THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY VJ2 > The person charging this material is re- sponsible for its return to the library from which it was withdrawn on or before the Latest Date stamped below. Theft, mutilation, and underlining of books ara reasons for disciplinary action and may resuit in dismissal from the University. To renew call Tlphone Center, 333-8400 UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY AT URBANA-CHAMPAIGN APR 1 MAY13 lMfly 719* 1980 980 ... FEB 7 lp86 MAR 1 8 1 L161 O-1096 BIBLIOTHQUE LATINE - FRANAISE 5 PUBLIEE C. L. F. PANCKOUCKE. I I*. PARIS. IMPRIMERIE DE C. L. F. PANCKOUCKF. , r.lU DIS PilITKVIM , K. l4. ^ HISTOIRE NATURELLE DE PLINE * TRADUCTION NOUVELLE PAR M. AJASSON DE GRANDSAGNE PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIER, DAUKOU, MERIC DAVID, DESCURET, DOE , E. DOLO , DUSGATK, FE, E. FOTICH, FOURIER , GUIBOURT, l.OI JOHATNEAU, LACROIX, 1LAFOSSE, I.EMERCIER, LETRONNE, LOUIS L1SKF.NNE, L. MARCUS, MONGS, 0. L. F. PANCKOUCKE, VALENTIN PARISOT , QUATRF.MERR DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUFT, W. TH1BA.UD, THTJROT, VALENCIENNES , HIFP. VERGNF.. g TOME DOUZIME. PARIS C. L. F. PANCKOUCKE MKMBir. f. l'ordre royal ne la lgion i>'ho\nioii DITEUR, RUE DES POITEVINS, K I /, I M DCCC XXXII. 4 PI * * 1 1 199-9 y 12. LIVRE DIX-HUITIEME. (continuation.) 454170 C. PLINU SECUNDI HTSTORIARUM MUNDI LIBER XVIII. SATORf FRUGUM. Exortus , occasusque sidenim. IjVIII. V/mnis autem ratio observata est tribus rao- dis : exortu siderum , occasuque , et ipsorum temporum cardinibus. Exortus occasusque binis modis intelligun- tur. Aut enim adventu solis occultantur stellae et con- spici desinunt, aut ejusdem abscessu proferunt se. Emer- sum hoc melius , quam exortum consuetudo dixisset : et illud occultationem potius, quam occasum. Alio modo, quo die incipiunt apparere vel desinunt , oriente sole , aut occidente , matutini vespertinive cognominati , prout alterutri eorum mane vel crepusculo contingit. Dodrantes horarum quum minimum intervalla ea de- siderant ante solis ortum , vel post occasum , ut aspici I HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XVIII. HISTOIRE NATURELLE DES CRALES. Lever et coucher des astres. LVIII. JLoutes les observations faites par rapport l'agriculture n'ont que trois objets, le lever des astres, leur coucher , et le commencement prcis des saisons. Le lever et le coucher des astres peuvent se concevoir de deux manires. Les toiles se cachent et cessent d'tre visibles l'apparition du soleil ; elles reparaissent quand cet astre s'est retir. Ces phnomnes seraient mieux d- signs par les noms d'occultation et d'mersion , que par l'expression vulgaire de lever et de coucher. En consid- rant les toiles sous un autre point de vue , on observe qu'elles se montrent ou disparaissent en mme temps que le soleil se lve ou se couche ; c'est encore ce qu'on nomme le lever ou le coucher des toiles, du soir ou du matin , suivant l'poque de la journe o ce phnomne a lieu. Dans ces derniers cas , on ne peut les voir que trois quarts d'heure au plus avant le lever ou aprs le I. 4 C. PLINIl HIST. NA.T. LIB. XVIII. possint. Praeterea bis quaedam exoriuntur et occidunt. Omiiisque sermo de his est stellis , quas adhaerere caelo diximus. Cardines temporum. LIX. Cardo temporum quadripartita anni distinctions constat , per incrementa lucis. Augetur haec a bruma , et aequatur noctibus verno aequinoctio diebus xc , horis tribus. Deinde superat noctes ad solstitium diebus xcin, horis duodecim ; usque ad aequinoctium autumni diebus xcir, horis duodecim. Et tum aequata die procedit ex eo ad brumam diebus lxxxix , horis tribus. Horae nunc in omni accessione aequinoctiales , non cujuscumque diei significantur : omnesque eae differentiae fiunt in octavis partibus signorum. Bruma Capricorni , a. d. vin ka- lendas januarii fere : aequinoctium vernum, Arietis : solstitium , Cancri : alterumque aequinoctium , Librae : qui et ipsi dies raro non aiiquos tempestatm significa- tus habent. Rursus hi cardines singulis etiamnum articulis tem- porum dividuntur, per mdia omnes dierum spatia. Quoniam inter solstitium et aequinoctium autumni , Fidiculae occasus autumnum inchoat die xlvf. At ab HISTOIRE NATURELLE, LIV. XV11I. 5 coucher du soleil. Il y a encore des toiles qui se lvent et se couchent jusqu' deux fois. Au reste, nous ne par- lons ici que des toiles fixes. poques principales. LIX. Les commencemens des saisons divisent l'anne en quatre parties , durant lesquelles les jours sont plus et moins longs successivement. Ils commencent crotre ds le solstice d'hiver; ils sont gaux aux nuits, l'qui- noxe de mars , c'est--dire au bout de quatre-vingt-dix jours et trois heures. Ils deviennent graduellement plus longs que les nuits jusqu'au solstice d't , pendant quatre-vingt-treize jours et douze heures ; au bout de quatre-vingt-douze jours et douze heures , l'quinoxe d'automne, ils sont gaux aux nuits; puis ils dcroissent pendant quatre-vingt-neuf jours et trois heures jusqu'au solstice d'hiver. Il faut remarquer que les heures dont il s'agit sont des heures quinoxiales, et que les quatre saisons commencent toujours au huitime degr des signes du zodiaque ; ainsi le solstice d'hiver tombe d'ordinaire dans le Capricorne , au huitime jour avant les kalendes de janvier ; l'quinoxe de printemps , dans le Blier ; le solstice d't , dans l'Ecrevisse ; l'quinoxe d'automne, dans la Balance. Il est rare que ces poques n'annoncent pas quelque changement de temps. De plus, chacune des quatre parties de l'anne- est' subdivise elle-mme par la moiti du nombre des jours qu'elle contient; ainsi, quarante-six jours aprs le sol- stice d't, le coucher de la Lyre indique le commence- ment de l'automne ; quarante-quatre jours aprs l'qui- f> C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. quinoctio eo ad brumam, Vergiliarum matutinus oc- casus hiemem die xliii. Inter brumam et quinoctium die xlv flatus Favonii vernum tempus. Ab quinoctio verno initium statis die xlviii Vergiliarum exortu mal u ti no. Nos incipiemus a sementibus frumenti , hoc est, Vergiliarum occasu matutino. Nec deinde parvorum siderum mentione concidenda ratio est , et difficultas rerum augenda , quum sidus vehemens Orionis iisdem diebus longo decedat spatio. Quae sementis hibernae tempora. LX. Sementibus tempora plerique prsumunt , et ab undecimo die autumnalis quinoctii fruges serunt , ad- veniente Coronae exortu , continuis diebus certo prope imbrium promisse Xenophon antequam deus signum dederit. Hoc Cicero novembris imbre fieri interpretatus est : quum sit vera ratio non prius serendi , quam folia cperint decidere. Hoc ipso Vergiliarum occasu fieri putant aliqui , a. d. ni idus novembris , ut diximus. Servantque id sidus etiam vestis institores , et est in clo notatu facillimum. Ergo ex occasu ejus de hieme augurantur, quibus est cura insidiandi negotiatoris ava- ritiae. Nubilo occasu pluviosam hiemem denuntiat : sta- timque augent lacernarum pretia : sereno asperam , et reliquarum vestium accendunt. Sed ille indocilis cli HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 7 noxe d'automne, le coucher matutinal des Pliades donne commencement l'hiver ; quarante-cinq jours aprs le solstice d'hiver, le vent Favonien, qui commence souf- fler, annonce le retour du printemps; enfin, quarante- huit jours aprs l'quinoxe de printemps, le lever matu- tinal des Pliades marque le commencement de l't. Nous commencerons par les semailles du froment, c'est--dire par le coucher matutinal des Pliades, sans interrompre nos remarques pour parler des constellations moins im- portantes, ce qui ne ferait qu'augmenter ta difficult, car le signe orageux d'Orion se couche vers le mme temps, aprs avoir parcouru une vaste tendue du ciel. Temps des semailles d'hiver. 4 LX. Presque toujours les semailles se font avant le temps, c'est--dire onze jours aprs l'quinoxe d'au- tomne , au moment du lever de la Couronne ; on est presque sr alors d'avoir de la pluie plusieurs jours de suite. Xnophon veut que l'on sme un peu avant que le ciel en ait donn le signal, c'est--dire, selon l'inter- prtation de Cicron , quelque temps avant les pluies de novembre; mais le vritable temps de semer, c'est lorsque les feuilles des arbres ont commenc tomber, et jamais plus tt. Cette poque est fixe par quelques auteurs au coucher mme des Pliades, c'est--dire au troisime jour avant les ides de novembre , comme nous l'avons dit. Cette constellation se remarque facilement dans le ciel , et les marchands d'habits eux-mmes l'observent avec soin. Par son coucher, ils jugent de l'tat futur de- l'hiver, et profitent habilement des occasions pour forcer la main l'acheteur le plus avare. Si le temps est couvert quand 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. agricola , hoc signum habeat inter suos vpres , hu- mumque suam aspiciens , quum folia viderit decidua. Sic judicetur anni temperies , alibi tardius , alibi ma- turius. Ita enim sentitur, ut caeli locique adficit natura : idque in hac ratioue praecellit, quod eadem et in mundo publica est, et unicuique loco peculiaris. Miretur hoc, qui non meminerit ipso brumali die pulegium in car- nariis florere : adeo nihil occultum esse natura voluit. Et serendi igitur hoc ddit signum. Haec est vera in- terpretatio, argumentum naturae secum adferens. Quippe sic terrain peti suadet, proinittitque quamdam stercoris vicem , et contra rigores terram flatusque operiri a se m initit , ac monet festinare. Quae leguininum et papaveris serendi. LXI. Varro in fabae utique satu hanc observationein custodiri praecepit. Alii plena luna serendam. Lentem vero a vicesima quinta ad tricesimam. Viciam quoque iisdem luna? diebus : ita demum sine limacibus fore. Quidam pabuli causa sic seri jubent , seminis autem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 9 les Pliades se couchent, ils jugent que l'hiver sera plu- vieux, et sur-le-champ ils lvent le prix des manteaux. Si le temps est serein, l'hiver sera rude, et ils haussent beaucoup le prix des autres vtemens. Quant au la- boureur incapable d'tudier l'tat du ciel , ses buissons lui tiendront lieu de constellations ; qu'il jette les yeux sur la terre ; qu'il remarque le moment o les feuilles seront tombes, c'est le vritable temps des semailles. C'est ainsi que l'on connat la temprature de l'anne, mais plus tard dans un endroit, plus tt dans un autre, suivant les terrains et les climats. L'avantage de cette mthode, c'est qu'elle s'applique tout le globe, comme chaque pays en particulier : voil ce qui tonnera celui qui ne se rappellera pas que le pouliot fleurit dans les garde-manger le jour mme du solstice d'hiver ; tant la nature est soigneuse de ne nous laisser rien ignorer : elle a "voulu nous indiquer ainsi l'poque des semailles. Cette doctrine n'a rien d'quivoque, puis- qu'elle est fonde sur les enseignemens de la najure. Elle semble alors inviter le laboureur au travail , en lui mon- trant dans les feuilles une espce d'engrais; elle l'avertit de se hter, en couvrant la terre pour la dfendre des vents et du froid. Quand il faut semer les plantes lgumineuses et le pavot. LXI. Varron ne fixe point d'autre poque pour semer la fve ; d'autres veulent qu'on la sme dans la pleine lune, et les lentilles depuis le 25 de la lune jus- qu'au 3o. Les vesces devront tre semes aux mmes jours, pour tre prserves des limaons. Quelques auteurs prescrivent de semer cette poque celles io C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. vere. Est et alia manifestior ratio , mirabiliore naturae piovidentia , in qua Ciceronis sententiain ipsius verbis subsignabimus : Jam vero semper viridis , semperque gravata Lentiscus , triplici solita est grandescere ftu : Ter fruges fundens , tria tempora monstrat arandi. Ex his unum hoc erit, idem et lino ac papaveri serendo. Cato de papavere ita tradit. Virgas et sarmenta, qua; tibi usioni supererunt, in segete comburito. Ubi eas combusseris , ibi papaver serito. Silvestre iu miro usu est melle decoctum ad faucium remdia ; visque somni- fera etiam sativo. Et hactenus de hiberna semente. v* Rerum in agro agendarum, et quid quoque mense feri in agro oporteat. LXIL 26. Verum ut pariter omnis culturae quoddam breviarium peragatur, eodem tempore convenit et ar- bores stercorare , adcumulare item vineas : sufilcit in jugerum opra : et ubi patietur loci ratio , arbusta ac vineas putare , seminariis solum bipalio praeparare , in- cilia aperire, aquam de agro pellere, torcular lavare et recondere. A kalendis novembris gallinis ova subponere nolito, donec bru ma conficiatur. In eum diem ternadenu subjicito state tota , hieme pauciora , non tamen infra HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. n qui servent de fourrage , et au printemps celles qu'on garde pour graine ; mais la nature , attentive nos besoins, nous donne un moyen plus sr de savoir quand il faut semer. Transcrivons ce sujet les propres paroles de Cicron : Le lentisque , toujours vert , toujours charg de fruits , nous offre dans l'anne trois rcoltes successives , et nous indique , par ses triples produits, les trois poques du labourage. C'est l'une de ces trois poques qu'il faudra semer le lin et le pavot. Voici sur cette dernire plante quelques prceptes de Caton : Dans un champ qui aura port du bl, brlez toutes les branches et tous les sarmens qui vous seront inutiles; ensuite semez-y du pavot. Le pavot sauvage bouilli dans du miel est un excellent re- mde pour les maux de gorge. Le pavot cultiv a aussi une vertu somnifre. Voil ce que nous avions dire sur les semailles d'hiver. Ce qu'on doit faire chaque mois dans les champs. LXII. a6. Pour complter notre abrg d'agriculture, nous ajouterons que, dans le mme temps, il faut fumer les arbres et rechausser les vignes. Il sufft d'un seul ou- vrier pour un jugerum. Si la nature du lieu le permet, on devra monder les arbres, tailler la vigne, prparer le sol avec la houe pour les ppinires , creuser les rigoles et pratiquer les issues pour l'coulement des eaux , laver le pressoir et le tenir couvert. Depuis les kalendes de novembre jusqu'au solstice d'hiver , on ne met pas les poules couver. Pendant tout l't et jusqu'aux kalendes de novembre, on donne treize ufs chaque poule ; l'hiver i2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. novena. Democritus talem futuram hiemem arbitratur, qualis fuerit brumae dies , et circa eum terni : item sol- stitio aestatem. Circa brumam plerisque bis septem , halcyonum fetura , ventorum quite , mollius caelum : sed et in his et in aliis omnibus ex eventu significatio- num intelligi sidra debebunt, non ad dies utique prae- finitos exspectari tempestatum vadimonia. Quid bruma. LXIII. Per brumam vitem ne colito. Vina tum de- faecari, vel etiam diffundi Hyginus suadet, a confecta ea septimo die, utique si septima luna competat. Cerasa circa brumam seri. Bubus glandem tune adspergi con- venit in juga singula modios. Largior valetudinem in- festt, et quoeumque tempore detur, si minus xxx die- bus continuis data sit , narrant verna scabie pnitere. Materiei caedendae tempus hoc dedimus. Reliqua opra nocturna maxime vigilia constant , quum sint noctes tanto ampliores. Qualos , crates , fiscinas texere : faces incidere : ridicas praeparare interdiu xxx , palos lx. In lucubratione vespertina ridicas v, palos x, totidem an- telucana. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. i3 on en donne moins, mais jamais au dessous de neuf. D- module dit que l'hiver sera tel qu'aura t le jour du solstice et les trois jours les plus proches ; l't sera tel que le solstice de juin. Suivant la plupart des auteurs, il y a vers le solstice d'hiver , pendant la ponte des al- cyons, quatorze jours o les vents sont calmes et le ciel plus doux ; mais , en ceci comme en toute autre chose, il faut juger des influences clestes par l'vnement , sans s'attendre voir les changemens de temps arriver prcisment aux jours marqus. Travaux faire pendant le solstice d'hiver. LXIII. Ne touchez pas aux vignes pendant le solstice d'hiver; sept jours aprs , si la lune elle-mme a sept jours , vous pourrez, comme le recommande Hyginus , tirer les vins au clair et mme les transvaser. C'est aux environs du solstice d'hiver qu'il faut planter les ceri- siers. Il est bon alors de donner un boisseau de glands par jour chaque paire de bufs : une quantit plus forte leur serait nuisible ; mais en quelque temps qu'on leur en donne, l'on doit continuer trente jours de suite, ou bien les bufs souffriront de la gale au printemps. Nous avons dj dit que c'tait le moment de couper les bois. Les autres ouvrages se font la veille , car les nuits sont fort longues ; c'est l qu'on fait les cor- beilles, les claies, les paniers, qu'on fend les bois rsi- neux pour les torches : pendant le jour on peut prparer trente chalas et soixante pieux ; la veille du soir, cinq chalas, dix pieux, et autant avant le jour. 1H C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. Quid a bruma in Favonium. LXIV. A bruma in Favonium Caesari nobilia sidra significant, tertio kalendas januarii matutino Canis oc- cidens. Quo die Atticae et finitimis regionibus Aquila vesperi occidere traditur. Pridie nonas januarii Caesari Delphinus matutino exoritur, et postero die Fidicula , quo iEgypto Sagitta vesperi occidit. Item ad vi idus ja- nuarii ejusdem Delphini vespertino occasu continu i dies hiemant Italiae , et quum sol in Aquarium sentitur transire , quod fere xvi kalendas februarii evenit : Vin kalendas Stella regia appellata Tuberoni in pectore Leo- nis occidit matutino. Et pridie nonas februarias Fidi- cula vesperi Hujus temporis novissimis diebus ubicum- que patietur caeli ratio , terrain ad rosarum et vine satum vertere bipalio oportet. Jugero operae lx sufficiunt. Fossas purgare, aut novas facere. Antelucanis ferra- menta acuere , manubria aptare , dolia quassa sarcire , ipsorumque tabulas scabendo purgare, aut novas fa- cere. Quid a Favonio in aequinoctium vernum. LXV. A Favonio in aequinoctium vernum Caesari significat, xiv kalendas martii triduum varie. Etviu ka- lendas hirundinis visu , et postero die Arcturi exortu HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. i! Travaux excuter depuis le solstice d'hiver jusqu'au souffle du vent d'ouest , ou Favonius. LXIV. Depuis le solstice d'hiver jusqu' la naissance du Favonius , voici , selon Csar , les astres dont il est bon de remarquer l'influence. Le Chien se couche le matin du troisime jour avant les kalendes de janvier. On dit qu'alors l'Aigle se couche pour l'Attique et les contres voisines. La veille des nones de janvier, le Dau- phin, suivant Csar, se lve le matin, et le lendemain la Lyre. Le mme jour la Flche se couche pour l'Egypte le soir. Le 6 avant les ides de janvier , le Dauphin se couche le soir , et le froid rgne en Italie plusieurs jours de suite , comme aussi lorsque le soleil entre dans le Verseau , ce qui arrive ordinairement le seizime jour avant les kalendes de fvrier. Le 8 avant les kalendes , l'toile royale du cur du Lion se couche le matin, sui- vant Tubron. La veille des nones de fvrier, la Lyre se couche le soir. Pendant les derniers jours o parat cette constellation, il faut, partout o le climat le permet, travailler la terre avec la houe pour planter la vigne et les rosiers ; soixante journes d'ouvrier suffisent pour un jugerum. On devra nettoyer les fosss ou en faire de nou- veaux, aiguiser les outils avant le jour et les emmancher, raccommoder les tonneaux, racler et nettoyer les douves ou en mettre de nouvelles. Depuis la naissance du vent d'ouest jusqu' l'quinoxe de printemps. LXV. Depuis la naissance du vent d'ouest jusqu' l'quinoxe de printemps, le \[\ avant les kalendes de mars annonce, suivant Csar, un temps variable pour i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. vespertino. Item tertio nonas martii Caesar Cancri exortu id fieri observavit. Major pars auctorum Vindemitoris emersu, octavo idus Aquilonii piscis exortu, et postero die Orionis. In Attica Milvum apparere observatur. Caesar et idus martias ferales sibi aduotavit Scorpionis occasu : xv vero kalendas aprilis Italiae Milvum ostendi : duodecimo kalendas Equum occidere matutino. Hoc intervallum temporis vegetissimum agricolis , maximeque operosum est , in quo praecipue falluntur. Neque enim eo die vocantur ad munia , quo Favonius flare debeat, sed quo cperit. Hoc acri intentione ser- vandum est. Hoc illo mense signum deus habet, obser- vatione minime fallaci aut dubia, si quis adtendat. Unde autem spiret is ventus , quaque parte veniat , diximus secundo volumine, et dicemus mox paulo operosius. Intrim ab eo die (quisquis ifte fuerit) quo flare c- perit , non utique vi idus februarii , sed sive ante , quando praevernat , sive post , quando hiemat : post eam diem . inquam , innumera rusticos cura distringat , et prima quanque peragantur, quae differri nequeunt. Trimestria serantur. Vites putentur, qua diximus, ra- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 17 trois jours, le temps sera mauvais aussi, le 8 avant les kalendes, jour o l'on commence voir les hiron- delles ; et le lendemain , jour o l'Arcture se lve le soir. Csar observe que le temps est galement variable le 3 des nones de mars, jour du lever de l'Ecrevisse. La plu- part des auteurs disent que cela arrive l'mersion du Vendangeur, le jour du lever du Poisson septentrional , qui est le 8 des ides du mme mois, et au lever d'Orion, qui a lieu le lendemain ; c'est alors que le Milan se montre pour l'Attique. Csar a remarqu que les ides de mars, jour o se couche le Scorpion, taient pour lui d'un prsage funeste. Le i5 avant les kalendes d'avril, le Milan se montre en Italie, et, le 12, le Cheval se couche le matin. C'est dans cet intervalle que les cultivateurs sont le plus occups, et qu'ils ont le plus grand besoin d'acti- vit ; mais c'est aussi l'poque o ils se trompent le plus. Ils ne se mettent point au travail le jour o le vent d'ouest aurait d souffler, mais seulement lorsqu'il a commenc se faire sentir; cependant c'est une chose laquelle ils ne sauraient faire trop attention , car c'est l l'indice que le ciel leur donne en ce mois , indice qui n'est jamais trompeur ni quivoque , pour peu qu'ils l'observent avec soin. Dans le second livre nous avons indiqu d'o et de quel cot prcisment soufflait le Favonius ; nous en parlerons encore dans la suite avec plus de dtails. Soit donc qu'il commence se faire sen- tir avant le 6 des ides de fvrier, ce qui arrive dans un printemps prcoce; ou aprs le 6 , ce qui a lieu lors- que l'hiver est long , il faut , quel que soit le jour o il a commenc souffler, que les laboureurs travaillent sans relche , et s'attachent terminer d'abord les ou- XII. 1 i8 C. PLINII HIST. NAT. LIB, XVIII. tione. Oleae curentur. Poma serantur, inseranturque. Vineae pastinentur. Semina digerantur , instaurentur alia. Arundines, salices, genistae serantur, caedanturque. Serantur vero ulmi , populi , platani , uti dictum est. Tuin et segetes convenit purgare, sarrire hibernas fru- ges , maximeque far. Lex certa in eo , quum quatuor fibrarum esse cperit. Faba vero non antequam trium foliorum. Tune quoque levi sarculo purgare verius , quam fodere. Florentem utique xv primis diebus non attingere. Hordeum nisi siccum ne sarrito. Putationem aequinoctio peractam habeto. Vineae jugerum quaternae oper putant alligantque : in arbusto singulae opra? ar- bores xv. Eodem hoc tempore hortorum rosariorumque cura est, qu separatim proximis voluminibus dicetur : eodem et topiariorum. Tune optime scrobes fiunt. Terra in futurum proscinditur , Virgilio maxime auctore , ut glebas sol coquat. Utilior sententia , quae non nisi tem- peratum solum in medio vere arari jubet : quoniam in pingui statim sulcos occupant herba? , gracili insecuti aestus exsiccant : tum namque succum venturis semini- bus auferunt. Talia autumno melius arari certum est. Cato verna opra sic dfinit : scrobes fieri , seminaria propagari : in locis crassis et humidis uhnos , ficos , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. , 9 vrages qui ne souffrent aucun dlai. Il faut alors semer les bls de trois mois, tailler la vigne de la manire que nous avons expose, s'occuper des oliviers, planter et greffer les arbres fruit , houer les vignes , rparer les ppinires et en tablir d'autres , planter les roseaux , les saules , les gents, et les tailler; planter les ormes, les peupliers et les platanes , comme nous l'avons dit. Il faut encore nettoyer les bls, sarcler ceux d'hiver, et surtout \efar; le vrai temps pour cette opration , c'est lorsqu'il com- mence montrer quatre feuilles. Les fves ne sont sar- cles que lorsqu'elles ont trois feuilles , encore ne le fait-on qu'avec un petit sarcloir, pour enlever ls herbes sans fouiller la terre ; on n'y touche point les quinze premiers jours aprs la floraison. Ne sarclez l'orge que quand elle est sche. La taille des vignes doit tre ache- ve l'quinoxe de mars. Quatre vignerons taillent et lient par jour un jugerum de vignes ; un seul ouvrier peut faire le mme travail pour les vignes de quinze arbres. C'est aussi dans ce mme temps qu'il faut soi- gner les rosiers , les jardins (dont nous parlerons s- parment dans les livres suivans) et les parterres. C'est encore un bommoment pour faire les fosses ; on donne alors la premire faon la terre, pour que le soleil sche la glbe; Virgile surtout recommande cette pratique. Il est prfrable toutefois de ne labourer au printemps que les terres de moyenne qualit ; car si la terre est forte , les herbes remplissent bientt les sillons ; si elle est l- gre , les chaleurs qui surviennent la desschent ; ainsi ces terres seraient prives des sucs destins nourrir le grain ; il vaut mieux ne les labourer qu'en automne. Voici l'ordre des travaux du printemps, suivant Caton. Il faut creuser les fosses et tendre les ppinires ; plan- 2o C. PLINII HTST. NAT. LIB. XVIII. poina, oleas seri : prata stercorari lima sitienle , quae rigua non erunt : a flatu Favonii defendi, purgari, her- bas malas radicitus erui , ficus intcrpurgari , seminaria fieri, et vetera sarciri. Haec antequam vinea florere in- cipiat. Itemque piro florente arare incipiat macra are- nosaque. Postea uti quaeque gravissima et aquosissima , ita postremo arato. Ergo haec aratio lias habebit notas , lentisci primurn fructum ostendentis , ac piri florentis. Erit et lertia in bulborum satu , scillae. Item in corona- mentorum, narcissi; namque et haec ter florent, primoque flore primam arationem ostendunt, medio secundam , tertio novissimam, quando inter sese alia aliis notas prbent. Ac non in novissimis cavetur, ne fabis floren- tibus attingatur edera : id enim noxium et exitiale ci est tempus. Quaedam vero et suas habent notas , sicuti ficus. Quum folia pauca in cacumine acetabuli modo germinent, tune maxime serendas ficus. Quid ab aequinoctio. LXVI. .Equinoctium vernum a. d. vin kalendas apri- lis peragi videtur. Ab eo ad Vergiliarum exortum ma- tutinum , Csari significant kalendae aprilis. in nonas aprilis in Attica Vergili vesperi occultantur. Edem postridie in Botia : Caesari autem et Chaldis nonis : HISTOIRE NATURELLE , L1V. XVIII. 21 ter les ormes , les figuiers , les arbres fruit et les oli- viers dans les terrains gras et humides; fumer, au dclin de la lune, les prs qui ne sont point arross , les dfendre du vent d'ouest, les nettoyer et en arracher les racines des mauvaises herbes; monder les figuiers; tablir des ppinires, et rparer les anciennes, le tout avant que la vigne entre en fleurs. Lors de la floraison du poirier, on commencera labourer les terres maigres et sablon- neuses ; on labourera en dernier lieu les plus fortes et les plus humides. Ces travaux auront lieu quand le len- tisque montrera son premier fruit, et que le poirier com- mencera fleurir. On fera un troisime labourage dans le temps o l'on plante^les bulbes et la scille. Parmi les fleurs dont on fait des couronnes , le narcisse en four- nit trois fois, et ces premires, secondes et troisimes floraisons indiquent l'poque d'autant de labourages ; tant il est vrai que tout est li dans la nature. On aura soin de ne point toucher au lierre pendant la floraison des fves; il prirait alors infailliblement. Quelques v- gtaux nanmoins indiquent par eux-mmes l'poque o il faut s'en occuper; ainsi le meilleur temps pour plan- ter le figuier , c'est lorsque les cailles du calice se d- veloppent en formant une espce d'entonnoir autour du bouton. Travaux partir de l'quinoxe. LXVI. L'quinoxe de printemps parat toujours ar- river le 8 avant les kalendes d'avril ; depuis cette poque jusqu'au lever matutinal des Pliades , les kalendes d'a- vril annoncent un changement de temps, selon Csar. Le 3 avant les nones d'avril, les Pliades se couchent le soir pour l'Attique , le lendemain pour la Botie , et fe aa C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. iEgypto Orion et gladius ejus incipiunt abscondi. Cae- sari sexto idus significatur imber Libr occasu. xivka- lendas maii iEgypto Suculae occidunt vesperi , sidus vehemens, et terra marique turbidum : sextodecimo At- ticae : xv Caesari, continuoque triduo significat. Assyri autem xn kalendas. Hoc est vulgo appellatum sidus Pa- rilicium, quoniam xi kalendas maii urbis Romae natalis, quo fere serenitas redditur , claritatem observationi de- dit: nimborum argumenta Hyadas appellantibus Graecis has stellas. Quod nostri a similitudine cognominis graeci propter sues impositum arbitrantes , imperitia appella- vere Suculas. Caesari et vm kalendas notatur dies. vu kalendas iEgypto Hdi exoriuntur : vi kalendas Botiae et Atticae Ganis vesperi occultatur. Fidicula mane ori- tur : v kalendas Assyriae Orion totus absconditur, iv au- tem Canis : vi nonas maii Caesari Suculae matutino exoriuntur, et vin idus Capella pluvialis. iEgypto autem eodem die Canis vesperi occultatur. Sic fere in vj idus maii, qui est Vergiliarum exortus, decurrunt sidra. In hoc temporis intervallo, xv diebus primis agricolae rapienda sunt ea , quibus peragendis ante aequinoctium non suffecerit, dum scit inde natam exprobrationem HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. rf jour des nones pour l'Italie et la Chalde ; en mme temps Orion et son pe commencent se cacher pour l'Egypte. Le 6 avant les ides, le coucher de la Balance annonce des pluies, selon Csar. Le 14 avant les kalendes de mai, les Hyades se couchent le soir pour l'Egypte ; c'est une constellation fcheuse , et qui cause de violens orages sur terre et sur mer. Le 16 elle se couche pour l'At- tique , et le 1 5 pour l'Italie : elle annonce le mau- vais temps pour trois jours de suite ; elle se couche le 12 pour l'Assyrie. On l'appelle vulgairement Pari- licium, parce que c'est le 1 1 avant les kalendes de mai que Rome fut fonde. Comme cette poque ramne or- dinairement le beau temps, le peuple y a fait une at- tention particulire. Les Grecs nomment ces toiles Hyades , parce qu'elles causent des pluies; mais nos Latins , tromps par la ressemblance des ternies grecs , et s'imagina nt que ce nom tait tir de celui du porc, les ont appeles Sucul. Le 8 avant les kalendes de mai est un jour de pronostic pour Csar. Le y , les Chevreaux se lvent en Egypte. Le 6 , le Chien se couche le soir pour la Botie et l'Attique, et le matin la Lyre se lve. Le 5 avant les kalendes , Orion se cache entire- ment pour l'Assyrie , et , le 4 -, le Chien disparat. Le 6 avant les nones de mai , les Hyades se lvent le matin selon Csar, et le 8 avant les ides se lve la Chvre, qui amne de la pluie. Le mme jour le Chien se cache le soir pour l'Egypte. Telle est peu prs la marche des astres jusqu'au sixime jour avant les ides de mai , poque du lever des Pliades. Dans les quinze premiers jours de cet intervalle, le laboureur devra hter les ouvrages qu'il n'a pu achever avant l'quinoxe , et se souvenir que ceux qui taillent 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. fdam, putantium vites, per imitationem cantus alitis temporari , quam cuculum vocant. Dedecus enim ha- betur, dpprobriumque meritum, falcem ab illa volucre in vite deprehendi, ut ob id petulantiae sales etiam cum primo vere ludantur. Auspicio tamen detestabiles viden- tur. Adeo minima quque in agro naturalibus trahuntur argumentis. Extremo autem hoc tempore panici miliique satio est. Justum est hoc seri maturato hordeo : atque etiam in eodem arvo est signum illius maturitati , et horum sationi commune, lucentes vespere per arva ci- cindelee. Ita appellant ruslici stellantes volatus, Grci vero lampyridas , incredibili benignitate naturae. Quid a Vergiliarum exortu. De feno. LXVII. 27. Jam Vergilias in clo notabiles catei-va fecerat : non tamen his contenta , terrestres fecit alias , veluti vociferans : Cur cselum intuearis, agricola? Cur sidra quaeras , rustice ? jam te breviore somno fessum premunt noctes? Ecce tibi inter herbas tuas spargo pe- culiares stellas , easque vespere et ab opre disjungenti ostendo : ac ne possis prterire, miraculo sollicito. Vi- desne ut fulgor igni similis alarum compressu tegatur , secumque lucem habeat et nocte? Dedi tibi herbas ho- rarum indices : et ut ne sole quidem oculos tuos a terra . HISTOIRE NATURELLE, LIV.XVHI. a5 trop tard leurs vignes s'exposent de honteuses dri- sions, et entendre imiter devant eux le chant de cet oiseau de passage appel coucou. Rien de plus humi- liant en effet pour le cultivateur que d'tre rencontr dans sa vigne par cet oiseau d't : de l aussi les rail- leries piquantes dont il est l'objet ds le printemps , et qui n'en paraissent pas moins de fcheux augure : tant il est vrai que , dans les campagnes , les moindres cir- constances sont rattaches des indices naturels. Les derniers jours de cet intervalle , on sme le panis et le millet; on ne doit le faire qu'aprs la maturit de l'orge. On reconnat cette maturit et le temps de semer le pa- nis et le millet, lorsqu'on voit briller le soir, dans les campagnes , les mouches luisantes appeles cicindles par les villageois latins , et lampyrides par les Grecs. Admirons encore ici l'incroyable bont de la nature. Travaux faire depuis Je lever des Pliades. Du foin. LXVII. 27. Non contente d'avoir plac dans les cieux les brillantes et nombreuses toiles lies Pliades , elle a voulu en mettre d'autres ici-bas, comme si elle criait au laboureur : Pourquoi contempler les cieux ? pourquoi observer les astres , mortel destin aux travaux de la terre ? Les nuits sont si courtes ! mets-les profit pour ton repos. Voici, pour ton usage particulier, des astres que j'ai sems parmi les herbes des campagnes ; je te les prsente le soir , la fin de ta journe ; grce l'clat merveilleux que j'ai eu soin de leur donner, ils ne peu- vent chapper ta vue. Vois-tu comme ces insectes bril- lans laissent chapper cette lueur scintillante comme du feu , qui est cache sous leurs ailes, et qui les accompagne 26 C. PLINII HIST. NT. LIB. XVIII. avoces , heliotropium ac lupinum circumaguntur cum illo. Cur etiam nunc altius spectas , ipsumque caelum scrutaris ? Habes ante pedes tuos ecce Vergilias. In certis eae diebus proveniunt , durantque fdere sideris hujusce : partumque eas illius esse certum est. Proinde quisquis aestivos fructus ante illas severit , ipse frustra- bitur sese. Hoc intervalle* et apicula procedens fabani florere indicat : fabaque florescens eam evocat. Dabitur et aliud finiti frigoris indicium. Quum germinare videris morum, injuriam postea frigoris timere nolito. Ergo opra, taleas olivarum ponere , ipsasque oleas interradere, rigare prata aequinoctii diebus primis. Quum herba creverit in festucam , arcere aquas : vineam pam- pinare. Et huic lex'sua, quum pampini quatuor digitos longitudine expleverint. Pampinat una opra jugerum. Segetes iterare. Sarritur vero diebus viginti. Ab aequi- noctio sartura nocere et vineae et segeti existimatur. Et oves lavandi hoc idem tempus est. A Vergiliarum exortu significant Caesari , postridie Arcturi occasus matutinus : tertio idus maii Fidiculae exortus : xn kalendas junii Capella vesperi occidens, et in Attica Canis. xi kalendas Caesari Orionis gladius HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 27 partout pendant la nuit? Je t'ai donn des herbes pour t'indiquer les heures. Ne dtourne pas les yeux de des- sus la terre pour regarder le soleil , car l'hliotrope et le lupin tournent avec lui. Pourquoi lever les yeux en haut, et sonder la profondeur des cieux? Voil devant tes pieds d'autres Pliades , elles se font voir en mme temps que celles des cieux ; aussi ont-elles avec ces astres une liaison particulire , et il est certain qu'elles sont produites par leur influence. Ainsi, quiconque smera les bls d't avant l'apparition de ces insectes lumineux perdra sa peine. Dans ce mme temps l'abeille, qui aban- donne sa ruche , te montre que les fves sont en fleur, car c'est le charme de cette fleur qui l'attire. Enfin, si tu veux t'assurer que l'hiver est fini, observe le moment o le mrier se couvre de bourgeons ; alors il n'y a plus de froid rigoureux craindre. Dans les premiers jours de l'quinoxe, il faudra plan- ter les rejetons d'oliviers, dchausser et nettoyer les oli- viers eux-mmes , arroser les prs , et en retirer l'eau quand l'herbe montera en tige. On devra aussi pamprer la vigne , mais il faut que les pampres aient au moins quatre doigts de long. Un seul ouvrier suffit pour pam- prer xmjugerum. Il faut encore sarcler pour la seconde fois les champs ensemencs ; on a vingt jours pour ce travail. On croit que ces oprations , si elles ont lieu aprs l'quinoxe , sont nuisibles aux bls et la vigne. C'est encore le moment de laver les moutons. Le lendemain du lever des Pliades , l'Arcture se cou- che le matin ; le 3 avant les ides de mai , la Lyre se lve; le \i avant les kalendes de juin , la Chvre se couche le soir ; et le mme jour le Chien disparat pour l'At- tique. Toutes ces poques, suivant Csar, annoncent 28 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. occidere incipit : tertio nonas junii Caesari et Assyriae Aquila vesperi oritur : septimo idus Arcturus matutino occidit, Italiae sexto : et quarto idus Delphinus vesperi exoritur : septimodecimo kalendas julii gladius Orionis oritur, quod iEgypto post quatriduum. Undecimo kalen- das, ejusdem Orionis gladius Caesari occidere incipit: vin kalendas julii vero longissimus dies totius anni , et nox brevissima solstitium conficiunt. In hoc temporis intervallo vineae pampinantur, cu- raturque ut vinea vtus semel fossa sit , bis novella. Oves tondentur : lupinum stercorandi causa vertitur : terra proscinditur : vicia in pabulum secatur : faba metitur , dein concutitur. 28. Prata circa kalendas junii caeduntur, quorum fa- cillima agricolis cura ac minimi impendii , hc de se postulat dici. Relinqui debent in laeto solo vel humido, vel riguo , eaque aqua pluvia rigari via publica. Utilis- simum simul etherbaearare, deinde cratire, serere florem ex fenilibus , atque ex praesepibus feno dilapsum spar- gere, prius quam cratiantur. INec primo anno rigari, nec pasci ante secunda fenisecia , ne herbae vellantur , obtrituque hebetentur. Senescunt prata, restituique de- bent faba in his sata , vel rapis , vel milio. Mox inse- quente anno frumento , rursusquc in prata tertio relin- qui. Praeierea quoties secta sint, siciliri , hoc est, quae HISTOIRE NATURELLE, LIV.XV1II. 29 du mauvais temps. Suivant le mme Csar, l'pe d'Orion commence se cacher le 1 1 avant les kalendes de juin ; le 3 avant les nones, l'Aigle se lve le soir pour l'Assyrie et l'Italie. Le 7 avant les ides, l'Arcture se couche le matin ; le 6 elle se couche pour l'Italie, et le 4 le Dauphin se lve le soir. Le 17 avant les kalendes de juillet, 1 epe d'Orion se lve aussi pour elle, et quatre jours aprs pour l'Egypte. Le 1 1, selon le calendrier de Csar, la mme constella- tion commence se cacher. Le 8 avant les kalendes de juillet donne le jour le plus long et la nuit la plus courte de l'anne ; c'est l'poque prcise du solstice d't. Dans cet intervalle de temps, on pampre les vignes, on donne une faon aux anciens plants, et deux aux nouveaux. On tond les moutons. On tourne les lupins en herbe pour engraisser la terre. On donne aux champs une faon avec la charrue ; on coupe les vesces pour servir de fourrage. On rcolte et on bat les fves. 28. Vers le milieu des kalendes de juin, on fauche les prs. C'est un fonds qui demande trs-peu de soin et trs- peu de dpense, et sur lequel nous prsenterons quelques observations ncessaires. Il faut laisser en prs les lieux gras et humides, et o l'on peut introduire l'eau faci- lement. On devra pratiquer des rigoles pour les abreuver avec l'eau de pluie des grands chemins. Une excellente mthode pour avoir de bons prs , c'est de labourer la terre, et d'y passer la herse aprs qu'on y aura sem de la fleur ou de la graine ramasse dans les fenils, ou qui tombe des rteliers. Il ne faut pas arroser les prs la premire anne , ni permettre au btail d'y patre avant qu'ils aient t fauchs deux fois, de peur que ces ani- maux n'arrachent l'herbe, ou ne l'touffent en la foulant aux pieds. Les prs vieillissent ; on les rajeunit en y 3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. feniseces praeterierunt , secari. Est enim in primis inu- tile, enasci herbas sementaturas. Herba optima in prato trifolii , proxima graminis , pessima nummuli , siliquas etiam diras ferentis. Invisa et equisetis est , a similitu- dine equinae setae. Secandi tempus, quum spica deflores- cere cpit , atque roborari : secandum , antequam ina- rescat. Cato Fenum, inquit, ne sero seces : prius quam semen maturum sit, secato. Quidam pridie rigant, ubi sunt rigua. Noctibus roscidis secari melius. Quaedam partes Italiae post messem scant. t Fuit hoc quoque majoris impendii apud priores. Cre- ticis tantum transmarinisque cotibus notis, nec nisi oleo falcis aciem excitantibus. Igitur cornu propter oleum ad crus ligato fenisex incedebat. Italia aquarias cotes ddit, limae vice imperantes ferro. Sed aquariae protinus virent. Falcium ipsarum duo gnera : Italicum brevius , ac vel inter vpres quoque tractabile. Galliarura lati- fundia majoris compendii, quippe mdias caedunt her- bas, brevioresque praetereunt. Italus fenisex dextra una manu secat. Justum est una opra juger um in die de- secari : alligarique manipulos mille ducentos , quaterna HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 3i semant des fves, des raves ou du millet. L'anne sui- vante on y sme du froment , et la troisime anne on les remet en prs. De plus, toutes les fois qu'un pr a t fauch, il faut y passer la faucille, pour couper les herbes que les faucheurs ont laisses , car il n'y aurait aucun avantage les laisser grainer. La meilleure herbe des prs , c'est le trfle , puis le gramen ; la plus mau- vaise , c'est le nummulus , dont les gousses sont extr- mement nuisibles. JJequisetis , ainsi appel cause de sa ressemblance avec une queue de cheval , n'est pas moins fcheux. Le temps de faucher , c'est lorsque les pis commencent dfleurir et prendre de la force ; on n'attend pas que l'herbe soit sche. Ne fauchez pas trop tard , dit Caton ; fauchez avant que la graine soit mre. Plusieurs , lorsque les localits le permettent, arrosent les prs la veille de la fauchaison ; mais il vaut mieux faucher pendant les nuits, o il tombe de la rose. Dans quelques parties de l'Italie , on ne fauche qu'aprs la moisson. Cette opration tait anciennement plus coteuse qu'aujourd'hui. On ne connaissait pas d'autres pierres aiguiser que celles de Crte et d'outre-mer , encore n'aiguisaient-elles les faux qu' l'aide de l'huile ; ainsi les faucheurs portaient une corne pleine d'huile atta- che leur cuisse. Depuis, on a trouv en Italie des pierres qui, avec l'eau seule, mordent le fer comme le fait une lime , mais il est vrai qu'elles ne tardent pas devenir vertes. Il y a deux espces de faux, celles d'Italie, qui sont courtes et aises manier , mme parmi les buissons ; et celles des Gaules , qui abrgent l'ouvrage dans les grandes prairies , car on n'y coupe qu' mi- herbe , et on laisse celle qui est courte. Les faucheurs 3a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. pondo. Sectum verti ad solem , nec nisi siccum construi oportet : nisi fuerit hoc observatum diligenter, exhalare matutino nebulam quamdam, metasque mox sole accendi, et conflagrare certum est. Rursus rigari desecta oportet, ut secetur autumnale fenum , quod vocant cordum. In- teramnae in Umbria quater anno secantur, etiam non rigua. Ter vero plerisque in locis : et postea in ipso pa- bulo non minus emolumenti est, quam a feno. Armento- rum id cura, jumentor unique progeneratio suum cuique consilium dabit, optimo maxime quadrigarum quaestu. Solstitium. LXVIII. Solstitium peragi in octava parte Cancri , et octavo kalendas julii diximus. Magnus hic anni cardo , magna res mundi. In hoc usque a bruma dies creverunt, sex mensibus. At sol ipse ad Aquilonem scandens , ac per ardua enisus ab ea meta iucipit flecti , et digredi ad Austrum , aucturus noctes aliis sex mensibus , abla- turusque diei mensuram. Ex hoc deinde rapiendi con- vehendique fructus alios atque alios tempus , et praepa- randi se contra saeVam feramque hiemem : decebatque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 33 d'Italie ne travaillent que de la main droite. Un seul ou- vrier doit faucher en un jour un jugerum de pr ; un seul ouvrier peut aussi lier douze cents bottes de foin , de quatre livres chacune. Quand l'herbe est coupe, il faut la retourner souvent au soleil , et ne la mettre en meules qu'autant qu'elle est compltement sche; si l'on nglige cette prcaution , on verra les meules fumer le matin , s'enflammer au soleil , et brler tout entires. Aprs qu'on a fan , il faut arroser de nouveau les prs , pour avoir du foin d'automne qu'on appelle cordum ( regain ). A Intramne , en Ombrie , on fauche quatre fois les prs, mme ceux qui n'ont pas t arross; dans la plupart des autres cantons, on fauche trois fois, en- suite le pturage n'est pas d'un moindre profit que le foin mme. C'est un calcul que sauront faire ceux qui lvent du gros btail , des btes de somme , et qui est surtout en faveur des chevaux destins aux chars. Du solstice d't. LXVIII. Nous avons dit que le solstice d't arrivait le 8 avant les kalendes de juillet, et au huitime degr de l'Ecrevisse; c'est l'poque la plus importante de l'an- ne, la plus intressante pour le laboureur. Depuis le solstice d'hiver jusqu'alors, les jours ont augment pen- dant six mois. Le soleil , en montant vers le septentrion , est arriv au point le plus lev de sa course ; de l il commence descendre et retourner vers le midi , et pendant six autres mois il augmente les nuits et diminue les jours ; c'est l le temps de recueillir, de serrer les fruits del terre, et de se prmunir contre ligueur et l'pret de l'hiver. Il semblait convenable que la nature annont xii. 3 34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. hoc discrimen indubitatis notis signasse naturam. Quam ob rem eas manibus ipsis agricolarum ingessit, vertique jussit ipsa die folia, et esse confecti sidens signum : nec silvestrium arborum remotarumque, ne in saltus devios montesque eundum esset quserentibus signa : non rursus urbanarum, et quae topiario tantum coluntur, quamquam et in his illa visantur. Vertit ole ante pedes sat, vertit tiliae ad mille usus petendae : vertit populi alb etiam vitibus nuptae : Adhuc parum est, inquit : ulmum vite dotatam habes: et hujus vertam. Pabulo folia ejus strin- gis , vitem dputas. Aspice , et tenes sidus. Alia parte clum respiciunt , quam qua spectavere pridie. Salice omnia alligas , humillima arborum, ipse toto capite al- lior : et hujus circumagam. Quid te rusticum quereris? Non stat per me , quominus caelum intelligas , et caele- stia scias. Dabo et auribus signum. Palumbum utique exaudi gemitus. Transisse solstitium caveto putes , nisi quum incubantem videris palumbum. A solstitio ad Fidicul occasum sexto kalendas julii Caesari Orion exoritur : zona autem ejus quarto nonas Assyriae : yEgypto vero Procyon matutino aestuosus : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 35 par des signes non quivoques ce changement le saison; aussi les a-t-elle mis presque entre les mains du labou- reur. Elle a voulu que le jour mme du solstice les feuilles se retournassent en sens inverse , pour avertir que le soleil avait achev sa course. Et remarquez que ces feuilles n'appartiennent pas des arbres sauvages ou lointains ; la nature n'a pas voulu qu'on parcourt les montagnes ou les forts cartes pour chercher les avertissemens de travailler ; elles n'appartiennent pas non plus des arbres connus seulement des habitans des villes et cultivs dans les parterres , quoiqu'ils puissent prsenter le mme phnomne : ce sont les feuilles de l'olivier, qu'on rencontre chaque pas devant soi ; du tilleul , qu'on recherche pour mille usages ; du peuplier blanc , qu'on marie la vigne. Sera-ce tout? Non. Laboureurs, dit la nature, l'orme soutient tes vignes, je renverserai aussi ses feuilles. En les tail- lant , tu en ramasses les feuilles pour nourrir ton b- tail ; eh bien ! lve les yeux , et tu reconnatras le jour du solstice ; les feuilles sont dans une situation inverse celle de la veille. Mais quoi ! les branches de l'osier te servent de liens; c'est un arbre des plus petits, et que tu surpasses de toute la tte; eh bien ! je renverserai aussi ses feuilles. Pourquoi te plaindre de ton igno- rance? il ne tient pas moi que tu ne connaisses l'tat du ciel et les mouvemens des astres. Veux-tu d'autres signes encore? Prte l'oreille; entends les gmissemens du ramier. Quand tu le vois couver, sois certain alors que le solstice est pass. Dans l'intervalle du solstice d't au coucher de la Lyre, le 6 avant les kalendes de juillet, selon le calendrier de Csar, Orion se lve; le 4 avant les nones , sa cein- 3. 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. (juod sidus apud Komanos non hahet nomen , nisi Ca- niculam hanc velimus intelligi , hoc est , minorem ca- nem : ut in astris pingitur. Est autem magnopere per- tinens, sicut paulo mox docebimus. Tertio nonas Chal- daeis Corona occidit matutino , Atticae Orion totus eo die exoritur. Pridie idus julii et iEgyptiis Orion desinit exoriri : xvi kalendas augusti Assyriae Procyon exoritur, Dein postridie fere ubique, confessum in ter omnes sidus indicans, quod Canis ortum vocamus, sole partem pri- mam Leonis ingresso. Hoc fit post solstitium xxhi die. Sentiunt id maria , et terr , multae vero et fera? , ut suis locis diximus. Neque est minor ei veueratio, quam descriptis in deos stellis. Accenditque solem, et magnam stus obtinet causam. xm kalendas augusti iEgypto Aquila occidit matutino, etesiarumque prodromi flatus incipiunt, quod Caesar x kalendas sentire Italiam exi- stimavit. Aquila Atticae matutino occidit : in kalendas regia in pectore Leonis Stella matutino Caesari emergit. vjii idus augusti Arcturus mdius occidit : ni idus Fi- dicula occasu suo autumnum inchoat, ut is adnotat : sed ut vera ratio id fieri invenit, sexto idus easdem. i In hoc temporis intervallo res summa vitium agitur, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 3 7 ture se montre en Assyrie ; ce mme jour , le brlant Procyon se lve le matin en Egypte. Cet astre n'a point de nom chez les Romains , moins qu'on ne prtende qu'ils l'ont dsign sous le nom de Canicule , ou petit Chien : c'est en effet la figure qu'on lui donne sur le globe cleste. C'est un astre d'une puissante influence, comme nous le montrerons bientt. Le 3 avant les noues , la Couronne se couche le matin pour la Chalde , et Orion se lve tout entier pour l'Attique. La veille des ides de juillet, cette constellation cesse d'tre visible en Egypte, et le 1 6 avant les kalendes d'aot Procyon se lve pour l'Assyrie. Le lendemain , et cette poque est presque partout la mme , le Chien se lve , le soleil entrant au premier degr du Lion , vingt-trois jours aprs le solstice. La terre et les mers " ressentent du lever de cet astre , et mme plusieurs animaux , comme nous avons eu occasion de le faire observer; aussi n'est -il pas moins rvr que les toiles qui ont t mises au rang des dieux. Il rend le soleil plus ardent, et occa- sione en grande partie les chaleurs de l't. Le i3 avant les kalendes, l'Aigle se couche le matin en Egypte , et les vents tsiens commencent souffler; selon Csar, ils ne se font sentir que le 10 en Italie; le mme jour, l'Aigle se couche le matin pour l'Attique. Le 3, suivant le calendrier de Csar, l'toile royale du cur du Lion commence paratre, et le 8 avant les ides d'aot la moiti de l'Arcture cesse d'tre visible; le 3, selon les mmes calculs , le coucher de la Lyre donne commen- cement l'automne ; mais des observations plus exactes fixent le coucher de cette constellation au sixime joui- avant les ides d'aot. Cet intervalle de temps est dcisif pour la vigne, car >,8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. decretorio uvis sidre illo , quod Caniculam appellavi- mus. Unde carbunculare dicuntur, ut quodam uredinis carbone exustae. Non comparantur huic malo grandines, proeellae, quque numquam aunonae intulere caritatem. Agrorum quippe mala sunt illa : carbunculus autem regionum late palentium, non difficili emedio, nisi ca- lumniari naturam rerum homines, quam sibi prodesse, mallent. Ferunt Democritum, qui primus intellexit , ostenditque cum terris caeli societatem , spernentibus hanc curam ejus opulentissimis civium , praevisa olei caritate ex futuro Vergiliarum ortu, qua diximus ratione, ostendemusque jam plenius, magna tum vilitate propter spem olivae , coemisse in toto tractu omne oleum , mi- rantibus qui paupertatem et quietem doctrinarum ei sciebant in primis cordi esse. Atque ut apparuit causa , et ingens divitiarum cursus, restituisse mercedem anxiae et avidae dominorum pnitentiae , contentum ita pro- basse, opes sibi in facili,quum vellet, fore. Hoc postea Sextius e Romanis sapientiae adsectatoribus Athenis fecit eadem ratione. Tanta litterarum occasio est : quas equi- dem miscebo agrestibus negotiis , quam potero dilucide atque perspicue. Plerique dixere rorem inustum sole acri, frugibus rubiginis causam esse, et carbuuculi vi- tibus : quod ex parte falsum arbitror, omnemque ure- dinem frigore tantum conslare ? sole innoxio. Id mani- HISTOIRE NATURELLE , LIV. XVIII. 3 9 le sort de la vendange dpend uniquement de l'astre que nous avons appel Canicule, dont les malignes in- fluences causent le charbon qui brle les raisins. Les orages et la grle, moins redoutables que ce flau, n'ont jamais produit la chert qu'il occasione. Ils n'attaquent que des cantons particuliers , tandis que le charbon ra- vage des provinces d'une grande tendue. Il ne serait pas difficile de prvenir ce malheur, si les hommes n'aimaient mieux accuser la nature que de faire ce qui leur serait avantageux. Dmocrite, le premier, reconnut et montra la relation qui existe entre le ciel et la terre, tude jusqu'alors ddaigne de ses opulens concitoyens. Le lever des Pliades lui ayant fait prvoir, par les moyens dj indiqus , et dont nous parlerons bientt plus au long, que les huiles seraient fort rares, il acheta toutes celles de son canton; la belle apparence de la rcolte les avait fait tomber trs-bas prix ; mais cet achat ne laissa pas d'tonner ceux qui connaissaient le got de ce philosophe pour la pauvret et l'tude pai- sible des sciences. Bientt on reconnut le motif de sa conduite, et le gain immense qu'il pouvait faire. D- mocrite alors, satisfait d'avoir prouv qu'il pouvait s'en- richir s'il le voulait , restitua le prix des marchandises aux avides propritaires , qui se dsespraient d'avoir conclu un tel march. Long-temps aprs, un philosophe romain nomm Sextius , guid par la mme observation , renouvela ce trait Athnes. Telle est l'utilit de la science ; aussi en mlerai-je les notions celles de l'a- griculture, avec le plus de clart et de nettet possible. La plupart des auteurs croient que la rose brle par l'ardeur du soleil cause la nielle des bls et le charbon ds vignes ; je pense que cette raison est fausse en 40 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. festum fiet adtendentibus. Nam primum omnium non hoc evenire, nisi noctibus et ante solis ardorem, depre- henditur , totumque lunari ratione constat :, quoniam talis injuria non fit nisi interlunio, plenave luna , hoc est, praevalente : utroque enim habitu plena est, ut sae- pius diximus : sed interlunio omne lumen , quod a sole accepit, caelo regerit. Differentia utriusque habitus ma- gna , sed manifesta : namque interlunio aestate calidis- sima est, hieme gelida. E diverso in plenilunio aestate frigidas facit noctes , hieme tepidas. Causa evidens : sed alia redditur a Fabiano , Graecisque auctoribus. iEstate enim interlunio necesse est cum sole nobis proximo cir- culo currat , ign ejus cominus recepto candens : eadem- que interlunio absit hieme, quando abscedit et sol. Item plenilunio aestivo procui abeat adversa soli : hieme au- tem ad nos per aestivum circulum accdt. Ergo per se roscida quoties alget, infinitum quantum illo tempore cadentes pruinas congelt. Causse sterilitatum. LX1X. Ante omnia autem duo gnera esse caelestis injuriae meminisse debemus. Unum quod tempestates HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 41 partie, et que toute brlure des plantes vient du froid, sans que le soleil y ait aucune part. On s'en con- vaincra facilement, si l'on fait attention que le charbon et la nielle ne tombent que la nuit , et avaut que le soleil ait de la force : ils dpendent donc entirement des influences lunaires. En effet , ces accidens ont lieu seulement lorsque la lune est en conjonction ou dans son plein, c'est--dire dans toute sa force; car dans ces deux tats la lune est pleine , comme nous l'avons fait observer plusieurs fois : mais quand elle est nou- velle , elle renvoie dans les cieux toute la lumire qu'elle reoit du soleil. La diffrence entre ces deux tats est aussi grande qu'elle est sensible tout le monde. La lune en conjonction est fort chaude en t et trs- froide en hiver; au contraire, la pleine-lune rend les nuits chaudes en hiver et froides en t. La raison en est vi- dente, quoique Fabianus et les auteurs grecs en donnent une diffrente. Dans les conjonctions d't , la lune , marchant avec le soleil dans un cercle voisin de la terre , est comme enflamme du feu que cet astre lui commu- nique; mais dans les conjonctions d'hiver elle est loigne de nous, ainsi que le soleil. Dans les pleines-lunes d't, elle est loin de nous et en opposition avec le soleil ; mais dans les pleines-lunes d'hiver, elle se rapproche de nous, par le cercle de l't. Ainsi la lune tant natu- rellement humide , toutes les fois que sa position la re- froidit , elle congle presque toujours les brouillards qui tombent alors. Causes de la strilit. LXIX. Avant tout, rappelons-nous que les accidens qui dpendent de l'tat du ciel sont de deux sortes : les /,2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. vocamus , in quibus grandincs , procellae , ceteraque si- milia intelliguntur : quae quum acciderint, vis major appellatur. Haec ab horridis sideribus exeunt, ut saepius diximus , veluti Arcturo , Orione , Hdis. Alia sunt illa, quae si lente caelo serenisque noctibus fiunt , nullo sentiente, nisi quum facta sunt. Publicabaec, et magnae differentiae a prioribus, aliis rubiginem , aliis uredinem, aliis carbunculum appellantibus , omnibus vero sterili- tatem. De his nunc dicemus, a nullo ante nos prodita, priusque causas reddemus. 29. Duae sunt praeter lunarem , paucisque caeli locis constant. Namque Vergiliae privatim attinent ad fru- ctus , ut quarum exortu aestas incipiat , occasu hiems , semestri spatio intra se messes vindemiasque et omnium maturitatem complexe. Est praelerea in caelo , qui vo- catur lacteus circulus, etiam visu facilis. Hujus defluvio, velut ex ubere aliquo , sata cuncta lactescunt , duorum siderum observatione , Aquilae in septentriotiali parte , et in austrina Caniculae , cujus mentionem suo loco fe- cimus. Ipse circulus fertur per Sagittarium atque Ge- minos, solis centro bis aequinoctialem circulum secans , commissuras eorum obtinente hinc Aquila, illinc Cani- nicula. Ideo effectus utriusque ad omnes frugiferas per- tinent terras : quoniam in his tantum locis solis ter- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 43 uns s'appellent d'un nom gnral , temptes ; ce sont les orages , les grles, et les autres accidens semblables, que Yen dsigne encore sous le nom de forces majeures; elles ont pour cause des astres malfaisans , tels que l'Arcture , Orion , les Chevreaux : nous avons signal plus d'une fois leur influence. Les autres surviennent tout coup pendant Ja nuit, lorsque le temps est calme et serein ; on ne les connat que lorsqu'ils sont arrivs. Ils diffrent infiniment des premiers , et dsolent des rgions entires. On leur donne les noms de rouille ou nielle, ou de charbon , ou de brlure; mais partout ils sont suivis de strilit. Nous donnerons sur ces ph- nomnes des dtails ignors jusqu'ici, et, d'abord, nous en expliquerons les causes. 29. Outre la lune, deux de ces causes rsident dans quelques espaces circonscrits des cieux. D'un ct , ce sont les Pliades qui influent spcialement sur les biens de la terre ; comme l't commence avec leur lever, et l'hiver avec leur coucher, elles embrassent, dans l'espace de six mois, les moissons, les vendanges, et toutes les autres rcoltes. D'un autre ct, c'est la voie lacte, dont les influences, comme une nourriture bienfaisante, allaitent et entretiennent toutes les semences. La voie lacte s'aperoit aisment par elle-mme, et, de plus, elle est remarquable par deux constellations, l'Aigle au septentrion , et au midi la Canicule, dont nous venons de parler. Le cercle de la voie lacte traverse les signes du Sagittaire et des Gmeaux, et, passant par le centre du soleil , il coupe en deux endroits diffrens la ligne cjuinoxiale. Aux points de section avec les signes pr- cdens , sont, d'un ct, l'Aigle; de l'autre, la Cani- cule. Ainsi, toutes les terres cultives sont soumises 44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. raeque centra congruunt. lgittfr horum siderum diebus , si purus atque mitis aer genitalem illum lacteumque succum transmiserit in terras , laeta adolescunt sata. Si luna , qua dictum est ratione , roscidum frigus adsper- serit, admixta amaritudo, ut in lact, puerperium necat. Modus in terris hujus injuria? , quem fecit in quacum- que convexitate comitatus utriusque causa?. Et ideo non pariter in toto orbe sentitur, ut nec dies. Aquilam dixi- mus in Italia exoriri a. d. xm kalendas januarii. Nec patitur ratio naturae quidquam in satis ante eum diem spei esse certae. Si vero interlunium incidat , omnes lii- bernos fructus et praecoces laedi necesse est. Rudis fuit priscorum vita atque sine litteris : non mi- nus tamen ingeniosam fuisse in illis observationem ap- parebit , quam nunc esse rationem. Tria namque tem- pora fructibus metuebant , propter quod instituerunt ferias , diesque festos , Rubigalia , Floralia , Vinalia. Rubigalia Numa constituit anno regni sui xi, quaenunc aguntur a. d. septimum kalendas maii , quoniam tune fere segetes rubigo occupt. Hoc tempus Varro deter- minavit, soleTauripartem decimam obtinente, sicut tune HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. /,5 l'influence de ces deux constellations; car, dans ces deux passages seulement , le centre du soleil correspond celui de la terre. S'il arrive donc qu'au moment du lever ou du coucher de ces astres , l'air doux et serein trans- mette la terre cette espce de rose laiteuse et fcon- dante qui dcoule de la voie lacte, les grains croissent avec la plus belle apparence; mais si la lune, comme nous en avons dj averti , envoie une rose froide , alors l'amertume de cette rose aigrit l'humeur bienfai- sante de la voie lacte , et fait prir les fruits naissans. Ces accidens sont plus ou moins graves , en quelque climat que ce soit, selon que les deux causes dont nous venons de parler concourent plus ou moins leur pro- duction ; aussi ne sont-ils pas les mmes par toute la terre , puisqu'aussi bien ils n'arrivent pas partout le mme jour. Nous avons dit que l'Aigle se lve en Italie le i3 avant les kalendes de janvier: le cours ordinaire de la nature ne permet pas, avant cette poque, de compter sur les fruits de la terre; mais si la lune se trouve alors en conjonction , tous les fruits d'hiver et les fruits htifs en souffriront infailliblement. Nos anctres menaient une vie grossire, sans culti- ver les sciences; leurs observations, cependant, ne pa- ratront pas moins ingnieuses que les calculs des mo- dernes. Ils redoutaient pour les fruits de la terre trois poques diffrentes , pour lesquelles ils avaient tabli autant de ftes, les Rubigales, les Florales et les Finales. Les Rubigales , institues par Numa la onzime anne de son rgne , sont clbres aujourd'hui le septime jour avant les kalendes de mai, parce que c'est le temps o la nielle attaque ordinairement les bls. Varron a fix la position du soleil , pour ce mme jour, au dixime 46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. ferebat ratio. Sed vera causa est , quod post dies unum et triginta ab quinoctio verno , per id quatriduum , varia gentium observatione in iv kalendas maii , Canis occidit , sidus et per se vebemens , et cui proccidere Caniculam necesse sit. Itaque iidem Floralia quarto ka- lendas easdem instituerunt , Urbis anno dxvi ex oracu- lis Sibyllae , ut omnia bene deflorescerent. Hune diem Varro dtermint , sole Tauri partem quartamdecimam obtinente. Ergo si in hoc quatriduum inciderit pleni- lunium , fruges et omnia quae florebunt , laedi necesse erit. Vinalia priora, quae ante hos dies sunt ix kalendas maii degustandis vinis instituta, nihil ad fructus atti- nent : nec quae adhuc diximus, ad vtes oleasque, quo- niam earum conceptus exortu Vergiliarum incipit a. d. vi idus maii, ut docuimus. Aliud hoc quatriduum est, quod neque rore sordere velint: exhorrent enim frigidum sidus Arcturi postridie occidens : et multo minus pleni- lunium incidere. iv nonas junii iterum Aquila exoritur vesperi , decre- torio die florentibus oleis vitibusque , si plenilunium in eum incidat. Equidem et solstitium vin kalendas julii simili causa duxerim , et Canis ortum post dies a solsti- tio xxm, sed interlunio accidente, quoniam vapore con- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. /, 7 degr du Taureau, selon les calculs qui s'appliquaient ce temps-l; mais la vritable cause, c'est que, trente-un jours aprs l'quinoxe de printemps, c'est--dire du 8 au 4 avant les kalendes de mai , selon les observations des diffrens peuples, arrive le coucher du Chien, con- stellation dangereuse que l'on doit apaiser, avant qu'elle se couche, par le sacrifice d'une chienne. L'an 5i6 de la fondation de Rome, nos anctres, par l'avis des livres sibyllins , institurent les ftes Florales ; on les clbre le 4 avant les kalendes de mai, pour obtenir que la flo- raison s'achve heureusement. Selon Varron , le soleil se trouve alors au quatorzime degr du Taureau ; or, si la pleine-lune arrive ce jour-l et les trois suivans , les bls et les autres plants en fleur souffriront infail- liblement. Les premires ftes Vinales, qui se clbrent le 9 avant les kalendes de mai , et avant les Florales , furent institues pour goter les vins; elles n'ont aucu- nement pour objet les fruits de la terre, non plus que les vignes ou les oliviers ; car ces arbres ne commencent leur premire pousse qu'au 6 avant les ides de mai, lors du lever des Pliades , comme nous l'avons dit. Voil encore quatre jours dangereux pendant lesquels on redoutait extrmement la rose, et aussi l'influence de l'Arcture , constellation froide qui se couche le lende- main. On craignait bien moins la pleine-lune quand elle arrivait cette poque. Le 4 avant les nones de juin , l'Aigle se lve de nouveau le soir; et si son lever concide avec la pleine-lune , c'est une poque critique pour les oliviers et les vignes en fleur. Pour moi, je crois que , par la mme raison, le huitime jour avant les kalendes de juillet , c'est--dire le jour mme du solstice d't, n'est pas moins dangereux pour /,8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. stat culpa, acinique praecoquuntur in callum. Rursus plenilunium nocet a. d. iv nonas julii , quum iEgypto Canicula exoritur : vel certe xvi kalendas augusti , quum Itali. Item xiii kalendas augusti, quum Aquila occidit, usque in x kalendas easdem. Extra has causas sunt Vi- nalia altra, qirae aguntur a. d. xiv kalendas septem- bris. Varro a Fidicula incipiente occidere mane , dter- mint , quod vult initium autumni esse , et hune diem festum tempestatibus leniendis institutum. Nunc Fidicu- lam occidere a. d. vi idus augusti servatur. Intra haec constat cselestis sterilitas. Neque negave- rim posse eam permutari arbitrio legentium , locorum stimantium naturas. Sed a nobis rationem demonstra- tam esse satis est : reliqua observatione cujusque con- stabunt. Alterutrum quidem fore in causa, hoc est, ple- nilunium aut nterlunium , non erit dubium. Et in hoc mirari benignitatem naturae succurrit : jam primum hanc injuriam omnibus annis accidere non posse , propter statos siderum cursus : nec nisi paucis noctibus anni : idque quando futurum sit, facile nosci. Ac ne per omnes menses timeretur, earum quoque lege divisum , aestate interlunia praeterquam biduo secura esse, hieme pleni- lunia : nec nisi stivis brevissimisque noctibus metui , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 4 9 les vignes. Je dirai la mme chose du lever du Chien , qui a lieu vingt-huit jours aprs, si la lune se trouve alors en conjonction , car l'excs des chaleurs cuit et endurcit les raisins. La pleine-lune est encore nuisible le 4 avant les nones de juillet, lorsque la Canicule se lve en Egypte, ou du moins le 16 avant les kalendes d'aot, jour de son lever en Italie. Elle est nuisible encore depuis le 1 3 avant les mmes kalendes, jour du coucher de l'Aigle, jusqu'au 10. Les secondes ftes Vinales, institues pour d'autres motifs, ont lieu le i3 avant les kalendes de septembre. Ce jour, selon Varron, est celui du coucher matutinal de la Lyre , qu'il prtend tre aussi le commencement de l'automne; il dit que ces ftes ont pour objet d'adoucir les mauvais temps. On observe que maintenant la Lyre se couche le 6 avant les ides d'aot. C'est dans cet intervalle que les biens de la terre ont le plus risquer des influences clestes. Je conviens que ces poques peuvent varier , suivant que mes lecteurs appliqueront ces remarques des climats divers. C'est assez pour moi d'avoir indiqu la cause gnrale des phnomnes , le reste dpendra des observations parti- culires; toujours est-il certain que la lune, soit pleine, soit en conjonction , influe positivement sur les acci- dens dont nous parlons. On peut encore ici admirer la bont de la nature. D'abord , elle a tellement rgl le cours des astres , que ces dangereux phnomnes ne peuvent avoir lieu tous les ans, mais seulement pendant quelques nuits d'une certaine anne, et qu'il est ais de prvoir le temps o ils arriveront. Pour qu'on ne les craignt pas dans tous les mois, la nature a voulu qu'en hiver il n'y et que deux jours o la pleine-lune ft dangereuse , et deux en t o l'on et redouter U xii. 4 5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. diebus non idem valere. Praeterea tain facile intelligi, ut formica minimum animal interlunio quiescat, plenilunio etiam noctibus operetur. Avem parram oriente Sirio, ipso die non apparere , donec occidat. E di verso chlorionem prodire ipso die solstitii. Neutrum vero lunae statum noxium esse, ne noctibus quidem, nisi serenis, et omni aura quiescente : quoniam neque in nube, neque in flatu cadunt rores : sic quoque non sine remedio. Remdia. LXX. Sarmenta , aut palearum acervos , et evulsas herbas fruticesque, per vineas camposque, quum time- bis, incendito : fumus medebitur. Hic e paleis et contra nebulas auxiliatur, ubi nebulae nocent. Quidam trs can- cros vivos cremari jubent in arbustis, ut carbunculi non noceant. Alii siluri carnem leviter uri a vento , ut per totam vineam fumus dispergatur. Varro auctor est, si Fidiculae occasu, quod est initium autumni , uva picta consecretur inter vtes , minus no- cere tempestates. Archibius ad Antiochuni Svriae regem HISTOIRE NATUUELLE, LIV. XVIII. 5i conjonction ; encore n'est-elle craindre que pendant les nuits les plus courtes de cette saison, et nullement pendant le jour; ensuite les animaux, mme les plus petits, nous offrent un moyen facile de la reconnatre; car alors les fourmis se reposent , au lieu que dans la pleine-lune elles travaillent, mme la nuit. L'oiseau ap- pel paria disparat le jour mme du lever de Sirius, pour ne se montrer qu'aprs son coucher; le chlorion, au contraire, parat le jour mme du solstice. D'ailleurs, la lune en conjonction ou dans son plein n'est nuisible pen- dant la nuit que par un temps serein et parfaitement calme; en effet, s'il y a du vent ou si le ciel est couvert , il ne tombe point de rose; encore est-il possible alors de se garantir des influences lunaires. Prservatifs. LXX. Si vous avez sujet de craindre, placez dans vos champs et vos vignes de la paille ou des sarmens en monceaux, ou des herbes sches et des broussailles, puis mettez-y le feu ; la fume prviendra tout accident. La fume de paille brle est bonne aussi pour carter les brouillards nuisibles. Quelques - uns , pour prserver du charbon les vignes soutenues par des arbres , pres- crivent d'y brler trois erevisses vivantes ; d'autres veulent qu'on rtisse petit feu de la chair de silure, de manire ce que le vent chasse la fume par toute la vigne. Varron dit que si au coucher de la Lyre, c'est--dire le premier jour d'automne , on consacre une grappe de raisin peinte , au milieu des vignes , elles souffriront moins du mauvais temps. Archibius , dans une de ses 4- 5a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII scripsit : Si fictili novo obruatur rnbeta pana in mdia segete , non esse noxias tem pesttes. Quid a solstitio fieri oporteat. LXXI. Opra rustica hujus intervalli, terram iterare, arare, arbores circumfodere : ubi stuosa regio poscat, adcumulare. Germinantia, nisi in solo luxurioso,fodienda non sunt. Seminaria purgari sarculo. Messem hordea- ceam facere. Aream ad messem creta praeparare, Catonis sententia amurca temperatam, Virgilii operosius. Majore ex parte aequant tantum , et fimo bubulo dilutiore illi- nunt. Id satis ad pulveris remedium videtur. De messibus. LXXII. 3o. Messis ipsius ratio varia. Galliarum lati- fundiis valli praegrandes dentibus in margine infestis , duabus rtis per segetem impelhmtur, jumento in con- trarium juneto : ila direptae in vallum cadunt spicae. Stipula alibi mdia? falce praeciduntur, atque inter duas mergites spica distringitur. Alibi ab radice vellunt : qui- que id faciunt, proscindi ab se obiter agrum interpre- tantur , quum extrabant succum. Differentia haee : ubi stipula domos contegunt , quam longissimam servant. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XM11. Ji lettres Autiochus, roi de Syrie, dit qu'une grenouille rubte, enterre au milieu des bls dans un pot de terre neuf, les garantit de l'intemprie des saisons. Travaux faire depuis le solstice. LXXI. Voici, pour cet intervalle, l'ordre des tra- vaux rustiques. Il faut donner la terre une second* 1 faon, labourer, dchausser les arbres, et, si la chaleur du pays l'exige, les rechausser; mais il ne faut point les dchausser quand ils bourgeonnent , si ce n'est dans un fonds fertile. On devra sarcler les ppinires , mois- sonner les orges, prparer l'aire en la couvrant de craie dtrempe, d'aprs le conseil de Caton , dans de la lie d'huile; la mthode de Virgile demande plus de faon. La plupart aplanissent le terrain , et se contentent de l'en- duire de fiente de buf dlaye dans de l'eau; ils croient que cet enduit suffit pour empcher la poussire. Des moissons. LXXII. 3o. La manire de moissonner n'est pas la mme partout. Dans les vastes plaines des Gaules , on se sert d'une grande caisse porte sur deux roues , et dont les bords sont garnis de dents. Un buf attel der- rire cette machine la pousse en avant travers les bls, et les pis enlevs par les dents qui les saisissent tom- bent dans la caisse. En d'autres pays, on coupe le bl mi-chaume avec la faucille, et l'on spare les pis l'aide d'uu double peigne (merges). En d'autres lieux, on arrache le bl jusqu' la racine, el on s'imagine par cette mthode donner dj la terre une lgre faon , 5/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. Ubi feni inopia est, stramento paleam quaerunt. Panici culmo non tcgunt. Milii culmum fere inurunt. Hordei stipulam bubus gratissimam servant. Panicum et milium singnlatira pectine manuali legunt Galliae. Messis ipsa alibi tribulis in area, alibi equarum gres- sibus exteritur , alibi perticis flagellatur. Triticum , quo serius metitur , copiosius invenitur : quo celerius vero , hoc speciosius ac robustius. Lex aptissima antequam granum indurescat, et quum jam traxerit colorem. Ora- culum vero, biduo celerius messem facere potius, quam biduo serius. Siliginis et tritici etiam ratio in area hor- reoque. Far, quia difficulter excutitur, convenit cum palea sua condi : et stipula tantum , et aristis liberatur. Palea plures gentium pro feno utuntur. Melior ea , qu tenuior, minutiorque , et pulveri propior : ideo optima e milio, proxima ex hordeo, pessima ex tritico, praeterquam jumentis opre laborantibus. Culmum saxo- sis locis quum inaruit, baculo frangunt, substrat u ani- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 55 niais on ne fait que lui ter son suc. Voici des usages diffrens relativement la paille : dans les endroits o les maisons en sont couvertes , on coupe le chaume le plus long possible ; dans les cantons o le foin est rare , la paille est employe pour litire. Le chaume du panis ne s'emploie pas couvrir les maisons ; celui du millet se brle presque partout. On conserve la paille de l'orge , parce qu'elle est recherche des bufs. Dans les Gaules on cueille les pis de millet et de panis un un , avec une sorte de peigne qu'on tient la main. Le grain s'obtient, dans certains pays, l'aide d'une espce de chariot qu'on fait passer sur le bl tendu dans l'aire; ailleurs, on le foule aux pieds des chevaux.; ailleurs encore, on le bat au flau. Plus le froment est moissonn tard , plus il est abondant ; plus on se hte de le moissonner, plus il est beau et bien nourri. Le meilleur temps pour moissonner, c'est lorsque le grain commence, durcir , et qu'il a dj pris de la couleur. Une maxime regarde comme un oracle, c'est qu'il vaut mieux faire la moisson deux jours plus tt que deux jours trop tard. Cela s'applique galement au froment et au siligo , qui deviennent plus beaux dans l'aire et le grenier; mais pour le far, comme il n'est pas facile battre , on le serre en pis , aprs en avoir spar le chaume et les artes. Dans plusieurs pays , la paille remplace le foin. La meilleure est celle qui est lgre, mince et presque pul- vrulente. La plus estime est celle du millet, et ensuite celle de l'orge ; la moins bonne est celle du froment, except pour les btes de fatigue. Dans les endroits pierreux, on brise le chaume avec des btons, pour servir de litire au btail. Si la paille manque, on bat 56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. maliiim. Si palea defecit, et culmus teritur. Ratio haec : matiyius desectus, muria diu respersus , dehinc sicca- tus in manipulos convolvitur, atque ita pro feno bubus datur. Sunt qui accendant in arvo et stipulas, magno Virgilii praeconio. Summa autem ejus ratio, ut herba- rum semen exurant. Ritus diversitatem magnitudo facit messium , et caritas operariorum. De frumento servando. LXXIII. Connexa est ratio frumenti servandi. .Hoi- re operose tripedali crassitudine , pariete lateritio , ex- aedificari jubent aliqui. Praeterea superne impleri , ne adflatus admittere, aut fenestras habere ullas. Alii ab exortu tantum stivo, aut septentrione, eaque'sine calce eonstrui , quoniam sit frumento inimicissima : nani qiue de amurca praeceperint , indicavimus. Alibi contra sus- pendunt granaria lignea columnis , et perflari undique malunt , atque etiam a fundo. Alii omnino pendente tabulato extenuari granum arbitrantur : et si tegulis subjaceat, confervescere. Multi ventilari quoque vtant : curculionem enim non descendere infra quatuor digitos, nec amplius periclitari. Columella et Favonium ventuni conferre frumento praecipit : quod miror equidem , sie- eissimum alioqui. Sunt qui rubeta rana in liinine lioriei HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. 57 le chaume. Voici comment se pratique l'oprai ion : on coupe de bonne heure le chaume , on l'arrose long- temps de saumure, et, aprs l'avoir fait scher, on le met en bottes , que l'on donne aux bufs en guise de foin. Il y en a qui brlent le chaume dans le champ mme; Virgile recommande beaucoup cet usage, dont l'objet principal est de dtruire par le feu les semences des mauvaises herbes. La diffrence dans la manire de moissonner tient la grande tendue des terres bl, et la raret des moissonneurs. De la conservation du bl. LXXIII. Nous passons naturellement la manire de conserver le bl. Des auteurs veulent que les murailles des greniers aient trois pieds d'paisseur, et soient con- struites en briques; qu'en outre les greniers n'aient ni fentres ni ouvertures qui donnent passage l'air, et qu'on y jette le bl par en haut. D'autres veulent qu'il n'y ait d'ouvertures que du ct du levant d't ou du septentrion , et que les greniers soient construits sans chaux , parce qu'elle est fort contraire au bl. Nous avons rapport ailleurs les avis qu'ils donnent sur l'emploi de la lie d'huile. En certains endroits les greniers sont en bois , et soutenus en l'air sur des piliers , de manire recevoir le vent de tous cots , mme par dessous ; en d'autres endroits on pense que le bl, mis sur un plan- cher ainsi suspendu dans l'air, diminue de grosseur, et que, plac au grenier sous les tuiles, il s'chauffe. Bien des gens ne veulent pas qu'on remue les. bls , car ils prtendent que le charanon ne pntre jamais plus.de quatre doigts dans le las, et qu'ainsi tout ce qui est au 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. pede e longioribus suspensa , invehere jubeant. Nobis referre plurimum tempestivitas condendi videbitur. Nam si parum tostum atque robustum collectum sit , aut ca- lidum conditum , inimica innasci necesse est. Diuturnitatis causa? plures. Aut in ipsius grani corio, quum est numerosius, ut milio : aut succi pinguedine, qui pro humore suffcit tantum, ut sesamse : aut amaritudine, ut lupino et cicerculae. In tritico maxime nascuntur animalia , quoniam spissitate sua concalescit, et furfure crasso vestitur. Tenuior hordeo palea , exilis et legu- mini : ideo non gnrant. Faba crassioribus tunicis ope- ritur , ob hoc effervescit. Quidam ipsum triticum diu- turnitatis gratia adspergunt amurca, mille modios qua- drantali. Alii Chalcidica aut Carica creta , aut etiam absinthio. Est et Olynthi , ac Cerinthi Eub terra , quae corrumpi non sinat. Nec fere condita in spica lae- duntur. Utilissime tamen servantur in scrobibus , quos si- ros vocant, ut in Cappadocia, et in Thracia. In His- pania et Africa, ante omnia ut sicco solo fiant, curant: HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 5 9 dessous n'a rien craindre. Suivant Columelle , le vent d'ouest est bon pour les bls, et c'est ce qui m'tonne, quoique ce vent d'ailleurs soit trs -sec. Des auteurs prescrivent de suspendre une grenouille rubte par une patte de derrire l'entre du grenier. Pour moi, je pense que le meilleur moyen de conserver le bl est de le serrer en temps convenable; car si on le ramasse avant qu'il soit suffisamment recuit par le soleil , ou avant qu'il soit assez ferme, ou lorsqu'il est chaud , il s'y engendrera ncessairement des insectes nuisibles. Diverses causes contribuent conserver long-temps les grains. Ou la graine est enveloppe de plusieurs tuni- ques, comme dans le millet; ou le suc del graine mme est gras, onctueux , et la tient suffisamment humecte, comme dans le ssame ; ou enfin elle est garantie par son amertume naturelle , comme le lupin et le ci- cercula. C'est surtout dans le froment qu'il s'engendre des insectes ; car, tant plus gros que les autres bls, il s'chauffe facilement ; d'ailleurs son corce est aussi plus paisse. Celle de l'orge est mince, comme aussi celle des lgumes : voil pourquoi ils ne sont pas attaqus des insectes. La fve est revtue d'paisses tuniques ; aussi s'chauffe-t-elle facilement. Quelques-uns, pour conserver le froment , jettent, sur mille boisseaux de ce bl, une amphore de lie d'huile ; d'autres le saupoudrent de craie de Chalcis ou de Carie, et mme d'absinthe. On trouve Olynthe , et Crinthe dans l'le d'Eube , une terre qui empche les grains de se gter. Serrs en pis , ils ne sont presque jamais attaqus. Le moyen le plus sr de les conserver , c'est de les mettre dans des fosses appeles sires (siros), comme on fait en hrace et en Cappadoce. En Espagne et en Afrique, on 6o C. PLINI1 HIST. NAT. LIB. XVIII. mox ut palea substernatur. Praeterea cum spica sua conduntur. Ita frumenta si nullus spiritus penetret , certum est nihil maleficum nasci. Varro auctor est, sic conditum triticum durare annis quinquaginta , milium vero centum. Fabam et legumina in oleariis cadis oblita cinere,longo tempore servari. Idem fabam a Pyrrhi rgis aetate, in quodam specu Ambraciae usque ad piraticum Pompeii Magui bellum durasse , annis cireiter centum viginti. Ciceri tantum null bestiolae in horreis innascun- tur. Sunt qui urceis ciner substratis , et illitis ace- tum habentibus, leguminum acervos superingerant, ita non nasci maleficia credentes. Alii qui in salsamentariis cadis gypso illinant : alii qui lentem aceto laserpitiato respergant , siccatamque oleo inungant. Scd brevissima observatio , quod vitiis carere velis , interlunio lgre. Quare plurimum refert, condere quis malit, an vendere. Crescente enim lima frumenta grandescunt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. fit choisit pour ces fosses un terrain parfaitement sec ; on met de la paille sous le bl, et, de plus, on le serre en pis : de cette manire on est assur, pourvu que l'air ne trouve aucun passage , que le grain n'aura rien craindre des insectes malfaisans. Varron prtend que par cette mthode le froment se garde cinquante ans , et le millet un sicle entier; que les fves et les autres lgu- mineuses se conservent fort long-temps , si on les met dans des tonneaux o il y a eu de l'huile , et qu'on les saupoudre de cendre. Le mme auteur rapporte que , dans une certaine grotte prs d'A.mbracie, un amas de fves s'tait conserv depuis le temps du roi Pyrrhus jusqu' la guerre des pirates par Pompe , c'est--dire environ cent vingt ans. Le pois chiche seul n'a pas redouter dans les gre- niers l'attaque des insectes. Quelques-uns emploient de grands vases de terre qui contiennent encore du vi- naigre ; ils les frottent avec de la cendre, et, aprs les avoir placs sur un lit de mme matire, ils rangent par-dessus les lgumineuses en monceaux , pensant qu'il ne s'y engendrera aucun insecte nuisible. D'autres les enferment dans des barils o l'on a tenu du pois- son sal , et les enduisent de pltre. D'autres arro- sent les lentilles de vinaigre aromatis avec du laser, et , aprs les avoir fait scher , les enduisent d'une couche d'huile. Un moyen plus expditif pour avoir des grains exempts de corruption, c'est de les rcolter quand la lune est en conjonction : aussi est-il trs-important de savoir si l'on rcolte pour vendre ou pour garder; car les bls grossissent dans le croissant de la lune. 6a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. De vindemia, et autumni operibus. LXXIV. 3 1 . Sequitur ex. divisione temporum autum- nus a Fidiculae occasu ad aequinoctium , ac deinde Ver- giliarum occasum , initiumque hiemis. In his intervallis significant , pridie idus augusti Atticae Equus oriens vesperi : iEgypto et Caesari Delphi nus occidens. xi ka- lendas septembris Caesari et Assyriae, Stella quaeVinde- mitor appellatur , exoriri mane incipit , vindemiae ma- turitatem promittens. Ejus argumenturn erunt acini colore mutati. Assyriae v kalendas et Sagitta occidit, et etesiae desinunt. Vindemitor iEgypto nonis exoritur. At- ticae Arcturus matutino , et Sagitta occidit mane. Quinto idus septembris, Caesari Capella oritur vesperi. Arctu- rus vero mdius pridie idus, vehementissimo significatu terra marique per dies quinque. Ratio ejus haec tradi- tur : si Delphino occidente imbres fuerint, non futuros per Arcturum. Signum orientis ejus sideris servetur ln- rundinum abitus : namque deprehensae intereunt. Sexto- decimo kalendas octobris , vEgypto Spica , quam tenet Virgo, exoritur matutino, etesiaeque desinunt. Hoc idem Caesari xiv kalendas , xin Assyriae signihcant : et xi ka- lendas Caesari commissura Piscium occidens , ipsumque aequinoctii sidus vm kalendas octobris. Deinde consen- tiunt (quod est rarum) Philippus, Calippus, Dositheus, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 63 De la vendange et des travaux d'automne. LXXIV. 3i. Pour suivre notre division de l'anne, nous devons dire que l'automne commence au coucher de la Lyre, comprend l'quinoxe de septembre, et s'tend jusqu'au coucher des Pliades, poque du commencement de l'hiver. Dans cet espace de temps, la constellation du Cheval se lve le soir, pour l'Attique, la veille des ides d'aot; le mme jour, selon Csar, le Dauphin se couche pour l'Egypte : cette poque donne lieu des pronos- tics fcheux. Le 1 1 avant les kalendes de septembre , l'toile appele le Vendangeur se lve le matin en Italie et en Assyrie ; elle annonce la prochaine maturit du raisin , qui se reconnat au changement de couleur. Le 5 , la Flche se couche pour l'Assyrie , et les vents tsiens cessent de souffler. Aux nones de septembre , le Vendangeur se lve pour l'Egypte, l'Arcture se lve le matin pour l'Attique , et le matin aussi la Flche se couche. Le 5 avant les ides , la Chvre se lve le soir, selon Csar. La veille des ides , l'Arcture se montre moiti , et cette dangereuse constellation annonce le mauvais temps pour cinq jours sur terre et sur mer. S'il a plu au coucher du Dauphin , il ne pleuvra point au lever de l'Arcture. Un signe qui fait connatre la pro- chaine apparition de l'Arcture , c'est le dpart des hi- rondelles ; s'il les surprend, elles prissent. Le 16 avant les kalendes d'octobre , l'pi de la Vierge se lve le matin en Egypte, et les vents tsiens cessent de souffler. Selon le calendrier de Csar, il ne se lve pour l'Italie que le 1 4, et le i3 pour l'Assyrie. Le 1 1 avant les kalendes, suivant les mmes calculs, le nud du signe des Poissons 64 C. PLINTI HIST. NAT. LIB. XVIII. Parmeniscus , Conon , Criton , Democritus , Eudoxus , iv kalendas octobris Capellam matutino exoriri, et ii[ ka- lenclas Hdos. Sexto nonas octobris Atticae Corona exo- ritur mane. Asiae et Caesari v kalendasHeniochus occidit matutino. Tertio kalendas Caesari Corona exoriri incipit. et postridie occidunt Hdi vesperi. vm Idus octobris Caesari fulgens in Corona Stella oritur. Et ni idus Ver- giliae vesperi. Idibus Corona tota. Sexto kalendas no- vembris Suculae vesperi exoriuntur. Pridie kalendas Cae- sari Arcturus occidit : et Suculae exoriuntur cum sole. Quarto nonas Arcturus occidit vesperi. Quinto idus no- vembris gladius Orionis occidere incipit. Dein m idus Vergili occidunt. In his temporum intervallis opra rustica, napos, ra- phanos serere , quibus diebus diximus. Vulgus agreste et rpa post ciconiae discessum maie seri putat. Nos om- nino post Vulcanalia, et prcocia cum panico. A Fidi- culae autem occasu viciam, faseolos , pabulum : boc si- lente luna seri jubent. Et frondis praeparandae tempus boc est. Unus frondalor quatuor frondarias fiscinas com- plere iti die justum babet. Si decrescente luna praepa- relur, non putrescit : aridam colligi non oportet. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 65 disparat, et le 8 est le jour de l'quinoxe. Quoique les astronomes s'accordent rarement, Philippe, Callippe , Dosithe , Parmnisque , Conon , Criton, Dmocrite , Eudoxe, conviennent que la Chvre se lve le 4 avant les kalendes d'octobre au matin , et les Chevreaux le 3. Le 6 avant les nones du mme mois , la Couronne pa- rat le matin dans l'Attique. Le 5 avant les kalendes , le Cocher se couche le matin pour l'Italie , et pour l'Asie. Le 3, la Couronne commence se montrer, et le lendemain les Chevreaux disparaissent le soir. Le 8 avant les ides d'octobre , selon les calculs du mme Csar , l'toile brillante de la Couronne se lve en Italie; le 3, les Pliades se lvent le soir; le jour des ides, la Cou- ronne se montre tout entire. Le 6 avant les kalendes de novembre, les Hyades se lvent le soir; la veille des kalendes, l'Arclure se couche, et les Hyades se lvent avec le soleil. Le L\ avant les nones , l'Arcture disparat le soir; le 5 avant les ides de novembre, l'pe d'Orion commence n'tre plus visible ; le 3 , les Pliades se couchent. Voici l'ordre des travaux de la campagne dans cette saison. On smera les navets et les raiforts aux jours dj indiqus. Les paysans croient qu'il n'est pas bon de semer des raves aprs le dpart des cigognes. Pour nous, nous sommes d'avis qu'on doit les semer aprs les ftes de Vulcain , et les raves prcoces en mme temps que le panis. Aprs le coucher de la Lyre , on smera les vesces , les fasoles et la drage ; cette dernire , lorsque la lune sera en conjonction. C'est encore le moment de ramasser les feuilles ; un homme peut , dans un jour, en cueillir assez pour remplir quatre cor- beilles. Si la feuille est prise dans le dclin de la lune , xii. 5 66 C. PLIN1I HIS. NAT. LIB. XVII! . Vindemiam antiqui numquam existimavere maturam ante aequinoctium : jam passim rapi cerno. Quamobrem et hujus tempora notis argumentisque signentur. Leges ita se habent : Uvam calidam ne legito, hoc est , in ejus siccitate , ac nisi imber intervenerit. Hanc ne legito rorulentam, hoc est, si ros nocturnus fuerit , nec prius, quam sole discutiatur. Vindemiare incipito, quum ad palmitem pampinus procumbere cperit , aut quum exempto acino ex densitate intervallum non complet! apparuerit, acinum non augeri. Acinos plurimos fert , si contingat crescente luna vindemiare. Pressura una culeos xx implere dbet. Hic est pes justus. Ad totidem culeos et lacus, xx jugeribus unum sufficit torculum. Premunt aliqui singulis , utilius binis , licet magna sit vastitas singulis. Longitudo in his refert , non crassi- tudo : spatiosa melius premunt. Antiqui funibus, vit- tisque loreis ea detrahebant, et vectibus. Intra centum annos inventa Graecanica , mali rugis per cochleas bul- lantibus , palis adfixa arbori Stella , a palis arcas lapi- dum attollente secum arbore : quod maxime probatur. Intra viginti duos hos annos inventum , parvis prelis , et minori torculari, aedificio breviore, et malo in medio decreto , tympana imposita vinaceis superne toto pon- dre urgere, et super prela construere congeriem. HISTOIRE NATURFXLE, LIV? XVIII. 67 elle ne pourrit pas ; mais elle doit tre cueillie avant d'tre sche. Les anciens croyaient que les raisins n'taient jamais mrs avant l'quinoxe ; mais je vois qu'en beaucoup d'endroits aujourd'hui on est plus press de faire les vendanges; aussi dois je en fixer l'poque d'une manire claire et prcise. Voici les rgles suivre. Ne cueillez point le raisin quand il est chaud, c'est--dire sec, mais attendez qu'il ait plu ; ne le cueillez pas lorsqu'il est charg de la rose de la nuit, mais attendez qu'elle ait t dissipe par Te soleil. Commencez vendanger quand vous verrez les pampres s'incliner vers le cep ; ou lors- qu'ayant t un grain d'une grappe fort serre, vous ver- rez qu'il ne grossit point, et que la place qu'il occupait ne se remplit pas Les grappes porteront plus de grains si l'on vendange dans le croissant de la lune. Un seul pressurage doit donner vingt culeus de vin, c'est la juste mesure ; ainsi , raison de ce nombre de culeus et d'au- tant de cuves, un seul pressoir suffit pour vingt arpens de vignes. Quelques-uns ne mettent qu'un seul arbre au pressoir ; mais il vaut mieux eu avoir deux , quoique chacun de ces instrumens soit fort grand. On considre ici la longueur et non l'paisseur, car les plus longs sont ceux qui pressent le mieux. Les anciens serraient leurs pressoirs avec des cordes , des bandes de cuir et des le- viers. Depuis cent ans on a invent les pressoirs la grecque , dont l'arbre est vis ; cet arbre est attache la machine appele l'toile, et qui soutient des quartiers de pierre que l'arbre lve mesure qu'il s'lve lui-mme. Ces, sortes de pressoirs sont les plus estims. Il y a vingt-deux ans qu'on a imagin d'en construire de petits qui tiennent bien moins de place, et dont la vis est au 5. 68 C. PJNII HST. NAT. UB. XVIII Hoc et poma colligendi tempus, et observatio , quum aliquod maturitate , non tempestate , dcident : hoc et faeces exprimendi : hoc et defrutum coquendi silente luna noctu : aut si interdiu , plena : ceteris diebus aut ante exortum luna? , aut post occasum. Nec de novella vite, aut palustri, nec nisi e matura uva , nec nisi foliis de- spumandurn : quia si ligno contingatur vas, adustum ac fumosum fieri putant. Justum vindemiae tempus ab aequinoctio ad Vergiliarum occasum dies xliv. Ab eodem die oraculum occurrit , frigidum picari pro nihiloducen- tium. Sed jam et kalendis januarii , defectu vasorum , vindemiantes vidi , piscinisque musta condi , aut vina efFundi priora , ut dubia reciperentur. Hoc tam saepe proventu nimio evenit , quam saevitia insidiantium ca- ritati civili. Sed aequi patris familias modus est, aniiona cujusque anni uti. Id perque etiam lucrosissimum. Reliqua de vinis affatim dicta sunt. Item vindemia HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. 69 milieu. On met sur le raisin que l'on veut pressurer une sorte de tambour que l'on surcharge le plus qu'il est possible, en y entassant des pierres. C'est aussi dans cette saison qu'il faut cueillir les fruits; on connatra le moment convenable quand on en verra quelques-uns qui seront tombs de maturit , sans que le vent les ait abattus. C'est encore le moment d'exprimer la lie de vin et de faire le raisin. On devra le faire cuire pendant la nuit si la lune est en conjonc- tion , et pendant le jour si elle est pleine; toute autre poque , l'opration n'aura lieu qu'avant le lever de la lune , ou aprs son coucher. Le raisin ne devra pas tre pris d'une vigne nouvelle ou marcageuse , mais il faudra qu'il soit bien mr. On n'cumera le raisin qu'avec un rameau de feuilles , car si l'on y touchait avec un instrument de bois, il sentirait, dit-on, le brl ou la fume. Le vritable temps des vendanges dure depuis l'quinoxe jusqu'au coucher des Pliades, c'est- -dire quarante-quatre jours. Une maxime des vigne- rons, c'est que, pass cette poque, il serait inutile de poisser les tonneaux cause du froid. J'ai vu cependant des gens ne vendanger qu'au commencement de janvier ; faute de vaisseaux , mettre le vin dans de simples r- servoirs , ou rpandre le vin vieux des tonneaux pour faire place des vins d'une qualit douteuse. Ces in- convniens sont aussi bien la suite d'une rcolte trop abondante , que le rsultat d'une avarice impitoyable qui spcule sur la chert publique ; mais un honnte pre de famille borne ses dsirs et se contente du pro- duit de l'anne , et certes le gain n'est pas moins con- sidrable. Nous avons parl avec assez de dtails de ce qui con- 7 o C. PLINII HLST. NAT. LIB. XVIII. lac ta olivam esse rapiendain, et quae ad oleum pertinent, quaeque ad Vergiliarum oceasum agi debent. Lunaris ratio. LXXV. 3a. His, quae sunt necessaria adjicientur de luna , ventisque , et praesagiis, ut sit tota sideralis ratio perfecta. Namque Virgilius etiam in numros lunac digerenda quaedam putavit, Democriti secutus ostenta- tionem. Nos legum utilitas, quae in toto opre, in hac quoque movet parte. Omnia quae caeduntur, carpuntur, conduntur, inno- centius decrescente luna , quam crescente funt. Ster- cus , nisi decrescente luna , ne tangito. Maxime inter- menstruadimidiaquestercorato. Verres, juvencos,arietes, hdos , decrescente luna castrato. Ova luna nova sup- ponito. Scrobes luna plena noctu facito. Arborum ra- dies luna plena operito. Humidis locis interlunio serito, et circa interlunium quatriduo. Ventilari quoque fru- menta ac legumina , et condi circa extremam lunain jubent: seminaria, quum luna supra terrain sit, fieri : calcari musta , quum luna sub terra : item niaterias caedi , quaeque alia suis locis diximus. Neque facilior est observatio ac jam dicta a nobis secundo volumine: sed HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. 71 cerne les vins , et fait observer qu'immdiatement aprs la vendange il faut hter la rcolte des olives* Nous avons pareillement trait des huiles , et de tout ce qu'il faut faire jusqu'au coucher des Pliades. Thorie des lunaisons. LXXV. 32. Nous allons maintenant ajouter ici quel- ques observations ncessaires sur la lune , les venls et les prsages , pour complter nos remarques astrono- miques. Virgile mme , se conformant aux principes de Dmocrite , a cru que, pour certaines oprations agri- coles , il fallait faire uue distinction entre les diffrens jours de la lune; pour nous, nous ne voulons consigner ici, comme dans tout le reste de cet ouvrage , que des prceptes d'une utilit relle. S'il s'agit de tailler ou de couper, de cueillir et de serrer , ces oprations s'excutent mieux dans le dclin de la lune que dans le croissant. Ne touchez au fumier que dans le dclin. Pour fumer vos terres, choisissez surtout le moment o la lune est en conjonction ou dans son premier quartier. Chtrez les verrats, les tau- reaux, les bliers et les boucs dans le dclin. Mettez les ufs couver quand la lune est nouvelle. Creusez les fosss la nuit, quand elle est dans son plein. Rechaussez les arbres dans la pleine-lune. Semez dans les lieux hu- mides lorsqu'elle est en conjonction , ou bien le qua- trime jour soit avant, soit aprs. On recommande de vanner les bls ou les lgumineuses, et de les serrer sur la fin de la lune ; de faire les ppinires lorsqu'elle est sur l'horizon , et de fouler les raisins lorsqu'elle est au dessous , comme aussi de couper les bois et d'excuter 7 a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. quod intelligere vel rustici possint, quoties ab occidente sole cernetur, prioribusque noctis horis lucebit , cres- cens erit, et oculis dimidiata judicabitur : quum vero occidente sole orietur ex adverso , ita ut pariter aspi- ciantur , tum erit plenilunium. Quoties ab ortu solis orietur, prioribusque noctis horis detrahet lumen, et in diurnas extendet, decrescens erit, iterumque dimidia. In coitu vero (quod interlunium vocant) quum apparere desierit. Supra terras autem erit, quamdiu et sol, inter- lunio, et prima tota die : secunda , horae unius dextante sicilico : ac deinde tertia usque ad quintamdecimam , multiplicatis horarum iisdem portionibus : quintade- cima tota supra terras noctu erit , eademque sub terris tota die. Sextadecirna ad primae horae nocturnae dex- tantem sicilicum sub terra aget , easdemque portiones horarum per singulos dies adjiciet usque ad interlu- nium. Et quantum primis partibus noctis detraxerit , quod sub terris agat, tantumdem novissimis ex die ad- jiciet supra terram. Alternis autem mensibus xxx im- plebit numros , alternis vero detrahet singulos. Haec erit ratio lunaris. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. 7 3 les autres travaux que nous avons dj indiqus. Le cours de cet astre n'est pas facile observer; d'ailleurs, nous en avons trait dans le deuxime livre. Mais voici quelques remarques la porte mme des simples vil- lageois. Quand on voit la lune du ct du soleil cou- chant , et qu'elle claire pendant les premires heures de la nuit, c'est alors son croissant, et on voit la moiti de son disque. Quand elle se lve en mme temps que le soleil se couche, et qu'elle est en opposition avec lui, de sorte que l'on voit la fois les deux astres , c'est alors la pleine-lune. Quand elle se lve du ct de l'o- rient, qu'elle n'claire que pendant les dernires heures de la nuit, et se montre une partie du jour, c'est son dclin , pendant lequel elle ne laisse voir que la moiti de son disque. Lorsqu'elle cesse tout--fait de se mon- trer, c'est la conjonction ou l'interlune. Pendant ce temps et tout le premier jour , elle reste sur l'horizon autant que le soleil. Le deuxime jour elle y demeure dix douzimes et un quart de la premire heure de la nuit. Le troisime jour, elle y reste un temps double, et ainsi, dans la mme proportion, jusqu'au quinzime jour ; alors elle est toute la nuit sur l'horizon , et pen- dant tout le jour au dessous. Le seizime jour elle ne se lve qu'au bout de dix douzimes et un quart de la premire heure de la nuit, et chaque jour elle retarde son lever dans la mme proportion, jusqu' la con- jonction. Ainsi , autant d'heures de la nuit elle rcsle sous l'horizon sans clairer, autant d'heures du jour suivant elle parat sur l'horizon aprs avoir clair le reste de la nuit. Au surplus , de deux mois l'un , son cours est alternativement de vingt-neuf et de trente jours. Telle est la thorie des lunaisons. 74 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. Ventorum ratio. LXXVI. 33. Ventorum paulo scrupulosior.Observato solis ortu quocumque libeat die , stantibus hora diei sexta , sic ut ortum eum a sinistro humero habeant , contra mediam faciem meridies, a vertic septentrio erit. Qui ita limes per agrum currit, cardo appellatur. Cir- cumagi deinde melius est , ut umbram suam quisque cernt : alioqui post hominem erit. Ergo permutatis la- teribus, ut ortus illius diei a dextro humero fit , oc- casus a sinistro , tune erit hora sexta , quum minima umbra contra mdium fiet hominem. Per hujus mediam longitudinem duci sarculo sulcum : vel cinerc lineam . verbi gratia, pedum viginti conveniet : mediamque men- suram, hoc est, in decimo pede, circumscribi circulo parvo, qui vocetur umbilicus. Quae pars fuerit a vertice umbrae, haec erit ventus septentrionalis. Illo tibi, puta- tor, arborum plagae ne spectent, neve arbusta vineaeve, uisi in Africa, Cyrenis, iEgypto. Illinc fiante ne arato, quaeque alia prsecipimus. Quae pars lineae fuerit a pedi- bus umbrae, meridiem spectans, haec ventum Austrum dabit, quem aGraecis Notum diximus vocari. Illinc flatu veniente, materiam vineamque, agricola, ne tractes. Hu- midus aut aestuosus Italiae est. Africae quidem incendia eu m serenftate adfert. In hune Italiae palmites spectent, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 75 I Des vents , relativement l'agriculture. LXXVJ. 33. La connaissance des vents offre un peu plus de difficult. Aprs avoir observ l'endroit o le soleil se lve , il faut vers la sixime heure ( midi ) , n'importe quel jour, se placer de manire que le le- vant soit gauche , alors on aura en face le midi , et dos le septentrion. Le sentier qui traverse un champ dans cette direction s'appelle cardinal. L'observateur fera bien ensuite de se retourner pour voir son ombre, autrement elle demeurerait derrire lui. Dans cette po- sition, inverse de la premire, il aura le levant droite, le couchant gauche , et il reconnatra prcisment la sixime heure ( ou l'heure de midi ) lorsqu'il aura di- rectement devant lui l'ombre la plus courte. Alors, avec un sarcloir ou avec de la cendre, il faut tracer une ligne qui passe par le milieu de la longueur de l'ombre, et qui ait , par exemple , vingt pieds de long ; au milieu de cette mesure, c'est--dire au dixime pied, on tracera un petit cercle que l'on appelle centre (ombilic). La portion de ligne qui sera du ct de la tte de l'ombre indiquera le vent du nord. Ceux qui taillent les arbres auront soin que les coupures ne regardent point de ce ct, ni les arbres qu'on mari.e la vigne, ni les vignes elles-mmes, except en Afrique , en Egypte et dans la Cyrnaque. Quand ce vent souffle, on ne doit ni labourer la terre, ni vaquer aux travaux dont nous allons parler. La por- tion de ligne qui termine l'ombre aux pieds de l'obser- vateur, et qui se dirige vers le midi, marquera le vent du sud , ou X Auster , que les Grecs appellent Notas. Lorsque ce vent souffle , il ne faut ni tailler la vigne 76 C. PL1NII HIST. NAT. LIB. XVIII. sed non plagae arborum vitiumve. Hune oliveti metator Vergiliarum quatriduo , hune caveat insitor calamis , gemmisque inoculator. De ipsa regionis ejus hora prae- monuisse conveniet. Frondem mdia die, arborator, ne caedito. Quum meridiem adesse senties , pastor , aestate contrahente se umbra, pecudem a sole in opaca cogito. Quum asstate pasces, in occidentem specta ante meri- diem, post meridiem in orient em : aliter noxium, sicut hieme et vere, si in rorulentum duceres. Ne contra sep- tentrionem paverissupradictum. Clodunt ita, lippiuntve ab adflatu, et alvo cita pereunt. Qui feminas concipi voles, in hune ventum spectantes iniri cogito. Limitatio agrorum. LXXVII. 3/4- Diximus ut in mdia linea designare- tur umbilicus. Per hune mdium transversa currat alia. Haec erit ab exortu aequinoctiali ad occasum aequinoctia- lem : et limes qui ita secabit agrura, decumanus voca- bitur. Ducantur deinde aliae du lineae in dusses obli- quae , ita ut a septentrionis dextra laevaque ad Austri HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 77 ni couper les bois. En Italie, ce vent est chaud ou hu- mide. En Afrique , il est sec , mais brlant. Il faudra en Italie que les ceps regardent de ce ct , mais non les coupures qu'on fait aux arbres ou la vigne en les taillant. En plantant des oliviers , on devra se mettre contre ce vent durant les quatre jours du lever des Pliades, et aussi en greffant en cusson ou en fente. Il est propos d'avertir, par rapport cette mme con- tre , de ne point couper de feuilles au milieu du jour. En t, lorsqu'un berger verra que l'ombre devient fort courte et que l'heure de midi approche , il mnera son troupeau dans un endroit couvert et l'abri du so- leil; en t , il fera patre le btail du ct du couchant, avant midi ; et aprs midi , du ct du levant , autre- ment il se trouverait aussi mal que si on le menait en hiver ou au printemps dans un pturage charg de rose. On ne fera point patre les bestiaux contre le vent du nord ; il leur fait tenir les yeux ferms , leur cause la chassie, et mme un flux de ventre qui les fait prir. Cependant, si l'on veut avoir des femelles, il faut que les mres soient tournes du ct du nord pendant l'accouplement. Manire de tracer les rumbs des vents dans un champ. LXXVII. 34. Nous avons dit qu'au milieu de la ligne appele cardinale, il fallait tracer un petit cercle ou ombilic. Il faut maintenant tirer par le centre de ce cercle une ligne qui le coupe transversalement. Cette seconde ligne ira du levant quinoxial au couchant quinoxial. La route qui traverse un champ dans cette direction prend le nom de dcumane. On doit ensuite , dans ce mme cercle , tracer deux autres lignes obliques 78 C PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. dextram laevamque descendant. Omnes per eumdem cur- rant umbilicum , omnes inter se pares sint , omnium intervalla paria. Quse ratio semel in quoque agro , in- eunda erit : vel si saepius libeat uti e ligno facienda , re- gulis paribus in tympanum exiguum , sed circinatum adactis. Ratione qua doceo, occurrendum ingeniis quo- que imperitorum est. Meridiem excuti placet , quoniam semper est idem : sol autem quotidie ex alio caeli rao- mento , quam pridie , oritur : ne quis forte ad exorlum capiendam putet lineam. Ita caeli exacta parte, quod fuerit lineae caput sep- tentrioni proximum a parte exortiva solstitialem habe- bit exortum, hoc est, longissimi diei, ventumque Aqui- lonem , Boream Graecis dictum. In hune ponito arbores vitesque. Sed hoc fiante ne arato : frugem ne serito : semen ne jacito. Praestringit enim atque percellit hic radies arborum , quas positurus adferes. Praedoctus esto : alia robustis prosunt , alia infantibus. Nec sum oblitus, in hac parte ventum Graecis poni , quem Cae- ciam vocant. Sed idem Aristoteles , vir immensae subti- litatis , qui id ipsum fecit, rationem convexitatis mundi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 79 en sautoir, de manire que l'une s'tende du ct droit du septentrion au ct gauche du midi , et l'autre du ct droit du midi au ct gauche du septentrion. Toutes ces lignes doivent passer par le centre du pe- tit cercle , tre d'gale grandeur , et galement loi- gnes l'une de l'autre. Il faudra, au moins une fois dans chaque champ, marquer de la sorte la direction des vents. Pour la reconnatre volont , on n'aura qu' tracer sur un rond de bois quatre lignes qui se croi- sent au centre, d'gale longueur, et pareille distance l'une de l'autre. Mais, en donnant cette mthode, je dois prmunir les gens simples et ignorans contre une erreur o ils pourraient tomber. Je les laisserai bien tracer la ligne du midi , car le midi ne change jamais ; mais je les avertirai que le soleil ne se lve jamais deux jours de suite dans le mme endroit du ciel. Ainsi , en tirant les lignes , on ne doit tenir aucun compte de l'ombre qui vient du levant. Aprs avoir partag de la sorte les rgions du ciel , on trouvera que la tte de la ligne qui avoisine le sep- tentrion du ct du levant marque l'orient d't, c'est- -dire l'endroit o le soleil se lve au plus long jour de l'anne ; et la direction de l'aquilon que les Grecs ap- pellent Bore. Placez du ct de ce vent les arbres el les vignes ; mais, pendant qu'il souffle , gardez-vous de labourer la terre, de semer aucune espce de grain, de replanter mme , car il dessche et tue les racines des plantes pendant le transport. Soyez averti d'avance que parmi les vents il en est qui font du bien aux vieux arbres, et d'autres aux jeunes. Je n'ignore pas que les auteurs grecs placent aussi entre le septentrion et 1 o- rient le vent qu'ils appellent Ccias. Parmi eux on re- 8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. reddit , qua contrarius Aquilo Africo flat. Nec tamen eum toto anno in praedictis timet agricola. Mollitur si- dre aestate mdia , mutatque nomen , etesias vocatur. Ergo quum frigidum senties , caveto : ac quacumque Aquilo prdicitur, tanto perniciosior septentrio est. In hune Asiae, Graeciae, Hispani, maritimae Italiae, Cam- paniae , Apuli arbusta vineaeque spectent. Qui mares concipi voles , in hune pascito , ut sic ineuntem iueat. Ex adverso Aquilonis ab occasu brumali Africus flabit, quem Graeci Liba vocant. In hune a coitu quum se pecus circumegerit , feminas conceptas esse scito. Tertia a septentrione linea , quam per latitudinem umbr duximus , et decumanam vocavimus , exortum habebit quinoctialem , ventumque subsolanum , Gra?- cis Apelioten dictum. In hune salubribus locis villae vineque spectent. Ipse leniter pluvius : tamen est sic- cior Favonius, ex adverso ejus ab quinoctiali occasu, Zephyrus Grascis nominatus. In hune spectare oliveta Cato jussit. Hic ver inchoat, aperitque terras tenui fri- gore saluber. Hic vites putandi, frugesque curandi, ar- bores serendi , poma inserendi , oleas tractandi jus dabit, adflatuque nutritium exercebit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 8r marque Aristote, ce gnie si profond qui a expliqu, par la convexit du monde, pourquoi l'Aquilon soufflait dans une direction oppose l'Africus. Au reste, l'Aqui- lon n'est pas craindre toute l'anne pour le laboureur : au milieu de l't, sa temprature est adoucie par la Canicule ; alors il change de nom , et s'appelle vent tsien. Ainsi , quand vous sentirez qu'il est froid , vous devez vous en dfier. Ce que nous disons de l'Aquilon s'applique au vent du septentrion, qui est plus nuisible encore. En Asie , en Grce , en Espagne , sur les ctes de l'Italie, dans la Campanie et PApulie , les vignes et les arbres , auxquels on les marie , doivent tre exposs lWquilon. Si vous voulez avoir des animaux mles , il faut que l'talon ait la tte tourne contre ce vent en couvrant la femelle. L'Africus , en grec Libjs , souffle du couchant d'hiver dans un sens contraire l'Aquilon. Quand une femelle , aprs l'accouplement , se tourne du ct de ce vent, soyez sr qu'elle donnera des fe- melles. La troisime ligne partir du septentrion, qui coupe l'ombre dans sa largeur, et que nous avons appele dcumane, marquera l'orient quinoxial, et le vent ap- pel en latin Subsolanus , en grec Apeliotes. Dans les lieux o l'air est sain, les mtairies et les vignes doivent regarder de ce ct. Il amne des pluies lgres. Au con- traire, le vent Favonien, qui souffle du couchant qui- noxial, est sec : les Grecs l'appellent Zphyr. Caton recommande de placer de ce ct les oliviers. C'est le zphyr qui donne naissance au printemps et qui ouvre le sein de la terre : il est un peu froid , mais il est sain. C'est lui qui dcide du moment de tailler la vigne , de sarcler les bls, de planter et de greffer les arbres, de xit. 6 8a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. Quarta a septentrione linea , eadem Austro ab exor- tiva parte proxima , brumalem liabebit exortum , ven- tumque Vulturnum , Eurum Graecis dictum , sicciorem et ipsum , tepidioremque. In hune apiaria et vineae Ita- liae, Galliarumque, spectare debent. Ex adversoVulturni flabit Corus , ab occasu solstitiali et occidentali latere septentrionis , Graecis dictus Argestes , ex frigidissimis et ips^e , sicut omnes qui a septentrionis parte spirant. Hic et grandines infert, ca vendus et ipse, non secus ac septentrio. Vulturnus si a serena caeli parte cperit flare, non durabit in noctem : at Subsolanus in majorem par- tem noctis extenditur. Quisquis erit ventus , si fervidus sentietur, pluribus diebus permanebit. Aquilonem prae- nuntiat terra siccescens repente , Austrum humescens rore occulto. Prognostica : a sole. LXXVIII. 35. Etenim praedicta ventorum ratione, ne saepius eadem dicantur, transire convenit ad reliqua tempestatum praesagia, quoniam et hoc placuisse Vir- gilio magnopere video. Siquidem in ipsa messe saepe concurrere preelia ventorum damnosa imperitis refert. Tradunt eumdem Democritum metente fratre ejus Da- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 83 s'occuper des oliviers : son premier souffle est le signal des travaux les plus actifs. La quatrime ligne , partir du septentrion , qui avoisine le midi du ct du levant , indiquera l'orient d'hiver , et le vent Vulturne , que les Grecs nomment Eurus. Ce vent est chaud et sec. Dans l'Italie et dans les Gaules , on doit choisir cette exposition pour les ruches et pour les vignes. Le Corus des Latins, ou XArgestes des Grecs , souffle en sens contraire , du ct du couchant d't , droite du septentrion. Il est trs-froid , de mme que tous les vents septentrionaux. Il amne des grles, et l'on doit autant s'en mfier que du vent du nord mme. Si le ciel est serein du ct o le Vulturne commence souffler, il cessera avant la nuit; mais le Subsolanus dure pendant la plus grande partie de la nuit. Au reste, tout vent, quel qu'il soit, qui amne de la chaleur, se soutient plusieurs jours de suite. Lorsque la terre se sche tout coup , c'est l'annonce du vent du nord ou de l'Aquilon ; lorsqu'elle devient humide sans cause apparente, c'est une marque qu'il soufflera un vent du sud. Pronostics tirs du solei. LXXVIII. 35. Aprs avoir indiqu les prsages tirs des vents, nous devons^ pour viter les rptitions inutiles, passer aux autres signes qui nous font connatre l'tat futur du temps. Virgile attache cette connaissance beaucoup d'importance, et il prend soin de nous avertir que, dans le temps mme de la moisson r les vents dchans se livrent entre eux des combats qui causent la ruine de ceux qui n'ont pas su les prvoir. On raconte que Da- 6. 84 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. maso ardentissimo stu orasse, ut reliqu segeti parce- ret , raperetque desecta sub tectum , paucis mox horis saevo iinbre vaticinatione adprobata. Quin immo et arun- dinem non nisi impendente pluvia seri jubent, et fruges insecuturo imbre. Quamobrem et haec breviter attinge- mus, scrutati maxime pertinentia. Primumque a sole capiemus praesagia. Purus oriens , atque non fervens, serentim diem nuntiat : at hibernam pallidus grandinem. Si et occidit pridie serenus, et ori- tur , tanto certior fides serenitatis. Concavus oriens pluvias praedicit : idem ventos , quum ante exorientem eum nubes rubescunt : quod si et nigrae rubentibus in- tervenerint, et pluvias. Quum orientis atque occidentis radii rubent , coire pluvias. Si circa occidentem rubes- cunt nubes , serenitatem futur diei spondent. Si in exortu spargentur partim adAustrum, partim ad Aqui- lonem, pura circa eum serenitas sit licet, pluviam ta- men ventosque significabunt. Si in ortu aut in occasu contracti cernentur radii , imbrem. Si in occasu ejus pluet, aut radii in se nubem trahent, asperam in proxi- mum diem tempestatem significabunt. Quum oriente radii non illustres eminebunt, quamvis circumdati nube non sint, pluviam portendent. Si ante exortum nubes HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 85 mase , frre de Dmocrite , faisant couper ses bls pen- dant un temps fort chaud , le philosophe le pressa d'interrompre son travail , et de mettre promptement couvert ce qui tait dj coup , parce que , dans quelques heures, il allait tomber une pluie violente, et l'vnement justifia sa prdiction. On recommande mme de ne planter les roseaux et de ne semer les grains qu'un peu avant les pluies. Ainsi, nous allons traiter des pronostics , mais en peu de mots , et en nous arrtant seulement aux principaux. Nous commencerons par ceux que donne le soleil. Lorsqu'il est brillant son lever, sans tre fort chaud, il annonce un beau jour; quand il est ple, c'est signe de grle et de tempte. S'il est brillant son coucher et son lever du lendemain , on est encore plus assur d'a- voir un beau jour. Lorsqu'en se levant il parat comme enfonc dans un nuage, c'est marque de pluie. Lorsque avant son lever on aperoit des nues rouges , c'est signe de vent ; les nuages noirs parmi les rouges an- noncent de la pluie. Lorsque les rayons du soleil pa- raissent rouges, soit son lever, soit son coucher, les pluies seront abondantes. Si les nues qui environnent le soleil son coucher sont rouges, elles promettent un beau lendemain. Si au lever du soleil les nuages sont rpandus vers le midi ou vers le nord , quoique le ciel soit serein autour de l'astre , il y aura de la pluie et du vent. Si pendant son lever ou son coucher ses rayons paraissent raccourcis, c'est signe de pluie. S'il pleut son coucher, et que les rayons attirent eux les nuages, on doit s'at- tendre un violent orage pour le lendemaiu. Si au lever du soleil les rayons ne sont ni vifs ni brillans , n'y et-il pas mme de nuages l'entour, c'est un signe de pluie 86 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XVIII. globabuntur, hiemem asperam denuntiabunt. Si ab ortu repellentur, et ad occasum abibunt, serenitatem. Si nu- bes solem circumcludent , quanto minus luminis relin- quent, tanto turbidior tempestas erit : si vero etiam duplex orbis fuerit, eo atrocior. Quod si in exortu fiet, ita ut rubescant nubes , maxima ostendetur tempestas. Si non ambibunt , sed incumbent , a quocumque venta fuerint, eum portendent. Si a meridie, et imbrem. Si oriens cingetur orbe, ex qua parte is se aperit, exspec- tetiir ventus. Si totus defluxerit qualiter, serenitatem dabit. Si in exortu longe radios per nubes porriget, et mdius erit inanis, pluviam significabit. Si ante ortum radii se ostendent, aquam et ventum. Si circa occiden- tem candidus circulus erit, noctis levem tempestatem : si nebula , vehementiorem : si candente sole , ventum : si ater circulus fuerit , ex qua regione is ruperit se , ventum magnum. A luna. LXXIX. Proxima sin,t jure lun prsagia. Quartam eam maxime observt iEgyptus. Si splendens exorta puro nitore fulsit, serenitatem : si rubicunda , ventos : si nigra ; pluvias portendere creditur. In quinta cornua ejus obtusa , pluviam : erecta et infesta ventos semper HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 87 Si avant le lever du soleil les nuages sont rassembls en pelotons , c'est marque d'une grande tempte ; s'ils s'loignent de l'orient et se portent l'occident, la jour- ne sera belle. Si les nues entourent le soleil , plus elles l'obscurciront , plus la tempte sera forte ; si elles forment autour de lui un double cercle, elle sera plus terrible encore. Si c'est au lever du soleil , et que les nues soient rouges, c'est signe d'un violent orage. Si les nuages n'environnent pas le soleil, mais le pressent seulement, elles annoncent qu'il y aura du vent de ce ct; places du ct du midi , elles annoncent en outre de la pluie. Si le soleil son lever est entour d'un cercle , on doit attendre du vent du ct o le cercle s'ouvrira ; s'il disparat tout la fois , on aura du beau temps. Si le soleil en se levant jette au loin ses rayons travers les nues, et que le centre de son disque soit dcouvert, c'est un signe de pluie. Si les rayons se montrent avant son lever , il y aura de la pluie et du vent. S'il est en- vironn son coucher d'un cercle blanc , il y aura un faible orage la nuit prochaine. S'il est environn d'un nuage, l'orage sera plus fort. S'il parat blanc, il y aura du vent. S'il est entour d'un cercle noir , il s'lvera un vent violent du ct o le cercle rompra. De la lune. LXXIX. Les prsages tirs de la lune tiennent sans contredit le premier rang. En Egypte , on observe par- ticulirement le quatrime jour de la lune : si elle pa- rat, son lever, brillante d'un clat net et pur, le temps sera beau ; si au contraire elle est rougetre , il y aura du vent ; si elle est noirtre , c'est un signe de 88 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XV11I. signifcant : quarta tamen maxime. Cornu ejus septen- trionale acuminatum atque rigidum , illum prsagit ventum : inferius , Austrum : utraque recta , noctem ventosam. Si quartam orbis rutilus cingit , ventos et imbres prmonebit. Apud Varronem ita est : si quarto die luna erit directa , magnam tempestatem in mari prsagiet , nisi si coronam circa se habebit , et eam sinceram : quo- niam illo modo non ante plenam lunam hiematurum ostendit. Si plenilunio per dimidium pura erit , dies serenos significabit : si rutila , ventos : nigrescens , imbres. Si calrgo orbis nubem incluserit , ventos , qua se ruperit : si gemini orbes cinxerint , majorem tempestatem. Et magis , si trs erunt, aut nigri, inter- rupti atque distracti. Nascens luna, si cornu superiore obatrato surget , pluvias decrescens dabit : si inferiore , ante plenilunium : si in mdia nigritia illa fuerit , im- brem in plenilunio. Si plena circa se habebit orbem , ex qua parte is maxime splendebit , ex ea ventum os- tendet. Si in ortu cornua crassiora fuerint, horridam tempestatem. Si ante quartam. non apparuerit , vento Favonio fiante, hiemalis toto mense erit. Si sextadecima vehementius flammea apparuerit , asperas tempestates HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 8g pluie. Le cinquime jour, si les cornes du croissant sont mousses, c'est une marque de pluie; si elles sont dresses et aigus, c'est toujours un signe de vent, mais surtout le quatrime jour. Si la corne septentrionale est droite et allonge en pointe , le vent vient du nord ; si c'est la corne mridionale, le vent souffle du midi; si les deux cornes sont droites , il y a du vent pendant la nuit. Si la lune , son quatrime jour , est entoure d'un cercle rouge , elle pronostique le vent et la pluie. Passons maintenant aux remarques de Varron. Au quatrime jour, si la lune a les cornes droites , elle pr- sage une grande tempte sur mer, moins qu'il n'y ait un cercle autour du croissant, et que ce cercle ne soit net; dans ce cas , il n ? y aura pas de mauvais temps avant la pleine-lune. Si la lune dans son plein parat claire dans la moiti de son disque , le temps sera beau ; si elle parat rouge, c'est signe de vent; si elle est noirtre, c'est signe de pluie. Si l'on voit autour du croissant un cercle sombre et obscur, il y aura du vent du ct o il se rompra; s'il y a deux cercles, c'est signe d'un plus grand orage, et d'un orage plus violent encore s'il y en a trois , ou si les nues sont noires , spares et dis- perses. Si la corne suprieure de la nouvelle lune pa- rat noirtre au lever de l'astre , on aura de la pluie au dclin ; si c'est la corne infrieure , il pleuvra avant la pleine-lune; si c'est le centre du croissant, il pleuvra dans la pleine-lune. Si l'on voit un cercle autour de la pleine-lune, il viendra du vent du ct o ce cercle pa- ratra plus brillant. Si au lever de la lune les cornes sont grosses , c'est une marque d'un violent orage. Si la lune ne se montre pas avant le quatrime jour, et que le vent favonien souffle , il y aura du mauvais temps f)o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. praesagiet. Sunt et ipsius lunae octo articuli, quoties in angulos solis incidit, plerisque inter eos tantum obser- vantibus prsagia ejus, hoc est, tertia , septima , un- decima, quintadecima , nonadecima, vigesimatertia, vi- gesimaseptima , et interlunium. A stellis. LXXX. Tertio loco stellarum observationem esse oportet. Discurrere eae videntur interdum , ventique prolinus sequuntur , in quorum parte ita prsagivere. Cselum quum aequaliter totum ent splendidum , articu- lis temporum , quos proposuimus , autumnum serenum praesagibunt, et frigidum. Si ver et stas non sine riguo aliquo transierint , autumnum serenum et densum , minusque ventosum facint. Autumni serenitas ventosam liiemem facit. Quum repente stellarum fulgor obscura- tur , et id neque nubilo , neque caligine , pluvia aut graves denuntiantur tempestates. Si volitare plures stell videbuntur, quo feruntur albescentes, ventos ex iis par- tibus nuntiabunt. Aut si cursitabunt , certos : si id in pluribus partibus fiet , inconstantes ventos effundent. Si stellarum errantium aliquam orbes incluserint, im- bres. Sunt in signo Cancri du stell parv, AselU HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. gi pendant toute la lunaison. Si la lune, au seizime jour, parat plus enflamme que de coutume , on doit s'at- tendre a de violens orages. Il y a dans chaque lunaison huit poques particulires o la lune se rencontre en certain aspect avec le soleil ; les observateurs n'ont gard qu'aux prsages tirs dans les intervalles des jours dont nous parlons : ce sont les troisime , septime , onzime , quinzime, dix-neuvime, vingt-troisime, vingt-septime jours , et celui o elle est en conjonction. Des toiles. LXXX. Viennent en troisime lieu. les prsages .tirs des toiles. On voit quelquefois des toiles courir d'un endroit l'autre ; c'est signe qu'aussitt aprs il s'l- vera des vents dans la mme direction. Quand le ciel est galement brillant et serein partout aux poques que nous venons d'indiquer, c'est une marque que l'au- tomne sera beau et froid. Si le printemps et l't sont un peu pluvieux , l'automne sera beau , il n'y aura pas de vent, mais des brouillards. Un bel automne prsage du vent pour l'hiver. Quand les toiles plissent tout coup, quoiqu'il n'y ait ni brouillards ni nuages, c'est signe de pluie ou de violens orages. Si l'on voit voler des toiles suivies d'une trane de lumire, il y aura du vent dans la mme direction ; si on les voit courir dans le mme sens , les vents seront constans ; ils seront in- constans si les toiles voltigent dans des directions di- verses. Si l'on voit des cercles autour d'une des plantes, c'est un signe de pluie. Il y a dans la constellation de l'Ecrevisse deux petites toiles appeles Aselli , entre lesquelles se trouve comme une petite nue nomme y C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. appellatae , exiguum inter illas spatium obtinente nubtv cula , quam Praesepia appellant. Hc quum caelo sereno apparere desierit, atrox hiems sequitur. Si alteram earum Aquiloniam caligoabstulit, Auster saevit: si Austrinam, Aquilo. Arcus quum sunt duplices , pluvias nuntiant : a pluviis, serenitatem non perinde certam : circuli uovi circa sidra aliqua, pluviam. A tonitribus. LXXXI. Quum sestate vehementius tonuit quam fui- sit , ventos ex ea parte denuntiat : contra si minus tonuit , imbrem. Quum sereno caelo fulgetrae erunt et tonitrua , abhiemabit. Atrocissime autem, quum ex omnibus qua- tuor partibus caeli fulgurabit. Quum ab Aquilone tan- tum, in posterum diem aquam portendet. Quum a sep- tentrione , ventum eum. Quum ab Austro , vel Coro , aut Favonio , nocte serena fulguraverit, ventum et im- brem ex iisdem regionibus demonstrabit. Tonitrua ma- tutina ventum signifcant, imbrem meridiana. A nubibus. LXXXII. Nubes quum sereno caelo feruntur, a qua- cumque parte id fiet, exspectentur venti : si eodem loco globabunlur , adpropinquante sole discutientur. Et hoc si ab Aquilone fit , ventos : si ab Austro , imbres por- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 9 3 prsepc ( crche ). Lorsque cette nue ne parat pas, le ciel tant clair et serein, c'est le prsage d'une violente tempte. Si l'une de ces deux toiles, la septentrio- nale , par exemple , est cache par des brouillards , on aura le vent du midi ; si c'est la mridionale , le vent du nord. Quand l'arc-en-ciel est double , c'est signe de pluie ; s'il se montre aprs la pluie , c'est la marque d'un beau temps , mais qui ne sera pas de longue dure. Si l'on voit de nouveaux cercles autour de quelques astres , c'est un signe de pluie. Du tonnerre. LXXXI. Lorsqu'en t les tonnerres sont plus fr- quens que les clairs, il y aura des vents du ct qu'il tonne; si les clairs sont plus frquens que les tonnerres, il y aura de la pluie. Des clairs et des tonnerres pen- dant que le ciel est serein, annoncent du mauvais temps; si les clairs partent des quatre parties du ciel , l'orage sera terrible ; si elles partent du cot de l'Aquilon , il y aura de la pluie le lendemain ; si , pendant une nuit sereine, elles arrivent du cot du midi, du nord- ouest ou de l'ouest , c'est une marque qu'il y aura du vent et de la pluie de ces mmes cts. S'il tonne le matin , c'est signe de vent; midi, c'est signe de pluie. Des nues. LXXXU. Si pendant un ciel serein on voit les nuages courir dans l'air, n'importe de quelle partie du ciel, on peut compter qu'il s'lvera des vents dans la mme direction. Si les nuages se rassemblent dans le mme endroit , l'approche du soleil les dissipera. Lorsqu'ils 9 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. tendent. Sole occidente si ex utraque parte ejus clum ptent, tempestatem significabunt. Vehementius atrae ab oriente , in noctem aquam minantur : ab occidente , in posterum diem. Si nubes , ut vellera lanae , spargentur multae ab oriente, aquam in triduum praesagient. Quum in cacuminibus montium nubes consident , hiemabit. Si cacumina pura fient , disserenabit. Nube gravida can- dicante , quod vocant tempestatem albam , grando im- minebit. Caelo quamvis sereno, nubecula quamvis parva flatum procellosum dabit. A nebulis. LXXXIII. Nebulae e montibus descendentes, aut caelo cadentes , vel in vallibus sidentes , serenitatem pro- mittunt. Ab ignibus terrestribus. LXXXIV. Ab his terreni igns proxime significant : pallidi namque, murmurantesque, tempestatum nuntii sentiuntur : pluviae etiam in lucernis fungi. Si flexuose volitet flamma , ventum. Et lumina quum ex sese flam- mas elidunt, aut vix accenduntur. Item quum in eo pendentes coacervantur scintilla? : vel quum tollentibus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 9 5 viennent du nord-est, ils annoncent du vent; et du ct du midi, de la pluie. Si, pendant le coucher du soleil , les nues s'avancent de part et d'autre vers cet astre , on est menac d'un orage ; si elles sont trs-noires du ct du levant, on doit attendre de la pluie pour la nuit prochaine ; si c'est du couchant , il pleuvra le jour suivant. Quand les nues sont rpandues du ct du levant comme des flocons de laine , et qu'elles sont nombreuses , c'est un prsage de pluie pendant trois jours de suite. Quand elles s'arrtent sur le sommet des montagnes , c'est un signe de mauvais temps ; si ces mmes sommets paraissent dgags de nuages , le temps sera beau. Quand on aperoit un nuage blanc et fort charg , appel nuage blanc de tempte , on est me- nac de la grle. Un trs-petit nuage isol, dans un temps serein , annonce un vent orageux. Des brouillards. LXXXIII. Quand les brouillards descendent des montagnes, tombent du ciel , ou s'abaissent dans les valles , ils promettent du beau temps. Des feux terrestres. LXXXIV. Passons maintenant aux pronostics tirs du feu que nous allumons pour notre usage. Quand il est ple et qu'il fait du bruit, c'est un signe d'orage. Les champi- gnons au bout des mches de lampes allumes annoncent de la pluie. Si la flamme est ondoyante , c'est un signe de vent. Il en est de mme lorsque les lampes s'- teignent d ? elles-mmes , ou s'allument avec peine ; ou bien , lorsqu'on y voit un amas de points tincelans qui 96 C. PLINII. HIST. NAT. LIB. XVIII. ollas carbo adhrescit : aut quum contectus ignis e se favillam discutit , scintillamve emittit : vel quum cinis in foco concrescit, et quum carbo vehementer perlucet. Ab aquis. LXXXV. Est et aquarum significatio. Mare si tran- quillum in portu a cursu stabit, et murmura verit intra se, ventum prdicit. Si identidem, et biemem, et im- brem. Litora ripasque si resonabunt tranquille, asperam tempestatem : item maris ipsius tranquillo sonitus , spumve disperse, aut aquae bullantes. Pulmones ma- rini in pelago , plurium dierum hiemem portendunt. Saepe et silentio intumescit, flatuque altius solito jam intra se esse ventos fatetur! Ab ipsis tempestatibus. LXXXVI. Equidem et montium sonitus, nemorum- que mugitus prdicunt : et sine aura , quae sentiatur , folia ludentia. Lanugo populi , aut spinae , volitans ; aquisque pluma innatans. Atque etiam in campis tem- pestatem venturam praecedens suus fragor : caeli quidem murmur non dubiam habet significationem. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XVIII. 97 tiennent les uns aux autres ; quand on trouve des char- bons attachs aux vases qu'on retire du feu ; quand le feu qui est couvert carte la cendre chaude ou lance des tincelles ; quand la cendre du foyer prend une forme solide ; et, enfin, quand les charbons jettent un clat trs-vif. Des eaux. LXXXV. Les eaux fournissent aussi des pronostics. Si l mer, aprs une mare, parat calme dans un port, et que cependant elle fasse entendre un murmure sourd, c'est du vent qu'elle annonce. Si elle gronde par intervalle , c'est un signe de gros temps et de pluie. Si , la mer tant calme, ses rivages retentissent au loin ; si , dans cet tat de repos , elle fait entendre un bruit clatant ; si elle cume ou bouillonne , ce sont autant de signes d'une violente tempte. Quand on voit les poumons de mer nager sur les eaux , c'est un prsage de mauvais temps pour plusieurs jours. Souvent la mer s'enfle extraordinairement , mme dans le calme , et an- nonce qu'elle va donner issue aux vents qui gonflent ses eaux. Des temptes mmes. LXXXVI. Le mugissement des forts, le bruit qu'on entend sur les montagnes, sont autant de pronostics. On en tire aussi des feuilles qui frmissent sans que l'agitation de l'air soit sensible; de la bourre du peu- plier ou des chardons qui voltigent dans l'air , ou d'une plume qui nage sur la surface de l'eau. Quand un orage vient fondre sur les campagnes, il s'annonce par le bruit qui le prcde. Quand le ciel gronde, le pronostic n'est pas quivoque. xii. 7 98 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. Ab animalibus ; ab aquatilibus ; a volucribus. LXXXVII. Praesagiunt et animalia. Delphini tran- quillo mari lascivientes, flatum, ex qua veniunt parte r item spargentes aquam turbato, tranquillitatem. Loligo volitans , conch adhaerescentes , echini adfigentes sese , aut arena saburrantes, tempestatis signa sunt. Ranae quoque ultra solitum vocales. Et fulicae matutino clan- gore. Item mergi , anatesque , pennas rostro purgantes , ventum : ceterque aquaticse aves concursantes : grues in mediterranea festinantes : mergi maria aut stagna fugientes. Grues silentio per sublime volantes , sereni- tatem : sic noctua in imbre garrula : at sereno , tempes- tatem : corvique singultu quodam latrantes, seque con- cutientes , si continuabunt , ventos : si vero carptim vocem resorbebunt , ventosum imbrem. Graculi sero a pabulis recedentes , hiemem. Et albae aves , quum con- gregabuntur. Et quum terrestres volucres contra aquam clangores dabunt , perfundentes sese : sed maxime cor- nix. Hirundo tam juxta aquam volitans, ut penna srcpe percutiat : quaeque in arboribus habitant , fugitantes in nidis suis : et anseres continuo clangore intempestivi. Ardea in mediis arenis tristis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 9 Des animaux ; des animaux aquatiques ; des oiseaux. LXXXVII. On tire aussi des prsages des animaux. Quand les dauphins se jouent sur les flots pendant le calme , ils annoncent du vent du ct d'o ils viennent; quand ils rpandent l'eau autour d'eux dans un gros temps, c'est un signe que la tempte va se calmer. Quand le calmar bondit sur l'eau , que les coquillages s'attachent la grve, que les hrissons de mer enfoncent leurs piquaus dans le sable , ou se lestent avec du gravier , la tempte est prochaine. Le pronostic est le mme quand les gre- nouilles coassent plus qu' l'ordinaire , que les foulques font entendre leurs cris ds le matin , ou qu'on voit les plongeons et les canards se nettoyer avec le bec , les autres oiseaux aquatiques courir en troupes , les grues se retirer rapidement au milieu des terres, les plongeons fuir la mer et les tangs. Lorsque les grues volent en silence au haut des airs , c'est une marque de beau temps. Il en est de mme si la chouette crie pendant la pluie; si elle crie pendant un temps serein , elle an- nonce un orage. Lorsque les corbeaux croassent avec une espce de gloussement en secouant leurs plumes, et qu'ils continuent de la sorte sans interruption , c'est signe de vent ; si leurs cris sont entrecoups et inter- rompus , c'est signe de vent et de pluie tout la fois. Quand le choucas se retire tard aprs avoir pris sa p- ture , c'est un pronostic d'orage ; il en est de mme lorsque les oiseaux blancs se rassemblent en troupes; que les oiseaux de terre vont crier contre l'eau et en arrosent leurs plumes , principalement la corneille ; ou bien encore lorsque les hirondelles rasent de si prs la surface de l'eau, qu'elles l'effleurent souvent de leurs 7- C. PLINII HIST. NAT. LIB. XVIII. A quadrupedibus. LXXXVIII. Nec mirum , aquaticas, aut in totum vofucres praesagia aeris sentire. Pecora exsultantia, et indecora lascivia ludentia , eamdem significationem habent. Et boves caelum olfactantes , seque lambentes contra pilum. Turpesque porci alienos sibi manipulos feni lacrantes : segniterque et contra industriam suam absconditae formicae, vel concursantes, aut ova progeren- tes. Item vermes terreni erumpentes. Ab herbis. LXXXIX. Trifolium quoque inhorrescere , et folia contra tempestatem subrigere certum est A cibis, XC. Necnon et in conviviis mensisque nostris , vasa quibus esculentum additur, sudorem repositoriis lin- quentia , diras tempestates praenuntiant. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 101 ailes ; que les oiseaux qui perchent se rfugient dans leurs nids ; que les oies nous assourdissent de leurs cris ; ou que le hron parat triste au milieu des sables. Des quadrupdes. LXXXVIII. On ne doit pas s'tonner que les oiseaux aquatiques, et mme tous les oiseaux en gnral, pres- sentent les changemens de temps ; ces changemens nous sont aussi indiqus par les bondissemens et les jeux grossiers des troupeaux ; les bufs semblent flairer le ciel , et se lchent contre-poil ; le porc fangeux par- pille le foin qui n'est point destin sa nourriture ; les fourmis , contre leur naturel , se tiennent oisives et renfermes dans leur demeure, ou bien elles courent de ct et d'autre , ou transportent leurs ufs hors de la fourmilire ; enfin les vers de terre sortent de leurs trous. Des herbes. LXXXIX. Il est certain que le trfle se hrisse et dresse ses feuilles l'approche de l'orage. Des alimens. XC. Enfin, lorsque les plats o l'on sert les viandes dans les festins ou les repas ordinaires viennent suer, et que cette sueur reste attache aux plateaux, on doit s'attendre de violens orages. NOTES DU LIVRE DIX-HUITIME. ( DEUXIME PARTIE. ) 334. LX , page 6, ligne 11. Sementibus lempora pleriquc prsumunt , etc. Quoique le mot decedat semble indiquer plutt le coucher que le lever d'un astre , le pre Hardouin n'en pr- tend pas moins que l'poque prcise par Pline est celle indique par Virgile dans ces vers : An te tibi Eoae Atlantides abscondantur , Gnosiaque ardentis decedal Stella Coronae , Dbita quam sulcis commutas semina , quamque Invitae properes anni spem credere terrae. Georg. , 1 , 221. L'auteur des Goponiques (il , 12 ) fixe le temps des semailles au coucher de la Couronne, et non son lever, suivant en cela l'opinion de Virgile. 335. Ligne i4 Xenophon antequam deus signum dederit , etc. On lit en effet dans les Economiques , p. 860 : 'Evei kv ykp /ueTotzaptvbs %pivor sam , iskv ret tov o cLvpci-ot Tp\s rov bv cL'TroCx'a-ovrtv , ovrre ftp^as rhv yiv tq>n-si etviovs a-irtipeiv. 336. Ligne 1 6. Quum sit vera ratio non prias serendi , etc. Rien n'est plus incertain que l'indice tir de la chute des feuilles pour prciser le temps des semailles ; cette poque est plus ou moins rapproche, en raison de la prcocit des printemps, de la chaleur des ts , etc. Disons encore que les feuilles des arbres ne tombent pas toutes la mme poque. Les peupliers perdent * Toutes les notes des livres xn xxvn inclusivement sont dues M. Fe. NOTES DU LIVRE XVIII. io3 leurs feuilles de bonne heure , les chnes les conservent trs- long-temps , etc. 337. LXI , page 8 , ligne i5. Varro in fab utique satu hanc observationem custodiri prcepit. C'est au livre I , chap. 34 , que Varron donne ce conseil : Fabam optime seri in Vergiliarum occasu. Nous avons dj dit que le coucher des Pliades rpon- dait au 1 1 octobre. Dans le nord de l'Europe, on ne fait les semis de fves qu'au printemps. 338. Ligne 16. AUi plena luna serendam. C'est Palladius (xil, inNovemb., tit. 1) qui conseille celte pratique supersti- tieuse. 33g. Ligne 17. Vidant quoque iisdem lun diebus , etc. Cette influence prtendue de la lune sur l'apptit des limaons est une fable mise en crdit par Columelle : Vici autem du sationes sunt. Prima , quant pabuli causa circa quinoctium autumnale seri- mus , septem ntodios e/'us in unum Jugerum. Secundo , qua sex mo- dios mense januario, vei etiant serius, jacimus scmini progenerando.... Observandum erit, ne ante quintam et vigesimam lunam terr man- aetur. Aliter sat fere limacem nocere comperimus {de Re rustica , II, 11). 34.0. Page 10, ligne i. Est et alia manifestior ratio, etc. Les vers de Cicron {de Divinat. , n i5 ), que nous avons cits livre xv, note 221, sont une traduction presque littrale de ce passage d'Aratus : TpintXoa. >T0f KaLpTrOS K&XOS yvtnttt , T0l> TZptTOV v Hxxav. Nous avons trait du lentisque au livre XII , note 81. C'est le Pistacia Tere- binthus de Linn. Il est bien difficile d'appliquer cet arbre ce que Cicron , Pline et l'auteur des Goponiques en disent dans les passages que nous avons cits. C'est bien un arbre toujours io4 NOTES DU LIVRE XVIII. vert , semper viridis ; mais il n'est pas vrai qu'il donne de triples produits, et qu'il soit toujours charg de fruits, semper gravata. Nous verrons plus loin que la scille fournissait les mmes in- dices aux anciens. Cf. la note 356. 34-I- Page 10 , ligne 7. Ex his unum hoc erit , idem et lino acpapaveri serendo. Pline a dit un peu plus haut que l'poque vers laquelle on doit semer le pavot et le lin tait le printemps \Vere limon , et avenant , et papaver. Cf. la note 327 de ce mme livre. 34- * bis. Ligne g. Ubi eas combusseris, ibi papaver serito. Sil- eestre , etc. Le coquelicot ( Papaver Rhas ) est encore aujour- d'hui employ comme un lger sdatif dans quelques affections de la gorge. Quintus Srnus Samonicus lui accorde les mmes proprits: Disce etiain miram ex humili inedicamitK* curam : Actiaco melli jungas agreste papaver, Decoctumque simul mandes , mansumque vorabis. 34.2. Ligne 1 1. Visque somnifera etiain sativo. La vertu som- nifre du pavot cultiv est bien autrement nergique que celle du coquelicot, puisqu'il fournit l'opium. Cf. sur le pavot cultiv, Papaver somniferum , L. , le livre XX , note 288. 34.2 bis. LX1I , page 10, ligne i5. Verum ut pariter omnis cultur , etc. Il est question dans ce chapitre des travaux d'hiver. C'est dans les crits de Caton et dans ceux de Columelle que Pline a puis tout ce qu'il dit ici : Per hiemem aquam de agro de- pellere oportet. In monte fossas incites puras habere oportet Quum pluere incipiet , familiam cum ferreis surculis exire oportet , et incilia aperire, aquam diducere in vias , et segetem curare oportet , uti fluat (Cat. , c. i55). 343. Ligne ai. A kalendis novembris gaUinis ova subponere nolito, etc. Il rsulte de ce passage que les poules pouvaient couver toute l'anne en Italie ; dans notre climat, on ne peut donner des ufs l'incubation que jusqu' la fin de l't , car les petits mour- raient indubitablement pendant les rigueurs de l'hiver. 343 bis. Page 12 , ligne I. Democritus talem futur am hiemem arbitratur, etc. L'influence que l'tat du ciel , pendant le premier . NOTES DU LIVRE XVIII. io5 jour du solstice d't et du solstice d'hiver, exerce sur toute la dure d'une saison, est tout--fait suppose; elle a pourtant bon nom- bre de dfenseurs, et nous pourrions citer une foule de dictons populaires qui justifient notre assertion. Que de gens instruits , d'ailleurs , seraient sans prjugs s'ils ne soutenaient l'influence de la lune rousse sur l'tat de l'atmosphre, et s'ils n'attendaient Saint-Mdard pour prdire leurs amis quarante jours de pluie ou quarante jours de beau temps ! 344 Page 12, ligne 3. Circa brumam plerisque bis septem,etc. VIII kalendas maias, halcyonei dies vocantur : in Atlantico quidem mari summa tranquillitas notai a est. ( CoLUM. , XI, 2.) 344 fc LXIII, page 12, ligne 16. Reliqua opra nocturna maxime vigilia constant, etc. Ecoulons Columelle sur les travaux d'hiver : Sed etiam longis noctibus addiurnum tempus aliyuid adji- ciendum est; nam multa sunt qu in lucubratione recle aguntur. Sive enim vineas possidemus , pli et ridic possunt dolari, exacuique sive palm spartive fecunda est , fiscin , sportceque , seu virgulto- rum corbes ex vimine ( CoLUM. , XI, 2 ) ; et Virgile : Et quidam seros hiberni ad humais igns Pervigilat, ferroque faces inspicat acuto. Inlerea longum cantu solala laborem , Arguto conjux percurrit pectine telas, Aut dulcis musli Vulcano decoquit humorein Et foliis undam tepidi despumat aheni.' Georg., 1,291. 345. LXIV , page i4, ligne 4- Q u0 die Attic et finitimis regionibus Aquila vesperi occidere traditur. Columelle, au chapitre 2 du livre XI, a fourni tout ce que Pline dit ici touchant le lever et le coucher des astres dans leurs rapports avec l'agriculture. 345 bis. LXV, page 16, ligne 5. Csar et idus martias fe- rales sibi adnotant Scorpionis occasu. Il y eut un devin qui lui prdit et l'avertit long-temps devant (J. Csar) qu'il se donnt bien de garde du jour des ides de mars , qui est le quinzime , parce qu'il serait en grand danger de sa personne. Ce jour tant venu , il sortit de sa maison pour s'en aller au snat , et , saluant le io6 NOTES DU LIVRE XVIII. devin , lui dit en riant : Les ides de mars sont venues ; et que le devin lui rpondit tout bas : Elles sont venues voirement , Csar, mais elles ne sont pas passes. ( Plut. , in Vit. J. Csar., trad. d'Amyot. ) 346. Page 16, ligne 6. XV vero kalendas aprilis Itali Miloum ostendi , etc. Ovide nomme cette constellation Milvius : Stella Lycaoniam vergit declivis ad Arcton Milvius : haec illa nocte videnda venit. Quid dederil volucri , si vis cognoscere , caelum .... Ovid. , Fast. , m , 793. 346 bis. Ligne 18. Post eam diem, inquam, innumera rusticos cura distringal , etc. Cf. sur les diffrens travaux recommands par Pline pendant cette poque de l'anne , Varron ( de Re rust. , I, 29 et3o), Columelle (XI, 2), Palladius (in Februar., t. 3). 347. Ligne 21. Viles putentur, qua diximus , rations.. .. Pline a indiqu en effet tous ces travaux au livre XVII , chapitre 35. Cf. les notes 234 et suiv. Dans rnumration des arbres cits ici , on trouve le platane , et pourtant notre auteur n'en a rien dit aux passages auxquels il renvoie. 348. Page 18, ligne 5. Tum et segetes coneenit purgare, etc. Les agriculteurs modernes trouveront sans doute plus convenable de sarcler les bls avant qu'ils soient en pis. Il faut ici se rappeler que les anciens semaient beaucoup plus clair que nous. Au reste, Columelle et Palladius sont d'accord ici avec Pline : Triticum et adoreum, qiatm quatuor fibras habere cperint, hordeum quum quin- queifaba et ctera legumina, quum quatuor digitis a terra exstiierint, recte sarrientur ( CoLUM., II , 12 ). Triticum et far sarritur qua- tuor foliorum : hordeum quinque , etc. ( PALLAD. , II , in Januar. , tit. 9 ). 349. Ligne 10. Putationem quinoctio peractam haeto. Cf. sur la taille de la vigne les notes 353 et suiv., au livre xvil : A kalendis mardi eximia est vitium putatio , usque in decimum kalendarum apri- lium , si tamen se gemm nondum moveant ( CoLUM., XI , 12). 35o. Ligne 1 1 . Vine jugerum quatern opra; putant alii- gantque, etc. Ecoutons Columelle : Jugerum valentis et jam coitsli- tui vine quatuor operis putatur, sex aUigatur. Arbusto nihil ejus- modi potes t apie finit i , etc. (de Arbor. , 5 ). NOTES DU LIVRE XVIII. 107 35 1. Page 18, ligne i5. Terra in futurum proscinditur, Virgilio maxime auctore , ut glebas sol coquat. Ergo ge , terras Pingue solum, primis exlemplo a mensibus anni , Fortes invertant tauri, glebasqne jacentes l'ulvi ruli nt;i coquat maturis solibus aestas. Georg. , 1 , 63. 35a. Ligne 22. Cato verna opra sic dfinit , etc. Voici ce que dit Caton (de Re rus t. , 4.0 ) : Per ver kcfieri oportet. Sulcos et scrobes fieri seminariis . Vitiariis locum verti. Vites propagari. In locis crassis et humectis ulmos , ficos , poma , oleas seri oportet. Ficos , oleas , mala , pira , vites inseri oportet luna silenti post meridiem , sine vento austro. Oleas , ficos , pira, mala hoc modo inserito. Quem ramum insiturus eris , prcidilo, inclinato aliquantum , ut aqua de- ftuat 353. Page 20, ligne 1. Prata stercorari luna sitiente , qu rigua non erunt. Cf. le livre XVII , chapitre 8. Voici comment s'exprime Caton : Prata primo vere stercorato , luna silenti , qu irrigua non erunt. Ubi Favonius flare cperit , tum prata dfendes : depurgato , herbasque malas omnes radicitus effodito ficos interputato , et in vinea ficos succidito alte seminarium facilo , et vetera resarcito. Hoc facito antequam vineam defodere incipias. Pline a dit sitiente. luna , au lieu de silente luna; on croit que cela signifie le dclin de la lune. Cf. au livre xvi la note 385. 354.. Ligne 5. Itemque piro florente arare incipiat macra are- nosaque. Cette poque , fixe par la floraison des poiriers , varie suivant les annes ; pourtant on peut penser que , pour l'Italie, il s'agit de la fin de fvrier ou du commencement de mars: Dapem pro bubus piro florente facito. Postea verno arare indpito : ea Iota primum arato , qu rudecta arenosaque erunt : postea uti quque gravissima atque aquosissima erunt , iia postremo arato. 355. Ligne 7. Ergo hc aratio has habebit notas , etc. Cf. sur la triple production de fniit attribue au lentisque, la note 34o de ce mme livre. 356. Ligne 9. Erit et tertia in bulborum satu , scilla:. Aratus ( Aiorti/usu.) , auquel on doit ce que Pline dit sur le lentisque , io8 NOTES DU LIVRE XVIII. assure que la scille fleurit trois fois, ainsi qu'on peut le voir dans ces deux vers : "Outrt iitt s-^iiou ctfTiif iiriJ'pxvTZTO KctfnrZ , T&Tfa. x il B-x.'t\h*( TiKfjuisnxi kl&ti Xtux-ff. Cette assertion est fausse ; aucune liliace ne peut fleurir trois fois : plusieurs causes physiologiques s'y opposent. Le bulbe qui a fleuri ne refleurit que l'anne suivante. Pline dit un pt-u plus loin ; Item in coronamentorum , narcissi : namque et hc ter florenl. C'est Thophraste qui lui fournit ce fait , tout aussi mal tabli que celui fourni par la scille. ( Cf. Theoph. , Hist. plant. , vil, 12.) Quant au bulbus , c'est la mme liliace que celle laquelle Pline a donn l'pithte de minutas au chapitre 7 de ce mme livre. Cf. la note 5i. 357. Page 20 , ligne i3. Ac non in novissimis caeetur, etc. Le prjug consacr dans celte phrase n'a t puis chez aucun auteur connu ; il appartient malheureusement en propre noire auteur. 358. LXVI , page 20, ligne 19. JEquinoctium vernum a. d. VIII kalendas aprilis peragi videtur. On remarque dans le texte de Pline et celui des auteurs anciens qui ont cherch prciser le lever et le coucherdes astres , plusieurs diffrences dans les po- ques. Le coucher de la Balance, fix par Pline au sixime jour avant les ides d'avril, est fix par Columelle(lX, 2) , d'abord au quatrime, puis au huitime. Ovide fait lever la Chvre le premier jour des kalendes de mai, et Pline le huitime jour avant les ides du mme mois : Ab Jove surgat opiis : prima mihi nocte vklcnda Stella est in cunas officiosa Jovis. Nascitur Oleniae signum pluviale Capell : Illa dati caelum praemia lactis habel. Ovid. , Fast. , v, 1 1 1 . Les Pliades se lvent, suivant Pline, le sixime jour des ides de mai, et Columelle {loco cit.) dit qu'on les voit le jour des noues seulement. Nous nous bornons signaler ces diffrences. NOTES DU LIVRE XVIII. io 9 35g. Page 20 , ligne 20. Vergiliarum exortum , etc. Ovide parle en ces termes des Pliades : Pleiadas aspicies omnes ; tntumqur sororum Agmen , ubi ante idus nox cril nna super. Tum mihi non dnbiis aucloribus incipit restas: El tepidi fincin tempora veris habent. F. st., v, 599. 360. Page 22 , ligne 20. In hoc temporis intervallo , etc. \\ est douteux que les auteurs voulussent, enaccusantles cultivateurs de ngligence, faire allusion la paresse du coucou, qui va pondre dans les nids des autres oiseaux, au lieu de se construire un nid pour lui-mme. Porphyrion explique comme il suit le sens con- tenu dans cette phrase , et l'explique plus convenablement. Les paysans que l'on trouve occups la vigne ont coutume d'tre tourns en ridicule lorsqu'on les y voit travailler hors de saison, et leurs compagnons contrefont , en les regardant , le chant du coucou , comme pour leur reprocher de s'occuper encore de travaux qui doivent tre termins long-temps avant l'arrive de cet oiseau de passage. Horace a dit dans ce mme sens : Tnm Prnosiinus saJso multumque flucnli Expressa arbuslo regeril cotivicia , durus Vindemiator et invictus , cui spe viator Cessisset, magna compclhins voce cucullum. Satyr. 1 , 7 , v. 28. 36 1 . Page 24 , ligne 8. Atque etiam in eodem arvo est signum illius maturitati, etc. Cf. sur les cicindles et les lampyrides la note ?. du livre XI. Les modernes donnent le nom de cicindle des co- loptres trs-carnassiers , orns de couleurs brillantes , et qui exhalent une odeur agrable lgrement musque lorsqu'on 1rs saisit -, ils ne brillent pas dans l'obscurit. Les lampyrides , au contraire, sont doues d'une proprit phosphorescente. Lam- pjride vient d'un mot grec qui sigjjjfie splendcsco, xa.f*isvptla. On trouve ce nom dans Elien , dans Aristote et dans Dioscoride. Les noms latins tendent tous rappeler la phosphorescence de ces insectes, lucio , luciola, flammides , lucernula , incenduia , nite- dula. etc.; nous leur donnons en France le nom de vers luisans. no NOTES DU LIVRE XVIII. 36. LXV1I , page 24. , ligne i4- Jom Vergitias in clo notabUes caterva fecerat , etc. Pline, dans ce paragraphe , crit avec chaleur et lgance, se montre pote et philosophe. On se plat le voir, secouant le joug des prjugs sous lequel il marche si pniblement , conseiller au laboureur de chercher prs de lui , et dans les tres anims , des signes pour le diriger dans ses travaux , et l'engager consacrer au repos les nuits , plutt que de les passer tudier des astres qui, n'ayant avec notre globe que des rapports de position , ne peuvent influer ni sur les cul- tures ni sur les vnemens de la vie : voil ce qu'on aime lire dans le texte de notre auteur. Ces signes tirs des tres anims, auxquels Pline ajoute tant de confiance , sont pourtant sujets tromper celui qui les tudie. Les hirondelles , qu'un vent tem- pr ramne dans nos climats , y viennent quelquefois prir, et une foule d'insectes qui naissent seulement dans les chaleurs , meurent souvent de froid quelque temps aprs leur naissance. Les agriculteurs doivent tudier surtout le sol , et se soumettre , pour le reste, aux nombreuses anomalies que nous offre la marche des saisons. 363. Page 26, ligne 8. Dabitur et aliudfinitifrigoris indicium, etc. Pline (liv. XVI , chap. 4- 1 ) a dclar que le mrier tait le plus sage des arbres, parce qu'il ne germe que fort tard, ce qui le met l'abri des geles printanires : Ob id dicta sapientissima arbo- rum. Cf. la note 222, au livre cit. Passerat s'est empar de cette ide dans ses posies latines, et il lui a donn quelque extension. Voici en quels termes il s'exprime : Sit pudor insanis , morus sapit ; illa doloso Nil temere crdit Zephyro : nam veris adulli Jam cerlum exspeclans solem , non germinat ante, Frigoris infesti quam cuncta recesserit aura : Tum floretque, viretque simul : longque rependit Damna morse : atque nna totam se nocle profundit. Insidias cli ne tune vereare sereni Amplius. et vasto qu caeca pericula ponto : Ut bene subductam deducas na-vita pinum, Sint tibi Vergilise , \ideas qnum germina mori. NOTES DU LIVRE XVIII. 1 1 1 364- Page 26, ligne 1 1 . Ergo opra, laleas olivarum ponere, etc. Cf. sur la culture du mrier, la note 260, au livre XVI. Toutes les rgles de conduite , traces par Pline dans ce paragraphe , sem- blent avoir t puises chez Varron (de Be rust. , 1 , 3i ). Tertio intervallo inter Vergiliarum exortum et solstitium hcfieri debent. Vineas novellas fodere , aut arare , et postea occare dicunt , etc. Cf. Colum., xi , 2 ; Pallad. , in Maio, tit. 4- ; Cato , c. 4o. 365. Ipsasque oleas interradere , etc. Suivant M. Grard , le mot interradere ne peut se rendre que par celui de racler. Cette opration devait consister ratisser la partie du cep l'endroit o il sort immdiatement de terre. Cette pratique est encore usite pour l'olivier. Cet arbre pousse , du haut de sa souche , de petites racines filamenteuses que l'on met dcouvert quand on l'a dchauss. Le chevelu se dessche bientt ; on en dgage la souche en la ratissant avant de la recouvrir de terre : telle est la manire dont M. Grard explique le mot interradere. Mais pourquoi ne pas croire que ce mot signifie dchausser, c'est--dire enlever la terre qui entoure la souche de l'arbre , celle que les pluies d'hiver ou de printemps ont amasse autour du collet. En faisant cette opration , il tait possible , au reste , que l'on ra- tisst le tronc pour le dbarrasser des mousses ou des lichens qui le recouvraient. Cette double interprtation peut donc tre ad- mise sans nul inconvnient. 366. Page 28, ligne 16. Utilissimum simulet herb arare, etc. Les cultivateurs modernes pratiquent quelquefois le labourage dans les prairies pour les renouveler, et sment dans cette terre nou- vellement remue les graines des plantes qu'on y trouvait aupa- ravant. Un pr labour , et ensemenc de nouveau , produit de l'herbe en plus grande abondance. 367. Ligne 19. Nec primo anno rigari, etc. Columelle fait la mme recommandation : Nec pecora quidem oportet teneris adhuc et subsidentibus pratis immittere : sed quoties herba prosiluerit falcibus desecare. Nam pecudes molli solo infigunt ungulas , atijue interruptas non sinunt herbarum radies serpere , et condensare. Altero tamen anno minora pecora post fenisecia permittemus admitli... tertio deinde, quum pratum solidius ac durius erit , poterit etiam majores reciperc pecudes (de Re rust., II , 18). # lia NOTES DU LIVRE XVIII. 368. Page 3o, ligne i. Herba optima in prato trifolii , etc. Le trfle ( Trifoium praiense, T.rubens et T.repens) mrite d'occuper la premire 'place parmi les plantes qui vivent dans nos prairies. Par le mot gramen, Pline entend parler sans doute de diverses sortes de gramines, alopecurus , phleum , poa , festuca , etc. C'est donc ici un terme gnrique. Quant au mimmulus , pessima herba , ferens siliquas , il n'est gure possible de dire ce que c'tait. Quelques commentateurs ont prtendu qu'il s'agit des carex , mauvais fourrage, pouvant tout au plus servir comme litire ; d'autres , lisant nummuus , ont indiqu la nummulaire , Ljsimachia Nummidaria , L., plante trs-commune dans les prai- ries basses, et qui corrode, dit-on, les lvres des brebis qui la paissent. Enfin , on a dsign une pdiculaire , le Rhinanthus Crista galli , qui est fort commun aussi dans les prs. Rien n'est plus hasard, car il faut une plante siliques ou gousses. Toutes ces divergences d'opinions montrent de reste l'extrme difficult qu'il y a de dcider ce qu'on doit entendre par le mot mimmulus , ou nummuus. 36g. Ligne 4 Invisa et equisetis est , etc. Cet equisetis des Latins est Vhippuris des Grecs. Pline l'appelle equisetum au livre xxvi , chapitre 83. Les espces d' Equisetum ou de prle , trouves jusqu'ici dans nos prs , sont Y Equisetum fluviatile , L. , Spec. , i5i7 , et V Equisetum palustre, L. , Spec. , i5i6. On ne les voit gure que dans les prs humides et marcageux ; ce sont les moins bons ; Pline a grande raison de dire : Invisa et equisetis est. 370. Ligne 5. Secandi tempus , quum spica deflorescere c pit f etc. Les prairies taient alors fauches deux fois, en mai et en septembre ; c'est comme maintenant. Varron place la seconde coupe entre la Canicule et l'quinoxe d'automne : Quinlo intervallo inter Caniculam et ccquinoctium autumnale oportet , etc. (i, 33). Nous nommons le second foin regain, et Columelle lui donne le nom de cordum : Aluntur autem commodissime repositis ulmeis , yel ex fraxino frondibus , vel autumnali feno , quod cordum vocatur ; nam idmollius, et ob hoc jucundius est , quam maturum ( VII , 3 ). Caton le qualifie de fenum cordum dans cette phrase : Frondem popul- neam, ulmeam, querneam condito, non peraridam , pabulum ovibus. NOTES DU LIVRE XVIII. n Item fenum cordum , sicilimenta de pralo , ea arida condito ( de Re rustica , 5 ). 370 bis. Page 3o, ligne 7. Cato fenum, inquit, ne sero seces, etc. Voici comment s'exprime Caton ( c. 53 ) : Fenum , ubi tempus erii , secato : cavetoque ne sero seces. Priusquam semen malurumfiet, secato: etquid optimum fenum erit, seorsum condito. Columelle dit qu'il faut couper le foin avant qu'il ne sche : Fenum autem de- metitur optime antequam inarescat. Nam et largius percipilur , et jucundiorem cibum pecudibus prcebet (de Re rust. , il , 19 ). Vairon s'exprime en termes peu diffrens : Coupez l'herbe la faux , dit cet auteur, lorsque la chaleur commence la fltrir , et qu'elle cesse de crotre : Herba quum crescere de s Ut , et cestu arescit , sub- secari falcibus debel [Y arr. , 1, 4-9)- Les anciens agriculteurs avaient tous compris qu'en fauchant l'herbe de bonne heure on augmentait les chances du regain , et que le foin tait meilleur. 37 1. Ligne 9. Noclibus roscidis secari melius. Voici le pr- cepte donn par Virgile : Nocte levs stipulai melius, nocle arida prata, Tondentur : nooiis lenlus non dficit humor. Georg. , 1 , 289. 372. Ligne 1 1. Fuit hoc quoque majoris impendii apud priores. Pline parlera plus au long, au chapitre 4 7 du livre xxvi , des pierres aiguiser ; nous y renvoyons. Toutes les substances mi- nrales qui peuvent aviver le taillant des instrumens tranchans sont des pierres aiguiser ; toutefois, celles qui sont plus parti- culirement en possession de cette dnomination sont les grs durs grain fin. La France en possde un grand nombre de va- rits. 373. Ligne 16. Falcium ipsarum duo gnera. Pline ne pat le ici que des faux couper l'herbe. Les anciens en avaient de toute espce : pour monder les arbres , arborari ; pour couper les buissons et les grandes herbes , lumari ; celles avec lesquelles on dfrichait , rustari ; celles qui servaient aprs la moisson pour couper le chaume, stramenlari ; celles avec lesquelles on coupait la vigne ou les saules , viniiori , etc. : Sic alia quorum nonnulla gnera species habent plures , ut falces. Nam dicuniur ab xii. 8 ii4 NOTES DU LIVRE XVIII. eodem scriptore vineaticce opus esse sex , scirpicid v , sUatic V , arborari III, et instance X. Varr., de Re rust. , 1 , 11. Cf. Cvr. , de Re rust. , c. 10 et 1 1 ; PALLAD., in Januar. , tit. 43 ; Colum. , de Re rust. , II , 21 , IV, 25 , XII , 18. 374. Page3o, ligne 16. lialicum brevius , ac vel inter vpres quoque tractable. Cette faux , plus courte que la faux gauloise, dont on se servait de la main droite , et qui tait seulement propre aux lieux embarrasss de buissons , avait sans doute quelques rapports de forme avec la faux-faucille, usite dans le nord de la France pour la moisson. 3y5. Ligne 17. Galliarum latifundia ma/oris compendii , etc. Cette faux gauloise , plus longue que la faux d'Italie , et qui abattait en peu de temps une grande quantit d'herbe , ne devait pas diffrer beaucoup de notre faux ordinaire ; du moins ce qu'en dit Plme prouve qu'on s'en servait de la mme manire. 376.- t ~Page 32, ligne 2. Nisifuerit hoc obsercatum diligenter, etc. La combustion spontane du foin a lieu sans que le concours du soleil soit ncessaire ; cet accident arrive fort souvent dans les fenils o Ton a entass du foin mouill. Ecoutons Columelle: Est aulcm modus in siccando , ut neque peraridum , neque rursus viride colli- gatur : alterum , quod omnem succum si amisit, stramenti vicem ob- tinet : alterum , quod si nimium retinuit , in tabulato putrescit : ac spe concaluit , ignem crt, et incendium Certe quidquid ad eum modum , quo dbet , siccatum erit , in metas exstri conoeniet , casque ipsas in acutissimos vertices exacui. Sic enim commodissime fenum defenditur a pluviis : qu etiamsi non sint , non alienum tamen est prdictas metas facere , ut si quis humor kerbis inest , exsudet , ulque excoquatur in acervis, Propter quod prudentes agricol , quameis jam llatum tecto , non ante componunt , quam per paucos die s tenuere con- gestum, in se concoqui et defervescere pauntur ( COLUM. , II , ig). On doit admirer la sagesse de toutes les pratiques recommandes par les anciens. Ils mettaient tout leur foin en bottes, et l'exp- rience a prouv que c'est la meilleure manire de le conser- ver ; aussi beaucoup d'conomistes qui entendent leurs intrts procdent-ils ainsi. Nous ferons remarquer en passant que la botte de foin tait autrefois d'environ quatre livres , quaterna pondo; le poids lgal d'une botte de foin est aujourd'hui de cinq. NOTES DU LIVRE XVIII. n5 377. Page 32 , ligne 5. Interamn in Umbriaquater anno se- cantar, etc. Pareille chose arrive encore dans quelques parties de la France. 378. Ligne 7. Et postea in ipso pabuo non minus molument est, quant afeno. Pralum minimi sumptus egens , per ontnes annos prbet reditum : neque eum simplicem; quum etiam in pabulo non minus reddat , quant infeno. ( CoLUM. , de Re rusl. , II , 17.) 37g. LXVIII , page 32 , ligne 1?.. Solstitium peragiin octava parte Cancri , etc. Pline a prcis l'poque du solstice au chap. 5g de ce mme livre. 38o. Page 34, ligne 1. Quant ob rem eas manibus ipsis agrico- larum ingessit, etc. Cf. le chapitre 36 du livre xvi, et les notes igi et ig3, o nous avons combattu ce prjug, fort rpandu chez les crivains rustiques. Varron (1, 4-6) en parle en ces termes : Propter ejusmodi res admiranda discrimina sunt naturalia , quod ex quibusdam foliis propter eorum versuram , quod sit anni tempus dici possit, ut olea, elpopulus alba, et salix. Horum enintfolia, quum con- verterunt se , solstitium dicitur fuisse. Aulu-Gelle dit aussi quelque chose touchant ce prtendu phnomne : Vulgo et scriptum et cre- ditunt est , folia olearum arborum bruntali et solstitiali die converti : et quer. pars eorum fuerat inferior , atque occultior , eam supra fieri atque exponi ad ocuos , et ad soient , quod nobis quoque semel atque iterum experiri volenlibus ita esse prope modum visum est ( AuLU- Gell. , IX , 7 ). Le scholiaste de Nicandre ( in Ther. , 32 ) a dit aussi : 'H xala rk yXAVKct rav v oivco g^e< ec Qpovs pq.- Ta, T jucivec , yjifimos. Il est bien tonnant qu'un fait aussi vi- demment faux , et dont la fausset est si facile dmontrer , ait trouv un aussi grand nombre de gens crdules. 38 1. Page 36, ligne 11. Sentiunt id maria, et terra:, etc. C'est au chapitre 4-0 du livre II, et au chapitre 25 du livre IX, que Pline a parl de l'influence des jours caniculaires. On a dit et imprim qu' l'poque de la Canicule , c'est--dire lorsque Procyon se lve avec le soleil ou Mars , ce qui a lieu vers le 16 de juillet, la mer bouillonne, le vin tourne, les chiens deviennent enrags, les animaux prouvent de l'abattement , les fivres continues et de mauvais caractres se dclarent, etc.; ce sont de vritables 8. n6 NOTES DU LIVRE XVIII. Io lies. Toutefois, c'est du moins cette poque que les chaleurs sont les plus fortes ; et il rsulte de cette lvation de tempra- ture quelques phnomnes inaccoutums , qui peuvent exercer une influence plus ou moins marque sur les tres vivans. On croit encore maintenant , dans quelques-unes de nos provinces, aux* phnomnes de la Canicule. Gemmius (c. i4, p. 58) et le pre Petau ( Uran. var. dissert. , 1. Il, c. 10) ont dissert lon- guement sur l'influence caniculaire. Le pote Horace en a parl dans quelques-unes de ses posies: Jam Procyon furit , Et Stella ve^ani Le onis , Sole dies referento siccos. Lib. m, Ol. 29, v. 18. C nem illum Invisum agricolis si 1 ns. Satyr. , 1 , 7 , v. a5. Le pote Manilius en a dit aussi quelque chose : Subsequilur rapido contenta Canicnla curso , Quo nullurn terris violenlius ailvenit astrum; Nec gravius cedit 1, v. 338. Pline attribuera plus loin la Canicule la bruine qui brle la vigne : Decretorio mis sidre illo , quod Caniculam appellavimus ( mme chapitre ) 38-2. Page 36 , ligne i4- XIII kaendas augusti Mgypio Aquila occidit matutino, elesiar unique, etc. Tertio kaendas augustas Arpj.Ua occidit : tempestatem significat. ( CoLUM. , XI , 2.) 383. Ligne 17. III kaendas regia in pectore Leonis stlla ma- tutino Cas sari emergit. Quarto kaendas augusti, Leonis in pectore clar stell exoriuntur, interdum tempestatem significat. (CoLUM., loco cit.) 384- Ligne 19. \'III idus augusti Arcturus mdius occidit, etc. vu idus augusti Arcturus occidit mdius : nebulosus stus , pridie idus augusti, Fidis occidit mane , et autumnus incipit. ( COLUM. , loco cit. ) 385. Page 38, ligne 8. Ferunt Democritum, qui primas iniel- lexil , etc. Pline seul attribue Dmocrite cette prvision qui lui fit croire une grande abondance d'olives pour l'annesui vante. NOTES DU LIVRE XVIII. n 7 Cicron ( de Doinat. , il , 201 ) , Aristote {Polit. , I , 7 ) , Diogne La'rce {Fie de Thaes ) en font honneur au philosophe Thaes, ce qui, au reste, ne tire pas consquence. Cette anec- dote merveilleuse doit prendre place parmi les faits hasards dont fourmillent les crits des anciens. Nanmoins un cultivateur exerc peut tirer de l'aspect des bourgeons et de leur nombre, des in- ductions plus ou moins justes sur la rcolte prochaine. 386. Page 38 , ligne 18. Hoc poslea Sextius e Romanis sa- pienti adsectatoribus Aihenis fecit eadem ratione , etc. Sexlium ecce quum maxime lego, virum acrem , Grcis yerbis , Romanis mo- ribus , philos ophantem , etc. ( SenEC. , Ep. 5g. ) 387. Ligne 22. Plerique dixere rorem inustum sole acri , etc. On a pendant trs-long-temps attribu la rouille (mbigo) aux brouillards , et nagure encore on expliquait de cette manire toutes les maladies des feuilles. Ce fut vers la dernire moiti du sicle pass seulement qu'on reconnut dans les taches qui couvrent les feuilles , des amas plus ou moins serrs de petites produc- tions fongueuses , parasites. L'humidit , le dfaut de lumire et d'air sont les causes qui favorisent le plus le dveloppement de ces productions. ( Cf. au prsent livre la note z^o.) 388. Page 4? ligne 3. Quoniam ialis injuria non fit nisi inter- lunio, etc. Thophraste attribue aussi la rouille la lune, paraissant en outre faire entendre que l'absence de chaleur pendant les nuits est une des causes secondaires qui la favorisent ; 'H 7t)S TtS' OVeTp dentbus in margine infess, etc. Ce passage de Pline, qui donne une manire de moissonner particulire la Gaule , serait inintel- ligible si l'on ne s'aidait d'un passage de Palladius dans lequel cet auteur s'exprime avec une exactitude plus rigoureuse. Nous croyons devoir en donner la traduction : Ligne 3. Hora diei sexla. Cette sixime heure rpond notre douzime heure du jour, ou midi. NOTES DU LIVRE XVIII. 137 4.5o. Page 74 , ligne 6. Qui ita limes per agrum currit , carda appllatur. Par cardo, on doit entendre un chemin , un sentier, un foss qui conduisait du midi au nord. Hygin fait driver ce mot de a cardine mundi, parce que la direction tait la mme que celle de l'axe du globe. 45 1. Page 76, ligne 1. Hune oliveli metator Vergiliarum qua triduo , etc. Cf. au livre xvil , les notes 187 et suivantes. 4-52. Ligne 7. Quum cestate pasces , etc. Voici ce que Co- lumelle a dit sur le mme sujet: Hieme et vere, matutinis tempo- ribus intra septa contineantur, dum dies arvis gelicidia detrhat : nam pruinosa Us diebus herba pecudi gravedinem crt , ventremque pro- luit ( COLUM. , de Re rust. , VII , 3 ). 4.53. Ligne il. Qui feminas concipi voles , etc. Aristote , le grave Aristote, gnie universel qui porta son influence jusque dans des temps peu loigns de nous , a dit que le vent du nord- ouest faisait engendrer des mles aux brebis. Rappelons-nous que les anciens croyaient que les cavales d'Andalousie concevaient par la seule entremise du zpbyr. 454- LXXVII , page 76, ligne 17. Et limes qui ita secbit agrum, decumanus vocabitur. Ces limites dcumanes taient celles qui couraient de l'est l'ouest. On nommait decumani les fermiers du dixime impos sur les terres labourables. Cicron en parle souvent dans les Verrines. 455. LXXVIII , page 82 , ligne 18. Transire convertit ad reliqua iempestalum prsagia, etc. Les pronostics (prsagia) sont les signes tirs de l'atmosphre, des corps terrestres, des animaux et des vgtaux , au moyen desquels on peut prvoir les chan- gemens de temps. L'art des pronostics est fond sur des faits dont l'explication n'est pas toujours facile , mais auxquels le temps a donn une sanction qui en fait regarder un grand nombre comme infaillibles. Le grand agent de toutes les vicissitudes at- mosphriques est l'lectricit. C'est ce fluide qui modifie le sys- tme nerveux chez les animaux , et qui augmente ou diminue l'irritabilit dans les vgtaux ; par lui les fluides circulent avec une rapidit plus ou moins grande. Il teint ou ranime l'exci- i38 NOTES DU LIVRE XVIII. tation, et produit une foule de phnomnes qui, pour tre dif- ficiles expliquer , n'en existent pas moins. A cette cause pre- mire il conviendrait d'en adjoindre d'autres ; telle est l'action du soleil , celle des vents , etc. On pourrait donc, la rigueur, peser tous les pronostics, et faire apprcier le degr de confiance qu'ils peuvent inspirer. Un pareil travail serait ici dplac ; nous ne l'entreprendrons donc pas. Aratus , mdecin grec qui vivait il y a plus de deux mille ans, est, comme chacun sait, auteur d'un long pome sur les pronostics ; il renferme peu d'erreurs. Pline a d connatre cet ouvrage ; il ne le cite pourtant pas dans ce chapitre , et l'on peut s'en tonner. Avinus , pote latin qui vivait sous l'empereur Thodose l'Ancien , a traduit Aratus en vers latins , en y faisant quelques additions. Les pronostics fai- saient partie de la religion paenne ; c'tait en quelque sorte la science des augures , rduite ce qu'elle avait de plus positif; mais on doit s'attendre trouver chez les anciens une foule d'as- sertions mensongres dont le temps a fait justice ; disons mme que , chez les modernes , les pronostics offrent des anomalies nombreuses , et non encore expliques. On ne doit donc tudier cet art qu'avec rserve , et n'en firfc que de rares applications aux procds d'agriculture. Virgile , cit par Pline , a consacr un bon nombre de vers aux pronostics. Le passage des Gorgiques auquel notre auteur fait allusion, est celui du livre I er , o l'on trouve cet admirable tableau d'un de ces orages qui trop souvent dtruisent en un jour l'espoir d'une rcolte : Saepe ego , quum flavis messorem induceret arvis Agricola , et fragili jam slriogeret hordea culmo , Omnia venlorum concnrrere prlia vidi , Quae gravidam late segetem ab radicibus imis Sublime expulsam eruerent : ita turbine nigro Ferret hiems culmumque levem, stipulasque volantes. Saepe etiam immensum caelo venit agmen aquarum . Et fdain glomerant tempestatem imbribus atris Collectae ex alto nubes : mit ard.ius aether , Et pluvia ingenti sata laeta , boumque labores PUuit Georg. , 1 , 3i6. NOTES DU LIVRE XVIII. i3 9 C'est Aratus, Thophraste, Snque et Virgile que notre auteur doit la plus grande partie du texte de ce chapitre ; la suite de nos notes en donnera la preuve. 4-56. Page 82, ligne 22. Tradunt eumdem Democritum, etc. Ce trait de sagesse est rapport par Diogne Larce (in Vit. Democr.). Nous avons lu dans un ouvrage d'agriculture quelque chose de semblable au fait cit par Pline. Un laboureur o-ccup de la mois- son la fit tout coup suspendre , et rpondit un curieux qui lui demandait compte de cette soudaine inaction , que la terre suait , et qu'une grande pluie allait tomber , ce qui arriva. Les paysans connaissent la science des pronostics mieux peut-tre que les plus savans physiciens et que les philosophes les plus clairs. 457. Page 84 , ligne 7. Primumque a sole capiemus prsa- gia , etc. Cf. Thophraste, de Sign. plue, et vent. , p. 128. 4-58. Ligne 9. Si et occidit pridie serenus , etc. Cf. Tho- phraste , loco cit. , note prcdente* 45g. Ligne 10. Concavus oriens pluvias prdicil. Iie ubi nascenlem maculis variaverit orlum Conditus in mibem , medioque refugerit orbe , Suspecti tibi sint imbres : namque urget ab all Arboribusque satisque Notus , pecorique sinister. Georg. , 1 , 44 1 -- Cf. Thophraste , de Sign. plue, et vent. , p. 118, o l'on trouve le mme prcepte. 46o. Ligne 11. Idem ventes, quum ante exorieniem eum nubes rubescunt , etc. Ceci est emprunt d' Aratus : Ignea si fulgor prcurrit plurimus ora , Flamina crebra salis quatiunt -vada , etc. Arat., trad. par Avienus, p. 69. Ces pronostics semblent ici d'accord avec l'exprience. 46i. Ligne i3. Quum orientis atque occidentis radiirubent, etc. THEOPH. , loco cit., p. ni. 462. Ligne i4 Sicirca occidentem rubescunt nubes , etc. Ecou- tons Aratus : Sed non ora cavo similis , medioque recedens Orbe quasi , vel si radios discingitur ultro r Mo NOTES DU LIVRE XVIII. Figat ut australem porrecto sidre parlent Ac bureau rigidi jaculelur luminis ign , Et vcnto et pluviis rcparata Juce carebit. Arat. , trad. par Avien. , p. 69. Tout ceci est assez rationnel, et semble confirm par l'exprience. 4-63. Page 84, ligne 18. Si in ortu aut in occasu contracti cer- neniur radii, imbrem. Cf. Aratus, loco cil. La plupart des pronostics donns dans la suite de ce paragraphe sont assez exacts. Il en est plusieurs de particuliers Pline , ou du moins que l'on ne trouve pas mentionns dans Aratus. 4.64.. LXXIX, page 86, ligne ig. Proxima sint jure lun prsagia , etc. Les anciens croyaient que le changement de lune influait beaucoup sur l'atmosphre ; cette croyance est loin d'tre teinte , et des personnes de toute classe et de toute condition attendent avec une grande impatience, lorsque le temps est mau- vais , la nouvelle lune , qii devra rendre au ciel sa srnit. M. Arago s'est efforc de combatre ce prjug , et ses efforts ont t rcompenss de quelque succs. Virgile tirait de la lune les mmes pronostics que Pline : At si virgineum suffuderit ore ruborein , Ventus erit: vento semper rubet aurea Phbe. Sin orlu in quarto ( namque is certissimus auctw ) Pura, nec obtusis per caelum cornibus ibit, Totus et ille dies , et qui nascenlur ab il!o , Exactum ad mensern , pluvia ventisque carebunl : Votaque servati solvent in litore nautsc Glauco, etPanopcae, et Inoo Melicert. Georg. , 1 , 43o. 4-65. Ligne 22. Sinigra, pluvias porlendere credilur , etc. Ce pronostic parat emprunt Virgile : Luna reverlentes quum primum colligit igns, Si nigrum obscuro comprenderil ara cornu , Maximus agricolis pelagoque parabitur irnber. Georg. , i , 427. On trouve bien des purilits dans la suite de ce paragraphe, et nous ngligeons dessein de les relever. NOTES DU LIVRE XVIII. 14 * 466. LXXX, page 90, ligne 7. Tertio loco slellarum obser- vationem esse oporlet , etc. Les anciens croyaient que les corps" lumineux qui filent dans le ciel, et qui le parcourent dans toutes les directions en dcrivant une courbe plus ou moins pronon- ce , taient de vritables toiles. On sait aujourd'hui quoi s'en tenir sur ce phnomne ; on l'attribue au gaz hydrosulfur, en- flamm , dans les rgions suprieures de l'air , par une tincelle lectrique ; d'autres le considrent comme analogue aux feux- follets , etc. Ce phnomne est plus frquent dans le midi que dans le nord. 467. Ligne 12. Si ver et stas non sine riguo liquo transie- rint, etc. Ceci est en gnral justifi par l'exprience. Thophraste {de Sign. pluv. et ventor.) s'exprime dans les mmes termes. 4.68. Ligne 1 5. Quum repente stellrum fulgor obscuratur, etc. Ceci est conforme l'observation et fond en raison. On con- oit que l'affaiblissement de la lumire des toiles annonce qu'il y a entre elles et nous une quantit plus ou moins grande de va- peurs aqueuses , dont la prsence rvle un mouvement dans l'atmosphre. 469. Ligne 17. Si volitare pluies stell videbuntur, etc. Cf. la note 4-66 , sur la nature de ces toiles tombantes. L'erreur de Pline ce sujet tait celle de son sicle. Virgile et Snque pensaient de mme. Cette opinion a t long-temps celle du vulgaire dans presque toute l'Europe , et le nom franais , toiles tombantes , en est une preuve. Snque ( Qust. nat. , 1, c. 1) croyait que ces prtendues toiles taient entre la lune et la terre : Argumenium tempestatis naut putant , quum multcr transvolant stell : quod si signum veniorum est , ibi est , ubi venti sunt , id est , in are, qui mdius , inter lunam et terram est. Vir- gile a signal le phnomne sans chercher quelles causes le pro- duisent : Spe etiam stcllas , vente- impendente , videbis Prcipites clo labi , noctisque per timbras Flammarum longos a tergo albescere tract us. Georg. , 1 , 365. 4.70. Ligne ai. Si stellrum errant mm aliquam orbes incluse- rint , imbres. Ce pronostic parat conforme l'exprience. i/,a NOTES DU LIVRE XVIII. 471. Page ga , ligne 5. Arcus quum sunt duplices , pluvias nuntiant. Confirm par l'exprience. Aratus avait dit : Si discolor Iris Demittat gemino se fornice Pluribus abruptis fundelur uubibus imber. Art. , traduit par Avien. , v. 371. 472. LXXXI , page 92 , ligne 17. Tonitrua matutina ventum significant , imbrem meridiana. Ceci parat encore conforme l'exprience. Cf. la dernire note de ce livre. 4.73. LXXXII , page g4 , ligne 4- Si nubes, ut vellera lance, etc. Confirm par Aratus et par Thophraste ( ouvrage cit ). 4_74- Ligne 5. Quum in cacuminibus montium nubes consi- dent , hiemabit. Thophraste avait tir ce pronostic avant que Pline en parlt (ouvrage cit , p. 1 1 1 ) : Montium cacuminibus in- sidentes nubes , signum tempeslatis. Dans tous les pays de mon- tagnes, on tire un semblable pronostic de la station des nuages sur le sommet des monts. On peut se rappeler ce que les voya- geurs disent de certains nuages, de forme et de couleur particu- lires, qui s'arrtent sur la montagne de la Table, et sont, au Cap, le prsage infaillible d'une horrible tempte. 475. LXXXIII, page g4 , ligne 12. Nebul e montibus des- cendantes , etc. Nous avons t mme de vrifier la vrit de ce pronostic dans les hautes Alpes. 476. LXXXI V, page g4, ligne 18. Plui etiam in lucernis fungi. Semble fond en raison et conforme l'exprience. Tho- phraste ( de Sign. plue, et vent. , p. 1 1 1 ) a dit : Fungi in lucernis , flantibus austris , aquas pronuntiant. Virgile a dcid la mme chose : Ne noclurna quidem carpentcs pensa puellae Nescivere hiemem , testa quum ardente vidrent Scinlillare oleum , et putres concrescere fungos. Gcorg., 1, 3go. Ce phnomne et ceux qui suivent paraissent tenir l'tat hygro- mtrique de l'air. NOTES DU LIVRE XVIII. itf 4-77- Page g4, ligne ai. Velquum, tollentibus allas tarbo ad- harescil , etc. La plupart de ces phnomnes semblent annoncer une puret plus grande de l'air, et indiquent le beau temps plutt que la pluie. 478. LXXXV , page 96 , ligne 10. Pulmones marini in pe- lago. On a cru reconnatre, sous ce nom impropre, un animal de la Mditerrane , des genres alcyons , tethye ou mduse. 479. LXXXVI, page 96, ligne 16. Et sine aura, qu sen- tiatur , folia ludenlia. Virgile a donn ce pronostic parmi ceux qui annoncent une violente tempte : Sacpe levem paleam , et frondes volilare caducas, Aut summa nantes in aqua colludcre plumas. Georg. , 1 , 368. 48o. Ligne 18. Atque etiam in campis tempe stalem , etc. On n'entend ordinairement dans le ciel que le bruit du tonnerre ; les vents mme, quelque imptueux qu'on les suppose , ne font de bruit qu'en louchant un obstacle qui les arrte. 48i. LXXXVII, page g8, ligne 2. Delphini tranquillo mari lascieientes , etc. Il n'est pas un marin qui ne puisse assurer la mme chose. Les auteurs grecs s'accordent sur l'vidence de ce pronostic avec les Romains. Thophraste ( de Sign. tempest. ) et Plutarque ( Qust. nathr. ) s'expriment dans les mmes termes. Cicron a dit aprs eux : Loligines et delphini exsultantes iempes- talemfuluram significant [de Divin., p. 270). 481. Ligne 4- Loligo volitans , etc. Nous nommons ces ani- maux calmars, par contraction de calamar, critoire en vieux franais, driv de calamarium, meuble o l'on conserve les ca~ lamus , qui tenaient lieu de plumes chez les anciens. Les calmars , dans leur intrieur, contenaient une matire noire semblable l'encre ; les Grecs les connaissaient sous le nom de Tfivo?. Cf. les notes du livre IX. 483. Ligne 5. Echini adfigenles sese , etc. On donne le nom 144 NOTES DU LIVRE XVIII. 'echinus diverses espces d'oursins ; ils sont connus sous le nom vulgaire de hrissons de mer. Cf. le livre IX. 484. Page 98 , ligne 6. Ranoe quoque ultra solitum vocales. Ce pronostic , sur l'infaillibilit duquel on croit encore de nos jours, tait connu d'Aratus: Si repetunt velerm ran per stagna querelam. Avieh. in Arat. et de Virgile : . El vetercai in limo ranae cecinere querelam. Georg. , 1, 378. 4.85- Ligne 7. Etfulic malutino clangore. 'H Tpva opOjwov ipfjia.i hxoMy&r. Arat. Et quum pana fulix trepido petit arva \olatu , Stagna sinens , longasque itrt clangore querelas , Indicat insanis frta inox canescerc ventis : Latipedemque anatcm cernes excedere ponlo. Avien. in Arat. , v. 35o Cf. TlIEOPH. , de Sign. pluv. et vent. , p. 112; et lib. de Sign. vent. , p. 118; TURNEB. , XXV, i3. 486. Ligne 9. Grues in mediterranea feslinantes. Cf. ./'E.LIAX. , Hist. anim., lib. vil , c. 7. Avinus, dans sa traduction d'Ara- tus, a dit : Si Tbreicice per aperta Sponte grues trpidant, nec sese audacibus aethrae Committunt pennis Mox tempestates et nubila tetra cientur. Avibn. , loco cit. , v. 44 2 - 487. Ligne 10. Mergi maria aut stagna fugienles. Lucain a rappel ce pronostic dans son pome : Nec placet incertus qui provocat aequora Delphin : Aut siccum quod mergus amat : quodque ausa rolare Ardea sublimis perniae con6sa natanti. Phars. , v. 552. NOTES DU LIVRE XVIII. i/,5 "Virgile avait dit avant lui, en parlant des pronostics fournis par les oiseaux : Jam sibi tu m curvis maie temprt nnda carinis , Quu-m inedio celeres revolant ex quore mergi , Clamoremque ferunl ad litora ; quumque marina: In sicco ludunt fu'icse ; notasque paludes Deserit , atque altam supra volt ardea nubem. Georg. , i , 3Go. Cf. Cassiod. , Varr. Epp., lib. ni , ep. 4-8. 4-88. Page 98 , ligne 1 1. Grues silenlio. Cf. THEOPH., de Sign. seren. , p. 128 ; et AELIAN. , Hist. anim. , lib. VII, c. 7. 4.80. Ligne 12. Sic noctua. Ce pronostic avait dj t ob- serv par Thopbraste et Elien. Voyez la note prcdente. 4.90. Ligne i3. Conique sirgulluquodarn lalran'es , etc. Ko/>. potCtiv , v5~ap (Turs'EB. , lib. XXV, c. i3). Avinus s'exprime ainsi au sujet de ce pronostic: Agmine quum denso circumvoliiare videtur Graculus, et tenui quum stridunt gultiire corvi , Convenit instantes praenoscere protinus imbres. Avien. in Arat, v. 388. 4.91. Ligne i6. Et alb aves. Il est bien difficile de dcider quel oiseau il faut rapporter cet avis alla. Hardouin renvoie Thophraste (de Sign. tempcst.) et Elien (Hist. anim. , VII , 7 ) , sans dcider quel il doit tre. Poinsinet a traduit ce mot par oiseau blanc , sans chercher prciser l'espce ; ne serait-il pas question, sous ce nom, d'une sorte de mouette? 4g2. Ligne 17. Et quum terrestres volucres, etc. Sur le vers 375 du livre I er des Gorgiques , Varron l'Atacin ( in Servio ) a crit ces vers : Tum liceat pelagi volucres, tardaeque paludis Cernere inexplelo studio ceriare lavandi : Et velut insolitum pennis infundere rorem : Aul arguta lacus circum volitavil birundo , etc. XII. 10 146 NOTES DU LIVRE XVIII. /(.q3. Page 98 , ligne 18. Sed maxime cornix. Lucain a rappel ce pronostic : Quodque caput spargens undis , velut occupet imbrem , Instabili gressu metitur litora cornix. Phars., v, 555. Cf. l'auteur des Goponiques , 1,3: Keti Kopvti k % irWA vn%ofA.ivy) 'ofJipovr T7po(/.nvvet. Virgile a dit aussi : Tum cornix plena pluviam vocat improba voce ; Et sola in sicca secuni spatiatur arena. Georg., 1, 38g. 4q4- Ligne ig. Ilirundo tam juxta aquam volitans , elc. Ce pronostic est encore admis par les modernes. Los hirondelles ne volent prs de l'eau que quand la pluie menace , pour y at- teindre plus srement les insectes dont elles font leur proie , et qui ne peuvent s'lever beaucoup , cause de l'tat hygrom- trique de l'air. 4.95 Ligne 31. Et anseres continuo clangore intempesiivi. Ce pronostic parat confirm par l'exprience. Lorsqu'un orage vio- lent doit clater , les animaux paraissent agits d'une vague in- quitude ; leurs sens , plus parfaits que les ntres , kur rvlent une foule de signes prcurseurs qui nous chappent ; peut-lre aussi que l'activit de notre intelligence nous rend moins im- pressionnables l'action du fluide lectrique , que les animaux , dous seulement d'instinct. ( Cf. Theoph. , de Sign. tempest. , p. 125.) 496. Ligne 22. Ardea in mediis arenis tristis. Lucain ( v, 54-9) dit au contraire que, quand le temps menaait de pluie, ees oiseaux gagnaient la rgion suprieure des airs : Quodque ausa volare Ardea sublimis pennae confisa natanli. Virgile a dit du hron la mme chose que Lucain. Cf. la note 487. 497. LXXXVIII , page 100 , ligne 3. Pecora exsultantia, etc. Avinus , v. 5i3, d'aprs Aratus , a dit: Pastor id indicium pluvialis frigoris edet , Et si persultans aries lascivius herbas NOTES DU LIVRE XVIII. i/ l7 Appctat : aut sese sustollanl sallibus haedi : Vel si juge gregi cupiant hrere, etc. Cf. ilLIAN. , de Anim. , vil , 8. 4.98. Page 100, ligne 5. Et boves clum olfactantes. Aut bucula crcluin Suspicions, palulis captavit naribus auras. Georg. , 1 , 375. Et bos suspiciens oreluui , mirabile visu , Naribus acreum patulis decerpsit odorem. Varr. Atac. , apud Servium. 4gg. Seque lambenies contra pilum. Avinus ne parle pas de ce pronostic dans les mmes termes : F>ubus arator item trahit alr signa procellse , Lambere si lingua prima hos vosligia forte Viderit,aut dextrum prosternere corpus in armum. Avien., v. 5ao. Nous hasarderons une rflexion : on sait que les poils des ani- maux attirent le fluide lectrique. Les animaux en se lchant contre-poil , et cela arrive souvent aux chats , n'auraient-ils pas trouv par instinct un moyen de diminuer la quantit de ce fluide, qui agit corhme un trop puissant excitant ? 5oo. Ligne 7. Segniterque et contra industriam suam , etc. Il semble que la dernire partie de ce pronostic , qui a rapport au transport des ufs par les fourmis, est conforme l'exprience: Nec tenuis formica caeis non eeehit ova , a dit Varron l'Alacin. Virgile avait aussi connaissance de cette habitude: Saepius et tectis penetralibus extulit ova Angustum formica terens ilcr- . . Georg. , 1 , 379. Plutarque (de Anim. prudent. ) s'est tendu avec complaisance sur cette particularit. 5oi. Ligne g. Item vermes terreni erumpentes. Confirm par l'exprience. Aratus a dit : ~Sx.iiy.nKi;. . . Kfvo/ to Kttx'iouiri //Xaivac vrepa yttitif. 502. LXXXIX , page 100 , ligne il. Trifolium quoque inhoi- IO. i48 NOTES DU LIVRE XVIII. rescere , etc. Il est certain que les plantes offrent des signes pr- curseurs de la pluie ou de la scheresse. On connat un souci , Calendula phivialis , qui ferme ses fleurs quand il doit pleuvoir. Le Nepenlhes distilatoria a un opercule qui s'lve ou s'abaisse, suivant l'tat de l'atmosphre. Une foule de plantes offrent des phnomnes peu diffrens, soit dans leurs fleurs, soit dans leurs feuilles. Une lumire plus ou moins vive , une plus ou moins grande quantit d'eau dans l'air, un changement de temprature, l'lectricit, etc. , sont les agens principaux qui excitent ou mo- drent l'irritabilit dont les plantes sont doues. Nous croyons intressant de runir ici les pronostics sur l'in- faillibilit desquels les modernes comptent le plus, afin d'offrir au lecteur un point de comparaison curieux , et de complter ainsi ce qui manque au texte de Pline sur cette matire. Pronostics tirs de Tatmosphre et des mtores. Les toiles qui perdent leur clart sans qu'on aperoive des nuages dans le ciel , indiquent l'orage. Les toiles paraissant plus grandes qu' l'ordinaire , ou plus prs les unes des autres, sont le signe d'un changement de temps. Le beau temps et la chaleur sont indiqus par des clairs, sans nuages l'horizon. Les tonnerres du matin amnent les vents ; ceux de midi , la pluie ; ceux du soir , l'orage. Une bourrasque ou un trs-fort orage sont indiqus par un tonnerre continuel. C'est une continuit de pluie qu'annonce un arc-en-ciel bien color ou double. La couleur bleutre qui entoure le soleil , la lune ou les toiles , est un signe de pluie. Si la pluie fume en tombant , c'est signe qu'il pleuvra long- temps et abondamment ; ou autrement, lorsqu'aprs une petite pluie on aperoit un petit brouillard sur la terre , c'est signe qu'il tombera beaucoup de pluie. Les nuaqes qui , aprs la pluie , descendent prs de terre et semblent rouler sur les champs , annoncent le beau temps. NOTES DU LIVRE XVIII. i/, 9 Un brouillard qui survient aprs le mauvais temps doit en faire esprer la prompte cessation ; mais si le brouillard survient pen- dant le beau temps , et qu'il s'lve en laissant des nuages , le mauvais temps est immanquable. Deux soleils (une parlie) annoncent la neige et le froid. Les clairs en hiver font prjuger qu'il y aura bientt de la neige et du vent. Les nuages moutonns (qui ressemblent la laine sur le dos des moutons) sont en t l'indice du vent, et en hiver l'indice de la neige. Un horizon dpourvu de nuages et sans vent, ou avec le vent du nord , assure la permanence du beau temps. Lorsqu'aprs le vent il survient une gele blanche qui se dis- sipe en brouillards, on est assur d'un temps mauvais et malsain. Le vent du sud-ouest est celui qui amne le plus souvent la pluie, et le vent de l'est celui qui l'amne le plus rarement. Lorsque le vent change frquemment de direction , on doit s'attendre une bourrasque. Un vent qui commence souffler aprs le lever du soleil est plus fort et plus durable qu'un vent qui commence pendant la nuit. La gele qui commence par un vent d'est dure long-temps. Lorsque le vent ne change pas , on doit esprer ou craindre que le temps reste long- temps beau ou mauvais. Quand le vent passe au nord par l'est, le beau temps est plus durable que lorsqu'il y arrive par l'ouest. On dit gnralement que lorsqu'il pleut le 3 de mai , il n'y aura pas de noix; que lorsqu'il pleut le i5 juin, il n'y aura pas de raisin. On peut galement fixer, pour tous les fruits ou grains qui sont l'objet de nos cultures, un jour de pluie dont l'influence sur le produit est remarquable , parce que ce jour est celui o les fleurs doivent tre en majorit panouies , et qu'il n'y a pas de fcondation pendant la pluie. En hiver , une grande quantit de neige promet une anne abondante , et beaucoup de pluie promet le contraire , parce que la neige empche la dperdition des gaz qui se forment dans la terre , et que les pluies font pourrir beaucoup de plantes. i5o NOTES DU LIVRE XVIII. Si le printemps et l't sont tous deux trop secs , ou tous deux trop pluvieux , on sera menac de disette , parce que la v- gtation n'aura pas pu se dvelopper convenablement. Un automne pluvieux fait que le vin est mauvais ; un bel automne doit faire croire que l'biver sera venteux. Les printemps et les ts pluvieux sont ordinairement suivis d'un bel automne ; un printemps et un t secs annoncent au contraire un automne pluvieux. Pronostics tirs des corps terrestres. Si la flamme d'une chandelle tincelle , ou si elle forme un champignon , il y a grande probabilit de pluie. La suie qui se dtache naturellement des chemines annonce galement la pluie. Une braise plus ardente qu' l'ordinaire, et une flamme plus agite , sont les avant-coureurs du vent. Le son des cloches , entendu de plus loin qu' l'ordinaire , est un signe de vent ou de changement de temps. Une odeur bonne ou mauvaise, qui semble plus forte que la veille , est un signe de pluie. Si le sel , le marbre , le fer, les vitres deviennent humides ; si les bois des portes et des fentres se gonflent ; si les cors aux pieds deviennent douloureux, c'est signe de pluie ou de dgel. Pronostics tirs des animaux et des plantes. L'abondance des chauves-souris annonce un temps chaud et serein pour le lendemain ; c'est le contraire quand elles volent en petit nombre. Si la chouette crie pendant le mauvais temps , on peut s'at- tendre qu'il va changer. Les corbeaux qui crient le matin annoncent la mme chose. C'est un indice de pluie et d'orage lorsque les oies et les ca- nards volent , crient , se plongent dans l'eau pendant le beau temps. La pluie est assure dans la journe si les abeilles ne s'cartent pas beaucoup de leur ruche le matin , et dans la nuit si elles y rentrent le soir de bonne heure. NOTP;S DU LIVRE XVIIL r5i De mme , lorsque les pigeons rentrent tard au colombier , c'est signe de pluie pour le lendemain. Les moineaux qui gazouillent plus qu' l'ordinaire , et se ras- semblent en plus grand nombre , doivent faire prvoir le mau- vais temps. 11 en est de mme lorsque les poules se roulent dans la pous- sire avec plus d'ardeur, lorsque les coqs chantent le soir, lors- que les hirondelles rasent la surface de la terre et de l'eau. La frquence et la vivacit de la piqre des mouches annonce un orage. Quand les petites tipules se runissent en grande quantit avant le coucher du soleil, et tourbillonnent en colonne , c'est l'indi- cation du beau temps pour le lendemain. Si les grenouilles coassent plus qu' l'ordinaire ; si les crapauds sortent le soir et en grand nombre de leurs trous ; si les vers de terre se montrent la surface du sol ; si les taupes labourent plus que de coutume ; si les dindons se rassemblent, il y a pres- que certitude de pluie. La pluie est galement probable si les chevaux , les bufs , les vaches, et surtout les brebis , mangent plus vite et plus qu' l'ordinaire. Lorsque les fleurs du souci , et eu gnral de la plupart des composes, ne .s'ouvrent pas, c'est qu'il doit bientt pleuvoir. L'exaltation de l'odeur des plantes a toujours lieu lorsqu'un orage se prpare. vvv* WVVWV WVVW/V\'*%/VVW\/V*/\/V%i VWV*VVV%*/VV%^ v* MfVWMMI wwv^\^ (JWWWfc C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XIX. LINI NATURA, ET CULTUS HO RT E N SI ORU M. Lini natura , et miracula. I. ijiderum quoque tempestatumque ralio , vel im- peritis facili , atque indubitato modo monstrata est : vereque intelligentihus non minus conferunt rura de- preliendendo caelo, quam sideralis scientia agro colendo. Proximam multi hortorum curam fecere : nobis non protinus transire ad ista tempestivum videtur. Mira- murque quosdam scientiae gratia, eruditionis sua? gloriam ex his petentes tam multa prseteriisse , nulla mentione babita tt rerum sponte curave provenientium , prser- tim quum plerisque earum , pretio usuque vit, major etiam, quam frugibus, perhibeatur auctoritas. Atque ut a eonfessis ordiamur utilitatibus, quaeque non HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XIX. NATURE DU LIN, ET HORTICULTURE. Du lin ; faits merveilleux relatifs cette plante. I. Iour expliquer les rvolutions des astres et la thorie des saisons , nous nous sommes appuys sur des principes certains, faciles saisir, mme par les per- sonnes trangres la science. Ces principes bien con- us, il est ais de voir que la campagne ne sert pas moins la connaissance des phnomnes clestes, que l'astronomie aux progrs de l'agriculture. Beaucoup d'auteurs ont cru devoir passer immdia- tement la culture des jardins; ce sujet, mon avis, serait ici dplac. Je m'tonne mme que des hommes instruits, qui fondaient leur clbrit sur leurs talens en pareille matire , n'aient point parl d'un si grand nombre de vgtaux sauvages ou cultivs, surtout quand les avantages que nous en tirons dans l'usage journa- lier nous les ont rendus plus prcieux mme que les c- rales. Commenons par les espces dont l'utilit est tecon- i5/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX; solum terras omnes, verum etiam maria replevere: seri- tur, a dici neque inter fruges, neque inter hortensia po- test , linum. Sed in qua non occurret vitae parte , quodve miraculum majus, herbamesse quae admoveat /Egyptum Italiae : in tantum , ut Galerius a freto Siciliae Alexan- driam septima die pervenerit , Babilius sexta , ambo praefecti : aestate vero proxima Valerius Marianus ex praetoriis senatoribus , a Puteolis nono die lenissimo flatu? herbam esse, quae Gades ad Herculis columnas septimo die Ostiam adferat , et citeriorem Hispaniam quarto, provinciam Narbonensem tertio, Africam al- tero : quod etiam mollissimo flatu contigit C.Flavio le- gato Vibii Crispi proconsulis ? Audax vita , scelerum plena ! aliquid seri , ut ventos procellasque recipiat : et parum esse fluctibus solis vehi. Jam vero nec vla satis esse majora navigiis. Sed quamvis amplitudini antenna- rum singul arbores sufficiant , super eas tamen addi velorum alia vla, praeterque alia in proris, et alia in puppibus pandi , ac tt modis provocari mortem. De- nique tam parvo semine nasci , quod orbem terrarum ultro citroque portet, tam gracili avena, tam non alte a tellure tolli : neque id viribus suis necti, sed fractum tusumque et in mollitiam lanae coactum , injuria ac summa audacia , eo pervenire. Nulla exsecratio suffcit contra inventorcm dictum suo loco a nobis : cui satis HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. i55 nue dans toute l'tendue des terres et des mers : parlons d'abord du lin. On le sme , et on ne peut le classer ni parmi les grains, ni parmi les plantes potagres. Mais quelle foule d'usages ne se prte- t-il pas ? quelle mer- veille plus tonnante qu'une plante qui rapproche telle- ment l'Egypte de l'Italie, que Galerius et Babilius, tous deux prfets d'Egypte , passrent le premier en sept jours, et l'autre en six , du dtroit de Messine au port d'Alexandrie? et, l't dernier, Valerius Marianus, s- nateur romain, ex-prteur, ne se rendit-il pas de Pouz- zoles au mme port en neuf jours , quoique le vent ft trs-faible ? Ainsi une herbe peut nous transporter des colonnes d'Hercule , de Cadix Ostie , en sept jours ; de l'Espagne citrieure en quatre ; de la province Nar- bonnaise en trois; de l'Afrique en deux jours seulement, mme avec un vent modr , comme l'prouva Caus Flavius , lieutenant du proconsul Vibius Crispus. O comble de l'audace et de la perversit humaine! on sme pour recueillir les vents et les temptes ! c'est trop peu d'tre voitures par les flots seuls ! que dis-je ? des voiles plus grandes que le navire ne suffisent plus ; chaque mt supporte des antennes immenses , et cependant au dessus des voiles qu'elles supportent, on suspend d'au- tres voiles encore , outre celles qui flottent la poupe et la proue : tant l'homme est ingnieux provoquer la mort ! Eh quoi ! c'est d'une semence si petite , d'une tige si courte et si frle qu'on tire ce qui doit dpla- cer tour tour les diverses parties du monde ! Encore n'emploie-t-on pas le lin dans toute sa force ; on le bat, on le broie, on l'assouplit comme la laine : ce n'est que trait de la sorte qu'il seconde notre criminelle au- dace. J'ai nomm en son lieu l'inventeur des voiles ; on 1 56 C PUNII HIST. NAT. LIB. XIX. non fuit homincin in terra inori , nisi periret et inse- pultus. At nos priore libro imbres et flatus cavendos , frugum causa victusque , praemonebamus. Ecce seritur hominis manu, metitur ejusdem liominis ingenio, quod ventos in mari optet. Praeterea ut sciamus favisse pnas, nihil gignitur facilius : ut sentiamus uolente id fieri na- tura , urit agrum , deterioreraque^etiam terram facit. Quomodo seratiir, et gnera ejus excellentia xxvn. II. i . Seritur sabulosis maxime , unoque sulco : nec magis festinat aliud. Vere satum aestate vellitur : et hanc quoque terrae injuriam facit. Ignoscat tamen ali- quis jEgypto serenti , ut Arabiae Indiaeque merces im- portet : itane et Galliae censentur hoc reditu, montes- que mari oppositos esse non est satis, et a latere oceani obstare ipsum quod vocant inane ? Cadurci , Caleti , Ruteni , Bituriges , ultimique hominum existimati Mo- rini , immo vero Galliae universae vla texunt. Jam quidem et transrhenani hostes : nec pulchriorem aliam vestem eorum feminae novere. Qua admonitione suc- currit , quod M. Varro tradit , in Seranorum familia gentilitium esse, feminas liuea veste non uti. In Germa- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 1S7 ne peut assez le maudire : peu content que l'homme mourt sur la terre , il a voulu qu'il prt mme sans spulture. Dans le livre prcdent, je recommandais, pour conserver les grains ncessaires la vie , de se prcautionner contre les vents et les orages ; et voici que , de sa propre main , l'homme sme , l'homme re- cueille par cette invention fatale ce qui doit appeler sur les flots le souffle des vents ; mais qu'il le sache bien , sa tmrit n'est que trop punie. Rien ne crot plus ai- sment que le lin ; et ce qui prouve que la nature ne le produit qu' regret, c'est qu'il brle le sol qui le nour- rit , et dtriore la terre elle-mme. Comment on sme le lin ; vingt-sept espces principales de lin. II. I. On le sme principalement dans les terrains sablonneux , et aprs un seul labour. Nulle plante ne pousse plus vite. Sem au printemps, on l'arrache en t, et cette mthode fatigue encore la terre. Pardonnons l'Egyptien de le cultiver, pour introduire dans son pays les productions de l'Inde et de l'Arabie. Mais les Gaules, quels avantages peuvent-elles s'en promettre? enfermes d'un ct par des montagnes qui ferment l'accs du ri- vage, de l'autre par un ocan o finit le monde. Cepen- dant les Cadurciens, les Caltiens , les Rutniens , les Bituriges, les Morins eux-mmes aux confins de la terre habite; que dis-je? les Gaules tout entires fabriquent des voiles. Dj mme nos ennemis, au del du Rhin , imitent cet exemple ; leurs femmes font du lin leur plus beau vtement. Je me rappelle ce sujet que, dans la fa- mille des Seranus, ce que rapporte Varron , les femmes ne connaissent pas l'usage du lin. En Germanie , les i58 C PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. nia autem defossi atque sub lerra id opus agunt. Simi- liter etiam inltalia, regione Aliana, inter Padum Ti- cinumque amnes , ubi a Setabi tertia in Europa lino palma : secundam enim in vicino Alianis capessunt Retovina, et in jEmilia via Faventina. Candore Alianis semper crudis Faventina prferuntur : Retovinis te- nuitas summa densitasque, candor aeque ut Faventinis, sed lanugo nulla , quod apud alios gratiam , apud alios offensionem habet. Nervositas filo aequalior paene quam aranis , tinnitusque , quum dente libeat experiri i ideo duplex , quam ceteris , pretium. Et Hispania citerior habet splendorem lini praeci- puum , torrentis in quo politur natura , qui adluit Tar- raconem. Et tenuitas mira , ibi primum carbasis reper- tis. Non dudum ex eadem Hispania Zoelicum venit in Italiam, plagis utilissimum. Civitas ea Gallaeciae et Oceano propinqua. Est sua gloria et Cumano in Campania , ad piscium et alitum capturam. Eadem et plagis maleria. Neque enim minores cunctis animalibus insidias, quam nobismetipsis lino tendimus. Sed Cumanae plagae conci- dunt apros , et hi casses vel ferri aciem vincunt. Vidi- musque jam tantae tenuitatis , ut anulum hominis cum epidromis transirent, uno portante multitudinem qua saltus cingerentur ( nec id maxime mirum , sed singula HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. i5 9 toiles se fabriquent dans des souterrains; cet usage sub- siste aussi en Italie, dans le canton d'Alia, entre le P et le Tsin : c'est l que se trouve , entre les espces d'Europe , la troisime en qualit aprs celle de Stabis. Au second rang sont placs le lin de Rtovium, prs d'Alia, et celui de Faventium sur la voie Emilienne. Pour la blancheur, on prfre le lin de Faventium celui d'Alia, dont la teinte n'est jamais pure. Celui de Rtovium est extrme- ment fin et serr , aussi blanc que celui de Faventium ; mais il manque de moelleux , ce qui le fait estimer des uns et mpriser des autres. On en fabrique un fil trs-fort, aussi uni que le fil d'araigne ; soumis l'preuve et tendu avec la dent , il rend un son clair et aigu : aussi cette espce se vend - elle une fois plus cher que les autres. Le lin de l'Espagne citrieure se distingue par son clat , avantage qu'il doit aux eaux d'un torrent qui baigne les murs de Tarragone. Il est d'ailleurs admirable pour sa finesse : aussi est-ce l que furent tablies les premires fabriques de carbases (batiste?). Il n'y a pas long-temps qu'on a fait passer d'Espagne en Italie le lin de Zola, ville de Galice, voisine de l'Ocan. Il est excellent pour les toiles de chasse. Celui de Cumes en Campanie donne encore des filets trs-estims pour pren- dre les poissons et les oiseaux; on en fait aussi des toiles de chasse , car avec le lin nous ne dressons pas moins de piges aux animaux qu' nous-mmes. Les toiles de Cumes arrtent les sangliers , et le fer mme est moins fort qu'un filet. J'en ai vu de si fines, qu'avec leurs cordes elles passaient par un anneau ; un seul homme en portait assez pour entourer un bois , et ce qu'il y a de plus extraordinaire, chaque fil tait compos de cent ifio C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. earum stamina centeno quinquageno filo constare) : sicut paulo ante Julio Lupo , qui in praefectura TEgypti obiit. Mireutur hoc ignorantes in /Egyptii quondara rgis , quem Amasim vocant , thorace , in Rhodiorum insula ostendi in templo Minervae, ccclxv filis singula fila con- stare : quod se expertum nuper Romae prodidit Mucia- nus ter consul , parvasque jam reliquias ejus superesse hac experientium injuria. Italia et Pelignis etiamnum linis honorem habet, sed fullonum tantum in usu; nul- lum est candidius , lanve similius : sicut in culcitis preecipuam gloriam Cadurci obtinent. Galliarum hoc , et tomenta pariter, inventum. Italiae quidem mos etiam nunc durt in appellatione stramenti. iEgyptio lino minimum fimitatis , plurimum lucri. Quatuor ibi gnera : Taniticum , ac Pelusiacum , Buti- cum, Tentyriticum , cum regionum nominibus, in qui- bus nascuntur. Superior pars iEgypti in Arabiam ver- gens gignit frulicem , quem aliqui gossipion vocant , pi ures xylon , et ideo lina inde facta xylina. Parvus est, similemque barbat nucis defert fructum, cujus ex interiore bombyce lanugo netur. Nec ulla sunt eis can- dore mollitiave praeferenda. Vestes inde sacerdotibus iEgypti gratissimae. Quartum genus Orchomenium ap- pellant. Fit e palustri velut arundine, dumtaxat pani- cula ejus. Asia e genista facit lina ad retia praecipua? in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 161 cinquante brins. Peu de temps auparavant, Julius Lu- pus , qui mourut prfet d'Egypte , s'tait dj servi de filets semblables. On pourrait en tre surpris, si l'on ne savait qu' Rhodes , dans le temple de Minerve , on montre une cuirasse d'Amasis , ancien roi d'Egypte , dont chaque fil est de trois cent soixante-cinq brins. Mucien, qui fut trois fois consul, nous a assur tout r- cemment, Rome, qu'il avait lui-mme vrifi le fait; il ne reste plus que quelques parties de cette cuirasse , trop peu respecte des curieux. L'Italie estime encore aujourd'hui les lins de l'Abruzze ; mais les foulons seuls en font usage. Il n'y en a pas de plus blanc ni de plus ap- prochant de la laine. Celui des Cadurciens est recherch pour les matelas. Ces matelas et les lits de bourre sont une invention des Gaules. En Italie, on couchait autre- fois sur des paillasses : le mot stramentum , que nous employons encore aujourd'hui , en est la preuve. Le lin d'Egypte, le moins fort de tous , est celui qui rapporte le plus. On en compte quatre espces , qui por- tent les noms des divers cantons o elles croissent, c'est- -dire de Tanis , de Peluse, de Butis et de Tentyra. La Haute-Egypte, dans cette partie qui avoisine l'Arabie, produit l'arbrisseau appel gossypion , plus commun- ment xylon, dont on fabrique les toiles xylines (gazes?). Cet arbrisseau est petit , et porte un fruit semblable l'aveline. On file le duvet qui se trouve dans l'intrieur. Nulle toile n'est prfrable pour la blancheur ou le moelleux ; aussi est-ce le vtement favori des prtres d'Egypte. Il y a une quatrime espce de lin appele lin d'Orchomne; on ne le tire que de la tte d'un ro- seau qui crot dans les marais. En Asie , le gent qu'on a mis tremper pendant dix jours fournit pour la pche xy. il ,(J 2 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XIX. piscando durantia, frutice madefacto dnis diebus. iEthio- pes Indique e malis , Arabes cucurbitis , in arboribus , ut diximus , genitis. Quomodo perficiatur. III. Apud nos maturitas ejus duobus arguments in- telligitur , intumescente semine , aut colore flavescente. Tum evulsum, et in fasciculos manuales colligatum, sic- catur in sole, pendens conversis superne radicibus uno die, inox quinque aliis , in contrarium inter se versis fascium cacuminibus, ut semen in mdium cadat. Inter rnedicamina huic vis , et in quodam rustico ac praedulci Itali Transpadanae cibo, sed jam pridem sacrorum tan- tum gratia. Deinde post messem triticeam virgae ipsae merguntur inaquam solibus tepefactam, pondre aliquo depressae : nulli enim levitas major. Maceratas indicio est membrana laxatior. Iterumque inversae , ut prius , sole siccantur : mox arefactae in saxo tunduntur stupa- rio mallo. Quod proximum cortici fuit , stupa appel- latur, deterioris lini, lucernarum fere luminibus aptior. Et ipsa lamen peclitur ferreis hamis, donec omnis mem- brana decorticetur. Medull numerosior distinctio, can- dore, mollitia. Linumque nere et viris dcorum est. Cor- tices quoque decussi clibanis et furnis praebent usum. Ars depectendi digerendique : justum e quiuquagenis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. i63 des filets excellens et de longue dure. Les thiopiens et les Indiens tirent le lin d'un fruit semblable celui de nos pommiers; les Arabes, comme nous l'avons dit, d'un fruit de la forme d'une courge. Comment on confectionne le lin. III. Quant notre lin , sa maturit se reconnat deux signes, lorsqu'il jaunit, et que sa graine commence se gonfler : alors on l'arrache , et , aprs l'avoir li en petites bottes qui remplissent la main , on le met scher debout au soleil. Le premier jour, les racines sont tour- nes en haut; les cinq jours suivans , les ttes de cha- que botte sont appuyes les unes contre les autres, pour que la graine tombe au milieu. Elle est usite en m- decine , et mme dans l'Italie , au del du P , on en faisait un mets rustique qu'on trouvait de fort bon got; mais depuis long-temps il n'est en usage que dans les sacrifices. Quand la rcolte des fromens est acheve, on met rouir le lin dans une eau chauffe par le soleil ; on le charge d'un corps pesant pour l'y tenir plong , car aucune matire n'est plus lgre : le rouissage est achev quand la fibre est devenue plus lche. On fait ensuite scher de nouveau les bottes au soleil , en les renversant comme nous l'avons dit plus haut ; une fois sches , on les bat sur la pierre avec un maillet propre cette opration. La partie voisine de l'corce est ce qu'on appelle l'toupe ; c'est un lin d'une qualit in- frieure , et qui n'est bon qu' faire des mches de lam- pes. On ne laisse pas toutefois de srancer l'toupe jusqu' ce que toute l'corce soit enleve. Les fibres in- trieures donnent des fils plus fins, plus blancs et plus i r. if>4 C. PJ.TNII HIST. NAT. LIB. XIX. fascium libris quinasdenas carminari. Iterum deinde in filo politur, illisum crebro in silice ex aqua : textum- que rursus tunditur clavis , semper injuria melius. De lino asbestino. IV. Inventum jam est etiam , quod ignibus non ab- sumeretur. Vivum id vocant , ardentesque in focis con- viviorum ex eo vidimus mappas , sordibus exustis , splendescentes igni magis , quam possent aquis. Regum inde funbres tunicae , corporis favillam ab reliquo s- parant cinere. Nascitur in desertis adustisque sole Indiae, ubi non cadunt imbres , inter diras serpentes : adsues- citque vivere ardendo , rarum inventu , difficile textu propter brevitatem. Rufus de cetero colos, splendescit igni. Quum inventum est, quat pretia excellentium margaritarum. Vocatur autem a Graecis asbestinum ex argumento naturae. Anaxilaus auctor est linteo eo cir- cumdatam arborem, surdis ictibus , et qui non exaudian- tur, casdi. Ergo huic lino principatus in toto orbe. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. i65 doux. 11 n'est pas dshonorant pour les hommes de filer le lin. Ses chenevottes servent chauffer'les fours. C'est un art que de savoir le srancer et lui donner la dernire prparation. Cinquante livres de lin brut doivent rendre quinze livres de lin peign. Quand il est fil , on l'as- souplit de nouveau , en le mouillant et en le battant sur la pierre. On bat mme encore les tissus de lin avec une espce de pilon , et ces battages ritrs ne font que le rendre meilleur. Du Un asbeste. IV. On a encore trouv une espce de lin incombustible, ou vif, comme on l'appelle. J'ai vu, dans des festins, des serviettes de ce lin jetes dans un foyer ardent ; quand les taches en avaient t consumes par le feu , on les retirait plus nettes et plus clatantes que si elles eussent t blanchies dans l'eau. On en fait pour les funrailles des rois des linceuls qui sparent leurs cendres de celles du bcher. Ce lin crot , dans l'Inde , dans des dserts infests d'affreux reptiles, et toujours arides et brlaus. Ainsi le climat o il vit l'habitue l'action du feu. On le trouve rarement , et on le travaille avec beaucoup de peine, cause du peu de longueur de ses fibres. Sa couleur est rousse ; pass au feu , il acquiert une blan- cheur clatante. Ceux qui le trouvent le vendent aussi cher que les plus belles perles. Les Grecs l'appellent asbeste , nom qui indique la nature mme de cette sub- stance. Anaxilas prtend qu'un arbre entour d'un tissu de ce lin peut tre abattu avec la cogne sans que les coups soient entendus de personne. Ces singulires proprits ont rendu ce lin le plus prcieux de l'univers. i66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. Proximus byssino , mulierum maxime deliciis circa Elim in Achaa genito : quaternis denariis scripula ejus permutata quondam , ut auri , reperio. Linteorum la- nugo, e velis navium maritimarum maxime, in magno usu medicinae est : et cinis spodii vim habet. Est et inter papavera genus quoddam , quo candorem lintea praeci- puum trahunt. Quando linum tingi cptum. V. Tentatum est tingi linum quoque , et vestium insaniam accipere , in Alexandri Magni primum classi- bus , Indo amne navigantis , quUm duces ejus ac pr- fecti in certamine quodam variassent insignia navium : stupueruntque litora , flatu versicoloria implente. Vlo purpureo ad Actium cum M. Antonio Cleopatra ve- nit , eodemque effugit. Hoc fuit imperatorise navis in- signe. Quando primum in theatris vla. VI. Postea in theatris tantum umbram fecere : quod primus omnium invenit Q. Catulus , quum Capitolium dedicaret. Carbasina deinde vla primus in theatro duxisse traditur Lentulus Spinter Apollinaribus ludis. Mox Caesar dictator totum forum Romanum intexit , viamque sacram ab domo sua et clivum usque in Gapi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 167 Aprs lui vient le byssus, que les femmes recherchent avec tant de passion. 11 crot aux environs d'lis, en Achae. Je lis qu'autrefois il se vendait au poids de l'or; un scrupule de ce lin valait quatre deniers. Le duvet des toiles de lin, surtout des toiles de navires qui ont l en mer, est trs-usit en mdecine ; leur cendre a les mmes vertus que le spodium (tutie). Il y a une espce de pavot qui donne aux tissus de lin une extrme blancheur. A quelle poque l'on commena teindre le lin. V. On a voulu aussi teindre le lin, et lui faire adop- ter les bizarres couleurs de nos vtemens. Le premier essai de ce genre eut lieu sur la flotte d'Alexandre-le- Grand , lorsqu'il descendait l'Indus. Ses gnraux et ses officiers, dans un combat, firent ainsi distinguer leurs navires , et cette varit de couleurs des voiles , enfles par le vent , rpandit l'tonnement sur les rives du fleuve. Cloptre avait accompagn Marc-Antoine Ae- tium sur un navire dont les voiles taient de pourpre ; ces mmes voiles servirent sa fuite. C'tait la marque distinctive du vaisseau amiral. A quelle poque des toiles s furent tendues sur les thtres. VI. Les toiles de lin furent ensuite employes dans les thtres, seulement pour donner de l'ombre. Catu- lus le premier les fit servir cet usage lors de la d- dicace du Capitule. Plus tard, Lentulus Spinter fut aussi le premier , dit-on , qui couvrit le thtre de fins tissus de carbase pour la clbration des jeux en l'honneur d'Apollon. Quelque temps aprs, Csar, alors dictateur, i68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. tolium , quod munere ipso gladiatorio mirabilius visum tradunt. Deinde et sine ludis Marcellus Octavia sorore Augusti genitus, in dilitate sua, avunculo xi consule, a. d. kalendas augusti, velis forum inumbravit, ut sa- lubrius litigautes consistrent : quantum mutatis mori- bus Catonis censorii , qui sternendum quoque forum muricibus censuerat. Vla nuper colore caeli , stellata , per rudentes iere etiam in amphitlieatro principis Ne- ronis. Rubent in cavis dium , et muscum a sole defen- dunt. Cetero mansit candori pertinax gratia. Honor etiam et Trojano bello. Cur enim non et prliis inter- sit , ut naufragiis ? Thoracibus lineis paucos tamen pugnasse , testis est Homerus. Hinc fuisse et navium ar- mamenta apud eumdem interpretantur eruditiores : quo- niam quum sparta dixit , significaverit sata. De sparti natura. VII. i. Sparti quidem usus multa post ssecula cptus est : nec ante Pnorum arma, quae primum Hispaniae intulerunt. Herba et haec sponte nascens , et quae non HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 169 fit couvrir le Forum tout entier , la voie Sacre et la monte du Capitole , jusqu'au temple mme , genre de magnificence qui parut plus admirable encore que son spectacle de gladiateurs. Dans la suite, Marcellus, fils d'Octavie , sur d'Auguste , pendant son dilit , sous le onzime consulat de son oncle , avant le jour des ka- lendes d'aot , fit galement couvrir la place publique , quoiqu'il n'y et point de jeux; c'tait simplement pour que les plaideurs fussent plus 'leur aise l'ombre. Quel changement dans les murs depuis Caton le Cen- seur, qui voulait que le Forum ft pav de chausses- trapes ! Tout rcemment, des voiles de couleur bleu-c- leste et semes d'toiles flottrent , suspendues des cbles , sur le vaste amphithtre de Nron. Les cours intrieures des palais sont couvertes de toiles rouges qui dfendent la mousse de l'ardeur du soleil. Au reste, la couleur blanche du lin n'a dans aucun temps perdu de sa faveur ; il tait lui-mme en estime ds la guerre de Troie. Et pourquoi en effet ne pas faire un instru- ment de guerre d'un instrument de naufrage? Suivant Homre, cependant, peu de guerriers portaient des cui- rasses de lin , mais les agrs des navires taient tous de cette matire, d'aprs l'opinion des plus habiles inter- prtes ; car le mot sparta, dont se sert le pote , ne si- gnifie que le produit d'une semence. Du spart. VII. 2. Le spart n'a t employ que plusieurs sicles aprs ; son usage ne remonte pas plus loin que la pre- mire guerre des Carthaginois en Espagne. C'est une herbe qui crot sans culture , et ne saurait tre seme ; i 7 o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. queat seri, juncusque proprie aridi soli , uni terra? dato vitio. Nainque id malum telluris est : nec aliud ibi seri aut nasci potest. In Africa exiguum et inutile gignitur. Carthaginiensis Hispaniae citerions portio, nec haec tota, sed quatenus parit , montes quoque sparto operit. Hinc strata rusticis eorum, hinc igns facesque, hinc calcea- mina, et pastorum v^stis, animalibus noxium , praeter- quam cacuminum teneritate. Ad reliquos usus laboriose evellitur , ocreatis cruribus , manu , textisque manicis , convolutum osseis iligneisve conamentis. Nunc jam in hiemem juxta : facillime tamen ab idibus maiis in junias: hoc maturitatis tempus. Quomodo perficiatur. VIII. Vulsum fascibus in acervo animatum biduo , tertio resolutum , spargiturin sole siccaturque, et rursus in fascibus redit sub tecta. Postea maceratur aqua ma- rina optime, sed et dulci,si marina desit: siccatamque sole iterum rigatur. Si repente urgeat desiderium , perfusum calida in solio ac siccatum stans, compendium operae fatetur. Hoc autem tunditur, ut fit utile, praecipue in aquis marique iuvictum. In sicco praeferunt e cannabi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 171 un jonc qui ne crot que dans un sol aride , et -encore dans un espace circonscrit ; malheureuse production d'une terre dont il atteste lui-mme la strilit, car au- tour de lui ne lve ni ne vgte aucune autre plante. Le spart d'Afrique est petit et hors d'usage. On en trouve sinon dans toute la province de Carthagne en Espagne, du rrtoins dans une partie ; mais partout o il crot , les montagnes mme en sont couvertes. Il fournit aux hcfbirans de la campagne des espces de matelas , des flambeaux , des chaussures , des vtemens de bergers ; on s'en sert aussi pour le chauffage. Il est nuisible au btail, except la partie tendre des sommits. Pour l'em- ployer d'autres usages , il faut l'arracher pniblement de terre , se garnir les jambes de bottines , les mains de gants , puis le rouler autour d'un os ou d'un bton , afin de l'enlever moins difficilement. Aujourd'hui on retarde jusqu'aux approches de l'hiver; mais le temps le plus favorable cette opration est depuis les ides de mai jusqu'aux ides de juin : c'est l'poque de sa maturit. # Comment on prpare le spart. VIII. Aprs l'avoir arrach, on le lie en bottes, qu'on laisse en monceau expos l'air pendant deux jours; le troisime , on le dlie , on l'tend au soleil pour le scher, puis on le remet en bottes pour le rentrer. En- suite on le fait rouir avec soin dans l'eau marine, ou, dfaut d'eau marine, dans l'eau douce; et aprs l'a- voir sch au soleil , on le mouille de nouveau. Est-on press , on le met dans une cuve , on l'arrose d'eau chaude , puis on le fait scher debout : c'est le moyen d'pargner sa peine et son temps. On le bat pour pou- 17a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. fmes. At spartum alitur etiam demersum , veluti nata- lium sitim pensans. Est quidem ejus natura interpolis : rursusque quam libeat vetustum novo miscetur. Ve- rumtamen complectatur animo , qui volet miraculum aestimare, quanto sit in usu , omnibus terris, navium armamentis, machinis difieationum , aliisque desideriis vitae. Ad hos omnes usus quae suficiant , minus trigii^a millia passuum in latitudinem a litore Carthaginis novae, minusque c in longitudinem esse reperientur. Longius vehi impendia prohibent. Quando primus usus ejus. * IX. Junco Graecos ad funes usos nomini credamus r quo herbam eam appellant : postea palmarum foliis , philuraque, manifestum est: et inde translatum a Pnis sparti usum, perquam simile veri est. De eriophoro bulbo. X. Theophrastus auctor est, esse bulbi genus circa ripas amnium nascens , cujus inter summum corticem, eamque partem qua vescuntur , esse laneam naturam , ex qua impilia vestesque quaedam confciant. Sed neque Lk HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 17 voir le mettre en uvre. Les cordages qu'il fournit sont inaltrables dans l'eau douce et dans l'eau de mer. Quand les cordages ne doivent pas tre mouills , on prfre ceux de chanvre; mais le spart se nourrit dans l'eau , comme pour se ddommager de la soif qu'il a prouve dans l'aridit du sol natal. Un avantage qui lui est propre, c'est qu'on peut le raccommoder facilement, quelque us qu'il soit, en mlant du spart neuf avec le vieux. Mais pour bien apprcier cette herbe extraor- dinaire , qu'on se reprsente quelle foule d'usages on l'emploie dans tous les pays, pour les agrs des navires, pour les machines de construction, enfin pour tous les besoins de la vie; et cette plante, qui nous rend tant de services , n'a pour crotre , sur le rivage de Cartha- gne , qu'un espace de moins de trente milles de large sur moins de cent milles de long. Les frais de transport empchent de la faire passer plus loin. A quelle poque commena l'usage du spart. IX. Les Grecs se servaient du jonc pour faire des cordages ; c'est ce que prouve le nom mme qu'ils don- nent cette plante. Ils employrent ensuite les feuilles de palmier, l'corce de tilleul ; et il est trs-probable que les Carthaginois n'ont fait que les imiter en travaillant de mme le spart. Du bulbe riophore. X. Suivant Thophraste , on trouve sur les bords des rivires une plante bulbeuse qui , entre la tunique ex- trieure et la partie comestble , porte une espce de laine dont on fait une sorte de feutre et d'toffe ; mais l 7 /i C. PLINII HIST. NAT. LIB XIX. regionem, in qua fit, neque quidquam diligentius , praeterquam eriophoron id appellari , in exemplaribus , quae quidem invenerim , tradit : neque omnino ullam mentionem habet, cuncta cura magna persecutus cccxc annis ante nos , ut jam et alio loco diximus; quo appa- ret, pst id temporis spatium in usum venisse spartum. Quae sine radie nascantur et vivant : quae nascantur et seri non possint. XL Et quoniam a miraculis rerum cpimus , seque- mur eorum ordinem , in quibus vel maximum est , aliquid nasci aut vivere sine ulla radie. Tubera haec vocantur, undique terra circumdata , nullisque fibris nixa , aut saltem capillamentis , nec utique extuberante loco in quo gignuntur , aut rimas agente : neque ipsa terrae cohaerent. Cortice etiam includuntur, ut plane nec terram esse possimus dicere , nec aliud quam terrae cal- lum. Siccis haec fere et sabulosis locis, frutectosisque nascuntur. Excedunt saepe magnitudinem mali cotonei, etiam librali pondre. Duo eorum gnera : arenosa den- tibus inimica , et altra sincera. Distinguuntur et colore, rufo, nigroque, et intus candido : laudatissima Africae. Crescant , anne vitium id terrae (neque enim aliud in- telligi potest ) ea protinu globetur maguitudine , qua ii tu ru in est : et vivantne , an non, haud facile arbitror HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. i 7 5 il ne nous dit pas , du moins dans les exemplaires que j'ai pu me procurer, quelle est la patrie de cette plante: il se borne nous apprendre qu'on l'appelle riophore. Cet auteur, qui a trait l'histoire des plantes avec une si grande exactitude, trois cent quatre-vingt-dix ans avant nous , ne fait en aucun endroit mention du spart : preuve vidente que l'usage de cette plante est postrieur au temps o il crivait. Vgtaux qui naissent et vivent sans racines; vgtaux qui naissent sans qu'on puisse les semer. XL Nous avons commenc par traiter des merveilles de la nature, continuons les examiner en dtail. Une des principales , sans dpute, c'est qu'une plante naisse et vive sans aucune racine : telle est la truffe. Entire- ment cache sous terre , elle n'a pas de fibres , pas le moindre chevelu ; on ne remarque l'endroit o elle se forme ni protubrance ni gerure ; elle n'est pas mme adhrente au sol , mais enveloppe dans un t- gument particulier: ainsi ce n'est point de la terre, mais une production calleuse qui s'y dveloppe. Elle nat d'ordinaire dans les lieux secs, sablonneux et couverts de buissons. Il n'est pas rare de trouver des truffes plus grosses qu'un coing , et mme du poids d'une livre. Il y e/i a de deux sortes : les unes sont pleines de sable et dangereuses pour les dents ; les autres sont pures et nettes. Leur couleur varie : on en yoit de rousses, de noires, et d'autres chair blanche; les plus estimes sont celles d'Afrique. La truffe crot-elle peu peu, ou bien cette informe production du sol , car ce ne peut tre autre chose , acquiert-elle tout d'un coup la gros- i 7 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. intelligi posse. Putrescendi enim ratio communis est iis cum ligno. Lartio Licinio praetorio viro jura reddenti in Hispania Carthagine, paucis his annis scimus accidisse, mordenti tuber, ut deprehensus intus denarius primos dents inflecteret : quo manifestum erit, terrae naturam in se globari. Quod certum est , ex iis erunt quae na- scantur, et seri non possint. Misy, iton, gefanion. XII. 3. Simile est et quod in Cyrenaica provincia vo- cant misy, praecipuum suavitate odoris ac saporis , sed carnosius : et quod in Thracia iton, et quod in Grcia geranion. De tuberibus. - XIII. De tuberibus haec traduntur peculiariter : quum fuerint imbres autumnales , ac tonitrua crebra , tune nasci, et maxime e tonitribus: nec ultra annum durare: tenerrima autem verno esse. Quibusdam locis accepta riguis feruntur : sicut Mitylenis negant nasci*, nisi exun- datione fluminum invecto semine ab Tiaris. Est autem is locus , in quo plurima nascuntur. Asiae nobilissima circa Lampsacum , et Alopeconnesum : Graeciae vero , circa Elin. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 177 seur qu'elle doit avoir? A-t-elle la vie , ou non ? C'est ce qu'il serait difficile de dcider ; du moins savons-nous qu'elle est sujette la pourriture , comme le bois. Il y a peu d'annes que Lartius Licinius , ex-prteur Rome, et qui remplissait la mme charge Carthagne , en mordant une truffe, y rencontra un denier qui faillit lui casser les dents de devant. Ce fait montre videm- ment que la truffe n'est qu'une agglomration de par- ticules terreuses. Toujours est-il certain qu'elle doit tre classe parmi les vgtaux qui naissent d'eux-mmes, et qu'on ne peut semer. Misy , iton , granium. XII. 3. Le misy de la Cyrnaque n'est qu'une espce de truffe , d'un got plus exquis et d'une odeur plus suave ; elle est aussi plus charnue : tels sont encore Y iton des Thraces, et le geranion des Grecs. Truffes. XIII. Voici quelques particularits sur les truffes : elles croissent en abondance quand l'automne est pluvieux et que les tonnerres sont frquens. Cette dernire circon- stance aide singulirement leur production. Elles ne durent qu'un an. Les plus tendres sont celles qu'on r- colte au printemps. En certains pays , on attribue aux eaux la naissance des truffes ; ainsi il n'en crotrait point Mitylne, si le dbordement des rivires n'en apportait la semence de Tiare , o elles se trouvent en grande quantit. Les truffes les plus renommes en Asie croissent aux environs de Lampsaque et d'Alopconnse ; en Grce, aux environs d'Elis. XII. \i i 7 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. Pezicae. XIV. Sunt et in fungorum gnre a Graecis dicti pe- zicae, qui sine radie aut pediculo nascuntur. De laserpitio , et lasere : maspetum. XV. Ab his proximum dicetur auctoritate clarissi- iimiu laserpitium , quod Graeci silphion vocant , in Cyrenaica provincia repertum : cujus succum vocant laser : magnificum in usu medicamentisque, et ad pon- dus argenti denar pensum. Multis jam annis in ea terra non invenitur , quoniam publicani , qui pascua conducunt , majus ita lucrum sentientes , depopulantur pecorum pabulo. Unus omnino caulis nostra repertus memoria, Neroni principi missus est. Si quando incidit pecus in spem nascentis, hoc deprehenditur signo : ove , quum comederit , dormiente protinus , capra sternu- tante. Diuque jam non aliud ad nos invehitur laser, quam quod in Perside, aut Media, et Armenia nascitur large, sed multo infra Cyrenaicum : id quoque adulteratum gummi , sacopenio , aut faba fracta. Quo minus omit- tendum videtur, C. Valerio, M. Herennio coss. , Cyrenis advecta Romam publie laserpitii pondo xxx; Caesarem vero dictatorem initio belli civilis, inter aurum argen- tumque protulisse ex aerario laserpitii pondo cxi. Id apud auctores Graeciae evidentissimos invenimus natum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 1 79 Pziques. XIV. Les pziques des Grecs, qui naissent sans racines ni pdicule , sont mises au rang des champignons. Laserpitium , laser; maspetum. XV. Nous allons parler maintenant de cette plante fameuse , trouve dans la Cyrnaque , que nous avons appele laserpitium , et les Grecs silphion. Son suc , connu sous le nom de laser , est tellement en vogue pour les mdicamens et pour d'autres usages , qu'on le vend au poids de l'argent; mais depuis nombre d'annes on ne trouve plus de laserpitium dans cette province , car cette plante y est dtruite par le btail que les fer- miers des pturages, pour grossir leurs profits, laissent patre dans les endroits qui la produisent. De notre temps , il ne s'en est trouv qu'un seul pied , qui fut envoy Nron. S'il arrive que le btail rencontre quel- que pousse naissante de laserpitium , on s'en aperoit aux signes suivans : la brebis qui en a mang s'endort sur-le-champ, et la chvre ternue. Depuis long-temps on ne nous apporte que le laserpitium , commun dans la Perse, la Mdie et l'Armnie, mais qui est trs-infrieur celui de la Cyrnaque; encore est -il falsifi avec la gomme, le sacopnium, et mme avec la farine de fves : aussi ne devons-nous pas oublier que, sous le consulat de Caus Valerius et de Marcus Herennius, on apporta de Cyrne Rome trente livres de laserpitium qui furent vendues publiquement ; et qu'au commencement de la guerre civile, Csar, alors dictateur, tira du trsor public , avec l'or et l'argent , cent onze livres de cette 12. i8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. imbre piceo repente madefacta tellure , circa Hesperi- dum hortos Syrtimque majorem , septem annis ante op- pidum Cyrenarum , quod conditum est Urhis nostr anno cxliii. Vim autem illam per quatuor millia stadium Africae valuisse. In ea laserpitium gigni solitum , rem feram ac contumacem, et si coleretur, in dserta fu- gientem : radie multa crassaque, caule ferulaceo, aut simili crassitudine. Hujus folia maspetum vocabant , apio maxime similia. Semen erat foliaceum , folium ip- sum vero deciduum. Vesci pecora solita, primoque pur- gari , inox pinguescere , carne mirabilem in modum jucunda. Post folia amissa , caule ipso et homines ve- scebantur decocto , asso, elixoque : eorum quoque cor- pora xl primis diebus purgante a vitiis omnibus. Succus duobus modis capiebatur : e radice , atque caule. Et haec duo erant nomina : rhizias, atque caulias vilior illo ac putrescens. Radici cortex niger. Ad mercis adulteria, succum ipsum in vasa conjectum , admixto furfure * subinde concutiendo ad maturitatem perducebant , ni ita fecissent, putrescentem. Argumentum erat maturita- tis, color, siccitasque sudore finito. Alii tradunt laser- pitii radicem fuisse majorem cubitali , tuberque in ea supra terram. Hoc inciso , profluere solitum succum , ceu lactis , superenato caule , quem magydarin voca- runt. Folia aurei coloris pro semine fuisse, cadentia a HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 181 plaute. Les auteurs les plus renomms de la Grce nous apprennent que le laserpitium naquit tout coup la suite d'une pluie noire et paisse comme de la poix, qui tomba aux environs du jardin des Hesprides et de la grande Syrte, sept ans avant la fondation de Cyrne, qui fut btie l'an i43 de Rome. La vertu productive de cette pluie s'tendit en Afrique sur un espace de quatre mille stades. Le laserpitium de ce pays tait, dit-on, une plante sauvage et rebelle , qui fuyait en quelque sorte dans les dserts , plutt que de se soumettre la cul- ture. Ses racines taient paisses et nombreuses, sa tige semblable celle de la frule, ou de la mme grosseur. Sa feuille , appele maspetum , ressemblait celle de l'ache , et tombait tous les ans. Sa graine tait aplatie comme une feuille. Le btail aimait fort cette herbe , qui le purgeait d'abord , l'engraissait ensuite , et donnait sa chair un got exquis. On mangeait la tige aprs la chute des feuilles , mais cuite , bouillie ou rtie. Pen- dant les quarante premiers jours, elle purgeait le corps de toutes les humeurs vicieuses. Le suc se tirait de deux parties de la plante , de la racine et de la tige : aussi avait-il deux noms diffrens ; celui de la racine tait appel rhizias, celui de la tige caulias ; ce dernier se vendait moins cher , comme plus sujet se gter. L'corce de la racine tait noire. Pour falsifier le la- serpitium , on versait le uc dans un vase , on y mlait du son , et on le battait jusqu' ce que le mlange ft intime , autrement il se serait gt. On connaissait que la mixtion tait son vrai point, lorsqu'elle avait pris de la couleur, et qu'elle tait par- faitement sche. D'autres disent que la racine du laser- pitium avait plus d'une coude , qu'elle faisait voir ,82 C. PLINII HIST. NAT LIB. XIX. Canis ortu , Austro fiante. Ex his laserpitium nasci so- litum, annuo spatio et radie et caule consummantibus sese. Hoc et circumfodi solitum prodidere. Nec purgari pecora , sed gra sanari , aut protinus mori , quod in paucis accidere. Persico silphio prior opinio congruit. Magydaris. XVI. Alterum genus ejus est , quod magydaris vo- catur, tenerius et minus vehemens, sine succo : quod circa Syriam nascitur, non proveniens in Cyrenaica re- gione. Gignitur et in Parnasso monte copiosius , qui- busdam laserpitium vocantibus : per quae omnia adul- teratur rei saluberrimae utilissimaeque auctoritas. Pro- batio sinceri prima , in colore modice rufo , et quum frangitur, candido intus, inox translucente : gutta, aqua salivaque liquescit. Usus in multis medicaminibus. De rubia. XVII. Sunt etiamnum duo gnera, non nisi sordido nota vulgo, quum quaestu multum polleant. In primis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. i83 hors de terre une espce de tubrosit qui rendait pat- incision un suc laiteux; au dessus s'levait la tige, ap- pele magydaris. Ses feuilles , de couleur d'or , tenaient lieu de graines; elles tombaient au lever de la Canicule, ds que soufflait le vent du midi. De ces feuilles nais- sait le laserpitium; au bout d'un an, sa racine et sa tige avaient acquis leur perfection. Selon les mmes au- teurs, on tait dans l'usage de dchausser cette plante: elle ne purgeait point le btail , mais elle le gurissait quand il tait malade, ou le faisait prir sur-le-champ; ce dernier cas tait fort rare. La premire description s'applique au laserpitium de Perse. Magydaris. XVI. On en connat une seconde espce appele magydaris , plus tendre , d'un effet moins puissant que la premire , et qui ne rend point de suc. Elle crot sur les frontires de la Syrie , et non dans la Cyrnaque. On trouve communment sur le mont Parnasse une plante qu'on a aussi nomme laserpitium; on s'en sert, comme de la prcdente, pour falsifier le vritable laser, dont les effets salutaires sont universellement reconnus. On distingue celui-ci aux marques suivantes : il est lg- rement roux au dehors ; lorsqu'on le rompt , il parat blanc et transparent au dedans ; il se fond en outre dans l'eau ou la salive. Il entre dans la composition de plu- sieurs mdicamens. Garance. XVII. Nous avons encore deux plantes, connues seule- ment du plus bas peuple, par le profit considrable qu'elles X i84 C. PLINII HIST. NAT. L1B. XIX. rubia tingendis lanis et coriis necessaria. Laudatissima Italica, et maxime suburbana : et omnes paene provin- ciae scatent ea. Sponte provenit, seriturque similitudine erviliae. Verum spinosus ei caulis : genieulatus hic est , quinis circa articulos in orbe foliis. Semen ejus rubrum est. Quos in medicina usus habeat, suo dicemus loco. De radicula. XVIII. At quae vocatur radicula , lavandis demum lanis succum habet : mirum quantum conferens candori mollitiaeque. Nascitur sativa ubique , sed sponte praeci- pua in Asia Syriaque , saxosis et asperis locis. Trans Euphratem tamen laudatissima, caule ferulaceo, tenui, et ipso cibis indigenarum expetito, et unguentis, quid- quid sit cum quo decoquatur : folio oleae. Struthion Graeci vocant : floret aestate , grata aspectu : verum sine odore , spinosa , et caule lanuginoso. Semen ei nullum , radix magna, quae conditur ad quem dictum est usum. Hortorum gratia. XIX. 4- Ab his superest reverti ad hortorum curam, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. i85 lui procurent. La premire est la garance, employe pour la teinture des laines , et ncessaire la prparation des cuirs. La plus estime est celle d'Italie, et surtout des environs de Rome. On la trouve communment dans presque toutes les provinces. Elle vient d'elle-mme, ou bien on la sme comme les petits pois. Sa tige est pi- quante et noueuse; chaque nud porte un verticille de cinq feuilles. Sa graine est rouge. Nous parlerons ailleurs de l'usage de cette plante en mdecine. Radicule. XVIII. Celle que nous appelons radicula fournit un suc utile pour le nettoyage des laines , auxquelles elle donne une blancheur et une douceur merveilleuses. L'espce cultive vient partout ; quant la sauvage , on estime celle de l'Asie Mineure et de la Syrie : elle crot dans les terrains rudes et pierreux , mais la meil- leure se trouve au del de l'Euphrate. Sa tige est mince et semblable celle de la frule. C'est un mets recher- ch des habitans, qui l'emploient aussi dans les par- fums , en la faisant bouillir avec d'autres ingrdiens. Sa feuille est celle de l'olivier. Les Grecs nomment cette plante struthion. Elle fleurit en t , mais ses fleurs , d'un aspect agrable, n'ont point d'odeur. Sa tige est pineuse et couverte de duvet. Elle ne porte point de graines. Sa racine, qui est grosse, est rserve pour l'u- sage dont nous avons parl en premier lieu. Agrment des jardins. XIX. 4. Passons la culture des jardins; ce sujet se t86 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. et suapte natura memorandam , et quoniam antiquitas nihil prius mirata est, quam Hesperidum hortos , ac regum Adonis et Alcinoi : itemque pensiles , sive illos Semiramis , sive Assyriee rex Cyrus fecit , de quorum opre alio volumine dicemus. Romani quidem reges ipsi coluere. Quippe etiam Superbus Tarquinius nuntium illum saevum atque sanguinarium filio remisit ex horto. lu xn tabulis legum nostrarum nusquam nominatur villa , semper in significatione ea hortus : in horto vero heredium. Quam rem comitata est et religio quaedam : hortoque et foco tantum contra invidentium effascina- tiones/dicari videmus in remedio satyrica signa, quam- quam hortos tutel Veneris adsignante Plauto. Jam quidem hortorum nomine in ipsa urbe delicias, agros, villasque possident. Primus hoc instituit Athenis Epi- curus , otii magister. Usque ad eum , moris non fuerat in oppidis habitari rura. Romae quidem per se hortus ager pauperis erat. Ex horto plebei macellum, quanto innocentiore vietu ! Mergi enim , credo , in profunda satius est , et ostrea- rum gnera naufragio exquiri , aves ultra Phasidem amnem peti , et fabuloso quidem terrore tutas , immo sic pretiosiores , alias in Numidiam atque iEthiopiae se- pulcra : aut pugnare cum feris , mandique capientem quod mandat alius. At hercule quam vilia haec , quam .* HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 187 recommande assez par lui-mme. Rien n'a plus excit l'admiration de l'antiquit que les jardins des Hespri- des, des rois Adonis et Alcinos, et ces terrasses sus- pendues , ouvrage de Smiramis , ou de. Cyrus , roi d'Assyrie. Nous devons en parler ailleurs. Les rois de Rome n'ont pas eux-mmes ddaign cette culture : ce fut de son jardin que Tarquin le Superbe renvoya son fils le courrier dont le retour fatal cota tant de sang (aux habitans de Gabies). Le mot villa, dans nos lois des Douze-Tables, n'est jamais employ pour dsigner une mtairie , mais bien celui de hortus. Le mot heredium , l'hritage , y dsigne le jardin. On a mme attach des ides religieuses cette sorte de proprit. Le foyer et le jardin sont les seuls endroits o nous voyons con- sacrer des figures de satyres, pour dtourner les ma- lfices de l'envie. Plaute nanmoins met les jardins sous la protection de Vnus. Aujourd'hui , sous le nom de jardin , on possde , mme au centre de Rome, des ombrages dlicieux, des campagnes et des mtairies. Epicure , matre en l'art de jouir de la vie oisive , introduisit le premier cet usage ; avant lui , on ne savait pas trouver la campagne au milieu des villes. A Rome, le jardin tait le champ du pauvre : c'- ^ tait du jardin que le peuple tirait ses provisions. Que cette frugalit lui pargnait de maux ! Mais sans doute il vaut mieux s'enfoncer dans les abmes de la mer, se perdre sous les flots pour y choisir des hutres , courir au del du Phase pour chercher des oiseaux que les rcits effrayans de la fable semblaient devoir garan- tir de nos atteintes , et qui n'en sont que d'un plus grand prix nos yeux ; en poursuivre d'autres chez les 88 C. PL1NII HIST. NAT. LIB. XIX. parata voluptati satietatique , nisi eadem, quae ubique, indignatio occurreret ! Ferendum sane fuerit exquisita iiasci poma , alia sapore , alia magnitudine, alia mon- stro , pauperibus interdicta : invcterari vina , saccisque castrari : nec cuiquam adeo longam esse vitam , ut non ante se genita potet : e frugibus quoque quoddam ali- mentum sibi excogitasse luxuriam , ac medullam tantum earum : superque pistrinarum operibus et caelaturis vi- vere , alio pane procerum , alio vulgi , tt generibus usque ad infimam plebem descendente annona. Etiamne in herbis discrimen inventum est, opesque differentiam fecere in cibo , etiam uno ase venali ? In his quoque aliqua sibi nasci tribus negant , caule in tantum sagi- nalo , ut pauperis mensa non capiat. Silvestres fecerat natura corrudas, ut quisque demeteret passim : ecce al- tiles spectantur asparagi : et Ravenna ternos libris re- pendit. Heu prodigia ventris ! Mirum esset non lic're pecori carduis vesci : non licet plebi. Aqu quoque se- parantur , et ipsa naturae elementa vi pecuniae discreta sunt. Hi nives, illi glaciem potant, pnasque montium in voluptatem gulae vertunt. Servatur algor aestibus , excogitaturque ut alienis mensibus nix algeat. Deco^ quunt alii aquas : mox et illas hiemant. Nihil utique homini sic , quomodo rerum naturae placet. Etiamne herba aliqua divitiis tantum nascitur? Ncmo Saeros HISTOTRE NATURELLE, UV. XIX. 189 Numides, et jusque dans les tombeaux d'Ethiopie, ou livrer eombat aux animaux froces, et se faire d- vorer pour satisfaire la voracit d'autrui. Ah ! que les productions des jardins seraient meilleur compte ! qu'elles suffiraient facilement nos plaisirs et nos be- soins ! Mais ici l'on trouve les mmes sujets d'indigna- tion que partout ailleurs. Souffrons , s'il le faut , qu'il naisse des fruits rares et recherchs, que leur saveur, leur grosseur ou leur monstruosit interdisent aux pau- vres ; qu'on laisse vieillir les vins; qu'on les nerve, en les faisant passer par la toile ; que l'homme le plus vieux puisse toujours boire des vins plus vieux que lui. Souffrons que le luxe se rserve la moelle du grain , et s'en compose un mets pour lui seul ; que la pte , tra- vaille et sculpte par une main habile, fasse distinguer le pain du riche de celui du pauvre; qu'il y ait des bls diffrens pour chaque condition jusqu' la plus basse : mais trouver une distinction jusque dans les herbes ! Les richesses tablir des diffrences dans un mets qui ne se vend qu'un as ! il en est auxquels le peuple n'ose prtendre. La culture grossit le chou au point que la table du pauvre ne peut le contenir. La nature avait voulu que les asperges fussent sauvages , afin que chacun les cueillt en tous lieux ; mais dj l'art les nourrit et les perfectionne au point que trois asperges de Ravenne psent une livre. Excs monstrueux de la gourmandise ! on verrait avec surprise le chardon in- terdit aux bestiaux ; il l'est au peuple. Il y a aussi des eaux privilgies , et l'argent a mis des distinctions , mme entre les lmens. Les uns boivent de la neige, les autres de la glace : le flau des montagnes est de- venu une jouissance pour la sensualit. On fait pro- i 9 o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. Aventinosque montes, et iratae plebis secessus circum- spcxerit : inox enim certe sequabit , quos pecunia sepa- raverit. Itaque hercule nul lu m macelli vectigal majus fuit Roinae, clamore plebis incusantis apud omnes prin- cipes, donec remissum est portorium mercis hujus : compertumque non aliter quaestuosius censum haberi aut tutius , ac minore fortunae jure , quum credatur pensio ea pauperum. Is in solo sponsor est , et sub dio reditus, superficiesque caelo quocumque gaudens. Hortorum Cato praedicat caules. Hinc primum agri- cole aestimabantur prisci , et sic statim faciebant judi- cium , nequam esse in domo matrem familias ( etenim hacc cura feminae dicebatur) ubi indiligens esset hortus : quippe e carnario, aut macello vivendum esse. Sed nec caules, ut nunc, maxime probabant , damnantes pul- mentaria , quae egerent alio pulmentario : id erat oleo parcere; nam gari desideria etiam in exprobratione erant. Horti maxime placebant , quia non egerent igni, parce- rentque ligno , expedita res et parata semper : unde et HISTOIRE NATURELLE , LIV. XIX. 191 vision de froid pour le temps des chaleurs. On a trouv le secret de faire geler la neige au fort de l't. D'autres font bouillir l'eau, et la transforment en glace un mo- ment aprs. Nulle chose ne plat l'homme telle que la nature l'a faite. Mais faut-il aussi qu'il y ait des herbes qui ne croissent que pour les riches ? Et personne ne tourne ses regards vers le mont Sacr et vers le mont Aventin , antiques retraites d'un peuple irrit ! Ah ! bientt l'galit rapprochera ceux que la richesse avait spars. Les droits normes que payaient ces denres excitrent les rclamations de la multitude ; elle fatigua de ses cris tous les empereurs , jusqu' ce que les l- gumes eussent t exempts de toute imposition. L'exp- rience a prouv que le moyen le plus avantageux de percevoir la taxe, le plus sr et le plus indpendant de la fortune , tait de regarder le jardin du pauvre comme sa caution envers l'tat. Le sol mme rpond pour lui : c'est un bien au soleil , une surface qui russit sous toute exposition. Caton vante les choux de jardins. C'tait d'aprs leur culture qu'on apprciait les anciens cultivateurs; et comme l'inspection du jardin regardait la femme, on jugeait, lorsqu'il tait nglig , que la matresse de la maison n'entendait rien au mnage, car il fallait alors avoir re- cours la boucherie ou au march. Mais les choux eux-mmes n'taient pas , comme aujourd'hui , recher- chs de prfrence ; on ddaignait un mets qu'un autre mets assaisonne : par l on conomisait l'huile. Pour le garurn , il et t honteux de le dsirer. Ce qui leur faisait surtout aimer les jardins, c'est que les lgumes n'exigent pas de feu , qu'ils pargnent le bois, qu'ils prsentent des mets toujours prts et sous la main. Pr- i 9 C. PIJN1I HIST. NAT. LIB. XIX. aeetaria appellantur , facilia concoqui , nec oneratura sensum cibo, et quae minime accdrent desiderium pa- nis. Pars eorum ad condimenta pertinens fatetur domi versuram fieri solitam : atque non Indicum piper quae- situm, quaeque trans maria petimus. Jam quoque in fe- nestris suis plebs urbana in imagine hortorum quoti- diana oculis rura prbebant , antequam praefigi pro- spectus omnes coegit multitudinis innumer saeva la- trocinatio. Quamobrem sit aliquis et lus honos , neve auctoritatem rbus vilitas adimat, quum praesertim etiam cognomina procerum inde nata videamus; Lactucinos- que in Valeria familia non puduisse appellari : et con- tingat aliqua gratia operae euraeque nostroe, Virgilio quoque confesso , quam sit difficile verborum honorem tam parvis perhibere. Digestio terrae. XX. Hortos villae jungendos non est dubium, riguos- que maxime habendos , si contingat , prfluo amne : si minus e puteo rota , organisve pneumaticis , vel tolle- nonum haustu rigandos. Solum proscindendum a Fa- vonio : in autumnum praeparandum est post xiv dies, iterandumque ante brumam. Octo jugerum operis pa- lari justum est , fimum trs pedes alte cum terra mis- HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. uf\ pars au vinaigre, ils sont d'une digestion facile, ne surchargent point l'estomac , et tiennent presque lieu de pain. Ceux qui entrent dans les assaisonnemens at- testent que nos anctres n'taient pas dans l'usage de recourir la bourse d'autrui ; ils savaient se passer du poivre de l'Inde , et des pices que nous allons cher- cher au del des mers. Le peuple mme de la ville , entretenant ses fentres des espces de jardins , pr- sentait aux yeux le continuel spectacle de la campagne, avant que les brigandages affreux d'une multitude trop nombreuse eussent forc de griller les fentres des mai- sons/Les jardins mritent donc aussi quelque estime, et le peu d'importance de cette culture ne doit pas la faire mpriser. Que es choux qui n'ont t ni arross ni fums ont meilleur got ; si l'on n'pargne ni le fumier, ni l'eau, la rcolle sera plus abondante. Le fumier d'ne est le meilleur. Comme le chou entre dans les mets recherchs des gourmands, il mrite que nous en parlions avec quelque tendue. Pour avoir des choux bien nourris et de bon got, on devra d'abord les semer dans un terrain qui ait reu deux faons ; on coupera ensuite les jeunes tiges qui ne tiennent que faiblement la terre; quant celles qui montent trop haut, on les rechaussera avec soin , et de manire n'en laisser paratre que le som- met. Cette sorte de chou s'appelle tritien; sa culture demande double peine et double dpense. Les autres espces sont nombreuses. Celui de Cumes a les feuilles sessiles et la tte vase. Celui d'Aricie , sans tre plus haut , a les feuilles plus nombreuses et assez paisses ; c'est le plus recherch de tous , pour certains rejetons particuliers qui naissent sous presque toutes les feuilles. Le chou de Pompea est plus lev; sa tige est grle vers la racine, plus grosse vers les feuilles, qui sont plus troites et plus clair-semes ; on l'estime parce qu'il est tendre, mais il doit tre t l'abri du froid. Celui de Calabre , au contraire, se nourrit au froid ; il a les feuilles trs-grandes, la tige menue , et la saveur piquante. Celui de l'Abruzze a les feuilles frises d'une manire tonnante, et leur paisseur est telle, qu'elles 24 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. dulcissimi perhibentur ex omnibus. Nuper subiere La- cuturres ex convalle Aricina , ubi quondam fuit lacus , turrisque quae remanet : capite prgrandes , folio innu- meri : alii in orbem porrecti , alii in latitudinem torosi. Nec plus ullis capitis post Tritianum , cui pdale ali- quando conspicitur , et cyma nullis serior. Cuicumque autem generi pruinae plurimum suavitatis conferunt : et nisi obliquo vulnere defendatur medulla , plurimum nocent. Semini destinati non secantur. Est etiam sua gratia numquam plant habitum excellentibus : halmy- ridia vocant, quoniam nisi in maritimis non proveniunt, navigatione quoque longinqua viridibus adservatis. Sta- tim desecti ita ne humum attingant, in cados olei quam proxime siccatos obturatosque conduntur, omni spiritu excluso. Sunt qui plantain in transferendo alga subdita pediculo 5 nitrove trito , quod tribus digitis capiatur , celeriorem ad maturitatem fieri putent. Sunt qui semen trifolii nitrumque simul tritum adspergant foliis. Nitrum in coquendo etiam viriditatem custodit : aut Apiciana coctura, oleo ae sale, prius quam coquantur, maceratis. Est inter herbas genus inserendi , praecisis germinibus caulis , et in medullam semine ex aliis addito. Hoc et in cucumere silvestri. Ne non olus quoque silvestre est HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. 249 puisent la tige : c'est de toutes les espces celle qui a le got le plus doux. On a apport depuis peu d'une valle prs d'Aricie , o il y avait autrefois un lac, et une tour qui subsiste encore, les choux appels lacu-- terres; ils ont la tte fort grosse, les feuilles trs- nombreuses ; les uns sont ronds , les autres larges et charnus. Il n'y en a point qui aient la tte plus grosse, except les tritiens , qui l'ont quelquefois de l'paisseur d'un pied ; il n'y en a pas non plus qui poussent plus tard leurs tendrons. La gele blanche donne tous les choux un excellent got; elle leur devient nuisible, si l'on n'en garantit la moelle par une coupure en biais. Ceux qu'on garde pour graine ne se coupent jamais. Il est une autre espce de choux qui a aussi son mrite ; ils restent toujours en herbe ; on les appelle halmy- rides , parce qu'ils ne croissent que sur les ctes. Ils se conservent toujours verts, et on en fait provision pour les voyages de long cours sur mer. On les coupe avant qu'ils touchent terre , et on les met dans des ton- neaux bien secs qui ont contenu de l'huile , et qu'on bouche avec soin pour en fermer l'entre l'air. Quel- ques cultivateurs croient hter la maturit des choux en mettant, au pied, de l'algue, ou autant de nitre en poudre qu'ils en peuvent prendre avec trois doigts. D'autres r- pandent sur les feuilles de la graine de trfle et du nitre broys ensemble; le nitre, en effet, les maintient dans leur verdeur , mme aprs qu'ils sont cuits : ou bien il faut suivre la mthode d'Apicius , et les laisser trem- per dans l'huile et le sel , avant de les faire cuire. On a un moyen particulier d'enter les plantes potagres : on coupe les rejetons de la tige , et on place une graine dans la moelle. On pratique cette opration mme sur 2 5<> C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. trium foliorum, divi Julii carminibus praecipue jocisquc militaribus celebratum : alternis quippe versibus expro- bravere lapsana se vixisse apud Dyrrachium , praemio- riiin parcimoniam cavillautes : esl autem id cvma sil- vestris. De asparagis; de corruda. XLII. Omnium hortensiorum lautissima cura aspara- gis. De origine eorum in silvestribus curis abunde di- ctum, et quomodo eos juberet Cato in arundinetis seri. Est et aliud genus ineultius asparago, mitius corruda, passim etiam montibus nascens , refertis superioris Ger- maniae campis, non inficeto Tiberii Caesaris dicto, her- bam ibi quamdam nasci simillimam asparago. Nam quod in Neside Campaniae insula sponte nascitur, longe op- timum existimatur. Hortensium seritur spongiis : est enim plurimae radicis, altissimeque genninat. Viret thyrso primum emicante : qui caulem educens , tempore ipso fastigatus in toros striatur. Potest et semine seri. INihil diligentius comprehendit Cato, novissimumque ibriest, ut appareat repenti nam ac noviliam viro curam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. a5i le concombre sauvage. La lapsane crot aussi sans cul- ture ; elle porte trois feuilles. Les chansons militaires et les plaisanteries des soldats de Jules Csar l'ont rendue clbre ; de deux vers l'un , ils lui reprochaient de n'a- voir vcu, prs de Dyrrachium , que de cette herbe seule : c'est ainsi qu'ils le raillaient sur la rcompense mesquine accorde leurs services. La lapsane est une espce de chou sauvage. Des asperges sauvages et cultives. XLII. De toutes les plantes de jardin, les asperges sont celles dont la culture est le mieux soigne. Nous avons parl suffisamment de leur origine , en traitant des plantes sauvages ; nous avons dit comment Caton voulait qu'on les plantt parmi les roseaux. Il en existe une espce plus rude que celle qu'on cultive, mais moins piquante que l'asperge sauvage; elle est commune sur les montagnes, et couvre les campagnes de la Germanie. Tibre la dsignait d'une manire assez plaisante , en disant qu'il croissait dans ce pays une herbe fort sem- blable l'asperge. Celle qui vient sans culture dans l'le de Nsis, prs les ctes de la Campanie, est, dit-on, excellente. Dans l'espce cultive, on plante les racines qui sont fort nombreuses et s'enfoncent une grande profondeur. Les pousses de l'asperge sont d'abord vertes; en s'levant , elles se transforment en autant de tiges, dont la partie suprieure se ramifie en peu de temps pour prendre une forme pyramidale. L'asperge se mul- tiplie aussi de graine. Caton n'a rien trait avec plus de soin que l'article des asperges; il l'a plac la fin de son ouvrage, ce qui ? u5-2 C. PL1NII HIST. NAT. LIB. XIX. fuisse. Locum subigi jubet humidum et crassum : semi- pedali undique intervallo seri , ne calcetur. Praeterea ad lineam grana bina aut terna paxillo demitti : videlicet semine tum tantum serebantur : id fieri secundum qui- noctium vernum. Stercore satiari , crebro purgari , ca- veri ne cum herbis evellatur asparagus. Primo anno stramento ab hieme protegi : vere aperiri, sarriri, run- cari : tertio incendi verno. Quo maturius incensus est , hoc melius provenit. Itaque arundinetis maxime conve- nit, quae festinant incendi. Sarriri jubet idem, non an- tequam asparagus natus fuerit, ne in sarriendo radies vexentur. Ex eo velli asparagum ab radice : nam si defringatur, slirpescere , et intermori. Velli, donec in semen eat. Id aulem maturescere ad ver , incendique : ac rursus , quum apparuerit asparagus, sarriri ac ster- corari. Ac post annos novem , quum jam vtus sit , di- geri subacto solo stercoratoque. Tum spongiis seri , sin- gulorum pedum intervallo. Quin et ovillo firao nomi- natim uti, quoniam aliud herbas creet. Nec quidquam postea teutatum utilius apparuit , nisi quod circa idus februani defosso semine acervatim par- vulis scrobibus serunt, plurimum maceratutn fimo. Dein HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 25** prouve qu'il a travaill sans prparation sur cette ma- lire, et qu'elle tait toute nouvelle pour lui. Il veut qu'on choisisse un terrain humide, gras et bien remu; qu'on laisse un demi-pied d'intervalle entre chaque plant, de peur qu'on ne les foule. Comme on se bornait alors semer les asperges , les trous faits au plantoir et en droite ligne devaient recevoir chacun deux ou trois graines. On les semait vers l'quinoxe de printemps. L'asperge veut tre abondamment fume , sarcle sou- vent et avec prcaution , de peur qu'on ne l'arrache avec les mauvaises herbes. La premire anne , on les couvre de paille pendant l'hiver ; au printemps on les dcouvre pour sarcler et rafrachir la terre ; la troisime anne, on les brle au printemps : plus tt on y met le feu , mieux elles viennent ensuite ; aussi sont-elles bien parmi les roseaux, qui demandent tre brls de bonne heure. Caton recommande de ne les sarcler que lorsqu'elles sont sorties de terre, pour ne pas endom- mager les racines. En les cueillant , on descendra jus- qu' la racine mme , autrement elle pousserait des re- jetons qui puiseraient la plante, On les rcolte jusqu'au moment o elles montent en graine. La graine est mre au printemps : alors on les brle; et quand il en parat de nouvelles , on s'occupe de les sarcler et de les fu- mer. Au bout de neuf ans, elles sont vieilles; il faut en planter d'autres dans un terrain labour et fum avec soin. On met les racines en terre un pied d'in- tervalle. On n'emploie que le fumier de mouton : les autres produisent trop d'herbes. Depuis Caton, les expriences sur la culture des as- perges n'ont point fourni de mthode plus avantageuse que celle qu'il a prescrite : seulement on sme aujourd'hui 254 C. PLINII HIST. tfAT. LIB. XIX. nexis inter se radicibus spongias fadas post quinoctitim autumni disponunt pedalibus intervallis, fertilitate in denos annos durante. Nullum gratins his solum quant Ravennatium hortorum. Indicavimus et corrudam. Hune enim intelligo sil- vestrem asparagum , quem Graeei liormenum, aut mya- canthon vocant , aliisve nominibus. lnvenio nasci et arietis cornibus tusis atque defossis. De carduis. XLIII. Poterant videri dicta omnia quae in pretio sunt , nisi restaret res maximi quasstus , non sine pu- dore dicenda. Certum est quippe carduos apud Cartha- ginem magnain , Cordubamque praecipue , sestertium .sena millia e parvis reddere areis : quoniam portenta que-que terrarum in ganeam vertimus, etiam ea qu re- fugiunt quadrupdes consciae. Carduos ergo duobus mo- llis serunt : autumno planta, et semine ante nonas rnar- tias : plantque ex eo disponuntur ante idus novembris, aut in locis frigidis circa Favonium. Stercorantur etiam , si diis placet , laetiusque proveniunt : condiunturque aceto nielle diluto, addita laseris radie, et cumini, ne quis dies sine carduo sit. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. a55 la graine par tas dans de petites fosses, aprs l'avoir lais- se long-temps macrer dans le fumier. Cette opration a lieu vers les ides de fvrier. Aprs l'quinoxe d'automne, on plante un pied d'intervalle les racines entortilles ensemble ; de cette manire, un plant d'asperge produit durant dix ans sans tre "renouvel. Nul terroir ne leur est plus favorable que celui de Ravenne. Nous avons dj nomm le corruda, ou asperge sau- vage, que les Grecs appellent hormenum, ou myacan- thoSy et qu'ils dsignent encore sous d'autres noms. Je lis que des cornes de blier, piles et enfouies, produisent des asperges. Des cardons. XL1II. On serait tent de croire que nous avons puis la liste des plantes auxquelles notre luxe attache du prix, et cependant il nous reste parler de celles dont la cul- ture est la plus lucrative ; nous ne saurions la nommer sans rougir. On sait que chaque planche de chardons (car- dons, artichauts?), aux environs de l'ancienne Carthage, et surtout de Corduba , en Espagne, rapporte par an six mille sesterces. Ainsi , la gourmandise tourne en jouis- sances jusqu'aux productions monstrueuses de la nature, que l'instinct seul interdit aux animaux. Au reste , les chardons viennent de deux manires : de plant, en au- tomne; de graine, avant les nones de mars. On les plante avant les ides de novembre ; ou bien , dans les lieux froids, au milieu de fvrier. Que dirai-je de plus? on a soin de les fumer, et, grce celte prcaution, ils mul- tiplient davantage; enfin, on les confit dans le miel et le vinaigre, avec le laser et le cumin, pour avoir chaque jour le plaisir de manger des chardons. 2 5G C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. De reliquis in horto satis. Ocimum. Eruca. Nasturtium. De ruta. XLIV. Cetera in transcursu dici possunt. Ocimum Parilibus optime seri ferunt : quidam et autumno : ju- bentque , quum hieme seratur, aceto semen perfundi. Eruca quoque et nasturtium, vel state, vel hieme fa- cillime nascuntur. Eruca praecipue frigorum contem- ptrix , divers est, quam lactuca, naturse , concitatrix Veneris : idcirco jungitur illi fere in cibis , ut nimio frigori par fervor immixtus temperamentum quet. Na- sturtium nomen accepit a narium tormento. Et inde vi- goris significatio proverbio id vocabulum usurpavit, ve- luli torporem excitantis. In Arabia mir amplitudinis dicitur gigni. De ruta. XLV. Ruta quoque seritur Favonio , et ab quino- ctio autumni : odit hiemem , et humorem , ac fimum. Apricis gaudet et siccis , terra quam maxime lateraria. Cinere vult nutriri : hic et semini miscetur, ut careat erucis. Auctoritas etiam peculiaris apud antiquos ei fuit. Invenio mustum rutatum populo datum a Cornelio Ce- thego , in consulatu collega Quinti Flaminini , comitiis peractis. Amicitia est ei et cum fico , in tantum , ut nusquam lsetior proveniat, quam sub hac arbore. Seri- tur et surculo, melius in perforatam fabam indito, quae HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. *5 7 Des autres plantes que l'on sme dans les jardins : l'ocimum , l'eruca, le nasturtium. XLIV. Nous pouvons tre plus brefs sur les autres plantes. Le temps le plus propre semer le basilic est aux ftes Parilies. Quelques-uns prfrent l'automne, et prescrivent, si l'opration a lieu en hiver, d'arroser la graine de vinaigre. La roquette et le cresson supportent le plus facilement le froid et le chaud. Ses proprits ne sont pas les mmes que celles de la laitue , car elle excite l'amour; aussi mle-t-on ces deux plantes dans les mets, pour que la chaleur de l'une corrige la froideur de l'autre, et qu'elles se neutralisent mutuellement. Le cresson , ou nasilort , doit son nom la sensation dsagrable qu'il cause par son odeur; de l le proverbe, en parlant d'un homme indolent et lche , qu'il faut lui faire manger du cresson pour l'animer. Il est, dit-on, extraordinairement grand en Arabie. La rue. XLV. On sme la rue quand souffle le vent favo- nien , et aprs l'quinoxe d'automne ; elle craint le froid , l'eau et le fumier ; elle aime les lieux secs , exposs au soleil , et un terroir plein de gravats. Les cendres nourrissent la plante , et on en mle avec sa graine pour loigner les chenilles. Les anciens faisaient un cas particulier de la rue. J'ai lu que Cornlius Ce- thegus, ayant t nomm consul avec Quintius Flami- ninus , fit distribuer au peuple , aprs l'assemble , du vin aromatis avec de la rue. Cette plante a beaucoup de sympathie avec le figuier; aussi ne vient-elle jamais plus belle qu' l'ombre de cet arbre. On la multiplie xii. 17 a58 C. PLINII 1IIST. NAT. LIB. XIX. succo nutrit compreliendendo surcuium. Seritur et a seipsa ; namque incurvato cacumine alicujus rami , quum adtigerit terrain , statim radicatur. Eadem et ocimo na- tura , nisi quod diffcilius crescit. Sed durata runcatur non sine dificultale , pruritivis ulceribus , ni munitis manibus id fit , oleove defensis. Conduntur autem et ejus folia , servant urque fasciculis. De apio. XLVL Ab aequinoctio verno seritur apium , semino paululum in pila pulsato. Crispius sic putant fieri, aut si satum calcetur cylindro pedibusve. Proprium ei , quod colorem mutt. Honos ipsi in Achaia, eoronare victores sacri certaminis Nemeae. Menta. XL VII. Eodern tempore seritur menta planta : vel si nondum genninat, spongia. Minus haec humido gaudet. ^Estate viret , hieme flavescit. Genus ejus silvestre men- tastrum est. Et hoc propagatur, ut vitis , vel si inversi rami serantur. Mentae nomen suavitas odoris apud Grae- cos mutavit, quum alioqui mintha vocaretur, unde nostri nomen declinaverunt. Grato menta mensas odore percur- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 5 9 aussi de rejetons; mais on doit en faire passer la partie infrieure dans une fve perce, qui embrasse le jeune plant, et le nourrit de son suc. La rue se provigne en- core d'elle-mme; car si le sommet d'un rameau touche la terre en se courbant, il prend aussitt racine. C'est ce qu'on remarque aussi dans le basilic ; mais il est tardif crotre. Il est difficile de sarcler la rue ; il faut se garnir les mains de gants, ou les frotter d'huile, car elle cause des ulcres et des dmangeaisons. Pour con- server ses feuilles, il suffit d'en faire des paquets que l'on serre ensuite. Le persil. XLVI. On sme Je persil aprs l'quinoxe du prin- temps. On monde lgrement la graine dans un mortier pour le rendre plus touffu ; ou bien , aprs la semaille , on foule la terre avec les pieds ou le cylindre. Une pro- prit particulire cette plante , c'est de changer de couleur. Elle est en honneur dans l'Achae, o l'on cou- ronne d'ache les vainqueurs aux jeux Nmens. La mente. XLVII. A la mme poque on replante la mente ; dfaut djeunes pousses, on prend les rejetons des ra- cines. Cette plante craint davantage l'humidit ; elle est verte en t , jauntre en hiver. Nous en connais- sons une espce sauvage : c'est le mentaslrum. On la multiplie en la couchant comme la vigne , ou mme en plantant ses rameaux le sommet en bas. L'odeur agra- ble de cette plante lui a fait donner un nom particulier par les Grecs, au lieu de celui de mintha qu'elle por- 2 6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. rit in rusticis dapibus. Semel sata, diutina aetate durt. Cohgruit pulegio, cujus natura in carnariis reflorescens spius dicta est. Haec quoque servantur simili gnre , mentam dico, pulegiumque, et nepetam. Condimentorum tamen omnium fastidiis cuminum amicissimum. Nascitur in summa tellure vix haerens, et in sublime tendens. In putridis et calidis maxime locis, medio serendum vere. Alterum ejus genus silves- tre quod rusticum vocant , alii Thebaicum : si tritum ex aqua potetur, in dolore stomachi prodest. In Carpe- tanra nostri orbis maxime laudatur : alioqui ^Ithiopico Africoque palma est. Quidam huic iEgyptium praefe- runt. lusatrum. XLVIII. Sed praecipue lusatrum mirae naturae est. Hipposelinum Grci vocant , alii smyrnium. E lacryma caulis sui nascitur. Seritur et radice. Succum ejus colli-- gunt, myrrhae saporem habere dicunt. Auctorque est Theophrastus , myrrha sata natum. Hipposelinum vete- res praeceperant in locis incultis , lapidosis , juxta ma- ceriam seri : nunc et repastinato seritur, et a Favonio post aequinoctium autumnum. Quippe quum capparis quoque seratur siccis maxime, area in defossum cavata, HISTOIRE NATURELLE , LIV. XIX. 16 1 tait d'abord , et dont nous avons fait notre mot mente. Son parfum suave relve le got des mets rustiques. Une fois plante , elle dure toute l'anne. Elle se rap- proche beaucoup du pouliot, qui fleurit dans les garde- mangers , comme nous l'avons dit plus d'une fois. On n'a qu'une manire de conserver la mente , le pouliot et le npeta (calament). Cependant de toutes les plantes d'assaisonnement, la plus propre rveiller l'apptit, c'est le cumin. Il crot la surface de la terre, laquelle il tient peine, et se porte toujours en haut. On doit le semer dans des lieux chauds , et o la fermentation putride se fasse sentir. Il en existe une espce sauvage, appele cumin rustique ou thbaque. Broy dans l'eau , il est utile pour les douleurs d'estomac. Le meilleur cumin d'Europe crot dans la Carptanie ; mais celui d'Ethiopie et celui d'A- frique sont d'une qualit suprieure : quelques personnes nanmoins prfrent celui d'Egypte. L'olusatrum. XLVIII. L'olusatrum est d'une nature tout--fait sin- gulire : c'est Yhipposelinum des Grecs , ou bien encore le smjrnium ; il nat de l'espce de gomme qui dcoule de sa tige. Il se multiplie aussi par ses racines. On re- cueille sa gomme, qui a , dit-on , l'odeur de la myrrhe. Ce mme suc, mis en terre, donne naissance la plante, si l'on en croit Thophraste. Les anciens prescrivaient de le semer dans les lieux incultes, pierreux, et auprs des vieilles murailles. Maintenant on choisit un terrain qui ait reu deux faons. Le temps de la semaille est de- puis le premier souffle du vent favonien jusqu' l'quinoxe a6a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. ripisquc unclique circumstructis lapide : alias cvagatur per agros, et cogit solum sterilescere. Floret state : viret usque ad Vergiliarum occasum , sabulosis familia- rissimum. Vitia ejus , quod trans maria nascitur, dixi- mus inter peregrinos frutices. Careum. XLIX. Peregrinum et Careum , gentis sui nomine appellatum , culinis principale. In quacumque terra seri vult , ratione eadem , qua olusatrum. Laudatissimum tamen in Caria , proximum Phrygia. Ligusticum. L. Ligusticum silvestre est in Liguriae suae montibus : seritur ubique : suavius sativum , sed sine viribus. Pa- nacera aliqui vocant. Cratevas apud Graecos cunilam bubulam eo nomine appellat : ceteri fere conyzam , id est, cunilaginem : thymbram vero, quae sit cunila. Haec apud nos habet vocabulum et aliud, satureia dicta in condimentario gnre. Seritur mense februario , ori- gano annula. Nusquam utrumque additur, quippe si- milis effectus. Sed cunilae iEgyptium origami m tantum prfertur. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. *6i d'automne, car on le sme avec le cprier : l'endroit doit tre sec, et entour d'un foss revtu de pierres de tous cts , autrement le cprier envahirait tout le terrain, et le rendrait strile. Il fleurit l't , conserve sa verdure jusqu'au coucher des Pliades, et se plat particulire- ment dans les lieux sablonneux. Quant aux qualits malfaisantes du cprier d'outre-mer, nous eu avons parl en traitant des arbrisseaux trangers. Le careuiu. XLIX. Le careum (carvi) est aussi une plante tran- gre; elle tire son nom du pays qui la produit, et n'est presque d'usage que pour la cuisine. Quel que soit \c terrain , on doit la semer comme l'olusatrum ; toute- fois , les pays o elle russit le mieux sont la Carie , et ensuite la Phrygie. Le ligusticuiu. L. Le ligusticum croit naturellement sur les montagnes boises de la Ligurie , son pays natal. Du reste , on le sme partout. L'espce cultive est d'un meilleur got, mais sans vertus. Il est quelquefois dsign sous le nom de panax. Cratevas , auteur grec , donne ce nom la cunila bubula , ou sarriette; d'autres l'appliquent la conyze, ou sarriette sauvage, et donnent celui de thym- bra la cunila proprement dite. Nous avons cit cette dernire espce , appele aussi salureia , sarriette , en parlant des plantes d'assaisonnement. On la sme au mois de fvrier. Elle a le plus grand rapport avec l'ori- gan ; aussi n'emploie-t-ou jamais ces deux plantes en- semble , car leur vertu est la mme ; seulement on pr- fre h la sarriette l'origan d'Egvple. a 64 C PLLNII H1ST. NAT. LIB. XIX. Lepidium. LI. Peregrinum fuit et lepidium. Seritur a Favonio ' dein quum fruticavit , juxta terram praeciditur : tune runcatur , stercoraturque : per biennium hoc. Postea iisdem fruticibus utuntur, si non saevitia hiemis ingra- vat , quando impatientissimum est frigorum. Exit et in eubitalem altitudinem , foliis laurinis , sed mollibus : ususque ejus non sine lact. Gith. LU. Gith pistrinis, anisum et anethum culinis et me- dicis nascuntur. Sacopenium et ipsum in hortis quidem , sed medicinae tantum. Papaver. LUI. Sunt quaedam comitant ia aliorum satus , ut pa- paver. Namque cum brassica seritur , ac portulaca : et eruca cum lactuca. Papaveris sativi tria gnera : can- didum , cujus semen tostum in secunda mensa cum melle apud antiquos dabatur. Hoc et panis rustici crust inspergitur, adfuso ovo inhaerens, ubi inferiorem crus- tam apium githque cereali sapore condiunt. Alterum genus est papaveris nigrum , cujus scapo inciso lacteus succus excipitur. Tertium genus rham vocant Grci, HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. a65 Le lepidium. LI. Le lepidium nous est arriv primitivement de l'tranger. On le sme ds que souffle le vent favonien ; aussitt qu'il a pouss, on le coupe fleur de terre, en- suite on le sarcle et on le fume , et cela pendant deux ans. Aprs ces oprations, la plante est mise en usage, si toutefois elle rsiste l'hiver , car elle craint extrme- ment le froid. Elle s'lve jusqu' la hauteur d'une cou- de. Elle a les feuilles du laurier, si ce n'est qu'elles sont molles. On ne fait usage du lepidium qu'avec le lait. Le gith. LU. La nielle, ou gitli , sert aux boulangers; l'anis et l'aneth , dans la cuisine et dans la mdecine. Le sa- copenium se cultive aussi dans les jardins , mais ne s'emploie qu'en mdecine. Le pavot. LUI. Certaines plantes veulent tre semes avec d'au- tres : ainsi , le pavot se sme avec le chou et le pour- pier; la roquette, avec la laitue. On distingue trois espces de pavot cultiv : le blanc, dont la graine grille se servait au dessert , avec du miel , chez les anciens. Aujourd'hui les habitans des campagnes saupoudrent de cette graine la crote suprieure du pain , aprs l'avoir dore avec un jaune d'uf ; quant la crote de des- sous, ils emploient le persil et la nielle {gith) pour en relever le got. La seconde espce est le pavot noir , dont la tige rend, par incision, un suc laiteux. La troi: i66 C. PLINII IIIST. NA.T. LIB. XIX. ici nostri erraticum. Sponte quidem, sed in arvis cum hordeo maxime nascitur, eruc simile, cubitali altitu- dine , flore rufo et protinus deciduo : unde et nomen a Graecis accepit. De reliquis generibus papaveris sponte nascentis dicemus in medicinae loco. Fiusse autem in ho- nore apud Romanos semper, indicio est Tarquinius Su- perbus, qui legatis a filio missis decuticndo papavera in horto altissima , sanguinarium illud responsum hae facti ambage reddidit. Reliqua sativa aequinoctio autumni. LIV. Rursus alio comitatu aequinoctio autumni se- runtur coriandrum , anethum , atriplex , malva , lapa- thum, crefolium , quod pderota Graeci vocant : et acerrimum sapore, ignei effectus, ac saluberrirnum cor- pori , sinapi , nulla cultura , melius tamen planta tra- lata. Quin e diverso vix est sato semel eo liberare locum, cjuoniam semen cadens protinus viret. Usus ejus etiam pro pulmentario in patellis decocto , citra intellectum acrimoniae. Coquuntur et folia , sicut reliquorum ole- rum. Sunt autem trium generum : unum gracile , alte- rum simile rapi foliis , tertium eruc. Semen optimum /Egyptium. Athenienses napy appcllaverunt, alii thapsi, alii saurion. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 267 sime est le coquelicot, ou rhas des Grecs. Il crot sans culture dans les champs , surtout parmi l'orge. Il a la feuille semblable celle de la roquette, une coude de hauteur, la fleur rouge et tombant de bonne heure , circonstance laquelle il doit son nom grec. Nous parlerons des autres espces de pavot , en traitant des plantes mdicinales. Le pavot fut de tout temps en estime chez les Romains ; ce qui le prouve , c'est que Tarquin le Superbe, pour toute rponse aux messagers que son fils lui avait envoys, se contenta d'abattre, dans son jardin , les ttes des pavots les plus levs : c'tait lui indiquer, d'une manire nigmatique, quel sang il fallait verser. Autres plantes semer l'quinoxe d'automne. LIV. La coriandre, l'aneth , Farroche , la mauve, le lapathum , le cerfeuil , que les Grecs appellent pde- ros, se sment en mme temps, l'quinoxe d'automne; ajoutons le snev , dont la saveur est si piquante , qu'elle produit presque l'effet du feu. Cette plaute n'en est pas moins salutaire ; elle vient sans culture , mais elle est meilleure replante. Une fois seme, il devient difficile d'en purger le terrain, parce que sa graine tom- be terre germe aussitt. Cette mme graine cuite se mange en ragot; la cuisson lui te son cret. Quant aux feuilles, elles se mangent cuites comme celles des autres lgumes. On distingue trois sortes de snev : l'une est menue , l'autre a la feuille de la rave , la troi- sime celle de la roquette. La meilleure graine nous vient d'Egypte. Les Athniens l'ont appele napy, d'au- tres thapsi, d'autres saurion. 268 C. PLINII HIST. NAT. LIB XIX. Serpyllum, et sisymbrium. LV. Serpyllo et sisymbrio montes plerique scatent , sicut inThracia : u tique deferunt ex his avulsos ramos, seruntque. Item Sicyone ex suis montibus, et Atbenis ex Hymetto. Simili modo et sisymbrium serunt. Laetis- simum nascitur in puteorum parietibus, et circa pisci- nas ac stagna. Ferulacea gnera quatuor. Cannabis. LVI. 9. Reliqua sunt ferulaeei generis ceu fenicu- lum, anguibus (ut diximus) gratissimum, ad condienda plurima , quum inaruit : eique perquam similis thapsia, de qua diximus inter externos frutices. Deinde utilis- sima funibus cannabis seritur a Favonio. Quo densior est , eo tenuior. Semen ejus quum est maturum , ab quinoctio autumni distringitur , et sole , aut vento , aut fumo siccatur. Ipsa cannabis vellitur post vinde- miam, ac lucubrationibus decorticata purgatur. Optima Alabandica , plagarum prcipue usibus. Tria ejus ibi gnera. Improbatur cortici proximum , aut medullae : laudatissima est e medio , quae mesa vocatur : secunda Mylasea. Quod ad proceritatem quidem attinet , Rosea agri Sabini arborum altitudinem aequat. Ferul duo HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 269 Le serpolet , le sisymbrium. LY. Les montagnes sont presque toujours couvertes de serpolet et de sisymbrium , comme dans la Thrace. On arrache les rameaux de la plante sauvage pour les planter dans les jardins. Les habitans de Sicyone vont chercher le serpolet sur leurs montagnes, et les Ath- niens sur le mont Hymette. On replante de la mme manire le sisymbrium. Il en vient de trs-beau aux murailles des puits , et l'entour des viviers et des tangs. Frulaces : quatre espces. Le chanvre. LVI. 9. Les autres plantes de jardin sont toutes f- rulaces : tels sont le fenouil , employ dans divers as- saisonnemens ; nous avons dj remarqu que les ser- pens l'aimaient beaucoup : la thapsie , presque en tout semblable au fenouil , et dont nous avons parl en traitant des arbrisseaux trangers : enfin le chanvre, si utile pour les cordages ; on le sme au souffle du vent favonien : plus il est sem pais , plus il vient menu. Sa graine est mre vers 1 quinoxe d'automne ; c'est le moment d la recueillir : on la fait ensuite scher au soleil , au vent ou la fume. On arrache le chanvre aprs la ven- dange, et on le teille les soirs la veille. Celui d'Ala- bande est le meilleur , surtout pour les filets de chasse. On en distingue trois espces : la filasse la plus voisine de l'corce, od du centre, est la moins bonne; la plus estime est celle du milieu , nomme par cette raison mse , mitoyenne. On place au second rang le chanvre de Mylase. Quant la grandeur, celui de Rosea , dans a 7 o C. PJLINII HIST. NAT. LIB. XIX. gnera in peregrinis fruticibus diximus. Semen ejus in Italia cibus est. Conditur quippe, duratque in nrceis vel anni spatio. Duo ejus gnera: caules, et raecmi. Corym- biam banc vocant , corymbosque quos condiunt. Morbi hortensiorum. LVII. 10. Morbos bortensia quoque sentiunt, sicut reliqua terra? sata. Namque et ocimum senecta dgn- rt in serpyllum , et sisymbrium in mentam. Et ex se- mine brassicae veteris rpa fiunt, atque invicem. Et ne- eatur cuminum ab limodoro, nisi repurgetur. Est autem unicaule, radie bulbo simili, non nisi in solo gracili nascens. Alias privatim cumini morbus scabies. Et oei- mum sub Canis ortu pallescit. Omnia vero accessu mu- lieris menstrualis flaveseunt. Bestiolarum quoque gnera innascuntur. Napis culices , rapbano crucae , et vermi- culi : item laetucis et oleri : utrisque hoc amplius , lima- ces et coclileae. Porro vero privatim animalia , qu fa- cillime stercore injecto capiuntur, condentia in id se. Ferroque non expedire tangi rutam, cunilam, mentam , ocimum , auctor est Sabinus Tiro in libro Cepuricon , (juem Maecenati dicavit. HISTOIRE NATURELLE, L1V. XIX. 271 le pays clos Sabins, s'lve aussi haut qu'un arbre. Nous avons cit deux espces de frules en traitant des ar- brisseaux trangers. En Italie, on en mange la graine, (|ue l'on a fait confire. Elle se conserve dans des pots une anne entire. On rserve pour cet usage les tiges suprieures et les ombelles de la plante. On appelle les premires corymbia , les secondes coiymbi. Maladies les plantes de jardin. LVII. 10. Les plantes de jardin sont sujettes aux maladies, comme tous les autres vgtaux. Le basilic, dans sa vieillesse , se change en serpolet , et le sisym- brium en mente. La graine d'un vieux chou donne des raves ; celle d'une vieille rave produit des choux. Le limodorum lue le cumin qu'on n'a pas sarcl avec soin. Il n'a qu'une seule tige ; sa racine est bulbeuse, et il ne crot que dans les terres maigres. Le cumin , d'ailleurs, est particulirement sujet la gale. Le ba- silic perd sa couleur au lever de la Canicule. Du reste, toutes les plantes jaunissent l'approche d'une femme (jui a ses rgles. Elles nourrissent encore des espces particulires d'insectes; les navets, des moucherons; le raifort, la laitue, le chou, des chenilles et des vermis- seaux; et les deux dernires plantes, en outre, des limaces et des escargots. 11 nat sur le poireau une es- pce particulire d'insectes , qu'on prend aisment en leur jetant de la fiente , parce qu'ils vont se cacher dedans. Sabinus Tiro, dans son Trait de la culture des jardins y qu'il ddia Mcne, dit qu'il est dangereux de toucher avec le fer la rue, la sarriette, la mente et le basilic. uri C. PLMI HIST. NAT. LIB. XIX. Remdia. Quibus modis formicae necentur. Contra erucas remdia : contra culices. LVI1I. Idem contra formicas , non minimum horto- rum exitium , si non sint rigui, remedium monstravit, limum marinum , aut cinerem , obturandis earum fora- minibus. Sed efficacissime heliotropio herba necantur. Quidam et aquam diluto latere crudo inimicam eis putant. Naporum medicina est, siliquas una seri : sicut olerum cicer ; arcet enim erucas. Quo si omisso jam natae sint, remedium estabsinthii succus decocti insper- sus : et sedi , quam aizoum vocant : genus hoc herba? diximus. Semen olerum si succo ejus madefactum se- ratur, olera nulli animalium obnoxia futura tradunt. In totum vero nec erucas , si palo imponantur in hortis ossa capitis ex equino gnre, feminae dumtaxat. Adver- sus erucas et cancrum fluviatilem in medio horto suspen- sum auxiliari narrant. Sunt qui sanguineis virgis tangant ea, qua? nolunt his obnoxia esse. Infestant culices hortos riguos praecipue si sint arbuscul aliquae. Hi galbano accenso fugantur. 1 1 . Nam quod ad permutationem seminum attinet , quibusdam ex iis firmitas major est, ut coriandro, betae, porro, nasturtio, sinapi, erucae , cunil, et fere acribus. Infirmiora autem sunt atriplici, ocimo, cucurbitae , cu- cumi : et aestiva omnia hibernis magis durant : minime HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. a 7 3 Remdes. Comment on dtruit les fourmis ; recettes contre les chenilles, contre les moucherons. LVIII. Le mme auteur recommande pour dtruire les fourmis , ce flau des jardins mal arross , de bou- cher les fourmilires avec du limon de mer ou de la cendre ; mais rien n'est meilleur pour faire prir ces in- sectes que l'herbe appele hliotrope. On prtend que l'eau o l'on a dlay de la brique crue produit le mme effet. On garantit les navets en les semant avec des siliques; et les choux , en les semant avec le pois chiche (cicer), qui carte les chenilles. Si l'on n'a pas pris cette prcaution , on tuera les chenilles en arrosant les plantes avec une dcoction d'absinthe et de sedum , appel par les Grecs aizoum ; nous avons dj parl de cette herbe. On dit que si l'on fait tremper la graine qu'on veut se- mer , dans du suc de sedum , les plantes ne seront ja- mais attaques par les insectes , et que les os de la tte d'une jument , placs au bout d'un pieu dans un jardin , en carteront pour toujours les chenilles. Un autre prservatif, c'est de suspendre au milieu des terres un cancre de rivire. Des cultivateurs touchent , avec des branches de cornouiller, les plantes qu'ils veulent garantir. Les moucherons infestent les jardins , surtout s'ils y trouvent de l'eau et quelques arbrisseaux. On carte ces insectes en brlant du galbanum. il. En examinant les altrations qu'prouvent les graines , nous voyons qu'il y en a qui se conservent long-temps , par exemple , celles de la coriandre , de la bette , du poireau , du cresson , du snev , de la ro- quette, del sarriette, et de presque toutes les plantes acres. D'autres durent moins , comme celles de l'arro- xii. 18 a 7 4 C. PLINII HIS. NAT. LIB. XIX. autem gethyum. Sed ex his quae sunt fortissima, nullum ultra quadrimatum utile est, dumtaxat serendo. Culinis et ultra tempestiva sunt. Quibus sals aquse prosint. LIX. Peculiaris medicina raphano , betae , rutae, cu- nilae, in saisis aquis, quae et alioqui plurimum suavitati et fertilitati conferunt. Ceteris dulcium aquarum rigua prosunt. Utilissimae ex iis , quae frigidissimae , et quae potu suavissimae. Minus utiles e stagno , et quas elices inducunt , quoniam herbarum semina invehunt. Praeci- pue tamen imbres alunt. Nam et bestiol innascentes necantur. Ratio rigandi hortos. LX. 12. His horae rigandi, matutina atque vespera, ne infervescat aqua sole. Ocimo tantum et meridiana : etiam satum celerrime erumpere putant, inter initia ferventi aqua adspersum. Omnia autem translata meliora grandioraque fiunt, maxime porri, napique. In transla- tione et medicina est, desinuntque sentire injurias, ut gethyum , porrum , raphani , apium , lactue , rapae , cucumis. Omnia autem silvestria fere sunt et foliis mi- HISTOIRE NATURELLE, UV. XIX. a 7 5 che, du basilic, de la courge, du concombre. Les graines des plantes d't se conservent mieux que celles des plantes d'biver, mais celles de la ciboule moins que les autres. Au reste , la semence la plus durable n'est plus bonne semer au bout de quatre ans; mais elle peut tre employe en cuisine, mme au del de ce terme. A quelles plantes sont avantageuses les eaux sales. LIX. L'eau sale est bonne , particulirement au raifort , la bette , la rue et la sarriette ; elle rend ces plantes plus belles et d'un meilleur got. Les autres se trouvent bien d'tre arroses d'eau douce ; la plus frache et la plus agrable boire est aussi la meilleure. L'eau des tangs, ou celle qui vient par des conduits particuliers , est moins bonne , en ce qu'elle introduit dans les jardins les graines des mauvaises herbes. L'eau de pluie est la plus utile la vgtation , car elle dtruit mme les insectes qui dvorent les plantes. Irrigation des jardins. LX. 12. Le temps d'arroser, c'est le matin et le soir, afin que l'eau ne s'chauffe pas au soleil : le basilic seul veut tre arros midi ; on prtend que sa graine lve plus vite si on l'arrose d'eau bouillante aprs la semaille. Toutes les plantes potagres gagnent tre replantes, surtout les navets et les porreaux ; cette opration leur devient mme utile , en ce qu'elle les dbarrasse de toute espce parasite : c'est ce qu'on remarque dans la ciboule, le porreau, le raifort, le persil, la laitue, la rave, le concombre. Les plantes sauvages ont presque 18. * 7 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. nora, et caulibus , succo acriora : sicut cunila, origa- num, ruta. Soluin vero ex omnibus lapathum silvestre melius : hoc in sativis rumex vocatur, nasciturque for- tissimum : Iraditur certe semel satum durare, nec vinci umquam a terra , maxime juxta aquam. Usus ejus cum ptisana tantum in cibis leviorem gratioremque saporem praestat. Silvestre ad multa medicamina utile est. Adeo- que nihil omisit cura , ut carmin quoque comprehen- sum reperiam , in fabis caprini fimi singulis cavatis , si porri , eruca? , lactucae , apii , intubi , nasturtii semina inclusa serantur , mire provenire. Quae sunt silvestria , eadem in sativis sicciora intelliguntur, et acriora. De suocis et saporibus hortensiorum. LX. Namque et succorum saporumque dicenda dif- ferentia est, vel major in his quam pomis. Sunt autem acres cunilae , origani , nasturtii, sinapis. Amari , absin- thii, centaurei. Aquatiles, cucumeris, cucurbit, lactucae. Acuti , thymi , cunilae. Acuti et odorati , apii , anethi , feniculi. Salsus tantum e saporibus non nascitur, ali- quando extra insidit pulveris modo , ut cicerculis tantum. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. a 77 toujours les tiges et les feuilles plus petites , mais le suc plus acre , comme la sarriette, l'origan, la rue. Par une exception unique , le lapathum sauvage est meilleur que l'espce cultive , appele rumex (oseille) : celle-ci dure trs-long-temps; seme une fois, il est impossible, dit-on , d'en purger le terrain , surtout dans le voisi- nage des eaux. On la mange avec l'orge mond; elle le rend plus lger et d'un meilleur got. Le lapathum sau- vage est d'un grand usage en mdecine. Voici ce qui prouve quel point l'on a pouss les expriences. Un pote nous apprend que si l'on sme la graine de por- reau , de roquette , de laitue, de persil , de chicore et de cresson, aprs l'avoir enferme dans des boules de fiente de chvre, les plantes deviendront singulirement belles. Les plantes primitivement sauvages restent toujours plus sches et plus acres que les espces cultives pro- prement dites. Des sucs et de la saveur des plantes potagres. LXI. Nous devons dire un mot de la diffrence des sucs et des saveurs, car elle est encore plus prononce dans les herbes que dans les fruits. La sarriette, l'origan , le cresson, le snev , ont une saveur Acre ; l'absinthe, la centaure, une saveur amre. Elle est aqueuse dans le concombre , la courge et la laitue ; piquante dans le thym et la sarriette ; piquante et odorante dans le persil, l'aneth, le fenouil. De toutes les saveurs, la sale est la seule qui ne soit pas naturelle aux plantes ; elle rside quelquefois leur extrieur sous la forme d'une poudre qui en couvre la superficie, comme dans les pois, chiches. 7 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. De piperitide , et Hbanotide , et smyrnio. LXII. Atque ut intelligatur vana , ceu plerumque, vitae persuasio : panax piperis saporem reddit, et magis etiam siliquastrum , ob id piperitidis nomine accepto. Libanotis odorem thuris, smyrnium myrrhae. De panace abunde dictum est. Libanotis locis putribus et macris ac roscidis seritur semine. Radicem habet olusatri , nihil a thure differentem. Usus ejus post annum sto- macbo saluberrimus. Quidam eam nomine alio rosma- rinum appellant. Et smyrnium olus seritur iisdem locis, myrrhamque radie resipit. Eadem et siliquastro satio. Reliqua a ceteris et odore et sapore differunt , ut ane- thum. Tantaque est diversitas atque vis , ut non solum aliud alio mutetur, sed etiam in totum auferatur. Apio eximunt coqui obsoniis acetum : eodem cellarii in saccis odorem vino gravem. Et hactenus hortensia dicta sint, ciborum gratia dum- taxat. Maximum quidem opus in iisdem naturae restt; quoniam proventus tantum adhuc, summasque quasdam tractavimus. Vera autem eu jusque natura non nisi me- dico effectu pernosci potest , opus ingens occultumque divinitatis, et quo nullum reperiri possit majus. Ne sin- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. 279 Piperitis , libanotis , smyrnium. LXII. Et ce qui prouve , ici comme ailleurs , la vanit de toutes nos opinions , le panax a le got du poivre , et plus encore l'espce de siliquastruni laquelle nous avons donn, pour cette raison mme, le nom de pipe- ritis. Le libanotis a l'odeur de l'encens ; le smyrnium , celle de la myrrhe. Nous avons parl au long An panax. On sme la graine du libanotis dans un terrain maigre, et o tombe la rose. Sa racine , semblable celle de Yolusatrum, a prcisment l'odeur de l'encens. Aprs un au, il est trs-salutaire l'estomac. Quelques auteurs lui donnent le nom de romarin. Quant au smyrnium , on le sme dans les mmes terrains que le libanotis; sa racine a l'odeur de la myrrhe. On sme de mme le piperitis. Les autres plantes diffrent des prcdentes par la saveur et l'odeur , comme l'aneth. Enfin les v- gtaux ont des vertus si opposes, que non-seulement les proprits de l'un sont altres par les proprits de l'autre, mais quelquefois mme totalement dtruites. Ainsi , nos cuisiniers corrigent l'aigreur du vinaigre par le persil ; et nos sommeliers emploient cette mme plante en sachets pour ter au vin une odeur dsa- grable. Voil ce que nous avions dire sur les plantes po- tagres , considres seulement sous le rapport cono- mique. Nous nous sommes borns des dtails succincts sur leur culture. Il nous reste traiter un point plus important ; nous ne pouvons connatre la nature intime de ces vgtaux qu'en examinant leurs proprits m- dicales : produit mystrieux et sublime d'une sagesse a8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XIX. gulis id rebus contexereraus , justa fecit ratio, quum ad alios medendi desideria pertinerent, longis utriusque dilationibus futuris, si miscuissemus. Nunc suis quaeque partibus constabunt, poteruntque a volentibus jungi. % HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. a8t divine , et au dessus duquel il n'est rien. Nous n'avons pas cru devoir traiter cette partie mesure que nous parlions de chaque plante; beaucoup de lecteurs, ne re- cherchant que les vertus des plantes, auraient trop perdu de temps si les objets eussent t confondus. Au moyen de la division adopte, on pourra, si l'on veut, runir tout ce qui se rattache un seul et mme sujet. NOTES DU LIVRE DIX-NEUVIME. i. Chap. 1, page i52 , ligne 6. Sderum quoque iempestalum- que ratio, etc. Pline en effet a tabli, et fort longuement, la tho- rie des astres et des saisons, dans son application l'agriculture, au livre xvil, chap. 2 et 3, et au livre XVIII, chap. 57, 75 , etc. Les rapports que notre auteur signale ici sont illusoires, et c'est tort qu'il affirme srieusement que si l'astronomie sert l'agri- culture, l'tude de la campagne facilite aussi la connaissance du ciel : Vereque intettigentibus non minus conferunt rura deprehendendo clo , quant sideralis scientia agro colendo. Pline blme les auteurs goponiques de traiter des jardins aprs avoir trait de la culture de la terre ; il ne suivra pas , dit-il , leur exemple , et nanmoins ce livre est tout entier consacr l'examen des plantes potagres; peine parle-t-il de quelques productions qui viennent sans culture. Notre auteur a voulu se montrer plus mthodique que ses prdcesseurs , et pourtant il les suit pas pas. Dans son enthousiasme pour les plantes textiles , Pline les met au dessus des crales et des lgumes , aprs avoir dit que celles - ci ne pouvaient tre compares nulle autre quant leur importance. Peu d'auteurs en histoire naturelle savent garder une juste mesure. L'objet dont ils s'occupent acquiert soudain un prix inestimable leurs yeux ; et, pour le rehausser encore , ils vont chercher des points de comparaison parmi les productions dont ils ont nagure parl avec une sorte d'amour, et qui alors semblaient suprieures toutes les autres. Pline et ses successeurs ont t puiser les faits et les descrip- * Toutes les notes des livres xn xxvn inclusivement sont dues M. Fe. NOTES DU LIVRE XIX. a83 tions chez des auteurs peu connus , dont le style n'avait ni chaleur ni lgance ; ils ont embelli et dvelopp ces faits , souvent avec un rare bonheur ; mais malheureusement des hy- pothses plus brillantes que justes ont t accueillies comme des vrits incontestables. On s'tait promis d'crire l'histoire de la nature, c'est le roman qu'on en a donn. Tous les promium de Pline nous ont suggr de pareilles rflexions. Cet auteur est rarement heureux dans ce que nous pourrions nommer la partie dclamatoire de son livre. Il voulait faire de la science , c'est de la littrature qu'il a fait, et l'on ne trouve gure louer que son style. 2. Page i54, ligne i. Setitur , ac dici neque inter fruges , etc. Le linum des anciens est la mme plante que notre lin. Voici quelle est la concordance synonymique que nous lui donnons : nrtCO, Exod. , ix, 3i. AW, Homer. , lliai. E, 487 ; Tueoph. , IV, etc. ; Tiiucyd. , lv, 26, et Auclor. varior. grsecor. Linum, VlRG., Georg., I, v. 77 et 212; CoLUM., 11 , 10 ; Pallad. , Feb., 12 ; Plaut., Pseud., act. 1 , se. 1 ; Cei.S , VII , i , etc. ; Linum usitalissimum , I.INN, , Spec. pi. , 397. Le lin usuel. Famille des lines. Nous donnerons les particularits relatives au lin au fur et mesure que le texte nous mettra dans l'obligation de les faire connatre. 3. Ligne 3. Quodve miraculum majus , etc. Pline se dit ici : Quoi de plus merveilleux que cette plante l'aide de laquelle on franchit les plus grandes distances avec une rapidit sans gale ? On pourrait aujourd'hui lui rpondre , la vapeur, qui permet de faire le tour du lac de Genve en douze heures, d'aller de Toulon Alger en trente , etc. , de franchir des distances de huit dix lieues en une heure, dans des voilures mues par son incompara- ble puissance , etc. 4.. Ligne 6. Babilius. Brotier crit , d'aprs les manuscrits de la Bibliothque royale , Babilius. C'est ainsi que Snquc ( Qust. natur. , IV, 2 ) orthographie ce nom propre : Babilius virorum oplimus , in omni litlerarum gnre taris simus , auciar est , quum ipse prfectus obtineret JEgyptum , IleracleolUo oslio /V//i , 284 NOTES DU LIVRE XIX. quod est maximum , sibi spectaculo fuisse , etc. , etc. Sutone ( Vie de Nron , c. 36) crit Babilus. ( Cf. TACIT. , Annal. , p. o5.) 5. Page i54 ligne ig. Denique tam parvo semine nasci , quod orbem terrarum vitro citroque portet , tam gracili avena Ici le mot avena a une signification que ne lui ont pas donne les au- teurs : il a le sens de tige, non pas de tige de gramiue (chalu- meau ou chaume), mais celui de tige dans le sens le plus tendu , puisqu'on l'applique celle du lin. 6. Ligne il+. JSulIa exsecratio suffii contra inventorem diction suo loco a nobis. Il v a bien de la dclamation dans tout ce qui vient d'tre crit par notre auteur. On lit au chap. 56? livre Vil : Vla Icarus , malum et antennam Ddahis iwencre. Pline a voulu mettre en prose cette belle imprcation d'Horace : Mi robur, et aes triplex Circa pectus erat , qui fragilem truci Commisit pelago ratem. Od. i, 3. Nos voiles sont faites avec le chanvre, plante dont l'importauce tait inconnue aux anciens, qui n'en fabriquaient que des cordages. La matire faire des voiles tait , indpendamment du lin , le gent, le jonc, le Cuir et la peau des animaux. Dans l'Inde on se sert encore aujourd'hui de nattes. Les voiles des anciens taient peintes , et l'on poussa le luxe jusqu' les teindre en pourpre. Nous ddaignons cette vaine recherche. 7. Page i56, ligne 5. Prterea ut sciamus f avis se pnas, etc. Nous verrons au contraire que la culture du lin demande les plus grandes prcautions , et que c'est une des plus difficiles. 8. Ligne 7. Urit agrum , etc. On sait que Virgile a dit : Urit eoim lini campum seges Georg., 1, v.77. Le lin demande beaucoup d'engrais ; c'est par le mot puiser qu'il faut rendre le mot urere employ potiquement par Virgile, puis copi par Pline dans sa prose. g. II , page i56 , ligne g. Seritur ( linum ) sabulosis maxime, unoque sulcoj, etc. Toute terre peut porter du lin , disent nos cul- NOTES DU LIVRE XIX. a85 tivateurs ; cependant il faut choisir , si on le peut , une terre lgre , frache et fortement engraisse. Columelle (H, 10) a fait cette recommandation : Pingui et llo solo , humidiore , non si- /fente. Palladius ( XI , i) veut un terrain trs-gras et mdiocre- ment humide : Pinguissimo loco , et modice humido. Quoique l'ac- croissement du lin soit rapide , il est cependant des plantes qui croissent plus rapidement encore. On le sme en mars ou en avril , et la rcolte a lieu , suivant les annes , de juin sep- tembre. Lorsque le semis est fait , il suffit ensuite de passer la herse pour enterrer la graine , et d'arracher soigneusement les herbes au commencement du dveloppement des jeunes plantes. 10. Page i56, ligne 10. Vere salum stale veUitur. Le semis du lin a lieu quelquefois en automne ; il avait toujours lieu au printemps chez les Romains. Jdcirco et primas Hnornm tangerc messes Ante vtant . qnam maturis accenderit annus Ignibus , et claro PJeias se prompserit ortu. Gratius, inCyneg., x. 5~. il. Et hanc quoque terr injuriant facit. Pline a dit au livre prcdent, chap. 72 : Alibi frumenia ab radice vellunl : quique id faciunt , proscindi ab se obiter agrum interprelaniur , qiaan extraliant succum. Cf. la note 4-og , au livre cit. 12. Ligne 1 1. Ignoscat tamen aliquis JEgypto serenti, etc. On croirait, en lisant ce passage, que les tissus de lin ne servaient qu' faire des voiles , puisque l'auteur trouve ridicule que les Gaulois s'occupassent de la culture de cette plante. Pourtant il dit plus loin que les peuples transrhnaniens employaient les tissus de lin vtir leurs femmes , qui ne connaissaient pas de plus bel habil- lement. Les Gaulois cultivaient sans doute cette plante dans le mme but. i3. Ligne 21. In Germania autem defossi atque sue terra id opus agunt. On a cru long-temps , et l'on croit encore aujour- d'hui , que l'humidit des caves est ncessaire pour favoriser le lissage du chanvre et du lin ; aussi voit-on encore un grand nombre de tisserands y travailler, ce qui a de grands inconv- niens pour leur sant. a86 NOTES DU LIVRE XIX. i \. Page i58 , ligne 3. Ubi a Setabi terlia in Europa lino palma. Il a t question des serviettes de Stabis dans la prface de Pline. Cf. les notes du livre I er . On croit que Stabis est une ville d'Espagne, Xativa , dans le royaume de Valence. Silius Ita- liens ( lib. III , i ) a vant la beaut des tissus de lin de Stabis: Seiabis et telas Arabum sprevisse superba , Et Pelusiaco filum componere lino. Gralius ( in Cjneget. , v. 4- 1 ) : Hispanique alio spectantur Setabes usu. i5. Ligne 4-- Secundam enim in vicino Alliants capes sunt Re- tonna. Le savant Cluvier croit que cette ville est la mme que Litubium , dont parle Tite-Live ( liv. XXXII ). Elle est situe dans la Ligurie. 16. Ligne 1 2. Et Hispania citerior habel splendorem Uni pr- cipuum, etc. Ce petit fleuve est le Subi , le Gaya ou le Fruncoli , qui tous deux arrosent Tarragone. 17. Ligne i^- Et tenuitas mira , ibi primum carbasis reper- tis. Le mot carbasus dsigna d'abord le lin et les toiles tissues avec cette plante; plus tard on donna ce nom aux tissus de colon. Solin a mme t jusqu' nommer carbasus le lin incombustible, minral plus connu sous le nom d'amiante : Carbasa etiam qu inter igns valent (c. II). Il est probable que carbaso est un mot espagnol , et qu'il servait dsigner quelque varit du lin. C'- tait avec lui qu'on fabriquait ordinairement les voiles tendues au dessus des amphithtres ; car Pline nous dira plus loin : Carbasina deinde vla primus in theatro duxisse traditur Lentulus Spinler Apollinaribus ludis. On doit penser que ces toiles avaient un degr diffrent de finesse , puisqu'on en faisait des voiles et des tentes , et que les vestales portaient des tuniques du lin car- basus ; du moins est-il vrai que Valre-Maxime nous parle de cet emploi : Maxima virgine Mmlia adorante, quum carbasum, quant optimam habebai , foculo imposuisset , subito ignis emicuit. Carbasus ne veut pas dire toile fine (toile de batiste), mais seulement toiles fabriques Tarragone avec le lin carbasus. C'est donc mal propos que l'on a blm Virgile d'avoir donn NOTES DU LIVRE XIX. 287 ce nom des voiles 1 , puisqu'il est dmontr qu'on on faisait avec le lin, tmoin l'expression de carbasina vla dont se servaient les prtres. Virgile a aussi parl du carbasus comme d'un tissu propre servir de vlement : Tum croceam clilaniydeuique, sinusque crpantes Carbasoos fulvo in nodum collegerat anro , Pictus acu tunicas et barbara (cgmina crurom. JEneid., xi , v. y;'*. Il est certain que, d'abord rserv aux tissus tarragonais, le nom de carbasus prit de l'extension ; il devint gnrique , et fut donn tous ceux qui avaient un certain degr de perfection. Quinte-Curce (vin, 9, 24. ) , en parlant du luxe des rois in- diens , s'exprime ainsi: Carbaso Indi corpora usque pedes vlant: eorumque rex aurea lectica , margaritis circumpcndentibus , rccubat : dislincta sunt auro et purpura carbasa , qu indutus est. Carbasus genus Uni est , quod abusive plerumque pro vlo ponitur, die Servius (Comm. in JEneid. , m , 357). Nous ne voyons pas pourquoi le nom de carbasus aurait t donn improprement aux voiles. 11 arrive frquemment que l'on transporte aux composs le nom du composant, non-seulement en posie , mais encore dans le langage vulgaire. Cf. la note 19 , pour un exemple puis dans le texte mme de notre auteur. 18. Page i58, ligne 21. Vidimusque jam tant tenuitatis, etc. Si Pline n'exagre pas la finesse des tissus de lin , il semblerait que les anciens dpassaient celle que nous donnons aux ntres ; mais ce passage , fort corrompu , et qui a t rtabli par le pre Hardouin , ne l'a pas certainement t d'une manire exacte , et nous en trouvons la preuve dans le sens du passage lui- mme. Il est question de toiles de chasse, surtout de celles qui pouvaient servir retenir des sangliers , ce qui suppose ces tissus une grande force ; or cette solidit est toujours en raison inverse de la finesse, -et les toiles de chasse, qui pourraient passer Et aura? Vla vocant , turaidoque inflatur carbasus austro. JEneid., ut , v. 35(>. Voca! jam carbasus auras. Id. , IV, t. 47 288 NOTES DU LIVRE XIX. avec leurs agrs (epidroma) au travers d'un anneau , seraient peine capables de servir un oiseleur pour arrter quelques pas- sereaux. Il faut donc croire que les toiles fines dont parle notre auteur avaient un tout autre usage que celui de servir de filets ou de rets pour la chasse aux btes fauves. ig. Page 160 , ligne 10. Sicut in culcitis prcipuam gloriam Cadurci obtinent. La partie des Gaules ici dsigne est le Querci, dont la capitale est Cahors. Sulpitia fait mention des bandelettes de lin de Cahors : Ne me cadurcis destilutam fasciis Nudam Caleno concubentem profrt. Juvnal nommait un matelas cadurcum , parce qu'il tait fait de lin de Cahors , comme on nommait carhasa la voile faite avec du lin de Tarragone : Inslitor hjbern legetis nivfique cadurci. Salir, vu, v. 221 . Magnaquc debelur \iolalo pna cadurco. Satir. vi , v. 536. 20. Ligne i4- JEgypiio lino minimum firmitatis , plurimum lucri. Il est douteux que le lin d'Egypte soit le moins fort de tous, mais on sait n'en pas douter qu'il est le plus gigantesque. Has- selquist dit qu'on voit quelquefois le lin d'Egypte s'lever la hauteur de plus de quinze pieds , sur une tige de la grosseur de celle du roseau ordinaire. 21. Ligne i5. Quatuor ibi gnera : Taniticum , ac Pelusiacum, Buticum , Tentjrilicum. On connat aujourd'hui en France : i le lin froid, ou grand lin: c'est celui qu'on cultive en Flandre ; il sert fabriquer cet admirable fil dont la valeur s'lve quelquefois plusieurs centaines de francs la livre, et qui sert faire la dentelle; 2 le lin chaud , ou ttard , cultiv particulirement dans le midi de la France ; 3 le lin moyen , qu'on croit tre le type de l'es- pce. On parle encore de lin tardif et de lin prcoce, qui donnent des filasses de qualits fort diffrentes. Il est douteux que ces va- rits se rapportent exactement aux varits gyptiennes. 11. Ligne 17. Superior pars Mgypti in Arabiam vergens gignit fnilicem, etc. Nous avons dj consacr une note au gossipion , NOTES DU LIVRE XIX. 289 le coton ( Gossypium arboreum, L. ). Cf. la note 53, au livre XII. Pline entend parler ici du cotonnier arbrisseau. 11 ne nous reste plus qu' donner la concordance synonymique de cette plante: jnn, Parai., XV, a3. ^JuS ', Arab. Avfpor /xopor, Theoph. , iv, g; et le fruit, &piv)} @v o NOTES DU LIVRE XIX. nier, et que le nom de bjsstts est un nom hbreu* y\2 (butz), appli- qu mal propos, par Suidas et Hsychius, la couleur pourpre. 23. Page 160 , ligne 23. Quarlu/n gcnus Orchomenium ap- pdlant , etc. Nous avons rapport ce roseau Y Arando Donax des botanistes modernes. Cf. la note 33o, troisime synonymie, livre xvi. La panicule de cette plante est compose de fleurs poilues , mais on ne peut en tirer parti ; la ranger parmi les lins choque le bon sens. 24. Ligne 25. Asia e genista facil lina ad relia prcecipua. On voit par ce passage que le mot linum avait un sens fort tendu ; il signifie ici filasse, quel que filt le degr de finesse. Les ha- bitans de Pise font rouir les tiges du gent, et en retirent une filasse dont on peut fabriquer des cordes , du fil , ainsi que des toffes grossires , etc. 25. Page 162 , ligne 2. Arabes cucurbitis , in arboribus , ut diximus , genitis. Pline a dit au livre XII , ch. 21 : Ferunt colonei mali amplitudine cucurbitas , quce maturitaie ruptcr os tendant lanu- ginis pilas , ex quibus vestes prelioso linteo faciunt. 11 ne faut pas s'arrter ici au mot cucurlita; Pline entend parler, non pas d'une vritable cucurbitace , mais d'un fruit assez gros qui aurait eu quelque rapport avec la citrouille : or celte particularit nous ramne vers les bombax pour trouver cet arbre , qui , suivant notre auteur, donnait un duvet diffrent de celui des Sres, mais dont pourtant on faisait de prcieux tissus. Le Bombax pentan- drum, L. , Spec.pl. , 0,5g, -est un grand arbre de l'Inde, dont les feuilles sont digites. Pline les compare avec celles de la vigne, et les dit plus petites. Le fruit est long d'un demi-pied , et prsente exactement la forme d'un concombre fort rtrci vers la base. Le duvet est d'une finesse extrme : malheureusement il est fort court , et on ne peut Le tisser ; nanmoins on l'emploie divers usages domestiques. C'est bien l certainement l'arbre dont parle notre auteur, mal instruit, du reste, relativement aux tissus qu'on aurait faits de ce duvet. Cette erreur est fort pardonnable. Qui- conque a vu le duvet des bombax croirait qu'il petit remplacer , et avec avantage , le lin et le coton. 25 bis. III , page 1G2 , ligne 10. lnler medkamina huic vis, etc. NOTES DU LIVRE XIX. 9 . La graine de lin renferme dans le prispcrme un mucilago abon- dant , dont on a tir parli en mdecine. Comme aliment, la fa- rine de lin ne peut tre nullement estime. On a essay en temps de disette de la mler celle du froment pour en faire du pain , mais il tait lourd et indigeste. Quelques individus qui en avaient mang en assez grande quantit moururent , dit-on. Nanmoins on sait qu'un individu affect de boulimie , dvorait , dans l'h- pital o il avait t reu , les cataplasmes de farine de lin sans en tre incommod ; peut-tre l'tat de sur-excitation habituel dans lequel se trouvait l'estomac rend-il compte de cette diff- rence d'action. 26. Page 162 , ligne i3. Deinde post messem tritiuam virg ips merguntur in aquam solibus tepefactam , etc. On voit par ce passage que les anciens ne connaissaient qu'une manire de rouir le lin. On en connat , indpendamment de celle indique par Pline , deux autres, le rouissage sur terre et le rouissage eu eau courante. Ces trois oprations sont fort longues , et durent de quinze quarante-cinq jours. La plus expditive est celle au moyen de l'eau dormante, mais elle donne des produits infrieurs. Les industriels s'efforcent depuis quelque temps de trouver un procd moins long. Les socits savantes ont promis de couron- ner l'auteur de l'amlioration dsire : la rcompense est prte, mais jusqu'ici personne ne l'a mrite. 27. IV, page 164 ligne 5. Invent um jam est etiam , quod ignbus non absumeretur (asbestinuni). La place que Pline donne cette substance prouve qu'il regardait l'amiante comme une production appartenant au rgne vgtal , ce que le mot nasci- tur , employ plus loin, prouverait jusqu' l'vidence s'il en tait besoin. Cet auteur a dcid du rang que l'asbeste ou amiante devait occuper, par l'usage auquel on l'employait , et sans plus ample inform. Quoi qu'il en soit , c'est une substance remar- quable du rgne minral , forme de silice , de magnsie , de chaux et d'alumine. Elle est en filamens longs, dlis, flexibles, ayant un aspect soyeux. 11 n'est sorte de fables qu'on n'ait d- bites sur l'asbeste. Aldrovande disait qu'on pouvait rduire l'a- miante en huile , et qu'elle brlait sans se consumer jamais. '9- n 9 i NOTES DU LIVRE XIX. I) .mires supposaient que les mches d amiante brlaient dans l'huile sans la consumer; de l la fable des lampes inextinguibles. Aux usages mentionns par Pline, on peut ajouter ceux-ci, qui sont plus modernes. On fait entrer l'asbeste dans la fabrication d'une poterie qui, bien que lgre , est moins fragile que celle faite par les procds ordinaires. Une Italienne, madame Perpenti, est parvenue fabriquer avec cette pierre flexible des toiles , des papiers et de la dentelle. L'asbeste est bien moins rare aujour- d'hui qu'il n'tait autrefois. 28. Page 164 > ligne 8. Regum nde funbres tunic , etc. On employait fort rarement les tissus d'asbeste dans les funrailles , et l'on s'est assur que les anciens n'taient pas aussi soigneux qu'on pourrait le croire de recueillir les cendres des morts , pures de tout mlange ; toutes les urnes ouvertes ont montr dans leur intrieur , indpendamment des os calcins , une plus ou moins grande quantit de charbon. Mais si Ton doit penser que l'emploi de l'asbeste dans les funrailles tait rare , on sait n'en pas douter qu'il avait quelquefois lieu. On trouva en 170?. , Rome et prs de la porte Naevia , une urne funraire dans la- quelle il y avait un crne , des os brls , et des cendres ren- fermes dans une toile d'asbeste d'une merveilleuse longueur, prs de deux mtres , sur un mtre six cents millimtres de largeur. On voyait nagure au Vatican ce monument prcieux. 2g. Ligne 1 1 . Adsuescitque vivere ardendo. Pline trouve la cause de Tincombustibilit de l'asbeste dans sa station au milieu des dserts de l'Inde , lieux o l'ardeur du climat est extrme. Les anciens s'garaient presque toujours quand ils voulaient se rendre compte des proprits des corps. L'asbeste abonde dans les hautes Alpes , dans le voisinage des glaciers , en Ecosse , et mme en Sibrie. 3o. Ligne i5. Vocatur autem a Grcecis asbestinum ex argu- mente) naturec. "AffCefflov , en grec , signifie inextinguible ; c'est donc par mtonymie que cette production aurait t nomme ainsi , au lieu d'incombustible : k privatif, a-^ivw^t , teindre , c'est--dire qu'on ne peut teindre (ou dtruire). Amiante, que l'on crit souvent mal propos amianthe, est synonyme ftasbeste; il signifie une chose qu'on ne peut souiller : . privatif , j4.ia.iva , NOTES DU LIVRE XIX. a 9 3 souiller. Les tissus d'amiante n'ont point de taches qui puissent rsister l'action du feu. 3i. Page 164, ligne 16. Anaxiaus auclorest, linleo eo circum- dalam arborem , etc. Les instrumens tranchans, et mme conlon- dans, dtruisent trs-rapidement le tissu fdamenteux de l'asbeste. Pline, jugeant de la valeur des choses par les singularits qu'elles prsentent , place l'asbeste au dessus du lin ; dans ce sicle de raison , personne ne confirmera un pareil jugement. 3. Page 166, ligne 1. Proximus bjssino , mulierum maxime dliais circa Eim in Achaia genito. Le byssus des anciens n'est autre chose que le coton. Cf. plus haut la note 22. Pausanias ( Eliac. 1) a renchri sur l'assertion de Pline , qui dclare que le byssus le plus estim croissait prs d'EIis, dans l'Achae ; l'au- teur grec dit mme qu'on ne le trouvait que l. Il est douteux que le coton ft cultiv dans l'Achae , partie de la Grce ou la temprature est trs-variable ; mais en admettant avec Pline que cette plante y ait t rellement cultive, on ne peut gure pen- ser, avec Pausanias , qu'elle l'ait t exclusivement. Philostrate a dit que l'arbre qui produisait le bjssus avait les feuilles du saule et le port d'un peuplier. Arrien et Apollonius disent la mme chose. Quoique ces caractres ne puissent se rapporter au coton- nier, ce n'est pas une raison de penser qu'il s'agisse d'une autre planie. On sait combien sont incertains les renseignemens four- nis par les auteurs grecs ou latins, qui ne se sont pas occups spcialement d'histoire naturelle. 33. Ligne 3. Linteorum lanugo , e velis navium marilima- rum maxime , in magno usu medicince est : et cinis spodii vim habel. Cette fois nous sommes heureux d'tre d'accord avec Pline sur les proprits comparatives de la tuthie et de la cendre des vieilles voiles ; elles sont vraiment gales en bont , et ces substances occupent la mme place dans Yeslime des modernes. Cf. Galen., lib. III, xatTet T'jTovs. 34. Ligne 5. Est et inter papavera genus quoddam, quo can- dorem lintea prcipuum trahunt. On a pens, mais nous ne savons pourquoi , que ce papaver tait le papaver heradion dont Pline parlera livre xx, 79. Nous examinerons celle opinion en don- nant nos notes sur ce mme livre. 294 NOTES DU LIVRE XIX. 35. VI, page 166, ligne 18. Postea in theatrs tantum umbram fecere. Ecoutons le pote Lucrce: Et volgo faciunt id lutea , rufaque vla, Et ferrugina , quum magnis intenta tlieatris Per inalos volgata trabesque trementia flulaut. Namque ibi consessum caveai subi or, et omneui Scenai speciem , patrum, matrumque , deorumque,. Inficiunt , cogunlque suo fluitare colore, eic. Luck. , iv, v. 73. 36. Page 168 , ligne 9. Rubent in cavis dium , et muscum a sole defendunt. Le choix qu'on faisait de la couleur rouge pour abriter contre les rayons du soleil, blesse la saine physique. On sait que l blanc est bien prfrable , par la proprit qu'il a de rflchir les rayons lumineux. 37. Ligne il+. Quoniam quum sparta dixit . significaverit sata. Homre a dit en effet: Iliiid.. il, v. i35. 38. VII, page 168, ligne 17. Spart i quidem usus multa post secua cptus est. Ce sparlum dont on parle ici est une gramine connue sous le nom de Stipa tenacissima. Voici quelle est la con- cordance synonymique de cette plante : AtvotrirapTov , TllEOPH. , 1 , 8. Spartum, Plin., loco comm. ; Colum. , XII , 5o ; Pallad. , Varr. , etc. ; Stipa tenacis- sima , L. , Spec. plant. , 11 5. Le spart , esparto des Es- pagnols. Nous ne rangeons pas dans cette synonymie le Spartum Ljgeum, L., ou alvarde faux-spart. Ses chaumes sont peu prs impropres aux usages auxquels on emploie le vrai spart, et il est douteux qu'il ft connu des anciens , moins qu'on veuille croire que le spart d'A- frique , dont notre auteur dit quelques mots, fut cette gramine. 3q. Ligne 19. Herba et hc sponte nascens , et qu non queat seriy etc. Il est vrai que tout le spart qu'on trouve dans le com- merce vient spontanment; on pourrait pourtant, si on le vou- lait bien, l'tablir en culture rgulire. Varron {de Re rustica , 1 , 0.6 ; le pre Hardouin cite par erreur le chapitre 32 ) dit NOTES DU LIVRE XIX. 2q5 positivement qu'on sme le spart: Sic ubi cannabim seras , Union , juncum , spartum , unde lineas , /unes f arias. 4o. Page 170, ligne 4- Carthaginiensis Hispani rilerioris portio , etc. C'est encore dons toute l'Espagne mditerranenne qu'on trouve le spart et qu'on l'y rcolte ; les autres provinces ne fournissent que de l'alvarde. ( Cf. la note 38 , vers la fin. ) 4 * Ligne 5. Hinc slrata rusiieis eorum , hinc igns facesque , hinc calceamina , etc. On emploie encore Vesparto aux mmes usages dans l'Espagne mridionale. Les chaussures 'esparto sont nommes esparlenas et alpargatas , mots videmment arabes. 4-2. Ligne 7. Animatibus noxium , praetgrquam cacuminum teneritate. 11 n'est pas exact de dire que le spart tenace est nuisible aux bestiaux : cette plante ne renferme en elle-mme aucun prin- cipe dangereux , et si les herbivores ne la recherchent pas da- vantage, on doit trouver la raison de cet loignement dans l'extrme duret de ses chaumes. 43. IX, page 172, ligne 12. Junco Grcos ad f une s usos nomini credamus , etc. Les Grecs nomment en effet le jonc, et les cordes qu'on en fait eyjnvos. Il est probable que ce nom tait collectif, comme l'est chez nous le mot jonc, qui s'applique diverses espces du genre juncus des botauistes , et quelques scirpus , notamment au Scirpus lacuslris , L. 44* X, page 172 , ligne 17. Theophrastus auclor est , etc. Thophraste (Hist.pl., vu, i3) , et d'aprs lui Athne (il, p. 64) , parlent en effet de cette plante, qu'il est bien difficile de rapporter avec certitude une plante connue. Le nom 'pioqpov , qu'elle portait , ne peut tre appliqu Yeriophorum des botanistes modernes , cyprace dont la graine met de longs fils soyeux, tandis que la lige ressemble celle d'un jonc , et est parfaitement glabre; c'est donc tout--fait gratuitement qu'o a dsign Y Eriophorum angustifolium , L. La racine de cette plante n'est point bulbeuse ; quoi qu'en ait dit Dodone, aucune de ses parties ne peut servir comme aliment, et les longues soies qui entourent la graine ne sont pas susceptibles de servir la con- fection des tissus. 45. Page 174 ligne 3. Neque oinnino ullam mentionna ha- a 9 6 NOTES DU LIVRE XIX. bet, eU. Pline pensait tort que Thophraste n'avait rien dil du spartum ; cet auteur grec en fait mention au livre 1 er , ch. 8 de VHisloria plantarum , et le dsigne comme ayant une corce plusieurs tuniques. Cf. la note 38. 46. XI, page 174 ligne 11. Tubera hc vocanlur , undique terra circumdata , etc. Avant toutes choses , donnons la concor- dance synonymique de cette clbre plante : ~ \ ... *-^ , Avic. , p. 194.- "T ligne ai. Laudatissima Afric. On trouve en Afrique les mmes espces de truffes qu'en Europe ; cepen- dant il en est une qui semble tre exclusive a cette partie de la terre. Cf. la note 5a. 5o. Page 176, ligne 1. Putrescendi enim ratio communis est Us cum ligno. A la fin de l'hiver ou au premier printemps , la truffe n'est encore qu'une sorte de tubercule rougetre ou vio- let, gros comme un pois, et assez consistant. En t , la surface de la truffe devient noire et comme chagrine ; elle a une gros- seur peu considrable , prend le nom de truffe blanche , et n'a point de parfum. Au commencement de l'hiver , sa surface est trs-noire et chagrine ; elle a atteint toute sa grosseur, a beaucoup de parfum et de saveur, etc. ; peu aprs elle tombe en bouillie , jette ses propagules, qui redeviennent, avec le temps, des truffes parfaites , etc. : c'est alors que les pluies les charrient au loin. 5i. Ligne 6. Quod certum est , ex Us erunt qu nascantur, et seri non possint. Plusieurs personnes ont cherch multiplier les truffes dans des truffires artificielles ; les expriences tentes n'out pas t sans succs , mais pourtant ce uccs n'a pas t tellement complet , qu'on ait pu tablir la truffe en culture rgulire. Pline , en disant plus loin que l'on attribue aux pluies la production des truffes , semble reconnatre implicitement la possibilit de la multiplication des truffes par germes : Quibus- dam locis accepta riguis feruntur : sicut Mitjlenis negant nasci , nisi exundatione fluminum invecto scmine ab Tiaris. 5a. XII , page 176 , ligne g. Simile est et quod in Cyrenaica provincia yocant misy, etc. On croit qu'il faut rapporter ce misj la truffe blanc de neige. Voici quelle serait , dans cette hypo- thse , la synonymie de cette espce : Tamhra et Terfex Africanorum, LON l'AfriC, liv. IX ; Tamcr et Kema, AvJCEN. M/y a\y istXu rv Mnvxnvatav ov y&i wpTepov sivai itpv yevojuvtis -TrojuCpcLf ro a-rrip^A Kctievs'/Jn ifo Tiapv, tovto S' sa-l y^apiov iv a irohxk ylveTAi... m ai NOTES DU LIVRE XIX. 199 ressemblance avec la tiare des anciens, surtout avec la tiare droite, ittpA />flti de Lucien ; mais l'autre genre de tiare , appele tiaris , devait tre une sorte de panache ou plumasson dploy en para- sol pour ombrager la tte. Hsychius la dfinit xyos nriir vx\w, vel AiCukov, vel hiioTiKov, loco cit.; 2/aw, Theoph. , Hist. plant. , VI , 3 ; et folium 'hlkrrreTtL ; radx M*yvttpif ? et semen Qvhtov , EJUSD. ; S/aiov mCvkov , Diosc. , m , 94. ; Herod. , IV, 169 ; Galen. , Comm. in Hipp. de Vict. auct., IV, p. 877 ; 2/a/oV {radix), RISTOPH. apud Alhn. , I, 5o ; Jul. PoLLUX , VI , 67 ; NlCANDER , Alexiph. , v , 3o8. Laserpitium , Plin. , loco comm. , et XXII, 49; Silphion, COLUM., XII, 7 et 57 ; EJUSD., deArbor., 23 ; Laserpitium , Ejusd. , VI , 17. o^ks* , ARAB. Thapsia Silphium , Vivian. , FI. Libye. Le thapsie , qui donne le silphium. II. 'Oto? HVpnvctKQ, GrjEC. ; 'Ot^s tf-jAcp/ou, Hesych., I^exic.; Z.KopS'o.o-a.pov, Gr.ec. rcent. Laser, Latinor. ; Plin., loco comm. , et xxil , 4-9 ; Scrib. Larg. , xvi , 67 , etc. ; Laser parihicum , APTJLEIUS , I, 3o. ^Lv^if Arab, jum^a* ( Kindichisak ) , Persan. Gummi-resina nobis ignota seu certe a Thapsia Silphio producta. 11 rsulte de la lecture des auteurs anciens qui ont crit sur le vient de rectifier? celui de Thcophraste , sans donle ; car la correction du texte d^thne trouve sa confirmation dans le texte mme de Pline, qui crit pezica , et non puxox. NOTES DU LIVRE XIX. 3iOv. Hesych., lib. v ; Aristoph. , in Plut., 926. 3oa NOTES DU LIVRE XIX. de Syrie el de Mdie est moins boa el d'une odeur moins agrable : il est sophistiqu avec le sagapeman ou avec la farine ne fves ( Diosc., loco ai. ). Pline, ainsi qu'on le voit par la lecture du texte , a copi Thophraste dans ce qu'il paratrait avoir ajout au texte de Dioscoride. On obtenait cette gomme-rsine de la tige et du collet de la racine , qui quelquefois s'levait au dessus du sol. Le suc de la tige, ucuxas , se gte plus facilement que celui de la racine, fiuts. Il se desscbe entirement l'air, etc. Ajoutons que si le sUphion cvrnaque a l'odeur de la myrrhe , celui de Perse, a celle de lait , et que c'est pourquoi on l'appe- lait scordolasarum. Le slphion cvrnaqoe jouissait d'une haute estime chex les Grecs, cause de sa saveur agrable et de l'a- grment de son odeur. Hippoerate {de Morb. nui., iy, 3oj) en lait l'loge ; on avait , suivant lui , cherch naturaliser le sU- phion dans le Ploponnse , mais sans aucan succs. Maintenant que nous connaissons bien la plante et son pro- duit, quelle plante et quel produit connu des modernes ta util les rapporter ? Est-ce la Fenda Asafiida et son produit nomm du mme nom, ainsi que l'a prtendu, le premier, Kaempfer (Aman. exoL, 536 ) ? on serait tent de le croire. La racine est vivace , noi- rtre extrieurement ; ses tiges sont canneles, creuses, etc. : mais ce systme sera bientt renvers, si l'on veut se rappeler que les feuilles sont grandes, lisses, assez semblables celles de b pivoine, divises seulement en trois ou quatre folioles ovales- oblon- gues , etc. , et nullement comparables celles du persil ; que ses fruits sont ovales-oblongs , comprims , mais non munis d'ailes membraneuses ; enfin que le suc propre a pour odeur caract- ristique celle de l'ail , qui ne doit point exister dans le bon s- phion. Nous pourrions ajouter que toute la plante est imprgne d'un suc pais , ftide , qui ne permettrait pas de la rendre ali- mentaire. El que l'on ne vienne pas nous allguer que, les gots diffrant trs-souvent , tel peuple peut savourer ce que tel autre repousse avec horreur : ce ne serait pas ici le cas d'invoquer cette vrit , car X'asa ftia n'est point un aliment , mais un assaisonnement ; et la tige qui le produit a un degr d'cret si prononc , qu'elle incommoderait celui qui oserait l'ingrer. NOTES DU LIVRE XIX. 3o Est-ce la Fenila tingitana , L., ainsi que le veul Sprcngcl ( Hist. Rei heii. , p. 84. ) ? Il est certain que les feuilles de cette frule sont les seules que Ton puisse comparer celles du persil, car elles sont trs-finement dcoupes. Ajoutons que les se- mences sont grandes, ovales et aplaties ; mais elle n'a t trouve jusqu'ici dans aucune des localits o les anciens auteurs placent leur silphion. Nous l'avons vue en Espagne , vis--vis Tanger, et rien ne nous dispose croire que cette plante fournisse une gomme-rsine. Est-ce la Ferula persica ? Non certainement ; car le peu que nous savons touchant cette plante douteuse ne peut se rapporter la description du silphion; et on lui attribue avec plus de rai- son le sagapeniun , que l'on sait tre identique avec le ntre. Quant l'opinion qui veut dsigner YAngelUa silvestris (Prosp. Alp. , de PL exot., p. 210), elle ne vaut mme pas la peine qu'on la discute. Il tic reste plus examiner que l'opinion du docteur Viviani , qui voit le silphion dans une ombellifre de Libye, qu'il a nom- me Thapsia Silphiuni ( Viv. , FI. Lih/c). Ce fut en 1817 que M. Dlia Cella, qui voyageait en Libye (ancienne Cyrnaque), dcouvrit celte plante, que le docteur Viviani reconnut pour un thapsia , et qu'il dcrivit sous le nom spcifique de T. Sil- phium. 11 n'a pas vu les (leurs , mais le feuillage est semblable celui de la plante que l'on trouve figure sur les mdailles cy- rnaques. Sa racine , qui est fusiforme , rend un suc gommo- rsineux qui peut s'paissir l'air. L'odeur en est agrable , et cette condition est de rigueur, car tous les auteurs grecs s'ac- cordent sur ce point. Ce qui dispose surtout adopter cette opinion, c'est que les semences de tous les thapsia sont compri- mes et munies de quatre ailes membraneuses , particularit qui aurait valu la plante le nom de qv^Kcv, feuille, qu'elle a port. Il faut dire pourtant qu'il paratrait que la quantit de produit gommo-rcsincux serait peu considrable; mais cela n'explique- rait que mieux la raret du silphion ou laser. Il ne reste plus dcider qu'une seule chose : le suc du j/7- phion tait-il bien produit par la plante dont nous venons de parler? nous n'en douions pas un seul instant, mais nous pet:- 3o4 NOTES DU LIVRE XIX. sons que sous ce nom on confondait deux gommes-rsines vi- demment distinctes ; Tune , le vritable silphion , d'une odeur agrable; l'autre, ayant l'odeur alliace, suc moins estim que le premier , et d peut-tre la frule asa ftida. On voit clai- rement dans Dioscoride (loco cit.) que s'il y avait deux sortes de suc silphion , il y avait aussi deux plantes de ce nom. Il est vrai que cet auteur ne dit pas qu'il faille attribuer la plante de Libye , laserpitio similis , la plus mauvaise qualit de silphion ( odeur alliace) , ce qui rend notre hypothse douteuse. Tho- phraste ( vi , g4 ) dit que cette plante vient en Syrie. Rsumons-nous , et disons : i. Que les hypothses mises par les commentateurs sur le silphion avant Dlia Cella , ne sont nullement satisfaisantes , et doivent tre rejetes ; 2. Qu'il parait assez bien tabli que cette plante de la Cy- rnaque est le Thapsia Silphium , Vivian. , FI. Libye. ; 3. Que le suc gommo-rsineux du thapsia n'est ni Yasa f- tida ni le sagapenum , mais bien une gomme-rsine particulire , et aujourd'hui inconnue ; 4. Que des deux espces de suc silphion , l'une , celle qui a une odeur alliace parat tre due une plante diffrente , et que peut-tre c'est Vasa ftida. 5g. Page 178, ligne 6. Silphion. Poinsinet veut trouver l'tymologie de ce mot dans le radical silf , qui , dans toutes les langues du Nord , concourt former les mots argent : siher, angl. ; silber , germ. ; sttfwer , sud. ; sehir , tartare , etc. Le nom de silphion lui aurait t donn parce qu'il tait vendu au poids de l'argent : Et ad pondus argenti denarii pensum. 60. In Cyrenaica prooincia reper.'um. Tous les auteurs s'ac- cordent sur cette localit. Dioscoride en assigne plusieurs autres; mais le meilleur silphion, suivant lui , venait de la Cyrnaque , que l'on qualifiait de laserpitifre. Laserpitiferis jacet Cyrenis. Catull. , Eleg. vu, v. 4- 61. Ligne g. Mullis jam annis in ea terra non invenilur. Scribonius Largus , qui vivait au temps de Tibre , a dit ( xvi , NOTES DU LIVRE XIX. 3o5 comp. 67) : Medicamenta autan simplicia quidam hcecfaciunt : laser Cjrrenaicum , si polerit inveniri : sin minus , Sjrriacum tiqua dilu- ium, etc. Ce laser de Syrie n'est plus le vritable laser. 62. Page 178, ligne i4- Ove, quum comedert, dormienie prc- tinus , capta sternutante. Cette absurdit n'a t puise par Pline dans aucun des ouvrages qu'il a compils ; elle lui appartient en propre. 63. Ligne 18. Id quoque adulteratum gummi , sagapeno , etc. Ceci est confirm par Dioscoride (m , g). 64- Ligne ig. Quo minus omittendum videtur , C. Valerio , M. Herennio coss. , etc. Ces personnages taient consuls l'an de Rome 661. 65. Ligne 22. Id apud auctores Grci evidentissimos , etc. Si Plineveut faire ici allusion au texte de Thophraste (vi, 3), c'est qu'il ne l'a pas compris. 66. Page 180, ligne 12. Postfoia amissa. Les feuilles de toutes les ombellifres tiges annuelles et racine vivace pris- sent avec les tiges elles-mmes. Thophraste {loco cit.) les dit annuelles. 67. Ligne i5. Et hc duo erant nomina, etc. Les noms don- ns ces sucs leur venaient de la partie de la plante laquelle on les devait , pifa , radix , et kclvk , caulis. Le suc propre extrait de la tige des plantes herbaces est plus aqueux que celui qu'on obtient des racines , et peut s'altrer bien plus vite. 68. Ligne 22. Alii tradunl laserpitii radicem fuisse ma'/orem cubitali , etc. Cette partie de la racine qui sort de terre est le collet ; c'est toujours l qu'on pratique les incisions , afin de faciliter la sortie des sucs gommo-rsineux. 69. Ligne 2^.. Caule , quem mag/darin vocarunt. C'est en effet le nom que donne Thophraste la tige de cette plante. Poinsinet veut que ce mot signifie baguette des Mages. 70. Page 182, ligne 5. Persico silphio , etc. Cf. Eustathe sur le vers 1017 de Dionysius , p. 127. Tout ce paragraphe est em- prunt Thophraste (vi , 3). 71. XVI, page 182 , ligne 7. Alterum genus ejus est , etc. Thophraste ( Hist. pi. , vi , 3 ) a fourni tout ce paragraphe XII. 20 3o6 NOTES DU LIVRE XIX. notre auteur. S'il faut l'en croire, le mag/daris diffre du laser- pilium; il est plus facile rompre, moins odorant, et ne fournit point de gomme-rsine (laser) ; son port est aussi diffrent II vient en Syrie. Celui qu'on a dit avoir trouv dans la Cyrnaque et sur le Parnasse est une sorte de laserpitium. Cette plante f rulace porte des pines tantt sur ses feuilles et tantt sur ses tiges , etc. Dioscoride affirme ( III , o,4) que le mag/daris crot en Libye ; sa racine , selon lui , est semblable celle du laser- pitium : toutefois , elle est moins grosse , moins acre , fon- gueuse , et ne laisse dcouler aucun suc. Sprengel ( Hist. Rei herb. ) a dcid sur ce peu de renseignemens que le mag/daris pouvait tre rapport une ombellifere du genre laserpitium , le L.fendaceum, L. ; mais il faut convenir que des dsignations aussi hasardes nuisent plus la science qu'elles ne la servent. Cette plante , trouve par Tournefort non loin des frontires de Perse , a bien le port des frules ; mais combien d'ombellifres sont dans ce cas! La racine est pleine d'un suc acre et fort amer, et nous avons vu que Dioscoride dit positivement le contraire. Les fruits sont fongueux , tandis que l'auteur grec rapporte ce caractre la racine, fort grosse dans la plante des modernes , et fort petite dans la plante des anciens. Rsumons-nous en deux mots ; il n'est pas possible d'arriver la dtermination de la plante nomme futyvS'etpif par les Grecs. Voici la concordance synonymique , ou plutt l'numration des auteurs qui parlent de cette plante : MctyvfttpK , Theoph. , vi , 3 ; Diosc. , ni , 94. Magj- daris, Plis. , loco comm. Genus umbeUiferarum affine cum fendis. Cf. sur le sjrlpfuon, la note 58. Ce mot de mag/daris a exerc la sagacit de Poinsinet de Sivrv. Suivant cet auteur, c'est un mot persau qui signifie baguette des Mages, daris paraissant appartenir au verbe arabe darab, frapper. 72. Page 182, ligne 8. Quod circa Sjriam nascitur, etc. le pi Ivpicts , dit Thophraste , que Pline copie. Dioscoride fait natre au contraire cette plante en Libye, it AtCvn. Cf. ces auteurs aux passages cits plus haut.. j3 Ligne \"i. Probatio sinceri prima , in colore modice rufo. NOTES DU LIVRE XIX. 3o 7 et quum frangitur, candido intus. &ia.qpsi , dit Dioscoride ( III , g4 ) , qv g/>ufl/>Jr, PHIL. Alexandrin. Rubia, Plin. , loco comrn. ; Rubia, C.SL., AUREL., Chron., III, 5 ; Warreniia, Carol. Macn., Capit. Azala ou Jzari , Smyrn. Rubia tinclorum saliva, C. BAUHIN, Pin., 333; Rubia tinclorum, L. , Spec. plant. , a5g. La garance des teinturiers. Le mot latin rubia tire son origine du celtique rub , rouge. Ce radical a aussi fourni le mot latin ruber. On le retrouve dans Robert, nom autrefois appliqu exclusivement aux hommes cheveux roux. L'pithte robertianum , donne un granium counu des botanistes , signifie rougelre , et l'on sait en effet que les tiges et les ptioles sont d'un rouge trs - prononc. Les mois rubis et rubicon ont une origine semblable. Notre vieux mot rubrique tait jadis donn aux livres de droit, parce qu'ils taient crits avec une encre rouge dont la base tait la garance. Rhus , rubus , et mme rosa , sont galement drivs du mme radical. S'il fallait en croire Poinsinet de Sivry , notre mot ga- rance serait un mot d'origine wisigothique, et viendrait du verbe sudois garfwa , qui signifie corroyer , parce que les peaux d'a- nimaux taient presque toutes colores avec la garance. Cette tymologie n'est point admise par M. de This, qui tire l'origine du mot garance de garringoa, rouge, en cantabre, mot qui a pour radical gar , synonyme de rub en celtique. Ces tymologies me o8 NOTES DU LIVRE XIX. semblent tout--fait hasardes. Sans savoir au juste d'o vient ce mot garance , il est certain qu'on le retrouve dans le mot warrentia , nom qui est donn la garance dans les Capitulaires de Charlemagne. nj, Page 184, ligne 1. Laudatissima Italica , et maxime suburbana. Dioscoride ( III , 160) met en premire ligne la ga- rance de Ravenne. Cette racine prcieuse , laquelle des tra- vaux rcens dus nos honorables amis , MM. Robiquet et Kuhlmann , viennent de donner une nouvelle importance , est cultive avec succs dans la plus grande partie de l'Europe , surtout dans le midi de la France. Il en vient aussi du Levant , et surtout de la Hollande : celle de Lille a de la rputation. 78. Ligne 3. Sponte provenu , seriturque similitudine ereili. Verum spinosus ei caulis , etc. Il ne faut pas prendre la lettre la description donne par Pline. Les tiges de la garance ne sont pas pineuses, mais seulement hrisses de poils raides, ou plu- tt de petites dents crochues. Il faut reprocher une lgre inexac- titude Dioscoride , dont Pline a presque littralement copi le texte en cet endroit. Il n'y a aucun rapport vritable entre les semences de cette rubiace et celle de l'orobe (en-ili). 11 n'est pas juste non plus de dire que les fruits sont rouges , car ils sont noirtres. 7<). Ligne 6. Quos in medicina usus habeat , suo dicemus loco. Pline traitera en effet des proprits mdicinales de la garance au livre xxiv, chapitre 56. 80. XVIII, page 184., ligne 8. At quos vocatur radicula , la- candis demum lanis succum habet. On voit que ce mot est un diminutif du mot radix ; pourtant il est appliqu une plante dont la racine est assez grosse (Radix magna , Plin. ). On a cru que cette plante tait le Reseda luteola des botanistes, en franais la gaude; mais Pline , non plus que les auteurs grecs , ne disent rien de ses proprits tinctoriales. Voici comment nous tablissons la corcordance synonymique de cette plante : 27/>oyfliop , TllEOPO. , VI , 7 ; DlOSC. , I , ig3. Radix la- noria, COLLM. , XI , 1 ; PlIN. , XIX , 18; Pseudo-siru- NOTES DU LIVRE XIX. ^09 thium, MATCH. Cast. ; Struthium, La<;. ; GESSN. , lloit. Germ. ; Planta ignola an Gypsophila Struthium . L. , Spec. pi. , 582 ? ? Opinion de Ferd. lmpcrati , Comment. Diosc , liv. 11 , ''li- <)>. Cette concordance synonymique ne peut pas tre considre comme dfinitivement arrte. II n'est pas possible , dans l'tat actuel de nos connaissances , de dcider quelle est la radicula , et si on doit la rapporter au dit in-12, 174.0). Thrasybnle de Milet avait autrefois donn le mme conseil Priandre . et d'une manire semblable. Ce fait , qui est attribu deux per- sonnages , ne doit vraisemblablement tre attribu personne. Cf. plus loin la note 282. 86. Page 186, ligne 9. In horto vero, heredium. Varron f de Re rust., I , 10) a employ aussi ce mot heredium, qui est dfini par Festus , prdium parvulum. 87 . Ligne 25. Primus hoc instituit Athenis Epicurus otii magisler. On lit dans plusieurs ditions olii magister , mais les manuscrits portent tous hortorum magister , sans doute parce qu'Epicure acheta un jardin Athnes, pour y enseigner la philosophie. 88. Ligne 22. Aves ullra Phasidem amnem peti , etc. On sait que l'oiseau du Phase est le faisan, Phasianus colchicus , L. ; nos potes le dsignent encore sous ce nom. ( Cf. Pline , au livre x.) La Colchide, clbre par la fable de Jason et de Mde, tait prsente par les potes comme une terre de prodiges. 89. Page 188, ligne 4- Inveterari vina , saccisque castrari. Cf. au livre XIV la note 274. Pline a dit : Quin immo ut plus capiamus , sacco frangimus vires. Pline entend parler ici des vins passs au sac, c'est--dire filtrs et privs d'une partie des im- purets qu'ils renferment souvent. Cette opration avait aussi pour but de priver le vin d'une grande partie de son alcool. qo. Ligne 6. E frugibus quoque quoddam alimentum sibi excogitasse luxuriam , etc. Par moelle du bl , Pline entend sans doute parler de la fine fleur de farine , dont on fait un pain dlicieux ; c'tait sans doute l le partis siligineus , auquel on donnait une forme particulire, et que l'on couvrait de dessins. Cf. la note 272 , au livre prcdent. Pline , en parlant de Yalica, a dit : Sed inter prima dicatur et alic ratio, prstanlissim salu- berrimque : qu pama frugum indubitnla llaliam conlingil... alita fit e zea nudata concidilur medulla . etc. 91. Ligne 22. In his quoque aliqua sibi nasci tribus negant, etc. H14 NOTES DU LIVRE XIX. Le Brassica capitata alba, C. Bauhin , Pin. , III , peut acqurir de trs-grandes proportions : il en est qui psent plus de dix douze livres. 92. Page 188 , ligne 25. Ecce altiles spectaniur asparagi, etc. Il est presque superflu de prvenir que l'assertion de Pline est exagre. Aucune varit de l'asperge n'atteint les proportions auxquelles on devrait supposer qu'elle atteindrait d'aprs l'va- luation du poids indiqu dans cette phrase. g3. Ligne 27. Heu prodigia ventris , etc. Tout ce long pa- ragraphe est dclamatoire. Les lgumes qui demandent plus de soins de culture doivent avoir un prix lev. Il est tout simple que l'ananas cultiv en serre chaude soit plus cher que le chou cultiv en plein champ , et qu'il reste un fruit de luxe ; heureu- sement que le pauvre peut s'en passer sans que cette privation lui soit bien pnible. Le chardon auquel Pline fait allusion est le Cynara Cardunculus des botanistes. Il est probable que du temps de notre auteur la culture de ce lgume tait fort peu rpandue. 94- Ligne 20. Hi nies , illi glaciem potant. Plus habiles que les Romains dans l'art de prparer les boissons glaces , nous eu faisons des sorbets ou des glaces en les associant avec le sucre et les fruits riches en parfum ou en acidit. L'hygine nous a appris que l'eau de neige ou l'eau de glace taient nui- sibles la sant , et qu'elles exeraient une action trop ner- gique sur l'estomac. Aulu-Gelle (xix, 5) fait mention des bois- sons glaces : Is nos aquam multum ex diluia nive bibentes coerce- bat , se veriusque increpabat. Martial en a parl aussi : Nec labris nisi magna ineis crystalla terantur, Et faciant nigras nostra Falerna nives. Epigr. ix , a3. Nec nisi per niveau Caecnba potet aquam. Epigr. m, 17. Horace nous fait connatre qu'on mettait rafrachir des carafons de vin dans l'eau courante ( Od. Il, 11 , v. 20). g5. Ligne 22. Servatur algor stibus , excogitaturque ut alie- nis mensibus nix algeat. On voit par cette phrase que l'usage de NOTES DU LIVRE XIX. 3i5 conserver la glace pendant l't remonte fort loin (Cf. Athen. , lib. m, 21). Martial parle, dans ses Epigrammes , d'eau et de vin refroidis avec la neige : Non potare nivcm, sed aquam potare rigcntem De nive , commenta est ingeniosn silis. JSpigr. ii v, 117. Et plus loin : Massili lumos miscere nivalibus undis Parce, puer, constet ne tibi pluris aqua. U , 118 gG. Page igo , ligne 20. Hortorum Cato prd/cal coules. Quoique les modernes aiment beaucoup les choux , ce lgume n'occupe pas la place qu'il avait dans l'estime des anciens , nos mdecins reprochant cet aliment de ne pas convenir aux esto- macs dlicats. Caton (i56 et i5y), auquel Pline renvoie, dit po- sitivement : Brassica est, qu omnibus oleribus antistat. On peut, dit-il , le manger cru ou cuit : Eam eslo, vel coctam, vel crudam. Toutefois, il dclare que, pour le manger cru, il faut l'associer au vinaigre. Nous doutons qu'on pt le manger ainsi sans inconv- nient. Le chou recle en grande quantit un principe acre, qu'on retrouve dans toutes les crucifres ; il faut absolument que la coclion le lui enlve, pour qu'il prenne place parmi les alimens sains et agrables. '97. Ligne 24. Quippe e carnario, aut macello. Les Espagnols ont conserv dans leur langue ce mot camarium , qui a servi former le mot carniceria , qui s'applique avec plus de raison au march o l'on vend la chair des animaux destins la nourri- ture de l'homme. Notre mot boucherie, prsente beaucoup pins de vague , et devrait s'appliquer aux lieux o l'on vend les den- res alimentaires de toute espce. MaceUum signifiait primiti- vement le march aux herbes, et Varron (de Lingua Int., p. 35) nous en donne l'assurance en ces termes : Forum olitorium : hoc erat antiquum macellum , ubi olerum copia. Ea loca etiamnum La- cedmonii vacant juaKehhru , sed Iones os lia horlorum et castdli H&Kihhovs etc. Plus tard le mol macellum prit de l'extension, et rpondit exactement notre mot march. 3i6 NOTES DU LIVRE XIX. g8. Page 190 , ligne 26. Iderat oleo parcere ; nam gari desi- deria eliam in exprobralione eranl. Le garum est peut-tre , de toutes les prparations culinaires des anciens , la seule qui ait t conserve par les modernes. Nagure encore le garum tait employ en Italie, et de nos jours on en fait usage aux Indes et en Turquie. A Constantinople , il sert conserver les poissons cuits qui n'ont pas t mangs dans la journe. Il parat qu'il y avait une infinit d'espces de garum. Dioscoride parle d'un garum fait avec la chair des quadrupdes , et d'un autre fait avec les scorpions ; il le regarde plutt comme un mdicament que comme un vritable assaisonnement. On le prparait communment en faisant subir un commencement de putrfaction des dbris de poissons saupoudrs de sel. On recueillait le fluide corrompu ( sanies puirescentium) , et on y ajoutait des aromates. Quelques auteurs en faisaient un grand cas ; toutefois Martial dit (lib. vil, epigr. g4) que cette liqueur tait noire, d'un aspect dgotant, et d'une odeur repoussante : Unguentum foerat , quoi! onyx modo parva gerebat : Olfecil postqnam Papilus, eccc garum est. Nanmoins cette ftidit n'empchait pas le garum d'tre fort re- cherch, puisque ce mme Martial en a dit (lib. xm, epigr. 82) : Nobile mine sitio luxuriosa garum. Et ailleurs (lib. xm, epigr. 102): Exspirantis adhuc scombri de sanguine primo , Accipe fastfsum , mimera cara , garum. Cela nous amne naturellement chercher quelle espce de pois- son servait particulirement la confection du garum. On voit dans le passage cit plus haut qu'Athne parle d'un scombre qui est notre maquereau commun, Scomber Scombrus de Linn, et qu'on suppose avoir port nagure le nom de garum. Le pi- card , Sparus Smarris de Linn ; l'anchois , Clupea incrasicholus de Linn , et probablement une foule d'espces voisines , taient employs faire le garum; le thon mme servait cet usage, puisque Horace a dit ( lib. il , sat. 9 , v. 46) : Garo de succis piscis Ibcri. NOTES DU LIVRE XIX. 3, 7 Nous ne nous tendrons pas davantage sur cet assaisonnement, dont il sera question plus au long livre jcxxi, cliap. .{3 ; nous nous contenterons de dire ici que , pour bien entendre les au- teurs anciens , il faut distinguer les mots ganis et garum ; le pre- mier n'tait autre chose que le nom du poisson des intestins du- quel on faisait la saumure garum, le second tait la saumure elle-mme ; mais quel que ft le poisson dont on servait , elle conservait toujours le nom de garum , etc. 99- Page ig2, ligne 22. Et contingat aliqua gratta opei curque nostr , etc. Le pre Hardouin renvoie au vers G , livre iv des Gorgiques , o. Virgile dit : In lenui labor : at tennis non gloria non en parlant des jardins, mais en parlant des abeilles, auxquelles il consacre le livre cit. On doit vivement regretter que le pote de Mantoue n'ait pas chant les jardins ; Columelle, qui a rempli cette lacune, ne console pas de celle perte. 100. XX , page 192 , ligne 27. IJortos vill jungendos non est dubium , etc. Tous ces moyens d'irrigations sont encore em- ploys de nos jours dans diverses parties de l'Europe , et varis en raison des localits. L'eau de puits, trop froide, peut nuire la vgtation, en dterminant un abaissement trop considrable de temprature. L'arrosemcnt au moyen d'une roue est frquem- ment mis en usage en Barbarie et en Espagne , o l'on donne celle machine le nom de noria. Elle consiste en un chapelet pos sur une roue , et qui porte une suite non interrompue de godets qui puisent successivement l'eau et la versent dans un rservoir o elle est reue. La roue putale dont parle Pline est sans doute la mme que celle qui est dcrite par Vitruve ( liv. vil, chap. g). La pompe est rarement employe, mais la bascule l'est trs-frquemment . 101. XXII, page ig4i Hgne22. Aliorum fructus in terra est , aliorum et extra, aliorum non nisi extra. Pline, par le mot fructus , entend probablement ici parler de la partie mangeable des l- gumes , des tubercules ou des racines charnues , par exemple , 3i8 NOTES DU LIVRE XIX. et non point du vritable fruit. On ne connat parmi les plantes cultives dans les jardins qu'une seule plante dont le fruit mrite jusqu' un certain point le nom de souterrain ; c'est X Arachys hypoga de Linn , ou pistache de terre , que Pline ne pouvait connatre. 102. Page ig4 > ligne 25. Cortex (cucumis') huic uni maturi- tate transit in lignum. Notre auteur, en disant que le fruit du concombre devient aussi dur que le bois , tombe dans son exa- gration ordinaire : elle n'a ici que peu d'inconvnient; mais elle doit nous apprendre nous tenir en garde contre les assertions hyperboliques rpandues avec profusion dans son ouvrage , sur- tout quand elles ont rapport des productions lointaines. io3. Ligne 27. Atque alio modo inul , siser , pastinac. Il y a lieu de s'tonner en voyant l'aune figurer parmi les l- gumes. C'est une plante fortement odorante, amre, excitant la salivation ; la culture ne lui enlve que bien peu de ses propri- ts dsagrables , et nous avons ici la preuve que les anciens taient beaucoup moins dlicats que nous sur le choix de leurs alimens ; cependant , associe au sucre, on en prparait un condit qui n'a rien de bien dsagrable. Il sera question du siser au cha- pitre 28, du pastinaca au chapitre 27, et de Yinula au chapitre 29 de ce mme livre. io4-. Qudam vocabimus ferulacea , ut anethum , malvas. Le rapprochement entre la mauve et l'aueth , placs tous deux parmi les plantes frulaces par notre auteur, annonce l'igno- rance la plus complte de la botanique. Il est peu de plantes qui diffrent davantage. Il sera question de l'aneth au cha- pitre 74 du livre suivant. Disons maintenant quelque chose des mauves. Ou voit videmment , par une lecture attentive du texte de Pline , que cet auteur parle de plusieurs espces distinctes , et qu'il dsigne comme maha des plantes sur lesquelles il n'avait que des donnes vagues et incertaines. Il y a exagration dans l'appr- ciation de la hauteur de plusieurs d'entre elles. La plus grande malvace europenne ne dpasse gure dix pieds. Ne nous ton- nons pas de voir la mauve figurer parmi les plantes potagres ; dans le midi de la France , on fait entrer les mauves dans les NOTES DU LIVRE XIX. 3ig brdes , sorte de pot-pourri compos de lgumes. En Chine ou en mange les feuilles comme nous mangeons les pinards. Voici comment nous tablissons la concordance synonymique du genre malva : Mctxx ,, 'i Hom., Batrochom. , 160; HESIOD. , Opra et dies , 4.1 ; Aristoph. in Plut. , Athen. , Deipnos, 11,5a; Moa6%i, Antiph. apud Athen. y II , 5a. Maladie, Col. , de Re rust., X , 247 ; Malva , PLIN. , loco comm. ; XX , 84 x ; PALLAD. , Februar., 2^.; Oct., 1 1 ; Malv varice species, prcipue malva silvestris , L. La mauve champtre. io5. Page io,4- > ligne 2g. In Arabia mahas septimo mense arborescere, etc. En rduisant cette assertion ce qu'elle peut ren- fermer de rigoureusement vrai , on sera amen dcider que la rapidit de la croissance de cette mauve d'Arabie indique une plante annuelle , et probablement le Lavatera arborea , ou quel- que espce voisine , qui atteint souvent en quelques mois une hauteur de dix pieds , et quelquefois davantage , lorsque ce dve- loppement est favoris par le sol et la temprature. Cf. Theoph. , Hist. plant. ,1,5. 106. Ligne 20. Sed et arbor est malva in Mauretania Ipsa altitudinis pedum XX, crassitudinis quant circumplecti nemo possit. Aucun arbre de la famille des malvaces , si l'on en excepte les adansonia et quelques autres plantes exotiques que Pline pouvait connatre , n'atteint les proportions dtermines dans la phrase que nous commentons. Il s'agit donc d'un arbre tranger cette famille , et qu'il n'est pas possible d'indiquer. 107. Page 196, ligne 2. In simili gnre habebituret cannabis. Nous ferons, au sujet du rapprochement de la mauve et du chanvre, la mme observation que nous avons faite au sujet de la mauve et de l'aneth , note io4- Nous traiterons du chanvre au livre sui- vant, chapitre 97. 108. Ligne 2. Necnon et carnosa aliqua appeUabimus , etc. Le pre Hardouin dcide qu'il s'agit ici de la conferve, dont l'auteur traitera plus au long livre xxvil , chapitre 45. Nous examinc- ' Cf. la note 211 du livre cit pour le complment de cette syno- nymie. 3 ao NOTES DU LIVRE XIX. rons celte question en son lieu , et nous nous contenterons de dire ici que la dsignation de plante charnue , naissant dans les prs, convient assez mal la conferve, plante immerge et flot- tante , dont l'apparence est filamenteuse et non charnue. ioq. Page 196, ligne 4- Fungorum enim calhim, etc. Pline a parl eu effet des champignons au livre XVI , chapitre i3 , sous le nom Sagaricum , et au prsent livre sous ceux de misy , iton , geranion ztpzique (chap. 12 et i4) 110. Ligne 5. Et alio gnre tuberum paulo ante. Pline en a parl en effet au chapitre 1 1 de ce mme livre. Cf. la note 4&- m. XXIII, page 196, ligne 8. Cartilaginei generis , extra- que terrant est cucumis. Etablissons d'abord la concordance syno- nymique du cucumis : DINfcfp, Nombr., II, 5. S/xwof ou ^ikvs rijuspos , ThEOPH. , vu , 4 ; Diosc. , 11 , i63 ; Athen. , m , 4 ; Aristoph. Commis, Virg. ; Coi.um., x, a34., 38o ; xi, 3; Pallad., Mart., 9 ; Cucumis sativus , L. , Spec. pi. , T 437 Le con- combre. L'tymologie de cucumis , de mme que celle de cucurbiia , a pour radical le mot celtique eue , qui signifie chose creuse. L'estime dans laquelle les modernes tiennent les concombres est fort infrieure celle que les anciens avaient pour ce l- gume. On le considre plutt comme un lest de l'estomac , que comme un aliment. Il n'est pas de lgume qui contienne une aussi faible quantit de parties nutritives. 112. Ligne 9. Mira voluptate Tiberio principi expetitus , etc. 11 rsulte clairement de ce passage, que les anciens favorisaient la maturation des fruits l'aide de caisses, ou mieux de couches mobiles recouvertes de pierres transparentes ou spculaires , faisant office de cloches. Ces pierres spculaires n'taient sans doute autre chose que du sulfate de chaux , avec lequel on fait encore des vitres dans quelques parties de l'Europe. Martial ( Epigr. , liv. VIII , i4 ) parle de ces sortes de vitraux : Pallida ne Cilicum timeant pomaria bruinant , Mordeat et tenerum forlior aura nenius ; NOTES DU LIVRE XIX. lai llilu mis objecta notis spccularia puros Admillunt soles, et sine sole die m. Pline traitera des pierres spculaires au chap. 5 du liv. xxxvi. Ce qu'il nous dit de l'affection de l'empereur Tibre , et des soins tout particuliers qu'il donnait la culture du concombre, parat emprunt Columelle ( de Re rustica , XI , 3 ) : Pos- sunt etiam cucumeres , sit oper pretium , vasis majoribus, rotulcr subjici, quo minore abore producantur , et rursus inlra tecta recipian- tur. Sed nihlominus specularibus integi debebunt , ut etiam frigo- nbus serenis diebus tuto producantur ad solem. Hac rationefere ioto anno Tiberio Cccsari cucumis prbebatur. il 3. Page 196, ligne i3. Quin lact mulso semine eorum liduo macerato , etc. 11 est presque superflu de prvenir nos lec- teurs de l'inutilit du procd indiqu par Pline. Ce prjug tait fort rpandu ; Thophraste (Hist. plant., vil , 1 , cl de Causis , cap. 12) en a parl en termes peu diffrens de ceux dont Pline se sert ici. Columelle (xi , 3 ) dit positivement : Cucumis tener et jucundissimus fit , si, ante quant seras, semen ejus lact ma- cres : nonnulli etiam , quo dulcior exsistat, aqua mulsa idemfaciunt. Palladius (iv, tit. 9) s'exprime comme il suit , mais en appliquant le procd indiqu au melon : Nunc melones serendi rarius se- mina mulso et lact per triduum maceranda sunt , et tune jam siccata ponenda : hinc suaves efficiuniur. Odorati autem fiunt , etc. Le pr- jug, dont nous faisons justice ici, existe depuis long-temps, puisque nagure encore on faisait macrer les graines de melon dans le lait. Le seul effet raisonnable attendre de cette pratique serait de ramollir le tgument extrieur de l'amande (prisperme), et de faciliter ainsi la germination. n4 Ligne i5. Crescunt qua coguntur forma. In Italia yiri- des , et quant minimi : in provinciis quant maximi : et cermi * , aul nigri. C'est avec raison que notre auteur dit que les fruits des cucurbitaces ont des formes trs-variables. Le concombre vert, dont il parle , est connu des jardiniers sous le nom de con- combre vert ou concombre aux cornichons , parce qu'il est des- 1 Un seul manuscrit, porte cerini, et le pre Hardouin a adopt celte correction. XII. 21 3aa NOTES DU LIVRE XIX lin tre confit dans le vinaigre. Il n'atteint jamais une gros- seur" considrable , et prend en mrissant une couleur jauntre. Quant au concombre jaune citrin ( colore cilrino ) , c'est sans doute le concombre commun. Il n'existe aucune espce de couleur vraiment noire, moins que Pline ne veuille parler d'une teinte vert fonc. Virgile a donn au concombre l'pithte de cruleus , dans un pome qu'on lui attribue, peut-tre sans raison : Est pendens junco cruleus cucumis. Cnpa , v. 23, 11 n'est pas possible de savoir au juste quelle est la cucurbi- tace que le pote a voulu dsigner. il 5. Page 196, ligne 18. Qiium magnitudine ex.essere , pe- pones vocantur. Ce n'est plus du concombre qu'il est question sous le nom de pepo, mais bien du potiron. Voici comment nous tablissons la synonymie de cette cucuibitace: 2&oC[eL