THE UNIVERSITY OF ILLINOIS UBRARY H3(bcF^ Return this book on or before the Latest Date stamped below. Theft, mutilation, and onderiining of bookt ore reasons for discipiinary action and may resolt in dismissal from the University. University of Illinois Library OCi :j i*-> / !"* SEP . .tuf L16I— O-1096 PRINTED IX FRANC? HISTOIRE DES CONCILES D APRKS LES DOCUMENTS ORIGINAUX PAR Charles Joseph HE FELE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN THÉOLOGIE, ÉVÉQUE DE BOTTENBOUBG NOUVELLE TRADUCTION FMA^ÇA1SE FAITE SUK LA DEUXIÈME ÉDITION ALLEMANDE CORRIGÉE ET AUGMENTEE DE NOTES CRITIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES ^ PAR UN RELIGIEUX BÉNÉDICTIN DE l'abbaye SAINT-MICHEL DE FARNBOROUGH TOME II PREMIÈRE PARTIE PARIS LETOUZEY ETANÉ, ÉDITEURS 76 BIS, RUE DES SAINTS -PÈRES 1908 HISTOIRE DES CONCILES TOME II PREMIERE PARTIE HISTOIRE DES CONCILES LES DOCUMENTS ORIGINAUX l'AK Charles Joseph HE FELE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN THÉOLOGIE, ÉVÊQUE DE ROTTENBOUBG NOUVELLE TRADICTION 1 KANÇAl^E FAITE SVR LA DEUXIHME ÉDITION ALLEMANDE CORRIGÉE ET AVCMENTÉE DE NOTES CRITIQUES ET BIBLIOGRAPHIQL'ES PAU UN RELIGIEUX BÉNÉDICTIN DE l'abbaye SAINT-MICHEL DE FARNBOROUGH TOME II PREMIÈRE PARTIE PARIS LETOUZEY ETANÉ, ÉDITELM^S 7 r. nis, W l K I) E S S A 1 N i S - l' R W K S 1908 ^76 ^(^l v.i^ LETTRK DE SON EM. LE CARDINAL RAMPOLLA AU H. P. DOM LECLERCQ Mon Révérend Pèie, Jai reçu, il y a quelque temps, votre aimable lettre cl la première par- tie de votre traduction de l'imporlant travail sur V Histoire des conciles et je vous remercie vivement de votre amabilité à mon égard. Je vous réponds avec retard parce que j'ai voulu lire à la hâte l'ouvrage et main- tenant je me réjouis bien sincèrement de vos savantes annotations criti- ques et bibliographiques qui apporteront de grands avantages. Je ne puis me priver de vous en faire les plus vifs éloges. Continuez, mon Révérend Père, à employer vos talents pour accomplir ce travail vraiment digne des traditions glorieuses de votre Ordre : que le bon Dieu vous bénisse et qu'il vous donne une longue vie pour le bien de l'Eglise. Agréez, je vous prie, l'assurance de ma particulière et sincère estime. M. Card. Rampolla. Borne, le 15 janvier 1908, I J03359 PREFACE DE LA DEUXIEME EDITION DU TOME II ' Je rt'Cdiiiiiiaiulcrai hi-ic-vt'iiicnl à la hieiiveill.inct' îles lecteurs la deuxiè- me édition de ee tome second de V Histoire des Conciles. Il embrasse une période qui s étend du deuxième au cinquième concile œcuménique (381- 553), période de développement pour 1 liglise, en même temps que féconde en résultats. J'espère avoir contribué â en rendre l'étude plus aisée. Pour y réussir j'ai consacré mes soins à l'étude des conciles dog- matiques aussi bien qu à ceux qui se sont occupés de la discipline ecclé- siastique, du culte, du droit canonique, des tribunaux ecclésiastiques. On y trouvera donc d'imporlants matériaux pour l'élude de 1 bistoire de l'Eglise et de la civilisation. Un très petit nombre de paragrapbes seulement se présente dans cette deuxième édition sans révision, corrections ou améliorations. Les princi- pales concernent les paragraphes 98, 101, 102, 110, 111, 118. 123, 126, 127, 134, 157, 162, 163, 188, 190, 196, 217, 222, 228, 242. J'ai fait usage, dans la mesure où j'en ai eu connaissance et communi- cation, des travaux récemment publiés, mais ma situation actuelle et le lieu de ma nouvelle résidence ont pu empêcher beaucoup de nouveautés d'arriver jusqu à moi. Rottenburg, jarn'ier 1815. Ch. Jos. HEFELK. (1) Nous doniious en Appcudice à ce vo'ume plusieurs dissertations relati- ves aux sources du droit ciuoiiique et au dioil d'ui)pel à Rome. (H. I,.) LIVllE SEPTIÈME LE SECOND CONCILE ŒCUMÉNIQUE TENU A CONSTANTINOPLE EN 381 95. Convocation et ouverture du concile; ses membres et ses présidents. La dale de la niorl de rempcrcur Constance (3()1) marque raflai- bllssement rapide de l'arianisnie en Occident, tandis qu'en Orient le règne de Valens coïncida avec un retour de fortune et d'intolé- rance. Constantinople offrait une fidèle image de la situation reli- gieuse de rOrient. Le siège épiscopal était depuis quarante ans au pouvoir des ariens, et les catholiques ne possédaient pins une seule des nombreuses églises de la ville. En 370 ils voiiliiienL éliie un évèque ; mais l'empereur Valens chassa l'élu Iwagre par la lorce armée. Les orthodoxes de Constantinople, sans évê([ne, sans église et sans offices, diminuèrent de jour en jour. Sur ces entrefaites (378) mourut l'empereur Valens. L'Orient fut alors gouverné par l'empereur d'Orient Oratien, dont ledit tle tolérance permit aux catholi([ues de Constantinople d'avoir enfin un clu>f (jui ne lut tout d'abord que radminislrat(Mir tlu diocèse. Celle cliaige lut confiée, en 379, à saint Gré^joire de Xazian/.e. Afin de célébrer la lilurfric avec les catholiques de Constantinople, (irégoire hansfoiina en église la maison de l'un de ses parents ii hKjiielle il diuina li- nimi dAna.slasid (résurrection); c'était bien, en ell'et, de \-a i ('stii-rcrlion de l'Lglise de Constantinople (piil s'agissait, l'^l la petite cha- pelle du début devint, par la suite, la célèbre ('glise à'Anastasia. Plus (Grégoire, par son at tivité et son éltxpu-ncc, étendait la loi de Nicée, plus la haine des héiètiques s'attacha à lui. Ils ne se contentèrent pas de lui prodiguer injuics et moip'eries, en particu- CONCILES — II — 1 i.ivitn vu lier ;ui sujet de sa pauvrclé et de ce (jii ils appelaient sa tournure [21 de paj/sfi/i , mais ils essayèrent, à plusieurs reprises, de l'assassiner et entrèrent de loroe, pendant la nuit, dans \A/iastasia, tandis que saint Grégoire y célébrait le service divin. L'autel fut profané, le vin consacré niclé de sang, Grégoire eut beaucoup d'ennuis à sup- porter de la part de son faux ami Maxime. Celui-ci, originaire d'A- lexandrie, prétendait avoir confessé la foi en temps de persécution, Il arriva à (^onstantinople en même temps (juc Grégoire et joua dans cette ville le rôle d'ascète cl de philosophe ^. Comme il afTec- tail un grand zèle pour la foi de Nicéc, Grégoire le prit chez lui, l'admit à sa table et lui témoigna une telle confiance qu'il écrivit un panégyrique en l'honneur de Maxime. Peu de temps après, Grégoire reconnut qu'il avait à faire à un intrigant, hypocrite et menteur, qui, appuvé par un parti de Constantinople et par Pierre, patriarche d'Alexandrie, travaillait à devenir évoque de Constantinople. Il se fit, en eirel, quelque temps après, ordonner secrètement évcque. Le peuple l'expulsa de la ville ; mais Grégoire fut tellement impres- sionné de cette mésaventure que, voyant sa santé très altérée, il vou- lut résigner ses fonctions. Les supplications des catholi([ues et. en particulier, ce mol : « Ce n'est pas toi seulement que tu vas bannir de C^onstantinople, c est la foi en la Trinité qui disparaîtra en même temps, «déterminèrent Grégoire à demeurer jusqu'à rétablissement de son successeur "-. A cette époque [379], Gratien associait Théodosc à l'empire et lui confiait l'O lient. S'inspirant de ses convictions religieuses et de son expérience politique, Théodose se donna la mission de rétablir l'unité religieuse suivant la (oi de Xicée ; aussi, presque aussitôt après son avènement, il engagea tous ses sujets à rentrer dans l'or- thodoxie ■'. Théodosc vint à Constantinople dans les derniers mois 1. J. Uriiseke, Ma.iiniiis philosophiis^ dans Zeitsclirifl fur Mitiscii.schaftl. Tlicologic, 1892, t. xxxm, p. 290-295; E. Yenables, dans Dictionn. of christ. nioi;r., t. III, !>. 878-880, 886. (H. L.) 2. r. Chevalier, Rcpert. des sources historiffiics, Hio-hibliogr., 2c édit., 1905, t. I, lol. 1865-1867. (II. L.) ;>. Théodosc est un des rares empereurs qui aient été baptisés dès le com- mencement de leur rèqne. Les lois rendues par lui en faveur de l'Église dé- passent eu nombre celles de tous ses prédécesseurs réunis. Ou en compte plu- sieurs par année. Dès oKO, il ordonne que tous les peuples de son obéissance suivent, touchant la Trinité « la loi que rKj;lise romaine a reçue de l'apôtre Pierre, » telle que la professent c le pontife Daniase et Pierre, évêque d'Ale- xandrie, homme d'une sainteté apostolique, > Cod. tlieodosian.j 1. XVI, tit. i. 95. CONVOCATION liT OUVKlCrLUi; DU CONÇU. i; 3 [3J tle 380, cl obligea les ariens de cette ville à resliliier aux orthodo- xes toutes les églises avec leurs biens. L'évèque Déniopiule, jadis évè((ue de Bérée, et eliaiul partisan de rarianisme, avant rel'usé d'embrasser l'orthodoxie, du! (|uitler (lonslantinople ^ Le peuple réclama Grégoire pour évoque, et Tcmpereur agréa ce choix, mais Grégoire s"v dérol)a. Afin de régulariser la situation religieuse de Gonslantiiiople, de laire dominer la foi de Nicée, et d'abattre en Orient larianismc et le pnenmatisme -, Théodose conxocpia un concile à Constanti- nople. 11 se réunit au mois de niai.)8L, sous les consuls lùicharius et Evagrius •', il est compté comme II" concile (ccuménique. Théodo- re! remarque que Théodose n'avait appelé à ce concile que les évê- 1. 2. Pciulaiit les années suivantes, nouvelles lois datées do 381, o82, 384, 388, 389, 39'i. Ces lois visent tous les hérétiques, tour à (our: eunoniécns, ariens, apollinaristes, macédoniens, niauidiéens, ,i qui elles retirent les églises pour les Iransniellre auicallioliques, interdisent les cunventicules, su[)priment évoques cl prêtres, confisquent les lieux dans lesquels ils ont célébré leurs offices, cassent leurs testaments, les dcclarenl incapables de donner on de recevoir. Cod. theodosian.. 1. XVI, lit. i, 1. 3 ; tit. v, 1. (3, 7,8, 13, l'i, 15, 16,18, 22, 23. Le [^rand nombre de ces lois et leur répétition, montrent qu'elles furent mal ob- servées, méconnues souvent, mais en même temps, on y doit voir l'obstination dn prince pour rétablir dans les provinces troublées l'union religieuse. (H. L.) 1. P. Onslow et Ch. Hole, dans Dictionn. of. christ. Biu^r., t. ;, p. 812-813; Socralo, Hist. ceci., 1. Y. c. vu, P. C, t. Lxvir, col. 573; Sozomènc, IIi.>;t. ecclcs., 1. VII, 0. v, P. G., t. LxvH, col. 1424. (H. L.) 2. Socrate, Ilist. eccles., 1. Y, c. vni, Z-*. 6'., t. lxvii, col. 576 ; Grégoire de Xazianze, Carmen de vita, vers 1509 sq. P. C, t. xxxvii, col. 1134 : la traduction en vers latins par Bili donne (vers 1513) pour princip.il motif de la convoca- tion : Firmet ut thronum niilti, c'est-à-dire ralfermissement de Grégoire sur le siège épiscopal. Cette traduction est infidèle, car le texte porte : oi; T;r,ÇovT£; fJTi'jf, Àôvrjv, ut statnliant pictdtis doctrinani. 3. Socrate, Ilist. ecclcs., 1. V, c. viii, /-*. (7., t. i.xvii, col. 576. La lettre de convocation du concile par l'empereur n'existe pins. (Consuls de rannée 381 : ri. Syagrius et FI. luiclierius. Préfet de Conslantinople, Paneralius, Code tlicodosirn, 1. IX, tit. xvii, I. (>. Pendant le premier semeslre tlo l'année 381, le célèbre évoque golh l Ifîlas, accompagné d évoques ariens, vint à Constan- tinojile sur l'ordre do l'empereur et obtint do lui la [)rome8se do la convoca- tion d'un concile. Snuflaiii llKJodose changea d'opinion et promulgua nu ilécret interdisant toute discussion sur la foi. Sur ces entrefaites lUilas mourut, âgé de soixante-dix aus. Ces faits ont été connus |)arun récit écrit par Auxonce, disciple d'I Hilas, évoque arien de Silestrio. Ce récit élait contenu dans un manusci'it découvert par Waitz à la bibliollio(|ii(' du L(invr'e, Ucbcr dos l.ehcn iind die Lefirc des Ul/ihi, in-H, Hannovi r, 18»tt, j). 47, \\ aitz croit retrouver le décret on «jncslion dans (dd. tltrodosiaii . , I. X\'I, lit. iv, 1.2, rendu en 388 ; i.iviu; vu qucs (le son empire ', et, de fait, (ui ny vil (|uc des évèques de l'Orient -. Le pape Dainase appartenant à l'enipirc de Gratien, sem- ble n'avoir pas été eonvocjué ; il n y jtarut pas et ne fut pas reprc- [4] sente •*. Tout porte à croire que Théodosc ne songeait pas à convo- quer un concile général, mais simplement un concile des évèques d'Orient. Baronius et d'autres historiens ont voulu prouver que le pape Damase avait convoqué ce concile: car, d'après eux, les évèques auraient déclari' « (juils s'étaient réunis à Constantinople, confor- mément à une lettre du pape Damase à l'empereur Théodose le Grand '*. » Nous trouvons bien, il est vrai, cette phrase dans une lettre synodale conservée par Théodoret ^ ; mais cette lettre ne provient pas du pri'sont concile ; elle appartient à un autre concile de Constanti- nople tenu en 382. Baronius cite encore cette phrase du VI" concile général '^ : « Lorsque Macédonius répandit ses erreurs sur le Saint- Esprit, Théodose et Damase s'opposèrent aussitôt à lui, et Grégoire et Nectaire (le successeur de Grégoire), réunirent un concile dans cette ville royale ^. » Le passage est trop vague pour(|ue l'on puisse en conclure à la convocation par Damase du II" concile œcuméni- que ; les mots : « Grégoire et Nectaire convoquèrent un concile, » contiennent même une erreur historique, car le concile ne fut con- çu coiiSL'(jiieiuc il relaide juscjuà celte date le vo\ âge et la mort d'Ulfilas. Senti, Ulfilas, Ihe opostle of tlie Goths, in-S, London, 1885, p. 36-38, 41-46, rapproche ce passage d un lexle de Sozomène, Ilisl. ecclcs., 1. VH, c. vi, P. G., t. Lxvii, col. 1428, où il est question d'un décret de ce genre rendu entre no- vembre 380 et juin 381, propose la date 381. (H. L.) 1. Théodoret, ///.s7. eccles., 1. V, c. vi, vu, P. G., t. lxxxii, col. 1208. 2. La liste des évèques présents contient un nom latin, celui de l'espagnol Agrius Immonlincn.^is, mais llardouin. Coll. roiicil., I. i, col. 818, fait observer que cette lecture est inadmissible. 3. La plus ancienne traduction latine des canons décrétés an 11* concile œcu- ménique de Constantinople contient, il est vrai, dans les signatures qui accom- pagnent les canons, les noms de trois légats romain«, de Pascliasinus, de Lu- cenliiiset de Honifacius (Mausi, Concil. nmpliss. collcrl , t vi, col. 1176); mais ces noms se trouvent \\ par erreur; ce sont ceux dos légats qui, soixante-dix ans plus tard, assistèrent au IN c concile général. 4. Cette question de la convocation par le pape Damase a été traitée plus haut, t. I, p. 14 sq. (H. L.) 5. Théodoret. Ilist. eccle.s., 1. V, c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1212-1218. 6. Baronius, Annales, ad ann. 381, n. 19, 20. 7. Hardouin, Coll. concil., t. m, col. 1419 ; [^Llnsi, Concil. anipliss. coll., t. XI, col. 661. (U. L.)] 95. CONVOCATION ET OUVERTUIIE Dl CONCILE 5 voqué ni par rim ni par l'antro, et moins encore par les deux réu- nis ; 1 un et l'autre, il est vr;ii. présiilèrent successivement le con- cile de C^onstaiitinople, mais non pas dès le d('l)ut, et c'est là pro- bablement ce (pie \eul dire le VI" concile général ^. On avait espéré ramener à rEtrlise les macédoniens et les pneu- matistes : l'empereur invita donc leurs évècpies au concile où ils vinrent au nombre de trente-six; presque tous de la région de l'Hellespont -. Les plus célèbres d'entre eux étaient Eleuse de Cyzique, que nous avons déjà rencontré, et Marcien de Lampsaque. [5J Les orthodoxes comptaient cent cinquante évêques ; ceux de l'E- gypte et de la Macédoine arrivèrent un peu plus tard •'. Les plus célèbres évècpies orthodoxes étaient : Mélèce d'Antiochc, arrivé à Constantinople quelque temps avant le concile, pour introniser Grégoire de Na/.ianze sur le siège de cette ville. Timothée d'Ale- xandrie, Cyrille de Jérusalem, Gélasc de Césarée en Palestine et neveu de Cvrille, Ascholius de Thessalonique, qui, peu de temps auparavant, avait baptisé l'empereur Théodose, tombé malade"^; Hellade de Césarée, successeur de Grégoire de Nazianzc et Gré- goire de Nysse, frère de saint Basile, Pierre de Sébaste, Amphilo- que d'Iconium, Optime d'Antioohe en Pisidie. Diodorc de Tarse en 1. Ce passage du VI* concile serait plutôt une allusion au concile romain tenu eu 380 et dont nous possédons encore les analhèmes relatifs aux erreurs trinitaires. Mansi, op. cit., t. m, col. 180; Denzinger, Encliiiidion symbo- lor. et dcflnitiomiin, p. ll-lo. Voir le concile de 380, dans lot. i, p. 985. (H.L.) 2. Socrate, Hist. eccles., 1. V, c. vni ; Sozoniène, Ilist. ecclcs., 1. VII, c. viii, P. G., t. Lxvii, col. 576, 1Î29. (H. L.) 3. S. Grégoire de Niizianze, Carmen de vita, vers 1509 et 1798 sq. P. G., t. XXXVII, col. 1134. Dans ce dernier passage Grégoire dit que les Egyptiens et les Macédoniens s'étaient hâtés d'arriver pour rétablir la paix, lorsque, après la mort de Mélèce d Antioclie, la désunion s'introduisit dans le synode. On voit, par là, le cas qu'il faut faire des diverses hypotlièses mises en avant pour expliquer cette tardive arrivée des Egyptiens et des Macédoniens. Cf. Baro- nius, Annales., ad anu. 381, n. 19, 53 \ Acta Sanct., 9 mai; Tillemoiit, Mémoires, Bruxelles, 17:52, t. ix, notes 41, 43, p. 332, sur saint Gi-égoire de Xazian/.e. Il est, du reste, possible que les Egytieus et les Macédoniens aient été invités au synode en même temps que les autres évêques ; mais que n'ayant pas immé- diatement répondu à l'appel, on leur ail, après la mort de Mélèce, adressé de nouvelles et pressantes sollicitations pour qu'ils ne relardasseut pas leur arrivée. Socrate, Ilist. cccles., 1. V, c. viii, Sozoniène, Ilisf. eccles., 1. VII, c. VIII, /-•. r;., t. Lxvii, col. 576, 1429. (II. L.) ■'». Socrate, Jlist. eccles., 1, V, c. vi, P, C,., t, i.xvii, col. 572, 6 Livnb vil Cilicie, Pdago de [.aoilirôc, Enlof^e d'Edesse, Acacc de Bérée en Syrie, Isidi)re de Cyr en Syrie et d'autres ^. Mél^ee d'Anfioche présidait. Après sa niorJ, survenue à peu de 1. Tliéûdoret, Jlisl. ecclcs., 1. V, c. viii, /'. G., t. i.xxxii, col. 120'J ; Socrate, 1. V, c. vni, P. G., t. i.xvii, col. 576; So/.oim'iic, 1. VII, c. vu, P. G., t. i.x%'ii, col. 1429. Nous possédons eucoro unelisle des évoques présents au II* concile œcuménique tenu à Constantinopic ; elle contient cent quarante-sept noms. (Hardouin, op. cit.. t. i, col. 814; Mausi, oy*. cit., t. m, col. 568-572; Balleri- ni, dans S. Leonis, Opéra, t. m, p. 556). l'entre autres noms manquant sur cette liste, on citera celui de Pierre de Sébaste, frî-re de saint Basile ; il est compté par Tliéiidoret parmi les membres du concile. En outre, Mélèce d'Anlioche et Nectaire de Constaolinople figurent sur cette liste, et cependant ils n'ont pas été évêqucs ^ la même époque : car Nectaire ne fut nommé que quelques temps après la mort de Mélèce. Au sujet de ces listes de signatures, cf. Tille- mont, Mémoires, 17IJ2 t. ix, p. .'ilîH, n. 42, sur S. Grégoire de Nazianze. Ba- ronius, Annales^ ad ann. 'Mi, n. 17-SO ; Pagi, Crilica, a. 4-9 ; Bini, Concilia, t. I, col. 510-518, Coll. regia, t. m, col. .')17 ; Labbe, Concilia^ t. ii, col. 911- 978; Hardouin, Coll. concil., t. i, col. 807; Coleti, Concilia, t. ii, col. 1089- 1163; H. Benzei et C. L. Dryander, Vindicin' concilii Conslanlinopolitani œcu- menici scctindi, in-'i, Londini (îotliorum, 1737 ; G. P. Verpofii'ten et P. J. Vocv[iiiiU,IIisloriaconcilii œcumeriici II Cunstantinopolilani, in-4, Lipsia», 1744; Mansi, Concil. ampli.-is. coll., t. m, col. 521 ; Nat. Âlcxander, Ilist. cccles.^ 1778, t. IV, p. 507-521 = Zaccaria, 77/t>.s. thcoloy., 1762, t. vu, p. 817-824; t. XII, p. 319-333 ; Chr. Lupi, Concil. œcunien.. I. i, p. 354 ; L. Bail, Sunima concilioriim, t. i, p. 191-197 ; Delectus actoriini, t. i, col. 107 ; f. ii, col. 124- 135; Assemani, IJihliolh. jur. orient., 1. I, c. iv, p. 80; Kabricius, Bihlioih. grœca, édit. Ilarlcs, t. xii, p. 614 ; Catalani, De concil. œcumen., t. i, p. 167 ; Pitra, Jiir. eccles. Grxcor. hi.st. et monuin., 1864, t. i, p. 507-514; De Broglie, L' Eglise et l'empire romain au IV^ sii'cle, in-8, Paris, 1868, t. i, p. 345-457; lulinhiirgh /aérien-, 1867, t. cxxvi, p. 95, trad. franc, par J. B. de L. dans la lievue britannique^ 1868, p. 5-24 ; Analecta juris ponlif., 1882, t. xxi, p. 513- 550 ; Tillemonl, Mém. hist. ecclés., in-4, Bruxelles, 1732, t. ix, p. 847-899; Lebedef, Conciles œcuméniques, Sevgiev Posad., 1896, part, i, p. m ; 145 (en russe) ; Ilaruack, Konsiantinopel Synode von 31^1, dans Ueal-Kncyklopddie fur protest. Thcol. und Kirche, 3«; édit., t. ii, p. 43-44 ; Konstaittinopolisches Sym- bol, dans le même recueil, l. xi, p. 12-28 ; J.Bois, Constantinopic, concile de 381, dans le Dictionn. de théol. cathol., I. m; W. Briglit, Tlie canons of tlie first four gênerai Councils, in-12, Oxford, 1892, p. 90-123. L. Duchesnc, Les Eglises séparées, in-12, Paris, 1896, p. 177-179: « Ce concile eut d'abord peu de relief. Il n'en reste que quatre canons dans les collections canoniques ; parmi les té- moins oculaires la plupart n'en parient pas : ainsi saint Jérôme, saint Amplii- loque d'Iconiura, saint Grégoire de Nysse (sauf dans l'oraison funèbre de Mé- lèce prononcée sur les lieux); Saint Grégoire deNazianze, après l'avoir présidé, en a fait une satire fort amère [Carmen de vita sua, vs 1506 sq., P. G,, t. xxxvii, col. 1134). Les historiens du siècle suivant ne s'y arrêtent guère non plus. » (H. L.) 95. CONVOCATION KT OUVKRÏL lU: 1)1' CoNCH.C 7 leiiips ilf là, il lut leinplacc [);ir G l'émoi le tic Xa/iaiize ', et ccliii-ci ayant démissionné, ce (ut Xoclairo. siirccsiU'ur de (jrégoirc suj- le siè{;;e de Constantinoplc, (|ui [nil la présidence -. So/onièiic pré- tend, en désaccord avec ces données, (jiie les lunctions tle prési- dent ont été exercées par Tiniothée d'Alexandrie conjointement avec Mélèce et Cvrille de Jérusalem ; c'est en ellel ee (jui aurait dû avoir lieu pour Tituothée, car le patriarche d'Alexandrie avait le pas sur etdui d" A iitioehe , mais Timothée n'étant pas arrivi- pour le eommencemcnt du eoncile, Mélèce présida sans contestation. Si, après son arrivée. 1(> patriarche d'Alexandrie ne prit pas la pré- [^J sidcnce, et si Icvèque de Constantinople lexerça à sa place, cela vint de ce que dans son 3" canon le concile avait décrété que révè([uc de la nouvelle Home devait avoir le premier rang immé- diatement après l'ëvêque de l'ancienne Rome '^. L'empereur assista à l'ouNerlurc du concile '\ et, dans cette cir- 1. S. Grégoire, Carmen de vita sua, vers 151 'i, P. G., t. xxxvn, col. ll^'i. Si le concile fit avancer les ad'airos de l'orthodoxie, il montra iiioins de solli- citude pour les défenses extérieures de l'unité religieuse. Sans doute répisco- pat c>rieut;il revenait à la vraie foi, mais il n'avait pas encore tout à fait désar- mé et il ne pouvait en un instant changer ses sentiments hostiles depuis tant d'années à l'égard des Eglises de Rome et d'Alexjucirie. « Ues questions de t personnes maintenaient, sinon un schisme proprement dit, au moins une ten- sion de rapports qui avait perdu tout prétexte doclrinal. Le meilleur esprit de l'assemblée, l'illustre Cirégoire de Nazianze, avait au plus haut degré le senti- ment de celte situation et de ses dansrers. Il ne se faisait aucune illusion sur l'esprit de la plupart de ses collègues, leur platitude à l'égard du pouvoir, leur peu de valeur morale, la mobilité de leur foi. Avec quelle verve il décrit l'insolence des jeunes et la sottise des vieux, ceux-ci très fiers d'avoir décou- vert le célèbre argument des climats: o Ce n'est pas en Occident, c'est en Orient que le Sauveur est né. » — i C'est aussi en Orient qu'on l'a tué » ré- pondait le spirituel évèque. Tout ce monde finit par lui inspirer un tel dégoût qu il s'en alla, laissant à d'autres la présidence du concile et l'évêché de Cons- tantinople. » Duchesne, Les Églises séparées, p. 178.(11. L.) 2. .Mansi, Coricil. anipliss. coll., t. m, col. 5G8 ; llardouin, Coll. concil., t. i, col. 813. ;{. Van ICttpen, différant eu cela des autres historiens [Coninientar. in canones. Colon. ITTiS, p. IHI), protend que Mélèce a simplement présidé le synode pré- liminaire ayant pour objet de nommer un évéque sur le siège de Constanti- nople ; il suppose que le concile général ne commença qu'à l'arrivée des Egyp- tiens ; ce Cul alors Timothée, évéïpie d'Alexandrie, qui exerça les fonctions de président. Xectaire n'aurait présidé que les dernières sessions du synode (à partir de 382), 111 semble <(u";\u inouiCMl ilnnl parle ici llcfele, le .'io canon n'avait pas encore été voté, mais c'était la tendance tpii coinmcnçall à se faire jour. (II. fi.)] 4. L'ouvertur» du coucile eut Heu au mois de mai. (H. L.) 8 ivnp, VII constance, il lionora pailiciilirremciit Mélèce. Lorsque Théoclose n'était encore que général de Graticn, il rêva que Mélèce le revê- tait ilii manteau impérial et lui posait la couronne sur la tête ^ ; peu de temps après il lut, eu ellel, élevé à l'empire. Aussi lorsque les évèqucs du concile vinrent le visiter, il se fit présenter Mélèce, ou- rieux de savoir s'il reconnaîtrait le pcrsonnae d'Alexandrie, qni, ainsi que Tliéodorcl le croit, a cherclu- à faire élever Maxitne sur le sii'ge de Constanlinople. Ces tenlatires ont été f.iites par Pierre, prédécesseur de 'rinintiiéc. Voyez les notes de Valois sur Tliéodoret, Hist. ecclcs., I. V; c. viir, P. G., t. i.xxxii, col. 1208. 4. G. Ilaiisclien, Jahrhtir.her der chi istlichen Kirche unter dem Kaiser Tlico- dosiui, iii-H, Freibnri:, 1897; Loofs, Meletius voit Antiochien, dans lienl-Ency- klupàdic fur prolest. Thcol. iind Kirche, t. xii, p. 552-5.58; Grégoire de IS'a- zianze, Carincn de \-ita sua, vs 1535, P. G., t. xxxvii, col. 113'i, Les Orien- taux tenaient Mélèce pour évéque légitime d Anlioche, les latins donnaient ce titre à Pjulin. (U. L.) yC), i'IlKMlHIlS TliAVAUX UV CONCIl.K intronisé avec giMndc pompe par Môlcce t'I los aiilics membres du coiieile. A cause de ravanlan tle Gréfroire de Nazianze en faveur du traité conclu, (jue l\>n choisît un successeur à Mélèce. Les efforts de Gré- goire furent paralysés par l'énergique opposition des plus jeunes ["81 évoques ([ui voyaient, un acte de faiblesse vis-à-vis des Latins, dans la reconnaissance de Paulin comme évèque d'Antiochc. Ils attirè- rent peu à peu dans leur parti les membres du concile plus âgés, et c'est ainsi que, par l'entremise des évèques des diocèses d'Antioche et d'Asie, le prêtre Flavien fut nommé pour succéder à Mélèce. Ce choix approuvé par le concile contribua à prolonger le schisme mélé- lien -. Cet incident affecta tellement Grégoire, qu'il s'abstint d'assis- ter aux sessions, quitta la maison épiscopale, et donna cours plus que jamais à ses idées d'abdication. Les hommes les plus distingués le supplièrent de demeurer; mais les évèques égyptiens, arrivés sur ces entrefaites, ayant paru mécontents de l'intronisation de Grégoire, sous prétexte qu'elle était contraire aux canons ^, Grégoire se pré- senta un jour devant le c(mcile et se démit de son évèché : il con- 1. \tt\\- \i\ l;ilile lin t. I, du présent ouvrage au mot: Translations épisco- [xiles ; 'lliéudoret, Ilist. ccclcs.. 1. V, c. viii, /-». G., t. i.xxxii, col. 1209; S. Gré- {,'oirc de X^sse, Oratio funehris in magnum Meletinni, P. (i., l. xi.vi, col. 851 s(j Mélèce fut l'ohjel de plusieurs oraisons funèbres. (II. L.) 1. Si l'on en croit Théodoret (!. Y, c. viii, 7^ (i.. t. i.xxxu, col. 120'.l), le p;irli égyptien se serait uième tout à fait abstenu d'être en communion avec (îréjçoire. La liste des signatures d'cvêques ne contient, il est vrai, (|ue deux noms d'é- vê(jues égy|(tiens, ceux de TimolliéL' d .Vlexandrie et de Dorothée d'Oxyrinque ; mais nous ferons remarquer, d'abord, que cette liste n'est pas con)pIète, eu second lieu, ces quelques évèques égyplieus pouvaient avoir des pariisaus parmi les autres membres du synode. .'!. Peut-èti-e ne lui avait-on pas [jardonné le /.èlc qu'il avait montré dans l'aUuire de l'Eglise d'Anliocbe, 10 LIVUK Vil senluif, pour le hieii do la pnix, disail-il, à êlie sacrifié coniinc Jouas l'avait rté. I.a uiajoi'itc' acrcpla celle déinission ; quel([uos-uiis avec plaisir K I/empercur, au coulraire, ne raccepla([u'avcc laplusgrande répugnance. Sur la proposition des évèques cl avec rassenliment du peuple, il tlonua pour successeur à Grégoire, Nectaire, préteur de (]onstanlinople, honiine très digne et très recommandahle, mais encore catéchumène -. Dès avant cette élection, les négociations étaient entamées avec [0] les macédoniens, et l'empereur fit tous ses efl'orts pour arriver à une entente. Il rappela aux évc({ucs orientaux leur demande spontanée aux Occidentaux de s'entendre sur ce qui regardait la loi (en 366) ; l'envoi à llonu' dEustathe de Sébaste et d'autres députés ; l'accep- tation de la profession de foi de Vb[j.ozj7ioç, et la communion consen- tie avec le pape Libère et avec les évéques de la Sicile. Mais l'em- pereur prêchait dans le déseit : car, suivant le mot de Socrate, les macédoniens « auraient préféré l'arianisme l\ 1 :y.ooj7isç. » Socrate oublie de dire que les macédoniens n'agitaient pas la question de Vz'fKOQÙi'.o: au sujet du Fils, mais au sujet du Saint-Esprit. 97. Le tomos et le symbole. Socrate raconte que les évéques macédoniens (juittèrent Cons- tantinople et écrivirent à leurs partisans de ne pas accepter le sym- bole de Nicée ; les cent cinquante évéques orthodoxes demeurés à Constanlinople avaient^ au contraire, confirmé ce symbole. Sozo- mène et Théodoret ne donnent guère plus de détails sur le concile ; mais celui qui se tint à Constanlinople l'année suivante (382) ^, 1. Voir la lettre synodale de ^82, dans 'Ihcodoret, Ifist. ccclcs., 1. V, c. ix, P. G., t. Lxxxii, col. 1212. 2. Celte nomination était, comme celle de saint Anihroise vers la même époque, en opposition avec la règle canonique. Tliéodorel, ///.s7. eccles., 1. V, c. vin, P. G., t. i.xxxn, ool. 12U'.); Socrate, flist. eccles., \. Y , c. viii. P. G., t. lxvii, col. 575 ; Sozomi.ne, Ilisl. eccles., 1. VII, c. vu, viii, P. G., t. lxvii, col. 1430. Saint Grégoire de Na/.ianze s'exprime avec amertume à l'égard du synode. Le discours d'adieu renferme d'utiles passages pour l'histoire des didlcultc.s de cette époque ; c'est VOratio XLJI, dans Mnnsi, Concit. a m plis. s. coll., t. m, («il. 582 sq. 3. Théodoret, op. cit., col. 121(j. i.E TOMos i:t i.i: symuolk II attribut' au concile de 381 la rédaction d'un t:;;.:;. c'esl-ù-dire une dissertation détiiiUcc sur la doctrine orthodoxe relative ;i la Trinité. Ce renseiy-nenient rci-ait croire ciue le syniholf de ce con- cile (jue nous possédons encore n'est qu'une partie, »l comme la (juintessence du Tc;;.Si; : ainsi donc le pi-emier canon actuel, (jui con- tient des anathèmes à l'endroit des héréticiues, a dû originaii-emenl l'aire partie du -i[j.z; '. Tillemont a pensé ([ue ce -z[}.t; traitait des erreurs d'Apollinaire et avait clé adressé (du moins en copie) aux évêques de llCfrlise latine ; il appuie son sentiment sur une '*'] |)lirase d'un iliscours (jue le IV" concile œcuméni<|ue, tenu a Clialcé- doine, adressa à l'empereur Marcien : « Les évéqucs, disait-on, ([ui (à Constantinople) avaient découvert les souillures d'Apollinaire, communiquaient aux Occidentaux la sentence qu'ils rendiicnl sur ce point '-. » Nicéphorc Calliste attribue la composition du symbole du II" con- cile général à Grégoire de Nysse -^ Au concile de Florence (1439), Marcns Eugenicus a réclamé la paternité du symbole pour Grégoire de Xazianze *. Ces données sont également Jragiles et invraisembla- bles ; Tillemont n'en a pas tenu compte, et a présenté une bypo- thèse qui paraît l'ondée. Saint Epiphane a inséré dans son Ancora- tus (c. cxxi), un symbole semblable, au sujet duquel il remarque que ce symbole est d'un usage général et doit être appris de mémoire par tous les catéchumènes. Or VAncoralus était composé dès 374, ainsi que cela est explicitement attesté dans divers endroits de cet , ouvrage^. On on peut c(»nclui'e que ce symbole existait dix ans au 1. Tillemor.t, Mémoires, l. ix, p. 221, ait. 7K ; dans la disserlalion sur salut Grégoire de .Nazianze ; Dom Ceilliei-, Ilisl. des auteurs ecclés., l. v, p. G'ifj. 2. llardoiiiii, op. cit.. t. ii, p. ^'>\7 ; Mausi, op. cit., 1. vu, p. 'iGii. Dans celte iiyjKJtliùse, le premier canon doginatiquo et le symbole seraient des fragments du toinos. Ce qu'on en peut dire à l'heure actuelle, c est que Sozomène l'a eu sous les yeux, au moment où il transcrivait le premier canon dogmatique et les canons disciplinaires qui suivent, (^uant au contenu intégral du toinos et à son rapport avec le symbole, la question reste indécise. (H. I..) ;j. Nicéphore Calliste, Ilist. ceci., lib. XII, c. xni, P. 6'., t. <:xr,vi, col. TH'i. 'i. Cuiicil. Florent., sess. xxii ; ilardouin, op. cit., t. ix, col. 29'i. 5. S. Kpipliane, Ancoratus, c. lx etcxxi, et la note du P. l'ctau sur le c. i.x, [1. :i72, fies Animadversioiies au t. ii, de S. l'"pi[)li., Opent, Colon., 1682. Sur ce s\ nibole et sur son origine nous i-enconlrons trois liypotlièscs principales. L'iiy- polhèse Iradilioancdle en fait un remaniement du symbole de .Nicée cxocuté par les soins des Pères du 11° concile (l'cumcnicjuc, en vue d'arriver à une anirnin- tion plus expresse de la divinitc- du Saint-Esprit. Lebedef, Useleuskie sohory. Sergier l'osad, 1890, part, i, {>. 111, note 1, cite h l'appui de celte opinion le 12 Livni: vu moins il vaut le II" eonrilc recunu'niqiic, c|iril ('■lait tins cette époque en usage dans l'église, cl par conséquent, (jiie selon toute vraiseni- texlo suivant tiic (Je la Ictlic du coucilu à 1 hcodose : tîtiiTa xal <7jvtû|j.o'j; opou; è5e9(i)vr,(jaa£v, tv^v te t(T)v TraTï'ptov itiTttv Tv dv Niyaix y.y(io)»Tav7£;,(Mansi, Concil. am- pliss. coll., f. m, col. 557). Li deuxième liypotlièse est celle présculée parTil- leuioiit, Mcm. hisl. ecclés., qui identifie ce .synibole avec celui de VAncoralus, n. cxiv, P. G., t. xi.in, col. 2li2. Ils sont, en cfTet, texluellenicnt les mêmes, sauf deux variantes sans importance. Hefele a cô. 11. l'i'); A. ]'.. luini, ./// introduction to tlic Creeds (nul lo tlie Te Deum, in-8, London, IS'Jl», p. lOG ; A. llarnack, Konutautiiiopolilanisches Symbol, il.iiis Real- i'.ncyklopd tlic. 3» cdit., t. xi, p. l'i-lîS ; X. OrlolF, J nissinn iien- oftiic Crecd of ('onstantinople, d;tus Journal of thcological Sladies. 1903, t. IV, p. L'83-290. J. Tiirintl, Symboles des Apôtres, de Nicée et de saint Atha- nase, ilans la Heyue du Clergé franrais, 190*3, l. xi.viu, p. (VJiJ sij. Voici le texte des deux symboles : Jérusalem. Conslantinople. lliijTEOoiJLiv £■; Eva Oeov itatîpa TravToy.pi- lltTTîjoiiEv si; eva Oîbv TtaTÉfa 7;avT'j/.pâ- Topa, :îO'.r,7T,v o-lpavo-j xai yf,; opatojv te topa, îTotr,7r,v o-jpavo-j y.at 7?,; opartôv te TTïvTtov xal àopJTd)/. TtivTwv xac àopàTwv. Kal £■; £va y.vpiov 'It.to^v Xpi^Tov tÔv -jîôv Kal e!; Ë/a y.jptov 'Ir,Tù-jv Xpto-rôv tov -jîov TO-j OeoC TOV (lovoyîvf,, TÔv ày. to-j TraTpô; toC Oeo-j tov [iovo-'Evr,, tÔv èx tov —aTpô; vEvvT,6ÉvTa Oeôv àAr/j'.vbv TTpô irivTwv TôJv YEvvr,6ÉvTa -pô TrâvTtov tiov ai'ôvwv. al'jivwv. ow; ÈvtçxoTÔ;, Ûeôv à/.r|Oivbv Èx OîoyàXr/Jivo-j Vcvvr/JÉvTa o'j 7:o'.T,0ÉVTa, 6[xoo-jijtov tw Tra- ôt' oj Ta -àvTa £-;iv£TO. Tpt, St'o-J Ta TrâvTa èyeveto. TOV £1' Tijxâ; TO-j; àvOpci-ou; xal ctà tt,v TjaETÉpav a(OTr,çiav xaTE),6ôvTa èx tiôv oj- pav(ôv xal crapxwOÉvTa âx 7rv£J;j.aTOC a-'îo-j ffapxwÛÉvTa xal £vavOpu:Tr,7avTa. ■'•aï Mapta; tt.? TiapOÉvo-j xal ivavÔpwTtr,- (TavTa (r:a-.,pti)()£vTa xal TaiivTa. CTTa'jpwÛEVTa te -J-Èp y.jjlôjv èttI Hovtiov llt- ).âTO-j xal ^raOôvTa xal TasivTa àvaTTavTa Tr, Tp'.Tr. r.iJLÉpa zal àvaTTavTa Tr, t^Itt, T,;J.Ép-ji xaTr. Ta; vpa- . . . , ,a/.f,''''^'^i^ iiiapTioiv àxxAT.Tî'av *ùu.oao-;'oC(jlev £v pâîTTtaaa eï; **xal Ei; |i(av aviav xaÛOÀixr.v £xx>.r,viov 7rpoiTÔox(i)|i.Ev àviaraiiv vExpwv xal 'wv' T0-: (XÉAAOvTo; aliôvo;. Au.r,v (H- '-) 1. Tilleiuout, -Vrm. hist. ceci., i. i\. art. 78 dans la ilisscilalioii sur salut Grégoire de Nazianzc. — Dom Ccillier, qui (p. 616) est lavorable à celle hvpo- 14 Livni; VII 5paT(T)v Tî 7:avT(i)v xaî àspaToiv. Ka», s'^^ sva Kjpiov \r^r:z\}^^ XpisTSv, tsv Tibv ix sfOTî; , (-)îbv i:A-/;Otv:v £*/. Hso j itAYjOivsO , vevvTjOfvTa, oj 7:snf;0évTa, cixsojjiov Tô) I laTp» , 8i' cj Ti 7:âvTa à^iVîTO. tsv 5î' r,iJ.aç toùç àvOpo'y-su; y.al oià Tr,v rjH-S" Ts'pav -(OTT;pîav xaTîXOivTa =•/. Toiv cjpavojv, /.a'. japy.toOÉv-ra £v. lIv£j;;.aTcç icYisJ '/.a', Mapt:.x artov, llvï-jixa Oeo-j. Uv£-j(j.a TÉAïtov, îlvî-jixx Ilapi- y.'i.r-ryi. à'y.T'.TTOv, iy. to-j llarpo; £y.7rop£yôii£vov, y.a't èx toû TîoOÂaa'vavôii.ïvov, y.al ttittevo- jj-îvov. t Et nous croyons au Saint-Esprit, ijui a parlé dans la loi, qui s est fait entendre par les prophètes, qui est descendu sur le Jourdain, qui a parle par les apôtres et qui établit sa demeure dans les saints. Nous croyons en lui, parce qu'il est l'Esprit Saint. l'Esprit de Dieu, l'Espril pai-fail, l'Esprit conso- lateur, incrcé, qui procède du Père, que nous recevons par le Fils et en qui par le Fils nous avons foi. j [llardouin, Coll. conci!., t. i, col. 81'»; 'Mansi, C'onc. amplisfi. coll., t. m, col. Ô65. Le même texte du symbole, dit de 381. se retrouve dans les actes du concile de Chalcédoinc, nciio II, dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 957; aclio V, dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 111, et cnlin dans les acles du Vl^ concile œcuménique, aclio Al///, Mansi, op. cit., t. XI, col. ('):j;!. A. Ilaliu, liihliolheh der Symbole (iriil (Uauhcnsie^eln der (ilteii Kirclic, n. l^'i, a donne une éilition criticjuc pour laquelle il a collai ionnc les manuscrits suivants : 1" Cod. Sangallensis .'i.'iS, du x^ siècle, écrit en caractères latins avec ce titre : Sjntholtim Apostolorinn f^rxce. — 2' In- cunable, Venise l'i95. — o" Cod. Vindohonensis, S30 du xc siècle, écrit en lettres latines avec ce tilre Credo in itrntni. — '1" cod. du ix-x«' siècle public par Binîcrim, F[>isloln cntfiolica srcn:.daspiri, Qucllen; t. i, p. 213-236. (M. L.) 16 LIVRE VII la ti-rre, dfs diosi's visibles cl tli>s chosi.'s invisil)l(,>s. El (>ii un seul Sei- <;iieiir .lésus-Clirist, Fils uniciiic de Dieu, eiigeiidi-i- du Père avant ions les temps, hiniièro de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, eui^eridn", non créé, de même substance (jue le Père, par lerjued loul a él('- crée ; qui, à cause de nous, hommes, et de noire salul, est descendu des cieux et a pris chair du Saint-Esprit el de Marie la Vierge et est devenu homme ; a élé crucifié à cause de nous sous Ponce-Pilale, a souM'ert, a élé enseveli cl est ressuscité le (i-()isièiiic jour conformc-menl à la saiiile Fcrlliirr ; cl est romonlé aux cicu\ cl s'c-^l assis à l,i droilc; Crecd, in-8, I.ondnu, 1905. Si on remonte à l'oriicine de la lliéo- logic nicéenne, on conslale avec certitude qu'elle n'est pas d'origine grecque. Les Grecs |)Ossëdaienl une langue trop riclie pour formuler du premier coupavec précision et iixité les lapporls du l'ère et du I"'ils. L'équivoque naissait coiume d'elle-même delà gamme indéiinie des nuances. Le latin ]j1us sobre n'offrait que trois termes utilisables : siibstaiilia, iialura, pcrsnna. Dans l'ancienne traduction latine d'Irénée et dans Tertullien, on se sort, pour définir le mode de divinité propre au Fils, des expressions : t'/uscfeiii siihstaiiiix, aniiis suhslantl.r, uiitus et cjitsdem substantiu'. Dès le di'htil (iu iii^ siècle, Tertullien di-tiiigue {De aiiima^ c. xxxii) les deux termes pouvant offrir quelque ampliilologie : sithslan- tia et luitiira. Dans son traité Adw l'raxeam, c. xxvi, il distingue la substuiitia et les (tccidciitia ou proprietales iiiiliisciijiisfjuc suh.slaittix. Grâce à cela il ar- rive à feu Ululer très exactement l'unité divine; eu trois [lersonnes cl la dualité de substances dans l'unique personne du Cliiùst. [.tdw l'raxcnin, c. ii, xii, XXVI, xxvu). D'autre part, il affirme que le Fils procède de l'essence du l'ère, £■/. TT,; o-jTis; ToO -aTpd; : /wV/wm non aliunde dcduco, sed de substantia Paliis [Adi'. Pi axeani^ c. iv). Par une bi/.arre conséquence de ses habitudes intellec- tuelles, Tertullien transporte à la divinité dos notions juridiques : la substance ou propriété, le fonds : la personnalité légale ; et aussi la condition, status : les trois personnes divines sont in uno statu. Il y a là, pour le noter au pas- sage, un indice utile sur les débuts de Tertullien. Les idées et les formules introduites ou propagées par lui firent leur chemin en Occident. F>lles sont accueillies ot défendues dans De Trinilale de Xovaliou. Denys de Rouie pro- pose l'unius substantif à l'adhésion de Denys d'Alexandrie et prépare les voies à l'adoption de roa&o-^Tio; à Alexandiie. Origèue soutient à son tour la doctrine et fait usage peut-être du même terme. Mous avons dit que le concile d'Au- tioche, de 269, condamne I'ôixoo'jtio: comme hétérodoxe ou tout au moins équi- vo(|ue. C'est ce même mot qu:, grâce à Alliauase, reparaît à JVicée. Mais à force de raffiner et de discuter, le sens d'ôixoojTto; devient moins clair; ce serait le résultat de l'influence de Basile d'Aucyre qui avait adopté la formule oao-.o; y.X'.'x -T-At-x. Cette hypolhèst-, jirésentée par. M. llaruack, n'est pas convaincante, car l'explication que donnait Basile nous a olé coiiseivée par saint ICpiphane, Adv. JI:eres., lxxiii, 12-22; elle prouve simplement (|ue Basile n'exclut rien et qu'il entend la similitude /.a.-'» tô eivai xal /.atx t'o ■J?£'7Tavai /.a'i /.aîà tô JTtàp/îtv. On n'a guère plus de succès si on cherche à imputer à .Mélèce et aux mèlécieus la paternité de la nouvelle orthodoxie. Nous avons les explications île Mélèce iSo- crate, llist. écries., I. III, o. xxv) ot son ailhôsiou : u\ dooisions romaines dans le concile il'Antioche de lî79. llesleiaiiiit les l'ères cappadocicns, principale- ment saint Basile, chez qui les termes fy'jnix, •j-'jn'.XG:z, ;puat;, iZw\i.oi-.x n'ont pas uu autre sens que dans saint Athauase. Il n'y .lurait donc pas eu, au jugement de ^L Belhnue-Baker, une orthodoxie à pioprement parler c nouvelle. » l'once t|ui concerne la disposition dis mots tx tt,; Ciùiea; (toô îrarpô;^, le lait est incon- testable ; mais si on ne les retinuvo pas dans le symbole de (!ons!anlinople, CONGILKS — II — ■,' 18 i.ivm: VII 98. Les canons du II" concile œcuménique. Outre ce svmbole ^, le concile de Constantlnople porta quelques canons, qui, dans les anciens manuscrits grecs, sont précédés de la suscription suivante : « Canons des cent cinquante saints Pères réunis ii Constantinopic, sous le consulat de Flavius lùicherius et de Flavius Syagrius, hom- mes illustres, le 7 avant les ides de juillet » (c'est-à-dire le 9 juillet). Cette dernière indication prouve que le concile commencé au mois de mai 3S1, s'est poursuivi jus([u'au mois de juillet suivant 2. On injnore le nombre exact des canons promulgués. Les anciens j^l 3] manuscrits grecs, et les scoliastes du moyen âge Zonaras et Balsa- mon, n'en ont connu que sept; mais les anciennes traductions lati- nes, la Prisca ^\ la traduction de Denys le Petit, celle d'Isidore "*, et c'est qu'ils foiiiiaicnl une tautologie .tvcc 1 ô;j.oo-a'.o; et le péril jiricii disparu cil 381, ils flrvcnaicnt à peu près liors de service. Celle lliëorie a clé discutée par !•'. K:iltcnbHscli, dans Theologische Litleraturzeitungy 1902, n. C^ et par T. B. Slrong, Ilomoousio.s and Suhslantia, dans Journal of theological Studios, 1902, l. m, p. 291-29'i. Ce dernier n'acccj)tc pas l'importation occidentale de l'oixoovTio; CM particulier et de la lliéologie nicécnne eu général. D'autres con- testations do divers points de fait, par exemple la condamnation de l'6ij.ooJ(7io; par le concile d'Anlioclic de 269, sont peu heureuses. M. Strong prétend faire dériver la terminologie du dogme trinitairc des philosophes grecs : The histo- ry nf ihc tficological terni : Sulistance, dans Journal of theological Sludies, 19ÙI, t. 11, p. 224 ; 1901, l. m, p. 22 ; 1902, t. iv, p. 28. Dans ce travail, l'au- teur étudie riiisloire du mot « substance » et constate que chez les philosophes grecs, le mot oJTi'a est associé à trois idées dilTérenles. De Philon à Photin et chez les écrivains clirétiens on constate qu'une certaine obscurité persiste, HomooHsios signifie tantôt la même matière, tantôt la môme espèce. Les gnostiqucs l'intioduisent dans leur théologie. (II. L.) 1. Voir p. i;t, note. 2. Socratp, Ilist. eccles., 1. V, c. vm, Gxe 1 ouverture en mai. Une lettre de Théodose, datée du 31 juillet, permet de placer la fin des séances vers cette époque. Tillemont, Mcni. hist. ccclés., t. ix, admet que le concile n'a guère siégé plus tard que juillet. (II. L.) 3. Dans .Mansi, Conc. ainpUss. coll., t. vi, p. 1174, et dans l'ëd. de S. Leo- nis Mag , Opéra, publiée par les Hallerini, t. m, p. 553. 4. Dans Mansi, op. cit., t. m, p .066 et 571 ; dans Ilardouin, Coll. conc, t. I, col 809 et 810. 98. LES CANONS DU DEUXIÈME CONCILE ŒCUMENIQUE 10 celle ilu Codex de Liu-ques \ ne ooniiaissent que les (jualrc premiers de CCS sept canons grecs. Leur témoignage a d'autant plus de valeur que CCS auteurs ne se copient p:ts les uns les autres, et qu'ils divisent d'une manière très dillèrente ces quatre canons de ("onstantinople, (lue tous s'accordent néanmoins à donner. C.omme, dans la /V/.vr,/, les canons de Constantinople ne viennent (ju'après ceux du 1\'' concile génc'-ral, les lîallcrini en ont conclu ({ue ces canons mancjuaienl dans les plus anciennes collections canoni- (lues greccpies, et n v ont j^ris place (ju'après le concile de Chalcé- doine -. Mais les trois premiers canons de Constantinople fuient lus il Chalcédoine ''sous le litre gén(-ral de Si/nodicon synodi sccundiv, et sans avoir de chiUVe particulier. Fuchs y a au la preuve qu'à l'ori- gine, les canons de Constantinople n'avaient pas la forme actuelle, c'est-à-dire qu'ils ne formaient qu'un seul tout, sans division aucune ; ce décret unique aurait été ensuite sectionné en différents canons par les copistes et les traducteurs. Ainsi s'expliquaient ces divisions (|ui varient d'une manière si notable, selon que l'on consulte la 7^/7stvï, Denvs le Petit ou Isidore '. L'accord des anciennes tr;iduclions latines à ne donner (|ue les quatre premiers canons du texte grec s'explique par l'absence dans les anciens manuscrits grecs d'après lesquels ces traductions ont été faites, des canons ;"), 6 et 7, qui ne sont réellement pas du concile de Constantinople, mais lui ont été attribués plus tard. Une nouvelle preuve s'en trouve dans le récit des anciens historiens grecs sur le II" concile œcuménique ; ils parlent de ce qui fait l'objet des quatre premiers canons, et ne disent rien de ce qui a été traité dans les canons 5, ti et 7 "', 11 serait surtout difficile de prouver l'authenticité du 7*^ canon, car Jean Scholaslique qui, au vi*^ siècle, insérait les |/i j 5" et G" canons, a écarté le 7^ Ce canon manque dans beaucoup d'au- tres collections, et nous démontrerons plus loin, quand nous en parle- rons spécialement, son origine particulière. Quant aux canons ;">" et 6'', ils appartiennent au concile de Constantinople de 382 ; ainsi que 1. Dans Mausi, Sacrorum conciliorinn no\a et uniplissima Culleclio, Florcn- tiii-, 1759, t. III, p. 57'i. 2. Balltrini, ilaiis S. Lcuiiis .Ma^., Opéra, l. m. [). 11!. :!. Mansi, oj). cit., t. vu, cul. Vi5; Haidoiiiii. op. cil., I. ii, col. 038. 1. Ilihliuthck der Kii cht-nvcrs., l. ii, p. ill. 5. Socrale, Hist. eccles., 1. V, c. vm ; So/.dinènc, ///.sT ecclcs,, 1. VII, c ix, 1\ n., t. i.xvii, col. 576. l'»3G; Théodorct, //i.s7. eccles., 1. V, c. vm, /'. C, t. I.XXX1I, col. 1209. 20 i-ivnB vn Bcvci'klge, Balleriiii cl daulrcs historiens l'avaient présumé ^. Les scoliastes jurées du moyen âge -, Zonaras el Halsamon ont commenté ces canons du concile de Conslantinople ; plus tard, Tillomont ■\ Beveiidge '', Van Espen ^ et Ilerbst dans Tiibinger theolo^isc/ien QiKirlahchrift ., 1S2(), p. 381), v sont revenus. Ces canons sont ainsi conçus : Can. 1. £v Nty.aia ty;ç BiOuviaç auvôAOsvTuv ; àX),à \j.vnvf èy.£Îvr;v •/.upîxv, y.a'. ivaOe- lAXTiffOïJvaî -a^av aïpcî'.v* xa'. sloixw; T/jV^tov Ejvs[j.iavô)v. sîtîuv 'AvsiJ.si6)v y.ai Tr,v Ttov 'Apsiavoiv. sÎtouv Eùooçiaviov y.aî Ty;v Toiv H;j.iap£ixT(ov, sÏTCuv IIvc'j[J.aTO[j.a/wv* y.ai Tr;v Tcîiv — aoîXXtavûv, y.ai -y;v Toiv ^lapy.î/./.uvôiv. y.ai Tr,v T(ov •I^(OTemavo)v . y.aî tyjv twv 'ATroXAivapiTTwv ^. La profession de foi des trois cent dix-huit Pères réunis à Nicée en Bithynie, ne doit pas être abrogée, mais conserver toute sa force, et l'on doit anathématiscr toute hérésie, en particulier celle des eunomiens ou des anouiéens, celle des ariens ou des eudoxiens, celle des semi-ariens ou des pneumatistes, celle des sahelliens, des marcelliens, celle des photiniens, et celle des apollinaristes. 1. Bcveridge, Synodicon son Pandectx canonnm, t. ii, Annotât., p. 98 ; llalle- rini, dans S. Leoiiis Opéra, t. m, p. 10. 2. Dans Bcveridge, Paridect.T, t. i, p. 85 sq. 3. Mémoires, t. ix, art. 76 el 77, dissertation sur S. Grégoire de IS'azianze. 4. Beveridgo, Pandectse, l. ii, Aniiot..^ p. 89 sq. 5. Comment, in canones, Colonia?, 1755, p. 186 sq. G. Ce canoa peut appeler quelques brèves observations. Le mol TtiTTi; signi- fie le symbole de iNicée. C'est avec ce sens que le concile de Riniini, (S. Atlia- iiaso, De synodis, c. x, P. 6'., 1. xxvi, col.'/JG sq.), saint Allianase, fomus ad An- tiochanos, c. v et saint Basile, Epist., lxxxi font usage de ce terme qui repa- raîtra avec ce sens dans le canon 7c. Socrate et So/.omène, Ilist. eccles., 1. II, c. XVIII, XIX, XI. V, Ilist. eccles.^ 1. IV, c. xv, xxii, P. G.,l. i.xvii, col. 221, 22'i, 357, ll'i9, 1177, emploient ^^tti; de la même inaiUL-re. Quand an nombre de 318 Pères présents à Nicée, nous on avons parlé déjà, t. i, p. 'tll, note 13. Le canon 2.r,li rj'f/iiv/ -.2; E/.y./.r.TÎa;" à/./.z /.x-y. t:J; /.aviva; t":v ;j."£v AXsravopsîa^ £z'.7/.::::v, -à iv A'yjzt*.) [j.:v2v o'r/.ov3;j.iîv, "oùr ci Tf;ç avaTiX"?;; ô-u'/.ozouç, -rr.v âvatoXr.v ;j.;vr,v l'.c/.eîv, oy/.aTtOjxsvwv twv Èv toî; /.aviTi t;-:; /.aTa Nty.abv Tzpzzôzioi^/ ty; 'AvTisyéwv 'E/./."/.r,7'.z. /.x: -z'j: -r,; 'Ajiavr;; ciciy.r,- -td); ir.iZY.z-zj:, tx y.7.Tà ty;v 'A-iavï;v ;xiv/;v i"r/.sv3;j.îîv, y.xi t:j; -f,: llov- t'./.y;;. -.7. -f,; Il:vT'.y.r;r ;j.-:v:v, y.x- t;j; -.r,: Hcr/.'./.r.r , t?: Tf,? Hpay.r/.r;; ;j.;vcv 1. Riidn, Hist. eccl., 1. II, <•. xxviii, P. /.., t. xxr, col. ôllG ; H;ir.loiiin, Cuil. concil., t. II, cf)l. 6'i7. Nous aurons une occasion toute uatiirelle de nous occujfcr de lapoUioarisuie dau» les prochains conciles. (II. L.) 22 LIVKE VII c'.y.ovsixîîv. 'A/.Xy;to'jç ii irAay.ir.fj: -jv.ip zizi/:r,7u , ;xy; i-i5atviiv è::îy£ips- ';ovÎ2 r, Tijiv àXXai; o'xovs|j.(a'.ç èy.y./.YjjiadTiy.aiç. .:v (i>; là y.aO' ixi^ir^v èrap- yuv •/; T?;'; £-ap'/îa; tjvoos; ois'.xrjjii, xa-à -x èv Niy.aîa ('opi7i/.£va. Ti; et £v ToCç ^apSapixctç è'Ovîdi toO (")£0'3 "ExxAYj^ta; otxovoixeîaOai -/pr; xatà ty^v xpaTT^ja-av 7uvr,0£iav zapà twv '::a':£p(ov ''. Les évêquos appartonani à un antre diotèse 2 ne doivent pas s'occuper des Eglises étrangères et doivent respecter les limites des Mglises ; mais l'évêque d'Alexandrie doit s'occuper seulement des affaires deri^g3'pte,les évoques orientaux seul(>ment(des affaires) de l'Orient, car les prérogatives reconnues à l'Église d'Antioche, dans les canons de Micée, (can. G) seront maintenues ; les évoques du diocèse d'Asie (Kphèse) ne doivent veiller qu'à ce qui concerne l'Asie ; ceux du Pont, à ce qui concerne l'Église du Pont, et ceux du diocèse de Thrace.à ce qui concerne la Thrace. A moins d'être appelés, les évoques ne doivent jamais sortir des diocèses pour conférer les ordres ou pour faire quelque autre fonction de leur minis- tère. Si l'on observe au sujet des diocèses, la règle prescrite ci-dessus, il est clair que, conformément aux ordonnances de Nicée, le pouvoir du synode de l'éparchie s'étend sur toute l'éparchie (province). Quant aux 1. D'autres traduisent, mais à tort bien ccrlaiiienient, ces mots du texte : TO'j; ÛTTÎp cioi/.r,nt,'j âTztTv.ÔTToy;, par « ceux qui sont sur les diocèses, » c est-à-dire les évêques établis à la tête des patriarcats. Voyez les notes de Valois sur Socrate, J/ist. eccles., 1. V, c. 8, P. G., t. ixvii, col. 575. 2. L'application du mot o'.oi'xr,ai; à des portions restreintes de territoire était déjà ancienne. Cicéron, Ad Faniiliar., xiii, 67, parle de trois oioty.T|T£i; d'Asie qui ont été rattachés à la province de Cilicie. Strabon, Geogr. XIII, iv, 12, dit que les Romains avaient établi des cours de justice dan.s -à; SioiXT^aei;. Au iv"= siècle, le sens de ce mol avait conservé une certaine élasticité, il s'appliquait très bien à une étendue assez variable de territoire placée sous le contrôle d'un administrateur. C'est le sens que nous rencontrons dans ce deuxième canon et que Gotliofredus, Cod. tlieod., t. ii, p. 36, exprime ainsi :^rov'/«cia- rum in unam administralionem coUectio. On peut citer d'autres textes qui confirmeraient ce sens. A propos du canon 9e du concile de Chalcédoine, Bal- sanion écrit ce qui suit : Sioè/.YjTt; â^Tiv 't\ Tro)/,à; ïizxçyj.x- ïyo\)rtx bi èa-jTr,. Palla- dius, Dialog. de \ita Chrysost., et d autres en font également usage. Dans quelques canons africains, le sens de diœcesis n'a plus que celui de paroisse ou de partie d'une circonscription épiscopale (IIIc Conc. Cartliag., can. 42-44- 'i6, dans .Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, col. 887, cf. col. 803, 818). Sul- picc Si'vère, ICpist., i, 10, parle de saint Martin dotit, dit-il, diircesim qitam- dam, sicut episcopis visitare ecclesia.s suas moris est. Le concile d'Epaone, en 517, Mansi, op. cit., t. viii. col. 556 : presbyter dum diœccsim tenet; Grégoire de Tours, Ilist. Francur.,], V, c. v, P. ^., t. i.xxi, cul. 320 : dum diocceses ac yillas ecclesiae circnmiret. Dans la conférence de 411, à Carthage, diœcesis est parfois employé pour une localité mise sous la juridiction d'un évêque 98. l-l'S CANONS nr DI'.L'XIKMH CONCU.K (KCUMKNIQUK 23 Kglises de Dieu qui sont chez les peuples l>;iili;ii"es, elles doivent ùlic gouvernées coniine elles lont déjà été du temps de nus pèri>s K Ce furent probablenifnl les iiitrij^ues de Pirnc crAlexaiidrie qui provoquèrent t-e canon ', l('(juel n est (juimc répi'tition du ()®, et en partie du 5* canon de Nicéc. Il oidonne : a) Que les cvèques tliiii iliocèse (civil) c'est-à-dire de l'une des grandes divisions de l'einpirc, d apiès l(S(jiielles les eirconscrip- tions ecclésiastiques (patriarcats, exarchats) avaient été calquées, {Collât., I, c. 128, 133, li2, 1G3, 176), parfois il semble que ce soit ce que nous appelons aujourd'hui « son dincèso » {Collât., i, IKJ, 117, 12G). S. Aut^ustiu, I>rc\iculus collolionis^ i, lii, /■'. /.., t. xi.ii, col. GIS: Viclorituii Miistilani catliolici episcopi,... iu ipsa auteni diœcesi Muslitaiia. ^' j)rémalurément, puisque ce titre n'app;nait i[u"au concile de Chalcédoiue (.Mansi, op. cit., t. vi, col. 953, 10U5. lUlJ, luill, Kli'.»). On remar- quera que dans le concile du Chêne, au connuencement du v; siècle, la [)rotes- talion des partisans de saint Jean Chrysostome contre la conduite envahissante de Théophile, ne lait pas appel à ce canon 2" de (^onstantinople. |U. L.) 1. Le commentaire de ce canon a été donné dans l'Appendice viii* du toniei. .Nous nous contenterons ici il'y renvoyer. (IL L.) 2. Valois croit , mais ici l'addition des mots tt,; Ttiif,; précise elliinile le sens à rinsliliilinn que les anciens tr.iducteurs latins rendaient par priinatus Itunoris, distingué de toute autorité elPective. La j)araphrase arabe de ces canons dit que « 1 évèque de Constanti- nople prend rang tout de suite après l'évèque de Rome, » (Mansi, Coiicil. om- plisx. coll., t. m, col. 57S| et Zonaras fait observer que [i.i-i dénoie un rang secondaire : JTToIîi^aeriiov y.al âXiTTOJffiv, comme le reconnaît la Novelle 130* de Justinien. La raison donnée de la faveur réclamée par C'onstanlinoi)le est di- gne d'attention. La ville bâtie par Constantin est une « nouvelle Home i, à ce litre elle doit donc n'avoir qu'une infériorité d'ancienneté à l'égard de la lîome ancienne et celle-ci ne jouit de son privilège qu'à titre purement politique : la majesté de la Ville. La manœuvre se devine sans peine ; pour rabaisser les prétentions de l'Église romaine, on lui rappelle qu'elle tient son rang éminent d'une pure rencontre, elle participe à la grandeur de la ville et rien ne prouve que les révolutions des empiresne la feront pas descendrequelque jour au-des- sous de celte jeune cité, à peine émancipée de son rang modeste de parœcia du diocèse d'iléraclée. Rome s'insurgea toujours contre cette tendance qu'on pourrait appeler « naturaliste » et soutint que sa primauté n'était pas attachée à une contingence politique, mais à la fondation du siège épiscopal par Pierre, elle était donc c apostolique », d'où sa véritable supériorité. Le rang occupé depuis trois siècles assurait d'ailleurs au siège de Rome une prt'éinincnce fon- dée sur l'habitude des Eglises provinciales, sur leur reconnaissance pour les bienfaits reçus et sur le rôle dogmatique et disciplinaire de plus en plus visible. Les st>uvenirs du passé n'étaient pas entièrement négligeables. Théo- doret dans sa lettre au pape Léon, Epist., i:xui, Ibnda la supériorité de l'E- glise de Rome, sur rillustration cl la grandeur de la cité, sur sa foi et par- dessus tout sur la possession des tombeaux des apôtres. Ce dernier argument a son intérêt d'autant plus grand que; des documents letouchés à une époque tardive racontent une tentative d'enlèvement des deux corps par des Grecs, opéraiit à iiiiiu armée. — L'obstination déployée par les empereurs et par les évêques de Constantinople pour rehausser le siège épiscopal de cette ville n'entamait pas seulement la prédominance du siège de Rome, elle lésait les droits acquis des sièges d'Alexandrie cl d'Autioche qui avaient joui du second et du troisième rang dans la liiérai-chio. A l'égai-tl d'Alexan Anatolius de Constantinople était le premier (Mansi, Concil. anipUss. coll., t. vi, col. G07) ; dans la 16« session, lui et sou co-légat. 26 Livnii vil pioiniilgiiée par lo coiuile de ConsUiiiliiioplc ^. Beaucoup de Grecs ont souleiiu que par ce canon révcqiie do Conslanlinople avait été proclamé l'égal, sons Ions rapports, de lévéqne de Rome, et selon eux la préposition après n'indique que la postériorité du temps ; mais dès le moyen âge, Zonaras avait reconnu comme dénuée de londcmcnt cette explication et avait admiscjue, dans sa NovellelSO" du livre V du litreinde ses Constitutions impériales, Justinien reconnais- sait la supériorité du siège de Rome sur celui de Constantinople -. ['■°J D'après le sens littéral, le 3° canon n'accorde à l'évcque de Cons- tantinople ([ue la prééminence d'honneur. Le célèbre Pierre de Marca s'est efTorcé dans une dissertation très étendue, de prouver que le jus zaTpiapyixbv, c'est-à-dire la juridic- tion d'un patriarche, lut reconnu à l'c-vèque de Constantinople pour la première fois par le IV concile œcuménique (de Chalcédoine) honorem Vero sohini in sijnodo Constanlinopolitana. Ilergenrother a reproduit cette opinion '^ ; cependant nous persistons ii regarder comme plus vraisemblable que le canon de Constantinople a accordé à l'évèquo de Constantinople, en môme temps que la prééminence d'honneur, la juridiction sur le diocèse de Thrace qui jusqu'i» ce jour dépendait de l'évèque dlléracléc. Socrate donne sur ce point plus de renseignements que le 3'' ca- non. Il dit : « Le synode établit des patriarches, car il fit la division des éparchies (provinces). Nectaire (de Constantinople) rcynt, pour sa part, la ville impériale et la province de Thrace. » Le même fait est rapporté par Théodoret ; il dit, dans son Ej)islola i.xxxvi ad Flavinnum^ que les Pères de Constantinople « avaient séparé Lucentius, dcs.ivouèrent les cauons de Conslanlinople (Mansi, op. cit., I. vu, col. 'i'i'-), enfin, le pape Léon liii-mciiie déclara que l'élévalion du siot^e de Constantinople aux dépens de ceux d'Alexandrie ot d'Anlioclic, allait contre les règles de Nicéc. Il désigna le 3* canon comme quonimdam episco/iorum conscriptio qui n a jamais été porlé à la connaissance du siège apostolique, saint Léon, Kpist.,c\i, 2, 5, P. /,.,t. i.iv. col. lOO.'J, 1005; saint Gréy:oirele Grand, Epislular.j VII, l'-pist. x\xiv,P. L., t. i,xxvii,coI.892. Les légats romains au concile de Constantinople de 869, signèrent le 2 le canon qui rangeait Constantinople tout do snil(! après Rome (Mansi, op. rit., t. xvi, col. 174). Le second rang ne fut définitivement concédé qu'après l'érection dun patriarcat latin au concile de Lalian de 1215 (Mansi, op. cit., t. xxii, col. 991) ; ce rang lut reconnu au patriarche grec à Klorence, en lib9. (11. L.) 1. Socrate, Jlist. ecclcs,, 1. V, c. viii, Sozomène, Ilist. eccles., 1. VII, c. ix, P. G., t. Lxvii, col. 576, 14^6. (H. L.) 2. Boveridge, Syiodicon, t. i, p. 90. 3. Hergenrother, Pliotius, l. i, p. 32. 98 Li:s CANONS DU UKUXIKMI, CONÇU. K U:CU.M KNIOUK -7 les diocèses les mis des autres. » I lt're:eiir()tli(>r est ohlitré de recon- naître tjiie « ce ne lut plus à revècjue d Ilciaelic (|iie lut altribiiée la juridietioM du diocèse de lliiaee, mais à e(l:ii di' (loijslantino- ple. » Ce (jui lU' peut sijj^nifier autre cliose sinon cpie l'évc'^cjue de Coiistanlinoj»l(' olilinl dès lors la juiidielion sur les diocèses de Thrace. l*arnii les motifs qui amenèrent le coneile a niodiner le rang des piiiiii|>au.\ sièges épiscopaux, tel (piil avait été fixé par le G® canon de .N'ieée, nous devons loul dahord considérer une rai- son politi(jue : les empereurs souhailaieiil naturellement, cjue la nouvelle Home lut peu éloignée de leur résidence particulière, Constantinople ayant été élevée au rang de la nouvelle Home, même pour son siège épiscopal, il devenait indispensable de placer cette ville dans la hiérarchie ecclésiastique immédiatement après la Rome ancienne. En outre, chez les Grecs il était dérègle déclasser les évèchés daprès limportance des villes. Le canon 9" du concile d'Antioche, de 341, avait formellement établi cette règle. Le IV*^ con- cile œcuménique (can. 17) se prononcera plus tard dans le même sens. Nous le verrons en écrivant l'histoire du IV" concile œcu- ménique, >^ 200, et nous reparlerons du concile de Constantinople et des pi'ûtestations c[ue Rome souleva contre celte thèse. Pour le moment, contentons-nous chi faire; lemarquer (jue la défaveur qui s'attachait au siège d'Alexandrie, a dû contribuei- à fonder la supé- riorité du siège de Constantinople sur Alexandrie ; cette ville s'était en eilet montrée sous un jour très fâcheux dans ses rapports ecclé- siasti([ues avec (À)nstantinople. Du reste, pendant de longs siècles, Rome se refusa à reconnaîtie ces modifications dans le rang des sièges épiscopaux de l'ancienne Église. Et lorscjue Gratien, dist. XXII, c. 3. inséra notre canon dans sa collection, les censeurs romains y ajoutèrent la note suivante : Canon hic e.r iis t'.s7, (^iios apostolica liomana sedes a principio cl lon^o po.sl lempore non rccipit. Can. 6. \\-.'S\ Mxriy.cj t:j lvjv'.y.:j -/.j). ty;'; /.r- y.jTbv i-azb; ty;'; vt KcovTTavt'.- \i.'r~.i t:j; -a; y:j-.zj yt'.pzzo'/rfivj-x^ iv ;[(;)Sy;::ctc [ix()[j.(^ yjâ,pzj, zâv-wv V.2'. T(Li'/ T.ip: ajTSv Y£v3[i.£vov à/.'jpoOÉvTrov /.xi -ùh r.xp 'a'jr;j. Au siijri ch' Maxime le (^ynlcjuc et des dc-sordres qui se sont pi'oduits à cause de lui à Conslantiiiople (nous déclarons) «pu; .Maxime n'a jamais été évèque et qu'il ne l'est pas rijènje aujourd'hui, et que ceux i|ui ont été 28 LIVRE \II ordonnés par Ini, pour (jiiehjiK.' degré de la rlôrir.ature que ce soit (ne sont réellement pas ordonntjs), car tout ce qui s'est fait à son éy^ard (c'est- à-dire la prétendue ordination qu'il avait reçue) et loul ce qu'il a fait lui- naôme est sans valeur. Nous avons, à plusiotirs reprises, parlé de Maxime *, et nous avons dit comment il a\ait cru recevoir l'ordination cpiscopale. Aussi le concile avait-il raison de prononcer sa déposition. On ne faisait pas alors une distinction bien précise entre l'ordination ou la consécra- tion non valide [invalida, xv.upz^) et celle qui n'était pas permise {illicita) ; l'ordination non valide légalement et pratiquement ineffi- cace était désignc'-e tout simplement comme invalide, ay.uooç. tandis que plus tard le droit ecclésiastique établit une distinction très claire entre la nullité légale et la nullité sacramentelle. Les deux lettres du pape Damase ii Acboliusde Thessalonicjue, montrent que ce pape ne voulait pas, au début, confirmer l'élection de Maxime. Mais, peu après, beaucoup de Latins, et en particulier saint Ambroise, chan- gèrent d'avis et, dans un concile tenu pendant l'automne de cette même année 381, ils se prononcèrent pour Maxime et en faveur de ses prétentions au siège de Constantinople, tandis qu'ils repoussaient Grégoire de Nazianze et Nectaire. Ils proposèrent la réunion d'un concile auquel prendraient part les évèques de l'Orient et de l'Occi- dent, et dans lequel on trancherait définitivement la question du siège de Constantinople -. Mais, dans le concile tenu à Constantino- ple en 382, les évêques grecs défendirent la légitimité de Télection de Nectaire, et l'empereur Théodose envoya à Rome des ambassa- deurs pour soutenir cette opinion '■^. Le résultat de ces négociations fut la reconnaissance, par le pape, de l'élection de Nectaire ; une génération plus tard, le pape Boni- face l*"" affirmait, en efrot, que le pape Damase avait fini par approu- ver cette élection '. 1. W. Brigiit, The Canons of the first four gênerai Concils, in-12, Oxford, 1892, p. 111 sq. Cf. L. Sallcl, f.es rénrdinatinna. Etude sur le sacrement de l'Ordre iu-8, Paris, 1907. (H. L.) 2. Lettre synodale des Latins à l'empereur Tlicodose dans Hardouin, Coll. concil., t. I, col. 845 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, roi. iVM. 3. Tliéodoret, Ilist. ercles.. I. V, c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1217. 4. Boniface I, Kpist. ad episc. Illyrix, dans V. de Marca, De concordia sa- cerdotii et imperii, 1. V, c. xxi, n. 10. [M. Rade, Damasus, Bischof von Rom, ein Beitrag zur Geschichtc der An fange des romischen Primats, in-8, Freiburg, 1882, p. 107, 116 sq., 133; A. E. Biirn, An introduction to the Crecds and to the Te Deum, in-8, London, 1899, p. 109. (H. L.)] [20] 98. l-ES CANONS DL' DEUXIÈME CONCILE ŒCl'MÉNIQlJi: 29 Cax. 5. Wipl -zj t;;j.:'j tôjv cjT'.y.ôJv. /.xi -z'j: ï-j ' Xr.'.z/y.j. izîBîrâjj.îOa t;j^ jJLVJtv c;j.:A5Y-vivTar llxTcbr /.t. \':zj /.x: ù'^izj W/u^j.x-z: ()zz-r,-.x. Au sujet (lu mémoire {tointis)(ies Occidontaux, nous reronnaissons aussi ceux d'Antioclic (jiii professent l'égale s iVagmciits (jue nous possédons dv ce loinus de 30'.', ne ilisiMil lifii du srliisiiu' irAiitioche ; mais ce silence n'a rien d'inexplicable, puistjiu- nous ne possédons que très peu de chose de l'ancien document, et il est d autant plus probable qu'il s'a£'.;. y.aî Tapx/à^ Toiv îipr,vîL»iv:(.)v '/.atov /.aTXTy.îux^^îiv Ètti- )(£ipOJVTEÇ' TOJTÎJ £V£y.£V r,p£j£ TT^ XYta ffUvioO) Toiv £V K(.)V7TavT'.VCUZ;"/.£l juvopajj.svTfov £-'.7y.i-(.)v, [;,r; àversTâcTTcoç -rrpcsu'jOa'. t; ùç y.:xTr,Ycp5uç, [-«.TiBs 'ajiv ÏTZi-pé^tVf -y.: y.af/JYopta? TTSicf^Oai 7.7.7^ rcov iV/.;v;;xsJVTfi)v -:àr Ex- y.Xïjaîaç, [J.r,zï \):'r^'i ~y:r.-j.z à-oy.Xî'.îtv" i:"/,X' £l ;;.£v ti; 0'.y.£ixv Tivà ;;.£;j.6tv, TO'JTî'jTiv 'àuoT'./.riV, i-aY^Y^^"'!* s'i^'-^i"'!)) ti^î 7:'A£;v£/.vr/j£',ç, ■}^ i'ij.z -.'. r.ipx -z o'.7.a'.:v 7:yp' xj-.z'j z£-;vO(oç : izi twv tsisjtwv y.aTY;Y^piwv y-'", £;£':a^£70ai [jirjT£iTb -pojo)-cv Tvj y.aTr,Y2p2u. ;-».■/;"£ "/jV Opr^Ty.Eiav.Xpr, y^P "avTt Tpizw to T£ !jjv£ioc;^ TsD £7:'.-/.ôz2u £X£JO£pov £?va'., y.x'. -rbv àsiy.£f(70aiX£Y2v-:a. cïaç âv 1^ Op'/;r/.£Îa^, twv c'.y.a((.)v -'J'c/t^v/. El ok £xy,X*/;7iaaTiy.bv £Ï"/; t; £7:'.9£pi;j.£vsv È'Yy-X'rj'xaTw £-i-z,b-(i), tÔt£ Soy.i[xx;^£7Gai ypr, t(ov y.xTr^YOpojVTtov -ràTcpbscoza, îva -ptoTiv y.kv a";p£Tiy.oîc p/r, icfj y.a-r,Y2ptac /.aTa twv ôpOoBô;(ov èrijy.i-wv ii~ïp £y.y.Xr,7ia-T'.y,à)v zpaYl^.iÉTwv TOicfTOai' A-.p £■:'//,: ùç c£ X£yoiji.£v, ~zjq t£ TTOtXai TT^'ç Ey.y.Xr^Jîa; àzoy.rpu'/Oiv-aç, /.a'. t:j; [j.£Tà TauTx ûf' r,rxtov àvaO£- [jLaTiîOî'vTa; ; ~pb^ c£T3'JT0'.çy.a'. toj; Tr,v zîœtiv [jl£v triV uy'^ T:poj~stsu;i.iVOU? 5[AoXoYîîv, àTToa-'/bavTaç Se, xai àvTisuvaYSVTaç 'zic y.avoviy.sfç r,;j,à)v èzi7- xÔTTOtç. "E7:£tTa 0£ xai £Ïtiv£ç Tcjvà-b T-?;? ExxXT;7Îaç iz-. a-TÎat; tiî'. -zzy.x- i:£YV(07[jLfvci £^£7 xx'. i:zs3£5XY; JJ.£VC'., r, àx:iva)vr(-ci, £Ït£ à-b "XVjpîJ £Ït£ à::; Xaïxoi -aY^-^zt;;' ;j.r,;£ tojtoi; £r£fvaixaTr(YOp£ïv £zi77.;-;j^ zpîv xv -'0 o:- x£'";v £Yy-X-/;[J.a -p3T£p3v i-oojcjtovTat. 'O[xoi(i)ç 0£ xai tsjc ■J-by.a-:"/;Y2pîxv z;;- Xa5oj7av i'v-ra;, y.y; TrpÎTâpov eîvai, Ssxtoù; £'.r £r:i7x;r:j ■/.y.-.r^-[zp'vx'i r, ztécov xXr,pix(ov, zp'.v av iOtôojç èauTOj;; twv iTTa'/OÉVTMv ajTiC; i:7:os£(;(.)7iv £YxXr,- 1X27(1)7. El [J.É7 TOI T17ÎÇ i;.Y;T£ xlp il v/.zl ;xy;t£ àxct7(.ivr;-::i £uv, i^.r,":£ zpzv.x't- YV(i)7;j.£vot r, zpcxx-'/JYop'Ol^'^vîi Èzt -a-i -'/.r,\j.[j.t\r,\j.j.7i, Xéy-i-^ =- ^X'^'' "'''^ £xxXr(7ia7-:ixY;7 xxTa toj èz'.axizcj ■/.y.-rt-(zpi%-/' -o'j-zu: y.t\fjti r, ^Yia ajvcooç, zpàiTvV [xkv £-1 TÛv ~f,^ ï~xp'/iy.^ ~x^~ur) ïr.\.T/.z~uY) hnz-.xz^xi -.x: xarr^YO- pixz. XX'. £7:' x'j'iù'f ùÂ^c/iK't -x hr/j:r,\).x-x toj £7 x'.tîxç tijiv èri-xi-^u, Ei oè ffu;jL5a{rj i;Bu7af?;-ai tsjç izap/io'jTac r.p'zz oiipO(i)7iv TÔi7 £7:t5£po;j£V(ù7 ÈYxXr,- |JI.XT(07 T(T) ï-\.~-/.'zr.M . T;T£ xJT3J^ ZpSJUVXl ;X£r^OVl 7U73C(i) ■7(07 TYÎÇ ci:ixr,7£(o^ £7:i7xiz(i)v £X£Î7/;ç, JTrkp ":•?;; xItix^ TXjTrjÇ (7UYy-3tXou;x£vo)7, xx'. [/.r; zpiT£pov [2-)] £7'!7TX70x'. Tr,V XXTy;Y2?Î3CV, Zpîv r, £YY?^?<''^ XJtCjÇ Tbv Ï!73V XJTCfÇ ÙriTlIXTiCX- ffOxi xi7rj707, £"îr:£p £7 -f^ Tio7 7:pxY^».i':(.)v txçei ffjx3çx77:j7T£ç Tb7 xxTr,Y3- psj;j.£737 £7:Î!Jx:7:77 ï\i''^yj)v.v). El Ci tir xxTXipC7r,7x;T(i57XXTX ■:x-p3C-/;X(.)0£v . TX3£$3YiXc7(i)v 7;Xy.r(7£'.£7Y; (j^t'iXixx; £7;-/X£Î7 xxoxç, f, x;7;;.ix(07 xpyz'/'iô'f ci- Xa7T(^piX,r(0lx3U;j.£7tXï;7 7J73037 TXpXTT£l7, 7:X7TaçàTl[J.X7XÇTvÙ; T'?;cci:ixr,7£(oç 98. LES CANONS DU DI.UXIKMi: CONCII.l- (KCL'MENigUH 33 pijavTa T:Jr y.xvivar. y.a'. tï;v £y.y.AY;7iar:ty.r,v /.•j;rr;vii;Aîv;v îJTarîav ^. 1. Ce camtii lémoigne du pidluinl iiialaisi- dmil ol.iil alloiiil la société ecclé- siastique après plus d'un deuii-sièclc di- poléiuiiiuf et d'Iioslililé ouverte entre .irieus et calliolicjucs. Ce Icu croisé dacciisaliuns, de (iéïKHicialiniis, ics dépo- sitions, les violences qui en élaienl le résult.it avaient transformé le clergé en une société dans laquelle régnaient la déliance et les procédés les plus regreltables. S. Jean Clirysosloine, l>e sacerdotiu. 1. 111, c. \iv. I' . ^'., t. xi.viii, cul. G'i'J, dit qu'alors « un évèqne doit se teiiii- de tmites pails sur ses gardes, c'est à qui suspectera sa conduite. On l'épie et cli.iciin est prêt à lui causer préjudice. S il s'appréle à faire quoi que ce soil, lout le bien qu'il a accompli ne le garde- ra pas contre les langues venimeuses et ^on entourage immédiat est encore celui dont il a le plus à se délier, u Personne, dira-t-il plus lard et expérience faite, ne craint d'accuser ou de calomnier un évèque. Iloinil. in Ad. AposL, m, 2. C'est bien la même situation que décrit le canon ()■=. Le verbe rj\v.vi'j\s.v.i que nous reucontioiis ici comme au canon 2*, ainsi que dans lilnsébe, Ilist. ceci., 1. IV, c. IV, P. G., t. XX, col. oOS, a le sens d'adminislrali(jn spirituelle dérivé de l.uc, xii, i2 et 1 Cor. iv, 1. Employé comme ici d'une manière abso- lue, ce ternie peut indiquer une distribution des aumônes de l'Eglise (Edw. Hatcli, Bampton Lectures, p. 41). Un autre mol est employé avec un sens spé- cial, c'est iîpiJ; désignant un évèque, sans doute pour marquer que dans ce tilre le christianisme concentrait la puissance sacerdotale. Saint Jean Cluysostome fait également usage du mot iepwaJvr,; pour désigner l'épiscop.il et chez les latins on trouve Tertullien, De haptismo, c. xvii, P. /,., t. i, col. 123G, écrivant : suiiimus sacerdos qui est episcopus ; saint Cyprien emploie également sflcc/cios pour episcopus. On remarquera dans ce canon la garantie donnée à ceux qui portent une accusation; il ne sera fail aucune enquête sur sa i-eligion. l.e terme employé ici Opr.'TXitav, se trou\c, dans les édits impériaux transcrits par Eusèbc, Jlist. écoles., I. IX, c. i ; I. X, c. v, P. G., t. xx, col. 1^7 sq. 880 sq., avec le sens très net de « culte t. Il va sans dire que c'est la religion du plai- gnant qui ne doit en aucune façon lui être imputée, il ne s'agit pas ici de la mf)ralité générale. Le concile d'Hippone, tenu en li'.U, règle (jue persr)iiue ne pDUiia p[ui sont excommuniés formellement; 2' ceux (jui sont anatliéinalisés par le 1" canon précédemment porté ; I!" ceux qui proiéssant garder l.i loi n'en sont pas moins alhliés au schisme et font opposition aux évèques légitimes ; 4" les rlercs excommuniés pour une faute déterminée on bien accusés «l'une faute dont ils n'ont pu se l.iver. C'est ce ([ue dit le canr)n 6e du IK' concile de Car- thage : Si crintinosns est, non (idniiltiitur ut nccusct (.Maiisi, op. cit., t. m, col. G'J'i). Mentionnons encore quelques particularités de ce canon. — à^roxr.pu- CONCILES - II - :i .?4 1,1 vu K MI Comino, dans lo but de irouI)l(M' et de détruire l'ordre de l'I'lglise, plu- sieurs iriiagineut, par un (•s[)ril de haine et en véritables sycophantes, des accusations contre les évéques orthodoxes chargés du gouvernement de ri'lglise, ne se proposant, par là, que de porter atteinte à l'honneur du sacerdoce, et d agiter le peuple naturelleirieut anioureux de la paix, le saint concile des évèques réunis à Constantinople a décidé qu'à l'avenir on ne rcvùt i)as les accusateurs sans leur faire subir une enquête, et que Ton évitât, d'un côté de perniellre à tous sans distinction de se porter comme accusateurs contre ceux qui gouvernent les l'^glises, et, de 1 autre, de le défendre à tous d unr manière absolue et sans distinction. Mais lors- que quelqu'un porte une accusation personnelle contre l'évêque, soit qu'il ait «'té desservi par lui, soit <(u'il ait élé traité injustement d'une fa(;on ({uelconcjue, on ne doit pas, dans des accusations de cetlo sorte, prendre en considération la personne ou la religion du plaignant, caria conscience de l'évêque doit se conserver parfaitemcnl pure et celui ({ui croit avoir éprouvé du dommage doit obtenir justice, 7X'i àmo -rf,; 'Ey.y.>.r,(7ia;, et dans S, Grcgoh'c de Naziaaze, /i/^/sf., en, qui nous dit que le pape Damasc (it les apollinaristes à-o/.r,pj/.TOj;. Le sens dans lequel le canon 6o parle d héréliques est tout à lait large et renferme également les scliismatiques ; on constate la même façon de pailer dans la Conférence de Cartilage en 411 {CoUalio I, c. 126, 13*J), dans saint Athanase, saint Basile et une loi de Théo- dose datée de l'année 380. 'AvTtTJvdtYovTa; se comprend sans peine si on en rapprociie ont pas sous le coup d'une accusation, croient avoir à se plaindre de Ti-vi^ipie tlans les choses de l'IIglise, le saint con- cile leur ordonne de soumettre ces plaint<"s au jugement des évoques n'-u- nis delà province et de prouver, par-devant eux. les accusations portées contre l'évèque incrimini'. Mais si les évè(jues de la province sont incom- pétents jKHir appliquer la peine qui reviendrait à l'évèque pour les méfaits ^>] dont on l'accuse, iis (cesl-à-dire les accusateurs) doivent s'adresser au con- cile plus considérable des évé(|ucs de chaque diocèse (c'est-à-dire d'un diocèse patriarcal). (|ui se réunit pour juger ces sortes d accusations, et (ces accusateurs) ne pourront porter leurs plaintes (devant ce nouveau lii- bunal) avant d'avoir promis par écrit d'accepter pour eux la peine cjui re- viendrait à l'accusé convaincu de culpabilité, silétaitprouvé, danslapour- suite de l'aU'aire. que leurs accusations contre l'évèque fussent des calom- nies. Mais si quelcju'un, ne tenant pas compte des présentes prescriptions, ose fatiguer les oreilles de l'empereur ou bien agiter les salles d'audien- ces de l'autorité civile ou iiien le concile œcuménique, et s'il ni-[)rise les évèques du diocèse (c'est-à-dire ceux du diocèse patriarcal), on ne doitpiis lui permettre de se porter accusateur, parce qu'il ne tient pas compte des canons et qu'il trouble l'ordre de l'Kglise. Xous avons dit que ce canon ne provenait pas du II" concile tecu- ménlquc, mais du canon de Constantinoplc de 382. Ajoutons (rue le pape Nicolas I" écrivant à l'empereur grec Michel, disait (juc ce canon « ne se trouvait pas dans les exemplaires romains [quod tamcn non apiid nos invcndini, sed npnd vos haùcri pcr/ii/je/iir) '^. Beveridge et Van Espeii ont donné des commentaires assez, com- plets de ce canon ■'. .AN. /. 'Ï'zjz r.zz~-\.(}i\j.v/zj: r?; l^^zlzv.x -/.tX -■f^ jx-pis». Téov -w'.'izivtov xt?. x[^i-v y.(ov C£yc;j.îOa 7.a-z TT.v ■j-t-.i-j.'yi.vrr-t ày.c/.cjO'iav y.x'. Tjvr/J:'.av. "A^;£iav;j; 1. D.iiiv 1.1 plirnsc prérédentc il s'agissidl de ceux qui, non*seuleuu-iil ;i\;M"enl piir-dcvcrs eux des accu^alions, tiiiOH qui iiiêmc avjdeiil .iv aùroù?, y.al 7:oi53[jl£v aJTOyç ypcviusiv £1çty;v 'Ey.y.X-zjjlav, y.al ày.ccàjOai T(ov vpasdjv' y.alTDTS aJTCj; ,ia':TTi,S[J.£v . 5. Ce canon commence l'rnuniériition de tous ceux qui sortent de l'hércsio pour prendre paît au nombre des élus aoj'oixÉvwv (réminiscence de Act., n, 47 ; II, Cor., II, 15). Suit 1 L'uuméralion des convertis qu'on peut recevoir sans les bap- tiser de nouveau : ariens, macédoniens, sabba/.iens. Ccux.-ci sont peu connus. Ils se rattacliaient à un juif ;i\ ant nom Sabbazius, qui s'unit aux novatiens, fut ordonné prêtre, fonda une secte et se fil donner la consécration cpiscopale (Socrate, Ilist. ccclc.s., 1. Y, c. xxi, 1. ^ II, c. v, xir, P. G., t. i.xvii, col. 621, 745,757) Sesparlisans s'appelaieuleux-mêraes prolopaschilcs. ou « observateurs de la l'ùque primitive, i l iie loi de Théodosc II, datée de 413, les dénonce comme des déserteurs dti novatianisme [Cad. thcodos., 1. XVI, lit. vi, 1. 6). Puis viennent les novatiens ou « cathares, > àpiTTÉpov; ou àptc-ou;, dont nous avons parlé déjà, voir t. i, p. 57(), noie .'î ; les qu:4rtodécimans ou TctradiLT, c'est-à- dire qui finissaient leur jeûne préparatoire à la (ètc 0|)U'ni(' dts lo premier jour. 11 faut doDC entendre cette expression, les € faire ciirétiens t coninie d'une anticipa- tion cl pcut-ctre une opt-ralion préliminaire analogue à limmalriculalion. 11 im- porte toutefois d'obsi-rver que iirimilivcnicul. cl jusipi'à une date (|u'il est dilli- cilc de déterminer avec précision et ipii \arie en Ions cas suivant les IIl-ux, chrétien signilîail a catécliunièn<' » «1 « lidèle », plus tare! « fidèle » fut synonyme de c chrétien. > Le canon 39* d'Kl\ ire paraît viser les pr( luièrcs cérémonies du calécliuménat et le lermc a catécliumèncs ï marcpie l'admission parmi les cow^e- tentes. On lit dans VKucholoi^ion le rite concernant l'abjuration d'un juif. Il y est dit : cnous le faisons chrétien, cesl-à-dire. nous le reconnaissons en qualité de chrétien non baptisé, ainsi qu'on fait aux enfants de parents chrétiens qui sont présentés au baptême. Le deuxièmejour nous le comptons au nombre des caté- chumènes, prière dans laquelle on demande que l'ancienne erreur soil éloignée de celui à qui il a été donné de s'envoler vers le noin de la Trinité et que son nom à lui soil écrit au Livre de vie. d llcniarquons que la discipline de ce canon cuii nous représente l'état disciplinaire île la rebaptisalion à Constantinople vers 460, est beaucoup moins rigoureux (jue ne l'était un siècle plus tôt envi- ron saint Allianase qui déclare expiessément que le baptême administré par les ariens, les Paulianistes ou samosaléniens et les Montanisles est nul et doit être réitéré. Pour s'expliquer ce dissentiment, inexplicable au piemier abord, il faut se reporter à l'étude de J. Lrnsl, Die Kelzertaufangelegcnheit in der altchrisllicher Kirclie nnch Cyprian dans Forsrhungcn zitr clirisll. Litteratur und Dogmeiigeschtchte, in-8, Mainz, l'.iOl. Celte question si ardue de la rebap- tisalion, après avoir provoqué un grave conflit entre le pape Etienne et saint Cypcien, a été périodiquement reprise par les Pères, comme saint Athanase, saint Basile, saint Cyrille de Jérusalem, Optai de Milève, et par les canons disciplinaires des Constitutions aposloii(|ues, des conciles d'Arles et de Nicée. L'interprétation en laveur che;i les tliéulogiens d'après laquelle la nullité du baptême administré dans certaines sectes héréliques aurait eu pour cause une altération essentielle de la formule baptismale ne peut pas concorder avec la con- clusion qui se dégage des textes. Cette conclusion c'est que dans la pratique on s'accorda longtemps à considérer comme invalide le baptême conféré même avec une forme intacte, par des hérétiques dont les doctrines altéraient la théo- rie Irinilaire de l'Eglise catholique. (H. L.) 1. C était une fraction des novatiens qui tiraient leur nom de leur maître Sabba/ius, lequel avait détendu la pratique (judaïque) des quarloilécimans concernant la fête de l'.wpics. CA. So/omènc, llist. ecct., VIT, xvm, P. G., t. i.wii, col. 1 i6K s([. '1. C'est-à-dire les gauches, mais il est bien plus probable qu il laut lire àptTTO'j;, ou les meilleurs. 38 Livni: vu les, ne doivf-Mil rlru ailiiiis (ju'apr^.'S avoir anallit-nialisc pai- t'cril ^ toutes les liéivsies (|iii no s'accortlfiil pas avec la sainlc, calholiqur cl apostoli- que I"]glise de Dieu, et aussi, après avoir été inarqui-s et consacrés avec le saint chrcnie au visage, aux yeux, au nez, à la bouche et aux oreilles, et pciiilanl (juc nous les marquons de cette uianière, nous disons : « Le sceau prt'sent du Sainl-Kspril. » Mais <|uant aux eunoméens qui ne bap- tisent qu avec une seule immersion, ri (jiiant aux montanistos que l'on appelle il i phrygiens, el 1 i), du concile de Xicée (825), de saint Basile (y 379| (Arcadius, De coiiconlia l'cclcsi.r occiilorttalis et orientidis in septem sacrnmenloriim ti.lniinistrntiu/ic, l'aiisiis, 1(372, p. llJSst].) prescrivent la conduite à tenir à l'égard des /rt/;.vz ; aucun d'eux ne nicntione la recontiriuation des apostats. Le concile Quini-sexte (692) ne dil, lui non plus, rien de sembla- ble. Car il faut se garder de confondre le rite de l'imposition des mains dans rexuniolotîèse avec le sacrement de conlirmaliou. L'imposition des mains ad pcenitentiam difFèrc essentiellement de l'imposition des mains «r/ Spii-ititm Sanc- ttiiit. La première est destinée aux apostats et pécheurs publics, la deuxième à certains hérétiques nés dans l'hérésie. La réitération do l'imposition dos mains ad Spiritum Sanctum est inacceptable parce qu'elle emporte avec elle un caractère indélébile, ainsi qu'en témoigne saint Cjrille de Jérusalem:... xa'i Ilvi-J-xaTo; àyio-j aypavïîx ôôjr, àvï^iXsiTîTwv si; toj; aifûva;, a et qu'il vous donne le sceau à jamais inellaçable du Saint-Esprit. » (P. C, t. xxxni, col. UG5.) Ces mots contiennent une allusion transparente à ces autres pai'oles : ilspaYi; ooiscs; livevjxaTo; i^io-j qui constituent la forme du sacrement, iormc en usage dès le temps de saint Cyrille puisque nous la retrouvons textuellement dans la ca- non 7" de Constantinople, dont l'inauthenticité n'infirme pas notre raisonnement, puisque, ainsi que le dit très justement Helele, le document d'où le canon est tiré est une lettre de l'h^glise de Constantino[)le à Marlyrius d'Anlioclie, .lu V" siècle. U autres Pères de l'Église grecque confirment cette discipline de l'irrénovabilité de la confirmation aux apostats repentants. Saint Jean Cliry- sostome, IJomil., xi, /// cpist. iid Ilehrxos, P. G., t. i.xiii, cul. 7S, s'exprime ainsi : « .Nous ne pouvons pas dire : si nous vivons maintenant dans la négli- gence, nous serons de nouveau baptisés, de nouveau nous passerons par la catéchèse, et de nouveau noits recesTuns le Saint- l'esprit . » Tliéodorct n'est pas moins clair, Interpretntio Epist. ad I/ebr.eus, P. (J., t. i.xxxii, col. 717 : c 11 est absolument impossible que ceux qui si; sont approchés du saint Baptême et ont participé à la ^ràce de iJ-^sprit dt\in, qui ont reçu l'empreinte des biens éternels s'en approchent " canon, mais sans dire où il la- vait pris. Ku c(> qui conceiiir le sens de la dernière paitie du 7° canon, Mayer con leste avec raison (jnc les trois degrés du catcchuménat y soient in(li([n(''s. Les hérétiques dont il est question étaient-ils compris dès le troisième jour de leurconversion parmi les oic)-Cz\j.s.\o (3" classe), certainement non. On peut trouver extraordinaire que pour ceux qui abandonnent 1 iiérésie, l'exorcisme soit regardé comme la dernière classe du caléchuménat, et, plus vraisemblablement, l'exorcisme était le premier acte qui suivait leur conversion '. 99. Le deuxième concile œcuménique obtient lapprobation impériale. Il nous reste à analvser une courte lettre écrite à l'empereur Théodosc par le concile, dans sa dernière session. I/assemblée remercie Dieu et lempereur à qui elle expose ses travaux. « Confor- mément à ta lettre, disent les évèques, nous nous sommes réunis à nQl Constantinoplc, et, après avoir renouvelé l'union entre nous, nous avons, dans de courtes définitions (c7Uvts;j.;'jç occj;), confirmé la loi de Xicéc et jeté l'anathème sur les hérésies qui s'étaient di-essées contre elle. En outre, nous avons promulgué un certain nombre de canons relatifs au bon ordre dans l'I^lglise, et nous avons joini tout cela ;i notre lettre. Nous réclamons maintenant de ta Honlé la confirmation par écrit des résultats acquis » -. la condiimiief. Il suHlt de menlioiiiicr un i);iieil f.iit pour voir qu'il dépasse toutes les bornes de l'impiété. > Cf. llergenrollier, Photiiis, t. m, p. 602. Nous no voulions ici que préciser la di.scipline ancienne visée par le canon 7c de Constautiiiople ; nous laissons l'iiistoire des déviations poslérieuies qu on trouvera exposée en détail par M. Ju<;ic, La reconfïrmaiioH des apostats dans l'Église gréco-russe, d.ms les Echos d'Orient, l'J06, I. ix, p. 65-76. (H. L.)) 1. Nous avons dit (pi'il n'y availpasde classes dans le calédnHni'nat. Cf. I. i. p. 2'i7, 313, :!29. ô.'iJ, 5%. (11.1,.) 2. Hardonin, Coll. cnncil., t. i, col. 807 ; .Mansi, Concil. ampliss, coll., t. ii, col. 557. ion. ALIOKITK 1)1 DEUXIÈME CONCILB (KCUMÉNI<,)UB 41 Le oU juillet 3Si ' l'IuMulosc iciidit à llLMaclée le tlccrel suivant: « Toutes les églises seront innnécliateineul iloniiées aux évèques qui conlesseiit l'éj^ale tlivinité tlu Père, duh'iisft du Saiiil-l-!sj)rit, et qui sont eu communion a\ee Nectaire de (^>nslanliiiople ; en l'^j^vple, avec Timothce d Alexandiie ; eu (hient avec iV'laife de l.aodicée et Diodore de Tarse; dans l'Asie proconsulaire et dans le diocèse d'A- sie avec Amphiloquc tlli-onium et Oi)time d'Antioche i^en Pisidie) ; dans le diocèse du l'ont a\ ce llcllade de Césarée, Olreius de Mclitènc, Grégoire de Nysse ; enlin, en Mysic cl en Si\ tliie avec Tércnce^ lé- vèque de laScythie [To/ni\ et avec Mai lyrius, révè([ue de Mareiano- polis i^niaintenant Preslaw eu Bulgarie). Tous ceux ([ui ne sont pas en communion avi'c les susnommés doivent cire tenus poui' liércti- ques déclarés, et, comme ttds, chassés de l'Eglise -. » So/omène rap|)orte les laits sans difl'ércncc notable ^, mais le récit de Socrate a donné lieu à plusieurs cireurs '*. D'après lui : a Ce ne serait pas l'empereur, mais le concile qui aurait attribué aux évèques cités plus haut certaines prérogatives. ù) Ces prérogatives les (devaient à la dignité de patriarches : tan- dis que nous croyons (jue c'est par leur valeur personnelle et non '"] parle rang de leur siège épiscopal, qu'ils étaient devenus les soutiens et les plus lermes représentants de l'orthodoxie. Il n"a pu venir à l'esprit de personne d'élever au rang de patriarcat la bourgade de Nysse, dont le titulaire est rangé dans la liste donnée plus haut. I*ar contre, on n'y trouve pas Mélèce d'Antioche, quoique les pré- rogatives particulières de son Eglise reconnues au concile de Nicée n'eussent jamais, depuis lors, été mises en question. S'il s'était réel- lement agi des patriarcats, on n'aurait pas passé sous silence celui d'Antioche. Mais on comprend pourquoi, dans l'énumération qui précède, l'empereur méléfien n'a pas parlé de l'Eglise d'Antioche ; c'est que le schisme partageait en deux camps le parti orthodoxe de cette ville. 1. I,e 30 juillet 381 ebl donc lo icriiiinwi ad (jucni du II"' concile œcuménique. Voyez Ceillier, lue. cit., p. G53 sq. 2. Cod. tlu'udus.. 1. XVI, lit. i, I. 3. 3. Sozomèue, llist. eccle.s., 1. \ II, r. i\, /\ G., t. lxvii, col. 1^3G sq. 4. Sotrale, Jlisl. eccles., 1. V, c. mu, J\ (i., l. i.xvii, col. 581. 42 I.IVIUC VII iOO. Autorité du deuxième concile œcuménique. Dès rannt'o ni(înio de sa nuinion. le concile vit son autorité mise en question par un concile latin ; une des mesures particulièrenaent critiquées était la nominalion de Flavicu au siège d'Antioche, nomi- nation qui donnait un nouvel aliment au schisme des mélétlens, et le choix de Nectaire en cjualiic d'évèque de Constantinople, parce que les Occidentaux regardaient toujours iSIaxime (le Cynique) comme l'évêque légitime de cette ville ^. Sur ces entrefaites, le concile réuni à Constantinople, en 382, envoya aux Latins un exemplaire du décret dogmatique, promulgué l'année précédente par le concile auquel il donna explicitement le [31] titre d'o-.y.ou[Xîvi7.r(, et il chercha à justifier les actes de ce concile qui avaient été incriminés '. Pholius prétend que le pape Damase approuva peu après ce II* concile œcuménique^; mais nous ver- rons plus loin que cette approbation du pape perlait sur le symbole et non sur les canons. Vers le milieu du v" siècle, le pape Léon I*"" parlait de ces canons, et en particulier du 3®, d'une manière très défavorable, disant que ce 3° canon n'avait jamais été envoyé au siège de Rome *. Grégoire le Grand écrivait à son tour : Romana autem Ecclesia eosdein canones i>el i^esta Sijnodi illiiis hacteniis non hnhet, nec accepit ; in hoc autem eani accepit, quod est per cnm contra Macedoniuni defmitiim ^. En l'an 600, on recevait donc à Rome le symbole sans les canons, et c'est à raison de ce symbole que le pape Grégoire rangeait le 1. Epist. synod. Uni. ad Tlieodosium, dans Hiirdouin, Coll. cuncil., t. i, col. 845 ; Mansi, Concil. anipliss. cotl.^ t. m, col. 631. 2. La lettre de ce synode se trouve dans Théodoret, Ifist. eccles., 1. V, c. 9, P. G., t. Lxxxn, col. 1212-1215 Du reste, 1 Occident n ayant encore rien admis de ce concile à l'époque où celte lettre a été écrite, on comprend qu il ne faut pas entendre ici ce mot otxoypLîvtxr, dans son sens rigoureux. Les évèqucs réu- nis à Constantinople pouvaient tout au plus dire : c Pour nous, nous reconnais- sons ce concile comme (i?cuinéniquo ; > ou bien ils pouvaient, ce qui au fond revient au même, entendre le mol o'.xov;[x2v.tit, dans le sens où les Africains entendaient le mot nnii'crsalis. 3. Pholius, De srnudis, od. Justeil, p. 1143 et dans Mansi, op. cit., t. ni, col. 596. 4 S. Léon, Epist., cvi, 2, ad Anatolium, dans Mansi, op. cit.. t. vi, col. 20'i ; Ballerini, dans S. Leonis, Opéra., t. ii, p. 525. 5. Saint Grégoire, Epistolar., 1. YII, epist., xxxiv, P, C., t. i.xwii, col. 893. 100. ALTOHIIK Df DHl'XIt.ME COXCII.K ŒCU.MKM(,)IE 43 concile tic 3SI j»ainii les (juatrc ctmcilcs œciiniciiicjiies dont il (M)in- purait rautoiilc à celle îles (jiiali-e l"!vaiigilcs '. Av.ml lui, \ it;ile et Pelade 11 avaient <^l"'jà leîiii ce concile poui' (i'c;i iiieiii(jiie '-'. A (juclle éjiDijiie le concile de Constaiitinoplo a-t-il iti- reconnu dans l'Eglise grec(jue, comme dans l'Eglise latine, à tilre dr concile tL'cuinénii|ue .' Clonimençons paj- I E<^lise grec(jue. (^)uoi([nc le l'oncile tenu à (lonstantinople en 3S2 ait donne le titre iWvcnmcniijiii' au concile de 381, nous voyons que, même dans l'Eglise grec(pie. ce titre n"a él(- ratifié (jue heaucoup plus lard ; ainsi le concile d Ejjlièse ,431), qui j)arle avec une grande vénération tlu concile de Nicée et de son symbole, ne dit rien du concile et ilu symbole dt- C^onstantinople \ Peu après le concile d'Ephèse, le 11" concile qui s'est tenu dans cette ville en 449, et qui porte le suinom de hrii^andage d'K/j/icse, parlant des deux conciles géné- 2] ranx île Xicée 1 1 d l"q)hèse, désignait ce dernier comme osJTîpa ïJv:- c;; *, montrant pai- là qu il n'accordait pas le même rang au con- cile tenu à C.onstantinople. On pourrait objecter, peut-être, que ce sont des monophysites qui parlent, car ils eurent la haute main dans le ùrii^umla^^e d' EpJiisc \ mais les monophysites ne lurent pas seuls à parlei- ainsi ; leuiadversaire le plus déclaré, Eusèbe de Dory- lée. (pii fut môme leur accusateur, ne reconnaissait que les deux conciles de Nicée et d'Ephèse, et déclarait « rester lidèle à la loi des trois cent dix-huit Pères de Nicée et accepta de même tout ce qui s'était fait dans le grand et saint concile d Ephèse '''. » C est au W" concile général que nous voyons pour la première 1. Sicut sancti Es-angclii (juattiov liiros, sic (/ualiiur concilia suscipere et venerari me fiiteur : Nic^eniim scilicet, in qiio perversitm Arii dogma destiuitur ; Ciinstantinupiilitaiinni (ittarjuc, in (/ikj Eunoniii et Macedimii error canvincilur ; Jipitesinuin etiam priniuin, in qiio .Veslorii inipielas judicatur : Clialcedonense veru, in f/itu Ktitychetii Diuscorique pravitas repruhatui-. Saint Grégoire, Kpis- tular., 1. 1, epist., xxv, /■•. /.., l. i.\xvii,col. 'i()8. 2. V.iii l-^spen, Comnientariits, p. 185. 3. Il fut lu dans la promière session du concile d'I-'phèsc. Ilardouin, Cidl. concil., t. I, ci)l. 1363 ; .M;insi, Concil. anipliss. c(dl., t. iv,cul. 1138. [A. Ilarnack, dans la Healencyklupadie , conclut de ce fait ipie le symbole de Constanlinople n'existait jias «.-ncore, au niuius comme symbole onîciellouieiil approuvé. On peut supposer <]ue même dans le cas où il eut existé dès lors et oui été approuvé, il ne pouvait clie mis suc le même pied (jue celui de Nicée, précisément parce (jue 11- conrjlede 381 ne jouissait pas d<- l'atitiM ité du concile île À'IU. ill. I..ij 'i. H.irdu près sous silence la siuialiun théo- logique contemporaine du II' concile œcuménique. Son représentant le plus qualifié est alors l'évêque de Cousiantinople, Grégoire de Nazian/.e (o79-o81) qui livre les derniers assauts à l'arianisme mourant et au niacédonianisnie. Il y gagnera le titre de n théologien ». Cette science tliéologiqne est acquise dans un but de polémique, elle précise sou expression à mesure que la discussion Bc |>rolonge el nous peut ainsi servir de miroir fidèle de la situation et nous aider à njesurei- le ( iKiniii parconin depuis les débals de IS'icée. Grrgoiie de Na/.ian/e fait observer que l'imite de lessence chez les individus de même espèce du monde fini est purement ira.iginaii-e, tandis que l'unité dèlre dans les persounts dixines est réelle. El comme on lui objecte que les païensontunc divinité unique et non pas un Dieu unique, parce que ce qui est commun n'a l'unité que dans notre pensée sous peine de n'avoii' la réalité que dans le temps el l'espace, Grégoire répond que l'unité d'être est autre en Dieu, autre dans les individus finis ; ceux-ci, alors même qu'ils appartiennent à la même espèce et possèdent la même essence, n'en sont pas moins, pour toul le l'esle, séparés les uns des autres. L'unité de l'être en Dieu s y manifeste on (lé|iit de la Trinité des personnes, à savoir 1 origine du Fils el du Saint-Esprit prove- nant du Père, de l'unité de volonté el d'activité des pecsonnes. On voit qu'entre 325 el 381 la tri>isième personne de la Trinité est ariivée à prendre dans les discussions théologiques une place à laquelle nul ne semblait songer au début. Eu re qui concerne l'idée de personne, Giégoiie, pleinement d'accord avec les Pères cappadociens, demande qu à tout être commun soient atlribuéos des projjriétês personnelles particulières (EÔt&Tr,T£,-) qui, en Dieu, résultent seule- ment des conditions retpectixes d'origine. Il reconnaît l'impossibilité de péné- trer dans son lond la différtince ijui existe entre la jiroduction du Fils et la procession de l'Esprit Saint ; jieu importe du reste, pourvu que les trois hypos- lases ou Prosopa soient comptées pour trois personnes différentes : « Vous adorerez, dit-iJ, un seul Etre, le reconnaissant sous trois propriétés persoa- 46 I.IVIIK VII iioUcs r|ui sont 1;';, paifjiitcs et subsistantes en elles-mêmes, séparées par le ndinbie, mais non p.ir la (li\iiiil('. n II revient ensuite à la Trinilc et il insiste sur l'unité lio l'être lic cos pcr^diines <]iii existent par ellc;-niènics. c II faut, dit-il, adorer limité dans la l'rinito vt ramener la Trinité à l'unité comme à son point culminant. » Dans les temps qui ont précède le ctjncile de Nicéc, l'étude spéculative de la Trinité se borne aux rapports du Kils et du Père. Ori« gène, Péri arc/ion., n. iv, P. G., I. xi, col. 117, passe en revue les dogmes chré- tiens et ce qui est enseigné pour cliacnn d'eux juir la fir.rdicatio ecclcsiastica. Au sujet du Saint-I'spril il dit : Honore ac difiiiitalc Patri ac Filio sociaiiiin tradidcruni Spiritiim ,'^aucfiiiii . In Iiac non jani manifeste discernitur utruni factus an infecliis, yel Filins eliam Dci ipsc hahendus sil nccnc. Même après Nicée, on entend saint Cyrille de Jérusalem, CatccliOii.i, xvi, 2i, P. C, t. xxxiii, col. 953, dire expressément : « ]Ne demande/, pas de renseignements sur la nature ou la subsl;\nro du Paraclel. Si l'Écriture en fournissait, je vous les au- rais donnés, mais je n'aime pas à pousser mes investigations au-delà de ce qui est écrit. » C'est ce qui cxplii;uc comment, à Nicée, l'article du symbole, <( Nous croyons au Saint-Esprit, » ne iccoit pas de déveIoj)pemcnt. Mais avec le temps, l'arianismc se trouva amené h prendre parti sur la question do In place du Saint-Esprit dans la vie divine, ceci le jeta dans un grand embarras. Les termes de la révélation n'autoiisaient pas une échappatoire trop grossière qui eut consisté à réduire le Saint-F.spril au rang et au rôle de personnage inter- médiaire, on de Iransmisseur entre Dieu et le monde. Cependant les ariens après avoir fait du l'ils une créature unique, se virent amenés à imaginer une nouvelle créature, unique aussi en son genre, supérieure aux autres êtres créés par le Fils. Eunomius en était réduit l;'i. e Le Saint-Esprit, disait-il, a été pour l'ordre comme pour l'essence, créé le troisième, sur l'ordre du l'ère, par 1 ac- tion du Fils, honoré du troisième rang comme la première et la plus élev('-e des créatures du l'ils unique, seul de son espèce, mais dépourvu de divinité et de puissance ciéatricc. » Saint Athanase cite un groupe arien dans lequel on re- garde le l'ils comme une créature du Père et l'Esprit comme' créé de rien. In antre groupe admettait la consubstontialilé du Père et du Fils, mais considé- rant ri-lsprit-Saint comme une créature et un membre de la hiérai-chie des anges fidèles. Ce dernier groupe était désigné sous le nom de « tropique, t parce qu'il considérait comme des tropcs ou des figures les passages scriptu- raires relatifs au Saint-Esprit. Ces fractions étaient bien loin d'avoir l'impor- tance de la secte des macédoniens ou pueumatomaf[ues, dont le progrès allait croissant. M.icédonins, plus radical que les c Impiques J on matière de con- substantialilé. était franchement semi-arien. Il tenait le l'ils pour semblable au l'ère, mais il excluait l'Esprit-Sainl de la dignité divine et faisait de lui sim- plement l'auxiliaire ou le serviteur (S. Alhannsc, Ad Senipionem, i, o. P. (i.y I. xxvi, col. 536) cl ce pa^sa^;e «le saint l'anl : » Je te conjure (levant Dieu, devant Jésus-Christ et devant les anges, i en faisant observer qnil n'élail pas question «ii- la Iroisiènic personne. (S.Athanase, Ad Scrapioncm, i. 10. /'. l',., l. \xvi, col. 556). S.Alha- nase fit observer que i'objeclion line d'.Vnios repose sur un contre-sens, il »"agit du vent, non de l'I-'-spril (/■•. U., t. xxvi, col. j:i6) ; q-ianl à la seconde ob- jection, il la repoussa en apportant des textes scri[)lurnires nientionnanl les uns le Fils et le S.iinl-lispril saas parler du l'ère, les autres le l'ère et le Saint- Kspril en passant le Fils hons silence (/■•. 6'., t, xxvi, col. 56i-565). l'ne fois prouvées l'existence, lu personnalilé el la divinité de la tmisième hypostasc, saint Allianase s'attacha à nicUre en lumière ses attributs divins : toute-puis- sance, ubiquité, omniscicnce, sanclification (Rom., i, 'i ; I Cor., vi, lll. Idenlilé de rapports entre le Fils et l'Kspril avec ceux qui exisfenl entre le l'ère et le Fils, t Le Fils est envoyé par le Père selon celte parole : Dieu a lillement aimé le u)onde qu'il lui a envoyé son Fils. Or le F'ils, lui aussi, envoie l'Esprit : Si je pars, dil-il, je vous enverrai le l'aracltt. Le Fils honore le l'ère, car il dit : Je l'ai glorifié. Or l'ICsprit glorifie le Fils ; Il me glorifiera, j (.S. Allianase, Ad Serapioncm. i, 20, 21, /*. (i., l. xxvi, col. 580. 1 « Celui-là donc n'est pas une créature qui est aussi étroitement uni au Fils que le Fils l'er.t au Père, qui est honoré avec le l'ère et le Fils et reconnu avec le Logos comme Dieu et opère ce que le Père opère par le Logos. » [Ad Scrapionein. i. 31, P. G., t. xxvi, col. 600.) (^u'on remarque bien ces expressions : tô -oi^-yj \j.r, ov x-i(j\ix, à>.),'T,v(o- ;i;vov T(7i Ti(ô (i>; o T(b; f,v(OTa tiô Ua-^i, -o uyvoo?asd[/.£vov Ilarpl xa't l'tw yat Ûeo/.oyoj- (uvov |iETà TOJ Aôvov,iVêpvo-jv TE aTTïp fi lIaTT;p otà toj Tîoj l^yj.i^s.zy.: izio; o 't.ifio'/ -XTiTixa o'jx ivTixpv,; il: avTov tôv Viôv àasSï:. Le concile de Conslanlinople adoptera des expressions semblables pour exprimer la divinité et la personnalité particulière de l'Espiii-Saiiit. Ilu laveur de celle doctrine, saint Atliaiiase allègue non seu- lement les Ecritures mais même la doctrine dos saints Pères. Saint Basile et saint Grégidre de Nazianze durent reprendre la délense piésentcc par saint .\llia- nase. C'est ce que lit saint Basile, en 363, dans le Iroisiènu- livre du traité Contra Eunomium^ complété en 375, par le De Spirilu Sa/icto, P. G., t. xxxii, col. 68 sq. Vers le même temps, Didyme de (^ésarée compose un traité sous le même titre [P. /.., t. xxiii, col. 101 sq.) et un recueil de textes qui a pris place à la suite du travail de saint iJasile contre Ennomius [Contra LJuiiontiuni, I. IV, V, J\ 6'., t. XXIX, col. 672). Désormais on voit se suicéder rapidement les écrits : Dissertations de saint F^piphane dans VAncoratus, i.xviii, lxxii, i.xxv ; P. G., t. XI. m, col. 140, 152, l.')7 ; et dans le Contra Itxrrses, i.xxn , II, 13, P. (J.. l. xi.ii, col. 4y6, 500 ; en 380, VUraiio de Spirilu Sancto xxxi. {!'. G., t. xxxvi, ckI. 133| de saint Crégijire de Na/.ian/.e, l'année suivante, 381, e est-à- dire 1 année même du concile de Conslanlino|)le, le De Spirttu Sanctu, de saint Ambroise, P. G., t. xvi, col. 703, le li\re ,•/J^•t'/^sl/.v .Vrttt'as dit dans cette erreur et qu il pouvait être sage de fortifier la formule en vue d'erreurs fuîmes. Celles-ci ne pouvaient manquer de tirer parti d'une situation si inférieure et l'insiiffisancc du symbole nicéo- constantinopolilain sur les rapports du Fils et du Saint-Esprit devait plus tard alimenter d'ardentes controverses. Il suffit d'un mot pour évoquer tout ce passe de luttes et de schismes nés d'une omission, le Filioqiie. (H. I^.) Ll\ IIK iiurriKMK ''] DU DEUXIÈME AU TROISIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE 101. Conciles à Aqiiilée et à Milan en 381 \ L'n ooiicile lut Iciiii à Afliiilrc, en .'iSI. Deux cvèqiics dlllvrio, Pallaile et Sccuiulien, donl on ignore les sièges épiscopaiix, iclii- 1. Cctle date est discutée. Tour le mois de seplciulne 08 1, C. II. Turner, Chroniclc, dans The Journal of iheologicdl Studies, 1901, t. 11, p. Ifjl ; 1". Kauff- maiin, Texte und L'ntersuchiiiigeii, iii-8, Sti-.issbii;-j;. 18'.)'( ; l'iillcr, I'iiiniti\-e saints and the See uf Home, u» éilit., p. 51i-51.j; Baimaid, Histoire de siiiit Ambroise, iii-8, Paris, 1872, p. '2J0; rillemoiit, Méni.Iiisi. ccc'cs., i:i-'t. Taris, 1705.1. X, p. 737, 741 :«Que Iccuncile d'A(]iiilée coiumenra le 3 de septembre, » tandis que Rade, Diinuisits, liischuf i-on lloni., in-8, l'reibiirLC, 1882, [>. G3 sq., note 3, j>ropiise le mois de septembre 08Û ; M. jhm, Sludid Ainbroaiaud., iii-8, Leipzii^. 1889, p. 'il-î2, (in (ie 381 ou djuinicncemenl de 3S2 ; G. Govau, Chro- nologie de l empire romain^ in-r2, Paris, 1891, p. 572, juin et juillet ; enlui Loofs, le printemps de 381. Malgré les actes rjiii, dans .Mansi, op. cit., t. m, col. 599-G2'i, portent la date du .j septembre, ec sor.iit une oiieur de mois ; d'après lladc-, une erreur de consuls. La synodale Qunnilibei dans Mansi, t. III, «-ol. G23 s(|., de\rait cire forcément aniérieuie à uiu' antre svnoJaîe, celle de .Milan I?) de l'été de 381 € Saiuliiin » dans .Mansi, oj). cit., I. m, roi. (j.'Jl sq. Baronius, Annules, 1591, ad anii. 380, 11. 19; ad ann. Ii81, n. 81- 96; Pagi, Crilica. 1G89, ad ann. 381, 11. 13 ; Cunc. regia, IGi'i, t. m, co!. 38G ; Labbc, Concilia. 1G71, l. 11. ol. 078-1001, 18o9; Sirmo.ul. Opéra x'aria, 1G9G, t. 1, col. 7«l-7i6 ; Tillemonl, .Wéin. hi^t. ccclés,. in-'i, Pari-^, 1700, t. v. p. TJG- 1«0, 737-742: llardouin, Coll. concil., t. i, col. 825; Coli-li, Concilia, t. 11, col. lir)3; Mansi, Concil. ampliss. coll., l. m, col. 599; i'ucli-^, llitiliulh. d. Kirchcnvcrsamml., t. 11, p. 432 sq., donne nue traduction allemande des actes. Cliilllet, Vindicix opcr. Vigilii Tliaps., p 37, a soutenu rinautlienticild dos acte» du concile; les bénédictins (!<• saint .Maur et l''uclis, op. cit.. j). 433, l'ont réfuté. G. Waitz, i'eier das Lehen und die Lettre des C'I/ila. liruchstucke cincs ungedrnckten Werl.es ans dent /.'ndr des IV. Jahrhu'ulerls , iii-î, llaniio- ^er, I81O, manuscrit d'Auicencr, discij)le d'illilas, découviit à la liibliollii-quc du I. ouvre. Ce fragment complète utilement les actes du concile. Un y relève, CONCtLtiS - II - I 50 Liviii: VIII s;iicnl de s'avoiu-r aiiciis, (iii(ti({ue accuses d'hérésie par les évoques (le rOccident. En 'M^ ou au coinuuMiccinciil de ?)79, ces deux évè- ques demandèrent à Gralicn, alors seul empereur, de soumettre leur cause à un concile général, lis esconiptaionl l'assistance des nom- breux évéques d'Orient imlnisd'arianisme. Ciratien s'vmontrad'abord favorable ; mais, sur les observations de saint Ambroiso de Milan, il chanirca de sentiment et nautorisa qu'un synode des évèques voi- sins à Aquilce ', tous les autres évèques, el en particulier les oricn- lanx reçurent défense d'y paraître. Trente deux évèques venus des didcreutes contrées de l'Occident, de l'Italie, de la Pannonie, des Gaules et de l'Afrique se réunirent donc à A({uilce, pendant l'été de 381. Quelques-uns de ces évèques représentaient des provinces entières. Seules l'Espagne et Rome n'étaient pas représentées. Rome n'avait envoyé personne parce que, ainsi que nous l'avons vu, Ursin tenait en ('chcc le pape Damasc. Les Pères le;; plus célèbres du con- cile étaient saint Valérien d'Aquilée, président, et saint Ambroisc (pii lu! l'àinc cl le nicnibrc le plus actif de l'assemblée. Abundancc évèque de Trente, Théodore d'Octodnrum, l'apùtre du Valais, et Phi- lastre, le célèbre évèque de Brescia, assistaient au concile 2. ^ [,(' mois d'août se passa en pourparlers amicaux avec Pallade et Secundien ; les deux évèques furent assez habiles pour dissimuler leurs erreurs, et, le 3 septembre 3S1 , s'ouvrit le concile, c'est-à-dire entre les questions posées par Anibroise et li;s réponses des évèques accusés, des noies très malveilhiulcs contre l'évèque de Milan, rédigées par un contem- porain, évidemment arien, ([u'on croit être un évèque du nom de Maximin. (H. L.) 1. « Désireux de voir au plus lot tous les prêtres d arcord ^ur la doctrine cliréticune, nous avions priuiilivenient ordonné la réunion de tous les évo- ques de notre empire d'Occident à Aquilée. .Mais Amhroise que sou mérite el la grâce de Dieu ont rendu si illustre sur le siège de Milan, nous a fait obser- ser qu'une si grande assemblée n'était pas nécessaire lorsqu'il ne s'agiss.iit (jue d une cause locale, el qu'il suffisait de convocjuer les évèques italiens de» villes voisines. Nous avons donc dispensé de la fatigue du voyage les liommes vénérables que leui' grand î^'^c, l'épuisement de leurs forces ou une honorable pauvreté, empèthenl de sortir de leurs diocèses et (rss(''e 1. L'excmpliiirc de celle Icllre destine' aux évèqucs des Gaules nous ii ('té coii"t. .Nous ne pouxons nous y nu-pn-ndri', nous qui savons (jucllcs furent si-s inleiligenccs avec le parli arien, llaiclall la cause de l'auliu d Anllochc et (le Tiuiolliée (l'Alcxantli'ic rontir l(M|ni'l iiii uouvoau parti s'était rorinc; il dcniaiulail (mi outre que les empereurs réunissent à Alexan- drie un ^rand concile qui mil lin aux divisions survenues entre les orliiodoxes '. Naturelicincnl Pallade et ses partisans furent peu satisfaits du résultat obtenu, ils se plaignirent de la violation des usages protoco- laires, accusèrent Ainbroise, protestèrent contre ceux cpii les assimilaient aux ariens et réclamèrent la léuniond'iin nouveau con- cile à Rome. Nous possédons deux lettres écrites à l'empereur Théodose par un concile d'Italie, (|ui pourrait être le concile d'Aquilée dont nous venons de parler ; il paraît cependant plus probable qu'elles provien- nent d un autre concile tenu à iNIilan, jicu de temps après celui d'Aquilée. Le fait de la présidence de saint Ambroisc a donné lieu de supposer que ce concile s'était tenu à Milan. Dans la première lettre, le concile expose les motifs des Latins pour demander à Aqui- l('e la convocation d'un grand concile dans le but d extirper les schismes (en particulirr le schisme mélétienj, et de faire enquête sur les erreurs d'Apollinaire, dans laquelle les apollinaristes eux- mêmes seraient entendus ■-'. Dans la seconde lettre adressée aux mêmes [3^ Il iianl des réunions, y proiiicltant son appui, et, sans oser se produire dans leurs asseniblces, leur aiiprenaiil à jelir le désordre dans l Eglise. Ah ! si le malheur sacré d'un pontife persécuté ne peut vous émouvoir, ne screz-vous pas touchés de l.i prii-re unanime (ie tous vos prêtres réunis ? Nous conjurons voire Clémence de no pas laisser dans ce liouble l'I'^glise de Itorae, I']]glise- nière de loul liinivers romain, et .ivec elle, la foi liés sainte des apôtres. Car c'est de Homo, c e>l do CL-lle source (juo découlent sur le monde entier les droits de la communion sacrée. Otcz au méchant le moyen de propager le mal. Ecoule/, la jjrioro de loul le peuple do Uome llss. coll., t. ni, col. 615, G21, 623. 2. Celle demande de convocalion d'un concile ii Home se jusliiiail par la nécessité d'e.xlirper les schismes d'Antioche et de Constantinople. On devait s'y ticcuper en outre de ceux qui s'efforçaient de répandre dans l'Eglise une doc- trine qu on prétendait être celle d'Apollinaire (.Mansi, op. cit., t. m, col 030). Cet acte lie saint Arabroise semble indiqr.er le souci de ménager l'hérésiarque en raison de ^cs services passés dans la querelle trinit.iire. En 382, il apporte la même délicatesse, il évite «le nommer personnellement Apollinaire. Après Kij. citNciilis ni: constantinopi K i:i dk ito.Mi- 53 empereurs, le concllf se |)I;iiiil «le 1 Cliv ;itinii A un inuncl cvimjuo sur le siège d'.\iiti(»clit', ajtics ht iiictit tli' MtKiH', ;ni lieu de hi oondriiia- tion des droits tic rt'\è(|ii(' Paulin. (Icllf mesuie avait ('li'- prise sur la proposition de Neetain- de (lonstantinoplc. (|iii ir<')ait pas (''V(^([ue légitime. piiis(|in' le siège èpiseopal d«' (Idiistanliiioplc appailenait à Maxime le l.\ni(|ue); Grégoiri- de Na/ian/c a\ait (''!('' (''laMi évèque de (lontantinople en violation îles canons, cl loni ((da ilaiL Id'uvre de ceux ijui avaient ein|)è»die la rtMinion d un eoiu de gf-iu-ral. (1 était une nllnsion aux evèques oiieiilaux, présents au 11'' concile général, car on prétendait que, malgré leurs invitations à tons les évèques, les membres de ce concile n avaient leiin (pi un concile particulier de l'Kglise grecipie. l.a lettre se terminait en demaiidanl la reinté- gration de Maxime sui' le siège de (lonslantinople, et la réunion à Rome d un cdiicde gé-neia! conqtosé des évè({nes de lOrieiit et de rOceident '. 102. Conciles de Constantinople et de Rome en 382. A peine le 11'' concile o'cuménique était-il terminé que, conformé- ment au désir exprimé parle concile d'Aquilée, Théodose convocjua les évè({ues de son cnq)ire ii un nouveau concile, non à Alexandiie, suivant la demande des Latins, mais à (Constantinople. L'empereur fit inviter deux fois à ce concile Grégoire de Nazianzc qui s'en excusa sur son état maladif et sur son expt'rience de ces sortes de réunions qui ne lui permettait pas d'en attendre aucun résultat utile-. Au avoir lu un passage d un de sis écrits, il ajoute : Quud iJeo posui^ ut ex scrip- tis noiiirn depi ehcitdatur auctoris. Quant à Maxime, il avait probablemint détendu rAjJollinaiisnie luis de son voyaj^e en Occident. C'est ce qui aura déterminé le concile à réclamer le jugement des dissidenls en présence des parties atin que, dans la suile, il ne leur lui plus possible de soutenir qu'ils partageaient la (oi commune et de conserver leurs dignités ecclésiastiques 8UUS prétexte d'avoir été condamnés sans être entendus. (IL I-.) 1. Ces deu.x Irtlres se troiiveat dans saint Ainbroise, fîpist., \ni, xiv, J\ /,,, t. .xvi, col. yyO, 91)3 ; dans Mansi, op. cit., 1. m, («d. GoO ^(j., liaiilouin, up, cil., t. 1, col. 84'i sq. Llles oui élé tr.uluites en alieinaml par l'utlis, op. cit.. p. 'i60. 2. Saint Grégoire de Nazian/e, y;'/J/A7., cxxx (alias i.v;, I'. 6"., t. xxxvii, col. 'l'I'). Baronius, Annales, ad ann. 3K'J, n. 'J-IG ; Coll. regia, t. m, col. 4'21 ; Labbe, Concilia, t n, cd. lUti-1015; Coleti, Concilia, t. n, c.a tr, hiz-r,-:- -î /.aï ;jv;i;jL£(oç -/.ai ;.): r -r: Oîîrf.T;; T£y.v:;j.î'vY;;, vS'. ~f, à/.TÎ7T(.) /.ai :;;.;:-»-».) /a'. 7jvaic(<.) Tp'.âs- y.ETa- ■/îvîrrc'pa; Tivb; r, xtitty;; rj STîpiJTtTj çjr-wr £T:aY;;-i.î'vr,ç. » (iclte pro- lessioii de loi se pronoiici' tic lurmi' Mir 1 I luanialioii avec Itraiicoui) de lorce et . 11. rnrncr, Tlu- roman Council tinder iJtnnasus, a. d. 3SJ^ dans J'/ic Journal of theolo^ical Studies, 11)00, t. i, p. 55'i-5(iO. V.c dernier travail < onlient le texte de ce (jni lious rc8te du concile d'a|ir<'H ra]>|>areil criliqtie dis plus anciens njanu-- i rits, notauiinenl le manuscrit de Freisinfjen. L'aiillioiilicité du Dccretiini iJaniasi a été singulièrement embrouillée par I,i réédition (]ui en lut laile sous Ick papes Gélase et Uormisdas, avec addition d'une liste des livres apocryplieb'. 56 LIVRE VIU canons qui, plus tard, ont été p:ir erreur attribués au IP concile œcuménique. Nous les avons déjà donnés et commentés sous les titres des 5^ et 6" canons du IP concile œcuménique. On ne saurait toutefois trop s'étonner que ce qui concerne Damase ait été traité comme une chose négligeable par un bon nombre d'écrivains qui ne se sont pas occupés d'adopter la distinction introduite par le ms. du Vatican, celui de la Vallicellane et les éditions de Arevalo (1794) et Tliiel (1866). C'est ainsi que Weslcott, Ilistory of the Canon, 1881, p. 439, 571, jjrésente la liste carthagi- noise de 1'. innée 397 comme la plus ancienne liste conciliaire en Occident, alors que celle de Damase est de quinze ans antérieure d'après la chronologie de F. VV. l'uUer, The piimilive Saints and the See of Rome, in-8, London, 1894. L'au- thenticité de ce qui nous est parvenu est acceptée par A. Thiel, par Fr. Maas- sen, Geschichte dcr Queilen und dev Literatur des canonischen licchts un Abend- lande, in-8, Gratz, 1870, p. 239, 463, et p;ir Th. Zahn, Geschichte des neutes- tanienllichen Kanons, in-8, Erlangen, t. ii, part. 1, p. 261-263. La mention des Ile et IIP épîlres de saint Jean laisse enli-evoir l'influence de saint Jérôme dont on connaît la présence au concile de 382. La désignation du livre de Jé- rémie — cam Ciitoth id est Lanientationibiis suis. — semble provenir de la même source, ces tei-aies se retrouvent tels quels dans le Prologas Galeatus. Le texte critique, établi par M. C. H. Turner, se fonde sur les manuscrits sui- vants : Munich, lat. 62i3 fol. 1 a ; Paris, lat. 3837 fol. 169 b ; Vatican 58i5 fol. 194 a; Vallicellane, A. 5, fui. 238^. Les mss. de Munich et du Vatican datent de la fin du viiic siècle ; le ms. de Paris du début du ix^ s. et le ms. de la Vallicellane du ix" siècle. Les édiiions mises à profit sont : Eusèb. Amort, Elemenla juris canonici, l''errare, 1763, t. i, part. 2, n. lxii, (jui a suivi le texte, du ms. de Munich 550S issu ou coUatéial du ms. ^2^5 ; Cœlii Sedulii Opéra omnia, edit. F. Arevalo, Romœ, 1794, appendix v, p. 400, qui a suivi le texte du ms. Vatican 3(i9 annote à l'aide du ms. .')8i5 ; A. Thiel, De decreiali Gelasii papx, de recipiendis et non recipiendis libris et Dninasi concilio roniano, de explanalione fidei et canone Scripturx Sanctx, gr. in-4, Braunsberg, 1866, p. 20-22, qui a étudié un grand nombre de manuscrits dont il omet de donner Vapparatus. Le texte clabli par lui se rapproche de celui du ms. Paris, lat. 3837. Nous donnons ici le lexle tel qu'il est établi par C. H. Turner, /oc. c/<., p. 556 sq. I/icipit coiiciliii/n m bis lionne sub Damaso papa de explanalione fidei. — Dictiini est. Prius agendum est de Sj)ii-ilu septiformi ([ui in Christo requiescit : Spiritus sapientiœ : « Cliristus Dei virtus et Uei sapientia » (I. Cor., i, 24); Spi- ritus inlelleclus : « lutellcclum dabo tibi et instruam te in via in qua ingrc- dieris » (Ps. xxxi, 8) ; Spirilus consilii : « Et vocabilur nomen ejus inagni con- silli angélus » (Is. ix, 6) ; Spiritus vii'tutis : ut supra « Dei virtus et Dei sapien- tia » (l Cor., I, 24) : Spirilus scientiii; : « Propter eminentiam Chrisli scientioe Jesu » apostnli (Phil., m, 8) ; Spirilus veritatis : « Ego via et vita et veritas » (Joh., XIV, 6); Spii'itus tiujoris [Dei]: « Initium sapientioe timor domini » (Ps. ex, 10; Prov., ix, 10). Mullil'orniis aulcra nominum Cliristi dispensatio ; Do- minus quia spiritus ; Verbum, quia Deus ; l'ilins, quia unigenitus ex pâtre ; ho- mo, quia nalus ex virgine ; sacerdos, quia se obtulit holocauslum ; pastor, quia custos ; vermis, quia resurrexit ; mous, quia forlis ; via, quia rectus per ipsqni 102. CONCILES DE COXSTANTIXOI'I.E ET DE HOME 57 Le concile romain auquel les évèques orientaux avaient été invités par la lettre synodale que nous venons d'analyser, était le cinquième tenu sous le pape Daniase. Outre ce pape, il compta parmi ses mem- ingressiis in viUtn ; agiius, quia passus est ; lapis angularis, quia instructio ; niagisler, quia ()sleuï;or vit;u ; sol, quia inluuiiuator ; veru.s, quia a pâtre ; vila, quia crealor ; panis, quia caro ; Samarilaus, quia custos et misericors ; Chris- tus, quia uuctus ; Jésus, quia salvalor ; Deus, tjuia ex Deo ; angélus, quia uiis- sus ; sponsus, quia mediator ; vilis, (jiiia sauguiuo ipsius redeuipti sumus ; leo, quia rcx ; pelra, quia lirmaujenUun ; flos, quia elccLus ; prophela, quia futura revelavil, Spirilus enini sanctus non est patris tantummodo aul lilii, taulum- modo spiiitus, sed palris et fîlii spiriUis ; scriptum est enim : « Si quis dilexe- rit niuni'olessée par l'école anliochicnnc la doctrine de l'unité du Chrisl (o60-o70) ; puis il soutint à son tour contre l'Eglise la théorie héré- tique de l'union du Verbe à un corps humain privé d'àme raisonnable (374- 382). s O. Voisin, /.a doctrine triiiitaire d'ApoUiitaire de Landicée, dans la Revue d'Iiist. ecclés., 1901, t. ii, p. o3. Apollinaire, né à Laodicée de Syrie entre 300 et 310, professa la rhétorique dans cette ville avant l'année 335, il était alors lecteur. Sous l'évêque Georges (335-361), arien déterminé, Apolli- naire fut exclu do la communion. Dès 335, il assiste au concile de Tyr et on le trouve ensuite jusqu'en 361, prenant une part active et souvent prépondérante à tous les synodes tenus par les fractions du parti arien. Apollinaire était alors le porte-drapeau de l'orthodoxie à Laodicée. Son père et lui offrirent, en 345, l'hospitalité à saint Atlianase qui mourut sans connaître la chute des défen- seurs, jusque-là indéfectibles, de la foi de Nicée. Il est possible qu'Apollinaire ait été exilé de Laodicée ; par un retour de fortune, en 362, lors du concile d'Alexandrie nous constatons qu'Apollinaire est devenu évêque de Laodicée. Il avait été l'élu des orthodoxes contre un certain Pelage soutenu parles semi- ariens : or il arriva que Pelage passait à l'orthodoxie tandis qu'Apollinaire s'en séparait. En 379, Pelage assistait au concile d'Antioche qui condamnait l'apollinarisme. La situation s'était, on le voit, complètement retournée. Pen- dant toute cette période l'activité intellectuelle d'Apollinaire avait été grande et Philostorge cite son nom parmi ceux des plus illustres défenseurs de la consubstantialité du Verlie. D'après So/.oniène, il lut uu des premiers à jus- tifier la doctrine orthodoxe louchant le Saint-Esprit. C'est en 362, au concile d'Alexandrie, que l'hérésie apoliiuariste se fait jour pour la première fois. Une vive discussion s'éleva au sujet de l'Incarnation, elle se termina par une pro- fession de foi dans laquelle le concile fît connaître la doctrine catholique et qui réunit les adhésions tics membres des deux parties ad\erses. Les erreurs dont il s'agissait procédaient de la doctrine apollinariste ; telle est du moins l'opi- nion de MM. Ura;sL-ke, Ilarnack, Loofs, Leitfaden zum Studiuni der Dognien- geschichte , in-8, Halle, 1895, p. 161 ; Kattenbusch, Das cipostoLische Symhol. in-8, Leipzig, 1894, t. i, p. 281 ; G. Voisin, L'apollinarisme. Etude historique, littéraire et dogmatique sur le déhutdes controverses christologiques au IV'^siècle, in-8, Louvain, 1901, p. 41 sq. Le concile émit contre l'apollinarisme naissant les propositions suivantes : « Le Verbe du Seigneur n'est pas venu à la lîn des 60 LIVRlî VIII désir du pape Daniase, saint Jérôme rédigea une profession de foi, temps dans un homme saint comme il était veiiti dans les prophètes, mais le Verbe lui-même s'est fait chaij' ; élajitdans la forme de l^ieii, il a pris la forme de l'esclave ; il s'est fait homme pour nous de Marie selon la chair, et a ainsi, en kii-mème, parfaitement eL entièrement libéré le génie humain du péché, et l'ayant vivifié des morts, l'a introduit dans le loyaume des cieux. î D'autre part : « he Sauveur n'avait pas un corps sans âme, sans sens et sans intelligence. Car il n'était pas possible que le Seigneur s'étanl fait homme pour nous, son corps fût sans esprit ; et ce n'est pas seulement le salut du corps, mais aussi celui de l'ùme que le Verbe a opéié en lui. » Ce formulaire passera inaperçu pendant un certain temps ; caria controverse inattendue qui y donna lieu dans le concile ne sortira pas sitôt du cercle restreint où elle est née. « 11 n'en est pas moins vrai qu'il nous fait connaître la vraie pensée d'Athanase sur le côlé humain du Sauveur et nous donne le spectacle d'une assemblée conciliaire, où l'Italie, l'Egypte, l'Asie, tous les pays chrétiens, ont leurs représentants, attes- tant, lorsque l'occasion s'en présente pour la première fois, que l'intégrité de la nature humaine du Christest une vérité élémentaire de la doctrine chrétienne » G. Voisin, VapoUinarisme, p. ''*8. Cet incident révèle entre Apollinaire et les antiochiens un germe de dissentiment qui va aller s'aggravant sans cesse. En 363, dans une lettre à Jovien, Apollinaire expose longuement sa doctrine chrislologique : C'est le F"ils de Dieu, dit-il, engendré du Père avant les siècles, qui est né de Marie : tov a-jTov y.al oûy. a).),ov. S'il rC\ a qu'un Fils, il n'y a pas deux natures et c est pourquoi nous professons une seule nature du Verbe incarné. Ainsi le corps seul constitue à ses yeux l'élément humain du Christ. Il développe cette doctrine dans un traité qui date apparemment de la même époque. Sa préoccupation constante est encore d'alliruicr contre les ariens qi e le Christ est un Dieu fait homme et non pas un homme fait Dieu ou possédant Dieu en lui, car il n'y a en lui qu'un seul être, une seule personne, une seule nature. Drœseke, ApoUinaiios ion Laodicca, sein I.eben und seine Schriften. NebsL einem Anhang : ApolUnarii Laodiceni tjuss supersunt dogmatica, iu-8, Leipzig, 1892, p. 3'i3. Entre 360 et 370, la polémique entre Apollinaire d'une part, Diodore et Flavien d'autre part, atteint son plus haut degré d'intensité. M. G. Voisin, op. cit., p. 51-68, a étudié de la manière la plus attentive a l'ori- gine de ces controverses et comment Apollinaire lut amené à s'occuper du pro- blème chrislologique à un moment où l'attention de l'Eglise se portait encore exclusivement sur le dogme Irinitaire. » A partir de 370, les controverses s'é- tendent de plus en plus. Après être demeuré quelques années à l'état de dis- cussion purement locale, le débat christologique déborde la région d'Antioche et envahit par degrés toutes les provinces d'Orient. Dans plusieurs villes des partis se forment, les fidèles et les évèques prennent l'alarme, font appel à saint Athanase. C'est généralement l'école d'Antioche et celle d'Apollinaire qui sont en présence, mais elles admettent les nuances les plus variées et Apolli- naire a fort à faire pour garder sa doctrine à l'abri des aberrations qui me- nacent de la déformer. Un certain nombre d'erreurs grossières, formellement réprouvées par Apollinaii'e, ne s'en greffaient pas moins sur son enseignement et on peut dire que, dans une certaine mesure, elles en étaient comme la natu- relle production. Dès 377, les spéculations tbéologiques qui se rattachent à 102- CONCILES DK CONSTAXTINOPLE ET DE ROME 61 que devaient signer les apollinaristes à leur renlrre dans l'Eglise ; l'apolliuarisme envahissent les diverses provinces de l'OrienL el ce progrès s'explique aisément par la recrudcsceuce du guoslicisme dans les uièuies ré- gions, entre o70-377. Pendant celte même période, l'apoUinarisme devient assez menaçant pour soulever contre lui l'assaut des docteurs qui défendent la foi tra- ditionnelle. Lu élal-major d'esprits cnllivés cnlonrcnl el sccouih nt Apollinaire, qui conti ibueront [)uissaniment, sous sa direction, à la diffusion du monophy- sisinc. 11 s'en faudi'a de peu que les proviiu^es d'Orient, de la Cilicie à la Plié- nicie, ne deviennent la pioie de son hérésie. En 374, ÏAncoraiiis de saint Epi- phane dénonce i'errenr nouvelle, distincle de l'arianisme ; en 377, le Irailé du même auteur intitulé AfL-ersus lixresrs^ combattait ouvertement l'hérésie et lui opposait une formule dont on exigeait l'acceptation des catéchumènes sus- pects. « Le Verbe s'esl fait homme, y est-il dit, c'est-à-dire a pris un homme parfait: là me, le corps, l'cspr-il, tout ce qui constitue l'honime, hormis le péclié..» Cette arme puissante qu'est un symbole contribua puissamment à enrayer les progrès de l'apollinarisnie. On lîl grand usage de la formule d'Epiphane, plu- sieurs autres dirent composées à l'aide de celle-ci (Kattcubusch, Das aposto- lisclte Symbol, t. i, p. 27;^-319). Epiphanc, l'oracle des milieux monastiques et du clergé militant en (Chypre et en Palestine, eut ainsi le [>rincipal mérite d'avoir arrêté l'expansion de l'hérésie dans ces conirées. ^ ers le même temps la polé- mique chrislologique s'étendit à l'Egyjite, et c'est le moment où un changement notable se fit dans les idées de Ihcrésiarque. A l'origine, il adhérait à la di- chotomie : l'homme se compose d'une àme et d'un corps et en Jésus, le Verbe lient la place de l'àme. Vers 374, Apollinaire professe la trichotomie : l'esprit humain est une substance distincte de l'àme, -l'homme se compose de trois éléments. Dans Jésus, le N'orbe lient la place de l'eispriL humain, mais il s'est uni un corps et une àme animale. En 375, Vital, apollinarisle militant, se rendit à Piome et présenta au pape une profession de foi orthodoxe dans les termes qui ne sacrifiaient en aucune façon la ihéorie apoUinariste [P. G., l. i xxvi, col. 121G). D imase :i[)j)i-oiiva. Au l'etonr, \ ilal s'arrêta à Séleucie, coranninlqua la profession de foi à Grégoire di; IVazianze et rccuei'lit également son adhé- sion. Damase averti, revint sur son appi'obation et exigea une profession de foi dans laquelle il était dit : Confilciidus ipsa Sapientia, Serinu, Filius Bel liunianuin susccpissc, corpus, aninidin, sensum, id est inlcgrum Adam, et ut expressi us dicam, toliiiu vcterem iiostrunt sine pcccalo Iiominem (Mansi, op. cit., t. m, col. 42.J). Vital refusa de souscrire et Ap(jllinaire le mit à la tète de ses partisans à Anliociie. Epiphane accourut à Anlioche dès 376 dans l'intention de rétablir la concorde, il se heurta à l'obslinotion de Vital. A ce moment Apol- linaire prit fait el cause contre L^pipliane de Salaminc cl Paulin d'Anîioclie, donna la dignité épiscopale à plusieurs de ses partisans et jeta la division dans l'Orient. Si Apollinaire étendait sans cesse son parti, il multipliait aussi ses adversaires et rompait toute relation avec les évêques orthodoxes. En 377, survient la condamnation prononcée par le concile de Rome, et saint Basile consent à prendre |)arli pour s'unir aux évéques qui ont rompu la communion avec Apollinaire qui. di!-il, doué d'une grande facilité d'éci'ire, a rempli le monde de ses ouvrages. « Il traite la théologie en se basant sur des arguments humains et mm sur l'Ecriture, enseigne dos fables sur la résurrection, un 62 LIVRE VIII dans cette profession de foi, le Christ était appelé Homo Dominicns *. retour au culle It'gal, à la circoncision, au sabb^it Son enseignement sur la cliristologie a jeté un tel trouble dans les Eglises, que quelques-uns, à la véri- té, ont conservé l'ancienne foiclirétienne, mais un grand nombre, amis des nou- veautés, se livrent à des recherches passionnées sur l'Incarnalion. » Tels sont les chefs d'accusiilion qui décidèrent lepape à intervenir. Jusqu'alors Apollinaire et Vital n'avaient p:is été nommément condamnés. En 377, nous venons de le dire, le pape déposa Apollinnire et ses partisans (Mansi, op. cit., t. m, col. 427). et condamna la doctrine « qui altriljue au Fils doriiomme une humanité impar- faite, do même que les ariens attribuent au Fils d(^ Dieu une divinité impar- faite. Le Clii-ist a sauvé tout l'iiouînif; et s'est uni ;i ce qu'il est venu sauver, il a donc pris l'homme tout culiei (iVIansi, op. cil., t. m. col. 461). La sentence de Rome fnt confirmée ct! ;]78 à Alexandrie^ en 379 à Antioche, en 381 à Constan- tinople. Cependant, malgré ces condamnatioiis et à cause du trouble provoqué par la ptditique religieuse de Valons, les évêquos apollinarisles dé])0sés se maintinrent sur leurs sièges épiscopaux. Aux conciles on opposa des concilia- bules. Les apollinaristos tinrent une réunion de ce genre à Antioche ou à Lao- dicéc, vers 378-379 {P. G., t. xxxvii, col. 1071; Drœseke, op. cit., p. 49; G. Voisin, o[!. cit., p. 94). En 382, les apolliuaristes do Na/.ianze se vanttu-ent d'avoir été reçus par un coiu'ilo d'Occident, qui les avait d'abord condamnés. L'histoire n'a pas gardé le moindre vestige d'un concile où cette l'éconcilialion se serait opérée. Grégoire de Nazianze en doutait si fort qu'il réclamait une lettre de communion certifiant de celte réunion à l'Eglise. Dra-soke, Theolo- gischc Studien and Kritiken, 1892, p. 494-495, croit que ces apollinaristes étaient de bonne foi et so croyaient réconciliés par le concile romain de 382, parce que dans les Anathèmes de Damaso, que Drœsoke rattache à ce concile, la thèse aiitiochionne, opposée à celle d'Apollinaire, estexprcssément condamnée. iMais cette hypothèse ne paraît pas plausible pour cette raison que, dans l'Ana- thènie suivant, l'apollinarisme est non moins expressémont condamné. D'après G. Voisin, op. cit., p. 96, note 1, si quelque chose pouvait occasionner cette erreur des apollinaristos de Nazianze, c'est plutôt le fait que le concile réuni à jMilan, en 381, par saint Arabroisc, demanda que ces hérétiques fussent de nou- veau entendus. La tentative de Damaseetdu concile de Milan en vue de réconci- lier les apollinaristes avec l'Eglise permet do soupoounorrcxistouco d'un groupe moins irréductible dans le parti. Les uns étaient attachés à la doctrine d'Apol- linaire envers ct contre tout;les autres, victimes d'un entraînement, subissaient cotte doctrine dont ils s'alarmaient à mesure qu'ils s'apercevaient qu'elle était de moins en moins l'expression de la croyance chrétienne. La socte continua, après 382, à se propager on Orient et à combattre activement les partisans de l'orthodoxie. (H. L.)] 1. Dans son Apologie pour Origène, Paifin rapporte un incident du concile romain qui ne doit pas être passé sous silence parce qu'il nous éclaire sur les procédés en usage parmi les apoUinai'istos. Damaso ava.il chargé saint Jérôme do rédiger la pi(jfossioii do f(ji à bujuollo les hérétiques devaient souscrire avant d'être réunis à l'Eglise et celui-ci avait désigné le Christ par l'expression Homo Dominicns. T-es a])ollinaristos présents au concile protestèrent contre cette 103. COXCILi: DE CONSTAXTIN'OPLE 63 Le concile retiancha de sa coniiminioii Flavieii d'Aiitioclic, Diodore de Tarse, et Acacc de Béréc. Mais il parait que sur de nouveaux renseignements, il s'abstint de se prononcer en faveur des préten- [41] tions de ^laxime le Cynique ^. 103. Concile de Constantinople en 383. L ob.slinatit)n apportée par les ariens et les pneunialt)niaques ;i la dillusion de leurs doctrines, malgré l'autorité ecclésiastique cl le pouvoir civil, amena Théodosc à réunir, dans un grand concile à Constantinople, les évoques de tous les partis pour essayer une entente sur l'enseignement dogmatique '^. Ce concile se réunit à. Constantinople, au mois de juin 383, sous le consulat de Mcrobau- des II et Saturnin. Avant l'ouverture des délibérations l'empereur en remit le plan à Nectaire de Constantinople. Les délibérations l'oimulc, parce qu'e!l(i clait nouvelle. Ou leur prouva saus peine que celte expression avait été employée par des auteurs ortliodoxes ; saint Jérôme exhiba même un écrit d'Allianasc qui la contenait. 11 est vrai que cette exjîression ne se rencontre dans aucun écrit d'Athanase certainement aulhentique, car r^,r/70- sitio Jidei, dans laquelle on l.i trouve, s ('oiisfant ''^, doni ('eillier ', et surtout ['i7j les Ballerini ^, en ont soutenu rauthenticiU'. a) Le concile airicain qui a fait lire la lettre du pape Sirice n'a pu se tenir ;i Tèle, suivant la [)hn)art des manuscrits^ car Tèle est situé dans rAlrlquc proconsulaire, et les Pères du concile apparte- naient à la province de Byzacène. Quelques manuscrits très estimés portent conciliiim Teleptense, ce qui est bien plus acceptable, car Téleple est la métropole de \^ provincia Bi/zacena. Aussi dom Ceil- lier adople-t-il celle variante, [.es Ballerini, s'appuyant sur des raisons {•rlti([ucs, ont voulu lire Ze//(?/2A^e (Zelle) ville delà Byzacène. 11 e.-«t vrai (|ue les AlVicains cou loiuleiil souvent le T avec le Z. Mais que les Ballerini ou doin Cellier aient raison, Quesnel n'a, dans aucun cas. fait preuve de sens critique en laisant dépendre du mot Tellcnse 1 aulhcnlicité on la fausseté de ce document^'. Bonato, Cresconiu, Jocundu, Soprcita (autre ins. de Colberl : Supatro,) liesti- tuio, Juliano, Maximino, lioinnno, Teiiolo, Nilico, Maximo, Donatiano, Basi- lio,Papiliano,Ji(/iua/iu,J'orfvrio, item Porfyrio, Don((ti),Juli(inu, Tuio, Fortatio (rass. Fortino, Quanilitiio), Qaiiiliaiio, Cnpiiifio et c:cteris cpiscopis ; nec non etiain Vinccntio, Forla/iatidiio Icfidlis provincise Proconsniaris ad Bizacenuin conciLiitni direclis,ct reliqua », c'est-j-dire, ce qui a élé traité dans le concile que le copiste t)met poiir arriver aux lettres de Sirice (t Vincenlius et Fortunu- ticiiiHs dixeiunt . Etiuin cuiii Thusdrum (ms. Colb. Tliusdruin ; autre ms. Colb. Thiodruin) fuissemus, sicut mecuin recolit mainorialis auditio \'estra, et episto- las saiictai nicmorix Siricii Scdis aposlolicn' cp'iscopl dedcranius recilatidas, ex rjiiihiis ciiin unani relegercl sanctiinoniuni fiatris iioslri episcopi Latonii iitrasque non nunc refcrre su^gestio indicat ■ lias recitati douate. Episcopi dixerunt : liecilt'iitar epistuLi' i'e/wrahilis ineinov'nc sancti (2 niss. sanctse) Siri- cii, lit noveriinus qnid earuiii textus contineaL. Clinique traderentur. Priiatus notarius dixit : Exeniplar traclatorix (certains mss. excnipliini ttacLoiix, trac- ttirix) episcopi urùis llonuc Dilectissiinis fi atrihiis... (II. L.) 1. S. Loonis, Opéra, odit. 1*. Qucsuul, t. ii, dissertation 5« ; Tilleniont, Méni. Iiisl. eccl , t. XI, p. 790, accepte l'aMiliculicité de la lettre de Sirice et apprécie ainsi les objections de Quesnel. « Ce que nous en po\ivons dire ici, c'est qu'il y a [jlusicurs de ses preuves, auxijuelles oui pouri'ail l'époiidie assez, aisément, mais il y en a d'autres (pii enib;irrassent. » (II. L.) 2. Bower, Ilistoiic dcr rij/ii. Pdpslc, t. i, ji. ^G6. 3. Epist. poniif. ronuiuor., t. i, col. OVô, [ot Tillomont, Ment. ///.s/, ecclés., t. -K, p. 790. (II. L.)] 4. Ceillier, Hist. génér. uni. ecclés., t. v, p. G8'j. 5. S. Leonis, Opéra, édit. Ballerini, t. ii;, p. 98G-10I1. 6. Tillcmnnl, op. cit., t. x, p. 791, s'est épuii-é à le rél'uter. 1). (^oustant soutient que le concile de Téleple est suffisamment prouvé parle témoignage d'un ms. do Corbie du vic siècle et celui du diacre Ferrand qui est de la même 74 LlVilE VÏII h) Une lettre du pape Innocent P'' à Victrice de Rouen ^, contient le texte môme de la lettre synodale de Sirice. Mais on n'en peut conclure que cette dernière lettre soit apocryphe, car, selon la juste remarque de Hincmar de Reims : Hic est enim mos apostolicœ SecUs poiitificibus, lit verha decessorum siiorum quasi propria in suis ponant epistolis ^. c) Dans le 9" canon, le célibat ecclésiastique est simplement con- seillé; or à l'époque de Sirice il était déjà de précepte et ce pape le fit rigoureusement observer ■^. Nous répondons à cela que le mot suademus ne signifie pas seulement : « Nous vous engageons à suivre tel conseil ; » il peut aussi signifier : « Nous vous engageons à vous conformer à telle loi. » C'est ainsi que les prédicateurs engagent les fidèles à observer les commandements de Dieu. d) Rien, dans le premier canon, ne réserve au pape la confirma- tion des choix épiscopaux, ce qui autorise à tenir lalettre pour apo- [48] cryphe. Plusieurs manuscrits laissent voir, en effet, que lalettre synodale de Sirice était encyclique et nullement adressée aux seuls africains '^. L'exemplaire destiné aux évêques d'Italie devait naturellement por- ter cette ordonnance : « Aucun évêque ne doit être institué sans l'approbation du Siège apostolique. » Tel était le droit canon en vigueur. Pour les autres pays, la lettre devait être rédigée conformé- ment au droit existant dans ces contrées. C'est ainsi, par exemple, que dans sa lettre à Victrice, archevêque de Rouen, le pape Inno- cent P'' modifiait le texte de Sirice : ut extra conscientiam metropo- époque. La Conférence do ill nous rippreud que ïélepte avait un évêque dona- tiste. Ce mèrae cvèque était primat de la province de Byzncènc au moins depuis l'année 416, ainsi qu'en témtjigne sa souscription ;iu deuxième concile de Milève et le Codex canon. Ecclesix africanœ, canon 1-7. Ce même personnage vivait en 411, date assignée au concile de ïélepte, c'est ce dont témoigne le concile africain tenu le jour des Kalendes de mai, 418,Labbe, Concilia, i. ii, col. 1578). Rien ne s'oppose à ce qu'un concile provincial ait précédé le concile africain pour en préparer les résultats. En outre Vincent et Fortunatien que nous voyons prendio la p:irole à Télepte en qualité de légats de la Proconsulairc, exercent la même charge au II' concile de Milève (canon 27c) Cod. can. Eccl. a fric, can. 97, 127. (H. L.) 1. Hardouin, op. cit., t. i, col. 999 ; .Mansi, op. cit., t. m, col. 1032. 2. Hincmar, Opéra, t. ii, col. 4G1 ; cf. P. L., 1. xin, col. 1151. 3. Hardouin, op. cit., t. i, col. 8, 9 ; I\IaMsi, op. cit., t. m, col. 658. 4. Voyez la 14e note des Dallerini au sujet de la suscription de la lettre synodale, op. cit., p. 4'»8. lOlJ. CONCILI'.S A AMlOClli:, A SIDA i:i' A CAU11IA(;1C 75 litani ejJi.'icojn nu Uns auJcat ordiiKirc '. L .Vli'i({iic n'avait pas de métropolitains proprement dits ; à leur place il y avait des pri- mats ou des évè([ucs des premiers sièialio avait été mal fixé jusqu'au temps |^55] où les Ballerini l'éditèrent dans sa forme primitive, au moyen d'anciens et excellents manuscrits ^. Ce breviarium contient d'abord une version latine du symbole de Nicée (sans les additions du concile de Constantinople), version qui lut de nouveau publiée et approuvée par le concile d'Hippone ^, Vien- nent ensuite deux séries de canons abrégés : la première en contient quatre, et la seconde trente-neuf; la seconde série porte en tête ces mots intercalés plus tard : Incipit brevis statutorum. Les deux séries sont bien réellement du concile d'Hippone ^. Les quatre premiers canons sont ainsi conçus : 1. Toutes les provinces d'Afrique doivent, pour la fête de Pâques, au sujet de laquelle ou est tombé dans l'erreur, se régler d'après l'Église de Carthage. président ; Még;ile de Calama qui était peut-être alors primat de Numidie, Epigone, évêque de Bullae-regiae dans la Proconsulaire. (H. L) 1. Voyez la déclaration du II1« concile de Carthage, dans Mansi, op. cit., t. m, col. 915 et 733; Hardoain, t. i, col. 882, et dans le Codex canonum Ec- clesise africanœ, après le canon 33. 2. Les objections faites contre l'aulhenticilé de ces canons, par exemple celle de doin (>cillier, (t. x, p. 665), ont été réfutées par les Ballerini, dans S. Leoiiis Magni, Opéra, t. m, p. 78 sq. Les réfutations des Ballerini ont été imprimées d;ins JMaiisi, op. cit., t. m, col. 909 sq. 3. Dans le t. m des Œuvres de S. Léon, p. 88 ; Mansi, op. cit., t. ii, col. 917 ; l'ancien texte fautif se trouve dans Hardouin, op. cit., t. i, col. 971 ; Man- si, op. cit., t. m, col. 894. 4. Les hJallerini ont prouvé [Prxfatio, p. lxxx, § 3) que ce symbole est véri- tablement du concile d'Hippone ; [cf. F. Kattenbusch, Das apostolische Symhol, in-8, Leipzig, 1894, t. i, p. 91 sq. 135 sq. (H. L.l] 5. Mansi, (ri. cit., L m, col. 932, n. 30. Cécilien et Honorât demandèrent que le primat de Carthage fit connaître chaque année aux primats provinciaux la date de la Pàque. An concile de Carlhage, tenu eu 397, Epigone demanda que le concile annuel de Carthage fixât la date pascale pour l'année suivante. ^H. L.) 109. CONCILE A HIPPONE 85 2. L'cvêqiie Cresconius de Villa-Regis doit se contenter de son Eglise et ne pas élever des prétentions au sujet du siège de Tuhuna, et, en règle générale, nul ne doit empiéter sur une F^glise étrangère. 3. La Maurétanie Sitifienne doit avoir son propre primat ^. V^^i 4. Les primats des autres provinces doivent, ainsi que le recon- 1. Elle appartenait jusqu'alors au primat de rs'umidie. Cf. le n. 17 du Codex canoniiin Kcclesix africoiur, et Van Espcii, Continent, in canon.., p. 315 ; du reste, dans la langue de l'Eglise atVicaine, primas signifie simplement primas sedis e/'iscopus, ou bien scnex, tandis que dans les autres provinces l'évèque de la métropole civile dominait sur toute la province ecclésiastique, et s'appe- lait pour ce motif le métropolitain. 11 s'éleva souvent des difficultés au sujet de l'ancienneté des évêques, et le canon suivjint cherche à les prévenir pour l'avenir. Carthage faisait exception dans celle organisation de 1 Eglise d'Afri- que, car l'évèque de cette métropole civile était toujours le premier ivèque, et comme le patriarche de l'Eglise d'Afrique. [L'établissement de primats pro- vinciaux se fait en Afrique, de proche en j)roche, au fur et à mesure que se constituent les unités ecclésiastiques. C'est dès le début du ive siècle que l'on commence à l'elever les Uicnlions de primaties provinciales. Dès 305, la Xunii- die a un primat dans la personne de Secundus, évêque de T higes {^:= Kourbata), qui présida le concile de Cirla tenu contre les donatistes. Peut-être, dès 314, la LJyzacène, la Tripolitaine et la Maurétanie Césarienne étaient pourvues de primants, mais ce n'est rien moins que certain, car la lettre de Constantin ;ui proconsul d'Afrique prescrit l'envoi de délégués à Arles, choisis fiar les évê- ques. En tout cas, pour la Tripolitaine et la Maurétanie nous conservons de grands doutes. En 349, la Byzacène possède soii pi-iniat. i.e synode [jour le- quel l'évèque d'Hadrumèle réclame la confirmation du concile provincial de 349, témoigne de l'existence d'un primat provincial convocateur du synode. En 393, c'est au tour de la Maurétanie Sitifienne d'obtenir un primat. Kien ne nous apprend que la Tripolitaine, qui ne possédait que sept sièges épiscopatix, et la l'ingitane qui ressortissait immédiatement de la Maui-étanie Césarienne, aient jamais possédé de primats. Cette organisation s'explique eu ég;ird ;iu nombre des évèchés qui, soudainement accru au iV siècle dans une proportion consi- dérable, demeura désormais slalionnaire. A p;irlir de l'an oîi3, les ciicon- scriplions ecclésiastiques vont s'identifier en Afrique avec les circonscriptions civiles, sauf un petit nombre d'exceptions, notamment la l'ingitane. Quant à la .Maurétanie Sitifienne elle avait, dos le temps du iJioclélien, c'est-à-dire depuis près d'un siècle, son existence distincte et sa mélropole; cependar.l, ce n'est qu'en 393 qu'on la détachera de la circonscription ecclésia-tiquc de la Nuini- dii-. La circonscription ecclésiastique de Maur<'tanie Sitifienne eut la Numidie pour frontière orientale, la mer pour frontière septentrionale ; enfin une ligne tirée à l'ouest du Sinus Numirlicus, à gauche de l'embouchure de l'Usar, pas- sant au sud de Zabi, au nord de Tubunus et s'enfoTiçant .ni disei't, ujarcjuait la frontière avec la Maurétanie (Césarienne. Four tout ce «{iii ;i Irait à la prima- lie du siège de Carthage, cf. H. I^eclercq, L'Afrique chrétienne, in-12, Paris, 1905, t. /, p. 76-83. (H, L.)) 86 LIVRE VITI naissent les évêques des premiers siècles [primse sedes), être institués, s'il y a conflit, d'après le conseil de l'évêque de Carthage. La seconde série porte : 5. Les lecteurs ne doivent pas adresser au peuple les formules de salutations ; nul ne doit être élevé à la cléricature, s'il n'a vingt- cinq ans, et on ne doit pas consacrer de vierge qui n'a pas cet âge. On ne doit élever à la cléricature que ceux qui sont instruits dans la sainte Ecriture. 6. On doit inculquer aux évêques et aux clercs les statuts syno- daux. 7. Pendant les saints jours de Pâques, on ne doit pas donner aux catéchumènes d'autre sacrement que le sel qu'il est d'usage de dis- tribuer, r/uia si fidèles per m os dies sacramentum non mutant^ nec catechumenos opportet mutare (c'est-à-dire de même que pendant les saints jours de Pâques les fidèles n'apportent pour la consécration que le vin et le pain habituels et n'apportent ni miel ni lait, etc.. de même pour les catéchumènes on ne doit apporter aucune modification). 8. On ne doit pas donner l'Eucharistie aux cadavres, et on ne doit pas non plus les baptiser ^. 9. Il y aura chaque année un concile auquel toutes les provinces ecclésiastiques doivent envoyer des représentants. Mais on n'en en- verra qu'un de Tripoli, à cause de la pauvreté des évêques (de cette province) 2. 10. Les plaintes contre un évêque doivent être adressées au pri- mat de la province, et l'évêque ne peut être suspendu qu'après avoir refusé depuis plus d'un mois de comparaître devant l'évêque pri- mat. 11. Si l'évêque incriminé ne veut pas comparaître devant X^conci- liiun universale annuel des Eglises d'Afrique, il doit être excommu- nié et ne peut plus exercer son office dans son propre diocèse ; la même peine atteint l'accusateur, s'il ne peut prouver ce qu'il a avancé. 1, La double qviestion de rEucharistie et du baptême administrés aux morls a été étudiée dans le Dict. d'arcli. chrét.^ t. i, col. 1757-1759; t. ii, col. 380- 382. (H. L.) 2. Ce canon décrétait que les iissemblées conciliaires seraient annuelles . le concile de Carthage (septembre 401) revint (can. 8) sur cette prescription pour la confirmer (Mansi, Conc. ampliss. coll., t. m, col. 742, 775, 799, 850). Mais cette obligation étant trop onéreuse pour les évêques, le concile de juin 407 (can. 1) décida que la réunion n'aurait lieu à l'avenir que lorsque le besoin s'en ferait sentir. (H. L.) [57] 109. CONCILF. A HIPPONE 87 12. Lorsqu'un prêtre est accusé, Tévêque doit, avec cinq de ses collègues pris dans le voisinage, examiner l'aOaire ; s'il s'agit d'un diacre, deux collègues suffiront ; (juant aux plaintes portées contre les autres, l'évéque pourra, à lui seul, examiner et juger de leur valeur. 13. Lorsqu'un évêque ou, en général, un clerc, dédiii;j;nanl le tri- bunal ecclésiastique, porte sa cause devant un Irihunal civil, il doit être déj)()sé, s'il s'agit d'une afT'aiie criminelle, et s'il s'agit d'une adaire purement civile, il doit renoncer aux avantages qu'il pourrait avoir, ou bien résigner sa charge. 14. Si on fait appel du tribunal ecclésiastique à un tribunal ecclé- siastique supérieur, et si le jugement de première instance est in- firmé, cela ne peut nuire à ceux qui ont jugé en première instance, à moins que l'on prouve qu'ils ont rendu sciemment un jugement injuste. Mais si les deux parties se sont accordées dans le choix d'un arbitrage, il n'y a pas d'appel. 15. Les fils des évêques et des clercs ne doivent ni donner les jeux ni y assister. 16. Les fils des évêques, et en général des clercs, ne doivent pas se marier avec les païens, les hérétiques et les schismaliques. 17. Les évêques et les clercs ne doivent pas émanciper leurs fils avant d'être sûrs de leur moralité. 18. Les évêques et les clercs ne doivent jamais se choisir pour héritier quiconque n'est pas chrétien catholique, fût-ce même un parent. 19. Les évêques, les prêtres et les diacres ne doivent pas gérer les affaires des autres [procuratores) ; ils ne doivent pas accepter d'em- plois qui les forcent à voyager, ou qui les empêchent de remplir leurs devoirs ecclésiastiques. 20. Des femmes étrangères ne doivent pas habiter avec les clercs. 21. Nul ne doit être sacré évoque, prêtre ou diacre, s'il n'a au- paravant rendu chrétiens ou catholiques ceux qtii sont attachés à sa maison. 22. Les lecteurs arrivés à l'Age de pubert('' doivent se marier ou faire vœu de continence. 2.*^. Sans l'assentiment de l'évéque, nul ne doit attirer ou garder dans son l'église un clerc ou un lecteur étranger. 24. Nul ne doit être ordonné, s'il n'a passé par une enqurte Carlhaçe tenu en 401. Cf. Ballerini, dans S. Léon, Opéra, 1. m, p. 102, n. 4, et [>. lOli, n. 18, 10. 1. Dans Hardouin, o/>. cit.,\. ii, col. 1080 ; Mansi, op. cit., t. viii, col. 646. 2. Mansi, op. cit., I. m, col 733 ; Hai'douin, op. cit., i. i, co'. 882. o. Hardouin, ( oll. concil., t. i, col. 887, 903, 919; Mynsi, Conc. ampliss. coll., t. III, col. 742, 775, 799. 110. CONCILE DE NIMES 91 diacre de Carthage, connu par sa collection des canons faite au vi" siècle, nous a laissé ([uelques autres prétendus canons du con- 161] cile d'Hippone ^. liO. Concile de Nîmes en 394. [Nous avons remplacé la notice incomplète du texte par une expo- sition plus complète qu'on trouvera en note '^. (II. L.)] 1. Jusicl, liihlioth. juris canonici, t. i, p. 449-451 ; 45'». Au siijpl des canons du concile d Hipponc de i27 voira 1 Appeutiice de ce tome. (H. L.) 2. Snlpice-Sc'vère, [Dinlog., 1. Il, c. xv, Mansi, I. m, col. 685, rapporte ce qui suit : « t II (.oncile se icnail à Niuics. Suint Marliii nui ii';iviill pas voulu s'y rendre, désirait néanmoins beaucoup en counailie l'issue. Or, durant un voyage qu'il faisait en com|)agnie de Sulpire-Sé\ère. tandis qu'il était assis, seul, à l'arrière de la barque, un ange lui révéla ce qui s'elail passé au concile de Nîmes ; dans la suite, nous nous assurâmes que le jour où le concile s'était assemblé et les décrets qu'il a\;iil portés étaient bien ceux que l'ange lui avait révélés. > On a cru longtemps ei jusqu'à nos jours que c'était là tout ce que nous connaissions du concile de ISîmes. Conc. regin, 164'i, t. m, col. 455 ; Lalande, Coitcilia Gallise, Hj60, p. 12; Labbe, Concilia, 1671, t. ii, col. lO'iO ; Hai-douin. Coll. cnncil., t. i, index ; D. Rivet, Histoire littér. de la France^ 1733, t. I, part 2, p. 264-266 ; Coleli, 6'ortc//m, ,1728, t. ii, col. 1239 ; Ignace Rodeiic, Correspondance des savants, in-12, Cologne, 174o, t. i, léimprimée en 1746 dans la « Collection des livres de théologie ancienne et nouvelle, » publiée à Leip/.ig (cf. Walch, Historié der Kirchenversamnilungen^ p. 233) ; Mansi, Concil. ampliss. coll., 1759, t. m, col. 685 ; Kunst, dans Bulletin de la société de l'histoire de France, 1839 ; Freiburger Zeiischrift fur Théologie, 18h4, t. xi, p. 465 sq. ; L. Lévêque, Le concile de Nimes et saint Féb.r. évéqnc de cette ville à la fin du IV^ siècle, d'après un document récemment publié, in-8, Nîmes, 1870; et. Noite, dans Theologischcs Literatundatt, 1870, n. 23 ; Hefele. Conci- liengeschiclite, 1875, i. ii, p. 61-6Ô ; L. Lévéqne, Le concile de Nimcs à la /in du IV^ siècle, dans la Revue des Qucst. hisiorufues, 1881, i.xxx, p» 5V.'-561. l-e texte des actes publié par Roderie en 1743 passai si bien inaperçu qu en 1839, Knusl le découvrit de nouveau dans un manuscrit de D.irmstadt, du vi" siècle, et Hefele à son tour ne signale celle deuxième publication que dans la deu- xième édition de son Histoire des conciles. La date et les circonstances qui amenèrent la convocation flu concile de Nîmes peuvent être aujourd'hui éclair- cies. Les auteurs de L'art de 'vérifier les dates plaçaient le coin ile on 389, quelques critiques s'avançaient jusqu'en 393 et même plus loin. Saint Ambroise, dans l'oraison funèbre de Valentinien II, paiie d'un concile qui de\ait se tenir vers l'époque où ce prince fut tué par Arbogast (392). L ajournement de cette assemblée semble indiqué par les circonslauces t]iii suivirent l'assassinat. L'usurpateur Eugène rétablit le paganisme eu Gaule et les évêques de cette province ne durent guère avoir le loisir de s éloigner de leurs diocèses. Ce 92 LIVRE VIII Nous reproduisons le texte complet de ces actes, qui ne se trou- vent dans aucune collection de canons. Incipit sancta synodns qiiœ convenit in civitatein Nemaiisensem, [62] kal. octobris, dominis Arcadio et Honorio Angustis consulibus. Episcopis per Gallias et septem proçincias salutem. Cum ad Ne- mausensem Ecclesiam, ad tollenda Ecclesiarum scandala diseessio- nemque sanandam ^ pacis studio venissemus^ multa iitilitati congriia, secundum regulam disciplinse , placuit provideri. I. In primis quia multi, de ultimis Orientis partibus venientes '^, n'est qu'en 394, au printemps, que Théodose mil eu déroute, près d'Aquih'e, l'armée d'Eugène et d'Arbogiist et la suscriplion fixe la réunion du concile nu 1er octobre de cette même année, c'est-à-dire sous le consulat d'Arcadius et Honorius. Ces deux princes lurent consuls ensemble en 394, 396 et 402. Cette dernière date doit être écartée puisque, en 402, saint Martin était mort depuis cinq ans, celle de 396 n'est pas recevable puisque lamenlion du consulat n'est pas accompagnée de iteniiii, il ne peut donc s'ngir que de l'année 394. Le con- cile de Nîmes fut national. La lettre synodale est adressée à tous les cvêques des Gaules et des Sepl-Provinces (|ui sont : les Alpes-maritimes, la Viennoise, les deux ÎVarbonnaises, les deux Aquitaines et la Novempopulanie. Les signa- tures des évêques, bien qu'elles ne soient pas accompagnées de la mention des sièges épiscopaux, ne permettent pas de douter néanmoins qu'ils lussent venus de toutes les parties de la Gaule. Le concile nous fait connaître le motif de sa convocation et l'objet de ses délibérations : ad tollenda Ecclesiarum scandala discessionenique sanandam. Il s'agissait de l'Itérésie des priscillianistes et du schisme des partisans d'Ilhace et de Félix de Trêves. On s'expli<|ue ainsi sans peine l'intérêt que saint Martin port;iit au concile de Nîmes qui lui rappelait les choses et les hommes du concile de Trêves. Après avoir rompu avec les ithaciens, jjeut-èlre avait-il Iravaillé par lui-même ou par son collègue saint Ambroise à éclairer sur leur compte le pape Sirice. Quoiqu'il en soit de la date de condamnation des schismati(]ues par les deux évêques et par le jiape, le concile de Nîmes avait pour objet de mettre fin à lu division qui séparait en deux partis les évêques de la Gaule. La convocation adressée à saint Martin et à saint Ambroise — qui refu.^èreut de s'y rendre — montre cjue le concile était résolu à entendre les partis adverses, peut-être avait-il même quelque attrait marqué pour les martinicns. Ce concile fut l'honorable revanche de l'épiscopal gaulois contre les principes abusifs qui avaient introduit, à propos de Priscillien, une application nouvelle et l'éruce du droit, la tradition de l'héré- tique condamné au bras séculier. Déjà des protestations s'étaient fait en- tendre, cf. H. Leclercq, L'Espagne chrétienne, p. 182-185. Les ithaciens com- prirent l'impossibilité de faire triomfiher leurs maximes cruelles et nous les verrons, au concile de Turiu, envoyer des députés chargés de préparer leur retour à la communion des martiniens. (H. L.) 1. Dissetisionem sedandam (R.oderic). 2. Manichéens. C'était le surnom que faute de mieux et de rien de plus pré- 110. CONCILES DE NIMES 93 j>rcshyl('ros et diaconos se esse confingiinl , i^notu cii/n suscriptionc apostholia "• ignorantihiis ingerenfes, quidam (peut-être qui dtini) speni in/idelium - siinipfiini stepemqne >^, caplanlur '', sanctoruni coniniiinione specix (peut-être speciem) sinutlatie religionis ^ imprie- niiint {imprimunt) : placuit nohis^, si q/ii fuerint ejusmodi'^ , si ta- nien comniunis Ecclesiie eausa non fiieril, ad niinisteriuin allarii (altaris) non admil/antiir". II. lihtd etiani a (ptibusdani suggestuni est, ut contra apostolicam disciplina /n, incognito usque in hoc tenipus in niinisterium femime nescio quo loco, Icviticiini \>ideantur adsumptiv ; quod quideni, quia indecens est, non adniittit ecclesiastica disciplina, et contra ratio- nc/n f'acta talis ordinatio dist/-uatur '\- /j/oçidendu/n, ne quis sibi hoc ultra pnvsuniat. III. Illud etiani repetere secunduin canonem placuit, ut nullus cis, on coimuençii à douiuT à l;i secte de Priscillien à ses débuts. Le nom de priscillianistes ne vint que plus tiird el après l;i mort du chet du i>;irti, cf. II. Leclercq, L'Espaj^ne chrétienne^ p. 154-207. (H. L.) 1. Concile d Orléans de 533, can. 13 : epistolia. 2. S/)ecie fidelium. 3. Stipemqiie. 4. Captant. 5. Ajoutez : sihi. 6. Ajoutez : ut. 1 . Ilujusmodi. 8. « Il a fallu tout d'abord s'occuper de ceux qui viennent en grand nombre du fond de l'Orient, et qui, se disant prêtres ou diacres, présentent aux per- sonnes incapables d'en découvrir la fausseté des lettres de communion revêtues de signatures inconnues. Ils peuvent, de cette manière, capter la confiance des fidèles, pour leur arracher des aumônes et autres secours, se donnant les fausses apparences de la piété chrétienne par leur participation à la commu- nion des enfants de l'Eglise. Nous avons décidé de repousser ceS gens-là du ministère des autels, à moins que le bien général de l'Eglise n'oblige à les y admettre. » Les manichéens avaient été proscrits par un récent édit de Théo- dose, en 3S9 : ex oinni //uidem orbe terraruni. Les priscillianistes avaient une conception parliculière du mensonge {^L'Espagne chrétienne, p. 168). (H. L.) 9. Le concile de Nîmes nous révèle un fait singulier ; c'est que les priscil- lianistes conléiaient aux femmes une véritable ordination : talis ordinatio dis- truatur : i Quelques-uns ont imaginé, chose tout à fait contraire à la discipline apostolique et inconnue jusqu'à ce jour, d'élever des femmes au ministère des léviles. La discipline ecclésiastique ne peut tolérer une telle inconvenance. Que toute ordination de ce genre, faite en dépit de la raison, soit annulée. Il faut veiller à ce que personne à lavenir n ait la témérité de rien entreprendre de pareil. » (H. L.) 94 LIVRE VIII episcopus siée clei-icnm swe laicnm, a siio episcopo judicatum^ in [63] communionem admittat inlicitam ^. IV. Neque sibi aller episcopus, de clerico alteriiis, inconsulto epis- copo cujus minister est, judiciiun vindicet ^. V. Additum etiam est, ut, quia multi, sub specie peregrinationis , de ecclesiarum conlatione luxoriant, victura non omnibus detur ^, unusquisque voluntariuni , non indictum, habeat de hac prœstatione judicium *. VI. Ministroruni autem quicuinque peregrina quibuscunque ne- cessitatibus petunt, ab episcopis tantum apostolia suscribantur ^. Addi etiam placuit, ut^ quia fréquenter Ecclesiis de libertorum tuitione inferuntur injuriie, siçe qui a viventibus manumittuntur^ sii>e quibus libertas ultiina testatione conscribitur : plaçait synodo, ut si ftdelis persona contra fidem et contra defunctorum voluntatem venire temptaverit, communicantes., qui contra Ecclesiam veniunt, extra Ecclesiam fiant ; catechuinenis vero, nisi inreligiositate pieta- tem mutaçerint, gratia considerata secundum Deum per inspectio- nem tradatur ^. 1. « Il a plu au concile de rappeler le canoa qui défend à un évêque d'ad- mettre à la communion un clerc ou un laïque excommunié par son propre évê- que ». C'est le 33e canon apostolique. (H. L.) 2. « Un évêque ne doit pas non plus s'arroger le droit de juger un clerc dé- pendant d'un autre évêque, sans le consentement de ce dernier. » (H. L.) 3. Victuaria... dentur. 4. «Convaincu que beaucoup de gens, sous prétexte de voyage, s'engraissent des offrandes et des aumônes des églises, le concile ne veut pas que celles-ci fournissenl des vivres à tous ceux oui se présentent, chacun reste libre de donner ce qu il juge convenable, sans qu'il y ait rien d'imposé à cet égard, i (H. L.) 5. « Les ministres des autels qui puur quelque nécessité que ce soit entre- prennent des voyages, doivent avant leur départ, se munir de lettres de recom- mandation que les évêques seuls ont le droit de signer. >> Cette disposition rela- tive aux litterœ formatée se retrouve dans le o4e canon apostolique. Quelques années plus lard le pape Zosime coulera à Patiocle, archevêque d'Arles, légat du Saint-Siège en Gaule, le dioit exclusif de signer ces lettres. (H. L.) 6. « Kiifin le concile a voulu remédier à un autre abus. Les églises ont fré- quemment à souffrir des outrages à cause de la protection qu'elles doivent aux affranchis, soit qu'ils aient reçu le bienfiiit de la liberté du vivant de leurs maîtres, soit qu'ils l'aient reçue par testament. Le concile décide que le chré- tien qui, au mépris de son propre engagement ou de la volonté des défunts, tentera de ramener les affranchis sous le joug de la servitude, sera chassé de l'Eglise contre laquelle il s'élève : quant aux catéchumènes qui se rendraient coupables de la même faute, le baptême à la vérité, ne leur sera pas refusé, à 110. CONCILES DE NIMES 95 E^o Aprufiiidn.s ^ au /j.sc/ if/si. Ego Ursiis '' siibscripsi. Ego Genialis ^ pro me et pro fratrc Sijagiiu * subscripsi. Ego Aliliiis ^ pro nie et pro frotre Apro ^ subscripsi. Ego FœlLi ^ subscripsi. moins qu'ils n'abandonnent leurs sentiments de piété, mais il ne leur sera ac- cordé qu'avec une grande circonspection. » (H. L.) 1. C'est peut-être leltii que le Gallia christiana, t. i, cul. 73, compte parmi les premiers évêques d'Auch. 2. Helele, après Knust, pense y voir celui dont, en 417, le pape Zosime an- nula la consécration (Mansi, op. cit., t. iv, col. 361); L. Lévèque, dans Rev. Quest. hist., 1881, t. xxx, p. 557, fait observer que nous savons par la lettre de ce pape à Proculus, évèi]ue de .Marseille, que Paliocle était archevêque d'Arles à l'époque de cette ordination et l'.itrocle ne fut élevé à l'épiscopat qu'en 411 ou 412. Il paraît plus vraisemblable qu'au lieu d'Ursus c'est Ursio qu'il faut lire. Ce nom se retrouve avec ceux d'Octavius, de Triferius et de Remigius iiarmi ceux des cvéques qui siégèrent au concile de Turin. Sirmond pense qu'ils étaient évêques de la Narbonuaiso. (H. L.) 3. Premier évêque de Cavaillon, Gallia christiana, t. i, p. 940. 11 laut donc abaisser la chronologie de ce personnage de quatre-vingts ans environ, (H. L.) 4. Peut-être évêque de Tarbes, Gallia christiana, t. i, col. 1225. 5. Evêque de Cahors dont parle Grégoire de Tours, Ilist francor., 1. II, c. XIII, P. L., t. Lxxi, col. 210. [Cet évêque n'aurait pu assister au coucile de Nîmes, sa consécration datant des premières années du ve siècle. Eu 407, d'après une lettre de saint Jérôme, il n'était encore que prêtre. (H. L.)] 6. Peut-être l'évêque de Toul. (Voyez la dissertation sur saint Apro, éditée par [..ebruu-Desmaretles, comme appendice aux OEuvres de S. Paulin de Noie.) 7. Evêque de Nîmes, sacrifié par les Vandales au commencement du v^ siè- cle {Gallia Christiana, t. i, instrumenta, dans 1 appendice, col. 136 et 137). D'après D. L. Lévèque, ce Félix peut taire jaillir sur le sujet que nous trai- tons quelques rayons de lumière, selon lui, l'évêque de Nîmes, au le' octobre 394, ne serait autre que ce Félix. Parmi les manuscrits laissés par D. Poly- carpe delà Rivière, vers la tiii du xvme siècle, se ti'ouvaii un Iragmenl d'une vie de saint Amatius, évêque d'Avignon. Ou y lisait que, la troisième année de son épiscopat, le bienheureux Amatius avait vu éclater un efl'royable orage sur son troupeau. Les Alamans, sous Chrocus, envahirent la Gaule et ruinèrent un grand nombre de villes. Avignon ayant été environnée par des bandes bar- bares, Amatius exhorta son peuple à souffrir courageusement la mort. « Qui peut (lire, s'écria-t-il, le nombre des évêques qui ont péri sous leurs coups ? Privât à Mcnde, Avole à Viviers, Sexte à Valence, Justin à Trois-Chàteaux, Firuiin à Venarques, Leonius à Apt, Albin à Vaison, Valentiu à Carpentras, Victor à Arles, Lucius à Orange, Félix à Nîmes, Venuslus à Agde. » Ce frag- ment a été accueilli par les auteurs du Gallia christiana. Mallieureusement dom l'olycarpe de la Kivière est bien loin de mériter une contiaiice absolue ; cependant le récit de l'invasion des Alamans et du martyre de Privât de Mende, par Grégoire de Tours, peut lui douuer un commencement de raison. L'histo- 96 LIVIiE Vin Ego Solinns snbscripsi. Ego Adelfus ^ subscripsi. Ego Remigiiis ^ subscripsi. [P^ j Ego Epetemius ^ subscripsi. Ego Modestus * subscripsi. Ego Eusebius ^ subscripsi. Ego Octavius ^ subscripsi. Ego Nicesius "^ subscripsi. Ego Evantius * subscripsi. rien de Nîmes, Ménard, Histoire de la s'ille de Nisnies, t. i, p. 83, s'en accom- mode, mais les auteurs du Gallia christiaiia, de l'Histoire du Languedoc et de l'Histoire de l'Eglise de Nîmes se sont montrés moins accueillants. La pré- sence du nom de l'évèque Félix daus les actes du concile de Nîmes vient jusli- fier le dire de doin Polycarpe ou plulôt de la vie de saint Amalus dont il a fait usage. Toutefois une question de chronologie se présente. A quelle époque se place l'invasion de Chrocus ? Au premier abord il semble que cette invasion et le martyre de saint Privât de Mende, mentionnés par saint Amatus, soien*' contemporains de l'empereur Gallien, comme le veut Grégoire de Tours» Hist. francor., 1. I, c. xxx-xxxii ; les douze autres évêques avaient dû vivre à la même époque. Cette opinion, acceptée par les Bollandistes, les auteurs du Gal- lia christiana et Tillemont, a été mise en question et réfutée par plusieurs cri- tiques qui, à l'autorité de Grégoiie de Tours ont préféré celle de Frédégaire d'Idace, de Sigebert et d'Aimoin et de quelques autres documents qui tbnt de Chrocus un roi des Vandales au v' siècle et non un roi des Alamans au me siè- cle. D. de Vie et D. Vaissette, Histoire du Languedoc t. i, note xlii ont défi- nitivement fixé la question dans ce sens ; cf. D. Ferron, Mémoires et docu- ments inédits pour servir à l'histoire de la Franche- Comté , in-8, Besançon, 1839, t. n, p. 61-220. (H. L.) 1. Peut-être évêque de Limoges [Gallia, t. ii, p. 501). 2. Dans un concile tenu à Turin, ce Remy, de même que Octave et Trefe- rius, qui sont nommés plus loin, furent déclarés innocents d'avoir fait des ordinations contre les canons. On ne s;iit où il était évêque. 3. C'est peut-être ce saint Apodemius qui, en 407, viat des rives de l'Océan et de l'extrémité de la Gaule visiter saint Jérôme à Bethléem (S. Hieronymi, Opéra, éd. des Bénédictins t. i, p. 1, p. 168, 188.) [Voici les paroles de saint Jérôme: « Vous m'envoyez pour savoir mon sentiment sur quelques passages de l'Ecriture un homme de Dieu mon fils Apodemius »... a Mon fils Apodemius est arrivé à Bethléem. » Saint Jérôme n'eut pas parlé ainsi d'un évêque. (H. L.)] 4. C'est bien certainement le quatrième évêque de Meaux. 5. Evêque de Vence [Gallia Christiana, t. m, p. 1212). 6. Voyez note 2. 7. Cet évêque, de même que Urbain qui a signé plus bas, a probablement aussi signé le concile de Valence en 374 (t. i, § 90). Tillemont suppose que Nicetus à été évêque de Mayence (Tillemont, Mémoires, Bruxelles, 1732. t VIII, p. 235. On ne connaît pas le siège de l'évèque Urbain. 8. Siiint Evenliiis a été le septième évêque d'Autun. 111. LES cctN'ciLi.s i)i: cAiiiiiA<;i; D7 Ego Ingcnac ^ subsciijjsi. Ei^o Aral us siihsrripsi. Ego Urbanus ^ subscripsi. Ei>o Mêla ni us subscripsi. Ei^o Tref brins ^ subscripsi Explicil episcopi nunicro XXI. 111. Les quatre premiers conciles de Carthage sous Aurèle et les conciles d'Hadrumète et de Constantinople. Aurèle, évèque de Carthage, commença en 393, la série de ses conciles par celui tenu à Hippone. Pendant la durée de son épiscopat, il tint plus lie vingt conciles célébrés presque tous à Carthage. Le premier après celui d'IIippone (Cartliaginense I), s'est réuni en 394 * ; nous savons seulement que ce concile délégua quelques évêques de l'Afrique proconsulaire au concile d'Hadrumète ^. On en a conclu que ce premier concile de Carthage n'a été qu'un concile provincial, et que le concile d'Hadrumète a été, au contraire, un concile géné- ral des Eglises d'Afrique : nous n'avons pas de plus amples détails sur ce point ''. Dans cette même année 394, Nectaire présida à (Constantinople un concile assemblé pour décider, sur les prétentions élevées par les deux candidats, les évéques Gébadius et Agapius, au siège de Bostra en Arabie ^. 1. C'est peut-être le même qui, e» 440, était encore évêque d'Embrun ; mais alors il n'a pas pu assister au concile d'Orlcans, ainsi que Mabillon l'a pré- tendu, car ce concile s'est tenu en 461. ' 2. Voyez plus haut, nul. 7. 3. Voyez p. 95, not. 2. 4. 26 juin 394. Labbe, Concilia, t. ii, col. 1641, 1065-1066 ; Pagi, Criiica, ad ann. 394, n. 8, 10 ; llardouin. Coll. concil., t. i, col. 881 ; Coleti, Concilia, t. II, col. 1379; -Mansi, Conc. ampliss. coll., t. m, col. 853-854 ; A. Audollent, Carthage romaine, in-8, Paris, 1901, p. Slîô. (H. L.) 5. Après le 26 juin 394. Conc. regia, t. m, col. 458 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1153 : Coleîi, Concilia, t. ii, col. 1379; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, col. 855. (II. L.) 6. Fuchs, Bibliothek der Kirchenversaminlungen, t. m, col. 51 sq. 7. Il s'agit d'un conflil :iu sujet du siège métropolitain de Bosira tionl deux évètjues avaient déposé le litulaiie Bagadius, sans même l'entendre et nommé à sa plaC"' Ag^ipius. Bagadius convaincu de l'irrégularité de sa déposition, CONCILES — II — 7 98 LIVRE Mil On tint à Cartilage, en 397, deux conciles qui ne sont pas mis ordinairement à la suite l'un de l'autre : le premier, connu sous [661 le nom de Carthaginense II, fut présidé par Aurèle et se réunit le 26 du mois de juin ; le Carthaginense III eut lieu le 27 du prétendait i-entrer en possession de son siège, que le nouvel élu ne voulait point céder. Les deux compétiteurs en appelèrent au piipe Sirice à Rome. Celui-ci les renvoya à Théophile d'Alexandrie avec des lettres. Le conflit, sui- vant les indications du pape, fut tranché dans un concile de Constantinople. Nous avons vu à propos du concile in encseniis tenu à Antioche, en 341, et du concile de Tyr de 335, que c'était alors l'usage de profiter du concours d'évé- ques provoqué par la dédicace d'une église pour tenir un concile. Or à l'au- tomne de 394, Rufin, ministre de Théodose, fit faire la dédiciice de la somp- tueuse église bâtie auprès de Chalcédoine sous le vocable des saints Apôtres. A cette occasion, il convoqua un grand nombre d'évêques et, pour ajouter à l'intérêt de la réunion, songea à se faire baptiser. Les évêques tinrent un con- cile dont les actes ont presque entièrement disparu. Ce que l'on en connaissait jusqu'à présent (Hardouin, Coll. concil. t. i, col. 956, Mansi, op. cit., t. m, col. 851) n'est qu'un extrait conservé dans une collection canonique grecque longtemps attribuée à Théodore Balsamon(xii* siècle). On y trouve, avec la date de la session et les noms des principaux membres de l'assemblée, quelques fragments du procès-verbal rehilifs à l'affaire de Bostra. M. L. Duchesne, Le pa/je Silice et le siège de Bostra, dans les Annales de philosophie chrétienne, 1885, t. CXI, p. 280-284, a trouvé quelques autres fragments du même procès- verbal, allégués et transcrits dans le mémoire que le futur pape Pelage écrivit en 554 ou 555 pour combattre la condamnation des Trois-Chapitres prononcée en 553. La véritable importance de ces fragments est de nous montrer que le concile de Constantinople s'est réuni en conformité avec le canon du concile de Sardique relatif aux appels au pape. « En ce pays et à cette date, écrit M. Du- chesne, op. cit., p. 281, une application du décret de Sardique a un intérêt qui n'échappera à aucun canoniste et dont les théologiens aussi pourront tirer quelque parti. » (Cf. P. Bei nardakis, Les appels au pape dans l .Eglise grecque jusqu'à Photius, dans les Echos d'Orient, 1903, t. vi, p. 36. Voici le texte de Pelage avec ses citations : Sanctus etiam Theophilus, idem et Alexandrinse ci- vitatis episcopus ahunculus, etdecessor beati Cyrilli, cum sanctx tnemorix Nec- tario Constantinopolitano et Flaviano Antiocheno episcopis pro causa quorun- dam Badagii et Agapii de episcopatu JSostrinee Ecclesiss, quse est metropolis Arabise sic diuturno tempore certantium ut etiam Romam pergerent et illinc ad sanctum Theophilum cum litteris beati papae Siricii mitterentur, qui sanctus Theophilus cum supradictis duobus aliis episcopis et Gelasio Cœsareœ Pales- tinse apud Constantinopolim, invitante Rufino., tune prcvfecto prsetorio, ad dedi- cationem basilicee Apostolorum quée ah ipso in suburbano quodde nomine ipsius RufLnianœ apellantur, fundata fuerat, advenisset, synodum XXXVII episcopo- rum habens,iii qua etiam venerandx mémorise viri Gregorius Nysseus et Aniphi- lochius Iconiensis toto orbe laudabiles sacerdotes cum aliis episcopis culfuerunt causant memoratorum Badagii et Agapii ventilantes, ubi quid de his qui Bada- gium injuste deposuissent dicebantur, vel de his qui in loco ejus Aj^apium 111. LES CONCILES DE CARIUACE 99 mois d'août. On trouve quelques renseignements sur le premier de ces deux conciles dans le C'odr.i cdnoiuim Ecclesiir africancc, entre ordinaverunt, sed et de aliis qui itiin murtiii fuemnt iriterlocuti sunt, suhjun- gendu/n esse curavi, ut ex his clarius ostendatur mortiins in jxice Ecclesix nuinifitain licuisse damnari [C'csl la thèse de Pelage). Ita enim se hahent : c Tlieonhilus episcopus Alexandrinx Ecclesioe dixit : « Si post mortern deposi- tiis est non judicaliis Palladius, ntilla jiista defuticto facta videtur injuria. Si\e enim bene \-ixit, si\e non, presens dehuit respondere. Sed quia jam trans- latio ejus ad illud setulum facta est et hamanum leddidit debituni, de eo qui obiit nullus sermo est. Paint enim rationein Deo de his qux hic gessit. » Item alia inlerlocutio ejus ad Arabianuni episcopum Ancyranuni missa, qui prius synodaliter denuntiavi poscebat si liceret aut subtilitas canonwn pale- retur ut duo episcopi depositionem facere cujus quant episcupi passent. Cui ad hxc respondere sanctus Theophilus paululum differens, sic inlerlocutus est : « Quia canonicx subtililalis meministi, régula non habet ut qui non sunt vivi addicti post morteni judicentur. » Item alia interlocutio ad eos missa qui Pal- ladio [et] Cyrillo mortuis calumnias inferebant. Theophilus episcopus dixit : « ffse voces nulluni prxjuditium mortuis inférant. Si enim viventes adjudicati essent, juste utiifuc forsitan et a sinodo sustinei eut sententiam condcninationis. Quia vero post morteni i/tsorum indignatio processit, nulla ratio permittit inexami- nate eos qui precesserunt adjudicari » Item interlocutio sanctx mémorise Nec- tarii Constantinopolitani episcopi: « Nectarius episcopus dixit: « Nihil nocuit praevaricatio tune facta, quoniam et patientiam sanctx Ecclesise demonstravit et indispositam atque variam Arabiani ordinationem. Nequc enim mortui judi- cari possunt, neque rursus quisuperordinayerunt, propter quod sint defuncti. » Item interlocutio sancti Theophili Alexandrini et ad id unde jam inlerlocutus fuerat superius et ad illud quod Arabianus episcopus requirebut eniissa. Theophilus episcopus dixit : « Nunquam vox niea apparet quia vel justa vel injusta facta sit depositio, sed quia ad\'ersus obeuntes non est possibile indi- gnationis proferre sententiam, quoniam non sunt présentes adjudicati. Si au- tem de futuro trac/et aliquis qui debeant deponere, videtur mihi non solum très présentes esse oporlere, sed, si possibile est, onines proi'inciales, ut ex multorum sententia subtilior condemnatio ejus qui deponi dignus est demops' tretur, présente eliani eo qui judicatur. » Par ce fragment nous apprenons que les Pères du concile de 39t étaient au nombre de trente-sept, alors que le pro- tocole connu n'en nommait que vingt parleurs noms, tout en marquant expres- sément qu il y eu avait d'autres. I, es noms des deux évéques qui déposèrent celui de Boslra, nous parvieimenl aussi, ce sont Pallude et Cyrille. Ce dernier, au dire de M. Duchesne, pourrait bien être Cyrille de Jérusalem qui mourut en 386, après une carrière très agitée et très disputée. Dans les fragments conservés, soit par Balsamoii, soit par Pelage, on voit (jup les prélats réunis à Constantino- ple pour juger cette affaire avaient à défendre Cyrille et Pallade contre les efforts que certains de leurs collègues faisaient pour obtenir une condamnation de leur mémoire. C est précisément ce détail de 1 aliaire que le.s deux excerpteurs ont voulu mettre en relief ; quant au fond, comme il n'avait aucun intérêt à leurs yeux, ils l'ont complètement négligé. Aussi ne savons-nous pas avec certitude aui]uel des deux prétendants le concile donna raison, bien qu'il soit facile de voii' (jue 100 LIVltE Vlll les numéros 56 et 57. Le concile se tint, vi kalendas julias, sous les consuls Cesarius et Atticus ; il interdit aux évêques les voyages sur mer, à moins d'être munis de litterse formalse du primat ^. Nous possédons en revanche les actes du IIP concile de Carthage célébré le 28 août 397. Conformément à l'ordonnance du concile d'Hippone, l'ouverture en était fixée au 23 août, mais, à cause du retard de quelques membres, elle fut différée de quelques jours 2. Les députés de la Maurétanie Siti/ienne,ye\és de cette prorogation, déclarèrent ne pouvoir prolonger leur séjour, (^.omme eux les évê- ques de la Byzacène, ayant à leur tête Musone ou Mizone, étaient arrivés beaucoup trop tôt ; dès les ides du mois d'août, ils se réuni- rent sous la présidence d'Aurèle de Carthage, et tinrent une réu- nion préliminaire dans laquelle ils rédigèrent le breviaj^um analysé plus haut des décisions du concile d'Hippone, et ils le firent suivre d'une lettre qui fut adressée en commun par Aurèle et les évêques au concile plénier des Églises d'Afrique ^. les sentiments de l'assemblée se prononçaient en faveur de Bagadius. En dernier résultat la déposition fut reconnue irrégulière, et les Pères déclarèrent que désormais nul évêque ne pourrait être déposé, sinon par un synode composé de tous les évêques de la province. Balsamon, P. G., t. cxxxviii, col. 449. Cf. Baronius, Annales, ad ann. 394, n. 25-31 ; Coll. regia, t. m, col. 458 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1151-1154; Hardouin, Coll. conciL, t. i, col. 955; Coleti, Concilia, t. u, col. 1376 ; Mansi, ConciL ampliss. coll., t. m, col. 851. (H. L.) 1. Mansi, op, cit., t. m, col. 752; Hardouin, op, cit., t. i, col. 894 ; [Tille- mont, Mém. hist, ecclés., 1710, t. xiix, p. 979, note 25 : sur le concile du 26 juin 397. (H. L.)] 2. Voyez la suscription et les quelques mots d'introduction à ce synode dans le Codex canonum Ecclesiae africanœ, entre c. 33 et 34. Mansi, op. cit., t. m, col. 733 : Hardouin, t. i, col. 882. 3. 11 est faux que cette lettre n'ait été adressée qu'aux évêques de la province de Byzacène qui étaient restés chez eux, et de même on ne saurait souscrire aux objections déduites par Hardouin contre l'authenticité de cette lettre, parce qu'elle a été signée également pat- Aurèle. Cf. Ballerini, dans S. Leonis, Opéra, t. m, p. lxxx, n. 2, et p. 87, n. 12. Voyez aussi sur ce synode. Van Espen, Commentât', in canones, Colonise, 1755, p. 325 [Baronius, Annales, ad ann. 397, n. 54-65 ; Pagi, Critica, n. 24-31, 33-34 ; Coll. regia, t. ni, col. 481 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1165-1190, 1641-1642, 1055-1068; Emm. a Schelslraate, Eccles. africana, in-4, Parisiis, 1679, p. 193-209 ; Hardouin, ConciL coll., t. i, col. 397 ; Tillemont, Mém, hist. ecclés., 1710, t. xiii, p. 302-308, 978-981 ; Cole- ti, Concilia, t. n, col. 1397, 1415; Mansi, Supplem,, t. i, col. 254; ConciL ampliss. coll., t. m, col. 867. La date du concile flotte entre le 28 août et le le"" septembre ; cette dernière date était ordinairement adoptée et elle conviendiait mieux, mais ici elle est moins autorisée. Le concile comptait quarante-quatre évêques dont les noms 111. l.KS CONCILES DE CARTHAGE 101 Celui-ci s étant leuiu le 28 août, se lit lire les actes de la réu- nion préliminaire, approuva le breviaritim^ en renouvela les pres- criptions (sans en excepter la formule de Nicée) et y ajouta quel- ques dispositions nouvelles, sans les distinguer par des numéros particuliers. Ces additions sont cependant peu nombreuses *. Dans la l""*, les évéques Honorât et Urbain se plaignent, en [67] qualité de députés de la province de Maurétanie Sitifienne, de ce que, malgré la décision d'Hippone ^, Crescolius, évèque de Villa- Regis, conserve Tévêché de Tubuna ; ils demandent donc la per- mission d «Ml appeler au gouverneur de la province. Approuvé. Dans le n. 2, les mêmes évèques proposent qu'un évèque ne soit ordonné du rédacteur, ce qui est encore conforme à ce que nous savons de Césaire, demeuré non moins austère qu'à Lérins. Enfin le début de l'épiscopat de Césaire est in- ditpié pai- l'animosité religieuse ([ui a dicté plusieurs statuts. Plus lard, au mo- ment du concile d'Agde, les esprits seront complètement pacifiés et l'expérience aura adouci ce que le pi-emier élan du zèle pouvait avoir d'excessif. (H. L.) 1. A raison de l'importance considérable de ces canons pour la discipline pos- térieure et par manière de commentaire, nous allons exposer ici d'après M. Mal- nory, op. cit., p. 08-62, l'ordonnance et le HcHail de cette œuvre : Césaire veut que les règles de discipline qu'il trace soient applicjuées par les évêques ; c'est pourquoi la première et la majeure partie de ces statuts concerne ces digni- taires. En tête est un résumé des points de dogme sur lesquels on doit inter- roger l'évêquc au nionunl de son ordination ; puis vient le défilé des statuts et, comme conclusion (90-102) un rituel des ordinations et consécrations sous une foi-me très abrégée, mais d'une identité frappante avec le rituel encore en vi- gueur aujourd'hui. Le tout se présente ainsi comme un bréviaire des devoirs de l'évêque, et cet ordre des matières montre une fois de plus la main d'un haut dignitaire de l'Eglise. Ce qui frappe davantage dans la série importante où l'auteur s'occupe direc- tement des évêques (1-18), c'est le contre-poids qu il s'efforce d'opposer chez eux à l'abus du pouvoir. Dans la plupart de ces articles percent son appréhen- sion des abus du pouvoir ecclésiastique et son opposition bien arrêtée au gou- vernement absolu de l'évêtjue. Aussi atlaque-l-il sur tous les points les ^ctes arbitraires de l'évêque, en faisant intervenir, pour toutes les décisions impor- tantes, les deux conseils dont le rôle était défini par les canons de l'antique Eglise : le synode ou l'assemblée des évêques de la province ; le preshyterium ou le conseil des prêtres de la cité. Césaire ne permet à l'évêque de s'absenter du synode que pour des causes d'empêchement graves et, dans ce cas, il l'oblige à se conformer à l'usage, institué par les précédents conciles de la pro- vince (Orange, 1, can. 29), de se faire représenter par un membre do son clei'gé; c'est d'après rinterprétalion la plus rigoureuse de ce statut (ju'il procédera lui- même comme président du concile d'Agde. Dans son Eglise, l'évêque est tenu, sous peine de nullité ou d'invalidation des actes qu'il accomplit, de s'entourer et de s'aider du conseil de ses prêtres, et quelquefois de rassemblée de tout son clergé, soit qu il établisse la liste des nouveaux ordinands, soit qu'il exerce ses fonctions de juge, soit qu'il projette quelque emploi inusité des biens de son église. Sur ce dernier point, les statuts ont prêté au concile d'Agde la grande maxime qui doit dominer à jamais le ré- gime d(.'s biens d Eglise, à savoir, (|ue révê(|ue n'estpas le pj'opriétaire, maisJ<> 108 LIVRE VIII de ce prétendu IV® concile de Carthage sont ainsi conçus : Ils ne se trouvaient pas dans la traduction de la première édition. STATUTA EGGLESLE ANTIQUA 1. Qui^ episcopus ordinandus est, antea examinetur, si natura sit simple administrateur de ces biens(st. 15). Afin d'assurer l'intégritéde cetteadmi- nistration, l'auteur des statuts remet en vigueur le droit de contrôle et de suffrage attribué au clergé des cités par l'ancienne pratique des Eglises, en attendant que le concile d'Agde décrète à son tour d'autres précautions plus sérieuses. Après les devoirs personnels de l'évêque, Césaire retrace ceux qu'il doit faire observer par ses clercs (25-29). A l'égard des prêtres, ses statuts portent la marque d'un profond respect... qui ne se traduit pas seulement par l'importance qu'on a vu attribuer plus haut au conseil des prêtres, mais par des égards tou- chants et qui s'inspirent d'un véritable esprit de confraternité. A côté de cela, Césaire montre un grand soin de la bonne tenue du clergé. Il règle son habille- ment, interdit les longs cheveux et le port de la barbe. Il interdit également la fréquentation des foires, du forum, des places publiques, même sous peine de dégradation, hors le cas de nécessité ; de même celle des noces et festins. Le statut 27e nous montre l'abus des sœurs agapètes et l'inconduite qui en est la suite dans le clergé. Ensuite Césaire s'inquiète des occupations du clergé. Celui-ci ne pouvait vivre des revenus de l'église, aussi les statuts laissent à tout clerc valide le soin de compenser par son travail l'insuffisance du stipendium qui lui est attribué sur les revenus. Tout métier honnête lui est permis, pourvu qu'il ne le retienne pas aux heures de service dues à l'église. Césaire rappelle ensuite la pratique des vertus indispensables : soumission envers les supérieurs, charité et concorde entre égaux, douceur à l'égard du prochain, modestie dans le maintien et dans la conversation. Les statuts insistent sur deux cas d'exclusion canonique dont Césaire récla- mera toujours énergiquement l'application. Le premier est celui des personnes qui ont été soumises à la pénitence publique à l'égard desquelles on se montre intraitable. Ceux des clercs qui sont dans ce cas et se sont introduits subrep- ticement dans le clergé seront dégradés ; quant à l'évêque qui aura sciemment ordonné de tels sujets, il sera privé à l'avenir du droit d'ordination (st. 84). Mêmes dispositions contre l'ordination des bigames et des maris de veuves ou divorcées. La source de cette sévérité se trouve probablement dans un canon de Nicée, le 10^ de la version connue eu Gaule, qui a été probablement visé par le canon 43 d'Agde. Le nombre des statuts consacrés aux pénitents (st. 18-22, 67) prouve l'impor- tance numérique des fidèles assujettis à cette profession, sinon leur empresse- ment à en accepter les devoirs. D'autres statuts traitent de cas de plus eu plus particuliers. (H. L.) 1. Le symbole de la foi exposé dans le premier canon ou proœmium vise les erreurs des priscillianistes. On trouve un symbole analogue composé antérieure- ment ou postérieurement à la réunion du 1er concile de Tolède. Le symbole des Staluta a tiré parti du progrès réalisé par la langue théologique depuis le temps 111. LES CONCILES DE CARTHAGE 109 prudenSj si docibilis, si inoribus temperatus, si cita castus, si sobrius, si semper suis nei;otiis cavens, si httmilis, si affabilis, si inisericors^si /ilerotus, si in h'ij^e doniini instriictiis, si in scripturaruni sensibus canins, si in doi^malibus ecclesiasticis exercitatus : et ante oninia, si fidei documenta verbis siniplicibus alJ'erat, id est Patreni et Filiurn et Spi/ituni Sancliu/i, iinuni Deuni esse confirinans, totamtiue Trinitatis deitatemcoessentialem, et consubstantialeni et coœterna/em,etcoomni- fwtentem pnedicans, si sin^ularem (juamque in Trinitate personani des poloiniques soulevées par 1 hérésie de Priscillien. L'expausion que cette erreur avait eu eu Gaule explique suflisamuient la préoccupation qu'on lui porte à Arles. Les priscilliauisles niaient toute dilTérence entre les trois personnes divines et n admettaient qu une diticreuce de noms ; les Statuta réclament en conséquence du nouvel évèque la reconnaissance c que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu nu seul Dieu, que chacune des trois personnes est Dieu, et que les trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. > De plus les priscillianistes ensei^aieut « qu'il y a quelque chose qui s'étend au delà de la Trinité divine ; » les Statuta proclament « que la divinité a, de toute éternité, atteint sa perfec- tion dans la Trinité et que tout accroissement est impossible et inconvenant. > C'est encore 1 indistinction prisciilienne du Père et du Fils dans l'incarnation que frappe le canon 1' quand il dit que ni le l'ère ni le Saint-Esprit, mais le Fils seul s'est fait homme. Les priscilliens déclaraient le Fils innascibilis ; le symbole leur répoud : < Le même qui a été de toute éternité le Fils de Dieu, le Père est devenu dans le temps le Fils d une mère humaine, vrai Dieu par sa naissance du Père, vrai homme par sa naissance d'une mère. » Les priscillanis- tes avançaient que « le Fils de Dieu n avait adopté que la chair et non pas aussi une âme > et a qu'il ny avait qu une seule nature de la divinité et de l'humanité dans le Christ ; j à cela le symbole répoud qu « avec la chair le Fils de Dieu a adopté également dans les entrailles de sa mère une àme humaine et raisonna- ble, de sorte qu'il y a en lui deux natures, la nature humaine et la nature divine. » Enfin les priscillianistes enseignaient que le monde n'a pas été fait par Di^u, le- quel n est pas créateur ; le symbole affirme que le monde a le Christ pour auteur et que c est lui qui avec le Père et le Saint-Esprit gouverne toutes choses. Eu regard, le symbole accentue que le Christ a réellement souffert dans sa chair, qu il est mort effectivement, qu il a ressuscité en reprenant son àme et qu'il viendra un jour juger tous les hommes. Les priscillianistes professaient d autres erreurs, ils soulenaieut qu on ne pouvait considérer comme canoniques que les écrits portant les noms des douze patriarches, que le démon était, de sa nature, mauvais, ils niaient la résurrection des corps, la bonté du mariage et 1 usage de la viande. Le symbole leur répoud ainsi : c que l'Ancien et le INou- veau lestameut n'ont qu un auteur, Dieu ; que le démon est mauvais, non pas de sa nature, mais eu suite d'un acte libre de sa volonté, que nos corps ressus- citeront, que le mariage n'est pas à réprouver, que les secondes noces ne sont pas condamnables et tjue 1 usage de la viande n'est pas défendu. » Enfin, on peut encore considérer comme une réfutation du priscillianisme l'affirmation suivante ilu symbole : ( Par le baptême tous les péchés sont remis, le péché originel aussi bien que les pèches personnels. » ^H. L.) 110 LIVRE VIII plénum Deum : siincarnationem divinam nonin Paire neque in Spiritu sancto faclam, sed in filio tanlum credat, ut qui erat in divinitate Dei Patris Filius, ipse fieret in homine hominis matris Fi/ius, Deus çerus ex Pâtre, homo verus ex matre, carnem ex matris visceribus habens, et animam humanam rationalem, simul in eo ambse naturae id est, Deus et homo, una personna, unus Filius, unus Christus, unus dominus creator omnium quse sunt, et auctor, et dominus, et rector cum Pâtre et Spiritu sancto, omnium creaturarum : qui passus sit vera carnis passione, mortuus s>era corpo/'is sui morte : resurrexit çera carnis suœ resurrectione, et vera animée resumptione, in qua çeniet judicare vivos et mortuos. Quœrendum etiam ab eo, si Novi et Veteris Testamenti, id est, legis et prophetarum^et Apostolorumunum eumdemque credat auctorem et Deum : si diabolus nonper conditionem^ sed per arbitrium factus sit malus. Quœrendum etiam ab eo, si credat hiijus quam gestamus, et non alterius, carnis resurrectionem : si credat judicium futurum et recepturos singulos pro his quœ in carne gesserunt, vel pœnas, ç>el gloriam : si nuptias non improbet, si secunda matrimonia non damnet, si carnium perceptionem non culpet, [70J si pœnitentibus reconciliatis communicet, si in baptismo omnia pec- cata, id est, tam illud originale contractum, quam illa quse voluntarie admissa sunt, dimittantur : si extra Ecclesiamcatholicam nullus sal- çetur. Cum in his omnibus examinatus, im^entus fuerit plene ins- tructus, cum consensu clericorum et laicorum, et conventus totius provinciœ episcoporum, maximeque metropolitani vel auctoritate vel prœsentia ordinetur episcopus . Suscepto in nomine Christi episcopatu, non suœ delectioni, nec suis motibus, sed his patrum dif'/initionibus acquiesçât. In cujus ordinatio ne etiam setas requiratur, quam sancti patres in prœeligendis episcopis constituer uni. Dehinc disponitur, qualiter ecclesiastica officia ordinantur. 2. Episcopus cum ordinatur, duo episcopi ponant et teneant evan- geliorum codicem super caput et cervicem ejus et uno super cum fundente benedictione, reliqui omnes episcopi, qui adsunt, manibus suis caput ejus tangent ^. 1. Les cauons 2-10 concernent les ordinations. Le livre II du De officis ecclesiaslicis de saint Isidore contient un abrégé qui concorde avec les indica- tions des Statutd. Le Sacramentariuin Gelasianuin et le Alissale Francorum renferment tous deux les cérémonies prescrites par les StatiUa et les formules romaines avec d'autres formules les unes incompatibles, les autres presque identiques aux formules romaines. Mais ceci n'a lieu que pour les trois ordres supérieurs, pour les cinq ordres mineurs c'est le contraire. Les cérémonies prescrites par les Slatula et contenues dans les deux livres liturgiques sont m. LES CONCILES DE CAnTHAGE 111 3. Presùi/ter ciun ordinalnr, episcopo euni Lenedicente, et nianum super capiit ejus tenente, etiam onines presbyteri qui pnesentes sunl, inanus suas ju.ita luaniun episcopi super caput illius teneanl *. ■i. Diaconus cuiii ardindlur, sulus episcopus, (jiii cum bcnedicit, manum super caput illius ponat : om/«e sancte, récité par l'évèque la main étendue sur l'ordi- nand constituait toute l'ordination du diaconat. Le Missale Francorum a. ïiccneiWi d'après la liturgie romaine la préface, le canon consécratoire et les autres priè- res. Le statut 4e a fourni an pontifical romain la rubrique intercalée dans la préface à l'endroit où l'évèque s'interrompt pour dire : Accipe. Ce sont les mots suivants .• quia diaconus ad ministerium non ad sacerdotium sed ad ministerium consecratur. Dans les livres liturgiques romains les plus anciens, la préface ne présente aucune interruption. (H. L.) 1. Ce canon et les qiKitre suivants ont trait au sous-diaconat et aux quatre ordres mineurs, les mêmes et dans le même ordre que dans le pontifical. Toutes ces ordinations s'accomplissent par la porrection des instruments avec les paro- les correspondantes. Ces paroles sont identiques à celles du pontifical romain. Dans le Missale Francorum., chacune de ces ordinations se termine par une bénédiction ou prière spéciale qui figure également, ordinairement sans modifications, dans le pontifical. Duchesne, op. cit.., p. o64 sq. Quant aux allocu- tions qui précèdent, dans le pontifical, ces diverses ordinations, aucune, sauf celle du sous-diaconat, n'existe dans les manuscrits parvenus jusqu'à nous ; elles paraissent très anciennes (Duchesne, op. cit., p. 365). Avant la porrection des instruments au sous-diacre, l'évèque lui adressait une allocution dont le Missale Fiancoriim a conservé le texte qui forme une partie de celui qu'on lit dans le pontifical romain. (H. L ) 2. L'ordre d'acolyte ne paraît pas avoir été en usage partout dans les pays du rite gallican (Duchesne, op. cit., p. 366). A Reims, au v' siècle, il n'y en avait pas, mais on peut conjecturer qu'il n'en était pas de même à Arles. Dans le Missale Francorum, l'ordre d'acolyte est intercalé entre celui des portiers et des lecteurs et il est le seul pour lequel les Statuta ne donnent pas distinc- tement la formule de tradition des ins-truments, cf. H. Leclercq, dans le Dictionn. d'arch. chrét. et de liturg. t. ii, col. 348-356. (H. L.) 3. T,a formule est celle du pontifical romain : Accipe et commcnda mé- morise (H. L.) 111. (^>UATHE CONCILES DE CA II IMAGE 113 Lector cuni ordinatur, facial de illo verbiim episro/jiis ad plcùe/n indicans ejiis fidem ac vitani, atque im^eniuiii. Pust hivc spoctanie vlebe tradat ei vadicem do r/no lectiuus est, ilicens ad etim : Actipe et esto lector vcrhl I)ci, hahituriis, si fideliter cl iidliler impleveris offlcium, partein ciim cis qui verhum Dei ntinistraverint. 9. Ostiarius cii/n o/dinatar, postqua/N au arc/iidiacono instructus fuerit^ (jualitei- in do/nu Dei debeat cu/ifersari, ad suggestionem arcliidiaconi, tradat ei episcopiis cLas'es ecclesiœ de allario, dicens : Sic âge, quasi reddituri/s Deo rationcin pro lus rebiis^ (juic his cUwi- bus recluduntar. 10. Psalmista, id c'sf cantor, potcst absqiie scientia e/'iscopi, sola jiissione presbyteri, officium suscipere canlandi, dicente sibi pres- bytère : Vide, ut (juod ore cantas, corde crcdas : et quod corde credis operibus coniprobes. [Nous a>ons cité ces dix premiers canons clans le texte original à cause de leur importance exceptionnelle ; pour les canons suivants nous donnerons la traduction française], rn \-\ il. Lorsqu'une vierge est présentée à la consécration de l'évèque, elle doit venir revêtue des vêtements (^relle portera toujours clans la suite dans son saint état. 12. Les veuves ou les nonnes consacrées à Dieu, et que l'on veut employer au baptême des femmes, doivent être en état d'instruire celles qui sont ignorantes et grossières sur ce qu'elles doivent con- naître avant le baptême et sur la façon dont elles devront vivre après avoir reçu ce sacrement. 13. Les fiancés doivent être conduits à la bénédiction du prêtn-e par leurs parents ou les garçons d'honneur '^. Ils doivent veiller à conserver leur virginité pendant la nuit cpii suit cette bénédiction nuptiale (par respect pour le sacrement). 14. L'évèque doit habiter dans le voisinage de l'église. 15. Que l'évèque n'ait que des meubles de vil prix, une table et un genre de vie pauvres et qu'il ne cherche d'autre éclat cjue celui de sa piété et de ses vertus -. 1. ParariYntphis, c'est Vamicus sponsi. Ce terme est très iusufflsammeul reudu par c gai\'ou d'honneur > qui est cependant le seul qui exprime la nature de la charge très réelle et compliquée jadis et devenue de nos jours une siné- cure purement honorin([ue pour son titulaire. (H. L.) 2. « L'évèque qui a rédigé les Slatuta. est donc un ascète, et il paraît croire que tous ses collègues doivent, comme lui, se vêtir de laine giossière, vivre de paiu et de légumes et loger dans un vil mobilier. On reconnaît bien à cette CONCILES — II - 8 114 I.IVUK VIII 16. L'évêque ne doit pas se livrer à la lecture des livres païens, il ne doit lire ceux des hérétiques qu'en cas de nécessité ^. 17. L'évêque ne doit pas s'occuper personnellement des intérêts des veuves, des orphelins et des étrangers ; il doit le faire par l'entremise de l'archiprêtre ou de l'archidiacre. 18. L'évêque ne doit pas se charger d'exécuter les testaments. 19. L'évêque ne doit entamer aucun procès concernant les affaires temporelles, même s'il est attaqué 2. 20. 11 ne doit pas s'occuper des affaires de sa maison, mais em- ployer son temps à la lecture^ à la prière et à la prédication. 21. Sans nécessité impérieuse, un évêque ne peut s'abstenir de se rendre au concile ; cependant il y enverra ses légats, prêt à recevoir, sous la réserve de l'orthodoxie, tout ce que le concile aura décidé. 22. Il ne peut ordonner aucun nouveau clerc sans l'avis des autres austérité monacale l'ancien cellérier de Lérins, qui régla de telle façon 1 ordi- naire du couvent, qu'il n'y eut qu'un cri pour réclamer son changement ; le cénobite sévère pour lui-même encore plus que pour les autres, qui, après s'être réduit par l'excès de ses macérations à la nécessité de quitter son cloître, élu évêque d'Arles, s'offrit à la vue de tous comme le plus pauvre de son clergé. » Malnory, Saint Césaire, évêque d'Arles, p. 56. (H. L.) 1. « L'ascétisme s'est rarement défendu contre un mouvement de défiance pour la littérature païenne, cette grande séductrice des esprits et des cœurs. On n'est donc pas extrêmement surpris que notre collecteur ait un statut contre la lecture des auteurs païens. Cependant si on considère que la lecture avait été longtemps cultivée à Lérins, qu'elle était encore honorée autour de Fauste, d'A- vit,d'Eone, qui précèdent immédiatement Césaire ou qui ont vécu de son temps, on ne trouve guère que ce dernier qui ait pu dénoncer d'une façon si catégo- rique, dans un texte de droit ecclésiastique, le divorce avec l'étude dos anciens. [On sait] l'eiret regrettable que ce dédain pour la littérature a produit sur le style de ses œuvres. Celles de Fauste, d'Avit, de l'ex-rhéleur Pomère, dénotent encore une certaine entente de la phrase latine et un certain souci de la cor- rection. Mais dans Césaire toute la construction se désagrège, et il ne reste plus trace de l'ancienne élégance. En comparant son style à celui des Statuta, on aperçoit une ressemblance frappante, accusée non seulement par l'incorrec- tion commune aux deux styles, mais par un grand nombre d'expressions et d'idiotismes de même famille. » Malnory, op. cit., p. 57 et la confrontation des textes, p. 29i--29:f. |H. L.) 2. Gratien et quelques anciens manuscrits donnent ainsi ce canon : Ut epis- copus nec pro^ocatus pro rébus Iransitoriis litiget Le ms. Barberini dit : non litiget. Berardus, Gratiani canones, Venetiis, 1783, t. i, p. 160 repousse les explications que le décret de Gratien propose de ce canon et ajoute que l'évêque, pour obéir à ce canon, doit chercher par tous les moyens à terminer le diffé- rend par un jugement à l'amiable avant d'invoquer le juge civil. (H. L.) 111. ijl\iim: concii.bs ni: cahiiiace 115 clercs, et il doit s'cnqiK rii- du tt'inoignagc et du consentement des fidèles '. 23. L'évèque ne peut entamer aucune action judiciaire en dehors do la présence de ses clercs, sinon la sentence qu'il prononce est invalide. 24. Celui (jui sort de l'Eglise pendant le sermon d Un prêtre, doit être excommunié '-. 25. Les évéques qui ont des discussions les uns avec les autres, doivent être réconciliés j»ar le concile, si la crainte de Dieu n'y suffit. 20. Les évèques doivent exhorter les clercs ou les laïques qui sont [72] en iliscussion à se réconcilier plutôt que de s'intenter des procès. 2/. Xi un évèque ni un clerc ne peut quitter une localité peu importante pour une autre plus agréable. Si le ser\ice de l'Eglise l'y oblige, le dé-placement (d'un évêque) doit être accordé par le concile sur la prière écrite du clergé et du peuple. I>es autres clercs n'ont besoin pour leur déplacement/ que de l'autorisation de leur évèque. 28. Une condamnation non régulière d'un évèque (vraisemblable- ment d'un clerc par son évèque'* est invalide, et doit être abrogée par le concile. 29. Si un évèque accuse d'un crime un clerc ou un laïque, il doit en apporter la preuve devant le concile. 30. Les juges ecclésiastiques ne peuvent rendre aucune sentence en l'absence de l'accusé ; s'ils le font, la sentence sera nulle et la cause évoquée au prochain concile. 31. L'évèque ne doit considérer la fortune de l'Eglise que comme un bien qu il administre, mais qu'il ne possède pas. 32. Lorsqu'un évèque donne, vend ou échange une partie de la fortune de l'Eglise sans l'assentiment et la signature du clergé, cet acte est invalide. 33. Lorsqu'un évêque ou un prêtre se rend dans l'église d'un de ses collègues pour la visiter, il doit être reçu suivant son rang et être invité à prêcher et à célébrer le saint sacrifice. 1. llubieurs cuiions cuutiendront le rituel des ordinatioiiB géuéralement en usage et qui difTère peu de celui de nos jours. Dans les manuscrits italiens et fran^;ais, cctli- piutir <\i> Stututtt est laissée de côté et se trouve eu appendice sous le titre : /lecapitulatiu ordinalionis officialiuin Ecclesise. (H. L.) 2. Malu.iiv. op. cit., p. .56. lU. L.) Il6 UVHE VIII 34. Lorsqu'un évêque s'asseoit en un lieu quelconque, il ne doit laisser debout aucun prêtre. 35. A l'église ou dans les réunions du conseil, l'évêque doit avoir un siège plus élevé ; dans sa maison au contraire, il peut se considérer comme le collègue des prêtres. 36. Les prêtres doivent demander le saint Chrême avant la Pâque dans leur église cathédrale, non à n'importe quel évêque, mais à leur propre évêque, et non par l'intermédiaire de n'importe quel jeune clerc, mais ils doivent faire cette demande ou personnellement ou par l'intermédiaire de celui qui est chargé de ce soin. 37. Le diacre doit savoir qu'il est le serviteur des prêtres comme celui de l'évêque. 38. En cas de nécessité, le diacre peut, en présence du prêtre et sur son ordre, présenter au peuple la sainte Eucharistie. 39. Le diacre doit toujours s'asseoir sur l'ordre du prêtre. 40. Quand un diacre est interrogé dans une réunion de prêtres, il doit répondre. 41. Le diacre ne doit porter l'aube que pour le temps de l'oblation et de la lecture. 42. On doit encourager le clerc qui, au milieu des persécutions, 1731 remplit ses fonctions avec zèle. 43. Un catholique qui soufïre persécution pour la foi doit être honoré de toutes sortes de manières par les prêtres, et les vivres doivent lui être fournis par un diacre. 44. Que le clerc ne porte ni barbe ni cheveux longs. 45. Le clerc doit par ses vêtements et son attitude révéler sa pro- fession et ne doit pas porter d'ornements sur ses habits et sa chaus- sure. 46. Un clerc ne doit pas habiter avec des femmes étrangères. 47. Un clerc ne doit pas circuler par les rues et les places publi- ques si les devoirs de sa charge ne l'y obligent. 48. Un clerc qui, sans avoir quelque chose à acheter, court les foires et va sur le forum, doit être dégradé. 49. Un clerc qui, sans être malade, manque aux vigiles, doit être privé de son traitement. 50. Un clerc qui, par suite des persécutions, abandonne ses fonc- tions ou les remplit avec négligence, doit être privé de son emploi. 51. Le clerc instruit doit gagner par son travail ses moyens de subsistance. 52. Le clerc doit par un travail manuel ou par l'agriculture se III. niAini: conciles nr: cauiiiack 117 procurer ses vêtements et sa nourriture, sans eepcucUint négliger ses fonctions. 53. Tous les clercs (jui sont capables de travailler doivent ap- prendre un métier manuel et savoir lire [litteras discnnt). 54. Un clerc (jui porte envie à ses frères ne doit pas être promu au grade supérieui". 55. S'il accuse un de ses frères, il est excommunié par l'évèque. S'il s'amende il pouria èlic iccu à la communion, mais il demeurera exclu (lu cliMoé '. 56. Si un clerc se rend coupable de flatteries ou de trahison, il doit être dégradé de sa charge. 57. Un clerc qui tient de mauvais propos, en particulier sur les prt^tres, doit demander son pardon, sans cela il sera dégradé et jamais plus rétabli dans son office s'il ne fait satisfaction. 58. S'il a l'habitude d'intenter des procès et de porterdes accusa- tions, son témoignage ne pourra être reçu qu'accompagné de preuves certaines. 59. Quand des clercs vivent en discorde, l'évêquc doit essayer de ramener l'union entre eux par ses exhortations ou en faisant inter- venir son autorité. Le concile punira ceux qui n'obéiront pas. 60. Un clerc qui fait des farces ou des plaisanteries en se servant de mots peu convenables, doit être éloigné de son emploi. 61. Le clerc (jui prête serment sur des créatures doit recevoir la censure la plus sévère. S'il persiste dans sa faute, il sera excommu- nié. 62. Lin clerc qui chante pendant les repas doit être également' puni. 63. Un clerc qui rompt le jeûne sans nécessité urgente [inevilabilis nécessitas) doit être ramené à un rang inférieur. 64. Celui qui jeûne le dimanche ne doit pas être regardé comme catholicpie. 65. La Pàque doit être célébrée partout le même jour. 66 Lorsqu'un clerc estime que la sentence prononcée contre lui par son évêque n'est pas fondée, il doit recourir au concile. 67. Les insurgés, les usuriers et ceux qui ont soif de vengeance ne peuvent être ordonnés clercs. ). 11 faut évideninient ontendri» dans ce statut : s'il accuse iiijiisicrm ut. D après le** statuts 58 qI 'Jf), il f^ml examiner et reclipi'ciicr ce que vaut la i'f|iu- tation de laocusateur, mais toute accusation n'est pas purement et simplement repouss(''c, encore mf)ins punie. (H. \,.) 118 LIVRK VIII 68. Un pénitent, même bon, ne peut être ordonné clerc. Si par suite de l'ignorance de l'évèque il a été ordonné, il sera déposé de son ordre parce qu'il a dissimulé son état avant l'ordination. Si l'cvêque a ordonné sciemment ce pénitent, il perd son droit d'ordi- nation '^. 69. Une peine analogue frappe l'évèque qui ordonne sciemment un homme qui avait pour femme une veuve ou une femme divorcée ou qui était mariée pour la seconde fois. 70. Un clerc doit fuir les dîners et la compagnie des hérétiques et des schismatiques. 71. Les réunions des hérétiques ne doivent pas Ctre appelées Eglises, mais conciliabules. 72. Personne ne doit prier ni chanter des psaumes avec les héréti- ques. 73. Celui qui reste en communion avec un excommunié ou prie avec lui, doit être excommunié ^. 74. Le prêtre doit, sans acception de personnes, indiquer une pénitence à quiconque veut faire pénitence. 75. Les pénitents coupables de négligence ne peuvent être récon- ciliés que plus tard. 76. Si un malade demande à faire pénitence, mais qu'à l'arrivée du prêtre il ait perdu la parole ou la connaissance, ceux qui l'ont entendu exprimer son désir doivent en témoigner et il recevra sa pénitence. Si l'on croit qu'il va mourir, il doit être réconcilié par l'imposition des mains et on lui donnera la s;iinte Eucharistie. S'il l''^J survit, les témoins susdits doivent lui certifier l'accomplissement de son désir et il se soumettra aux règles de la pénitence aussi long- temps que le prêtre le jugera nécessaire. 77. On doit donner le viatique aux pénitents malades. 78. Les pénitents qui reçoivent la sainte Eucharistie pendant une 1. Ce statut se trouve rapporté textuellement dans la lettre circulaire de Césaire à propos du procès de Coutumeliosus. (H. L.) 2. Qui commiinica\'eiit vel oraverit cum excommunicato, excommunicetur, sii'e clericus, sjwe laicus. Il est clair que les deux termes communicare vel orare ne sont pas synouymes. Le premier concerne la vie ordinaire, l'autre se rapporte à la vie chrétienne. Communicare a, en effet, dans les écrits des Pères et les décisions des conciles, plusieurs acceptions (Du Cauge, (ilossarium, au mot: Communia, com.municare). I.oening le prend dans le sens restreint [Ge- schichte des deulschen Kircheniechts, t. i, p. 265) parce que d'après le 70« statut ce serait aux clercs seuls que les relations avec les excommuniés dans la vie ordinaire sont interdites. (H. L.) m. QLATRF. COXCILI'S UE CARTHA<;E 119 maladie, ne doivent p;is croire, s'ils survivent, qu'ils ont reçu l'abso- lution sans imposition des mains (c'est-à-dire qu'ils doivent se considérer comme obligés aux œuvres de pénitence par suite de l'imposition des mains qui leur:i été laite'. * 79. Lorsque les pénitents, (jui se montrent zélés, meurent par hasard pendant un vovage ou une traversée, alors qu'on ne peut leur porter secours, on doit prier et offrir le saint sacrifice pour eux. 80. A chaque époque déjeune, les pénitents doivent recevoir des prêtres l'imposition des mains. 81. Les pénitents doivent apporter les morts à l'Eglise et les ense- velir -. 82. Les pénitents doivent se mettre à genoux aux jours de fête et de joie. 83. Dans l'église, on doit honorer les pauvres et les vieillards plus que les autres. 84. L'évèque ne doit interdire à personne, fut-il païen, hérétique ou juif, l'entrée de l'église ni l'empêcher dentendre la parole de Dieu jusqu'au moment de la messe des catéchumènes. 85. Ceux qui veulent être baptisés doivent donner leurs noms ; lorsc(u'ils ont été éprouvés par l'abstention de vin et de chair et par une Iréquente imposition des mains, ils doivent être baptisés. 86. Les nouveaux baptisés doivent pendant quelque temps s abste- nir de repas copieux, du théâtre et de leurs femmes. 87. Lorsqu'un catholique porte un procès le concernant iqu il soit juste ou injuste) devant le tribunal d'un juge hérétique, il doit être excommunié. SS. Celui qui aux jours de fête manque le service divin, mais va au théâtre, doit être excommunié. 89. Celui qui passe son temps avec les augures (devins) et s'oc- cupe d'incantations (évocations) doit être exclu de l'Eglise ; de même celui qui participe aux superstitions juives et aux léries païennes. 90. Les exorcistes doivent chaque jour imposer les mains aux éner- gumènes. 91. Les énergumènes doivent balayer les églises. 92. Les énergumènes qui séjournent dans la maison de Dieu doivent recevoii- en temps voulu leur pitance qui leur est apportée par les exorcistes. 1. l'Vaiick, ufj. cit., p. 826. 2. Ce 5>taluliious fait connaître un une ligne l'origine des nombreuses confré- ries de pénitents qui existent encore aujonrd Imi en rrovencc. (H. L.) 120 LIVRE VIII 93. On ne doit accepter ni dans le sacrarium ni dans \e gazophy- lacium l'offrande offerte par des frères qui vivent en mésintelligence, 94. Les présents de ceux qui oppriment les pauvres doivent être refusés par les prêtres. 95. Celui qui retient les dons faits par les défunts à TEglise ou ne les restitue qu'avec difficulté doit être excommunié comme étant un assassin des pauvres. 96. Devant le tribunal on doit examiner la conduite et la religion de l'accusateur et du prévenu. 97. Le choix du directeur de femmes consacrées à Dieu doit être examiné par lévêque. 98. Un laïque ne doit pas enseigner en l'absence des clercs, à moins que ce ne soit pas leur ordre. 99. Une femme, quelque instruite et quelque sainte qu'elle soit, ne doit pas se permettre d'enseigner dans une assemblée (d'hommes). 100. Une femme ne doit pas baptiser. 101. Les jeunes veuves maladives doivent être entretenues aux frais de l'Eglise. 102. L'évêque ou le prêtre doit veiller à ce que les jeunes veuves ou les nonnes ne soient pas en trop grande familiarité avec les clercs à l'occasion de leur nourriture corporelle. 103. Les veuves entretenues par l'Eglise doivent être pleines de zèle pour le service de Dieu. 104. Si une veuve consacrée au Seigneur a pris le saint habit, et se marie de nouveau, elle doit être complètement exclue de la com- munion avec les chrétiens. 105. Lorsqu'un clerc sème la discorde dans l'Eglise, il doit être déposé ; si c'est un laïque, il sera excommunié '^. Le 27 av)'il 399 et le v kalend. majas, sous le consulat d'Ho- [77] norius IV et d'Eutychianus, on tint dans le Secretarium Basilicse Restitutœ à Carthage, un concile que nous appellerons le IV' con- 1. Ce canon a clé trouvé par Baluze dans un manuscrit d'Urgel. Ce statut 105e est considéré par les Ballerini comme une ajoute postérieure. I^es quelques mots qu'il contient : Plaçait omnibus Patrihus pev provinciam CartJiaginis consistentibus, permettent d'édaicir dans une certaine mesure son origine. On sait que l'Espagne c(impren;\it dès l'époque romaine une provincia Carthaginensis ou Carthaginis, la .Nouvtlle-Cai thage. Au moment où cette ville fut détruite, en 425, elle avait cessé d'être une capitale politique et ecclésiastique. Le terme de Dro\'incia Carthaginensis sur le canon 105' peut s'expliquer ainsi. (H. L.) 111. QUATRK CONCILKS DK CAI«THA<;K 121 cile de Carthage. Nous ne possédons qu'une seule décision, à sa- voir que les évéques Epi^one et Vincent furent envoyés à Tenipe- reiir pour demander que les églises eussent le droit d'asile \ !. Ce détail se trouvo dans !«> Coder canoniim Ecclesix africame, après le canon 56. Mansi. of. cit., t. m. col. 752 ; Hardouin, Coll. roncil.. t. i. col. 894 ; Fuchs. Bihliotheh der Kircheuver.<;ammlurigeii, I. m. j). '.*5. J. C Bartcl, De jure /isyli, in-4, Herhipoli, 18;i3; Cli. de Beaun^paiie, Jî.ssai sur l'asile reli- gieux dans l'enijiire romain et la monarchie française, dans la Bibliotltèque de l llcole des Chartes, 1853-185't. Ille série, I. m, p. 361-375. 573-591 ; t. v. p. 151-1751. 341-359 .H. Benzelius et C. U. Wallmanu. De asylis. in-'«, Loadiiii Gotlioriiai. 172'i ; Fed. Ciccaglione. Dell asilo, délia clientela e dell ospitalità, studio storico-^iuvidico, in-4. Milauo, 1S89; B. Cristiani, Deduzio/ie sopra l'a- silo sacro. public, da Ant. Franc. Adami. in-4. N'euozia. 17r)6, in-8. Milano, 1767 ; Du droit d'asile, dans La Vérité historique, 1858, t. i. p. 121-148 ; G. Du- pont, .'. Un lecteur (jui a épousé une veuve peut tout au plus devenir sous-diacre. 4. Un sous-diacre c[ui, après la mort de sa femme, se remarie, doit être abaissé aux (onctions de portier ou de lecteur et ne doit plus lii'c l'évangile ni 1 épitre. S'il se marie une troisième fois [(juod ncc dicendtim cuit audienduin est), il fera pénitence pendant deux ans et ne pourra plus, après sa réconciliation, être admis qu'à la communion laupie. 5. Tout clerc doit assister tous les jours au service rlivin. 6. Une vierge consacrée à Dieu ne doit pas communiquer avec des hommes, à moins qu'il ne s'agisse de ses propres parents, et particulièrement, elle ne devra pas coiiimuniquer avec le lecteur et le confesseur (c'est-à-dire avec le chantrel -. 7. Si la femme d'un clerc commet une faute, son mari doit 1 en- fermer et lui imposer des jeûnes. 8. Quiconque a lait la guerre peut devenir clerc, mais non arriver jusqu'au diaconat. 9. Une vierge consacrée ;i Dieu ou une veuve ne doit }»as, en l'absence de l'évèque, chanter chez elle les antiennes avec son ser- viteur ou un confesseur. De même on ne doit pas célébrer les vêpres sans un évêqne, un prêtre ou un diacre ^. 1. 7 septembre 'lOO. Labbe, Concilia, t, ii, col. 1221-1211; Hardouin. Cuil. concil., t. I, cul. 989; '^Joleli. Concilia, I. ii, col. 1 169 ; Ap;uirre, Concil. His- panisE (175*^) l. m, col. 20-')8 ; Maiisi, Concil. anipliss. coll., t. m, col. 997; H. Lcclerc.|, L'Espagne chrétienne, 1905, p. 199-200; < f . Klore:, Espana sagrada, t. xvi. p. 49-129, 319-;{30. (H. L.) '1. I^ans la sainte Ecriture, confileri si-^nifie souvent Dei laudes decantaie, lie là le mot confessor^ synonyme de cautor. Cf. l.)u Change, Glossarium, à ce mot. 3. Sur le lucernariiim, voyez les notes de Bini dnns Mansi, op. cit.. (. m, col. 1016. 124 LIVRE VIII 10. Les clercs qui ne sont pas complètement libres ne doivent pas être ordonnés sans l'assentiment de leurs patrons. 11. Lorsqu'un puissant pille un clerc, un pauvre ou un moine, s'il refuse de s'expliquer là-dessus avec l'évêque, tous les autres évêques de la province et tous ceux qui sont proche doivent être prévenus par lettres pour que le coupable soit partout consi- déré comme excommunié jusqu'à ce qu'il se soit soumis et qu'il ait rendu le bien qu'il avait pris. 12. Un clerc ne doit pas abandonner son évêque pour prendre service chez un autre. 13. Celui qui ne communie pas dans l'église doit en être exclu, 14. Celui qui ne consomme pas l'eucharistie qu'il a reçu du prê- tre doit être traité en sacrilège. 15. Nul ne doit avoir de rapports avec un excommunié. 16. Lorsqu'une vierge consacrée à Dieu commettra une faute charnelle, elle ne pourra être admise à la communion qu'après dix ans de pénitence ; la même peine atteindra son complice. Si cette vierge se marie, elle ne pourra être admise à la pénitence que lorsqu'elle aura cessé de vivre maritalement avec son mari. 17. Lorsqu'un chrétien marié à une chrétienne, entretient une concubine, il ne pourra être admis à la communion ; mais il y sera admis si, n'ayant pas de femme, il n'a qu'une concubine ^. 18. Si la veuve d'un évêque, d'un prêtre, ou d'un diacre se remarie, elle sera exclue et ne pourra recevoir le sacrement qu'au lit de mort. 19. Si la fille d'un évêque, d'un prêtre ou d'un diacre qui s'est consacrée à Dieu vient à pécher et à se marier, ses parents ne de- 1. D'après le droit romain, le concubinal était un mariage disprofwrtionné ; ainsi, clans les premiers temps, tout mariage entre patriciens et plébéiens, ou entre un homme libre et une afîranchio. Apre la publication des leges Canu- leia, Julia et Papia Poppœa (an It après J.-C.) les deux genres d'union cités ci- dessus furent regardés comme des mariages proprement dits, et par conciihi- nni on n'entendit plus que : n) l'union d'un sénateur ou de son fils (ou de sa fille) avec une libertina (ou un lihertinus) ; h) l'union d'un homme libre avec une actrice, et, eu général, avec une personne d'une profession peu considé- rée ; c) l'union d'un patron avec une affranchie. Cf. Walter, Gesch. d. rôni. Rechts^ p. 540, 554. On voit par là que, dans l:i seconi^e partie de ce canon, il faut entendre par concuhina une femme de condition dispropor'tionnée que l'on pouvait ensuite renvoyer. (Voyez la remarque des rorrectores romani sur distinct. XXXIY, c. 4, où se trouve notre canon.) Mais dans la première partie, le mot concubinat a un autre sens, car le contexte prouve alors qu'il n'y avait pas eu de mariage. 113. CONCILES 1;N AKHI(,)tE KT A TfHlN 125 viont plus avoir de rapports avec elle ; elle sera excmiiimiiiiLL- el ne pourra recevoir le sacrement qu'au lit de mort. 20. Le chrême ne pourra être consacre (juc [)ar révé([ue et à jour fixe, il ne pourra l'être par un prêtre; les diacres el sous-diacres doivent venir avant Pàque chercher le chrême chez l'évêque. il3. Cinquième, sixième et septième conciles africains à Carthage et à Milève, et concile de Turin. Le v" siècle s'ouvre par deux nouveaux conciles de Carthage, le V* et le Vl", qui n'ont été bien connus et bien appréciés que par les Ballerini ^. Sous le nom de ^'" concile de Carthage, \ Hispana donne quinze canons '-, et Baronius a trouvé dans un manuscrit, que ce con- cile s'était tenu vi kalendas Junii après le consulat de Césarius et d'Atticus, par conséquent en 398 ; mais la comparaison des manuscrits a prouvé que la véritable date était AT/ ou JTF// kalen- das /'alias post consulatum Stiliconis, c'est-à-dire le 15 ou le 16 juin de l'année 401 •^. Ce qui coïncide très bieil avec ce calcul, c'est que Denvs h' l^etit cite dans son Code.v canonum Ecclesive africatiœ, après le canon 56, un concile de Carthage du xvi kalendas jiilias post consulat uni Stiliconis, et donne en partie les mêmes renseigne- ments que nous trouvons dans VHispana -i. Je dis en partie, car,' des quinze canons donnés par le Pseudo-Isidore, deux seulement, les deux premiers appartiennent au V*^ concile ; les treize autres '811 sont du VP concile de Carthage, qui s'est également tenu en 401. C'est ce qui ressort des données fournies par Denys le Petit, ordinairement très exact, qui attribue à un concile de Carthage ces deux canons (qu'il donne comme les n. 59 et 72 de la collec- tion africaine), tandis qu'il attribue les treize autres (62-75) à un deuxième tenu dans l'année 401 ^. Nous possédons cependant plus de deux canons de ce concile du mois de juin de l'année 401 ; I. S. Lecjiiis, Opeia, l. m, p. xcii. II. Dans Maiisi, op. cit.. t. m, col. 968 sq. et Hardouiu, t. i, col. 98G sq. 3. Cf. Pagi, Critica, ad aiiii. 401, ii. 21. 4. Dans Maiisi, t. m, col. 752 sq. ; HuiHluiiin, op. cit.j l. i, col. S'J'i sq. 5. .Mausi, l. 111, [j. 766 sq. ; llaiduuin, op. cit., l. i, col. 898-8y9 sq. 126 LIVIIE Vlll Denys le Petit nous en a conservé sept autres dans les numéros 57, 58, 60, 61, 63, 64, 65 ^. Ces neuf canons du V* concile de Car- thage sont ainsi conçus : Dans un discours préliminaire, l'évêque de Carthage, Aurèle, se plaint du manque général des clercs en Afrique, et parle de la néces- sité d'envoyer un ambassadeur aux évêques d'outre-mer, en parti- culier au pape Anastase et à l'évêque Venerius de Milan pour en obtenir du secours. Gan. i (57, dans le Codex canonum Ecclesiœ africanx). Ainsi que cela a été déclaré antérieurement, les fils des donatistes peu- vent être élevés à la cléricature après leur entrée dans l'Rglise '-. Can. 2 (58). On sollicitera des empereurs la destruction des temples païens^ etc., existant encore en Afrique. Can. 3 (59). Si un procès est porté devant le tribunal ecclésiasti- que, et qu'une partie se croie lésée par la décision de ce tribunal, le clerc qui a été juge ne doit pas paraître comme témoin quand l'afFaire sera jugée en appel devant le tribunal civil ; en général, on ne doit forcer aucun clerc à paraître comme témoin devant un tribunal civil (c'est le premier des quinze canons de VHispa- na). Can. 4 (60). On ne doit plus célébrer de banquets païens. Can. 5 (61). Il ne doit plus y avoir de pièces de théâtre les di- manches et les jours de fêtes. Can. 6 (62) Un clerc déposé par le jugement des évêques ne doit pas être défendu par personne (c'est le canon 2" de VHispana). Can. 7 (63). Un acteur converti au christianisme ne doit être ramené par personne à son ancienne profession ; il ne doit pas non plus être obligé à la reprendre. Can. 8 (64). On demandera à l'empereur d'étendre à l'Afrique la permission d'affranchir les esclaves in ecclesia. [82] Can. 9 (65). La condamnation de l'évêque Equitius est renouvelée. Trois mois environ après le V concile de Carthage, il s'en tint un VF, aux ides de septembre, sous le consulat de Vincent et de Flavien, par conséquent le 13 septembre 401, dans le Secretarium basiliae ReUitiitœ. Les actes de ce concile ont été rétablis selon le texte primitif parles Ballerini [op. cit.., p. xcii sq.), qui ont comparé 1. Maiisi, op cit., t. m, p. 763 sq.; Hardouin, op. cit., t i, col, 895 sq. 2. Van Espen, Cominentar. in canones. Colonise, 1755, p. 340 sq. a donné un commentaire de ce canon, ainsi que du suivant. 113. concii.es k.\ AFiuorE i:t a iviun 127 les textes de V //ispann, de Denys, de Ferrand et les citations du concile de Carthaffo célébré en 525 *. Denys le Petit a donné le Proœmiiii» des actes de ce concile de C.artJKiire, avant le 60° numéro du Code.v ran. EccL afric. On y apprend la date du concile et la lecture par Aurèle de (]arthage le jour de l'ouverture, d'une lettre du pape Anastase, exhortant les Airicaiiis à pci'sister énergicjucinenl Aaw^ la lutle contre les dona- tistes ■-. Can. j. S'occupe du donatisme. Suivant F'errand, ce canon, (pie Denys divise en deux nuintMos 06 et 67), n'en lormait primitivement ipi'un seul ainsi conçu ; on voulait agir avec ménagement avec les donatistes, mais il fallait engager lesjuges séculiers à écrire des rap- ports oKiciels sur les voies de lait des maximianistes '^. Can. 2 {^%^ de Denys). Les clercs donatistes qui entrent dans [83J 1 l'glise, peuvent rester dans la cléricature, si cest nécessaire, pour le rétablissement de la paix de l'église, quoiqu'un concile d'outre- mer ait porté sur ce point une décision plus sévère. (.!an. 3 (69). On enverra des ambassadeurs aux donatistes pour les engager à rentrer dans l'Eglise. On leur représentera qu'ils se servent à l'égard de leurs sectaires, c'est-à-dire des maximianistes, des procédés dont ils reprochent à l'Église catholique de se servir vis-à-vis d'eux. Can. 4 70* de Denys, 3' de V llispana.) Les évêques, les prê- tres et les diacres ne vivront pas avec leurs femmes ; s'ils le font, on leur retirera leurs fonctions. Les autres clercs ne seront pas tenus à cette continence. ' Can. 5 (man(|ue dans Denys le Petit, 4" dans VHispana). On ne vendra aucun bien ecclésiastique sans l'assentinuMit du primat de la province. Can. 6 (71* de Denys, 5* de VHispana) Nul ne laissera son 1. Dans sa Biblinthek der Kirchenvers., Fuchs a Iradiiil en allemand le texte amélioré par l.-s Ballerini, dans S. Leonis, Opéra, l m, p. 906 sq. Pour toute cette série de conciles de Cartliao^e, cf. en 39't, Mansi. OfJ. cit., col. 853- 854 ; en 397, id., t. m, 875-9:]0 ; en juin et septembre, lOl, id , t. m. col. 967- 974 : en août 40M, id., t. m, cd. 1155 sq. : eu juin 404, id., t m, ol. 1159 sq. : en juin 407, /■ septembre 401, et le 22 septembre, Il se tinta Turin un autre concile que les historiens avaient par erreur placé en 397 ^. Nous avons de ce concile de Turin 1. Kober, Der Kirchenhann, [). 91. 2. Voir Diclionn. d'arch. chrét., l. i, col. 564 sq. 3. B;u-oniiis, Annales, ad ann. 397, n. 52-53 ; Pagi, Critica, n. 23 ; ad ann. 401, u. 30-51 ; Sirinoud, Concilia Gallix, 1629, t. i, p. 27 ; Conc. regia, l. m, col. 460 ; Labbe, Concilia. (. ii, col. 1155-1158, 1810-1811 ; Ilardoniii, Concilia, t. I, col. 957 ; Tillemoiil, Mrni. hist. ecclés., 1705, l. .\, p. 679-G91, 837-841 ; Coleti, Concilia, t. ii, col. 1383 ; Ilist. littér. de la France. 1738, t. i, paît. 2^ p. 425-428; Bouquet, Recueil de.i hist. des Gaules, iii-fol.. Paris, 17:iS, i. i, col. 774-775; iMansi, Concil. ani/)liss., coll., t. m, col. 859; 'lli. Miuimison, Die Synode von Turin, dans Neues Archi'.- Gesells. dit. deut. (Jescti., 1891 t. .XVII, p. 187-188 ; L. Ducliesiic, Concile de Turin ou concile de Tours, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscr. et bell. -lettres, 1891, séiic 1 V, 1. xix, CONCILES — Il -, s'est empressé d'intervenir, non pas pour protester auprès de l'assem- blée elle-même, mais pour critiquer dans plusieurs lettres à des tiers (26 et 29 septembre) des décrets dont il ignorait encore la teneur, bien plus ne sachant s'ils avaient été seulement émis. Il doit faire dire à deux de ces lettres, Quid de et Multa, non pas ce qu'elles déclarent assez nettement, à savoir que Procule de Marseille a usurpé dans le passé, on surprenant la foi du concile, un pouvoir illégitime, acquis déjà au siège de saint Trophime, mais, dansle présent, ensol- licitant le texte, que cet évêquc s'emploie à obtenir une sentence qui favorise son ambition. Il doit enfin, pour échapper à la difficulté d'amener à Rome avant le 26 septembre un courrier parti de Turin au plus tôt le 22, corriger la date, ce- pendant expresse de Çm/c? un. CONCILK Di; TVIÎIN IS."! une lettre synodale adressée aux év«>qucs des Gaules et quioonlieul les huit canons suivants ^ : Can. !. Procule, évêque de Marseille, qui se prétend primat de la seconde Narbonnaise, ne gardera cette dernière diointc- ([irii titre se coulredire (lélib<'i'éin(Mil. « Il csl impossible, dll à co sujet L. Diuiicsiu', île s'expi'iinor plus calc'U'oriijucnHMil (pu- no l'a fait le papo Zosiinc. Que son dé- cret iiil soulevé des erilitpies en I'ion cnce, (pi'il ail doiiiK' lieu à tles protesta- tions de la pari des évéïpies lésés, c'est ee ipii est vraisemblable el alleslé. (jue les évèques de la Haute-Italie se soient beaucoup émus île cette allaire, c'est ce qui n'est ni vraisemblable ni attesté. Que le métropolitain do Milan et ses col- lègues se soient ingérés à juger ce ctmflil après le papc^ ; qu'ils se soient réunis en concile pour casser un décret du Siège aposloli([ue, c'est ce ([ui est monstrueux et sans exemple. Une pareille attitude eut été siiupleiueul scliisma- tique. lit ce qui ajoute encore à l'invraisemblable, c'est (jue ce concile italien, qui s'ingérait à reviser les décisions du Siège apostoHcpie, aurait poussé l'inso- lence jusqu'à affecter de les ignorer. La prétérition serait vraiment trop forte. Ce concile de révoltés eût été une assemblée de gens mal élevés. » (Loc. cit., p. 291-292.) (H. L.) 1. Hardouin, Coll. coiicil. t. i, col. 958 sq. ; Mansi, Cuncil. ampliss. coll., t. III, col. 859 sq. M. Babut, op. cit., donne une édition critique de la synodale du concile de Turin. Le texte est établi sur de soigneuses collations et les va- riantes sont indiquées avec le plus grand sci'upule. Kn deux endroits l'éditeur a cru pouvoir corriger la tradition paléographique et ajouter des mots qu'elle ne fournissait pas. Au début, les mss. disent : A' kalcndas ociobris et l'éditeur ajoute de son cru : Ilonorio XI et Constantio II cous. Or c'est la date 417 qui est précisément en question et cpielque conGauce que l'éditeur puisse avoii" dans les arguments dont il appuie celte date, il n'a pas le droit d'introduire celle mention dans le texte. Le concile de Carthage, de 256, contient comme celui-ci et au même endroit Tindication du jour, mais non celle de l'aiinée. La plupart du temps l'une et l'auti-e faisaient défaut à cet endroit. L ne inlej-polation plus grave a été faite au 6» canon qui est ainsi libellé dans les mss. : lllud prxterea décrépit sancla sjnodus ut (juoniain legatos episcopi Galliaruni (/ui Felici communicant destinarunl ut si qui ab ejus communione se volucrit sequestrare, in nostrx pacis consortio suscipiatur, etc. Dans 1 épiscopat gaulois les uns acceptaient, les autres repoussaient la communion de l'évèque Félix de Trêves, et nous eu avons dit la raison. Les Pères de Turin étaient opposés à Félix et les partisans de celui-ci envoyèrent des représenlants au concile ; ces féliciens n'appailenaient pas au parti des prélats provençaux qui, comme les italiens, étaient marliniens. Si quelque ms. portait non communicant, il y aurait lieu de rejeter sa leçon, car le non est repoussé par le contexte ; mais aucun ms. ne porte le non. 11 est vrai tpie Baronius, Annales, ad ann. o97, u. ô'2, cite le canon avec non, mais il \h- s'y arrête pas et semble ne pas s'en être aperçu. Il ne cherche ni à justifier cette leçon ni à expliquer le texte qui en résulte. Sa cita- tion représente sans doute quelque étlition archaïcjue des conciles, nullement un jugement réfléchi. Les éditeurs, depuis Labbc, impi-iment sans le non ; ils fout même observei- que cette leçon est écartée par les manuscrits. (H. L.) 134 LIVRE VIII personnel et non comme attachée au siège qu'il occupe ; car sa ville (épiscopale) n'appartient pas à cette province ^. Can. 2. Au sujet du conflit sur la dignité primatiale entre les évoques de Vienne et d'Arles, le concile a décidé que celui-là serait primat qui pourrait prouver que sa ville est la métropole 2. Can. 3. On défend de la manière la plus expresse les ordinations opposées aux canons. Can. 4. La décision de l'évêque Trifère contre le laïque Pallade, qui avait causé du dommage à un prêtre du nom de Spanus, est ratifiée. Can. 5. Est également confirmé le jugement de l'évêque Trifère contre le prêtre Exupérance, qui avait injurié son évêque, et pour ce motif avait été privé de la communio dominica. Can. 6. Les évêques gaulois qui ont repoussé la communion ecclé- [86] siastique de Félix de Trêves, (l'ami des ithaciens) doivent être admis au concile conformément à une lettre d'Ambroise, de bienheureuse mémoire, et du pape. Can, 7. Aucun évêque ne recevra dans son Eglise un clerc étranger ou un clerc déposé. Can. 8. Quiconque a été ordonné d'une manière illégale, ou qui a eu des enfants lorsqu'il était dans le service de l'Eglise, ne sera pas promu à un rang supérieur. On donne le nom de VIP concile d'Afrique à celui qui se célébra à Milèvc le 27 août 402 ^, sous la présidence de l'archevêque Aurèle ; le concile de Cartilage, tenu sous Boniface, lui assigne déjà ce rang. Denys le Petit et V Hispana ont donné les canons de ce VIP concile ; 1. C'est ce que nous avons dit dans la 2e note du livre Xe. (H. L.) 2. W. Gundlach, Der Streit der Bisthiïmer Arles urid Vienne und den Pri- matus Galliarum, dans Neues Archiv Gesells, f. ait. deut. Geschichte, 1888- 1890, t. XIV, p. 251-342 ; t. xv, p. 9-102, 233-292, réimprimé avec le même titre ainsi développé : Der Streit... ein philologisch-diplomatisch-historischer Beitrag zum Kirchenrecht, in-8, IJannovcr, 1890 ; L. Duchesnc, La primatie d'Arles, dans les Mém. de la Soc. nat. desantiq. de France^ 1891-1892, série Vie, t. 11, p. 155-238, réimprimé dans Les fastes épiscopaux de la Gaule, 1894, t, i, c. II. (H. L.) 3. Milei'itani concilii epistola ad Lnnocentium papam, ejusque responsio, in-fol., Colonia> Agrippinae, 1569; Baronius, Annales, ad ann. 402, n. 54-67 ; Pagi, Critica, n. 21-26 ; Conc. regia, t. iv, col. 92 ; Labbe, Concilia, t. 11, col. 1323-1324, 1654-1656; Hardouiu, Coll. concil., t. i, index; Tillemont, Mém. hist. eccZes. , in-4, Paris, 1710, t. xiii, p. 386-388; Coleti, Concilia, t. m, col. 83; Mansi, Couc. ampliss. coll., t. m, col. 1139. (H. L.) I 133. CONCILIÎ DE TUniN 135 mais ce dernier a, par eneiir, allriljué aussi au coui-ilc de Milève les canons de trois conciles tenus à Carthage en 405, 407 et 418, et il a ajouté une partie apocryphe à la privfatio de notre concile '. Les véritables actes du concile de ÎNIilève se trouvent dans Denys depuis le n. S5 jus(|u'au n. IH) tlu Code.v canon. Eccl. afric. -, et en partie dans les citations du concile tenu à Carthage sous Bonilace ; ils sont en abrégé dans Ferrand •^. Dans le Proœniiiim (jueFerrand désigne comme le canon 1"', on \oil que le concile s'est tenu le 27 août, sous le cinquième consulat des empereurs Arcadius et IIo- norius 1^402) ; il a été célébré comme conciliuni uiiiversale (c. à à. A fric m) dans le Scvretarinni de la basilique de Milève, sous la présidence dAurèle de Carthage. Aurèle ouvrit les séances par un discours, cl fit lire ensuite les actes des conciles d llippone el de Carthage (de 40r, ([ui riuenl de nouveau acceptés et souscrits. On résolut, dans le premier canon, que les jeunes évèques ne passeraient pas devant les anciens et n'agiraient pas sans leur conseil. Les registres matricu- laires, et les archives de Numidie, doivent être fjardés dans la prima scdes ou bien dans la métropole civile, c"est-;t-dire à Cons- tantine '. Can. 2 (S?"-" et 88*^" du Cod. can. Eccl. afric). L'évèquc Ouod^idl- dei/s, qui n'a pas voulu comparaître devant le concile, sera exclu. 11 ne doit cependant pas être déposé avant enquête sur son ail'aire. Maximien, évêque de Bagaï, résignera sa place et la communauté élira un autre évcque ^'. Can. 3 (89"). Afin qu'il ne s'élève plus à l'avenir de contestations au sujet de l'ancienneté dans rordinalion_, on devra, désormais, l'aire les listes d'ordination avec une grande exactitude chronologique. Can. 4 (UO"). Quiconque a exercé dans une Eglise des fonctions ecclésiastiques, ne fut-ce que celles de lecteur, ne doit pas être admis dans le clergé d'une autre Eglise ^'. 1. Ballc'i-iiii, dans S. Leoiiis, Oj)eia, I. m, p. xc.iv, n. 1. P. f.., (. lvi. col. IIO. 2. Hardouiii, op. ait , I. i, col. 907 ,• .Maiisi, op. cit., 1. m, cdl. llo9. 3. Los actes oui été remis en ordre par les Balleriiii, loc. cit., cf. Fiichs, op. cit.^ [}. 120 sq. 4. Voyez sur ce point Marca, De priinaliius, p. M, à l'appendice de Concord. sacerd. et iinperii, el Van Espen, Commentai-., p. 357. 5. 11 avait été jadis douatiste, mais s'était couveili. Lorstjn il s'éleva des troubles à Ba^^aï à son sujet, il sollicita sa démission dans une lettre adressée au synode. Cf. Epistol. S. Alipii et Augustini, (epist., lxix,)/-*. L., l.x.wiii, col. 238, el Vau Espen, op. cit.. p. 358. 6. Cf. Van Espen. op. cit., p. 359. 136 LivnE VIII 114. Concile romain sous Innocent /«^ ^22 402. Vers le même temps, sous le pape Innocent P"" on tint à Rome un concile dont il nous reste seize canons qui sont des réponses laites aux questions des évêques gaulois *. Can. 1. Si une vierge qui a pris le voile se livre à un homme et, pour donner le change donne à son complice le nom de « mari », elle sera soumise à une pénitence de quatre ans. Can. 2. Si une vierge qui n'a pas encore pris le voile, mais qui a déjà résolu de garder sa virginité, se livre à un homme, elle sera également soumise à une longue pénitence. Can. 3. Les évêques, les prêtres et les diacres ne doivent pas se marier. Can. 4. Un chrétien qui a servi dans l'armée ne doit pas être [88] élevé à la cléricature. Can. 5. Quiconque, baptisé dès l'enfance, est demeuré chaste, ou bien, quiconque baptisé lorsqu'il était adulte, s'est ensuite bien conduit et ne s'est marié qu'une fois, peut entrer dans la clérica- ture ; mais il ne le peut pas s'il s'est antérieurement mal conduit (c'est-à-dire après son baptême). Telle est la pratique de l'Église romaine. (^lan. G. Il ne doit y avoir qu'une foi et une discipline parmi les évêques catholiques. Can. 7. Pendant le temps pascal, le prêtre et le diacre baptise- ront au nom de l'évêque. A une autre époque, et s'il se présente un cas pressant, le prêtre seul, et non pas le diacre, devra baptiser. Can. 8. Ce canon est difficile à comprendre, tant le texte est fautif; on voit seulement qu'il s'agit d'exorciser l'huile qui servira à bénir. Can. 9. Aucun chrétien ne doit épouser sa belle-sœur ; il ne doit non plus avoir, en plus de sa femme, une concubine. Can. 10. Quiconque a occupé un emploi civil ne doit pas, à cause des fautes qui y sont presque inévitablement attachées, être admis à la cléricature avant d'avoir fait pénitence. 1. Baronius, Annales, ad ann. 405, ii. 13-16 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1131 sq. ; Coleli, Concilia, l. ii, col. 1487; Mansi, op. cit., t. m, col. 1019, 1133 sq. JafTé, Regesl. ponlif. roman., 2c édit., p. 44. 113. l'EllSKCUTION COXTHK SAINT JEAX CHRYSOSTOME 137 Caii. 11. Nul ne tloit épouser la lenuiu" du le lils de son oncle. Can. 12. Nul ne doit être sacré é\è(jue s'ils nest clerc. Can. 13. Un évèque cjui change d'iilglise doit être déposé. Can. 14. Un clerc étranger déposé par son évêque ne doit pas être admis ailleurs à la communion laïcjue. Can. 15. Nul évêque ne doit empiéter sur le diocèse d'un autre, ou faire les ordinations avant les autres, ou gêner le métropolitain dans 1 exercice de sa charge. Can. 10. Les laïfjues exchis par leur propre évêque ne doivent L^^J pas être admis ailleurs dans la elericature. as. Persécution contre saint Jean Chrysostome, concile du Chêne en 403, et concile de Constantinople en 404. Nous avons montré dans Théophile d'Alexandrie l'adversaire des origénistes '^. En 399, il avait, dans un concile tenu à Alexandrie, 1. La ijULTC'Ue de 1 OJ'igéuii^ino va eiilrcr clans la phase aiguë, la pliase couci- liaire. Nous l'exposcrous ici le plus brièvement possible vu son importance. La réputation d'Origène avait subi une éclipse au temps où les luttes provoquées par l homoousios étaient dans leur grande ardeur. Cependant, dès le dernier quart du ive siècle, on pouvait voir les indices dune irritation singulière dans les milieux théologiques autour de certaines questions exposées et lésolues par le grand alexandrin. Marcel d'Ancyre, bien qu il eût des tendances hérétiques, trouva iiabile sans doute de créer une diversion et de désigner la doctrine d Origène comme la source de larianisme. Eusèbe de Césarée le contredit, mais sa défense — tjui était celle d un arien — lit plus de tort que de bien à la cause d Origène. On commença néanmoins à exploiter Origèue dont les écrits furent mis en coupe réglée. Tandis que les homoiousieus en tiraient parti, les Pères cappadociens extrayaient de ses ouvrages un recueil de morceaux choisis édités sous !e nom de J^/iilocalie. Athanase et Didynie le faisaient déposer en faveur de la ci'Oyance de Nicée, tandis que saint Jérôme et saint Jean Chrysos- tome se foiiiuiient à l'exégèse dans ses commentaires ljiblic[ues. Eu somme, la faveur des ortliodoxes lui resta Irèsmarquée jusqu'à la lin tlu iv'siècle. Une par- tie d fntre les moines égyptiens n en faisaient pas moins de cas ni d usage, surtout contre une imposante fj-action de leurs confrères, gens grossiers et sans culture tju ils accablaient à tout propos dt; copieuses citations d'Origène, le maître symboliste, dont la doctrine renversait les conceptions niatéiii-lles et brutales des moines anthropomorpiiites. Ceux-ci comptaient parmi leurs défenseurs Epiphane, évèque de Salaniiiie. en Chypre, ortiiodoxe avéré, con- troversiste bilieux ipii, dans un giaud ouvrage composé entre 373 et 375, con- 138 LIVRE VIII anathématisé les principes d'Origène et de ses partisans^ en parti- culier ceux des «Longs-Frères », à Texception de Dioscore et, peu de temps après, il les avait chassés de l'Egypte, ainsi que plus de tre toutes les hérésies, y logea la doctrine d'Origène. On y prit assez peu garde et les fervents d'Origène comme Jean de Jérusalem et Rufîn d'Aquilée conti- nuèrent à prôner la doctrine du maître et à vulgariser ses écrits. Vers 394, un pèlerin nommé Arlelius, venu à Jérusalem, y accusa tout net Fuifin d'hérésie origénienne. Jean et Rulln haussèrent lesépaules, mais un prêtre de Bethléhem, Jérôme de Stridon, prit feu et flamme, tout en gardant encore dans ces premiers temps une sourdine que lui imposait son ancienne admiration bien connue pour Origène. Sur ces entrefaites, saint Épiphane arriva à Jérusalem et réclama de l'évêque la condamnation de l'alexandrin, que Jean refusa, disant qu'il démê- lait le vrai du faux personnellement, mais que si on en voulait faire plus on n'arriverait jamais à s'entendre. De cela Epiphane s'inquiétait assez peu, il prê- cha contre les origénistes et réclama leur condamnation. Quand il vit la situa- tion suffisamment gâtée, il s'en alla faire une ordination sacerdotale à Bcthléhem sans autorisation de l'évêque diocésain. C'était la rupture ; les deux partis s'adressèrent à Rome et à Alexandrie. Tandis qu'eu 397, Jérôme se réconciliait avec Jean et Rufin (ce ne fut qu'une paix fourrée), Rufin se rendit en Italie, à Noie, à Rome et à Aquilée. Il publia une traduction du Péri archdn d'Origène et cita en faveur de l'orthodoxie de l'alexandrin l'exemple de Jérôme qui avait traduit quelques homélies du docteur. Ce patronage de" Jérôme n'était pas la seule liberté prise par Rufin qui avait rapproché de l'orthodoxie les passages condamnables du Péri archon. Dès que cette manœuvre fut connue, la guerre reprit sans merci et le pape Anastase rejeta comme infidèle la traduction de Rufin. A partir de ce jour, les écrits d'Origène furent considérés, même en Occident, comme entachés d'erreurs. C. H. E. Lommatzsch, De origine et pro- gressa liseresis Origenianse, in-8, Leipzig, 1846 ; Huet, Origeniana, édit. De la Rue, t. IV ; Doucin, Histoire des mouvemenls arrivés dans l'Eglise au sujet d'Origène, in-4, Paris, 1700 ; Walch, Ketzerhist., t. vu, p. 362-760 ; A. Vin- cenzi, S. Greg. Nyss. et Origenis scripta et doclrinain, nova recensio, in-8, Romte, 1865, t. m ; Am. Tliierry, Luîtes de Vorigénisvie à Rome, dans la Revue des Deux Mondes, 1865, série IVe, t. lviii, p. 521-563. On peut admet- tre comme indubitable qu'avant 400 il n'y avait pas encore de sentence ecclé- siastique générale contre Origène ; on croit que le pape Sirice ne lui fut pas défavorable, ce qui lui aura attiré de la part de saint Jérôme l'accusation de simplicité. Dans la lettre à Jean de Jérusalem, Anastase ne portait pas une condamnation formelle (D. Constant, Epist. rom. pontif., monitum ad epist. Anastasii, n. 7) et la lettre à Simplicien de Milan est très suspecte. Saint Léon le Grand se borne à dire qu'Origène a été justement condamné pour sa doc- trine sur la préexistence des âmes. Le décret dit de Gélase nous dit ceci : Item Origenis nonnulla opuscula, quse vir heatissimus Ilieronymus non répudiât, legenda suscipimus, reliqua autem omnia cum auctore suo dicimus renuenda. (Thiel, Episl. rom. pontif., p. 461). Ainsi Origène n'était pas encore déclaré hérétique ni ses ouvrages défendus. Saint Jérôme, dans un passage suspect, parle, il est vrai d'une condamnation antérieure d'Origène par le Saint-Siège 115. pEnsHcmiON coNxni: saint jean chiiysostome 139 trois cents moines oiigénistes. La [)lupart d entre eux se l'endiient en Palestine; une cinquantaine d'autres, parmi lesquels se trou- vaient précisément les I.ongs-Frères, se réfugièrent à Constan- tinople (401) où saint Jean Chrysostome les reçut très cordialement, les secourut et intercéda en leur laveur auprès de Théophile, mais mais il ajoute (|ih- ce ii fsl pas pi opter dognialum itovitutein ni propter ha;resim, La controverse oiigéniste était entrée dans une phase d inextricable détordre ce n'était plus que Iraduclious infidèles et tendancieuses, sélectious de textes arbitraiivinent choisis et rapprocliés, préventions des cxégètes. Bientôt la question dévia de plus en plus et des intérêts étrangers s'y inèlèreut. iliéo- pliile d Alexandrie, origéniste déclaré, était dominé par des vues et des pjissions mondaines. Adversaire passioiuié des nioiues aulhroponioipliites, il avait combattu leurs opinions dans une lettre pastorale. Uue insurrection de ces étranges cénobites qui marclicrent par bandes sur Alexandrie lui arracha la condamnation d Origèue. Il cédait à la force, bientôt son intérêt l'amena à un revirement complet d idées. Les origéuistes avaieutalors pour chef les «Lougs- Frères », quatre hommes de taille gigantesque, pieux et instruits, nommés Dioscore, Ammon, Eusèbe et Eulhyme. Tiiéophile avait eu jadis avec eux les rapports les plus agréables, il avait élevé Dioscore sur le siège épiscopal d'Her- mopolis et nommé deux de ses frères économes de sou Eglise. Mais ceux-ci, craignant d'exposer le salut de leur âme dans la société de Théophile, doul les passions devenaient de jour en jour plus vives, se retirèrent au désert. Théo- phile s en montra très irrité. Il poursuivit le prêtre Isidore qui avait exercé longtemps sur lui uue grande influence. Isidore se réfugia chez les moines origéuistes qui prirent hautement sa défense et Théophile perdit toute mesure. Le récit de tous les incidents qui se produisirent autour de cet épisode priu- cipal a été fuit d'une manière généralement exacte par A. Thierry, Le patriar- che d'Alexandrie, les Longs-Frères et la première déposition de Jean Chry- sostome, dans lai Jieyue des Deux-Mondes, 18G7, t. Lxxi, p. 7o-lol. Théophileavait fait alliance avec les anthropomorphites, saint Jérôme et saint Epiphaue. Il liut plusieurs conciles contre les origéuistes qu il condamna avec les livres de leur docteur. En 401, il interdit les écrits de l'illustre maître dans uue lettre pas- cale qui dépassait les dernières mesures de la modération. Les origéuistes ne se soumirent pas et l'évêque d'Alexandrie entama la pei'sécution armée contre les moiues du désert de Nitrie qu il pourchassa à la tête d uue troupe de soldats réguliers. Bi aucoup prenaient la fuite. Les Longs-Frères se rendirent à Jéru- salem, de là à Scythopolis et enlin à Constautiuople où ils espéraient trouver protection à la cour impéj'iale, surtout par 1 entremise de 1 évèque Jean Chry- sostome. Sur les Longs-Frères, 'ASt/.soi jjia/.pot, il faut cousulter encore, uulre le Dialogue do Palladius, l Histoire Lausiaque, et sur le conflit origéuiste, Bou- vvctsch, Origenilische Strcitigkeiten dans Itealencrklopiidie fur protest. Theol. u/id Kirclie, l'JOi, t. xiv, p. 4b9-4'Jo • Dale, dans Uictiunn. ofchristiiin Biogra- phy, t. IV, p. 142-15G ; Fr, Loofs, L.euntius %'on Byzanz und die gleichnamigen Schriftsteller der griechischen Kirche, iu-8, Leipzig, 18.S7, Fi-. Diekamp, Die origenitischen Slreitigkeiten iin VI. Jahrhundert und dus V"' ullg. Konzil, iu-8, Muuster, 1899. (H. L.) 140 LIVRE vni ne voulut cependant pas les admettre à la communion, parce qu'ils étaient bannis par leur évêque ^. Théophile refusa son pardon ; il envoya même des députés à Constantinople pour y porter plainte contre eux, et il demeura mécontent de Jean Chrysostome, qui, lui avait-on rapporté, avait formellement admis les moines fugitifs à la communion ecclésiastique. Mais ceux-ci ayant porté devant l'empe- reur Arcadius de très-graves accusations contre Théophile, ce der- nier fut mandé à Constantinople pour se justifier par-devant Jean Chrysostome de ces attaques ; d'autre part, les accusateurs ne pou- vant prouver la culpabilité de Théophile, on s'assura d'eux jusqu'à l'arrivée de leur adversaire, pour savoir s'ils avaient calomnié. Théophile différa par calcul de se rendre à Constantinople, et per- suada à Épiphane, évêque de Salamine dans l'île de Chypre, alors âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, de se rendre lui-même à Constantinople pour y ouvrir le feu contre les origénistes 2. Ceci se passait pendant l'hiver de 402. A l'arrivée d'Épiphane, Jean Chry- sostome envoya au-devant de lui son clergé pour lui faire honneur ; mais Epiphane, nonobstant cela, déclara qu'il n'entrerait pas en communion avec Jean avant que celui-ci eût chassé les Longs-Frères et prononcé l'anathème contre Orio-ène -^ . Jean Chrysostome répon- 1. Voici exactement la conduite que tint saint Jean Chrysostome. « Il accueillit les Longs-Frères, mais avec la prudence nécessaire, se refusant à les admettre à la communion avant d'avoir pris à Alexandrie des informations précises ; il leur offrit seulement un asile dans les dépendances de l'église de la Résurrec- tion. Il entama ensuite des négociations avec Théopliile, dans l'espoir de l'ame- ner à une réconcilation, mais échoua. Les Longs-Frères eurent alors l'idée de s'adresser à l'impératrice ; ils lui remirent une supplique, et Eudoxie prit d'abord en main leur cause. Elle décida Arcadius à convoquer un synode qui devait se prononcer sur les accusations que Théophile avait fait formuler con- tre les origénistes par des moines qu'il avait délégués à cet effet. » A. Puech, Saint Jean Chrysostome, in-12, Paris, 1900, p. 158-159. (H. L.) 2. M. A. Puech, op. cit., p. 159, le décrit parfaitement en une ligne : « Ex- cellent homme, compilateur médiocre et brouillon infatigable. » (H. L.) 3. Le voyage d'Épiphane faisait le jeu de Théophile qui, à ce moment même, répondait à la lettre de Jean Chrysostome en faveur des Longs-Frères par la réponse suivante : « Je ne croyais pas que tu pusses ignorer les canons de Nicée qui défendent aux évèques de juger des causes en dehors de leur ressort. Que si tu les ignores, je t'invite à en prendre connaissance, et à ne pas recevoir de requête contre moi. Dans le cas où je devrais être jugé, il faut que je le sois par les évêques d'Egypte et non par toi, qui es éloigné d'ici de soixante-quinze journées. » Jean Chrysostome ne tombait pas sous le coup du canon 5e de Nicée qui portait comme correctif — et c'était précisément le cas de l'évêque de Constantinople — que l'on s'informerait si ce n'était pas par faiblesse ou 115. PERSÉCUTION COXTilE SAINT JEAN CIIUYSOSTOME 141 dit : « Le prochaiji concile en clécidcra. » Epiphane chercha alors à d(''tacher de lui el à gagner à son parti les évêques présents à Constantinople ; il voulut même prêcher ouvertement contre lui. Mais saint Jean Chrysostome lui lit dire iiiiinilede crimes dont on ledit J«jJ coupable. Nous le maniions à coinparaîlre et amène avec foi le.s prêtres Scrapion et Tiiri'ès. on a besoin deux -. » .lean Chrysostome avait autour de lui ipiarante évcques (jui rccla- mèrcnl à Thcopbile une réponse inimédiatc que liois évèqucs et deux prêtres lui poitèriMil ''. |.Iean (dii'vsoslome v jusiifiail sa conduite el restât pas tiaiis la bouclio quoique parcelle du sacrenicut. Ou avait fait de cela un chef d accusation contre lui, cl celait le seul ([ui fût l'ondé. Maiisi, f^). cit., t. m, col. 1150. 1. Tandis que deux meiiibi-es du concile portaient à Jean la cilalion à com- paraître, les évoques cl les fidèh'S élaienl gj-oupés autour de I archevêque dans son palais. Pallade, le biograplie du saint, a fait le récit inouveinenlé des seèues qui se passaient et des bruits alarmants qui couraient dans la ville. On an- nonça les députés du concile du Chêne, l'archevêque ordonna de les inli-oduire. C étaient deux évêques lybicns, Paul d Eiylhrée .et Dioscoïc de Dardaiie. 11 leur demanda quel rang ils tenaient dans 1 Eglise « iS'ous sonunes évêques, » dirent-ils. Jean les fit asseoir et les pria de leur faire connaître l'objet de leur visite : ( Nous sommes seulement chargés d'une lettre pour (oi, lui dirent-ils, permets qu'elle soit lue. > Sur le consenteiuent sté. D'autres rappelèreul le péril qu'il y aurait à s'attaquer à l'idole du peuple. Quehpi'uu — ce fut peut-être Sévérien de Cabale — lit cette proposition à laquelle tout le monde se rendit : « Jean ('tourdil depuis deux mois les oreilles du prince pour lui arracher la convocation d"uu coucilc qui, réfor- mant les décrets du Clièue, l'absolve lui-mênio et condamne ses juges. Eh bien ! que le prince lui accorde ce concile pour le tourner à sa confusion, ce qui ne sera pas difficile, vu le nouveau crime qu'il vient de commettre et qui soulève contre lui 1 indignation universelle. En ne négligeant point les moyens d'in- fluence, on arrivera, la cour aidant, à un résultat dans lequel la dignité du sou- verain ne sera point compromise, et Jean, condamné deux fois par un tribunal ecclésiastique pour des faits ecclésiastiques, n'aura plus qu'.i aller mourir en exil, à moins que l'impératrice ne trouve bon de le rappeler encore. » L'empe- reur adopta celle proposition et fit préparer les lettres de convocation du con- cile. On choisit Conslantinople pour le lieu de la réunion afin que les évèques fussent ininiédiatemeul sous la main d'Eudoxic. Au cours de ces délibérations préparatoires, le nom de Théophile d'Alexaudrie était dans toutes les bouches. Les évèques lui écrivirent, en dehors de la lettre de convocation, une lettre par- ticulière ainsi conçue ; «Théophile, viens j)<)nr être notre chef, et si lu ne le peux absolument, fais-nous savoir ce que nous avons à faire. » Tliéopliile s'ex- cusa de venir sur les occupations de sa charge et l'amour jaloux que lui portait son peuple d'Alexandrie. La raison véritable — t Or, poursuivit l'oraleui-, que se passe- t-il dans le cas présent ? Jean a été iléposé de son siège par le concile du Cliône ; il l'a repris de sa pure el seule volonté subreplicemeul, sans ([u'un jnj^ement d'ubsuiulion 1 y i-ap[iel;'it, et par ce seul tait il s'est mis liors des lois de l'E- plise. Que nous demande-t-il inaiutenaul .' Il nous demande tie se justilîer des crimes ipii uni motivé sa déposition, il \cul j)laider devant nous son innocence et nous prouver iju il a été condamné injusiemeut ; mais (|u'il l'ail été jusle- meiit ou injuslcmcul, cela iie nous regarde pas. Jean a cessé d'être justiciable d nn Iribiiiial ccclésiasliiiue ; Jean n est plus évéïjne ni prèti'e, il est excom- munié et nous ne pouvons ui entendre sa défense, ni communiquer avec lui, sans encourir nous-mêmes ia peine de lexcommunicaliou : ainsi le veulent les canons ((uc je viens de lire. IS'olre marche, dès lors, est tracée : nous n avons plus rien à faire d;ins ce procès que d invoquer le secours de la puissance sécu- lière pour niellre fin à nue usurpation qui trouble et déshonore l'Eglise ; ainsi le prescrivent les mêmes canons. » Ce dtclinatoire d incompétence confirmait purement et simplement la condamnation prononcée par le concile du Chêne et aggravait la pénalité. Au lieu de la déposition, c'était l'excommunication. Une semblable proposition jeta la stupéfaction dans 1 assemblée cjui connaissait à peine ces canons, comme une arme de guerre jadis inventée contre saint Alha- nase. Jean Chrysostoiue, se voyant privé du droit de présenter lui-même sa défense, cliargea ses amis du concile de le remplacer el nous en retrouvons les pi-incipaux points dans la biogi'aphie écrite par Pallade. I^a défense ffit non moins habile que l'allaque. Jean Chrysoslome prou\ait que les deux canons invoqués contre lui étaient ariens, rédigés par une assemblée héréticpie. En supposant les deux canons valides, ils étaient inapplicables à son cas, car il n'avait pas été dépose'; par un concile; enfin par la demande de convocation du concile actuellement assemblé, il ava.it eu pour but non de récupérer des pou- voirs qu il n avait cessé de posséder, mais de venger son innocence calomniée. Li' débat s engagea d'abord devant h' concile sur la validité des actes d'Antio- che dont on soupçonnait de falsification la copie des actes fournie par Ihéophile. On se j)assionna, 1 empereur lui-même prit part à la dispute et parut ébranlé. Pour le i-econquérir, Sévérien de Cabale proposa une discussion entre dix évêques dans le cabinet de l'empereur et en sa présence. Arcatlius y con- sentit. Parmi les défenseurs de Jean Chrysoslome se trouvaient les évêques Tranqnilliu et Elpide de Laodicée en Syrie. Celui-ci parla avec force malgré les ialeri uplious et les démentis ; pour en finir il demanda (jue Anliochns et Acace déclarassent par écrit partager la foi du concile qui avait comlamné Athanasc. l/emjjcieur approuva : ce fut une débandade, car autre chose était de soutenii- lexcellence de certains canons, autre chose d'attester i[u on était de la communion de ceux qui proscrivaient la foi d'Athanase. A l'approche de la fête d(; Pâques, les évê(jues de la faction, Anliochns à leur tête, allèrent trouver Arcadius et lui affirmèrent d'après les pointages que- Jean devait èlre 154 LIA'RE VIII pereur. Elle fut annoncée à Jean Chrysostome par des fonctionnaires impériaux, qui consignèrent l'évêque dans sa maison et lui interdi- rent de paraître dans l'église. Mais le peuple de Constantinople prit parti pour son évèque, et ne voulut assister qu'au service divin de ses clercs. C'est ainsi qu'arriva la Pàque de 404, et dans la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques, lorsque plusieurs milliers de fidèles étaient réunis dans l'église avec les néophytes, les soldats s'y précipitèrent, en chassèrent les joannites, (ainsi que l'on appe- lait les partisans de Jean), commirent des brutalités révoltantes et allèrent jusqu'à ensanglanter l'église. Les mêmes scènes se renou- velèrent les jours suivants, et Jean Chrysostome se vit menacé par des meurtriers jusque dans sa maison. Enfin, cinq jours après la Pentecôte, le 9juin 404, il futenvoyé en exil, et y termina sa glorieuse carrière en 407 ^. 116. Du huitième au quinzième concile de Carthage, depuis ïan 403 jusqu'à l'an 410. Pendant ces événements et les années qui suivirent on tint en Afrique plusieurs conciles. Le VHP fut célébré à Carthage sous Aurèle dans la basilica de la regio secunda, le 25 août [vn kalen- das septembrh), sous le consulat de Théodose et de Rumoride, en 403. Ce que nous possédons de ce concile se trouve dans le Codex canonum Ecclesiie africanip. n. 90-92 ~. Saint Augustin assista à ce concile qui commença par vérifier si, conformément aux décrets des conciles antérieurs, chaque province d'Afrique avait tenu pour condamné par le concile. Sur ces assurances, l'empereur fît signifier à l'arclievêque par un de ses officiers qu'il eût à quitter l'Eglise sur le champ. Jean déclara qu'il ne céderait qu'à la force. Ce qui suivit appartient à 1 histoire générale. Pendant que des violences tragiques épouvantaimit Constantinople, le concile terminait sa session obscurément. 11 pri)nonça avant de se séparer que Jean déposé et remonté subrepticement sur son siège était excommunié et livré au bras séculier. (H. L.) 1. Mansi, op. cit., t. m, col. 1154 sq., col. 1158. 2. Dans Mansi, op. cit., t. m, col. 787 et sq., col. 1155 et Hardouin, op cit., t. I, col. 911 sq.;Cf. Fuchs, Bibliothek der Kirchenvers., t. m, p. 125. Sur cette période et les conciles qui la marquent, cf. H. Leclercq. [^Afrique chrétienne, 1904, t. II, p. 101-103. (H. L.) 116. I)L HUITIKME AU QUINZIEME CONCILE DE CAKTHAGE 1 55 envoyé le nomlire légal c\c députés. Deux décrets (les n. 91 et *J2 des canons africains' se lapportcMit aux donatistes et sont ainsi [9f^] conçus : Can, l (91). Chaque évèque di>il, dans sa ville épiscopale, soit seul, soit d'accord avec ses collè^çues du voisinage, entrer en rela- tion avec les chefs des donatistes et les engager, par l'intermé- diaire des juges cl des magistrats civils, à envover, ilc leur côté, des députés en vue d'un collorpic sur les questions religieuses. Les lettres à écrire à cette occasion aux juges civils seront signées au nom de tous, par l'cvccjuc de Carthage. Can. 2. (92^ La lettre destinée aux donatistes lut soumise par rarchevè([ue Aurcle à lappiohalion du concile ; en voici le résumé : « Les donatistes et les catholiques choisiront chacun de leur côté des députés au concile ; ils discuteront en commun les points en litige, poui- arriver, autant que possible, à une entente fraternelle. » Remarquons que, dans ce canon, l'Eglise de Carthage, en sa qualité d'Eglise primatiale de l'Afrique, est appelée {•/.0L-'klc-/r,'^) Ecclesia catJiolica, et que le concile plénier de l'Afrique est appelé concilium catlioUcunt . Au mois de juin de l'année 404, le IX" concile de Carthage, s'occupa également des donatistes, et cléputa aux empereurs (^Arca- dius et Honorius) deuxévéques, Théase et Evode. Nous avons comme actes de ce concile et sans compter le proœmium, les instructions synodales données à cesdcux députés(n. 93des canons africains}. Elles étaient ainsi conçues : « Ils feraient savoir aux empereurs (à pro- prement parler, à Honorius qui était empereur d'Occident), que les donatistes avaient dédaigné les avances faites l'année précé- dente ; ils n'avaient pas choisi de députés et s'étaient permis toutes sortes de brutalités contre les évoques, les clercs et les églises des catholiques. Les députés devaient ensuite solliciter des empereurs, leur appui pour l'Eglise et ses serviteurs, la remise en vigueur des lois pénales de Théodose contre les hérétiques. » On confia en même temps à ces députés une lettre svnodale adressée aux empereurs et signée, au nom de tous, par l'évèque Aurèlc. Dans une [991 seconde lettre, on sollicita les juges civils de se poi'ter comme défenseurs des catholiques, jusqu'à l'arrivée de lOrdonnance impé- riale. La déposition déjà décrétée au sujet d Equice, évèque d'Ilippo-Diarrhytus, fut confirmée. Enfin on remit aux députés du concile des lettres de recommandation pour l'c-véque de Home, et en général pour les évèques du pays où séjournait alors Tempe- 156 LIVRE VIII reur ^. Avant que les députés du concile eussent rencontré Ilono- rius, celui-ci, poussé par les brutalités des donatistes, avait rendu un édit qui menaçait les donatistes laïques de l'amende, et les clercs du même parti, de l'exil. Peu après (février 405), Honorius publia une série de lois sévères, et ordonna, en particulier, d'enle- ver aux donatistes leurs églises ~. Il en résulta une série de sou- lèvements donatistes, qui se produisirent d'abord à Carthage. Le 23 août 405, on célébra le X" concile de Carthage qui, dans l'intérêt de la paix, réclama l'envoi par toutes les provinces, au pro- chain concile, des députés munis de pouvoirs illimités [libéra lega- tio) '^. On décida, en outre, de demander aux juges civils d'user de leur influence pour opérer, dans les autres provinces, comme à Carthage^ la réconciliation des donatistes a^ec l'Eglise. On envoya à la cour par deux clercs carthaginois, des lettres de remerciements au sujet de la législation promulguée par l'empereur contre les dona- tistes. Enfin, on lut une lettre du pape Innocent P'", qui n'est pas arrivée jusqu'à nous, et qui portait : « Les évêques ne doivent pas, sans motifs graves, voyager sur mer; » ce cjui eut l'approbation du concile. Nous devons ces détails à l'extrait des actes synodaux qui nous a été conservé après le canon 93®, et au 94" canon du Cod. canon. Ecclesiœ africante *. Les Ballerini ont cru pouvoir attribuer à ce concile le canon qu'Isidore donne comme le 23® canon de Milève ^. Nous sommes mieux renseignés au sujet du XP concile de Car- M 001 thage, tenu le 13 juin 407 '^, dans la Basilica de la seconde région, et dont les actes se trouvent dans le Codex can. Ecclesiœ afvic, après le canon 94" jusqu'au canon 106". Les décrets de ce concile sont, en substance, ainsi conçus ^ : 1. Mansi, op. cit., t. m, col. 794 et 1159 ; Hardouin, t. i, col. 115 sq.;en alle- mand dans Fiichs, of. cit., p. 131 sq. 2. Cod. theodos., 1. XVI, tit. v: De hxreticis, 1. 38 ; 1. XVI, lit. vi, 1. 4, 5. Ne sanctum haptisma Heretur ; cf. 1. XVI, lit. ii, \. 1 : De religione. (H. L.) 3. Cf. Van Espcn, Commentar. in canones, p. 368, dans les scholies sur le 97e canon africain. 4. Dans Mansi, op. cit., t. m, col. 798 ; Hardouin, op. cit. t. i, col. 918- 919. En allemand dans Fuchs, op. cit., p. 135. 5. Ballerini, dans S. Leonis, Opéra, t. m, p. xcv. 6. Il faut lire Idih. juniis, et non j'uliis, ninsi que l'a remarqué Mansi, op. cit., t. m, col. 799, n. 4, et Hardouin, t. i, col. 919 ad margin. 7. Dans Mansi et Hardouin, op. cit., en allemand dans Fuchs, op. cit., p. 137 sq. ; Van Espen a donné un commentaire de ces canons, Commentarius, p. 365 sq. IIG. I)L HUITIKME AU gUINZlKME CONCII.i: IJE CAKTUAGE 157 Can. 1 (95'" du Coder can. Eccl. afric). I/ordonnaiico du concile d'Hipponc, portant rcunion annuelle dun concile f^énéral étant trop onéreuse pour les évècjues, on ne tiendra à l'avenir de concile général que lorsqu'il sera rendu nécessaire par les besoins de toute l'Afrique, cl il se tiendra dans la localité où il sera le plus facile de se réunir. Les affaires des I']glises particulières devront être traitées dans les synodes provinciaux. Can. 2 (96''). Comprend trois divisions : à) Si on appelle dun jugement, les deux parties choisiront les juges de deuxième instance, mais ne pou non l appeler de leur jugement. b) Les ainbasssades (h^ la Numidie, etc., sont reçues avec la plus grande reconnaissance ^. c) On doit demander (à l'empereur) '- cinq ea;eculores ou exaclorea pour les besoins des Eglises (c'est-à-dire pour en faire rentrer les revenus.) Can. 3 (97°). Les ambassadeurs du concile, Vincent ctFortunat, doivent réclamer l'institution pour l'Eglise des avocats particuliers. Ces ambassadeurs, qui se rendront à la cour, seront munis de pleins pouvoirs, et l'évêque Primosus, le député de la Maurétanie Césarienne, ne s'étant pas rendu au concile^ on en instruira Inno- cent, primat [sene.v] de cette province. Can. 4 (98"). Les communes qui n'avaient pas d'évêqucs n'en auront pas non plus à l'avenir, à moins que le concile plénier de la province n'y consente, de même que le primat et l'évêque dans le diocèse duquel se trouve l'Eglise en cjuestion •^. Can. 5 (99''). Les Eglises, qui en quittant la secte des donatistes, avaient des évoques pour elles, peuvent les conserver sans une autorisation ultérieure ; mais à la mort de ces évêques, elles devront renoncer à former un diocèse particulier et se rattacheront à un [101] autre diocèse. Les évêques qui, avant la publication de ledit d'union de l'empereur (p. 99), ont fait rentrer dans le sein de l'Eglise leurs paroisses donatistes, peuvent les garder ; mais après la publication de ledit, les paroisses converties ou non converties reviennent aux évêques catholiques du voisinage, auxquels elles appartenaient de 1. C (Hait If foyer du doTialisnio. (H. L.) 2. Cf. Yaii l-".s|)cii, op. cit., p. 366. 3. Le dioil dv fonder «le nouveaux l'-vùcliés n'clait donc pas encore réservé au pape. Cf. Van Espen, op. cil., p. 368. 158 LIVRE VIII droit pendant qu'elles étaient hérétiques. La même règle s'applique au mobilier et aux droits des Eglises ^. Can. 6 (100"'). Le concile établit des juges pour l'affaire de l'évê- que Maurentius -. Can. 7 (101''). Au sujet du différend survenu entre l'Eglise de Rome et celle d'Alexandrie (à cause de la déposition de Jean Chry- sostome), on écrira au pape Innocent pour le rétablissement de la concorde. Can. 8 (102"). Des époux séparés ne doivent pas contracter d'autre mariage, mais ils doivent se réconcilier ou vivre comme étant sépa- rés; on demandera aux empereurs de rendre un décret sur ce point ^. Can. 9 (103"). On ne doit se servir que des formulaires de prières examinées par le concile et réunies en recueil par des hommes compétents. Can. 10 (104^). Un clerc sur lequel pèse une accusation ne peut sous peine de perdre sa dignité, demander à l'empereur des juges laïques ; mais il peut lui demander un tribunal épiscopal. Can. 11 (105"). Quiconque après avoir été excommunié en Afrique parvient à se faire recevoir à la communion, dans un endroit quel- conque d'au delà des mers, doit être exclu du clergé. Can. 12 (lOC). Quiconque veut se rendre à la cour de l'empe- reur, doit d'abord avoir des litterœ formattc. pour l'évêque de Rome, et celui-ci lui remettra de nouveau des littenx; formatœ, s'il se rend à la cour. A défaut de ces dernières lettres il sera excommunié. hcs formaiœ expliqueront les motifs du voyage et donneront la date de la fête de PAques. — Les députés du concile auprès des empereurs au sujet des donatistes, devront obtenir de ces souve- [102] rains tout ce qu'il leur paraîtra utile. Toutes les lettres synodales seront signées de l'évêque de Carthage *. Les XIP et XIII" conciles de Carthage se sont tenus en 408, le premier, le 16 juin et le second le 13 octobre ; nous savons qu'ils déci- dèrent l'envoi d'ambassadeurs à l'empereur au sujet de l'affaire des 1. Van Espen, op. cit., p. 368 sq. ; Fuehs, Bibliotkek der Kirchensers., t. m, p. 140. Cette ordonnance fut abrogée en 418. 2. Le texte de ce canon est très fautif et très difficile à comprendre. Cf. Van Espen, op. cit., p. 369, 370. 3. Cf. Van Espen, op. cit., p. 370. Corpus j'uris can. causa XXXIII, quaesl. vu, c. 5, où ce canon a été pris dans Isidore comme provenant du concile de Milève. 4. Van Espeu, op. cit., p. 371. 117. CONCILES A SÉLEUCIE, A PTOLÉMAIS RI A UIlAt;A 159 doiiatistes. Nous irouvoiis fc rensoitifncnient dans le Codex cano- nuin Ecclesiw af'ricanse, entre les oanons i()()" et 107" ^. Ce même Codex nous apprenti quchpie chose tUi XIV" concile de Cartilage, (juin 40'J) (pu ne lui pas un concile général, mais provin- cial. On en cite [loc. vit.) un décret, qui dispose ([u un évèque seul n'a pas le di-oil ilc porter un jugement. L'année suivante (juin 'ilO), se tint le XV" concile de Carthage, dont la CoUectio canonuni Kcclesiœ africanœ nous parle après le canon 107". On v voit (pie ce contile décida l'envoi d une ambas- sade aux emj)ereurs pour (aire excepter les donatistes de l'édit de tolérance dHonorius au sujet de tous les dissentiments religieux -. L'empereur accéda à celle demande. m. Conciles à Séleucie, à Ptolémaïset àBraga. D'après les traditions de l'Orient, il se tint dans le mois de février de cette même année 410, et la 11'' du roi de Perse L'izdfferd P"", un concile persan à Séleucie-Ctésiphon ^. Le motif de cette réunion 1. Mansi, op. cit., t. m, col. 810 ; Hardouiu, op. cit.. t. i, col. 926 ; Fuclis, op. cit., p. 147 sq. 2. Maiisi, op. cit., t. m. col. 810; Hardouiu, op. cit.^ t. i, col. 'J26. 3. Th. J. Lamy, L Eglise syriaque et la procession du Saint-E.sprit, décision inédite d'un concile tenu à Séleucie, en ^tiO..., clans la Revue catholique, Lou- vain, 1860, série Vie, t. m^ p. 166-17.'3; Concilium Seleuciœ et Ctesiphonti kabitum anno ilO, textum srriacum edidit. latine vertit notisque instru.xit, in-4, Lova- nii, 1868, (cf. Paulin Martin, dans lo Pnlyhihlion, 1869, t. m, p. 21-23), dans la Science catholique, 1887, t. i, |). 410 ; Le concile tenu à Séleucie Ctésiphon, l'an ilO. dans la Science catholique, 189i, t. vin, jj. 917-926, 1017-1034, réimpri- mé dans le Compte-rendu du congriis scientifique catholique, 1894, t. ii, p. 250- 276 (cf. A. Boudinhon. dans le Canoniste contemporain, 1896, t. xix, p. 140- 143) ; R. Duval, La littérature syriaque, in-12, Paris, 1899, p. 177 ; J.-B. Chabot, Synodicon orientale ou recueil des synodes nestoriens, dans les Notices et ex- traits des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, t. xx-xyii, 1902, p. 253-269; J. Labourt, Le christianisme dans l empire perse sous la dynastie sassanide, in-12, Paris, 1904, p. 92-99; P. Martin, Za particule iFilioque » et le concilede Ctésiphon, dans la Bévue des questions historiques, 1869, t. vi, p. 518-524 ; cf. Bévue des traditions populaires, t. xi, p. 244. Jazdgerd succéda à Hormis- das sur le trône de la Perse lan 399 ou 400 et commença son règne par la persécution des chrétiens. Eu cette année même Arcadius ayant conclu la paix avec Jazdgerd lui envoya en ambassade Maiouta, évô(|U(.' de .Maiphercat, Mésopota- 160 LIVRE VIII est ainsi expose dans la biographie de rarclievêque Isaac de Séleu- cie : « Le roi lazdgerd, qui avait longtemps et cruellement persécuté mie, médecin distingué, qui avait assisté au concile de Constanlinoplc eu 381 (So- crate, Ilist. eccles., 1. YIII, c. viii, P. G., t. lxvii, col. 752 ; Grég. Barhebraeus, Cliron. eccles.^ scct, ii, p. 62 ; J. S. Asscmani, Jiihlioth. orientaJis^ t. m, pai'l. 7, p. 364-365). Maroula put ainsi réunir uu synode persan à Séicucie ; on y éleva Isaac sur le siège éjjiscopal de cette ville que quittait Caïouma (J. La- bourt, op. cit.^ p. 87-92 et la note de la page 88 dont, la chronologie diffère un peu de celle de Lamy), la date de cet événement paraît être en 399. Marouta fut chargé vers 408 d'une nouvelle mission en Perse par Théodosc II, succes- seur d'Arcadius. Marouta apporta avec lui les décrets des conciles de Nicée et de Coustantinople que l'Eglise persane connaissait h peine par suite de la nécessité où elle se trouvait, pour écarter les soupçons de trahison, d'éviter toute espèce de relations avec les Églises byzantines. Lévèque Isaac jouissait de la faveur d'Inzdgei'd (Amras, dans Asscmani. Bihlioth. orient., t, m, part. 1, p. 365) ce qui faiilila le prdjct de Marouta de pacifier 1 Eglise persane divisée par l'arabitiou de ses évoques {Synod. orient., p. 293). Avec laide du roi, il en- treprit une réorganisation et dirigea un concile tenu à Séleucie-Ctésiphon. Qua- rante archevêques et évèques y assistèrent. D'autres conciles succédèrent à celui-ci en 420 cl en 430, mais celui de 410 est le premier dont le symbole et les canons soient parvenus jusqu'à nous. En 1858, Th. J. Lamy retrouva le texte syriaque dans une collection jacobite de canons contenue dans le ms. de Paris, n. 62 (ixo siècle) et le publia à Louvain, 1868, avec une traduction latine et des notes étendues. Ign. Guidi retrouva le même texte avec les souscriptions épiscopales dans un ms.du musée Borgia à la Propagande, A'. VI, k, transporté à la bibliothèque Vaticane (mai 1902). Un autre ms. contenant la même collec- tion se trouve dans la bibliothèque de l'église de Seert, comme nous l'apprend Ebed Jésus Khyyat, Syri orientales, Romœ, 1870, p. 122 ; enfin M. Chabot a fait usage pour son édition des ms. syr. 332 de la Bibliothèque nationale et K. VI, 4 du Musée Borgia. Ign. Guidi, dans Zeitschrift der deiit. morgenlând. GeseUschaft, 1889, p. 388-il4 a donné les noms des évèques qui ont assisté aux conciles de 410, 420, 439, 485, 499, 544, 553, 577, 677. Les canons du concile de Séleucie avaient été lus par Eusèbe Renaudot dans le ms. syr. 62 {Litiir- qiarum orientaliam collectio, t. ii, p. 272) ; J.-S. Assemani en avait trouvé quelques-uns dans la Collection de canons encore manuscrite d'Ebed Jésus (éditée par Mai, Scriptor. veter. nova collectio, t. x) et avait parlé brièvement et doctement du concile de 410 {Bihlioth. orientalis, t. m, part. 1, p. 363-366). Ni l'un ni l'autre n'avaient élevé le moindre doute sur l'authenticité des canons. Muratori, quoique ignorant la langue syriaque, se montrait moins rassuré en publiant {Anliquitates niedi ievii,\.. m, p. 976 sq.) une traduction latine élaborée par un syrien pour le cardinal Frédéric Borromée. Mansi inséra le texte en question dans son Supplementum. (Mansi, Concil. gênerai, collect., supplemen- tum, t. I, col. 286 sq.) Toutefois, comme le concile de Constantinople se trouve mentionné à la fin et comme ce concile n'a pas clénni le dogme de la procession du Saint-Esprit a Filio, il soupçonnait une interpolation à l'endroit oii il est dit : « Nous confessons l'Esprit vivant et saint, Paraclet vivant et saint qui 117. COXCILES A SKl.EUCIi:, A PT01.i;.MAÏS ET A ItllAGA 161 les clirrtioiis, tomba gravemenl luahulo. Dans oclU' extrémilé, il de- niaiula à reinpeicur Arcadius de lui oiivover un habile médecin. Celui-ci désigna l'évèqne Maronta et lui donna îles lettres priant la/dgerd de ne pas se montrer cruel à l'égard des chrétiens. Le roi vient (lu l'ère et du Fils. » Ce soupçon n'était pas fondé. Ilclele, qui ignorait le travail de Tii. J. Lamy, rejeta carrément le concile de Sélcucie en ces ternies : « Le prétendu concile qui aurait transmis à l'évèque do Sélcucie un droit patriarcal sur loute 1 Assyrie, la Médie et la l'crse est évidemment controuvé et la mention d un patriarcat à celte occasion est un anachronisme patent, comme l'a [)rouvé Assemani. m llofele s est lronip('\ il a confondu la di|j;nité do [jatri- arciic avec celle de piimat. Ce sont les nesturiens qui, une fois en possession du siège de Sélcucie, se sont arrogé le titre de palriarclic pour être complète- ment indépendants du siège d'Antiodie. Aupara\ant les mélropolitains île Sé- lcucie se contentaient du titre de catliolicos d'Oricni (jni é(iuiviilait à peu près à celui de métropolitain. Assi-mani adnicl raulliciilicilë des canons de 410, mais il rejette comme apocryphe la prétendue Icllre des Occidentau.x. Pitra, Juris ecclesiastici Grxcuniin fiistoria et inonumenta, t. ii, donne le symbole de Sé- leucie en syriaque et en latin d'après le ms. de Milan et il en soutient l'aulhenti- cité. Cf. Matagne, dans les Etudes religieuses, janvier J8G9 ; F. Marlin, dans la Revue des quest. hist., 1869, t. vi, p. 518-524 ; Zingerlé dans T/icologisches Lileratnrhlatt^ 18G8 ; P. Marlin, Lettre au />'" Pitsoy. sur la double procession du Saint-Esprit. Paris, 187(3, p. 19, qui défendait l'authenlicité que conibatlcnl le Churcli Times, 1869 et le Colonial Church Times, mai 1870. Ce dernier n'émet de doutes que sur 1 aullH>nlicilc de quatre ou cinc] canons. Enfin M. Brosset, dans les Bulletins de l Académie impériale de Saint-Pélersbonrg^ t. vi, 6"-' livrai- sons et P. Viollel, dans la Rcue Iiistori/fue, 1876, acceptent les conclusions de Th. J. Lamy. L époque de la célébration du concile est clairement maïquée par les manus- crits comme nous le verrons plus loin dans le texte (jue nous transcrirons. Il résulte de leur témoignage que lazdgerd v ordonna que, dans toul son empire, les églises détruites par ses pères fussent magnifiquement reconslruiles, que tous ceux qui avaient élé éprouvés pour Dieu fussent remis en liberté, que les prêtres, les chefs et le clergé circulassent en liberté et sans crainte. » [Synod, orient , p. 254.) Ce fut comme l'Édil de Milan de l'Église persane (J. Labourl, op. cit., p. 93). Nous ignoi'ons le détail des négociations qui précédèrent celle déclaration officielle ; mais l'évèque Marnula y eut une gi-ande part. Il était porteur de trois lettres adressées par les « Pères occi> à la/.dgerd et aux évèques, — au roi de Perse, — à lévèciuc Isaac. Braun, De sancla Nicœna synodo, dans Kirchengeschichtliche Studien, Miuisler, 1898, p. 34 scj. Ces let- tres portaient les signatures de Porphyrios d Anlioche, d'Acacc d Alep (Acace de Bérée, que nous retrouverons au concile irEj)hèse), Pagida iPEdcssc, Lu- sèbe de Tclla, Acace d'Amid, et ces grands noms ajoutaient encore à la grave mission de Maroula qui sul convaincre le roi de Pei'se et le décider à provoque r uiK' réunion générale des prélats ui'iiiilaux, S\no(l. aiicnl., p. 'l^A't. Aii mois de janvier, en la solcnnilo de I l-^pij)lianie, les é\éc[ues se léunirent dans la grande église pour enlendj-c la leclur-e de la K ttr'c des a Pèies occiilentanx >, cu.\cill;.s — II 11 162 LivnE VIII guérit et, plein de reconnaissance, accéda à la demande que lui fit [103] Marouta de rétablir l'Église chrétienne. Isaac, patriarche de Séleu- cie-Gtésiphon, réunit aussitôt en concile, dans sa cathédrale^ qua- rante évêques perses, parmi lesquels Marouta. Le concile proprement dit s ouvrit le 1<^'' février 410. Tous les témoignages sont d'accord sur ce point. Ils ont été recueillis par Th. J. Lamy, Compte-rendu^ p. 257-260), il suffît de renvoyer à l'énumération qu'il en fait. M. Ign. Guidi a tiré du ms. de la Propagande les noms des évêques qui ont apposé leur signa- ture au bas des Actes du concile. Mais il a tronqué le dernier canon qui règle la hiérarchie et l'ordre de préséance, en même temps qu il énumère les provin- ces ecclésiastiques et les évêchés. Voici cet important document : « En premier lieu, le catholicos occupant le siège de Séleucie-Clésiphon, il est le grand métropolitain et le chef de tous les évêques, avec l'évêque de Chaschar qui a rang de métropolitain, qui est le bras droit et le coadjuteur du catholicos , ad- ministre le siège et remplit les fonctions de métropolitain sous les ordres et la direction du grand inélropolitain, qui occupe le siège de Séleucie et de Ctésiphon. Après lui le siège de Beth-Lapel, métropolitain de la province de Belh-Hazaie (Suziane). Lors donc que les évêques recensés ici viennent à mourir, l'évêque qui est créé par le métropolitain de Séleucie-Ctésiphon, devient métropolitain des évêques, ses collègues. Ensuite, l'évêque métropolitain de Nisibe, avec ses suffraganls d Arzoun, de Cardon, de Beth-Zabdé, de Beth-Chahinai et de Beth- Moncsaie. Ensuite, l'évêque métropolitain de Phrat-Maischan (Bassora) avec ses suffragants de Carca, de Rima et de Naiiargour. Ensuite l'évêque métropolitain d'Arbelles avec ses suffragants de Beth-Nahadra, de Beth-Bagasch, de Beth- Dagan, de Ramounin, de Mahgart et de Dabrinous. Ensuite le métropolitain de Carca (de Beth-Selouc) avec ses suffragants de Shaharqadat, de Laschoum, d'Arioun, de Rach et d'Aabaglal. » Le concile énumère ensuite par leurs noms les métropolitains et les évêques en fonction ; nous voyons que les titulaires de sièges situées dans des régions très éloignées seront astreints à souscrire aux canons du concile et à les faire observer. Les signatures, au nombre de trente-sept, apposées au bas des Actes prouvent que l'énumération hiérarchi- que donnée par les Actes est incomplète, sans doute par la faute d un copiste. On devrait lire quarante noms, mais les deux évêques excommuniés Bité et Maschmadan ont pas signé; le troisième nom manquant peut être un oubli. D'a- près M. J. Labourt, op. cit., p. 94, note 1 : « Le nombre des évêques qui prirent part [au concile] n est pas certain. La lettre de convocation donne le chiffre de quarante. D'autre part, la liste des évêchés contient seulement vingt-six noms et celle des souscripteurs treule-sept. Je crois : lo que la liste des évêchés ne contient que ceux dont les titulaires étaient présents à Séleucie : les pays loin- tains, ou n'étaient pas représentés, ou n étaient pas groupés sous une juridic- tion métropolitaine ; de plus il y avait deux ou trois compétiteurs pour certains sièges ; 2° en ajoutant les noms de Bâtai de Mesamhig et de Daniel qui étaient présents au concile, mais ne furent pas admis à souscrire, on atteint le chiffre de 39 ou 40 qui est celui de la convocation. » Voir une autre explication de J.-B. Chabot : Sur la liste des é^'êques mentionnes dans le synode d'Isaac, op. cit., p. G16-620. Piirmi les évêques siégeant au concile plusieurs s'étaient 117. CONCILES A SÉI.EL'CIE, A PTOI.ÉMAÏS ET A ïinXC.X 163 Ce récit fait naître bien des doutes. Ainsi Arcadius, étant mort en 408, n"a pu envoyer en ilO un ambassadeur cl des lettres à lazdgerd. Les vingt-sept canons de ce prétendu concile offrent acquis une tri-ande rrputation : Osée de Xisibc, Zabda de Prat-Maisclian, Daniel d'ArbL'lles et Aqabalalia de Carca. Le raétropolilain des Susiens et des Elyméens, Agapet, qui signa le premier au synode de '»20, n'a signé ici que romme évêque, par la raison qu'il y avait alors plusieurs titulaires de ce siège, abus que le concile réforma ou Iefu^