Ul^iVtfv'oi I Or ^ ILLINOiS LiBRARY AT URSAISA-CHAMPAIGN STACKS BIBLIOTHQUE \E-FRANCAISE 6 PUBLIE C. L. F. * ^JCKE. m ./ IMPRIMERIE DE C, L. F. PANCKOUCKE, RUE DES POITEVINS, " 1^. HISTOIRE NATURELlE DE PLINE ^^ TRADUCTION NOUVELLE R M. AJASSON DE GRANDSAGISE PAR MH. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIER, DAUNOU, HERIC DAVID, DESCURET, DO, E. DOLO , DUSGATE , FE, L. FOUCH, FOURIER, GUIBOURT, LOI JOHANNEAU, LACROIX, LAFOSSE, LEMERCIER, LETRONNE, LOUIS LISK.ENNE, L. MARCUS, MONGS, C. L. F. PANCKOUCKE, VALEWTIN PARISOT , QCATREMRE DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUET, H. THIBAOU, THUROT, VALENCIENNES , HIPP. VERGKB. TOME QUATORZIME. PARIS c. L. F. PANCKOUCKE MCMBRE DB l'ordre BOYAT. DE Ul LGIOR D'HOtTREOR DITEUR, RUE DES POITEVINS, N" 1 /| M Dccc xxxn. HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE VINGT-DEUXIME. 454172 r C. PLINU SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XXII. AUCTORITAS HERBARUM ET FRUGUM. Gentes herbis formae grata uti. I, J.MPLESSE poterant miraculum sui natura atque tellus, reputantium vel prioris tantum voluminis dotes, totque gnera herbarum , utilitatibus hominum , aut voluptatibus genita. Sed quanto plura restant? quan- toque mirabiliora inventu ? Illa enim majore in parte cibi aut odoris decorisve commendatio ad uumerosa exprimenta duxit. Reliquarum potentia adprobat, nihil a rerum natura sine aliqua occultiore 'causa gigni. II. I. Equidem et formas gratia ritusque perpetui, in corporibus suis aliquas exterarum gentium uti herbis quibusdam, adverto animum. Illinunt certe aliis aliae faciem in populis barbarorum feminae, maresque etiam apud Dacos et Sarmatas corpora sua inscribunt. Simile HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XXII. VERTUS DES AKBRES ET DES FRUITS. Usage des herbes pour la beaut chez certaines nations. I. Xjes proprits que nous avons dcrites dans le livre prcdent ; tant de plantes diverses que la nature et la terre ont cres pour nos besoins ou pour nos plaisirs , suffiraient pour puiser l'admiration : mais qu'il nous reste encore bien plus de merveilles ! combien en- core de dcouvertes plus tonnantes ! La plupart de ces plantes nous servent d'alimens , ou nous charment par leur parfum et leur clat , et ces qualits prcieuses nous ont conduits de nombreuses expriences ; mais les vertus des autres prouvent que la nature ne fait rien sans quelque dessein dont elle se rserve le secret. IL I. Je remarque d'abord que, chez quelques na- tions trangres , c'est un usage antique et sacr d'em- ployer certaines herbes la parure : du moins , chez les barbares , les femmes se teignent le visage avec le suc des plantes ; et , chez les Daces et les Sarmates , les hommes mme se peignent des figures sur le corps. Les I. 4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. plantagini glasturti in Gallia vocalur , quo Britanno- rum conjuges nuriisque toto corpore oblitae , quibus- dam in sacris et nud incedunt , iEthiopum colorem imitantes. Herbis infici vestes. Item de sagmiiiibus, de verbenis, de clarigatione. m. 2. Jam vero infici vestes scimus admirabili fuco. Atque ut sileamus Galatiae, Africae, Lusitaniae granis, coccum imperatoriis dicatum paludamenlis,Transalpina Gallia herbis Tyria atque conehylia tingit , omnesque alios colores. Nec quaerit in profundis murices , seque objiciendo escam, dum praeripit bellnis marinis, intacta etiam ancoris scrutatur vada, ut inveniat per quod fa- cilius matrona adultero placeat , corruptor insidietur nuptae. Stans et in sicco carpit, quo fruges modo : sed culpa non ablui usu : alioqui fulgentius instrui poterat luxuria, certe innocenlius. Non est nunc propositum ista consectari : nec omittemus , ut subjiciendo uti- liora luxuriam vilitate circimiscribamus, dicturi et alias herbis tingi lapides, parietesque pingi. Nec tingendi tanien ralioncni omisissemus , si umquam ca liberalium arlium fuissel. Intrim fortius agetur : auctoritasque quanta debeatur etiam surdis, hoc est, ignobilibus her- bis, perhibebitur. Siquidem auctores iraperii romani ff f HISTOIRE NATUREiXE, LIV. XXII. 5 Gaulois appellent glastum une herbe semblable au plan- tain : les femmes et les filles des Bretons s'en frottent le corps , et , aprs s'tre rendues aussi noires que des Ethiopiennes , elles paraissent nues dans quelques c- rmonies sacres. Emploi des herbes pour la teinture. Sagmina , verveines , clarigation. III. 2. Nous savons aussi que les herbes donnent aux toffes une couleur admirable ; et, sans parler des graines de Galatie , d'Afrique et de Lusitanie , qui fournissent le coccus , ou l'carlate rserve pour les cottes-d'ar- mes des gnraux, la Gaule Transalpine imite avec des herbes la pourpre de Tyr, la conchylienne, et toutes les autres couleurs. On n'a pas besoin de chercher le murex au fond des mers ; de s'exposer devenir la proie des monstres marins en drobant leur pture ; de fouil- ler des abmes o les ancres mme n'ont pas pntr , pour donner une mre de famille les moyens de plaire un adultre, ou un sducteur ceux de cor- rompre une femme marie : on fait debout la rcolte et en terre ferme, comme celle des grains dont on se nour- rit. Le dfaut de cette teinture , c'est qu'elle ne peut se laver, sans quoi le luxe et obtenu un clat plus vif, ou du moins plus innocent. Mais mon dessein n'est pas d'entrer ici dans tous ces dtails; je veux rendre le luxe mprisable, en lui opposant des objets plus utiles : je montrerai mme ailleurs qu'on se sert des herbes pour teindre les pierres et peindre les murailles. Au reste, je ne me serais pas dispens de parler de la teinture, si jamais elle et t mise au rang des arts libraux. En 6 C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXII. conditoresque immensurn quiddam et hinc sumpsere, quoniam non aliunde sagmina in remediis publicis fuere, et in sacris legationibusque verbenae. Certe utro- que nomine idem significatur, hoc est, gramen ex arce cum sua terra evulsum : ac semper e legatis quum ad hostes clarigatumque mitterentur, id est , res raptas clare repetitum , unus utique verbenarius vocabatur. De corona graminea : de raritate ejus. IV. 3. Corona quidem nulla fuit graminea nobilior, in majestate populi terrarum principis , praemiisque gloriae. Gemmatae et aure, vallares, murales, rostra- tae , civicae , triumphales , post hanc fuere , suutque cunctae magno intervallo, magnaque differentia. Gete- ras omnes singuli , et duces ipsi , imperatoresque mili- tibus, aut aliquando collegiis dedere : decrevit in trium- phis senatus , cura belli solutus , et populus otiosus. 4. Graminea numquam nisi in desperatione suprema cpntigit, nulli nisi ab universo exercitu sei*vato dcrta. Ceteras imperatores dedere, hanc solam miles impera- tori. Eadem vocatur obsidionalis , liberatis obsidione ff\ HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 7 attendant , nous nous lverons des considrations plus graves, et nous verrons quelle estime est due, mme aux herbes mprises, c'est--dire inconnues. En effet, elles ont t d'une ressource infinie pour les auteurs et les fondateurs de l'empire romain , puisque seules elles taient employes dans les calamits publiques, dan les sacrifices et dans les ambassades. On les appelait sag- mina et verben : ces noms dsignaient tous deux le gazon arrach de la citadelle avec la terre qui le pro- duit ; et lorsqu'on envoyait des dputs pour sommer l'ennemi de donner satisfaction au peuple romain, l'un d'eux tait nomm verbenarius , ou porteur de verveine. Couronnes de gazon : leur raret. IV. 3. De toutes les couronnes dont le peuple-roi , dans l'clat de sa puissance, rcompensait la valeur des citoyens, la plus glorieuse tait celle de gazon. Les cou- ronnes d'or enrichies de pierreries , vallaire , murale , rostrale , civique , triomphale , taient moins rvres ; elles en sont une grande distance , et la diffrence est infinie. Les autres peuvent tre donnes par un seul homme : des chefs , des gnraux les ont accordes leurs soldats, ou mme des corporations. Le snat dgag des soins de la guerre, et le peuple gotant les douceurs du repos , les ont dcernes dans les triomphes. 4. La couronne de gazon ne s'accordait jamais que dans une situation dsespre : nul ne l'obtint que d'une arme entire sauve par sa valeur. Les gn- raux dcernaient les autres , celle - l seule tait d- cerne au gnral par les soldats. On l'appelait aussi 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. abominandoque exitio totis castris. Quod si civicae hoiios, uno aliquo ac vel humillimo cive servato , praeclarus sacerque habetur, quid tandem existimari dbet , unius virtute servatus uni versus exercitus? Dabatur haec viridi e gramine, decerpto inde ubi obsessos servasset aliquis. Namque summum apud antiques signum victoriae erat, herbam porrigere victos, hoc est, terra et altrice ipsa humo, et humatione etiam cedere : quem morem etiam nunc durare apud Germanos scio. Qui soli corona ea donatL V. 5. Donatus est ea L. Siccius Dentatus semel , quum civicas quatuordecim meruisset, depugnassetque cxx prliis semper victor. Tanto rarius est servatorem unum a servatis donari. Quidam imperatores et spius donati sunt, veluti P. Decius Mus, tribunus militum , ab exercitu : altra ab his , qui in praesidio obsessi fue- rant , quanta esset ejus honoris auctoritas , confessus rehgioue : siquidem donatus bovem album Marti im- molavit , et centum fulvos , qui ei virtutis causa dati fuerant simul ab obsessis. Hic Decius postea se consul , Imperioso collega, pro victoria devovit. Data est et a senatu populoque romauo, qua claritate nihil equidem in rbus humauis sublimius duco, Fabio illi , qui rem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. y obsidionale, quand une arme entire avait t dlivre d'un sige et de l'horreur d'une destruction invitable. Si la couronne civique accorde pour avoir sauv un citoyen , mme le plus obscur , tait une rcompense glorieuse et presque sacre , quel prix ne doit-on pas estimer le salut d'une arme entire conserve par la valeur d'un seul ? La couronne obsidionale tait faite de gazon vert , cueilli l'endroit mme o taient assiges les troupes qui se trouvaient dgages ; car, chez les an- ciens, de l'herbe prsente par les vaincus tait l'aveu le plus solennel de la victoire : par l ils dclaraient cder, et la terre qui les avait nourris , et le droit d'y tre in- hums. Cet usage subsiste encore chez les Germains. Quels sont les hommes qui seuls ont reu la couronne de gazon. V. 5. L. Siccius Dentatus ne l'obtint qu'une fois , quoiqu'il et gagn quatorze couronnes civiques, et qu'il ft sorti vainqueur de cent vingt combats : tant il est plus rare qu'un seul l'obtienne pour avoir sauv toute une arme ! Quelques gnraux en ont reu plusieurs ; par exemple, P. Decius Mus, tribun militaire, en reut une de l'arme , et une autre des troupes qu'il avait d- gages. Il tmoigna par un acte de religion quelle tait l'minence de cet honneur : il immola au dieu Mars un taureau blanc, et cent bufs de poil roux qui lui avaient t donns, comme rcompense de sa valeur, par les troupes qu'il avait sauves. Ce mme Decius, tant con- sul avec Imperiosus , se dvoua depuis pour assurer la victoire son arme. Le snat et le peuple romain l'ont accorde Fabius , qui rtablit la puissance de Rome en ne combattant pas, et je ne vois dans les choses hu- lo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. omnem romanam restituit non pugnando. Nec data, quum magistrum equitum et exercitum ejus servasset; tune satius fuit nomine novo eoronari , appellatum pa- trem ab his quos servaverat : sed quo dictum est con- sensu honoratus est Annibale ex Ttalia pulso. Quae co- rona adhuc sola ipsius imperii mauibus imposita est , et quod peculiare ci est, sola a tota Italia data. Qui solus centurio. VI. 6. Prter hos contigit ejus coronae honos M. Cal- purnio Flammae, tribuno militum in Sicilia : centurioni vero uni ad hoc tempus Cn. Petreio Atinali, cimbrico bello. Primum pilum is capessens sub Catulo , exclu- sam ab hoste legionem suain hortatus , tribunum suum dubitantem per castra hostium erunipere interfecit , le- gionenique eduxit. Invenio apud auctores eumdem prae- ter hune honorem, adstantibus Mario et Catulo coss. , praetextatum immolasse ad tibicinem foculo posito. Scripsit et SuUa dictator, ab exercitu se quoque dona- tum apud Nolam, legatum bello marsico. Idque etiam in villa sua Tusculaua, quae fuit postea Ciceronis, pinxit. Quod si verum est , hoc exsecrabiliorera eum dixerim , quandoc[uidem eam capiti suo proscriptione sua ipse detraxit, tanto paucioribus civium servatis, quam postea HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. ii maines rien qui soit au dessus d'un pareil honneur. Ce ne fut pas lorsqu'il eut sauv Minutius, gnral de la cavalerie , et son corps d'arme : les troupes qu'il avait dlivres prfrrent lui dcerner un titre nouveau en le saluant du nom de pre. Cet hommage glorieux lui fut dfr lorsque Annibal eut t chass de l'Italie. C'est la seule couronne qui jamais ait t pose sur la tte d'un citoyen par la patrie elle-mme, et , ce qui la distingue de toutes les autres, c'est la seule qui ait t dcerne par l'Italie entire. Du seul centurion qui en ait t honor. VI. 6. Outre les personnages que je viens de citer, M. Calpurnius Flamma , tribun militaire en Sicile , -obtint encore l'honneur de cette couronne. Parmi les centurions , un seul jusqu' prsent en a t dcor ; ce fut Cn. Petreius , dans la guerre des Cimbres , sous Catulus. La lgion dont il commandait la premire com- pagnie avait t enveloppe; il exhortait les soldats se faire jour travers le camp des ennemis ; le tribun h- sitait, il le tua et dgagea sa lgion. Je trouve dans les auteurs que, de plus, il sacrifia, revtu de la prtexte, et au son de la flte , en prsence des consuls Marins et Catulus. Le dictateur Sylla, dans ses mmoires, dit que cette couronne lui fut dfre par l'arme , prs de Noie, lorsqu'il tait lieutenant dans la guerre des Marses. Il fit mme peindre cet vnement dans sa maison de Tusculum, qui, depuis, appartint Cicron. Si ce fait est vrai , Sylla n'en est que plus excrable , puisqu'il se l'est arrache lui-mme par ses proscriptions. Pour quelques citoyens sauvs alors , combien il cn gorgea *- 12 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. occisis. Addat etiamnum liuic glori superbum cogno- men Felicem , ipse tamen obsessis in toto orbe proscrip- tis, hac corona Sertorio cessit. ^Emilianum quoque Sci- pionem Varro auctor est donatum obsidionali in Africa, Manilio consule , cohortibus servatis , totidemque ad servandas eas eductis : quod et statuae ejus in foro suo divus Augustus subscripsit. Ipsum Augustum M. Cic- rone filio consule idibus septembris senatus obsidionali donavit. Adeo civica non satis videbatur. Nec praeterea quemquam hac invenimus donatum. //ledicinae ex reliquis coronamentis. VII. Nullae ergo herbae fuere certae in hoc honore : sed quaecumque fuerant in periculi sede, quamvis igno- biles ignotaeque, honorem nobilem faciebant : quod la- tere apud nos minus quidem miror, cernens negligi ea quoque, quae ad valetudinem conservandam, cruciatus- que corporis propulsandos , et mortem arcendam per- tinent. Sed quis non mores jure castiget ? Addidere vi- vendi pretia deliciae luxusque. Numquam fuit cupido vitae major, nec minor cura. Aliorum hanc operae esse credimus : ne mandato quidem nostro alios id agere , medicisque provisum esse pro nobis. Ipsi fruimur vo- luptatibus , et ( quo nihil equidem probrosius duco ) vivimus alina fiducia. mmo vero plerisque ultro etiam HISTOIRE NATUREI>LE, LIV. XXII. i3 dans la suite ! Qu'il ajoute cette gloire le titre su- perbe d'heureux ; en fermant l'univers aux proscrits , il a cd lui-mme cette couronne Sertorius. Varron rapporte que la couronne obsidionale fut dcerne Scipion milien , en Afrique, sous le consul Manilius , lorsqu'il eut sauv plusieurs cohortes l'aide d'un nom- bre gal de; soldats. Ce fait a t consign au bas de la statue qu'Auguste lui fit lever dans son forum. Le snat l'accorda Auguste lui-mme, aux ides de septembre , sous le consulat de M. Cicron , fils de l'orateur : tant la couronne civique paraissait insuffisante ! Aprs ceux que je viens de nommer, je ne trouve plus personne qui ait obtenu cet honneur. Remdes tirs des autres plantes couronnes. VU. Cette couronne se faisait indistinctement avec toutes sortes d'herbes. Prises l'endroit mme du dan- ger, quoique viles, quoique inconnues, elles procuraient cet honneur suprme. Je suis moins tonn que ces d- tails soient ignors parmi nous, quand je vois qu'on a la mme indiffrence pour les choses qui servent con- server la sant , calmer les douleurs , repousser la mort. Eh ! qui ne s'indignerait contre les murs du sicle ? Le luxe et les dlices ont donn plus de prix la vie; jamais on ne l'aima avec plus de passion, jamais on ne ngligea tant les moyens de la conserver. Nous croyons que c'est l'affaire des autres , qu'ils s'en occu- pent mme sans nos ordres , et que les mdecins y ont pourvu. Nous ne nous en fions qu' nous-mmes pour les plaisirs, et, ce qui me parat le comble de la honte, nous vivons sur la foi d'autrui. En ce moment mme , l^ C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. irrisui sumus ista commentantes , atque frivoli operis arguimur: magno, quamquam immensi laboris, solatio, sperni cum reriim uatura : quam certe non defuisse uo- bis docebimus, et invisis quoque herbis inseruisse re- mdia : quippe quum medicinas dederit etiam aculeatis. Haec enim proxime restant ex his , quas priore libro nominavimus, in quibus ipsis providentiam naturae satis mirari, amplectique non est. Dederat, quas diximus, molles cibisque gratas. Pinxerat remdia in floribus , visuque ipso animos invitaverat , etiam deliciis auxilia permiscens. Excogitavit aliquas aspectu hispidas, tactu Iruces, ut tantum non vocem ipsius fingentis illas, ra- tionemque reddentis exaudire videamur, ne se depascat avida quadrupes, ne procaces manus rapiant, ne ne- glecta vestigia obterant, ne insidens aies infringat : his muniendo aculeis telisque armando, remediis ut tuta ac salva sint. Ita hoc quoque, quod in iis odimus, homi- num causa excogitatum est. Erynge , sive cryngion. VIII. 7. Clara in primis aculeatarum erynge est, sive erynglon , contra serpentes et venena omnia nascens. Adversus ictus morsusque radix ejus bibitur drachmae HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. i5 beaucoup de gens tournent mes travaux en ridicule ; ils les accusent de frivolit : mais , quelque peine qu'ils me cotent, c'est une grande consolation pour moi de par- tager ce ddain avec la nature. Je montrerai du moins que sa bont pour nous ne s'est jamais dmentie , et qu'elle a plac des remdes jusque dans les plantes qui nous sont odieuses , puisqu'elle a donn des vertus m- dicinales mme celles qui sont hrisses de piquans. Ce sont en effet ces dernires dont il nous reste parler aprs celles que nous avons nommes dans le livre pr- cdent. Ici nous ne pouvons assez admirer et compren- dre la prvoyance de la nature : elle avait fait les pre- mires douces au toucher, et agrables au got; elle avait peint les remdes dans les fleurs ; elle nous avait attirs par le plaisir des yeux, en mlant des secours salutaires aux sensations les plus dlicieuses. Elle en a imagin d'autres dont l'aspect est rebutant, et qu'on ne peut toucher impunment. Il me semble l'entendre elle- mme donner des raisons de sa conduite , et nous dire : Je n'ai pas voulu qu'elles fussent broutes par un avide quadrupde , enleves par des mains indiscrtes , foules par des pas ports au hasard, rompues par des oiseaux qui viendraient s'y reposer ; ces dards et ces pointes dont elles sont armes les sauvent et les conservent pour gurir vos maux. Ainsi , ce qu'on trouve de choquant dans ces plantes est encore un bienfait de la nature pour l'homme. Erynge ou eryngium. VIII. 7. Parmi les vgtaux garnis de piquans, il n'en est point de plus recommandable que Verjrnge ou eryngium; c'est un antidote contre la morsure des ser- i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. pondre in vino : aut si plerumqiie taies injurias comi- tatur et febris , ex aqua. Illinitur plagis , peculiariter efcax contra chersydros ac ranas. Omnibus vero contra toxica et aconita efficaciorem Heraclides medicus, injure anseris decoctam , arbitratur. Apollodorus adversus toxica cum rana decoquit , ceteri in aqua. Ipsa dura , fruticosa , spinosis foliis , caule geniculato , cubitali , et majore aliquando, alia albicans, alia nigra, radice odo- rata, et sativa quidem est. Sed et sponte nascitur in asperis et saxosis : et in litoribus maris, durior, nigrior- que, folio apii. Centumcapita , xxx. IX, 8. E:^ his candidam nostri centumcapita vocant. Omnes ejusdem efFectus, caule et radice in cibos Grae- corum receptis utroque modo, sive coquere libeat, sive cruda vesci. Portentosum est, quod de ea traditur : ra- dicem ejus alterutrius sexus similitudinem referre, ra- ram inventu : sed si viris contigerit mas, amabiles feri. Ob hoc et Phaonem Lesbium dilectum a Sappho. Multae circa hoc non magorum solum vanitates, sed etiam py- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL 17 pensj'et contre toutes sortes de venin. Sa racine se prescrit, la dose d'une drachme dans du vin , pour les plaies venimeuses , et dans de l'eau , s'il y a de la [lvre, comme il arrive presque toujours en pareils acci- [lens. On l'applique sur les blessures , et principalement Lontre le venin des crapauds et des reptiles amphibies. Ix mdecin Hraclide l'ordonne, cuite dans un bouillon [l'oie , comme le meilleur remde contre l'aconit et les [lutres poisons. ApoUodore, dans le mme cas, la fait cuire dans un bouillon de grenouille ; d'autres , dans de l'eau. Cette plante est dure ; elle a le port d'un arbris- seau , les feuilles piquantes , la tige noueuse ; elle est haute d'une coude , et quelquefois plus. Il y en a deux espces, l'une blanche et l'autre noire ; toutes deux ont la racine odorante. On la cultive dans les jardins ; elle crot naturellement dans les lieux rudes et rocailleux. Sur les bords de la mer , on en trouve une troisime espce, plus dure, plus noire, et dont les feuilles res- semblent celles de l'ache. Trente remdes fournis par le centumcapita. IX. 8. \Jerjngium blanc est appel par les Latins cen- tumcapitay l'herbe cent ttes. Toutes les espces ^eryn- gium ont les mmes proprits. En Grce, les tiges et les racines, cuites ou crues, sont employes comme alimens. On raconte de Veryngiani blanc des choses qui tiennent du prodige. Sa racine , qu'on trouve rarement , a la figure des parties naturelles de l'homme ou de la femme. Si un homme trouve une racine mle , c'est une espce de talisman qui le fait aimer : voil pourquoi Sapho devint si perdment prise de Phaon de Lesbos. Les auteurs de XIV. 2 i8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. thagoricorum. Sed in medico usu praeter supra dicta auxiliatur inflationibus , torminibus , cordis vitiis , sto- raacho , jocineri , prcordiis in aqua mulsa , lieni in posca. Item ex mulsa renibus, stranguriae, opisthotoni- cis spasmis, lumbis, hydropicis, comitialibus, mulierum mensibus, sive subsidant, sive abundent, vulvarumque omnibus vitiis. Extrahit infixa corpori cum melle. Stru- mas , parotidas , panos , recedentes ab ossibus carnes sanat cum axungia salsa, et cerato : item fracturas. Cra- pulam prsumpta arcet, alvum sistit. Allqui e nostris sub solstitio colligi eam jussere. Ex aqua clesti imponi omnibus cervicis vitiis. Oculorum quoque albugines sa- nare adalllgatam tradiderunt. De aciiio, r. X. 9. Sunt qui et acanon eryugio adscribant, spino- sam brevemque, ac latam herbam, spinisque latioribus. Hanc impositam , sanguinem mire sistere. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 19 l'cole des mages , et les pythagoriciens eux-mmes , ont dbit ce sujet mille rveries. Quant aux usages mdici- naux de cette plante , outre les proprits dont nous avons parl, elle est un bon remde, prise dans de l'eau mielle , pour les flatuosits et les douleurs de ventre , pour les maladies du cur , de l'estomac , du foie et des autres viscres ; avec de l'oxycrat , elle est bonne pour la rate. On la prescrit dans de l'eau mielle pour les maux de reins, la strangurie, les rtractions spasmodiques de la tte ou opisthotones, les douleurs des lombes, l'hydropisie , l'pilepsie , la suppression ou l'coulement immodr des rgles , et enfin pour toutes les maladies de la ma- trice. Applique avec du miel , elle fait sortir les corps trangers des plaies. Avec de la graisse sale et du crat, elle gurit les crouelles , les parotides , les tumeurs in- flammatoires, les fractures, et les cas o la chair se s- pare des os. Prise avant de boire, elle prvient l'ivresse. Elle arrte aussi le cours de ventre. Quelques auteurs latins veulent qu'on la cueille aux environs du solstice d't , et qu'on l'applique , avec de l'eau de pluie , pour toutes les douleurs du cou. Enfin, on prtend que, place sur les yeux , elle en dissipe les taies. " Acanum , 1 . X. 9. Uacanos , dont quelques auteurs ont fait une espce d^eryngion, est une plante pineuse, basse, assez tale et larges piquans. Applique extrieuremeni , elle est , dit - on j excellente pour arrter les hmor- rhagies. a. ao <:. PLNII HIST. NAT. LIB. XXII. De glycyrrhiza, sive adipso , xv. XI. Alii eryngen falso eamdem putaverunt esse el glycyrrhizam , quare subjungi eam protinus refert. Et ipsa sine dubio inter aculeatas est, foliis china tis, pin- guibus, tactuque gurnminosis, fruticosa, binum cubito- rum altitudine, flore hyacinthi, friictu pilularum pla- tani magnitudinis. Prstantissima in Cilicia , secunda Ponto , radie dulci ; et haec tantum in usu. Gapitur ea Vergiliarum occasu , longa ceu vitium : coloris buxei melior, quam nigra : quque lenta , quani quae fragilis. Usus in subditis decoct ad tertias, cetero ad mellis crassitudinem, aliquando et tusae : quo gnre et vulne- ribus imponitur, et faucium vitiis omnibus. Item voci utilissimo succo : sic ut spissatus est , Hnguae subdito. Item thoraci, jocineri. Hac diximus sitim famemque se- dari. Ob id quidam adipson appellavere eam, et hydro- picis dedere , ne sitirent. Ideo et commanducata stoma- tice est, et ulceribus oris inspersa saepe, et pterygiis. Sanat et vesicae scabiem, renum dolores, condylomata , ulcra genitalium. Dedere eam quidam potui in quarta- nis, drachmarum duarum pondre, et pipere, hemina aqN. Commanducata sanguinem ex vulnere sistit. Sunt et qui calculos ea pelli tradiderunt. . HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 21 Quinze remdes tirs de la rglisse ou adipsos. XT. D'autres auteurs ont pris mal propos la r- glisse pour une espce ^eryngion; voil pourquoi nous allons en parler ici. La rglisse appartient sans contre- dit la classe des plantes pineuses, car ses feuilles sont grasses , gluantes et hrisses de piquans. Elle a le port d'un arbrisseau , et s'lve la hauteur de deux cou- des. Elle a la fleur semblable celle de l'hyacinthe , et le fruit de la grosseur de celui du platane. La plus esti- me est celle de Cilicie , et ensuite celle du Pont. Sa racine est douce ; c'est la seule partie employe en m- decine. On la recueille au coucher des Pliades. Elle est longue comme celle de la vigne. Celle qui est jaune comme le buis est prfrable la noire, et celle qui est flexible celle qui est cassante. On emploie sa d- coction faite dans de l'eau jusqu' rduction un tiers, quelquefois jusqu' ce qu'elle ait acquis la consistance du miel ; ou bien on la pile pour l'appliquer sur les plaies, et pour tous les maux de gorge. Son suc , paissi et tenu sous la langue , est trs-bon pour la voix , et aussi pour le foie et la poitrine. Nous avons dit ailleurs que cette racine apaisait la faim et la soif; aussi quel- ques auteurs l'appellent adipsos , et la prescrivent aux hydropiques pour prvenir la soif Mche ou applique en poudre plusieurs reprises , elle gurit les ulcres de la bouche et fait tomber les pellicules membraneuses des yeux. Elle gurit encore les asprits de la vessie, les dou- leurs de reins , les condylomes et les ulcres des parties gnitales. Quelques mdecins l'ordonnent en breuvage pour la fivre quarte , la dose de deux drachmes dans une hmine d'eau, avec un peu de poivre. Mche et ap- aa C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Tribuli gnera, ii ; medicinae, xii. XII. lo. Tribuli unum genus in hortis nascitur, alte- rum in fluminibus tantum. Succus ex his colligitur ad oculorum medicinas. Est enim refrigerantis naturae, et ideo utilis contra inflammationes collectionesque. Ulcra per se erumpentia, et praecipiie in ore, cum melle sa- nat : item tonsillas. Potus calcules frangit. Thraces, qui ad Strymona habitant , foliis tribuli equos saginant : ipsi nucleo vivunt, panem facientes praedulcem, et qui contrahat ventrem. Radix caste pureque collecta , dis- cutit strumas. Semen adalligatum , varicum dolores sc- dat : tritum vero , et in aquam sparsum , pulices necat. Stbe. XIII. II. Stbe, quam aliqui pheon vocant, decocta in vino , praecipue auribus purulentis medetur : item oculis ictu cruentatis : haemorrliagiae quoque et dysen- teriae infusa. Hippophyes gnera , ii; medicinae, ii. XIV. 12. Hippophyes in sabulosis maritimisque na- scitur, spinis albis. Ederae modo racemosa est, candidis, et ex parte rubentibus acinis. Radix succo madet , qui HISTOIRE NATURELLE, LIV.XXII. a3 plique sur une blessure, elle arrte l'hmorrhagie. Enfin on prtend qu'elle expulse les calculs de la vessie. Des deux espces de tribulus; remdes, 12. XII. 10. Des deux espces de tribulus y l'une crot dans les jardins, l'autre ne se trouve que dans les ri- vires. On en tire un suc qui s'emploie pour les maladies des yeux , car il est rafrachissant , et par consquent trs-bon contre les inflammations et les fluxions de ces organes. Appliqu avec du miel , il gurit les ulcres spontans, et surtout ceux de la bouche et des amygdales. Pris en breuvage, il brise les pierres de la vessie. Les Thraces qui habitent les bords du Strymon engraissent leurs chevaux avec les feuilles de tribulus. Avec l'amande, ils font un pain trs-agrable au got , et qui resserre le ventre. La racine, cueillie par une personne chaste et pure, gurit les crouelles. La graine, applique sur les varices, en apaise la douleur; broye et mle dans l'eau , elle fait mourir les puces. Stbe. XIII. ij. l,e stbe, appel par d'autres pheos , cuit dans du vin , est un bon remde pour les flux purulens de l'oreille , et pour le sang extravas dans les yeux par quelque contusion. En injection ou en lavement, il est utile pour les hmorrhagies et la dysenterie. Hippophyes : ses deux espces; des deux remdes qu'on en tire. XIV. 12. U hippophyes crot dans les sables et sur les bords de la mer ; cette plante a les piquans blancs , et produit, comme le lierre, des grapp<'s dont les grains M C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. aut per se conditur, aut pastillis farinae. Hc bilem dc- trahit obolo ponderis, saluberrime cum mulso. Est altra hippopliyes, sine caule, sine flore, foliis tantum minutis. Hujus quoque succus hydropicis mire prodest. Debent accommodat esse et equorum naturae , neque ex alia causa nomen accepisse. Quippe quaedam animalium re- mediis nascuntur, locupleti divinitate ad generanda prae- sidia : ut non sit mirari satis ingenium ejus, disponentis auxilia in gnera, in causas, in tempora, ut aliis pro- sit aliud horis, diesque nullus propc sine prsidiis re- periatur. ITrtica ; raedicinae , lxi. XV. 1 3. Urtica quid esse invisius potest ? At iila prseter oleum, quod in jEgypto ex ea fieri diximus, vel plurimis scatet remediis. Semen ejus cicut contrarium esse Nicander adfirmat : item fungis et argento vivo. ApoUodorus et salamandris cum jure decoctae testudinis. Item adversari hyoscyamo , et serpentibus , et scorpio- iiibus. Quin illa ipsa amaritudo mordax, uvas in ore, procidentesque vulvas, et infantium sedes, tactu resilire cogit : letbargicos expergisci, tactis cruribus, magisque fronte. Eadem canis morsibus addito sale medetur. Sait- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. ^5 sont blancs et rouges en partie. La racine fournit un suc que l'on emploie seul , ou en trochisques avec de la farine. A la dose d'une obole, elle vacue la bile, sur- tout avec du vin miell. Il y a une autre espce d'iiippo- phyes qui ne produit ni tige ni fleurs, mais seulement de petites feuilles. Le suc de cette dernire est excellent dans l'hydropisie. Au reste, ces deux plantes doivent tre fort utiles pour les chevaux , comme leur nom pa- rat l'indiquer; car il est certain que la nature, dont le fonds est si riche et si vari , a tendu sa prvoyance sur les animaux , et a cr pour eux des remdes par- ticuliers. Peut-on assez admirer la sagesse qu'elle montre dans la distribution de ses secours , dans leurs espces diffrentes , leurs causes , leurs effets , et les poques o il faut les employer ! car elles ne sont pas les mmes pour tous, et il n'y a presque point de jour o l'on ne puisse recourir un remde particulier. Soixante-un remdes foui^nis par l'ortie. XV. i3. Quelle plante plus odieuse que l'ortie? mais, sans parler de l'huile que l'on en fait en Egypte , elle a des proprits sans nombre. Sa graine , selon Nicandre , combat les mauvais effets de la cigu, des champignons vnneux et du vif-argent.. Apollodore la prescrit, avec du bouillon de tortue, coutre la jusquiame , et contre le venin des salamandres, des serpens et des scorpions. L'ortie, par son amertume mordicante , rtablit la si- tuation des parties, et gurit les relchemens de la luette, les chutes de la matrice , et celles de l'anus chez les en- fans. Elle rveille les lthargiques si l'on en frotte les jambes, ou mieux encore le front des malades. Appli- 26 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. guinem trita naribus indita sistit, et magis radice. Car- cinomata et sordida ulcra, sale admixto : item luxata sanat , et panos , parotidas , carnesque ab ossibus rece- dentes. Semen potum cura sapa, vulvas strangulantes aperit, et profluvia narium sistit impositum. Vomitiones in aqua mulsa sumptum a cena faciles praestat , duobus obolis : uno autem in vino poto lassitudines recrt. Vulvae vitiis tostum, acetabuli mensura : potum in sapa resistit stomachi inflationibus. Orthopnoicis prodest cum melle : et thoracem purgat eodem ecligmate. Et lateri medetur cum semine lini. Addunt hyssopum et piperis aliquid. Illinitur lieni. Difficilem ventrem tostum cibo emollit. Hippocrates vulvam purgari poto eo pronun- tiat. Dolore levari tosto acetabuli mensura, dulci poto, et imposito cum succo malvae. Intestinorum animalia pelli cum hydromelite et sale. Defluvia capitis semine illito cohonestari. Articulariis morbis et podagricis plu- rimi cum oleo vetere, aut folia cum ursino adipe trita imponunt. At eadem radix tusa cum aceto non minus utilis : item lieni. Et cocta in vino discutit panos, cum axungia vetere salsa. Eadem psilothrum est sicca. I HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. U7 que avec du sel , elle gurit la morsure des chiens. Broye et introduite dans les narines, elle en arrte l'hmorrhagie ; mais, dans ce cas, sa racine est prf- rable. On l'applique encore avec du sel sur les chan- cres , les ulcres sordides , les luxations , les tumeurs inflammatoires , les parotides , et lorsque les chairs se sparent des os. La graine , prise avec du vin cuit , re- mdie aux suffocations de la matrice, et introduite dans le nez, en arrte les hmorrhagies. Prise la dose de deux oboles dans de l'eau mielle, aprs le souper, elle rend le vomissement facile; la dose d'une obole dans du vin, elle dissipe les lassitudes. Pour les maladies de la matrice , on la prescrit , rtie , la mesure d'un ac- tabule ; et , dans du vin cuit , pour les gonflemens d'es- tomac ; avec du miel , elle soulage les asthmatiques et favorise l'expectoration ; avec de la graine de lin, elle apaise les douleurs de cts : on y ajoute quelquefois de l'hyssope et un peu de poivre ; en liniment , elle est bonne pour la rate; mange rtie, elle lche le ventre. Suivant Hippocrate , la graine d'ortie , prise en breu- vage, purge la matrice; elle en apaise les douleurs si on la donne rtie, dans du vin doux, la mesure d'un actabule , et si on l'applique en pessaire avec du suc de mauve ; avec de l'hydromel et du sel , c'est un bon vermifuge ; en cataplasme , elle fait renatre les cheveux tombs. Plusieurs en forment, avec de vieille huile, un topique pour la goutte des pieds et des mains ; ils em- ploient aussi les feuilles broyes avec de la graisse d'ours. La racine, pile et applique avec du vinaigre, n'est pas moins utile ; cuite dans du vin et incorpore avec de la vieille graisse sale , elle rsout les tumeurs crysipla- teuses ; sche, c'est un bon d(>pilatoire. 28 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXH. Condidit laudes ejus Phanias physicus, utilissimam cibis coctam conditamve professas arteriae , tussi , ven- tris destillationi , stomacho, panis, parotidibus, pernio- nibus : cum oleo sudorem , coctam cum conchyliis ciere alvum: cum ptisana pectus purgare, mulierumque men- ses : cum sale, ulcra quae serpant cohibere. Succo quo- que in usu est. Expressus illitusque froati , sanguinem narium sistit : potus urinam ciet , calcuios rumpit : uvam gargarizatus reprimit. Semen colligi messibus oportet. Alexandrinum maxime laudatur. Ad omnia haec et mitiores quidem teneraeque efficaces , sed praecipue silvestris illa, et amplius lepras e facie toliit, in vino pota. Si quadrupes fetum non admittat , urtic natu- ram fricandam monstrant. Lamium, vu. XVI. 14. Ea quoque , quam lamium inter gnera earum appellavimus , mitissima , et foliis non morden- tibus , medetur cum mica salis contusis , incussisque , inustis , et strumis , tumoribus , podagris , vulneribus. Album habet in medio folio, quod ignibus sacris mede- tur. Quidam e nostris tempore discrevere gnera. Au- tumnalis urticae radicem alligatam in terlianis , ita ut HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 9.9 Le physicien Plianias a vant les vertus de l'ortie. Suivant lui, cette plante, cuite ou confite, est un ali- ment trs-sain et bon pour l'estomac. Elle calme la toux , rend la respiration libre , arrte le dvoiement , gurit les tumeurs rysiplateuses , les parotides et les enge- lures. Cuite dans l'huile , elle provoque la sueur ; avec des coquillages , elle lche le ventre ; avec de l'orge mond , elle purge la poitrine et provoque le flux men- struel ; avec du sel , elle arrte les ulcres rongeans. Le suc d'ortie a aussi ses usages en mdecine. Si l'on s'en frotte le front , il arrte l'hmorrhagie nasale. Pris en boisson, il provoque l'urine et brise les calculs; en gar- garisme, il raffermit la luette relche. On doit recueillir la graine d'ortie pendant la moisson. Celle d'Alexandrie est la plus estime. Au reste , ce sont les orties les plus douces et les plus tendres qui ont le plus de vertus, surtout l'ortie sauvage, qui, prise dans du vin, gurit en outre la lpre du visage. Enfin , quand les quadru- pdes refusent de s'accoupler, on les y excite en leur frottant les parties naturelles avec de l'ortie. Remdes tirs du lamium ,7. XVL 14. Parmi les diverses espces d'orties, celle que nous avons appele lamium est la plus douce de toutes, car ses feuilles n'ont pas de piquans. On l'applique avec un grain de sel sur les contusions, les meurtrissures, les brlures, les crouelles, les tumeurs, les parties ma- lades de la goutte , et les plaies. La partie blanche du milieu de la feuille est bonne pour l'rysiple. Des au- teurs latins distinguent les espces d'orties , suivant les saisons de chacune. Ainsi la racine de l'ortie d'automne, # 3o C. PLINIl HIST. NAT. LIB. XXII. aegri nuncupentur , quum eruitur ea radix , dicaturque cui, et quorum flio eximatur, liberare morbo tradide- runt. Hoc idem et contra quartanas poUere. lidem urti- c radice addito sale, infixa corpori extrahi. Foliis cum axungia strumas disculi : vel si suppuraverint , erodi complerique. Scorpionis gnera , ii ; medicina , i. XVn. 1 5. Ex argumento nomen accepit scorpio herba. Semen enim habet ad similitudinem caud scorpionis , folia pauca. Valet et adversus animal nominis sui. Est et alia ejusdem nominis effectusque sine foliis, asparagi caule , in cacumine aculeum habens , et inde nomen. Leucacantha , sive phyllos , sive ischias , sive polygonatos , iv. XVIII. i6. Leucacantham alii phyllon, alii iscliiada, alii polygonaton appellant, radice cyperi, quae coraman- ducata dentium dolores sedat. Item laterum, et lumbo- rum , ut Hicesius tradit , semine poto drachmis octo , aut succo. Eadem ruptis, convulsis medetur. Helxine, xii. XIX. in. Helxinen aliqui perdicium vocant, quoniam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 3i porte en amulette, gurit la fivre-tierce ou la fivre- quarte, pourvu qu'en l'arrachant on ait eu soin de nom- mer la personne qui on la destinait, et en mme temps le pre et la mre de cette personne. Ces auteurs ajou- tent que la racine d'ortie , applique avec du sel , fait sortir des plaies les corps trangers; que les feuilles, in- corpores avec de la graisse , dissipent les crouelles , ou les rongent si elles sont en suppuration , et y font re- natre de nouvelle chair. Des deux espces de scorpio ; remde, i. XVII. i5. Le scorpio ne produit qu'un petit nombre de feuilles. Cette plante doit son nom la forme de sa graine, qui ressemble la queue d'un scorpion; elle en gurit aussi les piqres. On connat encore une autre plante de ce nom qui a la mme proprit ; cette der- nire n'a point de feuilles : sa tige est semblable celle de l'asperge, et se termine par un aiguillon, ce qui lui a fait donner le nom de scorpion. Du leucacantha ou phyllos, autrement ischias ou polygonatos, 4. XVIII. 16. Le leucacantha , appel aussi phjllos , ischias et polygonatos , a la racine semblable celle du cyperus. Mche, cette racine apaise le mal de dents. Suivant Hicesius, la graine la dose de huit drachmes, ou bien le suc pris intrieurement , soulagent les dou- leurs des cts et des lombes. Cette plante est bonne encore pour les dislocations et les ruptures. De l'helxine, 12. XIX. i -7. Uhelxine , appel autrement sideritis ou ^ ^ ^. 3i C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. perdices ea praecipue vescantur. Alii siderilin, nonnuili parthenium. Folia habet mixtae similitudinis plantagini et marrubio, cauliculos densos, leviter rubentes, semina in capitibus lappaceis adhrentia vestibus : unde et lielxinem dictam volunt. Sed nos qualis vera esset lielxine, diximus priore libro. Haec autem inficit lanas , sanat igns sacros, et tumores, collectionesque omnes, et adusta. Panos succus cum psimmythio , et guttura incipientia turgescere. Item veterem tussim cyatho hausto, et omnia in humido , sicut tonsillas , et varices , cum rosaceo. Imponitur et podagris cum caprino sevo, ce- raque cypria. Perdiciiim, sive parthenium, quae urceolaris, sive astericnm, xt. XX. Perdicium sive Parthenium (nam sideritis alia est) a nostris herba urceolaris vocatur, ab aliis asteri- cum, folio similis ocimo, nigrior tantum , nascens in tegulis , parietinisque. Medetur cum mica salis trita , iisdem omnibus, quibus lamium, et eodem modo : item vomicae, calfacto succo potu. Sed contra ulcra, rupta, lapsusque , et praecipitia , aut vehiculorum eversiones, singularis. Verna carus Pericli Atheniensium principi, <[uum is in arce templum adificaret, repsissetque super altitudinem fastigii, et inde cecidisset, bac herba dicitur HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 33 parthenium , est encore nomm perdicium par quelques auteurs , parce que les perdrix font de cette plante leur principale nourriture. Ses feuilles ressemblent la fois celles du plantain et du marrube. Ses tiges sont serres et lgrement rouges. Ses graines, comme celles du lappa, s'accrochent aux habits, ce qui lui a fait donner le nom lielxi'ne ; mais, dans le livre prcdent, nous avons donn les caractres du vritable helxine. Celui dont nous parlons sert teindre les laines. Il gurit les ry- siples , les brlures, les tumeurs et les dpts de toute espce. Son suc, appliqu avec de la cruse, rsout les tumeurs inflammatoires et les goitres naissans. Pris la dose d'un cyathe, il gurit les toux invtres. En lini- ment avec de l'huile rosat , il est bon pour les inflam- mations des amygdales , les varices et les tumeurs des parties humides ; avec du suif de chvre et de la cire de Chypre, il forme un bon topique pour la goutte des pieds. Du perdicium, parthenium, urcolaire ou aslericum, ii, XX. Le perdicium ou parthenium est appel par les Latins urcolaire, et quelquefois astericum (le sidentis est une plante toute diffrente). U urcolaire a les feuilles semblables celles de l'ocimum, mais il est plus uoir. 11 crot sur les toits et les murailles. Broy et appliqu avec un grain de sel , il opre comme le lamium , et convient aux mmes maladies. Son suc, aval chaud , est un bon re- mde pour les abcs intrieurs ; mais on l'emploie encore pour les ulcres , les ruptures , les chutes , lorsqu'on est tomb d'un lieu lev, ou qu'on a t renvers d'un char. On dit qu'un jeune esclave fort aim de Pricls, premier citoyen d'Athnes , tant tomb du fate du temple de xiv. 3 34 C PUNII mST. NAT. LIB. XXI. sanatus , monstrata Pericii somaio a Miucrva. Quare Partheamm vocari cpta est, adsignaturque ei deae. Hic est veraula, cujus effigies ex are fiisa est, et nobilis ille Splanchuoptes. Chanueieon , sive ixias , sive ulophyton , sTe cvnozolon : genen ejas, II ; medicimp, xii. XXI. i8. Chamaeleonem aliqui ixiam Tocant Duo gnera ejus. Candidior asperiora foUa habet : serpt in terra, echini modo spinas erigens, radice dulci, oore gravssimo. Quibusdam in locis viscum gignit album sub alis foliorum, maxime circa Canis ortum, quo modo thura nasci dicuntur : unde et ixia appellatur. Hoc, ut mastiche, utuntur mulieres. Quare et chamaeleon voce- tur, varietate foliorum evenit- Mutt enim cum terra colores, hic niger, ilUc viridis, aliubi cyaneus, aliubi croceus, atque aliis colonbus. x his candidus hjdropicos sanat succo radicis de- coctae. Bibitur drachma in passo. Pellit et interaneorum aniroalia acetabuli mensura succi ejusdem , in vino au- stero, cum origani scopis. Facit ad difficultatem urinx. Hic succus occidit et canes suesque in polenta. Addita aqua et oleo contraliit in se mures ac necat, nisi (nto- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 35 Minerve, que l'on construisait alors dans la citadelle, fut guri par le secours de cette plante, que la desse avait montre en songe Pricls. Ds-lors , cette mme plante fut consacre Minerve, et nomm parthenium. Cet esclave , dont on a fait la statue en bronze , est le fameux Splanchnopts. Des deux espces de camlon , ixias , ulophyton ou cynozolon ; remdes, 12. XXI. 1 8. Le camlon est nomm par quelques auteurs ixias. Il y en a deux espces, le noir et le blanc : celui-ci a les feuilles trs-rudes ; il rampe terre , levant ses pointes comme un hrisson. Sa racine est douce au got, mais elle a une odeur trs- forte. En certains lieux , et surtout vers le commencement de la Canicule , il pro- duit , comme on dit que fait l'encens , une espce de glu blanche, qui s'amasse dans l'aisselle des feuilles, ce qui l'a fait nommer ixias. Les femmes l'emploient aux mmes usages que le mastic. Les couleurs diverses de ses feuilles lui ont fait donner le nom de camlon; elles varient, en effet, suivant les terrains: tantt noires, tantt vertes, quelquefois bleues, quelquefois jaunes, ou d'une autre couleur encore. Le suc de la racine cuite du camlon blanc gurit l'hydropisie : on en fait prendre une drachme dans du vin cuit. A la dose d'un actabule , dans du gros vin o l'on a fait bouillir de l'origan, il tue les vers intestinaux. Cest encore un bon remde pour la strangurie. Ce mme suc, ml la farine d'orge, fait prir les chiens et les pourceaux ; ml avec de l'eau et de l'huile , il tue les rats, moins qu'ils ne boivent sur-le-champ 36 C. PLINII FIIST. NAT. LIB. XXII. tinus aquam sorbeant. Radiccm ejus aliqui concisani servari jubent fimicnlis pcndentem , decoquuntque in cibo contra fluxiones , quas Graeci rheumallsrnos vocant. Ex nigris aliqii marem dixere, cui flos purpureus esset : et femnam, cui violaceus. Uno nascimtur caule cubitali, crassitudine digitali. Radicibus earum lichenes curantur, cum sulphure et bitumine una coctis : comman- ducatis vero dents mobiles, aut in aceto decoctis. Succo scabiem etiam quadrupedum sanant. Et ricinos canum necant : juvencos quoque angin modo. Quare a qui- busdam ulophyton vocatiir, et cynozolon , propter gravi- tatem odoris. Ferunt et hc viscum ulceribus ulilissi- mum. Omnium autem generum eorum radies scorpio- nibus adversantur. Coronopus. XXII. ic). Coronopus oblonga herba est cum fissuris. Seritur intrim , quoniam radix cliacis prclare facit in cinere tosta. Anchusa , xiv. XXIII. 20. Et anchus radix in usu est , digitali crassitudine. Finditur papyri modo : manusque inficit sanguineo colore : prparat lanas pretiosis coloribus. Sanat ulcra in cerato, praecipue senum : item adusta. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXU. 3: de l'eau pure. Quelques-uns coupent la racine de la plante par morceaux, qu'ils enfilent pour les laisser s- cher ; ils les font manger cuits pour les fluxions que les Grecs nomment catarrhes. Quant au camlon noir , le mle , selon quelques auteurs , a les fleurs pourpres , et la femelle les a vio- lettes. L'un et l'autre n'ont qu'une seule tige , haute d'une coude et grosse comme le doigt. Leurs racines , cuites avec du soufre et du bitume, s'appliquent avan- tageusement sur les dartres ; mches ou cuites dans le vinaigre, elles raffermissent les dents. Leur suc gurit la gale des bestiaux , et tue la tique des chiens ; mais il fait prir les jeunes bufs , en leur causant l'esqui- nancie : c'est ce qui l'a fait nommer par quelques-uns ulophftony et cjnozolon, cause de sa mauvaise odeur. Le camlon noir fournit aussi une espce de glu excel- lente pour les ulcres. Au reste , les racines de toutes les espces sont salutaires contre la piqre des scorpions. Coronopus. ' ' " " XXIL ig. Le coronopus est une herbe feuilles oblongues et dcoupes. On la cultive dans quelques jardins , parce que sa racine, cuite sous la cendre, est un excellent remde contre le flux de ventre. De l'anchusa (orcanette), \l\. XXIIL 20. On emploie aussi la racine de Xanchusa; elle est de la grosseur du doigt, et se divise en feuillets comme le papyrus. Elle colore les mains en rouge : aussi fournit-elle pour les laines une teinture prcieuse. Avec du crat, elle gurit les brlures et les ulcres, 38 C. PLINII HIST. NA. LIB. XXII. Liquari non potest in aqua : oleo dissolvitur : idque sincerae experimentum est. Datur et ad renum dolores drachma ejus potui in vino : aut si febris sit, in decocto balani. Item in jocinerum vitiis, et lienis, et bile suffu- sis. Lepris et lentigini illinitur ex aceto. Folia trita cum melle et farina, luxalis imponuntur : et pota drachmis duabus in mulso alvum sistunt. Pulices necare radix in aqua decocta traditur. Pseudoanchusa , sive echis, sive doris, m. XXIV. Est et alia similis, pseudoanchusa ob id ap- pellata , a quibusdam vero echis , aut doris , et multis aliis nominibus : lanuginosior , et minus pinguis , te- nuioribus foliis et languidioribus. Radix in oleo non fundit rubentem succum : et hoc ab anchusa discerni- tur. Contra serpentes efficacissima potu foliorum, vel seminis. Folia ictibus imponuntur. Virus serpentium fugat. Bibitur et propter spinam. Folium ejus sinistra decerpi jubent magi, et cujus causa sumatur dici, ter- tianisque febribus adalligari. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL 89 surtout des vieillards. Le suc de cette racine ne se dis- sout pas dans l'eau, mais seulement dans l'huile; c'est une preuve sre pour distinguer le vritable. On la donne, la dose d'une drachme dans du vin, pour les douleurs de reins , ou dans une dcoction de halanus s'il y a de la fivre , comme aussi dans les obstructions du foie ou de la rate, ou dans la jaunisse. On l'applique, avec du vinaigre, sur les gales et les taches de rousseur. Ses feuilles , broyes avec du miel et de la farine, for- ment un bon topique pour les luxations. Prises au poids de deux drachmes dans du vin miell , elles arrtent le cours de ventre. Enfin , la dcoction de cette racine dans l'eau tue les puces. De la fausse anchuse, echis ou doris, 3. XXIV. On connat une autre plante qui ressemble beaucoup VancJiusa^ et qu'on appelle pour cette raison pseudoanchusa. D'autres la nomment echis ou doris , et de bien d'autres noms encore. Elle est plus cotonneuse, moins grasse, et a les feuilles plus minces et plus faibles. La racine , mise dans l'huile , ne rend point de suc rouge; c'est ce qui la distingue de la vritable anchuse. Ses feuilles ou sa graine , prises en breuvage , sont un remde des plus efficaces contre la morsure des ser- pens. Ses feuilles s'appliquent sur la plaie , et en font sortir le venin. On la prescrit aussi en breuvage pour les douleurs de l'pine du dos. Les auteurs de l'cole des mages veulent qu'on cueille les feuilles de cette plante de la main gauche, et qu'on nomme le malade qui on les destine; portes en amulette, elles gurissent les fivres- tierces. tiO C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Onochilon , sive archebon , sive onocheli , sive rhexia , sive enchrysa, xxx. XXV. 11. Est et alia herba proprio nomine onochi- les , quam aliqui anchusam vocant , alii arcebion , alii onochelim , aliqui rhexiani , multi enchrysam , parvo frutice , flore purpureo , asperis foliis et ramis , radie messibus sanguinea, cetero nlgra, in sabulosis nascens, effcax contra serpentes, maximeque viperas, et radie et foliis , aeque cibo ac potu. Vires habet messibus. Fo- lia trita odorem eucumeris reddunt. Datur in cyathis tribus vulva procidente. Pellit et tineas cum hyssopo. Et in dolore renum aut jocineris ex aqua mulsa, si febris sit : sin aliter, ex vino bibitur. Lentigini ac lepris radix illinitur. Habentes eam , a serpentibus feriri negantur. Est et alia huic similis flore rubro, minor, et ipsa ad eosdem usus. Traduntque coramanducata ea , si inspua- tur, mori serpentem. De anthemide, sive leucanthemide , sive chamaemelo, sive melan- thio : gnera, m ; medicinae, xi. XXVI. Anthmis magnis laudibus celebratur ab Ascle- piade. Aliqui leucanthemida vocant, alii leucanthemum, alii eranthemon , quoniam vere floreat : alii chamaeme- HISTOIRE NATURELLE,. LIV. XXII. /, i De l'nochilon , archebion , onocheli , rhexia ou enchrysa , 3o. XXV. 21. Il y a une autre plante connue particuli- rement sous le nom dionochiles , mais que quelques au- teurs ont appele anchusa, d'autres arcebioiy ou ono- chelis , ou rhexia ^ plusieurs encore enchrysa. Ses tiges sont petites , ses fleurs pourpres , ses rameaux et ses feuilles rudes ; sa racine est rouge au temps de la mois- son , et noire en tout autre temps. Elle crot dans les lieux sablonneux. Ses feuilles ou sa racine , manges ou prises en breuvage, sont trs-bonnes contre la mor- sure des serpens , et principalement de la vipre. Sa vertu est plus grande dans le temps de la moisson. Ses feuilles , froisses , rendent une odeur de concombre. On l'ordonne, la dose de trois cyathes, pour les chutes de matrice; avec de l'hyssope, elle fait mourir les vers. Dans les douleurs de reins ou de foie, on la prend dans de l'eau mielle s'il y a de la fivre; et, s'il n'y en a pas, dans du vin. On applique la racine sur les gales et les taches de rousseur. Quand on la porte sur soi , elle pr- serve, dit-on, de la morsure des serpens. 11 est encore une autre plante fleurs rouges qui ressemble celle-ci : on l'emploie aux mmes usages ; mais on prtend qu'en la mchant et en crachant sur un serpent , on le fait prir aussitt. Des trois espces d'anthemis , leucanthemis , chamaemelon , melanthion ; remdes , 1 1 . XXVI, Maithcmis est une plante dont Asclpiade vante extrmement les vertus. Quelques-uns l'appellent leucanthemis ou leucanthemum ; d'autres , eranthemon , 42 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Ion, quoniam odorem mali habeat. Nonnulli melanthe- mon vocant. Gnera ejus tria flore tantum distant, palmum non excedentia, parvisque floribus, ut rutae, candidis , aut melinis , aut purpureis. In macro solo , aut juxta semitas coUigitur vere, et in coronamenta reponitur. Eodem tempore et medici folia tusa in pa- stilles digerunt : ilem florem et radicem. Dantur omnia mixta drachmae unius pondre, contra serpentium om- nium ictus. Pellit mortuos partus : item menstrua in potu , et urinam , calculosque. Inflationes , jocinerum vitia, bilem suffusam, gilopia commanducata,ulcerum eruptiones manantes sanat. Ex omnibus his generibus ad calculos efficacissima est, quae florem purpureum habet: cujus et foliorum et fruticis amplitudo majuscula est. Hanc proprie quidam eranthemon vocanl. Lotos herba , iv. XXVII. Loton qui arborem putant tantum esse, vel Homero auctore coargui possunt. Is enim inter herbas subnascentes deorum voluptati, loton primam nomina- vit. Folia ejus cum melle, oculorum cicatrices, argema, nubcculas discutiunt. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. ^3 parce qu'elle fleurit au printemps ; d'autres , cham- melon, parce qu'elle a une odeur de pomme ; d'autres, enfin , melanthemon. Il y en a trois espces qui ne dif- frent que par la fleur ; aucune n'a plus d'un palme de hauteur. Les fleurs sont petites, comme celles de la rue, blanches, jaunes ou pourpres. Cette plante crot dans les terrains maigres et sur les bords des chemins. On la cueille au printemps pour en faire des couronnes. Les mdecins alors pilent ses feuilles pour en former des trochisques ; ils emploient indistinctement la fleur et la racine. Toutes les parties de la plante, mles et prises la dose d'une drachme , sont utiles contre la morsure de toute espce de serpent. On l'ordonne, en breuvage , pour faire sortir le ftus mort dans la ma- trice , pour provoquer les rgles et les urines , et pour expulser les calculs de la vessie. Mche , elle gurit les maladie du foie , les panchemens de bile , l'aegilops , et les ulcres en pleine suppuration. De toutes les es- pces d'anthemis , la plus efficace contre les calculs est celle qui a la fleur rouge , et la tige ainsi que les feuilles un peu plus grandes. C'est celle que l'on dsigne aussi proprement sous le nom d'eranthemum. Du lotos, herbe , l\. XXVIL Ceux qui croient que le lotos ne peut tre qu'un arbre , sont dans l'erreur : il est facile de les en convaincre par le tmoignage d'Homre lui-mme, qui, en nommant les herbes qui croissent pour le plaisir des dieux, cite le lotos tout le premier. Ses feuilles, appli- ques avec du miel, gurissent les ulcres des yeux, ceux de l'iris, et dissipent les nuages qui offusquent la vue. 44 C. PLINII HTST. NAT. LIB. XXII. Lotometra , ii. XXVIII. Est et lotometra , quae fit ex loto sata , ex cujus semine, simillimo porri, fiunt panes in iEgypto a pastorlbus , maxime aqua vel lact subacto. Negatui' quidquam illo pane salubrius esse, aut levius, dum ca- leat : refrigeratus difficiliiis concoquitur, fitque ponde- rosus. Constat eos qui illo vivant , nec dysenteria , nec tenesmo , neque aliis morbis ventris infestarl. Itaque inter remdia eorum habetur. Heliotropion , gnera, ii. Helioscopium , sive verrucaria , xiii. Tricoccon , sive scorpiurum , xiv. XXIX. Heliotropii miraculum saepius diximus, cum sole se circumagentis , etiam nubilo die : tantus sideris amor est : noctu velut desiderio contrahi caeruleum flo- rem. Gnera ejus duo : tricoccum, et helioscopium. Hoc allius (quamquam utrumque semipedalem alti- tudinem non excedit), ab ima radice ramosuni. Semen in folliculo messibus colligitur. Nascilur non nisi in pingui solo , cultoque maxime : tricoccum ubique. Si decoquatur, invenio cibis placere : et in lact jucundius alvum moUiri : et si decocti succus bibatur, efficacissime exinaniri. Majoris succus excipitur state, liora sexta : miscctur cum vino, sic firmior. Capitis dolorcs sedat , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. /,5 Du lotometra, 2. XXVIII. Le lotometra est une plante produite de la graine du lotos. Sa semence ressemble celle du millet, et les patres d'Egypte en font du pain , en ptrissant la farine avec de l'eau ou du lait. On dit que c'est, de tous les pains, le plus sain et le plus lger quand il est chaud ; quand il est froid , il est pesant et plus difficile digrer. Il est constant que ceux qui s'en nourrissent n'prouvent jamais ni dysenterie, ni tnesme, ni aucun autre mal de ventre : aussi passe-t-il pour tre un bon remde contre toutes ces maladies. L'hliotrope ; ses deux espces. De l'helioscopium ou verrucaire, 1 3. Du tricoccum ou scorpiure, i4- XXIX. Nous avons souvent parl de l'hliotrope, cette plante extraordinaire qui , par une sorte d'inclination sympathique, se tourne toujours vers le soleil , mme par un temps couvert , et qui renferme sa fleur bleue pendant la nuit , comme si elle regrettait l'absence de cet astre. On en connat deux espces , le tricoccum et Xhelioscopium. Tous deux n'ont pas plus d'un demi-pied de hauteur, mais le dernier est le plus grand. Il pousse des tiges de l'extrmit mme de sa racine. Sa graine , renferme dans une sorte de bourse ou follicule , se recueille au temps de la moisson. Il ne vient que dans les terrains gras , et surtout dans ceux qui sont cultivs , au lieu que le tricoccum vient partout. On prtend qu'il est bon manger cuit; qu'il lche doucement le ventre si on le fait cuire avec du lait , et que sa dcoction est un puis- sant purgatif. Le suc de l'helioscopium se recueille en 4tt C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. rosaceo admixto. Verrucas cum sale tollit succus e fo- lio : unde nostri verrucariam herbam appellavere, aliis cognominari efFectibus digniorem. Namque et serpenti- bus, et scorpionibus resistit, ex vino aut aqua mulsa, ut Apollophanes, et Apollodorus tradunt. Folia infan- tium destillationibus , quod siriasin vocant , illita me- dentur. Item contractionibus , etiam si id comitialiter accidat. Decocto quoque foveri os saluberrimum est. Potum id pellit tineas , et renum arenas. Si ciiminum adjiciatur, calculos frangit. Decoqui cum radie oportet, qu cum foliis et hircino sevo podagris illinitur. Alterum genus, quod tricoccum appellavimus, et alio nomine scorpiuron vocatur, foliis non solum minoribus, sed etiam in terram vergentibus. Semen ei est effigie scorpionis caudae : quare ei nomen. Vis ad omnia ve- nenata et pbalangia : sed contra scorpiones prcipue illita. Non feriuntur habentes. Et si terram surculo heliotropii circumscribat aliquis , negant scorpionem egredi. Imposita vero herba , aut uda omnino resper- sum, protinus mori. Seminis grana quatuor pota, quar- tanis prodesse dicuntur; tria vero tertianis : vel si herba ipsa ter circumlata subjiciatur capiti. Semen et Vene- *r,. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 47 t, la sixime heure. Pour le mieux conserver, on y mle du vin. Avec de l'huile rosat , il apaise les dou- leurs de tte. Le suc des feuilles, appliqu avec du sel, emporte les verrues : voil pourquoi les Latins ont ap- pel cette herbe verrucaria , quoiqu'elle pt tre d- signe plus noblement , si l'on considre ses autres pro- prits. Suivant ApoUophane et Apollodore , si on la prend dans de l'eau mielle et du vin, elle neutralise le venin des serpens et des scorpions. Ses feuilles , appli- ques en liniment , gurissent les fluxions des enfans , ou siriasis, et sont utiles pour les contractions nerveuses, fussent-elles mme causes par l'pilepsie. La dcoction est trs-salutaire ceux qui s'en lavent la bouche ; en breuvage , elle chasse les vers intestinaux , et expulse le gravier des reins ; prise avec du cumin , elle dissout les calculs de la vessie. La plante cuite , avec sa racine et ses feuilles , s'applique avantageusement , avec du suif de bouc, sur les parties affliges de la goutte. L'autre espce d'hliotrope , que nous avons nomme tricoccum , et qui s'appelle encore scorpiuron , diffre de la premire par ses feuilles plus petites et penches vers la terre. Sa graine , d'ailleurs , a la forme d'une queue de scorpion , d'o lui est venu ce dernier nom. Cette herbe, applique en liniment, neutralise le venin de Tarai gne-phalange et de tous les insectes malfaisans, mais principalement du scorpion , qui ne pique mme pas ceux qui la portent sur eux. Si l'on trace avec l'h- liotrope un cercle autour de l'animal, il n'ose en sortir; il meurt sur-le-champ si on le couvre de la plante mme, ou si on l'arrose avec de l'eau o elle ait t macre. Quatre grains de la semence, avals dans de l'eau, gu- rissent la fivre-quarte; trois grains suffisent pour la 48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. rem stimult. Cum melle panos discutit. Et verrucas hoc utique heliotropium radicitus extrahit, et excres- centia in sedibus. Spinae quoque ac lumborum sangui- nem corruptum trahit ilhtum semen, et potum, injure galhnacei decoctum , aut cum beta et lente. Cortex se- miuis liventibuscolorem reddit. Magi heliotropium quar- tanis quater, in tertianis ter alligari jubent ab ipso segro, precarique eum, soluturum se nodos liberatum, et ita facere non exempta herba. v De callitricho , sive adianto , sive trichomane , sive polytricho , sive saxifraga : gnera ii ; medicinae, xxviii. XXX. Aliud adianto miraculuni : state viret, bruma non marcescit : aquas respuit, perfusum mersumve sicco simile est : tanta dissociatio deprehenditur : unde et nomen a Graecis : alioqui frutici topiario. Quidam calli- trichon vocant, alii polytrichon, utrumque ab efFectu. Tingit enim capillum : et ad hoc decoquitur in vino cum semine apii, adjecto oleo copiose, ut crispum den- sumque faciat : defluere autem prohibet. Duo ejus g- nera : candidius, et nigrum breviusque. Id quod majus est , polytrichon : aliqui , trichomanes vocant. Utrique ramuli nigro colore nitent, foliis filicis : ex quibus in- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 4g fivre-tierce; ou bien, aprs avoir pix)men la plante trois fois autour du malade, on la met sous le chevet du lit. La graine du tricoccum provoque l'amour; avec du miel , elle dissipe les tumeurs inflammatoires. L'h- liotrope gurit encore les excroissances de chair l'anus, et emporte les verrues. La graine, en liniment, fait sortir le sang corrompu des lombes ou de l'pine du dos; on la prend aussi cuite dans un bouillon de poulet, ou avec des bettes ou des lentilles. L'corce de la plante fait disparatre les traces des meurtrissures. Suivant les auteurs de l'cole des mages, l'hliotrope gurit la fivre- tierce et la fivre-quarte , si le malade , sans arracher la plante, y fait trois nuds dans le premier cas, et quatre dans le second , en promettant de les dfaire quand il sera rtabli. Des deux espces de callitrichos ; adianton ou trichomanes , autrement polytrichos ou saxifrage ; remdes, a8. XXX. Il adianton n'est pas une plante moins singulire sous d'autres rapports : il est vert en t , et ne se fltrit point en hiver. Son antipathie pour l'eau est telle, qu'tant arros, ou mme plong dans ce liquide, il parat toujours sec : cette proprit lui a valu le nom qu'il porte en grec ; du reste, il a le port d'un arbrisseau de parterre. Quelques- uns l'appellent callitrichos ou polytrichos y dnominations relatives ses vertus, car il empche les cheveux de tom- ber et il les noircit. Pour cet effet, on le fait cuire dans du vin avec de la graine d'ache, en y ajoutant beaucoup d'huile , pour qu'il rende la chevelure paisse et crpue. On en connat deux espces , le blanc et le noir ; celui-ci est le plus petit , le blanc est le plus grand : c'est le polytrichos proprement dit , ou trichomanes. L'un et XIV. 4 5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. feriora aspera ac fusca sunt : omnia autem contrariis pediculis densa inter se ex adverso : radix nulla. Um- brosas petras , parietumque aspergines , ac fontium maxime specus sequitur : et saxa manantia, quod mire- mur, quum aquas non sentiat. Calculos e corpore mire pellit, frangitque, utique nigrum. Qua de causa potius quam quod in saxis nasceretur, a nostris saxifragum appellatum crediderim. Bibitur e vino , quantum terni decerpsere digiti. Urinam cient. Serpentium et ara- neorum venenis resistunt. In vino decocti alvum sistunt. Capitis dolores corona ex his sedat. Contra scolopendrae morsus illinuntur, crebro auferendi, ne perurant : hoc et in alopeciis. Strumas discutiunt, furfuresque in fa- cie, et capitis manantia ulcra. Decoctum ex his pro- dest suspiriosis , et jocineri , et Heni , et felle suffusis , et hydropicis. Stranguriae illinuntur, et renibus cum absinthio. Secundas cient, et menstrua. Sanguinem sistunt ex aceto, aut rubi succo poti. In- fantes quoque exulcerati perunguntur ex iis cum rosace et vino prius. Folium in urina pueri impubis, tritum quidem cum aphronitro, et illitum ventri mulierum, ne rugosus fit, praestare dicitur. Perdices et gallinaceos HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 5i l'autre ont les feuilles semblables celles de la fougre, et attaches de petits rameaux d'un noir brillant. Elles sont rudes et brunes en dessous , mais toutes opposes l'une l'autre et serres sur le mme rang. Cette plante n'a pas de racines ; elle crot sur les rochers ombrags , dans les murailles humides , et surtout dans les grottes o il y a des fontaines , ce qui est singulier dans une herbe si antipathique pour l'eau. L'adianton , et princi- palement le noir , s'emploie avec succs contre les cal- culs , qu'il brise mme dans la vessie : aussi est-ce plutt cause de cette vertu que les Latins l'ont appel saxi- frage , que parce qu'il crot dans les rochers. On en fait prendre dans du vin autant qu'on en peut saisir avec trois doigts. Les deux espces poussent les urines, neutralisent le venin des serpens et des araignes. Cuites dans du vin , elles arrtent les diarrhes. Une couronne d'adianton apaise le mal de tte. On applique la plante sur la morsure des scolopendres ; mais il faut la changer souvent, car elle deviendrait caustique. On l'emploie aussi pour l'alopcie. Elle dissipe les crouelles, les dartres du visage et les ulcres humides de la tte. Sa dcoction est utile dans l'asthme , dans les maladies du foie et de la rate , dans la jaunisse et l'hydropisie. En liniment avec de l'absinthe, elle est bonne pour la stran- gurie et les maux de reins. Elle provoque les rgles et fait sortir l'arrire-faix. Prise avec du vinaigre ou du suc de ronce, elle arrte les hmorrhagies. Avec de l'huile rosat, on en fait un onguent pour les corchures des enfans, aprs les avoir laves d'abord avec du vin. La feuille, broye avec de l'aphronitrum dans de l'urine d'un jeune enfant, et ap- plique sur le ventre d'une femme, empche, dit-on, qu'il 4. 52 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. pugnaciores fieri putant, in cibum eorum addltis : pe- corique esse utilissimos. De picride, i. Thesium, i. XXXI. 22. Picris ab insigni amaritudine cognomi- natur, ut diximus : rotundo folio. Tollit eximie verrucas. Thesium quoque non dissimili amaritudine est : sed purgat alvum : in quem usum teritur ex aqua. Asphodelum, ti. XXXII. Asphodelum de clarissimis herbarum, quam heroneon aliqui appellaverunt , Hesiodus et in silvis nasci dixit. Dionysius, marem ac feminam esse. Defectis corporibus et phthisicis constat bulbos ejus cum ptisana decoctos, aptissime dari : panemque ex his cum farina subactis , saluberrimum esse. Nicander et contra ser- pentes ac scorpiones, vel caulem, quem anthericon vo- cavimus , vel semen , vel bulbos ddit in vino tribus drachmis : substravitque somno contra hos metus. Da- tur et contra venenata marina, et contra scolopendras terrestres. Cochleae mire in Campania caulem eum per- sequuntur, et sugendo arefaciunt. Folia quoque illinun- tur venenatorum vulneribus ex vino. Bulbi nervis arti- culisque cum polenta tusi illinuntur. Prodest et concisis ex aceto lichenas fricare : item ulceribus putrescentibus HISTOIRE NATURELLE, LIV.XXIL 53 ne se ride. Enfin, l'adianton, ml dans la nourriture des coqs et des perdrix, les rend plus hardis au combat. On prtend encore qu'il est trs-bon aux troupeaux. Delapicris, i. Du thesiuin, i. XXXI. 22. hapicr, comme nous l'avons dit, doit son nom sa grande amertume. Elle a la feuille ronde, et la proprit spciale d'emporter les verrues. Le thesium n'est pas moins amer ; mais on l'emploie comme purgatif aprs l'avoir broy dans de l'eau. De l'asphodle , 5i. XXXII. L'asphodle, appel aussi heroneon, est une des plantes les plus connues ; Hsiode dit qu'elle crot aussi dans les bois. Dionysius la distingue en mle et en femelle. Il est sr que ses bulbes , cuites avec de l'orge mond , conviennent trs-bien dans le marasme et la phthisie , et que le pain o on les mle , en les p- trissant avec de la farine, est trs-salutaire. Nicandre prescrivait ou la tige , que nous avons nomme an- thericon , ou la graine , ou bien les bulbes , la dose de trois drachmes dans du vin, contre la morsure des ser- pens et la piqre des scorpions. Il faisait mettre cette plante sous le chevet du lit , pour loigner ces ani- maux dangereux. On l'emploie encore contre le venin de quelques animaux marins et des scolopendres ter- restres. Dans la Campanie , les escargots sont trs- friands de cette plante , qu'ils sucent et font prir sur pied. Les feuilles s'appliquent , avec du vin , sur les plaies venimeuses. Les bulbes , broyes avec du gruau , s'appliquent galement sur les nerfs et les articulations. 54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. ex aqua imponere : mammarum quoque et lestium in- flammationibus. Decocti in fce vini, oculorum epipho- ris supposito linteolo medentur. Fera in quocumque morbo magis decoctis medici utuntur. Item ad tibiarum tetra ulcra, rimasque corporum quacumque in parte, farina arefactorum. Autumno autem colliguntur, quum plurimum valent. Succus quoque tusis expressus aut decoctis utilis fit corporis dolori , cum melle : idem odo- rem corporis jucundum affectantibus , cum iri arida et salis exiguo. Folia etiam supra dictis medentur, et stru- mis, panis, ulceribus in facie, decocta in vino. Cinis e radice alopecias emendat , et rimas pedum. Decoctae ra- dicis in oleo succus, perniones et ambusta. Et ad gra- vitatem aurium infunditur : a contraria aure in dolore dentium. Prodest et urinae pota modice radix, et meu- struis, et lateris doloribus : item ruptis, convulsis, tus- sibus, drachmae pondre in vino pota. Eadem et vomi- tiones adjuvat commanducata. Semine sumpto turbatur venter. Chrysermus et parotidas in vino decocta radice cu- ravit : item strumas, admixta cachry ex vino. Quidam aiunt, si imposila radice pars ejus in fumo suspenda- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL 55 On frotte les dartres avec ces mmes bulbes haches dans le vinaigre. On les met en cataplasme , avec de l'eau , sur les ulcres putrides et les tumeurs inflammatoires des mamelles et des testicules. Cuites dans de la lie de vin, et appliques comme collyre dans un petit linge, elles gurissent les fluxions des yeux. Dans presque tous les cas, elles valent mieux cuites. Pulvrises, elles sont utiles pour les ulcres malins des jambes et les crevasses de la peau, en quelque endroit du corps qu'elles puissent se former. On les recueille en automne , c'est la saison o elles ont le plus de force. Le suc exprim des bulbes cuites ou piles, et ml avec du miel, est bon pour les douleurs du corps ; il forme une essence agrable si l'on y joint de la poudre d'iris et un peu de sel. Les feuilles sont utiles dans tous les cas prcits ; cuites dans du vin , elles gurissent les crouelles , les tumeurs rysi- plateuses et les ulcres du visage. Les cendres de la racine sont employes dans l'alopcie et pour les cre- vasses des pieds. Le suc de cette mme racine cuite dans l'huile est excellent pour les engelures et les brlures; on l'injecte dans les oreilles pour la surdit. Il apaise le mal de dents, mais alors on applique le remde l'oreille , du ct oppos la douleur. La dcoction de la racine , faible dose , provoque les urines , le flux menstruel, et gurit les douleurs de cts. Prise avec du vin , au poids d'une drachme , elle est bonne pour la toux, les ruptures et les spasmes; mche, elle facilite le vomissement. La graine, prise intrieurement, cause de grandes agitations d'entrailles. Chryserme employait la racine, cuite dans du vin, pour les parotides; il y joignait le cachrjs pour gurir les crouelles. Quelques auteurs prtendent que si , aprs 56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. lur , quartoque die solvatur, una cum radie arescerc struraam. Sophocles ad podagras utroque modo , eocta crudaque , usus est. A d perniones decoctam ex oleo ddit , et suffusis felle in vino , et hydropicis. Venerem quoque concitari cum vino et melle perunctis, aut bi- bentibus tradidere. Xenocrates et lichenas, psoras, le- praSy radie in aceto decocta, tolli dicit. Item si cocta sit cum hyoscyamo et pice liquida alarum quoque et fe- minum vitia : et capillum crispiorem fieri , raso prius ca- pite, si radie ea fricetur. Simus lapides renum in vino decocta atque pota eximit. Hippocrates semen ejus ad impetus lienisdari censet. Jumentorum quoque ulcra ac scabiem , radix illita , aut decoct succus ad pilum reducit. Mures etiam eadem fugantur, caverna prclusa moriuntur. Alimon, xiv. XXXIII. A&phodelum ab Hesiodo quidam alimon ap- pellari existimavere, quod fasum arbitror. Est enim suo nomine alimon, non parvi et ipsum erroris inter au- ctores. Alii enim fruticem esse dicunt densum , candi- dum , sine spina , foliis oleae , sed mollioribus : coqui autem hoec ciborum gratia. Radix tormina discutit , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII, 67 avoir appliqu la racine sur les crouelles , on en met scher une partie la fume pendant quatre jours , les crouelles scheront en mme temps que cette portion de racine. Sophocle l'employait galement, cuite ou crue, dans la goutte ; il l'ordonnait , cuite dans l'huile , pour les engelures , et dans du vin , pour la jaunisse et l'hy- dropisie. Cette racine, applique en liniment ou prise avec du vin et du miel , passe encore pour exciter aux plaisirs de l'amour. Suivant Xnocrate, cuite dans le vinaigre, elle emporte les dartres, la lpre et la gale. On la fait cuire avec de la jusquiame et de la poix li- quide, pour la mauvaise odeur des cuisses et des aisselles. Elle rend la chevelure plus fournie et plus paisse , si Ton s'en frotte la tte aprs l'avoir fait raser. Simus la prescrit , cuite dans du vin , pour expulser les calculs des reins. Hippocrate ordonne la graine d'asphodle pour les obstructions de la rate. La racine, applique l'ext- rieur , ou bien le suc qu'on en exprime , aprs l'avoir fait cuire , est trs-utile pour faire renatre le poil sur les parties du corps des animaux qui ont eu des gales ou des ulcres. Enfin , elle chasse les rats ; et si l'on en met une l'entre de leur trou , ils y prissent. De l'alimon , i4- XXXIII. Quelques auteurs ont cru qu'Hsiode nom- mait l'asphodle alimon ; je pense qu'ils se sont trom- ps. L'alimon est une espce particulire, et sur laquelle les botanistes sont loin d'tre d'accord. Les uns en font un arbrisseau touffu, blanc, sans pines, feuilles sem- blables celles de l'olivier , mais plus molles , et qu'on mange cuites. Ils ajoutent que sa racine, prise la dose 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. drachmae pondre in aqua mulsa pota : item convulsa, et rupta. Alii olus maritimum esse dixere saisum , et inde nomen , foliis in rotunditatem longis , laudatum in cibis. Duorum praeterea generum , silvestre , et mitius : utrumque prodesse dysentericis etiam exulceratis cum pane, stomacho vero ex aceto. Ulceribus vetustis illini crudum, et vulnerum recentium impetus leniri, et luxa- torum pedum ac vesicae dolpres. Silvestri tenuiora folia, sed in eisdem remediis effectus majores, et in sananda hominum ac pecorum scabie. Praeterea nitorem corpori fieri ; dentibusque candorem , si fricentur radie ea. Se- mine linguae subdito sitim non sentiri. Hoc quoque mandi, et utraque etiam condiri. Cratevas tertium quo- que genus tradidit , longioribus foliis et hirsutioribus , odore cupressi : nasci sub edera maxime : prodesse opi- sthotonis, contractionibus nervorum, tribus obolis in sextarium aquae. Acanthes , sive psederos , sive melamphyllos , v. XXXIV. Acanthi , topiariae et urbanae herbae , elato longoque folio, crepidines marginum, adsurgentiumquc pulvinorum toros vestientis, duo gnera sunt : aculea- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 59 d'une drachme dans de l'eau mielle , apaise les tran- ches , et convient dans les ruptures et les contractions nerveuses. Les autres prtendent que c'est une sorte de lgume feuilles longues et arrondies , qui crot sur les hords de la mer, et qui a le got du sel, ce qui lui a fait donner son nom; du reste, il est bon manger. Ils en distinguent deux espces , l'une sauvage , l'autre cul- tive. Toutes deux , manges avec du pain , gurissent la dysenterie, quand mme les intestins seraient ulcrs. Avec du vinaigre , elles fortifient l'estomac. On les ap- plique crues sur les ulcres invtrs , pour apaiser l'in- flammation des plaies rcentes, pour calmer les douleurs de la vessie et gurir les luxations des pieds. L'alimon sauvage, qui a les feuilles plus petites, agit, dit-on, plus efficacement pour toutes ces maladies , et particu- lirement pour la gale de l'homme ou des bestiaux. Avec la racine , on se frotte la peau pour la rendre nette et polie , et les dents pour les blanchir. La graine , tenue sous la langue , prvient la soif. L'alimon sauvage est usit comme aliment : les deux espces, d'ailleurs, se mangent aussi confites. Cratevas en tablit une troisime qui a les feuilles plus longues et plus hrisses, et une odeur de cyprs ; elle crot de prfrence sous le lierre. On la donne, la dose de trois oboles dans un setier d'eau , pour l'opisthotone et les contractions de nerfs. De l'acanthe , paederos ou melamphyllos , 5. XXXIV. L'acanthe est une plante urbaine, et qui sert l'embellissement des jardins ; ses feuilles sont droites et longues : on en fait des bordures autour des bassins , et des carreaux de parterres. On en distingue 6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. tum et crispum , quod brevius : alterum laeve , quod aliqui paederota vocant, alii melamphyllum. Hujus ra- dies ustis luxatisque mire prosunt : item ruptis, con- vulsis, et phthisin metuentibus incoct cibo, maxime ptisana. Podagris quoque illinuntur tritae et calefact calidis. Bupleuron, v. XXXV. Bupleuron in sponte nascentium olerum numro Grci habent , caule cubitali , foliis multis longisque , capite anethi , laudatum in cibis ab Hippo- crate : in medicina a Glaucone, et Nicandro. Semen contra serpentes valet. Folia ad secundas feminarum ^ vel succum ex vino illinunt : et strumis folia cum sale et vino. Radix contra serpentes datur in vino , et urin ciendcB. Buprestis, i. XXXVI. Buprestim magna inconstantia Grci in laudibus ciborum etiam habuere : iidemque remdia tamquara contra venenum prodiderunt. Et ipsum no- men indicio est boum certe venenum esse, quos dissi- lire degustata fatentur. Quapropter nc de hac plura diccmus. Est vero causa, quare venena monstremus inter HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXII. 6 1 deux espces : l'une est pineuse et frise ; c'est la plus petite : l'autre est lisse , et s'appelle aussi pderos ou melamphyllum. La racine de celle-ci est excellente pour les brlures et les luxations. Mange cuite, surtout avec de l'orge mond , elle convient dans les ruptures , les tiraillemens de nerfs , et ceux qui craignent la plithi- sie. Broye et applique chaude , elle est bonne pour la goutte accompagne d'inflammation. Du bupleuron, 5. XXXV. Le bupleuron est mis par les Grecs au nombre des lgumes qui croissent sans culture. Sa tige est haute d'une coude; ses feuilles sont longues et nombreuses; ses ttes sont semblables celles de l'aneth. Hippocrate l'estime comme aliment ; Glaucon et Nicandre vantent ses vertus mdicinales. Sa graine est bonne contre la morsure des serpens. Le suc des feuilles , ou les feuilles mmes appliques avec du vin , font sortir l'arrire- faix ; avec du vin et du sel, elles gurissent les crouelles. La racine , prise dans du vin , est utile contre la mor- sure des serpens , et provoque les urines. De la buprestis , i . XXXVI. Les Grecs regardent la buprestis comme un aliment agrable ; et , par une inconsquence ton- nante , ils proposent des remdes contre cette plante , comme si elle tait vnneuse ; du moins il est certain, de l'avis des Grecs et comme son nom l'indique assez, qu'elle est un poison pour les bufs , qui prissent ds qu'ils en ont got. Ainsi , nous n'entrerons pas sur la buprestis dans de plus grands dtails. En effet, pour- 62 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. gramineas coronas, nisi libidinis causa expetenda alicui videtur, quam non aliter magis accendi putant , quam pota ea. Elaphoboscon , ix. XXX Vn. Elaphoboscon ferulaceum est, geniculatum digiti crassitudine , semine corymbis dependentibus , silis effigie , sed non amaris , foliis olusatri : et hoc lau- datum in cibis. Quippe etiam conditum prorogatur ad urinam ciendam, lateris dolores sedandos, rupta, con- vulsa sananda , inflationes discutiendas , colique tor- menta. Contra serpentium omniumque aculeatorum ictus. Quippe fama est , hoc pabulo cervos resistere serpentibus. Fistulas quoque radix nitro addito illita sanat. Siccanda autem in eos usus prius est, ne succo SUD madeat , qui contra serpentium ictus non facit eam deteriorem. Scandix, x. Anthriscus, ii. XXXVIII. Scandix quoque in olere silvestri a Graecis pouitur, ut Opion et Erasistratus tradunt. Item decocta alvum sistit. Semine singultus confestim ex aceto sedat. Illinitur ambustis, urinas ciet. Decoctae succus prodest stomacho , jocineri , renibus , vesic. Haec est , quam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 63 quoi parlerions - nous de poisons en traitant des cou- ronnes gramines? Peut-tre cependant voudrait -on connatre cette plante pour la faire servir aux plaisirs de l'amour, car sa dcoction passe pour un aphrodisiaque des plus puissans. De l'laphoboscon , 9. XXXVII. Uelaphoboscon est une plante frulace , noueuse, et de la grosseur du doigt. Sa graine pend en grappes comme celle du sili , mais elle n'est point amre. Ses feuilles ressemblent celles de l'olusatrum. On estime l'laphoboscon comme aliment ; on le garde confit pour s'en servir lorsqu'il faut provoquer les urines, apaiser les douleurs de cts , gurir les ruptures et les contractions nerveuses , dissiper les gonflemens et les tranches. C'est un bon remde contre la morsure des serpens et les piqres de tous les insectes venimeux ; aussi prtend-on que les cerfs n'ont rien redouter des serpens en mangeant de cette plante. Sa racine , appli- que avec du nitre , gurit les fistules. On doit la faire scher avant de s'en servir, pour en enlever le suc, qui, du reste, ne la rend pas moins efficace contre la mor- sure des serpens. Du scandix , 10. De l'anthriscus , 2. XXXVIII. Le scandix , suivant Opion et Erasistrate, est mis aussi par les Grecs au rang des plantes sauvages employes comme aliment. Cuit , il arrte le flux de ventre. Sa graine , prise dans du vinaigre , fait cesser de suite les hoquets. Il s'applique aussi sur les brlures. Il provoque les urines. Sa dcoction est bonne pour 64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Aristophanes Euripidi poet ohjlclt joculariter, ma- trem ejus ne olus quidem legitimum venditasse, sed scandicem. Eadem erat anthriscus, si tenuiora folia et odoratiora haberet. Peculiaris laus ejus, quod fatigato Venere cor- pori succurrit, marcentesque senio jam coitus excitt. Sistit profluvia alba feminarum. lasione , ix. XXXIX. Et iasione olus silvestre habetur, in terra repens, cum lact multo : florem fert candidum : con- ciliuin vocant. Et liujus eadem commendatio ad stimu- landos coitus. Cruda ex aceto in cibo sumpta, mulieri- bus lactis ubertatem prstat. Salutaris est phthisin sentientibus. Infautium capiti illita , nutrit capillum , tenacioremque ejus cutem efcit. Caucalis, xii. XL. Estur et caucalis , feniculo similis , brevi caule , flore candido, cordi utilis. Succus quoque ejus bibitur, stomacbo perquam commendatus , et urin , calculisque et arenis pellendis , et vesicse pruritibus. Extnut et iienis, jocineris, renumque pituitas. Semen menses fe- minarum adjuvat, bilemqne a parlu siccat. Datur et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 65 l'estomac et pour les maladies du foie , des reins et de la vessie. C'est cette plante que dsigne Aristophane lorsque , raillant le pote Euripide sur sa naissance , il lui reproche que sa mre n'a jamais vendu de vritables lgumes , mais du scandix. JJanthriscus ne diffrerait pas du scandix, s'il avait les feuilles plus menues et plus odorantes. Sa vertu sp- ciale est de ranimer ceux qui se sont puiss par le commerce des femmes, et de rallumer dans les vieillards le got du plaisir. Il arrte aussi les flueurs blanches. De l'iasione, 4- XXXIX. Uiasione est encore une sorte de lgume sauvage. C'est une plante laiteuse et rampante. Sa fleur est blanche, et s'appelle concilium. Elle a aussi la pro- prit d'exciter aux plaisirs de l'amour. Mange crue avec du vinaigre , elle fait venir le lait aux nourrices. Elle est trs-bonne ceux qui sont attaqus de la phthi- sie. Applique sur la tte des enfans , elle raffermit la peau et fait crotre les cheveux. Du caucalis ,12. XL. Le caucalis est aussi usit comme aliment. Il ressemble au fenouil. Sa tige est courte , sa fleur blan- che. Il passe pour un bon cordial. Son suc, pris int- rieurement , fortifie l'estomac , provoque les urines , expulse les calculs et le gravier, et apaise les dman- geaisons de la vessie. Il attnue le phlegme de la rate, du foie et des reins. La graine excite le flux menstruel , et purge la bile aprs l'accouchement. On la prescrit XIV. 5 66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. contra profluvia genitur viris. Chrysippus et conce- ptionibus eam putat conferre multum : bibitur in vino jejuais. Illinitur et contra venena marinorum , sicut Petrichus in carmin suo signifcat. Sium, XI. XLI. His adnumerant et sium , latius apio , in aqua nascens, pinguius, nigriusque, copiosum semine, sapore nasturtii. Prodest urinis, renibus, lienibus, mulierum- que mensibus , sive ipsum in cibo sumptum , sive jus decocti , sive semen e vino drachmis duabus. Calculos rumpit, aquisque quae gignunt eos, resistit. Dysentericis prodest infusum. Item illitum lentigini , et mulierum vitiis in facie noctu illitum, momentoque cuteni emen- dat, et ramices lenit, equorum etiam scabiem. Silybum. XUI. Silybuna, chamleoni albo similem, aeque spi- nosam, ne in Cilicia quidem, aut Syria, aut Phnice, ubi nascitur, coquere tanti est : ita operosa ejus culiua traditur. In medicina nullum usum habet. Scolymon , sive limonion , v. XLIII. Scolymon quoque in cibos recipit Oriens , et HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXII. 67 aux hommes pour la gonorrhe. Chrysippe prtend que, prise jeun dans du vin , elle favorise la conception. On l'applique sur les plaies faites par les animaux marins venimeux , comme Petrichus le dit dans son pome. Du sium, II. XLI. Au nombre des plantes comestibles , on range le sium, qui crot dans l'eau; il a les feuilles plus grandes que celles de l'ache, plus grasses et plus noires. Sa graine est abondante , son got semblable celui du cresson. 11 est bon pour les maux des reins et de la rate , pour faire couler les urines et les menstrues , soit qu'on le mange simplement , soit qu'on en boive la dcoction , ou la graine dans du vin , la dose de deux drachmes. Il brise les calculs et tarit les humeurs dont ils sont forms. En lavement , il est utile dans la dysenterie ; en Uniment , pour les taches de rousseur ; appliqu la nuit sur le visage d'une femme, il en nettoie la peau en quelques instans. On l'emploie aussi pour gurir les hernies, et la gale des chevaux. Du silybum. XLII. Le sitybum , semblable au camlon blanc , et galement pineux , crot en Cilicie , en Syrie et en Phnicie; mais on ne l'admet point sur les tables, parce qu'il est trop difficile apprter : du reste , il n'est d'au- cun usage en mdecine. Du scolymon ou limoniuin , 5. XLIIL Le scoljmos se mange dans l'Orient ; on l'ap- 5. 68 C. PLINII HIS. NAT. LIB. XXIT. alio iibmine limoniam appellat. Frutex est numquani cubital! altior, cristisque foliorum ac radice nigra, sed dulci : Eratostlieni quoque laudata iu pauperis cna. Urinam ciere praecipue traditur : sanare lichenas et le- pras ex aceto. Venerem stimulare in vino, Hesiodo et Alcaeo testibus : qui florente ea cicadas acerrimi cantus esse, et mulieres libidinis avidissimas, virosque iu coitum pigerrimos scripsere, velut providentia naturae hoc ad- jumento tune valentissimo. Item graveolentiam alaruni emendat radicis emedullatae uncia, in vini Falerni he- minis tribus decocta ad tertias , et a balineo jejuno , itemque post cibum cyathis singulis pota. Mirum est , quod Xenocrates promittit experimento, vitium id ex alis per urinam effluere. Sonclos, gnera ii ; mcdicinae xv. XLIV. Estur et sonchos (ut quem Theseo apud Calli- machum adponat Hecale), uterque , albus et niger : lactucae similes ambo, nisi spinosi essent : caule cubi- tali, anguloso, intus cavo, sed qui fractus copioso lacle manet. Albus , qui e lact nitor, utilis orthopnoicis la- ctucarum modo, ex embammate. Erasistratus calculos per urinam pelli eo monstrat , et oris graveolentiam HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXII. 69 pelle aussi imonia. Il n'a jamais plus d'une coude de hauteur. Les ctes de ses feuilles et sa racine sont noires, mais douces au got. Suivant Eratosthne, c'est un des meilleurs alimens du pauvre. Sa principale vertu est de pousser les urines. Appliqu avec du vinaigre, il gurit les dartres et la lpre. Il passe pour un puissant aphrodisiaque, au rapport d'Hsiode et d'Alce, qui, * avides de volupt, prtendent qu' l'poque de sa florai- son les cigales ont le chant plus fort, et que les femmes sont le plus amoureuses , tandis que les hommes sont le moins ports au plaisir : comme si la nature et voulu ranimer l'ardeur de ceux-ci en leur prsentant dans cette plante un secours qui n'est jamais plus efficace. Sa racine gurit la mauvaise odeur des aisselles : on en fait bouillir ime once, sans moelle, dans trois hmines de vin de Falerne, jusqu' rduction un tiers. On prend un cyathe de cette dcoction jeun, au sortir du bain, et aussi aprs le repas. D'aprs Xnocrate , l'effet de ce breuvage est singulier , en ce qu'il chasse au dehors les causes de la maladie par la voie des urines. Des deux espces de sonchos ; remdes, i5. XLIV. Le sonchos aussi est comestible ; car nous voyons , dans Callimaque , Hcale servir cette plante Thse. Il y en a deux espces, l'une blanche et l'autre noire: toutes deux ressemblent la laitue, si ce n'est qu'elles sont pineuses. La tige est anguleuse, fistuleuse, et de la hauteur d'une coude. Quand on la rompt, il en dcoule un suc laiteux abondant. Le sonchos blanc , dont le suc a la couleur du lait , est bon dans la diffi- cult de respirer, tant pris assaisonn comme la laitue. 70 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. cx)mmaiiducato corrigi. Succus trium cyathorum men- sura , in vino albo et oleo calefactus , adjuvat partus , ita ut a partu ambulent gravidae. Datur et in sorbi- tione. Ipse caulis decoctus facit lactis abundantiam nu- tricibus , coloremque meliorem infantium : utilissimus his, qu lac sibi coire sentiant. Instillatur auribus suc- cus , calidusque in stranguria bibitur cyathi mensura , et in stomachi rosionibus cum semine cucumeris, nu- cleisque pineis. Illinitur et sedis collectionibus. Bibitur contra serpentes scorpionesque : radix vero illinitur. Eadem decocta in oleo y punici mali calyce , aurium morbis praesidium est. Haec omnia ex albo. Cleemporus nigro prohibet vesci, ut morbos faciente, de albo con- sentiens. Agathocles etiara contra sanguinem tauri de- monstrat succum ejus. Refrigeratoriam tamen vim esse convenit nigro, et bac causa imponendum cura polenta. Zenon radice albi stranguriam docet sanari. Condrillon, sive condrille, m. XXiV. Condrillon , sive condrille , folia habet intubi , circumrosis similia, caulem minus pedalem, succo ma- dentem amaro , radice fabae simili , aliquando numerosa. Habet proximam terrae mastichen tuberculo fabae, quae HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXII. 71 rasistrate croit qu'il expulse les graviers de la vessie, et que , mch , il corrige les dfauts de l'haleine. Son suc , pris chaud dans de l'huile et du vin blanc , la dose de trois cyathes , aide les femmes en travail , mais elles doivent s6 promener aussitt aprs l'accouchement. On l'ordonne aussi en bouillon. La tige cuite augmente le lait des nourrices, et donne une meilleure couleur aux nourrissons : il est d'ailleurs trs-utile pour rsou- dre le lait qui se caille dans les mamelles. On en injecte le suc dans les oreilles; on le boit chaud pour la stran- gurie , la dose d'un cyathe ; et pour les dchiremens d'estomac , avec de la graine de concombre et des pignons. On l'applique sur les abcs l'anus. On le boit pour la morsure des serpens et la piqre des scor- pions, ou bien l'on applique la racine sur les plaies. Cette mme racine, cuite avec autant d'huile qu'en peut con- tenir une corce de grenade , est utile pour les maux d'omlies. Clempore reconnat les vertus du sonchos blanc , mais il l'ejette le noir comme malsain et dange- reux. Agathocle le recommande ceux qui ont bu du sang de taureau. On convient nanmoins que le son- clios noir est rafrachissant , et qu'on peut en cons- quence l'employer en cataplasme avec du gruau. Zenon ajoute que la racine du blanc gurit la strangurie. Du condrillon ou condrille, 3. XLV. Le condrillon ou condrille a les feuilles ron- ges leur circonfrence , comme celles de la chicore; la tige haute de moins d'un pied, et remplie d'un suc amer ; la racine quelquefois trs-divise , et semblable celle de la fve. Cette plante produit , presque fleur de 7 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. adposita feminarum menses trahere dicitur. Tusa cum radicibus tota dividitur in pastilles, contra serpentes, argumente probabili : si quidem mures agrestes lsi ab his, banc esse dicuntur. Succus ex vino coctae, alvum sistit. . Eadem palpebrarum pilos inordinatissimos , pro gummi efficacissime rgit. Dorotheus stomacho et con- coctionibus utilem carminibus suis pronuntiavit. Aliqui feminis, et oculis, generationique virorum contrariam putavere. De boletis : proprietates eorum in nascendo. XLVI. Inter ea quae temere manduntur, et boletos merito posuerim, optimi quidem hos cibi, sed immenso exemple in crimen adductos, veneno Tiberio Claudio principi per banc occasionem a conjuge Agrippina dato : ^uo facto illa terris venenum alterum , sibique ante omnes , Neronem suum ddit. Quorumdam ex his facile noscuntur venena, diluto rubore, rancido aspectu,livido intus colore, rimosa stria, pallido per ambitum labro. Non sunt hc in quibusdam : siccique, et nitri simils, veluti guttas in vcrticc albas ex tunica sua gcriuit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 73 terre , une espce de mastic en forme de fve , qui , appliqu, fait couler les rgles, suivant quelques au- teurs. Broye tout entire avec ses racines, on en forme des trochisques qui paraissent vritablement utiles contre la morsure des serpens ; car les rats des champs man- gent , dit-on , de cette herbe quand ils ont t blesss par ces reptiles. La dcoction faite dans du vin arrte le cours de ventre. On se sert avec succs du suc du condrillon comme d'une gomme , pour assujettir les poils des paupires, quelque hrisss qu'ils puissent tre. Dorothe , dans ses vers , dit qu'il est bon pour l'esto- mac et qu'il facilite la digestion. Quelques auteurs pr- tendent qu'il est contraire aux femmes, nuisible la vue, et qu'il empche la gnration. Des bolets : particularits relatives aux bolets ; leur naissance. XLVI. Au nombre des plantes dont il est dangereux, ou du moins imprudent de faire usage, nous rangerons avec raison les bolets. Ces espces forment , il est vrai , un mets trs-dlicat , mais fort dcri depuis le fameux attentat d'Agrippinc , qui s'en servit pour em- poisonner l'empereur Claude son mari , attentat qui la conduisit infecter l'univers d'un autre poison, qui lui devint funeste elle-mme par l'avnement de Nron, objet de toute sa tendresse. On reconnat sans peine plusieurs espces de bolets vnneux leur couleur d'un rouge faible au dehors , livide au dedans , aux crevasses de leurs feuillets , leur aspect sombre , et la bor- dure ple de leur chapeau. D'autres ne prsentent point les marques dont nous parlons; ils sont secs, ont l'aspect du nitre et des taches 74 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Volvam enim terra ob hoc priiis gignit, ipsum postea in volva, ceu in ovo est luteum. Nec tunica minor gratia in cibo infantis boleti. Rumpitur hac primo na- scente : mox increscente, in pediculi corpus absumitur, raroque umquam geminis ex uno pede. Origo prima causaque e limo, et acescente succo madentis terrae, aut radicis fere glandifer : initioque spuma lentior, dein corpus membranae simile, mox partus. Ut diximus, illa pernicialia, prorsus improbanda. Si enim Caligaris cla- vus , ferrive aliqua rubigo , aut panni marcor adfuit nascenti, omnem illico succum alienum saporemque in venenum concoquit : deprehendisse qui, nisi agrestes, possunt, atque qui colligunt? Ducunt ipsi alia vitia : et quidem si serpentis caverna juxta fuerit, si patescen- tem primo adhalaverit , capaci veuenorum cognatione ad virus accipiendum. Itaque caveri conveniet , prius quam se condant serpentes. Signa erunt lot herbae, tt arbores fruticesque, ab emersu earum ad latebram usque vernantes: et vel fi'axini tantum folia , nec postea nascentia , nec ante decideutia. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 75 blanches sur le chapeau , restes de leur enveloppe : en effet , l'enveloppe ou voli>a sort de terre la premire pour renfermer le bolet , comme le jaune de l'uf est renferm dans le blanc qui l'environne. Cette espce de tunique sert galement de nourriture au bolet l'tat d'embryon ; elle se rompt lorsqu'il est au moment d'- clore ; mesure qu'il crot, elle s'allonge en pdicule, et il est bien rare qu'on trouve deux bolets sur le mme pied. Les principes gnrateurs de ces plantes sont le limon et le suc fennentescible des terres humides, ou bien des racines des arbres gland. Ce n'est d'abord qu'une cume visqueuse , ensuite une espce de corps membraneux , et enfin un bolet tout form. En gn- ral , ils sont pernicieux, et l'on devrait s'en interdire l'usage. En effet, si un clou de bottine, ou un mor- ceau de fer rouill, ou quelque toffe pourrie, se trouvent l'endroit o ils croissent , ils en contractent sur-le- champ les qualits nuisibles, et les tournent en vritable poison. Et quel autre qu'un habitant de la campagne, ou un homme habitu les recueillir, pourrait se flatter de les bien distinguer ? D'autres circonstances encore les rendent vnneux. Si , par exemple , ils croissent prs du trou de quelque serpent, et qu'ils soient frap- ps de son haleine lorsqu'ils commencent s'ouvrir, ils en attirent le venin , comme une substance analogue et qui leur est propre : aussi devra-t-on s'en abstenir jusqu' ce que les serpens se soient enfoncs dans leurs retraites. Cette poque se reconnat une infinit de plantes, d arbres et d'arbrisseaux dont la verdure subsiste depuis que ces reptiles sont sortis de terre jusqu' ce qu'ils y soient rentrs ; mme il sufft d'observer la feuille du 76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Et bbletls quidem ortus occasusque omnis intra (lies septem est. De ftingis : ndtae venenatorum. Medicinae ex his , ix. XLVII. 2.3. Fungorum lentior natura, et numerosa gnera, sed origo non nisi ex pitulta arborum. Tutis- simi , qui rubent callo , minus diluto rubore , quam bo- leti. Mox candidi , velut apice flaminis insignlbus pedi- culis. Tertium genus suilli, venenis accommodatissimi. Familias nuper interemere, et tota convivia, Annseum Serenum praefectum Neronis vigilum , et tribunos , cen- turionesque. Quae voluptas tanta ancipitis cibi? Quidam discrevere arborum generibus, fico, ferula, et gummim ferentibus : nos item fago, aut robore, aut cupresso, ut diximus. Sed ista quis spondet in venalibus? Omnium colos lividus. Hic habebit veneni argumentum , quo si- milior fuerit arborum fici. Adversus hsec diximus re^ mdia, dicemusque : intrim sunt aliqua et in his. M: Glaiiias stomacho utiles putatboletos. Siccantur pcn- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 77 frne, qui ne se montre qu' partir du moment de leur apparition jusqu' celui de leur retraite. Au surplus la dure totale des bolets, de la naissance la mort, n'est que de sept jours. Des champignons ; signes pour reconnatre ceux qui sont vn- neux. Remdes qu'ils fournissent, 9. XLVII. 23. Les champignons ont moins de consis- tance. Il y en a beaucoup d'espces, mais toutes produites ut de l'humeur vicieuse des arbres. Les moins craindre sont ceux qui sont d'une couleur rouge plus fonce que celle des bolets; ensuite sont les blancs, dont le pdon- cule a quelque ressemblance avec la houpe du flamine ; ceux de la troisime espce , appels suilli, sont trs- vnneux. Il y a quelques annes qu'ils firent prir des familles entires et tous les convives d'un festin , entre autres Annus Serenus , prfet des gardes de Nron , avec les tribuns et les centurions. Quel si grand plaisir peut - on trouver dans l'usage d'un mets si suspect ? Quelques auteurs les distinguent par les arbres sur les- quels ils croissent, comme le figuier, la frule, et les arbres qui produisent une gomme : nous avons nous- mmes cit ceux du htre, du rouvre et du cyprs. Mais qui nous assure que ces diffrences ont t observes dans ceux qui se vendent au march ? Tout champignon vnneux est d'une couleur livide, et il est d'autant plus nuisible, que sa couleur approche davantage de celle du figuier. Nous avons indiqu quelques remdes contre cette sorte de poison ; nous en proposerons d'autres en- core : mais citons d'abord ceux qu'ils nous prsentent eux-mmes pour certaines maladies. Glaucias prtend que les bolets sont utiles l'estomac. 78 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. dents suilli, junco transfxi, quales e Bithynia veniunt. Hi fluxionibus alvi, quas rheumatismos vocant, medentur, excrescentibusque in sede carnibus : minuunt enim eas, et tempore absumunt. Item lentiginem , et mulierum vitia in facie. Lavantur etiam, ut plumbum, oculorum medicamento. Sordidis ulceribus et capitis eruptionibus, canum morsibus ex aqiia illinuntur. Libet et coquendi dare aliquas communes in omni eo gnre observationes , quando ipsae suis manibus deliciae pracparant hune cibum solum, et cogitatione ante pa- scuntur, succineis novaculis, aut argenteo apparatu co- mitante. Noxii erunt fungi , qui in coquendo duriores fient : innocentiores , qui nitro addito coquentur, si uti- que percoquantur. Tutiores fiunt cum carne cocti , aut cum pediculo piri. Prosunt et pira confestini sumpta. Debellat eos et aceti natura, contraria iis. *" Silphium, vu. XL VIII. Imbribus proveniunt omnia haec. Imbre et silphion. Venit primo e Cyrenis, ut dictum est. Ex Syria nunc maxime importatur, deterius Parthico, sed Medico melius, exlincto omni Cyrenaico, ut diximus. Usus sil- phii in medicina : foliorum, ad purgandas vulvas pellen- dosque emortuos partus : decoquuntur in vino albo et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 79 Le suillus, qu'on a mis scher enfil dans un jonc, comme ceux qui viennent de Bithynie, gurit les flux de ventre; et , appliqu sur les excroissances de chair l'anus , il les ronge et les consume peu peu. Il efface les taches de rousseur et nettoie la peau du visage des femmes; en outre , on le lave , comme le plomb , pour le faire entrer dans les collyres. Enfin , appliqu avec de l'eau, il gurit les ulcres putrides, les ruptions la tte et la mor- sure des chiens. Je veux bien encore ajouter ici quelques rflexions gnrales sur la manire de faire cuire les champignons, puisque nos gourmets ne ddaignent pas de les apprter eux-mmes avec des couteaux de succin , dans des plats d'argent , pour satisfaire au moins leur imagination avant leur got. Tout champignon qui durcit en cuisant est vnneux; les moins malfaisans sont ceux qui cuisent avec une addition de nitre , si toutefois on parvient les bien faire cuire ainsi ; mais il est plus sr de les apprter avec des viandes ou avec des queues de poires. Aussi est-il bon de manger des poires aussitt aprs les champignons. Le vinaigre encore neutralise leurs qua- lits vnneuses. . , Silphium, 7. XLVin. Les champignons doivent leur naissance la pluie: il en est de mme du silphium. Au commencement, le silphium venait de la Cyrnaque, comme nous l'avons dit ; aujourd'hui on l'apporte le plus communment de la Syrie : il vaut mieux que celui de la Mdie , mais il est infrieur celui des Parthes. On n'en trouve plus dans la Cyrnaque , ainsi que nous l'avons fait observer. On % 8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. odorat, ut bibatur mensura acetabuli a balineis. Radix prodest arteriis exasperatis : et collectionibus sanguinis illinitur. Sed in cibis concoquitur aegre. Inflationes facit et ructus. Urin quoque noxia. Sugillatis cum vino et oleo amicissima , et cum cera strumis. Verrucae sedis crebriore ejus sufftu cadunt. Laser , xxxix. XLIX. Laser e silphio profluens, quo diximus modo, inter eximia naturae dona numeratum, plurimis compo- sitionibus inseritur. Per se autem algores excalfacit , potum nervorum vitia extnut. Feminis datur in vino. Et lanis moUibus admovetur vulv ad menses ciendos. Pedum clavos circumscarificalos ferro , mixtum cerae cxtrabit. Urinam ciet ciceris magnitudine dilutum. . Andras spondet , copiosius sumptum nec inflationes facere, et concoctioni plurimum conferre senibus et fe- minis : item hieme, quam aestate, utilius, et tum aquam l)ibentibus : cavendumque ne qua intus sit exulceratio. Ab aegjfitudine recreationi efficax in cibo. Tempestive HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. Si emploie en mdecine les feuilles de silphium pour purger la matrice et en expulser le ftus mort ; on les fait bouillir dans du vin blanc aromatis, qu'on doit pren- dre , la dose d'un actabule , au sortir du bain. La racine est bonne pour les irritations de la gorge , et s'applique avec succs sur les dpts sanguins ; mais , lorsqu'on la mange, elle est d'une digestion difficile et cause des vents et des rapports. Elle nuit, en outre, l'coulement des urines. Avec de l'huile et du vin , elle est excellente pour les meurtrissures ; et avec de la cire, pour les crouelles. Un parfum de cette racine, souvent ritr , fait tomber les verrues l'anus. Du laser , Sg. XLIX. Le laser, qui n'est que le suc du silphium , comme nous l'avons dit prcdemment , est un des nidicamens les plus prcieux, et entre dans une infinit de compositions utiles. Employ seul , il rchauffe les parties engourdies par le froid ; en potion , il apaise les maux de nerfs. Les femmes le prennent dans du vin. En pessaire avec de la laine , il provoque le flux men- struel; en onguent avec de la cire, il dtruit les cors aux pieds , si l'on a soin auparavant de les scarifier tout autour avec un instrument de fer. Pris dtremp, la grosseur d'un pois chiche , il pousse les urines. Andras garantit qu'aval en certaine quantit il ne cause aucun gonflement d'estomac, et facilite la diges- tion des femmes et des vieillards. Il convient mieux l'hiver que l't , surtout quand on ne boit que de l'eau ; mais on doit s'en abstenir quand il existe quelque ulcre interne. Il est bon pour rtablir les forces dans xrv. 6 8a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. enim datum, cauterii vim obtlnet : adsuetis etiam iiti- lius, quam expertibus. Ad extera corporum , indubitata confessiones habet. Venena telorum et serpentium extinguit potum : ex aqua vulneribus his circumiinitur : scorpionum tantum plagis ex oleo : ulceribus vero non maturescentibus cum farina hordeacea, vel fico sicca. Carbunclis cum ruta, vel cum melle, vel per se visco superlitum, ut haereat : sic et ad canis morsus. Excrescentibus circa sedem, cum tegmine punici mali ex aceto decoctum. Clavis, qui vulgo morticini appellantur, nitro mixto. Alopecias nitro ante subactas replet cum vino , et croco , aut pi- pere , aut murium fimo , et aceto. Perniones ex vino fovet, et ex oleo coctum imponitur : sic et callo. Clavis pedum superrasis praecipuae utilitatis. Contra aquas malas, pestilentes tractus, vel dies. In tussi , uva , fellis veteri suffusione , hydropisi , raucitatibus : confestim enim purgat fauces vocemque reddit. Podagras in spongia dilutum posca lenit. Pleu- riticis in sorbitione vinum poturis datur : contractioni- bus , opisthotonicis , ciceris magnitudine cera circumli- tum. In angina gargarizatur. Anhelatoribus , fet in tussi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 83 la convalescence. Appliqu temps, il produit l'effet d'un cautre. En gnral , il est plus salutaire ceux qui sont accoutums d'en prendre, qu' ceux qui n'en ont point encore fait usage. Pour les maladies extrieures , il est d'une utilit g- nralement avoue. En potion , il neutralise le venin des serpens et des traits empoisonns ; on l'applique avec de l'eau sur ces sortes de plaies ; avec de l'huile , sur les piqres des scorpions ; avec de la farine d'orge ou des figues sches , sur les ulcres qui ne viennent point maturit. On l'emploie , avec de la rue ou avec du miel, pour les charbons et pour les morsures des chiens, ou seulement avec quelque substance visqueuse, pour le faire tenir. Cuit avec une corce de grenade dans du vinaigre, il dtruit les excroissances l'anus; avec du nitre , il gurit les durillons ou cors aux pieds ; avec du vin et du safran , ou du poivre , ou avec de la fiente de rats et du vinaigre , il est bon pour l'alopcie; mais on doit d'abord se frotter la tte avec du nitre. Il s'em- ploie en fomentation avec du vin , ou s'applique , cuit dans de l'huile , sur les engelures et sur les durillons. Il est excellent pour les cors aux pieds , si l'on a soin de les couper auparavant. C'est encore un utile prservatif contre les eaux malsaines et contre les maladies pid- miques qui ont pour cause le sol ou la temprature. On le prescrit pour la jaunisse invtre, l'hydropisie, la chute de la luette, la toux et l'enrouement, car il nettoie sur-le-champ la gorge et rtablit la voix. Dlay dans de l'oxycral et appliqu avec une ponge, il calme les douleurs de la goutte. On l'ordonne dans du bouillon pour la pleursie ; on fait prendre ensuite aux malades un peu de vin. Pour les. contractions nerveuses et l'opistho- G. 84 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. vetusta cum porro ex aceto datur : que ex aceto his qui coagiilum lactis sorbuerint. Praecordiorum vitiis syn- tecticis, comitialibus in vino, in aqua mulsa linguae pa- ralysi. Coxendicibus et lumboruin doloribus cum de- coclo melle illinitur. Non censuerim, quod auctores suadent, ca vernis den- tium in dolore inditum cera includi ; magno experi- mento hominis, qui se ea de causa praecipitavit ex alto. Quippe tauros inflammat naribus illitis : serpentes avi- dissimas vini admixtum rurapit. Ideo nec inungi suase- rim cum attico melle, licet prcipiant. Quas habeat utiltates admixtum aliis , immensum est referre : et nos simplicia tractamus : quoniam in his naturam esse apparet, in illis conjecturam spius fallacem, nulli satis custodita in mixturis concordia natur ac repugnantia. Qua de re mox plura. ' De melle. Propolis, v. Mellis , xvi. L. i[\. Non esset mellis auctoritas in pretio minor, quam laseris, ni ubique nasceretur. Illud ipsa fabricata HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXII. 85 tone , on en forme , avec de la cire , des pilules de la grosseur d'un pois chiche. On l'emploie en gargarisme dans l'esquinancie. Pour la courte haleine et les toux invtres , on le fait prendre dans du vinaigre avec du suc de porreau , et avec du vinaigre seulement ceux qui ont pris du lait caill. On le prescrit dans les maladies de poitrine ou dans les consomptions ; avec du vin , dans Tpilepsle ; avec de l'eau mielle , dans la paralysie de la langue. On l'applique avec du miel cuit pour la sciatique et les douleurs des lombes. Pour l'odontalgie , je ne conseillerais pas , comme quelques auteurs , de l'introduire avec de la cire dans le creux d'une dent carie; car j'ai vu un homme, aprs avoir employ ce remde , se prcipiter du haut de sa mai- son. On remarque en effet que le laser, appliqu sur le mufle des taureaux , les chauffe prodigieusement. Ml avec du vin , il fait prir les serpens, qui sont trs-avides de cette liqueur : aussi ne serais-je pas d'avis qu'on s'en frottt les gencives avec du miel attique, malgr le conseil des mmes auteurs. Je ne finirais point si je rapportais tous les diffrens usages des compositions o l'on fait entrer le laser ; nous ne traitons ici que des remdes simples, o la nature seule agit d'une manire sensible; dans les autres , on n'est guid que par des conjectures trop souvent trompeuses, parce qu'on n'observe pas assez l'analogie ou l'opposition rciproque des ingrdiens qu'on emploie. INous reviendrons sur ce sujet avec plus de dtails. Du miel. De la propolis, 5. Du miel mme, i6. L. 24. Le miel serait une production tout aussi pr- cieuse que le laser, si elle tait moins commune. La na- t %6 0.; C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXU. sit natura : sed huic gignendo animal , ut diximus ; innumeros ad usus, si quoties misceatur, aestimemus. Prima propolis alvorum (de qua diximus) aculeos et omnia infixa corpori extrahit, tubera discutit, dura con- coquit, dolores nervorum mulcet, ulceraque jam despe- rantia in cicatricem cludit. Mellis quidem ipsius natura talis est, ut putrescere corpora non sinat, jucundo sapore atque non aspero, alia quam salis natura. Faucibus , tonsillis , anginae , omuibusque oris desideriis utilissimum, arescentique in febribus lingu. Jam vero peripneumonicis , pleuriticis decoctum. Item vulneribus, a serpente percussis. Et contra venena fungorum. Paralyticis in mulso : quam- quam suae mulso dotes constant. Mel auribus instillatur cum rosaceo : lendes et fda capitis animalia necat. Usus despumati semper aptior : stomachum tamen in- flat , bilem auget , fastidium crt , et oculis per se inutile aliqui arbitrantur. Rursus quidam angulos exul- ceratos melle tangi suadent. Mellis causas , atque diffe- rentias , nationesque , et indicationem , in apium , ac deinde florum natura diximus, quum ratio operis dividi cogeret miscenda rursus , naturam rerum pernoscere volentibus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 87 ture seule produit le laser ; mais , pour le miel , elle a cr un animal particulier, comme nous l'avons dit. Ses usages sont innombrables , si nous considrons les di- verses compositions o on le fait entrer. La substance qui se trouve l'entre des rucbes, et que nous avons nomme propolis , fait sortir des plaies les pointes et les corps trangers qui y sont engags; elle rsout les tumeurs, amollit les durets, calme les maux de nerfs , et sche les ulcres les plus rebelles se cicatriser. Le miel lui-mme a la proprit de prserver les corps de la pourriture , quoiqu'il ait la saveur douce , agrable , et totalement oppose la nature du sel. Il est trs-utile dans les inflammations de la gorge et des amygdales , dans l'esquinancie et toutes les maladies de la bouche. Dans la fivre, on le prescrit aux malades qui ont la langue sche ; et en dcoction , pour la pripneu- monie, la pleursie , et aussi pour les plaies, la morsure des serpens et les champignons vnneux. Pris dans du vin miell , qui d'ailleurs a des vertus particulires , il est bon pour la paralysie. On l'introduit dans les oreilles avec de l'huile rosat. Il fait prir la vermine de la tte , et les lentes qui la produisent. Il est toujours meilleur quand on a eu soin de l'cumer : nanmoins il gonfle l'estomac, augmente la bile, cause des dgots, et, em- ploy seul , nuit la vue , selon certains auteurs ; d'autres , au contraire , recommandent d'en frotter les ulcres qui se forment aux angles des yeux. Quant aux principes du miel, ses diffrentes espces, au prix et la qualit de chacune , nous en avons parl d'abord en traitant des abeilles , ensuite en traitant dos fleurs ; car le plan de notre ouvrage nous a forcs de sparer C. PLINIl HIST. NAT. LIB. XXII. Quo gnre ciborUm mores quoque mutentur. LI. In mllis operibus et aqua mulsa tractari dbet. Duo gnera ejus ; subit ac recentis, alterum invete- rat. Repentina despuraato melle praeclaram utilitatem habet in cibo segrotantium levi , hoc est , alic elut : viribus recreandis , ore stomachoque mulcendo , ardore refrigerando. Frigidam enim utilius dari ventri mol- liendo , invenio apud auctores. Hune potum bibendum alsiosis : item animi humilis et praeparci, quos illi dixere micropsychos. Et est ratio subtilitatis immens a Pla- tone descendens : corpusculis rerum laevibus , scabris , angulosis, rotundis, magis aut minus ad aliorum natu- ram accedentibus : ideo non eadem omnibus amara aut dulcia esse. Sic et in lassitudine proniores esse ad ira- cundiam , et in siti. Ergo et haec animi asperitas , seu potius animse , dulciore succo mitigatur. Lenit transi- tum spiritus , et molliores facit meatus , ne scindant euntem redeuntemque. Exprimenta in se cuiquc : nullius non ira luctusquc, tristitia et omnis animi impetus cibo mollitur. Ideoquc ^ HISTOIRE NATURELLE , LI V. XXII. 89 des objets qu'il faut runir si l'on veut connatre fond les merveilles de la nature. Quelles espces d'alimens influent sur les murs. LI. En parlant des vertus du miel , nous ne devons pas omettre l'eau mielle (hydromel ). Il y en a de deux sortes , la vieille et la nouvelle : celle-ci se prpare l'instant avec du miel cume et purifi. Elle est excel- lente pour les malades qui ne prennent qu'une nourri- ture lgre , comme Valica lave , car elle rtablit les forces , humecte la bouche et l'estomac, et en apaise les ardeurs par sa vertu rafrachissante. Prise froide, elle est, selon quelques auteurs, plus utile pour amol- lir et relcher le ventre. Ils recommandent ce breu- vage ceux qui sont naturellement froids , et ceux qui ont le temprament faible et abattu , et qu'ils ap- pellent micropsjchi. Platon nous a laiss ce sujet un systme extrmement subtil. Suivant ce philosophe , les molcules des corps tant unies ou raboteuses , angu- leuses ou rondes, affectent diffremment , selon les dif- frens rapports qu'ils ont avec nos organes : voil pour- quoi les mmes choses ne sont pas galement douces ou amres pour toutes sortes de personnes. C'est ainsi que , dans la soif ou dans la fatigue, on se trouve plus enclin la colre. Pour adoucir cette aigreur de l'esprit , ou plutt des esprits, on devra faire usage d'un breuvage doux, qui amollit et dbarrasse les conduits de la res- piration , afin que l'air, ce principe de la vie, puisse y passer sans dchirer les canaux qu'il parcourt. Il n'est personne qui n'ait reconnu, par sa propre exprience , que la nourriture calme la colre , l'afflic- m 90 C. PLINII HLST. NAT. LIB. XXII. observanda sunt, qu non solum corporum medictnani, sed et morura habent. De aqua mulsa, xvm. Ln. Aqua mulsa et tussientibus utilis traditur, cale- facta invitt vomitiones. Contra venenum psimmythii salutaris , addito oleo. Item contra hyoscyamum , cum lact maxime asinino , et contra halicacabum , ut dixi- mus. Infunditur et auribus, et genitalium fstulis. Vulvis imponitur cum pane molli, subitis tumoribus, luxatis , leniendisque omnibus. Inveteratae usum damnavere po- steri, minus innocentem aqua miuusque vino firraum. Longa tamen vetustate transit in vinura, ut constat ioter omnes , stomacho inutilissimum , nervisque con- trarium. Mulsum, VI. LUI. Seraper mulsum ex vetere vino utilissimum , facillimeque cum melle concorporatur, et quod in dulci numquam evenit. Ex austero factura non implet stoma- chum, neque ex decocto melle, minusque iuflat, quod fere evenit. Adpetendi quoque rcvocat aviditatem cibi. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL 91 tion , la tristesse , et les autres mouvemens imptueux, de l'me. Aussi nos observations ne se borneront-elles? pas aux remdes considrs sous les rapports physiques : nous examinerons encore leur effet moral. Remdes tirs de l'eau mielle ( hydromel ) , i S. LU. L'eau mielle est encore bonne pour la toux ; chaude, elle provoque le vomissement; avec de l'huile, c'est un contre-poison de la cruse. Elle neutralise les mauvais effets de la jusquiame , surtout si on la prend avec du lait d'nesse.Elle n'est pas moins salutaire contre l'halicacabum , comme nous l'avons dj remarqu. On l'emploie en injection pour les maux d'oreilles , et pour les fistules des parties gnitales. On l'applique, avec du pain tendre , pour les maladies de la vulve , pour les tjumeurs subites , pour les luxations , et enfin dans tous les cas o il est besoin d'amollir et de rsoudre. On rejette aujourd'hui l'usage de l'hydromel vieilli , comme tant moins sain que l'eau pure et moins efficace que le vin : nanmoins, lorsqu'on le garde long -temps, il passe l'tat vineux ; mais on convient gnralement qu'il est alors nuisible l'estomac, et qu'il attaque les nerfs. Du vin miell ,6, . LUI. Quant au vin miell , le meilleur est celui qui se fait avec du vin vieux ; le miel s'y mle trs-facile- ment , ce qui n'a pas lieu avec du vin doux nouveau. Celui que l'on compose avec du vin rude et sec , ou avec du miel cuit, a l'avantage de ne pas gonfler l'es- tomac et d'tre moins flatueux , inconvnient ordinaire 9 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Alvum mollit frigido potu , pluribus calido sistit. Cor- pora auget. Multi senectam lorigam mulsi tantum nu- tritu toleravere, neque alio ullo cibo, celebri Pollionis Romilii exemple. Centesimum annum excedentem eum divus Augustus hospes interrogavit , quanam maxime ratione vigorem illum animi corporisque custodisset. At ille respondit : Intus miilso, foris oleo. Varro re- gium cognominatum morbum arquatum tradit, quoniam mulso curetur. Melitites, m. LIV. Melitites quo fieret modo ex musto.et melle, docuimus in ratione vini. Saeculis jara fieri non arbitrer hoc genus, inflationibus obnoxium. Solebat tamen in- veteratum alvi causa dari in febre : item articulario morbo, et nervorum infirmitate laborantibus, et mulie- ribus vini abstemiis. Cera , viii. LV. Mellis naturae adnexa cera est : de cujus origine, bonitate , nationibus , suis diximus locis. Omnis autem mollit , calefacit , explet corpora ; recens melior. Datur in sorbitione dysentericis , favique ipsi , in pulte alic prius tost. Adversatur lactis naturae : ac milii magni- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. g5 du vin miell. Cette boisson ranime l'apptit. Prise froide, elle lche le ventre; prise chaude, elle le resserre pour l'ordinaire. Le vin miell augmente l'embonpoint; plusieurs mme sont parvenus une extrme vieillesse par l'usage seul du pain tremp dans cette liqueur pour toute nourriture. Romilius Pollion nous en fournit un exemple remarquable : il avait plus de cent ans lorsque l'empereur Auguste , qui logeait chez lui , s'informa comment il avait pu se maintenir dans cette vigueur de corps et d'esprit jusqu' un ge si avanc. Le vieil- lard lui rpondit : En humectant de vin miell le dedans, et d'huile le dehors. Suivant Varron, la jaunisse se gu- rit avec cette boisson, et voil pourquoi les Latins l'ont appele le mal de roi (^morbus regius). Du melitites , 3. LIV. En traitant des vins , nous avons indiqu la manire de composer le melitites avec du miel et du mot ; mais ce breuvage donne des vents , et depuis long-temps on a renonc son usage. Nanmoins on le faisait prendre autrefois pour lcher le ventre dans la fivre, pour la goutte , pour les faiblesses de nerfs, et on en donnait aussi aux femmes , qui ne buvaient pas de vin. De la cire ,8. LV. Nous ne pouvons parler du miel sans dire un mot de la cire. Nous avons indiqu ailleurs son origine , ses qualits et ses diffrentes espces : toutes ont la vertu d'chauffer, d'amollir, et de remplir de nouvelle chair le vide des plaies. La nouvelle est toujours la meil- leure. On l'ordonne dans du bouillon pour la dysente- 94 C. PLTNII HIST. NAT. LIB. XXII. ludine deceni grana erae hausta non patiuntur coagu- lari lac in stomacho. Si inguen tumeat, albam ceram in pube fixisse remedio est. Contra compositiones medicorum. LVI. Nec hujus usus, quos mixta aliis praestat, enu- merare medicina possit : sicuti nec ceterorum , quse cum aliis prosunt. Ista , ut diximus , ingeniis constant. Non fecit cerotum, malagmata, emplastra, collyria, antidota, parens illa ac divina rerum artifex : offcinarum hc , immo verius avaritiae commenta sunt. Natiir quidem opra absoluta atque perfecta gignuntur : paucis ex causa, non ex conjectura, rbus adsumptis, ut succo aliquo sicca temperentur ad meatus : aut corpore alio humentia , ad nexus. Scripulatim quidem colligere ac miscere vires, non conjectur humanse opus, sed im- pudenti est. Nos nec indicarum arabicarumque mercium, aut ex- terni orbis adtingimus medicinas. Non placent remediis tam longe nascentia : non nobis gignuntur : immo HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL yS rie. Les rayons de miel se prennent , pour le mme cas, dans la bouillie di'alica rtie. La cire combat les mauvais effets du lait ; elle l'empche de se cailler dans l'estomac , si l'on en prend dix pilules de la grosseur d'un grain de millet. La cire blanche est un bon re- mde pour les enflures des aines , si on l'applique sur la rgion du pubis. Contre les compositions mdicinales. LVI. Quant aux usages de la cire mle d'autres remdes , il est aussi impossible de les dtailler ici , qu'il serait inutile de l'entreprendre pour les autres substances qui entrent dans les compositions mdici- nales : toutes sont dues l'imagination des mdecins. La nature, cette mre bienfaisante de tous les tres, n'a point invent les crats, les empltres, les collyres, les antidotes; ce sont toutes inventions de la mdecine, ou plutt de la cupidit. Les ouvrages de la nature sortent entiers et parfaits de ses mains ; elle ne permet que les compositions les plus simples, o la raison nous guide, et non la conjecture; ainsi nous mlons aux substances sches une liqueur qui leur sert de vhicule , ou aux mdicamens liquides une substance solide qui leur donne de la consistance. Mais prtendre runir par poids et par mesure les vertus de diffrens mdicamens pour n'en former qu'un seul , ce n'est pas une chimre seulement , c'est une vritable charlatanerie. Nous ne traiterons pas des mdicamens qu'on tire de l'Inde, de l'Arabie et des autres climats trangers. Nous n'approuvons pas les remdes qui viennent de si loin : ils ne sont pas faits pour nous , pas mme pour 96 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. ne illis quldem, alioqui non venderent. Odorum causa, unguentorumque, et deliciarum, si placet, etiam super- stitionis gratia emantur , quoniam thure supplicamus et costo. Salutem quidem sine istis posse constare , vel ob id probabimus, ut tanto magis sui delicias pudeat. Medicinae ex frugibus. Siligine, i. Tritico, i. Palea, ii. Farre, i. Furfuribus, i. Olyra, arinca, ii. LVII. 2^. Sed medicinas e floribus coronamentisque et hortensiis , quoique manduntur herbis , prosecuti , quonam modo frugum omittimus? Nimirum et bas in- dicare conveniat. In primis sapientissima animaHuni esse constat, quse fruge vescantur. Siliginis grana com- busta, et trita in vino amineo, ocubs iUita epiphoras sedant : tritici vero ferro combusta iis, quae frigus usse- rit, praesentaneo sunt remedio. Farina tritici ex aceto cocta , nervorum contractionibus : cum rosaceo vero et fico sicca, myxisque decoctis, furfures tonsiUis fauci- busqu gargarizatione prosunt. Sextus Pomponius prae- torii viri pater, Hispani Citerions princeps , quum horreis suis ventilandis praesideret , correptus dolore podagrae , mersit in triticuni sese super genua : leva- tusque siccatis pedibus mirabilem in niodum, hoc postea HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 97 ceux dans le pays desquels ils naissent , autrement ils ne s'en dferaient pas en faveur des trangers. Qu'on les achte, si l'on veut, titre d'essences et de par- fums ; qu'on les fasse servir aux dlices de la vie , ou mme pour l'appareil superstitieux des sacrifices, puis- qu'on implore les dieux en brlant le costus et l'encens; mais nous prouverons qu'ils sont inutiles la sant, ne ft-ce que pour faire rougir le luxe de sa mollesse et de sa frivolit. Remdes tirs des grains. Du siligo, i. Du froment, i. Del paille , 2. Du far, i. Du son, i. De l'olyra ou arinca, a. 'm LVII. 26. Aprs avoir indiqu les vertus mdicinales des fleurs , des herbes qui servent aux couronnes , des plantes comestibles et potagres , pourrions-nous passer sous silence les remdes que fournissent les bls? C'est un devoir d'examiner , sous ce rapport , les crales , aliment principal du plus sage des animaux. Les grains du siligo, rtis, pulvriss, et appliqus avec du vin aminen , apaise les fluxions des yeux. Les grains du froment , rtis sur une plaque de fer, s'appliquent avec succs sur les parties geles par la violence du froid. La farine de ce bl, cuite dans le vinaigre, est bonne pour les contractions de nerfs; le son, employ en gar- garisme, aprs avoir bouilli dans de l'huile rosat avec des figues sches et des sbestes , est utile pour les inflammations de la gorge et des amygdales. Sextus Pomponius , qui tenait le premier rang dans l'Espagne Citrieure, et dont le fils a t prteur, tant un jour occup faire vanner ses grains, fut saisi d'une vio- lente attaque de goutte : il s'enfona jusqu'au dessus XIV. 7 98 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. remedio usus est. Vis tanta est , ut cados plenos siccet, Paleam quoque tritici , vel hordei , calidam imponi ra- micum incommodis expert! jubent, quaque decoctae sunt aqua foveri. Est et in farre vermiculus teredini similis : quo cavis dentium cera incluso, cadere vitiati dicuntur, etiam si fricentur. Olyram , arincam diximus vocari. Hac decocta ft medicamentum , quod vEgyptii atheram vocant , infantibus utilissimum : sed et adultos illi- nunt eo. E farina per gnera : niedicinae xxviii. LVIII. Farina ex hordeo et cruda et decocta colle- ctiones, impetusque discutit, lenit, concoquitque. De- coquitur alias in mulsa aqua aut fico sicca. Jocineris doloribus cum posca concoqui opus est , aut cum vino. Quum vero inter coquendum discutiendumque cura est, tune in aceto melius, aut in faece aceti, aut in cotoneis, pirisve decoctis. Ad multipedarum morsus cum melle : ad serpentium , in aceto : et contra suppurantia , ad extrahendas suppurationes , ex posca , addita rsina et ^alla. Ad concoctiones vero, et ulcra vetera, cum re- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 9g des genoux dans un tas de bl , et l'humeur qui s'tait porte sur les jambes tant subitement dessche , il se trouva soulag, et ne recourut dans la suite qu' ce seul remde. La vertu dessiccative du bl est si grande , qu'il peut tarir des tonneaux de liqueur. La paille du froment et de l'orge, applique chaude, est un remde prouv pour les hernies. L'eau dans laquelle on l'a fait bouillir est employe en fomentation. On trouve dans le jar un ver semblable au trdon. On lui attribue la vertu de faire tomber les dents gtes ; on l'introduit , enve- lopp avec de la cire, dans le trou de la carie, ou bien mme on se contente d'en frotter la dent malade. Uolyra , appel aussi arinca, comme nous l'avons dit ailleurs, donne une sorte de bouillie trs-bonne pour les enfans. Les Egyptiens l'appellent athera ; ils en font aussi des cataplasmes pour les adultes. De diverses espces de farines; remdes, 28. LVIII. La farine d'orge , crue ou cuite , apaise les inflammations, amollit et fait aboutir les abcs : quelque- fois aussi on la fait cuire dans de l'eau mielle ou avec des figues scli^es. Pour les maladies du foie , on doit la faire cuire dans du vin ou de l'oxycrat. Si l'on veut mrir et faire aboutir un abcs, il est plus propos de l'em- ployer cuite avec de la lie de vinaigre , ou du vinaigre mme , ou bien avec des coings ou des poires. Avec du miel , elle remdie la morsure des chenilles veni- meuses ; avec du vinaigre , la morsure des serpens ; avec de l'oxycrat, de la rsine et de la noix de galle, elle mrit les abcs et les fait suppurer ; avec la rsine seule , elle fait aboutir les abcs et gurit les ulcres loo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. sina. Ad duritias cum fimo columbarum, aut fico sicca, aut cinere. Ad nervorum inflammationes, aut intestlno- rum , vel laterum , vel virilium dolores , cum papavere aut meliloto, et quoties ab ossibus caro recedit. Ad strumas cum pice et impubis pueri urina, cum oleo. Cum graeco feno contra tumores praecordiorum , vel in febribus cum melle vel adipe vetusto. Siippuratis triticea farina multo lenior. Nervis cum hyoscyami succo illinitur : ex aceto et melle, lentigini. Ze , ex qua alicam fieri diximus , efficacior etiam hor- deacea videtur : trimestris, moliior. Ex vino rubro ad scorpionum ictus tepida, et sanguinem exscreantibus : item arteriae. Tussi cum caprino sebo , aut butyro. Ex feno graeco mollissima omnium. Ulcra manantia sanat, et furfures corporis, stomachi dolores, pedes et mam- mas cum vino et nitro cocta. ^rina magis ceteris pur- gat ulcra vetera, et gangraenas : cum raphano et sale et aceto , lichenas : lepras cum sulphure vivo : et capitis dolores cum adipe anserino imposita fronti. Strumas et panos coquit, cum fimo columbino et lini semine de- cocta in vino. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL loi invtrs; avec de la fiente de pigeon , des figues sches ou de la cendre , elle rsout les tumeurs dures ; avec le pavot ou le mlilot, elle est bonne pour les inflammations des nerfs et des intestins , pour les douleurs des cts et des parties gnitales, et pour les cas o la chair se spare des os. On l'applique, avec de la poix, de l'huile et de l'urine d'enfant, sur les crouelles; avec du fenu- giec , sur les tumeurs des parties nobles ; ou avec du miel et de la vieille graisse , s'il y a de la fivre. La farine de froment fait mrir plus doucement les abcs. On l'applique avec du suc de jusquiame pour les maladies de nerfs ; avec du vinaigre et du miel , pour les taches de rousseur. La farine de zea, dont on fait Vaica , a plus de vertu que la farine d'orge ; celle du bl de trois mois (bl de mars) agit avec moins de force. On l'emploie tide, avec du vin rouge, pour les piqres des sorpions, pour les crachemens de sang et les maux de gorge ; et avec du beurre ou du suif de chvre, pour la toux. La farine du fenugrec est la plus douce de toutes. Cuite avec du vin et du nitre , elle gurit les ulcres humides, les douleurs de l'estomac, des pieds, des mamelles, et les dartres farineuses. I^a farine A^aira ( ivraie) est la plus efficace pour dterger les ulcres inv- trs et les chairs gangrenes. Avec du sel , du vinaigre et des raiforts , elle s'applique sur les dartres ; et avec du soufre vif, sur la lpre. Mise sur le front avec de la graisse d'oie , elle calme les douleurs de tte. Cuite dans du vin avec de la fiente de pigeon et de la graine de lin , elle rsout les crouelles et les tumeurs rysip- lateuses. I02 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. E polenta, viii. LIX. De polentae generibus in frugum loco satis dixi- mus , locorum ratione. A farina hordei distat eo quod torretur, ob id stomacho utilis. Alvum sistit, impetusque rubicundi tumoris. Et oculis illinitur, et capitis dolori cum menta , aut alia rfrigrante herba. Item pernioni- bus et serpentium plagis : item ambustis ex vino. Inhibet quoque pusulas. E polline , v. Pulte, i. Farina chartaria , i. LX. Farina in pollinem subacta , vim extrahendi hu- moris habet : ideo et cruore suffusis in fascias usque sanguinem perducit : efficacius in sapa. Imponitur et pedum callo, clavisque. Nam cum oleo vetere ac pice decocto polline , condylomata , et alia omnia sedis vitia , quam maxime calido mirabilem in modum curantur. Pulte corpus augetur. Farina , qua chartae glutinan- tur, sanguinem exscreantibus dalur tepida sorbenda eficaciter. Ex aUca, vi. LXI. Alica res romana est, et non pridem excogi- tata : alioqui non ptisanae potius laudes scripsissent HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. io3 De la polenta ( gruau ) , 8. LIX. En traitant des crales , nous avons parl du gruau , et des diffrentes manires de le prparer en diffrens pays. Le gruau n'est que de la farine d'orge qu'on a fait rtir; c'est ainsi qu'elle devient utile l'es- tomac. 11 arrte le flux de ventre et gurit les tumeurs inflammatoires. On l'applique sur les yeux malades, et, avec de la menthe ou quelque autre plante rafrachissante, pour calmer le mal de tte. C'est un bon topique pour les engelures, pour la morsure des serpens, et, avec du vin , pour les brlures. Il empche aussi l'ruption des boutons. Du pollen , 5. De la bouillie , i. De la farine qui sert eoUer le papyrus, i. LX. La fleur de farine , en pte , attire les humeurs au dehors. Applique sur les meurtrissures , elle en fait sortir le sang de telle smte, que les bandages en sont pntrs. Elle est encore plus efficace employe avec du vin cuit. On en fait des empltres pour les durillons et les cors aux pieds. Cuite avec de la vieille huile et de la poix , et applique le plus chaudement possible , c'est un remde excellent pour les condylomes, et toutes les autres maladies de l'anus. La bouillie engraisse , et la pte qui sert coller le papier, prise un peu chaude, est bonne pour l'hmoptysie. De l'alica , 6. LXI. l^alica est un mets particulier aux Romains , et qui n'a t invent que depuis pci! j autrement, les Grecs 104 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Graeci. Nondum arbitrer Pompeii Magrii aetate in iisu fuisse, et ideo vix quidquam de ea scriptum ab Ascle- piadis schola. Esse quidem eximie utilem nemo dubitat, sive eluta detur ex aqua mulsa , sive in sorbitiones de- cocta, sive in pultem. Eadem in alvo sistenda torre- tur : dein favorum cera coquitur , ut supra diximus. PecuHariter tamen longo morbo ad tabitudinem redactis subvenit, ternis ejus cyaihis in sextarium aquae sensim decoctis, donec omnis aqua consumatur. Postea sexta- rio lactis ovilli aut caprini addito per continues dies , mox adjecto melle. Tali sorbitionis gnre emendantur syntaxes. E milio , VI. LXII. Milio sistitur alvus, discutiuntur termina, in quem usum torretur an te. Nervorum doloribus, et aliis, fervens in sacco imponitur : neque aliud utilius : quo- niam levissimum mollissimumque est, et caloris capa- cissiinum. Itaque talis usus ejus est ad omnia, quibus calor profuturus est. Farina ejus cum pice liquida , ser- pentium et multipedse plagis imponitur. E panico, iv. LXIII. Panicum Diodes medicus mel frugum ap- pellavit. Effectus habet, quos niilium. In vino potum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. io5 l'eussent vante prfrablement l'orge mond , ou pti- sana. Je ne crois pas mme qu'elle ft connue du temps de Pompe, car peine en est-il fait mention dans les crits de l'cole d'Asclpiade. Tout le monde convient qu'elle est trs-salutaire prise en crme, ou dans de l'eau miel- le, ou en bouillie. Rtie, elle arrte le cours de ventre; ou bien , comme nous l'avons dit plus haut , on la fait cuire avec des rayons de miel ; mais elle convient par- ticulirement dans la disposition au marasme la suite d'une longue maladie. On en fait cuire trois cyathes , petit feu , dans un setier d'eau , jusqu' ce que l'eau soit toute consomme. On y ajoute ensuite un setier de lait de chvre ou de brebis , avec du miel ; cette espce de potage , continue plusieurs jours de suite , remdie l'puisement et rappelle les forces. Du mlium ( pans ? ) , 6. LXII. Le milium rti gurit la colique et la diarrhe ; on l'applique chaud, dans un sachet, pour les douleurs, et particulirement pour celles des nerfs : c'est le meil- leur topique en pareil cas , car il est extrmement mou et lger, et conserve long-temps sa chaleur : aussi l'em- ploie-t-on dans toutes les occasions oii il est besoin d'- chauffer la partie afflige, La farine de milium s'applique, avec de la poix liquide, sur la morsure des serpens et des chenilles venimeuses. Du panicum (mlUet?), 4. LXIII. l^e panicum y que le mdecin Diocls appelle le miel des bls, a les mmes proprits que le milium. io6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. prodest dyseutericis. Similiter his quae vaporanda sunt , excalfactum imponitur. Sistit alvum in lact caprino decoctum , et bis die haustum : sic prodest et ad tormina. E sesama, vu. Sesamoide, m. Anticyrico, iv. LXIV. Sesama trita in vino sumpta , inhibet vomi- tiones. Aurium inflammationi illinitur , et ambustis. Eadem effcit, et dum in herba est. Hoc amplius, ociilis imponitur decocta in vino. Stomacho inutilis cibus , et animse gravitatem facit. Stellionum morsibus resistit. Item ulceribus, quae cacoethe vocant, et auribus, oleum, quod ex ea fit, prodesse diximus. Sesamoides a similitudine nomen accepit, grano amaro , folio minore. Nascitur in glareosis. Detrahit bilem in aqua potum. Semen illinitur igni sacro : discu- tit panos. Est etiamnum aliud sesamoides Anticyr nascens, quod ideo aliqui Anticyricon vocant : cetera simile erigeronti herb , de qua suo dicemus loco : grano sesamae. Datur in vino dulci ad detractiones , quantum tribus digitis capitur, miscentque ellebori albi unum et dimidium obolum , purgationem eam adhi- bentes , maxime insaniae melancholic , comitialibus , podagris. Et per se drachmae pondre exinanit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 107 Pris dans du vin , il est bon pour la dysenterie. On l'ap- plique chaud , de la mme manire , sur les parties o l'on veut exciter la transpiration. Bu deux fois par jour, cuit dans du lait de chvre, il gurit le flux de ventre et les tranches. Du ssame , 7. Du sesamoides , 3. De l'anticyrique , 4- LXIV. Le ssame , broy et pris dans du vin , arrte le vomissement. On l'applique sur les inflammations^ des oreilles et sur les brlures. Il produit les mmes effets n'tant qu'en herbe; mais cette herbe, cuite dans du vin , gurit de plus les maladies des yeux. Du reste , le ssame est indigeste et gne la respiration. Il est ordonn contre la morsure des lzards, contre les ulcres malins appels cacoethe par les Grecs. L'huile de ssame, comme nous l'avons dj dit , est bonne pour les maux d'oreille. Le sesamoides doit son nom sa ressemblance avec le ssame; ses feuilles sont plus petites et sa graine amre. Il crot dans les lieux pierreux. Pris dans de l'eau , il vacue la bile. On applique sa graine sur les rysiples et sur les tumeurs inflammatoires. 11 y a une autre espce de sesamoides qui crot dans l'le d'Anticyre , et qu'on appelle par cette raison anticyrique. C'est une plante semblable Verigeron , dont nous parlerons en son lieu. Sa graine est celle du ssame. On en fait prendre une pince dans du vin doux pour purger par en haut. On l'ordonne la mme dose , avec une obole et demie d'el- lbore, pour la mlancolie, l'pilepsie et la goutte. Cette mme graine seule , au poids d'une drachme , purge par en bas. io8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Ex hordeo, ix. Hordeo murino, m. LXV. Hordeum optimum , quod candidisslmum. Suc- cus decocti in aqua clesti digeritur in pastilles, ut in- fundatur exulceratis interaneis et vulvis. Cinis ejus am- bustis illinitur , et carnibus quae recedunt ab ossibus , et eruptionibus pituitae , mris aranei morsibus. Idem adsperso sale ac melle , candorem dentibus , et suavi- tatem oris facit. Eos qui pane hordeaceo utuntur , morbo pedum tentari negant. Novem granis si furun- culuhi quis circumducat , singulis ter , manu sinistra , et omnia in ignem abjiciat , confestim sanari aiunt. Est et herba phnicea appellata Graecis , nostris vero hordeum murinum. Hc trita e vino pota prseclare ciet menses. E ptisana, iv. LXVI. Ptisanae, quae ex hordeo fit, laudes uno vo- lumine condidit Hippocrates, quae nunc omnes in ali- cam transeunt. Contra quanto innocentior alica ? Hip- pocrates tamen sorbitionis gratia laudavit , quoniam lubrica ex facili hauriretur , quoniam sitim arceret , quoniam in alvo non intumesceret , quoniam facile redderetur, et adsuetis hic solus cibus in febri bis die possit dari : tantum remotus ab istis , qui medicinam fam exercent. Sorbitionem tamen dari totam vetuit , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIL 109 De l'orge , 9. De l'hordeum murinum , 3. LXy. L'orge la plus blanche est la meilleure. Avec le suc d'orge , cuit dans de l'eau de pluie , on forme des trochisques qui s'emploient en injections pour les ul- cres des intestins et de la vulve. La cendre d'orge s'ap- plique sur les brlures , sur les chairs qui se sparent des os, sur les ruptions phlegmatiques et sur la mor- sure des musaraignes. Mle avec du sel et du miel , elle blanchit les dents et rend l'haleine douce. On prtend que ceux qui se nourrissent de pain d'orge n'ont jamais mal aux pieds. Si l'on prend neuf grains d'orge, et qu'on cerne un furoncle trois fois avec chaque grain de la main gauche, et qu'ensuite on les jette tous au feu, on se trouve, dit-on , guri sur-le-champ. On connat une autre plante nomme par les Grecs phnicea, et par les Latins hordeum murinum, qui, broye et prise dans du vin , est trs-bonne pour provoquer le flux menstruel. De la ptisana , 4- LXVL Les vertus de l'orge inonA , ou ptisana , ont fourni Hippocrate le sujet d'un volume entier. Au- jourd'hui on prfre l'alica, qui est en effet beaucoup plus salutaire. Cependant Hippocrate recommande l'orge mond comme une potion qui glisse et coule lgre- ment, qui apaise la soif, qui ne gonfle point le ventre, passe facilement , et peut se donner dans la fivre deux fois par jour, pour toute nourriture, aux personnes qui ont l'habitude d'en faire usage : tant sa mthode est op- pose celle des mdecins qui ont pour maxime d'af- famer leurs malades! Nanmoins il n'entend pas qu'on no C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. alludvc quam succum ptisanse. Item quamdiu pedes frigidi essent, tune quidem nec potionem dandam. Fit et ex trilico glutinosior, arteriaeque exulceratae utilior. Ex amylo , vin. Avena , i. LXVII. Amylon hebetat oculos , guise inutile , contra quam creditur. Item sistit alvum , epiphoras oculorum inhibet, et ulcra sanat : item pusulas, et fluxlones san- guinis. Gnas duras emoUit. Datur cum ovo his qui sanguinem rejecerint. In vesicse vero dolore, semuncia amyli cum ovo , et passi tribus ovis sufFervefacta , a balineo. Quin et avenacea farina decocta in aceto nsevos tollit. E pane, xxi. LXVIII. Panis hic ipse, quo vivitur, innumeras pne continet medicinas. Ex aqua et oleo aut rosaceo mollit collectiones , ex aqua mulsa duritias valde mitigat. Da- tur et ex vino ad discutienda quse praestringi opus sit , et si magis etiamnum , ex aceto , adversus acutas pituitae fluxiones , quas Grci rheumatismos vocant : item ad percussa, luxata. Ad omnia autem haec fermentatus, qui vocatur autopyros , utilior. Illinitur et paronychiis , et callo pedum in aceto. Vtus airt nauticus panis tusus, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. m prenne l'orge mme , mais seulement le suc en dcoc- tion ; encore ne le permet-il qu'autant que les pieds ne sont pas froids. On fait aussi une sorte de ptisana avec le froment mond; elle est plus mucilagineuse, et con- vient mieux dans les ulcres de la gorge et des bronches. De l'amidon , 8. De l'avoine, i. LXVII. L'amidon affaiblit la vue; il est nuisible l'estomac, malgr l'opinion contraire; mais il arrte le cours de ventre , apaise les fluxions des yeux , et gurit les ulcres, les pustules , les ruptions phlegmoneuses et l'engorgement des paupires. On le donne dans un uf ceux qui vomissent le sang. Pour les douleurs de la vessie, on le prescrit au poids d'une demi-once, un peu chauff , avec un uf et autant de vin cuit que trois coquilles d'uf peuvent en contenir. Quant la farine d'avoine, on la fait cuire dans du vinaigre pour effacer les taches du visage. Du pain , 21. LXVIII. Le pain mme que l'on mange ordinaire- ment a une foule de proprits. Appliqu avec de l'eau , de l'huile simple ou de l'huile rosat, il amollit les abcs ; et avec de l'eau mielle , les tumeurs dures , dont il calme la douleur. On l'ordonne avec du vin pour arrter les fluxions ; ou avec du vinaigre , lorsqu'il est besoin de plus d'activit , comme dans les dbordemens violens de pituite, appels par les Grecs catarrhes. Il est bon encore pour les coups et les luxations. Le pain fait avec du levain, et qu'on appelle autopjros y est le meilleur pour tous les cas prcits. On l'applique avec du vinaigre lia C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. atque iterum coctus , sistit alvuni. Vocis studiosis , et contra distillationes , siccum esse primo cibo , utilissi- mum est. Sitanius (hoc est, e trimestri) incussa in facie, aut desquamata , cum melle aptisslme curt. Candidus aegris , aqua calida frigidave madefactus , levissimum cibum prbet. Oculorum tumori ex vino imponitur. Sic et pusulis capitis, aut adjecta arida myrto. Tremulis panem ex aqua esse jejunis statim a balineis demonstrant. Quin et gravitatem odorum in cubiculis ustus emendat ; et vini, in saccos additus. E faba , xvi. LXIX. Auxiliatur et faba. Namque solida fricta , fer- vensque in acre acetum conjecta , torminibus medetur. In cibo fressa , et cum allio cocta , contra deploratas tusses , suppurationesque pectorum , quotidiano cibo su- mitur : et commanducata jejuno ore, etiam ad furuncu- los maturandos discutiendosve imponitur : et in vino decocta, ad testium tumores, et genitalium. Lomento quoque ex aceto decocto , tumores maturat atque aperit : item livoribus, combustis medetur. Voci eam prodesse, auctor est M. Varro. Fabalium etiam siliquarumque cinis, ad coxendices, et ad nervorum veteres dolores HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. ii3 sur les panaris et les cors aux pieds. Le pain dur, ou le biscuit des matelots , pil et cuit de nouveau , arrte le cours de ventre. Le pain sec, mang jeun, est trs- bon pour la voix et contre les rhumes de cerveau. Le pain appel sitanius , fait avec du bl de trois mois , appliqu avec du miel , remdie efficacement aux meur- trissures et aux dartres farineuses du visage. Le pain blanc, dtremp dans de l'eau froide ou chaude, est un aliment fort lger qui convient aux malades. On l'ap- plique avec du vin pour les enflures des yeux : de cette manire encore , il est bon pour les pustules de la tte : on y ajoute aussi du myrte sec. On prescrit le pain tremp dans l'eau , et pris au sortir du bain , jeun , pour les tremblemens des membres. Brl dans une chambre, il en chasse le mauvais air; et, mis dans la toile oi on passe les vins , il en corrige le mauvais got. De la fve , i6. LXIX. Les fves offrent aussi des remdes utiles. Fri- casses tout entires, et jetes chaudes dans de fort vi- naigre , elles gurissent les tranches. Concasses et cuites avec de l'ail , elles sont bonnes pour les maladies de poitrine; on les prend chaque jour, prpares de cette manire, pour les toux chroniques. Mches jeun et appliques sur les furoncles, elles les mrissent et les font aboutir. Cuites dans du vin , elles sont bonnes pour les tumeurs de la verge et des testicules. La fa- rine de fves, cuite dans du vinaigre, fait mrir et per- cer les abcs, et gurit les meurtrissures et les brlures. Selon Varron, elles claircissent et fortifient la voix. La cendre des tiges , des feuilles et des gousses , avec de la XIV. 8 Il/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. cum adipis sullli vetustate prodest. Et ,per se cortices decoeti ad tertias sistunt alvum. Ex lente , xvii. LXX. Lens optima, quae facillime coquitur, et ea quse maxime aquam absorbet. Aciem quidem oculorum obtundit, et stomachum inflat, sed alvum sistit in cibo, magisque discocta caelesti aqua : eadem solvit, minus percocta. Pusulas ulcerum rumpit, eaque quae intra os sunt , purgat et adstringit. CoUectiones omnes imposita sedat , maximeque exulceratas et rimosas. Oculorum au- lem epiphoras cum meliloto, aut cotoneo. Contra sup-, purantia cum polenta imponitur. Decoct succus ad oris exulcerationes et genitalium adhibetur : ad sedem, cum rosaceo aut cotoneo. In bis , quae acrius remedium exigant , cum putamine punici , melle modico adjecto. Ad id ^jji'}!> De l'elelisphacos , sphacos ou sauge, i3. , - , ,; LXXI. La plante que les Grecs appellent elelispha- cos, ou sphacos, est une espce de lentille sauvage; elle est plus lgre que la cultive , et a les feuilles plus petites , plus sches et plus odorantes. Il y a encore ii8 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXII. habet cotonei niali effigie , sed minora et candida , quee cum ramis decoquuntur. Menses ciet , et urinas : et pa- stinacae ictus sanat. Torporem autem obducit percusso loco. Bibitur cum absinthio ad dysenteriam. Cum vino eadem commorantes menses trahit : abundantes sistit decocto ejus poto. Per se imposita herba vulnerum san- guinem coliihet. Sanat et serpentium morsus. Et si in vino decoquatur, pruritus testium sedat. Nostri, qui nunc sunt, herbarii elelisphacon graece, latine salviam vocaat , mentae similem , canam , odoratam. Partus emortuos ea adposita extrahunt : item vermes aurium ulcerumque. E cicere , et cicercula , xxiii. LXXn. Cicer et silvestre est , foliis sativo simile , odore gravi. Si largius sumatur, alvus solvitur, et infla- tio contraliitur, et toi'mina. Tostum salubrius habetur. Cicercula etiamnum magis in alvo proficit. Farina utriusque ulcra manantia capitis sanat, efficacius sil- vestris. Item comitiales , et jocinerum tumores , et ser- pentium ictus. Ciet menses et urinas, grano maxime. Emeiidat et liclienas, et testium iuflammationes, regium morbum , hydropicos. Ldunt omnia hc gnera exul- ceratam vesicam , et rens. Cangrnis utiliora cum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 119 une autre herbe de ce nom, plus sauvage que la prc- dente ; son odeur est forte : elle est plus douce nan- moins que l'autre. Ses feuilles ressemblent celles du cognassier, mais elles sont plus blanches et plus pe- tites. On les fait cuire avec leurs rameaux. Cette plante provoque les mois et les urines ; elle gurit la piqre du pastinaca , et engourdit la douleur de la partie blesse. En breuvage avec de l'absinthe, elle gurit la dysenterie; avec du vin, elle pousse les rgles; mais sa dcoction les arrte , si elles sont trop abondantes. Applique seule, elle tanche le sang des plaies et gurit la morsure des serpens. Cuite dans du vin , elle apaise les dmangeaisons des testicules. L'elelisphacos des Grecs est appele par les Latins saluia. C'est une herbe sem- blable la menthe , ple et aromatique. Employe l'extrieur, elle fait sortir le ftus mort de la matrice , et chasse les vers qui s'engendrent dans les oreilles et les ulcres. Du cicer et du cicercula , 28. LXXII. On connat aussi un cicer sauvage ; ses feuilles , semblables celles du cicer cultiv , ont une odeur forte. Pris en certaine quantit, il lche le ventre et cause des gonflemens et des tranches. On prtend qu'il vaut mieux rti. Le cicercula est meilleur pour le ventre. La farine de l'une et de l'autre espce gurit les ulcres humides de la tte ; cependant la farine du cicer sauvage est prfrable. Cette farine est un bon re- mde pour l'pilepsie, pour les tumeurs du foie et pour la morsure des serpens. Le cicer provoque les mois et les urines; pour cet effet, on emploie surtout le grain. Il est bon pour les dartres , les inflammations des tesli- I20 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. melle, et his quae cacoethe vocantur. Verrucaruin in omni gnre prima luna singulis granis singulas tan- gunt, eaque grana in linteolo deligata post se abjiciunt, ita fugari vitium arbitrantes. Nostri prcipiunt arieti- nura in aqua cum sale discoquere, ex eo bibere cyathos binos in difficultatibus urinoe. Sic et calculos pellit , morbumque regium. Ejusdem foliis sarmentisque de- coctis, aqua quam maxime calida morbos pedum mollit ^ et ipsum calidum tritumque illitum. Columbini decocti aqua , horrorem tertianae et quartanae minuere creditur. Nigrura autem cum gallae dimidio tritum , oculorum ulceribus ex passo medetur. Ex ervo, xx. LXXIII. De ervo qudam in mentione ejus diximus : uec potentiam ei minorem veteres , quam brassicae tri- buere. Contra serpentium ictus ex aceto , ad crocodilo- rum hominumque morsum. Si quis ervum quotidie je- junus edat , lienem ejus absumi certissimi auctores adfirmant. Farina ejus varos , sed et maculas toto cor- pore emendat. Serpere ulcra non pattur : in mammis efficacissimum. Carbunculos rumpit ex vino. Uriu dif- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 121 cules , la jaunisse et l'hydropisie ; mais toutes les espces nuisent aux reins et la vessie, quand ces viscres sont ulcrs. Appliques avec du miel, elles gurissent les ul- cres malins et arrtent la gangrne. Pour faire tomber les verrues , quelques-uns , la premire lune , touchent d'un grain de cicer chaque verrue; puis ils mettent ces grains dans un nouet de linge qu'ils jettent derrire eux , persuads qu'ils seront bientt guris. Selon les auteurs latins , le cicer arietinum , cuit dans de l'eau avec du sel , et pris la dose de deux cyathes, gurit la strangurie et la jaunisse , et expulse les calculs de la vessie. La dcoction des feuilles et des tiges, employe en fomentations le plus chaudement possible, ou le cicer mme, cras et appliqu tout chaud, est un remde excellent pour les douleurs des pieds. La dcoction du cicer columbinum apaise les frissons dans la fivre-tierce et dans la fivre-quarte. Le cicer nigrum , broy avec la moiti d'une noix de galle , et appliqu avec du vin cuit , gurit les ulcres des yeux. De l'ers, 20. LXXIIL En traitant de l'ers , nous avons indiqu quelques-unes de ses proprits. Les anciens prtendent qu'elles ne cdent en rien celles du chou. On l'ap- plique avec du vinaigre sur les morsures des hommes , des serpens et des crocodiles. Suivant quelques auteurs dun grand poids, l'ers, mang tous les jours jeun, consume insensiblement la rate. Sa farine fait dispa- ratre les taches de la peau sur le visage et sur tout le reste du corps. L'ers arrte les progrs des ulcres ; il est excellent pour les tumeurs des mamelles. Appli- 112 C. PLmn fflST. NAT. LIB.XXII. ficultates, inflationem, vitia jocineris, tenesmon, et quae cibum non sentiunt , atroplia appellata , tostum , et in nucis avellan magnitudinein melle collectum devora- tumque corrigit : item impetigines , ex aceto coctum et quarto die solutum. Panos in melle impositum suppu- rare prohibet. Aqua decocti perniones et pruritus sanat fovendo. Quin et unverso corpori , si quis quotidic jejunus biberit, meliorera fieri colorem existimant. Cibis idem hominis alienum. Vomitiones movet, alrum lur- bat, capiti et stomacho onerosum. Genua quoque de- gravat. Sed madefactum plmibus diebus , mitescit , bubus jumentisque utilissimum. Siliquae ejus virides , prias quam indurescant , cum siio caule foliisque con tritae , capillos nigro colore inficiunt. Ex lupino , xxv. fi." LXXIV. Lupini quoque silvestres sunt, omni modo minores sativis , pi*aeterquam amaritudine. Ex omnibus quae eduntur, sicco nulli minus pouderis est, nec plus utilitatis. Mitescunt cinere aut aqua calidis. Colorem hominis fi^uentiores in cibo exhilarnt : amari contra aspidas valent. Ulcra atra, aridi decorticatique triti, supposito linteolo^ad vivum corpus redigunt. Strumas, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. laS que avec du vin , il mrit les abcs appels anthrax ou charbons. Rti , et pris dans du miel la grosseur d'une aveline, il est utile pour la strangurie, les flaluo- sits , le tnesme , les maladies du foie et l'atrophie , qui ne permet pas que les alimens profitent , et prive le corps de tout suc nourricier. Pour les dartres, on l'applique cuit dans le vinaigre , et l'on n'enlve le ca- taplasme qu'au bout de quatre jours. Appliqu avec du miel , il prvient la suppuration des tumeurs in- flammatoires. Sa dcoction , employe en fomentation , gurit les engelures et les dmangeaisons. Si l'on en boit jeun tous les jours , elle donne la peau plus d'clat et de fracheur. Mais ce lgume est une nourriture peu saine , car il excite le vomissement, drange le ventre, appesantit la tte , charge l'estomac et affaiblit les jambes. En le faisant tremper quelques jours dans l'eau , il perd ces mauvaises qualits , et devient excel- lent pour les bufs et toutes les btes de somme. Le suc des gousses de l'ers , broyes toutes vertes avec la tige et les feuilles , teint les cheveux en noir. Du lupin, 35. LXXIV. Les lupins sauvages sont tous gards plus petits que les lupins cultivs, mais ils ont la mme amertume. Ce lgume, tant sec, est de tous les ali- mens le plus lger et le plus sain : il s'adoucit sur les cendres chaudes ou dans l'eau bouillante. Quand on mange souvent des lupins , ils rendent le teint vif et agrable. Ceux qui sont amers remdient la morsure des aspics. Les lupins secs , dpouills de leur corcc et piles, s'appliquent, avec un morceau de linge, sur ia4 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXII. parotidas, in aceto cocti discutiunt. Succus decoctoruin cum ruta et pipere , vel in febri datur ad ventris ani- malia pellenda , minoribus triginla annorum : pueris vero impositi, in ventrem jejunis prosunt. Et alio g- nre tosti , et in defruto poti , vel ex melle sumpti. lidem aviditatem cibi faciunt , fastidium detrahunt. Fa- rina eorum aceto subacta, papulas pruritusque in bali- neis illita cohibet , et per se siccat ulcra. Livores eraen- dat : inflammationes cum polenta sedat. Silvestrium efficacior vis est contra coxendicura et lumborum debi- litatem. Ex iisdem decocta lentigines , et foventium cutem corrigunt : si vero ad mellis crassitudinem de- coquanlur vel sativi, vitiligines nigras et lepras emen- dant. Sativi quoque rumpunt carbunculos impositi : panos et strumas minuunt , aut maturant , cocti ex aceto : cicatricibus candidum colorera reddunt. Si vero caelesti aqua discoquantur, succus ille smegma fit : quo fovere gangraenas, eruptiones pituitae, ulcra manantia, utilissimum. Expedit ad lienem bibere, et cum melle menstruis haerentibus. Lieni crudi cum fico sicca triti ex aceto imponuntur. Radix quoque in aqua decocta, urinas pellit. Medentur pecori cum chamaeleone herba decocti , aqua in potuni HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. laS les ulcres noirtres , pour les mondifer et faire revivre les chairs. Cuits dans le vinaigre, ils rsolvent les pa- rotides et les crouelles. La dcoction de lupins, bouillis avec de la rue et du poivre , est un bon vermifuge , qu'on prend mme pendant la fivre, si l'on a moins de trente ans ; on les applique en cataplasme sur le ventre des enfans, lorsqu'ils sont encore jeun. Les autres lupins s'emploient rtis, ou en potion dans du vin cuit, ou en bol avec du miel. Ce lgume chasse le dgot et ranime l'apptit. Sa farine , ptrie dans le vinaigre et applique dans le bain , gurit les boutons et apaise les dmangeaisons ; seule , elle fait scher les ulcres. Elle dissipe les traces livides des meurtrissures ; avec du gruau , elle apaise les inflammations. Les lupins sau- vages sont plus efficaces pour la faiblesse des reins et des lombes. Leur dcoction , employe en fomentations , nettoie la peau et efface les taches de rousseur. Les lu- pins de l'une et de l'autre espce , cuits jusqu' con- sistance de miel , font disparatre les taches noires de la peau et gurissent la lpre. Les lupins cultivs s'appli- quent avec succs pour faire aboutir les charbons. Cuits dans du vinaigre, ils dissipent ou mrissent les crouelles et les tumeurs rysiplateuses , et blanchissent les ci- catrices. Cuits dans de l'eau de pluie , ils donnent une liqueur savonneuse qui , employe en fomentations , est excellente pour la gangrne , les ruptions phlegmati- ques et les ulcres humides. On prescrit leur dcoction comme un bon remde pour les maladies de la rate; on y ajoute du miel pour la suppression des rgles. Pour les maux de rate , on les pile crus , et on les applique avec une figue sche et du vinaigre. La racine, bouillie dans l'eau , provoque les urines. Bouillis avec 126 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XXII. collata. Saiiant et scabiem quadrupedum omnium , iii amurca decocti, vel utroque liquore postea mixto. Fu- mus crematoriim culices necat. Ex irione , sive erysimo , quod Galli velam , xv. LXXV. Irionem inter friiges sesamae similem esse diximus, et a Graecis erysimon vocari : Galli velam appellant. Est autem fruticosum, foliis erucae, angustio- ribus paulo , semine nasturtii. Utilissimum tussientibus cum melle, et in thoracis purulentis exscreationibus. Datur et regio morbo, et lumborum vitiis, pleuritlcis, torminibus , cliacis. Illinitur vero parotidum et car- cinomatum malis. Testium ardoribus ex aqua , alias cum melle. Infantibus quoque utilissimum. Item sedis vitiis, et articulariis morbis, cum melle et fico. Contra venena etiam efficax potum. Medetur et suspiriosis , item fistulis, cum axungia veteri, ita ne intus addatur. Ex hormino, vi. LXXVI. Horminum semine (ut diximus) cumino si- mile est, cetero porro, dodrantali alfitudine. Duorum generum : alteri semen nigrius, et oblongum. Hoc ad Ven^rem stimulandam, et ad oculorum argema et albu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 147 la plante dite camlon, ils sont salutaires aux bestiaux qui en boivent la dcoction. Les lupins cuits avec du marc d'huile , ou leur dcoction mle avec ce marc , guris- sent la gale de tous les animaux quatre pieds. La fume du lupin brl fait prir les cousins. De l'irion ou erysimum, en gaulois vla, i5. LXXV. En traitant des crales, nous avons dit que Virion tait semblable au ssame , et que les Grecs l'appelaient erysimon. Les Gaulois le nomment vla. Cette plante a le port d'un arbrisseau, les feuilles de la roquette, mais plus troites, et la graine du cresson. Avec du miel , c'est un excellent remde pour la toux et les crachemens purulens. On le prescrit aussi pour la jaunisse , les douleurs des lombes , la pleursie , les tranches et le flux de ventre. On l'applique sur les parotides et les chancres , et , avec de l'eau ou du miel , pour les inflammations des testicules. Il est par- ticulirement salutaire aux petits enfans. Avec du miel et des figues , il remdie aux maladies du sige et des articulations. En breuvage, il passe pour un bon an- tidote. 11 est bon pour l'asthme , et , avec de la vieille graisse, pour les fistules ; mais il ne doit pas entrer dans l'intrieur de la plaie. De rhorminum , 6. LXXVL Uhorminum , comme nous l'avons remar- qu, a la graine semblable celle du cumin; du reste, il ressemble au porreau et crot la hauteur de neuf pouces. Il y en a deux espces : l'une donne une graine noire et oblongue , qui passe pour aphrodisiaque, et 128 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. gines. Alteri canditlius semen et rotimdius. Utroque tuso cxtrahuntur aculei ex corpore, per se illito ex aqua : folia ex aceto imposita , panos per se vel cum raelle discutiunt : item furunculos, priusquam capita faciant, omncsque acrimonias. E lolio, V. LXXVII. Quin et ips frugum pestes in aliquo sunt usu. Infelix dictum est a Virgilio lolium. Hoc tamen molitum , ex aceto coctum , impositumque , sanat im- petigines , ceierius , quo spius mutatum est. Medetur et podagris, aliisque doloribus, ex oxymelite. Curatio hc a ceteris differt. Aceti sextario uno dilui mellis uncias duas justum est : ita temperatis sextariis tribus , decocta farina lolii sextariis duobus usque ad crassitudi- uem , calidumque ipsum imponi dolentibus membris. Eadem farina extrahit ossa fracta. miliaria herba, t. LXXVIII. Miliaria appellatur herba, qu necat mi- lium. Haec trita, et cornu cum vino infusa, podagras jumentorum dicitur sanare. HISTOIRE NATURELLE , UV. XXII. lag pour faire disparatre les taies des yeux et les taches de l'iris ; l'autre espce a la graine blanche et ronde. L'une et l'autre , piles et appliques avec de l'eau , font sortir des plaies tous les corps acrs qui y sont rests engags. Les feuilles, appliques avec du vinaigre ou du miel , dissipent les tumeurs inflammatoires , les furoncles avant que le bouton soit form , et toute esi- pce d'ruptions causes par des humeurs acres. De l'ivraie , 5. LXXVIL Les plantes ennemies des bls ont aussi leurs vertus mdicinales. L'ivraie est qualifie par Vir- gile d'herbe nuisible et malheureuse ; cependant sa graine moulue , cuite dans le vinaigre et applique sur les chauboulures, les gurit d'autant plus promptement, qu'on renouvelle plus souvent le cataplasme. Avec de l'oxymel, elle remdie la goutte et toutes les douleurs des membres. Dans ces derniers cas , voici la manire de la prparer : on dlaie deux onces de miel dans un setier de vinaigre , et on y jette deux setiers de farine d'ivraie; ce mlange, rduit la consistance du miel , s'applique tout chaud sur les parties affliges. Cette fa- rine fait encore sortir les esquilles des os fracturs. De l'herbe miliaire , i. LXXVIIL Le miliaria est une herbe qui touffe le millet. Broye et dtrempe dans du vin, on la fait avaler aux btes de somme au moyen d'une corne , lorsqu'on veut les gurir de la goutte. xiv. i3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. E bromo, i. LXXIX. Bromos semen est spicam ferentis herb . nascitur inter vitia segetivS , avenae gnre : folio et sti- pula triticum imitatur. In cacuminibus dependentes parviilas velut locustas habet. Semen utile ad catapla- smata, atque hordeum, et similia. Prodest tussientibus succus. Ex orobanche, sive cynomorio, i. LXXX. Orobanchen appellavimus necantem ervum et legumina : alii cynomorion eam appellant , a simili- tudine canini genitalis. Cauliculus est sine sanguine, foliis rubens. Estur et per se, et in patinis quum tenera est decocta. De leguminum bestiolis. LXXXI. Et leguminibus innascuntur bestiol vene- natae, qua manus pungunt, et periculum vitB adferunt, solipugarum generis. A.dversus bas omnia eadem medeu- tur, qu contra araneos et phalangia demonstrantur. Et frugum quidem haec sunt in usa medico. De zytho et cervisia. LXXXII. Ex iisdem fiunt et potus, zythuni in ^gypto, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXTI. i3i Du brome , i. LXXIX. Le bwmos est la graine d'une herbe portant pi, et qui crot parmi les bls, auxquels elle est trs- nuisible. C'est une espce d'avoine dont les feuilles et le chaume sont semblables ceux du froment. Elle porte son sommet quelques pillets inclins. Sa graine s'emploie en cataplasmes , comme celle de l'orge ou des autres crales. Son suc est bon pour la toux. De l'orobanche ou cynomorium, i. - LXXX. Uorobanche est une herbe qui touffe l'ers et les autres lgumes , comme nous l'avons dit ailleurs. D'autres auteurs l'appellent cynomorion y cause de sa ressemblance avec la partie gnitale du chien. Sa tige est sche et fragile , et ses feuilles tirent sur le rouge. Cette plante se mange crue , ou bien cuite avec d'autres mets , lorsqu'elle est encore tendre. Des insectes qui infestent les lgumes. LXXXI. Il s'engendre sur les lgumes de petits in- sectes, semblables aux solipuges , qui piquent les mains et peuvent mettre en danger la vie. Leur piqre se gurit par les mmes remdes qu'on emploie contre le venin des araignes et des phalanges. Voil tout ce que nous avions dire sur les vertus mdicinales des crales. Du zytbum et de la cervoise. liXXXIL On en compose aussi diffrentes boissons : 9- i32 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. celia et ceria in Hispania , cervisia et plura gnera in Gallia , aliisque provinciis , quorum omnium spuma cutem feminarum in facie nutrit. Nam quod ad potum ipsum attinet , praestat ad vini transire mentionem , atque a vite ordiri medicinas arborum. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. i33 le zjthum en Egypte , le celia et le ceria en Espagne , le cervisia et autres espces de bire dans les Gaules et dans plusieurs autres contres. L'cume de ces bois- sons est un cosmtique employ par les femmes pour entretenir la fracheur de la peau. Mais , puisqu'il s'agit de breuvages, il vaut mieux passer de suite aux divers usages du vin, et, en commenant par la vigne, exposer les proprits mdicinales des arbres. NOTES DU LIVRE VINGT-DEUXIME. f I. Chap. II, page 3, ligne 16. lUiminU... fadem in populis barbarorumfemin. La plupart des nations guerrires qui vivent dans un tat de civilisation peu avanc , ont pour habitude de se tatouer, c'est--dire de se couvrir le corps de figures d'animaux , ou de dessins bizarres qui leur donnent un aspect redoutable. Cet usage est abandonn de tous les peuples de TEurope , mais pas si universellement , qu'on ne retrouve encore des traces de cet ancien usage presque partout. La plupart de nos soldats se font encore tatouer les bras ou la poitrine , etc. Le mode suivi pour ce tatouage est le mme que celui suivi jadis : il consiste percer l'piderme avec de petites aiguilles , en suivant un dessin , et frotter ensuite la peau , ainsi perfore , avec de l'indigo , du pastel , de la laque , etc. ; quelquefois on emploie la poudre tirer. Quoique le tatouage ait t , dans tous les lieux o il s'est pratiqu, commun aux deux sexes, il est cependant excut avec plus de recherche pour les hommes que pour les femmes. On ne retrouve plus de traces de tatouage en Europe chez celles-ci , car le Card en diHere essentiellement. Solin a prtendu que les bai4)ares se faisaient stigmatiser pour montrer combien ils taient matres de leur douleur. Il est plus naturel de croire , avec Pom- ponius Mla , que c'tait pour rehausser leur beaut. On peut re- marquer que cet usage n'a eu de vogue que chez les peuples o les arts taient dans l'enfance. Aussitt que l'on eut appris faonner de cent manires l'or et l'argent , pour en faire des bijoux , et que la dcence eut fait adopter des vtemens , le tatouage fut peu peu abandonn , et la coquetterie prit une autre direction. II * Tontes les notes des livres xii xxvii inclasivcment soot dues M. Fiz. NOTES DU LIVRE XXDL i35 est imrfiable que le tatouage n*tat pas le pour toates les conAtkms. Ches les Tlmces, par ezcsple , H tt intrt aux esdares ; les personnes de basse contion ne portaient que de petits desnis, carts les inis des antres, lanfis qa^on reconnais- sait , an cTIE XXII. 4-*~"Pagc 4 7 ligne i5. Sedculpa non ailui usu Les peuples de la Gaule Traosalpiae , qui remplaaient la pourpre par le suc de certaines herbes , se sei^-aient sans doute de la garance ou de l'orcaoette^ couleurs brillantes^ mais moins solides que celles qu'on obtient de la cochenille. 5. Page 6, ligne 2. Quoniam non aliunde sagmina in reme- diis publias fuere . etc. Festus donne sur les sagmina quelques renseignemens curieux : Sagmia vocantur veriata , id esty herh pur , quia rx loco sacro arcebtmiur a consule , f.rtore^ . lesolis profiscentibus ad fdus fatndum, btUumque indicen&atu QX. Vos- SIUS, EtjrmoL; TlTE-LlVE, Ut. I., 9. 6. Ligne 3. Verben. Nous dirons quelque chose de cette plante curieuse dans nos notes sur le livre xrv, diap. 59. C'est la f^erbena cfffdnaUs des modernes. 7. IV, page 6, ligne g. Corona iddon nuUa fit graminea nobiUor, etc. Nous verrons plus loin , dans ce teste , qu'un assez grand nombre de personnages illustres ont t honors de la cou- ronne de gramines ; malgr cela, il est douteux qu'o puisse en trouver quelque exemple sur les mdailles. On avait cru en re- cunuaitre une sur une mdaille d'argent de la famille Fabia ; mais la couronne, reprsente sur le revers, est trop petite pour qu'on puisse prononcer avec certitude de cause. 8. Ligne 17. Graminea numquam nisi in iesporadone su- prema amtigit, etc. Cf. Festus , Fragm. 9. Page 8 , ligne 6. Namque summum apud antfuos sinian vidori erat , etc. Servius a donn, sur le vers 128 du livre viii de VEndt , un commentaire auquel nous renvoyons. Cf. sur les couronnes, les premires notes du livre prcdent. 10. Ligne 8. Quem morem eliam nunc durare apud Germaaos sdo. Les vieux historiens nous apprennent qoe nos anctres pro- cdaient en effet l'investiture en mettant dans les mains de l'acqureur on du donateur une molle de terre ou de gazon , une branche d'arbre , ou de l'herbe prise sur les lieux. On se contenta, dans la suite, d'une simple baguette, ou d'an ttton qui rappelait cet ancien usage. NOTES DU LIVRE XXII. i3^ 11. VII , page I 2 , ligne 1 1 . Null ergo herb fuere cerl in hoc honore. Il rsulte de ce passage que le mot grajnen avait l'ac- ception do mot herbe, et n'tait pas, comme aujourd'hui, born aux gramines. 12. Page 14., ligne 8. Dederal, quas diximus. Pline rappelle e livre XX , o il a trait en effet des plantes dlicates qui peu- vent servir d'aliment l'homme. i3. VIII , page i4.f Kgne 20. Clara in primis aculeatarum er/nge est , sive erjngin , etc. Les modernes ont conserv ce nom 'erjngium un genre de plantes ombellifres peu nombreux en espces. Celles que les commentateurs ont dsignes de prf- rence sont l'ryngium feuilles planes, l'ryngium dichotome, et quelques autres. Voici la synonymie des espces : I. *V{pvyyiov., Theoph. , Hisi.pl. y vi, i ,''Y[pvyyo., Nicand., de Theiiac. , v. 645 , 84.9 et g^-S ; *}Apvyyiov capitulis abis , Diosc, m, 24. ; Plut., Symp., vu, 2 \''kyyttAlA^ Gr^c. RECENT.; J'/cTa^etoC, Lacon. RECENT. Eryngium candi- dum vel ceniumcapita, Plin. , XX , g, et Erjngium candicans, loco cit., cap. 8; Eryngium. campestre , L. , Spec. pi., SSj. Le panicaut herbe cent ttes , ou chardon-roulant. II. ^^pvyyiov capitulis cndeis, DiOSC. , loco cil.; '^(^a.xt.yyet.^o, Zactnth. RECENT.; Eryngion nigrum {id est colore intense cruleo)^ et Eryngium albicans, pLlN. , loco comm. ; Eryn- gium cyaneum, SiBTH., FI, grc. . dit. Smith , I , ijS. Le panicaut fleurs bleues. m. Eryngium maritimum , Plin. , XX, 8; Eryngium mariti- mum , L. , Spec. pi. , SSj. Le panicaut maritime. Les eryngium qui jusqu'ici ont t trouvs en Grce sont, in- dpendamment des espces que nous avons dsignes, le tricus- pidatum , le multifidum et le parvifiorum. \2 Eryngium planum. n'y a point encore t rencontr , et, s'il y existe, il doit y tre trop rare pour que les auteurs grecs l'aient dsign de prfrence aux antres espces que nous avons indiques. L'lymologie du nom i3 NOTES DU LIVRE XXIL dVrfiigMHR est tirc de ses proprits mdicinales, do mot if>svytiv, chasser les flatuosits. Les Tcrtas mdicinales da chardon-roalant sont fort peu ner- giques. Les modernes le prescrivent quelquefois comme diur- tique. Cette plante tombe dans Poubli. Les anciens lui attribuaient des effets qu'elle est loin de produire. i4- P^^ 1^1 ligne 3. Omnibus veto contra toxica et euxuta tffeaortm, etc. Nous traiterons des aconits au livre xxvii , cha- pitre 3. Poinsinet de Sivry donne , au sujet du mot toxica , une note fort ridicule. Au lieu de voir dans ce mot le terme gn- rique sons lequel Ovide et Pline comprennent tous les poissons , il prfre chercher dans les langues celtique et celtoscythique pour j trouver les mots icussac et tossa, crapaud, et regarde le mot toxica , qui en serait un driv , comme exprimant le venin du crapaud. i5. Ligne g. Se et spante nascur in asperis et saxosis , etc. Cette espce 'er/nsium , qui crot sar le bord de la mer , est notre Erjngium maritimum. Cf. plus haut, la troisime synonymie de la note i3. Dalediamp croit qu'on devrait plutt lire /oUo scoljmi, du mot dM/itr^ k la place duquel Pline aurait lu par erreur r4>jfef. Ce commentateur a t conduit adopter cette opinion par Texamen qu'ail a fait des feuilles de VErjngium ma - rilnumy qui n'ont aucun rapport avec celle de Tache, apiun, i6. IX , page i6, ligne i3. Ex his caniam nostri centam- capita roeanL Voyex, plus haut, la premire synonymie de la note i3. On explique facilement ce nom vulgaire qui est pass dans notre langue , par la disposition des fleurs qui imitent des capitules. La racine du panicaut, qui tait comestible chex les Grecs , n'est plus en usage parmi nous ; nanmoins , il est pr- sumable qu'on la mangeait il y a peu de sicles , et c'est la seule manire d'expliquer l'tymologe du mot franais panicaut , qui serait la mme que celle du mot latin pantcum , driv de peuds. Cette racine est odorante , et doit son odeur une petite quan- tit d^huile essentielle qui lui donne des proprits excitantes ; elles expliquent , jusqu' un certain point , la ible raconte par Pline , relative Sapho et Pfaaon. HOTES DU UVRE XXIL i39 17. ^X, page 18, Ugiie iS. Smal fd H i w ajmim i i O i * hmmt, elc SpRagcl a ddd qae VaoMmi^VOmmpmimm Aimm- Cdb n'est gare TniscMblablc , s Ton s^ca rCre rigoit- : i la kso^ton donace for PtM , qn CB parie ctMiae d'oac pbnte coorte, hruUhaia, et a^^aat f rfea i li y *ea lar- geur, haijmta, ce qni iiiqne imc plante trs-taaKiue, et ra- cynavoc^lule qn attct plas d'ne toise d'lvation , et fni se ranfie n^diocremcnL Dioscoridc ne t pas Mention de Vmimmms; suis TWopluaste en a parl (^Uist.pL, l , 16). Si Ton vonlait ne pas sortir dn genre niy>ndinn, on ponnait dsigner arec pins de raison VOmt/m imm mtmlun on VOmtpmJmm grtmm. CBanin ( Pim., 38o ) parah croire qoe Pocnnsix est cette plante qn^ qualifie de Citi iifcni r iat^aEms etUms AstirUr fmrjmne fonus. Les coHnaentatenrs, qui dsignent povr Yaams Ymmuftm^m, ratta- d^nt la s7non3rniie Vimfymfs (Nicaisd., 71er., t, 71). Nons rcricndr on s sur ce sujet 18. XI , page 30 , ligne 3. GljcjrrriuzMau Pline dt dais ce passage qae qadqoes aalcurs ont conConda Ver jm g u m arec la rglisse. Il tkj a cependant aacnne ressenblanoe entre ces dens plantes. NnDe espce de r^^sse n''cst ^nense ; mis le Glj- cjmiixm edkimmta. (Iwrss} a dft ce nom ses lgones qui sont ramasss en tte et hrisss de poils raidcs. Les anciens, qni n^- laicnt pas fort dffciles en matire de descrqttMi, ont, cansc de cette particularit , rapprodi Verjrmgimm de la r^Ksse. Cest par errenr que Hine attribue aux feuilles ce qni doit tre t des firnits. Toic comment nons donnerons la concordance spMMjnnqae de cette plante : TMua, f*X* ralfa, Theopb. , HirL pimmL . uc , i3: Txnf- ^n, DioscoB. , ui , 7 ; Galek. , Je Fmc sim^ mti., I, 167 ; rAvaifpt* et *PyiAi, Ga^fic bbcet. Gfy- /rrrUsm et imlfir rmdtx, LaTISOK. ; GlftyrrHim, Rum. , htm tammtaiaim ; lfmra . jto MEOIO ; Ufdriiim , Masc Eupiac , c 27 , p. 126 : GijTfTrim Jtdim, L., Spec fimmU , 10^6^ et probabicmenl la Gif^frrrim eAi- t4o NOTES DU LIVRE XXII. *. nai, loco cil. La rglisse lgumes lisses et la rglisse lgumes hrisss. Les commentateurs ont pens que la gfyjrrrhtza , rxt/fltxif de Thophraste, ne devait pas tre rapporte aux deux espces que nous Tenons de dsigner dans la synonymie , mais bien la Gl/ cjrrrhiza asperrima ^ Linn. fils , que Pallas ( Rase. , l , app. n" 121) dclare avoir trouve trs-abondamment dans le dsert de Jalc , et dont les Kalmnks se servent comme plante alimentaire. Enfin Sprengel ( Commentars sur Dioscoride) a dsign pour la plante de Dioscoride , la Gljrcjrrrhiza glanuUfera de Willdenow, qui abonde dans l'Asie centrale. Cette prfrence est, suivant ce docte auteur, justifie par la rudesse de ses fruits et la viscosit de ses feuilles. Nous ne voyons pas pourquoi les Grecs auraient t chercher en Scythie et dans le centre de l'Asie, qui leur tait entirement inconnu , une plante qui abonde en Crte , Samos, dans l'lide et dans l'Asie Mineure, prs de Smyme. Il est probable qu'il s'agit des deux espces dsignes dans la syno- nymie, que les anciens confondaient sans doute, et qui, tontes deux , produisent es racines galement sucres. On lit nan- moins dans le texte de Dioscoride que les feuilles de la rglisse sont visqueuses , et qu'elles s'attachent aux doigts , ce qui n'a pas lien poor les feuilles des Gljcjrrhiza glabra et ednala; mais ce ne peut tre un obstacle l'adoption de l'opinion mise , et si l'on voulait la rejeter pour adopter celle de Sprengel, on ne pourrait se rendre compte de la couleur des fleurs {jlos hyacin- ihi colore^ , qui s'applique trs-bien aux espces europennes , et qui ne peut tre donne aux espces asiatiques. 19. Page 20, ligne 4- Foliis edimalis , etc. Il y a dans le texte grec T* .Act ttvnVit^ oKTO, 'fyjvu^ ce qui veut dire que les fenillcs ressemblent celles du lentisque. Notre auteur, au lieu de lire vyjyfi (^lentiscus) , a lu )(ifos (hrisson). C'est encore l nn de ces nombreux exemples de la lgret avec laquelle Pline compilait les auteurs grecs. 20. Ligne g. Longa (radix) ceu vitan. Dioscoride compare, et avec moins d'exactitude , les racines de la rglisse celle de la gentiane. La couleur interne de la rglisse est jaune {colore buxeci)^ mais elle est recouverte d'un pidcrmc plus ou moins noir , et NOTES DU LIVRE XXH. ,41 ne prend une teinte bnioe dans tontes ses parties qoe quand elle est dtriore. 21. Page 20 , ligne i4- Sic id spissatus est , Hngu subdiio. ... Hacdixnus stmfamofupte sedarL On voit par ce passage que les anciens connaissaient b prparation que nous nonunons extrait de rglisse. Ce n'est pas sans quelque apparence de probabilits que Pline dit cette racine nourrissante, car elle est ricbe en f- rule et en sucre. On sait qu'elle est encore aujourd'hui la base d'une boisson populaire que l'on vend dans les grandes villes. Mais l'emploi trs-firqaent qu'on en (ait s'explique uniquement par la modicit de sa valeur , et non parce qu'on lui suppose la proprit de dsalt-er. Les proprits mdicinales de la rglisse sont peu prs nulles, et si elle joue un rle dans nos officines , c^est plutt comme un correctif des mdicamens dsagrables que comme nn mdicament utile. 11 n'est pas vrai qu'tant applique sur une blessure rcente elle arrte l'hmorragie. Nous ^pourrions nier galement les diffrentes indications qu'on lit dans le texte de notre auteur, l'exception de celles qui tendent dsigner la rglisse comme un mdicament bcbique. 23. Ligne 16. Ob id ipiidam aipson appdlapere eam, et hj- dropids dedere , ne sitirenL Le mot adipsos vent dire , en effet , qui apaise la soif, de a. privatif et ^l^t.^ soif. Cd la note prc- dente. Et tpa famem sitinifue sedat sljcjrrrhiza , ob hoc dLi'i\s vocata est , dit Auctuarius. Thophraste ( ix , i3) parie des pro- prits de la rglisse pour calmer la soif; Galien {^de SimpL, VI ) s'exprime ainsi : *Yj%ft ^ mxu vyfiv irli Ta xfati ri fclfitt yxvxv j ftoflms duTi^^r U^t to pcp^uexor , vyff ti /toc nilfimt mtX \vyjillfOf W7^er fis irfmvau Kfvreets. Thophraste {loco c(. ) rappelle b tradition diaprs laquelle b rglisse {radr scjrtica) pourrait empcha*, pendant doure jours , l'estomac d'- prouver la bim ou la soif. Le pre Hardouin et son copiste Poinsinet citent , sur le mot adipsan, le livre 1 et le chapitre 35 de Columelle ; il j a errcor vidente, car le livre cit de Columelle ne renferme que neuf chapitres ; c'est Auctuarius qui a donn Ttymolog^e du mot adipson , dans sa phrase dte plus haut , et non ColumeUe. 142 NOTES DU LIVRE XXII. 23. XII , page 22 , ligne 2. Tribidi unum genus, de. Cf. au livre prcdent , les notes 210 et 21 1. Nous avons attribu trois plantes diffrentes les irbule Pline : le Triulus pabtstris au Trapa natans, le Tribulus cicercufola la herse , Tribuhis terreslris des botanistes modernes , et le Tribulus aculeatus, fructu siliquoso , au Fagona cretUa , lu. y plante commune Candie, mais rare en Grce et tout--fait trangre au climat d'Italie. Si Pline l'a vue , il n'a pu la trouver que dans les jardins , ce qui expliquerait pourquoi il lui donne l'pithte de hortensis. Peut-tre aussi confondait-il avec cette plante quelque lgumineuse du genre medicago , dont les fruits sont hrisss de piquans; mais ce n'est qu'une simple conjecture. L'histoire des tribidi n'est pas exempte d'obscurits et d'incertitudes : les auteurs de l'poque de la re-, naissance des lettres donnaient VHippophae rhamnoides , L. , le nom de tribulus marinus , nom de tout point impropre, d'abord parce que cet arbrisseau n'est pas le tribulus des anciens , et en- suite parce qu'on le trouve ailleurs que sur le bord des mers , en Suisse et dans les valles de l'Arve , par exemple , plus de trois cents toises au dessus du niveau de l'Ocan. 24. Ligne 7. Thraces...foliis iribuli equos saginant, etc. Tout ceci doit se rapporter au trapa natans dont les semences, riches en fcule , sont consquemment fort nutritives. La fcule agit souvent contrahendo ventrem, moins par une vertu astringente particulire , que par la proprit qu'elle a de nourrir l'estomac sans trop le surcharger. 25. XIII , page 22, ligne 14. Stbe , quam aUqui pheon va- cant, etc. Les modernes eut appliqu ces noms de stbe et epheos ou phleos deux plantes de familles fort diffrentes : l'une est une synanthre et l'autre une gramine qui ne sont pas aquatiques. Suivant Thophraste (iv, 11) , le phleos est une plante aquatique et pineuse qui crot surtout dans le lac Orchomne ; il y en a deux , l'un mle et l'autre femelle : celle-ci sert faire des liens. Aristophane parle du phleos comme d'une plante aquatique , dans un choeur de sa singulire comdie des Grenouilles : 'Hx/us* (Tii xviriifov NOTES DU LIVRE XXII. i43 11 rsulte d'un passage de hophrasle (vi, i) que le phkos portait aussi le nom de stbe , ce qui est confirm par le passage de Pline que nous commentons , et par Tiberius ( i ) 55 )', chez qui on lit : S'7o/Cm- lo-lt ^\ ^xias. Galien (lib. I, de Antidotis) mentionne une plante rameuse propre garder les vins : les gens du pays rappelaient coljmbada, d'autres stbe; le mme au- teur ( de Simpl. ) parle d'une autre stbe dont les feuilles et les fruits sont astringens. On doit croire qu'il s'agit de la stbe de Dioscoride (iv, ii), laquelle il attribue les mmes proprits, mais dont il n'a malheureusement donn aucune description. D'aprs Ruellius et Mentzel, la stbe de cet auteur tait nomme stipa et tobion par les Romains. Les commentateurs n'ont pu s'accorder sur la dsignation de cette plante. Dalechamp indique la sagittaire, Sagittaria sagittifoUa; C. Bauhin veut que ce soit la Centaurea Calcilrapa; d'autres ont voulu reconnatre en elle une scabieuse; Clusius et Belli ont pens que c'tait le Poterium spinosum, et Sprengel [Hist. Reikerb., I, io3 et 190) s'est rang cet avis. Toutes ces opinions sont improbables. N'oublions pas que le phJeos ou stbe est une plante pineuse , et qu'elle vit dans les marcages. La scabieuse et la sagittaire ne sont point pi- neuses, et \t poterium spinosum, ainsi que la C. Calcilrapa, L., ne vivent pas dans les marais ; elles se plaisent , au contraire, dans les terrains secs et arides. Dans leurs travaux sur les plantes des an- ciens, les commentateurs ne veulent jamais que des concordances, lors mme qu'il n'est pas possible d'en tablir de raisonnables. La sto^e ne peut tre rapporte avec aucune plante connue. Voici la seule synonymie probable : Iloi^Yi 8 <^Ki(s, Theoph., VI, I et alibi; Galen. , de Simpl.; Aristoph. , irt Ranib., I, 55; Diosc. , iv, 11 ; Tiberius MuLOMEDicus. Stbe et Pheos , Plin. , loco comment.; Herba aquatica spinosa , sapore adstringente, 26 XIV, page 22 , ligne 19. Hippophjes in sabulosis mari- timisque nascitur, spinis albis. Il ne faut pas confondre Vhippophjes et Vhippophstum. La premire de ces plantes est un arbrisseau fort pineux, baies rouges, feuilles soyeuses blanchtres, soigneusement dcrit par Dioscoride (iv, i56), et que l'on re- i44 NOTES DU LIVRE XXII. connat trs- bien dans V liippophae rhamnoides , L. ; l'autre est un cnicus indiqu comme ne petite plante acaule , feuilles petites et pineuses, etc. Sprengel a dsign le Cnicus sleUatus , L. , et, si ce n'est cette cynarocphale , c'est du moins quelque espce voisine. Ces dsignations ne sont pas l'abri de toute critique ; VHippophae rhamnoides est bien un arbrisseau des bords de la mer, baies rouges, etc., mais il n'a point de suc propre lai- teux, et il n'est pas facile de dire comment il pouvait servir aux foulons dans la prparation des toffes. La dsignation du Cnicus stellatus pour Vhippophstum est assez hasarde ; car la descrip- tion donne par Dioscoride est certainement applicable plu- sieurs plantes. On pourrait ajouter, pour Vhippophae, qu'il n'est pas mentionn dans la Flore grecque de Sibthorp, d'o il est na- turel de conclure que, si on le trouve en Grce, il y est au moins rare. Sprengel, voulant trouver pour Vhippophyes une plante suc propre laiteux , a song l'euphorbe pineuse , Euphorbia spinosa , qu'on trouve frquemment sur les rivages de l'Archipel et de diverses autres parties de la Grce. Rien n'est moins pro- bable que cette opinion. L'euphorbe pineuse ne mrite pas ce nom. Ses rameaux seuls deviennent, en vieillissant , nus et pi- quans leur extrmit , mais ne peuvent mriter le nom d'pine. Il y a d'autres objections tires des fruits, qui sont hrisss, jaunes, et auxquels le nom de baie n'est point applicable. On voit combien est peu fonde l'opinion du docte auteur, et l'on peut hardiment revenir l'opinion qui fait dsigner YHippophae rhamnoides. C'est pourquoi nous tablirons la concordance syno- nymique suivante : I. 'iTTo^df , HiPPoCR. ; Diosc. , iv, 162; 'l-Brrour, 'It- 'jro^etvks, EjusD, , in Nothis. Hippophaes et Hippophjes , PlIN. , lib. XXI, 54. et XXII, 14.; Hippoph rhamnoides. L. , Spec. pi. , i4-52. L'arbousier, faux nerprun. II. 'I^Tasiflioi/ , 'I^Toaf, QuORUMD. (Nous reviendrons sur Vhippophston dans nos notes sur le livre xxvil). Carduus stellatus, L. , Spec. pi. y 11 53. Le chardon toile. 27. Page 27. , ligne ii. Radix suuo madet. La racine de l'ar- bousier est ligneuse et dpourvue de suc propre. Toutefois cette w NOTES DU LIVRE XXII. 145 circonstance ne doit pas nous embarrasser. La description que Dioscoride donne de son hippophae se rapporte trop parfaitement notre plante pour qu'on puisse hsiter la reconnatre. Quant la particularit tire du suc, c'est une inexactitude de Dioscoride, copie par Pline. 28. Page 24, ligne 2. Est altra hippophyes, etc. Cf. sur Vhippophsion , la note prcdente et la synonymie qui y est jointe. 2g. Ligne 4- Debent accommodat esse et equorum natur , ruque ex alla causa nomen accepisse. P. Hardouin n'adopte pas l'tymologie donne par Pline ; il pense que cette plante a t nomme ainsi, parce qu'elle servait autrefois donner du lustre aux toffes; de co;, clat, lustre, et dei^^os* qui, dans la plu- part des composs grecs , n'est qu'une sorte d'augmentatif, d'o ii suit que 'f^vocpuss ne voudrait dire autre chose que magnus splendor. ' 'i ' 3o. XV, page 24., ligne i3. Urtica quid esse irwisiuspotest? Cf. sur VurtUa, les notes 228 et 281. Deux seules espces du genre urtica ont t connues des anciens, VUrticaurens et VUr- iica dioica. Elles ont t souvent confondues par eux , et notam- ment par Pline , ainsi que nous l'avons fait remarquer dans nos notes du livre prcdent. Voici quelle est la concordance syno- nymique de ces plantes. T.:, i \. KKiri), HiPP., de Fia. ratio , IV, 36o ; de Nat. m//Vr., y, 572 ; NlCAND., in Alexiph., 211, 529 et ailleurs ; 'AxetAn xsTTe-Tepfji'is , DioscoR., IV, 94; Apollodor. , in PUn. , loco comm.; KaTctxvwflof x,*/**'^^? , Nicand., de Ther., g44- Urtica silestris acrior, qu dicitur canina, Plin., XXI, 55 ; Urtica urens , L. , Spec. plant. , 1896. L'ortie brlante. n. 'kKuxh^t) TpAyynptt, Diosc, iv, 94 ; Athen. , Deipnos., III , II. Urtica silestris , Plin. , XXI , 55 ; Urtica dioica, L., Spec. plant. , 1896. L'ortie dioque. "V Urtica herculana de Pline n'est point une vritable orjtie, mais quelque labie; il la dit odorante : aucune ortie n'est dans ce XIV. I o 146 NOTES DU LIVRE XXII. cas; peut-tre s'agit-il d'une labie, du melittis par exemple, ou de quelque lamium. Nous parlerons bientt de l'ortie morte. 3i. Page 24, ligne i3. At iUa {urtic) prter oleum... velpbi- rinUs scatet remediis. Cf. la note 68 du livre XV, 7, auquel Pline renvoie. L'huile d'ortie est une composition mdicinale dont les proprits sont plus qu'hypothtiques. Les proprits mdicinales des orties sont nulles, si on les ingre aprs la coction ; mais la m- decine a tir quelque parti de l'irritation produite sur la peau par le contact des orties vivantes. Elles dterminent une vive excita- tion qui, dans certains cas, peut ranimer l'action vitale. On nomme ce moyen thrapeutique urtication. Il tait, comme on voit par le texte de notre auteur, connu des anciens. Celse {d^ Renudiis, III , 27), Arete {Curt, acut , 1,2), Plinius Valerianus (m, 7), en ont parl. Rien de ce que notre auteur dit ici des proprits mdicinales de l'ortie n'est fond en raison. La plante est justement re- pousse de notre matire mdicale , mais il arrive encore que quelques praticiens l'emploient. Ce qu'on lit aujourd'hui dans divers traits de matire mdicale est entirement puis dans le texte de Pline. On ne croit plus l'ortie capable d'arrter les hmorrhagies. On trouve une phrase curieuse dans ce chapitre, et nous ne pou- vons la passer sous silence : c'estcelle oPline dit la semence utile, quand on veut vomir aprs le souper. On doit se rappeler que l'excs de la gloutonnerie fut tel, que les Romains se faisaient vomir aprs leurs repas , afin de pouvoir recommencer. Il semble que le passage cit confirme ce fait, moins qu'on ne prfre penser que, dans certaines affections, les Romains croyaient utile de vomir aprs leurs repas. Une pareille perturbation dans les fonctions digestives aurait de graves inconvniens sur la sant. 32. Page 26, ligne i3. Hippocrates vulvam purgari poto eopro- nuntiat.S.. Thophraste , pour les passages auxquels notre auteur fait allusion. 33. Page 28, ligne i. Condidit laudes ejus Ph-anias. Galien et Athne ont parl de ce mdecin auquel on a d un trait sur les plantes , aujourd'hui inconnu. Considre sous le rapport alimentaire , l'ortie n'a qu'une trs-mdiocre importance ; nan- NOTES DU LIVRE XXII. 147 moins les jeunes pousses , cuites et assaisonnes , sont de trs- facile digestion , et la saveur en est assez agrable. 34^. Page 28, ligne i3. S i quadrupdes fetum non admittat, etc. Cf. HiPPOR. , in Hippiatr.; Anatol. , in Veterin. , c. i4- 35. XVI, page 28 , ligne 16. Ea quoque , quant lamium appellavimus, etc. Les anciens, en mettant le lamium parmi les or- ties, faisaient preuve d'une grande ignorance en botanique. Ce lamium, qui porte encore aujourd'hui le nom d'ortie morte, foliis non mordeniibus, est une labie dont les feuilles ont quelque res- semblance avec celb s de l'ortie. Voici quelle est la concordance synonymique de cette plante. AsvKks /JJ/VM, DiOSC. , III, II 3. Lamium quod habet album in medio folio , Plin. , loco comm. ; Leuce quant vocant me soleucon, Ejusd., XXVII, 1 1; Lamium Plinii, Cameu., Hort., 83; LamiuTn maculatum, L. ,Spec. plant., 80g. Milza- della des Italiens. L'ortie morte feuilles macules. Il n'est pas douteux que le lamium de Pline ne soit bien notre Lamium maculatum, plante commune en Italie et dans le midi de la France. Nous runissons au lamium le Acyx.etf de Dioscoride , qui est videmment la mme plante que le leuce de Pline (livre xxvil , 1 1). Sprengel {Hist. R. herb. l , 1 79 ) a dsign ce Lamium album ; mais le texte de Pline , faisant connatre que la feuille est tache par le milieu, circonstance qui explique le nom de mesoleucon, et le mot Agi/xf , driv de A6ux) , qui peut tout aussi bien s'appli- quer aux feuilles qu'aux fleurs , empche d'adopter cette ide , et devra faire prvaloir notre opinion. Au reste, il est un moyen de concilier ces deux opinions. Dioscoride parle d'un Agyxetf de mon- tagne , et d'un Ax? qui vit prs des lieux cultivs ; ce dernier pourrait tre le Lamium album , tandis que celui des montagnes serait le Lamium. maculatum, que Sibthorp indique comme abon- dant sur le mont Athos. On le trouve aussi dans les plaines au- prs des haies , et il diffre bien peu du lamier fleurs blanches. 36. XVII , page 3o , ligne 8. Ex argumenta nomen euxept scorpio herba. Pline traduit ici , et presque littralement , ce 10. i4S sons m? litme jujl ^K DiMBanieAt ^ b MwpioM Cfiv. IT. dopu igSV n est i a^^; S tm r pmu i m s alcmim^ L.., Sjpw. pimi., loSo. La 3y . fcge SovBgaciOLfrfrfa BTj wiJ rw 11 i r ii r .Ccrtl,s1 flWP les GOHHMBblBBn , K ^mJWB J nRgKf, pBHtc Bn~ ifi 4e b FnKe. Le texte 4r PGk scnit po^re iasil- MT ddcr b fMs&M, Fm K s'it ie ceU ^ Dift- ^ dcrit acx Uea cette pbrte. On b naT, t-0, hm/tmam et stmpmm; dk eralt sar le iMvd fo Mrs, s'- lve b ha^ltmrtwm fdbKCtflBs; btige crtBgrwr, prife itUwSi i,yertt Je petite fcaio^wiiiei, de bpwnM Jm {^MB t JyiMl, et fMt hiBin; le soiHKt db b tige est mfft , et b avev ^ b pbirte tringerte. Tge3o, Sgpe aci. fii # Cet itddw /m ifcai s'est pu b laforiaBfiwe e 4e rUneiB Gvre di : celle enear^ id b fartkahft iiliin aas p t ufci : i Cit IIMlIMMJIIlWIBi h ib t ct J b a nji iii n fefaE.i^et i. fUftmmg^ Ti nu, 6a-, ftjDE. i5o NOTES DU LIVRE XXIl. Pin., i3o ' ; Polygonum maritimum aut dioaricatum ^ teste Sprengel ' , 1 , 89 j Planta nobis gnoia. ' JU. 'Epi^/V, Galen. , de Fac. simpl. med., VI; Diosc. , iv, Sg '^. '' ' r Polygonum dumetonim, L. , Spec. plant., 5*22 ; seii Con- vohulus arvensis^ , L,, Spec.pl., 218; seu Antirrhinum gj- ptiacum, L., Spec. plant. , 85i , teste SiBTHORP. , FI. grc.^. La renoue grimpante, le liseron des champs, ou le muf- flier d'Egypte. it III. 'Ea^/i'H {herha muralis^^ DiOSC. , IV, 86. Parthenium , . i perdicum et murals herba , Cels. , H , 33 ; Helxine seu Per- dicium , sideritis et parthenium , Plin. , loco comm. U.gpS't' KUKI , GRjEC. RECENT. Parietaria officinalis , L. , Spec. plant. , 14.92. La paritaire. IV. 'l^/j/w de Thophraste , Helxine de Pline. Cf. au livre pr- cdent , la note 2o5. C'est le %ol\>ulus arvensis. 4 Les Grecs modernes nomment cette plante mifiir'Kox..S't ; Sibthorp [FI. grc.) pense que c'est le iBrtftK>,v[jLsnv de Dioscoride ( iv, i4 ) 5 II y a bien peu de probabilits pour que Sibthorp ail renconlr juste dans la dsignation qu'il fait de Vanlhrrhinum gyptiacum , plante tige droite ; nous avons dit qu'il fallait trouver ncessairement une plante grimpante. ^' C'est videmment par erreur que Pline a rapport la synonymie de Celse i^ son parthenium , qui est la malricaire des jardins; YHerha mu- ralis du mdecin latin est la paritaire, ( Voyez la cinquime synonymie.) NOTES DU LIVRE XXII. 6^ tre runie la prcdente , Pline ayant videmment parl de la mme plante sous des noms dilfrens.) 4i' Page 32 , ligne 6. Hc aulem infict lanas^ etc. On ne re- connat la paritaire aucune proprit tinctoriale; quant aux vertus mdicinales , elles sont peu actives. On assure que quand la paritaire crot dans les murs, elle contient du nitre; et que, dans ce cas, elle agit comme diurtique. Pline a puis chez Diosco- ride tout ce qu'il dit de l'emploi mdical de cette plante. /^1 XX, page Sa , ligne i^. Perdicium se parthenium {nam sideritis alla est) a nostris herba urceolaris vocatur, ab aliis aste- ricum, etc. Nous avons dit que cette plante tait la mme que Vhelxine du livre prcdent, c'est--dire la paritaire. Pline a confondu d'une manire dplorable les synonymies relatives l'i^'V , \'iX^lvY\ et aux perdicium (Voyez note ^6). 43. Ligne 18. Lamium. Cf. au prsent livre la note 35. 44* Ligne 22. Hoc herba diciiur sanatus, etc. Cf. PlutaRQUE {Vie de Pricls). 45. XXI, page 34, ligne 7. Chamleonem aliqui ixiam va- cant. Cf. au livre prcdent la note 20 5. Le camlon blanc qui est rampant, hriss de pointes , dont la racine est douce, odo- rante et rsinifre, est VAcarna gummifera., L. Dioscoride ajoute que ses feuilles sont semblables celles du chardon , aigus et rudes au toucher. Ce que Pline dit des usages auxquels on l'em- ploie est confirm par Olivier {Vojage dans l'empire Ottoman, I , 3i2). Les femmes de l'le de Naxos , l'imitation de celles de Scio , se plaisent tenir dans la bouche la substance gom- meuse, inodore, que produit cette plante; elles la mchent et la retournent dans tous les sens , comme les autres font l'gard du mastic. Cette exsudation est improprement nomme gomme : les Arabes et les Maures la recueillent aux environs d'Alger, et en font une sorte de glu. On sait que l'un des noms grecs de Vacama , i^lct , signifie glu , et Pline prend le soin de nous le dire. Spren- gel {Hist. Rei herb. , loi ) dsigne pour le camlon blanc le Carlina acaulis ; ce systme ne peut prvaloir, car cette plante ne laisse exsuder aucun corps rsineux , et cette condition est rigou- iSa NOTES DU LIVRE XXII. rease. Cf. le texte de Dioscoride (m , lo), celui de Thophraste (IX, i3), sur le yjtutiixieiv xsxjms; et les livres vi, 4 et ix , i , sur Vi^lvn. 4.6. Page 34, ligne 9. Radice dulci, etc. Thophraste (IX , i3) dit aussi que la racine de camlon a une saveur douce. On lit dans XaThriaque de Nicandre (v. 663 ) que cette saveur est ana- logue celle du miel. Dioscoride est d'accord sur ce point avec les deux auteurs dont nous venons de parler. 47. Ligne i3. Quare et chamleon vocetur, etc. Dioscoride a fourni l'tymologie du mot chamleon Pline ; nanmoins nous la croyons hypothtique. Peut-tre faudrait-il la chercher dans le mot 'Xjnfiii.i^ humifusum. La diversit de couleur de Veuama, sui- vant la nature des terrains , est une fahle. 48. Ligne 17. Ex his candius hjrdropkos sanat succo radias decoct. C'est Dioscoride (m, 10), Thophraste (ix, i3) et Galien {de Fac. simpl. med.) que Pline emprunte ce qu'il dit ici des proprits mdicinales du camlon blanc. L'opinion des modernes n'est pas fixe relativement au mode d'action de cette plante sur l'conomie vivante. Il est juste de penser qu'elle a un certain degr d'activit : Pline en fait un poison pour les rats, et c'est tort; le camlon hlanc n'a rien de vnneux. 49. Psge 36, ligne 4- ^^ nigris ediqui marem dixere , cm fls purpureus esset, etc. Nous avons donn la concordance synony- miqne de cette plante , note 2o5 du livre prcdent , et dsign le Broiera cor/mbosa , WiLLD , syngnse horriblement hrisse d'pines, dont les feuilles radicales sont assez grandes, tales et profondment dcoupes; elles sont glabres et ressemblent celles du scolymus ; la tige est droite, haute d'un pied au plus ; elle porte des fleurs disposes en corymbe , et d'un bleu clair. Sibthorp fait remarquer qu'on la trouve abondamment dans les champs arides et pierreux, sur le bord des mers. Dioscoride , dont l'exacti- tude est ordinairement fort grande, l'a indique dans cette localit. Les proprits mdicinales du carthame corymbes ne sont pas bien tablies. Nanmoins on sait que cette plante n'est point v- NOTES DU LIVRE XXII. i53 nneuse; elle ne mrite donc nullement le nom '' ouophonon , %h.ov <^vov (^pov^ tout--fait pernicieuse ou mortelle j il est plus juste de la qualifier de cjnozolon, car l'odeur qu'elle exhale est dsagrable ; et l'on sait que les modernes ont pris aux anciens cette habitude de choisir , pour terme de comparaison de ce qui est mauvais , le chien , pauvre animal que son affection pour l'homme et la supriorit de son instinct devaient au contraire ennoblir et lever dans son estime. 5o. XXII , page 36 , ligne 1 6. Coronopus. Cette plante a d le nom de coronopus la forme de ses feuilles qui ressemblent (imparfaitement) la patte d'une corneille, Kopvti, corneille, -arovf, pied. Les modernes lui donnent le nom de corne de cerf, et l'ont range dans le genre cochlaria; en voici la concordance syno- nymique. KopavTouff , Theoph. , Hist. plant., VII, g; Galen. , deFac. simpl. med. ; DlOSC. , II, i58. Coronopus , PliN. , loco comm. ; Coronopus Ruellii , Grtn. , de Fruct. , I, 2g3 ; Cochlaria Coronopus, L. , Spec. plant. , 904. Le cochlaria corne de cerf. Cette plante, qui peut tre mange en salade, est nglige des modernes ; ses proprits sont antiscorbutiques. 5i. XXIII , page 36 , ligne 20. Et anchus radix in usu est, digitali crassitudine , etc. Il y aurait une longue dissertation faire sur l'orcanette , et une longue liste donner des plantes aux- quelles les modernes ont impos ce nom. Nous n'entreprendrons point ce travail , nous contentant ici de faire connatre les an- chusa de Pline: toutes appartiennent la famille des borragines, plantes communes dans l'Italie et dans le midi de la France. Commenons par tablir la concordance synonymique de ces plantes. I. Anchusa vera. "kyxovo'ct , ThEOPH. , Hist. plantar. , VII , 9 ; "hyx'iVffA BpiS'a.Ktvis , Nicand. , Ther. , v. 838 ; GalEN. , in Orat. ad artes , VI ; DiOSC. , IV , 23 ; OrPH. , i54 NOTES DU LIVRE XXII. in Argonaut. ; Crat^v., Suidas, etc. Anchusa , PliN., loco comm.; Aetius, de Re med., I, p, 6. L4gJUi.*jt, Arabor. ?| Anchusa tinctoria , L. , Spec. plant. , ig2. La buglosse tinctoriale. II. Pseudanchusa. "Ep^^/ov, Diosc. , IV, 27 (dans ce qui a rapport aux proprits mdicinales seulement). Pseudan- chusa, echis autdoris, Plin., luco comm.; Anchusa itaiica, Retz, PoiR. , Encjcl, La buglosse d'Italie. III. Anchusa seu Onochlles. " Ky')(j>Vffet, erpet , xKiCicS'tov a hvoyjctxs ., Diosc. , iv, 24 ; Galen., de Foc. simpl., VI, 149 ; NiCAND., Ther., v. Sl^i. Anchusa, onochiles , arcehion , anchusa, rhexia , Plin. , XXII, 25 ; Echium creti- cum , L. , Spec. plant. , 200. La viprine de Crte , peut- tre confondue par les Grecs avec Vechium diffusum. IV. Anchusa minor. 'kyyjtvaa, rphti , DiOSC. , iv , aS , NiCAND., Ther. , V. 63; ; NiCAND., Scol. , p. 38 ; Galen., de Foc. sim.pl. med. , p. i4-9' Anchusa minor flore rubro, Plin., loco comm.; Lithospermum fruticosum , L. , Spec. pi. , igo. Le grmil ligneux. La premire anMja de Pline devrait tre rapporte V Anchusa itaiica et V Anchusa tinctoria, plantes qui diffrent peine, et se trouvent dans les mmes localits ; mais V Anchusa itaiica ne donne aucun principe colorant : c'est sans doute ce qui aura valu cette espce le nom de pseudanchusa , car, ressemblant exactement l'espce tinctoriale par les formes extrieures, elle ne donne rien la teinture. Sprengel ( Commentaire sur Dioscoride , 385 ) dsigne pour cette fausse buglosse, le Lithospermum fruticosum , L. , dont la tige ligneuse , les feuilles troites et la racine ligneuse et noirtre loignent toute ide de rapprochement entre elle et la vritable orcanette. D'autres commentateurs ont propos VEchium ru- hrum, L., mais cette plante n'est point indique comme indigne de la Grce par Sibthorp ; elle abonde en Autriche et dans quel- ques parties de l'Asie Mineure ; je doute qu'on la trouve en Ita- lie. Sa racine est noirtre , dure , presque ligneuse ; ses feuilles sont fort troites ; la plante enfin n'a rien qui rappelle le port des NOTES DU LIVRE XXII. i5 anchusa. \\ faut donc renoncer adopter le systme dvelopp par Sprengel , et s'en tenir la buglosse d'Italie. En comparant le texte de Dioscoride (chap. 27), on voit bien facilement que Pline a donn son pseudanchusa les mmes proprits que celles attribues par l'auteur grec Vi-x^iov, et cela explique la confu- sion nominale dont nous parlons note 53. La pseudanchusa de Pline est bien certainement V anchusa de Dioscoride ; il suffit, pour s'en assurer, de comparer le texte des deux auteurs. Qnzni^V anchusa onochiles, Pline nous apprend qu'on la trouve dans les terrains sablonneux : elle a , dit-il , de petites tiges , des fleurs de couleur pourpre , des feuilles et des rameaux rudes , une racine rouge au temps de la moisson, et noire dans tout autre temps, ce qui n'est gure probable. Dioscoride, indpen- damment de cette particularit qu'il rappelle galement, et de quelques autres renfermes aussi dans le texte de Pline , annonce qu'elle diffre de la vritable anchusa par lies feuilles plus petites et plus rudes, par des rameaux grles, par des fleurs pourpres et des racines rouges allonges. La viprine de Crte semble runir ces divers caractres ; il faudrait nanmoins , pour dcider la question d'une manire dfinitive , s'assurer si les racines sont tinctoriales : anchusa est driv de ky/jav^a. fard. 52. Page 36, ligne 23. Sanat ulcra in cerato, etc. On se sert encore aujourd'hui de l'orcanelte pour colorer quelques crats. L'usage des borragines est uniquement born l'emploi de la ra- cine ; l'analogie dispose croire que ces plantes agiraient comme la buglosse officinale et la bourrache que l'on croit diurtiques et adoucissantes ; elles contiennent du nitrate de potasse. Cf. sur les proprits de V anchusa, Dioscoride [loc. cit.) et Atius: cet auteur dit que, de son temps, les femmes se servaient de l'orcanelte pour se colorer les joues. On croit que le fard vgtal avait pour base l'orcanette. 53. XXIV, page 38, ligne 10. Est et alla similis., pseudan- chusa oh id appellata , a quibusdam vero echis, etc. Sous le nom d'g'xiov, Dioscoride (lll , 27) parle d'une plante qu'on a cru re- connatre aiasVEchium ruhrum , L. Nous examinerons cette opi- nion au livre xxv. Pline a mal--propos runi cette synonymie i56 NOTES DU LIVRE XXII. le nom d'echis, et c'est plus mal--propos encore qu'il a attribu son pseudanchusa les proprits que Dioscoride donne V'j^iov. Personne n'est plus inexact ni plus confus que Pline. Il est heu- reux qu'au lieu de continuer la synonymie de son pseudanchusa , il ait mis et multis aliis nominibus, autrement il et sans doute em- brouill encore plus cette nomenclature. Tout ce que Pline crit, touchant les proprits mdicinales du pseudanchusa , ne mrite pas les honneurs du commentaire. (Cf. Dioscoride, iv, 25.) 54.. XXV, page l^.o , ligne 5. Multi enchrysam. Quelques ditions portent anchusam , ce qui ne nous semble pas rgulier. 11 n'est gure probable que Pline, aprs avoir crit quam cUiqui vo- tant anchusam , ait mis presque aussitt nuilti anchusam. Les com- mentateurs avaient remarqu avant nous que l'index porte en- chrjsam et ancrisum, suivant les manuscrits, mais non enchusam ni anchusam; si l'index appartient Pline, il faut ncessairement prfrer enchrysoTn. ; 55. XXVI , page 4-0 ligne 20. Anthmis magnis laudibus celebratur ab Ascepiade. Aliqui leucanthemida vocant , alii leucan- themum , etc. 11 y aurait une longue dissertation faire pour arriver la dtermination de cet anthmis , sous le nom duquel Pline et les Grecs ses prdcesseurs renfermaient des plantes fort diffrentes. Nous nous contenterons de dire qu'il faut le chercher parmi les radies : ce mot anthmis , de tvo , fleur, avait t primitivement appliqu une fleur remarquable par sa beaut ; c'est ce mot qui a servi de radical au mot leucanthemum , anth- mide Heurs blanches; eranihemon , fleur prin tanire; melan~ themum, anthmide noirtre, et chammelon , qui signifie, selon Pline, une fleur qui exhale une odeur de pomme. Trois anthmis, diffrencis par la couleur de la fleur, ont t dsigns. Sibthorp indique V Anthmis chia, L. , Spec. plant. , 1260, V Anthmis rosea et V Anthmis tinctora. Sprengel {Hist. Rei herb.) veut recon- natre au contraire dans les anthmis des Grecs, les Anthmis lata et montana , et le Chrjsanihemum monspeliense. Ayant nous prononcer sur l'opinion de ces deux auteurs , nous prfrons NOTES DU LIVRE XXII. rS? ' adopter celle de Sibthorp , qui a fait des observations plus di- rectes ; ainsi donc , nous tablirons la synonymie suivante : Anthmis. 'hvUfJLis, oi / xsvKAvhjuov^ o T tipcivs/^ov, Diosc, m, i54 ; Galen. , ii, 2, p. 38i ; na.TQvviy Cypriot. RECENT. Anthmis , Lcucanthemis , Leucanthemon et Eran- themon, Plin. , loco comm. ; Anthmis chia, L. , Spec. plant. , ia6o. L'anthmide de Chios. fc. "AvSe/uis -ffo/xpy/JctvMf , o T hp^vhjuov , Diosc. , loco cit. ; TlATovyi., Cypriot. rcent. Anthmis flore rubro , eran- ihemon , Plin. , loco cit. ; Apul. , cap. 23 ; Anthmis rosea , SiBTH. , FI. grc. , edit. Smith , il , 191. L'anthmide fleurs roses. ^. 'Avsfitf /xtthivvBils , DiOSC. , loco cit. Anthmis melan- themon, Plin. , loco cit. ; Anthmis tinctoria, L. , Spec. plant., 1263. L'anthmide tinctoriale. y. "Avsfits xttfAAi /JLtxov , Diosc. , locotit.;''AvBejnov y^xapiv ., HiPP. , de Nat. mulier., p. 552 ; EuetyfleyMoj' yKap'w , EJUSD. , de Morb. mulier. , l , p. GaS; 'Av^o;' ligne 12. Alterum genus, quod tricoccum appeUa- imus, et.... scorpiuron vocatur, etc. Dioscoride (iv, 198 ) donne le nom de scorpiuron son hMTf^otnov f/.yA\ matis (^ in Nothis) oh trouve pourtant crit : 'Hxtorpngiov jniKpov , o T a-KopTriovpov. Nous ne dirons rien del partie du texte qui dtermine les pr- tendues proprits du petit hliotrope ou tricoccum. Nous nous tonnerons que ni les Grecs ni les Romains n'aient parl des proprits tinctoriales du croton-tournesol. Avant que l'Am- rique n'et t dcouverte , on avait , et de temps immmorial , mis profit la plupart des productions vgtales europennes. Le croton-tournesol dut attirer l'attention des anciens ; car ses baies tachent le doigt qui les touche , et la richesse de son principe colorant est rvle aux plus inattentifs. 62. Page 48, ligne i. Et verrucas hoc utqne heliotropium ra- dicitus extrahit, etc. On a cru long-temps aux proprits de l'h- liotrope d'Europe pour faire disparatre les excroissances char- nues indolentes ; c'est pourquoi il porte encore vulgairement le nom d'herbe aux verrues. On pourrait aussi penser qu'elle a reu ce nom de la forme de ses fruits. 63. XXX , page 48, ligne 12. Aliud adianio miraculitm , etc. Il est hors de doute que ni l'un ni l'autre des deux capillaires ne peut tre rapport VkS'ictVTov des Grecs. Dioscoride ( iv , i36) dit positivement que VkS'ietVTov a de petites feuilles sem- blables celles de la coriandre, incises vers le sommet, et que la plante a un palme de haut. Pline donne son adianton de petites feuilles symtriquement disposes et serres les unes cAt des autres ; c'est ce que Dioscoride crit aussi de son rpix^/auvs^ auquel il donne aussi le nom '^ictvjov. La synonymie suivante peut tre facilement, tablie : I. TfiX'Atttr^ ,>uti Ti'flti'Toj' , Theoph. , Hist. plant. , \\i ^ XIV. II - iGa NOTES DU LIVRE XXII. i3; DiOSCOR. , IV, iSy ; Adianlon , CaUtrichon , Polytrichon et Trichomanes , Gr^COR. , teste ApuL. , c. 4-7 noAurpi^,!, Gr^C. RECENT. Adiantum , PliN., loco comm.; Saxifraga, Latinor. , teste Plin. , loco cit. ; Saxifraga , HiLDEG. , H , 1 4.3 ; Asplenium Trichomanes , L. , Spec. plant. , 1 54o. La doradille des murs. II. 'AS'lctVTOv , HiPP. , Fisi. , 883 ; Theoph. , Hist. plant. , VII , i3; NiCAND. , in Ther., v. 84-6; ^AS'ta.VTov Kal -zyoAv- '^F'X'^y ) Diosc. , IV, i36; IIoAyT//x,', Gr^c. rcent. Adiantum Capillus Veneris , L. , Spec. plant. , 11 38. Le capillaire cheveux de Vnus, ou capillaire de Montpellier. L'tymologie du mot kS'lAvrov (a privatif, et S'ittivo) rend compte d'un effet qui se reproduit pour toutes les feuilles glau- ques, revtues d'une sorte d'enduit creux qui les vernit et em- pche l'action de l'eau. Les feuilles de chou et celles de plusieurs autres vgtaux sont dans ce cas. Nicandre (z Ther., loco cit.) rappelle aussi ce phnomne, dont presque tous les auteurs de l'antiquit ont parl. ( Cf. Theoph. , vu, i3.) 11 est vident que Pline n'a pas connu V Adiantum Capillus Ve- neris , L. , mais il a , du moins , lu le texte de Dioscoride ayant rapport celte plante ; aussi a-t-il attribu son adianle tricho- manes la plupart des proprits mdicinales que Dioscoride donne son kS'la.VTov : la plante qu'il a dcrite n'est donc pas la mme que celle dont il numre les vertus. Il n'est pas vrai que l'adianle trichomanes puisse tre taill et faonn pour em- bellir les jardins ; il n'est pas vrai non plus qu'il puisse teindre les cheveux. Il a de nombreuses racines fibreuses , et Pline lui en refuse ; enfin , on ne peut craindre qu'il agisse comme caus- tique , etc. , etc. \jts mots callitrichon , trichomanes et polytrichon, belle che- velure et chevelure paisse, rappellent l'opinion qui faisait croire que cette plante rendait les cheveux plus beaux et plus pais ; il suffisait que le ptiole de la fronde de ces fougres ft noir et capillac , pour que cette croyance ft gnrale. Cf. sur les proprits de l'adiante, Dioscoride {loco cit.)., Ga- Hen (11, 2), Apule {loco cil.)., Marcellus Empiricus , etc. NOTES DU LIVRE XXII. i63 64. XXXI , page 52 , ligne 5. Picris ab insigni amariiu- ine cognominatur , etc. Pline a dj parl de la piride au livre prcdent. Il ne parat pas que Dioscoride ait connu cette plante, hophraste ne la dcrit que fort imparfaitement, et, comme on le voit , Pline en dit bien peu de chose. C'est donc sans avoir une certitude entire que nous proposons la concordance syno- nymique qu'on va lire : IliKplf j ToEOPH. , Hisl. plant, f VII, 11 ; XeipoCoTxvi, GRjEC. RECENT.; nov , NiCAND. , de Ther. , v. 675 ^ Glauc. , cit. a Pli- nio ; ^Aa-vpoKipeiKos^ GiLEC. l^ECEViT. Ameum , Carol. Magn. , Capital. ; Bupleurum , PliN. , loco comm. ; Ammi majus? L. , Spec. plant. , 348. Le grand ammi. 80. XXXVI, page 60, ligne 17. Buprestim. hophraste range la ^ovtrpna-Tis parmi les plantes olraces, mais il ne la dcrit point. Pline, qui parle des proprits de cette plante , n'en fait pas non plus connatre les formes. Hippocrate et Galien n'ajoutent ce peu de donnes aucun utile renseignement. C'est donc aux seules conjectures qu'on en est rduit. Il est d'abord fort bien tabli que cette plante tait range parmi les lgumes, et, quoique les classifications adoptes par Pline soient bien imparfaites , le lieu o l'a mise cet auteur, prouve qu'il la regarde comme une ombelli- fre. Ici s'arrtent les consquences raisonnables qu'on peut tirer du texte des auteurs. La contradiction signale par Pline, et re- lative l'action du bupresiis , vient peut-tre, comme l'ont re- marqu divers savans, de ce que l'auteur latin aurait confondu la bupresiis plante , et le bupreste insecte ; malheureusement pour Pline, les exemples de sa ngligence sont trop nombreux pour que nous tentions de le disculper , et nous adoptons sans peine , La plante laquelle Dioscoride donne (m, 70) le nom d''i/AfAi eti- 9o qui brle. Mais ceci n'est qu'une hypothse, cl nous conclurons en dclarant qu'il y a impossibilit de recon- natre la huprestis plante. C'est donc sans cause suffisante que Sprengel a adopt , d'aprs les commentateurs qui l'ont prcd , le Buplevrum. rotundifolium. Les auteurs de l'antiquit qui ont parl de la huprestis sont les suivans : BovTpfia-li, HiPP. , de Morh. mulier., I , 619; Theoph., Hist. plant, y 1 , 619 ; Galen., Comment, in voc. liippocr., l^.So. Plin. , loco comm. XJmhellifera ignota. On a cherch tablir que le <7sa.vu,Kki yjipveiov deDioscoridc tait identique avec le ^ovtf pua-lis des autres auteurs grecs ; rien ne parat appuyer cette opinion, non plus que celle qui veut ta- blir l'identit entre cette plante et Velaphohoscum. 81. XXXVII, page 62 , ligne 5. Elaphohoscon. Dioscoride (m, 80) ajoute cette courte description quelques autres carac- tres. Les feuilles ont deux doigts de large, ressemblent celles du trbinthe, sont allonges, un peu rudes et divises vers la marge ; ses ombelles et ses semences sont semblables celles de l'aneth ; la fleur est jauntre ; la racine blanche, de la grosseur et de la longueur du doigt, douce et comestible ; la tige, de con- sistance tendre, peut servir pour l'alimentation. Quoique cette plante soit bien caractrise , il n'en est pas moins difficile de la dterminer. Quelques auteurs ont runi Velaphohoscum et le sisarum dans une mme synonymie, mais rien n'autorise cette ru- nion. Ces deux plantes sont dcrites chezDioscoride et chez Pline dans deux chapitres diffrens , et l'on ne peut raisonnablement runir ce qu'ils ont regard comme distinct. Sprengel (^Hist. Rei herh. I, 166) avait d'abord adopt pour les deux plantes le Sium Sisarum., mais {comment, in Diosc, 49 ) 'l ^ chang d'avis et d- sign la Pastinacasalia, L., suivant en cela l'opinion deSibthorp NOTES DU LIVRE XXII. T^t (FI. grc. , I, 202, dit. Smith) que nous adoptons, mais re- gardant comme distinct le (rlrctpav et VK/. , vi , 4 ; AlCjEI , m Procl, et in Aihen., lib. X ; ArST., Proh., IV, 26; DlOSC, III, 16, teste Sibthorp; 'S.koxvjuos , lnxvfA&pios ka-KhV/^Cpos , Grjec. RECENT. Scolymus f Pliis. , loco cilato ; Scolymus hispani- cus , L. , Spec. plant., 11 4-3. Le cardon d'Espagne. Quelques auteurs sparent le -KoxVfios de Thophraste et le irKxvyLos de Dioscoride ; nous ne voyons pas la raison de cette sparation. Cette plante et ses congnres ne jouissent pas de proprits bien nergiques, et tout ce qu'en dit Pline, d'aprs les auteurs , est erron. On mange en Barbarie le Scolymus gran- diflorus , L. 91. Page 68, ligne 5. Hesiodo et Alco. Les passages d'H- NOTES DU LIVRE XXII. 175 siode et d'Alce, que notre auteur invoque, sont tirs du poine intitul "Epyet. Ke 'Vi/upett , v. 582 et suiv. , et de Proclus. Cf. Athne {Deipnos., liv. x) et Aristote {ProbL, 26, t. IV, p. 7o5). g-z. XLIV, page 68, ligne 16. Estur et sonchos... uterque , albus et niger. Il s'agit certainement ici de diverses espces du genre sonchus. La principale espce, le S. oleraceus , varie beau- coup, et c'est parmi cts varits qu'il faudra chercher les deux sonchus mentionns par Pline. Voici leur concordance synonymique : I. lyxos-, Theoph, Hisf. plant., VI , 4 ; Diosc. , 11,159; GaLEN. , de Fac. simpl. med. , VIII ; lix^s^GRJEC. RECENT. Sonchus albus , Plin. , loco comm,; Oribaz. , XI; Sonchus oleraceus , L. , Spec. plant. , 1 1 16. Le^^laitron ordinaire. II. 2^p(,of ot^ptof , HEOPH. , loco cit. ; DiOSCOR. , loco cit.; GalEN. , de Fac. simpl. med. , loco citato. Sonchus niger, Plin. , loco comm. ; Orib. , loco cit.; Sonchus oleraceus var. asper, L. , loco cit. Le laitron commun feuilles pineuses. III. 'Z6y')(os ^Ifpoff, DlOSC, loco cit. Sonchus arvensis , L. , Spec. pi. , loco cit. Le laitron des champs. Le laitron est avidement recherch par les herbivores; on le mange en salade dans quelques pays, notamment la varit dite crepola di terra ; mais on prfre , en gnral , les chicoraces des genres lactuca et cichorum. Les proprits mdicinales du lai- tron sont peu nergiques. On le dit rafrachissant et lgre- ment laxatif. Les merveilles que Pline en raconte sont autant de fables. g4- XLV, page 70, ligne ig. Condrillon, sive condrille , etc. Sibthorp voit dans cette plante la Chondrilla ramosissima, espce dont la dcouverte lui appartient , et qui se trouve dans les en- virons d'Athnes ; mais il nous semble plus convenable de choisir la Chondrilla juncea , L., qu'il mentionne aussi dans sa Flore ; nous avons t conduit proposer cette plante par la lecture mme du texte de l'auteur de la Flore grecque, qui nous ap- prend que dans l'le de Lemnos on retire une sorte d'extraclif 176 NOTES DU LIVRE XXII. gommeux de la racine de la ondrilla funa. Dioscoride (il, 161) disant positivement que l'on obtient cXdLyjivS^pixKn une sorte de gomme de la grosseur d'une fve , semblable la rsine du mastic , il y a lieu de reconnatre l'identit de ces deux plantes ; c'est pourquoi nous tablirons sans hsiter la synonymie suivante : XofeT/}/, KC KlXtOplOV^ Kd v. 20. Avant de parler de l'opinion des anciens sur la nature des champignons et sur leur mode d'accroissement , nous allons ta- blir la concordance synonymique des espces mentionnes par Pline dans le courant de ce livre : I. Bolelus , JUVEN., Satir. V ; Mart. , lib. I, Epigr. 2 1 , et lib. III , Epigr. 60 ; CiCER. , Horat. , Sueton. , etc. ; PlIN. , loco comm.; Agarici vohacei , AuCT. RECENT., pr- cipue Agaricus aurantiacus , BuLL. , et A. Pseudo-agaricus , Bull. , t. la-z. Les agarics oronge et fausse oronge. 11 faut videmment rapporter les boleli de Pline aux agaricus NOTES DU LIVRE XXII. 177 de la division des amanites. C'est dans cette section qu'il faut chercher les meilleures espces et les plus nuisibles : telles sont l'oronge et la fausse oronge. En cherchant donner les carac- tres qui diffrencient les champignons de bonne et ceux de mauvaise nature, Pline montre clairement qu'il a connu l'oronge vraie et l'oronge fausse : ces phrases , Veluti guttas in yertice alhas ex tunica sua gerunt. Voham enim terra oh hoc prius gignit , psum postea in voha , ceu in ovo est luteum. Nec tunic minor gratia in cibo infantis holeti. Rumpitur hc primo nascente : mox increscente, in pediculi corpus absumitur , s'appliquent trs -bien l'oronge vraie ; et celle-ci , Non sunt hc in quibusdam : siccique , et niiri similes , l'oronge fausse. II. Fungus (dans un sens tendu) Agarici et Boleli spec. auct. Myxf, GiLEC.; Theoph., i, 8, g; DioscoR. , iv, 83; Simpl. med, f 210. et. Fungus albus , Plin. , A garicus procerus , ScHF. , Fung. , t. 22, ou espces voisines. La coulemelle ou couloumelle leve. /E. Fungus ruber , PLlN. , loco comm. ; Fungus pratensis ? HoRAT., Salir., loco cit. IVIyxf, Theopii. , 1,8. A garicus campestris , L. , Spec. plant., 164.1. L'agaric de couche, ou bien V Agaricus deliciosus, L. , l'agaric dlicieux. y. Suillus, Plin., loco cit. Porcina, Ital. rcent. Bolelus edulis? Bull. , Champ. , p. 322. Le bolet comestible. Il y aurait prsomption de chercher rattacher ces cham- pignons des espces modernes, et de prtendre pouvoir dci- der si les espces mentionnes par les Grecs taient connues des Romains et vicef>ersa. Pline a dit lui-mme numerosa gnera, et ne parle des espces dont nous venons de donner la synonymie que comme des plus intressantes. 96. Page 72, ligne 16. Quorumdamex his facile noscuntur ve' nena, diluio rubore, rancido aspectu , etc. 11 est remarquer que, plus les botanistes se sont occups fond des champignons , plus ils paraissent les redouter , et semblent avoir d'hsitation dans la dsignation des espces comestibles. Les paysans, qui n'ont que des connaissances de tradition , se tromperaient XIV. 1 2 17 NOTES DU LIVRE XXU. peut-tre moins souvent que les plus clbres auteurs. Pline dt positivement : Deprehendisse qui , nisi agrestes , possunt, atque gui coUgunt? Nous pensons que , dans un pays aussi vari dans ses productions que l'est la France, il faudrait ne considrer les champignons que comme une nourriture de luxe , et se borner manger l'agaric de couche , les morilles , et quelques autres espces , - Nobis planta dubia. II. Ina-a./tiosiS'h /ua/>op, Dioscor., iv, iSa ; Kopvtov, 01 T (rha-A/nov a,yplov,TilOSC., in Nothis. Sesamoides in glareosis, Plin., XXII, loco comm.; Astragalus sesameus , L. , Spec. plant., 1068, teste Spreng. , Hist. Rei herb., i , 184.; Reseda anescens, L., Spec. plant. , 644-; Ejusd. , Comm. in Diosc, loco citato; Catananche crulea, L, , Spec. plant., 1 144 t^^t^ Matthiol ; Passerina hirsuta, L. , Spec. plant., 5i3, teste Dalech. ; seu Passerina poljgalfolia, Lapeyr., teste Bauh. Nobis planta dubia. 14.2. LXV, page 108, ligne 2. Hordeum. optimum, quod candidissimum. Cf. plus haut, la note i3o , o nous avons ap- prci les proprits mdicinales de cette crale. Tout ce qu'en dit ici notre auteur est ml de prjugs grossiers que nous ne chercherons pas combattre. 14.3. Ligne 12. Est et herba phnicea appellata Grcis , nostris vero hordeum, murinum. Le phnix , dit Dioscoride , a les feuilles de l'orge. Si nous voulions nous fixer d'aprs la tradition nominale , nous dsignerions V Hordeum, murinum des modernes , gramine commune en Grce sur les murs et dans les cultures , et dont la description est assez rapproche de celle donne par Dioscoride. Si nous adoptons le Lolium perenne, c'est par respect pour l'autorit d' Anguillara , de Matthiole et de Sprengel, qui 192 NOTES DU LIVRE XXII. ont bas leur opinion sur l'assertion de l'auteur grec, relative la forme de l'pi , (r1ei-)(yv ill^.. La sauge officinale. Sprengel dsigne {Hist. Rei herb., I , 87 et 76) les Sahia tri- loba et cretica. Il est certain qu'il n'est gure possible de prciser rigoureusement l'espce. 154. Page 118, ligne 2. Et pastinac ictus sanat. Ce pois- son est aujourd'hui connu sous le nom de Trjgon Pastinaca, L. ; son nom franais est celui de pastenague , mot corrompu de pastinaca. i4-5. LXXII, page 118, ligne il^. Cicer et silvestre est , etc. Cf. au livre xviii, les notes ig4 et igS. H ne parat pas que ce cicer sauvage soit diffrent du cicer cultiv , Cicer arietinum,. Cette lgumneuse annuelle est spontane , au milieu des moissons , dans plusieurs les de l'Archipel. L'emploi mdical de la semence du pois chiche est nul. C'est un aliment estim, notamment dans les parties mridionales de l'Europe ; on le cultive jusque dans l'Inde. i56. Page 120, ligne l^.. Nostri prcipiunt arietinum in oijua cum sale discoquere. Les modernes ont donn au cicer des anciens l'pithte d'arietinum, cause d'une prtendue ressemblance entre les semences et la tte d'un blier. Pline , par ce mot d^arieti- num , n'entend pas parler d'une plante diffrente du cicer. Plinius "Valerianus , qui a reproduit le texte de notre auteur, runit les i3. 196 NOTES DU LIVRE XXIL deux synonymies , et parle de celte plante sous le nom de cxr arietinum. Marcus mpiricus fait la mme chose. iSj. Page 120, ligne 9. Columbini decocti cujua , etc. Cf. au livre XVIII, le chapitre 3'2, o Pline a crit en parlant du cicer : Differenti plures , magnitudine , figura, colore j sapore. Fuehsius avait donn cette espce l'pithte de nigrum; Lonicerus, celles de rubrum et d'album. Ces varits existent en effet. Quant au ro- lumbinum, il rentre peut-tre, comme synonymie, dans la plante suivante. i58. LXXIII , page 120 , ligne il^. De ervo qudam in men- tione ejus dximus , etc. Cf. sur Vervum , les notes 2i3-2i5, iiv. xvill. Il s'agit ici de V Ereum Ervilia. L'ers ne joue plus aucun rle en mdecine : sa farine tait l'une des cinq farines rsolu- tives. Ce n'est pas sans raison que Pline le dit un aliment mal- sain ; on assure qu'il cause une dbilit marque. Quant tout ce qu'on lit dans le texte latin, la rfutation en serait facile, mais nous ne l'entreprendrons pas. L'ers tait chez les anciens un excellent moyen de combattre la morsure des serpens , des cro- codiles et des hommes. La morsure de l'homme n'a rien de ve- nimeux , quoi qu'en dise Pline , moins qu'il n'entende parler de celle des hydrophobes. iSg. LXXIV, page 122, ligne i6. Lupini quoque shestres sunt , etc. Cf. sur le lupin , la note 86 du livre xviii. La haute estime dans laquelle les anciens tenaient le lupin est chose assez extraordinaire ; c'est une semence amre et presque nauseuse, d'une cuisson difficile , et qui se digre mal. Les stociens en faisaient, dit-on, un frquent usage ; certes, ils ne pouvaient mieux faire s'ils voulaient donner une preuve de leur mpris des choses sensuelles. Macrs dans l'eau, les lupins perdent quelque chose de leur amertume ; on les mangeait cuits avec de la sau- mure , ou simplement assaisonns avec un peu de sel. Avant que l'on songet raisonner la thrapeutique, on regardait les lupins comme apritifs , diurtiques , emmnagogues , vermifuges ; c'- tait une des quatre farines rsolutives. Pline dit aussi , d'aprs les auteurs qu'il a compils , que le lupin est vermifuge, apri- NOTES DU LIVRE XXII. 197 tif , emmnagogue et diurtique. Nous l'avons dj dt , long- temps la matire mdicale des modernes fut celle de Dioscoride et de Pline. Cf. sur le lupin, Dioscoride (ii, i32), Plinius Valerianus (il, 21), Thod. Priscien (l, 18) et Marcellus Enj- piricus (c. 28 , p. 200) , ainsi que Celse (iv, 17 ) , qui croyait aussi aux proprits vermifuges de ces semences. Mais si , en effet, le lupin a agi ainsi , c'est vraisemblablement cause de la rue qu'on associait ce mdicament. Dioscoride et Galien oe parlent de cette addition que pour administrer les lupins contre les maladie de la rate. Il n'est pas vrai que la fume de lupins fasse prir les insectes. 160. LXXV , page 126 , ligne 5. Irionem diximus , et a Grcis erjrsimon vocari. Voil une plante dont la tradition no- minale est clairement expose : c'tait Verjrsimon des Grecs , et le vla des Gaulois; nous disons aujourd'hui velar. On voit, par ce passage, que le mot/rUticosum ne signifie pas frutescent, comme nous l'entendons aujourd'hui, mais simplement rameux. Le velar jouit encore d'une certaine rputation pour calmer la toux. C'est par suite d'une croyance semblable qui nous vient de Pline , ou que Pline tient de nous , qu'on lui a donn le nom d'herbe au chantre. Peu de personnes savent que le grand Racine, dans ses lettres Boileau , a parl de Verysimon , et de l'administration qui en fut faite un chantre de Notre-Dame. Ce chantre dut cette plante le retour de sa voix (Voyez Correspondance de Racine avec Boileau, lettre 5 ) : c'est depuis lors (1687) que Verjrsimon a t qualifi d'herbe au chantre. Cf. pour la concordance synonymi- que de cette plante, la note 79 du' livre xvill ; et pour les autres particularits relatives ses proprits , le texte de Dioscoride (l, 188) et celui de Galien (/,3 aucun apprt , et surtout s'ils n'ont pas t renferms dans des vaisseaux poisss. Quant ceux o l'on a ml du marbre, du pltre ou de la chaux, ils sont redou- tables, mme pour les tempramens les plus robustes. Ceux qu'on a prpars avec de l'eau de mer, attaquent les nerfs, l'estomac et la vessie. Ceux o l'on a fait entrer de la rsine , sont propres aux estomacs froids ; mais ils sont dangereux dans le vomissement, aussi bien que le mot, et toute sorte de vin cuit. Le vin nouveau, prpar avec de la rsine, ne peut qu'tre nuisible; il cause des douleurs de tte et des vertiges ; de l vient qu'on appelle du mme nom et la rsine et l'ivresse qu'elle occasione. Les vins rsineux sont bons contre les catarrhes, la toux , le flux de ventre, la dysenterie, et l'coulement immodr des rgles. Les vins rouges ou nors, ainsi prpars, resserrent et chauffent davantage; ceux qu'on apprte avec de la poix seule, sont prfrables; on doit se souvenir que la poix n'est autre chose que de la rsine fondue au feu. Ces vins poisss chauffent, aident la digestion, font couler les humeurs , sont salutaires la poitrine et l'estomac : ils se prescrivent dans les douleurs de la matrice, si elles ne sont pas accompagnes de fivre; dans les fluxions chroniques , les ulcres internes , les ruptures , les spasmes , les abcs des viscres , les fai- blesses de nerfs, les flatuosits, la toux, l'asthme; enfin on les applique avec de la laine grasse sur les luxations. Mais, dans tous ces cas, on doit choisir un vin qui sente naturellement la poix , et qu'on nomme en consquence vin poiss. On convient nanmoins que celui d'Helv- naque, pris en trop grande quantit, occasione des maux de tte. 16. ft/i4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. Quod ad febrium valetudines attinet, certnm est non dandum in febri , nisi veteribus segris : nec nisi decU- nante morbo. In acutis vero jjericulis , nullis nisi qui manifestas remissiones habeant, et bas noctu potius : dimidia enim pars periculi est noctu, bocest, spe somni, bibentibus : nec a partu abortuve, nec a bbidine gro- tantibus , nec in capitis doloribus , nec quorum acces- siones cum frigore extremitatuni fiant , nec in febri tussientibus , nec in tremore nervorumque doloribus , vel faucium , aut si vis morbi circa illa intelligatur : nec in duritia praecordiorum , venarum vehementia : neque in opistbotono, tetano : nec singultientibus, nec si cum febri dyspna sit. Minime vero ocubs rigenti- bus , et genis stanlibus , aut defectis gravibusque : nec quorum conniventium perlucebunt ocuh , palpebrisve non coeuntibus , vel si dormientibus hoc idem eveniet : aut si cruore suffunduntur oculi, vel si lemae in oculis erunt. Minime lingua fungosa , nec gravi , et subinde imperfecta loquentibus : nec si urina difficile reddetur, neque expavescentibus repente, nec spasticis,aut rursus torpentibus, nec si per somnos genitura effundatur. Quomodo danda. Observationes circa ea, xci. , ' XXV. Gardiacorum morbo unicam spem in vino esse HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 2^5 Quant l'usage du vin pour les fivreux, on doit s'abstenir de leur en faire prendre , moins que la fivre ne soit chronique, et que les symptmes ne commencent diminuer : dans les fivres aigus, on dfend le vin aux malades, moins qu'ils n'aient de bons momens bien marqus ; on prfre leur en donner la nuit , parce que le danger est beaucoup moindre , et qu'on se flatte de leur procurer le sommeil. On doit de plus l'interdire aussitt aprs l'accouchement , ou aprs une fausse- couche , ou dans les maladies causes par l'abus du plaisir; dans les maux de tte, dont les accs sont ac- compagns de froid aux extrmits ; dans les toux o il y a fivre ; dans les douleurs et les tremblemens de nerfs , dans les maux de gorge , ou quand le mal existe dans le voisinage de cette partie; dans les tumeurs des viscres, l'opisthotone , le ttanos, le hoquet et la diffi- cult de respirer, accompagne de fivre. Le vin est tout- -fait contraire aux malades qui ont les yeux fixes, les paupires immobiles, faibles ou pesantes; ceux dont les yeux brillent malgr le rapprochement des paupires , ou qui ne peuvent les fermer entirement, ou qui les entr'ouvrent pendant le sommeil , ou enfin qui les ont rouges , enflamms ou chassieux. Il est encore trs- nuisible ceux qui ont la langue paisse , pteuse et se prtant difficilement l'articulation des sons ; de mme qu' ceux qui sont sujets la strangurie , aux frayeurs subites, aux spasmes, la lthargie et aux pollutions nocturnes. De quelle manire on doit administrer les vins. Quatre-vingt-onze observations sur divers points. XXV. H est certain que, dans la maladie cardiaque. a46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. certiim est. Sed id dandum quidam non nisi in acces- sione censent, alii non nisi in remissione. Illi, ut sudo- rem coerceant : hi, quia tutius putant, minuente se morbo ; quam plurium sententiam esse video. Dari uti- que non nisi in cibo dbet, nec a somno, nec prcedente alio polu, hoc est, utique sitienti, nec nisi in despera- lione suprcma, et viro facilius quam feminae : seni, quam juveni : juveni , quam puero : hieme , quam state : adsuetis potius, quam expertibus. Modus daudi pro vehementia vini : item mixtura. Atque vulgo satis putant UDum vini cyathum duobus aquae misceri. Si dissolutio sit stomachi , dandum : et si cibus non de- scendat. , De vnis fictitiis. XXVI. Inter vini gnera , qu fingi docuimus , nec fieri jam arbitror, et supervacuum eorum usum : quum ipsis rbus, ex quibus finguntur, doceamus uti. Et alias modum excesserat medicorum in his ostentatio, veluti e napis vinum utile esse ab armorum equitandive lassi- tudine prcipientium : atque ut reliqua omittamus , etiam e junipero. Et quis satius censeat , absiuthite vino utendum potius, quam absinthio ipso? In reliquis omittetur et palmeum, capiti noxium, ventrique tantum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXUI. 247 le vin est l'unique remde sur lequel les malades puis- sent compter. Mais les uns veulent qu'on l'administre au plus fort du mal ; les autres ne le donnent que sur la fin : les premiers ont pour but d'arrter la sueur ; les seconds jugent ce rgime moins dangereux , quand la maladie a perdu de son intensit; et c'est l'opinion du plus grand nombre. On doit toujours le faire prendre avec quelques alimens , jamais aprs le sommeil , ni aprs une autre boisson , car il est bon que la soif se fasse sentir; du reste, on n'a recours ce remde qu' toute extrmit. Il convient mieux aux hommes qu'aux femmes, aux vieillards qu'aux jeunes gens, aux jeunes gens qu'aux enfans, en hiver qu'en t , ceux qui en ont l'habitude qu' ceux qui n'en font pas ordinairement usage. Pour la dose du vin, et la manire de le tremper, on aura gard sa force. On croit communment qu'il sufft de mler deux cyathes d'eau un cyatlie de vin. L'usage de cette liqueur est ncessaire, si l'estomac est drang, ou si les alimens ne passent pas. - Des vins artificiels. XXVI, Quant aux vins artificiels, dont nous avons in- diqu la composition , je crois que l'on n'en fabrique plus aujourd'hui, et que leur usage n'est pas ncessaire. Nous avons, au reste, fait connatre les proprits des sub- stances qui entraient dans leur fabrication, proprits exagres outre mesure par les mdecins, qui prten- daient, par exemple, que le vin de navet tait excel- lent pour rtablir les forces puises aprs un combat ou une longue course cheval ; suivant eux , le vin de genivre avait les mmes vertus : nous ne dirons rien des autres. Et qui pourrait affirmer que daus l'usage , 24 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. molliendo , et sanguinem exscreantibus non inutile. Fictitium non potest videri , quod bion appellavimus , quum sit in eo sola pro arte festinatio. Prodest stoma- cho dissoluto, aut cibos non perficienti, prgnantibus , defectis , paralyticis , tremulis , vertigini , torminibus', ischiadicis. In pestilentia quoque ac peregrinationibus , vim magnam auxiliandi habere dicitur. De aceto, xxviii. XXVIL Vini ctiam vitium transit in remdia. A.ceto summa vis est in refrigerando , non tamen minor in discutiendo : ita fit ut infusum terrae spumet. Dictum est ssepius, diceturque quoties cum aliis prosit. Per se haustum fastidia discutit , singultus cohibet , sternuta- menta olfactu. Vim in balineis aestus arcet , si conti- neatur ore. Quin et cum aqua bibitur. Multorum sto- macho utiliter gargarizatur : cum eadem convalescentium et a solis ardoribus. Oculis quoque illo modo saluberri- mum fotu. Medetur potae hirudini. Item lepris, furfu- ribus, ulceribus manantibus, canis morsibus, scorpio- num ictibus, scolopendrarum , mris aranei, contraque omnium aculeatorum venena et pruritus. Item contra multipedae morsum. Calidum in spongia , adjecto sul- phuris sextante sextariis tribus aceti , aut hyssopi fasci- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 2/,9 le vii d'absinthe est prfrable Fabsinlhe mme? Au nombre de ces vins , dont je crois inutile de parler, est celui de palmier qui cause des maux de tte, et n'est bon que pour lcher le ventre et arrter l'hmoptysie. Quant au vin appel bion, il n'est pas factice, puisque tout l'art de le faire consiste employer les raisins avant leur maturit. Il est bon pour les estomacs drangs , on qui digrent mal, pour les langueurs des femmes enceintes, pour la paralysie, les tremblemens , les ver- tiges , la colique et la sciatique. On le regarde comme un remde extrmement utile dans la peste et dans les longs voyages. Du vinaigre , a8. XXVII. Le vin, mme altr, fournit des remdes salu- taires. Le vinaigre possde au plus haut degr la vertu de rafrachir, et aussi d'attnuer et de diviser les humeurs : rpandu sur la terre, il y produit en effet une espce d'cume ou d'bullition. Nous avons parl et nous par- lerons encore plusieurs fois des usages du vinaigre ml d'autres mdicamens.En breuvage, il dissipe les dgots et arrte le hoquet ; son odeur seule fait ternuer. Tenu dans la bouche, il empche les effets de la chaleur trop haute des bains. On en fait un breuvage avec de l'eau , et ce mlange, en gargarisme, est salutaire l'estomac; en boisson , il convient ceux qui ont souffert de l'ar- deur du soleil ; en fomentation , il n'est pas moins utile pour les yeux. Il gurit ceux qui ont aval une sangsue, remdie la lpre, aux dartres, aux ulcres humides, la morsure des chiens, la piqre des scorpions, aux blessures faites par les scolopendres , les musaraignes , le multipeda ( millepieds ), et tous les animaux veni- 25o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXUI. culo, medetur sedis vitiis. In sanguinis fluxione post excisos calcules , et omni alla , foris in spongia imposi- tum, intus potum cyathis binis quam acerrimum. Con- globatum utique sanguinem discutit. Contra lichenas et bibitur, et imponitur. Sistit alvum , et rheumatismos interaneorum infusum : item procidentia sedis , vul- vaeque. Tussim veterem inhibet , et gutturis rheumatismos , orthopnam, dentium labefactationem. Vesicae nocet, nervorumque infrmitatibus. Nesciere medici, quantum contra aspidas polleret. Nuper ab aspide calcata per- cussus utrem aceti ferens, quoties deposuisset, sentiebat ictum, alias illso similis: intellectum ibi remedium est, potuque succursum. Neque altero os colluunt venena exsugentes. M In totum domitrix vis haec non ciborum modo est , verum et rerum plurimarum. Saxa rumpit infu- sum, quse non ruperit ignis antecedens. Cibos qui- HISTOIRE NATURELLE, LIA^ XXIII. aSi meux, arms d'un aiguillon; de plus, il apaise les d-^ mangeaisons. Appliqu chaudement avec une ponge, la dose de trois setiers pour deux onces de soufre , ou bien avec une poigne d'hyssope, il gurit les ma- ladies de l'anus. Pour arrter le sang aprs l'opration de la taille, ou toute autre hmorrhagie, on fomente les parties avec une ponge trempe dans le plus fort vinaigre, et l'on en fait boire au malade deux cyathes ; c'est un excellent moyen pour rsoudre le sang caill. On l'emploie l'intrieur et l'extrieur pour la cure des dartres ; en lavement , pour arrter le cours de ventre et les dbordemens d'humeur dans les in- testins ; en injection , pour les chutes de l'anus et de la matrice. Il est excellent pour les toux invtres, l'asthme, les fluxions de la gorge , et pour affermir les dents bran- les. Il est nuisible la vessie, et dans les faiblesses de nerfs. Les mdecins ont ignor jusqu' nos jours ses vertus contre la morsure de l'aspic. Il n'y a pas long- temps qu'un homme, qui portait une outre'de vinaigre, fut mordu par un de ces reptiles , sur lequel il avait mis le pied; il sentait la douleur de la blessure aussitt aprs avoir mis bas son fardeau , et cessait de souffrir ds qu'il l'avait repris : cette circonstance fit juger que le vinaigre en breuvage pouvait servir d'antidote, et en effet le bless fut sauv. Ceux qui sucent des plaies venimeuses ne se servent que de cette liqueur pour se laver la bouche. La vertu pntrante du vinaigre n'agit pas seulement sur les alimens , mais sur un grand nombre d'autres substances ; il brise les rochers que le feu mme n'a pu calciner. Au moins est-il certain qu'il n'est point d'assai- aSi C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. deni et sapores non alius magis succus commendat aul excitt : in quo usu mitigatur usto pane, aut cum vino : vel accenditur pipere ac lasere : utique sale compesci- tur. Non est prtereundum in eo exemplum ingens. Siquidem M. Agrippa supremis suis annis conflictatus gravi morbo pedum, quum dolorem eum perpeti ne- quiret , unius medicorum portentosa scientia , igno- rante divo Augusto, tanti putavit usu pedum sensuque omni carere, dummodo et dolore illo careret, demersis in acetum calidum cruribus in acerrimo impetu morbi. De aceto scillino, xvii. XXVIII. 2. Acetum scillinum inveteratum magis pro- batur. Prodest , super ea quae diximus , acescentibus cibis : gustatum enim discutit pnam eam. Et bis qui jejuni vomunt : callum enim faucium facit, ac stomachi : odorem oris tolbt, gingivas adstringit, dents firmat , colorem meliorem prsestat. Tarditatem quoque aurium gargarizatione purgat, et transitum auditus aperit. Oculorum aciem obiter exa- cuit. Comitiabbus, melancholicis, vertiginosis, vulvarum straugulationibus, percussis, aut prsecipitatis , et ob id HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. u53 sonnement si agrable ni si piquant pour les viandes , ou pour tout autre aliment. Quand on l'emploie cet usage, on peut l'adoucir avec du vin , ou du pain rti; si on veut l'aiguiser, on y mle du poivre ou du laser : dans tous les cas, le sel lui fait perdre de sa force. En traitant du vinaigre, nous n'omettrons pas un fait que le nom des personnes rend de la plus haute importance. M. Agrippa, dans les dernires annes de sa vie, souf- frait cruellement de la goutte. Comme les douleurs de- venaient insupportables , un mdecin , pour finir ses tourmens , employa , l'insu d'Auguste , un remde aussi violent qu'extraordinaire. Jugeant qu'il valait mieux le rendre perclus des pieds et ter tout sentiment aux parties affliges , que de le laisser en proie des douleurs si vives , il lui fit tremper les jambes dans un bain de vinaigre chaud , au plus fort mme de l'accs. Du \inaigi'e scillitique , 17. / XXVIII. 2. Plus le vinaigre scillitique est vieux, plus on lui trouve de vertus. Outre ses proprits dj signa- les, il empche les alimens de s'aigrir dans l'estomac; quelques gouttes suffisent pour rendre la digestion moins pnible. Il est bon ceux qui vomissent jeun , car il fortifie la gorge et l'estomac; il te la mauvaise odeur de l'haleine, resserre les gencives, affermit les dents, et rend le teint plus vif et plus agrable. En gargarisme , il remdie la duret d'oreille et ouvre les passages de l'oue; de plus, il claircit la vue. Enfin il est excellent pour l'pilepsie, la mlancolie, les vertiges , les suffocations de la matrice , les meur- trissures , les chutes violentes et les autres accidens de 254 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIU. sanguine conglobato, nervis infrmis, renum vitiis per- quain utile. Cavendum exulceratis. De oxymelite, vu. XXIX. Oxymeli antiqui (ut Dieuches tradit) hoc modo temperabant : mellis minas decem , aceti veteris heminas quinque, salis marini pondo libram et qua- drantem , aquae marinae sextarios quinque pariter co- quebaut, decies dcfervescente cortina , atque ita difTun- debant, inveterabantque. Sustulit totum id Asclepiades, coarguitque. Nam etiam in febribus dabant. Profuisse tamen fatenlur contra serpentes, quas sepas vocant, et contra meconiuin , ac viscum : et anginis calidum gar- garizatum, et auribus, et oris gutturisque desideriis, quae nunc omnia oxalme contingunt : id sale et aceto rcente eflcacius est. De sapa , vu. XXX. Vino cognata res sapa est, musto decocto, donec tertia pars supersit. Ex albo hoc melius. Usus contra cantharidas, buprestim, pinorum erucas, quas pityocampas vocant, salamandras, et contra mordentia venenata. Secundas partusque emortuos trahit , cum bulbis potum. Fabianus auctor est, venenum esse, si quis jejunus a balineis id bibat. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. a 55 celte espce, la suite desquels le sang se coagule; et aussi pour les faiblesses de nerfs et les maux de reins. On en dfend l'usage en cas d'ulcres internes. De l'oxymel, 7. XXIX. Voici , selon Dieuchs, comment les anciens prparaient l'oxymel. Ils mlaient dix mines de miel cinq hmines de vinaigre vieujc , une livre et un quart de sel marin , cinq setiers d'eau de mer , et faisaient bouillir le tout dans une chaudire , dix reprises dif- frentes ; puis ils transvasaient la liqueur pour la laisser vieillir. Asclpiade en condamna et en abolit entirement l'usage : on donnait avant lui l'oxymel , mme dans la fivre. On avoue cependant qu'il a pu tre utile contre la morsure des serpens appels seps, et contre l'opium et l'ixias. On le prescrivait encore, chaud et en garga- risme , pour la surdit , les maux d'oreilles , et ceux de la bouche et de la gorge. Dans tous ces cas , on lui substitue maintenant la saumure aigre ; la meilleure se fait avec du sel et du vinaigre nouveau. Du s.ipa ( vin cuit ) , 7. XXX. Le sapa, ou vin cuit, n'est que le mot bouilli jusqu' diminution des deux tiers. On prfre celui qui est fait de mot blanc. 11 est bon contre les cantha- rides , les buprestes , les chenilles de pin appeles pi- tyocampes , les salamandres et les insectes venimeux. Pris avec des bulbes, il fait sortir l'arrire-faix et le ftus mort dans la matrice. Fabianus prtend que c'est un v- ritable poison, si l'on en prend jeun au sortir du bain. a5G C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. De faece vini, xii. XXXI. Consequens horum est vini faex , cujusque ge- neris. Ergo vini fci tanta vis est, ut descendentes in cupas enecet. Experimentum demissa praebet lucerna , quamdiu extinguatur, periculum denuntians. Illota mi- scetur medicamentis. Cum iridis vero pari pondre , eruptionibus pituitae illinitur : et sicca vel madida con- tra phalangia , et testium mammarumque inflationes , vel in quacumque parte corporis. Item cuni hordeacea farina : et thuris polline in vino decocta crematur et siccatur. Experimentum est lgitime coctae , ut refrige- rata linguam tactu videatur urere. Celerrime exanima- tur, loco non incluso condita. Crematio ei raultum vi- rium adjicit. Utilissima est ad compescendos lichenas furfuresque cum fco decocta. Sic et lepris et ulceribus manantibus imponitur. Fungorum naturse contraria est pota , sed magis cruda. Oculorum medicamentis cocta et Iota miscetur. Medetur illita et testibus, et genitali- bus. In vino autem adversus strangurias bibitur. Quum cxspiravit quoque, lavandis corporibus et vestibus utilis : luncque usum acaciae habet. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL ari; De la lie de vin, la. XXXI. Il nous reste maintenant parler de la lie de quelque espce de vin que ce soit. La vapeur de la lie de vin est si forte, qu'elle asphyxie ceux qui descendent dans la cuve. Pour viter cet accident , on introduit une lampe dans la cuve : tant qu'elle n'y peut rester allume, c'est une marque qu'il y a du danger. Cependant la lie, sans tre lave, entre dans plusieurs compositions m- dicinales. En Uniment , avec poids gal de racine d'iris , elle est bonne pour les pustules sreuses de la peau. Dessche ou humide, elle est employe contre la piqre des phalanges , pour les inflammations des testicules , des mamelles ou des autres parties du corps. On la fait bouillir dans du vin avec de la farine d'orge et de la poudre d'encens , puis on la brle pour qu'il n'y reste plus d'humidit. Pour connatre si la cuisson est par- faite , on doit , quand elle est refroidie , voir si elle fait sur la langue une impression brlante. Elle perd bien- tt toute sa force , si elle reste expose l'air ; l'action du feu augmente sa vertu. Cuite avec des figues, c'est un topique excellent pour les dartres vives ou farineuses, et aussi pour la lpre et les ulcres humides. En breu- vage , c'est un contre-poison pour les champignons v- nneux; mais elle est plus efficace, tant prisc'crue. Cuite et lave , elle entre dans les collyres. On l'applique en Uniment avec succs sur les testicules et les parties g- nitales. On la prend dans du vin pour la strangurie. Lorsqu'elle a jet son feu , elle est bonne encore pour nettoyer le corps et les vtemens : on l'emploie alors comme l'acacia. XIV. '7 258 C. PLINII HIST. NA. LIB. XXIII. De faece aceti, xvii. XXXII. Fx aceti pro materia acrior sit necesse est , multoque magis exulceret. Resistit suppurationum in- crementis : stomachum, interanea, ventrem illita adju- vat. Sistit earum partium rheumatismos , et mulierum menses. Panos discutit nondum exulceratos, et anginas : sacros igns cum cera. Mammas lactis sui impatientes eadem extinguit. Ungues scabros aufert. E serpentibus contra cerastas validissima cum polenta. Cum melan- thio autem contra crocodili morsus , et canis. Et haec cremata ampliat vires. Tune addito lentiscino oleo illita una nocte rufat capillum. Eadem ex aqua in linteolo adposita , vulvas purgat. De faece sapae, iv. XXXIII. Sap faece ambusta sanantur, melius addila lanugine arundinis. Eadem fce decocta potaque , tusses veteres. Decoquitur in patinis cum sale et adipe ad tu- morem quoque maxillarum et cervicum. De foliis oleae, xxiii. XXXIV. 3. Olearum proxima auctoritas intelligitur. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. aSg De la lie de vinaigre, 17. XXXII. La lie de vinaigre , raison de la matire qui la fournit , est ncessairement plus acre et plus caustique que celle du vin. Elle arrte les progrs des ulcres humides. Applique sur le ventre et sur l'estomac, elle les fortifie et arrte les humeurs qui s'y portent, ainsi que les menstrues. Elle rsout l'esquinancie , et les tu- meurs inflammatoires avant qu'elles soient ulcres. Elle gurit l'rysiple, tant incorpore avec de la cire. Elle dissipe le gonflement des mamelles qui regorgent de lait , et fait tomber les ongles malades. Avec de la fa- rine d'orge, c'est un remde puissant contre la morsure des crastes, et avec le melanthion, contre la morsure des chiens et des crocodiles. Brle, elle acquiert encore plus de force et de vertu. Alors elle rend la chevelure blonde, si l'on s'en frotte la tte avec de l'huile de len- tisque. Applique dans un linge , avec de l'eau /elle d- terge les parties naturelles des femmes. De la lie de vin cuit, 4- XXXIII. La lie du vin cuit , ou sapa , gurit les brlures ; dans ce cas , elle est plus efficace , applique avec le duvet du roseau. Bouillie et prise en breuvage, elle apaise les toux invtres. On l'emploie encore en onguent, cuite dans un plat avec du sel et de la graisse, pour toutes les tumeurs des mchoires et du cou. Des feuilles d'olivier , 28. XXXIV. 3. Aprs la vigne, le premier des arbres 17- 26o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. Folia earum vehementissime adstringunt , purgant, si- stunt. Itaque commanducala imposita ulceribus meden- tiir, et capitis doloribus illita cum oleo. Decoctum eorum cum nielle his qu medici usserint , gingivarum inflam- mationibus , paronychiis , sordidisque ulceribus , et pu- trescentibus. Cum melle profluvium sanguinis e nervosis partibus cohibet. Succus eorum carbunculantibus circa oculos ulceribus et pusulis , procidentique pupillae eff- cax : quapropter in collyria additur. Nam et veleres la- crymationes sanat, et genarum erosiones. Exprimitur autem succus tusis , adfuso vino et aqua caelesti , sicca- tusque in pastilles digeritur. Sistit menses in lana ad- motus vulvae. Ulilis et sanie manantibus. Item condy- lomatis , ignibus sacris , quaeque serpunt ulcra , epi- nyctidi. De flore, iv. De olea ipsa, vi. XXXV. Eosdem et flos earum habet effectus. Uruu- tur et cauliculi florescentes , ut spodii vicem cinis praestet : vinoque infuso iterum uritur. Suppurationes et panos illinunt cinere eo, vel foliis tusis cum melle, oculos vero cum polenta. Succus fruticis recentis accensi distillans sanat liche- uas, furfures, manantia ulcra. Nam et lacryma quae ex HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 261 fruitiers est l'olivier. Ses feuilles sont astringentes et purgatives au plus haut degr. Mches et appliques sur les ulcres, elles les mondifient; et en Uniment avec de l'huile , elles calment les douleurs de tte. Leur d- coction avec du miel est excellente pour les parties qui ont souffert de la cautrisation, pour les inflammations des gencives et pour les ulcres sordides et purulens. Avec du miel, elles arrtent les hmorrhagies des par- ties nerveuses. Leur suc est bon pour les ulcres et les pustules rouges et enflammes des yeux, pour le ren- versement de la prunelle : aussi , le fait-on entrer dans les collyres; et en effet, il gurit les larmoiemens inv- trs et l'ulcration des paupires. On exprime ce suc des feuilles de l'olivier piles, qu'on arrose de vin et d'eau de pluie ; on le fait scher ensuite pour en former des trochisques. En pessaire avec de la laine , il arrte les pertes des femmes. Il est excellent pour les ulcres purulens, les condylomes, les pinyctides, les rysi ples et les ulcres rongeans. ^ De la fleur d'olivier, 4- De l'olivier mme, 6. XXXV. Les fleurs n'ont pas moins de vertus que les feuilles. On briile les jeunes tiges de l'olivier, quand elles commencent bourgeonner, pour que leurs cendres fournissent une espce de spodiuiiiy que l'on brle de nouveau , aprs l'avoir arros de vin. On applique ces cendres, ou les feuilles piles avec du miel, sur les abcs et les tumeurs inflammatoires ; mles avec du gruau (l'orge , c'est un bon cataplasme pour les yeux. Le suc de l'olivier, que l'on brle tout vert , gurit les dartres vives et farineuses , et les ulcres humides. 262 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. arbore ipsa distillt , setliiopicaB maxime oleae , mirari satis non est repertos , qui dentium dolores illinendos censerent , venenum esse praedicantes , atque etiam in oleastro quaerendum. E radice oleae quam tenerrim cortex derasus , in melle crebro gustatu medetur san- giiinem rejicientibus , et suppurata extussientibus. Ipsius oleae cinis cum axungia tumores sanat : extrahitque fistu- lis vitia , et ipsas sanat. De olivis albis, iv; nigris, m. XXXVI. Olivae alb stomacbo utiliores , ventri minus. Praeclarum habent, antequamcondiantur, usum rcentes, per se cibi modo devorat. Medentur enim arenosae urin, item dentibus carnem mandendo attritis , aut convulsis. Nigra oliva stomacbo inutilior, ventri faci- lior, capiti et oculis non convenit. Utraque ambustis prodest trita et illita. Sed nigra commanducalur, et protinus ex ore imposita, pusulas gigni prohibet. Co- lymbades sordida ulcra purgant, inutiles difficultatibus urinae. De amurca, xxi. XXXVII. De amurca poteramus videri satis dixisse , Catonem secuti : sed reddenda medicin quoque est. HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIII. a Quant au suc qui dcoule naturellement de l'olivier, et en particulier de celui d'Ethiopie , on ne saurait assez s'tonner que des auteurs le recommandent comme un bon remde pour les maux de dents , si on l'applique sur les gencives; en effet, ils le signa- lent eux-mmes comme un poison , et lui prtent les mmes vertus qu' celui de l'olivier sauvage, d'o d- coule une liqueur semblable. L'corce des racines les plus tendres de l'olivier, prise souvent avec du miel, est bonne contre l'hmoptysie et les crachemens pu- rulens la suite de la toux. La cendre de l'arbre , in- corpore avec de la graisse , gurit les tumeurs , fait disparatre l'humeur vicieuse des fistules et les gurit. Des olives blanches , 4 j ties noires , 3. XXXVI. Les olives blanches sont bonnes l'estomac, mais nuisibles au ventre. Manges seules , avant d'tre conftes, et quand elles sont nouvelles, c'est un excellent remde pour la gravelle, et pour les dents gtes ou branles par l'usage des viandes. L'olive noire est nui- sible l'estomac, favorable au ventre, mais ne convient ni la tte, ni aux yeux. L'une et l'autre espce , broye et applique, gurit les brlures. L'olive noire mche, et applique de suite sur le mal , arrte les ampoules. Les olives confites , ou colymbades , dtergent les ulcres sordides ; mais elles sont nuisibles dans la strangurie. De l'amurca , ou marc d'olives ,21. XXX VIL On pourrait croire que nous en avons assez dit sur l'amurca , d'aprs les ides de Caton ; mais nous i(ft C. PLINII HIS. NAT. LIB. XXIII.^ Gingivis et oris ulceribus, dentium stabilitati efficacis- sime subvenit. Item ignibus sacris infusa, et his quae serpunt. Pernionibus nigrae oliv amurca utilior : item infantibus fovendis. Albae vero, mulierum vulvae in lana admovetur. Multo autem omnis amurca decocta effica- cior. Coquitur in cyprio vase ad crassitudinem mellis. Usus ejus cum aceto, aut vino vetere, aut mulso, ut quque causa exigat , in curatione oris , dentium , au- rium, ulcerum manantium, genitalium, rhagadum. Vul- neribus in linteolis imponitur,^ luxalis in lana : ingens hic usus, utique inveterato medicamento : taie enim fistulas sanat. Infunditur sedis , genitalium , vulvae exul- cerationi. Illinitur vero podagris incipientibus : item ar- ticulariis raorbis. Si vero cum omphacio recoquatur ad mellis crassitudinem , casuros dents extrahit. Item ju- mentorum scabiem , cum decocto lupinorum , et cha- maeleone herba , mire sanat. Cruda amurca podagras foveri utilissimum, (V; '.rvor '.y.': De foliis oleastri , xvi. XXXVIIl. 4- oleastri foliorum eadem natura. Spo- dium e cauliculis vehementius inhibet rheumatismos. Sedat et inflammationes oculorum, purgat ulcra, alie- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 265 dovoiis encore parler de ses usages en mdecine. Le marc d'olives -est excellent pour fortifier les gencives; il gurit les ulcres de la bouche et affermit les dents. On l'applique avec succs sur les rysiples et sur les ulcres rongeans. Le marc d'olives noires est bon pour les engelures, et dans les fomentations qui conviennent aux enfans. Celui des olives blanches est utile en pessaire avec de la laine, pour les maux de la matrice. Mais l'un et l'autre sont beaucoup plus efficaces, employs cuits. On les fait bouillir dans un vase de cuivre, jus- qu' consistance de miel. Le marc, ainsi prpar, s'em- ploie, suivant les cas, avec du vinaigre, du vin vieux ou miell , pour les maux de la bouche , des dents , des oreilles , pour les ulcres humides , ceux des parties gnitales, et pour les crevasses l'anus. On l'applique avec du linge sur les plaies , et avec de la laine sur les luxations. Il est encore plus salutaire lorsqu'il est vieux; c'est alors un remde hroque pour les fistules. En in- jection , il est bon pour les ulcres du sige et deTparties naturelles des deux sexes; en cataplasme, pour la goutte aux pieds lorsqu'elle se dclare , et pour toutes les ma- ladies des articulations. Cuit avec l'omphacium jusqu' consistance de miel , il fait tomber les dents gtes. Avec la dcoction de lupins et le camlon , il est merveilleux pour gurir la gale des btes de somme. En fomenta- tion, il est excellent pour la goutte. Des feuilles de l'ole.ister (olivier sauvage) , i6'. XXXVIII. 4 Les feuilles de l'olivier sauvage ont les mmes vertus. La cendre des jeunes pousses est plus efficace contre le dbordement des humeurs. Il apaise les ^66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. nata explet, excrescentia leniter erodit, siccatque, et ad cicatricem perducit : cetera, ut in oleis. Pecullare autem , quod folia decoquuntur ex melle , et dantur cochlearibus contra sanguinis exscreationes. Oleum tan- tum acrius , efcaciusque : et de eo os quoque colluitur ad dentium firmitatem. Imponuntur folia et parony- chiis , et carbunculis , et contra omnem collectionem cum vino : iis vero quae purganda sunt , cum melle. Miscentur oculorum medicamentis , et decoctum folio- rum, et succus oleastri. Utiliter etiam auribus instilla- tur cum melle, vel si pus effluat. Flore oleastri condy- lomata illinuntur , et epinyctides. Item cum farina bordeacea venter, in rbeumatismo : cum oleo, capitis dolores. Cutem in capite ab ossibus recedentem cauli- culi decocti , et cum melle impositi comprimunt. Ex oleastro maturi in cibo sumpti sistunt alvum. Tosti au- tem et cum melle triti , nomas repurgant , carbunculos rumpunt. De omphacio, m. XXXIX. Olei naturam causasque abunde diximus. Ad medicinam ex olei generibus hc pertinent. Utilissimum esse ompbacium, proxime viride. Prseterea quam maxime recens ( nisi quum vetustissimum quaeritur), tenue. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 167 inflammations des yeux , dterge les ulcres , fait re- natre les chairs enleves , ronge doucement les super- flues , enfin dessche les ulcres et les cicatrise ; ses autres proprits sont semblables celles de l'olivier cultiv. Une vertu qui lui est particulire, c'est que la dcoction de ses feuilles arrte le crachement de sang ; on doit la prendre par cuilleres. L'huile est plus acre et plus efficace. On s'en frotte les gencives pour affer- mir les dents. Ses feuilles, appliques avec du vin, sont un bon topique pour les panaris, les charbons et toutes sortes d'abcs ; pour ceux qui suppurent , on les appli- que avec du miel. Leur dcoction et le suc de l'arbre sont employs dans les collyres. Ce mme suc , avec du miel , mme lorsqu'il y a coulement de pus , est utile , en injection , pour les maux d'oreilles. Les fleurs , en cataplasme, gurissent les condylomes et les pinyctides. Appliques sur le ventre, avec de la farine d'orge, elles sont bonnes pour la diarrhe ; et sur la tte , avec de l'huile, pour eu calmer les douleurs. Les jeumes tiges cuites , en cataplasme avec du miel , raffermissent les tgumens de la tte, lorsque la peau se spare des os. Lorsqu'elles ont acquis toute leur consistance , on les prescrit en aliment pour arrter le cours de ventre. Rties et piles avec du miel , elles dtergent les ulcres rongeans,et font aboutir les charbons. De l'omphacium , 3. XXXIX. Nous avons suffisamment expliqu la nature et les principes de l'huile ; parlons maintenant des espces employes en mdecine. L'omphacium a le plus de vertus j la meilleure huile ensuite est la verte, et 268 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. odoratum , quodque non mordeat , e diverso qitam in cibos eligitur. Omphacium prodest gingivis. Si conti- neatur in ore, colorem dentium custodit magis, quam aliud : sudores cohibet. Denanthino, et de omni oleo , xxvm. XL. OEnanthino idem est efFectus, qui rosaceo. Omni autem oleo molliUir corpus , vigorem et robur accipit : stoniacho contrarium. Auget ulcerum incrementa. Fau- ces exasprt, et venena omnia hebetat, praecipue psini- mythii, et gypsi , in aqua , muls, aut ficorum siccarum decocto potum : contra meconium , ex aqua : contra cantharidas, buprestim, salamandras, pityocampas : per se potum , redditumque vomitionibus , contra omnia supra dicta. Et lassitudinum perfrictionumque refectio est. Torniiua calidum potum cyathis sex, magisque rula simul decocta pellit. Item ventris animalia. Solvit alvum heminae mensura, cum vino et calida aqua potum, aut ptisanae succo. Vulnerariis emplastris utile. Faciem pui- gat. Bubus infisum per nares, donec ructent, iuflationem sedat. Vtus autem magis excalfacil corpora , magisque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 269 encore la plus nouvelle (hors les cas o l'on doit pr- frer la plus ancienne), pourvu qu'elle soit bien claire, d'une odeur agrable, sans acrimonie au got, qu'elle possde, en un mot, les qualits de celle dont on se sert comme aliment. L'omphacium est bon pour les gencives; tenu dans la bouche, rien n'est plus utile pour conserver la blancheur des dents. Il arrte aussi les sueurs. De l'huile d'nanthe ; de l'huile en gnral , 28. XL. L'huile d'nanthe a les mmes vertus que l'huile rosat. Au reste, toutes les espces d'huile assouplissent le corps, lui communiquent de la force et de la vigueur; mais elles nuisent l'estomac , et irritent le gosier. Prise dans de l'eau mielle , ou dans une dcoction de figues sches , l'huile neutralise toute sorte de poisons ; elle est bonne surtout contre le pltre et la cruse; avec de l'eau, elle est salutaire contre l'opium, et aussi contre les buprestes , les cantharides , les salamandre> et les pityocampes ; prise toute pure, et vomie ensuite, elle dtruit tous les venins prcits. C'est d'ailleurs un bon remde pour les lassitudes et les frissons. Prise chaude, la dose de six cyathes, ou mieux encore, bouillie avec de la rue, elle apaise les tranches, et chasse les vers intestinaux. A la dose d'une hmine , dans du vin , de l'eau chaude , ou une dcoction d'orge mond , elle lche le ventre. L'huile est utile dans la composition des empltres vulnraires. Elle adoucit et nettoie la peau du visage. En injection dans les naseaux des bufs, jusqu' ce qu'ils la rendent par la bouche, elle dlivre ces animaux de toute espce de flatuosit. L'huile vieille est plus propre chauffer le corps, 270 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. discutit sudores. Duritias magis diffundit. Lethargicis auxiliare , et inclinato morbo. Oculorum claritati con- fertaliquid, cum pari portione mellis acapni. Capitis]do- loribus remedium est. Item ardoribus in febri cum aqua : et si vetusti non sit occasio , decoquitur, ut vetustatem repraesentet. De cicino oleo, xvi. XLI. Oleum cicinum bibitur ad purgationes ventris cum pari caldae meusura. Privatim dicitur purgare prae- cordia. Prodest et articulorum morbis, duritiis omni- bus, vulvis, auribus, ambustis. Cum cinere vero muri- cum , sedis inflammationibus , item psorae. Colorem cutis commendat , capillumque fertili natura evocat. Semen ex quo fit, nuUa animans attingit. Ellychnia ex uva" fiunt, claritatis praecipuse. Ex oleo lumen obscurum propter nimiam pinguitudinem. Folia igni sacro illinun- tur ex aceto : per se autem recentia mammis et epi- plioris. Eadem decocta in vino inflammationibus, cum polenta et croco : per se autem triduo imposita faciem purgant. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 271 provoquer la sueur et rsoudre les tumeurs. Elle est d'un grand secours dans la lthargie, surtout dans le dclin de la maladie. Employe par parties gales avec du miel qui n'ait pas t expos la fume, elle est assez bonne pour claircir la vue; du reste, c'est un remde utile pour les maux de tte, et avec de l'eau , pour les ardeurs de la fivre. Si l'on ne peut se procurer de vieille huile , ou fait bouillir de l'huile nouvelle , pour lui communiquer les vertus de la premire. De l'huile de cici (ricin), 16. XLI. L'huile de cici^ prise avec gale quantit d'eau chaude, purge le ventre; mais sa vertu purgative agit principalement, dit-on-, sur les parties voisines du cur. Elle est utile aussi pour les gouttes , les tumeurs de toute espce, les maladies de la matrice et des oreilles, et pour les brlures. Applique avec de la cendre de murex , elle gurit les inflammations du sige et la gra- telle. Elle donne la peau une couleur vive et ag|;able , et fait crotre les cheveux. Aucun animal ne louche la graine dont cette huile est tire. On fait avec les grappes de l'arbre des mches qui rendent beaucoup d'clat ; mais l'huile ne donne qu'une lumire sombre , parce qu'elle est trop grasse. On emploie les feuilles du cici, en liniment avec du vinaigre, pour les rysi- ples , ou seules , lorsqu'elles sont fraches , pour les maladies des mamelles, et les fluxions. Cuites dans du vin, et appliques avec du gruau d'orge et de safran , elles apaisent les inflammations. Appliques seules sur le visage, pendant trois jours, elles nettoient et embel- lissent la peau. 272 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. De amygdalino, xvi. XLII. Oleum amygdalinum purgat, mollit corpora, cuiem eriigat , nitorem commendat , varos cum melle tollit e facie. Prodest et auribus , cum rosaceo et melle et mali pimici germine decoctum , vermiculosque in his necat, et gravitatem auditus discutit, sonos incertos et tinnitus, obiter capitis dolores , et oculorum. Medetur turunculis, et a sole ustis cum cera. Ulcra manantia et furfures cum vino expurgat : condylomata cum me- liloto. Per se vero capiti illitum, somnum allicit. De laurino , ix. XLIII. Oleum laurinum utilius quo recentius , quo^ que viridius colore. Vis ejus excalfactoria ; et ideo pa- ralylicis , spasticis , ischiadicis , sugillatis , capitis dolo- ribus, inveteratis distillationibus , auribus, in calyce punici calfactum illinitur. V De myrteo, xx. XLIV. Similis et myrtei olei ratio : adstringit, indu- rat : medetur gingivis , dentium dolori , dysenteriae , vulvse exulceratae, vesicis, ulceribus vetustis vel manan- tibus, cum squama ris et cera. Tfem eruptionibus , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 273 De l'nuile d'amandes, 16. XLII. L'huile d'amandes est purgative et molliente ; elle assouplit les membres, efface les rides, et donne de l'clat la peau. Avec du miel, elle emporte les taches du visage. Bouillie avec de l'huile rosat , du miel et des bourgeons de grenadier, elle gurit les maux d'oreilles, tue les vers qui s'y engendrent, dissipe les symptmes de surdit , les bruissemens vagues , les tintemens , et apaise les douleurs de la tte et des yeux. Avec de la cire , elle forme un bon cataplasme pour les fuf oncles et pour les parties brles par l'ardeur du soleil. Avec du vin , elle gurit les ulcres humides , les dartres fari- neuses , et , avec le mlilot , les condylmes. Seule , en Uniment sur la tte , elle provoque le sommeil. De l'huile de laurier , 9. XLIII. Plus l'huile de laurier est verte et nouvelle, plus elle a de vertu. Comme elle est chauffante , on l'emploie en liniment , chauffe dans une corce de gre- nade, pour la paralysie, les spasmes, la Sciatique, les meurtrissures , les douleurs de tte , les rhumes de cer- veau invtrs et les maux d'oreilles. De l'huile de myrte, 20. XLIV. L'huile de myrte a des qualits analogues. Elle est astringente , propre fortifier et endurcir. On l'emploie , avec de la cire et des scories d'airain , pour les douleurs des gencives et des dents, pour la dysen- terie , les ulcrations de la vulve ou de la vessie, les ul- IV. 18 272 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. De amygdallno , xvi. XLII. Oleum amygdalinum purgat, mollit corpora, culem erugat , nitorem commendat , varos cum melle tollit e facie. Prodest et auribus, cum rosaceo et melle et mali punici germine decoctum , vermiculosque in his necat, et gravitatem auditus discutit, sonos incertos et tinnitus, obiter capitis dolores , et oculorum. Medetur iurunculis, et a sole ustis cum cera. Ulcra manantia et furfures cum vino expurgat : condylomata cum me- liloto. Per se vero capiti illitum, somnum allicit. t De laurino , ix. XLIII. Oleum laurinum utilius quo recentius, quo- que viridius colore. Vis ejus excalfactoria ; et ideo pa- ralylicis , spasticis , ischiadicis , sugillatis , capitis dolo- ribus, inveteratis distillationibus , auribus, in calyce punici calfactum illinitur. De myrteo , xx. XLIV. Similis et myrtei olei ratio : adstringit, indu- rat : medetur gingivis , dentiuni dolori , dysenteriae , vulvae exulceratae, vesicis, ulceribus vetustis vel manan- tibus, cum squama aeris et cera. Item eruptionibus , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 273 De l'huile d'amandes, 16. XLII. L'huile d'amandes est purgative et molliente ; elle assouplit les membres, efface les rides, et donne de l'clat la peau. Avec du miel, elle emporte les taches du visage. Bouillie avec de l'huile rosat , du miel et des bourgeons de grenadier, elle gurit les maux d'oreilles, tue les vers qui s'y engendrent, dissipe les symptmes de surdit , les bruissemens vagues , les tintemens , et apaise les douleurs de la tte et des yeux. Avec de la cire , elle forme un bon cataplasme pour les fuf oncles et pour les parties brles par l'ardeur du soleil. Avec du vin , elle gurit les ulcres humides , les dartres fari- neuses , et , avec le mlilot , les condylmes. Seule , en Uniment sur la tte , elle provoque le sommeil. De l'huile de laurier, 9. XLIII. Plus l'huile de laurier est verte et ntuvelle, plus elle a de vertu. Comme elle est chauffante , on l'emploie en liniment , chauffe dans une corce de gre- nade, pour la paralysie, les spasmes, la sciatique, les meurtrissures , les douleurs de tte , les rhumes de cer- veau invtrs et les maux d'oreilles. De rhuile de myrte, ao. XLIV. L'huile de myrte a des qualits analogues. Elle est astringente , propre fortifier et endurcir. On l'emploie , avec de la cire et des scories d'airain , pour les douleurs des gencives et des dents, pour la dysen- terie , les ulcrations de la vulve ou de la vessie , les ul- IV. 18 a76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. nervos. Folia stomacho illinuntur : et vulvae concitatae succus quoque eorum adponitur. Folia recentia com- manducata , ulceribus in capite manantibus , item oris medentur, et collectionibus, condylomatis. Decoctum fo- liorum ambustis et luxatis prodest. Ipsa rufant capillum tusa , adjecto slruthei mali succo. Flos capitis dolores sedat cum aceto illitus. Idem combustus in cruda olla nomas sanat et putrescentia ulcra per se, vel cum melle. Odor floris olet , qui somnum facit. Adstringit gleucinum , et rfrigrt , eadem ratione qua et nan- thinum. De balsamino, xiii. ^ XLVII. Balsaminum longe pretiosissimum omnium , ut in unguentis diximus , contra omnes serpentes effi- cax. Oculorum claritati plurimum confert, caliginem discutit. Item dyspnas, collectiones omnes duritiasque lenit. Sanguinem deusari prohibt, ulcra purgat : au- ribus, capitis doloribus, tremulis, spasticis, ruptis per- quam utile. Adversatur aconito ex lact potum. Febres cum horrore venientes perunctis leviores facit. Uten- dum tamen modico , quoniam adurit , augetque vitia non servato temperamento. De malobathro, viii. XLVIII. Malobathri quoque naturam et gnera ex- HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIII. 277 et assouplit les nerfs. Ou applique les feuilles du cypros en cataplasme sur l'estomac. Introduit dans la vulve , leur suc en apaise les irritations. Mches fraches , ces mmes feuilles gurissent les ulcres humides de la tte , ceux de la bouche , les dpts ou abcs , et les con- dylmes. Leur dcoction est bonne pour les brlures et les luxations ; piles avec du jus de coings, elles teignent les cheveux en blond. Les fleurs de l'arbre, en cataplasme avec du vinaigre , apaisent les douleurs de tte. Ces mmes fleurs , calcines dans un pot de terre crue , et appliques seules ou avec du miel , gurissent les ul- cres corrosifs ou putrides. L'odeur qu'elles exhalent provoque le sommeil. L'huile appele gleucinum res- serre et rafrachit comme celle de l'nanthe. De l'huile de baume, i3. XLVII. L'huile de baume est la plus prcieuse de toutes , comme nous l'avons dj dit en traitant des parfums. Elle est excellente contre le venin da. toutes les espces de serpens. Elle a la vertu d'claircir et de fortifier la vue. Elle soulage dans l'asthme, rsout tous les dpots et toutes les tumeurs, empche la coagula- tion du sang , dterge les ulcres ; enfin , c'est un trs- bon remde pour les maux de tte , les tremblemens , les spasmes et les ruptures. Prise avec du lait, elle neutra- lise l'aconit. En liniment, elle diminue les frissons de la fivre ; mais il faut en user modrment , car elle chauffe beaucoup et augmente le mal , si l'on en prend en trop grande quantit. Du malobarhrum , 8. XLVIIL Nous avons aussi parl du malobathrum et de 278 C. PUNII HIST. NAT. Lia. XXIII. posuimus. Urinaui (;iet. Oculorum epiphoris vino ex- pressum utilissiine imponitur : item frontibus , dormire \olentibus : efficacius, si et nares illinantur, aut si ex aqua bibatur. Oris et halitus suavitatem commendat linguae subditum folium , sicut et vestium odorem in- terpositum. De hyoscyamino, 11. Thermino, i. Narcissino, i. Raphanino, v. Sesamino, m. Lirino, m. Selgitico, i. Iguvino , i. XLIX. Hyoscyaminum emoUiendo utile est, nervis inutile. Potum quidem cerebri motus facit. Therminum e lupinis emollil , proximum rosaceo efFectum habens. Narcissinum dictum est cum suo flore. Raphaninuni phthiriases longa valetudine contractas tollit, scabri- tiasque cutis in facie emendat. Sesaminum aurium do- lores sanat, et ulcra quae serpunt, et quae cacoethe vocant. Lirinon, quod et Phaselinum et Syrium voca- vimus, renibus utilissimum est, sudoribusque evocan- dis , vulvae molliendae , concoquendoque intus. Selgiti- cum nervis utile esse diximus, sicut herbaceum quoque, quod Iguvini circa Flaminiam viam vendunt. HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIIL 279 ses diffrentes espces. Il provoque les urines ; broy et exprim dans du vin, on l'applique avec succs sur les fluxions des yeux; et sur le front, pour procurer le som- meil ; il agit plus efficacement encore, si l'on s'en frotte les narines , ou si on l'avale dans de l'eau. T.a feuille du malobatlirum , tenue sous la langue, parfume l'ha- leine ; place entre les vtemens , elle leur communique une bonne odeur. , !^ De l'huile de jusquiame, 2. De l'huile de lupin, i. De l'huile de narcisse , i. De l'huile de raifort , 5. De l'huile de ssame, 3. De l'huile de lis, 3. De l'huile selgitique , i. De l'huile d'Igu- XLIX. L'huile de jusquiame est molliente, mais con- traire aux nerfs. En breuvage, elle trouble le cerveau. L'huile de lupin a aussi une vertu molliente, et pro-^ duit peu prs les mmes effets que l'huile rosat. Quant celle de narcisse , nous en avons parl en traitant de la fleur mme. L'huile de raifort gurit la phthiriase qui survient la suite d'une longue maladie, et elle adoucit les asprits de la peau du visage. L'huile de ssame calme les douleurs d'oreilles, et gurit les ulcres malins et corrosifs. L'huile de lis, que nous avons aussi dsigne sous le nom d'huile de Phaselis et de Syrie, est trs- utile dans les maux de reins, pour provoquer la sueur, amollir la vulve et mrir les tumeurs. Quant aux huiles dites selgitique et herbace , que les marchands d'Iguvium vendent sur la voie Flaminienne , elles sont fort bonnes pour les nerfs , ainsi que nous l'avons dj lait observer. 28o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. I. De claeomeli , ii. De pissino , ii. L. Elaeomeli , quod in Syria ex ipsis oleis manare diximus, sapore melleo, non sine nausea, alvum solvit: bilem prsecipue detrahit , duobus cyathis in hemina aquae datis : qui bibere , torpescunt , excitanturque crebro. Potores certaturi prsesumunt ex eo cyathum unum. Pissino oleo usus ad tussim et quadrupedum scabiem est. De palmis , ix. LI. A vitibus oleisque proxima nobilitas palmis : infrp briant rcentes : capitis dolorem adferunt : minus, siccae: nec , quantum videtur, utiles stomacho : tussim exasp- rant , corpus alunt. Succum decoctarum antiqui pro hydromelite dabant aegris ad vires recreandas, sitim sedandam , in quo usu praeferebant Thebaicas. Sangui- nera quoque exscreantibus utiles , in cibo maxime. Illi- nuntur caryot stomacho , vesicae , ventri , intestinis , cum cotoneis et cera et croco. Sugillata emendant. Nu- clei palmarum cremati in fictili novo, cinere loto spodii vicem efficiunt, miscenturque collyriis, et calliblephara faciunt addito oardp. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 281 De l'lomel , 2. De Thuile de poix , 2. L. L'lomel qui coule des oliviers de Syrie, a la saveur du miel, mais fade et nausabonde. Il lche le ventre; la dose de deux cyathes dans une hmine d'eau , il a une vertu particulire pour vacuer la bile ; ceux qui en ont pris , tombent dans l'assoupissement , et ont besoin d'tre souvent rveills. Les buveurs qui veulent disputer la palme dans un banquet, commen- cent par avaler un cyathe d'lomel. L'huile de poix s'emploie pour la toux et pour gurir la gale des qua- drupdes. Du palmier, 9. LL Aprs la vigne et l'olivier , l'objet le plus digne de notre considration est le palmier. Les dattes fraches enivrent et causent des douleurs de tte; sches, elles sont moins nuisibles : elles ne sont pas aussi bonnes l'estomac qu'on se l'imagine ; elles augmentdt la toux , mais elles sont nourrissantes. Les anciens ordon- naient la dcoction de dattes , au lieu d'hydromel , pour rtablir les forces des malades et apaiser la soif; pour cet effet , ils prfraient les dattes de Thbes. Elles sont salutaires dans le crachement de sang, surtout tant manges. On en fait, avec des coings, du safran et de la cire , un cataplasme qui s'applique sur le ventre , l'estomac , la vessie et les parties meurtries. Les noyaux de dattes , calcins dans un pot de terre neuf, four- nissent une cendre qui remplace le spodium. Elle entre dans les collyres , et dans les pommades pour les pau- pires, en y ajoutant du nard. 282 C. PLINII HIST. IV AT. Llli. XXIII. De palma myrobalano , m. LII. 5. Palma quae fert myrobalanum , probatissina iu iEgypto , ossa non habet reliquarum modo in bala- nis. Alvum el menses ciet in vino austero, et vulnera conglutinat. De palma elate, xvi. LIII. Palma elate , sive spathe , medicinae confert germina, folia, corticem. Folia imporiuntur praecordiis, stomacho , jocineri , cineri, ulceribus quae serpunt, cica- trici repugnantia. Psoi-as cortex ejus tener cum rsina et cera sanat diebus xx. Decoquitur et ad testium vitia. Capillum dnigrt suffitu, partus extrabit. Datur biben- dus renum vitiis, et vesicae, et praecordiorum : et ca- piti, et nervis inimicus. Vulvae ac ventris fluxiones sistit decoctum ejus. Item cinis ad tormina potus in vino albo , in vulvarum vitiis efEcacissimus. Medicinae ex singulorum generum flore , tbliis , fructu , ramis , cortice, succo, ligno, radie, cinere. Malorum observationes, vi ; cotoneorum , xxi i ; struthionim , i. LIV. 6. Proxiinae varietates generum medicinarum- que , quae mala babent. Ex bis verua , acerba , stoma- cho inutilia suut : alvum, vesicam circumaguiit, nervos laedunt. Coda ineliora. Colonea coda suaviora. Cruda HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIII. 83 Du palmier myrobalan , 3. LU. 5. Le palmier qui produit le myrobalan , et dont l'espce la plus estime crot en Egypte, donne des dattes qui diffrent des autres en ce qu'elles n'ont pas de noyaux. Avec du vin sec , elles lchent le ventre et htent le flux menstruel ; de plus , elles consolident les plaies. Du palmier elate, i6. Lin. Le palmier elate y ou spathe, fournit la mde- cine ses bourgeons, ses feuilles et son corce. Les feuilles s'appliquent sur la rgion du cur, de l'estomac, du foie , et sur les ulcres rongeans qui refusent de se ci- catriser. L'corce encore tendre, avec de la cire et de la rsine , gurit la gale en vingt jours ; sa dcoction est bonne pour les maladies des testicules. Le parfum de cette corce noircit les cheveux et facilite l'accou- chement. On la prescrit en breuvage pour les maux^des reins, de la vessie et de la rgion prcordiale; mais elle est nuisible la tte et aux nerfs. La dcoction arrte le flux de ventre et les pertes des femmes. Enfin les cen- dres, prises dans du vin blanc, sont excellentes pour les tranches et pour les maladies de la matrice. Remdes tirs des fleurs, feuilles, fruits, branches, corces, sucs, bois , racines , cendres de chaque espce. Observations sur les pomaces , 6 ; sur les coings, l'i ; sur le struthium , i. LIV. 6. Nous traiterons maintenant des vertus m- dicinales des diverses espces de pommes ou de poires , et des arbres qui les produisent. Les pommes et les poires de printemps ont un got acerbe et nuisent 284 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. tamen, dumtaxat matura, prosunt sanguinem exscrean- tibus ac dysentericis , cholericis , cliacis. Non idem prosunt decocta , quoniam amittunt constringentem illam vim succi. Imponuntur et pectori in febris ardo- ribus : et tamen decoquuntur in aqua caelesti, ad eadem, quae supra scripta sunt. Ad stomachi autem dolores cruda decoctave cerati modo imponuntur. Lanugo eorum carbunculos sanat. Cocta in vino , et illita cum cera , alopeciis capillum reddunt. Quae ex his cruda in melle condiuntur, alvum movent. Mellis autem suavjtati mul- tum adjiciunt , stomachoque utilius id faciunt. Quae vero in melle condiuntur cocta, quidam ad sto- machi vitia , trita cum rosae foliis decoctis dant pro cibo. Succus crudorum lienibus , orthopnoicis , hydropicis prodest. Item mammis^ condylomatis, varicibus. Flos et viridis , et siccus inflammationibus oculorum , exscrea- tionibus sanguinis, mensibus mulierum. Fit et succus ex his mitis, cum vino dulci tusis , utilis et cliacis et jocineri. Decocto quoque eorum foveutur, si proci- dant vulvae et interanea. Fit et oleum ex his, quod melinum vocavimus, quoties HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. aSS l'estoiTiac. Elles causent des tranches et attaquent la vessie et les nerfs ; cuites , elles sont plus saines. Les coings ont un got beaucoup plus agrable si on les fait cuire; nanmoins ces fruits, mangs crus quand ils sont bien mrs, sont utiles dans l'hmoptysie, la dysenterie, les dbordemens de bile et la diarrhe. Cuits , ils ne pro- duisent pas le mme effet , parce qu'ils ont perdu leur vertu astringente. On les applique sur la poitrine , pour apaiser les ardeurs de la fivre. Cependant on les fait cuire aussi dans de l'eau de pluie , pour les diffrens usages dont nous venons de parler. Cuits ou crus , on les emploie, en cataplasme, pour les douleurs d'esto- mac. Le duvet qui couvre le fruit gurit les charbons. Les coings cuits dans du vin , et appliqus en liniment avec de la cire, s'emploient utilement dans l'alopcie. Crus et confits dans le miel , ils lchent le ventre ; ils rendent d'ailleurs le miel beaucoup plus doux et plus salutaire l'estomac. Cuits et confits dans le miel , ils sont employs comme un bon stomachique par quelques mdecins, qui en font manger aux malades, aprs les avoir broys avec des feuilles de roses cuites. Le suc de ce fi'uit cru est bon pour les maladies de la rate, pour l'asthme, l'hydropisie, les tumeurs des mamelles, les condylmes et les varices. Les fleurs, sches ou fraches, apaisent les inflamma- tions des yeux , le crachement de sang et le flux excessif des menstrues. Piles dans du vin doux , elles donnent une liqueur adoucissante , qui convient dans la diarrhe et dans les maladies du foie. Leur dcoction , employe en fomentations, est bonne pour les chutes des intestins ou de la matrice. Les coings fournissent encore l'huile que nous avons 286 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIir. non fuerinl in humidis nata. Ideo utilissima, quae ex Sicilia veniunt. Minus utilia struthia, quamvis cognata. Radix eorum circumscripta terra manu sinistra capitur, ita ut qui id faciet, dicat quae capiat, et cujus causa : sic adalligata, strumis medetur. Dalciam malorum observationes ; vi ; austerorum , rv. LV. Melimela et reliqua dulcia, stomachum et ven- trem solvunt , siticulosa , stuosa : sed nervos non laedunt. Orbiculata slstunt alvum , et vomitiones , uri- nas cient. Silvestria mala similia sunt vernis acerbis, alvumque sislunt. Sane in hune usum immatura opus sunt. Gtreorum, v. LVI. Citrea contra venenura in vino bibuntur, vel ipsa. vel semen. Faciunt oris suavitatem, decocto eorum colluti , aut succo expresso. Horum semen edendum praecipiunt in malacia praegnantibus : ipsa vero contra infirmitatem stomachi , sed non nisi ex aceto facile mandunlur. Panicomm, xxvi. LVn. Puuici mali novem gnera nunc iterare super- HISTOIRK NATURELLE, LIV. XXIII, 387 appele melinum ; mais il ne faut pas qu'ils soient venus dans des terrains humides : aussi prfre-t-on ceux que l'on tire de la Sicile. Le coing appel struthium, quoi- qu'ayant beaucoup d'affinit avec les prcdens , est moins estim. La racine de cette espce, porte au cou, gurit les crouelles; mais il faut que celui qui l'arrache dcrive l'entour un cercle avec la main gauche, en nommant cette racine et celui pour qui il la destine. Sur les pommes douces, 6 ; sur celles qui sont acerbes, /(. LV. Les pommes nommes melimela , ainsi que toutes les autres pommes douces, lchent le ventre et l'estomac, chauffent et altrent, et ne sont cependant pas nuisibles aux nerfs. Celles que l'on nomme orbicu- lata ( rondes ) arrtent le vomissement et le flux de ventre, et provoquent les urines. Les pommes sauvages ont les mmes proprits que les pommes de prin- temps, qui ont une saveur acerbe. Les unes et les autres s'emploient pour arrter le flux de ventre. ^ Sur les citrons, 5. LVL La pulpe et la graine du citron , prises dans du vin, neutralisent les mauvais effets du poison. La d- coction et le suc du citron , rendent l'haleine douce , quand on s'en lave la bouche. On fait manger la graine aux femmes enceintes , dans les dgots qui accom- pagnent la grossesse. Le fruit est bon pour les faiblesses d'estomac; mais on ne saurait gure le manger qu'avec du vinaigre. vSur les grenades, 26. LVn. Il serait inutile d'entrer ici dans de nouveaux 288 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. vacuum. Ex his dulcia, quae apyrina alio nomine ap- 1| pellavimus , stomacho inutilia habentur , inflationes pariunt, dents gingivasque laedunt. Quae vero ab his sapore proxima vinosa diximus, parvum nucleum ha- bentia, utiliora paulo intelliguntur. Alvum sistunt, et stomachum , dumtaxat pauca , citraque satietatem. Sed haec minime danda, quamquam omnino nulla, in febri, nec carne acinorum utili , nec succo. Caventur aeque vomitionibus , ac bilem rejicientibus. Uvam in his , ac ne mustum quidem , sed protinus vinum aperuit natura. Utrumque asperiore corlice. Hic ex acerbis in magno usu. Vulgus coria maxime perficere illo novit : ob id malicorium appellant medici. Urinam cieri eodem monstrant : mixtaque galla in aceto decoc- tum , mobiles dents stabilire. Expetitur gravidarum malaciae, quoniam gustatu moveat infantem. Dividitur malum, caelestique aquamadescit ternis fere diebus. Haec bibitur frigida cHacis, et sanguinem exscreantibus. Stomatice, xxiv. LVIU. Ex acerbo fit medicamentum , quod stoma- HISTOIRE NATURELLE, LlV.XXm. 289 dtails sur les neuf espces de grenades. Celles que l'on nomme apjrina (sans ppins), ou autrement grenades douces, sont , dit-on , contraires l'estomac, causent des flatuosits et attaquent les dents et les gencives. Celles dont le got approche le plus de ces dernires , c'est- -dire les grenades vineuses , ont de petits ppins , et sont un peu plus estimes pour leurs proprits. Elles arrtent le flux de ventre, et rtablissent l'estomac, pourvu toutefois qu'on n'en mange que trs - peu et sa^ns se rassasier. Mais on ne doit les permettre qu'en trs-petite quantit , ou mme il faut les interdire abso- lument dans la fivre ; car le suc et la pulpe des grains sont alors nuisibles. On les dfend aussi dans le vomis- sement et dans les vacuations bilieuses. La nature nous donne dans ce fruit du raisin, et je ne dirai pas du mot , mais du vin tout fait. L'corce , dans les deux espces , est un peu rude et grossire. Celle des grenades aigres est employe une foule d'usages. Les tanneurs s'en servent particulirement pour prparer leur^ cuirs; aussi les mdecins l'appellent -ils malicorium. Ils lui attribuent la vertu de provoquer l'urine et de raffermir les dents branles; bouillie dans le vinaigre avec de la noix de galle, cette corce convient encore dans les dgots qu'prouvent les femmes enceintes : lors- qu'elles en mchent , le ftus parat en ressentir quelque motion. On coupe une grenade, qu'on laisse infuser pendant trois jours dans de l'eau de pluie; cette infu- sion se prend froide dans le flux de ventre et l'h- moptysie. Sur la stomatice, 24. LVIIL On fait, avec des grenades' aigres, une com- XIV. 19 a88 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. vacuum. Ex his dulcia, quae apyrina alio nomine ap- pellavimus , stomacho inutilia habentur , inflationes pariunt, dents gingivasque laedunt. Quae vero ab his sapore proxima vinosa diximus, parvum nucleum ha- bentia, utiliora paulo intelliguntur. Alvum sistunt, el stomachum , dumtaxat pauca , ci traque satietatem. Sed haec minime danda, quamquam omnino nuUa, in febri. ne carne acinorum utili , nec succo. Caventur aequ vomitionibus , ac bilem rejicientibus. Uvam in his , ac ne mustum quidem , sed protinus vinum aperuit natura. Utrumque asperiore corlice. Hi( ex acerbis in magno usa. Vulgus coria maxime perficert illo novit : ob id malicorium appellant medici. Urinan cieri eodem monstrant : mixtaque galla in aceto decoc tum , mobiles dents stabilire. Expetitur gravidarun malaciae, quoniam gustatu moveat infantem. Dividitui malum, clestique aquamadescit ternis fere diebus. Hae( bibitur frigida cliacis, et sanguinem exscreantibus. Stontatice, xxiv. LVIII. Ex acerbo fit medicamentum , quod stoma- HISTOIRE NATURELLE, LIV.XXllI. aSg dtails sur les neuf espces de grenades. Celles que l'on nomme apjrina (sans ppins), ou autrement grenades douces, sont , dit-on , contraires l'estomac, causent des flatuosits et attaquent les dents et les gencives. Celles dont le got approche le plus de ces dernires , c'est- -dire les grenades vineuses , ont de petits ppins , et sont un peu plus estimes pour leurs proprits. Elles arrtent le flux de ventre, et rtablissent l'estomac, pourvu toutefois qu'on n'en mange que trs - peu et sa^ns se rassasier. Mais on ne doit les permettre qu'en trs-petite quantit , ou mme il faut les interdire abso- lument dans la fivre; car le suc et la pulpe des grains sont alors nuisibles. On les dfend aussi dans le vomis- sement et dans les vacuations bilieuses. La nature nous donne dans ce fruit du raisin, et je ne dirai pas du mot , mais du vin tout fait. L'corce, dans les deux espces, est un peu rude et grossire. Celle des grenades aigres est employe une foule d'usages. Les tanneurs s'en servent particulirement pour prparer leurs cuirs; aussi les mdecins l'appellent - ils malicorium. Ils lui attribuent la vertu de provoquer l'urine et de raffermir les dents branles; bouillie dans le vinaigre avec de la noix de galle , cette corce convient encore dans les dgots qu'prouvent les femmes enceintes : lors- qu'elles en mchent , le ftus parat en ressentir quelque motion. On coupe une grenade, qu'on laisse infuser pendant trois jours dans de l'eau de pluie; cette infu- sion se prend froide dans le flux de ventre et l'h- moptysie. Sur la stomatice, 24. LVIIL On fait, avec des grenades aigres, une corn- xiv. 19 292 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. experimenlo. Si quis unum ex his , solutus vinculo omni cinctus et calceatils, atque etiam anuli, decerpserit duobus digitis, pollice et quarto sinistrae manus, atque ita lustratis levi tactu oculis , mox in os additum devo- raverit , ne dente contingat , adfirmatur nullam ocu- lorum imbecillitatem passurus eo anno. lidem cytini siccati tritique , carnes excrescenles cohibent : gingivis et dentibus medentur : vel si mobiles sint , decocto succo. Ipsa corpuscula trita , ulceribus quae serpunt putrescuntve, illinuntur. Item oculorum inflammation! intestinorumque : et fere ad omnia , quae cortices malo- rum. A.dversantur scorpionibus. De balaustio , xii. LX. Noi est satis mirari curam diligentiamque pri- scorum, qui, omnia scrutati, nihil intentatum reliquere. In hoc ipso cylino (losculi sunt , antequam scilicet ma- lum ipsum prodeat, erumpentes, quos balaustium vo- cari diximus. Hos quoque crgo experti invenerunt scor- pionibus adversari. Sistunt potu menses feminarum : sanant oris ulcra , et tonsillas , uvam , sanguinis ex- screationes, ventris et stomachi solutiones, genitalia, ulcra quacumque in parte manantia. Siccavere etiam ut sic quoque experirentur, inveneruntque tusorum fa- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. agS des proprits admirables , selon le tmoignage et l'ex- prience de plusieurs auteurs. Par exemple, aprs avoir t son anneau et sa ceinture , et dnou ses souliers , on n'aura qu' cueillir le cytinus avec le pouce el le quatrime doigt de la main gauche, puis s'en frotter lgrement les yeux, ensuite l'avaler sans y toucher avec les dents. C'est , dit-on , un moyen infaillible d'a- voir la vue saine pendant toute l'anne. Ce mme cyti- nus, sch et rduit en poudre, consume les excrois- sances de chair; c'est un bon remde pour les dents et les gencives ; le suc , en dcoction , raffermit les dents branles. Piles et appliqus , les bourgeons de grena- dier mondifient les ulcres rongeans et putrides , apai- sent les inflammations des yeux et du bas-ventre , et peuvent servir dans presque tous les cas o l'corce de grenade est employe. Ils sont encore salutaires contre la piqre des scorpions. Sur le balaustium, 12. LX. On ne saurait trop admirer les soins et l'exacti- tude des anciens qui , dans l'examen des substances na- turelles, n'ont laiss chapper aucune observation utile. Du milieu du cytinus, avant que le fruit paraisse, nat un certain nombre de petites fleurs ou fleurons, que nous avons appels balaustium. Ayant soumis ces fleurs l'exprience, ils ont reconnu qu'elles taient utiles contre la piqre des scorpions. En breuvage, elles ar- rtent le flux menstruel , gurissent les ulcres de la bouche, l'inflammation des amygdales, le relchement de la luette, le crachement de sang, le dvoiement du ventre et de l'estomac, les maladies des parties gnitales. 294 C. PLEVII HIST. NAT. LIB. XXIII. rina dysentericos a morte revocari, alvum sisti. Quirr et nucleos ipsos acinorum experiri non piguit. Tosti tusique stoniachum juvant, cibo aut potioni inspersi. Bibuntur ex aqua clesti ad sistendam alvum. Radix decocta succum emittit , qui taenias necat , victoriati pondre. Eadem discocta in aqua, quas lycium, praestat utilitates. De punico silvestri. LXI. Est et silvestre punicum a similitudine appella- tum. Ejus radies rubro cortice denarii pondre ex vino pota; somnos faciunt. Semine poto, aqua quae subierit cutem , siccatur. Mali punici corticis fumo culices fu- gantur. Pirorum observationes , xii. LXII. y. Pirorum omnium cibus etiam valentibus onerosus, aegris quoque vini modo negatur. Decocta eadem mire salubria et grata , praecipue crustumina. Quaecumque vero cum melle decocta, stomachum adju- vant. Fiunt cataplasmata e piris , ad discutienda corpo- rum vitia : et decocto eorum ad duritias utimtur. Ipsa adversantur boletis atque fungis, pelluntque pondre HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. agS et les ulcres humides , en quelque partie du corps qu'ils puissent tre. Ils ont fait scher ces fleurs pour prouver leur vertu dans cet autre tat, et ils ont trouv que , rduites en poudre, elles gurissaient des dysenteries mortelles, et faisaient cesser le flux de ventre. Ils n'ont pas mme ddaign d'examiner les ppins ; ils ont constat que, rtis et pulvriss, ils fortifiaient l'esto- mac, tant mls avec les alimens ou la boisson. Dans de l'eau de pluie, ils arrtent la diarrhe. Le suc de la racine en dcoction , prise la dose d'un victoriat , tue les vers intestinaux. Cette mme racine, dissoute dans l'eau , par une forte dcoction , a les mmes proprits que le lycium. Sur la grenade sauvage. LXI. On connat un autre arbrisseau , appel grena- dier sauvage , cause de sa ressemblance avec le prc- dent. Sa racine a l'corce rouge ; la dose d'un denier dans du vin, elle provoque le sommeil. En breuvage, sa graine gurit l'hydropisie. La fume de l'corce de grenade brle chasse les cousins et les moucherons. Observations sur les poires, 12. LXII. 'j. Toutes les poires sont pesantes et indigestes, mme pour les personnes en sant ; aussi les dfend-on , comme le vin , aux malades. Cuites , c'est un mets aussi sain qu'agrable au got, surtout celles de Crustuminum. Toutes les espces de poires, confites dans le miel , .sont bonnes pour l'estomac. On les applique en cataplasme, ou bien l'on en fait une dcoction , pour rsoudre les tumeurs dures. C'est un remde eftcace contre les ^9^ C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. et pugnante succo. Piruni silvestre tardissime matu- rescit. Conciditur, suspensumque siccatur ad sistendam alvum : quod et decoctum ejus potu praestal. Decoquun- tur et folia cura pomo ad eosdem usus. Pirorum ligni cinis contra fungos effcacius proficit. Mala piraque portatu jumentis mire gravia sunt vel pauca. Remedio aiunt esse , si prius edenda dentur aliqua , aut utique ostendantur. Ficorum obserrationes , cxi. LXin. Fici succus lacteus , aceti naturam habet. Itaque coaguli modo lac contrahit. Excipitur ante ma- tiiritatem pomi, et in umbra siccatur, ad aperienda ulcra , cienda menstrua adpositu cum luteo ovi , aut potu cum amylo. Podagris illinitur cum farina graeci feni et aceto. Pilos quoque detrahit, palpebrarumque scabiem emendat : item lichenas et psoras. Alvum sol- vit. I^ctis ficulni natura adversatur crabronum, vespa- rumque , et similium venenis , privatim scorpionum. Idem cum axungia verrucas tollit. Folia, et quae non maturuere fici, strumls illinuntur, omnibusque quae emoUienda sint, discutiendave. Praestant hoc et per se folia. Et alii usus eorum, tamquam in fricando lichene, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 397 / champignons vnneux , qu'elles prcipitent par leur poids, ou neutralisent par leur suc. La poire sauvage mrit fort tard ; on la coupe par tranches et on la suspend pour la faire scher; on la fait prendre pour arrter le flux de ventre : la dcoction produit le mme effet. La dcoction des feuilles et du fruit de l'arbre n'est pas moins utile. La cendre du poirier est un bon antidote contre les champignons vnneux. Une charge de poires ou de pommes, quelque faible qu'elle soit, est un far- deau singulirement lourd pour les btes de somme ; on remdie cet inconvnient, dit-on, si, avant que de les charger, on leur en fait manger, ou seulement si on leur en montre quelques-unes. Observations sur les figues , n i . LXIIL Le suc du figuier a la blancheur du lait et les proprits du vinaigre. Aussi fait-il cailler le lait comme la prsure. On recueille ce suc avant la matu- rit du fr-uit, et on le fait scher l'ombre. Appliqu avec un jaune d'uf, il fait aboutir les abcs; aval avec de l'amidon, il pousse les rgles. On l'emploie en lini- ment pour la goutte, avec du vinaigre et de la farine de fenugrec; c'est encore un bon dpilatoire, et un re- mde utile pour les pustules des paupires, les dartres et la gratelle. Il lche le ventre et gurit les piqres des gupes , des frelons et autres insectes semblables , et particulirement des scorpions. Incorpor avec de la graisse, il fait tomber les verrues. Les feuilles de l'arbre, et les figues encore vertes, s'appliquent sur les crouelles, et dans tous les cas o il est ncessaire d'amollir ou de rsoudre; les feuilles seules produisent cet eflfcjt. Les ) I M l I 298 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. et alopeciis , et quaecumque exulcerari opus sit. Et ad- versus canis morsus , ramorum teneri cauliculi cuti imponuutur. lideni cum melle ulceribus, qu ceria vo- cantur, illinuntur. Extrahunt infracta ossa cuni papa- veris silvestris foliis. Canum rabiosorum morsus folio trito ex aceto restrngunt. E nigra ficu candidi cauliculi illinuntur furunculis, mris aranei morsibus cum cera. Cinis earum e foliis, gangraenis, consumendisque qu excrescunt. Fici matur urinam cient , alvum solvunt , sudorem movent, papulasque. Ob id autumno insalubres, quo- niam sudantia hujus cibi opra corpora perfrigescunt. Nec stomacho utiles , sed ad brve tempus : et voci contrarias intelliguntur. Novissimae sahibriores , quam primse : medicatae vero numquara. Juvenum vires au- gent : senibus raeliorem valetudinem faciunt , minusque rugarum, Sitim sedant : calorem rfrigrant. Ob id non negandae in febribus constrictis, quas stegnas vocant, Siccae fici stomachum laedunt : gutturi et faucibus magnifie utiles. Natura bis excalfaciendi. Sitim adfe- runt. Alvum raoUiunt, rheumatismis ejus, et stomacho contrari. Vesicae semper utiles , et anhelatoribus , ac HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. agg frictions, avec ces mmes feuilles, sont recommandes pour l'alopcie et les dartres , et quand il faut exciter une sorte d'exulcration. On applique sur la morsure d'un chien les rameaux les plus tendres du figuier; on en forme un cataplasme, avec du miel, pour les ul- cres qu'on appelle ceria. Avec des feuilles de pavot sauvage , ils font sortir les esquilles des os fracturs. Broyes et employes avec du vinaigre , les feuilles gurissent la morsure des chiens enrags. Les jeunes rameaux blancs du figuier noir s'emploient en cata- plasme avec de la cire, pour les furoncles et la morsure des musaraignes. La cendre de ses feuilles est bonne contre la gangrne, et pour consumer toutes les ex- croissances. Les figues mres provoquent les urines , lchent le ventre, excitent la sueur et font venir des chaubou- lures. Aussi sont-elles malsaines en automne, parce que la sueur qu'elles excitent est suivie d'un froid nuisible. Elles sont pesantes l'estomac, mais cette pesanteur n'est que passagre. On croit qu'elles gtent la voix. Celles qui mrissent les dernires sont plus saines que les premires ; mais il faut toujours se dfier de celles qui ont subi quelque prparation. Elles augmentent les forces des jeunes gens, rtablissent la sant des vieillards, et effacent en partie les rides; de plus, elles apaisent la soif et calment l'ardeur du sang : aussi doit-on les permettre dans les fivres sches , appeles stegnes. Les figues sches nuisent l'estomac, mais elles sont trs-bonnes pour la gorge. Elles sont chauffantes, et irritent la soif Elles lchent le ventre , et on doit s'en abstenir dans les dbordemens d'humeur, soit dans l'estomac, soit dans les intestins. Au reste, elles ) l OA I III ' 3oo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. suspiriosis. Item jocinerum, renum, lienum vitiis. Cor- pus et vires adjuvant : ob id ante athlet hoc cibo pascebantur : Pythagoras exercitator, primus ad carnes eos transtulit. Recolligenti se a longa valetudine uti- lissimse. Item comitialibus , et hydropicis , omnibusque , quae maturanda aut discutienda sunt , imponuntur : efficacius calce aut nitro admixto. Coctae cum hyssopo pectus purgant, pituitam, tussim veterem. Cum vino autem ad sedem , et tumores maxillarum. Ad furuncu- los , panos , parotidas , decoctae illinuntur. Utile et decocto earum fovere feminas. Decoct quoque esedem cum feno graeco utiles sunt pleuriticis et peripneumonicis. Cum ruta coctae tor- minibus prosunt. Tibiarum ulceribus cum ris flore. Pterygiis cum punico malo. Ambustis , pernionibus , cum cera. Hydropicis coctae in vino , et cum absinthio et farina hordeacea , nitro addito. Manducatae , alvum sistunt. Scorpionum ictibus cum sale tritae illinuntur. Carbunculos extrahunt in vino coctae et impositae. Carcinomati , si sine ulcre est , quam pinguissimani ! I l / I ! '. ; ' I i HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 3or sont toujours utiles dans les maladies de la vessie, dans la courte-haleine , l'asthme , et dans les maladies du foie , des reins et de la rate. Elles sont nutritives et for- tifiantes : aussi les athltes faisaient-ils des figues leur principale nourriture, jusqu'au temps du lutteur Pytha- goras qui les accoutuma se nourrir de viande. Les figues sont encore excellentes dans la convalescence, aprs une longue maladie, et aussi dans l'pilepsie et l'hydropisie; on les applique dans tous les cas o il s'agit de rsoudre, ou d'amener suppuration; leur effet est plus sr, si l'on y ajoute de la chaux ou du nitre. Leur dcoction, avec de l'hyssope, purge la poitrine, vacue la pituite et gurit les toux invtres. Cuites dans du vin , on les applique en cataplasme sur les tumeurs des mchoires et l'anus; on les emploie galement cuites pour les furoncles , les tumeurs rysiplateuses ou celles des parotides. Les fomentations avec la dcoction de figues sches sont utiles pour les femmes. La dcoction de figues, avec du fenugrec, est trs- bonne dans la pripneumonie et la pleursie. Cuites avec de la rue , elles apaisent les douleurs de ventre. On les applique, avec du vert-de-gris , sur les ulcres des jam- bes ; avec de l'corce de grenade , sur les ptrygies ; avec de la cire, sur les engelures et les brlures; cuites dans du vin avec de l'absinthe, de la farine d'orge et du nitre, elles s'emploient contre l'hydropisie. Prises en aliment , elles resserrent le ventre. Broyes et appli- ques avec du sel , elles gurissent la piqre des scor- pions. Un cataplasme de figues cuites dans le vin fait abou- tir les charbons. Pour gurir les chancres non accom- pagns d'ulcres et les phagdnes, il n'est point de 3o2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. fcum imponi; pne singulare remedium est: item pha- gedaenae. Ginis non ex alia arbore acrior : purgat, conglutinat, replet, adstringit. Bibitur et ad discutiendum sangui- nem concretum. Item percussis, prcipitatis , convulsis, ruptis , cyathis singulis aquae et olei. Datur tetanicis et spasticis : item potus vel infusus cliacis , et dysente- ricis. Et si quis eo cum oleo perungatur, excalfacit. Idem cum cera et rosaceo subactus, ambustis cicatricem te- nuissimam obducit. Lusciosos ex oleo illitus.emendat, dentiumque vitia crebro fricatu. Produnt etiam , si quis , inclinata arbore , supino ore aliquem nodum ejus morsu abstulerit , nullo vidente , atque cum aluta illigatum licio e coUo suspendent , strumas et parotidas discuti. Cortex tritus cum oleo, ventris ulcra sanat. Crudse grossi verrucas et thymos , nitro farinaque additis tollunt. Spodii vicem exhibet fruticum a radice exeuntium cinis. Bis tostus adjecto psimmythio digeritur in pastillos , ad ulcra oculorum et scabritiam. Caprificorum observationes, xlii. LXIV. Caprificus etiamnum multo efficacior fico. : ! ! ! / I \ M ' . I 1 ; I i HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3o5 remde plus sr que d'y appliquer une figue, la plus grasse que l'on puisse trouver. Il n'est point de cendre aussi acre que celle du figuier : elle est astringente, propre dterger, remplir et ci- catriser les plaies. Prise en breuvage, elle rsout le sang caill. On l'ordonne , dans un cyathe d'eau avec do l'huile, pour les coups, les chutes graves, les secousses violentes, les ruptures, les spasmes et le ttanos; on la prescrit encore , en breuvage ou en lavement , pour la diarrhe et la dysenterie. Elle rchauffe les parties que l'on en frotte avec de l'huile. Incorpore avec de la cire et de l'huile rosat , elle ne laisse sur les brlures qu'une cicatrice lgre. Applique avec de l'huile, elle est bonne pour ceux qui ont la vue faible; des frictions frquentes, avec cette cendre , sont utiles dans les maux de dents. On dit que si un malade attire soi une branche de l'arbre, et en arrache un nud avec les dents, sans tre vu de personne , il sera guri des parotides et des crouelles , pourvu qu'il porte ce nud li avec un fil dans une peau fine , et suspendu son cou. L'corce du figuier, broye avec de l'huile, gurit les ulcres abdo- minaux. Les figues vertes , appliques crues avec de la farine et du nitre, emportent les verrues, mme celles qu'on appelle thymes. La cendre des rejetons qui pous- sent au pied de l'arbre remplace le spodium. Brle une seconde fois, et rduite en trochisques avec de la c- ruse, elle gurit les ulcres des yeux, et les boutons qui se forment sur les paupires. Observations sur les figuiers sauvages, l\%. LXIV. Le figuier sauvage est encore plus recomman- l\ \ 3o4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. Lactis minus habet : surculo quoque ejus lac coagulatur in caseum. Exceptum id coactumque in duritiam , sua- vitatem caruibus adfert. Fricatur diluto ex aceto. Misce- tur exulceratoriis medicamentis. Alvum solvit : vulvam cum amylo aperit. Pota menses ciet cum luteo ovi. Po- dagricis cum farina graeci feni illinitur. Lepras , pso- ras, lichenas, lentigines expurgat : item venenatorum ictus , et canis morsus. Dentium quoque dolori hic succus adpositus in lana prodest, aut in cava eorum additus. Cauliculi et folia , admixlo ervo, contra mari- norum venena prosunt. Adjicitur et vinum. Bubulas carnes additi caules magno ligni compendio perco- quunt. Grossi illitae strumas , et omnem collectionem emol- liuut , et discutiunt. Aliquatenus et folia. Quae mol- lissima sunt ex his , cum ceto ulcra manautia, et epinyctidas , et furfures sanant. Cum melle foliis ceria sanant, et canis morsus. Rcentes cum vino, phage- dnas. Cum papaveris foliis ossa extrahunt. Grossi ca- prifici inflationes discutiunt suffitu. Resistunt et san- guini taurino poto , et psimmythio , et lacti coagulato potae. Item in aqua decoct atque illitae parotidas sa- nant. Cauliculi aut grossi ejus quam minutissim ad HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3o5 ilable pour ses vertus mdicinales que le figuier cultiv. Il rend moins de suc, mais ses rameaux ont aussi la proprit de faire cailler le lait. Ce suc, recueilli et durci ensuite , communique aux viandes un got agrable ; il suffit de les en frotter aprs l'avoir dlay dans le vinaigre. On fait entrer ce mme suc dans les remdes caustiques. Il lche le ventre; avec de l'amidon, il faci- lite l'coulement des rgles. Prises avec un jaune d'uf , les figues sauvages provoquent le flux menstruel. On les applique avec de la farine de fenugrec sur les parties malades de la goutte. Elle gurissent la lpre, la gratelle et les dartres , effacent les taches de rousseur, et remdient aux piqres des insectes venimeux, et aux morsures des chiens enrags. Le suc , appliqu avec de la laine, apaise la douleur de dents; on l'introduit aussi dans leur cavit. Les feuilles et les jeunes rameaux , mls avec de la farine d'ers , sont salutaires contre le venin des animaux marins; Ton y ajoute du vin. Les jeunes tiges acclrent la cuisson de la chair de buf, et pargnent aint le bois. Les figues, appliques avant leur maturit, sont bonnes pour les crouelles , et pour amollir et rsoudre toutes sortes de dpts; on peut mme dans ce cas employer les feuilles. Les plus tendres, appliques avec du vinaigre, gurissent les ulcres humides , les pinyctides et les dartres farineuses. Avec du miel , elles gurissent les ul- cres appels ceria et la morsure des chiens. Les figues fraches , avec du vin , gurissent les ulcres rongeans ; avec des feuilles de pavot, elles font sortir les esquilles des os fracturs. Le parfum des figues non parvenues maturit dissipe les gonflemens. Prises en breuvage , elles sont salutaires ceux qui ont aval du sang de XIV, 20 3o6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXHI. scorpionum ictus e vino bibuntur. Lac quoque instilla- tur plagae, et folia imponimtur. Item adversus murem araneum. Cauliculorum cinis uvam faucium sedat. Ar- boris ipsius cinis ex melle, rhagadia. Radix defervefacta in vino, dentium dolores. Hiberna caprificus in aceto cocta et trita , impetigines tollit. Illinuntur ramenta rami sine cortice quam minutissima ad scobis modum. Caprifico quoque medicinae unius miraculum additur. Corticem ejus impubescentem puer impubis si defracto ramo detrahat dentibus , medullam ipsam adalligatam ante solis ortum, prohibere strumas. Caprificus tauros quamlibet froces, collo eorum circumdata, in tantum mirabili natura compescit, ut immobiles prstet. De erineo herba, m. LXV. Herba quoque, quam Grci erineon vocant, reddenda in hoc loco propter gentilitatem. Palmum al ta est, cauliculis quinis fere, ocimi similitudine , flos can- didus , semen nigrum , parvum : tritum cum melle HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3o7 taureau , ou de la cruse , ou qui ont du lait caill dans restomac. Cuites dans l'eau et appliques , elles guris- sent les inflammations des parotides. Les plus petits de ces fruits , ou les jeunes rameaux pris dans du vin , remdient aux piqres des scorpions : dans ce cas , on applique aussi sur la plaie le suc et les feuilles de l'arbre. Cette recette convient encore pour la morsure des musa- raignes. La cendre des jeunes rameaux est utile dans le relchement de la luette. La cendre du bois mme est un bon remde pour les crevasses de la peau. La ra- cine, bouillie dans du vin, calme la douleur de dents. Le figuier sauvage d'hiver , cuit dans le vinaigre et broy, enlve les dartres et les boutons. On racle les rameaux dpouills de leur corce, pour les rduire en une poudre fine comme de la sciure de bois, qu'on ap- plique ensuite sur le mal. Le figuier sauvage possde encore , dit-on , une pro- prit merveilleuse. Si un garon non pubre rompt un jeune rameau , et enlve avec ses dents l'corce encore lisse , la moelle aura la vertu de gurir les crouelles, pourvu qu'on l'attache au cou du malade avant le le- ver du soleil. Un rameau de cet arbre, li autour du cou d'un taureau , quelque furieux qu'il soit , l'apaise sur- le-champ , et le rend immobile comme par une espce d'enchantement. Sur l'herbe dite erineos, 3. LXV. Il est une plante que les Grecs appellent erineos , dont nous devons parler ici , puisqu'elle porte le mme nom. Sa hauteur est d'un palme ; ses tiges sont au nombre de cinq ; ses fleurs, blanches ; ses graines, petites et noires ; elle a beaucoup de rapport avec l'ocimum. 20. Ho8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. attico, oculorum epiphoris medetur : utcumqiie autem decerpta manat lact multo et dulci. Herba perquam utilis aurium dolori, nitri exiguo addito. Folia resistunt venenis. , De prunis, iv. LXVI. Pruni folia decocta tonsillis , gingivis : iivae prosunt in vino, decocto eo subinde ore colluto. Ipsa pruna alvum molliunt, stomacho non utilissima, sed brevi momento. De persicis , ii. LXVII. Utiliora persica, succusque eoriim, etiam- num in vino aut in aceto expressus. Nec est alius eis pomis innocentior cibus. Nusquara minus odoris , succi plus, qui tamen sitim stimulet. Folia ejus trita illita, hmorrhagiam sistunt. Nuclei persicorum cum oleo et aceto, capitis doloribus illinuntur. De prunis silvestribus , ii. LXVIIT. Silvestrium quidem prunorum baccae, vel e radie cortex , in vino austero si decoquantur , ita ut triens ex hemina supersit, alvum et tormina sistunt. Satis est singulos cyathos decocti sumi. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. Soq Broye avec du miel attique , c'est un bon remde pour les fluxions des yeux. De quelque manire qu'on enlve cette plante , elle rend une grande quantit de suc doux et laiteux. Mle avec un peu de nitre , elle est ex- cellente pour les maux d'oreilles. Ses feuilles ont la vertu de neutraliser les poisons. Sur les prunes, 4- LXVI. La dcoction des feuilles de prunier est bonne pour les amygdales et les gencives. I^ur dcoction dans du vin, employe en gargarisme, remdie au relche- ment de la luette. Les prunes lchent le ventre ; elles sont un peu pesantes sur l'estomac, mais cette pesanteur ne dure qu'un moment. Sur les pches, 2. LXVIL Les pches sont plus salutaires, aussi bien que leur suc , pris seul , ou exprim dans du vin ou du vinaigi'e. C'est , de tous les fruits de ce genre , le moins nuisible, celui qui a le moins d'odeur, et le plus de suc; cependant il excite la soif. Ses feuilles, broyes et appli- ques , arrtent les hmorrhagies. Les noyaux , en lini- nient avec de l'huile et du vinaigre, dissipent les maux de tte. Sur les prunes sauvages , 2. LXVITL Les baies du prunier sauvage, ou bien l'- corce de la racine , cuites dans une hmine de vin sec , jusqu' diminution des deux tiers, arrtent le cours de venlrc et les tranches. On prend un cyalhe de cette d- coction chaque fois ; cette dose est suffisante. 3io C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. De limo , sive lichene arborum , ii. LXIX. Et in iis, et sativis prunis est linius arbortim, quem Grci lichena appellant, rhagadiis et condylo- matis mire utilis. De moris , xxxix. LXX. Mora in ^gypto et Cypro sui generis, ut dixi- mus, largo succo abundant, summo cortice desqua- mato : altiore plaga siccantur, mirabili natura. Succus adversatur venenis serpentium , prodest dysentericis , discutit panos, omnesque collectiones : vulnera conglu- tinat , capitis dolores sedat , item aurium : splenicis bibitur, atque illinitur : et contra perfrictiones : celer- rime teredinem sentit. Nequeapud nos succo usus minor. Adversatur aconito et araneis , in vino potus. Alvum Suivit : pituitas, taeniasque et similia ventris animalia extrahit. Hoc idem prstat et cortex tritus. Folia tingunt capillum cum fici nigrae et vitis corti- cibus simul coctis in aqua clesti. Pomi ipsius succus alvum solvit protinus. Ipsa poma ad praesens stomacho utilia, rfrigrant, sitim faciunt. Si non superveniat alius HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 3ii Sur le lichen des arbres, 2. LXIX. On trouve sur l'corce des pruniers , sauvages ou cultivs, une production appele en grec lichen; elle est singulirement utile pour les crevasses de la peau, et les excroissances calleuses de l'anus et des parties gnitales. Sur les mres , 3^. LXX. Nous avons parl des mriers de Chypre et d'Egypte , qui forment un genre particulier. Ils four- nissent un suc abondant , si l'on se contente d'en ra- tisser l'corce ; et, chose tonnante! quand on les en- tame profondment, ils se desschent aussitt. Ce suc est salutaire contre la morsure des serpens; il est employ avec succs dans la dysenterie , et pour r- soudre les tumeurs inflammatoires et toutes sortes de dpts. Il consolide les plaies , et calme les douleurs de tte et d'oreilles. On l'ordonne en breuvage ou en Uni- ment dans les maux de rate et dans les frissons. Il se gte en fort peu de temps. Le suc des mriers d'Italie n'est pas moins usit parmi nous. Pris dans du vin, c'est un bon antidote contre l'aconit et la piqre des araignes. Il lche le ventre; il fait sortir la pituite, les tnias et autres vers intestinaux. L'corce de l'arbre, rduite en poudre, produit le mme efFet. Les feuilles, bouillies dans de l'eau de pluie avec des corces de vigne et de figuier noir, ont la proprit de teindre les cheveux. Le suc de mres a une vertu laxative qui opre trs-promptement. Les mres elles-mmes sont bonnes l'estomac pour l'instant; elles rafrachissent. 3i2 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. cibus, intumescunt. ;Ex immaturis succus sistit alvum: veluti animalis alicujus, in hac arbore observandis mi- raculis, qu in natura ejus diximus. Stomatice , sive arteriace , sive panchrestos , iv. LXXI. Fit ex pomo panchrestos stomatice, eadeni arteriace appellata, hoc modo : sextarii trs succi e pomo, leni vapore ad crassitudinem mellis rediguntur. Post additur omphacii aridi pondus x duorum , aut myrrh x unius, croci x unlus. Haec simul trita mi- scentur decocto. Neque est aliud oris , arteriae , uvae , stomachi , jucundius remedium. Fit et alio modo : succi sextarii duo, meUis attici sextarius, decoquuntur, ut supra diximus. Mira sunt praeterea quae produntur. Mori germina- tione, priusquam folia exeant, sinistra decerpi jubentur futura poma : ricinos Graeci vocant. Hi terram si non attigere, sanguinem sistunt adalligati, sive ex vulnere fluat , sive ore , sive naribus , sive haemorrhoidis : ad hoc servantur reposili. Idem praestare et ramus dicitur luna plena detractus, incipiens fructum habere, si terram non altigerit, privatim muHeribus adaUigatus lacerto, contra abundantiam mensium. Hoc et quocumque tem- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3i3 mais bientt elles excitent la soif, et causent des gon- flemens, si l'on ne prend aussitt aprs quelque autre nourriture. Le suc de ce fruit encore vert resserre le ventre. On pourrait croire que le mrier est dou d'une espce de sentiment, si l'on observe le singulier phno- mne que nous avons rapport en traitant de cet arbre en particulier. Sur la stomatice ou arteriace, autrement panchrestos, ^. LXXI. On fait avec les mres un mdicament ap- pel panchrestos , stomatice ou arteriace ; en voici la recette : prenez trois setiers de suc de mres , faites-les cuire petit feu, jusqu' consistance de miel. Ajoutez-y deux deniers de verjus sec , ou un denier de myrrhe et un de safran : broyez le tout ensemble et oprez le m- lange. Il n'est point de remde plus agrable, pour la bouche , la gorge , la luette et l'estomac. Une autre re- cette , c'est de mler six setiers de suc de mres un setier de miel attique, et de faire cuire le mlange de la manire que nous venons de dire. On attribue encore au mrier des proprits qui tiennent du merveilleux. Ds le premier moment de la germination , avant que les feuilles ne paraissent , on doit cueillir de la main gauche les bourgeons fruit : les Grecs les appellent ricins. Ces bourgeons , attachs sur le corps, pourvu qu'ils n'aient point touch la terre, arrtent les hmorrhagies , soit d'une plaie , ou de la bouche, ou du nez, ou des limorrhodes ; on les met en rserve pour cet usage. On prtend qu'un rameau enlev pendant la pleine -lune, lorsqu'il commence porter fruit , produit le mme effet, pourvu encore qu'il 3i4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. pore ab ipsis decerptum , ita ut terram non attingat adalligatumque existimant praestare. Folia mori trita aut arida decocta, serpentium ictibus imponuntur. A( idemque potu proficitur. Scorpionibus adversatur e ra dice corticis succus , ex vino aut posca potus. Reddenda est et antiquorum compositio. Succuii expressum pomi maturi immaturique mixtum , coque bant in vase aereo ad melUs crassitudinem. Aliqui myrrh adjecta et cupresso praeduratum ad solem torrebant permiscentes spatha ter die. Hc erat stomatice, qua c vulnera ad cicatricem perducebant. Alia ratio : suceur siccato exprimebant pomo , multum sapori obsoniorur conferente. In medicina vero contra nomas, et pectori pituitas , et ubicumque opus esset , adstringi viscert Dents quoque colluebant eo. Terlium genus : succi folii et radice decoctis ad ambusta ex oleo illinenda. Impo nuntur et per se folia. Radix per messes incisa succum dat aptissimum der tium dolori, collectionibusque, et suppurationibus. Alvui HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3i5 n'ait pas touch la terre. Les femmes en particulier doivent le porter attach au bras pour arrter l'coule- ment excessif des menstrues. Si elles cueillent elles- mmes , en quelque temps que ce soit , un de ces ra- meaux , en prenant garde qu'il ne touche la terre , et qu'elles le portent attach au bras , il aura la mme proprit. Les feuilles de mrier, broyes toutes fraches, ou bouillies sches , s'appliquent sur la morsure des serpens. Prises en breuvage, elles sont galement effi- caces. Le suc tir de l'corce de la racine, aval dans du vin ou de l'oxycrat , gurit la piqre des scorpions. Ajoutons ici l'ancienne recette pour faire la slomatice. On mlangeait une certaine quantit de suc de mres vertes, et de celles qui taient en maturit; on faisait cuire ce mlange dans un vase d'airain, jusqu' consis- tance de miel. Quelquefois on y ajoutait de la myrrhe et du cyprs , et on laissait durcir le tout au soleil , en le remuant trois fois par jour avec une spatule. Tel tait le remde dont on se servait jadis pour consolider les plaies. Voici encore une autre recette : on fait scher le fruit , et ensuite on en exprime le suc. C'est un assaisonnement qui relve le got des viandes. On l'em- ployait en mdecine, pour les ulcres rongeans , pour faciliter l'expectoration, et pour tous les cas o il fallait remdier au relchement des viscres. On s'en lavait la bouche pour conserver les dents. Le troisime mdica- ment de cette espce se faisait avec le suc des feuilles et de la racine du mrier cuites ensemble; ce suc s'ap- pliquait avec de l'huile sur les brlures : on peut , dans ce cas, employer seulement les feuilles. La racine, incise dans le temps de la moisson , fournit un suc utile pour le mal de dents et pour les dpts rcens, 3i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. piirgat. Folia mori in urina madefacta, pilum coriis detrahunt. De cerasis , v. LXXH. Cerasa alvum molliunt, stomacho inutilia : eadem siccata alvum sistunt, uriuam cient. Invenio apud auctores, si quis matutino roscida cum suis nucleis de- voret , in tantum] levari alvum , ut pedes morbo libe- rentur. De mespiiis, ii. De sorbis, ii. LXXm. Mespila , exceptis setaniis , quae malo pro- piorem vim habent , reliqua adstringunt stomachum , sistuntque alvum. Item sorba sicca : nam recentia sto- macho et alvo citas prosunt. De nucibus pineis , xiii. LXXIV. 8. Nuces pineae, quae resinam habent, con- tusae leviter, additis in singulas sextariis aquae ad dimi- dium decoctae, sanguinis exscreationi medentur, ita ut cyathi bini bibantur ex eo. Corticis e pinu in vino decoctum contra tormina datur. Nuclei nucis pineae sitim sedant , et acrimoniam stomachi rosionesque , ef contrarios humorcs consistentes ibi : et infrmitatem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 3i7 ou qui entrent en suppuration. De plus, il purge le ventre. Les feuilles de mrier, macres clans de l'urine, enlvent le poil des peaux. Sur les cerises , 5. LXXII. Les cerises fraches lchent le ventre , et nuisent l'estomac. Sches, elles resserrent le ventre, et provoquent les urines. Suivant certains auteurs , si l'on mange le matin des cerises avec leurs noyaux , lorsqu'elles sont encore charges de rose, l'vacuation qu'elle's procurent est telle, que les pieds en sont dlivrs (le la goutte. Sur les nfles , 2. Sur les sorbes , 2. LXXIIL Les nfles , l'exception des staniennes , qui ont les proprits de la pomme, resserrent l'esto- mac, et arrtent le flux de ventre. Il en est de mme des sorbes sches: fraches, elles sont galement bonnes pour le relchement de l'estomac et des voies inf- rieures. Sur les pommes de pin , i!. LXXIV. 8. Les pommes de pin rsineuses lgrement concasses , bouillies dans un setier d'eau pour cha- cune, jusqu' diminution de la moiti, sont un bon re- mde pour l'hmoptysie ; la dose est de deux cyathes chaque fois. La dcoction de l'corce de pin dans du vin apaise les tranches. Les pignons teignent la soif, cal- ment les tiraillemens d'estomac , et adoucissent les hu- meurs acres et nuisibles de ce viscre; de plus, ils rani- ment les forces, et font du bien aux reins et la vessie. Il 3i8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. virium roborant , renibus et vesicae utiles. Fauces vi- deiitur exasperare, et tussim. Bilem pellunt poti ex aqua , aut vino , aut passo , aut balanorum decocto. Miscetur his contra vehementiores stomachi rosiones cucumeris semen , et succus porcilacae. Item ad vesicee ulcra et rens, quoniam et urinam cient. De amygdalis, xxix. LXXV. Amygdalse amar radicum decoctum cuteni in facie corrigit , coloremque liilariorem facit. Nuces ips somnum faciunt, et aviditatem. Urinam et menses cient. Capitis dolori illinuntur, maximeque in febri : si ab ebrietate, ex aceto et rosaceo, et aquae sextario. Et sanguinem sistunt , cum amylo et menta. Lethargicis , et comitialibus prosunt, Capite peruncto epinyctidas sanant : e vino vetere ulcra putrescentia. Canum morsus cum melle. Et furfures ex facie , ante fotu pra- parata. Item jocineris et renum dolores ex aqua polae : et saepe ex ecligmate cum rsina terebinthina. Calculosis et difficili urinae in passo : et ad purgandam cutem in aqua mulsa tritae, sunt efficaces. Prosunt ecligmate joclneri , tussi , et colo , cum ele- lisphaco modice addito. In melle sumitur nucis avellanae magnitude. Aiunt , quinis fere praesumptis ebrietatem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXllI. 319 parat qu'ils irritent la gorge et augmentent la toux. Pris dans de l'eau, ou du vin , ou du vin cuit, ou enfin dans une dcoction de dattes, ils vacuent la bile. Dans les tiraillemens violens d'estomac, on mle les pignons avec de la graine de concombre et du suc de pourpier. Ce remde convient aussi pour les ulcres de la vessie et pour les reins , parce qu'il provoque les urines. Sur les amandes, 29. LXXV. La dcoction de la racine d'amandier amer adoucit la peau du visage et rend le teint plus agrable. Les amandes procurent le sommeil et excitent l'app- tit ; elles provoquent les urines et les menstrues. En lniment, elles calment les douleurs de tte, surtout dans la fivre ; si cette douleur est la suite de l'ivresse , on les applique avec du vinaigre et de l'huile rosat dans un setier d'eau. Avec de l'amidon et de la menthe, elles arrtent le sang. Elles sont bonnes pour la lthar- gie et l'pilepsie. On s'en frotte la tte pour les pi- nyctides. Avec du vin vieux, elles dtergent les ulcres putrides ; avec du miel , elles gurissent les morsures des chiens. Elles enlvent les dartres farineuses du vi- sage aprs une fomentation pralable. En breuvage dans de l'eau , elles soulagent les douleurs du foie et des reins ; elles provoquent souvent le mme effet en looch avec de la trbenthine. On les ordonne, dans du vin cuit, pour la gravelle et la difficult d'uriner. Broyes dans de l'eau mielle, elles nettoient la peau. En lectuaire , avec du miel et un peu de sauge , elles conviennent dans la toux , la colique et les mala- dies du foie. On en fait prendre aux malades la gros- 320 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXIII. non sentire potores : vulpesque, si ederint eas, nec con- tingat e vicino aquam lambere, mori. Minus valent in remediis dulces, et hae tamen purgant, et urinam cient. Rcentes stotnachum implant. De nucibus graecis, i. LXXVI. Nucibus graecis cum absinthii semine ex aceto sumptis, morbus regius sanari dicitur : item illitis per se vitia sedis, et privatim condylomata. Item tussis et sanguin is rejectio. De juglandibus, xxiv. LXXVII. Nuces juglandes Graeci a capitis gravedine appellavere. Etenim arborum ipsarum foiioi umque vires in cerebrum pntrant : hoc minore lormento, et in cibis, nuclei faciunt. Sunt autem rcentes jucundiores, siccae unguinosiores, et stomacho inutiles, difficiles con- coctu, dolorem capitis inferentes, tussientibus inimicae, et vomituris jejunis : aptae in tenesmo solo : traliunt enim pituitam. Eaedem praesumptae venena hebetant : item anginam cum ruta et oleo. Adversantur caepis , leniuntque earum saporem. Aurium inflammation! im- ponuntur cum mellis exiguo; et cum ruta mammis, et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL Sai la grosseur d'une aveline. On prtend que cinq de ces amandes, manges avant de boire, garantissent les bu- veurs de l'ivresse ; et que si un renard , aprs en avoir mang, ne trouve pas d'eau dans le voisinage, il meurt infailliblement. Les amandes douces ont moins de vertus comme mdicamens ; cependant elles sont purgatives et diurtiques. Fraches, elles chargent l'estomac. Sur les nbix grecques , i . LXXVI. Les noix grecques, prises dans du vinaigre avec de la graine d'absinthe , sont , dit-on , un bon re- mde contre la jaunisse. Appliques seules, elles guris- sent les tumeurs l'anus, et particulirement les excrois- sances calleuses de cette partie. Elles sont bonnes aussi pour la toux et l'hmoptysie. Sur le noyer, a/j. LXXVn. Les Grecs donnent au noyer un nom qui exprime la proprit malfaisante qu'il a d'appesantir la tte : en effet , l'odeur forte et pntrante de cet arbre et de ses feuilles affecte le cerveau. Il en est de mme des noix, quand on en mange; mais l'effet est moins violent. Fraches, elles sont plus agrables; sches, elles sont huileuses , pesantes l'estomac , difficiles dig- ger : elles causent, de plus, des douleurs de tte, irri- tent la toux , et nuisent beaucoup si l'on veut vomir jeun. Elles ne conviennent que dans le tnesme , parce qu'elles entranent les phlegmes. Manges jeun , elles servent d'antidote. Avec de l'huile et de la rue , elles dissipent l'esquinancie. Elles corrigent l'acrimonie XIV. ui 322 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. luxatis : cum cpa autem et sale, et melle, canis homi- nisque morsui. Putamine nucis juglandis , dens cavus inuritur. Putamen combustum tritumque in oleo aut \iiio, infantium ;capite peruncto , nutrit capillum : et ad alopecias eo sic utuntur. Quo plures nuces quis ederit, hoc facilius tineas pellit. Quae perveteres sunt nuces , gangrnis et carbunculis medentur : item sug- gillatis : cortex juglandium, lichenum vitio, et dysen- tericis. Folia trita cum aceto, aurium dolori. In sanctuariis Mithridatis maximi rgis devicti , Cn. Pompeius invenit in peculiari commentario ipsius manu compositionem antidoti , e duabus nucibus siccis , item ficis totidem, et rutae foliis viginti simul tritis , addito salis grano: et qui hoc jejunus sumat, nullum venenum noci- turum illo die. Contra rabiosi quoque canis morsum , nuclei a jejuno homine commanducati illitique praesenti remedio esse dicuntur. De avellanis, m; pistaciis, viii; castaneis, v. LXXVIIT. Nuces avellan capitis dolorem faciunt, inflationem stomachi : et pinguitudini corporis confe- runt, plus quam sit verisimile. Tost et destillationi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 3i^ de l'ognou et lui donnent une saveur plus douce. On les emploie en cataplasme, avec un peu de miel ,.pour l'in- flammation des oreilles; avec de la rue, pour les tumeurs des mamelles et pour les luxations; et avec de l'ognon, du sel et du miel , pour les morsures de l'homme et des chiens. On cautrise avec des coquilles de noix la cavit des dents caries. Ces mmes coquilles, brles et broyes dans de l'huile ou du vin, sont un bon liniment pour faire crotre les cheveux des enfans : on les emploie de mme pour l'alopcie. Les noix, manges en assez grande quantit, chassent les vers; les plus vieilles gurissent la gangrne, les meurtrissures, et le charbon. Le brou des noix est bon pour les dartres et pour la dysenterie. Les feuilles du noyer, broyes avec du vinaigre, rem- dient la douleur d'oreilles. Aprs la dfaite de Mithridate , ce monarque si puis- sant. Pompe trouva dans ses archives secrtes une re- cette particulire crite de sa propre main ; c'tait un antidote dont voici la composition. On prend deux noix sches , autant de figues , vingt feuilles de rue , et on broie le tout ensemble avec un grain de sel. Quiconque usera de ce remde jeun n'aura rien craindre de tout poison pendant la journe entire. Les noix m- ches par un homme jeun , et appliques sur les mor- sures d'un chien enrag , sont , dit-on , un remde sou- verain pour ces sortes de plaies. Sur les avelines , 3 ; les pistaches , 8 ; les chtaignes , 5. LXXVIIL Les avelines occasionent des douleurs de tte et des gonflemens d'estomac. Elles engraissent plus qu'on ne saurait croire. Rties, elles sont un bon remde 21. 324 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIU. medentur. Tussi quoque veteri tritae, et in aqua mtilsa potae. Quidam adjiciunt grana piperis , alii e passo bi- bunt. Pistacia eosdem usus et efFectus habent, quos pinei nuclei, praeterque ad serpeatium ictus, sive edantur, sive bibantur. Caslaneae vehementer sistunt stomachi et ventris fluxiones , alvum cient , sanguinem exscreantibus pro- sunt f carnes alunt. De siliquis , v. De corno, i. De unedone. LXXIX. Siliquae rcentes , stomacho inutiles , alvum solvunt sedem siccatae sistunt, stomachoque utiliores fiunt. Urinam cient. Syriacas in dolore stomachi temas in aquae sextariis decoquunt quidam ad dimidium , eumque succuni bibunt. Sudor virgae corni arboris la- mina ferrea candente exceptus , non contingente ligno , illitaque inde fernigo, incipientes lichenas sanat. Arbu- tus sive unedo , fructum fert difBcilem concoctioni , et stomacho inutilem. De lanrs, lxix. LXXX. Laurus excalfactoriam naturam habet , et foliis, et cortice, et baccis : itaque decoctum ex his, maxime e foliis , prodesse vulvis et vesicis convenit. lUita vero vesparum , crabronumque , et apium , item HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. SaS pour les catarrhes et les fluxions. Piles et prises dans (le l'eau mielle, elles gurissent les toux chroniques. Quelques-uns y ajoutent des grains de poivre ; d'autres les prennent dans du vin cuit. Les pistaches ont les mmes usages et les mmes vertus que les pignons , et sont, de plus, excellentes contre la morsure des serpens, tant manges ou prises en breuvage. Les chtaignes arrtent puissamment les dborde- mens d'humeurs, soit des intestins, soit de l'estomac. Elles lchent le ventre, font cesser l'hmoptysie, et en- tretiennent l'embonpoint. Sur les carouges , 5 ; le cornouiller , i ; l'arbousier. LXXIX. Les carouges fraches sont nuisibles l'esto- mac et lchent le ventre ; sches, elles le resserrent et ne sont plus indigestes. Elles provoquent les urines. Pour la douleur d'estomac , on fait cuire trois carouges de Syrie dans un setier d'eau , jusqu' diminution de la moiti , et on boit la dcoction. Le suc du cornouiller se reoit sur une lame de fer rouge qu'on approche du rameau sans toucher le bois. La rouille de cette lame s'applique ensuite sur les dartres naissantes et les gurit. L'arbousier, ou unedo y porte des fruits indigestes et nuisibles l'estomac. Sur les lauriers , 69. LXXX. Les feuilles , l'corce et les baies du laurier sont chauffantes ; aussi leur dcoction , et principale- ment celle des feuilles , passe-t-elle gnralement pour un bon remde dans les maladies de la matrice et de la vessie. En cataplasme, ces mmes feuilles gurissent la 3^6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. serpentium venenis rsistant , maxime sepis , dipsadis , et viper. Prosunt et mensibus feminarum cum oleo cocta. Cum polenta autem, quae tenera sunt trita, ad inflammationes oculorum : cum ruta, testium : cum ro- saceo, capitis dolores, aut cum irino. Quin et comman- ducata atque devorata pr triduum terna , librant tussi : eadem prosunt suspiriis trita cum melle. Cortex, radicis cavendus gravidis. Ipsa radix calcules rumpit , jocinert prodest tribus obolis in vino odorato pota. Folia pota vo- mitiones movent. Baccae menses trahunt adpositae tritae, vel potae. Tussim veterem et orthopnam sanant binse, detracto cortice in vino potae. Si et febris sit, ex aqua, ait ecligmate ex aqua mulsa, aut ex passo decoctae. Prosunt et phthisicis eodem modo, et omnibus thoracis rheumatismis. Nam et coquunt pituitam et extrahunt. Adversus scorpiones quaternae ex vino bibuntur. Epinyctidas ex oleo illitae, et lentigines, et ulcra ma- nantia, et ulcra oris, et furfures. Cutis pruriginem succus baccarum emendat, et phthiriasin. Aurium do- lori et gravitati instillatur, cum vino vetere et rosaceo. Perunctos eo fugiunt venenata omnia. Prodest contra ictus et potus, maxime autem ejus laurus , quae te- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 827 piqre des gupes, des frelons, des abeilles, et neutra- lisent le venin des serpens , et en particulier du seps , du dipsas et de la vipre. Cuites dans de l'huile , elles provoquent le flux menstruel. Les plus tendres, piles avec de la farine d'orge, sont bonnes pour les inflamma- tions des yeux ; avec de la rue , pour les enflures des testicules; avec de l'huile rosat ou de l'huile d'iris , pour les douleurs de tte. Trois feuilles de laurier , mches et avales trois jours de suite, dlivrent de la toux. Broyes avec du miel, elles conviennent dans l'asthme. L'corce de la racine est dangereuse pour les femmes enceintes; la racine mme, prise au poids de trois oboles dans du vin aromatis , dissout les calculs de la vessie et gurit les obstructions du foie. La dcoction des feuilles excite le vomissement. Les baies, prises en breu- vage, ou broyes et appliques, passent pour emmnago- gues. Deux de ces baies, dpouilles de leur corce et prises dans du vin, gurissent les toux invtres et l'or- thopne. S'il existe de la fivre, on les donne dans de l'eau, ou eu lectuaire dans de l'eau mielle, ou bouil- lies dans du vin cuit; de cette manire, elles sont utiles encore dans la phthisie et dans toutes les fluxions de poitrine, car elles cuisent et vacuent les phlegmes. On en prend quatre, dans du vin, pour la piqre des scorpions. En Uniment avec de l'huile , elles effacent les taches de rousseur, gurissent les pinyctides, les dar- tres, et desschent les ulcres humides et ceux de la bouche. Le suc de ces baies est utile pour les dman- geaisons et pour la phthiriase. On l'injecte , avec du vin vieux et de l'huile rosat, pour la douleur d'oreilles et la surdit : il suffit de s'en frotter le corps pour loigner tous les animaux venimeux. Il gurit leurs piqres , 3a8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. nuiora habet folia. Baccae cum vino serpentibus , et scorpionibus , et araneis resistunt. Ex oleo et aceto il- linuntur et lieni , et jocineri : gangraenis cum melle. Et in fatigatione etiam aut perfrictione succo eo perungi , nitro adjecto , prodest. Sunt qui celeritati partus multum conferre putent radicem, acetabuli men- sura in aqua potam : efficacius recentem, quam aridam. Quidam adversus scorpionum ictus, decem baccas dari jubent potui. Item et in remedio uvae jacentis , qua- drantem pondo baccarum, foliorumve, decoqui in aqu sextariis tribus ad tertias, eamque calidam gargarizare : et in capitis dolore , impari numro baccas cum oleo conterere, et calfacere. Laurus Delphicae folia trita olfactaque subinde, pesti- lenti contagia prohibent : tanto magis si et urantur. Oleum ex Delphica, ad cerata, acopumque, ad perfri- ctiones discutiendas , uervos laxandos , lateris dolores , febres frigidas utile est. Item ad aurium dolorem , in mali punici cortice tepefactum. Folia decocta ad tertias partes aquae, uvam cohibent gargarizatione : potu alvi dolores , intestinorumque. Tenerrima ex bis trita in vino , papulas , pruritusquc , illita noctibus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. ^^29 tant pris en breuvage, surtout celui du laurier petites feuilles. Ces mmes baies , prises dans du vin , sont un remde utile contre le venin des serpens, des scorpions et des araignes. On les emploie en cataplasme, avec de l'buile et du vinaigre , pour les affections de la rate et du foie, et, avec du miel, pour la gangrne. Il est bon de s'en frotter le corps, avec un peu de nitre, dans les fatigues excessives et dans les frissons. Selon quelques auteurs , la racine du laurier, prise dans de l'eau , la dose d'un actabule , facilite singulirement l'accouche- ment. La racine est meilleure frache que sche. Des mdecins prescrivent dix graines de laurier, en breuvage, pour la piqre des scorpions. Dans les relchemens de la luette, on devra faire bouillir trois onces de ces baies, ou bien de feuilles de laurier, dans trois setiers d'eau , jusqu' rduction un tiers, et se gargariser avec cette dcoction chaude. Pour la douleur de tte, il faudra broyer les baies, en nombre impair, dans de l'huile, et les faire chauffer avant de les appliquer. Les feuilles du laurier de Delphes, broyes et flaires de temps en temps, sont un prservatif contre la peste ; le parfum des feuilles qu'on brle est encore plus effi- cace. L'huile tire de cette espce de laurier est em- ploye , dans les crats et dans les linimens , pour les lassitudes ; elle est bonne pour dissiper les frissons , les fivres froides , les douleurs de reins et les spasmes nerveux. Chauffe dans une corce de grenade , elle gurit le mal d'oreilles. Les feuilles , bouillies dans de l'eau , jusqu' diminution des deux tiers , sont prescrites en gargarisme pour le relchement de la luette, et en breuvage pour les douleurs du ventre et des intestins. Les plus tendres de ces feuilles, broyes dans du vin et 33o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. Proxime valent cetera laurorum gnera. Laurus Alexandrina , sive Idaea , partus celeres facit , radie pota trium denariorum pondre, in vini dulcis cyathis tribus. Secundas eliam pellit, mensesque. Eodem modo pota daphnoides ( sive his nominibus quae diximus ) , silvestris laurus prodest : alvum solvit, vel recenti folio, vel arido , drachmis tribus cum sale in hydromelite manducata. Pituitas extrahit folium et vomitus, stoma- cho inutile. Sic et baccae quindenae purgationis causa sumuntur. De myrto, lx. LXXXI. 9. Myrtus sativa candida, minus utilis est medicinae, quam nigra. Semen ejus medetur sanguinem exscreantibus. Item contra fungos in vino polum. Odo- rem oris commendat vel pridie commanducatum. Item apud Menandrum Synaristosae hoc edunt. Datur et dysentericis denarii pondre in vino. Ulcra diffcilia in extremitatibus corporis sanat, cum vino subfervefactum. Impouitur lippitudini cum polenta , et cardiacis in mamma sinistra : et contra scorpionis ictus in mero : et ad vesic vitia , capitis dolores , et aegilopas , antequam suppurent : item tumoribus : exemptisque nucleis in vino vetere tritum eruptionibus pituit. Succus seminis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 33 1 appliques la nuit , remdient aux chauboulures et apaisent les dmangeaisons. Les autres espces de laurier ont peu prs les mmes vertus que les prcdens. Le laurier d'Alexandrie ou du mont Ida facilite les accouchemens , si l'on prend trois deniers de sa racine dans trois cyatlies de vin doux. Il fait sortir l'arrire-faix et provoque les men- strues. Le daphnode, laurier sauvage, connu encore sous d'autres noms que nous avons indiqus, a les mmes proprits. Ses feuilles, fraches ou sches , lchent le ventre , au poids de trois drachmes , avec du sel dans de l'hydromel. Elles vacuent les phlegmes et excitent le vomissement , mais elles sont contraires l'estomac. Les baies sont prescrites , au nombre de quinze , quand il s'agit de purger. Sur le myrte, 60. LXXXI. 9. Le myrte blanc cultiv a moins d'usages et de proprits en mdecine que le myrte noir. Sa graine est bonne pour l'hmoptysie , et , prise dans du vin , contre les champignons vnneux. Elle laisse dans la bouche une odeur suave qui dure jusqu'au lendemain. Les Synaristoses de Mnandre mangent de la graine de myrte. On l'ordonne , dans du vin , pour la dysenterie , au poids d'un denier. Lgrement bouillie dans du vin , elle gurit les ulcres rebelles des extrmits du corps. On l'applique , avec de la farine, pour la chassie; et sur la mamelle gauche , dans la maladie cardiaque ; avec du vin pur , pour la piqre du scorpion , pour les maladies de la vessie, les douleurs de tte, les tumeurs et les fistules lacrymales, avant qu'elles suppurent. On l'emploie aussi avec succs pour les pustules sreuses 332 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. alvum slstit, urinam ciet. Ad eruptiones pusularum , pituitque , cum cerato illinitur : et contra phalangia. Capillum dnigrt. Lenius succo oleum est ex eadem myrto : lenius et vinura , quo numquam inebriatur. In- veteratum sistit alvum et slomachum : termina sanat, fastidium abigit. Foliorum arentium farina sudores cohibet inspersa, vel in febri. Utilis et cliacis, et procidentiae vulvarum , sedis vitiis, ulceribus manantibus, igni sacro fotu, capillis fluentibus, furfuribus : item aliis eruptionibus, ambustis. Additur quoque in medicamento, quod liparas vocant, eadem de causa qua oleura ex his, efficacissimum ad ea qu in humore sunt, tamquam in ore et vulva. Folia ipsa fungis adversantur tri ta ex vino, cum cera vero articulariis morbis et collectionibus. Eadem in vino decocta dysentericis et hydropicis potui dantur. Siccantur in farinam , qu inspergitur ulceribus , aut hmorrhagiae. Purgant et lentigines, pterygia, et pa- ronychias , et epinyctidas , condylomata , testes , tctra ulcra : item ambusta cum cerato. HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIIL 333 qui s'lvent sur la peau ; on doit alors broyer les baies dans du vin vieux , et en ter les ppins. Leur suc res- serre le ventre et provoque les urines. En liniment avec du crat, il gurit les pustules sreuses ou inflamma- toires, et la morsure de l'araigne-phalange. tl teint les cheveux en noir. L'huile de myrte est plus douce que le suc , aussi bien que le vin de myrte , qui n'enivre ja- mais. Si on le laisse vieillir, il resserre le ventre et l'es- tomac , apaise les tranches et ranime l'apptit. Les feuilles sches pulvrises , appliques extrieu- rement, arrtent la sueur, mme dans la fivre. En fo- mentation, c'est un bon remde pour la diarrhe, pour la chute de la matrice, les maladies du sige, les ulcres humides, l'rysiple, l'alopcie, les dartres farineuses, les exanthmes et les brlures. On fait entrer encore celte poudre dans ces sortes d'empltres, appeles par les Grecs lipares. Elle produit peu prs les mmes effets que l'huile qu'on tire des feuilles mmes du myrte , excellente pour les ulcres des parties humides, comme ceux de la bouche et de la vulve. Les feuilles fraches, broyes dans du vin, neutra- lisent les mauvais effets des champignons vnneux. Avec de la cire, elles sont bonnes pour la goutte et pour les dpts. On ordonne leur dcoction dans du vin pour la dysenterie. On les dessche et on les pulv- rise pour les appliquer sur les ulcres , ou pour arrter les hmorrhagies. On les emploie encore avec succs pour les taches de rousseur, les excroissances la ra- cine des ongles, les panaris, les tumeurs calleuses de l'anus, l'inflammation des testicules, les ulcres malins, et les pustules appeles pinyctides. Incorpores avec du crat , elles gurissent les brlures. 334 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXII. Ad aures purulentas t foliis crematis utuntur, et succo, et decocto. Comburuntur et in antidota. Item cauliculi flore decerpti , in novo fictili operto cremati in furno , dein triti ex vino. Et ambustis foliorum cinis medetur. Inguen ne intumescat ex ulcre, satis est sur- culum tantum myrti habere secum, non ferro, nec terra contactum. De myrtidano, xiii. LXXXII. Myrtidanum diximus quomodo fieret. Vulvae prodest , adpositu , fotu , et illitu. Multo efficacius et cortice, et folio, et semine. Exprimitur et foliis succus mollissimis in pila tusis, adfuso paulatim vino austero, alias aqua caelesti : atque ita expresso utuntur ad oris sedisque ulcra , vulvae , et ventris : capillorum nigri- tiam , malarum perfusiones , purgationes lentiginum , et ubi constringendum aliquid est. De mjrrto silvestri , sive oxymyrsine , sive chamaemyrsine , sive rusco, vi. LXXXm. Myrtus silvestris , sive oxymyrsine , sive chamaemyrsine , baccis rubentibus et brevitate a sativa distat. Radix ejus in bonore est , decocta vino , ad re- num dolores pota , et difficili urinae , praecipueque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 335 Pour le mal d'oreilles avec coulement de pus , on prescrit la cendre , le suc ou la dcoction des feuilles. Cette cendre entre encore dans la composition des antidotes , de mme que les tiges fleuries de myrte , brles au four , dans un pot de terre neuf, et broyes ensuite dans du vin. La mme cendre est aussi un bon remde pour les brlures. Pour empcher l'enflure qui pourrait survenir dans l'aine la suite d'un ulcre , il suffit de porter sur soi une jeune pousse de myrte que la terre ni le fer n'aient pas touche. Sur le myrtidanum , i3. LXXXII. Nous avons indiqu ailleurs la manire de faire le vin de m3rrte. En pessaire , en Uniment et eu fomentation , il est bon pour les maladies de la vulve , et il a beaucoup plus de vertu que l'corce, les feuilles ou les baies de myrte. On pile aussi dans un mortier les plus tendres de ces feuilles , en les arrosant peu peu avec du gros vin ou avec de l'eau de pluie : le suc exprim de la sorte s'emploie pour les ulcres de la bouche, de l'anus, de la vulve et du ventre; pour tein- dre les cheveux en noir, dissiper les fluxions des joues, effacer les taches de rousseur , et enfin dans tous les cas o les astringens sont ncessaires. Sur le myrte sauvage , autrement oxymyrsine , chamsemyrsinc ou ruscus , 6. LXXXIII. Le myrte sauvage, autrement nomm oxy- myrsine ou chammyrsine , diffre du myrte cultiv en ce qu'il est plus petit et qu'il porte des baies rouges. On estime la dcoction de sa racine dans du vin pour 336 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIII. crass, et graveolenti : niorbo regio, et vulvarum pur- gationi trita cum vino. Cauliculi quoque incipientes asparagorum modo in cibo sumpti , et in cinere cocti. Semen cum vino potum, aut oleo, aut aceto, calcules frangit. Item in aceto et rosaceo tritum, capitis do- lores sedat : et potum ^ morbum regium. Castor oxy- myrsinen myrti foliis acutis, ex qua fiunt ruri scopae, ruscum vocavit, ad eosdem usus. Et hactenus habent se medicinae urbanarum arborum. Transeamus ad sil- vestres. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIIL 3^7 les maux de reins et les diflGcuIts d'uriner, surtout quand elle est paisse et d'une odeur forte. Broye dans du vin , elle est bonne pour la jaunisse et pour nettoyer la vulve. Ses jeunes pousses , manges en guise d'as- perges et cuites sous la cendre, ont les mmes pro- prits. Les baies, prises dans du vin, de l'huile ou du vinaigre, brisent les calculs de la vessie. Broyes dans du vinaigre et de l'huile rosat, elles calment les dou- leurs de tte. En breuvage, elles gurissent la jaunisse. Castor appelle ruscus le myrte sauvage feuilles pi- quantes , dont les villageois font des balais. Ses usages sont les mmes. Voil ce que nous avions dire sur les vertus mdicinales des arbres cultivs : nous allons pas- ser celles des arbres sauvages, XIV. aa NOTES DU LIVRE VINGT-TROISIME.* n commenant ces commentaires sur la matire mdicale de Pline , nous croyons devoir prvenir que nous nous bornerons signaler les proprits thrapeutiques qui semblent aujourd'hui incontestables aux modernes, ou bien celles qui sont rationnelles et fondes sur la constitution chimique des substances mentionnes par l'auteur latin. On conoit que, si nous voulions relever toutes les assertions hasardes renfermes dans cet ouvrage , nous fe- rions un travail long et fastidieux , qui n'aurait aucune utilit relle. Nous ne ferons d'exceptions que pour les cas qui expli- quent un prjug encore en crdit en Europe par un prjug consacr dans les crits du naturaliste romain. I. Chap. m , page 206, ligne 14. Folia vtm et pampini capis dolores , etc. Ce paragraphe tout entier est traduit de Dio- scoride (v, i) ; nous aurons trs-frquemment occasion de signa- ler de semblables emprunts. Pline a pris toute sa physiologie vgtale et sa botanique Thophraste , comme il a emprunt toute sa matire mdicale Dioscoride. Caton, Columelle et Varron lui ont fourni la plus grande partie de son agriculture , ainsi que les rgles qu'il a traces pour l'horticulture. On s'est demand lequel de Pline ou de Dioscoride avait prcd l'autre , et nous nous tonnons qu'on ait pu douter que Pline ait t le vritable compilateur des crits de son devancier. Les Romains ont t chercher les sciences et les arts en Grce , et le natura- liste romain, en s'emparant de tout ce qu'il y avait dans les crits des Grecs , n'a fait qu'user du droit de conqute. * Toutes les notes des livres xii xxni inclasiveraent sont dues M. Fe. NOTES DU LIVRE XXIII. BSg Tout ce que Pline dit ici des proprits mdicinales de la vigne n'a rien de rel. Les feuilles et les vrilles ont une saveur acide trs-marque , mais leur action sur le corps humain est peu prs nulle. 11 en est de mme de celle de la sve de la vigne , laquelle notre auteur attribue la proprit de gurir les ulcres , d'agir comme dpilatoire , etc. L'corce de la vigne , ainsi que les feuilles contenant une faible quantit de tannin, pourraient, dans certains cas , arrter les hmorrhagies : Cortex vitium et folia arida , vulnerum sangutnem sisiunt , ipsumque vunus conglulinant. 2. Page 208 , ligne 7. Vitis alb riridis tus succo impeti- gines tolluntur. Cette vigne blanche ne peut tre la bryone , dont les proprits mdicinales ont une grande nergie ; c'est tout simplement une varit fruits blancs de la vigne sauvage. Cf. plus loin la note 6. 3. Ligne 8. Cinis sarmentorum vitiumque et vinaceorum , etc. Cette cendre alcaline ne diffre gure de celle qu'on obtient de l'incinration des autres vgtaux. Avant que la chimie ait t fonde sur des bases solides, c'est--dire avant les glorieux- travaux de l'illustre et malheureux Lavoisier , on attribuait aux cendres les mmes proprits qu'on accordait aux plantes qui les avaient fournies, et il en rsultait d'tranges bvues. Au reste, dans ce passage, Pline, en parlant des proprits de ces cendres alca- lines , n'est pas fort loign de la vrit , puisqu'il les repr- sente comme une sorte de caustique. Il est remarquer pourtant qu'il les indique comme fondantes l'intrieur; mais, comme il prescrit de les arroser avec du vinaigre , la dcomposition des sous-carbonates de potasse et de soude donne lieu la formation d'actates de ces mmes bases. Or, on voit encore une foule de praticiens estimables ordonner, dans les engorgemens du foie, de la terre folie de tartre (actate de potasse). Cf. sur les diverses assertions renfermes dans ce chapitre , Dioscoride au ( passage cit) , Marcellus Empiricus (chap. 28) et Plinius Valerianus (il, i8; m, 22, 36 et 5i). 4 l^ psige 210, ligne 4* Omphacium, quafieret ratione inci- pentis uv pubertate , in unguentorum loco docuimus. Pline en a en effet parl au livre xii. Cf. la note 108. Cette composition, 22. 34o NOTES DU LIVRE XXIII. dont les prupritcs devaient tre fort variables , tait faite soit avec le raisin de la vigne amminenne, soit avec celui de la vigne pythiennc. Voyez les noies 23 et 176 du livre Xiv, sur ces deux sortes de vigne. 5. V, page 210, ligne i5. Ojnphacio cohret nantht , quant vtes slvesires ferunt. Pline en a trait au livre xil. Cf. la note 1 10 de ce mme livre , et la note 206 du livre xiv. YJnanihe n'est autre chose que la fleur de la vigne , dont l'odeur est dlicieuse. Ses proprits mdicinales sont dpourvues d'activit , et tout ce que notre auteur en dit est dpourvu de vraisemblance. Les cendres de Vnanlhe sont alcalines. Cf. plus haut, la note 3. 6. Ligne 18. / ex alba vite rfrigrai (^nanthe). Cette vtis tdba n'est pas la vigne blanche, Bryonia alba des botanistes, mais bien quelque varit de la vigne vin , fruits blancs. Pline , au livre xil , chap. 61 , a vanl Vnanthe de la vigne blanche, et la met au dessus de la noire (Jd est fruclu , nigrai). Omnibus autem ex alba labrusca prstantior, quam e nigra. Ici le mot labrusca , vigne sauvage , empche toute quivoque , et il s'agit bien de deux varits de la vigne. Dans le passage de ce livre que nous commentons , il n'y a non plus aucun doute. La fleur de la bryone est inodore , et ne pourrait entrer avec avantage dans la composition des parfums. 7. Page 212, ligne 8. Massaris odorihus tantum gigrutur. Le massaris n'est autre chose que Vnanthe, ou fleur de la vigne, rcolte en Afrique ; on lui donnait la prfrence sur tous les autres parfums , cause de la suavit de son odeur. Cf. au livre xii la note III. 8. VI , page 212, ligne 12. Maiurescentium auiem wc vehe- mentiores nigr. La distinction que Pline tablit entre les pro- prits des raisins noirs et celles des raisins blancs est rationnelle. Le raisin noir contient dans son enveloppe un principe colorant fort abondant, ainsi qu'un peu de tannin. Le raisin blanc n'offre point de principe colorant, mais beaucoup de tannin. En gn- ral , les raisins blancs sont plus sucrs que les noirs , et leur enveloppe est moins paisse. Les uns et les autres ont une action NOTES DU LIVRE XXIII. 341 laxative. Pliiie assure que les raisins qui ont t exposs l'air le sont beaucoup moins. Nous pensons que leur action n'est que peu ou point modifie ; mais comme il arrive qu'on itiange plus de raisins l'poque des vendanges que lorsqu'ils sont dans les fruitiers , on a pu tirer, de la diffrence de quantit consomme , la consquence fausse qu'ils agissaient alors diversement. 9. VI1 1 page 214., ligne 4-' Qu autem in vino dulci condit fuere, caput tentant. Pline dit la mme chose de ceux qui sont conservs sur le marc de vin , ou gards dans le vin cuit : Nom in vinaceis servat, et caput, et vesicam, et stomachum infestant... Qu vero in muslo fuere , pejorem vint etiamnum habent, quam qu in vinaceis. On ne sera point tonn que ces raisins soient capi- teux, quand on rflchira que, mis dans le milieu dont parle Pline, ils subissent une sorte de fermentation qui dveloppe en eux, aux dpens du sucre, une certaine quantit d'alcool. 10. Ligne 10. Saluberrimas putant medici in clesti aqua servatas , etiamsi minime jucundas. La conservation des raisins dans l'eau de pluie n'est pas possible. Les raisins, plongs dans ce liquide , se gtent promptement , et acquirent une saveur tout--fait dsagrable. Au reste, ce passage est emprunt Dioscoride (v, 3). 11. Ligne 16. Paulo tamen graviores existimantur fieri vina- ceorum halitu. Nous avons rendu compte de cet effet probable par le dveloppement d'une certaine quantit d'alcool dans le raisin , quoique celui-ci conserve cependant sa forme. Cf. la note 9. 12. Ligne 17. Vv florem in cibis si edere gallinacei , uvas non attingunt. Ce peu de mots renferme un prjug qui n'est fond sur rien de rel. Il en est de mme de l'observation rela- tive la proprit astringente du sarment de la vigne, qui augmente quand on le conserve dans des pots. i3. IX, page 216, ligne 2. Nudei acinorum eamdem vim {adstringendi) obtinent. Dioscoride (v, 3) s'exprime dans le mmes termes. Les ppins de raisin ont en effet une proprit astringente. Les modernes ont trouv le moyen d'en extraire 342 NOTES DU LIVRE XXIII. une huile douce assez agrable au got, et qui est applicable plusieurs usages conomiques. Les ppins de raisin ne figurent pas dans la matire mdicale des peuples modernes , et cela n'est point regrettable. Le marc du raisin dont on a enlev les ppins est , dit notre auteur , moins nuisible la tte et la vessie que celui du raisin o on les a laisss : c'est un prjug ajouter tous ceux qui dparent l'histoire naturelle de Pline. i/f* XI, page 216, ligne i4- Uva theriace , de qua suo loco diximus, contra serpentium ictus estur. C'est au livre Xiv, ch. 22 , que Pline a parl de ce vin , antidote de la morsure des serpens. Cf. sur ce vin , dont les proprits sont supposes , l'auteur des Goponiques ( IV, 7 ) et Palladius ( il , in Februar. , lit. 28 ). Le mot thriaque est form du grec dM/>, bte fauve, et de x0/Uaei, je guris. i5. XII, page 216, ligne 19. Uva passa, quam astaphida vacant. Dioscoride (v, 4-) en parle sous le nom de (rleK^is ^ et a fourni tout ce chapitre Pline. Astaphis est le mme mot que staphisy mais articul la manire attique. Les raisins secs sont plutt, pour les modernes, des alimens que des mdicamens ; pourtant, en raison du sucre qu'ils contiennent et qui est uni une petite quantit de mucilage , on leur attribue des proprits adoucissantes et bchiques : ils figurent dans les fruits pectoraux. Dioscoride et Pline leur attribuent les mmes vertus mdici- nales, iis exemptis (^nucleis)^ vesic utilis habetur ; et tussi, alba utilior, etc. Les anciens s'exagraient les qualits nuisibles des ppins de raisin. Le vin cuit, fait avec les raisins secs, est, dit notre auteur, excellent pour la morsure du serpent hmorrhos , ce qui est une fable. Tout ce que Pline avance, relativement aux proprits de Vastaphis, et qui n'est pas fond sur la prsence du sucre et du mucilage dans ces fruits , doit tre rang parmi les fables. La plupart des assertions qu'on lit dans ce chapitre sont dans ce cas. 16. Page 218, ligne 4- Testium inflammaiioni cum farina cumini, aut coriandri imponuntur. Pline a trait du cumin , Cnmi- num yminum des botanistes , et de la coriandre , Coriandrum salium, L. , au livre XX. Cf. les notes 160 et 208. NOTES DU LIVRE XXIII. 343 17. Page 218, ligne 10. Podagris et unguium mobilibus cum pancue. Le panax des anciens doit tre rapport au Pasiinaca Opoponax , L. Pline en a parl aii livre xii. Cf. la note iio , au livre cit. i8. XIII, page 218, ligne il^.. Astaphis agria , sve staphis , quam uvam taminiam aliqui vacant falso : suum enim genus habet, cauliculis nign's, redis , foUis labrusc : fert folicidos venus , quam anos , virides , similes cicerl : in his nudeum triangulum. Cette description , plus complte que celles qui nous sont ordinaire- ment fournies par Pline , est la traduction littrale du commen- cement du chapitre i56 du livre iv de la matire mdicale de Dioscoride , auquel notre auteur a pris en outre tout ce qui a rapport aux proprits mdicinales de cette plante. On peut, sans crainte d'errer, la rapporter la staphisaigre des modernes, Del- phinium Staphisagria , L. , de la famille des renonculaces. La staphisaigre a des tiges droites , des feuilles ptioles , palmes, grandes comme celles de la vigne , assez profondment dcou- pes en lobes inciss et pointus ; les fleurs sont en grappe lche et terminale ; le fruit est form de trois capsules oblongues , uniloculaires et univalves; les semences sont de la grosseur d^in haricot, triangulaires et d'un brun noirtre. Pline connaissait bien la violence de son action, puisqu'il dit : Mis nucleis ad pur- gationem uti non censuerim , propier ancipitem strangulationem : nec ad piiuitam oris siccandam , fauces enim ldunt , et plus loin : Semen enim abdicaverim , propter nimiam vim ardoris. Les mo- dernes font entrer la poudre des semences de la staphisaigre dans quelques prparations destines aux bestiaux ; on l'emploie comme pdiculaire , ainsi que le faisaient les anciens , qui sans doute nous ont fait connatre cette proprit des semences de la staphisaigre. Pline, et avant lui Dioscoride, ont dclar qu'elles taient propres combattre la morsure des animaux venimeux : c'est une erreur. Voici comment nous tablissons la concordance synonymique de cette plante : 1']A<^'is cLypU, Hippoc. , Nat. mui., 584; Diosc, iv, i56; le fruit, '^^npoKOKMV , Gr^EC, Slaphis et aslaphis agria , 344 ,. liOTES DU LIVRE XXllI. PUM. , ioco contm.; Herba pituaria , abusiee Uea iaminia ; Staphisagria , C. Bauh. , Pin. , 824 ; Delphinium Slphisa- gria, L. , Spec.pl., 75o. La staphisaigre , et vulgairemeat l'herbe pdiculaire. ig. Page 218, ligne 18. MatarescU cum vindtmia, nigrescitque : uum iamin rubentes norimus atinos. Uua tammia n'est pas la couleuvre, vigne blanche ou bryone, dont Pline va parler ( Cf. la note a3) , mais bien le taminier, Tamus communis, L. Les baies de celle plante n'ont aucun rapport avec les fruits de la sta- phisaigre , qui sont secs et capsulaires. Vojrez la note prcdente. 20. XIV, page 220 , ligne i3. Labruscn quoqite nanlhen ferl.... gu a Grcis ampelos agria appellatur, spissis et candican- tibus foUis , geniculata, rimoso cortice, etc. Ce chapitre est plein d'erreurs. Pline commence par traiter de la vigne sauvage, Vtis vinifera , L. , Spec. plant. , 2g3 , var. d Labrusca , ToDRlEF. , Inst., 6i3 , et bientt il parle de la bryone, Brjronia dioca des botanistes. La bryone a des fleurs inodores , ses tiges meurent chaque anne et n'ont point d'corce , etc., etc. La phrase que nous avons cite ne peut donc, en aucune manire, lui tre ap^ plique. D'un autre ct , les fruits de la vigne sauvage n'ont pas la couleur du kerms animal , et ses racines ne sont point purgatives. Dioscoride (v, i83) traite de la labrusque, et bientt aprs de la bryone : Pline a pris dans ce chapitre plu- sieurs phrases qui appartiennent cette dernire plante , et les a glisses dans le texte qu'il a consacr la labrusque. Cet auteur commet une grosse erreur, eu disant que les Latins donnaient la labrusque le nom d'uca taminia, qui doit appartenir exclusi- vement la bryone. Cf. sur Vnanthe , la note 206 bis du livre XIV, et sur la bryone , la note 23 du prsent livre. 21. Ligne 21. Utuntur ea pro anuJeto. L'empl