THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY z?o H3GcH Return this book on or before th( ïï ° te stam Ped below. Theft, mutilation, and onderlining of books resuit in d.smissal from the Universify University of Illinois Library i IL LECLERCQ BÉNÉDICTIN DE L'ABBAYE DE FARNBOROUGH TOME III PREMIÈRE PARTIE p t PARIS LETOUZEY ET ANÉ, ÉDITEURS 76 bis, RUE DES SAINTS-PÈRES 1909 HISTOIRE DES CONCILES TOME III PREMIÈRE PARTIE Imprimatur F. Cabbol Dnwrrn i\ HISTOIRE DES CONCILES D APRES LES DOCUMENTS ORIGINAUX PAR Charles Joseph HEFELE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN THÉOLOGIE, ÉVÊQUE DE ROTTENBOURG NOUVELLE TRADUCTION FRANÇAISE FAITE SUR LA DEUXIEME ÉDITION ALLEMANDE CORRIGÉE ET AUGMENTÉE DE NOTES CRITIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES PAR Dom H. LECLERCQ BÉNÉDICTIN DE L'ABBAYE DE FARNBOROUGH TOME III PREMIÈRE PARTIE t r PARIS LETOUZEY ET ANE, EDITEURS 76 bis, RUE DES SAINTS-PÈRES 1909 3 i PREFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION ALLEMANDE L'inspection seule du nombre de pages (800 au lieu de 732 que contenaitrancienne édition,) permet dese rendre compte des additions apportées au troisième volume de V Histoire des conciles. Ces additions portent en particulier sur les pa- ragraphes 284, 285, 289, 290, 296, 298, 314, 324, 360, 362, 366, 367, 368, 370, 374, 375, 378, 383, 384, 399, 406, 407, et 408. Plusieurs concilesconnus depuis peu, ont pris la place qui leur revenait, de nombreuses et récentes recherches ont été utilisées, un certain nombre d'erreurs rectifiées, des omis- sions réparées. Les modilications les plus importantes sont relatives à Boniface, l'apôtre de l'Allemagne, et au pape Honorius. En ce qui concerne Boniface j'ai utilisé les travaux récents de H. Hahn, Diinzelmann, Oelsner, Albertdingk-Thym et autres ; quant au pape Honorius, il m'a paru utile d'indi- quer en détail les différences les plus importantes qui exis- tent entre le texte de la deuxième édition et celui de la première. Déjà dans la première édition, et d'après l'opus- 1. Les éditeurs ont rejeté du t. n au t. m le « Livre XlVe » qu'on trou- vera avec sa pagination en tête du présent volume. Cette légère modification nécessitée par l'abondance des appendices et le soin d'égaliser les volumes n'apporte aucune altération à l'ordonnance de l'ensemble ; il a donc paru pré- férable de donner en tête de ce tome m" la préface qui, dans l'original ne prend place qu'en tète du i iv DBUXIBMI IHIIIOX ALLEMAND! (•nie latin, Causa Honorii papas, j'avais pu déclarer « [ m- Honorius avait certainement eu une doctrine orthodoxe mais <|uc malheureusement, surtout dans sa première lettre au patriarche Serge de Constantinople, il s'était exprimé dans le sens des monothélites. Je conserve cette opinion bien que, .1 la suite d'investigations réitérées el tenanl compte d'écrits récemmenl publiés, j'ai modifié ou même supprimé complè- tement un certain nombre de détails contenus dans mon premier travail, et en particulier j'ai jugé moins sévèrement qu'autrefois la première lettre d'Honorius. Il est incontestable qui lonoi-ius s'<^st servi de l'expression monothélite una voluntas (dans le Christ) et qu'il a blâméle Bchiboleth de l'orthodoxie $ôo htipytuu {dues operationes) mais il n'y a là qu'un malentendu, car au début de la grande lutte dogmatique qui 8e livra à ce sujet il ne saisissait pas d'une manière assez précise le sens de ces deux expressions. Ainsi que je l'ai dit, j'avais soutenu qu'il professait une doctrine orthodoxe malgré les termes impropres et de sens hérétique dont il lit usage, j'ajoute «pie dans certains passages de deux lettres, il s'est efforcé de proclamer des opinions al lument ort lu »d< i g Lorsqu'en particulier, il attribue au Christ dan- sa première lettre, la le. r mentis, il se conforme aux usages paulinistes (Rom., vu, i.liet il n'a d'autre idée ^n vue que la volonté humaine non corrompue du Clnist : parconséquent il montre l'existence dans le Christde deux volontés : cette volonté hu- maine et la volonté divine. Si cependant Honoriusne voulait attribuer au Christ qu'une volont'', c est qu'en ce sens il comprenait dans le Christ l'unité inor.de de l;i volonté lui mai ne non corrompu'' et dels Volonté divine. On trouve également . dans la première lettre d'Hono- rius, des allusions prouvanl qu'il reconnaissait dans le Christ deux énergies ou operationes, mais il B'exprime mieux .1 sujet dans sa seconde lettre, lorsqu'il écrit: La nature divine, dans le Christ, opère ce qui est du ressort de la divi- PREFACE DE LA DEUXIEME EDITION ALLEMANDE VU nité, mais la nature humaine accomplit ce qui appartient à la chair. » C'est-à-dire qu'il faut distinguer, dans le Christ, deux énergies ou operationes. Mais cependant comme Honorius s'est servidu terme monothélite una voluntas et qu'il a blâmé le terme orthodoxe ôuo btépyeuu, il a paru approuver le mono- thélisme et il a, en fait, contribué à favoriser l'hérésie. Je maintiens comme dans la première édition, que ni les lettres d'Honorius, ni les actes du VI e concile œcuménique qui le condamna, n'ont été falsifiés. Malgré les objections du professeur romain Pennachi, pour lequel j'ai personnellement la plus haute estime, je persiste à accorder un caractère œcu- ménique aux sessions du concile qui jetèrent l'anathème sur Honorius. Le concile a simplement examiné le texte des lettres d'Honorius qui lui était soumis, il a reconnu qu'en fait, il s'était servi d'expressions hérétiques et avait blâmé des termes orthodoxes, telle est la raison de sa sentence. Dès l'antiquité, les tribunaux se préoccupaient plus des faits eux- mêmes que des considérations psychologiques. Du reste, le VI e concile œcuménique lui-môme, a reconnu que certains passages des lettres d'Honorius étaient en contradiction avec son monothélisme apparent. Le pape Léon II a d'ailleurs fait ressortir avec plus de préci- sion que le concile la nature de la faute d'Honorius; d'après lui, il avait favorisé l'hérésie par négligence au lieu de l'étouf- fer dès le début par une claire exposition de la doctrine orthodoxe *. Rottenbourg, novembre 1876. Hefele. 1. Hefele ajoute une note sur le concile de Paderborn, de 780; nous l'omet- tons ici pour mettre ce passage à sa place chronologique. (H. L.) T. II. [798] LIVRE QUATORZIÈME DISCUSSION SUR LES TROIS CHAPITRES ET CINQUIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE * CHAPITRE PREMIER PRÉLIMINAIRES DU CINQUIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE 258. Origine de la discussion sur les Trois Chapitres. T7991 Pour dépister Justinien et ses théologiens, acharnés à la pour- suite des origénistes, Théodore Askidas, archevêque de Césarée en Cappadoce, souleva l'affaire des Trois Chapitres. Quoique partisan d'Origène, l'archevêque de Césarée avait dû souscrire à sa con- 1. 11 serait trop long de citer tous les ouvrages ayant trait à la discussion sur les Trois Chapitres ; nous nous contenterons de mentionner les suivants 1° Dissertalio historica de synodo quint a, par le cardinal Henri Noris, de l'or dre de Saint-Augustin, imprimée pour la première fois à Padoue, en 1673, con jointement avec la célèbre Historia pelagiana du même auteur ; elle a été réimprimée dans le premier volume de l'édition des OE livre s complètes du car dinal Noris publiées par les Ballerini, 1729, p. 550-820. Ces deux ouvrages Y Historia pelagiana et la Dissertatio, ont entre eux une certaine liaison. L'au- gustinien Noris donna, dans son Historia pelagiana, carrière à sou zèle contre les pélagiens, et s'efforça de prouver que le premier fauteur du pélagianisme, c'est-à-dire Origène, avait été anathémalisé par le V e concile œcuménique. Le jésuite Pierre Halloix nia que cette condamnation ait eu lieu, et attaqua, à ce sujet, dune manière très vive, le V e concile œcuménique, dans son livre : Ori- genes defensus, sive Origenis Adamantii presb. amatoris Jcsu, vita, virtutes, documenta, item verilatis super ejus vita, doctrina, statu, exacta disquisitio, Leodii, 1648, in-fol. Noris lui répondit par une longue et savante dissertation, dans laquelle il défendait l'autorité du V e concile, prouvait sa confirmation par CONCILES — III — 1 2 i mu: xiv, CHAH I m I damnation, afin m tribus capitulie, advenus aeephaloe, P. t., t. Lzvtt, col. 921-928; Ilusticus diaconus, Ad*, acephalos disputatm. /'. /.. t. î xmi, col. 1167-1254 : A. Bobroklouskij, Die Sckrifl des Pacundus, Èisthof von 258. ORIGINE DE LA DISCUSSION SUR LES TROIS CHAPITRES 6 orages, il imagina de donner une autre direction à la manie de dogmatiser qu'avait l'empereur. Justinien était alors préoccupé de la rédaction d'un long mémoire pour la réunion des acéphales, à Hcrmiane : Pro defensione trium capitulorum, Moskow, 1880. (en russe) Cf. A. Harnack, dans Theol. Litcraturzeitung, 1880, t. v, p. 632-635; A. Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, 3° édit., t. n, p. 392-399 ; J. Schwane, Dog- mengeschichte der patrist. Zeit, Freiburg, 1895, p. 374-378 ; A. Knecht, Die Religions Politik Kaiser Justinians I, in-8, Wiïrzburg, 1896, p. 125-140; H. Hutton, The Church of the sixth century, in-8, London, 1897, p. 162-179 ; Diekamp, Die origenistischen Streitigkeilen im VI jahrhundert, Munster, 1899 ; W.Moller, G. Hùger, Drei-Kapitelstreit, dans Realencyklopàdie fur protestan- tische Théologie undKirche, 1898, t. v, p. 21-23; A. de Meissas, Nouvelles études sur l'histoire des Trois Chapitres, dans les Annales de philosophie chrétienne, juillet 1904. Il n'est pas hors de propos d'entrer ici dans quelques détails au sujet des Trois .Chapitres sur un travail de Thomassin relatif aux conciles et à celui que nous allons étudier. En 1662, au plus fort de la première période de la controverse janséniste, les supérieurs de la congrégation de l'Oratoire chargèrent un de leurs plus jeunes confrères, le Père Louis Thomassin d'un travail pour lequel celui-ci « leur demanda un ordre par écrit et signé, » rap- porte Richard Simon (Lettres choisies, xxi, t. i, p. 199) qui en donne l'original ainsi libellé : « Les Pères assistants prient le P. Thomassin et même lui ordon- nent de faire imprimer au plus tôt l'ouvrage qu'il a fait sur les conciles. Fait à Paris, ce 30 août 1662. Charles Dorron, Senault, R. de Mouchi, de l'ordre du conseil de notre R. Père général, P. Thiersault, secrétaire. » Il sortit de là un volume in-quarto portant ce titre : Dissertationes in concilia gêner alla et particularia, 1665. Ce volume ne fut jamais suivi du tome n qu'il annon- çait. Il s'arrêtait au pape Honorius et se composait de vingt dissertations relatives à autant de conciles généraux ou particuliers. Suivant la méthode en faveur parmi les auteurs antérieurs à Hefele, ces dissertations n'offraient entre elles que le lien assez lâche d'une matière identique appliquée à des points particuliers. Par exemple, à propos du concile de Nicée, on traitait la question de savoir si le pape possédait seul le droit de convocation aux conciles géné- raux et on pliait les faits à cette opinion. La dissertation consacrée au concile de Constantinople traitait de la confirmation, celle relative au concile d'Ephèse étudiaitlaprésidence dans les conciles généraux. Apropos du concile deGangres, il n'était guère question que de montrer le magistère ordinaire de l'Église condamnant la plupart des hérésies. Le concile de Chalcédoine fournissait le prétexte à la démonstration que le Siège de Rome avait précédé les arrêts de l'épiscopat en condamnant les hérésies. Une dissertation, la XVI', nous apprend que l'évèque de Rome a toujours été considéré comme le centre de la commu- nion catholique ; et la XXIII e a pour objet de démontrer que toujours et partout les affaires obscures et embrouillées ontété déférées à Rome. Les XIV e et XV« montrent le pape jugeant et condamnant les évèques les plus puissants et n'étant, lui-même, jugé par personne. « Bref, suivant la juste remarque de M . Turmel (Revue du clergé français, 1902, t. xxxi, p. 563) le livre des Disser- tations sur les Conciles était un traité de la primauté du pape dont chaque 4 I.IVIII XIV, «II A PI I III I * I Eglise. Askidas, aidé^ie quelques unis, lui Buggéra un moyen star el prompt d'y parvenir. 11 pouvait s'épargner la peine d'écrire an long méi '• ; an snathème contre Théodore de Mopsoeste et écrits, rontre la lettre d'Ibas d'Êdesse à Maris, el contre les écriti de Théodorel favorables à Nestorius el hostiles a Cyrille •■( au <«>n- cile d'Ephèse suffisail '. Cette proposition qui, au dire <1«' Libéra- chapitre av.iii pour cadre un concile. 1 On s'explique sans peine dèa lors l.i place que devaient occuper dans an tel livre lea papes Vigile i - : Bonorins. Le premier était excusé d'avoir successivement condamné puis défendu à de m ou trois reprisée différentes les frais Chapitres. On s'efforçait de mettre l'ordre et la logique dans sei actes [diss. XII, sppend. 1-2). Le cas «l Honoriua était très habilement résolu. Thomassin admettait l'autbenticiti - lettres et les condamnations dont trois conciles oecuméniques les avaient frappi en revanche, ces lettres devenaient des actes privés dépourvus de tout ci tère officiel, ce qui leur enlevait toute force pour l'usage qu'on en voulait faire contre le prestige doctrinal du Saint-Si. Le Va concile œcuménique était, à la date ou parut le livre de Thomassin, particulièrement discuté par les controversistea. Les jansénistes arguaient de 1 attitude des Occidentaux à l'égard de cette assemblée qu'ils accusaient de s être mise en opposition avec le concile de Chalcédoine, en con.limn.int les Trois Chapitre* qui avaient été approuvés en i51. e Ils rappelaient, écrit M. Tunnel (< si le récil que lait un conU mporain, Liberatus, archidiacre de Car- t li-i _;<■ . dans son Breviarium eaasst Nestoriançrum et Butrchianorum, <■. axiv, 258. ORIGINE l)K LA DISCUSSION SL'H LES TROIS CHAPITRBS 5 [800] tus fut approuvée par l'impératrice Théodora, laquelle était niono- physite, ne manquait pas d'opportunité ; car, en fait, lors du collo- que théologique de 553, les sévériens assurèrent que la déclaration d'orthodoxie faite à Chalcédoine au profit d'Ibas et de Théodoret leur interdisait de recevoir ce concile 1 . L'empereur consentit à dans Galland, Bibl. Patrum, t. xn, p. 160 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 699 ; P. L., t. lxviii, col 1049 sq. 1. Mansi, op. cit.. t. viii, col. 829 ; Hardouin, op. ct7. : t. n, col. 1170. Aski- das qui menait l'assaut contre les anti-origénistes semblait avoir qualité moins que personne pour jouer ce rôle, puisqu'il avait signé la récente con- damnation solennelle portée contre Origène et sa doctrine. Mais en ce temps-là on signait ce qu'il fallait signer, quitte à se venger après. L'évèque de Césarée n était pas théologien pour rien, il eut bientôt trouvé de quoi rendre à l'apocri- siaire Pelage, qui lui avait porté ce coup droit, une parade que ce dernier n'avait sans doute pas prévue. La manœuvre d'Askidas était vraiment habile. Si l'Eglise de Rome n'avait jamais montré de sympathie à Origène, si elle l'avait condamné — de son vivant — au temps de ses démêlés avec Démétrius d'Alexandrie, elle avait montré moins de réserve récemment à l'égard de trois personnages très discutés, elle les avait couverts de son patronage officiel. C'étaient Théodore de Mopsueste dont la théologie pénétrante, mais parfois aventureuse, avait servi de base à la doctrine de Neslorius, Théodoret de Cyr l'ami personnel et le défenseur de Nestorius aussi longtemps qu'il fut possible de le défendre, enfin Ibas d'Edesse, longtemps chef de l'école nestorienne de sa ville épiscopale. Au temps où se tint le concile de Chalcédoine l'évèque de Mopsueste était mort, les deux autres comparurent et condamnèrent fort clai- rement la doctrine de Nestorius. Cependant les monophysites, Sévère en tête, en étaient toujours aux arrêts du Brigandage d'Éphèse, en 449 ; Askidas n'hé- sita pas à faire tout ce chemin en arrière pour se les attacher. Justinien tenait par dessus tout à ramener les "monophysites ; or, Askidas lui montrait la cir- constance unique pour y parvenir et cela avec un sacrifice insignifiant, celui de trois personnages compromis. Les raisons et les arguments, comme on peut le croire, ne tarissaient pas ; on en fit presque à l'empereur une affaire de conscience. « Le bien de l'Église, la sécurité de l'empire, ne lui faisaient-ils pas un devoir de recourir à un moyen si simple et de supprimer à peu de frais des querelles interminables ? Ibas, il est vrai, et Théodoret, avaient été rétablis sur leurs sièges épiscopaux par le concile de Chalcédoine ; mais il ne s'agissait pas de revenir sur cette sentence inspirée par un sentiment de tolérance peut- être exagérée. On ne décréterait pas la radiation d'Ibas et de Théodoret des listes épiscopales d'Edesse et de Cyr ; on se bornerait à flétrir quelques-uns de leurs écrits, ceux dont les termes sont trop évidemment favorables aux hérétiques nestoriens ou trop vifs contre les défenseurs de l'orthodoxie, saint Cyrille d'Alexandrie en particulier. Quant à Théodore de Mopsueste, si nulle sentence ne l'avait encore atteint, nulle sentence non plus ne le protégeait, on pouvait mettre sur la sellette l'homme avec ses écrits. D'ailleurs, il n'était pas sûr qu'il fût intact. Cyrille d'Alexandrie et bien d'autres auteurs orthodoxes () 1 IVIll. XIV, CHAI'I I III. I publier un «ilit prononçanl les trois anathèmes demandés, de là, sor- tit la discussion sur les Trois Chapitn \\-.j: jm capitula), te dit ordinairement de proposition! rédigées som forme d'anathèmes. Ainsi le> douze anathématismes de Cyrille Boni appelés xsfoïXota ; ledit de Jastinien renfermail de< ùjtua, comme nous le voyons par les fragments qui nous en Boni parve- nus el par un cdit postérieur. z-y.'/.z-y.-jLT.-.z-.i' •; 'IouOTtVlOVOti X'JTOXpOTOpO^ KarètTpûSv xteaXaUûv,édil analogue au premier* 11) est dil ( i" " '' vo "" lait publier encore quelques xtfoXaia dans l'intérêt de la foi ortho- doxe, Parmi Ces DOUVeaUX XCfaXaia, les plus importants pour nous sont les \'2°, ['A et 14*, d'après lesquels : • quiconque défend Théodore de Mopsueste soit anathème; quiconque défend certains écrits de Théodoret soit anathème : quiconque défend la lettre impie attribuées [bas soi! anathème. i Nous croyons que ces trois mêmes xc?aXaia se trouvaient dans le premier «'-dit de l'empereur qui ne nous est pas parvenu et nous pouvons en conclure au véritable sens de l'expression -rpta xefaXata ou Trois Chapitres. On devrait dire pour être exact : « Que celui qui veut obéir à l'édit impérial signe les trois xeedtXona, 411e celui qui ne veut pas obéir les rejette ; » mais, dans la suite, il arriva que l'expression tpfo xefaXflna ou (ri,/ capitula ne désigna plus, comme dans l'origine, les trois anathèmi mais bien les personnages et les écrits frappés par ces trois ana- thèmes. Ainsi dans 1rs edils impériaux qui suivirent, dans les pro- cès-verbauxduV concile œcuménique, dans les lettres du pape el dans d'autres documents, on comprend par rpfaxc?aXaia : 1° la personne e1 les écrits de Théodore de Mopsueste ; 2° les écrits de Théodorel pour Nestorius et contre Cyrille et le concile d'Éphèse : 3" la let- f8011 tred'I bas à Maris. C'est ai 11 si que dans sa conclusion, le \ " concile œcu- ménique «lit ; Prssdicta igitur tria capitula anathematizamus, id sst Theodorum impium Mopsuestum cum nefandis ejus conscriptis, si gum impie Tkeodoritus conscripsit, et impium epistolam, qute dicitur Jba '. Justinien s'exprime de même dans le décrel lu, lors ea œnTrea, ce n'était Contrarier la tradition de l'Église, celait plutôt l.i mettre solenn- ll-nienl en relief sur un point en il était opportun qu'elle fat éclaircie. » I. Dncheane, Vigile '■/ Pelage, dans la Revue ise questions historiques, Ihk'i, t. uzvt, p. 89S. .11. L.J l Manal, op. cit., t. ix, col. 876 ; Hardonin, op. cit., t. m, col. 194. 258. ORIGINE DE LA DISCUSSION SUR LES TROIS CHAPITRES 7 les évêques sur les impia tria capitula, que plusieurs avaient défen- dus i . » Dans la lettre du pape Vigile à Eutychius de Constantino- ple contenant son approbation au V e concile œcuménique, nous lisons : ~.i/. wpoeip»jy.lva toivuv -rptoc àasêyj xefdcXaia àva6î[j.auÇo|j.£v xaï X«T«xpivo(Aev, TQUTéart tov àffsoYj' QsiScopov, x. t. X. 2 . Un contemporain, Facnndns, évèque d'Hermiane en Afrique, adversaire déclaré de ledit impérial, a donné a son écrit en faveur de Théodore le titre Libii XII pro defensione trium capituloru/n 3 , et Liberatus raconte que l'empereur avait demandé la damnatio trium capitulorum. On voit ainsi que par tria capitula on n'entend pas les trois proposi- tions de l'édit impérial, mais leur objet, à savoir Théodore et ses écrits, quelques écrits de Théodoret et la lettre dTbas. Le mot /.£iâXata n'est employé dans son sens primitif que dans l'c^oXo-fia de l'empereur, et il a dû l'être probablement dans le premier édit impérial. Dans le titre actuel du livre de Facundus (nous ne pensons pas que ce soit l'original 4 ) et dans le Chronicon de saint Isidore de Séville, nous lisons Tria Chalcedonensis concilii capitula 5 , ce que quelques savants ont traduit par : trois décisions du concile de Chalcédoine, et d'autres par : « trois questions agi- tées dans ce concile 6 . » Nous remarquerons que le concile de Chal- cédoine s'est occupé dTbas et de Théodoret, mais non de Théo- dore de Mopsueste, ou du moins qu'il n'a pris aucune décision à son 18021 égard. On ne saurait admettre la qualification de impia capitula, àsscy; •/.îsaAar.a, pour des canons du concile de Chalcédoine ; d'ailleurs Justinien, le pape Vigile et tous ceux qui ont condamné les Trois Chapitres, ont explicitement déclaré ne vouloir en aucune manière porter atteinte aux décisions de Chalcédoine. Pour comprendre comment ces Trois Chapitres ont pu devenir l'objet d'une controverse si passionnée, il faut considérer de plus près les trois personnages dont il s'agit dans cette affaire et leurs écrits. Théodore de Mopsueste, jadis prêtre à Antioche, était devenu le chef de l'école des théologiens syriens qui, par opposition à l'apol- linarisme, cherchaient à prouver la réalité des deux natures du 1. Mansi, op. cit., col. 181 ; Hardouin, op. cit., col. 56-57. 2. Mansi, op. cit., col. 417 ; Hardouin, op. cit., col. 216. 3. P. L., t. lxvii, col. 527. 4. Cf. Walcli, Ketzerkist., t. vm, p. 438. 5 Cf. Noris, De synodo V, t. i, dans Opéra, éd. Ballerini, p. 690. 6. Cf. Ernesti, Neue thcol. Bibliothek, t. vu, p. 737. 8 LITRE XIV, Cl UN I M i Christ par de nouveaux arguments. L'expression • Incarnation de Dieu », en usage dans l'Église, lui paru! dangereuse : il penss \ voir la transformation du Dieu Logos en nn homme : aussi ne vou- lait-il entendre parler que d'une habitation rvoixqotc) du Logo* dani nn homme. Pour ce motif il divisait le Chrial en deux : l'homme et le Logos habitanl dam cet homme, ou bien, le temple el Celui qui l'habitait. Théodore de Mopsueste lut doue, ft proprement parler, l'inventeur de «cite hérésie qui prit e1 garda le nom de son disciple Nestorius. Théodore était mort (428 *) quand éclatèrenl les luttes du nestorianisme, el il dut probablement à cette circonstance de n'être ni mentionné ni condamné parle III' concile œcuménique, réuni à Ephèse. Il n'y lut rien décidé contre ses livres, lorsque Théodose II fit brûler les écrits de Nestorius '-'. Mettant à pro- fit ce silence, les partisans secrets ou déclarés de Nestorius se hâtèrent de répandre les livres de Théodore et ceux de Diodore de Tarse, son maître : ils traduisirent ses ouvrages en syriaque, en arménien et en persan. Le centre de cette propagande étant Edesse, en Mésopotamie, en 135, Rabboula, évêque de cette ville, se crut obligé de dénoncer publiquement Théodore de Mopsueste comme [8031 l'inventeur du nestorianisme et d'attirer sur ce point, l'attention de ses collègues dans l'épiscopat. Plusieurs d'entre eux, lurent d'un avis différent et attribuèrent sa démarche à un ressentiment per- sonnel. Par contre, Cyrille d'Alexandrie et Proclus de Constanti- nople comprirent le bien fondé de la dénonciation de Rabboula, et écrivirent pour mettre en garde contre les erreurs de Théodore de Mopsueste, contre qui ils réclamèrent l'anathème. ('.vrille s'adressa même, dans ce but, a l'empereur. Malheureusement, outre ces deux contradicteurs orthodoxes, d'autres adversaires de Théodore s'inspirèrent, pour le combattre, de sentiments monophyaites : tels lurent, par exemple, les moines de l'Arménie qui taxèrent d'hérésie des expressions I.- texte primitif \u<- le» livrée de Nestorius, tandis que, dans le texte Inséré dans les actes du concile œcuménique, les écrits de Théodoret sont frappés de Is même peine, 258. ORIGINE DK LA DISCUSSION SU II LES TliOlS CHAPITltES V pas tolérer la calomnie à l'égard de ceux qui sont morts dans la communion de l'Église catholique. Le débat s'apaisa, mais le feu qui couvait sous la cendre reparut à la première occasion. On s'ex- plique sans peine l'hostilité que, dès l'origine, les monophysites témoignèrent à Théodore de Mopsueste qu'Eutychès avait accusé d'erreur, lui et son maître Diodore de Tarse. Par contre, les nes- toriens vénéraient Théodore el le tiennent, aujourd'hui encore, pour un des plus grands docteurs de l'Orient. Les théologiens ortho- doxes étaient partagés de sentiment : d'une part, ils devaient reconnaître la relation réelle entre Théodore et le nestorianisme ; et, d'autre part, ils ne voulaient pas aller plus loin que ne l'avaient fait Cyrille et l'empereur Théodose II. Aussi le IV" concile œcumé- nique, tenu à Chalcédoine, laissa-t-il passer sans contestation ces paroles d'une lettre d'Ibas lues dans la x e session : « Le tyran d'Edesse (c'est-à-dire l'évèque Rabboula) a, sous prétexte de reli- gion, poursuivi même les morts : ainsi le bienheureux Théodore de Mopsueste, ce héros de la vérité et ce docteur de l'Eglise, etc. » Un siècle plus tard, quand Justinien réclama l'anathème contre la personne et les écrits de Théodore, les uns tinrent cette demande pour fondée, d'autres jugèrent injuste de jeter l'anathème sur un [804] homme mort plus de cent ans auparavant dans la communion de l'Eglise ; en outre on craignit de porter atteinte par là à l'autorité du concile de Chalcédoine. Le second personnage dont s'occupaient les Trois Chapitres était Théodoret, le savant évèque de Cyr, en Syrie, dont nous avons sou- vent parlé. C'était aussi un disciple de Théodore de Mopsueste, et s'il alla moins loin que son maître, et que son condisciple Nestorius, il avança cependant, à plusieurs reprises, que la doctrine de Cyrille et du concile d'Éphèse conduisait à admettre le mélange des natures dans le Christ. Il s'était partout attaché à combattre les anathèmes de Cyrille, comme entachés d'apollinarisme. 11 se rendit au III e concile œcuménique d'Ephèse, avec son patriarche Jean d'Antioche, et fut l'un des membres les plus actifs du conciliabule d'opposi- tion à cette assemblée lequel prononça la déposition de Cyrille et de Memnon. Aussi fut-il excommunié comme les autres, jusqu'à ce qu'il s'amendât. Lorsque l'empereur manda les députés des deux partis, ceux du concile d'Ephèse et ceux du parti d'Antioche, Théo- doret se rendit à Chalcédoine, où il se signala par sa polémique contre Cyrille et ne voulut en aucune manière consentir à partager sa communion. Ayant eu la douleur de voir l'empereur emmener 10 1.IVIII. \l\ . . Il \l'l ! RI I avec lui à Constantinople lei ambassadeurs orthodoxes, el laie à Chalcédoine ceux du parti d'Àptioche, il chercha encore à dé- fendre par ses discours, par si "^ lettres, oe qu'il croyait être la vraie lui, el maudit les persécuteurs de Ncstnrius. A son retour de Chalcédoine, on le retrouve toujoura actii a combattre Cyrille, dans lea conciles e1 par aes écrits : tontefoia la déclaration de (.vrille. as- surant qu'il n'enseiguail en rien le mélange dei natures, parul lui causer une grande joie. Il prouva n'avoir pai de sentimenta neato- riens eu réclamanl le premier L'anathème contre loua ceux qui partageaienl le Seigneur en di-ux fila : el fit tous ses efforta pour gagner d'autres évèquea orientaux il l'œuvre de réconciliation. Lorsque l'un ion lut conclue entre Cyrille et Jean d'Antiocbe, l'héo- doret lut tout a lait d'accord avec l'exposition dogmatique renfermée dans l'instrument de paix : mais il refusa son adhésion à l'anathème qui, dans cet instrument, était porté contre Nestorius, parce qu il croyait son ami innocent en ce qui concernait l'accusation capitale, el pensait qu'il avait été mal compris. 11 prit donc, pendant quel- que temps, une position intermédiaire entre les amis décides de Nestorius, et lea partisans déclarés de l'union, ce qui lui coûta 1 a- mitiédu patriarche Jean, avec lequel il se réconcilia cependant II que Jean l'eut autorisé à ne pas signer la déposition de Nestorius, s'il v répugnait trop. Lorsque, après la mort de ('.vrille, le parti monophysite Be fortifia, grâce à l'appui de Dioscore d'Alexandrie, Théodorel lut de nouveau soupçonné de nestorianisme. Malgré une profession de foi trèa explicite, Dioscore n'en prononça paa moins l'excommunication contre lui. 1. 'empereur, trèa mécontenl de ihéo- doret. lui interdit l'accès du futur concile, à moins d') être expres- sément appelé. Dépose par le Brigandage d'Ephèse et exilé par l'empereuri Théodoret eu appela au pape, el demanda que aon affaire fût examinée en concile. Le nouvel empereur Marcien le rap- pela de l'exil : mais il dut attendre, pour remonter aur son siège, la décision du concile de Chalcédoine. Lorsqu'il parut dans la \in' session, on lui demanda immédiatement de Bigner 1 anathème contre Nestorius. Il hésita d'abord et y mit des conditions : tontefoia il donna des preuves évidentes de son orthodoxie, et finalement, adhéra à l'anathème. Il recouvra Bon évêché et ne fut plus inquiété jusqu'à sa mort, survenue en i57. La condamnation prononcée par Justinien ne frappait pas la personne ni tous |. g écrite de I Inodo- re t. mais seulement ses écrits contre Cyrille et le concile d Ephi ou bien en faveurde Nestorius. En fait, ces écrits mentaient d'être [805] 258. ORIGINE DE LA DISCUSSION SUR LES TROIS CHAPITRES 11 condamnés ; car ils contenaient beaucoup d'attaques injustes contre Cyrille et le III e concile œcuménique ; en plusieurs endroits la doc- trine de Cyrille et du concile d'Ephèse y était défigurée, tandis que les thèses de Nestorius y étaient présentées sous un jour trop favorable. On s'explique que, du côté des orthodoxes, on ait sous- crit sans hésiter à cet anathème. Mais, le concile de Chalcédoine ayant réintégré Théodoret sans condition, et n'ayant porté sur ses livres aucune sentence, plusieurs orthodoxes virent dans l'édit de l'empereur une atteinte à l'autorité du concile, et les monophy- sites s'empressèrent de tirer parti de ces appréhensions. Ils le firent [806] d'autant plus facilement qu'on se rappela les reproches adressés au concile de Chalcédoine par les sévériens, dans le colloque tenu à Constantinople en 533, parce que ce concile avait réintégré Théo- doret. D'après ces mêmes sévériens, le concile n'avait pas agi loya- lement, il s'était contenté de prononcer un semblant d'anathème contre Nestorius, sans le prononcer réellement *. Quant à la lettre d'Ibas à Maris, on se souvient qu'au plus fort de la polémique de Rabboula contre Théodore de Mopsueste, Ibas professait pour ce dernier une grande vénération. Après la mort de Rabboula, il lui succéda. Douze ans plus tard, quelques-uns de ses clercs l'accusèrent auprès de Domnus d'Antioche, de ré- pandre les écrits de Théodore, d'user d'expressions hérétiques, d'introniser évêque de Carrae, son neveu Daniel, personnage mal famé, qu'il avait doté des biens de l'Eglise. Deux conciles se réuni- rent à Béryte et à Tyr pour instruire cette affaire, qui fut reprise dans les ix" et x e sessions de Chalcédoine, où on lut les procès- verbaux de Tyr et de Béryte. Le principal corps du délit était la lettre d'Ibas à Maris, évêque de Hadaschir en Perse, lettre qui fut lue au concile de Chalcédoine. Elle contient un jugement défavo- rable et injuste à l'égard de Cyrille et du premier concile d'Ephèse, dont elle défigure l'histoire, accusant Cyrille d'avoir professé, avant l'union, des doctrines appollinaristes qu'il partageait avec les Orien- taux, et portant la même accusation contre le concile d'Ephèse, qui a approuvé les anathème s de Cyrille. Plus tard, ajoute la lettre, les partisans de Cyrille s'amendèrent et furent admis dans l'union de la vraie foi. La lettre n'accepte pas la communication des idio- mes. A ces points de vue, elle méritait l'anathème, comme injuste et scandaleuse pour les amis de Cyrille, et pour tous ceux qui res- 1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 82'J ; Hardouin, op. cit., t. u, col. 1170. \'2 i.i\ RE \l\ . i 11 \l'i I Ml I pectaienl !«• III' concile œcuménique ; il ne pouvait, nous Le r< ■ | » •*•— tons, y avoir qu'un bcu! sentiment là-dessus. Mais, dans cette [807] même lettre, [bas professai! la doctrine qui avait servi de I l'union entre (.vrille et 1rs Orientaux, el reconnaissait l'unité d'un seul Seigneur dans les deux natures. En analysant cette pro- fession de foi, on en devail conclure à l'orthodoxie d'Ibas. C'étail par suite d'un malentendu qu'il ;iv;iii combattu ('.vrille et leluse (1 accepter la communication «les idiomes. Des Lecteurs mal inten- tionnés pouvaient prétendre qu'lbas ae s'étail attaché qu'en appa- rence à la doctrine «le L'union : son relus obstiné à l'endroit erreurs. Le concile ne porta aucun jngemenl sur la lettre à Ma- ris. Au reste, l'obligation faite a lbas de prononcer l'anathème con- tre Nestoriua, entraînait la condamnation de ce que cette lettre pouvait contenir de oestorien. Quelques P< res du concile de Chai- cédoine, par exemple les légats du pape et Maxime <1 Antioche, allèrent jusqu'à dire »pi ils voyaient dans la lettre a Maris des preuves de l'orthodoxie d'Ibas. Us taisaient allusion ace que cette lettre renfermait de bon. Nous verrons plus tard, dans le nr (lia- [808] pitre du présenl livre, lorsqu'il s'agira de la confirmation du V'' concile œcuménique par le pape \ igile, que tel est bien le sens des 258. ORIGINE DE LA DISCUSSION SUR LES TROIS CHAPITRES 13 paroles des légats du pape et de Maxime d'Antioche. Il ne faut donc pas s'étonner si, dans ces anathèmes réclamés par l'empereur, plu- sieurs orthodoxes virent une atteinte portée au concile de Chalcé- doine. Pour les tranquilliser, l'empereur et ses amis voulurent prouver quTbas n'avait pas reconnu cette lettre comme sienne, et qu'au concile de Chalcédoine il avait nié, ou à peu près, l'avoir composée ; mais ils ne parvinrent pas à établir ce point, et les votes des légats du pape, ainsi que leurs efforts pour démontrer que le concile de Chalcédoine avait condamne la lettre, fut loin de satisfaire les esprits i . Beaucoup d'orthodoxes, en particulier Facun- dus d llermiane, dans sa Defensio trium capituloruni, et pendant quelque temps le pape Vigile lui-même., exagérant dans le sens opposé, prétendirent que le concile de Chalcédoine avait explici- tement approuvé la lettre d'Ibas à Maris, l'avait déclarée orthodoxe et qu'on ne pouvait pas prononcer l'anathème contre elle sans ébranler l'autorité du concile de Chalcédoine. On voit par ce qui précède, que la condamnation des Trois Chapitres fit naître des sentiments très divers parmi les orthodoxes. Liberatus nous apprend qu'on pria d'abord l'empereur de pro- noncer l'anathème contre Théodore de Mopsueste et contre la lettre d'Ibas ; il ne dit rien d'abord de Théodoret, mais quelques lignes plus loin il ajoute : « Théodore Askidas avait, par ruse, con- seillé à l'empereur de prononcer l'anathème sur les Trois Chapi- tres clans un édit impérial particulier, » c'est-à-dire qu'Askidas, ne voulant pas confier cette affaire à un concile dont la décision restait incertaine, préféra en remettre la solution à l'autorité impé- riale. L'empereur avait, en effet, publié un livre (édit détaillé) in damnalionem trium capilulorum. Dans le 1. I, c. n, de la Defensio trium capitulorum, Facundus raconte les faits delà même manière ; il parle d'abord de la lettre d'Ibas, dont on demanda à l'empereur la condamnation, mais en d'autres passades, et même dès la pré- L yj face de cet ouvrage, Facundus dit expressément, qu'on avait aussi demandé et obtenu que les écrits de Théodoret, de même que la personne et les écrits de Théodore, fussent frappés d'anathème 2 . Liberatus avance que Théodore Askidas avait eu un double motif pour donner ce conseil à l'empereur : d'abord, parce qu il était non seulement origéniste, mais encore acéphale; ensuite parce que, 1. Nous aurons plus loin à revenir sur ces preuves si peu concluantes. 2. P. L. y t. lxvii, col. 532. I \ LIVRR XVI, CH Mil UB I en M qualité d'origéniate, il haïssait Théodore de Mopaaeate, qui ,i\;ni c. II. e. n) se rattache pour le sens au premier, et ne renferme pas d'anathème proprement dit. mais seulement ces nuits : Oportet aperte inspicere ad Marim epistolam, omnia quidem sine Deo et impie dicentem illud tantum- modo ostendentem bene, quia ea illo Tkeodorus per Orientem in I clesia anathematizatus est. Nous trouvons une autre donnée sur le premier édil impérial dans une lel tre adressée à Juatinieu par l'évéque africain Pontianua ', disant quela lettre de l'empereur a'ouvrail par une ezpoaition ortho- doxe de la loi, et a'achevail par une demande d'anathème contre Théodore, contre certains écrits de Théodorel et contre la lettre d'Ibaa. Le premier édil impérial fut, au rapport de Facundua, rema- nie par les conseillers origénistes et monophysites de 1 empereur. A.u lieu de l'anathème prolixe contre Ibaa, que nous avons donné dans le premier fragment du premier édit, ou en inaéra un pin - court : Si quis n ;i\;iit décla- ré, dès le début, que l'on consulterait mu- cette question l'Eglise romaine ; m;iis Paeundus fait remarquer (1. IV, c. m) que cette consultation manquanl de raison d'être, eût été hypocrite, puisqu on avait auparavant menacé d'anathème quiconque ne signerait pas 1 i dit impérial. Far ruse et par force on parvint bientAt h faire signer l'édit P l M impérial dans tout l'Orient Mais il n'en fut pas de même dans l'Eglise latine. L'apocrisiaire du pape, Etienne, cjui demeurait I Constantinople, reprocha a Mennas sa faiblesse, et rompit avec lui tonte relation ecclésiastique '. Il fut imité par Dacius de Milan, alors ii Constantinople, d'où il passa en Sicile pour taire connaître au pape ce qui s'était passé '. La pnvfntio de la Defensio trium < api- tulorum de Facundus d'Hermiane ■ nous le montre peu âpre-. ;i Constantinople, avec plusieurs de ses collègues africains, prépa- rant pour l'empereur dès avant l'arrivée du pape "\ igile, un mé- moire contre la condamnation des trois inculpés. Facundus et ses amis rompirent également tout rapport ecclésiastique avec Men- nas et avec tous les partisans de Fédit impérial 4 . Avant que Facun- dus eût mis la dernière main à son mémoire, le pape Vigile arriva à Constantinople, et lorsque plus tard, sous sa présidence, on tint une séance pour examiner le point en litige, le pape rompit subite- ment ces délibérations, et réclama de chacun des évéques présents un vote par écrit. Le magiater officiorum ne donna à Facundus, pour rédiger son vote, que sept jours, parmi lesquels il y avait deux jours de fête 5 . Facundus, pressé par le temps, inséra dans sa nouvelle responsio plusieurs passages de son mémoire déjà très avancé, la complétant par d'autres détails. Plus tard, il termina et améliora ce premier mémoire, corrigea, en particulier, diverses même .synode dont parle Garnier appartiendrait également la réponse faite à cette lettre impériale. Cave et BaSBAgS ont partagé l'opinion de Garnier, laquelle, par eOBtre, ■ été* réfutée par les Ballerini, dans leur I •diliitn de* QbTm- srr.s du card. Noria, t. iv, eol. 1007 sq. 1. Facundus, loc. cit., t. iv, c. in el iv ; />. /.., t. lxvii, col. 623. 2. Facundus, loc. cit.. I. iv, c. m . /'. /.., t. lxvii, col. 623. 3. /'. / ... t. i xvii. col. 527. '». Facundus, Contra Mocianum, P. /.., t. lxviii. col. 852 sq. 5. Comme Vigile publia presque immédiatement api It-à-dlrele samedi ■tint de l'année 548, son Judicatum, Garnier a pensé que par »«* sept jours qui contenaient deux jours de fête, il fallait entendre la scmaiuc sainte de l'année 548. 258. OHIGINB DE LA DISCUSSION SUtt LES TROIS CHAPITRES 19 citations extraites de manuscrits défectueux, et passée sous cette forme dans sa responsio. Facundus donne ce détail pour les lec- teurs qui voudraient comparer sa responsio avec son dernier mé- moire [Defensio trium capitulorum) amélioré par lui. On a donc tort, d'affirmer que Facundus avaitcomposé en sept jours sa Defensio trium capitulorum. Lorsque la copie de l'édit impérial arriva à Rome, on a prétendu ([ue les diacres romains Pelage et Anatole écrivirent au diacre Ferrand de Carthage, le priant de délibérer avec l'évêque de Car- thage et d'autres personnages de marque, sur les mesures générales [815] à prendre. Cette lettre portait qu'avec le secours des prétendus orthodoxes, les acéphales avaient conduit toute cette affaire, pour nuire au concile de Chalcédoine et à YEpistula dogmatica de saint Léoji I er . Ferrand répondit « qu'on ne devait pas condamner la lettre d'Ibas, approuvée par le concile de Chalcédoine, ni signer les Trois Chapitres sinon, c'en était fait de l'autorité de toutes les décisions synodales 1 . » A la suite de cette réponse, toute l'Afrique et Rome furent opposées au désir de l'empereur. Nous avons la preuve de ces sentiments dans la célèbre lettre écrite à l'empereur par l'évêque africain Pontien. Justinien manda alors le pape Vigile à Constantinople, pour s'entendre avec lui. Vigile obéit à regret, prévoyant tous les désagréments qui l'attendaient dans la ville impé- riale ; mais, ainsi que le rapporte une lettre du clergé italien, il fut forcé de partir -, et Victor de Tonnenna confirme le fait de cette vio- lence . [Le Liber pontificalis\ prétend même que l'impératrice Théodora avait envoyé à Rome le fonctionnaire Anthemius avec mission d'enle- ver de force leptipede son palais ou de l'église, à l'exception toutefois de l'église de Saint-Pierre, dans le cas où il ne voudrait pas partir de plein gré, et de l'embarquer immédiatement. Ces ordres furent exécutés, et le pape fut enlevé dans l'église de Sainte-Cécile, le 22 novembre. Le peuple lança des pierres contre le navire qui l'em- menait, et souhaita la faim et la peste au fonctionnaire impérial. Facundus, ordinairement bien informé, rapporte qu'au départ tout le peuple recommanda à Vigile de ne pas signer les Trois Chapitres. 1. Facundus, op. cit., t. iv, c. m. P. L., t. lxvii, col 622. Nous avons encore la longue et savante réponse de Ferrand dans sou Epistola ad Pelagium et Anatolium diaconos urbis Romx, P. L., t. lxviii, col, 921-928. 2. Mansi, op. cit., t. ix, col. 152 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 47 ; [Duchesne, Vigile et Pelage, daus la Revue des quest. historiques, 1884, l. xxxvj, p. 397. (H.L.)] 20 LIVRE XIV, CHAPITRE I Les chrétiens de Sardaigne et d'Afrique lui firent II même re- commandation lorsqu'il arriva en Sicile, où il rencontra Daoiua, évéque de Milan, qui revenait de Constantinople, et le loua, ainsi cjup son apocrisiairc K tienne, d'avoir rompu avec Mennaa. Il recul en Sicile an envoyé de Zoïle, patriarche d 1 Alexandrie, qui lui Taisait dire qu'il n'a\aii signé qu'à son corpa défendant. Plus tard, L' ' M lorequ'après un séjour d'un an environ en Sicile ', Vigile se rendit dans li- Péloponèae el de là i Conatantinople, par l'Hellade et 1*11- lyrie, les fidèles de ces deux pays lui recommandèrent <1<' ne sous- crira à aucune nouveauté, et même, pendant le voyage, !«• pape écrivit à Mennas pour désapprouver sa conduite et pour lui deman- der de se rétracter*. Il réaulte de la que Victor de Tonnennaeal dans l'erreur lorsqu'il prétend qu'en 543, l'impératrice Théodora avait fait promettre à Vigile avant son pontificat d'anatlicmatiscr les Droit Chapitres ; c'est évidemment un anachronisme. 259. Le pape Vigile et son Judicatum du il avril 548. Vigile, à son arrivée a Constantinople, le '-!•"> janvier 547 . fut reçu magnifiquement par l'empereur. Théophane parait supposer que, dès son arrivée à Constantinople. le pape avait condamne les Trois Chapitres \ mais ici le chronographe résume trop les laits ; 1. Procopc, De Inllo (•otliicn, 1. III, v . w. 'lit : >« Vigile séjourna \> temps on Sicile. » Le pape avait projeté de tenir un synode en Sicile, mais il ne voulait pas trop s'éloigner de Rome as.- (inllis. Cf. Nbris, op. cit., t. i, col. 588, 591 sq. Garnier ne croit pas (p. 532) ipie le pape soit resté SÎ longtemps en Sicile ; mais les Ballerini, I. iv, col. 1002 sq., onl défendu la chronologie du cardinal Noria. Comme Vigile, ainsi que nous le verrons bientOt, esl arrivée Constantinople le 25 janvier 5'i7, et comme d'un antre coté il a séjourné un n Sicile, il a du quitter Rome dan- le couratil de l'année 045. [Le -('joui- de Vigile •> Syracuse fut de dix mois environ. (H. I 2. Facundus, Defensio t 1. IV, c m, et it. On trouve la lettre de Vigile à Mennas presque entier, nient reproduite dans le second écril de Pacandus, Contra Mocuinum, P. /.., t. LXTU, col. 062 j Defensio, 1. IV c. m. /'. /., t. i.wn, col. 023. .".. Cciie date se trouve dans les additions ■> la chronique d.- Marcellinus, dans Scaliger, Thésaurus temporum, \<. 54 Noria, De synode V, <•. m. t. i. col. h'X.i ; l'agi, (rifica in Annale* Bsronii, t. i, p. 500, ad ..nu. 547, n . ',. Cf. Walcb, I\el:eiTiixt. , t. vin. p. 105. 259. LE PAPE VIGILE ET SON JL'DICATUM 21 carThéophane dit lui-même que le pape Vigile devenu hautain à la suite de la réception impériale, priva pendant quatre mois Men- nas de sa communion 1 . Le pape frappa de la même peine tous les autres évêques qui avaient signé l'édit impérial 2 . De son côté, Men- nas raya le nom du pape des diptyques de son église 3 . Enfin le pape Grégoire le Grand prétend que Vigile anatliématisa alors l'im- pératrice Théodora et les acéphales, précisément à l'époque où Rome était prise par les ennemis (c'est-à-dire par les Goths) 4 . Peu après, le pape Vigile changea de sentiment de la façon la plus brusque ; on ne connaît pas les causes de ce revirement ino- [817] piné, on sait seulement que l'empereur conféra avec lui à plusieurs reprises et lui envoya plusieurs fois des hommes d'Etat et des évêques pour l'engager à s'accorder avec Mennas et les autres 5 . Facundus prétend que le pape n'eut à souffrir aucune violence, qu'il fut simplement gagné ; l'ambition le fit tomber dans le piège. Les clercs italiens parlent, au contraire, d'emprisonnement et de la rude persécution que le pape aurait eu à subir. Ils lui font dire à ses persécuteurs : Contestor quia, etsi me captivum tenetis, beatum Petrum aposlolum captivum facere non potestis. Quelque temps après le pape promit secrètement d'anathématiser les Trois Cha- pitres 6 . Le ministre impérial Constantin certifia, dans la vu 8 session du V e concile œcuménique, d'après l'ordre de son maître que le pape avait fait cette promesse par écrit, et de vive voix, en pré- 1. Théophanes, Chronograph., dans Pagi, ad ann. 547, n. 5. 2. Facundus, Contra Mocianum, P. L., t. lxvii, col. 862. 3. Théophanes, loc. cit., Le témoignage de Mennas est très postérieur ; Facundus, Ads\ Mocianum, P. L.,%. lxvii, col. 862, placé plus près des événe- ments et en bonne place pour les bien voir ne parle que d'une excommunica- tion générale : Illos qui talibus (les prélats signataires) communicaverant veniens in regiam ci^itatem comniunione suspendit. (H. L.) 4.Gregor.Magn., Epist., \. II, epist. li, P. L., t. lxxvii, col. 592; 1. II, epist. xxvi, dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 1802. [D'après saint Grégoire, Théodora aurait été excommuniée avec les acéphales. Ceci, écrit L. Duchesne, dans la Rev. desquest. hist., 1884, t. xxxvi, p. 401, n. 1, doit s'entendre avec quelques réserves. Il est difficile que Vigile soit allé jusqu'à une excommunication spé- ciale et nominale. Du reste, Vigile n'eut point à excommunier les acéphales qui l'étaient déjà et qui ne furent point mis directement en cause. (H. L.|] 5. C'est ce que nous apprenons par une lettre impériale éditée par Baluze et qui se trouve dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 182; Hardouin, op. cit., t. m, col. 57. 6. Mansi, op. cit., t. IX, col. 153 ; Hardouin, op. cit., t, m, col. 47, Voye? plus loiu le $ 264 22 LIVItr. XIV, CHAI'I I Kl I sence de l'empereur, des ministres et de quelques éréques '. I*' 1 cette époque datent probablement les deux lettres de Vigile à [^18] l'empereur et h l'impératrioe t qui oontiennenl en effet les pro- meeeei dont il est ici question -. Ellei lont brevet «-t presque iden- ti(jues, mot pour mot. Celleà l'empereur est conçue en ces termes : « .lr n ai jamais été hérétique et je ne le suis pns. mais je réclame les droits que Dieu a donnes s mon Siège. Votre piété ne doit p;is conclure, de là que je défends les hérétiques. Voyes plutôt .- confor- mément ;i votre désir invincible, i'anathématise la lettre d'Ibas, ainsi qur la doctrine de Théodoret et de Théodore qui fut autre- fois évéque de Mopsueste, et qui a toujours été éloigné de l'Église et opposé aux saints Pères. Nous anathématisons quiconque ne reconnaît pas que le Verbe unique de Dieu, c'est-à-dire le Christ, n'a qu'une seule substance, une seule personne et une seule opé- ration (|j.iav£v£p7£'.av . » Ces lettres furent lues dans la vn c session du V° concile a ¥ cuménique et dans la iv' 1 session du VI e : dans cettr dernière les légats du pape déclarèrent qu'elles n'étaient pas au- thentiques. Cette déclaration donna lieu à une enquête dont nous verrons le résultat au $ 267, lorsque nous aurons à parler de- actes du V concile œcuménique. Il suffit maintenant de faire re- marquer que ces deux lettres sont probablement authentiques, mais qu'elles ont été interpolées et que les mots |a2ov îveV'eixv ont été introduits par un monothélite ; car à l'époque de Vigile on ne dis- cutait aucunement la question de savoir s'il y avait une ou deux opérations et une ou deux volontés dans le Christ. Lorsque Vigile commença ii changer de sentiment, il consentit a rentrer en communion ecclésiastique avec Mennas, et son nom fut rétabli au premier rang sur les diptyques de Constantinople. Théophane rapporte que ceci se passa en l'année T)52 ; et ajoute que cette réconciliation ménagée par l'impératrice Théodora eut lieu le 2 ( .> juin 547 '. Cette date correspond exactement aux quatre mois d'exclusion imposés a Mennas par le pape Vigile ; car le pape étant arrivé a Constantinople le 25 janvier 547, il y avait. 1. Facundus, Contra Afocianmn, P. /... I. i xvu, ool. 853 s<|. I, llaaai, r>f>. cit., t. ix, col. 347 ; Hardonia, t. m, col. \"i. 3. Mansi, op. Cit., t. i\, OOl, :>">! ; Hardouin, op. cit., i. m, col. 175: Walch, op. cit., 79 sq. 4. Voyez les observations des Ballerini sur Noris, Opéra, l. iv, p. 949, et Walch, op. cit., p. 171. 259- LE PAPE VIGILE ET SON JUDICATUM 23 au 29 juin cinq mois qu'il était dans la ville impériale 1 . D'après la [819] volonté de l'empereur, on commença des conférences auxquelles lurent invités tous les évêqnes présents à Constantiuople. Après l'arrivée du pape, plusieurs évêques qui n'avaient pas encore signé l'édit impérial, s'étaient rendus à Constantinoplc, pour voir la 1. Cf. Noris, loc. cit., t. i, p. 594. [« Le 29 juin, si l'on en croit Théophane, le pape et le patriarche étaient réconciliés. Ce qui est certain, c'est que Justi- nien s'y prit si bien qu'au bout de quelques mois Vigile n'était plus aussi sûr d'avoir raison. Les théologiens de la cour lui firent voir que Théodore de Mop- su«ste était plus dangereux qu'il ne se l'était figuré. Ils lui traduisirent des extraUs de ses œuvres, choisis avec habileté ; ils lui demandèrent s'il approu- vait tous les propos de Théodoret et d'Ibas. Vigile qui, sans doute, n'avait pas eu jusque-là le loisir d'étudier la question d'aussi près, se trouva fort scanda- lisé. Il commença à comprendre que les Orientaux, pour qui les ouvrages grecs de Théodore n'étaient pas des livres fermés comme ils l'étaient pour les Latins, étaient peut-être excusables de s'en être émus, ou plutôt d'avoir approuvé l'é- motion du prince. Mais que faire ? Le concile de Chalcédoine n'avait-il point passé l'éponge sur tout cela, et n'était-ce point en ébranler l'autorité que de flétrir des gens qu'il avait ou loués ou rétablis solennellement dans leurs charges ? On lui fit entrevoir qu'il y avait moyen de concilier les deux choses, de condamner les Trois Chapitres sans toucher au concile. Dans l'entourage latin du pape il n'y avait guère que des médiocrités. L'évêque de Milan lui- même, Dacius, ne paraît pas avoir montré dans tout cela plus d'intelligence que Vigile. Seul, un jeune prélat africain, Facundus, évêque d'Hermiane en Byzacène, était au courant de tous les détails du problème. Il savait le grec et pouvait lire parfaitement les livres incriminés, avec tout ce qui se publiait à leur propos. Mais son ardeur nn peu inquiète n'était pas faite pour l'accréditer auprès du pape. Ce n'étaient pas les yeux de Facundus qui pouvaient aperce- voir les voies de conciliation. Pour lui, quiconque épiloguait sur Ibas ou Théodore était un acéphale ; toucher aux Trois Chapitres c'était profaner l'arche sainte du concile de Chacédoine. Autant en valait revenir à Eutychès et à Dioscore. Outre quelques prélats suburbicaires, Vigile avait avec lui quatre diacres romains, son neveu Rusticus, Sébastien, Pierre et Sarpatus, son primi- cier des notaires, Surgentius et plusieurs sous-diacres. Tout ce monde était plus propre à expédier les affaires ecclésiastiques ordinaires qu'à donner un bon conseil dans une question spéciale et délicate. Rusticus et Sébastien étaient d'ailleurs des personnes peu recommandables. Le premier, grand liseur, feuil- letait assidûment des productions qui, pour n'avoir rien de commun avec la théologie de Mopsueste, n'en étaient pas plus édifiantes pour cela. Il circulait même sur son compte des histoires romanesques, propres à compromettre sa dignité. Quant à Sébastien, chargé d'administrer les biens de l'Eglise romaine en Dalmatie et en l'révalitane, il se modelait sur l'économe infidèle, emplissant ses poches, fermant l'œil sur les abus ; et, au lieu de rester à son poste, arrivait à chaque instant se mêler aux intrigues de Constantinople ». L. Duchesne, Vigile et Pelage, dans la lïev. des quest. hist., 1884, t. xxxvi, p. 401-402. (H. L.)] 2 'l I.IVItK XIV, CHAI'I I II! I tournure que prendraient les affaires, e1 Facundus rapporte que soixante-dix d'entre eux environ avaient assiste h ces conférence! 1 . < > r i désigne sonvenl cei eonférencei sous le nom de concile de Cons« tantinople, tenu en 547 ou 548*. Mais Pacundus, <|m i lait lui- méme partie de cette assemblée, el à <|ui nous devons tous cei dé- tails, n'emploie pas l'expression de concile, mais celle de jndi- cium et d'examen, et c'est à plusieurs reprises qu'il désigne le pape sous le nom do judex. Tout son récit tend à montrer que nous sommes en présence d'une commission d'examen touchant les ana- thèmei proposes par l'empereur sur les Trois Chapitres ] Vigile con- sultait les évéques présents pour savoir s'il pouvait y adhérer. Facundus rapporte que si les votes des évéques avaient déplu au pape, il aurait pu les déchirer, les brûler ou les annuler par SS propre sentence [ea scindera \>el urere t autper suam evacuare sen- tentiam). D'après lui il y eut trois conférences, sur lesquelles il nous donne des détails extraits des actes de la troisième conférence. Il demanda que le pape ordonnât une enquête pour savoir si la lettre d'Ibas avait été réellement acceptée parle concile de Chalee- doine : car les adversaires prétendaient que l'anathèine en happant Théodore de Mopsueste n'atteignait pas l'autorité du concile de Chalcédoine qui n'avait pas voulu recevoir la lettre d'Ibas, dont Théodore avait fait l'éloge. Facundus avouait n'avoir pas rompu communion avec Mennas sur la question de l'anathème contre Théodore qu'il necroyait pas si importante : il était même per- suadé qu'elle ne l'étaitpas : mais le plan des adversaires «tait de s'en servir pour ruiner l'autorité du IV* concile œcuménique . On 1. Paeondas, Contra Moeianum, l>. /.., t. lxvii, roi. 853 sq. j. Baronius, Annale», ad ann, 547, d. 32 ; Pagi, Critiem, ad ann. •">'»". »■ 8 ; Waleh, Ketxerhùt., p. 171 sq, :;. l acnndus, Contra Mocimnum, P. /.., t. letu, col. s.".:! sq. En cette circoae- tance Facundua se réTëlait grand debater, il allait droit à l'obstacle, le décou- rrail el Le nommait. La aituation était f ;• ï t *- pour troubler des tètes plna Portée qae la aienne. Seul peut-être l'ancien apoci isiaire I Conatantinople, le diacre Pelage, aurait pu lutter I armes égalée avec la forée cauteleuse du bssiieut ; mais Pelage jon.iit alors dan- RoiUS assiégée el Conquise par Totila le rôle d'une aorte de vice-pape. Chargé d une ambassade par le vainqueur auprès de l'empereur de Bysanee, il lit une rapide apparition à la cour, mais bob séjour, Déeessalrsn >urlé par suitede la gravit. '• «1rs intérêts en suspens, ne dut lui p< mettre d'intervenir efficacement dana la question tbéologique enga- Son paassge rapide se pul avoir grande influence aur le pape, et cette influence s'effaça graduellement. Pelage avait quitté la cour de Conatantinople depuis plusieurs uiojs quand Vigile commença à d.Qnperdes lignes de, I ïiblesse, 259. LE PAPE VIGILE El SON JUDICATUM '1^ s'explique que le pape déjà engagé avec l'empereur, n'ait pas en- [820] tendu avec plaisir ces déclarations de Facundus ; aussi voulut-il le réduire au silence, en lui objectant qu'il ignorait que le concile de Chalcédoine eût accepté la lettre d'Ibas, ou que les adversaires voulussent ruiner L'autorité du [V e concile œcuménique. Facundus se fit fort de prouver que « cette lettre avait été reçue par le concile n Le pape, eu effet, serré de près et sans relâche, cédait à l'oppression, et finis- sait par croire que l'on pourrait condamner les Trois Chapitres sans nuire au concile de Chalcédoine. 11 se flatta de combiner si bien les choses que non seulement il n'aurait aucun reproche à se faire, mais que sa décision serait acceptée en Occident. En ceci, qui était le point difficile, il se faisait étrange- ment illusion. Justinien le voyant en si bonne disposition, le pressait de mettre enfin son nom au bas de l'acte impérial. Ici Vigile résista énergiquement. L'épascopat oriental pouvait avoir la faiblesse de laisser dogmatiser l'empereur et de se borner à ratifier les sentences qu'il portait sur les choses de la foi ; le Siège apostolique ne pouvait se prêter à une telle abdication. Si l'on voulait qu'il se prononçât, il fallait le laisser agir lui-même, en son nom, lui déférer sinon ledit de l'empereur avec les adhésions épiscopales, au moins les pièces sur lesquelles portait le litige, c'est-à-dire les écrits de Théodore, Ibas et Théodoret. Ainsi le pape serait ce qu'il devait être, le juge suprême des contro- verses dogmatiques ; il ne paraîtrait pas céder au pouvoir impérial la moindre parcelle de son autorité traditionnelle. Ce fut en vain que Justinien chercha à l'ébranler dans cette situation. Le pape s'y maintint avec une ténacité inflexible. On eut beau chercher à l'effrayer, l'accuser d'hérésie, prétendre qu'il patron- nait les hérétiques. Rien n'y fit. On alla plus loin. Des menaces furent profé- rées contre lui ; il put craindre qu'on ne se portât à des actes de violence ; mais son énergie se montra au-dessus des vaines terreurs, et on l'entendit un jour s'écrier dans une réunion solennelle : uvr.r. \iv, <:n m'Itiif. i île Chalcédoine, et se déclara prêl I réfuter toute allégation con- traire, o Le |).i| mbatraeaé arrêta broaquemenl let délibémtione, ri demanda que chaque évèque lui remit son voie par écrit. Les soixante-dix évêques récalcitrants furent alors travaillés isolément, et on Ica amena k faire dea déclarations en oppoaition avec le con- cile de Chalccdoine. Quelques jours aprèa, on les amena, un à un, sous bonne garde et publiquement, an pape Vigile à qui ils remi- rent leur vote '. Facundua avait, nous l'avons «lit, pour motiver le Bien, fait des extraits de sa Dsfensio trium capitulorum encore ina- chevée. D'après lui, Vigile porta immédiatement les votes de cea soi\;inir-di\ évêques au palais, où on les joignit aux déclarations dea évéqueaqui avaient déjà signé. Afin d'expliquer son procédé, \ igile déclara au parti de Facundua qu'il n'avait pas voulu emporter avec lui ces votes et les placer clans les archives de l'Égliae ro- maine, pour qu'on ne pût pas en conclure qu'il les avait approu- vés 2 . Enfin, le samedi saint, Il avril 548 *, le pape envoya à Mennas son Judicatum. Cette pièce contenait les conclusions auxquelles le pape s'était arrête après avoir présidé les conférences en qua- lité dejudex et après avoir reçu les votes des évêques. (let impor- tant document est malheureusement perdu, et, jusqu'il ce jour, I opinion générale a été qu'il n'en restait plus qu'un fragment, in- séré dans une lettre de Justinien au V" concile oecuménique -e trouve dama Manai, np. cit., t. i\. eoL 181, et dana Bardouin, t. ut, p. 75. 5. Dans leur édition dei Œuvres , les Bal- lerini ont cherché à soulever quelque! doutes an sujet de l'authenticité de ce 529- LE PAPE VICII. E ET SON JUDICATUM 27 sr/estini scripta porrecta sunt, multa contraria rectœ fidei releguntur, Nos monita Pauli êequentes apostolidicentis, omnia probate, quod bo- num ESTRETlNETEideoqueanathematizamus Theodorum, qui fuit Mop- suestiœ episcopus, cum omnibus suis impiis scriptis, et qui vindicant cun/. Anathematizamus et impiam epistolam ,quœ ad Marim Persam scripta esse ab lia dicitur, tamquam contrariant rectœ fidei chris- tianœ, et omnes, qui eam vindicant, vel rectam esse dicunt. Anathe- matizamus et scripta Theodoreti, quœ contra rectam fidem et duo- decim sancti Ci/rilli capitula scripta sunt. A l'exception de ce fragment, on savait seulement que le pape avait inséré dans le Judicatum la clause suivante : « Il ne faut pas, par là, heurter de trop près le concile de Chalcédoine. » Noris et Noël Alexandre i ont traduit ces mots par : salva in omnibus rêver entia synodi Chalce- donensis. Cette formule offre d'abord le grand inconvénient d'avoir été rédigée par le cardinal Noris lui-même, qui avait lu dans les documents originaux que Vigile avait assuré à plusieurs reprises n'avoir rion mis dans son Judicatum qui pût porter atteinte à l'au- torité des quatre premiers conciles œcuméniques ni à celle des papes ses prédécesseurs -. Les clercs italiens s'expriment dans le même sens ; ils écrivirent aux ambassadeurs francs que, dans son [822] Judicatum, Vigilius sollicite monuit ne, per occasionem, supradicta si/nodus (de Chalcédoine) patere/ur injuriant, et encore : « On avait plus tard voulu forcer le pape à anathématiser de nouveau les Trois fragment : a) parce que de tous les autres édits du pape, l'empereur n'avait rien inséré mot à mot dans sa lettre ; b) parce que, lorsque Justinien écrivit cette lettre, il n'avait plus avec lui d'exemplaire du Judicatum. Ces deux raisons sont tr<"'s faibles, et la première a même si peu de valeur que nous n'y répondrons pas, et quant à la seconde, comment peut-on admettre que l'em- pereur n'ait gardé aucune copie d'un document aussi important que le Judica- tum ? Si lui, personnellement, n'en avait pas, d'autres du moins en avaient. 1. Noris, op. cit., t. i, col. 595 ; Natalis Alex., Hist. Ecclesiœ, saecul. VI, Veuetiis, 1778, t. v, p. 349. ■1. C'est aussi ce qu'il dit dans sa lettre à Valentinicn, évêque de Tomi : Legant ergo quae de causa quse hic mota est, ad fratrem nostrum Mcnnam... scribentes legimus définisse, et tune cognoscent nihil a Nobis, Deo Nos custo- diente, commissum vel certe disposition, quod contra fidem prxdicationemque venerandarum quatuor synodorum... reperiatur adversum, aut unius ex his, qui definitioni suprascriptx Clialcedonensis fidei subseripserunt, tangat inju- riant ; vel quod decessorum nostrorum inveniatur, quod absit, constitutis forte contrarium. Mansi, op. cit., t. ix, col. 360 ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 182. Vigile s'exprime de la même manière dans sa lettre à Aurélien, évêque d'Arles. Mansi, op. cit., t. ix, col. 362 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 183. 28 uviii: \iv, CHAPI1 RI i Chapitres sans faire aucune réserve en faveur du concile de Chai* cédoine, ut abêolute ipsa capitula sinesynodi Chalcedonensis men- tione il ii Di muet '. a C'était là tout ce qu'on vi\;ni de ce Judicatum, lorsque, en étudiant avec soin le Constitutum donné plus tard, le 1 '• mai 5 par Vigile, la pensée me vint de cherche] dans ce Constitutum d'autres fragmenta du Judicatum. Vers la fin du Constitutum, Vigile rappelle que ses prédécesseurs, les papes Léon et Simplicius, on1 Bolennellemenl déclaré, a plusieurs reprises, que les décisions portées par le concile 5. Item post alia : « Anathematizamus et enm quoque, quicumquesanc- tam Nicaenam, Constantinopolitanam, Ephesinam primam atque Chalce- donensem sanctissimas synodos in una et immaculata fide de Apostolis consonantes, et ab Apostolicae Sedis praesulibus roboratas, non et fideliter 1. Comme nous ne savons pas exactement à quoi se rapporte ce fragment, il est très difficile d'en dire le véritable sens. Voici probablement la pensée du pape Vigile :« S'il nous avait été possible de montrer, avec évidence, que l'anathème porté sur les Trois Chapitres était implicitement contenu dans ce qui s'est passé à Chalcédoine, nul ne se serait permis de regarder comme douteux ce qui aurait été jugé par le concile de Chalcédoine : car sans le consigner par écrit (c'est-à- dire sans l'insérer dans les actes), les membres de ce concile ont pu examiner avec soin et décider, d'une manière positive, des choses qui nous sont mainte- nant inconnues, et qui ne nous paraissent pas décidées ; le respect que nous devons au concile nous fait un devoir de vénérer ses décisions que nous ne connaissons pas d'une manière certaine. » 1. Le sens est celui-ci : « Tout ce que les quatre premiers synodes ont décidé et que les papes ont confirmé, doit conserver force de loi. Ainsi donc tout ce que ces conciles ont condamné, reste condamné, et tout ce qu ils ont absous reste absous. » o. Le sens est celui-ci : « Nous anathématisons quiconque regarde comme ayant force de loi ce qui, dans le présent édîl, paraîtrait en opposition avec le concile de Chalcédoine, ou bien ce qui, ayant été écrit par nous, ou par d'au- tres, présenterait le même caractère. Ce concile irréforinable a la même auto- rité que le concile de Nicée, » etc. , 30 I l\ lll. \l\ . I IIAIM I IIP. I sequitur el equaliter veneratur; el qui m que m ipsis conciliie, quae prtefati Bomua, gesta sunt, vull quasi prave dicta oorrigere, eut vult im- ]»«I II ■• l.l -lipplelV '. » La lettre du pape Vigile ;i Rustique el à Sébastien qoui apprend que le premier, qui étail diacre el aeveu du pape el avail accompa- gné son oncle ;i Constantinople, n'eut toul d'abord que \>- No< l de l'année 549, spres avoir eux-mêmes le pape à offi- cier solennellement, pour se rendre au désir de l'empereur, Rustique et Si bastien abandonnèrent Vigile au moment de lu cérémonie. Kxaspéré d'un tel auront reço en public, le pape les déposa de buis Fonctions. Bpitt. ad Riuti- ciun et Sclmstiiiiiuiii, /'. /.. I. ixix. col. 13-51. (II. L.) i. Menai, op. cit., i. ix, col. 59 Hardouin, <>j>. cit., t. m, col, 8. i'r<> scandai' i cji cnand>> cundcsccndcntes qaoriiiuda ni aiiiniis, quos aliqua dis/iat- satiunc ci cdidiiiins tcm/icra/idos..., qu.rdam /"" tt-mpotr medu iiuihtcr i ci\ti- nununii.s ordinanda. DÛpen$*tio t c'est-à-dire pnmda /mis rcla.ratto. Cf. Ou Cangc, Glossarinm, t. U, col. 1545. 260. OPPOSITION AU JUDICATL'M 31 que Ion ne devait, pour aucun motif, porter atteinte à l'autorité du concile de Chalcédoine *. » On voit que le clergé italien, de même que Vigile, partait toujours de ce principe que l'on n'aurait dû rien faire contre Théodore de Mopsueste, puisqu'il était mort plus de cent ans auparavant en union avec l'Eglise, et qu'il n'avait pas été condamné par le concile de Chalcédoine. On n'aurait pas dû, suivant eux, attaquer Théodoret et Ibas, puisque le concile les avait rétablis sur leurs sièges après que l'un et l'autre eurent prononcé l'anathème contre Nestorius, et sans que le concile condamnât la lettre de l'un ni certains écrits de l'autre. Toutefois, comme ces Trois Chapitres étaient pour plusieurs un sujet de scandale et trou- blaient la paix de l'Église, on a jeté sur eux l'anathème, afin de remédier à la situation et de faire preuve de bonne volonté, d'autant plus qu'en lui-même l'édit contre Théodore de Mopsueste et ses écrits, contre certains écrits de Théodoret et contre la lettre d'Ibas, pouvait très bien se justifier. En prononçant l'anathème contre les Trois Chapitres, qui étaient vraiment condamnables, et en conser- vant intacte l'autorité du concile de Chalcédoine, on ne commettait aucune injustice et on satisfaisait les deux partis. Aussi le cardinal ["8261 ^oris a-t-il dit justement : Et quidem u trique parti se fecisse satis Vigitius arbitrabatur : Grœcis, quod tria capitula condemnasset ; Latinis, quod salva synodo Chalcedonensi, id se fecisse contestare- fur '-'. 260. Opposition au Judicatum. Théodora, cette grande ennemie des Trois Chapitres, mourut, le 2Sjuin 548 3 , peu après la publication du Judicatum. Sa mort ne semble pas avoir exercé une grande influence sur la suite des dis- cussions. Les clercs italiens racontent dans leurs lettres aux ambas- sadeurs francs, que Justinien, ne se tenant plus pour satisfait du Judicatum du pape, lui demanda une nouvelle adhésion qui ne contiendrait aucune clause en faveur du concile de Chalcédoine. Néanmoins, ce fait n'étant confirmé par aucun autre historien, et Justinien ayant en grande vénération les quatre conciles œcuméni- 1. Mausi, op. cit., t. ix, col. 153 ; tlardouin, op. cit., I. m, col. 47. 2. Psoris, Opéra, t. i, col. 595 sq. 3. Ibid., t. iv, col. 951. I IN II I MV, (HAl'IIM I ques, nous croyons que cette assertion mérite peu de crédit 1 . Nous pensons également que \ ictor de Tonnenna commet un anachronis- me, lorsqu'il «lit que Justinien avait donné de nouveaux ordres con- cernant les Trois Chapitres *. Il est certain, au contraire, qu'une vive opposition s'éleva immédiatement contre l<' Judicatum ; \ igile lut s< : - vèrement blâmé par plusieurs et même accusé de trahison. C'est ce qui eut l i <- u à Constantinople même, <»u le pape séjourna plusieurs années pour répondre au désir de I empereur et, peut-être aussi, parce que Rome était au pouvoir des Gotha. Parmi ceux que le Judicatum avait mécontentés à Coustantinople, on distinguait sur- tout Dacius de Milan el Pacundus d'Hermiane. Ce dernier composa et présenta à l'empereur un grand ouvrage en douze livres pour la défense des Trois Chapitres. Mais il est impossible de déterminer l'époque à laquelle il fut achevé et offert. \ ictor de Tonnenna prétend que ce lut la onzième année après le consulat de Basile 3 , rg^7] ce qui, d'après la manière ordinaire de compter, donnerait l'an- née 551 : niais \oris a prouvé ' que Victor suit ici une autre ma- nière de compter. Basile fut, en 541, le dernier consul ; mais long- temps après on désignait encore les années en parlant ost cous. Basilii Victor, au contraire, désigne l'année 5 1- par n peut remarquer, en effet, que Vigile n'eat jamais attaqué dans cette Defènsio y tandis «pic dans l'écrit postérieur 1. Cf. Walch, Kelzerkitt., p. 17'.'. L81. 1. Viotor de Tonnenna, Ckronieon t ad aan. 548, /'. /.., i. lxtui, roi. ■> Eo lempore VU Facundi refulsere, an lieu de cela il tant lire : L'o tempore XII libti Facundi — refulsere, cf. Walch, <>/>. cit., p. 135 ; [Dobroklonsky, i Facunduê d'Hermiane : Pre defensione trium capitulorum, Moscow, 1898, ■■.'■ idii. (en russe). H. L.)] loi i-. Opéra, t. i, p. 652 ■ [. 5. Baroniut, Annales, ad ann. 547, n. 32. 260- OPPOSITION AU JUDICATUM 33 intitulé: Contra Mocianum, Facundus attaque le pape avec une grande vivacité. Malgré ce raisonnement, nous croyons que Baro- nius est clans L'erreur et que la Defensio, à moitié composée lors- que parut le Judicatum, lut interrompue pendant les conférences qui suivirent, puis reprise et terminée aussitôt après. Cette Defensio n'a pu être achevée avant l'année 550, elle a dû paraître après la publication du Judicatum. Si Facundus avait publié son ou- vrage plus tard, il s'y serait exprimé avec beaucoup plus d'éner- gie : mais, à cette époque, le dissentiment entre le pape et lui n'avait pas encore dégénéré en rupture complète, Facundus gar- dait à l'égard de Vigile quelques ménagements (ce qui explique pourquoi il n'a pas parlé du Judicatum dans les derniers livres de sa Defensio) ; il espérait même gagner l'empereur à ses idées. Quand il dut renoncer à cet espoir, il composa, dans nue situation d'esprit bien différente, son livre Contra Mocianum scliolaslicum. Ce Mo- cianus avait blâmé les évèques africains de leur rupture avec Vigile, après la publication du Judicatum, que dans ce livre Facundus qualifie de nefandum. Aussi jugea-t-il prudent pour sa sûreté personnelle de quitter Constantinople, et il vécut dans une retraite [828] connue de ses seuls amis. Le livre Contra Mocianum fut publié entre l'apparition du Judicatum et celle du Constilutum : car le pape ayant soutenu dans ce dernier document les Trois Chapitres, Facun- dus ne l'aurait certainement plus attaqué alors comme auparavant. Enfin, Facundus ne disant rien des anathèmes du pape contre les Trois Chapitres et de son adhésion au V e concile, on peut en con- clure que le livre Contra Mocianum leur est antérieur. Nous apprenons de Vigile lui-même que, dès le principe, quel- ques personnes l'attaquèrent vivement, lui et son Judicatum, et qu'il se vit dans l'obligation de les retrancher de la communion de l'Eglise. A ses adversaires s'était joint son propre neveu, le diacre Rustique, qui avait d'abord loué le Judicatum et qui maintenant suscitait des adversaires à son oncle, en Afrique comme à Cons- tantinople. Il fut, pour ce motif, cité à comparaître, et promit par un serment écrit de ne jamais plus se soustraire à l'obéissance due au pape ; ce qui ne l'empêcha pas défaire plus lard cause com- mune avec Sébastien, diacre romain peu honorable qui, comme Rustique, avait au début loué le Judicatum et l'avait appelé un livre tombé du ciel. Tous deux se mirent en rapport avec les moines Lampride et Félix à qui leur opposition au Judicatum avait valu l'excommunication, Ils communiquaient avec d'autres excommuniés, CONCILES — III - 3 •M I.I\ l!l XIV, CHAPI I Kl I s étaient aussi arrogé le droil d'enseigner, e1 axaient écrit dans toutes lei provinces que i le pape avai! fail une chose nuisible .1 l'autorité du concile de Chalcédoine, En leur qualité de diacres romains, ils avaienl pu tromper I> i <■ 1 > des gens; o'est ainsi que, dans beaucoup d'endroits, il était né tant de divisions et de par- tis que le sang avait coule dans les églises. Bn outre, ils avaient affirmé dans une lettre 4 l'empereur, que !•■ pape Léon avaii ap- prouvé les écrits hérétiques de Théodore hs iascript. 1899, p, 16, prouve (pi il faut lire Gill i tm n ue. Ce personnage courut rejoindre ,1 Byzance PaCUndua et ses amis qui, dès le len- demain de la publication du Judicatum, avaient rompu avec Vigile. Félix lit plus, il travailla sur-le-champ à fomenter contre Vigile un formidable parti d'opposition. P, /... t. 1 xix, col. i7-50. I.c pape opposait l'anathème à ces alla. pus qui ne reculaient pas toujours devant la calomnie, m. lis il i \ .« i t beau- conp à faire ; le déchaînement était universel, I èquea d'Afrique, réunis en 550 en concile plénier de la provinoe, se proclamaient défenseurs d. s Treii Ckapili niaient Vigile de la communion catholique et faisaient remettre .1 Juatinien une protestation solennelle contre la condamnation. Pacundua ■ I> >>i- sissaii i e m nt pour donner an public son livre , afin terminé, la Defeneio, et cet écrit hardi et décisif faisait un bruit prodigieux. L'évcque d'Herniiauey pre- 260. OPPOSITION Al JUDICATUM 35 contre ceux qui conserveraient la communion avec lui ou avec d'au- Ins excommuniés, par exemple avec Rustique, etc. *. Nous verrons plus loin que cette sentence d'excommunication a été portée le 18 mars 550. Aussi pouvons-nous en conclure que : a), dès la publication du Judicatum plusieurs personnes présentes ;i Constantinople firent au pape une opposition telle qu'il fut obli- gé de les excommunier ; b) deux moines, Lampride et Félix d'A- frique, vinrent à Constantinople s'opposer de vive voix et par écrit au Judicatum : c) Rustique, le neveu du pape, et d'autres clercs romains firent cause commune avec les opposants et répandirent partout des bruits fâcheux contre le pape ; d) le pape les fit aver- tir, à plusieurs reprises, avant d'en venir aux mesures de rigueur; e) dans beaucoup de provinces des divisions éclatèrent pour et contre le Judicatum, et on alla parfois jusqu'à verser le sang dans les églises. Une lettre du pape, du 18 mars 550, adressée à Valentinien, evêque de Tomi, nous apprend que Rustique et Sébastien avaient déjà occasionné des troubles dans la Scythie 2 . Valentinien avait averti le pape des mauvais bruits et des troubles qui remplis- saient sa province ; en lui répondant, le pape Vigile assure qu'il n'a voulu rien faire contre tout évêque ayant souscrit au concile de Chalcédoine. « Il suffisait de lire son Judicatum à Mennas pour être persuadé qu'il n'avait rien fait, rien ordonné en opposi- [830] tion avec la foi ou l'enseignement des quatre vénérables conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse et de Chalcédoine, ni avec nait à partie Justinien lui-même et distinguait nettement le cas où le souverain doit « faire usage des pouvoirs du prince t et ceux où il doit « montrer l'obéis- sance du chrétien ; » il déclarait que l'empereur doit « exécuter les canons de l'Eglise, non point les lever ou les transgresser, s Defensio, 1. XII, c. m, P. L.,t. lxvii, col. 838 : ecclesiasticorum canonum executor... non conditor, non exactor. Tout l'Occident n'avait que du mépris pour « ces évêques grecs titu- laires de riches et opulentes églises, incapables de supporter une suspension de deux mois, et toujours prêts, en conséquence, à obéir à toutes les volontés du prince, à accorder sans résister tout ce qu'on leur demandait. » P. /.., t. lxix, col. 116. (H. L.) 1. Cette sentence d'excommunication se trouve dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 351 sq. ; Ilardouin, op. cit., t. m, col. 1 7ô sq. 2. Sur la date de cotte lettre, voir la note 1 de Mansi, op. cit., t. ix, col. 362, où il (aut lire 549 au lieu de T'i'.i, el 550 au lieu de 530. Garnier, loc. cit., p. 563), a voulu changer cette date, mais voyez les Ballerini, op. cit., t. iv col. ÎÛ2G sq. 36 i IVSJ xiv, CHAFI1 nE i les décision a des papes ses prédécesseurs. Les auteurs de tout le icandsJe qui s'étail produil «'n Scythie étaienl Rustique et Sébas* tien, depuis longtemps exclus de la communion, auxquels il infli- rait bientôt les peines canoniques (la déposition), s'ils ne s'amen- daient p:i s 1 . Valentinien devail avertir ses subordonnés de s.' défier de ces fauteurs de désordre; s il conservai! lui-même des doutes, il n'avait qu'à venir trouver le papi De même que Valentinien < 1 « • Tomi, Aurélien d'Arles avait, dès l'année 549, écrit à Vigile 3 qu'on avait répandu en Gaule le bruit que le pape avait agi contre les décrets de ses prédécesseurs et contre la foi des quatre conciles œcuméniques. Vigile le tranquil- lisa mit ci* point et le pria, comme son vicaire dans les Gaules \ de prémunir tous les autres évêques contre ces bruits mensongers : il ajouta qu'il ferait, autant que possible, connaîtrai Aurélien, par l'intermédiaire «le son courrier A.nastase, tout ce qui s'était passe si l'empereur lui permettait de revenir à Rome, il enverrait a Arles un ambassadeur particulier. En attendant, Aurélien devail inter- céder sans relâche auprès de Childebert, roi des Francs, pour que celui-ci s'employât en faveur de l'Eglise romaine et «le ses droits auprès du roi des Goths (Totila), qui s'était empare «le Rome 5 . l'^-^J L'opposition que rencontra le Judicatum fui encore plus accen- tuée en Illvne, en Dalmatie, en Afrique, que dans les Gaules et dans la Scythie. La lettre «les clercs italiens, plusieurs lois citée, nous apprend que les évéques de Dalmatie n 'acceptèrent pas le Judica* 1. Ad ami. ô50, n. 5, l'a^i conclut, avec raison, . 5fi:2) place celte sentence «le «lépo- i- tion dèa l'année 549. ■J. Menai, "/'• ci/., t i\. col. 359 ; Hardouin, <. cit., t. n, col. 181. ;>. Le pape reçut pridie i0. Par cei idtu julias, il Faut entendre les idea de l'anné Garnier a voulu, il eal frai, changer cette date chronologique (p. 568). 'i. Un trouve dans Menai, op. cit., t. in, sol, 16, '•" -"n prédécesseur but le -iège >l A 5. Mansi, op. a«>û1 550 le serment écrit de s'employer, de concert avec lui et suivant son pouvoir, à faire prononcer l'anathème contre les Trois Chapitrée ; par contre, l'empereur s'obligeait à tenir le serment secret autant que possi- ble et s'engageait ii protéger le pape si cela devenait nécessaire 262. Concile de Mopsueste, en 550. Comme préparation au futur grand concile, l'empereur réunit a Mopsuestcune sorte de synode des évéques de la Cilicie secondes chargé d'examiner si le nom de Théodore était inscrit dans le 1. Menai, op. cit., col. 153 ; Hardouin, op. cit., col. 17. 2. Vigile persuada à l'empereur qu'on ne ferail rien tanl que les évêque i'Oocidenl ne seraient pas mis .m fait de la discussion. Très adroitement il rappela a Justinien que lui, Vigile, avait change d'opinion en voyant sur place, ,i ConsUuitinople, on es étaient les choses ; rien ne permettait do supposer ■{ne les plus animés, 1rs évéques d'Afrique et d'Illyrie eux-mêmes, et avec eux | tes dea peya latins, abandonneraient spontanément les opinions trop tranrlii's, tandis ipic, mieux informée, il- se convaineraienl de la nécessit,'- do condamner 1rs huis Chapitres sans atteindre 1rs décrets du concile de Chai* cédoiue. Le remède I laaitaation présente était de retirer le /udicefaun el de préparer la réunion d'un concile oecuménique dans lequel l'I accident aurail une large représentation. Justinien. qui tenait par-dessus tout au succès linal, se lais-., persuader ot consentit a rendre au pape l'exemplaire original do Jittlicatum ; toutefois il lit jurer Vigile par les clous de la passion et les quatre Evangiles qu'il s'emploierait de tout son pouvoir à taire condamner 1rs Trou Chapitret el ne ferail rien es sens contraire. Hardouin. Coll. concis., t. m, col. 184. (H. i :;. Le serment est imprimé dans Mansl, I. i.v. COl. 863 , Hardouin, t. m, col. 184. Les Ballerini ont mis en question l'authenticité de ce document. Noris, Opéra, t. iv. col. 1037 sq. ; Walch. op.cit , 191 sq. [833] j 262. CONCILE DE MOPSUESTE 39 diptyques de Mopsueste *. Les actes de ce concile figurent au pro- cès-verbal de la v e session du V e concile; œcuménique, dans laquelle" ils lurent lus 2 . Le premier document est une lettre de Justinieo, datée du 23 mai 550 ;i , adressée à Jean, évèque de Justi- nianopolis * et métropolitain de la Cilicie seconde. Elle invitait eau îi se rendre à Mopsueste avec tous les évêques de son concile, el à s'aboucher dans cette ville avec les vieillards, clercs ou laïques, pour savoir deux si le nom de Théodore n'avait pas été rayé des diptyques. S'ils ne s en souvenaient pas, ils devaient déclarer qu'à leur connaissance le nom de Théodore n'avait jamais été lu dans L'office divin ; enfin, le concile devait examiner les diptyques en compagnie de quelques autres évêques, pour savoir quel était le nom qui s'y trouvait, au lieu de celui de Théodore. On députerait à l'empereur un courrier, et un autre au pape avec le résultat de l'en- quête 5 . L'empereur communiqua à Cosmas, évêque de Mopsueste, les ordres qu'il avait donnés au métropolitain, et lui fit à ce sujet ses observations ; ce second document est daté du 22 mai 550. A cela se bornent les actes du concile de Mopsueste, qui se réunit le 17 juin 550, dans le secretarium de l'église de cette ville, sous la présidence du métropolitain de Justinianopolis et en présence de huit évêques et de nombreux personnages de distinction. Mar- thanius, cornes domestico riim, remplit les fonctions de représentant de l'empereur. On apporta les saints Evangiles au milieu de l'as- semblée, et on lut l'ordre de l'empereur. Le defensor de l'Eglise de Mopsueste, le diacre Eugène, introduisit alors dix-sept prêtres et diacres et autant de laïques (parmi lesquels se trouvaient des comités et des palatini), tous gens de Mopsueste et d'un âge avancé. 1. Par mesure de précaution, on adjoignit auxévèques des officiers impériaux. Tous ensemble se livrèrent à une enquête dont l'arrière-pensée était de répon- dre à l'objection d'une i'oule de gens qui trouvaient insensée la condamnation d'un évêque mort dans la communion de l'Église et dont le souvenir était demeuré en \ énéralion dans l'Église qu'il avait gouvernée. (H. L.) 2. Baronius, Annales, 1597, ad ami. 550, n. 37-39 ; Pagi, Critica, 1689, ad anu. 550, n. 9 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 406, 492 ; Hardouin, Coll. concil ., t. m, col. 123-134 ; Coleli, Concilia, t. v, col. 1395 ; Mansi, op. cit., t. ix, col. 274-289 ; Noris, Opéra, t. i, col. 605 sq. (H. L.) 3. Et non pas du 13 mai, comme le prétend Noris. 4. L'ancienne ville d'Anazarbe, ayant été détruite par un tremblement de terre, avait été rebâtie par l'empereur Justinien qui lui avait donné peu aupa- ravant Le nom de Justinianopolis. 5. Mansi, op. cit., t. ix, col. 274 ; Hardouin, op. cit. } t. m, col. 123. 40 l IVB1 XIV, < Il Mil i:l i Le ctiëtos de l'Eglise, le prêtre Jean, :t|»|»«>r-t;i les diptyques ;il<>rs en service et deux antres en usage s une époque antérieure. On lut solennellement ces diptyques, ensuite chacun des évéques lei lut en particulier, et le prêtre Jean jurs n'en connaître pas d'autres ni de plus snciens. <>n interrogea les dix-sept témoins, aprèi leur avoir l'ait jurer sur l'Evangile de dire la vérité. Le premier et le plus an- cien, le prêtre Martyrius, lit la déclaration suivante : <• J'ai quatre- vingts ans ; je suis clerc depuis soixante ans el je n'ai jamais com- pris, je n'ai jamais entende «pic le nom de Théodore ii'it lu dans 1- diptyques ' ; mais j'ai appris qu'on avait remplacé son nom par celui de Cyrille d'Alexandrie '-', et c'esl pour cela qu'il y a mainte- [3341 nanl dans les diptyques le nom de Cyrille, quoiqu'il n'y ail jamais eu d'évéque de Mopsueste qui portât ce nom. Quant & ce Théodore dont le nom se trouve dans deux diptyques à l'avant-dernière place. ce m est p;is cet ancien Théodore, mais bien l'évèque de Mopsueste. mort il y a trois ans et cpii était ne en Cialalie. » Tous les autres témoins, clercs et laïques, firent une déposition analogue après quoi les évoques résumèrent dans un discours assez prolixe le résultai de tons ces témoignages et de l'inspection des dipty- ques. D'après eux, de mémoire d'homme, le nom de ce Théodore était rayé des diptyques, a sa place on avait inséré celui de Cyrille d'Alexandrie. Tous les évéques Bignèrenl cette déclaration, ainsi que les deux lettres à l'empereur et au pape résumant les procès- verbaux 3 . 1. D'après cette déposition, le nom de Théodore aurait été rayé des dipty- ques .ni plus tard pendant L'enfance de Martyrius, c'esl à-dire vers l'an '«80. ■_'. < Ceci ne doit pas étonner, car souvenirs el documents ne re montaient qu'an temps de / hénotique, c est-à-dire à an temps peu favorable s Théodore. » L, Duchesne, Vigile et Pelage, dans la Rev. de* queet. hiêt., 1884, t. uxvi, I». 109. (II. I..i ::. M.insi, op. ri! , t. ix, col. 275-289 ; Hardonin, op. cit., t m, col. I-'»- 134. Le Libellu* synodicu* (Mansi, loe. cit.. 1. i\. col. 150, et Hardonin, l<>r. lit., t. y, col. 1534) raconte que les évéques s'étaient réunis à Mopsueste "ù ils interrogèrent clercs 1 1 laïques, pour savoir si !<• nom de Théodore s'étsit jamais trouvé dans l.s diptyques. I In avait répondu affirmativement, et les évéques avaient lait pari de ces témoignages au pape Vigile. Garnier, op. col. 551, en conclut bien ■• tort, qu il y a eu deux conciles de Mopsueste, l'un convo jué par l'empereur pour prouver que 1<- nom de Théodore avait été rayé des diptj | . et l'autre convoqué par le pape pour démontrer que le 1 de Théodore se trouvait dans les diptyques, Voyei contre cette hypothèse la isio des Ballerini dans leur édition des Œuvre* du cardinal JVbrts, t. iv, sol. 102 262 bis. LES DÉPUTÉS ni: L'AFRIQUE 41 262 bis. Les députés de 1 Afrique. Vers la même époque, l'empereur convoqua au concile projeté et qui devait se tenir à Constantinople les évêques d'Illvrie et d'Afri- que ; les Hlviiens refusèrent de s'y rendre 1 . L'épiscopat africain envoya au contraire des représentants ; c'étaient : Reparatus de Carthage, Firmus [évoque de Tipasa et] primat de Numidie, et les évêques Primasius et Verecundus de la province de Byzacène 2 . Les évêques grecs cherchèrent aussitôt, par promesses et par menaces, [835] à les amener à prononcer l'anathème contre les Trois Chapitres 3 . Ne pouvant y parvenir, ils essayèrent de compromettre Reparatus de Carthage occusé d'avoir causé le massacre d'Aréobinde, parent de l'empereur et son magister militum, par l'usurpateur Guntarith 4 , (Gontharis) et sur cette accusation Reparatus avait été dépouillé de sa charge et de son bien et exilé. Aussitôt après, l'apocrisiaire infidèle de Reparatus, Primosus, fut par la volonté impériale et en 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. ix, col. 153 ; Collect. concil., Hardouin, t. ni, col. 47. 2. Ces deux évêques, Primasius d'Hadrumèle et Verecundus de Junca, représentaient et suppléaient leur primat Boethus, trop âgé pour entreprendre le voyage de Constantinople. P. /-., t.Lxix, col. 115. La délégation de l'Afrique arriva à la cour vers le milieu de l'année 551. (H. L.) 3. Les prélats africains semblent s'être trouvés dans la ville impériale quelque peu embarrassés de leurs personnes (Junilius, Praef. , P. L., t. lxviii, col. 15), néanmoins ils firent bonne contenance, résistèrent aux menaces comme aux flatteries. P.L., t. i.xix, col. 116. Ce fut alors que la cour s'avisa d'un moyen de compromettre Reparatus en lui intentant un de ces procès politiques oii les byzantins étaient passés maîtres dans l'art d'échafauder les preuves et de perdre laccusé. (H. L.) 'i. Reparalus était innocent. Guntarith, lieutenant d'Aréobinde et dux de Numidie, s'était révolté et s'était fait nommer régent de l'Afrique. Aréobinde s'enfuit avec sa Famille dans un monastère ; mais l'usurpateur envoya à Aréo- bînde l'évêque Reparatus pour l'assurer d'un sauf-conduil et pour l'invitera venir à Carthage. Reparatus remplit sa mission de bonne foi. Aérobinde, se rendant à cette invitation, quitta son asile, et fut convié à un dîner par Guntarith, qui le massacra au sortir de table. P. L., t. lxix, col. 116 ; Procopius, De bello Vandalico, 1. II, c. xxv eL xxvi, éd. Bonn, I. i, p. 515-522 ; Baronius, ad ann. 5i5. n. 21 ; Xoris, op. cit., t. i, col. 614 ; Ch. Dielil, L'Afrique byzan- tine, Histoire de la domination byzantine en Afrique, in-8, Paris, 1896, p. 440 ; A. Audollent, Carthage romaine, in-8, Paris, 1901, p. 557 ; H. Le- clercq, V Afrique chrétienne, in-12, Paris, 1904, t. n, p. 266. (H. L.) 12 i.iviir. \iv, ru a ii i m i i violation des canons, élevé sur le siège de Carthage, du vivant de Reparatus, malgré la volonté «In clergé el du peuple, après avoir condamné lei Trou Chapitrée. Son intrusion fit couler le snng '. Le second député de l'Afrique, Firmuv, primai de Numidie, se lai oer par des présents el souscrivit l'anathème qu'on lui avail demandé : mais il mourul d'une mort honteuse, en regagnanl par mer sou pays . Sun collègue Primasius d'Hadrumète se montra très ferme, au débul j aussi fut-il relégué dans un monastère . Plus ; cependant, après la moi t . 558, /'. /.., t. i\i\, ool. m".. (H. I..) J. Facnndus, Adv, Mocianum, mentionne î et propoa un certain Sorcioa en Porcins donl l'identité n'a pu jusqu'ici être établie. Cf. P. /.., t. lxvii, fol. s;:<-h:'.. (H. L.) ,'t. Primasiua et Verecundus, demeurés a Constantinople, voyant les rapports devenir chaque jour plus tendus entre !■• pape el L'empereur, pressentir) ni que ce .1' rnier emploierait bientôt la violence contre le pape ; ils m- rapprochèrent alors de Vigile menacé et redevenu à leurs yeui le défenseur de la foi catholi- que. Tons deui participèrent en conséquence, à l'excommunication lancée contre le patriarche el a la déposition de Théodore Askidas. Lorsque, le 23 décem- bre de L'année 551, \ igile - < nfuil à Chalcédoine, lea dei ses africaine Pi suivirent. (H. I-.) ï. Victor de Tonnenna, lue. ni.. Rlansi, op. cit., t. i\. coL 153 ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. i7. L'Église d'Afrique ainsi pi! % ••>• de ses principaux chefa •emblait devoir céder facilemi m aux es jen< • ■ de I empereur. On intriguait de mille façona pour L'énerver et en venir a bout. Les agents impériaux travaillaient Ici Kglises africaines, et l'écrit de Pacundua contre le acbolastique Rlocianua non- permet de suivre U polémique et d'apprécier lea argumenta auxquels ona%.ni recours, i Auj un- on e aayait de démontrer «pie la condamnation dis Trois Chapitre» était juate et le Judieatum de Vigile légitime : aux autres, on liait combien était profondément i ble L'attitude des coi: d'Afrique qui, en rompant la communion avec les adversairesde Chalcédoine, avaient provoqué un schisme véritable <-'. placé leura provineea en dehora de 263. SECOND BDIT IMPÉRIAL CONTRE Mis TROIS CHAPITRES 43 [83b] 263. Second édit impérial contre les Trois Chapitres. Tout ce que nous avons rapporté montre combien peu l'em- pereur et son parti tenaient à soumettre toute la question à une nouvelle assemblée synodale, et c'est ce que démontre encore mieux la singulière entreprise de Théodore Askidas. En opposition com- plète avec ce qui axai l été résolu entre le pape et l'empereur 1 , à l'Eglise. Pour décider les ignorants, les faibles, à cesser leur opposition, on leur vantait les avantages que trouverait la religion au rétablissement de la paix, on leur concédait même qu'on avait eu tort peut-être de toucher à l'œuvre de Chalcédoine ; mais, au nom de la concorde, on les suppliait de ne point s'obstiner, et on leur citait les textes de saint Augustin, disant : « La paix est bonne, recherchez la paix ; l'unité est bonne, aimez l'unité, ne rompez point l'unité. » A ces sollicitations on joignait les menaces ; on affirmait que les adversaires de Vigile expieraient sûrement dans cette vie et dans l'autre leur incompréhensible résistance, Quant aux prélats qu'on jugeait accessibles aux séductions terrestres, on y mettait moins de façons encore : par des promesses d'avancement ou d'argent, on se flattait d'acheter leur adhésion. Le scholas- tique Mocianus, en particulier, semble avoir été en Afrique l'un des serviteurs de cette politique ; personnage assez peu recommaudable, du reste, jadis arien au temps des rois vandales, puis fervent catholique au lendemain de la conquête byzantine, il avait su se pousser à Goustantinople dans l'amitié de Théodore Askidas et la faveur de Justinien ; il semble, vers 551, au moment où prenait consistance le projet d'un concile œcuménique, avoir été envoyé à Carthage pour y trouver des représentants complaisants ou doci- les de 1 épiscopat latin ; et comme le pouvoir civil, cette fois encore, paraît avoir prêté à ses elforts un vigoureux coucouis, la mission de Mocianus eut un semblant de succès. Pour combattre cette dangereuse intervention, Facundus, sollicité par ses amis, lançait du fond de sa retraite, une violente invective où il dénonçait les moyens scandaleux dont se servait la politique impériale, et quoi- que la terreur lût si grande en Afrique que l'évêque n'osait, en tête de son livre, inscrire le nom de ses correspondants, craignant que leurs relations avec un fugitif ne fussent pour eux une cause de persécution, pointant les fermes et courageuses déclarations du prélat paraissent avoir rencontré quelque écho dans la province. Sans doute le préfet d'Afrique trouva des évèques prêts à faire tout ce qu'on voudrait ; mais ils furent en petit nombre et, au vrai, ce u était pas U Heur du clergé africain. » Cli. Diehl, op. cit., p. 442-443. (H. L.) 1. Ct. supra. § 261. Les manifestations des évèques d'Afrique et d'Illyrie avaient renseigné de bonne heure les byzantins sur ce qu'ils étaient en droit d'attendre de l'épiscopat d'Occident. Askidas veillait et profitait des moindres indices pour inquiéter Justinien. Il lui remontrait qu'une représentation égale des prélats grecs et latins aboutirait inévitablement à réconforter le pape qui i l l.|\ RI \l\ , CHAPiritK l'instigation < 1 « ~ ce dernier, <»n avait lu dani le palais Impérial an mémoire contenant des anathèmes contre les Troie Chapitres, et plusieurs évoques grecs demandaient que l'on souscrivit cet écrit. Le pape Vigile fil des remontrances à ce sujet, s l'empereur el .1 am a qui eurenl l'air de demander grâce et pardon; mais Théodore Askidas u'e 1 continua p;is moins s répan Ire cel écrit et excita si bien l'empereur contre le pape \ i^ile qu'il l'amena à rompre 1 enga- gement [Mis, et, miiin attendre le concile annoncé à publier un nou- vel édil contenant l'anathème contre les Trois Chapitres, ["el esl le récit du pape Vigile lui-même ' : cenouvel éditn'étail certainement que 1 zj.z\z-; : .xt. : .7-:i-)z 'Iooo"civiavo3 ajToxpdrtopoç xarà t3v tpiûv xeçaXû dont «mi envoya en divers lieux de nombreux exemplaires. Becond édit de l'empereur contre les Trois Chapitres fui composé en 551 et 553, probablement en 551 : adressé ii toute la chrétienté il est arrivé jusqu'à nous 2 . Rien, dit l'empereur dans ce1 édit, d est si capable de nous rendre Dieu propice que l'unité dans la foi, pour ce motif qu'il veut exposer en détail le symbole orthodoxe ■ 11 développe ensuite une sorte de symbole dans lequel il précise d'abord la doctrine sur la Trinité, en ayant surtout en vue les s? erreurs de Sabellius el d'Arius. Puis il expose d'une manière beau- se sentirait soutenu et qui, en it des promesses et des serments .pourrait bien se prononcer contre la condamnation des Trois Chapitres. « Déjà trèa résistants en leur particulier, les prélats occidentaui seraient plus difficiles encore, une fois réunis et serrés autour do leur chef. Qui sait si leur exemple ne produirait pas des défections, munir dans les rangs de l'épiscopat grec ? Beaucoup avaient Bigné par peur ou par complaisance. N allait-on pas, par cette voie, au-devant d'une défaite Et quand même le succès sérail assuré, ne valait-il pis mieux ne le devoir qu'à l'ein prieur et à I épisCOpat d Orient ? Ces idées germèrent dan- l'esprit de Justinien. Il commence psr laisser lire devant lui des projets d'anathème contre les 'frais Chapitres, en dépit des réclamations du pape qui voulait que l'on maintint la stricte neutralité. Aski- dss jetait dans le publie des écrits non is favorabl Quand le pape se plaignait, il promettait de ne plus recommencer, mais recommençait aussitôt. Peu A peu, a l'instigation de plusea pins pressante de ses évoques favoris, Justinien en rinl ■< rédiger en son propre nom une con- ; on de loi termii par des snathèmes, el l'on apprit un beau matin qu un nouvel édil impérial, dans le même sens que relui de 145, «'-tait amené à la porte .1rs .'--lises. D.iiis le monde ponliliral, on était plus ou moins au courant de ce qui se tramait. Depuis quelque temps 1rs rapports étaient froï.i même asset aigres, entre le pane et l'empereur. » L. Duchesne. op. rit., p. il"- 411 (H. L.) 1. Mansi,oii • ni , t. ix. col. 59 : Bardouin, op. cit., t. m, col. 8 sq. 2. Mausi. op. rit., t. ix. roi. 537-682 Bardouin, on. ci*., t. m, col. 287-. 263- SECOND EDIT IMPÉRIAL CONTRE LES TROIS CHAPITRES 45 coup plus complote la doctrine sur la Personne du Fils, en l'oppo- sant à celle des nestoriens et des tnonophysites. Nous allons donner quelques extraits de cette partie du document impérial : « Celui qui est né de Marie est un de la sainte Trinité de même substance que le Père quant à la divinité, de même substance que nous quant à l'humanité, passible dans sa chair, impassible dans sa divinité, et aucun autre que le Logos de Dieu ne s'est soumis à la souffrance et à la mort. 11 ne faut pas dire que c'est le Logos qui a opéré les mira- cles et que c'est un autre Christ qui a souffert : car c'est le même Seigneur Jésus-Christ, Logos de Dieu, qui a pris chair et s'est fait [837] homme... En disant que le Christ est composé (auvôetoç) de deux natures, de la divinité et de l'humanité, nous n'introduisons cepen- dant aucun mélange (aÛYxvoiç) dans cette unité (ev&>:- (qu'il regarde par conséquent comme i lentiqui te ^6yo3 9soapxo|Acvt)), prouvanl par là que cette expression désigne pour lui la personne, l'hypostase, et non pas la nature... |)n reste, celui qui professe que le Christ est Disc et homme, ne peut en aucune manière soutenir qu'il n'y i en lui qu'une seule nature ou une seule îùafot. Que Cyrille ait bien réellement em- ployé dans tous «'"s pa ta ig s le mot ptierç dans le sens de personne, e'esl ce que pro deux lettres a Succensus et le treizième chapitre de ses scolies... Le Chrisl est donc une seule hypostase [838] ou une seule personne, il possède égalemenl en lui la nature divine complète et incréée, et la nature humaine complète et créée, o L'édit impérial combat ensuite ceux (jui abusent d'une comparaison faite par les anciens Pères, prétends ni qu'il n'y a dans le Christ qu'une seule nature. Quelques Pères, Athanase en particulier, avaienl comparé l'union de la Divinité et de l'humanité dans le Chrisl l'union du corps et de l'âme dans l'homme. Or, les monophysitei partant de ce principe disaient : >< Demême que le corps et lame ue constituent qu'une seule nature, de même la divinité el l'huma- nité dans le Christ ne forment, en se réunissant, qu'une seule na ture. o L'édil impérial disait, au contraire : « S il n'existail dans le ('hrist qu'une seule nature, elle devrait être ou bien sans aucune chair et n'être égale qu'avec Dieu, au point de vue de la substance. on bien n'avoir que la chair, ne former qu'un homme et n'être aie qu'aveenoua sous le rapport de la substance, oubien de ces natures réunies a du naître une nouvelle nature, également diffé- rente £:"j A;-;:y trûvôetov) ; mais on ne saurait parler d'une nature constituée, parce que la nature est en elle-même quelque chose d'interminé (àèpwcov ), il faut qu'elle adhère à une personne. Lorsque l'on dit que la nature humaine dans le Christ doit avoir sa propre personnalité, cela revient à dire que le Logos s'est uni avec un homme déjà existant par lui-même ; mais deux personnes ne [839] sauraient se réunir en un... Quiconque dit qu'avant l'union il a existé deux natures, ainsi que Théodore de Mopsueste et Nestorius l'ont prétendu, celui-là suppose qu'un homme a été d'abord formé et que cet homme a été ensuite uni au Logos. Quiconque dit, au contraire, qu'après l'union on ne doit plus parler de deux, mais bien d'une seule nature dans le Christ, celui-là suppose une aùy- 7-i-l; et une çavTaib, ainsi que l'ont fait Apollinaire et Eutychès : on ne doit pas dire qu'il y avait deux Seigneurs avant l'incarnation, et on ne doit pas dire non plus qu'il n'y a plus qu'une seule nature après l'incarnation. » L'empereur indique ensuite les quatre premiers conciles œcumé- niques, sans excepter le concile de Chalcédoine, il les donne comme règle de foi, puis il continue : « Les choses étant ainsi, nous vou- lons ajouter des xeçàXaux contenant en abrégé la vraie foi et la condamnation des hérétiques. » Voici les -/.loôChy^y. avec le sens abrégé de chacun. I EÏTtç :"j"/ z\i.z/.z-;t<. \\y.~i-.-x. y.y.1 Ftbv, v.y.\ 3c; , .:v 1 1 v z ù v. a. TpwcSa 5|jloou- tjiov, |i.Cav SeÔTYjra, v;:jv yjaiv v.y.l oùaCav, [Jiiav ~i 5t5vaji.iv v.y.1 IÇoofffev ev tpifflv 6icooT«ereicoiç TCpo«tovou|Alv»)V, b toioOtoç àvâÔ£(xa H I IV III. XIV, CHAlMTni. I s i quelqu un ne confess* pas le Père, le Fils .■( I Esprit un seul Dieu, ou une seule oature qu'il Faut prier en trois byp< ou personi < 1 u il -^ ■ » i t anathème. El '.:: l'y/ :;;.;/.:-;:'. tbv t.z: x'uôvo)V, /.y.: .■< /. zzj I \jzy.i Y&VVr,8é*VTa - --//J.-J-YI T(ov ï;;j.::iôv rapX6)6évTa tx :r: >■•,"•*: f )::T:/.:j y.i'. 7.V. ~x'J).r.j Mxy./.:. v.x': SvOpUtlCOV Y*V9U>CV0V Y*VV1)0d ; X'JTÎÎÇ, Xfltl ;•.;( rO&TC t:j Zj"; <-».:, \:-;:j lïvai TO i/>r t zi::. zr t / t: ïcpb 2(b>V(DV i-f.);;.aT(.i.;. /.al tJ}V i~ Izyyr.un TÔV r ( ;j.EC(iiv xatà zxy/.x. : TOlOÏTOÇ xrxUzj.x ■). Si quelqu'un ne professe pas que le Fils éternel de Dieu est devenu homme, et qu'il a eu par conséquent deux naissances, one naissance i ter- oelle el one naissance dans le temps, qu'il soit anathème. Eî tu; /..•;-'• xXXov slvan rbv 8ebv Ai-,:; tbv hz\)[j.x~zj y;r,zx/-. x . **î ïXXov rbv Xptcrcbv cb> jraôôvTa' r, tbv 8ebv A:-,:v rovstvai r

.£■;:'. yevojj ;/. •;jva , ./.:r, r, :v xÙT; SXXgv èv 5XXo), iXX'o'J^l 6V« /.x ; . WV xùxbv KtipiOV r,;/(iiv lïjaotiv Xpurcbv fbv T03 8eo 3 A;-;;v -ar/.f.)0zvTa.7.y.'. IvavSpttxf,- iravTa, xal rofi xutoQ t* Oaûixara xal ta itadt), xicep exouaruuç tocéuétve vapxi, ; TOtOOTOÇ Xfj))i).x i"(0. Si quelqu'un «lit que le Logoi qui opérait des miracles est autre que le Christ qui a souffert, el que le Logos s'est uni un homme né de la femme et qu'il n'est pas on Seigneur, etc., qu'il soit anathème. IV Kï T'..; /.:•;£'. /.x-.'xyxy:>, r, xorc' iv£p-;:'.av . r, jure' xÇiav, t; XOT taOTipCav ,jj /.xt' XÙ0CVTUXV, r ( StVOfOpàv, r, zy.z:i. r t Sûva(UV,Tf,V EvtùOlV t:. 8eo3 A:-;: y DpcdKOV -;:-;r/r,V>JC'.. r, Xflt6' b|MdVUUi«V, XC«V r, V : : . NcOTOputVdi XSd rb* 8 \ : , : i Xpurcbv xaXoSvteç, xal tbv SvSpwcov xcxttpuruivcàç Xpurcbv ovo- DaÇovree, taxa [wvrjv ri;v KpoenjYopfov Êv« Xpterbv >.:•;: aaxv" r, sï ru; / xorc' eùSoxfav rJjv Svumv Y 6 T ev 1 9 ® fltt > *«0wç 8e65opoç fi xipccixbç a. ■ : ipecGévrSÇ ::^ h ;:j \:-;:j roi Sotco. Si quelqu'un dit que l'union du Dieu Logo* .ivre l'homme existe seule- ment parla grâce, par la charité ou par l'égalité d'Iumneur ou d'autorité, 26o. SECOND ÉD1T IMPÉRIAL COM1IE LES THOIS CHAI'ITHES 49 par relation ou rapports mutuels, par la force, ou par suite d'une homo- nymie, selon laquelle les nestoriens appellent le Dieu Logos Christ, et, donnant aussi le nom de Christ à l'homme pris séparément, trouvent parce terme le moyen de dire qu'il n'y a qu'un Christ; si quelqu'un dit égale- ment selon (pie l'enseigne l'hérétique Théodore, que l'union s'est faite par la honne volonté, parce que le Dieu Logos a trouvé son hon plaisir dans 1 homme, à cause du hon sentiment qu'il lui portail, et ne reconnaît pas l'union du Logos Dieu avec la chair animée par nue unie pensante et raisonnable, et. que pour cela, il n'existe qu'une seule hypostase, qu'il soit anathème. Eï -'.: v.x~x srvaipopocv, r, JWCTa^pYjori/toç f )iz~zy.zv li-'H tyjv âvîav ï'tzzzzv 3.v~iz^v/z y / Ma;îav, r, zv()zm~z-zy.zv. y) \z'."z~zv.z>, (l)ç ~z 7 j Xpiarou u.tj zt.z: 0so3, àXXà \j;'r t xupfoç /ai /at' àXVjôeiav Ssotoxov «utyjv è|i.oXoYeîj c'.à T3 t;v icpb auovavex tsO Ilarp;; ';:vvr,flîvu @siv Aoyov i~ lo^aTWV Tàiv •/;;j.£;uv ir «ùtïjç uapxtùô^vat /ai Yevvï}6ïjvat, s tiioutoc âva6eu.a sVrco. Quiconque, par relation ou abus dans les termes, dit que la Mère de Dieu, la sainte, glorieuse et toujours Vierge Marie est mère de l'homme ou mère du Christ, comme si le Christ n'était pas Dieu ; mais qui ne re- connaît pas qu'elle est proprement et véritablement la Mère de Dieu par cela même que le Dieu Logos, né du Père avant les siècles, s'est incarné dans les derniers temps et a pris naissance en son sein, qu'il soit anathè- me. VI Eî t'.; zjy ojxoXoYeî tbv èffru,évov sap/i Kûpiov rjtJuSv IyjœoOv Xptorov Bebv Eivai àXr/Jivbv. y.ai xùptov t¥,ç z'zzr^. v.al vax -.r t z àyiaç Tpiaccç, 6 towUtoç 9cva6s(Mc ïarai. Quiconque ne professe pas que Notre-Seigneur Jésus-Christ qui fut crucifié dans sa chair est vrai Dieu, roi de gloire et l'une des personnes de la Sainte-Trinité, qu'il soit anathème. VII Ki -.:: sv ÎUffï yûffcot '/Âyttv [j.r, toc Èv OeÔTYJTt, /ai sv âvôpw^ÔTYjTl t:v îva Kûptov r ( [j.cov 'Iyj-ojv Xpurtov tov toU 0eoïï Aiysv lap/toôsvxa ;;j.:Xc-;£î ;;.r ( :£ £Z'. :w aT,;j.xvai ty;v O'.asopàv :wv sJsswv. i; a>v /xi uuveTlÔY], «XX' i~i 3tatps*aei tî) àv:z pépoç ttjv TOiaÛTTjv Xau^àvei povvjv £~i t;j /a-::* Xpiarôv [AUffTTjpbu wr v.zy_MZ'.z\j.vrj.z /ai îStooicooraTOUç £^V7.'. tzç ytîaeiç, xaOùç 0eô- Swpoç, xai N sorépioç pXaffÇYju,oî}fftv, 5 towutoç ivaOsjxa è'-tm. OONCI LES — III — 1 L1VI.I MV. i IIAI-I l i;l l Si quelqu'un, sdmettanl Iti deux natures, ne coi pas, dans Is divinité el l'humanité, un bcuI Seigneur Jésus-Christ, Dieu Logos incarné, non pour indiquer Is différence des naturel qui 1' composent mail pour les iVÔÇ KuptoO^UÛV Ir^zJ XpWTOO, rzj-.ir:: TôS -xy/.'^'i : ,~: : <->::. \;-;:j tbv Bpt6|A0V : Wi z\jz'/.z--i.< / ;•"',"'', ÔSOpfo rî)V z:x.zzt> -.uyi . s; b)V "/.a ; . rovCTéOv), 'irxj.'zx/v.. <»: -.Xj-.r,: zr/. 5tVT,pTJ|X^vr)Ç l'.x rljV (voeiv, aXX i~ ; . taatpécrtt rjj stvà uipoç ~<:> ipiOu^p v.iyzr-x'.. z toioOtoç srvd&eua Eotti. Si quelqu'un confesssnl les deux natures dans le seul Seigneur Jésus- Christ, c'est-à-dire dans le Dieu Logos incarné, n'admel pas dans le com- posé 'liv in une différence <|ui n'est pas détruite par l'unioi) mais croit qu'il y .1 réellemeni une division numérique d< !S parties, qu'il soit enathème. IX Eï -.'.; /.:-;(0V. ;j.'iav flSeiV T03 8eoU A;-;:j TCTapXtduivtJV, BOJ( 9ÙXUÇ x.'.z kxXau>6avei, ùç Sn oux ty;ç Odxç etfoeaçj /.a ; . tffe, xv9paicivi)4 île. Xpwr? snccreXéoty] '.izz,z:z; -(■> I larp'. MSCTSt TXjt 6e6r»}Ta, /.ai. eu.;: jfftev r,;j/.v ; a;: y.XTà t^V àvOpcMCSTnta, «XX ' fttt 7ï;ç veeTQTOÇ, XOi Tlj$ j?.:/.:.: r:> \: :::> ;j.'!a :.-•.-;. jjtoioùeia snceTeXéofta] , v.x-y. TT t v 'ArcoXtvotpfou, •/.:*'. Ljtj-/:.»: v.x/.z- -•.z-.'.xv, z -.z'.zj-.zz zvdcde|xa Sorco. Si quelqu'un parlant d'une seule nature du 1 Heu / g • incarné ne l'inter- prète pas dans ce Bens que le Christ B'esl formé de la nature divine et de [840] la nature humaine, mais BUppOSS que la divinité et l'humanité M Sont réunies pour ne plus former qu'une seule nature, ainsi qu Apollinaire et Butychès lOnt prétendu, qu il soit anathème. Y.-'.z^z -;z\p /.%'. :zj; xrj. y.izzz z:x:y. J VTXÇ, JJTOI té'u.VOVTaÇ, v.xi T00C. zyjizi-.xz t: tf}Ç hi'.xz z'v/.zr.v.xz. UUOtVjptCV tofl yOlOTOB x-.zzrzizi-x:, v.x'. : sixUi\).x-.:Lv. r t /.x ( )zix/.r t 'ExxXqofa. I ■ -.:; ;j.r ( BVa6c|AOt(Çci \::'.:v. Eùv5|U3V, Mk:::v::v, AriCoXtVOplOV, NcCrT&ptOV, \. J -.r/ix,v.x\ ::.-; TOC 0U£lS T0'JTOt{ )VT«Ç, t) ppOV^SatVTOÇ, avadsuA ÎOTtù. De même ceux qui divisent et séparent, ceux qui bouleversent toute momie du mystère du Christ s. .ut également reji tés el condamnés par l'Église uni\ erselle. 263. SECOND ÉD1T IMPERIAL CONTRE LES TROIS CHAPITRES 51 Que celui qui a'anathématise pas Arius, Eunomius, Macédouius, Apo- llinaire, Nestorius, Eutychès et lous ceux qui ont été ou sont encore imbus de semblables doctrines soit lui-même anathème. XI Ei! uç Xf-'-.z'.t'.-y. 1 . '"'z::oip;j toj Mo'is'JîTTta; t;j £ ; .-:vt:ç, bXXov £ivai t:v OebvAéfOV, y.a ; . aXX:v tbv Xptorbv, &rtb icaôàSv 'V j '/ y 1t xaixûv tîJç Ta;-/.;; èici6u|Aiâv evo^Xoûjasvov, xallx -;;/.;-?;.: Ipytov |3eXTtG>8évTa,xaî poncTiffôeVca stç ?vou.a llaTpbç xaï V ; .;j y.a ; . rfCou nveiijJiaTOç, '/.al ;ià t:j Pawt£c|i.aTOç t$jv jjapiv ~.zj xyiou Qv£U|xaTOç XaSeïv, '/.a'. ubOeataç à^itoG^vat, xaî /.a? îffônqTa (îaffiXixifo eixovoç eiç xpiatùirov t;j 0eoî3 Aoyou 7cpooxuvoi5u.evov, "/.aï ;;.£Ta njv «vaoraaiv «Tpewrov xaiç èvyowciç, y.a'. àvau.apTY)TOV TcavtsXôç y£v;;j.îv;v. •/.ai rcaXiv EipnjxéTOç rrjv Ivaxriv t:j (~>£;j Aoyou rcpbç ibv Xpiarbv TO'.ajr^v YSY 6v ^*® ai i :iav îi~^'> ô àrcôaroXoç i-i âvSpoç xat Y'jvaiy.ôç' êcov'Tat oî Siio eiç zy.zv.z \v.x-j . -/.a-. rcpbç tocîç ocXXaiç àvapiôuv^TOtç aùxoQ (âXafffïjjACaiç T:X;j.r ( - javt;; £•.-£'.•/. oxt |*eTa T»jv àvaaraotv èu.çou«jffev. Ojt;ç ;k -/.a-, ttjv ;;;.;/,; v'-av ©o)[xa, tyjv £z ; . ty) 'VjXocsyjtsi twv yîtpàiv. y.aî tyj'ç ;cXeuu,âç xoîî Kuptou y.z-z tyjv âvauxaCTiv, "kéyav t6. O Kiipioç [AOU /.aï. ©eôç ;j.;j. Etice [XY] Eipyjtfôat 7cepi t; ? j XpiffTOUTCapàTôU 0w;j.i, oùSe y«P sivai XÉY ei T;v Kûpiov ®sbv, âXX' bi:w -apacsro) ty}ç àva7Ta-£(oç £y.-}.ay£V7a tov 0a)(xav 6|j,V7)i 1 i; i i seront drux la-- phèmet, .i oié dire : Lorsque, iprèi ta résurrection, le Seigneur Boaffla sur ses di-'-ipli s «'u disant : Re* w es le Saint-Esprit Jean, \\. 22 1. il ne Leur donna p.^ le Saint-Esprit, mais il souffla sur eux (exhvsm pévov, c'est-à- dire simplement pour signifier le Saint-Esprit) : sr rapportenl pas au Christ, mais bien à I ) i<-u <|ui a ressusi-iii'- !<• Christ ; r) <■<■ < j u i est encore plus scandaleux, dans Bon commentaire sur l'histoire des apôtres, Théo- dore compare le Christ à Platon, à Mani, à Epicure et i Marcion, ajou- tant que, comme chacun d'eux a donné une doctrine qui lui était propre, n de même que, pour ce motif, leurs disciples onl reçu le nom de platoniciens, de manichéens, etc.j de même les chrétiens onl reçu leur nom du Christ, qui a trouvé une nouvelle doctrine : que celui qui défend un blasphémateur tel que Théodore «'t qui ne l'anathématise pas, lui. ses écrits et sr^ adhérents, Boil anathème. XII Y]'.-'.: àrVTMvGieÏTOU ~ÔV -j-;-;yx\J.\).y.-.(>r/ SesSupirou, xr.iz kzihz-.z ,-..-. M rcopbu toB x'.zz-.v/.t j. vjx\ v.x-.x tîJç àpdifc xCoreoç, xal -r]: îv 'Eféoo) xpwnjç y.'; : .xz juvôîou, /.xi tou" Im i-,"!:'.-: KupCXXoif, xal tôv i{3 • «'jtoD xeçaXafojv, : ; ,r:.;T'. roYYpau>|JMat r/i7'./.r,v /.i'-;ii T^V ÉfvCùffW TOlJ BaoQ A;-;j ~y.z t:v :'.va zvdpcoxov' xepî Ou 1 V/.a7ç.r,'/(.>v /.£•;:■.. Sri k^TjXa^YJOfi 0ù) (tà{ t;v àvafftavTa, /.a ; . xpoffexùvtjffe tbv È-;apav7a. /.x ; SmctoOto 27:::-.: /.a"/.£'. t:._- TÏjÇ ïv.vj.r^'.xz z'.Ixt/.x/.z^z . tOÙÇ X«8 UlC&ffTOWlV rJjV ËVttOTV toli ( ~>::^ A:--:.» -;;: djv japxa iv.:"/.:-;: Svtaç' xai xpeç roûrctç BeotsxoM xxapveùaH rijv jryCav IvîoÇov àewcapSevov Maptav. El Tir roCvuv ta :::r;;;.-va z , j' i -;z.x[j.-j.x-x B*ooai- pfrou bcaivet, àXXà u.t] &va6e|MrrfÇe( x'j-.x. àvdôejia loru' 5io raÛTaç Yfltp Tàr ';Ji.xzzc l \i}.xz rîjç IttlffXOXifc ;:::"/.//)£•.. xaï («Ta WtOTOI èv TÎ] 27 • :'■> Tîj Iv XaXxijîovt -■j'u.)hr l ')r l , -x-'-.x -.x hxvzix tofç [ivifju.oveu8efffiv xùrou juy- Ypctu>(xafft xoifjaai, xatrqv spSom xfcrctv bu.oXo"fïj Ta r .. Si quelqu'un défend les écrits composés par Théodore! en faveur de Nestoriua et en opposition avec la foi orthodoxe, contre le concile d'Ephèse et conte Cyrille et ses douze anathématismes, 1 crits dans lesquels Théo- dore "i enseigne et professe la vxtn»^ hume du Logos avec un homme, />) affirme que Thomas avait, a la vérité, toudir ],- Kessuscito, mais qu'il [841] avait vénéré Celui qui avait été la cause de sa résurrection j r) donne l'épithète <1 impies aux docteurs de 1 Eglise, parce qu'ils enseignent l'u- nion hypostatique, rf) et enfin refuse d'appeler la vierge Mari-- mi-n- oV Dieu; que celui qui défend ces écrits de Théodoret, au lieu de les anathé- matiser comme il le devrait, soit anathème : car à cause de ses blas- 263- SECOND KBIT IMPÉRIAL CONTRE l.F.S TROIS CHAPITRBS 53 pli'ines, cet évêque a été déposé de son évéché et a été, plus tard, forcé par le sainl concile de Chalcédoine ? ïXXov eïvaiTbv 9sbv Ao^ov, xaïâXXov wv avôptûxov, 7cpbçT0UTStç 5è lvo6psiÇoûr»)v tuvoSov, (•>,- X W P^ Çvjt^gsqç xaîxpi- rz(.>; Neorôpiov 7.aTaB'.y.a7à7r ( r . xaî tbv èv âv{s'.- KuptXXov xipsTixbv y-zv.x- Xoûoïjç, /.a'. JctsSy; Ta 16 1 ocÙtou xsoaXaia. Neorôpiov §s xaî ©soSopov u.eta -tov aJT:j àvt ÈTcatvoûffYjç, '/.a'. èx5ixo*jas ii faire le contraire de ce que contenait la lettre. Il dut professer la i<>i orthodoxe, re- connaître le concile d'Ephèse, adhérera saint Cyrille et anathéma- tiser Nestorius. Il est doue faux de dire que le concile de Chalcé- doine a donné son approbation à cette lettre. Quoiqu'il y soit ques- tion de deux natures e| d'une seule puissance, de même <|ue d'une seule personne, elle laisse cependanl voir l'impiété de ><>n auteur. Celui-ci croit . ilO, note 1. fi\<' la date de cette Bpistolm 1 Is fin de l'année •'>">i mais M. Ch. Diehl, L'Afrique bjxantine, 1896, p. . Fait observer document n<' peut guère daterde Is lin «le r>âl puisqu'il y es( i.ùt mention de la fuite du pape à Cbalcédoine [23 décembre 551) et - saurait par conséquent plii. •■'■ eu "~)3 les détails qui y sont rapportés sur le ! KSTATION. DETRESSE ET IlOL'HLE FUITE DU PAPE 57 Pierre '. « Dacius évêque de Milan parla dans li" même sens : a Moi, dit-il, et une partie des évêques qui se trouvent dans le voisinage de mon Église, c'est-à-dire, ceux des Gaules, de la Bourgogne, de l'Espagne, de la Ligurie, de l'Emilie et de la Vénétie, témoignons que quiconque adhère à ces décrets est exclu de la communion des évéques de ces contrées, car je suis persuadé que ces édits sont en [845] opposition avec le saint concile de Chalcédoine et avec la foi catho- lique 3 . » Le pape rapporte que, malgré ces avertissements, non seulement redit ne fut pas retiré, mais qu'on poussa à bout le scandale. D'après la Damnatio Theodori 3 , Askidas, malgré la défense expresse du pape, s'était rendu avec d'autres évêques déterminés aie suivre, dans l'é- glise où l'édit était affiché, et célébra la messe. Il raya même des diptyques, et de sa propre autorité, Zoïle d'Alexandrie qui se refu- sait à condamner les Trois Chapitres 4 , Théodore Askidas agissait certainement de concert avec Mennas : il éleva un certain Apol- linaire sur le siège d'Alexandrie, aussi fut-il excommunié par le pape, vers la mi-juillet 551 5 . L'empereur fut alors si fort irrité contre Vigile et Dacius, que ceux-ci, craignant pour leur liberté et pour leur vie (août 551), se réfugièrent dans la basilique de Saint- Pierre a Constantinople, appelée basilique d'Hormisdas. Là, le 14 août 551, le pape confirma par écrit sa déclaration antérieure 6 , et le L7 du même mois prononça la déposition contre Askidas, déjà excommunié depuis trente jours, et contre ses partisans, particu- lièrement contre Mennas, ex persona et auctoritate beoti Pétri apostoli, et cela en union avec les évêques occidentaux présents dans cette église de Saint-Pierre : Dacius de Milan, Jean de Mar- sico, Zachée de Squilaci, Valentin de Sylva Candida, Florentius de Matelica, Julien de Siani, Romulus de Numento ou Numana. Domi- 1. Tel est le récit du pape dans son Encyclica. Mansi, op. cit., t. ix,col. 50 ; Hardouin, op. cit.. t. m, col. '■'>. 2. Ce discours de Dacius a été conservé dans VEpist. clericor. Italixi Mansi, op. Ci/., t. IX, col. 154 ; Hardouin, op. cit., I. in. col. 19. '■\. Encyclica, dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 51 ; Hardouin, op. cit., t. m, cl. ::. i. Victor de Tonnenna, Chronicon , ad ann. 551. 5. On peut déduire cette date de (•<• que dii le pape Vigile dans sa Damnatio Theodori qui eut lieu le 17 août 5.")! ; Vigile rapporte que « trente jours aupa- ravant il avait exclu Théodore de la communion de l'Église. » Mansi, op. cit., t. ix. col. 60, lit ; Hardouin, op, cit., t. m, col. 'J, 10. 6. Mansi, op, cit., t. ix, col. 51 : Hardouin, o/i. cit., t. ni, col. 3. i.iviii \iv. (iivi'iir.i 1 nique de Ctlliopolis, Etienne de Rimini, Pnschasius d Métro, Jor- dan de Cortone, Primasius d'Hadrumète al Vereoundus de Junoa *. Le pape Vigile ne publia pat nédiatement cette Damnatio, qu'il ro / , ; i confia, dil il. a un Imu) chic tir m. Il voulait donner h l'empereur et ans rvrqurs '\c(un inuii i(*s le temps de revenir .1 résipiscenoe. Si ceux* ( 'i ne ohangeaienl pas, ■ ils voulaient faire violence au pape ou le maltraiter, du si le pape venait à mourir, «m publierait cette sen« tence «lins les endroits les plus importants et «m la porterait a la connaissance <1«' ions '-'. Vigile ne s'était réfugié dans la basilique de Saint-Pierre que depuis ii h jour ii peine, lorsque I'- préteur y pénétra avec une troup armée, l'arc tendu, l'épée hante, pour arracher le pape re Bélisaire et trois anciens consuls. Cethégus, Pierre et Justin, pour lui jurer qu'il ne lui sérail rien lait s'il consentait à réinl grer le palais Placidien. S'il ne se fiait pas a ce serment, ou devait employer la force, Le pape rédigea alors une formule de serment que signerait l'empereur ; mais celui-ci s'y refusa, et ordonna commissaires deprêterce Berment en son heu et place. Ce quieut lieu -, ils déposèrent la formule «lu sermenl sur l'autel, el jurè- rent sur la Croix qui COntenaîl une parcelle de la croix du Sau- veur, et sur les clefs de s,,i M i Pierre : Vigile consentit alors a f' v, -| revenir au palais Placidien. Dacius el ses autres compagnons l. M.ci-i, up. cit., t. i\. col. 60 ; Il .ii-'loiini. op. 'il.- i- m. col. 19; Noria, op. cil., t. î. p. 622 »q. -. Vigile, Sncycliea, dana Mapai, "/'. cil., t. in, col. ">l : Hardonin, «/> cil., t. Ml, col. I. le récil de Vigile et dea clerei italiens daoc Menai, op. cit., t :\. p. 52, 154 . Berdooia op fit., t. m, col. t, ''- 1 . [848] 264. PROTESTATION, DÉTRESSE HT DOUBLE FUITE DU PAPE 59 quittèrent avec lui l'asile de la basilique de Saint-Pierre '. Les garanties données au pape lurent plusieurs lois violées. Vigile dut rappelei par écrit aux commissaires impériaux leurs serments, et faire représenter a L'empereur qu'on s'était engagé à ne plus le molester. L'oppression devint de jour en jour plus tyranni- que - : on gagna des domestiques, des clercs du pape et de ses amis, pour qu'ils fissent à leur maître toutes sortes de tracasseries ; par contre, on écarta tous les domestiques restés fidèles, et on fit ré- pandre en Italie des bruits calomnieux contre le pape et contre Dacius, pour ameuter le peuple contre eux et obtenir, s'il était pos- sible, qu'on leur donnât des successeurs. Ou alla même jusqu'à gagner un notaire, qui contrefit l'écriture du pape et écrivit, en son nom, plusieurs lettres apocryphes qu'un certain Etienne porta en Italie, pour exciter les esprits contre Vigile. Les clercs italiens qui racontent ces détails 3 ajoutent que cette fourberie fut dévoilée. Toutefois ils semblent avoir redouté la mauvaise impres- sion que durent faire sur l'opinion publique toutes ces menées ; aussi s'étant probablement réunis en un concile, ils remirent aux ambassadeurs que Théodebald, roi des Francs, envoya à cette épo- que à Constantinople 4 , la lettre plusieurs fois citée dans laquelle ils racontaient toute la suite de la discussion sur les Trois Chapi- tre». Ils prièrent instamment les ambassadeurs francs de faire connaître dans leur patrie le véritable état des choses, afin que leurs compatriotes ne fussent pas induits en erreur par les émis- saires envoyés dans les Gaules, ou par Athanase qui, envoyé deux ans auparavant par Aurélien d'Arles vers le pape Vigile à Cons- tantinople, y était resté jusqu'à ce qu'il eût promis d'amener les évéques gaulois à prononcer l'anathème contre les Trois Chapitres. Les ambassadeurs devaient aussi recommander à l'épiscopat des Gaules d'écrire a Vigile et à Dacius pour les consoler et les exhor- ter ;i tenir bon contre toutes les nouveautés. En troisième lieu, 1. Mansi, loc. cit. ; Hardouin, loc. cit. 2. Mansi, loc. cit., col. 52 ; Hardouin, loc. cit., col. 5. :;. Mansi, loc. cit., col. 154 sq. j Hardouin, loc. cit., col. 49 sq. i. C'était pendant les premiers ls de 552. Proeope raconte (De bello Gotki- co, 1. IV, c. xxiv) qu'après la mort «le Théodebert, roi d A-ustrasie, arrivée en 548, l'empereur Justinien avait envoyé à Théodebald, son lils et son succes- seur, le ministre d'État Léontius pour L'engager à se liguer avec lui contre les Goths, etc. Théodebald lui députa en retour le Franc Leudard, accompagné de plusieurs autres personnages de distinction, qui ions se rendirent à Constan- inople. Cf. Walch, Ketzerlitst., t . vin, |>. 210. 60 LIVSI \i\. CHAPITRE i ils devaient utiliser leur séjour & Constantinople pour décider Dacius ,i rentrer dam ion diocèse, donl il était absent depuis quinze ou seize ans, d'autant que plusieurs Bièges pour lesquels il fallait ordonner de nouveaux évéques étaient vacants depuis plusieurs années, en sorte que plusieurs personnes étaienl mortes sans avoir reçu le baptême '. Ils devaient demander à Dacius lui- méme le motif île sa longue absence de smi église. On leur re- commandait enfin n ne se donnait guère la peine de dissimuler. Les postes d'espions déguisés environnaient les appartements du pape qui, de sa chambre, pouvait entendre leur voix. Enfin, deux jours avant la fête de Noël, au cœur d'une nuit d'hiver, le pape, au risque de sa vie, s'eehappa. Il S6 glissa SUT un mur en construction, tfttant les pierres au milieu des ténèbres, et parvint ainsi à un passage libre de surveillance «1 <>ii il i le rivage. Une barque l'attendait et le passa à Chalcédoine <»u il réfugia dans l'église Sainte-Euphémie. Ses compagnons et l'arche- vêque de Milan I \ rejoignirent bientôt. Le choix l'ait par Vigile était des plus heureux. En Ces mêmes lieux, un siècle auparavant, le concile de Chalcédoine avait tenu ses sessions. Le sniivenir en était devenu inséparable de la basi- lique et du culte de Sainte-Euphémie. Pour le peuple, Sainte-Euphé- mie et le concile de Chalcédoine c'était tout w\). Depuis que le con- cile étail battu en brèche, on voyait partout des .— lises s'élever smis le vocable de Sainte Euphémie, en Occident comme en Orient, II. I..i| C'est de la que le pape publia, en janvier 552, le décret rédigé depuis si\ mois contre Aakidas et Mennas. Vigile ne fui pas à l'abri des violences dans cette retraite : deux de ses diacres, IV- la-e et Tullianus. lurent arrachés de l'église, différents évéques de L^^l t. Le suiu que premirnl ces clercs de dem.nuler le retour de Dacius .1 fait présumer que ceoi qui écrivirent la lettre étaienl <\c Milan. Cf. Waleh, Kei hist.. i. vin, p. 210, u. S. _. Miinsi, op. cil. y t. u c il. 151-156 : Sardouin, op. cit., t. m, col, «7-50. JbS. NOUVELLES NÉGOCIATIONS POUR GAGNE» LE PAPE 61 sa suite furent emprisonnés '. Le pape lui-même tomba gravement malade 2 , et un évêque de sa suite, Verecundus, mourut dans l'église de Sainte-Euphémie, 265. Nouvelles négociations pour gagner le pape. Vers la fin du mois de janvier 552, l'empereur renoua des rela- tions avec le pape, et lui envoya, le 28 janvier, ces mêmes commis- saires qui étaient venus trouver Vigile dans la basilique de Saint- Pierre :1 . Us prêtèrent de nouveau serment au pape et l'invitèrent à revenir à Constantmople. Le pape répondit : « Si l'empereur veut régler les affaires de l'Eglise et lui rendre la paix, ainsi que l'a fait son oncle Justin, je n'ai pas besoin de serment et je sortirai immé- diatement. S'il ne veut pas agir delà sorte, je n'ai pas non plus besoin que vous prêtiez serinent : car je n'abandonnerai pas l'église de Sainte-Euphémie avant que ce scandale ne soit écarté de l'E- glise. » Le pape répéta aux commissaires ce qu'il avait dit aux évê- ques le jour où l'édit impérial fut affiché, et raconta comment il t. rs'ous connaissons tous ces détails par un document édité pour la pre- mière fois parBaluze, Mansi, op. cit., t.ix, col. 56 sq. (manque dans Hardouin), et qui n'est autre que la lettre des clercs romains à leurs amis (ce sont proba- blement les ambassadeurs francs) sur ce qui était arrivé au pape Vigile. On y a adjoint une profession de foi du pape, tout à fait semblable à celle qui se trouve dans son encyclique du 5 février 552. Voyez plus loin le § 265. Celte profession de foi est datée du 25 août 551 (car Justinien n'arriva au pouvoir au l e r avril 527 que comme associé de l'empire). Si cette date est vraie, ce n'est pas de l'église de Sainte-Euphémie, mais bien de la basilique de Saint-Pierre que le pape Vigile a dû publier celle profession de foi. Du reste, celle date du 25 août 551 ne se trouve qu'en léte de la profession de foi, et non en tète de tout le document ; car celui-ci renferme aussi les détails sur ce qui s'est passé plus tard, notamment sur les mauvais traitements que le pape eut à souffrir dans l'église de Sainte-Euphémie. 2. C'est ce qu il dit dans le commencement de son Encyclica ; dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 50 ; Hardouin, op. cil., t. ni, col. 3. 3. Dansl' Encyclica du pape, telle quelle existe dans Mansi, ou trouve par erreur, au commencement, la date de kalendis februarii. On voit que cette date est fausse : car on prétend que ce jour-là était un dimanche ; or, le !•* février 552 tombai! un jeudi (cf. Weidenbach, Calendarium histo- rico-christianum, p. '■>-, 86) ; en outre, on parle, dans ce même document, d'un fait qui u'a eu lieu que quelque temps plus tard. On y rapporte que Pierre, <>'J I l\ RI MV, CIIAPITIU I -.lait rendu daai la basilique de Saint-Pierre el y avait rédigé la ii. -nrc contre \skidas el Mennas. Il exhorta aussi l'empereur, par l'intermédiaire des commissaires, s suspendre ions rapporta avec les excommuniés. Le dernier jour de janvier, 1 Un de ces ("50] commissaires, comme Pierre, revinl dans l'é de Sainte-Eu- phémie, et remit à Vigile a ne lettre impériale pleine d'injures et de menaces, si Insolente que Justinien n'avail pas osé la signer que le m i pas l'authentiquer de sa propre signature. I itte pièce détermina Le papeà en appeler à l'Église catholique, ce qu'il lii par une encyclique où il rappor i tout ce que uous avons i conté. Il termine en rappelanl les scènes de brutalité Bubies dans l'église de Saint-Pierre el comment, sur la foi du serment qu'on lui avait fait, il avait quitté cette église el était rentré dans son pa- lais, puis avait dû s'enfuir de nouveau dans l'église «le Sainte-Eu- phémie. Afin que les mensonges répandus ne pussenl induire per- sonne «'ii erreur, il ajouta une profession de foi explicite, dans la- quelle il reconnaissait d'abord l'autorité des quatre conciles œcuméniques, exposail cequiatrait à l'unité de personne et a la dualité de natures dans le Christ, et analhemat isail ensuite Viius, Macédonius, Eunomius, Paul de Samosate, l'hotin, Bonose, Nes- torius, Valentin, .Mânes, Apollinaire, Eutychès, Dioscore «t leui doctrines. Au moment où le pape allait signer cel acte, le diman- che 'i février, le référendaire d'Etal Pierre reparut et déclara, au nom de l'empereur, que le pape avait à fixer le jour où les commis- saires impériaux devaient revenir pour lui prêter serment, apri lequel il aurait à quitter l'église de Sainte-Euphémie et a rentrer dans la capitale. [Vigile répéta qu'il ne initierait pas Chalcédoine ; que si l'empereur voulait s'entretenir des affaires religieuses soit avec Dacius soif avec un autre prélat de l'entourage, il eût à en- voyer deux magistrats désignés. Ceux-ci prêteraient serment et Da- cius les suivrait, chargé de spécifier au prince les réclamations dont le pape ne se départirait pas. Le récit de cette entrevue fut ajouté au texte de l'encycliquequi fut publiée le 5 févriei 552 '. (H. L. ) | ictionnaire impérial, est revenu rera le pipe priait kalendtu fsbr. : fcoaai i i rdouin a-i il eo raison '!<■ mettre V kal. febr , nu lé a de kslêndu februarii . on effet, en S 28 janvier tombait an dimanche c'esl ce qne noua voyona leulement par lei tables de VYeidi abach, acore par nn • de l'ency clique dn pape, qne le i février 552 tombait un dimanche. Manai, "/'. cit., t. i\. col. 55. Bardonin, op. cit., t. in, col. '■ . 1. Manai, op. cit. % t. ix, col. 50 sq. : Bardonin, t. m, col. '•'• aq. Jti5. NOUVELLES NÉGOCIATIONS I'OUii GAGNBH LE l'APE 63 Les documents originaux n'indiquent pas ce < | u ■ s'est passé en* [851] suite i . On présume seulement, parce qui suivit, que, grâce aux négociations de Dacius, il fui décide que Mpnnas, Askidas et leurs amis présenteraient au pape une profession de foi qui obtînt son assentiment, et que l'on tiendrait le concile projeté. Il est certain qu'à cette époque Mennas, Théodore Askidas, André d'Ephèse, Théodore d'Anlioche en Pisidie, Pierre de Tarse et plusieurs autres évéques grecs remirent au pape, qui se trouvait encore dans l'église de Sainte-Euphémie, une profession de foi qui contenta Vigile, au point que celui-ci l'inséra dans son Constitutum, avec lequel elle esl parvenue jusqu'à nous 2 . Les évéques y protestaient de leur dé- sir de procurer la paix de l'Église ; pour ce motif ils avaient rédigé cet écrit, ils s'en tenaient inébranlablement aux quatre saints con- ciles de Nicée, de Constantinople, d'Ephèse et de Chalcédoine, aussi bien à leurs décisions sur la foi qu'à leurs ordonnances, sans suppressions ni additions ; ils ne s'étaient permis, pas plus qu'ils ne voulaient se permettre à l'avenir, de blâmer ou d'altérer quelque chose dans ces saints conciles, sous quelque prétexte que 1. Justinien tenta d'isoler le pape de son entourage. La persécution qui B abattit .sur les derniers fidèles rappelle à s'y méprendre les procédés dont on lit usage à Savone contre un successeur de Vigile, le pape Pie VII. Plu- sieurs évéques qui accompagnaient le pape furent saisis, mis au secret, les diacres Tullianus et Pelage furent arrachés de force à l'asile de Sainte-Euphé- mie. Une fois encore on porta la main sur la personne du pape. lia ut iniquis- sima pi xsumptione, sub gravi discrimine, abstraherentur sanctissimi \iri Pelagius et Tullianus diacones de basilica beatissimx martyris Euphemiœ in < halcedvnem, ubi sanctus papa aesus est et Jiversorum sacerdutum turba conclusa. Tune démuni [per] diversorum basilicas in civitate regia et in locis celeberrimis proposita est charta damnationis prxfati Theodori vel excommu- nationis episcoporum diversorum, huic errori consentientium, Mansi, op. cit., t. ix, col. ô7. Ces paroles sont empruntées à un document qui paraît être un fragment d'une collection de pièces envoyée par le pape en Occident, dans les premiers mois de 552. Rien ne pouvait mieux servir la constance du pape que les circonstances du moment. Rome, depuis 5i l J. était aux mains de Totila, roi des Goths, et le byzantin ne pouvait, comme il n'eût vraisemblablement pas manqué de le faire, entreprendre de donner à Vigile un successeur, ainsi qu'il l'avait fait pour les titulaires des sièges d'Alexandrie, de Jérusalem et de Carthage. Vigile, acculé à sa perte, tint tète à la meute el la terrifia par son énergie, alors il prit de l'audace et ce fut à son loin- de faire reculer ces évé- ques d'Orient dignes de tout mépris ; une bulle à excommunication contre Askidas, Menoas el les autres apparut an matin aux lieux les plus fréquentés de la ville. Les évéques, l'empereur lui-même, furent terriliés. (11. L.) 2. Iusérée dans le Constitutum, Jaiïé, n. 'J35 ; P. /.., t. lxix, col. 67. 64 i iv U WV, CHa.PI M" i ce lui ; iiki i s iU Bcceptaienl absolument toutes les décisions [Mises dans ces conciles, en union bvcc les légats et les vicaires «lu Siège apostolique. Ils étsienl prêts k adhérer, sans restriction au- oune, aux lettres de Léon, el à anatbématiser quiconque agirait m opposition avec ces lettres. Quant à la question des Trois Cha- pitre*, maintenant en litige, aucun d'eux ne s était permis dé- orire contre la convention faite sur ce point entre le pape et 1 em- pereur en 550 : '-i ils étaient d'accord pour que l'on remit au pape tous les écrits concernant cette question (c'est-à-dire que ces écrits étaient déclares .sans valeur e1 qu'on s en remettait a la décision jan- vier 553, une profession de foi. Il y proteste d'abord de son amour pour l'unité dans la loi, par laquelle la grâce de Dieu se répand sur nous : il parle de son attachement inébranlable aux quatre saints conciles et déclare adhérer de tous points aux lettres des évéquei de Rome, et en particulier de Léon, sur la vraie loi. Quant aux Trois Chapitres qui avaient suscité le différend, il faut, dit-il. en venir a une assemblée générale présidée par le pape, qui donnera 1. Mansi, op. cit., I. ix, Col. 62 Bq, ; Harrioiiiu, op. i que ce jour la même il était morl . 266. CONSENTEMBNT, PLIS REFUS DE VIGILE 65 une décision définitive conforme aux quatre s;iinis conciles. Avec Kutyeliius signèrent également : Apollinaire d'Alexandrie, Domniis ou Domninus d'Àntioche et Klic de Thessalonique. Plusieurs aurest évèques adhérèrent à cette profession de foi, sans la signer: c'étaient ceux <[ui n'avaient pas signé la profession de foi d'Askidas, de Mennas, etc. '. Vigile y répondit, le 28 juillet 553, par plusieurs lettres identiques adressées à Eut.ychius, Apollinaire, etc. : « 11 se réjouissait grandement de ce que le différend était termine. Il avait reçu la lettre d'Eutychius et y adhérait avec joie (il l'a insé- rée textuellement dans sa propre lettre), était fermement décidé à rester inébranlableinent fidèle à la foi exprimée dans ce docu- [853] ment. Il consentait très volontiers à ce que l'on tînt, sous sa prési- dence, une assemblée générale, servata sequitate, au sujet des Trois Chapitres, et que l'on mît lin à tous les troubles en prenant une décision adoptée par tous et conforme aux quatre conciles -. » Nous n'avons plus la lettre de convocation pour ce concile ; mais nous apprenons par un édit postérieur de l'empereur que cette convoca- tion avait eu lieu 3 . Nous apprenons encore par ce même docu- ment, et par le Constitutum de Vigile 4 , que ce dernier, après avoir reçu de Mennas, d'Askidas, d'Eutychius et des autres, les profes- sions de foi dont l'empereur avait imposé l'envoi à tous les évèques, avait exprimé le désir que le concile projeté se tînt en Italie ou en Sicile, afin d'y réunir en grand nombre les évèques de l'Afrique 1. La lettre d'Eutychius de Coustantinople à Vigile se trouve eu latin dans le Constitutum de ce dernier, Mansi, op. cit., t. ix, col. 63 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 11 ; elle se trouve aussi en grec et reproduite d'après un manuscrit de Paris, parmi les actes de la ire session du V e concile œcuménique, Mansi, loc. cit., col. 186 ; Hardouin, loc. cit., col. 59, et en partie parmi les actes de lav« session de Florence, Mansi, op. cit., t. ix, col. 402. Garnier, p. 545, a fait des remarques sur cette lettre. 2. La lettre du pape Vigile se trouve en grec et en latin dans un manuscrit de Paris ; elle a été imprimée dans Mansi, op. cit., t. îx, col. 187 ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 62. Par cette expression : servata sequitate, quelques-uns ont pensé que Vigile demandait qu'il y eût au concile projeté un nombre égal d'évêques latins et d évèques grecs ; mais cette expression peut avoir aussi le sens plus large que comporte l'expression grecque correspondante dans la lettre du pape kccI vov Stxafou puXaTTOuivou. Cf. Garnier, p. 546. 3. Ideo k'os voeavimus ad regiam urbem, dans Mansi, o/>. cit., t. ix, col, 181 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 56. Sur cette convocation par l'empereur, voyez le t. i de VHistoire des conciles, p. 8, et Natalis Alex., Hist. ceci., sac. vi, t. x, p. 436, éd. Venetiis, 1778. 'i. l)ans Mansi, op. cit., col. 61 si|. ; Hardouin, o/). cit., t. III, col. 10 sq. CONCILES — III - S 66 I.1VHI- XIV, CHAIMTI'I I et dee autrei paya « ï • - l'Occident, où on élevait dei objection! contra la condamnation cl « • - Troie Chapitre». L'empereur ne voulut pas acoepter oette proposition, el préféra convoquer à Conatan- tinople lea évoques africains ci occidentaux, « j 1 1 < • le pape deman« dail pour conseillera '. Il pareil cependanl que l'empereui aban- donna bientôt cette idée, de orainte qua la présence da oea é?ê- quea ne lut dans le concile une très grande opposition à ici pro- jets. Bief, l'episcopai occidental oe fui pas réroqué, mais, de ton coté, Vigile refusa de prendre part a un concile qui, a part lui el ileux évêques latins, serait exclusivement composé d'évêqoea grecs. Pour arriver à un accommodement, l'empereur proposa au pape, peu avant la pàque de .V>!, ou un arbitrage ou une assem- bler peu considérable dans lequel se trouverait do nombre égal d'évêquea pour cliacjue parti '-'. Vigile voulait qu'il j eût dana la future assemblée autant d'évêquea greca qua d'évêquea latins : l'empereur entendait au contraire [que chacun des cinq patriar- [854] eats enverrait un égal nombre d'évêquea, en sorte que les latins auraient une représentation du cinquième dana l'assemblée entière pour laquelle chaque patriarcat enverrait quatre évéquea : son patriarche (ou un légat) et trois autres] 9 < Le pape repoussa oette proposition ; l'empereur et les évoques grecs rejetèrent celle du pape \ et Vigile ne prêta plus aucune attention aux instances pour le décider a paraître au concile el a donner son sentiment par écrit 1. M.nisi, op. cil., I. ix, col. 64 ; llacdouin. op. rit., t. m, roi. t'J. 'J. Menti, op. cit., col. Gî. 182 ; Ëardonin, op. cit., col. 12, .".". ::. M.oisi et Hardonin, op. cit. I, M.ni-i, op. cit., col. 65, 182; Ilardouin, op. cit., col. 13, 57. •">. Voyez la sentence de concile daus afansi, up. cit.. col- 370 Hardonin, op. cit., col. 189. c Pour déterminer le pape, on lui objectait souvent qu'après tout les antres conciles œcuméniques n'avaient guère compté ' j u>- des Pères de lang cqne ; l'Eglise latine y avait été représentée par lés légats ;i|tr. le concile s'ouvrit le 5 mai 553, dans le secretarium de Sain- te-Sophie f. On comptait dans l'assemblée les patriarches Eutychius rgcci de Constantinople, président 8 , Apollinaire d'Alexandrie, Domni- nus d'Antioche, trois évêques représentant Eustochius, patriarche de Jérusalem, el cenl quarante-cinq autres métropolitains ou évêques dont plusieurs tenaient la place de collègues absents. A la clôture «lu concile cent soixante membres signèrent. On compta si\ évê- ques africains dans la première session, et huit dans la dernière, parmi lesquels Sextilien, évêque de Tunis, représentant Primosus de ( larthage 3 . 1. Lea deux manuecrita de Paris ci de Beauvaia indiquent U dateiZi noneu maitu (5 mai) pour l'ouverture «lu concile, tandie que Le manuscrit de Suriua porte IV nouas maûu . c eat-à-dire le '• mai ; maia ci tte dernière date est inexacte ainsi qu'il reaaorl do rapport envoyé an pape, dèa la première teaaion, par les membres du concile Ils vinrent le trouver pour la première foia le 5 mai. Le pape les renvoya an lendemain et, ainsi qu'il a le racontèrenl eux-mêmes dana la aeconde aeaaii d, ce fut le 6 mai «jm il leur fit connaître sa réponse. M.insi. op. cit. t i ix, col. 194 . Bardouin, "/«. cit , t. m, col. 65. Ce qui prouve iiiio le concile a'eat bien réellement ouvert le 5 mai, c'est qu'en 553, le •"» mai tombait an lundi, et I on mil que les conciles commençaient ordinairement un lundi. Vove/ les l'.allerini dans leur édition des OEuvre» du < ardtnal X»ri-, t. iv. COl. %0. _\ -m cette présidence du V* concile œcuménique, voyex t. i, de l'Histoire de» Concile», p. 19-40, i 5, el Natalia Alex.. Hiat. eeel., Base, vi, Veneiiis. 1778. t. x. p. 136. :i. L'ordre que sni\i ni i. i évéquea dana le procès-verbal de la premii n sion diffère quelque peu i i\ m. \i\ . (il \im i r.i II nique. Lorsqu'on en ^ î 1 1 1 aux deux prétenduei letlrei du i * ; * § » « - Vi- gile a Justinien et b I béodora, les I < • u; ; 1 1 ■- du pape lei déolarèrent apocryphes 1 : en oonséquenoe on ordonne une enquête dont le résultai est consigné su procès-verbal de la mv session, lus- qu'alors <»n ne s'était lervi dam le V l ooncile, que de doux colleo- tioni manuscrites des aotea du V* conoile, conservées aux arohivi ilu patriaroal de Constantinople ; e'étaienl : 1) no parchemin oom« prenant deux livres, dont le premier renfermait la lettre apocryphe de Mennas, e1 2) un manuscrit Bur papyrus ne comprenant que les sctea de la n* lession. A la suite de nouvelles recherches, le diacre et archiviste (innées trouva dans les archives cpiseopales de Constantinople. un troisième manuscrit, sur papyrus, contenant les actes du V* concile en entier. Il jura que ni lui ni personne a sa connaissance n'avait lait a ces anciens livres un changement quel- conque, et leVI' conoile lui confia la mission de comparer ces trois manuscrits entre eux et avec d'autres anciens manuscrits concernant le Y u concile œcuménique (on ne dit pas où ceux-ci avaient été t rouvés). Georges constata : a) que ces derniers recueils et le manus- crit n. 3 ne contenaient pas ces lettres de Mennas et de \ igile : l>) que dans le volume de parchemin (n. 1) on avait introduit plus tard quatre cahiers de quatre feuilles chacun, et que la lettre de Men- nas se trouvait précisément dans ces cahiers (qui devaient contenir probablement d'autres pièces) ; c) que. dans le manuscrit conte- nant (n. 1) la vu session, on avait intercalé après coup entre le xv" et le xvi 6 cahier un nouveau cahier non pagine, qui contenait les deux prétendues lettres de Vigile : il) que le manuscrit sur papyrus n.2 avait été falsifie de la même manière. Le concile décida de rayer dans les manuscrits n. 1 e1 '1 ces trois pièces manifeste- ment apocryphes, il les déclara fausses* et prononça contre elles l'anathème. P^'] Quoique ces trois pièces manquent dans les plus anciennes collec- tions des actes du V e concile œcuménique, nous pouvons arriver par un autre moyen aux conclusions formulées par le VI'' concile. Dans la xiv* session du VII* concile œcuménique, Constantin, prêtre de Constantinople et professeur de latin [grammaticut latùws) raconte 1. Ces lettres contenaient L'expression uttam optrationem. Mansi, op. rit.. t. xi. col. 226 sq. ; Hardouin, "/'. cit., I. m, col. 1070. Il fut <\c nouveau ques- tion de cette protestation dans la xn 1 ' session. Cl. Mansi. op. cit., col. .".-" sq. ; Hardouin, op. cit.. col. 1811. 2. Mansi, op. cit., t. xi, col. 587 tq. ; Hardooin, op. cit., t. m, col. 1359 sq. ■:■;'. piîKMii.iu: session et actes du concile 71 ce ([ni suil : environ, trente ans auparavant, Paul, alors patriarche de Constantinople, visita les archives, et y trouva un manuscrit contenant une traduction latine des actes du V e concile œcumé* nique. Sur l'ordre du patriarche, lui, Constantin, en qualité de grammaticus, avait comparé ce manuscrit avec le grec, et cons- taté que les deux lettres de Vigile manquaient dans les pièces de la vu* session. Aussi, toujours d'après les ordres du patriarche, il les avait traduites du grec et insérées dans le manuscrit la- tin '. On voit que ces deux lettres manquaient dans l'ancien ma- nuscrit latin, elles n'existaient que dans une seule traduction grecque du latin original. Ce manuscrit latin, trouvé en 650 par le patriarche Paul, n'était autre qu'une copie de la traduction latine primitive qui, si nous ne Taisons erreur, avait été faite pour Vigile. 11 est évident que les légats du pape avaient dû apporter de Rome un manuscrit latin semblable, peut-être l'original copié pour le pape Vigile. Comme leur manuscrit ne contenait ni la lettre de Mennas ni les deux lettres du pape Vigile, les légats avaient proteste avec d'autant plus d'empressement que ces lettres apo- cryphes contenaient une doctrine monothélite. Deux hypothèses restent en présence : ou les lettres sont apocryphes, ayant été fabriquées après le V e concile par un faussaire monothélite 2 , ou elles sont authentiques pour le fond, et ont été lues dans la vu e session du V* concile ; mais à cette époque elles ne contenaient pas les mots imam operationem, intercalés plus tard par un monothé- lite. Telle est l'opinion de Baluze dans sa remarquable Pnefatio in net a Concilii 1 :! ; Baronius avait déjà émis le même avis 4 , 11 18581 ' aul reconnaître que, abstraction faite de l'expression unani opéra- tionem, les deux lettres du pape Vigile s'accordent très bien avec ce que nous savons des circonstances ; de plus l'empereur Jus- tinien, son ministre Constantin et Facundus d'Hermiane, attestent de certaine façon l'authenticité de ces lettres, car tous trois rapportent que le pape Vigile avait écrit en secret à l'empereur 1. >I .i n--i , op. cit., t. xi, col. .V.iî ; llardouin, op. cit., t. m, col. 1363 sq. 1. C est l'opinion des Ballerinî dans leur édition des Œuvres du cardinal Noris, t. iv, col. 1038. Il va sans dire que la question d'authenticité ne se pose que pour les deux lettres de Vigile ; celle de .Mennas est, sans contestation, apocryphe. 3. Dans Mausi, op. cit., t. i\, col. 163 sq. ; Walch est aussi du même avis, getzerhist , t. rai, p. 80. i Baronius, Annales, ad ann. 680, n. 'i7 72 i iviti: xiv. CHAP1TKI il avanl le Judicatum] une lettre ou il prononçait l'anathème contre Trou Chapitre*. On ne it pas conclure que cee lettrei sont apocryphes parce qu'elles ne ae trouvent j > . • > dans les plus ancienne! collection! dei actei du \" concile OBcuménique ; car lei collection! conciliairei variaient beaucoup entre elles, et plusieurs ne contenaient pas certains documents authentiqut Surins le premier s l'ail imprimer en L567 les actes du \ con- cile œcuménique, qui n'existent plus qu'en latin 1 . Il n'utilisa qu'un seul manuseril. et les éditeurs romains n'en avant aucun autre, (lurent se borner a réimprimer le texte de Surins. Labbe lut assez, heureux pour pouvoir consulter un second manuscrit, Coder Parisiensis, appartenant à .loly, ehanoine-cliantre de l'Eglise de Pans ; mais Labbe ne profita pas aaaes de cette découverte; taudis que Baluze compulsa avec soin le manuscrit de Paris, qui offrit plu- sieurs variantes notables du texte de Surius. Baluze eut en outre à sa disposition un manuscrit de Beauvais, CàdêX Belloçacensis, que lui procura Ilernian. le savant chanoine de Beauvais. Le manuscrit était presque complètement d'accord avec celui de Surius. Grâce à ces diverses sources, Baluze put donner une bonne édition des actes du V e concile œcuménique ; il l'accompagna de notes critiques et la lit précéder dune très intéressante préface a : son travail a été insère tout entier dans Mansi : Ilardouin ne la utilise qu'en partie 3 . Il nous reste à examiner si tous les actes nous sont parvenus. Boni résoudre cette question, il faudrait savoir si le V" concile [859] •^t simplemenl occupé de la discussion sur les Trois Chapitres^ ou bien s'il s tenu diverses sessions au sujet d'Origène et de se^ partisans. Le cardinal .\oi is ' a défendu cette dernière opinion ; il a prétendu que les huit sessions dont les actes sont parvenus jusqu'à nous, avaient été précédés d'une ou de plusieurs autres dans lesquelles on avait étudié et censuré Origène : mais que les actes étaient perdus, \pres avoir vidé la querelle des Trou 1. Il n'existe plus j.ms l'original gjrec que très peu de pi. <•. - qne noua indi- querons plus loin. i. Baluzii Supplementum eoneiliorum, col. I'i75 aq. :; Hardoaio, <>/>. cit., t. ut, col. âl ; i. i. /'/•.»■/.. p. \in : Mansi, op. cit., i. i\ . col. 163 s.]. 'i. Noria, Dits, dé tynodo euinte, c. vi, dans l'édition >le aea ouvres faite par les Balleiini. t. i. col. i>.'>8 sq. 267. PRBM1BRE SESSION ET ACTES DU CONCILE 73 Chapitres, le concile - e seraîl occupé de l'origénisme et aurait ana- thématisé deux origénistes morts depuis longtemps, Didyme l'A- veugle el le diacre Evagrius Ponticus (mort en 399). Les Ballerini avaient déjà note, dans leur défense de la dissertation de Noris contre Garnier, qu'on nepouvait soutenir la première partie de cette hypo- thèse, à savoir qu'il y aurait eu d'autres sessions avant les huit dont nous possédons les actes traitant exclusivement de la discussion sur les Trois Chapitres '. En effet, nous avons dit que, lors du VI e concile œcuménique on lit nue enquête sur les actes du V e concile ; en particulier on examina un manuscrit contenant le procès-verbal de la \n e session d'après la numération alors en usage) ; or, cette session est encore la vu'' d'après nos manuscrits actuels, d'où l'on peut conclure que ces huit sessions n'ont pas été précédées par d'autres. Ce raisonnement amena les Ballerini à introduire quel- ques modifications dans la thèse du cardinal Noris. Ils placèrent après les huit sessions relatives à la discussion sur les Trois Cha- pitres quelques autres documents concernant Origène, Didyme et Evagrius, émettant l'avis que les actes du concile n'étaient pas com- plets pour la fin, ce qu'ils prouvaient en disant qu'on n'y trouvait pas les acclamations 2 . Noris et les Ballerini ne purent pas prouver directement, et par des témoignages irréfutables de l'antiquité, que les actes du V e concile œcuménique avaient été autreloisplus completsque mainte- nant ; ils crurent cependant pouvoir conclure ainsi, par les raisons suivantes : a Le prêtre Cyrille de Scythopolis, contemporain du V e concile o'cuniénique, disciple de saint Sabas et membre de la grande Laure de Palestine, prit une part très active aux combats de l'origénisme [boO] qui se livrèrent à cette époque. 11 dit formellement au chapitre xc de la I ie de saint Sabas : «. Lorsque le saint et œcuménique V e con- cile se réunit à Constantinople, Origène et Théodore de Mopsueste furent frappés d'un commun et universel anathème, el on con- damna ci- qu'Evagrius et Didyme avaient enseigné sur la préexis- tence et sur l'apocatastase 3 . » b Evagrius, historien ecclésiastique et contemporain du prêtre 1. Voyez l'édition des Œuvres du cardinal Noris par les Ballerini, t. iv, col. 101 i. 2. Ballerini, lue. cit., col. 1(119. :;. Cyrilli, Vita Sabse, c. xc, dans Cotelier, Ecclesi» Grxete monumenta, t. m, p. 374. / \ I l\ i;l \i\ . en \I'i I RI M Cyrille était âgé d'environ quinze ans .1 l'époque l| tion du Breviarum de Liberatus c. 11, e1 surtout c.v '*. Après avoir remanié cette dissertation, pour l'insérer à la suite de VAuctua- rium de son édition des Œuvres de Théodoret, il en lit disparaître la plus grande partie presque, tout l'ancien cliapil re cinquième : mais il conserva ce qui lai-ait le fond «le sa discussion, o'est-à- dire qu 'Origène, Didyme el Evagrius n'avaient pas été condamnés par le \ concile œcuménique "'. I Hardouin, op. PREMIER] SESSION BT AC TKS DU CONCILE 75 L'argumentation de Noris et des Ballerini mérite considération el leurs témoignages <>ni de la valeur. Nous ne pensons cependanl pas que leur opinion soit fondée, et voici, selon nous, la vérité le V e concile a, en effet, anathématisé Origène, non en session spé- ciale, mais eu passant et avec les autres, en citant son nom par- mi ceux des hérétiques condamnés dans le onzième anathème. Quant aux noms d'Evagrius et de Didyme, ils ne se trouvent pas dans les actes du svnode. Nos raisons de penser ainsi malgré Noris et les Ballerini, sont les suivantes : a) Rien ne prouve qu'une moitié à peu près des actes du Y' con- cile œcuménique soit seule parvenue jusqu'à noua ; c'est cependant de ce principe que part Noris. l> Les édits impériaux qui ont convoqué le V e concile œcumé- nique et lui ont tracé sa tâche, ne mentionnent pas Origène, etc. ; ils ne donnent pour objet à la réunion que les TpCa xeçaXocia. c) Le pape Vigile parle de même dans les deux édits par les- quels il confirme les décisions du V e concile, plusieurs mois après sa clôture ; il ne connaît que les Trois Chapitres et ne parle pas plus d'Origène, de Didyme et d'Évagrins que des autres héréti- ques mentionnés dans le onzième anathème. d) Conclure que les actes du concile sont incomplets à la fin. parce qu'on n'y trouve pas les acclamations habituelles, et qu'on n'a dû traduire en latin pour Vigile que la partie des procès-verbaux concernant les Trois Chapitres, el non celle qui concernait Ori- gène. parce qu elle ne l'aurait pas intéressé, c'est se contenter d'affir- mations basées sur des preuves trop contestables l . e) En signant le procès-verbal de la vm e session, le patriarche Eutychius résuma tout ce qui s'était passé, sans mentionner Ori- gène, d'où l'on peut conclure que, jusqu'alors du moins, le concile ne s'était pas occupé d'Origène. Dans le cas où le concile ne se serait occupé de lui qu'en passant dans le onzième anathème, on s'explique très bien qu'Eutyehius ne jugeât pas nécessaire de par- ler de lui, pas plus que des autres hérétiques condamnés dans cet anathème. /) Le pape saint Grégoire le Grand dit : « Le concile qui s'est occupé des Trois Chapitres n'a condamné qu'une seule personne, » c'est-à-dire Théodore de Mopsueste 2 . Le pape n'aurait pu parler 1. Ballerini. op. cit., col. 1019. 2. S. Grégoire le Grand, Epist., 1. Il, n. il (alias, 1. 11, XXX vi, dans 76 LIVRE \l\ , l H VIT! ICI II ainsi si l'exemplaire romain des aotes da concile avail contenu une Bentence particulière portée contre Origène, etc. L'exemplaire ro- main contenait simplement le nom d'Origène dans le onzième ana- ilicmr, avec celui des autrefl hérétiques, dont saint Grégoire ne lait pas plus mention que d'Origène, parce que le \' concile n'axait pas .mi pour mission spéciale de les condamner l . Nous :i\ons déjà remarqué que l'historien Ëvagrius, au témoi- gnage duquel le cardinal Noria donne tant de valeur, a confondu If \ concile œcuménique avec celui qui se tint peu auparavant, sous Mennas, en 543, et qui snathématisa < > r- i l' ■ • i m ■ et décréta con- 1 1 c lui quinze propoait ions, h Au Bitjet de Cyrille de Scythopolisj nous avons probablement à constater une légère erreur. Victor de Tonnenns «lit dans sa Chronique t a l'année 565, que cette année-là l'empereur Justinien exils l.ut \ iliius, patriarche de Constantinople, le damnalor trium Capitulorum et Evagrii eremitse diaconi ac /)i/i monachi. Victor taisait par la allusion a la conduite d'Eutychius, après le Y'' concile (l'cuinenitpie qu'il présida ; ;> cette époque Eutychius avait en effet publie, dans son diocèse, un décret promulguant les décisions du Y° concile u'cuménique. 11 avait, dans le même document, prononcé [863] l'anathème contre Ëvagrius, Didyme et Origène (peut-être Euty- chius s'était-il contenté de renouveler le décret porté parle con- cile tenu sous Mennas). Si les choses se BOnt ainsi passées, Cvn 1 1 • qui habitait une laure 1 1 es éloiuni ; e, a pu confondre ce qui, dans le décret d' Kilt vcli ius . provenait du \ ' concile 1 1 eu inni ique et ce qui provenait du patriarche, et attribuer au concile la condam- nation d'Origène. Si Ëvagrius, un contemporain, a pu s'illu- sionner et assurer que le Y r concile œcuménique avail con- damne Origène, on a pu. cent ans plus tard, répéter de bonne loi Mans!, op. >it., t. ix, col, 1105) : /// eynodo, in quu de tribu» capitulis actum es/, aperte liquet, nihil de ftde convutsum eeee vel aliquatenu» imututatum, sed sicut scitis. de quibusdutn Mis soluntinodo personit est aetittUum, quarum mai. ru/us seripta évidente? u rectitudine catholiem fldei deviabant f mm injuste du m n il ta .-.il ii t. 1. Noos voyons, par 1'- concile d< l atran il<- 649, que l'exemplaire des a< du V* concile œcuménique conservé dans lea nrchivea romaines, contenait le il • ii :< i li • - , ri dans cet anathème le nom d'Origène, csrls ll'anathème qui lui In ,i Latran portait : Siquu mm anathematismi Arium, Bunomium t Mnre- donium, Apollinarem^ Neetorium, Butjcken, < ■», çum impiis eorum cane* criptis... . pnr.Mir.nr: session et actes nu concile 77 cette erreur. C'esl ainsi que le V'' concile œcuménique trouva dans son exemplaire (amplifié) des actes du V e concile, un passage con- cernant Origène, Diodore et Evagrius. Il est vrai que le V° con- cile œcuménique Ht taire une enquête sur les actes du VI ; mais le texte de la \iv*' session du VI'' concile prouve que cette enquête ne porta guère que sur [a prétendue lettre tic Mennas et sur les deux lettres du pape Vigile ; on n'eut ni le loisir ni la pensée d'étendre cette cnqncte à tous les documents du V fl concile œcuméni- que *. A l'ouverture di\ concile, après que les cent cinquante évêques eurent pris place, Théodore, le silentiaire impérial, demanda à être introduit, et remit au concile une lettre de l'empe- reur, adressée à l'assemblée et datée du jour même (5 mai) ~. Cette lettre, lue immédiatement par le diacre et notaire Etienne, était ainsi conçue : « Mes prédécesseurs les empereurs orthodoxes se sont toujours efforcés de terminer par la convocation des conciles les discussions touchant la foi. Pour ce motif Constantin réunit les trois cent dix-huit Pères de l'Eglise à Nicée, Théodose les cent cinquante Pères il Constantinople, Théodose le Jeune le concile [864] d'Éphèse, et Marcien les évêques à Chalcédoine. Lorsque, après la mort de Marcien, il s'éleva en divers endroits des discussions, au sujet du concile de Chalcédoine, l'empereur Léon écrivit aux évê- ques de tous les pays pour leur demander leur sentiment au sujet de ce saint concile. Mais peu après, des partisans de Nestoriuset d'Eu- tychès relevèrent la tête et occasionnèrent de grandes divisions, si bien que plusieurs Eglises cessèrentde communiquer entre elles. Pour nous, lorsque la grâce de Dieu nous eût élevé sur le trône, nous re- gardâmes comme notre principale mission de rétablir l'union parmi les Eglises, et de faire reconnaître partout le concile de Chalcé- doine et les trois conciles qui l'avaient précédé. Nous gagnâmes un grand nombre des opposants à ce concile, nous exilâmes les obstinés et la concorde reparut dans les Eglises- Toutefois les nes- toriens ne renoncèrent pas a faire partager leurs erreurs par 1. Sur la question de savoir, si Origène a été réellement condamné parle V' concile œcuménique, cf. Walch, Ketzerhist., t. vm, p. 660 sq. ; t. vin, p. 280 sq. 2. Dans les manuscrits 'le Paris et île Beauvais, relie lettre porte également la date du .". mai ; dans le manuscrit de Surins, elle portait, au contraire, celle du i mai. Voyez les Ballerini, dam leur édition des OEuvres du cardinal Noris t. i\, col. 960. 78 i.ivni mv. ciiAPiini ii l'Eglise. Ne pouvant plus m servir de Nestor iu s lui-même, ils ima> inèrentde propager sei erreuri ioui le non de Théodore de Mop- tueate, ion disciple, <|iii avait proféré des blasphémai plus soanda* leiut encore qae les siens. Il soutenait, pat exemple, qu'antre était le Dieu Logos, autre étail le Christ. Toujonn dans le même but, ils utilisèrent encore lea écrits impiei de Théodoret, dii antre le premier concile d'Ephèse, contre Cyrille et les douze anathé- matismes, enfin la honteuse lettre faussement attribuée à Ibai qu'ils prétendaient avoir été reçue parle concile de Chalcédoioe. Ils contp* taient par là soustraire à la condamnation qui lea avail frappés Nestorius et Théodore, qui recevaient l'un fi l'a ni re «1 os elo-cs dans cette lettre, si leurs efforts étaient couronnés de iu< m ne pourrait plus dire que le Logos s'est fait homme ni appeler Marie Mère de Dieu. Pour cei motifa, nous attachant à suivre l'exemple des saints Pères, nous vous avons d'abord écrit puni- connaître VOS sentimenti sur ces Trois Chapitres impies, et vous nous avez ré- pondu en affirmant avec empressement la véritable foi '. Toutefois, connue aprèi cette condamnation quelques-uns persistent à défen» dre les Trois Chapitres, nous vous avons réunis dans cette capitale pour que voua puissiez délibérer en commun et faire de nouveau connaître Votre avis. Lorsque \ i-il<\ le pape de l'ancienne Home, vint ici. il anatlmniatisa par écrit et plusieurs lois, à notre demande, les Trois Chapitres, et prouva par différents actes, qu'il l'en tenait a ce sentiment par exemple, en condamnant, ses deux diacres Rustique et Sébastien*. Nous possédons encore ces dé- [865] clarations écrites de sa main. Il a ensuite publie le fudicatum, dans lequel il anathématisait les Trois Chapitres par ces mots: et tjuoniarH) eto. Vous savez qu'il ne s'est pas contenté de déposer Rustique el Sébastien, qui défendaienl les Trois Chapitres', il ■ en outre écrit à \ aient 1 m'en, e\èqnede Se\lliie. et B Aurelien, evè- que d Ailes, afin que l'on ne fît rien eonlie . e .1 itilicitu m . Lorsque vous \ous êtes rendus ici. sur ma convocation, \ous avez échana t. Garnier [op. cit., col. 544) remarque A ce passage que beaucoup de [eut ét< au contraire Forcés I répondre. '_'. Le manuscrit de Paria ne diffère pas jusqu'à cet endroit du manuscrit de Surina m, li- l.i com ncent, outre cea deus manuacrita, de Dotablei différent i Paris est i eaucoup plua complet que celui de Surin- (celui de tuvaifl ne semble plus être qu'un abrégé). Voua suivrons i/<. cit., t. ix. col. 17K sq. : Hardouin, op. ni., t. m. cul. 54 sq. Le 1' Garnier ■ donné une critique 'le cette lettre impériale '"/'• cit., p 544 et 1 accuse «le contenir plusieurs inexactitudes. Dans les actes 'lu V' concile oecuménique, cette lettre il'' l'empereur ne s,, trouve plus que dans l'ancienne traduction latine ; cependant on trouve ailleurs 1«' texte grec d'un «''lit tout .'i fait semblable ; -\ est imprimé dans Mansi, /"<•. cil., «"1 582; Har- douin. /'"•. cit., «'"I. 322. A.u commencement, les deux textes, I et le latin, sunt identiques; maia plus loin le texte arec porte un long extrait d;il se trouve rt'-pi'lc'c nuit .1 mot, sans en excepter la citation d [saïe. Cf. Mansi, /,.,-. cit., col. 587, avec col Hardouin, /<"•. ci/., col. 326 sq., avec col. 193. Garnier, <>p. cit., p. 537, s supposé que cette lettre grecque de l'empereur, <•! cette conclusion d'un con- cile «pii lui sert d'appendice, n'appartenaient pas .mx actes du V* concile oecu- ménique, mais bien a nu autre (imaginé par Garnier) et que Menues aurait i «• ii n antérieurement en 546. Cf. •$ 258. 2. Ils reçoivent Ici le t i 1 1-< ■ de fudices, qui <\>. cit., t. m, col, •'■ô. Le manuscrit do Paris, édité* par Balnze, es I i« - i encore différent dei manuscrite do Surius et d^ Beauvaia. Celui de Paris esl beaucoup plni complet, mais il m y .i entre eu> aucune contradiction. Nous suivons le manuscrit de Paris. 268. BBCONDB BT TROISIÈME SESSIONS 83 le jugement rendu par cette commission devanl être accepté par tous les évèques. Il a refusé de délibérer avec les évoques et avec les patriarches, el a demandé un délai pour sa réponse. Nous lui dîmes qu'il avait déjà, à plusieurs reprises, condamné, de vive voix et par écrit, les Trois Chapitres, et que l'empereur ne demandait maintenant qu'une sentence portée par tous sur cette question. Vi- gile a lait connaître à l'empereur son désir d'obtenir un délai ; on lui a répondu qu'on lui en donnerait un plus long, s'il consentait à délibérer avec les évèques ou avec les patriarches; mais comme évidemment il ne songeait qu'à gagner du temps, il était nécessaire que les autres évèques fissent connaître leur sentiment dans un concile... Nous lui avons représenté tout cela, à plusieurs reprises, et nous l'avons engagé à se rendre au concile. Mais il a persisté dans son refus l . » Ce rapport des fonctionnaires impériaux fut confirmé par les évèques qui les avaient accompagnés chez Vigile, et ces fonction- naires s'éloignèrent alors de l'assemblée en disant : « Que les évè- ques ayant devant leurs yeux, la crainte de Dieu s'efforcent de terminer promptement cette affaire, et soient bien persuadés que l'empereur s'en tiendra inébranlablement aux définitions portées sur la foi par les quatre conciles œcuméniques, qu'il les défendra et condamnera tout ce qui leur sera contraire. Sur son ordre on avait, ce qui ne s'était jamais fait jusque-là, inséré aux diptyques les noms des quatre premiers conciles -. » [870] Le concile envoya alors des députés aux évèques occidentaux présents à Constantinople, à savoir Primasius d'Hadrumète, Sabi- nianus, Projectus et Paul d'Illyrie, pour les convoquer au con- cile. Les ambassadeurs revinrent bientôt, avec cette réponse : Primasius a déclaré qu'il ne viendrait pas, parce que le pape était absent de l'assemblée ; les trois autres ont déclaré vouloir en déli- bérer avec leur archevêque Benenatus. Le concile décida qu'on pou- vait le leur permettre d'autant mieux que Benenatus était en com- munion avec le concile et qu'un de ses suffragants nommé Phocas 1. Le manuscrit de Paris que nous suivons ici, est une fois encore plus com- plet que les deux autres. 2. Mansi, op. cit., t. ix, col. 198 sq. ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 6s. Walch, Ketzerhist., t. rai, p. 226, •< mal compris lis actes du concile, ci a cru que les paroles d'adieu prononcées par les fonctionnaires impériaux faisaient partie de la relation îles évèques. Ceux-ci auraient, dit-il, ajouté que les mi- nistres avaient assuré le pape Vigile de l'orthodoxie de l'empereur. «4 i.ivnr. xiv, chaimtci 11 y assistait ; quant ii Primasius, on le traiterait au momcnl voulu d'aprèi lei règlei ecclésiastiques : enfin on rerail conoaitre ;i l'em- pereur tout ce qui s'étail passé, e1 «>n i iendi 'a il le lendemain une nouvelle session 1 . Dan- cette m' session 9 mai . <>n lut d'abord les procès-verbaux des deux sessions précédentes, ensuite les évéques donnèrent une profession de fois peu près identiques celle insérée par l'empe- reur dans son édit du 5 mai ; elle exprimait l'attachement des évè- qnes aux décisions portées par les quatre premiers conciles et à l'enseignement . cit., •• m, col. *î7 sq. 2. M;iiisi, «/>. cit., t. i\. col. 200 iq, : Hardoain, n/>. cit.. t. m, col. 7o sq. .! f'n nC Bail QTÛ avait fait le eboil de cet D I. Quelques-uns ont pensé que c'était Benignua, évèque d'Héraclée, en Pélagonie, don! nous aurons à parler plus loin, ' 2 . d'nntrei ont ■apposé ni contraire que c'étaient 1 1 1 — derniers . se oonvaincre de l'impiété de Théodore et de ses écriti mais il i décidé de l'aire lire, dam une autre session, <•«• <|ui ;i été dii au r Théodore par les sainte Pères et par les édite de I empe- reur s . » Le concile persista dans -.1 résolution, et, après lecture dis procès-verbaux des sessions précédentes, un diaore lut dix pas- ores tirés d'un écril aujourd'hui perdu de sainl Cyrille contre Théodore, donl les propres paroles étaient rapportées, suivies des réfutations de Cyrille '. Vint ensuite la lecture d'un esses long frag- ment d'une lettre très violente du clergé arménien '-I persan a Pro- olus, ancien évéque de Constautinople ; Théodore y était appelé un pestiféré, pettifer homo t une béte sauvage sous une figure humaine, et on y décrivait son influence et ses erreurs. Puis vinrent deux courts passages de la réponse de Proolus aux Arméniens r \ quatre extraits de quatre lettres de Cyrille, un extrait d'une lettre de Kabboula à L"'^J ('.vrille, et enfin un autre, tiçé de ['Histoire dé VBglûe t aujourd'hui perdue, du prêtre Hésychius de Jérusalem (v* siècle), contenant nue notice abrégée sur Théodore de Mopsueste et un sévère jugement contre lui. Vinrent alors deux édite impériaux de Théodose le Jeune et deux déclarations de Cregoire de Nysse contre Théo. 1. Voyez s;i note v. dans Manai, op. at.. t. ix, col. 230. Les Ballerini dans Noria, Opéra, t. !▼, OOl. 960, se sont au--i prononeéa pour celte date. 2. L'expression anteriore ■ là pour assigner la date de cette session. 3. Lei actes de cette session se trouvent dan- M.in-i, op. cit., t. ix, col. 230- 297 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 91-189. i -nr cet écril de Cyrille, comprenant troia livrée contre Théodore de Mopsueste, et Diodore de Tarse, cf. Fessier, Patrologia, t. u, p l Gar< nier, op. cit., p. 5'i7 m|. 5. I • .lit. la réponse d<- Prucliis se trouve dans les documents qui ont trait au concile 'l Bphèse dans Manai, op. cil., t. s, col. VJl ; Hardouin, op. cit., t. i, COL 17M. V«>i.^ 1G0. 6. Noua en avona déjà parlé dana lea >j 160 et 1H1 ; ils se trouvent également dan- Mansi, "/'■ cit., t. v, col. kl3j t. vu, col. 195 ; el dana Bardooin, op. nt., t. i, col. 17lâ ; t. u, col. 678. Le second de ces édite, • j 1 1 î était dirigé contre Plavien, avait été mal vu dana l'Eglise, aussi avsit-il été abrog< par l'empereur Ifsrcien. Dsna le texte du premier édit, tel qu'il se trouve dana Bardouin, op. cit., i. i. eol. I7lâ, et dan- Maasi, op rit., t. v, col. 118, les partisana de 270. CINQUIEME SESSION 87 dore l ; enfin, pour prouver que les écrits attaqués par Cyrille étaient réellement de Théodore et que celui-ci avait été déjà accusé d'er- reur, on produisit trois extraits de Théodoret '-. On porta ensuite l'enquête sur un autre point, et Ton examina si, dans un de ses écrits, Cyrille avait réellement donné des éloges a Théodore, l'appelant bonus Tkeodorua. Pour élucider cette ques- tion, on lut un fragment d'un écrit de saint Cyrille contre Théo- dore : on v trouve bien : scriptum est a bono Theodoro adversus hseresim Arianorum, etc., mais on voit clairement par lecoutexteque, tout en louant sur un point le zèle de Théodore, Cyrille lui reproche de fausses doctrines. On lut encore plusieurs lettres de Grégoire de Na/.ianze adressées non à Théodore de Mopsueste, maisà l'évêque de Tyane du même nom; c'est ce qu'attestèrent Euphratas de Tyane, [8/*] présentai! concile, et Théodose de Justinianopolis 3 . Une autre objection consistait à dire qu'on ne devait pas anathé- matiser un mort. Le diacre Photius cita à ce propos plusieurs pas- sages de saint Cyrille, et Sextilien, évèque afiicain, déclara que les anciens conciles de l'Afrique avaient décrété l'anathème après la mort sur les évèques qui laisseraient en mourant leurs biens aux héré- tiques ; saint Augustin se montre favorable à cette pénalité, et à ce sujet, on lut trois passages de ce docteur. A ce propos Bénigne, évoque d'Héraclée, fit remarquer que plusieurs personnes avaient été anathématisées après leur mort, par exemple : Valentin, Mar- cien, Apollinaire, etc., et plusieurs eusébiens. Rabboula dEdesse, avait de même anathémalisé Théodore de Mopsueste après sa mort, et 1 Eglise romaine avait condamné l'antipape Dioscore, quoique de son vivant il n'eût pas péché contre la foi 4 . Nestorius no sont anathémalisés que d'une manière générale, et désignés sous le nom de simoniaques ; au contraire, dans le texte, tel qu'il se trouve dans les actes du V a concile œcuménique, on trouve intercalés les noms de Théodore et de Dioscore. (Mansi, op. cit., t. ix, col. 249 sq. ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 104. Le nom de Théodore a été de même inséré dans le texte du second édit. Voyez Garnier, loc. cit., p. 5'»8. 1. Garnier suppose, op. cit., p. f>'i8 sq., qu'elles sont apocryphes. 2. Mansi, op. cil., t. îx, col. 2:;i- l J.Vi ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 92-108. Tout ce qui, dans la v«" session, fut mis en avant contre l'évêque de Mopsueste devait servir de réponse à la Defertsio de r'acundus u n'aurait plus en beeoin de discuter pour Bavoir si l'on pou- vait anathématiaer un mort. Cf. Walcb, Ketzerkùt. t t. wn, p. I 2. Mansi, "/-. cit., t. iv, col, 263-274 ; Bardouin, op, rit., t. m, col. 114-123. ■2'U- CINQUIEME SESSION 89 Après (•«• long rapport des trois évéques, Oïl lut les actes du con- cile de Mopsueste el la Lettre impériale qui précéda ce concile l . Là s'arrêta l'enquête sur Théodore. On passa à Théodoret de Cyr ; ou lut quelques extraits de scs écrits contre Cyrille, en tout : quatre fragments de sa polémique contre les douze anathèmes de (".vrille, quatre autres fragments de quelques discours et cinq let- tres a peu près entières '-'. Théodoret s'y exprimait d'une manière hétérodoxe, et déclarait hérétique la doctrine de saint Cyrille. 1876] Pour mieux combattre le prétendu mélange du divin et de l'humain, quM crovait voir dans Cyrille, il séparait dans le Christ, à la ma- nière nestorienne, la divinité et l'humanité, et condamnait les ex- pressions qui sont encore aujourd'hui dans l'Eglise la marque de l'orthodoxie. Il disait par exemple, dans le premier fragment : « Le dieu Logos ne s'est pas fait chair; » dans le second : « Nous ne reconnaissons en aucune façon L'union hypostatique » ; dans le troi- sième et le quatrième, il combat la communication des idiomes ; dans le cinquième, il appelle saint Cyrille impius ; dans le sixiè- me, impugnator Ckristi\ dans le septième, novus hsereticus, qui a confondu les deux natures dans le Christ K Ces lectures terminées, le concile déclara : «Il y a lieu d'être sur- pris de la subtilité du concile de Chalcédoine. Connaissant les blasphèmes de Théodoret, il a tout d'abord prononcé contre lui plusieurs exclamations, et puis il l'a absous, après qu'il eût anathé- matisé Nestorius et ses blasphèmes. Il y aura, l'un des jours sui- vants, une autre enquètesurle dernier chapitre (la lettre d'Ibas) 4 . » 1. Mansi, op. cit., t. ix, col. 274-289; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 123-134. -. La dernière de ces lettres, adressée à Jean d'Antioche, n'est pas d'une authenticité incontestable ; elle renferme des blâmes très sévères contre un mort (la suscription de la lettre dit : Cyrille d'Alexandrie) ; mais Jean d'An- tioche mourut avant Cyrille : on ne^ saurait donc admettre que Théodoret ait écrit à Jean d'Antioche au sujet de la mort de Cyrille. 11 est (h ne certain, ou bien que la lettre est apocryphe, ou bien qu'il s'agit d'un Cyrille autre que celui d'Alexandrie (c'est ce qu'a cru L'asuage), à moins que, à l'exemple de Pierre de Marca et de Noria, ou ne lise dans la suscripiion : Domnus d'Antioche, au lieu île Jean d'Antioche. Cf. Garnier, De libris Theodorcti, dans l'édition des Œuvres de Théodoret par Schulze, t. v, p. 376 ; Uallerini, dans Noris, Opcra, t. iv, col. 961 ; Walch, op. cit., t. vin, p. 273 sq. ■ '-. .Miiusi, op. ri/., t. ix, col. 2(> î.ivm. \iv, CHAP1TRI il 271. Sixième session, le 19 mai. Lecture faite, dans cette vis session L9 mai 553), dei procès- verbaux des séances antérieures, le concile déclara : o Comme quelques-uns soutiennent que la prétendi »• lettre d'Ibas a été ac- ceptée par le concile de Chalcédoine, h en appellent, pour le prou- ver, aux expressions de tel <»u tel membre de l'assemblée de Chal- cédoine, tandis que d'autres évoques n'étaient pas du même a\is, il importe de commencer par ls lecture de celte lettre. » Ce qui eut lieu. Les actes «lu V* concile œcuménique renfermenl ici la traduction latine de cette lettre, dont l'oriffinal grec se trouve dans le procès-verbal < 1 « - la \" session du concile «le Chalcédoine. Nous en avons donné l'essentiel '. Le concile lit lire ensuite la ,_ lettre, où Proclus annonce il Jean d'Antioche que l'on a porté ' ■" devant lui des accusations contre (bas, à cause de son atta- ehemenl au nestorianisme, et pour avoir traduit en syriaque et propagé les écrits île Théodore. Le concile se prononça, [tour la condamnation de la lettrée Maris: puis Théodore Asktdas el in»is autres évoques rapporter ni ce qui s'était passé, plus d'un siècle auparavant, au sujet d'Ibas : comment il avait été accusé * mais aussi comment il avait prononcé à Tyr l'anathème contre Nestorius et Boutenu que, depuis l'union de Cyrille et des Orientaux, il n'avait plus rien écrit contre le patriarche d'Alexandrie. Il avait, parla même, nié être l'auteur de cette lettre. Plus lard, avant combattu Cyrille, il avail été déposé avec Domnua d'Antioche (1< évèques n'ajoutenl pas que cette déposition avail eu lieu lors du Brigandage d'Ephèse). Au concile de Chalcédoine, Théodore! g'étail contente de se défendre des aul cusations portées contre lui ei n'avait l'ait aucune allusion à cette lettre. Les évéques continuent : Nos adversaires citent, avec une subtilité bien hérétique, nue un deux phrases dont quelques mbres «lu con- cile de Chalcédoine ont fait usage à l'égard d'Ibas, el ils veulenl y trouver une preuve que le concile s reçu ><\ lettre. Mais, dans un concile, ce n'est pas l'opinion de tel ou tel membre qui déoide le questions. En outre, si onétudie attentivement les votes, on vei ra que ces mêmes votants ont condamné la lettre Indirectement : car t. Voir g l 271. SIXIÈME BBSSION 91 ils ont exigé d'Ibas l'acceptation du concile d'Ephèse et l'anathème sur Nestorius, c'est-à-dire lui ont demandé d'agir à l'opposé du sens de cette lettre. Les évêques citaienl ensuite quelques votes émis à Chalcédoine, en particulier celui d'Eunomius de Nicomédie, qui d'après les adversaires blâmait la première par- tie de la lettre, mais louait la seconde 1 . Les évoques prouvèrent que les mots ;'// po§terîoribus recte confessus, ne visaient pas la seconde partie de la lettre, mais la profession de loi remise plus tard par Ibas à Chalcédoine, où tous les évêques lui avaient demandé [878] de prononcer l'anathème contre Nestorius, loué dans cette lettre ; [bas en prononçant cet anathème avait donc nié qu'il fût l'auteur de cette lettre, et avait indirectement anathématisé la lettre elle- même -. Mais les évêques du V e concile œcuménique passèrent sous silence les votes du concile de Chalcédoine quil était bien plus difficile d'expliquer d'une manière favorable à leur thèse, c'est-à- dire les votes des légats du pape et celui de Maxime, patriarche d'Antioehe : . Les légats avaient dit : Relectis chartis. ai>noi>imiis ex sententia revei-endissimorum episcopovum (la commission qui avait fonctionné à Tyr) Ibam innoxium approbari. Relecta enimejus epis- tola, agnovimus eum esse orthodoxum. Maxime s'exprime de la mê- me manière : iwct èx ~z\i àvavyMsOévTi; es àvTiYpaçou ttJç bçi/>. cit., t. ix, col. 297-307 ; Hardouin, op. ni., i. m, col. 139-147, 15. Voir $ 196, t. a, p. 7'i2. k. % 129, t. i, p. 248. :,. % 13i, t. i, p. 295. 6. § L29, § 134, i. .. p. 248 ei 295. 7. § 129, § 134, t. i, p . >' t 8. 92 i.iviii \i\ . CHAPI1 RI h rius, avec les douze nnathématismesde Cyrille qui y étaient joints '. I >,i us le procès-verbal de la u' session «lu concile de Chalcé- doine, l'exhortation fuite aux évêquea par lea commissaires imp - riaux, pour ([u'ils définissent au plus tôt la foi orthodoxe*, et ensuite la célèbre Epistula dogmatica du pape I éon ; . ti. Il ressorl de ce que l'évèqne Itticua a dil dana la même - aion du concile de Chalcédoine ', que ce concile regarde la lettre n prit ensuite quelques autres documenta dana lea actea delà i\' session du concile de Chalcédoine : a l'exhortation des com- missaires impériaux aux évêquea de faire connaître sans contrainte leur Bentiment sur la foi 5 ; b) la seconde exhortation aux mêmes [879] évêquea de déclarer, la main sur l'Evangile, si la lettre de Léon était d'accord avec le symbole de Nicée et de Constantinu et «•; les votes des évêquea à ce sujet. 8. Enfin on lut dans les actes de la v e session de Chalcédoine la profession de foi de ce concile, avec celle de Nicée et de Constan- tinople, qui s'y trouvaient intercalées". Cela fait, le diacre et notaire Thomas lut un écrit assez courl et préparé d'avance, offrant en regard des opinions extraites de la lettre a Maris, des définitions du concile de Chalcédoine, pour mon- trer que le concile avait enseigné le contraire de ce qui était contenu dans cette lettre. Le concile disait : « Le Dieu LogOS est devenu homme et chair, il est Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'un de la Tri- nité ; » la lettre qualifiait hérétique et apollinariste quiconque par- lait de l'incarnation du divin Logos. Le concile appelait Marie, mère de Dieu ; la lettre épiloguait sur ce titre. Le concile déclarait vou- loir suivre les décisions d'Kphèse et anat heinat isait Xestorius; la lettre injuriait le concile d'Kphèse cl défendait Xestorius. Le con- cile vénérait Cyrille comme un docteur, adhérait à sea lettres ci au\ douze anat heinat isn ies j la lettre h Maris I rail lit Cyrille d'héréti- I. $ 181, | 134, i. ., p. 264, - -. g 190, t. ... p. 685 ::. g 176, S 190, t. u, p. 567, 685. '.. S 190 i. il |.. »■ .'.. s 198, i. n. ,.. 700. j 192, i n, p. 700. ; 193, i. n, p. 71< 272« LE CONSTITL'TUM DE V1U1LE 93 que, nommait « impies » ses anathématismes, blâmait sa doctrine des deux natures et d'une seule personne si la communication fies idiomes. Les Pères du concile disent à plusieurs reprises qu'ils enseignent la doctrine de Cyrille; la lettre, au contraire, n'a que des injures pour cette doctrine. Le concile anathématisait tous ceux qui introduisaient un autre symbole ; la lettre, louait Théoodre auteur d'un symbole impie. En un mot, la doctrine de la lettre est en opposition avec la doctrine de Clialcédoine, et si cette lettre parle des deux natures, ainsi que le fait le concile de Clialcédoine, elle entend cependant par là deux personnes, tout comme Nesto- rius *. Après ces préliminaires, le concile prononça la sentence suivan- te : « La délibération qui vient d'être faite prouve avec évidence que la lettre attribuée à Ibas est en opposition absolue avec la règle de foi du concile de Clialcédoine, dont tous les membres ré- [8801 clamèrent qu'Ibas anathématisât Nestorius, défendu dans cette let- tre ; sans nous arrêter à l'opposition d'un ou deux évêques, qui, du reste, se joignirent aux autres et ne protégèrent Ibas qu'après qu'il eut fait pénitence, anathématisé Nestorius et souscrit la pro- fession de loi de Clialcédoine -. » Tous s'écrièrent : « La lettre est hérétique ; tous, nous la condamnons ; elle n'a rien de commun avec le concile de Clialcédoine; elle est hérétique, blasphématoire; quiconque y adhère est hérétique ; la déclaration de foi faite à Clialcédoine a condamné cette lettre ; anathème à Théodore, à Nestorius et à la prétendue lettre d'ibas ;... quiconque n'anathéma- tise pas cette lettre se met en opposition avec le concile de Clial- cédoine. Longues années à l'empereur ! longues années à l'empe- reur orthodoxe 3 ! » 272. Le constitution de Vigile, du 15 mai 553. Pendant ces travaux du concile le pape Vigile envoyait à l'em- pereur le mémoire 4 auquel il faisait allusion quand il disait 1. Mansi, oj>. cit., t. i.\, col. 308-34J ; Hardouiu, oj>. cit., t. m, col. 147-166. 2. Mansi, o/>. cit.. I. jx, col. 341-34Ô ; Hardouiu, op. cit., t. m, col. 167-170. 3. Mansi, op. cit., 1. ix, col. 3'i'J sq. ; Hardouin, Op. cit., 1. m. col. 170. 4. On B'est demandé si 1 empereur .> déféré le Constitution de Vigile à l'exa- men du concile, et à quel moment. -Mais ce débat n'a pas de raison d'être : car 1 empereur lui-même D'ayant pas voulu accepter le Constitutum, il ne le com- 94 i n m \n . « nAi'i i m h ;m\ députés que dans l<" délai de ringl jouis, il exposerait i part, et sans Be cône rtoi avec !<• concile, son opinion sur les Troie Chapitres. Cette déclaration est le Constilutum Vigilii papm dé tribus capifulis i , daté de Constantin pie du 1 1 mai 553, et signé par Vigile, par seize évoques et trois clercs romains . Parmi ces seize iques on comptait neuf Italiens : les évoques de Marti, S yllaaium, Silva Candida, Cingnlum, Ariminum, Malte, Nomen- luni, Lipara, Numana : deux africains : ceux de Nazaita et lla- drumète : deux [llyriens : ceux de Ulpianum et de Zappara, h i roi > Asiates : ceux d'Iconinm, de Clani-< le des ques- teurSi p a tri ces, consulaires, s'ébranla dan- la direction du pilai- Placidien, -mis la conduite de l'il lu.si rc Hi'lisaire, qu'en ne voil pa- Bans répugnance mêlé a ces exercices théologiques. Le pape leur présenta on exemplaire ,: Bentence, très l< nguemenl motivée : mais comme ils v< ' doutèrent que la teneur n in était guère favorable aux entreprises de la cour, ils ne voulurent point la recevoir officiellement et engagèrent Vigile à la faire porter lui-même au da par un de ses clercs. Le conseil fut suivi ; mais Justinien ne voulut paa recevoir l'envoyé da pape, car, disait-il, on li sentenee est contraire aux Trois Chapitrée el alors elle est inutile, car il y i longtemps que Vigile prononcé en ce aena, de rive \<>i\ et par écrit ; on elle leur i irable et alors il s'est mis en contradiction avec lui-même el "i> n'a paa a tenir compte d< - pinion actuelle. Il y avait entre les pinces da dilemme impérial un milieu que Vigile ou P< i on hab le conseiller, avait réu I scerner. La doctrine <^' Théodore de Mopsueate, évidemment nestorienne, condamnée indirectement! Bphèseeta Chalcédoine, pouvait être sacrifiée, et même devait l'être, du moment où la queation < ; taii posée avec tant d'instance. Anssi Vigile avait-il commencé son exposé par une condamnation < d règle et détaillée d< - ante propositions extraites dea ouvres du célèbre docteur. Ouant à sa onne, !<■ pape s ' retranchait derrière l'usage eoelésiastique de as coadam- ner ai rehabiliter lea morts el de B*en rapp irter aur leurs condition- dernii a la décision >Iu souverain juge, [bas et rhéodoret, ou plutôt leurs écrits, seuls mi- in causi . étaient défendus par le concile de Chslcédoine, qui n'y avait point \ u mat condamnation et demi la considération ne pouvait manquer d< souffrir de tout, atteinte portée à l'honneur de i 'images. » L. Duchesne, dana la J?ev. de$ quest. tt»t , 1884, t. xxxvï, p 119-420 II. L.) 2. Mansi, "/'. cit., t. i\. col. 61-106 ; Bardouin, >n en trouve ici soixante, avec nn autre extrait qui ne figure paa parmi lea soixante-dix. Manai, op. cit., t. v, col 993, 205. 272. LE CONSTlTUTOM DB VIGILE 97 infliger un blâme qu'il a mentionné avec honneur et reconnais- sance A la lettre de Jean d'Antioche et de son concile à l'empereur Théodose le Jeune, justifiant Théodore et désapprouvant toute condamnation portée contre lui après sa mort. Et c'était cette même allocution que 1 empereur Justinien avait citée dans son édit comme preuve, contre cet le proposition : « L'un de la Trinité a été crucifié. » Le pape avait aussi examiné avec le plus grand soin ce que ses prédécesseurs avaient dit sur cette question, si l'on pouvait anathématiser, après sa mort, un homme qui ne l'avait pas été de son vivant. Léon et Gélase s'étaient expressément déclarés contre cette mesure de rigueur, et avaient soutenu qu'il fallait laisser le mort à la justice divine. L'Eglise romaine avait toujours suivi cette règle dans la pratique, et Denis, le grand évêque d'Alexandrie, avait condamné les ouvrages entachés de millénarisme, de l'évèque Xepos, mais avait épargné Nepos qui était mort. Pour ces motifs, le pape n'osait pas condamner Théo- dore de Mopsueste, mort depuis longtemps, et ne permettrait pas que d'autres le fissent. Mais il ne fallait pas eu conclure qu'il tolérât le moins du monde telle ou telle opinion attribuée à Théo- dore, on quelque autre hérésie que ce fût. Quant aux écrits répandus sous le nom de Théodoret, il ne com- prenait pas que l'on s'employât à déshonorer cet homme, qui, plus d'un siècle auparavant, avait souscrit sans hésiter la sentence de Chalcédoine, et adhéré, de son plein gré, aux lettres du pape Léon ; quoique Dioscore et les évèques égyptiens l'eussent, à Chal- cédoine, traité d'hérétique, le saint concile qui examina l'affaire de [884] Théodoret, ne lui demanda que d'anathématiser Nestorius et ses erreurs. 11 lavait fait à haute voix, et avait, en même temps, anathé- matisé à Chalcédoine toutes les propositions nestoriennes, d'où qu'elles vinssent (par conséquent aussi celles qui viendraient de lui). Si maintenant on anathématisait ces principes nestoriens, en y joignant le nom de Théodoret, on porterait atteinte au con- cile de Chalcédoine, et on pourrait dire que certains de ses membres (Théodoret, par exemple) avaient en même temps con- damné et professé le nestorianisme. Et qu'on n'objecte pas que les Pères de Chalcédoine eussent rougi d'accepter les injures écri- tes par Théodoret contre les douze anathématismes de saint Cyrille, 1. Dans son allocution à l'empereur Marcien. Cf. § 193, et liardouin, op. cit. t. ii, col. 650 ; Mansi, op. cit.. t. vil, col. 'j G 6 . CONCILES - 111 - 7 98 l l\ i:i \i\ , . Il \l I I RI il qui, lorâ de I union, i passé booi silence toutei lei injustices donl les Orientai] tient rendus coupables entera lui à Bphèse< Eu accep- huit solennellement la doctrine de saint Cyrille, Théodoreta, du reste, donné une satisfaction suffisante, taissi ne doit-on mainte- nant rien faire qui tournât au déshonneur de Théodoret : maia, par Contre, !<• pape anathématiie tontes les propositions ayant quelque rapport bycc le nestorianisme ou l'eutychianisme, publiées smis le nom de ihéodoret ou -nus n'importe quel autre. II suffisait oertai- Dément que lu!, Ir pape, anathématisâl Nestorius avec Paul de Samosateet Bonosus, Eutychès avec Valentin r\ Apollinaire <■! ions les autres hérétiques avec leurs erreurs ; eependanl il roulait ajou« ter cinq anathèmes particuliers. ■> I Hureue tartlen hoc epeoialiter dicimus : ut si ■/ r.i ipsa conception* de utero Virginie humante naturm sibi secun- ilniii eubeietentiam unipieee principia^ sed tanquam eu m exietentijam homine fuerit Deus Verbum; utper hoc non eancta Virgo père l>'i genitrim eeee credatur; eed verbo tenue appeUetur t anathema si/. Si quelqu'un ne professe pas que, sans noire en rien a 1 immutabilité il«' sa nature divine, I'- Logo* s'est fait chairet s'est uni hypostatiquement la nature humaine dès le moment de la conception, <'t --il prétend aucon» traire que le 1 -i uni avec un homme distant antérieurement, en Borte que la sainte Vierge ne serait pas véritablement mère de Dieu, mai- seulement de nom, qu'il soit anathème I II Si nuis eecundum eubeietentiam unitatem naturarumin Chrietofac- iiim denegatf sedseorsum exietenti homùu, tanquam uni juetorum t inhabitare Deum Verbum et non ita confiteatur naturarum eecun- dum eubeietentiam unitatem, ut Deue Verbum cum aeeumpta carne una permaneerit permaneatque eubeietentia ripe pereona^ anathema s if. Si quelqu'un nie l'union hypostatique des deui natures dans le Christ et prétend que le Dieu Logo» a habité dans un homme existant antérieure- ment, de même qu'il habite dans un juste ; «i quelqu'un ne professe pas l'union hypostatique des natures dans ce Bens que le Dieu Logo* ne forme 272- LB CONSTITITIM DE VIGILE 09 qu'une seule subsistance on une seule personne avec la chair qu'il a ■ | prise, qu'il mil anathème ! III Si quis voces evangelicas et apostolicas in une Christo ita dividit, ut etiam naturarum in ipso unitarum divisionem introducat, ana* llicniti sit. Si quelqu'un divise les expressions dont se servent les Évangiles et les apôtres, et qui se rapportent au Christ un, de telle sorte qu'il intro- duise une division des natures ; qu'il soit anathème ! IV Si quis unum Jesum Christ uni verum Dei et euntdem ipsum verum hominis filium futurorum ignorantiam aut diei ultimse judicii lui- buisse (/ici/, et tantum scire potuisse, quantum eideitas, quasi alteri cuidam inhabitans^ revelabat , anathema sit. Si quelqu'un prétend que Jésus-Christ, tout à la fois vrai iîls de Dieu et vrai lils de l'homme, ignorait les choses futures et en particulier le jour du jugement dernier, et qu'il n'a pu en savoir que ce que lui en a révélé la divinité qui habitait en lui comme dans un autre, qu'il soit anathème ! Si (juis illud Apostoli, quod est in epistola ad flebrœos die tu m, tanquam nudo deitate Christo députons, qui laboribus virtutis per- fectus sit, ut e.r hoc duos introdueere Christos vel duos filios videatur, anathema sit. Si quelqu'un rapporte uniquement au Christ dépouillé de sa divinité le passage de la lettre aux Hébreux, v, vu, vin, et suppose ainsi deux Christs ou deux fds ; qu'il soit anathème ! c Enfin, le pape avait fait des recherches au sujet de la lettre du vénérable Ibas, et comme lui-même ignorait le grec, il avait l'ait examiner à ce point de vue, par les siens, les actes de Chalcédoine. Ils y avaient trouvé les votea des légats du pape, d'Anatole de Cons. tantinople et de .Maxime d'Antioche, que le pape insère mot à mot. Il était évident qu après avoir lusa lettre, 1rs légats du Siège apos- tolique n'avaient pas douté de l'orthodoxie d'Ibas : Anatole avait dit : 1011 i i\ Kl xiv, CHAPITRE il !>'• iniii ce «pu a été lu, il résulte qu'Ibasest innocent : » el Ma- xim. • : Si profession de foi catholique ressorl de t < >u i ce qui i été lu. • Les autres évéquei n'avaient fail à ces déclarations aucune opposition, ils j avaienl an contraire adhéré par écrit. Ils avaient donc conclu a l'orthodoxie de la profession de foi émise par Ibas, (jui avait, dans cette lettre, loué l'union entre les Orientaux el I rille, el accepté la déclaration de i"i. base de cette union. Les atta< ques contre saint Cyrille, qu'Ibas s'était permises dans cette lettre, n'avaienl pas été approuvées par 1rs Pères de Chalcédoine; bien plus, (bas lui-même 1rs avait condamnées lorsqu'il avait mieux compris les anathématismes de saint Cyrille : c'esl ce que démon- trent, d'une manière irrécusable, ces paroles d'Eunomius : ///'/ aux culpaverat refutavit. Le vote de Juvénal présentait ce même Bens. I.n outre, [bas avait auparavant, comme le prouve le juge- ment rendu par Photius et par Eustache, reconnu très explicite* ment les décisions du premier concile d'Ephèse, placé ce concile sur le même rang que celui de Nieée, et était entré en communion ecclésiastique avec Cyrille, lorsque celui-ci eut expliqué ses ana- thématismes. Aussi longtemps qu'il avait mal interprété les principes de Cyrille, illes avait combattus, eu se plaçant lui-même a un point île vue orthodoxe ; mais quand il les avait mieux compris, il n'avait pas hésite a les embrasser. Lors du second concile d Kphèsc (Bri- gandage . il avait été déposé injustement ; aussi le concile de Chai- rggg] cédoine l'avait-il, avec raison, déclaré orthodoxe, et admis ; de son ite, Ibas avait amplement réparé les attaques que, par erreur, il s'était permises contre Cyrille. Le pape déclarail donc que le jugement des Pères de Chalcédoine devait rester irréformable en ce qui concernait la lettre d'Ibas, de même que sur tous les autres points. Aucun clerc oe devait aller a ('encontre de ce jugement, ni se permettre de modifier, comme incomplète, la sentence de Chalcédoine sur la lettre d'Ibas. Nul n'était autorise a croire que l'on devait déroger à la lettre cl aux anathématismes de ('.vrille, puisque Ibas était notoiremenl resté jusqu'à sa mort, en commu- nion avec Cyrille, après que ce dernier eût fourni ses expli- cations. Nul n'était autorise à penser que les légata du pape (qui avaient été la cau-e de la réintégration d'Ibas dans son évéché n'étaient a Chalcédoine munis de pleins pouvoirs que pour ce qui concernait la foi, e1 non pour ce qui concernait la réin- tégration d'évéques injustement déposés : une pareille opinion était réfutée par les paroles explicites du pape l.éon. qui avait su et 27.'*. BBPTIBMB skssion 101 approuvé tout ce qui s était passé à Chalcédoine. Le même Léon avail dit. à plusieurs reprises, qu on m' devait rien changer au con- cile de Chalcédoine, e1 le pape Simplice, comme \ îgile lui-même dans sa lettre à Mennas (c'est-à-dire dans son Judicaturri), s' et ail exprime tic la même manière. » Le pape Vigile donnait, à cel endroit, cinq fragments de son Judicatum* . « Il fallait donc s'en tenir aux votes émis à Chalcédoine par les évéques et légats du pape au sujet de la lettre d'Ibas et de sa personne. Tous les catholiques devaient trouver suffisant ce dont le concile de Clial- cédoine s'était contenté : car ce concile a déclare qu'il n avait à condamner que Nestorius et sa personne. » Le Constitutum se ter- mine par ces paroles : « Nous ordonnons et décrétons qu'il soit défendu à toute personne occupant une fonction ecclésiastique ou dont le nom est écrit dans Vordo de l'Eglise, d'écrire, d'entre- prendre, de présenter ou d'enseigner quoi que ce soit en opposi- tion au présent Constitutum, au sujet des Trois Chapitres. En vertu de l'autorité du Siège apostolique, nous infirmons tout ce qui a été dit ou fait au sujet des Trois Chapitres et qui se trouve en opposi- tion avec la présente ordonnance 2 .» t 887 ] 273. Septième session, le 26 mai. Dès l'ouverture de la vu e session, un commissaire impérial se pré- senta pour rédiger, sur l'ordre de son maître, un rapport relative- ment à ce que le pape Vigile venait de faire. Le manuscrit de Paris place cette session au 3 juin, tandis que le manuscrit de Beauvais et celui de Surius la placent au 2G mai, et c'est bien certainement cette dernière date qu'il faut préférer, car tous les manuscrits, sans exception, fixent la vin session au 2 juin. Du reste c'est surtout au sujet des actes de la vn° session que les manuscrits diffèrent le plus entre eux. Le manuscrit de Paris, que nous suivons, est, ici encore, beaucoup plus complet que les deux autres qui d'ailleurs sont d'accord 3 . 1. Voir t. n, p. 259. 2. Garnier, op. cil,, p. 555), dit de ce Constitutum qu'il estmirabili quadam ratione compositum ui nihil sexto sseculo melius et forte par éditai» reperiatur, :;. Lep Pajlprini élèvent des objections peu fondées contre l'authenticité de 102 LIVRA *1V, CHAPITRE 11 Suivuni les rois manuscrits après la lecture des procès-verbaux dei siz premières sessions, et avant que te concile a entreprit uni- aouvelle affaire, Constantin, le questeur du palais impérial, tint a peu près ee langage ' : i Voua savez combien l'empereur s'esl préoccupé de résoudre toua les doutes concernanl les Trou Chapitrée, Pour ce motif il a engagé Vigile a se réunir a \<»n-, afin que vous rédigiez toui ensemble, sur cette affaire, une déci- sion conforme a la foi orthodoxe. Quoique !<• pape \ ïgile ail déjà condamné à plusieurs reprises, j> ar écrit, lea 7Vois Chapitres, puis de vive voix, on présence de l'empereur, des ministres im- rootn périaux et de plusieurs membres de ee concile, quoiqu'il ail frappé d'anatbème imis ceux qui défendsienl Théodore de Mopsueste, 1s prétendue lettre d'Ibas, et les écrits «le Théodorel contre Cyrille, etc., il n'a cependant pas voulu porter ces mêmes jugements en union avec vous et avec votre concile... hier \ îgile l envoyé Servusdei, sous-diacre de l'Eglise romaine, dire à Béli- saire, à Céthégus et à quelques autres hauts fonctionnaires, ainsi qu'aux évoques Théodore Askidas, Benignua el Phocas, de se rendre auprès de lui, parce qu'il voulait leur communiquer si réponse à l'empereur. Ils y sont allés mais sont revenus presque aussitôt ; ils ont annoncé à l'empereur que Vigile avait voulu leur remettre un écrit i i «* r pour lui tous lis jours. \u moment uV lever la séance, le questeur Constantin lut une autre lettre de l'ein pereu i ', portant l'ordre de ia\er le nom de Vigile de Ions les diptyques, parce qu'en soutenant les Troie Chapitre» i il avait participe à l'impiété de Xestorius et île Théo- dore. Toutefois l'empereur n'avait pas l'intention de rompre avec le Siège apostolique, et il espérait que le concile ne l'aurait pas plus qui- lui '. D'après le prOCès-verbal, on lut cette lettre et le concile l'approuva par ces paroles : a Cela concorde avec les efforts de l'empereur pour établir l'unité des Églises, nous voulons cependant conserver l'unité avec le Siège apostolique de l'ancienne Rome. » Il est bien surprenant que cette lettre de 1 empereur porte, dans les actes, la date du 1 \ juillet, puisque la Vil' session s'est tenue le 26 mai ; dom Ceillier et Kllies du Pin en ont conclu que cette lettre n'a pu être écrite dans la vu" ni dans la vin' et dernière session -. Toutefois le procès-verbal du concile, tel qu'il se trouve dans le manuscrit de Paris, dit d'une manière si ex- loqm plicite, que cette lettre a été lue dans la vu' session, et donne à ce sujet des détails si circonstanciés, qu'à notre avis cet édit impé- rial lut réellement communiqué au concile puis publié solennel- lement li- l 'i juillet ; c'est pourquoi d aura gardé cette dernière date :i . 1. M.msi, op. a nous avons recherché si elle avail été reçue par le concile de Chalcédoine... Pour répondre .1 toutes les objections, nous avons aussi fail lire des Fragments de saim Cyrille el du pape Léon Epis- tola dogmatica) ainsi que la déclaration de foi promulguée à Chalcédoine, pour prouver que cette lettre était en opposition avec ces documents... On ne saurait, à Chalcédoine, alléguer les vote émis par quelques évoques qui paraissent avoir été favorables à la lettre : car tons 1rs membres de ce concile exigèrenl d'Ibasl'ana- thème contre Nestorius, contre ses principes et contre la doctrine de cette lettre... Nous ton. humions donc et anathématisons, avec tous les autres hérétiques déjà condamnés <-t anathématisés dans les quatre premiers saints conciles, et par la sainte Église catholi- que et apostolique, Théodore, ancien évèque de Mopsueste, ainsi que sis écrits impies ; nous condamnons de même et anathémati- sons ce que Théodorel a écrit d'une manière impie contre la fol orthodoxe, contre les douze anathématismes de Cyrille el contre le premier concile d'Éphèse, et enfin pour la défense de Théodore et de Nestorius. Nous anathématisons enfin la lettre impie au Pei Maris, attribuée à Ibas, où Ton enseigne (jne Dieu le Verbe n'a pas pris chair de Marie, la saint-' Mère de Dieu toujours [892] Vierge, et ne s'esl pas fail homme, etc. Nous anathématisons donc les Trois Chapitres, c'est-à-dire l'impie Théodore de Mopsueste et ses livres blasphématoires, ce queThéodorel a écrit d une ma- nière impie, el la lettre blasphématoire attribuée à ll>as : nous les anathématisons avec ceu* qui les défendent, qui regardenl les Trois Chapitres comme orthodoxes, el sl/ ;;j.:>,;-;£'1 HaTpbç /.xi Y:zj v.xi iyCou [Ive6|AaT0Ç [IMtV çtifflV r roi : . TÉav |*(av te 5(5va[xiv /.a ; . IÇouaCaev, TpiaSa b|iooûjtov, [xiav 9eôr»]Ta :v tpiaiv ûicoaTaffso'iv, y/cjv Tcpoffwicoiç wposxovouixévvjv' : toioutoç xvadeua ï Aiyrj eïvai Taç zJz- yevv^ffeiç, nfjv ~z r.z'z xiuvcov Ix tou IlaTpbç, y.yz'z^w,:, v.xi àffo)u,aT6)ç, ti/)V ~z lie' lar^axtùV twv f)(ispà)v tou aùxou xaTeXôôvroç |x twv oùpavûv, "/.ai erapxaôçvTOç Ix tîjç 1. Garnier a prouvé que les Pères de Constantinople ont cependant dû avoir sous les yeux plusieurs projets d'anathèmes pour rédiger ceux-ci, dont le même Garnier a fait le plus grand éloge, dans sa Dissertatio de V li synodo. [L'ensemble des quatorze anathémalismes se subdivise en un premier groupe de douze formules dirigées contre Théodore de Mopsueste et 1 hérésie nesto- rienne et un groupe désagrégé dont les éléments se sont placés où ils ont pu, un peu au hasard. C est ainsi que la première série se laisse envahir par l'aiialliémalisme 8 e qui vise le monophysisme, et on retrouve des allusions à cette erreur dans le 9e et le lie où on ne se contente pas de viser Théodore, mais où l'on frappe les représentants des hérésies anti-trinitaires et christolo- giques. Enfin Le 12» anathème vise exclusivement Théodoret de Cyr, tandis que le 14<' concerne [bas. (H. L.)] 2. Au moment où nous allions aborder le commentaire des canons iIm coooile de 553 une bienveillante communication nous a fait connaître le travail consacré au II* concile de Constantinople par M, J. Bois, dans le Dictionn. de tliéol., eathol. Dès lors il nous a semblé n'y avoir pas le choix et DOQB avons simple- ment reproduit dans les notes cet exeel lent travail, tandis que nous substituons la traduction 'les canons à oelle de l'ancienne édition. (H. L.) 3. t Le l' 1 anathématisme enferme en une formule succincts une profession de foi trinitaire ii.s précise unité de la nature et des propriétés essentielles) 108 u\ m kit, «ii mm i ri ii 1 XOtl U.V.-J :■ /.t. ■[■.ric l hvi-.:z .: x-j'^:. : roioOtOÇ, XVOdcUâ IcTTU '. [wo] Si quelqu'un n< - confesse pas qu il \ .1 deux naissances «lu Dieu Ver- be I ans avant les siècles, du Père, intemporelle et incorporelle ; l'autre aux derniers jours, ce même l»i<-u Verbe étanl descendu des cieux, si B'étanl incarné de la s, tinte el glorieuse Mère de i >ieu el toujours \ ierge Marie et étanl né d'elle, qu il boîI anathème. El tic /.-:•.. xXXov etvai t;j i-hzj A.9vov t:v 8auiMCT0upYAaav?a, v.x limite îles hypostases on des personnes. Celte formule esl 1 peu près identi- que à celle qui constitue le premier «les 13 anathématiamea insérée i (AfioXoYfc) juslinienne, Manai, "/>. cit., t. ix, col . el lui eal probablement empruntée. Il Faut en chercher le développement dans le long exposé consacré ■ la question trinitaire, an début de frite Confession. Les termes mêmes qui la composent se retrouvent évidemment dans !<• suivant, ibid., col. 540 : 6u«Xoyov|1CV tofouv rc(7rot; SoîâÇovte;. Ls formule finale »I{ vâp Oîo; xai -arr.p, qui pourrait-être une Formule liturgique, est également empruntée de toutes pièces ;'i ls Confession. Ibid., col. ô40. « Ce sont les hérésies de Sabelliua, t* méotsnm tpitavvuov X«y4vti rij* -v.àôa. et d'Arius, ibid., qui se trouvent spécialement visées par ce début de la Con- fession et par les anatbématismes qui s'y réfèrent. Faut-il y voir aussi quelque allusion au symbole nestorien attribué à Théodore, qui, déjà examiné su cou- cile d'Kphèse, session \i e , fut de nouveau remis en question et condamné an COUra de la IV* session du V« concile .' La partie Irinitaire de ee symboli Correcte, bien que paHsanl très rapidement sur la question de la distinction des personnes. /'. (',., t. i wi, col. 1016-1020. Cf. Pritxaehe, Comment., il>id., col. 74. Il n'y ■ donc pas lieu de croire qu'elle puisse être visée iç -j-:;j.£'.v: Tapxî" : toio*3to; ivâOiy.a eotw '. Verbe, to3 Ao-o-j iiva: t-x; 6vo y^vvTjffeiç, e1 les Formules nestoriennes que dous citons plus lias et nui reviennent à ceci: la génération temporelle n'est pas attribuable au Verbe, mais uniquement à l'homme auquel le Verbe s'est nui : elle ne peut être rapportée à celui-ci qu'indirectement, en vertu de l'union qu'il .1 contractée avec l'homme engendré. e Sur ces deux générations el la distinction de leurs sujets d attribution, les textes suivants de Théodore sont très explicites : quando erit qusestio de nati- vitatibus secundum naturam y ne Marias filins Deus Verbum existimetur... Et duas nativitates Deus Verbum no/t suslinuit, imam quidem onte ssecula, alte- riim aillent in posterioribus temporibus. Ce passage, dont le texte de notre 2» anathématisme est évidemment la contre-partie, est tiré, ainsi que la plupart de ceux qui seront cités dans la suite, du recueil anonyme examiné au cours du Va concile et inséré dans les actes delà v e session, recueil composé d'extraits empruntés à des ouvrages de Théodore que nous ne possédons plus, Mausi, op. cit., t. ix, col. 219. Tous ces passages sont reproduits dans les fragmenta dogmatiea, de Théodore de Mopsueste, P. G., t. lxvi, col. 979-1016. Signa- lons encore les passages suivants : Nemo ex his qui pietalis enram liaient patitur morbum haberc dementise ut dicat eu m qui anfe ssecula est, in ultimis factum esse... cum oporteret forte dicere quod qui ante ssecula erat assumpsit hune qui in ultimis erat... t'ont. Apollin., 1. IV, Mansi, op. cit., col. 206; cf. /'. G., t. lx, col. 999 ; et : Quomodo igitur Homo et Deus unum per unitatem esse potest. qui sah-ificat et suivi ficatur, qui ante ssecula est et qui ex Maria upparuit. De incarn., il/id., col. 969. » J. Bois, dans le Dictionn. de théol. cntliol., au mot Constantinople. (II. L.) I. « Ce o« anathématisme est presque identique, lui aussi, à l'anathénialisme correspondant de la Confession. Mansi, op. cit., t. ix, col. 560. La théorie qu'il condamne est la théorie neslorienne des deux sujets d'attribution distincts en Jésus-Christ, «XXov... *.£•;:'.. v.x-.x '//■>■}'■>• <, *X\ \\n . \ v.z-x UTOTl|iCav i) v.xzx xÙdtV tfov r, xvxzzzx'j f) r/ir.v r, z's>x\).<:> t1]V ËV(à9tVTOl3 9eo0 \:\:j-.z:: Xv6p.; 'xzzzhi-nzz t:j 0SO13 \:.:^ COtî XvOpUICOU 1 . shco toO e2 xai xaXSç dôÇai aÙTcp icepl xùtoo, xaOùç Se68apoç, [laivôu^voç XtVfti' ») xatàôp.(i>vop.tav, v.x'i ^vetNsaTOpiavelxby ©eov tibyov Ivjoouv peut- être Ftbv) %tx\ Xpio-cbv xaXoOvteç, xal tov xvdpuicov x«^copi9(Aév(aç Xpiorbv xal V ; .:v ;■/:;• :. xat 5ûo TcpifftDica KpoeavSç Xé^ovreç, xarà [a6vï]v rr,v xpoarjYopCav xal Tip.'Jjv xal a£iav xal wpoffxûvïjoiv xal Iv xpootoicov -/.a-. Eva XpiOTOV ■j-v/.z.'.'ivr.x'. /.-Y-'.v. A.XX :jy ;;;.;/.;■;:'. rr,v SvttOW t:^ BeOtJ A.OYOU xpOÇ, ?apX6 l|A<|>ltytt>uivï}V -V-r/v; \z-;\-/:'r\ xal VOepS /.a":* ïûvôeffW r,-;;»»/ xa6' ùfriaradtv y*Y 8V U*®* 1 ' xaôd>ç ; ; . £ -;•.:•. lia" '.zxzxi' v.x: zvj. -.zj-.z |&(av bÛtoo rîjv ÉHcéeraciv , 8 Icriv bKdpioç bQffoÛçXpiatoç, tlç, rîjç 27(0^ TptaSe : rotoOtoç xvaBeua Soto. LloXu'tpoftoç Y a P voou|*évïjç tijç. hwoeu;, :■' [isv rî] y-izi'.x 'A- :'/.:•* xziz-j v.xl EùtUgOOC, XX0X0060ÛVTOÇ T 11 1 complexe el le résultai d une certaine union, il n y a plus en n'alité unité de la personne. n La personne de Jésus-Christ étant, d'apfèa Théodore, oompoaée de pas lien, aemble-t-il, d'insister sur la différence, en somme minime, que 1 on peut relever entre l'une et l'autre de ces deux expressions. Ces) d'ailleurs Is seconde, tvstvati qui revient le plna Fréquemment -nu- la plume de Théodore: Cont. Apol., 1. III : ifî'j- '■';' H '"'■• rffl 'i:v :/. rfj( lia ... àvf.v /' , . i 1 wi, col el lea nombreui passages ou revient la comparaison habituelle du temple et de celui qui habite dans le temple, «saQ XtjçWvto; /i xi "- M'id. • Ji Bois, dana !•■ Dictionn. dtthéol, catkol., au mol Con»tentinopl«. (H. L.) 1. Il.ili- l'i i.i-,i.,v a "ii .1 le 1I.1I1I ;',>-.:<. 274. iuiiii:mi; i: i dÊHNIBRB SESSION 111 Oecîwpouy.al Ne&roptou ppovo3vt€£ tî| îwttplaet •//Azzv-z: j^êTwJjv tt,v Ivu- [894] jiv i-î-.TTa-;: 'j7.v. Il [xévTOt i-;ia tou 0eo3 'ExxXrjawc éxaxspaç alpéaetùç tyjv âai6eiav àTCo6aXXo|Aivïjj ttjv ivwaiv tcj 8eotj A;-;;j icpeç ttjv aapxa xacca -jvOz-'.v b(A0X0Y6ï, Sicêp Èotixaô'ûicôircatfiv. Il y*P /.jr.y. jiivOsctv evwuK;, sitî to3 xatà \;'.tt:7 u.uefTY)ptou, du [iôvôv y.-'r;yy-y. xa. ïUvsXOÔvca SiaçuXatTSi, -: ipEffOévtoç..., se trouve rejeté plus loin ; et nous rencontrons une expression comme celle-ci, uiav otjto-j tt,v wmJaratnv aûvOetov, empruntée sans doute à la formule suivante de la Confession, 'Ir^oû; Xpia-o? (ttjvôstoî ê£ :/.aTiça; pticremç, op. cit., col. 544 ; mais qui, ayant probablement paru suspecte, ou tout au moins susceptible d'une interprétation fâcheuse, a été remplacée dans la rédaction déliuitive par la formule suivante, beaucoup plus satisfaisante, Trv Ëvtdoiv toî 'J£oô Aô-o-j ïrpôç aâpy.x... y.x-% aûvQea'cv, ry/y/ v.y.')' -iTToaraaiv yiyvirfiQa.1. I. 'expression « une hypostase composée » aurait pu s'interpréter, dans le sens d'une hypostase formée de deux autres hypostases juxtaposées, tandis que la formule « l'union du Verbe avec la chair se fait par synthèse ou dans l'hypo- stase » est parfaitement correcte. i La finale de noire anathématisme, à partir de 8 ê«rciv à Kupto; 'Iy).£You I i»< »d Pi, mu.. /'. C, i. i svi, col. i"i - . cf. col. L013. Le rapport de cause i effet entre I /uo?c xar' svfax fan i 1 -ara -r,/ irpoirrjYoplav, etc., est i'i très nettement marqué : il ne l'est pas, j<- l'ai d<'jà Fait observer, dans le formulaire de l' anathématisme, c Pour la formula taxa x ft P tv cf. Fragm. dogm., ibid., col. Menai, it/i. rit., t. iv, col. 219. Dès le début de s<>n union avec le Verbe dana le ^'iu de la Vierge, l'homme Jéaua .1 joui d'une grAcc spéciale et surabondante, p qu'elle devait se coi uniquer sua autrea hommes, mais pas absolument gratuite, puisqu'elle lui a été concédée en prévision de sei mérites el de la peraév* rance de la volonté dana le l>i>-n. Cf. Fragm. dogm., col. 980. Le pan- sage suivant est un excellent commentaire dn xota IvtpYsfav : Dominus, tt»i postea omnino habuit in se /><■/<;» l'crlm») un perantem t et omnem opera- tionem, tvspvtfav, ah r<> inseparabilem, nuira tamen habuit quant marine operantem in se plurima quibus opus erat. Fragm. dogm., n\>. cit.} col. 975. Av. mi l.i résurrection, antea, comme après, postea, c'est le Verbe qui il. dis l'bomme ; mais après, il ,\ ■> unité parfaite >'i presque identité d'action, dtyûptorov ïx wv R P°< a - T ''' / ksvsv Ivspvtfav ; tandis qu'avant il \ a simplement impulsion et coopération, itapopiu&usvoc... xal i«v. . . Tout l'ensemble il texte, ioirf., col. 975-980, est digne d'intérêt, caries étapes et les progrèa '!<• l'union morale j sonl trèa clairement soulignés. /I>if m i en est donnée, le principal passage .1 consulter est dans Fragm. dogm. col. 971- Ce pa- -a-i- r-t de première importance pour 1 intelligence dn système d<- 'Jliéo- dorr «le MupsiK'sic et peine dissimulée par une unité apparente d ap- pellation, 'I h- niii.n r. de dignité et 'I adoration. L'addition de ulo*< se jnsiilie |,.n le contexte et par le beaoin >l une homonj mie- plus complet e par le sens même de la phrase, entre le Verbe et l'hoi -. En tout cas, la théorie de l béodore, aana doute aussi celle des nestoriens, sur cette question d homo- nymie, se réduit à ceci : lea na i à l'homme, celui de 1 ils de Dieu ne s'applique, dans son acception naturelle, iju .m Verbe , c est par participation, el en vertu de l'union, qu'il est attribué 274. HOITIÈMB 11 DERNIÈRE SESSION 113 une relaiion ou selon l'énergie que s'est faite L'union de Dieu verbe avec l'homme ru ce sens que le Verbe a témoigné sa bienveillance pour l'hom- ine comme le soutient Théodore ou selon cette homonymie en vertu de laquelle les nestoriens, donnant au Dieu Verbe l'appellation de Jésus et de Christ, et à l'homme pris à part celle de Christ et de Fils, en affirmant ouvertemenl l'existence de deux personnes, protestant ne parler d'une seule personne et d'un seul Christ qu'au point de vue de l'appellation et de l'honneur et de la dignité et de l'adoration : au lieu de cniilesser que l'union du Dieu Verbe avec la chair animée par une âme raisonnable et pensante s'est faite par synthèse ou selon l'hypostase, connue l'ont enseigné les saints Pères ; et conséquemment ne confesse pas son unique hypostase, laquelle chose est le Seigneur Jésus-Christ, l'un de la sainte Trinité, qu'il soit anathème. Car, comme cette union a été comprise de façon diverse, les uns, sectateurs de l'impiété d'Apolli- naire et d'Eutychès et partisans de la disparition des éléments entre les- quels se fait l'union, proclament une union par confusion ; les autres, dis- ciples de Théodore et de Nestorius, favorables à la séparation, introdui- sent une union relative : tandis que la sainte Église de Dieu, rejetant à la personne humaine. Sur « Jésus », cf. Frag. dogni., col. 969, 985, 988, 1014 985 : 'Iinffoyç ovou.a, to - j àva).r,:pQ£vTo; r\ Tcporflopia.. Sur « Christ », cf. col. 970. 1015-1016 ; sur «Fils », col. 976, 984, 985, 988 : De us Verbum secundum natu- ralem generatiouern Filius esse dicitur : homo autem multo majore dignitate Filii, fiuam secundum ipsum conveniebat, frui dicitur propter copulationem cum Mo Filio. 11 y a donc deux filiations : l'une naturelle, celle du Verbe ; l'autre participée, celle du Christ Jésus, semblable d'une part à la filiation adoptive, dont jouissent d'autres hommes par la grâce, et, d'autre part, dis- semblable et infiniment supérieure, parce qu'elle découle d'une grâce d'union toute spéciale : t/,; -«liÔTïjTo; a-jt<î> TrapaTcrj; Àotuoy; àvtipûnzovç, irpodéari tô è^ou'psrov,?-?, 7tpo; Kvcàv sveiaet, Ibid., col. 985. « Cette participation à la filiation divine du Verbe vaut au Christ Jésus de partager avec celui-ci la gloire, les honneurs et les hommages qui lui revien- nent : rt|iTjv, àçi'av /.ai izpoa%\>vi\,).vl<<ï\>.V) rite ev Er/ai to Tipouamov a;xçw toc; çj-jtei; XY|pVTTO(l£V rïjç ~.z àv'K7TOTr,7o: t/j Oeott.îi tï)v Trapà tt,; xtiteo); ti|xt,v ÔE/oiJ-Evr,;, /.ai tt,; Oeott.to; êv otùrfi icâvta iTT'.Tf/oJir,; tèt îeivta. Ibid., col. 981. « La fin du 4« analhématismu ne présente pas de difficultés spéciales. Il suffit de relever les trois formules différentes qui résument les trois théories opposées de l'incarnation : Hvcuti; '/a:i : ':/./. xy.- kSovci, û)r :z'.::-/:;j.fvr,v icoXXQv •J-"7;t7:Mv OT)|iaeCav, /.x ; . :-.a toStc :t> txiYI icltplj /.aTZ XpiSTOV |iUOTt)p(0U &<$0 ÙXOOTCtffEtÇ 1JT< - :tmt:2. xol twv zap xJt;j :'7a-;:;j.:vf.iv :.: JÇOpffCDXWV :v xpOOWXOV /:;:■. /.y.-.y. y.": ; .xj /al T'.;j.r,v /.a'. JÇpÇPXUVt}OW| Kfl#e|Xffl, QeéSwpOÇ y.x ; . Xitt;:'.:: / a -./;/.,: •. ->';'. Lxvt:' /.ai. rjy.::.av-:zi. rr.v jrviev iv W/.y.r,::vi jyV0$OV, cor y.a-a Ta^Tr,/ t/,v ijs5r; IwOlOV Xpi)9Uju4w)V t< : > rr,- ;J'^-: j-;::i::iii: ir ( v.aTi. iX/.i |ATj :;j.:/.: -:; t:^ BecD Aiysv car/.-. xa£ ÛXSexceiV évb)84Jven, "/.al i'.à t;jt; ;r.av a.:;. Tr,v Ottsttxt'.v, r,7;\ |v KptitTUXOV, cjtm; ~i "/.ai t/,v i-;iav sv X*XxV)0 > CVI râvofav ;j.iav 'JTtir-XT'.v t;j Kupfol) r ( ;;.v [t)WB Xptetet :;j.:>.:-/Y;':;.r. - beetôuTOÇ, àva- Oi;j.a [OTCO. Ojt: -;à; xpOo6^XT]V xpOffUrXOU y;;'jv j-:"XT-(.)r hce&éÇaVTO r, âyia TpVKÇi "/-a'. -a:y.f,)0:'vT;; toB iv:ç Tîjç 77^; T:a::: Beoll .\;y;j 1 . [895] 1. «Le 5« anathématisme répète dan» sa première partie ce qui a déjà clé ilil luis le 4e de la dualité réelle des personnes cachée sous une unilr apparenta d'honneur et de dignité. Dans quel sens Théodore entendait l'unité «le personne ■ Luis l'incarnation, ceci ressort clairement, outre les textes déjà cités, du p.i*- sage suivant, tiré du Dp inc/trn., Frag. âogm. i col. 981. Théodore rejeiie d'.i- bord le terme de apéeif comme impropre à caractériser l'union, car il implique BBC Confusion des doux natures. Il accepte celui de fcvoxji; pour la rsisos sui- vante ! K:x yàp tï-Jt-t,; Tjvxy/Jei;. Son principe fondaimiital est ici nettement formulé : il ne peut y avoir d'hypO* stase impersonnelle, et ici il |irend évidemment hypostase dans le sens de niiure réelle et distincte de toute autre. Aussi n'y a-t-il pas lieu d'hésiter IUV le sens de la conclusion : Its* névroi bel -r,-/ swdesinv ir::6o)!JL£v, èv itp6nrj-i tôt: pessi Cf. col. 981. S'il cousent 1 perler d'unité de personne, c'est toujours dan» le - d une unité relative 't morale. tDnns la seconde partie du L r anatliématii«rae, c'est le concile de Cbalcédeiue qui est en faute. On y défend sa formule de l'union hypostatique, K«Mt| /aO' C-0TT371/, contre rette interprétation abusive qui, au lieu de lui laisser son sens naturel d'union des deux natures daus l'unité d'bypostase, la translor- 274. HUITIKMB ET DERNIÈRE SESSION 115 Si quelqu'un admet celte unique hypostase «m Notre*- Seigneur Jésus- Christ, mais comme susceptible d'être interprétée dans le sens de plu-. sieurs bypostases et par l,i essaie d'introduire dans le mystère du Christ doux hypostases ou deux personnes et des deux personnes introduites ne prétend faire qu'une seule sous le rapport de la dignité, de l'honneur et de l'adoration, comme l'ont écrit dans leur délire Théodore et Nesto- rius, et s'il calomnie le saint concile de Ghalcédoine, en affirmant que c'est dans ce sens impie qu'il a employé cette expression d'une hypostase; et s'il ne confesse pas que l'union du Dieu Verhe avec la chair s'est faite selon l'hypostase, et par conséquent que son hypostase ou sa personne esl une; et que o'esl dans ce sens que le saint concile de Ghalcédoine a professé l'unité d'hyposlase en Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il soit anathème. Car, même par l'incarnation de l'un de la sainte Trinité divine, le Dieu Verhe, cette sainte Trinité n'a subi aucune adjonction de per- sonne ou d'hypostase. VI Eï ~iz v.-j.zxypr l ~-<.AÙ\; , àXX' s >/. iXr/JÔJ; ôeotQXOV Xs^et Tïjv oiyiaN svSoijov àeiicapôsvov Mapuv qv.x-.y. ivaçopàv wç àvQpavjcou cpiXoj ysvvïjôsvtoç, iXX' où^i -zj HivJ Aôys'j jap-/.(.)0£vT:ç(-/.xî tîJç 1 ) s; a'JTYj'ç, àvanou îippff0r]XT)V £~:ôï:a7o r, iyiz Cpt&Ç y. ai ijapy.wQî'vTo; tctj Évoç tt,v âyfa; rptàSoc 0eoy \6yov. il esl pertain par ailleurs que cette condamnation n'atteint pas Théodore qui avait lui-même par avance formellement repoussé pareille conclusion, Frag. dogm., col. - ' • l il : Quomodo itaque possibile est t/imrtam peraonam super has addere illam qum assumpta est servi formant ?J. ISois, op. cit. (11. L.) I. Ici et quelques mots plus loin, le texte a été altéré. L'ancien traducteur 1 16 i.ivni: \iv. i ii \i i m i h [VOU :r: -.: j ./v'i :•■..-. ,.'..: TOv6yta ?$ OV- :;;.:vf.)' /.r. tj-/.;: SVTSC TtJV I XaXxij35v» JUVOÎOV, ci).: /.a 7 à TXJTTJV T?JN àr l 0l9$(dp9U fvvOUCV BeSTdXOV r»}V xapOévov ItKOOosV'i) llttî Btv6poX9T9XOV, a"jTr,v /.*•.:■. r, y :'.t:;t;/.;v . XpiffTOÎ ;j.r, :vt:; Bt05, iXXà ;j.r ( y.j :•'.»: /.r. XXtà &X^6ttOV 9c9t6xOV X'JTJJV :;;.;'/.:;-•.. $101 ta t;v -;: tm/ xt(t)V(i>V :/. roO Hatpbc. -;:vvr ( 0iv:a 9ebv A:-;;/ tic' ïr/y-urt tûv 4|Atp3v ; xutîJc, iapx8fJvat,oÛTto w tùfft6<3çxai rijv aVfixv ev XaXxqdeV ;;:v BtOTOXOV KUTijv c;j.:>.;-;'ï~ 3t '-' : TOloDTOf Zva6e|X3 ivtfd . Si quelqu'un dit dp la sainte, glorieuse el toujours Vierge Mario que c'en dans un Bens détourné, et non au aena propre, qu'elle est appel' Mère de Dieu, ou par transfert, en ce sens que ce serait un pur homme qui serait né d'elle, et non le Verbe de Dieu qui se serait incarné en elle; el que la naissance de cet homme qui est son fait, aurait été latin a lu /xi • i £vv/ l 0_'v7o; 1; altr ( ; au lien de xal rr; l( Kvrijç, et il traduit ctnutn ipsa. An lieu de ce qui snii. /.a:* txefvov, il dit : fient illi (se. Théodore el N toriua) dieunt. 1. « Le 6 e anathématiame détermine le sens du terme Ototéxoc applique Marie et en précise la portée. Il correspond au 5 e anathématisme de la ('on/ sion, Mansij op. ci7.,t. ix, col. 560, dont il n'esi qu'une rédaction plue dévelop- pée. La partie concernant le concile de Chalcédoine et ce qui suit est ajouté de toutes pièces. Le début de cel anathématiame expose la théorie nestorienne delà maternité divine. Marie n est plus, connue l'ai ait l'affirmé le concile d'Éphèae, la mère de Dieu an sens vrai du mot, iXijO&c, L'appellation de OiOTo/.o; ne peut lui être appliquée que d'une manière abusive, xaTaxpipTtxAc, ou par métaphore el dans nn m'ds relatif, /x?x ivaeopov, en tant que l'homme qu'elle a engendré esl uni au Verbe. Elle n'est donc en réalité que la mère d'un homme qui est le Christ, Aussi le vrai terme qui caractérise sa maternité n'est-il pas celui de BtOTOXOÇ, mais celui de y0ieTOTO*XO( ou de x/ko-mto/o;. I textes sont nombreux ou Théodore expose la théorie que le concile condamne ici. De inearn , 1. XV, Frag. dogm., eol. 991, Théodore se pose la question : Marie est-elle b*ot6*xo< on KvSpomatdxoc ' Il répond : L'un et l'autre, mais dif- féremment : '"'•*• fUATOC, ri 8è TÎj ivocçopS. l'uis s'ex[)liquaut, il ajoute : i Par nature elle était mère de l'homme, puisque c'était un homme, lui qui se forma dans son sein ; die était mère de Dieu aussi, puisque Dieu était dans l'homme engendré par elle, en vertu d'une union toute moral'- et affective, 'x-.x -ï t -i egémv -r: rvwu.T)c. »Ailleura il est .m^i explicite, Cont.ApoU., ibiil., col. 993 : non tamen exietimandum nobit est Deum dr Virgine nutmm esse ; plus loin, ibid. : Detu ex Deo... anfau ex Virgine eo quod est in templo nulo, .scd non DÛT tfl nn/ut est Drus Ycrhiim... Cf. Col. 999 : Mansi, np.rit. f t. .v, col. 203, 219. c Remarquons, pour terminer, que la finale de l'analhèmat i-mr est évidem- ment inspirée, preaque transcrite d'un passage de la Confeeeion t ibid., col. 543, qui débute ainsi : /xi A» 'j:o; à/r/jr,; KvOptMto ■ àXijSAç, 8»i rovroxupfoc... » J. l'..>is, n/i. cit. ( 11. L.) 274. HUITIÈME ET DERNIÈRE SESSION 117 selon eux attribuée par transfert au Dieu Verbe, en tant qu'étant uni à l'homme une fois né : et s'il calomnie le saint concile de Chalcédoine en disant que c'est dans cette acception impie imaginée par Théodore qu'il déclare la Vierge Mère de Dieu : ou si quelqu'un appelle celle-ci Mère de l'homme ou Mère du Christ, dans ce sens que le Christ ne serait pas Dieu ; au lieu de la proclamer Mère de Dieu au sens propre et en toute vérité pour ce que le Dieu Verbe engendré avant les siècles a pris chair d'elle aux derniers jours ; et de reconnaître que c'est dans un tel senti- ment de vénération que le saint concile de Chalcédoine l'a proclamée [bybj Mère de Dieu ; qu'il soit anathème. Vil Eï tiç iv cjo 5'jv è^i toU «JToij Ivbç Kupîou yj;mov 'Ir;aou toj Qsoj Aô-^u iapxti)0éVTOç, u.y; rj Oîtopia jaÔvï] ty)V ciaoopàv -ccjtcov Xau>6avei, è; wv xai suvîts'Oy;, où*/. àvaipoou,lvY]v ctà rrjv Ivoxtiv, sic y*P ^ àu>çoîv, xai Si' ivbç àjAoÎTcpa — àXX' eict tojtg) v.iypr^xi tû àpi6u.û wç y.s^copta-o,£vaç "/.où i8wiiicooraTOUç e^si 7:q ç-jtîiç* s tiisj-csç àvx6c[j.a estw 2 . 1. Dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 381, le texte de ce passage est altéré. Je suis le texte d Hardouin, et celui qui se trouve dans les actes du VI e concile œcuménique. Mansi, op. cit., t. ix, col. 402 ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 207, 1091. 2. « Le 7 e anathémalisrae est une amplification de l'anathématisme corres- pondant de la Confession, ibid., col. 5G0. Il détermine le sens de la formule Év I-'j'j puoeffi adoptée par le concile de Chalcédoine. Cette formule peut être interprétée de deux façons : l'une qui maintient simplement la distinction réelle des deux natures, tt)v Biaqpopàv tôt/ ç-jo-eojv, et exclut toute transformation au sens eutychien de la nature divine en la nature humaine, ou réciproquement ; l'au- tre qui, sous la dualité des natures, cherche à introduire la dualité des liypo- stases ou des personnes. Pour mieux dissiper les équivoques sur ce dernier point, le concile rejette toute interprétation qui donnerait à la formule en question le sens d'une séparation réelle des deux natures non caractérisée : BtaipfoeiTîj àvà (j.sf.0;. Il admet um- simple distinction, Siaçopâ. Encore ne veut-il pas qu'elle soit autre chose que théorique, rrj Gewpfa [xtfvYj, Nul doute qu'il ne faille pas prendre trop à la Lettre cette dernière expression. Un en arriverait vite n nier toute distinction réelle. Ce qu'il eu faut retenir, c'est l'affirmation 1 18 i.mir. xiv, « h \ pi i m il Si quelqu'un employant 1* formule endêux nature*, be confisse pas que L'unique Nôtre-Seigneur Jésufe-ChrisI est reconnu être en la divinité et humanité, afin d'indiquer par la la différence de» natures donl - constituée sana confusion l'union îneffabh que ni le Verbe u se -.oit transformé en la nature de la chair ni la chair ne soit élevée jusqu'à la nature du Verbe car chacun d'entre sut demeura ce qu'il est par naiu- re, même une fois réalisée l'union selon l'hypostase)* mais prend une semblable formule, pour ce qui concerne Le mystère de t, dans le aena d'une division en parties en eonfessanl Le nombre (la dualité) dea natures, en ce même unique Notre-Seigneur Jésus, Dieu Verbe incarné, s'il ne prend pas d'une manière théorique la différence, différence que l'u- nion ne supprime pas, de ces principes dont il est constitué (car un i il de deux ensemble sont par un) : mais se sert du nombre pour arriver I avoir les natures séparées et douées chu une de sa propre hypostase, qu'il soit anathème. VIII Et ttç ht lùo 9 jjswv, Btbv^xoç tel Gtv9pic&fiJTÔç s |aoXo •/<>)> ri)v Svoêiv "feveOfJêràt, y; u>tdhl $>tiotv "oj SeoB A;-;:j jecràpxtûjAévijv XéYcdv, ■>. : r l z : j-.<,>: d'une distinction des deux natures telle qu'elle ne nuise pis I 1 Unité d'être et de personne. Le passage suivant delà Confession, auquel paraisses) être em- pruntées les formules caractéristiques de cet inathématisme, en éclaire heu- reusement le sens, op. cit., col. 560: &v ixarqpa 2 ïtiv ivOttfn)Ti xal ivOoo-'.'>Tr,T'., to'/ iva Kuptov r)(i«5v... |ivûffxovrt{, Siatpunv jitvtiva à:j.;-'<; (peut-être vaut-il mieux lire comme dàiia l'ahathétnàtièmè : tLvS u-îpo; r t tojav oCy_ lu -rf, uni svtoû ûftoer&ffti, rîjv v, 1; (7>v %a\ T\nttiQi\, ar\\uil\ i-/r zt/i iiT-i ôtà -.< i/.x-.ï^T. séaic terfV ftv kérfi). 11 faut encore prendre en considération les passades sui\anls, si l'on veut ne t - î * n négliger des sniir- I-. s oH ..ut puisé les rédacteurs de l'anathématisme, ibid., col. 55 ti : ô ioi0ji<5;, -,-a. |i . -'. BlCtfépttV -ootii'itiiiiv r CrftOOT^ffMtfV > léserai, " (,,v ~? x 'ï',' ■»"''>'' BVTÔV tt,v èvi (iipo; e/_ît 8icdp«rtv. Brsv Bl lut v/wuévtov irpaT|téftov, rtivutatots |iév Xdyw val 'j£u>p(a, ou jj.r,v SvtAv itpa*(\lêcTtov ïyy. rî|V BiStfpsotv... /.ai bit tofl xdtT& Xpi . •.■/ |iyonévt)Cj il nalSissops Beapetrac rà Iv&Otvrà, âXX'odv t>5 ttpaY|iSTtxâ( -/.a! àvà uipb< à)>r,>f..v '/:7:i/T3: rà M '"''•• *wvtté6i|. Cfi col. 591 sq. Si l'on parle de deux natures dans tt Christ, ce n'est pas pour les séparer A ce point que cha- cune gaTde son Individualité et êi personnalité propre, cOtntne le renient les aestoriens, tniis uni luemeufl pour prévenir toute pensée de confusioa ou de mélange entre elles. Vôill ce qui ressort clairement des textes précités. Leur Comparaison stcc lëa passsget où Théodore expose sa théorie de l'unité de la ■ nue dans le Christ tait niieu\ ressortir l'opposit ion des OOctHUeS. fbid., COÏ, 981, '.'H i. 1013. 11 parle sans doute d'une i ertsine Unité personnelle, mais Luit.- morale : comme il est Incapable de distinguer entre ta personne physique èl la nature, afTirmerles deux natures, c'est affirmer, à son sens, les deux personnes dans le ChliSl M que n admet pSl te COncile; * J. Bois. op. rit. (H. L.) 274. HUITIÈME ET DERNIÈRE SESSION 119 jcjîà Xoc[J.6avY], xàOshcëp /.a ; . :• 77'.;'. IIxTfpsç èo>'oarav, 6ti ïv. TÎJçOéCdtç 9 J7£(o; •/.jc ; . tyJ; ivÔpwTtivYjç , xîjç ÊvcofféwçxâlTûftô^xfrtvYeVOpiivïîÉ, éT§ XpUrfbs âltetë- Xéa6tj, àXX' èx Tôiv toioÙTWV pwvôv [juav pû:<•> \;-;m Xal '.;ia T(o 3rv6p<ûXO>' î] î'- TIC, W «VOtt- '. rfjç zxz/.'zz. r, :z ; . rj-;7J7£t TfJ: Bt&TRTOÇ, /.ï ; . X%Ç iv f J:f.)-;Tr,r: ; r, y.iav suctv r,-;:jv DÙerConi Tt'ov rovcXvovTbW TtpaTeu&pavOÇ, but*) jcpoerxuvefTdv Xpi BTOV, JXX' :J/ ; . V.IÔI Rp09XUV^98l TOV <~*::v A;-;:v rapX0)6éVra ;j:t^ TÎJÇ. •:■/: ■x'j-.Ij zxy/.zz xpOffXUVtC, v.x^xt.iz r,zzj BeOÛ 'ExxXl}oia -jt:./ : xy/^z' z -Z'.zjzzz ivxOrj.:* k"(.) '. Si quelqu'un prétend que le Christ est adoré en deux natures, ce que disant on met m avant deux adorations, l'une s adressant au Verbe, l'au- tre à 1 homme; ou >i quelqu'un, pour supprimer en lui la chair, <>u pour confondre la divinité et l'humanité, ou imaginant cette chose monstrueu- se, une nature ou essence des éléments qui s'unissent, adore ainsi ce Christ et n'adore pas dans une seule adoration le Dieu Verbe incarné, ave. propre chair suivant la tradition primitive de L'Eglise; qu'il soitanathème. Eï -.:; z'y/ z\).z'i.z-;v. TCV £"ajSM;j.£vC7 zxy/.': KûptOV^|MSv hfJCOUV XpiCT&V sTvai <"•:':/ ir>,r/j'.v';v. 7.x: KûpiOV zr t z zz'z^z. /.x': Ëva ri}ç Jrylaç Tf -.::-. ,-.z; x-rxhvi.x lzz<.) '-'. [898J 1. c C'est encore l'unité '!<• personne que souligne indirectement le 9* anathé- matiame, en proclamant 1 unité 'lu Christ août le mpport de L'adoration et des bommagea que non.- lui devons. Il n'y a pua deui adorations distinctes, 84o -;■, o t /v/r,c: •.,-,> .i.l ri --.mi l'une an Verbe, l'autre .i I lu ne, mais nne seule et même adoration qui va au Verbe incarné, c'est-à-dire à la personne anique en J. Bois, op. cil. i II. !.. -, « Le 10i" analhémstisi sonsidere une des conséquences de l'union bypo» statique, la cotniqunication des idiomes Mais au lieu d'en, formuler et d'en poser HUITIEME ET DBRNIËRE SESSION 121 Si quelqu'un ne confesse pas que celui qui a été crucifié dans sa chair, Notre-Seigneur Jésus-Christ, est vrai Dieu, et Seigneur de gloire, et l'un de la Sainte Trinité, qu'il soit anathème. XI Eï tiç [j-'r, ivaôeixaxiÇei "Apewv, Eùviiuov, MaxeSôvwv, 'AxoXtvapiov, Ne- Tc6pwv, K'j-.jyix v.xl 'Op'.-;ivr ( v \j.z-x :wv à^sêwv auttûv 7JY7pa;j.v.^Twv, xaî toùç séXXouç r.T/-y.: oelpsTixoùç toùç xatocxpiOévraç /.ai âvaSsjAaTtcOévTaç ùtco ty;.; i-;ia; xaSoXixifc /.ai âicooroXiXYjç 'ExxXvjffCaç, y.ai tûv ::pcsipY;u.£vo>v â-;ic)v Tsroapov iuvoSqv, -/.ai toùç Ta ojAOïa twv 7cpoeipY)p.Évti>v aîpetixûv ypo- vr,aavTaç r ( qppovotmaç , -/.ai y.iypi xIXouç tyj oixeÊa à~îSs(a IjjLjxsivavTaç' 5 TOioïïtoç àvâOsy.a eutcù . le principe directement, il en relève seulement une application particulière. Jésus-Christ, qui a été crucifié dans sa chair, étant vrai Dieu et un de la Tri- nité, ivot tï,; âyîa; -rpsâoo;, nous puuvous dire en toute vérité que Dieu a été cru- cifié. 11 n'en est plus rie même dans le système neslorien où il y a deux êtres distincts et, par conséquent, deux sujets distincts d'attribution. C'est ce qu'expriment lies nettement les passages suivants de Théodore, Fragin. dom., col. 994, 995, 999. Ce 10e analhématisme est la reproduction du 6e anathéma- tisme de la Confession, Mausi, op. cit., t. ix, col. 560. Cf. col. 540. » J. Bois, o/). cit. (H. L.) 1. a Xous rencontrons dans le 11» anathémalisme les principaux noms de l'histoire des hérésies trinitaires, et surtout christologiques. Celui d'Origène s'y trouve mentionné en dernier lieu. Et à ce propos on a parlé d'interpolation. Les partisans de cette dernière hypothèse font observer que : 1° Askidas, l'un des membres influents de l'assemblée, n'eût pas toléré l'insertion du nom d'O- rigène dans la liste des hérétiques ; 2° qu'on ne cite dans cette liste que des hérétiques déjà condamnés par les conciles antérieurs ; 3° que ce 11» anathé- matisme reproduit le 10" de la Confession : or le nom d'Origène est absent de ce dernier ; 4° que les erreurs d'Origène n'ont aucun rapport avec les théories des hérétiques ici condamnés, qui sont des théories christologiques. Mais aucune de ces raisons n'est irréfutable. Askidas, qui avait signé les anathéma- lismes contre Origène en 543, pouvait tout aussi facilement se résigner, en 553, à voir le nom de ce dernier figurer à côté de celui des autres hérétiques. Quant au second argument, si le nom d'Origène n'avait subi dans aucun îles grands conciles antérieurs la flétrissure d'une condamnation, il ne faul pas oublier que des .nia t héma t ismes avaient été solennellement édictés contre lui par Jus- tinieu lui-même, avec L'approbation d'une bonne partie des évèques présents au V« concile, el ceci, quelques semaines à peine avant l'ouverture des sessions régulières. On s'explique par là que le nom d'Origène, absent de l'anathéma- tisme 10« de la Confession, laquelle est antérieure à l'année .">Tj3, ait été inséré par les Pères du concile dans notre 11'' anal liéinatisme qu i lui correspond. Enfin, «m peut en toute vérité parler des erreurs christologiques d'Origène. Même à \ regarder de près, on trouverait plus .l'une analogie entre la théorie 1 _'_! I.IVI1I M V, CIIAI'I I m: M si < | ii r>i < | m 'h m a'anathématiss pas iriui BunomiuS, Masédoniua, Apolli- naire. Neatorius, Butyohès »-t Origèaej iinsl que leurs écrits impies; si ton-, lea autres hérétiques condamnés <'i anathématisés par 11 sainte) catholique el apostolique Église, et par les quatre saints conciles Busdils ; et t" i «* 1 1 certainement empêché une con- damnation d Origène ; b) dans cet anathème, ou ne mentionne qtte les hérétiques condamnés par l'un des quatre premiers Conciles œcuméniques, os qui n'est pas le cas pour Origène ; c) eel ana- thème est identique au 10° anathème de \"z[j.z'/.z\-.x de 1 empereur, lequel ne contient pas le nom d'Ofigène : <( \ Origène na pas de rapport avec le groupe d néréiiqUe8 condamnés dans cet anathème. Ses erreurs présentent un caractère liés différent des leurs '. Gel raisons ne me semblent pas assez, concluantes pour autoriser un changement dé texte et faire ia\ei dans cet an (thème le nom d'Origène ; car, en ce qui concerne ^ Théodore Aakldas, on sait qu'avant la célébration du V* concile œcuménique, Théodore avait Formellement anathématisé Origène, et on peut supposer qu il a récidivé, si l'empereur lui en a exprimé h- désir^ et s il a cru pin- [899] dent d'agir ainsi. Les 2 e et / i e raisons ne sont pas concluantes. I Mi a ni à la ■'>°. on peut ad mettre que l'empereur a complété plus tard ce qu'il avait dit dans son z\).z/"{:x, OU que le- evèqncs du V con- cile œcuménique, pousses par quelque collègue anti-origéniste, ont, de leur propre initiative, joinl le nom d'Origène a celui des attirés hérétiques. Ce qui nous détermine à maintenir tel qu'il est le tr\te du I I a lia I hè n | e , iV>l que : ,:) l'exemplaire drs acte, syUO- daux conservé dans les archives romaines, qui présente les meil- leures garanties el a été probablement apporté par le pape Vigile lui-même, contient dan- l'anathème 11' le nom d'Origène - ; h les origénienne dn Christ et la théorie ncatorienue : i I ce, malgré la difl du point de départ. <>n peut donc tenir pour authentique la mention do nom d'Origène parmi lea hérétiques condamnéa parle V concile ; d'autant plua qu'elle est appnyée de l'autorité de manuacrita trèa anciena et cadre mieux avec 1< i témoignage! et lea t.iiis s. .1. Boit, "/>. ci/. H. L.J 1. Walch, Ki'!:rrhist.. t. vm, p. 284 Bq. •j taris, Opéra, t. i, roi. 643, 642, 638 sq. 274. Hl'Il 1 1 M I !l DlllMIKK SESSION 12.1 moines des nouvelles lames de Palestine, cjui étaient, comme on .-.lit. d'ardents oriffénistes. cessèrenl d'être en communion avec les évèques de la Palestine, dès que ceux-ci eurent souscrit aux actes du V" concile '. L'anathème sur les Trois Chapitres n'avait rien qui pûl amener cette rupture des origénistes, de même que celle d'Askidas, leur ami el ancien collègue ; la condamnation portée contre Origène pouvait seule constituer un pareil motif; c) ce n'est qu'en supposant le nom d'Origène écrit dans le 11 e anathème, qu'on peut expliquer le bruit universellement répandu sur la condamna- tion îles 01 igénistes et d'Origène par le V e concile œcuménique. XII El -<.: 4vtwt6téFfcctt ©£o8u>p6u t;j xzi6z~jz., toj Ms'iousTTÊaç, tou sItcovtsç, zXXov zlvx: -bv 9eèv libyàv v.xi aXXov tbv XpiôioV ûzb za6wv 'ljyï t ç, v.xl tûv -■f t z zxzv.'zz î-'.Ou;j.uov àvo^Xoûjievov, v.xi tûv ysipivwv v.x-.x [iiv.pzv yiù-i'Çz- ixsviv, xaî oûxtoç Ix r.zzv.zzr,; Ipycov (JeXTUùOévTa y.a'. Ix xoXiTeCaç ap.G);j.ov v.x-.xz-.xj-.x, ioz •!/'.). :v xv6pb>7tov (àaTCTicOTJvat sic 5V0(*a IlaTpbç y.x ; . V ; .:j xal â-Y'-'J Hv:^;j.aT:ç. y.a ; . sià t;j f:azT'T;j.aTCç, tt;v '/âp-.v tsj âyicj IIv£J[xaToç Xa- 6 £ ï v . y.a ; . 'j ; .cO£TÎa; iruûOfjvai, xal xat IffÔTTjTà (3àâiXixïJç ÉiXÔvôç s'tç Trpia-w- tt:-/ t;j Beotj A;-;-'-» icpoaxuvcïffôai, xat ;j.et2 ttjv àvaaraaiv a7p£-7;v Taïç èirvoiaiç, v.xi xrxj.~xp-.r-.zv rcavreXâç Y £vs '^ a '-' ' / - a '- rcaXiv etpï|XOTOç tcj aJt-j icTsi:jç 058§(flpotf 5 rrjv Ivtoèriv tc j H-; r j Aivcu rcpiç ton Xpurèo* Tswciiti}* Y 8 T e " i ' [9001 VYJr'ia'., ::av ; âitèyreiXdç i~\ xtzpzz v.xi YUVàtixctç" "Effevirat ; ; . 8l3â sic zxpv.x (AlaV v.xi ~pz; -zx'.z x'/j.x'.z tjxziJ)\):c-.ziz a&toîJ [5XadçT)jj«atç -zhy.rpxv'zz EMteîv, otc ;j.£tx tyjv arvamaaiM EnçucnQaaç 6 Kûpioç toïç [xaoYjTatç, /.ai, sl-wv' Az:£tî Hv£'Jio.a «Y l9V > 9 & 5é8û>xev aJTiiç ELveu |xa x~[<.z-) . srXXà cryr^.aTt. [fcàtBfiveftirrjotv' odteg ce xàiTYjv z[).z~i,z-;lxv Oa>u.£ tt;v èicî tîj (JjYjXtfçTjffêt tS» yzipàjv xat tîjç rcXebpSç fôO Kupbb ;j.st3<: tt;v âvaâraartVj tcT & Kûpwç [Aâu Xàl ; Hs:; ;j.:u. £*-£, ;j.r ( îlpïjdôat ùép t ~zï XptffTOtJ zxpi t:j Ha);j.a, à///.' è~ ; . :w jcapaSôçu t|Jç zvaKrràcaeoç ïv.-'/.x';ir.x tov ©tù^av û[/.v^T;j Bt}6sv Ép^ijveCa a»YXp^vwv i; «ixog BesScopcç tbv Xpwroi» H/.xtgjv'. y.a ; . Mav.yau.) xai 'E'teixoûpa) xdi .Mapy.ûov. Xs'y: 1 ., Sti, (orrep iXëbcàH exaàTOç EÛpajxevoç btxetov îo-fii-a toùç ajToJ [i.aÔYjteûà'avTai; icexotiQxe xdXèî- ffOat QXaTÔ>VlXOÙ( '/.a ; . Mav.yaisj; y.x: Kxi/.z'jpiiz'jz v.xi MapxitOViaraç , xbv '.i.zv.i -.p'zr.z't v.xi tsj Xpîaroù EÛpa^évou $3Y(i>a 5; ocùtou Xpioriavoùç xacXsï- rOa'.' eï tiç toNUv éVtiitoteîTai toh Eip7)[i.svow 3:t£:£7t;t; iJt:v tx6éo6ca, HO) CC - ', : JtyavTOC, J'.:: x JTOU /.a- t;•;: ïj/jlïtwv, xaî t; j; j.;'.a ;::v;jvTa,- r, apOV^fJOVTflrç KU1C0TI zr. ;j.:yp'. t;/.sj; t|A|M(vavrac :r, Tiia^Tr xtofosY xrj.hij.x IcTM 1 . l.u Le l -" .iii;iiln''iii.itisuii' reproduit, avec quelque* addition! en plus, le tnathématiame de la Confusion, Menai, op. cit., t. w, col. 561. Les déni finales offrent anaai quelques divergencea. On ne s'explique guère la place «ju'il occupe dans la série des analhémalismes. Ileat consacré- tout entier à quebpies particularités du système chriatologique de Théodore. 11 eut «loue dû passer, tout au moins, avant Le 11* anathématiame, «le port«'-.- pins générale, et «m il n'est même plus question de Théodore. c Les différente points «lu système relevés ici et condamnés sont les sui- vants : 1° On s'en prend d'abord à la théorie dn développement moral du Chrial et de 1 union progreaaive de l'homme avec Le Verbe. Cette théorie, «1 sprès lea rédacteurs de l'anathématismc. se réduit à ceci : par sou effort personnel, aidé' de la grftce, 1«- Chrial a acquis peu à peu cette perfection morale éinimute qui l'a placé BU premier rang parmi les parfaits et les saints. L'union .ivre le Verbe n'a commencé pour lui qu'avec le baptême. Pur homme jusque-là, <'•>; ifriXov avôpti)-ov, il < st sorti des eaux du baptême comblé des grêcea de l'Eaprit-Saint et honoré de la filiation divine adoptive, •jioOîTia; àÇiojQf.vxi ; ce n'est qu'après la résurrection toutefois «pie son union avec le Verbe, union qui lui vaut les honneurs de l'adoration, est devenue définitive, entraînant arec elle les privi- lèges de l'immutabilité «laus le bien et de l'impcrcabilité. Que cet exposé repro- duise fidèlement la penaée de Théodore, les références suivantes le prouvent s.ms couteste. Fragm. dogm,, col. 979: Princeps gratiaqux illi erat apud l)eum, accessionem et incrementum aeeipiebat. Et in kit omnibus profieiebat apud Deitm et humilie* : homines quidein progressant vidêbani, /'eus vtro non <.ide- bat illum, sed testimonio approbabat, et in luis quie /ielunl, cooperahatur ; col. 976, 977 : J/ahuit etiam propensionem non vulgarent ad meliora ex unione eum Verbo, cf. col. 998 ; col. 995, 992, Magu enim perturbabatur («.>/.■ ivoy/ | Dominas, magiaque certabal eum patsionibu* animm quam corporis, car V effort vêrê le bien Implique la lutte contre les passions de l'esprit et les désirs de la chair, cf. le début : liane enim {adoptumem =: utottfffav) aerepit îpse secmidum humanitatem baptizatus pri- mum in Jordano... et tpiritUê descendais mansit super eum, sicut futurum enit. ut nos etiam in ipso Ituric SpiritUM pm tieipa rem us toutefois la présence de 1 Esprit-Saint en Jéaua présente un caractère spécial, qui quidem exeeltentiu* pr.r nobis, per itniuncm , col. 902 : honorent veto omrn-m sic attribuant, tanquam imaginé imperiali, eum quasi in ipso sit divi/ui nntura. et in iptO spertetur ; COL 996, 997 post resur- rectumem nutem M mm tins rt in crlos ascension, impnssibilis fartas et un- mutabilis omnino ; col. 1014, 1015: utpute autem unpeecabdein eirlute SpiritUM samti factum ressuscitant de mnrtuis et ad \itatn construit meliorem, Cf, 274. HUITIEME ET DERNIERE SESSION 125 Si quelqu'un prend la défense de l'impie Théodore de Mopsueste, le- quel a prétendu, qu'autre est le Dieu Verbe et autre le Christ, ce Christ qui a connu L'importunité des passions de l'âme et des désirs de la chair,» et qui peu à peu s'est libéré du mal ; que, devenu meilleur par le progrè de son activité et irréprochable dans sa vie, il a été, encore pur homme, Mansi, op. cit., t. ix, col. 204, 205, 206, 207, 210, 218. 11 faut observer que si Théodore ne fait commencer la filiation adoptive du Christ qu'au baptême, il admet cependant bien avant le baptême, et dès le début même de l'existence du Christ, an commencement d'union entre lui et le Verbe : les progrès de cette union vont de pair avec les progrès dans la vertu et dans la grâce, cf. Fragm. dogm., col. 080, 989. 2° Vient ensuite une allusion à la comparaison, défectueuse et erronée si on la presse trop, par laquelle Théodore assimile l'union de la nature divine et de la nature humaine dans l'incarnation avec l'union «le l'homme et de la femme dans le mariage. En celui-ci l'union réalisée entre deux êtres n'est qu'une union morale et accidentelle qui laisse intacte la personnalité physique de chacun d'entre eux. Appliquer cette comparaison à l'incarnation, c'est supprimer l'union bypostatique en y laissant subsister la personnalité humaine. C est bien en efTet cette conclusion que lhéodore tire de l'analogie établie par lui entre le mariage et l'Incarnation. Ibid., col. 981 ; Mansi, op. cit., t. ix, col. 215. 3° On reproche à Théodore l'interprétation qu'il donne du texte de saint Jean, xx, 22 ; lnsufflavit et dixit cis : Accipite spiri- tual sanction. Il voit en effet dans celte parole la pure et simple annonce de ce qui se produira un peu plus tard, au jour de la Pentecôte, et non une commu- nication réelle du Saint-Esprit aux apôtres en ce moment-là même. Cf. In Ev. Joan., P. G., t. xlvi, col. 783, Mansi, op. cit., t. ix, col. 208. 4° Remarque analogue à propos du commentaire qu'il donne de l'exclamation de l'incrédule Thomas, Joa., xx, 28 ; Dominas meus et De us meus. Ce n'est pas une affirma- tion de la divinité du ressuscité, mais une simple exclamation d'etonntment et de louange tout à la fois. In Ev. Jouit., ibid., Mansi, op. cit., t. ix, col. 209. 5° Donne également lieu à critique l'interprétation du texte des Actes, II, 38 : Baptizetur unusquisque in nomiue Jesu Christi. Théodore fait remarquer à ce propos, qu'il n'est pas question de remplacer la formule trinitaire du baptême par une formule où ne serait mentionné que le nom de Jésus-Christ : mais, de même, dit-il, que les platoniciens, les épicuriens, etc., ont été désignés du nom de leur maître et initiateur, ainsi les disciples de Jésus-Christ devront- ils, à partir du baptême, emprunter le nom de leur sauveur et maître et s'ap- peler désormais chrétiens. Est-ce l'assimilation des chrétiens aux autres sectes philosophiques que les Pères du concile condamnent ici comme irrespectueuse, ou bien trouvent-ils l'exégèse du texte incomplète ou erronée ? Ceci ne ressort pas clairement de la formule de l'anathématisme. Il semble cependant qu'on s'en prend surtout à la comparaison, comme si elle impliquait une assimila- tion complète entre les théories des philosophes, théories de leur invention, 'r;\i.x. et la doctrine du Christ, ~'o vo|j.oïoy rpôitov /.ai roC Xpiaroû eûpa|ievo'J StSyiia : ce qui du reste parait avoir été' loin de la pensée et même des expressions de Théodore. Cf. In Act. apost., op. cit., col. 785; Mansi, op. cit., t. îx, col. 209. I J. IJois, op. cit. (11. L.) I 26 Lirai xiv, ciiAiM i m h baptiw au nom du Pi r< el du Fila el du Saint-Esprit, ei par ce baptême a nrii la grâce cl 11 Saint-Esprit et i été honoré de l'adoption (divine) ; qv comme il en est i < -u Verbe avec te Christ .1 été telle que celle dont parle l'a- p .ire entre 1s mari et la femme : i el les deux seront en une seule chair ; » et entre ses autres innombrables blasphèmes, il a ose dire qu'après la [901 I résurrection, lorsque le Seigneur lit aur ses disciples une iniufflation, avec ses paroles re evei le Saint-Esprit, » il ne leur donna pas] Esprit- Saint, mais lit sur eus une insufflation de pure forme : et aussi, a propo delà confession faite par Thomas, lorsque celui-ci palpa les mains et le côté du Seigneur, après la résurrection, B'écrianl : mon Seigneur et mon hieii, 1 il a affirmé que cette parole de Thomas ne se rapportait pi au Christ, mais quelle gtail dans 1,1 bouche de Thomas stupéfié du prodi- ge de la résurrection une exclamation de louange à L'adresse de Dieq qui avait ressuscité le Christ : et qui pis .-m, dans le commentaire qu'il a ré- dige sur les Actes des Apôtres, ce même Théodore mettant le Christ sur le même pied que Platon, Mains, Kpicuiv et Marcioii, dit (pie, de mê- me que chacun de ces derniers, auteur d'un système spécial, a transmis ,1 ges diciples la dénomination de platoniciens, ou de manichéens, ou d épicuriens, ou de marpionites, de même le Christ, auteur d'un système .1 laissé aux Biens celle de chrétien ; si donc quelqu'un prend la défen- de ce parangon d'impiété qu'est le susdit Théodore el de Bea ouvrages impies, dans lesquels il a déversé contre Dieu très grand et contre notre Sauveur Jésus-Christ les blasphèmea précitéa el d'autres en nombre incalculable -, au lieu de l'anathématiser, lui, et ses ouvrages impies, el loua ceux qui sont pour lui, ou le justifient, ou prétendent que les théories ex) par lui sont orthodoxes, et ceux qui écrivent en faveur de Si ouvrages impies, et ceux qui sympathisent ou ont pu sympathiser avec ces théories et persévérer jusqu'au bout dan- une pareille hérésie; qu'il soit anathèrue. XIII ].•. -.:: ùr. : TÛV xtzzi.^ jy ;pa|j.pLXTfov <">£::(. i^tcj, TÛV '.xzx ~.r t z xXv)6oÛ{ *(*?(<■>;, v.x: zr,z _v \'- }'-'>;< xptATqcj /.xi x-;ix; lUVOdou tm 1 /:j. Kdd TÔV '..'/ x'jZZj /.:: y./.>.u.)v. v.x 1 . KftVTUV WV '- t. v.x: l\ STJTWV . .-.j; zr: Iv/./.'/.r z'.y.z z'.lxz/.x- -.-.ji /.i')' --.zz-.xzvi zr;/ EvttfflV zzj Bcou A:;:j fpovOUVTftg [x.jt ; . : j.zkz- YOUVraç" v.j- z'jy. Ttxhi'j.x-.'.Lv. -rà Stpt]u4va K9s6i] zj- i -;zx\j.j.xzx v.x'<. 274. HUITIÈME ET DERNIIHE SESSION 127 çpùç -x &|xoia TOÛTOiçfpov^ffavTaçTjçpovouvTaÇjXaiiravTotç &fe toùç ifpdtyavxaç ■/.arà rite èp8i}€ TÇiffteaç r, t: : j Iv zyîoiç KuptXXou, xgci ?ôv owSexa aùtou HçaaXaîcov, y.a ; . h TOWWTfl «CTÇÔçCa TçXePT^araVTOÇ' h ts-.ojtc; àvâOzy.a è'aTto , 1. c C'est Théodoret de Tyr, le second des trois inculpes dans l'affaire des Trois Chapitres, qui est mis en cause dans le 13 e anathématisme. Disciple de Théodore de Mopsucste, condisciple et ami fidèle de Nestorius, le savant évê- de Tyr a\ait pris part à tous les débats relatifs à Nestorius ot à Eutychès. En 120, il publia une réfutation des 12 anathématismes de saint Cyrille. Les déci- sions du concile d'Éphèse (431) ne le firent pas changer d'avis sur ce qu'il appelait les tendances apollinaristes de ce document capital de la controverse nestorienne. 11 se tint à l'écart, lors de raccommodement conclu entre Antio- che et Alexandrie (433), et n'y adhéra qu'en 435, mais seulement après qu'on eût renoncé à exiger de lui la condamnation de Nestorius, car il tenait celui-ci pour innocent des erreurs qu'on lui imputait. Cette altitude lui valut naturel- lement la haine du parti eutychien, longtemps tout-puissant. En 449, déposé par le pseudo-synode d'Ephèse, il en appela au pape, qui le rétablit sur son 6iège. Il put, en dépit de l'opposition du parti monophysite, prendre rang parmi les Pères de Chalcédoine, mais non sans avoir au préalable adhéré formelle- ment à la condamnation portée contre Nestorius à Éphèse. Bardenhewer, Pa- trologie, 1894, p. 345. « Par sa controverse avec saint Cyrille et par sa fidélité, sinon aux théories, du moins à la personne de Nestorius, Théodoret était tout désigné, après son maître Théodore de Mopsuests, pour être de la part des monophysites l'objet de violentes attaques. D'ailleurs, sa condamnation, si on parvenait à lobtenir, serait tout profit pour les adversaires du IV e concile. Celui-ci ayant, en effet, réhabilité Théodoret, le condamner, c'était infirmer sur un point ses décisions et, par conséquent, amoindrir son autorité. On s'occupa de l'évêque de Tyr, dans le \'e concile, au cours de la \e session. Mansi, op. cit., t. ix, col. 289- 297. On y lut d'abord quelques fragments de sa polémique contre les 12 ana- tliématismes de saint Cyrille, Ibid., col. 298, 201. Dans le 1er de ces fragments Théodoret formule en termes plus nestoriens qu'orthodoxes, sa théorie sur le mode d'union des deux natures ; i'ù.' êauriji vaàv iv vïj itapflevmf) yau-pl 8t4frX«ff«ç, uuv^v T'o nXcvfiévTc /.ai ■;vnr l <)v/-<.. P. G., t. lxxvi, col. 393. Dans le 2 e , il rejette comme suspecte, parce qu'étrangère à l'Ecriture et aux Pères, la formule : Evaamc *«o' ùnéinamv. Ibid., auath. 2, col. 400. Dans le 3c, il s insurge contre la théorie cyrillique de la communication des idiomes. Ibid., analh. 4. col. 409, 412. Enfin dans le 4c } il semble mettre en doute 1 identité affirmée par saint Cyrille entre le Christ, prêtre de la nouvelle alliance, et le Verbe. Ibid., auath. 10, col. 486. Puis on passa à une lettre de Théodoret aux moines syriens. Mansi, op. cit., t. ix, col. 291-292 ; P. ('•., t. i.xxvi, col. 1415-1440 ; lettre très violente, OÙ il accuse saint Cyrille d'en revenir aux erreurs de Marcion, de Manès et de Valentin, à cause de la formule de son 1er anathématisme ; à celles de Maeédoalus, à propos du Saint-Esprit ; à celles d'Apollinaire, pour avoir admis I'e/ioti; /.ocO' {-TTOTîaTtv (2» et 3e analh.) ; enfin à celles d'Arius et d'Eunomius pour avoir affirmé la communication des idiomes (4e analh.). Ou ne lut en séance que quelques extraits de cette lettre ; on y ajouta quelques 1 28 Lirai xiv, chai 1 1 m h Si quelqu on prend la défense des ouvrages i m pi <•-- de Thcmloret con- tre la vraie foi, «ouïr.- le premier concile d'Ëphèse, contre Baint Cyrille et ^.'- doute anathématismes : el de toul ce qu'il .1 été écrit en faveur d< Théodore -'t de Neatorius, cei impies, el en faveur i<-u Verbe a'es! faite selon l'hypo- atase . el a'il a'anathématise pas les écrits impies précités ainsi •[ n < ceux «jni sympathisent ou ont sympathisé avec leurs doctrines el tousi 1 us aussi qui ont écrit contre la vraie foi, ou contre saint Cyrille et ses douze ana- thématismes, et qui sont morts dans une telle impiété ; qu'il soit anathème. XIV El t-: y:t-.:r.Z'.-.:-.x: -.r t : :~'.z-.z/.r t z -r t ; r t : zxz'y. I; 2 ■ _;zy.z ( h.: ~*z- Mjccïjv t:v I \izrr t >. XÏ,Ç àpvOUUivt]^ |A6V tfcv ©ebv A;y;v zv. tfjç y.-;:xz 0cOt6xOU /.xi aeucapOévou Mapiaç rapxoGivTaàvOpaicov -i-vrr^hx:. /.:-/;.■ 7r ( : z: du? âvO;(.)-:v ï'z xùtffc YSVVtJ0iJvai, :v vabv XKOXOktï, (»: SXXov :*va'. t;/ •-»:;/ A;-;:v v.x: %XXov TGV XvSpUTCOV' v.x: ~z/ £v gcffoiç KlipiXXov rr,v :;0r ( v tcov pass.-i^ps Neatorina, poatérienre I l'accord intervenu entre saint Cyrille el lea Orientaux, où il onnatt l'orthodoxie de saint Cyrille, maia déclare a Neatoriua qu'on ne loi arrachera jamaia de condamnation contre aa personne, Menai, ibid., col. 294 ; /' a., ibid., col. 1485; deux lettres encore, l'une à Jean d Antioche, après la conclusion de la paix, oè lea dernièrea déclarations de saint Cyrille sont recon- nues être orthodoxes, mais en contradiction arec lea 12 anathématiamea, l'autre, adressée probablement à Dnmmis, surees-.. C, ibid., col. 1484, 1489-1492 ; enfin un fragment de discoura qui n'épargne guère la mémoire de saint Cyrille, alors défunt. La lecture de ces documenta achevée, lea évéquea manifestèrent tout haut leur étonnemenl de ce que 1< concile de Chalcédoine qui connaisasil toutea eea pièces el qui n'ignorait paa les blasphèmes de Théodoret, l'eût absous et réhabilité, mène après l'anathème prononcé parlai sur [Yesloriaa et ses erreurs, Mansi, ibid., col. 297. A Chalcédoine on n'était, en effet, occupé au cours de la mit' session, do osa de l béodorel déposé psr le conciliabule .1 Ephèae. Presse* d'ansthématiaer Neatori odorei avait d'al»or. at.. i. rn, p. 185-194. En !<■ c lamnant ici, les Pèrea do V* concile n'en revenaient pas moins sur une cause déjà jugée. » •'. Bois, <i les don/,- chapitrea d< -aint Cyrille, et elle justifie Théodore ci Nestorius et leure théories el leurs écrite Impies) : ai donc quelqu'un prend la défense de la susdite el ae l'anathématise pas, elle et ihix (jui la défendent et qui disent qu'elle est correcte en aon entier, ou du moine en partie ; el ceux qui « » • 1 1 rit ou écrivenl en -.1 faveur «m en faveur des impiétés en elle renfer- méea : el ceux qui ont l'audace de le justifier ou de justifier les impiétés en elle renfermée», et cela au nom des saints Pères ou du saint concile de Chalcédoine, el qu'ils ont persévéré jusqu'au bout dans ses errewi qu'il suit anathême. prétendirent qu'elle avait, an contraire, été rejetée à Chalrédoinc. Cette ;o[ji/r,; itapf *Iê« ravpésAai s'explique parce fail que 1 "" mit en doute dana certaine milieux l'authenticité do la lettre. I"t ae, pour la raison suivante exposée par Àekidas an cours de la discussion, [baa aurait affirmé flevani Bes jugea • Tyr n'avoir rien écrit de semblable iil s'agit >lu contenu de la lettre), après le pacte d'union conclu entre saint ("vrille et le* Orientant ; or, le contenu même de la lettre amène à reporter la rédaction de eelle-d I une date postérieure à ce pacte d'union . donc Ibas aurait par le fait nié être I au- teur- ci, la lettre. L'argument n'était pas trèa probant : attendu que la protesta* lion dlbaa à Tyr n était paa aussi explicite que le voulait bien croire Askidaa ; attendu surtout qu'elle n'avait pas été renouvelée •> Chalcédoine. Un en tint rompis cependant dana la rédaction du 14* anathématisme et, tout en eondaas* liant la lettre, on introduisit 1 une réserve touchant son authenticité. Cette réserve avait peut-être pour- but de rendre plua acceptable au parti adverse la sondaasa nation d'un homme que le concile de Chalcédoine avait réhabilité. Cl Menai, op. ri/., t. IX, col. i; Vigile, CotUtitUt. Pour le reste, les point s conilnm- dana l'anathématlame appartiennent bien réellement au contenu <1<- la lettre : doute aoulevé sur la légitimité de titre de Mère de Dieu donné à Marie et sur l'idenl un. II.- entre le Verbe d l'|i>>mme dans l'incarnation : nrruiationa injurieuses contre la mémoire de s.iint Cvn'lle et le concile d'Ephèse parti pria en faveur de Théodore el de Nestorius, Le passage anivant de la lettre ç fii) etvat Sta?opôv u.£7a$ù xoû vaoû /.a! toû àvoi/.ovvTo; Iv ; et faisant sienne la thèse d'une distinction, Ibas ajoute : ;tài; yap Suvotcbv Ar l çGr l vai tov Iv àpyr, ),ôyov ètu to-j vaoû to-j y£vvr|6svToç Iy. Mapi'a:. Mansi, op. cit., t. vu, col. 244. Il faut remarquer que l'anatlième est porté, non pas directement contre la lettre ou son auteur, mais contre ceux qui refusent de la condamner, elle et ceux qui la tiennent pour orthodoxe ou tout au moins en partie, parlent ou écrivent en sa faveur. Ceci est évidemment à l'adresse du pape Vigile et des évêques de son parti. Pour ce qui est de la clause xal)iyov:a; «Ùtt|V ôpÔYjv eïvac, r, |tépo; otû-nj;, il faut ajouter que certains, s'appuyant sur les termes mêmes du jugement porté par l'un des Pères de Chalcédoiue, Eunomius de Nicomédie, sur la susdite lettre, ibid., col. 266, devaient sans doute être d'avis que tout n était pas à condamner dans son contenu et qu'il y avait à distinguer entre ses différentes parties. Askidas, lui, se prononça résolument pour une condam- nation absolue et totale Mansi, op. cit., t. ix, col. 307. 11 fit même lire par le notaire Thomas un faclum, rédigé à l'avance où chacune, des affirmations de la lettre en question se trouvait mise en parallèle avec une affirmation contradic- toire empruntée aux Pères de Chalcédoine. Ibid., col. 352-346. Le factum est par endroits tendancieux et exagère les différences et les contradictions. Il emporta cependant L'assentiment général ; et la session consacrée à la lettre s'acheva sur la déclaration suivante (fis Pères : contraria per onutia est epis- tola... de finit ioni quam pro recta fide sancta Chalcedonensis synodus pronun- tiavit, et les exclamations : tota epistola hxrctica est... blasphéma est.. » J. Bois, op. cit. (II. L,j 132 1.1YIIF. Xl\, CHAPITRE H Nous ivona déjà démontré '. que lea quinze anethèmea contre Origène, tttribnéa bu \' concile œcuménique, sont l'œuvre 1 1 ne trouve pafl tract- d'autre opposition en Orient contre le \* concile œcuménique ; mais l'empereur, qui attendait de cette assern* blée la réconciliation de tons les m physites avec I Eglise, fui decu dans son attente. Léonce de ByMUOC J 62* > «lit ex] incnl que cette attente ne lut pas remplie '. Kn <)c,i ( |ent, les choses pri« rent une tournure encore moins lionne ; loin de rallier le- dissidents, le V e concile divisa les orthodoxes entre eux. Pour y obvier, l'empe- reur usa parfois de rigueur, parfois aussi de mesures moins violentes. Le diacre romain Rustique et l'africain hélix, abbé de Gilhtanua, qui mémeà Confttantinople avaient constamment défendu les Trois Cha- pitres, ayant publié immédiatement un mémoire contre les décrets du V e COtlcile, lurent sur-le-eliamp exilés en Egypte, dans la Thébaïde, avec leurs amis. Victor, évèqucde Tonnenna. a qui nous devons ces détails, ajoute : « En punition de ce bannissement, C'.ons- tantinople lut aussitôt secouée par un tremblement de terre qui renversa plusieurs autels 2 . » Le tremblement de terre est, aux yeux de Victor, un (bâtiment divin de oe qu'on avait reconnu le concile : tandis qu'au jugement de Cyrille de Scythopolis, l'évèque Alexandre d'Abvla fui frappé de mort pendant ce t remblement île terre pour n'avoir pas voulu reconnaître le même concile. Victor de Tonnenna raconte ensuite (ad ann.557), que l'abbé relût exilé à Sinope mourut en 557 : il Ce dit rien de Kacundus d'Hcr- miatté, ce grand défenseur dei Trois Chapitres \ mais nous voyoni par le livre même de Facundus Ad Mm i/i/iu/r/, qu'il s'était cache pour échappera ses ennemis, pendant que le ncfatuliim JudicotUHk était encore en vigueur, par conséquent avant l'ouverture du V e concile 3 . I. Léonce do BysanCft, De ÊSCtÙ, act. m. dans 1., liil>liotheca f'atrum, I.ug- • 1 n ui, t. ix, col. 66^* -, Wali h, Xflzrrhi.st., t. vin, p. 315. i, Victor de 1 omniiiia. Ciinmicon, ad ann. .'■ 3, t Parmi le» dissidente, raconte Liberatua, diacre de Carthafe, las mis furent déposés et < ■ 1 1 \ > ■ \ > s m exil ; les autre*, réduite -i se cacher, moururent dans la niiscro. t /Irrviu riiiin . C. wiv. /'. /.., t. i.xviii, col. 1049, Le fidèle l'ri- masius d'Hadrumète fut enfermé su monastère de Studimi : !«• diacre Liberatus fui envoyé rejoindre, à Buchalta, son ancien évéqui Réparâtes. (H. L.) J576. LE PAPE VIGILE CONFIRME LE V e CONCILE ŒCUMÉNIQUE 135 [905] 276. Le pape Vigile confirme le V concile œcuménique. Le pape Vigile, les évoques et clercs qui lui étaient restés fidèles et L'entouraient à Constantinople, lurent probablement frappés de la peine n lit, a Çonstantinople, ce que le concile de Chalcédoine aurait pa faire sans se mettre en contradiction avec lui-même. Si maintenant on considère le jugement du V e concile, on peut tout au plus prétendre qu'il s»* trouve en contradiction avec le vote émis par quelquei membrei du concile de Chalcédoine : mais cette contradiction apparente disparaît lorsqu'on réfléchit que, si la lettre attribuée a Nias, favorablement interprétée, prouvait jusqu'à un certain point, qu'au Tond du cœur, [bas n'avait pas des sen- timents hérétiques, au moins depuis l'union, d'autres cependant interprétaient cette même lettre d'une façon moins favorable. Mal- heureusement le débat, loin de se calmer, s'envenima; les ennemis du V e concile s'obstinaient à prétendre que le concile de Chalcé- doine avait approuvé la lettre à Maris, etc. ; ses partisans au con- traire, croyaient écarter toutes les difficultés en disant que a) Ibas, n avant jamais reconnu cette lettre comme sienne, l'avait condamnée à Chalcédoine ; b) que les quelques votants qui, à Chalcédoine, avaient paru louer cette lettre, n'étaient rien dans la balance en comparaison du jugement rendu par le concile tout entier et de l'anathème prononcé par Ibas contre tout nestorianisme. et, par conséquent, contre sa propre lettre. Vigile se rendit à ces raisons ; il alla plus loin, et accepta des raisonnements beaucoup plus hasardés, comme nous allons le voir par le second des documents que nous devons maintenant examiner, On savait depuis longtemps, grâce à Evagrius et ■ Photius, et aux procès-VI i baux de la xvm'' session du VI e concile oecuménique *, que peu de temps après la lin du Y'" concile, le pape avait approu- ve ce concile. Au xvu'' siècle, Pierre de Marcs et Baluse découvri lent les deux édits du pape contenant l'adhésion -. Le premier, 1. Éragre, Hist. teeles., I. IV, e. autrui ; Photius, D« smod.. dans première! lettre! k Michel, prince de Bulgarie. Dani Menai, op. ci/., t. ix, col, B55 : Bardonio, <. cit., t. r, col. 1471. ■J. 11- --'nit imprimés daaa Menai, <. cit., t. ix, col. ili-'iJ", î57-«88 ; Bardouin, "/'• c*'., t. m, eol. 213 -| , -17 -'j. Sur ces document-, tir leur hiatoire el leur authenticité, royei la diaaertatioa de Marcs -nr le première de ''es deux piècea, daaa l'appendice de son livre De eoneordie $ac0rdotii et imperii, Francof., 1708, p. _'ii7 -.|. ; et dan- M.m-i, op. cit., t. IX, col. '»!*.* ^ ' 1 - ! de pin- Nnris, D§ tyltod, V , dans l'édition de ses œuvres par Ballerini, t. i. 907 276. LE PAPE VIGILE CONFIRME LE V e CONCILE ŒCUMENIQUE 137 trouvé par Pierre de Marca dans un manuscrit de la bibliothè- que royale à Paris, est adressé à Eutychius, patriarche de Cons- tantinople, et date du 8 décembre 553 *. Cette date nous apprend que sept mois s'étaient écoulés depuis la lin du concile, lorsque Vigile se décida à porter son jugement. Il y disait que : « L'enne- mi cl 11 genre humain, qui sème partout la zizanie, l'avait trompé, lui et ses collègues réunis à Constantinople. Mais le Christ avait de nouveau chassé les ténèbres de son esprit et pacifié l'Kglise de l'univers entier... 11 n'y avait aucune honte à reconnaître et à rétrac- ter son erreur : c'était ce qu'Augustin avait fait dans ses Rétrac- tations. Lui aussi, s'attachant à cet exemple et à tant d'autres semblables, n'avait pas cessé de scruter, au sujet de l'affaire des Trois Chapitres, les écrits des saints Pères. Il avait trouvé que Théodore de Mopsueste avait enseigné des erreurs que les saints Pères avaient combattues (il insère ici plusieurs erreurs de Théo- dore, qu'il emprunte presque textuellement au douzième anathème du concile). Toute l'Église devait savoir qu'il décrétait justement ce qui suit : Nous condamnons et anathématisons, avec tous les autres hérétiques condamnés et anathématisés dans les quatre saints con- ciles, et par la sainte Eglise catholique, Théodore de Mopsueste, [908] ses écrits impics, ce que Théodoret a écrit d'impie contre la foi orthodoxe, contre les douze ana thèmes de Cyrille, contre le premier concile, d'Ephèse et pour la défense de Théodore et de Nestorius. Nous anathématisons encore et rejetons la lettreimpie, etc. (le pape s'exprime sur cette lettre dans les mêmes termes que sa sentence synodale du V° concile œcuménique). Enfin, nous prononçons le même anathème contre tous ceux qui croient (pie ces Trois Cha- pitres ont pu être approuvés ou défendus, à quelque époque que ce fût, ou qui oseront s'attaquer au présent anathème. Au con- traire, nous regardons comme nos frères collègues dans le sa- col. 667 m]., et Walch, Kelzerhist., t. vin, p. 310; Garnier, De V* synodo, dans l'édition des Œuvres de Théodoret, par Sehulze, l. v, col. 587, a cherché à dénion- trer que la première île ces deux lettres pontificales (la seule, du reste, qu'il ait connue) n'était pas authentique, mais il a été réfuté par les Ballerini (Noris, Opéra, t. IV, col. 10 't'2 sep) qui ont prouvé l'authenticité de ces deux docu- ments ; de même Pagi, Ci itica, ad anu. 55'i, n. 4. 1. Elle a dû être, à l'origine, écrite en latin, de même que toutes les autres lettres du pape Vigile, et la traduction grecque que nous en avons, est la tra- duction officielle, laite immédiatement après, pour les Grecs. Le latin qui accompagne maintenant le grec, n'est qu'une version de Marca. I ,'!S l.iviu xi\ , CIANTM m oérdooe tout ceux qui <»ni condamné nu qui condamnent lea Trou Chapitrée. En outre, nous déolaroni sans valeur toul ce que nous- mémc ou d'autres avoni lait pourli défense dei Trois Chapiti Que nul ii oae soutenir Faux certains écrili ; l>) il •> déclare ne pas .i\<>ir les opi- nion! neeloriennes que >»•» adversaires lui supposaient, el 1 1 tj i odanl lea "|>i- ii ii m- émises 'Lui h la lettre ■< Maris — I aeetorienn< - e i d supposant que l'évéque Ibas eut pu se disculper de toutes les accusations d'hérésie portées aire lui, il suffisait de cette seule lettre pour le convainci eui | . dans le cas où il en aurait été l'auteur ; d I anatbème contre Nestoriu:- et ses prin- 276. LE PAPB VIU1LE CONFIRME LE v" CONCILE ŒCUMÉNIQUE 139 dent que le pape va trop loin ; il affirme, avec une assurance que n'ont même pas les amis les plus décidés du concile de Chaleédoine, que la lettre a Maria n'est point authentique, alors que, dans les ac- tes du concile de Chalcédoine, cette lettre est formellement attribuée à ll>as *, et que Ibas n'a pas soutenu qu'il n'en était pas l'auteur, dénégation qui lui aurait été cependant très favorable. .Mais Vigile veut prouver que les défenseurs des Trois Chapitres ne peuvent s'autoriser des votes émis à Chalcédoine par les légats du pape ou par Maxime, évèque d'Antioche. Le vote des légats portait : Relecta enim ej'us epistola, agnovimus eum (Ibain) esse ort.hodo.rum ; or, d'après Vigile, le mot epistola ne désigne pas ici la lettre à Maris, mais bien la lettre écrite en faveur d'Ibas par les clercs d'Edesse. Cette lettre avait été lue à Chalcédoine, immédiatement avant le vote, et on pouvait jusqu'à un certain point l'appeler Yepislola d'Ibas, puisque celui-ci l'avait présentée pour sa justification. Souvent en effet, lorsqu'un homme s'appuie sur certains documents, il dit : (( Ce sont là mes documents. » iqi()i Le pape Vigile ne désespère même pas d'expliquer dans un autre sens le vote de l'évoque Maxime, qui fait cependant allu- sion d'une manière si évidente à la lettre à Maris : y.oà èx toû àvorfvco- tjflsvoç oï àv-iypasou if t ç £tci.7tca^ç, tou Trpojy.opv.TOivTs; iteipa ~: 7 J «vtiSCxôu xÙtou, zp<)ozz;z; ûçôïj ocutoïï r, ùita-yopicc ; c'est-à-dire : « La lecture de la copie de la lettre que ses adversaires lui ont reprochée a prou- ve l'orthodoxie de ses sentiments. » Or, les ennemis d'Ibas n'ayant cipes, prononcé par lbas, est tout à fait en contradiction avec le sens de la lettre à Maris (?) ; e) les premiers juges qui avaient siégé à Béryle et à Tyr disaient qu'lbas n'avait pas été convaincu d'hérésie ; mais il aurait été facile de l'en convaincre s'il avait reconnu cette lettre, car ses adversaires lui repro- chaient précisément!?) ce que cette lettre contenait; /) Ibas dit lui-même qu'après l'union il n'avait pas regardé Cyrille comme hérétique ; or, cette lettre a été écrite après l'union, et Cyrille y est appelé hérétique ; il est donc évident que la lettre ne provient pas d'Ibas (cet argument est sans valeur, car, dans cette letlre, on ne dit pas que Cyrille soit hérétique, ou dit simplement que Cyrille a, antérieurement, enseigné l'apollinarisine) ; g) après la lecture de la lettre à Maris, lbas avait demandé qu'on lût la lettre des clercs d'Kdesse, afin qu'il fût constant que cette lettre ne provenait pas de lui (c'est là une supposition arbitraire du pape.- Vigile, qui n'est aucunement confirmée par les actes) ; // après la lecture de la lettre à Maris, Ibas avait dit à Chalcé- doine : alienus sum al> his quse mihi Mata suât, entendant par là celte même lettre (c'est une erreur, Ibas n'entendait pas par !à la lettre, mais bien les diverses accusations portées coutre lui). I. Mausi, op. cit., t. vin. col. '242 ; Ha n Ion i n, Coll. COncil., t. H, col. 527. 140 LIVRE XIV, CHAPITHE III présenté, à l'appui de leurs accusations, que la lettre à Maris, pas- sant sous silence la lettre écrite par les clercs d'Edesse en faveur d'Ibas, celui-ci dut en réclamer la lecture et il est incontestable que Maxime fait allusion à la lettre à Maris. Mais Vigile répond : « Tout ce qui s'est lu à Chalcédoine relativement à Ibas, fait partie des procès-verbaux de Tyr et de Béryte. Or, l'adversaire d'Ibas ayant apporté tous ces procès-verbaux, on a pu dire que la lettre des clercs d'Edesse, qu'il a dû forcément apporter avec les autres do- cuments, quelque intérêt qu'il eût à la cacher, était de ces adver- saires. » Vigile établit là en faveur du V e concile toute une argu- mentation, que nul n'eût osé soutenir avant lui. Les évêques de ce même concile étaient plus prudents, lorsqu'ils avançaient « que les votes de quelques rares membres du concile ne pouvaient avoir for- ce de loi, » et plus loin : « En réclamant d'Ibas l'anathème sur Nes- torius, les Pères de Chalcédoine ont prouvé qu'ils regardaient comme sans valeur ce qu'un ou deux d'entre eux avaient pu dire en faveur de cette lettre, et ces dissidents eux-mêmes se joignirent ensuite aux autres. » Le pape Vigile avait dit dans son premier Constitution : « II est évident qu'après avoir lu la lettre d'Ibas à Maris, les légats du Siège apostolique tenaient Ibas pour ortho- doxe, et que, d'après Maxime d'Antioche, la lecture de cette lettre mettait à découvert les sentiments catholiques d'Ibas ; non seule- mentles autres évêques n'avaient rien opposé à cela, mais ils y avaient même adhéré. » Le pape Vigile émettait donc, en ce moment, une opinion opposée à celle qu'il avait soutenue antérieurement. Il prononçait ensuite, dans ce nouvel édit, unanathème développé contre la prétendue lettre d'Ibas à Maris, et contre tous ceux qui soutiennent qu'elle a pu être tenue pour orthodoxe par qui que ce fût à Chalcédoine ; il passe à Théodore de Mopsueste, qu'il déclare roi n condamnable, avec les écrits de Théodoret contre Cyrille, etc., et il termine en jetant l'anathème contre les Trois Chapitres, contre leurs défenseurs et contre quiconqne soutiendra que cette lettre a été regardée comme orthodoxe par le concile de Chalcédoine, ou par quelque membre de cette assemblée 1 . 1. Mansi, op. cit., t. ix, col. 457-488 ; Hardouiu, op. cit., t. m, col. 217-244. 277. REFUS DE RECONNAITRE LE V e CONCILE ŒCUMENIQUE t 41 277. Beaucoup d'Occidentaux ne veulent pas reconnaître le V e concilq œcuménique. Ayant publié cette lettre, le pape quitta Constantinople pour Rome (été de 554 4 ), mais, pendant le voyage, il tomba malade de la pierre en Sicile, et mourut à Syracuse [7 juin 555] 2 . Son corps fut transporté à Rome [et enterré sur la voie Salaria, dans la petite église Saint-Silvestre, auprès de son prédécesseur Marcel qui reposait en cet endroit depuis deux siècles et demi 3 J. Il eut pour successeur 1. Cf. Noris, Opéra, t. i, col. 671. 2. La date de la mort de Vigile est marquée avec une précision qui ne laisse aucune place au doute dans le catalogue de Vérone, cf. Liber ponlificalis, édit. Duchesne, t. i, p. 46. (H. L.) 3. < La mort de Vigile, a écrit M. Duchesne, dans la Rev. quest. hist., t. xxxvi, p. 425 sq., était un assez grave contre-temps pour Justinien. L'autorité de son âge, le souvenir de ses malheurs, la longue résistance qu'il avait faite avant de céder, les mesures réparatrices dont il avait été le promoteur et dont il apportait en Italie les documents officiels, étaient pour le pape défunt des titres au respect et à /a confiance de sou troupeau. Onpouvaitbeaucoupespérer de lui pour ramener les dissidents. Un successeur n'était pas facile à trouver. A Rome, il est vrai, certaines sympathies désignaient un prêtre appelé Maréas, qui, dans les dernières années, avait eu la direction du clergé, en l'absence du pape. On ne le connaît que par son épitaphe (De Rossi., Bull, di archeol. crist., 1869, p. 20), qui célèbre sa générosité envers les pauvres, sa constance à dé- fendre la tradition de l'Eglise ou les rites de la confirmation et, si je comprends bien, les décisions du concile de Chalcédoine: Prsesulis in vicibus clausisti peciora sseva Ne mandata patrum perderet ulla fides. Ceci n'était pas précisément un titre à l'héritage de Vigile ; néanmoins, le panégyriste de Maréas le représente comme seul digne du pontificat : Te quserunt omnes, te ssecula nostra requirunt Tu fueras meritus pontificale decus. Mais, quand même Maréas eut été un candidat aussi agréable à Justinien qu'à l'auteur de son épitaphe, comme il mourut avant la fin d'août 555, il fal- lut bien songer à un autre. c L'empereur avait toujours eu beaucoup d'estime et d'amitié pour Pelage. De tous les clercs romains qui avaient passé par la cour, c'était de beaucoup le plus intelligent et le plus énergique. Son dévouement à l'empire et à l'em- pereur n'avait pas été ébranlé par les controverses religieuses des dernières années. A Rome on devait avoir conservé le souvenir de sa charité pendant le siège de 546, et du grand rôle qu'il avait joué dans la catastrophe à laquelle il aboutit. C'était évidemment l'homme qu'il fallait. Pourquoi s'était-il avisé de 142 LIVHE XIV, CHAPITRE III son ancien diacre, Pelage I er , que nous avons rencontré apocrisiaire pontifical à Constantinople, et plein de zèle pour faire condamner Origène. Pelage avait, lui aussi, souscrit le Constitution par lequel Vigile s'était prononcé en faveur des Trois Chapitres, et il était demeuré à Constantinople à la suite du pape. Il paraît, du reste, avoir changé de sentiment avec le pape Vigile, et, si l'on en croit le Liber pontificalis,Y 'empereur Justinien avait eu la pensée de le substituera Vigile sur le Siège apostolique 1 . Le pape Vigile ayant cédé, l'empe- se jeter dans l'opposition et de faire des éclats qui le rendaient impossible ? « Impossible était un mot dont Justinien ne faisait, pour son compte person- nel, qu'un usage très rare. Il s'entêta a faire de Pelage un pape et se mit tout d'abord en devoir de le convertir. Il y réussit. Ici, certaines personnes ne manqueraient pas de faire intervenir la grâce divine qui toucha le cœur obstiné du diacre romain, illumina son esprit et lui fit voir une sentence inspirée par le Saint-Esprit dans un décret contre lequel il bataillait depuis dix ans, en dépit de l'empereur, du concile et du pape. Mais je croirais profaner la grâce divine en l'attachant aux lèvres de Justinien et le chemin de Damas en le cherchant dans le labyrinthe des Trois Chapitres. Justinien fit entendre à Pelage que lui seul pouvait être pape, mais que, pour devenir pape, il fallait suivre la voie tracée par Vigile et condamner ce qu'il avait condamné. Pelage n'avait pas besoin de longs raisonnements pour comprendre cela. Il s'exécuta... prit la plume, signa les décrets attaqués par lui un an auparavant et partit pour prendre le gouvernement de l'Église de Rome. » (H. L.) 1. Tandis que Vigile donnait pour la dernière fois le spectacle de ses tergi- versations, Pelage était enfermé, — probablement dans un monastère — et se montrait plus animé que jamais contre les Trois Chapitres. Dans ce but il rédigeait libelle sur libelle, étrange littérature dans laquelle l'auteur jetait feu et flamme contre tout et contre tous, sauf contre l'artisan des maux de l'heure présente, l'empereur Justinien. Le pape n'avait pas le même bonheur et son futur successeur ne le ménageait guère, ni son conseil auquel il imputait — c'est classique — toutes les résolutions du pontife vieilli et malade. On est moins surpris de tout cet emportement quand on sait que Pelage et Justinien étaient d'accord. Pelage s'indignait sur commande. La première de ses protes- tations, dirigée spécialement contre le dernier Constitulum, celui de 554, avait été rédigée à la demande de l'empereur, ainsi que Pelage lui-même nous l'ap- prend. C'était une sorte de justification opposée à Vigile qui menaçait de le condamner (Neues Ârchiv., t. v, p. 568) ; une autre pièce, écrite par Pelage au nom de son collègue Sarpatus, emprisonné avec lui, avait suivi de près la précédente. Ainsi lancé, Pelage aborda un travail de longue haleine, divisé en six livres. Il faut induire de là que la cour lui avait fait communiquer les pro- cès-verbaux du concile, au moins ceux des ve et vi« sessions qui concernaient spécialement l'affaire des Trois Chapitres, puisque Pelage y discute et y com- bat les décisions du concile tout en se servant beaucoup, il le reconnaît lui- même, de l'ouvrage de Facundus d'Hermiane et en manipulant le Constitutum dé 553 « avec une familiarité qu'autorisait sans doute un droit de paternité. » 277. REFUS~DE RECONNAITRE LE V e CONCILE ŒCUMENIQUE 143 reur avait modifié ce plan ; mais Pelage fut soupçonné d'avoir trahi Vigile, de l'avoir fait opprimer par l'empereur ; aussi la plupart des évêques de l'Italie et beaucoup de clercs et de laïques de Rome ne voulurent-ils avoir avec lui aucune communication *, et il n'y eut à son sacre que deux évêques qui l'ordonnèrent avec l'assistance [912] d'un prêtre (16 avril 556) 2 . Cet état de choses le décida à exposer sa défense et sa justification, d'une manière solennelle, dans l'église de Saint-Pierre à Rome, lorsqu'il prit le pouvoir 3 . Quoique Vigile et son successeur eussent reconnu le V e concile, beaucoup d'Occidentaux persistèrent dans leur opposition contre cette assemblée 4 . Ce fut probablement à cette époque qu'un cer- tain nombre d'évèques adressèrent à l'empereur un mémoire dans lequel ils déclaraient très énergiquement que la condamnation des Trois Chapitres n'avait pas de raison d'être, et qu'en la prononçant Cet écrit de Vigile a été retrouvé par M. Duchesne dans un manuscrit de la bibliothèque d'Orléans (cf. Bulletin critique, t. v, p 96) ; il fut composé sur la fin de 554 ou le début de l'année suivante. (H. L.) 1. L. Duchesne, Vigile et Pelage, dans la Rev. des quest. hist., 1884, t. xxxvi, p. 428. (H. L.) 2. On rassembla tant bien que mal quelques fonctionnaires faméliques et des clercs à tout faire pour procéder à un simulacre d'élection ; mais la bonne société, les gens de bien, ceux qui croient l'être et ceux qui veulent l'être, n'a- vaient pas assez d'horreur pour le nouveau pape. Le Liber pontificalis, n. 109, résume ainsi cette situation : Monasteria et multitudo religiosorum, sapientium et nobilium subduxerunt se a communione ejus. L'épiscopat italienne manifes- tait pas moins d'éloignement. Quand il s'agit de consacrer le nouveau pape, on ne parvint pas à trouver trois évêques strictement requis par les canons, on dut se contenter de deux, les titulaires de Pérouse et de Ferentino, un sim- ple prêtre représenta l'évéque d'Ostie, consécrateur-né de l'évêque de Rome. La cérémonie s'accomplit, sous la protection de Narsès, le jour de Pâques, 16 avril 556. (H. L.) 3. P. £., t. lxix, col. 339. Cette profession de foi contenait une protestation d'attachement aux quatre premiers conciles œcuméniques, spécialement au con- cile de Chalcédoine. Le pape ensuite faisait sienne la doctrine exprimée dans les lettres des papes Célestin, Sixte, Léon et leurs successeurs jusqu'à Jean II et Agapet. Il enseignait ce qu'ils avaient enseigné et recevait ceux qu'ils avaient reçus « et surtout les vénérables évêques Ibas et Théodorel. » Du pape Vigile, du concile de 553, de l'empereur et de ses édits, il n'était pas question. On ne sait pas ce que Justiuien pensa de ce morceau dans lequel on condamnait les Trois Chapitres en canonisant Ibas et Théodoret et en gardant le silence sur Théodore de Mopsueste. Peut-être Justinien était-il tacitement d'accord, cette fois encore, avec Pelage. Quoi qu'il en soit, l'affaire n'eut pas de suite. (H. L.) 4. Pelage le prit de haut et fit grande figure. 11 considéra sa signature comme valant toutes les adhésions épiscopales et n'admit pas qu'on réclamât 144 LIVRE XIV, CHAPITRE III on avait simplement voulu donner satisfaction aux monophysites. On ne sait à quelle province appartenaient ces évêques : car nous ne possédons plus leur mémoire ; nous n'avons que la réponse dé- taillée et acerbe de l'empereur, découverte au siècle dernier, dans la bibliothèque des Médicis à Florence ; elle ne porte pas d'adresse spéciale 1 . Nous voyons, par le début de cette réponse, que le mémoire avait été envoyé par des évêques : car Justinien se plaint de ce qu'ils se sont séparés des autres évêques, et se sont orgueil- leusement comparés aux Apôtres. L'empereur réfute ensuite toutes leurs objections touchant l'anathème contre les Trois Chapitres , et montre que cette condamnation est fondée et ne va pas à rencon- tre du concile de Chalcédoine. (En cet endroit, l'empereur copie une partie de son opokofict iuœtswç.) Il ajoute que le mémoire des évêques renferme des hérésies, et leur reproche surtout d'avoir qualifié d'obscurs les anathèmes de Cyrille qui n'auraient été bien compris que grâce à la lettre d'Ibas. Justinien parle ensuite d'un docteur impie, qui a induit en erreur les auteurs du mémoire et qui a répandu l'hérésie dans une région où, jusqu'ici, jamais hérétique n'avait pénétré. Au sujet, dit-il en terminant, des con- seils que ces évêques donnaient à l'empereur dans leur lettre, pour lui indiquer ce qu'il avait à répondre aux Egyptiens (l'Egypte était le siège principal des monophysites), le mieux était de chercher d'abord à s'améliorer eux-mêmes, et, si l'empereur voulait faire ce qu'ils disaient, il ne réussirait qu'à changer les Egyptiens en 19131 nestoriens et en théodoriens. Mémoire et Réponse ont peut-être quelque rapport avec le fait raconté par Victor de Tonnenna, qu'en 554 ou 555, Frontius, métro- politain de Salone, en Dalmatie, cité à Constantinople pour avoir défendu les Trois Chapitres, fut banni dans la Thébaïde ; les héré- tiques ordonnèrent Pierre à sa place 2 . Par ces hérétiques, Vic- tor, qui avait tant souffert pour la cause des Trois Chapitres, dési- gne les partisans du V e concile et rien n'empêche d'admettre que des évêques d'Italie, de Gaule et d'Espagne une condamnation explicite des Trois Chapitres. L'affaire heureusement terminée ne regardait que l'Orient, pour la trancher il avait fallu, vu sa gravité, recourir à l'épiscopat d'Occident, suffisamment représenté par le pape qui n'avait à rendre compte à personne des détails de sa conduite. (H. L.) 1. Elle a été imprimée dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 589-646, et elle man- que dans Hardouin. 2. Victor de Tonnenna, Chron., ad ann. 554. 277- REFUS DE RECONNAITRE LE V e CONCILE ŒCUMENIQUE 145 les évêques de l'Illyrie occidentale sous la présidence de Fron- tinus, aient rédigé ce mémoire à l'empereur, qui, dans sa réponse, donna au métropolitain le nom de docteur impie, et l'exila. Nous avons pu apprécier déjà le zèle des Illyriens et des Dalmates en fa- veur dès Trois Chapitres 1 . Lorsque le pape Vigile adhéra an V e concile œcuménique, pres- que tous les évêques africains étaient opposés à cette assemblée ; mais, au rapport de Victor de Tonnenna, cette opposition faiblit, à partir de l'année 559. En cela le rôle principal appartint à Primosus de Carthage, primat de l'Afrique latine, qui, comme nous l'avons vu, prononça l'anathème contre les Trois Chapitres, dès son entrée en charge. Pour ce motif, la plupart des autres évê- ques de la province se séparèrent de lui ; mais deux de ses amis, les évêques Rufin et Vinus, parvinrent à persuader leurs collègues de la Proconsulaire de renouer, peut-être dans un concile, les relations ecclésiastiques avec Primosus et les autres adversaires des Trois Chapitres. Les évêques de la province de Numidie sui- virent presque aussitôt cet exemple, et vinrent à Carthage, pour être rétablis de nouveau en communion avec Primosus. Quelques rares évêques refusèrent cependant de faire leur paix avec Primosus, qui les en punit parles coups, la prison et l'exil. Parmi eux se trouvaient Victor de Tonnenna, Théodose de Cabarsusa, Donat, Brumasius, Musicus et Chrysonius. Après diverses pérégri- [914] nations d'exil ou de prison ils furent internés dans des monastè- res ~. 1. Walch, Ketzerhist., t. vin, p. 76 sq., a supposé que ce mémoire provenait du clergé romain, et que ce « docteur impie » n'était autre que le pape Vigile. 2. L'Afrique fit une opposition fanatique. Après que Vigile eut promulgué le second Constitution, celui de 554, elle l'excommunia comme prévaricateur. Primasius d'Hadrumète ne fut pas mieux traité. Cédant comme Vigile, il ccaepla de l'empereur le titre, devenu vacant par la mort de Boethus, de pri- mat de Byzacène, les évêques de sa province refusèrent de le reconnaître et le condamnèrent en concile. La Proconsulaire et la Numidie rompirent avec Pri- mosus de Carthage qui n'était à leurs yeux, tant que vivait Reparatus, qu'un intrus. Le pouvoir civil se chargea de porter la conviction dans les cons- ciences récalcitrantes. A force de brutalités, il y parvint. Pendant qu'on rouait de coups, qu'on exilait, qu'on emprisonnait les plus mauvaises têtes, on négociait avec les évêques véreux et au moyen de deux d'entre eux on décidait la plupart des prélats de la Proconsulaire à renouer les relations avec Primo- sus l'intrus. Ceci se passait en 554. L'année suivante, le concile de Numidie fit sa soumission entre les mains de l'évêque de Carthage. Mais on n'obtenait CONCILES — III — 10 146 LIVRE XIV, CHAPITRE III 278. Le schisme de la Haute-Italie. La Tuscie et la Gaule se prononcent également contre le V e concile. Les lettres du pape Pelage I er nous donnent d'importants rensei- gnements sur la suite de l'affaire des Trois Chapitres 1 ; elles nous apprennent que, dans toute la Haute-Italie, à l'ouest les évêques de la Ligurie et de l'Emilie, à l'est ceux de la Vénétie et l'Istrie refusè- rent formellement la communion du Saint-Siège, à cause de la ques- tion des Trois Chapitres et du V e concile œcuménique. A la tête des évêques de l'est de la Haute-Italie, se trouvaient Paulin d'Aqui- ces résultats qu'à l'aide d'un redoublement de rigueurs contre ceux qui ne se soumettaient pas. L'un des plus signalés d'entre ceux-ci était Victor, évêque de Tonnenna en Proconsulaire, l'auteur d'une Chronique fort utile. Tour à tour emprisonné au Mandrakion, exilé aux îles Baléares, Victor se montrait irréductible. Cette fois on le rélégua en Egypte d'où il ne revint jamais. Pri- masius d'Hadrumète, devenu primat de Byzacène, avait oublié sa glorieuse conduite passée. Il procédait par la rigueur et la confiscation contre des adver- saires qui avaient été ses compagnons. On avait fait place nette, mais on ne pouvait lutter contre l'écriture ainsi qu'on avait lutté contre les hommes. Du fond de leurs retraites Facundus et Victor de Tonnenna lançaient des écrits incendiaires qui soulevaient encore quelques essais de résistance. Mais la mort fauchait chaque année dans les rangs des indomptables. En 557, l'abbé Félix de Gillitanus mourut dans sa prison de Sinope ; en 558, Primasius d'Hadru- mète périt misérablement ; en 563 Reparatus mourut à Euchaïa. Dès avant 560, Pelage Ie r , dont lesjours étaient comptés, déclarait que « l'Afrique, l'Illy- rie, l'Orient avaient condamné les Trois Chapitres » et que t. c'était folie de s'écarter d'une telle sentence pour suivre quelques colporteurs de fausses nouvelles. » En 564, Facundus d'Hermiane cependant s'agitait encore. Il fut, avec son compagnon d'exil Théodore et quatre prélats africains, mandé à Cons- tantinople devant le patriarche et l'empereur ; comme tous six tenaient bon, on les interna dans divers monastères de la capitale. (H. L.) 1. L'Italie était alors partagée en quatre obédiences métropolitaines ou pri- matiales. C'étaient le diocèse de Rome, comprenant toutes les provinces pénin- sulaires depuis la Tuscie et la Flaminie, c'est-à-dire depuis Luni et Ravenne avec les trois îles de Corse, Sardaigne et Sicile. Les deux circonscriptions métropolitaines de Milan et d'Aquilée se partageaient l'Italie du Nord jusqu'à la frontière franqae, laissant cependant en dehors la province d'Emilie. Celle- ci formait une quatrième circonscription, mais sans métropolitain pris dans les rangs de son épiscopat. Les évêques d'Emilie étaient soumis au siège de Ravenne qui ne jouissait point, comme ceux de Milan et d'Aquilée, du privilège de l'autocéphalie, mais ressortissait au diocèse métropolitain du pape. (H. L.) 278. LE SCHISME DE LA HAUTE-ITALIE 147 lée, métropolitain supérieur de la Venétie de lTstrie, et d'une partie de l'Illyrie, de la Rhétia II et du Noricum ; les évêques de l'ouest étaient sous la juridictionde l'archevêque de Milan 1 . Le pape envoya des clercs romains dans ces pays pour décider ces évêques à com- muniquer de nouveau avec l'Église romaine, et pria Narsès, qui commandait danslaHaute-Italie,demettrelebras séculier au service de l'Église pour ramener les dissidents. Il importait surtout d'en- voyer à Constantinople les évêques de Milan etd'Aquilée, principaux fauteurs du désordre, afin que l'empereur prît des mesures à leur sujet. Pelage se plaint vers ce temps (epist. v) d'un concile schis- matique tenu à Aquilée, pour la condamnation du V e concile, tandis que, d'après la règle traditionnelle de l'Eglise, lorsqu'il s'élevait des doutes au sujet d'un concile général, il fallait en chercher la solution auprès du Siège romain, et non pas auprès d'un synode provincial ~. Nous n'avons pas d'autres détails sur ce concile schis- [9151 matique ; mais il est probable qu'il a eu lieu en l'année 554 ou 555, et il ne faut pas le confondre avec un autre concile tenu également à Aquilée, et dont parle Bédé 3 . La sixième lettre de Pelage I er nous apprend que les évêques de Toscane refusèrent de communiquer avec le pape, le regardant comme hérétique, à cause de sa condamnation des Trois Chapitres . Il chercha à les apaiser, protesta de son orthodoxie et adressa même à tout le peuple chrétien une circulaire accompagnée d'une profession de foi. Son orthodoxie ayant été également mise en question dans les Gaules, il écrivit, dans ce même but, deux let- tres à Childebert, roi des Francs. La seconde de ces lettres conte- nait une profession de foi 4 . 1. Cf. Wiltsch, Kirchliche Géographie und Statistik, t. i, p. 234, 236. La Rhetia II appartenait aussi au diocèse d'Aquilée ; c'est ce que nous voyons par une lettre des évêques qui en faisaient partie à l'empereur Maurice, dans Mansi, op. cit., t. x, col. 463. 2. Pelagii I, Epistolx, n, m. iv, v, dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 712 sq., et les fragments de plusieurs lettres de ce pape éditées par Holstenius, Ibidem, col. 730 sq. Rubeis (de Rossi) a déjà prouvé, dans ses Monumenta Ecclesix Aquileiensis, p. 204 sq., qu'en réalité ces quatre lettres et ces quatre fragments ne formaient que trois lettres, et Walch, Ketzerhist., t. vin, p. 337, a suivi ce sentiment. Ces lettres et ces fragments ne se trouvent pas dans Hardouin. 3. Celui-ci n'eut lieu qu'en l'an 700 sous le pape Sergius. Cf. Ballerini, dans Noris, Opéra, t. iv, col. 963 ; Rubeis, op. cit., p. 216 ; Walch, op. cit., t. vm, p. 381, 335. Ce concile est mentionné par Bède, Liber de sex œtatibus, P. L.^ t. xc, col. 569, et Mansi, op. cit., t. xn, col. 115, à l'année 698. 4. Pelage I er , Epistolx, vi, vu, x, xvi, dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 716, 717, 148 LIVRE XIV, CHAPITRE III Lorsque Pelage I er mourut [le 4 mars 561] i , et l'empereur Jus- tinien en novembre 565, l'opposition avait déjà notablement perdu de sa force. Pour achever de la désarmer, l'empereur Justin II pu- blia un édit analogue à YHénotique, dans lequel il cherchait à dé- montrer que toute la controverse était, au fond, de peu d'importance. Cet édit, qui nous a été conservé par Évagrius, ordonne de ne plus se quereller au sujet de personnes ou de syllabes. Par les « per- sonnes » l'empereur fait évidemment allusion à Théodore de Mop- sueste, ainsi qu'à Théodoret et à Ibas, par les « syllabes » il a pro- bablement en vue la discussion qui s'était élevée dans les dernières années de Justinien, pour savoir si le corps de Jésus-Christ était corruptible ou incorruptible ; tout le différend portait sur l'emploi des mots zftapxcq ou açftapxoç. Evagrius fait lui-même la remarque suivante : « Comme cet édit visait surtout à maintenir le statu quo alors existant dans l'Eglise, aucun des sectaires ne vint à résipis- cence. » 279. Victoire des Longobards ; ceux de Milan reviennent en partie à l'union. A quelque temps de là, en 568, les Longobards, conduits par Alboin, s'emparèrent de toutes les provinces de la Haute-Italie, et un grand nombre de sièges épiscopaux de ces pays, occupés par des schismatiques, tombèrent en leur pouvoir, entre autres les deux grandes métropoles de Milan et d'Aquilée ; Paulin d'Aquilée se réfugia, emportant avec lui le trésor de l'Eglise, à Grado, dont il occupa le siège (Grado était une petite île appartenant encore à l'empereur, et non loin de Trieste) 2 . Après la prise de Milan par Alboin, en septembre 569, son évêque Honorât se réfugia à Gênes, où [916] l'ennemi n'avait pas encore pénétré. Mais les villes qui ne furent pas prises, et celles qui le furent, persistèrent avec la même opiniâtreté dans leur séparation avec Rome et dans leur rejet du V e concile œcuménique. Toutesles espérancesd'unioncommençaientdonc à s'é. vanouir, lorsque, après la mort d'Honoratde Milan, survenue en 570, 722, 728. Hardouin n'a inséré que cette dernière lettre, op. cit., t. ni, col. 331. 1. Sur cette date, cf. Duchesne, Vigile et Pelage, dans la Revue des ques- tions historiques, 1884, t. xxxvi, p. 428, note 3. 2. Dictionn. d'archéol. chrét., t. i, au mot Aquilée. (H. L.) 280. TENTATIVE d'tJNION AVEC LE SIÈGE DE GHADO 149 la majorité des clercs de Milan (réfugiés à Gênes) lui donna pour successeur Laurent II, tandis que les clercs restés à Milan choisirent un certain Fronto. Pour l'emporter sur son compétiteur, Laurent II renoua des relations avec Rome en 571, et fit remettre au pape Jean III une adhésion des plus précises (districtissimam cautionem, dit le pape saint Grégoire le Grand 1 ). C'est ce que nous appren- nent deux lettres de saint Grégoire le Grand à l'archevêque Cons- tantin, successeur de Laurent 2 . Nous voyons même par ces lettres ce que contenait cette cautio ; elle demandait d'abord la reprise des relations ecclésiastiques avec Rome, et liait l'évêque Laurent de telle sorte, qu'il lui était impossible à Lavenir d'affirmer par ser- ment qu'il n'avait pas anathématisé les T?-ois Chapitres. Cette cau- tio renfermait donc une transaction au sujet de l'anathème sur les Trois Chapitres ; elle fut signée, non seulement par l'évêque Laurent, mais encore par plusieurs autres viri nobilissimi, aussi bien du côté de l'évêque que du côté du pape ; elle fut également signée par saint Grégoire le Grand, qui était alors preetor urbanus à Rome 3 . Cette soumission des clercs de Milan dut être acceptée par un plus grand nombre encore lorsque, après la mort de son compétiteur Fronto, Laurent reprit tranquillement possession de son siège, et fut reconnu par ceux de son troupeau qui étaient revenus à Mi- [917] l an 4. 280. Tentative d'union avec le siège de Grado. A la même époque, on tenta, dans l'est de la Haute-Italie, de réconcilier avec l'Eglise les évêques schismatiques de la Vénétie et de l'Istrie, et en particulier ceux qui étaient soumis à l'empereur. A leur tête se trouvait Élie, archevêque d'Aquilée, à Grado (le titre d'archevêque d'Aquilée avait été conservé, même après la trans- lation du siège) ; Smaragde, exarque impérial en Italie, employa 1. Cf. Noris, Opéra, t. i, col. G93-703. 2. Grégoire le Grand, Epist., 1. IV, epist. n et xxxix, P. L., t. lxxvii, col. 669, 712, et dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 1157, 1181, où les lettres sont classées d'après l'ancien ordre (1. III, epist. n et xxxvn). 3. Epist., 1. IV, epist. n, P. L., t. lxxvii, col. 669 Cf. Ballerini, dans Noris, Opéra, t. iv, col. 971 sq. 4. Noris, Opéra, t. i, col. 694. 150 LIVRE XIV, CHAPITRE III aussitôt des mesures de rigueur. Les schismatiques portèrent leurs plaintes à l'empereur de Byzance Maurice (582-602), lequel ordonna immédiatement à Smaragde de ne plus molester, à l'avenir, les évo- ques au sujet de l'union 1 . Le pape Pelage II chercha, en même temps que Smaragde, à atteindre le même but ; mais il se servit de moyens plus pacifiques, et envoya à Elie et à ses suffragants des lettres et des députés pour les engager à entrer dans l'union. Il réclama la réunion, à Rome ou à Ravenne, d'un colloque sur cette question, et chercha par tous les moyens à se purger de toute accusation tou- chant son orthodoxie 2 . On a soutenu à tort, qu'Élie avait célébré, à Grado, en 579, un concile relatif à la translation de son siège d'Aquilée à Grado ; du moins les prétendus actes de ce concile sont apocryphes 3 , car ils supposent que le concile s'est tenu avec l'assentiment du pape, et en présence d'un légat romain, tandis qu'à cette époque Elie n'était pas en communion avec Pelage. Lorsque Elie mourut en 586, et que Sévère lui eut succédé sur le siège de Grado, l'exarque impérial Smaragde renouvela sa tenta- tive d'union, et amena de force à Ravenne l'archevêque Sévère et trois de ses suffragants. Si les schismatiques n'ont pas exagéré, il les y retint prisonniers et leur fit souffrir toutes sortes de mauvais [918] traitements, les menaçant même de l'exil, jusqu'à ce qu'enfin ils consentissent à entrer en communion avec Jean, évêque de Ravenne, qui avait anathématisé les Trois Chapitres , et se trouvait par con- séquent en union avec Rome. Lorsque, l'année écoulée, ils revin- rent à Grado, les fidèles les traitèrent comme des apostats, et ne voulurent plus communiquer avec eux, jusqu'à ce que, dans un con- cile composé de dix évêques et célébré à Mariano ou Marano, en Frioul, sur les bords de la mer Adriatique, Sévère revînt à ses erreurs et renouvelât le schisme 4 . 1. Voyez la lettre synodale écrite plus tard par les évêques de l'Istrie, dans Mansi, op. cit., t. x, col. 464. 2. Voyez les deux lettres du pape Pelage II (elles sont à proprement parler l'œuvre de son diacre saint Grégoire le Grand) dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 891-899, 433 sq. ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 414. Cf. Noris, op. cit., t. i, col. 710 sq. 3. Ils se trouvent dans Mansi, op. cit., col. 923 sq., et ils y sont déclarés apocryphes, à la col. 927 ; cette opinion a été partagée par Rubeis, Monum. Eccles. Aquil., p. 237 sq. , et parWalch,o/>. cit., p. 364. Noris, Opéra, col. 704, a défendu ce synode ; mais les Ballerini l'ont réfuté, en prouvant qu'en réa- lité l'assemblée n'avait pas eu lieu. Noris, Opéra, t. iv, col. 1055 sq. 4. Paul diacre, De gestis Longobard., 1. III, c. xxvi, P.L., t, xcv, col. 527 281. S. GRÉGOIRE LE GRAND s'eMPLOIE POUR l'uNION 151 [919] 281. Saint Grégoire le Grand s'emploie pour l'union. Conciles schismatiques. Dès que saint Grégoire fut monté sur le siège pontifical, le 3 sep- tembre 590 *, il employa tous ses soins à rétablir la paix de l'Eglise et obtint de l'empereur Maurice un ordre pour que Sévère d'Aqui- lée (Grado) et ses suffragants fussent appelés à Rome pour un col- loque pacifique 2 . Afin de parer ce coup, les sectaires tinrent immé- diatement deux conciles. Sévère et les évêques schismatiques de la Haute-Italie dépendant de l'empereur, se réunirent à Grado, et ceux qui étaient soumis aux Longobards se réunirent en une autre localité, qui n'est pas désignée: car, par crainte de leur gouverne- ment, il leur sembla prudent de ne pas approcher trop des fonction- naires impériaux. Nous avons, de ces deux conciles, d'abord une lettre adressée à l'empereur Maurice, et signée par dix évêques de la Vénétie et de la Hhétie II e : Ingénuinus de Sében 3 , Agnellus de Trente, Junior de Vérone, etc. 4 . Ils disent que « le pape Vigile et presque tous les évêques avaient déjà déclaré qu'il était tout à fait condamnable de porter l'anathème contre les Trois Chapitres. Vigile en particulier, avait déclaré, dans un édit publié dans toutes les provinces, que quiconque se permettrait un pareil anathème, encourrait l'excommunication (ils ignoraient complè- tement l'ordonnance ultérieure du pape Vigile). Sans doute plu- sieurs évêques s'étaient laissé autrefois gagner par l'empereur et avaient souscrit à l'anathème, mais, pour eux, ils avaient suivi l'enseignement donné par Vigile, et s'en étaient tenus inébranlablement aux décrets de Chalcédoiue, et avaient rom- et la seconde lettre des évêques de l'Istrie, dans Mansi, op. cit., t. x, col. 446. Cf. Noris, Opéra, t. i, col. 713-716; Ballerini, ibid., t. iv, col. 973 sq. ; Walch, Ketzerhist., t. vin, p. 392, 365. 1. Son prédécesseur Pelage II était mort le 8 février 590, mais, à cause de la peste, le siège pontifical était resté vacant pendant sept mois. 2. S. Grégoire, Epist. ad Severum, 1. I, epist. xvi, P. L., t. lxxvii, col. 491 ; dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 1038. 3. L'évêché de Sében fut ensuite transporté à Brixen, et l'église de Brixen célèbre encore la fête de saint Ingénuinus. Noris, Opéra, col. 740 suppose qu'lngénuinus s'est plus tard réconcilié avec Rome. 4. Mansi, op. cit., t. x, col. 463 sq. ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 524. 152 LIVRE XIV, CHAPITRE III pu toute communion avec ceux qui condamnaient les Trois Cha- pitres. Ils racontaient, en outre, toutes les tentatives faites pour amener leurs collègues, encore soumis à l'empereur, à reconnaî- tre l'anathème porte contre les Trois Chapitres et tout ce que le gouverneur Smaragde avait fait souffrir à l'archevêque Elie et à son successeur Sévère ; comment enfin le pape Grégoire avait voulu tout récemment faire venir Sévère à Rome. L'édit impérial, con- tenant cet ordre, était certainement apocryphe ; mais ils n'en avaient pas été moins troublés jusqu'au fond de l'âme, parce que leur métropolitain Sévère devait par là se soumettre au jugement du pape qui était lui-même partie dans la question, et dont eux et leurs prédécesseurs avaient refusé la communion. Ils avaient demandé à leur archevêque de ne prendre sans eux aucune déci- sion, dans cette affaire qui leur était commune, craignant qu'il ne cédât. Lorsque les troubles suscités par les guerres seraient finis, ils iraient eux-mêmes donner des explications à Constantinople, au sujet de leur communion ecclésiastique, car il convenait de résou- dre la difficulté par un concile tenu en présence de l'empereur. » A la fin, ils menaçaient de se séparer de la métropole d'Aquilée, si l'empereur forçait Sévère à céder. Ils feraient, ajoutaient-ils, cause commune avec les évêques des Gaules, comme l'avaient fait d'autres Eglises, celles de Salzbourg, d'Augsbourg, etc. dans lesquelles des prêtres avaient été intronisés par des évêques francs. Nous n'avons aucun document d'un autre concile tenu par les schismatiques à Grado, sous la présidence de Sévère ; mais nous savons, par une lettre de l'empereur au pape, que ce concile et Sévère firent remettre des présents à l'empereur et envoyèrent des députés à Constantinople. Maurice accéda à leurs prières et ordonna au pape de laisser ces évêques en paix jusqu'à ce que la [9201 tranquillité fût retenue en Italie, et que les autres évêques de l'Is- trie et de la Vénétie eussent été réintégrés dans leurs anciens siè- ges, c'est-à-dire fussent de nouveau soumis à l'empire '. En conséquence, Grégoire dut renoncera agir avec vigueur -, du moins aussi longtemps que Romanus, homme paresseux, avide et ennemi personnel du pape, fut exarque de l'Italie 3 . Grégoire chercha, à extirper le schisme et à procurer la paix générale ; dans ce but, 1. La lettre de l'empereur au pape se trouve dans Mansi, op. cit., t. x, col. 467 ; iïardouin, op. cit., t. m, col. 527. 2. S. Grégoire, Epist., 1. II, epist. xl vi, P. L., t. lxxvii, col. 583, 'à, Noris, Opéra, t- i, col. 525-527, 282. l'union de la province de milan 153 il écrivit un grand nombre de lettres, entre autres celle qui, dans ses œuvres, porte ordinairement le titre Ad episcopos"' * Hibernise* . Le début de cette lettre prouve qu'elle était adressée à des schismatiques ayant eu beaucoup à souffrir pour n'avoir pas voulu reconnaître le V e concile. Afin de les convertir, le pape Grégoire leur envoya le livre de son prédécesseur Pelage (c'est-à-dire la troisième lettre écrite par ce pape) 2 . Du titre de la lettre on a voulu conclure qu'il y avait eu également un schisme en Irlande au sujet des Trois Cha- pitres, mais une lettre de saint Colomban au pape Boniface, prouve que Colomban n'avait eu connaissance du schisme, au sujet des Trois Chapitres, qu'à son arrivée dans la Haute-Italie ; en Irlande, ce schisme était tout à fait inconnu 3 . Aussi, beaucoup ont-ils pensé qu'au lieu de Hiberniie il fallait lire Istriœ ; toutefois comme les bénédictins de Saint-Maur ont assuré que ni l'un ni l'autre de ces deux mots ne se trouvent dans les anciens manus- crits, les Balleriui ont prétendu, avec raison, que la lettre du pape Grégoire était une epistola encyelica 4 . Après la mort de Romanus,Callinicus fut nommé exarque de l'Italie, l'empereur défendit de molester les Istriens ; mais le général Basile, ami de Grégoire, le soutint dans ses tentatives pour ramener l'union, et plus encore Smaragde, lorsque, en G02, il fut de nouveau nom- mé exarque de l'Italie. L'ile de Capru la (Caorle, près de Venise) se réconcilia avec l'Eglise et obtint un évêque catholique 5 . Quelque temps après, d'autres évêques de l'Istrie, Providentius, Pierre et Firmin de Trieste, se réconcilièrent aussi avec l'Écrlise 6 . o 282. L'union de la province de Milan est reconnue [921] et développée. Saint Grégoire le Grand obtint de meilleurs résultats encore dans l'ouest de la Haute-Italie. Laurent II, évêque de Milan, était 1. S. Grégoire, Epis t., \. II, epist. li,/\ Z., t. lxxvh,co1. 592 auparavant II, xxxvi.) 2. Mansi, op. cit., t. ix, col. 433 ; Hardouin, op. cit., t. ni, col. 421. 3. Bihlioth. Patruin, Lugduni, t. xn, p. 28 sq. ; Walch, op. cit., p. 362. 4. Noris, Opéra, éd. Ballerini, t. iv, col. 776 sq. ; Walch, op. cit., p. 348 sq. 5. Noris, Opéra, t. i, col. 728 sq. 6. S. Grégoire, Epist., 1. V, epist. li ; 1. XII, epist. xxxm, et XIII, 33, P. L., t. lxxvii col. 779, 1243, 1283 dans Mansi, op. cit., t. xi, col. 1231 ; t. x, col. 331, 364 ; Noris, Opéra, t. i, col. 732, 154 LIVRE XIV, CHAPITRE III mort dans la communion de l'Eglise romaine ; la partie du clergé qui se trouvait encore à Milan lui donna pour successeur le diacre Constantin, et imforma de cette élection le pape saint Grégoire le Grand. Le pape envoya aussitôt à Gênes le sous-diacre Jean s'assurer si les clercs de Milan réfugiés dans cette ville étaient satisfaits de l'élection de Constantin ; s'ils l'étaient, ils devaient le faire sacrer par les évêques de la province, avec l'assentiment du pape. C'est ce qui eut lieu ; le nouvel évêque se trouva avec Grégoire dans les rapports les plus amicaux, et obtint de lui \epallium 1 . Peu de temps après, le pape apprit que trois suffra- gants de Constantin avaient rompu la communion avec lui, parce qu'il avait approuvé la condamnation des Trois Chapitres et donné, dans ce sens, une cautio écrite pour le même motif. Théodelinde, la célèbre reine des Longobards, s'était séparée de la communion de Constantin. C'est pourquoi en 594, le pape envoya, des ambassadeurs en Lombardie, avec une lettre pour la reine, et deux lettres pour Constantin. Il déclarait, dans ces dernières, que l'évêque n'avait donné, ni par écrit ni de vive voix, de cautio \y^\ au sujet des Trois Chapitres, que d'ailleurs il n'en avait pas eu besoin, car le pape avait, sans cette garantie, toute confiance en lui. Dans la lettre à Théodelinde, Grégoire proteste de son orthodoxie, assure que sous Justinien (c'est-à-dire lors du V e concile) on n'a rien fait d'opposé au concile de Chalcédoine, et il exhorte la prin- cesse à rentrer en communion avec Constantin, dont elle avait appris l'ordination avec tant de plaisir 2 . Peu de temps après, l'ar- chevêque Constantin écrivit au pape qu'il n'avait pas osé remettre à la reine la lettre qui lui était destinée, parce qu'il y était question du V e concile ; aussi priait-il le pape de lui envoyer une autre lettre. Grégoire le fit, et se contenta, dans cette nouvelle lettre, de protes- ter énergiquement de son attachement aux quatre saints conci- les 3 . Constantin disait encore au pape que l'évêque et les habitants de Brescia lui avaient demandé d'alfirmerpar serment qu'il n'avait pas anathématisé les Trois Chapitres. Grégoire le fortifia dans la pensée de ne pas prêter ce serment, car son prédécesseur Laurent ne l'eût certainement pas prêté, et n'eût pas oublié les 1. S. Grégoire, Epist. ,1. III, epist. xxix etxxx, P. L , t. lxxvii, col. 626, 627. 2. S. Grégoire, Epist , 1. VI, epist. n, ht, iv, P. L., t. lxxvii, col. 795, 796, dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 1157 sq. 3. S. Grégoire, Epist. 1. VI, epist. xxxvm, P. Z., t. lxxvii, col . 828 ; dans Mansi, op. cit., t. ix, col. 1178. 283. FIN DU SCHISME 155 juramenta de sa cautio. Toutefois, pour tranquilliser les habitants de Brescia, il devait déclarer par écrit qu'il n'avait lésé en rien la loi du concile de Chalcédoiue, et qu'il ne recevrait dans sa com- munion aucun de ceux qui auraient osé y porter atteinte ; qu'il con- damnait tous ceux qui condamnaient le concile de Chalcédoine, et qu'il reconnaissait tous ceux qui reconnaissaient ce concile *. Ainsi, non-seulement le pape ne parla pas du V e concile et des Trois Cha- pitres à la reine des Longobards, mais il exigea que Constantin fît complètement silence sur ces points, et ne songeât qu'à travailler àla « réunion avec Rome, » prévoyant bien que le temps calmerait tou- tes les discussions. En effet, le schisme se termina à cette époque, même dans l'ouest, et dans l'est il ne traîna que peu de temps une existence précaire. 283. Fin du schisme. Peu après la mort du pape saint Grégoire le Grand (en 604), mou- [923] rut aussi, en 607, Sévère, le chef des schismatiques de l'Istrie et de la Vénétie, de la Rhétie II e , etc., et le siège d'Aquilée-Grado fut occupé par Candidien, qui fit sa paix avec Rome. Les suffragants d'Aquilée, dont les sièges dépendaient de l'empire romain, rentrè- rent aussi, de gré ou deforce,dans l'union ; mais les métropolitains qui dépendaient du roi des Longobards et du duc deFrioul, se sépa- rèrent de Candidien et s'érigèrent en patriarcat d'Aquilée ; car, pour bien montrer qu'ils se séparaient de Rome, ils avaient osé mettre en avant ce grand nom de patriarcat. C'est probablement à cette occasion que les papes accordèrent aux évèques de Grado le titre de patriarches, pour que ceux qui avaient fait leur paix avec Rome ne parussent pas inférieurs à leurs collègues schismatiques 2 . Il y eut donc deux patriarcats dans la Haute-Italie : Aquilée-Grado, souvent appelé Grado, patriarcat des catholiques-unis, et Aquilée, patriarcat des schismatiques. Sous le pape Honorius (625-638), 1. S. Grégoire, Epist., 1. VI, epist. xxxix, P. L., t. lxxvii, col. 829. 2. Cf. Xoris, Opéra t. i, col. 748, 752, et les dissertations des Ballerini, De patriarcliatus Aquil. origine, dans le quatrième volume de leur édition du cardinal Noris, col. 1051 sq., surtout col. 1068 sq , et aussi Rubeis, Monum. Ecoles. Aquil., p. 287 sq. 156 LIVRE XIV, CHAPITRE III l'union, dans laquelle étaient entrés ceux d'istrie, s'étendit encore plus loin 4 ; mais ce ne fut que sous Sergius I er (687-701) que les derniers schismatiques du royaume de Lombardie rentrèrent dans le sein de l'Eglise, en l'an 700, au concile d'Aquilée -. Déjà avaient disparu, en France et en Espagne, les préventions contre le V e con- cile. L'Espagne avait été, dans cette affaire, induite en erreur par les bruits venus de l'Afrique , mais on n'en vint pas à un schisme, [9241 pas plus dans ce pays qu'en France ; toutefois saint Isidore de Séville, trompé parles auteurs africains, Victor de Tonnenna et les autres, a écrit que, pour plaire aux acéphales, Justinien avait rejeté les Trois Chapitres du concile de Chalcédoine. Les conciles espagnols des vi e et vn e siècles ne s'occupent pas de la question du V e concile, mais peu à peu les décisions de ce concile furent acceptées en Espagne et les relations avec Rome se renouèrent, si même elles avaient été rompues 3 . 1. Les évêques d'Aquilée, Maxime et Agathon, qui, en 649 et en 679, assis- tèrent aux synodes romains, étaient patriarches d'Aquilée-Grado, et non pas de la schismatique Aquilée ; c'est ce que les Ballerini, t. iv, col. 964, ont démontré contre Noris. Cf. Walch, op. cit., p. 399. 2. Bede, De temporum ratione, c. lxvi, écrit sous ce titre : Chronicon sive de sex hujus secuti xtatibus, ad ann. Chr. 708 : Synodus Aquilejse facta y ob imperitiam fidei quintum universelle concilium suscipere diffidit, donec saluta- ribus beati papse Sergii monitis instructa, et ipsa huic cum cœteris Christi Ecclesiis adnuere consentit. P. i., t. xc, col. 569. Cf. Walch, Ketzerkist., t. vin, p. 400. Paul diacre, [De gestis Longobard.) 1. VI, c. xiv, fait le même récit, presque avec les mêmes mots. Après l'union, les deux évêques d'Aquilée et de Grado restèrent en possession du titre de patriarches, sans avoir, du reste, d'autres pouvoirs que ceux de métropolitains ; ils eurent souvent entre eux des difficultés, que le pape Léon IX fit cesser en indiquant d'une manière exacte la limite des deux juridictions (1053). Cf. Wiltsch, Kivchl. Géographie und Statistik, t. i, p. 277, 279. En 1451, le patriarcat de Grado fut transporté à Venise, dont l'évêque a, depuis lors, gardé le titre de patriarche. Après la destruction de la ville d'Aquilée, les patriarches de cette ville transportèrent le siège patriarcal àlJdine, où il resta jusqu'en 1751, lorsque le pape Benoît XIV supprima, sur la demande de l'Autriche, le patriarcat d'Aquilée ; Goritz et Udine furent, en compensation, élevées au titre de métropoles. Toutefois, ce dernier siège fut soumis, quelque temps après, à celui de Venise. 3. Cf. Noris, Dissert, de synodo V, c. ix, § 2, t. i, col. 690, Natal. Alexander, Hist. eccles, secul. vi, Venetiis, 1778, t. v, p. 439. LIVRE QUINZIÈME DEPUIS LE CINQUIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE JUSQU'AUX PREMIÈRES DISCUSSIONS SUR LE MONOTHÉLISME CHAPITRE PREMIER CONCILES DE LA FIN DU VI* SIECLE 284. Conciles francs du milieu du VI e siècle. [*] Plus d'un siècle s'écoulera avant que nous rencontrions un nou- veau concile œcuménique. En revanche, nous trouvons clans cet intervalle un très grand nombre de conciles peu importants ; la plupart se sont tenus en Orient ; il y en a eu cependant un certain nombre en Occident. Peu après le début des discussions sur les Trois Chapitres, et avant la célébration du V e concile œcuménique, il se tint dans les royaumes francs cinq conciles que nous avons omis pour ne pas interrompre le récit des discussions sur les Trois Chapitres. Le 28 octobre 549 fut célébré le V e concile d'Orléans, dont le procès-verbal fut signé par 7 archevêques, 43 évêques et 21 repré- sentants d'évêques absents 1 . Les sept archevêques étaient, d'après 1. Baronius, Annales, ad ann. 549, n. 25-28 ; Pagi, Critica, ad ann. 549, n. 19-20 ; Sirmond, Concilia Galliœ, 1. 1, p. 277 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 390- 401, 1849 ; Hardouin, Coll. concil., t. u, col. 1443 ; Martène, Thés. nov. anecdot., 1717, t. iv, col. 57 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 127 sq. ; D. Ceillier, Hist. gêner, aut. ccclés., 2° édit., t. xvi, p. 737 ; D. Rivet, Hist. litt. de la France, t. m, p. 247 ; Colonia, Hist. litt., Lyon, 1728, t. i, part. 2, p. 312-334 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 1375; Bouquet, Rec. hist. Gaules, t. iv, col. 107 ; Bruns, 158 LIVRE XV, CHAPITRE I l'ordre suivi dans le procès-verbal : Sacerdoce de Lyon (probable- [2] ment président du concile), Aurélien d'Arles, Hésychius de Vienne, Nicétius de Trêves, Desideratus de Bourges, Aspasius d'Eause et Constitutus de Sens *. L'évêque d'Orléans, exilé sur de fausses accusations, n'assistait pas au concile que Childebert I e ', roi de Paris (fils de Clovis), avait convoqué pour juger le cas de cet évêque sans parler d'autres affai- res. Il fut déclaré innocent et réintégré sur son siège 3 . Ce concile paraît en outre avoir été convoqué à propos d'une hérésie qui s'était propagée dans les environs d'Orléans. L'ancienne biogra- Bibliotheca ecclesiastica, part. 2, p. 208 sq. : Maassen, Conc. sévi merov., 1893, p. 99-13 2. Dans YEpitome Hispanica, cf. Maassen, Quellen, t. i, p. 646 sq., on trouve des passages du concile d'Orléans sous le titre : Ex concilio Arvennes Francise. Dans la Collectio Hispana le concile est mis sous le titre Arver- nense II, voir par exemple Gonzalez, Conc. Hisp., t. i, col. 273. Induits en erreur par cette mention, Sirmond et ceux qui l'ont copié ont imaginé de faire réunir un concile en Auvergne peu de temps après celui d'Orléans, concile qui n'aurait eu d'autre mission que de promulguer et de confirmer les canons déjà portés. L'erreur ne peut faire l'objet d'un doute puisque, dans les manus- crits de YHispana, on trouve le début du concile d'Orléans, avec la mention expresse de sa convocation par Childebert in Aurelianensi urbe, contredisant formellement et infirmant le titre rapporté plus haut. Maassen, Quellen, t. î, p. 209-210. Gonzalez a noté cette phrase qui ouvre le proœmium sans lui appar- tenir, semble-t-il, le moins du monde et que Maassen, Concilia, p. 108, se con- tente de transcrire sans prétendre à l'expliquer : Ubi beatus Peints divinitus inspiratus et eonfessione sua omnibus credentibus pro fut unis : Tu es, inquit, Christ u s Filius Dei vivi, nec immerito beatus pronuntiatur a Domino et a prin- cipali. (H. L.) 1. Dom Ceillier, Histoire générale des auteurs sacrés, Paris, 1748, t. xvi, p. 737, et les auteurs de YHistoire littéraire de la France, t. m, p. 247, comp- tent Urbicus de Besançon et Avolus d'Aix parmi les métropolitains ; mais Besançon et Aix ne furent élevées au rang de métropoles que sous Charlema- gne. Wiltsch, Kirch. Géographie und Slatistik, Berlin, 1846, t. i, p. 303. Dans les signatures du procès-verbal de ce concile les évêques de Besançon et d'Aix ne signent pas immédiatement après les archevêques ; ils ne signent que beau- coup plus bas, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas comptés au nombre des métropolitains. 2. Orléans avait fait partie du royaume de Clodomir jusqu'à la mort de ce roi tué en 524 dans une rencontre avec les Burgondes. 3. Grégoire de Tours, Vitse Patrum, n. vi, 5, dans Scriptores rerum Mero- vingicarum, t. i, p. 683 : Apud Aurilianensim autem urbe m, incriminato ab iniquis Marco episcopo et in exilium truso, magnus episcoporum conventus est adgregatus, Childeberto rege jubente : in qua synode» cognoscentes beau epis- copi hoc esse vacuum, quod contra eum fuerat musitatum, eu/n cis'itati et ca- 284. CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIÈCLE 159 phie de Domitien, évêque de Maestricht, éditée par les bollandis- tes(7 mai), à laquelle nous devons ces détails, dit que cette hérésie était celle d'Arius 1 . Mais le premier canon parle, non de l'arianisme, mais du mono- physisme et du nestorianisme, et, comme nous sommes précisé- ment à l'époque de la discussion sur les Trois Chapitres, on peut supposer que les défenseurs des Trois Chapitres accusaient leurs adversaires de monophysisme, et ceux-ci leur renvoyaient l'accusa- tion de nestorianisme. 11 se peut d'ailleurs que les deux partis se soient laissé gagner par ces deux hérésies. La biographie poursuit : « Dès l'ouverture du concile, les héréti- ques avaient développé leurs erreurs avec de grands éclats oratoires ; mais l'évèque Domitien, parlant au nom de ses collègues, démon- tra leurs erreurs, par des preuves tirées de la sainte Ecriture, et en [3] convertit un très grand nombre. » Ceux qui résistèrent furent ex- clus de l'Eglise et exilés. Voici l'abrégé des décisions prises dans les vingt-quatre canons : 1. Condamnation des erreurs d'Eutychès et de Nestorius. 2. Aucun évêque ne doit excommunier un fidèle sur des motifs insuffisants 2 . 3. Aucun évoque, prêtre ou diacre, ne doit avoir de femme chez lui, et même les femmes qui lui sont parentes ne doivent pas se trouver dans sa maison à des heures indues 3 . 4. Lorsqu'un clerc, de quelque degré qu'il soit, revient à la vie conjugale, il doit, sa vie durant, être rayé du catalogue des clercs (?) thedrse suse restituant, cf. Hardouin, Coll. conc, t. n, col. 1450; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 138. (H. L.) 1. Cette biographie se trouve réimprimée dans Mansi, op. cit., col. 138 sq. Trajectum sur la Moselle, ou Trajectum Tungrorum, est aujourd'hui Maestricht. Le siège de l'évèché était autrefois Tongres, dans le voisinage de Maestricht ; il a été plus lard transféré à Liège. Les signatures du présent concile parlent d'un Domitianus episcopus Ecclesise Tungrensis. Nous avons vu plus haut, § 249, au Ie r concile de Clermont (535), un autre Domitien, évêque de Tongres (ou Cologne). 2. Inséré au Corpus juris, C. XI, q. m, c. 42. (H. L.) 3. Yoici la fin du canon : Quod si episcopus mine vetita uti sub quadam prse- sumptione voluerit, anno uno a metropolitano vel a comprovincialibus suis ab officio suspendatur ; clerici veto a propriis episcopis modo, qui supra scrip- tus est, corrigantur. Cf. Conc. Aurelian., ann. 538, can. 4. (H. L.) 160 LIVRE XV, CHAPITRE I {ab honore accepti ordinis) et dépouillé de ses fonctions (ab officio) 1 ; maison doit lui accorder la communion ' 2 . 5. Aucun évêque ne doit promouvoir un clerc ou un lecteur étranger, ou le prendre pour lui, sans l'assentiment de l'évêque de ce clerc 3 ; s'il le fait, il devra rester six mois sans dire la messe 4 , et le clerc ainsi promu sera, selon qu'en aura jugé son propre évêque, suspendu 5 . 6. Aucun évêqutî ne doit ordonner un esclave ou un affranchi, sans l'assentiment de son maître ou de celui qui l'a affranchi. S'il le fait, il sera six mois sans dire la messe, et celui qu'il aura ordonné devra revenir à son maître ; toutefois celui-ci devra le traiter conformément à son état (ecclésiastique). Si ce maître ne le fait pas, l'évêque devra lui donner deux autres esclaves, et deman- der pour son église celui qui a été ordonné 6 . 7. Lorsque des esclaves ont été affranchis parleurs maîtres dans les églises 7 , 1 Eglise doit défendre leur liberté 8 . 8. Lorsqu'un évêque vient à mourir dans une ville, aucun autre évêque ne doit, avant que le siège ne soit réoccupé, ordonner des clercs dans cette ville, ni dans les paroisses, ni consacrer des autels, enfin prendre quelque chose des biens de l'Eglise 9 . 9. Aucun laïque ne doit être ordonné par un évêque, s'il ne s'est écoulé un an depuis sa conversion 10 . Pendant ce temps, il devra être soigneusement instruit sur la discipline et les règles ecclésias- tiques par des hommes savants et éprouvés **. 1. Hinschius, System des kathol. Kirchenrechts, t. iv, p. 808, n. 1. (H. L.) 2. Thomassin, Ane. discipl. de l'Eglise, part. I, 1. II, c. lxii, n. 2 ; Conc. Aurelian., ann. 541, can. 1? ; Loening, Geschichte des deutschen Kirchenrechts , t. n, p. 317, n. 1. (H. L.) 3. Hinschius, op. cit., t. i, p. 93, n. 7. (H. L.) 4. Cf. Conc. Aurelian., ann. 538, can. 16. (H. L.) 5. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 731, n. 6 ; p. 810, n. 2. (H. L.) 6. Thomassin, op. cit., part. II, 1. I, c. iv, n. 4 ; Conc. Aurelian., ann. 511, can. 8 ; Hinschius, op. cit., t. i, p. 33, n. 2. (H. L.) 7. Thomassin, op. cit., part. II, 1. III, c. lxxxviii, n. 6 ; Conc. Arausic, ann. 441, can. 7. Cf. Cod. Theodos. De manumissionibus in ecclesiis, 1. IV, tit. vu, n. 1; Dictionn. d'archéol. chrét. et de liturgie, t. i, au mot : Affranchis- sement. (H. L.) 8. Code Théod., 1. IV, tit. x, 1. 1 ; Loening, op. cit., t. n, p. 232. (H. L.) 9. Cf. Conc. Aurelian., ann. 538, can. 16 ; Thomassin, op. cit., part. III, 1. II, c. lu, n. 29. (H. L.) 10. Sur le sens du mot conversion, cf. Concile de Lérida, can. 2e, dans le paragraphe 237. Pour le texte de ce canon, voir le canon 2e du concile d'Arles de 524. (H. L.) 11. Thomassin, op. cit., part. II, 1. I, c. lxxxv, n. 10. La sanction portée contre 284- CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIÈCLE 161 10. Nul ne doit acheter un évêché, ni l'obtenir à Faide de pré- sents i ; mais tout nouvel évêque devra être élu par le clergé et par [•*] le peuple -, conformément aux anciens canons, et avoir l'assenti- ment du roi 3 ; il sera sacré par le métropolitain, ou par son rem- plaçant, et en union avec les autres évêques de la province 4 . Quiconque achète un évêché ou est ordonné pour des présents sera déposé 5 . 11. On ne devra pas imposer à une paroisse (diocèse) un évêque dont elle ne veut pas G , et les laïques et les clercs ne devront pas être forcés par des puissants à adhérer (à unepareille intrusion). L'évèque intronisé ainsi de force perdra pour toujours la dignité épiscopale 7 . 12. On ne doit donner à aucun évêque un successeur de son vivant 8 ni placer sur son siège un autre évêque si ce n'est lorsqu'il a été déposé pour une faute capitale 9 . 13. Nul ne doit garder, aliéner ou soustraire ce qui a été donné aux églises, aux couvents, aux hôpitaux; s'il le fait, il devra, con- formément aux anciens canons, être exclu de l'Eglise comme meur- trier des pauvres 10 , jusqu'à ce qu'il ait rendu ce qu'il a pris 11 . 14. Aucun évêque, aucun clerc, et en général personne ne doit s'emparer des biens d'une autre Eglise, ni les recevoir 12 . l'évèque qui contrevient à cette prescription est la suivante : Quod si hoc quis- que episcoporum transcendere quacumque conditione prxsumpserit ordinandum anno integro ab officio vel a caritate fratrum habeatur extraneus. (H. L.) 1. Conc. Arvern., ann. 535, can. 2. (H. L.) 2. Conc. Arvern., ann. 535, can. 2 : electione clericorum velcivium ; Conc. Au- relian., ann. 538, can. 3 : cum consensu cleri velcivium eligatur. (H. L.) 3. Cf. Waitz, Deutsche Verfassungsgeschichte, t. n, p. 393, n. 1 ; Loening, op. cit., t. n, p. 180, n. 2 ; Hinschius, op. cit., t. n, p. 518, n. 6, 7. 4. Conc. Nicsen., can. 4 ; conc. Antioch., can. 19 ; Thomassin, op. cit., part. II, 1. II, c. x, n. 12 ; Hinschius, op. cit., t. i, p. 101, n. 6 ; t. n, p. 512 ; Loening, op. cit., t. n, p. 179, n. 1. (H. L.) 5. Conc. Aurelian., ann. 533, can. 4. (H. L.) 6. Le canon débute ainsi : Sicut antiqui canones decreverunt, allusion à YEpist. Cœlestini I ad episcopos per Viennensem et Narbonnensem pi-ov., com- mençant par ces mots : Cuperemus quidem (Jafîé-Wattembach, Regesta, n. 369) et dont le c. 5 contient ces mots : Nullus invitis detur episcopus. (H. L.) 7. Cf. Conc. Arvern. , ann. 535, c. 2. (H. L.) 8. Cf. Conc. Lugdun., ann. 517, can. 3. (H. L.) 9. Thomassin, op. cit., part. II, 1. I, c. lviii, n. 4 ; Loening, op. cit., t. n, p. 195, n. 3. (H. L.) 10. Cf. Conc. Agath., ann. 506, can. 4. (H. L.) 11. Cf. Conc. Aurelian., ann. 541, can. 25. (H. L.) 12. Cf. Conc. Arvern., ann. 535, eau. 5. Voici la sanction : Quod si fecerit, CONCILES - III — 1 1 162 LIVRE XV, CHAPITRE I 15. Pour ce qui concerne le xenodockium fondé à Lyon par le roi Childebert I er et sa femme Ultrogothe *, l'évêque de cette ville ne doit revendiquer pour lui ou pour son église aucun des biens qui lui ont été attribués 2 . Quiconque portera atteinte aux droits ou aux biens de ce Xenodockium sera frappé d'un anathème irrévo- cable comme meurtrier des pauvres 3 . 16. Celui qui veut reprendre ce que lui-même ou ses aïeux ont donné aux prêtres et aux églises, ou à tout autre lieu consacré, doit être excommunié, comme meurtrier des pauvres 4 . 17. Quiconque a un conflit avec un évêque ou avec un intendant des biens de l'Eglise (actor), doit d'abord chercher à arranger l'af- faire à l'amiable. S'il n'y parvient pas, qu'il s'adresse au métropo- litain. Si l'évêque, ainsi mis en demeure, ne donne pas satisfaction à ses adversaires, après une double exhortation de son métropoli- tain, et s'il ne comparaît pas devant ce métropolitain, il sera exclu de la communion fraternelle (a charitate) du métropolitain jusqu'à ce qu'il comparaisse et s'explique sur ce débat 5 . S'il est prouvé qu'il est dans son droit, celui qui a porté cette fausse accusation sera excommunié pendant un an 6 . Mais si le métropolitain a été deux fois prié par un des évêques de sa province de s'occuper d'une affaire, et s'il ne le fait pas, l'évêque devra déférer son affaire au prochain synode et se conformer à la décision de ses comprovinciaux 7 . 18. Renouvellement du 19 e canon du second concile d'Arles 8 . tamdia habeatur a communione altaris vel ab omnium fratrum ac filiorum cari- tate suspensus, donec ipsi ecclesix, cujus directo ordine juris est ablata resti- tuât, Hinschius, op. cit., t. iv, p. 802, n. 2. (H. L.) 1. Sur cette princesse, cf. Grégoire de Tours, Hist. Francor., 1. IV, c. xr j I. V, c. xlii, De virtutibus S. Martini, c. xn ; Fortunat, carmen vi, n. 6. (H. L.) 2. Thomassin, op. cit., part. III, 1. II, c. vu, n. 6. (H. L.) 3. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 812, n. 3 ; Thomassin, op. cit., part. I, 1. II, c. xciv, n. 9 ; Loening, op. cit., t. n, p. 651, n. 2. (H. L.) 4. Voir le can. 15 et, plus loin, Conc. Aurelian., ann. 541, can. 14, 19. (H. L.) 5. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 742, n. 9, 10 ; p. 743, n. 3. Sur l'expression a charitate alicujus, cf. supra, § 113, canon 11 e du V e concile de Carthage ; § 201, canon 20 ô du concile de Chalcédoine. (H. L.) 6. Loening, op. cit., t. n, p. 510, n. 1 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 802, n. 1. (H. L.) 7. Si metropolitanus... observare, voir le Corp. juris can., causa IV, q. iv, can. 4. Cf. Hinschius, op. cit., t. n, p. 5, n. 4. (H. L.) 8. Conc. Arelat., ann. 442-506, can. 19 ; Hinschius, op. cit. t t. in, p. 474, 284. CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIECLE 163 1 51 19. Les jeunes filles qui entrent volontairement dans un monastère, ou qui y sont offertes par leurs parents, doivent garder, pendant un an, l'habit qu'elles avaient lors de leur entrée. S'il s'agit d'un monastère où elles ne sont pas perpétuellement recluses, elles porteront pendant trois ans l'habit qu'elles ont apporté avec elles, et ce n'est qu'après ce temps qu'elles prendront l'habit de l'ordre. Si, plus tard, elles sortent et se marient, elles seront excommuniées, elles et leurs maris. S'ils se séparent, ils pourront être de nouveau admis à la communion *. 20. L'archidiacre ou le prévôt de l'église doit visiter, tous les dimanches, les prisonniers, afin que leur misère soit, selon le com- mandement de Dieu, adoucie par la miséricorde. L'évêque doit pré- poser une personne fidèle et laborieuse pour veiller aux besoins des prisonniers. L'évêque couvrira les frais nécessaires 2 . 21. L'évêque doit s'occuper en particulier des lépreux, et veiller à ce qu'ils aient de quoi se vêtir et se nourrir : ^. 22. Si un esclave coupable s'est réfugié dans une église (comme dans un asile), on ne doit, conformément aux anciennes ordonnan- ces, le rendre que lorsque son maître aura promis par serment de lui pardonner. Si le maître ne tient pas sa promesse, et persécute cet esclave, il sera exclu de tout rapport avec les fidèles. Si, le maître ayant prêté ce serment, l'esclave ne veut pas sortir de l'église, son maître pourra l'en faire sortir de force 4 . Si le maître est païen ou étranger à l'église, il devra prendre, comme cautions de la promesse de pardon faite à l'esclave, plusieurs personnes d'une piété reconnue 5 . 23. On doit tenir tous les ans un concile provincial 6 . 24. Les anciens canons gardent force de loi. * [Aussitôt après ce V e concile d'Orléans, et dans cette même année 549, dix des évêques qui y avaient assisté se réunirent de n. 6 ; t. iv, p. 736, n. 1. Cf. Conc. Aurelian., ann. 538, c. 1 ; Loening, op. cit., t. ii, p. 204, n. 1. (H. L.) 1. Thomassin, op. c/f., part. I, 1. III, c. xlv, n. 3 ; Loening, op. cit., t. ii, p. 396, n. 2. (H. L.) 2. Thomassin, op. cit., part. II, 1. III, c. lxxxvii, n. 1. 3. Cf. Conc. Aurelian., ann. 511, can. 16; Thomassin, op. cit., part. III, 1. III, c. xxix, n. 2 ; Loening, op. cit., t. n, p. 243, n. 1. (H. L.) 4. Conc. Aurelian., ann. 511, can. 3 ; ann. 541, can. 21. 5. Thomassin, op. cit., part. II, 1. III, c. xcvn, n. 5 ; Loening, op. cit., t. n, p. 537, n. 3 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 385, n. 6 ; p. 845, n. 5. (H. L.) 6. Conc. Aurelian. , ann. 541, can. 37. (H. L.) 164 LIVRE XV, CHAPITRE I nouveau en concile à Clermont, en Auvergne {Arvernense II) ; s'y trouvaient notamment les quatre archevêques de Vienne, de Trêves, de Bourges, d'Eause. Le vrai motif de cette nouvelle réu- nion est inconnu ; nous savons seulement qu'elle renouvela les canons du concile d'Orléans.] * [D'après le manuscrit trouvé à Toulouse par le P. Sirmond, on n'aurait renouvelé que les quinze premiers et le 17 e canon ; mais Mansiena découvert un second contenant des extraits detous ces ca- nons à l'exception de l'avant-dernier, et les attribuant à ce concile de Clermont. Auparavant, Pierre de Marca et Pierre Lalande avaient trouvé dans les archives de l'église d'Urgel (en Espagne) la préface du concile de Clermont qui n'est autre que Ja préface du V e concile d'Orléans, augmentée de quatre lignes ; elle offre du res- te peu d'intérêt i .] Le 1 er juin, probablement de l'année 550, il se tint, sur l'ordre de Théodebald, roi d'Austrasie, un concile à Toul, sous la prési- dence de Nicétius, archevêque de Trêves. Les actes de cette assem- blée sont perdus ; mais nous possédons une note de Mappinius, archevêque de Reims, ayant trait à ce concile , et adressée à Nicé- tius ; elle porte que le roi Théodebald (Mappiniusl'appelleson « fils et seigneur ») l'avait convoqué pour un concile à Toul, le 1 er juin, sans lui dire l'objet de la réunion. Il avait demandé des rensei- gnements plus précis, et avait appris que Nicétius était persécuté de diverses manières, et poursuivi par quelques Francs puissants, qu'il avait excommuniés à cause de leurs mariages incestueux. Mappinius l'assure de son appui, mais ne lui cache pas qu'il aurait dû s'adres- ser à lui (qui était son métropolitain le plus voisin) plutôt qu'au roi. Il remarque en dernier lieu qu'il n'avait reçu la seconde lettre du roi que le 27 ou 28 mai, ce qui l'avait empêché de paraître à Toul le 1 er juin 2 . On est cependant porté à croire qu'il ne voulut pas s'y 1. Nous avons dit, p. 157, noie 1, que ce concile d'Auvergne n'a jamais eu lieu. Le manuscrit de Toulouse, passé ensuite dans la Bibliothèque Colbert et de là à la Bibliothèque nationale (Conc. Gall., édit. de Mauristes, t. i, col. 1067- 1068) a fourni à Sirmond les sommaires des canons 1-14 et 16. Cf. Sirmond, op. cit., t. i, col. 289 : Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 1451 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 142 sq. ; D. Ceillier, op. cit., p. 741 ; Hist. litt. de la France, p. 248. (H. L.) 2. Sirmond, Conc. Gallise., t. i, p. 292 ; Coll. regia., t. xi, col. 654 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 404-405 ; Hardouin, Coll., concil., t. n, col. 1453 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 1393 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 147 ; Gousset, Actes de la province ecclésiastique de Iieims, ou canons et décrets des conciles, [6] 284. CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIÈCLE 165 [7] rendre : car Reims et Toul ne sont éloignées l'une de l'autre que d'environ quarante heures, et les deux villes appartenaient égale- ment au royaume d'Austrasie. Saint Grégoire de Tours nous donne de trop brefs renseigne- ments sur un concile tenu à Metz ; il rapporte ce fait : « Après la mort de saint Gall, évèque de Clermont, les évêques réunis à l'oc- casion de ses funérailles, voulurent lui donner pour successeur le prêtre Caton. Mais, par esprit d'orgueil, celui-ci ne voulut pas recevoir d'eux les ordres, et leur dit : « Retournez dans vos villes, « nam ego canonice assumpturus sum honorem. » Grégoire ne dit pas ce que Caton entendait par ces mots ; mais il ajoute : « Elu évè- que par la majorité des clercs de Clermont, Caton opprima, même avant son ordination, l'archidiacre Cautinus, qui, pour ce- motif, se réfugia auprès du roi Théodebald. Le roi convoqua à Metz un concile, qui sacra ce Cautinus évèque de Clermont 2 . » Ce concile n'eut pas lieu avant 549 ni après 555 : car, en 549, Gall était encore évèque de Clermont, et assistait au V e concile d'Orléans, et, en 555, Théodobald, roi d'Austrasie, mourut. A l'année 551 appartient le concile d'Eause que tint l'arche- vêque Aspasius 3 avec ses suffragants. constitutions, statuts et lettres des évêques des différents diocèses qui dépen- dent ou qui dépendaient autrefois de la métropole de Reims, 4 vol. in-4, Reims, 1841, t. i, p. 33 ; D. Ceillier, Hist. génér. au t. ecclés., Ire édit., t. xvi, p. 306 ; Hontheim, Historia Trevirensis diplomatica etpragmatica, 3 vol. in-fol., Augus- tae Vindelicorum, 1750, t, i, p. 34 sq. (H. L.) 1. Histor. Francor., 1. IV, c. vi, vu, P. L., t. lxxi, col. 273 sq. 2. Mansi, op. cit., t. ix, col. 121. Hardouin, op. cit., n'en parle que dans l'index de son second volume. 3. Eauze, Elusa, Eause, arrondissement de Condom (Gers) ; l'évêché fut transféré à Auch, en 663. Ce concile n'a été rencontré que dans un seul manus- crit de Munich. Lat. 5508, fol. 102 : Sjnodus Aspasi episcopi Sedis apostolicx. Eusèbe Amort l'édita sous le titre de concile tenu à Arles, dans sesElementa juris canonici veterisetmoderni,llhl, t. n, p. 408; J. Friedrich, Drei unedirte Con- cilien aus der Merovingerzeit, mit Erlàuterungen herausgegeben, in-8, Barnberg, 1867, p. 69 ; Maassen, Concilia œvi merovingici, in-4, Hannoverœ, 1893, p. 113. La publication d'Amort passa inaperçue ; l'édition de Friedrich introduisit le concile de 551 dans la littérature conciliaire, mais l'auteur qui donnait le texte comme une découverte ayant été averti par Maassen delà publication d'Amort, vieille d'un siècle, retira sa brochure du commerce. Hefele donna au concile de 551 son rang chronologique dans la deuxième édition de la Conciliengeschi- chte, mais en le plaçant après le concile de Paris ; nous avons sur ce point modifié l'ordre de ces deux assemblées, ce qui explique l'interversion qu'on remarquera dans la pagination marginale, (H. L.) 166 LIVRE XV, CHAPITRE I Les sept canons de ce concile sont ainsi conçus : 1. Quicumque post acceptam psenitentiam ad thorum uxorum suarum sicutcanis advomitum , redisse probatur vel aliis , ta m viriquam femine, se inlicite coniunxisse noscuntur, tam a communione quam a limitibus Ecclesise vel convivio catholicorum sequestratus esse cognoscant i . 2. Si quis vero episcopus, presbyter, diaconus secum extraneam mulierem prseter has personas quas sancta synodus • in solacio cleri- rçn corum esse constituit, habere forte prsesumpserit, autad cellarii secre- tum tam ingenua quam ancilla ad ulla familiaritatem habere voluerit, deposito omne sacerdotale sacrificio remotus se a liminibus sanctse Ecclesise vel ab omni conloquio catholicorum 3 suprascripti synodi or- dine feriatur 4 . 3. De incantatoribus vel eis qui instinctu diabuli cornua prsecan- tare 5 dicuntur, si superiores forte personœ sutit, a liminibus excom- municatione pellantur ecclesise 6 , humiliores vero personœ vel servi, correpti a iudice fustigentur, ut, si se timore[mj Dei corrigi forte dis- simulant, velut scriptum est, verberibus corrigantur 7 . 4. Sacerdotum vero vel omnium clericorum negotio, ut non apud laicos, nisi apud suos comprovinciales episcopos suas exerceant actiones, sanctse synodi arausicse 8 prsecepta convenit custodire ea videlicet ratione, ut, si quis supra scripta prsecepta contempserit 9 , ex- 1. Cf. Conc. Epaon,, can. 23. (H. L.) 2. Conc. Nicsen., can. 3. (H. L.) 3. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 834, n. 2. (H. L.) 4. Cf. Conc. Aurelian., ann, 549, can. 3 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 812, n. 3. (H. L.) 5. Cornua piœcantare, c'est-à-dire prononcer des formules sur des cornes à boire, cf. plus loin, paragraphe 362 : Indiculus superstitionum, n. 22. 6. Cf. Conc. Agath., ann. 506, can. 68; Conc. Aurelian., ann. 511, can. 30. (H. L.) 7. Cf. Loening, op. cit., t. n, p. 464, n. 3; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 803, n. 6. (H. L.) 8. On pourrait croire à une erreur et que c'est à tort que le texte mentionne le concile d'Orange de 441, tandis que c'est le concile d'Arles, tenu entre 442 et 506, qui a porté ce décret dans son canon 31e. C'est ici une nouvelle preuve que le II e concile d'Arles est bien une collection et non un concile. Les canons 26 à 46 du concile d'Arles (sauf les canons 31 et 36) sont extraits du concile d'Orange ; c'est pourquoi dans la collection que nous a transmis le ms. Phil- lips 1743, on lit avant le canon 26e : Capitula de synodo, quse in territorio Arausico celebrata est, mention qui inclut les canons 31 et 36. Cf. Maassen, Quellen, t. i, p. 196. (H. L.) 9. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 831, n. 5 (H. L.) 284. CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIECLE 167 communicatione\nt\ omnium [h]ac detestatione[m] dignus habeatur 1 ; pariterut, si nuis spreto suo pontifice ad laici patrocînia fartasse con- fugerit - cum fuerit a suo episcopo repetitus et laicus eum defensare voluerit, similis eos excommunie adonis pœna 3 percellat. 5. De ordinatione vero clericorum id convenit, ut, cum presbyter aut diaconus ab episcopo petitur ordinandus, prœcedendbus diebus vin, populus quemquam ordinandum esse cognoscat et, si qua vida in eum nuis ex populo forte esse cognoscit, ante ordinationem dicere non désistât 4 ; ut, si nullus conprobadonem certam contradicturus exdterit, absque ulla hesitadone benediedonem inspectas mereatur accipere. nm 6. Si nuis vero pro remedium animse sux mancipia vel loca sanc- ds ecclesiis vel monasteriis offerre curaverit, condido, quant qui dona- verit scripset^it, in omnibus observetur, pariter etdefamiliis ecclesix idintuitu pietads et iusddee convenit observari ut familite Dei levio- re[m] quant privatorum servi opère teneantur, ita ut quarta tribud vel quodlibet operis sui, benedicente[s) Deo ex présente tempore sibia sacerdodbus concessa esse congaudeant 5 . 7. Nam sicut patrum sanctorum nostrorum precejrta déclarant, semelin anno sanctas congre gadoues episcoporum per loca sua con- venire, specialiter convenit observari 6 . Quam rem siquis nostrorum fortasse contempserit, usque adaliam congregadonem sit a caritate fratrum suspensus. kl.Febr. anno XL regni domni nostri Hildiberthi et H/othari rems. En dehors du métropolitain Aspasius, signèrent Julien (de Bigor- re), Proculejanus (d'Auscii = Auch), Liberius (d'Acqs), Théodore (de Conserans), Amélius (de Cominges) et trois autres suffragants, dont on ne connaît pas les sièges. Vers la même époque 7 fut célébré le second concile de Pa- 1. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 814, n. 11. (H. L.) 2. Wailz, Deutsche Verfassungsgeschichte, t. n, p. 194 sq. (H. L.) 3. Hinschius, op. cit., t. iv, p. 832, n. 5. (H. L.) 4. Cf. Loening, op. cit., t. n, p. 283, n. 2. 5. Loening, op. cit., t. u, p. 228, n. 2. 6. Cf. Conc. Aurelian., ann. 549, can. 23. 7. Maassen, Concilia sévi merovingici, p. 115, fixe la date de ce concile en 552 et la justifie ainsi : Acta et subscriptiones huius concilii temporis indica- tions eurent ; anno autem 552 habitum esse concilium ex eo colligimus, quod Gregorius Turon., Hist. Franc, 1. IV, c. xxxvi, de concilio Parisiensi et morte Sacerdotis episcopi Lugdunensis Jus verbis narrât : Decedente vero apud Parisios post sinodum illam, quae Safïaracum expulit, Sacerdote Lugdunense 168 LIVRE XV, CHAPITRE I ris *, auquel assistèrent six métropolitains : Sabaudus d'Arles (succes- seur de saint Aurélien), qui fut probablement le président de l'assem- blée, Hésychius de Vienne, Nicétius de Trêves, Probianus de Bourges, Constitutus de Sens, et Léonce de Bordeaux, avec vingt et un au- tres évêques. Les actes portent que le roi Childebert a convoqué ce concile pour régler différentes affaires de l'Église, et en particu- lier pour pourvoir au siège de Paris, dont l'évêque Saffaracus avait été déposé peu auparavant. On lut les actes concernant Saffaracus, et lorsqu'on arriva à ce passage oùil est dit que Saffaracus avait reconnu sa faute devant plusieurs évêques et clercs, le concile demanda à ces derniers de nouvelles déclarations, et ils assurè- rent que Saffaracus avait fait ces aveux. Un autre évêque, nommé Adarius, assura avoir entendu les mêmes choses de la propre bou- che de Saffaracus. Le concile confirma donc à l'unanimité la déci- sion des anciensjuges, reléguantdans un monastère Saffaracus qui de son propre aveu avait mérité la déposition pour une faute que les an- [8] ciens canons regardaient comme capitale (on ne dit pas en quoi consistait cette faute). Conformément h la décision du dernier concile d'Orléans, rela- tif aux fautes capitales (canon 12), l'archevêque de Sens fut char- gé d'ordonner un nouvel évêque pour Paris. Le procès-verbal n'en dit pas plus long, mais nous savons qu'Eusèbe fut alors institué episcopo... Quo anno Sacerdos episcopus diem supremum obierit in epitaphiu, quod edidit Le Blant, Inscript, chrét. de la Gaule, t. i, u. 24, sic statuitur ; Qui vixit... annis LXV, obiit III id. Sept. [Xli] post consoltum Justini V, cl. cons., indictione prima; in quo titulo numerum XII ante verba post consol- tum adiciendum esse editor monuit. Cum indictio prima respondeat anno 552, inde a mense Septembri, Sacerdos mortuus est 552, Sept. 11, et ideo concilium Parisiense cui Sacerdos adesse jam non potuit, paulo ante celebratum esse conjicere licet. Cui rei nihil aliud videtur repugnare, nisi quod Nicetium, suc- cessorem Sacerdotis, qui epitaphio teste anno 573 apr. 2 obiit, viginti duos annos episcopatum gessisse Gregorius tradit, Hist. Francor., 1. IV, c. xxxvi ; ViUe Patrurn, c. vin, u. 5. Qua re commoti iam editores Gregorii operum nume- rum 22 in 21 mutandum esse censuerunt. Scriptores rerum merovingicarum, t. i, p. 692, n. 3; p. G95, n. 1. 1. La date du premier concile de Paris demeure flottante entre 360-362, voir plus haut, paragraphe 84. Sur le concile de 552, cf. Baronius, Annales, 1597, ad. ann. 557, n. 18-25 ; Pagi, Critica, ad ann. n. 4 ; Sirmond, Conc. Gallise, t. i, col. 301 ; Coll. regia, t. xn, col. 530 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 811-814 ; Hardouin, Coll. concil., t. ni, col. 335 ; Coleti, Concilia, t. vi, coi. 487 ; Mansi, Conc. ampliss. coll,, t. ix, col. 739 ; Maassen, Conc. sévi merovingici, p. 115- 117. (H, L,) 284. CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIÈCLE 169 évèque de Paris *. Comme nous apprenons d'ailleurs que lors du III e concile de Paris en 557, saint Germain était déjà évèque de cette ville, ainsi que nous le verrons bientôt, il s'ensuit que, dès 557, Eusèbe était mort ; ce qui a fait penser à Le Cointe, à dom Cellier et à d'autres que ce second concile de Paris avait eu lieu en 551, et non en 555, comme l'ont prétendu Sirmond, Hardouin, Mansi, etc. " l . Les deux premiers conciles qui suivirent immédiatement le V e concile œcuménique, furent comme lui occasionnés par l'affaire des Trois Chapitres ; aussi les avons-nous déjà étudiés. Ce sont les conciles de Jérusalem et d'Aquïlée, célébrés entre 553 et 555 ; l'un adhéra au V e concile œcuménique, et l'autre lui fit opposition. On ne sait si les évêques de l'Illyrie tinrent aussi une assemblée sous la présidence de Frontinus, métropolitain de Salone en Dalmatie, et s'ils y prirent des résolutions opposées aux décrets du V e concile œcu- ménique. La série des conciles francs se continue par le V e concile d'Arles. Le procès-verbal assez laconique est daté du 29 juin 554 (43 e an- née du règne de Childebert, fils de Clovis), et dit que Sapaudus, archevêque d'Arles, présida 3 . Dix-huit autres évêques ou repré- sentants d'évêques appartenant la plupart, mais non pas tous, à la province ecclésiastique d'Arles, signèrent avec lui 4 . La préface du procès-verbal dit que les synodes provinciaux avaient pour but de remettre en mémoire les anciens canons et d'en décréter de nou- veaux. 1. On ordonne à tous les évêques de la province de suivre, sous 1. Aimoin, De miraculis S. Germani, dans Mansi, op. cit., col. 741. Noie a dans Bini. 2. Cf. Le Cointe, Annales ecclesiastici Francorum, Paris 1665, t. i, col. 778 ; dom Ceillier, op. cit., l' e édit. , t. xvi, p. 774, et Hist. littéraire de la France, t. m, p. 258. 3. Sirmond, Conc. GallLv, t. i, p. 298 ; Lalande, Conc. GallLv, 1660, p. 329 : Coll. regia, t. xn, col. 497 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 780-783 ; Pagi, Critica ad. aan. 554, u. 12 ; Hardouin, Coll. concil., t. m, col. 327 ; Coleti, Concilia t. vi, col. 459 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 702 ; D. Ceillier, op. cit. 1« édit., t. xvi, p. 774 ; D. Rivet, Hist. litt. de la France, t. m, p. 263 ; Bruns Bibliotheca ecclesiastica, part. II, p. 217 ; Maassen, Conc. sévi merovingici 1893, p. 118; A. Malnory, Saint Césaire, évèque d'Arles, 503-543, in-8, Paris 1894, p. 252, 273. (H. L.) 4. Les évêques Simplicius de Sanicium (Senez) et lîilarius de Dinia (Digne) n'appartenaient pas à la province d'Arles, mais à celle d'Embrun. Cf, 170 LIVRE XV, CHAPITRE I peine d'exclusion acommunione velacharitale fratrum, la pratique suivie par l'Eglise métropolitaine d'Arles au sujet des offrandes 1 . [11] 2. Les monastères et le gouvernement des moines ressortent de l'évêque dans le diocèse duquel se trouve le monastère 2 , 3. Aucunabbénedoit, sans lapermission de son évêque, être long- temps absent de son monastère. Sinon il sera puni par cet évêque s , 4. Aucun prêtre ne doit déposer un diacre ou un sous-diacre à l'insu de l'évêque 4 . S'il le fait, celui qui aura été déposé sera de nouveau reçu à la communion, et celui qui aura prononcé la dépo- sition sera lui-même excommunié pendant un an 5 . 5. L'évêque devra s'occuper des religieuses qui sont dans sa ville, et l'abbesse ne devra rien faire contre les règles 6 . 6. Les clercs ne doivent pas détériorer les biens de l'église qui leur sont confiés par l'évêque ; s'ils le font, les plus jeunes (ceux qui ne sont pas sous-diacres) seront châtiés, et les plus âgés seront traités comme meurtriers des pauvres 7 . 7. Aucun évêque ne doit ordonner un clerc étranger, sans une lettre de l'évêque de ce clerc ; s'il le fait, celui qui a été ordonné perdra la dignité reçue [ab honore quem acceperit remotus), et ne pourra pas vaquer aux fonctions qui lui auraient été confiées, et celui qui aura fait l'ordination sera, pendant trois mois, exclu de la communion 8 . Nous ne savons que très peu de chose d'un concile tenu en Bre- tagne (on ne sait en quel endroit) , probablement en 552, et dans lequel Macliaw, évêque de Vannes, fut excommunié, pour avoir, après la mort de son frère Chanaus, comte de Bretagne, abandonné Gallia christiana, t. ni, col. 1113 et 1252, et Wiltsch, Kirchl. Géographie und Statistik, t. i, p. 111. 1. Thomassin, op. cit., part. III, 1. I, c. xiii, n. 6 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 742, n. 10; p. 743, n. 5. (H. L.) 2. Inséré au Corp. jur. can., causa XVIII, q. n, c. 17 ; cf. Conc. Aurcl., ann. 511, can. 19 ; Conc. Aurel., ann. 538, can. 21 ; Loening, op. cit., t. n, p. 371, n. 1. Cf. par contre le concile d'Arles tenu dans l'affaire de Fauste de Lerins avant 461, depuis les mots : Monasterii veto jusqu'à la fin. (H. L.) 3. Loening, op. cit., t. n, p. 371, n. 1. (H. L.) 4. Thomassin, op. cit., part. II, 1. I, c. xvi, n. 10. (H. L.) 5. Hinschius. op. cit., t. iv, p. 810, n. 3. (H. L.) 6. Voir plus haut, note 2. (H. L.) 7. Thomassin, op. cit., part. III, 1. II, c. xvi, n, 13 ; Loening, op. cit., t. ni, p. 704, n. 3 ; Hinschius, op. cit., t. iv, p. 812, n. 3 ; p. 815, n. 3. (H. L.) 8. Cf. conc. Aurelian., ann. 549, can. 5 ; Hinschius, op. cit., t. i, p. 100, n. 2 ; t. iv, p. 810, n. 4. [12] 284, CONCILES FRANCS DU MILIEU DU VI e SIECLE 171 l'état ecclésiastique, pris en main le gouvernement du comté, et repris la femme qu'il avait épousée avant son entrée dans l'état ecclésiastique 1 . On ne sait pas non plus d'une manière positive en quelle année s'esttenu le III e concile de Paris ; toutefois, comme Euphronius de Tours, dont la septième année d'épiscopat se place en 563 -, y assis- ta, il en résulte qu'Euphronius a dû commencer son épiscopat en 556, et par conséquent le concile de Paris n'a pu avoir lieu avant cette date. Sirmond et d'autres le placent pour ce motif en 557 3 . Probianus de Bourges, Prétextatus de Rouen, et treize autres évè- ques, dont les sièges sont la plupart inconnus, assistaient au con- cile. Le plus célèbre d'entre eux était saint Germain de Paris. Le concile porta dix canons dont voici le résumé : 1. Quiconque possède d'une manière illégale et garde le bien de 1 Eglise, doit être excommunié jusqu'à ce qu'il reconnaisse sa laute. De telles gens sont des meurtriers des pauvres. Avant de les punir, l'évêque doit leur adresser un avertissement officiel, afin que l'injuste détenteur du bien de l'Église puisse le restituer. S'il s'y refuse et s'il est nécessaire d'user de contrainte, le voleur recevra un prompt châtiment ; afin de garder un bien de l'Église, nul ne doit, sous peine d'excommunication, prétexter que ce bien est dans un autre royaume (que l'église à laquelle il appartient), car le pouvoir de Dieu ne connaît pas de limites. Nul ne doit garder un 1. Grégoire de Tours, Hist. Franc, 1. IV, c. iv, P. L., t. lxxi, col. 272 ; Mansi, op. cit., t. ix, col. 742. 2. Grégoire de Tours, De miraculis S. Martini, 1. I, c. xxxn, P. L., t. lxxi, col. 935. La septième année d'épiscopat d'Euplironius coïncide avec la deu- me année du règne de Sigebert. 3. Le début de l'épiscopat d'Euphronius de Tours, en 556, est certain. L. Du- chesne, Les anciens catalogues épiscopaux de la province de Tours, p. 26. De plus, Probianus de Bourges, que nous voyons souscrire au concile de Paris, était mort en 573, puisqu'à cette date c'est son successeur Félix qui souscrit au concile de Paris, tenu le 11 septembre 573. Le concile dont il est ici question doit donc prendre place entre 556 et 573 j ce sont les limites extrê- mes adoptées par Maassen, Conc. mvi merovingici, p. 141. Il est impossible de réduire cet écart à l'aide de la chronologie particulière des autres évêques qui souscrivirent avec Euphronius et Probianus. On n'a pas de certitude en ce qui concerne la date de la mort de Paterne d'Avranches, en 563 ou plus tôt. Le Cointe, Annales ecclesiastici Francoruin, t. î, p. 829. Enfin l'accord mot pour mol qui existe entre le le'' canon du concile de Paris et le canon 25e (26e) du concile de Tours, tenu en 567, n'autorise pas l'affirmation d'une dépendance de l'un à l'égard de l'autre et une conséquence chronologique. (H. L.) 172 LIVRE XV, CHAPITRE I bien d'église, sous prétexte qu'il lui a été donné autrefois par le roi ; les évêques, s'appuyant sur les canons, auraient dû depuis longtemps s'élever contre de telles gens ; ils s'y décidaient main- tenant qu'ils étaient ruinés par le préjudice dont ils avaient eu à souffrir. Si l'injuste détenteur d'un bien de l'Église réside dans un autre diocèse, l'évêque (dont il possède injustement le bien) doit en informer l'autre évêque, afin que celui-ci fasse les remontrances au coupable, ou le punisse des peines canoniques ; si autrefois, dans les temps de troubles, quelqu'un s'est emparé des biens de l'Eglise avec la permission du roi Clovis, de bienheureuse mémoire, et les a laissés à ses enfants, ceux-ci doivent les rendre. Les évêques ne doivent pas seulement conserver les actes de fondation, ils doivent aussi défendre efficacement les biens de l'Éo-lise *. 2. On doit aussi punir, comme voleurs des biens de l'Eglise, ceux qui portent préjudice aux biens de l'évêque. 3. Aucun évêque ne doit posséder un bien qui ne lui appartient pas ; s'il en a, il doit le rendre sans prétexter que le roi le lui a donné. 4. Les mariages incestueux sont défendus ; on interdit d'épouser la veuve du frère, la belle-mère, la veuve d'un oncle (frère du père ou de la mère), la sœur de sa propre femme, la bru, la n3i tante (sœur du père ou Labbe, Con- cilia, t. v, col. 830-831 ; Hardouin, Coll. concil., t. m, col. 345 ; Coleti, Con- cilia, t. vi, col. 509 ; Wilkins, Conc. Britann., t. i, col. 18 ; Mansi, op. cit., t. ix, col. 765. (H. L.) 3. Labbe, Concilia, t. v, col. 831 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 765 ; Hardouin, Coll. concil., t. v, col. 1534 ; Libellus synodicus, c. cxix, cxx. Cf. Pagi, Critica, ad ann. 563, n. 2, 3. (H. L.) 4. Labbe, Concilia, t. v, col. 832 ; Coleti, Concilia, t. vi, coL 511 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, col. 767. (H. L.) 285- DEUXIÈME CONCILE DE BRAGA 475 En 562, on célébra un concile à Teilte en Irlande, mainte- nant Teltoron, village situé près de Kells, dans le comté de [15] Meath. Saint Columba 1 , d'origine royale, abbé de Derry et d'autres mo- nastères irlandais, avait, lors d'une visite à son ancien maître l'abbé Finian, copié secrètement son livre de psaumes. Finian re- vendiqua cette copie comme lui appartenant (puisque c'était la copie de son livre 2 ) et le roi de Meath Diarmait 3 , cousin de Colum- ba, donna raison à Finian. Columba fut si irrité contre le roi, comme si ce dernier s'était rendu coupable d'une violation du droit d'asile, qu'il provoqua une émeute contre lui. Un combat sanglant fut livré et Diarmait dut prendre la fuite. A la suite de ce fait, le concile de Teilte prononça l'excommunication ecclésiastique contre Columba sans l'avoir fait comparaître. Columba se présenta alors en personne au concile et la sentence d'excommunication fut levée, mais on lui imposa comme pénitence de convertir autant de païens qu'il avait fait périr de chrétiens par sa faute. Columba abandonna alors sa patrie et devint l'apôtre de l'Ecosse 4 . Ce manuscrit néfaste fut dans la suite vénéré par les Irlandais et regardé comme une sorte de palladium national, militaire et religieux : il existe encore et se trouve entre les mains du clan des O'Donnell 5 . On regarde comme le second concile de Braga en Galice un con- 1. Sur ce personnage, cf. A. Cooke, Saint Colomba, kis life and work, in-8, Edinburgh, 1893; Montalembert, Les moines d'Occident, 1886, t. m, p. 101- 331. (H. L.) 2. Littéralement le « fils de son livre ». (H. L.) 3. Diarmait ou Dermott, roi de Meatli. (H. L.) 4. Excommunié par défaut, Colomba se rendit au synode. Il y trouva pour défenseur le fameux abbé Brendan, fondateur du monastère de Birr. A la vue de Colomba, Brendan se leva et alla l'embrasser. « Comment, lui dirent quel- ques membres du concile, pouvez-vous donner le baiser de paix à cet excom- munié ? — Vous feriez comme moi, répliqua-t-il, vous ne l'auriez jamais excommunié, si vous pouviez voir ce que je vois, une colonne de feu qui le précède et des anges qui l'accompagnent. Je n'ose mépriser un homme pré- destiné par Dieu pour être le guide de tout un peuple vers la vie éternelle. » 5. Sous le nom de Cathac ou Batailleur, le psautier latin fut enchâssé dans une sorte d'autel portatif. Pendant plus de mille ans, il fut porté à la guerre comme un gage de victoire, à la condition d'être posé sur la poitrine d'un clerc aussi pur que possible de péché mortel. Le livre se compose de cin- quante-huit feuillets de parchemin. Reeves, Adamnan, p. 319-321 ; Gilbert, National mss. of Ireland, p. 7-10. Le livre est aujourd'hui déposé au Royal Irish Academy. (H. L.) 176 LIVRE XV, CHAPITRE I cile tenu en 563 1 , parce qu'on a cru, bien à tort, à la réunion d'une autre assemblée à Braga, en 411 . En 563, sept évèques de Galice siégèrent, avec leur métropolitain Lucrèce de Braga, et un grand nombre de prêtres et de clercs. Le métropolitain déclara, dès l'ouverture de l'assemblée, que les évêques souhaitaient depuis longtemps ce concile devenu enfin possible, grâce à la condescen- dance du roi Ariamir. La Galice était alors occupée parles Suèves, et formait un royaume indépendant, gouverné par des princes ariens. Ceux-ci virent naturellement avec déplaisir un concile d'évêques orthodoxes ; mais tout changea de face lorsque Ariamir, que Gré- goire de Tours appelle Charrarich, eut été converti à la foi catho- lique 2 vers l'an 560 par saint Martin, évêque de Dume. Le con- cile de Braga put alors se réunir le 1 er mai 563. Sur la proposi- nçi tion du métropolitain, on s'occupa d'abord de la foi, à cause de l'hérésie des priscillianistes. Nous avons déjà vu 3 que le pape saint Léon le Grand avait engagé les évêques espagnols a s'opposer vigoureusement à cette hérésie et que, sur ses exhortations, deux conciles espagnols très importants s'occupèrent de cette affaire ; l'un à Tolède (comprenant les évèques des provinces civiles de Tarra- gone, de Carthagène, de la Lusitanie et de la Bétique) , et l'autre dans la Galice. Nous ne possédons plus que les actes du premier concile, à savoir un symbole et dix-huit canons. Ces deux docu- ments furent lus à Braga, on y ajouta dix-sept capitula condam- nant l'hérésie priscillianiste, ils étaient précédés de la menace sui- vante: « Le clerc, le moine, ou le laïque qui aura ces sentiments, ou qui les soutiendra, devra être retranché du corps de l'Eglise catholique, comme étant un membre gâté. » Ces canons sont ainsi conçus : 1. Baronius, Annales, 1597, ad ann. 563, n. 14-18 ; Pagi, Critica, ad ann. 563, n. 4-5 ; Coll. regia, t. xn, col. 567 ; Labbe, Concilia, t. v, col. 836-845 ; Har- douin, Coll. conc. t. m, col. 347 ; Coleti, Concilia, t. vi, col. 515 ; Mansi, op. cit., t. ix, col. 835 ; Florez, Espaha sagrada, t. xv, col. 227-238 ; Bruns, Bibliotheca ecclesiastica, part. II, p. 29 sq. ; Aguirre, Concilia Hispaniœ, t. ii, p. 292 sq. La meilleure édition est celle de la Colleccion de Canones de la Iglesia espanola par don Francisco Ant. Gonzalez, con notas y ilustraciones, por D. Juan Téjada y Romiro, Madrid, 1849, t. n, p. 686 sq. ; Mandernach, Gesch. des Priscillianismus, 1851, p. 72 sq. ; Ferreras, Geschichte von Spanien, t. n, p. 252 sq. (H. L.) 2. Grégoire de Tours, De miraculis S. Martini, 1. I, c. xi, P. L., t. i.xxi, col. 923, parle en détail de cette conversion. 3. Voir plus haut, le paragraphe 167. 285- DEUXIÈME CONCILE DE BRAGA 177 1. Quiconque ne professe pas que le Père, le Fils et le Saint-Es- prit sont trois personnes d'une seule substance, ou force ou puis- sance, ainsi que l'enseigne l'Eglise catholique et apostolique, mais soutient au contraire qu'il n'y a qu'une seule personne, de telle sorte que celui qui est le Fils est aussi le Père et le Paraclet, ainsi que l'ont enseigné Sabellius et Priscillien, qu'il soit anathème. 2. Quiconque faisant abstraction de la sainte Trinité, introduit de nouveaux noms pour désigner la divinité, soutenant qu'il y a dans la divinité une trinité de la trinité 4 , ainsi que l'enseignent les gnostiques et les priscillianistes, qu'il soit anathème. 3. Quiconque dit que le Fils de Dieu Notre-Seigneur n'a pas exis- té avant sa naissance de Marie, ainsi que l'ont enseigné, Paul de Samosate, Photin et Priscillien, qu'il soit anathème. 4. Quiconque n'honore pas le jour de la naissance du Christ, mais jeune ce jour-là, ainsi que le dimanche, parce qu'il croit que le Christ n'est pas né avec une véritable nature humaine, ainsi que l'ont enseigné Cerdon, Marcion, Manès et Priscillien, qu'il soit ana- thème. 5. Quiconque croit que les âmes des hommes et les anges sont nés de la substance de Dieu, ainsi que l'ont soutenu Manès et Pris- cillien, qu'il soit anathème. 6. Quiconque dit que les âmes des hommes ont au commence- [17] ment péché dans le ciel, et qu'elles ont été, pour ce motif, en- voyées sur la terre dans les corps des hommes, ainsi que Priscil- lien l'a enseigné, qu'il soit anathème. 7. Quiconque nie que le démon ait été, au commencement, un bon ange créé par Dieu, et soutient que le démon a été formé du chaos et des ténèbres, qu'il n'a pas de créateur, mais qu'il est lui-mê- me le principe et la substance du mal, ainsi que l'ont enseigné Manès et Priscillien, qu'il soit anathème. 8. Quiconque croit que, parce que le démon a apporté sur la terre certaines choses, il a fait de sa propre puissance le tonnerre, les éclairs, l'orage et la sécheresse, ainsi que l'a enseigné Pris- cillien, qu'il soit anathème. 9. Quiconque croit que les âmes et les corps des hommes sont soumis au cours des astres, ainsi que l'ont enseigné les païens et Priscillien, qu'il soit anathème. 1. C'est-à-dire que de chaque personne divine sont sorties trois forces per- sonnelles. CONCILES — III — 1 2 178 LIVRE XV, CHAPITRE I 10. Quiconque croit que les douze signes (du Zodiaque) ordinai- rement observés par les mathématiciens sont divisés selon les par- ties de l'âme et du corps, et sont attribués aux noms des patriarches, ainsi que l'a enseigné Priscillien, qu'il soit anathème. 11. Quiconque condamne le mariage et a la génération en hor- reur, à l'exemple de Manès et de Priscillien, qu'il soit anathème. 12. Quiconque dit que la formation du corps humain et la con- ception dans le sein de la femme est œuvre du démon, et, pour ce motif, ne croit pas à la résurrection de la chair, ainsi que l'ont soutenu Manès et Priscillien, qu'il soit anathème. 13. Quiconque dit que la création de la chair n'est pas, en géné- ral, l'œuvre de Dieu, mais celle des mauvais anges, ainsi que l'ont prétendu Manès et Priscillien, qu'il soit anathème. 14. Quiconque déclare impures les viandes que Dieu a données à l'homme pour sa nourriture, et s'abstient d'en manger, non pour châtier le corps, mais à cause de cette prétendue impureté, et se contente de légumes apprêtés sans viande, comme l'ont fait Manès et Priscillien, qu'il soit anathème. 15. Le clerc ou le moine qui, à l'exception de sa mère, ou de sa sœur, ou de sa tante, ou d'une autre proche parente, adopte une femme, ou la garde chez lui, ou vit avec elle, ainsi que le permet la secte des priscillianistes, sera frappé d'anathème. 16. Quiconque, le jeudi saint, n'assiste pas à la messe, à jeun, dans l'église, à une heure déterminée après none ; mais, suivant l'usage de la secte des priscillianistes, célèbre, à partir de tierce, la [18] solennité de ce jour, en interrompant le jeûne après avoir assisté à une messe des morts, qu'il soit anathème. 17. Quiconque lit les saintes Ecritures falsifiées par Priscillien selon ses erreurs, ou les traités que Dictinius a écrits avant sa conversion, ou d'autres livres des hérétiques, que ceux-ci préten- dent avoir été écrits parles patriarches, les prophètes ouïes apôtres, et s'il défend et accepte leurs fables impies, qu'il soit anathème *. Après avoir promulgué ces dix-sept ordonnances, le concile fit lire un grand nombre de canons disciplinaires, portés par des con- ciles œcuméniques ou particuliers, et une lettre écrite par le pape Vigile, en 538 2 , à Profuturus, ancien archevêque de Braga. Ayant re- 1. Cf. Donatien de Bruyne, Fragments retrouvés d'apocryphes priscillianistes, dans la Revue bénédictine, 1907, t. xxiv, p. 319. (H. L.) 2. Hardouin, Coll. concil., t. ir, col. 1429, sous la fausse suscription ad Eleu- 285. DEUXIÈME CONCILE DE BHAGA 179 connu, de la manière la plus explicite, l'autorité du Siège apostoli- que, le concile donna vingt-deux canons, tendant à établir plus d'uniformité dans les choses de l'Église *. En voici le résumé : 1. Il ne doit y avoir partout qu'une seule manière de chanter les psaumes dans l'office divin du matin et du soir, et il ne doit y avoir nulle part, surtout dans les monastères, de coutume particulière. 2. Lors des vigiles ou des messes