y ,1 Tt\/VDLCTiOIVS itvmziti jC l.^. Hra-.X!i 3 CV 'At/rf*!: <. i>i..1i'T e^ H i:i MPtUMEiUE m. C-L !.:.il THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY ll PL 8X3 M. 13 fij^ J ^ ^UlL The person -^-l^^^^fln^'T^^^^ th" Latest Date stampe ^^ ^^^^^ Theft, ""'";"'"'. ""ii^^ry action and may are reasons for d se.pUn y .^^^^.,y. ^.u in dismissa *'<"";' ,,,^ha.CHAMPA.GN L161-O-1096 BIBLIOTHEQUE LATINE -FRAl^CAISE PUBLIEE C. L. F. PANCKOUCKE. w V m ' PARIS, IMPRIMERIE PE C. I-. F. PANCKOUCKE, RrB DES POITEVIKS, H. l4' HISTOIRE NATURELLE DE PLINE TRADUCTION NOUVELLE PAR M. AJASSON DE GRANDSAGNE PAR MM. BEUDANT, BRONGNIART, G. CUVIER, DADNOU, MERIC PAVID, DESCURET, DDE, E. DOLO , DUSGATE, FE, L. FOUCH, FOURIER, GXJIBOURT , LOI JOHANNEAU, LACROIX, LAFOSSE, LEMEBCIER, LETRONNE, LOUIS LISKENNE, L. MARCUS, MONGS, C. L. F. PANCKOUCKE, VALENTIN PARISOT , QUATREMRE DE QUINC, P. ROBERT, ROBIQUET, H. THIBAUD, THUBOT, VALENCIENNES , HIPP. VERGNE. TOME DIX-NEUVIEME. PARIS c. L. F. PANCKOUCKE M E M H n K DE I,'o R n R E ROYAL DE I,A LE (1 ION 1)' HONNEUR FI>ITEUR, RUE DES POITEVINS, N" lf^. M DCCC XXXIII. 5-7/ I r^^ V i9 HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE TRENTE-TROISIME. C. PLINII SECUNDI HISTORIARUM MUNDI LIBER XXXIII. METAI.LORUM NATUR. De metallis. I. iVIetalla nunc, ipsaeque opes, et reriim pretia di- centur, tellurem intus exquirente cura multiplici modo : quippe alibi divitiis foditur, quaererite vita aurum, ar- gentum, electrum, aes : alibi deliciis gemmas et parietum digitorumque pigmenta : alibi temeritati ferrum , auro etiam gratius inter bella caedesque. Persequimur omnes ejus fibras, vivimusque super excavatam, mirantes debi- scere aliquando , aut intremiscere illam , ceu vero non hoc etiam indignatione sacrae parentis exprimi possit. Imus in viscera ejus, et in sede Manium opes quaerimus, tamquam parum benigna fertilique, quaqua secatur. Et inter haec minimum remediorum gratia scrutamur : quoto enim cuique fodiendi causa medicina est? Quam- quam et haec summa sui parte tribuit, ut minime parca, HISTOIRE NATURELLE DE PLINE. LIVRE XXXIII. HISTOIRE NATURELLE DES METAUX. Des mtaux. I. iVr AiNTENANT il faut parler des mtaux , ces richesses par excellence, ces signes effectifs de toute valeur, que tant d'intrts divers arrachent au sein de la terre; ici c'est l'avarice qui va y chercher, pour les exigences de la vie usuelle , l'or , l'argent , l'lectrum et l'airain ; l , c'est le luxe qui en tire les pierreries , et les orne- mens des lambris et des doigts : plus loin , un courage t- mraire sollicite le fer, qu'on prfre mme l'or au mi- lieu des batailles et des massacres. Ainsi les hommes d- chirent jusqu'au bout les fibres du globe, et respirent sur les excavations pratiques par eux-mmes. Puis ils s'tonnent que quelquefois la terre s'ouvre spontan- ment ou tremble, comme si l'indignation ne suffisait pas pour exciter ces phnomnes dans le sein sacr de notre mre. Nous scrutons ses entrailles , nous qutons des ri- chesses dans le domaine des Mnes, comme si elle ne dployait pas , ds qu'on l'entame , sa munificence et sa I. :Un*M U'^^'f*'^" '4^ ^ ^ C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. facilisque in omnibus quaecumque prosunt. llla nos pr- muni, illa nos ad inferos agunt, qu occultavit atque demersit, illa quae non nascuntur repente. Mens ad inane evolans reputet quae deinde futura sit finis saeculis om- nibus exhauriendi eam : quousque penetratura avaritia. Quam innocens, quam beata, immo vero et delicata esset vita, si nihil aliunde, quam supra terras, concupisceret, haberetque nonnisi quod secum est! De auro. IL Eruitur aurum, et dirysocoUa juxta, ut pretiosior videatur, non natura. Parum erat unam vitae invenisse pestem, nisi in pretio esset auri etiam sanies. Quserebat argentum avaritia : boni consuluit intrim invenisse minium, rubentisque terrae excogitavit usum. O prodiga ingnia ! quot modis auximus pretia rerum ? Accessit ars picturaej et aurum argentumque caelando carius fecimus. Didicit homo naturam provocare. Auxere et artem vitio- rum irritamenta. In poculis libidines celebraverunt , ac per obscenitates bibere. Abjecta deinde sunt liaec , et sordere cpere : et auri argent ique nimium fuit. Mur- V HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 5 fertilit. Rarement ces attaques ont pour but de trouver des remdes : quel entrepreneui' fouilla la terre pour tre utile la mdecine? Et d'ailleurs , c'est sa superficie que la terre prsente les substances salutaires , tant sa libralit est prompte donner l'homme tout ce qui peut tre utile. Ce qui irrite nos dsirs, ce qui nous entrane dans la route des enfers , c'est ce qu'elle cache nos yeux , ce qu'elle enveloppe dans ses profon- deurs, ce dont la formation exige des sicles. Que l'ima- gination , s'lanant dans le vague, calcule o s'arrtera, dans la suite des temps, ce dsir d'puiser la terre; quelle profondeur pntrera la cupidit humaine. Ah! que la vie serait innocente, fortune, dlicieuse mme, si l'homme ne dsirait que ce qui fleurit h la sur- face de la terre, et ne possdait que ce qu'il a sous la main ! De l'or. IL On exploite l'or, et, avec l'or, la chrysocolle, que son nom semble rendre prcieuse en dpit de la nature. C'tait trop peu d'un flau pour les socits humaines; il fallait attribuer un prix la sanie mme de Tor. L'avarice cherchait l'argent; en attendant elle se flicite de la dcouverte du minium , et imagine des usages pour une terre rouge. Bizarre prodige du gnie de l'homme! que de sagacit pour ajouter la valeur des objets! Au prix de l'or, de l'argent, est venu s'adjoindre l'art du peintre ; la ciselure en a dcupl la valeur. L homme s'est appris dfier la nature; l'art mme a d des progrs ce qui a irrit les vices. Les coupes ont port sur leurs bas-reliefs des images impures, et l'on a bu dans des reprsentations infmes. Bientt on a rc- 6 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXXIII. rhina et crystallina ex eadem terra efFodimus , quibus pretium faceret ipsa fragilitas. Hoc argumentum opum, haec vera luxuriae gloria existimata est , habere quod posset statim totum perire. Nec hoc fuit satis, turba gemmarum potamus^ et smaragdis teximus calyces : ac temulentiae causa tenere Indiam juvat : et aurum jam accessio est. Quae prima coinmendatio ejus. III. I. Utinamque posset e vita in totum abdicari auri sacra fams, ut celeberrimi auctores dixere! Pro- scissum est conviciis ab optimis quibusque, et ad perni- ciem vitae repertum. Quantum feliciore aevo, quum res ipsae permutabantur inter se, sicut et trojanis tempori- bus factitatum Homero credi convenit! Ita enim (ut opi- nor) commercia victus gratia invecta. Alios coriis boum , alios ferro captivisque rbus mutasse tradit : quamquam et ipse mirator auri , aestimationes rerum ita fecit , ut centum boum arma aurea permutasse Glaucum diceret cum Diomedis armis novem boum. Ex qua consuetu- dine multa legum antiquarum pcore constat , etiam Romae. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 7 nouc ces dcouvertes; tant de luxe a sembl mes- tjuiu : l'or, l'argent, sont choses trop communes; ce sont les vases myrrhins et le cristal qu'on arrache la ten-e; et ici c'est la fragilit qui donne du prix l'objet. La preuve vidente de l'opulence , la vraie gloire en fait de luxe, c'est d'acqurir, grands frais, ce qu'un instant peut anantir. Enfin, peu satisfaits encore, nous nous sommes mis boire dans une masse de pierreries; nous avons revtu nos coupes d'meraudes ; nous ne nous enivrons que les richesses de l'Inde la main : l'or n'est plus qa'un accessoire. En quel crdit il fut d'abord. III. I. Plt au ciel qu'on pt bannir jamais de la vie, comme le disent de clbres auteurs, la criminelle soif de l'or ! l'or, objet des reproches de toutes les nobles mes; l'or, de toutes les dcouvertes, la plus pernicieuse pour l'humanit. Qu'ils nous surpassaient en bonheur, les hommes qui vcurent au temps o il ne se faisait que des changes en nature ! temps que Troie vit encore fleurir, s'il faut en croire Homre. Les besoins relatifs la subsistance avaient, je le pense, introduit cet usage. Ainsi les uns donnaient, pour prix d'un achat, des peaux de bufs, les autres du fer, des dpouilles enleves aux ennemis : ce qui n'empche pas, qu'admirateur de l'or, Homre lui-mme, dans ses valuations, estime les armes d'or de Glaucus cent bufs , el neuf bufs seu- lement celles de Diomde. C'est par suite du mme usage (|ue les codes anciens, notamment Rome, stipulent en ttes de btail le montant des amendes. 8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIH. De annulorum aureorum origine. IV. Pessimum vitae sceliis fecit, qui id primus induit digitis. Nec hoc quis fecerit traditur. Nam de Prometheo omnia fabulosa arbitrer, quamquam illi quoque ferreum annulum ddit antiquitas : vinculumque id , non gesta- men, intelligi voluit. Midae quidem annulum, quo cir- cumacto Iiabentem nemo cerneret , quis non etiam fabu- losiorem fateatur ? Manus et prorsus sinistr maximam auctoritatem conciliavere auro , non quidem romanae , quarum in more ferreum id erat , ut virtutis bellicae , insigne. De regibus romanis non facile dixerim. Nullum habet Romuli in Capitolio statua , nec praeter Numae Serviique Tullii alia, ac ne Lucii quidem Bruti. Hoc in Tarquiniis maxime miror, quorum e Graecia fuit origo, unde hic annulorum usus venit, quamquam etiam nunc Lacedaemone ferreo utuntur. Sed a Prisco Tarquinio omnium primo flium , quum in praetextae annis occidisset hostem , bulla aurea donatum constat : unde mos bullae duravit , ut eorum qui equo meruissent filii , insigne id haberent, ceteri lorum. Et ideo miror Tarquinii ejus sta- tuam sine annulo esse. Quamquam et de nomine ipso am- bigi video : Graeci a digitis appellavere, apud nos prisci ungulum vocabant : postea et Graeci et nostri symbolum. Longo certe tempore ne senatum quidem romanum ha- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 9 Origine des anneaux d'or. IV. Plus funeste encore fut celui qui , le premier, eu revtit ses doigts. On ne nous a pas transmis le nom du coupable; car l'histoire de Promthe n'est, mes yeux, qu'un tissu de fables. C'est lui que l'antiquit a donn le premier anneau en fer; mais l'antiquit prsente cet anneau comme une entrave , et non un ornement. L'an- neau de Midas, cet anneau qui rendait invisible quand on le tournait d'une certaine manire, est videmment encore plus fabuleux. C'est donc la main ^ la main gau- che, si bien nomme sinistre, qui a valu l'or tant de considration. Cependant n'accusons point les mains ro- maines , qui , comme insigne de la vaillance militaire , ne portaient qu'un anneau de fer. J'aurais de la peine dire quel fut sur ce point l'usage des rois de Rome. La statue de Romulus au Capitule n'a point d'anneau , pas plus que celles des autres rois, sauf Numa et Servius; Brutus mme n'en porte pas. Cette absence me semble surprenante, surtout chez lesTarquins, originaires de la Grce, laquelle nous avons emprunt l'usage des ba- gues. A Sparte pourtant elles sont vulgairement en fer, mme de nos jours. Tarquin l'Ancien donna le premier son fils une bulle d'or, pour le rcompenser d'avoir, ne portant encore que la prtexte, costume de l'adolescence, tu de sa main un ennemi; et de l l'usage des bulles d'or pour les enfans de ceux qui ont servi dans la cava- lerie, des bulles de cuir pour tous les autres. On doit donc s'tonner de voir la statue de Tarquin sans bague. Du reste on varie sur le nom mme de cet ornement. En grec il est tir du mot doigt {dactjUon) ; en vieux latin , o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. biiisse aureos manifestum est. Siquidem his tantum qui legati ad exteras gentes iluri essent, annuli publie da- bantur : credo , quoniam ita exterorum honoratissimi intelligebantur. Neque aliis uti mos fuit, quam qui ex ea causa publie aeeepissent; vulgoque sie triumphabant. Et quum eorona ex auro etrusea sustineretur a tergo, annulus tamen in digito ferreus erat, aequa fortuna trium- phantis, et servi coronam sustinentis. Sic triumphavit de Jugurtha C. Marius : aureumque non ante tertium consulatum sumpsisse traditur. Hi quoque , qui ob lega- tionem aceeperant aureos, in publico tantum utebantur his : intra domos vero ferreis. Quo argumente etiam nunc sponsae muneri ferreus annulus mittitur, isque sine gemma. Equidem nec iliacis temporibus ullos fuisse annules video : nusquam certe Homerus dicit , quum et codi- cillos missitatos epistolarum gratia indieet, et conditas arcis vestes, ac vasa aurea argenteaque, et ea eoUigata nodi, non annuli, nota. Sortiri quoque contra provoca- tionem duces non annulis tradit. Fabricam etiam deum fibulas, et alia muliebris cullus, sicut inaures, in pri- mordio factitasse, sine mentione annulorum. Et quisquis primus instituit, rimctanter id ferit, laevisque manibus, HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. ii il s'appelait ongle. Depuis , la Grce et Rome se sont accordes pour le nom de symbole. Il est constant que, pendant fort long-temps , les snateurs mmes ne con- nurent point l'usage des bagues d'or. Cependant on en donnait aux commissaires envoys chez les nations tran- gres : l'tat alors en faisait la dpense. Le but sans doute tait de faire regarder les dputs comme les plus honorables des Romains. Ceux-l seulement taient dans l'usage d'en porter, qui le trsor en avait ainsi dcern. Ceux des triomphateurs venaient de la mme source; et encore, tandis que derrire le hros du triomphe on soutenait une couronne trusque en or, la bague n'tait que de fer : compensation faite pour galer la haute for- tune du triomphateur celle de l'esclave qui soutenait la couronne. Tel fut le spectacle que prsentait le triom- phe de Marins sur Jugurtha. La bague d'or n'orna la main de ce gnral qu' son troisime consulat. Ceux mmes qui, pour cause d'ambassade, avaient reu des anneaux d'or, ne les portaient qu'en public ; dans l'int- rieur, ils usaient d'anneaux de fer. La bague nuptiale , en fer et sans pierreries , est une preuve de cet usage. Je ne vois pas qu' l'poque de la guerre de Troie on ait connu les anneaux. Jamais Homre n'en parle, bien qu'il fasse mention de tablettes envoyes en guise de let- tres, et de coffrets renfermant des habits et des vases d'or ou d'argent ; des nuds, et non un sceau imprim par la bague , sont la marque du propritaire qui les y enferme. Jl ne dit pas non plus que les chefs grecs, lorsqu'ils tirent au sort pour combattre Hector, aient fait usage de cachets. Enfin , dans son dnombrement des objets fa- briqus pour les dieux, il parle d'agrafes, de boucles d'oreilles, et d'autres lmens de la toilette des desses, 12 C. PLINII fflST. NAT. LIB. XXXIII. latentibusque induit : quum , si lionos securus fuisset , dextra fuerlt ostentandus. Quod si impedimentum po- tuit in eo aliquod intelligi , etiam serions usus argu- mentum est, majus in laeva fuisse, qua scutum capitur. Est quidem apud eumdem Homerum virorum crinibus aurum implexum : ideo nescio an prior usus a feminis cperit. De modo auri apud antiquos. V. Romae ne fuit quidem aurum nisi admodum exi- guum, longo tempore. Certe quum a Gallis capta Urbe pax emeretur, non plus quam mille pondo potuere. Nec ignoro M. Crassum duo millia pondo auri rapuisse suo et Pompeii secundo consulatu , e Capitolini Jovis solio , a Camillo ibi condita , et ideo a plerisque existimari duo millia pondo collata. Sed quod accessit, Gallorum praeda fuit, detractumquc ab his in parte captae Urbis delubris. Gallos autem cum auro pugnare solitos , Torquatus in- dicio est. Apparet ergo Gallorum templorumque tan- tumdem, nec amplius fuisse : quod quidem in augurio intellectum est , quum Capitolinus duplum reddidisset. lUud quoque obiter indicare convenit, quoniam de annu- lis sermonem repelimus , sedituum custodi ejus com- HISTOIRE ^ATURFXLE, LIV. XXXIII. li mais point de bagues. Quel qu'en ait t l'inventeur, il faut qu'il ait eu honte de l'invention, puisque c'est la main gauche qu'il a gliss le furtif ornement ; tandis que, s'il et regard le fait comme honorable, c'tait la droite qu'il devait l'taler. Mais, dit-on, l'anneau aurait embarrass la main droite : cette objection ne dtruit pas ce que j'avance, car l'anneau alors embarrassait bien plus la main gauche qui doit saisir le bouclier. On voit encore dans Homre les guerriers tresser leurs cheveux avec de l'or : aussi ne puis-je dire si ce sont les femmes qui ont les premires introduit cette mode. De la (|uantit de l'or chez les anciens. V. Long-temps Rome ne possda que trs-peu d'or. Lorsque les Gaulois, matres de cette ville , lui vendirent la paix , on n'en put trouver que mille livres pesant. Je sais que Crassus et Pompe , dans leur consulat, en trou- vrent deux mille dans le trne de Jupiter Capitolin. C'tait Camille qui l'y avait consacr; et gnralement on a conclu qu'on avait ramass, pour le rachat des Ro- mains , deux mille livres d'or. Le fait est que le surplus des mille livres venait du butin des Gaulois et des temples dpouills par eux dans la partie de Rome dont ils taient matres. D'ailleurs les Gaulois marchaient souvent au combat pars d'or, tmoin Torquatus. Ainsi l'or gaulois et l'or des temples compltrent probablement la somme trouve; c'est du moins ce que l'on dut prsumer, lors de cette dcouverte, double de ce qu'on attendait. Ajoutons en passant , puisque nous en sommes sur les anneaux , que le gardien prpos la statue capitoline , ayant bris dans sa bouche la pierre de sa bague , mou- i4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. prehensum, fracta in ore annuli gemma, statim exspi- rasse, et indicium ita exstinctum. Ergo ut maxime duo tantum millia pondo, quum capta est Roma anno ccclxiv fuere, quum jam capitum liberorum censa essent clii millia , quingenti lxxiii. Tn eadem post annos cccvii quod ex capitolinae aedis incendio ceterisque omnibus delubris C. Marius filius Praeneste detulerat , tredecim millia pondo, quse sub eo titulo in triumplio transtulit SuUa, et argenti vi millia. Idem ex reliqua omni Victoria pridie transtulerat auri pondo xv millia, argenti pondo centum et quindecim millia. De jure annulorum aureorum. VI. Frequentior autem usus annulorum non an te Cn. Flavium Annii flium deprehenditur. Hic namque publicatis diebus fastis, quos populus a paucis principum quotidie petebat, tantam gratiam plebis adeptus est (alio- qui libertino ptre genitus , et ipse Appii Caeci scriba , cujus hortatu exceperat eos dies, consultando adsidue sagaci ingenio , promulgaveratque ) , ut aedilis curulis crearetur cum Q. Anicio Prnestino , qui paucis ante annis bostis fuisset, praeteritis C. Ptelio et Domitio , quorum patres consules fuerant. Additum Flavio , ut simul et tribunus plebis esset. Quo facto tanta senatus indignatione exarsit, ut annulos ab eo abjectos fuisse in HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. i5 iiit aussitt, et fit ainsi disparatre le seul tmoin qui put dire la vrit sur ce fait. Ainsi Rome ne possdait au plus que deux mille livres d'or l'an 364 de sa fonda- lion, et une poque o sa population libre tait de cent cinquante-deux mille cinq cent soixante-treize mes. Cette mme Rome , trois cent sept ans aprs , lors de l'incendie du Capitole et des autres temples, fournit au jeune Marins treize mille livres pesant qu'il emporta Prneste , et que Sylla fit rentrer dans Rome lors de sou triomphe, avec six mille livres d'argent. Il avait, la veille, port de mme en triomphe quinze mille livres d'or et cent quinze mille livres d'argent, fruit de toutes ses autres victoires. Du droit de porter des anneaux d'or, VI, Ce n'est qu'au temps deCn, Flavius, filsd'Annius, que l'on voit s'tendre l'usage des bagues. Fils d'un affran- chi , et long-temps secrtaire d'Appius (>cus, par le con- seil duquel il russit , en suivant assidment les plai- doiries, saisir le secret des jours fastes qu'il promulgua dans la suite, ce Romain, par la publication d'un mystre pour lequel jusque-l les citoyens avaient t obligs de recourir quelques grands , avait acquis la faveur du peu- ple un si haut degr, qu'on le nomma, au prjudice de Ptelius et de Domitius , coucurrens issus de pres consulaires , dile curule avec Quintus Anicius de Pr- neste , qui, quelques annes auparavant, tait ennemi de Rome. A cette nomination, les snateurs conurent tant d'indignation , qu'ils dposrent leurs anneaux. C'est tort que l'on pense vulgairement que l'ordre i6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. antiquissitnis reperiatur annalibus. Fallit plerosque , ({uod tum et equestrem ordinem id fecisse arbitrantur. Etenim adjectum hoc quoque , sed et phalera posita , proptereaque nomen equitum adjectum est. Annulos quo- que depositos a nobilitate , in Annales relatum est , non a senatu universo. Hoc actum P. Sempronio , P. Sulpicio consulihus. Flavius vovit sedem Concordiae, si populo reconciliasset ordines. Et quum ad id pecunia publica non decerneretur , ex multatitia feneratoribus conde- mnatis diculam aeream fecit in Graecostasi, quae tune supra Comitiuni erat. Inciditque in tabella aerea eam aedem , ducentis quatuor annis post capitolinam , dedi- catam. Ita ccccxlix a condita Urbe gestum est : et pri- mum annulorum vestigium exstat : promiscui autem usus alterum secundo punico bello : neque enim aliter po- tuissent trimodia illa annulorum Carthaginem ab Anni- bale mitti. Inter Caepionem quoque et Drusum ex annulo in auctione venali , inimicitiae cpere : unde origo so- cialis belli, et exitia rerum. Ne tum quidem omnes se- natores habuerunt : utpote quum memoria avorum multi praetura quoque functi , in ferreo consenuerint , sicut Calpurnium et Manilium , qui legatus Caii Marii fuerat Jugurthino bello, Fenestella tradit : et multi L. Fufidium illum, ad quem Scaurus de vita sua scripsit : in Quin- ctiorum vero familia aurum , ne feminas quidem , liabere HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIIL 17 tqiuslre imita cet exemple: l'addition, dans les m- inoiies du temps , de ces mots , les phalres furent mme dposes, fit ajouter le nom des chevaliers. Ou lit aussi dans les Annales, que la noblesse seule, mais non le snat tout entier, quitta ses anneaux. Cet vnement eut lieu sous le consulat de P. Sempronius et de P. Sul- picins. Flavius fit vu d'lever un temple la Concorde, s'il parvenait rconcilier les trois ordres ; et comme on n'avait pas assign de fonds publics cet effet, il rassem- bla l'argent des amendes prononces pour dlits usurai- res , et du produit il fit construire une petite chapelle d'airain dans la Grcostase , qui alors tait au dessus des Comices : on grava sur une table d'airain , que la ddicace de la chapelle tait de deux cent quatre ans postrieure celle du Capitole. C'est donc en l'an 449 tle Rome qu'eurent lieu ces vnemens ; et c'est cette an- ne que se rapportent les plus anciennes traces de l'usage des anneaux. Il tait frquent ds le commencement de la troisime guerre punique; autrement, comment expli- quer ces trois boisseaux d'anneaux envoys Carthage par A uni bal? C'est aussi un anneau , qui , dans une vente publique , donna naissance l'inimiti de Cpion et de Drusus; inimiti dont la guerre Sociale et la dissolution de l'tat furent les suites. A cette poque mme les ba- gues d'or n'taient pas communes tous les membres du snat. Nos grands pres ont vu des hommes, qui avaient t prteurs, vieillir la bague de fer au doigt. Tels furent, selon Fenestella , Caipurnius et Manilius , cet ex-lieutenant de Marins dans la guerre de Jugurtha; tel fut L. Fufidius , qui sont adresss les mmoires de Scainus sur sa vie. Dans la famille Quinctia, pei*- sonnc, pas mme les femmes, ne portait d'or. Enfin les XIX. 2 i8 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. mos fuerit : nullosque omnino annules major pars gen- tium hominumque, etiam qui sub imperio nostro degunt, hodieque habeat. Non signt Oriens aut iEgyptus etiam nunc, litteris contenta solis. Multis hoc modis, ut cetera omnia, luxuria variavit, gemmas addendo exquisiti fulgoris , censuque opimo di- gitos onerando, sicut dicemus in gemmarum volumine : mox et effigies varias caelando , ut alibi ars , alibi mate- ria esset in pretio. Alias deinde gemmas violari nefas putavit : ac ne quis signandi causam in annulis esse in- telligeret , solidas induit. Quasdam vero neque ab ea parte quae digito occultatur, auro clusit, aurumque milli- bus lapillorum vilius fecit. Contra vero multi nullas ad- mittunt gemmas , auroque ipso signant : id Claudii Cae- saris principatu repertum. Nec non et servitia jam ferrum auro cingunt : alia per sese mero auro dcorant : cujus licentiae origo nomine ipso in Samothrace id institutum dclart. Singulis primo digitis geri mos fuerat, qui sunt mi- nimis proximi : sic in Numae et Servii Tullii statuis vi- demus. Postea pollici proximo induere , etiam deorum simulacris : dein juvit et minimo dare. Galli Britan- nique medio dicuntur us. Hic nunc solus excipitur : ceteri omnes onerantur, atque etiam privatim articuli minoribus aliis. Sunt qui trs uni minimo congerant : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 19 bagues sont inconnues l'immense majorit des hommes, (les peuples , mn)e de ceux qui sont soumis notre em- pire , mme aujourd'hui. L'Orient, l'Egypte, ne scellent point les lettres , et se bornent la simple criture. Le luxe y a apport des modifications nombreuses, ainsi qu' tout ce qu'il touche; ici, ce sont des pierres prcieuses qui jettent les feux les plus vifs : une fortune entire brille au doigt d'un homme, comme nous le di- rons dans le volume des pierreries ; l , ce sont des figures graves : de sorte que tantt l'art , tantt la ma- tire fait de la bague un objet de prix. Il est des pierres que le luxe dfend au burin d'altrer : on doit les porter unies. Gardez-vous de croire qu'elles puissent tre utiles quelque chose, ft-ce cacheter. Certaines bagues sont couvertes de pierreries , mme la surface que cache le doigt ; et l'or semble ne plus avoir de prix au milieu de son riche entourage. En revanche , d'autres bannissent les pierres , et ne scellent qu'avec l'or mme. Ce pro- cd date du rgne de Claude. Dj mme les esclaves enveloppent d'or le fer de leurs anneaux, ou vont jus- qu' employer l'or pur : cet abus est originaire de Sa- mothrace, ainsi que le prouve le nom mme des an- neaux. Primitivement , on portait les bagues au doigt dit annulaire : c'est ce que nous voyons dans les statues de Numa et de Servius Tullius. On en orna ensuite le doigt index, et mme celui des dieux ; plus tard, on en mit au petit doigt. En Gaule , en Bretagne , dit-on , l'on en portait au doigt du milieu. De nos jours, ce doigt est le seul qui n'en porte jamais ; tous les autres en sont char- gs. On a mme des bagues plus petites pour les arti- ao C. PLITSII HIST. NAT. LIB. XXXIII. alii vero et huic unum tantuni , quo signantein signent. Conditus ille, ut res rara, et injuria usus indigna, velut e sacrario promitur : et unum in minimo digito ha- buisse, pretiosioris in recondito supellectilis ostentatio est. Jam alii pondra eorum ostentant. Aliis plures quam unum, gestare labor est. Alii bracteas infarcire leviore materia , propter casum , tutius gemmarum soUicitudini putant. Alii sub gemmis venena cludunt , sicut Demo- sthenes summus Graeciae orator, annulosque mortis gratia habent. Deniqueutplurimum opum scelera annulis fiunt. Quae fuit illa priscorum vita , qualis innocentia , in qua nihil signabatur? At nunc cibi quoque ac potus annulo vindicantur a rapina. Hoc profecere mancipiorum le- giones , et in domo turba externa , ac servorum quoque causa nomenclator adhibendus. Aliter apud antiquos , singuli Marcipores Luciporesve dominorum gentiles , omnem victum in promiscuo babebant : nec ulla domi custodia a domesticis opus erat. Nunc rapiendae compa- rantur epulae, pariterque qui rapiant eas, et claves quo- que ipsas signasse non est satis : gravatis somno aut morientibus annuli detrahuntur : majorque vitae ratio circa hoc instrumentum esse cpit, incertum a quo tempore. Videmur tamen posse in externis auctoritatem ejus rei intelligere, circa Polycratem Sami tyrannum,cui dilectus ille annulus in mare abjectus, capto relatus est pisce, ipso HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 2t culatioiis infi'ieures. Ainsi quelques personnes en portent trois au pelit doigt : quelquefois aussi on n'en met qu'une pour distinguer celle qui sert de sceau. Sou- vent on renfernje cette dernire, comme chose rare, et qu'un usage trop frquent profanerait. On la tire de l'crin connne d'un sanctuaire. Ne porter qu'une bague au petit doigt, c'est dire avec orgueil qu'on en a sous clef de plus prcieuses. Les uns font parade du poids de leurs bagues ; d'autr(\s legardent comme fatigant d'en avoir plus d'une. Que!(|ues-uns les enchssent dans des matires plus lgres, s'imaginant, dans leur tendre inquitude pour leur gemme, prvenir ainsi les suites fatales de leur chute. Quelquefois sous les pierres de l'anneau on enferme des poisons. Ainsi agit Dmo- slhne, ce prince des orateurs de la Grce. On a donc des bagues afin de mourir ; enfin les bagues sont les instrumens de presque tous les crimes de l'avarice. Quel calme, quelle innocence dans ces ges antiques oii l'on ne scellait point d'acte; aujourd'hui il faut mettre le sceau sur les alimens pour prvenir le vol. Voil o nous ont conduits ces lgions d'esclaves , cette foule trangre qui encombre nos maisons, et qui ncessite la cration d'un nomenclaleur domestique. Qu'il y a loin de l aux murs de nos aeux, chez qui les Marci- pores, les Lucipores, n'ayant de nom que celui de leurs matres , n'avaient de table que la leur. Alors la maison n'avait rien craindre de ceux qui l'habitaient. Au- jourd'hui nous achetons grands frais et les comes- tibles qu'on cherche voler, et les voleurs. Le sceau imprim sur les clefs n'est pas une prcaution suffisante: ne peut-on soustraire l'anneau d'un matre qiii dort, ou d'un matre l'agonie? Voil pourtant sur (juelles aa C. PLIISII HIST. NAT. LIB. XXXUI. circiter ccxxx annum urbis nostrae interfecto. Celebra- tior quidem usus cum fenore cpisse dbet : argumento est consuetudo vulgi, ad sponsiones etiamnum annulo exsiliente, tracta ab eo tempore, quo nondum erat arrha velocior : ut plane adfirmare possimus, nummos ante apud nos, mox cpisse annulos. De nummis paulo post dicetur. De decuriis judicum. VIL Annuli distinxere alterum ordinem a plbe, ut se- mel cperant esse clbres, sicut tunica ab annulis sena- tum : quamquam et hoc sero : vulgoque purpura latiore tunic usos invenimus etiam praecones , sicut patrem Lucii iElii Stilonis, Praeconini ob id cognominati. Sed annuli plane mdium ordinem, tertiumque, plebi et pa- tribus inseruere : quod antea militares equi nomen de- derant, hoc nunc pecuniae judices tribuunt. Nec pridem id factum : divo Augusto decurias ordinante, major pars judicum in ferreo annulo fuit: iique non quits, sed ju- dices vocabantur. Equitum nomen subsistebat in turmis equorum publicorum. Judicum quoque non nisi quatuor decuriae fuere primo : vixque singula millia in decuriis HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXXIII. 23 bases se fonde toute notre sret. Depuis quand ? ou l'ignore. Cependant c'est de l'tranger que nous vint cette mode, vers le temps de Polycrate, tyran de Samos, qui recouvra , par la capture d'un poisson , l'anneau favori qu'il avait jet dans la mer. Polycrate fut mis mort vers l'an de Rome 2 3o. L'usage des bagues doit avoir pris de l'extension en mme temps que l'usure : ce que prouve l'habitude conserve par le vulgaire, de tirer son anneau pour arrhe; habitude qui remonte au temps o c'tait le gage le plus facile trouver. Ainsi nous pouvons assurer que l'usage de la monnaie s'in- troduisit le premier , mais que les bagues suivirent de prs. Il sera plus bas question des monnaies. Des dcnries d'o se tirent les juges. VII. Les anneaux distingurent long-temps l'ordre questre du peuple , comme la tunique distinguait le snat de l'ordre questre : distinction tardive toutefois, puisqu'il fut un temps o les tuniques, larges bandes de pourpre, taient portes par des crieurs, tmoin le pre de L. Elius Stilo , qu'on surnomma , pour cette raison , Prconinus. Les anneaux ont facilit la fusion de l'ordre intermdiaire , troisime corps de l'tat , avec le snat et le peuple. Jadis un cheval de guerre donnait droit au titre de chevalier, aujourd'hui l'argent confre le titre djuge. Ce changement est tout moderne ; quand Auguste organisa les dcuries , la plus grande partie des juges n'avait au doigt que des bagues de fer, et on leur donnait, au lieu du nom de chevaliers, celui de juges. Le premier n'tait rserv que pour les escadrons de chevaliers honors d'un cheval par le trsor. Origi- 24 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. inventa sunt, nondum provinciis ad hoc munus admis- sis : servatumque in hodiernum est , ne quis e novis ci- vibus in iis judicaret. 2. Decuriae quoque ipsae pluribus discretae nominibus fuere , tribunorum aeris , et selectonim , et judicum. Praeter hos etiamnum nongenti vocabantur, ex omnibus selecti ad custodiendas cistas suffragiorum in comitiis. Et divisus hic quoque ordo erat superba usurpatione nominum : quum alius se nongentum , alius selectum ^ alius tribunum appellaret. De equestri ordine. VIII. Tiberii demum principatus nono anno in uni- tatem venit equester ordo : annulorumque auctoritati forma constituta est , C. Asinio Pollione , C. Antistio Vetere coss. anno Urbis conditae dcclxxv quod raii'e- mur, futiH paene de causa, quum C. Sulpicius Galba, dum juvenalem famam apud principem popinarum pnis aucupatur, questus esset in senatu , vulgo institores ejus Gulpae defendi annuHs. Hac de causa constitutum, ne cui jus id esset , nisi cui ingenuo ipsi , patri avoque paternb sestertia cccc census fuisset, et lege JuHa theatraU in XIV ordinibus sedendi. Postea gregatim insigne id adpeti cptuni. Propterque haec discrimina Caius princeps de- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. ->) nairement aussi on ne comptait que quatre dcuries de juges, et peine chaque dcurie se composait-elle de mille membres. Les provinces n'taient point admises ces fonctions, et aujourd'hui mme il y a incapacit lgale, par les citoyens nouveaux, de faire partie de la dcurie. jl. Les dcuries mme furent distingues par des d- nominations diverses; c'taient les tribuns du trsor, les juges, les lus, et enfin les neuf-cents, choisis sur tous les membres pour veiller sur les scrutins suffrages dans les comices. Superbe et hautaine distinction, qui fomentait les divisions dans l'ordre dont l'un se vantait d'tre un des neuf cents , tandis que l'autre se qualifiait d'lu ou de tribun. De l'ordre tiuestre. Vin. La neuvime anne du rgne de Tibre, on runit enfin l'ordre questre en un seul corps. On fixa, par des formules , le droit de poi'ter l'anneau , sous le consulat de C. Asinius PoUion , et de C. Antistius Velus, l'an de Rome 775 ; et, chose remarquable, un incident futile donna lieu ce changement. C. Sulpicius Galba , cherchant se concilier les bonnes grces du prince par des actes de jeune homme, avait tabli des amendes sur les contraventions des matres de taverne, Il vint se plaindre au snat de quelques rsistances. Les entrepreneurs de dlits, dit-il, chappent l'amende, grce leur anneau. On statua que personne ne por- terait l'anneau questre, moins qu'il ne ft, ainsi c[ue son pre et son aeul, de condition libre, qu'il ne pos- sdt quatre cent mille sesterces, et qu'il ne ft, au 26 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. curiam quintam adjecit : tantumque natum est fastus , ut quae sub divo Augusto impleri non potuerant decu- riae, non capiant eum ordinem, passimque ad ornamenta ea etiam servitute liberati transiliant : quod antea num- quam erat factura, quoniam in ferreo annulo quits ju- dicesque intelligebantur : adeoque promiscuum id esse cpit , ut apud Claudium Caesarem , in censura ejus , unus ex equitibus Flavius Proculus , quadringentos ex ea causa reos postularet. Ita dura separatur ordo ab in- genuis, communicatus est cum servitiis. Judicum autem appellatione separari eum ordinem , primi omnium instituere Gracchi , discordi popularitate in contumeliam senatus : mox ea debellata, auctoritas nominis vario seditionum eventu circa publicanos sub- stitit : et aliquamdiu tertiae vires publicani fuere. Marcus Cicero demum stabilivit questre nomen in consulatu suo, Catilinanis rbus, ex eo se ordine profectum esse celebrans , ejusque vires peculiari popularitate qurens. Ab illo tempore plane hoc tertium corpus in republica factum est, cpitque adjici senatui populoque romano, et equester ordo. Qua de causa et nunc post populum scribitur, quia novissime cptus est adjici. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 17 terme de la loi Julia thtrale, admis siger dans les quatorze premiers rangs. D'aprs la publication de ce rglement, les candidats la dignit questre se pr- sentrent par masses. Ces diffrences firent instituer par Caligula une cinquime dcurie; et, depuis, le faste en est venu au point que les dcuries dont, sous Auguste, on ne pouvait remplir les cadres , sont aujourd'hui plus qu'au complet, et que, de toutes parts, on voit ces in- signes de l'ordre questre envahis par des esclaves dont on vient de briser la chane, tandis qu'autrefois les che- valiers et les juges n'avaient d'autre distinction que l'an- neau de fer. Cet abus est devenu si frquent, que, pen- dant la censure de Claude, Flavius Proculus, chevalier, traduisit son tribunal quatre cents prvenus pour cette lacro. Proxima bractea quaestoria appellatur. Hispania strigiles vocat auri parvulas massas , quod super omnia HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. /ir> livre, (le ceux qui ont dcouvert l'or et la plupart des antres mtaux. Qui a fait donner le plus haut rang l'or ? ce n'est pas sa couleur ; celle de l'argent est plus brillante, plus semblable l'clat d'un beau jour, et, par consquent , plus frquente dans les enseignes militaires, o elle brille de plus loin. Remarquons en passant l'erreur de ceux qui croient que ce que l'on aime dans l'or, c'est sa nuance rivale de celle des toiles : on estime peu cette nuance dans les pierreries et d'autres objets prcieux. Ce n'est pas non plus au poids et la facilit avec laquelle se travaille la matire, qu'on a voulu donner la palme : le plomb possde ces deux proprits un plus haut degr. Ce qui fait admirer l'or, c'est que, seul dans la nature, il ne subit aucun d- chet dans le feu , et qu'il brave les incendies et les flammes du bcher. Il y a plus, sa qualit augmente mesure qu'il subit l'preuve du feu. Un moyen d'prou- ver l'or, en effet, est de le mettre dans les flammes. Il doit en prendre la teinte, et, en quelque sorte , l'incan- descence : cet or se nomme ohrussa. La premire preuve de sa qualit est de le voir se fondre difficilement. Ce qui tonne encore , c'est qu'il rsiste au feu de charbon le plus violent , qu'il cde avec promptitude au feu de paille, et que, pour le purifier, il faille le faire fondre avec du plomb*. La seconde cause qui donne du prix l'or, c'est qu'il perd trs-peu par l'usage et le frottement, tandis que l'argent, le cuivre, le plomb, laissent sur les corps des^ traces mtalliques, et que les parcelles qui s'en dta- chent salissent les mains. Il n'est point de substance qui se prte une extension plus considrable, une divi- sion pousse plus loin. Une once peut fournir sept cent cinquante et quelques feuilles de quatre doigts de long^ /,e C. PLINII HIST. ?fAT. LIB. XXXIII. solum in massa aut ramento capitur. Quum cetera in metallis reperta igni perficiantur, hoc statim aufiim est , consummatamque materiam protinus habet , quum ita invenitur. Haec enim inventio ejus naturalis est : alia quam dicemus , coacta. Super cetera non rubigo ulla , non aerugo, non aliud ex ipso quod consumt bonitatem, minuatve pondus. Jam contra salis et aceti succos do- mitores rerum, constantia : superque omnia netur, ac texitur lanae modo, et sine lana. Tunica aurea trium- phasse Tarquinium Priscum Verrius docet. Nos vidimus Agrippinam Claudii principis, edente eo navalis prlii spectaculum, adsidentem ei, indutam paludamento, auro textili sine alia materia. Attalicis vero jampridem intexi- tur, invento regum Asiae. Ratio inaurandi. XX. Marmori et iis quae candeferi non possunt, ovi candido illinitur : ligno , glutini ratione composita : leu- cophoron vocant. Quid sit hoc , aut quemadmodum fit , suo loco docebimus. JEs inaurari argento vivo, aut certe hydrargyro , legitimum erat : de quibus , ut dicemus , illorum naturam reddentes , excogitata fraus est. Nam- que s cruciatur in primis , accensumque restinguitur HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. /,7 siir quatre de large. Les feuilles d'or paisses s'appel- lent feuilles de Piueste, en mmoire de la statue de la Fortune qu'on voit dans cette ville, et dont la dorure est si durable. Les secondes en paisseur sont les feuilles questoriennes. En Espagne on appelle strigiles de petites masses d'or, qui sont comme isoles au dessus du lin- got ou du minerai. Les autres minraux, aprs leur ex- traction, achvent d'tre forms l'aide du feu; mais l'or dont il s'agit ici est or ds qu'on le dcouvre : la ma- tire qui le constitue est, ds cet instant , compltement labore; c'est ce qu'on appelle or natif: l'autre espce, dont nous parlerons plus bas, est artificielle. De plus, ni rouille, ni vert-de-gris, rien n'en altre la qualit ou n'en diniinue le poids. Le sel, le vinaigre, ces dissol- vans actifs, le trouvent inattaquable. Enfin on le file, on le tisse comme de la laine, et sans l'auxiliaire de la laine. Selon Yerrius, Tarquin l'Ancien triompha revtu d'une tunique d'or. J'ai vu la femme de Claude, Agrippine, assister prs de son mari au spectacle d'une naumachic , couverte d'une tunique d'or pur tiss. Les toffes atta- liques , invention des rois d'Asie, sont d'or et de laine. Comment on dore. XX. L'or s'applique l'aide d'un blanc d'uf sur le marbre et sur les matires qui ne peuvent supporter l'in- candescence ; sur le bois l'aide d'une composition glu- tineuse dite leucophore, dont la formation et la nature seront dcrites en temps et lieu. Le meilleur procd pour dorer le cuivre est d'employer le vif-argent, ou, du moins, l'hydrargyre, deux substances que l'art imite ou falsifie, comme nous le dirons plus tard. La dorure se fait en /,8 C. PLINFI HIST. NAT. LIB. XXXIII. sale, aceto , alumine. Postea exarenatur, an satis re- coctum sit , splendore deprehen dente : iterumque exlia- latur igni , ut possit edomitum , mixtis pumice , alu- mine, argento vivo, inductas accipere bracteas. Alumen in purgando vim liabet , qualem esse diximus plumbo. De inveniendo auro. XXI. 4- Aurum invenitur in nostro orbe : ut omitta- mus indicum , a formicis , aut apud Scythas gryphis erutum. Apud nos tribus modis : fluminum ramentis , ut in Tago Hispaniae, Pado Italiae, Hebro Thraciae, Pactolo Asiae, Gange Indiae. Nec uUum absolutius aurum est, ut cursu ipso trituque perpolitum. Alio modo puteorum scrobibus effoditur, aut in ruina montium. Quare utraque ratio dicetur. Aurum qui quae- runt, ante omnia segullum tollunt : ita vocatur indi- cium. Alveus hic est : arenaeque lavantur, atque ex eo quod rsedit, conjectura capitur. Invenitur aliquando in summa tellure protinus, rara felicitate : ut nuper in Dalmatia principatu Neronis, singulis diebus etiam quin- quagenas libras fundens. Gummi inventum est in summo oespite, talutatium vocant, si et auro ea tellus subest. Ce- tero montes Eispaniae aridi sterilesque, et in quibus nihil HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 4gf^ tourinenlaiit le cuivre, puis le faisant rougir, rtcigiiaut dans sel, vinaigre, alun ; dgageant sa surface de toute scorie, jusqu' ce qu'enfin son clat indique qu'il est suf- fisamment dcap; aprs quoi on chauffe de nouveau jus- qu' vaporation parfaite de toute humidit. Alors le m- tal , compltement dompt, reoit les feuilles d'or qu'on applique l'aide d'un amalgame de pierre-pouce, d'alun et de vif-argent. L'alun opre sur le cuivre comme le plomb sur l'or : il l'pure. Comment on trouve l'or. XXI. [\. L'or se trouve dans le monde romain. Nous ne parlons point de l'Inde, o il est exploit par des fourmis; de la Scythie, o les gryphes le tirent de terre. Chez nous on distingue trois modes d'extraction, i**. On recueille les paillettes aux embrancliemens des fleuves. Ainsi le Tage en Espagne, le P en Italie, l'Hbre en Thrace, le Pactole en Asie, le Gange dans l'Inde, four- nis.sent de l'or. Il n'en est point de plus parfait, le mouvement et le frottement ayant concouru l'affiner. 2. On creuse des puits jusqu' ce qu'il se prsente un filon , ou bien on met profit les boulemens des montagnes. Dcrivons ces deux procds. Ceux qui cher- chent de l'or enlvent d'abord le sgulle : c'est une terre qui fait reconnatre le gisement de l'or; l est une mine. On lave le sable, et , par le rsidu de ce lavage, on juge de la richesse de la veine. Quelquefois le mtal se trouve fleur de terre, mais rien de plus rare. Telle fut la veine aurifre, trouve sous Nron en Dalmatie : elle rendait chaque jour cinquante livres. Quand sous la couche d'or existe aussi du sgulle, celui-ci prend le nom de talital. Les monts de l'Espagne, d'ailleurs arides, striles et xix. 4 o C PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. aliud gignatur, huic bono coguntur fertiles esse : quod puteis foditur, canalicium vocant, alii canaliense : mar- moris glare inhaerens , non illo modo , quo in Oriente sapphiro atque thebaico , aliisque in gemmis scintillt , sed micas amplexum marmoris. Vagantur hi venarum canales per latera puteorum , et hue illuc , inde nomine invento : tellusque ligneis columnis suspenditur. Quod effossum est, tunditur, lavatur, uritur, molitur in fari- nam , ac pilis cuditur. Vocant argentum , quod exit a for- nace : sudorisque, qui e camino jactatur, spurcitia, in omni mtallo scoria appellatur. Hc in auro tunditur, iterumque coquitur. Catini funt ex tasconio. Hoc est terra alba similis argillae. Neque enim alia flatum , ignem- que, et ardentem materiam tolrt. Tertia ratio opra vicerit Gigantum. Cuniculis per magna spatia actis cavantur montes ad lucernarum lu- mina. Eadem mensura vigiliarum est : multisque men- sibus. non cernitur dies. Arrugias id genus vocant : si- duntque rimse subito , et opprimunt operatos : ut jam minus temerarium videatur e profundo maris petere margaritas : tanto nocentiores fecimus terras, Relin- quuntur itaque fornices crebri montibus sustinendis. Occursant in utroque gnre silices. Hos igni et aceto HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 5i improductifs, sont forcs par l'homme lui livrer cette production : l'or extrait des puits est dit or canalique ou canalien. Il est alors adhrent du sable de marbre, et il ne parat pas en grains la surface, comme celui qui brille sur le saphir oriental ou la pierre thbaque ; au contraire, il est engag dans les molcules marbreuses. Les veines d'or canalique circulent et l le long des parois des puits ou des galeries : de l le nom dn mine- rai. On soutient la terre par des piliers de bois. Quand la masse a t extraite , on bat , on lave , on brle , on moud en poudre grossire ; enfin on triture dans un mor- tier. La substance, ensuite retire du fourneau, prend le nom d'argent. Les transsudations impures que jette le fourneau , s'appellent, ainsi que celles de tout mtal, scorie. Mais la scorie de l'or subit un second battage, un second chauffage. On la place alors dans des creusets de tasconium , terre blanche analogue ^ l'argile, et la seule qui puisse soutenir l'action du soufflet , de la flamme et de l'bullition des matires fusibles. 3**. La troisime mthode d'extraction laisse loin der- rire elle les tentatives des Gans. On creuse les monts, on prolonge d'normes distances des galeries qu'claire la lueur de la lampe. Les veilles n'ont d'autre mesure que ces astres artificiels. On reste des mois entiers sans voir le jour. Arrugies est le nom technique de ces gale- ries. Souvent des crevasses , des boulemens , arrtent les mineurs crass. Ainsi, la tmrit des plongeurs qui cherchent des perles au fond des abmes , le cde l'au- dace d'une autre entreprise ; grce nous , la terre est plus fatale que les eaux. En consquence, on a soin de soutenir les monts de votes puissantes et nombreuses. Dans les deux dernires mthodes, il n'est pas rare 4- 52 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. rumpunt. Saepius vero , quoniam in cuniculis vapor et fiimus strangulat, caedunt, fracturis cl libras fere agen- libus : egeruntque humeris noctibus ac diebus, per te- nebras proximis tradentes : lucem novissimi cernunt. Si longior videtur silex , latus sequitur fossa , ambitque. Tamen in silice facilior existimatur opra. Est namque terra ex quodam argillae gnre, glareae mixta (^candidam vocant) prope inexpugnabilis. Cuneis eam ferreis adgre- diuntur, et iisdem malleis : nihilque durius piitant, nisi quod inter omnia auri fams durissima est. Peracto opre, cervices fornicum ab ultimo caedunt. Dat signum ruina, eamque solus intelligit in cacumine montis ejus pervigil. Hic voce ictuve evocari jubet opras , pari ter- que ipse devolat. Mons fractus cadit ab sese longe , fra- gore qui concipi liumana mente non possit, et flatu in- credibili. Spectant victores ruinam naturae. Nec tamen adhuc aurum est : nec sciere esse, quum fodere. Tanta- que ad pericula et impendia satis fuit causae, sperare quod cuperent. Alius par labor, ac vel majoris impendii , flumina ad lavandam hanc ruinam jugis montium ducere obiter a centesimo plerumque lapide. Corrugos vocant, a corri- vatione, credo : nimirum et hic labor est. Praecepisse HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 53 le rencontrer des barrires de silex ; on s'en dbarrasse l'aide du feu et du vinaigre: mais plus ordinairement, comme la fume et la vapeur toufferaient les mineurs, on brise la roche en fragmens d'environ cent cinquante livres, qu'on enlve nuit et jour et au sein des tnbres, force d'paules. Le plus loign passe le bloc son voisin; le dernier seulement aperoit la lumire. Dans le cas o le silex aurait trop d'paisseur, on conduit sur ses flancs un canal qui le tourne. Le silex n'est pas l'ob- stacle le plus difficile surmonter dans les mines : il s'y trouve une espce de terre argileuse mle de gravier, et qu'on nomme terre blanche. L'entamer est presque chose impossible; ou l'attaque avec des coins en. fer et coups de marteau : il n'est point de substance plus dure ; la soif de l'or seule -est plus opinitre qu'elle. L'ouvrage achev, on attaque les pihers des votes. La chute pro- chaine de la masse s'annonce par un tremblement vi- sible pour celui-l seul qui veille sans interruption sui- la cime de la montagne. Il crie ou frappe aussitt poui* lappeler les travailleurs, et fuit lui-mme en diligence. La montagne brise croule loin de l'emplacement qu'elle occupait avec un fracas que l'imagination ne peut con- cevoir : un vent puissant s'chappe de ses flancs. Les mineurs victorieux contemplent cette catastrophe de la nature. Cependant ce n'est pas encore l de l'or: ils ont creus sans tre certains d'en dcouvrir. Pour dcider tant de dangers , tant de frais , il a suffi de l'esprance. Un autre travail, plus dispendieux peut-tre, c'est d'a- mener, sur les flancs du mont, des fleuves qui coulent cent milles de distance, pour laver ces boulemens. Cette opration s'appelle corruge, probablement du mot corri- i>atio. Voici en quoi elle consiste : il faut d'abord s'assurer 54 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. libramentum oportet, ut furat is qua influt : itaque altissimis partibus ducitur. Convallis et intervalla sub- structis canalibus junguntur. Alibi rupes invise caedun- tur, sedemque trabibus cavatae praebere cpguntur, Is qui caedit , funibus pendet , ut procul intuentibus species ne ferarum quidem , sed alitum fit. Pendentes majore ex parte librant, et lineas itineri praeducunt. Itaque insi- stentis vestigiis hominis locus non est. Manus trahunt omne vitium in sportis. Id genus terrae urium vocant. Ergo per silices calculosve ducuntur, et urium vitant. Ad capita dejectus in superciliis montium piscinae ca- vantur : ducentos pedes in quasque partes , et in alti- tudinem denos. Emissaria in bis quina pedum qua- dratorum ternum fere linquuntur, et repleto stagno excussis obturamentis erumpit torrens tanta vi , ut saxa provolvat. Alius etiamnum in piano labor. Fossae per quas pro- fluat, cavantur : agangas vocant : eae sternuntur grada- tim ulice. Frutex est roris marini similis, asper, aurum- que retinens. Latera cluduntur tabulis , ac per praerupta suspenduntur , canali ita profluente de terra in mare. His de causis jam promovit Hispania. In priore gnre , mSTOIRE NATURELLE , LIV. XXXIIL 55 d'une pente, afin que l'eau courre avec plus de force sur le point qu'elle arrose; c'est donc des lieux les plus levs possibles qu'on fait tomber le corruge. S'il se trouve une valle ou une fissure sur la ligne qu'il doit suivre, on rtablit l'uniformit de la pente l'aide d'a- quducs. Ailleurs on taille des rochers inaccessibles, on les perce, et leurs ouvertures reoivent de grosses pou- tres. Pour pratiquer l'ouverture, l'ouvrier est suspendu des cordes , de sorte qu'en voyant de loin cette opra- tion trange, on croit avoir sous les yeux, non pas des btes sauvages, mais des oiseaux. Ainsi suspendus, ils prennent le niveau et dterminent la ligne que suivra le corruge, sans jamais trouver d'endroits oii ils puissent poser le pied. Toute terre vicieuse s'enlve la main, puis est mise dans des corbeilles : c'est ce que l'on nomme urium. L'art consiste donc faire passer le con- duit dans le silex ou sur le gravier, et viter l'urium. La prise d'eau se trouve sur quelques points levs de la montagne. L on creuse des rservoirs de deux cents pieds de long sur deux cents de large et sur dix de pro- fondeur. On y pratique cinq ouvertures de trois pieds carrs, qu'on bouche avec des bondes; puis on remplit le rservoir et on ouvre les cinq bouches. L'eau s'lance en torrent, et avec tant de violence, qu'elle entrdne des quartiers de l'oc. En plaine commence un nouveau travail. Il faut creu- ser , pour l'coulement des eaux , des conduits qu'on nomme aganges ; de distance en distance la pente est ralentie par un lit d'ulex, arbuste assez semblable au romarin, pineux et propre retenir l'or. Les parois de l'agange sont revtues de planches , et les canaux ([u'ellcs forment passent au dessus des prcipices pour / 56 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXXIII. quae exhauriuntur immenso labore, ne occupent puteos, in hoc rigantur. Aurum arrugia quaesitum non coquitur, sed statim suum est. Inveniuntur ita massae. Nec non in puteis etiam denas excedentes libras. Palacas Hispani , alii palacurnas : iidem quod minutum est , balucem vo- cant. Ulex siccatus uritur, et cinis ejus lavatur substrato cespite herboso , ut sidat aurum. Vicena millla pondo ad hune modum annis singulis Asturiam atque Gallaeciam et Lusitaniam prstare quidam prodiderunt, ita ut plu- rimum Asturia gignat. Neque in alia parte terrarum tt ssecuhs haec fertilitas. Italiae parci vetere interdicto pa- trum diximus : ahoqui nuUa fecundior metallorum quo- que erat tellus. Exstat lex censoria Ictimulorum aurifo- dinge, vercellensi agro, qua cavebatur, ne plus quinque milUbus hominum in opre pubHcani haberent. ', De auripigmento. XXII. Aurum faciendi est etiamnum una ratio ex au- ripigmento , quod in Syria foditur pictoribus , in summa tellure , auri colore , sed fragili , lapidum specularium modo. Invitaveratque spes Caium principem avidissimum auri : quamobrem jussit excoqui magnum pondus : et plane fecit aurum excellens , sed ita parvi ponderis , ut HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 5? se rendre la mer. Les sdimens ainsi forms ont dj recul les limites de l'Espagne. C'est aussi dans de pa- reils canaux qu'on lave l'or si pniblement extrait des puits , sinon ceux-ci seraient bientt obstrus. L'or fourni par les arrugies n'est point soumis la fusion , il est parfait ds cet instant. On on trouve des blocs. Les puits aussi fournissent des masses de plus de dix livres : c'est ce qu'on appelle en Espagne palaque, ou bien palacurne. L'or en grain se nomme baluce. L'ulex tir de l'eau , on le brle , et on lave sa cendre sur un lit de gazon o l'or se dpose. Selon des auteurs, l'As- lurie, la Gallcie et la Lusitanie donnent ainsi annuel- lement vingt mille livres pesant d'or. I/Aslurie est la plus fconde des trois contres; nulle autre sur le globe ne montre une abondance si marque et si soutenue. J'ai dit plus Iiaut qu'un antique snalus-consulte piescrivit aux mineurs d'pargner l'Italie. Sans cette loi, nul lieu dans le monde ne se vanterait dplus de richesses mtalliques. On a encore un dit censorial par lequel il est interdit aux publicains d'employer plus de cinq mille hommes aux mines d'Iclimule , dans le district de Verceil. De l'orpiment. XXn. On obtient aussi de l'or en oprant sur l'orpi- ment; ce minerai se trouve en Syrie, fleur de terre. Les peintres en usent ; il offre la nuance de l'or, mais la fragilit de la pierre spculaire. Dans l'espoir de satis- faire son extrme cupidit , Caligula fit jeter dans les fourneaux quantit d'orpiment. L'or obtenu tait excel- lent, mais en si petite quantit, qu'il y avait de la perte ; ce prince avare le sentit , quoique la livre d'orpiment 58 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII detrimentum sentiret , illud propter avaritiam expertus ; quamquam auripigmenti librae xi v permutarentur : nec postea tentatum ab ullo est. De electro. XXIII. Omni auro inest argentum vario pondre , alibi nona, alibi octava parte. In uno tantum Galliae mtallo , quod vocant albucrarense , tricesima sexta portio invenitur : ideo ceteris praeest. Ubicumque quinta argenti portio est, electrum vocatur. Scrobes eae repe- riuntur in canaliensi. Fit et cura electrum argento addito. Quod si quintam portionem excessit, incudibus non re- sistit. Et electro auctoritas, Homero teste qui Menelai regiam auro , electro , argento , ebore fulgere tradit. Mi- nervae templum habet Lindos , insulae Rhodiorum , in quo Helena sacravit calycem ex electro. Adjicit historia, mammae suae mensura. Electri natura est , ad lucerna- rum lumina clarius argento splendere. Quod est nati- vum, et venena deprehendit. Namque discurrunt in ca- lycibus arcus , caelestibus similes , cum igneo stridore : et gemina ratione praedicunt. Primae aureae statuse. XXIV. Aurea statua prima omnium nulla inanitate HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 5;) ne valt que quatre deniers. Personne n'a, depuis, re- nouvel l'exprience. De l'lectriim. XXIIl. Tout or contient de l'argent, mais en quan- tit variable : ici un neuvime , l un huitime. En Gaule, dans la seule mine d'Albucrare, l'argent n'est qu'un trente-sixime ; aussi est-ce l que se trouvent les plus riches minerais d'or. Quand l'argent forme un cinquime, la masse se nomme lectrum. On trouve des filons de cette espce dans l'or canalique. L'art fa- brique aussi l'lectrum , en ajoutant l'or un volume d'argent ; si la proportion de ce dernier dpasse un cinquime, le mlange ne peut rsister au marteau. L'lectrum n'est pas sans prix ; tmoin Homre , qui nous montre le palais de Mnlas resplendissant d'or, d'lectrum , d'argent et d'ivoire. Dans le temple de Mi- nerve, Linde , dans l'le de Rhodes, Hlne consacra une coupe d'lectrum ; la tradition ajoute que la forme vn avait t prise sur une mamelle de la princesse. Le caractre de l'lectrum est d'avoir , aux lumires , un clat plus vif que l'argent. De plus, l'lectrum natif d- cle la prsence du poison ; car, ds qu'on en verse dans la coupe, des iris se promnent sur sa surface, avec un bruissement pareil celui de la flamme : double indication du danger. Premires statues d'or. XXIV. La premire statue d'or massif, antrieure 6o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. et antequam ex are aliqua illo modo fieret , quam vo- cant holosphyraton , in templo Anaitidis posita dicitur (quo sit situ terrarum nomen hoc significavimus), nu- mine gentibus illis sacratissimo. Direpta est Antonii parthicis rbus. Sci tunique narratur dictum unius vete- ranorum Bononiae, hospitali divi Augusti cna, quum interrogaretur, essetne verum, eum qui primus violas- set hoc numen, ocuHs membrisque captum exspirasse? Respondit enim, tum maxime Augustum de crure ejus cnare, seque illum esse, totumque sibi censum ex ea rapina. Hominum primus et auream statuam et soh- dam Gorgias Leontinus Delphis in templo sibi posuit , Lxx circiter olympiade. Tantus erat docendae oratori artis quaestus. Medicinas ex auro , vm. XXV. Aurum plurimis modis poUet in remediis. Vul- neratisque , et infantibus adplicatur, ut minus noceant , quae inferantur, veneficia. Est et ipsi superlato vis male- fica, gallinarum quoque et pecorum feturis. Remedium est abluere illatum , et spargere eos quibus mederi velis. Torretur et eum salis gemino pondre , triplici miseos , et rursum eum duabus salis portionibus , et una lapidis , quem schiston vocant : ita virus tradit rbus una cre- matis in fictili vase, ipsum purum et incorruptum. Re- liquus cinis servatus in fictili , et ex aqua illitus , lichc- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIIL 6t mme aux statues de bronze, nommes holosphyrates , a t celle du temple de Diane Anatide; nous avons dit plus haut en quel lieu ce temple tait situ. Cette statue tait l'objet des hommages les plus solennels ; des sol- dats se la partagrent dans l'expdition d'Antoine contre les Parthes. On a rpt un bon mot d'un vtran de Bologne : il recevait Auguste sa table. Est-il vrai , demanda l'empereur, que le premier qui a port la main sur cette statue, soit mort aveugle et paralytique? Au- guste, dit le vtran, vous avez soupe de la jambe de la desse. C'est moi qui l'ai touche le premier, et toute ma fortune vient de l. I.e premier qui se soit fait riger une statue d'or massif, est Gorgias de Lontium : il l'a place Delphes, dans le temple, vers la soixante- tlixime olympiade. Tant alors un rhteur pouvait ac- qurir de richesses ! Remdes tirs de l'or, 8. XXV. L'or fournit plusieurs remdes : on l'applique aux blesss et aux enfans, pour diminuer la puissance des malfices. Lui-mme il agit comme malfice, surtout sur les poussins et les jeunes agneaux, lorsqu'on en passe sur leur tte. Le remde alors est de donner un la- vage au mlai, et d'en asperger ensuite ceux qu'on veut gurir. On peut aussi torrfier de l'or, avec deux fois son poids de sel , trois fois son poids de misy , dans un vase de terre , et , de plus , avec deux parties de sel et une de la pierre qu'on appelle schiste. Ainsi brl, l'or, sans perdre de sa puret, communique un principe fatal tous les autres ingrdiens. Le rsidu est une cendre 6a C. PUNII HIST. NAT. UB. XXXIII. nas in facie sanat. Lomentu eum convenit ublui. Fistulus etiam sanat , et quae vocantur liaemorrhoides. Quod si tritus piunex ajijiciatur , piitria ulcra et tetri odoris emendaL x melle vero decoctuiii cum melanthio , et illitum unibilico , leniter solvit alvum. Auro verrucas curari M. Varro auclor est. De chrysocolla. XXVI. 5. Chrysocolla humor est in puteis , quos diximus , per venam auri defluens , crassescente limo ri- goribus hibernis usque in duritiam pumicis. Laudatio- rem eamdem in srariis metallis, et proximam in argen- tariis fieri compertum est. Invenitur et in plumbariis, vilior etiam auraria. In omnibus autem iis metallis fit et cura y multiim infra naturalem illam : immissis in venam aquis leviter hieme tota, usque in junium mensem, dein siccatis in junio et julio : ut plane intelligatur nihil aliud chrysocolla , quam vena putris. Nativa duritia maxime distat : luteam vocant. Et tamen illa quoque herba , quam lutum appellant , tingitur. Natura est , quae lino lanaeve, ad succum bibendum. Tunditur in pila, deinde tenui cribro cernitur : postea molitur, ac deinde tenuius cribratur. Quidquid non transmeat, re- petitur in pila , dein molitur. Pulvis semper in catinos digeritur, et ex aceto niaceratur, ut omnis duritia solva- HISTOIRK NATURELLE, LIV. XXXIIL G^ cju'oii ^arde dans des vaisseaux de terre , et qui , dlrem- pe dans de l'eau , est bonne pour desscher les dartre de la (i[ure. On doit ensuite se laver avec une dcoction de fves. La mme cendre gurit les fistules et les hmor- rliodes. En y ajoutant de la pierre-ponce broye , on dis- sipe les ulcres purulens et ftides. Bouillie dans le miel avec du mlanlhium , et applique en Uniment sur le nombril, elle forme un laxatif doux. Selon Varron, l'or gtirit les verrues. Chrysocolle. XXVI. 5. IjSk chrysooile est une eau qui coule le long des filons dans les puits ci-dessus dcrits, et y forme, pendant l'hiver, des concrtions de la duret de la pierre- ponce. Il est prouv que la meilleure est celle que don- nent les mines d'airain, celle des mines d'argent n'a que le second rang. On en trouve aussi dans les mines de plomb; mais elle vaut moins encore que celle des mines d'or. Du reste, l'art peut en obtenir de tous les mtaux ci-dessus; seulement la qualit en est toujours infrieure. Pour y parvenir, on introduit pendant l'hiver, sur le filon, de lgres veines d'eau qu'on y laisse sjourner jusqu'en juin; en juin et juillet, on lais.se scher le filon; on voit donc que la chrysocolle n'est autre chose que le mtal mme dcompos, La chrysocolle native se dislingue par sa consistance. On l'appelle chrysocolle jaune. Cependant on la teint encoie l'aide de l'herbe lutum (gaudej. Cette chrysocolle a, comme le fil et la laine, la proprit de boire les sucs. On peut la broyer dans un mortier, la tamiser dans un crible fin , la moudre ensuite, et enfin arriver, par un nouveau tamisage, une poudre impalpable. Ce qui ne passe point est remis 64 C. PLINil HIST. NAT. LIB. XXXIII. tur : ac rursus tunditur, dein lavatur in conchis, sicca- lurque. Tune tingitur alumine schisto, et herba supra dicta : pingiturque, antequam pingat. Refert quam bi- bula docilisque sit. Nam nisi rapuit colorem, adduntur scytanum atque turbystum : ita vocant medicamenta sorbere cogentia. Ratio ejus in pictuns. XXVII. Quum tinxere pictores , orobitin vocant , ejusque duo gnera faciunt : luteam , quae servatur in lomentum : et liquidam , globulis sudore resolutis. Haec utraque gnera in Cypro funt. Laudatissima in Arme- nia , secunda in Macedonia , largissima in Hispania. Summa commendationis , colorem in herba segetis laete virentis quam simillime reddat. Visumque jam est Ne- ronis principis spectaculis arenam Circi chrysocolla sterni , quum ipse concolori panno aurigaturus esset. Indocta opificum turba tribus eam generibus distinguit : asperam, quae taxatur in libras denariis vu : mediam, quae denariis quinis : adtritam , quam et herbaceam vo- cant, quae x m. Sublinunt autem arenosam, priusquam inducant, atramento, et paraetonio. Haec sunt tenaria ejus et colori blanda. Paraetonium , quoniam est natura HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXXIII. 65 au mortier, puis la meule. On met la poudre dans des euves, o on la fait macrer avec du vinaigre, afin d'en- lever ce qui lui reste de consistance. On broie de nou- veau, on lave dans des conques, on fait scher : alors on procde la teinture , l'aide d'alun schiste et de lutum ; ainsi la substance colorante reoit pralablement des couleurs factices. Il est essentiel de rendre d'abord la chrysocolle bibace et souple; en cas d'absence de ces deux qualits, on ajoute le scylane et le turbvste. Ces deux substances rendent la chrysocolle apte boire tous les sucs. Son emploi dans la peinture. XXVIl. La chrysocolle employe par les peintres prend le nom d'orobitis ; elle est de deux sortes : Tune, jaune, se conserve en bol ou pte; l'autre, liquide, est forme par la solution de globules solides. L'une et l'autre se font dans l'le de Cypre : la meilleure vient d'x\rmnie; la seconde de Macdoine; la plus riche en partie colorante est celle d'Espagne. On estime surtout celle dont la nuance est celle du bl tendre dans sa ver- dure la plus frache. Sous Nron, on a vu, dans les jeux donns par ce prince, l'arne du Cirque sable tout en- tire en chrysocolle; l'empereur devait y conduire lui- mme un char, en costume de mme couleur. La foule ignorante des ouvriers distingue trois espces de chry- socolle: l'pre, qui vaut sept deniers la livre; la moyenne, cinq deniers; la pile , ou herbace, qui en vaut trois. Avant d'employer la premire, qui est comme graveleuse, on applique de l'atrament et du partonium. Ces compo- sitions font tenir la chrysocolle, et rendent la nuance j)lns douce l'il. Le partonium tant trs-gras, trs- XIX. 5 66 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIil. pinguissimum , et propter laevorem tenacissimum , atra- mento adspergitur, ne partonii candor pallorem chry- socollae adferat. Luteam putant a luto herba dictam , quam ipsam caeruleo subtritam , pro chrysocolla indu- cunt, vilissimo gnre atque fallacissimo. Ex chrysocolla medicinae vi. XXVIII. Usus chrysocoll et in medicina est ad pur- ganda vulnera cum cera et oleo. Eadem per se arida siccat et contrahit. Datur et in angina , orthopnave , lingenda cum melle. Concitat vomitiones : miscetur et collyriis ad cicatrices oculorum : ac viridibus emplastris , ad dolores mitigandos , et cicatrices trahendas. Hanc chrysocollam medici acesin appellant , quae non est orobitis. De aurificum chrysocolla, sive saterna. XXIX. Chrysocollam et aurifices sibi vindicant adglu- tinando auro : et inde omnes appellatam similiter utentes dicunt. Temperatur autem ea cypria aerugine, et pueri impubis urina, addito nitro. Teritur cyprio are in cy- priis mortariis : santernam vocant nostri, Ita ferrumi- natur aurum , quod argentosum vocant. Signumque est , si addita santerna nitescit. E divers aerosum contrahit se, hebetaturque, et difficulter ferruminatur. Ad id glu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 67 lisse, et ds-lors trs-tenace, c'est lui qu'on fixe le premier. L'atrament superpos empche l'effet du partonium, dont la blancheur rendrait la chrysocolle ple. La lutea ( tel est le nom de la chrysocolle jaune ) s'appelle ainsi de l'herbe lutum. Elle se broie quelquefois avec du bleu, et se dbite sous le nom de chrysocolle; c'est, de toutes les espces , la moins estime et la moins bonne. Six remdes tirs de la chrysocolle. XXVIII. La chrysocolle est aussi d'usage en mdecine. Avec la cire et l'huile , elle nettoie les blessures ; seule et l'tat sec, elle est siccative et raffermit. On l'administre dans l'angine et dans l'orthopne; on la fait alors lcher avec du miel. C'est, de plus, un vomitif. Elle entre dans les collyres pour les cicatrices des yeux , et dans les em- pltres verts dont le but est de diminuer les douleurs ophthalmiques et de faire disparatre les cicatrices. La chrysocolle des mdecins se nomme acsis , et diffre de l'orobitis , ou chrysocolle des peintres. De la chrysocolle des orfvres , ou saterne. XXIX. Les orfvres emploient aussi la chrysocolle pour souder l'or. De l mme le nom gnrique de chry- socolle. A cet effet, on la combine avec le verdet, l'u- rine d'enfant impubre, et le nitre. On broie le tout avec un pilon , et dans un mortier de cuivre : le m- lange s'appelle santerne. C'est l'or dit argenteux qu'on soude de cette manire ; on le reconnat l'clat qu'il prend ds qu'on applique la santerne. L'or ml de cuivre, au contraire, semble se contracter, s'mousser, et ne prend que difficilement la soudure. On fait encore de la 5. 68 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. tinum fit, auro, et septima parte argenti ad supradicta additis, unaque contritis. Mirabilia naturae, glutinandis intr se, et perficiendis metallicis rbus. XXX. Contexi par est reliqua circa hoc , ut universa naturae contingat admiratio. Auri glutinum est taie. Ar- gilla ferro , cadmia aeris massis , alumen laminis , rsina plumbo et niarmori : sed plumbum nigrum albo jungi- tur, ipsumque album sibi oleo. Item stannum ramen- tis, stanno argentum. Pineis optime lignis ges ferrumque funditur : sed et aegyptia papyro : paleis aurum. Calx aqua accenditur, et thracius lapis : idemque oleo restin- guitur. Ignis autem aceto maxime , et visco , et ovo. Terra minime flagrat. Carboni major vis exusto , ite- rumque flagranti. De argenlo. XXXI. 6. Ab bis argenti metalla dicantur, quae se- quens insania est. Nonnisi in puteis reperitur, nullaque sui spe nascitur : nullis, ut in auro, lucentibus scintillis. Terra est alia rufa, alia cineracea. Excoqui non potest, nisi cum plumbo nigro, aut cum vena plumbi. Galenam vocant, quae juxta argenti venas plerumque reperitur. Et eodem opre ignium descendit pars in plumbum , ar- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. Gg soudure pour or, en ajoutant aux ingrdiens dj nom- ms , et en broyant ensemble de l'or et un septime d'argent. Mei'veilles de la nature dans la soudure et l'affinage des mtaux. XXX. Groupons auloui* de ces indications quelques dtails analogues; que nulle des merveilles de la nature ne nous chappe ici, Otj soude l'or avec la chrysocolle; te fer avec l'argile; le cuivre en masse avec la cadmie ( calamine); le cuivre en lame avec l'alun ; le plomb et le marbre avec la rsine ; le plomb noir avec du blanc ; le blanc avec de l'huile et sa propre substance. De plus, l'lain se soude avec la limaille de cuivre; l'argent avec rtain; le bois de pin est parlent pour la fusion du cuivre et du fer : le papyrus d'Egypte n'est pas moins bon ; le feu de paille fond l'or avec rapidit. La chaux, ainsi que la pierre de Thrace, s'enflamme par le contact de l'eau; l'huile en fait cesser la combustion; le vinaigre, la glu, les ufs, teignent le feu merveille. Rien n'est moins combustible que la terre. Le charbon brle mieux quand, aprs une premire combustion , on l'allume de nouveau.. De l'argent. XXXL G. De l'or passons l'argent , notre seconde folie. On ne l'extrait que des puils : nul indice ne fait prsumer son existence. Jamais de paillettes qui, comme celles de l'or, tincellent et l notre il ; c'est une terre tantt rousse, tantt couleur de cendre. La fusion est impossible si l'on n'ajoute au minerai du plomb noir ou de la galne, sorte de minerai de plond) qu'on trouve d'ordinaire ct des filons argentifres. Dans la fonte, 70 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. gentum autem superne innatat, ut oleum aquis. Repe- ritur in omnibus pne provinciis , sed in Hispania pulcherrimum : id quoque in sterili solo, atque etiam montibus : et ubicumque una inventa vena est , non procul invenitur alia. Hoc quidem et in omni fere ma- teria : unde metalla Graeci videntur dixisse. Mirum , adhuc per Hispanias ab Annibale inchoatos puteos du- rare , sua ab inventoribus nomina habentes. Ex queis Bebulo appellatur hodieque , qui ccc pondo Annibali subministravit in dies , ad mille quingentos jam passus cavato monte, per quod spatium Aquitani stantes diebus noctibusque egerunt aquas lucernarum mensura, amnem- que faciunt. Argenti vena, qu in summo reperta est, crudaria appellatur. Finis antiquis fodiendi solebat esse alumen inventum : ultra nihil quaerebatur. Nuper in- venta aeris vena infra alumen alba , finem spei fecit. Odor ex argenti fodinis inimicus omnibus animalibus , sed maxime canibus. Aurum argentumque quo mollius, eo pulchrius. Lineas ex argento nigras produci plerique mirantur. De argento vivo. XXXII. Est et lapis in his venis, cujus vomica li- quoris aeterni argentum vivum appellatur : venenum rerum omnium. Exest ac perrumpit vasa permanans tabe dira. Omnia ei innatant , praeter aurum : id unum HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 7 le plomb tombe au fond; l'argent surnage, comme l'huile sur l'eau. Toutes nos provinces presque nous en four- nissent ; mais c'est d'Espagne que vient le plus beau. C'est encore aux localits striles , aux monts, qu'il faut le demander. Au reste, ds qu'on y trouve un gte d'ar- gent , on est sr d'en dcouvrir bientt un autre. Ce plinomne se reproduit presque pour tous les mtaux; et de l peut-tre le nom que les Grecs leur ont donn. Des puits ouverts en Espagne par Annibal, et qui por- tent le nom des inventeurs, fournissent encore de l'ar- gent. Un d'eux , celui qu'on nomme Bbulon , donnait par jour trois cents livres pesant au gnral. Il a t pouss dans le mont sur une longueur de quinze cents pas; et dans tout cet espace, on voit jour et nuit des Aquitains occups jeter l'eau et faire un courant qui l'entrane. Le filon argentifre qu'on trouve le pre- mier se nomme veine crue. Anciennement on cessait les fouilles ds qu'on arrivait une couche d'alun. Au- jourd'hui on ne renonce l'espoir que quand, sous l'a- lun, se trouve un lit de cuivre blanc. Les exhalaisons qui s'chappent des mines d'argent sont funestes tous les animaux , mais surtout aux chiens. Moins l'or et l'argent ont de consistance, plus ils ont de beaut. Une particularit surprenante aux yeux de bien des gens, c'est la couleur noire des lignes traces avec de l'argent. Du vif-argent. XXXIL Les mmes mines donnent une pierre d'oii s'chappe une substance qui reste perptuellement li- quide , et qu'on appelle vif-argent; c'est un dissolvant imiversel qui ronge et perce les vases travers lesquels transsudc le fluide destructeur. Toutes les substances sur- 72 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. ad se trahit. Ideo et optime purgat, ceteras ejus sordes exspuens crebro jactatu fictilibus in vasis, alutis injectis. Sed ut ipsum ab auro discedat, in pelles subactas effun- ditur, per quas sudoris vice defluens, purum relinquit aurum. Ergo et quum ara inaurantur, sublitum bracteis pertinacissime retinet. Verum pallore detegit simplices aut prae tenues bracteas. Quapropter id furtum quaeren- tes , ovi liquore candido usum eum adulteravere : mox et hydrargyro , de quo suo dicemus loco. Et alias argen- tum vivum non larguin inventum est. De stimi , sive stibi , sive alabastro , sive larbaso , sive platyophthalmo. XXXIII. In iisdem argenti metallis invenitur, ut pro- prie dicamus , spumae lapis candidae nitentisque , non tamen translucentis : stimi appellant, alii stibium, alii alabastrum, alii larbason. Duo ejus gnera, mas et fe- mina. Magis probant feminam : horridior est mas , sca- briorque , et minus ponderosus , minusque radians et arenosior : femina contra nitet , friabilis , fissurisque , non globis debiscens. Ex eo medicinae vu. XXXIV. Vis ejus adstringere, et refrigerare : prin- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 7 3 nagent ce liquide, except l'or, qui se prcipite au fond : aussi est-il excellent pour affiner l'or. A cet effet , on met dans des vases de terre l'or ml de scories , qu'on secoue avec du vif-argent ; celui-ci rejette toutes les im- purets unies l'or, mais , en revanche, il s'attache lui- mme ce mtal ; pour l'expulser, on le verse dans des peaux que l'on foule, et au travers desquelles il transsude, laissant l'or dans toute sa puret. La dorure du cuivre nous montre encore l'affinit du vif-argent pour l'or, puisque c'est lui qui retient la feuille d'or attache l'autre mtal. Malheureusement , si la feuille est trop mince, sa pleur fait apercevoir la fraude. Aussi, les ou- vriers qui veulent gagner en donnant pour paisses des feuilles trs-minces, le falsifient soit avec des blancs d'ufs, soit avec l'hydrargyre , dont nous parlerons plus loin. Au reste, la dcouverte du vif-argent n'est pas de celles qui ont beaucoup de porte. Du stimi, slibi , alabastre, larbase ou platyophthalme. XXXIII. Les mmes mines d'argent donnent ce que proprement j'appellerai pierre d'cume. C'est une pierre blanche, brillante, opaque. Le nom vulgaire est poul- ies uns stimi, pour d'autres stibium ; ailleurs alabastre; ailleurs encore larbase. On en distingue de;ix sortes, l'une mle, l'autre femelle. La seconde est plus estime; la premire est plus rude , plus pre , moins pesante , moins brillante, et comme graveleuse. Le slimi femelle est brillant, friable, et se fend en lames, au lieu de se sparer en globules. Sept remdes tirs du stimi. XXXIV. C'est un rfrigrant et un astringent. On s'en 74 C. PLINII HIS. NAT. LIB. XXXIII. cipalis auteni circa oculos : namque ideo etiam plerique platyophthalmon id appellavere , quoniam in callible- pharis mulierum dilatet oculos. Et fluxiones inhibet ocu- lorum, exulcerationesque , farina ejus ac thuris, gummi admixto. Sistit et sanguinem e cerebro defluentem. Eff- cacior et contra recentia vulnera : et contra veteres ca- num morsus inspersus farina : et contra ambusta igni , cum adipe , ac spuma argenti , cerussaque , et cera. Uritur autem offs bubuli fmi circumlitum in clibanis : dein restinguitur mulierum lact , teriturque in morta- riis, admixta aqua pluvia. Ac subinde turbidum trans- funditur in reum vas , et mundatur nitro. Faex ejus in- telligitur plumbosissima, queeque subsedit in mortario , abjiciturque. Dein vas , in quo turbida transfusa sunt , opertum linteo per noctem relinquitur, et postero die quod innatat, effunditur, spongiaque toUitur. Quod ibi subsedit, flos intelligitur , ac linteolo interposito in sole siccatur , non ut perarescat. Iterumque in mortario te- ritur, et in pastillos dividitur. Ante omnia autem urendi modus necessarius est, ne plumbum fit. Quidam non fimo utuntur coquentes, sed adipe. Alii tritum in aqua triplici linteo saccant, faecemque adjiciunt , idque quod defluxit , transfundunt , quidquid subsidat colligentes : emplastris quoque et collyriis miscent. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. 7^ sert surtout pour farder les paupires. Il dilate les yeux, ce qui lui a valu le nom de platyophtlialme, et entre dans les prparations calliblpliariques des femmes. Il arrte les fluxions et les ulcres des yeux, en mlant sa poudre avec la poudre d'encens et la gomme. Il fait de mme cesser les hmorrhagies nasales : il est encore plus puis- sant contre les plaies fraches. Saupoudr de farine, il prvient les effets des anciennes morsures de chien ; avec la graisse, l'cume d'argent et la cire, il gurit les brlures. On le recouvre de fumier de buf, puis on le fait calciner dans un fourneau ; ensuite on l'teint avec du lait de femme, et on le broie dans un mortier avec de l'eau de pluie. La matire trouble qui en rsulte se transvase dans un vaisseau de cuivre o on la purifie l'aide de nitre. On rejette le marc plombode qui est tomb au fond du mortier. On couvre d'un linge le vase o l'on a vers le stibium encore trouble; et quand il a ainsi pass une nuit, on incline le vase pour pancher ce qui surnage la surface , ou bien on l'enlve avec l'ponge. Le sdiment, qu'on nomme fleur, est^mis au soleil, mais couvert d'un linge; on ne l'y laisse pas en- tirement desscher. Alors on broie de nouveau dans le mortier, et l'on partage la masse en trochisques. L'essen- tiel, dans cette opration, est de gouverner la torrfac- tion de manire ne pas changer le stibium en plomb. Au fumier quelques-uns substituent de la graisse: d'au- tres broient en imbibant d'eau , filtrent dans un linge pli en trois, jettent le marc, transvasent la partie li- quide et en recueillent tout le dpt. Ils les mlent en- suite dans les empltres et les collyres. 76 C, PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. De scoria argenti. Medicinae ex ea. XXKV. Scoriam in argento Graeci vocant helcysma. Vis ejus adstringere et refrigerare corpora. Additur em- plastris , ut molybdaena , de qua dicemus in plumbo , cicatricibiis maxime glutinandis : et contra tenesmos , dysenteriasque , infusa clysteribus cum myrteo oleo. Addunt et in medicamenta , quae vocant liparas , ad cxcrescentia ulcerum , aut ex adtritu facta , aut in ca- pite manantia. Fit in iisdem metallis, et quae vocatur spuma argenti. Gnera ejus tria : optima quam chrysitin vocant : se- cunda , quam argyritin : tertia , quam molybditin. Et plerumque omnes hi colores in iisdem tubuUs inveniun- tur. Probatissima est attica , proxima bispaniensis. Chrysitis ex vena ipsa fit, argyritis ex argento, molybdi- tis plumbi ipsius fusura, qu fit PuteoUs, et inde babet nomen. Omnis autem fit excocta sua materia ex supe- riori catino defluens in inferiorem , et ex eo sublata ve- ruculis ferreis , atque in ipsa flamma convoluta , ut sit modici ponderis. Est autem, ut ex nomine ipso intelligi potesl, fervescentis materiae spuma. Distat a scoria, quo potcst spuma a fce distare. Alterum purgantis se ma- teriae, alterum purgatae vitium est. Quidam - tion. Cependant on ne cite de lui que huit morceaux parfaits; et mme, dit-on, aucun n'existe aujourd'hui; les incendies du temple de Diane, Ephse, et du Ca- pitole ont tout dtruit. Varron crit qu'il avait mme de lui une statue de bronze. Aprs Mentor, les artistes les plus admirs sont Acragas, Bothus etMys; on a d'eux tous quelques morceaux dans l'le de Rhodes; une Mi- nerve de Bothus Linde ; Rhodes mme , dans le temple de Bacchus , des Bacchantes et des Centaures cisels sur des coupes par Acragas ; un Silne et des Amours par Mys, dans le mme temple. On vante les chasses graves sur des coupes par Acragas. Ensuite viennent Calamis, Antipater et Stratonicus , auteur d'un Satyre endormi, sculpt, ou plutt, disait-on, pos mol- lement sur une coupe. Aprs eux on cite Tauriscus de Cyzique, Ariston et Eunicus de Mitylne, Hcate, et, vers iio C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. Pompeii aetatem Praxiteles , Posidonius Ephesius, Laedus Stratiates, qui prlia armatosquecselavit: Zopyrus, qui Areopagitas, et judicium Orestis, in duobus scyphis H-s XII stimatis. Fuit dein Pytheas , cujus duae unciae x venierunt. Ulysses et Diomedes erant in phialae emble- mate, Palladium subripientes. Fecit idem et cocos ma- giriscia appellatos , parvulis potoriis , sed e quibus ne exempla quidem liceret exprimere, tam opportuna in- juriae subtilitas erat. Habuit et Teucer crustarius famam. Subitoque ars haec ita exolevit , ut sola jam vetustate censeatur, usque adeo adtritis caelaturis, ne figura dis- cerni possit, auctoritas constet. Argentum medicatis aquis inficitur, atque etiam adflatu salso, sicut in medi- terraneis Hispaniae. De sile, et qui primi sile pinxerint, et qua ratione. LVI. In argenti , et auri metallis nascuntur etiamnum pigmenta , sil et cruleum. Sil proprie limus est. Opti- mum ex eo quod atticum vocatur. Pretium in pondo li- bras, X ii. Proximum marmorosum, dimidio attici pre- tio. Tertium genus est pressum , quod alii syricum vocant ex insula Syro. Jam quidem et ex Achaia , quo utuntur ad picturae umbras. Pretium in libras , h-s bini. Dupon- diis vero detractis , quod lucidum vocant , e Gallia ve- niens : hoc autem et attico ad lumina utuntur : ad aba- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIH. m l'ge du grand Pompe, Praxitle, Posidonius d'Ephse, Ldus Stratiale , auteur de batailles et guerriers cisels , et enfin Zopire : deux coupes de ce dernier, reprsen- tant l'Aropage et le procs d'Oreste , sont estimes 12,000 sesterces. Vint ensuite Pytlias , dont les ou- vrages se vendirent sur le pied de 10,000 sesterces les deux onces ; sur l'emblme d'une coupe il avait grav Ulysse et Diomde ravissant le Palladium. Il fit aussi pour de trs-petites coupes des magiriscies, ou dessins reprsentant des cuisiniers ; mais l'extrme dlicatesse de l'ouvrage est cause que les traits sont effacs , et ne peuvent aujourd'hui tre offerts comme modles. Teucer se fit un nom par ses incrustations; mais ce genre fut bientt abandonn , et l'on n'estime plus que les vieilles incrustations , dont les ciselures uses ne laissent plus distinguer de formes. L'argent s'altre par le contact des eaux minrales, et par l'action des vents de mer; l'Es- pagne intrieure l'prouve chaque jour. Du sil ; qui sont ceux qui peignirent les premiers avec le sil , et comment. LVI, Au sein des mines d'or et d'argent, se trouvent encore deux matires colorantes , le sil et l'azur. Le sil est, proprement parler, un limon; le meilleur est le sil attique : il vaut 2 deniers la livre. Vient ensuite le sil marbr, qui vaut moiti moins ; puis le sil fonc, ou sil syrique , que nous envoie l'le de Syros ; enfin le sil d'Achae, qui sert ombrer, et qui vaut 2 sester- ces la livre; le sil lucide, qui vient des Gaules, vaut deux as de moins. Le sil gaulois et le sil attique expriment les clairs et les jours. Pour les mosaques, on n'emploie que le marbr, parce que le marbre qu'il contient rsiste 112 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXll. coSjiion nisi marmoroso , quoniam marmor in eo resistit amaritudini calcis. EfTodltur et ad xx ab Urbe lapidem, in montibus. Postea uritur, pressum appellantibus qui adultrant. Sed esse falsum exustumque amaritudine apparet , quoniam resolutum in pulverem est. Sile pin- gere instituere primi Polygnotus et Micon, attico dum- taxat. Hoc secuta aetas ad lumina usa est : ad umbras auteni syrico et lydio. Lydium Sardibus emebatur, quod nunc omittunt. De caeruleo. LVII. i3. Cruleum arena est. Huj us gnera tria fuere antiquitus : aegyptium , quod maxime probatur. Scythi- cum , hoc diluitur facile : quumque teritur,in iv colores mutatur , candidiorem nigrioremve. Praefertur huic etiam- num cyprium. Accessit his puteolanum et liispaniense , arena ibi confci cpta. Tingitur autem omne, et in sua coquitur herba, bibitque succum. Reliqua confectura eadem qu chrysocollae. Ex caeruleo ft, quod vocatur lomentum : perficitur id lavando terendove : hoc est cae- ruleo candidius. Pretia ejus, x x in libras : crulei, x VIII. Usus in creta, calcis impatiens. Nuper accessit et Vestorianum ab auctore appellatum. Fit ex aegyptii le- vissima parte : pretium ejus, x xi in libras. Idem et pu- teolani usus, praeterque ad fenestras : vocant cyanon. Non pridemadportari et indicum est cptum, cujus pre- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. ii3 l'action corrosive de la chaux. On le tire des mon- tagnes, vingt milles de Rome ; on le brle ensuite, et ceux qui le falsifient le dbitent comme sil fonc. On reconnat la fraude et la combustion pralable , par l'amertume, et par la facilit avec laquelle il tombe en poussire. Polygnote et Micon les premiers employrent le sil, et seulement le sil attique en peinture. La priode suivante en usa pour les clairs ; le syrique et le lydien furent rservs pour les ombres. Ce dernier se vendait Sardes; aujourd'hui il est hors d'usage. De l'azur. LYIl. i3. L'azur est un sable. On en distinguait ja- dis trois sortes : i** l'gyptien, le plus estim de tous; 2 le scythique, dont la dissolution est prompte, et qui, broy, donne Heu quatre nuances, tant claires que fonces; 3 le cyprien , qu'on lui prfre aujourd'hui. A cette liste , il faut joindre l'azur d'Espagne et l'azur de Pouzzolcs , que l'on y fabrique aujourd'hui en tra- vaillant un sable particulier. Tout azur subit la teinture, et doit sa couleur au suc d'une herbe qu'on fait cuire avec lui, et dont il s'imbibe. Du reste, la manipulation est la mme que celle de la chrysocolle. L'azur se trans- forme en lomentum ,' ce qui se fait en lavant et broyant. Le lomentum est plus clair que l'azur. Il vaut dix de- niers la livre; l'azur huit. On l'emploie sur la craie, vu tju'il ne peut tenir sur la chaux. L'azur vestorien, ainsi nomm de Vestorius son auteur, est une invention r- cente. Sa base est l'azur gyptien, dgag des parties les plus grossires ; prix , onze deniers la livre. L'azur de Pouzzoles , autrement cyanon , s'emploie aux mmes XIX. 8 ii4 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIII. tiuin X VIII in libras. Ratio in pictura ad incisuras, hoc est , umbras dividendas ab lumine. Est et vilissimum g- mis lomenti , quidam tritum vocant, quinis assibus aes- timatum. Crulei sinceri experimentmn in carbone ut flagret: fraus, viola aridadecocta in aqua, succoque per linteum expresso in cretam eretriam. Medicinae ex caeruleo. LVIII. Vis ejus in medicina, ut purget ulcra. Itaque et emplastris adjiciunt : item causticis. Teritur autem difficillime sil. In medendo leviter mordet, adstringitque, et explet ulcra. Uritur in fctilibus, ut prosit. Pretia rerum , quae usquam posuimus , non ignoramus alia in aliis locis esse , et omnibus paene annis mutari , prout navigationes constiterint , aut ut quisque mercatus sit , aut aliquis praevalens manceps annonam flagellet : non obliti Demetrium a tota seplasia Neronis principatu ac- cusatum apud consules : poni taraen necessarium fuit , quae plerumque erant Rom, ut exprimeretur auctori- tas rerum. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIII. ii5 usages, et de plus aux fentres. Le commerce ne nous livre que depuis peu l'indicum , qui vaut huit deniers la livre. Les peintres s'en servent pour faire trancher, c'est--dire pour sparer l'ombre de 1a lumire. Un lo- mentum de trs-bas aloi se vend, sous le nom de lomen- tum broy, cinq as la livre. On s'assure de la puret de l'azur en le mettant sur les charbons : il doit y prenclre flamme ; pour falsifier l'azur, on fait bouillir dans l'eau des violettes sches, et on exprime le suc travers un linge sur de la craie d'Ertrie. Mdicamens tirs de l'azur. LVIIL L'azur sert en mdecine nettoyer les ulcres; aussi entre-t-il dans les empltres, mme dans les em- pltres caustiques. Le sil est trs-difficile broyer. En mdecine, il est mordant, astringent, et comble les vides des ulcres. Pour tre bon, il doit avoir t brl dans des pots de terre. Les prix fixs ci-dessus varient , je le sais , suivant les lieux , et mme d'anne anne , suivant les diffrences du fret et les circonstances d'a- chat, ou bien selon le monopole qu'un ngociant acca- pareur exerce sur la totalit d'un article : tmoin le procs de Demetrius , que la splasie entire accusa , sous Nron, au tribunal des consuls. Coter ainsi les substances , d'aprs les prix usuels Rome , tait ce- pendant ncessaire pour arriver quelque chose de fixe sur la valeur des divers articles. 8. NOTES DU LIVRE TRENTE-TROISIME. Chap. I , page 2 , ligne 6. Ipsque opes. Pour les anciens comme pour les rtrogrades et les novices en conomie poli- tique, l'or, l'argent, le platine, etc., auraient t ou furent les richesses ; un canal, un atelier, n'taient point dcors de ce titre. De l , dans Ovide , EffodiuDlur opes , irritamenta malorum. Metam. , lib. i. Rerum pretia , qui vient ensuite, est plus juste. Oui l'or, les mtaux prcieux donnent l'unit d'aprs laquelle on value tout, la mesure commune, indfiniment divisible, indfiniment multi- pliable laquelle tout peut et doit tre compar. On dira peut- tre que c'est la journe de travail humain, la journe de l'homme physique (et non encore intellectuel), qui est la vritable unit de laquelle tout part. D'accord; mais pour traduire toute quan- tit de travail humain d'une nature donne en une quantit quivalente de travail d'une autre nature , il faut trouver une seconde unit adquate de la premire : et cette unit , c'est un poids de mtal prcieux. Alors toutes les conventions se r- solvent par cette formule gnrale : l'unit de travail est au tra- vail prsent comme l'unit mtal est la quotit mtallique, prix du travail prsent. En d'autres termes , appelant / l'unit de tra- vail, n le nombre de fois que le travailleur a rpt cette unit (et il peut se faire que n soit au dessus comme au dessous de/), enfin o, l'unit argent ou mtal correspondante l'unit de tra- vail, on a t : lit : : a : ha NOTES DU LIVRE XXXIII. 117 Page2, ligne 11. Vimus/fue super excaatam. ^ne.f(et^\es\\\es ne semblent-elles pas suspendues sur les carrires qui se sont vicies pour suffire leur lvation ? Les capitales n'enfoucent-elles pas leurs racines dans les catacombes? A ct de toute Mgalopolis, Nikopolis , Sbastopolis , ne voyez-vous pas , comme le dit M. de Chaleaubriant, Ncropolis, cil des morts, qui doit en- gloutir les vivans? *" Ligne i5. Et in sede Manium, etc. Si Pline vivait, ceux qui ne se tiennent pas pour battus par une phrase mlancolico- hypochondriaque, rpondraient qu'on a toujours aim voyager au pays des fables : Fabulaeque Mnes- Et quant aux enfers , qui viennent un peu plus bas , ils promet- traient de s'arrter ds qu'ils en apercevraient le guichet, ou qu'ils sentiraient la fume des chaudires sulfureuses du Tartare, ou ds qu'ils entendraient les aboiemens du triple Cerbre. Toutefois , convenons que les graves mditations de Pline n'ont point le grotesque de Snque , qui procde ici par calembourg : Nec erubescimus... (non, nous n'en rougissons pas) summa apud nos habere qu fuerunt ima terrarum. Vraiment, Snque a donc creus bien avant pour voir ainsi le fond du globe, que les mineurs de Wieliczka, depuis six sicles, n'ont pas excav plus de quinze cents pieds de profondeur. Et si , de son temps, on et su , dans une ville prive d'eau , creuser un puits artsien cent mtres de profondeur, les habitans auraient donc eu bien rou- gir de porter aux nues cette eau , qui venait du fond des abmes du globe. 11 , page 4- 1 ligne 10. Chrjsocolla.... auri etiam sanes. Vojrcz plus bas, chap. 26. Ligne i5. Auximus pretia rerum clando carias fedmus. Comme le dit Ovide : Maleriam snperabat opus Metam. , lib. n. ii8 NOTES DU LIVRE XXXIII. Page 4 ligne i8. Inpocidis libidines , etc. C'est ce que Juvnal exprime avec son nergie ordinaire , dans ce lger hmistiche : Vitreo bibil ilie Priapo. Sat. II , V. 95. Il boil , il vide un Priape de verre. Lampride , dans la Vie d' Hliogabae , nous montre ce prtre du dieu de Syrie, mari par lui la desse de Carthage , la pu- dique Vnus , Urauie , couvrant sa table de vases d'argent , o d'antiques autant qu'lgantes ciselures reprsentaient, dans les postures les plus significaliveraent obscnes , des couples , et quelquefois des trios amoureux. Le lecteur nous saura gr de ne pas terminer sans joindre ici cette jolie pigramme d'- nomaiis: 'E xwi'a) To "EpatTsi" t/oc X^f'' 't p^TO ahtt AiS-frst x.jiitS'iiiy /* ryp Trp vetyt. yintholog. , lib. iv, ch. 18. Sur celle coupe , agitant son flambeau , L'Ainour ! TAmour na, jeune, ardent tout beau! Le vin tout seul , aux quatre coins de l'me , Met bien le feu point d'hiiile sur la flamme. Ligne ao. Mutrliina. Il en sera parl avec dtails, liv. xxxvil, chap. 8. Page 6 , ligne i . CrjstalUna. V oyez mme livre , chap. 9. Ligne 4- Turba gemmarum poamus , et smaragis teximus ca- lyces. Ces coupes s'appelaient chrysendeta : elles taient ornes d'anneaux , de cercles d'or, de ciselures sur mtal, et de distance en distance brillaient les meraudes, qui, comme on le verra plus bas , formaient , aux yeux des anciens , un contraste de toute beaut avec la nuance plus vive de l'or. Ligne 6. Aurum jam accessio est. Aucun de ces dtails n'est exagr. La vie anecdotique , non-seulement des impratrices et des princes, mais encore des simples seigneurs, des alfranchis , de quelques consulaires, en fait foi. III , page 6 , ligne 9. Utinamque posset e vita in totum ahdi- cari, etc. Ce mouvement ressemble beaucoup celui de Don Qui- NOTES DU LIVRE XXXIII. iiy cliottc, lorsqu'au dessert, chez les chevriers, prenant sa main une poigne de noisettes, et les considrant avec attention , il s' qu'au nombre des notables inscrits sur la liste des jurs {/udices) figu- raient des provinciaux, c'est--dire des hommes qui ne faisaient point partie de la race romaine ; 3<> que ces provinciaux pourtant devaient tre citoyens romains , et mme devaient en avoir le titre depuis un temps assez long, quoique vague (soit de six dix ans). VIII , page 24 , ligne 12. Tiberii demum prinpatus nono anno , etc. Tacite rapporte le fait l'anne prcdente (774- de Rome, et de J.-C. , 22). Voyez Annal., liv. m, chap. 86. Le C. Sulpicius Galba , dont il est question , tait le frre de celui que les astres avaient prdestin l'empire. Le mot suivant, juvenalem, a fort intrigu les commentateurs. On sait bien que Rome eut, sous Nron , une fte dite Jucnalies, et que Caligula, un beau matin , ajouta aux Saturnales un jour juvnal. Mais rien de tout cela n'explique suffisamment ce que c'est que cette r- 1/(1 '^ ' f f I NOTES DU LIVRE XXX III. i3i putation juvnale , objet des vux du jeune courlisan rampant, aux pieds du vieil empereur. Page 24, ligne 18. Institores efus culp, etc. Les chevaliers ro- mains faisaient bien d'autres mtiers encore. Fermiers des impts, publicains, banquiers , traitans, iKs pensaient , comme sa majest Vespasien , que Ips aureoli , n'importe d'o on les tirait, sen- taient toujours bon , et qu'un popinate d'argent , comme un mrtridure d'or, ne peut tre ddaign que par un sot ou par un fou. Ligne 20. Nisi cui ingenuo ipsi,... CCCC census fuisset. Ainsi , non-seulement il fallait tre riche , mais encore il fallait que cette richesse datt de deux gnrations : Travaillez , disait la loi , travaillez , suez , conomisez , amassez , plbiens , et , dans quelque soixante ans, vos petits-fils, qui n'auront rien fait que se donner la peine de natre , auront les droits politiques que vous gagnez aujourd'hui. Au reste, on ne se tenait pas bien s- vrement la lettre de cette loi. Au moins , c'est ce que prouvent les deux pigrammes suivantes de Martial. Dans l'une, il manque Gaurus 100,000 sesterces (i/4- du cens) pour tre du nombre des jurs : Prlorem pauper centum sestertia Gaurus Orabal, nota carus amicitia: Diccbaque suis hc laDtum desse trecenlis , Ul posset domino plaudere justus eques. Lib. IV , epigr, 67. ])ans l'autre , il se plaint de voir deux frres qui possdent ux deux 400,000 sesterces, siger en mme temps sur les bancs judiciaires : Caliiodorus habet censum (quis nescit ? ) equcslrem , Sexte j sed et fralrem Caliiodorus habct. Quadringenla secal, qui diril o-vkh fAjui. Uno cretlis t-quo posse sedere duos ? Quid cum fralre libi ? quid cum Poliiice moleste? INon esset Pollux si tibi, Caslor eras. Lnus quuui silis , duo, Cailiodore , sedelis : Surge : solcismum , Cailiodore , facis; Aul imiiare genus Led : cum fratre sedere Non potes : ahernis, Cailiodore, sede. Lib. T, epigr. 38- i32 NOTES DU LIVRE XXXIII. Les 400^000 sesterces en question feraient aujourd'hui, de notre monnaie, 77,818 fr. Page 2G , ligne ig. Hoc leriium corpus in repuhlica factum est, casptque ordo. Hardouin oppose cette assertion d'un fait vraiment remarquable, une mdaille d'Auguste, lui connue, et qui sans doute faisait partie de la collection de la socit de Jsus de Paris. Elle porte d'un ct : consensv snat, et eq. ORDIN. P. Q. R. Mais il fait remarquer lui-mme que cette m- daille appartient la srie des monnaies provinciales , puisqu'elle fut frappe Narbonne. IX, page 28, ligne l^.. Celeres sub Romulo regibusque appellati sunt. On a beaucoup vari sur Ttymologie des clres, qui , sui- vant les uns , devaient leur nom Celer, leur chef, et un des favoris de Romulus , tandis que , selon les autres , il faudrait d- river le mot de cels , kskus , cheval de course, dont, comme on l'a vu aux livres gographiques, on a aussi driv la ville cili- cienne de Clenderis. Pour ceux qui croient que clres vient de celer, prompt, il faut leur dire que trs-probablement, au con- traire, celer, prompt, est venu de celeres. Comp. au reste, Denys d'HALICARNASSE (^Ant. romain., Il), Plutarque {Fie de Ro- mulus), Ovide {Fast. , liv. iv, v. 837). Ligne 5. Flexumines. Ce nom, compos selon les principes de l'ancienne langue latino-romaine, semble tre la crse de qui flec'unt equum homines {flex... homines). C'est ici le cas de se rap- peler et un dieu Tellumo , dont le nom au gnitif tait sans doute Telluminis, et le nom de Lucumo , qui fut le premier nom de Tarquin l'vVncien, et qui semble avoir dsign un grand propri- taire {locus... locti/uav?), comme postrieurement /o<;m;p/.?j. Trossul , quum oppidum, in Tuscis dira Volsinios passuum... cepissent. Ce motif peut tre bon pour ceux qui admettent de confiance la glorieuse explication que les Parisiens donnent du nom de badauds : Badauds, dit Furctire , veut dire bat-dos , et indique que les Parisiens repoussrent avec perte les Nor- mands , sous Charles-le-Simple , et les forcrent leur tourner le dos : encore se mirent-ils les poursuivre, arms de gaules, de pierres et de btons. Du reste, il semble bien qu'il y a eu en NOTES DU LIVRE XXXIII. i^i Etrurie un village du nom de Trossum , et aujourd'hui encore, en Toscane, deux milles de Montefiascone, on voit un bourg de Trosso , et le gu de Trosso il vado di Trosso). D'autres tymologies encore ont t proposes : i le grec rpva-a- ; 2" T/!>|tAiV, sauterelle; 3 iorosulus, assez musculeux. ( Comp. VossiUS, Etjm., art. Trossulus). Pour nous, nous croyons que Trossuus n'est que le diminutif de Truso , pousser, s'agiter, et revieut parfaitement Vardelio de Phdre. C'est un sobriquet qui se sent la fois de la rusticit nave du vieux Latium, et de l'obscnit fescennine. X, page 28, ligne 16. Externes torquibus aureis donavere. Et par l se trouve rduite au nant l'assertion de Denys d'Hali- carnassc, qui nous montre Siccius Denlatus recevant entre autres dons, rcompenses de sa vertu militaire, des colliers d'or. XI, page 3o, ligne 3. A. Postumius dictator. Sa dictature eut lieu l'an de Rome 323. Vojez AuLU-GELLE(liv. xvii , chap. 21). Le lac Rgille, dont il est question un peu plus bas , se trouve environ cinq lieues de Rome , sur la route de la Colonna. La bataille donne sur les rives de ce lac, est celle o firent nau- frage les dernires esprances de restauration des Tarquins : magnifique pisode qui termine dignement la fabuleuse pope qu'ouvrent l'migration de Tarquin et la prophtie de Tanaquil. Castor et PoUux avaient pris part celte bataille du lac Rgille, et leur active intervention avait fait pencher la victoire du ct des Romains, et en preuve de tous ces faits, on montrait encore Rome, du temps de Pline, pour convaincre l'incrdulit, la fontaine laquelle les deux Dioscures avaient fait boire leurs chevaux pulvrulens , hors d'haleine , et baigns de sueur. XII, page 3o , ligne 12. yiuraiis cornihus hosti , majores dumtaxat, immolarentur. Les bufs , les taureaux avaient toujours les cornes dores : Senipcr inauralo tauius cailii lioslia cornu. Tjbull., lib. IV, 1. Hue tanrus ingens. fronlc torva el hispida , Serlis revinclus aut pcr armos florei.s, i34 NOTES DU LIVRE XXXIII. Aut impeditis comibus deducilar : Necnon ei auro frons coruscai hosliae, Selasque fulgor bractealis inGcil. PauBENCB , Hjrmne saint Romain, v. loai. Page 3o, ligne i5. Fibulas tribunicias ex auro geri. C'taient les agrafes par lesquelles le sagum tait attache l'paule. Cette agrafe n'tait poiut l'insigne de la dignit du tribun : c'est l'or tout au plus qui et dnot son rang ; mais nul doute qu' l'poque de Brutus, bien des officiers d'un rang infrieur celui de tribuns n'eussent l'agrafe d'or. Ligne 21. Habeant femin in armillis, etc. On peut comparer ce passage, la fin du chap. 6, liv. xxxvil. C'est aussi le cas de rappeler l'impratrice Lollie Pauline dont les pierreries taient values 4-o millions. Page 82 , ligne 2. Hune mdium feminarum eijuestrem, ordinem facit. Ces plaisanteries exhalent l'arme du contubernium dans les douceurs duquel Pline passa les premires annes de sa jeu- nesse ; surtout si l'on rapproche de ses expressions le vers d'Horace : Aul agiiavit equuta lasciva supinuin. Lib, u , sat. 7. et celui de Martial : Hecloreo quolies scderat uxor equo. Lib. X , epigr. Mdium Aussi peut tre ajout aux ides que nous effleurons. Ligne 5. Harpocratem. Il fut admis avec Isis et Anubis. Tous trois ensemble formaient une trinil secondaire assez semblable celle que forme la Vierge , garde par Joseph, et l'enfant Jsus sur le bras. Cette triuit ne doit pas tre confondue avec la tri- nit majeure, Isis, Osiris et Horus, et moins encore avec la grande trinit cosniogonique , Knef , Fta, Fr. Pour les Egyp- tiens, Harpocrate, qui primitivement s'crivait Har-Pokrat (Har aux pieds mous), n'tait autre qu'Horus (Har, Harori) encore jeune et faible. Peu peu les Grecs en firent un avorton, un / enfant venu au monde avant terme , incapable de jouir jamais de la plnitude de la sant, de la vie, L'Occident entier adopta cette NOTES DU LIVRB: XXXIII. i35 interprlation , mas en travestissant encore le trait principal de l'idole qu'on proposait en mme temps son adoration. Har- Pokrat, en sa qualit de dieu -ftus, avait les bras colls sur le corps , la main en quelque sorte ramene sur la bouche. On vit dans cette position , une injonction de silence , et Har-Pokrat passa pour le dieu du mystre et de la discrtion. Les temples mystres frauduleux ou insigniflans , les boudoirs le choisirent l'envi pour leur patron. {Voyez Ovide, Mtam. , l, v. 692,) Peut-tre Harpocrate , sur Tanneau , indlque-t-il le secret qui doit prsider aux dpches , aux lettres , aux dpts , en deux mots, tout ce que l'on juge propos de soustraire, par l'appo- sition d'un scell , la rapacit et aux regards indiscrets. XIII, page 82 , ligne 18. Ex auto denarium. Ainsi on avait ou plutt on avait eu des deniers d'or comme des deniers d'argent (nous retrouverons en effet plus tard, liv. xxxvil , chap. 3 , sex denarlis aureis . Comp. aussi PTRONE, Sat. passim). Ce terme ne peut tonner, si l'on pense que les Romains ayant de bonne heure compt par mille sesterces, sestertium au neutre, rien pour eux n'tait aussi commode qu'une monnaie relle qui tait un dixime de la grande monnaie de compte sestertium; or, le de- nier d'or (plus spcialement nummus et aureus) tait justement ce dixime. 11 en rsulte qu'il contenait 25 deniers d'argent : car il fallait 260 deniers semblables pour faire 1000 sestertii ou un sestertium. Ainsi nous avons la progression suivante : Scstertius 75^ Ju seslerliuui. Quinariiis j^ Dt-narius -^ Dcnarius aureus 7^ ce qui revient dire aussi : Seslerlins 7^ du denarius aurfus. Quinarius -5^ Denarius -^5 *'' Ce qu'il est essentiel de noter ici , c'est que les variations de la valeur de l'as {Voyez plus bas, mme chapitre) n'ont aucune in- i36 NOTES DU LIVRE XXXIII. fluence sur ses rapports. En effet , pendant la priode antrieure l'an de Rome 536 , l'as tant les deux cinquimes du sesterce, il en rsultait que, I sesterce gale 2 ^ as. I qainarius 5 as. I denarius 10 I denarius aureus ^So I sesterlium (monnaie de compte) 2,5oo tandis que plus tard , l'as tant le quart du sesterce , qui pourtant n'a pas chang de valeur, I sesterce gale 4 ^^ I quinarius 8 I denarius 16 I denarius aureus 4^ I seslertiuui 4!00o Page Sa, ligne 22. Libella. Ce mot tait synonyme d'as; mais comme l'as diminuait chaque jour, au lieu de libra , qui s'tait dit primitivement, on adopta le diminutif libella. Dupondius est, comme on voit, l'abrviation de duo pondo , ou duo pondi. Page 34. , ligne 6. Vnde et pecunia appellala. Cette tyraologie n'est pas incontestable. Mais l'espace nous manque pour en pro- poser d'autres. Remarquons , en passant, que quelquefois ;occ72/a se prend dans un sens restreint pour monnaie de cuivre. Lam- prde [Vie d' Alexand. Sv.") dit : Scenicis nunquam aurum , nun- quam argenium , vix pecuniam donail. Ligne 10. Qunarium , etc. On voit encore souvent des quinarii dans les muses de mdailles. Ils psent trente-sept grains et demi. Leur marque ordinaire est un V, comme celle du denier un X. Quelques-uns portent un Q. Ligne i3. Quum impensis respublica non sufjiceret. Ainsi, ds cette poque , se dessinait dj ce systme dsastreux de l'alt- ration des monnaies , systme l'aide duquel l'tat faisait ban- queroute ses cranciers de la diffrence qu'il y avait entre le volume de numraire, contenu sous un nom donn, et le volume contenu sous la pice de monnaie nouvelle que l'tat substituait l'ancienne. Ici la diffrence tait de cinq siximes en faveur du NOTES DU LIVRE XXXIII. i37 gouvernement : car le sextans tait un sixime de la livre. Toute- fois, le gouvernement ne profitait pas seul de cette diffrence : 1 il faut dfalquer de ses profits la valeur de l'alliage plus con- sidrable qu'il ajoutait son cuivre et son argent; 2" les frais de fabrique revenaient sans doute fort cher cette poque. On peut dire enfin que plus d'un traitant , li avec la rpublique par des marchs imprudens , se trouva ruin , et, dans cette extr- mit , ne put continuer livrer la rpublique ce qu'il avait promis de livrer un prix six fois aussi considrable que celui que lui offrait le trsor, d'aprs le nouveau systme montaire , et que tout traitant nouveau demanda six fois autant de libellas nouvelles qu'il avait exig primitivement de libr. Du reste , cette exaction rvoltante eut sans doute ceci d'avantageux, qu'elle facilita la circulation en divisant singulirement les normes poids jadis en usage. Page 32, ligne x6. Janus... rostrum navis... rates. Ces effigies remplacrent donc les verrats et les brebis de Servius TuUius. Ne prouvent-elles pas aussi que l'origine de cette nuvelle monnaie tait trusque, ou mme venait de plus loin que l'Etrurie? Pour Ovide {Fastes , liv. I , v. 229) , il n'y voit que le tmoignage du dbarquement de Saturne en Italie : Sed cur navaiis in sere Altra signala est , altra forma biceps Al bona posieritas puppim signavit in are Hospitis adventum testificata Dei. C'est par suite de cet usage que vint le proverbe : Aut capita , aut naim? synonyme de notre croix ou pile? [Voyez Macrobe, Saturnal., liv. I, chap. 7.) Triens tait le tiers, quadrans le quart de l'as. Ligne 20. Asses unciales. Vncia tait le douzime de tout entier, ou poids ou mesure ou volume. L'as ayant t pris comme unil primitive, et en mme temps comme gal la livre, ou eut donc d'abord as libralis, puis as scxtantarius , et enfin ici as uncialis. Dans cette dernire hypothse , on et pu dire libra uncia, comme dans l'a vaut-dernire , libra sextans, ce qui en franais reviendrait dire 1=17, i = j. Compars au denier i38 NOTES DU LIVRE XXXIII. primitif, les deniers nouveaux taient des fractions absolument semblables aux as d'espces nouvelles , c'est--dire que le denier de la premire guerre punique tait un sixime , et le denier de la seconde guerre punique , un douzime du denier primordial. Il en rsultait aussi cet autre fait piquant : c'est i que dj le de- nier de la premire guerre punique tait l'as antrieur : : lo : 6, en d'autres termes , ne valait qu'une fois et deux tiers l'as qu'il tait cens contenir dix fois ; 2 et que depuis la nouvelle alt- ration dcrte par le snat , il allait tre ce mme as primi- tif : : 10 : 12. En effet, l'as primitif valait douze des unci pri- mitives, et le nouveau denier, pour tre fidle son nom, semblait devoir contenir dix seulement de ces und primitives , qui alors taient dcores du nom d'as. Ainsi l'unit ancienne tait d'un sixime plus forte que la dixaine moderne. Ce fut en partie pour dissimuler ce fait trop clair , que l'on imagina un second changement , celui qui proclama l'as un seizime et non plus un dixime du denier. Notons ici qu'il s'offrait aux grands faiseurs de la monnaie romaine deux procds : 1 laisser le poids, le volume, le titre de l'as uncial immobile, mais ajouter au denier six as, ce qui l'aurait rendu de 6^10 plus fort, en d'autres termes, ce qui aurait rellement port sa valeur i6, comme on l'y portait nominalement; 2 laisser, au contraire, le denier immobile en poids, volume et titre, mais diminuer les as de 6/16 de leur valeur, ce qui portait leur valeur relle, nagure de 16/160 de denier, 10/160, sans toutefois changer leur va- leur nominale. On adopta le second systme. Dans ce cas , il est bien clair que le denier n'tait toujours que 5/6 (ou 10/12) de l'as primitif. Mais au moins l'on ne pouvait plus dire : le denier ne vaut plus que dix onces , et l'as en valait douze. La diffi- cult mme de calculer nettement avec des nombres qui ont des multiples si peu semblables que 10 et 12 d'une part, que 10 et 16 de l'autre jetait un nuage sur l'tendue de la perte des plaignans, et, par suite , sur la justice de leurs plaintes. Ce n'tait pas que l'on ne vt merveille qu'il y avait perte , mais la quotit de la perte restait chose contestable et conteste. Voici pourtant ce qu'elle tait : i"*. Aprs le premier changement | ou 83 -, pour 100. NOTES DU LIVRE XXXIII. iSg u. Aprs le second changement , i) par l'abaissement, qui changeait Pas sextantinal en as uticiai |' o" 9^ r a) par l'abaissement accessoire , qui faisait de Pas uncial lui-mme ~ du denier, ou ^ seulement de ce qiPil et du tre par le nouveau yslme rl o 94 l Et quand enfin une troisime (ou quatrime) altration eut di- minu de moiti encore la valeur de l'as prtendu uncial , en le rendant serai - uncial , la perte totale fut de 374-/384 ou de 97 i4-/4-8 pour loo. Et que l'on ne dise pas que ces change- mens furent spars par d'assez longs intervalles pour qu'ils ne frappassent pas le mme individu. Si le Papirius , auteur de la loi des as semi-unciaux , fut celui qu'on trouve tribun sous l'an de Rome 586 (VojezViGmvs, qui mme dans ses Annales rapporte le fait 57$) , cinquante-six ans seulement sparer^t le troisime changement du premier. De ces trois modifications montaires que nous venons de parcourir, la plus habilement et la plus machiavliquement com- bine, sans contredit, est la seconde. Qui se douterait, au pre- mier abord , que le changement du sextans en once , puis la substitution de 16 as unciaux 10 amnera invinciblement pour les cranciers de l'tat plus de 2/3 de perte? C'est pourtant ce que le plus simple calcul dmontre. Par la premire clause, i est remplac par 1/2; par la deuxime, ifii on substitue les iofi6 de ce demi. Or, j. V i.?. JL2 j A 16 ! J* Il y a perte de 22/32. Page 36 , ligne 4- Mercis loco habebalur. C'est ainsi que, dans beaucoup de places , l'argent circule comme marchandise et non comme monnaie. Car monnaie , elle perd de son prix, et ce n'est plus tre vritablement monnaie. Ce passage est un de ceux qui nous font comprendre combien il tait naturel que Rome et , sous le nom ' argentarii , tant d'hommes occups du commerce de l'argent. Le change , non moins que la commission et l'in- trt des prts , procurait des bnfices considrables ces riches ni > ' i4o NOTES DU LIVRE XXXIII. dtenteurs du numraire. Le Digeste {ad. Leg. Cornel. , de Fais. , liv. 9, 2) contient des dispositions contre la vente de fausse monnaie ou de monnaie de bas aloi. Page 36, ligne 7. Scripulum valeret sestertiis ificenis : quod effecit in libras , raiione sestertiorum DCCCC. Tous les commentateurs se sont trouvs ici dans le plus grand embarras , et , incapables de saisir la pense de Pline, ils ont chang soit le mot de sesterces, soit les chiffres 20 ou 900. Hardouin , qui a pens que le texte ne contenait aucune faute , a cru que les 900 sesterces taient le gain fait par la rpublique, par livre d'or. Nous allons prouver qu'Hardouin a raison de ne rien changer au texte , et qu'il a tort de torturer le sens de Pline pour voir un gain dans ce qui n'est que l'exposition de ce que rendait en sesterces une livre d'or. 1. La livre romaine contenait, on le sait, 12 onces, ou a/J. semund , ou 36 dueU , ou 48 siciliqui , ou 72 sexiul , ou 96 drachmes roman , ou 144 Remises cl , ou 288 scripula, etc. Sur tout ceci, nul doute. Ainsi, selon Pliue , 1/288 de la livre d'or valait 20 sesterces ; en d'autres termes , la moupaie d'or frappe rcemment valait autant de fois 20 sesterces qu'elle con- tenait de deux cent quatre-vingt-huitimes d'or ; 2". Et c'est effectivement ce que nous prouvent des aurei de cette poque , conservs dans quelques muses. 3. 11 en rsulte que naturellement, par livre d'or, on et d avoir 5760 sesterces, car 5760 est le produit de 288 par 20. Or, Pline dit que la livre d'or ne rendait que 900 sesterces. Il y a loin de 900 5760 : puis comment peut-il se faire que l'un de ces nombres ait t substitu l'autre.'* 4. Nous demanderons, nous , comment on n'a pas fait atten- tion cette incise qid tune erant , incise qui tombe sur le second membre de phrase, et qui ne tombe pas sur le premier. Oui sans doute, la livre d'or et rendu eu sesterces, tels qu'ils cir- culaient du temps de Pline , 6760 ; mais au temps o l'on commena frapper des monnaies d'or , ils n'en rendaient que 900. 5. Et comment cela se fait-il i' Rien de plus simple. Pour le comprendre , il ne faut que chercher parmi les antiques valeurs NOTES DU LIVRE XXXIII. i/,i du sesterce, une valeur qui soit celle du sesterce du temps de Pline , en raison inverse de ce que 6760 : 900. Or, 5760 : 900 : : 676 : 90 : : 288 : 4-5 : : Sa : 5 C'est dire que le nombre des sesterces pliniens est au nombre des sesterces primitifs :: 02 : 5. C'est--dire, en d'autres termes, que le sesterce primitif fut 32/5 du nouveau (ou 6,4 sesterces nouveaux) , et que ce nouveau sesterce tait 5/32 de l'ancien. 6". Ces nombres 5 et 32, ce rapport 5/32, ne nous disent-ils rien? Ne nous souvenons-nous pas d'avoir vu que, par la combi- naison qui d'une part rduisait de moiti la valeur intrinsque de l'as, en le rendant uncial (de sextantinal qu'il tait d'abord), cl qui, de l'autre, le diminuait de 3^8 en le dclarant le 16* (et non le 10^) du denier, l'as se trouvait en dernire analyse rduit ioy32 de ce qu'il avait t? Eh bien! io/32 se rapproche dj bien singulirement du rapport ci-dessus trouv. Que sera-ce si nous ajoutons que peu aprs (c'est Pline lui-mme qui nous l'a dit), l'as uncial ou plutt pseudo-uncial fut dclar scmi-uncial, et par consquent, de 10/82 qu'il tait, devint 5/32? 7". La conclusion de tout cela, c'est que le sesterce semi-uncial n'tant que 5/32 du sesterce primitif sextantinal , celui-ci ne se trouvait dans la livre d'or qu'un nombre de fois gal au 5/32 du nombre de fois que s'y trouve le sesterce semi-uncial. Or, nous le savons , les 5/32 de 5760 , c'est 900. 8". Reprenons l'assertion de Pline plus en dtail : ) Le scrupule d'or valait, en monnaie sextantinale , Si ses- terces, et la livre (3 t X 288) 900 sesterces. b) En monnaie unciale vraie (c'est--dire demi-valeur de la sextantinale), le scrupule d'or valait 6i sesterces, et la livre (6^X288)1800. c) En monnaie pseudo-unciale ( c'est--dire en monnaie qui tait dans le rapport de ri avec l'unciale, et de tt ou rs avec la sextantinale), en monnaie pseudo-unciale, disons-nous, le scru- pule d'or valait ~-i sesterces, c'est--dire 'v ou 10 sesterces, 10 et la livre entire (10 X 288) 2880 sesterces. d) En monnaie pseiido-semi-unciale (qui est avec la prc- lia NOTES DU LIVRE XXXIII. deiite dans le rapport de 7 , avec i'uiiciate vraie dans celui de T X TT (= rz) t enfin avec la premire dans celui de 7 X rj ou de -j^, le bcrupule d'or gale 20 sesterces, et la livre entire en rend SjGo. Le tableau suivant achvera de faire saisir ces variations de valeur : EPOQUES. VALEURS DES IKTEKCO, le uterce dn temps de Pline tant I. NOMBRE DE SESTERCES conteaiis dans I* LITKI d'oK. Epoque du premier au- reiis, ou 5^7, monnaie sextantinale j:oque de la monnaie anciale vraie Epoque de la monnaie pseuclo unciale poque de la monnaie psendo-semi unciale . 6. 4 3. 2 ' 1 ICUPDL d'o. 3. 125 6. 25 10. 20. 900 i,8oo 2,888 5,760 Quant aux deux modifications indiques immdiatement aprs , il en rsulte que, dans le premier cas, l'aureus gal i/4o de la livre valait des sesterces pliniens i44 ? et que, dans le second , ayant diminu de 1/9, et n'tant gal qu' i/45, il valait 128 ses- terces pliniens. Mais entre ces deux priodes, plusieurs variations avaient eu lieu , et aprs le rgne de Vespasieu elles conti- nurent. [1 ne peut nons convenir d'entrer ici dans tous ces d- tails si minutieux, et jusqu'ici si imparfaitement explors. Nous noterons seulement, comme complment de ce qui prcde, que la valeur de 100 sesterces, donne au denier d'or, ne resta pas immobile, et que tantt le sesterce valut de moins en moins , tantt le rapport du sesterce l'aureus fut chang. ( Communiqu par M. Val. Parisot. ) XIV, page 36 , ligne 16. Septlmuleius , Caii Gracii familia- ris etiam dicumscripserit. La tte avec le plomb , par lequel le NOTES DU LIVRK XXXIII. i43 transfuge remplaa le cerveau, pesait 17 7./3 livres romaines, ou 5 kil. 780 grammes 3oi , ce qui, cbang contre pareil poids d'or, dut valoir l'assassin une somme quivalente prs de 20,000 fr. de notre monnaie. On se rappellera ici avec plaisir ces heaux vers de Chnier : ]>c peuple esl gar par ses vils ennemis ; Des Gracchus la mort est jure : Viens , Sepiimultus , viens , nicurlrier soumis, {'outre Por qui te fut promis , Echanger leur tte sacre. Page 36, ligne 23. Nova grco sermone excogitantur. Il fait allu- sion au mot exotique chrjsendeta, souvent rpt dans Martial , le frivole admirateur d'an luxe dont il ne comprenait ni la bar- barie, ni la posie. Page 38 , Jigne 4- ^" omnibus obscenis desideriis ^ etc. Nous croyons qu'il s'agit ici de baignoires, aiguires, etc. , etc., mais non du vase dsign par Martial : Venlris onus misero, nec te pudet, cxcipis auro; Bassa , bibis vitro ; cariiis ergo cacas. Lib. I , epii^r. 3'j. Ligne 9. Antonius apud nos in contumeliam... Spartaci. Pour nous qui comptons parmi les admirateurs les plus zls de Spar- tacus, ce n'est pas parce qu'il interdit son camp l'entre de l'or et de l'argent que nous lui donnerons des louanges, c'est parce que son interdiction tait politique et sage. Sans doute l'argent n'abondait pas dans sa caisse comme dans celle de P. Licinius Crassus Mucianus ; sans doute c'est de fer et de bou- cliers que son arme devait se pourvoir, et non de vases d'or. D'autre part, mettant contribution des populations qu'il lui importait d'avoir pour amies , il devait veiller ce que son arme ne commtt aucune faute contre la discipline , et ne se rendt coupable d'aucune dprdation dans le pays. XV, page 38, ligne i5. Argenti XII M pondo annua in qnin- quoginla annos. Cette somme , au premier abord , ne semblera i44 NOTES DU LIVRE XXXIII. pas exorbitante ; car elle revient (admis que la livre romaine = kil. 827187) o''327i87* X 12000 ou 327187* X 12 = 8926244*; ce qui de notre monnaie serait 785,812 fr. Mais si l'on songe que ce tribut tait impos pour cinquante ans , et qu'indpen- damment du tribut , les vaisseaux avaient t livrs ou couls fond, un immense matriel ananti, la ville frappe d'une pre- mire contribution de guerre , on trouvera que les Romains ran- onnrent fort cruellement les vaincus. Page 38, ligne 18. Cjrus dcida Asiapondo XXXIV millia. La somme commence tre assez considrable, car elle ne peut tre value moins de 34x32'jkil. 187 d'or, ou ii,i24kil. 858gram. Chez nous, o l'or est l'argent dans le rapport de i5 1/2, ou i5 3/4 I , cette somme n'est gure moindre de 4oooo,ooo : chez les anciens, pour qui l'or n'avait que 1 1 fois 1/2 environ la valeur de l'argent, ces 11,124 kil. 358 gram, d'or reviennent 127,980 kil. d'argent, et ceux-ci 26, 586, 000 fr. Ligne 20. Yolia ac platanum , vitemque. 11 parat que ces feuillages d'or furent, ds une trs-haute antiquit, en vogue dans l'Orient. Suivant les mythologues , c'est par le don d'une vigne en or que Priam dcide le roi de Suze, Memnon son neveu, venir son secours la tte de ses noires cohortes. Qua vicloria argenti quingenta millia tlentorum colligebat. Passe pour la coupe de Smiramis , qui sans doute ne buvait pas dans cette royale cuve. Mais le reste est vritablement incroyable; 5oo,ooo talens ! Sait-on qu'en l'valuant au plus bas , le talent passe 26 kil. (plus exactement 26,178 gram.), et, vu la puret du mtal , 5,5oo fr. (plus exactement 5,56o fr.) ? On aurait donc ici : En poids, 26, 178 X 5oo,ooo grammes, ou i3 milliards 89 mil- lions de grammes. En monnaie actuelle , 5,56o X 5oo,ooo fr. ou 2780 millions ! ! Et les butins les plus riches que l'on ait jamais faits dans les guerres modernes , en y comprenant pillages officiels , matriel de guerre, tableaux et objets prcieux, numraire extrait des NOTES DU LIVRE XXXIII. i45 caisses, lev sur les citoyens Tinstant mme, et impos pour |ilusieurs annes au pays, n'ont jamais pass 1,200,000,000 fr. ! Et l'Amrique , tant Septentrionale que Mridionale , n'a donn en trois cents onze ans, suivant M. de Humboldt, que 512,700,000 marcs d'argent, ou, en grammes, i33,3o2,ooo,ooo, ce qui n'est gure que le dcuple du bulin de Cyrus ! Page 4o ligne i. Terrant virgnem nactus. Un terrain vierge est celui que n'a pas foui encore la pioche du mineur. Si la virginit il joint la richesse , nul doute qu'il ne soit d'une exploi- tation avantageuse; mais s'il n'est que vierge, qu'en revient-il? Toutes les mines de l'univers ont commenc par l'tre. Au reste, s'il faut dire un mot du cas prsent , la Colchide et tous les pays circonvoisins sont effectivement fort riches en or, et les rois qui ont les premiers profit des trsors mtalliques du pays, ont d en tirer de beaux profits. En revanche, ils ont eu le petit dsa- t;rment d'attirer la curiosit de leurs voisins. Si jam^ris le voyage (les Argonautes a eu lieu , il ne faut pas l'attribuer d'autres causes. La toison d'or, dont Pline nous parle un peu plus bas , a fait exlravaguer qui mieux mieux les savans, depuis des sicles. 11 est bien reconnu que, ds les temps les plus antiques , comme aujourd'hui , les riverains des rivires aurifres barraient le cours des fleuves par des peaux velues, auxquelles venaient s'at- tacher les paillettes d'or. On ne peut douter que cette coutume n'ait t pour quelque chose dans l'invention de la toison dor. Mais elle ne forme qu'un trait pisodique de l'histoire de Jason et des Argonautes, et en consquence, elle n'en est pas l'lment fondamental. Ligne 5. Parastaiic. Ce sont les colonnes grles et mi- saillantes dont est flanqu le corps de la colonne principale. Nos glises gothiques en offrent surtout des milliers d'exemples. A cette magnificence un peu douteuse chez un roitelet des Souanes, opposons le tableau d'une autre magnificence qui ne peut tre conteste, et dont MM. Morier et Ker-Porter ont dernirement visit les dbris. Ces deux savans vo'yageurs, dit un gographe moderne, ont reconnu l'emplacement du palais o les monarques persans venaient passer Tl ( Ecbatane). Sa magnificence ne le cdait pas en clat ceux de Suse et de IJabylone. Il tait plac au XIX. 10 i/,6 NOTES DU LIVRE XXXIII. dessus de la citadelle , regarde comme une des plus fortes places de l'Asie, et avait sept stades de circonfrence. Toute la boiserie tait de bois de cdre ou de cyprs ; les solives , les plafonds , les colonnes, dans les pristyles et dans les cours, taient garnis do plaques d'argent et d'or ; toutes les tuiles taient en argent. Ces plaques furent enleves par Alexandre , Antiochus et Seleucu.s Nicauor ; nanmoins, Antiochus-le-Grand y trouva encore assez d'argent pour en faire monnayer pour prs de 4-ooo talens. XVI , page 4-f> 5 ligne i3. Ferasque argenteis hastis incessivere tum prinium noxii. T out \e monde sait que l'on exposait les cri- minels , les esclaves , les fugitifs, etc. , aux btes farouches. Vasis a sembl embarrassant aux commenfateurs , et Dalchamp a propos hastis; Uardouiu, gesis , parce que le gesum tait un trait gaulois : comme si l'on n'et expos que des criminels gau- lois aux btes , ou que tous ceux qui combattaient les lions et les panthres dans le Cirque se fussent arms de piques la gauloise ! Pour Pintianus, il dcompose incessivere en incessi vere, et noxii. il substitue no xii s. Tonits, ces entorses donnes au texte de Pline nous semblent compltement superflues. En adoptant vasis , il faudrait prendre lout simplement vasa dans le sens iVoutils, usten- siles, armes. Brolier adopte la leon hastis, que nous avons suivie. Liigne i5. Scena argeniea. La scne, le lieu o parlent et se meuvent les acteurs. Toutefois le sol seul, et peut-tre le pla- fond, pouvaient ainsi tre couverts de lames d'argent. Les d- corations , au moins la plupart , taient de toile et peintes. Ligne i6. Pegma... argenti pondo cxxiv M. Environ 4-0,ooo ti- logr. , et, en consquence, de 8 millions de valeur intrinsque. Ligne i8. Vil M pondo... IX C guam Gallia ComaJa. La premire pesait donc 2,290, et la seconde 294 kilogr. ; ce qui porte leur valeur 7,100,000 , et 912,000 fr. Ligne 21. Theatrum opendl aura in unum diem. Pour valuer la quantit d'or employe cette opration , il faudrait pouvoir valuer la superficie de la toiture du btiment; les lmens de ce calcul nous manquent. Il sera reparl de la Domus aurea , liv. XXXVI, chap. 24. XVU , page 4^7 ligne 3. Auri in rario popidi romani, etc. NOTES DU LIVRE XXXIII. i/,7 Ces sommes peuvent lre values en nombres ronds, ainsi qu il suit : 1. L'an de Ronu- 697 (consulat tle Sexl. Julius et de L. Aurelius) : Lingois liv. roni. Vllng. (r. 16,810 = 5,5oo =! 19,250,000 jenl. . ^2,070 = 7,000 = 1,400,000 x-vt. (r. Argenl monnay .. . 6,a85,^oo = 1,22^,000 Total. . . 2i,S'^S,0'0 2. L'an de Rome 663 (origine de la guerre Sociale) : liv. roili. kiiog. fr. Or en lingots 1.620,829 = 53o 000 1,600,000,000 3. L'an de Rome 703 (entre de Csar Rome) : liv. rom. lilog. ' fr. i,5oo,ooo = 480,000 = 1,480,000,000 Lii 2,100,000 := 680.000 = l36,000,000 sest. fr. Argent m. nnay. . . 4**'0*''0^o ^= ^^ 7,800000 {or. . . . argent. Total... 1,623,800,000 4 valuation du butin rap- ,^,j f,. port par Panl-EmiK". 280,000,000 = 4^, 000,0(30 XVIII , page 42 , ligne 17. Post Carthaginem eversam. L'an i4.6 avant J.-C. (et de Rome 608 ). C'est la mme anne que Corinlhe fut prise par Mummius. On sait combien ces deux expditions apportrent d'or Rome. Le plus clbre butin de nos jours , celui d'Alger, peut seul en donner une ide : les chiffres les plus vraisemblables le portent 4-0)000,ooo fr. , tant d'or que d'ar- gent monnay ou en lingots. XIX, page 44 1 ligne 2. Non colore, qui in argento clarior est. En admettant que le blanc soit une couleur. On sait pourtant que la Bible ( Lam. de Jrmie , chap. i) dit : Quomodo mutatum est awum color optiinusi' Quant la prfrence donner l'un sur l'autre, nous laissons ce dbat, qui est affaire de got, aux amateurs de la vie lgante. Du reste, en ce sicle clectique, on penche assez croire qu'en fait de grands dcors , rien ne vaut 10. 148 NOTES DU LIVRE XXXIII or et blanc. Pour les objets de peti(e dimension , et surfaces planes ou peu s'en faut, l'or en feuilles l'emporte de beaucoup sur l'argent eu feuilles. ufin les dmes, la vaisselle plate, une foule de bagatelles qui exigent un travail dlicat, et en quelque sorte alomistique , sont magnifiques en or, et communes en ar- gent. Nous sommes donc plus prs de l'avis de Pindare , lorsque, dans son enthousiasme pour la caisse de Hiron , il s'crie : "Aptrloi fj.\y liiitf i Ji 'Alt, S'Kt'ttft'nii IV- Olympiques , ode i , \ . i . que de celui de Pline. Page 4-4- ligne 7. Nec pondre... quum cedat per utrumque plumho. La pesanteur spciGque du plomb fondu est 11, 352, et celle de l'or 19,3. Quant la ductilit et la mallabilit (ces deux qualits, en se runissant, forment \ai facilit de Pliue), l'or, comme on sait, n'a point de rival parmi les mtaux. Le battage le rduit en feuilles de o 00009 d'paisseur, et o?"^ o65 d'or pourraient couvrir une surface de 3"" 68 carrs :3i grains d'or pourraient recouvrir un fil d'argent long de 200 myriamtres. Plioe a donc tort dans ses deux assertions. Ligne 8. Sed quia rerum uni nihil ign dprit. A moins pour- tanl, I" que la chaleur ne soit porte un point extraordinaire ( 32 du pyromtre de Wedgwood , il entre en fusion, et il se volatilise au foyer d'un verre ardent de trois ou quatre pieds de diamtre) ; 2" qu'il ne serve de conducteur uue forte quantit d'lectricit. Dans ce cas, il se rduit en poussire instantan- ment , en prsentant une vive lumire verdtre. Aussi rien n'est plus croyable que l'histoire de cet homme qui, par un violent tounerre , vit l'or se rduire en poudre dans sa bourse de soie intacte et frache comme si elle sortait de l'atelier. Ligne 10. Quinimnw quo spis arsU,.., ohrussam vacant. L'or prend uue couleur rouge pourpre : i" quand il est soumis une dcharge lectrique ; 2" lorsqu'il est chauff sur des matires terreuses ; 3" lorsque son peroxide , son chlorure , sont tendus NOTES DU LIVRE XXXIII. i/,9 .sur les malires organiques (corne, cailles, elc); 4" lorsque son chlorure csl mis en contact avec une dissolution de prolo- clilorure d'lain. Ce phnomne lient, suivant les chimistes or- dinaires , ce que l'or est rduit un plus grand tat de division, lierzlius, au contraire, prtend qu'alors il se forme un oxidc d'or qui contient moins d'oxigne que son peroxide d*or , ou acide oriquc , et qu'il nomme deuloxidc. Mis en contact avec le protochlorure ou le nitrate de proloxide d'tan , il forme le pourpre de Cassius. Page 44-, ligne i5. Ut purgetur, cum plumbo coqui. C'est ce que nous faisons encore lorsque nous voulons reconnatre l'or dans un minerai trs-peu riche. On grille, on triture et on fond le mine- rai aurifre avec du plomb et un fondant de verre de plomb ou de verre de borax ; puis l'on coupelle le plomb qui doit avoir enlev au minerai l'or qu'il renfermait. Les sulfures mtalliques aurifres sont tous soumis :< la mme mthode. Il est certain que les anciens connaissaient trs-peu l'art d'extraire l'or d'un mine- rai ; mais l'or natif qu'ils exploitaient avait encore besoin d'- puration. Ligne 18. iSec aliud laxius , etc. Ainsi, du temps de Pline, l'art allait obtenir des feuilles d'or de 4- doigts en tout sens, pesant i/ySo d'once, ou 4/25 de siliqua, ou 0,7 grains de Paris, ou 36 dcigrammes de nos mesures modernes. Nous avons beau- coup surpass cette division des Romains, puisque, avec 6 dci- grammes , nous couvrons S^GS carrs , tandis que l'espace , indiqu par Pline comme recouvert par 36 dcigrammes , n'quivaut qu' un dcimtre carr , ce qui est le trois cent soixante-huitime des S^GS. Ligne 'aI^. IHspania strgiles vocat auri pai vidas massas , etc. (j'est ce que l'on appelle aujourd'hui ppites. Ce sont de petits grains suborbiculaires dont les formes ovodes et les contours arrondis prouvent qu'ils ont t ainsi forms d'une matire in- dpendante. Ils appartiennent la varit d'or natif connue sous le nom d'or natif granuliforme. Peut-tre les anciens compre- naient-ils sous le mme nom l'or natif ramuleux. Les ppites arrivent quelquefois de fortes dimensions. Le Musum royal de Paris en possde une qui pse plus de 5 hectogrammes. i5o NOTES DU LIVRE XXXIII. M. de Humboldt cite comme la plus grosse ppite de lui connue, celle qu'on a trouve au Prou, et qui pesait environ 12 kilogr. Souvent, pourtant, il a t fait mention de ppites plus consid- rables, entre autres, d'une qui a t tire des mines de la pro- vince de Quito (Prou), et qui pesait prs de 5o kilogr. Quant la puret de cet or natif granullforme , il est trs-vrai que l'or des ppites est sensiblement pur : il ne se fond qu' 82 du py- romtre de Wedgwood; sa pesanteur spcifique est de 19,287, ce qui diffre peu de 19,3, pesanteur spcifique du mtal pur. L'or de Giron, dans la Nouvelle-Grenade, est presque tout aS 3/4 ka- rats, c'est--dire qu'il contient peine 1/96 d'alliage. Fabbroni a mme , dit-il , reconnu de l'or 24 karats dans une ppite du Brsil. Celui des anciens , sans doute , ne fut pas aussi complte- ment pur. Selon le mme Fabbroni, l'or de Bambouk, en Afri- que, est 22 1/2 karats ; on en apporte mme de Maroc , qui est i3 karats. Il est croyable que les anciens lui faisaient subir encore quelque lgre puration ; car leurs plus anciennes mon- naies (les mdailles de Philippe de Macdoine) sont au titre de 0,979 ou 23 1/2 karats. Page 4^7 ligne 5. Super cetera non ruhigo , etc. Aujourd'hui le contraire est prouv; mais ces oxidations ou s'offrent rarement dans la nature , ou deviennent sur-le-champ la base ou l'acide d'un sel d'or (orate de potasse ; stannate d'or, vulgairement pourpre de Cassius). Ligne 7. Jam contra salis et aceti succos domitores rerum , constantia. En effet , non-seulement l'or ne s'unt point chaud au soufre ni au phosphore ( moins que d'autres corps ne viennent joindre leur influence celle du soufre ou du phosphore) , il ne se combine jamais avec l'azote, le carbone, le bore, l'hydro- gne ; il ne souffre aucune altration par l'eau ; mais encore les acides que le soufre forme avec l'oxigne, l'acide hydrosul- furique , l'acide nitrique mme , tant qu'il n'est pas chauffe 4o sur de l'or trs-divis , ne peuvent rien sur lui : 40" 1 l'acide nitrique en dissout une petite quantit ; satur d'acide nitrcux, il en dissout davantage. En revanche, l'acide hydro- chlorique , ml l'acide nitrique , ou eau rgale , est le vrai dissolvant de l'or (80 parties d'acide hydrochlorique aqueux, IVOES DU LIVRE XXXIII. i5i d'une densit de 12" et 20 p. d'acide nitrique, d'une densit de 40" 1 peuvent dissoudre de 18 20 p. de mtal). Stahl a an- nonc que 3 parties de sous -carbonate de potasse, dissoutes dans l'eau , chauffes avec 3 p. de soufre et i p. d'or, donnent une dissolution complte. Page 46, ligne 8. Netui , ac texiiur, etc. Rien de si connu , et l'on ne s'en tonnera pas, si d'une part on songe son extrme ductilit, et que de l'autre on se rappelle sa tnacit , qui n'est pas moindre, et dont on peut jugt'r par ce seul exemple qu'un fil d'or de ooo2 de diamtre supporte, sans se rompre, 68 kil. 216. Au reste , \ or fil n'est que de l'argent dor , qui a t rduit en lames minces et troites, puis fil sur la soie, le fil ou le crin. On le distingue, dans les fabriques, par les noms d'or lisse et or fris. XX, page 4-6, ligne 16. Mannori et iis , etc. Toutes les do- rures se partagent en trois classes : 1 dorure sur bois, carton , .cuir ou sur tout autre corps qui ne peut prouver l'action du feu : elle a lieu au moyen d'un mordant qui est tantf^ une huile grasse et siccative, tantt une huile animale (on emploie alors de l'or rduit, parle battage , en feuilles trs-minces); 2 dorure sur porcelaine, faence, verre, mail et sur tout autre corps semblable ( on emploie de l'or rduit en poudre extrmement fine; on l'applique avec le pinceau ; on n'y ajoute aucun fondant, si la couverte vitr<'use des corps sur lesquels on l'applique le ramollit par le feu qu'on emploie pour fixer la poudre ; dans le cas contraire, on ajoute l'or en poudre, du borax ou de l'oxide de bismuth qui lui servent de fondant) ; 3 dorure sur argent et sur cuivre. Ici les principes de la dorure deviennent tout--fait diffcrens. L'or s'applique sur les mtaux au moyen du mercure. On a fait dissoudre de l'or dans le mercure , jusqu' ce que ce mtal en soit satur; on avive, par diverses oprations, la surface du cuivre ou de l'argent. Alors tantt on tend l'amalgame avec une brosse sur la surface dorer, et on porte la pice au feu , o le mercure se volatilise , tandis que l'or reste, tantt on ap- plique les feuilles d'or, avec le brunissoir, sur la surface nou- vellement avive. Ce dernier genre de procds est celui que i52 NOTES DU LIVRE XXXIII. Pline indique pour le cuivre. Les autres lui sont inconnus. Moins habiles que nous dans l'art de dorer, les anciens, qui ne connais- saient point la dorure l'huile , et qui taient rduits la colle el aux blancs d'ufs, pour toutes les substances qui ne peuvent supporter le feu , se trouvaient obligs de ne dorer, en fait d'ob- jets de ce dernier genre , que ceux qu'une toiture mettait l'abri des injures de l'air ; car les plaies , les orages , le grand air, endommagent plus ou moins rapidement la dorure en d- trempe. XXI , page 4-8, ligne 9. Ut in Togo Hispani , etc. Ces loca- lits, jadis clbres, sont presque totalement abandonnes au- jourd'hui des orpailleurs ou arpailleurs (tel est le nom de ceux qui exploitent les sables aurifres, et en extraient l'or). Nous remarquerons, de plus, que rien n'est plus capricieux qu'un fleuve aurifre. 1 Leur lit contient plus d'or aprs les orages tombs sur les plaines qu'ils parcourent. 2" L'or n'existe d'ordinaire que dans uo espace circonscrit, et en remontant le cours du fleuve, le sable ces!=e d'tre aurifre. Nous citerons, entre autres exem- ples, l'Orco , qui ne contient de l'or que de Pont son embou- chure ; le Tsin , qui n'est aurifre qu'au dessous du lac Majeur ; le Rhin, plus riche en paillettes vers Strasbourg que prs de Baie; le Danube, strile en or jusqu' Efferding ; l'Ems , dont les eaux, jusqu' leur entre dans la plaine de Steyer, ne contien- nent pas de sables aurifres , mais qui plus bas sont l'objet de la- vages avantageux. La plupart des sables aurifres , tant dans le nouveau que dans l'ancien monde, sont rouges ou noirs, et par consquent ferrugineux. Ils sont beaucoup moins purs que l'or natif ramuleux ou granuliforme. Ligne i5. Segulhim tollunt , etc. Les Castillans appellent en- core segullo la premire terre qui recouvre les terrains aurifres, peu importe quelle en est la nature. Il est inutile de dire que ce segullo contient dj de l'or. Ligne 20. Gummi... ialuiatium. Toutes ces indications sur le gisement de l'or sont vagues et peu satisfaisantes. Gummi est-il synonyme de talutatium , et ne diffre-t-il que par la place qu'il occupe ? Segullum et gummi reviennent-ils au mme , ou bien NOTES DU LIVRE XXXIII. 7 53 segullum est-il la terre aurifre trs-pauvre en or ; gummi , un simple terrain marneux , argileux ou quarlzeux qui recouvre le filon i* ( Les mines d'or dcouvertes en 1820 sur le ct oriental des monts Ourals de Verkhoturu , la source du fleuve Oural, en offrent un exemple.) Aluiatium , qu'on trouve dans quelques ditions au lieu de talutatium , mais qui semble devoir s'crire aluiaticium , a-t-il quelque rapport avec l'alun {alumen, d'o , assure-t-on , aluta , peau passe en mgisserie):' Quant la richesse des mines de Dalmatie , non-seulement il est probable que la situation de ces mines est assez mal indique , et qu'il ne faut voir ici que les mines de la Hongrie ; nous ajoute- rons que les mines de l'Amrique tout entire ne versaient an- nuellement, au commencement de ce sicle, que i8,3oo kilogr. d'or, quantit qui a diminu aujourd'hui malgr la rcente d- couverte des riches mines de la Gorgie. A prsent, nous le demandons, comment la seule Dalmatie aurait-elle pu donner par jour 5o liv. romaines d'or, en d'autres termes, de i8,25o i8,3oo livres romaines par an ? La livre romaine formant o,32y du kilogramme , la Dalmatie et donc elle seule fourni le tiers, peu de chose prs, de ce que les deux normes pnin- sules et les les du Nouveau-Monde nous livrent par an ! On r- pondra que cela ne dura qu'un temps : nous rpondrons , nous, que d'habiles mystificateurs purent seuls bercer Nron de ces folles esprances , pour aller , avec le premier decies ou vides sesierlium, reu du trsor, passer de l'autre ct du Danube ou de l'Euphrate, et rire aux dpens des crdules Csars, dans le royaume des Arsacides ; et que Pline n'est point excusable de donner dans le panneau o se laissait prendre le pote empereur. A moins qu'on n'admette, ce qui n'est pas non plus impossible , (|uelque chose de semblable aux rsultats suivans : 1. Le rapport sa majest l'empereur ne ment que de 4/5 sur les produits journaliers de l'exploitation , et l'empereur lui- mme, en contant ses favoris les prodiges de l'exploitation entreprise sous son patronage, et avec des fonds en partie fournis par sa liste civile (yjcwj), ne mentait que de moiti. Soit par exemple 5 liv. d'or en ralit, 25 sur le papier, 5o dans la bouche de Tempercur. i5/, NOTES DU LIVRE XXXIII. 2". On donna, trois ou quatre reprises diffrentes l'ex- ploitateur, pour frais de premier tabliaseraent et d'exploitation , centies ou 10 millions de sesterces, de notre monnaie i85o et quelques raille francs. Avec cette somme, nous nous ferions fort d'envoyer, par jour, au fisc 5 livres romaines d'or pendant cinq mois , de subvenir aux frais de l'exploitation , comme s'il y en avait une, et d'avoir encore plus de moiti des 10 millions de sesterces pour dire adieu aux mines de la Dalmatie, quand le jour serait venu de clore la comdie. En effet , 5 livres romaines d'or par jour, reviennent I kil. 636, par i5o jours 245 kil. environ, et 245 kil. 3,5oo fr. le kil. = 85^,500 fr. Qu'on y joigne, pour frais d'exploitations, 5oo fr, par jour, ou 75,000 fr. pour cinq mois, l'on aura un total de 982,000 fr. , qui ne passera que de -x kil. au dessus de la moiti de la somme prise dans la caisse de l'em- pereur. Notez que nous omettons ici une foule de dtails qui ne feraient qu'ajouter aux profils et la facilit de l'exploitation , et que nous ngligeons beaucoup d'objections qu'il est facile d'lever, mais plus encore de rfuter. Du reste, nos lecteurs nous pardonneront de nous tre un peu tendus sur cette matire , s'ils veulent penser qu'il est impor- tant de rectifier toutes ces ides fausses , que trop souvent nous donnerait la lecture des anciens. Se tromper, n'est ni honteux ni ridicule ; se laisser duper , au contraire , l'est beaucoup. Or, prendre au srieux ce qui a t dit pour rire, ou croire en l'an de grce i833 , et Paris , ce qui n'tait destin qu' tromper dans Rome, en 60 ou 65, le trs-gracieux empereur rgnant, c'est ce que l'on appelle se laisser duper. En cas pourtant que l'on prfre encore s'en rapporter Pline, nous renverrons aux Annales de Tacite, liv. xiv, chap. i. Page 5o , ligne i. Quod puleis foditur, etc. Nous avons vu plus haut la mme mthode employe pour l'extraction du sel, et nous avons dit qu'elle l'est encore. Ici, toutefois, on .sait que l'eau ne sert qu' oprer un lavage, ou ramener les matriaux sur lesquels on oprera incessamment un lavage , tandis que dans la salination on se propose de livrer l'vaporalion l'eau une fois sature d'hydrochlorate de soude. L'Espagne encore est pleine de ces NOTES DU LIVRE XXXIII. i55 puits romains qui servirent l'extraction de l'or. Riotento , sur- tout, en a plusieurs. Voyez BowLES, Inirod. l'Hist. nul. d'Esp., pag. 37. Page 5o , ligne 2. Marmoris glare inhrens. Souvent , en effet , il est comme empt dans le jaspe sinople ( Chemnitt et Felsobania) , dans le calcaire spathique, dans le calcaire sacca- rode , dans le micascliisle , dans le schiste argileux et le schiste luisant. De sorte que tantt ce sont les grains d'or qui tincellent sur les quartz et les schistes , ou qui sont implants dans leurs cavits ; tantt , au contraire , ce sont ces substances qui se trouvent engages dans l'or. Les chantillons de ces deux mine- rais se trouvent dans tous les grands cabinets minralogiques de l'Europe. Comp. Dictionn. des sciences naturelles , t. XXXVI , pag. 239. Ligne 7. Quod effossum est, iunditur. On peut lire la descrip- tion complte dans Photius, cod. CCL : le passage est extrait d'Agatharchide. Ligne g. Vacant argenlum , etc. Ainsi des grillages et des fu- yions rsultent, outre l'or : 1" Vargentum qui se volatilise et va s'attacher, cristalliser mme aux parois de la vote de la che- mine; 20 les scories qui , comme dans le traitement de tous les autres mtaux, se composent de parties htrognes que la force de la chaleur fait sauter hors de la pole o a lieu la coction on puration du mtal. Prtendre dire quelle substance les anciens donnrent ces divers noms , serait s'garer plaisir. Il est clair que des minerais trs-diffrens les uns des autres taient placs sur le fourneau sans qu'on distingut leur nature; tout ce qui se volatilisait , que ce ft du plomb , de l'taiii , de l'argent , du mercure, portait le mme nom, argentum; tout ce qui tait re- jet, pyrites , quartz, ptrosilex , tait compris dans la classe des scories. Le tasconium , nomm ensuite , n'a aucun rapport avec 1 or et les minerais aurifres. C'est une substance argileuse blanche, dont tout l'office lait de fournir les plates-formes con- caves ou rebords sur lesquelles tait plac le minerai qu'on soumettait l'action du feu. De nos jours encore, on appelle tasco , en Espagne, le creuset, la coupelle. Ligne i5. Terlia ratio , etc. C'est la description de ce que nous i56 NOTES DU LIVRE XXXIII. appelons aujourd'hui extraction par boulement. rrugi , qui vient ensuite, est un mot double sens. D'une part , Il signifie les mines profondes , et les Espagnols les appellent encore arrugla ; e l'autre, ce terme dsigne soit l'or en filon, soit l'or natif qui ne se trouve pas absolument la surface du sol. Page 52, ligne 7. Terra ex quodam... candidam vacant. On pr- sume que c'est la lithomarge. Ligne 20. Flumina ad lavandam... Corrugos... coguntur. C'est, peu de chose prs, la manire dont on s'y prend aujourd'hui pour laver les sables ou terres aurifres l'intrieur des mines. Seu- lement cette mtbode est plus rarement employe aujourd'hui. Page 54, ligne 10. Urium. 11 est vident que c'est une tern; spongieuse et molle , telle que le carbonate de chaux ou la dolomie. Ligne i3. Emissaria. Les cluses. Ligne 18. Agangas. On lisait auparavant agogas, qui n'est que le mot grec kyeyi). Il n'en est pas ainsi ^urium, qui fut un mot indigne, et probablement appartenant aux Ibres. Ligne ig. Ulice. Frutex , elc. En consquence, il ne faut point le confondre avec VUlex europus, qui n'a certes aucun rapport avec le romarin. Page 56 , ligne 4. Palacas... balucem. S'arrter rfuter Sau- malse , qui veut toute force que ces mots espagnols drivent du grec , serait superflu. Nous aimons mieux noter que palacr (ou palacran) et balouk sont probablement les drivs d'un mme nom, mais que Tun est augmentatif on simple positif, tandis que l'autre est un diminutif. XXII, page 56, ligne 17. Auripigmento. Nous en reparlerons llv. XXXIII , chap. 56, C'est notre arsenic sulfur ou sulfure faune d'arsenic, vulgairement orpin , orpiment. XXIII , page 58 , ligne 5. Omni aura inest , etc. Il y a peu d'exactitude dans cette assertion ; beaucoup de minerais d'or, sans doute, contiennent de l'argent, ou pour mieux dire, beau- coup de minerais d'argent contiennent de l'or (exemple clbre, presque tout l'or du Mexique) j mais beaucoup de minerais auri- NOTES DU LIVRE XXXIII. iH'j fores aussi ne contiennent que des sulfures, des pyrites, des Icllurnres, des masses porphyritiques, etc., etc. Page 58, ligne 7, /tlbucrarense. On ignore qnel lieu dsigne cet adjectif. Probablement c'est quelque bourgade voisine des Alpes, <'t par consquent faisant partie du Pimont ou du Dauphin. Les terrains aurifres abondent dans toute cette rgion , et ont iong- lomps valu la peine d'tre exploits. Macugnaga , le mont ('.hailaud et tout le versant mridional des Alpes Pennines , de- [uis le Simplon et le mont Rosa jusqu' la valle d'Aost, m- ritent une mention sous ce rapport. Ligne g. Elecirum vocatur. C'est donc de l'or 0,800 et au dessous, jusqu' 5oo environ. Toute la monnaie d'or, partir du troisime sicle de Rome , fut de l'lectrum , et de l'lectrum .lu plus bas titre. On peut regarder l'or natif faible comme de l'lectrum natif. Quelques savans ont confondu l'lectrum avec le vermeil. Ils ont eu tort, car le vermeil est de l'argent dor, en d'autres termes, 1 l'or n'est qu'une faible partie de l'objet; 2" l'or n'est qu'appliqu sur l'argent , et n'est point combin. Les savans allemands ont conserv le nom d'lectrum ce que nous appelons or argental , et mme les chimistes eu ont fix la composition 64 or, 36 argent, ce qui videmment n'est qu'une moyenne de la composition, car l'art combine l'or et l'argent en toute proportion , et il n'est point prouv que la nature les com- bine en proportion dfinie. L'or tant sensiblement blanchi par l'admixtion de i/o d'argent, on ne s'tonnera pas que l'lectrum soit d'un jaune blond tirant sur le verdtre. L'lectrum tait connu ds la haute antiquit. Homre en parle souvent. Electre, dit-on , ne fut ainsi nomme qu' cause de la couleur blonde de .ses cheveux. L'ambre jaune ou succin , sitt que les Grecs le ( onnurent , reut d'eux cette appellation , et probablement l'- (luivoque du mot , qui signifiait la fois or blond et ambre , fut pour quelque chose dans la rdaction du mythe, qui mtamor- phosa les Phathontides en peupliers aux longs cheveux, aux larmes d'ambre. XXIV, page 60, ligne 2. /Inailidis. En armnien ou en pehlvi, Anahid , peut-tre Nahid. C'tait Vnus, plante, en tant que i58 NOTES DU LIVRE XXXIH. reine du ciel , et gnratrice universelle arme. Plus d'un de nos soldats, la suite des guerres d'Italie et d'Espagne, a pu ainsi souper de la cuisse de la vierge. XXV, page lio, ligne 16. Aurum plurimis modis poUet in renu- diis. On peut ajouter ces excellentes recettes, celle des alchi- mistes, sur l'or potable, qui n'tait au reste qu'un chlorure d'or. XX Vi , page 62 , ligne 8. ChrjrsocoUa. Ce que nous appelons aujourd'hui chrysocolle est le borax (soude borale, sous-borate de soude). La chrysocolle des anciens, est une espce de spath vert ou vert de montagne ( cuivre carbonate , hjdrocarbonales de cuivre , vert et bleu). Ligne 18. lUa herba , quam luium appellant. Le Reseda luleola, ou la gaude, qui fait partie de la dodcandrie trigvnie de Linn. Page 64., ligne 2. Tingiiur alumine schiato , et herba supra dicta. L'alumen schistum de Pline est l'alumine sulfate ou sulfate d'alumine dont il sera question plus bas, liv. xxxv, chap. 52. XXVIl , page 64, ligne i3. Suvima commendationis , etc. Les peintres aujourd'hui ont totalement renonc cette substance que remplace avantageusement l'outremer. Du reste, on l'appelle vulgairement le vert d'meraude. Ligne i4' jSeronis principis... chrysocoUa stemi. La chrysocolle en question tait sans doute un mica jaune ou un talc. Une va- rit de mica s'appelle or de chai ou poudre d'or, une varit de talc se nomme talc couleur d or. Nous croirions plutt que cest du mica qu'il est question ici, parce que le mica est alumineux, tandis que le talc est un trisilicate de m.ignsie absolument d- pourvu d'alumine. Mais qui peut dire que les anciens n'aient pas ruui les deux substances sous le mme nom , puisqu'il y a si peu de temps que nous-mmes nous les distinguons? Ligne 22. Paitonium. 11 en sera question, liv. XXXV, ch. 12 et 18. Bornons-nous ici dire que c'est une varit de chaux carbonale, notre blanc d'Esvpte ou craie. NOTES DU LIVRE XXXIII. iSg XXIX, page 66, ligne i6. Chrysocollam et aurifices , etc. Et il est clair que de l seulement l'hydro-carbonale de cuivre a tir son nom : chrysocolla veut dire colle de l'or. Aujourd'hui, l'on prfre, pour atteindre ce but, le sous-borate de soude, ou bien l'alliage de l'or et de l'argent. XXXI, page 08, ligue 17. Ar^enii metalla , etc. L'argenl se trouve i" l'tat natif; 2 ml au soufre, l'antimoine , l'ar- senic , etc. , d'o les sulfure d'argent ou argent sulfur , sulfure d'antimoine et nrgent ou argent antimoni sulfur , arseniure d'argent ou argent arsenifre , etc. On le trouve en- core ml l'taiii , au plomb, au chrome, l'or. Voyez ci- dessus. Ligne 21. Galenam vacant. C'est encore le nom vulgaire du sulfure de plomb, qui comprend eu poids i3 de soufre et 87 de plomb, et qui souvent est mlang de sulfure d'argent et d'an- timoine. Ligne 23. Et eodem opre... ut oleum aqids. C'est tout simple , puisque la pesanteur spcifique de l'argent est de 10,39 ^ '^'^ikji et celle du plomb fondu 1 1,35. Page 70 , ligne 9. Bebulo appellatur, eic. Comme Annibal se maria dans la ville ibrique de Castulon, aujourd'hui Cazlona , non loin de Lnares , on a tout lieu de croire que l furent les puits creuss sous les auspices d'Annibal. En effet, il s'en trouve un grand nombre dans toute cette rgion. (Fo/cz BowLES, Introd. rilist. nai. Espagne , pag. 4-1 *) Les 3oo livres romaines d'ar- gent qu'Annibal tirait de ces mines, faisaient 98,156 grammes, ou ig,63i francs par jour (en supposant l'argent bien pur), par consquent 7, i65,3i5 francs par an. XXXII , page 70 , ligne 22. Cufus vomlca liquors terni. Il se solidifie pourtant, mais seulement la temprature de 18 au dessous de o. Ligne 23. Argentum vivum. D'o notre nom de vif-argent. Les Grecs disaient hydrargyre, vS'ptfyvfxis., nom qui ne valait gure mieux, quoique nous l'ayons conserv, et qui a toujours l'in- convnient de faire passer pour argent ce qui est un corps simple i6o NOTES DU LIVRE XXXIII. tout autre. Mais telle tait la manie des anciens : ils se cram- ponnaient de faibles et insignifians rapports pour en dduire les corollaires les plus gratuits. H y a deux argens , Fimmobile et 1<; mobile , ou , si vous l'aimez mieux , le solide et l'aqueux. coutez-les tout--l'heure, ils vont vous dire qu'il y a deux plombs, le noir, qui est le noire, et le blanc, qui est Ttain (cassitros des Grecs). XXXII , page 70, ligne 26. Venenum rerum omnium. On a lort de prendre ici le nom de poison la lettre : Pline entend par l agent d'altration , dissolvant. Et quoi de plus vrai ? Dans le sens vulgaire de poison , non certes le mercure pur n'est pas un poison ; mais plusieurs des sels mercuriels , l'oxide de mercure, etc. , sont on ne peut plus dangereux pour l'conomie animale. XXXIII, page 72, ligne i5. Stimi, etc. Le nom ai' alabastrum indique quelle est la blancheur de ce mtal. Pour larhason, il est croyable que ce nom est tranger aux Grecs , et qu'il indique la grande facilit avec laquelle il se brise sous le marteau. En effet, c'est l un des caractres par lesquels on le distingue du zinc. Ce qui suit sur la distinction des deux antimoines, est bien digne de l'esprit des Orientaux, qui reconnaissaient un feu mle et un feu femelle, un air mle et un air femelle, etc. Pour nous, l'antimoine femelle est probablement l'antimoine pur , et surtout sa varit lamelleuse qui est lisse, se lve par lames grandes et petites, et pse spcifiquement 6,7. Le mle fut, soit le sulfure d'antimoine (pes. spcif. , 4i3 ; couleur, gris de plomb; traversant des gra- nits , des gneiss, des micaschistes , et dissmin dans plusieurs filons) , soit le sulfure de plomb , antimoine et cuivre ( pes. spcif., 5,7; gris d'acier), soit le sulfure d'antimoine et argent qui n'est pas toujours rouge , et qu'une pellicule opaque recou- vre assez souvent. Il est probable que sous la dnomination vague de stimi mas, taient compris tous ces sulfures, et peut-tre quelques autres corps. Protestons ici en passant contre l'erreur qui attribue Bazile Valenlin ou Swab la dcouverte de l'anti- moine, qui, comme on le voit dans ce passage, remonte quel- NOTES DU LIVRE XXXHI. 16 1 ques sicles avant notre re; car personne ne souponnera Pline de l'avoir trouv lui-mme ou d'avoir puis ce qu'il en sait dans un document contemporain. XXXI V, page 74, ligne 2. Plat/ophlhambn dilatet oculos. Cet effet appartient au sulfure d'antimoine et d'argent et au sul- fure d'antimoine qui, comme on l'a vu, constituent l'antimoine mle des anciens chimistes. Rduit en poudre impalpable, le pr- cieux cosmtique tait expos au feu ; puis , comme il fond une faible chaleur, appliqu, l'aide du pinceau, sur les paupires que l'on dessinait en arc parfait , sur les cils qu'on rendait d'un noir d'bcne. Jzabcl en fit usage, nous dit l'Ecriture, lorsqu'elle alla au devant de Jhu.On ajoute que l'antimoine tant astringent, r- trcit les paupires, et par l mme agrandit les yeux. Nous croyons cette observation trs-vraie, mais nous ajouterons que, mal- heureusement , ce rtrcissement des paupires donne au regard quelque chose de contraint, de sec, de rigide, absolument le con- traire de ce qu'Arioste exprime si dlicatement dans son vers: Pielosi a riguardar , a muover parchij et les exemples ne manquent pas; car, ou nous sommes bien tromps, ou Alger on use chaque jour de poudre noire de sul- fure d'antimoine pour noircir les cils et agrandir les yeux. Les Arabes en font autant et donnent celte poudre le nom d'/ kahol. Comp. SuAW, Voyag., t. I, page 382, Ligne 3. Et fluxiones inhilet , etc. Ceux qui liront avec plaisir ce chapitre de Pline , peuvent, pour plus amples renseigneraens, consulter le Currus friumphalis antimonii de Bazile Valentin , o il est prouv, par vingt raisons victorieuses, que Tantimoine est la panace, en d'autres termes le remde tous maux , et VEny- clopdie, article ANTIMOINE : on y verra toutes les prparations pharmaceutiques et autres, faites en partie avec ce mtal hroque. XXXV, page 76, ligne 10. Spuma argent/. Gnera ejus tria.... omnis autemfit excocta sua materia, etc. Il est croyable que la chry- silide est le deutoxide de plomb jaune (vulgairement majJiVo/) ; que rargyrilide , fort peu diffrente, est la varit blanche de ce XIX. II i62 NOTES DU LIVRE XXXIII. mme deutoxide connue sous le nom de litharge; enfin, que la molybdilide runit en elle plusieurs espces trs-vaguenieut ana- lyses : le sulfure de plomb et argent ; le sulfure de plomb et anti- moine ; le sulfure de plomb, antimoine et bismuth ; le sulfure de plomb, antimoine et cuivre (ou bournonite). Il est possible pour- tant que ces trois noms , chrjrsilide , argjnlide , molybdilide , d- signent les litharges jaune (ou d'or) , hlanc brillant d'argent , et terne. Page 76, ligne 24. Hjrthrida et peumenem. On ignore ce que c'tait; on ignore mme si ces noms sont correctement crits. Ligne 25. Molfbdnam. Mais Pline lui-mme (xxxiv, 53) proclamera que sa molybdne ne diffre pas de la galne, m XXXVI , page 80 , ligne 5. Minium. Il y a ici quelque confu- sion : Pline appelle minium , i" le minium vritable , qui est un tritoxidc rouge de plomb; 2 le cinabre, qui est un sulfure de mercure. Les poids des deux substances se rapprochent : 8 , ()4 pour le tritoxide, 7 pour le sulfure. Mais le tritoxide se compose de trois atomes d'oxigne et d'un atome de plomb ; et le sulfure d'un atome de bisulfure de mercure. Ce qui augmente la confusion, c'est que , un peu plus bas (chap. 87) , il va nommer cinabre le miite ou ocre rouge vulgaire, qui est un hydroxide de fer mlang d'argile. A vrai dire , il est possible que quelquefois aussi , par mllte, les anciens aient entendu le cinabre natif, tandis que le minium cinabarique aurait t le cinabre artificiel. Du reste, une fois admis l'ignorance oi l'on tait de la vritable nature de ces trois terres rouges et l'impossibilit de la vrifier, il devenait na- turel que sans cesse on prt bizarrement l'un pour l'autre, mille, minium et cinabre. XXXVIII , page 82, ligne i3. Sic enim appellant illi saniem dra- conis, etc. Le sang de dragon se tire aujourd'hui de plusieurs arbres que nous ne connaissons pas tous, mais parmi lesquels nous nom- merons le Pierocarpus Draco (de la diadelphie dcandrie); le Pterocarpus santalinus; enfin le Dracna Draco (qui fait partie de l'hexandrie monogynie ). XL , page 84 , ligne 7. Celeberrimum ex sisaponensi regione. NOTES DU LIVRE XXXIII. i63 Celte inpuisable mine existe encore en Espagne, dans Almaden. De Jussieu {Mm. deVAc. des Sdens, 1709) en avait dj parl. On peut lire avec plaisir, mme aprs sa dissertation , la descri- ption que donne Bowles des mines d'AImaden , Introd. Vhist. vat. d'Esp., 39. XLI , page 86, ligne 23. Hjrdrargjrum argenti vivi. Ainsi, pour lui, l'hydrargyre diffre du vif-argent; pour nous, l'unique diffrence, c'est que le dernier est natif, tandis que le premier est un produit de l'art, et ne s'obtient que par la sublimation du sul- fure de mercure. C'est aussi tort que, quelque part, il dit que son hydrargyre est moins pur que le vif-argent (mercure natif). XLII, page 88, ligne i3. Hjdrargyro argentum inauratur. Cela est vrai encore de nos jours. Ligne 16. Viliorem.... materiam. Les blancs d'ufs. Nous en avons indiqu plus baut l'inconvnient. XLllI, page 88, ligne 19. Coticidam. C'est ce que l'on appelle vulgairement la pierre de Lydie , ou pierre de touche. C'est un schiste siliceux. Page 90 , ligne 4 Periti , quum e vena ut lima rapuerinU... non fallente. Aujourd'hui on verse un peu d'acide nitrique trs-con- centr sur la marque que laisse l'objet d'or examiner : plus la marque s'efface, plus l'or est bas titre. La raison de ce fait est claire : c'est que l'acide nitrique, tant qu'il ne s'lve pas une temprature de 32", ne peut rien sur l'or. XLV, page 90 , ligne 18. Spcula fieri. Nous voyons de ces mi- roirs dans les Pitture d'Ercolano, tome III , page 26. Page 92 , ligne 4 Plurimumque refert concava si'nt supna an recta. C'est en multipliant les effets de ce genre , en tablissant bien la thorie des altrations qui survenaient dans la reproduc- tion des traits, des objets, mesure que les formes ou la position de la surface rflchissante variaient elles-mmes, que les anciens auraient pu trouver l'optique. Mais pour terminer comme va le faire Pline , autant ne pas commencer rflchir, 1 1. i64 NOTES DU LIVRE XXXIII. XLVII, page 94 ? ligne i3. Nonerat numerus ullra centum. En effet, la plus haute fortune, c'tait 100,000 as, et celte somme tait annonce avec plus de pompe qu'aujourd'hui les millions d'un millionnaire. Ce qui suit , dans Pline , mrite d'tre remarqu , et doit tre formul de la manire suivante : Dans toute forte somme de sesterces , le chiffre dfinitif est le produit du multiplicateur, qui seul s'exprime, et du multiplicande qui ne s'exprime pas, mais qui est toujours 100,000. Vicies millies t=. donc 20,000 X 100,000= 2 milliards. LVI, page 110, ligne 17. SU. Espce d'ocre, et probablement 1*" le peroxide de fer, 2" l'hydroxide de fer stalacti tique mame- lonn, 3 le peroxide de fer compact, terreux ou colorant des argiles. LIVRE TRENTE-QUATRIME. W%/VVV*/V**/\'V*A/V%*/VV\ft/VV*%/%/V\(VVVV le blanc , qui approche de l'argent par son clat, et o ce dernier mtal entre en grande proportion; q. le jaune, dont la couleur indique la pr- sence de l'or; 3 celui ou chacun des trois mtaux est en proportions gales. On parle d'une quatrime espce, dont on ne peut fixer les proportions, quoique le com- pos soit fait de main d'homme. La grande statue de la Fortune et ses petites effigies sont de cette quatrime matire; elle est dite hpatizonte, parce que sa couleur, regarde comme trs-prcieuse , rappelle celle du foie ; bien moins estim que celui de Corinthe, cet airain l'emporte cependant sur celui d'Egine et celui de Dlos , qui ont long-temps pass pour les premiers. Airain de Dlos. IV. L'airain de Dlos fut clbre ds la plus haute antiquit. Le monde entier se rendait , pour en avoir, au march de cette le. Les fabricans le recherchent encore pour les supports et les pieds des lits de table. Ces meubles commencrent le mettre en vogue; plus tard, on l'employa pour les statues des dieux , et pour la re- prsentation , tant des hommes que des animaux. Airain d'Egine. V. L'airain d'Egine fut ensuite en renom. Cette le n'a point de mine de cuivre; mais ses ateliers taient fameux pour les proportions de l'alliage, he forum Boarium , Rome, a un buf d'airain pris dans cette le : c'est un chantillon de l'airain ginte. On en voit un de l'airain 174 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. tolio in Jovis Tonantis aede. Illo aere Myron usus est , hoc Polycletus, aequales atque condiscipuli. ^mulatio iis et in materia fuit. De candelabris. VI. 3. Privatim ^gina candelabrorum superficiem dum taxt elaboravit , sicut Tarentum scapos. In his ergo juncta commendatio oficinarum est. Nec pudet tribu- norum militarium salariis emere , quum ipsum nomen a candelarum lumine impositum appareat. Accessio cande- labri talis fuit, Theonis jussu praeconis, Clesippus fullo, gibber praeterea et alio fdus aspectu, emente id Gega- nia sestertiis quinquaginta : eademque ostentante convi- vio emptum, ludibrii causa nudatus, atque impotentia libidinis receptus in torum, mox in testamentum, prae- dives , numinum vice illud candelabrum coluit , et banc corintbiis fabulam adjecit : vindicatis tamen moribus no- bili sepulcro, per quod aeterna supra terras Gegani de- decoris memoria duraret. Sed quum esse nulla corinthia candelabra constet, nomen id praecipue in his celebra- tur , quoniam Mummii victoria Corinthum quidem di- ruit, sed compluribus Achai oppidis simul ara di- spersit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 175 dliaque dans le Jupiter plac au Capitule , dans le temple de Jupiter Tonnant. Polyclfe et Myron, contemporains et lves du mme matre, usaient, le premier d'airain dliaque, le second d'airain ginte ; ainsi leur rivalit s'tendait jusque sur le choix des matires employes. Candlabres. VI. 3. A Egiue , on ne travaillait spcialement que la partie suprieure des candlabres , dont les tiges taient confectionnes Tarente. Deux fabriques contri- buaient donc la formation d'un produit vant. On ne rougit pas de donner la valeur des appointemens annuels d'un tribun militaire, pour un ustensile dont le nom nous rappelle l'ide de chandelle. Un crieur public , Thon, qui vendait un de ces candlabres, runit ce lot, comme accessoire, un esclave bossu, hideux, et foulon de son mtier, nomm Clsippe. Gganie acheta le tout 5o,ooo sesterces ; elle fit parade table de son achat, exposa le bossu , dpouill de ses vtemens, la rise des convives, puis, cdant une passion effrne, le reut dans son lit , et lui lgua des richesses immenses. Clsippe entoura le candlabre des hommages que l'on n'adresse qu'aux dieux ; nouvelle anecdote joindre l'histoire de l'airain de Corinthe. Cependant la morale a t venge par le magnifique tombeau que Clsippe leva Gganie , et qui immortalisera sur la terre le souvenir de sa honte. Du reste, quoique jamais il n'y ait eu de candlabre en airain de Corinthe, rien de plus en vogue que les candlabres corinthiens. Le fait est que Mummius, aprs sa victoire et le sac de cette ville, par- tagea tout ce qu'il y avait trouv d'ouvrages de bronze, entre plusieurs villes d'Achae. i76 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. De templorum ornaraentls ex are. Vn. Prisci limina tiam ac valvas ex re in templis factitavere. Invenio et a Cn. Octavio, qui de Perseo rege navalein triumphum egit , factam porticuin duplicem ad circum Flaminium , quae corinthia sit appellata a capi- tulis reis columnarum, Vestae quoque aedem ipsam sy- racusana superficie tegi placuisse. Syracusana sunt in Pantheo capita columnarum a M. Agrippa posita. Quin etiam privata opulentia eo modo usurpata est. Camillo inter crimina objecit Sp. Carvilius quaestor, quod aerata ostia haberet in domo. De tricliniis aereis. YIII. Nam triclinia aerata, abacosque, et monopodia Cn. Manlium Asia devicta primum invenisse triumpho suo , quem duxit Urbis anno dlxvii , L. Piso auctor est. Antias quidem L. Crassum , heredem L. Crassi oratoris, multa etiam triclinia aerata vendidisse. Ex re factita- vere et cortinas , tripodum nomine delphicas , quoniam donis maxime ApoUinis delphici dicabantur. Placuere et lychnuchi pensiles in delubris, aut arborum modo mala ferentium lucentes : qualis est in templo Apollinis Pala- tini , quod Alexander Magnus Thebarum expugnatione captum in Cyme dicaverat eidem deo. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 177 Ornemens en airain pour les temples. VII. Jadis mme, le seuil et les portes des temples taient en airain. Octavius, celui qui fut dcor du triom- phe naval pour avoir vaincu Perse , leva, suivant plu- sieurs auteurs, dans le cirque Flaminien, un double portique, que ses colonnes chapiteaux d'airain firent appeler portique Corinthien. Le temple de Vesta eut, par ordre du snat , un toit d'airain de Syracuse. Les chapiteaux des colonnes du Panthon, placs par Agrippa, sont aussi d'airain de Syracuse. Le luxe et l'orgueil des particuliers a envahi cet ornement. Un des griefs re- prochs Camille par le questeur Spurius Carvilius, tait d'avoir les portes de sa maison revtues d'airain. Lits de tables garnis d'airain. VIIL Les lits de table, les buffets, les monopodes orns d'airain , furent , d'aprs L. Pison , ports pour la pre- mire fois dans Rome en 667, au triomphe de Cn.Man- lius, aprs la dfaite de l'Asie. Valerius Antias dit que L. CrassuJ , hritier de l'orateur de ce nom , vendit beaucoup de lits de table garnis d'airain. On fit aussi en airain les trpieds dits cortines dlpliiques, parce qu'on les consacrait surtout l'Apollon de Delphes. On van- tait aussi ces candlabres, tantt suspendus dans les temples, tantt chargs de lumires, comme des arbres le sont de fruits. Tel est celui qu'on voit au temple d'Apollon Palatin , et qu'Alexandre le Grand , aprs la prise de Thbes, avait transport Cyme , o il fut aussi consacr Apollon. XIX. 12 f- 178 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Qiiod primum dei simulacrum Romie ex re factiim. De origine statuarum , et honore. IX. 4- Transiit deinde ars ubiqiie vulgo ad effigies deo- rum. Romae simulacrum ex are factum Cereri primum reperio ex peculio Sp. Cassii, quem regnum adfectantem pater ipsius interemerat. Transiit et ab diis ad hominum statuas, atque imagines multis modis. Bitumine antiqui tingebant eas , quo magis mirum est placuisse auro in- tegere. Hoc nescio an romanum fuerit inventum : certe etiam Romae non habet vetustatem. Effigies homininn non solebant exprimi , nisi aliqua illustri causa perpetui- tatem merentium , primo sacrorum certaminum victoria, maximeque Olympi : ubi omnium qui vicissent statuas dicari mos erat. Eorum vero , qui ter ibi superavissent , ex membris ipsorum similitudine expressa, quas iconi- cas vocant. Atbenienses nescio an primi omnium Har- modio et Aristogitoni tyrannicidis publie posuerint sta- tuas. Hoc actum est eodem anno , quo et Romae reges pulsi. Excepta deinde res est a toto orbe terrarum hu- manissima ambitione. Et jam omnium municipiorum foris statuae ornamentum esse cpere , prorogarique me- moria hominum, et honores legendi aevo basibus in- scribi, ne in sepulcris tantumlegerentur. Mox forum et in domibus privatis factum atque in atriis. Honos clien- tum instituit sic colre patronos. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 179 Premire statue d'airain consacre dans Rome un dieu. Origine des statues ; quel ciis on en faisait. IX. 4- L'ait se mit ensuite reprsenter les dieux. La premire statue d'airain qu'on vit Rome, fut celle de Crs, fondue aux frais de Sp. Cassius , celui mme qui aspirait la royaut , et que tua son pre. Aprs les dieux, l'airain reprsenta les hommes. Ces reprsenta- tions varirent : jadis on les enduisait de bitume, usage qui rend plus extraordinaire encore celui de les couvrir d'or ; je ne sais si cette ide appartient aux Romains ; le fait est qu' Rome mme elle n'est pas fort ancienne. On n'rigeait de statues qu' ceux qui avaient mrit l'immortalit par quelque action d'clat. Ce furent d'a- bord les vainqueurs aux jeux sacrs , notamment aux jeux Olympiques. L , quiconque avait remport un prix voyait sa statue consacre. Ceux qui en avaient rem- port trois , avaient des statues dont les formes taient exactement moules sur toute leur personne; ces der- nires se nommaient iconiques. Athnes peut-tre fut le premier lieu o l'on rigea des statues comme rcom- penses publiques. Les plus anciennes furent celles d'Har- modius et d'Aristogiton , qui turent Hipparque , l'anne o Rome chassa ses rois. Le monde entier, par une noble ambition, imita cet usage. Dj nos villes munici- pales ornent leurs places de statues, perptuent le sou- venir des grands hommes, et inscrivent sur la base de ces monumens des titres de gloire, que lira la postrit; ces titres n'appartiennent plus exclusivement aux tom- beaux. Plus tard les maisons des particuliers, les vesti- bules sont devenus des places o l'adulation des cliens ddie des statues au patron. il. ^H C fllBK SHT 3-i^r 1.13. ixur. Miifraiaiaiir'iui&. tria ikcUkv w . aml^f mm iiwsit^. Eunierwgn H ai yu r 0- t-^b^^ ^{(uHiK Iicatutna joiMkfi gut oeat Ihwrtfit ftai ..-..,.- ^ -i&riBK. XL l < r^wr$ <^ii fltfir'^GMnk |Mr wmi 5 Phidias, outre son Jupiter Olynijjien , qui n'a point (le rival, a fait aussi en ivoire la Minerve du Parth- non d'Athnes. Ses ouvrages en bronze sont d'abord l'Amazone ci-dessus indique, puis une Minerve d'une telle beaut, qu'on l'appelle Minerve Calliste. 11 fit aussi le Cliduque (ou porte-clefs), et une autre Minerve, que Paul-Emile transporta et ddia dans le temple de la Fortune, deux statues couvertes du pallium , et que Catulus ddia dans le mme temple, enfin une statue colossale, nue; de plus, Phidias passe ajuste titre pour avoir dcouvert et dmontr les principes de la toreu- lique. Polyclte deSicyone, disciple d'Aglade, est l'auteur du jeune homme effmin , dit le Diadumne, vendu cent talens, et de l'adolescent robuste, dit le Doryphore. Il a fait, de plus, ce que les artistes appellent le canon, ou statue modle, dont les traits, finis avec l'art le plus exquis, sont comme la rgle et la loi du beau. Polyclte seul, d'un uvre d'art , a fait l'art mme. On a encore de lui le baigneur au strigile, l'homme nu qui joue aux ds, deux enfans nus et jouant de mme aux ds (ce mor- ceau , connu sous le nom des Astragalizontes, et regard gnralement comme un des plus parfaits que l'art ait produits, se trouve aujourd'hui dans la galerie de l'em- pereur Titus), un Mercure qui jadis tait Lysimachie, un Hercule qui est Rome, ur. auxiliaire prenant les armes, et Artmon, surnomm Priphorte (en litire). Polyclte passe pour avoir port son art au plus haut point , et pour avoir perfectionn la toreutique inven- te par Phidias. Une de ses dcouvertes , est d'avoir pos ses statues sur une seule jambe 5 Varion cependant a 2o6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. tanien ea esse tradit Varro , et paene ad unum exeni- plum. Myronem Eleutheris natum, et ipsum Agelad disci- pulum, bucula maxime nobilitavit, celebratis versibus laudata : qiiando alieno plerique ingenio magis, quam suo, commendantur. Fecit et canem, et discobolon, et Persea, et pristas, etSatyrum admirantem tibias, et Mi- nervam : delphicos pentathlos pancratiastas : Herculem etiam , qui est apud Circum maximum in de Pompeii Magni. Fecisse et cicadae monumentum ac locustae car- minibus suis Erinna significat. Fecit et Apollinem , quem a triumviro Antonio sublatum restituit Ephesiis divus Augustus,admonitus in quite. Primus hicmultiplicasse varietatem videtur, numerosior in arte, quam Polycle- tus, et in symmetria diligentior : et ipse tamen corpo- rum tenus curiosus , aaimi sensus non expressisse, capil- lum quoque et pubem non emendatius fecisse, quam rudis antiquitas institiiisset. Vicit eum Pythagoras Rheginus ex Italia, pancratiaste Delphis posito. Eumdem vicit et Leontinus , qui fecit stadiodromon Astylon. qui Olympiae ostenditur : et Li- byn puerum tenentem tabellam, eodem loco, et mala ferentem nudum. Syracusis autem claudicantem : cujus ulceris dolorem sentire etiam spectantes videntur. Item Apollinem, serpentemque ejus sagittis confi(;i : cithar- HISTOIRE NATURFXLE, LIV. XXXIV. 207 crit que ses statues sont carres, et presque toutes (l'aspect uniforme. Myron (rleuthrcs, aussi disciple d'Aglade, se ren- dit fameux par sa gnisse, objet de ces hommages po- tiques si connus ; tant il est vrai que c'est plutt au gnie des autres qu'au leur que la plupart des artistes ont d leur gloire. On a encore de lui un chien, un disco- bole, un Perse, des scieurs, un Satyre en extase devant une flte, une Minerve, des pancratiastes ou pentathles de Delphes, un Hercule qui se voit auprs du grand Cirque, dans la maison de Pompe. Erinne cite dans ses vers le monument qu'il fit pour une cigale et une sau- terelle. L'Apollon enlev la ville d'Ephse par le triumvir Antoine , et restitu par Auguste, sur l'ordre qu'il en reut en songe, tait de Myron. Cet artiste, le premier, varia les sujets ; il fut plus fcond que Poly- clte, qu'il surpassa par l'exactitude des proportions; mais il ne s'attacha qu' la correction des formes, sans donner assez d'expression ses statues: de plus, ses che- veux et le bas du ventre, sont d'un dessin aussi nglig que celui des artistes de l'antiquit. Pythagore de Rhgium, en Italie, a fait et mis Delphes un pancratiaste jug suprieur celui de Myron; ce dernier fut encore vaincu par Pythagore de Lon- titim , auteur d'Astyle, le coureur, que l'on voit Olym- pie, du jeune Libyen qui tient des tablettes, aussi Olympie, et de l'adolescent nu qui porte des fruits. On voit de lui, Syracuse, un boiteux : tous les spectateurs s'imaginent ressentir les douleurs que lui cause son ul- cre. On cite encore son Apollon, tuant le serpent Python ao C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. dum, qui Dicaeus appellatus est, quoniam quum Thebae ab Alexandre caperentur , aurum a fugiente conditum, sinu ejus celatum esset. Hic primiis nervos et venas ex- pressit , capillumque diligentius. Fuit et alius Pythagoras Saraius, initio pictor, cujus signa ad aedem Fortunae hujusque diei septem nuda , et senis unum , laudata sunt. Hic supra dicto facie quoque indiscreta similis fuisse traditur : Rhegini autem discipu- lus et filius sororis fuisse Sostratus. Lysippum Sicyonium , Duris negat , TuUius fuisse di- scipulum adfirmat, sed primo aerarium fabrum, audendi rationem cepisse pictoris Eupompi responso. Eum enim interrogatum , quem sequeretur antecedentium , dixisse demonstrata hominum multitudine , Naturam ipsam imitandam esse, non artificem. Plurima ex omnibus signa fecit , ut diximus , fecundissimae artis, inter quae de- stringentem se , quem Marcus Agrippa an te thermas suas dicavit , mire gratum Tiberio principi : qui non quivit temperare sibi in eo, quamquam imperiosus sui inter initia principatus, transtulitque in cubiculum, alio ibi signo substituto : quum quidem tanta populi romani contu- macia fuit, ut magnis theatri clamoribus reponi Apoxyo- menon flagitaverit, princepsque, quamquam adamatum, reposuerit. ]Sobilitatur Lysippus et lemulenta tibicina, HISTOIRE NATURELLE , LIV. XXXIV. 209 coups de flches; soii citharde, nomm Dice (juste), parce que, lors de la prise de Thbes par Alexandre, il garda fidlement dans son sein un dpt d'or qu'y avait cach un fugitif. Pythagore de Lontium est le premier qui ait exprim les muscles et les veines, et soign la chevelure. Un troisime Pythagore, natif de Samos, et primiti- vement peintre, a laiss sept statues nues, qui se trou- vent aujourd'hui devant le temple de la Fortune, et une statue de vieillard. Toutes sont vantes. Cet artiste ressemblait au prcdent tel point , qu'on les prenait l'un pour l'autre. Le Pythagore de Rhgium eut pour neveu et pour disciple Sostrate. Lysippe deSicyone n'eut point de matre, selon Duris : Cicron , au contraire, veut qu'il ait t d'abord simple ouvrier en cuivre, et qu'un mot du peintre Eupompe lui ait inspir l'audace de s'lever la statuaire. On deman- dait un jour cet artiste quel peintre, parmi ses prd- cesseurs, il prenait pour modle : Eupompe montra du doigt la foule, et dit : C'est la nature , et non un artiste que l'on doit imiter. Lysippe a t, comme on l'a vu ci-dessus , le plus fcond des statuaires. Parmi ses ou- vrages, on distingue le baigneur au strigile, qu'Agrippa plaa la faade de ses thermes , et qui tait la statue favorite de Tibre. Ce prince, malgr l'empire qu'il eut sur lui-mme dans les commencemens de son rgne, ne put s'empcher de toucher au chef-d'uvre de Lysippe, et le fit transporter dans ses appartemens, aprs y avoir substitu une autre statue. Mais bientt le peuple opi- nitre redemanda grands cris, en plein thtre, son Apoxyomne, et l'empereur fut oblig de remettre en place la statue qui faisait ses dlices. On vante encore XIX. i4 210 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. et canibus ac venatione. In primis vero quadriga cum Sole Rhodiorum. Fecit et Alexandrum Magnum multis operibus, a pueritia ejus orsus, Quam statuam inaurari jussit Nero princeps, delectatus admodum illa. Dein quum pretio perisset gratia artis , detractum est aurum : pretiosiorque talis existimatur, etiam cicatricibus operis atque concisuris, in quibus aurum haeserat, remanenti- bus. Idem fecit Hephaestionem Alexandri INIagni amicum, quem quidam Polycletoadscribunt , quum is centumprope annis ante fuerit. Idem Alexandri venationem , quae Del- pbis sacrata est : Athenis Satyrum : turmam Alexandri, in qua amicorum ejus imagines summa omnium simili- tudine expressit. Has INIetellus , Macedonia subacta, trans- tulit Romam. Fecit et quadrigas multorum generum. Statuariae arti plurimum traditur contulisse , capillum exprimendo, capita minora faciendo, quam antiquircor- pora graclliora, siccioraque, per qu proceritas signo- rum major videretur. Non habet latinum nomen sym- metria, quam diligentissime custodivit, nova intactaque ratione quadratas veterum staturas permutando : vulgo- que dicebat , ab illis factos , quales essent , homines : a se, quales viderentur esse. Propriae hujus videntur esse argutiae operum, custoditae inminimis quoque rbus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. m de Lysippe la joueuse de flte ivre, la meute, la chasse, et surtout le quadrige du Soleil , conduit par le dieu mme. Lysippe a fait aussi beaucoup de statues d'A- lexandre : elles forment une suite de reprsentations , depuis l'enfance du conqurant jusqu' sa mort, Nron fit dorer l'Alexandre enfant , qu'il se plaisait contem- pler; mais cet ornement ayant fait perdre de sa beaut la statue, on retira l'or. Les nombreuses cicatrices, les rayures, traces parlantes de l'or qui avait couvert le bronze, lui donnent mme plus de prix. C'est encore Lysippe qui fit la statue d'Ephestion, l'ami d'x^lexandre, statue que quelques crivains attribuent ridiculement Polyclte, mort cent ans avant Ephestion. Une chasse d'Alexandre, groupe qui a t consacr Delphes ; un Satyre, qu'on voyait Athnes ; l'escadron d'Alexandre, morceau dans lequel l'artiste rendit, avec la plus par- faite exactitude, les traits de tous les amis du conqurant, appartiennent aussi Lysippe : ces derniers bronzes ont t transports Rome par Metellus , aprs la con- qute de la Macdoine. On doit au mme artiste des quadriges de plusieurs espces. Il ft faire beaucoup de progrs l'art de la statuaire : c'est lui qui exprima les dtails de la chevelure; diminua le volume, prc- demtnent considrable , de la tte; reprsenta le torse plus svelte et plus mince: ce qui semble grandir les sta- tues. La langue latine n'a pas de terme pour exprimer cette symtrie laquelle il fut toujours fidle, et qui, par une mthode nouvelle, non moins rapproche de la nature , modifia l'aspect toujours carr des statues anti- ques. Lysippe disait souvent : Les autres artistes nous montrent les hommes tels qu'ils sont: je les montre, moi, tels qu'ils semblent tre. Un des caractres de ses ou- 14. ail C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Filios et discipulos reliquit laudatos artifices, Lahip- pum, et Bedam, sd an te omnes Euthycratem : quam- quam is constantiam patris potius aemulatus, quam ele* gantiam , austero maluit gnre , quam jucundo, placere. Itaque optime expressit Herculem Delphis, et Alexan- drum , Thespin venatorem , et Thespiadas : prlium questre : simulacrum Trophonii ad oraculum ; quadri- gas Medeae complures : equum cum fiscinis : canes ve- nantium. Hujus porro discipulus fuit Tisicrates, et ipse Sicyo- nius, sed Lysippi sectae propior, ut vix discernantur complura signa : ceu senex tliebanus , Demetrius rex , Peucestes Alexandri Magni servator, dignus tantagloria. Artifices , qui compositis voluminibus condidere hc , miris laudibus clbrant, et Telephanem Phoceum, igno- tum alias, quoniam in hessalia habitaverit, ubi latue- rint opra ejus : alioqui sufFragiis ipsorum aequatur Po- lycleto, Myroni, Pythagorae. Laudantejus Larissam, et Spintharum pentathlon, et Apollinem. Alii non hanc ignobilitatis fuisse causam , sed quoniam se regum Xerxis atque Darii officinis dediderit, existimant. Praxiteles quoque marmore felicior : ideo et clarior fuit. Fecit tamen ex are pulcherrima opra : Proserpinaei HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. ai3 vrages, est l'lgance soutenue avec laquelle il acheva jusqu'aux moindres dtails. Il eut pour fils et pour disciples trois artistes clbres, Lahippes, Bda, et surtout Eutliyrate. Ce dernier imita la force d'expression plus que l'lgance de son pre, et prfra la svrit la grce. Rien de plus magnifique que son Hercule de Delphes , son Alexandre , son Thes- pis le chasseur, ses Thespiades ; on admira encore son combat questre, sa statue de Trophonius , qui est pla- ce dans la grotte fatidique de ce hros, ses nombreux quadriges de Mde , son cheval musel , ses chiens de chasse. Tisicrate , son disciple, aussi de Sicyone, reproduisit plus fidlement la manire de Lysippe, et quelques-unes de ses statues se distinguent peine de celles de ce matre , par exemple , le vieillard de Thbes , le roi Dmtrius, Peuceste, le sauveur d'Alexandre, et digne d'tre reprsent par Tisicrate. Les artistes qui, dans leurs ouvrages sur l'art, nous ont lgu ces renseigneniens, exaltent aussi un Tl- phane de Phoce , ignor, dit-on, parce qu'il habita la Thessalie, o ses ouvrages demeurrent ensevelis, mais qui, d'aprs nos auteurs, ne le cda ni Polycrate, ni Myron, ni Pythagore.il vantent surtout sa Larisse, son Spinthare, le pentathle , et son Apollon. D'autres assignent pour cause l'obscurit de cet artiste le choix qu'il fit des ateliers de Darius et de Xerxs pour y exer- cer ses talens. Praxitle excella surtout sur les marbres. C'est l qu'il a conquis la plus grande partie de sa clbrit. ai 4 C. PLlNn HIST. NAT. LIB. XXXIV. raptum : item Catagusam , et Liberum patrem , et Ebrie- tatem, nobilemque una Satyrum, quem Graeci Periboe- ton cognominant. Signa etiam, quae ante Felicitatis aedem fuere , Veneremque , quae cum ipsa aede iiK^endio cremata est Claudii principatu , marmoreae illi suae per terras inclytae parem. Item Stephusam , Spilumenen , OEnophorum : Harmodium et Aristogitonem tyrannici- das-, quos a Xerxe Persarum rege captos victa Perside Atheniensibus remisit Magnus Alexander. Fecit et pube- rem Apollinem subrepenti lacertae cominus sagitta insi- diantem , quem Sauroctonon vocant. Spectantur et duo signa ejus diverses adfectus exprimentia , flentis ma- tronae, et meretricis gaudentis. Hanc putant Phrynen fuisse , deprehenduntque in ea amorem artificis, et mer- cedem in vultu meretricis. Habet et simulacrum benignitas ejus. Calamidis enim quadrigae aurigam suum imposuit , ne melior in equorum effigie defecisse in homine crederetur. Ipse Calamis et alias quadrigas bigasque fecit , equis semper sine aemulo expressis. Sed ne videatur in bominum effigie inferior , Alcmena nullius est nobilior. Alcamenes Phidiae discipulus et marmorea fecit, et aereum pentathlon, qui vocatur Encrinomenos. At Po- lycleti discipulus Aristides quadrigas bigasque. Iphicra- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. ai5 Toutefois, on lui doit des chefs-d'uvre en bronze, sa- voir : l'enlvement de Proserpine , Crs Cataguse (rame- nant sa fille des enfers) , Bacchus , l'Ivresse , un Satyre fameux , surnomm par les Grecs le Pribote ; les sta- tues, qui jadis paraient la faade du temple du Bon- heur, la Vnus qui fut consume avec son temple, dans un incendie sous Claude, et qui, en renom, galait sa sur, la Vnus de marbre. On cite encore la Stphuse, la vieille dcrpite, l'OEnophore, les tyrannicides Harmo- dius et Aristogiton, enlevs par Xerxs la Grce, et rendus Athnes par Alexandre , aprs la conqute de la Perse. Praxitle est l'auteur de l'Apollon pubre, dit Sauroctone, parce qu'il s'apprte tuer avec une flche un lzard qui rampe ses pieds. On admire encore de lui deux statues d'expressions contraires, la matrone en pleurs et la courtisane dans la joie. L'original de celle-ci n'est autre, dit-on, que Phryu, et l'on prtend que sa figure dcle et la passion de l'artiste, et le sa- laire que promet la courtisane. Un autre monument atteste l'obligeance de Praxitle. Calamide avait fait un quadrige : Praxitle en travailla le conducteur, afin que l'artiste, qui excellait reprsen- ter les chevaux, ne part pas infrieur lui-mme, quand il s'agissait des hommes. Ce mme Calamide est auteur d'autres quadriges et de biges; il est rest sans rival pour les chevaux. Nanmoins, on ne doit pas croire qu'il n'ait point russi reprsenter l'homme: son Alcmne ne le cde aucune des Alcmnes clbres. Alcamne, disciple de Phidias, a fait, outre des sta- tues en marbre , le pentathle de bronze , connu sous le nom d'Encrinomne. Aristide, disciple de Polyclte, a fait des quadriges et des biges. On vaute la Lna ai6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. tis Leaena laudatur : scortum haec lyrae cantu familiare Harmodio et Aristogitoni , consilia eorum de tyrannici- dio, usque ad mortem excruciata a tyrannis, non pro- didit. Quamobrem Athenienses et honorem habere ei volentes, nec tamen scortum clbrasse, animal nominis ejus fecere : atque ut intelligeretur causa honoris , in opre linguam addi ab artifice vetuerunt. Bryaxis ^sculapium et Seleucum fecit ; Bedas , ado- rantem. Batton, Apollinem , et Junonem , qui sunt Rpmae in Concordiae templo. Ctesilaus vulneratum deficientem, in quo possit in- telligi , quantum restet animae : et Olympium Periclem dignmn cognomine. Mirumque in bac arte est, quod nobiles viros nobiliores fecit. Cephissodotus Minervam mirabilem in portu Atheniensium , et aram ad templum Jovis Servatoris in eodem portu, cui pauca comparan- tur. Canachus Apollinem nudum , qui Philesius cogno- minatur in Didymaeo , aeginetica aeris temperatura. Cer- vumque una ita vestigiis suspendit, ut linum subter pedes trahatur , alterne morsu digitis calceque retinenti- bus solum, ita vertebrato dente utrisque in*partibus, ut a repulsu per vices rsilit. Idem et Celetizontas pueros fecit. Chaereas Alexandrum Magnum , et Philippum pa- trem ejus fecit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 117 d'Iphicrate. La courtisane de ce nom , habile joueuse de lyre , habile chanteuse , tait intimement lie avec Har- modius et Aristogiton. Instruite de leurs complots contre les tyrans , elle aima mieux perdre la vie au milieu de? tortures , que de trahir leur secret. Les Athniens , voulant honorer la mmoire de l'hrone, sans pourtant accorder ce tribut de gloire une courtisane, dcidrent qu'on la reprsenterait sous l'image d'une lionne (en grec Lna), et, pour mieux faire saisir l'ide du mo- nument , prescrivirent l'artiste de reprsenter la lionne sans langue. Bryaxis est auteur d'un Esculape et d'un Seleucus j Bdas , d'un adorateur ; Batton , d'un Apollon et d'une Junon, tous deux Rome dans le temple de la Concorde. Ctsilas a fait le bless dfaillant, morceau admirable, la vue duquel on croit sentir combien le mourant a encore de minutes vivre ; et le Pricls Olympien , bien digne d'un tel surnom: admirable effet de l'art, d'ajou- ter encore l'illustration d'un grand homme ! Cpliis- sodote est l'auteur d'une superbe Minerve qu'on voit au port d'Athnes , et d'un autel dont peu de bronzes approchent pour la beaut : il est dans le temple de Ju- piter Sauveur, au mme port. Cauachus'a laiss un Apol- lon nu, en bronze ginte : ce morceau nomm Apollon Philsien , se voit dans le temple de Didyme. De plus ,, on lui doit un cerf suspendu de manire ce que l'on passe alternativement un fil sous chacun de ses pieds : car c'est tantt la partie antrieure qui se trouve d'aplomb, tantt sa partie postrieure : le moindre choc, agissant sur l'une des deux moitis, suffit pour imprimer un mou- vement l'autre. Les enfans Cltizontes (cavalcade d'en- 2i8 C. PLmn HIST. NAT. LIB. XXXIV. Desilaus Doryphoron , et Amazonem vulneratam. De- metrius Lysimachen, quae sacerdos Minervae fuit annis sexaginta quatuor. Idem et Minervam quae Musica ap- pellatur, quoniam dracones in Gorgone ejus ad ictus citharae tinnitu rsonant. Idem equitem Simonem, qui primus de equitatu scripsit. Daedalus et ipse inter ficto- res laudatus , pueros duos destringentes se fecit. Dino- menes Pi'otesilaum , et Pythodemum luctatorem. Euphranoris Alexander Paris est: in quo laudatur, quod oninia simul intelligantur , judex dearum , amator Helenae, et tamen Achillis interfector. Hujus estMinerva Romae, quae dicitur Catuliana, infra Capitolium a Quinto Lutatio Catulo dicata : et simulacrum Boni Eventus , dextra pateram , sinistra spicam c papaver tenens. Item Latona puerpera , Apollinem et Dianam infantes susti- nens , in aede Concordiae. Fecit et quadrigas bigasque , et Cliduchon eximia forma : et Virtutem , et Gi'aeciam , utrasque colosseas : mulierem admirantem et adorantem. Item Alexandrum et Philippum in quadrigis. Eutychides Eurotam , in quo artem ipso amne liquidiorem plurimi dixere. Hegiae Minerva Pvrrhusque rex laudatur : et Celeti- zontes pueri , et Castor et Pollux ante aedem Jovis To- nantis; Hegesiae. In Pario colonia Hercules Isidori. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. a 19 fans) viennent du mme statuaire. Chias a fait un Philippe et un Alexandre-le-Grand. Dsilas , un Doryphore et une Amazone blesse ; De- metrius, une Lysimaque (celle qui fut prtresse de Mi- nerve soixante-quatre ans) , la Minerve musicienne, ainsi nomme parce que les sons de la lyre font vibrer les dragons de sa Gorgone; enfin un Simon cheval (Simon est le premier qui ait crit sur l'quitatiou). Ddale, qui est clbre encore comme modeleur , a fait les deux jeunes baigneurs au strigile. Dinomne est l'auteur d'un Protsilas et de Pythodme le lutteur. On doit Euphranor l'Alexandre Paris , admir parce que l'on y reconnat la fois le juge des trois desses, l'amant d'Hlne et le meurtrier d'Achille. On voit de lui, Rome, la Minerve Catulienne, ddie au dessous du Capitole par Q. Lutatius Catulus, et une statue du Bon Succs, tenant la main droite une coupe, la gauche un pi et un pavot ; une Latone nouvelle accou- che, soutenant dans ses bras Apollon et Diane (dans le temple de la Concorde) ; des quadriges et des biges , un Cliduque magnifique; deux statues colossales qui repr- sentent, l'une la Verlu, l'autre la Grce; une femme qui admire et adore; un Alexandre, et un Philippe port sur un char quatre chevaux. Eutychide est l'auteur d'un Eurotas dont on a dit que le travail est aussi cou- lant que les eaux mmes du fleuve. Hgias est clbre par sa Minerve et son Pyrrhus j Hgsias, par sa cavalcade d'enfans, par son groupe de Castor et Pollux , plac devant le temple de Jupiter aao C. Ptmil HIST. NAT. LIB. XXXIV. Eleuthereus Lycius Myronis discipulus fuit , qui fecit dignum praeceptore puerum sufflantem languidos igns, et Argonautas. Iveochares aquilam , sentientem quid ra- piat in Ganymede, et cui ferat, parcentem unguibus etiam per vestem : puerum Autolycon pancratio victo- rem, propter quem Xenophon Syraposion scripsit : Jo- vemque illum Tonantem in Capitolio , ante cuncta lau- dabilem : item Apollinem diadematum. Lyciscus Lago- nem puerum subdolae ac fucatae vernilitatis. Lycus et ipse puerum sufBtorem. Menaeehmi vitulus genu premitur , replicata cervice : ipseque Menaechmus scripsit de sua arte. Naucydes Mercurio , et Discobolo, et immolante arie- tem censetur, Naucerus luctatorem anhelantem fecit. Ni- ceratus ^sculapium, et Hygiam, qui sunt in Concor- diae templo Romae. Pyromachi quadriga regitur ab Alcibiade. Polycles Hermaplux)ditum nobilem fecit. Pyrrhus Hygiam , et Mi- nervam : Phnix Lysippi discipulus , Epithersen. Stipax Cyprins uno celebratur signo , Splanchnopte. Periclis Olympii vernula hic fuit , exta torrens , ignem oris pleni spiritu accendens. Silanion Apollodorum fu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. aai Tonnant ; Isidore, par son Hercule, qu'on voit dans la colonie de Parium. Lycius d'leuthres , disciple de Myron, s'est montr digne de son matre par son enfant soufflant sur des charbons rebelles, et par ses Argonautes. Lochars est l'auteur de l'aigle qui, en ravissant Ganymde, semble savoir, et quel objet il enlve, et qui il l'apporte : on dirait qu'il craint d'effleurer de ses serres, mme sous les habits, sa proie vivante. C'est aussi Lochars que l'on doit l'Autolycus enfant , vainqueur au pancrace , celui mme pour qui Xnophon crivit son Banquet ; le Jupiter Tonnant du Capitole, le plus beau peut-tre de tous ses ouvrages; l'Apollon au diadme. Lyciscus est l'auteur du Lagon enfant , dans lequel il a exprim la fois jeunesse, malice et dissimulation. Lycus a fait aussi un enfant qui brle des parfums. Mnechme nous a laiss, outre des crits sur son art, un jeune taureau abattu, que presse le genou de son vainqueur, et qui reploie la tte en arrire. On vante le Mercure, le Discobole et le sacrificateur de blier, tous trois ouvrages de Naucyde. Naucre a laiss un lutteur haletant. Nicrate, un Esculape et une Hygie qu'on voit Rome dans le temple de la Concorde. Pyromaque a donn l'Alcibiade conducteur de qua- driges ; Polycls, un Hermaphrodite clbre; Pyrrhus, une Hygie et une Minerve ; Phnix , disciple de Lysippe, un Epitherse. Stipax de Cypre doit sa clbrit un seul ouvrage, le Splanchnopts , qui reprsente un esclave de Pricls l'Olympien , occup rtir des entrailles au feu d'un brasier qu'il allume en soufflant. Silanion a coul en 22a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. dit, fctorem et ipsum, sed inter cunctos diligentissi- mum artis, et inimioum sui judicem, crebro perfecta signa frangentem , dum satiari cupiditate artis non quit , et ideo insanum cognominatum. Hoc in eo expressit, nec hominem ex sere fecit , sed iracundiam : Achillem nobi- lem. Item Epistaten exercentem atliletas : Strongylion , Amazonem , quam ab excellentia crurum Eucnemon ap- pellant, ob id in comitatu Neronis principis circumla- tam. Item fecit puerum, quem amando Brutus philip- pensis cognomine suo illustravit. Theodorus, qui labyrinthum fecit Sami, ipse se ex re fudit, praeter similitudinem mirabilem fama magnae subtilitatis celebratus. Dextra limam tenet , laeva tribus digitis quadrigulam tenuit , translatam Prseneste , tantse parvitatis, ut totam eam currumque et aurigam intege- ret alis simul facta musca. Xenocrates Tisicratis discipulus : aut, utalii, Euthy- cratis, vicit utrosque copia signorum, et de sua arte composuit volumina. Plures artifices fecere Attali et Eumenis adversus Gal- los prlia : Isigonus, Pyromachus, Stratonicus, Antigo- nus , qui condidit volumina de sua arte. Boethi , quam- quam argento melioris , infans eximie anserem strangu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. au3 bronze l'Apollodore ; cet Apollodore lait lui-mme ar- tiste. Remarquable par son extrme correction , il tait pour lui-mme le plus terrible des censeurs ; souvent il brisait ses propres statues : amant de l'art, rien ne le contentait ; aussi fut-il surnomm le fou. Silanion ex- prima ce caractre sur l'airain , et reprsenta moins un homme que le mcontentement personnifi. L'Achille du mme artiste est fameux. On lui doit , de plus , l'Epi- state exerant ses athltes. Strongylion , auteur de l'A- mazone Eucnme , c'est--dire aux belles jambes , que Nron faisait transporter sa suite dans ses voyages, fit aussi l'adolescent dit philippien , statue favorite du Brutus tu Philippes, dont elle partage aujourd'hui le surnom et la clbrit. Thodore , l'architecte du labyrinthe de Samos, coula aussi sa statue en bronze. Ce morceau , remarquable par une extrme ressemblance, ne l'est pas moins par la finesse de l'art. La main droite tient une lime ; trois doigts de la gauche portaient un petit quadrige , qu'on a depuis transport Prneste, et dont la tnuit est telle , que char, cocher, attelage, tout se trouve cou- vert sous les ailes d'une mouche qu'il coula en mme temps. Xnocrate, disciple de Tisicrate, ou, selon d'autres, d'Euthycrate , l'emporta sur ses matres par le nombre de ses ouvrages , et composa sur son art plusieurs crits. Les combats d'Attale et d'Eumne contre les Gaulois ont t immortaliss par plusieurs artistes , tels que Isigone , Pyromaque, Stratonique, et Antigone, auteur de livres sur la statuaire. Bothus, quoique plus clbre comme ciseleur en argent, a donn un beau morceau 224 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV; lat. Atque ex omnibus , quae retuli , clarissima quaequ jain sunt dicata a Vespasiano principe in templo Pacis , aliisque ejus operibus , violentia Neronis in Urbem con- vecta , et in sellariis domus aureae disposita. Praeterea sunt qualitate celebrati artifices 5 sed nullis operum suorum pracipui. Ariston , qui et argentum cae- lare solitus est : Calliades, Ctesias, Cantharus Sicyonius , Dionysodorus Critiae discipulus , Deliades , Euphorion , Eunicus , et Hecataeus , argenti caelatores : Lesbocles , Prodorus , Pythodicus , Polygnotus : iidem pictores no- bilissimi. Item ex caelatoribus j Stratonicus , Scymnus , qui fuit Critiae discipulus. Nunc percensebo eos, qui ejusdem generis opra fe^ cerunt, ut Apollodorus, Androbulus, Asclepiodorus , Alevas , philosophos : Apellas et adorantes feminas : An- tigonus et Perixyomenon , tyrannicidasque supra dictos : Antimachus , Athenodorus feminas nobiles : Aristodemus et luctatores, bigasque cum auriga, philosophos, anus, Seleucum regem. Habet gratiam suam hujus quoque Do- ryphorus. Cephissodoti duo fuere : prioris est Mercurius , Libe- rum patrem in infantia nutriens. Fecit et concionantem manu elata : persona in incerto est. Sequens philosophos fecit. Colotes qui cum Phidia Jovem Olympium fecerat , .iw. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. ua5 reprsentant un enfant qui trangle une oie. 1^ tou les ouvrages ci-dessus cits , les plus beaux ont t d- dis Rome, par Vespasien, dans le temple de la Paix^ ou dans quelques autres monumens levs par lui- mme. Prcdemment, ils avaient t enlevs violem- ment par Nron , et amoncels dans les salons de la Maison dore. Nommons , de plus, divers artistes peu prs gaux en mrite , mais dont nul n'a produit d'ouvrage du premier rang : ce sont Ariston , plus connu comme ci- seleur en argent ; Calliade , Ctsias , Canthare de Si- cyone, Dionysodore, disciple de Critias , Dliade, Eu- phorion , Eunicus , Hcate , tous deux ciseleurs en argent ; Leshods , Prodore , Pythodique , Polygnote , tous quatre peintres clbres ; enfin , deux autres cise- leurs , Stratonicus et Scymnus , disciple de Critias. Passons en revue les statuaires en airain qui ont trait les mmes sujets : Apollodore, Androbule, Asclpiodore, Alvas , ont fait des philosophes ; Apellas nous a laiss, de plus, des femmes qui adorent la divinit ; Antigone, un Prixyomne, et le groupe des tyrannicides dj cits; Antimaque et Athnodore , des femmes de noble nais- sance; Aristodme, des lutteurs, des biges avec leurs conducteurs, des philosophes, de vieilles femmes et un roi Seleucus ; son Doryphore a aussi une grce lui. On distingue deux Cphissodote : le premier, auteur d'un Mercure nourrissant Bacchus enfant, et d'un ha- rangueur qui a la main leve (on ignore quel fut l'ori- ginal de cette figure); le second , qui l'on doit plu- sieurs philosophes. Colots, le collaborateur de Phidias XIX. i5 aa6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. philosophes. Item Cleon , et Cenchramis, et CalUcles, et Cephis : Chalcostlienes et comdos , et athletas. Dahippus Paralyomenon. Daiphron, et Democritus, et Daemon , philosophes . Epigonus omnia fere praedicta imitatus praecessit in tu- bicine, et matri interfectae infante miserabiliter blan- diente. Eubolidis , digitis compiitans. Micon athletis spectatur : Menogenes , quadrigis. Nec minus Niceratus omnia, quae ceteri, adgressus, repraesentavit Alcibiadem , lampadeque accensa matrem ejus Demaraten sacrificantem. Tisicratis bigae Piston mulierem imposait. Idemque fecit Martem et Mercurium , qui sunt in Concordiae tem- plo Romae. Perillum nemo laudat saeviorem Phalaride tyranno, cui taurum fecit, mugitus hominis pollicitus ign subdito, et primus eum expertus cruciatum justiore saevitia. In hoc a simulacris deum hominumque devoca- verat humanissimam artem. Ideone tt conditores ejus elaboraverant , ut ex ea tormenta firent? Itaque una de causa servantur opra ejus, ut quisquis illa videat, ode- rit manus. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 227 dans la confection du Jupiter Olympien, nous en a laiss aussi. Clon, Cenchramis, Callicls et Cphis se recom- mandent par les mmes titres. Chalcosthne reprsenta, de plus, des athltes et des comdiens. On a de Dahippe le Paralyomne; de Daphron, de Dmocrite et de Dmon , des philosophes. Epigone, qui a travaill dans presque tous les genres ci-dessus, s'est lev heaucoup au del dans son trom- pette , et dans son enfant qui caresse en pleurant sa mre qui vient de prir. Eubolis est fameux par son homme comptant sur ses doigts. Micon, par ses athltes ; Mnogne, par ses quadriges. Nicrat, qui s'exera dans tous les genres essays par ses rivaux , s'est signal par son Alcibiade , et par la D- marate mre d'Alcibiade, qui offre un sacrifice une lampe la main. Tisicrate est auteur d'un bige, dans lequel Piston a plac une femme qui le conduit. On doit au dernier le Mars ainsi que le Mercure qui se voient dans le temple de la Concorde, Rome. On n'ose louer Prillus ; pliis cruel que le tyran Phalaris, cet artiste fit pour lui un taureau d'airain destin enfermer des hommes vivans, promettant que les captifs exposs au feu dans cette prison , mugiraient comme les taureaux mmes. Phala- ris , cruel une fois avec justice, prouva l'ouvrage sur l'ouvrier. Eh quoi ! de la reprsentation des dieux et des hommes , un art cr pour la gloire de l'humanit se ravalait cet indigne ministre ! Les inventeurs n'a- vaient-ils donc multipli les travaux que pour imaginer un supplice? On ne conseive les ouvrages de Prillus que pour dtester leur aspect l'adresse fatale de l'artiste. i5. **8 c. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Stlienis Cererem , Jovem, Minervam fecit, qui sunt Roniae in Concordiae templo. Idem flentes matronas , et adorantes , sacrificantesque. Simon canem et sagittarium fecit. Stratonirus caelator ille philosophos : Scopas utraque. Athletas autem, et armatos, et venatores , sacrifican- tesque, Batton, Euchir, Glaucides, Heliodorus , Hica- nus , Loplion , Lyson , Lon , Menodorus , Myiagrus , Polycrates , Polydorus , Pythocritus , Protogenes , idem pictura clarissimus, ut dicemus : Patrocles, Polis, Posi- donius, qui etargentum caelavit nobiliter, natione Ephe- sius , Periclymenus , Philon , Simenus , Timotheus , Theo- ihnestus, Timarchides, Timon, Tisias, Thrason. Ex omnibus autem maxime cognomine insignis est Callimachus , semper calumniator sui , nec finem habens diligentiae , ob id Caczotechnos appellatus , memorabili exemplo adhibendi curae modum. Hujus sunt saltantes Lacnae, emendatum opus, sed in quo gratiam omnem diligentia abstulerit. Hune quidam et pictorem fuisse tradunt. Non are captus, nec arte, unam solummodo Zenonis statuam cypria in expeditione non yendidit Cato , sed quia philosophi erat , ut obitcr hoc quoque noscatur tam inane exemplum. In mentione statuarum est et una non praetereunda , quamquam auctoris incerti, juxta Rostra, Herculis tu- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 929 Sthnis a fait la Crs , le Jupiter et la Minerve du temple de la Concorde , Rome ; des matrones , les unes en pleurs, les autres aux pieds des dieux, ou oc- cupes d'un sacrifice. On doit Simon un chien et un archer; au ciseleur Slratonicus, des philosophes; Sco- pas , des statues dans ces deux genres. Enfin des athltes, des hommes arms, des chasseurs, des sacrificateurs aux suivans : Batton, Euchir, Glau- cids , Hliodore , Hicanus , Lophon , Lyson , Lon , Mnodore, Myiagre , Polycrate, Polydore, Pythocrite, Protogne , que nous nommerons plus has comme un des peintres les plus clbres ; Patrocle, Polis, Posido- nius d'Ephse, fameux ciseleur en argent; Priclymne, Philon , Simne, imothe, Thomneste, Timarchide , Timon , Tisias et Thrason. De tous, Callimaque fut le plus clbre par son sui- nom. Toujours mcontent de son talent , et corrigeant sans fin ses ouvrages, il fut nomm en consquence le gte-mtier (Cacizotechne) : mmorable exemple de la ncessit de ne point trop chercher la perfection. Les Lacdmoniennes dansantes sont un ouvrage trs-cor- lect , mais auquel la correction a fait perdre toute sa grce. Quelques-uns veulent que Callimaque ait aussi t peintre. Dans son expdition de Cypre , Calon fit vendre toutes les statues , except celle de Zenon ; ni l'art ni la matire ne l'avaient sduit , mais c'tait la statue d'un philosophe : fallait-il , en passant, rappeler nos avides amateurs cet exemple insignifiant? Nous ne devons pas oublier, dans un catalogue de statues, de mentionner, quoique l'auteur n'en soit pas 23o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. nicati, taeo habitu^ Romae, torva facie, sentienteque suprema in tunica. In hac trs sunt tituli : L. Luculli imperatoris, de manubiis : alter, pupillum Luculli filium ex senatusconsulto dedicasse : tertius, T. Septimiuni Sa- binum aedilem curulem ex privato in publicum resti- luisse. lot certaminum tantque dignationis simulacruni id fuit. Differentiae ris , et mixturae. De pyropo. De campano are. XX. Q, Nunc revertemur ad differentias aeris et mix- turas. In cyprio coronariuni tenuatur in laminas tauro- rumque felle tinctum, speciem auri in coronis histrio- num praebet. Idemque in uncias additis auri scrupulis senis, praetenui pyropi bractea ignescit. Regulare et in aliis fit metallis : itemque caldarium. Differentia, quod caldarium funditur tantum , malleis fragile , quibus re- gulare obsequitur, ab aliis ductile appellatum , quale- onine cyprium est. Sed et in ceteris metallis, cura distat a caldario. Omne enim purgatis diligentius igni vitiis , excoctisque, regulare est. In reliquis generibus palma campano. Simile in multis partibus Itali , provinciisque. Sed octonas plumbi libras addunt, et bene recoquunt propter inopiam ligni. Quantum ea res difl'erentiae adfe- rat, in Gallia maxime sentitur, ubi intcr lapides candc- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. a3r connu, l'Hercule en tunique, plac Rome auprs des Rostres. Le costume est celui du hros sur le mont OEta; la face est contracte, et le bronze exprime, sous la tunique, les douleurs de l'agonie. Trois inscrip- tions diverses nous apprennent : i** que ce morceau fit partie du butin de Lucullus victorieux; 2** que son fils, encore en tutelle , le ddia , en vertu d'un snatus- consulte ; 3 que T. Septimius Sabinus , dile curule , le fit rentrer, des pnates du particulier , dans le domaine public. Les prtentions rivales de ces trois personnages font juger du prix qu'on attachait ce bel ouvrage. Espces d'airain ; leur alliage. Pyrope. Airain de Campanie. XX. 9. Revenons aux diverses espces d'airain et leur alliage. L'airain coronaire de Cypre se divise en lames menues, qu'on colore avec du fiel de buf, et dont on se sert pour donner une dorure apparente aux couronnes des histrions : ml l'or dans la proportion de six scrupules de ce mtal par onces d'airain , et r- duit en lame trs-mince, il devient d'un rouge de feu; c'est le pyrope. On fait , dans d'autres mines que celles de Cypre, le cuivre en rgles et le cuivre caldaire : la diffrence de ces deux compositions consiste en ce qe , dans la dernire , le mtal est fondu seulement , et se brise sous le fer, tandis que, dans l'autre, le mtal docile s'tend sous le marteau; on l'appelle aussi airain ductile : tout le cuivre de Cypre appartient ce genre. Dans les autres mines, il est encore mieux* travaill que l'airain caldaire. En effet, ce dernier ne peut de- venir airain en rgles qu'aprs avoir t dbarrass de tout ce qu'il avait d'impur, par l'incandescence et l'ac- a3i C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. factos funditur. Exurente enim coctura nigrum atque fragile conficitur. Praeterea semel recoquunt : quod sae- pius fecisse, bonitati plurimum confert. Id quoque no- tasse non ab re est , aes omne frigore magno melius fundi. f Sequens temperatura statuaria est, eademque tabula- ris , hoc modo : massa proflatur in primis : mox in pro- flatum additur tertia portio aeris collectanei , hoc est , ex usu coempti. Peculiare in eo condimentum adtritu do- miti, et consuetudine nitoris veluti mansuefacti. Mis- centur et plumbi argentarii pondo duodena ac selibrse, centenis proflati. Appellatur etiamnum et formalis tem- peratura ris tenerrimi , quoniam nigri plumbi dcima portio additur, et argentarii vicesima : maximeque ita colorem bibit, quem graecanicum vocant. Novissima est,, quae vocatur oUaria , vase nomen hoc dante , ternis aut quaternis libris plumbi argentarii in centenas aeris ad- ditis. Cyprio si addatur plumbum , colos purpurae fit in statuarum praetextis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 233 tioii du feu. Des autres varits de cuivre , la plus esti- me est le cuivre de Campanie. Beaucoup de lieux en Italie et dans les provinces en fournissent pourtant de pareil ; il y a seulement cette diffrence que, dans la Campanie, on fond , avec le quintal d'airain, huit livres de plomb , et que , cause de la disette de bois , on donne une seconde cuite. Ce procd produit surtout des diffrences remarquables dans les Gaules, o l'on pousse le feu jusqu' incaudescence totale des pierres parmi les(|uelles on le coule. La chaleur est si violente , qu'elle briile le mtal , qui devient noir et cassant. Ils ne le recuisent qu'une fois , quoique l'opration rpte ajoute beaucoup sa qualit. Il est bon d'observer que toutes les espces d'airain se fondent mieux par les grands froids. Pour statues et pour tables, on travaille l'airain de la manire suivante : on fond le cuivre qui vient de la mine, puis on ajoute au cuivre fondu un tiers de cuivre de hasard, ou provenant d'ustensiles dt^ employs: car c'est le temps et l'usage qui oprent la vritable confection du cuivre ; c'est le frottement qui dompte et assouplit l'aigreur native du mtal; on ajoute par quintal de cuivre douze livres et demie de plomb ar- gentaire. On appelle airain de forme , l'alliage le plus tendre : il y entre un dixime de plomb noir , et un vingtime de plomb argentaire : c'est celui qui prend le mieux la couleur dite grcanique, I^a dernire espce est l'airain ollaire : il doit son nom aux vases dont il fournit la matire; il admet trois ou quatre livres de plomb argentaire sur cent de cuivre. L'airain de Cypre, avec addition de plomb, fournit la couleur pourpre qui orne les prtextes des statues. 234 G. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. De servando are. XXI. ^Era extersa l'ubiginem celerius trahunt, quam neglecta , nisi oleo perungantur. Servari ea optime in li- quida pice tradunt. Usus aeris ad perpetuitatem monu- mentorum jam pridem translatas est , tabulis reis , in quibus public constitutiones inciduntur. De cadmia. XXII. lo. Metalla seris multis modis instruunt medici- nam, utpote quum ulcra omnia ibi ocissime sanentur. Maxime tamen prodest cadmia. Fit sine dubio haec et in argenti fornacibus, candidior ac minus ponderosa, sed nequaquam comparanda aerariee. Plura autem gnera sunt. Namque ut ipse lapis , ex quo fit ses , cadmia vo- catur, fusuris necessarius, medicin inutilis : sic rursus in fornacibus exsistit, aliamque nominis sui originem recipit. Fit autem egesta flammis atque flatu tenuissima parte materiae , cameris lateribusve fornacum pro quan- titate levitatis applicata. Tenuissima est in ipso forna- cum ore, qua flammae eructantur, appellata capnitis, exusta , et nimia levitate similis favill. Interior optima , cameris dependens , et ab eo argumente botryitis cogno- minata : ponderosior haec priore , levior secuturis. Duo cjus colores : deterior cinereus, puniceus melior, friabilis, oculorumque mcdicamentis utilissima. Tertia est in late- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. ^35 De la conservation de l'airain. XXI. L'airain nettoy se couvre plus vite de vert- de-gris que quand on le nglige totalement, moins toutefois qu'on ne le frotte d'huile. La poix le conserve parfaitement. De temps immmorial on a employ l'airain aux monumens dont on veut assurer la dure. Presque toutes les lois de l'tat sont graves sur des tables d'ai- rain. De la cadniie. XXIL lo. Les mines de cuivre fournissent nombre de remdes la mdecine. De tous les spcifiques nul ne fait disparatre plus vite les ulcres de tout genre. Mais c'est surtout la cadmie qu'on doit le plus de gurisons. Celle qui se trouve au fond des fourneaux o l'on labore l'ar- gent, et qui runit la blancheur et la lgret, n'est nullement comparable celle du cuivre. On distingue de celle-ci plusieurs varits. Celle de la calamine , d'o se tire le laiton , est aussi inutile en mdecine qu'indispen- sable au fondeur; mais jete dans les fourneaux, elle donne une autre substance qui porte un nom particu- lier (tuthie), et qui se forme, l'aide du souffle et do la flamme , des parcelles mtalliques les plus dlies , (jui s'attachent aux parois et aux votes des fourneaux , en raison de leur lgret. Les plus dlies de toutes se trouvent l'orifice suprieur par lequel le fourneau exhale la flamme : c'est ce qu'on appelle capnitis; par son extrme lgret , elle ressemble la poudre blanchtre qui couvre la braise. La meilleure est celle qui se trouve l'intrieur, et qui , suspendue la vote du fourneau , prend de l le nom de botryilis (cadmie en grappe). 1^6 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. ribus fornacum, quae propter gravitatem ad camras pervenire non potuit. Haec dicitur placitis , et in ipsa ar- gumentum planitie, crusta verius, quam pumex, intus varia, adpsoras utilior, et ad cicatrices trahendas.Fluunt ex ea duo alia gnera : onychitis extra paene caerulea , in- tus onychis maculis similis. Ostracitis tota nigra , et e ceteris sordidissima , vulneribus maxime utilis. Omnis au- tem cadmia in Cypri fornacibus optima, iterumque a medicis coquitur carbone puro, atque ubi in cinerem rediit, extinguitur vino amineo, quae ad emplastra prae- paratur : quae vero ad psoras, aceto. Quidam in ollis fictilibus tusam urunt , ac lavant in mortariis , postea siccant. Nymphodorus lapidem ipsuin quam gravissimum spis- sissimumque urit pruna, et exustum chio vino restin- guit, tunditque, mox linteo cribrat, atque in mortario terit , mox aqua pluvia macrt , iterumque terit quod subsidit, donec cerussae similis fit, nuUa dentium of- fensa. Eadem lollae actio : sed quam purissimum lapidem eligit. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. aS- Plus lourde que la prcdente, elle l'est moins que les deux espces suivantes. On en distingue de deux cou- leurs, l'une gris cendr, qui est estime; l'autre qui a l'dat de la pourpre : elle est de meilleure qualit , friable , et parfaite pour les affections des yeux. La troisime varit de cadmie se recueille sur les parois des fourneaux : c'est celle que sa pesanteur a empch d'atteindre aux votes. On l'appelle placitis , par allu- sion la crote condense sous l'aspect de laquelle elle se prsente; en dedans elle est de diverses couleurs ; on la regai'de comme bonne pour les affections psoriques et les cicatrices; il y en a deux varits : l'onychitis, pres- que blanche au dehors, mais seme au dedans de taches qui jouent l'onyx ; et l'ostracitis, noire et sale, mais la plus utile de toutes pour la gurison des blessures. Toute espce de cadmie venue des fol-ges de Cypre est excel- lente ; en mdecine on la fait recuire sur du charbon pur, et, quand elle s'est rduite en cendre rouge, on l'teint dans du vin aminen, si on la destine aux em- pltres; dans du vinaigre, s'il s'agit de maladies pso- riques. Quelquefois on la pile et on la brle dans des marmites de teire cuite , aprs quoi on lave dans des mortiers, puis l'on sche. Nymphodore veut qu'on brle le minral mme, aprs l'avoir choisi le plus dense et le plus lourd possible , sur des charbons , qu'ensuite on l'teigne dans du vin de Chio, qu'on le concasse, qu'on le passe par un linge, qu'on le pile au mortier, qu'on le macre dans de l'eau de pluie, enfin qu'on broie de nouveau le sdiment, jus- qu' ce que l'on obtienne une espce de cruse molle sous la dent. lollas prescrit le mme procd, mais il veut qu'on choisisse le minerai le plus pur. 258 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Medicinse ex ea xv. iEris usti effectus in medicina. XXIII. Cadmise effectus siccare, persanare, sistere fluxiones, pterygia et sordes oculorum purgare, scabri- tiem extenuare, et quidquid in plumbi effectu dicemus. Et aes ipsum ad omnia eadem uritur : praeterque , albu- gines oculorum et cicatrices. Ulcra quoque oculorum cum lact sanat, idque aegyptii collyrii modo terunt in coticulis. Facit et vomitiones e nielle sumptum. Uritur autem cyprium in fictilibus crudis cum sulphuris pari pondre , circumlito spiramento , in caminis , donec vasa ipsa percoquantur. Quidam et salm addunt, alii alu- men pro sulphure, alii nihil , sed aceto tantum asper- gunt. Ustum teritur mortario tbebaico, aqua pluvia lavatur , iterumque adjecta largiore teritur , et dum con- sidat, relinquitur: hoc saepius, donec ad speciem minii redeat. Tune siccatum in sole , in aerea pyxide servatur. De scoria aeris. XXIV. II. Et scoria aeris simili modo lavatur, mi- nore effectu , quam aes ipsum. Sed et aeris flos medicinae utilis est. Fit are fuso , et in alias fornaces translate : ibi HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 289 Remdes qu'on en tire , i5. Effets mdicinaux de l'airain brl. XXIII. La cadmie est siccative; elle arrte et gurit les fluxions, dissipe les ptrygies et autres incommodi- ts des yeux , fait tomber les crotes des paupires , et a toutes les vertus que nous attribuerons au plomb. Le cuivre mme, brl, produit les mmes effets; de plus, on l'emploie pour les taies blanches et les cicatrices. Dans le lait, il gurit les ulcres de l'il. Il faut alors le broyer sur des pierres dures, comme le collyre gy- ptien. Dans le miel , il est mtique. On brle l'airain de Cypre dans des vases de terre crue, avec quantit gale de soufre ; on lutte le couvercle , et on laisse l'appareil sur le feu, jusqu' ce que la terre se trouve cuite. Quelques-uns ajoutent du sel ; d'autres substi- tuent l'alun au soufre ; d'autres enfin n'emploient que le cuivre arros de vinaigre. La cuisson finie , on pile dans un mortier de pierre thbaque ; on lave dans l'eau de pluie; on broie encore, mais dans une nouvelle eau, plus forte dose ; on abandonne ensuite le tout lui- mme jusqu' ce qu'il se fasse un dpt. On ritre le procd jusqu' ce que la couleur du sdiment soit celle du mitiium. Alors, on fait scher au soleil, et l'on garde dans une bote d'airain la poudre obtenue. Scorie de l'airain. XXIV. 1 1. La scorie d'airain se lave de mme; elle a moins de vertu que l'airain pur. La mdecine utilise aussi la fleur d'airain. On l'obtient en refondant le mtal dj fondu. Dans le nouveau fourneau , on doit alors 2/|0 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. flatu crebriore excutiuntur velut milii squamae, quas vo- cant florem. Cadunt autem , quum panes aeris aqua refri- gerantur rubentque. Similiter ex eis fit, quam vocant lepida, et sic adulteratiir flos, ut squama veneat de- cussa vi clavis , in quos panes aerei ferriiminantur. In Cypri maxime officinis omnia. Differentia haec est, quod squama excutitur ictibus iisdem panibus: flos cadit sponte. De stomomate seris : medicine ex his , xlvii. XXV, Squamae est alterum genus subtiiius , ex summa scilicet lanugine decussum, quod vocant stomoma, At- que haec omnia medici (quod pace eorum dixisse liceat) ignorant, pars major et nomina : in tantum a conficien- dis medicaminibus absunt, quod esse proprium medi- cinae solebat. Nunc quoties incidere in libellos , compo- nere ex his volentes ahqua , hoc est , impendio miserorum experiri commentaria, credunt Seplasiae omnia fraudibus corrumpenti. Jam quidem facta emplastra et collyria mercantur : tabesque mercium , aut fraus Seplasiae sic exteritur. Et squama autem et flos uruntur in patinis fictiUbus aut aereis ,, deinde lavantur , ut supra , ad eosdem usus : HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. *4i employer frquemment le soufflet, de manire faire lever la surface du liquide comme des cailles ou des balles de millet : c'est la fleur du cuivre. Ces cailles se dtachent d'elles-mmes quand les pains de cuivre, de- venus rouges, sont plongs dans l'eau. Ils donnent aussi des cailles ou lpides ^ qu'on mle frauduleusement la fleur : on les fait tomber des clous mmes que l'on forge avec les pains d'airain. L'un et l'autre procd se pra- tique dans les ateliers de Cypre. L'unique diffrence est qu'on fait tomber l'caill en frappant les pains, tandis que la fleur se dtache d'elle-mme. Stomome de l'airain : 47 remdes qu'on en tire. XXV. Il y a une espce d'caill plus dlie, dite stomoma. C'est comme un duvet extrmement lger qu'on fait tomber de la superficie du mtal. Les mde- cins, qu'ils nous permettent de le dire, ignorent presque tous et le nom et la chose ; tant s'en faut qu'ils con- naissent la prparation des remdes , prparation qui est pourtant la mdecine mme. Veulent-ils , aprs lec- ture de quelques livrets de recettes , employer un m- dicament, c'est--dire l'prouver aux dpens de quel- ques victimes, ils s'en rapportent au petit commerce, qui n'est que fraude et dception. Il y a long-temps qu'on les voit eux-mmes acheter empltres et collyres tout faits , et c'est par leur entremise que s'coulent toutes les drogues avaries , toutes les falsifications de la splasie. L'caill et la fleur de cuivre , aprs avoir t brles sur des plats de cuivre ou d'argile, subissent, comme XJX. i6 a4 C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXXIV. et amplius ad narium carnosa vitia : itemque sedis : et gravittes aurium, per fistulas in eas flatu impulsa : et uvas oris, farina admota. oUit et tonsillas cum melle. Fit et ex candido are squama longe cypria inefficacior. Nec non urina pueri prius macrant clavos, pnesque. Quidam vero excussam squamam terunt , et aqua pluvna lavant. Dantet hydropicis eam duabus drachmis in mulsi hemina et illinunt cum polline. jEnigo : medicina? ex ea , xvii. XXVI. iEruginis quoque magnus usus. Sed pluribus fit ea modis. Namque et lapidi, ex quo coquitur aes, de- raditur: et aei*e candido perforato, atque in cadis super acetum suspenso, aereo obturt is operculo : multo pro- batiore, quam si hoc idem squamis fit. Quidam vasa ipsa candidi aeris fictilibus condunt in aceto , raduntque X die. Alii vinaceis contegunt, totidemque post dies ra- dunt. Alii delimatam aeris scobem aceto spargunt , ver- santque spathis saepius die, donec absumatur. Eamdem- que scobem alii terere in mortariis aereis ex aceto ma- lunt. Ocissime vero cpntingit coronarium recisamentis in acetum additis. Adultrant marmoie trito maxime HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. a43 ci-dessus, un lavage. Toutes deux alors ont les vertus de l'airain mme. Laves de nouveau , elles gurissent les carnosits des narines et de l'anus; portes l'aide du souffle, par un tuyau, dans les oreilles, elles font cesser la surdit; et, mles la farine, les gonflemens de la luette. Incorpores au miel , elles gurissent les amyg- dales. L'airain blanc fournit aussi une caille qui a quelque efficacit , mais beaucoup moindre que celle du cuivre de Cypre. Quelquefois on fait macrer dans de l'urine d'enfant les clous et les pains de cuivre. D'au- tres, quand ils ont fait tomber l'caill, la pilent, puis la lavent dans l'eau de pluie. Ou la donne aux hydro- piques, la dose de deux drachmes, dans une limine de vin miell; on l'applique, en liniment, avec de la farine. Vert-de-gris : 17 remdes. XXVL Le vert-de-gris a aussi de nombreux usages. Il y a plusieurs manires de l'obtenir : tantt on le d- tache tout form du minerai qui est soumis la coc- tion; tantt on perfore le cuivre blanc, et on le suspend sur du vinaigre , dans des barils ferms avec un cou- vercle aussi de cuivre : ce qui donne du vert-de-gris beaucoup meilleur que celui que fournissent les cailles. Quelquefois ce sont des vases mme de cuivre blanc que l'on plonge dans des pots remplis de vinaigre, et qu'on vient racler au bout de dix jours. D'autres couvrent les vaisseaux de marc de raisin , et raclent de mme le dixime jour. D'autres encore arrosent de vinaigre la limaille de cuivre, et remuent plusieurs fois le jour avec des spatules, jusqu' ce que la dissolution du mtal soit complte ; ou bien ils pilent , dans des mortiers 16. 244 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. rhodiam aeruginem, alii pumice, aut gummi. Praecipue autem fallit atrament sutorio adulterata. Cetera enim dente deprehenduntur , stridentia in frendendo. Expe- rimentum in batillo ferreo. Nam quae sincera est , suum colorem retinet : quae mixta atrament , rubescit. Depre- henditur et papyro , galla prius macerato : nigrescit enim statim rugine illita. Deprehenditur et visu, maligne virens. Sed sive sinceram sive adulteratam , aptissimum est siccatam in patina nova uri et versari , donec favilla fat : postea teritur et reconditur. Aliqui in crudis ficti- libus urunt, donec figlinum percoquatur. Nonnulli et thus masculum admiscent. Lavatur autem aerugo, sicut eadmia. Vis ejus collyriis oculorum aptissima, delacrymatio- nibus mordendo proficiens. Sed ablui necessarium peni- eillis calidis, donec rodere desinat. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. a^S rfe cuivre, la limaille mouille de vinaigre. Enfin, et de toutes les mthodes c'est la plus expditive , on jette dans du vinaigre des rognures de cuivre coronaire. Les falsifications de verl-de-gris se font avec de la gomme, de la pierre-ponce, ou du marbre en poudre : le der- nier s'emploie surtout pour simuler le vert -de -gris rhodien. Mais , de toutes les fraudes , la plus difficile dcouvrir, est celle qui emploie la couperose bleue. On reconnat les autres falsifications au cri que rend sous la dent la substance falsifie. Celle dont la coupe- rose est la base, se reconnat ds qu'on l'expose l'ac- tion du feu sur une pelle de fer. Pure , la substance garde sa couleur; falsifie , elle passe au rouge. On peut aussi reconnatre la fraude , l'aide de papyrus , pra- lablement macr dans l suc de noix de galle : le vri- table verdet se noircit aussitt. La vue aussi indique si le verdet est vrai ou faux ; la couleur verte doit tre franche : du reste, que le vert-de-gris soit pur ou non, le mieux est de le faire scher, brler et retourner dans un plat neuf, jusqu' ce qu'il se rduise en cendre; et ensuite, de le broyer et de le mettre en rserve pour le besoin. Quelques-uns font cette cuisson dans des plats de terre crue , qu'ils laissent au feu jusqu' ce que la terre mme soit cuite. Quelques oprateurs ajoutent de l'encens maie. Le vert-de-gris, se lave comme la cadmie. Il est souverain , dans les collyres , pour les maux d'yeux, et utile pour les yeux pleureui's. Il agit comme mordant; mais il faut laver avec ds plumasseaux im- bibs dans l'eau chaude, jusqu' ce que l'action corro' sive du remde ait cess. a46 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Hieracium. XXVII. Hieracium vocaturcollyriura , quod ita maxime constat: temperatur autem id ammoniaci uriciis qua- tuor , ruginis cypriaB duabus , atramenti sutorii , quod chalcanthum vocant, totidem : misyos vero una, croci sex. Haec omnia trita aceto thasio colliguntur in pilulas , excellentis remedii , contra initia glaucomatum et suJfTu- sionum, contra caligines, et scabritias, et albugines, ac genarum vitia. Cruda autem aerugo vulnerariis empla- stris miscetur. Oris gingivarumque ulcerationem mirifice emendat, et labiorum ulcra cum oleo. Quod si et cera addatur, purgat, et ad cicatricem perducit. iErugo et callum fistularum erodit, vitiorumque qu circa se- dem, sive per se, sive cum ammoniaco illita, vel col- lyrii modo in fistulas adacta. Eademque cum resinae te- rebinthinae teftia parte subacta, lepras tollit. Scolex aeris : iiiedicinae ex eo, xvii. XXVIII. 12. Est alterum genus aeruginis, quam vo- cant scoleca : in cyprio are hoc , trito alumine et sale , aut nitro pari pondre , cum aceto albo quam acerrimo. Non fit hoc nisi aestuosissimis diebus circa Canis ortum. Teritur autem donec viride fit , contrahatque se vermi- culorum specie, unde et nomen. Quod vitium ut emen- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. itr. Hieracium. XXVII. On donne le nom H hieracium au coUyi-e dont voici la composition : quatre onces de sel ammoniaque, deux de vert-de-gris de Cypre , deux de chalcanthum, ou noir de cordonnier, une de misy, six de safran ; on broie le tout avec du vinaigre de Thasos et on eu fait des trochisques. C'est un remde excellent contre les glaucomes naissans, contre la cataracte, les suffusions, les crotes , les taches blanches et autres vices des pau- pires. Le vert-de-gris cru entre dans les empltres pour blessures; il est spcifique pour les ulcres des gencives, de la bouche et des lvres , si on l'applique avec de l'huile. En crat, il purge et acclre les cicatrices. La proprit corrosive du vert-de-gris enlve de mme fistu- les calleuses et plaies du sige, soit qu'on l'applique seul , soit qu'on le mlange au sel ammoniaque, ou qu'on l'in- troduise sous forme de collyre dans les fistules. Ml \\\\ tiers de trbenthine, il gurit la lpre. Scolex aeris : 17 remdes. XXVIII. 12. On donne le nom de scolex une troi- sime espce de vert-de-gris, que fournit le cuivre de Cypre, avec poids gal d'alun broy et de sel , ou de nitre dans du vinaigre blanc aussi pre que possible. L'op- ration se fait vers le commencement de la Canicule, aux jours les plus chauds de l'anne. On pile le tout jusqu' ce que le mlange prenne la couleur verte et un aspect vermicul. C'est de cette dernire circonstance que vient a48 C. PLINE fflST. NAT: LIB. XXXIV. detur , duae partes quae fuere aceti , miscentur urina pueri impubis. Idem autem in medicamentis et santerna efficit , qua diximus aurum ferruminari, ususque utriusque,. qui aeruginis. Scolecia ft et per se , derasa ab aerario la- pide, de quo nunc dicen^us. De chalciti : medicinae ex ea, vu. ' XXIX. Chalcitin vocant lapidem, ex quo ipsum s coquitur. Distat a cadmia, quod illa super terram ex subdialibus ptris caeditur, haec ex obrutis. Item quod chalcitis friat se statim, mollis natura, ut videatur la- nugo concreta. Est et alla distinctio , quod chalcitis tria gnera continet, aeris, et misyos et soryos, de quibus singulis dicemus suis locis. Habet autem aeris venas oblon- gas. Probatur mellei coloris , gracili venarum discursu , friabilis , nec lapidosa. Putant etrecentem utiliorem esse, quoniam inveterata sory fit. Vis ejus ad excrescentia in ulceribus, sanguinem sistere, gingivas, uvam, tonsil- las farina compescere. Vulvae quoque vitiis in vellere im- ponitur. Cum succo vero porri verendorum additur em- plastris. Maceratur autem in fictili ex aceto circumlito fimo diebus xl, et colorem croci trahit. Tune admixto cadmiae pari pondre, medicamentum efficit, psoricon dictum. Quod si duae partes chalcitidis tertia cadmiae temperentur , acrius hoc idem fiet : etiamnum vehemen- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 249 sou nom de scolex. On corrige cette configuration vi- cieuse avec une partie d'urine d'enfant impubre, sur deux de vinaigre. Le scolex a , en mdecine , les mmes usages que la santerne, dont on a parl comme de la meilleure soudure de l'or, et tous deux possdent les ver- tus du vert-de-gris. On recueille du scolex natif sur le minerai de cuivre, dont nous allons parler maintenant. Chalcitis : 7 remdes. XXIX. C'est de la pierre nomme chalcitis qu'on ob- tient du cuivre par l'action du feu ; elle diffre de la cadmie en ce que celle-ci se trouve dans des couches profondes, tandis que la chalcitis est fleur de terre et l'air. Rapidement friable et molle naturellement, elle ne semble autre chose qu'un duvet concrte. Une autre distinction essentielle , c'est que la chalcitis contient , outre du cuivre , deux substances dont il sera parl ail- leurs , le misy et le sory. Le cuivre qu'elle contient court en veines oblongues. La meilleure est celle qui runit une couleur de miel la friabilit et des veines minces serpentant sur la pierre. Elle ne doit pas offrir de gra- vier. On estime surtout la chalcitis frache , vu que celle qu'on laisse vieillir se change , dit-on , en sory. En poudre, elle est bonne contre les excroissances des ul- cres, les hmorrhagies , les tumeurs des gencives, de la luette et des amygdales. On l'applique sur de la laine grasse pour les ulcres de l'utrus. On en fait aussi des empltres pour les affections des parties sexuelles ; dans ;e cas , on y mle du suc de porreau macr quarante jours dans le vinaigre et dans un vase de terre ciiilc , lut de fiente d'animaux : elle contracte ainsi une couleur aSo C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. tius, si aceto, quam vino temperentiir. Tosta vero efH- cacior ft ad eadem omnia. Sory ; medicin ex eo , vjii. XXX. Sory aegyptium maxime laudatur, multum superato cyprio , hispaniensi, etafrico: qiiamquam ocu- lorum quoque curationi quidam utilius cyprium putant : sed in quacumque natione optimum , cui maximum virus in olfactu, trituque pinguiter nigrescens, et spongiosum. Stomaclio res contraria in tantum, ut quibusdam ol- factu modo vomitiones moveat. Et gyptium quidem taie : alterius nationis contritum splendescit , ut misy , et est lapidosius. Prodest autem et dentium dolori , si contineatur, atque coUuat: et oris ulceribus gravibus, quseque serpunt. Uritur carbonibus, ut chalcitis. Misy: medicinae ex eo, xiv. XXXI. Misy aliqui tradiderunt fieri exusto lapide in scrobibus , flori ejus luteo miscente se ligni pinei favilla. Rvera autem e supradicto fit lapide , concretum na- tura , discretumque , et optimum in Cypriorum ofB- cinis : cujus not sunt friati aureae scintill , et quum teratur, arenosa natura, sive terrea, chalcitidi similis. HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. aai safrane. Alors on mle de la cadmie poids gal : il en rsulte un remde dit psorique. Si l'on fait entrer deux parties de chalcitis sur une de cadmie , le remde a plus de force, et bien plus encore si l'on emploie du vinaigre au lieu de vin. La chalcitis brle vaut encore mieux pour toutes ces oprations. Sory : 8 remdes. XXX. On vante surtout le sory d'Egypte , qui l'em- porte de beaucoup sur ceux de Cypre, d'Espagne et d'A- frique; toutefois quelques-uns donnent la prfrence au sory de Cypre pour les affections ophthalmiques. De quelque endroit que vienne le sory, le meilleur est celui qui a l'odeur la plus forte , et qui , lorsqu'on le triture , devient gras , noir et spongieux. Il est si peu agrable l'estomac , que souvent son odeur seule excite le vo- missement : tel est le sory d'Egypte. Celui des autres pays acquiert, par la trituration , le luisant du misy; de plus, il est graveleux. Tenu dans la bouche , sous forme d'- lectuaire, il gurit les maux de dents. Il fait disparatre les ulcres malins de la bouche et les dartres herptiques. On le brle sur les charbons , comme la chalcitis. Misy : i4 remdes. XXXI. Le misy, selon quelques uns, s'obtient de la pierre brle dans les fosses des mines. C'est une fleur jaune qui s'attache la cendre du bois de pin employ la combustion. Le fait est que cette fleur se trouve forme et concrte sur la pierre mme, o elle existe en grains isols. La meilleure est celle que donnent les ateliers de Cypre. Ses caractres sont la friabilit, les espces d'- a5a C. PUNII HIST. NAT. LIB. XXXTV. Hoc admiscent, qui aurum purgant. Utilitas ejus infusi cum rosaceo auribus purulentis : et in lana impositi , capitis ulceribus. Extnut etiam scabritias oculorum inveteratas. Praecipue utile tonsillis, contraque anginas, et suppurata. Ratio , ut sedecim drachmae in hemina aceti coquantur addito melle , donec lentescat. Sic ad supra- dicta utile est. Quoties opus sitmolliri vim ejus, mel ad- spergitur. Erodit et callum fistularum , ex aceto foven- tium : et collyriis additur, Sistit et sanguinem , ulceraque quae serpant , quaeve putrescant. Absumit et excrescen- tes carnes. Peculiariter virilitatis vitiis utile : et femina- rum profluvium sistit. Chalcanthum , sve atramentum sutorium : medlclnae ex eo , xvi. XXXII. Graeci cognationem aeris nomine fecerunt et atramento sutorio. Appellant enim chalcanthum. Nec ullius aeque mira natura est. Fit in Hispaniae puteis sta- gnisve, id genus aquae habentibus. Decoquitur ea, ad- mixta dulci pari mensura, et in piscinas ligrieas funditur. Immobilibus super has transtris dpendent restes lapillis extentae , quibus adhaerescens limus , vitreis acinis ima- ginera quamdain uvae reddit. Exemptum ita siccatur diebus xxx. Color est caeruleus , perqiiam spectabili ni- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. al^ tincelles d'or qu'elle offre lorsqu'on l'grne, son aspect sablonneux ou terreux, analogue celui de la chalcitis quand on la broie. On emploie le misy pour l'afBnage de l'or. Inject dans les oreilles avec de l'huile rosat , il en chasse le pus. On l'applique avec succs sur les ulcres de la tte , l'aide de flocons de laine. Il dis- sipe les crotes invtres des paupires. C'est surtout un spcifique pour les amygdales, les angines et les plaies qui suppurent. Il faut alors en faire cuire seize drachmes dans une hmine de vinaigre, avec du miel, jusqu' ce que le tout forme une pte. On tempre la force du mlange en ajoutant un peu de miel. Appliqu en fomentation avec du vinaigre, le misy ronge le cal des fistules. Il entre aussi dans les collyres, arrte le sang, rprime les progrs des affections herptiques et ulcres putrides , ronge les excroissances de la chair , remdie presque tous les accidens des organes mles de la gnration et arrte le flux menstruel. Chalcanthum , ou noir des cordonniers : 16 remdes. XXXII. Les Grecs ont indiqu , par la dnomination mme, l'affinit du noir de cordonnier avec le cuivre. Ce noir, chez eux, porte le nom de chalcanthum. Il n'est point de substance si singulire. On le tire, en Espagne, des puits ou des mares dont l'eau en est imprgne. On fait bouillir cette eau avec de l'eau douce en gale quantit , puis on la transvase dans des bassins en bois, que traversent en dessus des barreaux immobiles, o pendent des cordes, auxquelles sont attaches des pierres, pour les forcer de plonger dans la dissolution. Par l , elles se chargent d'un limon qui a la forme de tii4 C. PLINU HIST. NAT. LIB. XXXIV. tore, vitrumque esse creditur: diluendo fit atramentum tingendis coriis. Fit et pluribus modis; gnre terrae eo in scrobes cavato : quarum e lateribus destillantes hiberno gelu stirias , stalagmian vocant : neque est pu- riusaliud. Sed ex eo candidum colorera sentientem vio- lam, lonchoton appellant. Fit et in saxorum catinis , pluvia aqua corrivato limo gelante. Fit et salis modo , flagrantissimo sole admissas dulces aquas cogente. Ideo duplici quidam differentia, fossile, aut factitium appel- lant hoc : pallidius, et quantum colore, tantum bonitate deterius. Probant maxime cyprium in medicin usu. Sumi- tur ad depellenda ventris animalia drachmae pondre cum melle. Purgat et caput dilutum, et naribus instil- latum : item stomachum , cum melle aut aqua mulsa sumptum. Medetur et oculorum scabritiei dolorive, et caligini, et oris ulceribus. Sistit et sanguinem narium : item haemorrhoidum. Extrahit ossa fileta cum semine hyoscyami. Suspendit epiphoras , penicillo fronti impo- situm. EfBcax et in emplastris ad purganda ulcra , et excrescentia ulcerum. ToUit et uvas, vel si decocto tan- gantur, Cum Uni quoque semine superponitur empla- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. ^55 grappes transparentes. Retires , ces grappes schent trente jours. Elles sont bleues, d'un luisant parfait , et on les prendrait pour du verre. Par la dissolution, elles donnent le noir teindre les cuirs. On fait encore le rhalcantlium de plusieurs autres manires : i** on l'obtient de la terre mme de la mine , en y creusant des fosses dont on perce les flancs en tous sens : la substance suinte et filtre, grce aux geles de l'hiver. On la nomme slalagmie. Il n'en est point de plus pure. Quand elle est d'un blanc trs-lgrement violac, ou l'appelle lonchoton ; 2** on creuse la roche, pour y pratiquer comme des auges: l'eau de pluie vient y porter le chalcanthe en vase paisse, qui bientt reste sec; 3 (et ici l'on imite le procd des salines ) on fait vaporer au soleil le plus ardent l'eau qu'on a jete en quantit sur les lieux de son gisement. De l deux espces diffrentes de chai- canthum , le fossile et l'artificiel. Ce dernier est plus ple et d'autant moins bon , que sa couleur est moins fonce. Celui de l'le de Cypre est le plus efficace en mdecine: on l'administre la dose d'une drachme et dans du miel, j)our expulser les vers intestinaux. Dlay et inject dans les narines, il purge le cerveau; pris dans du miel ou de l'eau mielle, il purge l'estomac. Il remdie aux crotes des paupires, aux douleurs ophthalniiqucs, aux offuscations , aux ulcres de la bouche, aux hmorrha- gies nasales, aux hmorrhocies. Ml la graine de jus- quiame, il facilite l'extraction des esquilles. Etendu au pinceau sur le front , il arrte les fluxions , qui tombe- raient sur les yeux. En empltre, il nettoie fort bien les ulcres et leurs excroissances. Sa dcoction enlve, par le simple contact, les carnosits de l'intrieur de la bou- che. Incorpor la graine de lin , il se met sur les em- ^56 C. PLINII HIST. NAT. UB. XXXIV. stris ad dolores tollendos : quodque ex eo candicat, in usu praefertur violaceis, si gravitati aurium per fistu- ias inspiretur. Vulnera etiam per se illitum sanat, sed tingit cicatrices. Nuperque inventum, ursorum in arena et leonum ora inspargere illo : tantaque est vis in adstrin- gendo , ut non queant mordere. Pompholyx. XXXIII. i3. Etiamnum in aerariis reperiuntur, quae vocant pompholygem et spodon. Differentia, quod pom- pholyx lotura paratur; spodos illota est. Aliqui id quod sit candidum levissimumque , pompholygem dixere: et esse ris et cadmiae favillam. Spodon nigriorem ponde- rosioremque esse , derasam parietibus fornacum , mixtis scintilUs, ahquando et carbonibus. Haec aceto accepto odorem aeris praestat , et si tangatur hngua, saporem hor- ridum. Convenit oculorum medicamentis , quibuscum- que vitiis occurrens , et ad omnia , quae spodos : hoc so- him distat, quod hujus elutior vis est. Additur et in emplastra , quibus lenis quaeritur refrigeratio et siccatio. Utihor ad omnia quae vino Iota est. Spodium : medicinie ex his , vi. XXXIV. Spodos cypria optima. Fit autem Uquescen- tibus cadmia , et aerario lapide. Levissimum hoc efflatur HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. aSv pltres camans. Le clialcanthum blanchtre vaut mieux que le violet pour les injections pratiques afin de gu- rir la surdit. Seul , il gurit les plaies ; mais il laisse une couleur la cicatrice. On a imagin dernirement d'en teindre le mufle des ours et des lions qui paraissent dans l'aine. La force astringente du clialcanthum est telle, que ces animaux ne peuvent mordre. Porapholyx. XXXin. i3. On trouve aussi dans les fourneaux cuivre le pompholyx et la spode. Ces deux substances diffrent en ce que la premire s'obtient par le lavage. On ne lave point la seconde. D'autres donnent le nom de pompholyx aux parcelles blanches et les plus lgres; ce n'est, disent-ils, que de la cendre de cuiv^ et de cadmie. La spode, plus noire et plus pesante, s'obtient eu raclant les parois des fourneaux, et se trouve mle d'tincelles teintes et quelquefois de charbon. Le con- tact du vinaigre y dveloppe Une odeur cuivreuse , et ds que la langue la goite , on sent une saveur dtes- table. Il est bon pour tous les vices ophthalmiques, et de plus pour tous les cas o l'on emploie la spode, qui n'en diffre que parce qu'elle agit avec moins de force. Il entre dans les empltres la fois molliens et rfrigrans, et dans les empltres siccatifs. Pour tous ces usages le meilleur est celui qui a t arros de vin. Spode : 6 remdes. XXXIV. La meilleure spode est celle de Cypre. On l'obtient en fondant de la cadmie avec des minerais de xrx. 17 4 258 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. et ocius, evolatqvie e fornacibus, et tectis adhaerescit , a fuligine distans candore. Quod minus cndidum ex eo, immaturae fornacis argumentum est : hoc quidam pom- pholygem vocant. Quod vero rubicundius ex iis inveni- tur , acriorem vim habet , exulceratque adeo , ut quum lavatur , si oculos attingat , excaecet. Est et mellei colo- ris spodos , in qua plurimum aeris intelligitur. Sed quod- cumque genus lavando ft utilius : purgatur ante penna , dein crassiore lotura. Digitis scabritiem exterunt. Me- dia vis ejus est, quae vino lavatur. Est aliqua et in g- nre vini difFerentia. Leni enim Iota collyriis oculorum minus apta putatur. Eadem effcacior ulceribus quae ma- nant , jiel oris quae madent , et omnibus medicamentis , quae parantur contra gangraenas. Fit et in argenti for^ nacibus spodos , quam vocant lauriotin. Utilissima au- tem oculis adfirmatur , quae fit in aurariis : nec in alia parte magis est vitae ingnia mirari. Quippe ne inqui- renda essent metalla, vilissimis rbus utilitates easdem excogitavit. Antispodii gnera, xv. XXXV. Antispodon vocant cinerem fici arboris, vel caprifci, vel myrti foliorum cum tenerrimis ramorum partibus, vel oleastri, vel cotonei mali, vel lentisci. Item HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. aSg cuivre. Cette substance, tant trs-lgre, s'lve avec plus de facilit , s'chappe trs-vite des fourneaux , et s'attache la vote , o sa blancheur la distingue de la suie. Les parct^lles moins blanches indiquent moins de maturit dans la combustion: quelques oprateurs les appellent pompholyx. Les parcelles rouges qui s'y trou- vent ont tant de force et sont tellement caustiques , que s'il en saute quelques-unes aux yeux pendant le la- vage, on peut perdre la vue. 11 y a aussi de la spode couleur de miel, ce qui indique que le cuivre y domine. Toute spode gagne tre lave : on l'pure d'abord l'aide d'une plume. Un premier lavageenlvele plus gros; on expulse, en ptrissant avec le doigt les granulations. La spode lave dans le vin , est de toutes la meilleure en mdecine. Le choix du vin donne lieu quelque diffrence dans les rsultats. Le vin est-il doux, l^pode est moins bonne en collyre ophthalmique , mais elle n'a que plus de vertus pour les ulcres qui suppurent, les ulcres humides de la bouche, et dans tous les remdes qu'on oppose la gangrne. Dans les fourneaux o l'on travaille l'argent , se fait une spode dite lauriotis. La meilleure de toutes pour les yeux est la spode extraite de l'or. Admirons ici l'industrie humaine! au lieu d'aller chercher la spode dans les entrailles de la terre , on a su lui trouver un reprsentant non moins utile parmi les objets les plus communs. Quinze espces d'antispode. XXXV. C'est l'antispode. On donne ce nom et la cendre du figuier cultiv ou sauvage, et celle des feuil- les et des parties les plus tendres du myrte, de l'olivier ^7- 26o C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. ex moris immaturis, id est, candidis, in sole arefactis : vel e buxi coma , vel pseudocyperi , aut rubi , aiit tere- bintlii , vel nanthes. Taurini quoque glutinis , aut lin- teorum cinerem , similiter poUere inventum est. Uruntur omnia ea crudo fictili in fornacibus , donec fg.lina per- coquantur. Spegma. XXXVI. In aerariis officinis et psegma fit, jam li- quato are atque percocto , additis etiamnum carbonibus , flatuque accensis : ac repente veliementiori flatu exspui- tur sens palga qusedam. Solum , quo excipiatur , esse stratum dbet. De diphryge. XXXVII. Facile ab ea discernitur, quam in iisdem officinis diphrygem vocant Grseci , ab eo quod bis tor- reatur. Cujus origo triplex. Fieri enim traditur ex lapide pyrite cremato in caminis, donec excoqiiatur in rubri- cam. Fit et in Cypro ex luto cujusdam specus arefacto prius , mox paulatim circumdatis sarmentis. Tertio fit modo in fornacibus aeris faece subsidente. Differentiae si- quidem, quod aes ipsum in catino defluit, scoria extra fornaces , flos supernatat , diphryges remanet. Quidam tradunt in fornacibus globos lapidis qui coquantur, fer- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 261 sauvage, du coignassier et du lentisque. On en fait aussi avec des mres blanches, c'est--dire qui n'ont pas encore atteint leur maturit, sches au soleil, ou avec des brins de buis, de pseudocyprus , de ronce, de trbinthe ou d'nanthe. On a dcouvert les mmes vertus mdicinales dans la cendre de colle-forte et de linge. Pour avoir la cendre de toutes ces subtances, on les fait cuire dans des pots de terre crue, jusqu' parfaite cuisson de la terre. Spegma ( psegma ). XXXVI. Les forges de cuivre fournissent aussi le psegma; quand le cuivre a t fondu parfaitement, on ajoute encore des charbons, et l'on pousse le feu avec des soufflets, puis tout coup ou souffle avec une force plus considrable. Alors jaillissent comme des pailles de cuivre : le sol qui les reoit doit avoir t balay. Diphryge. XXXVII. Il est ais d'en distinguer un autre produit des mmes forges, le diphryge des Grecs, ainsi nomm de sa double cuisson. On en obtient de trois manires : I" on le tire d'une pierre pyrite qu'on fait brler dans un fourneau jusqu' ce qu'elle se change, par l'action du feu, en terre rouge ; 2" Cyprc , on le fait avec le limon d'une caverne, d'abord sch, puis chauff gra- duellement au feu de sarment dont on l'entoure; 3** on le fait dans des forges de cuivre , avec la loppe qui tombe au fond du fourneau ; de l quelques diffrences. Voici comme les diverses matires se comportent : le cuivre coule dans les moules , les scories sautent hors a6a C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. ruminari: circa hune aes fervere, ipsum vero non per- coqui , nisi translatum in alias fornaces , et esse nodum quemdam materiae, Id quod ex cocto supersit, diphryges vocari. Ratio ejus in medicina similis supra dictis : sic- care , et excrescentia consumere , et perpurgare. Proba- tur lingua , ut eam siccet tactu statim , saporemque ris reddat. De triente servilio. . XXXVIIT, Unum etiamnum aeris miraculum non omittemus. Servilia familia illustris in Fastis, trientem aereum pascit auro et argento , consumentem utrumque. Origo atque naturaejus incomperta estmihi. Verba ipsa de ea re Messal senis ponam. Serviliorum familia lia- bet ti^ientem sacrum , cui summa cum cura magnificen- tiaque sacra quotannis faciunt: quem ferunt alias cre- visse, alias decrevisse videri, et ex eo aut honorem aut deminutionem familiae significari. De ferri metallis. XXXI X. 1 4. Proxime indicari debent metalla ferri , optimo pessimoque vitae instrumento. Siquidem hoc tel- lurem scindimus , serimus arbusla , ponimus pomaria , HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 2GI (lu fourneau, la fleur surnage la surface du liquide, le rsidu est le diphryge. Quelques-uns entendent par diphryge une autre espce de rsidu. Dans la pierre cuire, disent-ils, se trouvent quelques morceaux rfrac- taires, qui se soudent au lieu d'entrer en fusion, et au- tour desquels bout le cuivre; ils se dissolvent cependant si on les change de fourneau. Ce sont comme des nuds, des cals mtalliques. Ce qui reste aprs la coction se nomme diphryge. En mdecine cette substance, ainsi que les prcdentes, est siccative, ronge les excroissances et dterge parfaitement. On la vrifie en la posant sur la langue, qui doit se scher aussitt, et o elle laisse une saveur de cuivre. Trieris servilius. XXXVIII. N'oublions pas un trait singulier relatif au cuivre. La famille Servilia, illustre dans nos fastes, entretient au poids de l'or et de l'argent un triens de cuivre dont on peut dire : Ce cuivre dvore argent et or. J'ignore l'origine et la nature de cette pice de mon- naie. Je me bornerai citer le texte mme du vieux Messala : Les Servilius gardent dans leur famille un triens sacr, auquel ils offrent chaque anne un sacrifice magnifique. Ce triens, dit-on, tantt augmente, tantt diminue de volume, et annonce par ce changement la prosprit comme la dcadence de cette famille. Du fer. XXXIX. 14. Au cuivre succde le fer, le plus utile comme le plus fatal instrument de la vie. Avec le fer, l'homme ouvre la terre, plante les arbres, aligne les 26/, C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. vites squalore deciso annis omnibus cogimus juvene- scere. Hoc exstruimus tecta, caedimus saxa, omnesque ad alios usus ferro utimur. Sed eodem ad bella, caedes, la- trocinia, non cominus solum, sed etiam missili volucri- que, nunc tormentis excusso, nunc lacertis, nunc vero pennato : quam sceleratissimam humani ingenii fraudem arbitror. Siquidem , ut ocius mors perveniret ad homi- nem, alitem illam fecimus, pennasque ferro dedimus. Quamobrem culpa ejus non naturae fit accepta. Aliquot experimentis probatum est posse innocens esse ferrum. In fdere, quod expulsis regibus populo romano ddit Porsena , nominatim comprehensum invenimus , ne ferro nisi in agricultura uterentur. Et cum stilo scribere in- tutum, ut vetustissimi auctores prodiderunt. Magni Pompeii in tertio consulatu exstat edictum , in tumultu necis Clodianse , prohibentis ullum telum esse in Urbe. Simulacra ex ferro ; caelaturae ex ferro. XL. Et tamen vita ipsa non defuit honorem mitio- rem habere ferro quoque. Aristonidas artifex quum expri- mere vellet Athamantis furorem Learcho filio praecipi- tato residentem pnitentia, aes ferrumque miscuit , ut rubigine ejus per nitorem aeris relucente , exprimeretur verecundiae rubor. Hoc signum exstat Thebis hodierno die. Est in eadem urbe et ferreus Hercules , quem fecit HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 265 vergers et force chaque anne la vigne dont il retranche les rameaux dcrpits reprendre la jeunesse ; par lui l'homme lve des maisons, scie la pierre, et prpare mille autres ustensiles; mais, par lui, la guerre, les mas- sacres, les brigandages se multiplient et s'oprent , non pas de prs seulement, mais distance : on projette, on fait voler le fer ; on le lance , tantt force de bras , tantt avec des machines. Ah ! c'est, de toutes les inven- tions de l'esprit humain , la plus dtestable; pour que la mort parvienne plus vite l'homme, nous lui donnons la rapidit de l'oiseau , nous prtons des ailes au fer. Ainsi , nous avons absous la nature de nous avoir impos la loi de la mort. Du reste on a tent de rendre au fer sa pre- mire innocence : une clause formelle du trait conclu entre le peuple romain et Porsena, fut que le fer ne servi- rait qu' l'agriculture. De trs-anciens auteurs disent que les styles de fer pour l'criture taient regards comme dangereux. Sous le troisime consulat du grand Pompe, un dit rendu propos de la mort de Clodius dfendit qu'il y et aucune arme dans la ville. Statues de fer ; ouvrages cisels en fer. XL. Nanmoins les hommes ont su donner au fer des usages plus doux. Aristonidas, le sculpteur, voulant exprimer le repentir qui succde la fureur chez Atha- mas, aprs qu'il a prcipit son fds Larque , combina le cuivre et le fer de manire ce que la rouille resplen- dissant de l'clat de l'airain reprsentt les couleurs du visage qui rougit. La statue se voit encore aujourd'hui Tlibes. On y remarque aussi un Hercule de fer scuplt par Alcon , qui les rudes travaux du dieu inspirrent 266 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. Alcon, laborum dei patientia inductus. Videmus et Rom scyphos e ferro dicatos in templo Martis Ultoris. Obsti- tit eadem naturae benignitas , exigentis a ferro ipso p- nas rubigine ; eademque providentia nihil in rbus mor- talibus faciente, quam quod infestissimum mortalitati. Differentise ferr , et temperatura. XLI. Ferri metalla ubique propemodum reperiuntur , quippe insula etiam Itali Ilva gignente : minimaque dif- fcultate cognoscuntur , ipso colore terrae manifesto ; sed ratio eadem excoquendis venis. In Cappadocia tantum quaestio est , aquae an terrae fit acceptum , quoniam per- fusa certo fluvio terra , neque aliter ferrum e fornacibus reddit. Differentia ferri numerosa. Prima in gnre terrae cae- live. Aliae molle tantum , plumboque vicinius submini- strant : aliae fragile et rosum , rotarumque usibus et clavis maxime fugiendum , cui prior ratio convenit. Aliud brevitate sola placet, clavisque caligariis: aliud rubigi- nem celerius sentit. Stricturae vocantur hae omnes , quod non in aliis metallis , a stringenda acie vocabulo impo- sito. Et fornacum maxima differentia est: nucleusque quidem ferri excoquitur in liis ad indurandam aciem : aliquae modo ad densandas incudes , malleorumve rostra. Sumnia autem differentia in aqua est, cui subinde can- HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 167 cette ide. Nous voyons Rome des coupes de fer con- sacres dans le temple de Mars Vengeur; du reste la nature, toujours bienveillante, a mis des entraves aux funestes effets du fer , en le soumettant l'rosion de la rouille. Nanmoins on peut dire que sa prvoyance n'a point fait de prsent plus funeste aux mortels. Diverses espces de fer; sa trempe. XLI. Les mines de fer se trouvent en quelque sorte partout; l'le mme d'Ilva (Elbe) en produit : on les re- connat trs-facilement la couleur de la terre. Ces mines se traitent comme celles de cuivre. En Cappadoce, on a lev la question suivante : Est-ce dans l'eau ou dans la terre que rside le principe du fer? Dans ce pays , en ef- fet, en laissant tomber sur le sol l'eau d'une certaine ri- vire, on obtient du fer de mme qualit que celui qui sort des forges. Il y a beaucoup de varit dans les minerais de fer : cette varit dpend du sol et du ciel. Tantt la veine ne donne qu'un fer mou et presque aussi docile que le plomb ; tantt ce fer est aigre et cuivreux. Il faut se gar- der de l'employer pour les roues ou pour des clous ; la premire espce est la seule qui convienne. Il est un fer qui n'est bon que pour les ouvrages courts et ramasss, par exemple pour les clous des bottines; quelquefois le ntal est trs-susceptible de rouille. On donne le nom de strictUres tous ces minerais. Ce nom , inusit lorsqu'il s'agit d'autres mtaux , rappelle ceux de stringere aciem (tirer l'pe). Les forges aussi tablissent une diffrence: dans les unes , on fabrique le noyau de fer le plus dur, le plus propre trancher ; dans d'autres, on ne s' oc- 3M1^ IM xxstr. h/tmMi0, MIC fi jWMtMJm M iww *ifi ^ ^y**tm 4yy*^t*tt. 4i ^. y ua n MM* U9*i0 ImAm^sK. )M luiif^: mvf^rvt ^ir*% <^i^ 5Mr f if MN> oimyfctt puer t iniigritfiwi 4es: iWr-~ " trottt - - < ,^ v^v-^Oc^^ wr jk^ S^ W> ritt^t?ic Je*J*r JkMrs ihfes cK Mrs :k^ Ctcsi . Vt ^t saj^teuwr, r^ss ^tw^ Dstss at icw*3wt su if relise ^ |5LC!i tUiO^ V :J -Lt^ -^'tfSf 5Vttt^j?iw iu i^^ -tut. u ite ^ At n^tttbt xTii I 270 C. PLINII HIST. NAT. LIB. XXXIV. bria nascitur, non ille magnes verus caute continua, sed sparsa bullatione , ita appellant : nescio an vitro fun- dendo perinde utilis: nondum enim expertus est quis- quam : ferrum utique infcit eadem vi. Magnete lapide Dinochares arcliitectus Alexandriae Arsinoes templum concamerare inchoaverat, ut in eo simulacrum ejus e ferro pendere in are videretur. Intercessit mors et ip- sius et Ptolemaei, qui id sorori suae jusserat fieri. Rubiginis remdia. XLIII. i5. Metallorum omnium vena ferri largissima est. Cantabriae maritim parte, quam Oceanus adluit, mons praerupte altus, incredibile dictu, totus ex ea ma- terie est, ut in ambitu Oceani diximus. Ferrum accensum igni, nisi duretur ictibus, corrumpitur. Rubens non est habile tundendo, neque antequam albescere incipiat. Aceto aut alumine illitum fit ri simile. A rubigine vin- dicatur cerussa, et gypso, et liquida pice. Haec est tem- peratura a Grcis antipathia dicta. Ferunt quidam et religione quadam id fieri. Et exstare ferream catenam apud Euphratem amnem, in urbe quae Zeugma appella- tur , qua Alexander Magnus ibi junxerat pontem , cujus HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXIV. 271 ment fer vif, et les plaies qu'il cause sont plus doulou- reuses que les autres. On trouve aussi des ainians chez les Cantabres, non pas, il est vrai, en blocs ou couches continues, mais en fragmens dissmins que l'on nomme bullations. Je ne sais si cette varit est aussi propre la fusion du verre ; personne n'en a fait l'exprience ; mais il est certain qu'elle donne au fer la vertu magn- tique. L'architecte Dinochars avait lev dans Alexan- drie, la reine Arsino, un temple dont il avait com- menc la vote en aimant , afin que la statue de la princesse semblt suspendue sans soutien dans les airs. Sa mort et celle de Ptolme qui avait ordonn le mo- nument en l'honneur de sa sur , empchrent que l'ouvrage ne ft achev. Remdes la rouille. XLIII. i5. De toutes les mines que l'on connat , celles de fer sont les plus gnralement rpandues. Dans la Cantabrie maritime, que baignent les flots de l'Ocan, s'lve une hauteur prodigieuse un mont tout entier de fer. Ce fait incroyable a t dj relat dans notre pri- ple de l'Ocan. Le fer qui a subi l'action du feu se gte , si on ne le forge au marteau. Il ne faut point le battre lorsqu'il est rouge , mais lorsqu'il passe au blanc. Arros de vinaigre ou d'alun , il prend l'aspect du cuivre. La cruse , le gypse , la poix fondue , le prservent de la rouille. Les Grecs attribuent l'effet de cet enduit l'anti- pathie. On procde, dit-on, sa composition, avec cer- taines formules religieuses. Il y a sur l'Euphrate , dans la ville de Zeugma , une chane de fer l'aide de la- quelle Alexandre-le-Grand fit jeter sur le fleuve un pont 7 C. PLI Ml HIST. AAT LIB XXXIV. anmiloi qui tvfecti KUtK , nJjigine inlesUri , carentibtif ea prioribus. lieddn- X ferro, vu. XLIV. M<.*e iii linilne e wpulcix^ evuUos elavos adversus nocturnas lyinj)hation<. Pun^ique levi- ler inuii-one , quo |x*rrussus homo sit , contra dolorv! laterum pectoninique subitos , qui punctioneni adferaut. QuaHlani ustione sanantur: privatini vero canis rabidi nioou!!;. Quipj>e eliam pra?valenle niorl>o. exj>ave!!.cen- tesque potuni, usla pla^a illico liberantur. C^lelit etiani ferrti candente aqua, in niulti vitiis, privatini vero dysenti'rici. Mcdicinae px rubigmp, iv. XLV. Est et rubigo ipsa in rditur sanaite Acbilles, sive id re^, sive l'eritta eu- spide fecit. lia cerle pingitur eani decutiens gLadio. Sed rubigo ferri deraditur iiumido ferro clavis veteribu. Po- tentia ejus ligare, siccar*, istere. Emendat alojxiias il- IUl L'tuntur et ad cabritias generuni , pusuiasque to- tiu cor|K>ns , euni cera <*t oI<^ nivrteo: ad ign HISTOIRE NATURELLE, LIV, XXXIV, 773 a rouille m^ine figure parmi les r(;mdes: c'est par elle, dit-on, qu'Achille gurit T(;l(phe, (juoifpi'on ne sache si l'airain ou le fer armait sa main ; le fini certain, c'est qu'on reprsente le fds /*), char, celui qui disputait le prix de la course des chars; tthrippe (Tg&/)i<3j-'ffoi') , celui dont le char tait quatre chevaux; diaule (T/awAof), celui qui avait choisi pour joute le double parcours du stade. Le cls, en consquence, tait celui qui faisait le tour du stade sur un seul cheval. Nous avons plus haut rapproch ce nom de celui de celeres , que portaient les cavaliers de Romulus. Ligne 17. ^on nisi a divo Augusio sejuges. Notre naturaliste oublie ici les sejuges consacrs par Cn. Cornlius , l'an de Rome 266, c'est--dire deux cents ans avant le rgne d'Auguste, dans Rome mme. Il est fait mention de sejuges , et mme de mieux que cela, dans une inscription de Gruter (pag. SSj ) : BiGS, Trigas, qvadrigas, seivges et septeivges. XI, page i8o, ligne 22. Antiquior columnarum , sicid C. Mnio. NOTES DU LIVRE XXXIV. 3oi Ce Mnius avait t collgue de Camille dans le consulat. 11 vainquit les forces des villes de Lavinium , de Vliternes et d'An- tium {Vojez TiTE-LivE , liv. vill), ce que nous apprend une inscription dans Gruter : C. Maenivs. P. F. p, n. cos. de. ANTIATIBVS. LAVEINEIS. VELITERNEIS. PRIDIE. K. OCTOB. AN. CDXVi. Nonius (chap. i , n. 33) parle anssi de la colonne de Mnius. Page 182, ligne 4-- Caio Duillio , etc. Duillius tait consul l'an de Rome 4-93 ^^ battit la flotte carthaginoise la hauteur des les de Lipari. (Comp. Florus, liv. 11 , chap. 2g ; VEpitome de ' TiTE-LlVE , XVII.) Mention est faite de cet vnement dans une pierre du Capitole, relate dans Gruter (pag. 297 ) , et Ciaco- nius a expliqu avec soin l'inscription de la colonne qui existe encore, et qui est aujourd'hui le plus ancien monument de ce genre qu'on voie I\ome. Elle a douze pieds de haut, et a t transporte au Capitole. Ligne 7. Unciaria stipe collata. Celaient sans doute des espces de centimes additionnels, plutt qu'une souscription ou cotisa- tion volontaire. Cependant ce premier point serait dj dcider. Puis, dans le cas de l'affirmative, il resterait encore quelques questions rsoudre : 1 l'argent tait-il pris sur une caisse par- ticulire, dite du peuple, ou s,\xt V rarium commun du snat et du peuple:' 2" "est-ce l'assemble populaire qui votait l'impt ou souscription volontaire laquelle tout le monde tait tenu de souscrire? 3 taient-ce les tribuns qui proposaient la petite loi ad hoc? Il est superflu d'ajouter que stips unciaria signifie 1/12 en sus des sommes ordinaires (ou peut-tre de la somme vote pour la paie militaire), et que c'est bien tort qu'Hardouin et tous les autres commentateurs voient ici un derai-as par tte. La faute serait la mme quand on dirait un as. Car peu importe ce que valait cette poque l'as, peu importe qu'il ft sexlantinal ou nncial. L'essentiel , c'est de bien voir qu'il ne pouvait s'agir, s'il y eut souscription, de tant par tte ; s'il y eut impt, d'un as par chaque contribuable; car la premire condition d'un impt par tout pays, c'est, sinon d'tre rellement proportionnel, du moins de sembler proportionnel. Or, qu'on donne un centime ou qu'on donne 1000 francs par tte, la proportionalit n'existe 3oa NOTES DU LIVRE XXXIV. plus, mme nominaiement. Il faut donc absolument en revenir au sens simple, qui est le ntre, le douzime par tte, ^s est l'unit en tout genre , et en consquence , en tout genre uncia est son douzime. Page 182, ligne 10. AttiNam. C'est le clbre augure miracles qui coupait le silex avec son rasoir , du temps de Tarquiu l'An- cien. [Voyez TiTE-LivE , I , I , et Pline lui-mme , liv. xv, chap, 20.) Ligne 1 1, Publi Clodiifunere. C'est le fameux incendie qui fait jeter feu et flamme Cicron , dans son pro Milone , et qui lui a fourni tant d'excellens calembourgs, parmi lesquels le lumen curi Cloiius , et le tribun Ambustus. Ligne 14.- M. Horatii. 11 faut que cette statue n'ait pas tou- jours t place au mme lieu. Aulu-Gelle (liv. iv, chap. 5) la met dans les Comices, Plutarque (F/e de Publicola) dans le temple de Vulcain. Ligne 16. Equidem et Sibyl... positas late Tarquinii Prisci, Cependant on ne rapporte la clbrit de la Sibylle qu' l'poque de Tarquin le Superbe. C'est lui que la Sibylle apporta les neuf volumes que deux combustions successives rduisirent six, puis trois. Au lieu ' instituit , d'anciens manuscrits portaient resti- tuit , ce qui permettrait de penser Sext. Pacuvius aurus, tri- bun sous le rgne d'Auguste , et Messala , consul l'an de Rome ySi (avant J.-C, 3), et fils du clbre orateur Messala Corvinus, Ligne 19. Nisi regum antecedentium , etc. Suivant Dion Cassius (liv. XLlll), il y avait au Capitole huit statues anciennes, sept qui reprsentaient les sept rois de Rome , et une huitime qui passait pour tre l'image de Brutus. Page 184., ligne i. JEdem Castomm. Au lieu de Castor et Pollux. C'est ainsi qu'aux Indes , Aouin et Koumar , qui sont aussi deux gnraux , deux vritables Dioscures , et que l'on nomme quelquefois Aouinikoumaraou, s'appellent aussi Aouins. , Le temple de Castor et Pollux leur fut lev en mmoire de leur intervention dans l'affaire du lac Rgille, et de la clrit avec laquelle ils vinrent Rome annoncer la victoire dfinitive de la rpublique sur les Tarquins bannis. On montra long-temps NOTES DU LIVRE XXXIV, 3o'i Ixome l'abreuvoir o se dsaltrrent leurs chevaux couverts de sueur et de poussire. Page 184, ligne 5. A Fidenatibus in legatione inUrfeclorum. Cet assassinat fut l'uvre du roi deFidne, Lars Tolumnius. {Voyez CicRON, Philipp., IX , n. 4 et 5.) Ligne II. Non prieribo Cn, Octavium, etc. Presque toute l'an- tiquit s'accorde faire honneur de cette manire hardie de couper court aux ajournemens et aux fins de non-recevoir diplo- matiques C. Popiliius Lsenas. (TiTE-LivE, XLV ; Valre- Maxime, liv. VI, chap. 4; Velleius Paterculus, i, 4; Plu- TARQUE, Apophth.; Appien , G. de Syrie.') Cicron, qui parle deux fois de ce fait, l'attribue, dans sa Philipp. vill , n. 28, Popiliius ; dans sa Philipp. IX , n. 4 > * Cn. Octavius. Serait-ce donc que Popiliius tait le chef de l'ambassade envoye Anlio- chus , et qu'on lui fit grand tort honneur d'une fermet et d'une prsence d'esprit que, seul, Cn. Octavius montra devant les tergi- versations du monarque d'Asie? Quant la conduite de l'ambas- sadeur qui tint ce langage si peu diplomatique l'ambitieux et astucieux dtenteur de la capitale des Ptolmes, nous ferons re- marquer, sans rabaisser en rien le mrite d'un homme qui paya sa hardiesse de sa vie, que ces actes deviennent plus faciles quand on a la conscience de l'esprit belliqueux de sa nation, et qu'en tombant, on peut, sans crainte d'oubli, recommander sa ven- geance son pays. XII, page 184, ligne 23. Invenio et Pythagor... Themistocli, La guerre avec les Samnites commena en l'an de Rome ^i\ , sur la prire des Campaniens. L'rection de deux statues des Grecs dans Rome , peut sembler bizarre. Peut-tre pourtant eut-elle un motif politique. Peut-tre voulait-on apprendre aux Grecs qu'il existait une Rome, une Rome dj puissante et riche, puisqu'elle avait du bronze de reste pour honorer des trangers. Peut-tre le but tait- il d'attirer dans l'Italie, dans le Latium , quelques hommes de cette race jusque-l leur matresse en civi- lisation. Quant au choix d'Alcibiadc et de Pythagore, il est au moins bizarre : Alcibiade fut fameux, sans doute, et brave, qui en doute:' mis fortissimus indique non pas le jeune et brave 3o4 NOTES DU LIVRE XXXIV. lourdi, mais l'habile gnral , le haut gnie militaire, et Alci- biade est loin d'tre sans rival sous ce rapport. Pour Pythagore , on comprend que le snat romain et entendu parler de ce phi- losophe plus que de Socrate. Nous n'en blmerons pas moins un choix qui semble si peu en harmonie avec les murs romaines : Socrate, en effet, tait un sage pratique; Pythagore fondait un couvent dans Crotone : ses instituts tait le saint-simonisme du temps, et nous savons que ce saint-simonisme ne put russir. Page i86, ligne 12. Quas mox laceravere. Bien heureux que le peuple, dans ses fureurs , n'ait pas t plus loin; car, quand le vent de la popularit tombe, le favori de la nation court tout autant de risque que sa statue : On a port son buste , on portera sa tte. Mais les Athniens , peuple doux , peuple aimable , plus rieur que mchant, plus enclin la caricature et la moquerie qu'aux massacres , se contentrent de transfigurer les trois cents statues de Demetrius de Phalre en casseroles , baignoires , cumoires , lchefrites , 'AfAtc, pot qu'en chambre on demanile, La ncelot , Racines grecques ; et obscniora vasa , comme le dit le rvrend pre Hardouin, sur la fol de Strabon (liv. ix ) et de Diogne Larce {Vie de Dm.). XIII, page 186, ligne 20. Clli enirn statua est equestris , ceii parum, etc. La statue de Cllie tait place dans la voie Sacre, sur le chemin qui conduisait au palais (Tite-Live, ii , ch. 26). On sait que Cllie tait cheval , en mmoire de la hardiesse avec laquelle elle traversa les eaux du Tibre cheval , pour chapper au camp de Porsenna. Cet acte, du reste, prouvait plus d'audace que de foi dans les traits , et Rome eut raison de ren- voyer Cllie au roi d'Etrurie (si elle la renvoya, bien entendu, et s'il y a un mot de vrai dans tous ces procs-verbaux officiels , rdigs deux ou trois sicles aprs l'vnement ad majorem glo- liam du snat et du peuple romain). NOTES DU LIVRE XXXIV. :o5 Page i88 , ligne i. Atlo enhn ac Sib/ll. Ici Hardouin prtend que Sibjll est non pas un nom commun appliqu une sibylle par excellence (la sibylle de Cumes), mis un nom propre, comme le serait par exemple celui de W^'^ Sibylle de Mrian. Ce nom , dil-il , en latin , a t fort usit tant hors de France qu'en France mme , et on lit la fin de l'histoire de Juvnal des Ur- sins : A Sibylle le Veyer, dame de Lesloet, femme de messire Tanneguy du Chastel , chevalier , conseiller et chambellan de monsieur le rgent, et marchal de ses guerres, deux mille livres pour soutenir son tat. Le 2 juillet 14.20. Puis vient une m- daille d'argent du Muse royal, mdaille reproduite par Patin, famille Manlia, p. 164, et qui porte d'un ct une tte de femme, aux cheveux artistement arrangs, avec ce mot SlBYl.L. , de l'autre un trpied sur lequel est une amphore ou cruche (urceus) entre deux soleils, avec les mots L. Torqvatvs. m vin (L. Tor- quatus triumvir). N'imaginez pas qu'il voie l le trpied fatidique et la prophtesse la cruche divine, qui prdit l'lvation d'un empire et la chute d'un autre! Du tout : Qui SibjUam hic pin ^i putant magno ducuntur errore. SlBYI.L veut dire : Sevems imposuit Bjzaniii legiones ; car les initiales des deux premiers mots, les deux premires lettres de Bjrzaniii et deux / pour indiquer que legiones est au pluriel, voil bien de quoi complter de toutes pices le mot Sibyll. Notre avis ici est que le jour o il fit cette note , Hardouin s'tait lev minuit. Ligne 5. Contra Jovis Statoris dem in, etc. Ce temple tait situ dans la dixime rgion de Home : il est parl d'une autre statue de Valrie, place dans la quatorzime rgion, et de l'autre ct du Tibre. XIV, page 188, ligne 11. M. MmiUo, C. Popilio il consulibus. Leur consulat eut lieu l'an de Rome 5q6. C'est C. Popilius qui est le fameux ambassadeur la baguette imprieuse. M. Popilius tait son frre. Ligne i5. Apud dem Telluris. Tellus , la Terre , ne fut ja- mais Rome qu'une desse allgorique. Elle n'a pas mme les lgendes qui se trouvent dans la Ge , Ga , Toacl des Grecs. Au moins, dans Hsiode, on voit Ga, desse la vaste poi- XIX. 20 3o6 NOTES DU LIVRE XXXIV. trine, engendrer les Gans, enfanter les Titans, produire seule et sans le concours d'un poux , produire avec le concours d'un poux , s'indigner lorsqu'il emprisonne ses fils dans le Tartare , briser leurs chanes , armer leurs mains , donner la fatale harpe Saturne, lui ordonner de mutiler Ouranos. Rien de tout cela ne se trouve dans Tellus , qui ne semble avoir d'autre office que de complter le nombre de huit dans la liste des selecii dii (Janus, Saturne, Bacchus, Pluton, Genius, le Soleil, la Lune, Tellus) , et de porter ainsi le nombre des consentes , ou dieux du conseil, vingt, de douze qu'ils sont dans le Panthon ordinaire. Page i88, ligne 2^. In Octavice operibus. Poinsinet relve avec raison l'erreur de Dupinet qui voit ici les remparts d'Oclavie. Il s'agit , et c'est tout simple , de ce qu'on appelait Rome difices d'Octavie, c'est--dire des difices construits par Auguste, sous le nom de sa sur Octavie, Ces difices consistaient en un portique clbre dit Octavi porticus ( SuTONE , Vie d'Octav.- Aug. , chap. 9), on palais pour le snat {^curia Octavi^ et une bi- bliothque. XV., page 190 , ligne 3. Slenum Statilium Lucanum. C'tait le chef des troupes de la Lucanie et du Brutium contre Thurium. Comp. Gruter ( Insc. , p. 83o) , et Valre-Masime (l , 8, n. 6) , qui crit Stalius Siatlius. Ligne 6. Passimque gnies in clientelas ila recept. Chaque jour, Rome, un roi faisait antichambre dans Y atrium d'un ex-consul , d'un aspirant la prture , qui, conformment au prcepte d'Horace , Atria servanlem poslico falle clientem, Epist. , lib. I , s'chappait souvent par une porte secrte pour ne pas recevoir l'auguste solliciteur; et chaque jour des nations achetaient, par de riches cadeaux et par d'humbles gnuflexions , le patronage d'un grand. C'est ainsi que Cicron avait la ville de Capoue pour cliente f t fut tout glorieux de voir sa statue dore place par NOTES DU LIVRE XXXIV. 307 ses protgs dans le Forum. C'est lui qui nous l'apprend dans ses discours in Pisonem et pro Sexiio. Bologne avait pour patrons les Antoine, Sparte les Claudins, etc. XVI, page 190, ligne i3. Hercules ah Evanro... Boario. Tout le monde sent que c'est une plaisanterie que celte statue d'Her- cule ddie par Evandre dans une place de Rome , c'est--dire dans l'emplacement d'une des futures places de Rome , car Rome alors n'existait pas. Tout au plus, peut-on admettre que ds les commencemens de Rome , ou mme un peu plus tard, existaient dans un des lieux qui furent depuis compris dans l'enceinte de, la ville , quelques pierres quadrangulaires ou trs-grossirement tailles, qu'on prit pour Hercule, et qu'on et pu , avec autant de raison , prendre pour des Herms , pour des Saturne , pour des Vulcain et pour des Jupiter. Ligne 16. Jaiius geminus a Numa rege dicatus. Tout le monde sait que Janus a deux ttes, deux fronts, parfois deux corps. Tout le monde sait que celte double tte, ce double corps, in- diquent la science universelle, qui se compose de la science du pass et de la prescience ou science de l'avenir. Ce que l'on sait moins, c'est que le lieu mme o est Janus est comme le prsent, un point sans dimension, concevable par l'esprit et non visible, saisissable par la pense, mais non palpable, plac entre deux domaines immenses, le pass qui n'a point eu de commencement, et l'avenir qui n'aura point de fin. Janus ne vient pas de janua comme on se l'imagine vulgairement : c'est plutt /nMa qui vien- drait de Janus. Mais le fait est que ce sont deux mots qui se sont forms chacun de leur ct, drivs parallles d'un seul et mme radical , jan ou janii. Janus, en latin, n'est pas seulement un nom propre , c'est aussi un nom commun : il veut dire porche, arcade porte. L'arcade de l'Htel-de- Ville, quand elle eut une porte, l'arcade du march Saint- Jean, sont ce que l'on appelait Jani Rome. On comprend sans doute prsent avec combien de jus- tesse on peut dire qu'un porche semblable a vue sur deux rgions diffrentes, sur deux domaines, sur deux empires, le point de dpart et le but, la route faite et la roule faire, le pass et l'avenir : le porche mme est comme la transition , le noeud , 20. 3o8 NOTES DU LIVRE XXXI V. l'iustaut prsent. On voit de plus combien, en tout temps, il a d y avoir de rapport entre Janus et Terme; car le dieu dont l'il quadruple veille sur deux empires , n'est-il pas par l mme le dieu qui veille aux frontires , le dieu Terme? On voit enfin avec combien de justesse le temple de Janus est ouvert en temps de guerre, ferm en temps de paix. Ce temple de Janus, c'est le porche lui-mme : en temps de paix, il est chose sainte, on ne l'outre-passe point, il fait loi , il est ferm ; en temps de guerre, on force la porte , on saute pieds joints sur son dme, la bar- rire est comme si elle n'tait pas. Numa ddia-t-il une statue de Janus ? Si Janus se confond avec le porche , et le porche avec une espce de dieu Terme colossal; si, d'autre part, on entend par Numa soit la priode de lgislation de Rome naissante (^nomos , loi), soit l'ensemble des institutions paisibles de Rome, nous ne sommes pas loigns d'admettre l'aflirmative. Page igo , ligne 17. Digilis ita figuralis , ut... se deum indicaret. Janus , par l mme qu'il est le porche , la porte , la transition , le nud, l'instant de crise, est le commencement, l'ouverture, le dieu ouvreur. Il est le chef de l'anne , du temps, des ges, des saisons; il est l'anne mme, il est le temps. On a voulu en faire le soleil. Deux petites difficults subsistent encore : \ doit-on lire irecentorum qunquaginta qunque dierum ou trecentorum sexa- ginia quinque , etc.? Il y a des raisons pour et contre. Les Ro- mains n'taient pas d'habiles astronomes au temps de Csar : qu'on juge de ce qu'ils furent au temps de Numa. Il ne faudrait donc pas s'tonner des 355 jours donns l'anne, si la statue en question et t vraiment contemporaine de Numa. Malheu- reusement il est impossible de croire qu' l'antique poque que rsume ce nom , on et dj dans Rome des ides allgoriques aussi subtiles que celle d'indiquer 355 ou 365 avec les doigts de la main. 2 Le nombre soit de 355 , soit de 365 , tait-il marqu par une seule main , comme le prtend Hardouin , ou par les deux ? Nous sommes plutt de cette seconde opinion. Nous com- prenons merveille que les trois doigts du milieu de la gauche , courbs en quart de circonfrence, qu'achve et change en demi- cercle l'adjonction du pouce , aient t pris pour 3oo (ccc) , et que la main droite ( la paume en dedans et du ct du visage) ail NOTES DU LIVRE XXXIV. Bog exprim 5 (v) avec deux doigts (quatrime et troisime), et 5o (l) avec deux autres (le second et le premier). Toutefois il est possible qu'on ait employ, pour figurer le nombre 3oo, d'au- tres lettres que les trois C. N.B Notons, en passant, que les 355 jours, au lieu de 365 jours, non-seulement appartiennent au systme de l'anne lunaire ( 29 t X 12:= 354)^ "ais encore semblent s'harmonier merveille avec le systme des dix grands mois de 35 et 36 jours alternativement, et avec toute la chrono- logie sacre des Etrusques. Page 190, ligne 20. Signa quoquetuscancaper terras dispersa, qu in Etruriafactitata non est dubium. C'est ce dont on ne doute plus, .lujourd'hui que tant de fouilles aussi heureuses qu'habilement diriges ont fait dcouvrir quantit de monumens trusques, l^es lignes droites , l'attitude raide , l'bauche imparfaite des traits de la figure, le dfaut de proportion dans les membres, qui sont si minces qu'ils ne donnent aucune ide de chair ni de muscles; la forme des ttes, rduite un ovale rtrci vers le menton, qui se termine en pointe , les yeux droits ou relevs , et toujours parallles l'os suprieur , les pieds parallles , les parties sexuelles enfermes dans une bourse , tels sont les traits majeurs de la premire priode de l'art en Etrurle , ou de ce que l'on appelle le premier style. Le second , quoique singulirement perfectionn sous quelques rapports essentiels, est tout l'oppos tt 9avyn tc nfia-titi. 'At&'iJ'a tNoKftlot nrkxt TlXXa.S'A , laTii fioiiTti- 'S2c /2ouTic np/f TuyS'i '3-ctpT/>o';^et