^r^Of-f ^L^^^fc" v*wij THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY PU ff^ *# BIBLIOTHEQUE LATINE-FRAl^CAISE PUBLIE FAR C. L. F. PAIVCKOUCKE. ' M./.> % 1^ S'' ' J^i i. -i^-^ i ^ , PARIS . IMPRIMERIE DE C. I.. F. PANCiOnCKE, RdK bis PotTXVIHS , H. l4- HISTOIRE NATURELLE * DE PLINE TRADUCTION NOUVELLE PAR M. AJASSON DE GRANDSAGTSE PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIBR , DAUNOU, EMERIC DAVID, DESCURET, DO , E. DOLO , DUSGATE, FE, L. FOUCHE, FOURIER, GUIBOURT, itOI JOHANSEAU, LACROIX, LAFOSSE, LEHERCIER, LETRONNE, LOUIS LISKENNE, L. MARCUS, MONGS, C. L. F. PANCKOUCK.E, VALEKTIN PARISOT , QUATREMRE DE QUINCY, P. ROBERT, ROBIQUET, H. THIBAUD, THUROT, VALENCIENNES , HIPP. VERGNE. i TOME DIX-SEPTIEME. PARIS c. L. F. PANCKOUCKE MEMBRE DE l/oRDRK ROYAL DE I.A lUIOM u'bORMKUR DITEUU, RUE DES POITEVINS, N" i4 M DCCC XXXIII. Ci# j ' fi' 8-7/ Pfc> Y.i7 . * HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE VINGT-HUITIEME. 454175 C. PLINn SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XXVIII. MEDICIN^ EX AlflMALIBUS. Ex homine remdia. I. 1. JL/iCT;E erant omnium rerum naturae, inter cae- lum ac terram nascentium , restabantque quae ex ipsa tellure fodiuntur, si non herbarum ac fruticum tractata remdia auferrent transversos, ex ipsis animalibus quae sanantur, reperta majore medicina. Qui ergo dixerimus lierbas , et floriim imagines , ac pleraque inventu rara ac difficilia, iidem tacebimus quid in ipso liomine prosit homini, ceteraque gnera remediorum inter nos viven- tia? quum praesertim, nisi carenti doloribus morbisque vita ipsa pna fit. Minime vero : omnemque insume- mus operam , licet fastidii periculum urgeat : quando ita decretum est , minorem gratiae , quam utilitatum vitae, respectum habere. Quin immo externa quoque, et barbaros etiam ritus indagabimus. Fides tantum auctores % . HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. ir LIVRE XXVIII. REMDES TIRS DES ANIMAUX. y Remdes tirs de l'homme. I. I. iNous aurions achev la description de tout ce qui se trouve entre le ciel et la terre , et nous n'aurions plus traiter que des corps enfouis dans le sein du globe , si nous n'tions entrans , l'occasion des re- mdes fournis par les herbes et les arbres, une di- gression sur ceux, plus efficaces encore, que nous tirons des animaux. Aprs avoir dcrit les herbes, la beaut des fleurs, et presque tous les objets rares et difficiles ren- contrer, omettrons-nous les substances mdicinales que l'homme mme fournit l'homme, et tous ces remdes vivans qui nous environnent? surtout lorsqu'il est bien reconnu que la vie n'est qu'un supplice , si elle n'est exempte de douleurs et de maladies. Non, sans doute, et nous donnerons tous nos soins cette partie , dussions-nous courir le risque d'ennuyer, car notre but est fix : nous songeons moins plaire qu' tre utile ; nous fouillerons mme les pratiques trangres et les I. A C. PLTNII HIST. NAT. LIB. XXVIII. appcUet. Qiiamquain ot ipsi consensu prope jiulicata eligere laboraviinus, potiiisque cur rerum, qiiam copi institimus. lllud admonuisse perquam necessarium est , dictas jam a nobis naturas auimalium, et quae cujusque essent inventa ( nque enim minus profuere medicinas reperiendo , quam prosunt praebendo ) : nunc quae in ipsis auxilientur indicari , neque illic in totum omissa. Itaqiie lioec esse quidem alia , illis tamen connexa. II. Incipiemus aulem ab homine, ipsum sibi exqui- rentes, immensa statini diffcultate obvia. Sanguinem quoque gladiatorum bibunt, ut viventibus poculis, comitiales morbi : quod spectare fecientes in eadem arena feras quoque borror est. At hercule illi ex homine ipso sorbereefficacissimum putant caUdum spiran- temque, et una ipsam animam ex osculo vulnerum : quum plagis ne ferarum quidem admoveri ora fas sit humana. AHi medulias crurum quaerunt, et cerebrum infantium. Nec pauci apud Graecos , singulorum viscerum mem- brorumque etiam sapores dixere, omnia persecuti usque ad resegmina unguium : quasi vero sanitas videri possit, feram ex homine fieri, morboquc dignum in ipsa me- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 5 usages des Barbares , mais sans rien garantir , ot sur la seule foi des auteurs. Toutefois nous nous sommes ap- pliqus faire choix des recettes sanctionnes par une i approbation peu prs unanime, et nous avons tenu l'exactitude plus qu'au nombre des remdes. Du reste , nous devons prvenir le lecteur que nous ne rpterons pas ce que nous avons dit sur l'organisation des ani- maux , ou sur les auteurs des dcouvertes mdicales , quoiqu'ils n'aient pas t moins utiles au genre humain , en trouvant les remdes, que ne le sont aujourd'hui ceux qui les administrent. Nous nous bornerons indi- quer les secours tirs du rgne animal ; nous en avons dj prsent quelques-uns dans le cours de cet ou- vrage; mais les dtails que nous allons donner, quoique lis ceux qui prcdent ^ en diffrent essentiellement. II. Commenons par l'homme : que l'iiomme mme soit pour lui le premier objet de recherche. Des diffi- cults capitales nous arrtent ds l'abord. On a bu, pour gurir l'pilepsie, du sang de gladia- teur, breuvage vivant dont nous ne voyons qu'avec horreur les btes froces s'abreuver dans l'arne. On recommande, comme le plus puissant des remdes, de boire le sang encore chaud , encore anim , et de puiser avec lui la vie elle-mme jusqu'au fond des blessures , tandis que nous trouvons presque de l'impit mettre ses lvres en contact avec les plaies des animaux. D'au- tres vont chercher la moelle des jambes , et la cervelle des enfans. Plus d'un Grec, jadis , tait capable de caractriser le got de chaque membre , de chaque viscre, et mme des rognures de l'ongle; comme si l'on ne pouvait obtenir la sant qu'en devenant une bte froce , et en mritant son mal par les moyens 6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVHI. dicina : egregia hercule frustratione , si non prosit. Adspici humana exta nefas habetur; quid mandi? Quis ista invenit ostenta? Tecura enim res erlt, eversor juris humani , monstrorumque artifex , qui primus ea condi- disti : credo , ne vita tui oblivisceretur. Quis invenit singula membra humana mandere? qua conjectura in- ductus? Quam potest medicina ista originem habuisse? Quis veneficia innocentiora effecit, quam remdia? Esto, Barbari externique ritus invenerint; etiamne Grci suas fecere bas artesPExstant commentationes Democriti, ad alia noxii hominis e capite ossa plus prodesse : ad alia, amici et hospitis. Jam vero vi interempti dente gingi- vas in dolore scarificari , Apollonius effcacissimum scripsit : Miletus, oculorum suffusiones fele hominis sanari. Artemon calvaria interfecti , neque cremati , pro- pinavit aquam e fonte noctu comitialibus morbis. Ex eadem suspendio interempti catapotia fecit, contra canis rabiosi morsus Antus. Atque etiam quadrupdes ho- mines sanavere ; contra inflationes boum , perforatis cor- nibus inserentes ossa humana : ubi homo occisus esset, aut crematus, siliginem quae pernoctasset, suum morbis dando. Procul a nobis nostrisque litteris absint ista. Nos auxilia dicemus, non piacula : sicubi lactis puerperarum usus mederi potuit , sicubi saliva , tactusve corporis , ccteraque similia. Vitam quidem non adeo expetendam HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXVHI. 7 mmes qu'on emploie pour en gurir, moyens que la nature a bien raison de rendre inutiles , s'ils le sont. Jeter un regard sur des entrailles humaines est, dit-on, un sacrilge; que sera-ce de les manger? Qui a pu ima- giner ces horreurs ? car c'est loi que j'adresse ces reproches, destructeur de l'humanit, gnie fcond en monstruosits ! toi qui le premier les enfantas , pour arriver, je pense, l'immortalit 1 Qui a imagin de dvorer des membres humains ? quelle conjecture a conduit cet attentat ? quel put tre le berceau d'une semblable mdecine ? Qui a trouv le secret de rendre les poisons plus innocens que de pareils remdes? Que des trangers, des Barbares aient eu recours de tels moyens, je le veux: mais comment les Grecs ont -ils pu les adopter? On lit dans Dmocrite, qu' telle mala- die on doit appliquer de prfrence les os de la tte d'un criminel; telle autre, les os de la tte d'un hte, d'un ami. Vous souffrez des dents; scarifiez, dit Apollonius, scarifiez- vous les gencives avec les dents d'un homme assassin. Pour les fluxions ophthalmiques , s'crie Mi- letus, frottez -vous de fiel humain. Artmon conseille, dans l'pilepsie , de boire , la nuit , de l'eau de fontaine dans le crne d'un homme victime d'un meurtre et non expos sur le bcher. Ante prescrivait, contre la mor- sure des chiens enrags, un breuvage o il entrait du crne de pendu. D'autre part , on a tir de l'homme des remdes pour la gurison des quadrupdes : l'enflure des bufs cesse par l'introduction d'os humains dans les cornes perfores de l'animal; on gurit certaines af- fections des porcs, en leur donnant du seigle qui ait pass la nuit dans un endroit o l'on a tu ou brl un a PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. censeraus , ut quoquo modo trahenda sit. Quisquis es talis, que moriere, etiam quum obscenus vixeris, aiit nefandus. Quapropter hoc primum quisque in remediis animi sui habeat : ex omnibus bonis , qu homini tri- buit natura, nulium melius esse tempestiva morte : id- que in ea optimum, quod iliam sibi quisque prstare poterit. _'#' t An sit in medendo verborum vis aliqua. III. 2. Ex homine remediorum primum maxim qustionis , et semper incertae est , valeantne aliquid verba et incantamenta carmiuum. Quod si verum est, homini acceptum ferri oportere conveniat. Sed viritim sapientissimi cujusque respuit fides. In universum vero omnibus horis crdit vita, nec sentit. Quippe victimas esedi sine precatione non videtur referre, aut deos rite cnsuli. Praeterea alia sunt verba inipetritis , alia depul soriis , alia commentationis. Vidimusque certis precatio- nibus obsecrasse summos magistratus ; et ne quid ver- borum prastercatur, aut prposterum dicatur, de scripto *J-** HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII 9 homme. Mais loin de nous , loin de nos ouvrages ces hideux dtails ! Nous ne publions que des recettes utiles et non des conseils criminels ; il ne s'agit ici que de re- mdes tels que du lait de femme nouvellement accou- che, de la salive humaine, des attouchemens et autres moyens semblables. A nos yeux , la vie n'est pas assez dsirable pour qu'il faille la traner tout prix. Eussiez- vous une pareille pense , songez-y, qui que vous soyez : nul crime, nul moyen infme ne vous empchera de mourir. Ainsi, de tous les remdes de l'me, regardons comme le plus prcieux cette maxime : que de tous les biens accords l'homme par la nature, il n'en est pas de plus grand que la mort, quand elle vient propos; et que dans la mort mme, ce qu'il y a de mieux j c'est qu'on peut se la donner volont. - *^S; Les mots ont-ils quelque vertu propre gurir ? III. a. Le premier remde dont l'homme trouve en lui la source, donne lieu un problme grave et jus- qu'ici insoluble ; les formules , les enchantemens ont-ils quelques vertus ? S'ils en ont , il faut les rapporter l'homme; mais presque tous les sages se refusent le croire. Gnralement , et toute heure , on croit , mais sans jamais sentir d'effet vident : par exemple, on donne comme certain que, sans prire, c'est en vain que l'on sacrifie aux dieux , ou qu'on les interroge ; de plus , on distingue des formules imptratoires , des formules aversoires , des formules recommandatoires. On a vu des hommes, chargs de la magistrature suprme, en prfrer une; que dis-jc? de peur qu'il ne leur arrivt d'oublier ou de transposer un seul mot , un homme leur lisait le lo C. PLINH HIST. NAT. LIB. XXVIII. prseire aliquem : rursusque alium custodem dari, qui attendat ; alium vero praeponi , qui faveri linguis ju- beat : tibicinem canere , ne quid aliud exaudiatur : utraque raemoria insigni, quoties ips dirae obstrepentes nocuerint, quotiesve precatio erraverit : sic repente extis adimi capita vel corda, aut geminari viclima stante. Durt immense exemple Deciorum patris fliique , quo se devovere, carmen. Exstat Tucci vestalis incestae precatio , qua usa aquam in cribro tulit , anno Urbis dcix. Boario vero in foro Graecum Graecamque defossos , aut aliarum genti.um , cum quibus tum res esset , etiam nostra aetas vidit. Cujus sacri precationem, qua solet prseire quindecimvirum collegii magister, si quis lgat, profecto vim carm|num fateatiir, ea omnia approbanti- bus octingentorum triginta annorura eventibus. Vestales nostras hodie credimus nondum egressa Urbe mancipia fugitiva retinere in loco precatione : quum si semel re- cipiatur ea ratio, et deos preces aliquas exaudire, aut illis moveri verbis, confitendum sit. De tota conjec- tione prisci quidem uostri perpetuo talia prodidere , diffcillimumque ex his, etiam fulmina elici, ut suo loco docuimus. WW^'' ^ HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. ii rituel , un autre tait prpos pour suivre attentivement chaque parole , un autre tait charg de faire obser- ver le silence , enfin un quatrime jouait de la flte , de peur de quelque bruit sinistre ; car combien de fois , nos annales en font foi , des imprcations ont inter- rompu la prire, ou bien l'on a mal rcit la formule, et soudain la tte ou le cur des entrailles ont disparu , ou se sont trouvs doubles , sans que la victime et fait un mouvement ! On conserve encore les actes du d- vouement des deux Decius , pre et fils , et la prire de la vestale Tuccia , lorsque , accuse d'avoir viol ses vux, elle porta de l'eau dans un crible, l'an de Rome 609. Dans le March aux Bufs, nous avons vu, mme de nos jours , enterrer vivans un homme et une femme, soit d'origine grecque, soit de quelque autre nation avec qui nous tions en guerre. Quiconque lira la prire usite dans ces sacrifices, et dont le chef du collge des quindcemvirs commence les premires pa- roles , reconnatra la force de ces formules , que confir- ment les vnemens de huit cent trente annes. Nous croyons aujourd'hui que nos vestales retiennent , par une simple prire , les esclaves fugitifs qui ne sont point encore sortis de Rome. Ce fait une fois admis , il faut avouer que certaines prires sont exauces par les dieux, ou agissent sur leur volont. Sur toute cette question , nos pres ont rapport des milliers d'exemples , dont quelques-uns mme prouvent qu'il est des formules ca- pables de faire tomber la foudre, comme nous l'avons dit ailleurs. la , C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Ostenta et saniri, et depelli. IV. L. Piso primo Annalium auctor est , Tulluni Hostilium regem e^ Numae libris eodem, quo illum, sa- crificio Jovem caelo devocare conatum, quoniam panim rite quaedam fecisset, fulmine ictum. Multi vero magna- rum rerum fata et ostenta verbis permutari. Quum iii Tarpeio fodientes delubro fundamenla, caput humanum invenissent, missis ob id ad se legatis, Etruriae celeber- rimus vates Olenus Calenus prclarura id fortunatum- que cernens, interrogatione in suam gentem transferre tentavit, scipione prius determinata tenipli imagine in solo ante se : Hoc ergo dicitis, Romani? hic templum Jovis optimi maximi futurum est : hic caput inveni- mus : constantissima Annalium adfirmatione , transi- turum fuisse fatum in Etruriam, ni pra;moniti a filio vitis legati romani respondissent : Non plane hic, sed Rom inventum caput dicimus. Iterum id accidisse tradunt, quum in fastigium ejusdem delubri praeparatae quadriga fictiles in fornace crevissent : et iterum simili modoretentum augurium. Hc satis sint, exemplis ut appareat, ostentorum vires et in nostra poteslate esse : ac prout quaeque accepta sint, ita valere. WP" HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i3 Possibilit de sanctionner les prodiges , ou d'en dtourner l'effet. IV. L. Pison , au livre premier des Annales , nous assure que Tullius Hostilius, ayant essay, d'aprs le texte des livres de Numa , de faire descendre Jupiter du ciel dans un sacrifice, fut frapp de la foudre pour avoir omis quelques circonstances de ce rit. Combien d'au- tres nous ont fait voir qu'avec des paroles on change de hautes destines, ou qu'on modifie la valeur des prsages ! Des ouvriers , en creusant les fondemens du Capitule sur le mont Tarpien , rencontrent une tte humaine : on envoie des dputs Olenus Scalenus, le plus clbre des devins trusques ; il devine aussitt que cette ren- contre pronostique la grandeur et l'illustration , et , par une question insidieuse , il essaie de transporter sa nation l'effet de l'augure : avec son bton , il trace de- vant lui sur la terre l'image d'un temple ; puis, s'adres- sant aux dputs : Voil donc ce que vous dites , Ro- mains ? ici doit tre le temple de Jupiter trs -bon, trs-grand : c'est ici que nous avons trouv une tte humaine. Les Annales s'accordent dire que l'effet du prpnostic aurait pass l'trurie , si les dputs romains, prvenus par le fils du devin, n'avaient r- pondu : Non , ce n'est pas en ce lieu , c'est Rome (jue la tte a t trouve. La mme chose arriva lors- qu'un quadrige de terre cuite , qu'on devait placer sur le couronnement du mme temple, grossit extraordi- nairement dans le fourneau : la mme prudence retint dans Rome et pour Rome l'effet du prsage. C'en est assez pour faire voir que l'effet des augures dpend de nous , et que leur action a lieu en raison de la manire dont ils sont reus. i4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. In augurum certe disciplina constat, neque diras, neque ulla auspicia pertinere ad eos, qui quamque rem ingredientes , observare se ea negaverint : quo munere divinae indulgentiae majus nullum est. Quid? non et le- gum ipsarum in duodecim tabulis verba sunt? Qui fruges excantassit. Et alibi , a Qui malum carmen in- cantassit. Verrius Flaccus auctores ponit, quibus cre- dat, in oppugnationibus ante omnia solitum a romanis sacerdotibus evocari deum, cujus in tutela id oppidum esset : promittique illi eumdem, aut ampliorem apud Romanos cultum. Et durt in pontificum disciplina id sacrum : constatque ideo occultatum, in cujus dei tutela Roma esset, ne qui hostium simili modo agerent. Defigi quidem diris deprecatiouibus nemo non metuit. Hue pertinet ovorum , ut exsorbuerit quisque , calyces , cochlearumque , protinus frangi, aut eosdem cochleari- bus perforari. Hinc Theocriti apud Graecos, Calulli apud nos , pVoximeque Virgilii incantamentorum amatoria imitatio. Figlinarum opra multi rumpi credunt tali modo : non pauci etiam serpentes ipsas recanere : et hune unum illis esse intellectum , contrahique Marso- rum cantu , etiam in nocturna quite. Etiam parietes incendiorum deprecationibus conscribuntur. Neque est fflSTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIL i5 C'est , du moins, un axiome dans la science augurale, que les imprcations et les auspices sont nuls pour ceux qui n'y font aucune attention , quelque chose qu'ils en- treprennent ; insouciance qui est , pour l'homme , la plus grande faveur de la bont des dieux. Et, d'ailleurs, ne lisons-nous pas textuellement , dans les lois des Douze - Tables : Quiconque jettera un sort sur les bls , etc.? et plus loin : Quiconque se rendra cou- pable de malfices, en prononant certaines paroles ma- giques , etc. ? Verrius Flaccus cite des auteurs qu'il juge dignes de foi , d'aprs lesquels nous voyons qu'au- trefois, lorsqu'il s'agissait d'attaquer une ville , on faisait pralablement voquer par les prtres romains le dieu tutlaire de la cit, et qu'on lui promettait, Rome, le mme culte , ou un culte plus grand. Ce mme rit fait encore , de nos jours , partie des traditions pontifi- cales : aussi cache-t-on le nom du dieu protecteur de Rome , pour empcher nos ennemis d'employer leur tour ces vocations. Il n'est personne qui ne redoute l'effet des imprca- tions accompagnes de perforations : de l l'usage de briser les coquilles des ufs et des escargots que l'on vient de manger, ou de les percer avec la cuiller; de l, dans les uvres de Thocrite en Grce, de Catulle et de Virgile Rome , les pices erotiques , o la magie joue le plus grand rle. Plusieurs pensent que ces mmes formules brisent les ouvrages de poterie ; que les serpens repoussent les charmes contre ceux qui s'en servent pour les attaquer; que c'est la seule inteUigence quils possdent, et qu'aux chants magiques des Marses ils se rassemblent , mme dans le repos de la nuit. On trace jusque sur les murailles des formules prserva- i6 C. PLINn mST. NAT. UB. XXVIII. facile dictu , externa verba atque ineffabilia abrogent fdem valiclius, an latina inopinata, et quae irridicula videri cogit animus, seraper aliquid immensum exspe- ctans , ac dlgnum deo movendo , immo vero quod nu- mini imperet. Dixit Homerus, profluvium sanguinis vul- nerato femine Ulyssem inhibuisse carmin : Theophra- stus, ischiadicos sanari. Cato prodidit luxatis membris Carmen auxiliare, M. Varro podagris. Caesarem dicta- torem post unum ancipitem vehiculi casum , ferunt semper, utprimum consedisset, id quod plerosque nunc facere scimus, carmin ter repetito securitatem itio^um aucupari solitum. Varii mores. i" V. Libet banc partem singulorum quoque conscientia coarguere. Cur enim primum auni incipientis diem laetis precationibus invicem faustum ominamur? Cur publicis lustris etiam nomina victimas ducentium prospra legi- mus? Cur et fascinationibus adoratione peculiari occur- rimus alii, Graecam Nemesin invocantes : cujus ob id Romae simulacrum in Capitolio est, quamvis latinum nomen non sit? Cur ad mentionem defunctorum , testa- mur memoriam eorum a nobis non soUicitari ? Cur im- pares numros ad omnia vehementiores credimus : idque in febribus dierum observatione intelligitur? Cur ad pri- HISTOIRE NATURELLE, Hy. XXVIII. 17 trices d'incendie. Il est vrai que l'on a peu de foi en toutes ces recettes, soit cause des termes exotiques et indicibles dont elles sont hrisses, soit cause de mots latins bizarres et ncessairement ridicules dans des cir- constances ol l'esprit s'attend h quelque chose de pro- digieux , quelque chose d'assez puissant pour branler la divinit', et mme pour lui commander. Homre dit qu'Ulysse arrta par un charme le sang d'une blessure qu'il avait reue la cuisse. Selon Thophraste, cer- tains charmes gurissent la sciatique. Caton et Varron nous ont laiss des formules , le premier pour rduire les luxations , le second pour calmer les douleurs de la goutte. On assure que Csar, ayant failli tomber de sou char, ne manquait pas, lorsqu'il y montait, de pronon- cer trois fois certaines paroles qui devaient le garantir de tout accident , prcaution aujourd'hui mme assez gnrale. Usages divers. V. Compltons cet article sur les superstitions, en rapportant quelques pratiques rpandues universelle- ment. Pourquoi, par exemple, cherchons-nous d'heu- reux prsages dans les flicitations mutuelles du pre- mier jour de l'anne ? Pourquoi , dans les expiations publiques, choisissons-nous les victimaires dont les noms prsentent le sens le plus heureux ? Pourquoi , afin de prvenir les fascinations, avons-nous recours un culte particulier , et invoquons-nous la Nmsis des Grecs, place, pour ce* fait mme, dans le Capitole, Rome, quoique dans son nom il n'y ait rien de romain ? Pourquoi , en parlant des morts , protestons-nous que nous n'en voulons point leur mmoire ? Pourquoi at- XVI r. 2 i8 C. PLINU mST. NAT. LIB. XXVUI. initias pomorum, haec vetera esse dicimus, alia nova optamus? Cur sternuentes salutamus? quod etiam Tibe- rium Caesarem, tristissimum (ut constat) hominum, in , vehiculo exegisse tradunt. Et aliqui nomine quoque con- salutare, religiosius putant. Quin et absentes tinnitu aurium praesentire sermones de se, receptum est. Atta- lus adfirmat, scorpioue viso, si quis dicat duo, cohi- berij nec vibrare ictus. Et quoniam scorpio admonuil, in Africa nemo destint aliquid, nisi praefatus Afri- cam . In ceteris vero gentibus , deos obtestatur, ut velint . Nara si mensa adsit , annulum ponere tralati- tium videmus. Quin etiam multas religiones pollere ma- nifestum est. Alius saliva post aurem digito relata, solli- citudinem animi propitiat. Pollices, quum faveamus, premere etiam proverbio jubemur. In adorando dexte- ram ad osculum referimus , totumque corpus 'circum- agimus : quod in laevum fecisse , Galliae religiosius cre- dunt. Fulgetras ppppysmis adorare, consensus gentium est. Incendia inter epulas nominata , aquis sub mensas profusis abominamur. Recedente aliquo ab epulis, simul verri solura : aut bibente conviva , mensam vel reposi- torium toUi, inauspicatissimum judicatur. Servii Sulpicii principis viri commentatio est, quamobrem mensa lin- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIT. 19 tribuons-nous en tout aux nombres impairs plus de vertus qu'aux autres, comme le prouve, dans la fivre, l'observation des jours ? Pourquoi , l'apparition des primeurs, rejetons-nous tel fruit comme vieux, et re- cherchons-nous les nouveaux? Pourquoi saluer ceux qui ternuent , ce que , dit-on , Tibre , le plus sombre des hommes , exigeait mme en voiture ? Pourquoi trouve-t-on plus religieux de joindre au salut le nom de la personne? Ne croit-on pas aussi que les oreilles tintent aux absens lorsqu'on parle d'eux? Attale prtend que si , l'aspect d'un scorpion , on prononce le mot duo y il s'arrte et ne pique point. Ajoutons, ce propos, qu'en Afrique personne n'ose rien entreprendre sans pro- noncer le mot Afrique. Partout ailleurs on s'adresse aux dieux, pour que ce soit leur bon plaisir. Est-on table , on voit chaque convive ter l'anneau de famille qu'il porte au doigt. Combien d'autres pratiques su- perstitieuses en vigueur ! On porte de la salive avec le doigt derrire l'oreille pour calmer ses inquitudes. Pour marquer quelqu'un de la faveur , on fait claquer le pouce , nous dit le proverbe. Dans l'adoration , nous portons la main droite la bouche , et nous tournons tout le corps droite : les Gaulois le tournent gauche, et trouvent ce mouvement plus religieux. Chez toutes les nations, il est d'usage de frapper des mains quand l'clair brille. S'il est question d'incendie dans un repas , on jette de l'eau sous la table pour dtourner le prsage. Rien de plus sinistre que de balayer la place d'un convive l'instant o il quitte le repas , ou d'enlever la table mme, ou le buffet, l'instant o il boit. Servius Sul- picius , homme du premier rang , a laiss un crit sur 2. 20 C. PLINII HTST. NAT. LIB. XXVI. fjuenda non sit : nondum enim plures, quam convivac numerabantur. Nam sternumento revocari ferculum mensamve , si non postea gustetur aliquid , inter diras habetur, aut omnino non esse. Haec instituere illi, qui omnibus negotiis horisque interesse credebant deos : et ideo placatos efiani vitiis nostris reliquerunt. Quin et repente conticescere convivium adnotatum est, non nisi in pari prsentium numro : isque famae labor est, ad quemcumque eorum pertinens. Cibus etiam e manu prolapsus reddebatur, utique per mensas : vetabantque munditiarum causa deflare. Et sunt condita auguria, quid loquenti cogitantive id accident : inter exsecratis- sima, si pontifici accidat dicis causa epulanti. In mensa utique id reponi, adolerique ad liarem , piatio est. Me- dicamenta, priusquam adhibeantur, in mensa forte depo- sita , negant prodesse. Ungues resecari nundinis roma- nis tacenti , atque a digito indice, multorunv pecuniae religiosum est. Capillum vero contrectari, contra defluvia ac dolores capitis xvii luna, atque xxix. Pagana lege in plerisque Italiae prdiis cavetur, ne mulieres per itinera ambulantes torqueant fusos, aut omnino detectos ferant, quoniam adversetur id omnium spei, praecipueque fru- gum. M. Servilius Nonianus princeps civitatis, non pri- deni in metu lippitudinis, priusquam ipse eam nomina- rel, aliusve ei pdiceret, duabus lilteris graeris p et a, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 21 la ncessit de ne pas dserter la table ; car , de son temps, on n'en comptait pas plus que de convives. Le- ternument d'un convive qui oblige de rapporter un plat, ou mme une table , est regard comme de mauvais augure , moins que l'on ne mange ensuite quelque chose ; il en est de mme si l'on s'abstient de toucher aucun mets. Le fondement de ces usages , c'est l'opi- nion que les dieux interviennent , toutes les heures, dans tous les dtails de la vie , et que nos faiblesses mme nous les rendent favorables. On a remarqu aussi que, lorsque les convives ne sont point en nombre pair, il s'tablit tout coup un silence dont la responsabi- lit pse sur chacun d'eux. Anciennement aussi , lors- qu'il tombait un morceau de la main d'un convive , on le lui rendait sur-le-champ , et on ne lui permettait pas de souffler , sous prtexte de propret. Aujourd'hui encore on tire des augures du langage et de la pense actuels de la personne qui prouve cet accident. Rien de plus terrible que de le voir arriver un pontife qui ne mange que par manire d'acquit. La seule expiation est de remettre le morceau sur la table, et de le brler en prsence du dieu Lare. On prtend que les remdes n'ont pas d'effet si , avant de les administrer, on les a poss , par hasard , sur une table. Nombre de gens re- gardent comme un signe funeste, en fait de lucre, de couper ses ongles aux foires de Rome, sans dire mot, et en commenant par l'index. Le toucher des cheveux le 1 7 et le 29 de la lune les empche de tomber , et prserve des maux de tte. Une loi de la campagne , observe dans presque toutes les mtairies d'Italie, d- fend aux femmes de tourner leurs fuseaux en marchant, ou mme de les porter dcouverts , parce que , dit-on , 22 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. chartam inscriptam , circumligatara lino , subnectebat collo : Mucianus ter consul , eadem observalione viven- tem inuscam in linteolo albo : his remediis carere ipsos llppitudine prdicantes. Carmina quaedam exstant contra grandines, contraque morborum gnera, con traque am- busta, qucEdam etiam experta : sed prodendo obstat in- gens verecundia , in tanta animorum varietate. Qua- propter de his, ut libitum cuique fuerit, opinetur. E viro medicinae, et observationes ccxxvi ; puero, vin. VI. 3. Hominum raonstrificas naturas et veneficos aspectus diximus in portentis gentium, et multas ani- malium proprietates, qu repeti supervacuum est. Quo- rumdam hominum fota corpora prosunt : ut ex his fa- miUis quae sunt terrori serpentibus, tactu ipso levant percussos, suctuve modico. Quorum e gnre sunt Psylli, Marsique, et qui Ophiogenes vocantur in insula Cypro : ex qua familia legatus Evagon noraine , a consulibus Romse in dolium serpentium conjectus experimenti causa , circummulcentibus liuguis miraculum praebuit. Signum ejus famiHtC est, si modo adhuc durt, vernis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIT. a3 rien n'est plus capable d'arrter le bien qu'on espre, et surtout l'abondance des moissons. Il y a peu de temps, M. Servilius Nonianus, prince de la cit, redou- tant la chassie, avant que d'articuler le nom du mal, et que personne lui en et parl, portait son cou les deux lettres grecques p et a, traces sur un papier envelopp de linge. Mucien , trois fois consul , portait , pour le mme objet , une mouche vivante dans un petit linge blanc : tous deux prtendaient que ces amulettes les prservaient du mal d'yeux. Certains talismans garan- tissent, les uns de la grle, les autres des maladies, des brlures. L'exprience a prouv l'efficacit de quelques- uns ; mais , dans une si grande diversit d'opinions , je n'ose les faire connatre ici, et laisse chacun la li- bert de les apprcier. Remdes tirs de l'homme, et observations , 226. Remdes tirs de l'enfant, 8. VI. 3. Nous avons rang parmi les phnomnes de la nature certaines espces d'hommes monstrueux , au regard empoisonneur, ainsi que les proprits de plu- sieurs animaux ; il est inutile de revenir sur ces dtails. Il est des hommes dont le corps entier possde une force mdicale; ils appartiennent ces familles si redoutes des serpens, qui gurissent ceux qui en ont t mordus, par un simple attouchement ou par une succion lgre: tels sont les Psylles , les Marses et les Ophiognes de l'le de Cypre. Un de ces derniers, nomm Evagon, envoy Rome et enferm , sur l'ordre des consuls , dans un tonneau rempli de serpens , a offert la preuve miraculeuse de ce fait: les reptiles se bornrent le lcher avec la langue. Le signe commun tous les membres a4 C. PLINII HIST, NAT. LIB. XXVIII. teniporibus odoris virus. Atque eorum sudor quoque medebatur, non modo saliva. Nam in insula Nili Ten- lyri nascentes tanto sunt crocodilis terrori , ut vocem quoque eorum fugiant. Horum omnium generum in sua repugnantia interventum quoque mederi constat : sicuti dgravari Ruinera introitu eorum, qui umquam fuerint serpentium , canisve dente laesi. lidem gallinarum incu- bitus, pecorum ftus, abortu vitiant. Tantum remanet virus, excepto semel malo, ut venefici fiant venena passi. Remedio est , ablui prius manus eorum , aquaque illa eos, quibus medearis, inspergi. Rursus a scorpione ali- quando percussi, numquam postea a crabronibus, vespis, apibusve feriuntur. Minus miretur hoc qui scit vestem a tineis non attingi , quae fuerit in funere : serpentes aegre praeterquam Iseva manu extrahi. E Pythagorae inventis non tcmere fallere , impositi- vorum nominum imparem vocalium numerum, claudi- tates, oculive orbitatem, ac similes casus dextris adsi- gnare partibus , parem iaevis. m HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. aS de cette famille , si elle existe encore , est une odeur forte qu'ils exhalent au printemps. La sueur de ces hommes tait un antidote aussi puissant que leur salive. Ceux qui naissent dans l'le du Nil appele Tentyris sont si redouts des crocodiles , que leur voix seule les fait fuir. Il est de fait que la seule prsence de ces diverses espces d'hommes gurit , comme par une antipathie na- turelle , la morsure des serpens ; on sait aussi que les blessures empirent, ds qu'auprs du malade on intro- duit des personnes qui ont t autrefois mordues par un serpent ou par un chien enrag. La prsence de ces dernires fait avorter le menu btail , et dtruit les couves ; car 1 venin , ayant une fois pntr dans le corps , s'y maintient avec tant de force , que ceux qui ont t empoisonns deviennent capables d'em- poisonner les autres. Pour prvenir la contagion , on leur fait laver les mains avant qu'ils entrent, et on jette sur les malades de l'eau dans laquelle ils se sont lavs. Ceux qui, jadis, ont eu quelque piqre de scor- pion , ne sont jamais piqus dans la suite par les cra- berons , les gupes ou les abeilles ; particularit peu tonnante pour ceux qui savent que les teignes ne tou- chent point un habit qui a t port un convoi , et que , moins d'employer la main gauche , on a beaucoup de peine dtacher les serpens de quelque endroit que ce soit. Des secrets dcouverts par Pythagore , un des plus infaillibles est celui-ci : l'enfant auquel on donne un nom sera boiteux ou borgne, ou bien prouvera quelque autre accident de ce genre du ct droit, si les voyelles de ce nom sont en nombre impair, et du ct gauche, si elles sont en nombre pair. a6 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XXVIII. 4. Ferunt difficiles partus statim solvi , quum quis tectum, in quo sit gravida, transmiserit lapide, vel missili , ex his , qui tria animalia singulis ictibus inter- fecerint , hominem , aprum , ursum. Probabilius id facit hasta velitaris, evulsa e corpore hominis, si terram non attigerit. Eosdem enim illata effectus habet. Sic et sa- gittas corpore eductas , si terram non attigerint , subje- ctas cubantibus, amatorium esse, Orpheus et Archelaus scribunt. Quin et comitialem morbum sanari cibo e carne feras occisae eodem ferro , quo homo ijiterfectus sit. if Quorumdam partes medicae sunt , sicuti diximus de Pyrrhi rgis pollice. Et Elide olebat ostendi Pelopis Costa, quam eburneam adfirmabant. Naevos in facie ton- dere, religiosum habent etiam nunc multi. Ex saliva. VII. Hominum vero in primis jejunam salivam contra serpentes prsesidio esse, docuimus. Sed et alios efficaces ejus usus recognoscat vita. Despuimus comitiales mor- bos, hoc est, contagia regerimus. Simili modo et fasci- nationes repercutimus, dextrque clauditatis occursum. Veniam quoque a deis spei alicujus audaciorls petimus, in sinum spuendo. Etiam eadem ratione terna despuere deprecatione , in omni medicina mos est, atque ita effe- ctus adjuvare : incipientes furunculos ter praesignare HISTOIRE NATUIELLE, LIV. XXVIII. 27 4. On assure que, tlansun accouchement difficile, la dlivrance s'effectue sur-l(champ si, par dessus la mai- son o est la personne er travail , on fait passer une pierre ou un trait qui ait t en trois coups, d'abord un homme, puis un sanglier.puis un ours. On russit en- core mieux avec une piqie vlitaire arrache du corps d'un homme, pourvu qu'Ile n'ait point touch terre ;^ il suffit de porter cette pque dans la maison. Selon Orphe et Archlas, de; flches tires du corps hu- main sans avoir touch laterre, et mises sous des per- sonnes au lit, les excitent l'amour. On gurit les pi- leptiques en leur faisant m.nger de la chair d'un animal perc du mme fer qui a ti un homme. Quelques per- sonnes possdent une veru mdicinale dans certaines parties de leur corps : on put citer en ce genre le pouce du roi Pyrrhus, et la prtendue cte d'ivoire de Plops, que l'on montrait en Eli. Beaucoup de gens se font un scrupule de se couper Its signes qu'ils ont au visage. De l salive. VII. La salive de l'honme jeun est un spcifique contre le venin des serpers , comme nous l'avons dit ; mais il importe de consigner ici ses autres proprits. On crache pour se prser/er de l'pilepsie , c'est--dir pour rejeter le mal sur ceux qui en menacent. On crache pour repousser les sortilges, et le pronostic funeste tir de la rencontre d'une personne qui boite du pied droit. Nous demandons pardon aux dieux d'une esprance trop orgueilleuse , en crachant dans notre sein : c'est la mme ide qui nous fait cracher trois fois en con- jurant le mal , lorsque nous appliquons un remde a8 C. PLINII HIST. N.T. UB. XX^^II. jejuna saliva. Miruni diceinu, sed experimento facile : si quem pniteat ictus eminis comiuusve illati, et sta- tim exspuat mediam in manim , qua percussit , levatur illico percussus a pna. Ho saepe delumbata quadru- pde adprobatur, statini a tai remedio correcto anima- lis ingressu. Quidam vero a gravant ictus, ante cona- tum simili modo saliva in mau ingesta. Credamus ei^o lichenas leprasque jejunae ilitu adsiduo arceri : item lippitudines , matutina quotiiie velut inunctione : carci- nomata, malo terrae subacte : cervicis dolorem, saliva jejuni dextra manu ad dextum poplitem relata, laeva ad sinistrum : si quod anmal aurem intraverit , et inspuatur, exire. Inter amuleta est, edit quemque urinae inspuere : similiter in calceanentum dextri pedis, ante- quam induatur : item quum cuis transeat locum, in quo aliquod periculum adierit. Narcion Smyrnaeus, qui de simplicibus effectibus scripsi. , rumpi scolopendres ma- rinas sputo tradit : item ruhetas , aliasque ranas : Opi- lius, serpentes, si quis in hiatum earum exspuat. Salpe, torporem sedari quocumque membro instupente, si quis in sinum exspuat : aut si sierior palpebra saliva tan- gatur. Nos si haec , et illa credamus rite fieri : extranei interventu , aut si dormiens spectetur infans , a uutrice terna adspui : quamquam illos religione tutatur et Fasci- uus, imperatorum quoque, non solum infantium custos, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. ag quelconque, que nous valons activer. Nous humec- tons trois fois avec de laialive, k jeun, les furoncles naissans. Un autre fait siiulier, mais dont l'exprience est facile , c'est que si l'o se repent d'avoir port , de prs ou de loin, un coup quelqu'un, et que l'on crache l'instant dans la main cupable, la personne frappe ne sent plus de mal : souvnt cette recette est employe pour un animal reint, u'elle remet aussitt sur ses jambes. Quelques-uns, a contraire, pour rendre le coup plus puissant, crachet auparavant dans leur main. Rien n'empche, aprs cla , de croire que les lpres et les dartres gurissent , )Our peu qu'on les frotte jeun , tous les jours , ave de la salive ; que la chassie des yeux cde aux mme onctions ; que les ulcres chancrcux disparaissent pa l'application de l'aristoloche crase dans de la salive; u'on dissipe les douleurs du cou en portant de la saliv, jeun, de la main droite au jarret droit, et de la min gauche au jarret gauche; qu'enfin il suffit d'introduie de la salive dans l'oreille, pour en faire sortir les amialcules qui peuvent y tre entrs. C'est aussi un pr.Tvatif contre les sortilges, de cracher sur son urine qmd on l'a rendue, et dans la chaussure du pied droit av.it de la mettre ; prcaution ncessaire aussi lorsqu'on pse dans un endroit o l'on a couru des dangers. Maiion de Smyrne, qui a crit sur les effets naturels, raporte qu'en crachant sur les scolopendres marines, oiles fait crever, ainsi que les crapauds et les grenoilles. Opilius en dit autant des serpens , si l'on peut sur cracher dans la gueule. Salp assure qu'on dissipe engourdissement d'un mem- bre quelconque en crachai dans son sein , ou en tou- chant avec sa salive le hat de sa paupire. Si nous 3o C. PLINH fflST. N/r. LIB. XXVIII. qui deus inter sacra roman a vestaUbus colitur, et currus triumphantium , sub is pendens, dfendit me- dicus invidiae : jubetque eosdm respicere similis medi- cina linguae , ut sit exorat a tergo Fortuna gloriae camifex. x sordiboaurium. VIII. Morsus hominis inte asperrimos quoque nume- ratur. Medentur sordes ex uribus : ac ne quis mire- tur, etiam scorpionum ictis serpentiumque , statim impositae. Melius e percussi uribus prosunt : ita et re- divias sanari. Serpentium ero ictum, contusi dentis humani farina. Ex capillo, lente, etc. IX. Capillus puerorum, i primum decisus est, po- dagrae impetus dicitur levarcircumligatus : et in totum impubium impositus. Viroim quoque capillus, canis morsibus medetur ex aceto et capitum vulneribus ex oleo aut vino.iSi credimus^ revulso cruci , quartanis. Combustus aeque capillus, ircinomati. Pueri qui pri- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 3i admettons ce qui prcde , nierons-nous l'efficacit de ce qui suit ? Une nourrice crache trois fois l'arrive d'un tranger , ou quand on regarde son nourrisson endormi , bien qu'elle soit , comme lui , sous la protec- tion de Fascinus, gardien des empereurs, non moins que des enfans; de Fascinus, honor comme un dieu par les vestales dans la religion romaine; qui, suspendu au char des triomphateurs , les dfend la fois contre l'envie d'autrui et contre leur propre orgueil , et les avertit de se retourner afin de conjurer la fortune qui les suit , la fortune , ce bourreau de la gloire. De l'ordure des oreilles. VIII. On regarde la morsure de l'homme comme une des plus dangereuses : on prescrit pour remde la cire des oreilles; ce qui ne doit point tonner, puisque cette substance gurit aussi les piqres des scorpions et des serpens , si elle est applique sur-le-champ. La plus ef- ficace est celle qui provient des oreilles du bless : elle gurit aussi les envies. La dent humaine , rduite en poudre , est encore un remde contre la morsure des serpens. ^es cheveux , des dents , etc. IX. Les premiers cheveux que l'on coupe aux enfans, et en gnral ceux de tous les impubres, calment les douleurs de la goutte, attachs ou appliqus sur la partie malade. Les cheveux des adultes , tremps dans du vi- naigre, remdient la morsure des chiens; dans l'huile ou le vin , ils gurissent les blessures de la tte : quel- ques-uns croient mme que ceux des pendus dissipent 32 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVTTT. mus ceciderit dens, ut terrain non attingat, inclusus in armillam , et adsidue in brachio habitus , muliebrium locorum dolores prohibet. Pollex in pede praeligatus proximo digito , tumores inguinum sedat. In manu dextra duo medii lino leviter coUigali , destillationes atque lippitudines arcent. Quin et ejectus lapillus cal- culoso, alligatusque supra pubem levare ceteros dicitur, ac jocineris etiam dolores : ac celeritatem partus facere. Addidit Granius, efficaciorem ad hoc esse ferro exem- ptum. Partus adcelerat vicinos, ex quo quaique conce- perit, si cinctu suo soluto feminam cinxerit, dein sol- verit, adjecta precatione , se vinxisse, eumdem et soluturum , atque abierit. Ex sanguine , Venere , etc. X. Sanguine ipsius hominis, ex quacumque parle emisso, efficacissime anginam illini tradunt Orpheus et Archelaus : item ora, comitiali morbo lapsorum : exsur- gere enim protinus. Quidam , si pollices pedum pun- ganlur, exque bis guttse referantur in faciem ; aut si "virgo dextro poUice attingat : bac conjectura censentes virgines carnes edendas. ^Eschines Atheniensis excre- mentorum cinere anginis medebatur, et tonsilHs, uvisque, et carcinomatis. Hoc medicamentum vocabat botryon. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 33 la fivre-quarte. Les ulcres chancreux cdent aux che- veux brls. La premire dont qui tombe uu enfant, pourvu qu'elle ne touche point la terre, donne un amu- lette qui , enchss dans un bracelet , et port conti- nuellement au bras , prserve des maux de matrice. En liant l'orteil au doigt voisin , on gurit les tumeurs des aines. Les deux doigts du milieu de la main droite , attachs lgrement ensemble avec une bandelette de lin , prviennent les catarrhes et les maux d'yeux. Il y a plus : une pierre sortie de la vessie d'un calculeux , et fixe sur la partie du ventre qui correspond cet organe , soulage ceux qui en sont incommods , allge les maux de foie , et facilite l'accouchement. Granius ajoute qu'une pierre tire du corps par la taille est encore plus efficace. On acclre la dlivrance d'une femme, si l'homme dont elle a conu, dliant sa cein- ture , la lui met , l'te ensuite , en ajoutant cette for- mule : M Je l'ai lie, je la dlierai; puis se retire. Ou sang , de l'acte vnrien , etc. X. Archlas et Orphe rapportent que l'on gurit l'esquinancie en frottant la gorge avec du sang humain tir de quelque endroit que ce soit; et que ceux qui tom- bent du haut-mal se relvent ds qu'on leur en frotte le visage ; d'autres disent que, pour obtenir cet effet, il faut piquer les orteils, et porter au visage des pi- leptiques quelques gouttes du sang qui en sort, ou bien qu une fille vierge les touche du pouce droit : la mme ide a fait conseiller d'user de la chair des animaux vierges. Eschine d'Athnes gurissait l'esquinancie, les affections de la luette et des amygdales , et les ulcres XVII. 3 34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Multa gnera morborum primo coitu solvuntur, primo- que feminarum mense. Aut si hoc non contingit, lon- ginqua funt, maximeque comitiales. Quin et a serpente ac scorpione perusses coitu levari produnt : verum fe- minas Venere ea laedi. Oculorum vitia fieri negant , nec lippire eos, qui quum pedes lavant, aqua inde ter ocu- los tangant. Ex mortuis. XI. Immatura morte raptorura manu, strumas, pa- rotidas , guttura , tactu sanari adfirmant. Quidam vero cujuscumqu defuncti, dumtaxat sui sexus, laeva manu aversa. Et e ligno fulgure icto , rejectis post terga ma- nibus, demorderi aliquid, et ad dentem qui doleat, ad- moveri , remedio esse produnt. Sunt qui praecipiant dentem suffiri dente hominis sui sexus , et eum qui ca- ninus vocetur, insepulto exemptum adalligari. Terram e calvaria, psilothrum esse palpebrarum tradunt. Herba vero, si qua ibi genita sit, commanducata, dents ca- dere. Ulcra non serpere osse hominis circumscripta. Alii e tribus puteis pari mensura aquas miscent, et pro- libant novo fictili : reliquum dant in tertianis accessu febrium bibendum. lidem in quartanis fragmentum clavi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 35 chanci'eux , avec la cendre des excrmens : il nommait ce remde hotrjon. Il est plusieurs maladies qui dis- paraissent l'poque de la menstruation, ou la pre- mire jouissance du plaisir. Dans le cas contraire, elles se prolongent extrmement, surtout l'pilepsie. On as- sure mme que le cot gurit ceux qui ont t piqus par un serpent ou par un scorpion , mais que la femme reoit en mme temps une atteinte funeste. Ceux qui , en se lavant les pieds , mettent trois fois de l'eau sur leurs yeux , sont prservs de la chassie , et de toutes les autres maladies de la vue. Remdes tirs ds morts. XI. Les crouelles, les parotides, les maux de gorge, cdent, dit-on , au simple contact de la main d'un enfant mort en bas ge , et , selon quelques auteurs , au simple contact du revers de la main gauche d'un mort quel- conque, pourvu qu'il soit du mme sexe que le malade. Mordez un morceau de bois frapp de la foudre , en tenant les mains derrire le dos , puis appliquez-le sur une dent endolorie, le mal s'apaise aussitt. On ordonne des fumigations sur la dent malade avec celles d'une autre personne du mme sexe , ou bien encore d'y ap- pliquer une dent canine enleve un mort non encore enseveli. La terre qui recouvre une tte de mort est , dit-on, un pilatoire pour les paupires : on ajoute que l'herbe qui a cr sur cette mme terre fait tomber les dents de ceux qui en mangent. En dcrivant , avec un os humain , un cercle autour des ulcres , on les em- pche de s'tendre. Quelques mdecins mlent, quan- tits gales, de l'eau de trois puits dififrens, en font 3. 36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. a cruoe, invohitum lana, coUo subnectunt : aut spar- tuni e cruce : liberatoque condunt caverna , quam sol non attingat. Magorum commenta varia. XII. Magorum hc commenta sunt. Ut cotem, qua ferramenta saepe exacuta sint , subjectam ignari cervi- calibus , de veneficio deficientis , evocare indlcium , ut ipse dicat quid sibi datum sit , et ubi , et quo tempore : auctorem tamen non nominare. Fuhnine utique per- cusso , circumactum in vulnus hominem loqui protinus constat. Inguinibus medentur aliqui, licium telae de- tractum alligantes novenis septenisve nodis, ad singulos nominantes viduam aliquam , atque ita inguini adalli- gantes. Licio et clavum aliudve, quod quis calcaverit, alligatum ipsos jubent gerere, ne sit dolori vulnus. Ver- rucas avellunt a vicesima luna , in limitibus supini ipsam intuentes , ultra caput manibus porrectis , et quidquid adprehendere, eo fricantes. Clavum corporis, quum cadit Stella, si quis distringat, vel cito sanari aiunt: cardi- nibus ostiorum aceto adfuso , lutum fronti illitum , ca- pitis dolorem sedare : item laqueum suspendiosi circum- datura temporibus. Si quid e pisce haeserit faucibus, in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. ^7 des libations dans des vases de terre neufs, et donnent boire le reste dans les accs de fivre-tierce. Pour la fivre-quarte , ils lient au cou du malade , dans de la laine, un fragment de clou arrach d'une croix, ou un morceau du bois de la croix mme ; le malade guri , ils cachent le bois ou le fer dans une caverne o ne pntre jamais le soleil. Traditions fabuleuses des magiciens. XII. Autres rveries magiques. Une pierre sur la- quelle on a aiguis beaucoup d'outils en fer , place secrtement sous l'oreiller d'un homme prs de mourir du poison , lui en fait rvler la nature , ainsi que le lieu et l'heure de l'empoisonnement ; le nom seul du coupahle reste dans l'ombre. Un homme frapp de la foudre parle aussitt qu'on l'a retourn du ct de sa blessure. Quelques-uns, pour gurir les tumeurs des aines , y attachent un ruban de fil , auquel ils font neuf ou sept nuds, en prononant chaque nud le nom d'une veuve. Pour empcher les blessures de faire mal , ils attachent au ruban un clou , ou quelque chose sur quoi l'on ait march. On extirpe les verrues le 20 de la lune ; les conditions sont de se coucher dans un sentier au milieu des champs, les yeux fixs sur l'aslre , d'tendre les bras au dessus de sa tte, puis de se frot- ter avec tout ce qu'on peut saisir. Si l'extirpation d'un clou lieu d^ns le moment o une toile file, on e$t guri sur-le-champ. Versez du vinaigre sur le gond des portes , il s'y forme une espce de boue qui , mise sur le front, apaise le mal de tte. On obtient le mme effet en s'entourant les tempes de la corde d'un pondu. Une I 38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. aqum demissis frigidam pedibus , cadere. Si vero ex aliis ossibus , impositis capiti ex eodem vase ossiculis. Si panis hreat, ex eodem in utramque aurem addito pane. Ex sordibus hominis. XIII. Quin et sordes hominis in magnis fecere renie- diis quaestuosorum gymnasia Grcorum : quippe ea strigmenta molliunt, calfaciunt, discutiunt, complent, sudore et oleo medicinam facientibus. Vulvis inflamma- tis, contractisque admoventur. Sic et menses cient : sedis inflammationes et condylomata leniunt : item ner- vorum dolores , luxata , articulorum nodos. Effcaciora ad eadem, strigmenta a balineis, et ideo miscentur sup- puratoriis medicamentis. Nam illa , quae sunt e cero- mate , permixta cno , articulos tantum molliunt , cal- faciunt, discutiunt efficacius : sed ad cetera minus valent. Excedit fidem impudens cura , qua sordes virilitatis contra scorpionum ictus singularis remedii, celeberrimi auctores clamant. Rursus in feminis, quas infantium .^Ivo ditas in utero ipso, contra sterilitatem subdi cen- sent : meconium vocant. Immo etiam ipsos gymnasio- rum rasere parietes : et ill quoque sordes excalfacto- xam vim habere dicuntur : panos discutiunt. Ulceribus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 39 arle est-elle reste dans la gorge , on s'en dbarrasse en se mettant les pieds dans l'eau froide. Si ce sont les os de quelque animal , on les expulse en plaant sur sa tte de petits os pris dans le mme plat ; si c'est du pain , il faut s'emplir de pain les deux oreilles. Remdes tirs des ordures de l'homme. Xin. Les Grecs, qui font argent de tout, ont mis, dans leurs palestres, au rang des remdes les plus puis- sans, les excrtions humaines. Les raclures du corps des athltes, mlange de sueur et d'huile, sont, disent-ils, mollientes, rchauffantes; elles rsolvent les tumeurs et rparent les pertes. On les prescrit aux femmes dans les inflammations et les tranglemens de matrice; elles sont emmnagogues , gurissent les inflammations de l'anus , les condylmes , les douleurs de nerfs , rduisent les luxations et les nodus de la goutte. Les scrtions tires des bains sont encore plus efficaces dans tous ces cas; aussi les mle-t-on aux suppuratifs; car les mdi- camens o entrent la cire, l'huile et la boue, peuvent, il est vrai , dtendre les articulations, rchauffer et fondre les nodus; mais, pour tout autre objet, ils ont moins de vertu. Qui le croirait? des auteurs clbres ont os recommander, comme un spcifique merveilleux contre la piqre des scorpions , la liqueur qui , dans l'homme , est le sceau de la virilit ! On remdie la strilit des femmes en leur appliquant, sur l'utrus mme, le pre- mier excrment que rendent les enfans au sortir du ventre de leur mre, et qu'on nomme meconiwn. On racle jusqu'aux murailles des gymnases ; les ordures , ainsi recueillies , ont la proprit d'chauffer et de r- 4o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. senum puerorumque , et desquamatis ambustisve illi- imntur. . A> Ab animo hominis pendentes medicinae. XIV. Eo minus omitti convenit ab animo hominis pendentes medicinas. Abstinere cibo omni , aut potu , alias vino tantum aut carne, alias balineis, quum quid eorum postulet valetudo, in praesentissimis remediis ha- betur. His remediis adnumeratur exercitatio , intentio vocis , ungi , fricari cum ratione. Vehemens enim fri- catio spissat , lenis mollit : multa adimit corpus , auget modica. In primis vero prodest ambulatio , gestatio et ea pluribus modis. Equitatio stomacho et coxis utilissima : phthisi navigatio : longis morbis locorum mutatio. Item somno mederi sibi , aut lectulo , aut rara vomitione. Supini cubitus oculis conducunt, at proni tussibus, in latera adversum destillationes. Aristoteles et Fabianus plurimum somniari circa ver et autumnum tradunt , ma- gisque supino cubitu , at prono nihil. Theophrastus ce- lerius concoqui dextri lateris incubitu, difcilius a su- pinis. Sol quoque remediorum maximum ab ipso sibi prestari potest, sicut linteorum strigiliumque vehemen- lia : perfundere caput calida ante balinearum vapora- tionem, et postea frigida, saluberrimum intelligitur. Item praesumere cibis , et interponere frigidam , ejusdemque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 41 soudre les bubons. On les empioie , en liniment , pour les ulcres des vieillards ou des enfans, pour les brlures ou les excoriations. Remdes qui dpendent du niorl~3e"PEinnie. XIV. N'oublions pas les remdes qui ne dpendent que de la volont de l'homme. L'abstinence opportune d'alimens solides ou de boissons , de vin seul ou de viande, ou de bains, passe pour un vrai spcifique. A cette classe de remdes se rattachent l'exercice du corps ou de la voix , les onctions , les frictions modres ; celles-ci sont rsolutives, tandis que, au contraire, les frictions trop fortes durcissent. Prodigues, elles amai- grissent; mnages, elles engraissent. La promenade, de quelque manire qu'elle ait lieu , est surtout salutaire. L'quitation est excellente pour l'estomac et pour les cuisses; la navigation, pour la phthisie; le changement de lieux, pour les maladies chroniques. Le lit, le som- meil , les vomissemens peu frquens sont encore de bons remdes. Couchez sur le dos pour la vue , sur le ventre pour la toux , sur les cts dans les catarrhes. Selon Ari- stote et Fabien , c'est vers le printemps et l'automne que les songes sont les plus frquens : on rve beaucoup sur le dos, on ne rve jamais sur le ventre. Thopliraste prtend que la digestion se fait plus vite sur le ct droit, et plus difficilement si l'on couche sur le dos. De tous les remdes , le plus puissant est le soleil ; c'est aussi celui que l'homme peut toujours s'administrer lui-mme, ainsi que les frictions avec les strigiles et les frottoirs. Une autre pratique excellente, c'est de se faire verser sur la tte, avant le bain de vapeur, de l'eau chaude, puis de m 42 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. potu somnos antecedere, et si libeat, interrumpere. No- tandum , nullum aliud animal calidos potus sequi , ideo- que non esse naturales. Mero ante somnos colluere ora, propter halitus : frigida matutinis impari numro ad cavendos dentium dolores : item posca oculos contra lippitudines , certa exprimenta sunt : sicut totius cor- poris valetudini in varietate victus inobservata. 5. Hippocrates tradit non prandentium exta celerius senescere. Verum id remediis cecinit, non epulis : quippe multo utilissima est temperantia in cibis. L. Lucullus banc de se praefecturam servo dederat : ultimoque probro manus in cibis triumphali seni dejiciebatur, vel in Capi- tolio epulanti , pudenda re , servo suo facilius parre , quam sibi. Ex sternutainento. XV. 6. Slernumenta pinna gravedinem emendant : et si quis mulse nares , ut tradunt , osculo attingat , ster- numenta et singultum. Ob hoc Varro suadet palmam alterna manu scalpere. Plerique annulum e sinistra in longissimum dexter digitum trausfcrrc, aut in aquam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 43 l'eau froide; comme aussi de boire de celle-ci avant de manger ; puis , de temps en temps , en mangeant ; enfin , avant de se mettre au lit, et, si l'on veut, pen- dant la nuit. Notons, du reste, que nul animal, l'homme except , ne cherche boire chaud , ce qui prouve que ce genre de boisson n'est pas naturel. Pour prvenir la mauvaise haleine, il faut se rincer la bouche avec du vin pur avant de dormir ; pour se prserver du mal de dents, avec des rasades d'eau frache, en nombre im- pair, l'instant du rveil. On vite les ophthalmies en se lavant les yeux avec de l'oxycrat. Tous ces faits sont prouvs par l'exprience. Un rgime de vie vari, et mme peu svre , contribue aussi la sant. 5. Suivant Hippocrate , les entrailles de ceux qui ne font qu'un repas vieillissent plus vite que chez les au- tres hommes : du reste , cette observation , toute th- rapeutique , n'est point faite en faveur des gourmands, puisque la temprance est , sans contredit , le premier des remdes. Lucullus avait charg un esclave de le surveiller sur ce point. Honteuse passion, qui rduisait un vieillard triomphal se faire arrter la main sa propre table, et mme aux banquets du Capitle, et se montrer plus docile la voix d'un esclave qu' celle de sa raison! De l'ternument. XV. 6. On donne comme remde des pesanteurs de tte, l'ternument excit par le chatouillement d'une plume: baiser les naseaux d'une mule, produit le mme effet. D'autre part , le hoquet cesse par l'ternument : pour ce dernier cas, Varron conseille de se gratter al- ternativement la paume de chaque main. Commune- 44 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. fervnlfn manus immergere. Theophrastus senes labo- riosius sternuere dicit. Ex Venere. XVI. Venerem damnavit Democritiis, ut in qua homo alius exsiliret ex homine. Est hercule raritas ejus utilior. Athletse tamen torpentes restituuntur Venere : vos re- vocatur, quum e candida dclint in fuscara. Medetur et lumborum dolori, oculorum hebetationi , mente captis, ac melancholicis. Promiscua remdia. XVII. Adsidere gravidis, vel quum remedium alicui adhibeatur, digitis pectinatim inter se implexis, vene- ficium est : idque compertum tradunt Alcmena Hercu- lem pariente. Pejus, si circa unum ambove genua. Item poplites alternis genibus imponi. Ideo haec in conciliis ducum potestatumve fieri vetuere majores, velut omnem actum impedientia. Vetuere et sacris, votisve, simili modo interesse. Capita autem aperiri adspectu magistra- tuum, non venerationis causa jussere, sed (ut Varro auctor est) valetudinis, quoniam firmiora consuetudine ea firent. Quum quid oculo incident, alterum com- primi prodest. Quum aqua dextrae auriculae, sinistro HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 45 meut on recommanda de transporter l'anneau de la main gauche au plus grand doigt de la droite , ou de plonger les mains dans l'eau bouillante. Suivant Tho- phraste , les vieillards ternuent plus difficilement que les autres. Des plaisirs de l'amour. XVI. Dmocrite rprouvait l'acte vnrien comme faisant jaillir de l'homme un autre homme ; le mieux , certainement, est de ne s'y livrer que rarement : cepen- dant , le plaisir rveille les athltes engourdis ; il rend la voix sa puret , gurit le mal de reins , claircit la vue, dissipe le dlire et la mlancolie. Recettes diverses. XVn. c'est un sortilge que de se tenir , les doigts croiss en forme de peigne , auprs d'une femme en- ceinte , ou d'un malade qui l'on prsente quelque re- mde , comme l'atteste , dit-on , l'histoire d'Alcmne en travail d'Hercule. C'est bien pis si les doigts posent sur un seul genou , ou sur les deux : il en est de mme si l'on met les cuisses , tantt sur un genou , tantt sur l'autre : aussi nos pres dans les assembles , soit des magistrats , soit des gnraux , avaient-ils interdit cette posture , comme mettant obstacle toute espce d'op- ration. Elle tait prohibe de mme dans les sacrifices et les prires publiques. Quant l'usage de se dcouvrir l'aspect des magistrats, il fut tabli, selon Varron, non pas en signe de respect, mais par raison de sant, parce que la tte se fortifie par l'habitude de la tenir 46 C. PLINII HIST. NAT. LB. XXVIII. pede exsultare, capite in dextrUm humerum devexo : invicem e diversa aure. Si tussim concitet saliva, in fronte ab alio adflari. Si jacet uva , a vertice morsu al- terius suspend!. In cervicis dolore poplites fricare, aut cervicem in poplitum. Pedes in humo deponi , si nervi in his cruribusve tendantur in lectulo. Aut si in laeva parte id accidat , sinistrae plant polUcem dextra manu adprehendi. Item e diverse. Extremitates corporis vel aurium perstringi contra horrores corporis, sanguinemvo narium immodicum. Lino vel papyro principia genita- lium : fmur mdium , ad cohibenda urin profluvia. In stomachi solutione pedts pressare, aut manus in ferven- tem aquam dimittere. Jam et sermoni parci , multis de causis salutare est. Triennio Maecenatem Melissura acce- pimus silentium sibi imperavisse , a convulsione reddito sanguine. Nam eversos , scandentesque ac jacentes , si quid ingruat, contraque ictus spiritum cohibere singu- laris prsidii est : quod inventum esse animalis docui- mus. Clavum ferreum defigere, in quo loco primum ca- put defxerit corruens morbo comitiali, absolutorium ejus mali dicitur. Gontra renum, aut lumborum, vesi- caeque cruciatus , in balinearum soliis prohos urinam reddere mitigatorium habetur. Vulnera nodo Herculis prligare , mirum quantum ocior medicina est. Atque etiam quotidiani cinclus tali nodo, vim quamdam habere HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 47 dcouverte. S'il tombe quelque chose dans l'il , on doit fermer l'autre hermtiquement. Quand.il s'est in- troduit de l'eau dans l'oreille droite , il faut sauter sur le pied gauche , la tte penche sur l'paule droite , et sauter en sens contraire pour l'oreille gauche. En cas de toux cause par la pituite , on se fait souffler au front. Si la luette est tombe , il faut qu'un homme robuste , prenant le malade par le sommet de la tte avec les dents , le tienne quelque temps suspendu. Si l'on a mal au cou , le vrai remde est de se frotter les jarrets; le mal se fait-il sentir aux jarrets, on se frotte le cou. Lorsque, tant couch, on sent des crampes aux jambes, il faut mettre les pieds terre ; et si la crampe est du ct gauche, prendre avec la main droite le pouce du pied gauche, et de la main gauche le pouce du pied droit , dans le cas contraire. Dans les frissons ou dans les fortes hmorrhagies du nez , on serre les extrmits du corps ou le bout des oreilles. Pour arrter les urines trop abondantes , on attache un morceau de toile ou de papyrus la tte du gland , ou bien on fait une ligature au milieu de la cuisse. Pour les faiblesses d'estomac , on se serre les pieds , ou l'on plonge ses mains dans l'eau bouillante. Pour plusieurs raisons, il est bon de parler peu : Mcne Mlisse, la suite d'une hmorrhagie prcde de convulsions , s'assujtit trois ans de silence. Un remde excellent pour ceux qui ont t renverss de voiture par suite de quelque obstacle qui s'est rencontr dans une nonte , et que menace un nouveau danger , c'est de retenir leur haleine , et , comme nous l'avons dit, c'est un animal que l'on doit l'indication de ce procd. On se prserve de l'pilepsie en enfonant un clou l'endroit o un pileptiquc est 48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. utilem dicuntur : quippe quum Hercules eum prodide- rit. Numerum quoque quaternarium Demetrius condito volumine, et quare quaterni cyathi sextariive non esseat potandi. Contra lippitudinem rtro aures fricare pro- dest, et lacrymosis oculis frontem. Augurium ex homine ipso est , non timeudi mortem in aegrltudine , quamdiu oculorum pupillae imaginera reddant. De urina. XVIII. Magna et urinae non ratio solum , sed etiam religio apud auctores inyenitur, digesta in gnera. Spa- donum quoque ad fecunditatis bnficia. Verum ex his qu referre fas sit , impubium puerorum contra salivas aspidum, quas ptyadas vocant, quoniam venena in ocu- los hominum exspuant : contra oculorum albugines^ obscuritates, cicatrices, argema, palpebras, et cura ervi farina contra adustiones : contra aurium para, vermi- culosque, si decoquatur ad dimidias partes cum porro capitato novo fictili. Vaporatio quoque ea menses femi- narum ciet. Salpe fovet illa oculos firmitatis causa ; illi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 49 tomb , pour la premire fois , la tte en avant. Lcher de l'eau au bain , la tte penche en arrire , soulage les maux de reins , des lombes et de la vessie. On acc- lre merveilleusement la gurison d'une blessure en as- sujtissant l'appareil avec le nud d'Hercule : on ajoute mme que tout ce que l'on attache journellement autour de soi , au moyeu de ce nud , acquiert yue vertu par- ticulire , qui est due au nom mme du hros. Deme- trius a fait sur le nombre quatre un livre dans lequel il explique pourquoi jamais on ne doit boire quatre cya- thes ou quatre setiers. Il est bon , pour la chassie , de se frotter le derrire des oreilles , et le front pour les larmoiemens. C'est un prsage tir de l'homme mme , que tant qu'on peut se voir dans les yeux du malade , il n'y a aucun danger pour sa vie. De l'urine. XVIII. L'urine humaine est regarde comme im- portante par les mdecins ; quelques-uns mme y atta- chent un soin religieux. On a class les diverses espces d'urine : celle des eunuques est bonne , dit-on , pour rendre les femmes fcondes. Le remde de ce genre dont il est le moins honteux de faire mention , est celui que fournit l'urine des enfans impubres , contre la bave du ptyas , aspic ainsi nomm parce qu'il crache son venin aux yeux des hommes; contre les taies, les brouil- lards, les nuages , les raillemens , les petits ulcres de la corne , et les maladies des paupires, avec de la fa- rine d'orobe. Rduite moiti par l'bullition , dans un pot de terre neuf, avec une tte de porreau , elle expulse le pus et les petits vers des oreilles. La vapeur XVII. 4 5o C. PLINn HIST. NAT. LIE. XXVIO. iiit sole usta , cum ovi albumine , efficacius struthioca- meli, binis horis, Hac et atramenti liturae abluuntur. Virilis podagris medetur, argumente fullonum, quos ideo tentari eo morbo negant. Veteri miscetur cinis ostreo- rum , adversus erupliones in corpore infantium, et om- nia ulcra mariantia. Ea exesis , ambustis , sedis vitiis , rhagadiis et scorpionum ictibus illinitur. Obstetricum nobilitas non alio succo efficacius curari pronuntiavit corporum pruritus : nitro addito, ulcra capitum, porri- gines, nomas, praecipue genitaliuni. Sua cuique autem ( quod fas sit dixisse) maxime prodest , confestim per se , canis morsui , echinorumque spinis inhaerentibus , et in spongia lanisve imposita : aut adversus canis ra- bidi raorsus , cinere ex ea subacto : contraque serpen- tium ictus. Nam contra scolopendras mirum proditnr, verlice taclo urinae su gutta , liberari protinus laesos. Auguria valetiidinis ex urina. XIX. Auguria valetudinis ex ea traduntur. Si mane HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 5i (le cette dcoction est emmnagogiie. Salp veut qu'on s'en tuve les yeux pour raffermir la vue : il ajoute qu'en Uniment avec un blanc d'uf, surtout si c'est un uf d'autruche , elle gurit les coups de soleil , pourvu qu'on s'en frotte pendant deux heures la partie brle. Cette dcoction enlve les taches d'encre. L'urine d'un homme fait est bonne pour la goutte , ce que prouve l'tat hyginique des foulons, qui, dit-on, ue-sont ja- mais attaqus de cette maladie. L'urine garde quelque temps , et dans laquelle on mle des cendres d'hutres calcines, gurit la gourme des enfans, et tous les ulcres coulans. En liniment, elle est bonne pour les brlures, les chairs ronges , les maux d'anus , les rhagades et la piqre des scorpions. Au dire de l'lite des sages- femmes , il n'est point de spcifique plus puissant pour les dmangeaisons du corps ; avec addition de nitre , rien qui gurisse plus vite les ulcres de la tte , les teignes , les ulcres malins , surtout aux parties gni- tales. Qu'on nous permette d'ajouter que, si l'on est mordu par un chien , ou qu'un hrisson ait laiss des piquans dans la chair, chacun peut trouver un remde dans son urine applique frache , l'aide d'une com- presse de laine ou d'une ponge. Ptrie avec de la cendre, la mme substance empche l'effet de la mor- sure des chiens enrags et celle des serpens; on l'oppose mme aux scolopendres, et les blessures qu'ils ont faites se gurissent sur-le-champ , si l'on se touche le haut de la tte avec une goutte de son urine. Indice de sant d'aprs l'urine. XIX. De plus, on en tire des pronostics pour la 4. 52 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXVIII. candida, dein rufa sit : illo modo concoquere, hoc con- coxisse significatur. Mala signa rubrae , pessima nigrae : mala bullantis , et crassae : in qua quod subsidit , si album est , significat circa articules , aut viscera dolo- rem imminere. Eadem viridis , morbum viscerum : pal- lida , bilis : rubens , sanguinis. Mala, et in qua.veluti furfurcs , atque nubeculae apparent. Dilula quoque alba vitiosa est : mortifera vero crassa , gravi odore : et in pueris tenuis ac diluta. Magi vtant ejus causa contra solem lunamque nudari, aut umbram cujusquam ab ipsa respergi. Hesiodus juxta obstantia reddi suadet, ne deum aliquem nudatio offendat. Osthanes contra mala medi- camenta omnia promisit auxiliari, matutinis horis suam cuique instillatam in pedeni. Ex muliere, medicin xli. XX. 7. Quae ex mulierum corporibus traduntur, ad portentorum miracula accedunt , ut sileamus divisos membratim in scelera abortus, mensium piacula, quae- que alia non obstetrices modo, verum etiam ips me- retrices prodidere. Capilli si crementur, odore serpentes fugari. Eodem odore vulv morbo strangulatas respi- mSTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIL 5 sant. Si elle est blanche, puis jaune le matin, elle in- dique d'abord que la digestion se fait , puis qu'elle est faite. L'urine rouge est un triste pronostic ; noire , c'est pis encore. Si elle forme des bulles et qu'elle soit char- ge , c'est encore un mauvais signe ; quand elle dpose un sdiment blanchtre , on est menac de quelque mal dans le voisinage des viscres ou des articulations ; verte, elle annonce une maladie intestinale ; ple, une affection bilieuse; rouge, une altration du sang; mau- vaise urine encore, que celle o s'aperoivent des taches sales ou de petits nuages. L'urine blanche ou trop claire est malsaine aussi ; celle qui est paisse et d'une odeur forte annonce la mort; mme signe, si, chez les enfans, elle est sans consistance et trop dlaye ; aussi les ma- giciens dfendent-ils d'uriner dcouvert, en plein soleil ou l'exposition de la lune, aussi bien que sur l'ombre de quoi que ce soit. Hsiode conseille de rendre l'urine contre quelque corps rsistant, de peur d'offenser quel- que dieu en se dcouvrant. Osthanes assure qu'on se prserve de l'effet de tout breuvage funeste en faisant , le matin, lorsqu'on urine, rejaillir de l'eau sur son pied. Remdes tirs de la femme , 4 1 ^ XX. 7. Les effets que produisent les substances tires de la femme tiennent presque du prodige, sans parler des avortemens subordonns des oprations crimi- nelles, du sang menstruel employ mille attentats, et de tant d'autres infamies rvles, soit par les sages- femmes , soit mme par les courtisanes. L'odeur des cheveux de femme , brls , met en fuite les serpens , et rend la respiration aux femmes en proie aux suffoca- 54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. rare. Cinere eo quidem , si in testa sint cremati , vel cum spuma argenti , scabritias oculorum ac prurigines emendari : item verrucas, et infantium ulcra cum melle. Capitis quoque vulnera, et omnium ulcerum sinus, ad- dito melle ac thure. Panos, podagras, cum adipe suillo, sacrum ignem, sanguinemque sisti illito, et formicationes corporum. 4t Ex lact mulieris. XXI. De lactis usu convenit, dulcissimum esse raollis- simumque, et in longa febre, cliacisque utilissimum , maxime ejus quae jam infantem removerit. Et in malacia stomachi , in febribus , rosionibusque eficacissimum cx- periuntur. Item mammarum coUeclionibus cum thure , oculo ab ictu cruore suffuso , et in dolore, aut epipho- ris , si immulgeatur, plurimum prodest : magisque cum melle et narcissi succo , aut thuris polline. Semperque in omni usu efficacius ejus, quae marem enixa sit : mul- toque effcacissimum ejus , quE geminos mares : et si vino ipsa cibisque acrioribus abstineat. Mixto praeterea ovorum candido liquore , madidaque lana frontibus im- positum , fluxiones oculorum suspendit. Nam si rana saliva sua oculum asperserit, praecipuum est remedium. Et contra morsum ejusdem bibitur, instillaturque. Eum qui simul matris filique lacle inimctus sit, liberari ** HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 55 lions hyslriques. On ajoute que la cendre de ces che- veux brls dans un vaisseau de terre, ou avec de l'- cume d'argent, gurit, si on l'applique avec du miel, les crotes et les dmangeaisons des yeux , les ulcres et les verrues des enfans. Avec le miel et l'encens , elle est bonne pour les blessures de la tte et pour les trous forms par les ulcres ; avec du saindoux , elle gurit les tumeurs et la goutte ; en Uniment , elle arrte les rysiples, les hmorrhagies et les fourmillemens. Du lait de femme. / XXI. On s'accorde dire que le lait de femme est trs-doux et trs-dlicat ; il est d'un grand avantage dans les fivres lentes et dans les gastrites, surtout s'il vient d'une femme qui ait cess de nourrir. On se trouve encore trs-bien de son usage dans les faiblesses et les dchiremens de l'estomac , et dans toutes les fivres. Appliqu avec de l'encens, il gurit les ongorgemens des mamelles ; tombant du sein sur l'il bless et sanglant , il calme la douleur et gurit l'inflammation de cet or- gane ; avec du miel , du suc de narcisse ou de la fleur d'encens, il russit encore mieux: mais, quelque usage qu'on l'employ, le meilleur lait est celui que fournit la femme accouche d'un enfant mle, et surtout de deux jumeaux, pourvu qu'elle s'abstienne de vin, et d'alimens trop acres. En y mlant un blanc d'uf , et en im- bibant dans le mlange une compresse de laine qu'on applique sur le front, on arrte les fluxions. C'est aussi un spcifique souverain contre la bave que le crapaud fait jaillir dans les yeux. Dans le cas o l'on en aurait t mordu , il faut boire de ce lait et eu baigner la 56 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVin. omni oculorum metu in totam vitam adfirmant. Aurium quoque vitiis medetur, admixto modice oleo : aut si ab ictu doleant, anserino adipe tepefactum. Si odor gravior sit , ut plerumque fit longis vitiis , diluto melle lana in- cluditur. Et contra morbufti regium in oculis relictum, instillatur cum elaterio. Peculiariter valet potum contra veneua, qu data sunt e marino lepore, buprestique, et, ut Aristoteles tradit, dorycnion : et contra insaniam , quae facta sit hyoscyami potu. Podagris quoque jubent illini cum cicuta. Alii cum sypo et adipe anserino : qualiter etiam vulvarum doloribus imponitur. Alvum etiam sistit potum, ut Rabirius scribit, et menses ciet. Ejus vero quae feminam enixa sit, ad vitia tantum in facie sananda praevalet. Puhnonum quoque incommoda lact mulieris sanantur : cui si admisceatur impubis pueri urina, vel rael atticum, omnia singulorum cochlearium mensura, murmura quoque aurium ejici invenio. Ejus quae marem peperit lact gustato , canes rabiosos fieri negant. Ex saliva mulieris. XXn. Mulieris quoque salivam jejun potentem diju- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 57 plaie. En s'humectant les yeux du lait de la mre et de la fille en mme temps, on se prserve pour toute la vie d'accidens ophthalmiques. Avec un peu d'huile , le lait de femme gurit les maux d'oreilles. Si le mal vient de quelque coup, on l'adoucit avec de la graisse d'oie. Si l'oreille rend une odeur forte , ce qui ne manque gure d'arriver quand le mal dure long- temps , on dlaie du miel dans ce lait , on, en imbibe un morceau de laine que l'on y introduit ensuite ; on l'injecte dans les yeux, avec du jus de concombre sau- vage, pour la jaunisse, dont il reste quelque impression aux prunelles. En boisson , il est l'antidote des venins du* livre marin, des buprestes, et, selon Aristote , du dorycnium ; il gurit aussi le dlire que cause le suc de la jusquiame. Il entre , avec la igu , dans un lini- ment pour la goutte ; d'autres y ajoutent , pour le mme usage, Vsypum et la graisse d'oie, comme dans les maux de matrice. Rabirius a dit que le lait de femme arrtait le cours de ventre et faisait couler les menstrues. Le meilleur de tous pour gurir les maux du visage, est celui de la femme qui a mis au monde un enfant de son sexe. Les maladies du poumon cdent aussi l'emploi du lait de femme. En y mlant de l'urine d'enfant ou du miel attique, la dose d'une cuillere , on obtient un remde qui dissipe les tinte- mens des oreilles ; enfin on assure qu'un chien qui a bu du lait de la mre d'un enfant mle, est pour tou- jours l'abri de la rage. De la salive de la femme. XXn. La salive de femme jeun , est un remde 58 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XXVIU. dicant oculis cruentatis. Et si contra epiphoras , fer- ventes anguli oculorum subinde madefiant : efficacius , si cibo vinoque se pridie ea abstinuert. Invenio et fascia niulieris alligato capite , dolores minui. x inensibus. XXIII. Post haec nullus est modus. Jam primuro abigi grandines turbiuesque contra fulgura, ipsa in mense connudata , sic averti violentiam caeli : in navigando quidem tempeslates etiam sine menstruis. Ex ipsis vero inensibus , monstrificis alias , uli suo loco indicavimus , dira et infanda vaticinantur : e quitus dixisse non pu- deat , si in defectu lunae solisve congruat vis illa , irre- mediabilem fieri : non segnius et in silente luna, coi- tusque tum maribus exitiales esse atque pestiferos. Purpuram quoque ab his eo tempore polliii : tanto vim esse majorera. Quocumque autem alio menstruo , si nu- dat segetem ambiant , erucas , ac vermiculos , scara- baeosque , ac noxia alia decidere. Metrodorus Scepsius in Cappadocia inventuni prodit, ob multitudinem can- tharidum. Ire ergo per mdia arva, retectis super clunes vestibus. Alibi servatur, ut nudis pedibus eant, capillo cincluquc dissoluto. Cavendum ne id oriente sole fa- ciant : sementem enim aresccre. Item novcllas vites ejus taclu in perpetuum laedi : rutam et edcras, res medi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. Sg puissant pour les taches de sang et les inflammations des yeux , si l'on mouille de temps autre le coin de chaque il o le feu se fait sentir. Le succs est encore plus sr, si la femme s'est abstenue, la veille, d'aliniens liquides et solides. On soulage les maux de tte, en y attachant une bandelette de femme. Des menstrues. XXIII. Du reste, il n'est plus de bornes aux merveilles que l'on attribue la femme : grle-t-il, s'lve-t-il un ouragan , on assure que si une femme, ayant ses rgles, s'expose, nue, aux clairs, l'orage cesse, comme aussi les temptes, lorsqu'elle se trouve, mme une autre poque , sur un vaisseau. D'autre part , les rgles don- nent lieu , ainsi qu'on l'a dit plus haut, divers prsa- ges sinistres et terribles. Qu'il nous soit permis d'en rap- porter quelques-uns : si la menstruation concide avec une clipse de soleil ou de lune , ou bien avec le temps o celle-ci n'est plus visible, le mal qu'elle cause est incurable ; l'approche de la femme est pernicieuse et mortelle pour l'homme. Dans ce temps aussi , elle ternit l'clat de la pourpre , tant les circonstances en augmentent la malignit. Dans le cours ordinaire de la menstruation, si des femmes nues font le tour d'un champ de bl , elles font tomber des pis , les chenilles , les vers, les scarabes et autres insectes nuisibles. Selon Mtrodore de Scepsos , c'est en Cappadocc qu'on a fait cette dcouverte , l'occasion de la foule de can- tharides dont les champs y sont infestes; on y fait donc promener, travers champ, des femmes retrousses jus- qu la ceinture. Ailleurs on se borne les faire mar- 6o C. PLINn HIST. NAT. LIB. XXVHI. catissimas , illico mori. Multa diximus de hac violentia. Sed prter illa certiim est, apes tactis alveariis fugere : lina , quum coquantur, nigrescere : aciem in cultris lon- sorum hebetescere : s contactum grave virus odoris accipere et aeruginem , magis si decrescente luna id ac- cidat : equas, si sint gravidae, tactas abortum pati. Quin et aspectu omnino , quamvis procul visas , si purgatio illa post virginitatem prima sit , aut in virgine tatis sponte. Nam bitumen in Judaea nascens , sola hac vi su- perari filo vestis contactae , docuimus. Ne ign quidem vincitur, quo cuncta : cinisque etiam ille, si quis asper- gat lavandis vestibus, purpuras mutt, florem coloribus adimit, ne ipsis quidem feminis malo suo inter se im- munibus. Abortum facit illitus, aut si omnino praegnans supergrediatur. Quae Lais et Elephantts inter se contraria prodidere de abortivis, carbone e radice brassic, vel myrti, vel tamaricis in eo sanguine exstincto : item asi- nas non concipere tt annis , quot grana hordei con- tacta ederint : quaeque alia nuncupavere monstrifica , aut inter ipsas pugnantia : quum haec fecunditatem fieri iisdem modis, quibus illa sterilitatem,, praeuuntiaret , melius est non credere. Bythus Dyrracheuus hebetata aspectu spcula recipere nitorem tradit , iisdem aversa rursus contuentibus : omnemque vim talem resolvi , si muUum piscem secum habeant. Multi vero inesse etiam HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 6i cher pieds nus , sans ceinture et les cheveux pars. Pre- nez garde que cette procession n'ait lieu au lever du soleil , elle ferait desscher les semences ; on ajoute que le simple contact d'une femme , en cet tat , gte sans ressource les jeunes vignes, et tue l'instant les plantes doues des plus hautes vertus mdicinales , la rue et di- verses espces de lierre. En voil dj beaucoup sur cette puissance de l'effluve menstruel. Ajoutons que les abeilles dsertent leurs ruches, ds qu'une femme, ayant ses rgles , vient les toucher ; qu' son approche , le lin noircit dans la chaudire; qu'elle mousse le fil du rasoir dans la main du barbier. Touchs par elle , les vases d'airain contractent une odeur ftide et se rouillent , surtout si la lune est dans son dclin ; les cavales pleines avortent ; et si la femme se trouve en cet tat pour la premire fois , et qu'elle soit vierge , il suffit que la ca- vale la voie de loin. 11 a t dit plus haut que le bitume de Jude ne cde qu'au sang menstruel, et qu'un simple fil d'un vtement, imbib de ce liquide, dtruit l'adh- rence de ce bitume. Le feu mme, le feu qui dtruit tout, ne peut le dompter. La cendre, imprgne de sang menstruel , et rpandue sur des toffes qu'on lave , en altre la pourpre et en ternit toutes les couleurs. Ce mal infiue mme sur le sexe qui en est la source : une femme enceinte, frotte du sang d'une autre, avorte; l'effet est le mme, ajoute-t-on, si elle passe dessus. Lais et lphantis ont crit, sur les avortemens, d'une ma- nire bien oppose : la racine de chou, de myrthe ou de tamarin , rduite en charbon , et teinte dans le sang menstruel, est, dit-on, un sr moyen de se les procu- rer ; les nesses sont striles autant d'annes qu'elles ont mang de grains d'orge tremps dans ce sajig ; et 6i C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. remdia tanto malo aiunt : podagras illini : strumas et parotidas, panos, sacros igns, furunculos, epiphoras tractatu earum mulierum leniri. Lais et Salpe canum rabiosorum morsus , et tertianas quartanasque febres , meiistruo in lana arietis nigri , argenteo brachiali incluso. Diotimus Thebanus, vel omnino vestis ita infectae por- tiuncula,ac vel licio, brachiali inserta. Sotira obstetrix, tertianis quartanisque efficacissimum dixit plantas aegri subtrlini : mulloque eficacius ab ipsa muliere, et igno- ranti. Sic et comitiales excitari. Icetidas medicus quar- tanas coitu finiri , incipientibus dumtaxat menstruis , spopondit. Inter omnes vero convenit, si aqua potusque formidetur a morsu canis, supposita tantum calyci laci- nia tali, statim metum eiim discuti : videlicet praevalente sympathia illa Graecorum , quum rabiem canum ejus sanguinis gustatu incipere dixerimus. Cinere eo jumen- torum omnium ulcra sanari certum est, addita cami- norum farina et cera. Maculas autein e veste eas , non nisi ejusdem urina ablui. Cinerem per se rosaceo mixtum, feminarum praecipue, capitis sedare dolores illitum fronti; asperrimamque vim profluvii ejus esse per se annis vir- ginitate soluta. Id quoque convenit, quo nihil equidem libentius crediderim, tactis omnino menstruo postibus, irritas fieri magorum artes, generis vanissimi, ut aesti- mare licet. Ponam enim vel modestissimum e promissis HISTOIRE NA^TURELLE, LIV. XXVIII. 63 mille autres recettes infmes ou contradictoires; ce qui, selon l'une, assure la strilit, est ce qui, selon l'autre, garantit la fcondit. I^e mieux est donc de n'en rien croire. Bythus de Dyrrachium prtend que les miroirs , ternis par l'aspect des femmes qui ont leurs rgles , re- prennent leur nettet , si ces femmes les regardent par derrire , et que le port d'un surmulet sur elles neu- tralise toute influence fcheuse de ce genre. Du reste , beaucoup de gens attribuent au sang menstruel des vertus mdicinales : ils prtendent qu'on en frotte avec succs les tumeurs de la goutte, les crouelles, les bu- bons , les parotides , les clous , les inflammations des yeux. Selon Las et Salp, les morsures de chiens en- rags, les fivres-tierces et quartes, se gurissent avec de la laine de blier noir, imbibe de sang menstruel, et renferme dans un bracelet d'argent. Diotime de Thbes recommande, dans ce cas, un petit morceau d'toffe quelconque , ainsi tremp dan^ ce sang et port dans un bracelet de fil. Sotira , la sage-femme , dit qu'un remde efficace pour les fivres, soit tierces, soit quartes, consiste frotter de sang menstruel la plante des pieds du malade ; le succs , dit-elle , est plus assur quand l'opration est faite par la femme de qui vient le sang, et l'insu du malade. Elle ajoute que ce remde gurit Tpilepsie. Le mdecin Ictidas conseille , comme un remde assur contre la fivre-quarte , l'approche d'une femme dont les rgles viennent de commencer. On s'ac- corde dire que quand l'hydrophobie arrive la suite de la morsure d'un chien enrag, il suffit de placer sous la coupe un petit linge teint de sang menstruel , pour que le malade boive sur-le-champ : exemple frappant de cette sympathie vante par les Grecs. Il a t dit plus 64 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. eorum : ex hoiiiine si quidem resegmina unguium e pe- dibus manibusque cera permixta, ita ut dicatur tertianae, vel quotidianse, vel quartan febri remedium quaeri, ante solis ortum alien januae adfigi jubent, ad rem- dia in lis morbis : quanta vanitate, si falsum est? quan- tave noxia , si transferunt morbos ? Innocentiores ex his omnium digitorum resegmina unguium , ad caver- nas formicarum abjici jubent, eamque quae prima c- perit trahere , correptam subnecti collo , ita discuti morbuni. K Ex peregrinis animalibus : de elephanto, viii. XXIV. 8. Hc sunt qu retulisse fas sit, ac pleraque ex iis non nisi honore dicto. Reliqua intestabilia et in- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 65 haut que la rage se dclarait chez les chiens aussitt qu'ils avaient gote du sang menstruel. Il est certain que quel- ques pinces de ce sang rduit en poudre, en y ajoutant de la suie de chemine et de la cire, gurissent les ulcres de toutes les btes de somme. L'urine seule enlve les taches qu'il forme sur les habits. Dessch avec de Thuilc rosat , ce sang calme les maux, de tte, surtout chez les femmes. Le sang menstruel a plus de force s'il vient d'une personne chez qui l'hymen se soit dtruit de lui-mme par l'effet du temps. On convient aussi, ce que j'ai moins de peine croire, qu'en marquant de sang menstruel les jambages de la porte d'une maison , on neutralise les ma- lfices des magiciens, la plus folle engeance qui existe, si l'on veut les apprcier leur valeur. Citons une de leurs promesses les plus modestes : Pour gurir les fivres, disent-ils, il faut prendre des rognures d'ongles, tant des pieds que des mains du malade, les amalgamer avec de la cire, et les appliquer, avant le lever du soleil , la porte d'une autre maison , en disant : Qu'on cherche un remde pour la fivre-tierce , pour la fivre quotidienne , pour la fivre-quarte. Quelle sottise, si le secret est faux ! et quel crime , si effectivement un tel moyen transfre le mal ! Ceux dont les prceptes sont les plus irrprochables , font jeter les rognures d'ongles l'en- tre de fourmilires : la premire fourmi qui commence francr de ces rognures est prise , puis attache au cou du malade qui gurit bientt. Remdes tirs des animaux trangers : de l'lphant , 8. XXIV. 8. Voil tout ce que j'ai cru pouvoir rappor- ter sur cette matire, et presque toujours j'en ai demand XVII. 5 66 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXVIII. fanda , ut festinet oratio ab liomine fugere. In cleris claritales animalium aut operum sequeraur. Elephanti snguis praecipue maris, fluxiones omnes, quas rlieu- matismos vocant , sislit. Ramentis eboris cum melle attico, ut aiunt, nubeculae in facie, scobe paronycbia tolluntur. Proboscidis tactu capitis dolor levatur, effi- cacius si et sternuat. Dextra pars proboscidis cum Lem- nia rubrica adalligata , impetus libidiuum stimult. Sanguis et syntecticis prodest , jecurque comitialibus morbis. Leone, x. . XXV. Leonis adipes cum rosaceo cutem in facie custodiunt a vitiis , candoremque servant. Sanant et adusta nivibus , articulorumque tumores. Magorum va- nitas perunctis eo adipe , faciliorem gratiam apud po- pulos regesve promittit : praecipue tamen eo piugui , quod sit inter supiercilia, ubi esse nullum pbtest. Similia dentis , maxime a dextra parte , villique e rostre infe- riori , promissa sunt. Fel aqua addita , claritatem oculis inunctis facit : et cum adipe ejusdem , comitiales mor- bos discutit , levi gustu , et ut protinus , qui sumpsere , cursu id digrant. Cor in cibo sumptum , quartanis medetur : adeps cum rosaceo quotidianis febribus. HISTOIRE NATURELLE, LiV. XXVII. 67 pardon au lecteur. Le reste n'est qu'un tissu de men- songes et d'horreurs, et je me hte d'abandonner l'expose des mdicameus tirs de l'homme, pour entrer dans la srie des animaux, et des substances animales les plus remarquables. D'abord , le sang d'lphant , surtout du mle , arrte toutes les fluxions ou rhumatismes. La raclure d'ivoire , dans dij miel attique , efface les taches du visage ; la limaille d'ivoire gurit les panaris. Le mal de tte cde l'attouchement de la trompe de l'animal , surtout s'il ternue ; le ct droit de cette trompe , appliqu avec de la terre rouge de Lemnos , est aphrodisiaque. Le sang d'lphant est utile dans le marasme, et son foie dans l'pilepsie. Du lion , 10. XXV. La graisse de lion , avec de l'huile rosat , pr- serve la peau du visage de toute sorte de taches , et eu conserve la blancheur ; elle gurit aussi les engelures et les tumeurs des articulations. Le charlatanisme des ma- giciens promet ceux qui se frottent de cette graisse la faveur. du peuple et des rois, et recommande sur- g tout celle d'entre ls sourcils de l'animal , qui ne peut en avoir en cet endroit. On vante les mmes proprits dans les dents du lion et dans les poils qu'il a sous le mufle. Le fiel de lion, dlay dans l'eau, donne un li- niment utile la vue : ml la graisse de l'animal, et pris en petite quantit , il gurit l'pilepsie ; le malade doit immdiatement aider la digestion en courant. Le cur, mang comme aliment, gurit la fivre-quarte; la graisse, avec de l'huile rosat, la fivre quotidienne. I^es animaux fuient ceux qui en sont frotts. On croit 5. ft 68 C. PLINH HIST. NAT. LIB. XXVIII. Perunctos co besti fugiont. Resistere etiam insidiis videtur. Camelo , x. XXVI. Cameli cerebrum arefactum , potumque ex aceto, comitialibus motbis aiunt mederi : item fel cum nielle potum : hoc M, auginae, Cauda arefacta solvi al- vum : fmi ciiiere crispari capillum cum oleo. Et dysen- tericis prodest illitus cinis, potusque quantum tribus digitis capiatur, et comitialibus morbis. Urinam fullo- nibus utilissimam esse tradunt : itemque ulceribus ma- nantibus : Barbaros eam servare quinquennio, et hemi- nis pota ciere alvum. Setas e cauda contortas, et sinistro brachio alligatas quartanis mederi. ^. 'x-*: Hyaena, lxxix. XXVII. Hyaenam magi ex omnibus animalibus in maxima admiratione posuerunt, ut pote cui et ipsi ma- gicas artes dederint, vimque, qua alliciat ad se homines mente alintes. De permutatione sexus annua vice dixi- mus , ceteraque de monstrifica natura ejus : nunc per- sequemur qucumque medicinis produntur. Praecipue pantheris terrori esse traditur, ut ne conentur quideni resistere : et aliquid e corio ejus habentem non appeti* Mirumque dictu , si pelles utriusque contrari suspen- dantur, decidere pilos pantber. Quum fugiant vcnan- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII 6y mme qu'elle sauve des embches les hommes qui en font usage. 4^ Du chameau, lo. XXVI. La cervelle de chameau rduite en poudre , et ])rise dans le vinaigre , gurit toute espce d'pilepsie. Le fiel , en boisson dans du miel , est bon pour l'pi- lepsie et l'esquinaucie ; sa queue , dessche , relche le ventre. La cendre de ses excrmens , avec de l'huile , rend les cheveux crpus. La mme cendre , en liniment sur le ventre ou avale la dose d'une pince , gurit la dysenterie et l'pilepsie. L'urine est un excellent re- mde contre les foulons, et pour les ulcres qui coulent. En Arabie, on la garde cinq ans, puis on la boit par hmine, pour se tenir le ventre libre. Entortills et at- tachs au bras gauche , les poils de la queue gurissent les fivres-quartes. De l'hyne , 79. XXVIL L'hyne est de tous les animaux, celui du- (|uel les magiciens racontent le plus de merveilles , puisqu'ils lui attribuent jusqu' la science magique , et assurent qu'il attire lui les hommes , aprs leur avoir alin l'esprit. On a dj parl du changement de sexe, ([ui a lieu chaque anne chez l'hyne , et des autres particularits merveilleuses qu'elle prsente. Dtaillons maintenant les divers remdes que l'on en tire. Cet ani- mal inspire surtout l'effroi la panthre , qui n'ose pas mme lui rsister , et ne touche jamais un homme muni d'un morceau de peau d'hyne. Chose tonnante , si vous suspendez eu face l'une de l'autre les peaux des 70 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. tem , declinare ad dextram , ut praetergressi hominis vestigia occupent. Quod si successerit, alienari mente, ac vel ex equo hominem decidere. At si in laevam de- rserit , deficientis argumentum esse, celeremque ca- pluram. Facilius autem capi , si cinctus suos veuator, flagellumque imperitans equo septenis alligaverit nodis. Mox, ut est solers ambagibus vanitas magorum, capi jubent Geminorum signum transeunte luna, singulosque prope pilos servari. Capitis dolori alligatam cutem pro- dpsse, qu fuerit in capite ejus. Lippitudini fel illitum frontibus : aut ne omnino lippiatur, decoctum cum mel- lis attici cyathis tribus, et croci uncia inunctum : sic et caligines disuti , et suffusiones. Claritatem excitari me- lius inveterato medicamento. x4.dservari autem in cypria pyxide. Eodem sanari argema, scabritias, excrescentia in oculis : item cicatrices. Glaucomata vero jocineris recntis inassati sanie, cum despumato melle inunctis. Dents ejus dentium doloribus tatu prpdesse vel adalli- gatos ordine : humeros humerorum et lacerlorum dolori- bus. Ejusdem dents, si de sinistra parte rostri eruti sint, illigatos pecoris aut capri pell stomachi cruciatibus. Pul- mones in cibo sumptqs celiacis. Ventriculis, cinerem cum oleo illitum. Nervis, medullas e dorso cum oleo vetere ac felle. Febribus quartanis, jecur degustatum ter ante ac- essiones. Podagris, spinae cinerem cura lingua et dextro HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 71 deux ennemies, celle de la panthre perdra ses poils. Quand on donne la chasse l'hyne, elle tourne droite pour s'emparer des traces du chasseur qui l'a devance; et si elle a bien pris sa voie, celui-ci perd la tte et tombe, ft-il cheval. Si elle tourne gauche, on en conclut qu'elle commence faiblir, et qu'elle sera bien- tt prise. La capture est plus facile , dit-on , si le chas- seur a eu soin de faire sept nuds sa ceinture et au fouet qui lui sert stimuler son cheval. Du reste, tou- jours charlatans , toujours subtils , les magiciens ont ajout qu'il fallait choisir pour la chasse l'poque o la lune passe par le signe des Gmeaux. La peau conserve alors , ce qu'ils disent, presque tous ses poils. Ils as- surent encore que la peau de la tte de cet animal sou- lage les maux de tte, si on l'applique la partie dou- loureuse. Son fiel, en liniment sur le front, gurit la chassie. On se prserve de cette infirmit en se bassi- nant les yeux avec du fiel d'hyne, cuit dans trois cyathes de miel attique et une once de safran. Les taies , les fluxions cdent galement l'emploi de. ce mlange, et plus ce collyre est vieux , meilleur il est. On doit le garder dans une bote en bois de Cypre. Il fait dispa- ratre aussi les petits ulcres , les gales , les caroncules ophthalmiques , enfin les cicatrices. On se dbarrasse du glaucome en se frottant les yeux du suc qui sort du foie de l'hyne , cuit frais avec du miel bien cume. Le mal de dents cesse par leur mise en contact avec celles de l'animal , ou par l'attache de ces dernires aux dents malades , dans un ordre correspondant. Les paules calment la douleur des paules et des bras. Les dents gauches, enveloppes dans de la peau de mouton ou de chvre , et attaches au cou , gurissent des maux 72 C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXVIII. pede vituli niariiii, addito felle taurino, omnia pariter cocta atque illita hyaenae pelle. In eodem morbo prodesse et fel cum lapide Assio. Tremulis, spasticis, exsilienti- bus , et quibus cor palpitet , aliquid ex corde coctum mandeudum , ita ut reliquae partis cinis cum cerebro hyiiae illinatur. Pilos etiam auferrl hac compositione illita, aut per se felle, evulsis prius quos renasci non ^ libeat. Sic et palpebris inutiles tolli. Luniborum dolo- ribus carnes e lumbis edendas, illinendasque cum oleo. Sterilitatem mulierum emendari, oculo cum glycyrrbiza et anetho sumpto in cibo, promisse intra triduum con- ceptu. Contra, nocturnos pavores umbrarumque terro- reni , unus e magnis dentibus lino alligatus succurrere narralur. Furentes suffiri eodem, et circumligari ante pectuSy cum adipe reuium, aut jociuere, aut pelle prae- cipiuut. Mulieri candida a pectore hyaenae caro , et pili septem, et gnitale cervi, si illigentur dorcadis pelle, collo suspensa, continere partus promittuntur. Venerem stimulare genitalia ad sexus suos in melle sumpta , etiarasi viri mulierum coi tus oderint. Quin immo totius domus concordiam , eodem genitali et articulo spinae cum adhaerente corio adservatis constare : hune spinae articulum , sive nodum , atlantion vocant : est autem primus, lu comitialium quoque remediis liabent eum. Adipc acceuso, serpentes iugari dicunt. MaxiUa comuii- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 7? d'estomac. Les poumons, pris en alimenl, dissipent les affections intestinales : en poudre, avec de l'huile, ils forment un liniment avantageux pour les maux de ventre. La moelle du dos, mle avec de la vieille huile, et du fiel , soulage les nvralgies. Dans la fivre, on doit manger , par trois fois , du foie d'hyne , avant l'accs; pour la goutte, on fait un bon mlange de son pine dorsale pulvrise , de la langue et du pied droit d'un veau-marin, enfin de fiel de buf, le tout cuit en- semble, et appliqu avec la peau de l'animal. Le fiel, - avec la pierre d'Assos , est galernent bon dans cette dernire maladie. Dans les tremblemens et les spasmes , les tressaillemens et les palpitations de cur, on mange une partie du cur de l'hyne, on rduit le reste en cendre, puis on le mle avec la cervelle, et on en fait des fomentations. Cette mme composition , Ou le fiel seul de l'hyne, fait tomber les poils, si l'on s'en frotte aprs avoir arrach ceux qu'on ne veut pas laisser revenir: on se dbarrasse , par le mme moyen , des poils superflus des paupires. Pour les douleurs de reins , on doit man- ger des reins de l'animal, et se frotter avec de l'huile. On remdie la strilit des femmes en leur faisant manger un il d'hyne avec de la rglisse et de l'anetli ; elles conoivent infailliblement dans le dlai de trois jours. On recommande, contre les terreurs nocturnes, une des grosses dents de l'animal , enveloppe dans un morceau de toile de lin. Les fumigations de cette mme dent , brle, sont bonnes pour les fous, et sa cendre, avec la graisse des reins, le foie ou un morceau de la peau, ** forme un amulette qu'on attache sur l'estomac. Le i% blanc de l'estomac , empaquet dans de la peau de gazelle, avec sept poils et l'organe mle du cerf, et 74 C. PLINII HIST. NAT. J.IB. XXVIII. nuta in aniso, et in cibo sumpta, liorrores sedari. Eodem sufitu mulierum menses evocari. Tantumque est vani- tatis, ut si ad brachium alligetur superioris rostri dex- trae partis dens , jaculantium ictus deerraturos negent. Palato ejusdem arefacto, et cum alumine gyptio cal- facto , ac ter in ore permtitato , ftores et ulcra oris emendari. Eos vero qui linguam in calceamento sub pede habeant, non latrari a canibus. Sinistra parte ce- rebri naribus illita , morbos perniciosos mitigari , slve hominum, sive quadrupedum. Frontis corium fascina- tionibus resistere. Cervicis carnes, sive mandantur, sive bibantur, arefact, lumborum doloribus. Nervis a dorso armisqtie, suffiendos nervorum dolores. Pilos rostri ad- motos mulierum labris amatorium esse. Jecur in polu datum , torminibus et calculis mederi. Jam cor in cibo potuve sumptum , omnibus doloribus corporum auxi- liari : lienem lienibus : omentum , ulcerum inflammatio- nibus cum oleo : meduUas, doloribus spin et nervo- rum lassitudini. Renium nervos potos in vino cum thure, fecunditatem restituere ademptam venefcio. Vulvam cum mali punici dulcis cortice in potu datam prodesse mulierum vulvae. Adipe e lumbis suffri diffculter pa- A* rientes, et stalim parre. E dorso medullam adalligatam ^iontra vanas species opitulari. Spasticis, gnitales e ma- ribus suffitu. Item lippientibus , ruptis, et contra in- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 75 attach au cou d'une femme , la garantit des fausses couches. Les parties sexuelles , manges dans du miel , mais selon la diversit des sexes , sont aphrodisiaques pour l'homme mme qui a le plus d'aversion pour les femmes. Ces mmes parties, gardes avec une ver- tbre dans la peau qui les recouvre , perptuent la concorde dans une maison : cette vertbi-e se nomme atlantioTi; c'est la premire de toutes. On la prescrit dans l'pilepsie. L'odeur de la graisse d'hyne , brle , fait fuir les serpens. Le frisson cesse ds qu'on mange de la mchoire pile avec de l'anis ; une fumigation de la mme substance excite les rgles. Les dtails qui suivent prouvent l'extravagance de ceux qui les dbi- tent : qu'on s'attache au bras une dent d'hyne, prise droite de la mchoire suprieure , jamais les traits qu'on lancera ne manqueront le but. En poudre , et chauff avec de l'alun d'Egypte, le palais gurit la puan- teur et les ulcres de la bouche; il faut y passer ce m- lange et le renouveler trois fois. Jamais chien n'aboie aprs celui qui a une langue d'hyne dans sa chaussure sous la plante du pied. Les maladies les plus dange- reuses, soit chez l'homme, soit chez les animaux, cdent, si l'on se frotte les narines avec la cervelle prise dans la partie gauche de la tte de l'hyne. La peau du front repousse les sortilges. En poudre , la chair du cou , inange ou prise en breuvage , gurit les maux de reins. Pour les nvralgies , on fait des fumigations des nerfs dorsaux et humraux de l'animal. Les barbes du mufle, portes aux lvres d'une femme, l'excitent l'amour. Le foie, en boisson, gurit les tranches et les calculs. Le cur, pris en aliment ou en breuvage, sou- lage toutes les douleurs du corps. La rate gurit les maux; Jif cam 76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIIT. flammationes : servatos pedes , tactu : laevos dextris partibus , dextros laevis. Sinistrum pedem superlatuni parturienti^ lethalem esse : dextro illato facile eniti. Men- branam quae fel continuent , cardiacis potam in vino , vel iu cibo sumptam , succurrere : vesicam in vino po- tam, contra urinae incontinentiam. Quae autem in vesica inventa sit urina , additis oleo ac sesamo , et melle , liaustam prodesse aegrimoniae veteri. Gostarum primam et octavam , suffitu ruptis salutarem esse : ex spina vero parturientibus ossa : sanguinem cum polenta sumptum, toriuinibus. Eodem tactis postibus, ubicumque magorum infestari artes, non elici deos, nec colloqui,sive lucernis, sive pelvi, sive aqua, sive pila, sive quoalio gnre ten- tentur. Carnes si edantur, contra canis rabidi morsus ef- ficaces esse : etiamuum jecur efficacius. Carnes vel ossa hominis, si quae in ventricule occisae inveniantur, suf- fitu podagricis auxiliari. Si ungues inveniantur in bis, uiortem alicujus capientium significari. Excrementa sive ossa reddita , quum interimitur, contra magicas "insidias pollere. Fimum, quod iu intestinis inventum sit, are- factum , ad dysenlericos valere potum : illitumque cum adipe anserino opitulari toto corpore laesis malo medi- camento : a cane vero morsis adipem illitum, et coriuni stratum. Rursus tali sinistri cinere decocto. cum san- guine muslelic perunctos omnibus odio venire : idem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVTTL 77 de rate; la graisse des intestins, avec de l'huile, les ul- cres inflammatoires; la moelle, les douleurs du dos et les courbatures; les nerfs lombaires, en boisson dans du vin avec de l'encens , raniment la fcondit teinte par quelque charme; la vulve, en breuvage avec de l'corce de grenade douce , arrte les spasmes hystriques ; la graisse des reins, en fumigation, facilite et dtermine instantanment la dlivrance; la moelle du dos est un amulette contre les visions. L'organe mle, en fumiga- tion, dlivre des spasmes, de la chassie des yeux, des descentes, des inflammations. Les pieds de l'hyne, con- servs, gurissent, par le fait seul de l'attouchement , ceux de gauche, les affections de la partie droite; ceux de droite , les affections de la partie gauche. La jambe gauche , promene sur la tte d'une femme en travail , lui cause la mort ; la jambe droite rend l'accouchement facile. La vsicule du fiel , en breuvage , ou comme ali- ment, est bonne dans la cardialgie. La vessie, bue dans du vin, gurit l'incontinence d'urine; l'eau que l'on y trouve est bonne, avec addition d'huile, de ssame et de miel , dans les maladies invtres. La premire et la huitime ctes font des fumigations avantageuses dans les hernies; les os de l'pine sont bons dans l'accouchement; le sang se prend avec du gruau pour les tranches; en frottant de ce mme sang les jambages des portes , partout o les magiciens font des malfices , il leur devient impos- sible d'attirer les esprits, ni de leur parler, de quelque manire qu'ils cherchent les voquer, par les lampes ou par le bassin, par l'eau ou par la boule. Les chairs, comme aliment, servent contre les morsures du chien enrag; le foie, surtout, est excellent dans ce cas. La fume des chairs et des os humains , lorsque l'on eu 78 C. PLINn HIST. NAT. LIB. XXVIII. fieri oculo decocto. Super omnia est, quod extremam fislulam iutestini contra ducum, ac potestatum iniqui- tates commonstrant, et ad successus petitionum , judi- cioruinque ac litium eventus, si omnino tantum aliquis seciim habeat. Ejusdem caverna sinistro lacerto alligata, si quis mulierem respiciat, amatorium esse tam prsens, ut illico sequatur. Ejusdem loci pilorum cinerem ex oleo illitum viris, qui sint probros moUitiei, severos, non modo pudicos mores induere. . ' > Crocodilo, xxi. Croeodilea, xi. XXVIII. Proxime fabulosus est crocodilus , ingens oque ille, oui vita in aqua terraque communis. Duo enim gnera eorum : illius e dextra maxilla dents HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 79 trouve dans le ventre de Thyne, est d'un grand avan- tage dans la goutte. Si , parmi ces restes , on rencontre des ongles , ils prsagent la mort d'un de ceux qui ont pris l'animal. Les excrmens , les eaux qu'il rend lors- qu'on le tu, prservent des malfices. La fiente qu'on trouve dans les intestins, rduite en poudre et prise en boisson , est souveraine pour la dysenterie. Avec la graisse d'oie, elle donne un bon liniment pour toutes les parties du corps dranges par l'effet d'un remde. La graisse, avec un morceau de la peau de l'animal, s'ap- plique sur la morsure des chiens enrags. De plus , ceux qu'on a frotts de la cendre du talon gauche de l'hyne, cuite avec du sang de belette, deviennent odieux tout le monde; l'il, cuit de mme, produit le mme effet. Mais de toutes les merveilles la plus extraordinaire, c'est qu'au dire des adeptes, le dernier intestin de l'hyne est, pour quiconque le porte sur soi , une sauve-garde contre les injustices des hommes en place et des grands ; il fait russir les demandes et gagner les causes et les procs. L'anus, attach au bras gauche, est un talisman si puissant , que toute femme sur laquelle vous jetez l'il, vous suit aussitt; en revanche, si l'on frotte, avec la cendre des poils de l'anus, incorpore dans l'huile, les hommes livrs aux plus infmes plai- sirs , non-seulement ils deviennent chastes , mais ils poussent la puret des murs jusqu' l'austrit. Du crocodile ,21. De la crocodile ,11. XXVIIL On dbite presque autant de fables sur le crocodile, amphibie monstrueux dont on distingue deux espces. Les dents de la mchoire droite du crocodile 8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. adalligati dextro lacerto , coltus , si credimus , stimu- lant. Canni ejus dents febres statas arcent thure re- pleti, sunt enim cavi , ita ne diebus quinque ab aegro cernatur , qui adalligaverit. Idem pollere et ventre exemptes lapillos, adversus febrium horrores venientes tradunt. Eadem de causa ^Egyptii perungunt et adipe gros suos. . Alter illi similis, multum infra magnitudine, in terra tantum , odoratissimisque floribus vivit. Ob id intestina ejus diligenter exquiruntur jucundo nidore referta. Cro- codileam vocant, oculorum vitiis utilissimam, cum porri succo inunctis , et contra suffusiones vel caligines. Illita quoque ex oleo cyprino , molestias in facie enascentes tollit : ex aqua vero morbos omnes , quorum natura serpit in facie, nitoremque reddit. Lentigiues tollit ac varos, maculasque omnes. Et contra comitiales morbos bibitur ex aceto mulso binis obolis. Adposita menses ciel. Optima, qua? candidissiraa, et friabilis, minimeque ponderosa : quum teratur, inter digitos fermentescens. Lavatur, ut cerussa. Adultrant amylo,atit cimolia, sed maxime, qui captos oryza tantum pascunt. Felle inunctis oculis ex melle contra suffusiones , nihil utilius prdi- cant. Intestinis et reliquo corpore ejus suffri vulva la- borantes salutare tradunt. Item velleribus circumdari vapore ejusdem infectis. Corii utriusque cinis ex aceto HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 8i de la premire espce, attaches au bras droit, sont, dit-on , aphrodisiaques ; celles qui sont creuses , rem- plies avec de l'encens , cartent les fivres continues , pourvu que le malade soit cinq jours sans voir celui qui les lui a attaches. Les petites pierres extraites de son ventre font cesser le frisson fbrile. En Egypte , on emploie sa graisse au mme usage. Le second crocodile, semblable au premier, mais de dimensions beaucoup moins gigantesques, ne vit que sur la terre, et au milieu des parfums qu'exhalent les fleurs : aussi recherche-t-on ses entrailles, qui rendent une odeur agrable. On donne le nom de crocodile une substance souveraine pour les taies, les fluxions et les maladies des yeux, que l'on en bassine, ainsi que de suc de porreau. Avec de l'huile de Cypre , elle forme une pommade qui enlve les boutons et autres dfauts du visage. Dlaye dans l'eau, elle gurit toutes les maladies cutanes ma- lignes qui peuvent attaquer la figure, et lui rend toute sa nettet : les boutons , les taches de rousseur et les signes de toute espce disparaissent par son emploi. En breuvage dans du vinaigre, miell, du poids de deux oboles , elle est bonne pour l'pilepsie ; on l'applique comme emmnagogue : la meilleure est celle qui offre le plus de blancheur , de friabilit , de lgret , et qui fermente lorsqu'on l'crase entre les doigts. Elle se lave comme la cruse. On la falsifie avec l'amidon ou la craie, surtout quand on ne nourrit que de riz les cro- codiles captifs. Le fiel , avec du miel , est le spcifique par excellence pour les fluxions des yeux. Pour les xvii. 6 82 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVUI. illitus his partibus, quas secari opus sit, aut nidor cre- mati, sensum omnem scalpelli aufert. Sanguis utriusque claritatem visus inunctis donat , et cicatrices oculorum emendat. Corpus ipsum excepto capite pedibusque , elixum manditur ischiadicis, tussimque veterem sanat, prcipue in pueris : item lumborum dolores. Habent et adipem , quo tactus pilus defluit. Hic perunctos , a cro- codilis tuetur, instillaturqiie morsibus. Cor adnexum in lana ovis nigrae, cui niillus alius color iucursaverit, et primo partu genitae, quartanas abigere dicitur. -Wrf iv Chamaeleone , xv. XXIX. Jungemus illis simillima et peregrina aeque animalia : priusque chamaeleonem , peculiari volumine dignum existimatiim Democrito,ac per singula membra desecratum, non sine magna voluptate nostra, cognitis proditisque mendaciis graecae vanitatis. Similis et ma- gnitudine est supra dicto crocodilo, spinae tantum acu- tiore curvatura, et caudae amplltudine distans. NuIIum animal pavidius existimatur , et ideo versicoloris esse mutationis. Vis ejus maxima contra accipitrum genus. HISTQIRE NATURELLE, LIV. XXVIIL 83 maux de la matrice, on prescrit les frictions et les fumigations avec les intestins et le reste du corps du crocodile ; puis , comme enveloppe , des peaux de mou- ton imprgnes de la mme vapeur. La cendre de la peau, dans les deux espces, et mme l'odeur seule de cette cendre, empche celui qu'on en frotte de sentir le fer qui doit l'amputer. Leur sang , en Uniment , claircit la vue, et gurit les cicatrices des yeux. Dans la sciatique, on mange, cuit dans l'eau, le corps mme du crocodile, sauf la tte et les pieds; ce remde gurit la toux et les maux des lombes chez les enfans. Les crocodiles ont aussi de la graisse dont le seul contact fait tomber le poil : elle garantit de l'attaque de ces animaux ceux qui s'en frottent , et passe pour un sp- cifique contre leur morsure. Le cur, attach sur un malade dans la laine d'une brebis noire , sans mlange d'aucune autre couleur , et d'une premire porte , coupe , dit-on , la fivre-quarte. Du camlon , 1 5, XXIX. A ces animaux, nous en ajouterons d'autres, trangers comme eux , et qui leur ressemblent par les proprits mdicinales. A leur tte ^gurera le cam- lon , que Dmocrite a cru digne d'un ouvrage spcial , o chaque membine de l'animal est assign une ma- ladie particulire , et qui a beaucoup diverti les Ro- mains, en leur rvlant l'imposture et le charlatanisme des Grecs. Le camlon a la taille du crocodile ter- restre , et n'en diffre que parce que la courbure de son pine dorsale forme un angle plus aigu, et parce qu'il a la queue plus large. On le dit le plus peureux 6. 8/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIir. Detrahere enim supervolantcm ad se traditiir, et voliin- tarium praebere lacerandum cteris animalibiis. Caput ejus et giittur si roboreis lignis accendantur, imbrium et tonitruum concursus facere, Dentiocritus narrt : item jecur in teguHs ustiim. Reliqua ad veneficia pertinentia quae dicit , quainquam falsa existimantes , omittemus, praeterquam ubi irrisu coarguendum. Dextro oculo, si vivent! eruatur, albugines oculorum cum lacle caprino toUi : lingiia adalligata , pericula puerperii. Eumdem salutarem esse parturientibus , si sit domi : si vero in- feratur, perniciosissimum. Linguam \ si viventi adempta sit, ad judiciorum eventus pollere. Cor adversus quar- tanas illigatum nigra lana primae tonsur. Pedm e prioribus dextrum , hyaenae pelle adalligatuni sinistro brachio, contra latrocinia terroresque nocturnos pollere. Item dextram mamillam contra formidines, pavoresque. Sinistrum vero pedem torreri in furno cum herba, quae aeque cbamleon vocetur, additoque unguento in paslillos digeri : eos in ligoeum vas conditos, praestare, si cve- dimus, ne cernatur ab aliis qui habeat. Armum dextrum ad vincendos adversarios vel liostes valere ; utique si abjectos ejusdem nervos calcaverit. Sinistrum humerum quibus monstris consecret, qualiter somnia qu velis, et quibus velis, mittantur, pudet referre. Omnia ea dextro pede resolvi : sicut sinistro latere lethargos, quos HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 85 des animaux , et c'est cette timidit que Ton attribue son changement de couleur. Il a un ascendant mar- qu sur l'pervier , qu'il attire du haut des airs , o il plane , et livre ainsi en proie aux autres animaux. IjC gosier et la tte , sur des charbons de chne en- flamm , et son foie brl sur la tuile , font , selon Dmocrite, tonner et pleuvoir en mme temps. J'omets et je regarde comme autant de faussets les autres singularits du rle magique qu'on lui prte ; le ridi- cule fera justice de ces extravagances. L'il droit, pris sur l'animal encore vivant, et infus dans du lait de chvre, enlve, dit-on, Is taies des yeux. Attache au cou , sa langue prserve des dangers de l'accouche- ment ; si l'animal mme se trouve dans la maison , il influe en bien sur les couches ; mais si on l'apporte du dehors, il est funeste. La langue , arrache au camlon vivant , joue un rle important dans les jugemens. Le cur , dans de la laine noire de premire tonte , est un amulette contre la fivre-quarte. Le pied de de- vant , attach au bras gauche avec une lanire de peau d'hyne , garantit des vols et des frayeurs nocturnes. La mamelle droite dlivre de mme de toute terreur panique. La jambe gauche , cuite au four , avec l'herbe du mme nom, et parfume, forme des pastilles quon garde dans une bote de bois , et qui donnent au por- teur le privilge de l'invisibilit. L'paule droite assure l'avantage sur tout adversaire et sur tout ennemi ; il en est de mme si l'on jette terre et si l'on foule aux pieds les nerfs du mme membre. Redirai-je les mille prodiges auxquels s'emploie l'paule gauche? par elle on envoie, qui l'on veut, le rve qu'on veut; mais le charme est nul par raltouchement du pied droit : c'est 36 C. PLmiI HIST. NAT. UB. XXVIII. fecerit dexter. Capitis dolores, insperso vino, in quo latus alterutrum maceratum sit, sanari. Feminis sinistri, vel pedis cineri si misceatur lac suillum , podagricos fieri illitis pedibus. Felle glaucomala et sufFusiones corrigi prope creditur, tridui inun,ctione : serpentes fugari igni- bus instillato : mustelas contrahi in aquam conjecto : corpore vero illito detrahi pilos. Idem praestare narrant jecur, cum ran rubetae pulmone illitum. Praeterea jo- cinere amatoria dissolvi. Melancholicos autem sanari , si ex corio chamleonis herbae succus bibatur. Intestina et fartum eorum , quum id animal nuUo cibo vivat , cum simiarum urina illita inimicorum januae, odium omnium hominum liis conciliare. Cauda flumina et aquarum im- petus sisti , serpentes soporari. Eadem medicata cedro et myrrha , illigataque gemino ramo palmae , percussam aquam discuti, ut quae intus sint omnia appareant : uti- namque eo ramo contactus esset Democritus , quoniam ita loquacitates immodicas promisit inhiberi. Palamque est, virum alias sagacem et vitae utilissimum, nimio ju- vandi mortales studio prolapsum. Scinco, IV. XXX. Ex eadem similitudine est scincus, quem qui- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 87 ainsi que le flanc droit fait cesser la lthargie donne par le pied gauche. Les cphalalgies se gurissent aussi, si l'on verse sur la tte du vin dans lequel on a fait macrer un des flancs de l'animal. Le pied, frott avec la cendre de la cuisse ou de la jambe gauche du camlon , ml du lait de truie , contracte bientt la goutte ; quelques-uns croient que le fiel , donn en friction pendant trois jours , gurit les fluxions et le glaucome. Si on le fait dgoutter sur des charbons al- lums , les serpens fuient; si on le jette dans l'eau, les belettes se rassemblent ; quand on s'en frotte le corps , les poils tombent. Le foie , avec un poumon de gre- nouille buissonnire , produit le mme effet. Seul , il rompt les charmes d'amour. Bu dans un vase fait de peau de camlon, le suc de la planle homonyme gurit la mlancolie. Mettez dans de l'urine de guenon les boyaux du camlon et leur contenu (or, on sait qu'il vit sans prendre de nourriture ) , et frottez de ce m- lange la porte d'un ennemi , vous le rendrez l'objet de la haine universelle. Sa queue arrte fleuves et torrens , endort les serpens; trempe dans le suc de cdre ou dans la myrrhe, et attache branche double de pal- mier , elle rend l'eau si transparente , qu'on voit tout ce qu'elle contient. Que Dmocrite n'a-t-il t touch lui-mme de cette baguette miraculeuse qui rprime , dit-il, l'excs du babil ! Ce grand homme , du reste si perspicace et si utile au monde , n'et pas t gar ce point par la philanthropie. Du scinque , 1%. XXX. IjC scinque se rapproche des prcdens ; au 88 C. PLINII HIST. NA1. UB. XXVIII. dam terrestrem crocodiluni esse dixeruntjCandidioreau- tem, et tenuiore cute. Praecipua tamen difFerentia di- gnoscitur a crocodilo, squamarum srie a cauda ad caput versa. Maximus indicus, deinde arabicus. Adferuntur saisi. Rostrum ejus et pedes in vino albo poti , cupidi- tates Veneris accendunt : utique cum satyrio et erucae semine , singulis drachmis omnium , ac piperis duabus admixtis, ita ut pastiili singularum drachmarum biban- tur : per se laterum carnes obolis binis cum myrrha et pipere pari modo potae , efficaciores ad idem creduntur. Prodest et contra sagittarum ver^ena, ut Apelles tradit, ante posteaque sumptus. In antidota quoque nobilia additur. Sextius plus quani drachmae pondre in vini hemina potum , perniciem adferre tradit. Praeterea ejusdem decocti jus cum melle sumptura , Venerem inhibere. " ' H^)popotamo, vu. XXXI. Est crocodilo cognatio quaedam amnis ejusdem, geminique victus, cum hippopotame, repertore detra- hendi sanguinis, ut diximus. Plurimi autem super sa- ticam prfecturani. Hujus corii cinis cum aqua illitus, panos sanat : adeps frigidas febrcs : item fmum suflfitu. Dents e parte laeva dolores dentium , scarificatis gingi- vis. Pellis ejus e sinistra parte frontis in inguina adalli- gata, Venerem inhibet. Ejusdem cinis alopecias expie! . HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 89 dire de quelques auteurs, c'est un crocodile de terre, mais quia la peau plus blanche et plus mince. On le distingue surtout du crocodile par la disposition de ses cailles, qui vont de la queue la tte. Le plus grand est le scinque de l'Inde , puis celui d'Arabie. On les apporte sals. Sa tte et ses pieds, en breuvage dans du vin blanc, sont aphrodisiaques; mlangs avec du satyrium, de la graine d'ruca , chaque plante la dose d'une drachme , avec addition de deux drachmes de poivre , ils fournissent des. pastilles galement aphrodisiaques, et dont chacune doit peser la drachme. Les chairs des reins, en breuvage , au poids de deux oboles, avec de la myrrhe et du poivre , sont encore plus puissantes. Apelle donne comme spcifique des plaies faites par des traits empoisonns , le suc de ses chairs , soit avant , soit aprs l'accident. Il entre dans les antidotes les plus fameux. Bu dans une hmine de vin , plus forte dose qu'une drachme , il est mortel selon Sextius ; pris avec du miel, il est anti-aphrodisiaque. De l'hippopotame , 7. XXXI. Au crocodile touche l'hippopolame , qui vit avec lui dans les eaux du mme fleuve , et dont l'exem- ple , comme nous l'avons dit plus haut , a fait dcou- vrir la saigne. Il abonde au dessus du nome de Sais. La cendre de sa peau , dlaye dans l'eau , s'applique avec succs sur les panaris. Sa graisse , sa fiente , en fumigations, gurissent les fivres froides. Les scari- fications, opres sur les gencives avec les dents de gauche, font cesser l'odontalgie ; la peau de la partie gauche de la tte, attache sur l'aine, rprime l'amour, 90 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXVIIL Testiculi drachma ex aqua contra serpentes bibitur. Sanguine pictores utuntur. Lynce, vl XXXII. Peregrinae sunt et lyns , quse clarissime omnium quadrupedum cernunt. Ungues earum omnes cum corio exuri efficacissime in Carpalbo insula tra- dunt. Hoc cinere poto propudia virorum : ejusdem adspersu , feminarum libidines inhiberi : item pruritus corporum : urina , stillicidia vesicae. Itaque eam proti- nus terra pedibus adgesta obruere traditur. Eadem au- tem et jugulorum dolori monstrtur in remedio. Hacte- nus de externis. Medicinae communes ex animalibus feris , aut ejusdem generis placidis. Lactis usus , et observationes , liv. XXXIII. 9. Nuuc revertemur ad nostrum orbem : prlmumque communia animalium remdia atque eximia dicemus : sicuti de lactis usu. Utilissimum cuique ma- ternum. Concipere nutrices exitiosum est : hi sunt enim infantes, qui colostrati appellantur, densato lact in casei speciem. Est autem colostra , prima a partu spongiosa densitas lactis. Maxime autem alit quodcumque huma- num , mox caprinum : unde fortassis fabulae Jovem ita nutritum dixere. Dulcissimum ab hominis camelinum , efficacissimum ex asinis. Magnorum animalium et cor- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 91 et sa cendre rpare la chute des poils; une drachme de ses testicules, prise en poudre dans l'eau , gurit la mor- sure des serpens; son sang esi employ en peinture. Du lynx , 5. XXXII. Les lynx, les plus clairvoyans des quadru- pdes, sont aussi des animaux trangers. On donne, Carpathe, comme un remde excellent, la cendre de leurs ongles brls avec la peau. Prise l'intrieur, elle est anti- aphrodisiaque pour l'homme ; elle produit le mme effet sur la femme , pour peu qu'elle en rpande sur elle. Elle calme aussi les dmangeaisons. L'urine calme la dysurie ; aussi l'animal l'enterre-t-il l'aide de ses pieds. On l'indique aussi comme avantageuse dans les maux de gorge. Terminons ici l'article des animaux trangers. Remdes fournis par l'aniinal , soit sauvage , soit l'tat de domesticit. Usage du lait, et observations sur ses effets, 54. XXXIII. g. Revenons au monde romain. Nous com- mencefons par ces remdes la fois vulgaires et puis- sans , par exemple , le lait : le meilleur pour chaque homme, est le lait maternel. Il est fcheux que la nour- rice devienne enceinte ; les enfans qu'elle nourrit s'ap- pellent colostrats , parce que le lait de la nourrice est pris comme du fromage, car on nomme colostra ce premier lait pais et spongieux qui coule aprs l'accou- chement. Le lait humain est, de tous, le plus nourris- sant; vient ensuite celui de chvre, ce qui, peut-tre, a doun lieu la fable sur l'allaitement de Jupiter. Le plus doux aprs celui de femme, est celui de chameau ; 9 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. porum facilius redditur, Stomacho accommodatissimum caprinum, quoniam fronde magis, quam herba vescun- tur. Bubulum medicatius. Ovillum dulcius et magis alit, stomacho minus utile, quoniam est pinguius. Omne au- tem vernum aquatius aestivo , et de novellis : probatissi- mum vero, quod in ungue haeret, nec defluit. Innocen- tius decoctum , praecipue cum calculis marinis. Alvus maxime solvitur bubulo. Minus autem inflat quodeum- que decoctum. Usus lactis ad omnia utus exulcerata, maxime rens, vesicam, interanea, fauces, pulmones : foris pruritum cutis, eruptiones pituitae, post abstinentiam. Nam ut in Arcadia bubulum biberent phthisici , syntecticique , et cachectae, diximus in ratione herbarum. Sunt in- ter exempla , qui asininum bibendo liberati sint po- dagra , chira grave. Medici speciem unam addidere lactis generibus, quod schiston appellavere. Id fit hoc modo : fictili novo fervet caprinum maxime, ramisque ficulneis recentibus miscelur, additis totidem cyathis mulsi , quot sint heminae lactis. Quum fervet , ne cir- cumfundatur, prastat cyathus argeiteus cum irigida aqua demissus, ita ne quid infuudat : ablatum deinde igni, refrigeratione dividitur, et discedit srum a lact. Quidam et ipsuin srum jam mulso potentissimum, de- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 93 le plus fortifiant est le lait d'anesse. Celui ds grands animaux , et gnralement des grands corps , se digre facilement : le plus convenable l'estomac est le lait de chvre , parce que la chvre broute plus de feuilles que d'herbes. Le lait de vache est plus mdicinal ; celui de brebis, plus doux et plus nourrissant, quoique moins bon pour l'estomac, parce qu'il est trs-gras. Le lait est toujours plus aqueux au printemps qu'en t, surtout s'il provient du premier vert : le meilleur est celui qui reste sur l'ongle sans couler ; bouilli , surtout avec des cailloux de mer , il est meilleur. C'est le lait de vache qui relche le plus ; bu chaud , il est moins venteui. En breuvage , il est bon |)our toutes les parties ul- cres intrieurement, notamment pour les reins, la vessie, les entrailles, la gorge, les poumons; l'ext- rieur, aprs la dite, il calme les dmangeaisons et chasse les dartres. En Arcadie , on prend le lait de vache pour la phthisie, la consomption et les affections cachectiques , ce qu'on a vu dj l'article des plantes. Tl y a des exemples de goutte, aux pieds ou aux mains, guries par le lait d'anesse. Aux espces de lait ci-dessus mentionnes , les mdecins ont ajout le schists. En voici la recette. Faites bouillir, dans un pot de terre neuf, du lait, surtout du lait de chvre; remuez avec des branches de figuier frachement coupes ; ajoutez un cyathe de vin miell par hmine de lait. Lors de l'bullition , pour empcher le liquide de se rpandre, mettez-y un gobelet d'argent plein d'eau froide, et pre- nez garde qu'il n'en tombe dans le lait ; tir du feu , le lait se spare en se refroidissant ; le srum abandonne la crme: alors faites cuire le srum, dj puissant par 94 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVHI. coquunt ad tertias partes , et sub dio rfrigrant. Bibi- tur autem efHcacisslme heminis per intervalla singulis , diebus quinis : melius a polu gestari. Datur coniitiali- bus, melancholicis , paralytlcis, in lepris, elephantiasl , articulariis morbis. Infunditur quoque lac contra rosiones a medicamentis factas. Et si urat dysenteria , decoctum cum marinis la- pillis, aut cum ptisana hordeacea. Item ad rosiones in- testinorum, bubulum aut ovillum utilius. Recens quoque dysentericis infunditur : ad colum autem, crudum : item vulvae , et propter serpentium ictus : potisve pityocam- pes , buprestis , cantharidum , aut salamandrae venenis. Privatim bubulum bis qui colchicon biberint, aut cicu- tam, aut dorycnium, aut leporem marinum : sicut asi- ninum contra gypsum, et cerussam, et sulpbur, et ar- gentum vivum : item duras alvo in febri. Gargarizatur quoque faucibus exulceratis utilissime. Et bibitur ab im- becillitate vires recolligentibus , quos atrophos vocant : in febri etiam quae careat dolore capitis. Pueris ante cibum, lactis asinini heminam dari, aut si exitus cibi rosiones sentirent, antiqui in arcanis habuerunt: si hoc non esset^ caprini. Bubuli srum orthopnoicis prodest ante cetera , addito nasturtio. Inunguntur etiam oculi , in lactis heminis sesamae additis drachmis quatuor tritis in lippitudine. Caprino lienes sanantur, post bidui ine- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. g5 sa combinaison avec le vin miell, jusqu' rduction au tiers, puis laissez-le refroidir l'air. Ce lait se prend, avec beaucoup de succs , des intervalles rgls , la dose quotidienne d'une limine pendant cinq jours. Le mieux est de prendre de l'exercice aprs avoir bu. On le donne dans l'pilepsie, l'hypochondrie , la paralysie, la lpre, l'lphantiasis , et toute espce de goutte. En clystre, le lait est bon pour les rosions intes- tinales produites par dc^ drogues nergiques. Dans la dysenterie , on l'administre bouilli avec des cailloux de mer , ou de la tisane d'orge. Pour les rosions intes- tinales, c'est au lait de vache ou de brebis qu'il faut donner la prfrence. On le choisit frais pour les cly- stres dans la dysenterie ; cru , il est d'usage pour la colique, l'hystrie, la morsure des serpens , le venin des pityocampes , des buprestes , des cantharides et des salamandres. Le lait de vache est excellent , sur- tout pour ceux qui ont bu du suc de colchique , de cigu, de dorycnium, ou mang du livre marin. Celui de l'nesse est l'antidote du gypse, de la cruse , du soufre et du vif-argent. Il rsout les durets du bas- ventre , accompagnes de fivre ; on s^en gargarise avec avantage dans les inflammations de la gorge. On en fait boire ceux qui veulent reprendre des forces dans le cas d'puisement ou d'atrophie , ou dans la fivre sans mal de tte. On faisait jadis un mystre du r- gime qui consiste donner aux enfans une hmine de lait d'nesse avant le repas , ou lorsqu'ils sentent des rosions d'entrailles pendant les selles. A dfaut de lait d'nesse , celui de chvre suffit. Le srum du lait de vache, avec le cresson, est le meilleur remde pour l'asthme. On tuve les yeux chassieux dans une hmine 96 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. diam tertia die edera pastis capris , per t-riduum poto sine alio cibo. I^ctis usus alias contrarius capitis dolo- ribus, hepaticis, splenicis, nervorum vitio, febres ha- bentibus, vertigini, praeterquam purgationis gratia, gra- vedini, tussientibus, lippis. Suillum utilissimum teuesmo, dysenteriae , nec non phthisicis. Hoc et mulieribus salu- berrimum qui dicerent, fuerunt. . De caseis, xii. XXXIV. De generibus caseorum diximus, quum de uberibus singulisque animalium membris diceremus. Scxtius eosdem effectus equino , quos bubulo , tradit. Hune vocant hippacen. Stomacho utiles, qui non sint saisi, id est, rcentes. Veteres alvum sistunt, corpusque minuunt, stomacho utiliores : et in totum salsa minuunt corpus, alunt mollia. Caseus recens cum melle, sugillata emendat , mollis alvum sistit. Sedat tormina pastillis in vino austero decoctis , rursusque in patina toslis cum melle. Sapron vocant, qui cum sale et sorbis siccis e vino tritus potusque medetur cliacis. Genitalium car- bunculis c^prinus tritus et impositus : item acidus cum oxymelile. Maculis in balineo illitus oleo interlinitur. HISTOIRE NATURELLE, UV. XXVIII. 97 (le lait o l'on a mis quatre drachmes de ssame pil. Les maux de rate cdent un traitement de trois jours par le lait de chvre; mais, aprs deux jours de dite, la chvre doit tre nourrie, le troisime, avec du lierre. Du reste , l'usage du lait est contraire aux maux de tte , de foie , de rate , de nerfs , la fivre , aux va- peurs , moins qu'on ne veuille purger le malade ; aux fluxions , la toux , la faiblesse des yeux. Le lait de truie gurit le tnesme, la dysenterie et la phthisie; on l'a mme prconis comme trs-salutaire aux femmes. Des fromages, 12. XXXIV. Il a t parl des diverses sortes de fromage, en mme temps que des mamelles et des autres parties des animaux. Selon Sextius, le fromage de jument, vul- gairement hippace , a les qualits du fromage de vache. Non sals ou frais , tous sont bons pour l'estomac ; vieux, ils resserrent et amaigrissent, mais l'estomac s'en trouve mieux encore. Gnralement les salaisons dimi- nuent l'embonpoint augment par les alimens doux. Le fromage frais, avec du miel, enlve les taches de sang. Le fromage mou resserr; en pastilles cuites dans du vin vert, puis grilles siir un plat avec du miel, il apaise les tranches. Le fromage appel sapron, ptri avec du sel et des cormes sches dans du vin, est bon, en breu- vage, dans le flux cliaque. Le fromage de chvre, broy, s'applique avec succs sur les chancres des parties sexuelles; s'il est aigre, on y ajoute de l'oxymel. Au bain , il alterne avec l'huile pour enlever les taches du corps. XVII. 98 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Butyro, xxv. XXXV. E lact fit et hutyrum , barbararum gentlum lautissimus cibus , et qui divites a plbe discernt. Plu- rimum e bubulo, et inde nomen : pinguissimum ex ovi- bus. Fit et ex caprino, sed hieme, calfacto lacle : aestate, expresse tantum crebro jactatu in longis vasis, angusto foramine spiritum accipientibus sub ipso ore, alias prae- ligato. Additur paululum aquae , ut acescat. Quod est maxime coactum , in summo fluitat : id exemptum ad- dito sale, oxygala vocatur. Reliquum decoquunt in ollis. Ibi quod supernatat, butyrum est, oleosum natura. Quo magis virus resipit, hoc prstantius judicatur. Pluribus compositionibus miscetur inveteratum. Natura ejus ad- stringere, mollire, replere, purgare. Oxygala, i. XXXVI. Oxygala fit et alio modo, acido lact addito in recens quod velis inacescere, utilissimum stomacho. Effectus dicemus suis locis. Adips usus, et observationes , lu. XXXVII. Proxima in commun] bus adipi laus est, sed maxime suillo , apud antiquos etiam religiosius. Certe novae nupt intrantes, etiamnum sollemne habent postes HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVUI. 99 Du beurre, aS. XXXV. Du lait vient aussi le beurre , mets exquis chez les Barbares, et un de ceux qui distinguent les riches d'avec la foule ; d'ordinaire il se fait de lait de vache : de l son nom. La brebis en donne de trs-gras, la chvre de mme; mais, en hiver, il faut chauffer le lait : en t, il suffit de l'agiter fortement dans de longs vaisseaux qui ne reoivent l'air que par un trou troit pratiqu l'orifice , d'ailleurs bouch exactement. Un peu d'eau ajoute au lait le fait aigrir , la partie caille surnage ; on l'te, en y mettant du sel : c'est l'oxygala ; le reste est cuit dans des pots ; ce qui surnage ensuite est le beurre. Il est de nature huileuse; plus l'odeur est forte, et mieux on croit qu'il vaut. Vieux , il entre dans plu- sieurs compositioivs ; il est astringent, moUient, pur- gatif^ et remplit les ulcres. Pe l'oxygala , ou petit-lait , i . XXXVI. L'oxygala se fait encore autrement. On ajoute un peu de lait aigre dans le lait rcent, qu'on veut faire aigrir ; ainsi prpar , il est trs-bon pour l'estomac. Nous parlerons de ses effets en temps et lieu. Usages de la graisse , et observations , 52. XXXVII. A la tte des autres remdes communs figurent les graisses , surtout le lard , qui fut presque un objet sacr pour nos anctres; aujourd'hui mme, la nouvelle marie , en entrant dans la demeure conjugale, 7- loo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIH. eo attingere. Inveteratur duobus modis, aut cum sale, aut sincerus : tanto utilior, quanto sit vetustior. Axun- giam Graeci etiam appellavere jam in voluminibus suis. Neque est occulta virium causa, quoniam id animal herbarum radicibus vescitur. Itaque etiam frao innu- meri usus. Quamobrem non de alia loquimur sue : multo efficacior est femina, et qu non peperit. Multo vero prstantior in apris est. Usus igitur axungiae est ad emollienda , excalfacienda , discutienda , purgandaque. Medicorum aliqui admixto anseris adipe, taurorumque sevo et sypo, ad podagras uti jubent. Si voro perma- netdolor, cum cera, myrto, rsina, pice. Sincera axun- gia medetur ambustis vel nive : pernionibus autem cum hordei cinere et galla pari modo. Prodest et confricatis membris, itinerumque lassitudines et fatigationes levt. Ad tussim veterem recens decoquitur quadrantis pon- dre in vini cyathis tribus addito mell. Vtus etiam phthisin in pilulis sumpta sanat, qu sine sale invete- rala est. Omnino enim non nisi ad ea quae purganda sint, aut quae non sint exulcerata, salsa petitur. Quidam quadrants axungiae et mulsi in. vini cyathis tribus de- coquunt contra phthises , quarto quoque die picem li- quidam in ovo sumi jubent, circumligatis lateribus, et pectoribus, et scapulis eorum qui phthisin sentiunt. Tantaque est vis, ut gcnibus etiam adalligata, redeat in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVni. loi en frotte solennellement les jambages de la porte. On le fait rancir de deux manires, i<* avec du sel; 2** sans sel ; plus il est vieux , meilleur il est. 11 y a long-temps que les Grecs lui ont donn , dans leurs crits , le nom d'axonge. La cause de ses proprits est connue . c'est que le porc se nourrit de racines; aussi son fumier a-t-il mille usages (nous ne parlons ici que de l'espce dont la femelle fournit, surtout si elle n'a pas port, le lard le plus exquis, quoique celui du sanglier l'emporte encore). L'axonge est cmolliente, chauffante, rsolutive, mon- difaute; quelques mdecins la recommandent pour la goutte : on y mle alors la graisse d'oie , le suif de taureau , l'sypum, et, si le mal est tenace, de la cire, de la myrrhe, de la poix, de la rsine. Pure et non sale, l'axonge gurit les brlures, les engelures, mais il faut alors y joindre parties gales de cendres d'orge et de noix de galle. On l'emploie avec succs pour les cor- chures , les courbatures et les lassitudes. Pour la toux invtre , on fait cuire trois onces d'axonge frache dans trois cyathes de vin miell ; vieux , s'il s'est ranci sans sel , il fournit des pilules qui gurissent la phthisie ; car on ne doit employer la graisse et le lard sal que lorsqu'il faut purger, et qu'il n'y a pas d'ulcration. Quelques-uns font cuire , pour la phthisie , trois onces d'axonge et de vin miell dans trois cyathes de vin or- dinaire, y imbibent des compresses qu'ils attachent aux cts , l'estomac et aux paules des malades , et leur font prendre , de quatre en quatre jours , de la poix liquide dans un uf. Telle est la force de ce remde , mme appliqu aux genoux , que le got de l'axonge revient la bouche , et qu'on semble la cracher. L'axonge provenant d'une jeune truie- qui n'a pas I 102 C. PLINH HIST. NAT. LIB. XXVIH. os sapor, eamque exspuere videantur. E sue qu non peperit, aptissime utuntur ad cutem mulieres. Contra scabiem vero quivis , admixto jumentorum sevo , pro parte tertia, et pice, pariterque siibfervefactis. Sincera partus iil abortum vergentes nutrit, collyrii modo sub- dita. Cicatrices concolores facit cerussa admixta, vel ar- genti spuma. At cum sulphure , unguium scabritias emendat. Medetur et capillo fluenti; et ulceribus in ca- pite mulierum cum gallae parte quarta : et infumata pilis oculorum. Datur et phthisicis unciatim, cum vini veteris hemina decocta, donec trs unciae e toto restent. Aliqui et mellis exiguum adjiciunt. Panis illinitur cum calce, item furunculis, duritiaeque mammarum. Rupta, et convulsa , et luxata sanat. Clavos , et rimas , calli- que vitia , cum elleboro albo : parotidas admixta farina salsamentariae testae : quo gnre proficit et ad stru- mas. Pruritus et papulas in balineo perunctis tollit : alioque etiamnum modo podagricis prodest mixto oleo vetere, contrito una sarcophago lapide, et quin- quefolio tuso in vino, vel cum caice, vel cum cinere. Facit et peculiare emplastrum lxxv x ponderi centum spumae argenteae mixtis, utilissimum contra inflamma- tiones ulcerum. Adipe verrino inungi putant utile, quae- que serpant, illinire cum resiua. Antiqui maxime axibus vehiculorum perungeudis, ad faciliorem circumactum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. io3 port est d'un grand usage pour la peau des femmes. Tout saindoux avec un tiers de suif et de poix, le tout chauff ensemble, est bon pour la gale. L'axonge pure, administre en collyres, empche l'avortement; mle avec de la cruse ou de l'cume d'argent , elle donne aux cicatrices la couleur de la peau ; unie au soufre, elle gurit les envies , les crevasses ds ongles, 4Jr l'alopcie, les ulcres qui viennent la tte des femmes ; dans ces deux cas , il faut ajouter un quart de noix de galle; sche la fume, elle empche les cils de tomber. Les phthisiques la prennent, par once, cuite dans une hmine de vin vieux, jusqu' rduction de plus de la moiti; quelques-uns y joignent un peu de miel. Avec la chaux , elle donne un liniment utile pour les panaris, les furoncles , les durillons des mamelles ; seule, elle remdie aux crevasses, aux descentes, aux luxations; avec de l'ellbore blanc , aux clous , aux fractures , aux callosits ; avec de la poudre d'un pot de terre o aient sjourn des salaisons, aux parotides et aux crouelles. On s'en frotte , dans le bain , pour calmer les dman- geaisons et rsoudre les boutons. Avec de l'huile vieille, de la sarcophage en poudre , de la quintefeuille broye dans du vin ( on peut substituer de la chaux ou d la cendre), elle donne un bon liniment pour la goutte. Elle est la base d'un empltre o, pour soixante-quinze deniers d'axonge , on en fait entrer cent d'cume d'ar- gent : cet empltre est souverain pour les inflamma- tions d'ulcres. Le lard de verrat fournit aussi un onguent excellent pour les ulcres ; si l'ulcre est ron- geant, on ajoute de la rsine. Jadis on usait continuel- lement d'axonge pour graisser et faire tourner plus aisment les roues : de l le nom qu'elle porte encore. io4 C PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIU. rotarum utebantur : unde nonien : sic quoque utili me- dicina, cum illa ferrugine rotarum, ad sedis vitia viri- litatisque. Et per se axungiam medicl antiqui maxime probabant renibus detractam , exemptisque venis aqua caelesti fricabaiit crebro , decoquebantque fictili novo saepius, tum demiim adservantes. Convenit salsam magis emollire, excalfacere, discutera, utilioremque esse vino lotani. Masurius palmam lupiiio adipi ddisse antiquos tradit. Ideo novas nuptas illo perungere postes solitas, ne quid mali medicamenti inferretur. De sevo. XXXVIII. Quse ratio adipis, eadem in bis qu ru- minant svi est , aliis modis , non miuoris potentiae. Perficitur orane exemptis venis aqua marina vel salsa lotum , mox in pila tusum, adspersa marina. Crebro postea coquitur, donec odor omnis aboleatur. Mox adsi- duo sole ad candorem redqcitur. A renibus autem lau- datissimum est. Si vero vtus revocetur ad curam, lique- fieri prius jubent : mox frigida aqua lavari saepius, dein liquefacere adfuso vino quam odoratissimo. Eodemque modo iterum ac saepius coquunt , donec virus evanescat. Multi privatim sic taurorum, leonumque, ac panthera- rum , et camelorum pinguia curari jubent. Usus dicelur suis locis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII io5 Dans ce nouvel emploi , o elle se mle la rouille des roues, elle est devenue un remde pour les maux de l'anus et des organes mles de la gnration. Les mdecins nos anctres prisaient surtout l'axonge tire des reins de l'animal, aprs avoir enlev les veines : on lavait plusieurs fois le lard dans de l'eau pluviale , puis on le soumettait diverses cuissons dans un pot de terre neuf; on le gardait ensuite. On sait que, sale, l'axonge est plus anodine , plus chaude , plus rsolutive ; lave dans du vin, elle est encore plus utile. Selon Masurius, les anciens donnaient la palme la graisse de loup; aussi tait-ce de cette graisse que les nouvelles maries fiot- taient la porte de leurs poux , pour en carter les ma- lfices. Du suif. XXXVIII. Le suif des ruminans n'a pas moins d'ef- ficacit que le lard , quoique ses usages soient tout autres. La prparation commune tous consiste oler les veines et les fibres; laver dans l'eau marine ou sale; piler au mortier en y versant de l'eau de mer, puis faire cuire diverses reprises , jusqu' disparition totale d'o- deur ; enfin , faire blanchir au soleil. Le suif des reins est le plus estim. Pour employer le vieux suif comme mdicament , il faut d'abord le faire fondre , puis le laver plusieurs fois dans l'eau froide , puis le refondre , en l'arrosant d'un vin trs-parfum ; enfin le recuire quatre ou cinq fois ou plus , jusqu' ce qu'on ne sente, plus l'odeur de graisse. Beaucoup d'auteurs recomman- dent de prparer ainsi les graisses de buf , de lion , de panthre , de chameau. Chacune de ces prparations sera mentionne sa place. o6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVHI. De medulla. XXXIX. Communis et ratio medullarum est. Omnes moULunt , expient , siccant , excalfaciunt. Laudatissima cervina, raox vitulina, dein hircina, et caprina. Curan- tur ante autumnuni rcentes lotae, siccataeque in umbra : par cribrum dein liquatae, per lintea exprimuntur, ac reponuntur in fictili , locis frigidis. FeUe. XL. Inter omnia autem communia animalium vel praestantissimi efFectus fel est. Vis ejus excalfacere, mor- dere , scindere , extrahere , discutere. Minorum anima- lium subtilius intelligitur, et ideo ad oculorum medica- menta utilius existimatur. Taurino praecipua potentia , etiam in re pellibusque colore aureo ducendis. Omne autem curatur recens prligato ore lino crasso , de- missum in ferventem aquam semihora, mox siccatum sine sole, atque in melle conditum. Damnatur equinum , tantum inter venena : ideo flamini sacrorum equum tan- gere non licet, quum Romae publicis sacris equus etiam immoletur. . I ' Sanguine. XU. Quin et sanguis eorum septicam vim habet. Item equarum , praeterquam virginum , erodit , emargi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII 107 De la moelle. XXXIX. La moelle n'est pas d'un usage moins fr- quent. Toute moelle est molliente , siccative , chauf- fante, et remplit les trous des ulcres. Les plus estimes sont celles de cerf, puis de veau , puis de bouc et de chvre. On les prpare avant l'automne , en les lavant fraches encore, et les faisant scher l'ombre; ensuite on passe au tamis , on exprime travers des linges , et l'on met le produit en rserve dans des pots de terre, eu lieu froid. Du fiel. ^*' XL. De tous ces remdes tirs des animaux, l fiel est un des plus remarquables par ses proprits: il est chauffant, mordant, rsolutif; il divise, il tire lui. Celui des petits animaux passe pour le plus pntrant : aussi l'indique-t-on pour les maux d'yeux. Celui de buf est le plus nergique ; il sert mme de mordant pour dorer les cuirs et l'airain. Tout fiel se prpare l'tat frais ; l'orifice de la vsicule doit tre li avec du gros fil. Le fiel trempe une demi-heure dans l'eau bouillante, sche ensuite l'ombre, puis se garde dans du miel. On ne rejette que le fiel de cheval , qui passe pour tre un poison : c'est pour cette raison qu'il est dfendu au Jlamen de Jupiter de toucher un cheval , quoique cet animal figure comme victime dans les sacrifices. Du sang.. ' XLL Le sang de cheval est septique; le sang de ju- ment , moins qu'il ne vienne d'une bte non saillie , io8 C. PLmiI HIST. NAT. LIB. XXVIII. nat ulcra. Taurinus quidem recens inter venena est, excepta iEgira. Ibi enlm sacerdos Terrae vaticinatura , tauri sanguinetn bibit, prius quam in specum desceudat. Tantum potest sympathia illa, de qua loquimur, ut ali- quando religione , aut loco fit. Drusus tribunus plebei traditur caprinum bibisse , quum pallore et invidia ve- neni sibi dati insimulare Q. Caepionem inimicum vellet. Hircorum sanguini tanla vis est, ut ferramentorum sub- tilitas non alitei* acrius induretur, scabritia poliatur ve- hementius,'quam lima. Non igitur et sanguis animalium inter communia dici potest, et ideo suis quisque dicetur effectibus. Privatae ex animalibus medicinse digestae in morbos. Contra ser- pentes. Ex cervo; liinnuleo; opliioncj apro; capris, et hdis; asino. XLII. Digeremus enim in mala singula usus, pluri- mumque contra serpentes. Exitio his esse cervos nemo ignort, ut si quae sunt, extractas cavernis mandentes. Nec vero ipsi spirantesque tantum adversantur, sed membratim quoque. Fugari eas nidore cornu eorum si uratur, dictum est : at de summo gutture usts ossibus , congregari dicuntur. Pelles ejusdem animalis substratae, securos praestant ab eo metu somnos. Coagulum quoque ex aceto potum ab ictu : et si omnino tractatum sit ^ co HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 109 ronge les orifices des ulcres et les largit. Le sang frais du taureau est un poison , sauf Egire ; l , dit-on , la prtresse de la Terre, avant de descendre dans la caverne sacre pour rendre ses oracles, boit du- sang de taureau. Tel est le pouvoir de cette sympathie si souvent nomme, que quelquefois une prvention religieuse, un lieu, suf- fisent pour agir sur nous. Drusus, tribun du peuple, but, dit-on, du sang de chvre, lorsqu'il voulut im- puter son ennemi Qui n tus Cpion la pleur de son visage et l'odieux d'un empoisonnement. Le sang de bouc a une force telle , qu'il n'est point de trempe meil- leure pour le fer, et que la rouille produite par ce sang vaut mieux que la lime pour le polir. Mais , comme le sang des animaux ne peut tre rang parmi les remdes gnraux, nous allons examiner les vertus spciales de chaque espce. Remdes particuliers tirs des animaux , et classs par ordre de maladies. Contre les serpens. Du cerf; du chevreau ; de l'ophion ; du sanglier ; de la chvre et du bouc ; de l'ne. XLII. Classons , d'aprs les maladies , les remdes dont on use , et , d'abord, parlons des serpens. Personne n'ignore que ces reptiles ont pour ennemis les cerfs , qui les tirent de leurs trous pour les dvorer. Inanims et isols , les membres du cerf ne sont pas moins re- doutables. La fume de leur corne brle les met en fuite ; au contraire , que l'on brle les os suprieurs du gosier de l'animal , les serpens se rassemblent. tendu sur des peaux de cerfs, on peut dormir sans craindre l'approche de ces reptiles. Si l'on a t piqu par un d'eux , on boit avec succs de la prsure de cerf dans du vinaigre. Le simple contact met pour tout le jour MO c. PLmn fflST. NAT. LiB. xxvm. die non ferit serpens. Testes quoque ejus inveterati, vel gnitale maris , salutariter dantur in vino : item venter, quem centipellionem vocant. Fugiunt et omnino dentem cervi habentes , aut meduUa perunctos , sevove cervi tacta aut vituli. Summis autem remediis praefertur hin- nulei coagulum , matris utero exsecti , t iudicavimus. Sanguine quoque cervino, si una urantur dracontion, et cunilago , et anchusa lentisci ligno , contrahi ser- pentes tradunt. Dissipari deinde , si sanguine detracto adjiciatur pyrethrum. Invenio apud auctores graecos animal cervo minus, et pilo demum simile, quod ophion vocaretur. Sardi- niam id tantum ferre solitam. Hoc interiisse arbitror, et ideo medicinas ex eo omitto. lo. Apri quoque cerebrum contra eas laudatur cum sanguine. Jecur etiam inveteratum cum ruta potum ex vino. Item adeps , cum melle resinaque. Simili modo verrinum jecur, et fellis dumtaxat fibra, x quatuor pon- dre , vel cerebrum in vino potum. Caprarum cornu vel pilis accensis , fugari serpentes dicunt , cineremque e cornu potum vel illitum contra ictus valere ; item lactis haustus cum uva taminia , vel urin cura aceto scillite : caseum caprinum cum origano impositum , vel sevum cum cera. Millia praeterea remediorum ex eo animli demonstrantur, sicut apparebit : quod equidem miror, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. m l'abri de pareilles morsures. On se trouve bien aussi de prendre dans du vin les testicules ou l'organe mle du cerf dessch , ainsi que l'estomac , dit centipellio. On fait fuir les serpens en portant sur soi une dent de cerf, ou en se frottant de moelle ou de graisse , soit de cerf, soit de veau. Il n'est pas de clbre remde qui ne le cde la prsure d'un faon tir du sein de la mre par l'opration csarienne. Le sang de cerf, brl un feu de bois de lentisque, avec du dracontium, du cu- nilago , de l'anchuse , fait rassembler les serpens ; ils se sparent ds que l'on te le sang pour lui substituer du pyrthre. On lit dans des auteurs grecs , que l'ophion , moins grand que le cerf, auquel il ressemble d'ailleurs par son pelage, ne se trouve qu'en Sardaigne. Je crois qu'il n'existe plus aujourd'hui , et j'omets h. dessein les remdes que la science en tirait. lo. La cervelle, ainsi que le sang du sanglier, ne sont pas moins efficaces contre les serpens. Son foie^ sch et bu dans du vin avec du suc de rue ; sa graisse, mle avec du miel et de la rsine , ont la mme vertu. On en dit autant du foie de cochon et des fibres de son fiel pris la dose de quatre deniers, ainsi que de sa cer- velle avale dans du vin. On carte encore les serpens en faisant brler de la corne ou des poils de chvre. En breuvage ou en liniment , la cendre gurit leur mor- sure. -Du lait avec le taminia , ou bien l'urine avec du vinaigre scillitique , ou bien encore une application de fromage de chvre avec de l'origan , ou de suif avec de la cire, remdient l'accident. On vante encore, comme nous le verrons , mille autres remdes tirs de 112 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVHI. quum febri negetur carere. Amplior potetitia feris ejusdem generis, quod numerosissimum esse diximiis. Alia vero et hircis. Democritus etiamnum efFectus ejus auget , qui singularis natus sit. Fimo quoque caprarum ia aceto decocto illini ictus serpentium placet, et re- centis cinere in vino : atque in totum difficilius se re- colligentes a serpentium ictu , in caprilibus optime coq- valescunt. Qui efficacius volunt mederi , occisae caprae alvum dissectam cum fimo.intus reperto statim illigant. Alii carnem recentem hdorum pilo suffiunt, eodem- que nidore fugant serpentes. Utuntur et pelle eorum rcente ad plagas , carne et fimo equi in agro pasti , coagulo leporis ex aceto, contraque scorpionem et mu- rem araneu m. Aiunt autem non feriri leporis coagulo perunctos. A scorpine percussis , fimum caprae effica- cius cum aceto decoctum auxiliatur : lardum jusque de'cocti potum his, qui buprestim hauserint. Quinetiam si quis asino in aurem percussum a scorpine se dicat , transire malum protinus tradunt : venenataque omnia accenso ejus pulmone fugere. Et fimo vituli suffiri per- cussos a scorpine prodest. HISTOIRE NA.TURELLE, LIV. XXVIII. ii3 la chvre ; ce qui m'tonne , vu que jamais , dit-on , ce quadrupde n'est sans fivre. Les animaux de la mme famille, et cette famille est trs-nombreuse, ont encore des proprits plus puissantes; les boucs en ont de par- ticulires. Selon Dmocrite, l'animal fruit unique d'une porte exerce plus d'influence que les autres. On frotte avec succs les plaies faites par un serpent, avec des crottes de chvre bouillies dans du vinaigre, et de la cendre des mmes crottes fraches dans du vin. Ceux qui , piqus par un serpent , ont de la peine repren- dre la sant , gurissent plus vite dans une table chvres. Ceux qui veulent dcider encore mieux la gu- rison , attachent sur la plaie , avec ce qui s'y trouve d'excrmens , les intestins d'une chvre tue exprs ; d'autres brlent de la chair frache de chevreau avec le poil : cette fumigation expulse les serpens. On ap- plique aussi , tant sur les piqres du scorpion et de la musaraigne , que sur les plaies faites par un serpent, de la' peau rcente de chevreau ou de chvre , et des crottes de cheval nourri dans les champs ; quelque- fois on fait prendre du coagulum de livre dans du vinaigre : ceux qui s'en frottent sont mme , dit-on , l'abri de toute piqre venimeuse. Quant ceux qui ont t piqus par un scorpion , le remde souverain est la crotte de cheval bouillie dans du vinaigre. On prescrit, ceux qui ont aval une cantharide, du lard et du bouillon de chair de porc. On ajoute qu'il suffit de dire dans l'oreille un ne , qu'on a t piqu par un scorpion, pour que le mal passe l'heure mn)e; et qu'en brlant le poumon de cet animal , on chasse toutes les btes venimeuses. On fait aussi arriver sur les morsures de scorpion des fumigations de fiente de veau, xvri. 8 1*4 C. PLINII HTST. NAT. LIB. XXVIII. Contra caflis rabidi morsus. Ex vitiilo , hirco , diversis anima- libus. XLIII. Canis rabiosi morsu facta vulnera circumci- dunt ad vivas usque partes quidam , carnemque vituli admovent, et jus ex eodem carnis decoct dant potui, aut axungiam cum calce tusam. Hirci jecore imposito, ne tentari quidem aqua metu adfirmant. Laudant et caprae fimUm ex vino illltum, : melis , et cuculi , et hirundinis decoctum et potum. Ad reliquos besfiarum morsus caprinum caseum siccum cum origano imponunt, et bibi jubent : ad hominis morsus carnem bubulam coctam , effcacius vituH , si non ante quintum diem solvant. Contra veneficia. XLiy. Venefciis rostrum lupi resistere inveteratura aiunt , ob idque villarum portis prsefigunt. Hoc idem praestare et p^ellis e cervice solida existimatur : quippe tanta vis est animalis, prter ea quse retulimus, ut vesti- gia ejus calcata equis adferant torporem. *" '.^ " <:,' Contra venena. X.LV. lis qui argentum vivum biberint, lardum re- HISTOIRE NATUTtELLK, TJV: XXVIII. it3 Contre la morsure du chien enrag. Remdes tirs du veau , du bouc , de divers animaux. XLIII. Quelques praticiens font des incisions jus- qu'au vif autour des plaies , suites de la morsure d'un chien enrag, et y appliquent de la chair de veau ; aprs quoi ils font boire au malade du bouillon de veau , ou lui font avaler de l'axonge pile avec de la chaux. , Un foie de bouc, appliqu sur la plaie, prvient ^hy- drophobie. On vante aussi les crottes de chvre, dlayes dans le vin. On recommande de faire cuire ensemble une fouine, un coucou, une hirondelle, et d'en boire le suc. Pour toute autre morsure , on applique sur la plaie du fromage de chvre sec, avec de l'origan, et Ton fait prendre en mme temps ces substances en breuvage. Les morsures d'homme cdent l'application d'une tranche de buf cuit. Si la suppuration ne s'tablit (jue le cinquime jour, on emploie le veau. Contre les enchantemens. XLIV. Un mufle de loup , sch , prserve , dit-on , de tout malfice; de l l'usage d'en clouer la porte des maisons de campagne. La peau de la tte a la mme vertu : car telle est la force occulte de cet animal, que, sans revenir sur les merveilles dj mentionnes , nous dirons qu'un cheval , dont les jambes posent sur ses traces , sent un engourdissement qui arrte sa course. Contre les poisons. XLV. L'antidote du vif-argent, pris l'intrieur, est 8. ii6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. medio est. Asinino lact poto venena restinguuntur, pe- culiariter si hyoscyamum potuni sit , aut viscum , aut cicuta,.aut lepus marinus, aut opocarpathum, aut pha- ricon , aut dorycnium , et si coagulum alicui nocuerit : iiam id quoque venenum est prima lactis coagulatione. Multos ejus et alios usus diceraus. Sed meminisse opor- tebit recenti utendum, aut non multo postea tepefacto. Nullum enim celerius evanescit. Ossa quoque asini con- fracta et decocta, contra leporis marini venenum dantur. Omuia eadem onagris eflficaciora. De equiferis non scripserunt Grci , quoniam terrae ill non gignebant. Verumtamen fortiora omnia eadem, quam in equis intelligi debent. Lact equino venena le- poris marini , et toxica expugnantur. Nec uros aut bisontes habuerunt Graeci in experimen- tis, quamquam bove fero refertis Indiae silvis : portione tamen eadem efficaciora omnia ex his credi par est. Sic quoque lact bubulo cuncta venena expugnari tradunt , maxime supra dicta : et si ephemerum impactum sit : aut si cantliarides dat, vomitione omnia egeri : sic et caprino jure cantharidas. Contra ea vero quae exulce- ratione enecant, sbum vitulinum vel bubulum auxilia- tur. Nam contra sanguisugas potas butyrum remedio est, cum aceto ferro calfacto : quod et per se prodest contra venena. Nam si oleum non sit, vicem ejus re- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 117 le lard fondu. Le lait d'nesse neutralise l'axtiou des poisons, notamment de la jusquiame, du gui, de la cigu , du livre-marin , de l'opocarpathe , du pharicon , du dorycnium et du lait qui est caill dans l'estomac (car lorsque ce phnomne a lieu pour la premire fois , il y a empoisonnement). Nous indiquerons bien d'autres usages du lait; mais on doit songer qu'il faut faire choix de lait frais , ou chauff trs-peu de temps aprs avoir t tir , car il est trs-prompt s'venter. Au venin du livre-marin , on oppose aussi des os d'ne con- casss et bouillis; ceux de l'ne sauvage ont surtout de la vertu. Les Grecs n'ont rien dit du cheval sauvage , parce qu'il ne s'en trouvait pas dans leur pays. Cependant on peut penser que les proprits du cheval se retrouvent un plus haut degr dans le cheval sauvage. Le lait de cavale est l'antidote du vnin du livre-marin , et des prparations artificielles. Les Grecs ignoraient aussi les vertus mdicinales des bufs sauvages ou bisons , dont sont remplies les forts de l'Inde. Il y a lieu de croire pourtant, que tout , chez ces animaux , est plus efficace , mdicalement parlant , que chez le buf domestique. Du reste, le lait de vache combat tous les poisons , principalement ceux dont on vient de parler. Si mme on a pris de l'phmre ou des cantharides , ce lait les fait rejeter. Le bouillon de chvre a la mme vertu. Quant aux poisons qui tuent par ulcrations , on a recours au suif de veau ou de buf. Le remde contre les sangsues avales, est le beurre avec du vinaigre, o l'on a teint un fer rouge. C'en est un mme pour tout poison, puisqu'on l'emploie dfaut d'huile. Ml avec du miel , il gurit la piqre des che- ii8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. praesentat,' Multipidae morsus cum melle sanat. Omasi quoque jure poto venena supra dicta expugnari putant, privatim vero aconita et cicuts : itemque vitulino sevo. Caprinus caseus recens , his qui viscum biberint : lac vero contra cantharidas remedio est, et contra ephemeri potum cum taminia uva. Sanguis caprinus decoctus cum medulla contra toxica venena sumitur : hdinus contra reliqua. Coagulum hdi contra viscum, et cha- mleonem album , sanguinemque taurinum , contra quem et leporis coagulum est ex aceto. Contra paslina- cam vero et omnium marinorum ictus vel morsus , coagulum leporis, vel hdi, vel agni , drachraae pon- dre ex vino. Leporis coagulum et contra venena addi- tur antidotis. Papilio quoque lucernarum luminibus advolans , iuter mala medicamenta numeratur. Huic contrarium est jecur caprinum : sicut fel veneficiis ex mustela rustica factis. Hinc deinde revertemur ad gnera morborum. Ad caput, et alopecias. XtVI. II. Capilli defluvia ursinus adeps admixto ladano et adianto continet, alopeciasque emendat, et raritatem superciliorum , cum fungis lucernarum , -ac fuligine , qnae est in rostris earum. Porrigini cum vino prodest. Ad hauc et cornus cervini cinis e vino, utque non taedia auimaliuin capillis inrescant. Item fel capri- HISTOIRE NATURELI^Ei.tlV. XXVIII. iig nilles. Le bouillon de tripes ol lo suif de veau neutra- lisent tous les poisons dont on vient de parler, surtout l'aconit et la cigu. Le fromage de chvre frais est bon pour ceux qui ont aval de la glu. Le lait de chvre , avec du raisin des bois, remdie l'ingestion de cantha- rides ou d'phmre ; le sang de chvre , cuit avec la moelle de l'animal , est un bon remde contre les venins dont on frotte les flches. Le sang de chevreau est bon dans tout autre empoisonnement. La prsure du che- vreau est l'antidote de la glu dite camlon blanc , et du sang de taureau; ce dernier a encore pour contre-poison la prsure de livre dans du vinaigre. La mme prsure, ou celle d'agneau ou de chevreau, gurit du venin de la pastenague, ainsi que des coups ou morsures des au- tres animaux marins; on en prend une drachme dans du vin. On la fait entrer aussi dans les prparations anti- vnneuses. Parmi les insectes venimeux , figure le pa- pillon qui vole la lumire des lampes ; le remde sou- verain est le foie de chvre ; le fiel prserve des malfices faits avec la belette des champs. Revenons la classifi- cation mthodique des maladies. Pour la tte et les alopcies. XLVL 1 1. L'alopcie est arrte par la graisse d'ours, avec mlange de ladanum et d'adiante; la calvitie, le peu d'abondance de poiJs aux sourcils , se traitent aussi par la graisse d'ours , mais avec les champignons des lampes et la suie qui se trouve leur bec. La mme graisse, avec du vin, enlve la teigne. On emploie dans le mme but, pour arrter sur la tte l'accroissement d'une population incommode , la cendre de corne de 1^ io C. PLIlVn HIST. NAT. LIB- XXVIII. uum cum creta cimolia et aceto, sic ut paulum capiti inarescant. Item fel scrofinum cum urina tauri. Si vero vtus sit, etiam furfures adjecto sulphure emendat. Ci- nere genitalis asinini spissari capillum putant, et a ca- nitie vindicari , si rasis illinatur, plumboque tritus cum oleo. Densari et asiaini pujli cum urina : admiscentque nardum fastidii gratia. Alopecias felle tauriuo cum gyptio alumine tepefactis illinunt. Capitis ulcra manantia urina tauri efficaciter sanat : item hominis vtus, si cyclaminum adjiciatur, et sul- phur. Effcacius tamen et vitulinum fel : quo cum aceto calfacto et iendes tolluntur. Sevum vitulinum cum sale tritum, capitis ulceribus utilissimum. Lau- datur et vulpium adeps , sed praecipue felis fmum cum sinapis pari modo illitum. Caprini cornus farina vel cinis , magisque hircini, addito nitro et tamaricis se- mine, et butyro oleoque, prius capite raso, mire con- tinent ita fluentem capillum. Sicuti carnis cinere ex oleo illito supercilia nigrescunt. Lact caprino Iendes tolli tradunt : fimo cum melle alopecias expleri : item ungula- rum cinere cum pice, fluentem capillum contineri. Le- porinus cinis cum oleo myrteo capitis dolorem sedat : 4tem aqua pota, qu e bovis aut asini potu relicta est : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 121 cerf dans le vin , ou bien du fiel de chvre avec de la craie cimolienne et du vinaigre , qu'on laisse scher sur la tte, ou enfin du fiel de truie, ml avec de l'urine de taureau. Si ce dernier est vieux, joint au soufre il ^ nettoie toutes les ordures de la tte. On assure que la cendre de l'organe mle d'un ne , broy avec de l'huile n dans du plomb , puis tendu sur la tte rase , rend ' la chevelure plus touffue et i'empche de blanchir. On obtient le mme effet , dit-on , en mlant du nard l'urine d'non , pour la rendre moins dgotante. Dans une autre composition pour les cheveux , entrent du fiel de taureau et de l'alun d'Egypte , chauffs en- semble. I/urine de taureau gurit les ulcres purulens de la tte. L'urine humaine un peu vieille, avec le cyclamen et le soufre, fournit aussi un remde estim. On se trouve mieux encore du fiel de veau : chauffe avec du vinaigre , cette substance tue jusqu'aux lentes. Aux ulcres de la tte , on oppose le suif de veau , broy avec du sel. On prconise aussi la graisse de renard et surtout la fiente de chat en liniment, avec gale portion de poivre. La cendre ou la poudre de corne de chvre, et mieux encore de bouc, avec du nitre, de la graine de tamarin , do beurre , de l'huile , s'applique avec un succs merveilleux sur la tte rase , pour empcher la chute des cheveux. La cendre de leur chair , avec de l'huile, noircit les sourcils qu'on en frotte. Le lait de chvre tue les lentes; sa fiente, avec le miel, fait re- venir le poil dans les endroits glabres. La cendre de la corne de ses pieds , avec de la poix, arrte la chute des cheveux; celle de chair de livre, avec de l'huile de myrte, dissipe les maux de tte. On peut employer aiissi M 12 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. et, si ci'edinius, vulpis masculae gnitale circumligatum : cornus cervini cinis illitus ex aceto, aut rosaceo, aut ex irino. ? Ad oculorum vitia. V XL VII. Oculorum epiphoras bubulo sevo cum oleo cocto illinunt. Cervini cornus cinere scabritias eorum- dem inungunt : mucrones autem ipsos efficaciores pu- tant. Lupi excrementis cirumlini suffusiones prodest. Cinere eorum cum attico melle inungi obscuritates : item felle ursino. Epinyctidas, adipe aprugno cum rosaceo. Ungulse asinin cinis inunctus e suo lact, cicatrices oculorum , et albugines toUit. Medulla bubula e dextro crure priore trita cum fuligiue, pilis, et palpebrarum vitiis anguloruiTique occurrit : calliblephari modo fuligo in hoc usu lemperatur ; optime ellychnio papyraceo, oleoque sesamino, fuligine in novum vas pennis detersa. Efcacissime tamen evulsos ibi pilos coercet. Felle tauri cum ovi albo, collyHa fiunt, aquaque dissoluta inuu- gunt per quatriduum. Sevum vituli cum anseris adipe et ocimi succo, genarum vitiis aptissimum est. Ejusdeni meduUae cum pari pondre cer et olei vel rosacei , addilo ovo , duritiae genarum illinuntur. Caseo molli capriuo imposito ex aqua calida epiphorae sedautur : si I M HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. la? l'eau qui reste de la boisson d'un buf ou d'un ne. Quel- ques auteurs recommandent de se faire un bandeau de l'organe mle de la gnration d'un renard. On se frotte, dans le mme but, de cendres d cornes de cerf in- corpores dans du vinaigre, de l'huile rosat ou de l'huile d'iris. Pour les affections de l'il. XL VII. Pour les inflammations d'yeux , on prescrit un liniment de suif de buf cuit dans l'huile ; les ul- cres qui s'y forment se gurissent par la cendre de cornes de cerf: les pointes oprent plus efficacement cncorci Dans les cas de fluxions , on se frotte les yeux de fiente de loup ; si la vue est trouble, elle se rtablit par la cendre de cette fiente avec du miel attique ou du fiel d'ours. Les pinyctides cdent la graisse de sanglier dans de l'huile rosat. La cendre du sabot d'nesse , mle avec du lait de l'animal , fait disparatre les taies et les cicatrices. La moelle de la jambe antrieure droite d'un buf, broye avec de la suie, empche les cils de devenir trop pais, et dissipe les maux qui viennent au coin des yeux : on en forme une espce de callibl- phare. La meilleure suie est celle que donnent les mches de papyrus et l'huile de ssame , brles ensemble dans un vaisseau neuf, d'o on l'enlve au pinceau : elle est excellente pour empcher les poils qu'on a arrachs de repousser trop pais. On fait des collyres de fiel de taureau avec un blanc d'uf, le tout dlay dans l'eau, et l'on s'en frotte durant quatre jours. Le suif de veau , avec la graisse d'oie et le suc de basilic , est trs-bon pour les maladies des paupires ; la moelle , avec poids gal de cire , d'huile d'olive ou d'Iiuile rosat , et l'ad- 124 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. tumor sit , ex melle. Utrumque vero sero calido foven- dum. Sicca lippitudo, lumbulis suum exustis atque con- tritis, et impositis tollitur. Capras negant lippire, quoniam eae quasdam herbas edant : item dorcadas : et ob id fimum earum cera cir- cumdatum nova luna devorare jubent. Et quoniam noctu aeque quoque cernant, sanguine hircino sanari lusciosos putant , nyctalopas a Graecis dictos : capr vero jocinere, in vino austero decocto. Quidam inas- sati jocineris sanie inungunt, aut felle capr, carnes- que eas vesci , et dum coquantur oculos vaporari his praecipiunt. Id quoque referre arbitrantur, ut rutili coloris fuerit. Volunt et pculos suffiri, jocinere in ollis decocto : quidam inassato. Fel quidem caprinum plu- ribus modis adsumunt : cum melle, contra caligines : cum veratri candidi tertia parte , contra glaucomata : cum vino, contra cicatrices, et albugines, et cali- gines , et pterygia , et argema : ad palpebras vero evulso prius pilo, cum succo oleris, ita ut uuctio ina- rescat. Contra ruptas tuniculas , cum lact mulieris. Ad omnia inveteratum fel efficacius putant. Nec abdicant fimum ex melle illitum , epiphoris : contraque dolores , rnedullara : item pulmonem leporis. Et ad caligines fel m / 1 ' H I ' H ) ! I ! i 1 ' ! / I / HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. laS dition d'un uf, forme une pommade pour les pe- tites cailles des paupires. On adoucit les inflamma- tions d'yeux par l'application du fromage de chvre , mou, dans de l'eau chaude, et, s'il y a tumeur, dans du miel ; dans l'un et l'autre cas , on tuve avec du petit-lait chaud. La chassie sche se gurit par l'appli- cation de rognons de porc brls et broys. Les chvres n'ont, dit-on, jamais mal aux yeux, parce qu'elles mangent certaines herbes; il en est de mme des chevreuils : en consquence, on a fait de leurs crottes des pilules enveloppes dans de la cire, et qu'on fait pren- dre la nouvelle lune. Comme ces animaux voient la nuit aussi bien que le jour, on veut que le sang de bouc gurisse la nyctalopie; le mme effet est produit par le foie de chvre cuit dans du gros vin ; quelquefois on frotte les yeux du suc de ce foie rti sur les charbons, ou avec du fiel de chvre : on fait aussi manger le foie, et l'on recommande au malade d'en recevoir, pendant qu'il cuit , la fume dans les yeux. On attache mme de l'importance la couleur du foie, qui doit tre roux. On conseille encore des fumigations pour les yeux, en faisant bouillir, et, selon quelques autres, rtir ce foie dans un pot de terre. Le fiel de chvre s'emploie di- vers usages : i<* avec du miel , pour les obscurcissemens de la vue ; i avec un tiers d'ellbore blanc , pour le glaucome; 3 avec du vin, pour l'argema, les ptrygies, les nuages , les taies et les cicatrices ; 4** avec du suc de chou, comme lii)iment des paupires, dont, au pralable, on arrache les poils, et sur lesquelles on le laisse scher; 5 avec du lait de femme, pour les raillemens des yeux. Dans tous ces cas, le fiel un peu vieux est regard comme le meilleur. On prescrit aussi , pour les fluxions, la fiente J / M n6 C. PLINn HTST NAT. LIB. XXVIII. cum psso aut melle. Lupino quoque adipe, vel medulla suum , fricari ociilos contra lippitudines praecipiunt. Nam vulpinam linguam habentes in armilla, lippituros negant. Ad niirium dolores , et vitia. XLVIIL Aurium dolori et vitiis medetur urina apfi in vitro servata : fel apri vel suis , vel bubulum cum oleo cicino et rosaceo quis portionibus. Praecipue vero taurinum , cum porri succo tepidum , vel cum melle , si suppuret. Con traque odorem gravem per se tepefactum in malicorio. In ea parte rupta cum lact mulierum ef- caciter sanat. Quidam etiam ingravatas aures sic per- luendas putant. Alii cum senecta serpentium et aceto includunt lana collutas ante calida aqua. Aut si major sit gravitas aurium , fel cum myrrha et ruta in malico- rio excalfactum infundunt : lardum quoque pingue : item fimum asini recens cura rosaceo instillatur : omniaque ea tepefacta. Utilior equi spuma, vel equini fimi recentis cinis cum rosaceo, Sevum bubulum cum adipe anserino, butyruih recens. Urina caprae , vel tauii , aut fullonia vtus calfacta , vapore per lagenae coUum subeunte. Admiscent et aceti tertiam partem : et aliquid urinae vituli, qui nondum herbam gustaverit. Fimum etiam Il I /,! \ HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 127 de chvre avec du miel, en liniment; et contre les dou- leurs qu'elles causent, la moelle de chvre ou le poumon de livre : si la vue est trouble, le fiel de livre, dans du vin cuit ou du miel , rtablit l'organe. On vante en- core , pour la chassie , la graisse de loup ou la graisse de porc en liniment. Une langue de renard, en bracelet , prserve de toute affection ophthalmique. Pour les maux et les affections de l'oreille. XLVIII. Pour les douleurs et maux d'oreilles, on re- commande l'urine de sanglier garde dans un vaisseau de verre. Le fiel de porc ou de sanglier, ou mme celui de buf, avec de l'huile de ricin et de l'huile rosat, par por- tions gales , produisent le mme effet. C'est surtout le fiel de taureau qu'on emploie avec succs : il faut le chauffer avec du suc de porreau, et, s'il y a suppura- tion, avec du miel : seul, chauff dans une corce de grenade, il dissipe la mauvaise odeur des oreilles; avec du lait de femme, il gurit les dchirures du mme or- gane : quelques mdecins veulent qu'on s'en bassine les oreilles, si l'on a l'oue dure; d'autres lavent les oreilles avec de l'eau chaude , puis font appliquer un empltre de fiel , de vinaigre et de vieille peau de serpent, en- velopp dans de la laine. Si la surdit est considrable, on fait chauffer le fiel dans une corce de grenade, et on l'introduit dans l'organe, avec de la myrrhe et de la rue ; on y injecte aussi du lard gras et du crottin d'ne frais avec de l'huile rosat, le tout tide. Mieux valent encore l'cume de cheval ou les cendres de crottes de cheval avec de l'huile rosat ; on use aussi de suif de buf avec de la graisse d'oie, de beurre frais , d'urine {'} / I / M 128 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. mixto felle ejusdem. Etcutem, quam relinquunt angues, excalfactis prius auribus. Lana autem medicamina ea includuntur. Prodest et sevum vituli cum anseris adipe, et ocimi succo : ejusdem medulla admixto cumino trito infusa. Virus verrinum e scrofa exceptum priusquam terram attingat, contra dolores. Auribus fractis gluti- num e naturis vitulorum factum , et in aqua liquatum. Aliis vitiis adeps vulpium. Item fel caprinum cum rosa- ceo tepido, aut porri succo : aut si slnt rupta ibi ali- qua , e lact mulieris. Si gravitas sit audiendi , fel bu- bulum cum urina caprae , vel hirci , vel si pus sit. In quocumque autem iisu putant haec efficaciora in cornu caprino per dies viginti infumata. Laudant et coagulum leporis tertia denarii parte, dimidiaque sacopeni in ammi- neo vino. Parotidas ursinus adeps comprimit pari pon- dre cerae et taurini svi. Addunt quidam hypocisthi- dem : et per se butyrum illitum , si prius foveantur feni grci decocti succo. Efficacius cum strychno. Prosunt et vulpium testes , et taurinus sanguis aridus tritus. Urina caprae calfacta instillata auribus : fimumque ejusdem cum axungia illitum. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. lag de clivre ou de taureau , ou de vieille urine de foulon chauffe au point de faire sortir la vapeur par le col du bocal; on ajoute un tiers de vinaigre, avec un tiers d'urine de veau qui n'ait pas encore got d'herbe. On applique aussi aux oreilles, aprs les avoir chauffes, un mlange de bouse et de fiel de veau , avec la dpouille d'un serpent , le tout envelopp dans de la laine. On emploie aussi avec avantage, pour les maux d'oreilles , du suif de veau avec graisse d'oie et- suc de basilic; des injections de moelle de veau avec du cumin broy , et du sperme de verrat recueilli sous la truie avant qu'il soit tomb terre. Aux dchirures d'oreilles , on ap- plique une colle de testicules de veau ; cette colle doit tre dlaye dans l'eau. Pour les autres maux de cet or- gane, on emploie surtout la graisse de renard , le fiel de chvre, avec de l'huile rosat tide, ou du jus de porreau, et , s'il y a quelque partie dchire , avec du lait de femme. Si l'on a l'oue dure , on applique du fiel de buf avec de l'urine de chvre ou de bouc ; mme pro- cd , si l'oreille rend du pus : dans tous les cas ci- dessus, on regarde les remdes comme plus efficaces, si on les fume vingt jours de suite dans la corne d'une chvre. On recommande aussi la prsure de livre la dose d'un tiers de denier, avec un sixime de denier de sacopenum , dans du vin aminen. La graisse d'ours , avec poids gal de cire et de suif de taureau , dissipe les glandes des oreilles. Quelques-uns ajoutent ce re- mde de l'hypocisthide et du beurre , sans autre addi- tion ; mais il faut pralablement bassiner chaud les oreilles avec une dcoction de fenugrec, et mieux encore avec le strychnos. On emploie aussi avec succs les tes- ticules de renard et le sang de taureau sec , en poudre ; XVII. Q i3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVni. Ad dentium dolores. XLIX. Deutes mobiles confirmt cervini cornus cinis, doloresque eorum mitigat, sive infricentur, sive colluan- tur. Quidam efcaciorem ad omnes eosdem usus crudi cornus farinam arbitrantur. Dentifricia utroque modo fiunt. Magnum reinedium est in luporum capitis cinere. Certumque est in excrementis eorum plerumque inve- niri ossa. Haec adalligata eumdem effectum habent. Item leporina coagula per aurem infusa contra dolores : et capitis orum cinis dentifricium est , adjectoque nardo mulcet graveolentiam oris. Aliqui murinorum capitum cinerem miscuisse malunt. Reperitur in latere leporis acui os simile : hoc scarificari dents in dolore suadent. Talus bubulus accensus , eos qui labant cum dolore , admotus confirmt. Ejusdem cinis cum myrrha, dentifri- cium est. Ossa quoque ex ungulis suum combusta , eumdem usum praebent : item ossa ex acetabulis per- narum , circa quae coxendices vertuntur. lisdem sanari , demissis in fauces jumentorum , verminationes notum est : sed et combustis dents confirmari. Asinino quoque lact percussu vexatos , aut dentium ejusdem cinere : lichene item^ equi cum oleo infuso per aurem. Est au- fflSTOIRE NATURELLE, LIV. XXVTII. i3i enfin on injecte chaude, dans les oreilles , de l'urine de chvre , et on fait un Uniment de ses crottes avec de l'axonge. Pour l'odontalgie. XLIX. Pour raffermir les dents branlantes et calmer Todontalgie, on emploie la cendre de corne de cerf, soit qu'on s'en frotte sec, soit qu'on s'en lave dans quel- que liquide. Quelques-uns regardent comme plus effi- cace la corne en poudre et non brle. Il existe des den- tifrices des deux espces. La cendre de tte de loup est aussi un remde puissant. Les os qu'on trouve dans les excrmens de cet animal (car il est certain que le plus souvent on en trouve) fournissent un amulette qui pro- duit le mme effet. La prsure de livre, injecte dans l'oreille , en calme les douleurs. La cendre de tte de livre est un dentifrice ; avec addition de nard , elle fait passer l'odeur forte de la bouche ; d'autres y mlept de la cendre de tte de souris. L'os aciculiforme qui se trouve dans le cot du livre est, dit-on, excellent pour scarifier les gencives dans l'odontalgie. Les dents vacil- lantes et douloureuses se raffermissent par le simple contact d'un os de talon de buf allum. Incorpore avec de la myrrhe, la cendre de cet os forme un bon dentifrice.. On emploie de mme les os de la pince ou de l'ongle des porcs, calcins, ainsi que ceux qui font l'emboture des membres , et qui forment le pivot des cuisses. On sait qu'introduits dans le gosier des btes de somme , ils tuent les vers des dents ; brls , ils les raffermissent. Celles qui ont t branles par quelque coup reprennent leur consistance avec du lait d'nesse , ou avec de la cendre de dents d'nesse, ou enfin par i32 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. tem hoc non hippomanes, quod alioqui noxium omitto, sed in equorum genibus, ac super ungulas. Praeterea in corde equorum invenitur os , dentibus caninis maximis simile : hoc scarificari dolorem , aut exempto dente emortui equi maxillis, ad numerum ejus qui doleat, de- iTonstrant. Equarum virus a coitu in lychnis accensum Anaxilaus prodidit, equinorum capitum usus repraesen- tare monstrifice : similiter ex asinis. Nam hippomanes tantas in veneficio vires habet, t adfusum aeris mixturae in effigiem equae olympiae , admotos mares equos ad rabiem coitus agat. Medetur dentibus et fabrile gluti- num, in aqua decoctum , illitumque, et mox paulo de- traclum, ita ut confestim colluantur vino, in quo de- cocti sunt cortices mali punici dulcis. Effcax habetur et caprino lact collui dents, vel felle taurino. Talorum caprae recentium cinis dentifricio placet , et omnium fere vill^ticarum quadrupedum , ne saepius eadem di- cantur. Ad faciei vitia. L. 12. Cutem in facie erugari, et tenerescere, et can- dorem custodire lact asinino putant. Notumque est quasdam quotidie septiugenties custodito numro fovere. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIU. i33 une injection d'huile et de lichen de cheval. Il s'agit ici, non pas de l'hippomane , substance funeste dont je ne parlerai pas , mais des gi'os calus que prsente le dessus des genoux et du sabot de l'animal. Son cur ren- ferme un os semblable aux plus grandes dents canines ; une dent malade scarifie , soit avec cet os , soit avec une dent extraite de la mchoire d'un cheval mort , cesse d'tre douloureuse. On remarquera que la dent maxillaire de l'animal doit correspondre celle de l'homme. Anaxilas prtend que si l'on fait brler dans des lampes la liqueur qui suinte des cavales aprs la monte , tous les assistans semblent bizarrement affubls de ttes de chevaux; on produit un effet analogue en brlant la liqueur des nesses. L'hippomane a une telle force , que , s'il est jet dans la fonte de la statue d'une jument, Olympie , les talons qui en approchent prouvent toutes les fureurs du rut. Un autre remde pour les dents , est la colle des ouvriers , dlaye dans l'eau : on les en frotte lgrement , puis l'on se rince la bouche avec du vin chaud , o l'on a fait bouillir des corces de grenades douces. Il est bon aussi de s'tuver les dents avec le lait de chvre ou le fiel de taureau. Frache, la cendre de l'os du talon des chvres, et g- nralement de tout autre quadrupde lev dans les champs , forme un bon dentifrice. Pour les maux qui affectent le visage. L. 12. Le lait d'nesse efface les rides, rend la peau dlicate et blanchit le teint. On sait que certaines femmes s'en frottent le visage jusqu' sept cents fois par jour. i34 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Poppaea hoc Neronis principis instituit, balinearum quo- que solia sic temperans, ob hoc asinarum gregibus eatn comitautibus. Impetus pituitae in facie , butyro ilUto toUuntur : efficacius cum cerussa. Sincero vero vitia qua serpunt, insuper imposita farina hordeacea. Ulcra in facie membrana e partu bovis madida. Frivolum vi- deatur, non tamen omittendum , propter desideria mu- lierum : talum candidi juvenci , quadraginta diebus noctibusque, donec resolvalur in liquorem decoctum, et illinitum linteol , candorem , cutisque erugationem prstare. Fimo taurino liiaas rubescere aiunt : non ut crocodileam illini melius : sed foveri frigida et ante et poslea jubtint. ^Esttes , et quae decolorem faciunt cu- tem, fmum vituli cum oleo et gummi manu subactum emendat. Ulcra oris ac rimas, sevum vituli vel bovis cum adipe anserino, et ocimi succo. Est et alia mixtura, sevo vituli cum meduUa cervi , et albae spinae foliis una tritis. Idem praestat et medulla cum rsina, vel si vaccina sit, et jus e carne vaccina. Lichenas oris praestantssime vincit glutinum factum e genitalibus vitulorum , liqua- tum , aceto cum sulphure vivo , ramo ficulneo per- mixtum , ita ut bis die recens illinatur. Item lepras ex melle et aceto decoctum , quas et jecur hirci calidum illitum tollit : sicut elephantiasin fel caprinum : etiara- num lepras ac furfures, tauri fel, addito nitro : urina HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i35 et qu'elles observent scrupuleusement ce nombre. C'est Poppe, femme de Nron, qui mit le lait d' nessc la mode: elle s'en faisait des bains; aussi , des troupeaux d'nesses la suivaient-ils partout. Les boutons que la pituite fait lever sur la face disparaissent par l'emploi du beurre en linimeut , surtout ml avec de la cruse. Frais et pur, le beurre vaut mieux pour les visages cou- peross ; il faut y mler de la farine d'orge. On gurit les ulcres du visage par l'application d'une poche de vache qui vienne de mettre bas, encore toute mouille. Ajoutons , quelque frivole que la chose puisse paratre , un dtail en faveur des femmes qui tiennent leur teint. T.e talon d'un jeune taureau blanc , bouilli quarante jours et quarante nuits , jusqu' ce qu'il soit rduit en eau, fournit, assure-t-on , un Uquide qui blanchit la peau et chasse les rides, pour peu qu'on s'en frotte , avec- un petit linge. La fiente de taureau colore les joues en rose, aussi bien que la crocodile ; mais, avant et aprs , il faut se laver l'eau froide. La fiente de veau , ptrie la main avec huile et gomme , efface le haie, et neutralise toutes les influences qui altrent le teint. Les ulcres de la bouche et les gerures des lvres se gurissent avec du suif de veau ou de buf ml de la graisse d'oie et du suc de basilic. On fait une autre |K)mmade de suif de veau, de moelle de cerf et de feuilles d'aubpine, le tout broy ensejrnble. La moelle seule, avec la rsine et le bouillon de chair de vache, produit le mme effet. Les dartres du visage disparais.sent rapi- dement par l'application del colle de testicules de veau, dlaye dans du vinaigre, avec du soufre vif, et battue avec une branche de figuier; il faut l'employer frache , et deux fois par joui'. Les lpres cdent un mlange de i36 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. asini circa Canis ortum : maculas in facie, fel utriusquc per sese aqua infractum , evitatisqiie solibus ac ventis post detractam cutem. Similis effectus et in taurino vi- tulinove felle, cum semine cunilae, ac cinere e cornu cerviuo, si Canicula exoriente comburatur. Asinino sevo cicatricibus ac licheni leprisque maxime color redditur. Hirci fel et lentigiues toUit , admixto caseo , cum vivo sulphure spongiaeque cinere, ut mellis sit crassitudo. Ali- qui inveterato felle uti maluere, mixtis calidis furfuri- bus pondre oboli unius, quatuorque mellis, prius defri- catis maculis. Efcax ejusdem et sevuin cura melantbla, et sulphure, et iride. Labrorum fissuris cum adipe anse- rino, ac medulla cervina resinaque et calce. Invenio apud auctores, bis qui lentigines habeant, negari ma- gices sacrificiorum usum. Ad tonsillas , et strums. LI. Lact bubulo aut caprino tonsillae et arteriae exul- ceratae juvantur. Gargarizatur tepidum , ut est expres- sum , aut calefactum. Caprinum utilius , cum malva decoctum et sale exiguo. Linguae exulcerationi et arte- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. l? miel et de vinaigre bouillis ensemble; on peut aussi les frotter de foie de bouc chaud. Le fiel de chvre rduit l'lphantiasis ; le fiel de taureau, avec le nitre, gurit la lpre et les dartres farineuses, ainsi que l'urine d'ne, employe vers le commencement de la Canicule. Le fiel de l'un et de l'autre animal , dlay dans l'eau , sans ad- dition, dissipe les taches du visage, pourvu qu' l'in- stant o il ple , on vite le soleil et le grand air. Le mme effet est produit avec les fiels de taureau et de veau mls avec de la graine de cunila et des cendres de la corne de cerf, brle au lever de la .Canicule. Le suif d'ne rend la couleur primitive aux cicatrices , et aux parties ronges par des dartres et surtout par des lpres. Le fiel de bouc, incorpor avec du fromage, du soufre vif et des cendres d'pong, jusqu' consistance de miel, efface les taches de rousseur. Quelques-uns pr- frent le vieux fiel, et y mlent un obole de son chaud et quatre fois ce poids de miel : l'application n'a lieu qu'aprs avoir bien frott les taches. Le suif de bouc, avec le melanthium, l'iris et le soufre, s'emploie aussi avec succs. Les gerures cdent la graisse d'oie mle la moelle de cerf, la rsine et la chaux. On a crit que les taches de rousseur rendaient impropre aux cr- monies magiques. Pour les amygdales , et contre les goitres. LI. Le lait de vache ou de chvre soulage les maux de gorge avec inflammation et ulcres. Chaud, ou tide comme il a t tir , il s'emploie en gargarisme. Le meil- leur est celui de chvre, bouilli avec de la mauve et une pince de sel. Les gargarismes avec bouillon de tripes i38 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXVIII. riarum prodest jus oniasi gargarizatum : tonslllis auteni privatim rens vulpium aridi, cum melle triti illitique : angin fel taurinum vel caprinum cum melle. Jeur melis ex aqua oris gravitatem , ulceraque butyrum emendat. Spinam aliudve quid faucibus adhaerens, ex- trinsecus fimo perfricatis , aut reddi aul delabi tradunt. Strumas discutit fel aprinum, vel bubulum tepidum illi- tum. Nam coagulum leporis e vino in linteolo exulce- ratis dumtaxat imponitur. Disciitit et ungulae asini vel equi cinis, ex oleo, vel aqua illitus, et urina calefacta : et bovis ungulae cinis ex aqua : fimum quoque fervent ex aceto. Item sevum caprinum cum caice , aut fimum ex aceto decoctum , testesque vulpini. Prodest et sapo : Galliarum hoc inventum rutilandis capillis : fit ex seyo et inere. Optimus fagino et caprino : duobus modis , spissus ac liquidus : uterque apud Germanos majore in usu viris quam feminis. Ad cervicum dolores. LU. dervictim dolores butyro aut adipe ursino pei-- fricantur : rigores bubulo sevo : quod et strumis pro- dest cum oleo. Doloreni inflexibilcm (ojxisthotonon vo- cant) levt urina capr auiibus infusa, auJt fimum cum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. iSq sont excellens pour les corchures de la langue et del trache.. Les reins de renard , sches et broys avec c|u miel, forment un Uniment pour le mal de goige. Pour Tesquinancie , on prescrit le fiel de taureau ou de chvre avec du miel. Le fiel de blaireau , pris dans de l'eau, cor- rige riialeine forte. Le beurre enlve les ulcres de la bouche. On fait , dit-on , ou rejeter ou descendre dans l'estomac, soit une arte, soit tout autre objet adh- rent au gosier, en frottant extrieurement l'organe de bouse de vache. Le fiel de buf ou de sanglier, en Uni- ment , gurit les crouelles. Si elles sont corches , on y applique de la prsure de livre avec du vin, dans un petit linge. Il est bon aussi de frotter le mal avec de la cendre de corne de pied d'ne ou de cheval , dlaye dans de l'huile, de l'eau ou de l'urine chaude; ou bien en- core avec de la cendre de pinces de buf macre dans l'eau. On emploie de mme la bouse bouillie dans du vinaigre, le suif de chvre avec de la chaux, les crottes de chvre bouillies dans le vinaigre, les testicules de renard , enfin le savon : cette substance, invente dans les Gau- les pour rendre les cheveux blonds, se fait de suif et de cendres. La meilleure qualit se compose de suif de ch- vre et de cendres de htre : il y en a de deux sortes ; l'une et l'autre, chez les Germains, sont plus l'usage des hommes que des femmes. Pour les maux de tte. lAl. Pour les douleurs de cou , on recommande de frotter la partie malade de beurre ou de graisse d'ours; s'il y a raideur, on prfre le suif de buf : avec de l'huile, ce mme suif gurit les crouelles. L'opistho- i/,o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. bulbis illitum : ungues contusos fel cujuscumque ani- malis circumligatum : pterygia digitorum fel tauri ari- dum aqua calida dissolutum. Quidam adjiciunt sulphur et akimen, pari pondre omnium, Ad tussim , et sanguinis exscreationes. LUI. Tussim jecur lupi ex vino tepido sanat : ursi- numque fel admixto melle, aut ex cornus bubuli sum- mis partibus cinis : vel saliva equi triduo pota : at equum mori tradunt : pulmo cervinus cum gula sua arefactus in fumo , dein tusus ex melle , quotidiauo ecligmate. Effcacior est ad id subulo cervorum generis. Sanguinem exspuentes, cervini cornus cinis : coagulum leporis tertia parte denarii cum terra samia et vino myrteo potum sanat. Ejusdem fmi cinis in vino vesperi potus, noctur- nas tusses : pili quoque leporis suffiti, extrahunt pul- monibus difficiles exscreationes. Purulentas autem exulcerationes pectoris pulmonisque, et a pulmone gra- veolentiam halitus, butyrum efficacissime juvat, cum pari modo mellis attici decoctum , donec rufescat , et matutinis sumptum ad mensuram lingulae. Quidam pro melle, laricis resinam addere maluere. Si sanguis reji- ciatur, efficacem tradunt bubulum sanguinem , modicc et cum aceto sumptum : nam de taurine credere, teme- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i/,i tone, celte douleur opinitre, se dissipe par des injections de lait de chvre dans l'oreille, ou par un liniment de bouse et d'ognons. Les ongles crass se gurissent en y appliquant le fiel d'un animal quelconque. Le fiel de tau- reau sec, dissous Teau fi'oide, enlve les plrygies. Quel- ques-uns ajoutent de l'alun et du soufre, le tout poids gal; Pour la toux et pour le crachement de sang. Lin. Le foie de loup, pris dans du vin tide, fait cesser la toux : on recommande encore le fiel d'ours avec du miel, ou bien de la cendre de pointes de cornes de buf, la salive de cheval , prise trois jours de suite ( le cheval, dit-on, en meurt), le poumon et le palais du cei*f, surtout du cerf d'aguet , schs dans du fumier, piles dans du miel, et pris tous les jours en loocli. Contre le crachement de sang, on emploie la poudre de corne de cerf, ou la prsure de livre en breuvage, au poids d'un tiers de denier, avec de la terre de Samos et du vin de myrte. La crotte de livre en poudre se prend le soir dans du vin , pour ne pas tousser la nuit. Des fumiga- tions de bourre de livre attirent hors du poumon les matires qu'on a de la peine cracher. Quant au pus que jettent les abcs de la poitrine et du poumon , et la mauvaise odeur qui en rsulte, rien de meilleur, pour soulager les malades, que l'usage du beurre, cuit avec gale portion de miel attique, jusqu' ce que tout soit roux : on en prend tous les matins une cuillere. Au miel , quelques-uns prfrent la rsine de larix. Si l'h- moptysie accompagne les accidens, on a recours au sang de buf, avec un peu de vinaigre; mais il faut se garder du sang de taureau. En revanche , trois oboles de colle i/,a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVITI. rarium est. Sed glutinum taurinum tribus obolis cum calida aqua bibitur in vetere sanguinis exscreatione. Ad stomachi dolores. LIV. i3. Stomachum exulceratum lactis asinini potiis reficit : item bubuli. Rosiones ejus caro bubula admixto aceto et vino cocta. Rheumatismos cornus cervini cinis. Sanguinis exscreationes hdinus sanguis recens, ad cya- thos ternos cum aceto acri pari modo fervens potus : coagulum tertia parte ex aceto potum. Ad jocineris dolores , et suspiria. LV. Jocineris dolores , lupi jecur aridum ex muiso : asini jecur aridum cum petroselini partibus duabus , ac nucibus tribus, ex mellc tritum et in cibo sumptum : sanguis hircinus cibo aptatus. Suspiriosis an le omnia efficax est potus equiferorum sanguinis. Proxirae lactis asinini tepidi cum bulbis decocti, ita ut srum ex eo bibatur : addito in trs heminas cyatho nasturtii perfusi aqua, deinde melle diluli. Jecur quoque vulpinum, aut pulmo, in vino nigro, aut fel ursinum in aqua, laxat ineatus spirandi. Ad liimborum dolores. * liVI. Lumborum dolores, et quaecumque aiia molliri HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIL i/j-i de taureau, dans de l'eau chaude, sont un spcifique contre l'iimoptysie invtre. Pour les maux d'estomac. LIV. i3. Pris intrieurement, le lait de vache et le lait d'nesse rtablissent l'estomac ulcr ; s'il y a ro- sion, on mange de la chair de buf, cuite dans du vinaigre et du vin. Aux fluxions , on oppose la corne de cerf; l'hmoptysie , un breuvage de sang de chevreau rcent, bien chaud, la dose de trois cyathes, avec au- tant de fort vinaigre. La prsure de chevreau , avec du vinaigre, formant les deux tiers de tout le remde, pro- duit le mme effet. Pour les douleurs de foie et les asthmes. LV. Pour ls maux de foie, on prescrit le foie de loup sec dans du vin miell; le foie d'ne sec, broy dans du miel avec deux parties d'ache et trois noix; enfin, le sang de bouc prpar tout exprs : les deux derniers re- mdes se prennent comme alimens. Pour l'asthme , on recommande surtout le sang d'lan , puis le lait d'nesse cuit avec des ognons et rduit en srum, qu'on boit tide, en ajoutant sur trois hmines de lait un cyathe de cres- son infus dans de l'eau, puis dlay dans du miel. Le foie ou le poumon de renard dans du vin noir, le fiel d'ours dans de l'eau , rendent la respiration plus libre. Pour les douleurs de lombes. LVL Les maux des lombes et tous les accidens o il i/,4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. opus sit, ursino adipe fricari convenit : cinerem aprini aut siiilli fimi inveterati adspergi potioni vini. Adferunt et magi sua commenta. Primum omnium, rabiem hir- corum , si mulceatur barba , mitigari : eadem praeclsa , non abire eos in alienum gregem. Huic admiscent fimum caprinum, et subdito linteolo uncto, cava manu, quan- tum pati possit, fervens sustinere jubent : ita ut si laeva pars doleat, haec medicina in dextra manu fit, aut e contrario. Fimum quoque ad eum usum acus aereae punctis tolli jubent. Modus curationis est, donec vapor ad lumbos pervenisse sentiatur. Postea vero manum porro tuso illinunt, item lumbos ipso fimo cum melle : suadentque in eodem dolore et testes leporis devorare. Ischiadicis fimum bubulum imponunt, calfactum in fo- liis cinere ferventi. In renum dolore leporis rens crudos devorari jubent, aut certe coctos, ita ne dente contin- gantur. Ventris quidem dolore tentari negant talum le- poris habentes. Ad lienem s.inandum. LVII. Lienem sedat fel apri vel suis potum , vel cer- vini cornus cinis in aceto. Efficacissime tamen invete- ratus lien asini , ita ut in triduo sentiatur utilitas. Asinini pulli fimum, quod primum edidit (poleam vo- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i/,? faut amollir, exigent des frictions de graisse d'ours, ou de vin ml de fiente de sanglier et de porc en pou- dre. Ici revient encore la magie avec ses fables. Au dire des adeptes, la rage des boucs se calme, ds qu'on leur frotte la barbe de cette dernire composition; si en- suite on la leur coupe, jamais ils ne passent dans un autre troupeau; si l'on mle des crottes de chvre, et ({u'on tienne le tout aussi chaud qu'on le peut dans le creux de la main, sur un petit linge mouill, on se gu- rit du mal de reins : si le mal existe gauche , le re- mde doit tre tenu de la main droite; s'il est droite, on le tiendra de la main gauche. On ajoute qu'il faut ramasser ce crottin avec la pointe d'une aiguille de cui- vre. On attend , dans cette position , que la chaleur soit arrive aux reins; ensuite, on se frotte la main de suc de poireau pil, et les reins de crottin incorpor dans du miel. On fait aussi manger comme remde, des testi- cules de livre. Dans la sciatique , les magiciens font appliquer de la bouse de vache chauffe dans des feuilles sur des cendres rouges; ils veulent que, pour les maux de reins, on mange cru ou cuit, mais sans y toucher avec les dents, un rble de livre. Ceux qui portent sur eux un talon de livre, ne sont jamais, disent-ils, atta- qus du mal de ventre. Pour la gurison de la rate. LVII. Le fiel de porc ou de sanglier, ou la cendre de cerf, pris dans du vinaigre , dissipent le mal de rate. Un remde plus efficace encore est une vieille rate d'ne, dont l'effet se fait sentir au bout de trois jours. On con- seille aussi de prendre, dans du vin miell, le premier XVII. lO i46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. cant Syri), dant in aceto mulso : datur et equi lingua inveterata ex vino prsentaneo medicamento , ut didi- cisse se ex Barbaris Caecilius Bion tradidit ; et lien bu- bulus simili modo ; recens autem assus vel elixus in cibo. In vesica quoque bovis , allii capita xx tusa , cum aceti sextario, imponuntur ad lienis dolores. Eadem ex causa emi lieuem vituli, quanti indicatus sit, jubent magi , nulla pretii cunctatione : quoniam lioc quoque religiose pertineat : divisumque per longitudinem adnecti tunicae utrimque, et induentem pati decidere ad pedes : dein collectuni in umbra arefacere. Quum hoc fit, simul re- sidere lienem gri vitiatum , liberarique morbo dicitur. Prodest et pulmo vulpium cinere siccatus, atque in aqua potus. Item hdorum lien impositus. ji; !i::> y.mm Ad alvum. <}b 'IV. LVIII. t4. Alvum sistit cervi sanguis : item cornus cinis : jecur aprinum ex vino potum citra salem re- censque : item assum suillum , vel hircinum decoctum ad quintam heminam in vino. Coagulum leporis in vino ciceris magnitudine : aut si febris sit , ex aqua. Aliqui et gallam adjiciunt , alii per se leporis sanguine contenti sunt lact cocto. Equini fimi cinis in aqua potus. Taurini cornus veteris ex parte ima cinis, in- spersus potioui aqu. Sanguis hircinus in carbone de- mSTOIKE NATURELLE, LIV. XXVm. 147 crottin d'noii que les Syriens appellent polea ; ou, dans du vin, une langue de cheval garde depuis long-temps : Ccilius Bion avait appris des Barbares ce remde qui passe chez eux pour souverain. La rate de buf s'em- ploie de mme; frache, il faudrait la manger rtie ou bouillie. Pour le mal de rate, on applique aussi, dans une vessie de buf, vingt ttes d'ail piles dans un setier de vinaigre; les magiciens conseillent encore dans ce cas une rate de veau, qu'il faut acheter, disent-ils, sans marchander, au prix qu'on en demande (circonstance importante selon leur superstition), et qu'ensuite on doit couper en long, attacher, fendue en deux, aux deux cts de la tunique du malade , puis laisser tomber ses pieds, ramasser et faire scher l'ombre. Pendant les oprations, la rate malade se dsenfle, et la maladie cesse. La cendre de poumon de renard, sche et avale dans de l'eau, n'est pas moins bonne. Quelquefois on applique sur la partie malade une rate de chevreau. Pour le bas-ventre. LVIII. 1 4- I^'G cours de ventre cesse par l'usage du sang de cerf, de la cendre de corne de cerf, du foie de san- glier,. aval frais, sans sel; dans du vin, du foie de co- chon , rti , ou de bouc , cuit et pris dans cinq hmines de vin , avec de la prsure de livre la grosseur d'un pois, prise dans du vin, ou, s'il y a fivre, dans de l'eau. Quelques-uns ajoutent de la noix de galle, tandis que d'autres se bornent boire du sang de livre, seul, avec du lait bouilli. On prend aussi , dans de l'eau , dos crottes de cheval pulvrises, ou de la cendre de vieille corne de taureau tire du bas de la corne , du sang de bouc 10. i48 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. coctus: corium capriniiin cum suo pilo decoctum , succo epoto. Coagulum equi, et sanguis caprinus, vel medulia, vel jecur, alvum solvit. Fel lupi cum elaterio uinbilico illigalum. Vel lactis equini potus : item caprini cum sale et melle. Capr fel cum cyclamini succo et aluminis momento. Aliqui et nitrum et aquam adjecisse malunt. Fel tauri cum absinthio tritum ac subditum pastillo. Bu- tyrum lrgius sumptum. Cliacs et dysentericis medetur jecur vaccinum. Cornus cervini cinis tribus digitis captus in potione aqu. Coagulum leporis subactum in pane : si vero san- guinem detrahunt, in polenta. Aprini vel suilli vel le- porini fimi cinis, inspersus potioni tepidi vini. Vituli quoque jus vulgariter datum, inler auxilia cliacorum et dysentericorum tradunt. liactis asinini potus utilior, addito melle. Nec minus effcax fimi cinis ex vino u tri- que vitio. Item polea supra dicta. Equi coagulum, quod aliqui hippacen appellant, etiam si sanguinem detra- hant, vel fimi cinis, dentiumque ejusdem tusorum fa- rina , salutaris dicitur : et bubuli lactis decocti potus. Dysentericis addi mellis exiguum praecipiunt : et si tor- mina sint, cornus cervini cinerem : aut fel taurinum cumino mixtum, et cucurbit carnes umbilico imponere. Caseus recens vaccinus immittitur ad utrumque vitium. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVlII. 149 cuit sur la braise , enfin de la cendre de peau de chvre cuite avec son poil. La prsure de cheval , le sang, la moelle et le foie de chvre relchent; le fiel de loup, attach au nombril avec de l'elaterium , le lait de jument en breuvage , le lait de chvre avec du sel et du miel, produisent le mme effet, ainsi que le fiel de chvre avec du suc de cyclaminos et un grain d'alun (quelques-uns substituent du nitre et de l'eau), le fiel de taureau, broy dans de l'absinthe et appliqu en suppositoire, ou bien enfin le beurre pris en assez grande quantit. Aux gastrites et aux dysenteries, on oppose le foie de vache, trois doigls de poudre de corne de cerf, dans l'eau, de la prsure de livre avec pain, ou farine s'il y a flux de sang; la cendre de fiente de sanglier, de porc ou de livre, en breuvage dans du vin tide, s'em- ploie au mme usage. Le bouillon de veau, conseill si communment , figure aussi dans la liste des remdes pour gastrites et dysenteries. On prend aussi avec le plus grand succs du lait d'nesse avec du miel. La cendre de fiente d'nesse, dans du vin, n'est pas moins puissante contre ces maladies; il faut en dire autant de la polea ci-dessus mentionne. L'hippace, ou prsure du cheval, la cendre de ses crottes, enfin ses dents pulvrises, passent pour de bons remdes, quand mme le malade rendrait du sang. On prescrit aussi le lait de vache bouilli pour la dysenterie, en y ajoutant un peu de miel , et , s'il y a tranches , de la poudre de corne de cerf. On fait aussi appliquer sur le nombril , du fiel de taureau , avec du cumin ou des tranches de citrouille. Le fiomage de vache, frais, est bon dans l'une comme dans l'autre de i5o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIU. Item butyrum heminis quatuor, cuui resinae terebinthinae sextante, aut cum malva decocta, aut rosaceo. Datur et sevum vitulinum , aut bubulum. Item meduliae exco- quuqtur cum farina ceraeque exiguo, et oleo, ut sorberi possint. Medulla et in pane subigitur. Lac caprinum ad dimidias partes decoctum. Si sint et termina , additur protropum. Torminibus satis esse remedii in leporis coagulo poto e vino tepido, vel semel, arbitrantur ali- qui. Cautiores et sanguine caprino cum farina hordea- cea et rsina ventrem illinunt. Ad omnes epiphoras ven- tris illini caseum moUem suadent : veterem autem in farina tritum , cliacis et dysentericis dari , cyatho casei in cyathis vini tribus. Sanguis caprinus decoctus cum medulla dysentericis. Jecur assum caprae cliacis subve- nit, magisque etiam hirci, in vino austero decoctum potumque , vel ex oleo myrteo umbilico impositum. Quidam decoquunt a tribus sextariis aquse ad hemi- nam, addita ruta. Utuntur et liene asso caprae hircive, et sevo hirci in pane qui cinere coctus sit ; caprae, a renibus maxime, ut per se hauriatur protinus : inque modice frigida sorberi jubent. Aliqui et in aqua decoctum sevum admixta polenta, et cumino, et anetho, acetoque. Illinunt et ventrem cliacis, fimo cum melle decocto. Utuntur ad utrumque vitium et coagulo hdi in vino myrlite, magnitudine fabae poto : et sanguine ejusdem HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i5i ces maladies : il s'emploie en clystre, de mme que le beurre, la dose de quatre hmines, avec un sextant de trbenthine , ou bien avec dcoction de mauve ou de rose. On conseille encore le suif de veau ou de buf. Quelquefois on fait cuire de la moelle de ces animaux, avec de la farine, un peu de cire et de l'huile, pour faire avaler plus aisment le mlange. On donne encore de la moelle dans du pain. On fait boire du lait de chvre rduit moiti par l'bullition; s'il y a tranches, on ajoute au protropum. Selon quelques mdecins, de la prsure de livre dans du vin tide, n'en prt-on qu'une fois, suffit pour calmer les tranches. Ceux qui usent de plus de prcaution , font frotter le ventre avec du sang de chvre, ml avec de la farine d'orge et de la rsine; pour les inflammations de ventre , on frotte cette partie avec du fromage mou; dans les gastrites et les dysenteries, on emploie du fromage fait, broy avec de la farine, dans trois cyathes de vin par cyathe de fromage. Le sang de chvre bouilli se donne avec la moelle dans les dernires. Le foie, rti, cuit dans du gros vin, soulage le cliaque, soit qu'il le boive, soit qu'il se l'applique sur le nombril, avec de l'huile de myrte : celui de bouc est prfrable. Quel- ques-uns le font cuire dans deux tiers d'eau, jusqu' r- duction d'une hmine, et en y ajoutant del rue. La rate de chvre ou de bouc, avec du suif de bouc, se mange dans du pain cuit sous la cendre. Si le suif vient d'une chvre, il faut le tirer des reins, pour qu'il passe plus aisment, et le prendre dans de l'eau dgourdie. D'au- tres veulent que le suif soit cuit dans l'eau, et y mlent de la farine de froment , du cumin , de l'aneth et du vinaigre. On frotte le ventre aux cliaques, avec de la fiente de chvre, bouillie dans du miel. Pour les gastrites i5a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. in oibum formato, quem sanguiculuni vocant. lufuiidunt clysentericis el glutinum tauriuum aqua calida resolu- tum. Inflationes discutit vitulinum fmuni in vino de- coctum. Intestinorum vitiis magnopere prodest coagu- luin cervoruni , decoctum cum lente betaque, atque in cibo sumpturn. Leporis pilorum cinis cum nielle deco- ctus. Lactis caprini potus, decocti cum malva, exiguo sale addito. Si et coagulum addatur, majoribus emolu- mentis fit. Eadem vis est et in sevo caprino in sorbi- tione aliqua, uti protinus hauriatur frigida aqua. Item feminum lidi cinis rupta intestina sarcire mire tradi- tur. Fimum leporis cum melle decoctum, et quotidie fab magnitudine sumptum , ita ut deploratos sauave- rint. Laudant et caprini capitis cum suis pilis decocti succum. Ad tenesmum, taenias, colum. LIX. Tenesmos, id est, crebra et inanis voluntas de- surgendi , tollitur poto late asinino : item bubulo. Tae- niarum gnera pellit cervini cornus cinis potus. Quae in excrementis lupi dixiraus inveniri ossa , si terram non attigerint , colo medentur , adalligata brachio. Polea quoque supra dicta, magnopere prodest in sapa decocta. Item suilli fimi farina addito cumino in aqua rutae de- coctae. Cornus cervini teneri cinis , cochleis africanis cum testa sua tusis mixtus, in vini potione. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i53 et la dysenterie, on prend gros comme une fve de pr- sure de chevreau dans du vin de myrte, ou bien on mange de son sang en boudin. Pour la dysenterie seule, on administre des clystres de colle de taureau dlaye dans de l'eau chaude. La fiente de veau , bouillie dans du vin, dissipe les vents. La prsure de cerf, comme aliment, avec des lentilles et des bettes, est bonne pour les maladies d'entrailles , aussi bien que la cendre de bourre de livre prise avec du miel. Le lait de chvre, bouilli avec de la mauve et un grain de sel, surtout si l'on y ajoute de la prsure, n'a pas moins de vertu. On obtient le mme effet du suif de chvre dans un breuvage quelconque, pourvu qu'ensuite on boive de l'eau froide. De plus, on donne (chose tonnante), comme rparant les dchirures intestinales les plus graves , la cendre de cuisse de chevreau , la fiente de livre bouillie avec du miel, et prise chaque jour la grosseur d'une fve, enfin le bouillon de tte de chvre cuite avec son poil. Pour le tnesme, les tnias, le colum. LIX. Le tnesme, envie frquente et vaine d'aller la selle , se gurit par le lait d'nesse ou de vache , admi- nistr en breuvage. La cendre de corne de cerf expulse les tnias de toute espce. Les os qui se trouvent dans les excrmens du loup forment un amulette qui, port au bras, gurit la colique : il est essentiel que nul des os n'ait touch la terre, hapoka, dont nous avons dj parl, est bonne, cuite dans de la sapa. On emploie aussi la fiente de porc pulvrise, avec dcoction de rue et de cumin , ainsi que la poudre de corne de cerf, mle avec des escargots d'Afrique, piles dans leurs coquilles, et bus dans du vin. ir>4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Ad vesicam, et calcules. LX. i5. Vesicae calculorumque cruciatibus auxiliatur urina apri , et ipsa vesica pro cibo sumpta ; effcacius , si prius fumo maceretur utrumque. Vesicam elixam mandi oportet ; et a muliere , femin suis. Inveniuntur et in jocineribus eorum lapilli, aut duritie lapillis si- miles , candidi , sicuti in vulgari sue : quibus contritis atque potis in vino, pelli calculos aiunt. Ipsi apro tam gravis sua urina est, ut nisi egesta, fug non sufciat, ac velut devinctus opprimatur. Exuri illa tradunt eos. Leporis rens inveterati, in vino poti, calculos pellunt. In perna suum articulos esse diximus, quorum decoctum jus facit urin utile. Asini rens inveterati, tritique, et in vino mero dati, vesic medentur. Calculos expellunt lichenes equini ex vino aut mulso poti diebus xl. Pro- dest et ungulae equinse cinis , in vino , aut aqua. Item fmum caprarum in mulso , effcacius silvestrium. Pili quoque caprini cinis. Verendorum carbunculis , cere- brum apri vel suis , sanguisque. Vitia vero , quae in eadem parle serpunt, jecur eorum combustum, maxime juniperi ligno , cum charta et arrhenico sanat : fimi ci- nis : fel bubulum cum alumine segyptio ac myrrha ad crassitudinem mellis subactum, insuper beta ex vino cocta iniposita : caro quoque. Manantia vero ulcra , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i55 Pour la vessie et les calculs. LX. i5. L'urine de sanglier prise en breuvage, et sa vessie en aliment, soulagent de la pierre, et sont bonnes dans toutes les maladies de la vessie : enfumes aupara- vant, elles sont encore plus efficaces. La vessie dwt tre mange cuite l'eau : aux femmes, on prescrit la vessie de truie. Ces petites pierres , et ces corpuscules blancs qui ont la duret de la pierre, et qu'on trouve dans le foie du sanglier et du porc, se pilent, puis s'avalent dans du vin, pour expulser les calculs de la vessie. L'urine du sanglier est si charge l'animal, qu'il ne peut prendre d'lan complet sans l'avoir rendue , et qu'elle semble l'accabler de son poids et Fenchaner au sol ; on assure qu'elle brle les calculs. Les rognons de livre , gards depuis long-temps et pris dans du vin , expulsent aussi les calculs. On fait bouillir les os qui se trouvent , dans le porc , aux articulations des cuisses : le suc qu'ils rendent est trs -bon dans la rtention d'urine. Les rognons d'ne , gards , se pilent et se prennent dans du vin pur, pour les maux de la vessie. On prescrit les lichens de cheval pendant quarante jours, dans du vin ordinaire ou miell, pour l'expulsion des pierres. On recommande aussi la cendre de la corne de son pied, le crottin de chvre (surtout de chvre sau- vage), dans du vin miell, enfin la cendre de poil de chvre. Pour les furoncles des parties naturelles , on con- seille la cervelle ou le sang de porc ou de sanglier. Sur les ulcres corrosifs des mmes parties, on applique,, avec du papyrus et de l'arsenic , le foie de ces animaux , brl , surtout avec du bois de genvrier. On peut user i56 C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXVIII. sevum cum medulla vituli in vino decoctum : fel capn- num cum melle rubique succo : vel si serpant , firaum etiam prodesse cum melle dicunt, aut cum aceto, et per se butyrum. Testium tumor sevo vituli, addito nitro cohibetur : vel fimo ejusdem ex aceto decocto. Uriuae inconfinentiam cohibet vesica aprina, si assa mandatur. Ungularum apri vel suis cinis potioai iospersus. Vesica feminae suis combusta ac pota : item hdi , vel pulmo : cerebrum leporis in vino : ejusdem testiculi tosti, vel coagulum cum anserino adipe in polenta : rens asinini in mero triti potique. Magi verrini genitalis cinere poto ex vino dulci demonstrant urinam facere in canis cu- bili, ac verba adjicere, ne ipse urinam faciat, ut canis, in suo cubili. Rursus ciet urinam vesica suis , si ter- ram non attigerit, imposita pubi. Ad genitalium , et sedis vida. LXI. Sedis vitiis praeclare prodest fel ursinum cum adipe. Quidam adjiciunt spumam argenti ac Uius. Pro- dest et butyrum cum adipe anserino ac rosaceo. Modum ipsae rcs statuunt, ut sint iilitu faciles. Praeclare medetur HISTOIRE NATURFXLE, LIV. XXVIII. 187 aussi de leur fiente en poudre, de fiel de buf, avec de l'alun d'Egypte et de la myrrhe, rduit consistance de miel , de bette cuite dans du vin, ou bien de la chair de l'animal. S'il y a des ulcres suppuraus , on emploie le suif et la moelle de veau cuite dans du vin , le fiel de chvre avec du miel et du suc de ronces ; si l'ulcre est corrosif, on mle la fiente du miel ou du vinaigre; ou bien, l'on applique du beurre seul. On rprime les tu- meurs des testicules, avec du suif de veau et du nitre, ou bien avec de la fiente de veau , bouillie dans le vinai- gre. Pour l'incontinence d'urine , on mange rtie une vessie de sanglier, ou bien l'on avale la cendre des pin- ces soit de sanglier, soit de porc; on prescrit une vessie de truie brle, un poumon ou une vessie de chevreau, la cervelle de livre dans du vin , ou des testicules de li- vre rtis, avec de la graisse d'oie roule dans de la farine de froment, ou enfin des rognons d'ne, broys et bus dans du vin. Selon les docteurs en magie, le mieux est de boire de la cendre du membre mle d'un renard , dans du vin doux, puis d'aller lcher de l'eau dans la niche d'un chien , en disant : Je ne la lcherai point comme un chien dans mon lit. On gurit la rtention d'urine, en attachant au bas du ventre une vessie de co- chon , qui n'ait point touch la terre. Pour les affections des organes de la gnration et du sige. LXI. Les maux d'anus ont pour spcifique le fiel et la graisse d'ours, avec addition (selon quelques-uns) d'- cume d'argent et d'encens. On emploie avantageusement le beurre avec la graisse d'oie et l'huile rosat. Les doses se devinent d'elles-mmes, vu que le tout doit avoir la consi- i58 C. PLINn HIST. NAT. LIB. XXVIII. et taurinum fel, in linteolis concerptis : rimasque per- ducit ad cicatricem. Inflationibus in ea parte, sevum vituli, maxime ab inguinibus cum ruta : ceteris vitiis medetur sanguis caprinus cum polenta. Item fel capri- niim condylomatis per se. Item fel lupinum ex vino. Pa- nos et apostemata in quacumque parte sanguis ursinus discutit : item taurinus aridus tritus. Prcipuum tamen remedium traditur in calculo onagri : quem dicitur, quum interficiatur, reddere urina, liquidiorem initio, sed in terra spissantem se. Hic adalligatus femini , bm- nes impetus discutit, oranique suppuratione librt. Est autem rarus inventu,nec ex omni onagro, sed celebri remedio. Prodest et urina asini cum melanthio. Et un- gul equinae cinis cum oleo et aqua illitus. Sanguis equi, praecipue admissarii : et sanguis bubulus; item fel. Caro quoque eosdem effectus habet calida imposita : et ungulae cinis ex aqua aut melle : urina caprarum : hircorum quoque carnes in aqua decoctae : aut fmum ex his cum melle decoctum : verrinum fel : urina suum in lana imposita. Femina adteri adurique equitalu no- tum est. Utilissimum est ad omnes inde causas, spumam cqui ex ore, inguinibus illinire. Inguina et ex ulcerura causa intumescunt. Remedio sunt equi setae trs toti- dem nodis alligatae intra ulcus. ' HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. iSg staiice d'un liniment ais. Le fiel de taureau, avec la char- pic, est encore un remde admirable pour faire cicatriser les crevasses. Aux enflures du sige, on applique du suif de veau (surtout celui des aines) et de la rue; pour les autres maux de l'anus, on indique le sang de chvre, avec de la farine de froment ; pour les condylmes , le fiel de chvre ou de loup, ce dernier dlay dans du vin; pour les abcs et les bubons , dans quelque partie que ce soity le sang d'ours , qui agit comme rsolutif, ou le sang de taureau , dessch et broy. De tous les remdes , le premier est une pierre que l'onagre rend avec l'urine, lorsqu'on le tue , et qui , l'tat liquide lorsqu'elle tombe, se solidifie sur la terre. Cette pierre , attache la cuisse du malade, fait disparatre toute inflammation, toute suppuration. Mais elle est rare ; tous les onagres n'en rendent pas ; le remde n'en est que plus clbre. L'u- rine d'ne, avec le melanthium, est encore trs-bonne. On prescrit de plus la cendre de la corne du pied du cheval (en liniment avec de l'huile et de l'eau) , le sang de cheval , surtout d'talon , le sang et le fiel de buf , sa chair applique chaude sur le mal , la cendre de ses pinces dans de l'eau ou du miel , l'urine de chvre, la chair de bouc cuite dans l'eau, ou son crottin bouilli dans le miel, le fiel du verrat, l'urine de porc applique avec de la laine. On sait quelles corchures et quelle cuisson l'exercice du cheval occasione aux cuisses. Le meilleur remde est de se frotter les aines de l'cume qu'on ra- masse de la bouche mme du cheval ; et si les aines mmes sont corches et s'ulcrent , on met sur la plaie trois crins de cheval noues de trois nuds. i6o C. PLINTI HIST. N\T. LIB. XXVIII. Ad podagram et pedum dolores. LXII. i6. Podagris medetur ursinus adeps , tauri- numque sevurn pari pondre et cerae. Addunt quidam hypocisthida et gallam. Alii hircinum praeferunt sevum cuin fimocapr, et croco, sinapive, vel caulibus ederae tritis, ac perdicio, vel flore cucumeris silvestris. Item bovls fimum cum aceti faece. Magtiifcant et vitiili, qui iiondum lierbam gustverit , finum : aut per se sangui- nem tauri : vulpem decoctam vivam , donec ossa tantum restent : lupumve vivum oleo cerati modo incoctum : sevum hircinum , cum helxines parte qua , sinapis ter- tia : fimi caprini cinerem cum axungia. Quin et ischia- dicos uri sub pollicibus pedum eo fimo fervente , utilis- sime tradunt. ArticulorumqUe vitiis fel ursinum utilis- simum esse, et leporis pedes adalligatos. Podagras quidem mitigari pede leporis viventis absciso, si quis secum adsidue habeal. Perniones ursinus adeps, ri- masque pedum omnes sarcit : effcacius alumine ad- dito : sevum caprinum : dentium equi farina : apri- num vel suillum fel : cum adipe pulmo impositus : etsi subtriti sint contusive ofFensatione : si vero adusti frigore, leporini pili cinis. Ejusdeni pulmo contusis dissectus, aut pulmonis cinis. Sole adusta, sevo asi- nino aptissime curantur : item bnbulo cum rosaceo. Histoire naturelle, liv. xxviil i6t Pour la goutte et les maux de jambes. LXII. 1 6. Pour la goutte , on emploie avec avantage des lininiens de graisse d'ours et de suif de taureau , dose gale, avec de la cire. Quelques-uns y ajoutent l'hypocisthide et la noix de galle; d'autres prfrent le suif de bouc, avec des crottes de chvre, du safran, de la moutarde ou des tiges de lierre piles, de la pari- taire ou des fleurs de concombre sauvage. On use aussi de bouse de buf avec de la lie de vinaigre. On prconise la bouse de veau , quand le jeune animal n'a pas encore got d'herbe; le sang de taureau, les os d'un renard brl vif, jusqu' ce qu'il ne reste plus de chair; un loup , cuit aussi vivant dans l'huile, jusqu' ce qu'il fasse une espce de cral; le suif de bouc, avec partie gale de paritaire, et le tiers de moutarde; le crottin de chvre en poudre, avec saindoux. On donne comme un remde excellent pour la sciatique,la crotte de chvre, qu'on met sous les pouces des pieds, assez chaude pour brler la chair. Le fiel d'ours est aussi trs-bon pour les maux des jointures, ainsi que les pattes de livre en amulette. On allge encore singulirement les douleurs de la goutte, en portant toujours sur soi un pied de livre, coup l'ani- mal vivant. La graisse d'ours gurit les engelures, les crevasses des pieds, mais plus efficacement avec addition d'alun. On emploie avec succs le suif de chvre, la poudre de dents de cheval, le fiel de porc ou de sanglier, appli- qus avec le poumon et la graisse : les pieds fussent-ils blesss et meurtris, ces remdes les rtablissent; s'ils sont gels, on y applique de la cendre de bourre de livre. Le poumon de livre, hach ou en poudre, n'est pas moins XVII. 1 I C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Clavos et rimas callique vida, fmum apri vel suis re- cens illitum, ac tertio die solutum sanat : talorum ci- nis, pulmo apriiius, aut suillus, aut cervinus. Adtritus calceamentorum , urina asini cuni luto suo illita. Clavos sevum bubulum cum thurls poUine. Perniones vero co- rium combustum : melius si ex vetere calceamento : injurias e calceatu, ex oleo corii caprini cinis. Varicum dolores sedat fimi vitulini cinis, cum lilii bulbis deco- ctus, addito nielle modico : itemque omnia inflammata, et suppurationes. Sed podagricis prodest et articulariis morbis, e maribus praecipue vitulis. Articulorum adtri- tis, fel api"orum vel suuni , linteo calfacto impositum : vitulique qui nondum herbam gustaverit , fimum : item caprinum cum melle in aceto decoctum. Ungues scabros sevum vituli emendat : item caprinum admixta sanda- racha. Verrucas vero aufert vitulini fimi cinis ex aceto : asini urinse lutum. Ad coTnitialem morbum. LXIII. Comitiali morbo testes ursinos edisse prodest , vel apriuos bibisse ex lact equino aut ex aqua : item aprinam urinam ex aceto mulso : efcacius, quae ina- ruerit in {vesica sua. Dantur et suum testiculi inveterali histoire: naturelle, liv. xxviil bon pour les contusions des jambes. Le suif d'ane ou de buf, avec l'huile rosat, gurit merveille les coups de soleil. Sur les cors, les crevasses et les durillons, on ap- plique un empltre de fiente de sanglier ou de porc, toute frache, qu'on enlve au bout de trois jours; la cendre de leurs perons, leur poumon, le poumon de cerf, op- rent le mme effet. Les pieds meurtris par la chaussure, doivent tre frotts d'urine d'ne, encore charge de bourbe. Le suif de buf, avec de la fleur d'encens, est bon pour les cors. Pour les engelures, on prescrit le cuir brl, surtoutcelui des vieilles chaussures; pour les meurtrissures causes par celles-ci , la cendre de peau de chvre, dans de l'huile ; enfin, pour les varices , la cen- dre de bouse de veau , avec des ognons de lis et un peu de miel : ce remde dissipe aussi les inflammations et les suppuratiorfs; c'est surtout la bouse du veau mlo, qui est efficace dans la goutte et les maux des jointures. Les foulures de ces parties trouvent un remde puissant dans l'application du fiel de porc ou de sanglier, l'aide d'un linge chaud ; dans la fiente de veau encore la mamelle; enfin, dans les crottes de chvre, cuites dans du vinaigre et du miel. Le suif de chvre et de veau, incorpor la sandaraque, nettoie les asprits des ongles. La cen- dre de fiente de veau, avec du vinaigre et de la bourbe d'urine d'ne , enlve les verrues. Pour l'pilepsie. LXIIL 11 est trs-bon dans l'pilepsie, soit de manger des testicules d'ours , soit de prendre en br(uivage ceux d'un sanglier, dans de l'eau ou du lait de jument, ou de l'urine de eet animal, dans du vin miell; la meil- I r. 64 C. PLINII HIST. NT. LIB. XXVIII. tritique in suis lact, praecedcnte vini abstinentia, et sequente continuis diebus. Dantur et leporis sale custo- diti pulmones, cum thuris tertia parte, in vino albo, per dies xxx. Item coagula ejusdem. Asini cerebrum ex aqua mulsa, infumatum prius in foliis, semuncia per dies : vel ungularum ejus cinis cocblearibus binis toto mense potus. Item testes sale adservati et inspersi po- tioni , in asinarum maxime lact , vel ex aqua. Mem- brana partus earum , praecipue si marem pepererint, olfactata accedente morbo comitialium resistit. Sunt qui e mare nigroque cor edendum cum pane sub dio prima aut secunda luna praecipiant. Alii carnem, aliqui san- guinem ceto dilutum per dies xl bibendum. Quidam urinam equi aque ferrariae ex officinis miscent, eadem- que potione et lymphaticis medentur. Comitialibus datur et lactis equini potus, lichenque in aceto mulso biben- dus. Dantur et carnes caprinae in rogo hominis tostse, ut volunt magi. Sevum earum cum felle taurino pari pondre decoctum , et in folliculo fellis reconditum, ita ne terram attingat, potum vero ex aqua sublime. Mor- bum ipsum deprehendit caprini cornus, vel cervini usti nidor. Sideratis urina pulli asinini nardo admixto per- unclione prodesse dicitur. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i65 leure est celle qui est dessche dans la vessie. On prescrit aussi , dans du lait de truie , des testicules de porc, gards depuis long-temps et broys, moyennant abstinence de vin quelques jours avant et aprs le re- mde. On vante encore les poumons de livre, sals, pris avec un tiers d'encens, dans du vin blanc, trente jours de suite. On avale de mme la prsure, ou bien la cervelle d'ne, fume dans des feuilles de chou, la dose de demi-once par jour, dans de l'eau de miel, ou encore la cendre de la corne des pieds du mme animal (deux cuilleres par jour, un mois durant), ou enfin ses testicules sals , dont on met quelques pinces , soit dans de l'eau , soit surtout" dans le lait d'nesse. On prvient les accs d'pilepsie , en faisant respirer au malade l'arrire - faix de l'nesse , surtout si elle est mre d'un mle. On a recommand de man- ger au grand air , avec du pain , le cur d'un ne mle noir, au premier ou second quartier de la lune. D'autres font avaler la chair, d'autres donnent boire, quarante jours durant , le sang dlay dans du vi- naigre. On a conseill aussi l'urine de cheval, avec de l'eau de forge qui a servi la trempe du fer; ce breu- vage s'est donn aussi dans les affections lymphati^ ques. L'pilepsie se traite encore par le lait de cavale, et la poudre de lichen de cheval , dans du vinaigre miell, ou par la chair de chvre, cuite sur un bcher, suivant la recette des magiciens. On use de mme du suif de chvre, cuit dans la vsicule du fiel, avec poids gal de fiel de taureau : ce suif doit ne pas avoir tou- ch la terre, et tre aval debout, dans de l'eau. L'odeur de la corne de chvre et du bois de cerf brl , fait dclarer le mal caduc. Ceux qui tombent en apoplexie, i66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. Ad morbin regium. LXIV. Regio morbo cornus cerviui cinis : sauguis asinini puUi ex vino. Item fimum asinini pulli, quod pri- mum edidit a partu, datiim fabae magnitudine e vino medetur intra diem tertium. Eadem et ex equino pullo similiterque vis est. Ad ossa fracta. LXV. Fractis ossibus praesentaneus maxdiarum apri cinis vel suis. Item lardum elixum atque circumligatum mira celeritate solidat. Costis quidem fractis laudatur unice caprinum fimum ex vino vetere: aperit, extrahit, persanat. Ad febres. LXVI. Febres arcet cervorum caro , ut diximus. Eas quidem quae certo dierum numro redeunt, oculus lupi dexter saisus adalligatusque , si credimus magis. Est genus febrium, quod amphemerinon vocant. Hoc libe- rari tradunt, si quis e vena auris asini trs guttas san- guinis in duabus heminis aquae bauserit. Quartanis magi excrementa felis cum digito bubonis adalligari jubent, et ne recidant, non reraoveri septeno circuitu. Quis hoc, quaeso, invenirc potuit ? quve est ista mix- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i^ sentent du soulagement par les frictions d'urine d'non,^ mle de nard. Pour la maladie royale , ou jaunisse. LXIV. La jaunisse se traite par la cendre de corne de cerf, ou le sang d'non, pris dans du vin. Le premier crottin d'un non, administr aussi dans du vin, la grosseur d'une fve , gurit le mal en trois jours. Le crot- tin de poulain a la mme vertu. Pour les os fracturs. LXV. Les fractures des os trouvent un spcifique dans la cendre des mchoires de porc ou de sanglier. Un mor- ceau de lard rti, attach la fracture, opre trs-vite la runion. Pour les ctes rompues, on prconise comme remde unique, le crottin de chvre, dans du vin vieux: il dilate la plaie , tire les esquilles, et gurit la fracture. Pour la fivre. LXVL La chair de cerf, comme on l'a vu ci-desSus , coupe la fivre. Si l'on en croit les recettes magiques , l'il droit du loup, conserv dans le sel, forme un amulette qui , attach au cou , gurit les fivres p- riodiques. Quant Xamphemerinos , on s'en dlivre en buvant , dans deux hmines d'eau , trois gouttes de sang tires de la veine de l'oreille d'un ne. Pour les fivres - quartes , les magiciens recommandent des ex- crmens de chat, avec un doigt de chouette en amu- lette : le tout doit tre port jusqu'au septime jour rvolu. Qui , je le demande , a pu imaginer un tel i68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. tura? cur digitus potissimum bubonis electus est? Mo- destiores iecur felis decrescente luna occisae inveteratum sale, ex vino bibendum ante accessiones quartan dixere. lidein magi fimi bubuli cinere consperso puerorum urina illinunt digitos pedum, inanibusque leporis cor adalli- gant. Coagulum ante accessiones propinant. Datur et caseus caprinus recens cum melle, diligenter sero ex- presso. ' . Ad melancholicos , lethargicos, phthisicos. LXVIL ly. Melancholicis fimum vituli in vino de- coctum remedio est. Lethargicos excitt asiui lichen , naribus illitus ex aceto: caprini cornus nidor aut pilo- rum ; jcur aprinum. Itaque et veternosis datur. Phthi- sicis medentur, jecur lupi ex vino, macrae suis femin herbis pastse lardum, carnes asininae ex jure sumptae. Hoc gnre maxime in Achaia curant id malum. Fimi quoque aridi , sed pabulo viridi pasto bove, fumum arundine haustum prodesse tradunt. Bubuli quoque cor- nus mucronem exustum, duorum cochlearium mensura, addito' melle, pilulis devoratis. Capr sevo in puite ex alica et phthisin et tussim sanari, vel recenti, cum mulso liquefacto, ita ut uncia in cyathum addatur, rutaeque ramo permisceatur, non pauci tradunt. Rupi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 169 remde? quelle combinaison bizarre! pourquoi choi- sir prcisment le doigt d'une chouette ? Les moins impudens conseillent de prendre dans du vin , avant Taccs de la fivre- quarte , un foie de chatte , sal, pourvy que l'animal ait t tu au dclin de la lune. Ils veulent qu'on frotte les doigts des pieds avec des cen- dres de bouse de vache, arrose d'urine d'enfant, et qu'on attache aux mains un cur de livre, ou bien qu'on en prenne, avant l'accs, la prsure. On donne aussi, pour chasser la fivre, du fromage de chvre frais, avec du miel : il faut d'abord en exprimer le srum. Pour la mlancolie , la lthargie , la phthisie. LXVII. 17. La mlancolie se gurit par la bouse de veau, cuite dans le vin. On fait cesser la lthargie, en frottant les narines de lichen d'ne, tremp dans du vinaigre , en faisant brler de la corne ou du poil de chvre ; on prescrit aussi le foie de sanglier. Pour la phthisie, on ordonne le foie de loup, pris dans du vin ; le lard d'une laie maigre, nourrie d'herbe; enfin la chair et le bouillon d'ne. C'est en Achac le grand remde des phthisiques. On cite comme avantageux, d'avaler, au moyen d'un tuyau, la fume de bouse sche de vache, lorsque l'animal est encore au vert. La cendre de pointe de corne de buf, en pilules avec miel, la dose de deux cuilleres, est aussi trs-bonne. Selon plusieurs auteurs , on gurit la phthisie et la toux opinitre , l'aide de suif frais, pris dans un potage d'alica, avec du vin miell, bien dlay, dont on met une once dans un cyathe, en le battant avec une branche de rue. Un crivain respectable assure qu'une phthisie dsespre I70 C. PLIWII HIST. NAT. LIB. XXVIII. caprae svi cyatho, et lactis pari mensura, deploratiim phthisicum convaluisse certus auctor adfirmat. Sunt et qui suum fimi cinerem profuisse scripserint in passo : et cervi pulmonem, maxime subulonis, siccatum in fumo, ti'itumque in viiio. ' 'Ad hydropicos. , LXVIII. Hydropicis auxiliatur urina vesicae apri pau- latim data in potus : efficacius quae inaruerit cum ve- slca sua. Fimi taurini maxime, sed et bubuli , de armeri- tivis loquor (quod bolbiton vocant), cinis cocblearium trium in mulsi bemina, bovis feminae in mulieribus, et ex altero sexu in viris, quod veluti mysterium occulta- runt magi. Fimum vituli masculi illitum : fimi vituUni cinis cum semine staphylini, aequa portione ex vino : sanguis caprinus cum medulla. Efficaciorem putant liircorum, utique si lentisco pascantur. Ad ignem sacrum , et eniptiones pituitae. LXIX. Igni sacro ursinus adeps illinitur : maxime qui est ad rens : vitubnum fimum recens, vel bubulum : caseus caprinus siccus cum porro : rameuta pellis cer- vinae dejecta pumice, ex aceto trita. Rubori cum pru- rigine, equi spuma, aut ungul cinis. Eruptionibus pituila , asinini fimi cinis cum butyro. PapuHs nigris , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 171 a cd un cyathe de suif de chamois, dans un cyathc de lait. On a crit aussi que la cendre de fiente de bouc , avale dans du passuni , fait du bien aux phthisiques, ainsi que le poumon de cerf et surtout d'aguet, fum et broy dans du vin. Ponr l'hydi'opisie. LXVIII. L'hydropisie cesse par l'usage de l'urine de sanglier en boisson : la meilleure est celle qui s'est des- sche dans la vessie de l'animal. On regarde aussi comme un bon remde la cendre de bouse de vache do- mestique, que les Grecs appellent bolbiton, la dose de trois cuilleres, dans une hmine de vin miell; il est noter qu'on donne aux femmes la bouse de vache,, et aux hommes celle de taureau, circonstance dont les magiciens ont fait un mystre. On emploie le crottin de veau mle, dont on a bu la cendre dans du vin , dose gale de staphyle. On donne aussi le sang et la moelle de chvre, et surtout le sang de bouc, remde sans gal, lorsque l'animal se nourrit de lentisque. Pour le feu sacr et la pituite. LXIX. Dans l'rysiple, on emploie les linimens de graisse d'ours , surtout de celle des reins; de fienlc de veau, de vache ou de buf, frache; de fromage de chvre sec, avec des porreaux; de raclures de peau de cerf obtenues la pierre ponce, et broyes dans du vinaigre. S'il y a rougeur et dmangeaison, on applique l'cume de cheval , ou la cendre de la corne de son pied. 172 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. caseus caprinus siccus ex melle et aceto in balineis, oleo remoto. Pustulis suilli fimi ciuis aqua illitus, vel cornus cervini cinis. Ad luxata , ad duritias , et furunculos. LXX. Luxatis recens fimum aprinum vel sulllum: item vitulinum : verris spuma recens cum aceto : fimum capri- num cum melle : bubula caro imposita. A.d tumores fimum suillum in testa calfactum tritumque cum oleo. Duri- tias corporum omnes mollit optime adeps e lupis illitus. In his qu rumpere opus est plurimum proficit fimum bubulum in cinere calfactum, aut caprinum in vino vel aceto decoctum. ti furunculis sevum bubulum cum sale : aut si dolor est, intinclum oleo, liquefactum sine sale : simili modo caprinum. Ad ainbusta. De glutlno taurino probando, et medicinae ex eo , VII. LXXI. In ambustis ursinus adeps cum lilii radici- bus : aprinum aut suillum fimum inveteratum : setarum ex his e penicillis tectoriis cinis cum adipe tritus : tali bubuli cinis cum cera et medulla cerviua , vel tauri : fimum leporis. Et caprarum fimus sine cicatrice sanare HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 17? Dans les ruptions de pituite, on use de cendres de crottes d'ane avec du beurre. Sur les pustules noires, on tend du fromage de chvre sec , dlay dans du miel et du vinaigre : on opre dans le bain et sans huile. Les simples pustules veulent de la fiente de porc en poudre, dans de l'eau , ou de la cendre de corne de cerf. Pour les luxations , les durets , les furoncles. LXX. Sur les luxations , on applique de la fiente de sanglier ou de porc frache, ou du crottin de veau, ou de l'cume de verrat frache avec du vinaigre , ou des crottes de chvre avec du miel , ou de la chair de buf. Pour les tumeurs , la fiente de porc , chauffe dans un pot de terre et broye avec de l'huile, est fort bonne. La graisse de loup , en Uniment , amollit merveille toutes les durets du corps ; s'il faut ouvrir un abcs ou une tu- meur, rien de meilleur que la bouse de vache chauffe sur la cendre , ou la crotte de chvre dlaye dans du vin ou du vinaigre. Aux furoncles, on applique du suif de buf avec du sel , et, s'ils sont douloureux, avec de l'huile au lieu de sel , et l'tat liquide; le suif de chvre s'emploie de mme. Pour les brlures. De la vrification du glutinus de taureau ; 7 remdes qu'on en tire. LXXL Les brlures se gurissent au moyen des li- nimens , de graisse d'ours avec des ognons de lis; de fiente de sanglier ou de porc , vieille et sche ; de cendre de leurs soies tires des brosses qui servent blanchir les murailles, cendre qu'on broie avec de la graisse d'ours ; de ceelle de talon de buf avec de la cire et de la 174 C PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. dicitur. Glutinum praestantissimum fit ex auribiis tau- ror.um , et genitalibus. Nec quidquam efficacius prodest ambustis. Sed adulteratur nihil oeque, quibusvis pellibus inveteratis, calceamentisque etiara decoctis. Rhodiacum fidelissimum : eoque pictores et medici utuntur. Id quo- que quo candidius, eo probatius. Nigrum et lignosum damnatur. Ad nervorum dolores , et contus.i. LXXII. Nervorum doloribus, fimuin caprinum de- coctum in aceto cum melle, utilissimum putant, vel putrescente nervo. Spasmata, et percussu vitiata , fimo aprugno curant , vere colleclo et arefacto. Sic et qua- drigas agentes tractos, rotave vulneratos : et quoquo modo sanguine contuso, vel si recens illinatur. Sunt qui incoxisse aceto utilius putent. Quin et in polu fari- nam eam rtiptis, convulneratisque, et eversis, ex aceto salutarem promittunt. Reverentiores cinerem ejus ex aqua bibunt. Feruntque et Neronem principem hac po- tione recreari solitum , quum sic quoque se trigario adprobare vellet. Proximam suillo fimo vim putant. Ad sanguinem sistcndirm. LXXIII. 18. Sanguinem sistit coagulumcervinum ex HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i:5 moelle de cerf ou de taureau ; de rrottes de livre ou de chvre : les dernires gurissent sans laisser de cicatrices. Les oreilles et les testicules du taureau fournissent une colle excellente , le premier des onguens pour les br- lures, mais aussi le plus facile contrefaire avec de vieilles peaux et de vieilles chaussures bouillies. La colle de Rhodes est la plus rebelle aux falsifications; les pein- tres et les mdecins en usent galement : sa qualit est en raison de sa blancheur, ligneuse et noire, elle n'est point estime. Pour les douleurs de nerfs et les contusions. LXXIL Aux maux de nerfs, lors mme que le nerf tendrait la putrfaction, remdient trs-efficacement les crottes de chvre , cuites dans du vinaigre avec du miel. Les nerfs retirs, les foulures ont leur spcifique dans la fiente de sanglier, ramasse au printemps et s- che frache; elle sert, en Uniment, pour ceux qui se sont donn un effort en menant des quadriges, ou qu'une roue a blesss ; ceux qui ont des meurtrissures sangui- nolentes l'emploient de mme. Quelques-uns prtendent qu'elle vaut mieux quand on la fait cuire dans du vinai- gre. La poudre, bue dans ce liquide, est excellente pour les fractures , les blessures et les chutes. Les malades d- licats l'avalent dans de l'eau, et l'on assure que Nron avait coutume de se rafrachir avec ce breuvage, pour ne droger aucune des pratiques des trigarii. Le meilleur remde aprs celui-ci, est, dit-on , la fiente de porc. Pour arrter le sang. LXXIIL i8. La prsure de cerf, imprgne de vinai- 176 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVHI. acto : item leporis. Hiijus quidem et piloruni cinis : item x fimo asini cinis illitus. Eficacior vis e maribus aceto admixto, et in lana ad omne profluvium imposito : similiter ex equino capite et femine. Aut fimi vitulorum cinis illitus ex aceto. Item caprini cornus vel fimi ex aceto. Hircini vero jocineris dissecti sanies efficacior : et cinis uti'iusque ex vino potus, vel nambus ex aceto illi- tus. Hircini quoque utris vinarii dumtaxat cinis , cum pari pondre resinae : quo gnre sistitur sanguis , et vulnus glutinatur. Hdinum quoque coagulum ex aceto, et feminum ejus combustorum cinis , similiter pollere traduutur. Ad ulcra, et earcinomata. LXXIV, Ulcra sanat in tibiis cruribusque adeps ursi- nus, admixta rubrica. Qua vero serpunt, fel aprugnum cum rsina et cerussa : maxillarum apri vel suum cinis : fimum suum illitum siccum : item caprinum exaceto sub- fervefactum. Cetera purgantur et explentur butjrro : cornus cervini ciaere, vel medulla cervi : felle taurino cum cypriuo oleo, aut irino. Fimum recens suuin, vel invete- rati farina illinitur vulneribus ferro factis. Phagedaenis et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 177 gre , arrte le sang. Le mme effet est produit par la prsure de livre et par la cendre de bourre de livre , de bourre et de fumier d'ne en Uniment. . C'est l'ne mle qui donne la bourre la plus puissante ; on la trempe dans le vinaigre , et on l'applique avec de la laine dans toutes les hmorrhagies ; on use de mme de la bourre enleve par l'trille, la tte et aux cuisses du cheval, de la cendre de crottes de veau , en Uniment avec du vinaigre, et de la cendre de cornes de cerf, ou de la crotte mme dans du vinaigre. Le remde par ex- cellence pour l'hmorrhagie , est cette sanie paisse, qu'panche le foie d'un bouc coup en deux , ou la cen- dre , tant du sang que de la sanie , soit qu'on l'avale dans du vin , soit qu'on en frotte les narines du malade avec du vinaigre. On emploie aussi de la cendre d'une outre de bouc, mettre du vin , avec son poids de rsine; le sang s'arrte, et la blessure se cicatrise. La prsure du chevreau dans du vinaigre, et la cendre de ses cuisses calcines, ont, dit-on, la mme vertu. Pour les ulcres et c.Trcinomes. LXXIV. Les ulcres de jambes se frottent de graisse d'ours, avec de la terre rouge : corrosifs, ils exigent qu'on y applique un fiel de sanglier , avec de la rsine et de la cruse, ou de la cendre des mchoires du san- glier ou d'un porc, ou bien de la fiente de porc sche, ou enfin des crottes de chvre bouillies dans du vinaigre. Le beurre suffit pour nettoyer et remplir les autres ulcres : on peut y substituer soit la cendre de cornes de cerf, soit la moelle de cerf, soit le fiel de taureau avec l'huile de Cypre ou d'iris. La fiente de porc frache, ou de XVII. 12 17 C PLmiI HIST. NAt. LIB. XXVtlI. mittitur fel tauri , cum succo porri,aut lact mulierum, vel sanguis aridus cum cotyledone herba. Carcinoiiiata curt coagulum leporis, cum pari pondre capparis ad- spersuin viuo : gangraenas ursiiium fel penna illitum : asini ungularum cinis ea quae serpunt ulcra iiispersus. Sanguis equi adrodit carnes septica vi : item fimi equini inveterati favilla. Ea vero quae phagedaenas vocant in ulcerum gnre, corii bubuli cinis cum melle. Caro vi- tuli recentia vulnera non patitur intumescere : fimum bubulum cum melle. Feminum vituli cinis sordida ul- cra , et quae cacoethe vocant , e lact mulieris sanat. Rcentes vero plagas ferro illatas, glutinum taurinum liquefactum , tertio die solutum. Caseus caprinus siccus ex aceto ac melle, purgat ulcra. Quae vero serpant, cohibet sevum cum cera : item addita pice ac sulpliure percurat. Similiter proficit ad cacoethe, hdi feminum cinis e lact mulieris. Et ad carbunculos , suis feminae cerebrum tostum illitumque. Ad scabiem. LXXV. Scabiem hominis , asininae meduliae maxime aboient, et urinae ejusdem cum suo luto illitae. Butyrum etiam, quod in jumentis proficit cum rsina calida : glu- tinum taurinum in aceto liquefactum, addita calce : fel HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 179 vieille fiente en poudre , gurit les plaies faites par le fer: s'il y a cancer et fistule , on injecte dans l'ulcre du fiel de taureau avec du suc de porreau , ou du lait de femme; du sang en poudre avec de la cotyldone est aussi trs -bon. Sur les carcinomes , on applique la prsure de livre arrose de vin avec son poids de cpres en poudre; sur la gangrne, les linimens de fiel d'ours que l'on fait au plumasseau ; sur les ulcres corrosifs , de la cendre de corne de pied d'ne. Le sang de cheval est septique et corrode les chairs : la cendre du vieux fu- mier de cheval a la mme proprit. Sur les ulcres can- creux, on applique aussi la cendre de cuir de buf avec du miel. On obvie l'enflure des plaies rcentes, par l'application de chair de veau, ou de bouse de vache, avec du miel. La cendre des cuisses de veau , avec du lait de femme, gurit les ulcres purulens et malins. Les plaies fraches, faites par le fer, gurissent par des empltres de colle de taureau liquide, garde trois jours de suite. Le fromage de chvre sec, avec du vinaigre et du miel, nettoie les ulcres; le suif, avec la cire, em- pche les ulcres malins de s'tendre : avec addition de poix et de soufre , il les dtruit. Aux ulcres malins re- mdie de mme la cendre de cuisse de chevreau , dans du lait de femme. Sur les anthrax, on applique avec succs de la cervelle de truie brle. Pour la gale. LXXV. La gale humaine cde l'emploi de la moelle d'ne, et des linimens d'urine d'ne, encore bour- beuse. Le beurre n'est gure moins bon pour la gale des btes de somme; on y joint de la rsine chaude : pre- I a. i8o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. caprinum cum aluminis cinere : boas fmum bubuium : unde et nomeu traxere. Canum scabies sanatur bubulo sanguine recenti : iterumque, qiium inarescat, illilo, et postero die abluto cinere lixivio. Ad extrahenda qu> siint infixa corpori, ef ad cicatrices sanandas. LXXVI. Spinae ac similia corpori extrahuntur felis excrementis : item caprae ex vino : coagulo quocumque, sed maxime leporis, cum thuris polline et oleo, aut cum visci pari pondre, aut cum propoli. Cicatrices nigras sevum asininum reducit ad colorem. Fel vituli extnut calfactum. Medici adjiciunt myrrham et mel et crocum, aereaque pyxide condunt. Aliqui et florem aeris admis- cent. Ad muliebria mal a. LXXVII. 19. Mulierum purgationes adjuvat -fel tauri in lana succida adpositum. Olympias Thebana addit hys- sopum et nitrum. Cornus cervini cinis potus. Item vulvas laborantes , illitu quoque : et fel taurinum cum opio adpositum obolis binis. Vulvas et pilo cervino suffire prodest. Tradunt cervas, quum senserint se gra- .vidas , lapillum devorare : quem ia excrementis i-eper- 'ib HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 8i nez aussi, soit de la colle de taureau, dlaye dans le vinaigre avec de la chaux, soit du fiel de chvre avec de l'alun calcin. La bouse gurit les boas , ainsi nomms de l'animal qu'attaque cette maladie. Pour la gale ca- nine, on emploie, en liniment, le sang de buf, frais, dont on se frotte une seconde fois lorsqu'il est sec , et que le lendemain on nettoie avec de la cendre de lessive. Pour retirer les objets fixs dans le corps , et gurir les cicatrices. LXXVI. Les pines, et autres lgers accidens des chairs, disparaissent par l'emploi des excrmens de chat ou de chvre dlays dans du vin; de toute espce de prsure, mais surtout de celle de livre, avec de la fleur d'encens et de l'huile, ou avec son poids de glu et de propolis. Le suif d'ne rtablit la couleur des cicatrices livesentes ; le fiel de veau cuit les efface. Les mdecins y ajoutent du miel, du safran, et le gardent dans une bote d'airain ; d'autres le combinent avec la fleur d'airain. Pour les maladies particulires aux femmes. LXXVIL 19. L'vacuation priodique des femmes est facilite par le fiel de taureau , appliqu sur le ventre, dans de la laine grasse. Olympias de Thbes ajoutait de l'hyssope et du nitre. On prend, dans le mme but, de la poudre de corne de cerf. Cette poudre est bonne aussi, en liniment, pour les spasmes hystriques : le mme effet est produit par le fiel de taureau , appliqu, au poids de deux oboles , avec du suc de pavot. Des fu- migations de bourrt; de cerf, qu'on fait arriver sur i82 C PLINI HIST. NAT. LIB. XXVIII. tan>, ut in vulva ( nam et ibi invenitur), custodird pdHus adalligatiim. Inveniuritur et ossicula in corde et in vulva, perquam utilia gravidis parturientibusque. Nam e purnice, qui in vaccarum utero simili modo invenitur, diximus in natura boum. Lupi adeps illitus vulvas moHit : dolores earum, jecur. Carne.s lupi edisse pariluris prodest : aut si incipientibus parturire sit juxta qui ederit, adeo ut etiam contra illatas noxias valeaL Eumdem supervenire , perniciosum est. Magrtus et le- poris usus mulieribus. Vulvas adjuvat pullno aridus potus : profluvia jecur cum samia lerra ex aqua potum : secundas coagulum : caventur pridiana balinea. Illitum quoque ctim croco^et porri succo, vellere adposilum, abortus mortuos expellit. Si vulvae leporum in cibis sumantur. mares concipi putant. Hoc et testiculis eo- rum, et coagulo profici. Conceptum leporis utero exem- ptum his quae parre desierint, restibilem fecuuditatem adferre. Sed pro conceptu , leporis saniem et viro magi propinant. Item virgini novem grana fimi, ut stent perpetuo mammae. Coagulum quoque ob id cum melle illinunt : sanguinem, ubi evulsos pios renasci nolunt. Jnflationi vulvae, fimum aprugnum suillumve cum oleo illini prodest. Effcacius sistit farina aridi, ut adsperga- tur potioni , vel si gravidae aut puerper torqueantur. Lact suis poto cum mulso adjuvantur partus mulierum. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII i83 l'organe en souffrance , sont aussi trs-bonnes. On assure que les biches pleines avalent une petite pierre , qu'en- suite on retrouve dans leur fumier, et quelquefois, ce qu'il parat, dans leur matiice : porte en amulette, cette pierre empche l'avortemenl. La matrice et le cur de la biche fournissent encore des osselets, qui jouent un rle grave dans la grossesse et l'accouche- ment des femmes. J'ai parl plus haut, l'article du gros btail, de cette espce de pierre-ponce, que ren- ferment les parties gnitales de la vache. La graisse de loup , en liniment, amollit les durets des parties sexuelles; le foie en calme les douleurs: il est bon d'en donner aux femmes sur le point d'accoucher, ou bien de faire asseoir prs d'elles, lorsque le travail commence, une personne qui en ait mang : c'est un prservatif contre tout malfice. Mais si celte personne arrive du dehors , sa venue est fatale. Le livre est aussi trs-bon pour les femmes. Les maux de matrices se trouvent bien des poumons de livre, secs , avals en breuvage. Le foie , pris dans Teau, avec de la terre de Sanios, provoque les rgles; la prsure aide la sortie de l'arrire-faix : on doit s'abstenir du bain la veille. La mme prsure , en liniment, avec du safran et du suc deporreau, attire du sein maternel les enfans morts-ns. Quelquefois on l'applique sur le ventre, avec de la peau de mouton. On croit presque gnralement, qu'en mangeant les parties sexuelles d'un livre femelle, une femme ne conoit que des garons; la mme chose arrive si elle mange des tes- ticules, ou de la prsure du mle. Si une femme a cess de concevoir, un ftus de levraut, extrait du ventre de la nire , rtablit et augmente la fcondit : en mme temps, pour assurer la conception , le mari doit, au i84 C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXVIII. Per se vero potum , deficientia ubera puerperarum replet. adem circumlita sanguine femin suis , minus crescent. Si dolent, lactis asinini potu mulcentur : quod addito melle sumptum, et purgationes earuqi adjuvat. Sanat et vulvarum exulcerationes ejusdem anima lis sevum inve- teratum, et in veliere adpositum duritiem vulvarum emoUit. Per se vero recens vel inveteratum , ex aqua illitum, psilothri vini obtinet. Ejusdem animalis lien inveteratus , ex aqua illitus mammis abuudantiani facit : vulvas suffitu corrigit. Ungulae asininae suffitae partum maturant, ut vel abortus evocetur : nec aliter adhibentur, quoniam viventem partum necant. Ejusdem animalis fimum si recens imponatur, profluvia sangui- nis mire sedare dicitur. Necnon et cinis ejusdem fimi , qui et vulvae prodest impositus. Equi spunia illita per dies XL, prius quam primum nascantur pili, restinguun- tur. Item cornus cervini decocto : melius , si receutia sint cornua. Lact equiuo juvantur vulvae ooUutae. Quod si mortuus partus sentiatur, lichen ex aqua dulci potus ejicit. Item ungulae suffitu , aut fimum aridum. Vulvas procidentes butyrum infusum sislit. Induratam vulvam aperit fel bubulum rosaceo admixto, foris veliere cum rsina terebinthina imposito. Aiunt et suffitu fimi e mare bove, procidentes vulvas reprimi, partus adjuvari : con- ceptus vero vacciui lactis potu. Sterilitatem ob partus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. i8S dire des magiciens, boire du sang de livre demi dcom- pos. Les jeunes filles qui veulent que leur sein n'aug- mente pas de volume, doivent avaler neuf grains de crottes de livre, ou bien se frotter avec du miel et de la prsure de cet animal. Un Uniment de sang de livre, empche le poil arrach de renatre. On tuve les en- flures de la matrice avec de la fiente de sanglier ou de porc , dlaye dans de l'huile sche et en poudre : cette cendre vaut mieux encore, si l'on en met dans la boisson des femmes soumises ces ventosits , fussent-elles grosses ou en couche. Le lait de truie , bu avec du vin miell, facilite l'accouchement; seul, il fait venir le lait aux accouches qui n'en ont point. Le sang de truie, en Uniment, sur le sein, l'empche de trop grossir; le lait d'nesse, en breuvage, calme les douleurs des mamelles; avec du miel , il est emmnagogue ; vieux , son suif gu- rit les abcs de la vulve; appliqu dans de la peau de mouton, il en amollit les durets; seul, soit vieux, soit frais , il forme , l'aide de lait , un Uniment dpilatoire. Si l'on frotte le sein d'une femme avec une vieille rate d'ne, le lait s'y porte abondamment ; la vapeur de cette rate brle , rtablit les parties sexuelles en souffrance. Des fumigations de la corne du pied de l'ne acclrent l'accouchement , aussi bien que les fausses couches : on ne l'emploie mme que dans le deuxime cas, vu que bientt l'enfant, amen au monde par ce procd, prit. Les crottes d'nes, fraches, sont, dit-on, admi- rables pour arrter les pertes ; mme effet avec leur cendre, dont Tappllcation , d'ailleurs, fait toujours du bien la matrice. En frottant pendant quarante jours l'hypogastrc d'un enfant, avant la pousse des premiers poils f avec de l'cume de cheval , on , les empche de i86 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVIII. vexationem fieri , certum est. Hanc emendari Olympias Tliebana adfirmat felle taurino , et adipe serpentium , et erugine, ac melle, medicatis locis ante coilus. Vltuli- num quoque fel, iu purgatlonibus sub coitu adspersum vulvae, etiam duritiam ventris emollit, et profluvium minuit umbilico peruncto, atque in totum vulvae pro- dest. Modum statuunt fellis pondre denarii , opii ter- tia, admixto amygdalino oleo, quantum esse satis appa- reat : hoc in vellere imponunt. Masculi fel vituli, cum mellis dimidio tritum, servatur ad vulvas. Carnem vi- tuli si cum arlstolochia inassatam edant circa conce- ptum, mares parituras promittunt. Medulla vituli in vino ex aqua decocta cum sevo, exulcerationibus vulva- ntm imposita prodest. Item adeps vulpium, excremen- tumque flium : hoc cum rsina et rosaceo impositum. Caprino cornu suffiri vulvam, utilissimum putant. Sil- vestrium caprarum sanguis cum palma marina pilos de- traliit. Ceterarum vero fel, callum vulvarum emollit inspersum , et a purgatione conceptus facit. Sic quoque psilothri vis efficitur, si evulsis pilis triduo servetur illi- lum, Profluvium, quamvis immensum , urina caprae pota sisti , obstetrices promittunt , et si fmum illinatur. Membrana caprarum in qua partus editur, inveterata , potuque sumpia in vino,sccundas pcllit. Hdorum pilis suffiri vulvas, utile putant, et in profluvio sanguinis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIIL 187 natre, ha dcoction de corne de cerf opre le mme effet, et plus srement encore, si la corne est rcente. Les injections de lait de jument adoucissent les cuissons de la matrice. Un ftus dans le sein de la mre s'expulse on donnant celle-ci du lichen de cheval, dans de l'eau douce, et en pratiquant des fumigations de la corne du pied, ou des crottes sches du mme quadrupde. On obvie aux chutes de matrice par des injections de beurre ; les durets de la mme partie se rsolvent par l'application de fiel de buf avec huile rosat, tandis que , au dehors , on pose un empltre de peau de mou- ton, avec de la trbenthine. Les fumigations de bouse de buf prviennent aussi , dit-on , les chutes de ma- trice , et facilitent l'accouchement. Le lait de vache aide la conception. On sait que nombre de femmes de- viennent striles, par suite des souffrances de la premire gestation; dans ce cas, selon la Thbaine Olympias, la femme doit, avant le cot, enduire l'appareil sexuel d'une composition de fiel de taureau, de graisse de serpent, de vert-de-gris et de miel. Le fiel de veau, dont la femme s'enduit le col de la matrice l'approche de son mari , l'poque des rgles, amollit la duret du ventre, r- prime l'excs de l'effluve menstruel, pour peu qu'elle s'en frotte le nombril. En gnral , ce fiel est trs-utile tout l'appareil de la gnration chez la femme. La dose est d'un denier, avec un tiers de suc de pavot, et une quantit suffisante d'huile d'amandes douces, le tout appliqu dans de la peau de mouton. Pour les autres, maladies de la matrice , on prescrit le fiel de veau mle , broy avec son demi-volume de miel, et gard. On conseille encore aux femmes de manger, vers le temps de la conception , du veau rti avec de l'aristoloche, si i88 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXVIII. coagulum bibi, aut hyoscyami semen iinponi. bove silvestri nigro si sanguine ricini lumbi perungantur mulieri , taedium Veneris fieri , dicit Osthanes. Idem amoris|, pota hirci urina , admixto propter fastidiuin nardo. d infantium morbos. LXXVIII. Infantibus nihil butyro utilius , per se et cum melle : privatiin et in dentitione, et ad gin- givas, et ad oris ulcra. Dens lupi adalligatus infan- tium pavores prohibet, dentieutique morbos : quod et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 189 9 elles veulent avoir des garons. Cuits dans l'eau, et appli- qus avec du vin , la moelle et le suif de veau sont bons pour les ulcres de la matrice : de mme , la graisse du renard et les excrmens de chat, avec de la rsine et de l'huile rosat : les fumigations de corne de chvre font aussi le plus grand bien. Le sang de chvre sauvage, avec les feuilles du palmier de mer, est dpilatoire. Le fiel de chvre domestique fait une pommade mol- liente pour les durillons de la matrice ; employe im- mdiatement aprs les rgles, elle facilite la conception. Laisse trois jours de suite sur l'endroit pralablement pil, elle empche le poil de renatre. Suivant les sages- femmes, les pertes les plus considrables s'arrtent, ds qu'on boit de l'urine de chvre , et qu'on se frotte de ses crottes. Sch et bu dans du vin, le placenta du mme animal expulse l'arrire-faix. Les fumigations de poils de chevreau ne sont point inutiles. On cite de mme, pour arrtei* les pertes, la prsure de chevreau en breuvage , ou la graine de jusquiame , applique sur le ventre. Selon Osthane, si l'on frotte les reins d'une femme, du sang des tiques prises sur un buf sauvage noir, on lui inspire de l'aversion pour les plaisirs de l'amour. On produit le mme effet, si on lui fait boire de l'urine de bouc, o, pour faire disparatre un got ftide , on aura ml du nard. Pour les maladies des enfans. LXXVIII. Rien de meilleur, pour les maladies des enfans, que le beurre, ou seul, ou avec du miel, no- tamment l'poque de la dentition, dans les maladies des gencives , et pour les ulcres de la bouche. Une dent 190 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XXVIIL pellis lupina praeslat. Dents quidam eorum maximi equis quoque adalligati, infatigabilem ciirsum praestare dicuntur. Leporum coagulo illito ubere sistitur infan- tium alvus. Jecur asini, admixta modice panace, instiU latum in os, a comitialibus morbis et aliis infantes tuetur : hoc xl diebus fieri prcipiunt. Et pellis asini injecta, impavidos infantes facit. Dnies qui equis pri- mum cadunt , facilem dentilionem prstaut infantibus adalligati : efficacius, si terrain non attigere. Lien bubu- lus in melle editur : et-illinitur ad lienis dolores : ad ulcra manantia cum melle. Lien vituli in vino decor ctus, tritusque et illitus, ulcuscula oris. Cerebrum caprae niagi per annulum aureum trajectu , prius quam lac detur, infantibus instillant contra comitiales, ceterosque infantium morbos. Caprinum fmum inquietos infantes adalligatum panno cohibet, maxime puellas. Lact ca- prino, aut cerebro leporum perunclae gingivae, faciles dentitiones faciunt. Ad somnum et sudorem. LXXIX. Somnos fieri lepore sumpto in cibis Cato arbitratur : vulgus et gratiam corpori in ix dies, fri- vole quidem joco, cui tamen aliqua debeat subesse HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVHI. igt (le loup, en amulette, au cou de l'enfant, le prserve des peurs gratuites, et des maladies de la dentition : une peau de loup produit le mme effet. Attaches au cou d'un clieval, les grosses dents d'un loup le rendent infatigable la course. On arrte le flux de ventre chez l'enfant , en frottant de prsure de livre le sein de la nourrice. Distillez pendant quarante jours, dans la bouche d'un enfant, du jus de foie d'ne, avec un peu'de panax, vous le prservez de l'pilepsie et des autres maladies. On pr- vient les fausses peurs chez l'enfant, en jetant sur lui une peau d'ne. Attachez-lui au cou les premires dents de lait d'un poulain, vous faciliterez la sortie des siennes, sur- tout si votre amulette n'a pas touch la terre. Pour les maux de rate , faites-lui manger de la rate de buf, dans du miel, et frottez-l'en. Sur les abcs qui suppu- rent, appliquez-la avec du miel, et, si l'abcs se trouve la bouche, employez celle de veau, eu liniment, cuite dans du vin , et broye. L'cole des mages prescrit de faire passer par une bague d'or la cervelle d'une chvre, et d'en distiller le suc dans la bouche d'un enfant , avant qu'il ait tt : on le prserve ainsi du haut-mal , et de toutes les maladies de l'enfance. La crotte de chvre, en amulette, au cou des enfans, dans un morceau d'toffe, les empche de se tourmenter, surtout les filles. En frottant les gencives de lait de chvre ou de cervelle de livre, on facilite beaucoup l'ruption des dents. Pour le sommeil et la sueur. LXXIX. Pour dormir, il faut manger du livre, dit Caton. Vulgairement on croit que l'usage de cette viande, neuf jours durant, embellit : prcepte frivole, 19 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXVin. causa in tanta persuasione. Magi felle caprae, sacrifi- ratae dumtaxat, illilo oculis, vel sub pulvino posito, somnum allici dicunt. Sudores inhibet cornus caprini cinis e myrteo oieo perunctis. Ad Venerem , et ebrietntem. LXXX. Coitus stimult fel aprugnum illitum : item medullse suuni haust: sevum asininum^anseris masculi adipe admixto illitum. Item a coitu equi Virgilio quo- que descriptum virus, et testiculi equini aridi, ut po- tioni interi possint, dexterve asini testis in vino potus pro portione , vel adalligatus brachiali. Ejusdem a coitu spuma collecta roseo panno, et inclusa argento, ut Osthanes tradit. Salpe gnitale in oleum fervens mergi jubet septies, eoque perungi pertinentes partes. Bialcon cinerem ex eodem bibi, vel tauri a coitu urinam, luto- que ipso illini pubem. At e diverso mris fimo illito co- hibetur virorum Venus. Ebrietatem ai*cet pulmo apri aut suis assus, jejuni cibo sumptus eo die : item h- dinus. k- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 193 qui pourtant doit reposer sur quelque chose, puisque l'on y croit srieusement. L'cole magique recommande de se frotter les yeux avec du fiel de chvre , ou d'en mettre sous son chevet : c'est , disent les adeptes , un puissant somnifre. On arrte la sueur, en se frottant de cendres de cornes de chvre , dans l'huile de myrte. Pour les plaisirs de l'amour et l'ivresse. LXXX. On vante, comme aphrodisiaques, le fiel de sanglier, en liniment, la moelle de porc, prise intrieure- ment, le suif d'ne, avec de la graisse d'oie m^le, l'humeur sminale que laisse chapper la jument aprs la monte (Virgile en a laiss le tableau), les testicules de cheval , secs et pulvriss, pour tre pris en boisson, ou un testicule droit d'ne, soit pris dans du vin , soit port en bracelet , enfin l'cume qu'il distille aprs avoir sailli la femelle, cume qui , selon la prescription d'Osthanes, doit tre recueillie dans un morceau d'toffe rose, et enchsse dans de l'argent. Salp voulait que l'on tremr- pt , sept reprises , un membre mle d'ne dans de l'huile bouillante, et qu'on s'en frottt les parties sexuel- les. Bialcon recommande , en breuvage , la cendre du mme organe mle , et l'urine que rend le taureau , au sortir de l'accouplement : on doit en mme temps se frotter le bas du ventre de la bourbe dont cette urine est charge. En revanche, on donne comme anti-aphro- disiaque pour les hommes , les crottes de rat. Le pofW- mon de sanglier ou de porc , rti et mang jeun , garantit de l'ivresse : le mme effet est produit avec le poumon de chevreau. xvii. i3 i()4 C. PLINII HIST. NAT. LTB. XXVIII. Mir.i de nnimalibus. Siint medicinae ex apro , xii ; sue , lx ; cer- vo, m; lupo , xxvii; urso , xxiv; onagro , xii ; asino, lxxvi; polea , m; equifero, xi ; equulei coagulo , i; equo, XLti ; hippace, i; bobus feris, ii; bove, txxxi; tauro, lui; vitulo, Lix; lepore , rxiv ; vulpe , xx ; mle , ii ; fle, v; capra , cxvi ; hirco, XXXI ; hdo, xxi. LXXXI. 20 Mira praeterea traduntur in eisdem ani- malibus. Vestigiura equi excussum ungula ( ut solet pleriimque ) si quis collectum reponat , singultus reme- dium esse recordanlibus qiionam loco id reposuerint. Jecur luporum equinae ungul simile esse, et rumpi equos qui vestigia luporum sub quit sequantur. Talis suum discordi vim quamdam inesse. In incendiis, si fimi aliquid egeratur e stabulis, facilius extrahi, nec recurrere oves bovesque. Hircorum carnes virus non resipere, si panem hordeaceum eo die quo interfcian- tur, ederint, laserve dilutum biberint. Nullas vero te- redinem sentire , luna decrescente induratas sale. Adeo- que nihil omissum est, ut leporein surdum celerius pinguescere reperiamus. Animalium vero medicinas : si sanguis profluat jumentis, suillum fimum ex vino in- fundendum.Boum autem morbis sevuin , sulphur vivum, allium silvestre, ovum cocluin : omnia hc trita in vino danda, aut vulpis adipem. Carnem caballinam disco- ctam , potu suum morbis mederi. Omnium vero quadru- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 198 Faits remarquables sur les animaux. Remdes tirs du sanglier, la ; du porc, 60; du cerf, 3; du loup, 27 ; de l'ours, 24; de l'onagre , 12 ; de l'ne, 76 ; de la polea , 3; de l'quifre , ii ; de l'quulei coagulum, i ; du cheval , 4* ; de l'hippace , i ; des bufs sauvages , 2 ; du buf, 81 ; du taureau, 53 ; du veau , 59 ; du livre , 64 ; du renard , 20 ; du mlis , 2 ; du chat , 5 ; de la chvre, 116; du bouc, 3i; du chevreau, 21. LXXXI. 20. On colporte encore mille particularits bizarres , relatives aux mmes animaux. Ainsi , qu'on re- cueille et qu'on mette part un morceau de terre dta- ch du pied d'un cheval , et qui en a conserv l'em- preinte ( ce qui n'est pas rare), chaque fois que l'on songe l'endroit o on l'a dpos , on se dbarrasse du hoquet. Le foie de loup ressemble la corne du pied du cheval ; les chevaux qu'on fait marcher sur les traces d'un loup , ne peuvent manquer de crever l'instant. Quiconque porte sur lui des talons de pinces de porc, mne la discorde sa suite. Si, dans un incendie, on parvient enlever des table&^un peu de fumier, on en tirera aisment les brebis et les vaches, et elles ne s'y re- jetteront point. Si l'on veut enlever la chair de bouc son odeur forte, il suffit que le jour o on le tue, on lui fasse manger du pain d'orge, et boire du laser dlay dans l'eau. Les viandes sales pendant le dcours, ne sont jamais entames par les vers. O n'a-t-on point pouss la recherche? Un livre sourd, dit-on, prend la graisse plus vite qu'un autre. Passons quelques remdes. Si les btes de charge perdent trop de sang , on leur donne de la fiente de porc , dans du vin. Pour les maladies des boeufs , on recommande le suif, le soufre vif, l'ail sau- vage, des ufs cuits; on broie le tout ensemble, pour i3. lijG G. PLINII HLST. NAT. LIB. XXVIII. pedum morbis, capram solidam cum corio, et ranam rubetam discoctas. Gallinaceos non attingi a vulpibus, qui jecur animalis ejus aridum ederint : vel si pellicula ex eo collo inducta, galli inierint. Simitia in fjplle mii- stel. Boves in Cypro contra tormina, hominum excre- mentis sibi mederi. Non subteri pedes boum, si prius cornua pice liquida perungantur. Lupos. in agrum non accedere , si capti unius pedibus infractis , cultroque adacto , paulatim sanguis circa fines agri spargatur : atque ipse defodiatur in eo loco, ex quo cperit trahi. Aut si vomerem, quo primus sulcus eo anno in agro ductus sit, excussum aratro, focus Larium, quo familia convenit , absumat : ac lupum nuUi animali nociturum in eo agro , quamdiu id fit. Hiric deinde revertemur ad animalia sui generis, qu aut placida non suut, aut fera. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXVIII. 197 le faire prendre dans du vin la bte ; on peut aussi leur donner de la graisse de renard. Le bouillon de cheval gurit les maladies des porcs. Une chvre cuite en peau et tout entire avec un crapaud, est un spcifique uni- versel pour les maladies de nos quadrupdes. Les gal- linacs sont l'abri de la dent du renard, si vous leur en faites manger le foie sec , ou si les mles ont coch les femelle*, ayant au cou un lambeau de la peau de cet animal. On reconnat la mme proprit dans le fiel de belette. Les bufs , Cypre , gurissent de leurs tranches par l'usage d'excrmens humains. ^s pinces du buf ne s'usent point, si, avant de les mettre en marche, on enduit leurs coines de poix li- quide. On prtend que les loups n'approchent plus d'un champ, si, aprs en avoir pris un, on lui rompt les jambes et on l'gorg , et si l'on rpand ensuite son sang goutte goutte, sur les bords et autour du champ, et qu'enfin l'on enterre sa dpouille dans le lieu o il a t saisi. On peut encore faire brler au foyer des dieux Lares , o se rassemble toute la maison , le soc qui a trac le premier sillon de l'anne, dans le champ ainsi purifi; tant que l'on observera cet usage, le loup n'y osera attaquer aucun animal. Nous allons revenir maintenant ces animaux distincts de tous les autres , et qui , libres du joug de la domesticit , ne sont pas tout--fait sauvages. NOTES DU LIVRE VINGT-HUITIME. ChaP. I, page 2, ligne lo. Qui /'go dixerimus herhas , et fiorum imagines Fides lantum auctores appellet. Pline a bien raison de demander pardon au lecteur des hombreuses extrava- gances qui vont s'entasser dans ce livre et les quatre suivans. Ici encore nous reprocherons l'historien de la nature de n'a- voir pas su distinguer d'un coup d'il puissant et rapide, ce qu'il fallait carter de son ouvrage pour le rendre digne de la post- rit, ce qu'il fallait y admettre. Nous le rptons, Pline ne pos- sdait pas cette critique habile, hardie et judicieuse, qui sonde , qui pse , qui cote sa juste valeur des docuraens dans lesquels le faux et le vrai se trouvent bizarrement mls. Mais une fois ce blme svre consign la tte de ces cinq livres de matire m- dicale zoologique , ce n'est pas Pline seul que va le reproche, c'est tout son sicle ; car tout son sicle croyait a la puissance de la thrapeutique animale , au moins autant qu'aux oracles , la magie et aux nombres chaldens. Ce que nous regrettons chez Pline , c'est de voir en lui non pas un homme infrieur son sicle, mais tout juste au niveau de son sicle; incrdule par boutade, incrdule Paspect de mille choses qui ne sont que singulires, crdule, ou peu s'en faut, lorsqu'il trouve sur sa route les miracles du sang de belette, ou les vertus des globules que forme le scatophage qu'Aristophane donne pour hippogriffe Socrate , lorsqu'il va fonder ,. au milieu des airs , la ville de Nphlococcygie. Voici comment un crivain moderne s'exprime (^Dictionnaire des Sciences mdicales , t. II , p. i56) sur les remdes que nous offrent les animaux : NOTES DU LIVRE XXVIII. 199 H Leur usage, dit-il, dans la matire mdicale, s'est bien restreint depuis qu'on n'ajoute plus de confiance la rpure de crne humain , la graisse de chrtien , Tusne , au foie de loup , au poumon de renard , au sang de bouquetin , aux m- choires de brochet , la poudre de crapaud , aux eaux distilles du cerveau des pendus , ou des petites pies broyes vivantes , l'esprit volatil des mouches , aux plumes jaunes du loriot contre i'ictre, la corne du rhinocros , ou la dent de l'hippopotame, et quidqud dlirt vtus medicina. On ne conserve mme que par un reste de superstition, en quelques anciennes formules, l'ongle d'lan, les perles , les bzoards , le seine, la momie humaine, la graisse d'ours, les scorpions, les petits chiens, les vers de terre dans des huiles fixes, etc.; l'on ne voit plus que du carbonate calcaire dans les yeux d'crovisse, le corail , l'os de seiche; que du phosphate de chaux et de la glatine dans la corne de cerf, l'ivoire ; que du carbonate ammoniacal plus ou moins charg d'huile empyreumatique animale dans les esprits de corne de cerf, de chair de vipre, de soie, etc. Les seules substances animales qui jouissent de proprits bien constates, sont les scrtions particulires, comme le musc, la civette et le zibet, le castorum , l'ambre gris, et aussi les humeurs animales telles que la bile de buf, les laits de dif- frens quadrupdes herbivores , outre celui de la femme ; l'albu- mine et la glatine , les colles animales , celles de poisson , celle de peaux , les nids d'alcyons , les holothuries , les tablettes d'hockiack, etc. , quoique ces dernires soient plutt des alimens que des mdicamens. Les divers corps gras , comme le beurre , le suif, l'axonge, les graisses, le blanc de baleine , l'adipocire, l'huile de buf, celle de poisson offrent souvent des topiques utiles. En quelques occa.sions, l'on prescrit encore des bouillons de tortue, de vipre, d'crevissc, la chair des lzards accolis , le frai de grenouille , la bave des limaons , l'infusion de la coraline, etc. L'on a cru pouvoir appliquer avec succs quelques excrmens , comme Valbum grcum , la fiente humaine , celle d'hirondelle, l'urine humaine, l'eau de mille-fleurs, etc. La seule classe des insectes prsente, outre le miel , la cire, la rsine laque et quelques autres produits, des espces utiles en 300 NOTES DU LIVRE XXVIII. mdecine , fort bien exposes dans VEssai d'entomologie mdicale de Chaumeton (in-4, Strasbourg, i8o5). Ainsi les cantharides et les autres coloptres vsicans , comme les mlos, les mi- labres, etc. ; ainsi les cloportes, les fourmis , et Taclde actique pntrant qu'elles exhalent, offrent des secours plus ou moins prcieux. L'on peut mme tirer parti de la punaise , des arai- gnes, etc.; des diplolpes excitent la production des noix de galle, du bdguar. w On fait un frquent emploi des sangsues {^Hirudo officina- lis^ L. ). La sangsue dte cheval {Hirudo sangidsuga , L. ) n'est point venimeuse; mais ses dents demeurent souvent dans la plaie qu'elle fait, et y causent alors un phlegmon. L'on a, je pense ^ abandonn les applications barbares et inutiles de pigeons ouverts vivans , de peau de mouton corch vif, de bains de ventre de cheval , etc. Les anciens ont fait usage des commotions de la tor- pille contre la migraine et autres nvroses. Ajoutons que de ces prtendus remdes, moins absurdes an premier abord que les autres, la moiti au moins a- t abandon- ne par les praticiens raisonnables , depuis l'poque laquelle s'crivait ce morceau (1812), et le temps n'est pas loin o presque lout le reste subira le mme sort. Il est inutile d'avertir que nous exceptons de cet arrt, la sangsue; mais que Ton y songe bien , la sangsue n'est pas un remde , -c'est un instrument mdical. Jamais personne n'a pens qu'elle agt chimiquement sur lecorps; son action est purement mcanique et chirurgicale: c'est une lancette suoirs, c'est une ventouse vivante. A prsent , peut-tre , on va demander la cause de cette inu- tilit des substances animales dans la thrapeutique ; la voici : les substances animales , par cela mme que l'animalit c'est l'organisation au plus haut degr , se composent de quantit d'lmens, ou, si l'on -veut, de principes divers ; or, de ces prin- cipes divers que contient par exemple la moeHe de l'homme ou le sang de poisson, un seul agit, si tant est qu'il agisse. Dans ce cas, n'est-il pas beaucoup plu* simple d'appliquer le principe isol la maladie qu'il doit gurir i' Il y a mieux, nous alHrmons que cette dernire mthode l'emporte. Dans le corps organis , le principe gurisseur se trouve presque infailliblement masqu par NOTES DU LIVRE XXVIII. 201 les principes avec lesquels il se combine , et djs-lors il doit perdre de sa vertu, il peut se faire qu'il devienne inefficace. A mesure que la chimie a fait des progrs , elle s'est efforce de simplifier les combinaisons , et d'extraire , des composs que nous offre la nature , les principes qui seuls importent la sant ou aux plaisirs de l'homme. L'acide citrique et l'essence de citron ne donnent-ils pas les lmens essentiels de la limonade la plus exquise , aussi bien que les citrons eux-mmes , avec la substance amre de leur corce et les cotons de leurs lobes ? La quinine n'est-elle pas prfre, dans l'usage journalier, l'corce de quinquina.'' Or, la plante, quoiqu'organise , ne prsente pas beaucoup prs la complication de l'animal. De deux choses l'une : lorsque vous employez des substances animales comme remdes, ou elles agissent , ou elles n'agissent pas : si elles n'agissent pas , cessez de les donner ; si elles agissent , isolez les principes sa- lutaires , et donnez-les purs , autant que possible , au malade qu'ils doivent gurir. L'objection qu'on pourrait tirer de l'usage frquent des vhi- cules, pour nombre de substances mdicinales, n'en est pas une. Quiconque n'est pas tranger la philosophie des sciences chi- miques et de la mdecine , le comprendra facilement. l , page 4-1 ligne 11. S anguinem quoque gladiatoTum bibunt el cerebrum infnntium. Ces cruelles superstitions se sont ten- dues jusque dans les temps modernes. Long -temps on a vu des mdecins , peut-tre d'aprs Celse , Tertullien et Scribonius Largus , peut-tre aussi d'aprs de fausses ides sur la rnova- tion du sang, l'aide d'un sang plus jeune , plus sain, recom- mander aux pileptiques de boire du sang d'enfant , ou bien de prendre des bains de sang. S'il pouvait se trouver aujourd hui des hommes qui osassent soutenir l'utilit de cette pratique , ils diraient que, dans ce cas, il s'opre par l'absorption une vri- table transfusion du sang. 11 ne resterait prouver que deux choses II" que l'absorption amne, dans les vaisseaux sanguins, une quantit notable de sang, donn titre de remde, et l'a- mne sans le dcomposer; 2 que cette prsence d'un sang nou- veau influe en bien sur le sang primitif, le rectifie , l'pure, lui %\ *NOTES DU LIVRE XXVIII. donne de l'oxygne^ etc. Du temps de Louis xv , si dcri pour ses dbauches, le peuple, qui depuis long-temps avait cess de voir en lui le hros de Fonlenoy et le bi'en-am , l'accusait de prendre des bains de sang d'enfant pour y retremper sa dcr- pitude. C'tait une calomnie , et , ds cette poque , les m- decins clairs avaient renonc aux aphrodisiaques de cette espce. Il en est de la moelle comme du sang. D'abord, il est pro- bable que la moelle d'homme diffrerait fort peu, comme ali- ment, de celle des autres animaux, et toutes les moelles imagi- nables , en tant que remdes , seraient sans doute inefficaces. Il faut laisser toutes ces rveries la vieille mdecine , qui croyait donner les semblables par les semblables , c'est--dire la force par l'usage alimentaire des muscles, la sensibilit ou la pense, par celui des nerfs , de la moelle , etc. Il y avait quelque chose d'analogue chez les rdacteurs des premires lgendes mytholo- giques , qui nous montrent Chiron nourrissant Achille de la moelle des lions et des ours. Seulement il parait que ces pro- fonds physiologistes croyaient que la vigueur dpend de la moelle. Le peuple croit encore qu'il en est ainsi. Ce n'est pas, au reste, la seule erreur antique laquelle il soit rest religieusement at- tach. Ce que Pline dit de la vertu du fmur et de l'encphale des enfans, est cru encore par le peuple des campagnes dans toute l'tendue de l'Europe. Il est notre connaissance que deux poux , il y a six ans peine , ont tu , mis en morceaux et fait bouillir leur enfant pour en extraire ce qu'ils appelaient de la graisse de chrtien. Cette graisse se compose en grande partie de substance mdullaire, amollie par la cuisson et amene l'- tat de pte huileuse : il y entre fort peu de graisse proprement dite. Dans presque tous nos dpartemens, les bourreaux voient venir eux force paysans qui leur demandent, en change de leurs cus, de la graisse de supplici pour gurir leurs crouelles et leurs rhumatismes. Quant Pline, tout en refusant crance aux livres remplis de ces recettes miraculeuses, il a trouv moyen d'tre tout aussi ri- dicule qu'eux. C'est une infamie, dit-il, c'est un sacrilge; \\ se garde bien de dire : C'est une sottise, une purilit. Ce NOTES DU LIVRE XXVIII. ao3 n'est pas par de bonnes raisons qu'il combat l'ide reue , c'est par une fin de non- recevoir digne de Snquc. Page 6, ligne i/j- Oculorum suffusiones felle hominis sanari. On peut penser ici ri la gurison de Tobie. H y a cette diff- rence entre la lgende reconnue canonique par le Saint-Sige, et le mdicament indiqu par Pline , i que c'est avec le fiel d'un gros poisson du Tigre que le jeune Tobie rendit la vue son pre; 2 que le livre de Tobie regarde la cilre comme miracu- leuse , et en consquence ne pose pas comme principe de m- decine que le fiel de poisson gurit l'ophthalmie cause par la fiente d'hirondelle. Ligne 24. Siubi saliva , tactusve corporis. Ces croyances taient rpandues dans tout l'Orient; et mme, aujourd'hui, les partisans du magntisme regardent comme des phnomnes trs- simples les prodigieuses gurisons dont les vanglisles font honneur la divinit de Jsus. Ni le paralytique guri par l'im- position des mains , ni le sourd qui un peu de salive , accom- pagne du mot eppheta , rend l'usage de l'oue , n'excdent leur foi. Il n'y a pas un sicle qu'on et pu tre non pas traduit en justice, mais jet dans la Bastille, si l'on et dout tout haut ou par crit du pouvoir octroy par Dieu mme aux rois de France, le jour de leur sacre, de gurir les crouelles par le simple at- touchement. III, page 8, ligne 9. Ex homine remediorum primicm ira- cantamenta carminum. Il est inutile de prouver aujourd'hui la ngative ; mais ce qui , juste titre , arrtera notre attention , c'est que Pline classe les enchantemens parmi les remdes tirs (le l'homme. Les paroles magiques , que prononce la voix hu- maine , ne sont pas plus un remde tir du corps de l'homme que le cri d'un corbeau ou le hennissement d'un cheval, le reten- tissement du tonnerre ou le sifflement du vent qui porte la tem- pte. Carminum ne veut pas dire vers ; c'est tout simplement l'- quivalent de formule. Faete linguis est un carmen; houx cm pajtp (formule qui terminait les leusinies) en tait un autre. Carmi- nare signifie tisser de la laine , et les carmentes (comme carmina- trices, si l'on et dit ce mot) signifiait les tisseuses, les Parques, 2o4 NOTES DU LIVRE XXVIII. les Xentries des Grecs. Or, les Parques prophtisaient, formu- laient l'avenir, chantaient et filaient, carminabant. Page 8, ligne i6. Impetritis. On drive ordinairement ce mot, qui appartient au vocabulaire mystique, Umpttra , comme si cela signifiait grav sur la pierre, et par suite certain, accompli, irr- vocable. Effectivement, telle est peu prs la signification dfini- tive du mot ; mais nous ne doutons pas qu'impelritum ne soit absolument le mme mot qa' impetratum; mais conjugu un peu autrement que dans la langue cicronienne. Au reste , on appe- lait en gnral impelrita, et les signes mtoriques qui indiquaient qu'un vu , soit form, soit encore former, tait accompli , et les vux mmes qu'on avait faits ou qu'on tait sur le point de faire. Il n'y a pas, comme on se l'imaginerait naturellement, d'opposition entre les impetrita et les deux objets qui suivent , depidsoria et commentationis. Il y a tout au plus diffrence. Page lo, ligne 7. Durt immenso exemple Deciorum pairis fiUique carmen. Voici la prire de ces hros : Jane y Jupiter, Mars pater, Quirine, Bellona, Lares , divi novencilenses , divi in~ digetes , divi quorum est potestas nostrorum hostiwnque , diique Mnes , vos precor, veneror, veniam peto f croque uti populo romano Quiritium vim victoriamque prosperelis, hostesque populi romani Qui- ritium terrore , formidine m,orteque afficiatis. Sicut verbis nuncupavi , iia pro republicaQuiritiwn, exercilu, legionibus, auxiliis populi romani Quiritium, legiones auxiliaque hostium mecum dis Manibus Tellurique devoveo. Janus, Jupiter, Mars notre pre, Quirinus, Bellone, vous Lares , dieux novenciles , et dieux indigtes , et. vous dieux qui avez puissance sur les ntres et sur l'ennemi , et vous dieux Mnes , je vous implore, je vous adore, je vous demande grce, et j'apporte la ranon : donnez au peuple des Quirites de Rome la force , la victoire , la prosprit ; aux ennemis du peuple des Quirites de Rome , envoyez la terreur, la droute et la mort. En vous invoquant par ces paroles , je dvoue , en faveur de la r- publique des Quirites, en faveur de l'arme , des lgions et des troupes auxiliaires du peuple des Quirites de Rome , les lgions et les troupes auxiliaires des ennemis , en mme temps que mol , aux dieux Mnes et la Terre. Ligne 8. Exstat Tuccioe vestalis incest precalio , qua usa, etc. NOTES DU LIVRE XXVIII. 10% Nous ne savons si celte vestale est la Romaine que Juvnal a calomnie dans ces vers : '. Saltanle Baihyllo Taccia vesicse non imperat Quoi qu'il en soit, ce miracle nous est attest par Valcre-Maxme (viii, I, 5 ). Tertullien {apologtique, chap. 22) et saint Au- gustin {Cit de Dieu, X, 16) doutent de l'authenticit de l'histo- riette. C'est une singulire incrdulit de la part du Pre , qui , dans ses argumentations contre les ennemis de l'Eglise , donne comme preuve d'un grand miracle , contest par ses adversaires , la fcondation des cavales en chaleur par les vents , sur les bords de l'Euripe. Page 10, ligne 10. Boario vero inforo Grcum Grcamque nostra tas vidit. Serait-ce donc que rellement du temps de Pline, et quelques annes avant Vespasien, on aurait vu dans la capitale du monde romain ensevelir des hommes vivans ? Plu- tarque, dans ses Questions romaines, rapporte le mme fait, non- seulement d'un couple grec , mais encore d'un couple gaulois , et ajoute que cette crmonie a eu lieu il y a quelques annes. On voudrait pouvoir penser qu'ici et le philosophe et le natura- liste se bornent copier d'anciens auteurs , sans rectifier des dates. Malheureusement il est probable qu'il faut prendre la lettre ce qu'ils disent ; Valiarum gntium de Pline indique peut-tre justement ces Gaulois, expressment nomms par Plularque : et effectivement la premire anne du rgne de Vespasien avait t trouble par la grande insurrection de la Gaule , sous ivilis , Tutor, Classicus, Sabinus, etc. :,Vv .,.! ;,' 10. Ligne 21. Ex his , etiam fulmina elici, ut suo lco docui- mus. Nous ne pouvons mieux claircir ce passage que par le morceau suivant, emprunt la partie mythologique de la Bio- graphie universelle , t. 54 ^ Elicius, iiurnom clbre de Jupiter en Etrurie et Rome. Jupiter licius avait un. autel dans cette ville, sur le mont Aven- lin : Numa, dit-on, l'avait ddi. Le nom d'Elcius, s'il est vrai qu'il vienne du latin elic... (elicere) , signifierait attir, et en d- veloppant l'ide , attir des nues sur la terre. Souverain du io6 NOTES DU LIVRE XXVIII. monde , puis , mesure que l'on particularise , du ciel , de l'ther ou empyre, Jupiter, dans la religion toute mtorologique de la vieille Etruric, fut aussi le dieu de l'atmosphre, des nuages, des temptes: HecpeMyepTct Zevs. Les prtres annoncrent hau- tement qu'ils sauraient conjurer la grle, la pluie, la foudre. Docile nos irrsistibles prires , nos invisibles formules , la foudre descend des cieux; Jupiter (car c'est Jupiter qui est l'- clair, Jupiter qui est la foudre, Jupiter qui est la nue: Jupiter Fulgur est l'tre roi de la haute doctrine); Jupiter, subitement tir de la nue par le prtre , suit paisible et inoffensif la route certaine que lui tracent les conjurations. Effectivement , les collges sacerdotaux de l'Etrurie eurent cette prtention, et une foule de passages prouvent que les anciens croyaient fermement cette puissance de l'art trusque, et que de grands personnages tentrent de le pratiquer eux-mmes , quoiqu'ils n'en connussent qu'imparfaitement les thories et les circonstances essentielles. Kien de plus clbre, sous ce point de vue, que la tentative mal- heureuse du roi de Rome TuUus Hostilius. Le profane voulut attirer la foudre : il fut foudroy (Pline LE Naturaliste, liv. xviii , 2 ou 4; TiTE-LiVE, I , 3i). La parfaite ressem- blance de cet accident prtendu avec ce qui arriverait infailli- blement l'exprimentateur maladroit qui, par un orage vio- lent , manierait un paratonnerre , ou qui romprait la verge mtallique le long de laquelle la foudre glisse jusqu'au sol, ont fait souponner aux modernes que les prtres trusques connais- saient la thorie de l'lectricit , et que TuUus n'choua dans ses efforts, que par l'imperfection de ses connaissances, ou par suite de la prcipitation avec laquelle il opra. Dveloppe d'abord par quelques savans franais, Lagrange (not. sur la trad. de S- nque, *j/. nat., liv. vi) et, dans ces derniers temps, M. Eus. de Salverte , puis porte en Allemagne , -en Italie , en Angle- terre , cette hypothse , qui explique si commodment tout ce qu'il y a de merveilleux dans la lgende de TuUus, qui appuie sur des bases physiques, sur des bases relles , les hautes pr- tentions d'une thocratie despotique , mais savante , jalouse et habile dans les sciences d'observation; cette hypothse, di- sons-nous, devait sduire beaucoup d'esprits. Le fait pourtant NOTES DU LIVRE XXVIII. 207 st qu'elle ne pose sur rien de grave. Les passages des anciens , rassembls par Bulenger {de Terr molu etjulm., iiv. v, chap. i4, dans le Ths. ant. rom. de Gr^EV. ; t. v, p. 37, elc. ), font' voir que dans cette science profonde des mtorologues bton augurai , et crmonies conjuratoires , pas un mot n'a trait aux oprations manuelles ncessaires pour une vocation de foudre. C'est ainsi que l'on adjurait la pluie de descendre sur les terres embrases, la grle d'aller plus loin porter ses ravages. Si le nom de Pluvius , impos Jupiter, si les appointemens donns l'Aquilex ne prouvent point que les prtres possdaient l'art de faire tomber la pluie ad libitum, de bonne foi , l'pthte d'Elicius indique-t-elle qu'ils matrisaient le tonnerre? D'ailleurs, sans nier entirement la science des trusques , convenons au moins que les sciences d'observation leur furent toujours aussi trangres qu' toute autre corporation sacerdotale. Nul instru- ment d'optique n'aidait leur vue : un inamovible statu quo prohi- bait , comme sacrilges, la publicit , l'examen comparatif, le droit de faire des corrections aux livres saints; le scalpel n'avait d'autre office que de faire aux victimes deux ou trois incisions mortelles. On ne va pas loin dans les sciences naturelles avec ces rglemens. Aussi ces habiles augures ne savaient-ils pas plus distinguer que reconnatre les vautours les plus communs de l'trurie, ceux dont le nom tait sans cesse prononc dans leurs collges. IV, page 12, ligne 8. Etruri celeherrimus vates Olenus Cale- nus.... Non plane hic, sed Rom inoentum caput dicimus. Ce trait curieux nous montre que , de temps immmorial , l'quivoque et les restrictions mentales ont t chres aux ministres de la reli- gion. L'quivoque ici consiste non-seulement dans l'interroga- tion, par laquelle il essaie de faire passer l'trurie l'avantage de la dcouverte faite Rome ; mais dans le mot mme de tem- phim. (]e mot indiquait, non pas comme dans le langage usuel, le temple de pierre et de ciment , construit par la main des hommes ; mais certaines rgions du ciel , dtermines par des lignes imaginaires , dont le lituus augurai traait en l'air le si- mulacre ; par extension , on l'appliquait une partie de la surface ao8 NOTES DU LIVRE XXVIII. du sol dont la priphrie rpondait aux lignes traces sur la vote cleste par l'astronome en robe d'augure. Sur la dtermi- nation du templum et ses dtails , voyez K. Ottfr. Muller , Etruskr. -^ Page i4- ligne y. Verrus Flaccus auctores ponit, quibus cre-M dat.... Et durt in pontifimm disciplina id sacrum. Le fait est vrai , mais il n'est pas propre exclusivement aux Romains. Chez presque * tous les peuples de l'antiquit classique, il y avait des dieux locaux, nationaux, indigtes, de vrais patrons. L'ennemi essayait, pour triompher, de corrompre ces protecteurs de la ville, ces gardiens des remparts , ces porte-clefs divins. Tantt on avait recours aux formules vocatoires qui , bon gr mal gr, les faisaient dloger ; tantt on leur prodiguait des promesses. C'tait un pplum tout neuf Minerve, un beau foyer et des vestales Vesta, du bon vin Hercule, etc. D'autre part, les assigs essayaient, en quelque sorte , de contre-miner les sductions ou les incantations corcitives par d'autres promesses pompeuses , ou par des me- naces , ou mme par des ralits. De l, les dieux battus, les dieux chargs de liens (^Xvy'oS'etriJ.oi) d'osier; et quand enfin ils voyaient ces ingrats dcids les abandonner, ils exprimaient cette migration par les dieux s'en vont. On nous a conserv la formule par laquelle les Romains vo- qurent la divinit de Carthage ( Vojez Macrobe , Satum. m , g), et , chose curieuse, on voit par cette formule, rdige avec toute la prcision imaginable qu'un lgataire uin'versel dsire dans le testament qui l'institue hritier, que les Romains igno- raient non-seulement le nom , mais encore le sexe de la divinit tutlaire de Carthage ^si deus , si dea es , cui populus civitasque carthagimensis est in tutela), Rome donc n'tait pas la seule ville qui cacht le nom de sa dit protectrice. Pour nous , nous croyons savoir ce secret de la ville ternelle , et nous ne balan- ons qu'entre trois ou quatre noms qui sont i Favra (^Fona , Bona, la bonne desse.''); 2" Acca; 3" Flora; redesia {Falesia ou Valentia). Parmi les noms secrets de Rome , figuraient Flora et Valentia. Quant la divinit de Carthage , comme les Romains et les Grecs la nomment tantt Junon, tantt Vnus , et qu'- videmment ces deux noms , inconnus l'Afrique carthaginoise, NOTES DU LIVRE XXVIII. 209 ne peuvent tre que des quivalens partiels d'un nom indigne ; on a prsume que c'tait Astart , ou plutt, pour revenir au vrai nom , Achioret. Page 14, ligue i4- Defigi quidem diris deprecationibus nema non 'metiiit. On donnait le nom de diras (sous-entendu precationes ou deprecationes) aux imprcations sacramentelles qui dvouaient une perte ou une mort infaillible ceux contre lesquels on les lanait, ou des incidens prvus d'avance et qu'on regardait comme participant la vertu des imprcations. Le mot defigi , employ par Pline , nous fait penser aux superstitions du rgne de Henri HI : on sait qu' cette triste poque aussi , en vomis- saut des imprcations contre les personnages dsigns par leur colre, les Ligueurs peraient, tronquaient, dcapitaient, expo- saient un feu ardent , ou bien soumettaient un simulacre de torture les images en cire de ceux dont ils dsiraient la mort. Ligne i5. Hue perlinet oforum.... proiinus /rangi. Cette mode se maintient encore en France ; nous ne savons si elle y existe de temps immmorial. S'il fallait s'en rapporter la vracit d'un pote gastronome de notre sicle, il paratrait que non. Suivant les notes sur la Gastronomie , un ami de l'abb Delllle, en revenant de l'migration , scandalisa un cercle tout parisien , par son pro- indalisme, ou, si l'on veut, par ses manires importes de Ham- bourg. L'abb fut oblig de le mettre au fait des usages et des formes nouvelles. Vous ! hier dner chez M. de *** ; je parie que vous y aurez commis mille incongruits ! Commeut ! comment ! s'crie l'ami tout alarm. Oui ; >> et aprs un in- terrogatoire en rgle , qui embrassait depuis le potage et le bouilli jusqu'au caf , il retomba sur l'article des ufs frais : Comment vous y tes-vous pris pour les manger.'' Comme tout le monde : je les ai ouverts , sals , hums, puis, introdui- sant dlicatement la cuiller, j'ai dtach le blanc des parois de la coquille. Puis? Puis, j'ai pos l'uf vide sur l'assiette. Puis ? ^ C'est tout. Eh bien ! malheureux , apprenez que vous avez commis le crime le plus grave qui puisse se commettre en bonne compagnie, un crime de lse-socit : jamais on ne laisse emporter sa coquille intacte, on la brise. Ligne 17. Hinc Theocriti apud Grcos, etc. Le morceau de Ca- XVII. l4 2IO NOTES DU LIVRE XXVIII. tulle n'existe plus, les deux autres sont connus sous le nom de pharmaceutrie. Casaubon et Heinsius ont rassembl , dans leurs commentaires sur celle de Thocrite , presque tous les passages relatifs aux crmonies incantatoires inspires par l'amour. En y joignant les remarques de Lacerda sur la pharmaceutrie de Virgile, Bruckh sur TibuUe (1,2, l^.\) , et diverses annotations sur l'apologie d'Apule , on aurait un cours complet sur cette matire. ^ Page 16, ligne 5. Dixit Homeins , profluvium san^uinis, vulne- ralo femine , Vlyssem inhibuisse carmin. Ce n'est pas Ulysse lui- mme , ce sont les fils d'Autolycus qui arrtent le sang du bless par leurs chants, que, du reste, ils accompagnent d'un pansement selon les rgles. Nous croyons parfaitement l'efficacit de la cure ainsi dirige. Au reste , pour faire voir que rellement ces vieilles poques on usait des deux moyens , nous citons les pro- pres paroles d'Homre [Odjsse , xix, v. 4^^^ Tiv yMv ap Ai}TOXt5ou tarttiS's acchus , dans lesquelles on portait processionnellement le van sacr, ou quelquefois une effigie plus significative encore. Fascina vient de Fascinas. Quant au culte rendu cette partie du corps humain par les vestales, il faut se souvenir que P allas , une des divinits perptuellement annexes Vesta par les La- tins, est le mme mot que phalle, t que la flamme qui s'lve tomme une pyramide sur l'tre, tait souvent regarde comme le phalle de Vesta. IX , page 32 , ligne 9. Gianius. La famille Grania tait uue NOTES DL' LIVRE XXVIII. trS les plus anciennes de Rome. Peut-tre rcrivaiu mentionne ici est-il ce Granius Flaccus qui, selon Censorinus {deDienatali, d^ip. 3), avait crit sur les noms des divinits payennes. X , page 34, ligne i. Mulla gnera morlorum primo coitu sol- ^unlur. Ceci est vrai et s'explique trs-naturellement par des raisons pliysiologiques; du reste, il est bien entendu que primo coitu ne signifie pas uno coitu. En gnral , il est vident qu'une conliuence absolue peut exercer une influence fcheuse sur beau- coup d'individus. La facult de mdecine de Paris supprima , en 1722 , une thse curieuse sur ce sujet, qui ne pouvait celte poque tre matire discussion. C'tait pourtant sous le rgent. Voici le texte de la thse : Ergo ex negalo Veneris usu, morbi, in-^", par Gabr. Anton. Jacques. On peut y joindre les suivantes : Ergo insanienti virgini Venus, in-fol. , Paris, 1576 , par Le Pes- CIIEIJR; Ergo Venus salubrisf Paris, 1579, D'El^LAIN; Ergo pi- tuitosis Venus, Paris, iSgS, CousiNOT; Ergo Venus amantium iclero, Paris, 1616, par LEBLANC. Dans les temps plus moder- nes, nous trouverons : Ergo sanitati matrimonium , de Blouet, Rheims, 1764.; et Dissertatio de Venere medica et morhifica, par Wedel, in-4, lna. XI, page 34, ligne 22. lidemin quarlanis fragmenium clavi a cruce aut spartume cruce. On voit par l que Ifes lgendaires qui ont donn cours tant de fables , sur les miraculeuses guri- slons opres par les clous de la vraie croix, n'ont pas si grand tort qu'on le pense vulgairement. La mdecine antique avait dj propag CCS absurdits. La diffrence , c'est que , chez les lgen- daires, on les donne comme des drogations aux lois de la na- ture, tandis que, chez les anciens mdecins, on les pose eu principe. XII, page 36 , ligne 5. Lit colem, qua ferramenta spe exacula sint.... evocare indicium , etc. On voit des traces de cette croyance dans un rcit des Mille et une nuits, o elle est bien mieux place, il faut l'avouer, que dans un livre de thrapeutique. Quant l'o- rigine de cette ide , elle est magique ; c'est--dire , elle vient des ai6 NOTES DU LIVRE XXVIII. Mages , en ce sens surtout qu'au nombre des magiciens (par suite les Mages) , taient rangs les mtallurgistes , et en gnral tout ce qui s'occupait, soit de l'extraction, soit de la fusion , soit de l'laboration des mtaux. De plus , on croyait une espce d'a- nalogie entre la modification que subissent le fer, l'acier, le cui- vre, lorsqu'on les aiguise , et celle qu'prouve l'me lorsque, force de sollicitations , de demandes captieuses , de tiraillemens, ou lui arrache un secret. Page 36, ligne 9. Fulmine utique perus s o , circumacturriy in vulnus hominem loqi protinurs constat. Constat est plaisant. Il semble au contraire, pour peu surtout qu'on s'en rapporte aux anciens, qu'en celte occasion, l'homme auquel arrive l'accident, soit en proie une torpeur qu'il ne peut secouer. On sait quel est le sens primitif Xatloniius , c'est presque tre rduit au crtinisme par le contact de la foudre. On pourrait , il est vrai , objecter que cette torpeur n'avait lieu que lorsque l'homme foudroy restait immobile, et que, au contraire, c'est lorsque le mtore l'avait fait pivoter sur lui-mme, que sa bouche s'ouvrait pour mettre des sons. Mais , de bonne foi , quelle diffrence y a-t-il entre ces deux cas "^ XIII, page 38, ligne 6. Sordes hominis in magnis fecere remediis qustuosorum gymnasia Grcorum. C'est le cas de se rappeler ce que Pline a dit ci-dessus (xv, 5), que les chefs des gymnases ven- daient par an pour huit cent mille sesterces (environ cent soixante mille francs), de cette sueur pulvrulente et huileuse qui se d- posait sur le corps des athltes aprs les violens exercices de la palestre. XIV, page 4o, ligne 5. Abstinere cibo omniy oui potu, etc. , etc. , in prsentissimis remediis habetur. Personne n'ignore aujourd'hui la puissance de cette mthode , recommande soit par la mde- cine proprement dite , soit par l'hygine , et du reste varie selon les temps, les lieux, les tempramens, les circonstances antcdentes ou concomitantes. Elle a pour base un principe gnral , c'est que tout malaise ou mal-tre est une irritation. Le remde curatif ou prventif est donc la suppression des causes NOTES DU LIVRE XXVIII. 217 qui amnent, ou maintiennent, ou augmentent rirrilation. Parmi ces causes, figurent les modificateurs externes ; et au nombre des modificateurs externes sont les alimens , les vins, etc. Ce (]ui vient ensuite sur l'exercice , les frictions , la promenade pied , en litire ou cheval, la navigation, le sommeil, etc., contient beaucoup de choses vraies et d'observations saines. Page 4-0, ligne i3. Longis morbis locorum mutaiio. Il y a besoin ici de distinguer trois ou quatre faits que Pline semble confondre. 1 Dans les maladies de langueur, et principalement dans les af- fections du poumon , il est utile , ou du moins les mdecins le recommandent, d'aller respirer l'air pur des pays chauds; 2* les nostalgiques et plusieurs malades, dont nous ne pouvons ici nu- mrer les affections , se trouvent bien de l'air natal; 3 tous les habitans de pays malsains , de plaines basses et marcageuses, pr- viennent ou gurissent une foule de maladies, en abandonnant leur domicile, pour une contre plus salubre ; 4 enfin il est cer- taines affections morales , plus ou moins diffrentes de la nostal- gie, et plus ou moins analogues au spleen anglais , qui se modi- fient en bien d'une manire trs-sensible, par le fait seul du changement de lieu ; peu importe que l'on quitte Amsterdam pour Nice , ou Nice pour Amsterdam ; les Marais Pontins pour Va- lence , ou Valence pour les Marais Pontins. Page 4-2 ligne i. Noiandum , nullum aliud animal calidos potus sgqui. C'est vrai. Il faut en excepter au plus les singes et quelques animaux en domesticit ; encore est-il certain que c'est pour eux une exception et non une rgle. Du reste , si les breuvages chauds sont peu agrables aux animaux , ils n'aiment pas non plus les breuvages froids. Une temprature analogue celle de l'air ambiant est ce qui leur convient le mieux , et , s'il est impossible de raliser en leur faveur cette circonstance, du moins faut-il que la temprature s'lve au dessus de huit degrs. C'tait le cas de remarquer aussi que nul animal ne recherche les boissons fermentes ; ceux mme qui vivent au milieu des hommes , et dont la domesticit a puissamment modifi les habitudes, ne s'en accommodent que trs-rarement et avec peine. XVI , page -^ , ligne 4. Homo alius exsilirel ex homine. C'est ai8 NOTES DU LIVRE XXVIII. tort que Daicchamp entend par l que l'homme enflamm par l'a- mour, ivre de ddsr, ou rassasi de volupt , est comme hors de lui, est tout un autre tre. Page 4-4-? ligne 7. Medetur et lumborum dolori , ocidorum hebe- talioni. Il est impossible df; rien imaginer de plus faux. XVII , page 4.4., ligne i x.Adsidere greu>id{s... veneficium est , elc. Il est trs-clair que veneficium, ici, ne signifie pas empoisonnement ; du reste, cet effet funeste des mains croises , et surtout croises au dessus des rotules, a t clbre de temps immmorial. Ceux qui recherchent l'origine des croyances superstitieuses, peuvent, sans absurdit , regarder la posture dcrite ici comme symboli- que. Rien , effectivement , ne serait plus oppos la dlivrance de la femme en proie aux douleurs puerprales , que la position prte celle qui veut s'opposer l'enfantement. XVIII , page 48 , ligne 9. Magna et urin non ratio soum , sed etiam religio , etc. L'urine n'est pas plus un remde qu'un sym- ptme vritablement indicateur de snuances et des phases de toutes les maladies. L'importance jadis attache cette excrtion, l'un ou l'autre titre , n'existe plus que dans le cerveau de quel- ques vieux praticiens et de quelques garde-malades de la campagne. XIX , page 52 , ligne 1 1. Hesiodus juxta obstantia reddi suadet. Ce passage se trouve dans les Travaux et les Jours. Presque tous les commentateurs se sont plu le citer. Une des injonctions du pote porte aussi sur la direction dans laquelle doit tre lanc le fluide. Il faut que ce soit vers l'Ouest quand le soleil se lve, et vers l'Est lorsqu'il se couche, La doctrine pripatticienne ne d- daigna pas de faire du vers d'Hsiode un de ses articles de mo- rale. Quelques commentateurs se sont avis de voir, dans la prescription du sage deSamos, une intention allgorique, et ont traduit le, par, ne lancer aucune injure sur l'homme de bien et sur les grands. XX , page^52, ligne 18. Quque alia non obsielrices modo, verum NOTES DU LIVRE XXVIII. 219 etiam ps merelrices prodidere. Ce dernier mot indique que Pline ne parle pas ici par tradition , et qu'il existait des ouvrages ex professa sur celte matire. Il est malheureux qu'il ne nous ait pas conserv au moins le nom des auteurs. XXI , page 54. , ligne 9. De lacts mu coneenil , etc. Toutes les prescriptions de cet article sont, ou puriles, ou fausses. Le lait de femme n'a rellement de haute utilit que comme aliment de l'enfant. Du reste , on sait qu'il varie mesure que le terme de la parlurition s'loigne, et que le nourrisson grandit. C'est une des raisons qui doivent faire tenir la femme nourrir son enfant elle-mme, ou , du moins , chercher une nourrice, dont l'ac- couchement, en quelque sorte , ait concid avec le sien. XXIII , page 58, ligne 20. Ire ergo per mdia ara, retectis super dunes vestibus. Columelle (liv. x) a daign mettre en vers cette recette qui , ce qu'il parat, tait en usage dans l'Asie-Mineure. Sans son autorit , on serait tent de croire que quelque bon voyageur avait pris, pour des opratrices de ce genre, des femmes qui se seraient mises la lgre pour sarcler leurs champs. Page 60 , ligne g. Nam bilumen in Juda nascens, sola hac vi superan'...docuimus. Y oyeiWv. Vil, ch. i3. Tacite en dit autant. 11 n'y a pas besoin d'ajouter que le fait non- seulement est faux, mais ne repose sur aucune base. Ligne i5. Klephanlis. C'est celte mme lphanlis si clbre chez les anciens, et par ses posies obscnes , et par les dcou- vertes qui lui valurent le nom de Dodcamchanos . XXV, page 66, ligne 23. Perunctos eo hesti fusiunt. Abdul- Arraman nous assure que les moines qui vivaient dans les soli- tudes lointaines, usaient de cette recette pour loigner d'eux les lions et les panthr.es. C'est ainsi que les infidles expliquaient des miracles, dont la ralit, certes, indiquerait l'intervention directe de Dieu. > XXVI, page 68, ligne 4- Cameli cerebrum , etc. Dans tous ces remdes fournis parle chameau, Hardouin reproche Pline d'- aao NOTES DU LIVRE XXVIII. voir omis une des recettes les plus clbres d'Orient : c'est le lait de chamelle , excellent dans les cas d'hydropisie , au dire mme de Tavernier. Nous laissons la responsabilit de ce remde au voyageur et au savant jsuite. XXVII, page 68, ligne 19. Celer aque de monstrifica naiura ejus. Il faut ajouter cette liste des prodiges attribus la hyne, que sa peau , comme celle des phoques, passait pour tre inac- cessible la foudre. Il peut se faire que la peau de la hyne soit un trs-mauvais conducteur de l'lectricit, et en consquence doive tre considre comme un de ces corps isolans qui semblent tre et mettre l'abri de la foudre. Page 70, ligne i6. Glaucomaia veto, etc. On donnait jadis le nom de glaucomes toutes les affections ophthalmiques, dans les- quelles les humeurs ou les membranes de l'oeil , en devenant opaques, empchaient la lumire d'arriver jusqu' la rtine. Las- nier, le premier, distingua les diverses ophthalmies, et, ds-lors, le nom de glaucome fut restreint l'paississement de l'humeur vitre , ou de la membrane hyalode. Cette maladie ne peut se gurir. XXVIII , page 78, ligne 12. Duo enim gnera eorum : illius e dextra maxilla dnies aller ili similis. Ce paragraphe contient un appendice important et curieux ce que Pline a dit livre Vlll. Ce n'est pas que les caractres, qu'il donne comme dislinctifs , soient bien suffisans par eux-mmes, pour assigner l'animal sa vraie place dans l'chelle herptologique ; mais du moins ils ai- dent la reconnatre. Nul doute que le deuxime crocodile, in- diqu comme de dimension moindre , et comme ne se plaisant que sur la terre et au milieu des fleurs odorantes, ne soit le souchos de M. Geoffroy-Saint-Hilaire , habitant le Nil comme le mmss y crocodile vulgaire; il fut un objet de vnration pour l'antique Egypte. C'est lui qu'adorait la ville d'Ombos , tandis que Ten- tyra, sous l'influence des traditions relatives aux ravages du chamss , dans la Basse-Egypte , faisait tous les crocodiles in- diffremment une guerre cruelle. Plus petit que le chamss , le souchos s'attaque moins souvent aux gros animaux, et, en cens- NOTES DU LIVRE XXVIII. a* quence, on l'a dclar moins froce. On a tir, des cryptes fun- raires de Thbes et d'autres lieux , plusieurs ttes momifies de ce crocodile. Au reste, le souchos, comme le chamss, vivait dans l'eau el terre indiffremment. Seulement , comme dans la Haute- gyple la vgtation tait plus aromatique, on s'imaginait que le crocodile de ce pays aimait l'arme des fleurs et l'mail des prairies. XXIX , page 82 , ligne 18. Nullum animal pavidius existimatur, el ideo versicoloris esse muationis. Le camlon est effectivement fort timide , comme presque tous les animaux qui la nature n'a donn que des dimensions mdiocres. Toutefois, les naturalistes que Pline copie ont exagr sa timidit. La bizarrerie des formes , la lenteur des allures , la gaucherie des mouvemens jointe la vi- vacit et la mobilit de son regard , ont pu donner lieu ces hyperboles. XXXI , page 90, lign 1. Tesiicui drachma ex aqua contra ser- pentes bibitur. La mme recette se trouve indique dans Nicandre; toutefois, il annexe au castor l'hippopotame de Sas , c'est--dire du Delta. Dioscoride (il, aS) la dtaille davantage, et y fait joindre divers iugrdiens, qui doivent, dit-il, tre bus avec du vin. XXXIII , page go , ligue 17. Utilissimum cuique malernum. C'est un fait indubitable. On comprend toutefois qu'il y a de nom- breuses exceptions : il est inutile de les indiquer ici. Ligne 18. Concipere nulrices exitiusum est. Presque tous les pra- ticiens s'accordent aujourd'hui sur la vrit de cette proposition. Peut-tre pourtant mriterait-elle un nouvel examen. Page 94 ligne i3. Privatim bubulum his qid colchicun bibe- rint, etc. Le dorycnium , selon les uns, serait le cardiospermum; selon les autres , le solanum manicum, qui appartient la famille des datura ou des belladones. Haller etWildenow, contrairement Linn, distinguent le dorycnium de Tournefort d'avec le lotos. Ligne i5. Et sulphur. Dalechamp suppose que, dans le texte grec d'o Pline a tir ce passage, il y avait ^pvov (le solanum . m V. aaa NOTES DU LIVRE XXVIII. manicum) , et que Pline a lu e?oi'(le soufre). C'est une hypothse ingnieuse ; toutefois , si , comme le dit Dalechamp , le soufre n'est pas un poison, il n'en est pas moins vrai que plusieurs sulfates doivent tre rangs au nombre des substances vnneuses, et il n'est nullement tonnant que les anciens aient pris un sel de sou- fre pour le soufre mme. XXXV, page 98 , ligne 2. E lact fit et butjrum, barlararum gentium lautissimus cibus, etc. Ce passage est un de ceux qui nous montrent , ce qu'on sait d'ailleurs par d'autres auteurs , que le beurre n'tait pas un objet de consommation ordinaire chez les Romains. Il en tait de mme jadis dans tous les pays dont la tem- prature se prte la culture de l'olivier. Le nom de Barbare ne doit pas nous induire en erreur ; les Romains, ainsi que les Grecs, le donnaient tous les peuples qui habitaient hors de leur pays ; dans cette hypothse , les Alpes et le Danube formaient la limite entre le monde romain et le monde barbare. On peut voir, dans Pallas (SammL histor. Nachrichlen iiber Mon^olische Flk., F par- tie) , la manire dont les peuples du Nord prparent le beurre. Ligne 3. Et qui divites a plbe discernt. Parce que la richesse, chez les peuples pasteurs, consiste dans le nombre des troupeaux, et que plus ceux-ci fournissent de lait, plus les prparations du lait va- rient. En tout pays , d'ailleurs , les pauvres vivent au jour le jour, et, en consquence , dans les pays de pturage, ils boivent le lait pur, et tel qu'ils l'obtiennent de l'animal; les riches, au con- traire , peuvent le garder, et ainsi lui faire subir diverses pr- parations. XXXVII , page lo, ligne 25. Tantaque est vis, ut genibus etiam adalligata, redeat in os sapor. On pensait en consquence que, dans les maladies vnriennes, la poix et l'axonge mles ensemble faisaient saliver abondamment. XXXlX,page 106, ligne 3. Laudatissimacervina,Tnoxvitulina, dein hircina, et caprina. Dioscoride et Galien les classent dans l'or- dre suivant : i" cerf, 2 veau , S taureau , 4" bouc , 5" brebis. Ces classifications prtendues sont sans importance. jiS NOTES DU LIVRE XXVIII. iaS XL, page io6, ligne i8. Flamini sac/or-um equum tangere non licet. Cette prohibition n'est qu'une des mille prescriptions bizarres et minutieuses au joug desquelles l'tiquette religieuse soumettait le flamen de Jupiter. Joigne 19. Quum Rom publias sacris equus eiiam immoletur. Il s'agit du clbre cheval d'octobre (oclober equus) , que l'on im- molait au mois d'octobre, dans le Champ-de-Mars , Jupiter, au milieu de diverses crmonies. La principale consistait em- porter immdiatement, aprs le coup fatal , la queue du cheval im- mol , saignante encore , jusqu'au temple de Mars , avec assez de rapidit, pour qu'en arrivant dans le sanctuaire , quelques gouttes de sang, tombant encore dans la flamme sainte, teignissent le brasier. XLII , page iio, ligne 2. Item venter, quem centpellionem vo- cant. En franais , le mirefaiillel. On lui donn aussi les noms de midlachon , de coiffe et de double. Ligne 10. Vyrclhium. Cette herbe, qui s'appelle en latin sali- vai is , passait pour avoir la vertu de faciliter l'coulement de la pituite; nos pharmaciens aujourd'hui lui donnent encore le nom de pyrlhre. Son nom vulgaire en franais est pied d'Alexandre. XLIII, page 1 14 ligne 3. Canis rabiosi morsufacta yulnera cir- cuvuidunt, etc. Le jus de veau, la viande de veau, sont totalement inutiles dans ce cas; mais la circoncision, pratique autour des parties entames, est un des moyens les plus plausibles de gu- risoD, pourvu toutefois qu'on s'y prenne sur-le-champ. XLIV, page ii4i ligue 19. Vestigia ejus calcata equis adferant torporem. Personne n'eu doute aujourd'hui ; il est prsumable que c'est un effet de l'lectricit. C'est ainsi que le livre, le la- pin , le faisan , la perdrix , la caille, fuient ds qu'ils se trouvent sur les traces du chien. C'est peut-tre par un phnomne ana- logue que l'clat en quelque sorte gluant des yeux du crotale frappe d'immobilit des oiseaux qui tombent et deviennent sa proie. XLV, pag ii6, ligue 3. Aut lepus marinus. C^est Vaplj- s ia a4 NOTES DU LIVRE XXVIII. depilans de Gmelin. Ce poisson a la couleur du livre terrestre , mais il n'offre ni ses formes ni son agilit. 11 frquente les bords de l'Ocan et de la Mditerrane; il rpand autour de lui une odeur flide et nausabonde , mais il s'en faut de tout qu'il soit veni- meux. Il faut donc relguer au rang des fables tout ce que non- seulement Pline, mais encore Atius, Scribonius Largus, Ni candre , Dioscoride, Gallien , Avicenne , Pauld'gine, Apule, Elien , etc. , en ont crit. Page Ii6, ligne 23. Contra sanguisugas potas hulyrum remedio est, cum aceto , etc. Le beurre est inutile dans ce cas. Des exp- riences rcentes ont prouv que des injections modres de vin vieux les tuaient dans le corps du malade. XL VI , page 1 18, ligne 20. Capill difluvia, etc. Ainsi de temps immmorial on s'est occup d'arrter la cbute des cheveux. Ce sont des graisses ou des huiles qui ont toujours t en possession de ce privilge. Il s'en faut qu'on doive croire toutes les qualits que les dbitans de ces articles leur attribuent. Cependant on peut admettre qu'il y a quelque vrit au fond des pompeuses annonces qui vantent leurs vertus. En gnral, les huiles, les graisses assouplissent et nourrissent la peau ; elles lui donnent de la consistance , et ds-lors il est naturel que les racines des che- veux, qui sont implantes dans l'enveloppe cutane du crne, y adhrent davantage. XLVII, page 122, ligne 5. Oculorum epiphoras , etc. On attri- bue celte affection ophthalmiquc tantt |a lchet des mem- branes , tantt une irritation. En admettant la seconde hypo- thse , on peut prsumer, que le remde de Pline serait bon quelque chose. Ligne 10. Epinjctidas , adlpe aprugno cum rosaceo. Les piny- ctides sont des pustules remplies d'humeur acre, etc. , en cons- quence trs-rouges. Le Uniment que Pline conseille augmente- rait sensiblement l'inflammation. XLVIII, page 126, ligne 16. Itemfimum asini recens , etc. Il faut laisser celte pharmacie aux empiriques et aux docteurs de NOTES DU LIVRE XXVIII. aaS cainpagae. En gnral les excrmens contiennent , il est vrai , diverses substances doues de proprits mdicales ; mais les autres principes auxquels ces substances se trouvent mles , en diminuent la force : il est donc infiniment plus convenable d'employer la substance salutaire soit seule, soit dans le vhi- cule simple le plus propre la porter dans la partie malade. XLIX, page iSa, ligue 3. Invenitur os , deniibus caninis maximis simile. Cet os ne se trouve que chez les grands animaux qui ont subi beaucoup de fatigues pendant la vie. Il rsulte de la conso- lidation de certaines fibres tendineuses qui forment le ligament du cur. Les chasseurs le trouvent souvent dans le cerf, et le comment la croix du coeur. Ligne 6. Equarum virus a coitu in Ijchnis accensum Anaxilaus prodidit. C'est un conte ; et si Anaxilas l'enregistra dans ses p- gnia ou rcrations, il ne rcrait ce jour-l les lecteurs qu' ses dpens. L, page i32, ligne 20. Cutem in facie erugaii , et tenerescere , et candorem cusiodire lact asinino putant, etc. Le principe gnral est que toutes les substances qui'donnent de la libert aux glandes miliaires, rendent la peau souple et lisse. Le lait, de quelque ani- mal qu'il provienne, est toujours dans ce cas, pourvu qu'il ne soit vici ni par une maladie ou le malaise de l'animal , ni par la fermentation. Ce qui suit sur les pratiques de Poppe est fort connu, et a souvent t rpt. Il est croyable que, quelque exa- gre que ft la dpense pour un objet aussi futile , au moins l'impratrice atteignait son but. LI, page i38, ligne i4-> Galliarum hoc incenlum rutilandis capil- lis. Comparez Valre-Maxime (il, i n" 5), et Thodoret (i, 3); Martial (liv. VIII, pigr. 33) : t matai laiias spuma balaya comas. Les Romains tenaient beaucoup avoir les cheveux blonds , sans doute par cette raison qui fait qu'on recherche tant les cheve- lures brunes en Angleterre. ' .-i-'^ n ' XVII. l5 aaS NOTES DU LIVRE XXVIII. Page i38, ligne i^. Ft ex sevo et cinere. On donne aujourd'hui le nom de savon une infinit de substances diffrentes , qui au reste ont toutes ceci de commun, qu'elles se composent d'une huile soit fixe, soit volatile, ou d'un corps gras et d'un oxide. On les distingue en savons alcalins, savons terreux et savonules. On sait que la ville de Savone prtendait avoir trouv les savons, long- temps aprs l'poque laquelle crivait Pline. Tout l'honneur au- quel peut prtendre cette ville se rduit tre reste long-temps un des principaux ateliers ou entrepts des savons dans l'Europe m- ridionale. On les emploie frquemment dans la composition des cosmtiques , mais ce n'est jamais pour altrer la couleur des cheveux. LIV, page 14^? ligne 4- Stomachum exulceraium lactis asinini potus reficit. On conseille encore aujourd'hui le lait d'nesse toutes les personnes affectes de phthisie pulmonaire. Peut-lre y a-t-il quelque limite mettre la confiance qu'on accorde ce. rgime. LV, page 142, ligne 18. Jecur quoque vulpinum, aut pulmo , in vno nigro..,. laxat meatus spiranHi. Celse (iv, 4) ajoute qu'il faut d'abord faire desscher le foie du renard, ensuite le broyer, le rduire en bouillie , et le mler la boisson du malade. Il donne aussi comme quivalent de ce remde le poumon frais du renard rti, mais sans avoir touch de fer. Il est inutile d'ajouter que ces remdes sont absolument inefficaces. LVl, page 1^4 ligne 3. Rahiem hircorum, si mulceatur barba, mitigari. Les boucs, les ours, les chevaux ne sont pas jjus su- jets tre pris de la rage que les hommes. Ils ne contractent cette affreuse maladie que lorsqu'ils ont t mordus par un autre animal dj en proie ses ravages. Le chien et le loup sont les seuls chez lesquels elle se dclare spontanment. LVIII, page 148, ligne ^.Lactis equini potus : item caprini cum sale et meUe. Caprfd cum cydamini succo. Le lait de jument n'est point purgatif. Il en est peu prs de mme de toutes les ^ NOTES DU LIVRE XXVIII. 117 espces de lait ; celui de chvre est inme lgrement astringent. Le fiel de chvre n'est pas plus un remde que les autres fiels. Quant au suc de cyclamine, c'est tout diffrent; il possde un haut degr.la vertu purgative, et c'est lui qu'il faut attribuer les effets dont Pline fait honneur au fiel. Page i4^, ligne 24. Cumino nxtum. Le cumin est un irritant. Il faut donc se garder de l'administrer dans le cas prsent ; il ne peut avoir de succs que dans un cas de dysenterie engendre par l'usage immodr des farineux , dans des rgions froides et ma- rcageuses. Page i5o, ligne aS. Sanguine. ... quem sanguiculum vacant. C'est tort que quelques manuscrits substituent sanguenculum. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui du boudin. Le vieux traducteur franais (Antoine Dupinet) remarque que, de son temps encore, cet article de charcuterie s'appelait sanchet. LIX, page I Sa, ligne i8. Tniarum gnera pellt ceroini cornus cinis potus. On distingue aujourd'hui soixante espces de tnias, dont six habitent les entrailles de l'homme. Le plus clbre est le fameux tnia arm (^vermis cucurbitinus de Pallas et de Plater). Il est croyable que, du temps de Pline, on ne savait pas distinguer les tnias les uns des autres. Mais, en revanche, on confondait avec les tnias beaucoup de vers intestinaux , prsent rangs dans d'autres classes par les elminthologistes. Quant l'effica- cit du remde de Pline, non-seulement sa recette est fort inu- tile , mais jusqu'ici la mdecine moderne n'a gure t plus heureuse dans ses tentatives que l'ancienne. En gnral, les moyens qu'on emploie contre le tnia ont pour but de le tuer au sein mme des entrailles qui lui servent d'asil^. On emploie cet effet 1 l'eau froide; 2" les huiles ( en particulier l'huile de ricin); 3 des substances volatilisables; 4 des sels, parmi les- quels le muriate de baryte et le nitrate de potasse; 5" des purga- tifs. Au reste, il n'est pas un mdecin clbre qui n'ait sa m- thode pour dtruire le tnia , et qui ne croie dans la sincrit de son cur toutes les autres mauvaises. LX , page i54 , ligne 6. Lapilli , aut duritie lapillis similes. Ces i5. 228 NOTES DU LIVRE XXVIII. graviers sont des calculs qui se forment dans la vsicule du fiel. Ils sont de nature savonneuse , solubles dans l'eau et inQam- mables. C'est aux Orientaux que l'Europe a d ces bizarres re- mdes, connus dans l'Ouest sous le nom de bzoards. Les Por- tugais ont pris long-temps pour une vraie panace la pedra di porco , qui est un calcul de la vsicule du fiel du porc. Page i54 , ligne 21. Cum charia et arrhenco sanat. L'arsenic , appliqu l'extrieur du corps , est loin d'avoir les mmes dangers que pris l'intrieur. Cependant , il ne faut l'employer qu'avec prcaution pour les ulcres. Appliqu sur les plaies vives, il pourrait causer des spasmes horribles, et bientt la mort. LXI, page i58, ligne 20. Femlna adteri adurique equitatu no- tum est. Cette incommodit s'appelait en grec Tp!/u.(j(,et, en latin ntertrigo. Ce dernier nom a t conserv en franais. Quant au remde , il est de la force de presque tous ceux qui remplissent ces livres. LXII, page 160, ligne 2. Podagris medelur, elc. Ces prescrip- tions sont fort inutiles, et la graisse d'ours et l'oing de taureau pour gurir la goutte sont passs en proverbe. Toutefois , il faut avouer que les remdes dilhyrambiquement annoncs par quel- ques modernes , comme gurissant radicalement la goutte , ne valent pas mieux que l'oing de taureau et la graisse d'ours. Ligne 1 2 . Quin et ischiadicos un sub pllicihus pedum eo fimo fer- vente, utilissime tradunt. Hippocrate avait conseill ce remde mentionn aussi chez itius. Il est encore en usage dans l'Orient, et la moza (tel est le nom qu'on donne au mlange) n'est gure moins clbre dans ces contres \ que la thriaque en Europe. ( Voyez Ten-Rhyne et ILempfer). LXVI, page 166, ligne \l^. Fehres arcet ceivorum caro. Pour plusieurs excellentes raisons: la premire, que les cerfs n'avaient jamais la fivre du temps des anciens; la seconde, que le bouil- lon d'un animal sain doit gurir Tanimal malade ; la troisime , que les mdailles mmes font foi de cette proprit mdicale de la viande de cerf. Hardouiu mentionne ce propos deux mdaills, NOTES DU LIVRE XXVIII. 229 l'une en l'honneur de Gallien , l'autre en l'honneur de Salonipe. Comparez aussi sur ce point l'pigramnie de Martial que ter- minent ces mots : ; Vis sine febre itiori. ( Lib. VIII , Epigr. 5o.) ^ LXVII, page 168, ligne 11. Lethargicos excitai asini lichen. Pline entend ici par lthargie cette espce de torpeur que les Latins appelaient vetemum, et qui olTre une analogie singulire avec l'tat d'hibernation des animaux. Ce n'est pas la lthargie proprement dite, quoique le profond sommeil qui alors enchane les sens , et le peu d'activit de la circulation , donnent l'indi- vidu attaqu de cette bizarre maladie l'aspect d'un mort. On a vu des personnes ainsi endormies passer des annes dans un tat d'immobilit et d'apathie alarmant , mme pour les personnes que l'habitude aurait d familiariser avec leur vue. LXVIII , page 170, ligne 10. Bolbiton vacant. Ce mot, d'ori- gine grecque, a donn aux Latins bulbilare et imbulbitare , qui se retrouvent dans ce vers de Lucile : Haec te imbubinat illc el cootra le imbulbilat. ( Frag. XXXVI.) LXIX , page 170, ligne 18. Igni sacro ursinus adeps iUinitur. Il s'agt ici des afTections erysiplateuses places l'extrieur des reins. LXX , page 172, ligne 5. Luxatis recens fimum aprinum vel suillum. Rien de plus ridicule que ce moyen. Les luxations sont totalement du ressort de la chirurgie , et la mdecine n'a d'autre prescription imposer au malade que la dite , et en gnral tout ce qui loigne les causes d'irritation. LXXII , page 174-7 ligne 10. Nervorum doloribus.W ne s'agit pas ici des nerfs dans le sens des modernes. Les anciens entendaient par r.erfs , les ligamens et les tendons. Lorsqu'une blessure les a rais dcouvert, le miel, et surtout le vinaigre, ne peuvent tre que 3o NOTES DU LIVRE XXVIII. dangereux. S'ils sont en proie de simples spasmes , le remde est sans utilit, mais aussi sans pril. Page 1 74 ligne i g. Feruntque etNeronemprincipem hacpotione re- creari solitum, qifum sic ijuoque se irigario adprobare vellet. Personne n'ignore que Nron tait ambitieux de toutes les palmes qu'avait mprises la fiert des vieux Romains. Il tait pote, acteur, cocher. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, et ce que ses suc- cesseurs , lorsqu'ils partagrent ses gots, ne manqurent pas d'imiter, c'est qu'il se plaisait reproduire toutes les manires des cochers ses rivaux du moment, et que, comme eux, il saluait, s'agenouillait, demandait la faveur du peuple, envoyait des bai- sers l'assemble.... 11 est vrai que les gardes prtoriennes taient l pour empcher les spectateurs de rester froids et sans enthou- siasme l'aspect de l'empereur, qui dit en mourant : Qualis ar- tifex pereo ! LXXV, page 178, ligne 12. Glutinum taurinum liquefactum , tertio die solutum. Ce mlange n'est bon qu' provoquer des vomissemens. H faut le laisser aux Ostialis et aux Samodes qui en font leurs dlices ; mais il est vraiment incroyable que , dans une contre o la civilisation et le luxe avaient pris un dveloppe- ment aussi considrable que dans l'Italie romaine , on ait tolr , recommand mme de pareils alimens. LXXVII , page 180 , ligne 16. Ol/mpias Thebana. 11 est pr- sumable que cette homonyme de l'pouse de Philippe tait habile dans les mystres de l'obsttrique. Elle est cite encore un peu plut bas dans ce chapitre , qui , en gnral , ne contient gure que des recettes de vieilles femmes , et qui , plus encore que tous les au- tres, semble admettre pour base de la thrapeutique, que les sem- blables s'obtiennent par les semblables. LXXVIII, page 188, ligne 7. Infantibus nihil butjro ulilius. L'estomac des enfans est trs-dlicat ; il en rsulte que souvent des alimens lgers irritent chez eux les frles memhranes qui le tapissent. Les substances vgtales s'acidifient souvent dans le ca- nal choldoque ; la bile ne peut couler facilement,' et les iulesliu^ NOTES DU LIVRE XXVIII. ai se pelotonneut ; alors se produit la constipation. Le miel et le beurre peuvent tre utiles pour prvenir ou faire cesser cet tat de choses. LXXIX, page 190 , ligne 20. Somnos fieri lepore sumpto in cibis Cato arbitratur. Tout ce que l'on pourrait en conclure, c'est que , pour les vieux campagnards du Latium , le jour o l'on mangeait du livre tait un jour de grande fte, et que de copieuses libations arrosaient le quadrupde. On dormait ensuite; et le sage Caton , qui seul veillait au milieu des convives endormis sous la table , inter sc/phos et pocula, en concluait que le livre faisait dormir. Ligne 21. Vulgus et gratiam corpori in IX dies aliqua debeat subesse causa. La cause, c'est tout simplement que lepus , livre, et lepos, grce, ont un gnitif commun (abstraction faite de la quantit), eporis. De l l'pigramme suivante, qu'il faut renon- cer traduire, et dont le premier vers est videmment faux : Quod palcbrum esse vides nosimm regem. Qnem Syrum sua delulii propago, Venatus facit , et Icpos comesus Ex qao continuum capit leporeni. Martial a (ait aussi allusion cet adage dans l'pigramme sui- vante , qu'au reste nous trouvons plus grossire que jolie : Cum leporem mitlis, semper mibi , Gellia , mandas, Septem formosus , Marce, diebas eris. Si TLTum dicis, si verum , Gellia, mandas, Edisti nunquam , Gellia , lu leporem. LXXX , page 192, ligne 8. Virgilio quoque descriptum virus. L'hippomane , dont le nom , driv de 'iittos (cheval) et de /*/- vofjiAt (tre en furie) , se rapporte ce que les anciens disaient du funeste privilge de celte liqueur. A vrai dire , Virgile lui- mme et t fort embarrass de dire si , par hippomane , il entendait l'arrire-faix seul de la jument, ou les eaux qui peuvent en accompagner l'expulsion, ou l'un et l'autre. LXXXI , page 194 , ligne 11. Rumpi er/uos qui vestigia luporum sub eguite sequaniur. C'est une hyperbole que rien ne justifie. a32 NOTES DU LIVRE XXVIII. L'effet lectrique produit sur le cheval est dj assez remarquable , surtout lorsque l'on en connah l'intensit , sans qu'on aille encore y ajouter le merveilleux. Page 194 ligne ig. Leporem surdum ceerus pingiuscere reperia- mus. Il est possible toute force d'expliquer ce prtendu miracle. Un livre sourd n'a pas peur, il mange tranquille, et, en cou- squence, s'engraisse jusqu'au jour o il tombe sous le coup de fusil du chasseur. Quant la surdit en elle-mme, nous serions carieux d'apprendre comment ceux qui ont fourni des mmoires Pline l'avaient constate. Page 196, ligne 12. Focus Larium. Les Lares avaient leur do- micile , ou , si l'on veut , leur niche privilgie au coin du feu. Cet usage s'accordait admirablement avec les murs patriarchales du vieux Latium, o l'tat social tout entier reposait sur l'orga- nisation de la famille, o , en consquence, l'tre tait le sanc- tuaire dont Vesta {Hestid) tait la grande desse ; et avec la forme du chien , souvent donne aux dieux lares, que, du reste, on reprsentait aussi en nains difformes ou en marmousets , et dont le nom signifiait seigneurs ; car iordet lares sont le mme nom. LIVRE VINGT -NEUVIEME. C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XXIX. HEDICIN>E EX RELIQUIS ANIMALIBUS, QVJE AUT PLACIDA NON SUNT, AUT FERA. . De origine medicmae. I. I. INatura remediorum, atque multitudo instan- tium ac praeteritorum , plura de ipsa medendi arte co- gunt dicere : quamquam non ignarus sim, nulli ante hsec latino sermone condita, ancepsque lubricum esse rerum omnium novarum , talium utique, tam sterilis grati, tantaeque difficultatis in promendo. Sed quo- uiam occurrere verisimile est omnium qui liaec noscant cogitationi, quonam modo exoleverint in medicinae usu, quae tam parata atque pertinentia erant : mirumque et indignum protinus subit, nullam artium inconstantio- rem fuisse , et etiamnum saepius mutari , quum sit fru- ctuosior nulla : diis primum inventores suos adsignavit, et cselo dicavil. Necnon et hodie multifariam ab pracu- '1 ^/\/\ VVV%V/ V/V bVV\ /VV% /VV VV\%IVV% %/VVVVV\r\ %/VVVW\/V\i l/VV\ WVVVVVVV VVVli VVVV^^ HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XXIX. MATIRE MDICALE TIRE DS AUTRES ANIMAUX ( CEUX QU'oN n'apprivoise PAS, ET LES ANIMAUX FROCES ). Origine de la mdecine. I. I. Xja nature et la multiplicit des remdes dj in- diqu^, des remdes que j'ai encore faire connatre , m'obligent quelques dtails sur la mdecine mme, quoique je sache que jusqu'ici personne n'en a trait en latin , et que je sente toute la difficult , toute la dli- catesse d'une tentative si nouvelle, si peu attrayante, si scabreuse pour le choix des mots. Je dois d'abord r- pondre l'objection de ceux qui me demanderont pour- quoi , dans l'art mdical , on a renonc tant de pra- tiques simples , et la porte de tout le monde. Lgi- time sujet de surprise et de courroux nulle science n'a t plus inconstante , plus sujette aux rvolutions , quoique en utilit elle l'emporte sur toutes. Primitive- ment , elle a fait remonter son invention aux dieux , et a proclam le ciel sa patrie. Aujourd'hui mme on con- sulte, de plusieurs faons, les oracles pour la gurison j* 236 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. lis medicina petitur. Auxit deinde famam etiam criminc, ictum fulmine ^sculapium fabulata , quoniam Tynda- reum revocavisset ad vitam. Nec tamen cessavit narrare aiios revixisse opra sua , clara trojanis temporibus , quibus fama certior, vulnerum tamen dumtaxat re- mediis. T)e Hippocrate : quando primura clnice, quando primum iatraleptice. IL Sequentia ejus (mirum dictu) in nocte densissima latuere usque ad peloponnesiacum bellum : tune eam revocavit in lucem Hippocrates, genitus in insula Coo, in primis clara ac valida, et ^sculapio dicata. Is quum fuisset mos , librtes morbis scribere in templo ejus dei quid auxiliatum esset , ut postea similitudoprof- ceret, exscripsisse ea traditur, atque (ut Varro apud nos crdit ) templo cremato , instituisse medicinam banc, quae Clinice vocatur. Nec fuit postea quaestus modus : quoniam Prodicus Selymbri natus, e disci- pulis ejus , instituit quam vocant latralepticen , et un- ctoribus quoque medicorum ac mediastinis vectigal invenit. De Chrysippo , et Erasistrato. III. Horum placita Chrysippus ingenti garrulitato mulavit , plurimumque et ex Chrysippo discipulu ejus rasistratus, Arislotelis lia genitus. Hic Antiocho regc 4 HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 237 des maladies. Plus tard, on crut ajouter sa clbrit en la rendant accusatrice : on imagina qu'Esculape avait t frapp de la foudre pour avoir ressuscit Tyndare. Malgr cet exemple , la mdecine prtendit avoir rendu la vie d'autres. Vers l'poque de Troie, o commence s'tablir la certitude , la mdecine ne s'illustre plus que par la gurison des plaies. D'Hippocrate : date de l'origine de la clinique et de l'iatraleptique. II. Son histoire se trouve ensuite cache sous les plus paisses tnbres, jusqu' la guerre du Ploponnse; alors parat Hippocrate. N dans la puissante et c- lbre Cos, alors consacre Esculape, ce grand homme transcrivit les relations de tous ceux qui , guris dans le temple de ce dieu, y laissaient, dans les archives, le narr de leur maladie , pour qu'on pt en tirer des in- dications pour l'avenir. C'est ainsi , au dire de notre Varron, qu'aprs l'incendie du temple, Hippocrate put fonder ce que l'on appelle la Clinique. Dans la suite, la profession de mdecin devint extraordinairement lu- crative. Prodicus de Slymbrie, un des disciples d'Hip- pocrate, trouva, djans l'invention de l'iatraleptique, un moyen de faire la fortune des baigneurs et des frotteurs employs par les mdecins. De Chrysippe et d'rasistrate. III. Aux doctrines des prcdens, Chrysippe substi- tua un grand talage de paroles. A son tour, Erasi- strate, petit-fds d'Aristote, par sa fille, modifia consid- a38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. sanato centum taleritis donatus est a i-ege Ptoleniaeo filio ejus, ut incipiamus et praemia artis osteadere. De empirice. IV. Alia factio (ab experimentis cognominant Empi- ricen) cpit in Sicilia , Acrone Agrigentitio Erapedoclis physici auctoritate commendato. De Herophilo, et reliquis illustribus medicis : quoties ratio medicinae mutata sit. V. Dissederuntque lia diu scholae , et omnes eas da- mnavit Herophilus , in musicos pedes venarum pulsu descripto per aetatum gradus. Dserta deinde et haec secta est : quoniara necesse erat in ea litteras scire. Mu- tata et quam postea Asclepiades (ut retuliraus) invene- rat. Auditor ejus Themison fuit, qui quae inter initia scripsit, illo mox recedente a vita, ad sua placita niu- tavit. Sed et illa Antonius Musa ejusdem auctoritate divi Augusti , quem contraria medicina gravi periculo exenierat. Multos praetereo medicos , celeberrimosque ex lis Cassios , Galpetanos , Arruntios , Albutios , Ru- brios. Ducena quinquagena h - s annua mercede iis fuere apud principes. Q. vero Stertinius iniputavit prin- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. ag rablement la mthode de Clirysippe. C'est lui qui, pour avoir guri le roi Antiochus, reut du roi Ptolme, son fils , cent talens ; premier exemple des normes rcompenses que commenaient a percevoir les m- decins. De la mdecine empirique. IV. La secte des Empiriques , ainsi nomme parce qu'elle ne reconnat de rgle que l'exprience , a pris naissance en Sicile , o elle a eu pour chef Acron d'Agrigente , si clbre par les loges du physicien Em- pdocle. D'Hrophile et des autres mdecins clbres : combien de fois il y a eu rvolution dans les systmes de mdecine. V. Long-temps ces deux coles avaient t opposes l'une l'autre , lorsque Hrophilo les attaqua toutes deux. Ce mdecin faisait correspondre les divers batte- mens du pouls , selon les degrs de l'jge , aux notes de la musique. Sa thorie fut abandonne, parce que, pour la professer, il fallait tre savant. Mme abandon touffa plus tard , comme nous le verrons , la secte d'Asclpiade. Vers l'poque de la mort de celui-ci, Thmison, son disciple, bouleversait son gr ce qu'il avait crit primitivement. Antonius Musa abandonna aussi la mthode d'Asclpiade; et Auguste , qu'il avait, par une pratique contraire , sauv d'un danger immi- nent , applaudit cette nouvelle rvolution. Je passe sous silence nombre de mdecins dont les plus clbres sont les Cassius , les C-alpetanus , les Arruntius , les Albutius, les Rubrius. Les moi uni en s que ceux-ci re- /jo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. cipibiis , quod sestertiis quingenis annuis contentus es- set : sexcena enim sibi quaestu Urbis fuisse numeratis domibus ostendebat. Par et fratri ejus merces a Clau- dio Caesare infusa est : censusque, quamquam exhausti, operibus Neapoli exornata , heredi h -s ccc reliquere , quantum ad eart atatem Arruntius solus. Exorlus deinde est Vectius Valens , adulterio Messalinae Clau- dii Caesaris nobilitatus, pariterque eloquentiae adsecta- tor. Is eam potentiam nactus , novam instituit sectam. Eadem aetas Neronis principatu ad Thessalum tran- silivit, delentem cuncta majorum placita, et rabie qua- dam in omnis aevi medicos perorantem : quali pruden- tia ingenioque , aestimari vel uno argumeato abunde potest, quum monumento so (quod est Appia via) latronicen se inscripserit. Nullius histrionum equarm- que trigarii comitatior egressus in publico erat : quum Crinas Massiliensis arte geminata , ut cautior religio- siorque, ad siderum motus ex ephemeride mathematica cibos dando , horasque observando , auctoritate eum praecessit : nuperque centies h-s reliquit, mris patriae, mnibusque aliis paene non minori summa exstructis. Hi regebanl fata, quum repente civitatem Charmis ex eadem Massilia invasit, damnatis non solum prioribus mediis, verum et balineis : frigidaque etiam hibernis HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. a/Ji cevaient des princes auxquels ils donnaient des soins , montaient deux cent cinquante mille sesterces. Q. Ster- tinius se vantait de sa modration , en disant qu'il comptait avoir des princes cinq cent mille sesterces par an, et prouvait, par calcul, que la ville pourrait lui en valoir aisment six cent mille. L'empereur Claude gorgea de mme son frre , et , malgr les sommes immenses que tous deux dpensrent orner Naples d'difices, ils laissrent leurs hritiers trente millions de sesterce's, cens norme, auquel Arruntius seul tait parvenu jus- qu'alors. Yint ensuite Vectius Valens , fameux par les faveurs de l'impratrice Messaline. 11 visait la gloire de l'loquence , et profita de sa position pour faire secte. Le rgne e Nron vit la mdecine sous les lois de Thessalus , qui rayait tous les aphorismes des anciens, et qui parlait avec une espce de fureur contre tout ce qui l'avait prcd. Un seul trait peut faire apprcier sa discrtion et son esprit : il fit mettre sur son tombeau , si- tu prs de la voie Appienne, le titre d'Iatronique (vain- queur des mdecins). Jamais pantomime, jamais con- ducteur de chars ne fut plus fastueusement accompagn. Cependant Crinas de Marseille acquit encore un plus grand nom que lui. Ce mdecin runissait la connais- sance de son art celle de l'astrologie , et , pour donner ses ordonnances l'apparence de la circonspection et de la saintet, il consultait les mouvemens des astres et l'heure. Il laissa en mourant dix millions de sesterces , aprs avoir dpens peu prs autant pour la construc- tion des murs de Marseille et pour d'autres villes. Ces deux mdecins rgissaient la vie des hommes , quand Charmis, aussi de Marseille, vint fondre sur Rome, faisant le procs aux anciens mdecins, repoussant l'u- XVII. iG 24 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. algoribus lavari persuasil. Mersit aegros in lacus. Vide- bamus senes consulares usque in ostentationem rigentcs. Qua de le cxslat etiam Anneei Senecae adslipulatio. Nec dubiuni est, omnes istos famam novitate aliqua aucu- pantes anima statim nostra negotiari. Hinc illae circa aegros miser sententiarum concerta- tiones, uullo idem censente, ne videatur accessio alte- rius. Hinc illa infelicis monumenti inscriptio, turba. se MEDicoRUM PERISSE. Mutatm' ars quotidie toties inter- polis , et ingeniorum Graeciae flatu impellimur. Palam- que est, ut quisque inter istos loquendo poUeat, impe- ratorem illico vitae nostrae necisque fieri : ceu vero non millia gentium sine niedicis degant, nec tamen sine me- dicina : sicut populus romanus ultra sexcentesimum annum, nec ipse in accipiendis artibus lentus, medicinae vero etiam avidus, donec expertam damnavit. Qui prlmus Romae medicus , et quando. VI. Etenim percensere insignia priscorum in bis mo- ribus convenit. Cassius Hemina, ex antiquissimis auclor est, primum e medicis venisse Romam Peloponneso Ar- cbagathum Lysaniae flium, L. vEmilio, M. Livio coss.', anno Urbis dxxxv, eique jus Quiritium datum, et ta- bernam in compito Acilio emptani ob id publie : vul- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 243 sage des bains chauds , et voulant qu'en plein hiver on se plonget dans l'eau froide. Il noyait ses malades dans les lacs. On vit alors de vieux consulaires taler leurs membres roidis par le froid ; les crits de Snque en font foi la postrit. Ainsi ces hommes, pour se mettre en renom , innovent aux dpens de notre vie. De l les dbats dplorables au chevet des mourans, ces avis contraires , cette crainte de paratre se rendre l'avis d'autrui. De l cette inscription sur un monu- ment de deuil : le grand nombre de mdecins m'a TU. Chaque jour l'art subit variations et interpola- tions ; nous sommes ballotts au gr des vents qui souf- flent des ttes grecques. Oui , en Grce , quiconque a quelque puissance d'locution, devient soudain pour nous l'arbitre de la vie et de la mort. Comme s'il n'y avait pas des milliers de peuples qui vivent, je ne dis pas sans mdecine, mais sans mdecins: par exemple, le peuple romain, qui s'en passa six cents ans, quoique toujours prompt recevoir les nouveauts utiles; car, plus tard, il admit de mme l'art mdical , jusqu' ce que l'exp- rience le lui fit condamner. Du premier mdecin qui parut Rome; poque de son apparition. VI. Passons en revue, en effet, ce que nos anctres ont pens sur la tendance de cet art. Cassius Hemina , un de nos auteurs les plus anciens, dit que le premier mdecin qui vint Rome, y arriva du Ploponnse, sous le consulat de L. Emilius et de M. Livius , l'an de Rome 535; c'tait Archagathe, fils de Lysanias. On lui accorda le droit de cit, avec une maison achete aux frais du trsor, sur la place Acilia. On le surnomma 16. 244 C. PLmiI HIST. NAT. LIB. XXIX. nerarium eum fuisse e re dictum : mireque gratum ad- ventum ejus initio : mox a saevitia secandi urendique, transisse nomen ia carnificem, et in taedium artem om- nesque medicos : quod clarissime intelligi potest ex M. Catone, cujus auctoritati triumphus atque censura minimum conferunt : tanto plus in ipso est. Quamobrem verba ejus ipsa ponemus. Quid de medicis antquis Romani judicaverint. VII. Dicam de istis Graecis suo loco , Marce fili : quid Athenis exquisitum habeam , et quod bonum sit illorum litteras inspicere, non perdiscere, vincam. Ne- quissimum et indocile genus illorum : et hoc puta va- tem dixisse : Quandocumque isla gens suas litteras dabit, omnia corrumpet : tum etiam magis, si medicos suos hue mittet. Jurarunt inter se Barbaros necare omnes medicina. Et hoc ipsum mercede faciunt, ut fides iis sit, et facile disperdant. Nos quoque dictitant Barbaros, et spurcius nos, quam alios opicos, appellatione fdant. Interdixi tibi de medicis. . Vitia medicinae. VIII. Atque hic Cato dcv anno Urbis nostrae obiit, Lxxxv suo, ne quis illi defuisse publie tempora, aut privatim vitae spatia ad experiendum arbitretur. Quid HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 245 le vulnraire (mdecin des plaies), et son arrive plut beaucoup aux Romains dans les commencemens ; mais , plus tard , la cruaut avec laquelle il appliquait le fer et le feu fit changer ce nom en celui de bourreau, et inspira du dgot pour la mdecine et pour les m- decins ; c'est ce qui rsulte clairement des crits de Catou , homme rare , dont le nom n'emprunte rien de sa considration , et qui portait en lui-mme toute sa gloire. Nous allons rapporter ses propres paroles. Opinion des Romains sur les anciens mdecins. VIL Je parlerai de ces Grecs en temps et lieu, mon fils Marcus ; je t'indiquerai ce qu'il y a d'excellent Athnes, et je te prouverai qu'il est bon de prendre une ide , mais non de faire une tude approfondie de leur littrature. Race perverse et indisciplinable (coute ceci comme un oracle ! ) , partout o elle communiquera ses connaissances , elle j-pandra une corruption univer- selle; ce sera bien pis, si elle envoie ici ses mdecins; ils ont prt serment d'assassiner mdicalement tous les Barbares. S'ils exercent leur art moyennant salaire, c'est afin d'inspirer la confiance, et de porter plus aisment le coup mortel. Et nous aussi , nous sommes pour eux des Barbares , et mme ils nous salissent d'un sobriquet plus fltrissant que les autres nations opiques. Une fois pour toutes , je t'interdis les mdecins. Vices de la mdecine. VIII. Or, Caton mourut l'an de Rome 6o5 , dans sa quatre-vingt-cinquime anne ; ce n'est donc ni l'exp- rience des temps couls antrieurement, ni sa propre r 246 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. ergo? damnatam ab eo rem utilissimam credlmus? Mi- nime hercules : subjicit enim qua medicina et se et conjugem usque ad longam seiiectam] perduxerit , lis ipsis scilicet, quae nunc nos tractamus; profiteturque esse commentarium sibi-, quo medeatur filio, servis fa- miliaribus , quem nos per gnera usus sui digerimus. Non rem antiqui damnabant, sed artem. Maxime vero quaestum esse immani pretio vitae , recusabant. Ideo templum /Esculapii , etiam quum reciperetur is deus , extra Urbem fecisse , iterumque in insula , tradimtur. Et quum Graecos Italia pellerent, diu post Ctonem, excepisse medicos. Augebo providentiam illorum. Solam hanc artium graecarum nondum exercel romana gra- vitas in tanto fructu ; paucissimi Quiritium attigere, et ipsi statim ad Graecos transfugae : immo vero auctoritas aliter quam graece eam tractantibus , etiam apud impe- ritos expertesque linguae , non est. Ac minus credunt , quae ad salutem suam pertinent , si intelligunt. Itaque hercule in hac artium sola evenit , ut cuicumque medi- cum se professo statim credatur, quum sit periculum in nuUo mendacio majus. Non tamen illud intuemur, adeo blanda est sperandi pro se cuique dulcedo. NuUa prae- terea lex, quae puniat inscitiam : capitale uullum exem- plum vindictae. Discunt periculis nostris, et exprimenta per mortes agunt : medicoque tantum hominem ceci- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. /47 exprience qui lui manqua. Qu'eu rsulte-t-il? a-t-il con- damn une science utile? Non, car plus bas il indique les recettes auxquelles sa femme et lui durent leur longue vieillesse. Ces recettes sont celles que nous donnons ici. Il proclame aussi qu'il possde un livre de remdes l'usage de son fils et de ses domestiques. Nous reproduisons ici cet ouvrage, en rpartissant les remdes suivant l'ordre des maladies. Ce n'est donc pas le remde que blmaient les anciens, c'tait le mtier ! Qu'on ft argent d'un service , qu'on ranonnt la vie au poids de l'or, voil ce qu'ils dtestaient. C'est pour cela que, quand le culte d'Esculape fut admis Rome, le premier temple fut bti hors la ville, et le second dans une le. Long-temps aprs Caton , les Grecs ayant t chasss de l'Italie , on excepta de la mesure les mdecins. J'achverai l'uvre de la prvoyance de nos pres. Malgr sa haute utilit , la mdecine est la seul^ des sciences grecques qui soit reste trangre aux Ro- mains. Peu de nos citoyens l'ont effleure , et sur-le- champ ils ont pass aux Grecs : il y a plus; ce n'est qu'en crivant en grec sur cette science, qu'on arrive se mettre en crdit, mme auprs des ignorans et de ceux qui ne savent pas la langue. Ainsi, la foi aux doc- trines qui concernent leur sant dcUiie mesure qu'ils les comprennent mieux. La mdecine est donc le seul art ou l'on croie sur parole quiconque se donne pour adepte. Cependant il n'est pas d'imposture plus dange- reuse; mais on n'y songe pas, tant il y a de douceur dans l'esprance. Puis , pas une loi qui punisse l'igno- rance, pas un exemple de vengeance se formulant par la dcapitation. Les mdecins s'instruisent nos risques et dpens; la mort des hommes est pour eux une srie 248 C. PLINU HIST, NAT. LIB. XXIX. disse impunitas summa est. Quiaimmo transit convi- cium , et intemperantia culpatur : ultroque qui periere arguuntur. Sed decuriae pro more censuris principum examinantiir : inquisitio per parietes agitur : et qui de nummo judicet , a Gadibus columuisque Herculis ar- cessitur : de exsilio vero non nisi xlv electis viris datur tabella. At de judice ipso quales in consilium eunt , statim occisuri ? Mrite , dum nemini nostrum libet scire quid saluti su opus sit. Alienis pedibus ambula- mus : alienis oculis agnoscimus : alina memoria salu- tamus : alina vivimus opra. Perieruntque rerum na- turse pretia, et vitae argumenta. Nihil aliud pro nostro habemus, quam delicias. Non deseram Catonem tam ambitiosa artis invidiae a me objectum , aut senatum illum , qui ita censebat : idque non criminibus artis arreptis, utaliquis exspecta- verit. Quid enim venenorum fertilius, aut unde plures testamentorum insidi? Jam vero et adulteria etiam in principum domibus, ut Eudenii in Livia Drusi Csesaris : item Valentis , in qua dictum est regina. Non sint artis ista , sed hominum. Non magis haec Urbi timuit Cato , ut equidem credo, quam reginas. Ne avaritiam quidem arguam , rapacesque nundinas pendentibus fatis , et do- n/i ) HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 249 d'expriences; seuls ils jouissent du privilge de tuer les hommes impunment; c'est mme le dfunt qui a tort : ils l'accusent d'intemprance, ils mettent en cause ceux qui ne sont plus. Dans l'usage, les dcuries sont sou- mises au contrl du prince, eu tant que censeur; les informations traversent les murs qui cachent la vie pri- ve. Pour juger une affaire d'un sesterce, on appelle un tmoin de Gads et des colonnes d'Hercule. L'exil ne peut tre prononc que par quarante-cinq hommes l- galement lus. Mais, est-ce de la vie du juge qu'il s'agit, de quels gens se compose le conseil qui va l'expdier ? Malheur lgitime, toutefois, puisque nul de nous ne veut apprendre ce qu'il faut pour sa conservation ! nous marchons par les pieds d'autrui, nous apprenons par les yeux d'autrui , nous saluons grce la mmoire d'au- trui , nous ne vivons que par autrui ; ainsi les vrais biens de la nature, les fonctions caractristiques de la vie, n'existent plus pour nous ; nous ne regardons comme de nous que nos plaisirs. Je ne veux pas abandonner Caton aux haines de cet art ambitieux , auquel je viens de le mettre en butte. Dfendons et ce grand homme et le snat qui pensait comme lui. Je n'aurai pas besoin , pour cela , de m'ap- pesantir, comme on pourrait s'y attendre , sur tous les attentats reprochs la mdecine. Quelle science a pro- duit un plus grand nombre de poisons, et capt plus de testamens? Par elle, l'adultre s'est introduit mme dans les maisons impriales : ainsi Eudme sduisit Livie , femme de Drusus Csar; ainsi Valens possda la princesse ci-dessus nomme. Mais, dit-on, ces fautes sont celles du mdecin , et non celles de l'art. Soit; mais Caton, je le pense, ne songeait pas plus ces accidens a5o C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXIX. lorum indicaturam , ac raortis arrham, aut arcana prae- cepta. Squamam in oculis emovendam potius , quam extrahendam : per quae effectum est , ut nihil magis prodesse videretur, quam multitude grassantium. Neque enim pudor, sed semuli pretia summittunt. Notum est ab eodem Charmide unum aegrum ex provincialibus H-s ducentis reconductum : Alcouti vulnerum medico H-s c damnato ademisse Claudium principem ; eidem- que in Gallia exsulanti , et deinde restituto, adquisitum non minus intra paucos annos. Et haec personis impu- tentur. Ne fcem quidem aut inscitiam ejus turbac ar- guamus, ipsorum intemperantiam in morbis, aquarum calidarum diverticulis : imperiosam inediam,et ab iisdem deficientibus cibos saepius die ingestos, mille prterea pnitenti modis , culinarum etiam praeceptis et un- guentorum mixturis , quando nullas omisere vitai ille- cebras. Invelii peregrinas merces, conciliarique externa pretia, displicuisse majoribus crediderim equidem : non tamen hoc Catonem providisse, quum damnaret artem. Theriace vocatur excogitata compositio iuxuriae. Fit ex rbus externis, quum tt remdia dederit natura, quae singula sufBcerent. Mithridaticum antidotum ex rbus Liv componitur, intrim nuUo pondre aequali, et qua- rumdam rerum sexagesima denarii uuius imperata. Quo deorum perlidiam islam monstrante ? Hominum enim H/M fflSTOIRE NA-TURELLE, LIV. XXIX. aSi qu'aux princesses. Je ne dtaillerai pas mme l'avarice des mdecins , leurs rapines , leurs marchs avec les malades qui ont un pied dans la tombe, ce tarif de l'agonie, ces arrhes prleves sur la mort, et ces mys- trieuses pratiques qu'ils se font acheter. S'agit-il d'une cataracte, ils la lveront au lieu de l'extirper; de l il rsulte qu'au moins le grand nombre de ces aventuriers est devenu utile au public : dfaut de pudeur, la con- currence leur a fait baisser les prix. On sait que Charmis , dj nomm plus haut, reut, pour la gurison d'un malade de province , deux cent mille sesterces. Le chi- rurgien Alcon fut condamn, par Claude, une amende de dix millions de sesterces : exil dans la Gaule, il re- gagna en peu d'annes ce qui lui avait t enlev. Mais que tout ceci passe encore pour fait personnel ; n'attri- buons pas mme la science la bassesse ou l'ignorance de cette horde de charlatans, l'norme abus qu'ils font des remdes, les eaux thermales o ils promnent leurs patiens, cette dite despotique, ces alimens dont ils ac- cablent dix fois le jour des mourans, ces retours per- ptuels sur eux-mmes, ces ordres qu'ils donnent mme pour la cuisine et la composition des parfums , car nul des plaisirs de la vie n'chappe leur inspection. Nos anctres, je le pense, auraient blm l'importation de ces denres trangres , achetes au tarif de l'tranger ; mais Galon ne prvoyait pas ces excs lors de la rpro- bation qu'il lanait sur la science. La composition laquelle on donne le nom de thriaque , n'est qu'un luxe de mixtures mdicinales. Il y entre nombre de drogues trangres; tandis qu'ici la nature enfante tant de remdes dont chacun pourrait suffire lui seul. L'an- tidote (le Mithridate contient cinquante-quatre ingr- aSa C. PLmiI HIST. NAT. LIB. XXIX. sLibtilitas tanta esse non potuit. Ostentatio artis et pr- tentosa scientiae venditatio manifesta est. Ac ne ipsi quidem illam novere : comperique vulgo pro cinnabari indica in ledicamenta minium addi, inscitia nominis, quod esse venenum docebimus inter pigmenta. Verum haec ad singulorum salutem pertinent. Illa autem, quae timuit Cato, atque providit, innocentiora multo et parva opinatu, qu proceres artis ejus de semet ipsi fateantur. Illa perdidere imperii mores, illa quae sani patimur, luctatus, ceromata, ceu valetudinis causa instituta : ba- lineae ardentes , quibus persuasere in corporibus cibos coqui, ut nemo non minus validus exiret, obedientis- simi vero efferrentur. Potus deinde jejunorum ac vo- miliones, et rursus perpotationes, ac pilorum eviratio Instituta resinis eorum : itemque pectines in feminis quidem publicati. Ita est profecto : lues morum, nec aliunde major quam e medicina, vatem prorsus quotidie facit Catonem, et oraculum : Satis esse ingnia Grae- corum inspicere , non perdiscere. Haec fuerint dicenda pro senatu illo , sexcentisque populi romani annis , adversus artem , in qua condi- tione insidiosissima auctoritatem pessimis boni faciunt : simul contra attonitas quorumdam persuasiones , qui n HISTOIRE NATURELLE, LIV? XXIX. aSS diens , tous de poids diffrens , et dont quelques-uns n'entrent qu' la dose d'un soixantime de denier. Quel diea leur a donn leon d'imposture? car l'humanit n'est pas capable de calculs si subtils. L'ostentation , l'- talage effront de la science, se montrent ici clairement. Et cependant ils sont ignorans! Et cependant j'ai vu, faute de connatre les noms, mettre, dans les compo- sitions mdicales, du minium au lieu de cinabre des Indes ! et le minium , j'en parlerai l'occasion des cou- leurs, est un vritable poison. De telles erreurs impor- tent la sant de tous. Les maux redouts et prdits par Caton ne sont que des bagatelles inoffensives, et les matres de l'art ne rougiraient nullement de les avouer aujourd'hui. /(Ce sont ces pratiques cependant qui ont perdu les murs de l'empire : ce rgime auquel nous nous soumettons dans la sant, ces luttes, ces frictions de cire institues pour nous garantir des maladies , ces bains brlans dont ils nous ont persuad que l'usage fa- cilite la digestion , si bien que les uns en sortent puiss, les autres (les plus dociles) sur les paules d'autrui , ces breuvages pris jeun , ces vomissemens ordonns pour boire ensuite plus largement , ces mthodes de d- pilation l'aide des rsines , enfin cet usage popularis jusque dans le sexe, tout a contribu perdre les murs. Nulle cause ne les a altres plus que la mdecine, et, chaque jour, nous reconnaissons dans Caton un prophte, et dans son adage un oracle : Oui , prenons une ide de la science des Grecs , mais 'en faisons point une lude. Qu'ici se borne l'apologie du snat et des six cents ans d'ignorance du peuple romain : c'est notre rponse l'art insidieux qui prte aux plus dtestables pratiques l'autorit de ses noms les plus clbres, et aux crdules 25/, C. PLINII HIST. NA.T. UB. XXIX. prodesse nisi pretiosa non putant. Neque enlm dubita- verim aliquibus fastidio futura, quae dicentur animalia : at non Virgilio fuit nominare formicas nulla necessi- tate, et curculiones, ac Lucifugis congesta cubilia blattls : non Homero inter prlia deorum iinprobitatem muscae describere : non naturae gignere ista , quum gignat hominem. Proinde causas quisque et effectus, non res, aestimet. Remdia ex lanis , xxxv. IX. Ordiemur autem a confessis , hoc est , lanis ovisque, ut obiter rbus prcipuis honos in primis per- hibeatur. Quaedam etiam sic alienis locis , tamen obiter dici necesse erit. Nec deerat materi pompa, si quid- quam aliud intueri liberet , quam fidem operis. Quippe inter prima proditis etiam ex cinere phnicis nidoque medicinis, ceu vero id certum esset, atque non fabulo- sum. Irridere est, vit remdia post raillesimum annum reditura monstrare. 2. Lanis aucloritatem vetere? Romani etiam religio- sam habuere, postes a nubentibus attingi jubentes: prae- terque cultum et tutelam conlra frigora, succid plu- rima praestant remdia ex oleo vinoque , aut aceto , ni I 11(1 HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. oM admirateurs de ceux qui ne voient d'utile que ce qui cote cher. Du reste, je ne doute pas que quelques per- sonnes n'entendent avec ddain les noms des animaux que je mentionnerai ; mais Virgile n'a pas ddaign de nommer , sans y tre en rien forc , les fourmis , les curculions et les blattes , Ennemis du grand jour, en no lits entasss : Homre, de placer la mouche audacieuse au milieu des batailles, o figurent les dieux: la nature, cratrice de l'homme, est aussi la mre des animaux. Sachons donc apprcier les effets et les causes , sans nous em- barrasser du rang de qui les produit. Remdes tirs des laines, 35. IX. Nous commencerons par les faits incontests, par les ufs , la laine, afin de suivre, dans cette descrip- tion des remdes, l'importance et la .^clbrit de cha- cun. Toutefois, chemin faisant, nous dirons des choses plus ou moins hors de leur place. Du reste, la matire serait susceptible d'ornement, si notre but n'tait pas uniquement d'inspirer la confiance. Par exemple , nous pourrions mentionner, en premire ligne, la cendre et le nid du phnix , comme si l'existence de cet oiseau tait un fait et non une fable. D'ailleurs , c'est se mo- quer du monde , que d'indiquer un remde qu'on ne pourra se procurer que dans mille ans. a. Aux yeux des vieux Romains, la laine avait, mme religieusement, de l'importance: les nouvelles maries en frottaient les poteaux du logis. La laine n'est pas seulement propre nous revtir et nous garantir du froid; la laine grasse, dans l'huile, le vin ou le vinaigre, 256 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. prout quaeque inulceri morderive opus slt, et adstringi, laxarive, luxatis membris, dolentibusque nervis impo- sitae , et crebro suffus. Quidam etiam salem admiscent luxatis. Alii cum lana rutam tritam adiperaque impo- nunt. Item contusis tumentibusque. Halitus quoque oris gratiores facere traditur, confricatis dentibus.atque gin- givis, admixto melle. Prodest et pbreneticis suffitu. San- guinem in naribus sislit cum oleo rosaceo : et alio modo indita auribus obturatis spissius. Quin et ulceribus ve- tustis imponitur cum melle. Vulnera ex vino, vel aceto, vel aqua frigida et oleo expressa sanat. Arietis vellera Iota frigida ex oleo madefacta, in muliebribus malis in- flammationes vulv sedant. Et si procidant , suffitu' reprimunt. Succida lana imposita subditaque mortuos partus evocat. Sistit etiam profluvia earum. At canis rabiosi morsibus inculcata post diem septimum solvitur. Reduvias sanat ex aqua frigida. Eadem nitro, sulphure, oleo , aceto , pice liquida ferventibus tincta , quam ca- lidissima imposita bis die , lumborum dolores sedat. Sanguinem sistit ex ariete succida, articulos extremi- tatum praeligans. Laudatissima omnis e collo : natione vero Galatica , Tarentina , Attica , Milesia. Succidam imponunt et desquamatis, percussis, lividis , incussis , collisis , contritis , dejectis , capitis et aliis doloribus , stomachi inflammationi, ex aceto et rosaceo. Cinis ejus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. -x:^'] fournit des remdes, selon qu'il faut adoucir ou piquer, dilater ou resserrer ls chairs ; on l'applique dans les luxations, dans les nvralgies, et on l'arrose souvent. Dans les luxations, quelques-uns ajoutent du sel. D'au- tres mettent rue broye et graisse sur cette mme laine : mme mthode pour les contusions et les tumeurs. On prtend qu'en se frottant les dents et les gencives de laine enduite de miel, on donne la bouche un parfum dli- cieux. Les fumigations de laine font trs-bon effet dans la frnsie. Mle l'huile rosat , elle arrte les hmor- rhagies nasales : injecte dans les oreilles, elle gurit la surdit. Enduite de miel , on l'applique sur les ulcres invtrs. Trempe dans le vin , le vinaigre, l'eau froide et l'huile, elle donne, par expression, un liquide qui gurit les blessures. La laine de blier, lave dans l'eau froide, imbibe d'huile, et applique sur le ventre, calme les inflammations de la matrice. Ses fumigations en ar- rtent la chute. Applique en pessaire , la laine grasse attife du corps de la femme les enfans morts , et arrte les pertes de sang. Applique sept jours entiers, elle gu- rit la morsure des chiens enrags. Imbibe d'eau froide, elle fond les panaris. Avec nitre, soufre , huile, vinaigre et poix liquide, on l'applique, deux fois le jour, aussi chaude que le malade peut la supporter, et elle gurit les douleurs de reins. Des liens de laine grasse de blier, aux articulations des extrmits ^ corps, font cesser les crachemens de sang. La laine du cou est la plus estime: on vante celles de la Galatie, de Tarente, de l'Attique, de Milet. Trempe dans le vinaigre et l'huile rosat , la laine grasse s'applique aussi aux corchures, contusions, meurtrissures, bosses, coups que l'on s'est donns, foulu- res, chutes, maux de tteet autres douleurs, inflammations xvu. 1 7 a58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. illinitur adtritis, vulneratls, ambustis. Et in oculorum medicamenta additur : item in fistulas , auresque sup- puratas. Ad haec detonsam eam , alii evulsam , decisis summis partibus siccant, carpuntque, et in fictili criido coniponunt, ac nielle perfundunt, uruntque. Alii assulis tedae subjectis, et subinde interstratis , oleo adspersam accendunt, cineremque in labellis aqua addita confricant manu, et considre patiuntur, idque saepius mutantes aquam, donec linguam adstringat leniter, nec mordeat. Tune cinerem reponunt. Vis ejus septica est, efcacis- sinieque gnas purgat. De sypo, xxxii. X. Quin ipsae sordes pecudum*, sudorque feminum , et alarum, adhaerentes lanis (sypum vocant), innume- ros prope usus habent. In atticis ovibus genito palma. Fit pluribus modis.: sd probatissimum , lana ab bis partibus recenli concerpta, aut quibuscumque sordibus succidis primum colleclis, ac lento igni in neo subfer- vefactis , et refrigeratis , pinguique quod superilatet, collecto in fictili vase, iterumque decocta priori mate- ria : qu pinguitudo utraque ^frigida aqua lavatur , et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. aSg de l'estomac. Sa cendre donne un onguent pour foulure, blessure et brlure. Elle entre dans les compositions ophthalmiques , et soulage les fistules, les oreilles qui rendent du pus. De plus, quelques personnes prennent de la laine, soit venant de la tonte, soit arrache de la toison, en coupent l'extrmit suprieure, la font s- cher et la cardent, puis la mettent daijs un vaisseau de terre non cuite au feu, l'arrosent de miel et la brlent. D'autres font cette opration sur des copeaux de pin arrangs par lits avec la laine qu'ils arrosent d'huile, aprs quoi ils mettent le feu , broient la main , dans de petits pots de terre, la cendre humecte, et la laissent reposer. On rpte cette opration plusieurs fois , en changeant d'eau, jusqu' ce que la saveur de la cendre ne soit plus que lgrement piquante, mais sans cret. Cette cendre, qu'ils gardent alors pour le besoin, est un septique parfait pour les paupires. De l'sype , Sa. X. Les excrtions des moutons, la sueur des cuisses et des aisselles, qui s'attache aux laines, et qu'on nomme sype, a des usages multiplis. C'est l'sype des mou- tons d'Athnes qu'on donne la palme. Il y a plusieurs manires de l'extraire . la plus parfaite consiste ra- masser la laine frache tondue desdites parties , et toutes les laines pntres de quelques excrtions, puis les faire bouillir feu lent, dans une chaudire de cuivre; lors du refroidissement, la graisse surnage : on la re- cueille dans un pot de terre, puis on fait bouillir de nouveau la premire matire : on lave les deux fontes de graisse dans de l'eau fi'oide, on les passe, on les ex- 9So C. PLINIT HIST. NAT. LIB. XXIX. in linteo saccatur, ac sole torretur, donec candida fit ac translucida. Tum in stannea pyxide conditur. Proba- tio autem, ut sordium virus oleat, et manu fricante ex aqua non liquetur, sed albescat ut cerussa. Oculis uti- lissimum contra inflammationes , genarumque callum. Quidam in testa torrent, donec pinguitudinem amittat, utilius taie existimantes erosis et duris genis, angulis scabiosis et lacrymantibus. Ulcra non oculorum modo sanat, sed oris etiam et genitalium, cum anserino adipe. Medetur et vulvae inflammationibus, et sedis rhagadiis, et condylomatis cum meliloto ac butyro. Reliquos usus ejus SUD loco digeremus. Sordes quoque caudarum con- cretae in pilulas, ac siccat per se tusaeque in farinam et illitae dentibus mire prosunt , etiam labantibus : gin- givisque, si carcinoma serpat. Jam vero pura vellera, aut per se imposita caecis doloribus , aut accepto sul- phure : et cinis eorum , genitalium vitiis. Tantumque pollent , ut medicamentis quoque superponantur. Me- dentur ante omnia et pecori ipsi , si fastidio non pasca- tur. Cauda enim quam arctissime prligata, evulsa inde lana statim vescuntur. Traduntque quod extra nodum sit e cauda prmori. Ovis, XXI. XT. 3. Lanae habent et cum ovis societatem simul HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. a6i pose au soleil jusqu' ce qu'elles deviennent blanches et transparentes. Alors on les garde dans une bote d'tain. On reconnat leur bont l'odeur forte qu'elles conservent , et la blancheur de cruse qu'elles pren- nent , lorsqu'on les frotte la main dans de l'eau; elles ne doivent point s'y fondre. C'est un excellent remde pour l'inflammation des yeux et les durillons des pau- pires. Quelques-uns font cuire l'sype dans un pot de terre jusqu' ce que toute la graisse soit partie : il est alors meilleur, disent-ils, pour les rosions et durets des paupires, pour les yeux galeux et larmoyans. L'- sype avec de la graisse d'oie est bon pour les ulcres , tant des yeux que de la bouche et des parties sexuelles. Avec rolilot et beurre, il gurit les mtrites, les rha- gades de l'anus et les condylomes. Nous dtaillerons ses autres usages en temps et lieu. La crasse de queue de mouton paissie, forme en pilules, sche l'ombre, puis pulvrise, fournit un opiat excellent pour les dents, mme lorsqu'elles tendent tomber, et pour les gencives affliges de chancres malins. Seule, ou avec addition de soufre , la laine s'applique pour les douleurs sourdes : sa cendre gurit les maux des parties naturelles. Son efficacit du reste est telle, qu'on l'ajoute dans presque tous les remdes. C'est spcialement aux moutons eux- mmes qu'elle est utile, s'il arrive que le dgot les empche de manger. Car, en liant fortement la queue de la bte avec la laine qu'on en arrache, elle se met patre. On dit qu'alors le bout de la queue , qui est au del du nud , ne tarde pas mourir. Des ufs, 21. Xl. 3. Les laines se lient merveille avec les ufs : 262 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. fronti impositae contra epiphoras. Noa opus est eas iri hoc usu radicula esse curatas, neque aliud, quam can- didum ex ovo infundi , ac pollinem thuris. Ova per se infuso candido oculis epiphoras cohibent , urentesque rfrigrant. Quidam cum croco prferunt, et pro aqua miscent collyriis. Infantibus vero contra lippitudines vix ahud remedium est , butyro admixto recenti. Eadem cum oleo trita igns sacros leniunt , beta foliis super- illigatis. Candido ovorum in oculis et pili recHnantur , hammoniaco trito admixtoque. Et vari in facie cum pineis nucleis ac melle modico. Ipsa facis ilUta sole non aduritur. Ambusta aquis si statim ovo occupentur, pusulas non sentiunt. Quidam admiscent farinam hor- deaceam , et salis parum. Ulceribus vero ex ambusto , cum candido ovorum tostum hordeum, et suillo adipe, mire prodest. Eadem curatione ad sedis vitia utuntur : infantibus quidem, etiam si quid ibi procidat. Ad pe- dum rimas ovorum candido decocto cum cerussoe dena- riorum duum pondre, pari spumae argenti, myrrhae exiguo , deinde vino. Ad ignem sacrum , candido ovo- rum trito. cum amylo. Aiunt et vulnera candido gluti- nari, calculosque pelli. Lutea ovorum cocta ut indu- rescant , admixto croco modice , item melle et lact mnlieris illita, dolores oculorum mitigant. Vel cum ro- saceo el niulso laua oculis imposita, vel cum trito apii HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIX. 263 on les applique simultanment sur le front contre les inflammations oplilhalmiques. Il n'est pas besoin, pour cet effet , qu'elles aient t laves avec le suc de la ra- dicule, et l'on n'y mle qu'un blanc d'uf avec de la fleur d'encens. De mme, on arrte l'inflammation des yeux, et l'on en teint le feu l'aide d'un blanc d'uf en collyre sans autre addition. On y joint quelquefois du safran, et l'on emploie le tout dans les collyres ordi- naires, plutt qu'un simple mlange d'ufs et d'eau. C'est, avec le beurre frais qu'on y mle, le seul remde qu'on oppose la cbassie des enfans. Les ufs dlays dans de l'buile adoucissent encore les rysiples , pourvu qu'on y superpose des feuilles de poire. On mle en- core au blanc d'uf de la gomme ammoniaque pile, pour redresser les cils des yeux. Un blanc d'uf avec des pignons et un peu de miel enlve les boutons du visage. On s-'en frotte aussi le visage pour viter les coups de soleil. Les brlures d'eau bouillante ne sont pas suivies de cloches, si l'on se frotte incontinent avec un uf. Quelques-uns y ajoutent de la farine d'orge et quelques grains de sel. Les ulcres, qui font suite aux brlures, se trouvent trs-bien de blancs d'ufs avec orge grill et saindoux. Le mme remde est bon pour les maux du sige, et mme pour les chutes de l'anus , si frquentes dans l'enfance. Les crevasses des pieds se gu- rissent par l'application d'un blanc d'uf cuit avec c- ruse ( la dose de deux deniers ), litharge ( mme dose), vin et un peu de myrrhe. Pour l'rysiple, broyez blanc d'uf et amidon. Les blancs d'ufs, ajoute-t-on, ru- nissent les plaies et expulsent la pierre. Les jaunes d'ufs durcis par la cuisson et mls d'un peu de safran, de miel et de lait de femme, en lininient, foiiiient un adoucissant 264 C. PLINII HIST. NA. LIB. XXIX. . seniine, ac polenta in muiso illlta. Prodest et tussien- tibus per se luteum devoratum liquidum , ita ut denti- bus non attingatur : thoracis destillationibus, faucium scabritia. Privatim contra bsemorrhoidum morsum iUi- nitiir, sorbeturque crudum. Prodest et renibus, vesicae rosionibus exulcerationibusque , et cruenta exscreanti- bus. Quinque ovorum lutea in vini hemina cruda sor- bentur dysentericis, cum cinere putaminis sui, et papa- veris succo ac vino. Dantur cliacis cum uv pass pinguis pari pondre , et malicorii , per triduum aequis portionibus. Et alio modo lutea ovorum trium , lardi veteris et mellis quadrantibus , vini veteris cyathis tri- bus, trita ad crassitudinem mellis, et quum opus sit, aVellanae niicis magnitudine ex aqua pota. Item ex oleo fricta terna, totis ovis prjdie maceratis in aceto. Sic et lientericis. Sanguinem autem rejicientibus , cum tribus cyathis musti. Uturitur iisdem ad liventia, si vetustiora sint , cum bulbis ac mell. Sistunt et menses mulierum coda, et ex vino pota : et inflationes quoque vulvae cruda cum oleo aut vino illita. Utlia sunt et cervicis doloribus cum anserino adipe et rosaceo, Sedis etiam vitiis indurata igni , ut calore quoqu prosiiit. fit con- dylomatis cum rosaceo. Item ambustis durata in aqua, mox in pruna putaminibus exustis : tum lutea ex rosa- ceo illinuntur. Fiuiit et tota, lutea, qu vocant.sitista, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. s65 pour les yeux. On applique aussi sur les yeux de la laine imbibe d'huile rosat el de vin miell, ou bien de vin miell avec graine d'apium broye et fleur de farine. On remdie la toux, en avalant, sans y toucher de la denl, un jaune d'uf liquide seul : les rhumes de poitrine , les crets de la gorge s'en trouvent bien aussi. On gurit la morsure des hmorrhodes avec ces mmes jaunes d'ufs, soit appliqus comme Uni- ment, soit avals tout crus. Le jaune d'lif est bon aussi pour maux de reins , rosions et ulcres de la vessie , crachemens de sang. Dans la dysenterie , on administre cinq jaunes d'ufs crus dans une hminc de vin , avec la cendre des coquilles et un mlange de suc de paTots et de vin. Dans les affections cliaques, on les donne avec raisin cuit et gras , et malicore : on prend le breuvage trois jours de suite, par por- tions gales. On fait aussi avaler, dans de l'eau, trois jaunes d'ufs avec trois onces de vieux lard et de miel, et trois cyathes de vin vieux , le tout broy jusqu' con- sistance de miel; et, mesure qu'on en a besoin, on en prend dans l'eau , gros comme une aveline. Quel- quefois on fait macrer la veille trois ufs en coque dans le vinaigre, puis les jaunes sont frits dans l'huile. C'est encore ainsi qu'on les administre dans la lienterie. Pour les vomissemens de sang, on les prend dans trois cya- thes de vin miell. On donne aussi les jaunes d'ufs pour les vieilles meurtrissures, avec du miel et des ognons. Cuits et bus dans du vin , ils arrtent les rgles : crus , avec huile ou vin, ils fournissent un Uniment contre les enflures de la matrice. Ils gurissent les mauT^ de tte , appliqus avec graisse d'oie et huile rosat. Durcis au feu , ils dtruisent les maladies de l'anus, sur lequel a66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. quuni triduo incubita toUuntur. Stomachum dissolutum confirmant pulli ovorum cum gallae dimidio, ita ne antc duas horas alius cibus sumatur. Dant et dysentericis puUos in ipso ovo decoctos, admixta vini aiisteri he- mina, et pari modo olei polentaeque. Membrana puta- minis detracta sive crudo , sive cocto , labiorum fissuris medetur. Pjitaminis cinis in vino potus, sanguinis eru- ptionibus. Comburi sine membrana oportet : sic fit et dentifricium. Idem cinis et rtiuiierum menses cum myr- rha illitus sistit. Firmitas putaminum tanta est, ut recta, nec vi, nec pondre ullo frangantur, nec nisi paululum indexa rotunditate. Tota ova adjuvant partum cum ruta, et anetho, et cumino pota e vino. Scabiem corporum ac pruritum oleo et cedria mixtis tollunt. Ulcra quoque humida in capite, cyclamino admixta. Ad purls et san- guinis exscreationes ovum crudum cum porri sectivi succo , parique mensura mellis graeci calfactum hauri- tur. Danlur et tussientibus cocta, et trita cum melle, et crude cum passo oleique pari modo. Infunduntur et virilitatis vitiis singula , cum ternis passi cyathis , amy- lique semuncia a balincis. Adversus ictus serpentium cocta trltaque adjecto nasturtio illinuntur. Cibo quot modis juvent notum est, quum transmeent faucium tu- morem , calfactuque obiter foveant. NuUus est alius i^ J)us , qui in aegritudinc alat, neque oneret , simulque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 267 ils agissent aussi par leur chaleur. Avec l'huile rosat, on les applique sur les condylomes. Durcis dans l'eau , puis calcins et dpouills de leurs coquilles , ils for- inent , avec l'huile rosat , un liniraent pour les br- lures. Les ufs qu'on laisse couver trois jours se nom- ment sitistes ; leur substance se trouve alors tout en- tire mtamorphose en jaune. Pour raffermir l'estomac relch, on mange les petits poulets eycore renferms dans les ufs, avec moiti d'une noix de galle ; on reste ensuite deux heures sans rien prendre. Dans la dysen- terie, ou fait manger de ces poulets cuits dans l'uf, avec une limine de vin encore dur, et pareille quantit d'huile et de polenta. La pellicule d'une coque d'uf, soit cuit, soit cru, gurit les gerures des lvres. La cendre des coquilles, bue dans le vin, remdie aux ruptions de sang; mais avant la calcination, il faut ter la pellicule : cette cendre est, de plus, un denti- frice. Incorpore la myrrhe , elle arrte les menstrues. Les coques d'ufs sont si solides, que, dans une direc- tion perpendiculaire, nulle force, nul poids ne peut les briser, moins qu'on ne drange un peu l'ellipse. Les ufs avals entiers avec rue , aneth et cumin , dans du vin, facilitent les couches. Avec huile et rsine de cdre, ils gurissent la gale. Avec cyclamine, ils enlvent les ulcres humides de la tte. Les crachemens de sang et de pus se gurissent Taide d'ufs crus avals chauds, avec suc de porreaux et pareille quantit de miel grec. Ou administre, pour la toux, des ufs cuits broys avec du miel, ou crus broys avec raisin ciiit et une gale quantit d'huile. On gurit les maladies du membre viril en y injectant, au sortir du bain , des ufs avec trois cyathes de raisin cuit, et dtmi-once d'amidon par uf. Aux 268 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. vim potiis ac cibi habeat. Maceratorum in aceto molliri dixiinus putamen. Talibus cum farina in panem subactis cliaci recreantur. Quidam ita resoluta in patinis tor- reri utilius putant. Quo gnre non alvos tantum , sed et menses feminarum sistunt : aut si major sit impetus, cruda cum farina ex aqua haqriuntur. Et per se lutea ex iis decocta Vi aceto , donec indurescant : iterumque cum trito pipere torrentur ad cohibendas alvos. Fit et dysentericis remedium singulare , ovo effuso in fctili novo, ejusdemque ovi mensura , ut paria sint omnia , melle, mox acelo, item oleo, confusis crebroque per- mixtis. Quo fuerint ea excellentiora, hoc praesentius re- medium erit lii eadem mensura pro oleo et acelo re- sinam adjiciunt rubentem , vinumque : et alio modo temprant, olei tantum mensura pari, pineique corticis duabus sexagesimis denariorum , una ejus quod rhum diximus , mellis obolis quinque simul decoclis , ita ut cibus alius post quatuor horas sumatur. Torminibus quoque multi medentur, ova bina cum allii spicis qua- tuoi*^una terendo, vinique hemina calefaciendo , atque ita potui dando. Et ne quid desit ovorum grati, can- didum ex his admixtum calci vivae glutinat vitri frag- menta. Vis vero tanta est, ut lignum perfusum ovo non ardeat, ac ne vestis quidem contacta aduratur. De gallinarum autcm ovis tantum locuti sumus, quum et I ( f^ HISTOIRE NATURELLE, LV. XXIX. 269 morsures du serpent, on oppose un lininient tl'ufs cuits, broys avec nasturce. On sait quel bien ils font, lorsqu'on les prend comme aliment, puisqu'ils pntrent dans l'eslomac, malgr l'enflure de l'sophage, et qu'en passant leur chaleur adoucit le mal. Nul autre aliment ne peut, en cas de maladie, nourrir autant sans charger l'estomac, et tenir lieu la fois d'aliment solide et li- quide. Macre dans le vinaigre, la coque d'uf s'y amollit : on fait alors de l'uf entier , en y mlant de la farine , un gteau avantageux dans les affections cliaques. Quelques-uns pensent que mieux vaut en- core, dans ce cas, les torrfier sur un plat. De celte faon , ils arrtent et diarrhes et menstrues : si le mal a plus de violence, on avale les ufs crus dans l'eau avec de la farine, ou bien on mange les jaunes d'ufs seuls durcis dans le vinaigre. On fait encore un astringent, en grillant les ufs avec du poivre concass. Un spci- fique pour la dysenterie est un uf vers dans un pot de terre neuf, avec pareille quantit de miel, de vinai- gre et d'huile : le tout battu et bien brouill. Plus cha- que ingrdient a de qualit, plus le remde est efficace. Au lieu d'huile et de vinaigre, quelques-uns ajoutent rsine rouge et vin toujours en mme proportion. On emploie encore un autre mode de prparation ; i huile (celle-ci seule en mme dose que les ufs) ; 1 deux soixantimes de denier d'corce de pin ; 3 corce de rhum, mme dose; 4** '^i"^! oboles de miel : le tout doit tre cuit ensemble, et l'on ne mange que quatre heures ajns. Quelques mdecins emploient, contre les tranches, deux ufs et quatre ttes d'ail broys, chauf- fs dans une hmine de vin , et administrs en breuvage. (^ qui recommande encore les ufs , c'est que leur f 270 C. PLINII HIST. NA.T. LIB. XXTX. reliquarum alitum restent magnae utilitates, sicut suis locis dicemus. De serpentium ovis. XII. Praeterea est ovorum geniis in magna Galliarum fama, omissum Graecis. Angues innumeri state convo- luti, salivis faucium corporumque spumis artifici cora- plexu gloraerantur, anguinum appellatur, Druidae sibilis id dicunt in sublime jactari , sagoque oportere inter- cipi , ne tellurem attingat. Profugere raptorem equo : serpentes enim insequi, donec arceantur amnis alicujus interventu. Experimentum ejus esse , si contra aquas fluitet vel auro viuctum. Atque , ut est magorum soler- tia occultandis fraudibus sagax , certa luna capiendum censent, tamquam congruere operationem eam serpen- tium , humani sit arbitrii. Vidi equidem id ovum mali orbiculati modici magnitudine, crusta cartilaginis , ve- lut acetabulis brachiorum pdlypi crebris , insigne drui- dis. Ad victorias litium ac regum aditus, mire laudatur : tantae vanitatis , ut habentem id in lite in sinu equitem romanum e Vocontiis , a divo Claudio principe inter- emptum non ob aliud sciam. Hic tamen complexus an- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 271 blanc avec chaux vive mastique le verre. De plus, les blancs d'ufs ont la proprit de rendre incombustibles et le bois sur lequel ils ont t verss , et l'toffe qu'ils ont touche. Jusqu'ici , nous n'avons parl que des ufs de poule ; mais les autres aussi offrent de grands avan- tages , et il en sera parl temps. Des ufs de serpens. XII. Il est encore des ufs vants dans les Gaules , et dont les Grecs n'ont rien dit. Ils proviennent d'une innombrable quantit de serpens qui , dans l't , s'en- tortillent, et sont comme colls les uns aux autres, tant par la bave que par la transpiration : ils forment une boule dite uf de serpent. Selon les druides , cet uf est lanc en l'air par les serpens : on doit le rece- voir dans un sagum , sans qu'il touche la terre : le ra- visseur s'enfuit bride abattue ; les serpens le pour- suivent jusqu' ce qu'une rivire les arrte. Jet dans une rivire, l'anguinum vritable remonte le courant; charg de liens d'or , il flotte malgr ce poids. Toujours ingnieux couvrir leurs fraudes d'un voile de mystre, les magiciens veulent que l'on choisisse , pour s'empa- rer de cet uf, certain aspect de la lune: comme si les hommes pouvaient faire cadrer l'opration des serpens avec les astres. J'ai vu un de ces ufs clbre parmi les druides. Sa grosseur tait celle d'une pomme ronde , moyenne ; et sa coque cartilagineuse tait perce de trous , comme un polypier. On le prconise comme fai- sfjnt gagner les procs ^ et ouvrant l'entre du palais des rois. Imposture vidente ; car l'empereur Claude fit mourir , sans auti-e uiotif que je saciie , un chevalier 7* C. PLINII HIST. NAT. UB. XXIX. gLiium et efFeratoruin concordia , causa videtur esse , quare exterae gentes caduceum in pacis argumentis cir- cumdata effigie anguium fecerint. Neque enim cristatos esse in caduceo mos est. De commageno conficiendo. Medicinae ex eo, iv. XIII. De anserum ovis magnae utilitatis , ipsoque an- sere dicturi hoc in voluraine, debemus honorem et Com- magenorum clarissimae rei. Fit ex adipe anserum : alio- qui celeberrimi usus est : ad hoc in Commagene Syriae parte cum ciunam , casia , pipere albo , herba quae Commagene vocatur, obrutis nive vasis, odore jucundo, utilissinium ad perfrictiones , convulsiones , caecos aut subitos dolores, omniaque quae acopis curantur : un- guentumque pariter, ac medicamentum est. Fit et in Syria aho modo, adipe avium curato, ut diximus, ad- ditis erysisceptro , xylobalsamo , phnice elate , item calamo, singulorum pondre, qui sit adipis, cum viuo bis aut ter subfervefactum. Fit autem hieme, quoniam aestate non glaciat : nisi accepta cera. Multa praeterea remdia sunt ex ansere (quod miror), aeque quam n cor- vis. Namque anser corvusque ab aestate in autumnum morbo confliclari dicuntur. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. l'ji romain du pays des Voconces, qui en portait un dans son sein , afin de gagner un procs. Du reste , il parat que c'est ces entrelacemens, ces runions d'un grand nombre de serpens , qu'est due l'ide trangre du ca- duce , devenu symbole de paix , et entour de serpens imits par l'art. D'ordinaire, en effet, les serpens dii caduce n'ont point de crte. De la confection du commagne. Remdes qu'on en tire, 4. XIII. En parlant ici de l'oie , de ses ufs et de leurs usages multiplis , nous devons mentionner le clbre remde invent dans la Commagne : il se fait de graisse d'oie, cinnamome, casia , poivre blanc, auxquels on ajoute l'herbe dite commagne. Les vaisseaux qui con- tiennent le mlange s'enfouissent dans la neige : cette composition, d'odeur agrable, et trs-usite en fric- tions, est parfaite pour les convulsions, les douleurs sourdes ou subites, les affections qui demandent des camans : c'est la fois un cosmtique et un mdicament. Il s'en fait aussi en Syrie, mais la fabrication diffre Voici le nom des ingrdiens : graisse d'oiseau pure , i'ysisceptre , xylobalsame, late de Phnicie, calame : le tout la mme dose que la graisse. On ajoute du vin avec lequel on fait faire deux ou trois bouillons. C'est l'hiver qu'on fait ce remde; l't, il ne prendrait qu'en introduisant de la cire. On tire encore, ce qui m'tonne, d'autres mdicamens de l'oie, ainsi que du corbeau ; car on dit que l'oie et le corbeau sont en proie de grandes maladies au sortir de l't, et au commencement de l'automne. XVII. 18 a7/ C. PUmi HIST. NAT. LIB. XXIX. Remdia ex cane. XIV. 4 t)e anserum honore, quetn meruere G.allo- riini iiiCapitolium adscensu deprehenso, diximus. Eadem de causa supplicia annua canes pendunt inter aedem Ju- ventatis et Summani , vivi in furca sambucea arbore fixi. Sed plura de hoc animali dici cogunt priscorum mores. Catulos lactentes adeo puros existimabaut ad ci- bum, ut etiam placandis numinibus hostiarum vice ute- rentur his. Genitae Manae catulo res divina fit, et in cnis deum etiamnum ponitur catuhna. AditiaHbus qui- dem epulis celebrem fuisse , Plauti fabul indicio sunt. Sanguine canino contra toxica nihil praestantius putant. Vomitiones quoque hoc animal moustrasse homini vi- detur. Et aHos usus ex eo mire laudatos referemus suis locis. Remdia per morbos corporis digesta. Adversus serpentium ictus. Ex mure. XV. Nunc ad statutum ordinem pergemus. Adversus serpentium ictus effcacia habentur, fimum pecudis re- cens in vino decoctum ilHtumque : mures dissecti et im- positi, quorum natura non est spernenda, praecipue in adscensu siderum , ut diximus , cum lumine lunae fibra- rum numro crescente atque deci'escente. Tradunt magi, jocinere mris dato porcis in fico, sequi dantem id ani- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 776 Remdes tirs du chien. XIV. 4- Il a t parl de la gloire que les oies acqui- rent, lorsqu'elles signalrent l'approche des Gaulois es- caladant le Capitole. C'est l'occasion de ce fait qu'on inflige des chiens des supplices annuels , entre le temple de la Jeunesse et celui de Summanus. On les empale tout vifs, l'aide d'unct fourche de sureau; ce- pendant les coutumes anciennes nous forcent quelques dtails sur ces animaux. Les chiens qui tettent passaient pour un mets si pur, qu'on les offrait aux dieux comme victimes propitiatoires. On immole un jeune chien Genita Mana , et on sert de la viande de chien dans les lectislernes. Les comdies de Piaule prouvent aussi que cette viande paraissait avec honneur dans les adi- tiales. Le sang de chien est un contre-poison souverain. Il parat que c'est par lui que l'homme a connu les vo- missemens. Nous parlerons plus bas encore des remdes trs-vants que fournil le chien. Remdes classs d'aprs les maludies. Contre les morsures des serpens. Remdes fournis par le rat. XV. Reprenons l'ordre que nous nous sommes im- pos. Contre les morsures de serpent , on emploie , en liniment , des crottes de brebis rcentes cuites dans le vin. On applique aussi des rats coups en deux ; ce dernier animal a des proprits importantes, surtout l'poque de l'ascension des aslres , vu que le nombre de ses fibres crot et dcrot avec la lune. Selon les magiciens , si l'on donne du foie de souris dans une figue un porc, l'animal suit celui qui lui a donn ce 18. 276 C. PLINn HIST. NAT. LIB. XXIX. mal. In homine quoque similiter valere , sed resolvi cyatho olei poto. Ex mustela. XVI. Mustelarum duo gnera. Alterum silvestre , distans magnitudine. Grci vocant ictidas. Harum fel contra aspides dicitur effcax , cetero venenura. Haec autem qu in domibus nostris oberrat, et catulos sucs (ut auctor est Cicero) quotidie transfert , mutatque se- dem , serpentes persequitur. Ex ea inveterata sale de- narii pondus in cyathis tribus datur percussis : aut ven- triculus coriandre fartus inveteratusque et in vino potus. Et catalus mustelse etiam efHcacius. Ex cmicibus. XVII. Quaedam pudenda dictu tanta auctorum adse- veratione commendautur, ut praeterire fas non si t. Si- quidem illa concordia rerum, aut repugnantia medicinae gignuntur : veluti cimicum animalis fdissimi , et dictu quoque fastidiendi natura, contra serpentium morsus, et prcipue aspidum valere dicitur. Item contra venena omnia : argumento, quod dicant gallinas, quo die id ederint , non interfici ab aspide : carnesque earum per- cussis plurimum prodesse. Ex bis quae tradunt, huma- nissimum est, illinire morsibus cum sanguine tesludi- nis: item suffitu eorum abigere sanguisugas adbaerentes, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 2^'' mets. Ce charme exerce la mme action sur l'iiomme ; mais qu'on boive un verre d'huile , et le charme n'est plus. La belette. XVI. On distingue deux sortes de belettes. La be- lette sauvage, qui est la plus petite, se nomme en grec ictide. Son fiel gurit les morsures d'aspic : du reste , c'est un poison. La belette domestique qui , selon Cic- ron, change chaque jour de retraite, poursuit les ser- pens. Mordu d'un serpent , on doit prendre , dans trois cyathes de vin, un denier de sa chair conserve dans le sel ; ou bien encore , l'estomac de cette mme belette farci de coriandre , et gard : c'est aussi dans du vin qu'on l'avale. Les trs-jeunes belettes ont encore plus d'efEcacit. '..m' Les cimex ou punaises. XVIL II est des recettes dgotantes prconises par les auteurs avec tant d'assurance, qu'on ne peut les omettre ; car enfin, c'est de l'antipathie et de la sympa- thie des substances que naissent tous les remdes. Ainsi la punaise, cet animalcule hideux, et dont le nom r- pugne , est trs-bonne , dit-on , contre la morsure des serpens , surtout des aspics , ainsi que contre tous les poisons. En voici des preuves : jamais poule n'a t mor- due par un aspic le jour o elle avait mang des punaises ; leur chair mme est bonne pour ceux que ce reptile a mordus. De tous ces moyens , le plus tolrable consiste les mler au sang de tortue pour en faire un Uniment. On fait des fumigations de punaises pour dtacher les sangsues qui ne veulent point quitter la peau. Si quel- 78 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. haustasque ab animalibus restinguere iu potu datos. Quamquani et oculos quidam iis inungunt trtis cum sale et lacle niulierum : auresque, cum melle et rosaceo ad- mixtis. Eos qui agrestes sint , et in mal va nascantur, crematos, cinere permixto rosaceo infundunt auribus. Cetera quae de his tradunt , vomicae , et quartanarum remdia , aliorumque morborum , quamquam ovo , aut cera, aut faba inclusos censeant devorandos, falsa, nec referenda arbitrer. Lethargi tamen medicinae cum argu- mento adhibent, quoniam viucatur aspidum somnifica vis , septenos in cyatlio aquae dantes , puerilibus annis quaternos. t in strauguria fistulae imposuere. Adeo nihil parens illa rerum omnium sine ingentibus causis genuit. Quin et adalligatos laevo brachio binos lana subrepta pastoribus , resistere nocturnis febribus prodiderunt , diurnis in roseo panno. Rursus iis adversatur scolopen- dra, sufHtuque enecat. De aspidibns. XVIII. Aspides percussos torpore et somno necant, omnium serpeutium minime sanabiles. Sed et veuenum earum si sanguinem attingit, aut i*ecens vulnus, statim intcrimit : inveteratum ulcus, tardius. De cetero potum HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIX. 17^ que ble avait aval des sangsues, les punaises prises intrieurement les lui feraient rendre. Quelques-uns crasent les punaises avec sel et lait de femme pour tuver les yeux malades : avec miel et huile rosat, pour en oindre les oreilles. Calcines, les punaises agrestes, les punaises de la mauve, fournissent une cendre qui, mle l'huile rosat, s'injecte avec avantage dans les oreilles. Quant aux autres vertus qu'on leur attribue, comme de rsoudre les vomiques, de couper la fivre- quarte, de dissiper vingt autres maladies, quoiqu'on dise de les avaler dans un uf, dans une fve, dans de la cire , je crois que toutes ces recettes sont autant de fables indignes d'tre rptes. Toutefois , il y a quel- que raison pour les administrer dans la lthargie, o l'on en fait avaler sept dans un cyathe d'eau , ou quatre, si l'on traite un enfant. L'engourdissement caus par l'aspic se dissipe par ce remde. On les applique aussi l'urtre dans la strangurie. Tant il est vrai que la na- ture; cette mre universelle, n'a rien produit sans cause majeure! De plus, on prtend que deux punaises, at- taches au bras gauche avec de la laine drobe des bergers , prservent des fivres nocturnes ; tandis que , enveloppes dans une toffe rose, elles chassent les fivres diurnes. La scolopendre est antipathique aux punaises ^ que ses fumigations font mourir. Les aspics, XYIIL Les aspis qui tuent les tres qu'ik frappent, 'n les plongeant dans la torpeur et le sommeil, sont de tous les serpens ceux dont la blessure a le plus de peine se gurir. En contact avec le sang, ou des plaies frai- a8o C. PUNII HIST. NAT. LIB..XXIX. quantalibet copia , iioii nocet. Non est enim tubifca vis : itaque ocisa morsu earum animalia, cibis innoxia sunt. Cunctarer in proferendo ex his remedio , nisi M. Varronem scirem lxxxiu vitae anno prodidisse, aspi- dum ictus eficacissime sanari, hausta a percussis ipso- rum urina. rto Ui> . , Ex basilisco. XIX. Basilisci, quem etiam serpentes ipsae fugiunt, alias plfactu necantem , qui hominem vel si aspiciat tantum , dicitur interimere , isanguinem magi miris lau- dibus clbrant, coeuntem picis modo et colore, dilu- tum cinnabari clariorem fieri. Tribuunt ei et successus petitionum a potestatibus, e a diis etiam precum, mor- borumque remdia , veneficiorum amuleta. Quidam id Saturni sanguinem appellant. Ex dracone. XX. Draco non habet venen.a. Caput ejus limini ja- nuarum subditum, propitiatis adoratione diis, fortuna- tam domum facere promittitur. Oculis ejus inveteralis, et cura melle tritis , inunctos non pavescere ad noctur- uas imagines , etiam pavidos. Cordis pingue in pelle dorcadum nervis cervinis.adalligatum in lacerto, con- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 8i * clies, leur venin donne instantanment la mort; s'il ne touche que quelque vieil ulcre, la mort est plus tardive : du reste, on peut le boire en norme quantit , sans qu'il nuise; il n'est point corrosif ; aussi peut-on manger impunment les animaux morts des piqres de l'aspic. Je n'oserais rapporter la recette suivante, si Varron ne l'et mise par crit l'ge de quatre-vingt- trois ans : on se gurit infailliblement, dit-il , des mor- sures de l'aspic, en buvant sur-le-champ de sa propre urine. Le basilic. XIX. Le basilic, que fuient mme les autres serpens, et dont l'haleine, que dis-je? le regard seul tue les hom- mes, est clbre chez les magiciens, qui vantent surtout son sang. Ce sang, disent-ils, se fige comme la poix dont il a la couleur ; dlay dans l'eau , il est d'un rouge plus vif que le cinabre. Ils disent que, grce ce sang port en amulette , on russit dans les requtes qu'on adresse aux rois ou aux dieux ; on se dlivre des ma- ladies; on neutralise les poisons. On le nomme quelque- fois sang de Saturne. Le dragon. XX. Le dragon n'est pas venimeux, selon les dogmes magiques : sa tte , mise sous le seuil de la porte aprs qu'on s'est rendu les dieux propices par des vux , assure la prosprit d'une maison. On garde ses yeux dans le sel , broys avec du miel , pour en frotter le corps des personnes qui craignent les spectres noctur- nes : cette friction les rend intrpides. La graisse du aa C PLINH HIST. NAT. LIB. XXIX. ferre judiciorum victoriae. Primum spoiidylum aditits potestatum mulcere. Dents ejus illigatos pellibus ca- prearum cervinis nervis , mites praestare dominos , po- testatesque exorabiles. Sed super omnia est compositlo, qua invictos faciunt magorum mendacia : cauda dra- conis et capite, pilis leonis e fronte, et medulla ejus- dem , equi victoris spuma , canis unguibus adalligatis cervino corio , nervisque cervi alternatis et dorcadis : quae coarguisse non minus refert, quani contraria ser- pentibus remdia demonstrasse , quoniam haec moruni veneficia sunt. Draconum adipem venenata fugiuut : item, si uratur, ichneumonum : fugiunt et urticis tritis in aceto perunctos. Ex vipera. XXI. Viperae caput impositum , vel alterius quant quae perussent, sine fine prodest. Item si quis eam ipsam in vapore baculo sustineat : aiunt enim praeca- nere : iteip si quis exustae ejus cinerem illinat. Reverti autem ad percussum serpentes necessitate natur, Ni- gdius auctor est. Caput quidem dissecant Scythae inter aurcs ad eximendum lapillum, quem aiunt ab ea devo- rari lerrit(i. Alii ipso loto capite iiluntur. Fiuat ex vi- HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIX. a83 cur du dragon, dans une peau de dorcade, s'attache au bras avec des nerfs de cerf : et cet amulette con- tribue faire gagner les procs. Muni de sa premire vertbre, on arrive aisment aux grands. Ses dents, lies dans une peau de chvre avec ds nerfs de cerf, rendent les Suprieurs accessibles, et les majests favora- bles. Mais le plus merveilleux, c'est la composition qui, au dire des magiciens imposteurs, fait de l'homme un tre invincible : queue et tle de dragon, poil du front d'un lion, moelle lonine, cume d'un cheval qui a remport le prix de la course, ongles de chien, le tout attach dans une peau de cerf, avec des nerfs de cerf et de dorcade alternativement , voil les lmens de ce* re- mde! recettes absurdes, dont le signalement n'est pas moins ncessaire que celui des vritables antidotes du venin des serpens ; car de telles fables constituent un empoisonnement moral. La graisse de dragon met en fuite les animaux venimeux ; sa cendre chasse les ichneu- mous, qui fuient de mme l'homme frott du si>c d'orties piles dans du vinaigre. La vipre. XXI. La tte de vipre, ft-ce une autre que celle par qui on a t mordu , s'applique toujours avec succs sur la plaie. 11 en est de mme du reptile tout entier suspendu avec une baguette la vapeur de l'eau bouil- lante, parce qu'alors il prvient tout charme funeste; on le brle, aussi pour faire un onguent de sa cendre. Les serpens reviennent ncessairement et naturelle- ment vers celui qu'ils ont bless : Nigidius l'affirme. Les Scythes fendent la tte la vipre entre les oues, pour en retirer une petite pierre qu'elle avale, di- a84 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. pera pastilli , qui theriaci vocantur a Graecis , ternis digitis utrimque amputatis, exemptisque interaneis, et livore spiuae adhaerente , reliquo corpore in patina ex aqua et'anetho discocto , spinisque exemptis , et addita similagine , atque ita in umbra siccatis pastllis , quibus ad multa medicamenta utuntur. Significandura videtur e vipera tantum hoc fieri. Quidam purgatae, ut supra dictum est , adipem cum olei sextario decoquunt ad di- midias. Ex eo, quum opus sit, ternis stillis additis in olei^m perunguntur, ut omnes bestiae fugiant eos. Ex reliquis serpentibus. XXII. Praeterea constat, contra omnium serpentium ictus , quamvis insanabiles , ipsarum serpentium exta imposita auxiliari : eosque qui aliquando viperae jecur coctum hauserint , numquam postea feriri a serpente. Neque anguis veuenatus est , nisi per mensem luna instigatus. Sed prodest vivus comprehensus , et in aqua contusus , si foveatur ita raorsus. Quin et inesse ei re- mdia multa creduntur, ut digeremus, et ideo iEscu- lapio dicatur. Democritus quidem^monstra quaedam ex his conficit , ut possint avium sermones intelligi. An- guis ^sculapius Epidauro Romam adveclus est : vul- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. ^85 sent -ils, dans ses instans d'effroi. D'autres font ser- vir la tte entire. On fait, avec la vipre, des pas- tilles que les Grecs nomment thriaques : pour cela , on coupe, de chaque ct, la largeur de trois doigts; on enlve les entrailles, ainsi que toute la partie bleue adhrente l'pine ; le reste du corps cuit dans une terrine avec eau et aneth, puis aprs ablation des ctes, on ajoute de la farine de froment. Les pastilles une fois formes , on les fait scher l'ombre : elles entrent dans nombre de remdes. Il est noter que la vipre seule fournit ces pastilles. Quelques-uns , aprs avoir nettoy et vid l'animal, font cuire la graisse dans un setier d'huile jusqu' rduction de moiti. Trois gouttes de cette graisse dans un peu d'huile forment un onguent dont on se frotte pour mettre en fuite les animaux dangereux. Les autres serpens. XXII. On sait, de plus, que toute plaie, mme in- curable, se trouve bien de l'application des entrailles de serpent : ceux qui ont une fois aval un foie de vi- pre cuit ne courent plus risque. d'tre piqus par les reptiles. La couleuvre n'est venimeuse qu' une poque du mois o l'aspect de la lune l'irrite. Prise eu vie et broye dans l'eau , on l'applique en fomentations bonnes contre sa propre morsure. On croit mme qu'elle a d'autres vertus thrapeutiques, qui seront rapportes en leur lieu : aussi l'a-t-on ddie Esculape. Dmo- crite a indiqu diverses manires tranges de la pr- parer, pour faire comprendre le langage des oiseaux. Depuis l'arrive de la couleuvre Esculapienne, envoye d'Epidaure Rome, on en lve dans beaucoup de mai- o66 C. PLTNII HIST. NAT. LIB. XXIX. goque pascitur et in domibus. Ac nisi incendiis semina exurerentur, non esset fecunditati eorum resistere. In orbe terrarum pulcherrimum anguium genus est, quod et in aqua vivit, hydri vocantur, nuUis serpentium inferiores veneno. Horum jecur servatum adversus per- cussos ab bis auxilium est. Scorpio tritus stellionum veneno adversatur. Fit enim et e stellionibus malum medicamentum. Nam quum im- mortuus est vino , faciem eorum qui biberint lentigine obducit. Ob hoc in unguento necant euni , insidiantes pellicum formae. Remedium est ovi luteum , et mel ac nitrum. Fel stellionum tritum in aqua mustelas congre- gare dicitur. De salamandra. XXIII. Inter omnia venenata salamandrae scelus maxi- mum est. Cetera nim singulos feriunt, nec plures pa- riter interimunt : ut omittam, quod perire conscientia dicuntur homine percusso , neque amplius admitti ad terras : salamandra populos pariter necare improvidos potest. Nam si arbori irrepsit, omnia poma iuficit ve- neno, et eos qui ederint, necat frigida vi, niliil aconito distans. Quinimmo si contacto ab ea ligno vel pede crusta panis incoquatur, idem venetcium est : vel si in puteum cadat. Quippe quum saliva ejus quacumque HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 287 sons ; et , sans la frquence des Incendies qui en brlent les germes , rien ne rsisterait leur fcondit. La terre nourrit encore une race magnifique de ser- pens qui vivent aussi dans l'eau et qu'on nomme hydres. Pour le venin, ils vont de pair avec les reptiles les plus puissans. Leur foie gard est un remde contre leur propre blessure. Le venin des stellions se gurit par l'application du scorpion broy. Ces stellions fournissent aussi un mal- fice. Il s'agit d'en noyer un dans du vin. Ceux qui boi- vent de ce liquide ont bientt la face pleine de taches de rousseur. Aussi des femmes , pour gter la beaut de leurs rivales, ont-elles tu ainsi des stellions dans des cosmtiques. On porte remde au mal, avec miel, nitre et jaune d'uf. Broy dans l'eau , le foie de lzard fait rassembler les belettes. " ' " - La salamandre. XXIIL Des animaux venimeux , la salamandre est le plus fatal. Les autres ne frappent qu'une seule personne ; en tuer plusieurs la fois leur est impossible : et mme on dit que , ds qu'ils ont mordu un homme , la con- science de leur forfait les mine peu peu , et que la terre les repousse : mais la salamandre peut tuer la fois des peuples entiers. Grimpe-t-elle sur un arbre, elle en empoisonne tous les fruits; quiconque en mange, meurt, en proie un poison non moins puissant que l'aconit. Qu'on ptrisse du pain avec du bois qu'elle ait touch du bout de la patte, le danger est le mme : l'eau de puits o elle tombe est galement funeste; sa bave, en quel((ue endroit qu'elle nous atteigne, ft-ce sur le 28 C. PLINH HIST. NAT. LTB. XXIX. parte corporis, vel in pede imo respersa, omnis in toto corpore defluat pilus. Tamen talis , c tanti veneni a quibusdam animalium, ut subus, manditur, dominante eadem illa rerum dissidentia. Venenum ejus restingui primum omnium ab his quse vescantur illa , ex his ve- risimile est, quae produntur, cantharidum potu, aut la- certa in cibo sumpta : cetera adversantia diximus , di- cemusque suis locis. Ex ipsa quae magi tradunt contra incendia, quoniam igns sola animalium extinguat, si forent vera, jam esset experta Roma. Sextius Venerem accendi cibo earum , si detractis interaneis , et pedibus , et capite in nielle serventur, tradit, negatque restingui ignem ab iis. Ex volucribus, adversus serpentes; ex vulture. XXIV. E volucribus in auxilium contra serpentes primi vultures. Adnotatum quoque minus virium esse nigris. Pennarum ex his nidore, si urantur, fugari eas dicunt. Item cor ejus alitis habentes , tutos esse ab im- petu non solum serpentium, sed etiam ferarum, latro- numque, et regum ira. Ex gallinaceis. XXV. Carnibus gallinaceorum, ita ut tepebunt avul- sae, adpositis, vcnena serpentium domantur : item ce- rebro in vino poto. Partlii gallinae malunt cerebrum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 289 pied, fait instantanment tomber les poils de tout le corps. Quelques animaux cependant avalent impun- ment cet tre dou d'un poison destructeur : tel est le porc : tant les oppositions jouent un rle invincible dans la nature. I^e virus de la salamandre a, pour pre- mier remde, les animaux qui la mangent; puis les cantliarides en breuvage, les lzards comme aliinent solide : les autres antidotes ont t indiqus plus haut, ou bien le seront plus bas, mesure qu'ils paratront. Si les magiciens avaient raison dans ce qu'ils disent de la proprit qu'a la salamandre d'teindre le feu , Rome l'aurait aujourd'hui constat par l'exprience; mais Sextius, qui regarde la salamandre comme aphrodisia- que, lorsqu'on la mange garde dans le iiiiel aprs abla- tion des intestins, de la tte et des pattes, lui refuse la proprit d'teindre le feu. .mu < :;iiji . '4 -..n'kl ' 'Ji ob dw Les oiseaux, contre les serpens : le vautour, , ' XXIV. De tous les oiseaux, les vautours sont ceuj^ qui donnent le plus de secours contre les serpens. Les noirs ont moins de force. L'odeur de leurs plumes brles fait fuir les reptiles. Muni d'un cur de vautour, on peut braver la rencontre des serpens, et, de plus, le cour- # roux des btes .farouches , des brigands et des princes. Les gallinaces. XXV. I.i viande de coq , applique encore chaude , neutralise le venin des serpens : leur cervelle, avale dans du vin, produit le mme effet. Les Parthes, pour XVII. 19 ago C. PLIWn HIST. NAT. UB. XXK. plagis imponere. Jus quoque ex his potum praeclare me- detur, et in multis aliis uslbus mirabile. Pantherae leo- nesqiie non atlingunt perunctos eo, praecipue si et allium fuerit incoctum. Alvum solvit validius e vetere gallina- ceo. Prodest et contra longinquas febres, et torpentibus membris, tremulisque; et articulariis morbis : in capitis doloribus : epiphoris, inflationibus, fastidiis, incipiente tenesrao, jocineri , renibus, vesicae : contra cruditates, suspiria. Itaque etiam faciendi jus exstant prcepta. EflGcacius enirii cocti cum olere marino, aut cybio, aut cappari, aut apo, aut herba mercuriali, aut polypodio, aut anetho : utilissime autem in congiis tribus aquae ad trs heminas cum supradictis herbis , et refrigeratum sub dio dari tempestivis antcdente vomitione. Non praeteribo miraculum, quamquam ad medicinam non pertinens : si auro liquescenli gallinarum membra mi- 1^' sceantur, consumunt id in se. Ita hoc venenum auri est. At gallinaceis ipsis circulo e sarmentis addito in collum, % non canunt. Ex reliquis avibus. XXVI. Auxiliatur contra serpentes et columbarum caro recens concerpta, et hirundinum : bubonis pedes usti cum plumbagine herba. Nec omittam in hac quo- que alite exemplum magic vanitatis. Quippe prter reUqua portentosa mendacia , cor ejus impositum (y- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. agi cette application , usent de la cervelle de poulet. Le bouillon de volaille est un admirable prservatif dans ce cas et dans vingt autres. Ni panthre, ni lion n'atta- quent l'homme frott de juS de coq , s,urtout si , dans le jus, on a fait cuire de l'ail. Le bouillon de vieux coq est un laxatif puissant. On en use avec succs contre fivres lentes , torpeurs , tremblemens , maladies des arti- culations, maux de tte, irritations ophthalmiques, vents, dgots, tnesmes au premier degr, maladies du foie, des reins , de la vessie , indigestion , asthme. Aussi y a-t-il des formules mdicales pour la confection de ce bouillon. Le meilleur mode consiste faire bouillir l'oi- seau avec chou marin, cybium, apium, cpres, mercu- riales, polypodes ou aneth, dans trois congs d'eau, jusqu' reduction trois hmines : on fait refroidir l'air ; ceux qui en boivent par prcaution doivent pra- lablement se faire vomir. N'oublions point ici un trait merveilleux , du reste tranger la mdecine : si l'on introduit de l'or fondu dans de la viande de poule, celle-ci absorbe le mtal. Ainsi la poule empoisonne l'or. Qu'on mette au cou des coqs un collier de bois de sar- ment , ils ne chantent point. Les autres oiseaux. XXVL La chair frache de pigeon et d'hirondelle, les pieds de hibou brls avec de la plombagine (herbe), sont bons contre la morsure des serpens. Encore un exem- ple mmorable du charlatanisme magique. A mille au- tres impostures n'ajoute-t-on pas ceci, qu'un cur de chat -huant, appliqu sur la mamelle gauche d'une 9- agoL C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. mammae mulieris dormientis sinistrae , tracunt efficere , ut omnia scrta pronuntiet. Praeterea in pugnam fe- rentes idem, fortes fieri. Ejusdem ovo ad capilluin re- mdia demonstrat. Quis autem, quaeso, ovum bubonis umquam videre potuit, quum ipsam avem vidisse pro- digium sit? quis utique experiri, et praecipue in capillo? Sanguine quidem puUi bubonis etiam crispari capillum promittunt. Cujus generis prope videri possint, qu tradunt et de vespertilione : si ter circumlatus domui vivus , per fenestram in verso capite infigatur, amuletum esse : privatimque ovilibus circumraptum toties , et pedibus suspensum in supero limine. Sanguinem quoqiie ejus cum carduo , contra serpentium ictus inter praecipua laudant. j ^f/i ' IIHP Ex phalangis. Eorum gnera , et araneorunr. XXVII. Phalangium est Italiae.ignotum, et plurium generum : unum simile formic, sed multo majus, rufo capite, reliqua parte corporis nigra, Jbis incursan- tibus gttis. Acerbior hujus, quam vespae ictus. Vivit maxime circa furnos et molas. In remedio est , si quis ejusdem generis alterum percusso ostendat. Et ad hoc servantur mortui. Inveniuntur et cortices eorum , qui triti et poti medentur : et mustelae catuli , t diximus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 293 feninie endormie, l'oblige rvler tous ses secrets; qu'arm de ce mme cur, on marche sans. crainte au combat; enfin, qu'avec un uf du mme oiseau, on empche la chute des cheveux ? or, je le demande, qui a jamais vu un uf de chat-huant, puisqu'il est si rare de voir l'qiseau lui-mme ? qui en a^ fait l'exprience , et surtout sur des cheveux ? Ce sont encore les magiciens qui nous promettent de les faire friser avec le sang d'un jeune hibou. Les effets de la chauve-souris paraissent se rappro- cher de ceux que nous venons d'numrer : on la pro- clame excellente, tant pour les maisons autour desquelles on l'a porte trois fois avant de la suspendre aux fe- ntres , la tte en bas , que pour les bergeries autour desquelles on l'a trane de mme, pour la suspendre au haut de la porte par les pieds; on vante aussi son sang, ml au chardon , comme un des meilleurs spcifiques contre les piqres de serpens. Les phalangum. De leurs diverses espces, et decellesde l'araigne. XXVII. La phalange, que nous ne connaissons point en Italie, se divise en plusieurs espces. L'une, qui res- semble la fourmi, mais qui est beaucoup plus grosse, et runit une tte rousse un corps noir sem de ta- ches blanches , fait des piqres plus douloureuses que celles de la gupe. Elle vit surtout autour des fours et des moulins. On gurit sa piqre en montrant au ma- lade une autre phalange do mme espce. Dans ce but, on en garde de mortes. Quelquefois , on en trouve de dessches, qu'on administre broyes en guise de breu- 94 C. PLINII HIST. NAT. tlB. XXIX. supra. JEque phalangiop Graeci vocaat inter gnera ara- neorum, sed distinguant lupi nomine. Tertium genus est eodem phalangii nomine araneus lanuginosus, gran- dissimo capite. Quo disseclo iuveniri dicuntur intus vermiculi duo , adajligatique mulieribus cervina pelle ante solis ortuni , prstare ne concipiant , ut Caecilius in commentariis reliquit. Vis ea annua est : quam solam ex omni atocio dixisse fas sit, quoniam aliquarum fe- cunditas plena liberis tali venia indiget. Vocatur et rha- gion acino nigro similis, ore minimo sub alvo, pedibus brevissimis, tamquam imperfectis. Dolor a morsu ejus qualis a scorpione. Urina similis araneis textis. Idem erat asterion , nisi distingueretur virgulis albis. Hujus morsus genua labefactat. Pejor utroque est cruleus , lanugine nigra , caliginem concitans , et vomitus ara- neosos. Etiaranum deterior, a crabrone penna tantum differens. Hic et ad maciem perducit. Myrmecion for- micae similis capite, alvo nigra, guttis albis distinguen- tibus, vesparum dolore torquet. Tetragnathii duo gnera iiabent : pejor mdium caput distinguente linea alba, et trans versa altra. Hic oris tumorem facit. At cinereus posteriore parte candicans , lentior. Minime autem noxius eodem colore , qui telas inuscis in parietibus la- tissime pandit. Contra omnium morsus rmedio est gallinaceum cerebrum cum piperis exiguo potum in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. agS vage. I..es jeunes belettes ci-dessus mentionnes sont aussi un remde. Les Grecs donnent aussi le jiom de phalange une seconde espce , qu'ils distinguent sous le nom de loup. La troisime espce homonyme est une araigne velue, dont la tte est norme. Ou trouve chez elle , quand on l'ouvre , deux petits vers qui , lis avant le lever du soleil aux reins d'une femme dans une peau de cerf, l'empchent, dit-on, de concevoir. \^Vojez Ccilius, Commentaires.) diWe proprit ne dure qu'un an : mais , de tous les moyens de faire avorter , je ne veux indiquer que celui-ci , en faveur de quelques femmes qui , trop fcondes , trop charges d'cnfans , ont besoin peut-tre de cette indulgence. Le rhagion , quatrime espce , a la forme d'un ppin noir, la bouche trs - petite et place sous le ventre , des pattes courtes et qui ne semblent qu'bauches. La dou- leur cause par sa morsure ressemble . celle que pro- duit le scorpion. L'urine du malade devient filandreuse comme une toile d'araigne. L'astrion ne diffre du pr- cdent que par des rayures blanches. Sa morsure fait trembler les genoux. Tous deux sont moins formida- bles pourtant que la phalange bleue, couverte de soie noire; sa piqre rpand un nuage sur la vue, et provo- que des vomissemens filandreux. L'espce qui ne dif- fre du frelon que par ses ailes, est plus funeste encore. Sa piqre cause le marasme. Le myrmcion a la tte de la fourmi , le ventre noir "sem de taches blanches ; la douleur qu'occasionc sa morsure rappelle celle de la gupe. On distingue deux sortes de tlragnathes : le plus fatal des deux a la tte traverse, au milieu, par une raie blauchc que croise une autre raie blanche. Sa piqre fait enfler le visage. L'autre tlragnathe est gris 9.ge e. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. posca. Item formicae quinque potae : pecudum fimi cinis illitus ex aceto : et ipsi aranei quicumque, in oleo pu- trefacti. Mris aranei morsus sanatur coagulo agnino in vino poto : ungLil arietinae cinere cum melle, mustelae ca- tulo, utin serpentibus dictum est. Si junienta momor- derit, mus recens cum sale imponitur, aut fel vesperti- lionis ex aceto. Et ipjse mus aranes contra se remedium est, divulsus et impositus. Nam si prgnans momordit, protlnus dissilit. Optimum , si imponatur qui momor- derit. Sed et alios ad hune usum servant in oleo , aut lulo circumlitos. Est contra morsum ejus remedio terra ex orbita. Ferunt enim non transiri ab eo orbitam , tor- pore quodam naturae. Ex stellione. XXVIII. Scorpionibus contrarius maxime mvicem stellio traditur, ut visu quoque pavorem iis adferat , et torporem frigidi sudoris. Itaque in oleo putrefaciunt eum , et ita ea vulnera perungunt. Quidam oleo illo HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 297 cendr : la partie postrieure de son corps est blanche ; il pique moins frquemment. La phalange, de mme couleur, qui tend de larges toiles aux mouches sur les murailles, n'a pas de venin. On remdie aux piqres de tous ces insectes, 1 avec de la cervelle de coq bue dans de l'oxycrat, avec un peu de poivre; 2** avec cinq fourmis en breuvage; 3 avec de la cendre de crottes de mouton dlaye dans le vinaigre; 4 avec des arai- gnes , n'importe de quelle espce , macres dans l'huile. A la morsure de la musaraigne , on oppose de la pr- sure d'agneau bue dans du vin , de la cendre de pince de blier dans du miel , ou une jeune belette, comme nous l'avons dit ci-dessus l'article des serpens. Si c'est une ble de charge qui a t mordue, on applique sur la plaie une souris qu'on vient d'ouvrir, avec du sel , ou un fiel de chauve-souris avec vinaigre. Coupe en deux et applique sur la plaie , la musaraigne devient un remde contre elle-mme. Si , lorsqu'elle mord , elle se trouve pleine, elle crve aussitt. Le remde devient infaillible, si l'on applique l'individu mme, auteur de la morsure ; c'est pour le mme usage que l'on conserve la musaraigne, soit dans l'huile, soit dans la vase. Enfin, on gurit sa morsure avec de la terre d'ornire ; car ja- mais, dil-on, cet animal ne passe sur une ornire: une espce d'engourdissement naturel s'y oppose. Le steltion. XXV III. Le scorpion, son tour, a pour ennemi le stellion , dont la vue seule l'pouvante, le frappe de torpeur, et lui occasione une sueur froide. En cons- quence, on fait macrer ce dernier dans l'huile, pour 298 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. spumain argenteam decoquunt ad emplastri geuus, alque ita illinunl. Hune Graeci coloten vocant, et ascalaboten, et galeoteii. In Italia non nascitur. Est enim hic pie- nus lentigine, stridoris acerbi, et vescitur; quae omnia a nostris stellionibus alina sunt. Ex dversis insectis. XXIX. Prodest et gallinarum fimi cinis iliitus , dra- conis jecur, lacerta divulsa, mus divulsus, scorpio ipse suae plag impositus^ aut assus in cibo sumptus, aut potus in meri cyathis duobus. Proprium est scorpio- uum , quod manus pahnam non feriunt , uec nisi pilos attigere. Lapillus qualiscumque , ab ea parte qua in terra erat, impostus plagae, levt dolorein. Item testa terra operta ex aliqua parte , sicut erat , iiiiposita , li- berare dicitur. Non debent respicere qui imponunt^ et cavere ne sol aspiciat. Yermes terreni triti impositi prosuut. Multa et alia ex his remdia sunt, propter quaef in mclle servanlur. Noctua apibus contraria, et vespis, crabronibusque , et sanguisugis : pici quoque martii rostrum secura ha- bentes non feriuntur ab iis. Adversantur et locustarum miuimae sine pennis, quos attelebos vocant. Est et formicarum genus venenatura :" non Ferc in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. agtj en frotter les piqres du scorpion. Quelques-uns font bouillir, dans cette huile, de l'cume d'argent, et en forment un empltre qu'ils appliquent sur le corps. Les Grecs nomment le stellion colots , ascalabots et galo- ts. L'Italie n'en a point. Il est sem de petites taches , a un cri aigu , et mange : toutes particularits trangres nos stellions. Divers insectes. t. XXIX. On use aussi de fiente de poule en liniment, de foie de dragon, de lzard, de rat, coups en deux, de scorpion. On applique celui-ci sur la plaie qu'il a faite, ou bien on le mange rti , ou bien on le prend en breuvage dans deux cyathes de vin pur. Le scorpion ne pique jamais la paume de la main , et n'attaque que la partie velue. Un caillou , peu importe de quelle espce , ap- pliqu sur la plaie, du ct par lequel il touchait la terre , soulage la douleur. Mme effet avec un tesson couvert de terre par quelque endroit, et mis du mme ct sur la plaie. Ceux qui font l'opration ne doivent ni regarder qui que ce soit , ni tre en vue du soleil. Une application de vers de terre piles offre aussi des avantages. Ces vers , qui sont des remdes dans bien d'autres cas, sont ordinairement gards dans du miel. La chouette est un spcifique pour les piqres d'a- beilles, gupes, crabrons, sangsues. On s'en prserve galement l'aide d'un bec de pivert. Les petites sau- terelles aptres, dites attelbes , les -gurissent aussi. 11 est une espce de fourmis venimeuses qu'on rencon- 3oo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. Italia. Solipugas Cicero appellat, saipugas Baetica. lis cor vespertilionis contrarium , omnibusqiie formicis. Salamandris cantharidas dixmus resistere. Ex cantharidibus. XXX. Sed in ils magna quaestio , quoniam ips ve- nena sunt pot vesicae cum cruciatu praecipiio. Cossi- num equitem romanum , amicitia Neronis principis notum , quum is licliene correptus esset , vocatus ex ^gypto medicus ob hanc valetudinem ejus a Caesare, quum cantharidum potum praeparare voluissel , intere- mit. Verum illitas prodesse non dubium est, cum succo taminiae uvae , et sevo ovis vel caprae. Ipsarum cantha- ridum venenum in qua parte sit , non constat inter auctores. Alii in pedibus et capite existimant esse , alii negant. Convenit tantum penuas earum auxiliari , in quacumque parte sit venenum. Ipsae nascuntur ex ver- miculo, in spongia maxime cynorrhodi quae fit in caule, sed fecundissiine in fraxino : ceterae in alba rosa, minus efficaces. Potentissimae inter omnes variae , luteis lineis, quas in pennis transversas habent , multum pingues : inertiores minutae , latae , pilosse : inutilissimae vei'O , uuius coloris macreqlie. Condunlur in calice fictili non picalo, et liulco colligato, congcstae rosa malura , et HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3oi tre rarement en Italie : ce sont les solipuges de Cicron, les salpuges de la Btiquc. On gurit leur piqre avec un cur de chauve-souris. Le mme remde prserve des autres fourmis. Nous avons dit que les cantharides sont l'antidote de la salamandre. Les cantharides. XXX. Mais ici s'lve un grand problme : pour- quoi les cantharides, prises intrieurement, sont-elles un poison cruel qui cause d'horribles douleurs la vessie? Cossinus, chevalier romain, connu par l'amiti que Nron avait pour lui, tant afflig de dartres re- belles, l'empereur fit venir d'Egypte un mdecin pour le traiter; celui-ci le tua, en lui faisant prendre une prparation de cantharides. Cependant , il est sr qu'on en fait un bon linimeut, avec suc de raisin taminien, et suif de brebis ou de chvre. Dans quelle partie de la cantharide se cache son venin? c'est sur quoi les auteurs diffrent. Les uns veulent qu'il rside dans sa tte et dans ses pieds; les autres le nient. On n'est d'accord que sur le remde que fournissent ses ailes, en quelque partie, du reste, que rside leur venin. Les cantharides naissent d'un petit ver, surtout sur le fruit spongieux qui crot la tige de l'glantier, mais en plus grande quantit sur le frne: d'autres naissent sur le rosier blanc, mais elles ont moins de vertus. Les plus efficaces de toutes sont celles qui of- frent diverses couleurs, avec raies jaunes transversales sur les ailes, et qui sont les plus grasses : petites, larges et velues, elles ont moins de force : maigres, et d'une seule couleur, elles n'en ont aucune. On les place dms de pe- tits pots de terre couverts d'un linge, mais non gou- 3o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. suspendu ntur super acetum cum sale fervens , donec per linteolum vaporentur, postea reponuntur. Vis earum adurere corpus, crustas obducere. Eadem pityocampis , in picea nascentibus : eadem bupresti ; simillterque praeparantur. Efficacissimae omnes ad lepras lichenasque : dicuntur et menses ciere et urinam. Ideo Hippocrates et hydropicis dabat. Cantharides objectas sunt Catoni Uticensi , ceu venenura vendidisset in auctione regia , quoniam eas sstertiis lx addixerat. 5. Et sevuin autem sti:utbiocaiiielinuin tune venisse sstertiis xxx obiter dictum sit, effcacioris ad omnia usas, quam est adeps anserinus. Contra venena aliqua. XXXI. Dixiraus et mellis venenati gnera : contra quod utuntur melle, in quo apes sint mortuae. Idem potum in vino , remedium est vitiorum , quae e cibo piscium gignuntur. Contra canis rabidi morsus. XXXII. In canis rabiosi morsu tuetur a pavore aqu, taptis canini cinis illitus vulneri. Oportet autem com- buri omaia eodeni modo , ut semel dicamus , in vase fictili novo, argilla circumlito, alque ita in furnum in- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3o3 dronns; on les y entasse avec des roses panouies; on les suspend, en cet tat, la fume du vinaigre qu'on fait bouillir avec du sel , jusqu'.i ce que la vapeur tra- verse le linge et les asphyxie. C'est ainsi qu'on les garde : elles sont caustiques, et couvrent le corps de crotes. Les pityocampes , qui naissent sur le pin , le bupreste , ont la mme proprit et se prparent de mme. Tous ces insectes sont souverains contre la lpre et les dar- ti*es : ils provoquent l'coulement des rgles et de l'urine. Aussi Hippocrate en donnait-il dans l'hydropisie. On a reproch Caton d'U tique d'avoir vendu du poison, parce que , dans l'encan des biens du roi de Chypre , il adjugea des cantharides, moyennant soixante mille sesterces. 'iM>niug fu-xny . i -i^-.suW^ 5. Du suif d'autruche , disons-le en passant , se ven- dit alors trente mille sesterces. Il est suprieur, pour toutes sortes d'usages, la graisse d'ours. - Contre certains poisons. XXXI. Nous avons parl. de divers miels venimeux : on neutralise leurs effets avec du miel o sont mortes les abeilles. Ce mme miel, aval dans du vin, remdie aux indispositions causes par l'usage du poisson, .u. , Contre la morsure du chien enrag. XXXII. Mordu d'un chien enrag , le malade se ga- rantit de l'hydrophobie avec de la cendre de tte de chien , dont on frotte la plaie. Cette cendre , disons-le une fois pour toutes, s'obtient en brlant la tte dans un vaisseau de terre cuite , neuf, lut avec argile , et mis 3o4 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XXIX. dito. Idem et in potione proficit. Quidam ob id eden- dum dederunt. Aliqui et vermem e cadavere canino adalligavere : menstruave canis in panno subdidere ca- lici , aut inlus ipsius caudae pilos combustos insuere vulneri. Cor caninum habentem fugiunt canes. Non latrant vero , lingua canina in caleamento subdita pollici : aut caudam mustelae, quae abscissa dimissa sit, habentes. Est limus saliv sub lingua rabiosi canis, qui datus" in potu , fieri bydrophobos non patitur. Multo tamen ulilissime jecur ejs, qui in rabie momorderit, datur, si possit fieri, crudum mandendum ; si minus, quoquo modo coctum, aut jus coctis carnibus. Est ver- miculus in lingua canum , qui vocatur a Graecis lytta ; quo exempto infantibus.catulis, nec rabidi fiunt, nec fastidium sentiunt. Idem ter igni circumlatus , datur morsis a rabioso , ne rabidi fiant. Et cerebello gallina- ceo occurritur. Sed id devoratum anno tanturn eo pro- dest. Aiunt et cristara galli contritam efficaciter iniponi, et anseris adipem cum melle. Saliuntur et carnes eorum, qui rabidi fuerunt, ad eadem remdia in cibo dandae. Quin et necantur catuli statim in aqua , ad sexum ejus qui momorderit, ut jecur crudum devoretur ex iis. Pro- deSt et fimum gallinaceum, dumtaxat rufum , ex aceto impositum : et mris aranei caudae cinis , ita ut ips, cui abscissa sit , vivus dimittatur : glebula ex hirundi- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. Sof. en cet tat dans le fourneau. Bue, elle n'a pas moins* d'avantage. Aussi quelques mdecins l'ont-ils fait man- ger. D'autres attachent, au cou du malade, un ver pro- venant du cadavre d'un chien , ou mettent, sous la coupe du malade, du sang menstruel de chienhe, ou introduisent dans la plaie des poils de la queue du chien enrag, rduits en cendres. Les chiens fuient l'homme qui porte sur lui un cur de chien. Jamais ils n'aboient aprs ceux qui ont une langue de chien dans leur chaussure , prcisment sous l'orteil, ou la queue d'une belette lche aprs l'am- putation. Sous la langue des chiens enrags , se trouve comme un limon form par la salive : le prendre en boisson prvient l'hydrophobie. Cepefndant, le plus sr, beaucoup prs, est de manger cru, s'il est possible, ou cuit, le foie de l'individu mme dont on a t mordu, ou d'en avaler le bouillon. La langue des chiens recle un petit ver nomm lytta par les Grecs : en l'enlevant aux jeunes chiens , on les garantit jamais et de la rage et du manque d'apptit. Ce mme ver, trois fois port au- tour du feu , se donne ceux qui ont t mordus d'un chien enrag , et les prserve des suites de la morsure. La cervelle de coq produit le mme effet. On la mange , mais elle ne sert que pour un an. L'application de crtes de coq broyes , ou de graisse d'oie avec miel , est bonne aussi. On sale la viande des chiens enrags , pour la faire manger en guise de remde. De mme, on noie djeunes chiens du mme sexe que l'auteur de la blessure, et l'on avale sur-le-champ leur foie cru. Il est utile d'appli- quer, avec vinaigre, la fiente d'un coq roux; la cendre d'une queue de muaraigne , pourvu qu'aprs la muti- lation on lche l'animal en vie ; un petit morceau de nid d'hirondelle, dont on frotte la plaie avec du vinai- XVII. ao 3o6 C/ PLINU HIST. NAT. LIB. XXIX. imin nido illita ex aceto : vel pulli lurundinis combusti : membrana sive senectus anguium , vernatione exuta , cum cancro masculo ex vino trita. Nam etiam per se reposita in arcis -armariisque , tiiieas necat. Tanta vis mali est, ut uriaa quoque calcata rabiosi canis noceat, maxime ulcus habentibus. Remedio est fimum caballi- num adspersum aceto , et calfactum in fico impositum. Minus boc miretur, qui cogitet, lapidem a cane mor- sum , usque in proverbium discordiae venisse. Qui in urinam canis suam egesserit, torporem lumborum sen- tire dicunt. Lacerta, quam bi sepa, alii 'balcidicen vo- cant , in vino pota morsus sucs sanat. Contra reliqua venena. XXXIII. Veneficiis ex mustela silvestri factis , con- trarium est jus gallinacei veteris large haustum : pecu- bariter contra aconitum , addi parum sabs oportet. Gallinarum fimum dumtaxat candidum , in byssopo decoctum, aut mulso , contra venena fungorum boleto- rumque : item inflationes, ac strangulationes : quod miremur, quum , si abud animal gustaverit id fimum, torminibus et inflationibus adficiatur. Sanguis anserinus contra iepores marinos valet , cum olei aequa portione. Item contra mala medicamenta omnia adservatur cum lempia rubrica et spinae albae succo, pastillorum dra- fflSTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3o7 gre ; ou bien , de la cendre de petits d'hirondelles ; ou enfin , de la dpouille de serpent pile dans du vin avec une crevisse mle. Seule , cette peau , place dans les coffres et les armoires, tue les teignes dont elles sont peuples. Telle est la puissance du virus rabique, que, mme en marchant sur l'urine d'un chien enrag, on en prouve quelque atteinte, surtout si l'on a des ul- cres. Le remde est du crottin de cheval arros do vinaigre , et appliqu chaud dans une figue. Cet effet semblera plus croyable , si l'on songe qu'une pierre mordue par un chien enrag est devenue, dans le lan- gage proverbial , un emblme de discorde. Quiconque lche de l'eau sur l'urine d'un chien sent ses reins en- gourdis. On gurit la piqre du seps, autrement chal- cidique , espce de lzard , en avalant l'animal mme dans du vin. Contre les autres virus. XXXIII. Aux poisons o entre la belette sauvage, on oppose le bouillon de vieux coq, pris en abondance: avec un peu de sel , c'est un spcifique contre l'aconit. La fiente de poule blanche, bouillie avec hyssope ou vin miell , neutralise le poison des champignons et des bolets , et gurit les flatuosits et suffocations : effet merveilleux, lorsqu'on pense que tout autre ani- mal qui gote de cette fiente , est en proie aux tran- ches et aux vents. Le sang d'oie , avec gale quantit d'huile, est trs-bon contre la morsure du livre marin. On l'avale, en pastilles de cinq drachmes, dans trois cyathes d'eau , avec terre rouge de Lemnos et suc d'aubpine, contre toutes les compositions vnneuses. 20. 38 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. chmis quinque, qui in cyathis ternis aquae bibantur : item mustelae catulus , ut supra diximus , prparatus. Coagulum quoque agninum adversus omnia mala me- dicamenta pollet : item sanguis anatum ponticarum. Itaque et spissatus servatur, vinoque diluitur. Quidam feminae anatis efficaciorem putant. Simili modo contra venena omnia , ciconiarum ventriculus valet , coagu- lum pecoris. Jus ex carne arietum privatim adversus cantharidas : item lac ovium calidum , praeterqiie iis qui buprestin aut aconitum blberint. Columbarum sil- vestrium fimum privatim contra argenti vivi potum. Contra toxica, mustela vulgaris inveterata, binis dra- chmis pota. Ad .ilopecias, XXXIV. 6. Alopecias replet fimi pecudum cinis cum oleo cyprino et melle : item ungularum muli vel mulae ex oleo myrteo. Praeterea (ut Varro noster tradit) mu- rlnum fimum, quod item muscerdas appellat. Et musca- rum capita recentia, prius folio ficulneo asperatas. Alii sanguine muscarum utuntur. Alii decem diebus cinerem earum illinunt cum cinere chartae, vel nucum, ita ut sit tertia pars e muscis. Alii lact mulierum cum bras- sica cinerem muscarum subigunt. Quidam melle tan- tum, Nullum animal minus docile existimatur, mino- risve intellectus : eo mirabilius est, Olympiae sacro HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. iog On vante aussi dans ce cas les petits de belettes prpars comme ci-dessus. La prsure d'agneau a la mme vertu contre tout poison. Le sang des canards du Pont , non moins efficace, se conserve fig, et, au besoin, se dlaie dans du vin ; d'autres donnent la prfrence celui de cane. On donne encore , comme antidote universel , l'estomac de cigogne et la prsure de mouton. Le bouil- lon de blier est un spcifique contre^les cantharids. Le lait chaud de brebis gurit, de plus, ceux qui ont aval ou une bupreste, ou de l'aconit. La fiente des ramiers est souveraine pour ceux qui ont aval du vif- argent. Contre les prparations vnneuses, on boit, la dose d deux drachmes, de la belette domestique long-temps garde. Pour les alopcies. XXXIV. 6. On rpare la chute des poils l'aide de cendres de crottes de brebis, avec huile de Cypre et miel, ou l'aide de cendres de corne de pieds de mule ou de mulet, avec huile de myrte. Varron recommande ensuite la crotte de rat, qu'il appelle muscerda. Des ttes de mouches fraches gurissent de mme l'alop- cie , pourvu qu'on frotte de feuilles de figuiers l'endroit glabre. D'autres usent de sang de mouche, d'autres de cendres de cet insecte, mles des cendres de papier ou de noix, la dose de deux parties sur une de cendres de mouche : on rpte les frictions pendant dix jours. Ailleurs, on ptrit ces cendres avec du lait de femme et du chou ; ailleurs, on y joint seulement du miel. Nul tre 3io C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXIX. certamine , nubes earum immolato tauro, deo quem Myiodem vocant , extra territorium id abire. Alopecias cinis e murium capitibus, caudisque, et totius mris, emendat : prcipue si venefcio accident haec injuria. Item herinacei cinis cum melle, aut corium combustum cum pice liquida. Caput quidem ejus ustum per se , etiam cicatricibus pilos reddit. Alopecias autem in ea curatione praeparari oportet novacula , et sinapi. Qui- dam ex aceto uti maluerunt. Quae de herinaceo dicun- tur, omnia tanto magis valebunt in hystrice. Lacertae quoque, ut docuimus, combusiae cum radice recentis arundinis, qu ut una cremari possit, minutim findenda est : ita myrteo oleo permixto cineres capillorum defluvia continent. Efficacius virides lacertae omnia eadem prse- stant. tiamnum utilius admixto sale, et adipe ursino, et cepa tusa. Quidam denas virides in decem sextariis olei veteris discoquunt, contenti semel in mense ungere. Pellium viperinarum cinis, alopecias celerrime explet : item gallinarum fimum recens illitum. Corvi ovum in aereo vase permixtum illitumque deraso capite nigri- tiam capilli adfert : sed donec inarescat, oleum in ore habendum est, ne et dents simul nigrescant. Idque in umbra faciendum, neque ante quatriduum abluendum. Alii sanguine et cerebro ejus utuntur cum vino nigro. Alii excoquunt ipsum , et nocte in coucubia in plum- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3ii vivant , dit-on , n'a moins de docilit et d'intelligence que la mouche. Aussi doit-on s'tonner qu'aux jeux sacrs d'Olympie, des nuages de mouches sortent du territoire, lors du sacrifice d'un taureau offert "au dieu nomm Myiode par les Grecs. La cendre de tte et de queue de rat, ou mme de rat tout entier, gurit l'alopcie, sur- tout 5i quelque drogue est cause de l'accident : mme effet par la cendre de hrisson avec miel , ou par la peau de l'animal , brle , avec de la poix fondue. Seule , la tte de hrisson brle revt de poil les cica- trices ; mais alors il faut, pralablement, raser et frot- ter de moutarde l'endroit malade. Quekjues-uns ont prfr le vinaigre. Toutes les proprits du hrisson se retrouvent plus marques encore chez le porc-pic. La cendre du lzard brl (voyez ci-dessus), avec racine de roseau frachement arrache (cette racine doit tre coupe menue pour tre brle avec l'animal), arrte aussi l'alopcie, pourvu qu'on la trempe dans l'huile de myrte : il y a plus d'efficacit encore dans les lzards verts, surtout avec addition de sel , graisse d'ours, ognons pils. Quelques prparateurs font cuire dix lzards de cette couleur dans dix setiers d'huile vieille , et se con- tentent d'oindre l'alopcie une fois par mois. La cendre de peau de vipre remdie promptement la chute des poils. La fiente de poule frache donne un liniment de mme vertu. Un uf de corbeau , battu dans un vase de cuivre et appliqu en liniment sur la tte , pra- lablement rase, noircit les cheveux; mais, jusqu' ce que le mlange soit sec, on doit avoir de l'huile dans la bouche, pour empcher que les dents noircissent de mme : il faut, de plus, oprer l'ombre, et ne se laver qu'au bout de quatre jours. D'autres usent de 3 12 C. PUNU HIST. NAT. LIB. XXIX. beum vas condunt. Aliqui alopecias cantharide trita illi- nunt cum pice liquida , nitro prseparata cute. Caustica vis earum, cavendumque ne exulcerent alte. Postea ad ulcra ita facta, capita murium, et fel murium, et fimuui cum elleboro et pipere illini jubent. Ad leudes et porrigines. XXXV. Lendes tolluntur adipe canino, vel anguibus in cibo sumptis anguillarum modo : aut vernatione eorum, quam exuunt, pota. Porrigines felle ovillo cum creta cimolia, linito capite, donec inarescat. Ad dolores et vulnera capitis. XXXVI. Capitis doloribus remedio sunt eochlearum, quae nudae inveniuntur nondum peractae, ablata capita, ex his lapidea duritia exempta : est autem calculi lati- tudine : qu adalligantur, et minute fronti illinuntur tritae. Item sypum : ossa e capite vulturis adaliigata , aut cerebrum cum oleo et cedria peruncto capite, et intus naribus illitis. Cornicis cerebrum coctum, in cibo sumptum, vel noctuae, idem praestat : gallinaceusque si inclusus abstiueatur die ac uoctc, pari inedia ejus qui doleat,evulsis collo plumis circumligatisque, vel crislis: HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3i3 sang et de cervelle de corbeau avec vin noir. D'autres font cuire l'oiseau et l'enferment, au plus fort de la nuit, dans un vaisseau de plomb. D'autres frottent , de can- tharides piles et de poix fondue, la peau nue, que pra- lablement ils imprgnent de nitre. Ce mlange est caus- tique , et l'on doit veiller ce qu'il n'y ait pas d'excoria- tions profondes. Dans le cas o il y en aurait, frottez avec tte, ou fiel , ou crotte de rat, ellbore et poivre. Pour les lendes et le porrigo. XXXV. La graisse de chien dtruit les lendes : dans le mme but, on mange des couleuvres en guise d'an- guilles , ou bien l'on avale en boisson la peau qu'elles quittent au printemps. La teigne cde au liniment de fiel de brebis et de craie cimolienne, qu'on laisse sur la tte, jusqu' ce qu'elle sche. Pour les maux et les blessures de tte. XXXVI. Aux maux de tte, on oppose des ttes de limaons non encore recouverts de leur coquille , dont on te une espce de concrtion pierreuse du volume d'un caillou. Ces. ttes forment un amulette, ou bien on les broie pour les appliquer sur le front. L'sype est encore employ dans ce cas , ainsi que les os de tte de vautour en amulette, ou sa cervelle, avec de l'huile et de la rsine de cdre (dont on se frotte la tte et l'in- trieur des narines). L'on a prconis encore le cer- veau de corneille ou de chouette cuit , et pris comme aliment; la crte ou les plumes arraches au cou d'un coq qui a t enferm jeun vingt-quatre heures. us, C. PLCra HIST. y AT. UB. XXIX. nmsteiae cinis illitus : surculas ex nido milvi pulvino subjectns : mnrma peliis cremata ex aceto iilito cinefe. limacis ater daas orbitas ioTentae ossiculum per au- rem com ebore tiajectum, vel in pellicula canina adalli- gatom : qood ramedium pluribos sempo'qae prodest. Fracto capiti aranei tela ex oleo et aceto mposita , non nisi vidn^re sanato, abscedit. Haec et vulneribus toDstri- nanim sangumem sistit. A c^^ro vero profluentem , anseris sangais aat anatis infiisus : adepsque earumdem altuin cum rosaceo. Cochleae matQtDO pascentis arua- dine caput praBcisum, maxime luna pleoa, lineo paono adalligant capitis doloribus Kcio : aat cera adba fronti lUnimt, et pilos caninos panno adalligant. Ad palpebras. XXXYIL Cerebrum oomicis in dbo sumptum, pal- peras gignere dicitnr : sjpum cam myrrha caiidam ^>ecillo illitum. Idem praestare muscarum , fimique mu- rini cinerem aequis portionibos , ut efBciatur dimidium pondus denarii, promittitur, additis duabus sextis de- Bar e stiln , ut omnia sypo illiuantur : item murini mSTOmE NATURELLE, LIV. XXIX. 3i5 et gardes en amulette, la condition d'une dite gale pour le malade; les cendres de belette, en linimeDt; des brins d'herbes ou de bois tirs du nid d'un milan et mis sous le chevet du malade ; les cendres de peau de rat en liniment a^ec vinaigre ; l'osselet d'une limace trouve entre deux ornires , pass dans l'oreille l'aide d'une aiguille d'ivoire, ou pendu au cou dans un sac de peau de chien, est un remde infaillible et trs-employ. Les fractures de la tte veulent une ap- plication d'huile, vinaigre, et toile d'araigne : l'em- pltre ne tombe qu'aprs la gurison. La mme toile arrte le sang des coupures que fait le rasoir. On arrte le sang qui coule du cerveau avec sang d'oie ou de ca- nard, ou graisse d'un de ces oiseaux et huile rosat. Aux maux de tte obviennent encore des ttes de limaons coupes, l'instant oi ils paissent le matin, avec un ro- seau tranchant ; c'est surtout par la pleine lune qu'on doit faire cette chasse : tantt la tte s'attache au cou du malade dans un linge et l'aide d'un petit ruban ; tantt on en fait un crat dont on graisse le front : on pend aussi au cou des poils de chien dans une toffe. Pour les paupires. XXXVn. Le cCTveau de corneille, pris comme ali- ment , fait pousser des cils aux paupires , ainsi que l'sype chaud, plac avec myrrhe sur la paupire, l'aide d'un pinceau. Mme effet s'obtient avec mlange , par proportions gales , de cendres de mouches et de cendres de crottes de souris ( le tout doit avoir demi- denier de poids): on y joint un tiers de denier de stibi : et le tout s'administre en liniment. On pile aussi de 3i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. catuli triti ia vino vetere ad crassitudinein acopi. Pilos in his incommodos, evulsos renasci non patitur fel he- rinacei : ovorum stellionis liquor : salamandrae cinis : lacertae viridis fel in vino albo , sole coactum ad crassi- tudinem mellis in aereo vase : hirundinis puUorum cinis cum lact tithymali , spumaque cochleariun. Ad oculorom vida. XXXVEtl. Glaucomata dicunt magi cerebro catuli septem dierum emendari, specillo demisso in dextram partem, si dexter oculus curetur : in sinistram, si si- nister : aut felle recenti asionis. Noctuarum est id ge- uus , quibus pluma aurtitm modo micat. Suffusionem oculorum canino felle malebat, quam hyaenae curare Apollonius Pitanaeus cum melle : item albugines. Mu- rium capitum caudarumque cinere ex melle inunctis, claritatem visus restitui dicunt, multoque magis gliris aut mris silvestris cinere, aut aquil cerebro vel felle. Cum attico melle cinis et adeps soricis combusti tritus, lacrymosis oculis plurimum confert : stibis quid est , di- cemus in metallis. Mustelae cinis in suffusionibus : item lacertae hirundinisve cerebrum : quae etiam tritae coctaeve fronti illitae , epiphoras sedant , sive per se , sive cum poUine, sive cum tbure. Sic et solatis, id est, sole cor- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 317 jeunes rats dans le vin vieux, jusqu' ce que le m- lange ait la consistance des acopes. Les poils incom- modes des paupires une fois arrachs ne repoussent plus , si on frotte l'organe de fiel de hrisson , de la partie liquide des ufs du stellion , de cendres de sa- lamandre, de fiel de lzard vert dlay dans du vin blanc, et condens au soleil dans un vase de cuivre, jusqu' consistance de miel : ou enfin, de cendres de petits d'hirondelles, avec suc laiteux de tithymale et bave de limaon. Pour les maux d'yeux- XXXVIII. Les magiciens veulent que le glaucome se gurisse avec cervelle de chien de sept jours : la sonde doit avoir port du ct droit , s'il s'agit de gurir l'il droit , du ct gauche , s'il s'agit de l'il gauche ; ils vantent aussi le fiel frais de l'asion, espce d'oiseau (le nuit, dont les plumes s'lvent comme des oreilles. Apollonius de Pitane prfrait, pour traiter les pan- chemens d'humeurs sur les yeux et les taies, le fiel de chien, celui d'hyne joint au miel. La cendre de tte et de queue de souris en pte, avec miel, claircit, dit - on , la vue. Mieux vaut encore la cendre , soit de l'oie, soit du rat sauvage, ou bien le cerveau ou le fiel d'aigle. La cendre et la graisse de souris, piles avec miel attique, font le plus grand bien aux yeux lar- moyans. Nous expliquerons la nature du stibi l'ar- ticle des mtaux. La cendre des belettes gurit les fluxions : la cervelle de lzard et d'hirondelle en fait autant , pile ou cuite : puis , applique en liniment sur le front, elle dissipe les inflammations ophthalmiques, soit seule, soit avec encens on fleur de farine: elle est 3i8 C. PIJNU HIST. NAT. LIB. XXIX. replis prosuut. Vivas quoque cremare, et ciuere earum cum meile cretico inungi caligines, utilissimum est. Juraentorum oculis membrana aspidis, quam exuerit, cum adipe ejusdem, claritatem inunctis facit. Viperam vivam in fictili novo comburere , addito feniculi succo ad cyathum unum, et thuris manna una, atque ita sufFu- sioaes oculorum et caligines inungere , utilissimum est. Medicamentum id echion vocatur. Fit et collyrium e vipera , in olla putrefacta , vermiculisque enatis cum croco tritis. Exuritur in olla cum sale : quem lingendo claritatem oculorum consequuntur, et stomachi totiusque corporis tempestivitates. Hic sal et pecori datur salu- britatis causa, et in antidotum contra serpentes additur. Quidam et viperis utuntur in cibis. Primum omnium occissB statim salem in os addi jubent, donec lique- scat : quatuor digitorum mensura utrimque praecisa , exemptisque interaneis discoquunt in aqua, aut oleo, sale, anetho, et omnibus aut statim vescuntur, aut pane colligunt, ut saepius utantur. Jus praetei- supra dicta pediculos e toto corpoi-e expellit, pruritusque etiam suromae cutis. Effectum ostendit et per se capitis vipe- rini cinis. Utilissime oculos inungit. Itemque adeps vi- perinus. De felle non audacter suaserim quae praeci- piunt, quoniam (ut suo loco docuimus) non aliud est serpentium venenum. Anguium adeps rugini mixtus, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 3u) bonne aussi pour les coups de soleil. On brle des be- lettes en vie, et leur cexdre, avec le miel de Crte, est excellente pour frotter la cataracte. La dpouille et la graisse de l'aspic claircissent la vue des btes de charge qu'on en frotte. Brlez , dans un vase de terre neuf, une vipre vivante , avec un cyathe de suc de fenouil et un grain d'encens, vous aurez un excellent liniment pour les fluxions ophthalmiques et les accidens de la vue. Cette composition s'appelle chion. On fait aussi un col- lyre avec une vipre putrfie dans un pot, et les ver- misseaux rsultant de sa dcomposition, et broys dans du safran. On brle ensuite la composition avec du sel dans une marmite : ceux qui lchent ce sel sentent leur vue s'- claircir, et assurent la sant de leur estomac et de tout le corps. Ce mme sel se donne aux moutons que l'on veut conserver en bon tat, et fournit un antidote contre les serpens. Quelques-uns mangent de la vipre. Dans ce cas, immdiatement aprs la mort du. reptile, on jette du sel dans sa bouche, et on l'y laisse fondre. On re- tranche, de chaque ct environ, quatre doigts : on vide, puis on fait cuire dans de l'eau ou de l'huile, avec sel ou aqeth, aprs quoi, ou l'on mange le tout sur-le-champ, ou on le met en rserve dans du pain , pour en user au besoin. Le bouillon de vipre, outre les proprits que nous lui avons reconnues, a celle d'tre anti-pdiculaire et anti-psorique au moins pour la peau. La cendre de tte de vipre a la mme proprit. De plus, comme la graisse du mme reptile, elle forme un excellent collyre pour les yeux. Je ne rpterai pas avec une pleine con- fiance ce qu'on dit du foie de vipre donn comme re- mde , parce que , comme nous l'avons vu plus haut , il constitue justement le principe vnneux de l'animal. 340 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. ruptas oculorum partes sanat : et membrana sive se- nectus vernatione eorum exta si adfricetur, claritatem facit. Boae quoque fel praedicatur ad albugines, suffu- siones, caiigines : adeps similiter ad claritatem. Aquilae , quam diximus pullos ad contuendum solem experiri, mixto felle cum melle attico iaunguntur nu- beculae , et caligationes , suffusionesque oculorum. Ea- dem vis et in vulturino felle est cum porri succo, et melie exiguo. Item in gallinacei felle ad argema , et ad albugines ex aqua diluto : item ad suffusloues oculorum , maxime candidi gallinacei. Fimum quoque gallinaceo- rum,.dumtaxat rubrum, lusciosis illini monstrant. Lau- dant et gallinae fel , sed prsecipue adipem , contra pusu- las in pupillis. Has scilicet ejus rei gratia saginant. Adjuvat mirifice et ruptas oculorum luniculas, admixtis scbisto et haematite lapidibus. Fimum quoque earum dumtaxat candidum , in oleo vetere corueisque pyxidi- bus adservant, ad pupillarum albugines. Qua in men- tione significandum est, pavones fimum suum resorbere tradi , invidentes hominum utilitatibus. Accipiter de- coctus in rosaceo efficacissimus ad inunctiones omnium vitiorum putatur : item fimi ejus cinis cum attico melle. Laudatur et milvi jecur. Fimum quoque columbarum ex aceto ad aegilopas. Similiter ad albugines et cica- HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIX. 3a i La graisse de couleuvre , mle au vert de cuivre , gurit les raillemens des paupires ; la vieille peau dont elle se dpouille au printemps claircit les yeux qu'on en frotte. De mme, le fiel de boa est vant contre les taies, les panchemens ophthalmiques et les obscurcissemens de la vue : sa graisse rend la vue plus perante. Un mlange de miel attique et de fiel d'aigle, de cet oiseau qui, comme nous l'avons dit, apprend ses petits regarder le soleil, fournit un collyre qui dissipe les tu- bercules, les blouissemens et les fluxions ophthalmiques. Le mme effet s'obtient par le fiel de vautour, avec du suc de porreau et un peu de miel. Dlay dans l'eau , le fiel de coq, surtout de coq blanc, enlve les argmes, les taies, et fait cesser les panchemens de l'il. La fiente de coq rouge est bonne en liniment pour les vues basses. On vante aussi , contre les pustules des pau- pires, le fiel, et plus encore la graisse de poules ; on en engraisse tout exprs. La mme substance , avec l'h- matite et le schiste, est souveraine pour les raillemens des yeux. La fiente de poule blanche se garde avec huile vieille dans des botes de corne, pour les taches blan- ches des prunelles. Notons, en passant, que les paons avalent leur propre fiente, jaloux qu'ils sont de l'usage qu'en font les hommes. Un pervier cuit dans l'huile rosat passe pour un liniment des plus efficaces contre toutes les affections de l'il : on vante aussi sa fiente en cendre avec du miel attique. Il en est de mme du foie de milan. Pour les gilopes , les taies, et les cica- trices de paupires, on donne la fiente de pigeon avec du vinaigre. Le fiel d'oie et le sang de canard .s'appliquent avec succs sur les contusions des yeux, pourvu qu'en- XVJI. ui 322 C. PLmn HIST. NAT. LIB. XXIX. trices. Fel anserinum, sanguis anatum contusis oculis, ita ut postea sypo et melle inungantur. Fel perdicum cum mellis aequo pondre : per se vero , ad clarittem. Hippocratis putant auctorilate adjici, quod in argentea pyxide id servari jubent. Ova perdicum in vase aereo decocta cum melle, ulceribus oculorum et glaucomatis medentur. Columbarum , turturum , palumbium , per- dicum sanguis , oculis cruore suffusis eximie prodest. In columbis masculae efficaciorem putant. Vena autem sub ala ad hune usum inciditur, quoaiam suo calore utilior est. Superponi oportet splenium e melle de- coctum lanamque succidam ex oleo ac vino. Earumdem avium sanguis nyctalopas sanat : et jecur ovium : atque (ut in capris diximus) efficacius fulvae. Decocto quoque ejus oculos abluere suadent : et medulla dolores tumo- resque illinere. Bubonis oculorum cinis collyrio mixtus clarittem oculis facere promittitur. Turturis fimum albugines extnut : item cochlearum cinis : fimum cenchridis : accipitrum generis banc Graeci faciunt. Ar- gema ex melle omnibus , quae supra scripta sunt , sana- tur. Mel ulilissimum oculis , in quo sunt apes immor- tu. Ciconiae pullum qui ederit, negatur annis continuis lippiturus : item qui draconis caput habeat. Hujus adipe et melle cum oleo vetere, incipientes caligines discuti tradunt. Hirundinum pullos plena luna excaeeant, resti- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 323 suite on tuve avec sype et miel. Le fiel de perdrix , avec poids gal de miel , n'est pas moins bon : employ seul , il claircit la vue. On veut qu'Hippocrate y ait mis pour condition , que ce fiel serait gard dans une bote d'argent. Les ufs de perdrix, cuits avec du miel dans un vaisseau de cuivre, gurissent les ulcres ophthalmi- ques et les glaucomes. Le sang de pigeon , ramier, tour- terelle, perdrix, a un succs marqu dans les sufFu- sions sanguines de l'il. Celui de l'individu mle parmi les pigeons est rput plus efficace. Dans ce cas, on saigne l'oiseau sous l'aile, vu que la chaleur du salig a ici de l'importance. On applique sur l'organe un linge enduit de miel cuit, ou de la laine grasse frachement tondue , et imbibe d'huile et de vin. Le sang des quatre oiseaux prcits, le foie de brebis, et notamment de brebis fauve , comme nous l'avons dit l'article chvre, gurit les nyctalopes. On ordonne aussi le jus de mouton pour tuver les yeux, et la moelle du mme animal pour frotter les tumeurs et endroits doulou- reux. La cendre des yeux de hibou , dlaye dans un collyre, claircit, dit-on, la vue. La fiente de tourte- relle en dissipe les taches blanches : aussi bien que la cendre de limaon et la fiente de la cenchride , dont les Grecs font une espce d'pervier. On gurit l'argme avec chacun des remdes ci-dessus indiqus, et du miel ; le meilleur pour tous les cas d'ophthalmie est celui o sont mortes les abeilles. Manger un petit de cigogne, exempte, dit-on, pour des annes, de toute espce de chassie : mme effet pour qui possde une tte de dra- gon. Les cataractes naissantes partent, par l'emploi de graisse de dragon avec miel et huile vieille. On crve les yeux par la pleine lune des petits d'hirondelles , et , 1 \. 3a4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. tutaque eorum acie capita comburuntur : hoc cinere cum melle utuntur ad claritatem, et dolores, ac lippi- tudines, et ictus. I.acertas quoqiie pluribus modis ad oculorum rem- dia adsumunt. Alii viridem includunt novo fictili : ac lapillos qui vocantur cinaedia quae et inguinum turao- ribus adligari soient , novem signis signantes , et singu- los detrahunt par dies. Nono eraittunt lacertam : lapillos servant ad oculorum dolores. Alii terram substernunt lacertae viridi excaecatae , et una in vitreo vase annulos includunt e ferro solido vel auro : quum rcpiss visum lacertam apparuit per vitrum, emissa ea, annulis contra lippitudinem utuntur. Alii capitis cinere pro stibi ad scabritias. Quidam viridem longo collo in sabulosis nascentem comburunt, et incipientem epiphoram inun- gunt : item glaucomata. Mustelae etiam oculis punctu erutis, aiunt visum reverti, eademque quae in lacertis et annulis faciunt. Serpentis oculum dextrum adalliga- tura contra epiphoras prodesse, si serpens viva dimitta- tur. Lacrymantibus sine fine oculis , cinis stellionis ca- pitis cum stibi exiinie medetur. Aranei muscarii tela, et praecipue spelunca ipsa imposita per frontem ad duo tempora, in splenio aliquo, ita ut a puero impube et capiatur et imponatur, nec is triduo se ostendat ei oui njedeatur, neve alteruter nudis pedibus terram attiogat %i' HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. SaS quand leur vue est rtablie , on brle leur tte : leur cendre avec du miel claircit la vue, dissipe la chassie, gurit les coups et les douleurs ophthalmiques. Les lzards fournissent divers remdes pour les yeux. Tantt c'est un lzard vert qu'on enferme dans un pot de terre neuf, avec neuf de ces petites pierres que l'on nomme cindies, et qu'on pend en amulettes aux aines gonfles; chacune reoit une marque, et chaque jour on en lve une; au neuvime, on lche le lzard : les pierres se gardent pour les maux d'yeux. Tantt c'est encore un lzard vert auquel on a crev les yeux, et qu'on enferme dans un bocal de verre, avec des an- neaux de fer massif ou d'or. On met de la terre sous l'animal. Quand on voit travers le vase que le lzard a recouvr la vue, on le lche, et l'on garde les an- neaux pour gurir la chassie. Tantt c'est la cendre d tte de lzard qui sert, au lieu de stibi, pour les ul- cres des yeux. Quelquefois , on brle la varit verte long cou qui nat dans les sablonnires , et l'on en fait une pommade pour les inflammations ophthalmiques au premier degr , et pour les glaucomes. La belette dont on a crev les yeux par la poncture recouvre, dit-on, la vue, et fournit les mmes remdes que les lzards j si ou l'enferme avec des anneaux. L'eil droit d'un serpent lch aprs la mutilation, donne un amulette efficace contre les inflammations de l'il. Les larmoie- mens opinitres de cet organe trouvent un remde puis- sant dans la cendre de tte de stellion avec le stibi. La toile de l'araigne qui prend les mouches, et surtout l'en- droit de la toile qui lui sert de retraite , appliqus dans un linge sur le front et jusqu'aux deux tempes, gurissent 3a6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. his diebus, mirabiliter epiphoris mederi dicuntur. Al- bugines quoque dicitur tollere inunctione araneus can- didus , longissimis ac tenuissimis pedibus , contritus in oieo vetere, Sed is etiam, cujus crassissimum textum est, in oontignationibus fere, adaliigatus panno, epi- phoras sanare traditur. Scarabai viridis natura con- tuentiurn visum exacuit. Itaque gemmarum scalplores contuitu eorum adquiescunt. Ad aurium dolores , et vitia. ^ XXXIX. Aures purgat fel pecudis cum melle : ca- nini lactis instillatio sedat dolorem. Gravitatem adeps cum absinthio et oleo vetere : item adeps anserinus. Quidam adjiciunt succum cepaeet allii, pari modo.Utun- tur et per se ovis formicarum. Namque et huic ani- mali est niedicina ; constatque ursos segros hoc cibo sanari. Anserum, omniumque avium adeps praeparatur, exemptisque venis omnibus patina novo fctili operta in sole , subdita aqua ferventi liquatur : saccatusque lineis saccis, et in fictili novo repositus loco frigido : minus putrescil addito melle. Murium cinis cum melle instilla- tus, aut cum rosateo decoctus aurium dolores sedat. Si aliquod animal intraverit , prcipuum remedium est HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 327 merveille les inflammations ; mais il faut que la toile soit prise et place par un impubre qui ne se montre point de trois jours au malade : de plus, ni l'un ni l'autre ne doivent , pendant ce temps , poser terre leurs pieds nus. Les taies disparaissent, frottes d'un liuiment d'araigne blanche, pieds longs et grles, broye dans de l'huile vieille. Les inflammations de l'oeil cdent pareillement, dit-on, un amulette qu'on fait avec l'araigne qui tend sa toile paisse dans les charpentes. Le scarabe vert rend perante la vue de ceux qui le regardent. Aussi les graveurs en pierres fines reposent-ils leurs veux sur ces animaux. Pour les affections et les douleurs d'oreilles. XXXIX. Le fiel de brebis et le miel nettoient les oreilles : on injecte cet organe avec du lait de chienne , pour en apaiser les douleurs. La graisse de mouton ou d'oie, avec absinthe et huile vieille, gurit l'oue dure. Quelques-uns ajoutent la graisse d'oie son poids de suc d'ognon et d'ail. On use aussi d'ufs de fourmis sans autre addition, cet insecte ayant des vertus mdi- cales : on sait que l'ours malade en mange pour se gurir. Voici comment se prpare la graisse d'oie, ainsi que celle de tous les oiseaux. Aprs ablation de toutes les fibres, on fait fondre la graisse dans un pot de terre neuf au soleil , et la chaleur de l'eau bouillante qu'on place sous le vase : on passe ensuite le liquide dans des sacs de toile, et on le transvase dans un autre vaisseau, en un lieu froid : avec addition de miel , la graisse est moins sujette se rancir. La cendre de rat cuite avec de l'huile rosat^ ou injecte dans l'oreille avec du miel, #.<# 328 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. murium fel aceto dilutum. Si aqua intraverit, adepis anserinus cum cep succo. Glii^is detracta pelle, intesti- nisque exemptis, discoquitur melle in vase novo. Me- dici malunt e nardo decoqui usque ad tertias, atque ita adservari : deinde quum opus sit, strigili tepefacta in- fundere. Constat deplorata aurium vitia eo remedio sa- nari : aut si terreni vermes cum adipe anseris decocti infundantur. Item ex arboribus rubri oleo triti exulce- ratis et ruptis auribus praeclare medentur. Lacerti in- veterati in os pendentium addito sale, contusas, et ab ictu lsas aures sanant : effcacissime autem ferrugineas maculas habentes , Ijneis etiam per caudam distincti. Millepeda, ab aliis centipeda, aut multipeda dicta, ani- mal est e vermibus terrse, pilosum , multis pedibus ar- cuatim repens, tactuque contijahens se : oniscon Graeci vocant , alii tylon ; effcacem narrant ad aurium dolo- res , in cortice punici mali decoctum , et porri succo. Addunt et rosaceum , et in alteram aurem infundunt. Illam autem quae non arcuatur, sepa Grci vocant , alii scolopendram , minorem, perniciosamque. Cochleae, quae sunt in usu cibi , cum myrrba , aut thuris polline adpo- sitae : item miiiutae, et latae, fracturis aurium illinuntur cum melle. Senectus serpentium fervente testa usta , instillatur rosaceo admixto, contra omnia quidem vitia efficax, sed contra graveolentiam praecipue : aut si pu- HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXIX. 829 apaise l'otalgie. Si quelque animal s'est gliss dans l'oreille, le meilleur de tous les remdes est du fiel de rat dlay dans le vinaigre. Si c'est de l'eau qui y est en- tre, on emploie la graisse d'oie avec du jus d'ognon, ou bien on corche, on vide et on fait bouillir un loir avec du miel dans un vaisseau de terre neuf. Les mdecins prfrent qu'il cuise dans du nard, jusqu' rduction au tiers : on le garde, et quand arrive l'instant d'en user, on l'introduit tide dans les oreilles , l'aide d'un strigile. Il est certain que ce remde a guri des maux d'oreille rputs incurables. On injecte aussi des vers de terre cuits avec de la graisse d'oie. Les vers rouges pris sur les arbres et piles dans l'huile sont aussi trs-bons pour les abcs et les dchirures de l'oreille. Les lzards gards long-temps suspendus avec du sel dans la bouche, gurissent les contusions et les meurtrissures des oreilles: rien de tel cet, effet que les individus taches ferru- gineuses ou queue raye. Le miliepde, autrement centipde ou mullipde,. espce de ver de terre velu, rampant en arc, arm de nombre de pattes et prompt se replier au moindre contact : le miliepde, que les Grecs nomment les uns onisque, les autres tylos, est un spcifique puissant pour les maux d'oreille, pourvu qu'on le fasse cuire avec l'corce de grenade et le jus de porreau. Ensuite, on mle de Ihuile rosat, et l'on injecte l'oreille qui ne souffre point. Le miliepde qui ne dcrit point d'arc en marchant, a, en Grce, les noms de seps ou de scolopendre. Il est plus petit et venimeux. Les limaons qu'on sert sur nos tables sont bons pour l'oreille , si on les applique avec la myrrhe ou la fleur d'encens : l'espce petite et large forme, avec addition de miel, un Uniment pour les fractures d'oreille. La vieille 33d C. PLINII HIS. NAT. LIB. XXIX. rulentse sunt, ex aceto : melius cum felle caprino vel bubulo, aut testudinis marinaB, Vetustior aiino eadem membrana non prodest, nec imbre perfusa, ut aliqui pulant. Item aranei sanies cum rosaceo , aut per se in lana , vel cum croco , auribus prodest : gryllus cum sua terra effossus et illitus. Magnam auctoritatem huic ani- mali perhibet Nigidius, majorem magi, quoniam rtro ambulet, terramque terebret, stridat noctibus. Venan- tur eum formica circumligata capillo, in cavernam ejus conjecta, efflato prius pulvere ne sese condat : ita for- micae complexu extrahitur. Ventris gallinaceorum mem- brana qu abjici solet , inveterata et in vino trita , au- ribus purulentis calida infunditur; gallinarum quoque adeps. ^^ Est et qusedam pinguitudo blattse, si caput avella- tur : hanc tritam una cum rosaceo auribus mire pro- desse dicunt, sed lanam, qua incluserint, post paulum extrahendam. Celerrime enim id pingue transire in ani- mal , fierique vermiculum. AHi binas ternasve in oFeo decoctas efcacissime auribus mederi scribunt, et Iritas in linteolo imponi contusis. Hoc quoque animai inter HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 33 r peau des serpens, brle dans un vase de terre chaud, s'injecte aussi dans l'oreille avec l'huile rosat : bonne contre toutes les affections de cet organe , elle remdie surtout sa ftidit : jointe au vinaigre, elle le dbar- rasse du pus qu'il rejette, surtout avec addition de fiel de chvre , de buf pu de tortue de mer. Il faut , disent quelques-uns, que celte peau, pour tre efficace, n'ait qu'un an et n'ait point subi la pluie. La sanie que rend l'araigne est galement bonne pour les oreilles, avec addition d'huile rosat , soit seule dans de la laine , soit avec du safran : on cite aussi le grillon tir de son trou avec la terre qui le couvre. Nigidius, et plus en- core les magiciens, font jouer un grand rle cet ani- malcule, tant cause de sa marche rtrograde, que parce qu'il perce la terre et jette la nuit un cri aigu. On le prend en jetant dans son trou une fourmi qu'on tient en laisse avec un cheveu, aprs avoir pralablement souffl la poussire , de peur que l'insecte ne s'y cache : alors la fourmi se jette sur lui , l'enlace , et on les tire tous les deux. La membrane du ventre des volailles, que l'on jette ordinairement , se broie aprs avoir t garde dans du vin, et s'injecte chaude dans les oreilles qui suppurent, de mme que la graisse de poularde. La blatte, prive de la tte, donne galement une graisse qui, broye avec l'huile rosat, est merveilleuse pour les oreilles; mais la laine, l'aide de laquelle on l'introduit, doit tre tire peu de temps aprs, sinon la graisse anime se mtamorphoserait, assure- 1- on, en un jeune ver. Deux ou trois de ces insectes sont, au dire de quelques mdecins, un remde souverain pour les oreilles , si on les fait cuire dans de l'huile , et pour les contusions , si on les applique broyes dans 332 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXIX. pudenda est : sed propter admira tionem natur, prisco- rumque curae, totiim in hoc loco explicandum. Plura earum gnera fecerunt. Molles, quas in oleo decoctas, verrucis effeaciter illini experti sunt. Alterum genus inylcon appellavre , circa molas fere nascens. Has ca- pite detracto adtritas, lepras sanasse, Musa et Piton in exemplis reliquerunt. Tertium genus et odoris taedio invisura , exacuta clune , cum pisselo sanare ulcra alias insanabilia : strumas , panos , diebus viginti uno impositas , percussa , contusa , cacoethe, scabiein , fu- runculosque, detractis pedibus et pennis. Nos haec etiam audita fastidimus. At hercule Diodorus et in morbo r- gie, et orthopnoicis se id ddisse tradit cum rsina et melle. Tantum potestatis habet ea ars pro medicamento dandi quidquid velit. Humanissimi eorum cinerem cre- matarum servandum ad hos usus in cornea pyxide cen- suere, aut tritas clysteribus infundendas orthopnoicis , aut rheumaticis. Infixa utique corpori illitas extrahere constat. Mel utilissimum auribus quoque est , in quo apes emortuae sunt. Ad parotidas. XL. Parotidas coniprimit columbinum stercus vel per se, vel cum farina hordeacea aut avenacca. Nocluae- / fflSTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. ^33 un linge. Le nom de la blatte dgote , il est vrai ; mais comment ne pas enregistrer ici un fait d'histoire naturelle merveilleux, et qui a excit l'attention des anciens? On en distingue plusieurs espces. La blatte molle cuite dans l'huile est un liniment prouv contre les verrues. Le mylque, deuxime espce, ainsi nomme de ce qu'elle se produit surtout autour des moulins, donne, aprs ablation de la tte, et trituration du reste, un remde qui gurit la lpre : Musa et Picton ont relat ce fait dans leurs Exemples. La troisime espce de blatte rend une odeur forte et dsagrable, et a l'abdomen trs- pointu : jointe au pisselum, elle enlve des ulcres qui rsistent tout autre remde : applique vingt-un jours sans pieds ni tte, elle fait partir crouelles et bu- bons, foulures, contusions, ulcres malins, gale, fu- roncles. J'aurais peu de confiance dans ces remdes que l'on m'a vants; mais que rpondre Diodore , qui dit avoir donn les blattes avec la rsine et le miel dans la jaunisse et l'orthopne? tant est grande la puissance d'un art qui rige tout en mdicamens! d'autres, moins hardis, se contentent de faire garder, pour les mmes usages , la cendre de ces insectes dans une bote de corne, et de l'administrer broye en clystre dans l'orthopne et le catarrhe. En liniment , cette composition attire les pointes enfonces dans les chairs. Les oreilles se trouvent aussi trs-bien du miel o sont mortes les abeilles. Pour les parotides. Wj. Soit seule , soit avec de la farine d'orge ou d'avoine, la fiente de pigeon rduit les parotides. Ou 334 C. PLINH HIST. NAT. UB. XXIX. que cerebrum vel jecur cum oleo infusum auriculae, aut parotidi : multipeda cum resinae tertia parte illita : grylli sive illiti, sive adalligati. At reliqua morborum gnera medicinasque ex iisdem animallbus , aut ejusdem ge- neris, sequenti dicemus volumine. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIX. 335 injecte, soit l'oreille, soit les parotides , de cervelle ou de foie de cbat-huant mls l'huile. Le multipde, en Uniment avec tiers de rsine; le grillon, en liniment ou en amulette, sont bons aussi. Le reste et des maladies et des remdes que fournissent, soit les animaux ci-dessus mentionns, soit les autres du mme genre, fera le sujet du livre suivant. t NOTES DU LIVRE VINGT-NEUVIME. * ChaP. I, page 234-, ligne i5. Mirumque ei indignum protinus suhit , nuUam artitim inconslantiorem fiasse , et eliamnum spius nuitari. C'est exactement la vrit. La mdecine change au moins une fois par sicle ; mais il ne faut ni s'en tonner, ni s'en indi- gner. Presque toutes les affections que la mdecine a pour but de gurir sont des altrations chimiques du corps humain. En- suite il faut connatre, pour les atteindre dans leur source , trois faits immenses : le point du corps qu'elles attaquent, leur cause , l'agent le plus propre faire disparatre cette cause. En- fin chaque altration, et le mode de traitement suivre pour chaque altration , varient suivant des milliers de circonstances pisodiques , qui sont entre autres le sexe , l'ge , le tempra- ment , les habitudes, le lieu et l'tat actuel du corps, qui peut en mme temps avoir d'autres maladies que celle qu'on veut traiter. Nous ne parlons pas des difficults qui, dans l'origine, ont d s'opposer aux progrs de la mdecine, l'ignorance de Tanatomie et de la physiologie , l'tat d'enfance de la minra- logie et de la botanique , enfin \e manque de notions exactes sur les rapports du physique et du moral. Ligne i8. Diis pniman ineentores suos assignaoU. Hardouin mentionne, ce propos, Apollon et son fils Esculape ; Dal- champ, d'aprs Plutarque {Questions deiahl)^ rappelle les noms d'Agnor et de Chirou. Bien d'autres tres divins mriteraient de prfrence une mention. En gnral, ce sont les dieux mtallur- gistes et forgerons. On avait suppos des rapports entre les four- naises en incandescence dans l'intrieur de la terre et les eaux ther- males ; et celles-ci conduisaient directement la mdecine. Les Dactyles Idens taient mdecins en mme temps que forgerons , NOTES DU LIVRE XXIX. 337 et c'est ce que prouventieurs noms Acsidas , Ponius, etc. Les Telcbnes, Rhodes , ont aussi cette physionomie. Hercule Thasos avait surtout le don merveilleux de gurir. Achille gurit Tlphe avec la mme lance qui faisait des blessures. En Ph- nicie, le dieu du feu Sidik est pre d'Esmoun , l'quivalent oriental d'Esculape. On pourrait citer auss'i toutes ces desses allgoriques, Hygie, Jaso , Acso. Les noms de Jason et Jasion appartiennent aussi celte catgorie de dieux salutaires. Nous pourrions ajouter les Machaon et Pjodalire , les Mlarape gu- rissant les Prlides, etc. Page 236, ligne i. Auxit deinejamam.... quoniam Tyndareujn revocavissel adyitam. Dans la tradition vulgaire, c'est le chaste Hippolyte qui fut rendu la vie par Esculape. Au fond, rien n'empcherait de concilier ce rcit avec celui des lgendaires qui ressuscitent Tyndare; c'est un de ces cas, o, selon l'expres- sion de madame Du Deffand , il n'y a que le premier pas qui cote. Au reste on variait beaucoup sur le miracle d'Esculape, et les ressuscites taient , selon Slsichore , Capane et Lycurgue ; selon l'auteur des Naupacliques , Eryphile et Hippolyte ; selon Panyasis , Tyndare ; selon Orphe , Hymnc \ selon Mnsagore, Glaucus le Minode. H, page 236, ligne g. Sequentia ejus latuere usque ad pelopovnesiacum hlium. Comme cette guerre clata vers 45o avant Jsus-Christ, et que Troie fut dtruite vers 1200 avant notre re , nous avons dans l'histoire de la mdecine une lacune de sept sicles et demi. On ne s'en tonnera pas , si l'on songe que les mdecins antrieurs la guerre de Troie appartiennent wt: tous la priode hroque , dans laquelle les ralits man- m ^^ quent, et qu'au contraire, en redescendant de cette poque vers ' '" celle de Pricls, nous entrons dans l'histoire vraie ; celle-ci ne donne comme mdecins clbres que ceux qui ont opr beaucoup de cures clatantes, et en consquence n'en nomme aucun; celle-l, au contraire, imaginant lorsqu'elle ne trouv rien , nous raconte force cures merveilleuses , et prodigue les brillantes pithtes d'Alexicacos , d'iatros mille de ses hros. Ajoutons que rarement un homme n'tait que mdecin ; il tait XVII. a a 338 NOTES DU LIVRE XXIX. en mme temps prophte , ou pote , ou philosophe. Pyihagore, Phrcide , Thaes , Epimnide , Solon , Empdocle , pi- charme , ime de Locres , n'taient nullement trangers l'art de gurir. Les empiriques reconnaissaient pour leur matre Acron. Les aphorismes de Cnide, cits par Hippocrate , pas- saient pour tre dus la plume d'Euryphon; Hrodicu avait crit et sur la dite, et sur la mdecine l'usage des athltes. Enfin , une des raisons qui font que peu de mdecins acquirent une haute clbrit , c'est qjie leur sphre d'action tait trs-res treinte ; qu'ils environnaient leurs procds , et surtout leurs d- couvertes, d'un grand mystre ; que l'on n'arrivait les connatre que par des traditions vagues, insuffisantes, et que ceux d'entre eus qui crivaient taient dans L'usage de dposer le docte rou- leau dans le temple d'Esculape. ,Page 236 , ligne 19. airahpiicen. Ce mot grec indique l'art de gurir ou de prvenir les maladies par des frictions. III, page 236, ligne "23. Chrysippus. Leclerc {Hist. delamde- dne , page 291) assure que Pline a ici confondu deux Chrysippe; l'un tait de Cnide et mdecin, l'autre tait philosophe et appar- tenait l'cole stocienne. C'est ce dernier qu'en bonne justice devait s'adresser l'pilhte de bavard, s'il est vrai, comme on le raconte , qu'il crivit trois cent onze volumes sur la logique seule. Quant au mdecin homonyme , il paratrait que rellement il fit d'importantes innovations dans l'art de gurir ; telle est du moins l'opinion de Galien {Voyez ScHULTZ , Hist. de la mdecine, page 35 1). Suivant Querlon, il y aurait mme eu deux mdecins du nom de Chrysippe: le premier tait natif de Rhodes, le se- cond tait le clbre mdecin de Cnide dont parle Galien. Il ilorissait sous Alexandre et sous Ptolme Soter. Ligne aS. Erasistratus , Aristotelis fiilia geniuts. C'est l'- rasistrate si fameux par la gurison d'Antiochus fils de S- leucus Nicator. Pour la fille d'Aristote , son nom tait Pythias; elle pousa successivement Nicanor , Proclus et le mdecin Mtrodore, disciple de Chrysippe et matre d'Erasistrate. Ce dernier, ce qu'il parat, n'tait petit-fils d'Aristote que par adoption. NOTES DU LIVRE XXIX. 339 IV, page 238 , ligne 4" Empiricen. Le nom d'empirique, qui se prend aujourd'hui en trs-mauvaise part , dsignait ordinaire- ment les mdecins xprimentalistes. Il est vrai que de bonne heure cette secte se laissa emporter l'esprit de routine, et en gnral, il n'est. aucune science qui, plus que la mdecine, devienne fausse et dangereuse par l'observation aveugle des faits. V,page 288, ligne 10. Herophius. Ce fut un clbre anatomiste, et, sous ce rapport, il l'emporta sur Erasistrate lui-mme. C'est sans doute ce qui donna lieu de dire qu'un roi d'Egypte , de la dynastie des Lagides , lui permit de dissquer vivans les hommes condamns mort. TertuUien s'lve avec une vertueuse indigna- tion contre le barbare zle pour le progrs des tudes anatomiques. Ce pre et mieux fait de commencer par constater le fait. H- rophile avait beaucoup crit, en particulier sur le pouls; mal- heureusement il ne nous rest rien de ses ouvrages. Les savans regrettent surtout sa rfutation des pronostics d'Hippocrale. In musitos pedes venarum pulsu descripto. Les Chinois appli- quent ainsi depuis long- temps la musique ait mouvement du pouls. Ce n'est point qu'ils aient lu Pline, ou suivi les cours d'Hrophile ; c'est tout simplement que leurs mandarins, dans leur sagesse , avaient dcid que le corps humain tait un in- strument de musique, et la sant l'accord parfait. De modernes Europens n'ont pas voulu le cder ces gnies de Vempre du milieu; on peut citer entre autres Marguet {Nouvelle mthode facile et curieuse pour apprendre , par les notes de la musique , connatre le pouls de l'homme). Comparez la dissertation de Buchoz, inti- tule , /in a musica pulsuum diagnosis. Page 24.0 , ligne 24- Frigidaque etiam hibemis algoribus.... us- que in ostenlationem rigentes. Snque {Eplres 53 et 83) en parle d'un ton assez quivoque. Comparez Horace (Liv. I , plre Va/la) et Plante dans le Rudens. On nommait ces preneurs de bains froids psychroloutes. On ne peut douter que cet usage , s'il tait accompagn d'imprudence , ou suivi sans mthode, ne dt tre fatal aux malades. Cependant, il est de principe que le froid peut dterminer une raction heureuse dans quelques cir- constances. Nous avons vu les bains froids employs avec des 22. 3/,o NOTES DU LIVRE XXIX. succs varis lors de Tiiivasion du cholra en i832. Dans tous les cas , on doit veiller avec le plus grand soin ce que le froid , en faisant cesser l'irritation dans l'intrieur du corps , ne dter- mine pas une congestion au cerveau. Page iJl'i, ligne 8. Hinc illa infelicis monumenti inscripto , TDRBA SE MEDICORUM PERISSE, On attribue ce mot l'empereur Adrien , qui , ce qu'il nous semble , venait bien tard pour le dire le premier. Long-temps avant qu'il y et Rome des empereurs , Mnandre avait dit : TIoXXwT ietT^Sf tlvti'ot [A knriXto'ti. , tLes comiques modernes ont trouv an plaisir particulier retourner dans tous les sens le vers de Mnandre. Aprs Molire et Regnard est venu Lesage , dont les pigrammes ont fini par faire volume, et aprs Lesage Beaumarchais , et aprs Beau- marchais Casimir Delavigne , qui , dans ses Comdiens , met en scne un neveu racontant la mort de son once , et du reste s'en tonnant peu , vu que son digne parent tait soign par trois mdecins. Que vouliei-vous , dit-il son interlocuteur: Que vouliez-vous qu'il ft contre trois? et tout le parterre rpond avec le vieil Horace , Qu'il mourt. VI, page 242, ligne 22. Tabernam in compito Acilio emptam oh id publie. Il esta remarquer que gurir se dit en grecKojuai (ateomaf) et que trs probablement il y a du rapport entre ce mot et le car- refour des Acilius. La noble maison Aciiia, dans Rome, avait la prtention de descendre des divinits de la mdecine ( Vojez Orsini, Vaillant, Eckhel , etc.). Ce qu'il y a de certain, c'est que cette famille, en reproduisant sur ses mdailles les symboles de ces divinits , parat avoir voulu se rattacher elles d'une manire immdiate, et se placer formellement sous la protection d'Esculape et d'Hygie. Vin, page 24.6 , ligne 2. Subjicit enim qua medidna et se et conjugein.,.. quem nos per gnera usas sui digertmus. Ces remdes se NOTES DU LIVRE XXIX. 34 1 ilistinguent dans la foule des absurdits que Pline relate par une absurdit plus grande encore. Page 24.6, ligne 19. Cuicumque medicum se professa statim cre- atur. Cela se voit encore aujourd'hui; mais si l'on ne veut se brouiller en mme temps avec la Justice et la Facult, il faut se munir d'un diplme: faute de ce parchemin, Hippocrale lui-mme irait mditer de are et locis entre les quatre murs d'une prison. Ligne 22. Nulla prterea lex, qu puniat instiam. C'est qu'il y aurait vraiment trop de monde punir, puis les lgislateurs pour- raient craindre que la loi ne retombt sur eux-mmes ; une telle loi serait un suicide. Srieusement, quel titre pourrait-on con- damner mort ou mme aux galres un homme pour crime d'ignorance .'* A qui la faute , si le mdecin ignare tue ses ma- lades.'' On n'a jamais t forc, sous peine de la vie, d'avoir re- cours son savoir-faire. Il y a sottise et folie chez ceux qui l'ap- pellent. Le mtier du mdecin , savant ou non, est d'avoir des malades ; le mtier du malade est de choisir qui le gurisse. R- primer par des peines, ne ft-ce mme que par des amendes, le mdeciu qui ne gurit pas son malade , est aussi raisonnable que de condamner perdre la tte le gnral qui perd une bataille , lorsqu'il n'est pas vendu l'ennemi. Il faut que l'homme , avec ou sans mdecin, finisse par mourir; et, quand on se bat, il faut bien que quelqu'un perde la bataille. Page 24.8, ligne 6. Daiur tabella. C'taient les trois tablettes qui portaient l'une A , l'autre N L , la troisime C ou 0. Ces lettres signifiaient Absolvatur, Non Liquel, Condemno ou ^cva/Tos. On voit assez ce qu'indiquaient ces courtes formules. Perse a dit, en parlant de la dernire : Et polis est nigrum viiio praefigere tiicla. Ftygz Franois PoLLET , Ilist.foriRom. , liv. v, chap, 8. Ligne 23. Rapacesque nundinas pendentihus fatis , et dolonan in- dicaluram , ac mortis arrham. Les lois modernes onl , juste titre, pris des prcautions contre cette rapacit, et il est interdit aujourd'hui aux mdecins d'accepter, de celui qu'il a soign dans sa dernire maladie , des dons ou des legs. Page 260, ligne 8. H-S C. L'adverbe ( car ici f est pour 3 ,2 NOTES DU LIVRE XXIX. centies) indique qu'il faut multiplier par cent l'unit familire aux riches Romains, cent mille sesterces. La somme alors se trouve tre de dix millions de ces pices de dix-sept centimes et demi, et donne environ un million'sept cent cinquante-huit mille sept cent quarante-neuf francs de notre monnaie. Page So, ligne 22. Mithridaiicum anlidotum ex rehus LIV compo- nitw. Celse, qui dcrit ce remde, rduit le nombre des ingrdiens trente-trois ; il est vrai que Galien le reporte quarante-quatre ; mais suivant mmorinus Serenus, la composition en serait beau- coup plus simple :.il ne contenait que vingt feuilles de me , un peu de sel, deux noix et deux figues sches. IX, page 254. , ligne i\. Postes a nubentibus attngi juhentes. En effet , la porte de la maison dans laquelle entrait la marie tait couronne de laine et orne de laurier; les colonnes aussi taient couvertes de bandelettes de laine que l'pouse devait toucher en entrant. Aprs quoi l'usage tait qu'elle oignt leur surface de lard et d'huile , le tout afin d'empcher l'effet des poisons et des sortilges. Les mages avaient un autre moyen non moins efficace de prserver les maisons de tous ces maux : ils faisaient , dans les appartemens , des fumigations avec un fiel de chien noir, dont ensuite ils enterraient les parties gnitales sous le seuil de la porte. X , page 260, ligne 17. Cins eorum, genitaHum vitiis. Tantum- tjue poUent , ut medicamentis quoque superponantur. Il y a cent ans , on et remarqu que les cendres , rsidu de la combustion de la laine, contiennent un peu d'alcali , et peuvent, en consquence, ne pas tre entirement inutiles , appliques en onguent , pour la brlure et autres remdes de mme force. Il est inutile de dire que, lorsqu'on veut de l'alcali , il est beaucoup plus simple d'a- cheter de la potasse que de brler de la laine du cou des brebis de l'Atlique , de Milet ou de Tarente. XI , page 264., ligne i. Prodest et tussientibus per se luieum devoratum liqudum. C'est, ou peut s'en faut , le lait de poule si cher la vieille mdecine. Toutefois les modernes y ajoutent le m NOTES DU LIVRE XXIX. H43 sucre, que ne connaissaient pas les anciens , el de l'eau ; une varit du lait de poule est le looch jaune, qui est plus riche en huile. Page 266, ligne 21. Adversus ictus serpentum coda tritaque adjecto nasluriio illinuntur. Si le serpent par lequel on a t mordu n'a point de venin , et n'a fait qu'entamer les chairs , ce remde est fort bon; mais il serait totalement inefficace, si l'animal avait des crochets venin. En gnral , on emploie aujourd'hui , pour neutraliser le poison des serpens, l'ammoniaque. On connat les beaux travaux de Fontana , et rcemment de Duvernois , sur ces formidables reptiles. Page 268, ligne 21. Candidum ex his admxlum calci vv glu iinat vitri fragmenta. C'est vrai, c'est aussi l'aide de ce moyen que l'on raccommode la porcelaine. C'est aussi des mmes ma- tires , au moins en "grande partie , qu'tait compos l'admirable ciment qui a perptu tant de constructions romaines jusqu' nos jours. XII, page 270, ligne 5. Angues innumeri stale convoluti , etc. Tout le monde sait aujourd'hui que les serpens s'assemblent en boule, tte tte, et queue queue, lorsqu'ils s'accouplent. Ce phnomne n'a donc rien de merveilleux , et n'est pas par- tfculier la Gaule. Quant l'uf auquel Pline , sur la foi des druides, donne le nom ^ anguinum , c'est une folie. Il serait mme superflu de cher