L l B R A R.Y OF THEl U N I V tR5 ITY or ILLINOIS Z70 H3è^Fl y. Il' HISTOIRE DES CONCILES TOME XI PREMIÈRE PARTIE HISTOIRE DES CONCILES d'après LES DOCUMENTS ORIGINAUX TOME XI CONCILES DES ORIENTAUX CATHOLIQUES PAR Charles de C L E R C Q DOCTEUR EN DROIT CANONIQUE ES SCIENCES HISTORIQUES ET ES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES ORIENTALES DE LA COMMISSION PONTIFICALE POUR LA RÉDACTION DU CODE DE DROIT CANONIQUE ORIENTAL PREMIÈRE PARTIE DE 1575 A 1849 PARIS LIBRAIRIE LETOUZEY ET ANÉ 87, BOULEVARD RASPAIL, 87 1949 Caiin ii[)|ir(jl>iitione ecclesiastira, Mcchliniie, 'JA iinvpmhris 19't9, .F. Naulaebts, lihr. rrns. PRÉFACE ^ Le nombre et la diversité des Églises orientales s'expliquent par une longue évolution séculaire et par l'interférence de différents fac- teurs, dont les principaux sont : le particularisme et l'exclusivisme ecclésiastiques, les discussions théologiques et les hérésies, les évé- nements politiques. Les chrétientés du i^^ siècle, d'ailleurs peu nombreuses, gardaient un étroit contact entre elles. Ce contact diminue au ii^ siècle, à mesure que le christianisme se répand dans les villes du bassin méditerranéen oriental : les formes extérieures du culte, l'organisa- tion et la discipline ecclésiastiques se développent et chaque ÉgUse y ajoute quelques particularités. Certains groupements influent -^c cependant sur d'autres; l'exemple, ici comme en bien des choses, ^ vient des grandes villes; celles-ci se chargent souvent de l'évangéli- V sation des pays environnants et exercent alors sur eux une sorte de "'^ tutelle ecclésiastique. C'est ainsi qu'au premier concile œcuménique, "^ tenu à Nicée en 325, un tel droit sur l'Egypte, la Lybie et la Penta- , pôle (c'est-à-dire toute l'Afrique orientale romaine) est reconnu à ^ Tévêque d'Alexandrie; le concile dit également que l'évêque d'An- tioche a un certain privilège d'ancienneté, alors que celui de Jérusa- ^ lem n'a que le simple honneur d'être le titulaire de la ville où Notre- N\ Seigneur est mort ^. <^ C'est à Nicée aussi que la première condamnation solennelle d'une -,: hérésie est prononcée : celle d'Arius, qui prétend que la seconde per- i , sonne de la Sainte Trinité, le Fils, est inférieure à la première, le ^ Père. Les deux dogmes fondamentaux de la foi chrétienne — la nQ Sainte Trinité, l'Incarnation — sont des mystères pour la raison; ^cependant, surtout depuis le iv® siècle, des prêtres savants s'efforcent Njd'en préciser certains éléments et il est très compréhensible qu'ils se iCN^soient heurtés à des difficultés et aient pu faire erreur. Arius ne s'est '■'^'pas soumis au concile; il a conservé longtemps des partisans, même ^, dans le clergé, mais il n'a cependant pas créé une Église schismatique. \ A la fin du iii^ siècle, l'empereur Dioclétien avait procédé à une V réorganisation des circonscriptions civiles de son vaste empire. Il 1 \ 1. Cf. C. Hefele - H. Leclercq, Histoire des Conciles, d'après les documents ori- ginaux, t. I, Paris, 1907, p. 552 et 569. VIII PRKFACE avait scindé celui-ci en deux régions : l'Orient et l'Occident, divisées à leur tour en deux préfectures. Chacune de ces préfectures fut parta- gée en différents diocèses. L'( Jricnt coni|)ta les préfectures d'Illvrie et d'Orient proprement dit. Cette dernière comprit tpiatre diocèses (dénomination civile) : Thrace, Asie, Pont, Orient. Le diocèse d'Orient s'étendait également h r.\fri(|ii»' orientale, mais celle-ci fut, vers 3iH0, érigée en di«)cèse séparé, dénommé diocèse .\ugustal ou d'I^gypte. En 395, l'empereur Théodose fait, des deux grandes régions, Occide.nt et (Prient, des empires séparés, avec < l'im- pulsion grandissante de Constantinople. I-.e christianisme s'est déjà répandu en dehors de l'empire; signa- lons trois chrétientés florissantes : celle d'Ethiopie, soumise à Alexan- drie; celle de Mésopotamie, qui a reçu des traditions d'Antioche. mais qui, depuis qu'elle est bien organisée, se déclare indépendarite : celle d'.\rménie, qui a relevé de Césarée. mais qui profite de ce que cette ville rentre tout à fait dans l'ombre, en raison de l'influence grandissante de Constantinople, pour se rendre également autocé- phale. Les chefs religieux de Mésopotamie et d" \rménie portent le nom de ratholicos, montrant par là qu'ils gouvernent souverainement leurs fidèles, en quelque endroit que ceux-ci aillent s'établir. I ne nouvelle (juerclle théojogique éclate alors autour du mvstère du Christ, à la fois Dieu et llonune. Vers 'i2î*. Nestorius. |i;itriarche 1 //././., t II, Paris. 1908. p. 21 et 2'i. PREFACE IX de Constantinople, entreprend dans ses sermons au peuple l'explica- tion de ce dogme : en Notre-Seigneur, dit-il, la personne divine et la personne humaine sont distinctes, quoique étroitement unies. S'il y a deux personnes, une action du Christ homme n'est plus une action divine; Marie n'est plus la mère de Dieu. Des protestations s'élèvent de toutes parts : au concile œcuménique d'Éphèse de 431, Nestorius est condamné. Cependant l'hérésie ne disparaît pas, elle trouve même d'ardents défenseurs, surtout dans la fameuse Ecole théologique d'Edesse, Par réaction contre les erreurs de Nestorius, certains en arrivent à l'extrême opposé : non seulement le Christ n'a qu'une per- sonne, mais il n'a qu'une nature; la nature divine a absorbé la nature humaine : c'est ce qu'on appelle le « monophysisme ». Le concile œcuménique de Chalcédoine, en 451, condamne le monophysisme et rétablit l'exacte vérité : il y a dans le Christ une personne, mais deux natures. Le même concile décide que les diocèses civils de Thrace, d'Asie et du Pont formeront une vaste circonscription ecclésiastique sous l'autorité de l'évêque de Constantinople; le diocèse d'Egypte reste sous l'autorité de l'évêque d'Alexandrie; celui d'Orient est divisé en deux obédiences : la majeure partie continuera à reconnaître Antioche, l'autre dépendra de Jérusalem ^, Constantinople, Alexan- drie, Antioche, Jérusalem : telles sont les quatre villes qu'on appellera bientôt sièges patriarcaux; l'évêque sera le patriarche, le territoire qui lui est soumis le patriarcat. De même que le nestorianisme, le monophysisme garde des parti- sans jusque sur les sièges d'Alexandrie et d' Antioche; l'empereur de Constantinople, Zenon, se montre très conciliant envers les monophy- sites, mais par contre veut chasser les nestoriens de son royaume et ferme l'École d'Edesse. Maîtres et élèves sont expulsés, vont en Méso- f)otamie et y propagent leur doctrine : en 486 l'Église de Chaldée adopte officiellement les idées nestoriennes. C'est la première Église schismatique qui subsistera jusqu'à nos jours. En 491, l'Eglise d'Arménie condamne le concile de Chalcédoine et adopte le monophysisme : seconde Église schismatique d'Orient. Justinien, empereur de Constantinople en 527, s'en prend égale- ment aux monophysites. Et alors, à l'intérieur même de l'empire, dans les patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, les monophysites créent un schisme en opposant aux patriarche et évêques légitimes, vers les années 540, leurs patriarche et évêques à eux. Ils cherchent à s'attirer la sympathie populaire : tandis que jusqu'ici, dans les offices rehgieux, le grec, langue des classes cultivées, était surtout employé, ils adoptent le langage local pour la liturgie : le syriaque dans le 1. Ihid., t. II, p. 740 et 815. X HREKACK patriarcat d'Antioche, le copte en Egypte. Ainsi se forment la troi- sième et la ([iiatrième Eglise schismati(jue : l'Eglise syrienne ou jacohite, du nom de son fondateur Jacques Bar Addai, et l'Eglise l'opte. Les l'.thiopiens se rallieront au monophysisme copte. Au.\ patriarches légitimes des sièges d'Antioche, d'Alexandrie et de Jéru- salem on donnera le nom de " meikites », c'est-à-dire partisans de l'empereur. L'Islam réserve une nouvelle surprise aux chrétientés «l'Orient : en <)'U>, les .Xrahes sont h Antioche; en G37, à Jérusalem; en (^12, h .Mexandrie. Le siège des patriarches meikites reste souvent inoccupé. Profitant d'une telle carence à .\nlioche, le puissant monastère de S.-Mnron, qui exerce sa jurifliction sur la population des environs au couvent, se déclare indépendant cl forme hientAt une véritable Eglise ij la tète de laquelle nous trouvons, au viii^ siècle, un patriarche : cinipiième grande aulocéphnlic. Les patriarches »le Constant inuple entrent sotivent en conflit avec la papauté, notamment lorscpTils veulent éteniir},'.s, l'I rinMi fir se fera également • m'rii deux tfinps. Si l(> p«Mi|>lf iiiiiniiulr toiil ciitUT >iiil ^('^ iiiilriarrlio »laii.- Irur at tat-|i(>in«Mit an Saint-Siège, si chez les Malal>ares l'nnilé est réalisée ■m moins temporairement, si après un siècle d'elTorts il ne reste plus que peu de Rutlièiies dissidmts à l'intéritMir d»'s frontières de Pologne, le problèm»' de IMnion se {lose tout autrement dans d'autres Kglises. Chez. Ifs \rméniens tout d'abord : ce sont ceux de Pologne cgale- inenl, et non ceux d'Asir, ipii se rnllinit les premiers délinitivement .1 Home sons l'rhain \ III; ils cunlirmcnt liMir fidélité «mi une solen- nelle réunion du clergé de \C}A\). Chez les Roumains aussi, ce n'est pas ô Bucarest, «pii devient précisément en U)98 la capitale ollicielle de la principauté de Valachie vassale des Turcs, mais en territoire conquis par les Habsbourg et grâce à ceux-ci que l'évéque d'Alba- lulia. Alhanase Popa, parvient à réaliser l'Union déjà acceptée en principe par son [irédéccsseur et h imprimer h presque tout son clergé eet élan vital d'où sortira la forte Hglise roumaine unir de pins tard. Knlin, parmi les Melkites, les catholiijues ne sont qu'une infime minorité; elle parvient cependant en I72''i à se donner une hiérarchie propre, mais le patriarche Cyrille \ I doit s'enfuir au Liban; il s'y établit près du monastère de S. -Sauveur, où il tient quatre conciles. Son abdication en 1759 provoque un conflit dont s'occuperont trois assemblées. .\in.si, les circonstances religieuses ou politiques situent diverse- ment dans le temps et l'espace les premiers conciles de plusieurs groupements orientaux catholiques: ces conciles ont cependant le même aspect commun d'une adhésion sincère au Saint-Siège et d'un début d'organisation disciplinaire. CHAPITRE PREMIER RAFFERMISSEMENT DE LA FIDÉLITÉ DES MARONITES AU SAINT-SIÈGE (1577-1644) Le monastère de S.-Maron, situé près d'Apamée, devint au viii^ siècle le centre d'une communauté autocéphale^. Il fut détruit au x^ siècle, et, fuyant les violences arabes, clercs et fidèles maronites s'établirent dans les montagnes du Liban et à l'île de Chypre. Dès les croisades, l'Église maronite entretint des relations avec le Saint-Siège -. Mais celles-ci ne devinrent définitives qu'à partir du XVI® siècle, et les actes de la Curie romaine adressés aux Maronites sont dès lors de plus en plus nombreux. La haute hiérarchie ecclésiastique maronite se composait à ce moment d'un patriarche et d'un certain nombre d'évêques, souvent porteurs du titre honorifique d'archevêque, dont certains vivaient autour du patriarche à la résidence de Qannoubin ^, d'autres dans des monastères dont ils étaient en même temps les supérieurs. Ils se partageaient l'autorité sur des territoires plus ou moins bien délimi- tés, car tous exerçaient leur pouvoir en tant que délégués du patriarche. Ils s'assemblaient sans doute à de fréquentes reprises, notamment en cas de décès du patriarche, pour pourvoir à son rem- placement. Cependant ce fut le Saint-Siège qui poussa les évêques à donner à leurs réunions les formes d'un concile, tel que le prévoyaient 1. Cf. l'article de Mgr P. Dib, Maronite (Église), dans Dictionnaire de théologie catholique, t. x, F^ part., Paris, 1928, col. 1-142, et la bibliographie y indiquée. Le même auteur a publié également une étude plus détaillée sur Les conciles de l'Église maronite (de 1557 à 1644), dans Revue des sciences religieuses, t. iv, Stras- bourg, 1924, p. 193-220 et 421-439. Ces pages sont plutôt consacrées à l'histoire des circonstances extérieures qui entourèrent la réunion de ces assemblées; les textes juridiques ne sont pas analysés. 2. Un certain nombre de documents pontificaux concernant les Maronites ont été publiés dans T. Anaïssi, Bullarium Maronitarum, Rome, 1911. Voir sur ce tra- vail les remarques critiques rie C. Korolevskij, A propos d'un bullaire maronite, dans Échos d'Orient, t. xv, 1912, p. 462-473. Anaïssi a publié un autre recueil de sources concernant les Maronites, intitulé Collectio documentorum Maronitarum, Livourne, 1921; il mérite les mêmes reproches. 3. Dans la vallée de la Qadicha, à environ 45 km. de Tripoli. '1 l,l\ m I, C M ATI I IIK I les anciennes lois rie ri'!(;lisn rt N's décrets roinHins récents pour l'Occident. Les Turcs laissaient aux Manmitrs une certainr autonomie, sons la direction de la nol)|«*sse locale; m'-aninoins il fallait veiller h ne pas les indisposer par des inanifcstationK religieuses trop hruyantcs. I. — Projet de concile en 1579. Mitiu'l Kl-Hu/./.i (Ki.si, Ani\> la forme italianisée) devient patriarche en l.')()7, mais ce n'est (jue dix ans plus tard «ju'ij envoie h lUmie deux mandataires munis d'unir pr<»fession de foi et de fidélité au Saint- Sié;,'»', sii^née de sa main ^ Gréf^oire XIII, par une lettre du Ki fé- vrier ir)7H', en accuse réception; il indique en même temps (]uelques réformes qu'il désire voir introduire dans l'Rglise maronite : l'omis- sion du n qui es crucifié pour nous » dans le Iri.sagion^ ; la confection du saint chrême, à faire chaque année et uniquement avec de l'huile d'olive et ilu haume, sans adjonction d'autres aromates*; la confir- mation, h conférer [)ar les évèques ^ et non plus par les simples prêtres jiprès \c haptême; l'ahror^at ion de la coutume de donner la commu- nion au.x enfants avant l'âge de raison; l'extension des empêchements de consanguinité et d'allinité en ligne collatérale juscpiau quatrième degré suivant la computation de l'Église latine *. Sauf le premier 1. La Icttrr datr du \'.i mi l 'i avril l.'iTT. Kll<- a ott- piihlior dans Anaïssi, ( nllectio dwnmenionini, n. \'l, p. hl-bh. 1. tUc a ctc pul)li(.c CM appnulior, sous If n. xi, dans k-s rditiuns latines des .Viles du concile inaronilc du >[<. ut-Liban dr 1736 et d'après eux par Anaïssi, Hulliinum..., II. 33, p. 70-7'J. Klle pfirtr la date du IG*" jour des ralemlf^s de mars dr Inniicp de rineariialiou 1.t77, ti'' du ponlifical du pape, ce qui indiqua ipTil s'agit ici du stylo d»- rAiimtnriation, c.-à-d. de l'annép 1 .S78 dans lo style df> la Circoncision. 3. Les Manuiiles ajuiilaipiit au Trixaginn : i \)\r\\ saiiil. Dieu liiut-[iuissif'U iinmnrlfl » l'iiivoration : " qui es iTucilié pour nous ». Mais .< son origiin", .lu IN*" s., le Trisagion s'adn-ssail au (Christ, et ce n'est qu'au v'' s., à Myr-ancf, qu'il fut considérr coninn- lowntijje de la Trinité tout cnticre. '«. Cette adjonction était eouluiniére dans les KRlises orientales. Déjà luun- eent III s'était élevé contre elle dans sa bulle du 4 janvier I'2l.'i au patriarclie maronite (Anaïssi, Bullanum..., u. '-!, p. '--5). 5. Hèglf éjfaliinent iiuposéi' par Innocent III dans la ni<*ine bulle. 6. lin Orient, on comptait les degrés «le parenté suivant le droit roinam. Les .Marfuiiles contractaient généralement mariage entre eux, d'où une pratique assez large en matière d'empèrhement de parenté ou tout au moins une grande facilité de dispense. Il est possible que 1rs Maronite* aient adopte la règle byzan- tine admettant l'empéibeinent de consanguinité jusqu'au septième degré, ce qui correspond au terttus gradiu tongens qiuirUim latin, mais rcm|>èchement d'afFinité s'étendait en tout cas beaucoup moins loin. Cf. A. Dauvillier-C. de Clercq, Lf mariage en droit canonique oriental, Paris, 1936, p. 130 et 143. PROJET DE CONCILE EN 1579 5 })eut-être, les usages en vigueur représentaient la discipline orientale traditionnelle. Le pape promettait l'envoi d'une traduction arabe des décrets et du catéchisme du concile de Trente. Sa lettre est adressée au « patriarche élu des Maronites » ^, mais ne le confirme pas dans sa dignité. Quelques jours plus tard, par une seconde lettre datée du 19 février, Grégoire XIII annonce l'envoi de deux légats, les jésuites Jean-Baptiste Ehano et Thomas Raggio ^. Le premier était né de parents juifs à Alexandrie, il connaissait donc l'arabe et le milieu oriental en général, mais il en ignorait les traditions reli- gieuses, celles du Liban en particulier. De son côté, le cardinal Caraffa, protecteur des Maronites, rédigea des instructions pour les légats, datées du 3 mars ^. Elles comprennent vingt-trois articles. Les légats devront faire une enquête sur la doc- trine et les usages des Maronites, notamment en matière de sacre- ments, et en faire rapport à Rome. Retenons plus spécialement les quelques articles suivants : 7. Les légats s'informeront comment les Maronites acceptent les quatre premiers conciles œcuméniques * et s'ils en admettent d'autres. 8. Les légats avertiront les Maronites de toutes les erreurs qui se trouvent dans leur Bible, ils éloigneront ou feront brûler les livres entachés d'hérésie. 9. Ils prendront pleine information sur les erreurs et abus dans l'admi- nistration des sacrements et autres rites, ils tâcheront d'introduire les changements nécessaires. 16. Ils tâcheront d'obtenir que chaque nouveau patriarche envoie un évêque à Rome chargé de notifier son élection et de porter sa profession de foi. 17. De même, à chaque élection d'un nouveau pape, un mandataire sera envoyé pour lui rendre hommage. 18. Ils réduiront à l'obéissance certains évêques qui ont obtenu leur dignité sans l'assentiment du patriarche. 20. Les légats « prendront avec eux le concile de Trente et la somme des conciles, pour s'en servir, comme ils doivent aussi traduire le dit concile (de Trente) pour le rendre applicable et intelligible ». 1. La lettre lui donne le nom de Pierre, nom généralement pris par les patriarches maronites en montant sur le trône patriarcal. 2. La lettre est publiée dans Anaïssi, Bullarium..., n. 34, p. 73-74. Le 25 février, Grégoire XIII accorde des pouvoirs extraordinaires aux légats [ihid., n. 35, p. 74-75). 3. Publiées dans A. Rabbath, Documents inédits pour servir à l'histoire du chris- tianisme en Orient (XVI^-XIX^ s.), t. i, Paris, 1907, p. 140. 4. Le quatrième concile œcuménique, tenu à Chalcédoine en 451, condamne le monophysisme, que certains accusaient les Maronites de professer. Cependant, les collections canoniques maronites contiennent ce concile; elles ignorent les conciles œcuméniques ultérieurs. CONCILES. — XI. — 2 — Li\ fu I, I II \ Il I i;i. I ' Wi voit i\n\\r (jup la lrji(Jiu'ti<»ii proiiiisu par !<• |i.i|if chil) luiri d'^^trc «léjà faite. Débarqiu'-s à Tripoli \ei> la ini-jmii l.")7>S, If.s |(' poiitilit-aux y reslt'ii'iit uni- (li/aiiic d»- jours, puis st- reiulirt'iit auprès du |»atriarche à (^)aittioul)iti. Ils doiiiu'rftit coniinissaiice au palrianhc, aux rvi^cjui-s «•t aux prt^tn-s qui se trouvaient avec lui de la lettre de (irégoire X 1 1 1 du I '» février précédent et s'clTorct'init inissitôt de faire signer j)ar la hiérarchie nuiroiiite uiir ii'-[tonse aux desiderata exprimés dans ce nicasojîe. A cet efTrl fut arrêté le texli- df quatre lettr<'s. datées du 2 juillet ^ et atlressées les unes au pape, les autres au ear«linal CaralTa, par le patriarche d'une part, par cin<( évècpies d'autn- part. Klles comportaient reM;^aj^cment additionnel dr veillera ce que le baptême «les enfants ne soit généralement pas différé de plus de huit jours au deli'i tic la naissance, mais ne parlaient pas drs empêchements d»» mariage. Elles sollicitaient la confirmation «ii- Michel Mi^i d^ns s?» dignité patriarcale. Les légats partirent à la mi-juillet pour Jérusalem. A leur retour, en septembre, l'^liano seul alla résider h Qannoubin. Il s'y livra, con- formément aux directives cardinalices, h un véritable autodafé des livres suspects se trouvant au patriarcat. 11 s'elîorya aussi, mais en vain, de réconcilier le patriarche avec des évêques qui étaient réfrac- t aires à son autorité. La première de ces activités est indicpiée dans la relation de la mission des légats ^ et se retrouve dans un projet de constitutions à promulguer par un concile du patriarcat maronite^. Rédigé en latin, ce projet comporte trente et un articles, il reflète fidèlement la men- talité des légats et est indubitablement leur œuvre. Il faut y joindre un autre texte qui reproduit des questions à poser par le patriarche à Sa Sainteté (c'est-à-dire aux légats) lors du synode. Dans l'édition <|ue nous en possédons, peut-être sous une forme remaniée plus tard, nous trouvons d'abord une série de questions pratiques sur chacun des sept sacrements, sauf l'extréme-onction (ch. i-vi); puis une question sur les conciles œcuméniques, autres que les quatre premiers, à recevoir (ch. vu); enfin des questions diverses (ch. viii) •*. On r»'frnuve 1. Anaïasi, ( ollect. ilociim., n. 'ifi-V.I, p. 66-77. 2. Cf. Al-Mmfirif/, l'.M'i, p. 7:>8-762, et Anaïssi, (oHtcl. lUninn., ii \.\. p. ."16-6I uiuna |p titre, il f.uit reinplactT le nom ilt- Poggi |)ar liaggio). 3. Ce projet a élc publié par le carnic décliHuasô Thomas de Jcsus (Diego Snnchez «l'AvilIa), dan» un oiivra^çc Dr proctiniiuln suliitr oniniiiin getitiiim, paru à Anvers en 1613, dont une partie a été rrproduilr dans Migne, Thcologiie riinfus rompUtivi, \. V, Paris. 18'i0, col. 3'.)7-7lO. Lf projet s'y lit roi. 690 : Coiuslitiitionr.s nliquot dand.r in synndo proviiiciali revereruiissimi pnlriarchœ Maronitarum. \. Thomas «le .Jésus, op. rit., dans Mi;;ne, lor. cit., col. 679. Le projet de constitu- tions ftn synode suit immédiatement comme c. ix. PROJET DE CONCILE EN 1579 7 l'écho des instructions du cardinal CarafFa dans ces questions, elles sont aussi l'œuvre des légats. Dans l'une d'elles, le patriarche est censé dire qu'il a consacré le saint chrême le jeudi saint de la même année; il est prêt à répéter la cérémonie le prochain jeudi saint, mais il s'inquiète des diflicultés que cette pratique (nouvelle dans l'Église maronite) produira. Ces questions ^ semblent bien contemporaines du projet de constitutions. Enfin nous possédons une série de pro- positions erronées ^ extraites des livres qui ont été brûlés, ou attri- buées aux Orientaux, sans doute aussi par Eliano, qui ne prend pas la peine de distinguer ce qu'il a trouvé ou entendu chez les Maronites de ce qui reflète leur pensée propre. Les Constitutiones, Interrogationes et Propositiones ne présentent que quelques points connexes. Nous résumons le premier texte, indi- quant en note les références aux deux autres. 1. 11 faut omettre dans le Trisagion les paroles : « qui es crucifié » et autres semblables, qui s'adressent exclusivemeul au Christ ^. 2. Les enfants seront baptisés dans le délai de huit jours après leur naissance, mais ils ne recevront en même temps ni la communion *, ni la confirmation ^. 1. Le titre indiqué par Migne, loc. cit., col. 679 est : Interrogationes aliquot factis suse Sanctitati a reverendissimo patriarcha Maronitarum super fide et ritibiu^ catholicis, manifestandœ in synodo celebranda circa festum Paschalis, anno 1578. Cette date est sûrement inexacte, puisque les légats n'étaient pas arrivés à Pâques (30 mars) 1578. L'édition de Thomas de Jésus comprend pour chaque chapitre des réponses aux questions posées. Elles se présentent sous la forme sco- lastique d'allégations à'auctoritates, canoniques et autres. La réponse 6 du cha- pitre m renvoie à l'art. 12 des constitutions synodales. Quoique les légats aient amené avec eux une petite « Somme des conciles », il semble qu'ils n'aient pas pu rédiger ces réponses au Liban même, mais qu'ils le firent, sans doute plus tard, à Rome, ce qui a pu faire croire à une certaine autorité officielle de ces réponses, alors que ni intrinsèquement ni èxtrinsèqueinent elles n'en portent le caractère. Benoît XIV lui-même (Constit. Eo quamvis tempore, 4 mai 1745, n. 45) fait erreur en mettant ces réponses sous l'autorité de Grégoire XIII. Il n'apporte d'ailleurs aucun argument, puisqu'il se base uniquement sur le texte de Thomas de Jésus. 2. Thomas de Jésus, op. cit., dans Migne, loc. cit., col. 694 : Propositiones ali- qtwt excerptse tum e quibusdam libris Maronitarum, dum expurgnrentur a legatis aposlolicis, tum ex communi consensu et quadam traditione receptis, quœ videlicel hsereses sunt mnnifestœ, s'el erroneie, vel superstitiosse ; qui etiam errores soient esse lonimuiies aliis nationibus Orientalibus. Il semble que ces propositiones furent portées à Rome par Eliano, sans avoir été communiquées aux évêques maronites; lorsque l'écho en vint quelques années plus tard au Liban, il y provoqua une dou- loureuse indignation. 3. Lettre de Grégoire XIII, 14 févr. 1578. 4. Lettre de Grégoire XIII, 14 févr. 1578; Propositiones, De sacramento eucha- ristiae, n. 5. 5. Lettre de Grégoire XIII, 14 févr. 1578; Interrogationes, c. ii. 8 r.IVRE I, CHAPITRK I .1 Le saint chrême et les aiitn-s saintes liuiJes seront tonsarrés chaque jeudi saint ' et ne peuvent être- composés rjue d'huile d'olive rf (le baume '-'. 4. La cunlirmation sera confi'it'-r aux mfiints iicndanl leur linit i-rnc année, unitjuement par Its ('•vê»jues ^. 5. La eoiumuniott ne sera plus donnée ipi ;iii.\ enfan(s a\anl I ;"i^e de raison *. (). Les Hé'\trends {'ères lé^ats) exauuiu Tunl les livres en usa^^e cf lirù- leront ceux qui sont réprédiensihles * comme ils ont «léj/i eomniencé d»- le faire dans notre monastère . 11. Cettp pratique rt.'ut rlostinée à abréger la longueur des olTii-fS : n'n>.;iiil rien retranciior aux cérémonies, on imagina de bs exécuter sinuillancmrnt. 12. Le préjugé existait chez certains que les ornements d'Église perdaient leur caractère sacré par le lavage; d'une façon générale, les ornementa étaient peu entretenus et en nombre insuffisant. 13. En elTet, ces usages n'étiiienl pas praticpiés dans les Kglises orientales. PROJET DE CONCILE EN 1579 9 18. Les vases sacrés doivent être en or, en argent ou en étain ^. 19. Les fidèles communieront trois fois par an ^, les prêtres et les diacres plus fréquemment. 20. Tout prêtre ou diacre récitera les hevires canoniales, si possible à l'église ^. 21. On évitera l'ébriété et tout autre excès le dimanche et jours de fêtes. 22. Le clergé évitera blasphèmes et mensonges pour donner ainsi le bon exemple aux fidèles. 23. Il faut veiller à ce que les fidèles fuient le plus possible les relations avec schismatiques, hérétiques, excommuniés, païens; et surtout le mariage avec eux *. 24. Le mariage ne peut être dissous, même pour cause d'adultère; seule la séparation est permise ^. 25. Ni clercs, ni laïques ne pratiqueront l'usure. 26. Los reliques des saints doivent être conservées de façon décente. 27. Le clergé occupera ses loisirs à ne lire que de bons livres. 28. Les prêtres célibataires ou veufs ne pourront habiter sous le même loit qu'une femme, sauf en cas d'extrême nécessité; ceux qui ont fait vœu de religion ne pourront le faire en aucun cas, pas même avec une parente *. 29. Les prélats ne conféreront les ordres sacrés qu'à des sujets dignes, 30. Un synode aura lieu chaque année. 31. Les prêtres s'acquitteront de leur obligation de célébrer la messe pour les vivants et les morts; une simple assistance à la messe d'un autre prêlre ne suffit pas pour satisfaire à une intention de messe : il faut une \ érilable concélébratiou '. A la fin du texte se lit : « Fait à Qannoubin. » Le document est présenté comme émanant du patriarche maronite et s'adressant à son clergé. Les cinq premiers articles correspondent aux réformes demandées par Grégoire XIII, et promises dans l'engagement addi- 1. Déjà Innocent III, dans sa bulle du 4 janvier 1215, reproche aux Maronites d'employer des calices de bois, de verre ou de bronze. 2. Innocent III le demande déjà dans sa bulle susdite. 3. Interrogationes, c. vi, n. 2; Propositiones, De sacramenlo ordinis, n. 4. — ■ Seules quelques heures de l'office étaient psalmodiées, surtout le dimanche, à l'église; la récitation privée était impossible, faute de manuscrits ad hoc. 4. Interrogationes, c. v, n. .5: Propositiones, De sacramento matrimonii, n. 12. 5. Interrogationes, c. v, n. 1 ; Propositiones, De sacramento matrimonii, n. 8, 9. 6. Seule cette présence des parentes, permise par le premier concile de Nicée, auquel notre texte se réfère, semble admise dans le premier cas; dans le second, il s'agit de ceux qui appartiennent à l'ordre monastique : religionem professi, ainsi que le dit le concile du Mont-Liban de 1736 qui cite cet article [CoUectio Lacensis, t. II, col. 367), et non religionem professis, comme l'imprime l'édition de Migne (loc. cit., col. 693) . Le concile présente l'article comme promulgué par le patriarche, mais il se réfère uniquement au texte de Thomas de .Jésus et n'apporte donc aucune preuve à ce sujet. 7. Interrogationes, c. m, n. 3; Propositiones, De sacramento eucharistiœ, n. 3. 10 IIVHi; I, CHAPITRE I tionnel joint aux lettres du 2 juillet 1578; la question des empt^che- rnerits de niariaj^e est é^jaleinent passée sous silence. Les autres articles contiennent certaines réformes utiles, certaines qui le sont moins, telle l'obligation générale de réciter l'office. c|ui était prati- tjuement irréalisable. L»' concilr projeté sans iloute pour le jeudi saint (IG avril) 1579, fil iiiéiiu" t«'M>ps (]iif In consécration du >;iiiit cliréme qui entraînait généralement la présence d'un nombreux clergé n'eut pas lieu, l'appitrifion de la peste en hgypie ayant amené \rs légats à préci- piter leur déj)art. C'est ce que déclarent des lettres datées du 25 fé- vrier 1571>, adressées par le patriarcln- au pape* et au cardinal CaralTa ^, dans lesquelles Risi demande une fois de plus la confirma- fii»ii de sa dignité et i'obtcntiun du pallmm, et exprime le désir résenta à Home le projet de con.stilution synodale comme ayant été virtuelle- ment approuvé par le patriarcbe et les évéques maronites ''. Le.s légats s'embarquèrent i^ Tripoli le 22 mars 1579. liCs légats avaient eu facilement l'accord théoricju»- de l'épiscopal sur les principales réformes exigées par le Saint-Siège, mais l'insuccès d'I'lliano, après son retour de Jérusalem, dans sa tentative de récon- cilier certains évéques avec le patriarcbe, les trop longues palabres rendirent la réunion d'un concile moins opportune et les légats furent heureux d'avoir dans la menace de peste une raison plausible de s'en aller, quitte à revenir plus tard, munis d'instructions complé- mentaires. I.c K"" août ir)7*J, Clrégoire XIll accorda If. [lallium à Michel Risi "; 1. Anaïssi. Cotlert. ihriim., ri. .^0. p. 7»J-H() '!i'xt»- latin) ; n. .'.t, p. M-H'2 (texte ita- lien). 2. Jbid., n. 52, p. 84-87. 3. Ibid., n. 53, p. 87-85». 'i. Dont quatre des signataires du 1 juillet 1378. .'). Lors du prennier concile de 1596, le frt're et successeur du patriarche Michel, Serpe Hisi, parla d'un véritable blanc-sein? que ^fichel et le» évoques auraient donné il ICIiano et dont celui-ci aurait profité pour faire avouer par eux des abus et des erreurs que les Maronites n'auraient jamais professés; il fait sans doute {illusion aux Prnpositionefi. (). .Vnaïssi, Bullitrinm Mnroiiitiiriim, n. .36, [>. 75. Le palliuin avait été postule au nom du patriarche par l'iliano et déjà le pape prévoit qu'il sera remis par lui, mais il sera imposé |>ar un ou deux évêques maronites. Le patriarche ne pourra s'en servir (pi'atix jours prévus. Ceux-ci sont énumérés par Innocent III dans sa bulle du 4 janvier 1215. - La remise ritui-lle du pallium /i Eliano eut lieu le 12 avril 1580, le procès-verbal en a été publié par .\naïssi, op. cit., n. 42, p. 89. CONCILE DE QANNOUBIN EN 1580 11 le 18 septembre, il le confirmait dans sa dignité patriarcale et le dis- pensait des visites ad limina, lui demandant simplement d'envoyer un mandataire ou un rapport écrit lorsque cela lui serait possible^; enfin le 6 mai 1580, il annonçait le retour d'Eliano, avec un autre confrère jésuite, Jean-Baptiste Bruno ^. • II. — Concile de Qannoubin en 1680. Le cardinal Carafîa ne manqua pas, en effet, de donner de nouvelles instructions, en dix-neuf articles, datées du 7 mai ^, aux légats de 1580 et y prévit cette fois explicitement la réunion d'un concile : 4. Les légats « mettront aussitôt en ordre les choses qui seront à traiter au synode provincial, qu'on s'occupera dp tenir le plus vite possible, en sorte qu'il y ait ensuite le temps de veiller à son exécution... ». 12. Les légats réconcilieront les évêques réfractaires avec le patriarche. 17. Ils verront comment le pallium sera conféré au patriarche et indi- queront à celui-ci l'usage qu'il peut en faire. Le cardinal précise aussi comment seront distribués les livres, ornements et vases sacrés, et autres aumônes du Saint Père. Les légats arrivèrent à Qannoubin le 9 juillet; les générosités pontificales créèrent une atmosphère d'euphorie, dont ils profitèrent po»ir obtenir des évêques la convocation du concile le 15 août, à (Qannoubin, et pour leur soumettre le texte des résolutions à adopter. Celui-ci avait été rédigé par Bruno et traduit en arabe par Eliano; le nouveau rédacteur s'était fort écarté des constitutions de 1579. Le 15 août 1580, le patriarche Michel Risi célébra la messe en pré- sence d'un grand nombre d'ecclésiastiques et de fidèles. Ensuite Eliano récita les prières d'ouverture d'un concile provincial et pro- nonça l'allocution d'usage. Tous les assistants firent alors la profes- sion de foi, selon la formule prescrite par Pie IV dans la bulle du 13 novembre 1564, avec quelques développements concernant les points sur lesquels la croyance des Maronites paraissait moins cer- taine ^. Puis l'archevêque Serge Risi, frère du patriarche, imposa à celui-ci le pallium au nom du pape, pendant que retentissaient les acclamations de la foule. Les légats soumirent d'abord au concile un catéchisme composé 1. Ibid., n. 37, p. 77, d'après l'append., n. ix des éditions latines du concile du Mont-Liban de 1736. 2. Ibid., n. 38, p. 78. 3. Elles ont été publiées dans Rabbath, Documents inédits, t. i, p. 148-151. ■1. Le texte arabe de cette profession de foi avait été imprimé d'avance à Rome en de nombreux exemplaires. 12 IIVHK I. CHAPITHF I par Bruno et traduit en arabe i)ar Eliano ^ Après «juolqiies explica- tions demandées {tar les évt'ijues, il fut olliciellernent adnpt»'. On passa ensuite à l'exainen des résolutions synodales, coni|)(»rlant dix cha- pitres*. Les décrets n'indi(]uent généralernenl j>as leurs sources, mais celles-ci sont aisément rcconnaissables : elles sont citées })resqne lit téralemtait , parfois lé{ièreinen( ahréf^ws ou paraphrasées. Le chajjitr»! i, intitulé De la foi, comprend sept canons. 1. Introduction générale. Texte du s\ rnboif dt- .N'icée-Constan- tino|)if. Ici (ju'il est récité à la messe latine (avec le Filioque). Il sera également accepté par les Maronites «-t i-hanté h hi lifur{.'if des dimanches et jours de fêtes. 2. Commentaire sur la triiiité des pi-rsoimes divine^-. 3. Commentaire sur l'unité de personne et la dualité de> ti.iluirs dans le Christ. A. Commentaire sur l;i «lnuhle vctlonté et opération tlans le Christ ^. 5. Réprobation di- la formule « qui es crucifié p<»ur nous » au Trisafsion. G. Doctrine sur le purgatoire, d'ajirès la profession de foi de .Michel Pal^lofjuc (1274), ou plus prnb.nblemcuf le décret pour les drecs i\u concile de l'^lorence (1439) *. 7. Doctrine sur le juf^emeul pat ticuli«*r ' et f^énéral. Le cha|)itre ii, sur les sacrements en «général, s'inspire du Décret aux Arméniens du concile de hlorence (1430). Le chapitre m est consacré au baptême. 1-4. D'après le Décret au.x .Arméniens, avec un ajouté poui préciser que le baptême de Jean-Haptiste ne remettait pas les j)échés *. 5. Le bay)téme pourra se conférer par tri{»le immersion si tel est l'usage. Mais en cas de nécessité, une immersion ou l'infusion sidlisenl. (). Les enfants seront baptisés le plus tôt possible à l'éfjlise même'. 7. Il y a empôchemont de mariage entre le baptisé ou ses parents d'une part. <'t celui qui baptise, parrain nu niarrain»- d'autre pari. 1. Lgalcment imprimé i\ Homo. 2. La liste des chapitres et des signatures a été pul)liét> |iar ïî.. Assrmnni, Bibliothrr:r Medireir, Lniirentinn.T ri Pnlalins' codicum mnniiscnplonim oritn- tiiliuni ailnlopiui, Florence, IT'i-, p. H"; le texte latin ciimpl»-!, par Knlilmth, DocumcnLs inédits, t. i, p. 152-169; le texte arabe par V. Dib, ilaii.s la r»'vue .4/- Manarat, 1931, p. /.26-'i33, 530-537, 673-680. Cf. éfraloment F. Sacohin.., Ilistnrin Sorirtntis Jesu, t. iv, Homo, 1752, p. 252-253. 3. Propositionra de 1578, De (hristo Domino, ii. 1. 4. Ibid., De judicio, n. 2. 5. !bid.. n. 1 et 2. 6. Ibid., De sacrarnento bnpli.inti, n. 8. 7. Le délai de huit jours n'est plus indiqué (cf. i'onstiliUiones de 1579, art. 2). CONCILE DE QANNOUBIN EN 1580 13 Mais il n'y a aucun empêchement entre deux enfants baptisés ensemble ^. 8. L'enfant peut être baptisé avant la purification de sa mère ^. Le chapitre iv concerne la confirmation. 1-3. D'après le Décret aux Arméniens. 4. La confirmation ne sera pas conférée avant l'âge de sept ans^. Le chapitre v s'occupe de l'eucharistie. 1-2. D'après le Décret aux Arméniens. 3. On ne donnera plus la comnuinion aux enfants avant qu'ils aient l'âge de raison ■*. Les chapitres vi, qui traite de la pénitence, et vu, de l'extrême- onction, ne font que reproduire ce que dit le Décret aux Arméniens en la matière. Il en va de même du chapitre viii, de l'ordre, qui cependant décrit en détail la porrection des instruments et les paroles alors prononcées, suivant le pontifical romain ^. Le chapitre ix a pour objet le mariage. 1. D'après le Décret aux Arméniens. 2. Développement sur l'indissolubilité, même en cas d'adultère ^. 3. Le mariage contracté après la puberté sans le consentement des parents est valide, comme le veut le concile de Trente '. 4. Le quatrième mariage et les mariages ultérieurs sont autorisés ^. 5. Il n'y a pas d'empêchement d'affinité entre les parents des conjoints, mais imiquemerit entre un des conjoints et les parents de l'autre ®. Après ces exposés, oii les questions dogmatiques ont une large part, le chapitre x, à l'exemple du concile de Trente, s'intitule De la réforme. 1. Celui qui obtient ou confère un ordre sacré pour de l'argent est excommunié. 1. Ifttctrogationes de 1578, c. i, n. 2; Propositionefi, De sacramento baptisrni, 11. 6. 2. Propositiones, De sacramento bapti.imi, n. 4. 3. Constitutiones, art. 4. 4. Ibid., ait. 6; Propositiones, De sacrantento eucliaristiie, n. 5. 5. Interrogationes, c. vi, n. 1 : le patriarche est censé proposer de suivre à l'avenir pour les ordinations le rite du pontifical romain, qui avait été traduit en arabe par Eliano dès sa première légation. 6. Constitutiones, art. 24 ; Interrogationes, c. v, n. 1 ; Propositiones, De sacrn- mento matrimonii, n. 8, 9. 7. Le concile est ici explicitement nommé (cf. sess. xxiv. De reformatione matrimonii, c. i); Propositiones, De sacramento matrimonii, n. 1. 8. Interrogationes, c. v, n. 4; Propositiones, De sacramento matrimonii, n. G. 9. Interrogationes, c. v, n. 8; Propositiones, De sacramento matrimonii, n. 4. 14 LIVRE I, CHVIMIMK I 2. Celui (jui obtient une dij^nité ou fonction ecclésiasti(|ue sans l'autorisation liu patriarche sera déposée 3. 11 faut des lettres testimoniales de l'Ordinaire pour l'orilination ; les peines innij;«''es aux contrevenants sont celles fixées par le concile de Trente '. •'♦. Conditions re(|uises jkmm la tonsure, reprises du concile de Trente'. C«mi\ ((ui reçoivent les ordres niiru-urs doivent avoir une instruction plus déveloj)p«'M' cl connaître «m- ipil concenu* leur «uilrc. .'). A;^»' rcijuis pour le sons-thaconat , !•• (Inuoiiiit, lres en usaj^e, connue de celles (jui seront établies d'une façon uniforin*; par le Hévérendissime Patriarche et les autres personnes expertes députées par lui ^. 7. 11 faudra doter le pins r:i[ii(leniriit po--Mlile le» \illa};es de leur propre pastiuir. 8. Le |)atriarche et les évéques visiteront leurs diocèses, au moins tous les deux ans, par eux-mêmes, on par leur vicaire général s'ils sont légitimement empêchés *. !>. I,e concile provincial sera célébié tous les trois ans ". 10. Les prélats veilleront à ce que les dimanches et jours de fêles les rudiments de la foi et de la morale soient enseignés aux enfants dan< les paroisses par ceux à ([ui cela incombe ". 11. Personne ne pourra garder, publier, \t'ndre des li\rcs >ui des questions religieuses qui n'auront pas été approuvés par le patriarche, ou ses délégués ®. \'2. 1 n membre du clergé sera env(tyé à liome à (duique élection de pape, tle même tjue par chaque no\iveau patriarche pour demander sa confirmation au Saint-Siège'*'. 1. Les évrcjiies fil coiinit ii\rt^trise; alors que la (iisripliiio généralement admise en (Prient exigeait res- pectivemenl 20, 25 et 30 ans. 5. Conxtitutiiuw.'i, art. 20. fi. Concile (i<> Trente, sess. xxiv, Ur reform., ^\ m. 7. Ihid., c. II ; ConstittUioneê, art. 30. 8. (Concile de Trente, Inr. cit.. c. iv; Con.'itiluliones, art, 9 9 Ihid., art. ti. 1(1 Ibid.. art. 7. CONCILE DE QANNOUBIN EN 1580 15 13. Énumération des livres de l'Écriture sainte, suivant le concile de Trente ^. Les décrets du concile sont suivis des signatures du patriarche, des deux légats, et de cinq évoques. L'évêque des Maronites de Chypre ne put arriver à temps au synode; mais il apposa dès son arrivée à Qannoubin sa signature à la suite des autres. Après elle, nous trou- vons encore celle d'un archiprêtre. Les évêques en conflit avec le patriarche ne vinrent pas à l'assemblée; plus tard cependant ils furent relevés des peines dont ils étaient frappés. Les neuf premiers chapitres des décrets s'appuient donc en ordre fondamental sur le concile de Florence, auquel s'ajoutent éventuelle- ment, à la fin du chapitre, un ou plusieurs canons qui visent des situations existant chez les Maronites et qui s'inspirent manifeste- ment, mais sans y faire la moindre allusion, des Interrogation es et Propositiones de 1578. On aura remarqué aussi l'insistance sur la façon latine de conférer les ordres sacrés : sans doute les légats n'osent-ils plus imposer l'usage du pontifical romain, comme ils y avaient songé lors de leur première mission, mais ils tâchent de mon- trer toute la sécurité qu'il y aurait à le suivre. En plus d'un canon, le chapitre x s'inspire du concile de Trente. La formule prudente du can. 6 remplace l'obligation stricte de réciter l'olTice qu'avaient voulu introduire les légats en 1578. Un grand nombre d'autres prescriptions prévues dans les Constitutiones ne sont pas reprises ^. Quelques canons avaient peut-être été remaniés à la demande des évêques, lorsque le texte leur en avait été soumis. Mais il semble qu'au concile même il n'y eut pas de longs débats, puisque le synode fut terminé le 17 août. A la fin du concile, un évêque monophysite se présenta et une discussion s'engagea sur la question des deux natures dans le Christ. Conformément à la demande du cardinal, les légats circulèrent ensuite dans la région pour y promulguer les décisions synodales^; celles-ci restèrent cependant en grande partie lettre morte, tant il était difficile de changer les habitudes acquises *. Le 21 septembre 1581, le patriarche Michel Risi mourait à Qannoubin; le 28, en présence des légats, son frère Serge fut élu pour lui succéder. Le P. Bruno s'em- barqua en juin, et le P. Eliano en septembre 1582. Le P. Bruno reçut à Rome le pallium pour le nouveau patriarche, le 31 mars 1583 ^. 1 . Sess. IV, Decretum de canonicis scripturis. 2. Art. 10-19, 21-23, 25-28, 31. 3. Michel Risi résuma de son côté ces décisions en un mandement. 4. Cf. P. Dib, Étude sur hi liturgie maronite, Paris, 1919, p. 30, 3G. 5. Cf. Anaïssi, Bullarium..., n. 42, in fine, p. 91. 16 LIVRE 1, CHAPITHK I III. — Premier concile de Qannoubin en 1596. CJémftnt \ m envoya ù son tour, en InîHi, une l/:pation aux Maro- nites. Il choisit à eet etTet Ir jZ-suit»' .Iér(^^n• Daiidirii. aufjiiel fut uiijoint le P. Fahio Bruno. r)an78 avaient trouvé crédit à Home; il se préoccupait aussi du coll^pe maronite fondé t'u la \ ill»; l'jernelle en ir)H''i par Grégoire XIII; de nouveaux élèves devaient y être rnvoyés car les anciens avaient été assez peu ou assez mal employés à leur retour au Liban. handini fut reçu le 11 juin par C'iément \ III ^; le lendemain, le href aniioru'arit sa noTiunalion comme lé[,'al au patriarche maronite était siijné '. Le l^"" septembre, Dandini arrivait à (.)an!ioubin. où il fut immé- diatement reçu par Serf^e Risi depuis lon«;temf)s malade et alité ^. Dès le lendemain il tut ihk- première conféi'ence avec lui et lui parla aussitcM d'un concile à tenir**. Il rencoritra un»; vive «([«position de la part du patriarche, qui évoqua les pourparlers de 1579". Dandini parvint cejiondant à obtenir «jain de cause; on détermina le jour de I. Il a fit- 1 iihiit» par son neveu, E. Dandini, soii.t U- tiln- : Mtssione apostoUca al /Kitriiui hti f Mnroniti del Monte Libano, dvl 1*. GiroUinio Dandini, Césène, 1656. Il rrrn(J tmis livri-s, ronsacr^s roiJf>prlivfni<'nt h la mission au[>r»-s des Maro- nites, an (><'-lorina;re à .lérusalcrn (pii suivit, an voyage de retour, l ne traduction française des I. 1 f\ III a été donnée, sous le titre : Voyage du Mont Liban, tra- duit df l'itnlii'n, du H. P. Jénhiif Dandini, par R. S. P., Paris, 1675. L'auteur, Hiohard ."^inion, a numérolc les 30 chapitres du I. I el les 7 chapitres du 1. III de façon continue. Il les fait précéder d'une préface, el les fait suivre de précieuses rpmanpies (p. 2"J0-402). -- Cf. égnlemenl .\. l'ossevinus, Apparatus aacrr ad Srriptores l'etrria et .\oi'i Te.itomenti..., t. ii, Venise, 1606, art. Maronitif, où sont donnés des renseienements sur la mission de Dandini, fimrnis oralenu-nt ]>ar celui-ci à l'auteur. ■J. Danilini, op. cit., I. I, c. i. ;'.. ihid., I. I, c. M, p. r». 'i. Publié dans .\naïssi, Bitllariutn..., n. 'i7, p. 106. .'>. Dandini, .\fi.e les c. III à i\ lani-si'ii,o ipii a\ail alors été exigé «le snn prédécesseur. Cf. supra, p. 10. CONCILE DE QANNOUBIN EN SEPTEMBRE 1596 17 réunion du nouveau concile et on convoqua les évêques. Deux seule- ment répondirent à l'appel et Dandini préféra différer l'assemblée ^. Ne pouvant trop compter sur l'activité du patriarche malade, il se mit en rapport avec les deux mouqaddams ^ Khater et Pharag, qui promirent d'user de leur influence pour assurer une plus nombreuse assistance lorsque le concile s'ouvrirait plus tard. Entre temps Dandini visita les environs. Il nous a laissé de curieuses pages sur le pays, les coutumes et la vie religieuse des Maronites ^, mais il manquait de formation préalable pour comprendre et s'ex- pliquer tout ce qu'il voyait. Ayant parlé des livres qu'il avait trou- vés et fait examiner par des interprètes, il est tout naturellement amené à s'occuper des erreurs qu'on attribuait aux Maronites. « J'étais très bien informé, dit-il, qu'il y a quelques années on leur imputait les erreurs suivantes^ », et il donne ensuite la liste que voici : 1. II n'y a qu'une nature, une volonté et une opération dans le Christ ^. 2. Le Saint-Esprit procède seulement du Père ®. 3. Dans le Trisagion la crucifixion est attribuée à toute la Trinité ^. 4. La femme peut être répudiée pour adultère et pour d'autres causes ^. 5. Il n'y a pas de purgatoire ®. 6. Il n'y a pas de péché originel. 7. Les âmes des morts attendent, sans récompense ou châtiment immé- diat, le jugement dernier ^^. 8. On peut nier la foi en parole ^^, pourvu qu'on la tienne au cœur. 9. La confirmation n'est pas un sacrement distinct du baptême ^^. 10. Les sacrements se confèrent avec des formules déprécatives. 1. Il faut noter cependant que trois ou quatre sièges épiscopaux étaient vacants. 2. C'étaient des chefs civils de districts. Souvent l'Eglise les élevait à un ordre, inférieur au sacerdoce, pour consolider leur prestige et sanctionner la part prépondérante qu'ils prenaient aux offices, au chant particulièrement, de la communauté locale. 3. Op. cit., 1. I, c. xvii-xxvi. Le c. xxii est consacré au clergé; le c. xxiii aux moines; le c. xxiv à la messe maronite; le c. xxv aux autres rites; le c. xxvi aux abus que Dandini estime avoir rencontrés. On lira les judicieuses remarques que Richard Simon a consacrées à ces chapitres dans sa traduction, p. 311-384. Les c. XXIV et xxv sont reproduits dans Anaïssi, Collect. docum., n. 59, p. 94-98. 4. Op. cit., 1. I, c. XXVII, p. 90. 5. Propositiones, De Chrislo Domino et Sancto Spiritu, n. 1. 6. Ibid., n. 5. 7. Constitutiones, art. 1. 8. Ibid., art. 2'i; Interrogationes, c. v, n. 1; Propositiones, De sacramento matrimonii, n. 8, 9. 9. Ibid., De judicio, n. 2. 10. Ibid., n. 1 et 2. 11. Par ex. devant des Turcs [Propositiones, Circa mores, n. 6). 12. Propositiones, De sacramento confirmationis, n. 1. 18 1.1 \ III I, <:ii APiTHi; I 11. (In liiiii I ir)|iln\ t-r pinir roii.sai'r<*r le ••ups liti Christ '. 12. < 'il jit lit in( ilntMitr l.i lomiiMimiiii :iii\ rnf.inls i\\ Ims iim* "'. (^elle liste «l'i-irriirs a sans (Knitr oii' failc d'après im ildciiiiicni romain. •|iii. h son loin. >'f>>t inspiré nn iiiajriuf partie* des Propo- .sitiotu's ili- I57H. Dandini s'ein|)resso d'ajoulrr qiu; pour son compte il n'a |)iis corjstaté cpie . nntainment d' Innoceiil III •' et de ( r ré fleure \ I I I '". at triliuent .111 \ M.ironites certaines de ces hérésies et ahus, dont encore celui d'enipl<»\er (r.iulres produit^ que riiuile d'olive el le haume |H»iir la confection du saint chrême, et c'est ce qui le poussera à faire, maigre tout, renier toutes ces erreurs au prochain concile. Le concile s'ouvrit le 28 se})lembre ". .Vu lieu de deux, c(;nniie pré- cédemment, trois évoques furent cette fois présents : Josef)h Risi, neveu du patriarche, du monastère de Chsaya; l'archevêque Joseph, du monastère de S. -Antoine *, el Moïse, évêque de Bécharri; les autres invoquèrent des raisons légitimes d'absence. Sans doute grâce aux deux mouqaddams, un bon nombre de prêtres vinrent h l'assem- blée et y assistèrent avec eux. On donna lecture du bref <[ui avait nommé Dandim légat ponti- lical. Celui-ci prononça ensuite une allocution. Il indiqua les trois questions (ju'il voulait \oir traitées au synode — ce sont celles qui préoccupaient Clément \'lll : l'orthodoxie; les sujets à envoyer au I. Ihid., De sdiramcnto eiÂcliarintiv, ii. t. 1. Ihiil., Dr rstrrniii oiirliorif. ',i. Ibiil., Dr sominu iilo ciicluirisliir, n. .'». 1. Sauf pour les n. 3, 5, 8, 10. 5. Du ^ janv. 1215 (Aiiaïssi, Bulliiriiun... n. _', p. 2). H. Uu l'i févr. 1578 {ibiil., ii. 33, p. 72). 7. Dandini raconte ce qui se passa dans rassemblée io/>. cil., I. I, c wvm- xxxi) et reproduit j)!us loin (r. xxxiv, p. 121) le prnci-s-vpriia! latin do l'aspcni- blée. C«"lui-ci perte la date du 18 septembre, puisque b-s Marunites n'avaient pas accepté la réforme pn'jrorirnne «lu calendrier [ibul., \>. 93). Cf procès-verbal n»- donne qu'un aspect froid et incomplet de l'assemblée. Il a été reproduit en appen- «lice, sous b' n. ii, d.-ins les éditions latines du concile du Mont-Liban de 1736. ()n le trouve également isolément dans Mansi, i. xxxv, col. lH22-l()2f). I^e texte arabe a été publié par G. Manache, yroi* ftynodes maronites, DJounieh, lOO'i. 8. Dandini dit [op. cit., p. 111) qu'il y avait troi? anhrv(\|ues. trois frères, dans ce monastère. Les deux autres semblent ne pas être venus. L'arcbevèque-abbé du monastère de S. -Serge, aveugle, était certainement absent. CONCILE UE QANNOUBIN EN SEPTEMBRE 1596 19 collège maronite; l'utilisation de ceux qui en venaient. Dès qu'il vou- lut aborder le premier sujet, le patriarche prit la parole pour protester contre les soi-disant constitutions synodales de 1579 et pour afiinner une fois de plus la parfaite orthodoxie des Maronites. Un des mou- qaddaras, sortant quelque peu de son rôle de subordonné, accéda avec véhémence à cette déclaration. Dandini s'inclina de bonne grâce, tuais demanda au concile de ratifiei- la réfutation des erreurs qu'il avait préparée, pour qu'il n'y ait plus de discussions à ce sujet. Cette réfutation répondait article par article à la liste d'erreurs que Dandini avait en sa possession; la question de la communion aux petits enfants était laissée de côté — Dandini comptait y revenir plus tard — mais par contre les exigences papales en ce qui concerne la composition du saint chrême étaient rappelées ^. Un échange de vues courtois eut lieu pour chaque point proposé; les Maronites donnèrent des explications sur leurs dogmes et usages, parfois mal interprétés, et Dandini en insère quelques-unes dans son récit. Il opposa à ses interlocuteurs les textes des livres qu'il avait trouvés chez eux et les incriminations contenues dans les bulles pon- tificales. On lui répondit que ces livres n'étaient pas acceptés comme doctrine reçue et que les bulles pontificales s'inspiraient toutes de celle d'Innocent III, qui avait confondu Grecs et Maronites et imputé les mêmes griefs aux uns et aux autres. On oubliait ainsi que la meilleure justification de certaines coutumes était précisément qu'elles se rencontraient dans toutes les Eglises orientales. Après ces discussions assez théoriques, Dandini en vint aux ques- tions plus pratiques, aux remèdes à apporter à des situations dûment constatées que personne ne pouvait contester. Il semble que Dandini avait aussi rédigé des schémas de résolutions à adopter à ce sujet; 1. Liste d'erreurs. (Dandini, op. cit., p. 90-91) n. 1-3 6 5 7-9 11 12 10 13 (ooniniunion aux petits — enfants) Le procès-verbal latin du concile fait précéder la réfutation d'une liste d'er- reurs dont les numéros correspondent parfaitement aux articles de la réfuta- tion. Ceux-ci s'y trouvent parfois sous une forme plus concise ou légèrement différente. Réfutation. ibid., p. 95-98) art. 1-3 4 5 6-8 9 (saint chrême) 10 n 12 13 2" Il \ u I I. 1 H \ l'M I! r. I mais comme l'accord ne se fit pas sur toutes ces résolutions, DaiuJiiii recopia «l»'s lors seiilenieut le tcxt«> latin des canons adoptés, le lit traduire en arabe et si^m-r iniiuédiatenient par tous his assistants '. Ces canons sont an iioinbrr dr vinpt et un. (juf l<|ues-uns veulent réformer des » ahus n dont parle Dandini dans le récit de sa tournée faite avant le concile *. 1. Le l>apl«'^me sera conféré dans le délai de dou/e jours après la naissance; le curé tiendra un registre des baptêmes^. 2. Les évAipns deviunl faire leur tournée de conlirniation tous les ans V .']. Il faut un parrain ou une iiiarraiiie a la conliniiaLioii. 4. L'atlinité s|tirituelle qui découle du baptôine et de la coniirniu- lion sera à l'aNeiiir celle lixee par le concile de Trente^. 5. ('.Iianr |i- pape; nous ignorons si ct-tte confirmation eut lieu. 2. Notamment les can. I. 2, A, '.•, !(•, I.5. I 'i. 1."), 18. Cf. Uandiiii. np. rit., c. \x\i, p. 8f.-87. .3. Le dflai de iiuil jours, prévu en l.')7'.t [l'oiustituliinirs. arl. 21. iivait di-jà paru trop court au concile de 1580 (c. ni, can. 6). \. La confirmation ne pouvait plus être conférée immédiatement apns Ir baptfme (cf. c(jncile de l.')8tt, c. iv, can. 4). .">. Sess. xxiv, De reforin. niatrimonii, c. ii. t). Ln liste détaillée figure seulement dans les textes italien et arabe, non dans le procès- verbal latin. 7. Cet abus figurait d alionl, nous l'avons vu, parmi la liste d erreurs iiii|>utée!> aux Maronites (cf. ConatiliUioiies de 1579, art. 5; concile de 1580, c. v, can. 3). 8. Ainsi qu'il le raconte lui-même, dans le texte italien à propos de ce canon (cf. P. Dib, f'Aïuir xiir ln liliwfiii' maronite, p. .3r)-36; .1. llanssens, hiJttitiUioiwJi liturgies (U ritihii.'f nrientnlihiis, t. ii, Rome, 1930, p. 'i97-»99). CONCILE UE yANNOUBIN Ei\ SEPTEMBRE 1598 21 11. Le prêtre communiera toujours avant de distribuer la commu- nion sous les deux espèces aux assistants ^. 12. Les vases sacrés doivent être d'or ou d'argent, à leur défaut on peut cependant employer ceux d'étain ou de bronze ^. 13. Le mariage ne sera pas contracté avant la quatorzième année par les garçons et la douzième par les filles. 14. Il sera conclu devant le propre prêtre et des témoins, et précédé de trois publications à la messe pendant trois jours fériés consécutifs. On tiendra un registre des mariages ^. 15. On interdira les mariages avec les hérétiques et les schisma- tiques *. 16. On fera usage de l'eau bénite ^. 17. Les jours de précepte seront mieux observés ^. 18. On réagira contre la fausse idée des femmes qui croient ne pouvoir venir à l'église pendant leurs règles ou pendant les quarante jours qui suivent l'accouchement '. 19. Des exemplaires de l'Ancien et du Nouveau Testament se trouveront chez le patriarche, chez les évêques et dans les principales localités. 20. Les livres hérétiques seront gardés sous clé chez le patriarche ®. 21. Évêques et prêtres s'appliqueront à faire observer les décisions précédentes. Certains de ces canons introduisent tout simplement la discipline tridentine ou des usages liturgiques latins. Et Dandini aurait désiré davantage encore ^ : il voulait faire accepter en bloc le concile de Trente, de même que la réforme du calendrier faite par Grégoire XIII en 1582 et la computation de la parenté en usage dans l'Eglise latine, 1. Dans son c. xxiv, consacré à la messe maronite, Dandini raconte comment le prêtre, après avoir donné la communion, consommait encore une parcelle de l'hostie, mise au préalable de côté, et le saint sang qui restait. 2. Il est assez étonnant que Dandini permette l'emploi de calices de bronze, contrairement à la bulle d'Innocent III du 4 janv. 1215, et aux Constitutiones de 1579, art. 18. 3. La sanction d'invalidité n'est pas explicitement prononcée, mais elle devrait découler de la comparaison avec le concile de Trente (sess. xxiv. De reformatione nuitrimonii, c. i). Jusqu'alors la présence de n'importe quel prêtre au mariage suffisait. 4. Cf. Constitutiones de 1579, art. 23. 5. Ibid., art. 16. 6. La liste des jours de fête figure seulement dans les textes italien et arabe, non dans le procès-verbal latin. 7. Les anciens rituels prévoyaient ce délai. Interrogationes, c. viii, n. 3; Propo- sitiones, Circa mores, n. 1. 8. Constitutiones de 1579, art. 6; concile de 1580, c. x, can. 11. 9. Dandini, op. cit., 1. I, c. xxx, p. 106-107. CONCILES. — XI. — 3 — 22 i I \ RI I. I II A l-l I lit. I avec extension dr roni{)<^chenicnl df mariajir jusqu'au '|uathèinn «Icf^ré. Mais il ne parvint pas »i fain* a. Dandini partit faire une tournée dans les monastères ^, afin de \oir de plus près en quoi devrait consister cette réforme j)our laquelle il avait rencontré aussi peu d'appui. Mais il fut rappelé le 5 octobre par le décès du patriarche Serge. Prétextant de sa volonté de laisser pleine liberté aux .Maronites, il ne voulut point assister à l'élection du successeur; en fait, il prévoyait «pie telle fois encore un Risi. I. Damlini. op. . 1 1 I . Il visita los monastères dr (^tisaya, de S,-Atitninp rt ili' S.-Sf>rgc. CONCILE DE VAiNNOUBlN EN NOVEMBRE 1596 23 l'archevêque Joseph serait, élu, et il n'approuvait pas ce système d'hérédité '. L'élection eut lieu, comme il l'avait prévu, le 13 octobre; pour donner quelque satisfaction au légat pontifical et sans doute pour mieux faire accepter sa propre nomination, le nouveau patriarche éleva un ancien élève romain, Moïse Anaïssi, à la dignité d'arche- vêque visiteur des églises. IV. — Deuxième concile de Qannoubin en 1596. Revenu à Qannoubin, Dandini se promit bien d'utiliser au plus tôt les bonnes dispositions du nouveau patriarche Joseph Risi. Ayant appris qu'un service de trentaine, pour le patriarche défunt, devait réunir le 13 novembre un nombreux clergé, il voulut tenir un « bref synode » à cette occasion, et délibéra quelques jours auparavant avec le patriarche, en présence des deux mouqaddams, des questions qu'il y aurait lieu d'y traiter ^. Il demanda au nouveau patriarche de confirmer le synode de septembre écoulé, de voir si certaines pro- positions, alors rejetées ne pouvaient être reprises, de faire adopter des engagements définitifs quant à l'envoi et l'emploi des élèves du col- lège maronite, quant à la réforme des moines et à l'évêché de Chypre. Dandini aurait voulu que les moines abandonnent toute propriété personnelle et mènent la vie commune, mangeant ensemble et dor- mant loin des séculiers; que leurs exercices spirituels se déroulent à heures fixes; que leurs monastères soient complètement séparés de ceux des moniales et que les femmes n'y aient aucun accès. Ces deux derniers points furent retenus comme canon à promulguer au nou- veau synode; quant aux autres, Dandini, se rendant sans doute compte de l'opposition qu'il rencontrerait, se contenta de promesses personnelles de la part du patriarche. Celui-ci, par contre, refusa nettement de proposer des résolutions déjà explicitement rejetées au concile précédent. Dandini obtint pour un autre ancien élève romain, Georges Amira, qui était spécialement doué et qui s'était occupé à Rome de l'impres- sion du missel maronite de 1592, qu'il fût ordonné prêtre et évêque ^ 1. Avant d'aller à Tripoli pour quelques jours, Dandini fit part de son senti- ment au mouqaddam Khater {ibid., p. 114). 2. Dandini, op. cit., 1. I, c. xxxiii, p. 117. 3. L'archevêque Moïse Anaïssi lui conféra tous les ordres, jusqu'à la prêtrise inclusivement, suivant le pontifical romain; le patriarche l'ordonna archiprètrc et évêque selon le rite maronite. On voit ici comment l'idée d'introduire le pon- tifical romain pour les ordinations n'avait pas complètement disparu. Dans une lettre du 25 déc. 1596, Amira annonça à Clément VIII son élévation à l'épiscopat et sollicita une pension personnelle, qu'il obtint d'ailleurs (Anaïssi, Collectio documentorum, n. 58, p. 92-93). 24 l-IVItl. I, «.HAIMTHK I et qu'il continuât à s'occuper an l.ilian de la correction ••( «le l'iinjurs- sion des livres. Le synode; du \'A novemhir lu; fui pas un succès pom |)aiidiMi'. En dehors du patriarche cl ilcs deux évoques nouvclK-tncnt créés, Anaissi et Ainiru, un seul archevêque y assista. L'asscinhlée approuva le concile précédent et adopta si.x canons assez peu importants. 1. Les prêtres mettront les vf^tements sacrés avant de préparer le pain et le vin de la messe '. 2. 11 ne faut pas e.\ig<;r le nuiriage des raiulidats aux ordres, le célibat étant un état plus [Kirfait ^. .'i. Les évéques doivent porter les hal)ils de leur dif^nile '. Sauf au patriarcat, il ne peut y avoir [)lus d'un évéque en un même lieu ^. 4. On désignera [)our la prédication ceux qui sont particulièrement aptes. Personne ne prêchera sans y avoir été autorisé par le patriarche ou par son évoque. 5. Les prêtres no s'occuperont plus dorénavant de rassembler les impôts pour les Turcs ^. 6. Les moines vivront à l'écart des femmes; celles-ci ne pourront avoir accès aux monastères d'hommes, si ce n'est dans les églises. Pour ménager la susceptibilité des NLironites, un ajouté spécifiait que ces canons n'introduisaient aucune nouveauté, mais rappelaient simplement des usages moins observés dans les derniers temps. Les conditions atmosj)hériques étant devenues favorables, Dandini ne voulut pas tarder plus longtemps à s'embar(|uer pour la Palestine. Mais avant de partir, il laissa au pafriar(^lie no mémoire dans lequel 1. Le procès-verbal latin donne la date d'ancien style, 3 novembre. Il reproduit les six canons adoptés (Dandini, op. cit., p. 1 28-130), dont le récit italien de Dan- dini donne un texte plus abrégé {ibid., p. 119-120). Seule la version arabe (G. Ma- nache, op. cit., p. 30-37) donne la liste des [ircsrnces. Le texte latin figure dans VAppendice, sous le n. m, dans les éditions latines du concile du Mont-Liban de 1736 et se trouve aussi isolément dans Mansi, op. cit., t. xx.w, roi. 1027-1U28. 2. Cette préparation est en elïcl elTectuée par le prèlr»; dans les rites orientaux. KIlc se fait généralement avec les ornements sacrés. Mais, dans sa description de la messe maronite, Dandini raconte que certains prêtres ne revotaient les orne- ments qu'après cette préparation des oblations (op. cit., 1. I, c. xxiv, p. 80). Ce double usage correspondait à des variantes dans les formulaires liturgiques on vigueur (cf. Dib, Étude sur In liturgie maronite, p. 46-47). 3. Dans 1rs Eglises orientales, !«■ mariage des ministres sacKs était autorisé, mais il devait avoir lieu avant le diaconat. 4. Les évéques maronites portaient l'habit noir, et ceux qui habitaient les monastères ne se distinguaient souvent en rien des moines. 5. Le cas se produisait souvent dans les monastères. — Tout ce can. 3 semble bien inspiré par l'enquête que venait de faire Dandini dans les monastères maro- nites. 6. Cet impôt était prélevé par les prêtres de paroisse, qui répartissaient sur chaque tête la somme à fournir aux Turcs. CONCILE DE MOUSSA EN 1598 25 il lui indiquait toutes les questions laissées en suspens ^. Ce mémoire comprend quinze articles. Il demandait de faire exécuter des copies des décrets du double concile de 1596 et de les remettre aux évêques et aux prêtres des localités les plus importantes (art. 1). Il rappelait les conditions requises des jeunes gens à envoyer au collège maronite (art. 2) et la promesse de donner des occupations convenables aux anciens élèves (art. 3). L'un d'eux serait demandé à Rome comme évêque de Chypre (art. 4), un autre comme évêque à Aqoura ^ (art. 5); entre temps un visiteur serait envoyé dans ces territoires. Le patriarche enverrait des mandataires à Rome pour faire hommage au pape, demander la confirmation de son élection et l'octroi du pallium (art. 6). Il désignerait quelqu'un pour composer les livres à l'usage des Maronites — Dandini proposait une fois de plus que le nouvel archevêque Georges Amira soit employé à cet effet (art. 7). La réforme monastique à accomplir comporterait, outre les trois points déjà signalés qui n'avaient pas été repris au concile (art, 8, 9 et 11), un renforcement de l'obéissance au supérieur (art. 10), et l'observance stricte d'un an de noviciat, suivi d'une profession publique des trois vœux (art. 12). Dandini demandait de tenir davan- tage compte des irrégularités aux ordinations, notamment des défec- tuosités corporelles (art. 13) ; de libérer de l'impôt turc les prêtres qui, sans paroisse fixe, assureraient le ministère des âmes (art. 14) ; enfin de rechercher en tout uniquement la gloire de Dieu (art. 15). Le 22 novembre 1596, Dandini quittait Tripoli pour la Terre sainte. A son retour à Rome, il fut reçu par Clément VIII, le 27 octobre 1597, et lui rendit compte de sa mission ^. V. — Concile de Moussa en 1598. Deux ans après les conciles de 1596, Joseph Risi tint une nouvelle assemblée au village de Moïse (Baïat-Moussa), dans l'église du lieu^. Six évêques et quelques prêtres l'entourèrent, trente-cinq canons furent adoptés, dont quelques-uns reprennent des décisions déjà arrêtées antérieurement. Le but du concile semble avoir été de fournir un relevé systématique des règles nouvelles en matière de sacre- ments, auxquels se rapportent la plupart des canons. 1. Le baptême sera conféré dans un délai de huit à douze jours après la naissance^. 1. Dandini, op. cit., 1. I, c. xxxv, p. 131. 2. Localité située à 1450 m. d'altitude, au centre du Liban. 3. Dandini, op. cit., 1. III, c. vu, p. 233-234. 4. Les actes arabes du concile ont été publiés par G. Manache, op. cit., et par R. Chartouni, Les synodes maronites, Beyrouth, 1904. 5. Cf. pr concile de 1596, can. 1. 26 LIVHE I, CHAFITRE I 2. Les parrains ne seront pas pris en dehors de la rojnmunauté maronite. 3. Sauf cas de nécessité, le baptême ne peut se faire sans eux. ^. L'enfant sera lavé aussitôt après le hajdémc. 5. La confirmation sera donnée à l'âj^e de sept ans*. (]. Il ne faut pas communier sans s'être confessé. 7. I.a confession est ohli^^atoire trois fois par an : à Noël, à Pâques et à la PentecAte *. Celui (]ui ne se confesse pas au moins une fois l'an sera excommunié. S. Il «'sl ititt-rdit tres des paroisses doivent dire la messe les dimanches et jours de fête. 12. On peut servir l.i messe sans être 'i jeun, s'il n'y a personne à jeun pour le faire. 13. Il n'est pas permis d'emplo\tT pour la messe dn raisiti pressé ou du vin aigre. 14. Les paroles de la consécration sont : « Ceci est mon corps, ceci est le calice de mon sang » *. 15. La messe aura lieu avant la neuvième heure, sauf en Carême. !♦). L'âge des fiançailles est de sept ans. Les fiancés doivent être présents et donner leur consentement. 17. L'âge du mariage est de quatorze ans pour les garçons et de douze ans pour les filles •''. 18. Le prêtre, avant de bénir le mariage, doit demander les consen- tements '. 19. Un père ne peut donner sa fille en mariage à un non-catho- lique '. 20. Le divorce n'est jamais permis ^. 21. La veuve qui se remarie recevra, en dehor»; de sa dot. un cadeau de noce de cinq pièces de cuivre. 1. Cf. concile de 1580, c. iv, can. \. '1. Innocent lîl, tJans sa bulle dn 3 janv. 1215, ilemaiidait déjà la confession et la coininunif)n trois fois par an. Cf. épalemcnt CnnMitiUionm tic 1.S71I, art. 11>. 3. Cf. I" concile de 1596, can. 7. 4. Ces paroles sacramentelles sont celles du missel maronite de 1592; elles sont difTérrntes «lans le récit de la Cène qui figur»' dans les nii«. lIS-l'i.S. '2. Trad. italienne de la lettre de quatre évéques électeurs au cartisé; entre le baptisant, ses enfants el le baptisé; entre le baptisant <•! la femme, la mère t>u la fille du baptisé; entre la fenim»' du baptisant et N- |ière du baptisé''. Le (diapitre v légifère au sujet des prêtres. I. ( hiicompif frappe un rler i un religieux encourt l'excommuni- cation. 1. Les prêtres (pii reçoivent une oITrande pour avoir assisté à des futu'railles doivent également célébrer des messes à pour le défunt. .'. I II prêtre ne peut être chef de villafje. ni rassem[)ler les impôts*, m s'occuper de successions. 4. Lors des funérailles, les clercs seront revêtus des insignes de leur dignité, mais on les enterrera avec l'aube seulement. r». Celui (pu a contracté deux mariages successifs ou a épousé une veuve; celui <]ui est borgne, paralysé, atteint de folie périodique, ou a commis un meurtre, ne peut devenir prêtre. t>. Le procureur qui gère les biens du siège patriarcal ne jient être destitué par- le patriarche sans l'assentiment des évêques. Le chapitre vr s'occupe des derniers sacrements. 1-2. L'onitioTi des infirmes doit être rionnée aux nialades en danger de mort. 3. Ceux (pii meurent sans confession, en état d'excommunication ou d'insoumission, ne peuvent recevoir la sépulture ecclésiastique. Le chapitre vri est ititilulé I )e Ihénlage « mais le dernier canon est étranger h ce sujet. 1 . Il ne semble |>as (jiie l'empèchf mi-iil «r.ifTwnlr s'i'lm.lii .m ij.-l.i de «••' '«* ilegr^. 2. Cf. concile de 1598, caii. 20 3. Cf. I" concile de l.')96, can. '». — - L'en»p«^chenient est plus étendu que cehii fixé par le concile de Trente. /.. Cf. II« concile de 1596, ran. 5. CONCILE DE HARACHE EN 1644 31 1. Un héritage ne peut être partagé qu'après le paiement des dettes, des frais de funérailles, des messes à dire pour le défunt. 2. La femme a toujours droit à sa dot, à ses bijoux, et au huitième de la succession de son mari. 3. Un prêtre qui n'appartient pas à la communauté maronite ne peut confesser les fidèles de ce rite ^ sans autorisation du patriarche, de même qu'un prêtre maronite ne peut confesser d'autres fidèles. Aucun religieux ne peut changer de résidence, aucun prêtre s'occuper d'une autre paroisse que la sienne, sans permission du patriarche. Le chapitre viii expose quels sont les commandements de l'Eglise. 1-2. L'abstinence doit être observée tous les mercredis et vendredis, sauf de Noël à l'Epiphanie et de Pâques à l'Ascension, ou si ces jours coïncident avec la Transfiguration, la fête des SS. Pierre et Paul, ou l'Assomption. 3. Pendant le Carême, on jeûnera jusqu'à trois heures de l'après- midi. 4. Le jeûne avant la Noël commence le 5 décembre, ou le lende- main si ce jour tombe un dimanche; on jeûnera jusqu'à midi ^. 5. Le jeûne des Apôtres commence le 15 juin ^, celui de l'Assomp- tion le l^^ août, ou le lendemain si ces jours tombent un dimanche. 6. En dehors du dimanche, les jours d'obligation comportent vingt-cinq fêtes fixes *, quatre fêtes mobiles ^, plus la fête patronale de l'église. Ces jours-là, le travail est interdit et l'assistance à la messe obligatoire. Dans une lettre au cardinal Barberini, protecteur des Maronites, datée du 14 avril 1645 ®, le patriarche Joseph Aqouri parle du concile qu'il a tenu l'année précédente et indique clairement que le canon promulgué contre les prêtres étrangers ' vise les missionnaires latins. En 1647, le rituel maronite, très latinisé, du baptême et de l'ex- trême-onction ^ fut imprimé à Rome. Un bréviaire sommaire fut également répandu au Liban, des objets liturgiques étaient envoyés en grand nombre d'Occident. Le missel revisé de 1592 avait commencé 1. Cette prohibition est promulguée, de même que la siiivanfe, sous peine d'excommunication réservée au patriarche (cf. concile de 1598, can. 8). 2. Et ce, malgré la Constitution de Paul V du 10 mars 1610 (cf. concUe de 1598, can. 30). 3. Même remarque. 4. Signalons, comme fête propre aux Maronites, celle de S. Maron, le 9 février. 5. 11^ jour de Pâques; ii^ jour de Pentecôte; Ascension: Fête-Dieu (cf. P"" concile de 1596, can. 17). 6. Anaïssi, Collectio documentorum, n. 72, p. 114-116. 7. C. VII, can. 3. 8. Cf. concile de 1598, can. 34. 32 LIVRE I, CHAPITRE 1 cette romanisation pratique, h'wu plus importante en quelque sorte que la législation théorique des conciles, qui connut des fluctuations diverses; c'est ainsi tju'cii matière d'emp<^chements de mariage, par exemple, It-s dcmaïKlcs du Saint-Sièj^e demeuri-rent vaines. La latinisation fut donc une «i*u\re d'infiltration lente et progressive. Les conciles s'occupent de la pratique sacramentaire, de la vie du cleri^'é et des lidéles; ils ne précisent |i;is les rapports Juridictionnels entre les divers degrés de la hiérarchie : patriarche, évé()0, Mai Ahrafiaiii fui de nouveau Ir seul évè(jin- '. Il rlail assista par l'archidiacT»' (î»Mir{;es du Christ. Afin d'i^vitor de nouvelles «lillicMiltés, (iréyoirr \III. par jiirf du 3 jaii\i<'r l.'jTfK d/'cida <|im', en las de déers df Mai Mtialiaiii, (îenr^^es du (.lirisl i^ouxernerait !<• «Jiot:ès« jus(|u'à te »|iif le Saint -Siè|^e ri\\ noiiiiiiù un successeur*. liCS chrétiens du Malaliai foriiiaieul une caste à part : ils n'appar- letiaietit pas aux liasses classes d»'s intouchahles, mais avaient les privilèges des iioMcs un .\iiirs, sans faire cependant a proprement parl«M- partit- i\r ces jçroiipes |)aïens. On «'-tait donc chrétien [»ar nais- sance et quelquefois on ne se préoccupait pas de donner le haptéme, ce ipii n'empêchait pas le iittn-haptisc tl'assister aux oHices et de se présenter aux autres sacrements. La piété t-oiisistait surtout k prcMidre jtart aux nr)ml)reus(!s fêles données en l'IuMineiir «lu patrtm de chatpie é{r|ise. I'dui If reste, il n'y avait aucune régularité dans la j)rati(]iie religieuse. I^e clergé se composait ilf tleiix fiasses : les chnnuizes^, «pii axaient reçu ttius les ordres niin(>iirs en un joui', fl les cassatuires^, i\n\ avaient en outre obtenu le diaconat et la prêtrise, ces deux ordres simulta- nément aussi. Le cleri.îc vivait des olîrandes des fidèles fli>nnées à l'occasion de l'admiiiislralion des sacrements. Les églises fort fré- quentées et où avaient lieu de nombreuses fêtes patronales comptaient de multiples jirt'^tres et clercs; les autres églises n'en avaient souvent point. La lan{Tue lifur était le syriaque, la langue parlée le rnnlmjiilavi. I. — Synode d'Angamalé en 1583. Le 2t> octobre l'iSI^, à .\ngamalé, dans l'église t|f I Assomption, Mar Vbraham, sur le conseil des jésuites établis dans la localité voi- sine ilf N'aïpicota, tint un synode diocésain. ^' assistèrent l'archi- diacre, le clergé et, selon l'usage, des délégués laïques du diocèse, les jésuites Georges de Castro et Pierre Luis^. La plupart des cassanares assistaient d'habitude aux synodes fliocésains; f}uant aux laïques, chatpie ville tui village pouvait généralement en\ o\er un lui plusieurs 1. Mar Jiisrpli fut il nDUveau Piiv<»yé n LishoniiP, juiis i\ Hi>me, oii il mnurtil. -. Texte (lu bref ailrcss»'» à ( «corges du Clirisl, liaiis Hcltrami, op. cit., n. iô, p. 195. — • Un autre href, du '• mars ir»80, nu mAmo (ibid., n. 16, p. 196-197), fonfirma rélévnlinn de ('iop .Xhdioho au siège de Palur, t'ommr siiffratrant tir Mar Ahraliam, Nfni-» il iir fui pas donnt^ suifo à rofto nnmi- iiation. '.i. Mot arabe dérive du syriaque scianiasctui, luiiiistn'. A. Mot arabr dérivé du syriaquf rnacischn, prôtrr. 5. Cf. Beitranu, op. cit., p. 109. SYNODE d'aNGAMALÉ EN 1583 35 délégués. Le but du synode de 1583 fut surtout de réaflîririer l'Union avec Rome; Mgr Abraham renouvela la profession de foi au nom de tous, les jésuites présents donnèrent des instructions sur la façon de comprendre et de prêcher la doctrine catholique ainsi que d'admi- nistrer les sacrements. Mar Abraham rendit compte au pape de ce synode diocésain dans une lettre du 13 janvier 1584 '. Il fut invité en 1585 au III^ concile provincial latin de Goa, tenu par le métropolitain Vincent de Fonseca, dominicain portugais. Il s'y rendit. La troisième session de ce concile fut consacrée aux chrétiens malabares. Elle décida notamment que les Hvres Hturgiques latins seraient traduits en syriaque pour remplacer ceux en usage chez les Malabares, et qu'un conseiller ecclésiastique de rite latin serait adjoint à Mar Abraham. Le jésuite catalan François Roz ^ fut désigne à cet effet; il accompagna Mar Abraham après le concile. Il se mit aussitôt à rechercher tout ce qui était blâmable chez les Malabares et rédigea un mémoire à ce sujet, dans lequel il accusait ouvertement Mar Abraham d'hérésie ^. Le timoré Clément VIII, par bref du 27 janvier 1595 ^, chargea l'archevêque de Goa d'enquêter sur le compte de Mar Abraham et, au cas où celui-ci serait éloigné pour fait d'hérésie ou viendrait à mourir, de nommer un vicaire apostolique. Le siège de Goa étant à ce moment vacant, quelques jours plus tard le pape y nommait Alexis de Menezes ^, religieux augustin portugais, homme zélé mais tout aussi ignorant des langues et des coutumes des Malabares que son prédécesseur. Le Saint-Siège n'ayant eu aucune nouvelle au sujet de l'enquête menée contre Mar Abraham, un bref du 21 janvier 1597 ^ renouvela, sans aucune allusion à celle-ci, le mandat de l'archevêque de Goa de désigner un vicaire apostolique au cas de décès de Mar Abraham; elle réservait au Saint-Siège la nomination de son successeur. 1. Publiée dans Giamil, op. cit., n. 26 [Bessarione, F^ sér., t. iv, 1899, p. 307- 310). A la fin de cette lettre, Mar Abraham dit qu'il a désigné Georges du Christ, évêque élu de Palur, comme son coadjuteur avec droit de succession; il demande au pape de confirmer cette nomination. Mais, une fois de plus, Georges du Christ demeura archidiacre. 2. Né en 1557, admis dans la Compagnie de Jésus en 1575, arrivé aux Indes en 1583. 3. Le mémoire a comme titre : De errorihus ncstorianorum qui in hac India orientali l'ersantur. Il a été publié par J. llausherr, dans Orientalia christiana, t. XI, 1928, p. 1-36. 4. Publié par Beltrami, op. cit., n. 27, p. 248-250. 5. Né à Lisbonne le 5 janv. 1559. Il fut présenté par le roi du Portugal pour le siège de Goa le 21 nov. 1594, mais ne fut nommé par le pape que le 13 févr. suivant. Il retourna au Portugal comme archevêque de Braga en 1612, et mou- rut à Madrid en 1617. 6. Publié par Beltrami, op. cit., n. 29, p. 252-253. ^{<) I.IVRt I, CHAUT HK. Il II. — L'assemblée de 1597. i.r xtoikI lnff arnv.t ;il(ir> i|ii»' M;ir Ahiahaiii était déjà mort, (lelui du 27 janvier !.')!>.') snnMc a\nir été Iniii .secrt'.t ; aussi, au décès de son évô.î«' d'administrateur '. Georges réunit un certain immuImc de prêtres et de laïques du diocèse, qui s'engapèrent |»ar serment à le suivre en toutes choses, k ne [)as laisser chanj^er leurs coutumes anciennes (qu'ils appelaient la loi de S. Thomas), et à ne recevoir qu'un évoque de leur rite. Tout cela est aflirmé par Menezes dans une lettre du 19 décembre 15î^7^: nous ne savons rien de jdus s\ir la nature cl la date de cette assem- blée, (jui eut sans doute lieu à .\n<^amalé. L'archidiacre s'arran;;ea aussi pour ne pas prononcer en due forme la profession de foi qui lui était demandée par Menezes. III. — Préparation du synode de Diamper de 1599. Menezes, qui songeait toujours à donner aux .Malabares un évèque latin, lie préférence un jésuite ^, décida de faire personnellement la visite de ces communautés de rite oriental et de tenir lui-même un synode diocésain. Le récit de son voyage fut écrit quelques années plus tard })ar un de ses confrères en religion, Antoine de Gouvea '*, «jiii ne l'avait point 1. Il lui adjiiijjuil coiiimo i-oriscillcrs le V. Hoz et un aiiln' jrsiiitc. L'ar»hiili;«rr>- rt'fusa de If h arcepler cl, crll*^ fois encore, Menezes retira sa déciition. ». Adressée à Fabio Bondi, jtalriarehe titulaire latin de J^nisalem (publiée dan» Hcltranii, op. cit., \<. \1\-\'2'1). li. ( )n songea à Ilomc, en mars lâ'JS, n nommer le jésuite Louis (ier<{ueira. 'i. Signalons «lès maintenant l'ouvrape de A. de (iouvea : lornada do Arrr- bmpo (If Goa, I)om l'rey Alrjcio de .Meiieze.s... qiuindn foy ns Serran de Mala^'ar... liecopilada de dii'ersoa tratatlos de pes.ioas de nutoridade, qiie a tiido foroo présentes, (ioïml>re, IttOi. Cet ouvra^je eonlient de nombreuses fautes s jjrniipés aiiloiir de ranliidiacro un»' rôsislonrc qui se tiailiiisil m/^iiu' par (1rs \in|riiccs h réjrartl «Ir Mi-nezcs. Min ilr ralmcr ropiiiinii. le iiKHropolitain rt rar»lnas av<»ir été explicileuienl prévu); raidiidiacre ne lit rien |>(mr asseinhler le synode; Menezes en prit prétexte pom déclarer le (-oin|)roiuis roni|)u ^ et pour annoncer «piil ferait une ordination à [)iaiii[)er le --aniefli avant la F'assicui. L'archidiacre excoininunia renx (pu s*\ jirés«Milc- raient. Mcnc/.es ordoniut ^ néanmoins 38 jeunes j^ens. A Carturle, le jeudi saint S avril, il consacra les saintes huiles en (piantité sunisanle pour ipi'il iiùl en èhr distribué h toutes les éj^lises malahares. et. le samedi saint, il conféra encore les ordres'. l.'iiilassahh' activité de Menezes, le contact (pi'il s'elTorçait de |>rendre avec le clergé et le peuple, lui ac(purent peu à peu la faveur de l'opinion, et l'arcluiliacre n'eut autre chose à faire qu'à se récon- cilier a\ec le métropolilaiii. Celui-ci lui [)osa ses conditions, l'archi- diacre obtint de les accepter (sous serment et par écrit) en la seule présence de .Menezes et de Roz à N'aipicota, au début de iii;u l.^!*!<. Entre autres conditions, randudiacrc devait s'engager à aider Menezes dans la préparation du synode diocésain '. L'archidiacre aurait voulu (pie celui-ci se tînt à la résidence épiscopale d'.\ngamalé. mais le métropolitain |>référait Diamper, à cause de sa position plus centrale, parce «pie situé dans le territoire de Cochin, dont le roi indigène lui ét;tit deNctni f;i\iiiable, cL parce (pi'il comptnit un (jr.ind 1. //»!(/.. I. 1. >•. M. loi. .{.'>, r". •J. Jbtd., I. I. c XII, r..l. 38. r". 3. Cette iirilinatinii so (it selon le rite latin, mais cela n enlrainait (-<'|M-n dr snii voyage*, et il les dicta li deux secrétaires -. Lorsqti'ils furent achevés, il les fit traduire en malaynlam |>;ir des prêtres indigènes de rit»- latiti appar- tenant h l'évAché de Cochin, sous le i-onliAl»- le s'être ins- piré du mémoire rédigé par le P. Rdz, en 1386-1587. 2. De Gouvea, op. cit., 1. I, c. xvn, fol. .'i?, r". 3. IbiJ., fol. 58. r". 'i. Jbid., fol. 58, >•*'. 5. De Gouvea, op. cit.. 1. I, c. xx, fol. 64, r". 6. Les actes synodaux publiés sont divisés en notions, qui c«)ntiennent chacune un certain nombre «le décrets ou canons. L'ordre des actions est celui qui avait été arrêté d'avance et non celui qui fut adcqité en fait {>ar le synode. 7. Certains canons mentionnent des abus constatés par Menezes lui-même au cours de sa tournée pastorale avant le syiioile, par ex. : can. 2 et 3, sur le baptême; can. l'», sur la pénitence; can. 4, sur l'organisation du diocèse. 8. Le synoile décida de changer ce vocable en celui de Toim /« SaiiUn, indiqué sur l'édition des actes. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 41 bon nombre avaient été ordonnés par Menezes — et des délégués laïques — au nombre de 671^ au moment de l'ouverture du synode, et de 660 lors de la signature des actes. Mais les séances étaient libre- ment suivies par tous : clercs subalternes, Portugais ayant à leur tête le capitaine de Cochin, Antoine Noronha, habitants de Diamper et autres fidèles. Le premier jour Menezes célébra la messe ad tollendum schisma, pen- dant laquelle le P. Roz fit un sermon. Après la messe, le métropoli- tain prit lui-même la parole, puis chanta les prières d'ouverture du synode. On lut les brefs de Clément VIII, qu'il commenta quelque peu. Il proposa de choisir comme interprète officiel le prêtre Jacques, qui connaissait à la fois le portugais et le malayalam. Jacques fut agréé, et Menezes lui adjoignit les Pères Roz et Toscano. Ensuite furent promulgués les décrets traditionnels de aperienda synodo, de non discedendo, de non praejudicendo, plus un quatrième décret pres- crivant les prières à réciter pendant tout le temps du synode, et un cinquième interdisant les conciliabules particuliers tant que durerait l'assemblée. Il existait en effet parmi les chrétiens malabares un parti hostile au métropolitain et il se manifesta dès le premier jour 2. Le mécontentement éclata le lendemain au sein même de l'assem- blée. Le métropolitain promulgua au début de cette deuxième session un décret invitant tout le monde à une profession de foi : la formule était celle prescrite par Pie IV dans la bulle du 13 novembre 1564, avec insertion de quelques développements concernant les fins der- nières, les saints et la Vierge, le pape, l'hérésie nestorienne, l'unité de discipline dans l'Église^; et, en ajouté, un serment de n'accepter d'autre évêque que celui qui serait envoyé par le Saint-Siège et un anathème contre le patriarche de Babylone. Menezes fit d'abord lui- même, à genoux, la profession de foi, puis invita tous les assistants à suivre son exemple. Des murmures accueillirent cet appel; il dut 1. Tel est, d'après de Gouvea (op. cit., 1. I, c. xx, fol. 66, r°), le chiffre de ceux qui prêtèrent serment dans la deuxième journée du synode. 2. A propos de la troisième journée du synode, de Gouvea [op. cit., c. xxi, fol. 68, r°) parle de la soumission de mécontents qui persévéraient depuis deux jours dans une attitude hostile : à deux reprises ils avaient pénétré dans l'église pour manifester, mais ils furent arrêtés par la prestance du métropolitain et se retirèrent sans rien faire. — Les païens aussi manifestèrent leur mécontentement. Il y avait près de l'église où se tenait le s^mode une pagode. On y fit tapage et musique pendant toute la durée du synode et chaque soir une procession sortit en manière de contre-manifestation [ibid., 1. I, c. xxii, fol. 71, v*'). .3. ...damno, ac rejicio inepte dicentes, aliam esse legem S. Thomas, et aliam divi Pétri, adque e^se omnino dii^'ersas, et nuUa ratione inter se convenire. Cette théorie de la diversité des lois avait été opposée plusieurs fois à Menezes et son rejet avait constitué une des conditions imposées à l'archidiacre Georges. 42 I.IVI(K I, CHAlMIIti: Il expliquer que celle formalité ne comportait aucun soupçon au sujet de l'orthodoxie des Malabares, mais (ju'elle était loul ;i f.iil normale CM la circonstance, i^'archidiacre tjeorfjes \iiil alors pirter serment en syriaondirent que, pMistpi'oii Mxilait exiger d'eux une atli- luile religieuse tout à fait semltlaMe à celle des Portugais, on devait leur donner les mêmes avantages polit iipies et les airrancliir des exactions di's clicfs indigènes, l'.n cITel, certains de ceux-ci, païens «pi'ils étaient. o[)primaient les chrétiens; mais il est dillicile de dire jusipi'à quel point l'objci I ion élail sincère ou constituait simple- nniil une luiiuNaise (pierellc. Mmczc^ lit jinnoncer (pi'il s'occuperait de ces doléances, les lanpies rentrèrent d'ahord, puis le prêtre aussi, .'Vprès les cassanares, les clercs des dilîérents ordres, puis les délégués laïques, enlin tous les autres Malahares présents firent le serment. Le synode promulgua un décret enjoignant à tous les prêtres, diacres et sous-diacres (pii n'él aient pas au synode de prêter serment plus lard mains du méiropolitaiti un de xtw délégué. l'unr répondre à rohjection ipu a\ail été formulée. Menezes déclara placer tons ceux ipii \enaient ilc prêter serniciil sons l.i [irotection des aninntés |m)i I ugaises; aussitôt le ca|)itaine Noronha s'avança et. se mettani à genoux devant l'archevêciue. ratiiia cet ern'aiiement. Ce geste édifia profondément l'assenihlée, et c'est au milieu de la satisfaction géiu-rale (pie .Menezes donna sa bénédiction pour clôturer une cérémonie qui avait duré plus de sept heures et demie '. .\insi, dès le début du synode, .Menezes s'était révélé habile à manii-r les foules ri à dingt-r les assemblées. II. IhOISIKME El niATHIK.MI. KHIINKKS: LKS SACKKMIINTS .Si'lon l'ordre prévu, la troisième séance du svnode ilevait être consacrée aux tpiestions concernant la foi. Les membres du synode en avaient été avertis par ceux qui avaient assisté aux séances pré- paratoires et il leur tléplaisait de voir agiter ce débat, où leur ortho- doxie serait mise en doute, en présence des Portugais. Or ceux-ci avaient [)rojeté de passer la journée du surlendemain, 'i'i juin, en [)èlerinage à un sanctuaire des environs, consacré à S. .lean-Bap- 1 .Inscpi'à 3 I». lit' l'nprt'S-inidi (de ("fOiivoa, f>^>. cit., c. xx, fol. T.'j, v**). SYNODE DE DIAMPER EN 1599 43 tiste. Les Malabares demandèrent à Menezes de traiter ce jour-là les problèmes dogmatiques; Menezes acquiesça. On décida aussi de tenir à partir du lendemain, non plus une, mais deux séances syno- dales par jour, à savoir de 7 h. à 11 h., et de 2 h. à G h. On aborda donc le 22 juin les questions qui, dans le projet de décrets, suivaient celles concernant la foi, à savoir la pratique sacra- mentaire. Les décrets proposés étaient lus en malayalam; les cassa- nares ou les délégués laïques pouvaient librement exposer leur senti- ment; l'archevêque répondait et faisait traduire sa réplique. Assez vite six de ces délégués, appartenant aux villes où l'archevêque comptait déjà de nombreux partisans, prirent l'habitude de se mêler aux discussions et de soutenir les vues du prélat, ce qui ne manqua pas d'exciter la susceptibilité du clergé ^. L'exposé concernant les sacrements comportait une brève intro- duction générale, empruntée en majeure partie, semble-t-il, au Décret pour les Arméniens du concile de Florence. Pour chaque sacrement, les actes du synode indiquent d'abord, principalement d'après la même source, la doctrine, puis contiennent un certain nombre de décrets ou canons pratiques. Les décrets concernant le baptême sont au nombre de vingt. 1. Parmi les formules de baptême jusqu'ici employées, beaucoup sont invalides ou douteuses; les fidèles feront donc connaître au métropolitain ou à son délégué à quelle époque ils ont été bap- tisés, afin qu'on puisse éventuellement pourvoir aux remèdes néces- saires. 2. Seule la formule latine du baptême sera dorénavant admise 2, 3. Certains chrétiens n'osent pas avouer qu'ils n'ont pas été bapti- sés et s'approchent des autres sacrements. Ils seront baptisés secrè- tement et gratuitement. 4. Les prêtres parcoureront les villages voisins de leur paroisse qui n'ont pas d'église, ils veilleront à ce que le baptême soit administré régulièrement et les secours religieux assurés. 5. Le baptême aura lieu huit jours après la naissance, ou quinze ou vingt jours au plus pour ceux qui habitent loin et que le prêtre ira baptiser sur place. 6. Les enfants des excommuniés peuvent et doivent être baptisés comme les autres, 7. En cas d'urgence, tout le monde peut baptiser. Les cérémonies accessoires seront faites plus tard à l'église. 1. De Gouvea, op. cit., 1. I, c. xxi, fol. 67, v°. 2. Dans l'introduction doctrinale, la formule de baptême employée par les Grecs et mentionnée par le Décret aux Arméniens e st à dessein omise. 44 LIVRE I, CHAPITRE II 8. Les prêtres veilleront ù ce que les accoucheuses sachent com- ment baptiser. 9. Les maîtres procureront le baptême à leurs domestiques. 10. Il est interdit de vendre à des maîtres païens des enfiuits d'oripfine chrétienne, in«^nie non baptisés. ll-U. Il f.uit recueillir «-t élt;ver chrétieiiiieintul les enfant- .ili;iii- donnés. 13. Les adultes doivent recevoir Tinstruetion nécessaire avant d'être baptisés. 14. Les onctions après le baptême auront dorénavant lieu avec l'huile (jue le métrof)olitain a consacrée h cet efTet ^. Tout le rite du baptême sera accompli selon le rituel latin (fin a été traduit en syria(jue sur ordre du métropolitain ^. 15. Un, ou tout au plus deux parrains on marraines, on un par- rain et une marraine, suffisent pour le baptême. L'affinité spirituelle qui découle du baptême sera à l'avenir celle fixée par le concile de Trente ^. 16. On ne donnera plus, lors du baptême, des noms païens ou de personnag^es trop peu connus de IW. T. Par respect pour le nom de Jésus (lyn), on ne le donnera plus aux enfants. Ceux qui portent ce nom en prendront un antre, j)ar ex. au moment de la confirmation. 17. Le nom de baptême ne pourra être remplacé dans la vie pra- tique par un autre. S'il y a un juste motif, il pourra être chanpé au moment de la confirmation. 18. Le baptême sera absolument gratuit ; on tirera au sort l'ordre dans lequel les enfants seront baptisés, s'ils sont plusieurs à l'être. 19. On construira des fonts baptismaux dans chacjne église parois- siale *. 20. Chaque paroisse aura son registre des baptêmes. Les canons concernant la confirmation sont au nondire de trois. 1. Comme la confirmation est inconnue aux Malabares ^, tous les fidèles Agés de sept ans qui n'ont pas encore été confirmés jusqu'ici 1. Mini'zes l'avait fait le jeudi saint précédent. 2. Après le III* concile provincial latin de fioa en 1085, on avait coranienc^ k traduire en syria<(ue le rituel latin, non d'après le rituel romain de 159'i, mai."» d'après un exemplaire en usa|;e dans l'archidiocèse portupais de Braira. Menezes lit exécuter de nombreuses copies de la traduction par les séminaristes '. dites de |)iodore ide i'arsc;, de .Nesto- rius »«| de Théodore de Mopsiieste , employées jusipTiei à certains jiMirs. son! délinilixement exclues. Leur texte sera lin^ilé. 'A. Après la fraelioii de l'hostie, le pièlif ii'eiil aillera plus une par- Inule a\ec rmi^de pour \ faire péuélier du \ ni snus le prétexte de \ouloM- ainsi léaliser le mélange du eorps et du saiiMit i'i ce ijui avait été fait piMir le ritunl, on n'avait sans doute pas eu If teiTi|ts de préparer des copies sull'isantes du texte expurgé de la messe. La tradtution latine de ce texte a été éditée en même temj>s que les actes (hi synode. 3. Cf. H. Connolly, Thf trorA of Mcnrzeii on tlir Mnlahar litiirf;y, dans .lournal nj Ififnlnffirnl Slmlir.s, t. xv, l'.M'i, p. .'J9(i-425, r)60-589 (plus une note aildition- nelle d'Kdniond Hishop. p. .^)8'J-r)93). 'i. Cf. J. Hanssens, liislilutioin'.s liîitr)iir;r de rilibii.s orientait hn.s, t. m, Ri»me, 1932, p. 62''i-626. 5. Les rites orientaux ne connaissaient pas à prretnent parlt-r de messes basses; [>ar contre la messe n'était |»as céléhrV-e tous les jours. 6. C.-à-d. du pain fermente. 7. C.-à-d. ilu muscat. Les Malaliar<>s faisaient macérer ilans de l'eau et pres- saient des raisins secs ."i défaut «le vin véritable. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 47 9. Le synode demandera au roi du Portugal de fournir chaque année la quantité de vin nécessaire au diocèse. En attendant, le métropolitain s'engage à la fournir, mais les églises lui donneront au cours de sa visite l'argent nécessaire pour qu'il puisse continuer cette distribution. 10. Chaque éghse aura sa pierre d'autel. Si la consécration en est douteuse, cette pierre sera consacrée à nouveau. Les vases sacrés doivent être en or, en argent ou en étain. 11. Chaque éghse achètera les ornements sacrés qui lui font défaut. 12-13. Les fidèles habitant à moins d'une heue de l'église assisteront à la messe tous les dimanches et fêtes de précepte^; ceux qui habitent à une lieue s'y rendront tous les quinze jours; ceux qui demeurent à deux lieues et plus viendront une fois par mois et aux fêtes princi- pales ; à tour de rôle, si la maison ne peut être laissée sans surveillance. 14. Les païens ne peuvent assister à la messe, pas même du portail ou des fenêtres de l'église. 15. Les fidèles feront célébrer des messes pour les défunts. On prélèvera d'office sur la succession des riches de quoi faire célébrer des messes pour le repos de leur âme. L'après-midi les sacrements de la pénitence et de l'extrême-onction vinrent à l'ordre du jour. Quinze canons furent adoptés concernant la confession. 1. Tous les fidèles ayant neuf ans accomplis devront se confesser au temps prévu pour la communion pascale. S'ils se confessent en dehors de leur paroisse, ils remettront un billet de confession au prêtre paroissial. Celui-ci tiendra un registre des fidèles de son res- sort et annotera s'ils accomplissent leur devoir pascal. 2. Les enfants qui sont capables de fautes mortelles avant l'âge indiqué ^ seront également tenus à la confession. 3. Les parents et les maîtres veilleront à ce que leurs enfants et sujets accomplissent le précepte de la confession. 4. Les fidèles en péril de mort doivent se confesser. La sépulture sera refusée à ceux qui auront négligé d'appeler le prêtre. 5. Elle le sera aussi aux femmes qui meurent en accouchant à terme normal sans s'être confessées ^. G. Les prêtres iront confesser les lépreux, tout en prenant les précautions voulues. 1. Cette obligation stricte n'existait pas dans les Églises orientales. Beaiiconii de fidèles ne venaient à la messe que quelques fois par an. 2. Le concile mentionne ici l'âge de huit ans accomplis. On constatera en outre la différence avec l'âge fixé pour la communion pascale (cf. supra, can. 2 sur l'eucharistie). 3. Cf. supra, can. 6 sur l'eucharistie. 48 MVHK 1, CHAJ'ITHK II 7. Les fidèles sont «M»«;ugés ù se confesser non seulement pour le devoir pascal, mais aussi h l'occasion des principales fôtes '. 8. Sauf en dan<,'er de mort, seuls les prt^tres ayant la juridiction nécessaire peuvent confesser. 9. Ces derniers eux-mt^mes m; peuvent, sans délégation spéciale, absoudre des péchés et des censures réservés qu'à l'article de la mort. HV Liste des cas réservés dans l«' diocèse. Cette liste et le texte de la huile In ('(ma linmini seront allichés en malayalam dans toutes les éj^hses. 11. L'excommunication pourra toujours être ahsoute uu for interne, mais l'évéque pourra maintenir les sanctions externes tant (ju'il le jugera nécessaire : l'exclusion de l'éfïhse, la privation de la visite du prt'^tre h domicile, la |>iivation de la rastiire ou salutation du prêtre. 12. Les prêtres jouissant déjh du pouNnir de confesser seront examinés par le métropolitain au cours de sa visite. .\ l'avenir l'exameti de juridiction sera passé devant les [*ères jésuites de Vaïpicota. 1.'^ Les prêtres a[)prouvés pour l»;s confessions dans un autre tliocèse pourront confesser d'nlliee pourvu qu'ils connaissent le malayalam. 14. Le prêtre qui a re^u la confession doit lui-même donner l'ahstdution. Il n'enverra pas le jténitent h l'évêque pour le faire ahsoudre ^, mais recevra lui-même les pouvoirs extraordinaires dont d aurait hesoin. 1.'). Le prêtre appelé h réciter les prières des a^'onisants pcul hénir le maladi- mais ne doit plus prononcer la formule d'abso- lution. De même que l'Eglise chaldéeFine. les .Malahares avaient perdu l'usaj^e de l'extrême-onction. .\ussi les trois canons concernant ce sacrement ont-ils pour but d'en réintroduire la pratique. 1. Les prêtres conféreront l'extrême-onction conformément au rituel romain, traduit en syriaque. 2. Lorsqu'ils iront confesser les malades, ils les avertiront ainsi que leur famille de demander l'extrême-onction en temps utile. 3. Ils conféreront l'extrême-onction en surplis et étole; ils confes- ■^eront h nouveau le malade si [>ossd)le. 1. (A. ■in[>ru, fiiii. '.( sur l'eiirharistie. 2. Cottp distiiirtiiin entre le ministre de la confession et de l'absuiutiun, rejeta»* par le concile, a existé cei>endant dans l'anrienne Ksrlise et s'était maintenue |iarf ioliement dans jp-; Kt;Iisos orientales. SYNODE DE DIAMPEB EN 1599 49 III. Cinquième joihnék : questions dogmatiques Comme il en avait été convenu deux jours plus tôt, la journée du 24 juin fut réservée à l'examen des questions dogmatiques ^. Les deux séances se tinrent à huis clos, de façon à ne permettre l'entrée d'aucun Portugais ^. Vingt-trois décrets furent approuvés. 1. Exposé de la foi ^ : Trinité, Incarnation, maternité divine de la Vierge, péché originel, fins dernières, existence des démons et des anges, culte des images, suprématie du Siège romain, canon des Livres saints conformément au concile de Trente *. 2. Le P. Roz amendera les Bibles en usage chez les Malabares, de façon à les rendre conformes à la Vulgate latine. Il y fera ajouter les livres et les passages manquants : Esther; Tobie; Sagesse; 11^ épître de Pierre; II® et III® épîtres de Jean; épître de Jude; Apocalypse; évangile de Jean, vin, 1-11; P® épître de Jean, iv, 2, et v, 7; — il fera corriger d'autres passages : Luc, x, 1 et 17; Matth., vi, 13. 3. Les versets qui ont été modifiés par les Nestoriens, dans le but de défendre leur doctrine — Act., xx, 28; I Joa., iv, 3, et m, 16; Hebr., ii, 9; Luc, vi, 35 — seront corrigés dans les Bibles dès la visite du métropolitain. Les quatre premiers textes ici indiqués et l'omission de I Joa., v, 7, avaient déjà été signalés dans le mémoire du P. Roz comme des erreurs nestoriennes ^, Le concile aussi semble faire une distinction entre les défauts^ndiqués au can. 2 et les versets cités au can. 3; il paraît plus pressé de faire corriger les derniers. Parmi ceux-ci, en effet, le mot « Dieu » d' Act., xx, 28 et de I Joa., m, 16 avait été changé en « Christ » par les Nestoriens. Mais les textes manquants représen- taient un phénomène commun aux Bibles syriaques, et les autres versets incriminés étaient des variantes anciennes. 4. Condamnation des erreurs que les chrétiens partagent souvent avec les infidèles : la métempsycose, le fatalisme, la possibilité de salut dans toutes les religions. 5. C'est une hérésie d'origine nestorienne de croire que méditer ou représenter la Passion est faire injure au Christ. 6. Doctrine de la maternité divine de la Vierge. 1. C'est l'action III dans le texte du synode (éd. de 1606, fol. G, v^-l6, v"; Maiisi, t. XXXV, col. 1177-1214). 2. Cf. de Gouvea, op. cit., 1. I, c. xxi, fol. 68, v". 3. Il contient cinq citations scripturaires : Hebr., xi, 6; Joa., i, 1 et 14; Kom., V, 11; Matth., XXIV, 30. La première et la quatrième citation se trouvent égale- ment dans le Decretum super peccato originali du concile de Trente (sess. v). 4. Sess. IV, Decretum de canonicis scripturis. 5. Loc. cit., p. 18-20. fiO II V III. 1, (.11 vi-i riti. Il 7. l/f'^^'lisf o>l une, sons riiiilorité suprême du paju*; elle iradiiiet pas la diversité îles lois, pur cxiMiipIc l'existeiic»' de celle de S. Pierre d'iiiic pari, il de eelli- ilf S. Thninas île riiiilrr '. S. Le seul j),is|»iir iiMi\ii~(| (Ir l'I*'j,dise » est le pape. C!c litre ne peiil être (Imiuu'- au |i:il riiirrlic de Halivliuie. d'ailleurs héréticpie et dont les Malaliares ne dé|)eiidriil plus m aucune façon. S. I.e fU)iii et l<'s fcics il' lloi'imsdas. alihé. disciple de .Neslorius, patron de la cathédrale d' A n^ainalé. sermit remplacés par ceux de S. Ilorniisdas, marlyr persan, en riionneiir de ipii In cathédrale sera dédiée. II. I.e texte du >^yiiiliolc chante h la messe sera rendu ionf<»rnie à celui lie 1" l'I^lise romaine '. l'J. I es eiifaiit»^ chrétiens ne poMiioiil fréipienter les écoles païennes (pie poiii autant ipiils ne senuit |)as ohliifés à |)arliciper à des céré- monies ididàtriqucs. \'A. Les maîtres chrétiens ne toléreront pas des pagodes on des idoles païennes dans leurs écoles. 14. Liste des livres syria(pies •' ipiil est défendu de conserver, lire ou transcrire, ascc les motifs de celte condamnation pour chacun d'eux. t. Cf. supra, |>. 38, n. "i. '2. Cf. xiipra, ji. .37. 'A. VA. siiftrn, raii. I sur l;i iiipssp. 'i. //>((/. .'>. Lit lraiiscri|iliiin |inrliij;iiisi- des tilro r;-l a^MV, iiiiil failr. \\> soiil an iii)inl>r<- «li- vin;:! ri un ••! inil été pour la plupart iilrnliliés |iar .1.-1!. (',lial>(il, l.'anliulnji- firii lii're.s «ijrinqttes du Mulnhiir, ilaiis l'inrilrjfiiim ou rrrueil Hr Inifnii.r d'èrtiHi- liou lUdic-t à .^/. le uuuquis Mrlrhinr tir \'oiiui' n l'tHTtisioii du qunlrr-\-itii;tirmr iinitn-ersaire dr sa tuiissunrr, Paris, llKl'.t, p. fll3-6'-3. - HpIcvoii.s surlmit la ini-ntion liii livre Des synodes liar Itrriklia, Ir ^raiid rriiii'il juridiipir de ri'!;:Iisi' neslorifiiur. Comnu" avaiil-di-niior litre, le synode de I)iainper indiipie " un livre à la manière du l'ios Sanrtorum » latin, c.-à-d. un recueil lia;;ii)j;raphiipie ; il i findatnne en même temps tontes les Vies de «saints nestoriens » ipii pourraient circuler à titre isolé. Il donne ensuite une liste de lut) personna^jes de ce ;;enre; or, sauf le dernier, ceux-ci ont tous leur notice dans l'ouvrage d'Iclio denali, évèipie de Itassorali au ix*" s., intitula Li^Te île In chasteté, et ce eu grande partie dans l'onlre même suivi |>ar le synode de Hiamper, qui n'a donc fait que rrqiier liàtivement une liste ries noms figurant dans ce volume. Le dernier titre indiqué |)ar le s\node, Parisnuin ou itièderiiw persique. avait déjà été indiqué flans le mémoire du IV lîo^ ilor. rit , p. .13) comme plein de magie et de superstition. SYNODE UE DIAMPER EN 1599 51 15. Énuméialion des passages condamnables figurant dans les livres liturgiques, spécialement dans ceux de l'olfice divin. Le synode déclare que « les ofïices de l'Avent et de la Nativité ne sont rien d'autre qu'un ensemble néfaste d'hérésies et de blasphèmes ». En effet, ces offices traitaient de manière erronée de la maternité de Marie et de l'incarnation du Christ, ainsi que le mémoire du P. Roz l'avait déjà précédemment signalé ^. Menezes aurait voulu les supprimer, mais ce fut le seul point du programme de la journée au sujet duquel il ren- contra une véritable opposition des cassanares arguant que, dans ce cas, ils n'auraient plus d'office pour ces jours-là ^. On se contenta dès lors du canon suivant. IG. Tous les livres syriaques seront remis au métropolitain lors de sa visite, ou au P. f^oz, ou portés au séminaire de Vaipicota afin d'être expurgés. Pour transcrire dorénavant des livres syriaques, sauf la Bible, il faudra une permission spéciale de l'évêque du dio- cèse. Tant que le siège restera vacant, le P. Roz accordera ces permis- sions. 17. Les prêtres devront subir un examen doctrinal et recevoir l'autorisation épiscopale pour pouvoir prêcher. Pendant la vacance du siège, les jésuites de Vaipicota sont désignés pour faire passer cet examen. Lorsque le catéchisme, que le métropolitain est occupé à faire composer en malayalam, sera terminé, un chapitre en sera lu chaque dimanche au peuple. 18. Si un cassanare a dit en public une erreur concernant la foi ouïes mœurs, l'évêque pourra le contraindre à la rétracter de vive voix ou par écrit. 19. Les serments qui ont été échangés dans des réunions sédi- tieuses, après la mort de Mar Abraham ^, de ne recevoir d'autre évêque que celui envoyé par le patriarche de Babylone, comme tout serment contraire en quoi que ce soit aux canons et à la suprématie du pontife romain, sont sans valeur. Le synode, au contraire, promet d'obéir au pape et de n'accepter que les évêques désignés par lui. 20. Il reconnaît tous les conciles œcuméniques et plus spéciale- ment celui d'Éphèse. Il condamne Nestorius et proclame la sainteté de Cyrille d'Alexandrie. 21. Il s'engage à observer le concile de Trente, tant dans ses canons dogmatiques que dans ses décrets de réforme. 22. Il se soumet au tribunal de la Sainte Inquisition de Goa et promet d'obéir à ses décisions. Il demande aux inquisiteurs de dési- 1. Loc. cit., p. 21-26. 2. De Gouvea, lornada, 1. I, c. xxi, fol. 68, v°. 3. Allusion à l'assemblée de 1597. y jr lUk Ud .'>2 l.l VHK ], (..H AI- 1 I II K II ;iiier sur place (juclcjues t'ommissaires ou des religieux, qui pourront absoudre des cas réservés à ce triliuiial. 23. Il ordoiinf (If dénoiu-er tous ceux qui croieiil , foiil mi ('iisei^iittil (juelijue chose de ctintrnire h lu foi catholi«jue. Ces raiious sont i,'éiiéral«'iiieiil fort lonj^s. (hichpics-uii"» ' sciiant, • onlrairciiifiil à l'onln- |>ri'"\ u, aprrs les décrets au sujet de la messe, ne faisnit'iit (jue repr«'iidrt' ou ampli lier d«'S décisions déjà prises. I)'autres suscitèrent au ronlrain; des demandes d'ex|)lication. Les Orientaux ne sont pas elTrayés par la loiifjueur des «liscussions, aussi cette ciiupiième journér \il-i'IIi- la séance de l'après-midi se prolonger jiiM|iic liifii avant (|;iiis l.l nuit *. I\. SlXII.MI M»! KNI.I Ils SACHKMK.NTS f.SUltrJ Les questions concernant les sacrements furent re[)rises à la sixième journée du synode. N'in^^t -trois canons furent consacrés à l'ordre. I ''. Les candidats au sous-diaconat, au diaconat et à la prêtrise devront avoir l'àfie prescrit par le concile de Trente "*. Ils devront savoir lire et chanter le syria(juc et le comprendre au moins en quelque manière. Ceux (jui ont été ordonnés jus(jirici sans avoir lâge désor- mais prescrit n'exerceront plus leurs fonctions en attendant de l'avoir atteint. 2. (domine tous ceux qui ont été ordonnés jusqu'ici dans le diocèse ont payé quelque chose ptiur l'ordination, le métropolitain les absout de toutes les peines et empêchements qu'ils pourraient avoir con- tractés de ce fait. .'<. Les prêtres lé[)reux ne célébreront plus la messe. 'i. La casture ou l'échange de salutation à l'issue des cérémonies est obligatoire. On ne peut s'en abstenir par esprit de discorde ou par malveillance. .'). C.onformément à l'usage de ri'.glise malabare, l'ollice divin se récite en deux parties : le matin et le soir. Les clercs, à partir du sous- diaconat, doivent le dire entièrement, en public ou en privé, s'ils ont à leur disposition les livres nécessaires. S'ils ne les ont pas, par exemple pour les |)arties (ju'ils ne disent point en public, ils les rem- placeront par des prières proportionnées. L'olVice du matin aura I. Can. 8-11. ». De (ioiivpa, op. ni., 1. I, c. xxi, fol. 68, %•". 3. Ce proiiiirr canon romnience par indiquer les aixis jiiMjn alors oxistanlst pu niatièrr d'ordination. Dt-j;) !•■ 1'. Ho/, les avait signales daiii^ son mémoire {loc. cit., p. 34). 4. Se«8. xxiii, Dr reform., c. xii. SYNODK DE OIAMPER EN 1599 5H comme équivalent trente-trois Pater, Ave et Gloria Patri, neuf Pater et A(^e pour les défunts, un Açe pour le pape, un pour l'évêque; les mêmes prières, et en outre neuf Ai^e en l'honneur de la Vierge, com- penseront l'office du soir. 6. Le P. Roz fera une traduction syriaque du Symbole de S. Atha- nase. Elle sera récitée le dimanche après l'office du matin. 7. L'office sera chanté avec dignité. Un chœur ne commencera pas un verset tant que l'autre n'aura pas terminé le précédent. 8. Les clercs et chantres absents de l'office sans motif légitime perdront une part correspondante des distributions données en rému- nération. 9. Les clercs emploieront les formules d'exorcisme du rituel romain, et non plus celles du livre Parisman, trop souvent utilisé jusqu'ici et à présent condamné par le synode ^. 10. Personne ne tiendra plus compte des jours fastes et néfastes, dont les listes, calculées d'après des textes païens ^, ont parfois été insérées jusque dans les livres liturgiques. 11. La tempérance dans le boire et dans le manger est imposée aux prêtres. Il leur est interdit de fréquenter les auberges et de se rendre à un repas chez des non-chrétiens. 12. Les clercs ne sortiront qu'en vêtement long et fermé, de cou- leur noire, blanche ou bleue. Ils ne se baigneront pas en présence de femmes. Les jeunes devront se raser; les anciens se tailleront la moustache par égard au Précieux Sang. 13. Les clercs s'abstiendront de s'occuper d'affaires séculières. 14. Ils porteront la tonsure, de façon à toujours être distingués des laïques. 15. Ils ne pourront s'inscrire comme Nair (c'est-à-dire comme membre de la noblesse auprès d'un prince païen), à cause des obli- gations militaires qui en découlent, 16. A partir du sous-diaconat, les clercs ne peuvent plus contracter mariage. Les prêtres qui ont contracté un deuxième mariage, ou qui ont épousé une veuve ou une femme publique, devront s'en séparer, car leur mariage est nul, même s'il a été autorisé auparavant par leur évêque. Les autres prêtres mariés ne sont pas obligés de se séparer de leur femme, mais ils ne pourront alors exercer leur ordre, et le synode consultera le Saint-Siège sur leur cas ^. 1. Cf. supra, caii. 14 sur la foi. 2. Surtout le Livre des sorts, également condamné par le canon cité à la note précédente. 3. Dans de nombreuses Eglises orientales, le mariage des clercs était demeuré autorisé jusqu'au diaconat; les diacres et les prêtres pouvaient cohabiter avec CONCILES. XI. 5 54 I i\ rn. I. < Il \ i-i I III II 17. Tous les juAlres <|tii se sépureiil > mmiI «^rliemetil routraetés du fail ilt- Iciii iii;iriaj;e, 18. Les femmes des jtrt^tres ne jî«irder<»iit leurs aviiula^es lnninri- Ikjuj's et matériels que si elles vivent séparées de leur époux. liJ. Tous les lils de prêtres feims juscju'ici pour lé^^ifiiiirs oc loitiliinl pas sous les sanctions frapjiaiit les enfant> illéi^rjlimfs. 20. .lusrpriei les sarrenients, niéme l'eiicliarislie, et les autres faveurs spirituelles n'étaient accordés qu'a[>rés (|ue les fidèles eussent déposé leurs dons. Le synode seul nirtlic radicaleiin-iil lin à celte simonie; seides les oldations spontanées seront désormais acceptées, notamment pour les services funèbres et comme intentions de messe. 21. Les dons obligatoires étaient nécessaires à l'existence des ministres du «-ulte; à l'occasion de sa visite, le métropolitain tâchera «Te persuader le peuple de subvcnii- aux Ix^soins des prêtres d'niH- antre manière, par exemple par des contributions fixes. 22. n'ailleurs, le métropolitain demandera au roi ihi Portugal de verser une somme annuelle pour le clergé du fliocèse malabare; en attendant, il s'engage à la payei- lui-même en la prenant sur les rc\enus de l'archidiocèse de Goa ^ 23. Comme le nombre des clercs majeurs est actuellement sulVisant, tant (jue diu-era la vacance du siège, seuls ceu.x (pii sont déjà clercs mineurs ()Ourront avoir accès ati sous-diaconat et aux ordres ultérieurs. Seize canons furent adoptés concernant le mariage. L .lusqu'ici le mariage pouvait se contracter devant n'importe quel prêtre. Désormais la forme tridentine ^ devra être observée sous peine d'invalidité. 2. Le consentement sera échangé par paroles ou signes équiva- lents devant le portail de l'église ^. •'{. l'ne triple publication des bans précédera !<• mariage, confor- mément au.x prescriptions . Déjà dans l'aticieiiiu' Église k>s clercs ne pouvaient .se reuiurier «>( il leur él.'iil iiitiTtlil (l'ôpolisrr uuo fctnriu' non vierge. Mais sur rr ii1)Ip |Miini, l'Église flialtirenne et à sa siiilr 1rs .Malabare.s avaient adopté nue discipline plus large, et c'est avec raisnn «pie le synode de Dianiper leur oppose les règle» anciennes. Cela ne veut pas rlire ijue la coutume |>artirulière n'ait pu les abroger. 1. Cet engagenieni provêque s'acquitta du ])aieinent jusquen ItiOl, la charge en fut alors reprise par le roi du Torlugal. Cf. de Goiivea, op. cit.. 1 I, <■. xxi, f«>l. 68, x"*". 2. Sess. XXIV, /)»• reform. nuitrim., c. i. 3. Le rite décrit est celui en usage dans l'archidiocèse portuirais de Ijraga, tel qu'il figure dans le rituel traduit en syriaque. \. Sess. xxn'. De rrfnrni. matrinwnii, c. i. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 55 4. Suivant les mêmes prescriptions, il sera tenu dans chaque paroisse un registre des mariages. 5. Trois jours avant leur mariage, les futurs conjoints se confesse- ront, s'ils sont coupables de fautes graves, et communieront; sans quoi, ils ne seront pas admis au mariage. fi. L'empêchement de consanguinité et d'afïinité s'étend jusqu'au quatrième degré. L'affinité provenant d'une union illicite est limitée au deuxième degré inclusivement ^. Les dispenses accordées le seront à titre absolument gratuit. 7. L'empêchement de parenté spirituelle sera à l'avenir celui fixé par le concile de Trente ^. 8. Comme les évêques malabares ont accordé auparavant des dispenses de mariage, alors que celles-ci sont réservées au Saint- Siège, le métropolitain accorde à présent toutes les dispenses néces- saires de consanguinité, d'afïinité, corporelle ou spirituelle, à tous les mariages ainsi précédemment conclus. 11 prescrit toutefois, pour plus de sécurité, que les conjoints renouvellent en secret et à la maison leur consentement, devant n'importe quel prêtre (à qui il délègue à cette fin les pouvoirs nécessaires) et deux témoins, de façon que la forme tridentine soit observée. 9. La célébration du mariage est prohibée de l'Avent jusqu'à l'Epiphanie, et du dimanche de la Quadragésime jusqu'au dimanche après Pâques inclusivement. 10. Le mariage ne sera pas contracté avant la quatorzième année par les garçons et la douzième par les filles. Afin d'éviter l'extension du mariage des trop jeunes gens, les dispenses, lorsque la malice remplace l'âge, ne pourront cependant dépasser quatre mois pour les garçons et six pour les filles. 11. Les maris ne pourront de leur propre initiative se séparer de leur femme; la séparation doit être prononcée par l'évêque pour une cause juste seulement. Le non-paiement de la dot ne peut être consi- déré comme un motif suffisant de séparation. 12. Les captifs non plus ne peuvent contracter mariage sans prêtre, et sont soumis également à la forme tridentine. 13. Les chrétiens qui ont contracté auparavant un second mariage devant l'Eglise, alors que leur première femme n'était pas morte ^, seront forcés à reprendre celle-ci et à abandonner leur deuxième épouse. 1. Ibiil., c. IV. — C'est la computatioii latine qui est suivie par le synode de Dianiper. 2. Ibid., c. II. 3. Les Malabares avaient suivi sur ce point également les errements de l'Eglise chaldéenne. 56 LI\ RK I, l.HAl'I rH»^ Il 14. Toutes les 8U|)er3titioii8 (l'oiii,'itie païenne qui entourent «Micore le mariage des chrétiens sont sévèrement prohibées. 15. Il en va de mAme de celles <|iii .uH-oinpaf^ncnt les fiançailles. 16. Le synode condainne l'usai^e (jui veut que les nouveaux époii.x ne viennent pas à r«>;;list' pondant les (juatre jours ijni suivant jr mariage, même si un jour fArié tombe dans co dôlai. Du 2.') juin également date la réponse du synodt' a iiih- irtlr»' de congratulation envoyée par Tévéque hit in de Corhin en date du 18 du même mois '. \. Si-iMiiMi poruNKi: : i on», v ms v mon di |)|(mi«;k I^es quarante et un décrets adoptés pendant la jouincf du J'i juin sont des plus intéressants, parce qu'ils jettent un jour sin^nilier sur la situation effective du diocèse malabarc et constituent tout un pro- gramme de réformes et de réorganisation. 1. Le diocèse malabare ne connaissant pas une division en cir- conscriptions paroissiales', le synode décide d'introduire cette divi- sion et de mettre un « vicaire » ^ à la tête de chacjue paroisse, avec pour l'assister les prêtres et clercs desservant jusqu'alors l'église locale. 2. Cette division sera accomplie par le métropolitain à l'occasion de sa visite pastorale. 11 lui appartient de désigner les vicaires de chaque paroisse. Ceux-ci seront, à l'avenir, toujours révocables; le synode interdit de nommer des vicaires perpétuels. 3. Si les personnes idoines font défaut, le métropolitain pourra nommer un même vicaire à la tête de deux églises. Mais les autres prêtres et clercs devront toujours être afTectés à une seule église. 4. .\ucunc paroisse ne demeurera sans prêtre; le métropolitain pourra forcer un cassanare à assurer ce service, mais veillera à ce qu'il en retire les moyens de vivre. 5. De nouvelles églises seront érigées dans les régions éloignées demeurées jusqu'ici sans prêtre. G. L'Eglise de Travancore étant restée de longues années sans cas- sanare, non seulement un vicaire mais plusieurs prêtres et prédica- 1. Lettre et réponse sr lisent dans l'édition de 1616 des actes, aux fol. 60, r"- 62, r°. 2. Il n'y avait que des éfriises locales avec un certain nombre de prêtres atta- chés à leur service dont le plus ancien assumait en général la préséance. Il en va de même encore aujourd'hui dans de nombreux diocèses orientaux. 3. Le métntpolilain voulait éviter le terme canonique de • curé •, avec les conséquences juridifpirs (ni'il entraîne. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 57 teurs y seront envoyés. Le roi de Travancore s'est engagé à subvenir aux besoins de cette Eglise. 7. De même, des prêtres et prédicateurs seront envoyés à Toda- mala, où se trouve une colonie qui, quoique émigrée du Malabar, n'est plus chrétienne que de nom, vu qu'elle se trouve à quarante lieues des églises du diocèse. 8. Chaque paroisse possédera les saintes huiles. Les vicaires les demanderont au métropolitain avant de quitter le synode. Elles seront renouvelées dans le délai d'un mois après chaque jeudi saint; et, tant que le siège sera vacant, elles seront demandées à l'évêque latin de Cochin. 9. Liste des jours chômés : les fêtes du calendrier latin sont intro- duites; celles des apôtres, docteurs et autres saints qui tombaient le vendredi dans le calendrier chaldéen sont supprimées; les fêtes de S. Thomas restent fixées aux 3 juillet, 18 et 21 décembre ^ 10. Le Carême commence le lundi après Quinquagésime selon l'usage du diocèse. L'Avent forme un autre temps de jeûne. Il faut y ajouter les deux Quatre-Temps, tombant à d'autres époques, et un certain nombre de vigiles suivant le calendrier latin. Les temps de jeûnes précédant l'Assomption et la Nativité de la Vierge, le carême dit des Apôtres pendant cinquante jours après la Pentecôte, d'obli- gatoires deviennent facultatifs. Le triduum de Jonas demeure comme temps d'abstinence. 11. Le jeûne comporte un seul repas principal par jour et l'absti- nence de laitages, de poisson et de vin, et même des relations char- nelles, conformément à l'usage malabare. 12. Ceux qui n'ont pas atteint l'âge de vingt et un ans, les vieil- lards, les travailleurs de force ne sont pas tenus au jeûne mais à l'abstinence; les malades et les femmes enceintes sont dispensés de l'un et de l'autre. 13. Les lavages rituels et autres usages païens considérés jusqu'ici comme faisant partie du jeûne sont interdits. 14. Le premier mercredi de Carême, les cendres seront bénies et imposées conformément au rituel latin traduit en syriaque. 15. En conformité avec l'usage de l'Éghse latine, l'abstinence de viande le samedi, inconnue jusqu'ici, est introduite; celle du mercredi devient facultative ^. 1. Cf. N. Nilles, Das syro-chaldâische Kirchenjahr der Thomaschristen, dans Zeitschrift fur kntholische Théologie, t. xx, 1896, p. 726-739, et Kalendarium inanuale utriusque Ecclesiœ orientalis et occidentalis, t. ii, 2^ éd., Innsbruck, 1897, [). 647-676; F. Nau, Deux notices relatives au Malabar, dans Revue de l'Orient chrétien, t. xvii, 1912, p. 85-87. 2. Il n'est pas parlé de l'abstinence du vendredi qui demeure inchangée. 58 H\ m; 1, «HAIMTHE II 16. L'ohlii^atioii dv vhC>inini,e, de jeûne et d'abstinence s'entend de minuit à minuit, et non de vi^pres h vôpres ^ 17. I/eau sera bénie le dimanclie selon les presi-riptions du rituel lafirt traduit en syriacjue. 18. Dans clHupie t'i^lisc paroissiale un»; lirurt' tie catérhisme par senuiine sera ilonrïée aux enfants des environs afin de leur apprendre les éléments tle la foi et les prières, non plus en syriacjue, (ju'ils récitent sans comprendre, mais en malayalam -. Les jours fériés, une leçon de catéchisme à l'usage de tous précédera ou suivra la messe; une autrt- aura lieu i-ii outre l'apn-s-midi des dimanches seulement. IJ). Le Jf i-oiis saluv, Marte, (le\ ra toujours t^tr»; récité en entier. 20. Tous s'inclineront en entendant prononcer le nom de Jésus. '2\ . Le jour de Noi-l, l'ollice du matin .sitra célébré au milieu de la nuit «*t suivi d'une procession «M d'une messe solennelle. Tous les prêtres pourront célébrer trois messes, coriformément à l'usage latin. 22. Les prêtres administr«;roiit tiiii> les sacrements en étolf «•! surplis. Comme ce dernier vêtement est inconnu au Malabar, l'évécju»- remettra un surplis à chaque vicaire avant l;i lin du synode. Toutes les cérémonies des sacrements et sacramenl.nix se feront dorénav.uii selon le rituel latin traduit en syriacpie. 23. Conforménu'ut à celui-ci, la bénédiction et la procesMtui des cierges auront lieu le jour de la Chandeleur, et les processions des Rogations avant l'.Xscension. 21. Ceu.x (jui se livrent aux travaux interdits les jours fériés seront, ajirès un triple avertissement, privés de l'entrée h l'église, de la visite et de la salutation (capture) du prêtre. 2ri. Les sanctuaires consacrés en l'honneur de Mar .\abro et tle Mar Prodh, saints inconnus, et peut-être même nestoriens, seront dédiés à Tous-les-Saints; les solennités en leur honneur sont tran>- férées au 1^'' novembre; leur nom ne [)ourra plus être invoqué. 26. Chatjue premier janvier, quatre hommes de probité notoire seront élus comme économes dans chaque église. A la fin de l'année, ils videront les troncs ^ et en feront le compte. L'un d'eux tiendra un registre des dépenses, qui seront faites de commun accord avec le vicaire de la paroisse. 27. l)n donnera une somme aiuiuelle à un sacristain |)(.)ur entretenir la {)ropreté de l'église et des objets du culte. Il veillera également 1. Le synode rejette cette pratique comme judaïque, quoiqu'ollr ait fi il;ni< les régions plus éloignées. 3. Ju.scju'alors on vidait les troncs le plu.s rarement possible. Certains étaient profondément enfoncés en terre i-l n'.Tvaient plus été vidés de mémnirr d'homme. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 59 à ce que brûle constamment une lampe devant l'autel principal. 28. Les vases et ornements sacrés seront mis dans des armoires dont le vicaire détiendra la clé. Il conservera ces objets à domicile, s'il y a danger de vol. 29. Après l'érection des fonts baptismaux i, l'argent encore dispo- nible sera employé à l'ornementation de l'autel principal d'abord, des autres ensuite : sur chacun on placera une croix et un tableau, qui, à l'autel principal, représentera le patron de l'église 2. Ensuite on érigera une chaire à prêcher. Les cloches seront pendues dans des tours; là où les rois païens l'interdisent encore ^, elles seront placées dans une partie séparée et close de l'éghse. A défaut de cloche, on pourra rassembler les fidèles aux offices au moyen d'instruments en bois. 30. Cas dans lesquels l'église est violée. Si elle a été consacrée, il appartient à l'évêque de la réconcilier; si elle a été seulement bénie, le vicaire pourra faire la cérémonie prévue par le rituel latin traduit en syriaque. 31. Personne ne peut habiter dans l'éghse, sauf en cas de guerre^. 32. La dépouille des chrétiens doit recevoir les funérailles chré- tiennes, ou tout au moins, en cas d'absence de prêtre, la sépulture reUgieuse. Ces cérémonies seront gratuites pour les indigents. 33. Même les lépreux seront portés en terre bénite, avec les pré- cautions voulues. 34. Il n'y aura plus dans un même endroit plusieurs églises consa- crées au même saint ^. 35. Tous les cassanares travailleront à la conversion des infidèles, tant de noble que de basse classe. 36. Dans la mesure du possible, on désignera des sanctuaires et des prêtres spéciaux pour les gens de basse classe qui se convertissent, et en attendant ils assisteront du portail aux offices^. Le synode 1 . Cf. supro, can. 19 sur le baptême. 2. Les autels malabares, comme souvent en Orient, se présentaient comme de simples tables. 3. Les rois païens ne permettaient pas d'ériger les cloches dans une tour, afin que le son ne se répandît pas trop loin à l'extérieur. D'où l'habitude chez les Malabares de pendre les cloches dans les églises, où elles faisaient trop de bruit et étaient accessibles à tous. 4. Les malades se faisaient porter à l'église et y demeuraient souvent plusieurs jours et nuits, avec toute leur famille. 5. Les Malabares croyaient que toutes les églises d'un même endroit devaient être consacrées au même saint, d'où des rivalités pour les ofTices à célébrer aux jt)urs de sa fête. G. Une des difîicultés dans la conversion des nobles était qu'ils se refusaient à xenir dans des églises ouvertes à tous. 60 LI\l(i: 1, CHAl'ITBE II demande tjue le roi du Portugal puisse obtenir des princes païens qu'ils accordent le chanijeinent de classe à ceux qui se convertissent au christianisme. 37. Le sigix! de croix sera fait di)réna\ ;iiit :i hi mode latine, de gauche à droite ^ 38. L'exécution des testaments appartient en principe à l'L^lise; aussi l'év/^que pourra-t-il, un :m apr^s le décès, forcer les héritiers h accomplir les dernières volontés du défunt. 39. On ne pourra refuser les funérailles et la sépulture chrétiennes j^i ceux (jui se sont réconciliés avec Dieu, quel qu'ait été leur passé*. •'lU. Le synode autorise les jésuites à prêcher et à administrer les sacrements dans toutes les églises; ils n'auront besoin de l'autorisa- tion du curé que pour la célébration des mariages. 11. I.t's décrets des conciles provinciaux de (loa seront observés dans le diocèse malabare, (pii relève de cette province ecclésiastique, principalement dans les questions non traitées par le présent synode. Le recours en app«'l des sentences de l'évéque malabare se fera auprès du métropolitain de C,o:\. \ I HriTiKMi: jouKNÉF. : cr.OTrRi: di synodk Le dimanche 27 juin fut occupé par la discussion d'une série de canons concernant la réforme des mœurs et [)ar les fort longues for- malités et solennités de clôture du synode. 1. Le synode condamne divers « usages païens et supcrstitieu.v w, observés notamment à l'occasion des funérailles, des fiançailles, des naissances. 2. Il rejette en principe la couluiuc d'éviter le contact avec les intouchables; il permet cependant aux chrétiens de s'y conformer, là où ils ne peuvent faire autrement •'. 3. Les chrétiens doivent cependant s'abstenir du rite de purifier l'eau considérée comme souillée |)ar le contact d'un intouchable. 4. 11 est interdit aux chrétiens de participer aux fctes païennes, plus spécialement aux jeux armés du mois d'atult ou ()nani. «jui occasionnent souvent des blessures et des morts. 5. Le synode réprouve l'usage des femmes qui m- viennent [las à 1. L'usage oriental était de faire le signe de croix de droite à gauche, puisque la bénédiction est d'abord reçue n droite. 2. Souvent les Malabares refusaient de prier et d'accompagner à la sépulture ceux que, à tort ou à raison, ils estimaient avoir été coupables de gramls crimes. 3. Otte question fut longtem[>s débattue au synode. Cf. de Ciouvca. lornado, 1. i. <•. XXI, fol. f)'J. v'>-70, r°. SYNODE DE DIAMPER EN 1599 61 l'église pendant les quarante jours qui suivent la naissance d'un gar- çon, ou les quatre-vingts jours qui suivent celle d'une fille ^. 6-8. Il est interdit de consulter les devins, de les mener chez soi pour y accomplir des rites païens ou superstitieux, de porter au cou des billets ou remèdes magiques. 9-10. Il est défendu de pratiquer l'usure; le taux d'intérêt ne dépassera pas 10%. 11. Peines contre les concubinaires. 12. Les maîtres doivent veiller sur les mœurs de leurs domestiques et esclaves. Les vicaires enquêteront sur la vie des esclaves de leur paroisse. 13. Personne ne peut vendre ses enfants ou des membres de sa famille, même à des chrétiens. On ne peut acheter des esclaves chré- tiens si ce n'est pour les libérer. 14. La coutume suivie dans une grande partie du diocèse de donner h l'Église 1/10*^ de la dot de la femme sera dorénavant observée partout. 15. Conformément à la pratique existante, tous les conflits entre chrétiens seront portés devant le tribunal de l'évêque. 16. Les chrétiens ne se prêteront pas à la preuve d'innocence par le feu ou par une autre manière, à moins qu'ils n'y soient forcés par les autorités païennes. Ils accepteront cependant plutôt la mort que de prêter serment devant un objet de culte païen. 17. Afin qu'il y ait désormais une différence extérieure entre les chrétiens et les Nairs païens, le synode ne permet plus qu'à l'avenir les hommes se laissent percer les oreilles et y pendent des boucles ou autres objets. Sauf les enfants, ceux qui ont déjà laissé percer leurs oreilles peuvent continuer à porter ces ornements. 18. Les chrétiens ne peuvent tenir une auberge pour y vendre Vorraca ou eau-de-vie du pays. 19. Dans un même endroit, un seul et même poids sera employé afin d'éviter les abus et les fraudes. 20. Jusqu'ici les hommes seuls héritaient et les femmes étaient exclues de la succession. Dorénavant fils et filles auront le même droit à l'héritage de leurs parents; s'il fait un testament, le père ne disposera librement que d'un tiers de ses biens. 21. Seuls ceux qui n'ont pas d'enfants peuvent en adopter. Toute autre adoption, même faite dans le passé ^, est sans valeur. On n'inquiétera cependant pas ceux qui sont en possession pacifique d'un héritage acquis par adoption. 1. Usage d'origine judaïque (cf. Lev., xii, 1-5). 2. Les chrétiens, comme les autres Indiens, adoptaient librement qui ils voulaient, même au détriment de leur descendance légitime. 62 LIVRE I, CIIAPITIli: 11 22. Cette adoption aiira li'-n, suivant l'usage du pays, devant l'év«^que. Celui-ci fera préciser explicitement que, si l'ailoptant a des fiifants dans la suit»'. Tadoption sera sans valeur. '2'.\. l,es chrétiens s'clTorcfrunl de vivre dans les mêmes \ illa<^»'s et hameaux, afin d'éviter la promiscuité des inlidèles et réloi<:nement de ré«;lise. On construira des NJUaj^es spéciaux et de nouvelles églises ])our cfiiN i|iii. l'ti \ iif <|i' se conformer si ces directives, abandonnent leur domirilf actuel. 2\. 1 .»' synodr demande au métropolitain dr soliicilii du mi du Portugal (pi'il prenne tous les clirétiens du diocèse sous sa protection, afin (If 1rs défendre coiilrc ii's «'xactions des rois païens'. 2'). L'autograplie liu synode signé par tous ceux réparés d'avance. '2. Cet autorrraphe était sans doute rédigé ii Iji f'>i< '-ii |Mirtiirr,»i>i et iii tnalaya- lain. 3. Ces nominations avaient été proposées dans les séances préparatoires au synode (tle (M>uvea, Inrnailn, 1. l, c. xxii, fol. 70, r"). - - Il semble qu'en pénéral Menezes ait nommé un prêtre ap|>artenant déjà à l'église «lu lieu; il ihoisit cepen- dant quelques prêtres étrangers à leur nouvelle paroisse et en installa plusieurs au cours de sa visite après le synode (de (rouvea, . Can. 26 sur l'orpanisation du diocèse. 6. Can. 21 sur l'ordinatitm. 7. Destitution d'un vicaire qui n'avait pas organisé la confession générale des fidèles à son retour du synode (de Gouvea, lorruida, 1. II, c. xui. fol. 107, r°>. - Cas d'un cassanare hostile à Home [tbid., fol. 108, r°). 8. Par ex. de Gouvea, op. cit., 1. II, c. vi, fol. 01, v*. 0. Can. 16 sur l'onlination. Cf. de (jouvea, I. II, c. ii, fol 76. v" et fol. 79, y**; ■ • IV. fol 87. \0; c. XII, fol 106, r". DISPARITION DE LA HIERARCHIE 65 prit des dispositions pour la construction de nouveaux sanctuaires. Il procéda lui-même au changement des titulaires d'églises prévu par le synode, notamment à la cathédrale d'Angamalé^. Il fit faire soigneusement le tri des archives de la résidence épiscopale et brûler un grand nombre de livres et documents ^. Il eut de nombreuses conversations avec les rois païens, dans le but de mieux préciser le statut de leurs sujets chrétiens; toutefois ses négociations pour obtenir un territoire où serait érigée une ville spéciale, qui serait le centre de ralliement de tous les chrétiens ^, n'aboutirent pas ^. Là où Menezes ne put se rendre lui-même, il adressa des directives écrites; il envoya des cassanares aux églises dépourvues de prêtre^. Enfin, à ses rares moments libres, et spécialement au cours de ses déplacements en barque à travers les rizières, il rédigea le catéchisme promis lors du synode. Il commença ce travail le 29 juin et le termina le 14 septembre ^. Le catéchisme fut traduit en inalayalam. Aux Quatre-Temps de septembre, à Carturte, le métropolitain conféra les ordres '. V. — Disparition de la liiérarchie de rite malabare. Le récit du voyage de Menezes par de Gouvea insiste sur la popu- larité croissante du métropolitain et note même certains faits mer- veilleux qui marquèrent son apostolat; tout cela est à prendre avec une certaine réserve : les cassanares voyaient qu'ils avaient affaire à un homme énergique et qu'il ne s'agissait pas de résister; la sou- mission d'un grand nombre fut contrainte et le zèle passager; il semble qu'il y ait eu cependant un véritable engouement pour l'in- lassable apôtre portugais, surtout de la part des foules. 1. Can. 10 sur la foi (de Gouvea, op. cit., I. II, c. iv, fol. 87, r"). — Changement des noms de Mar Xabro et Mar Prodh en « Tous les Saints » à Diamper {ibid., c. Il, fol. 75, v'O), à Calecoulam (c. vu, fol. 93, r») et à Coulam (c. vm, fol. 94, v»). 2. De Gouvea, op. cit., 1. II, c. iv, fol. 87, r». — Pater Franciscus Roz et ego, libris examinandis incumbimus, delemus, scindimus, intégra volumina in ignem coniicimus; quanta animi voluptate, explicare iion possum. Diiodecim pêne dies in hoc labore consumpsimus : volumina enini omnia tant defuncti episcopi [Mar Abraham] quam aliorum sacerdotum, fidei catholicse puritati, aut flammis resti- tuimu3 (extrait d'une lettre du jésuite Jean Camporeus, professeur à Vaïpicota, datée du 28 nov. et publiée dans A. Possevinus, Apparatus sacer ad Scriptoreu Veteris et Novi Testanienti, t. i, Venise, 1606. p. 393). 3. Can. 23 sur la réforme des mœurs. 4. De Gouvea, op. cit., 1. II, c. xv, fol. 113, r° et v». 5. Par ex. à Todamala. Cf. can. 7 sur l'organisation du diocèse (de Gouvea, op. cit., 1. III, c. VIII, fol. 129, ro et v«). 6. Ibid., 1. II, c. II, fol. 76, r» (cf. can. 17 sur la foi). 7. Ibid., 1. II, c. XIII, fol. 108, v». iHi LIVRE 1, (H AI' i IKK il (^ept*nd;mt \I«'nt*/es tlr\;iil ••ncuri' fra|)|)«'r 1«' (rraïul roup uinjucl II soiiirrait do loiifjiic date, mais dniil il n a\ail pas osé parler puMicjur- iiieiit jiistprici : iiiiposrr un t'-vi^cpir latin au (iiocèse oriental sans pasti'iir. Il avait déj;"! fait à Hom»- li'> déiiiarclirs néi-cssairos pour 99, et des caractères syriaques envoyés par le pape afin 1. Selon de Gouvca (o/). r//., 1. 1 1, c xn , ïnl. Il -,%"), .Me11c7.es ndjnigiiit cepeii- ilant à l'archidiacre les deux conseillers jésuites refusés en 1597. Ceux-ci devaient, en ras de cniiflil avec l'arcliidiarrr, M'adrt'ssrr pour les cas urpents à revenue latin de Cochin, et pour les niilrcs, à Menr/cs liii-nièmr. 2. Les termes de de Gouvea {op. ni., 1. II, c. xv. fol. 113, r*») sont ici beau- coup moins nets que pour rapjiorler l'unanimité des voix sur Menezes. 3. De Gouvea, op. cit., I. III, c. vu, fol. 127, \-^. DISPAKITION Dli LA HIÉRARCHIE 67 qu'il pût faire imprimer de nouveaux livres liturgiques i. Il est diffi- cile de dire si Menezes adressa réellement ses lettres de renonciation au pape et au roi du Portugal 2, par contre les archives du Vatican ont conservé une lettre de l'archidiacre Georges à Clément VIII, datée d'Angamalé le 25 novembre 1599 ^, dans laquelle l'archidiacre demande, au nom du clergé et du peuple malabares, Menezes comme évêque ou, à son défaut, le P. Roz. Il résume également les conclu- sions du synode et annonce l'envoi des actes ^. Cette lettre a un carac- tère tout officiel et n'exprime pas la pensée intime de son auteur. Pendant ce temps, à Rome, le cardinal Gesualdo établissait le procès de nomination du P. Roz ^. Au consistoire du 20 décembre 1599 ^, le P. Roz fut préconisé évêque d'Angamalé. Une Constitution ponti- ficale du 4 août IGOO ' attribua au roi du Portugal le droit de patro- nage sur le diocèse en échange d'une redevance annuelle à assurer à celui-ci. Le P. Roz fut sacré à Goa par Menezes le 25 janvier 1601. Le 19 mai 1601, Clément VI II adressait un bref au nouvel évêque, à son clergé et aux fidèles, dans lequel il louait en termes généraux ^ l'œuvi'e du synode. A ce moment, il n'avait pas encore reçu la tra- duction latine des actes qu'on était occupé à faire au Malabar ^, et l'exemplaire portugais, s'il était réellement parvenu à la Curie, semble ne pas y avoir retenu l'attention. Le concile de Diamper n'était qu'un simple synode diocésain, il n'avait donc pas à être examiné et approuvé à Rome. Son œuvre de réforme excessive, ainsi que la suppression de la hiérarchie du rite, contiennent en germe toutes les causes des dissi- dences ultérieures, qui se prolongeront jusqu'au rétablissement d'évêques indigènes à la fin du xix^ siècle. 1. Ibid., 1. III, c. VIII, fol. 130, v'O. 2. Comme le prétend de Gouvea, loc. cit., fol. 130, r°. 3. G. Beltrami, La Chiesa Caldea nel secolo delV Unione, n. 30, p. 253-256. 4. ...atque hase omnia constant ex ejiisdem synodi actis, quae ad Sanctitateiii Vestram una. cum hac epistola mittimus, ut eadeni sancta et apostolica benedictione dignetur, vel si visum fuerit einendari jubeat, einendataque et approbata ad nos remittat in hac noslra diœcesi im'iolabiliter observanda (ibid., p. 254). Selon un autre texte, cité infra, c'est Menezes qui aurait envoyé les actes. 5. Sa feuille de proposition a été publiée par G. Beltrami, op. cit., n. 26, p. 246- 247. 6. Archives du Vatican, Acta consisloriaUa, Acta Camer., xiii, fol. 133, v**. 7. Corpo diplomalico portuguez, t. xa, Lisbonne, 1902, p. 80-82. 8. ...cum ex litteris hoc de génère copiosc scriptis audivimus... (G.. Beltrami, op. cit., n. 83, p. 124). 9. Selon un rapport envoyé à Rome peu après le sacre du P. Roz, publié par Beltrami, sous le n. 32 : ...Uaicipescovo di Goa ha scritto a Sua Santitù ...e ha (incora mandato il detto concilio che adesso si sta Iradurendo in latino, e finito, si darà a Sua Santità {ibid., p. 260). CHAIMTHK m L'UNION EN DEUX TEMPS DES RUTHÈNES (1589-1702) IsiHnrc, inrtropoliti,' elui-ci était, depuis 1587, Sigismond III, catholiijue latin, mais sincèrement désireux de favoriser l'union avec l'Église ruthène. En 1588, la diète confirma le droit des rois de Pologne de nommer les évoques, (ju'ils exerçaient depuis un siècle. En juillet 1589, Sigismond III nomma comme métropolite ruthène •Michel llahoza, moine de caractère faible et indécis, qui fut ordonne évêque au début d'août par Jérémie II, patriarche de ("onstantinople, au retour du voyage à .Moscou pendant lequel il avait participé à l'érection du patriarcat en cette ville. Le métropolite ruthène portait également le titre de Halitch, il ne résidait pas à Kiev, mais 1. Los métropolitet» do Kiov transporteront leur rôsidencc à Mosoou en 123^». 'J. Le tonne " Huthi nos » corrosj)ond an vipux-sla\ o liusijny, et est ;ronéraIonient oinployé ponr di-sif^nt-r Ifs Slaves (iccidcnlaux, par oppo.sition aux « IJusses » ou Slaves orientaux; les uns et les autres parlaient le vieux-slave, jusqu'au moment 1)11, il partir du xii*-xin* s., leur lanpue se divr-rsifia. - - L'histoire do l'KpIisr rutilinc a été écrite par .1. Polos/., Geschichte der i'nlon der riUhenischcn Kirche mit Hom von den âltesten Zeilen bis atif die Gegenwarl, 2 vol., Vienne, 1878-1880. Pour l'époque (]ui nous intorosso ici, cet ouvrage est a. compléter par roux de K. Likowski, llisloryn L'nii Knsciola riuskirfio z Koscioleni rzyttvikiin, Poznan, 187.'>, et Vnia Brze.sUa, Poznan, 1806 (Ir.id. française : Union de l'Église grecqiir- lutlunr m Pologne avec i Église romaine conclue à Brest, en Lithuanie, en 1596, Paris, s. d.; Irad. allcniaiiclo par P. .loilzink : I)ir rnthcnisch-rômisrhr Kirchen- vereinigung grnnnnt i nion zn Brest, Fril)ourg-on-Hr., 1 '.»()'•). — l^ n certain nombre lie documents ont été puldiés par M. Harasiewic/., dans Annales Ecclesiae liuihr- nte, Lwow, 1862, et par A. Theinor, Vetera nwnumenin Pnloniir et lAthnanim gentiumqtie flnitimtinim illnslrantia, t. m, Homo, 1863. CONCILE DE BREST-LITOVSK EN 1590 69 à Vilna ou à Novogrodek; les évêques de la province étaient ceux de Chelm, Lutsk, Pinsk, Polotsk, Przemysl, Vladimir, Lwow ^. A la mi-août, le patriarche tint avec le métropolite et les évêques ruthènes un concile à Brest-Litovsk ^, dans le diocèse de Vladimir; il leur ordonna notamment de se réunir en concile chaque année, au début de l'été, sous la présidence du métropolite. Il éleva les confréries de Lwow et de Vilna à la dignité de stauropégiales, c'est- à-dire qu'il les soustrayait à la juridiction des évêques locaux pour les soumettre immédiatement à son autorité. Jérémie II ne laissa pas le meilleur souvenir auprès du clergé ruthène, qui comptait un cer- tain nombre de partisans de la réconciliation avec Rome. I. — Concile de Brest-Litovsk en 1590. Conformément à la décision prise l'année précédente, le métro- polite convoqua en un concile, à tenir le 14 juillet à Brest-Litovsk, les évêques, les supérieurs de monastère, des laïques et des délégués des confréries. Quelques jours auparavant, se réunirent à Bels ^, ville du diocèse de Chelm, l'évêque du lieu, Denis Zbirujski, Cyrille Terlecki, évêque de Lutsk, Léonce Pelczyski, évêque de Pinsk, et Gédéon Balaban, évêque de Lwow. Ils arrêtèrent ensemble le texte d'un engagement de revenir à l'obédience romaine. Ils se rendirent alors à Brest- Litovsk, où ils rejoignirent le métropolite et l'évêque de Vladimir, Mélèce Hrebtowitch. L'évêque de Polotsk et celui de Przemysl ne vinrent pas au concile en raison de leur grand âge. Parmi les laïques se trouvaient Adam Pociej, castellan (gouverneur civil) de Brest- Litovsk, et de nombreux délégués des deux confréries stauropégiales. Les quatre évêques qui s'étaient réunis à Bels ne parvinrent pas à obtenir l'adhésion de leurs collègues à l'engagement dont ils avaient préparé le texte; ils le signèrent dès lors seuls *, mais le concile entérina ofïiciellement leur déclaration de la façon suivante au procès-verbal : « La décision prise par certains de nos évêques à Bels, en cette année 1590, et souscrite par eux est considérée par nous (le concile) comme pleinement valable et confirmée. » Cette façon de faire était entière- ment dans la ligne de conduite équivoque du métropolite. 1. Ce dernier évêque n'était à proprement parler qu'un vicaire du métropolite pour les régions dépendant jadis de la métropole de Halitch; mais en pratique il agissait de façon pleinement indépendante. 2. Ville sur le Boug, affluent de la Vistule. 3. Sur le Zolokia, affluent du Boug. 4. Ce document indique commie date le 24 juin (vieux style) et comme lieu de signature Brest (il est publié dans Harasiewicz, op. cit., p. 102-103; texte fran- çais dans la trad. de Likowski, op. cit., p. 126-127). CONCILES. XI. • 6 70 I.IVUt I, t.HAPITKE III liC concile de 1591 réunit à Bresl-Litovsk, eu autoiuue, les meniez «ivèqucs que le jirécécleiil. (Quoique nous n'ayons aucune indication positive ù ce sujet, il est bien pruliahle (jue les prt'dats s'entretinrent lie la question de l'I tiioii et (jiio les . I,c roi ré|»ondil p;ir um- lettre iln IS mars 1592 ', dans lacpu'lle il louait les (juatie évéques de leur intention, les assurait de sa protection, ainsi (pie les membres du cler;;é (pii les suivraient, et promettait à tous les nu^mes droits / les Grecs pour y recevoir des investitures spirituelles; le roi ne les admettra pas. 33. Nous désirons (jue les articles susdits soient confirmés par le roi et par le Saint-Siège; nous chargeons Pociej et Terlerki de deman- der cette confirmation. Dans la lettre adressée h Clément \ III, It-s t'\r([ues se iliclarent iléoidés h entrer dans l'Union <\\\\ exist.ut jadis entre l'Kglis»! orien- tale et l'Kglise occidentale et ipii a été renouvelée à Florence; ils désignent Pociej et Terlecki pour se rendre h Rome comme |>lénipo- tentiaires; si le pape veut confirmer en son nom et au nom de ses successeurs le maintien intégral de la liturgie orientale avec toutes ses cérémonies, les plénipotentiaires prêteront serment d'ohéissance au nom de tous. Pocioj cf Terlerki se rendirent ;i (!rnco\ie pour voir lo rni et It- nonce. Malaspina répondit le l*''" août aux desiderata de l'épiscopat ruthéne ^ Il distingue ceux d'ordre doctrinal, <[u'il reconnaît for- mulés très exactement et sur lesquels il sait d'avance que le pape n'aura rien à redire, et ceux d'ordre plus pratique, qu'il estime pleine- ment raisonnables et dont il ne doute pas non plus (pie le pape les acceptera. Il promet également d'intervenir auprès du roi pour obtenir l'adhésion de celui-ci et de demander une lettre du pape à Sigismond III à cet elTet. 11 visait sans doute l'admission des évèques ruthènes au Sénat, seul point que le roi n'accepte pas dans sa réponse aux évoques en date du 2 août, déclarant d'abord vouloir le soumettre à la diète. Les négociations concernant l'Union étaient désormais devenues complètement publiques et le plus puissant seigneur ruthène, le prince Constantin II Ostrogski, qui cependant leur avait été jadis favorable, prit la tète d'une opposition chaiiue jour plus menaçante. Le 24 septembre, Sigismond III puldia un manifeste en faveur de l'Union et fit h.îter le départ des deux plénipotentiaires pour Rome. Ceux-ci quittèrent Cracovie le 2G septembre et arrivèrent h Rome le 25 novembre. Ils furent reçus le 2 décembre par cinq cardinaux dési- gnés spécialement par le pape; le Saint-Siège n'exigea pas que les 1. Texte latin de la réponse du nonce dans Thomas «le .Jésus, lor. rit., col. SIS- SU; Hofmann, op. ci( , p. 158-1 r)9. CONFÉRENCE DE BREST-LITOVSK EN 1595 75 Ruthènes insérassent le Filîoque dans le symbole chanté à la messe ^. Au consistoire du samedi 23 décembre 1595 ^, Pociej et Terlecki présentèrent au pape les lettres d'Union ', puis, après une allocution du maître de chambre pontifical Silvio Antoniano, ils firent en leur nom et au nom de tous les évêques ruthènes la profession de foi *, suivant le formulaire que Grégoire XIII avait prescrit pour les Byzantins; enfin, Clément VIII leur adressa, avec une joie visible, quelques paroles d'accueil dans le sein de l'Église romaine. Le même jour, la bulle Magnus Dominus et laudahilis nimis ^ confirmait cette décision, levait toutes les censures et irrégularités que les évêques auraient pu avoir encourues, et assurait le maintien de leur rite. Un bref du 7 février 1596 ^, adressé au métropolitain et à tous les évêques ruthènes, leur réaffirmait ce droit de garder leur rite et pro- mettait l'appui du pape auprès des autorités civiles, pour obtenir leur admission au Sénat et la protection des biens ecclésiastiques; il imposait au métropolitain de convoquer un concile provincial, où les évêques ruthènes qui n'étaient pas venus à Rome feraient per- sonnellement la profession de foi déjà accomplie en leur nom par leurs délégués; il demandait d'en dresser procès-verbal et de l'envoyer à Rome; enfin il invitait les évêques latins de Lwow, Lutsk et Chelm à assister à ce concile. Enfin, la bulle Decet Romanum Pontificem du 23 février 1596 " accordait au métropolitain ruthène le droit de 1. Les cinq cardinaux demandèrent l'avis de plusieurs théologiens; un de ces avis a été publié par Thomas de Jésus, loc. cit., col. 515-526. 2. Baronius assista au consistoire et nous en a laissé le récit, avec le texte latin des documents et allocutions, en appendice au t. vu de ses Annales eccle- siastici, Rome, 1596, p. 683-687. Le procès-verbal de l'assemblée a été publié par Theiner, op. cit., n. 185 F, p. 245-249. La bulle Magnus Dominus du 23 dé- cembre 1595 indique également le cérémonial du consistoire (cf. A. Amann, loc. cit., p. 113 sq.). 3. La bulle mentionne la lecture de l'acte de décembre 1594 et de la lettre au pape de juin 1595; Baronius ne parle que de cette dernière. 4. Pociej fit d'abord sa profession de foi en latin, puis elle fut lue en ukrainien, par Eustache WoUowicz, chanoine latin de Vilna; Terlecki fit ensuite la sienne eu ukrainien et la traduction latine en fut lue par Luc Doctorius, chanoine latin de Lutsk. — Parmi les signataires de 1694 et 1695, le vieil évêque de Pinsk, Pel- ozycki, était mort; son coadjuteur lui avait succédé. Kopystenski et Balaban sont explicitement nommés; d'ailleurs, chaque évêque devait faire personnelle- ment le serment. Le texte de la profession de foi a été publié dans Thomas de Jésus, loc. cit., col. 497-500; Theiner, op. cit., n. 186 D, p. 238-240; Likowski, éd. franc., p. 497-505. 5. Texte dans Harasiewicz, op. cit., p. 202-213; Theiner, op. cit., n. 185 E, p. 240-245; Likowski, éd. franc., p. 505-516. 6. Texte dans Harasiewicz, p. 214-219; Theiner, n. 187 E, p. 250-252; Hofmann, op. cit., p. 167-172. 7. Theiner, op. cit., n. 189, p. 260-262; Harasiewicz, op. cit., p. 219-220. 76 LIVRE I, CHAPITRE III confirmer la nomination des évêques au nom du pape, et réservait au Saint-Sit'f^e la confirmation du métropolitain '. Lorscjue Terlecki et l*ocicj rentrèrent en Litluianie, munis de ces documents et île diverses lettres du pape au roi et aux grands du royaume •, ils constatèrent que l'opposition à l' Union avait fait d'énormes progrès, au point (jue deux évt'^ques, Gédéon Halaban, de Lwow, et Michel Kopystenski, de Przemysl. avuirnt complètement renié leurs signatures. III. — Oohclle de Brest-LItovsk en 1596. Le métropolite MiclicI ii.'ihoza lui-nu^me se montrait une fois de plus hésitant. Ustrogski voulait remettre tout m cause dans un grand concile, pour lequel il [)roposait au roi les ijuatre normes sui- vantes : tant les adversaires que les partisans de l'Union exposeraient librement leur point de vue; personne ne pourrait venir en armes ou avoir des troupes dans la ville; le prélat grec Nicéphore ^ partici- perait 5 l'assemblée; il serait permis d'en appeler des décisions du concile h la Diète. Le K» juin, Sigismond III, dans un nouveau mes- sage à la nation ruthène, approuvait une fois de pins IL nion et ordon- nait au métropolitain de réunir un concile h Brest, le 18 octobre, auquel seul le clergé du pays pourrait prendre part, avec les délé- gués que le roi lui-même enverrait. Ainsi forcé, Rahoza convoqua tous les évéques de sa province et les délégués habituels du clergé à Brest pour le mercredi IG octobre, sans doute dans le désir d'avoir d'abord avec eux quelques délibé- rations avant l'arrivée des délégués royaux. Au jour fi.xé, une messe d'ouverture fut célébrée {\ l'église S. -.Michel. Étaient venus au concile, outre le métropolite : llypace Pociej, évéque de Vladimir; Cyrille Terlecki, évoque de Lutsk; Denis Zbi- rujski, évéque de Chelm; Jean Ilohol, évèque de Pinsk; llermogène 1. Il n'est fait aucune distinction entre le cas où le nouveau métropolite serait déjà évoque et celui où il ne le serait pas, comme l'avaient faite les ^v^que» ruth»'''nes dans l'arl. 11 do leurs desi«lerata pn'>senti's au rionri- et au roi. l'année précédente. 2. Notamment dans le but d'obtenir l'accès du Sénat aux évèqu«'s rulhénes. Klles sont jnihliées dans Theiner, op. cit., n. 188, p. 2."i2-260. Pi. 11 se disait plénipotentiaire du patriarche de Constantinople. Il était por- teur d'une lettre de .lérémie II, de novembre 1 .593, qui était probableiuf ni un faux. D'ailleurs Jérémie était mort depuis et le siège patriarcal vacant. Nicéphore avait été arrêté comme espion, mais s'était enfui pourrait se décider concernant riiiioii sans le consentement du patriarche de Constantinople ; le nouveau calendrier ne pouvait t^tre accepté. Seule cette dernière condition était acceptahli-, j)uis(pie les uniates eux-mêmes avaient renoncé à introduire la réforme grégforienne, devant l'hostilité qu'elle rencontrait de toutes |)arts. Le concile régulier décida dès lors de ne [)lus attendre et tle se réunir solennellement le jour suivant. Le samedi 19 octobre, en i'éi^lise ruthène de S. -Nicolas, les évèques latins et les représentants royaux s'assirent d'un cAté, le métropolite ruthène et ses suffragants de l'autre. Le plus jeune d'entre ceux-ci dans l'épiscopat, Ilermogène Zahorski, monta en chaire pour lire en leur nom un acte officiel, dans leqtiel ils reconnaissaient l'autorité du Siège de Pierre; ils rap- pelaient qu'elle avait été jadis admise par les patriarches de Constan- tinople et réaffirmée au concile de Florence en présence du métro- polite Isidore. Ils évoquaient les heureux temps qui suivirent le concile et le jirivilège par lequel Ladislas III accorda au clergé ruthène les mêmes droits cpi'au clergé latin. Puis ils rappelaient le retour à la dissidence et l'envoi de leurs deux délégués à Rome pour y mettre fin. Ils déclaraient faire le serment d'obéissance exigé par le pape. En effet, après la lecture de cet acte, ils firent la profession de foi exigée et remirent l'acte qui avait été lu en chaire et qui constatait cette pres- tation de serment aux évoques latins représentant le pape '. Ceux-ci leur répondirent par une arrolade fraternellr qui >^rellnit ainsi l'accord I Moi rgressiis Herniogeneu, (irchiepisco/ms Poloretuii.s, locum Muperiorem tonscendrns rt Utterns iinionis in prr[;owrno ciim siihscri plionihu-t sigillisqiw manu teneris, rlnrn lore Irgit cdusas ejiisdem itnionis oc simiil ejcpcditionetn simnim ad lioninnum Pontificetn recensuit, ac post profes.iionem fidei exhibitnmqiu Pontificii ohedirntiam lltteras priedictafi legntia Ponlifcium rediderunl (oxtr. des Hi.storici diarii donius prolrss.'r Socielntis .le.sii Crnrni-ienJiis, /•(!. citée, p. 230). — L'acte ofTicirl jiortr In ilate «lu 9 oct. l.')96 (vieii.x style) et la signaltire des cinq évcqiies ft des trois archimanarcnts, quoique calvinistes, le laissèrent néanmoins baptiser sous le nom de Jean. Il fut élève au collège grec à Rome et entra en 1607 au monastère de la Sainte-Triniti- tle Vilna. 11 jirit le nom de .Toseph lors de sa profession religieuse en 1 1)08 et fut ordonné j^rètre peu a|)rè.>!. 2. Son nom de baptême était Jean; il naquit à Vladimir vers 1580. Il prit parti pour l'Union, fit profession monastique en 160'« et fut ordonné prêtre en 1609. Voir, sur ce personna;re et toute son épocjue, le livre de A. Guépin, l.'n apôtre de l'Union des ï-^glise» on XVll^ siècle. S. Josaphat et V Éfilise gréco-slai-r en Pologne et en Hiissie, 2 vol., ':<^ éd.. P.-iris 1807-1898. 3. Dans son domaine de Ruta. ■'». Deux jésiiites assistaient rf)mme conseillers à ce chapitre et les nouveaux règlements promulsuès s'insjurent en grande partie des constitutions de la Com- pagnie de .Jésus. 5. Ce n'est ^fiii sacrements et les autres règles données ci-uprès. '1. Ils se confesseront an directeur s|iiritucl (jiii N-ur a été assigné par rarciicvécjue, au moins dix fois l'an "', si possible plus frécpnMument et même avant chaque messe *. 3. Le dimanche, ils réciteront l'ollicc divin entier a l'église; en semaine ils pourront se contenter de dire en privé et même de mémoire ce qui se trou\c ilans l'ilontlugc ', sans psaumes tii odes. 4. Ils devront avoir terminé la récitation de sexte avant de céléhrer la liturgie. 5. Ils célébreront la liturgie au moins tous les dimanches et aux principaux autres jours de l'année ^. '>. Ils dénonceront aux autorités civiles les fidèles qui ne fré- quentent pas l'église. 7. Chaque année, à l'occasion du (barème, ils confesseront et com- munieront à domicile les iidèles qui habitent loin de l'église ". De môme, pendant l'Avent, ils les confesseront, mais sans les forcer à communier. Ils dénonceront aux autorités civiles les Iidèles qui refusent de faire leurs pâques. 8. Tous les jours d'obligation, après la liturgie, le prêtre instruira ses fidèles. Il leur apprendra à faire le signe de croix; à réciter le « Notre Père », le « Je vous salue Marie », le « Symbole des apôtres »; à comprendre les principales vérités de la foi *". 1. Lue fois seulemfut, mi can. 24. '2. Au can. 2. y. Au can. 8. 'i. Aux can. 2 cl 11. 5. Comme pn^paration à la .Noël, à la i'unlication, au i*"" dimanche dp Carême, au jeudi saint, ;i l'Ascension, à la SS.-Pierre-el-Paul, à la Transfiguration ou a l'AssDiniJlion, à la Nativité de la Vierge, à la S. -.Michel, à la S.-Nic(ilas. ( )n remar- quera (juc ces f("'tes sont choisies de façon à assurer la confession à intervalles réguliers. 6. Ce conseil se ciniiprend d'autant mieux «jue les prêtres ne disaient générale- ment pas la messe tous les jours. Cf. can. 5. 7. Livre liturgique byzantin contenant les parties communes de l'ofTice cpn»- tidien. 8. A litre d'exemple, Irmle-lrois jours sont indiqués. Celle notion des prin- cipaux jours liturgiques est plus étendue que celle des fêtes d'obligation. y. Les autres fidèles pouvaient facilement venir recevoir les sacrements à l'église. Mais il n'était pas exclu que le prêtre aille les visiter et les confesser é;;alement. 10. Ce canon se réfère au can. 58 des Apôtres, et au can. 19 du enneile in 1 riUlo. CANONS DE S. JOSAPHAT 83 9. Ils n'exigeront rien pour les fonctions de leur ministère, se bor- nant à accepter ce qui est librement offert. 10. Ils seront sobres et dignes lorsqu'ils assistent à des repas chez des laïques. 11. Ils ne discuteront pas des questions dogmatiques. 12. Ils ne se soumettront pas à la puissance séculière et à ses tribunaux ^. 13. Ils obéiront en toutes choses à l'évêque. Ils le mentionneront dans la liturgie ^. 14. Ils feront connaître aux seigneurs l'interdiction d'ériger une" église sans la permission et la bénédiction de l'évêque ^. 15. Ils ne prendront possession d'aucune église sur ordre des laïques, sans permission de l'évêque ^. 16. Ils n'abandonneront pas leur église pour en desservir une autre ^ 17. Ils dénonceront à l'évêque les autorités civiles qui s'occupent de questions spirituelles '', notamment en prononçant des divorces. 18. Ils ne permettront pas aux laïques de lire des sermons à l'ambon ^. 19. Ils n'auront aucun rapport avec les hérétiques ^. 20. Ils n'introduiront aucune innovation dans le rite. Ils n'em- ploieront pas la langue parlée au lieu du slavon liturgique. 21. Ils exhorteront les fidèles à venir à la messe tous les dimanches et fêtes d'obligation et à demeurer jusqu'à la fin de l'office ^. 22. Ils pourront exiger des prêtres qu'ils délèguent pour confesser certains de leurs fidèles l'attestation qu'ils les ont vraiment confessés. 23. Ils éviteront l'ébriété et n'admettront pas les gens ivres à la confession. 24. Les prêtres qui ont contracté un deuxième ou troisième mariage ne peuvent plus dire la messe ni confesser, mais ils devront 1. Ce canon se réfère aux can. 5 et 31 d'Antioche; 6 de Gangres; 15 de Carthage (il s'agit probablement du can. 115 de Carthage). — Ce canon a pour but de pro- téger les immunités ecclésiastiques, mais non point d'empêcher le prêtre de recourir contre les fidèles au bras séculier. Cf. can. 6 et 7. 2. Ce canon cite le can. 39 des Apôtres et le can. 5 d'Antioche. 3. Ce canon se réfère au can. 4 de Chalcédoine et au can. 83 de Carthage (il s'agit probablement du can. 33). 4. Ce canon cite le can. 6 de Gangres. 5. Ce canon se réfère aux can. 15 et 16 de iSicée; 41 de Laodicée et 20 de Chal- cédoine. 6. Sauf dans certains cas, où elles y seraient invitées. 7. Ce canon se réfère au can. 14 du IP concile de Nicée. 8. Ce canon se réfère aux can. 45 et 65 (il faut lire 64) des Apôtres. 9. Ce canon se réfère au can. 9 des Apôtres. 84 I.IVHK 1, CHAPITRE III • loinander à un autre pr»Mre d'accomplir ce» fonctions dans leur église. Ils pourront continuer à exercer toutes les autres ^ 25. Les prt^tres ne fréie, leur sd'ui- mi leur tante •'. 27. I^es pri'^tres ne changeront pas d'église saii> aulurisatioii '. J28. Ils ne peuvent recevoir l'ordination qm- de l'évi^que dans le diocèse ihnpiel ils entendent servir •^. "29. Ils ne frapperont point leurs tidèlcs '^. .'{<•. ils vivront chastement et sobrement, lis in- i-éiéhreront pas la iiu'sst' en état de péché mortel. .'{1. Les proto|>rétres veilleront à ce ipie les prêtres de leur dis- trict observent tout ce (jui jirécéde; ils dénonceront les délinquants. 32. Les prêtres doivent venir au synode annuel. 33. Les pr(ttoprètres, prêtres et diacres, qui ne sont |)as venus à ce synode-ci, viendront le mercredi de la n*" semaine après Pâques, ou, s'ils sont encore empêchés, à un des autres synodes de l'année '. 34. Tous les prêtres devront apprendre le catéchisme (jui sera composé h leur intenlinn ^; ils seront examinés h ce sujet h chaque synode. • 35. Ils auront une copie des présents canons et les reliront tous les quinze jours. 36. A l'occasion du synode, ils soumettront h l'évoque toutes leurs dillicultés. 37. Les conflits entre clercs sont tranchés au synode, sans forma- lité [)réalable. Par contre, les laùjues (jui vnilent accuser un clerc doivent le citer à comparaître au synode. 1. 11 s'agit ilu niaria^rt' après 1 ordmation. Ce canon se relerc au tan. 17 de» Apôtre», au ran. 11 do Néoccsarée (probablement le» can. 3 et 7) et au can. 12 de î>. Basile. — Le prédécesseur de Jusaphat, Gédéon Brdjnicki, avait donné à t'iTtains dp ses prêtres l'autorisation de se marier, d'où la lt>léranre de .losapliat ;i leur sujet. Mais ceux qui ont contracté mariage depuis l'accession de Josaphal au siège sont sus[)en8 de tout exercice de leur ordre. 'J. Ce canon se réfère aux can. 54 des Apôtres, 24 de Laodicée, 40 de Carthage (il s'agit probablement du can. 43). 3. Ce can. cite le can. 3 de Nicée et se réfère ensuite au can. .j j/i Trullo. 4. Ce canon se réfère aux can. 45 de Laodicée et 17 in TrtUlo (il s'agit probable- ment du can. 41 de Laodicée). .'>. Ce canon se réfère au can. 35 des Apôtres, au can. 30 d'Antioche, au can. 17 de Sardique et au can. 6 de Chalcédoino. Il n'y a pas de can. 30 d'Antioche et il s'agit sans doute du can. 15 de Sariliijuc. 6. Ce canon cite le can. 27 des Apôtres. 7. Ce canon renvoie au can. 47. 8. La traduction latine de ce catéchisme a été publiée par \. (iurpin, op. cil., t. I, Pièces justificatives, p. 3-19. CANONS DE S. JOSAPHAT 85 38. Les citations à comparaître au synode doivent être envoyées deux ou quatre semaines à l'avance, selon la distance du lieu où habite le clerc cité. 39. Prêtres et diacres ne peuvent accepter Tusure ^. 40. Aucun prêtre ne peut être à la tête de deux églises sans permis- sion de l'évêque ". 41. Prêtres et diacres n'exciteront aucune révolte contre l'évêque ^. 42. Les prêtres ne tiendront pas de tavernes *. 43. Ils ne liront ni ne conserveront des livres hérétiques ^. 44. Ils n'emploieront pas les biens d'Église à leur propre usage ®. 45. Prêtres et diacres ne joueront point aux jeux de hasard '. 46. Le synode du i^'" dimanche du Carême réunira à l'avenir seule- ment le clergé de Polotsk et des environs. Un synode sera tenu à Vitebsk le 23 août et un autre à Mstislaw le 8 septembre pour les prêtres de ces régions. 47. Les protoprêtres visiteront chaque année, avant le synode, les églises et les prêtres de leur district et feront rapport à l'évêque lors du synode ^. 48. Ils se confesseront tous les huit jours, afin de donner le bon exemple au reste du clergé. Ces canons sont suivis d'une liste de pénalités, en neuf articles, qui frappent les transgresseurs de certains canons *, ainsi que les prêtres qui bénissent le mariage de quelqu'un dont le conjoint est encore en vie ^^. Ce sont toutes peines pécuniaires, auxquelles s'ajoute 1. Ce canon se réfère au can. 7 de Nicée (il s'agit du can. 17) et au can. 12 m Trullo. 2. Ce canon se réfère au can. 1 1 de Chalcédoine (cf. supra, can. 16 et 27). 3. Ce canon se réfère au can. 18 de Chalcédoine et au can. 4 in Trullo (il s'agit du can. 34) (cf. supra, can. 13). 4. Ce canon se réfère au can. 9 in Trullo (cf. supra, can. 23 et 25). 5. Ce canon se réfère au can. 60 des Apôtres et au can. 9 du II® concile de Nicée (cf. supra, can. 19). 6. Ce canon cite le can. 72 et se réfère au can. 73 des Apôtres. 7. Ce canon se réfère au can. 41 des Apôtres. 8. Cf. can. 31. 9. Pénalités Canons synodaux art. 1 can. 25 2 2 et 3 3 23 4 29 7 7 9 2 L'art. 8 se borne à répéter l'obligation pour les prêtres de dénoncer aux auto- rités civiles ceux qui ne se confessent pas à Pâques (cf. can. 7). 10. Art. 5. Il est ajouté que ce mariage est invalide (cf. can. 17). CONCILES. — XI. — 7 — 8b 1,1 VHE I, «HAPiini, III «le la prison pour le prt^trc qui bénit ces niaria^'t's ', (]ni frappe quel- i|u"iin ^ ou ipii seulement provoque une rixe '. Kulski II'- l'iil manquer, comme .lo.>aphat Kuncewic/, de réunir «les synocJes pour son propre diocèse. Nous avons conservé le souvenir «le celui réuni h Novoj,'rod«>k en octobre 1(>19 et où il fut «lécitlé <|ue les mariages qui n«* seraient pas contractés devant I»' pr«^tre et «les témoins seraient nuls V Le 15 août 1620 fut une date excessivement douloureuse pour ri nion. Ce jour-là, le patriarche grec de .Jérusalem, Tliéophane IV, envoyé en l'kraine muni de j)leins pouvoirs par son collègue de Constantinople Timothéo, ordonnait " au nom i\i- ( elui-ci, à Kiev même, un métropolite pour cette ville et six évt'cpies sulîragants *, qui constituèrent ainsi, avec l'évèfjue de Lwow ", toute une hiérarchie ruthène séparée à côté de l'iiglise ruthènc uniate, c'est-à-dire catho- lique. Celle-ci eut dès lors à soulTrir d'une persécution de |)lu8 en plus ouverte; h la suite des intrigues de son opposant, Mélèce Smotrycki, évêque orthodoxe de Polotsk, Josaphat Kuncewicz mourut assassiné, le dimanche 12 novembre 1623. V. — Concile provincial de Kobryn on 1626. Le métropolite Joseph Rutski voulait créer un séminaire pour le clergé ruthène. A plusieurs reprises, il s'en ouvrit à Home * : en 1624, il adressait une lettre au cardinal Octave Bandini. protecteur de la Russie ^, demandant que le Saint-Siège ordonnât au nonce de Pologne «le réunir les évoques rulhènes et de leur imposer d'ollice une contri- bution pour cette nouvelle fondation. Bandini répondit qu'il devait d'aborcf prendre des informations auprès du nonce de Pologne ^°. I. .\rt. ô : dix semaines de prison. _. Art. 4 : dix semaines de prison. 3. Art. 6 : un jour de prison. '«. Cf. le texte de la décision dans ^'. Congr. orietUaie, Codi ficanonf canoniru orientale, Fonli, t. i, Cité du Vatican, 1930, p. 273. ô. Sans l'assistance d'aucun autre évoque, au mépris des i ,iiii>ii>. 6. <>rd(innés pour les nirmos sirges yaiinic do Pologne. 8. A. (Miépin, op. cit., t. ii, Paris, 1898, p. 167-169. 9. Texte latin de la lettre datée du '_'7 janvier dans I. Kulczynski, .Spécimen Ecclesi.T Buthnxinr, rééd. par .1. Marlinov, Paris. 1859, p. •232-23 1. 10. Lettre de Handini à Jean-Baptiste Lancelotti, nonce en Polojrne, en date du 20 avr. 162'i, dans I. Kulczynski, op. cit., p. 239. — Lettre de Handini à Hutski. dans laquelle il dit qu'il a érrif au nonce, en dafe du 4 mai 1624, ibid.. p. 237. CONCILE DE KOBRYN EN 1626 87 Le 12 mars 1625, Urbain VIII écrivit à Rutski pour lui enjoindre de convoquer, dans le délai d'un an, un concile provincial et de réunir ensuite régulièrement cette assemblée tous les quatre ans, pendant une semaine ^. Mais l'autorisation royale de tenir le concile ne fut obtenue qu'en mars 1626, en sorte que les évêques ne purent être convoqués que pour les premiers jours de septembre. Peu avant, le 22 août, Urbain VIII adressait une lettre au métropolite et une autre aux évêques sufFragants ruthènes ^, dans lesquelles il leur annonçait qu'il donnait 1 000 écus pour le futur séminaire et leur demandait d'être également généreux. Le concile assembla à Kobryn ^, autour de Rutski, les évêques : Joachim Morochowski, de Vladimir; Jérémie Poczapowski, de Lutsk; Antoine Sielawa, de Polotsk; Grégoire Michalowicz, de Pinsk; Léon Kreusa Rzewuski, de Smolensk *; un grand nombre de protoprêtres; le protoarchimandrite de la congrégation basilienne de la Sainte- Trinité ^ et quelques supérieurs de monastères. Les décisions suivantes furent adoptées ^. 1-2. L'érection d'un gymnase ou établissement d'enseignement secondaire pour la jeunesse ruthène ayant été décidée en principe, chaque évêque s'engage à verser une subvention '. De son côté, la 1. Texte dans de Martinis, Iiis pontificium de Propaganda Fide, P^ pari., t.. i, Rome, 1888, p. 47-48. 2. Texte latin des lettres dans A. Theiner, Vetera monunieiita Poloniiv et LithuaniiE geiitiumque finitiinaruin illustrantia, t. m, Rome, 1863, n. 138. 3. Non loin de Brest-Litovsk. 4. Smolensk avait été reconquise par la Pologne en 1611, et un évêque uni avait été nommé en 1625 en la personne de Léon Kreusa Rzewuski; celui-ci fut ordonné le 29 juin 1625 en même temps que l'évêque de Chelm, Théodore Milesz- kiewicz, qui mourut jour pour jour un an plus tard. Le siège de Chelm était vacant au moment du concile de Kobryn. 5. En août 1626, Rutski s'était démis de ses fonctions de protoarchimandrite; le moine Korsak fut élu à sa place. Quoique la présence de celui-ci ne soit pas explicitement attestée au concile de Kobryn, elle paraît bien certaine du fait des engagements pris par sa congrégation. Peu après le concile, Korsak, tout en demeurant protoarchimandrite, devint évêque auxiliaire de Rutski. 6. Archives de la S. Congr. de la Propagande, Scritt. rifer. nelle Congr. Gêner., vol. Lx, fol. 294 et vol. cccxxxvii, fol. 376. 7. Le métropolite s'engagea à verser 10 000 florins; l'évêque de Vladimir, 2 000 florins, puis 100 florins par an; l'évêque de Lutsk, 3 OOOflorins en huit ans; l'évêque de Pinsk, 2 500 florins; l'évêque de Polotsk, 1 000 florins; l'évêque de Smolensk, 500 florins. L'évêque de Przemysl, Athanase Kroupetzki, qui ne semble pas avoir assisté au concile, fit savoir qu'il verserait 500 florins. Ces con- tributions perçues, les évêques devraient payer annuellemeiit 100 florins pour chaque élève qu'ils enverraient. D'autres élèves pourraient étudier à leur frais. Tout était prêt pour recevoir les étudiants, lorsque le roi Ladislas IV attribua l'immeuble aux orthodoxes. 88 I I \ m. I, (H vJ'iTHi: m congrégation de la Sainte-Trinité olFre le nionastère de Minsk pour y établir le collèj^e, de» professeurs pour y enseiji^ner. tl 1»' 1 8«? des revenus de toutes ses autres maisons. C.its oITres sont aoceptées; le |»rotoarchini;mdrit»' re(;oit la direction du futur coIlè{;e avec l'obliga- tion de rendre dos comptes au concile des rv<^(|tics cl ;ni\ pr'i\isrurs que celui-ci nommerait. 3. L«îs évoques engageront les pr«^tres à instruire les enfants dé» leur jeune âge et à préparer ainsi ceux qui seraient aptes à poursuivre leurs études en vue du sacerdoce. \. Les mariages non contractés devant le propr»* curé et deux ou trois témoins sont nuls '. 5. Les prt^tres devront rcmellre aux év^cjues les pièces originales des fondations et autres privilèges de leurs églises. 6. La simonie doit être évitée dans radminislration «les sacre- ments et dans l'ordination des évoques en particulier ^. 7. De m^me la nomination à une église ne peut être acquise à piix d'argent. 8. Chaque année les évoques et le protoarchimanilrite feront nn rapport au métropolite, et le inétroj)olite au Saint-Siège. n. Il n'y aura qu'un prôtre par église, sauf dans les plus impor- tantes. 10. Aucun jirôtre nouvellement ordonné ne quittera la ville épi- scopale, s'il n'a appris pendant (pielquc temps comment dire la messe et conférer les sacrements. IL Les religieux de la congrégation de la Sainte-Trinité ne pour- ront être employés par les évêques qu'avec l'assentiment de leur supérieur. 12. Les monastères ne peuvent être attribués à des prêtres sécu- liers, et les églises séculières à des moines, sauf décision du concile. 13. Le concile provincial se réunira tous les quatre ans au lieu fixé par le métropolite. Les actes du concile furent envoyés pour apj)robation à Rome et soumis tant à la Congr. du Concile, en vertu de la Constitution Imnicnsa de Sixte V, en 1588, (ju'à la Congr. de la Propagande créée depuis 1622. Le can. 4 concernant le mariage suscita des opinions diverses : les uns estimaient qu'il était valide, puisqu'il corresjiondait au décret Tnnietsi du concile de Trente, et quoi(]ue ce concile ne fût point nommé, à cause, disaient-ils, des dissidents, c'était bien son 1. C étail la (^éiiéralisatiuit puur tuutc la |>ro\incc de la décision prise au synode diocésain de N«»voprodck en octobre 1619. 2. L'habitude voulait que le nouvel évêque remît une certaine somme à celui qui l'avait ordonné CONCILE DE KOBRYN EN 1626 89 décret qui était mis en vigueur; les autres ne se ralliaient pas à cet avis et déclaraient que le pape ayant seul le droit d'introduire un empêchement dirimant le mariage, la décision du concile ruthène était invalide. La seconde opinion ayant prévalu i, Urbain YIII confia la question à une Congrégation particulière, qui, réunie le 20 avril 1629 ^, suggéra d'envoyer deux brefs au nonce de Pologne : l'un imposant la publication du décret Tametsi chez les Ruthènes, l'autre dans lequel le pape promulguait pour les Ruthènes, de sa propre autorité, tout en mentionnant le concile de Trente, une mesure analogue à celle contenue dans le décret. Le nonce userait du premier bref s'il n'y avait aucune crainte que la publication d'un décret tridentin ne soulevât d'opposition, dans lequel cas il userait du second bref. Les autres décisions du concile de Kobryn pouvaient être approuvées. La situation était d'autant plus complexe que des fidèles ruthènes ayant contracté un premier mariage non conforme aux prescriptions du synode diocésain de Novogrodek et du concile provincial de Kobryn, Rutski les avait autorisés à contracter un nouveau mariage, pourvu que le premier n'eût pas été consommé. Devant l'opposition faite par Rome à ces prescriptions concernant la clandestinité, il avait demandé que ces seconds mariages pussent cependant être maintenus. L^rbain VIII commença par accorder les pouvoirs de dispense nécessaires à ce sujet par bref du 5 décembre 1629 ^. Le lendemain, il confirmait les décisions du concile de Kobryn, sauf celle concernant le mariage, en les reprenant dans la Constitution Militantis Ecdesise *, ce qui était donc une approbation in forma specifica. Puis, le 7 dé- cembre, il publiait un bref imposant la publication du décret triden- tin Tametsi chez les Ruthènes ^. Mais l'opposition que la Congréga- tion particulière avait craint se manifesta et, après de nouvelles réunions de cette commission, le pape promulgua, le 21 avril 1632, le second bref ^ qu'elle avait demandé dès 1629. De son côté, en 1631, malgré les instances de Rutski, le S. Office déclara que le mariage des prêtres, après la réception des ordres sacrés, était nul '. 1. Cf. la décision prise par la S. Congr. du Concile, le 2 déc. 1628, dans P. Gas- parri, Codicis juris canonici fontes, t. v, n. 2500 p. 254. 2. Ibid., n. 2506, p. 256-257. 3. Texte dans de Martinis, t. i, p. 116. Le pape mettait comme conditions que les deux parties fussent catholiques et qu'il n'y ait pas eu de rapt. 4. Texte, ibld.. t. i, p. 116-118. 5. Texte, ibid., t. i, p. 118-120. 6. Texte, ibid., t. i, p. 139-140. 7. Cf. le can. 24 de S. Josaphat. On discutait pour savoir si le can. 3 in Trullo avait une valeur dirimante ou non. 90 I.IVRK I, CHAflTHi: 111 VI. — L'assemblée de Lwow de 1629. Afin de régler l'opposition «-iitro lu doiihlf hiérarchie nithèn»' cathoHque et orthodoxe, Sipisniond III caressa plus d'une fois le projet d'une assemblée commune h laquelle les dissidents pourraient présenter leurs objections contre l'Union. Le 29 mars 1629, il adressa au métropolite Hutski une lettre l'autorisant à réunir un tel concile. Interrogée par le nonce, la S. C.ongr. de la Propagande, en juin 1029 '. interdit de la façon la plus fonnelle la particij)ation ollicielle des orthodoxes, admettant tout au plus avril 1632, fut fatale .'i cette grande cause. En efTet, la diète réunie pour élire un nouveau roi s'occupait géné- ralement au préalable de discussions de tout genre et élaborait 1. Codificnzioiie carwnicn orientalœ, Fonti, t. ii, Cité du Vatican, 1931, p. t.il, 157-159, et t. XI, Cité du Vati.ai., 19.33. p. 959-961. 2. Un compte rendu des événements se trouve dans Hiaiorici diani thmiis profe.isie Societntis Je.su Cracoi-irrusis, t. iv, 1620-1629, éd. .F Wielewickiejfo, dans Script, rer. Polon., t. xvn, Cracovie, 1899, p. 334-33G. ASSEMBLÉE DE LWOW EN 1629 91 diverses conventions qui devaient être entérinées par le nouvel élu. La question des rapports entre Ruthènes uniates et dissidents figura naturellement à l'ordre du jour de la diète qui s'ouvrit le 27 sep- tembre 16321. Après de vaines discussions, ce fut le candidat au trône lui-même, Ladislas, fils de Sigismond III, qui, peu de jours avant son élection (laquelle eut lieu le 8 novembre), arrêta les termes d'un compromis, connu sous le nom d' « Articles de pacification ». Ceux-ci répartis- saient entre les deux hiérarchies les différentes villes épiscopales : les dissidents recevaient la métropole de Kiev, avec comme suffragants les sièges de Lutsk, de Przemysl, de Lwow, ainsi que le nouvel évêché de Mstislaw et Mohilev, par démembrement de celui de Polotsk. Le métropolite uniate pourrait également porter le titre de Kiev, mais abandonnait tous les biens ecclésiastiques de cette ville ^ et, à la mort de Rutski, également tous ceux des environs. Seuls les diocèses de Chelm, de Pinsk, de Smolensk et de Vladimir, demeuraient en entier aux uniates. Malgré les protestations du Saint-Siège, les Articles de pacifica- tion furent appliqués par le nouveau roi Ladislas IV; cependant les évêques unis de Lutsk et de Przemysl n'abandonnèrent leur siège qu'après plusieurs années de résistance. Les Ruthènes, qui habitaient la région connue actuellement sous le nom de Russie subcarpathique, avaient été étrangers à l'Union de Brest-Litovsk, puisque leur évêque, dont le siège était à Mukatchevo, n'appartenait pas à la province ecclésiastique de Kiev, mais relevait directement du patriarche de Constantinople. Au point de vue poli- tique, cette région avait longtemps dépendu de la couronne de Hon- grie, mais elle avait été envahie par les Turcs et ce n'est qu'au cours du xvii^ siècle que les Habsbourgs parvinrent à y établir progressi- vement leurs droits. Dès lors, la cause de l'Union avec Rome com- mença à prendre racine, surtout dans le bas clergé. L'évêque Jean Gregorovitch (1627-1633) fit une visite au métro- polite Rutski; toutefois les choses en restèrent là. Son successeur Basile Tarasovitch adhéra en 1642 à la foi catholique, mais le prince calviniste du pays le fit emprisonner; libéré sur l'ordre de l'empereur Ferdinand II, il ne put cependant reprendre possession de son siège, puis, fatigué et las, il passa de nouveau au schisme. Il resta toujours des adeptes de Rome : ce seront les meilleurs auxiliaires du triomphe définitif de l'Union à la fin du siècle. 1 . Cf. Zacharias ab Haarlem, Unio Ruthenoriim a morte Sigismundi III usqiie ad coronationem Ladislai IV, Tartu, 1936. 2. Sauf le petit monastère de Widubicz. 92 LIVRE I, CHAPITRE III VII. — Lo colloque de Lublin en 1680 L'année 1<>()7 jicut ^tre indiqu/'c ooinine inar(ju;iiif It- dt'-hut d'une nKKlifu-ation des rapporis entre Hutliônes unis et séparés de Pdlofjne. {)i\ armistice met fin à l'état de piierre (|ui existe depuis douze ans entre Polonais et Russes; reux-ci avaient orrupé une partie de la f*olo«,'ne orientale; l'arinistiee d'Andrussuw laisse h la Hussie certains territoires sur la rive gauche du Dnieper et une t<^te de pont avec Kiev sjir la rive droite. Cet armistice sera confirmé par la paix perpé- tuelle de If'tSt). Ainsi Kiev, centre d'afritation de l'orthodoxie, et d'autres régions spécialement hostiles à l'Union passent sous l'obé- dience moscovite; la position ilc l'Kglise unie se trouve renforcée en Polorjne niAme. l*.n l'année 1()()7 épalnncnt . un jeuiic Iiomimi»- de \ in^t-cpialre ans, .lose[)li Szuiiilanski, devient, (juehpie |)eu par un coup de force, évoque séparé de Lwow. Il jouera un grand rôle dans la « Seconde union » en Pologne. Une armée turque arrive en 1072 jusqu'à Lwow; un iiohh; polonais, Jean Sohieski, la repousse et est élu en 1674 roi de Pologne. II nomme Szumlanski métropolite orthodoxe de Kiev, mais cette nomination n'est pas reconnue par la Russie. Blessé dans ses ambitions et im|)res- sionné par le regain de force du catholicisme en Pologne, Szumlanski fait connaître secrètement en 1677 son désir d'accepter l'Union. Le métropolite ruthène uni est depuis 1674 Cyprien Zochowski; Szum- lanski séjourne chez lui, dans la résidence de Torokanie. en 1678: tous deux insistent auprès du roi pour qu'une fois de plus un concile réunisse uniates et dissidents. .lean Sohieski envoie, le 9 octobre 1679, de sa résidence de Jaworow, des lettres de convocation pour une telle réunion commune, i\ tenir h Lublin le 24 janviei- Hi80 '. La majorité des orthodoxes n'accueille pas favorablement cette invitation. Innocent Gizel, archimandrite de la Laure des Cryptes de Kiev, écrit au tsar de Russie pour s'en plaindre; ime soixantaine de membres de la noblesse de la région de Lutsk se réunit dans cette ville le décembre 1679 et décide d'envoyer uiif délégation pour protester auprès du roi de Pologne. Néanmoins, h la date fixée, le métropolite et les évéqucs ruthènes catholiques, entourés de dignitaires de l'ordre basilien. d'un certain 1. Nous sommes renseignés sur rclte assemblée par l'ouvrape de Zochowski lui- ini^me : CoUoqiiiiiin I.iihrlskir, |)arn à Lwow en 1680. - - Les meilleurrs p.ipes récentes sur la question, (jui tii-nncnt également conipli* de diverses autres sources, ont été écrites par N. Andrusiak, Josef SzumlnriJiki pienK'szy biaknp unicki /«•oti'sAi, dans Archii'um To^^■•nrlzyst^^^a .Va liAowpgo nr L^fo^^ir, sér. H, t. xvi. fasc. 1. Lwow, 1931, p 77-88. COLLOQUE DE LUBUN EN 1680 93 nombre de protoprêtres et de quelques laïques, sont présents à Lublin. Du côté dissident ne sont arrivés que l'évêque Szumlanski, le grand vicaire de Mstislaw-Mohilev, avec des membres de leur clergé sécu- lier et régulier — dont Varlaam Szeptycki, archimandrite du grand monastère d'Univ — et des délégués laïques des confréries. Une lettre du roi avait fait part à Szumlanski des délégations qu'il avait reçues de Lutsk et d'ailleurs, en protestation contre le concile, arguant, comme en 1596, que rien ne pouvait se faire sans prise de contact préalable avec le patriarche de Constantinople. Szumlanski donna lecture de cette lettre en une réunion privée des orthodoxes, le 24 janvier; voyant bien que la cause de l'Union n'avait momenta- nément aucune chance de réussir, il feignit d'en être un grand adver- saire, afin de ne pas se trouver comme un pasteur sans ouailles. Nous allons nous saluer cette fois, écrit-il le 25 au roi, la fois suivante on discutera, et à la prochaine occasion on se mettra d'accord. Cette prophétie sera, somme toute, réalisée pour ce qui concerne son diocèse. A Lublin, en effet, on se borna à se saluer, mais très aimablement. Le 26 janvier, eut lieu à l'église des jésuites une messe célébrée par le métropolite Zochowski avec sermon par le basilien Siméon Cypria- nowicz, puis un grand dîner fut offert au palais du prince Koribut- Wisnowiecki, connétable de la couronne. Les orthodoxes assistèrent à la double cérémonie. Il entrait dans le dessein de l'épiscopat uniate qu'une discussion eût lieu au sujet de la primauté du pape et de la procession du Saint-Esprit, mais sur ces entrefaites une lettre du nonce de Pologne, François Martellio, rappela que le Saint-Siège n'autorisait pas de telles disputes. Le 29 janvier, arriva à Lublin Innocent Winnicki, évêque nommé de Przemysl, et le 31, Gédéon Czetwertynski, évêque de Lutsk. Il n'y eut plus cependant de réunion plénière, mais simplement quelques conversations privées ou conciliabules particuliers. Les évêques orthodoxes firent comprendre qu'ils étaient favorables au système de l'Église catholique selon lequel seul l'épiscopat doit délibérer en de telles circonstances, mais qu'ils devaient tenir compte de l'opinion du clergé inférieur et des confréries. Le 3 février, les dissidents déci- dèrent de rentrer chez eux et, avant de se séparer, ils envoyèrent une adresse au roi demandant qu'il soit mis fin à d'inutiles pourpar- lers entre les deux Églises, que celles-ci puissent conserver des droits et privilèges égaux, et que les conflits éventuels soient réglés par le parlement. Le métropolite Zochowski fit paraître l'année même à Lwow un ouvrage sur Le colloque de Lublin, nom qui est resté à l'assemblée. Le roi convoqua Szumlanski à sa résidence de Jaworow; ensemble ils 94 I.IVHE I, CHAPllHK 111 discutèrent de l'Union ft trouvèrent que le livre ne contribuait pus à la concorde. Szuinianski ordonna W'innicki t''vAque au dt'hut de décembre \C)SO. lin mars 1<381, tandis (jue révCcjuc de Lutsk dmieurait réticent, les deux prélats et rarchimandrite N'arlaain Szeptycki lireiit secrètement leur profession de foi catliolicjiu" h N'arsovie. La grande dillicidlé jjour les deux évéijues demeurait dt- faire accepter l'Union par leurs diocésains. VIII. — Deux HynodeB des Ruthènes de Hongrie en 1690. F.n Hnssir snbcarpat l)i(|u«\ à la mort de Basile Tarasovitcli, le moine Pierre l*arthène Hoslos/.inski. un des adeptes de l'Union, fut reconnu comme évè(|ue de Mukatchevo par j)rès de quatre cents [irétres du diocèse. Pour alTermir le plus tAt possible sa position, il alla recevoir l'ordination épiscopale de révè(|ue orthod(»xe d'.Mba-.Iulia en Tran- sylvanie. Ensuite, il se rendit auprès du primat de Hongrie, Georges Lippay, pour soumettre son diocèse au Saint-Siège et s'en faire reconnaître évoque. Lippay s'efTorça en ce sens, mais Rome se montra hésitant. Dès lors, un grand nombre de prêtres abandonnèrent la cause de l'Union, (^c n'est qu'en 1G55 qu'Alexandre \ Il permit au primat de Hongrie de déléguer Rostoszinski pour exercer le ministère épiscopal au[)rès des Huthènes. La mort du prélat en lfi68 amena de nouvelles compétitions et difficultés. Klles ne prirent fin qu'en 1G89, lorsque le très zélé évoque hongrois de Raab, Léopold Kollonich, obtint de la S. Congr. de la Propagande l'envoi d'un vicaire apostolique pour les Ruthènes de Hongrie, en la personn»' de .Joseph de Camillis ^, moine basilien natif de Chios, âgé de ipiaranle-sept ans, nommé évoque titulaire de Sébaste et vicaire apostolitjue pour les Ruthènes de Ibjngrie ^. Le nouveau et énergique pasteur assembla dès 1690 deu.x synodes diocésains : l'un le 4 mai, à Mukatchevo, où il réunit environ soixante- dix prêtres; l'autre le 14 mai, h Satu-Mare, où se trouvèrent soixante autres prêtres. A Mukatchevo. un prêtre, farouche adversaire de l'Union, se mit au milieu de la route et empêcha par ses discours et meTuices un certain nombre de firêtres de venir au synode; à Satu- 1. (>r ont été introduites par la coutume locale, tous les fidèles entendront la messe et s'ahstieiuiront de travaux serviles. 17 \\;iiit la lin du mois de mai, tous les prêtres viendront mon- trer leur lettre de nomination. 18. Tous resteront fidèles h l'Union qu'ils ont juré d'observer. Ifl. L'homme qui a épousé une autre femme du vivant de la pre- mière doit recevoir h nouveau celle-ci et renvoyer cclle-lh. 20. Les protoprètres doivent veiller à raj)plication des prés»;nl,-> décrets. Les curés doivent dénoncer à Nous ou h leur protoprètre les scandales qui ont lieu dans leur paroisse. Ces canons semblent témoi<]rner d'un esprit d'organisation déjà assez développé, ainsi que le désirait l'administration civile hongroise. Deux seulement, celui <|ui concerne le mariage des prêtres et celui sur le divorce des laïques, promidgiient des peines, qui sont des amendes i\ verser à la résidence épiscopale. Le 21 aoiU 1G92, un diplôme de l'empereur Léopold 1^' accordait aux prêtres ruthènes passés à l'Union les mêmes immunités et privi- lèges que ceux dont jouissaient les prêtres latins ^. En ir)93, de Camil- lis avait déjà ramené à Tl riion le clergé et les fidèles de près de 400 églises. IX. — Synode diocésain de Przemyal en 1693. Innocent Winnicki mit une douzaine il'années à convaincre clercs et moines de son diocèse de la nécessité d'accepter l'Union avec Rome. 11 commença par réorganiser le clergé de sa cathédrale S.-.Ieaii-Iîaptiste à Przemysl: il parxint h lui faire recotmaître les 1 l.xtraits puMir^s dans N. Nill*»-'. op. cit., l. i. p. 1(;'.-16.') et t. ii, p. 848-849. SYNODE DE FRZEMYSL EN 1693 97 privilèges des chapitres latins ^ du pays par le roi de Pologne, en 1689, et ensuite, moyennant acceptation de la foi catholique, par le métro- polite uni Zochowski. La situation du chef du diocèse et de son entourage étant ainsi devenue nette, les autres oppositions s'effa- cèrent peu à peu. Une réunion du clergé tenue à Sambor en 1692 adhéra à l'Union, mais celle-ci fut surtout solennellement ratifiée au synode que Winnicki réunit le 27 avril 1693, dans sa ville épiscopale ^. L'évêque y communiqua la double décision importante qu'il avait prise pour acquérir une autorité complète et un contrôle efficace sur le clergé régulier et séculier : la nomination d'un protohigoumène ou provincial pour tous les religieux du diocèse en la personne de Marti- nien Winnicki, et la nomination d'un vicaire général pour le clergé sécuHer en la personne d'Yvan RewkeWycz. Les actes du synode comportent une série de paragraphes précédés chacun d'un titre ^; on peut les répartir en trois grandes séries successives. La première concerne le protohigoumène et le clergé régulier. 1. Le protohigoumène visitera tous les couvents du diocèse une fois par an. 2. Lui seul pourra autoriser les moines à séjourner en dehors du monastère où ils ont reçu l'habit. 3. Toutefois, ceux qui veulent entrer dans un petit couvent devront faire leur noviciat dans un des trois grands monastères de Chtzeplock, Lawriw ou Dobromyl; ils pourront ensuite faire profes- sion pour le couvent de leur choix moyennant autorisation du proto- higoumène. Les couvents pauvres n'enverront aucun de leurs membres au dehors pour quêter ou ne vendront pas l'argenterie de leur église sans la permission du protohigoumène. 4. Dans les couvents, on ne peut laisser les laïques de l'extérieui- s'approcher des sacrements pour accomplir leur devoir pascal, sans autorisation écrite de leur curé. 5. Il n'y aura que deux couvents de religieuses cloîtrées dans le diocèse, à Smytnyck et à Jawovicz; l'élection des supérieures dépendra de l'approbation de l'évêque; sans sa permission une reli- gieuse ne pourra quitter la clôture. 1 . Les Églises orientales ne connaissaient pas la dignité de chanoine, mais certaines la reprirent aux Latins afin de ne pas paraître inférieures à ceux-ci. Chez les Ruthènes, la chose se fit progressivement : le corps des desservants de la cathédrale reçut les mêmes privilèges que les chapitres latins, mais le nom de chanoine ne fut officiellement reconnu qu'au xix® siècle. 2. Actes du synode dans G. Lakota, Tri sinodi pcremiski i eparchijalni posta- novi valjavski v. 17.-19. st., Przemysl, 1939, p. 11-23. 3. Nous les numérotons de façon continue, afin de laisser aux actes synodaux leur physionomie originale. Souvent le titre d'un paragraphe n'indique le contenu que de façon fort incomplète. 98 LIVRE 1, CHAPITHK III Un»' fleuxièiiH- série re.scrij»tioiiii s'occupe du clergé séculier ♦•l des paroisses, .lusi^u'iilors hi tli;^iiité de vicaire général n'était pas eu usage, mais lo chef «1»' roUiciiililé diocésaine exerçait des pouvoirs assez étendus; l<* s\ ?io élargit encore et l'appelle laiitôl de ce nouviuiu miui. tantôt d<- >>nii ancien nom. n. C'est lui (jui fera diaque aimée la visite des églises séculières ilu «liocèse, lorsque l'évAque ne peut l'accomplir. S'il est lui-même em- pêché, il déléguera des commissaires. Il veillera à ce que chacpie église possède un livre dans lecpiel seront transcrits tous les documents de (]uelque im[)()rtaiice (pii la concernent, et à ce (pi'aucun curé n'exerce une double, charge ou bénélice; il prendra connaissance des dettes qui grè\ent les biens ecclésiaslicpics, ou «les conflits qui existent entre le curé et ses [»aroissiens, afin de les régler à l'amiable ou de les juger plus taril. 7. Les sessions judiciaires auront lieu à difTérents nKtments de l'année, à Przemysl, à Jaroslav, à Sambor. 8. Le vicaire général ira également rendre justice dans les doyen- nés lorsque cela sera nécessaire; le doyen ne peut s'ériger lui-même en juge principal. 9. l,es délin(juanls iloivcnt être cités régulièrement avant que les peines soient prononcées contre eux. 10. On punira les prêtres qui contractent un second mariage malgré la \ olonté du Saint-Siège, et ceux qui s'adonnent à la boisson. 11. Dans chaque doyenné, il y aura un instigateur ou promoteur chargé de contrôler la conduite extérieure du clergé et de dénoncer les coupables, ainsi que plusieurs dizainiers ou vice-doyens auxquels les prêtres devront se confesser tous les mois. Les dizainiers eux- mêmes se confesseront au doyen ou à un autre prêtre. 12. Les curés exhorteront leurs paroissiens h se confesser et à com- nmnicr au moins cpiatre fois par an, et à assister tous les dimanches et jours fériés à la sainte liturgie. 13. Les prêtres connaîtront de mémoire la formule d'absolution, laquelle est semblable à celle de l'Eglise latine. 14. Liste des nombreux cas réservés à l'évêque. Les prêtres peuNeiil toutefois en absoudre celui qui est en danger de mort. 15. Le curé assistera les mourants. 16. Il enseignera le catéchisme aux <;nfant.s et le» préparera à la confession dès l'âge de raison. 17. Le vice-doyen visitera chaque trimestre le clergé confié à ses soins spirituels. 18. Les prêtres ne pourront, à titre de {prédication, que lire mot à mot le catéchisme ou des instructions provenant rie livres ayant l'approbation ecclésiastique; ils n'y ajouteront rien. SYNODE DE LWOW EN 1694 99 19. Les nouveaux prêtres ne pourront entendre les confessions qu'après un examen spécial. 20. Afin d'assurer l'uniformité dans les cérémonies, chaque prêtre séjournera à ses frais, une semaine par an, près de l'église décanale et y concélébrera. Une dernière et troisième série de décisions synodales vise l'en- semble du diocèse et revient sur la question de l'Union. 21. La fête de S. Josaphat devra être célébrée dans toutes les églises et monastères. Les doyens et les higoumènes feront le plus tôt possible, à la cathédrale de Przemysl, en présence de l'évêque, la profession de foi selon le formulaire d'Urbain VIII. Ensuite chacun d'eux fera prêter le même serment par le clergé qui dépend de lui ^. 22. Toutes les confréries locales dépendront pour leurs décisions essentielles de la confrérie générale de la cathédrale de Przemysl. 23. Il y aura, pour tout le diocèse, un procureur chargé de défendre les intérêts des gens et biens d'Église devant les tribunaux civils. Le clergé séculier lui devra une contribution financière, de même que les couvents qui auraient recours à lui. 24. Un synode diocésain aura lieu tous les trois ans le dimanche des Myrophores ou ii^ dimanche après Pâques. L'organisation à échelons multiples et un peu militaire du diocèse de Przemysl peut surprendre ; nous croyons qu'il faut y voir l'influence russe, qui s'est manifestée dans la hiérarchie dissidente à laquelle a appartenu cette circonscription; estimant que trop souvent ces cadres étaient tout extérieurs, Winnicki a voulu en faire des éléments d'unité et de réforme, en mettant à la tête de chacun des clergés séculier et régulier un chef qui garderait un contact constant avec lui, X. — Synodes diocésains de Lwow en 1694 et 1700. L'exemple de Winnicki engagea Jean Sobieski à s'efforcer de faire aller les choses officiellement de l'avant du côté de Szumlanski éga- lement; le roi adressa donc, le 16 novembre 1694, à l'évêque, aux supérieurs de monastères, au clergé, aux nobles et aux bourgeois ruthènes du diocèse de Lwow, une lettre les invitant à se réunir le 26 décembre à l'éghse de la Dormition de Lwow, pour y discuter la question de l'Union ^. Il délégua à cette réunion Christophe Skarbek, 1. Ce paragraphe se réfère à deux reprises au colloque de Lublin : il s'agit probablement de l'ouvrage de Zochowski. 2. Actes de ces assemblées de fin 1694 dans E. Likowski, Geschichte des allmà- ligen Verfalls der unirten Ruthenischen Kirche im XVIII. und XlX.Jahrhundert iinter polnischen und russischen Scepter, trad. par A. Tloczynski, t. ii, Poznan, 1887, p. 285-290. K'O l.IVHt. 1. CUVfl I HK lU «•hef (lu district tivil il»* Ilalitili; il !»• iiiuiiit (i'uri message faisant connaître son désir de voir tous ses sujets professer la iiiAine foi eat}ioli(|ue pour s'unir contre le [léril tiire, et assurant ilans ce cas aux i{utln"nes des [iri\ ilt'-fjes «'t hoiineuis ('«luiN ;ilriif s à ceux ']»m- possédun'Ml l«Mits égaux cal lioIii|ues. La journée du 2(> décembre ayant été remplie jiar la solennité lilurgitpn- «l'oiiNTrl ure, ce n'est (pie le 'Il (pic fut lu ce message; le délégué loyal et ses adjoints furent ensuite priés de se retirer afin (pn- rassemblée puisse ilélibérer en toute liberté. Cela fait, Szum- lanski prit la paidN-. Cette fois, comme il l'avait prédit, il était bien décidé à s'entretenir sérieusement avec ses diocésauis et il défendit chaleureusement les idées contemies dans le message royal. L'assem- blée no se laissa pas convaincre, arguant toujours des objections présentées dans le passé. IjC 28, les délibérations se poursuivirent à la cathédrale S. -Georges, mais n'aboutirent pas davantage à un résultat. Skarbek ayant demandé de se faire entendre, il fiit admis et plaida h nouveau la cause de l'Union; ré\équc de Lwow l'appuya une fois de plus. Mais l'assemblée refusa de le suivre; après une dernière intervention, l'émissaire royal n'obtint rien de plus et il se retira. Le 29, l'assemblée voulut rédiger une réponse écrite au message royal, louant le souverain et son délégué de leur sollicitude et décla- rant envoyer au roi ses propres représentants pour faire connaître son point de vue. Mais Szumlanski s'opposa vivement à ce i)rojet; il (il valoir tpie ni le [>alriarche de Moscou, ni le métropolite dissident de Kiev, ni le {)atriarche de Constantinople n'avaient une aut(jrilé morale suflisante pour réaliser l'unité autour de leur personne et que- seul le pape pouvait le faire; il mentionna l'exemple du diocèse de Przemysl et déclara, jiour sa part, vouloir le suivre. .Mécontents, la plus grande partie de la noblesse et des moines, les délégués de la confrérie stauropégiah' de Lwow et des autres confréries se retirèrent. Szumlanski assembla alors dans une chapelle [dus petite de la cathé- drale les membres du clergé séculier et leur demanda s'ils lui reste- raient fidèles ou non; ils ré[»ondirent allirmativement, mais liieiil valoir la situation matérielle inférieure dans laquelle ils se trouvaient vis-à-vis des moines et des confréries et exprimèrent l'espoir de la voir améliorer par le souverain. Les troubles politiques, la niort et la succession de dean Sobieski laissèrent cette résobili(m en suspens. Ce n'est qu'en 1700 (pi'eut lieu la troisième étape vers l'Union. Le dimanche 25 avril. Szumlanski comoipia le synode diocésain fpii confirma l'adhésion du clergé séculier à Home et envoya l'évèque auprès du nouveau roi Auguste II, pour obtenir le dipNjme garantis- sant les mêmes immunités que celles possédées par le clergé déjà uni SYNODE DE LWOW EN 1700 101 à Rome. Ayant obtenu ce diplôme, grâce à rap[)ui du maréchal de la cour Jablonovvski, l'évècpic Szumlanski fit solennellement profes- sion de foi catholique le dimanche (i juin, entre les mains du cardinal lladziejowski, primat de Pologne, et du nonce apostolique, en pré- sence du roi, du Sénat, et de nombreuses personnalités ^. La confrérie de Lwow, étant indépendante de l'évêque, ne le suivit pas dans l'Union; elle ne devait y adhérer qu'en 1708, moyennant une décla- ration de Clément XI qui la faisait relever immédiatement du Saint- Siège, Denys Zabokricki, évèque séparé de Lutsk depuis 1695, accepta l'autorité romaine en 1702 ^. 1. Les ducumcnLs concernant cette cérémonie ont été publiés par A. Theiner, op. cit., t. IV, n. 7, p. 9-11. — Szumlanski mourut en 1708. 2. Lettre du métropolite ruthène, Léon Slubicz-Zaleski, annonçant ce retour à l'unité {ibiiL, n. 12, p. 17). co NCILES. — XL — 8 — (Il M'ITIU': l\ ARMÉNIENS DE POLOGNE ET ROUMAINS DE TRANSYLVANIE (1689-1714) I. — Synode arménien de Lwow en 1689. En '^91, i'Eglis»» arincniorinc ' coiidamiiu solemu'lii'iiicnt Ir concile 3 (artt* do fondation de 1356, aux p. 41-42); A. l'awinski, Dzicje zjednoczcnia Ormian polskich z Kos- rioleni rzymskiin u- XVI/ w., Varsovie, 1876; T. r.roninicki, Orminnie w Pnlsre, irh historya, /<;ortant d'abord dix pres- criptions non numérotées, puis 124 chapitres, confirmés, moyennant quelques modifications, par Sigismond 1*'' en 1519. Le statut parle du respect dû au rlertfé (c. xui), des monastères (c. lxxxv), des legs à l'Église (c. cxxiii). SYNODE DE LWOW EN 1689 103 nord, à Mohilev. Melchisédech de Garni, coadjuteur de David IV, catholicos d'Etchmiadzin, et en difficultés avec lui, envoie une pro- fession de foi au pape Paul V en 1610, se réfugie à Constantinople puis à Lwow : le siège épiscopal y étant vacant, il en prend l'admi- nistration vers 1622. En 1627, il ordonne comme évêque de Lwow Nicolas Torosowicz; devant l'opposition à l'Union d'une grande partie de ses diocésains, Nicolas n'adhère pas immédiatement à celle-ci. A l'occasion de l'assemblée des évêques ruthènes à Lwow en 1629, le jésuite Bambo a également des conversations avec les Arméniens. Torosowicz fait profession de foi catholique en 1630; il se rend à Rome en 1635; Urbain VIII le reconnaît comme archevêque ayant des sufîragants à Mohilev et Kamienicz et lui donne un évêque auxi- liaire en la personne de Vartan Hunanian, élève du collège de la Propagande et docteur en théologie, sans doute avec l'idée de faire occuper par celui-ci un des sièges sulTragants. Mais Hunanian part en voyage en Arménie et y est retenu prisonnier; Kamienicz tombe aux mains des Turcs en 1672. Les prélats arméniens de Lwow tiendront cependant avec acharnement à leur titre, devenu purement honori- fique, d'archevêque. Les Arméniens dispersés dans le royaume de Pologne continuaient à adhérer difficilement à l'Union. En 1663 le Saint-Siège charge le théatin napolitain Clément Galano, qui avait fréquenté les Armé- niens en Géorgie et à Constantinople et publié un gros ouvrage en trois volumes sur leur Eglise ^, de se rendre à Lwow comme mission- naire apostolique, mais Galano meurt dès 1666. La Congr. de la Propagande avait demandé aux théatins d'ouvrir un séminaire théologique pour les candidats de rite arménien; vers 1685 nous y trouvons comme supérieur le Milanais François Bonesana. Libéré par l'entremise du roi de Pologne Jean III Sobieski, Huna- nian revient pour recueillir la succession de Torosowicz, décédé en 1681. Dès le début, il se montre très actif, mais il est porté à intro- duire des usages latins dans son diocèse et subit fortement l'influence des théatins. C'est sur leur conseil et en leur présence qu'il assemble, sous la présidence du nonce apostolique de Pologne, Jacques Cantelmi, tout son clergé en une réunion solennelle à Lwow, non dans sa cathédrale mais dans l'église arménienne de l'Apparition de la Sainte-Croix, le 20 octobre 1689. Les actes ^ donnent à cette assemblée le titre de 1. Conciliatio Ecclesiie Arménie cum Romana ex ipsis Armenoriim Patruin et Doctorum testimoniis, t. i, Pars historialis, Rome, 1652; 2^ éd., Cologne, 1686; t. II et III, Pars controversialis, Rome, 1658 et 1661. 2. Texte latin des actes, aux archives de la S. Congr. de la Propagande, Scritt. rif. nei Congr., Miscellanea Arment, t. xv, quaderno xx ; publié infra en Appendice. 10'. Il \ i;i < H \ l'i I i; I 1 \ synode provincial, alors (|ii un ici i nm ilr liml sa (lénoiiiinulioii, non (In fail «in'iui jirihcvt^cjiir !<• [ursnlr, mais dr n- «pi il ^rou|M; cfTectivcnienl 1rs év«^ijiii-s iriinc iiM'nir proviin-i-, i •• <|ui nrlail pas h' cas, pnis)|(ii- llniianiaii riail U' seul ôvj'ijiir arinrnicn admise tani ipi il> (Icnieiirenl séparés de Rome. 3. Le clergé passé à l'Union doit donner rexcm{)lc de l'intégrité des mœurs. '^. Les ecclésiastiques venant de l'étranger ne seront admis à exercer un ministère (pic si, après avoir été instruits des choses de ri^nion, ils font la profession de foi [uoscrite par Hom»^ devant l'archevêque et un missionnaire ^. Ils mettront leur signature dans un livre spécial qui sera (conservé au.x archives. On agira de même avec les laïques. n. Les curés devront rassembler le dimanche la jeunesse des deux sexes, au son de la cloche, pour lui faire le catéchisme. C). ('eux qui ont professé la foi catholi(|ue et passent ensuite au schisme subiront toutes les peines prévues contre les relaps. 1. Sur lis trilii|iirs drja fnrmiilors nu xin*" s. rn n'en fera d'ailleurs pas d'autres sur les adultes. 4. Les rites qui suivent les onctions seront observés *. 5. Les simples prêtres peuvent conférer la confirmation '". Demande au Sainl-Sièf;e de sanctionner ce pouvoir de son autorité. Quoique la confirmation suive immédiatement le baptême, les deux sacrements sont cependant distincts. Le chapitre iv s'occupe de l'eucharistie et de la messe. 1. De l'eau doit être ajoutée au vin du calice '. 2. 1 )eniande h la S. Congr. de la Pro{>an;ande d'iinj^rimer un missel arménien. 3. A partir de la parution de celui-ci, j'eniploi de missels manu- scrits sera interdit '. 4. Ceux qui introduisent des cliaiif^enjenls dans le texte mi les cérémonies de la messe sont excommuniés ipso facto. 1. Le synode n'indique pas auflisamnienl ijin- cette derni»To rlniise n'est \>n^ une condition do validité de la bénédiction. 2. Le synode déclare ne pas conii;iître celles employées p.Tr \<- jiatriarche arménien d'r*!tchmiadzin. 3. Comme le faisaient les Armi'iiii-im séparés, i\\u' (iésa|>priMi\'e (inlano. '». Ils correspondent à ceux c^ui terminent l'administration du La[>t»'rne dans le rite latin, notamment la tradition du vêtement blanc et du cierge. 5. Le synode se réfère atix Décrets pour les Grecs et les .Arméniens du conrile de Florence. 6. Contrairement à l'usage très ancien des Arméniens séparés. 7. Le syno«le s'appuie sur l'expérience acquise, du fait que les corrections exé- cutées par le P. Calano sur les manuscrits n'ont pas été maintenues et suivies partout. SYNODE DE LWOW EN 1689 107 5. Des prêtres arméniens ne peuvent célébrer dans un autre rite ^ qu'à une distance de six milles d'une église arménienne, lorsqu'ils n'ont pas de servant connaissant le rite et de missel arménien ^. 6. Sauf dans cette circonstance ^, ils donneront toujours la com- munion sous les deux espèces. 7. Les curés dénonceront les fidèles qui ne font pas la communion pascale à l'Ordinaire du lieu; celui-ci prononcera contre eux l'excom- munication. 8. Demande à la S. Congr. de la Propagande d'étendre le temps pascal du i^'" dimanche du Carême au jour de l'Ascension, à cause des voyages d'affaires souvent entrepris par les Arméniens. 9. Les enfants n'ayant pas l'âge de raison et les déments ne com- munieront pas, même en viatique. 10. Mais ils peuvent être bénis à distance avec les saintes espèces *. 11. Les hosties seront de pure farine, sans levain et suffisamment cuites. 12. Le prêtre, ayant surplis et étole, portera la communion au malade SOUS' un petit baldaquin, annoncé au son d'une clochette et entouré de lumières; les indulgences, pour ceux qui l'accompagnent, seront publiées ; tout le nécessaire sera préparé dans la chambre du malade ^. 13. Après avoir touché le Saint-Sacrement, tant à la messe qu'en d'autres occasions, le prêtre doit se purifier le pouce et l'index. 14. Il est interdit de célébrer la messe dans les maisons privées *. 15. Dans toutes les églises paroissiales l'eucharistie, le saint chrême et l'huile sainte" seront conservés sous clef; le curé détiendra celle-ci. 16. Une lampe brûlera devant le Saint-Sacrement. 17. Les intentions de messe doivent être acquittées dans les deux mois, sauf désir exprès de plus grande urgence. On ne peut satisfaire par une seule messe à plusieurs intentions *. 18. On demandera au Saint-Siège s'il faut ajouter quelque inser- tion au symbole pour être en conformité avec lui ^. 1. C.-à-d. dans le rite latin. 2. Certains prêtres célébraient la messe latine dans n'importe quelle église latine. Le principe du biritualisme n'est cependant pas supprimé. 3. Cette précision n'est pas explicitement faite, mais ressort du canon précédent. 4. Cf. supra, c. ii, can. 5. 5. Ce canon s'inspire des dispositions du rituel romain. 6. Ce canon se réfère au concile de Trente (cf. sess. xxii, décret sur la célébra- tion de la messe). 7. Le synode vise sans doute à la fois l'huile des catéchumènes et celle des infirmes. 8. Ce canon se réfère aux décrets du Saint-Siège (cf. les propositions 8 et 10 condamnées par le S. Office le 24 sept. 1665). 9. Il s'agit du Filioque, qui sera plus tard inséré dans le symbole. 108 I.IVnE I, CHAPITRE IV Le chapitre v parle de la pénitence. t. Doctrine catholi(jue concernant ce sacrement V 1. La contrition peut «^tre parfaite ou imparfaite -. il. l^'accusation des fautes doit t^lre privée et c<»mprendre tous les j»écliés coMimis personnelleineiit ; il ne faut pas cpi'un nu plusieurs pénitents se hornent à réciter une listi- Je Iniis les péchés et à s'en accuser ^. K DescripI iun des prières d'absolution*. f). (Ihaciiii doit se confesser au moins une fois l'an, in \ m- ijf la communion pascale. eux qui agissent autremcnl. 1. ('•*• ration so réforc aux coiirili's i-l ;im\ l'/ns: il -.'insiiii'' ru [.;irlii' iln ti\li- trulentin, srss. xiv, c. u ft ni. 2. Ce canon se réfère an conrile di» 'Ironie ft ein|iruiilt' <|iirli|iics pxpn-ssiiins au c. IV de la scss. xiv. 3. Di' teilt's accusa lions pénéraies et |iul)li<]ues ('lairnl en visajif ciicz les Armé- niens 8é[>arés, ainsi «jue le dit Cîalano lo/i. vil., l. ni, |>. ('.1.'j-(iir>l, iju»* le synode cite en partie loxtufIlfin<'nt sans !•• ii<>tniii<-r. ft. Klles sont très scniblaltlts à celh'S ilc l'E^disf latine, à laqui-ll'* <'li«'S ont été empruntées au temps des croisades: elles sont demeurées en usa«r«' mal^rré les nouveaux schismes. Klli's comprennt-nt un Minrreatur, un»' aiisolution des cen- sures el une formule indicative d'alisniulioii des pi'-chrs :ni nom lii- la 'Iriiiili'-. fi. {'A. sess. XIV, c. VIII. 6. L'archev»*que Ilunanian accordait jiiS(ju'alors trop facilfiiKiil la jiiriilirlion (cf. infrn, c. vu, oan. 8). 7. .Jusqu'alors les [>rètr<'s latins prétendaient pouvoir absoiulrt- 1rs .Xrinéniens el les prêtres arméniens les Latins. Ainsi que le Saint-Si«'fre le fU n-marquer, le curé arménien, pour autant qu'il s'agirait «l'une véritaMe concession de juridic- tion au |irèlr<' latin, ne |ionrrait atrir qu'en vertu d'une délétration «le son ( Jrtli- naire. SYNODE DE LWOW EN 1689 109 Le chapitre vi met en valeur le sacrement de l'extrême-onction, totalement négligé par les Arméniens séparés. 1. L'extrême-onction est un véritable sacrement, que les prêtres administreront seulement aux fidèles en danger de mort. 2. La matière du sacrement n'est pas le saint chrême, mais l'huile d'olive bénite par l'évêque. Tous les sens doivent être oints : les yeux, les oreilles, les narines, la bouche et les mains; l'onction des pieds et des reins n'est pas absolument nécessaire el ne sera faite qu'aux hommes. 3. La forme du sacrement est semblable à celle de l'Kglise latine, mais l'invocation de la Trinité sera ajoutée lors de la dernière onction. 4. Ce sacrement doit être administré seulement aux fidèles en danger de mort, sauf aux enfants n'ayant pas l'âge de raison, et donc pas à ceux qui sont bien portants, ou non mortellement malades, ou décédés. 5. Le sacrement ne peut être conféré qu'une fois au cours de la même maladie, mais il sera répété lors d'un nouveau mal mortel. 6. C'est une erreur d'oindre les cadavres de prêtres ou de laïques ^, 7. L'usage observé le jeudi saint, après le lavement des pieds des clercs ou des fidèles, de faire des onctions avec de l'huile, du beurre ou un aulie onguent^ doit être supprimé, de crainte qu'on n'y voie un rite sacramentel. Le chapitre vu disserte assez longuement sur le sacrement de l'ordre. 1. Les cérémonies des différents ordres ont été reprises aux latins "; par conséquent, la tradition du pouvoir de remettre les péchés doit être transposée à la fin de l'ordination, après la porrection du calice contenant le vin et de la patène; en outre, la formule de cette por- rection doit être corrigée de façon à la rendre semblable à celle de l'Église latine *. 2. Les candidats aux ordres sacrés doivent faire la profession de foi selon le formulaire de la Congr. de la Propagande; lors de la prê- trise, ils promettront obéissance à l'archevêque et à personne d'autre, 1. Praliqiie parfois suivie par les Arméniens séparés, spéeialemeiit en faveur des prêtres décèdes (cf. (lalano, op. cit., t. m, p. 631). 2. Jbid., p. G47. 3. Au temps du pape S. Grégjoire, dit le synode, en reprenant une assertion courante chiez les Arméniens, que reproduit Galano [op. cit., t. m, p. 651). Si elle est exacte, il ne pourrait s'agir que du pape Grégoire VIT, car les cérémonies arméniennes de l'ordination sont celles de pontificaux locaux assez tardifs «'l comprennent la porrection des instruments. 'i. Le synode invoque ici explicitement l'autorité de l'ouvrage cité de Galano prônant ces changements. 110 LIVRE I, CHAPITHE IV puisque les prêtres arméniens catholiques de Polof^ne n'appartiennent pas à l'ordre inona8li(|ue. 3. (^uoiqtie le rite arménien ne cormaisse pas les interstices ', ils seront observés désormais, sauf si l'Ordinaire du lieu en a dispensé pour une nécessité raisonnable. K Jus(|n'ic'i il n'y avait pas de titre oanoniqur, et les clercs devaient souvent exercer un im-lifr ou un cnuimerce pour vivre. Personne ne pourra désormais être promu sans avoir un des titres admis par l'r'fîlise romaine : patrimoine, bénéfice, titre de tiiissiun, mi do pau- vreté s'il s'afiit de relij^Mcux *. f>. Les candidats maries f(ui seront (b'-sormais ordonnes prêtres devront s'abstenir de l'acte conju^jal au moins pendant les trois jours qui précédent et qui suivent la célébration de la liturgie. Ils ne pour- ront avoir accès à une dignité ou à une charge d'âmes qui comjiorte une célébration plus (ju'hebdomadaire ; ils ne recevront pas les pou- voirs de prêcher. Ils ne seront dès lors ordonnés que s'ils ont un [)atrimoine suflisant {)our faire vivre toute leur fannlle, indépendam- ment de la nomination h un bénéfice simple ou de font autre revenu ecclésiastique. 6. Les prêtres célibataires auront toujours préséance sur les prêtres mariés, même s'ils sont plus jeunes et d'ordination plus récente. 7. Toutes les irrégularités, suspenses, interdictions, de recevoir et d'exercer les ordres en vigueur dans l'Eglise latine sont acceptées; nous demandons h la S. Congr. de la Propagande de ne pas devoir observer celles qui existaient autrefois ^. 8. L'examen nécessaire pour recevoir les ordres ou les pouvoirs de confesser sera passé devant l'archevêque, éventuellement l'ofTicial, et les missionnaires; l'avis de ceux-ci sera prépontlérant. Le chapitre \ni donne certaines précisions au sujet du droit matrimonial. \. .Min de sortir de l'incertitude existant au sujet de ce droit dans l'Lglise arménienne, tous les décrets du concile de Trente concernant les fiançailles et le mariage sont acceptés et seront observés. 2. Si pendant un certain temps on n'a plus eu de nouvelles d'un 1. L»>8 ordomit^s exerçaient cependant Iiiirs nouvelles fonctions pendant plu- sieurs jours aprôs l'ordination. 2. Ce dernier titrr ne pouvait être d'usage dans le diocèse arménien de Lwow, ainsi qu'il ressort du ran. 2, mais est indiqué simplement pour que l'énumération soit complète. ^. lue liste ;issr/ i-iiriruso dr celles-ci figuri', aux archives de in S. Congr. de la Propacande, dans If même dossier que le concile. SYNODE DE LWOW EN 1689 111 conjoint emmené en captivité \ après toutes les enquêtes nécessaires on suivra les règles fixées quant aux secondes noces par les papes pour la Pologne. 3. Les unions entre un baptisé et un infidèle sont invalides. 4. Avant de permettre le mariage d'un inconnu, on enquêtera sur sa personne et sa condition de citoyen libre. 5. Une triple publication préalable des mariages aura lieu aux jours fériés; il n'en sera dispensé que pour motif grave. 6. Les mariages se feront devant le propre curé et au moins deux témoins; ils ne seront plus célébrés dans les maisons particulières. 7. Le mariage avec une partie hérétique ou schismatique ne peut avoir lieu que pour de justes causes, qui seront examinées par l'arche- vêque, et moyennant engagement public et authentique d'élever les enfants des deux sexes dans la foi catholique. 8. Afin de garantir la liberté des unions, l'official ou le curé inter- rogera seul à seule la future épouse au sujet de son libre consentement. 9. De même, deux juges ou deux anciens au courant des liens pouvant exister entre les familles arméniennes enquêteront en pré- sence de l'Ordinaire du lieu ou du curé au sujet de la consanguinité et de l'affinité. 10. Les dispenses de mariage seront demandées à ceux qui, en vertu du droit ou par privilège, peuvent les accorder; elles seront toujours gratuites. 11. Ni le curé ni quelqu'un d'autre ne peut exiger quoi que ce soit à l'occasion de l'administration des sacrements. 12. Le mariage consommé est indissoluble quant au lien; la vie commune peut être rompue pour des causes prévues par le droit. 13. Le mariage non consommé est dissous même quant au lien par l'entrée spontanée en religion d'un ou des deux conjoints. 14. Les secondes et ultérieures noces sont valides et licites. 15. Le curé ou, dans l'église cathédrale, un prêtre désigné à cet efîet, tiendra le registre des mariages. Le chapitre ix traite des livres et fêtes liturgiques. 1. Les livres liturgiques seront révisés par des personnes autori- sées, puis présentés à l'examen de la S. Congr. de la Propagande afin d'être im.primés par elle et ensuite employés à l'exclusion de tous autres. 2. On observera pour la fête de Noël et celles qui en dépendent les I. Le concile arménien de Dvin, en 645, indique la captivité depuis sept ans oomme une cause de divorce. ■ — Il arrivait encore assez fréquemment que des Arméniens tombés aux mains des Turcs ne donnaient plus signe de vie. 112 I I \ m I. «Il M'i lin. i\' dates imposées par !«• Sainl-Sièpjc ' ; [)onr N- ifstf mi |)(iiiit;i >-iiivrf l'ancu'H calt'iulrier ariiHMuni. .!. I .r iiiarlN loloi;»' s»Ma dispose dr f;i»;()ii à iiit'iit hiuimt 1rs saints :iii jDiii- iiiriiu' où leur fi'^te lit iir^i«pit; est célélirt'f. ■\. Les ft'^tes (le précepte sont, outre celles tloul la tlatc a été fixée pai le Saint -Siépe, les suivantes : trois jours à l*à(jues et à la Priite- côle, rAscension. 1' I n vent ion et l' l'.xalt a I iun dr la ( .rui\, 1' \ pparitioii de la ("loiN m Arménie, la Transli;,nirat ion. lit fête des saints \[iôtres Pierre et l'aul. de S. Liieniw. de S. .leaii rKvan<^'éliste. «le la heseente eiidanl l'année demeurent en vijîueur ■*. L'altstinenee de \iande et de laita^i; est tislf. la Ndi-I, la ( iirruiirision, l'Kpi- pliaiiif, 1,1 l'ui i iit'.'il imi, Ifs tnènns datfs (|ut> Iti^lise riirn.iint', «'I la Caiiipr. df la l'ri>[ia;.'anili' ra|>|>cl.T à |>!usicnrs ri'|irisrs relie (dili^al iciii. I.es autres f (ibli^.ntiiui'i, nr peut être force h faire des leps à lYplise. 2. Le synode désirait t\UQ l'église cathédrale eût léquivalent des chapitres de rite latin. La dignité de prévôt mitre sera instituée par le Saint-Siè;;e en 1886; le chapitre ne sera reconnu {>ar lui <|u en I8'J6, sans autres dignitaires. SYNODE DE LWOW EN 1689 115 2. Les églises de la Sainte-Croix et de S. -Jacques sont des bénéfices sans charge d'âmes, mais leurs desservants doivent célébrer les messes qui y ont été fondées. Le chapitre xvi rappelle l'obligation des réunions sacerdotales dites « cas de conscience ». 1. Conformément au décret de la S. Congr. de la Propagande, elles auront lieu au moins deux fois par mois; les missionnaires les dirige- ront, tous les prêtres devront y être présents. 2. Elles se tiendront dans une dépendance de la cathédrale, le cas à discuter sera toujours annoncé à la réunion précédente. 3. Une seconde absence sera punie d'amende; une troisième de suspense pendant une semaine. Le chapitre xvii parle du tribunal épiscopal. 1. L'archevêque ou l'official auront comme assesseurs un des mis- sionnaires et des dignitaires du diocèse. 2. Le notaire devra être un ecclésiastique de mœurs intègi'es. 3. Liste des taxes que le notaire peut percevoir. Dimissoires et testimoniales d'ordination doivent toujours être gratuites. 4. Le notaire aura également la garde des archives. 5. Les juges appliqueront plutôt le droit commun de l'Eglise romaine que les lois et coutumes particulières. 6. Aucune censure ne sera infligée sans une triple monition préa- lable. 7. Demande d'intervention à la S. Congr. de la Propagande, afin que la juridiction sur tous les Arméniens du royaume de Pologne et de Lithuanie, même s'ils se trouvent là où il n'y a pas d'église ou de chapelle de leur rite, ne soit pas entravée par les prélats latins, et afin que les excommunications prononcées contre les Arméniens soient également publiées et observées par les Latins. 8. Appel d'une sentence du tribunal épiscopal pourra être fait auprès du nonce apostolique. Le chapitre xviii concerne la visite du diocèse. 1. Elle aura lieu au moins tous les deux ans par l'Ordinaire ou son délégué. 2. Le visiteur n'aura avec lui que les compagnons strictement requis; si ce n'est pas l'évêque lui-même, la visite se déroulera sans faste. Le chapitre xix s'occupe des moniales arméniennes. 1. Demande à la S. Congr. de la Propagande d'approuver qu'elles suivent la règle de S. Benoît, avec les constitutions des bénédictines llfj 1. 1 \ Kl CHAPITRI: IV (Je l*olo{;iic l'I iiin\ rtitiant 1rs ;iilii|ilali(»ns fuilrs par !«• F'. Rdiicsana. '2. L«'s moniales snoiit sons r;srui oirlinaiic et nn i(tnfj>senr r\l r;*iii(iinai(r. II. — Envoi do8 décrets synodaux à Rome. Le fliapilr»' w il «Irniirr tlr> tiriicis synodanx s'in<|nièle do rol)S('rva(ion de iciix-ci. I. I.a cliar^»' *{'\ veillci i-.! ((»nrn''r an\ nùssionnairrs. J. I )r MirTne que rai(ln'\ t'i|ue préscînl a accepta d'oltst-rx ci i i-s iliMTets. ses snccesscurs (levrcuit s'y engager par nn serment piildic devaiil If rlcr<^«''. a\aiil dt- |piciidie possession dr li-iir cliari^e. .'>. Les décrets ne scrniil pas piiltln's a\;iiit leur examen et leur npprohation par la S. Cnn;,'!'. de la Propa^jantle. liic ^ii[)plii|nc fut adressée à la S. ('o!i^r. (\\- la l'riipa<^ande ', rcjtrenanl dans le nicme ordre et en des terme"» analofjuo trci/.c demandes déjà exprimées par le svîiode '. I décrets et supplique fuient examniés à Home; les aichives tic la C-onpr. iij;r. il<' la rrn|»a;.'aiiilr, ( iiii'^r. l*itrt. tliill' (inno I6S0 sinn ni 1697, Hiillirni, Olitndn. linhilnnin, ('ir^'iiln, Annriii. Drluin, I. XXIX, fol. r..'l '.-(•):{.".. •J. III, ."j; IV, 2, 8, 18; v, H»; vu. S: i\. I : \. 1: m, C; mm, I : \iv, I -, wn. 7; XIX, I. y. I.lli> l'urlriil uiif fiilii»liilitiii sipaii-f. Aux fol. I G m- troiiM- mu- l'niniirf série «le rriliquos; aux fol. '.I-I7. iiiir réponse n ces criliipirs ou tléfcnsp du synode; aux fol. 19-23, uiiP réplique à cetlp réponse, roiifirmaiil prosqu»» louteo les pro- mirros rriliquos. Los fol. 7 cl 2^) rrproduisoul inio iiièmc sério rdr<'s pxislaiit aiicioniieini'ui clir/ 1rs AnnénitMis. 'i. Cf. I. 'i; V, *.»; vil, 8; m. 1. '.>: wm, I : \i.\. 1 : w, 1. .">. (]f. I, 7 : II, 8; iv, 'i. 6. La prc-inii-rc sério de criliqurs et la n-pllipir filiale adiiiel leul mèiiie la rominunion de» enfants après le baptême, que le s_n mule avait rejelée (ii, 5) et que le Saiiit-Sièpe lui-rnème s'était d'ailleurs toujours efTorcé «le faire dispa- raître dans les autres rites. l'union chez les roumains 117 la S. Congr. de la Propagande n'était pas requise; quant aux treize demandes formulées par lui, Rome en rejeta quelques-unes ^ et accéda à quelques autres, notamment au maintien du pouvoir de confirmer des prêtres et à la concession de la règle bénédictine aux moniales arméniennes. Si le synode arménien de 1689 mérite en effet quelques critiques, il raffermit la cohésion du diocèse, centré tout autour de la cathédrale et d'un clergé uniquement séculier et paroissial; il accentue le retour définitif à l'Union d'Arméniens toujours plus nombreux en Pologne. Il gagne aussi un certain crédit du fait que, dans les groupements de catholiques arméniens qui se formeront, une telle assemblée légis- lative n'aura pas lieu avant 1850. Au Liban, un petit groupe de clergé et de fidèles favorables à l'Union se choisiront en 1740 un patriarche, et en 1759, un vicaire rituel arménien, soumis à la juridiction du vicaire apostolique latin, sera établi par le Saint-Siège à Constan- tinople. III. — Acceptation de l'Union chez iee Roumains aux synodes d'Alba-Julia de 1697 et 1698. Le ben vital entre les Roumains a toujours été leur langue qui, comme leur nom le dit, est un héritage de leur romanisation au der- nier siècle avant J.-C. et aux deux premiers de notre ère. Les Rou- mains connurent toute sorte de régimes étrangers et très peu d'années d'autonomie politique; ils ont subi l'influence religieuse des Byzan- tins, des Bulgares, des Serbes, et ont adhéré ainsi à des hiérarchies séparées de Rome, tout en ayant parfois quelque rapport avec le Saint-Siège; ils vécurent ensuite sous le régime turc. C'est la lutte contre les Turcs qui amène en 1690 l'empereur du Saint-Empire germanique, Léopold I^, à conquérir la Transylvanie ^ et à faire occuper le pays par ses troupes. Les aumôniers militaires étaient des jésuites. Celui d'Alba-Julia, le P. Ladislas Baranyi ^, non seulement s'occupa des catholiques latins, mais aussi acquit les bonnes grâces de l'évêque orthodoxe de rite byzantin de l'endroit ^, Théophile Szerémi ^. 1. Cl. XIV, 1. 2. L'Ardcal, dans le langage populaire roumain. 3. Né à Jaszbereny (Hongrie) en 1657, entré à la Compagnie de Jésus en 1674. 4. Selon une coutume fréquente dans l'Eglise orthodoxe, il portait le titre d'archevêque, sans avoir de suffragants. 5. On consultera, pour l'époque étudiée dans ce chapitre, l'art, de C. Koro- levskij, Athanase Anghel, dans Dict. d'hist. et de géogr. ecclés., t. iv, Paris, 1930, col. 1352-1363, et la bibliogr. y indiquée. CONCILES. — XL — 9 — 1 IK LIVHE I, Cil AIM 1 Kl IN La reli<^i<>ii (utlutduxe iic fut pas ulitcirlU'ini'iit n>t*oniui(> par les Ilabshourgs '; v.i\ llortf^rio nous r;ivoiis vu K-s pirln-.s lulhf'iu'S passés à l'I'uilé rotnairir avaient ol)tiMUi les mr'iiu's pii\ ilèj^cs ipie les pn'lres lutins '; le P. Haranyi sut hahilcnicnt faire i!>pérer (pie les N'alaques nu Mouinains «pii aecepleraiitnl I Tnion seraient Irailés de la Mlt"^ine farnii. Les proli)pr<^tres ^ du diueèse d" \ll>a-.liilia a\aietil l'Iialiil mie de se réunir iliatpie année en synode, sous la présidence «le leur éAè«juc, en sa résidence du nionaslèro 7n-07'J, et dans .N. Niiles, SifiiihoUc nd lUustraïulani lu. •florin m l-^crlrsin- nrirutnlis In lirris rnrnnu' S. SUphani, t. i, Innshruck, 1885, p. 165-169. 5. L'intervention du P. Haranyi n'est pas indi(|uée dans le compte rendu de cette seconde session du synode, mais dans une histoire manuscrite de la rési- dence jésuite «l'Alba-.îulia (cf. Niiles, loc. cit., \). 163). SYNODE d'aI.BA-JULIA EN 1697 119 puisqu'il allait être traité sur le même pied que ses collègues latins, cette charge incombait désoirnais à l'État. Une troisième réunion du synode s'occupa de quelques questions matrimoniales et contentieuses. Le 31 mars 1697, l'évêque Théophile publiait un décret ^ en son nom et au nom de tout son clergé, par lequel il reconnaissait les quatre conditions de l'Union acceptées à l'unanimité lors du synode, et dans lequel il demandait à l'empereur les mêmes privilèges pour ses prêtres et ses moines que ceux dont jouissaient les ministres des cultes reconnus ^; l'érection d'un presbytère dans chaque paroisse; la nomination des curés par l'évêque et non plus par l'autorité laïque. A en croire le décret, ces deux dernières demandes auraient également été arrêtées au synode. Le décret fut envoyé à Léopold Kollonich, devenu primat de Hongrie et cardinal ^, qui était intervenu dans l'union des Ruthènes de Hongrie. Douze protoprêtres n'avaient pas assisté au synode; ils signèrent une lettre latine au cardinal, datée du 10 juin, dans laquelle ils adhéraient à ce qui avait été décidé à l'assemblée "*. Une vive opposition se dessina contre l'évêque Théophile, de la I^art de l'archevêque orthodoxe de Bucarest, Théodose de Vestem. Mais Théophile mourut peu de temps après. Le clergé du diocèse d'iVlba-Julia, qui choisissait lui-même son évêque, se rallia à la candidature d'un jeune prêtre, Anghel Popa. appuyée par de puissants et riches protecteurs. Selon une coutume en usage, Anghel reçut l'habit monastique sous le nom d'Athanase, puis fut ordonné évêque par des prélats orthodoxes à Bucarest, au début de 1698. Pour obtenir la confirmation de sa nomination par la cour de Vienne, il fit connaître au cardinal I^ollonich son désir d'adhé- rer à r Union ^. Le 14 avril 1698, la chancellerie de Vienne publia une résolution de principe, qui accordait aux prêtres valaques de rite grec les mêmes immunités qu'aux prêtres latins, pourvu qu'ils se déclarent catho- liques et reconnaissent l'autorité du Souverain pontife. Ceux qui passeraient à une autre religion déjà reconnue jouiraient du même statut que les ministres de celle-ci *. Une lettre du 2 juin du cardinal Kollonich précisait que, dans le premier cas, les prêtres devaient faire 1. 1"oxte latin, ibid., p. 169-170. 2. Le décret donne aux unitariens le nom d' « ariens ». 3. Le Sainl-Siège fut averti par une lettre du nonce de Vienne du '21 avril 1697 (archives de la Propagande, Atti del 1697, fol. 175, v°). 4. Nilles, loc. cit., p. 171-174. 5. Il ne semble pas qu'il fit une profession de foi proprement dite. 6. N. Nilles, loc. cit., p. 195. 120 LIVRE I, CHAPITRE IV profession de croire tout ce qu*adnicttuit ri^i^lise loinuiiie et accepter explicitement les «juatre points prévus autt-rieurenuMil '. Au mois (le juillet, le lujuvcl évt^(|ue Athanasc (ouvinjua le sn notle diocésain annuel pour le mois d'octobre. L'asscmMée s'ouvrit le 17 de ce mois, en présence du P. Haranyi. Athanase avait préparé une déclaration générale d'acceptation de ri'nion sous la condition sine qua non que le diocèse garderait son évé«jue (non encore confirmé à Vienne jusqu'alors), son calendrier, ses usages, et que le clergé pourrait élire, h chaque vacance du siège, le candidat qui serait confirmé j)ar le jiape et par remjiereur ^. Le P. Haranyi trouva que la formule n'était pas assez claire sur la (juestion de l'Union, mais était, trop explicite sur les autres. Il fit adopter un décret d'acceptation des quatre points et de tout ce que croyait l'Hglise romaine, comme le demandait l'empereur. Ce décret fut rédigé en rounuiin et en latin ', au nom de l'évéque, des protoprétres et du clergé du diocès»*. Il est daté du 7 octobre (vieux style), muni de la signature, du sceau de trente-huit protoprétres, et de la transcription de leur nom en carac- tères latins; ensuite, nous trouvons cette note manuscrite, munie du sceau de l'évéque Athanase : « Nous avons conclu l'Union à la condition (jue notre religion, le rite de l'I^^glise, la liturgie, les jeûnes et toute notre organisation demeurent intacts. Si ces choses ne sont pas observées, que nos sceaux soient également sans valeur. Que notre évêque Athanase demeure sur son siège et que personne ne lui cause du trouble '*. » Façon bien étrange et intéressée, de la part de l'évéque, d'adhérer à l'acte d'Union. Les prêtres du diocèse eurent à ratifier la profession de foi du synode. 'Après celui-ci, Athanase écrivit à l'empereur ^, au cardinal Kollonich ^, au nonce de Vienne et au comte Kinski, chef de la chancellerie ', pour obtenir le diplôme d'immunité pour lui et son clergé. 1. Colleclio Laceiusis, t. vi, lol. 'J6'J-y70, el Niiles,, h,, cil., |.. Iî)6-198. '_'. Texto roumain et latin dans Nillrs, lor. cit., p. 203-120.5, 208. .{. Ihid., p. 205-206, 209. \. Ibid., p. 207, 210-211. La si;;nntnro <1 .Vthanasc ne li^;iirp ]<:\< sur !'• «I.m ii- nicnt el on \v lui reprochera plus tard [ibid., p. 262). 5. Te.Kte latin dans Colleclio f.ncensi.s, t. vi, cul. 973, et Nillrs, loc. cit., p. 20<>- 201. Il n'est pas daté et attribue au synode la date du 2'» oct. Nillcs veut y vciir |p moment on fui terminée la pn-station de serment des ^)rètres. Nous croyons qu'il s'agit ici du nouveau style, ipic nous verrons Athanase employer en 1699 d.tns ses lettres adressées à Vienne. Lf 2'i oct. pourrait alor.< étro \n date de clA- ture du synode, (|ui aurait duré sept jours. 6. Texte latin dans CoUect. Lac, t. vi, col. 973-974 (avec la date du 26 no- vembre), et dans Niiles, loc. cit., p. 213 (avec la date du 16 nov.). 7. Texte latin de ces deux lettre», datées du 27 nov., dans Nillcs, loc. cit.. p. 214-215. SYNODES D ALBA-JULIA EN 1699 121 « IV. — Les deux synodes de 1699. Le diplôme d'immunité aux personnes et aux biens ecclésiastiques du rite grec uni fut accordé par Léopold I^'* le 16 février 1699^; le 29 mars, le gouvernement provincial de Transylvanie adressa à l'évêque Athanase une instruction concernant son application ^ : l'immunité des impôts et autres charges valait seulement pour un prêtre par village, ou deux pour les centres plus importants, et non pour les autres habitants du presbytère; elle ne concernait que le prêtre qui habitait le fundus ecclesiae, et non celui qui demeurait sur les terres d'un seigneur; de même, le prêtre qui cultivait d'autres terres que celle du fundus devait payer pour elles les redevances ordinaires. Cette interprétation restrictive avait pour but de faire diminuer le moins possible les revenus du fisc. C'était l'habitude du pays qu'un acte pubHc, destiné à un corps social, fût remis au cours d'une assemblée de celui-ci par les manda- taires désignés à cet effet. L'évêque Athanase assembla donc le synode diocésain. Il s'ouvrit le 20 mai 1699. Le comte Etienne Apor et le P. Baranyi remirent solennellement le diplôme d'immunité à l'assemblée le 24 mai. Le 29, Athanase écrivit à l'empereur et au cardinal Kollonich pour exprimer ses remerciements et ceux de son clergé ^. Le lendemain, il adressait une seconde lettre à Kollonich * pour lui faire savoir que le synode avait décidé qu'il se rendrait personnellement à Vienne avec deux protoprêtres, pour présenter ses hommages au souverain et au cardinal. En réalité, Athanase sentait que les autorités provinciales et les grands propriétaires calvinistes locaux, par jalousie ou par intérêt, étaient hostiles aux nouveaux privilèges de son clergé; il savait que sa personne était également mise en cause et que la confirmation de sa nomination par l'empereur était toujours en suspens. Mais les oppositions locales s'accentuèrent au point de retarder son départ. L'assemblée des États de Transylvanie, réunie à Alba- .fulia en septembre, prit également acte du diplôme d'immunité : 1. Collect. Lac, t. vi, col. 973-976, et Nilles, loc. cit., p. 224-225. Ce diplôme mentionne non seulement les Valaques, mais aussi les Grecs et Ruthènes, aussi bien de Hongrie, Croatie, Slovénie que de Transylvanie. Il exige la croyance à tout ce qu'admet l'Église romaine et en reprend les quatre points principaux. 2. Texte hongrois et traduction latine dans Nilles, loc. cit., p. 227-229. 3. Texte latin des deux lettres dans Collect. Lac, t. vi, col. 976, et Nilles, loc. cit., p. 231-232. Elles sont datées dans le nouveau style, ainsi qu'il ressort de la concordance de la date du 24 avec celle indiquée par les lettres du comte Apor et du P. Baranyi rendant compte de leur mission {ibid., p. 229-231). 4. Texte latin dans Nilles, loc. cit., p. 270-271. 122 LIVKE I. CHAl'IIUl, IV elle fit sienne les restrictions édictées par l'instruction du 29 mars et en ajouta d'autres; elle exigea notamment que l'évi'^cjue n'ordon- nât (|ue des candidats (|ui auraient subi un examen non seulement devant des prrtres roumains, mais aussi devant It^s ministres de la relij^i(»n à laquelle ils déclaraient, s'unir '. Ces décisiorjs devaient être remises à une assenihlée du clergé roumain, [jar des délégués des quatre cultes reconnus. Athanase assembla donc un second synode. Le 20 septembre, l'assemblée reçut communication des décisions des Mtats et remit une première })rotestation contre l'hostilité (jue celles-ci laissaient deviner; après en avoir délibéré |)er)d:int pluMcurs jours, elle rédigea, le 30, une seconde protestatioîi, <|ui déclarait ces décisions contraires au diplôme «l'immunité il ne voulait reconnaître (jue celles de l'empereur et du cardinal Kollonicli -. (,elui-ci rendit son avis le 7 février 17(1(1 : il faisait l;i juste part des choses ■'. rimmiinité vau- drait pour tous les prêtres qui [tasseraient h ITnion, mais on n'or- donnerait plus que ceux strictement nécessaires au service du cidte: par conlr»;, d admettait (jue les prêtres hitiiis yiarticipass^rit aux jnr\s d'examen des ordinands. V. — La grande assemblée de 1700. Bien ((u'il ne fût toujours point confirmé [»ar l'empereur dans sa dignité épiscnpale, Athanase fit avec le I*. Maranyi la visite de son diocèse, afin de défendre et de promouvoir [lartoiil j.i cause de l'Union. Il voulait en efîet réunir un synode qui dépasserait le cadre des assemblées ordinaires de ce genre; non seulement il y convoqua les protoprétres avec deux prêtres de lenr distriit, mais aussi trois délégués laïques jiar village. Cette solennelle assemblée se réunit le 15 septembre. Les prolo- prètres de r>^i districts répondirent à l'appel. La question de l'Union fut discutée, (pielrpies hésitations furent \aincues. Le lendemain. 1. .\rt. 2 d'une résolution en sept points, publiée m texte hon(;rois et trad. latine dans Collect. Lac, l. vi, c<>|. 977-078, et. en frai! latine seulement, dans Nilles, loc. cit., p. 235-238. 2. Texte latin des deux (trotestations dans Nilles, loc. cit., p. 240-2^1 2; île la deuxième seulement, dans Collect. Lac, t. vi, ccd. 978-979. l'n l'absenre d'ins- tructions de l'autorité ecclésiastique, le clcrpé latin prit prétexte de son ipnoranre du roumain et de son petit nombre pour ne pas accepter de prendre part aux jurys d'examen (Nilles, loc. cit., p. 242-24'»). 3. Sa résolution latine libid.. p. 238-2'iU) ré[ionil point par point aux se|.t décisions des Ktats. SYNODE D ALBA-JULIA EN 1700 123 un décret d'acceptation de l'Union, identique à celui d'octobre 1698 ^, fut signé, cette fois par Athanase en tête, puis par les protoprêtres indiquant chacun le nombre de prêtres pour lequel ils répondaient, qui s'élevait en tout à 1653. Vingt-huit canons disciplinaires furent aussi adoptés par le synode ^. Ils répondent sans doute à des abus constatés par l'évêque et par le P. Baranyi lors de leur visite, mais peut-être aussi veulent-ils faire face à des accusations de négligence dont Athanase était l'objet en cour de Vienne, même de la part de certains de ses prêtres ^. 1. Tous les protoprêtres doivent assister au synode accompagnés des deux prêtres les plus âgés de leur ressort. 2. Celui qui veut être ordonné doit présenter des lettres du proto- prêtre de son district et de son père spirituel; il doit connaître le chant ecclésiastique et la façon dont se confèrent les sacrements de l'Église *; il passera 40 jours dans l'entourage de l'évêque avant d'être ordonné. 3. On ne recevra pas de prêtres d'un autre diocèse avant qu'ils n'aient été agréés par l'évêque; à l'intérieur du diocèse même, on n'acceptera pas un prêtre d'un autre district qui n'aurait pas obtenu de ce protoprêtre ses lettres de recommandation. 4. T.es protoprêtres ne pourront s'occuper de questions matrimo- niales qu'après les avoir introduites au synode. 5. Les prêtres qui bénissent les mariages de fidèles n'appar- tenant pas à leur paroisse seront déposés. 6. Tous ceux qui portent atteinte aux biens d'un prêtre sans autorisation de l'évêque ou du protoprêtre sont excommuniés. 7. Les prêtres qui ne portent pas la tonsure ou des habits longs, qui fréquentent les tavernes ou se montrent ivres en public seront déposés ^. 8. Ceux qui ont commis l'adultère ou le vol ne peuvent être ordonnés. 9. Le prêtre déposera sa plainte contre un laïque devant le juge civil; le laïque contre un prêtre, devant le protoprêtre ou l'évêque. 1. A cette différence près que l'autorité du cardinal Kollonich est invoquée après celle de l'empereur. 2. Texte roumain du décret d'Union et des canons, dans J. Moldovanu, Acte sinodali nie haserecei romane de Al'oa Julia si Fagarascu, t. ii, Blaj, 1872, p. 115- 124; texte roumain et latin dans Nilles, loc. cit., p. 250-255; trad. latine seulement dans Collect. Lac, t. vi, col. 980-984. 3. Une liste de 22 accusations est publiée dans Nilles, loc. cit., p. 259-262. ^1. Cf. accusation n. 7. 11 n'est pas précisé que l'examen aura lieu avec la par- ticipation de prêtres ladns, ainsi que le voulait Kollonich. â. Cf. accusation n. 1, 124 LIVRE I, CUAlMTHi: l\ 10. Le j)r«^tre «jui porte atteinte aux droits ou bieus d'un confrère ou le dénonce devant la justice civile serîi dépos»'-. 11. Tout villaj^e doit iiV(»ir mu »acrist;nn et l'exeruftter tie cer- taines corvées. 12. Le villai^e doit certaiMcs prestations m nature h son curé. 13. Le [)r«'''tre doit chanter l'ollice à trois heures difTérentes les dimanches et jours de fêtes; deux fois l»;s mercredis et vendredis; les jours de jeAne il exécutera l'ollice tout entier. 14. Dans la mesure du possible, les pr(^tres emploieront la lanj;ue roumaine pour les services divins '; ils liront tout an iiuiins l'évan- }^ile et le sermon dans cette lani;u«'. 15. i^es hnl avoir vinjft-cinq ans. L'évêque n inlli^jera d'ainiiiile on es. .'i. Avant les r|iiin7.e articles, les quatre points dogmatiques principaux consti- tuant l'ï'nion sont reproduits en des termes identiques ;i ceux riu diplôme du 16 f^vr. 1699. La |)remière partie de l'art. 1 et la «lernière de l'art. .3 sont con- çues dan» des termes semblables à ceux du même diplôme. SYNODES d'aLBA-JULIA EN 1701 127 L'évêque n'aura que des catholiques clans son entourage'. Aucun livre ne sera imprimé avant d'avoir été révisé par le théologien. 8. Des écoles ^ et de nouvelles églises seront érigées. 9. L'évêque doit juger ses prêtres en synode et non les citer devant le juge séculier. Dans les cas difîiciles. il recourra au primat de Hongrie. 10. Les laïques pourront recevoir les sacrements même en dehors du temps de Pâques ^. Ils ne devront rien payer pour le baptême, la commu- nion, le viatique; le synode déterminera des taxes normales pour les mariages, les relevaiiles, les funérailles. Des laïques administreront les biens du diocèse, ils ne poujront rien dépenser sans la j)ermissi<>ii de Tévêquc, il Jt-ndront compte de leur gestion devant le synode. 11. Les prêtres roumains de rite grec qui prétendeul adhérer à une religion non catholiq\ie, mais continuent d'exercer leurs anciennes fonc- tions ecclésiastiques, n'ont pas le droit de jouir du privilègt- (Timmunité des ministres de celte religion'*. 12. A la vacance du siège épiscopal trois candidats seront jtn'-sculés à l'empereur, qui choisira l'un d'entre eux. Le 7 avril 1701, Athanase prêta entre les mains du cardinal Kollonieh le serment ^ d'observer et de faire observer tous les articles du diplôme d'immunité et même quelques autres obligations ajoutées par le cardinal, notamment celle de faire la profession de foi tridentine ®, d'exiger celle-ci, dès son retour, de tous ses prêtres et à l'avenir de tous les candidats aux ordres majeurs '. 1. Athanase remplaça son secrétaire calviniste par un jeune prAtre île rite latin originaire de Silésie, Wenceslas Frantz, qu'il semble avoir connu à ce moment à Vienne. 2. Le diplôme impérial prévoit l'érection d'écoles à AIl)a-.]ulia, à Ifatsze» et à Fogaras. 3. Souvent les prêtres refusaient do confesser et de donner la communion en «lehors du temps pascal. 4. Cet article donnait donc pleinement gain de cause à Athanase. 5. Le texte latin de cet engagement (Nilles, toc. cit., p. 281-287) comprend 1 () articles. G. Prescrite par la bulle de Pie IV du 13 nov. 1564. 7. Art. 1. L'art. 2 contient l'obligation de remplacer dans la liturgie le nom du patriarche de Constantinople par celui du pape: l'art. 3 est un engagement de se faire réordonner sous condition prêtre et évèque par Kollonieh et de réordonner ensuite sous condition tous les prêtres du diocèse. L'art. 16 et dernier constitue une promesse de donner en tout le bon exemple. Les autres articles correspondent à ceux du diplôme d'immimité, avec quelques modifications de détail. Diplôme d'imnumité (19 mars 1701) Serment d'Athanase (7 avril 1701) 4-6 = 4-6 7 = 7-10 8 = 11 9 = 12 10 = 13-15 Le Saint-Siège n'épousa pas le point de vue de Kollonieh sur la question des 128 MVRK 1, CIIAlMlHi; 1\ Le cardinal Kollimich rédigea éi;ulem«'iit les instructions latines pour 1»' théoloj^ien de l'rvAque roumain ' et désigna provisoirement le I*. Haranyi pour remplir tetlc forntitm. I/arf. S de ces instriutioiis concerne U-. rnle du théologien lors du synodt,- diocésain : le théolo- gien instituera un ordre de préséance selon la dignité et l'âge pour que chacun parle h son tour; il ru- permettra pas des clameurs et des tunuiltes; il interviendra comme médiateur iii i: mars; une lettre irencouragenu-nl du rardinal Kollonich "^ fut lue égah-meiit. Knsuile tous les assistants tiretil la profession de foi tridentine, ainsi ipi'il avait été convenu h Vienne avec le cardinal. Le l*'"" novemhre, un mtuveau synode eut lieu ampiel furent conx ti- ques, outre les protoprétres ^, les prêtres qui n'avaient pas assisté à rassemblée de juin. Ceux-ci firent d'abord la profession de foi selon l.i formule du concile de Trente, puis le, diplôme d'itnmunité et la lettre de Kollonicli forent relus -i leur intention. Le texte de trois lettres synodales fut ensuite arrêté : une au Souverain pontife Clément XL une au cardinal Kollonich, une à l'empereur*. La première lettre parle de 2 000 prêtres (]ui firent la profession de foi; ce chifTre doit s'entendre sans doute pour les deux synodes de 1701 à la fois. VII. — Synodes de 1702 et 1703. Le 8 juin eut lieu le synode diocésain aimuel pour 17t>2. Le P. Neurauter ^ y assista, assis à la droite de l'évoque. réordinatiotis; néanmoins la confirmation ]>ur Iv papp lic la ntjniination épisco- pale d'Athanase demeura en suspens v\ ne fut, à ce qu'il semlile, jamais arcordt'e. 1. r'ul)liées dans Nilles. lor. cit., p. .'{09-31.'}. 2. Texte latin, sans date, dans Nilles, lor. nt., p. 323-3-5. 3. (.Quoique leur présence ne soit pas explicitement signalée. 4. Texte latin des trois lettres, datées du 8 nov.. dans Nilles, Inr. rit., p. 126- 127, 326-328. .'). Il ne nous reste au sujet de ce synode que ce qu'en dit une relation des travaux apostoliques du P. Neurauter (Nilles, loc. cit., p. 351-3.')2). C'est à ce titre qii'il est fait spécialement mention de lui. Le P. Raranyi n'est point nommé, il e-it possible que Neurauter l'ait remplacé au synode. SYNODES d'alBA-JULIA KN 1702 ET 170.'^ 129 Ce synode discuta de l'exécution de certaines clauses contenues dans le diplôme d'immunité du 19 mars 1701. Tout d'abord celle concernant les écoles. Athanase avait promis d'en organiser une à Alba-Julia, mais la question des frais d'en- tretien se posait et il avait proposé que l'empereur s'en chargeât en remboursement de la contribution apportée par son clergé lors de la campagne turque. Cette solution demandait une mise au point technique de la part du gouvernement; celle-ci étant devenue chose faite, le synode de son côté décida de créer immédiatement l'école aux frais du clergé. La rente annuelle payée par l'empereur pourvoirait donc aux frais d'entretien et même à l'envoi de cinq jeunes gens pour faire leurs études à Vienne, à Nagy-Szombat ^ ou à Rome. En second lieu, le synode décida l'impression d'un catéchisme catholique ^, et ultérieurement d'autres livres conformes à l'Union. Enfin, l'exemption des biens ecclésiastiques de toute taxation fut, une fois de plus, revendiquée vis-à-vis des grands propriétaires. Agissant comme organisme judiciaire, le synode condamna à l'em- prisonnement différents prêtres qui avaient prononcé des divorces ^. Le patriarche de Constantinople, Callinaque II, et le métropolite orthodoxe de Bucarest, Théodose, venaient de lancer des lettres d'excommunication contre Athanase. Le synode en prit connaissance et décida d'en transmettre le texte au cardinal Kollonich ■*. Le P. Neurauter mourut à Alba-Julia le 2 novembre 1702, et le P. Baranyi fut définitivement nommé théologien d' Athanase. En vue du synode annuel de 1703, le cardinal Kollonich adressa une lettre à l'évêque Athanase, une autre à l'assemblée synodale. Il annexait également un certain nombre de questions à discuter, avec les solutions que lui-même suggérait d'adopter ^. Ces dernières s'inspiraient d'un volume pubhé à Padoue en 1696 ^ par Nicolas 1. Daus la Hongrie d'alors. Un séminaire tenu par les jésuites y était en voie d'organisation. 2. II s'agit probablement du premier catéchisme publié en roumain, celui du jésuite Szunyogh, dont xme édition avait déjà été faite en 1696, à Nagy-Szombat. 3. La^pratique du divorce admise par l'Église orthodoxe était restée courante dans le diocèse jusqu'au voyage d'Athanase à Vienne. Théoriquement, cepen- dant, tout procès matrimonial était réservé au protoprêtre ou à l'évêque. 4. En date du 5 juill. 1702, le cardinal Kollonich envoya une lettre de protes- tation à Théodose de Bucarest (texte dans Nilles, loc. cit., p. 353-354). 5. Les textes latins, sans date, dans Nilles, loc. cit., p. 357-361. 6. Preenotiones mystagogicx ex jure canonico, sive responsa sex, in quitus una proponitur commune Ecclesiœ utriusque grsecœ et latinse suffragium de iis, quae omnino prsemittenda sunt ordinibus sacris, atque obiter et Grsecia adversus calum- niatores defenditur, et prœcipue Photianorum ineptise refeUuntur. MO I.IVItl. I, (H V l-l I Itl. I \ floninèiif I'apadojii)li, lut-'lm ;;rer pass»'- ;i l'I nioii '. I*a)»;ii|()|»(ili «îii avait eiivdvr un f\fm[)lair«' au i-ardin.d isniinniili. (pu- rclni-ii. à sdii tour, traiisriirt lait à Allia-. iulm. t}ii«'sli«)iis ft t»''p<»iisps sonl au lunnliir iji' ^<[ii. I. PfUl-iili inliri-t If' ili-ll\ i)Mlt'i'> lllilji'lll.s \l- llirllir JlilJI'.' I M il IM'I jtlnil- ^rt'«iinl rt le Wiani- nal, il pmir !'• liiiK Diial '. ■{() pour la prèlris** '. Mais ici aussi, l<- (-ardinal pourrait dispfiisiT. .'!. l,ois(|ii lin tiiacrr a fli" onlonn)' ajirrs avoir (Ir'rlar'* ipi'il \"oii(lrail sr iiiarirr dans la siiid-. ptni il cm-i nhr siui iNsmÏm !' I.f iiiaria^i* srrail \ nlidf mais illirit»- '^. 't. (!i'ii\ ipji ont ronlcnlr un iiiana^f a|>rps avoir itiii lis orilris niajriii^'' piii\os<''r autant que possilile. 7. [/évè(pie peut -il ordonner cpii il veut.' Il ne peut ordonner ipn- iiux ipii sont néressaires aux Itesoms du dinrèse; rpiant aux personnr-s qui di-pemli'iil d un maître, il f.nil le ettiisriiiiineiil de rilui-ii. Nous ijrnorons si les déliboralioiis du synode de 170i> fuient confortncs au désir du cardinal. De même, nous no savons pjis s'il y eut (le> svnodes diorcsains d(; 1704 à 1710». 1. Né en (créer m 1 •>.')."), profi-ssoiir <\c ilmil raiiiMii<|Ui' .i l'université dr |';i\ir, innrl rii 1740. - Il ne senililf pas eepriidioil i|iii' le |>riinal latin de linii^frie ait eu dis |>iiiiv uirs «il- dispense qui s'appliquaient au rlerijé de rite lîreo du diiii-rsc d'Allin-.lulia. .'}. Cimeile iii Triillo ((>'Jl), can. \\. 'i. Concile dp Néocésarée (3Ki-325), can. 11. .*). Le ras rsl |>rcvu par le ran. 10 du roncile d'.\nrvre (31'i) i-t le jnaria^e autorise. Mais le concile m 'J'ruilu (can. 3) déclara, d'une faç«Mt jjénérale, illiritps 1p8 mariages conclus après le sous-diaconat. r>. L'expression s'applique aussi an sous-diaconat, selon la teriniiiologie latine. 7. Cette réponse est eiiiirorme ;i la «liscipline stricte de l'K^rlise hvvantiiie, i|ui ne fut pas loujrturs .er\é<' rt-pendant, nnlainmeiit dans l'K'rli.sr rnuniaine. 8. La chose semble peu pndiahle pour 1707; l'évêque .\tlianase se trouvait à ce moment a Siliiu et plus de trente protoprètres s'assemblèrent en son absence a Alba-Julia pour réaflirmcr l'Inion contre les menées fie Tirca (cf. Nilles, loc. cit., p. 372-373). — Le cardinal KoIIonich mourut en 1707. SYNODKS d'aLBA-JULIA liN 1711 liT 1714 131 VIII. — Synodes de 1711 et 1714. La cause naissante de rUnioii dans le diocèse roumain d'/Mba- .lulia connut ses dernières difricultcs au synode diocésain de 1711. Tirca avait toujours continué ses agitations, au point qu'à ce syiu)de «luelques proloprêtres pi oposèrent des décisions contraires à l'Union, qu'/Vthanase, par crainte, accepta, malgré l'avis contraire de son ihéologien qui était alors le jésuite François Szunyogh ^. iMais il les rétracta bientôt par écrit ^ et émit de nouveau publiquen)ent sa profession de foi ^, de même qu'un certain nombre de protoprêtres ({ui avaient compris comme lui leur erreur. Dès l'année suivante, l'Union était réaffermie dans trente-quatre districts. Athanase mourut en août 1713. Les protoprêtres électeurs ^ se réunirent en novembre, à Alba-Julia, pour choisir les candidats à sa succession. Un choix parmi le clergé roumain était difficile, puis({u'il devait se porter sur un célibataire et que presque tous les prêtres roumains étaient mariés. Les électeurs songèrent d'abord au théolo- gien d' Athanase, le P. Szunyogh, mais celui-ci argua des constitu- tions de la Compagnie de Jésus pour refuser; ils portèrent alors leurs voix sur Wenceslas Frantz, prêtre de rite latin, alors âgé de 36 ans, secrétaire d'Athanase depuis le départ forcé de l'homme de confiance calviniste. Ils écrivirent au primat de Hongrie, le cardinal Christian Auguste de Saxe, pour proposer la candidature de Frantz, tandis que le P. Szunyogh faisait de même pour appuyer leur choix ^. Le cardinal présenta la candidature à la cour de Vienne ®, mais celle-ci jugea que le collège électoral avait trop hâté ses délibérations '^ et confia l'administration du diocèse au vicaire général d'Athanase assisté du P. Szunyogh et d'un autre jésuite. C'est en leur présence sans doute que l'assemblée des protoprêtres se tint en 1714. Nous 1. Né en 1669, entré à la Compagnie de Jésus en 1685, mort en 1726. 2. Texte latin, daté du 18 nov. 1711, dans Nilles, loc. cit., p. 387. 3. Sans doute la profession de foi tridentinc. 4. Ceux-ci devaient au préalable avoir recueilli les avis des autres membres du clergé. 5. Lettres latines, datées respectivement des 9 et 10 nov. 1713, dans Nilles, loc. cit., p. 394-396. 6. Réponse du cardinal de Saxe aux protoprêtres électeurs en date du 15 déc. 1713, ihid., p. 396-397. 7. Cf. ibid., p. 404. — Il semble que le clergé avait été insuffisamment con- sulté et que même certains protoprêtres n'avaient pas été avertis en temps utile pour venir à l'assemblée électorale. Celle-ci d'ailleurs ne présenta qu'un candidat au lieu de trois, comme l'avait prévu le diplôme d'immunité du 19 mars 1701, et cela indisposa sans doute la cour de Vienne. 1.T2 l.l\ HK I, CH Al'ITItK IV savons iiniquoiiiPiil <|n'«'llr roiHliiimi.i iinf fnis d»- plus les s»'roiul<>s notJ'S (i(!S prt'^trcs '. Mais, si riiiion était (l«''liriiti\fineiit étaMir. le diocèse deinçuiail sans pasteur. I iif ((trnplt'tr réorj^'anisat inn dt- l'IOf^Iise roumaine se pr«''parait. I. Nill»-», lor. nt., ]>. Vi'i. CHAPITRE \ LA MINORITÉ MELKITE CATHOLIQUE (1724-1768) Divers patriarches melkites ^ d'Antioche ^ envoyèrent au xvii^ siècle une profession de foi à Rome, sans rompre cependant complètement avec la hiérarchie dissidente. Le nombre des catho- liques sincères parmi le clergé et le peuple melkites était toutefois suffisant pour qu'en 1701 le Saint-Siège leur donnât comme admi- nistrateur apostolique Eutime Saïfi, évèque de Tyr et Sidon. En 1716, le patriarche Cyrille V Zaïm revint à l'Unité ^. Lorsque Cyrille mourut en 1720, son ancien compétiteur Athanase III Dabbas lui succéda, conformément à un accord qui avait été conclu entre eux *. Athanase III, qui s'était jadis rapproché de Rome pour consolider sa situation, se montra beaucoup plus indécis maintenant 1. Du nom arabe de Mélek, empereur, employé pour désigner l'Église ofii- cielle, qui adopta progressivement le rite de Constantinople, par opposition aux Eglises monophysites. 2. Le seul article détaillé sur la période d'histoire de l'Eglise melkite catho- lique ici envisagée est celui de J. puis C. Charon (Korolevskij), L'Église grecque melchite catholique, dans Échos d'Orient, t. iv, 1900-1901, p. 268-275, 325-333; t. V, 1901-1902, p. 18-25, 82-89, 141-147. Cet article est à compléter et à rectifier, sur certains points de détail, grâce aux documents publiés depuis par L. Petit, dans J. Mansi, Amplissima collectio conciliorum, t. xlvi, Synodi Melchitarum, Paris, 1911. 3. Cyrille était le petit-neveu du patriarche Macaire III Zaïm, qui, en 1672, le désigna pour lui succéder. Mais Cyrille rencontra un compétiteur en la personne d'Athanase Dabbas, qu'il n'évinça qu'en 1694. — Ayant appris que Cyrille V manifestait des désirs d'union, le pape Clément XI lui adressa un bref en date du 9 janv. 1716, pour l'exhorter à prendre cette décision. Ce bref arriva fin mai chez Saïfi, qui le fit porter à la résidence patriarcale de Damas par son neveu. Cyrille signa une déclaration de foi et d'obéissance romaine en septembre. Mais la Congr. de la Propagande exigea qu'il fît la profession de foi selon le formulaire d'Urbain VIII, ce qui eut lieu en novembre 1717. 4. Un résumé italien de ce curieux accord a été publié dans Mansi, loc. cit., col. 122, n. 1. L'accord semble dater non de 1698, comme il est dit là, mais de 1694 (cf. G. Levenq, art. Athanase III d'Antioche, dans Dict. d'hist. et de géogr. ecclés., t. IV, Paris, 1930, col. 1371-1374). Nous adoptons pour ce patriarche et son successeur la numérotation III et IV plutôt que IV et V, comme font cer- tains auteurs. CONCILES. — XI. — 10 — 134 I i\ m: I, < Il AiM PHK \ i|iril <)C0U[iait seul le sit'-^j- [liitriarcil '. Il le ^^arda jusiiu'à sa mort ru 1721 l^c cler;:;»'' rt N'^ nulahlo li\ Ir Nasri, de Saidanayn i>7. Cyrille se li.xa bientôt dans les environs de la communauté du Saint-Sauveur '\ fondée par son oncle en 1708 comme maison de formation du clergé melkitc catholique. Le Saint-Siège ne s'empressa pas de lecuiinaître Cyrille \ I, d'une part à cause des dillicultés auxquelles celui-ci était en bulle, d'autre pari parce que Rome voulait examiner au préalable toule la situation religieuse des .Mclkites catholiques. Parmi d'autres problèmes, se posaient celui des relations avec les missionnaires latins, jésuites et capucins; celui des latinisations et innovations intnuluites dans les rites et les usages melkites p.ir l''iifiine Saifi *'. I,a plupart de cellfs-ci l. Au moi» de juillet 17'J'i, {leu avant sa mort, .Athanasp III avait réuni h Alcp les évéques de son patriarcat pour l»Mir faire adopter un décret ramenant ii douze jours le jeûne précédaiil la fête des SS. Pierre et i'uul, décret dans lequel il s'appuie sur l'avis donne dans le passé par les patrianhes orthodoxes de ('.(>nstanlinr)[de et .lênisalcin (Ir.id. I.ilinf du décrel dans Mansi. lor. rit., col. 153- lôG). Parmi les tvè<|ues si};nalaires, un trouve .Néophylc Nasri, évèipie de Sai- danaya. L'cvêque de Panéas, Hasile Kinan. ne vint point à .Vlep et ne si(;na point le décret. ■J. Tanas était né en 1G8(>. Il avait fait ses éludes au collè).'e de la Propagande à Kome de 1708 i'i 1710. A son retour en Orient, il avait été ordonné prêtre par son oncle en 1711 (cf. C. Hacha. I.'élrrlinn de Cyrille VI Thanas an patriarcat d'Antinrhr, dans /vV/iov d'Orinil, t. x, 1907, p. 200-206; S. Vaiihé. A /irupos de Cyrille VI rininas, ibid., t. xi, l'.»08, p. 'lO-'il). 3. Son nom de famille est Fadel; mais ori'rinaire de Maloula, le vocable lui en est resté. 'i. Cf. Mansi, loc. cit., coi. Kil-lG'i. 5. En arabe : [)eir-el-Mnnl••> oitligations des fidèles en matière de jeûne et d'abstinence; en novembre 17.'M, Cyrille \ ! publia un décret '' autorisant les laïques à manger de la viande, en dehors des njercredis et vendredis, pendant les temps de pénitence précédant la Noël, la Saints- Pierre-et- Paul et l'Assomption, sauf la veille de ces fêtes, où le jeûne devait être observé. Il présenta cette décision connne prise « en synode », et nous avons une lettre de 1735 signée par trois évéques *, dans hujuelle ils font allusion à un décret de ce genre arrêté en synode de leur consentement. Ces trois évoques sont : Macaire Ajeimi, de Damas; Basile Finan, de Panéas; Clément Tabib, leligieux de Saint-Sauveur, que le patriarche avait élevé à la dignité d'évêque de Saidanaya comme successeur de Néophyte •Nasri. Si cette réunion eut réellement lieu ^, ce ne fut qu'une simple conférence épiscopale. II. — Concile de Saint-Sauveur en 1736. r>ilTérentes communautés faisaient partie de la jeune Kglise mel- kite unie. C'étaient, d'une part celle de Sainf-Saii\eur, fondée {tar Eutime Saïfi, d'autre part, plus au nord du Liban, la congrégation de Saint- Jean-Baptiste de Choueir, qui devait son origine à cjuelques moines venus, au début du siècle, du monastère orthodoxe de Balamand ^. Le patriarche Cyrille VI voulait imposer aux deux groupements la même « règle de saint Basile », ef même les fusionner i. Il n'y resta en tout cjue trois jours (cf. la lettre du 1'. Dorothée au préfet de la Coiigr. de la Propaj^ande, en date du 3 mai 173U. clans Mansi, loc. cit., col. 191-194). 2. Texte latin de la lettre dans Man>i, loc. cil., col. 189-192 (il faut lire 17.30 au lieu de 1830). 3. Texte arabe dans Al .Machriq, t. ix, 19U6, p. I l 'i ; trad. latine dans Mansi, loc. cit., col. 197-198. 4. Adressée à la Congr. de la Tropapande (texte italien dans .Mansi, loc. cil., col. 263-264). — Il faut souligner qii'lùitinie Maalouli, évèijue de Four/.ol, n'assista pas au concile de 1730 et ne signa pas ce décret de 1731. 5. Dans une lettre du 21 déc. 1731 ;» la Congr. roximifé de Khounchara. CONCILE DE SAINT-SAUVEUR EN 1736 137 si possible, mais il montrait une préférence marquée pour la fonda- tion de son oncle et avait plus d'une fois témoigné de l'hostilité aux Chouérites, ce qui n'était pas pour engager ceux-ci à entrer dans ses vues ^. Après d'habiles manœuvres de la part du patriarche, le cardinal Petra, préfet de la Congr. de la Propagande, écrivit le 8 octobre 1735 une lettre au P. Nicolas Saygh, supérieur général de la congrégation chouérite, dans laquelle il enjoignait à celui-ci d'assister à une réunion commune avec le supérieur et des délégués de Saint-Sauveur, sous la présidence du patriarche, afin d'y discuter la fusion des deux groupements, qui devrait se faire aux conditions suivantes : la foi catholique, l'observation stricte des rites melkites, les enseignements monastiques de saint Basile comme base de la discipline commune; les constitutions qui seraient élaborées pour la préciser devraient d'abord être soumises à Rome avant d'entrer en vigueur. Ayant reçu cette lettre au mois de février 1736, le P, Saygh réunit ses religieux et arrêta avec eux le texte de onze articles à présenter comme conditions d'union avec les Salvatoriens ^. Le 6 avril, l'assemblée prévue se tint au couvent de Saint-Sauveur. Ce fut un véritable concile, auquel assistèrent outre le patriarche : Macaire Ajeimi, vicaire patriarcal de Damas; Basile Finan, évêque de Panéas; Eutime Maalouli, évêque de Fourzol; Clément Tabib, évêque de Saidanaya; Maxime Hakim, ordonné en 1732 évêque d'Alep du consentement du patriarche ^, et Athanase Dahan, reli- gieux chouérite ordonné évêque de Beyrouth par le patriarche au début de 1736 *; un autre évêque du nom d' Athanase, administra- teur apostolique des Syriens catholiques; le P. Etienne Attalah, supérieur général des Salvatoriens, le P. Saygh et quelques-uns de leurs religieux; quelques prêtres, dont le secrétaire du patriarche, Joseph Papilla; Abdallah Zakher, un laïque influent qui vivait auprès des moines chouérites. Le concile dura trois jours ^. Le patriarche fit d'abord lire les 1. Cf. P. Bacel, Le patriarche Cyrille VI et les Chouérites (1731-1735), dans Échos d'Orient, t. ix, 1906, p. 283-287 ; et Essai de réunion des Chouérites avec les Sah'atoriens (1734-1737), ibid., t. x, 1907, p. 102-107, 167-173. 2. Trad. française dans P. Bacel, Essai de réunion..., loc. cit., p. 105-106, reproduite dans Mansi, loc. cit., col. 261-262. 3. Cf. P. Bacel, Les troubles d'Alep et l'élection de Maximos Hakim, dans Échos d'Orient, t. ix, 1906, p. 32-37. 4. Cf. P. Bacel, Nomination d'un Chouérite au siège de Beyrouth (1736), ibid., p. 360-363. .^). Le procès- verbal de ces trois jours a été publié en arabe dans Al Machriq, t. IX, 1906, p. 114-116; la trad. italienne qui en existe aux archives de la Congr. de la Propagande a été reproduite dans Mansi, loc. cit., col. 263-266. Cette tra- \'AH I.IVHK I, r.llAPITRK V lettres de la Congr. de la Pro|)aj,'ande sur la fusion dos deux ijjrou- penients monastiques; afirès t|U('l(]ues iliscussions sur la question, or> désigna .losej)h Papilla vA Ahiiallali /aklicr roininr négociateurs cliarijés île recevoir les desiderata dr tliacun des di-ux groupes et d'huriMoniser leurs points df \\u-. Le deuxijMue jour, \r patriarclic «lut ahordn I;i question des jeûnes et alistinences. Il réailirnui son d«'*sir d'observer les anciens usages nielkites, conforin«'Mnent aux exigences rép«'tées du Saint- Siège ' ; il prétendit (pie son fameux décret de 1731 n'avait eu pour l)ut (pie de sanctionner les toléranc«'s déjà jiermises dans certains villages pauvres par i^ulime Saili ^. et le concile décida d'adopter un nouveau décret dans ce sens, sauf réserve d'approhation par iiome. i.r décret préciserait (pie la dispense n«^ valait pas [lour ceux «pii étaient tie passage ilaiis les \illages disj)cnsés ou jtour les habi- tants tie ces villages en séjour là où l'observance était commune. Les délégués religieux proposèr«'nt «le leur t'f\té deux tolérances en d'autres matières •^ : d'une part, celle «le pouvoir célébrer plusieurs messes par jour sur un même autel ', là où cela pouvait se faire sans scandale, c'est-à-dire dans les monastères où le grand nombre de prêtres, et dans les villages éloignés où rim(»()ssibilité de se renilie à une église voisine, pouvaient nécessiter cette tolérance; d'autre part, la possibilité tle célébrer la messe niriiie pendant le (.aréine *, «Jans le but «l'acquitter des honoraires de messe nécessaires à la subsistance des moines. Le concile décida de demander à Rome cette double faculté. Le 8 a\ril. on lerniina les discussions synodales; le texte du décrel concernant l'usage de la viande, es lies religieux melkites '. Clément .\ 1 1 étant mort en 1 7-^1(1, le Saint-Siège tarda d'ailleurs h prendre une décision sur ces questions. Après différentes enqu/'tes, la comnùssion chargée de s'occuper des alTaires melkites arrêta, le 28 juillet et le 5 août 1743, un ensemble de mesures concernant cette l'église ^, en préseme de Benoît Xl\'. ranonistc éniiiicnt. t\\\\ tint à assister .^ ces délibérations. Nous n'avons (ju'à retenir ici les décisions qui ont rapport aux questions traitées par le concile de 1736. Le Saint-Siège maintenait ses positions primitives : le patriarche ne pouvait donner les dispenses de jeûne et d'abstinence que pour des cas graves et d'année en année — le décret de 1736 était donc annulé. De même les deux tolérances sollicitées concernant la célébration de la messe étaient rejetées, (pliant aux religieux melkites, la Congr. de la Propagande promettait de fournir le texte exact des écrits ascéticjues de saint Basile ', auxquels pourraient s'ajouter des coutumes particulières approuvées par Rome. Benoît XIV reprit ces décisions dans sa célèbre Consti- tution Deniondatam du 24 décembre 1743, adressée au patriarche el aux évéques melkites *. 11 ne fait aucune allusion h la fusion des 1. Texte italien de sa lettre ilans Mansi, lue. cil., col. 2~\-'l~2. '2. Mansi, loc. cit., col. 279-332. 3. Selon l'éd. des Mauristes parue chez Garnier à Paris, dont une trad. arabe serait faite (Mansi, loc. cit., col. 306). La trad. aral.e des Grandes et Petile.t ri-^lfs de S. Basile fut faite par le chouérite Théophile Phares, résidant à Home, et publiée par la Congr. de la Propagande en \l\h. 4. De Martinis, J»w pontificium, t. m, p. 12'«-13n; Mansi, loc. cit., col. 331-338. Cette dernière édition n'indi, le cardinal l*»*tra mourut m I7'.7. III. — Concile d« Saint-Sauveur en 1751. 1 II nouveau eoncile s'ouvrit au cmiNcnt di- ."^aiiil -Sauveur le ;'» mai 17.')1 *. Outre 1« |)atriarelu'. étaient présents les évéïpies Hasile Fiiuin. Kutimi- Maalouli, .Vtlianase Daliaii. Clément Tabil» U]ui, ayant <1A s'enfuir. a\ait re^u une partie du diocèse de Saint-. lean- d'Aere) •'. Maxime ilaUim n'arriva (pic, le deuxième jour. Ce sont tous év^ipicN (pic nous avons déjà rencontrés au concile de \l'.iCt *. Nous voyons également, à ce concile de ITM. Michel Arraj. su[térieur f;énéral e patriarche et les èvérpies présents célébrèrent ensemble la tnesse, |»uis le concile étant ouvert, le pK'-trc .lean .\jeimi ^ prononc^a une allocMition. I'!n sifxne de soumission à Kome, le svmbole fut chanté avec le /•'ilnxfur "; le concile déclara accepter tous les conciles œcuméniques et particuliers ' reçus dans l'Eglise catholique, et reconnaître la suprématie du pape. 1. iWi-f liii 1(1 mars IT'itl adressé à Maxime llalviiii, ôvi'mjiji- (l'.\if|i, ipii av.iit fail luie instance partimlitTe, nrfru.dit de l'exipuité de l'égjige d'Alej» i-l du ^rrand iionilirt' dt» (iddes qui la fré(](ii'iitait. Oetle église comptait sept autels. Le pape jM-rmet de faire ct^lf-lirer les jours f(^rit''s neuf messes, une seule toutefois au maître-autel (de ^larlinis, lur. ril., p. 2(13-267; .Mansi, lur. cit., col. 'tSS-'tSS). 2. Les actes ;iral>fs du concile iml ('•té conservés dans les Aniiale.t de» Basi- lieim chotiiriles et publiés dans .1/ Murhriq, I. ix. l".)Ofi, p. 117-120: uiu- tr.id latine se trouve dans Mansi, Inc. cit., col. ''t49-'i5'i. 'A. Cf. 11. Moustani, Les ^vêque.t dr Sidnnïii, dans l'échus d'Orirnl, t. vu, lî*U4, p. 21/1-215. 'i. Peut-être révé(jue de 'Vyv assistait-il également à l'assemblée. Dans des lettres adressées à la Congr. de In Propagande en 18/»".), Démétrios Antaki. évèque d'.\le|), afTirme cette présence (Mansi, loc. cit., col. ■'i.'i/|) : Ignace (hirout, évèque de Ivr, la nie. 5. Neveu de l'évèqiie Macaire Ajein>i. Né en 172'!, il partit pour Flome faire ses études au collège de la Propagande. II y fut admis en févr. 1738, mais en fut congédié en sept. 17'«6. Après un séjour à Paris, il revini en Syrie en 17.jO et fut ordonné prêtre en avril 17.")1 par Cyrille \'I. fi. Les Meikites n'avaient jamais été obligés par le Saint-Siège à insérer !»• niinquf dans le symbole de la messe même. 7. C.-à-d. les conciles locaux du i\^ •* . dont les canons élaienl aussi bien re(7us en "rient qu'en Occident. CONCILE DE SAINT-SAUVEUR EN 1751 143 Les discussions synodales commencèrent ensuite. Elles aboutirent à l'adoption de treize canons. 1. Le concile accepte la Constitution Demandatam sur les cou- tumes et les jeûnes des grecs et déclare qu'elle sera bientôt partout publiée. Non seulement le patriarche peut accorder des dispenses particulières, mais aussi les évêques dans leur diocèse, conformément à une Constitution pontificale ultérieure ^. 2. Les fidèles n'auront aucun rapport religieux avec ceux qui n'appartiennent pas à l'Eglise catholique; ils ne recevront point le sacrement dans un autre rite, sauf en cas de nécessité, ainsi que l'a décidé le Saint-Siège ^. 3. Toute forme de magie et de superstition est condamnée. 4. Un laïque ne peut lire le livre des Nombres, le Cantique des cantiques et l'Apocalypse, sans autorisation écrite. Il remettra à l'autorité ecclésiastique tout livre composé par les dissidents et contraire à la vraie foi. 5. Les prêtres enseigneront aux fidèles le symbole, le Notre Père, et les vérités de la foi. Le patriarche désignera deux Salvatoriens et deux Chouérites pour les aider dans cette tâche. On apprendra en outre aux enfants à lire et à écrire. 6. Les prêtres séculiers ou réguliers qui quittent le lieu pour lequel ils ont été ordonnés ne peuvent exercer de ministère ailleurs i[ue du consentement de l'évêque du lieu qu'ils ont quitté et de celui où ils désirent s'établir. 7. Il est interdit d'ajouter « Ainsi soit-il » après l'invocation de chaque personne de la Sainte Trinité dans la formule du baptême. Le prêtre est le ministre ordinaire de ce sacrement mais, en cas de nécessité, tout le monde peut baptiser et les fidèles doivent en être instruits. Le baptême sera conféré dans les quinze jours après la naissance, et à l'église, sauf exception. Il n'y aura qu'un parrain. Chaque église possédera son registre de baptême. Lorsque le baptême a été conféré en cas d'urgence, on ne suppléera plus tard que les principales cérémonies. 8. Le pain et le vin de la messe doivent être sans mélange. En cas de besoin, le prêtre peut célébrer hors de l'église, mais en un lieu décent et avec tous les linges sacrés voulus. Le prêtre sera en état de grâce, il aura l'intention de faire ce que veut l'Église catholique, il précisera l'intention pour laquelle il offre la messe. Il veillera à bien réciter les paroles de la consécration. Les gestes d'adoration 1. Du 7 mars 1746 (cf. sicpra, p. 141, n. 9). 2. C.-à-d. lorsqu'il n'y a pas de prêtre melkite auquel recourir (cf.la Constit. Demandatam, n. 13 et 18). 144 IIVHK I, CHAPITRE V lors de la ^'rande entrée sinil interdits '. Les rubriques seront fidè- lement observées et le prj^tre ne commencera babituellenierit la messe qu'après avoir célébré l'ofTice au moins jusque none. 9. La formule de l'absolution sera celle recommandée par le Saint- Siège '. Le prt^tre veillera }\ ne trahir d'aucune façon le secret di- la confession. 10. Lors de la cérémonie de bénédiction de l'huile des infirmes, on omettra la prière « Père saint, etc. » '. Celle-ci est réservée pour ronctioii sacramentc'Ile des malades. 11. Le prêtre conférera la confirmation ajirès le baptême. Si rév»'^(|ue assiste h la collation du baj)t«''me, c'est lui qui confirmera. La confirmation lui i'>t également réservée lorsqu'elle n'a pas suivi le baptême. V2. Le inciiiitT en;^ao[enuînt nu iiiariaj^e ■* conclu devant le prêtre ne peut être rompu que par l'existence d'un empêchement au mariage. La dispense [tour consanguiruté au tincpiième degré ^ est réservée au j)atriarclic. \'A. Le patriarche fera cunnaître de \i\«; vui.\ '' au.\ Salvatoriens, et par écrit aux Chouérites, son désir, approuvé par le concile, de les voir fusionner. Il est dillicile de dire «pielles sources ont été utilisées dans lu rédac- tion de ces canons. Il est possible que l'édition romaine des actes du concile ruthène de Zamosc, parue en 1724, soit parvenue au Liban. Les adhésions jiréliminaires h Rome, les can. 3, 5, 7 et 8 pourraient très bien avoir été en grande partie inspirés par eux. L'ordre général des matières correspond h celui suivi dans le concile de Zamosc. Le can. 1 nous fait comprendre qu'en matière de jeûne et d'absti- nence on avait préféré laisser le peuple dans la bonne foi et que le rigorisme th- la Constitution DeniatuUitain n'avait pas encore été 1. La comiiiissiun roinaiiif jxmr la correction de riiiicliologe f»yzantin déclara cependant le 5 sept. 17'i5 que rien ne devait être changé au rite de la grande entrée. Cf. la Constit. de Benoît \IV .lu fr mars 1756, n. 38 [CoUect. Lac., t. ii. col. h'i\). 2. Il s'agit probablement de la formule : « (^ue Notre-Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu qui a donné à ses divins et saints disciples... » qui venait d'être com- posée par la commission romaine |M)iir la correction de l'filuchologe. 3. Il s'agit de la cérémonie de la semaine sainte. Klle se terminait générale- ment par l'onction aux assistants, mais celle-ci ne pouvait se faire avec la for- mule*» Père saint ». Le reste de l'huili- consacrée pouvait être réservé pour les onctions sacramentelles des malades. 4. Il s'agit (les rian(,ailles correspondant à la miiè.itcia byzantine, formant un véritable premier moment du mariage. fi. Suivant l;i i'(innpiitatir>n «lu droit romain, ce qui correspond au aecundn.t gradii.t tangens tcrtium latin. ù. Puisque le patriarche habitait tout près du monastère de Saint-Sauveur. CONCILE DE SAINT-SAUVEUR EN 1756 145 porté à sa connaissance. Il est possible que le Saint-Siège ait mani- festé son mécontentement de cette carence, et que, pour l'apaiser, l'assemblée de 1751 ait cherché à faire preuve de zèle; ne sachant trop comment, elle se serait inspirée du concile de Zamosc. Norma- lement, comme ce concile, celui de 1751 aurait dû être approuvé par Rome. Mais les archives de la Congr. de la Propagande paraissent muettes aussi bien quant aux circonstances qui suivirent que quant à celles qui précédèrent le concile melkite de 1751 ^. iV. — Concile de Saint-Sauveur en 1756. Le concile de Saint-Sauveur de 1756 est encore moins bien connu que celui de 1751. Les actes en sont perdus, mais le concile de Saint- Sauveur de 1790 a conservé ^ sept décisions adoptées en 1756. 1. Précisions quant aux cérémonies à suppléer en cas de baptême d'urgence ^. 2. La messe des présanctifiés ne peut avoir lieu qu'une fois par jour dans la même église. 3. On devra vérifier si les candidats aux ordres ont reçu le baptême et la confirmation, s'ils ont l'âge requis et la science voulue. 4. Les supérieurs religieux ne peuvent empêcher leurs religieux d'exercer du ministère pour l'évêque du diocèse ■*. 5. Le religieux qui abandonne sa congrégation ne pourra pas être admis dans un autre couvent. S'il desservait une église, l'évêque du diocèse jugera s'il peut continuer ses fonctions comme prêtre séculier ou s'il doit être remplacé. 6. Les fidèles ne feront pas, à l'occasion des funérailles, de mani- festation de deuil exagérée à l'exemple des infidèles. 7. Ils éviteront le contact avec les femmes de mœurs dissolues. Les souscriptions aux actes synodaux perdus nous sont connues par deux documents de 1849 ^, qui ne concordent pas complètement. 1. Cf. Mansi, hc. cit., col. 453. — Au début de sept. 1751, Jeau Ajeinii partit pour Rome, dont il revint en 1753; on peut se demander s'il n'était pas chargé de tâcher de faire approuver le concile de 1751. 2. Dans sa xxv^ session (cf. Mansi, loc. cit., col. 453-456, et 649), après avoir reproduit ou résumé quelques décisions du concile de 1751. De même, il n'est pas certain que ce soient toutes les décisions de 1756 qui aient été conservées, et leur texte paraît résumé par endroits. 3. Cf. can. 7, in fine, du concile de 1751. 4. Cette décision ne semble pas en accord avec l'arl. 1" de la convention préliminaire approuvée en 1736 par le patriarche, lors des pourparlers pour la fusion entre Salvatoriens et Chouérites. 5. Il s'agit de lettres adressées par les évêques Démétrios Antaki et Ignace Qarout à la Congr. de la Propagande (cf. supra, p. 142, n. 4). I 'tfi , i.i \ n I I. ( Il \ l'M n I. \ Ils anirnieiit tous dnix la |>rcs«:iu;f du pat i iarche (.yiillf. d'I'jil imc Maaloiili r\ (if (iléiiu'iil Tahil); Atlianasc Dahaii ' »•! (Basile drl;jaf. /•vrnii< un Iu'na<«\ é\ri|up de Tyr. ^^;msi {Inr. rit., col. 'ir>5-'itîO) puMie une lettre roni- inuniipiant aux lidèlis niflkitrs l'obligation de parder leur rite, cl de ne pas passer a»i rite latin, conformément à la Conslit. Dctnatuhilain. La lettre est si'ijnée par Cyrille \'l, (llémcnt Taliih, Athanaso Dahan, Maxime llakim, Maeaire Ajeimi, IJasile liiUir, Ainlrc Taklioury. Mapprochant ces sifrnalures avec eeljos attestées pour le concile de 17.">r>, l'éditeur suppose (pie le texte de la lettre a été arrêté à ce concile. 6. Les mêmes (pi'eii IT.M. ••clou (Jaroul. 7. Né à Damas en 173;}, de\< nu moine a Saiiil-Sauv eur. sous je nom d l;;naie, Age à i>eine de 26 ans (cf. P. Hacel, Une périottr trntihlée de l'histoire de V f^gUnr nielkitr : Vélrrtioii iintirnnoniqiie d' Athannxe V Jnu/uir, dans hrlins d'Orirul. l. XIV, l'.ll 1, p. .'?'i()-3ôl. La même année paraissait le t. xi.vi de Mansi tpii apporta des documents nouveaux inconnus de Hacel; cf. également (!. Leveiuj, art. AtJin- tuuir IV d'Antioche, dan» Dirt. tl'liisl. ri dr ^'éo^'r. rrriés., t. iv, Paris, I'.t3(\ col. 137'i- 1376). S. l'.lle fui rédigée par \l|iaiiase Dahan, é\è<|ue de Heyroulii. el piirlee par un prêtre aux autres évêques (trad. italienne, avec la date du l'i a\ril, vieux style, dans Mansi, lor. cit., col. 'i67-'i68). (^ctte ronvention est signée par sept évèfpies, à savoir ceux «pie nous avons cités à propos du concile «le 1756, sauf Eutime Maalouli, rpii résidait à ce moment au|)rés du patriarche. Par contre, CONCILE DE SAINT-ISAIE EN 1761 147 De son côté, Cyrille VI, afin de se créer un partisan, ordonnait évêque de Panéas le prêtre veuf Marc Sallal, qui prit le nom de Maxime. Par circulaire du 9 juin, Cyrille convoquait les évêques auprès de lui afin de venir s'occuper de son abdication et de sa succession. Devant les difficultés qui allaient surgir, les évêques hésitèrent à venir et le patriarche dut envoyer, le 21 juillet, une nouvelle convoca- tion ^ pour le 26 du même mois. Cette fois, tous les évêques vinrent en personne ^ ou envoyèrent un procureur ^. Dès le début des discus- sions, Athanase Dahan, aidé par son confrère chouérite, l'évêque de Baalbek, Basile Bitar, et par le supérieur général des Chouérites, Ignace Jarbou *, représentant l'évêque Maxime Hakim, fit valoir que l'abdication du patriarche devait être acceptée par Rome, à quoi Cyrille VI répondit que seule la confirmation d'un patriarche revenait au Saint-Siège, mais que l'abdication comme l'élection relevaient uniquement des évêques melkites. Le lendemain, le prêtre Jean Ajeimi défendit la thèse du })atriarche, mais son confrère Joseph Papilla lui donna aussitôt la réplique au nom des opposants. Ceux-ci quittèrent alors l'assemblée, déclarant en appeler au pape; ils furent bientôt suivis par Basile Jelgaf, évêque de Sidon. Le 30 juillet, les évêques et délégués restants acceptèrent l'abdication de Cyrille VI ^ puis, se rendant à la chapelle dédiée à saint Georges de la résidence patriarcale, ils élurent Ignace Jouahar comme patriarche ®. Le 31 juillet, Ignace fut ordonné évêque et patriarche Macaire Ajeimi signa la convention. Ignace, le vieil évêque d'Homs, élevé à cette dignité par Athanase III Dabbas, mais reconnu par le Saint-Siège, se trouvait à Alep et ne fut pas atteint. Michel Arraj, supérieur général des Salvatoriens. signa également la pièce. 1. Datée du 10 juillet, vieux style (trad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469- 470). 2. Athanase Dahan, Basile Bitar, chouérites; Eutime Maalouli, Clément Tabib, Basile Jelgaf, salvatoriens; Ignace, d'Homs, et Maxime Sallal, de Panéas. 3. Maxima Hakim, chouérite; André Fakhoury et Macaire Ajeimi, tous deux salvatoriens. 4. Cf. sur ce personnage, P. Bacel, Ignace Jarbou, supérieur général des Choué- rites (1756-1761), dans Échos d'Orient, t. xii, 1909, p. 286-291. 5. L'acte d'abdication est signé par Cyrille lui-même, les quatre évêques et les deux délégués restants, deux prêtres se présentant comme procureurs du clergé de Damas, et Joseph Ajeimi. Il est daté du 19 juill. 1759, vieux style (trad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469-470). 6. L'acte d'élection est également daté du 19 juill. 1759, vieux style (Irad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469-472). L'acte est signé par les quatre évêques, Cyrille lui-même, les deux délégués épiscopaux, les deux prêtres de Damas. Cyrille a donc pris part lui-même à l'élection de son petit-neveu. — Le 12 sept., les sept évêques électeurs signèrent en personne une lettre au Saint-Siège deman- dant la confirmation de l'élection [ibid., col. 471-472) ; le 1 1 oct., Cyrille envoyait un mémoire détaillé à la Congr. de la Propagande (ibid., col. 471-480). • 148 I I \ UK I, CM VlM I ttK. \ SOUS le nom d'Atlianase dans l'j'-iîlist' du cnu\ont de Saint-Saii\ «ni? . Il exerça aussitôt des lejtiésadles contre ses adversaires, notamnient contre rév^i|ue de Haall)ek, allant jusqu'à lui enlever une paroisse pour la donner h l'évAque d'IIonis, un de ses électeurs. Cyrille \ I iimuint Ir l'>j;iii\ici I7ti(>. Le !ironnd^'ua ces différentes mesures ^. Une instruction de la Propagande signifiait le 9 aoilt, à Lanza. des questions à soumettre au concile des évéques* : 1. |{estitulion M (dément Taliib itpii avait aluitulonné .louahar après l'avoir élu' «In diocèse tir Saint-. IeHn-ettre la discussion do ce canon au lendemain.) \. Les censures ecclésiastiques doivent Atrc appliquées a\ec modô- lation et seulement après avertissement '. Le palriarche ne pourra les prononcer contre uu cv<^(Hie (ju'en réunion des é\^(|ues et avec le consentement de la majorité. (Ce canon fut accepté.) 5. Les évèques se réuniront réjjulicrement en concile pour déli- bérer sur les intér^^ts communs de leurs dio<*èses '. (Ce canon fut accepté.) n. Les clercs ne pourront rccuiinr ;i l'iiiipiii du [iiiii\oii séculier pour obtenir une dignité •'. (Le canon fui accepté.) 7. Les évéques n'admettront aux ordres que des candidats sulli- samment jiréparés et les examineront à cet efTet. Le nouveau pa- triarche devra établir une école théologifjue pour les futurs prêtres. Autant que possible, tous les diocèses et les monastères en organi- seront une également *. (Ce canon fut accepté pour autant que pra- ti((uemcnt réalisable.) 8. Dans les afîaires de grave importance concernant tout le patriarcal, le patriarche devra consulter les évoques "*; dans celles concernant un diocèse, l'évoque demandera le conseil de ses prêtres et le consentement du patriarche. (Ce canon fut accepté, mais dans la suite, les évéques déclarèrent qu'il fallait entendre par de telles affaires une mesure \Taiment générale concernant le patriarcat ou le diocèse.) y. Le patriarche et les évéques veillei-ont à l'obsei^ance de la disci- pline dans les monastères de leur ressort. Il ne convient pas cjue le patriarche demeure de façon permanente dans un monastère, mais il faut lui assigner une autre résidence stable, conformément au désir du pape *. (Sur ce dernier point, les évêques demandèrent le temps de se concerter.) Iijiile la série), et du « ean. .i parmi les 8i (•aIloIl^ altrilHii-s à Nice*' «• : il s'a^rit ici des canons arabes apocryphes attribués nu concile de Nicée, en l'espèce du ran. 5 selon l'édition Mansi, t. ii, col. 'J83. 1. Ce canon fait étal du concile de Lalran de l'Jl.') (sans doute I<> oint a i'a|>- préciation de lahléi^at. CONCILr, DE SAINT-ISAIE EN i 761 15J 10. Chaque année, le patriarche fera son testament en présence de deux évêques; chaque évêque agira de même en présence de deux prêtres. (Ce canon fut accepté.) 11. Chaque égUse aura son registre de baptêmes ^. Aucun prêtre ne pourra bénir un mariage sans voir s'il n'y a pas entre les conjoints de parenté naturelle ou spirituelle. (Les évêques acceptèrent ce canon en disant qu'il était déjà observé chez eux ^.) 12. Le patriarche ne pourra rien s'approprier de l'héritage des évêques défunts. Le can. 13 soumettait à l'approbation des évêques diverses mesures d'ordre personnel, dont l'examen fut reporté à la session suivante. Puis, les évêques se rendirent à Saint- Jean-de-Choueir où, le 2 août, le supérieur général des Chouérites, Ignace Jarbou, fut ordonné par le patriarche Maxime Hakim, comme son successeur sur le siège d'Alep. Ils eurent ainsi l'occasion de déhbérer avec le patriarche, sans la présence de l'ablégat, et c'est dans de moins bonnes dispositions qu'ils revinrent auprès de ce dernier à Saint- Isaïe. La troisième session du concile eut lieu le 4 août. Athanase Dahan et Clément Tabib ne voulurent point y paraître, par contre Ignace Jarbou y assista. On remit en discussion le can. 3 : la première partie seule fut retenue; quant à la seconde, on se borna à admettre le principe qu'il faudrait un nombre suffisant de membres du clergé et de fidèles pour ériger un nouveau diocèse. Les questions d'ordre personnel furent examinées ensuite. Le pouvoir épiscopal de Clément Tabib sur Saint- Jean d'Acre fut confirmé, et celui exercé par Macaire Ajeimi fut déclaré illégal. On convint également que le village qui avait été enlevé à l'évêque de Baalbek devait lui être rendu. Malgré l'antique coutume qui avait uni les titres épiscopaux de Sidon et de Tyr, et la proposition de l'ablégat (formulée au can. 13) pour la remettre en honneur, les évêques melkites préférèrent maintenir la séparation des deux sièges. Ils décidèrent aussi d'unir leurs efl'orts pour rétablir les droits de tous ceux qui avaient été persécutés par Jouahar. L'ablégat annonça qu'il avait prononcé l'excommunica- tion majeure contre Jouahar ^, et on décida que le prêtre Jean Ajeimi subirait le même sort s'il ne venait pas à résipiscence. L'ablégat eut quelque difficulté à obtenir la signature des canons par le patriarche et les évêques; ils ne le firent qu'à condition que 1. Concile de Trente, sess. xxiv, De refoimatione matrimonii, c. ii. 2. En effet, les deux prescriptions de ce canon avait déjà été portées par le concile de Saint-Sauveur de 1751, can. 7 et 12. 3. Sa sentence date du 1^'' août 1761 (texte latin dans Mansi, loc. cit., col. 517- 520). l:)'l LIVRE I. I M \ Il I II fc. V iiieiilton fût failo dr leurs («ppoisitioiis. Sans iloiitr à caus»» de celles-ci el tles chanf^ernenls qu»; la Miilc des «''xéiM'iiuMil-N .ipporta aux drci- sioiis jirises, les actes du concile ne furent-ils pas n iitms pour appro- bation pur la Conpr. de la Propagande. L'ablépal s'embarqua pour Chypre et l' Italie le '1\ septembre. Maxime I I I laknn ordonna encore Philippe (^usir au siège vacant il.' haailtfk, l'I .Inse.ph Snfar au siège d»' (^ara, puis mourut. VI. — Oonclle d© DeIr-el-Kamar en 1763. Les évèques melkites, c. 1761, vieu.\ slyle (triul. ilalieiiiie dans Mansi. loc. rit., roi. 519-5'-22). La lettre est signée par : le nouveau patriarche; Masilf .Ifl;:af; Ifrnucf .larhoii; Philippe <^)usir; .loscfili Safiir; l'abbé Rénéral rl»-s (ihoucrili's, j)rocurt'ur «Je (Cément Tabib. 2. Mansi, lor. cit., col. 527-542. 3. Né en France dans le Finistère, en 1713, entré cbez les La/.arisl<'s, nonunc le 27 juin 17'»6 vicaire apostolique avec juridiction sur les Latins dans tout le terri- toire des ant'if-ns patriareat.s d'Anlioche et \<' l.i T'ropapande le 13 févr. 176'i, dans Mansi, loc. cit., col. 54.'»- 550. CONCILE DE DEIR-EL-KAMAR EN 1763 153 dose V et tous les évêques des deux partis ^, ou leurs procureurs, notamment ceux de Jouahar et de Sallal ^ qui étaient encore à Rome et avaient déclaré se soumettre à tout ce que déciderait le Saint-Siège. Les supérieurs généraux des Salvatoriens et des Choué- rites, quelques missionnaires latins et les anciens élèves melkites du collège de la Propagande étaient également présents. Sans révéler les intentions du pape, Bossu proposa très habilement une double catégorie de conditions, à accepter selon que le patriarche à reconnaître par tous serait salvatorien ou chouérite. Ces conditions mettaient dans les deux cas le paiement des dettes contractées par Jouahar à la charge du nouveau patriarche ^ et comportaient des compensations pour les évêques n'appartenant pas à la congrégation lehgieuse dont ferait partie le patriarche. Les partisans de Jouahar acceptèrent en premier lieu les doubles conditions; Théodose et les siens se montrèrent plus hésitants : Théodose était effrayé, dans le cas où il serait confirmé comme patriarche, d'avoir à payer des dettes qu'il n'avait pas contractées, et Basile Jelgaf aurait à aban- donner son évêché de Sidon en faveur de Jouahar. Cinq jours de palabres n'aboutirent pas et les trois évêques salvatoriens * retour- nèrent à Saint-Sauveur où Macaire Ajeimi était à toute extrémité. Mais ils déléguèrent des plénipotentiaires qui continuèrent les négo- ciations; Théodore V et ses partisans finirent par accepter les condi- tions: Basile Jelgaf ne céda que sur les objurgations de Bossu, (ielui-ci tit alors connaître l'alternative adoptée par le Saint-Siège, à savoir la confirmation de Théodose V. Il l'intronisa comme patriarche le 23 décembre. Pendant ce temps, Macaire Ajeimi étant mort, les trois évêques salvatoriens tramèrent un nouveau coup : ils ordonnèrent un successeur à Macaire et deux autres évêques, tous rehgieux de leur congrégation ^. Théodose V riposta en déclarant ces nominations sans valeur et en interdisant aux nouveaux évêques l'exercice de l'ordre qu'ils venaient de recevoir. Bossu signa égale- 1. Eutime Maalouli, Clément Tabih, Ignace Jarbou, Philippe Casir, Basile •Jelgaf, Gérasime Moubayed, André Fakhoury et Ignace, d'Homs. 2. Il y avait en outre les procureurs de Macaire Ajeimi, malade, et des deux concurrents au siège de Qara : Joseph Safar, partisan de Théodose V, et Gré- goire Haddad, partisan de Jouahar. 3. Les instructions de la Propagande du 2 oct. avaient refusé d'endosser la dette de Jouahar à Théodose V, t. .ut en permettant à Bossu d'encourager Théo- dose V à en prendre la charge. 4. Eutime Maalouli, Gérasime Moubayed, André Fakhoury. .■). Maxime Fakhoury, qui prit le nom de Macaire, pour S.-Jean-d'Acre; Aî-st-ne Caramé, qui prit le nom de Jérémie, pour Damas: Francis Siage, qui prit le nom de Cyrille, pour le Hauran. 154 iiviu; I, cHAFiTnE v ment la seiitenc»; et les coupables, sauf un ^, se soumirent. Bossu installa aussi Basile .lel^af sur le sièf^e vacant de Beyrouth en place de celui de Sidon abandonné à Jouahar. Sans le départ précipité des trois évoques salvatoriens, Bossu aurait réuni une assemblée plénière autour ilu patriarche confirmé par Rome. Il iK- put réaliser ce projet; il demanda à la Propagande d'insister auprès de Théod(»se \' pour (jue celui-ci tînt un véritable concile Ic^^islatif, et il iti(lii[ii;iit coriiinc inodMe h suivre le concile ruthène de Zamosc. La môme commission particulière de la Propagande, qui s'était réunie le 2') septembre 17G3, s'assenibla le 2;') juin 17G4 \H)\ir examiner tout ce qui avait été fait par Bossu, son délégué. Sans apiirouver explicitement les coiulitions de l'accord patronné par lui *, elle le loua de sa conduite; elle décida de proposer au Saint Père l'envoi de la bulle de conlirmation et du p;illium à Théodose \' et de permettre à .Fouahar de retourner au Liban, pourvu (ju'il reconnut l'autorité de Théodose; elle confirma la sentence portée contre les trois évoques nouvellement ordonnés à Saint-Sauveur; enfin elle estima qu'une instruction spéciale devrait être rédigée concernant le concile plénier à tenir ^. .\u consistoire du 8 juillet, Clément X 1 1 1 confirma solennellement l'élection de Théodose \ comme j)atriarche meikite. Le lendemain, il signa la bulle de confirmation et les lettres apostoliques d'envoi du pallium; il y ajouta, le 23 juillet, un bref au patriarche et un autre aux évoques melkites les exhortant à la concorde *. VII. — Concile de Zouq en 1765. L'accord intervenu à Deir-el-Kamar contenait deux points faibles : le paiement des dettes de Jouahar par Théodose \', et le retour de .Fouahar comme évoque de Sidon. Théodose V savait ce qu'il avait à craindre de ce retour et voulait d'abord voir comment il se passerait avant do commencer h payer les dettes. .Fouahar. a\ant quitté Rome après avoir signé ce qu'on désirait de lui et ayant pris posses- sion de son diocèse, argua du non-paiement de ses anciennes dettes 1. Cyrille Siage. 2. Sans doute à cause de la question du paiement des dettes de .Touahar. 3. Mansi, loc. cit., col. 549-556. 4. Texte de tous ces documents pontificaux dans de Martinis. Jiui puntifi- cium, t. IV, p. 100-106; Mansi, loc. cit., col. 557-562. CONCILE DE ZOUQ EN 1765 155 pour recommencer ses agitations. Le 16 février 1765, il se fit réélire comme patriarche par ses partisans ^. Théodose V riposta en assemblant les siens, en présence du délégué apostolique, Mgr Bossu, au couvent chouérite de Saint- Michel, à Zouq, près de Beyrouth, dans les derniers jours de février*. Basile Jelgaf, Phihppe Qusir, Joseph Safar, le procureur d'Ignace Jarbou, le supérieur général des Chouérites, quelques prêtres sécu- liers ^ et religieux chouérites vinrent à l'assemblée. Le patriarche et Bossu inclinaient vers des négociations, mais finalement on se borna à envoyer à Jouahar et à ses partisans l'intimation de se soumettre à Théodose V dans les cinq jours. Seul Clément Tabib, qui d'ailleurs n'avait pas pris part à la réélection de Jouahar, répon- dit en adhérant à Théodose. Aussi, le 6 mars, le patriarche et les évêques décidèrent-ils de frapper les rebelles de peines ecclésias- tiques sévères; le délégué apostolique n'assista pas à cette nouvelle réunion, car il avait conseillé à Théodose de laisser à Rome le soin de prendre des mesures, afin qu'elles aient plus de poids. Théodose se ravisa et ne publia pas la sentence, il se borna à envoyer une lettre pastorale pour mettre les fidèles en garde contre les faux bergers. La commission particulière de la Propagande *, réunie en présence de Clément XIII, le 1^*" septembre 1765, décida que Jouahar et ses partisans encouraient l'excommunication majeure réservée au Souverain pontife. Clément XIII, par bref du 11 sep- tembre, fulmina cette excommunication ^. Jouahar se soumit en 1768 et ses partisans suivirent son exemple. Ainsi se termina un conflit qui avait duré dix ans. Il avait empêché une organisation stable de l'Église melkite unie, et élargi le fossé entre moines salvatoriens et chouérites, que tout d'abord on avait espéré voir fusionner. 1. Eutime Maalouli, Maxime Sallal, Gérasime Moubayed, André Fakhoury, et les procureurs de Grégoire Haddad et d'Ignace, d'Homs (cf. P. Bacel, L'Église melkite au XVIII^ siècle : nouvelles intrigues de Jauhar, dans Échos d'Orient, t. XV, 1912, p. 226-233). 2. La date exacte n'est pas connue. On n'a sur cette assemblée que les renseigne- ments fournis dans le Ristretto de la réunion de la commission de la Propagande du leï sept. 1765 (Mansi, loc. cit., col. 569-570). 3. Dont Joseph Papilla. 4. Mansi, loc. cit., col. 561-572. Ce fut la même commission qu'en 1763 et 1764, moins le cardinal Stoppani. 5. Texte dans de Martinis, t. iv, p. 119-121; Mansi, loc. cit., col. 571-574. ir>6 1, I I \ i; I 1, ( Il \ Il I it I \ A'/#.v;,vj Lublin o o C/>e//n ^Zjmosc o Kobrvn o "^ o Pinsk BresiLiiovsM , V/3dimir » Luisk °Przemys/ cPrechov oMukaichevù oSàtu ■ Mare oOradea-Mare Alb3-Julia t.arte 1. ~— Kiiropo nriontalt». LIVRE SECOND ÉLABORATION DE DROITS ÉCRITS PARTICULIERS Les Malabares avaient perdu leur hiérarchie et leur législation orientales. Maronites et Melkites, Ruthènes et Roumains vont au contraire s'efforcer de renouveler le droit de leurs circonscriptions ecclésiastiques en se conformant, à des degrés divers, aux indications du Saint-Siège. La province ruthène cathohque y parviendra la première. Le nonce de Pologne préside le concile de Zamosc en 1720, lequel édicté une législation étendue, quoique incomplète, qui sera approuvée par Benoît XIII et qui, selon la volonté expresse de Pie VII, survivra au partage du pays et assurera ainsi la continuité juridique ruthène. Le diocèse roumain uni se voit enfin reconnu par Rome en 1721, moyennant transfert de son siège à Fagaras; en 1737, la résidence épiscopale sera transportée à Blaj. De fréquents synodes eurent lieu : si la tradition d'une réunion annuelle du clergé ne fut pas toujours maintenue, les assemblées réelles furent en tout cas plus nombreuses que celles dont nous avons conservé les actes ou le souvenir. Néan- moins, ces dernières sont sans doute les seules qui eurent une acti- vité législative importante et elles suffisent à nous montrer les efforts constants et sans cesse renouvelés de l'Église roumaine unie. Celle-ci accepte le contrôle du Saint-Siège mais, en tant qu'elle est de rite oriental, elle s'insurge contre les ingérences des autorités civiles et ecclésiastiques de Hongrie; elle attribue une juridiction réelle et effi- cace à l'évêque diocésain, mais elle n'oublie pas les droits et les besoins du clergé paroissial. Même après l'érection d'un second diocèse, Blaj dei^eure la capitale du catholicisme roumain. Patriarche et évoques maronites tiennent en 1736, après des discussions préliminaires pénibles, des réunions solennelles connues sous le nom de concile du Mont-Liban. Le Saint-Siège y a délégué un prélat du rite résidant à Rome, Joseph Simon Assemani. Celui-ci, comme jadis Menezes à Diamper — mais son érudition est bien plus étendue — a préparé un code de canons ; il réussit à le faire entériner, mais non pas à le faire observer. Il faudra un siècle de discussions, 158 ÉLABORATION UT. DHOITS l'iCKIfS l'AHTICI! I-IERS liuit nouveaux coiuiles, des interventions énergiques de la papauté avant que certaines régies de discipline, cependant essentielles soient enfin suivies. Les trihulations de n'-f^lisc melkite sont plus jurandes encore. Une première ébauche d'un code lé<;islatif cohérent est faite au concile de Saint-Sau\ eur en 17!t<\ mais des dissensions ultérieures lui enlé^enf Ix-amoup Av. en dil, de inénir (pie des erreurs do^'uiatiques font condamner par Home le concile de ()ar(jafé de 1800, dont l'œuvre ilisciplinaire comi>létait cependant ••! corri{;eait celle dr \~W. Le notaire du concile de Qarqafé est un prêtre d'Alej», Maziouni. l*.ln illégalement en 1810 au siège d'Alep, dont il ne peut prendre posses- sion, il se rattrape en exerçant une influence prépondérante dans les assendiléi's épiscopales auxijueiics il assiste et en y faisant admettre certaines rèt^ics disciplinaires lixé«'s à ()ar(jafé. Devenu patrianhe, il aj^it dans le même sens aux conciles d'Aiii-Traz en 18.'>5 et de .Jéru- salem tn 18''i0 : le premier reçoit cependant l'approbation pontilicaie, laquelle sera refusée au second. Mal;^ré les vicissitudes, le progrés de ces diverses Ëglises unies a été manifeste : elles se sont donné chacune un droit particulier écrit. Même si celui-ci est troj) latinisant chez les Huthènes et les Maronites, fragmentaire chez les lloumains, dépourvu de l'appro- Itatidii liiéranliique >upréme chez les Meikites, il n'en constitue pas moins une force et une garantie de vitalité. II sera intéressant de comparer ces différentes législations entre elles, de mcmtrer comment elles ont été préparées par les conciles des premiers temps de TL^nion et d'indiquer, par la même occasion, les points de repère qu'on trouve dans les synodes des Malabares et des .Arméniens de Pologne. Nous pourrons faire ainsi le bilan des résultats acquis et prévoir le chemin i|ui restera à parcourir. CHAPITRE Vl LE CONCILE DE ZAMOSC ET LA CONTINUITÉ DE L'ÉQLISE RUTHÈNE (1714-1838) I. — Les circonstances du concile. L'Union s'alîermit rapidement dans les diocèses de Przeniysl, de Lwow et de Lutsk ^, mais leur intégration dans la province ecclésiastique ruthène catholique ne fît que mieux ressortir les divergences dans les usages liturgiques ^ ou la discipline existant dans les différentes régions et la nécessité d'une unification. Léon Kiszka, devenu métropolite en 1714, demanda à Rome la permission de tenir un concile. La Congr. de la Propagande, en date du 27 mai 1715, donna au nonce de Pologne, Jérôme Grimaldi, archevêque d'Édesse, la faculté d'autoriser le métropolite à convoquer le concile, tout en réservant à la Propagande l'approbation des déci- sions qui seraient prises. Lin bref de Clément XI du 20 mars 1716 chargea le nonce de présider le concile. Plusieurs années se passèrent cependant avant que l'assemblée se réunît ; elles servirent à préparer, d'accord avec le nonce, le texte des décisions qui seraient proposées et à le soumettre par avance aux évêques. Kiszka, qui était en même temps évêque de Vladimir, lança de cette ville, à la fin de mai 1720, les convocations au concile qui devait se tenir à Lwow le 26 août suivant. Fin juin, comme la peste sévissait à Lwow, il transféra le lieu de réunion à Zamosc, dans le diocèse de Chelm ^. Le 19 juillet, 1. Cf. supra, p. 96-101. 2. Cf. A. Raes, Le rituel ruthène depuis l'Union de Brest, dans Orient, christ, period., t. i, 1935, p. 361-392 et Le Liturgicon ruthène depuis VUnion de Brest, ihid., t. vm, 1942, p. 102-105. 3. L'édition officielle latine des actes du concile de Zamosc fut imprimée, aux frais de la Congr. de la Propagande, sous le titre Synodus Ruthenorum habita in civitate Zamosciœ anne MDCCXX, Rome, 1724. Elle a été réimprimée en 1838 et en 1883. L'éd. romaine de 1724 a été reproduite dans J.-B. Mansi, Amplissima collectio conciliorum, t. xxxv, col. 1437-1538; celle de 1838, dans Acta et décréta sacrorum conciliorum recentiorum, CoWect;'o Larensis, t. ii,Fribourg-en-Br., 1876, col. 1-74. — Cf. J. Pelesz, Geschichte der Union der ruthenischen Kirche mit Rom ^•on den âltesten Zeiten bis auf die Gegenwnrt, t. ii, p. 420-425. l'I" LIVRE II, CHAPITRE VI Clément XI ailrcssa au inétroitolitf et à ses sufTragants un liref les exhortant k profiter du concile pour éliminer tous les ahus qui sévissaient dans l'hglise ruthène et h suivre docilement les directives lin imncc, leur j>rcsident. l.c ((incili' tint ses assises en Téplise ruthc-nc du Secours de la Vierge et de saint Nicolas. Tons les évéques tie la province furent présents autour du inéf ro[)nlitain : l'Iorcut Hrehniiki, de Polotsk; .losepli W \ liowski, de I.utsk; .Joseph J.uwuki, de (ihclrn; Athanase Szeplycki, de Lwow ; .lérôiue l strycki, de l'rzemvsl: l'évècpie nommé de Pinsk, Thécjphile Godebski, fut ord(»nné au cours ménie du loiicih': l'archevêque de Sinolensk, en territoire russe, Laurent Drucki Sokolinski, semble avoir eu (juehpie peine à pouvoir \eriii et arriva avn- du coiifilr de l' lorcucc, qii»'l<|iies (ioiistitutions poutificides récentes, le rituel romain *. Le cérénioniîil latin suivi |i;ir le concile et les sources utilisées dans le» décret^ fnni «léjà pressentir d.iiis i|Mfl esprit eenx-ci sont rédigés. I. L. Les décrets du concile. FOI Kl LA PRKDICATION Dans le titre i des canons conciliaires, sur la foi <-atli«)li•. furr., I m, c. m, n. 2, m fine; P. G., mi. 8'i9). 3. Sess. XXIV, Dr nform., c. xii. Ce décret, pas plus que la builn de l'ie 1\ . ne concerne les Orientaux. 4. Le S. Office venait de donner en 1719 une instruction «le ce genre aux missionnaires orientaux. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 163 (l'être corrigés, ne pourront plus, en atlendant, être vendus ou lus. 7. Le concile décide une réédition de tous les livres liturgiques. Au titre ii, concernant la prédication, le concile ordonne aux curés, en des termes repris du concile de Trente ^, de prêcher les dimanches et jours de fête. Il charge le métropolite de faire composer deux catéchismes, l'un à l'usage du peuple, l'autre pour l'instruction des curés eux-mêmes. En exécution de ce décret, parut en 1722, chez les Basiliens de Suprasl, un livre qui contient à la fois le texte à ensei- gner aux fidèles et les explications à l'usage des prédicateurs. II. Les sacrements Le titre m des canons de Zamosc est consacré aux sacrements. Il contient d'abord quelques indications générales. 1. Les prêtres qui exercent le ministère paroissial s'appliqueront à conférer les sacrements avec tout le zèle et le soin voulus ^. 2. Ils veilleront spécialement à ce qu'aucun de leurs fidèles ne meure sans les sacrements. 3. Ils expliqueront autant que possible le sens des cérémonies avant de les exécuter ^, notamment pour le baptême, les derniers sacrements, le mariage. 4. Le métropolite est chargé de veiller à la réédition du rituel. 5. Chaque prêtre ne conférera les sacrements que dans sa paroisse et à ses seuls paroissiens, sauf danger de mort. A part ce cas, il ne pourra donc exercer son ministère en faveur de Latins. 6. La peste n'est pas une raison suffisante pour les curés de quitter leur paroisse. Ces prescriptions liminaires sont suivies de huit paragraphes. Le premier concerne le baptême. 1. La forme du baptême sera la formule déprécative indiquée dans le Décret aux Arméniens du concile de Florence. Il est interdit d'ajouter « Ainsi soit-il » après l'invocation de chaque personne de la Sainte Trinité. 2. Seules lés anciennes cérémonies traditionnelles du baptême seront retenues dans le rituel à éditer. 1. Sess. V, De reforin., c. ii. 2. Ce canon est presque entièrement repris au rituel romain : De Us qiuc in sacramentorum administratione generaliter servanda sunt. 3. Concile de Trente, sess. xxiv, De refortn., c. vii. 1 (i't LivnK I \ . «Il M'i I m \ I .». [.v ("iiir ou l<; jirrlir f|«''lr;:in' |i;ir lui ^niii le iiiiiu^lrc (n «liiiiiin; «lu l)apt»''iiu*. l'^n cas île iirrossil»'-, Inut If iiioMilt' jxul haptisrr j-l les lirlolrs ()()iv4>nl f-\if ui-hiiil^ à ce sujci. '( , Imi (ms i|i- ijiMitt- ^111 Mil l>;i|ilrmr ;iiil cr i«iir , li' s;i«t cinciil sera réitéré sous conditioii. 5. Un prrtri' MitlirtX' ix- |iniiiTa hapliser iiti cnranl l.itiii r|u'uii eus f|p niHTssilr on a\t'i' |n'nin*''>HMi du t iin'" latin. in;n> il m |Minria lui r()iif«'rer la coiilirmalion. <>. Kii hiver, '>i r«'t,'lisi- [uiroissudc c^i iiu|i doiijdrc. li- pir-frc [nul liaptisor à . /. < Ml pnMidra tmil au |i|un un |iariain ri unr iiiaiiaitic pour l<- Itapl ('iiif cl la loiilinnat Kiu. \\> cont ractt-roiil riMripi'clK^nierit d'alli- nilé spirituellf axcc rciifaiil ri N-s pèn; •'! lurr»' d»- irliii-ci '. S. I,cs cuirs piMivciil Ix-nir riiiiilc d<;s catéchumt'iifs. roiifortiu':- iiMMil il l'iisa'^r Drirnial. après le liaptiMuc sera sup|)riiiiée là où ce sera possible sans piovo«juer de scandale. 11'. (.Iiatpic paroisse aura son re<;islre . Le saint (;hrème sera conservé à l'église dans un vase d'argent ou d'étaiii '. 1. Cf. comil»' «If 'lr»iit<', sess. xxiv, De nfonn. nuiliini., «■. ii. (inntraireiiuMil it ce concile, le ministre du sacrement n'est pas mentionné dans le champ de l'empêchement. 2. Le cfincili' dcclaro (|iii' les cnn-s jmii.ssi'nl ihuis l'i'.iflisr uriculai)- île ri' poiivuir en vertu » cl'uii druil extraurdinaire vt d'un pouvoir clrjryué par Irvcipic. par dispense du Sii^ge apostolique >. 3. Cette consécration aurait dû, conformément ;i l'usaife nriciilai, cire réservée au chef d'Kjflise, c.-à-ti., pour les Huthènes, au métropolite. 4. Ce canun cite quehpies motjj de S. Cyrille de .Jérusalem, 3^ cntèchè.^e mysta- gogiqiie (P. G., xxxiii, lO'.M). CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 165 Le paragraphe m traite de l'eucharistie. 1. Les prêtres cuiront autant que possible eux-mêmes le pain fermenté nécessaire à l'eucharistie; ils veilleront aussi à ce que le vin soit sans mélange et non corrompu. Ils éviteront de se procurer ce pain ou ce vin chez des marchands juifs. 2. Ils auront toujours l'intention de consacrer les particules placées autour de l'hostie principale ^. 3. Dans la mesure où on le pourra sans scandale, on supprimera l'usage de donner la communion aux enfants qui n'ont pas atteint l'âge de discrétion ^. 4. Les parcelles de pain consacré destinées à la communion des malades seront renouvelées tous les huit ou quinze jours. Il faut supprimer la pratique, suivie en de nombreux endroits, de consacrer à cet effet une hostie le jeudi saint, laquelle est alors trempée dans le précieux sang ^ et sert pendant toute l'année. 5. Lorsque la maison du malade n'est pas éloignée, la comnmnion sera portée publiquement. 6. Les ciboires et les pyxides seront d'argent ou d'étain. Une lampe brûlera constamment devant le Saint-Sacrement dans les églises riches; tout au moins les dimanches et jours de fête pendant la messe, dans les églises pauvres. Le paragraphe iv s'intitule : De la célébration des messes. 1. Les prêtres doivent toujours employer du pain fermenté. Ils ne peuvent envoyer à l'église latine des parcelles de pain consacré pour y être distribuées en communion aux fidèles de rite byzantin. 2. Ils n'offriront point la messe en dehors des églises ou des ora- toires, sauf permission de l'Ordinaire. 3. Ils feront la préparation des oblations (proscomédie) revêtus des ornements sacrés, immédiatement avant la messe, à l'église même où ils célébreront. C'est alors qu'en été ils ajouteront l'eau au vin dans le calice; en hiver, ils le feront pendant la messe "*. 4. Ils mettront toujours des habits propres pour dire la messe. Ils auront le plus grand soin des vêtements et linges sacrés. Ils 1. Les orthodoxes estimaient que ces particules n'étaient pas à consacrer. Déjà le missel publié en 1692 par le métropolite ruthène Cyprien Zochowski ordonnait de faire la consécration; mais ce missel ne fut pas approuvé par les autres évêques et fut assez inégalement répandu (cf. J. Hanssens, I nstitutiones liturgicae de ritibus orientalihus, t. ii, p. 200-206). 2. Répétition quelque peu développée du can. 9 sur le baptême. 3. Et ensuite desséchée et conservée en poussière, comme c'est encore l'usage de beaucoup d'Eglises orthodoxes à l'heure actuelle. 4. Par crainte du gel. CONCILES. — XI. — 12 - — - Ui(i M \ lîK I I, I II A fl I It h \ I laveront eux-nu^ines les cMjrpoiaiix '; ils traiisnieltrdnt ceux qui sons usés h r»H'«^rhé pour y t^tre l)rill«';s. lis pourront hiilliT sur [)lace les autres elîcls lilur;xi(iues hors d'usa;^*'. Le, taheniaclc dcvia loujourt fermer à c\v. 5. I.'auti'l tioit être couvert (it« trois ua(ipfs t-t du corpoial. \.\inti- iiH'nsion srra placé entre les deux nappes supérieures. <>. I,'usa;;<- de l'épiuijj;»' ]>i)ui purifier la patène devient prohibé *. Les prêtres purifieront avec le doigt, selon l'usaffe latin. 7. Les {^énullexions et inclinaisons |)rofund«'s lors de la {trocession des oblations à i'olTerloire sont interdites à cause du [>éril d'idolâtrie •''. 8. Un prCtre étranger au diocèse ne pourra y célébrer la messe ou y administrer les sacrements sans lettres testimoniales de son évêque. n. Les doyens veilleront à l'uniformité des cérémonies tant pour les messes chantées que jiour les messes lues. La praticpie 'i6. Son rituel ou Trebnik [tarut en 1646. G. Là où les particules entourant l'hostie principale n'étaient pas consacrées, l'usage s'était intnxluit de remettre une d'entre elles au nouveau prêtre. Le concile mainli' nt ret usage tout en l'adaptant à ce qu'il dit au can. 2 sur la messe. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 169 4. De même, aucun évêque ne peut ordonner le sujet d'un autre Ordinaire, sans lettres dimissoriales. Le concile fait siennes en cette matière les règles et sanctions promulguées par Innocent XII dans sa Constitution du 6 novembre 1694 et par Clément VIII dans le décret du 15 mars 1596. 5. Conformément au conseil de saint Paul ^, de saint Léon ^ et de saint Jean Chrysostome ^, les évêques n'admettront pas les candidats aux ordres sans discernement. Le théologal, l'oflicial et quelques autres examinateurs verront si les candidats possèdent toutes les conditions requises. Le concile se rallie ainsi à la discipline tridentine * qui remplacera l'usage oriental selon lequel les candidats à l'ordination apportent un témoignage d'idonéité de la part de leur confesseur ^. 6. Les candidats aux ordres se présenteront deux mois avant l'ordination au protoprêtre de leur district; celui-ci communiquera leur nom à l'Ordinaire ou à l'offîcial. L'Ordinaire invitera le curé de la paroisse où habitent les candidats ou tout autre curé plus indiqué à publier leur nom au cours de la messe paroissiale et à faire sur place une première enquête à leur sujet ^. 7. L'examen doctrinal des candidats portera spécialement sur l'administration des sacrements et les autres fonctions paroissiales. 8. Celui qui veut être ordonné au diaconat ou à la prêtrise doit demeurer six semaines dans la ville épiscopale, au cours desquelles il fera une retraite sous la conduite d'un directeur approuvé par l'évêque. Il devra apporter l'attestation de cette retraite. 9. Le lectorat et le sous-diaconat peuvent être conférés le même jour; il faut un intervalle de dix jours entre le sous-diaconat et le diaconat, et entre le diaconat et la prêtrise. 10. Le clerc séculier qui veut être ordonné doit l'être en vue d'une église déterminée, qui sera capable de pourvoir à son entre- tien. 11. En dehors du prêtre paroissial, il ne peut y avoir qu'un coadjuteur, lorsque le prêtre le demande et le prend à sa charge, ou un vicaire, lorsque l'évêque juge que le nombre des paroissiens l'exige et que les revenus de l'église le permettent. 1. I Tim., V, 22. 2. P. L., Liv, col. 658. 3. Le concile fait allusion à un passage de l'Homélie xvi sur la P^ épître à Timothée [P. G., lxii, col. 587). 4. Sess. x^n-ïu , De reform. , c. vu, dont la deuxième partie est reprise littéralement. 5. Nous avons vu, au contraire, cet usage maintenu au synode diocésain riiumain de 1700 (can. 2). 6. Concile de Trente, sess. xxiii, De reform., c. v, repris en partie littéralement. 17(> I.IVRi: II, CHAPITRE VI 12. Ce n'est (ju'exi'cptionnellement qu'un serf pourra ôtre ordonné, et ce du consentement de son maître, qui doit alors le libérer, ainsi que ses enfants, par acte ofliciel. 13. Les chancelleries épiscopales tiendront un registre des ordina- tions faites par l'évoque. \'i. ('.('lui qui a été ordonné dans le schisme ne sera autorisé ^i e.xercer son ordn- (jii'aprés avoir abjuré ses erreurs et fait profession de foi. ir>. l)'uMf fa(,M»ii toute {.jéiiéraie, le eoiuMbî «'•iniiiirre les emp(^rhe- ments aux ordres : l'illégitimité', défaut de l'âge indicpié par le concile (le. Trente, conversion récente, bigamie successive, défaut corporel, «;rime, infamie, usure, mauvaise vie, ignorance, ivrognerie, défaut lie domicile stable, charges séculières, efTusion de sang. I.c parai^Maphe viii et dtirnier contient le droit matritiKinial. 1. l,f rite du mariage, «pii est fort semblable h celui de l'Lglise latine ', « ne demande donc aucun changement on mutation » et sera fidèlement observé. 2. Les curés ne peuvent célébrer des mariages à domicile, sauf permission de l'Ordinaire. 3. Les fidèles ne seront pas admis au mariage sans connaître l'oraison dominicale, la salutation angélique, le symbole, le déca- logue, les sej)l péchés capitaux et les autres vérités nécessaires au salut. Ils devront aussi se confesser et communier. 4. Le concile énumère un certain nombre d'empêchements de mariage, sans cependant en donner la liste complète. Ce sont : l'âge (14 ans pour l'homme, 12 pour la femme); le rapt, môme si la femme consent ^; la parenté par consanguinité, affinité ou adop- tion aux tl(>grés prohibés; l'adultère avec promesse de mariage on 1. Ainsi i|u'il ressort du cm. S, le concile veut iiirofession ne pourra pas être île |)urt; forme ^, elle devra être précédée d'un an et six semaines de probation chez les Basiliens. 2. Les évêques doivent résider dans leur diocèse ^. Ils accom- pliront les fonctions liturgicpies à leur cathédrale aux fêtes solen- nelles et lors de la semaine sainte. L'archevêque de Smolensk, dont la cathédrale est occupée par des schismatiques, les accomplira au monastère voisin de Pusta. 3. Avant de corriger un de ses sujets, même s'il n'y a pas lieu de procéder judiciairement, l'évêque enquêtera par témoins dignes de foi sur les faits reprochés. 4. Les évêques ne soumettront pas leurs |)rêtres à la flagellation, mais ils pourront les emprisonner en cas de délit grave. 5. Les laïques n'empêcheront point la juridiction épiscopale, notamment en couvrant des clercs de leur protection. 6. Les clercs coupables qui s'enfuient dans un autre diocèse doivent être livrés par l'Ordinaire de ce lieu à celui de l'endroit où ils ont commis leur délit. 7. L'évêque aura non seulement un otlicial mais aussi un théologal. 8. L'évêque fera la visite de son diocèse au moins tous les deux ans, par lui-même ou par un délégué *. 9. Cette visite portera non seulement sur l'entretien des églises et de leurs biens, mais aussi sur la foi. les mœurs, la prédication, la 1. Celte prcro^'afive du Saint-Sii'irc décDule de .sitri droit de désijrner le métro- polite. Il ne s'applique pas à un autre diocèse dont le métropolite pourrait être également titulaire, comme c'en était devenu l'habitude. Ce diocèse sera admi- nistré provisoirement par révècjue le plus voisin. 2. Comme c'était souvent le cas dans les Églises orientales, même unies, pour les clercs qui ambitionnaient l'épiscopat ou venaient d'y être nommés. 3. Le concile cite le début du r. i de la sess. xxiii. De rrform., du concile de Trente. 4. Le concile cite le début du c. m de la sess. xxiv, Dr refnrm., du concile de Trente. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 173 pratique religieuse. Le concile décide de publier en appendice aux actes un questionnaire à l'usage de ceux qui font la visite, lequel pourra être modifié par eux selon les circonstances ^. 10. Cette visite s'appliquera à toutes les églises et à tous les ora- toires publics, même s'ils appartiennent à des religieux exempts; aux confraternités et institutions pieuses, aux hôpitaux et fondations charitables. 11. Elle vaudra aussi pour les monastères qui ne sont pas consti- tués en congrégation; quant à ceux qui le sont, l'évêque ne pourra en entreprendre la visite que si les visiteurs réguHers, six mois après avertissement de sa part, n'ont pas fait leur devoir. Comme les monastères de femmes ne sont pas constitués en congrégation, ils 'sont pleinement soumis à l'Ordinaire. 12. Conformément au concile de Trente ^, celui qui fait la visite n'exigera ou n'acceptera aucun don, mais uniquement le séjour pour lui et une suite aussi réduite que possible. Le concile dispense même les églises pauvres de tous frais d'entretien lors de la visite; l'évêque devra les prendre à sa charge. 13. Si le visiteur n'est pas l'évêque lui-même, il ne pourra avoir avec lui qu'un secrétaire et deux domestiques, avec un cheval pour chacun. 14. Le visiteur examinera spécialement les fondations et dotations de chaque paroisse, chapelle ou monastère non exempt; elles seront inscrites dans un livre spécial déposé à l'évêché et chaque établisse- ment religieux en possédera l'extrait qui le concerne. 15. A l'occasion de leur visite, les évêques consacreront les églises qui ne le sont pas encore. 16. Un synode diocésain se tiendra chaque année : dans les diocèses où les distances ne sont pas trop grandes, il réunira tous les curés; dans les autres ^, les curés, répartis en trois groupes, seront rassemblés à tour de rôle : la première année au siège de l'évêché, les deux années suivantes en deux endroits appropriés différents. 17. Les protoprêtres ou doyens feront avant le synode diocésain un rapport à l'Ordinaire sur les paroisses de leur district, afin que le synode puisse s'occuper de réprimer les abus éventuels. Ce rapport portera sur le zèle des prêtres, l'état des églises, l'observation des 1. Ce questionnaire comprend de longues séries de questions concernant suc- cessivement le curé, le diacre, l'église, les reliques, les saii|tes images, les indul- gences, chacun des sept sacrements, la messe, les funérailles, les confréries, les hôpitaux, les moines et moniales. Une des questions porte sur l'emploi de confes- sionnaux grillagés obligatoire au moins pour les femmes. 2. Sess. XXIV, De rejorm., c. m. 3. C'était le cas du diocèse de Polotsk (cf. supra, le can. 46 de S. Josaphat). 174 LIVRE II, CHAPITHK VI décrets du concile prtn'incial, l;i prntifjiie religieuse des lîdèles, les pécheurs publics. 18. A la mort du Souverain pontife, les év«>ques célébreront un service funèbre à sa mémoire et prieront pour l'élection de son successeur. 19. Les sulTragants feront de in/*ine ft la tnurt du métropolite et les curés à la mort de leiir évèque. 20. I-ors de la vacance d'un sièpe éf)iscopal, trois ch-rcs feront un inventaire olliciel de tous les biens mobilieis et immobiliers de l'évt^cbé. Le titre vu s'occupe de rolliciai »|ue chaque diocèse doit avuu '. Il sera pris dans le clergé séculier; s'il ne s'y trouve pas de candidat capable, ré\é(]ue pourra j)rendre un réf^ulier. 1/oliicial ne punira les clercs d'amende que dans les quelques cas prévus {)ar le concile '; pour le reste, il prononcera des peines de prison, de retraite, ou les sanctions prévues par les canons. L'oflicial ne |ieut emp/^cher l'appel «le sa sentence auprès du métropolite; toutefois le concile estime que les violations de ses présents décrets méritent d'être punies sans recours ^. L'évéque ou même le métrofxdite peuvent sévir contre l'oilicial qui exercerait mal ses fonctions. Le titre viii veut que révè(|ue s'adjoigne un chancelier ou secré- taire, qui tiendra le registre des actes de l'évéché, des professions de foi, des ordinations, de la visite épiscopale. des dispenses. Le concile ordonne de publier parmi les actes de l'assemblée une liste des taxe.s h percevoir qui sera observée dans tous les évéchés. Le bref titre ix concerne les protoprètres. Ceux-ci doivent non seulement faire rapport à l'évéque sui les clercs et les fidèles de leur district *, mais aussi l'assister, lui ou son délégué, dans la visite canonique du district qui a lieu tous les deux ans. L'année où elle n'aura pas lieu, ils la feront eux-mêmes ^, Le titre x est consacré aux curés et au.\ paroisses. 1. Comme le dit saint Grégoire, les pasteurs doivent être un exemple pour le troupeau qui le>ir est confié. 1. Le concile précisf qut-, si un évèque gouverne plusieurs diocèses, il y aura néanmoins un ofTicial près de chaque cathédrale. ■J. Par ex. au can. *i sur la confirmation; au can. ."> sur la mossr: au tit. vm, in fine; aux can. '• et 7 sur les curés et les paroisses. 3. On ne peut qu'estimer dangereux un tel droit d'exception. 4. Cf. supra, can. 17 concernant les évéqurs. .'». Ils ne pourront avoir qu'un tloinestiquf avec cu.v, un cheval pour eux-mêmes et un pour lui. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 175 2. Les curés doivent résider dans leur paroisse, y célébrer les offices les dimanches et jours de fête; ils ne pourront s'absenter plus de trois semaines et seulement pour un motif sérieux approuvé par le protoprêtre; si possible, ils auront un prêtre pour les remplacer, tout au moins ils avertiront les fidèles de leur absence. 3. Il leur faut une permission de l'évêque pour une absence plus prolongée ou pour se rendre en dehors du diocèse. 4. Ils tiendront quatre registres paroissiaux : un des paroissiens, un des baptêmes, un des mariages, un des décès. 5. Ils avertiront leurs paroissiens de l'obligation de se confesser et de communier au temps pascal et dénonceront à l'évêque ceux qui ne le font pas. 6. Ils porteront des habits longs de couleur noire. 7. Ils éviteront l'ivrognerie ; les tavernes leur sont interdites. 8. Ils n'habiteront pas avec des femmes étrangères, conformément aux prescriptions du concile de Trente ^. 9. Ils s'abstiendront des travaux serviles et de toute occupation indigne de leur état. 10. Ils ne s'occuperont pas de transactions commerciales; ils n'iront pas sur les marchés, mais y enverront quelqu'un à leur place. 11. Ils feront régner les bonnes mœurs à leur foyer. Ils devront l'envoyer leur femme, si elle se rend coupable d'adultère. Ils pré- [lareront à la carrière sacerdotale ceux de leurs fils qui présenteraient le plus de dispositions pour cet état. 12. Ils éviteront les disputes et les rixes. 13. Seules les paroisses qui sont aux mains des réguliers, en vertu de l'acte de fondation ou par prescription, leur demeureront. Les paroisses de Byten ^ et Molomida sont rendues au clergé séculier. 14. Les paroisses qui ne sont pas suffisamment dotées ne recevront pas de curé. Les biens qui servent à la dotation d'une paroisse doivent être exempts de toute charge ^. IV. Moines et moniales Le titre xi des canons de Zamosc s'occupe des monastères et de l'état monastique. 1. Les monastères des diocèses de Vladimir, Lutsk, Chelm, Lwow 1. Sess. XXV, De reform., c. xiv. 1. Près de Novogrodek. 3. Le concile cite à ce sujet une phrase des lettres de S. Grégoire le Grand. 176 LIVRE II, CHAPITRE VI et Przeinysl qui ne sont pas encore f^roiipés en congrégation devront en former une, dans un délai d'un an après la publication des décrets conciliaires; tous les quatre ans, un chapitre général choisira le proto- archimandrite, les provinciaux, les visiteurs réguliers, et s'occupera des intérêts communs de la nouvelle congrégation. Le métropolite présidera le premier chapitre, et le prntoarchiniandrite de la congré- gation basilienne, qui existe déjà en Lit Inianie, y assistera pour donner ses conseils. Le Saint-Siège décidera de (|ni dépendra le y)rotoarchi- mandrite de la nouvelle congrégation. 2. Tous les monastères (|ui ont charge d'âme» demanderont le saint chrême à l'Ordinaire. 3. .\iu'uii monastère d'hommes mi de femmes ne pourra <^tre érigé sans le consentement de l'évéque ilu diocèse, qui ne le donnera que si des biens sulVisants pour la subsistance de douze religieux ou religieuses sont assurés. 4. Les femmes no. peuvent pénétrer dans la clôture des mimas- tères d'hommes. 5. Les archimandrites porteront des habits noirs, qui ne pourront être de soie. G. Conformément au concile de Trente ', les moines ne posséde- ront rien en propre. 7. Les supérieurs réguliers (|ui ont le droit de j)orter les habits pontificaux ne peuvent en faire usage en deliors rie leurs églises (ju'avec l'assentiment de l'Ordinaire du lieu. 8. Les novices qui refusent de faire profession à l'issue de leur temps de probation ne peuvent y être forcés, mais seront congédiés. Ceux qui \eulent fairt; profession doivent disposer de leurs biens, après le dixième mois de leur noviciat, comme le veut le concile de Trente *. 9. Les Ordinaires feront emprisonner et renverront à leur supé- rieur les moines qui, sans jiermission de celui-ci, s'absentent de leur monastère, même s'ils invoquent le prétexte d'avoir voulu recourir à un supérieur plus élevé en dignité. Le titre xii est consacré aux moniales. 1, Conformément au concile de Trente ^ et aux Cf)nstitutions des Souverains pontifes *, les moniales ne peuvent jamais sortir du 1. Le canon indique l)ii-nième dans Ip contexte la sess. xxv, De rejorm., c. ii; il s'agit en réalité du c. ii de regidarihua et motiinlibus. 2. Cette fois, la référence donnée dans le canon même est exacte : ses», xxv. De regul. et maniai., c. xvi .3. Ibid., c. V. /i. Pie V, Constit. des 29 mai 1566 et 1" févr. 1570; Grégoire XIII, Constit. .les 30 déc. 1572. 13 juin 1575, 23 déc. 1581. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 177 monastère, sauf en cas d'incendie, d'épidémie ou d'invasion mili- taire, et du consentement de l'Ordinaire ^. 2. Seuls pourront pénétrer dans la clôture les hommes dont la présence est tout à fait nécessaire; ils y seront accompagnés des deux moniales les plus anciennes. 3. La dot des moniales ne sera pas inférieure à i 500 florins versés comptant. 4. Si la moniale vient en sus du nombre de celles qu'un monastère peut habituellement nourrir, elle devra apporter une dot double. 5. Si ce nombre n'a pas encore été fixé jusqu'ici, l'évêque l'éta- blira après avoir examiné les revenus du monastère. 6. Il supprimera les petits monastères qui n'ont pas de biens- fonds et transférera les religieuses et leur pécule dans un monastère plus grand ^. Même dans les grandes maisons, la vie commune doit exister ^. Près de l'entrée de chaque monastère, il y aura un parloir avec des grilles, derrière lesquelles pourront se présenter les gens de l'extérieur. 7. Aucune jeune fille ne recevra l'habit avant l'âge de quinze ans, ou ne fera profession avant seize ans. Pendant son temps de pro- bation, elle paiera sa pension et sera sous l'autorité d'une maîtresse de novices. Deux mois avant sa profession, la supérieure avertira l'évêque afin que celui-ci vienne examiner la candidate ^. Chaque monastère aura son registre des professions. 8. Un monastère n'acceptera des jeunes filles à éduquer que si leur pension est payée annuellement. Elles seront confiées à une maîtresse commune et vivront ensemble; il n'est plus permis aux moniales d'avoir, dans leur cellule, une pensionnaire. 9. L'élection de l'abbesse se fera à vote secret; l'évêque devra la confirmer. 10. Les confesseurs ordinaires et extraordinaires des moniales doivent être approuvés par l'Ordinaire. V. Possessions et établissements ecclésiastiques Le titre xiii des canons de Zamosc s'intitule : Des églises et de la non- aliénation de leurs biens. 1. Le concile ne semble pas se rendre compte que, dans les cas d'urgence, le recours à l'Ordinaire sera probablement impossible. 2. C'est ainsi qu'en Galicie tous les monastères, sauf celui de Slovita, furent supprimés. Il y eut de nouvelles fondations par la suite. 3. Certains monastères plus vastes comprenaient un ensemble de maisons qui avaient chacune son organisation indépendante, comme dans les béguinages occidentaux. 4. Concile de Trente, sess. xxv, De regul. et monial., c. xvii. 178 l.l\RK II, CHM'trUK \I L Les clercs lu* ptuivriit aljril»,'r daii.s le> tghstvs leurs biens parti- culiers ou ceux tl'aiitrui, sauf «le fa\;oii passaijrrr, en eas d'invasion, d'incendie, ou d'autre uru^ente nécessité. 2. I^es jtrol<»j)iètres et visittMirs épiscopaux Neillenint à le cpie les ornements et linj^es sacré» soient toujours propres. Un inventaire en sera dressé pour chatpie paroisse, on double exemplaire, dont l'un demeurera à l'église et dont l'autre sera conservé à l'évéché. .'». Si une éi^lise a besoin de réparatiotis, ses revenus y seront ••mployés; s'ils sont iiisullisanls et si ceux à qui inccunbc celte réparation néi^ligent leurs devoirs, les oilices divins ne pourront plus être célébrés '. \. Les biens d'hglise ne peuvent «Hro aliénés d'aucune façon. .'). Ils peuvent être excejUionnellement loués pour trois ans, mais la location devra être payée non en une fois, au moment du contrat, mais chaque année. Ij€ titre XIV s'occupe de la simonie. 1. (>eux qui confèrent les ordres ne peuvent rien demander ou accepter de ce chef. 2. L'évéque n'exigera de son clergé «|ue le subside prévu pour sa subsistance. 3. Ceux qui sont ordonnés évèques doivent faire le serment de se conformer à ces prescriptions. 'i. De même, les curés ne demanderont rien à leurs paroissiens à l'occasion de l'administration des sacrements, mais iK pourront accepter ce (jui leur est librement offert '^. F). Afin d'éviter toute exigence en cette matière, le concile impose aux paroissiens d'assurer un traitement annuel ati curé, dans la mesure où les revenus de l'église ne lui suilisent pas pour vivre. (î. Il est interdit aux urdinands de donner de l'argent au patron du bénéfice ecclésiastique qu'ils désirent obtenir. 7. Texte du serment par lequel tout ordinand devra, au préalable, déclarer ne pas avoir enfreint celle interdiction ni engagé d'aucune façon les biens de son futur bénéfice. 8. Les patrons qui présentent un bénéfice ne [)euvent rien exiger des candidats. Des peines sévères, en partie reprises du droit de l'I^glise latine, sanctionnent la violation de ces divers canons. 1. Ce canou résume de fat,on IHrl imprécise \vv. \ii de la sess. .\xi, De reforin., du concile de Trente. '1. Ce canon cite une phrase des lettres de S. Grégoire le Grand; pour le reste il s'inspire visiblement du rituel romain : De iift qmc in sncranwntnrum adminis- Irationr generaliter ners'andti snnt. CONCILE DE ZAMOSC EN 1720 179 Le titre xv des canons de Zamosc s'occupe de l'organisation des études et des séminaires. 1. Tout monastère comptant au moins douze religieux orga- nisera des cours de théologie, accessibles tant aux moines (ju'aux clercs séculiers. Les autres monastères enverront leurs religieux étudier ailleurs ou auront tout au moins un cours de théologie morale en langue vulgaire ^ 2. Les évêques qui n'ont pas de séminaire diocésain enverront quelques jeunes gens capables au collège pontifical de Lwow ^. 3. Le concile approuve l'abandon par les Basiliens en faveur de ce collège d'un legs de l'évêque de Przemysl, Georges Winnicki ("fi 713). 4. Il loue le métropolite d'avoir érigé un séminaire à Vladimir ^. 5. Il prend acte des promesses des autres évêques d'envoyer à leurs frais quelques élèves au collège de Lwow, au séminaire de Vladimir ou à un monastère "*. 6. Chaque paroisse organisera, de façon appropriée à son impor- tance, l'enseignement des enfants. Ceux-ci apprendront des prières, le catéchisme, à lire et à écrire. La surveillance de cet enseignement appartient au curé et au protoprêtre. VI. L'année liturgique et le culte des saints Le titre xvi des canons de Zamosc s'occupe des jeûnes et des fêtes. Les jours de jeûne observés dans l'Église ruthène sont : de la Quin- quagésime à Pâques; du 15 novembre à la Noël; du l^'" au 15 août; du i^ dimanche après la Pentecôte jusqu'au 29 juin; le 14 sep- tembre et le 29 août; tous les mercredis et vendredis de l'année. Les ouvriers des champs peuvent être dispensés en tout ou en partie du « jeûne des Apôtres », précédant le 29 juin, à cause des travaux agricoles de l'époque. Le concile veut éviter la trop grande multiplicité des fêtes d'obli- gation ^ et limite leur nombre à six fêtes mobiles ^ et vingt-sept 1. Il semble donc que les cours complets de théologie devaient se donner eu latin. Ce canon cite un passage d'Isaïe (lvi, 10). 2. Cf. supra, p. 103. Il fut également ouvert aux étudiants ruthèues en 1708. 3. Ancien collège secondaire des Basiliens, devenu séminaire; il ne recevait jusqu'alors que six élèves, mais le métropolite venait de lui destiner une donation de 90 000 florins pour en élargir les cadres. Néanmoins l'institution ne vécut pas longtemps. 4. Le nombre d'élèves indiqué va de un à quatre. Seul l'évêque de Smolensk, dont le diocèse était en partie sous la domination russe, n'est pas nommé. 5. Le concile exhorte d'autant plus à leur observance et cite Ex., xx, 10, et S. Augustin, Enarratio in psalmum XXXII. 6. Pâques, Ascension, Pentecôte, Sainte-Trinité, Saint-Sacrement, la fête de 180 II\HK II. f.HAPITRK VI fêtes fixes '; en outre, lu f«Me de saint Paiitaléon. au 27 juillet, sera observée en Noihynie seulement; telle des saints Hoinain et David, noms de bapt«^ine de Boris et (ileb, fils de saint Vladimir, au 24 juil- let ', et ••elle df 1.1 translation de leurs reliques, au 1 niai, i-n l,il)iua- nie seulement. Le titre xvii m diiniu- dr ne jiroiianier à 1 a\enn, comme in)U\rau.\ miracles, <|ue ceux (]mi ont été recntinus comme tels après enquête épiscopale, et prescrit le contrôle des reli(}ues lors de la visite épisco- pale. Il interdit di* vénérer (îréfjoire Palamas ' comnie saint et de eélébrer sa fête. Ml. — La promulgation des canons conol Maires. Le titre xvm du concile de Zamosc détermine la taxe h payer par les diocèses ■•, pour pourvoir au traitement des ecclésiastiques dépiités au tribunal royal afin d'y défendre les intérêts de TM^lisc ruthène; il laisse au métropolite le soin de déterminer la ^ diverses petites typographies des monastères li.tsiiiens. De iiu^Mu-, SzeptNcki réalisa la création df la ii<»u\elle conjfréga- lion basilienne prévue par le concile de Zamosc pour les monastères non encore groupés; le premier chapitre général eut lieu sur convo- cation du métropolite, à Lwow, en l'été de 1739, et le premier proto- archimandrif •' du nouveau grou[)cnieiit y fut élu. .Jérôme Ustrycki, évêque de Przeniysl, qui avait assisté au concil»- de Zamosc, était toujours en vie; nous avons conservé les actes d'un intéressant synoile diocésain qu'il tint dans la cathédrale de Prze- mysl le 14 janvier 1740 ^ Ces actes souvent s'inspirent presque littéralement du synode précédent de 1693, mais dé^eloppent plus largement les règles qui y furent précisées; d'autres prescriptions paraphrasent de façon originale celles du concile de Zamosc, en sorte que nous avons ici une \ ue très concrète sur l'organisation diocésaine après celui-ci. L'introduction aux actes ^ déplore toujours, comme iii 1693, que le chapitre cathédral ne fait que renaître de ses cendres (nous voyons là un aveu des dilllcultés qu'il rencontre dans son action pour obtenir l'égalité de fait avec les chapitres latins); elle constate que les moines sont désormais régulièrement groupés sous l'autorité d'un protoarchimandrite (qui remplace l'ancien protohigoumène diocé- sain); elle parle d'un oOlcial résidant auprès de chacune des cathé- drales de Przemysl, de Sanok et de Sambor •' (puisque le diocèse est composé de la réunion de ces trois sièges) et déclare (\\ie la juri- diction sur les doyennés doit être répartie entre les trois olliciaux, mais elle donne le rang d'ollicial princifial ou général à celui de Przemysl : c'est le chef du clergé séculier dont parlait déjà le synode de 1693. Le premier des cinq chapitres des décrets de 1740 lui est consacré *; 1. Actes «iii syiiodf dans (i. Liiknlu. Tn mnndi lurnni.ski i eiitirrhijiiliii poMn- iiovi i'oljaiski >■. 17.-l'J. ut., l'rieinysl, lOUy, p. 3.')-0b. 2. Elle .se réfère aux lit. vu cl ix ilu concile de Zamosc. 3. Celle créalinn d'un triple oflicial fui sans doule faite en appliralicm Irup liltérnie du lit. \u du «cuirile de Z.Tmosr, (]ui no visait pas res fusions de diocèses iléjà anciennes. 'i. Ce rliajiitn^ se réfère également au lit. vu d«i concile de Zamosc. SYNODE DE PRZEMYSL EN 1740 183 ses fonctions sont celles déjà indiquées en 1693. Le chapitre ii concerne les officiaux subalternes; ils sont principalement chargés de la surveillance de plusieurs doyennés; ils feront une visite annuelle de chacune des paroisses de leur district, qui portera plutôt sur l'état des lieux et objets de culte et sur l'activité pastorale du clergé. Ils peuvent trancher les petits conflits sur place ^ Le chapitre m s'occupe des protoprêtres ou doyens. Ceux-ci visi- teront également chaque année les églises de leur ressort. Ils veilleront à l'emploi du nouveau rituel. Ils rassembleront chaque année, avant la Pentecôte, les curés de leur doyenné et leur donneront l'huile de la confirmation. Ils ne peuvent accorder des dispenses, absoudre de cas réservés ou de censures, ni prononcer des interdits en dehors de ceux prévus ipso facto par le droit. Ils auront sous leurs ordres des dizainiers ou vice-doyens et un instigateur ou promoteur ^. Ils ne présenteront pour la prêtrise que des candidats dont ils auront contrôlé la légitimité de naissance, le baptême, l'âge, le degré d'in- telligence, l'honorabilité ^. Le nouvel ordonné sera renvoyé à son doyen pour être exercé davantage aux fonctions sacrées et sera ensuite désigné par lui pour une paroisse. Le long chapitre iv rappelle précisément au clergé paroissial diverses règles de conduite. 1. Les prêtres doivent porter des habits noirs et la tonsure, et tailler leur moustache *. 2. Ils n'iront pas eux-mêmes au marché, mais enverront quel- qu'un pou