHAMPAIGN MAR 21 1986 MAR 4 16 L161 O-1096 m r r r r v - t . h r rf i BIBLIOTHEQUE L ATME - FRANAISE PUBLIEE C L. F. PANCKOUCKE. Qlil 1 LUI t 1 PARIS, IMPRIMERIE DE C. L. F. PANCKOCCKE, RoS DtS PoiTEVIHS, K. M. f r r f r v HISTOIRE NATURELLE DE PLINE TRADUCTION NOUVELLE PAR M. AJASSON DE GRANDSAGNE PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIER, DAUNOU, EMERIC DAVID, DESCURET, DOE, E. DOLO , DUSGATE , FE, L. FOUCH, FOURIER, GUIBOURT, ELOI JOHANNEAU, LACROIX, LAFOSSE, LEMERCIER, LETRONNE, LOUIS LISK.ENNE, L. MARCUS, MONGES, C. L. F. PANCK.OUCKE , VALENTIN PARISOT , QUATREMRE DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUET, H. THIBAUD, THUROT, VALENCIENNES , HIPP. VERONE. TOME DIXIEME. PARIS C. L. F. PANCKOUCKE MEMBRE DE L'ORDKI ROYAL DE LA LEGION d'hONNEUR KD1TEUR, RUE DES POITEVINS, N l/, M DCCC XXXI. I #'- fr 7 / i i r r m Pfe ' jfM: /. i d HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE SEIZIEME. Y / M 1 ' IVH wv\w MMMMM MMMMMMWI tVUiVUVUlUiUlVUdWUiVVXiiWVU VWVWWVUiM/WWUil'WVVW* C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XVI. SIl/VESTRIUM ARBORUM NATURiE. Gentes sine arbore. I. JlomifertE arbores, quaeque mitioribus succis vo- luptatem primae cibis attulerunt, et necessario alimento delicias miscere docuerunt , sive illae ultro, sive ab ho- mine didicere blandos sapores adoptione et connubio, idque munus etiam feris volucribusque dedimus, intra praedictas constant. Proximum erat narrare glandiferas quoque, qu primae victum mortalium aluerunt, nutri- ces inopis ac ferae sortis , ni praeverti cogeret admiratio usu comperta, quaenam qualisque esset vita, sine arbore ulla , sine frutice viventium. I. Diximus et in Oriente quidem juxta Oceanum com- plu rcs ea in necessitate gentes. Sunt vero in septentrione WV\ WVWWX \IWIWUVWVM MVWVt\MIWiV\VU l VW*%/WV*/W\%'WV%iW'* UUMIMUMl/\MiV\ HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XVI. HISTOIRE NATURELLE DES ARBRES SAUVAGES. Contres sans arbres. I. I M o u s avons trait prcdemment des arbres frui- tiers , et de ceux dont les sucs agrables ont les pre- miers donn un got dlicieux aux alimens , et joint l'attrait du plaisir une nourriture ncessaire la vie, soit qu'ils doivent la nature seule ces prcieuse qua- lits , soit que , les mariant par la greffe , l'industrie des hommes les leur ait communiques pour l'avantage mme des oiseaux et des brutes. leur suite il et t convenable de parler des arbres glands, qui fournirent aux hommes, encore sauvages et misrables, leurs pre- miers alimens ; mais d'autres objets non moins admirables nous engagent intervertir cet ordre pour dcrire le genre de vie des peuples qui n'ont ni arbres ni arbris- seaux. i. Quelques peuples de l'Orient, sur les ctes de l'Ocan , se trouvent dans cette pnible position , nous i. 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. visae nobis Chaucorum , qui majores minoresque appel- lantur. Vasto ibi meatu , bis dierum noctiumque singu- larum intervallis, efftisus in immensum agitur oceanus, aeternam operiens rerum natur controversiam : du- biumque terrae sit , an pars id maris. Illic misera gens tumulos obtinet altos, aut tribunalia structa manibus ad exprimenta altissimi stus, casis ita impositis: na- vigantibus similes , quum integant aquae circumdata : naufragis vero , quum recesserint : fugientesque cum mari pisces circa tuguria venantur. Non pecudem bis habere , non lact ali, ut finitimis, ne cum feris quidem dimicare contingit, omni procui abacto frutice. Ulva et palustri junco funes nectunt ad prtexenda piscibus retia : captumque manibus lutum ventis magis , quam sole siccantes : terra cibos , et rigentia septentrione vis- cera sua urunt. Potus non nisi ex imbre servato scro- bibus in vestibulo domus. Ethae gentes, si vincantur hodie a populo romano, servire se dicunt ! Ita est profecto : multis fortuna parcit in pcenam. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 5 l'avons dit plus haut. Moi-mme j'ai visit dans le Nord les grands et les petits Chauques. L , deux fois par jour, l'ocan franchit ses bords, et, se rpandant au loin avec imptuosit, couvre de ses eaux un vaste espace, et fait demander ternellement : Ce sol est-il une terre , ou bien appartient-il l'empire des eaux ? Les tristes hordes de ces contres occupent quelques cabanes sur des hauteurs naturelles ou sur des minences construites de leurs mains , et leves au point que la plus haute mare ne peut les atteindre. Quand les flots inondent la plaine environnante , leurs maisons semblent des bar- ques flottantes ; et quand l'ocan se retire , des barques choues. Ils vivent des poissons qui fuient en mme temps que la mer, et qu'ils cherchent aux environs de leurs demeures. Moins heureux que leurs voisins , ils n'ont ni btail, ni lait pour leur nourriture ; pas mme de btes sauvages combattre, car la contre n'a pas un seul arbrisseau. Avec des plantes aquatiques et des joncs qui croissent dans les marais , ils tissent des filets pour prendre les poissons. Ils faonnent la main des mottes de terre, qu'ensuite ils font scher au vent plutt qu'au soleil , et se servent de cette terre pour cuire leurs ali- mens, et rchauffer leurs entrailles glaces par les froids du nord. Ils n'ont d'autre boisson que l'eau de pluie garde dans des fosses l'entre de leurs maisons ; et pourtant, lorsque les Romains les subjuguant, ils crient qu'on leur donne des fers : soit ; mais combien d'hommes que la fortune pargne leur dtriment ! 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Miracula in septentrionali regione arborum. II. Aliud e silvis miraculum : totam reliquam Ger- maniam replent , adduntque frigori umbras : altissimae tamen haud procul supra dictis Chaucis, circa duos prae- cipue lacus. Litora ipsa obtinent quercus , maxima avi- ditate nascendi : suffossaeque fluctibus, aut propulsa? flatibus , vastas complexu radicum insulas secum aufe- runt : atque ita libratae stantes navigant, ingentium ra- morum armamentis , saepe territis classibus nostris , quum velut industria fluctibus agerentur in proras stan- tium noctu , inopesque reniedii illae , prlium navale ad- versus arbores inirent. 2. In eadem septentrionali plaga Hercyniae silvae ro- borum vastitas intacta aevis, et congenita mundo, prope immortali sorte miracula excedit. Ut alia omittantur fide caritura : constat attolli colles occursantium inter se ra- dicum repercussu : aut ubi secuta tellus non sit, arcus ad ramos usque, et ipsos inter se rixantes, curvari por- tarum patentium modo , ut turnias equitum transmit- tant. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 7 Forts merveilleuses dans le Nord. II. Les forts nous offrent une autre merveille : elles couvrent tout le reste de la Germanie , dont leur ombre augmente le froid. Les plus hautes sont voisines du pays de ces mmes Chauques, et particulirement de deux grands lacs. Sur les bords se trouvent des chnes qui y croissent trs-rapidement; dracins par les flots ou ren- verss par les vents , ils entranent avec eux de grandes les , qu'enlacent leurs racines croises. Ces chnes , ainsi soutenus debout en quilibre , flottent comme des navires auxquels d'normes branches servent d'agrs, et souvent ont port l'pouvante dans nos flottes, qui croyaient y voir des vaisseaux s'avancer dessein contre nos proues en station pendant la nuit ; et ne sachant quel remde recourir, elles se prparaient une bataille navale contre des arbres. 2. Dans ces mmes rgions septentrionales s'lve la gigantesque fort Hercynienne, dont les chnes encore respects par le temps, et contemporains du monde, offrent dans leur immortalit la plus tonnante de toutes les merveilles. J'omets beaucoup de dtails au dessus de toute croyance. Pour ne dire que ce qui est certain , leurs normes racines, se rencontrant, lvent souvent le terrain en colline ; ou bien , lorsque le sol rsiste , elles reviennent jusqu'aux branches , dont elles sont alors les rivales , et se votent en arcades semblables des portes , et assez spacieuses pour donner passage des escadrons de cavalerie. 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XTI. 3. Glandiferi maxime generis omnes , quibus honos apud Romanos perpetuus. De glandiferis : de civica corona. III. 4- Hinc civicae coronae , militum virtutis insigne clarissimum : jam pridem vero et clementise imperato- rum , postquam , civilium bellorum profano , meritum cpit videri , civem non occidere. Cedunt his murales , vallaresque , et aureae , quamquam pretio antcdentes. Cedunt et rostratae , quamvis in duobus maxime ad hoc aevi clbres : M. Varrone e piraticis bellis, dante Magno Pompeio : itemque M. Agrippa , tribuente Caesare e Si- culis , quae et ipsa piratica fuere. Antea rostra navium tribunali prfxa fori decus erant, veluti populo romano ipsi corona imposita : postquam vero tribuniciis seditio- nibus calcari ac pollui cpere , postquam vires ex pu- blico in priva tum agi , singulisque civium quaeri , sacro- sancta omnia profana facere, tum a pedibus eorum sub- iere |in capita civium rostra. Ddit hanc Augustus co- ronam Agrippa? : sed civicam a gnre humano accepit ipse. HISTOIRE NATURELLE , LIV. XVI. 9 3. Tous ces arbres sont glandifres , et ont de tout temps inspir aux Romains une profonde vnration. Des arbres gland : de la couronne civique. III. 4- C'est d'eux que l'on tire ces couronnes civi- ques , prix glorieux du courage militaire , ornement ac- cord , depuis long - temps , la clmence des empe- reurs , quand , au milieu des guerres civiles impies , on commena trouver de la vertu ne pas tuer un citoyen. Ces couronnes sont plus nobles que la couronne murale , que la vallaire , et mme que la couronne d'or, quoique celle-ci l'emporte par le prix du mtal. Elles l'em- portent encore sur les couronnes rostrales, quoique deux noms fameux les aient illustres dans nos temps modernes, Varron, qui le grand Pompe la donna dans la guerre des pirates , puis M. Agrippa , qui la reut d'Auguste dans la guerre de Sicile, guerre aussi dirige contre des pirates. Jadis les rostres, ou perons de navires, placs au pied de la tribune , faisaient l'ornement du Forum , taient comme des couronnes poses sur la tte du peuple romain : mais ds qu'ils eurent t profans et fouls aux pieds par des tribuns sditieux ; ds que la puissance publique passa dans les mains des particu- liers, qu'elle fut exerce par un individu aux dpens de l'tat , et que les objets les plus saints furent souills , les rostres passrent du pied des citoyens sur leur front. Auguste donna la couronne rostrale Agrippa, mais il reut lui-mme du genre humain la couronne civique. io C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. De coronarum origine. IV. Antiquitus quidem nulla, nisi deo, dabatur: ob id Homerus caelo tantum eas , et prlio universo tri- buit : viritim vero ne in certamine quidem ulli. Ferunt- que primum omnium Liberum patrem imposuisse capiti suo ex edera. Postea deorum honori sacrificantes sump- sere, victimis simul coronatis. Novissime et in sacris certaminibus usurpat : in quibus hodieque non victori datur, sed patriam ab eo coronari pronuntiatur. Inde natum, ut et triumphaturis conferrentur in templis di- cand : mox ut et ludis darentur. Longum est , nec instituti operis , disserere quisnam Romanorum primus acceperit : neque enim alias noverant , quam bellicas. Quod certum est, uni gentium huic plura sunt gnera, quam cunctis. Qui frondea corona donati. V. Romulus frondea coronavit Hostum Hostilium , quod Fidenam primus irrupisset. A.vus hic Tulli Hostilii rgis fuit. P. Decium patrem , tribunum militum , fron- dea donavit exercitus ab eo servatus, imperatore Cor- nelio Cosso consule, Samnitium bello. Civica iligna HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. n Origine des couronnes. IV. Primitivement on ne couronnait que les dieux ; aussi Homre ne donne-t-il de couronnes qu'aux habi- tans des cieux ou ceux qui figurent dans une bataille range. Nul hros ne la remportait au sortir d'un com- bat singulier. Bacchus fut le premier, dit-on , qui se couronna de lierre. Bientt ceux qui offraient des sa- crifices aux dieux se couronnrent eux et leurs vic- times. Enfin les couronnes parurent dans les combats sacrs; et encore aujourd'hui on avertit que ce n'est pas le vainqueur qui les reoit, on ne fait que proclamer le triomphe de la patrie : de l l'usage de donner au triom- phateur des couronnes qu'il ddie dans les temples. On en distribue aussi dans les jeux. Il serait trop long et hors de notre sujet de rechercher quel Romaiu en a t honor le premier. Les seules que nous connussions au- trefois taient les couronnes militaires. Il est certain qu' nous seuls nous en avons plus de sortes que tous les autres peuples ensemble. Citoyens couronns de feuillage. V. Romulus couronna de feuillage Hostus Hostilius r pour tre entr le premier dans Fidne. Le roi Tullus Hostilius fut le petit-fils de ce guerrier. Decius le pre, tribun militaire , reut aussi une couronne de feuillage au nom de l'arme qu'il avait sauve , sous le consulat de Cornlius Cossus , dans la guerre des Samnites. Origi- 12 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. primo fuit , postea magis placuit ex esculo Jovi sacra. Variatumque et cum quercu est , ac data ubique , quae fuerat, custodito tantum honore glandis. Additse leges arct, et ideo superbae , quasque conferre libeat cum illa Graecorum summa, qua? sub ipso Jove datur, cuique muros patria gaudens rumpit : Civem servare, hostem occidere : utque eum locum , in quo sit actum , hostis obtineat eo die : ut servatus fateatur : alias testes nil prosunt. Ut civis fuerit: auxilia, quamvis rege servato, decus id non dant. Nec crescit honos idem imperatore conservato, quoniam conditores in quocumque cive sum- mum esse voluere. Accepta licet uti perpetuo. Ludos ineunti semper adsurgi , etiam ab senatu , in more est. Sedendi jus in proximo senatui. Vacatio munerum om- nium ipsi , patrique , et avo paterno. Quatuordecim eas accepit Siccius Dentatus , ut retulimus suo loco : sex Capitolinus. Is quidem et de duce Servilio. Africanus de ptre accipere noluit apud Trebiam. O mores ter- nos, qui tanta opra honore solo donaverint : et quum reliquas coronas auro commendarent , salutem civis in pretio esse noluerint : clare professi, ne servari quidem hominem fas esse lucri causa ! HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i3 nairement la couronne civique tait d'yeuse; cet arbre on substitua plus tard l'esculus , consacr Jupiter, et quelquefois le chne ; enfin toutes les varits de chne furent employes indiffremment , car on n'avait gard qu'au gland. Au reste, on fit ce sujet des lois svres, hautaines, et comparables celle que les Grecs proclament devant la statue de Jupiter quand la patrie, dans son all- gresse, ouvre ses murailles l'athlte vainqueur. Voici ces lois : Sauver un citoyen , tuer un ennemi ; faire cet exploit sur un terrain que l'ennemi combattu ait occup le jour mme; avoir pour soi l'aveu de celui qu'on a sauv, car les autres tmoins seraient inutiles ; tre soi-mme ci- toyen : un soldat auxiliaire , et-il mme sauv le roi , n'aurait pas droit cet honneur. Du reste , ft-ce le gnral en chef qu'on et prserv de la mort, l'honneur ne serait pas plus grand , car la volont du lgislateur a t que la vie du moindre citoyen donnt les droits les plus complets. Une fois honor de la couronne , on peut la porter sans cesse. Chacun se lve en prsence du citoyen dcor lorsqu'il entre au spectacle , et mme au snat. Il a droit de s'asseoir prs des snateurs. Son aeul paternel, son pre, ainsi que lui-mme, sont exempts de toute charge publique. Siccius Dentatus reut qua- torze couronnes civiques , comme nous l'avons dit plus haut. Manlius Gapitolinus en eut six, dont une pour avoir sauv son gnral Servilius. Scipion l'Africain ne voulut point en recevoir pour avoir sauv son pre la bataille de la Trbie. O murs dignes de l'immortalit, qui ne dcernaient qu'un prix tant de faits hroques, l'honneur , et qui , enrichissant par l'or tant d'autres i4 C. PLINII HLST. NAT. LIB. XVI. Glandium gnera xiii. VI. 5. Glandes opes esse nunc quoque multarum gen- tium, etiam pace gaudentium constat. Necnon et inopia frugum arefactis molitur farina, spissaturque in panis usum. Quin et hodieque per Hispanias, secundis mensis glans inseritur. Dulcior eadem in cinere tosta. Cautum est praeterea lege xn tabularum, ut glandem in alienum fundum procidentem liceret colligere. v> Gnera earum multa. Distant fructu , situ , sexu , sapore. Namque alia fageae glandi figura, alia quernae, et alia ilignse : atque inter se quoque generum singulorum differentiae. Prae- terea sunt aliquee silvestres, ali placidiores, quae culta obtinent. Jam etiam in montuosis , planisque distant : sicut et sexu mares ac feminae : item sapore. Dulcissima omnium fagi , ut qua obsessos etiam homines durasse in oppido Chio tradat Cornlius Alexander. Gnera dis- tinguer non datur nominibus , quae sunt alia alibi. Quippe quum robur quercumque vulgo nasci videamus, esculum non ubique. Quartam vero generis ejusdem , quae cerrus vocatur, ne Itali quidem majore ex parte HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i5 couronnes, ne voulurent pas valuer la vie d'un citoyen protestation vidente qu'en sauvant un homme , on ne doit point avoir l'argent en vue. Treize espces de glands. VI. 5. Les glands sont encore de nos jours une richesse pour nombre de peuples , mme en temps de paix. Les grains manquent-ils, la farine que fournit le gland, sch et moulu , se ptrit pour donner du pain. L'Espagne encore aujourd'hui fait paratre des glands au dessert. Ceux qu'on fait cuire sous la cendre sont plus doux. La loi des Douze-Tables permet d'aller reprendre sur le terrain d'autrui le gland qui y est tomb. Il existe di- verses espces de chnes : elles diffrent par leurs fruits , leurs localits, leur sexe, leur saveur. Autre est la forme du gland que porte le htre , autre celle du fruit de l'yeuse , autre encore celle du vrai chne ; en outre , chaque espce offre encore des varits. On distingue aussi les espces sauvages de celles qui sont cultives , et qui portent des fruits plus doux. Les montagnes n'of- frent pas les mmes chnes que la plaine. Ailleurs ce sont les sexes qui diffrent ; ailleurs encore ce sont les sa- veurs. De tous les glands , les plus doux sont les fanes , qui soutinrent si long-temps dans un sige les habitans de Chio, au rapport de Cornlius Alexandre. Quant aux noms qui distingueraient chaque espce, il est impossible de les numrer, parce qu'ils diffrent selon les lieux. On trouve partout le robur (rouvre) et le chne com- mun. L'esculus n'existe pas partout. Une quatrime es- 16 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. notam esse. Distinguemus ergo proprietate, naturaque : et ubi res coget , etiam graecis nominibus. De fago. VIL 6. Fagi glans nucleis similis, triangula cute in- cluditur. Folium tenue, atque e levissimis, populo si- mile , celerrime flavescens : et mdia parte plerumque gignens superne parvulam baccam viridem , cacumine aculeatam. Fagi glans muribus gratissima est , et ideo animalis ejus una proventus : glires quoque saginat : expetitur et turdis. Arborum fertilitas omnium fere al- ternat, sed maxime fagi. , , De reliquis glandibus : de carbone. VIII. Glandem , qu proprie intelligitur , ferunt ro- bur, quercus, esculus, cerrus, ilex , suber. Continetur hispido calyce , per gnera plus minus cutem complec- tente. Folia , praeter ilicem , gravia , carnosa , procera , sinuosa lateribus, nec, quum cadunt, flavescentia , ut fagi : pro differentia generum breviora , vel longiora. llicis duo gnera. Ex iis in Italia folio non multum ab oleis distant , smilaces a quibusdam Graecis dictae. In HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 17 pce, dite cerrus, est mme inconnue la majeure partie de l'Italie. Nous ne distinguerons donc ces arbres que par leurs proprits, leur nature, et, quand il le faudra, par leurs noms grecs. Du htre. VII. 6. La fane offre l'aspect d'un noyau, et une peau triangulaire la recouvre. La feuille du htre est mince, trs-lgre, et semblable celle du peuplier; elle jaunit trs-vite. Sa partie moyenne projette ordinai- rement, de bas en haut, une petite baie verte sommet pointu. La fane plat beaucoup aux rats, qu'elle attire en grandes troupes. Les loirs s'en engraissent; les grives la recherchent aussi. Presque tous les arbres , et parti- culirement le htre, ne portent de fruits en abondance que de deux ans l'un. Des autres glands : du charbon. VIII. Le gland proprement dit vient sur le rouvre, le chne , l'esculus , le cerrus , l'ilex et le lige. Il est embot dans une enveloppe raboteuse qui embrasse plus ou moins , selon les espces, le fruit qui est lisse. Tous ces arbres, sauf l'ilex, ont la feuille longue, charnue, pesante , sinueuse sur les bords. Elle ne jaunit pas ds qu'elle tombe, comme celle du htre. Sa petitesse, sa grandeur varient selon les espces. Il y a deux sortes d'ilex : l'une se trouve en Italie ; elle ressemble assez l'olivier; les Grecs la nomment smilax : la seconde, x. 2 i8 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. provinciis sunt aquifolia?. Ilicis glans utriusque brevior et gracilior, quam Homerus acylon appellat, eoque no- mine a glande distinguit. Masculas ilices negant ferre. Glans optima iu quereu , atque grand issima : mox esculo: nam roboris parva : cerro tristis, borrida , echi- nato calyce, ceu castanea3. Sed et in querna, alia dul- cior, molliorque feminae : mari spissior. Maxime autem probantur latifolia? ex argumento dictae. Distant inter se magnitudine, et cutis tenuitate. Item quod aliis sub- est tunica rubigine scabra , aliis protinus candidum corpus. Probatur et ea , cujus in balano utrimque ex longitudine , extrema lapidescit duritia : melior, cui in cortice, quam cui in corpore : utrumque non nisi mari. Prterea aliis ovata, aliis rotunda, aliis acutior figura. Sicut et colos nigrior, candidiorve, qui praefertur. Ama- ritudo in extremitatibus , mediae dulces. Quin et pedi- culi brevitas proceritasque differentiam babet. In ipsis vero arboribus, quse maximam fert, bemeris vocatur, brevior, et in orbem comosa , alasque ramo- rum crebro cavata. Fortius lignum quercus babet et incorruptius : ramosa et ipsa : procerior tamen, et cras- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 19 qui n'existe que dans les provinces, s'appelle houx. Le gland de chacune de ces espces est plus court et plus mince que celui des autres. Homre le nomme acylon, et le distingue du gland ordinaire par cette dnomination. On ajoute que l'ilex mle ne porte point de fruits. Les plus gros et les meilleurs glands naissent sur le eline commun ; viennent ensuite ceux de l'esculus. Ceux du rouvre sont petits. Le cerrus n'en a que de laids, et dont le calice est hriss comme l'enveloppe d'une chtaigne. Parmi les glands que donne le chne commun, celui du chne femelle est plus doux et plus tendre. L'arbre mle en produit de plus massifs. Les plus estims sont ceux que donne l'espce larges feuilles. Les glands diffrent par leur grosseur et par la finesse de leur enveloppe. Ils diffrent aussi en ce que les uns sont envelopps d'une peau pre et couleur de rouille , tandis que d'autres offrent , quand on les ouvre , une chair blanche. On estime les glands dont les deux bouts ont la duret de la pierre. Ceux qui ont la peau dure sont meilleurs que ceux dont l'amande mme a ce dfaut ; mais ceci ne s'applique qu'au mle. La forme des glands est tantt ovale, tantt ronde, quelquefois aigu. La couleur est noire ou blanche; cette dernire est prfre. Les glands sont amers aux extrmits et doux au milieu. La queue, longue ou courte, est aussi une diffrence caractris- tique. De tous ces arbres, celui qui porte les plus gros fruits se nomme hmris. Petit , touffu , ses branches s'arron- dissent en tte, et leur naissance on remarque ordi- nairement des cavits. Le chne commun a un bois plus 0.. ao C PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. sior caudice. Excelsissinia autem aegilops, incultis arnica. Ab hac proxima latifoliae proceritas , sed minus utilis aedificiis , atque carboni : dolata vitiis obnoxia est : quam- obrem solida utuntur : carbo in aerariorum tantum of- ficinis compendio : quoniam desinente flatu protinus emoriens, saepius recoquitur : cetero plurimis scintillis. Idem e novellis melior. Acervi confertis taleis recenti- bus luto eaminantur : accensaque strue contis pungitur durescens calyx , atque ita sudorem emittit. Pessima et carboni et materi haliplilos dicta, cui crassissimus cortex atque caudex , et plerumque cavus fungosusque. Nec alia putrescit ex hoc gnre , etiam quum vivit. Quin et fulmine saepissime icitur, quamvis altitudine non excellt : ideo ligno ejus nec ad sacrificia uti fas habetur. Eidem raro glans, et quum tulit , amara , quam praeter sues nulium attingat animal : ac ne ha? quidem, si aliud pabulum habeant. Hoc quoque inter reliqua neglectaB religionis est , quod emortuo carbone sacrifcatur. Glans fagea suem hilarem facit , carnem coquibi- lem , ac levem et utilem stomacho : iligna , suem an- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVL ai fort et moins accessible la corruption. Il a aussi de fortes branches; mais il s'lve plus haut, et a le tronc plus gros. Cependant le plus lev des chnes est l'gi- lops , qui aime les terres en friche. Aprs lui vient le chne larges feuilles , moins bon pour btir et pour faire du charbon. Travaill, il se gte aisment; aussi l'emploi e-t-on sans le charpenter. Son charbon ne peut servir qu'aux ouvriers en cuivre : il s'teint ds qu'on cesse de souffler, et subit ainsi plusieurs fois l'preuve du feu ; du reste, il jette beaucoup d'tincelles. Le meilleur est celui qu'on tire du jeune bois. A cet ef- fet, on prend des tronons de chnes encore verts, on les entasse, on enduit d'argile la pile qu'ils forment ; puis , mettant le feu , on perce en divers endroits la crote durcie , et par ce moyen le bois laisse chapper son humidit. Pour btir comme pour confectionner le charbon, la dernire qualit de chne est l'haliphlos. Son corce est trs-paisse, son tronc trs-gros, sa texture spongieuse et fongueuse le plus ordinairement. Seul de tous les chnes il pourrit sur pied. Quoique d'une hauteur mdiocre , il est souvent frapp de la foudre; aussi son bois est-il interdit dans les sacrifices. Son gland , rare d'ailleurs , est si amer, que, seul de tous les animaux, le cochon consent y toucher : encore faut-il qu'il manque de toute autre nourriture. Une autre raison qui le fait bannir des crmonies religieuses, c'est que souvent le feu qu'il doit alimenter s'teint pendant le sacrifice. La fane donne de la gat au cochon , et rend sa chair facile cuire , lgre et bonne l'estomac. Le fruit a 2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. gustam , nitidam, strigosam, ponderosam : querna, dif- fusam : gravissima et ipsa glandium , atque dulcissima. Proximam huic cerream tradit Nigidius , nec ex alia solidiorem carnem, sed duram. Hanc novissimam cadere. Fungosam carnem fieri esculo , robore , subere. De galla. IX. Quae glandem ferunt , omnes et gallam , alter- nisque annis glandem. Sed gallam hemeris optimam, et coriis perficiendis aptissimam. Similem huic lalifolia , sed lviorem, mul toque minus probatam. Fert et nigram. Duo enim gnera sunt. Hc tingendis utilior. 7. Nascitur autem galla sole de Geminis exeunte , erumpens noctu semper universa. Crescit uno die can- didior. Et si aestu excepta est , arescit protinus , neque ad justum incrementum pervenit : boc est, ut nucleum fabae magnitudine habeat. Nigra diutius viret : crescit- que, ut interdum mali compleat magnitudinem. Optima Commagena, deterrima ex robore. Signum ejus, quod cavern translucent. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. a3 de l'ilex rend le porc efflanqu, luisant, chtif et lourd; le gland du chne commun l'engraisse : c'est la fois le plus pesant et le plus doux de tous ces fruits. Selon Nigidius, le second rang appartient au gland du cerrus; mais s'il affermit la chair, il la durcit. Celui de l'ilex est nuisible l'animal , moins qu'on ne le lui donne) par petite ration. C'est, de tous les glands, celui qui tombe le dernier. L'esculus, le rouvre, le lige donnent au porc une chair spongieuse. De la noix de galle. IX. Tous les arbres glandifres portent aussi la noix de galle ; ils ne portent du gland que de deux annes l'une. La meilleure noix de galle, et la plus propre pour le travail des cuirs, est celle de Phmris. Celle du chne larges feuilles lui ressemble, mais elle est plus lisse et beaucoup moins estime. Cet arbre porte aussi une noix de galle noire , car il y en a de deux sortes : celle-ci vaut mieux pour la teinture. 7. La noix de galle se montre lorsque le soleil quitte le signe des Gmeaux ; elle sort tout entire en une seule nuit. Un jour suffit de mme la blanche ; mais si la chaleur la surprend, elle se dessche promptement, et ne peut arriver sa grosseur ordinaire , qui est celle d'une fve. La noire est verte plus long-temps; sa crois- sance, plus longue, la mne quelquefois au volume d'une pomme. C'est la Commagne qui donne la meilleure noix de galle ; la moins estime vient du rouvre. On la reconnat des trous qui laissent passer la lumire. * a4 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. Quam multa praeter glandem ferant eaedem arbores. X. Robur, prter fructum , plurima et alia gignit. Namque fert et gall utrumque genus , et qudam ve- luti mora , ni distarent arida duritie : plerumque tauri caput imitantia , quibus fructus inest nucleis olivae si- milis. Nascuntur in eo et pilulae , nucibus non absimi- les , intus habentes floccos molles , lucernarum lumini- bus aptos. Nam et sine oleo flagrant, sicuti galla nigra. Fert et aliam inutilem pilulam cum capillo, verno ta- men tempore melligeni succi. Gignunt et alae ramorum ejus pilulas , corpore, non pediculo, adhrentes : can- dicantes umbilicis : cetera nigra varietate dispersa. Media cocci colorem habent. Apertis amara inanitas est. Ali- quando et pumices gignit : necnon et e foliis convolutas pilulas : et in folio rubente aquosos nucleos, candican- tes ac translucidos, quamdiu molles sint , in quibus et culices nascuntur : maturescunt in modum gall. Cachrvs. XL 8. Ferunt robora et cachryn (ita vocalur pilula in medicina urendi vim habens). Gignitur et in abiete , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. a 5 Autres produits des arbres gland. X. Le rouvre, outre son fruit, donne encore plusieurs autres produits : telles sont d'abord deux espces de noix de galle, puis une sorte de mre, qui diffre du fruit de ce nom en ce qu'elle est sche et dure. Presque tou- jours elle a l'aspect d'une tte de taureau. Elle contient un noyau qui ressemble celui de l'olive. On cueille aussi sur cet arbre de petites boules semblables des noix , et qui renferment une matire cotonneuse propre faire des lampes , car elle brle sans que l'huile l'ali- mente, ainsi que la noix de galle noire. Le rouvre pro- duit encore d'autres boules garnies de poils, mais sans usage ; seulement , au printemps , elles rendent un suc mielleux. A l'aisselle des branches croissent encore d'au- tres boules qui adhrent au bois par une partie de leur surface , et non par un pdicule. Le point d'attache est blanchtre. Sur le reste de la boule sont des marbrures noires ; le milieu offre la couleur de l'carlate. En dedans elles sont creuses , et ont un got amer. Enfin le rouvre porte quelquefois des espces de pierres-ponces , de pe- tites boules de feuilles roules, et sur des feuilles rouges d'autres boules aqueuses , blanchtres et diaphanes tant qu'elles sont l'tat de mollesse. Elles mrissent comme la noix de galle, et il s'y engendre des insectes. Le cachrys. XI. 8. Sur le rouvre nat aussi le cachrys, petite boule employe en mdecine comme caustique , et que four- 2 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. larice , picea , tilia, nuce , platano , postquam folia ce- cidere, hieme durans. Continet nucleum pineis similem: is crescit hieme, aperitur vere pilula tota: cadit, quum folia cpere crescere. Tarn multifera sunt, tt res praeter glandem pariunt robora. Sed et boletos , suillosque , gulae novissima irritamenta , quae cirea radies gignun- tur : quercus probatissimos : robur autem, et cupressus, et pinus noxios. Robora ferimt et viscum , et mella, ut auctor est Hesiodus. Constatque rores melleos , e caelo , ut diximus , cadentes , non aliis magis insidere frondi- bus. Cremati quoque roboris cinerem nitrosum esse cer- tum est. Cocciim. XII. Omnes tamen lias ejus dotes ilex solo provocat cocco. Granum hoc , primoque ceu scabies fruticis , parvae aquifoliae ilicis : cusculium vocant : pensionem alteram tributi pauperibus Hispaniae donat. Usum ejus gratiorem in conchylii mentione tradidimus. Gignitur et in Galatia, Africa, Pisidia, Cilicia: pessimum iu Sar- dinia. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 27 nissent aussi le sapin , le larix , le pica , le tilleul , le noyer, le platane, aprs la chute de leurs feuilles; cette boule subsiste tout l'hiver. Elle renferme un noyau semblable celui de la pomme de pin. Ce noyau com- mence grossir en hiver ; au printemps la boule s'ouvre en entier , et elle tombe quand les feuilles reparaissent. Telles sont les nombreuses productions que le rouvre enfante outre le gland. Au pied de cet arbre croissent les bolets et les champignons dits suilli , derniers stimulaus dcouverts par nos gourmets. Ceux qui naissent sous le vrai chne sont les meilleurs. Ceux au contraire qui naissent sous le rouvre, le cyprs et le pin, sont dange- reux. Le rouvre voit natre aussi le gui , et du miel selon Hsiode. Il est certain que nul arbre plus que celui-ci n'est baign plus frquemment de la rose miel- leuse qui tombe du ciel , comme nous l'avons dj dit. Sa cendre, quand on l'a brle, est incontestablement nitreuse. Le coccum. XII. Le rouvre , malgr tous ces avantages , le cde l'ilex , et l'carlate son unique produit. Ce grain , qui est comme une gale de l'arbre o on le trouve , couvre surtout les branches de houx : on le nomme cus- culium. En Espagne, les pauvres l'emploient acquitter une partie de leurs tributs. Nous avons dit, en traitant de la pourpre, de quelle manire on peut l'employer avanta- geusement. On en recueille aussi en Galatie, en Afrique, en Pisidie et en Cilicie. La moins estime nous vient <\c Sardaigne. a 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Agaricum. XIII. Galliarum glandiferae maxime arbores agaricum ferunt. Est autem fungus candidus, odoratus, antidotis effcax , in sumtnis arboribus nascens , nocte relucens. Signum hoc ejus , quo in tenebris decerpitur. E glan- diferis sola quae vocatur aegilops , fert pannos arentes , muscoso villo canos , non in eortice modo, verum et e ramis dependentes cubitali magnitudine, odoratos, ut diximus inter unguenta. Suberi minima arbor , glans pessima , rara : cortex tantum in fructu, prcrassus ac renascens , atque etiam in denos pedes undique explanatus. Usus ejus ancorali- bus maxime navium, piscantiumque tragulis, et cado- rum obturamentis : prterea in liiberno feminarum cal- ceatu. Quamobrem non infacete Grceci corticis arborem appellant. Sunt et qui feminam ilicem vocent : atque ubi non nascitur ilex, pro ea subere utantur, in carpen- tariis praecipue fabricis, ut circa Elin et Lacedaemonem, Nec in ltalia tota nascitur, aut in Gallia omnino. HISTOIRE NATURELLE, I.1V. XVI. 29 L'agaric. XIII. Ce sont surtout les arbres glandiferes de la Gaule qui produisent l'agaric : tel est le nom d'un cham- pignon blanc, odorant, antidote puissant qui pousse sur le sommet des arbres, et qui reluit dans l'obscurit. C'est la nuit qu'on le cueille la faveur de cette lueur. L'gi- lops est, de tous les arbres glands, le seul qui porte des corps plats et secs , revtus d'une mousse velue et blan- chtre , attache soit l'corce des arbres , soit aux branches , d'o ils pendent en rameaux de la longueur d'une coude. Ils exhalent une odeur agrable , comme nous l'avons dit l'article des parfums. Le chne-lige est trs-petit ; son gland ne vaut rien , il est spongieux. On n'utilise que son corce, dont l'- paisseur est considrable, et qui revient mesure qu'on l'enlve. On en a vu former des surfaces planes de dix pieds carrs. On l'emploie souvent pour les cbles des vaisseaux, les filets des pcheurs, les bondons des ton- neaux , et surtout pour la chaussure d'hiver des femmes : aussi les Grecs appellent-ils assez plaisamment le lige l'arbre-corce. Quelques-uns le nomment ilex femelle; et, dans les lieux o il n'y a point d'ilex, on le rem- place par le lige, surtout pour la charpenterie, comme aux environs d'lis et de Lacdmone. Le lige ne crot qu'en quelques contres de l'Italie, et manque totalement dans les Gaules. 3o C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. Quarum arborum cortices in usu. XIV. 9. Cortex et fagis , tiliae , abieti , piceae , in magno usu agrestium. Vasa , corbesque , ac patentiora quaedam messibus convehendis vindemiisque faciunt , atque prtexta tuguriorum. Scribit in recenti ad duces explorator, incidens literas a succo. Nec non in quodam usu sacrorum religiosus est fagi cortex. Sed non durt arbor ipsa. De scandulis. XV. 10. Scandulae e robore aptissimae, inox e glan- diferis aliis , fagoque : facillimae ex omnibus quae resi- nam ferunt : sed minime durant , praeterquam e pino. Scandula contectam fuisse Romam, ad Pyrrhi usque bellum, annis cccclxx, Cornlius Nepos auctor est. Sil- varum certe distinguebatur insignibus. Fagutali Jovi etiam nunc, ubi lucus fageus fuit : porta Querquetulana : colle in quem vimina petebantur, totque lucis, quibus- dam et geminis. Q. Hortensius dictator, quum plebs secessisset in Janiculum , legem in Esculeto tulit, ut << quod ea jussisset, omnes Quirites teneret. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 3r Arbres dont on emploie l'corce. XIV. 9. L'corce de htre , de tilleul , de sapin , de piea , est trs en usage dans les campagnes ; on la fa- onne en paniers, en corbeilles, en mannequins, qui servent au transport des rcoltes de grains et de raisins. On en couvre les chaumires. Les espions donnent aussi des avis aux chefs qui les envoient, en traant des ca- ractres sur l'corce rcente et pleine de suc de ces ar- bres. Celle du htre est, de plus, employe dans quel- ques crmonies religieuses; mais l'arbre lui-mme sub- siste peu de temps. Des bardeaux. XV. 1 o. Le rouvre , ensuite les autres arbres glands et le htre, fournissent les meilleurs bardeaux; les plus aiss fabriquer sont ceux qu'on tire des arbres rsi- neux, mais ils se dtriorent vite, sauf ceux que fournit le pin. Rome n'eut que des bardeaux pour toiture jusqu' la guerre de Pyrrhus, c'est--dire pendant quatre [cent soixante-dix ans, au rapport de Cornlius Nepos. Des forts, on ne peut en douter, distinguaient les diverses parties de son enceinte : un bois de htre s'levait dans le quartier de Jupiter Fagutal , des chnes la porte Querqutulane , des oseraies sur la colline Viminale ; quelques autres endroits taient distingus par le nom d'autant de petits bois , et quelquefois par celui de deux bois ensemble. Lors de la retraite du peuple romain sur 3 a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De pino. XVI. Peregrinae tum videbantur, quoniam non eraiit suburbanae , pinus atque abies , omnesque quas picem gignunt, de quibus nunc dicemusr, simul ut tota con- diendi vina origo cognoscatur. Ouaedam ferunt in Asia , aut Oriente , e praedictis picem. In Europa sex gnera cognatarum arborum ferunt. Ex iis pinus atque pinaster folium habent capillamenti modo prsetenue, longumque, et mucrone aculeatum. Pinus fert minimum resinse, in- terdum et nucibus ipsis , de quibus dictum est , vixque ut adscribalur generi. De pinastro. XVII. Pinaster nihil aliudest, quam pinus silvestris r mira altitudine, et a medio ramosa , sicut pinus in ver- tice. Copiosiorem dat haec resinam , quo dicemus modo. Gignitur et in planis. Easdem arbores alio nomine esse per oram Italiae , quos tibulos vocant , plerique arbi- trante, sed graciles succinctioresque , et enodes , li- burnicarum ad usus , paene sine rsina. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 33 le Janicule, Hortensius, dictateur, porta dans un bois d'esculus une loi ordonnant tout individu romain d'o- bir aux plbiscites. Du pin. XVI. On regardait comme exotiques cette poque, parce qu'on ne les cultivait pas dans les faubourgs de la ville, le pin, le sapin, et tous les arbres poix : c'est de ce genre d'arbres que nous allons parler maintenant, afin de complter la thorie de la prparation des vins. Des arbres mentionns ci-dessus , plusieurs , en Asie et en Orient, rapportent de la poix; en Europe, il est jusqu' six espces qui la produisent. De ce nombre sont le pin et le pinaster, dont les feuilles pointues, piquantes et minces , forment une espce de chevelu. C'est le pin qui donne le moins de rsine ; cependant quelquefois on en trouve dans les pommes de pin dont il a t parl plus haut. A peine pourtant le compte-t-on parmi les arbres rsineux. Du pinaster. XVII. Le pinaster n'est qu'un pin sauvage extrme- ment haut, et qui jette des branches ds le milieu du tronc , tandis que le pin ne s'en couvre qu' la cime. Il est plus riche en rsine ; nous en dcrirons plus bas l'extraction. Il crot sur les monts et en plaine. Gn- ralement on regarde comme des pins sauvages, quoi- que diffremment nomms en Italie, les tibules plus grles , plus retrousss , sans nuds et presque sans r- x. 3 34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De picea : abiete. XVIII. Picea montes amat , atque frigora : feralis arbor, et funebri indicio ad fores posita, ac rogis vi- rens : jam tamen et in domos recepta , tonsili facilitate. Haec plurimam resinam fundit , interveniente candida gemma , tam simili thuris , ut mixta visu discerni non queat : unde fraus Seplasiae. Omnibus his generibus folia brevi seta et crassi ore , duraque, ceu cupressis. Piceae rami paene statim ab ra- die modici, velut brachia , lateribus inhaerent. Simili- ter abieti, expetitse navigiis. Situs in excelso montium, ceu maria fugeret : nec forma alia. Materies vero pr- cipua trabibus , et plurimis vitae operibus. Rsina ei vi- tium , unde fructus unus piceae : exiguumque sudat ali- quando contactu solis. E di verso materies , qua abieti pulcherrima piceae ad fissiles scandulas , cupasque , et pauca alia secamenta. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 35 sine , dont on se sert pour la construction des libur- niques. Du pica : de l'abies. XVIII. Le pica aime les monts et le froid. Consa- cr aux funrailles , on le place , comme emblme de mort , la porte du dfunt. On construit les bchers de ses tiges encore vertes. On commence cependant en planter dans les jardins des maisons , parce qu'il est facile tailler. Le pica rend une grande quantit de rsine , dans laquelle se forment comme des perles blanches qui ressemblent tellement l'encens , que l'il ne peut les distinguer; ce qui favorise les fraudes de la parfumerie. Tous ces arbres ont la feuille courte, paisse et dure, comme le cyprs. Le pica jette des branches en quelque sorte ds le pied ; mais ces branches sont peu grandes , et il les jette par les cts. Il en est de mme du sapin, trs-recherch pour la construction des vaisseaux. Il crot sur la cime des montagnes, comme s'il cherchait fuir la mer, et offre les mmes formes que le prcdent. On s'en sert beaucoup pour faire des poutres et divers ouvrages utiles. L'coulement de la rsine est un dchet pour cet arbre; il n'est avantageux qu'au pica seul. Au reste, le pica , expos au soleil , rend quelquefois un peu de rsine. Quant au bois, il est trs-beau, et, la diff- rence du bois de sapin, on l'emploie faire des bar- deaux , des cuves et quelques autres ouvrages sem- blables. 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De larice : teda. XIX. Quinto generi situs idem , eadem facis : larix vocatur. Materies praestantior longe, incorrupta vis, mori contumax : rubens praeterea , et odore acrior. Plusculum huic erumpit liquoris , melleo colore , atque lentiore , nuraquam durescentis. Sextum genus est teda proprie dicta, abundantior succo quam reliqua, parciore liquidioreque quam in picea : flammis ac lumini sacrorum etiam grata. Ha? , mares dumtaxat , ferunt et eam , quam Graeci sycen vo- cant , odoris gravissimi. Laricis morbus est, ut teda fit. Omnia autem haec gnera accensa , fuligine immo- dica , carbonem repente exspuunt cum eruptionis cre- pitu , ejaculanturque longe : excepta larice , quae nec ardet , nec carbonem facit, nec alio modo ignis vi con- sumitur, quam lapides. Omnia ea perpetuo virent, nec facile discernuntur in fronde , etiam a peritis : tanta natalium mixtura est. Sed picea minus alta quam larix. Illa crassior, leviorque cortice, folio villosior, pinguior, et densior, molliorque flexu. At piceae rariora sicciora- que folia , et tenuiora , ac magis algentia : totaque hor- ridior est , et perfusa rsina. Lignum abieti similius. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 3 7 Du larix : du tda. XIX. La cinquime espce d'arbres rsine se nomme larix , et ressemble la prcdente. Elle vient aux mmes lieux. Son bois, beaucoup plus beau, est incorruptible et indestructible ; de plus , il est rouge , et d'une odeur plus forte que celui du sapin. Sa rsine, assez abondante, a la couleur et la viscosit du miel. Jamais elle ne se durcit. Le tda proprement dit occupe le sixime rang. Il donne plus de poix que les autres, l'exception du pica. Cette poix est aussi plus liquide. On prfre son bois pour les feux des sacrifices et les crmonies reli- gieuses. Le tda mle, mais celui-l seul, porte cette espce de fruit ftide que les Grecs ont nomm sjce. Lorsque le larix rend autant de rsine que le tda , c'est une preuve qu'il est malade. Soumis l'preuve du feu , tous ces bois rendent une quantit prodigieuse de fume paisse et noire. A l'excep- tion du larix, ils dcrpitent en jetant leur charbon au loin. Le larix ne brle point, ne donne pas de charbon , et n'prouve pas dans le feu plus d'altration que la pierre. Tous sont ternellement verts, et leur feuillage est difficile distinguer, mme pour un connaisseur; tant est grande la ressemblance des espces. Cependant le larix est plus gros et plus haut que le pica; il a l'corce plus lisse, la feuille plus velue, plus grasse, plus dense, plus flexible. Le pica a des feuilles plus clair-semes , plus minces , plus sches , plus glaces en quelque sorte , et plus hrisses. Il contient quantit de rsine. Le bois 38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Larix ustis radicibus non repullulat, picea repullulat, ut in Lesbo accidit , incenso nemore Pyrrhseo. Alia etiamnum generibus ipsis in sexu differentia. Mas brevior et durior : femina procerior, pinguioribus foliis et simplicibus atque non rigentibus. Lignum ma- ribus durum , et in fabrili opre contortum : femin mollius , publico discrimine in securibus. H in quo- cumque gnre deprehendunt mareui : quippe respuun- tur, et fragosius sidunt, aegrius revelluntur. Ipsa mate- ries retorrida , et nigrior maribus radix. Circa Idam in Troade et alia differentia est, montanae , maritimaeque. Nam in Macedonia et Arcadia , circaque Elin , permu- tant nomina , nec constat auctoribus , qnod cuique ge- neri adtribuant : nos ista romano discernimus judicio. Abies e cunctis amplissima est , et femina etiam pro- lixior : materie mollior utiliorque, arbore rotundior, folio pinnato densa , ut imbres non transmittat , atque bilarior in totum. E ramis generum horum panicularum modo nucamenta squamatim compacta dpendent, prae- terquam larici. Hc abietis mascul , primori parte nu- cleos habent : non item femina?. Piceoa vero totis pani- culis , minoribus gracilioribusque , minimos ac nigros. Propter quod Grci phthirophoron eam appellant. In HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 3 9 ressemble davantage celui du sapin. Le larix ne pousse pas quand on en a brl les racines ; le pica , au con- traire, repousse, comme cela arriva Lesbos aprs l'in- cendie de la fort Pyrrhe. Les espces diffrent encore par le sexe : les maies sont plus courts et ont le bois plus dur; les femelles, plus hautes, ont les feuilles plus grasses, plus lisses et moins raides. Le bois des mles , outre sa duret , est trs-tortueux et difficile mettre en uvre ; celui des arbres femelles est plus tendre , ce qu'on reconnat faci- lement par la cogne. Elle atteste aussi les proprits du bois mle, qui la repousse, qui ne se laisse entamer par elle qu'avec grand bruit, et qui ne la laisse chap- per qu'avec peine. Le bois mle est aussi plus tortueux, et sa racine plus noire. Aux environs du mont Ida, en Troade , on distingue ceux de la montagne et ceux de la cte. En Macdoine, en Arcadie, aux environs d'lis ? les noms sont tout autres , et les auteurs ne savent au juste quelles espces les appliquer : pour nous , n'em- ployons que les dnominations en usage Rome. Le sapin est de tous ces arbres le plus lev : le sapin femelle, surtout, acquiert une hauteur extraordinaire. Son bois, plus tendre, est plus propre tre mis en uvre; il est plus arrondi : son feuillage touffu imite , par sa dispo- sition, le pennage serr des oiseaux, intercepte la pluie, et a quelque chose de plus gai que les autres. A l'excep- tion du larix, ces arbres ont tous des espces de pignons ou cnes pendans , cailleux et compactes. Les fruits du sapin mle ont des noyaux vers leur pointe; ceux que porte l'arbre femelle n'en ont point. Ceux du pica? 40 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. eadem nucamenta compressiora maribus sunt, ac minus rsina roscida. De taxo. XX. Similis his etiamnum aspectu est , ne quid prae- tereatur, taxus , minime virens, gracilisque et tristis , ac dira, nullo succo, ex omnibus sola baccifera. Mas noxio fructu. Ltale quippe baccis , in Hispania prae- cipue , venenum inest. Vasa etiam viatoria ex ea vinis in Gallia facta , mortifera fuisse compertum est. Hanc Sextius smilacem a Graecis vocari dixit : et esse in Ar- cadia tam praesentis veneni, ut qui obdormiant sub ea, cibumve capiant, moriantur. Sunt qui et taxica hinc ap- pellata dicant venena, quae nunc toxica dicimus, quibus sagittae tingantur. Repertum, innoxiam fieri, si in ip- sam arborem clavus aereus adigatur. Quibus modis fit pix liquida. Quomodo cedriuui fit. XXI. il. Pix liquida in Europa e teda coquitur, na- valibus muniendis, multosque alios ad usus. Liguum ejus coneisum, furnis undique igni extra circumdato , fervet. Primus sudor aquae modo fluit canali : hoc in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 41 plus petits et plus menus , sont tous garnis de noyaux noirs et trs-petits , que les Grecs nomment phthirs, d'o le surnom de phthirophore donn l'arbre. Les arbres mles portent des fruits plus aplatis, et moins riches en rsine. De l'if. XX. Pour ne rien omettre , parlons de l'if , qui a presque le mme aspect, qui est d'un vert ple , et qui, sombre, chtif et funeste, n'a point de suc, et est le seul qui porte des baies. Celles de l'arbre mle sont nuisibles , car, en Espagne surtout , le fruit cache un principe de mort; on a mme vu des barils fabriqus en Gaule avec ce bois, donner au vin qu'ils contenaient des propri- ts vnneuses. Sextius prtend que l'if se nomme , en Grce, smilax, et que, dans l'Arcadie, il dveloppe si rapidement le poison, que quiconque mange ou s'endort sous son ombre reoit la mort. Il est quelques auteurs qui nomment taxiques (c'est--dire tirs de l'if) les poisons que nous nommons aujourd'hui toxiques, et dans lesquels on trempe les flches. On a dcouvert que l'arbre perdait sa vertu nuisible lorsqu'on y enfonait un clou d'airain. Comment se font la poix liquide, le cedrium. XXI. ii. Le tda fournit l'Europe la poix liquide avec laquelle on enduit les navires , et qu'on emploie encore beaucoup d'autres usages. On l'obtient en cou- pant l'arbre en petites pices que l'on fait suer dans des fours entours de feu l'extrieur. Le premier liquide 42 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Syria cedrium vocatur : oui tanta vis est , ut in iEgypto corpora hominura defunctorum eo perfusa serventur. Quibus modis spssa pix fit. XXII. Sequens liquor , crassior jam, picem fundit. Haec rursus in cortinas aereas conjecta, aceto spissatur: et coagulata Brutiae cognomen accepit, doliis dumtaxat vasisque ceteris utilis , lentore ab alia pice differens : item colore rutilante, et quod pinguior est reliqua. Om- nia illa fiunt e picea , rsina ferventibus cocta lapidi- bus, in alveis validi roboris : aut si alvei non sint, struis congerie , velut in carbonis usu. Haec in vinum additur, farinae modo lusa, nigrior colore. Eadem rsina si cum aqua levius decoquatur coleturque , rufo colore lentes- cit , ac stillatitia vocatur. Seponuntur autem ad id fere vitia resinae cortexque. Alia temperies ad crapulam. Namque flos crudus resinae , cum multa assula tenui brevique avulsus , conciditur ad cribri minuta , deinde ferventi aqua , donec coquatur, perfunditur. Hujus ex- pressum pingue , praecipua rsina fit , atque rara , nec nisi paucis in locis Subalpinae Italiae, conveniens medi- cis. Resinae albae congium in duobus aquae pluviae co- quunt. Alii utilius putant sine aqua coquere lento ign tota die , utique vase aeris albi. Item terebinthinam in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. A3 qui s'chappe coule comme de l'eau dans un canal dis- pos pour le recevoir. Ce liquide se nomme en Syrie cedrium ; et telle est son efficacit , qu'en Egypte il sert embaumer les cadavres. Comment se prpare la poix paisse. XXII. Le liquide qui vient ensuite , et qui est plus pais , fournit la poix. On le jette dans des chaudires de cuivre , et on l'paissit en y mlant du vinaigre. Il se nomme alors brutia , et ne sert qu' poisser des ton- neaux et d'autres vaisseaux. Il se distingue des autres poix par sa plus grande viscosit et sa couleur rutilante ; il est aussi plus gras. Ces divers produits se tirent du pica en faisant cuire la rsine dans des cuves de rouvre solide o l'on jette des pierres brlantes , ou bien , dfaut de cuves, en dressant un tas de bois de pica comme pour confectionner du charbon. Ainsi prpare , la rsine est noire ; on la met dans le vin aprs l'avoir pile et r- duite en poudre fine. En la faisant bouillir lgrement avec de l'eau et la passant ensuite , elle devient gluante et prend une couleur rousse : elle se nomme alors r- sine distille. Pour poisser le vin, on emploie la rsine la plus vieille et la plus dure. On procde encore d'une autre faon : on broie assez menue de la rsine dure et crue, dtache de l'arbre avec quantit de petits clats de bois; on passe cette poudre grossire travers un crible, puis on verse dessus de l'eau bouillante jusqu' ce qu'elle soit cuite ; on la coule ensuite avec expression : il en rsulte une rsine excellente et trs-utile en mdecine, mais fort rare. On n'en trouve qu'en quelques lieux de /,4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. sartagine referventi , hanc ceteris praeferentes. Proxima ex lentisco. Quibus rsina zopissa. XXIII. 12. Non omittendum, apud eosdem zopissam vocari derasam navibus maritimis picem cum cera, nihil non experiente vita, multo efficaciorem ad omnia, qui- bus pices resinaeque prosunt , videlicet adjecto salis callo. Aperitur picea e parte solari , non plaga , sed vulnere ablati corticis , quum plurimum bipedali biatu , ut a terra cubito quum minimum absit. Ne corpori ipsi parcitur, ut in ceteris, quoniam assula in fructu est. Verum haec terrae proxima laudatur : altior amaritudi- nem adfert. Postea humor omnis e tota confluit in ul- cus : item in teda. Quum id manare desiit , simili modo ex alia parte aperitur, ac deinde alia. Postea tota arbor succiditur, et medulla ejus uritur. Sic et in Syria tere- bintho detrahunt cortices , ibi quidem et e ramis , ac radicibus , quum rsina damnetur ex his partibus. In Macedonia laricem masculam urunt, feminae radies HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. /,r> l'Italie Subalpine. Quelques-uns font cuire un cong de rsine blanche dans deux congs d'eau de pluie ; d'au- tres croient meilleur de faire cuire la rsine sans eau et petit feu, un jour entier, dans un vase de cuivre blanc. Enfin on fait bouillir quelquefois la trbenthine dans une pole; c'est, dit -on, la meilleure des rsines. La plus estime ensuite est celle du lentisque. Comment s'obtient la rsine zopisse. XXIII. 12. N'oublions pas que les Grecs nomment zopisse la poix qu'on racle sur les navires , et qui est mle avec la cire ; car, que n'a pas invent l'indus- trie humaine ? Cette poix , par sa combinaison avec le sel marin , l'emporte pour tous les usages auxquels sont propres les poix et les rsines. Pour tirer la rsine du pica , on incise l'corce de l'arbre du cot qui regarde le soleil , et on enlve un morceau qui d'ordinaire a deux pieds de longueur, et au moins une coude au dessus du sol. On ne mnage pas le corps mme du bois , parce que les clats ont leur utilit lorsqu'ils sont voisins du pied de l'arbre ; ceux qui viennent du haut du pica se distinguent par leur amertume. Bientt la substance visqueuse se ras- semble vers l'ouverture de l'arbre. Mme chose a lieu sur le tda. Lorsque la premire ouverture ne donne plus rien , on fait une autre incision , et ainsi de suite. Enfin , on coupe l'arbre par le pied pour en tirer la moelle , dont on fait des torches. En Syrie , on corce les branches et les racines du trbinthe pour en tirer tfi C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. tantum. Theopompus scripsit , in Apolloniatarum agro picem fossilem, non deteriorem Macedonica , inveniri. Pix optima ubique ex apricis Aquilonis situ. Ex opacis horridior, virusque prferens. Frigida hieme, deterior, ac minus copiosa, et decolor. Quidam arbitrantur in montuosis copia prsestantiorem ac colore , et dulciorem fieri , odorem quoque gratiorem , dum rsina sit : de- coctam autem minus picis reddere , quoniam in srum abeat : tenuioresque esse ipsas arbores, quam inplanis: sed bas et illas serenitate steriliores. Fructum qudam proximo anno ab incisu largiuntur, alise secundo , quae- dam tertio. Expletur autem plaga rsina , non cortice , nec cicatrice , qu in hac arbore non coit. Inter haec gnera proprium quidam fecere sappium , quoniam ex cognatione earum seritur , qualis dicta est in nucleis: ejusque arboris imas partes tedas vocant, quum sit illa arbor nil aliud , quam picea , feritatis pau- lum mitigatae satu : sapinus autem materies csarum e gnre sit , sicuti docebimus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. /, 7 la rsine; ici, on mprise celle que donnent ces parties. En Macdoine, on brle tout entier le larix mle et seulement les racines du pied femelle. Selon Thopompe, on trouve dans le territoire d'pollonie de la poix fossile qui n'est pas infrieure la poix macdonienne. La meil- leure de toutes vient des arbres exposs au vent du nord et l'action du soleil. Celle que fournissent les lieux om- brags a l'aspect dsagrable et une odeur repoussante. Dans les hivers trs-froids elle est moins abondante, moins colore et de qualit infrieure. Quelques-uns croient que les montagnes fournissent une poix plus abondante, plus fonce , plus douce et d'une odeur plus suave , tant qu'elle demeure rsine, mais qui, lorsqu'elle est cuite, rend moins de substance, parce qu'elle se rsout en sro- sit. Ils ajoutent que les arbres sur les montagnes sont moins gros que dans la plaine , et que dans ces deux positions ils donnent moins par un temps serein. Parmi ces arbres , les uns panchent la rsine l'anne mme de l'incision , d'autres l'anne suivante , quelques-uns la troisime. L'endroit ls par le fer se remplit de rsine. Jamais une nouvelle corce ou une cicatrice ne se forme sur la plaie. Quelques auteurs joignent aux arbres rsineux le sappium , qui , comme nous l'avons dit en parlant des pignons, est produit de la graine d'un de ces arbres. Ils donnent mme le nom de tda la partie infrieure de cet arbre, quoique le vritable tda ne soit que le pica arrach , par la culture, l'tat sauvage. Ce qu'on nomme sapinus est , comme nous le verrons plus bas , le bois travaill d'un arbre tout diffrent. 48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Quarum arborum materiae in pretio. Fraxini gnera iv. XXIV. i3. Materi enim causa reliquas arbores na- tura genuit, copiosissimamque fraxinum. Procera haec ac teres : pinnata et ipsa folio : multumque Homeri pr- conio , et Achillis hasla nobilitata. Materies est ad plu- rima utilis. Ea quidem, qu fit in Ida Troadis, in tan- tum cedro similis , ut meutes fallat , cortice ablalo. Graeci duo gnera ejus fecere : longam , enodem : alte- ram brevem , duriorem , fuscioremque , laureis foliis. Bumeliam vocant in Macedonia amplissimam , lentissi- mamque. Alii situ divisere. Campestrem enim esse cris- pam , montanam spissam. Folia earum jumentis mor- tifera , ceteris ruminantium innocua , Grci prodidere. In Italia , nec jumentis nocent. Contra serpentes vero succo expresso ad potum, et imposita ulceribus , opi- fera, ac nihil que, reperiuntur. Tantaque est vis, ut ne matutinas quidem, occidentesve umbras, quum sunt longissimae , serpens arboris ejus adtingat, adeo ipsam procul fugiat. Experti prodhnus : si fronde ea gyroque claudatur ignis et serpens, in igns potius, quam in fraxinum fugere serpentem.Mira naturse benignitas, prius quam h prodeant, florere fraxinum, nec ante conditas folia dimittere. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVL /,g Bois prcieux : quatre espces de frnes. XXIV. i3. D'autres arbres n'ont t destins par la nature qu' produire du bois ; le frne surtout en donne en abondance. Haut et rond, il a la feuille pinne. Les louanges d'Homre l'ont rendu clbre , ainsi que l'hon- neur d'avoir fourni la lance d'Achille. Son bois a une foule d'usages. Les frnes de l'Ida ressemblent tellement aux cdres, qu'aprs l'enlvement de l'corce, les ache- teurs s'y trompent. Les Grecs en distinguent deux espces, l'une haute et sans nuds, l'autre basse, dure, brune et garnie de feuilles semblables celles du laurier. En Macdoine, on nomme bumlie un grand frne dont le bois est trs-flexible. D'autres distinguent les frnes par les lieux o ils croissent : ceux des plaines ont le bois madr, ceux des montagnes un bois serr. Selon les Grecs, les feuilles de frne font mourir les btes de somme ; les ruminans s'en nourrissent impunment , ainsi que les btes de somme en Italie ; l'exprience a mme fait voir que le meilleur remde contre la morsure des serpens est de boire le suc exprim de ces feuilles , et d'appli- quer celles-ci sur la plaie : le frne d'ailleurs est si con- traire ces reptiles, qu'ils vitent son ombre, matin et soir , quelque longue qu'elle soit alors , tant ils ont d'horreur pour l'arbre mme. Voici une exprience que j'ai faite moi-mme : Que l'on circonscrive un ser- pent dans un cercle moiti de feuilles de frne , moiti de feu , il s'lancera du ct de la flamme plutt qu' travers les feuilles. Admirons la bont de la nature , 4 5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Tiliae gnera n. XXV. i4- In tilia mas et femina diffrant omni modo. Namque et materies mari dura, rufiorque, ac nodosa , et odoratior. Cortex quoque crassior, ac detractus in- flexibilis. Nec semen fert , aut florem , ut femina , quae crassior arbore , materie candida praecellensque est. Mi- rum in hac arbore, fructum a nullo animalium adtingi: foliorum corticisque succum esse dulcem. Inter corticem ac lignum tenues tuhic multiplici membrana, equibus vincula , tiliae vocantur : tenuissimae earum philyrae , coronarum lemniscis clbres , antiquorum honore. Ma- teries teredinem non sentit , proceritate perquam modica, verum utilis. Aceris gnera x. XXVI. i5. Acer ejusdem fere amplitudinis , operum elegantia ac subtilitate citro secundum. Plura ejus g- nera. Album quod praecipui candoris, vocatur Galicum in Transpadana Italia , transque Alpes nascens. Alterum genus crispo macularum discursu , qui quum excellen- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 5i qui a plac la floraison du frne avant l'poque laquelle les serpens sortent de terre, et la chute de son feuillage aprs l'instant de leur retraite. Deux espces de tilleuls. XXV. i4- Les tilleuls mles et femelles diffrent'to- talement. Le bois du premier est dur, noueux, plus roux et plus odorifrant. Son corce , plus paisse , ne se laisse pas plier lorsqu'on la spare de l'arbre. Il n'a ni graine ni fleurs, comme le pied femelle, dont le tronc, plus gros , fournit un bois blanc et excellent. On peut s'tonner que nul animal ne mange les fruits de cet arbre, car ses feuilles et son corce sont pleines d'un suc trs-doux. Entre l'corce et le bois se trouvent de nombreuses pellicules ou membranes nommes tilleuls , et dont on fait des liens. Les philyres , qui sont les plus minces , sont clbres par l'usage qu'en faisaient les an- ciens pour les bandelettes de leurs couronnes. Jamais les vers n'attaquent le bois du tilleul , qui , malgr son peu de hauteur, est un arbre des plus utiles. Dix espces d'rables. XXVl. i5. L'rable , dont la taille est presque la mme, fournit les ouvrages les plus beaux et les plus dlicats aprs le bois de citre. On en compte plusieurs espces, savoir : l'rable blanc , remarquable par son ex- trme blancheur, qui est aussi appel rable gaulois parce qu'il crot dans l'Italie transpadane, au del des Alpes; 4- 5* C PLINII HIST. 3VAT. LIB. XVI. tior fuit, a simili tutti ne caudae pavonum nomen accepit, in Istria, Rbtiaque praecipuum. E viliore gnre cras- sivenium vocatur. Grci situ discernunt. Campestre enim candidum esse, nec crispum, quod glinon vocant : mon- tanum vero crispius, duriusque : etiamnum e mascula crispius ad lautiora opra. Tertium genus zygiam, ru- bentein, fissili ligno, cortice livido , et scabro. Hoc alii generis proprii esse malunt , et latine carpinum ap- pelant. Bruscum : molluscum : stapliylodendron. XXVII. 16. Pulcherrimum vero est bruscum, multo- que excellentius etiamnum molluscum. Tuber utrumque arboris ejus : bruscum intortius crispum : molluscum simplicius sparsum. Et si magnitudinem mensarum ca- peret, haud dubie praeferretur citro. Nunc intra pugil- lares , lectorumque silicios , aut laminas raro usu spec- tatur. E brusco fiunt et mensae nigrescentes. Reperitui- et in alno tuber: tanto deterius, quanto ab acere alnus ipsa distat. Aceris mares prius florent. Etiamnum in sic- cis natae praeferuntur aquaticis, sicut et fraxini. Est e trans Alpes arbor, simillima aceri albo materia , qua} HISTOIKK NATURELLE, LIV. XVI. 53 puis l'rable madr, qui, lorsqu'il a toute sa beaut, rap- pelle, par ses couleurs , la queue d'un paon , d'o lui vient son nom. 11 crot surtout en Istrie et en Rhtie. Le moins beau se nomme crassivenium. Les Grecs distinguent les rables par le lieu o ils croissent. L'rable des plaines, blanc et sans madrure, se nomme cbez eux glinos. Ils attribuent celui des montagnes la duret et la madrure; et quand elle est trs-marque, par exemple dans les pieds mles, ils prfrent le bois pour les beaux ouvrages. En- fin ils reconnaissent une troisime espce d'rable qu'ils nomment zygie, et dont le bois, rouge et facile fendre, est revtu dune corce livide et raboteuse ; d'autres en font un genre particulier, et c'est le carpinus des Latins. Bruscum : molluscum : staphylodendron. XXVIT. 16. On nomme bruscum et molluscum deux tubrosits magnifiques de l'rable ; la seconde , sur- tout , est de la plus grande beaut. La premire offre une madrure trs-complique; celle de la seconde est beaucoup plus simple. Si ces bosses taient de dimen- sions suffisantes, on les prfrerait au citre pour en faire des tables. On n'en fait que des couvertures de tablettes crire, des plaques rares, et des lames pour revtir des bois de lits. On fait encore avec le bruscum des tables de couleur noirtre. On trouve aussi une tubro- sit sur l'aune ; elle est aussi infrieure celle de l'- rable, que le bois de ce dernier l'emporte sur celui de l'aune. L'rable mle fleurit le premier. On prfre les pieds qui croissent dans les lieux secs , ceux qui cou- 5/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. vocatur staphylodendron. Fert siliquas , et in iis nucleos , sapore nucis avellanae. Buxi gnera in. XXVIII. lu primis vero materies honorata buxo est, raro crispanti , nec nisi radie : cetero lenis quies ma- teriae, silentio quodam, et duritie, ac pallore commen- dabilis : in ipsa vero arbore topiario opre. Tria ejus gnera : Gallicum , quod in metas emittitur , amplitu- dinemque proceriorem. Oleastrum in omni usu damna- tum , gravem praefert odorem. Tertium genus nostrates voeant : silvestre , ut credo , mitigatum satu : diffusius , et densitate parietum virens semper , ac tonsile. Buxus Pyrenseis, ac Cytoriis montibus plurima , et Berecyntio tractu : crassissima in Corsica, flore non spernendo: quae causa amaritudinis mellis. Semen illius cunctis animau- tibus iuvisum. Hsec in Olympo Macedoniae gracilior, sed brevis. Amat frigida, aspera. In igni quoque duritia, quae ferro : nec flamma, nec carbone utilis. Ulmorum gnera iv. XXIX. i j. Inter has atque frugiferas , materie vi- HISTOIRE NATURELLE, LTV. XVI. 55 vient un sol humide, ce qui a lieu aussi pour le frne. Au del des Alpes se trouve un arbre dont le bois res- semble celui de l'rable blanc : le staphylodendron (c'est son nom) porte des gousses qui renferment des noyaux qui ont le got de l'aveline. Trois espces de buis. XXVIII. Un des plus beaux bois que l'on connaisse est le buis, quoique rarement il soit madr, et qu'alors il rie le soit qu' la racine. Son bois est en quelque sorte dormant et muet; il est dur, et d'une belle nuance jaune. On le taille de diverses manires. On en distingue trois espces: le buis gaulois, trs-haut, trs-grand, et qui se termine en pyramide; l'olastre, qui n'est bon rien, et dont l'odeur est dsagrable ; enfin le buis d'Italie , qui n'est, selon moi , qu'un arbre sauvage amlior par la culture. Il s'tend beaucoup , se prte la taille , et forme des haies paisses toujours vertes. Les Pyrnes, le Cytore , le Brcynte , fournissent beaucoup de buis. Celui de l'le de Corse est trs-gros et donne des fleurs belles , qui communiquent leur amertume au miel. La graine de buis rpugne tous les animaux. Celui de l'Olympe , en Macdoine , est mince et petit. Cet arbre aime les lieux froids et rudes. Son bois rsiste au feu presque autant que le fer ; mais ni sa flamme ni son charbon n'ont d'utilit. Quatre espces d'ormes. XXIX. 17. Entre les arbres prcdens et les arbres 56 C. PLINII HIST. NAT. L1B. XVI. tiumque amicitia, accipitur ulmus. Graeci duo ejus g- nera novere : montuosam, quae sit amplior : campestrem , qu fruticosa. Italia Atinias vocat excelsissimas , et ex iis siccanas praefert, qu non sint rigu. Alterum genus Gallicas. Tertium nostrates, densiore folio, et ab eodem pediculo numerosiore. Quartum silvestre. Atiniae non ferunt samaram : ita vocatur ulmi semen : oinnesque radicum plantis proveniunt : reliqu semine. Arborum natura per situs : quae montante : quae campestres. XXX. 18. Nunc celeberrimis arborum dictis, qu- dam in universum de cunctis indicanda sunt. Montes amant cedrus , larix , teda , et ceterae , e quibus rsina gignitur. Item aquifolia , buxus , ilex , juniperus , tere- binthus , populus , ornus , cornus , carpinus. Est et in Apennino frutex , qui vocatur cotinus , ad linamenta modo conchylii colore insignis. Montes et valles diligit abies , robur , castaneae , tilia , ilex , cornus. Aquosis montibus gaudent acer, fraxinus, sorbus , tilia, cera- sus. Non temere in montibus visse sunt prunus, Punic, oleastri , juglans , morus , sarnbuci. Descendunt et in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 57 fruits se place l'orme , tant cause de son bois qu' cause de sa sympathie pour la vigne. Les Grecs en distinguent deux sortes: l'un, plus grand, est propre aux montagnes; l'autre crot dans la plaine, et n'a que la taille d'un arbrisseau. En Italie on appelle atiniens les ormes les plus levs, et entre ceux-ci on prfre ceux qui viennent dans un lieu sec et non arros. L'orme gaulois forme une seconde espce , et l'orme italique une troi- sime: celle-ci a des feuilles touffues, et une seule queue en soutient plusieurs. La quatrime espce est l'orme sauvage. Les ormes atiniens ne portent point de samare, c'est ainsi qu'on appelle la graine de l'orme. Tous pro- viennent de bouture , les autres de graine. Histoire naturelle des arbres d'aprs leur position ; arbres de montagnes, arbres de plaines. XXX. 18. Aprs avoir nomm les arbres les plus c- lbres, passons quelques gnralits sur eux tous. Le cdre, le larix, le tda, et autres arbres rsine, affec- tionnent les montagnes. Il en est de mme du houx , du buis, de l'yeuse, du genvrier, du trbinthe, du peu- plier, de l'orme, du cornouiller et du carpinus. L'Apen- nin produit un arbrisseau nomm cotinus, qui colore en pourpre trs-riche les tissus de lin. Les montagnes et les valles conviennent au sapin, au rouvre, au chtaignier, au tilleul , l'yeuse et au cornouiller. Les monts arross plaisent l'rable, au frne, au cormier, au tilleul et au cerisier. On trouve i*arement sur les montagnes le prunier, le grenadier, l'olastre, le noyer, le mrier, le 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. plana, cornus, corylus, quercus, ornus, acer, fraxinus, fagus , carpinus. Subeunt et in montuosa , ulmus , ma- lus, pirus, laurus , myrtus , sanguinei frutices , ilex , tinguendisque vestibus nascentes genistae. Gaudet frigi- dis sorbus , et magis etiam betulla. Gallica hsec arbor mirabili candore atque tenuitate , terribilis magistra- tuum virgis. Eadem circulis flexilis, item corbium cos- tis. Bitumen ex ea Galliae excoquunt. In eosdem situs comitatur et spina , nuptiarum facibus auspicatissima , quoniam inde fecerint pastores qui rapuerunt Sabinas , ut auctor est Masurius. Nunc facibus carpinus et cory- lus familiarissimae. Quae siccaneae : quae aquaticae : quae communes. XXXI. Aquas odere cupressi , juglandes , castaneae , laburnum. Alpina et haec arbor, nec vulgo nota, dura ac candida materie, cujus florem cubitalem longitudine apes non adtingunt. Oditet quae appellatur Jovis barba, in opre topiario tonsilis , et in rotunditatem spissa , argenteo folio. Non nisi in quosis proveniunt salices , alni, populi, siler, ligustra tesseris utilissima. Item vac- cinia, Itali mancupiis sata : Galliae vero etiam purpur tingend causa ad servitiorum vestes. Quaecumque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 5 9 sureau; le cornouiller, le chne, le coudrier, l'orme, l'rable, le frne, le htre, le carpinus, descendent dans les plaines. Sur les monts , au contraire , s'avan- cent l'orme , le poirier, le pommier, le laurier, le myrte , la sanguine , l'yeuse , le gent propre la teinture des toffes. Le cormier, et plus encore le bouleau, re- cherchent les lieux froids. Ce dernier arbre vient des Gaules. Trs-blanc, trs-mince, trs-souple, il fournit aux magistrats des faisceaux redouts , et tous des cercles, des ctes de corbeilles. Les Gaulois en tirent un bitume par la cuisson. Les lieux froids fournissent aussi l'pine, dont les torches portent bonheur le jour des noces , parce que , selon Masurius , les bergers ra- visseurs des Sabines en avaient la main ; mais on leur substitue aujourd'hui des baguettes de bouleau et de coudrier. Arbres qui habitent exclusivement les lieux secs ou les lieux humides , ou qui habitent les uns et les autres. XXXI. L'eau rpugne au cyprs, au noyer, au ch- taigner , l'aubour : ce dernier, indigne des Alpes et peu connu, a un bois blanc et dur, et des fleurs d'une coude de long, auxquelles les abeilles ne touchent ja- mais. L'arbrisseau dit barbe de Jupiter hait aussi les lieux aquatiques : on le taille de diverses manires. Sa tte s'arrondit en touffe paisse, et ses feuilles sont ar- gentes. L'eau plat, au contraire , au saule, l'aune, au peuplier, au siler, au trone, si utile pour les lessres militaires. Le vaccinium aime aussi l'eau. On cultive 6o C. PL1NII HIST. NAT. LIB. XVI. communia suut moutibus planisque, majora fiunt , as- pectuque pulcriora in campestribus : meliora materie , crispioraque in montibus : exceptis malis , pirisque. Divisio generum. XXXII. 19. Praeterea arborum aliis decidunt folia : aliae sempiterna coma virent. Quam difTerentiam ante- cedat necesse est prior. Sunt enim arborum quaedam ur- baniores , quas his placet nominibus distinguera Hae mites, quaefructu, aut aliqua dote, umbrarumve officio humanius juvant, non improbe dicantur urbanae. Quibus folia non dcidant. De rhododendro. Quibus non omnia folia cadant. Quibus in locis nulli arborum. XXXIII. 20. Harum generi non decidunt : oleae , lauro, palmae , myrto , cupresso, pinis, ederae, rhodo- dendro , et ( quamvis herba dicatur ) sabinae. Rhodo- dendron, ut nomine apparet, a Graecis venit. Alii neriou vocarunt , alii rhododaphnen , sempiteruum fronde , rosae similitudine , caulibus fruticosum. Jumentis capris- HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 6r cette plante en diverses parties de l'Italie, pour retarder la pubert des esclaves; dans les Gaules, il sert teindre en pourpre leurs vtemens. Tous les arbres communs aux monts et la plaine deviennent plus grands et plus beaux dans la seconde de ces positions; mais ceux qui croissent sur les montagnes ont le bois plus madr , l'exception des pommiers et des poiriers. Division des espces. XXXII. 19. On distingue encore les arbres, selon qu'ils perdent leurs feuilles ou qu'ils restent toujours verts ; mais , auparavant, il faut faire une autre distinc- tion , c'est celle des arbres sauvages et domestiques : ceux-ci sont comme plus doux, et se recommandent par leurs fruits ou par quelques proprits remarquables, ou enfin par une ombre bienfaisante qui ebarme l'homme : ne sont-ce pas l des plantes domestiques? Arbres feuillage permanent. Le rhododendron. Arbres qui ne perdent qu'en partie leur feuillage. Lieux compltement dpour- vus d'arbres. XXXIII. 20. Parmi les arbres qui ne perdent jamais leur feuillage, figurent l'olivier, le laurier, le palmier, le myrte, le cyprs, les pins, le lierre, le rhododendron et la sabine, quoique celle-ci soit vulgairement range parmi les herbes. Le rhododendron est d'origine grecque, comme son nom l'indique; quelques-uns l'appellent nrion , d'au- tres rhododaphn. Son feuillage est immortel , ses fleurs 69. C. PLTNII HTST. NAT. LIB. XVI. que et ovibus venenum est. Idem homini contra serpen- tium venena remedio. ai. Silvestrium generis folia non decidunt abieti , larici , pinastro , junipero , cedro , terebintho , buxo , ilici, aquifolio, suberi , taxo , tamarici. Iriter utraque gnera sunt adrachne in Graecia , et ubique unedo. Re- liqua enim folia decidunt his , prterquam in cacumi- nibus. Non decidunt autem et in fruticum gnre cuidam rubo, et calamo. In Thurino agro, ubi Sybaris fuit, ex ipsa urbe prospiciebatur quercus una , numquam folia dimittens , nec ante mediam statem germinans. Idque mirum est, Graecis auctoribus proditum, apud nos postea sileri. Nam locorum tanta vis est , ut circa Memphim ZEgypti , et in Elephantine Thebaidis nulli arbori dci- dant , ne vitibus quidem. De natura foliorum cadentium. XXXIV. 11. Ceterae omnes extra prdictas (etenim enumerare longum ) , folia deperdunt : observa tumque non arescere, nisi tenuia , et lata , et mollia. Qu vero non dcidant , callo crassa , et angusta esse. Falsa dfi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 63 semblables des roses; sa tige pousse beaucoup de bran- ches. C'est un poison pour les btes de somme, les chvres, les brebis; l'homme s'en sert comme d'un antidote contre le venin des serpens. ai. Parmi les arbres sauvages et toujours verts sont le sapin, le larix , le pin sauvage, le genvrier, le cdre, le trbinthe, le buis, l'yeuse, le houx, le lige, l'if, le ta- marisque. La plante nomme adrachne en Grce, et celle qui partout est connue sous le nom d'unedo, forment la transition de l'une l'autre de ces classes. Leur feuillage tombe tout entier, sauf celui de la cime. Parmi les arbris- seaux , il est une ronce et un roseau qui ne perdent point leur feuillage. Dans le territoire de jThurium , o. jadis tait Sybaris, des murs mmes de cette ville qui n'est plus, on voyait un chne ternellement vert, et qui ne poussait de bourgeons qu'au milieu de l't. On peut s'tonner que les Grecs ayant mentionn cette particu- larit , elle ait t depuis oublie chez nous. Il est des climats dont l'influence est si puissante, que nul arbre, pas mme la vigne , ne se dpouille de ses feuilles , par exemple Memphis en Egypte , et Elphantine dans la Thbade. Nature des feuilles qui tombent. XXXIV. 22. Tout autre arbre que les prcdens (et l'numration en serait trop longue ) perdent leurs feuilles. On a observ qu'elles ne se desschent que si elles sont minces , larges et molles. Celles qui ne tombent pas sont dures , paisses et troites. C'est un 6/, C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. nitio est, non decidere his, quarum succus pinguior sit. Quis cnim potest in ilice intelligere? Decidere Timaeus mathematicus sole Scorpionem transeunte , sideris vi , et quodam veneno aeris , putat. Cur ergo non eadem causa adversum omnes polleat , jure miremur. Cadunt plurimis autumno. Qudam tardius amittunt, atque in hiemes prorogant moras. Neque interest maturius ger- minasse : utpote quum quaedam prima? germinent , et inter novissimas nudentur : ut amygdai, fraxini, sam- buci. Morus autem novissima germinat, cum primis fo- lia dimittit. Magna et in hoc vis soli. Prius decidunt in siccis macrisque : et vetust prius arbori : multis etiam , antequam maturescat fructus. In serotina ficu , et hi- berna piro, et malo granato est pomum tantum aspici in matre. Neque his autem, qu semper retinent co- mas, eadem folia durant: sed subnascentibus aliis, tum arescunt vetera : quod evenit circa solstitia maxime. Quibus foliorum varii colores : quorum foliorum figurai mutentur. Populorum gnera ni. XXXV. Foliorum imitas in suo cuique gnre per- manet , prterquam populo , ederac , crotoni , quam et cici diximus vocari. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 65 faux principe que de dire que les arbres suc gras con- servent seuls leurs feuilles , l'ilex nous donne la preuve du contraire. Le mathmaticien Time pense que les feuilles tombent lorsque le soleil traverse le signe du Scorpion , ce qu'il attribue et la puissante influence de l'astre , et une atmosphre empoisonne. Mais ne doit-il pas nous paratre tonnant que la mme cause n'agisse pas de mme sur tous les arbres? La plupart perdent leur feuillage en automne , trs-peu le perdent plus tard , ou le gardent jusqu' l'hiver : peu importe pour cela que les feuilles poussent tt ou tard. Sur quel- ques arbres , les premires paratre sont les plus lentes tomber : tels sont l'amandier, le frne, le sureau. Le mrier, qui pousse ses feuilles des derniers, se dpouille un des premiers. La nature du terrain contribue beaucoup ces diffrences. Les arbres dans un sol maigre et sec perdent plus tt leur feuillage, et les vieux se dpouillent avant les jeunes. Beaucoup restent nu avant la rcolte des fruits , par exemple, le figuier tardif, le poirier d'hiver et le grenadier, qui montrent des fruits sur des bran- ches sans feuilles. Quant aux arbres verdure ternelle , leurs feuilles ne sont pas toujours les mmes; les pre- mires schent tandis que d'autres viennent les rempla- cer , ce qui a lieu surtout vers le solstice d't. Arbres feuilles de couleurs diffrentes ou de formes variables. Trois espces de peupliers. XXXV. Les feuilles demeurent les mmes dans cha- que espce d'arbres , except dans le peuplier, le lierre et le ricin , que l'on nomme aussi cici. x. 5 66 C. PLIISII HIST. NAT. LIB. XVI. a3. Populi tria gnera : alba , ac nigra , et quae Li- byca appellatur, minima folio, ac nigerrima, fungisque enascentibus laudatissima. Alba folio bicolor, superne candicans , inferiore parte viridi. Huic nigraeque , et crotoni, folia in juventa circinatae rotunditatis sunt : ve- tustiora in angulos exeunt. E contrario ederae angulosa rotundantur. Populorum foliis grandissima lanugo evo- lat : candidae , traditae folio numerosiore , candida , et ut villi. Folia grauatis et amygdalis rubentia. Quae folia versentur omnibus annis. XXXVI. Miruni in primis id , quod ulrao , tiliaeque , et oleae, et populo albae, et salici evenit. Circumaguntur enim folia earum post solstitium : nec alio argumeuto certius intelligitur sidus confectum. a4- Est et publica omnium foliorum in ipsis difife- rentia. Namque pars inferior a terra herbido viret co- lore. Ab eadem laeviora, nervos, callumque, et articulos in superiore habent parte : incisuras vero subter , ut manus humana. Oleae superne candidiora, et minus laevia : item ederae. Sed omnium folia quotidie ad solem oscitant, interiores partes tepefieri volentia. Superior HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 67 23. Il y a trois sortes de peupliers, le blanc, le noir et le peuplier de Libye , dont les feuilles sont trs-petiles et trs-noires. Il est trs-estim cause des champignons qu'il porte. Les feuilles du blanc ont deux couleurs : blanches en dessus, elles sont vertes en dessous. Les feuilles de ce peuplier, celles du noir et du ricin, sont rondes lorsqu'elles sont encore nouvelles, et anguleuses lorsqu'elles vieillissent. Celles du lierre , au contraire , sont d'abord anguleuses, puis rondes. Tous les peupliers ont de grandes feuilles cotonneuses d'o s'chappent des filets de duvet. Le blanc qui , dit-on , a les feuilles plus nombreuses , est recouvert d'un duvet blanc semblable du poil. Les grenadiers et les amandiers ont des feuilles rouges. Quelles feuilles se retournent tous les ans. XXX VI. L'orme , le tilleul, l'olivier, le peuplier blanc, le saule, offrent une particularit merveilleuse; leurs feuilles se retournent en sens inverse aprs le solstice d't , et nul signe n'indique avec plus de certitude l'achvement de la priode solaire. il\. Ces feuilles ont, de plus, quelques diffrences. La partie infrieure et voisine de la terre est lisse et verle comme l'herbe. Des nerfs , des callosits , des nuds , caractrisent la partie suprieure, marque de lignes comme la main de l'homme. L'olivier, ainsi que le lierre, a les feuilles plus blanches et moins lisses en dessus ; mais tous les jours les arbres retournent leurs feuilles la clart du soleil , pour que leur partie infrieure 5. 68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. pars omnium lanuginem quantulamcumque habet, quae in aliis gentium lana est. Foliorum e palmis cura , et usus. XXXVII. In Oriente funes validos e palmse Foliis fieri dctum est , eosque in humore utiliores esse. Et apud nos fere palmis a messe decerpuntur. Ex his meliora , qu sese non diviserint. Siccantur sub tecto quaternis diebus : mox in sole expanduntur, et noctibus relicta, donec candore inarescant , postea in opra finduntur. Foliorum mirabilia. XXXVIII. Latissima fic , viti , platano : angusta myrto , Punicae , oleae : capillata pino , cedro : aculeata aquifolio , et ilicum generi : nam junipero spina pro folio est : carnosa cupresso, tamarici : crassissima alno : longa arundini, salici : palm etiam duplicia : circinata piro , mucronata malo , angulosa eder, divisa platano : insecta pectinum modo piceae , abieti : sinuosa toto am- bitu robori : spinosa cute rubo. Mordacia sunt quibus- dam , ut urticis. Pungentia pino , piceae , abieti , larici , cedro, aquifoliis. Pediculo brevi oleae, et ilici: longo vi- tibus : tremulo populis , et iisdem solis inter se crpi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 69 soit chauffe par ses rayons ; la partie suprieure porte toujours un duvet lger qui , dans quelques contres trangres, est une vraie laine. Soins que rclament les feuilles de palmier ; leur usage. XXXVII. Nous avons remarqu que l'on fait en Orient de bons cordages avec des feuilles de palmier, qui valent mieux dans l'eau que les autres. Dans l'Italie, on les cueille , peu aprs la moisson ; les meilleures sont celles qui ne se partagent pas. On les fait scher couvert pendant quatre jours , on les tend au soleil , on les laisse la nuit l'air jusqu' ce qu'elles soient sches et blanches , aprs quoi on les fend pour les mettre en uvre. Faits remarquables sur les feuilles. XXXVIII. Les feuilles sont larges dans le figuier, la vigne et le platane ; troites dans le myrte , le grena- dier et l'olivier ; menues sur le pin et le cdre ; poin- tues sur le houx et dans les ilex ; semblables des pines sur le genvrier ; charnues dans le cyprs et le tama- risque; trs-paisses dans l'aune; longues sur le roseau et le saule; quelquefois bifides sur le palmier; rondes sur le poirier; en pointes sur le pommier; anguleuses dans le lierre; divises dans le platane; denteles eu forme de peigne dans le pica et le sapin; sinueuses sur le rouvre; peau pineuse dans la ronce. Quelques plantes, l'ortie, par exemple, ont les feuilles mordicantes. Le pin, le pica, le sapin, le larix, le cdre, le houx, les ont pi- 70 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. tantia. Jam et in pomo ipso , mali quodam in gnre , parva mediis emicant folia, intrim et gemina. Prseterea aliis circa ramos, aliis et in cacumine ramorum : robori , et in caudice ipso. Jam densa, ac rara semperque lata rariora. Disposita myrto , concava buxo ? inordinata pomis. Plura eodem pediculo exeuntia malis pirisque. Ramulosa ulmo , et cytiso. Quibus adjicit Cato decidua, populea quernaque , animalibus jubens dari non pera- rida : bubus quidem et ficulnea, ilignaque, et ederacea. Dantur et ex arundine , ac lauro. Decidunt sorbo uni- versa, ceteris paulatim. Et de foliis hactenus. Ordo naturae in satis. XXXIX. i5. Ordo autem naturse annuus ita se habet. Primus est conceptus , flare incipiente vento Favonio , circiter fere sextum idus februarii. Hoc maritantur vi- vescentia e terra : quippe quum etiam equ in Hispania, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 7 quantes; celles de l'olivier et de l'ilex ont la queue courte; celles de la vigne ont la queue longue ; celles du peuplier tremblent, et cet arbre est le seul dont les feuilles fassent du bruit. On trouve mme un fruit (c'est une espce de pomme) du milieu duquel sort une petite feuille quel- quefois double. Remarquons , de plus , que quelques arbres ont leurs feuilles autour des branches, et d'autres seulement la sommit de ces branches. Le rouvre en a jusque sur son tronc. Quelques arbres sont riches en feuilles, d'autres en sont peu abondamment pourvus. G- nralement les feuilles larges sont clair-semes; celles du myrte affectent un ordre symtrique; celles du buis sont creuses ; celles du pommier sont sans ordre. Dans le pommier et le poirier , une mme queue soutient plu- sieurs feuilles. Celles du cytise et de l'orme ont des veines ramifies. Caton ajoute que celles du peuplier et du chne sont de mme, et veut qu'on les coupe pour les donner aux bestiaux avant qu'elles soient entirement sches : il dsigne pour les bufs celles de figuier , d'yeuse et de lierre. Le laurier et le roseau leur fournis- sent aussi des alimens. Les feuilles du cormier tombent toutes en mme temps , celles des autres arbres les unes aprs les autres. En voil assez sur les feuilles. Ordre naturel de la production dans les plantes. XXXIX. 1$. Voici l'ordre que suit la nature pendant l'anne, relativement aux plantes. La conception a lieu chez elles au lever du vent d'ouest , vers le G des ides de fvrier. Ce vent donne la fcondit toutes les produc- 72 C. PLINII HTST. NAT. LIB. XVI. ut diximus. Hic est genitalis spiritus mundi , a fovendo dictus, ut quidam existiraavere. Fiat ab occasu aequi- noctiali, ver inchoans. Catulitionem rustici vocant, ges- tiente natura seraina accipere , eoque animam inferente omnibus satis. Concipiunt variis diebus, etpro sua quae- que natura. Alia protinus, ut animalia : tardius aliqua, et diutius gravida partus gerunt : quod germinatio ideo vocatur. Pariunt vero quum florent , flosque ille ruptis constat utriculis. Educatio in porno est : hoc , et germi- natio, laborum. Quse arbores numquam floreant. De juniperis. XL. Flos est pleni veris indicium , et anni renascen- tis, flos gaudium arborum. Tune se novas aliasque quam sunt ostendunt : tune variis colorum picturis in certa- men usque luxuriant. Sed hoc negatum plerisque. Non enim omnes florent : et sunt tristes quaedam , quque non sentiant gaudia annorum. Nam neque ilex , picea , larix, pinus ullo flore exhilarantur, natalesve pomorum recursus annuos versicolori nuntio promiltunt : nec fici, atque caprifici. Protinus enim fructum flores gignunt. In ficis mirabiles sunt et abortus, qui numquam matu- HISTOIRE NATURELLE , L1V. XVI. rf tions de la terre , et mme , comme nous l'avons dit T aux cavales espagnoles. C'est le souffle gnrateur du monde ; et, suivant quelques-uns, son nom de Favonius vient de fovere. Il souffle du couchant quinoxial , et commence le printemps. Les paysans disent alors que la nature est en chaleur, parce qu' cette poque elle aspire recevoir les germes, et que le vent anime tout ce qui a t plant. Chaque espce devient fconde un jour diffrent, selon sa nature. Les unes le sont sur-le-champ , comme les animaux; d'autres sont plus lentes, et portent plus long- temps le fruit qui doit clore ; c'est ce que l'on appelle germination. La floraison est un vritable enfantement : les fleurs sortent alors comme d'autant de petites ma- trices ; enfin , la plante nourrit son fruit , et cette nu- trition, comme la germination, les fatigue. Arbres qui ne fleurissent jamais. Les genvriers. XL. L'apparition des fleurs indique que le printemps est dans son plein , et que l'anne renat. Les fleurs sont l'orgueil des arbres ; la plante alors est tout autre, toute nouvelle : chacune tale l'envi les brillantes cou- leurs qui l'maillcnt , mais toutes ne jouissent pas de ce privilge. Fleurir n'est pas donn toutes. Il en est de tristes, de sombres, d'insensibles l'allgresse de la sai- son. Ainsi l'yeuse, le pica , le larix, le pin, ne s'embel- lissent pas de fleurs, n'annoncent pas le retour annuel et la renaissance des fruits par cet emblme nuances diverses. Les figuiers domestique et sauvage sont aussi dans ce cas ; ces arbres produisent les fruits avant 74 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. rescunt. Nec juniperi florent. Quidam earum duo gnera tradunt : alteram florere, ne ferre : qua? vero non flo- reat, ferre protinus baccis nascentibus, qu biennio hae- reant. Sed id falsum : onmibusque iis dura facis semper. Sic et hominum multis fortuna sine flore est. De coneeptu arborumv De germination e : te partu, XLL Omnes autem germinant , etiam qui non flo- rent , magna et locorum differentia. Quippe quum ex eodem gnre quae sunt in palustribus , priora germi- nent : mox eampestria , novissima in silvis. Per se au- tem tardius piri silvestres , quam cetera. Primo Favonio cornus r proxime laurus, pauloque ante sequinoctium tilia , acer. Inler primas vero populus , ulmus , salix ? alnus, nues. Festinat et platanus. Cetera? vere cpturo , aquifolium , terebinthus , paliurus , castanea , glandes. Serotino autem germine malus , tardissimo suber. Qui- busdam geminatur germinatio, nimia soli ubertate, aut invitantis eaeli voluptate : quod magis in lierbis segetum evenit. In arboribus tamen nimia germinatio elassescit- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 7 5 les fleurs. Remarquons aussi cette espce d'avortement du figuier , dont quelques fruits ne mrissent jamais. Point de fleurs non plus sur le genvrier. Quelques au- teurs distinguent deux arbres de ce nom : l'un , disent- ils , a des fleurs sans fruits ; l'autre ne fleurit pas , mais se couvre de baies qui y restent deux ans attaches. C'est une erreur : tous les genvriers ont toujours l'aspect sombre et triste. N'est-il pas aussi des hommes dont la vie n'a jamais t seme de fleurs ? Fcondation des arbres : germination : apparition du fruit. XLI. Tous les arbres bourgeonnent, mme ceux qui n'ont pas de fleurs ; ce phnomne diffre selon les lieux: dans une mme espce , l'individu situ au milieu des marais est le premier pousser des bourgeons; suivent ceux de la plaine , et enfin ceux des forts. Le poirier domestique est plus htif que le poirier sauvage. A peine le vent d'ouest souffle , qu'on voit bourgeonner le cor- nouiller, puis le laurier; et, quelque temps avant l'qui- noxe, le tilleul et l'rable. Le peuplier, l'orme, le saule , l'aune , le noyer , sont aussi des premiers bourgeon- ner. Le platane est aussi htif. A l'entre du prin- temps bourgeonnent le houx , le trbinthe , le pa- liure, le chtaignier et le chne ; le pommier, au con- traire, est tardif , et le lige le plus tardif de tous. Il est des plantes dont le bourgeonnement a lieu deux fois l'anne , soit cause de l'excellence du sol , soit par suite de l'heureuse temprature d'un ciel qui pro- voque la fcondit. Ce fait a lieu surtout pour le& 76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Sunt ali naturales quibusdam , praeterque vernas , qua; suis constant sideribus , quorum ratio aptius red- detur tertio ab bo volumine. Hiberna Aquilae exortu, stiva Canis ortu , tertia Arcturi. Has duas | quidam omnibus arboribus communes putant : sentiri autem maxime in fico, vite, Punicis: causam adferentes, quo- niam in Thessalia Macedoniaque plurima tum ficus exeat. Maxime tamen in iEgypto apparet baec ratio. Et reliqu quidem arbores, ut primum cpere, continuant germinationem : robur , et abies , et larix intermittunt tripartito, ac terna germina edunt: ideo et ter squamas corticum spargunt : quod omnibus arboribus in germi- natione evenit, quoniam prgnantium rumpitur cortex. Est autem prima earum incipiente vere, circiter xv die- bus. Iterum germinant transeunte Geminos sole. Sic ft, ut prima cacumina impelli secutis appareat/geniculato incremento. Tertia est earumdem ad solstitium brevis- sima, nec diutius septenis diebus. Clarequc et tune cer- nitur excrescentium cacuminum articulatio. Vitis sola bis parturit : quum primum emitlit uvam : iterum quum digerit. Eorum quae non florent , partus tantum est et maturitas. Qudam statim in germinatione florent, pro- perantquc in eo : sed maturescunt tarde, ut vites. Se- HISTOIRE NATURELLE , L1V. XVI. 77 grains. Les arbres qui bourgeonnent par trop s'puisent bientt.! Au reste , quelques arbres bourgeonnent naturelle- ment , mme dans une autre saison que le printemps , ce qui, comme nous l'expliquerons livre xix, vient de l'influence de certains astres. Le bourgeonnement d'hi- ver a lieu au lever de l'Aigle, le bourgeonnement d't l'apparition de la Canicule , le troisime l'poque de l'Arcture. Quelques-uns prtendent que ces deux bourgeonnemens sont communs tous les arbres, quoi- qu'ils se remarquent surtout sur le figuier, la vigne, le grenadier, vu, disent-ils, qu'en Thessalie et en Ma- cdoine les figuiers donnent alors quantit de fruits; l'Egypte , surtout , offre des exemples de cette abon- dance. Le bourgeonnement une fois commenc dans les arbres continue d'ordinaire sans interruption. Dans le rouvre, le sapin et le larix, il s'interrompt par trois fois; d'o un triple bourgeonnement : aussi les cailles des bourgeons tombent-elles jusqu' trois fois ; car elles se dtachent dans tous les arbres l'poque de la germi- nation. Le premier acte du bourgeonnement a lieu vers le commencement du printemps , et dure environ quinze jours ; le second a lieu quand le soleil est dans le signe des Gmeaux : on voit alors les pointes des premiers bour- geons pousses par d'autres qui les suivent , et que l'on distingue par un nud de dmarcation. Enfin, au solstice d't a lieu le troisime, qui est le plus court de tous, et qui ne dure que sept jours. Les nuds , visibles aux sommets des bourgeons , indiquent clairement les p- riodes d'accroissement. La vigne seule jette deux fois : 7 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. rotino quaedam germinatu florent maturantque celeriter, sicuti morus, qu novissima urbanarum germinat, nec nisi exacto frigore : ob id dicta sapientissima arborum. Sed quum cpit, in tantum universa germinatio erum- pit, ut una nocte peragat , etiam cum strepitu. Quo ordine floreant. XLII. Ex his , quae hieme Aquila exoriente ( ut dixi- mus) concipiunt, floret prima omnium amygdala mense januario : martio vero pomum maturat. Ab ea proxime florent Armeniaca , dein tuberes , et prsecoces : ill pe- regrinae, hae coacl. Ordine autem naturae , silvestrium primse sambucus , cui medulla plurima : et cui nulla , cornus mascula. Urbanarum , malus : parvoque post , ut simul videri possit, pirus, etcerasus, et prunus. Sequi- tur laurus, illamque cupressus : dein Punica , fici. At vites et ole florentibus jam iis germinant. Concipiunt Vergiliarum exortu. Hoc sidus illarum est. Floret autem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 79 i lors de l'apparition de la grappe; i lors de sa matu- ration. Les arbres sans fleurs ne font que pousser le fruit et le mrir. Dans quelques plantes la floraison accom- pagne immdiatement la germination , et va aussi vite qu'elle ; mais leurs fruits mrissent tard , comme ceux de la vigne. D'autres arbres bourgeonnent et fleurissent tard , quoique leurs fruits arrivent de bonne heure maturit: tel est le mrier, le plus tardif de tous les arbres domestiques dans son bourgeonnement , qui n'a lieu que quand le froid est pass , ce qui l'a fait nommer le plus sage des arbres; mais une fois cette germination commence, elle se dploie tout entire avec une telle rapidit, qu'elle s'achve en une nuit, mme avec un bruit sensible. Dans quel ordre a lieu la floraison. XXII. Parmi les arbres qui germent l'hiver au lever de l'Aigle, comme nous l'avons dit, l'amandier est le premier fleurir; en effet , ses fleurs paraissent en janvier, et ses fruits mrissent en mars. Immdiatement aprs fleuris- sent les pruniers d'Armnie, puis les pchers-noyers et les pchers prcoces : ceux-ci doivent leur prcocit la cul- ture; les autres sont exotiques. Quant l'ordre que suivent naturellement les arbres sauvages dans la floraison, le sureau, si riche en moelle, et le cornouiller mle, qui n'en a point, se dveloppent les premiers. Des arbres domestiques , le plus htif est le pommier ; le poirier , le cerisier , le prunier le suivent de si prs, qu'on croi- rait que toute cette floraison a lieu au mme instant. Vient 80 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. solstitio vitis , et quae paulo serius incipit , olea. Deflo- rescunt omnia septenis diebus , non celerius : qudam tardius , sed nulla pluribus bis septenis. Omnia et intra vui idus julii etesiarum praecursu. Quo quaeque tempore ferant. De cornu. XLIII. Nec statim fruclus sequitur in aliquibus. 26. Cornus enim circa solstitia reddit primo candi- dum , postea sanguineum. Ex eo gnre femina post au- tumnum fert baccas acerbas , et ingustabiles cunctis ani- mantibus : ligno quoque fungosa et inutilis, quum mas e fortissimis quoque sit : tanta differentia ab eodem g- nre fit. Sed et terebinthus messibus reddit semen , et acer, et fraxinus : nuces , et mala , et pira prterquam hiberna , aut prcocia , autumno. Glandiferae serius etiamnum, Vergiliarum occasu : esculus tantum autumno. Incipiente autem hieme quaedam gnera mali , pirique , et suber. Abies flores croci colore circa solstitium , semen reddit post Vergiliarum occasum. Pinus autem et picea HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 81 ensuite le laurier, un peu plus tard le cyprs, puis les grenadiers , les figuiers ; et quand ceux-ci fleurissent , l'olivier et la vigne, qui ont conu au lever des Pliades, car c'est par cette constellation qu'ils sont rgis. Au solstice d't fleurissent la vigne et l'olivier , qui retarde un peu sur elle. Ces floraisons s'achvent toutes en sept jours , jamais en moins de temps , quelquefois un peu moins vite , mais jamais le terme ne dpasse quatorze jours. Tout est fini cet gard le 8 des ides de juillet, avant l'arrive des vents tsiens. En quel temps chaque urbre rapporte. Du eornouilier. XLIII. Sur quelques arbres , le fruit ne pousse pas immdiatement aprs la chute des fleurs. 26. Le cornouiller , vers le solstice d't , pousse un fruit blanc d'abord, puis rouge comme du sang. Le cor- nouiller femelle porte , aprs l'automne , des baies si pres au got , que nul animal n'en peut goter. Son bois est spongieux et inutile ; celui du pied mle , au contraire , est des plus forts, tant une mme espce offre de diffrences ! Le trbinthe , le frne , l'rable , don- nent leurs fruits dans le temps de la moisson ; le noyer, le pommier et le poirier ne rapportent qu'en automne ; il faut en excepter les poiriers prcoces et les poiriers d'hiver. Les arbres glands fournissent leurs fruits en- core plus tard , vers le coucher des Pliades. L'esculus seul rapporte en automne. Le lige et quelques espces de poiriers et de pommiers produisent au commence- ment de l'hiver. Le sapin se couvre de fleurs couleur de x. 6 ifc 82 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. prveniunt germinatione quindecim fere diebus. Semen vero post Vergilias et ips reddunt. Anniferae. In triennium ferentes. XLIV. Citreae, et juniperus, et ilex, anniferae haben- tur: novusque fructus in his cum annotino pendet. In maxima tamen admiratione pinus est : habet fructum maturescentem : habet proximo anno ad maturitatem venturum, ac deinde tertio. Ne ulla arborum avidius se promittit. Quo mense ex ea nux decerpitur, eodem maturescit alia : et sic dispensatur, ut nullo non mense maturescant. Quae se in arbore ipsa divisere, azaniae vo- cantur : laeduntque ceteras, nisi detrahantur. Quae fructum non ferant : quae infelices existimentur. XLV. Fructum arborum solae nullum ferunt, hoc est ne semen quidem , tamarix scopis tantum nascens , po- pulus , alnus, ulmus Atinia , alaternus, cui folia inter ilicem et olivam. Infelices autem existimantur, damna- taeque religione , quae neque seruntur umquam , neque fructum ferunt. Cremutius auctor est, numquam virere HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 83 safran vers le solstice d't , et donne sa graine vers le coucher des Pliades. Le pin et le pica bourgeonnent en- viron quinze jours plus tt; mais leurs graines paraissent aussi aprs les Pliades. Arbres qui rapportent tous les ans. Arbres qui rapportent tous les trois ans. XLIV. Les citres , le genvrier et l'ilex portent leurs fruits toute l'anne , de sorte que le mme arbre pr- sente le fruit nouveau et celui de l'anne prcdente. Le pin surtout est digne d'tre remarqu : il porte en tout temps un fruit qui va mrir, un fruit qui ne doit tre mr que l'anne suivante , un autre qui le sera la troisime anne. Nul arbre ne semble plus avide de produire. Le mois mme o l'on cueille une pomme de pin il en mrit une autre , et jamais un mois ne se passe sans qu'on ait un autre fruit cueillir. Les pommes qui se fendent sur l'arbre se nomment azanies, et, si on ne les te pas , elles gtent les autres. Arbres qui n'ont point de fruits ; arbres rputs funestes. XLV. Seuls de tous les arbres , le tamarisque , qui ne sert qu' faire des balais; le peuplier, l'aune, l'orme ati- nien ; l'alaterne , dont les feuilles participent de l'ilex et de l'olivier, ne portent ni graines ni fruits. On regarde comme sinistres , et la religion rprouve les plantes st- riles qu'on ne sme point. Selon Cremutius, l'arbre au- quel Phyllis se pendit n'est jamais vert. Les arbres 6. 8/ C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. arborem , ex qu Phyllis se suspendent. Quae gummi gignunt , post germinationem aperiuntur : gummi veto non nisi fructu detracto spissatur. Quae facillime perdant fructum, aut florem. XLVI. Novellae arbores carent fructu quamdiu cres- cunt. Perdunt facillime an te maturitatem, palma, ficus, amygdala , malus, pirus : item Punica, quae etiam ro- ribus nimiis et pruinis florem amittit. Qua de causa in- flectunt ramos ejus , ne subrecti humorem infestum excipiant, atque contineant. Pirus et amygdala , etiamsi non pluat , sed fit Austrinum caelum , aut nubilum , amittunt florem et primos fructus , si, quum defloruere, taies dies fuerint. Ocissime auteni salix amittit semen , antequam omnino maturitatem sentiat , ob id dicta Ho- mero frugiperda : secuta aetas scelere suo interprta ta est hanc sententiam , quando semen salicis mulieri ste- rilitatis medicamentum esse constat. Sed in hoc quoque providens natura , facile nascenti , et depacto surculo , incuriosius semen ddit. Una tamen proditur ad matu- ritatem perferre solita , in Creta insula , ipso descensu Jovis speluncae, torvum ligneumque, magnitudine ciceris. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 85 gomme se fendent aprs avoir bourgeonn , mais la gomme ne s'paissit qu'aprs la rcolte du fruit. Quels arbres perdent aisment leurs fruits ou leurs fleurs. XLVI. Les jeunes arbres sont improductifs tout le temps de la croissance. Les fruits du palmier, du figuier, de l'amandier, du pommier, du poirier, tombent trs- aisment avant que d'tre mrs. Il en est de mme du grenadier, dont la rose et la gele blanche font tomber la fleur : aussi l'agriculteur en courbe-t-il les branches pour les empcher de recevoir et de retenir les eaux nuisibles. Le poirier et l'amandier perdent leurs fleurs si le vent du midi souffle dans le temps de leur florai- son , ou si , mme sans pleuvoir , le ciel se couvre de nuages : ils perdent leurs premiers fruits si la dflo- raison est suivie d'un temps semblable. Le saule perd sa graine de bonne heure et long-temps avant le temps de la maturit ; aussi Homre le nomme-t-il olsicarpe. Le ges suivans interprtrent odieusement cette expres- sion , si bien qu'aujourd'hui on croit que la graine de saule frappe les femmes de strilit. Au reste , la nature, prvoyante en tout , a , comme dessein , nglig la graine du saule, qu'on perptue facilement en enfon- ant en terre un seul de ses rejetons. On dit pourtant qu'en Crte , l'entre de la caverne de Jupiter , se trouve un saule dont la graine mrit ordinairement. Cette graine , tortue et dure comme du bois , est de la grosseur d'un pois chiche. 86 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XVI. Quae ubi non ferant. XLVII. Fiunt vero quaedam loci vitio infructuosa, sicut in Paro silva caedua , quae nihil fert. Persicae ar- bores in Rhodo florent tantum. Fit haec differentia et ex sexu : in iisque mares non ferunt. Aliqui hoc permu- tantes , mares esse , quae ferant , tradunt. Facit et den^ sitas sterilitatem. Quomodo ferant. XLVHI. Gignentium autem quaedam et lateribus ra- morum, et cacuminibus ferunt : ut pirus, Punica, ficus, myrtus : cetero eadem natura , quae frugibus. Namque et in eis spica in cacumine nascitur, legumina in lateri- bus. Palma sola (ut dictum est) in spathis habet fruo tum, racemis propendentem. Quibus fructus , antequam folia, nascantur. XLIX. Reliquis sub folio pomum, ut protegatur, ex^ cepta fico, cui folium maximum umbrosissimumque, et ideo supra id pomum : ei demum serius folium nascitur, quam pomum. Insigne proditur in quodam gnre Cili- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 87 Quels arbres sont sans rapport , et en quels lieux. XLVII. Quelques arbres deviennent striles par la mauvaise qualit du terroir : tel est, Paros, un bois taillis qui ne fructifie pas. Les pchers fleurissent Rhodes, mais sans donner de fruits. Cette strilit pro- vient aussi du sexe , et les mles sont tous striles , quoique , selon quelques-uns , les mles seuls , au con- traire , produisent du fruit. Enfin , un arbre trop touffu peut tre strile. Comment les arbres rapportent. XLVI1I. Parmi les arbres fruitiers, les uns portent les fruits sur les cts de la branche , les autres n'en ont qu' la cime, par exemple, le poirier, le grenadier, le figuier, le myrte ; en cela ils ressemblent aux grains et aux lgumes : en effet , ceux-ci ont leurs gousses sur les cts , ceux-l ont leurs pis la cime. Le palmier , comme nous l'avons dit, est le seul arbre dont le fruit, tombant en grappes , naisse dans une spathe. Quels arbres se couvrent de fruits avant d'avoir des feuilles. XLIX. Les autres arbres ont leur fruit sous la feuille, comme pour le mettre ainsi couvert , hormis le figuier, qui a le sien en dessus , parce que sa feuille , trop grande, donnerait trop d'ombre au fruit, qui d'ailleurs parat avant elle. Nanmoins en Cilicie , Chypre , en 88 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. ciae, Cypri, Helladis , ficos sub folio , grossos vero post folium nasci. Ficus et praecoces habet, quas Athenis pro- dromos vocant. In Laconico gnre maxime sunt. Biferae : triferae. L. 27. Sunt et biferae in eisdem. In Cea insula capri- fici triferae sunt. Primo ftu sequens evocatur, sequenti tertius : hoc fici caprificantur. Et caprifici autem ab ad- versis foliis nascuntur. Biferae et in malis ac piris quae- dam , sicut et praecoces. Malus silvestris bifera. Sequens ejus fructus post Arcturum in apricis maxime. Vites quidem ut triferae sunt , quas ob id insanas vocant : quo- niam in iis alia maturescunt , alia turgescunt , alia flo- rent. M. Varro auctor est , vitem fuisse Smyrnae apud Matroum biferam , et malum in agro Consentino. Hoc autem evenit perpetuo in Tacapensi Africae agro , de quo plura alias : ea est soli fertilitas. Trifera est et cu- pressus. Namque baccae ejus colliguntur mense januario, et maio , et septembri : ternasque earum gerit magnitu- dines. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 89 Grce , on voit , dit-on , des figuiers remarquables en ce que leurs fruits se trouvent sous la feuille , et qu'au dessus se voient les fruits qui n'arrivent pas maturit. Parmi les fruits du figuier , il en est de prcoces , qu' Athnes on nomme prodromes. Le figuier de Laconie en a souvent. Arbres double et triple rcoltes. L. 27. Il en est qui rapportent deux fois l'anne. Dans l'le de Cos , certains figuiers sauvages portent trois fois. Le premier produit est immdiatement suivi du second, et celui-ci du troisime. Ce dernier sert faire mrir les figues franches. Les fruits du figuier sauvage se trouvent au dessus des feuilles. Il est aussi des pommiers et des poiriers qui portent deux fois l'anne ; il en est de pr- coces. Le pommier sauvage porte deux fois l'anne; son second produit se recueille aprs l'Arcture, surtout dans les lieux exposs au soleil. Il y a des vignes qui donnent trois fois l'an ; on les nomme vignes folles : le mme cep prsente des grappes mres , noues et en fleur. Selon Varron, Smyrne, prs du temple de Crs, tait une vigne qui portait deux fois l'an. Il en dit autant d'un pommier du territoire de Consentia. Au reste, c'est ce qui a lieu perptuellement dans le territoire de Tacape, en Afrique, dont il sera parl ailleurs. Tant est grande la fertilit du sol ! Le cyprs rapporte aussi trois fois l'an ; on rcolte ses baies en janvier , en mai , en septembre : aussi sont-elles , selon l'poque , de trois grosseurs dif- frentes. 9 o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Est vero et in ipsis arboribus etiam onustis peculiaris differentia. Summa sui parte fertiliores, arbutus, quer- cus : inferiore , juglandes , fci mariscae. Omnes , quo magis senescunt , hoc maturius ferunt , et in apricis locis, nec pingui terra. Silvestriora omnia tardiora. Quse- dam ex iis omnino nec maturescunt. Item quae subaran- tur, aut quae ablaqueantur, celeriora neglectis : haec et fertiliora. Quae celerrime senescant , quae tardissime. LI. Est etiamnum aetatis differentia. Amygdala enim et pirus in senecta fertilissimae : ut et glandiferae, et quoddam genus ficorum. Ceterae in juventa tardiusque maturantes : quod maxime notatur in vitibus. Vetustio- ribus enim vinum melius : novellis copiosius. Celerrime vero senescit , et in senecta deteriorem fructum gignit malus : namque et minora poma proveniunt, et vermi- culis obnoxia. Quin et in ipsa arbore nascuntur. ^Ficus sola ex omnium arborum ftu, maturitatis causa medi- catur : jani quidem ex portentis , quoniam majora sunt pretia prposteris. Omnia autem celerius senescunt prae- fecunda. Quin et protinus moriuntur aliqua, cselo fecun- ditatem omnem eblandito : quod maxime vitibus evenit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 9 r Les arbres fruitiers nous prsentent aussi plusieurs dif- frences. L'arbousier, le chne, produisent surtout par en haut; le noyer, le figuier marisque, donnent plus leur partie infrieure. Tous les arbres deviennent plus htifs mesure qu'ils vieillissent , et selon qu'ils sont exposs au soleil ou plants dans une terre maigre. Tout arbre sauvage est plus tardif que les autres ; quelques- uns n'ont jamais de fruits mrs. De mme les arbres dont on laboure le pied ou que l'on dchausse produisent plus vite et plus abondamment que ceux qu'on nglige. Quels arbres vieillissent trs-vite ou trs-lentement. LI. L'ge donne lieu aussi des diffrences. L'aman- dier, le poirier, sont trs-fertiles dans leur vieillesse, ainsi que les arbres glands , et quelques espces de figuiers. Les autres arbres sont plus fertiles dans leur jeu- nesse , quoiqu'alors ils soient plus tardifs. La vigne surtout en est un exemple : vieille, elle donne de meilleur vin; jeune , elle en donne une plus grande quantit. Le pom- mier est prompt vieillir , et cette poque il porte du fruit assez mauvais , tant parce qu'il est moins gros , que parce qu'il est attaqu par les vers ; et ces animaux naissent sur l'arbre mme. Le figuier est le seul de tous les arbres dont l'art puisse hter la maturit du fruit ; et, chose bizarre, on prfre ces produits artificiels aux fruits qui viennent plus tard. Au reste , tout arbre qui produit beaucoup vieillit vite : quelques-uns mme meu- rent subitement , parce qu'un ciel trop favorable les a en mme temps fconds et puiss. La vigne, surtout, est sujette cet inconvnient. 92 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. 28. Contra morus tardissime senescit, fructu minime laborans. Tarde et quorum crispa materies : ut acer, palma, populus. Et subarata ocius senescunt. 29. Silvestria autem tardissime. Atque in totum, om- nis cura fertilitatem adjicit, fertilitas senectam : ideo et prflorent talia, et prgerminant , atque in totum prae- cocia fiunt : quoniam omnis infirmitas caelo magis ob- noxia est. In qui bus plura rerum gnera gignantur. Crataegum. LU. Multae vero plura gignunt , ut diximus in glan- diferis : inter quas laurus uvas suas : maximeque ste- rilis , quae non gignit aliud : ob id a quibusdam mas existimatur. Ferunt et avellan julos compactili callo , ad nihil utiles. 30. Plurima vero buxus. Nam etsemen suum, etgra- num, quod cratgum vocant : et a septentrione viscum, a meridie hyphear : de quibus plura mox paulo. Inter- dumque pariter res quaternas habent. Differentiae arborura per corpora et ramos. LUI. Arbores qudam simplices , quibus a radice cau- dex unus : et rami frquentes, ut olivae, fico, viti. Quae- HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 9 3 28. Le mrier, au contraire, est lent vieillir; son fruit ne le fatigue point. Les arbres dont le bois est madr, par exemple l'rable, le palmier, le peuplier, sont dans le mme cas : la vieillesse est plus prompte chez ceux autour desquels on remue souvent la terre. 29. Les arbres sauvages vieillissent trs-tard; et, en gnral, la culture augmente toujours la fertilit, et la fertilit la disposition vieillir ; aussi les arbres culti- vs sont-ils prompts fleurir, prompts bourgeonner, en un mot prcoces en tout ; mais ils sont de complexion faible, et sensibles toutes les impressions de l'air. Arbres qui portent des produits diffrens. Cratge. LU. Certaines plantes donnent plusieurs produits ; les arbres glands nous l'ont montr. Il faut y joindre le laurier, qui a des espces de grappes, et le laurier st- rile , dont ces grappes sont le seul produit , circonstance qui l'a fait nommer laurier mle. Les noisetiers portent, outre leurs fruits , des chatons , petit paquet calleux d'caills presses. Les chatons sont sans usage. 30. Le buis offre aussi des produits varis. Outre sa graine , il porte un grain dit cratge ; du ct du nord , le gui ordinaire , et du ct du sud , le gui dit hyphar, dont nous parlerons plus bas : quelquefois ses produits vont quatre. Distinction des arbres selon leur tronc et leurs branches. LUI. Quelques arbres simples ont pourtant beaucoup de branches attaches un tronc unique , par exemple 94 C. PLIN1I HIST. NAT. LIB. XVI. dam fruticosi generis , ut paliurus , myrtus : item nux avellana : quin immo melior est, et copiosior fructu, in plures dispersa ramos. In quibusdam omnino nullus , ut in suo gnre buxo, loto transmarinae. Quaedam bifurcae, atque etiam in quinas partes diffuse. Quaedam dividuae, nec ramos , ut sambuci. Quaedam individuae , ramosae , ut piceae. Quibusdam ramorum ordo, sicut piceae, abieti. Alias inconditus, ut robori, malo, piro. Et abieti quidem subrecta divisura, ramique in caelum tendentes , non in latera proni. Mirum , cacuminibus eorum decisis mori- tur : totis vero detruncatis durt. Et si infra, quam rami fuere, praecidatur, quodsuperest, vivit : si vero cacumen tantum auferatur , tota moritur. Aliaab radie brachiata, ut ulmus. Alia in cacumine ramosa, ut pinus, lotos, sive faba Graeca : quam Romae a suavitate fructus silvestris quidem , sed cerasorum paene natura , loton appellant. Prcipue domibus expetitur ramorum petulantia , brevi caudice latissima exspatiantium umbra, et in vicinas domos saepe transilientium. Nulli opacitas brevior: nec aufert solem hieme , decidentibus foliis. Nulli cortex jucundior, aut oculos excipiens blandius. Nulli rami longiores validioresque , aut plures, ut dixisse totidem arbores liceat. Cortice pelles tingunt, radice lanas. Malis proprium genus : ferarum enim rostra reddunt , adhae- rentibus uni maximo minoribus. HISTOIRE NATURELLE, UV. XVI. ^5 l'olivier, le figuier, la vigne. Quelques-uns appartiennent la classe des arbrisseaux : tels sont le paliure, le myrte, le coudrier ; ce dernier est meilleur , et donne d'autant plus de fruit qu'il a plus de branches. Il est aussi des arbres qui n'ont point de tronc , par exemple le buis et le lotos d'outre-mer. Quelques-uns se bifurquent, et mme forment cinq branches ; d'autres poussent plu- sieurs troncs sans former de branches , comme les su- reaux ; d'autres , sans fourcher , sont fort branchus ; exemple, le pica. Ailleurs on voit les branches ranges par ordre, comme dans le pica et le sapin. Plus sou- vent , par exemple dans le rouvre , le poirier, le pom- mier, leur disposition est irrgulire. Le sapin porte ses branches droit en haut , sans que jamais elles s'inclinent latralement. Chose tonnante, il meurt si l'on coupe la cime de ses branches, et il reste vivant lorsqu'on les coupe en entier, ou qu'on le coupe au dessous de l'en- droit o naissent les branches; il mourrait si l'on re- tranchait la cime seulement. Quelques arbres ont des branches au pied mme, tel est l'orme; d'autres en ont la cime : tels sont le pin , le lotos , la fve grecque , qu' Rome on appelle lotos , cause du got dlicieux de son fruit , qui , quoique sauvage , ressemble la ce- rise. C'est surtout dans les cours des maisons qu'on plante cet arbre, dont la tige mince jette quantit de branches ombreuses et promptes envahir jusqu'aux maisons voisines ; mais il n'est pas d'arbres dont l'om- brage dure si peu. Il n'en donne point en hiver , parce qu'alors il a perdu ses feuilles. En revanche, il n'est pas d'arbre dont l'corce soit plus agrable , et qui 96 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De ramis. LIV. Ramorum aliqui caeci , qui non germinant : quod natura fit, si non evaluere : aut pna, quum deputatos cicatrix hebetavit. Quae dividuis in ramo natura est, haec viti in oculo, arundini in geniculo. Omnium terrae proxima crassiora. In longitudinem excrescunt abies, larix , palma , cupressus, ulmus, et si qua unistirpia. Ramosarum cerasus etiam in xl cubitorum trabes, aequali per totam duum cubitorum crassitudine reperitur. 3i. Quaedam statim in ramos sparguntur, ut mali. De cortice. LV. Cortex aliis tenuis , ut lauro , tiliae : aliis cras- sus, ut robori. Aliis laevis , ut malo, fico. Idem scaber HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 97 llatle davantage la vue, aucun dont les branches soient plus longues , plus grosses , plus nombreuses ; on dirait autant d'arbres. Son corce sert teindre les peaux , et sa racine teindre les laines. Une singularit du pom- mier, c'est que quelques-uns de ses nuds ressemblent des mufles de bles sauvages : ces mufles sont forms par le concours de plusieurs petits nuds autour d'un nud principal. Branches. LIV. Quelquefois les branches sont striles et ne bourgeonnent pas; ce qui a lieu , ou naturellement quand elles n'ont pas acquis assez de force, ou artificiellement quand, ayant t tailles, elles ont perdu leur puissance gnratrice en se cicatrisant. Du reste, ce que sont les branches pour les arbres fourchus, les bourgeons le sont pour la vigne, et les nuds pour le roseau. Tous les arbres sont plus gros vers le pied. Le sapin , le larix , le palmier , le cyprs , l'orme , et tous les arbres qui n'ont qu'un tronc prennent leur accroissement en hau- teur. Dans le nombre des arbres branchus , on voit des cerisiers qui donnent des poutres de quarante coudes de long sur deux de diamtre dans toute leur largeur. 3i. Quelques arbres s'tendent instantanment par leurs branches ; tel est le pommier. Ecorce. LV. Quelques arbres ont l'corce mince : tels sont le laurier et le tilleul ; d'autres l'ont paisse, comme le x. 7 g8 C. PLINI1 HIST. NAT. LIB. XVI. robori, palmae. Omnibus in senecfa rugosior. Quibusdam rumpitur sponte, ut viti. Quibusdam etiam cadit, ut malo , unedoni : carnosus , suberi , populo : membrana- ceus, ut viti, aruudiui : libris similis, ceraso: multiplex tunicis , ut vitibus , tiliae , abieti. Quibusdam simplex , ut fico , aruudini. De radicibos. LVI. Magna et radicum difterentia. Copiosae fico, ro- bori , platano : brves et angustae , malo : singulares abieti , larici. Singulis enim inuituntur, quamquam mi- nutis in latera dispersis. Crassiores lauro et inaequales : item oleae, cui et ramos. At robori carnosae. Robora suas in profundum agunt. Si Virgilio quidem credimus, eseulus , quantum corpore eminet , tant uni radie des- cendit. Oleae, malisque, et cupressis, per summa eespi- tum. Aliis recto meatu , ut lauro , oleae : aliis flexuoso , ut fico. Minutis haec capillamentis hirsuta , ut abies , raultaeque silvestrium : e quibus montaui praetenuia fila decerpentes , spectabiles lagenas , et alia vasa nectunt. Quidam non altius descendere radies, quam solis calor tepefaciat , idque natura loci tenuioris crassiorisve , HISTOIRE NATURELLE, LTV. XVI. 99 rouvre; ailleurs elle est lisse : par exemple, le pommier, le figuier ; ailleurs elle est raboteuse : comme le rouvre et le palmier. Tout arbre vieux a l'corce plus rugueuse. Dans quelques plantes, par exemple dans la vigne, l'corce se rompt d'elle-mme ; dans d'autres elle tombe , par exemple dans le pommier et l'arbousier. Le lige , le peuplier, ont l'corce charnue ; la vigne et le roseau , membraneuse ; le cerisier, mince comme du papyrus ; la vigne, le tilleul, le sapin, compose de plusieurs tuni- ques ; le figuier et le roseau l'ont simple. Racines. LVI. Les racines diffrent de mme considrable- ment. Nombreuses dans le rouvre, le figuier et le pla- tane; troites et petites dans le pommier ; uniques dans le sapin et le larix , quoique l elles projettent latra- lement quelques filets ; grosses et ingales dans le lau- rier ainsi que dans l'olivier, o , de plus , elles sont bran- chues : elles sont charnues et profondment enfonces sous terre dans le rouvre. Selon Virgile , les racines de l'esculus pntrent dans le sol une profondeur gale la hauteur qu'atteint le tronc. Les racines de l'olivier, du pommier, du cyprs, sont presque fleur de terre ; droites dans certains arbres , comme dans l'olivier et le laurier, elles sont tortueuses dans le fi- guier. L elles sont garnies de petifs filamens , comme dans le sapin et autres arbres sauvages , dont les mon- tagnards coupent les filamens dlis pour en faire des flacons et autres vases capables de contenir la liqueur. 7- too C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. ^r UB. X.^L doeuunus^ ne translata viv-ere. Ho: ilias tafcmu eentumacia . -^epius imbeeillitate durum rme *runstran- turevenit: alias eaelo invidente. liias-ulu repui*naii On m* ion aascnntnr. r rX. Fasadit balsamum tiifai aase aara isvria, ma.- us iihi terre: ne non ^x palraa aase uburue. mt aara parre : vel mitun pramisit etiain r jstteuitirmie . ra n&D- care, cniae taminiam invita pepertt. 5on auer iri rutex einnami in SyrA vieina perveniendL ^ou :er*mr imomi nardique deiieia, ae u A.'aimt jiudem dx muia . et nave peregrinari. Tentavit enim S ift e muitt rex. Ilhui maxime mirum , ipsas arbores pferumque assassin ir vivant , atque transmigrenc uiiruando st i ^uio mpe- trari, ut alinas aiar. ui venasque autant txajhm auilu mudo deeti. Vivit in Etaiia pipent arnur : intime vero etiam in septentrionaii plaga : vixiu a Lmia :iui"s !?eu tmde sorJbentesr suecum amnem >\. is suies, cuquentes- que lacrvmam HISTOIRE XATUUXLE, LIV. XVL io5 ci-dessus que tout arbre ne nat pas indiffremment par- tout , de mme qu'il ne vt pas partout aprs avoir t transplant ; cela arrive, tantt par dgot , tantt par opinitret, tantt par la faiblesse des arbres qu'on trans- plante, quelquefois parce que le climat leur et con- traire , ou le terroir peu favorable. Quelle plante ne ajustent point en eeruint lieux , et quels ont ces lieux. LIX. Le baumier ddaigne tout autre terroir que la Jude. Le citronnier, indigne de l'Assyrie, est strile ailleurs. Le palmier ne crot pas partout, ou ne porte pas de fruits partout o il crot ; dans quelques lieux il en produit, mais il ne les amne pas maturit; comme s'il les produisait regret! L'arbrisseau sur lequel on recueille le cinnarrse n'a plus de force productrice dans le voisinage de la Syrie. L'amome et le nard, aux. parfums dlicieux , ne peuvent se naturaliser hors de l'Inde, mme en Arabie; un voyage maritime leur est funeste : le roi Se- leucus en fit l'exprience. Un lait merveilleux, c'est qu'on peut presque toujours arracher aux arbres la faveur de passer et de vivre sur une terre trangre; que Ion ob- tient quelquefois du sol la grce d'adopter et de a roniam infausto Atheniensium , et saepe : Lebaida voca- tur influente Cephisso. Quum igitur anno permansit inundatio, proficiunt in aucupatoriam quoque amplitu- dinem : vocabantur zeugitse. Contra bombyciae, matu- rius reciproco, graciles : feminarum, latiore folio atque candidiore , modica lanugine : aut omnino nulla , spa- donum nomine insignibus. Hinc erant armamenta ad inclusos cantus : non silendo et reliquo cur miraculo , ut venia sit , argento jani potius cani. Cdi solebant HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 127 lopps de tuniques plus longues qui, partant des nuds et s'avanant vers le haut, occupent plus d'espace. Il y a une espce de roseau qui pousse obliquement, ne s'lve pas, mais s'tend prs de terre la manire des arbris- seaux ; les animaux le recherchent lorsqu'il est tendre. Quelques-uns le nomment lgia. Certains endroits mar- cageux de l'Italie produisent l'adarca qui est attache l'corce des roseaux , mais seulement sous leurs panicules ; elle est excellente pour les dents , car elle a les qualits de la graine de moutarde. Ce que l'on a dit de merveilleux sur les roseaux du lac d'Orchomne m'oblige en traiter ici avec exacti- tude. Les anciens appelaient characias l'espce la plus grosse et la plus forte; une autre, plus menue, portait le nom de plotia on nautile; celle-ci croissait dans les les flottantes du lac , celle-l sur ses rives inondes. On distinguait aussi une troisime espce de roseaux propres faire des fltes , et que , pour cette raison , on nom- mait aultique. Elle mettait neuf ans crotre, ainsi que le lac mme, qui ne cessait d'augmenter pendant tout ce temps. S'il arrivait que l'lvation des eaux se soutint deux ans de plus, cette irrgularit passait pour un pro- dige sinistre ; c'est ce qui arriva lors de la dfaite des Athniens Chrone , et d'autres poques encore; ce lac prend le nom de Lbade l'endroit o il reoit le Cphise. Si l'inondation se prolonge seulement un an , les roseaux prennent un accroissement tel, qu'on en fait des perches prendre des oiseaux; c'est ce qu'on appelle zeugites : au contraire , ils sont grles et menus lorsque le dbordement dure moins d'un an , et alors on les ia8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. tempestivac usque ad Antigenidem tibicinem, quum ad- huc simplici musica uterentur , sub Arcturo : sic pr- paratee aliquot post annos utiles esse incipiebant. Tune quoque multa domandae exercitatione, et canere tibi ips docendae , comprimentibus se ligulis , quod erat illis tbeatrorum moribus utilius. Postquam varietas accessit, et cantus quoque luxuria, cdi ante solstitia cptse, et fieri utiles in trimatu, apertioribus earum ligulis ad flectendos sonos , quae inde sunt et hodie. Sed tum ex sua quamque tantum arundine congruere persuasum erat : et eam , qu radicem antecesserat , lsevae tibia? convenire : quae cacumen, dextrae: immensum quantum prselatis, quas ipse Cephissus abluisset. Nunc sacrifcae Tuscorum e buxo , ludicra? vero loto , ossibusque asini- nis , et argento fiunt. Aucupatoria arundo a Panhormo laudatissima : piscatoria Abaritana ex Africa. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 129 nomme bombycies. Les pieds femelles portent des feuilles plus larges, plus blanches et peu cotonnes. On appelle roseaux eunuques, ceux qui sont dpourvus de ce duvet : de ces derniers on faisait des fltes pour les concerts; mais n'oublions pas l'industrie merveilleuse des anciens en ce genre, et pardonnons-leur d'y avoir substitu des fltes d'argent. Dans le temps o la musique n'tait que peu complique, c'est--dire avant Antignide le joueur de flte, on coupait les roseaux vers le lever de l'Arcture, comme l'poque la plus convenable , et quelques an- nes aprs leur prparation on pouvait en faire usage. Il tait ncessaire cependant de les exercer beaucoup pour les adoucir et pour leur former le son , car leurs anches se serraient l'une contre l'autre, ce qui tait plus avantageux pour les thtres de ce temps ; mais quand la musique fut plus varie et qu'on broda le chant, on cueillit les roseaux avant le solstice d't. On ne les laissa reposer que trois ans, et l'on fit des anches plus ouvertes, afin d'obtenir un son plus mlodieux, ce qui se pratique encore aujourd'hui. On voulait alors que l'anche ft faite du mme roseau que la flte; de plus, on croyait la partie la plus basse du roseau beaucoup meilleure pour la flte qui se tenait de la main gauche , la partie voisine du haut de la plante beaucoup meilleure pour celle qui se tenait de la droite. Les roseaux du fleuve Cphise passaient pour tre infiniment suprieurs aux autres. Aujourd'hui, les fltes dont les Toscans usent dans les sacrifices sont de buis; celles qui retentissent dans les ftes sont de lotos , d'os d'ne ou d'argent. Les meilleurs roseaux pour les oiseleurs viennent de Pa- 9* .i^o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De vinitoria arundine. LXVII. Arundinis Italiae usus ad vineas maxime. Cato seri am jubet in humidis agris, bipalio subacto prius solo, oculis dispositis intervallo ternorum pedum. Si- mul et corrudam , unde asparagi fiant : concordare enim amicitiam. 37. Salicem vero circa : qua nulla aquaticarum uti- lior, licet populi vitibus placeant, et Caecuba educent : licet alni sepibus muniant, contraque erumpentium am- nium impetus, riparum muro in tutela ruris excubent in aqua satae, csaeque densius innumero herede pro- sint. De salice : gnera ejus vm. LXVIII. Salicis statim plura gnera. Namque et in proceritatem magnam emittunt jugis vinearum perticas, pariuntque baltheo corticis vincula : et aliae virgas se- quacis ad vincturas lentitiae. Aliae praetenues viminibus texendis spectabili subtilitate. Rursus aliae firmiores cor- bibus, ac plurimae agricolarum supellectili : candidio- res ablato cortice, lenique tractatu, vilioribus vasis, HISTOIRE NATURELLE , LIV. XVI. 1 3 1 norme ; Abarite , en Afrique, doune ceux qu'on prfre pour la pche. Du roseau des vignerons. LXVIT. Les roseaux d'Italie servent surtout eha- lasser la vigne. Caton veut qu'on les plante dans des lieux humides , aprs avoir bch la terre , mais qu'on laisse trois pieds de distance entre chaque il ;, que, dans les intervalles, on plante des asperges sauvages, qui peuvent remplacer les asperges domestiques, car ce vgtal sympathise avec le roseau. 3^. Plantez des saules, ajoute -t- il, autour des ro- seaux; de tous les arbres aquatiques c'est le plus utile; il l'emporte mme sur le peuplier, qui prte son appui la vigne, et sert de tuteur au vin de Ccube. Il l'em- porte sur l'aune, quoique celui-ci serve de retranche- ment et de rempart contre les dbordemens aux terres voisines des fleuves , et que de ses branches coupes sortent d'innombrables rejetons. Du saule : huit espces de saules. LXV1II. Parlons maintenant des diverses espces de saules. Les uns donnent de longues perches dont on se sert pour dresser la vigne en treille, et des liens que l'on fait de leur corce enleve par bandes ; d'aiftres four- nissent des baguettes souples appropries divers usa- ges ; quelques-unes produisent des baguettes dlies, lmens de vannerie trs-belle et trs-fine , de corbeilles et d'autres instrumens rustiques. Dpouilles d'corce , 9- i3a C.PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. quam ut e corio fiant : atque etiam supinarum in deli- cias cathedrarum aptissimae. Caedua salici fertilitas , den- sior tonsura, ex brevi pugno verius, quam ramo: non, ut remur, in novissimis curanda arbore. Nullius quippe tutior est reditus, minorisve irapendii, aut tempestatum securior. Quae praeter salicem alligando utilia. LXIX. Tertium locum ei in aestimatione ruris Cato adtribuit, prioremque quam oli vtis, quamquefrumento, aut pratis : nec quia desint alia vincula. Siquidem et genistae , et populi , et ulmi , et sanguinei frutices , et betullae , et arundo fissa , et arundinum folia , ut in Li- guria , et vitis ipsa , recisisque aculeis rubi alligant , et intorta corylus. Mirumque contuso ligno alicui majores ad vincula esse vires. Salici tamen praecipua dos. Findi- tur Grca rubens : candidior Amerina , sed paulo fra- gilior, ideo solido ligat nexu. In Asia tria gnera obser- vant. Nigram , utiliorem viminibus : candidam , agrico- larum usibus : tertiam , quae brevissima est , helicem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i33 elles sont blanches ; d'ailleurs on les manie aisment, et l'on en fait mme des vases communs , toutes les fois que la destination de ceux-ci n'exige pas qu'ils soient faits de cuir. Elles sont trs -propres pour les chaises dos , o l'on est parfaitement l'aise. Au reste , le saule coup n'en est que plus fertile ; plus on le tond , plus il est touffu. Les rejetons sortent abondamment de son sommet , qui ressemble un poing ferm plutt qu' la sommit d'une tige. Ainsi, d'aprs notre avis, le saule n'est pas un des arbres les moins dignes du soin de l'a- griculteur ; nul ne donne de revenus plus certains, nul n'entrane moins de dpenses , nul ne brave mieux les injures du temps. Arbustes qui , outre le saule , peuvent fournir des liens. LXIX. Aussi Caton , dans l'valuation des richesses agricoles, donne-t-il cet arbre le troisime rang; il le place mme avant les oliviers, les bls et les prs. Ce n'est pas qu'on manque de matires propres faire des liens : dfaut de saule se prsentent le gent, le peuplier, l'orme, la sanguine , le bouleau , le roseau fendu , le feuillage du roseau vulgaire , dont l'usage est frquent en Ligu- rie , le sarment mme de la vigne , les ronces purges d'pines , le coudrier tordu ; et certes on peut s'tonner de l'accroissement de force que prennent ces matriaux ds qu'on les bat pour les convertir en liens ; mais le saule l'emporte pour tous ces usages. Le saule rougetre grec se fend ; le saule d'Amrie, plus blanc et plus cas- sant , s'emploie sans se fendre. L'Asie produit trois es- i34 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XVI. vocant. Apud nos quoque multi totidem generibus no- mina imponunt : vimineam vocant , eamdemquer pur- puream. Alteram nitelinara a colore , quae sit tenuior. Tertiam Gallicam , quae tenuissima. De scirpis, candelis; cannis, tegulis. LXX. Nec in fruticum, nec in veprium cauliumve, neque in herbarum , aut alio ullo , quam suo gnre , numerentur jure scirpi fragiles palustresque , ad tegu- lum, tegetesque: e quibus detracto cortice, candelae lu- minibus et funeribus serviunt. Firmior quibusdam in locis eorum rigor. Namque iis velificant non in Pado tantum nautici, verum et in mari piscator Afrcus , prae- postero more vla intra malos suspendens. Et mapalia sua Mauri tegunt : proximeque aestimanti hoc videantur esse , quo inferiore Nili parte papyri sunt , usu. De sambucis : de rubis. LXXI. Sed frutectosi generis sunt inter aquaticas et rubi , atque sambuci fungosi generis : aliter tamen , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i35 pces de saules : le saule noir, excellent pour la vanne- rie; le saule blanc, utile dans l'agriculture; et l'hlice, qui est la plus courte des trois espces. L'Italie distingue aussi trois espces de saules, que l'on nomme, la pre- mire viminale ou purpurine ; la seconde niteline , par allusion sa couleur: elle est plus mince que la prc- dente; la troisime, ou saule gaulois, est la plus mince de toutes. Des scirpes : scirpes mches. Des cannes , cannes couvrir les toits. LXX. On ne peut classer les joncs ni parmi les ar- brisseaux , ni parmi les ronces , ni parmi les tiges , ni parmi les herbes , ni parmi les autres plantes ; ils forment un genre part. Ils sont fragiles et croissent dans les marais. On en couvre les maisons , on en fait des nattes. Leur moelle, quand on les a corcs, fournit des mches aux chandelles de cire qu'on emploie dans les funrailles. Ils sont plus forts et plus raides en cer- tains lieux que dans d'autres. Non-seulement les mari- niers du P en font des voiles pour leurs bateaux, les pcheurs de l'Afrique s'en servent en mer. Contre l'u- sage adopt ailleurs, ils attachent leurs voiles par devant les mts, et non par derrire. Les Maures couvrent leurs cabanes avec des joncs , qui d'ailleurs , dans leur pays , semblent avoir le mme usage que le papyrus dans la Basse Egypte. Des sureaux ; des ronces. LXXI. Les ronces sont des arbrisseaux aquatiques, ainsi que le sureau , plante spongieuse , mais non la i36 C. PLINII HLS. NAT. LIB. XVI- quam ferulae : quippe plus ligni utique sambuco. Ex qua magis canoram buccinam tubamque crdit pastor , ibi caesa, ubi gallorum cantum frutex ille non exaudiat. Rubi mora ferunt : et alio gnre similitudinem rosae , qui vocatur cynosbatos. Tertium genus Idaeum vocant Graeci a loco. Tenuius est quam cetera, minoribusque spinis, et minus aduncis. Flos ejus contra lippitudines illinitur ex melle : et igni sacro. Contra stomachi quoque vitia bibitur ex aqua. Sambuci acinos habent nigros atque par- vos , humoris lenti , inficiendo maxime capillo : qui et ipsi aqua decocti manduntur. De arborum succis. LXXIL 38. Humor et cortici arborum est, qui san- guis earum intelligi dbet , non idem omnibus. Ficis lacteus : huic ad caseos figurandos coaguli vis. Cerasis gumminosus, ulmis salivosus : lentus ac pinguis malis, vitibus ac piris aquosus. Vivaciora, quibus lentior. At- que in totum corpori arborum, ut reliquorum animalium, cutis, sanguis, caro, nervi, ven, ossa, medullae, pro cute cortex. Mirum : is in moro medicis succum quae- rentibus , vere , hora diei secunda , lapide incussus ma- nat : altius fractus siccus videtur. Proximi plerisque adi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i3 7 manire de la frule, car il a plus de bois. Les bergers pensent que d'un sureau coup en un lieu cart, et d'o l'on ne puisse entendre le chant du coq , on fait des trompettes et des cors beaucoup meilleurs. La ronce ordinaire porte des mres ; une autre espce donne une fleur qui ressemble la rose, et qu'on nomme cynosba- ton. Une troisime espce a t nomme ronce idenne , du nom du lieu o elle crot. Moins grande que les au- tres , elle a aussi les pines moins grosses et moins cro- chues. Sa fleur , applique sur les yeux avec du miel , gurit la chassie ; elle est bonne aussi contre l'rysiple. Son infusion dans l'eau est utile dans les maladies de l'estomac. Le sureau produit de petits grains noirs qui rendent une liqueur visqueuse propre teindre les che- veux. On mange aussi ces grains bouillis dans l'eau. Sucs des arbres. LXXII. 38. Dans l'corce mme des arbres est une humeur qu'on peut prendre pour leur sang. Cette hu- meur diffre selon les arbres. Laiteuse dans le figuier , elle sert de prsure pour le fromage. Elle est gommeuse dans le cerisier, baveuse dans l'orme, visqueuse et gluante dans le pommier, aqueuse dans la vigne et le poirier. Son degr de viscosit est en rapport avec la vie probable de la plante. On distingue, dans les arbres comme dans les animaux , la peau , le sang , la chair , les nerfs , les veines , les os , la moelle , et , en guise de peau , l'corce. Les mdecins , voulant recueillir le suc du mrier, en incisent lgrement l'corce avec i38 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XVI. pes : ii vocantur a colore alburnum : mollis ac pessima pars ligni, etiam in robore facileputrescens, teredini obnoxia : quare semper amputabitur. Subest huic caro, cui ossa : id est , materiae optimum. Alternant fructus , quibus siccius lignum, ut olea : magis quam quibus car- nosum , ut eerasus. Nec omnibus adipes carnesve largae , sicuti nec auimalium acerrimis. Neutrum habent buxus, cornus , olea : nec medullam minimumque etiam sangui- nis : sicut ossa non habent sorba , carnem sambuci ( et plurimam amb medullam) : nec arundines majore ex parte. De arbornm venis et pulpis. LXXIII. In quarumdam arborum carnibus pulpae ve- naeque sunt. Discrimen earum facile. Venae latiores can- didioresque pulpae fissilibus insunt. Ideo fit, ut aure ad caput trabis quamlibet praelongae admota, ictus ab altero capite vel graphii sentiatur, pntrante rectis meatibus sono. Unde deprehenditur, an torta sit materies, nodis- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i3 9 une pierre, au printemps et huit heures du matin; chose tonnante ! une plaie plus profonde ne laisserait pas chapper une goutte de liquide. Immdiatement sous l'corce se trouve , dans, presque tous les arbres , une graisse qui sa couleur a fait donner le nom d'aubier; c'est la partie la plus molle, la plus mauvaise du bois. Dans le rouvre mme elle se gte aisment et devient vermoulue; aussi doit-on toujours l'ter. Sous l'aubier est la chair, et au milieu de celle-ci les os (le cur) ; c'est la meilleure partie du bois. Les arbres dont le bois est trs-sec , par exemple l'olivier, rapportent de deux annes l'une , plus souvent que les arbres bois charnu, comme le cerisier. Il y a quelques arbres qui n'ont que peu d'aubier et peu de chair; il en est de mme chez les animaux les plus vigoureux. Le buis, le cornouiller, l'olivier, n'ont ni aubier, ni chair, ni moelle, ils ont mme trs-peu de sang. Le cormier manque d'os , le sureau de chair, tandis que tous deux abondent en moelle. Presque toutes les espces de roseaux sont de mme sans chair et sans os. Veines et nerfs des arbres. LXXIII. Quelques arbres ont la chair garnie de nerfs et de veines ; on les distingue facilement. Les veines sont plus larges et les nerfs plus blancs dans les bois fendre; c'est pour cela que si l'on approche l'oreille du bout d'une poutre , quelque longue qu'elle soit, si l'on frappe, ne ft-ce qu'avec un stylet , sur le bout oppos , des conduits rectilignes amnent le son jusqu' nous. Ce i/|o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. que concisa. Quibussunt tubera, sic sunt in carne glan- dia. In iis nec vena, nec pulpa, quodam callo carnis in se convoluto. Hoc pretiosissimum in citro , et acere. Cetera mensarum gnera fissis arboribus circinantur in pulpam : alioqui fragilis esset vena in orbem arboris caesa. Fagis pectines transversi in pulpa. Apud antiquos inde et vasis honos. Manius Curius juravit se ex praeda nihil attigisse, praeter guttum faginum, quo sacrificaret. Lignum in longitudinem fluctuatur : ut ' quae pars fuit ab radie , validius sidit. Quibusdam pulpa sine venis , mero stamin et tenui constat. Haec maxime fissilia. Alia frangi celeriora , qum findi, quibus pulpa non est : ut oleae, vtes. At e contrario totum e carne corpus fco. Tota ossea est ilex, cornus, robur, cytisus , morus, ebe- nus, lotos, et quae sine medulla esse diximus. Geteris nigricans color. Fulva cornus , in venabulis nitet, incisuris nodata propter decorem. Cedrus, et larix, et juniperus rubent. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i2i moyen peut aider reconnatre si le bois est tortu et in- terrompu par des nuds. Les tubrosits que l'on trouve dans quelques-uns sont comme les glandes dans la chair des animaux. L ne se trouvent ni veines ni nerfs ; ce sont comme des entortillemens de la chair replie sur elle-mme. Ces dfauts sont des beauts dans le citre et l'rable. Quant aux autres bois dont on fait des tables aprs les avoir fendus, on les taille et on les arrondit, en choisissant pour cet effet la partie o sont les nerfs , car si l'on choisissait celle des veines , ils se casseraient aisment. La partie nerveuse du htre prsente des lignes transversales qui ont fait rechercher des anciens les vases de htre. Manius Curius jura que, de tout le butin fait sur l'ennemi , il n'avait rserv pour lui qu'un petit vase de htre pour les sacrifices. Le bois flotte dans l'eau selon sa longueur; mais le cot de la racine enfonce davan- tage. H est des bois qui n'ont que des nerfs sans veines, et ne sont composs que de filamens dlis ; ce sont les plus aiss fendre. D'autres se cassent plutt qu'ils ne se fendent ; ce sont ceux qui n'ont point de nerfs : par exemple, la vigne, l'olivier; le figuier, au contraire, n'est compos que de chair. L'ilex , le cornouiller , le rouvre, le cytise, le mrier, l'bnier, le lotos, et les arbres que nous avons nomms comme n'ayant pas de moelle, n'ont que des os. Tous les autres sont noirtres , sauf le cornouiller , qui est roux, et dont on fait des pieux brillans garnis de nuds aux endroits branchs : ces nuds rehaussent la beaut du bois. Le cdre , le larix , le genvrier, ont le bois rouge. i4a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. 3g. Larix femina habet , quam Grasci vocant aegida , mellei coloris. Inventum est pictorum tabellis immor- tale, nullisque fissile rimis, hoc lignum. Proximum me- dullae est. In abiete leuson Graeci vocant. Cedri quoque durissima, qu medull proxima , ut in corpore ossa, deraso modo limo. Et sambuci interiora mire firma tra- duntur. Namque qui venabula ex ea faciunt, prferunt omnibus : constat enim ex cute et ossibus. De arboribus cdendis. LXX1V. Cdi tempestivum quae decorticentur, ut te- retes, ad templa ceteraque usus rotundi , quum germi- nant, alias cortice inextricabili , et carie subnascente ei, materiaque nigrescente. Tigna et quibus aufert securis corticem , a bruma ad Favonium : aut si praevenire co- gamur, Arcturi occasu , et ante eum Fidiculae : novissima ratione, solstitio. Dies siderum horum reddetur suo loco. Vulgo satis putant observare, ne qua dedolanda arbos sternatur ante editos suos fructus. Robur vere caesum , teredinem sentit : bruina autem , neque vitiatur, neque pandatur, alias obnoxium etiam ut torqueat sese fin- HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 143 39. Le larix femelle fournit ce que les Grecs appellent gide, bois couleur de miel. Les peintres prfrent pour leurs tableaux ce bois incorruptible et qui n'est pas sujet se fendre. L'gide se trouve prs de la moelle. Dans le sapin , les Grecs la nomment leusos. Le cdre aussi nous offre prs de sa moelle , aprs l'enlvement de l'aubier, une partie aussi dure que les os dans un corps anim. On prtend que le dedans du sureau est trs- fort; ceux qui en font des pieux le prfrent tous les autres bois , car il n'est compos que d'os et de peau. De la coupe des arbres. LXXIV. L'instant de couper les bois qu'on ne veut qu'corcer, comme tous bois ronds destins tre em- ploys dans les temples , est celui de la germination , autrement on ne pourrait enlever l'corce; la pourriture s'y attache et le bois noircit. Les bois auxquels la hache doit enlever l'corce sont mis bas entre le solstice d'hi- ver et l'arrive du vent d'ouest , ou , s'il faut agir avant cette poque, vers le coucher de l'Arcture , ou mme vers celui de la Lyre , qui a lieu plus tt , et enfin au solstice d't. Nous dirons en temps et lieu quelle poque se lvent et se couchent ces deux constella- tions. Communment on a soin de ne couper le bois qu'on doit quarrir qu'aprs que l'arbre a rapport. Abattu au printemps, le rouvre est sujet tre piqu des vers; coup au solstice d'hiver, il ne se gte ni ne se courbe ; tout autre poque il peut se djeter ou se fendre , 144 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. datque : quod in subere tempestive quoque caeso evenit. Infinitum refert et lunaris ratio : nec nisi a vicesima in tricesimam caedi volunt. Inter omnes vero convenit, utilissime in coitu ejus sterni, quem diem alii interlunii, alii silentis lunae appellant. Sic certe Tiberius Caesar con- cremato ponte Naumachiario , larices ad restituendum caedi in Rhaetia praefinivit. Quidam dicunt , ut in coitu et sub terra sit luna : quod fieri non potest nisi noctu. At si competant coitus in novissimum diem brumae, illa sit aeterna materies : proxime , cum supra dictis sideri- bus. Quidam et Canis ortum addunt , et sic caesas ma- teries in forum Augustum. Nec novellae autem ad ma- teriem, nec veteres utilissimae. Circumcisas quoque ad medullam aliqui non inutiliter relinquunt, ut omnis hu- mor stantibus defluat. Mirum apud antiquos primo Pu- nico bello classem Duillii imperatoris ab arbore excisa lx die navigasse. Contra vero Hieronem regem ccxx na- ves effectas diebus xlv tradit L. Piso. Secundo quoque Punico bello, Scipionis classis xl die a securi navigavit. Tantum'tempestivitas etiam in rapida celeritate pollet! HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i45 ainsi que fait le lige, et-il t coup dans la saison la plus favorable. Dans ces oprations, il faut surtout obser- ver la lune; la coupe ne doit avoir lieu que du vingtime au trentime jour d'une lunaison. On est unanime sur l'avantage qui rsulte d'une coupe faite l'poque de la sizygie , que les uns nomment interlune, et d'autres lune muette. Le pont des Naumachies ayant t brl, Csar ordonna que tout le larix ncessaire pour le re- construire ft coup en Rhtie cette poque. Quel- ques-uns veulent que la coupe ne soit excellente que lorsque la lune en sizygie se trouve en mme temps sous terre , ce qui n'a lieu que la nuit. Si outre cela la conjonction a lieu le jour mme du solstice d'hiver, le bois coup alors sera d'ternelle dure. Le meilleur en- suite sera celui qu'on coupera lorsque la sizygie concidera avec le coucher des deux constellations dont nous avons parl ci-dessus, et, comme d'autres l'ajoutent, avec le lever de la Canicule, parce que le bois employ dans la construction du forum d'Auguste fut abattu cette der- nire poque. Le bois ne doit tre coup ni trop jeune ni trop vieux. Quelquefois on coupe les arbres tout autour jusqu' la moelle , puis on les laisse debout quelque temps, afin que toute leur humeur s'coule par ce moyen. Cette mthode est bonne. Voici un fait remarquable con- sign dans nos historiens. La flotte de l'amiral Duillius, dans la premire guerre Punique, flotta sur les eaux soixante jours aprs la coupe du bois. Selon Pison, dans la guerre contre Hiron on construisit deux cent vingt navires en quarante-cinq jours. Dans la seconde guerre Punique, quarante jours seulement sparrent la coupe x. IO 146 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVf. Catonis ea de re placita. LXXV. Cato hominum summus in omni usu, dema- teriis haec adjicit : Prelum e sapino atra potissimum fa- cito : ulmeam , pineam , nuceam , hanc atque aliam ma- teriam omnem quum effodies , luna decrescente eximito post meridiem, sine vento Austro.Tunc erit tempestiva, quum semen suum maturum erit. Cavetoque ne per ro- rem trahas, aut doles. Idemque mox : Nisi intermestri , lunaque dimidiata, ne tangas materiem.Tunc ne effodias aut praecidas abs terra. Diebus septem proximis , quibus luna plena fuerit , optime eximitur. Omnino caveto ne quam materiam doles , neve caedas , neve tangas , nisi siccam : neve gelidam, neve rorulentam. Tiberius idem et in capillo tondendo servavit interlunia. M. Varro ad- versus defluvia praecepit observandum id a pleniluniis. De magnitudine arborum. De natura materiarum : de sapino. LXXVI. Larici et magis abieti succisis, humor diu defluit. Hae omnium arborum altissimae ac rectissimas. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 147 des matriaux de la flotte et son dpart : tant est grande la puissance de la clrit et de l'-propos ! Opinions de Caton sur la coupe des arbres. LXXV. Voici ce qu'ajoute , relativement au bois , Caton , cet homme d'une si grande autorit pour tout ce qui concerne l'conomie domestique : Pour faire un pressoir, dit- il , employez surtout le sapin noir. S'il s'agit d'abattre orme, pin, noyer, ou tout autre arbre, n'agissez que pendant le dcours de la lune , l'aprs- midi, et dans l'absence des vents du sud. Le vrai temps de la coupe est lorsque le fruit de l'arbre est mr. Ayez soin de n'arracher ni d'quarrir le bois pendant le temps de la rose. Un peu plus bas il ajoute : Ne touchez vos arbres que dans l'interlune ou dans les premiers quartiers : mais, dans ce temps mme, ne dracinez pas, ne coupez pas sur pied. Les sept jours de la pleine lune sont l'poque la plus favorable pour draciner. N'quar- rissez , ne coupez , ne touchez vos bois qu' l'tat de scheresse ; pargnez -les s'ils sont couverts de gele blanche ou de rose. Tibre ne se faisait couper les cheveux qu'aux sizygies; Varron, pour viter l'alopcie, recommaude de ne les couper que dans les pleines lunes. Grandeur des arbres. Nature des bois. Du sapinus. LXXVI. Le larix, et surtout le sapin, aprs avoir t coups, rpandent encore long-temps des larmes. Ce sont , de tous les arbres, les plus hauts et les plus droits. 10. 148 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Navium malis antennisque propter levitateni praefertur abies. Communia his pinoque , ut quadripartitos vena- rum cursus bifidosque habeant , vel omnino simplices. Ad fabrorum intestina opra medulla sectilis : optima quadripartitis materies, et mollior quam ceterae. Intellec- tus in cortice protinus peritis. Abietis quae pars a terra fuit, enodis est : haec, qua diximus ratione, fluviata de- corticatur, atque ita sapinus vocatur : superior pars no- dosa, duriorque, fusterna. Et in ipsis autem arboribus robustiores Aquilonise partes. Et in totum dtriores ex humidis opacisque : spissiores ex apricis , ac diuturnae. Ideo Romae infernas abies supernati praefertur. Est per gentium quoque regiones in iis differentia. Alpibus , Apenninoque laudatissimae : in Gallia , Jura , ac monte Vogeso : in Corsica, Bithynia , Ponto, Macedonia. De- terior iEneatica , et Arcadica. Pessimae Parnassia , et Eu- boica , quoniam ramosae ibi et contortae , putrescentes- que facile. At cedrus in Creta , Africa , Syria laudatis- sima. Cedri oleo peruncta materies , nec tineam , nec cariem sentit. Junipero eadem virtus, quae cedro. Vasta haec in Hispania, maximeque Vaccaeis : medulla ejus ubi- cumque solidior etiam , quam cedrus. Publicum omnium vitium vocant spiras , ubi convolvere se venae atque nodi. Inveniuntur in quibusdam , sicut in marmore , centra , id est, duritia clavo similis , inimica serris. Et quaedam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i4q La lgret du second le fait prfrer pour les mts et les antennes. Le larix, le sapin et le pin, ont ceci de commun , que l'on y remarque quatre ou deux veines , ou une seulement. Le cur de ces arbres est excellent pour la menuiserie; le bois quatre veines est le meilleur de tous : c'est aussi le plus doux. Les connaisseurs jugent l'corce de la qualit du bois. La partie infrieure du sapin n'a point de nuds. On l'corce aprs l'avoir fait flotter sur l'eau, comme nous l'avons dj dit , et alors on l'appelle sapinus au lieu fiables. La partie suprieure est plus dure et noueuse , la manire des btons. Le ct de l'arbre expos au nord est le plus vigoureux. Gn- ralement les lieux humides et ombrags produisent les sapins les plus chtifs. Ceux qui croissent dans des lieux exposs au soleil ont un bois plus massif et qui dure plus long-temps; aussi, Rome, prfre-t-on le sapin voisin de la mer infrieure au sapin adriatique. Les contres o ils croissent tablissent aussi des diffrences dans ces arbres : ceux des Alpes et des Apennins sont trs-estims. Il en est de mme de ceux de la Gaule , du Jura , des Vosges , de la Corse, de la Bithynie, du Pont, de la Macdoine ; ceux d'iEnea et de l'Arcadie sont d'une qua- lit infrieure. Les moins estims viennent du Parnasse et de l'Eube, o ils sont hrisss de branches, tortus et trs-sujets se pourrir. Les cdres de Crte, d'Afrique, de Syrie , sont trs-recherchs. Un bois frott d'huile de cdre ne redoute ni teigne ni carie. Le genvrier a la vertu du cdre; cet arbre, trs-gros en Espagne, notam- ment chez les Vaccens , a partout le cur plus dur , que celui mme du cdre. C'est un vice dans tous les bois i5o C. PLINII HIS. NAT. MB. XVI. forte accidunt, lapide comprehenso aut recepto in cor- pus, aut alterius arboris ramo. Megaris diu stetit oleaster in foro, cui viri fortes ad- fxerant arma , quae cortice ambiente tas longa occul- taverat. Fuitque arbor illa fatalis excidio urbis praemo- nit oraculo, quum arbor arma peperisset: quodsuccisae accidit , ocreis galeisque intus repertis. Ferunt lapides ita inventos , ad continendos partus esse remedio. 4o. Amplissima arborum ad hoc vi existimaturRomse visa, quam propter miraculum Tiberius Caesar in eodem ponte Naumachiario exposuerat advectam cum reliqua materie : duravit ad Neronis principis amphitheatrum. Fuit autem trabs e larice, longa pedes cxx, bipedali cras- situdine qualis. Quo intelligebatur vix credibilis reli- qua altitudo, fastigium ad cacumen aestimantibus. Fuit memoria nostra et in porticibus Septorum a M. Agrippa relicta, aeque miraculi causa , quae diribitorio superfue- rat, xx pedibus brevior, sesquipedali crassitudine. Abies admirationis prcipuae visa est in navi, quae ex iEgypto Caii principis jussu, obeliscum in Vaticano circo statu- HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. i5i que les spires, c'est--dire les nodosits et les veines qui reviennent sur elles-mmes. Dans quelques arbres se voient, comme dans le marbre, des durillons sembla- bles des clous , et qui endommagent la scie. Quelque- fois ce sont de vraies pierres , ou bien une branche d'arbre tranger, reues et incorpores dans le bois. On vit long-temps, dans le forum de Mgare, un oli- vier sauvage auquel des soldats vaillans avaient attach leurs armes ; ces armes furent , dans la suite , enve- loppes par l'corce , et disparurent sous ce tgument. A cet arbre tait attach le sort de Mgare , et un oracle avait annonc la ruine de celte cit pour le jour o un arbre enfanterait des armes. La chose eut lieu quand l'arbre, coup, laissa apercevoir des bottes et des casques dans son intrieur. Les pierres ainsi trouves sont bon- nes, dit-on, pour empcher les fausses couches. 4o. La pice de bois la plus volumineuse que Rome ait vue jusqu'ici est celle que Tibre fit apporter, avec d'autres matriaux semblables , et qu'il fit exposer sur le pont des Naurnachies, cause de sa prodigieuse grosseur; elle y resta jusqu' la construction de l'amphithtre de Nron. C'tait une poutre de larix de cent vingt pieds de long sur deux d'quarrissage d'un bout l'autre. On peut juger par l de la hauteur presque incroyable de l'arbre, en calcu- lant ce qu'on doit ajouter pour arriver au fate. De notre temps, on a vu sous le portique des Septa une poutre qui n'avait pu entrer dans la construction de l'difice o l'on distribuait la paye aux soldats , et .que M. Agrippa avait laisse en ce lieu comme objet de curiosit : moins longue de vingt pieds, elle avait un pied et demi d'quarrissage. i5a C. PL1NII HIST. NAT. LIB. XVI. tum , quatuorque truncos lapidis ejusdem ad sustinen- dum eum adduxit : qua nave nihil admirabilius visum in mari certum est : cxx il modium lentis pro saburra ei fuere. Longitudo spatium obtinuit magna ex parte Os- tiensis portus latere laevo. Ibi namque demersa est a Clau- dio principe, cum tribus molibus , turrium altitudine in ea exaedificatis ob iter Puteolaho pulvere, advectisque. Arboris ejus crassitudo quatuor hominum ulnas complec- tentium implebat. Vulgoque auditur lxxx m nummum et pluris malos venumdari ad eos usus, rates vero con- necti xl H - S plerasque. At in jEgypto et Syria reges inopia abietis cedro ad classes feruntur usi. Maxima ea in Cypro traditur, ad undeciremem Demetrii succisa , centum triginta pedum, crassitudinis vero ad trium ho- minum complexum. Germaniae prdones singulis arbo- ribus cavatis navigant , quarum quaedam et triginta ho- mmes ferunt. Spississima, ex omni materie, ideo et gravissima, ju- dicatur ebenus , et buxus , graciles natura : neutra in aquis fluitat, nec suber, si dematur cortex : nec larix. Ex reliquis siccissima lotos, quae Romae ita appellatur. Deinde robur exalburnatum : et huic nigricans color, magisque etiam cytiso , quae proxime accedere ebenum videtur ; quamquam non desint , qui Syriacas terebinthos nigrio- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i53 On a vu un sapin vraiment merveilleux dans le mt du na- vire qui, par l'ordre de Caligula, apporta l'oblisque dress depuis dans le cirque du Vatican , et les quatre blocs desti- ns lui servir de pidestal. Jamais vaisseau plus magni- fique ne vogua sur la mer. Il avait pour lest cent vingt mille boisseaux de lentilles. Sa longueur occupait une grande partie du ct gauche du port d'Ostie. Claude l'y fit cou- ler fond l'aide de trois moles , chacun de la hauteur d'une tour, qui avaient t btis sur le vaisseau mme , en pouzzolane , lors de son passage Pouzzoles , et qu'il avait transports Ostie. Ce mt avait quatre brasses de tour. On dit que des mts de ce genre reviennent quatre- vingt mille sesterces et plus, et que des radeaux de mme bois en cotent quarante mille. Faute de sapin , les rois d'Egypte et de Syrie employaient le cdre la construc- tion des flottes. Le plus grand cdre fut abattu, dit-on, dans l'le de Cypre, pour la galre onze rangs de rames de Demetrius. Ses dimensions taient de cent trente pieds de long sur une grosseur telle, qu'il fallait trois hommes pour l'embrasser. Les pirates germains parcourent les mers sur des arbres creuss , et ces barques, formes d'un tronc unique, portent jusqu' trente hommes. Le plus compacte , et par consquent le plus pesant des bois est l'bne, et ensuite le buis ; mais tous deux sont trs-menus : ni l'un ni l'autre ne flottent sur l'eau. Il en est de mme du larix et du lige , aprs qu'on lui a enlev son corce. Des autres arbres , le plus sec est le lotos des Romains, puis le rouvre priv de son aubier. Ce bois est noirtre , mais moins que le cytise , dont la nuance se rapproche de trs-prs de l'bne, quoique,. i5/ 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. res adfirment. Celebratur et Thericles nomine , calices ex terebintho solitus facere torno , per quem probatur materies. Omnium haec sola ungi vult , meliorque oleo fit. Colos mire adulteratur juglande ac piro silvestri tinc- tis , atque in medicamine decoctis. Omnibus , quae dixi- mus, spissa firmitas. Ab his proxima est cornus : quam- quam non potest videri materies propter exilitatem , sed lignum non alio paene , quam ad radios rotarum , utile : aut si quid cuneandum sit in ligno, clavisve figendum, ceu ferreis. Ilex item, et oleaster, et olea, atque casta- nea , carpinus , populus. Haec et crispa aceris modo , si ulla materies idonea esset ramis spe deputatis : castra- tio illa est, adimitque vires. De cetero plerisque eorum, sed utique robori , tanta duritia est , ut terebrari nisi madefactum non queat, et ne sic quidem adactus avelli clavus. E diverso clavum non tenet cedrus. Mollissima tilia : eadem videtur et calidissima : argumentum adfe- runt, quod citissirae ascias retuudat. Calidae et morus, laurus, edera, et omnes e quibus iguiaria fiunt. Igniaria e ligno. LXXVII. Exploratorum hoc usus in castris , pasto- rumquc reperit , quoniam ad cxcudendum ignem non HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i55 selon quelques auteurs, le trbinthe de Syrie soit plus noir encore. On cite un certain Thricls, clbre pour avoir fait au tour des vases de trbinthe , ce qui prouve l'excellence du bois. C'est le seul arbre qui demande tre frott d'huile , et que cette opration amliore. On altre sa couleur en le teignant de jus de noyer et de poirier sauvage, que l'on fait bouillir dans une teinture. Tous les bois ici nomms .sont durs et compactes; le cornouil- ler les suit de prs : nanmoins , comme il ne s'lve jamais, on ne le compte pas parmi les bois de charpente, et il n'a gure d'autre utilit que de servir faire des rayons de roue , des coins, ou bien des chevilles qui ont la duret du fer. Il en est de mme de l'ilex , de l'olas- tre , de l'olivier , du chtaignier, du charme et du peu- plier. Ce dernier, comme l'rable, est madr, et le rem- placerait si on ne rbranchait trop souvent ; c'est une sorte de mutilation qui l'affaiblit et l'nerv. Du reste, la plupart de ces plantes , surtout le rouvre, ont un bois si dur , qu' moins d'tre mouill il repousse la tarire , et que si alors on y enfonce un clou, on ne peut l'en ar- racher; dans le cdre, au contraire, les clous ne tiennent point. Le tilleul est trs -tendre; il parat aussi trs- chaud, en juger parla rapidit avec laquelle ilmousse les doloires. La mme chaleur distingue le mrier , le laurier, le lierre , et tous les arbres dont on tire du feu. Moyens d'obtenir du feu avec le bois. LXXVII. C'est aux claireurs militaires et aux ber- gers qu'est d cet art de tirer le feu du bois , parce i56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. semper lapidis occasio est. Teritur ergo lignum Hgno, ignemque concipit adtritu , excipiente materia aridi fo- mitis, fungi vel foliorum facillimo conceptu. Sed nihil edera praestantius qu teratur , lauro quae terat. Proba- tur et vitis silvestris, alia quam labrusca, et ipsa ederae modo arborem scandens. Frigidissima qucumque aqua- tica: lentissima autem, et ideo scutis- faciendis aptissima , quorum plaga contrahit se protinus , clauditque suum vulnus, et ob id contumacius transmittit ferrum : in quo sunt gnre fici, salix, tilia , betulla , sambucus, popu- lus utraque. Levissima ex his ficus et salix , ideoque uti- lissimae. Omnes autem ad cistas , quaeque flexili crate constant. Habent et candorem, rigoremque, et in sculptu- ris facilitatem. Est lentitia platano , sed madida , sicut alno. Siccior eadem ulmo , fraxino , moro : ceraso , sed ponderosior. Rigorem fortissime servat ulmus : ob id cardinibus , crassamentisque portarum utilissima , quo^ niam minime torquetur : permutanda tantum sic, ut ca- cumen ab inferiore sit cardine , radix superior. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI i5; qu'ils n'ont pas toujours leur disposition des pierres pour l'en faire jaillir. Ils frottent bois contre bois , et ce frottement y dveloppe du feu qu'on fait tomber sur quelque matire inflammable et sche, sur de l'amadou, sur des feuilles qui reoivent promptement l'tincelle ; mais, de tous les bois, nul ne frotte si avantageusement que le laurier ; nul , plus que le lierre , ne s'enflamme par le frottement. On vante aussi une vigne sauvage dif- frente de la labrusque , mais qui , comme le lierre , grimpe autour des arbres. Les plantes aquatiques sont trs-froides ; elles sont aussi trs-flexibles , et par cons- quent trs-propres faire des boucliers. Quelque coup les a-t-il ouverts, bientt l'ouverture se resserre et se referme , et c'est pour cela que le fer s'y trace difficile- ment un passage. A cette classe appartiennent le figuier, le saule , le tilleul , le bouleau , le sureau , le peuplier blanc et le peuplier noir. Les deux meilleurs de ces arbres sont le figuier et le saule , parce que leur bois est le plus lger. Toutes ces espces sont employes pour la vannerie et pour tous les ouvrages qui exigent un bois souple ; elles sont d'ailleurs blanches , ne se djet- tent point , et sont facilement travailles par les sculp- teurs. Le platane , comme l'aune , est souple, mais hu- mide. L'orme, le frne, le mrier, le cerisier, sont secs en mme temps que flexibles, mais plus pesans. L'orme, constamment tenace et ferme , est recherch pour les tenons et les membrures de portes , parce qu'il ne se d- jette pas ; mais il faut l'employer de manire ce que la partie infrieure de l'arbre forme le haut du tenon, et la partie suprieure le bas. i58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. Palmae est mollis, et suberis materies : spissae et malus, pirusque : nec non acer, sed fragile : et quaecumque crispa. In omnibus silvestria et mascula differentias cujus- que generis augent. Et infecunda firmiora fertilibus, nisi quo in gnre mares ferunt, sicut cupressus, et cornus. Quae cariem non sentiant : quae rimam. LXXVIII. Cariem vetustatemque non sentiunt cu- pressus, cedrus, ebenus, lotos, buxus , taxus, junipe- rus, oleaster, et olea : ex reliquis tardissime larix, robur, suber, castanea, juglans. Rimam fissuramque non capit sponte cedrus , cupressus , olea , buxus. Historica de perpetuitate materiarum. LXXIX. Maxime aetrna putant ebenum , et cupres- sum , cedrumque claro de omnibus materiis judicio in templo Ephesiae Dianae : ut pote quum Iota Asia ex- struente quadringentis annis peractum sit, convenit tec- tum ejus esse e cedrinis trabibus. De ipso simulacro deae ambigitur : ceteri ex ebeno esse tradunt. Mucianus ter consul, exhis qui proxime visoeo scripsere, vitigineum, et numquam mutatum septies restituto templo. Hanc materiam elegisse Pandemion : etiam nomen artificis nun- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i5 9 Le palmier et le lige sont tendres; le pommier et le poirier , massifs ; l'rable, et tous les bois madrs , massifs et cassans. Au reste, clans quelques espces d'arbres que ce soit , les sauvages et les mles ont un bois beaucoup meilleur que les espces cultives et femelles correspon- dantes; de mme les arbres striles l'ont plus fort que les arbres qui portent du fruit, except dans les espces o les mles produisent, comme le cyprs et le cornouiller. Bois inaccessibles la corruption : bois qui ne se fendent jamais. LXXYIII. La carie et la dcrpitude n'attaquent point le cyprs, le cdre , l'bne , le lotos, le buis, l'if, le genvrier, l'olivier sauvage, l'olivier; parmi les autres espces, le larix, le rouvre, le lige , le chtaignier et le noyer n'y sont sujets que fort tard. Le cdre, le cyprs , l'olivier et le buis ne s'ouvrent et ne se fendent jamais spontanment. Faits historiques sur la perptuit des bois. LXXIX. De tous les bois, l'bne, le cyprs, le cdre, sont les plus durables ; l'avantage de ce dernier est assez constat par le temple de Diane Ephse , dont l'Asie entire, cotise , acheva la construction il y a quatre cents ans. On convient que son toit est construit en planches de cdre , mais on doute de quel bois est la statue de la desse ; la plupart disent qu'elle est en bne. Mucien , trois fois consul , et un des crivains les plus modernes qui aient vu la statue, prtend qu'elle est en bois de vigne, ot qu'elle n'a jamais t change, quoique le temple ait i6o Cl PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. cupans : quod equidem miror, quum antiquiorem Mi- nerva quoque , non modo Libero ptre , vetustatem ei tribuat. Adjicit multis foraminibus nardo rigari , ut me- dicatus humor alat, teneatque juncturas , quas et ipsas esse modico admodum miror. Valvas esse e cupresso , et jam quadringentis prope annis durare materiem omnem novae similem. Id quoque notandum, valvas in glutinis compage quadriennio fuisse. Cupressus in eas electa , quoniam praeter cetera uno in gnre materiae nitor maxime valeat aeternus. Nonne simulacrum Vejovis in arce e cupresso durt , a condita Urbe dclxi anno di- catum ? Memorabile et Uticae templum Apollinis , ubi Nu- midicarum cedrorum trabes durant, ita ut positae fuere prima urbis ejus origine, annis mclxxviii. Et in Hispa- nia Sagunli aiunt templum Dianae a Zacyntho advectae cum conditoribus , annis ducentis ante excidium Trojae, ut auctor est Bocchus , infraque oppidum ipsum id ha- beri. Cui pepercit religione inductus Annibal, juniperi trabibus etiam nunc durantibus. Super omnia memora- tur aedes in ulide ejusdem deas , saeculis aliquot ante Trojanum bellura exaedificata : quonam gnre materiae scientia obliterata. In plnum dici potest , utique quae odore praecellant, ea aeternitate praestare. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVL 161 t rebti jusqu' sept fois. Ce bois fat choisi par Pan- demion , car Mucien nomme aussi l'artiste ; ce fait me parat d'autant plus tonnant , qu'il regarde la statue de Diane comme plus ancienne, non-seulement que celle de Bacchus , mais encore que celle de Minerve. Il ajoute qu'on l'arrose d'huile de nard par divers trous , afin que cette essence, en l'humectant, maintienne l'tat des join- tures ; mais y a-t-il des jointures dans une pice si petite? Les portes du temple sont en cyprs, et depuis quatre cents ans ce bois se conserve et semble toujours tre neuf. Remarquons aussi qu'il y avait quatre ans que ces portes taient assembles , au moyen de laeollejlorsqu'on les posa. On choisit le cyprs pour les faire , parce que seul , outre ses autres qualits , il a celle de conserver ternellement le mme luisant. La statue de Jupiter du Capitole , aussi en cyprs, ne dure-t-elle pas depuis l'an de Rome 66 1 ? Utique possde un temple clbre d'Apollon dont les pou- tres , qui sont en cdre de Numidie, se trouvent aujour- d'hui telles qu'elles taient lors de la fondation de cette ville, il y a onze cent soixante-dix-huit ans. On voit encore dans la partie basse de Sagonte, en Espagne, un temple de Diane dont la statue fut , dit-on , apporte de l'le de Zante par les fondateurs de la ville, deux cents ans avant la ruine de Troie , selon Bocchus. Annibal respecta re- ligieusement cet difice, dont les poutres, qui sont en geuevrier , durent encore. Enfin , on cite surtout le temple de Diane en Aulide , construit plusieurs sicles avant la guerre de Troie , mais on ne sait plus de quel bois. Ce qu'on peut assurer, c'est que les bois les plus odorans sont ceux qui ont le plus de dure. x. II i6a C. PLINII HIST. NAT. L1B. XVI.' A praedictis morus proxime laudatur, quae vetustate etiam nigrescit. Et quaedam tamen in aliis diuturniora sunt usibus quam alia. Ulmus in perflatu firma , robur defossum , et in aquis quercus obruta. Eadem supra ter- rain rimosa facit opra, torquendo sese. Larix in hu- more praecipua , et alnus nigra. Robur marina aqua cor- rumpitur. Non improbatur et fagus in aqua , et juglans : hae quidem in his , quae defodiuntur , vel principales. Item juniperus : eadem et subdialibus aptissima. Fagus et cerrus celeriter marcescunt. Esculus quoque humons im- patiens. Contra adacta in terram in palustribus alnus aeterna, onerisque quantilibet patiens : cerasus firma : ulmus et fraxinus lentae , sed facile pandantur : flexiles tamen, stantesque a circumcisura siccatae fideliores. La- ricem in maritimis navibus obnoxiam teredini tradunt : omniaque , praeterquam oleastrum et oleam. Quaedam enim in mari , quaedam in terra vitiis opportuniora. Teredinum gnera. LXXX. 4i- Infestantium quatuor gnera. Teredines capite ad portionem gravissimo : roduut dentibus. Hae tantum in mari sentiuntur : nec aliam putant teredinem proprie dici. Terrestres, tineas vocant : culicibus vero HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i63 Aprs les arbres mentionns ci-dessus , on vante le mrier, que l'ge fait noircir. Au reste, il est des arbres qui durent plus que d'autres , suivant qu'on les emploie tel ou tel usage. Ainsi , l'orme se maintient trs-bien l'air, le rouvre en terre, le chne vrai plong dans l'eau. Ce mme arbre, employ l'air, se fend et se djette. Le larix et l'aune noir se maintiennent merveille dans l'eau ; le rouvre se gte la mer. Le htre et le noyer ne souffrent point dans l'eau : ces espces sont aussi de celles qui se conservent le mieux en terre. Il en est de mme du genvrier; de plus, il est trs-propre pour les ouvrages qui demeurent l'air. Le htre et le cerrus se dtrio- rent promptement ; l'esculus ne peut souffrir l'eau : au contraire l'aune, enfonc en terre dans des lieux ma- rcageux , dure ternellement , et supporte les fardeaux les plus pesans. Le cerisier a de la force ; le frne et l'orme sont souples, mais se djettent facilement: on les estime davantage lorsqu'ils ont sch sur pied aprs avoir t coups tout autour. Employ pour les btimens de mer, le larix est sujet aux vers, ainsi que tous les autres bois, l'exception de l'olivier sauvage et de l'olivier franc. Enfin il est des bois qui se gtent plus vite en mer, d'autres qui se gtent plus vite dans la terre. Espces de trdons. LXXX. 4i- Quatre espces de vers les rongent : les premiers, dits trdons, ont la tte norme, relative- ment au reste du corps. Ils rongent l'aide de dents. Ces vers, qui n'attaquent le bois qu'en mer, sont, dit-on, 1 1. iG4 C PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. similes , thripas. Quartum est et e vermiculorum g- nre : et eorum alii putrescente succo ipsa materie : alii pariuntur, sicut in arboribus, ex eo qui crastes voca- tur. Quum tantum eroserit , ut circumagat se , gnrt alium. Haec nasci prohibet in aliis amaritudo , ut cu- presso : in aliis duritia, ut buxo. Tradunt et abietem circa germinationes decorticatam , qua diximus luna , aquis non corrumpi. Alexandri Magni comits prodiderunt , in Tylo Rubri maris insula arbores esse, ex quibus naves firent : quas ce annis durantes inventas : et si merge- rentur,incorruptas. In eadem esse fruticem baculis tan- tum idoneae crassitudinis , varium tigrium maculis, pon- derosum : et quum in spissiora dcidt , vitri modo fra- gilem. De materiis architectonica. LXXXI. 42. Apud nos materi finduntur aliquae sponte : ob id architecti eas firao illitas siccari jubent , ut adflatus non noceant. Pondus sustinere valida? , abies , larix, etiam in transversum positae. Robur et olea incur- vantur, ceduntque ponderi. lll renituntur, nec temere HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i65 les trdons proprement ds ; ceux qu'on voit terre se nomment teignes; ceux qui ressemblent des mou- cherons s'appellent thripes. La quatrime espce est ran- ge parmi les vermisseaux ; elle renferme des vers qui s'en- gendrent de l'humeur putrfie du bois, ou qui naissent du craste, comme cela a lieu sur les arbres. Quand ils ont rong assez de bois pour se tourner dans le trou qu'ils ont fait , ils engendrent un autre ver. Il est des bois o ils ne peuvent se reproduire , cause de leur amertume ; tel est le cyprs : ou cause de leur duret ; tel est le buis. On prtend que le sapin corc vers le temps de la germination et de la conjonction de la lune ne se gte point dans l'eau. Ceux qui accompagnrent Alexandre dans ses expditions ont crit que l'le de Tylos , dans la mer Rouge, fournit des arbres propres la construc- tion des vaisseaux, et dont le bois n'est pas endommag au bout de deux cents ans; et, si le navire est submerg, ce bois devient incorruptible. On ajoute que dans la mme le se trouve un arbrisseau de la grosseur d'un bton seulement. Son bois, pesant et marquet comme la peau d'un tigre, se brise comme le verre ds qu'il tombe sur un corps dur. Des bois de charpente. LXXXL [\i. Nous avons en Italie des bois sujets se fendre d'eux-mmes ; c'est pourquoi les constructeurs les font scher, aprs les avoir enduits de fumier, pour que l'air ne puisse plus leur nuire. Le sapin, le larix, mme lorsqu'ils sont poss en travers , peuvent soutenir 166 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. rumpuntur: priusque carie, quam viribus deficiunt. Et palmae arbor valida : in diversum enim curvatur, et po- pulus. Cetera omnia inferiora pandantur : palma e con- trario fornicatim. Pinus et cupressus adversus cariem ti- neasque firmissimae. Facile pandatur juglans : fiunt enim et ,ex ea trabes. Frangi se praenuntiat strepitu : quod in Antandro accidit, quum e balneis territi sono profuge- runt. Pinus , piceae , alni , ad aquarum ductus in tubos cavantur. Obrutae terra plurimis durant annis. Edem si non integantur, cito senescunt : mirum in modum fortiores, si humor extra quoque supersit. De materia , fabrilia. LXXXII. Firmissima in rectum abies. Eadem valva- rum paginis , et ad quaecumque libeat intestina opra aptissima, sive Grco, sive Campano, sive Siculo fabricae artis gnre spectabilis : ramentorum crinibus , pampi- nato semper orbe se volvens ad incitatos runcinae raptus. Eadem et curribus maxime sociabilis glutino , in tantum , ut fndatur ante, qua solida est. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVL 167 des charges normes : le rouvre et l'olivier, au contraire , plient et cdent sous le faix, tandis que ceux-l rsistent et ne se rompent que difficilement. Ils manqueront plu- tt par la pourriture que par la faiblesse. Le palmier a aussi de la force , ainsi que le peuplier : il se courbe au- trement que les autres arbres ; en effet, ceux-ci se plient par les extrmits ; le palmier, au contraire, se courbe en forme de vote. Le cyprs et le pin ne sont pas expo- ss la carie ni aux teignes. Le noyer se plie aisment; on en fait cependant des poutres ; elles crient avant de se rompre; c'est ce qui eut lieu Antandre, o les baigneurs, pouvants ce craquement sinistre, prirent la fuite. Le pin , le pica et l'aune fournissent d'excellens tuyaux pour les aqueducs. Enterr, leur bois subsiste long-temps; l'air libre, il ne tarde pas se gter; enfin, s'ils sont couverts d'eau , ils prennent un accroissement de force merveilleux. Des bois de menuiserie. LXXXII. Le sapin , dans une position verticale , est trs-fort. Il est excellent pour les assemblages et les pan- neaux des portes , ainsi que pour nombre d'ouvrages de menuiserie la grecque, la campanienne, la sici- lienne. Les copeaux que le rabot lui enlve se tortillent comme des vrilles de vigne. Il n'est pas moins bon pour les chars. La colle-forte le retient avec tant de tnacit, qu'il se fend partout ailleurs plutt qu'au lieu de l'as- semblage. i68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De glutinanda materia. LXXX1IL 43. Magna autem et glutini ratio, propter ea quae sectilibus laminis, ac in alio gnre operiuntur. Stamineam in hoc usu probant venam , et vocant fe- rulaceam , argumento similitudinis , quoniam laciniose crispa, in omni gnre. Etglutinum abdicant quaedam et inter se et cum aliis insociabilia glutino , sicut robur : nec fere cohaerent , nisi similia natura : ut si quis lapi- dem lignumque conjungat. Cornum maxime odit sorbus, carpinus, buxus, postea tilia. Cuicumque operi facilia, flexilia omnia , quae lenta diximus : praeterque , morus et caprificus. Serrabilia , ac sectilia , quae modice hu- mida. Arida enim lentius serrae cedunt : viridia, praeter robur et buxum , pertinacius resistunt , serrarumque dents replent aequalitate inerti : qua de causa , alterna inclinatione egerunt scobem. Obedientissima quocumque in opre fraxinus, eademque hastis corylo melior, cornu levior , sorbo lentior. Gallica vero , etiam ad currus flexibilis , vitem aemularetur ulmus , ni pondus esset in culpa. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 169 Assemblage des bois au moyen de la colle. LXXX1II. 43. La colle-forte est trs-usite dans tous les ouvrages de marqueterie et de pices de rapport. On choisit cet effet la matresse veine du bois , parce qu'elle est onde et qu'elle prsente des dessins de toute espce; on l'appelle frulace lorsque ces dessins ont de la ressem- blance avec la fleur de la frule. 11 est des bois qu'on ne peut runir, au moyen de la colle, ni entre eux ni avec d'autres ; tel est le rouvre. Gnralement cette runion n'a lieu qu'entre des matires de mme nature : vainement on voudrait assembler le bois et la pierre. Le cormier, le charme, le buis, enfin le tilleul, repoussent l'alliance du cornouiller. Les bois souples dont nous avons dj parl sont aisment employs pour quelque ouvrage que ce soit; nous pouvons y joindre encore le mrier et le figuier sau- vage. Un bois mdiocrement humide se scie et se coupe facilement : la scie a plus de peine mordre dans le bois sec ; mais le bois vert , l'exception du rouvre et du buis , la repousse le plus opinitrement , parce que sa matire molle remplit les dents de l'instrument, et empche leur action : en consquence on incline alternativement les dents pour faire sortir la sciure. De tous les arbres , le frne est celui qui se prte le mieux toute espce d'ou- vrages : il l'emporte sur le coudrier pour les lances, sur le cornouiller en lgret , sur le cormier en sou- plesse. L'orme gaulois est trs-souple : on en fait des chars ; et, sans sa trop grande pesanteur, on l'estimerait autant que la vigne. i7o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. De laminis sectilibus. LXXXIV. Facilis et fagus, quamquam fragilis et te- nera. Eadem sectilibus laminis in tenui flexilis, capsis- que ac scriniis sola utilis. Secatur in laminas praetenues et ilex, colore quoque non ingrata : sed maxime fida iis quae terantur, ut rotarum axibus : ad quos lentore fraxi- nus utilis , sicut duritia ilex , et utroque legitur ulmus. Sunt vero et parvi usus fabrilium ministeriorum insignes. Ideoque proditum terebris vaginas ex oleastro , buxo , ilice, ulmo, fraxino, utilissimas fieri. Ex iisdem malleos, majoresque e pinu et ilice. Est his autem major ad fir- mitatem causa tempestivae csurae, quam immaturae: quippe quum ex olea, durissimo ligno, cardines in fo- ribus diutius immoti , plantae modo germinaverint. Cato vectes aquifolios, laureos, ulmeos fieri jubet. Hyginus manubria rusticis carpinea, iligna, cerrea. Quae in laminas secantur, quorumque operimento ves- tiatur alia materies , praecipua suntcitrum, terebinthus, aceris gnera, buxum, palma, aquifolium, ilex, sam- buci radix, populus. Dat et alnus, ut dictum est, tuber sectile , sicut citrum , acerque. Nec aliarum tubera in HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. 171 Du placage. LXXXIV. Le htre aussi, quoique tendre et cassant, est ais travailler. On le taille en lames minces et souples, et seul il fournit des botes et de petits coffres. L'ilex aussi se coupe en feuilles minces , qui sont d'une couleur agrable ; son bois convient surtout pour des objets qui souffrent un frottement, par exemple pour les essieux : c'est sa duret qui le rend propre cet usage. Le frne doit le mme avantage sa souplesse. On emploie aussi l'orme, parce qu'il runit ces deux qualits. Divers bois s'emploient faire plusieurs outils propres aux artisans : ainsi les meilleures tarires sont en olivier sauvage, en ilex , en buis , en orme, en frne. Les mmes bois fournissent des maillets; les plus gros se font de pin et d'ilex. Tous ces bois sont beaucoup plus forts quand leur coupe a eu lieu en temps convenable, que lorsqu'elle a t faite trop tt. On a vu des tenons de porte faits d'olivier, espce de bois trs-dur, germer, comme une plante vivante, long-temps aprs leur emploi. Caton veut que les barres de portes soient de houx , de laurier ou d'orme. Hyginus recommande , pour les outils de paysans, des manches de charme, d'ilex et de cerrus. Les bois les plus propres tre coups en feuilles pour le placage sont le citre , le trbinthe , les diverses espces d'rable, le houx, le palmier, le buis, l'ilex r la racine de sureau , le peuplier. L'aune donne , comme nous l'avons dit , des nodosits prcieuses en marquete- rie. Il en est de mme du citre et de l'rable. Celles des i 7 a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. pretio. Media pars arborum crispior, et quo propior ra- dici , minoribus niagisque flexilibus maculis. Haec prima origo luxuriae, arborem alia integi , et viliores ligno pretiosiores cortice fieri. Ut una arbor saepius veniret , excogitatae sunt et Hgni bractese. Nec satis : cpere tingi animalium cornua, deates secari: lignumque ebore dis- tingui , mox operiri. Placuit deinde materiain et in mari quaeri. Testudo in hoc secta. Nuperque portentosis in- gnus principatu Neronis inventum , ut pigmentis per- deret se , plurisque veniret imitata lignum. Sic lectis pretia quaeruntur : sic terebinthum vinci jubent , sic ci- trum pretiosius fieri , sic acer decipi. Modo luxuria non fuerat contenta ligno : jam lignum enim e testudine feciL Arborum durantiuin vetustas. Ab Afiricano priore sata. In urbe Roraa d annorum arbor. LXXXV. 44- Vita arborum quarumdam immensa credi potest, si quis profunda mundi et saltus inacces- sos cogitet. Verum ex his quas memoria hominum cus- todit, durant in Liternino Africaui prioris manu sata? olivae. Item myrtus eodem loco conspicuae maguitudinis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i 7 3 autres arbres ne sont pas estimes. Le cur de l'arbre est toujours plus madr que le reste ; et plus l'on ap- proche de la racine, plus la madrure est tortueuse et les taches petites. Telle est l'origine du luxe : on inventa Fart de plaquer le bois , et de rendre prcieux un arbre vulgaire , en lui donnant une enveloppe trangre. Pour qu'un seul arbre pt se vendre plusieurs fois , on a ima- gin de le diviser en feuilles; ce n'tait pas assez: on s'est mis teindre les cornes des animaux ; on a sci leurs dents , on a enrichi , et bientt aprs on a recouvert le bois d'ivoire. L'on a ensuite t chercher des matriaux analogues au fend des eaux ; on a taill l'caill de la tortue en feuilles; et dernirement, sous Nron, on est arriv cette invention trange de teindre l'caill mme, de lui donner l'aspect du bois, et par ce moyen d'ajouter son prix. C'est ainsi qu'on enrichit les lits ; que la beaut du trbinthe est clipse ; que le citre reoit des ornemens plus prcieux que lui-mme, et que l'rable est dguis. Ce luxe auquel, il n'y a qu'un moment, le bois ne pouvait suffire, va maintenant jusqu' le contre- faire avec l'caill. Dure des arbres. Arbre plant par Scipion l'Africain. Arbre de cinq cents ans Rome. LXXXV. 44- La vie de certains arbres peut sembler infinie, si l'on songe ces contres recules qui possdent des bois o jamais l'homme n'a pntr. Quant ceux dont l'ge nous est connu , on voit encore dans le terri- toire de Literne des oliviers plants par Scipion l'Afri- cain , ainsi qu'un myrte norme qui ombrage une caverne i 7 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. ces trs , etiam Tiburto conditore eorum vetustiores , apud quas inauguratus traditur. Fuisse autem eum tra- dunt filium Amphiarai , qui apud Thebas obierit una aetate ante Iliacum bellum. Ab Agamemnone satae arbores a primo anno belli Trojani: ab Ilii appellatione arbores apud Trojam antiquiores bello Tro- jano. LXXXVIII. Sunt auctores et Delphicam platanum Agamemnonis manu satam : et alteram in Caphyis Ar- cadiae luco. Sunt hodie ex adverso Iliensium urbis, juxta Hellespontum , in Protesilai sepulcro arbores, quae om- nibus aevis quum in tantum adcrevere , ut Ilium aspi- ciant, inarescunt, rursusque adolescunt. Juxta urbem autem quercus , in Ili tumulo tune satag dicuntur, quum cpit Ilium vocari. Item Argis ab Hercule satae. Ab Apolline sata?. Arbor antiquior quam Athenae. LXXXIX. Argis olea etiamnum durare dicitur, ad quam Io in vaccam mutatam Argus alligaverit. In Ponto circa Heracleam arae sunt Jovis Stratii cognomine : ibi quercus duae ab Hercule satae. In eodem tractu portus Amyci est Bebryce rege inlerfecto clarus. Ejus tumulus a supremo die lauro tegitur , quam insanam vocant : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 177 rieurs l'poque de son fondateur Tiburte , qui fut , dit-on , inaugur prs d'eux. Ce Tiburte, selon la tradi- tion , tait le fils d'Amphiaras , qui mourut devant Thbes , une gnration avant la guerre de Troie. Arbres plants par Agamemnon, et qui datent de la premire anne de la guerre de Troie : autres arbres qui datent du temps o le lieu fut appel Ilium , et antrieurs la guerre de Troie. LXXXVIII. On a crit que le platane de Delphes fut plant de la main d'Agamemnon, ainsi qu'un autre Caphyes, dans l'Arcadie. Prs du tombeau de Prot- silas , vis--vis de la ville d'Ilium , sur l'Hellespont, sont des arbres qui , chaque sicle , prennent assez d'accrois- sement pour que de leur cime on dcouvre la ville; ils se schent ensuite , puis vgtent de nouveau avec vigueur. Prs d'Ilium se trouvent aussi des chnes plants, dit-on, sur le tombeau d'Ilus, l'poque o la ville prit le nom quelle porte aujourd'hui. Arbres plants Argos par Hercule ; autres plants par Apollon. Arbre plus ancien qu'Athnes. LXXXIX. Argos , dit-on , existe encore l'olivier auquel Argus attacha lo change en vache. Aux en- virons d'Hracle , dans le Pont , prs de l'autel de Jupiter Stratius, sont deux chnes plants par Hercule. Au mme lieu on voit le port d'Amycus, clbre par la mort du roi Bebryx. Le tombeau de ce prince est cou- vert d'un laurier qui fut plant le jour o il fut tu, et x. \i i 7 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. ces trs , etiam Tiburto conditore eorum vetustiores , apud quas inauguratus traditur. Fuisse autem eum tra- dunt filium Amphiarai , qui apud Thebas obierit una aetate ante Iliacum bellum. Ab Agamemnone satae arbores a primo anno belli Trojani : ab Ilii appellatione arbores apud Trojam antiquiores bello Tro- jano. LXXXVHI. Sunt auctores et Delphicam platanum Agamemnonis manu satam : et alteram in Caphyis Ar- cadiae luco. Sunt hodie ex adverso Iliensium urbis, juxta Hellespontum , in Protesilai sepulcro arbores, quae om- nibus aevis quum in tantum adcrevere, ut Ilium aspi- ciant, inarescunt, rursusque adolescunt. Juxta urbem autem quercus , in Ili tumulo tune satae dicuntur, quum cpit Ilium vocari. Item Argis ab Hercule satae. Ab Apolline satae. Arbor antiquior quam Athenae. LXXXIX. Argis olea etiamnum durare dicitur, ad quam Io in vaccam mutatam Argus alligaverit. In Ponto circa Heracleam ar sunt Jovis Stratii coguomine : ibi quercus duse ab Hercule satae. In eodem tractu portus Amyci est Bebryce rege interfecto clarus. Ejus tumulus a supremo die lauro tegitur ? quam insanam vocant : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 177 rieurs l'poque de son fondateur Tiburte , qui fut , dit-on , inaugur prs d'eux. Ce Tiburte, selou la tradi- tion , tait le fils d'Amphiaras , qui mourut devant Thbes , une gnration avant la guerre de Troie. Arbres plantes par Agamemnon, et qui datent de la premire anne de la guerre de Troie : autres arbres qui datent du temps o le lieu fut appel Ilium , et antrieurs la guerre de Troie. LXXXVIII. On a crit que le platane de Delphes fut plant de la main d'Agamemnon, ainsi qu'un autre Caphyes, dans l'rcadie. Prs du tombeau de Prot- silas, vis--vis de la ville d'Ilium , sur l'Hellespont, sont des arbres qui , chaque sicle , prennent assez d'accrois- sement pour que de leur cime on dcouvre la ville; ils se schent ensuite, puis vgtent de nouveau avec vigueur. Prs d'Ilium se trouvent aussi des chnes plants, dit-on, sur le tombeau d'Ilus, l'poque o la ville prit le nom quelle porte aujourd'hui. Arbres plants Argos par Hercule ; autres plants par Apollon. Arbre plus ancien qu'Athnes. LXXXIX. A Argos , dit-on , existe encore l'olivier auquel Argus attacha lo change en vache. Aux en- virons d'Hracle , dans le Pont , prs de l'autel de Jupiter Stratius, sont deux chnes plants par Hercule. Au mme lieu on voit le port d'Amycus, clbre par la mort du roi Bebryx. Le tombeau de ce prince est cou- vert d'un laurier qui fut plant le jour o il fut tu, et x. 12 178 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. quoniam si quid , ex ea decerptum inferatur navibus ) jurgia fiant , donec abjiciatur. Regioaem Aulocrenen diximus , per quam ab Apamia in Phrygiam itur : ibi platanus ostenditur , ex qua pependerit Marsyas victus ab Apolline, quae jam tum magnitudine electa est. Nec non palma Deli ab ejusdem dei astate conspicitur. Olym- piae oleaster, ex quo primus Hercules coronatus est , et nunc custoditur religiose. Athenis quoque olea durare traditur in certamine dita a Minerva. Quae gnera arborum minime durent. XC. E diverso brevissima vita est Punicis , fico , ma- lis : exhis, prcocibus brevior quam serotinis, dulcibus quam acutis : et dulciori in Punicis. Item in vitibus, prae- cipueque fertilioribus. Graecinus auctor est, sexagenis annis durasse vites. Videntur et aquatica? celerius interire. Senescunt quidem velociter, sed e radicibus repullulant, laurus, et mali, et Punicae. Firmissimae ergo ad viven- dum olese , ut quas durare annis ce inter auctores con- veniat. Arbores ex eventu nobiles. XCI. Est in suburbano Tusculani agri colle, qui Corne HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 17g qu'on nomme laurier de folie , parce que , dans tout na- vire o l'on en porte une branche, il s'lve des querelles qui durent jusqu' ce que la branche ait t jete. Dans l'Aulocrne, pays par o l'on passe pour se rendre d'Apa- me en Phrygie, et dont nous avons dj parl , on montre un platane auquel fut pendu Marsyas, vaincu par Apol- lon , et que sa grandeur avait ds-lors fait choisir. On voit aussi Dlos le palmier prs duquel naquit ce dieu. On voit Olympie l'olivier sauvage dont Hercule se couronna le premier, et que l'on cultive encore religieusement. Enfin , Athnes conserve encore , dit-on , l'olivier que Minerve produisit lors de sa dispute avec Neptune. Quels arbres vivent le moins long-temps. XC. Les arbres qui durent le moins sont le grenadier, le figuier, le pommier ; parmi ceux-ci , les espces htives et douces vivent moins long-temps que les espces tar- dives et acerbes. Il en est de mme des grenadiers fruits doux, et de la vigne, surtout de celle qui rapporte beau- coup. Cependant Grcinus parle de ceps arrivs l'ge de soixante ans. Les plantes aquatiques semblent aussi prir plus vite. Le laurier , le pommier et le grenadier vieillissent plus promptement, mais ils repoussent par le pied. L'arbre le plus vivace est donc l'olivier, puisque les auteurs s'accordent dire qu'il arrive j usqu' l'ge de deux sicles. ^Arbres que des cvnemens ont rendus clbres. XCI. Prs d'un faubourg de Tusculum , sur une col- 11. 180 C. PL1NTI HIST. NAT. LIR. XVI. appcllatur, lucus antiqua religione Dianse sacratus a La- tio, vehit arte tonsili coma fagei nemoris. In hoc arbo- rera eximiam aetate nostra adamavit Passienus Crispus bis consul , orator : Agrippinae matrimonio et Nerone privigno clarior postea : osculari complectique eam so- litus, modo cubare sub ea, vinumque illi adfundere. Vi- cina luco est ilex , et ipsa nobilis xxxiv pedum ambitu caudicis , x arbores mittens singulas magnitudinis vi- sendae : silvamque sola facil. Qua? sedem nascendi suam non habeant : quae in arboribus vi- vant , nec in terra nasci possint. Gnera earum ix. Cadytas : polypodion : phaunos : hippopha?ston. XCII. Edera necari arbores certum est. Simile quid- dam et in visco : tametsi tardiorem earum injuriam ar- bitrantur : namque et hoc praeter fructus agnoscitur non in novissimis mirabile. Quaedam enim in terra gigni non possunt , et in arboribus nascuntur. Namque quum suam sedem non habeant, in alina vivunt , sicut viscum. Est et in Syria herba quae vocatur cadytas , non tantum ar- boribus , sed ipsis etiam spinis circumvolvens sese : item circa Tempe Thessalica, quae polypodion vocatur, et quae HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 181 line dite Corn , est un bois de htres consacr , de temps immmorial , Diane par les peuples latins. On dirait qu'il a t taill par l'art de l'homme. On y ad- mire un arbre magnifique qui , de nos jours , a presque inspir une passion l'orateur Passienus Crispus, qui fut deux fois consul, plus clbre encore depuis par son mariage avec Agrippine , et parce qu'il se trouva le beau-pre de Nron. Il embrassait cet arbre, lui prodi- guait des baisers, se couchait sous son ombrage, versait du vin sur ses racines. Non loin de ce bois est un ilex fameux; son tronc, vers la racine, a trente-quatre pieds de circonfrence , et il produit dix branches, dont cha- cune vaut un arbre de grosseur remarquable. Cet ilex, lui seul, est une fort. Plantes qui n'ont point de sol propre pour natre ; autres qui naissent sur les arbres, et qui ne pourraient natre en terre. Neuf espces de ce genre. Cadytas , polypode , phaune , hippopheste. XCII. Il est certain que le lierre tue les arbres ; il en est de mme du gui, quoiqu'il mette plus de temps nuire. Cette plante , mme indpendamment de ses fruits , est une des plus remarquables du rgne vgtal. En effet, il est des plantes qui , ne pouvant tre produites sur terre, naissent sur des arbres, et qui, dpourvues de domicile, s'tablissent sur un tronc tranger : tel est le gui. La Syrie produit aussi une herbe dite cadytas, qui s'entortille autour des arbres, et mme autour des pines. Il en est de mme du polypode, du dolichos, du ser- pyllum, dans la valle de Tempe, en Thessalie. On ap- 182 C. PLINII HIST. NT. LIB. XVI. dolichos, ac serpyllum. Oleastro quoque deputato quod gignatur, vocant phaunos. Quod vero in spina fullonia hippophston , capitulis inanibus , foliis parvis , radice alba, cujus succus ad detractiones in comitiali morbo utilissimus habetur. Visci tria gnera. De visci et similium'natura. XCIII. Visci tria gnera. Namque in abiete ac larice stelin dicit Eubaea nasci , hyphear Arcadia. Viscum au- tem in quercu, robore, pruno silvestri, terebintho, nec aliis arboribus adnasci, plerique. Copiosissimum in quer- cu , quod dryos hyphear vocant. In omni arbore , excepta ilice et quercu , differentiam facit odor virusque , et fo- lium non jucundi odoris , utrpque visci amaro et lento. Hyphear ad saginanda pecora utilius. Vitia modo purgat primo : dein pinguefacit, quae suffecere purgationi. Qui- bus sit aliqua tabs intus , negant durare. Ea medendi ratio, statis quadragenis diebus. Adjiciunt discrimen, visco in his quae folia amittant, et ipsi decidere : contra inhaerere nato in aeterna fronde. Omnino autem satum nullo modo nascitur, nec nisi per alvum avium reddi- tum , maxime palumbis ac turdis. Hc est natura , ut nisi maturatum in ventre avium, non proveniat. Alti- tudo ejus non excedit cubitalem , semper frutectosi ac viridis, Mas fertilis, femina steiilis. Aliquando non fert. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. i83 pelle phaune la production qu'offre l'olivier sauvage taill ; celle du chardon foulon se nomme hippopheste. Ce chardon a des ttes creuses , de petites feuilles , et une racine blanche dont le suc s'emploie avec le plus grand avantage dans 1 epilepsie , comme purgatif. Trois espces de gui. Nature du gui et des plantes semblables. XCIII. Le gui est de trois espces. L'une , dite stelis , vient en Eube , sur le sapin et le larix ; l'autre s'appelle hyphar en Arcadie. Le gui proprement dit se voit sur le chne , sur le rouvre , sur le prunier sauvage et sur le trbinthe: il ne se trouve sur aucun autre arbre. Le dryos - hyphar crot abondamment sur le chne. Dans tous les arbres, l'exception du chne et de l'ilex, le gui diffre des deux autres espces par son odeur exces- sivement forte , et , de plus , assez dsagrable dans les feuilles, tandis que les deux premires espces sont amres et gluantes. L'hyphar est le meilleur pour engraisser le menu btail : d'abord il purge , ensuite il engraisse les animaux qui ont pu soutenir la purgation ; mais il fait mourir, dit -on, ceux qui ont quelques maladies in- ternes. Ce traitement doit avoir lieu en t , pendant qua- rante jours. Une autre particularit du gui, c'est qu'il perd son feuillage sur un arbre sujet perdre le sien , et qu'au contraire, sur un arbre toujours vert, il reste vert. Jamais le gui ne vient de semaille ; les oiseaux seuls, principalement les pigeons et les grives, en lais- sent tomber la graine aprs l'avoir mange j mais cette 184 C. PLIN1I HIST. NAT. LIB. XVI. De visco faciendo. XCIV. Viscum confit ex acinis qui colliguntur mes- sium tempore immaturi : nam si accessere imbres , am- plitudine quidem augentur, visco vero marcescunt. Sic- cantur deinde , et aridi tunduntur , ac conditi in aqua putrescunt duodenis fere diebus. Unumque hoc rerum putrescendo gratiam invenit : inde in profluente, rursus malleo tusi , amissis corticibus , interiore carne lentes- cunt. Hoc est viscum pennis avium tactu ligandis , oleo subactum, quum libeat insidias moliri. De visco historiaca. XCV. Non est omittenda in ea re et Galliarum ad- miratio. Nihil habent Druidae(ita suos appellant magos) visco , et arbore , in qua gignatur (si modo sit robur), sacratius. Jam per se roborum eligunt lucos , nec ulla sacra sine ea fronde conficiunt, ut indeappellati quoque interpretatione Graeca possint Druidae videri. Enimvero HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVI. i85 graine ne peut produire que mrie par le sjour qu'elle a fait dans leurs intestins. La plante n'a jamais plus d'une coude de hauteur; elle est verte, et rameuse. C'est le mle qui porte du fruit. La tige femelle est strile , et mme quelquefois il en est ainsi des tiges mles. Comment on fait la glu. XCIV. La glu se fait de grains de gui cueillis au temps de la moisson et avant maturit parfaite; s'il sur- vient des pluies, les grains sont plus gros, mais moins bons pour faire la glu. Une fois cueillis, on les sche, on les pile, on les laisse pourrir environ douze jours dans l'eau (car c'est le seul objet au monde que la putrfaction rende de meilleure qualit) ; ensuite on les bat dans une eau courante, l'aide du pilon, pour leur enlever la peau , et ne leur laisser que la chair intrieure alors gluante et visqueuse. Telle est la fabrication de la glu , destine coller les ailes des oiseaux. A l'instant de s'en servir pour leur tendre des piges , on y mle de l'huile. Faits historiques concernant le gui. XCV. N'oublions point ici l'admiration des Gaulois pour le gui. Les Druides, tel est le nom de leurs mages, ne voient rien au monde de plus sacr que le gui, et que l'arbre sur lequel il se produit quand c'est un chne; aussi choi- sissent-ils des bois de chnes, et ne font-ils aucun sacrifice sans avoir des feuilles de cet arbre , si bien qu'on peu!; croire que leur nom de Druides vient du mot grec qui x86 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVI. quidquid adnascatur illis, e caelo missum putant, signum- que esse electae ab ipso deo arboris. Est autem id rarum dmodum inventu , et repertum magna religione peti- tur : et ante omnia sexta luna , quae principia mensium annorumque his facit, et sculi post trieesimum annum, quia jam virium abunde habeat , nec sit sui dimidia. Om- nia sanantem appellantes suo vocabulo , sacrifiais epu- lisque rite sub arbore praeparatis, duos admovent can- didi coloris tauros , quorum cornua tune primum vin- ciantur. Sacerdos candida veste cul tus arborem scandit: falce aurea demetit : candido id excipitur sago. Tum deinde victimas immolant, precantes ut suum donum deus prosperum faciat his quibus dederit. Fecunditatem eo poto dari cuicumque animalium sterili arbitrantur : contra venena omnia esse remedio. Tanta gentium in rbus frivolis plerumque religio est ! | HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 187 signifie chne. Lors donc qu'ils trouvent la plante para- site sur cet arbre, ils s'imaginent que c'est un prsent du ciel , et croient que l'arbre est favoris des dieux. Le gui se trouve trs-rarement ; aussi ne le cueille-t-on qu'a- vec un grand appareil religieux , et choisit-on surtout , pour cette opration, le sixime jour de la lune, jour par lequel commencent leurs mois et leurs annes, ainsi que leurs sicles, qui ne renferment que trente ans. Ils choisissent ce sixime jour , parce qu'alors l'astre , sans tre au milieu de son cours, est dans toute sa force d'ascension. Le nom du gui, dans la langue des Gaules, veut dire remde universel. Lorsque les objets nces- saires pour les sacrifices et le banquet sont prts sous le chne , ils amnent deux taureaux blancs qui n'ont jamais t soumis au joug, et dont les cornes sont lies pour la premire fois. Le prtre, vtu d'une robe blan- che, monte sur l'arbre, tranche avec une serpe d'or le gui , qui est reu dans un sagum blanc. Ils immolent en- suite les victimes, et prient les dieux de rendre ce don propice ceux qui le reoivent. Ils pensent que le gui donne la fcondit tous les animaux striles qui le prennent en boisson, et que c'est un contre-poison uni- versel : tant les nations sont promptes rvrer comme divins les objets les plus frivoles! ,.-g^T NOTES DU LIVRE SEIZIME. i. CHAP. I, page 2, ligne 16. Diximus et in Oriente quidem juxta Oceanum complwes ea in necessitate gnies. C'est au liv. XIII que Pline parle de cette rgion dsole. At in Oriente mirum est siatim a Copto per solitudines nihil gigni, prter spinam, qu sitiens vocatur, et hanc raram admodum. Nous avons cherch tablir sur l'autorit de M. Delille , que ce spina siticulosa tait Y Acacia Seyal , FI. gypt., page 142. Cf. la note 177, livre cit. 2. Page 4 1 ligne 12. Ulva et palustri junco /unes neclunt ad prtexenda piscibus retia. Pour exprimer la gnralit des plantes aquatiques , les Latins semblent presque toujours employer indif- fremment alga et ulva. On croit cependant que le premier de ces deux mots dsigne les algues marines, et le second les algues d'eau douce seulement: Alga Tenit pelago, sed nascitur ulva palude. C'est en effet ce qui arrive le plus souvent ; mais quand Ma- thiole soutient sans restriction cet avis , il ne voit pas que Lu- cain et Valerius Flaccus ngligent mme une distinction si sim- ple ; et comment cela pourrait-il tonner, quand on a remarqu l'identit relle des deux mots alga et ulva qui ne sont que deux prononciations diffrentes d'un seul type dont la forme et le sens primitifs peuvent fournir matire discussion , mais dont l'exis- tence est certaine ? S'il est vrai de dire que le plus souvent le mot ulva n est qu'un terme gnrique, quelquefois aussi on peut sans ridicule cher- * Toutes les notes des livres xn vu inclusivement sont dues M. Fe. NOTES DU LIVRE XVI. 189 cher le particulariser; le vers 175 du chant HT des Gorgiques est un exemple de ce cas. Virgile en parle comme d'un aliment ordinaire des bestiaux. Quelques auteurs ont tort regard cette ulve comme l'ulve d'Ovide, plante marcageuse qui servait faire des couchages; et comme l'ulve dont parle Vitruve, avec laquelle on fabriquait des paniers. Il n'en est rien. Cette ulve, ainsi que celle dont parle notre auteur, doit se rapportera quel- que cyprace qu'il n'est pas possible de prciser, peut-tre pourtant tait-ce quelque scrpus et le scirpus palustris si connu des vanniers. 3. Page 4 1 ligne i4- Captumrjue manibus utumventis magis , quam sole siccantes. La tourbe, Humus Turfa, WALL., tourbe des marais, est une matire noirtre, spongieuse, plus ou moins combustible, compose de vgtaux altrs, mais encore recon- naissables, entrelacs et souvent pntrs de limon. C'est le com- bustible d'un grand nombre de localits de Hollande et de di- vers autres lieux de l'Europe o les forts manquent. L'usage de la tourbe remonte, comme on voit, la plus haute antiquit; le bois est bien prfrable ; aussi l'usage de la tourbe a-t-il donn lieu une diatribe faite par L. Guichardin et l'exclama- tion de Pline qui s'crie, propos de ce chauffage : Et h gn- ies, si vincantur hodie a populo romano, servire se dicuntl ita est pro- fecto : mullis forluna pareil in pnam. Notre auteur aurait-il d s'tonner que le joug tranger part intolrable aux vaincus:' la nature n'a-t-elle pas profondment grav dans tous les curs cet amour de la libert , si justement dcor de l'pithte de saint ? 4. II , page 6, ligne 2. Aliud e silvis miraculum. La physio- nomie des environs du Zuyderze que Pline essaie de tracer ici est bien change. Le dboisement que l'accroissement de la po- pulation rendit de plus en plus ncessaire , a chang en plaines fcondes , maintenant couvertes de nombreux villages , le terrain o s'levaient ces forts sculaires dont notre auteur parle avec complaisance. 5. Ligne i3. In eadem seplentrionali plaga Hercynien sih ro- lorum vnslilas intacta vis. La fort Hercynienne est aujourd'hui connue sous le nom de Schwartz-Wald; elle s'tendait autrefois 190 NOTES DU LIVRE XVI. jusqu'au Rhn. On trouve , prs de Waldse , un village nomm Hercngen , dont le nom est videmment form du mot latin Hercjnia. Les Romains donnaient cette fort le nom de Siha martiana. Les chnes n'y sont pas rares , mais elle est surtout compose de pins et de sapins ; c'est mme ces arbres au sombre feuillage qu'elle doit son nom de Schwartz-Wald , Fort-Noire. 6. Page 6, ligne 17. Aut ubi secuia telus non sit , ai eus ad ra- mos usque , etc. Cet entrelacement des racines et des branches du chne est une fable ; l'impossibilit du fait racont par Pline est suffisamment dmontre. Le Ficus indica et quelques autres arbres exotiques prsentent le phnomne curieux de branches entrela- ces qui s'abaissant vers la terre s'y implantent et vont y puiser les sucs nourriciers ncessaires leur accroissement ; mais rien de semblable n'a lieu en Europe. Cf. au livre XII la note 29. 7. -^ Page 8, ligne 1. Glandiferi.... omnes. Par arbres glaudi- fres, nous verrons plus loin que les anciens n'entendaient pas seulement parler des chnes, mais d'une foule d'autres arbres. 8. IV, page 10, ligne 2. Antiquitus mddem nulla, nisi dea, dabalur. Athne, liv. XV, ch. 2 et suiv. , et Quintus Fabius Pictor, liv. I , disent que Janus fut l'inventeur des couronnes , et que ce fut lui qui s'en servit le premier dans les sacrifices. Selon Pherecids , cit par Tertullien, de Coron. , chap. 7, Saturne serait au con- traire le premier qui aurait port une couronne faite de vg- taux ; selon Diodore , ce fut Jupiter, aprs sa victoire sur les gans. Lon l'Egyptien assure qu'Isis porta la premire couronne de gramines , parce qu'elle avait enseign l'agriculture aux hommes, etc. Cf. sur les couronnes le livre xxi, notes 1-14. q. -7 Ligne 4 Feruntque primum omnium Liberum patrem im- posuisse capiti suo ex edera. Il sera fait mention du lierre aux cha- pitres 34 et 35 de ce mme livre. Homre surnomme Bacchus , Kie-o-oxo/MMf, parce qu'il se couronnait de lierre; un ancien pote le qualifie de Kiy?, comme robur, pa- rat avoir t un terme gnrique applicable tous les arbres, mme la vigne, qu'un ancien pole appelle $~pvs oivo^i'rcov. Indpendamment de cette signification vague, le mot quercus doit tre appliqu une espce d'arbre diffrente du robur des anciens; on doit le rapporter au rouvre des modernes, Quer- cus racemosa, LamrK. , Dict. , 1 , 7 1 5 ; Q. Robur de Linn , Spec. , i4-i 4- Il osl prouv par une foule de passages des crits des an- riens, qu'ils distinguaient le quercus du robur. Le premier de ces deux arbres est plus lev que le second, et son bois convient beaucoup mieux la charpente. Quercus haliphlos. C'est le Quercus pseudo-suber de Desfontaines, Quercus hispanica de Lamarck. Cf. la note l^o. Quercus lalifolia. C'est la var. /3 , Quercus plalyphjlla DC Fl.fr., 21 17, qui rentre dans le Quercus sessiliflora de Smith. Conf. la note 35. Quercus silveslres et cull. Les modernes n'admettent point ces distinctions. Cf. la note ig. Il s'agit du chne dans l'acception vague et indtermine du mot. X. l3 y i / r i \) i 9 /, NOTES DU LIVRE XVI. Quercus inares etfmin. Les chnes sont des arbres monoques. Cf. la note 34- Esculus. C'est probablement le Quercus JEsculus de Linn ; mais on ne doit pas regarder la question comme entirement rso- lue. Cf. la note ai. Cerrus. C'est le Quercus Caris , L. , var. ; Quercus crinita, var. y, LMARCK, Encjclop. Cf. la note 22. Mgjlops. Quercus JEgylops , L. Cf. la note 38. Hemeris. Quelque varit du Quercus racemosa, Lamrk, Dict. , Cf. la note 'j. Robur. Ce chne a t connu des Grecs , mais sans doute ils le confondaient avec le Quercus sous le nom de Apvs. Les Ro- mains en parlent trs-frquemment. Cf. COLUM. , de Arbor., 17, 3. Pallad., novemb. 16 , etc. On peut, avec assez de cer- titude, le rapporter au Quercus sessiliflora 1 Smith, FI. bri- tan. , m, 1026.Il porte dans quelques provinces franaises le nom de rouvre, ainsi que le prcdent, avec lequel il a t pendant long-temps confondu. Toutefois il s'lve beaucoup moins, son bois est noirtre, moins dur que celui du grand chne, il convient assez au charronage , mais on n'en tire que peu de parti pour la charpente, ce qui s'accorde trs-bien avec ce que Pline en dit au chapitre 76 de ce mme livre : Deind' robur exalburnatum : et huc nigricans color, magisque etiam yliso; et au chapitre 81 : Robur et olea incurvanlur , ceduntque ponderi. IL Des chnes feuilles persistantes ( ilex). Ilex ole similis. Quercus Ilex , L. Cf. les notes 27 et 20. Ilex aquifolium dicta. Ilex Aquifolium , L. Cf. la note 20. Ilex smilax Arcadbus dicta. Quelque chne de la division des ilex. Il est douteux que ce soit l le Quercus faginea , LAMRK. Ilex fmina. Ce nom a t quelquefois donn par les anciens au suber. Voyez Plin. , mme livre , chapitre 8. Suber. C'est le lige , Quercus Suber des botanistes. Conf. la note 28. 18. Page i4 5 ligne g. Namque aliafage glandi figura , alia querri, et alia ilign. Les glands des ilex diffrent peu de ceux f r r r a r / i: / NOTES DU LIVRE XVI. ig5 des quercus proprement dits ; quant aux fruits du htre et du chne, les botanistes les connaissent sous deux noms diffrens. 19. Page i4- ligne n. Prcrlerea sunt aliquce silveslres , ali placidiores , qu culta obtinent. Il est douteux que la culture puisse rien faire changer aux proprits du chne , dont l'accroissement est si long; du moins est -il certain que cela n'est pas possible aujourd'hui en suivant les procds ordinaires. 20. Ligne 18. Quippe quurn robur quercumque vulgo nascivi- deamus. Cf. sur la distinction tablir entre le robur et le quercus des anciens la note 17 du prsent livre. ai. Ligne 19. Esculum non ubique. Donnons , avant toutes choses, la concordance synonymique de Yesculus de Pline. On peut l'tablir comme il suit : \hx , ISAIE , XLIV, 6. *M')/? , HOM. , Iliad. , U. , 767 , et E, 693 et ailleurs -, Theoph., 111,9. Esculus, Plin., xxvj, 27, et loco cit.; PALL. , novemb. i5 ; Quercus JEsculus , L. , Spec. f i4-5. Le chne esculus. Uesculus de Pline est-il bien le mme arbre que celui de Vir- gile ? Cette pithte de maxima , cette peinture d'un arbre qui touche la fois aux cieux et au Tartare , Esculus in priniis: qu quantum vertice ad auras iEtherias , tantum radice in Tarlara tendit. Georg., 11, 291. convient-elle une des plus petites espces de chne ? Il est certain que Pline regarde Yesculus comme rare en Italie, et que nanmoins Horace y place de vastes forts : Daunia (portentum) in laiis alit esculelis. Le pote de Venouse ne prenait-il pas ce mot dans un sens dif- frent de celui du naturaliste, et Virgile n'a-t-il pas pu faire de mme ? On est cependant sr qu'il n'entend pas ici parler de Yilex , ni du suber; mais il y aurait des probabilits pour le chne vrai , Quercus Robur, si Virgile ne plaait en opposition dans le mme i3. 1(1 > ' I V 196 NOTES DU LIVRE XVI. vers le mot quercus, ce qui dtruk radicalement cette hypothse. Martyn a donc tort d'amener ici le Quercus latifolia mas, brevi pediculo de Bauhin en s'appuyant sur la correspondance des mots latifolia et qucc maxima frondet , car sa plante n'est qu'une varit trs-peu distincte du Quercus Robur, L. Dans cet tat de la ques- tion , quelques botanistes se sont figur que Virgile avait en- tendu parler du chtaignier. C'est une ide hardie , mais peu rai- sonnante. Une solution ingnieuse , mais inadmissible , est celle des au- teurs qui reconnaissent dans Yesculus du pote, le noyer; car Vir- gile et Ovide le mentionnent positivement sous le nom de nux , et Pline l'appelle jugions; il est vrai que le noyer fut consacr Jupiter, et que son fruit fut compar celui du chne; il est galement vrai que la majest de son port et la hauteur la- quelle il parvient s'accordent trs-bien avec la description que Virgile donne de sou esculus. mais toutes les raisons ne peuvent pas faire supposer que le pote ait pu nommer esculus l'arbre qu'il nomme ailleurs nux , nom consacr par d'autres auteurs du sicle d'Auguste. 11. Page 1 4-, ligne 1 o,. Quarlam vero generis ejusdem, qucc cerrus vocaiur, ne Ilali quidem majore ex parte notam esse. On attribue communment le cerrus des anciens au Quercus Cerrus, L., Spec, i4-i5, var. a; Q. crinila, var. y, Lamrk., Dict. enejelop. Ce chne, remarquable par ses cupules qui sont hrisses, est rare en France : on l'a indiqu sans certitude dans les environs de Paris ; mais il abonde en Pimont et dans les Apennins. S'il faut en croire Sprengel, Hisl. Rei herb. , I, io4, le cerrus de Pline doit se rapporter Yhfyct .yi& de Thophraste , Hist. , m, 6, car il dit que les feuilles sont fermes , rrohv3. VII, page 16, ligne -+ Fagiglans nudeis similis , trianguh i I i f / r \ NOTES DU LIVRE XVI. 197 cute incluait ur. Le htre est un des plus beaux arbres Je l'ancien conti- nent ; il est trs-commun en Europe; son nom efagus, driv de qxya , je mange, indique que ses fruits servaient jadis la nour- riture des hommes ; les modernes qui nomment ses fruits fanes , fagin, sous -entendu glandes, en retirent une huile qui sert une foule d'usages et nui , pour certaines de nos provinces , est devenue une branche de commerce fort importante, Le fagus de Pline est bien le mme que celui des modernes ; ce qu'il en dit ici ne permet pas d'en douter, et surtout cette particularit , fagi glans nucleis similis, triangula cute includitur. Cet arbre, si souvent chant par les potes, tait , suivant quelques auteurs, commun dans la fort de Dodone , et c'tait sous son pais ombrage que les prtres d'Apollon rendaient leurs oracles : il est certain qu'il est commun dans toute la Grce. Voici comment nous tablissons la concordance synonymique du htre : 'Q%ict, THEOPH. , III, 10; qtiy, Diosc. , 1, i4-4- Fagus, PLIN. , loco cit. ; PALLAD. , novemb. XV ; Fagus sihalica , Lamrk. , Dt. , m, ia5, DC. Flor.fr., 211 3. Le htre. C'est un des arbres mentionns le plus souvent par Virgile, qui lui donne des pithtes de la plus grande exactitude : Tilyre , tu patulae recubans suh tegmine fagi. Ed. , 1 , 1 . Tantum inter densas , Hinbrosa cacuinina , fagos. Id. , il, 3. Caditur et tilia ante jugo levis, altaque fagus. Geoig. , 1, 173. Ce bel arbre s'lve trs-haut , fagus alla ; ses rameaux sont fort dvelopps, patula; son feuillage est touffu, densa; impntrable aux rayons du soleil, umhroso cacumine. Il vit aussi long-temps que le chne et mrite trs-bien l'pithte de vtus que lui donnent les potes. ?-4.. Page 16, ligne 6. Et mdia parle plerumque gignens superne parvulam baccam viridem, cacumine aculealam. Il s'agit ici de quel- Y f M; i N 198 NOTES DU LIVRE XVI. qu'une des nombreuses espces de galles qui se fixent sur les feuilles des arbres de nos forts. a5. Page 16, ligne 10. Arborum fertUitas omnium fere alter- nat, sed maxime /agi. Pline a dj parl dans plusieurs endroits de cette particularit confirme au reste par les modernes. 26. VIII, page 16, ligne i3. Glandem, qu proprie intelli- gitur, ferunt robur, quercus, csculus. Dans cette phrase , Pline s- pare encore le chne, proprement dit , du rouvre, moins qu'on ne doive penser avec Gaza que le mot robur tait pour les Latins le mot gnrique. Cf. la note 17. Nous avons trait de Yesculus note 21 et du cerrus note 22 de ce mme livre. 27. Ligne i4~ llex. Les botanistes modernes n'ont pas cru devoir sparer les ilex de Tournefort et de Bauhin des quercus; ce- pendant leur port est fort diffrent, ainsi que leur aspect. Il tait naturel que les peuples distinguassent l'ilex, du chne auquel il ne ressemble que par la structure des fleurs et du fruit, et nullement par le port ni par le feuillage. Les Franais le nomment yeuse, les Espagnols enzina et les Italiens elice. Pline dit, chapitre 38 de ce mme livre , que les feuilles des ilex sont piquantes. On voit clai- rement , en lisant attentivement ce que les anciens ont crit sur les ilex , qu'ils mentionnent des espces diffrentes : et sans doute les Quercus Ilex, Prinos , Ballot a , taient confondus par eux. Nanmoins le Quercus Ilex est l'espce la plus rpandue en Eu- rope. On peut tablir comme il suit la concordance synonymique de Y ilex de Pline : npft , IsaE , XLIV, i4- Tlp7vos t HESIOD., Oper.etdies, 4.34 ; Theoph. , ni , 16 ; Diosc. , iv, i4-3 ; Hesych. llex , Luc. , Phars., III ; Ilex minor? Colum., IX , 2 ; Ilex, L. , Sp.pl., i5i3, et affin. Le chne vert. Rien ne prouve mieux combien Yilex concourt la formation du paysage , que la frquence avec laquelle Virgile l'emploie : Spe siuistra cava praethxit ab ilice cornix. Bcl. t i, 18. i f r r / ; NOTES DU LIVRE XVI. 199 Forte sub arguia consedcrat ilice Daphnis. Id. , vu, 1. Cf. pour le chne glands doux la noie 16 de ce mme livre. 28. Page 16, ligne i4- Suber. Le lige, Quercus Suber, abonde dans le midi de l'Europe. 11 est pour le dpartement des Landes l'objet d'un commerce assez important. Il n'y a aucun doute lever sur sa dtermination. C'est bien le Quercus Suber de Linn , Sp., i4-i3 ; et le Qexxas , Theopii., m, 16. C'est une tymologie ridicule que celle qui faisait driver le mot suber de la prposition sub , parce qu'on porte le lige comme semelle sous les pieds : suber n'est autre chose que le grec 0"u/>, peau ride, enveloppe caduque, etc. Quant au mot fran- ais lige , Furetire a raison de le faire venir de levis , lev, live , lger, lige. 29. Ligne 19. llicis duo gnera. Les deux genres Silex dont traite ici Pline ne peuvent pas se rapporter au mme genre. Nous avons dj parl de l'ilex qui mrite principalement ce nom et qui est un quercus. Cf. la note 27. Pline dit lui-mme que l'autre ilex est la mme chose que le houx [aquifolid) , ce n'est donc pas ici le lieu d'en parler. Notre auteur dit avec raison que dans quel- ques cantons de la Grce on donne Yilex le nom de smilax. Thophraste , III, 16, assure que les Arcadiens nomment smilax un arbre semblable l'ilex dont les feuilles ne sont pas pineuses. Si Ion veut en croire Sprengel , I, io5, le smilax serait diffrent de Yilex ordinaire, et devrait tre rapport au Quercus faginea , Lamrk, Encjrclop., que Lamarck place dans les espces dou- teuses , et qu'il dit venir en Espagne. Suivant le mme auteur, ce smilax serait le V/. Ipsis dea Circe Apposuit glandemque , acylonque et comea poma. 32. Ligne 4- Glans opiima in quercu , atque grandissima: mox esculo. Le chne proprement dit est l'arbre auquel on doit les plus gros glands ; c'est aussi celui qui en donne le plus. Par ce mot opiima on ne peut entendre que les qualits physiques propres aux glands communs , sans avoir gard leurs qualits comestibles. 33. Ligne 5. Nam roboris parva : cerro tristis, horrida, echi- nalo cal/ce. Cf. sur le robur et le cerrus les notes 17 et 22 de ce mme livre. Pline dit plus loin, chapitre 76 , que le bois du robur est noirtre. 34.. Ligne 6. Sed et in querna , alia dulcior, molliorque fe- min : mari spissior. Les chnes tant monoques , il ne peut y avoir, proprement parler, ni individu mle, ni individu femelle. Nanmoins la Flore danoises donn le nom de Quercus fmina au Quercus racemosa , Lamrk. Si les chnes taient dioques , les individus mles seraient striles; or tous sont fertiles. 35. Ligne 7. Maxime aulem probantur latifoli ex argu- menta dicl. Ce chne larges feuilles rentre dans le Quercus ses- siliflora , Smith , Flor. britann. , 3, 1026. C'est la varit /3 , Quercus platyphylla , DC., Fl.fr., Spec. , 21 17. Ses glands sont presque sessiles ; ses feuilles sont glabres, larges, lobes peu profonds et arrondis. C'est le Quercus laiifoHa mas, qu brevi pe- diculo est et le ^ActTV^UAAof, Theoph. , III , g. 36. Ligne i5. Amaritudo in exlrernitalibus , medi dulces. L'observation relative la saveur des glands, amre vers les ex- 'trmits et doucetre vers le milieu, est contraire l'observa- tion. La saveur du gland tout entier est pre et amere. 37. Ligne 18. In ipsis vero arboribus , qu maximam fert , NOTES DU LIVRE XVI. voi hemeris vocalur. Ce chne hemeris, dont parle Thophrasle , 111 , i), ainsi que Strabon, III, 2i5, rentre encore comme varit dans F espce commune, Quercus racemosa, LAMRK. , ])icL, 1 , 7 15. C'est Xelymodrys des Macdoniens , Vrtjuspls des habitans de l'Ida, \eplacida de Gaza. On ne peut, faute de preuves, admet- Ire l'hypothse de Sprengel , Hist. lieiherb., I, io4-, qui dsigne pour Yhemeris de Thophrasle le Quercus Ballota, Desf. Tho- phraste dit bien que ce chne est petit et touffu , que ses branches ont une disposition arrondie ; mais il se tait sur les proprits comestibles du gland; il n'et pas manqu de les faire connatre, s'il et t question du chne glands doux. 38. Page 20, ligne 1. Excelsisshna autem gylops. Poiusi- net veut que Ton traduise par ces mots : Le plus lev des chnes qui se trouvent en Grce. Pourquoi eu Grce? ce pays possde les mmesespces de chnes que l'Italie, si ce n'est dans la plaine , nu moins sur les montagnes. Cet gjlops est un grand arbre , ainsi que nous l'apprend Pline. Tous les commentateurs s'accordent pour reconnatre en lui le Quercus Mgylops, L. , Spec, i4-i4- t- e bel arbre est fort rare eu France. On le trouve frquemment en Pimont, mais bien plus souvent encore dans certaines rgions de l'Italie , dans l'le de Crte et dans plusieurs autres parties de l'Europe australe. Le fruit qui porte le nom de. velani est un objet de commerce et sert en teinture. 3q. Ligne /(.. Carlo in rariorum tantum officinis compendio-.. C'est Thophraste, III , 10, que notre auteur emprunte la ma- nire de faire le charbon ; elle diffre peu du procd mis en usage par les modernes, et qui porte en France le nom de carbo- nisation en fauldes. On construit, avec le bois destin tre char- bono, des espces de cnes tronqus, traverss par une longue perche qui forme l'axe des cnes suprieurs ; on recouvre le tout de terre humide , aprs quoi on retire la perche , et Ton jette dans l'espace qu'elle occupait des branchages secs auxquels on met le feu , etc. , etc. Nous ne donnons une ide de ce procd que pour mieux montrer combien il diffre peu de celui des anciens. 4.0. Ligue 10. Pessima et carboni et materi haliphlos dicta. On a long-temps hsit pour la dtermination de i'haliphlceos. Les nomencloteurs du temps de C. Bauhin dsignaient le Quercus 202 NOTES DU LIVRE XVI. peregrina sive mauritanica grandis sima glande, qui ne diffre peut- tre pas du Qiiercus hispanica, Lamrk, Dict. , dans lequel rentre le Quercus pseudo-suber de Desfontaines et de Santi. Ou le trouve abondamment sur l'un et l'autre rivage mditerranen et tout le long du dtroit de Gibraltar. Il existe aussi en Grce; Lamarck, qui Ta vu Trianon , o il est cultiv , dit que l'corce du tronc a de l'analogie avec celle du lige , et que ses rameaux sont co- tonneux. Cet auteur donne ce chne, pour caractre spcifi- que , des feuilles ovales-oblongues , grossirement dentes , lisses vers leur partie suprieure, et une corce rugueuse , ce qui s'ac- corde avec la phrase de notre auteur, o il est dit cortex crassis- simus , circonstance qui rend compte , au reste , du mot grec (LKltyXolos. 4i. Page 20 , ligne 20. Glansfagca suem hilarem facit , etc. Tout ce que Pline nous dit de l&nfluence des diverses sortes de glands sur la chair du porc, est dnu de fondement. Ce qu'il fait connatre de la proprit du gland du lige n'est pas plus juste et parat digne des temps de la plus grossire ignorance. La con- sistance de l'piderme du lige est mollasse et spongieuse, disait- on alors ; donc la chair des animaux qui mangeront les fruits de cet arbre sera fongueuse ; la matire mdicale , ainsi que les con- naissances conomiques des anciens , sont tablies sur de pareils raisonnemens. 42. IX , page 22 , ligne 7. Quce gandem feruni , omnes et gal- lam. Cette assertion n'est pas exacte : les ilex dont les feuilles sont roides et coriaces donnent moins de galles que les autres chnes. 43. Ligne 8. Sed gallam hemeris optimam. C'est en grande partie ce chne, simple varit du Quercus racemosa, Lamrk, auquel nous avons rapport le Apv? , que l'on doit la meilleure espce de galle, celle qui porte le nom de galle verte d'Alep, cause de sa couleur d'un vert-noirtre. C'est donc avec raison que Pline a dit que la meilleure galle tait la noirtre, et que celle qui est unie est la moins estime ; telle est encore aujourd'hui l'opinion des modernes. 44- Ligne 1 2. Nascitur autem galla sole de Geminis exeunte, erumpens noctu semper universa. Thophraste , Hist. , III , 6 , pr- NOTES DU LIVRE XVI. 2o3 cise cette poque la fin du mois de Juin ( Icon. La pesse , ou faux-sapin. 4. Larix. Ilgx? TlIEOPllR. , m, 10. Sprengel, Hist. Rei herb., I, io5 , veut que ce soit le H-'nvs du mme auteur. On pense, non sans quelque vraisemblance , que c'est l le Larix eu- ropcca, DC, Fl.fr., 2064, Abies Larix de Linn, Spec, 1420. Le mlze. 5. Abies fmina. *Eh.rt1, Hom. , Iliad., H, 287 ; HESIOD. , Oper. et dies, 5og, Scut. Herc. 188 ; Tiieoph., m , 10 ; 'E>Jitw bpet- vbs, EJUSD., III, 4- Abies, Virg., Ed. VII, 66 ; Georg., II, 68; JEneid. , VIII, 5gg; Abies pectinata, DC.Fl.fr., 2o63, Camer. , Epist., 48 et 4g- I-e sapin. 6. Tda. Ce n'tait pour les Grecs qu'une simple maladie ; il ne parat pas bien tabli que le tda des Latins soit le Pinus Mugho , MlLL. , Dict., n 5, DC , Fl.fr., ao56, vulgairement nomm mugho , torche-pin , pin suffis , etc. , dans nos provinces fron- tires. Quelques commentateurs ont soutenu que le tda n'tait autre chose que le Pinus Cembro. Linn a un Pinus Tda qui est originaire de Virginie, et qui diffre du tda des anciens. 7. Taxus. ^.f/xos, Theoph., m, 4 ; Nicand., Alex., v; Plut., Sjmpos., 3 ; 2yMjXct| et Qvjuaxos, Diosc. , iv, 80 ; Tfyf, Galen., Simpl. Taxus, Virg. , Ed. IX, 3o ; Georg., il, n3 , 257 et 448; et lib. iv, 47; J.-Ces. , de Bell. Gall., VI, 3i (quelques auteurs changent ce nom de taxus en toxica , cause des proprits vnneuses de cet arbre ). C'est notre if ordinaire, Taxus baccata , L., Spec, 1^1. 78. Page 32 , ligne 7. Pinus atque pinaster folium habent capil- lamentimodo prtenue, longumque, et mucrone aculeatum. 11 rsulte de la synonymie donne dans la note prcdente , . 2, que par le mot pinaster on doit entendre quelque varit des pins sauvages, et choisir de prfrence ceux dont la feuille est capillaire ; or la 14. ti2 NOTES DU LIVRE XVI. varit a du pinus silvestris de Linn , Spec. 14.28, leve au rang d'espce par Decandolle est dans ce cas. Quant au pinus, on doit ncessairement voir en lui le pin cultiv , puisque le mot pinaster a la signification de pin btard, et que Pline le nomme plus loin pin sauvage par opposition au pin cultiv. Cette espce est de toutes les espces connues celle qui fournit le moins de rsine. Conf. la note 77 , . 1 et 2. Virgile prcise la localit du pin cultiv , Fraxinus in silvis pulcherrima, pinus in hortis , vers 65 de la septime clogue. 7g. XVII , page 32 , ligne i3. Pinaster nihil aliudest , quam pinus silvestris, mira altitudine, et a medio ramosa , sicut pinus in verlice. Cette phrase, trs-importante, nous prouve jusqu' l'vi- dence que c'est bien du Pinus silvestris de Miller qu'il est ici question. Cet arbre pousse un tronc droit, nu et trs-lev, quand il crot en forts ; mais il se divise au contraire en ra- meaux , ds sa base , lorsqu'il est isol , double circonstance qui justifie notre opinion. Le pin maritime, P. maritima , s'lve beaucoup moins. 80. Ligne 16. Easdem arbores alio nomine esse per oram Ita- lie? , quos tbulos vocant , plerique arbitrantur, sed graciles succinc- iioresque , et enodes. Hermolaiis veut qu'on lise strobulos , mais il ne dit point pourquoi. Poinsinet croit que tibulus a pour radical tih , flte ; ce bois tant lger et propre faire des navires longs et lgers , semblables ceux auxquels on donne encore aujourd'hui le nom de fltes. Succinclior dsigne un arbre dgag de branches; tel est le pin sauvage quand il crot en forts. C. Bauhin pense que le pinus tibulus est une espce distincte ; il lui donne le nom de pinus silvestris montana altra , dans son fa- meux Pinax , page 49 * Cette varit n'a point t admise par les botanistes ; elle rentre dans le Pinus silvestris. 81. XVIII, page 34 1 ligne 2. Picea montes amat. La con- cordance synonymique grecque et latine de cette conifre n'est pas facile ; il est douteux que ce soit l le -arsit de Thophraste ; NOTES DU LIVRE XVI. ai3 et l'on doit hsiter entre cet arbre et Y'ExctTt) ppriv du mme auteur. Il y a moins d'incertitude pour la dtermination botani- que. C'est bien l la pesse ou faux sapin , Abies excelsa de Decan- dolle. Pline dit au chapitre 38 que les feuilles du picea sont en dents de peigne : nsecla pectinum modo piceos abieli. Cette obser- vation , si elle est exacte, devrait faire rejeter le systme qui tend dsigner le faux sapin {Abies excelsa) comme tant Y abies de Pline. Mais si l'on veut chercher une conifre dents en peigne , autre que le Larix europa , dsign pour le larix de Pline , ou Y Abies pectinata, indiqu comme Y abies du mme auteur, on ne trouve plus d'arbre indiquer. Nous ne pensons pas qu'aucun commentateur, avant nous, ait propos cette difficult. Au reste, on dit, Encjcl. mthod., vi, 5ig, en parlant de Y Abies excelsa: les feuilles sont parses , et , quoique souvent ouvertes de manire pa- ratre disposes sur deux rangs, elles sont cylindriquement ranges autour des rameaux. Serait-ce cette apparence qui aurait fait dire Pline insecta pectinum modopice abieti? Virgile se sert du mot picea tantt pour dsigner l'arbre , et tantt pour dsigner la poix qu'on en retire : At sceleratum exquirere frigus Difficile est; picece tantum, taxique nocentes. Georg. , u , 256. Et juvat nndantem huxo spectare Cytornm, Narycique pics lucos ; juvat arva videre. Id., il, 437- Aul tonsum tristi contingunt corpus amurca, Et spumas miscent argenti , vivaque sulfura , Tdasquu pices , et piDgucs unguiue ceras. Id., ni, 4^8. Itur in antiquarn silvam, stabula alta ferarutn : Procumbunt picece; sonat icta securibus ilex, Fraxineaeque trabes, cuneis et fissile robur Scindilur ; advohunt ingentes montibus ornos. AZneid., vi, 179. Daripuere focos : picenm fert fumida lumen Tda , et commisUun Vuicanus ad astra favillam. Id. , ix, ^5. ai 4 NOTES DU LIVRE XVI. 82. Page 34 , ligne 5. Hc plurimam resinam fundil., interve- niente candida gemma , tam simili ihuris , ut mixta visu discerni non queat: undefraus Seplasi. Les larmes qui dcoulent naturellement de l'corce du pin maritime sont concrtes en petites masses ar- rondies , et ont un aspect assez semblable l'encens. On a mme donn dans le commerce ce galipot le nom d'encens faux , et on le brle souvent dans les crmonies religieuses du culte ca- tholique , tantt pur et tantt ml frauduleusement l'encens. Ainsi Pline signale une friponnerie qui existe encore aujourd'hui. Les hommes, de tous les sicles et de tous les pays, se livrent aux mmes manuvres pour servir leur vil amour du gain. Seplasia tait une place publique de Capoue o demeuraient les parfumeurs. Seplasia forum, Capu in quo plurimi unguentarii erant , a dit Festus. 83. Ligne g. Pice-r ramipne sialim ab radice modici, velut brachia , lateribus inhrent. Cet arbre, qui s'lve souvent une hauteur de plus de soixante pieds , a un port rempli de majest. C'est l'arbre vert le plus commun sur les montagnes de la France, il couvre presque exclusivement les Vosges , les Alpes et le Jura. Ses branches sont verticilles et partent de la base du tronc , ainsi que le dit notre auteur. Elles vont toujours en diminuant vers le sommet , de manire donner l'arbre une disposition pyramidale. Cf. la note 77 , . 3. 84- Ligne 10. Simliter abieti, expetit navigiis. Situs in excelso montium. Le port de cet arbre , qui est le vrai sapin , a en effet de l'analogie avec le Pinus Picea, L. On sait que Virgile lui a depuis long-temps assign les montagnes pour localit de prdilection: Populus in fluviis , abies in montibus aliis. Ed. , vn, 66. Le sapin est encore aujourd'hui fort recherch pour la con- struction des vaisseaux. Il a du cette prfrence la lgret de son bois , ainsi qu' la rsine qu'il renferme , et laquelle il doit une longue dure. Conf. la note 77 , . 5. 85. Ligne i3. Rsina ei viiium, undefruclus unus pice. Ceci est loin d'tre exact : l'coulement de la rsine ne nuit en rien la beaut du bois de sapin. La trbenthine que fournit cette conifre NOTES DU LIVRE XVI. 21 5 porte dans le commerce le nom de trbenthine de Strasbourg. Elle se trouve sur l'arbre dans des vessies rondes ou ovales d'un pouce environ de diamtre. On les presse pour en retirer la t- rbenthine que l'on met dans des cornets prpars cet effet. 86. XIX , page 36 , ligne 1. Quinto generi silus idem , eadem facis : larix vocalur. Tout ce que Pline dit du mlze est exact. Cet arbre se plat sur les montagnes les plus leves ; il abonde dans le Nord. C'est le plus haut, le plus droit et le plus incor- ruptible des bois indignes. Wlateries prstanlior longe, incor- rupta vis, mori contumax , dit plus loin notre auteur, etc. Il exis- tait encore, en 1778, dans le Valais, une maison de paysan toute entire en mlze, qui avait t construite il y avait plus de deux cent quarante ans. Le bois en tait encore si sain et si entier, qu'on pouvait peine l'entamer avec un couteau. 87. Ligne 5. Plusculum huic erumpit liquoris, melleo colore , alque leniiore , numquam durescentis. La rsine du mlze est con- nue dans le commerce sous le nom de trbenthine de Venise ; elle s'obtient par incision. Chaque arbre en fournit par an sept huit livres, et cela pendant un demi -sicle. On lui doit en outre une exsudation sucre connue sous le nom de manne de Brianon, et une gomme encore peu connue. 88. Ligne 7. Sexium genus est tda proprie dicta , abundan- lior succo quam reliqua. Le pin mugho , car c'est lui principale- ment qu'on doit rapporter le iceda des Latins , est peu lev ; son bois , trs-rsineux , ne sert qu'au chauffage. Remarquons , en passant, que ce mot de tda signifie en latin torche ou flambeau , et que l'usage de s'clairer avec des copeaux -de bois de pin avait fait donner l'pithte de tdifera cet arbre. Ce nom de tda, lde , et sa traduction torche, sont passs dans notre lan- gue. Cf. la note io4 de ce livre. Le tda doit tre ncessairement le pin le plus facile enflammer, et celui qui jette la flamme la plus vive. Or le pin mugho est dans ce cas. Ainsi tda a une double signification : Illic accendit gerainas pro lainpade pinus : Hinc Cercris sacris mine quoque taeda daim. Ovid. , Fast. , iv. ai 6 NOTES DU LIVRE XVI. Quelquefois le mot tda est employ par les anciens dans un sens figur comme signifiant le mariage , cause de l'usage o l'on tait de faire prcder, par des flambeaux de pins , les jeuues pouses qu'on emmenait le soir dans la maison nuptiale : Nec conjugis unquam Prtendi taedas, ant haec in fdera veni. Virg. , jLneid. , v, 33g. Si non pertsum ifaalami taedque fuisset. Id., iv, 18. Voici comment nous nous sommes exprims sur ce sujet impor- tant, Flore de Virgile, pag. 57 : w Ordinairement on ne traduit le mot latin tda que par torche ; il est trs-possible d'y donner ce sens dans presque tous les pas- sages tirs des potes ; toutefois il existe un autre systme que nous allons dvelopper. Ce n'est l , dit -on, qu'une signification secondaire, bien qu'elle soit devenue la plus commune. Tda est proprement le nom d'une espce de pin, la sixime de celles que Pline dcrit. Plus abondante que les autres en sucs rsineux , elle tait em- ploye fournir les flambeaux sacrs. Dans le mot tda, ilest ais de reconnatre fcs, fcLpbs, driv de JW&> , brler, parlait moyen ffnet. Thophraste qui donne ce nom des concrtions rsineuses qui se forment l'intrieur des arbres conifres , dit que la rrevx,ti , plus encore que les pins nomms signifie pediculus; quelle analogie de forme a-t-on donc trouve eutre cet insecte et les semences du picea? il n'est pas possible de le dire. Ne serait-ce pas a cause des proprits vraies ou fausses qu'on aurait suppos devoir at- tribuer aux fruits de cet arbre pour la destruction de la vermine, qu'on l'aurait ainsi nomm? 99. XX , page 4-0 , ligne 4 Similis his eliamnum aspectu est , ne (juid prtereatur, taxus, minime virens, gracilisque et trisiis, ac dira , nullo succo , ex omnibus sola baccifera. Mas noxio fruclu. Cette conifre diffre essentiellement des autres , et tout ce qu'en NOTES DU LIVRE XVI. aai lit Pline est d'une grande justesse. L'if est un arbre dont la tige peut atteindre trente quarante pieds de hauteur, et quelquefois plus, en se partageant latralement en branches nombreuses, presque verticilles, dont les dernires ramifications sont gar- nies de feuilles linaires d'un vert fonc , trs-rapproches les unes des autres et distiques. Il ne fournit point de rsine. L'if a reu de Virgile l'pithle de nocens que lui donne ici Pline , parce que les baies et les feuilles de cet arbre passent pour vn- neuses, lethale quippe baccis , in Hispania prcpue , venenum inest, dit plus loin notre auteur. A ces paroles de Pline, on peut join- dre le tmoignage de J. Csar, parlant dans ses Commentaires de la mort de Cativulcus. Taxo , cujus magna in Gallia Germaniaque copia est , se exanimavit. Cette opinion sur les proprits morti- fres du Taxus baccala n'avait jamais t combattue , ni dans le moyen ge, ni mme chez les modernes; et l'on allait jusqu' regarder comme dangereux de dormir quelques heures sous son ombre. Tout coup s'lve un systme contraire, sous l'abri d'un nom qui semble dj former seul une autorit. M. le baron Percy, dans des mmoires composs ad hoc, soutient l'innocuit de l'if, et prtend qu'une trs-faible vertu purgative, dont la mdecine peut tirer un parti avantageux , est tout ce qui distin- gue cet arbre si redout du peuple. D'un autre ct , M. le doc- teur Tenore de Naples nous apprend qu'il a vu prir plusieurs animaux pour avoir mang les jeunes tiges de l'if, arbre qui abonde dans les bois de la Pouille et de la Calabre. Au reste Thophraste , III , 10, dit que les chevaux qui mangent les feuil- les de l'if, meurent ; et cette assertion confirme l'opinion du baron Percy. Pourtant les fruits peuvent tre impunment mangs par les hommes. Suivant Strabon, les Gaulois auraient empoisonn leurs flches avec le suc de l'if, assertion fort trange et nulle- ment croyable. S'il faut en croire Plutarque , l'if est surtout mal- faisant quand il est en fleurs; et c'est sans doute parce que Virgile croyait aux manations dangereuses de cet arbre pendant sa flo- raison, qu'il le dit nuisible aux abeilles, et qu'il dfend qu'on le plante prs des maisons : Sic tua Cyrneas fugiant examina taxos ! Ed. , ix , 3o. 222 NOTES DU LIVRE XVI. lNcu propins tectis taxum sine Geo'-g., iv, 47. Lucrce fait allusion aux dangereuses proprils de l'if dans ces deux vers : Est eliaiii in magnis Heliconis monlibus arbos Floris odore hominem tetro consueta necare. De Rerum 11 al. , lib. vi, v. 787. Dioscoride rpte plusieurs des choses qui tendent confirmer ce qu'on dit des proprits malfaisantes de l'if. Ses fruits sont, suivant lui, fortement laxatifs. Cet auteur avance que, dans la Gaule narbonnaise , son ombrage, nuisible partout, y est bien plus dangereux encore. On aurait vu prir, s'il fallait l'en croire , des personnes soumises seulement ses manations dangereuses. Les anciens sont donc unanimes pour dclarer l'arbre comme vnneux, feuilles et tiges; ils ne disent rien des fruits, l'ex- ception toutefois de Jules -Csar, et de Pline qui sans doute le copie. Les modernes semblent s'accorder relativement aux qua- lits des feuilles et des jeunes rameaux. Matthiole dit avoir vu des bcherons attaqus de fivres violentes pour avoir mang des baies d'if. J. Bauhin ne parle que des proprits toxiques des feuilles. Schott dit que si on les jette dans les tangs , elles enivrent les poissons. Rai prtend que des jardiniers chargs de tondre un if trs-touffu ne purent rsister plus d'une demi-heure ce travail , qui amena des tourdissemens. On croit , en Nor- mandie, que les feuilles et mme le bois sont vnneux. Pena, Dalchamp et Grard ont assur s'tre endormis sous des ifs sans qu'il en fut rsult rien de fcheux. Lobel, Gleditsch et Bulliard ont affirm que les baies de l'if n'avaient aucune pro- prit dangereuse. M. Montgarni soutient que les manations de l'if sont narcotiques. Enfin , M. le docteur Orfila a fait pr- parer un extrait de feuilles d'if, et a tu , mais haute dose , des chiens d'assez forte taille. Que l'on nous permette de con- signer ici un fait qui semble fortifier les opinions des personnes qui ne veulent pas croire la nocuit des manations de l'if. Dans mon enfance , je me suis frquemment repos l'ombre de grands ifs qui embellissaient le jardin de la maison commune de 4 NOTES DU LIVRE XVI. 27 3 ma ville natale ; souvent moi et mes jeunes compagnons , nous nous sommes amuss manger des baies d'if, et ni les mana- tions de cet arbre, ni ses fruits n'ont interrompu nos jeux. En attendant que les choses soient claircies par une plus longue exprience, nous croyons qu'il est bon de s'en tenir cet gard la maxime de Zoroastre : Dans le doute abstiens-toi. Indigne des pays du Nord , l'if, dans les climats mridio- naux , cherche un sol montueux et froid. Aussi doit-il prosp- rer en Corse, comme l'indique le surnom de cjrnea. Aprs le buis , le bois d'if est le plus fin et le plus serr que pro- duise l'Europe. L'industrie peut en tirer grand parti. Il parat qu'autrefois on en faisait des arcs, principalement chez les llu- rens , peuplade belliqueuse de la Clsyrie. Mais ce qui en avait surtout propag la culture, aujourd'hui nglige , c'est la coutume qu'avaient nos pres de tailler l'if en statues effrayantes ou grotesques : dcoration recherche alors dans les parterres. Je ne crois pas qu'il existe un exemple plus saillant de ce luxe bizarre et de mauvais got , que le jardin de l'Alcazar de Sville. Quand les croyances religieuses , plus puissantes , ramenaient plus souvent l'esprit aux ides de la mort, il tait aussi d'usage de planter l'if dans les cimetires. Le feuillage sombre , l'atti- tude svre de cet arbre, devaient y frapper l'imagination par des rapports mlancoliques, et y multiplier les harmonies fu- nbres. 100. Page 4-o, ligne 8. Vasa etiam viatoria ex ea vinis in Gallia facta, moriifera fuisse compertum est. La nocuit du bois de l'if est bien moins hypothtique que celle des baies, et le fait avanc par Pline n'a rien que de possible. Il n'en est pas de mme de l'his- toire de deux curs morts subitement dans une chambre, qui tait suivant quelques-uns lambrisse en bois d'if, et, suivant d'autres, traverse par une poutre d'if dont les manations leur furent mortelles. Cf. la prcdente note. 10 1. Ligne 10. El esse in Arcadia iam pr sentis veneni , ut qui obdormiant sub ea , cibumve copiant, moriantur. Cf. la note go, du prsent livre o nous cherchons prouver que l'effet mortel des manations de 1 if doit tre mis au nombre des prjugs. 224 NOTES DU LIVRE XVI. 102. Page 4o, ligne 1 2 . Sunl qui et taxica hinc appellata dicant venena, quos nunc toxica dicimus, quibus sagitt iingantur. Nous dou- tons, avec plusieurs commentateurs, de la parent de ces deux mots. Cependant telle est l'opinion de Vossius ; il fait driver taxus de To|of , flche, cause de l'usage que Pline rappelle ici. Tofyttbv est un mot grec que l'on trouve dans Thophraste, Hist. plant., IV, 11 ; 7ofy)>s xAxu.f4.os , toxicus calamus seu arundo sagittaria. To^et et t'oZov sout des mots grecs employs par Homre et Pin- dare. io3. Ligne i4- Reperium, innoxiam ficri , si in ipsam arbo- rent clavus reus adigatur. Il est presque purile d'avertir que cette opinion de Pline doit tre range parmi les plus grossiers prjugs. 104. XXI , page 4 > ligne 17. Pix liquida in Europa e tda coquitur. Les conifres , dont les modernes cherchent retirer la poix liquide ou goudron , sont assez nombreuses et diffrent suivant les localits : les Pinus silvestris , MlLL. , Dict. , I , dans l'Europe centrale; Pinus maritima, LoiSEL. , Nov. , Dict. , v, page 240, t. 72 , dans les Landes aqui Uniques; Pinus Mugho , MlLL., Dict., n 5, dans l'Europe australe, sont les principales espces qui servent cette extraction. C'est donc tort que Pline cite exclusivement le tda, Pinus Mugho. Il ne faut pas passer sous silence que le mot tde, en patois des Landes, signifie la partie du pin qui a t eDtaille , et le mot torche les copeaux qui rsultent des entailles. Conf. la note 88. io5. Ligne 18. Lignum ejus concisum , furnis undique igni extra circumdato, fervet. Le goudron s'obtient en effet de cette manire. Le bois propre faire du goudron est rouge, pesant, et ses copeaux les plus minces ont une demi-transparence ; les pins fournissent plus ou moins de goudron , suivant la nature des terrains o ils croissent. 106. Ligne 20. Primus sudor aqu modo fluit canali: hoc in Syria cedrium vocalur. Ce passage demande quelque examen. Pline confond ici cette eau rousse, qui coule en effet la pre- mire dans la prparation du goudron , avec le cdria , rsine nomme par les Arabes alkiiran ou kilran. On ne sait pas bien NOTES DU LIVRE XVI. aa5 quel est l'arbre qui la produit, peut-tre est-ce le cdre ou peut- tre un genvrier, Junipcrus phnicea , auquel les deux Bauhin et Tournefort donnent le nom de Cedrus ; les Egyptiens se ser- vaient d'une rsine pour embaumer les corps , mais non d'une eau rousse , charge d'huile empyreumatique entirement prive des proprits particulires aux rsines, et que l'on rejette comme inutile. Nous reviendrons sur ce sujet. 107. XXII, page 4-2, ligne 4- Sequens liquor, crassior j'am, picemfundit. Hc rursus in cortinas reas conjecta, aceto spissalur. Cette opration est impraticable. Le vinaigre, le vin et l'eau ne sont pas miscibles la poix ; toutefois, en agitant fortement les rsines en fusion dans l'eau chaude, elles acquirent plus de blancheur et plus de liant. 108. Ligne 6. Et coagulata Bruli cognomen accepit. Ce n'est pas sans quelque apparence de probabilit que l'on a pr- tendu qu'il s'agissait ici d'une poix prpare en Calabre o les pins abondent. Brutium est l'ancien nom de la Calabre. 109. Ligne 8. Omnia illa fiunt e picea, rsina fervenibus coda lapidibus , in aheis validi roboris. Ce mode de prparation est vicieux. 11 devait entraner de frquens accidens, car si les pierres taient trop brlantes , elles pouvaient enflammer la masse ; et si elles n'taient pas assez chauffes, l'opration devenait superflue; le but apparent que l'on voulait atteindre tait d'augmenter ainsi la consistance de la rsine en la privant de son huile volatile ; on obtenait alors une sorte de colophane plus fragile que la rsine ordinaire (galipot). Les Grecs lui donnaient le nom de

UT pMTiV tfrixa rsina. En suivant le second procd indiqu par Pline, et employ surtout lorsque les cuves de chne manquaient, aut si alvei non sinl , struis congerie , velut in carbonis usu , on re- tirait une sorte de goudron; et c'est avec raison que Pline dit que ce produit rsineux ainsi obtenu est noir. Thophraste donne sur ces oprations de plus grands dtails, Hist. plant., IX, 3. Pline a copi cet auteur en abrgeant beaucoup le texte qu'il lui emprunte. 1 10. Ligne il. Hc in vinwn additur, farin modo tus a. Pline a dj dit , livre XIV, rsina condire rnusta vulgare est in Ita- x. i5 a2 6 NOTES DU LIVRE XVI. lia, propincUsque finitimis. Il est inutile de dire que l'on a renonc partout l'usage de poisser les vins. ni . Page 4-2, ligne 12. Eadem rsina sicum aqua leeius decoqua- turcoleturque..., ac stillatitia vocalur. La rsine cuite dans l'eau ne change point de consistance ; la trbenthine qu'on fait long-temps bouillir avec ce liquide devient solide et friable de molle et duc- tible qu'elle tait auparavant ; donner la rsine prpare l'eau l'pitbte de stillatitia , est s'loigner tout--fait de l'origine ty- mologique , stilla, goutte qui tombe. 112. Ligne i4- Seponuntur auiem ad idfere vida resin cor- iexque. Cet usage se trouve confirm par Columelle, xii , 23 : {J)e pice qua atuntur Allobroges ad condituram vini picati). Pix cor- ticata , qua utuntur appellalur ad condituras Allobroges. Ea sic confi- citur, ut dura fit ; et quanto facta est vetustior, eo melior in usu est. Nam omni lentore misso facihus inpulverem resolvilur, atque crbra- iur. liane ergo conteri et cribrari oporlet , etc. 1 13. Ligne 16. JSamqueflos crudus resin , cum multa assula tenui brecique avulsus, concidilur ad cribri minuta , deinde fereenli aqua , donec coquatur, perfunditur. Cette opration enlve la poix une grande partie de son huile essentielle , et la dbarrasse des corps trangers qui s'y trouvaient accidentellement mls. Le galipot qui n'a pas subi l'action du feu est moins bon ; car il communiquerait au vin une odeur de rsine bien plus prononce ; au reste , le vin poiss est louche et fort dsagrable au got : un gourmet moderne le rejetterait avec ddain. ii^. Ligne 21. Resin alb congium in duobus aqu pluvi coquunt. Le choix de l'eau de pluie n'a aucune importance vri- table pour le cas dont il s'agit. On sait namoins qu'elle a sur l'eau de rivire et sur celle de citerne ou de puits l'avantage de ne tenir aucun sel terreux en dissolution ; ce qui la fait prfrer dans une foule de circonstances conomiques ou mdicinales. 1 15. Ligne 22. Alii utilius putant sine aqua coquere lento ign tota die, utique vase ris albi. Cette opration doit colorer for- tement la rsine, et lui donner un grand degr de friabilit. 1 16. Page 4 2 i ligne 23. Item terebenthinam in sarlagine refer- oenti , hanc ceteris prferenies. Ce mode de coction donnerait certainement lieu l'inflammation de la masse en fusion. Au reste, NOTES DU LIVRE XVI. 227 s'il en arrivait autrement, on obtiendrait une sorte de colophane colore par une assez grande quantit de carbone, et dbarrasse de toute l'huile essentielle que retenait la trbenthine. 117. Page 4-4 > ligne 1 Proxima ex lenlisco In Oriente opti- mam tenuissimamque terebenthi fundunt : deinde lentisci quant et masti- chen vacant, a dit Pline, livre xiv, 20. La trbenthine du lentis- que ne diffre point chimiquement de celle des conifres, c'est une olo-rsine; c'est--dire un compos d'huile essentielle et de rsine. 11 parat que Pline a confondu dans ce passage la tr- benthine de Chio , produite par le Pistachia Terebinthus et le mastic, rsine solide qui dcoule du Pistachia Lentiscus. Ces deux arbres croissent dans les mmes localits. 118. XX 111 , page 4-4 > lige 4- Non omittendum, apud eos- dem zopissam vocari derasam navibus mariiimis picem cum cera, etc. Dioscoride, et aprs lui Belon, ont parl de la zopissa. Le pre- mier de ces auteurs dit que les Grecs lui donnent aussi le nom de apochjma , kt^o'/y^A , 1 , gg. C'tait un mlange de cire et de rsine avec lequel on calfatait les vaisseaux. Cette composition, d'abord mollasse , devenait ensuite fort dure , on la ratissait comme il est dit dans le passage de Pline ; on lui croyait alors des proprits suprieures celies des autres rsines qui , cepen- dant , lui sont bien prfrables pour l'emploi. Il parat, d'aprs le passage cit du mme auteur grec, que l'on donnait aussi ce nom de zopissa , ^'mia-a-a, , la rsine de pin , sans doute quand elle avait subi la coction, puisque ce mot signifie poix cuite, s , ferveo, et tsia-ffet , pix. 1 ig. Ligne g. Aperitur picea e parte solari , non plaga , sed vulnere ablati corticis, quum plurimum bipedali hiatu , ut a terra cubilo quum minimum absit. Toute cette section est emprunte Thophraste, Hist. plant. , IX, 2. Le mode d'extraction de la rsine des pins en usage chez les modernes diffre trs-peu de celui qui tait suivi chez les anciens. Lorsque l'arbre est adulte, on fait en janvier des incisions avec une hache ordinaire. On enlve d'abord les couches corticales , puis l'on pntre jusques au bois dont on enlve un copeau. Les incisions , qui d'abord ont trois quatre pouces de haut sur trois pouces de largeur, se rafrachissent de i5. 28 NOTES DU LIVRE XVI. temps en temps ; on leur conserve la mme largeur, mais en les exauant, et de manire leur laisser atteindre, au bout de quel- ques annes, une assez grande lvation. On recommence ensuite, de la mme manire, ct de la premire entaille, et l'on continue jusqu' ce que l'on ait fait le tour du tronc , aprs quoi on peut encore inciser les cicatrices. L'arbre , puis , est ensuite abattu pour tre employ divers usages conomiques. Il ne parat pas qu'on ait gard, pour la premire incision, la direction du soleil. Prescrire d'arracher l'corce au lieu de la couper, est une purilit. 1 20. Page 4-3, ligne 1 3. Verum hase terrproxima laudatur: altior amaritudinem adfert. Nous avons dit que les incisions se faisaient d'abord au pied, mais que bientt on les exauait jusqu' ce qu'on et atteint quinze dix-huit pieds, et cela est sans inconvnient ; il est absolument faux que les parties suprieures de l'arbre aient des proprits diffrentes de celles du pied, et ce que dit ici Pline de la plus grande amertume du sommet est une fable. 121. Ligne 16. Postea toia arbor succiditur, et medulla e/'us uritur. La moelle des pins n'est pas susceptible de se sparer du canal qui la recle, et d'ailleurs elle est peine distincte du bois. On trouve dans plusieurs de ces arbres des amas de rsine con- tenus dans des cavits qui suivent le sens longitudinal des fibres. Est-ce l ce que Pline nommerait une moelle? Conf. la note 87 relative au tda. 122. Ligne 17. Sic et in Sjria terebiniho detrahunt cortices, ibi quidem et e ramis, ac radicibus, quum rsina damnetur ex his parlibus. La rsine liquide (trbenthine) dulentisque, que l'on obtiendrait de cette manire dans l'Europe mridionale, serait aussi bonne que celle de Syrie. On sait que les trbinthes de la France australe ne donnent que peu ou point de trbenthine quand on les incise. 123. Ligne 19. In Macedonia laricem masculam urunt,f- min radies tantum. Nous avons fait justice , note 94 de ce mme livre , de ces distinctions de mle et de femelle si mal appliques aux pins. Le larix de Pline est le Larix europa de Decandolle. Conf. la note 76 o se trouve la concordance synonymique des NOTES DU LIVRE XVI. 29.9 pins. Le mode d'extraction de la rsine usit en Macdoine ne donnait autre chose qu'une sorte de goudron. 124. Page 46, ligne 1. Theopompus scripsit, in Apolloniata- rum agro picemfossilem. La poix minrale dont il est ici question est un bitume connu sous les noms d'asphalte, bitume de Jude , poix minrale, poix de montagne, malthe, pissalphate, bitume glu- tineux , etc. 11 en sera question plus au long , liv. xxxv, chap. 1 5. 125. Ligne 3. Pix optima ubque ex apricis aquilonis situ. Ex opacis horridior, virusque prcrferens. Tout ce que. notre auteur dit ici , et plus loin , est emprunt Thophraste, et ne manque pas d'exactitude. Les pins qui croissent dans les lieux ombrags donnent trs-peu de rsine; ils sont lancs, et ne s'accroissent qu'avec lenteur : Picea montes amat, a dit Pline avec raison. Les autres pins prosprent dans les plaines, mais il faut qu'ils soient clair-sems et que l'air circule librement entre eux. 1 26. Ligne 5. Quidam arbitrantur in montuosis copia prstan- tiorem ac colore , et dulciorem fieri , odorem quoque gratiorem, dum rsina sit : dococlam autem minus picis reddere , quoniam in srum abeat. On a remarqu que le galipot recueilli sur les pins qui vi- vent sur les montagnes tait plus liquide. Soumis la coction il doit donner moins de poix, non qu'il se rsolve en eau , mais parce qu'il abonde en huile essentielle qui se volatilise avec une grande facilit. 127. Ligne 12. Expetur autem plaga rsina, non cortice , nec cicatrice, qu in hac arbore non coit. Cette observation est conforme la vrit. Les fibres ligneuses mises nu par l'inci- sion prennent assez d'endurcissement pour empcher la sortie du fluide rsineux ; mais la cicatrice n'est point parfaite , et jamais il ne se forme de bourrelet. 1 28. Ligne 14. Inter hc gnera proprium quidam fecere sap- pium. Quel est cet arbre ? cela n'est pas facile dcider. Ce pas- sage renferme sans doute de grandes inexactitudes. S'il tait vrai que le sappium appartnt un genre diffrent du pinus , il ne pourrait tre produit par l'amande d'une sorte de pin , quoniam ex cognatione earum serilur, qualis dicta est in nucleis ; car chaque semence donne une plante semblable celle qui l'a produite; et d'ailleurs, qu'est-ce donc qu'un arbre tranger la famille des a3o NOTES DU LIVRE XVI. conifres , dont la base est qualifie de tda , ejusque arboris hnas partes tdas vocant, nom donn tantt une espce distincte de pins, et tantt tous les pins affects d'une surabondance de sucs rsineux, mais jamais d'autres plantes qu' des arbres verts? Disons donc que le sappium n'est autre chose que l'une des espces de pins dont Pline a dj parl, ou tout au plus une varit peu distincte. Sappium vient, suivant M. de This, du mot celtique sap , gras , onctueux. Les modernes se sont empars du mot sappium pour dsigner un arbre d'Amrique dont le suc propre est glutneux. 129. Page 4-6, ligne 18. Sapinus autem materies csarum e gnre sit , sicuti docebimus. Cf. le texte du chap. 3g de ce mme livre, et la note 4-o3 qui l'accompagne. i3o. XXIV, page 8, ligne 2. Materi enim causa reliquas arbores nalura genuit , copiosissimamque fraxinum. On voit par cette assertion que Pline ne parle point ici de Vornus qui est un fraxinus, suivant les botanistes modernes , et auquel on doit la manne des pharmacies. Notre auteur ne dit rien des proprits fbrifuges de l'corce de frne , et se tait sur les proprits pur- gatives des feuilles. i3i. Ligne 3. Procera hc ac teres : pinnata et ip sa folio. Ce n'est point sans raison que Pline qualifie le frne de procera dans ce passage. Virgile dit , Gorg. , 11 , 65 : Plantis et durae coryli nascuntur, et ingens Fraxinus Et Linn lui a donn l'pitbte de excelsior. Voici comment nous tablissons sa synonymie : pN , Esdbas? xliv , i4- Mx/at, Hesiod., Opra et Dies, i44 Hom. , Iliad. , N 178 , E 65 , etc. ; Theoph. , m , 2 ; Diosc, 1, 108. Bot/^Mf* ou Bou,eAfo XXV, page 5o, ligne a. In tilia mas et femina diffe- runt omni modo. Prvenons d'abord qne cette distinction do til- leul en mle et femelle est fausse dans le sens botanique, car cet arbre a une fleur hermaphrodite. C. Bauhin fait la mme distinc- tion, parce que, jusqu' Linn, on ne connaissait pas les sexes des plantes. Voici quelle est la concordance synonvmique bota- nique des deux tilleuls de Pline : Tilia mas, Plin., loco citalo; Tilia microphjra , DC. , FJ.fr.. 4-5o3 ; Tilia europa , var. y, L. , Spec. , 7 33 ; Tilia femina, folio minore, C. BAUHIN, Pinax, 426. En franais, le tilleul , tillau. Le tilleul petites feuilles. Tiliafemina, Pus. , loco cit. ; Tilia platjrphjllos , ScoP. , Corn. , d. 1 , n 64 1 ; Tilia europa var. et , L. , Spec. , loco citato ; Tilia femina , folio majore . C Baub. , Pinax , loco citato. Le tilleul de Hollande ou larges feuilles. Passons maintenant la concordance synonymique du tilleul, sans distinction d'espce et dans le sens gnrique : 1>/AU/xt, THEOPH. , I, 8. PlAAl/fSet, DlOSC. , I, in prcef. Tilia le.is. pinguis. lavis. Virg. , Georg. . I, iy3, II , 449* IV, i4a et i83 ; CoLUM. , IX , 4- TUia mas et femina, Plin., loco citato. et xxiv, 8. Tilia europa, L. , Spec., loco citato (omn. variet.}. Le tilleul petites feuilles et le til- leul larges feuilles. Cet arbre est fort clbre; Virgile le mentionne souvent, tantt pour louer son bois , trs-propre faire des jougs et au- tres nstrumens : Caedkur et tilia an te jugo levis Georg. , 1 , i;3. Nec tilise larves , ant . . . . buxnm , Non fonnam accipinnt. Id., ix, 448. et tantt pour parler du got que les abeilles ont pour ses fleuri. Pascuntur (apes) Et pinguem tilia m Id. , iv, iSo el seq. NOTES DU LIVRE XVI. a35 Nous ferons remarquer, au sujet de cette dernire citation , que Virgile est ici en opposition avec Columelle, cet auteur disant positivement, de Re rustica, IX , (\, at iili solcc ex omnibus sunt nocenles. La vertu sdative que l'on s'accorde reconnatre aux fleurs de tilleul , les faisait-elle agir comme narcotiques sur ces petits animaux? je laisse d'autres dcider lequel s'est tromp du pote ou de l'agronome. On ignore l'origine du mot tlia; mais c'est bien de lui qu'est venu notre mot tilleul, par le diminutif tiliola; car les troubadours crivaient et prononaient tilieul, avant que la dipbtbongue eu ft venue prendre dans la langue cette prdominance qui la fait subs- tituer si frquemment Yo. Qui ne sait la vogue extrme qu'ob- tinrent les diminutifs , l'poque de la dcadence du grec et du lalin, vogue dont il est rest des traces dans la formation, de l'italien, du franais, du grec moderne, etc.? Figliuoloue vient pas dejilius, mais de filiolus; augello, non d'aezV, mais i 1 avicella , devenu aucella ; oreille , qui drivait mal ftauris, se retrouve dans auricula ; \,[Ai , nrxpi, dcoulent bien mieux de \p.w et d'i-o-- vdpiov que de ^.a/ubt et d'Y 6 > IO - Vojez plus bas. Acer crassivenium , PLINE , loco citato. C'est le vxlvoTpo/jav , TheoPH. , loco ciiato. Acer campes tre, candidum quod glinon (Grci) vocant, Plin. , loco citato. Acer monspessulanum , L., Spec, i497 '> e * Al. trilobum, Ejusd., loco cit. I"a1W, THEOPH., III, 11 .swu7zrf.;SpilENG., Hist. Rei herb. , 1 , 89. L'rable de Montpellier ou de Crte, les auteurs ayant runi les deux espces linennes en une seule. Acer montanum vero crispius duriusque, PLIN., loco ciiato. Cette varit parat devoir rentrer dans la premire espce. Acer tertium , genus zjgia dicium , PLIN. , loco citato. Zvylct, TlIEOPH. , III, 4 * 6, 10. Carpinus et acer, PLIN. , loco ciiato. Carpinus, ViTRUVE, II, 9. Carpinus Retulus, L. , Spec. i4i6. Le charme commun , et quand il crot en haie , la charmille. On doit peu s'tonner de ne pas trouver en synonymie notre 238 NOTES DU LIVRE XVI. rable commun , ylcer campestre de Linn , Lien moins com- mun en Italie qu'en France , et trs-rare en Grce. Il est dou- teux qu'il ait t connu des anciens. Au reste il se pourrait faire qu'il se trouvt parmi les espces cites en synonymie , car il en est peu de plus vacillante que celle qui a rapport aux acer. 1 4-7* XXVII, page 52, ligne il. Pulcherrimum veto est bruscum, multoque excellentius etiamnum molluscum. Par ces mots bruscum et molluscum , on doit entendre tous les nuds qui viennent au tronc des arbres. Si l'on en veut croire Poinsinet, le mot bruscum serait une dnomination celtique qui signifierait quelque chose de semblable au bois du myrte sauvage , Ruscus aculeatus, L. ; il en serait de mme du mot molluscum, qui voudrait dire matire peu veine, offrant le coup d'il uniforme d'une caille gristre et couleur de terre glaise : Racines ; Luska , cailles, et mol , limon , glaise. Cette tymologie parat bien ha- sarde. Les nuds des arbres sont trs-estims des bnistes , parce qu'ils sont fort agrablement veins. L'orme en offre de fort- gros ; les anciens botanistes avaient voulu voir en eux des champignons ; peut-tre ont-ils t gars par le mot tuber que Pline emploie ici, et qui s'applique plus particulirement aux fongosits. i8. Ligne 17. Reperitur et in alno tuber : tanto dtenus, quanto ab acere alnus ipsa distat. L'aune ou aulne est un arbre qui se plat au bord des eaux ; Virgile en parle souvent , tmoin ces vers : Tum Phaelhontiadas musco circumdat amarae Corticis , atque solo proceras erigit alnos. Ed. vi,. 61. Quantum vere novo viridis se subjicit alnus. Io? de Thophraste, III, i4-. Alnus gulinosa , DC, Spec. 2109. Cet arbre se plat au bord des eaux , et cette station a t clbre par plusieurs potes. Et fluclibus aptior alnus. Luc, Pharsal. , cant. m , v. 44*- Fluminibus salices , crassisque paludibus alni , Nascuntur. Virg. , Georg., 11, 109. Qui dubiis ausus commitlere flalibusalnum. Claud. , nxaii , 3. i^g. Page 52 , ligne iq.Aceris mares prius florent. Si ce pas- sage signifie que les rables mles fleurissent avant les rables femelles, cela est inexact. i5o. Ligne 20. Est et trans Alpes arbor, simillima aceri albo matriel , qu vocatur slaphylodendron. Les commentateurs s'accordent pour trouver dans cet arbre le Slaphylea pinnata, L. , Spec, 386. Il porte en franais le nom de faux pistachier, pistache sauvage, nez coup, il abonde dans plusieurs de nos provinces de l'ouest et du midi. Ce nom de staphylodendrum signifie arbre grappes : yu i 382, ix, 619. Buxus, PLIN. , loco cilato , et mme livre, cbap. Si. Buxus semper virens, L., Spec. , i3g4, et ses varits. Voyez la note i53. Le buis ou bouis. Poinsinet de Sivry prtend que le mot buis vient du celtique bou, bois, et y s, fer, bois de fer; nos pres crivaient bouys. Pline dira plus loin in igni quoque duritia , qu ferro. C'est du mot buxus, en grec 'uvfys que drivent en cette langue trvtys ^ bote , <73-y^/of, DlOSCOR. , I, i34. Ligustrum album, Virg., Eclog. II, 18; Plin. , loco citato. Ligustrum nigrum , Co- LUM. , X, 3oo. Ligustrum vulgare , L. , Spec, 10. Le trone commun. Cet arbrisseau , ayant des fleurs blanches et des fruits noirs , a reu des auteurs, tantt l'pithte de album , O formose puer , nimium ne crede colori ; Alba ligustra cadunt, Taccinia nigra legunlur. Virg. , Ed., 11, 17. et tantt celle de nigrum , comme on le voit dans ce passage de Columelle : Et lu , ne Corydonis opes despt-rnal Alexis, Formoso Nais puero formosior ipsa Fer calt his violam , et nigro permixia ligustro Balsama entn casia nectens, croceosqne coryuibos, Sparge niero Bacchi : nain Bacchus condit odores. Colum. , de Cultu hortor. , y. 3oo. Nous ferons remarquer ici qu'il est assez extraordinaire que Co- lumelle , dans un passage videmment imit de la deuxime clo- gue de Virgile , ait appliqu au ligustrum une pithte diffrente de celle donne par le prince des potes latins. Quelques commentateurs ont voulu dsigner pour le ligustrum album de Virgile le CotwoUuIus sepium , L. , le grand liseron. Il y a presque absurdit dans le choix de cette plante , car il s'agit certainement d'une plante ligneuse , et rien dans le grand liseron ne peut lui mriter l'pithte de nigrum. Pline a dit, livre XII , chapitre 5i , en parlant du cyprus : Quidam hanc esse dicunt arborent qu in talia ligustrum vocetur. et livre XXIV, 45 : Ligustrum si eadem arbor est , qu in Oriente Cypros, suos in Europa usus habet. 11 n'est plus douteux aujour- d'hui que le cyprus et le ligustrum ne soient des plantes fort dif- frentes. Le cyprus est le Lawsonia inermis, L., le henn d'Orient, plante de la famille des lythraires. Cf. la note gg du livre xii. On fait venir le mot ligustrum de Liguria, la Liguric, o NOTES DU LIVRE XVI. a5i abonde ; d'autres veulent qu'il drive de ligure , lier, cause de l'usage auquel on emploie souvent ses branches flexibles. Ces deux tymologies pourraient fort bien tre vicieuses. 17 5. Page 58, ligne 20. Item vaccinia, Itali mancupiis sata: Galli veto etiam purpur tingend causa ad seivitiorum vestes. Les commentateurs veulent que le vaccinium des Latius soit la mme chose que le vocKivbos des Grecs, s'appuyant sur je ne sais quelle ressemblance qu'ils s'imaginent dcouvrir entre ces deux noms : comme si vaccinium, driv de vacca, n'tait pas devenu vaciet; comme si vutivos , venu de oJLj , ycout, n'avait pas form jacinthe. En s'garant ainsi, on a fait du vaccinium soit une sorte de jacinthe fleur brune , assez recherche dans les jardins d Italie, mais laquelle les bergers de Virgile n'ont jamais song; soit le delphinium Ajacis, qui n'a pu mriter aucun titre l'pithte de nigrum. N'tait-il pas bien plus simple de penser que le pote opposait l'un l'autre deux arbrisseaux *, et que sans cela l'antithse serait inexacte et froide:' Les deux arbrisseaux mis en regard sont d'une part ligustrum album, le blanc trone, et de l'autre vaccinium ni- grum , le noir vaciet. Ce nom de vaciet, conserv par la tra- dition, servait de guide pour relrouver le vaccinium de Virgile ; et en effet la plante du pote est le Vaccinium Myriillus de Linn, dont les petits fruits noirs, en corymbe , susceptibles de donner une nourriture champtre , peuvent tre mis en parallle avanta- geux avec la grappe blanche des fleurs du trone. Maintenant qu'il est bien expliqu que le vaccinium est notre vaciet, cherchons un peu la vritable cause de l'erreur; elle vient de la confusion jete , jusqu' nous, sur le sens du mot hjacinthus, qui n'a rien de commun avec le vaciet. Mais en est-il de mme en grec? C'est l la question. Observons d'abord que si VAKivor n'est pas le nom du Vaccinium Myriillus, il n'a point le nom grec , car on ne lui en sait point d'autre ; et pourtant les Grecs ont d avoir un terme pour le dsigner. Ensuite nous trouvons un vtXKivs noir, ^iha.s , qui ne peut tre le Lilimn ' Alba liguslra cadunl , vaccinia nigra leguntur. Ed. , 11 , v. 18. a5a NOTES DU LIVRE XVI. Martagon. On ne saurait gure non plus rapporter un arbrisseau la baguette d'hyacinthe, p*C*or, c Po6S'evpov, e Poox Biblia sacra. 'Kyjpa' , Homer., Iliad. , xni, 38<^, xvi, 482. Avfpov kevuif , THEOPH., III, 4 DlOSC. , I, 109. Populus Alcid gra- tis sima, VlRG. , Eclog. VII, 61. Populus alba, LlNN. , Spec, i463. Le peuplier blanc. Populus nigra, PHN. Ayetpos, Hom., Odjss., XVII, 208, et vu, 106; Hesiod., Sait. Herc, 3jn ; Diosc. , 1, n4- Populus, VlRG. , var. loco citalo, dans le sens vague. Populus nigra, L. , Spec. , i463. Le peuplier noir. NOTES DU LFVRE XVI. a5 7 Populus libyca , Plln. , loco comm. Populus foliis ludenlibus , Ejusd. , xvii KepKts, Theoph. , m , 4- Tremula, Latinor.; Populus tremula, L. , Spec, i4.63. Le tremble. iqo. Page G6 , ligne 7. P opulorum foliis grandis sima lanugo eiolal. Ce n'est pas des feuilles que s'chappe ce duvet , mais des fruits; car les semences sont entoures d'une houppe cotonneuse. Pline aurait-il attribu au duvet de la feuille du peuplier ces fila mens blancs qui voltigent dans l'air, surtout en automne, et qu'on sait tre la toile d'une aranide? 101. XXXVI, page 66, ligne 11. Mimm in primis id , auod ulmo , tiliceque , et ole , et populo alb , et salici evenil. C'est Tho- phraste qui rend compte de ce phnomne , Ilisi. plant. , 1 , 16 ; et Pline le copie , mais avec plus de dtail , au livre xvm , 68 ; nous parlerons de cette prtendue merveille dans les notes que nous consacrerons ce livre , et nous nous contenterons ici de protester contre la vrit de cette observation. Cf. Theoph., loco citato, et de Causis, VI, 262. 102. Ligne i5. Est et publica omnium foli or 11m in ipsis diffe- rentia. Namque pars inferior a terra herbido viret colore. Tout ce qu'on lit dans ce paragraphe est conforme aux lois physiologiques et la vrit. On reconnat dans la feuille , indpendamment de ptiole, de limbe, de nervures, de nervilles , etc. , une lame su- prieure qui regarde le ciel, et une face infrieure qui regarde la terre. La partie suprieure est , ainsi que le dit Pline , plus charge de nerfs , de ctes et de nuds ; la partie infrieure est plus ple et communment plus duveteuse. iq3. Ligne 20. Sed omnium folia ouolidie ad solem oscitant, interiores partes tepefieri volentia. Ce retournement des feuilles n'est point une fable ; leur position n'est pas prcisment la mme pendant la nuit que pendant le jour. Quand le soleil se lve , les feuilles de l'acacia sont horizontales ; midi elles sont redres- ses ; elles s'abaissent en mme temps que le soleil sur l'horizon , et pendant la nuit elles sont tout--fait pendantes. Le contraire a lieu dans le baguenaudier. La position que prennent les feuilles pendant la nuit se nomme le sommeil des plantes. La plupart x. 17 258 NOTES DU LIVRE XVI. des physiciens pensent que l'irritabilit organique est la cause de ce phnomne; mais ils croient en mme temps que certains agens extrieurs se comportent comme stimulans. Le retourne- ment des feuilles s'opre la nuit comme le jour , mais il est plus prompt la lumire. Les anciens avaient entrevu ces phnomnes, mais il ne leur fut pas donn d'en trouver l'explication. Conf. la note 38o, au livre xvm. ig4.. Page 66, ligne 21. Superior pars omnium lanuginem quan- tulamcumque habet , qu in aliis gentium lana est. On pourrait taxer ici Pline d'exagration, si Thunberg, Voyage au Cap, ne nous et appris qu' Roodesand (Cap) il existe un buplevrum, Buple- vrum giganteum , LAMRK. ( Hermas gigantea, LlNN. fils, Suppl. , pag. 4-35), qui met une grande quantit de poils pais , feutrs si compltement qu'ils imitent assez bien une sorte de velours blanc. Ce iomentum se dtache de la feuille , sans que celle-ci soit endommage. Les filles du pays savent en faire avec beau- coup d'adresse , l'aide de ciseaux , des bonnets , des gants , des bas , etc. Cf. Voyage de Thunberg au Cap, i , 1 18 de la traduction franaise. La plante du pays des Serres^ pourrait fort bien tre une plante semblable celle-ci , moins qu'on ne prfre adopter l'opinion mise dans notre Flore de Virgile , article Folium sericum. it)5. XXXV11, page 68, ligne 4- In Oriente funes validos e pahncc foliis fieri dictum est , eosque in humore utiliores esse. Pline , au livre xm , 6-9, a parl fort au long de l'emploi conomique du palmier et de son fruit. Conf. les notes 53 - 73 du livre cit. ig6. XXXVIII, page 68, ligne l^.. Carnosa cupresso, ta- marici. Nous ferons remarquer en passant que le rapprochement fait entre la feuille du cyprs et celle du tamarisc est juste , dans l'hypothse o l'on dciderait que le dernier de ces arbres est bien le tamarisc des modernes, ou quelque grande espce terica. 197. Crassissima alno. Ce mot de crassissima ne doit pas s'entendre dans le sens botanique rigoureux, car l'aune n'a pas des feuilles grasses la manire des crassulaces. Elles sont seulement gluantes dans la jeunesse, et comme vernisses. Thophraste, NOTES DU LIVRE XVI. a5 9 list.plantar., M, i4, emploie une expression plus juste: il les dit fibreuses. irj8. Page 68, ligne i5. Circinatapiro, mutronata rnao. Pline pche ici contre l'exactitude ; les feuilles du poirier sont ovales ou lancoles ; celles du pommier ovales et un peu aigus , mais non mucrones dans le sens botanique rigoureux. igg. Ligne 16. Divisa platano. Ces feuilles ne sont pas proprement dire divises, mais fortement lobes. 200. Ligne 17. Insecta pectinum modo pice , abieli. Si les feuilles du picea sont, comme le dit Pline, disposes en dents de peigne , il est difficile de croire qu'il s'agisse du faux-sapin , Abies excelsa, BC. , Flor.fr., 2062. Cf. la note 81 de ce mme livre. 201. Ligne 18. Spinosa cute rvbo. Les aiguillons dont les feuilles de la ronce sont armes ne sont pas placs sur les parties planes de la lame, mais sur les nervures principales. 202. Ligne 19. Pungentia pino , pice , abieti, larici , cedro, oquifoliis. Les feuilles des conifres numres dans ce passage ne sont pas piquantes (pungenii) de la mme manire que les feuilles du houx dont les piquans sont de vritables armes. 203. Ligne 21. Tremulo populis. Quand les filets du p- tiole sont disposs en gouttire ou en cylindre , ils se soutien- nent entre eux, et chacun met obstacle la flexion des autres; cela a presque toujours lieu; mais si ces filets sont rangs sur un mme plan, ils cdent tous la fois, et le moindre mouve- ment de l'air agite la feuille. Ce phnomne, qui a lieu dans tous les peupliers, a t surtout observ sur une espce qui, cause de cette particularit , a reu des botanistes modernes le nom de Populus tremula. 204. P a g e 7? ligne 1. Jam et in porno ipso , mali quodam in gnre, parva mediis emicant folia , intrim et gemina. La pomme dont parle ici Pline est celle qu'il a nomme au livre xv, i5, melofolia. Cf. la note io5 du livre XV. Ce n'est pas une espce, mais une sorte de monstruosit qui peut se reproduire dans plu- sieurs varits. La physiologie vgtale montre de frquens exemples de cette prolification dans la famille des rosaces. De- candole a publi, dans les planches de son Organographie vg- '7- a6o NOTES DU LIVRE XVI. taie , Paris, 1827, pi. 33, une figure fort curieuse, reprsentant une rose prolifre. Nous avons cultiv des rosiers qui nous of- fraient trs-frquemment ce phnomne : du sein de la fleur sor - tait un rejeton qui supportait une nouvelle fleur. 205. Page 70 , ligne 2. Prterea aliis circa ramos , aliis et in cacumine ramorum : robori, et in caudice ipso. L'apparition acciden- telle des fleurs sur le tronc du chne n'a rien d'extraordinaire. Les bourgeons peuvent se dvelopper sur toutes les parties du vgtal , et donner naissance de nouvelles branches charges de feuilles et de fleurs. 206. Ligne 4- Jom densa , ac rara semperque lata rariora. Cette observation est conforme la vrit et doit trouver place parmi les faits qui compltent la physiologie vgtale. 207. Ligne 5. Disposita myrto. Cette disposition symtrique des feuilles du myrte existe principalement dans le myrte hexas- tique , que nous avons rapport avec quelque doute au Myrtus angustifolia Btica de C. Bauhin. Cf. la note 275 du livre xv. 208. Ligne 7. Ramulosa ulmo , et cytiso. Rien ne diffre plus que les feuilles de l'orme et du cytise ; du moins , si l'on croit pouvoir rapporter le cytise des anciens quelque lgu- mineuse arborescente. Les unes (celles de l'orme) sont simples , et les autres composes. Si ce rapprochement tait naturel, Il ne faudrait plus chercher le cytise parmi les papilionaces, mais parmi les arbres dont la feuille a de l'analogie avec l'orme. Nous avons discut ailleurs cette question. Cf.au livre XIII la note i65. 20g. Ligne 9. Bubus quidem et ficulnea , ilignaque , et ede- racea. C'est en effet de Caton que vient le conseil de donner aux bufs les feuilles de figuier, d'ilex , de lierre , et celles de plusieurs autres arbres, ainsi que le tmoignent les passages sui- vans : Bubus frondem ulmeam , populneam , querneam, ficulneam, usque duin habebis , dato, XXX , 28; et Bubus si fenum non erit , frondem iligneam et hederaceam dato, EjUSD., XLV, page 4-2 ; et Frondem populneam, ulmeam, querneam cdito : per tempus eam condito , non peraridam , pabulum ovibus , EjUSD. , v, pag. il. On conoit difficilement que les bufs et les autres ruminans puissent manger avec plaisir ou sans inconvnient les feuilles de l'ilex , qui sont dures et coriaces ; celles du figuier, gorges d'un NOTES DU LIVRE XVI. 261 suc propre laiteux- corrosif, et surtout celles du lierre, dont l'a- mertume est tellement dsagrable , que les bestiaux le laissent partout intact dans les pturages , etc. 210. XXXIX , page 70, ligne IlJ. Primus est conceptus, flare incipiente vento Favonio, cirtiter fere sextum idus februarii. Cet esprit gnrateur qui, suivant le prjug des Latins, parcourait l'univers sur les ailes des vents , n'est autre chose que le premier printemps , dont la venue varie d'poque suivant les climats. Lorsque le vent du nord a cess de souffler, et que le zphyr a fondu corcedes eaux , suivant l'expression du pote, l'ascension de la sve commence dans les vgtaux, et les bourgeons tendent s'ouvrir. Les animaux , moins occups du soin de se dfendre contre les intempries de l'air, prouvent la douce influence de ce rveil de la nature et songent leurs amours. C'est donc au figur , et non au positif, qu'il faut prendre les passages de Pline et de Lucrce , o il est question du Genitabilis aura Favoni. Tous les effets dtermins par le retour de la belle saison sont vrais, la cause seule est dtourne : les Grecs appelaient le vent Favonius , Zephjrus , c'est--dire qui porte la vie. Les Latins lui donnaient indiffremment ce nom et celui de Favonius. ail. Page 72 , ligne 5. Concipiunt variis dielus, et pro sua quque nalura. Ici le mot concevoir n'a pas l'acception que lui donnent les botanistes. Il signifie seulement vgter, et marque la premire poque de l'ascension de la sve. Ce mouvement vital diffre en effet d'poque suivant les espces ; il est entirement distinct de la germination. 212. Ligne 8. Pariant vero quum florent , flosque Me ruptis constat utriculis. Educatio in porno est : hoc , et germnalio, laborum. Il y a , dans ce peu de mots , tout ce que les anciens savaient relativement aux fonctions des organes sexuels dans les plantes. Cette comparaison avec le rgne animal , que Pline a faite plus loin , ne manque pas de justesse. Si les vgtaux diffrent des animaux dans leur mode de nutrition , ils ont avec eux de grands rapports dans la manire de se reproduire : aussi voit-on la mme 26* NOTES DU LIVRE XVI. srie de phnomnes amener les mmes mots- Ce sont en effet , pour les deux rgnes , des organes mles et femelles, des ovules ', un ovaire , un placenta , une (fcondation , soit par une liqueur sminale , soit par une poussire fcondante qui en joue le rle, etc. ai 3 XL, page 72, ligne i5. Non enim omnes florent : et sunt tristes qudam, quque non sentiant gaudia annorum. Nom neque ilex, picea , larix , pinus utto flore exhilarantur, naialesve pomorum recursus annuos versicolori nuntio promittunt. Pline refuse des fleurs aux arbres qui ne portent que des chatons ; on sait que dans les climats o l'on ne voit point de fougres en arbre , toutes les plantes ligneuses ont des fleurs , et , parmi celles-ci , les amentaces en ont plus que les autres. La quantit de fleurs que portent certaines d'entre elles est innombrable. Il n'est pas exact de dire que les arbres se parent de mille couleurs avant le dve- loppement de leurs fleurs. On sait que les oiseaux , l'poque des amours , ont une robe plus riche qu'en hiver ; les arbres n'offrent point ce phnomne : la plus grande partie de ceux qui vivent dans nos vergers ont des fleurs avant les feuilles , les autres les ont en mme temps. Dans une fort forme de plusieurs sortes d'arbres, on voit, au premier printemps, que la masse de ver- dure n'est point uniforme ; elle est nuance de couleurs assez tranches , o , pourtant , le vert domine. Pendant l't , la couleur verte devient peu prs uniforme ; enfin l'automne ar- rive, et les feuilles, avant leur chute , se nuancent d'une manire remarquable , mais avec des couleurs fausses qui sont le rsultat de l'tat morbide de la feuille. Ces changemens de couleur tien- nent uniquement la jeunesse, l'ge adulte, ou la vieillesse de la feuille: ils ne se lient en aucune manire au phnomne de la florescence. 2i. Ligne 19. Necfici, alque caprifici. Protinus enimfruclum flores gignunt. Inficis mirabiles sunt et abortus , qui numquam ma- iurescunt. Nous avons rpondu dans la note prcdente cette assertion fautive de laquelle il rsulterait ce fait, que le figuier, les conifres et plusieurs amentaces, dbuteraient par le fruit, sans qu'il provnt d'une fleur. Que les anciens aient t induits en NOTES DU LIVRE XVI. 2 63 erreur pour le figuier, cela se conoit, car cet arbre s'loigne , scher ; rac. n , moi- sissure , pourriture ). 235. XLV, page 82, ligne 14. Fructum arborum sol nul- lumferunt, hoc est ne semen quidem, tamarix... populus , alnus , ulmus Atinia, alaternus. Plinere fuse des fruits une foule d'arbres qui en ont , et mme de trs-visibles. Il est assez curieux de voir notre auteur affirmer ici que le peuplier n'a point de fruit , et dclarer, liv.xxiv, 32, que le fruit du peuplier noir est excellent pour combattre l'pilepsie. On peut croire qu'il est question dans ce passage d'une autre espce de peuplier ; mais l'assertion est fautive aussi bien pour le peuplier noir que pour le peuplier blanc. Les ormes atiniens avaient des dimensions plus considrables que celles des autres ormes ; c'tait quelque varit peu distincte. Pline a dj affirm , mme livre , chapitre 29 , que les ormes ati-- niens ne donnaient pas de fruit. 236. -ligne i5. Tamarix scopis tantum nascens. Cette assertion, en apparence peu importante, nous prouve que le mot de tamarix NOTES DU LIVRE XVI. 269 s'tendait aux grandes bruyres, qui, de temps immmorial, servent faire des balais , tandis qu'on ne peut en faire avec les branches des tamariscs qui sont trop faibles et trop flexibles. Chez les mo- dernes , les bruyres n'ont aucun autre usage , tandis que les ta- mariscs servent retirer des sels alcalins par la combustion ; en Danemarck on emploie les feuilles, qui sont un peu amres, dans la fabrication de la bierre, en place du houblon. Ses fruits ser- vent la teinture en noir. Cf. la note 14.6 au livre xm , 37. 237. Page 82, ligne 16. Alaternus , cui folia inter ilicem et olivam. La concordance synonymique de l'alaterne peut tre ta- blie ainsi qu'il suit : *vacm , Theoph. , Hist. plant. , i, 5 ; ill , 6 ; v, 7 ; 'A/>x ? EjL'SD., lococit., I, i5; 'EoLirrpvof, CRETENS. Alaternus, Plin. , loco cit. ; Colum. , vu , 6 ; Macrob. , Satum. , n , 16 ; spina cervina , QuoRUMD. , Rhamnus Alaternus , L. , Spec. , 2 Q7 ; Phjlica elatior, C. Bauh., Pinax, 4^6. L'a- laterne , bourg-pine , Montpellier. Le e ligne 23. Malis proprium genus : ferarum enim rostra reddunt. Cette ressemblance des nuds du pommier avec des mufles d'animaux est illusoire ou accidentelle. C'est ainsi qu'on trouve souvent dans la racine de buis bien polie des nuds qui reprsentent des figures grotesques; que la coupe des tiges de la fougre femelle, Pteris aquilina, reprsente l'aigle deux ttes; que les fibrilles radicales du Polypodium Baromez lui ont mrit le nom d'agneau de Scythie, etc. Cf. Thophraste , Hist. plant. , I, i3. 273. LIV, page 96, ligne 2. Ramorum aliqiri cci, qui non germinant : quod natura fit , si non value re : aut pna, quum deputa- ios cicatrix hebetavit. Qucc dividuis in ramo natura est , hc viti in oculo , arundini in geniculo. C'est Thophraste , Hist. plant. , I , i3, que notre auteur a emprunt tout ce qu'il dit de raisonnable dans ce paragraphe. La branche de la vigne ne peut tre justement compare son bourgeon. L'une enfante des bourgeons qui pro- duisent des branches ; l'autre fournit directement des rameaux. Les articulations des roseaux sont propres donner des bour- geons ; aussi les a-t-on appeles des nuds vitaux. 274- Ligne 5. Omnium terr proxima crassiora. Les arbres dicotyldons ont un tronc plus gros vers la base que vers le sommet. Le palmier d'Europe , les fougres arborescentes , les cycades et une foule d'autres plantes ligneuses monocotyldones des rgions intertropicales ont un diamtre gal dans toute leur tendue. 275. Ligne 6. In longitudinem excrescunt abies, larix , palma , NOTES DU LIVRE XVI. 279 cupressus, uhnus, et si qua unislirpia. Nous avons parl de la plupart de ces arbres dans ce mme livre ou dans les livres prc- dens. L'accroissement des monocolyldones n'a lieu qu'en hau- teur. Les dicotyldones croissent en hauteur et en diamtre ; les anciens n'avaient point d'ides arrtes sur cette partie de la physiologie vgtale. 276. Page 96, ligne 8. Ramosarum cerasus eliam in XL cubilo- rum trabes , cequli pertotam duum cubitorum crassitudine reperitur. Le cerisier n'est pas un grand arbre, et ce que Pline dit ici ne peut lui convenir. 11 y a donc erreur ou exagration. 277. LV, page 96, ligne 12. Cortex aliis tenuis, ut lauro, tili : aliis crassus, ut robori , etc.Tout ce que Pline dit ici se rap- porte seulement l'piderme. On voit par ce passage qu'il n'a- vait pas une ide nette de la composition de l'corce. Cette partie du vgtal se compose d'piderme, de couches corticales et de liber. L'piderme recouvre en entier le vgtal , et s'tend sur les parties au fur et mesure qu'elles grossissent. Il se d- tache facilement par la macration, ou lorsque les plantes sont en sve. Sa couleur est diverse : il est blanc et brillant sur le tronc des bouleaux, gris et cendr sur le prunier, rouge et ar- gent sur le cerisier. Dans sa vieillesse il se dtache par plaques , comme dans le platane, ou par lambeaux, comme on peut l'observer dans le bouleau ; souvent aussi il se rduit en pous- sire , etc. , etc. 278. Page 98, ligne 4- Multiplex tunicis , ul vitibus, tili, abieli. Quibusdam simple x , ut fico , arundini. Les physiologistes qui se sont occups d'organographie vgtale se sont assurs que l'piderme tait, en effet, form de plusieurs couches. Ce cha- pitre est presque en entier emprunt Thophraste , Histor. plant. ,1,9. 279. LVI, page 98, ligne 12. At robori carnos {radies). Les racines des arbres sont ligneuses. Ainsi l'pithte de carnos applique aux racines du robur n'est point convenable. 280. Ligne i3. Si Virgilio quidem credimus, esculus, quantum 8o NOTES DU LIVRE XVI. corpore eminet, iantum radice descendit. Pline renvoie ces vers si connus : JEsculus in primis, qu quantum vertice ad auras jSStherias , tanlum radice in Tartara lendit. Georg. , ii , 291 . Dans un lger sillon la vigne crot sans peine* I/arbre doit plus avant s'enfoncer dans la plaine , Surtout le chne allier, qui , perdu dans les airs, De son front touche aux cieux, de ses pieds les enfers. Cf. sur Yescuhis les notes 17 et 21 du prsent livre. 281. Page 98, ligne 17. Minutis hc capillamentis hirsuta, ut abies, rtiullque slvestrium : e quitus montant prtenuia fila decerpen- tes, spectabiles lagenas, et alia vasa nectunl. Ces fibrilles dont Pline ignorait les usages portent le nom de radicelles ; elles sont mu- nies de suoirs qui pompent les sucs nourriciers et les font pn- trer dans la plante. Les modernes ne tirent aucun parti de ce chevelu; quelquefois il est trs -fragile et quelquefois assez te- nace. On conoit qu'on puisse , dans certains cas , en faire un tissu trs-serr qui interdise la sortie de l'eau. Les insulaires de la mer du sud fabriquent , avec les rameaux de diverses plantes , des vases qui peuvent recevoir des liquides. Nos van- niers ne peuvent atteindre ce dernier degr de perfection de leur art. 282. Ligne 20. Quidam non allius descendere radies, quant solis calor tepefaciat , idque natura loci ienuioris crassiorisve , dixere , quod falsum arbitror. Pline rejette une opinion qui est pourtant vraie. Plus le terrain est meuble, plus les racines des arbres ont de facilit pour s'allonger et s'tendre dans tous les sens. 283. Page 100 , ligne 3. Maxima spaiio atque plenitudine et citriest.Ab eaplatani, roboris, et glandiferarum. Ce que Pline dit ici du citronnier et du platane est une rptition de ce qu'il a dit au liv. Xlll, 29, et au liv. xil, 3. La force et la longueur des racines ne sont pas toujours proportionnes la grandeur des vgtaux. Le groupe des conifres et celui des palmiers qui renferment les plus levs de tous les arbres , ont des racines courtes qui ne les atta- chent que faiblement la terre. Ce que Pline a rpt plus haut, d'aprs les auteurs , d'un abies dont la racine s'tendait fort au NOTES DU LIVRE XVI. 281 del de huit coudes, est faux : apud auctores certe invenitur, bietis planta quum iransferrelur , VIII cubiturum in alliludine ; nec totam re- fossam . sed abruptam. Thophraste raconte cela du que le lierre se cultive ; il le qualifie de edera saliva. NOTES DU LIVRE XVI. ao.3 loco cit. Hedera Hlix , L. , loco cit. Arborea , C. Bauu. , Pin. y 3o5. Le lierre ordinaire. Hedera nigra , semine crocato , a Grcis chry socarpon et erjrthranum dicta; Hedera Hlix, LlNN. , Spec. , loco cit.; Hedera poetica , C. BAUH. , Pin. , 3o5 ; Hedera dionysias ; DalC. , Lugd. , 14.19. Premire varit du lierre ordinaire. Edera Hlix, Plin. , loco cit. Kuro-bf ext% , Theoph. et Diosc. , loco cit.; Hedera Hlix , L. , Spec, 292, var. y ; Hedera major sterilis, C. Bauh. , Pin. , loco cit. Le lierre strile. Les sous-varits mentionnes par Pline rentrent toutes dans ces trois varits principales. Le lierre fruit blanc et le lierre feuilles blanches sont des sous-varits des deux premires. Le lierre qui porte des corymbes est celui du Culex de Virgile, v. x^o : Brachia Ipsscquc excedunt ad somma cacumina lentae , Pinguntque aureolos viridi pallore corymbos. Il fait partie de la deuxime espce, ainsi que le lierre noir et ses sous-varits, l'une semences vraiment noires, l'autre semences jaunes - safran , surnomme lierre nysien ou lierre de Baccbus : il en est de mme du lierre silnien. Quant au lierre rampant, Edera humi repens , nomm la fin de ce chapitre, ce n'est pas la varit de V Hedera Hlix de Linn , dont C. Bauhin avait fait une espce dans le Pinax, page 3o5. Nous en parlerons plus loin, note 325. 3 19. Page 113, ligne 14. Alicui et semen nigrum , alii cro- catum: eu/ us coronis poet utuniur. Le lierre et le laurier servaient tic prix aux talens potiques. Accipe jussis Carmina cpta tuis , atque hanc sine tempora circum Inler victrices ederam tibi serpere lauros. Virg., Ed. vin, 11. Pastores, edera crescentem ornate poetam , Arcades ld. t vu , 25. Cet arbrisseau , comme tous les arbres verdure ternelle , tait tenu en grande estime. En Egypte il tait consacr Osyris; 294 NOTES DU LIVRE XVI. nous avons dit qu'en Grce il l'tait Bacchus : de l ses qualifi- cations de nysien et de bachique. 3^o. Page 112, ligne 17. Quidam apud Grcos etiamnum duo gnera hujus faciunt, a colore acinorum: erythranum, et chry socarpum. Les baies du lierre sont jaunes dans la varit C, Hedera poetica. Ce lierre potique n'est qu'une varit de Yedera nigra de Pline. Cf. la note 3 18 et la concordance synonymique de la troisime espce. C'est sur la couleur des feuilles , et non sur la couleur des fruits, que cette varit a t tablie. Conf. la note 107 , au livre xxiv. 32i. Page n4i ligne 4- Sed tria maxime insignia : herbacea ac virens , qu plurima est: altra candido folio : tertia versicolori, qu Thracia vocatur. Ces hlix sont des varits fort peu dis- tinctes. Le lierre herbac et vert rentre dans la deuxime espce. Conf. la note 3i8. h'edera folio candido et Vedera versicolor rentrent dans la premire. Les autres sous -varits mentionnes vers la fin de la section, et qui sont fondes sur la forme ou la dis- position des feuilles, ne peuvent tre dtermines facilement ; rien n'est plus variable que ces caractres, et Ton voit des lierres dont les feuilles sont ovales, lancoles, trilobes ou quinqu- lobes sur un mme pied. 322. Ligne if\. Arbores aulem necat candida. Ce lierre blanc est sans doute la plante dont parle Virgile dans le vers 38 de l'gloguc vu , sous le nom de edera alba , et qui lui sert de terme de comparaison pour donner une juste ide de la beaut de Galathe, plus belle que le lierre blanc, dit le pote. Dans notre Flore de Virgile , page 63, nous avions fait connatre l'opinion des commentateurs qui veut que ce soit Yazarina, Anthirrinum Aza- rina des botanistes, plante herbace, dont les feuilles dcou- pes la manire du lierre sont blanches, ainsi que les fleurs. Cette opinion , que nous n'avons ni combattue ni approuve , n'est pas soutenable, puisque Pline, en disant que le lierre blanc fait mourir les arbres auxquels il s'attache , a voulu parler d'un lierre ordinaire, et non d'une plante qui rampe sur le sol, comme le fait Yazarina. Puisqu'on possde une varit de lierre feuilles panaches de blanc , on peut bien penser qu'il s'en trouve parmi celles-ci qui sont plus blanches que vertes, de manire leur NOTES DU LIVRE XVI. 5 mriter le nom de candida et 'alba. Les anciens, comme on sait, n'taient pas difficiles sur l'tablissement de leurs espces. Un pote a bien pu qualifier 'alba une plante feuilles bigar- res. Sprengel , Hist. Rei herbar. , I, 1 43, est de cet avis, et il dsigne une varit de Y hlix dont les nervures sont blanches: Ilelix solet quandoque folia habere nervis albis pallentia. Un de nos doctes amis , dans sa correspondance particulire , a voulu cher- cher prouver que Yedera alba de Virgile tait le Convolvulus sepium. Celte opinion est plus sduisante que fonde. Il vaut beaucoup mieux rapporter cette plante la premire espce de celles dont nous avons donn la synonymie dans la note 3i8 de ce livre ; mais il reste encore quelque incertitude dans cette d- termination. 32 3. Page 1 i4, ligue 22. Itaque etiam pluribus locis inlercisa, vivit ionien duratque : et totidem initia radicum habet, quoi brachia, quibus incolumis et solida arbores sugit ac strangulat. Cf. la note 3io de ce mme livre , o nous tablissons que cet arbrisseau n'est pas une plante vritablement parasite ; elle est fixe sur les ar- bres, mais ne s'approprie pas leurs sucs. 324. Page 116, ligne 4- Est et rigens edera , qu sine admi- niado slat, sola omnium genernm ob id vocata cissos. Il a pu arri- ver quelquefois que le lierre se soit accidentellement soutenu sur son tronc ; c'est cette circonstance fortuite qui lui a valu le nom iarborea donn par C. Bauhin. Cf. le deuxime paragraphe de la note 3if> et la concordance synonymique tablie note 3 18. 325. Ligne 6. E diverso numquam nisi humi repens cham- iissos. Il existe une varit de lierre qui rampe sur la terre ; elle est plus petite que les autres; ce qui la fait distinguer comme varit sous le nom 'Hedera humi repens, hederula de Tragus , Hedera minor de Dodone. Toutefois des commentateurs ont prfr \ oir dans cette plante le lierre terrestre , Glechoma hederacea de Linn. Sprengel, Hist. Rei herb., I , 181 , dit que c'est YAnthir- rinum Azarina dont nous avons parl dans une des notes prc- dentes. Mais cette opinion ne peut tre adopte, puisque Diosco- ride donne cette plante des fleurs bleues comme celles du viola. mais plus ples; ce qui se rapporte au glechoma, lierre terrestre, et non Yazarina. 296 NOTES DU LIVRE XVI. Voici donc comment il convient d'tablir la synonymie de cette plante : Edera humi repens , seu chamcissos, Plin., loco citato. %&- /lcaIkitctos iriyeios, Theophr. , III, 18; yjLiJutiMpos, DlOSC. , II, io4- Bambos arundinacea , Lamrk. , Encycl.; Arundo arbor, C. BAUH. , Pinax , 18. Le bambou. Cette synonymie runit , comme on le voit , plusieurs espces que les anciens regardaient comme distinctes , mais qui n'taient que de simples varits dtermines par la temprature ou le sol. M. le docteur Tnore , auquel je dois d'excellentes observations sur ma Flore de Virgile , pense qu'il faut comprendre dans la synonymie des arundo connus des anciens X Arundo acutifiora de Schrader, et Y Arundo collina; nous n'y voyons pas d'inconv- nient , mais nous ferons observer toutefois que ces espces , fon- des sur des caractres botaniques difficiles prciser, ont d tre confondues avec les espces principales, bien plus communes et bien plus distinctes. Y? Arundo Phragmites , par exemple , peut tre mis la tte du peu de plantes qui se trouvent dans presque toutes les parties du globe, non-seulement sur les rives des fleuves du Nord, mais encore sur celles du Nil ; non-seulement dans l'le de Ceylan , mais encore dans l'Amrique septentrio- nale. Les Arundo Phragmites , Donax, Epigeios et Calamagrostis , qui croissent en Palestine et en Egypte , se retrouvent dans la plupart des contres de l'Europe. 338. Page 124 , ligne 5. Calamus vero alius totus concavus , quem syringiam vocant, utilissimus fislulis. Ce roseau rentre dans notre deuxime espce, Y Arundo Donax. C'est Thophraste qui lui donne ce nom. Dioscoride la nomme Xvpiyyictf au livre I, n. Ce mot veut dire fistuleuse. On faisait avec le donax des pipeaux , des fltes , etc. Les modernes emploient encore ce roseau au mme usage. Les fltes syringiennes taient formes des liges creuses de grandes ombellifres, et de chaumes de gramines NOTES DU LIVRE XVI. | 3oi dont les plus petits se nommaient aven , et les plus grands arun- dines. Silvestrem tenni musam meditaris avena. Virg. , EcL ,1,2, Agrestem tcnui meditabor arundine musam. Id. , vi , 8. Ces pithtes tennis donnes aux chaumes des crales et ceux des annula semblent s'appliquer au son que donnent ces deux chalumeaux, plutt qu' la grosseur de la tige. Ovide dit que la flte syringienne a emprunt son nom de la nymphe Syrinx, Mtainorph. , I, 705 : Panaque, quum prensam sibi jam Syringa putaret, Corpore pro Nymph calamos tenuisse palustres: Quumque ibi suspirat , motos in arundine ventos Effecisse sonum tenuem , similemque querenti : Atque ita disparibus calamis compagine cerae Inter se junctis nomen tenuisse puellae. 33g. Page 124, ligne 7. Orchomenius.,.. quem auletcum vocant. Conf. la note 337 , troisime espce des synonymes donns. Le nom d'aultique signifie propre faire des fltes, ua6$, flte, en grec. 34o. Ligne i4- Suum genus sagittario calamo. On serait bien tent de rapprocher cette plante des bambos, mais nous la croyons distincte des roseaux indiens qui seuls, avec certitude, peuvent se rapporter au bambou. Conf. la note 337 dernier paragraphe. Les tiges de VArundo Donax sont bien plus propres faire des flches que les tiges du bambou qui ne crot que dans l'Asie , et dont les dimensions et le poids sont trop considrables pour qu'on puisse les faire servir avec avantage cet usage ; indpen- damment de cet Arundo Donax, on peut encore dsigner, suivant les localits, plusieurs espces voisines, des panicum arborescens, de grands arundo , etc. Cf. la concordance synonymique , note cite. 34i. Ligne i5. Creico {calamo). C'est encore le donax , troisime espce de la synonymie. 11 n'est pas vrai que les tiges 3o2 NOTES DU LIVRE XVI. de cette gramine acquirent de la souplesse quand on les pr- sente au feu. 342. Page I24- ligne 18. Varia Laconicis (folia). Ce roseau est une varit de YArundo Donax, nomme par Miller Arundo versicolor ( Dctionn. , n 3). Morisson la fait connatre sous le nom d' Arundo Indica , Laconica , versicolor. ( MORISS. , Oxon. hist., III , pag. 21g, . 8, tab. 8 , fig. 9.) 34-3. Calamus epigeios. Cf. la note 33y , quatrime espce de la concordance synonymique. 34-4- Page 126, ligne 4- Characian (calamum). Confrez la note 337, premire espce. C'est YArundo Phragmiles. 345. Ligne 5. Plotian vero subtiliorem. Thophraste cri- vant 355. Ligne 7. Salicem vero circa... Les saules sont des ar- brisseaux qui se plaisent au bord des eaux et qui donnent aux paysages europens, concurremment avec les peupliers , le ca- ractre qui leur est propre. On en numre aujourd'hui pr.* de deux cent cinquante espces , parses sur toute la surface du 3o/, NOTES DU LIVRE XVI. globe , sans compter les varits nombreuses qui se rattachent la plupart des espces dcrites. L'Europe en possde un grand nombre , et l'on ne peut que bien difficilement arriver la d- termination des espces connues des anciens , cause de l'in- suffisance des descriptions que les auteurs nous en ont laisses. Nous allons pourtant , dans la note suivante , essayer de d- brouiller les espces Pliniennes. 356. LXVIII , page i3o , ligne i3. Salicis statim plura g- nera. Voici ce qu'on peut hasarder de plus raisonnable sur la dtermination des espces indiques par Pline dans ce chapitre : Salix emittens jugis vinearum perticas et vincula corlicis, Plin. , loco citato. 'Tfiet A.CUKW, TflEOPH., Histor. plantar., III , i3. Salix alba, L. , Spec. , i449 -^ e sau ' e blanc et quelques espces voisines pouvant servir de support la vigne. C'est le Salix perticalis de Cordus et de Dalchamp. Le saule avec l'corce duquel on fait surtout des liens en France est le Salix vitellina. Salix ramos flexibiles ad vincturas gerens, Plin. , loco cit. 'Itcc A< , ThEOPH. , loco cit. Salix sabina; Salix gracilis ; Salix amerina , CoLUM. , IV, 3o ; Salix monandra , Hoff. , Hist. salie. , pag. 18 , tom. I , f. i et 2 , var. /3 ; Salix Hlix , L. , Spec. , i444- ke saule une tamine. C'est un arbrisseau qui abonde dans les contres mridio- nales de l'Europe ; ses rameaux longs et flexibles donnent un osier employ avec succs pour faire des liens. Salix ramis tenuiorbus, Plin. , loco citato. 'Wa, jue\a.v<> du livre xm. 363. LXX1 , page i34, ligne 17. Sedfrutectosi generis sunt inter aquaticas et rubi , alque sambuci fungpsi generis. Les ronces se trouvent quelquefois au bord des eaux et dans les lieux mar- cageux , mais elles croissent bien plus frquemment dans les en- droits montueux et arides. 364- Page i36, ligne 1. Ex qua magis canoram buciinam iubamque crdit pasi or, ibi csa , ubi gallorum cantum frutex ilh non exaudiat. Ce passage nous apprend que les bergers fabriquaient diverses sortes d'instrumens bruyans avec le sureau. Dans quel- ques provinces de France, on fait, avec le sureau dbarrass de sa moelle, des fltes improvises, dites fltes l'ognon. Quant au prjug que cette phrase consacre, la rfutation en serait .superflue. 20. Y i /. M I 1 / 1 3o8 NOTES DU LIVRE XVI. 365. Page i36 , ligne 3. Rubi mora ferunt : et ali gnre si- militudinem ros , qui vocatur cjnosbatos. Tertium genus Idum vocant Grci a loco. Voici quelle est la concordance synonymique des ronces numres par Pline : Rubus qui mora fert , PLIN. , loco citato. BetTOf, HoMER. , Oiyss.,l, 22g ; DlOSC. , IV, 37 ; Plut. , Tlspi iroXvytMeis. Rubus asper et horrens, Virg. , Eclog. III , 89 ; Georg., III, 3i5 ; PALLAD. , Januar., 34 , etc. ; Rubus frutico sus, L., Spec, 706, et sans doute aussi les Rubus tomentosus et corj- lifolius des botanistes modernes confondus en France et en Italie sous le nom vulgaire de ronces. Le fruit : Brivov, Gl., de Aliment, facult., Il , i3 ; MSpop Bet- ties, Athen., II. M arum sanguineum , Virg., Eclog., VI , 22. Rubus ros similis qui vocatur cjnosbatos, Plin. , loco citato; et lib. vin, 4-i- Kup ligne 2. Infinitum refert et lunaris ratio : nec nisi a vicesima in triceshnam cdi volunt , etc. Il est inutile de dire que toutes ces pratiques sont superstitieuses. Pline les a emprun- tes Thophraste, vi , 1. Columelle dit aussi : Omnis ma- teria sic csa judicatur carie non infestari ( XI , 1). Cf. l'auteur des Goponiques, III, 1. 3oo. Ligne 7. Quidam, dicunt , ut in coitu et sub terra sil luna : quodfieri non potest nisi noctu. At si competant coitus in novis- simum diem brumos , Ma sit oelerna maleries. Mme observation que pour le passage cit note prcdente. Au reste , Pline ne se montre pas plus superstitieux que les autres crivains de Rome. Ces prjugs, dont un homme sage rit aujourd'hui, aprs avoir travers les sicles , ont encore trouv des dfenseurs dans les temps modernes. Telles d'Acosta contredit l'opinion de Duha- mel , qui avait fait des expriences pour s'assurer de la nullit d'action de la lune sur la qualit des bois. Quoique ces exp- riences ne fussent pas ncessaires, M. de Carlowitz a cherch tablir que Salomon croyait sagement que la bonne ou mauvaise qualit des bois dpendait de l'poque o se faisait la coupe ; et que c'est pour cela qu'il avait prescrit d'abattre les bois destins la construction du temple le deuxime jour du mois si/, avant que le mouvement d ascension de la sve ft commenc. Ce mme M. de Carlowitz croyait l'influence de la lune sur la qualit des bois , se basant sur les prtendus effets de cet astre dans l'acte de la vgtation. La lune est, suivant lui, l'agent qui pourvoit leur nourriture et leur entretien ; et c'est de l qu'est venue la fable de Diane , considre en mme temps comme la lune , et comme la desse des forts. Il ne suppose pas qu'aucun homme instruit puisse douter de l'avantage de couper les bois dans le dcours, et voici ses raisons : La lune, dans son mouvement , lve les vapeurs de la terre et la sve dans les arbres ; mesure qu'elle crot , les vapeurs s'lvent dans la mme proportion ; d'o il suit que si , dans cette circonstance , on coupe un arbre , il sera imprgn de fluides qui , en se cor- rompant, donneront lieu la vermoulure. Mais mesure que la NOTES DU LIVRE XVI. 3i5 lune dcrot, les vapeurs s'abaissent et finissent par disparatre. Tout rcemment encore, la Bibliothque conomique , mai 1829, cite une opinion semblable de M. Sauer, directeur en cbef des forts, et parat y ajouter quelque confiance, ce qui peut sem- bler assez extraordinaire. Nous n'avons fait connatre les opinions d'hommes qui vivaient dans le dix-huitime sicle , et qui , nan- moins , partageaient les erreurs des anciens , que pour rendre ceux-ci plus excusables. 386. Page i44> ligne in.Necnovel/autemadmateriem, necve- ieres utilissim. Ce prcepte est conu en termes bien vagues. Il est heureusement des signes d'aprs lesquels on s'assure de la maturit des bois, et Pline aurait d nous les faire connatre. Les principaux sont fournis par le bourgeonnement. Un arbre doit tre abattu lorsque les pousses n'allongent plus les branches que de la lon- gueur du bourgeon, et lorsqu'en coupant une branche on trouve que les couches concentriques ont une paisseur si peu consid- rable qu'on peut peine les compter : alors le tronc se charge de mousses , de lichens et de champignons ; l'corce tend se sparer du bois, les branches de la cime se desschent, celles qui sont latrales s'inclinent vers l'horizon , les feuilles paraissent de bonne heure au printemps, et elles jaunissent avant l'automne; tout annonce une mort prochaine. Pline a dit que les chnes et autres arbres glandifres avaient une trs -grande fertilit dans la 'vieillesse. In senecta fertilissim glandifer. 387. Ligne l3. Circumcisas quoque ad medullam aliqui non inutililer relnquunt, ut omnis humor stantibus defluat. Cette pra- tique n'est point suivie maintenant, et rien ne peut faire croire qu'elle puisse tre avantageuse. On coupe les grands arbres des forts trs-prs de terre , afin de mnager les jets destins les remplacer. Les arbres rsineux qui ne se reproduisent que de graines peuvent tre dracins sans nul inconvnient. Sur nos routes on coupe les ormes deux ou trois