THE UNIVERSITY OF ILLINOIS LIBRARY z?o H3Ç>cPf before the Latest Dotc University oî IlUnoisUbrar^ 1.161 —1H1 PR1MEL) ].\ FRAiNCF HISTOIRE DES CONCILES D APRES LES DOCUMENTS ORIGINAUX PAR Charles-Joseph HEFELE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN THÉOLOGIE, ÉVÊQUB DE ROTTENBOUKO NOUVELLE TRADUCTION FRANÇAISE FAITE SUR LA DEUXIÈME ÉDITION ALLEMANDE CORRIGÉE ET AUGMENTÉE DE NOTES CRITIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES PAR Dom IL LECLERCQ BÉNÉDICTIN DE L'ABBAYE DE FARNBOROUGH TOME VII DEUXIÈME PARTIE PARIS LIBRAIRIE LETOUZEY ET ANÉ 87, BOUL. RASPAIL, RUE DE VAUGIRARD, 82 1916 HISTOIRE DES CONCILES TOME Vil DEUXIÈME PARTIK HISTOIRE DES CONCILES D APRES LES DOCUMENTS ORIGINAUX l'Ait Charles-Joseph HEFELE DOCTEUR EN PHILOSOPHIE ET EN TIIÉ0I.06IE, ÉVÊQL'E DE ROTTENBOURO NOUVELLE TRADUCTION FRANÇAISE FAITE SUR LA DEUXIÈME ÉDITION ALLEMANDE CORRIGÉE ET AUGMENTEE DE NOTES CRITIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES PAU Dom IL LECLERCQ BÉNÉDICTIN DE L'ABBAYE DE FARNBOROUGI1 TOME VII DEUXIÈME PARTIE PARIS LIBRAIRIE LETOUZEY ET ANÉ 87, 130CL. EASPAIL, RUE DE VAUG1RARD, 82 1916 NIHIL 0B8TAT F. Cabrol. Imprimatur Parisiis, die : ,n0 Junii 1910. E. Adam, (•;>. gen. 10 LIVRE QUARANTE-SEPTIÈME LE CONCILE DE BALE JUSQU'A SA TRANSLATION A FERRARE ET A FLORENCE (1431 à 1437) 783. Commencement du concile de Baie jusqu'à *26] la première session générale. Pour le concile de Bâle comme pour celui de Sienne, nous possé- dons aujourd'hui une source abondante de documents longtemps ignorés, dans les Monumenta conciliorum gêner alium seculi ai 1 . Les deux écrits de Jean Stojkowic de Raguse, appelé Jean de Raguse, qui joua à Bâle un rôle important, y sont imprimés pour la première fois et offrent une importance spéciale. Le premier de ces écrits a pour titre : Initium et prosecutio Basiliensis concilii; le second : Tractatus de reductione Bohemorum. Nous apprenons d'abord de ces documents que, dès la deuxième année 2 qui suivit le concile de Sienne, le roi d'Angleterre envoya des ambassadeurs 1. Monumenta conciliorum «eneridiuni seculi decimi quirtii ediderunt Cœs Academise scientiarum socii delegati. Concilium Basileeuse. Scriptorum t. i et n, Vindobonœ, 1857-1873 (H. L.). 2. En 1425, le gouvernement d'Henri "\ I envoya à Rome une ambassade qui put n'être pas du goût de Martin V. Celui-ci,, dans* son aversion pour les conciles n'avait pas cru acheter trop cher l'appui du duc de Bedford, régent d'Angleterre, en payant de faveurs extraordinaires les facilités qu'il lui avait procurées pour se débarrasser du concile de Sienne; Bedford voulait plus et mieux, réclama et n'ob- tint qu'un refus. Cela suffit à tourner l'Anglais vers l'idée de tracasser de son mieux ce pape intransigeant et il ne découvrit rien de plus efficace que de réclamer la convocation d'un nouveau concile. Ce fut l'occasion de messages envoyés par le loi d'Angleterre à quantité de princes, aux électeurs de l'empire, à Jagellonroi de conciles — vu — 43 ' 000370 LIVR1 \l.\ il à Martin V, pour le prier de hâter La célébration l - démarches loi ambassadeurs que ces divers princes entretenaient en cour de Rome. Enfin, une ambassade anglo-française, ayanl à sa tête les abbés de Bcaulieu el d'Ourscamp (William Sulbur) et Jean Picard), s'achemina vers Rome. Lei leux religieux devanl le pape el les cardinaux 27 oovembn montrent presque dési péréi après les échecs de la réforme à Pise, à II Sienne el réduite à s'adresser aux princes temporels. Henri VI demandait que le terme fixé au prochain concile fui considérablement avancé, qu'on ouvrit le ■ I Râle dans le délai d'un an el même plus tôt encore, que le pape y i linaux e1 inaugurât la Réforme. William Sulburj conclut p iots: i II esl .1 craindre, si I l glise néglige la réforme, que les puissances l'entre] . ■! que >i clic i ifuse di - appliquer une correction volontaire, elle en Bubisse une elle du pouvoir Béculier. N. Valois, I ., pape et le concile, t. t, p. i [orme donl Martin \ ae voulait à aucun prix, pas plus que du concile, il rtuail ■■ la fairi dévier en de mesquins correctifs apportés a des maux immenses. On B'explique l'exaspération de tous ceux parmi les contemporains ■ il le relèvement de l'Eglise en voyanl I. - déceptions que leur n pape élu en vue de mettre Gn au désordre e1 d'inaugurer l'ordre -i i J'ignoi it sérieusement ou avec une douce ironie qu N. Valois, op. t. i. p. 80, parle >l Martin V favorable à un genre de réformes, genri tn - particulier n voit, p. 82, que ci • k< • lli nt< - mi suri - n'( un ni que le torl peu poinl appliqu mblables en cela à beaucoup d'autres mesun C'est pourquoi il est permis de considérer comme une regrettable ' li t. 1 smesures prises en uk de résultats qu'on était décidé •> ne pas atteindre, la bulle de dissolution du concile de Sienne, Martin V instituait un • irdinal ueillir, au Bujel des abus de la cour ron l m- les ;i\i~. tous li ■ ignements imaginables. Cela fait, Mar- tin V se proposail de charger dans chaque province certains pr< lats ■ ! travailler Bur placi i I .m m du clergé ; to pro- cachaient le dess in de ue rien faire, de ne pas aboutir. B dire douti la commit même une belle constitution p • lu 13 avril 1425, publiée le 16 mai suivanl (Dôllinger, op. cit., t. xi, p. I Et voilà . puisque désormais les cardinaux auronl à veiller sur leur : • . l servii point nombrt irvoii leurs l mrcr le bon étal matériel et moral -1 immende : il- ne sonl p riliers ci se i rimées. s ont leur tour, on leur rappelle li 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE CALE 665 dant longtemps ne prit pas part à ce concile 1 . Jean de Raguse lui-même vint à Rome plus tard pour les intérêts de son ordre (il était dominicain), et il ne tarda pas à faire observer aux cardinaux et aux autres prélats que l'époque assignée à la convocation du concile de Bâle était près d'arriver. Mais comme le pape n'en disait mot, et qu'il ne faisait pas le moindre préparatif pour le concile 2 , la défense d'un trop long séjour chez les princes, l'acceptation de charges et de missions incompatibles avec leur état, même on les menace de la privation d'une partie de leurs revenus et de la suspense a divinis pour une absence prolongée de six à huit mois. Autres sanctions pour l'archevêque qui ne réunit pas tous les trois ans son concile provincial et pour les évêques qui se dispensent d'y siéger. Et la réforme va son train, atteint celui-ci, frappe celui-là d'autant plus rudement que toutes ces belles dispositions resteront lettre morte et que nul ne songera à appliquer cette constitution. Est-il admissible que si un simple commencement, un timide essai d'application avait suivi, il n'en fût resté nulle part une trace, un vestige, un simple souvenir ? Martin V avait convoqué le concile de Pavie avec l'arrière-pensée de l'annuler, comme il promulguait la constitution de 1425 avec la volonté de n'en pas faire usage; la réforme deviendrait ce qu'elle pourrait. Après cela, il reste toujours possible de dire que « Martin V poursuivait loyale- ment l'amélioration de la société religieuse »; c'est une vue tout édifiante et même plus édifiante qu'historique, à supposer que l'édification puisse naître de la défor- mation de l'histoire. Ce qu'envisageait uniquement Martin V, c'était l'affermisse- ment et l'expansion des prérogatives du Saint-Siège. Du jour de son avènement au pontificat, il n'a plus connu d'autre but à atteindre; mais au lieu d'opérer avec rudesse, il tournait les obstacles, et au lieu de supprimer les institutions contraires à sa politique, il les discréditait avec une rare habileté. La façon dont il s'était débarrassé du cauchemar conciliaire à Pavie et à Sienne montrait son savoir-faire. Cependant « ce n'était que partie remise. L'échéance inévitable du nouveau concile qu'on était convenu de convoquer à Bâle apparaissait dans le lointain, et l'inter- valle même de sept ans qu'on s'était ménagé ne devait point s'écouler sans récla- mations ou démarches tendant indiscrètement à raccourcir ce délai. Du jour où l'on comprit que Martin V répugnait à la forme conciliaire, il était indiqué qu'on usât de cet épouvantail pour obtenir du souverain pontife telle concession ou telle autre. » C'était une taquinerie à peu près inoffensive, mais qui permettait à ses auteurs de lancer quelques vérités bonnes à dire peut-être, mais certainement fâcheuses à entendre. Le roi des Romains n'y avait pas manqué, nous venons de voir que le roi d'Angleterre avait suivi son exemple. Charles VII, à son tour, insista-t-il pour que l'ouverture du concile fût avancée ? Le bruit en courut et telle aurait été la mission confiée à une ambassade française de 1426. Peu après ce fut au tour de Philippe-Marie Sforza, duc de Milan. J. Haller, England und Rom unter Martin V, dans Quellen und Forschungén aus italienischen Archwen und Bibliothehen, 1905, t. vin, p. 268-269 (H. L.). 1. Jean de Pvaguse, dans Monum. concil., t. i, p. 65 (H. L.). 2. L. Pastor, Histoire des papes, t. i, p. 249-250, ne peut retenir cet aveu : « La date fixée pour l'ouverture du concile de Bâle procurait à Martin V un délai de sept années. C'était un temps précieux dont il eût fallu profiter pour travailler LIVR] \ I \ Il on trouva le 8 aovembi jour de la nomination a li- n. il it de Julien I itres, an manifeste affiché dans li qu principaux de I tome '. I • < j u i n concoui re les bu prince .h ..nt l'intention d'adresser à toute la chrétienl lutions suivantes, qui devront itenuea par >\r- théoli ;ii-, au prochain concili tel, d'apn - le instance, « I « » î r être célébré au i prochain : 1. I .1 . bolique esl bi précieuse, que, pour le bon plai h qui que ce soit, fût-il très haut pi a ne doitometti ni contribue à son ;i\ anta 2. Les princes temporels sonl égale menl obligés .'i défendre la foi chrétienne. anciennes hérésies ont été étranglées pai le moyen conci ix; en conséqui ! esl absolument ai : er un concile au mois de an chain i. Toul chrétien esl tenu sous peine de péché mortel di possible pour cria. Si le pape et les cardinaux ue pressenl pas la i ilébration du concile, ou s') opposent, on doit les considérer comme fauti ira d'hérésie. 6. Si le pape n'ou> re pas le concile ain nu', "n par se - i eprésentant s, ousl i ail ■■ obédience a u nom de toute la i , el tous les fidèles doivenl obéir aux pr< lata prt enl 7. Si le • el les i ardinaux ne hfit enl j as la du bent, ou i ifusenl d'y i int Di m double bu mi au ] ' aux . ■ .13 lu'il ai fil r 1. i M.l. L ii, p. 4 ; II. L.) 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 667 Jean de Raguse ajoute que l'auteur de ce manifesir m inconnu, aussi bien que les deux princes dont on y faisait mention ' ; il ne s'était même jusqu'alors présenté personne au concile de Bàle pour le défendre. Du reste, après l'affichage de ce document, les amis du concile devinrent plus entreprenants à Rome -. ■ en vinrent même jusqu'à pousser l'affaire auprès du pape, lequel avait en horreur le seul nom de concile, qui in immensum nomen concilii abhorrebat ; ce récit s'accorde parfaitement avec ce qu'iEneas Sylvius nous a dit plus haut du pape Martin 3 . Sur l'avis de plu- sieurs cardinaux 4 , notamment du cardinal de Plaisance, Branda Castiglione, le pape se décida enfin à désigner, pour présider en son nom le concile de Bâle, le cardinal-diacre de Saint-Ange, Julien Cesarini (d'une famille princière de Rome) 5 , qu'il avait déjà désigné pour l'Allemagne dans la cause des hussites. Le cardinal de [428] Sienne (le futur Eugène IV) fit en sorte que Jean de Raguse accom- pagnât le cardinal Julien en Allemagne, surtout à cause du concile. Lorsque le cardinal Julien Cesarini se mit en route pour l'Alle- magne, 24 janvier 1431, les bulles concernant sa nomination comme président n'étaient pas encore libellées, et Conrad III, évèque d'Olmùtz, les lui apporta à Nuremberg 6 . Il y avait deux 1. On désigna, sans aucune preuve, Albert d'Autriche, et avec plus de vraisem- blance, l'électeur Frédéric de Brandebourg et son gendre Louis de Brieg. N. Valois, op. cit., t. i, p. 89. 2. N. Valois, op. cit., t. i, p. 89. (H. L.) 3. N. Valois, op. cit., t. i, p. 89, observe que le peu de goût du pape pour les conciles ne le détournait pas de les convoquer en temps voulu. Il avait réuni celui de Pavie à 1" expiration du délai de cinq ans après la fin de celui de Constance. Ceci est exact. On a vu aussi avec quelle adresse le pape escamota ce concile de Pavie-Sienne. Dès lors on comprend qu'il se fit un point d'bonneur de convoquer le concile de Bâle dans les délais prescrits, sauf à lui réserver le même sort qu'à son prédécesseur. (H. L.) 4. Il semble que [Martin V avait chargé une commission, composée des cardi- naux de Rochetaillée, Casini, Carillo et délia Porta, d'aviser aux matières à traiter à Bàle. J. Hallcr, Concilium Basileense, t. i, p. 283. (H. L.) 5. Sur Cesarini (1389-1444), cf. II. Fechner, Giuliano Cesarini bis zu sciner Ankunft in Basel, in-8°, Berlin, 1907; L. Pastor, Hist. des papes, t. i, p. 273-275. Il y a plaisir à louer ce grand homme et les panégyristes ne lui on! pas manqué; peut-être ses dons remarquables semblent-ils plus rares encore parce qu'ils se développent en contraste des membres de la cour romaine auxquels il est impossible d'attribuer ces talents et ces vertus. (II. L.) 6. Légat désigné le 11 janvier 1431, départ le 24 janvier; les deux bulles -ont du 1" février 1431 et presque calquées sur celle du 22 février 1423. Monum. concii, t. i, p. 67; t. n, p. 53. (H. L.) Livni \ i \ 1 1 bulles •. la première, Dum omnes t t\i\ lue à Bftle dam la pn Béance 1 ; la Beconde doua a été conservée par .Iran de Raguse. Elle confère .1 Julien le pouvoir, pourvu qu'une légitime caus< te, de proroger le concile, de le dissoudre «>u de le transi dans une autre ville*. Les deux bulles Boni datées du I er !"<'•- 1 1431, (. 3. 1 F. V Valois, "/■. ' 1'.. 1. 1. p. 7-9, 90, 91 : C'étaient, on s'en souvient, pouvoirs qu'avaioni reçus, buil ans auparavant, les présidents envoyés a Pavie. I h!. - différences • taii ni dans I'- titre il'- légal " laiere, que le pape, .1 1 de l'importance de Bon rang, donnail ■ < Cesarini el aussi dans la faculté illimitée qu'il lui laissail de transférer le concile- même en dehors de l'Allemagne : peut Martin V rêvait-il déjà île ram< ner l'ass mblée de Bâle en Italie. .Nmi> n'avions pas besoin 'i'- cette nouvelle preuve pour noua convaincre que Martin V s'attribuait hésitation le droil .le clôturer ou 'le transférer un concile a Bon gn . Si la • aion particulière prise à Constance 1 cet égard, dans la troisièm m, ni les aux posés dans le- quatrième el cinquième, ni les arguments d'analogie tirés du décrel Frequens, ni la protestation faite .1 Sienne par l'abbé tienl pu modifii r ses idées bui ce point. 11 faul di du ien1 accrédité par la plupart des auteurs gallicans, el 'le voir en Martin Y 1. Bcrupuleux observateur des prétendues l"i- inaugun ! ipe qui gouverna 1'] I 1417 à 1431 n'est plus le cardinal Odon Colonna nie troublée du Grand Schisme. Un homme nouveau s'est révéli ■ :i lui, en même temps qu'il mu niait Bur la chaire des Innocent III. des Bonifaci \ III, XI. Il B'esl gardé d'acquii îcer cxpressémenl au principe de la -• matie conciliaire; il a refusé de rien définir quant au >li".i de l'I glise de dôpi apes; il a condamné formellement l'appel interjeté du - i ponti le; il a revendiqué, à maintes reprises, dans Bes bulles, dans sa correspbn- ■ par la bouche de Bes représentants, le .lri.it de transférer le concil de le dissoudi • son gré. Le programme de Bon gouvernement I ■ i ■ d dans nue bulle qu'il i xpédia le 8 janvier 1425 : Nous n'a plus i ile-ir que l'Église universelle affermie d i [ue mainti du dans ~> n.uit !■''• . I dirig ant, le brisant au bi soin, ne capitulant jamais. N.Valois, ■.. t. i, p. II. L.) 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 669 de Raguse, parce que le roi Sigismond y tenait une diète, afin d'engager les princes allemands à une croisade contre les hussites. Mais avant que les bulles fussent parvenues à Julien, le pape Martin V était mort d'une apoplexie foudroyante, le 20 février 1431 1 , profondément regretté de l'Église entière 2 , et des Romains en particulier 3 . Il avait, en effet, restitué à leur ville son ancienne splendeur, et à l'État de l'Église sa grandeur; il avait été un pontife vertueux et ferme; on n'a à lui reprocher qu'un peu trop de générosité envers ses parents 4 . /Eneas Sylvius (plus tard Pie II) dit de lui : Et justi tenax et pacis cultor fuit, desideratus post obitum ab his etiam, qui viventem oderunt 5 . 1. Ce pape fut la proie des Allemands auxquels il prodiguait ses faveurs. Ceux- -ci avaient envahi toutes les places. Pour faire diversion, Martin V complétait son entourage de la plus étrange manière. Lui qui n'entendait rien aux lettres et aux arts, sinon le prix que lui coûtaient les humanistes et les artistes, s'était mis en tête d'accueillir à sa cour les représentants du mouvement littéraire et le plus souillé d'entre eux tous, Pogge, dont il fit son secrétaire; ce n'était d'ailleurs pas le seul qui eût dû recevoir l'ordre de ne jamais pénétrer dans le palais pontifical. Par contre, le pape se montrait sévère à l'excès envers ses cardinaux qu'il choisis- sait avec sagesse, et plus que condescendant à l'égard de sa famille. L. Pastor, op. cit., t. i, p. 288, déclare que Martin V mérita les titres de second fondateur de la royauté pontificale et de restaurateur de Rome, c'est incontestable; il faut y ajouter le titre de préparateur de la grande catastrophe du xvi e siècle. L'huma- niste Loschi composa une inscription à la mémoire du défunt et le nomme « le bonheur de son temps », temporum suorum ieliciias. Pareille chose avait été dite de Caracalla. Il est difficile de composer l'histoire à l'aide des inscriptions dédi- catoires et commémoratives, le mieux est de s'en tenir aux faits. Ceux-ci ne sont pas à l'éloge du défunt. Si on admire les travaux entrepris à Rome et la restaura- tion des Etats de l'Eglise, c'est qu'on s'arrête sur un aspect minuscule de ce ponti- ficat. Le véritable but que Martin V avait à assigner à son activité : la réforme de l'Eglise, il l'a systématiquement écarté et ainsi il a préparé des temps redoutables à son successeur. La pacification de ses états particuliers, la police et le nettoyage de Home viennent beaucoup après l'obligation de conduire l'Eglise du Christ à sa perfection. (H. L.) 2. Non. Le cardinal Gilles de Viterbe, qui appelle les choses par leur nom, dit bonnement que sous ce pontificat : auclis enim gazis ac polentia honesti virtutisque interiit auctoritas, luxus sumptusque adaucii sunt. omnium viliorum gênera excrevere (Rome, Bibl. Angelica, ms. C 8, 19). (H. L.) 3. Non encore. Ce pape, qui n'avait de faveurs que pour les Allemands, était obligé,par défiance du peuplede Rome, depousserle népotisme àl'excès afin de pou- voir compter sur ses créatures et réprimer une émeute toujours menaçante. (H. L.) 4. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxix, col. 1209; L. Pastor, Hist. des papes, t. i, p. 236-237. (H. L.) 5. Dans son Commentarius de rébus Basilese geslis, édité pas Fea dans son ouvrage Pius II a calumniis vindicalus, Romas, 1823, p. 38. Livm \ i \ 1 1 Après un con< l'un Beul jour, tenu dans le couvenl •' dominicains, près de Santa-Maria sopra Miner briel Condol- [4291 merio fut élu, le '■'< mars 1431 : il pril l<- nom d'Eu ne IV. Né à Venise ven 1383, d'une famille riche el ' nom m briel, ■ ■ ; pieu i plus tendre jeui eune i core < bei augustins n antipathie pour Gabriel, utili talents dans plusieurs affaires délicates el jura au les autres cardinaux, uter une Bérie d'articles i ipitulatioD d'élection . el promit de les mettre ;'i exécution au cas où il Berail élevé sur le Saint-Siège 8 . Aussi la ■ publication de ces articles fut-elle 1«' premier soin du nouveau pape '. La première partie concernait l'amélioration n< il. , XV } p. | 3. Ail. von Reumontj <>p. < <'.. t. m. 1'' part., p. 74. 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BAI.E 673 chargé de lui faire connaître les événements qui se produiraient relativement au concile, ou qui lui seraient particulièrement connus, et d'y ajouter son sentiment personnel sur ce qu'il y avait à faire, « attendu que nous constatons un changement chez plusieurs » (Circa negotium concilii generalis, quia in pluribus mutationem esse factam sentimus) 1 . Ce que le pape voulait dire par là, il ne l'a pas fait connaître 2 ; mais on peut bien conclure de ses paroles qu'Eugène avait déjà conçu des hésitations touchant le concile de Baie, à cause de l'espoir récemment fortifié d'une entente avec les Grecs. Au mois de mars 1430, les Turcs s'étaient emparés de Salonique, défendue depuis sept ans par les Vénitiens, enlevant ainsi à Byzance, serrée de plus en plus près, un de ses derniers boulevards 3 . Aussi l'empereur Jean Paléologue se hàta-t-il d'envoyer des ambassadeurs au pape Martin Y, afin de conclure un traité, qui décidait la tenue d'un concile d'union dans une ville des côtes de la Calabre, mais pas plus au nord qu'Ancône. L'em- pereur et le patriarche de Constantinople, les trois autres pa- triarches orientaux, de nombreux évêques et grands de l'Empire, en tout sept cents Grecs, assisteraient à ce concile; quant au pape, 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 561; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1575. 2. (Jabriel Condolmerio avait pressé la convocation du concile de Pavie et. de Sienne, puis, lors de la dissolution, il avait blâmé très hautement la politique de Martin V (J. 11 aller, op. cit., t. i, p. 279). Il avait insisté pour la réunion du concile de Bàle et avait contribué à faire nommer Jean de Raguse comme auxiliaire du légat Ccsarini. A tout prendre, Eugène IV n'avait pas le passé embarrassant que traîna derrière lui Martin V. Venu tard au concile de Constance, après les iv e et v e sessions, il n'était compromis en aucune manière avec les tenants de la supré- matie conciliaire. Neveu de Grégoire XII, il soutenait tout naturellement le droit de son oncle et non moins naturellement niait le droit de Benoît XIII; sa proche parenté pouvait laisser supposer qu'il n'était pas trop indépendant dans la contes- tation, mais, à cause de cela précisément, son opinion se récusait tacitement. Le choix du conclave ne prouvait donc pas grand'chose et il faut bien se garder de lui faire dire plus qu'il ne peut. La lettre du 12 mars, jour de son couronnement, ne confirmait les pouvoirs du légat qu'en ce qui concernait « la cause de la foi », c'est-à-dire la croisade en Bohème, et quelques autres affaires particulières. Puis, devenu soudain hésitant, indécis, le pape ajoutait : « Quant à l'affaire du concile, nous constatons un changement chez plusieurs. Ecris-nous promptement tout ce qui sera survenu ou parvenu à ta connaissance. Joins-y ton avis sur ce qu'il y aurait à faire, et ne manque pas de nous instruire en détail de la situation. » Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxix, col. 561. (H. L.) 3. Raynaldi, Annal., ad ami. 1430, n. 8; J. Hammcr-Purgstall, Geschichte des osmanischen Reiches, t. i, p. 430-436. LIVRE X L V 1 1 il devail er des navires pour transporte! toi imener), de plus payer tous les frais ■ cardinal Julien sarini. Car le concile de Sienne avail été clos l<- 7 mars 1424, ci c'esl après une période as un seul évêque. L'abbé s'en plaignail i le 5 mars L431, au chapitre de la cathédrale de Bâle '. et proposa de délibérer en attendant* de concerl avec le chapitre, sur les questions à traiter dans le concile : la réconciliation -w- ni le 7 mai au i"i Sigismond une ambassade que Jean mond répondit aussitôl que le mi de Brandebourg ferail escorter les députés par i os <|u'il ;i\;iit à \ un-inlicri: : alors on B'achemina vers Eger. Duranl le trajet, les députés rencontrèrent partout des traces de la bar- barie des hussites : villes détruites, églises el châteaux en ruin< iin du i.lnisi el des saints mutilées; ils faillirent eux-mêmi dans le voisinage d'Eger, tomber entre les mains des Bohémien Parvenus au terme '!•• leur voyage, ils décidèrent, conformément au désir >!•■ Julien le roi Sigismond à rompre toutes l< ocia* tions avec les hussites, attendu que ceux-ci refusaient de se sou- mettre d'une manière absolue à la décision du concile '. C'esl à Eger que Sigismond recul de Rome des nouvelle ii.int l'élection d'Eugène IV el les contestations . 76-83. . i. i. p. -. dans '. . Piut II ii. ::'i : •T. P. lant le x v* siîclc, 1. 1, p. 1 1 * 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 677 il ne pouvait, à cause de la guerre contre les hussites et contre Venise, se rendre lui-même incessamment à Bâle; mais il se ména- gerait prochainement un nouvel entretien avec le cardinal Julien, afin de le déterminer à venir au concile; de plus, il prierait le pape d'y comparaître en personne. Il concluait en demandant qu'on voulût bien attendre à Bâle l'arrivée du roi et du pape. — Pendant ce temps, Jean de Raguse, de Bamberg, mettait le cardinal-légat au courant de tout ce qui se passait. Aussitôt après, Sigismond et les députés de Bâle se rendirent à Nuremberg, afin de s'y ren- contrer avec Julien, qui n'y arriva que le 27 juin. C'est dans cette ville qu'un messager pontifical, Léonard de Bascia, lui remit une lettre d'Eugène IV, qui y déclarait ses dispositions bienveillantes vis-à-vis du concile 1 . Cette lettre n'est sans doute que la courte bulle Cerlificati 2 du 31 mai, lue plus tard à Bâle. Le pape y dit « que, puisque jusqu'à présent si peu de prélats sont arrivés à Bâle, il n'est pas nécessaire de désigner un autre président à la place de Julien; on doit plutôt attendre dans cette ville que les affaires de Bohême soient arrangées, ce qui, on l'espère du moins, ne tardera pas : alors Julien se rendra lui-même à Bâle 3 . » A la suite d'un conseil tenu avec Sigismond, le cardinal Julien résolut d'accompagner la croisade en personne, et d'envoyer en [435] attendant à Bâle des représentants chargés de remplir en son nom les fonctions présidentielles. C'est à cette fin qu'il désigna, le 3 juillet 1431, Jean de Palomar 4 , decretorum cloctor et sacri palatii causarum audîtor, et Jean de Raguse. Ce dernier nous fait connaître les instructions que leur donna le cardinal [dans et concedens eisdem plenarie vices suas), et le • sauf-conduit qui leur fut délivré par le roi Sigismond. En vertu d'un deuxième sauf-conduit, le roi prit le concile sous sa protec- tion spéciale. Alors le cardinal Julien adressa des lettres aux 1. Monumenla concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 83-86. 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 13; Hardouin, Concil. coll., t. vin, , col. 1113; Raynaldi, Annal, ad ann. 1431, n. 17. 3. Dans les collections de conciles on trouve la note suivante : Quse quidem huila non est décrétât a, c'est-à-dire elle ne fut pas pleinement reconnue à Bâle (à cause des choses peu agréables qu'elle contenait) ; decrelare — decernere. 4. Ainsi le nomme son collègue Jean de Raguse; dans les actes du concile, il est habituellement appelé Polemar ou Polmar. Il est l'auteur d'une Qusestio cui parendum est, an S. D. N. P. Eugenio IV, an concilio Basilecnsi tanquam super iori, t'ans Dollinger, Beilrâge, t. n, p. 420. (H. L.) LIVRE XL VI 1 pois, aux princes et prélats, les invitant à prendre pan au concile '. 1 e 7 juillet, le cardinal-légat partil pour la Bohême, el ses repi - ntanta partirent Le 9 pour Baie, "ù ils arrivèrent Le 19. I e matin, il endirenl chez les magistrats de la ville auxquels ils ni leui s lel 1 1 es de < umû enl quai re deinai • les magistrats donneraient ;'i imis ceux qui viendraient au mcile «-t y séjourneraient un sauf-conduil en bonne el due fora et veilleraient à leur sécurité dans la \illr; 2° on entretiendrait dans la ville un»' quantité d'approvisionnements suffisante el on ae hausserait pas trop le pi Loyers; 3° les magistra nt de leur influence sur les bourgeois pour assurer '!<■ leur part une attitude pacifique <•! amicale ;'i l'égard des membres du conci i" mi veillerail aux convenances dans la ville, el entre .mires ch( ses on ne tolérerail pas la circulation de femmes de mauva vie, ;il>ws qui s'étah produit ailleurs (à Constance . Les magistrats ,n quiescèrent à < es demandes, et chargèrent Bept bourgeois notables de prendre, d'accord avec les < Iu lut immédiatement après le décret ;i 1 1 pas. Alors les députés de l'uni- v< enl èrenl deux requt ;■ que le concile avail ; ement commen «le > ■ que u cb j aux autres collégial* la ville de paraître au i par i epi ésentanl s. I i . i- \r premier point, que le concile était déjà, p suite «les faits réalisés, stabilitum <■/ firmatum. La rcp< au deuxième point fut difféi entimenl d eux- I. Wonumenta con . t. t. • p. ci/., . ' ' ■ ■ irand, Vi m "■uni. il orum, moralium, amplUsima collectio, t. vni, coL 7-'J, 12-1 . :- étaienl présents. (H. L.) 7S3. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 679 mêmes. Enfin les vice-présidents annoncèrent pour le vendredi suivant (27 juillet) une procession solennelle à la cathédrale 1 . Cependant, malgré les efforts incessants de l'abbé de Vézelay et des députés parisiens, la guerre continuait toujours, dans le voisinage de Bàle, entre les ducs d'Autriche et de Bourgogne; les deux vice-présidents eurent à ce sujet, le 25 juillet, une con- férence avec un fonctionnaire du duc d'Autriche, qu'ils engagèrent à s'employer énergiquement au rétablissement de la paix. Le 27 eut lieu la procession prescrite; Jean Nider, prieur des domini- cains de Bâle (originaire d'Isny enSouabe), y prêcha en allemand. Les jours suivants on envoya des lettres aux princes et aux pré- lats, afin d'augmenter le nombre des membres du concile, et, le 30 juillet, les vice-présidents firent afficher aux portes de la cathé- drale le décret de Constance du 6 juillet 1415, menaçant de peines sévères quiconque ferait obstacle au concile. Le 2 août, on pria le roi Sigismond de mettre fin à la guerre qui sévissait dans les environs de Bâle, et de députer au concile une ambassade solen- nelle, exemple que les autres princes s'empresseraient de suivre. Alors arrivèrent de Nuremberg maître Beaupère, chanoine de Besançon, et maître Denys, envoyés par Sigismond; ils remirent, le 3 août, une lettre de ce prince au concile, expliquant pourquoi il n'y avait pas encore envoyé de plénipotentiaire. Les vice-prési- dents reçurent une autre lettre du cardinal Julien (datée de Weiden, près de la Bœhmerwald, en Bavière, non loin d'Amberg); le légat les y entretenait de ses labeurs et de ses dangers; il leur apprenait 437] aussi que le duc de Bourgogne et le comte palatin du Rhin refu- saient de prendre part à la croisade contre les Tchèques. Le cardinal ne leur cachait pas sa crainte que l'armée des croisés ne manquât de courage. Si elle recule sans avoir rien fait, c'en est fait de la religion chrétienne dans ces contrées 2 . Le 6 août eut lieu la deuxième congrégation du concile, qui se tint, comme beaucoup d'autres, dans la salle (, 1 1 .■ • 1 • t à la bulle qui la contenait, ils ne pouvaient en donner lecture, pa] qu'elle n'était pas destinée à la publicité 1 . A cette occasion, ils louèrenl le pape Eugène comme ils eussenl fait d'un saint et parlèrent résultats satisfaisants '. Dans :es mêmes jours, <>u recul aussi diverses lettres <-t nouvelle <\uc de Savoie envoya au concile un o e rempli n décida, dans l'intérêt du concile, de dépêcher Jean de Raguse à Sigismond el à Julien, <-t maître Beaupère au pape. Mais la nouvelle de l'insuccès de la croisade mtre les bussites 6 h de la prochaine arrivée du légal empêcha les députés de partir. Dès le ,( septembre le i irdinal Julien lit à !. Nous avons parlé plus haul de cette bulle. Elle contienl une phras déli l'endroit 'lu concili • pourquoi elle ne tut public. I qu'il 'lu l 'J i • inij ' !r>- • 1 1 1 î ■ qu'un '. . ! Monui ■ \ '• . t. i. p. S'il allemands nir- oi t pou* lai Cf. L. Pastor, op. t p. 117. (H. L.) 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 681. Bâle sa piteuse apparition; un appartement lui avait été préparé dans le palais de l'Ordre teutonique 1 . Le 11 on lui fit une réception très accueillante en congrégation synodale, et il confirma tout ce que ses représentants avaient fait jusqu'alors, spécialement in statuendo et firmando concilium. Dans la même congrégation, les envoyés du duc de Savoie exhibèrent leurs lettres de créance, avec un message contenant différentes questions et des vœux pour le concile 2 . Le 13 septembre arriva une lettre du roi Sigismond, protestant de son désir de tout faire pour mettre promptement fin à la guerre entre l'Autriche et la Bourgogne. Il n'était pas surpre- nant, ajoutait-il, que le duc d'Autriche (Tyrol) Frédéric inquiétât le concile de Bâle, ayant voulu empêcher celui de Constance, et injustement spolié les évêques de Coire, de Trente et de Brixen. Le lendemain, le cardinal Julien communiqua au concile la bulle pontificale (Certificati), par laquelle Eugène IV le confirmait dans la présidence de l'assemblée. Comme on l'a vu plus haut, les vice- présidents n'avaient pu donner lecture de cette bulle 3 . Le départ de Beaupère pour Rome, différé à cause de l'arrivée de Julien, eut lieu le 17 septembre 1431 4 , et Jean de Raguse, très connu dans cette ville, donna à l'ambassadeur des lettres de recom- 1. « Désormais, comme s'il avait voulu prendre sa revanche, il consacra à l'or- ganisation du concile toute l'énergie vaillante qui ne pouvait plus trouver d'emploi sur les champs de bataille. Tant en son nom qu'en celui des Pères, des lettres pres- santes furent aussitôt lancées de tous côtés afin d'ébranler les retardataires. Point de pompe, point d'escortes nombreuses; mais accourir au plus vite, ou, en cas d'impossibilité, envoyer des représentants : il s'agissait d'éteindre l'incendie déclaré dans la maison du Seigneur. Au surplus, en faisant défaut, on s'exposait à encourir l'excommunication. Lettres datées les unes du 17, les autres du 19 ou du 24 septembre, d'autres enfin du 7 octobre 1431 (Bibl. nat., ms. lat. 1Ô17, fol. 31, 35, 37, 40; Musée britannique, ms. Cotton, Cléop., E 111, loi. 54; Monum. concil, t. i, p. 110, 115, 116; t. h, p. 32; Sitzungsberichle d. Akad. Wien, 1852, p. 606). » N. Valois, op. cit., t. i, p. 117. (H. L.) 2. Les ambassadeurs de Savoie craignaient que les Pères, découragés par leur nombre infime, ne se dispersassent. Monum. concil., t. i, p. 105. (H. L.) 3. Monumenta concil. gênerai, sec. xv } t. i, p. 100-107. 4. Le bonhomme prit son temps, car il n'arriva à Piome que le 2 novembre 1431. Concil. Basil., n, 15; Monum. concil., t. i, p. 117. Pour la date de son arrivée, cf. Deutsche lieichstagsakten, t. x, p. 146 et Monum. concil., t. n, p. 157. Xous l'avons rencontré au concile de Sienne et on l'avait vu, moins à son avantage, dans le procès de Jeanne d'Arc qui lui valut canonicat et gratification. Cf. ûenifle et Châtelain, Le procès de Jeanne d'Arc et l'université de Paris, dans Mêm. de la Soc. de l'hist. de Paris, 1897, p. 13. Il sut aussi tirer profit de son voyage de Bâle à Rome. Cf. N. Valois, op. cit., 1. 1, p. 118, note 6. (H. L.) 1 LivnmxLvn 1 1 1 ■ 1 . 1 1 1 - « 1 1 po il 'm. m l'évoque i I ox| mail Il i \ Loi i • • 1 1 i la déroul e la tnonl ahle <' on pouvait comptoi tjuo sur la n o clo 1* I von du coi I ii ml' in ' .iip.i do ] on d'ara ' la Boni qu'eut re l'Ai terro et lu Fi l'anni c ] ■ • ni . .1. ite prisonni i ' lo ci I n de Maulbronn AU moud il .i l 'mi »c d'Auti l,i Ml 'M'triu- bro 1431, I. cai dinal Julien udi ossa u ne cin i<| ne toi |u< les invitant i npai I ; le en pei tonne, ou par procureurs idoines '. I ne députalion du concile dut alors entamer di ciotion l« 1 relativemenl aux prix de L< eptembre on remil l.i trancher, la question de lavoir si Ion voterait au concili n.iii.ii i ■ 1 1 , 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 ■ 1 1 1 , i • 1 1 attend anl que les I * 6 r e s fussent plu nombreux; on pi ioIuI aussi le môme jour d'inviter les 1 1 lu quel au concile et d'écrire aux Grecs, au roi de Pologne et ù Swidrigal,duc «le I ithuanie, en vue de l'union des Ruthènes avec Romi D li pi m u .i i jours d'octobre, on interdil à tous les membi ■ In ..un Je de quitter Bftle, el on chm < ■> l< oiliciaux de Bftle et de • onstance di convoquer au concile, dans le délai de huit joui |i préluts «If leurs dioi députés furent dési nés pour réformer le dioci e de Bâle, tondis qu'arrivail une Ici i re de .Iran. que de I ouvoin, au cardinal légat et ù Jean de l! i m e, récla- mant avec ni- : h réforme de l'Lglisc. L'évèque \ parle e i i ' i n 1 1 1 1 1 1 1 n . 1 1 1 . i n , * 1 1 1 eu i > e n t s \, M lin. | l I i I II -LUI >l III \ i lit. C0MMEN4 r DU COI ■' N.i. DE B I LE légitime , d'j envoyer des procureurs idoines. Lîi e deuxième lettre adre ;e aux abbés, prévôts, recteu i empts ou non exempts, d< • collégiales engager le duc d'Autriche Frédéric à con- clure une suspension d'armes. Le message mentionnait enfin l'arrivée prochaine ;>u concile d'un envoyé français animé des meilleures dispositions, nommé Simon. Sigismond était d'avis qu'il n'y avait d'autre espoir de ramener les hussites que par l'épée. Ces hérétiques, depuis l'issue malheureuse . vin, col. 164'6 sq. G. Monumenla concil. gênerai, sec ai, i. i, p. 137. Cri deuxième exemplaire de cette lettre fut envoyé a la municipalité '!<■ Nuremberg; un troi . mi ■> la ville LIVRE XLVII contre I» - Pères de Baie. A cette époque, Jean de I ; i recul ■!«• Rome une lettre du «I inicain Vndré; après avoii loué li activité 1 1 1 du ' iiii>i ;ni lieu «lu Chrisl en >i"i\. I 'empereur d< Grecs, ilii-il plus bas, avail eu l'intention d'envoyei ■ Rome ui ande ami de; mais la guerre qui Bévissail dans cette ville et aux environs (à cause des Colonna l'en .i\;iit détourné, lin "M esp< rail ai i h er ;'i l'union. Le 19 octobre, on écrivil de Bftle au e, l<- pria ni de vouli envoyei des députés à Constantinople en \ ue de l'union avec les [441 Grecs, el d'assurer aux Grecs le payemenl de tous les frais q pourrail occasionnel un concile unioniste, suivanl la pron de Martin V. Tou1 le mois d'octobre se | traiter quelques autn affaires de moindre importance : on lii uotammenl dh démar< hes afin d'augmenter le nombre des Pères. Jean de Raguse bç plainl que Satan ait persécuté !<• concile dès le commencement el déchaîné contre lui tous tellites. ' e concile a des ennemis au dedans el au dehors, e1 on peul lui appliquer le texte de l'Ecri- ture : Inimici hominU domestici ejus Matth. x, 36 '. Malheureusement nous n r pouvons féliciter l'épiscopal alle- mand d'avoir montré aucun zèle pour le concile. I. rrèves, Raban, «'lait bien venu à Bâle le 20 octobre 1431, mais il ••a repartil aussitôt; <•! si l«'v métropolitains allemands résolurent, 'Ir-* la li h de septembre, fixation rme, autant, devenu pape, il montra d'hésitation relati en1 au concile de Bftle et à sa viabilité; nous l'avons vu par ses deux lettres à Julien Cesarini du 12 mars e1 «In 30 mai 1431 . \ ''la il 1. M.iuM. Concil. amplits. colL, t. xxxt, col. 127. Jean de Pal on connaît lea dispositions !>i' nveillantea ■> '.'. gard 'lu pape, écrivait ipport, i iimi.ni publié pour la i'p un. i. fois, rapport • a fav< ur d'1 ug< :, \ x aux Pèrea de BAI que I'- pape •> été m. il informé, el «pi'- c'était [son qu ;.ui opposé -i -"M premier '''lit il'- dissolution 'lu concile de Bftle, vu qu'aucune légitima causa ne justifiait cette dissolution. » Maierialien sur GeschiehU i.' . •• Rome, esprita mal disposés .'> l'égard d< l' Ml' magne, il Bemble que, pour mil u: ■ "ur. il ail noirci le tableau. Il dut insister, beaucoup plus qu'il n"< n avait r 1 ■ r. 1 r- . -ur le péril hussite, >ur l'immoralité des clercs allemands, -ur l< cutions et ma dont le clei rictime dana le voisinai. \tonum. conciL, t. n. ]>. 70). Il ajouta, lii-<>n dans deux di du aucoup de rens< ignements d'où résultait que I 'il ■ existftt, était condamné à ne pas vivre, vu la rai ' d< ses membres. Il lli. dans Vf i um. conciL, t. ii, p. 1 '■>• . C'est à peu ; que dit aussi le i ardinal < irsini, l ■/.. p. 330. J< an B< aup< ; . d< retour à Bftle, se défendit d'avoir parlé di , J. Hallcr, op. cit, t 1. 1, ] o/-. cil., t. i. p. 119 'i h ! tte dernière lettre interprétait la ; d< Martin V d'une façon fort .n l.;ir. ii. y lisait-on, n'étail chai lébrei i BAle q dana l i il s'y tr"u\' mit un nombre de prélats suffisant. I un act.' d'Eugène n's confirm tuvoirs du président conférés rroo COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE G87 faut ajouter la demande des Grecs pour un concile unioniste, et le petit nombre de Pères présents à Bàle. Le roi Sigismond ne tarda pas à s'apercevoir du changement opéré dans l'esprit du pape; on peut le conclure d'une lettre de ce prince à Eugène IV, où il s.' plaint que le pape fasse trop grand état de l'insuccès de la croisade contre les Tchèques. ^pur lui, il place toutes ses espérances dans le concile et adjure le pape de lui être favorable, sicque providere, ut iïLud nec dissohatur, nec nullatenus protrahatur. Cette lettre est de la fin de l'année 1431, pendant le séjour de Sigismond dans la haute Italie K à Cesarini sous Martin V, pouvoirs qui se trouvaient périmés par suite de la mort de ce pape. C'est ce qu'on objecta à Bâle, le 6 août, aux deux remplaçants du légal . et je devine l'embarras dans lequel les jeta cette observation fort juste. Jean de Palomar et Jean de Raguse se récrièrent qu'on soulevait une difficulté inutile; ils vantèrent la sainteté d'Eugène, son zèle pour le bien de l'Église, ses dispositions connues à l'égard du concile; ils invoquèrent le témoignage de Cesarini et de Sigis- mond; ils alléguèrent je ne sais quel message oral transmis de la part du pape au légat; enfin ils se référèrent aux lettres qui seules faisaient foi, mais se gardèrent bien de les produire, et pour cause. Il s'agissait de lettres closes, dirent-ils, non destinées à la publicité. Ces lettres contenaient, en réalité, l'aveu de la forte répu- gnance du pape à maintenir définitivement le rendez-vous de Bâle. Quel effet eût produit surtout la lecture d'une autre lettre écrite, au même moment, au nom d'Eugène IV, par un de ses confidents, Christophe de San Marcello, évèque de Cervia ? « Faites à Bâle tout ce qui peut y être fait, conseillait ce personnage au légat; et que le reste soit renvoyé au prochain concile dans dix ans ! » On n'eût pas manqué de dire qu'Eugène se résignait, comme sept ans auparavant s'était résigné Martin V, à l'avortement du synode. Et, de fait, si l'on se reporte à une lettre qu'Eugène IV adressa au duc de Bretagne le 6 juillet suivant, on ne peut s'empêcher d'être frappé du silence qu'il garde au sujet du concile : la réforme du clergé dont il entretient le duc Jean V est une œuvre qu'il paraît vouloir entre- prendre à lui seul, et l'une de ses phrases semble même avoir pour but do mettre le prince en garde contre ceux qui méditeraient de réformer l'Église en dehors et au détriment du Saint-Siège (E. Vaucelle, La Bretagne et le concile de Bille, dans Annales de Saint-Louis des Français, 1906, p. 535). Quoi qu'il en soit, l'impossi- bilité physique où Eugène se trouvait de songer à aucun déplacement lointain, la guerre déchaînée dans le pays rhénan, la lenteur du clergé h se mettre en branle, la nécessité d'une nowvelle convocation, l'approche de l'hiver qui sans doute empêchera cet ordre de produire son effet, d'autres raisons encore que le pape voulait taire et qui pourraient être, entre autres, l'attitude agressive prise par le roi des R-omains à l'égard de Venise, par suite la méfiance de plus on plus justi- fiée que devait inspirer à un pontife vénitien le séjour du concile dans une ville impériale : tout contribuait à dissuader Eugène de prolonger l'épreuve inutilement lentée à Bâle. » N. Valois, op. cit., t. i, p. 119-121. (II. L.) 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 5S2; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1594 sq. : 1 \ '. \ Il Mais le pape ;i\;iit déjà écrit 12 novembre 1431) au cardinal Julien : Depuis notre élévation sur le >;w.\'< eu rien tanl à co ur que la réforme «lu « ! : é. I • ' pourquoi noi voue avons ch > - itôl terminée voti uon relative à la tre les rchèques, de vous rendn le, et dS présidei en notre nom. Vprès la malheureuse el honteuse dértfutc des cathi liques, vous vous êtes rendu dans cette ville. Apr< l«>n<_ ut : on y a réuni un pe1 il nombi leur ntemenl que vous nous avez envoyé Beau] fin >l<- nous informer complètement sur la situation «lit. entre très cl qu'un grand désordre régnait dans le clergé d'Ail m. i < que la peste tchèque avail infecté une grande partie 'un autre côté, il afïirmail «pu- la célébration d'un concile général el la ; de l'Église étaienl un des plus pressant besoins de l'époque, t es fai el bien d'autres, parvenus à notre connaissance, m;iis que nous voulons taire pour un motif de convenance il- étaienl de natuj ;'i désobli ertains membres du concile), bien pesés dans noti esprit; considérant en outre qu'à raison desdits périls, un tr- l < i les Pères à paraître au concile, toujoui ison d< périls qui les j menaceraient : que l'hiver s'approi he; qu'une nou- velle invitation, ainsi que Beaupère nous ;i paru la it inutile, attendu que l'empereur des Gr< nous a récemment envoyé, à nous e1 aux cardinaux, un ami eui exprimant le désii de < élébrer un i oncile unioniste dont il avait té question avei notre prédécesseur, et l'ambassadeur i t que, parmi toutes les villes proj pai n< ttc fin, celle de Bologne ] 1 . I lui. ml 23- ! 'i 24). (H. ' 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 689 agréerait à son maître; attendu aussi que deux conciles célé- brés en même temps se feraient tort l'un à l'autre, et que pourtant l'union avec les Grecs est le bien le plus désirable pour la chrétienté : en conséquence, de l'avis des cardinaux, nous vous communiquons le plein pouvoir de dissoudre le concile de Bàle s'il est toujours flottant (si quod adhuc pendere videatur), si la mesure vous paraît opportune (circumspectioni iuœ). Nous vous chargeons en outre d'indiquer, avant la dissolution du présent synode, un concile qui sera tenu dans un an et demi à Bologne, et que nous voulons présider nous-même; enfin de désigner, de concert avec les Pères de Bâle, le lieu de réunion d'un deuxième concile, lequel, d'après le décret de Constance, doit être célébré dans le délai de dix ans. Nous approuvons tout ce que vous jugerez à propos de décider relativement à cette affaire, etc. 1 » Dix cardinaux signèrent avec le pape cet édit 2 . 1. Cf. N. Valois, op. cit., t. i, p. 121-122; Cecconi, Studi slorici sul concilio di Firenze, in-S°, Firenze, 1869. t. i, p. 59. 69. Bologne était une des villes qui avaient le plus de chance d'être agréées pour la tenue d'un concile par l'empereur et par le patriarche de Constaniinople. (H. L.) 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 561-564; Ilardouin, Çoncil. coll.. t. vin. col. 1575-1578; en partie dans Raynaldi. Aimai., ad ann. 1431, n. 21. el Cecconi, Studi slorici sul concilio di Firenze, t. i, docum. vu, p. xx sq. Ces deux derniers auteurs donnent la date exacte, u idus nov. } tandis que Mansi et Har- douin donnent. // idus febr. [Monum. concil., t. n, p. 70; cf. N. Valois, op. cit., t. i, p. 123. Une deuxième bulle, en date du même jour, 12 novembre 1431, pro- nonçait d'autorité la dissolution du concile actuel et enjoignait à tous les prélats, sous peine d'excommunication, de se rendre à Bologne dans les dix-huit mois, à Avignon dans les dix ans. Monum. concil.. t. n, p. 67]. Sur l'opposition de plusieurs cardinaux à la dissolution et les dix signatures obtenues ou extorquées par le pape pour sa bulle, cf. N. Valois, op. cit., t. i, p. 123-129. « Voyant Eugène IV malade, les cardinaux voulaient éviter qu'en cas de mort du pape les gens de Bâle entreprissent de lui élire un successeur. Giordano Orsini l'atteste : plusieurs des cardinaux qui. dans la suite, désavouèrent cette dissolution l'avaient eux-mêmes réclamée, à tel point qu'Eugène n'était plus libre de s'y opposer : n'avait-il pas juré, lors de son avènement, de tenir le concile dans le lieu que jugerait convenable la majorité du Sacré-Collège ? Il est certain qu'il y eut délibération, et qu'excepté un cardinal dont l'opposition fut irréductible, un autre qui n'arriva qu'une fois la résolution prise, tous donnèrent leur assentiment, même ceux qui d'abord y avaient mis pour condition qu'on s'assurerait au préalable de l'approbation du concile. Monum. concil, t. n, p. 330; t. m. p. 194. A vrai dire, en ce qui concerne les dispositions des Pères, il se peut qu'on ait induit les cardinaux en erreur. L'un d'eux, Antoine Correr, désirait qu'on traitât l'affaire à l'amiable : s'il se décida à mettre sa signature au bas de la bulle, c'est sur l'assurance, dit-il, que les Pères LIVR] , i '- Il Il iin que le pape désirait vivemenl la dissolution du concile, <|u'il ne voulait pas cependant ordonner lui-même : il préféra remettre l'affaire entre les mains du cardinal-légat, <|ui in sa rcumspi et poui uivrail la
  • . 192). On \ "it ce qu'il faut penser, dans cette circonstance, de l'unanimité duSacn I oll< je. Au Burplua, l'opposition toute canonique de Cervantes étail un symptôme alarmant. Elle ne Be fût pas produite Bans doute -mus Martin V. On Be rappelle le peu de cas que le feu pape avait tait d'une protestation analogue, et à combien de reprises il avait affirmé son droit de dissoudre e1 de transférer les conciles généraux. Eugène IV, • égard, ne pensait pas autrement que Bon prédécess< ur. Cet dt Martin V qui, par sa bulle du 1 er février, avait investi le légat du droil de dissoudre le concile de Baie: !' r sa bulle du 12 novembre, ne faisait qu'en ig r 1 sarini à faculté. Pour lui, comme poux Martin V, il n'y avait rien le d'in patible avec l'application du décrel Frequens. Sep1 ans après le concile d S on a . île de Bftle. Dix ans après le concile de Bôlc, on tiendrait i i d'Avignon. Et pour écarter l'objection que i étaient des leu puisque l< S tint Si< :■■ \< - dispi rsait avanl qu'elles eussent rien i"i faire, on annon- çait l'ouverture imminente à Bologne d'un concile complémentaire et la i intention d'y réparer le temps perdu. Qu'on déplore donc, -i l'on veut, les co quen cision du 12 novembre; mais qu'on cesse de la consi conu iup de tête irraisonné d'un pa] rte vue, dominé • ar la peui discussions 't ! rmes. Il n'esl même pas besoin de supposer chez Euj tte 'lato de novcml - lio>i il ■■? à l'égard d'un concile "à pas 783. COMMENCEMENT DU CONCILE DE BALE 601 lution, si le concile est encore dans un état incertain, adliuc pendere videatur, c'est-à-dire s'il n'est pas encore consolidé, ou s'il existe 14,"] encore, s'il ne s'est pas dissous. Le pape envoya cette lettre à Bâle par Daniel de Rampi, évêque de Parenzo. Nous ne savons à quelle époque ce prélat y arriva 1 . Cecconi, se fondant sur un diarium inédit 2 , pense que ce ne fut une parole n'avait été encore prononcée, pas une motion mise en avant (il le croyait du moins) qui pût lui porter ombrage. Jusqu'alors les ecclésiastiques ras- semblés à Bâle avaient saisi toutes les occasions de prôner sa sainteté, d'exalter son zèle. Ils comparaient à la venue de l'ange Gabriel l'avènement de Gabriel Condolmerio, et le nom d'Eugène leur présageait une génération beureuse due à la collaboration du pape et du concile (ibid., t. i, p. 79, 100). A ce moment même, ils profitaient de l'envoi d'une nouvelle ambassade pour complimenter le souverain pontife sur sa convalescence; ils le remerciaient de leur avoir donné comme pré- sident un homme de la valeur de Cesarini; ils le priaient de leur écrire quelquefois, de leur témoigner de la bienveillance, de les encourager, de les diriger, surtout là où l'intérêt et l'honneur de Rome étaient en jeu. « Il sera nécessaire, disaient-ils, que le pape aide continuellement l'assemblée de ses conseils. » Et cette dernière protestation devait écarter toute méfiance : « Ici chacun nourrit à l'égard de Sa Sainteté les sentiments constants et sincères qui conviennent à des fils dévoués, à de fidèles serviteurs. » (J. Haller, op. cit., t. n, p. 540, 550.) Si respectueux et si soumis qu'ils se montrassent à l'égard du Saint-Siège, les Pères venaient pourtant d'accomplir une démarche qui, quand elle fut connue du pape, l'indisposa singu- lièrement. Désespérant de vaincre les hussites par les armes, ils invitèrent ceux-ci à venir discuter avec eux leurs doctrines à Bâle (15 octobre). Eugène IV, épouvanté, vit aussitôt remises en question les condamnations portées contre l'hérésie bohé- mienne. Cette audience illégale et anticanonique accordée par un concile à des clercs et à des laïques frappés d'excommunication, naguère encore déférés à la vindicte séculière, lui fit l'effet d'un attentat contre l'autorité du Saint-Siège et d'un manque de respect à l'égard des précédents conciles. Appréhendant un nou-' veau danger pour la foi, il n'en fut que plus impatient de disperser un conciliabule qui se permettait de telles incartades. Avant peut-être d'avoir reçu la dernière ambassade dont il a été question plus haut, et qui, d'ailleurs, par la nature alar- mante de certaines de ses communications, l'eût sans doute confirmé clans le dessein d'en finir, il fit un nouveau pas, cette fois décisif, dans la voie périlleuse où il s'était engagé. Je ne parle pas des lettres du 22 novembre convoquant le clergé au concile de Bologne : elles ne furent certainement pas envoyées à cet le date. Il s'agit d'un acte solennel, dont le retentissement fut immense. Les bulles du 12 novembre étaient en route pour Bâle, connues peut-être seulement des cardi- naux et de quelques clercs. Celles, au contraire, qui portent la date du 18 décembre furent, ce jour même, publiées à Borne, en consistoire, devant toute la cour ponti- ficale et le pape s'empressa d'en envoyer copie aux quatre coins de la chrétienté. » N. Valois, op. cit., t. i, p. 125-128. (H. L.) 1. Il y arriva le 23 décembre. (H. L.) 2. Studi storici sul concilio di Firenze, t. i, p. 41. LIVRB XL VII que le 23 décembre. S'il en est ainsi, les Pères de BAle avaienl reçu auparavant le nouvelle qu'on s'occupail à Rome de la dissolution du concile, puisque, dès la fin de aovembre ou le <•iMiiiiirMc.-Mi.-iit de décembre, ils envoyèrent des ambassadeurs au pape »-t au roi Sigismond, afin de s'opposer à la dissolution 1 . Ils choisirent à ,•.-1 i-iTi-i Jacques de Sirk, scolastique «le h- i Ihomas Fi< officiai de Paris, qui se rendirenl d'abord à Milan au| le 5 mond. Celui-ci venait d'j recevoir la couronne de fer le 28 ao- vembre, e1 voulail aller à Rome s'j faire couronner empereur, smond annonça, le Il décembre, au cardinal Julien el aux - de Bâle l'arrivée '!<• leurs deux ambassadeurs, promit «le les appuyer à Rome, par des lettres de recommandation et plus tard par sa présence personnelle dans cette ville. Il s'élevait ensuite hautement contre toute tentative de dissolution, sans toutefois aommer le pape -'. De Milan, les ambassadeurs partirent pour Rome; on conserve encore le billet par lequel Sigismond priail le pape <\<- leur faire un accueil favorable 8 . Cecconi s'autorise d'un ms. «lu Vatican | • soutenir que les ambassadeurs n'avaient quitté Bàle que le 30 dé- cembre. Ce qui précède montre que cette donnée n'esl pas exai 784. Les deux premières sessions de Bâle. — Conflit pour l'existence du concile. "•m. huit, le cardinal .Julien Cesarini avail régularisé la situa- >n jusqu'alors indécise du concile, el en avait proclamé de fait l'existence selon toutes 1rs formes du droil par la célébration de la première session solennelle dans la cathédrale de Bâle le li dé- i46] cembre L431. C'est le / décembre qu'on avail résolu «le tenir cetl première session dans la salle de l'église Saint-Léonard p. rit.. 1. 1, p. 130. il. L.) ''..t. vin. col. I p. cit., t. XXIX, I I.I1.I..IIIH. op. rit., t. vin. I ! ni, uni. i I. L.) '.. .m- le i u'il fut i t'ea, Piua II - 18 mars 1 ' ■ Et e lit ■ qui a apporté lad lie pour publii r audit li ludil il--, que le on lui .t [u'il n'y que un j><"i <>u n lil el dis qu'il cuid i au dya te bulle. » Arch. m \ . la 1481, toi. ">:! r°. D'après Philil , Daniel ma |>ln> t ar. I une détestab il avait ainsi p la foi du - rmenl : je j, dit-il, n la dissolution du futur concile de f. Irlallt r, '.. t. n. ; ■.'.■_'. 784. LES DEUX PREMIERES SESSIONS DE BALE 695 bulle qu'il remit au légat 1 . C'était la bulle Facultalis dissolvendi concilium dont nous avons parlé plus haut. Il assura qu'il n'avait pas autre chose relative au concile 2 . Mais, plusieurs personnes étant fort irritées contre le nonce, le cardinal Julien le disculpa en faisant observer que ce n'était pas entre les mains de Daniel, mais bien entre les siennes propres, que se trouvaient toutes les pièces concernant la dissolution ou la continuation du concile 3 , par conséquent on n'avait rien à redouter de l'évêque de Parenzo. En preuve de ce qu'il avançait, Julien lut la bulle à plusieurs personnes; il eut aussi à plusieurs reprises des entretiens avec l'évêque Daniel, et voici ce qu'il en dit : « Quoi- que le nonce ait paru vivement désirer la dissolution, il a pourtant assuré n'être venu que dans le but de conférer avec moi sur cet objet et vouloir se conduire d'après mes avis. Il m'a aussi engagé 448] à ne pas écrire immédiatement au pape. Mais il a brusquement quitté Bâle sans m'en avertir, et a fait courir le bruit qu'il allait à Strasbourg, afin d'y toucher de l'argent pour la chambre ponti- ficale. On l'a pourtant vu sur le chemin de Besançon. Il est toute- fois resté à Bâle un jeune docteur (compagnon de Daniel, nommé Jean Ceparelli de Prato) ; ce docteur m'a montré des copies de deux documents : par le premier le pape lui-même dissout le concile, par le second il en donne le pouvoir à l'évêque de Parenzo. J'ai demandé à voir les originaux, mais il ne me les a pas montrés. Je lui ai demandé alors d'aller trouver l'évêque Daniel, et de le décider, au cas où il aurait l'ordre (de dissoudre le concile), à en différer pendant deux mois l'exécution, jusqu'à ce que j'en eusse moi-même référé au pape. Si je ne vois pas les originaux, je ne croirai pas, car il me semble contradictoire que le pape m'ait laissé la décision de dissoudre le concile tout en le dissolvant lui- même. » Tel est le récit du cardinal Julien, dans une lettre au pape dont nous parlerons bientôt; il s'accorde parfaitement avec l'exposé de la situation du concile de Bâle telle qu'elle se trouve dans les instructions aux nouveaux envoyés à Rome 4 . 1. C'est la bulle du 12 novembre. (IL L.) / 2. « Il y a certaines choses qu'il eût mieux lait de ne point dire pour l'honneur de l'épiscopat, » remarque le cardinal Cesarini. Monum. concil., t. n, p. 105. (II. L.) 3. Il se trompait, Daniel avait gardé par devers lui les deux bulles du 12 novem- b-e. (II. L.) \. Mansi, Concil. ainpllss. coll., t. xxx, col. 245; E. Richerius, Hisloria conci- liorum generalium, in IV libros dislributa, lib. III, p. 316-353. CONCILES XII 45 i i \ 1 1 1 : \ i \ 1 1 Si Jean Ceparelli a parlé d'une bulle qui donnait ;'i L'évêque Parenzo le pouvoir de dissoudre le concile, toul ce qu'on peul en dire, c'esl que, si elle s jamais existé, il n'en reste plus trace 1 . Par contre, "n possède deux textes de la bulle Quoniam ait", où le pape lui-même dissoul !<• concile. L'un esl une copie faite par i eparelli lui-même <•! qu'il lit attester par des notaires, l«- S jan- vier 1432 - : L'autre se trouve dans toutes les collections de concilt et nulle la date du Is décembre 1431 I ette bulle a'esl pa imme la précédente, adressée au cardinal Julien, mais g tous les fidèles; voici, d'après le deuxième texte, Bes principales dispo- sitions : b Nous vivons dans des temps très troublés, l'hérésie tchèque empoisonne les cœurs des chrétiens, l'erreur des Grecs persévère, les ennemis de la croix venant de l'Asie et de l'Afrique envahissent l'Europe, les princes e1 les peuples chrétiens sonl divisés, et Le clergé a besoin en différentes contrées d'une réforme. Notre prédécesseur Martin V a ordonné à notre cher fils le cardinal _ > Julien de se rendre à Bâle pour le concile, alors qu'aucun |uélat n'était encore arrivé dans cette ville. Celui-ci, pour ae pas perdre de temps, est allé en Bohême, conformément à ses instructions. Après la fuite des catholiques il a envoyée Bâle Jean Palomar et Jeu, de Raguse, <|u'il n'a pas tardé à y rejoindre. Mais, comme le nombre des clercs qui s'j étaient réunis était insignifiant, il nous avoyé, à nous e1 aux cardinaux, maître Beaupère, afin de nous prendre, entre autres choses, «pie le clergé de ce pays était énéré e1 que l'hérésie avail pénétré jusque dans le voisinage de Bâle. Les sectateurs de cette hérésie avaient poursuivi et persé- cuté plusieurs clercs et en avaient même cruellement fait mourir 1. L'évêque de Parenzo mentit au légal en lui affirmanl qu'il lui remettait toutes lea | apportées de Rome, alors qu'il gardail par devers lui celle des deux bulles «in 12 novembre qui prononçail hic et nunc la dissolution «lu < -i une lettre qui le chargeait d'exécuter les ordres du pape à défaul du t : il devail au besoin, -il ae pouvait faire mieux, procéder à un affichage , 1. 1, p. 12 I. ,11. L.) _'. Martène et Durand, Veterum acriptorwt numtnlorum historicorum, n uicorum, moralium eunph , t. vin, col. 50. Imprimé dans Mant op. cit., t. xxx, iq. 1 lardouin, ConeiL coll., t. vu i, col. 1578 sq. ; M an m, op. cil.. U xxix, coL 564 sq. 784. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 697 quelques-uns. Beaupère nous a aussi parlé de la guerre entre les ducs de Bourgogne et d'Autriche, et des autres difficultés; enfin il nous a proposé de convoquer une seconde fois les prélats à Bâle. Pour nous, considérant l'approche de l'hiver et l'insécurité des abords de la ville de Bâle, spécialement du côté de la Bourgogne et de l'Autriche; estimant que pour cette raison bien peu de prélats pourraient se rendre au concile, malgré les interminables délais, que d'ailleurs le nombre de Pères trop restreint ne suffit pas à traiter des affaires si importantes; considérant en outre que le> Grecs demandaient le concile unioniste déjà convenu sous Martin V et qu'ils promettaient de venir à Bologne, ville bien appropriée à ce dessein; attendu enfin que l'union avec les Grecs est la chose du monde la plus désirable, nous avons reconnu néces- saire de convoquer à Bologne un concile général. Si on faisait une nouvelle convocation des prélats à Bâle, ce qui demanderait du temps, les deux conciles coïncideraient, et l'un porterait préjudice à l'autre. Il serait impossible aux prélats d'assister à tous deux simultanément, et impossible pour tous les deux d'être à la fois œcuméniques. Nous avons, en conséquence, le Sacré-Collège con- sulté et consentant, résolu dans notre lettre au cardinal Julien de dissoudre le présent concile, si du moins congrégation videretur à Bâle, et d'en célébrer un autre à Bologne dans le délai d'un an et demi 1 ; nous avons aussi décidé que, d'après le décret de Constance, on tienne dans dix ans un deuxième concile à Avignon. Mais comme, après l'expédition de notre lettre au légat Julien, il est parvenu à notre connaissance que les hérétiques tchèques, bien que condamnés par les conciles de Constance et de Sienne, et jugés 450J plusieurs fois par le Siège apostolique, avaient été invités à Bâle ;ifin de disputer sur leurs articles déjà condamnés, concession qui serait de nature à diminuer la considération due au Saint-Siège et aux saints conciles, en conséquence, et afin que notre lettre au légat mentionnée plus haut soit publiée le plus promptement possible, avec V assentiment des cardinaux et en vertu de notre toute-puissance, nous dissolvons le concile de Bâle, si du moins il existe (si quid Basilese congregatum videatur), et nous assignons à Bologne un nouveau concile qui aura lieu dans un an et demi et que nous avons l'intention de présider nous-même. Nous annonçons égale- ment qu'on célébrera un autre concile dans dix ans, à Avignon, 1. Eugène exagère ici. Il n'avait aucunement ordonné à Julien de dissoudre le concile. LIVR1 \i.vil ordonnons', bous peine d'excommunication, à tous les patriarches, évêques, etc., de se rendre à ces deux conciles. Doni ,'i Rome près • 1 1 • Saint-Pierre, !<• L8 décembre, en la première ann< de notre pontifical '. » L'exemplaire de Ceparelli, outre quelques insignifiantes i riantt irte surtoul «lu texte précédenl sur deux points prin- cipaux. I" Le passage où il esl dil qu'en in\i!;i!ii les Tel ;'i venir disputer a Bftle, on affaiblissait !<• prestige du Saint-Siège el des saints conciles manque complètement dans cet exemplair* pourtant ce motif était plus que tous les autres de nature à justi- fier la mesure sévère prise par le pape. 2° Le texte de Ceparelli porte la date du L2 novembre, donc la même que la lettre du pape .m cardinal Julien. Or, la raison pour laquelle I eparelli a omis le passage relatifs l'invitation des ["chèques à Bâle, apparaîl facil ment, si l'on admel qu'il a falsifié la date, parce qu'il voulail dater la nouvelle bulle «lu jour où le pape é< n\ it au cardinal Julien. Que Ceparelli ail commis cette falsification, c'esl l'opinion de Cecconi*, au dire duquel ions les manuscrits vus par lui portent la date du J8 décembre, et donnenl Le texte complet 8 . Ce qui confirme encore la date du 18 décembre, c'est qu'Eugène ÏV écrivit le même jour au roi Sigismond el à l'archevêque de Gêne pour les informer de la dissolution du concile de Bàle et les amener à sa façon do voir et d'agir 4 . Dès l'arrivée à Bâle de l'évêque de Parenzo, le concile s'adn ,| 1. Mansi, ( implisa. mil., t. xxix. col. 564 Bq.; i. xxx, col. 75; Hardc Conril. riill.. t. vin, col. 1578 Bq.; Jean de Ségovie, dons Monum. conciL, i. n. I>. 67; nombreux manuscrits de l'expédition adressée ■ > Sigismond, D< /,'. hatagaoklen, t. x. p. 211; aux anciens el au conseil de Bologne, Muratori, />'.. t. xviii. ].. 64 1. La bulle du L 8 décembre reproduisait celle du 12novembi i end an 1 aux motifs allégués en faveur de la dissolution s'ajoutait le grief fondé «nr la • ition intempestive des bussites. En outre, au lieu d'une ^im: autorisation au de dissoudre le Bynode, c'étail un ordre formel de publier la dissolution faite à Rome, pu toi ■! quitter Baie et de bc transport* r dans le lieu où il pourrait le plus commodément poursuivre !.i lutt>- contre les T< hèqu -. Lettre d'Eus ' ^ trini, du 18 décembre 1431 J. Haller < '.. i. i. ,distinctedela notification du même jour ad ■ : l ' 2. Studi ttorû i ml corn il • , t. i,p. 3. Cecconi a fait imprimer un bulle d'apn 1017, p. VJ, de la Bibliothèque vatic d x 'orici aul concilio di 1 , 1. 1, doc. vtn, I>. xxin sq. M.iii-i. op. rit., t. xxix, col. ! - x\x. col. 71: en pai is Hardouin, op. cit., t. vin, col. 1581. 784. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 699 au roi Sigismond, le remercia de sa lettre à l'occasion des députés Sirck et Fiene, et lui fit observer qu'il devait venir au secours de l'Église de Dieu, le concile étant menacé de dissolution. Il le pria en outre d'ordonner au protecteur du concile, le duc Guillaume, ainsi qu'aux prélats d'Allemagne, de se rendre à Bâle dans le plus bref délai possible, attendu que leur présence était impérieuse- ment requise afin qu'on pût puursuivre l'œuvre de Dieu 1 . La lettre du concile ne porte pas de date, mais elle a dû être écrite au commencement de 1432. Sigismond n'avait évidemment pas reçu encore cette lettre des Pères de Bâle, lorsqu'il leur envoya de Plaisance (10 janvier 1432) une copie de la bulle de dissolution. Il exprimait au concile la profonde tristesse que lui avait causée une mesure si préjudiciable à l'Église 2 et ajoutait qu'il avait déjà prié le pape de la retirer. Il communiqua aux Pères de Bâle sa réponse au souverain pontife, en les exhortant à demeurer fermes 3 . Cette lettre très énergique, expé- diée le 9 janvier 1432, contient en appendice quelques avisamenta où sont critiqués les arguments invoqués par le pape en faveur de la dissolution. « L'union avec les Grecs, qui est très douteuse, ne doit pas passer avant les affaires tchèques qui présentent de si grands dangers. Il y a espoir que les hussites se soumettront, et il n'est point exact que les Pères de Bâle aient voulu disputer avec eux sur les articles déjà condamnés. » Enfin Sigismond fait remar- quer que le concile ne céderait certainement pas, que la plus grande partie des rois et des princes soutenaient le concile, et qu'un schisme dans l'Église était à redouter 4 . A la même date (11 janvier 1432), le roi Sigismond invita le 1. Mansi, Concil. ampliss. coll, t. xxx, col. 78 sq. 2. L. Pastor, op. cit., t. i, p. 294, en est réduit à reconnaître qu'Eugène IV s'était déterminé « à faire un coup d'Etat dont les résultats furent déplorables et qu'on ne peut qualifier autrement que de maladresse insigne: » cf. J. Asebbach, Ge- schichte Kaiser Sigmund's, in-8°, Hamburg, 1838-1 845. t. iv, p. 29. Dans sa Quceslio cui parendum est, an S. D. ]S. P. Eugenio IV, an concilio Basil, tamquam superiori, dans J. Dollinger. Beitràge, t. n, p. 420, Jean de Palomar, défenseur très ardent de la papauté, reconnaît cependant que la bulle de dissolution a été provoquée ex falsis injormalionibus et que son exécution a conduit in perniciem Ecclcsix ; il en conclut qu'il était permis d'y résister jusqu'à ce que le pape, mieux informé, retirât sa bulle. (II. L.) 3. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 79 sq. 4. Mansi, op. ci!., t. xxix, col. 585-589; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1596- 1601. T'" 1 L1VRB I n H protecteur du synode, Guillaume, duc de Bavière, ;'< se rendre à Baie, et à tciit faire pour empêcher le concile d'échouer. 1><- son côté, il espérah pi>u\nir encore convaincre le pape 1 . Le 13 jan- \ ici 1432, Jean < eparelli voulul donner lecture i!;ms une congré- ttion synodale, au couveni ' jour il.- | Epiphanie — replongea les Pèi es dans les pires inquiétudes. I pi texte im que d'un recouvrement que Daniel voulail taire à Strasbourg ne donna le chai .i personne; il î'était esquivé, à la dérobée, un matin. .Nul doute qu'un coup ne parât N. Valois, op. < U. } t. i, p. 132. II. I _'. N'osant faire la besogne lui-même, Daniel en avail chargé un jeune docteur di sa suite, Jean Ceparelli de Prato. Celui-ci, après le départ de l'évêque di Pai nzo, communiqua au légal li a deux bulles qui ne lui avaienl pas été montrées « ncore. lia. Ce n'étaienl que des copies : il demandait à voii ginaux. Trompé une première i"i-. il avait bien le « i i < -i t de -• montrer incrédule. Mais il ne pul obtenir ni que Ccparelli lui exhibai les originaux, ni qu'il lui donnât aui une tive, ni qu'il se chargeai d'aller prier Daniel de surseoir pendant deux mois, > il étail vrai que l'évêque I Parenzo eût mission de publier la dist lution «lu i-diicilf Mm, mu. concil., t. n. p. 66, 105, 106; J. Haller, op. cit.. t. n, l>. 572 . Enfin, le 13 janvier, au cours d'une réunion tenue dans l< couvent d frèi 9 prêcheurs, Ceparelli, à ['improviste, déplia une grande bulle originale, dont il i ommi nça la lecture : c'était la bulle de dissolution. Les Pères, dès les prera mots, -. doutèrent de la chose. Résolus à ne pas en entendre plus long, les ans rent, les aut tèrent, mais en taisant du bruit : l'un des universitan parisiens courul Fermer la porte du cloître. Finalement la bulle fut rami terri elle est aujourd'hui à la bibliothèque de Genève, ms. lat, 27, n. 5 : on demanda si Jean de Prato l'avait laissée tomber par mégarde, ou s'il l'avai a dessein, afin de la porter de cette mi > la connai stanta. Furieux, quelques-uns demandaient qu'on le menât i n ] >t i-< -n : l'évêqui de ' •> nève le prit Quelques jours plus 1 parelli, ayant pi der • ii taveur du concile, s'éloigna de Bâle paisiblement, cependant qu'à Strasboi l'i \ êque de Pan n/<> pul. hait, de ion i 6té, la l>ul! di dissolution Monum. corn il.. i. n, p. 66; J. Haller, "/'. -/'.. i. n, p. 27, 572; Amplis», mil., t vm, roi. si \ près de huit ans d'intervalle, i 'étail la répétition de i e Sii nne le 7 mars 1424 : mais combien le coup m raire, moins babile- menl préparé ! Eugèni IV avait pris c< ttc résolution au loin, à I a- douter des résistances qu'elle allail soulever, sans ri< d tain pour les affaiblir ou 784. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 701 les Pères se séparèrent. Alors le cardinal-légat écrivit au pape le [452] même jour 1 cette longue, chaude et courageuse lettre, dont nous nous sommes déjà servis 2 . Julien voulut d'abord quitter la prési- dence; mais lorsqu'il vit combien les Pères de Bâle étaient ferme- ment résolus à continuer le concile, ne pouvant douter du reste qu'au cas où il se retirerait ils éliraient l'un d'entre eux comme président et pourraient facilement faire un schisme 3 , il crut pré- férable de rester à son poste et d'essayer de faire changer d'idée au pape. Eugène sait, dit-il dans la lettre en question, qu'il avait accepté avec plaisir de son prédécesseur la légation en Bohème, mais avec répugnance celle de Bâle. Il avait prévu toutes les éventualités qui commencent maintenant à se réaliser. Il avait aussi demandé instamment à Eugène la nomination d'un autre président du concile. Retenu plus longtemps par les affaires de Bohême, il avait, au su d'Eugène et avec son consentement, chargé Palomar et Jean de Raguse d'ouvrir le concile pour éviter au pape le reproche d'avoir dépassé le délai fixé. Après la malheureuse issue de la croisade contre la Bohême, il était allé lui-même à Bâle et avait tout fait pour augmenter la fréquentation et l'im- portance du concile, parce que l'on n'attendait plus que du concile le salut dans la question hussite. Les chevaliers allemands affirment que la honteuse fuite des croisés est uniquement la faute des princes. Quant à eux (chevaliers), ils sont prêts à entreprendre l'été prochain une croisade encore plus considérable contre les héré- tiques, si l'Eglise en supporte les frais et si on ne leur impose plus les princes comme chefs. Il s'est empressé d'en avertir le pape, pour en triompher, sans même recourir à ce semblant de consultation qui avait ménagé, dans une certaine mesure, la susceptibilité des Pères de Sienne. Il parlait en maître omnipotent, sûr du concile et de lui-même. Les gens de Bâle allaient-ils, en effet, se soumettre aux volontés de Rome ? Si cette pensée traversa un moment l'esprit de Cesarini, elle ne vint qu'à lui seul. L'unique résultat de la notification fut de provoquer à Bâle une explosion de désespoir, d'enthousiasme, de colère, qu'exprimèrent sous des formes différentes, mais que ressentirent au même degré les ecclésiastiques venus pour former le concile et le légat envoyé pour le présider. » N. Valois, op. cit., t. i, p. 132-134 (H. L.) 1. Cecconi a emprunté toutes ces dates au Codex valicanus, dont nous avons déjà parlé. 2. 13 janvier 1432. Bibl. nat., ms. lat. 1575, fol. 156-167; ms. de la bibl. Maza- rine, 1694, fol. 132-141; ms. de Douai 98*, fol. 18-27; Monum. concii, t. n, p. 95-107; N. Valois, op. cit., t. i, p. 134-138. (H. L.) 3. Bicherius, Historia conciliorum generalium in IV libros distribula, p. 353; Raynaldi, Annal, ad ann. 1431, n. 23. I l\ 1 \ I VII mais pour toute réponse à ses nombreuses lettres, il n'a finalement reçu que la bulle de dissolution. El cependanl c'est seulement à l'aide 'In concile qu'on aurait pu réunir l'argenl oécessaire à la croisade. El bî, comme beaucoup le pensent, on a'aurail abouti à aucun résultai par la force des armes contre les Bohémiens, c'esl encore le concile qui es1 le mieux qualifié pour entamer avec eux de- négociations de paix. En outre, le triste étal du clergé allemand l'a également Lui venir à Baie, car les laïques avaient menacé m n :eiieei i m I à cr.u'ie que ! hussites on1 raison, et qu'on ne peul pas leur répondre, comme il- I a tin ineiii eux-mêmes dan- leurs écrits très répandus. Troisièm< ment, on a annoncé partoul «pie ce concile Berail célébré surtoul à use des hussites; quel -caudale, -i les l'ère- Be Béparent -a' tre Beulemenl occupés de cette affaire! Quatrièmement, toul le monde dira que le clei es1 incorrigible, ci qu'avec tous le- con- ciles de réforme, on se moque uniquement de Dieu et de- hommes. L'antipathie contre le clei très forte et menaçanl mais après la dissolution le- laïques tomberaient sur le- cler< comme sur le- hussites, et toute la faute en reviendrait à la curie romaine. Il adjure le pape de n, devanl le monde entier d'une telle responsabilité et d'une telle honte. Cinquième- 703 ment, on devait aussi tenir le concile dans le but de rétablir la paix entre les princes chrétiens, notamment entre la France et l'Angleterre, et on avait déjà ménagé une entrevue pour les députés de ces deux nations. Sixièmement, on avait prié le roi de Pologne, le duc de Lithuanie, et les Prussiens (l'Ordre teutonique) de sus- pendre leurs hostilités et d'envoyer à Bâle des députés pour négo- [454]cier la paix. Xe croiront-ils pas qu'on s'est moqué d'eux ? Septiè- mement, les villes de Magdebourg et de Passau ont chassé leurs évêques; d'autres villes, comme Bamberg, menacent d'en faire autant, et il est à craindre qu'elles ne fassent cause commune avec les hussites, si le concile, qui est déjà entré en pourparlers avec ces villes, n'y rétablit la paix. Huitièmement, la dissolution irritera aussi le duc de Bourgogne, parce que c'est par égard pour le concile qu'il a conclu la paix avec le roi de France Charles VII, et s'est déclaré prêt à organiser une croisade contre les hussites 1 . Neuvièmement, le concile a promis de fournir les subsides néces- saires à la noblesse allemande, qui s'est engagée à la croisade contre les hérétiques. Si le concile est dissous, la croisade n'aura pas lieu, et la chevalerie sera exaspérée contre l'Eglise. Quant au cardinal, il passera partout pour perfide et pour menteur, car la noblesse détient ses promesses écrites formelles. Or il préfère la mort au déshonneur : il serait donc obligé d'expliquer toute l'affaire à la noblesse, et à se livrer sans conditions. Il s'agit du salut d'un grand nombre d'âmes immortelles, et on doit en avoir souci, quand même tout l'État de l'Église et toute la puissance temporelle du pape s'écrouleraient 2 . Dixièmement enfin, il a empêché plusieurs villes et seigneurs de Bohême et des environs de conclure des traités de paix avec les hussites et de s'attacher à eux, en leur faisant espérer un concile général; or la dissolution du concile actuel fera d'eux les amis et les alliés des redoutables héré- 1. « Au mois de novembre 1431, le concile cherchait, par l'entremise de l'Elec- teur de Cologne, à entraîner Philippe dans une expédition contre les Tchèques. En prévision de l'acceptation du duc, il voulait persuader au pape de lui octroyer un subside et pour cela de lever une taxe sur toute l'Eglise. Au mois de janvier suivant, Cesarini se faisait l'illusion de croire que le duc de Bourgogne venait de traiter avec le roi de France. » Monum. concil., t. n, p. 100; J. Haller, Concil. Basil, t. ii, p. 560; De Eeaucourt, Hist. de Charles VII, t. n, p. 442; Kervyn de Lettenhove, Œuvres de G. Chastellain, t. n, p. 213 sq. ; N. Valois, op. cit., t. i, p. 136. note 1. (II. L.) 2. Là situai ion des États de l'Éçlisc était alors Tort triste. Cf. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 1209. 704 LIVRE XLVII tiques. — - Après l'exposition de ces >\\\ motifs, Julien Cesarini Bupplie insi .1 mmenl le pape de prescrire la itinuation du con- cile; puis il poursuil en ces termes : On peul objecter «ju<- la translation du concile aura ses avantages, parce qu'alors le pa] en personne y assisterait; mais personne n'en croira rien; bien plus, "ii dira : On nous ;i trompés à Sienne, on recommence. E outre, duranl l'intervalle d'un an el • 1 < - 1 > i i lc-~ hérétiques répan- dronl leur poison !;'i où il n'a pas pénétré, el les adversaires du clergé en Allemagne s'attaqueronl ouvertemenl ;'i lui. Im rest< du concile que peul craindre le ]>;« ]>«•. dont !;i vie es1 si droite el -i pure? >i la maladie l'empêche de présider <-n personne, < j u i 1 j envoie quelques personnages notables pour le représenter, comme cela s'est fait dans plusieurs conciles généraux. La ville de Bâle, de son côté, offre pleine sécurité, <■! l<-s bourgeois on1 donné sur ce point les assurances les plus satisfaisantes. La crainte 'pu- le acile \<'ut détruire le pouvoir temporel du pape es1 dénuée de (mit fondement. Il n'est pas un clerc, e1 il n'y a que l>i<-n peu «le laïques qui y songent; «lu reste une proposition de ce genre ne se produirait certainement pas. L'Étal de l'Église tombera bien pi vite si mi ne poursuil | -;i s le concile. On ne n1 d'autant plus réservés vis-à-vis du pape que celui-ci leur montrera plus de bienveillance, surtout -il fail preuve de bonne volonté pour la réforme de la curie. A la nouvelle de la dissolution du concile, les membres se sonl exaltés jusqu'à la fureur, et mit déclaré qu'ils souffriraient i<>ut plutôt que d'abandonner leur post < »n a également tenu «1rs discours très violents, mais non pas iit i»- la personne du pape, qu'on ne pouvait se résoudre à croi uteur d'une pareille décision. D'après cela, un schisme esl à red< iter -i le pape persiste dans sa résolution. Si le légat ou un autre voulail dissoudre aura moins d'incon- vénients à dissoudre le concile. Tous les gens Bensés, notammenl [457] les <•% êques de I i<"\ es el . III. p. : partie aussi dans Raynaldi, Annal., ad ann. 1431, t.. M.in-i. i ' "I!.. t. jq. : Lettn aux cardinaux datéi du trier. Mansi, op. cit., t. xxxi, col. Il an pap uvic-r. ibid., i. xxix, i 665; t. xxxi, col. 171; \fonwn. conciL, t. u. p. Il I tte lettre sans doute qu'empi de la l'alu et Henri Stader. N. Valois, t, p. 134, noti \. H 784. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 707 aussi grand danger, et de peser sur le pape, parce qu'autrement actuin est de statu ecclesiastico. Il représente aux cardinaux que la nouvelle de la dissolution du concile avait causé un grand scandale en Bourgogne, à Reims, à Cologne, à Mayence et ailleurs. Si le pape ne change pas de résolution, l'Eglise et la religion chrétienne sont en péril. Beaucoup de Pères à Bâle sont décidés à mourir plutôt qu'à céder. Au reste, de nombreux prélats et envoyés des princes sont déjà arrivés, et on en attend d'autres de jour en jour. Avant la mi-carême le nombre des membres sera considérable. Plusieurs même viendront précisément à cause de la bulle de disso- [458]lution, qui autrement ne seraient pas venus 1 . Julien Cesarini remarque de nouveau que les Pères de Bâle, s'il se retirait, éli- raient un autre président auctoritate concilii. Que Sa Sainteté veuille bien suivre les conseils que le légat lui a transmis par le seigneur de Pescia; s'il les suit, tout peut marcher encore. On espère que les hérétiques tchèques viendront à Bâle, et toutes les universités y enverront des savants. Quelle confusion si pendant ce temps on dissolvait le concile ! On n'a pas à s'inquiéter pour la considération due au Saint-Siège; les membres du concile sont disposés à donner sur ce point les assurances les plus rassuran- tes, etc. Julien joignit encore à son message une lettre de l'évêque de Ratisbonne au pape, qui exposait de façon très vive les incon- vénients de la dissolution 2 . La veille, 21 janvier 1432, le concile de Bâle avait adressé à tous les fidèles une encyclique ainsi conçue : L'antique ennemi du genre humain, redoutant les grands biens qu'on attendait du concile, a répandu en différents lieux le bruit que ce concile devait être dissous, ajourné, ou transféré. En conséquence, les Pères se déclarent décidés à persévérer avec le concile et à s'occuper, avec l'assistance du Saint-Esprit, des affaires qui en ont motivé la réunion 3 . Ils sont fermement convaincus qu'un homme aussi saint jusqu'ici qu'Eugène IV accordera aide et faveur à la continua- tion du concile. Ils ont déjà envoyé des ambassadeurs au Saint- Siège. La dissolution aurait les plus grands inconvénients. Que les fidèles n'accueillent donc aucun écrit en quoi que ce soit con- 1. C'est ce qui arriva en effet. iEneas Sylvius dit : Nec pauciores, ut mea jert opiuio, Eugenii prohibitio viros adduxit, quant vocatio conciliaris, dans Fea, Plus II a calumniis vindicatus, p. 48 sq. 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxxi, col. 166-169. 3. N. Valois, op. cil., t. i, p. 140. (II. L.) I I\ l; i \ I .VII traire à la continuation du concile, el que toutes les personnes ayanl «1 roi r d'être convoqu rendenl à Bftle Le plus tôt pog. sible l . i ette encyclique fut signée dueceau de l'évêque de Goutances, Philibert, m 1 "' ' r> Pères de Bâle avaienl le jour même élu président pour un mois; le cardinal Julien, par suite du décrel papal, ne voulanl plus oc< iiper la présidence [45 I Outre l'encyclique, plusieurs meml>res du concile de Bâle lin-ut en même temps rédiger par notaires un appel en Eorme ad papam meliiu informandum. Ils disenl que moins de dix jours auparavant Jean de Prato, nommé Ceparelli, avail exhibé dans Le couvenl des dominicains la bulle de dissolution. Les motifs qu'on y allègue en faveur «le la dissolution --<>ni Faux, e1 à leur propos le pape s été induil en erreur. La bulle esl en contradiction avec 1<- décrel de Constance, d'après 1 1- 1 1 1 1 « ■ 1 imii lidèle, sans excepter le pape, doit obéir à un concile oecuménique pour ce qui concerne la f<»i et la réforme générale de L'Ëglise : elle va aussi contre le décrel Frequeru de Constance, suivanl lequel, au cas où il es1 nécessaire de trans- férer le concile, le pape (avec l'assentiment des deux tiers des cardinaux) ne peul désigner qu'une ville de la même nation (par conséquent dans le cas présent on ne devait pas choisir Bologne). Du reste, le concile de Bàle esl déjà en fonctions, ce qui interdit au pape d'y apporter au.uu e hautement sans le consentement des I '.I es :t . Les Pères de Bàle adressèrent aussi, le 23 janvier 1432, une 1. M.m-i. Concil. atnpliss. coll., t. xxix, col. 237 Bq.; Hardouin, Concil. colL, t. \ m. coL 1315 Bq. ; Monum. en m il., i. n. p. 118 j N, Valois, op. cil. } t. i. p. 140. !.. I.. l 'i m. n- 1432, Philibert fut de nouveau confirmé dans Ba [onction de a. it ce ne fui qu'on septembre que Julien r»pri t Bea fonctions. I ni H storici buI concilio di Fin nze, t. i, p. 55 .> puisé ces renseignements dans un manuscrit de la Bibliothèque vaticane. Cela correspond au récit d'JEneas Sylvius <|ii après la constitution du règlemenl >ur l'ordre à garder dans les aflain - à Bâle (automne 1 132 . le i ardinal Julien reprit la pi . but les instano - du i oncile a doute dans la < m e session . L'archet êque de Milan, Barthélémy, ajoute Sylvius, •ni ■ t 'lu : Sub ejut prmsulalu nil fieri poste quod magnificum gloriotumque font} non tnim virwn viriuosum esse Julianwn, •><i ulu- tutus -, pour prouver que le concile était l'unique médecin qui pûl Bauver l'Église. Or ce médecin, on voulail présentement Le lui ravir, d'où Ba désolation plua grande encore. L'orateur expoi ensuite les désastreuses conséquences qu'entraînerail la disso- lution, et conclu! <'n prianl le pape de vouloir bien venir au secours de l'Eglise, et de mettre le concile en étal de poursuivre tranquil- lement ses i ra^ aux A\.nii l'arrivée .1 Rome des députés de Bftle, le roi Sigismond ;i\.nt écril de Plaisance le 31 janvier ;mx Pères du concile, I félicil ant de leur fermeté et leur apprenanl qu'il avait déjà dép j.;ir trois Fois tics ambassadeurs à Rome afin d'amener Le pape retirer la bulle de dissolution. Il ajoutait qu'il voulail prendre lui- même, le 20 février, le chemin .i[>e aucune réponse. Il avait chargé maître Jean I > ■ 1 1 1 1 « • 1 1 1 , chanoine de Liège, qui ét;iii en grande considération auprès du pape, de lui faire un rappoii exact de l'étal des choses; de plus, il a appris que Jacques de Sirk e1 Thomas Feine, les pi icile, avaient accepté «les emplois à Rome et s'y étaienl fixés. Le 20 . vrier I i32, Sigismond écrivit encore de Plaisance aux 1 qu'il ;i\;iit reçu avec plaisir les députés récemmenl en> par eux à Rome l'évêque de Lausanne, etc. " el <|u'il expé diait, Belon leur désir, un certain aombre de lettres aux pri évêques, etc., les invitant à venir ;'i Bâle. Il ajoutait qu'il avait dépêché .1 Rome un gentilhomme bohémien, Jean de Rosenbei . avec deux ecclésiastiques, e1 avait fait dire au pape qu'il resterait attaché au concile usque ad mortem. Les Pères de Bâle devaient annoncer .iii\ [^chèques la continuation du concile. Sigismond 1. BibL nat., ms. lai 50. II. L.) 5. Matth., u,8. M. 1 .. 3. Mansi, <>p. cit., t. \\\. col. 4. .M.in-i. i un, il. ampli - ». coll., 1. xxx, col. 84 sq. 5. J. Ilallcr, op. ci'., L II, p. 24. II. !.. "^84. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 711 conclut en disant avoir appris que le pape lui avait envoyé l'évêque de Lucques, l'abbé de Sainte-Justine à Padoue, et un neveu du cardinal Conti 1 . Le 5 mars Sigismond écrivit encore de Plaisance au concile : Les envoyés pontificaux qui avaient été annoncés ne sont pas arrivés, et ceux qu'il a lui-même envoyés à Rome sont probable- ment près du pape. Du reste, on se soucie fort peu dans la curie de son avis ou de celui des autres princes, et on ne fait aucun cas du concile. Il a cependant ouï dire que beaucoup de cardinaux et de curialistes devenaient de plus en plus favorables à la conti- nuation du concile, et le seraient encore d'autant plus que les Pères se montreraient plus fermes. Le chanoine liégeois Dumont, qu'il avait chargé d'une mission pour le pape, a été pris de peur à Florence et n'a pas osé aller à Rome : certaines informations de quelques cardinaux et de divers amis lui avaient fait entrevoir en perspective la prison, s'il poussait jusqu'à la ville éternelle. Il est alors retourné chez lui, au grand déplaisir de Sigismond. En revanche, son affectionné serviteur Honyngel lui a apporté de 462] bonnes nouvelles de Bohême. Que le concile veuille derechef assurer aux hussites qu'il ne se dissoudra pas 2 . Les envoyés pontificaux mentionnés plus haut remirent sans doute au roi Sigismond la lettre que le pape avait signée le 27 jan- vier 1432; Eugène IV y dit en peu de mots qu'il avait dissous le concile pour de bonnes raisons, et qu'il en fournirait les preuves à Sigismond, s'il venait à Rome 3 . Encouragés par la sympathie générale et le zèle actif du pro- tecteur, le duc de Bavière, Guillaume 4 , les Pères de Baie célé- 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 85-90. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 101 sq. 3. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 571; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1584. 4. Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayem, dans Forschungen zur deutschen Geschichte, t. n, p. 538 sq. « Une idée mise en avant à Bâle sur ces entrefaites, fit rapidement son chemin : répondre à l'éclat du 18 décembre par un éclat semblable, et au consistoire romain opposer une session bâloise. Ce projet ne souleva qu'un petit nombre d'objections, de la part notamment de Jean Picart, abbé cle Cîtcaux, et de ceux qui, comme lui, redoutant une rupture avec Rome, jugeaient prudent d'attendre le retour des ambassadeurs. La majorité passa outre. Cesarini lui-même se laissa bientôt convaincre : on l'avait persuadé qu'on s'en tiendrait aux termes des déclarations de principes déjà admis à Constance (J. Haller, Concil. Basil., t. n, p. 30, 32, 34). Bref, la session eut lieu le 15 février. Le concile de Bâle avait été dûment, légitimement, régulièrement commencé. Sa puissance résultait des décrets de Constance de laiv e et de la v e session réédités pour la circonstance. En consé- conciles — vu — 46 L1VRB XL VII brèrent. le 1 "> février I 132, /'/ deuxième session publique, sans tou- tefois, depuis lora jusqu'à la dix-septième session, mentionner aucun présidenl dans les procès-verbaux. Ils déclarèrent ■ qu< s;iiiii concile I a été canoniquemeul assemblé al ouvert dam la ville de Bftle, Buivanl 1rs décisions des conciles \r l'hérésie, la réforme générale de l'Eglise dans son chef el dans ses membres el le rétablissement de la paix entre les quence, le concile déniait .'i toute personne, fût-ce le pape/le droil de le dissoudre, de le transférer ou de le proroger contre -<>n u'rr, le droit même de rappeler ou de détourner de leur route les gens convoqués à l!.*il<- <>u -y rendant, el il annulail d'avance toutes mesures de rigueur, censures ou autres, dont les 1 * ■ i • - pourraient r-ir.- l'objet. Application Btricte, disait-on, des principes définis à Constance; irréfutable Byllogisme < l<>n t l'auteur était l' Esprit-Saint I Puis, suivant les pi dents, di i ose était fait*aux membres obligatoirement tenus d'assist mcile '1 ■ M retiri r tans ~"n autorisation ou de partir sans laisser «I ix de pro< n- r.iiinii régulière J. Haller, "p. cit., t. n, p. 34; Monum, eonciL, t. ti, p. 124, ette apparence de logique, - B'incliner devant toul décr ' de i ■ Forme émané ce qu'on déduisait rets de 1415 .il ae s'ensuivait pas qu'il <ùt les mains liées au point «1" ne pouvoir interromp adre un momenl li - travaux de l'Asseml I o quoi février 1432 tranchaient an détriment du Saint-Siège une question douteuse même pour beaucoup île ceux qui reconnaissaient 1" principe de la supériorité du concile. V Valois, op. cit., 1. 1, p. 144-145. (II. L.) 734. LES DEUX PREMIÈRES SESSIONS DE BALE 713 princes chrétiens, ne peut être dissous, transféré ou ajourné par [463] personne, pas même par le pape, sans son propre consentement. » En outre : « Aucune personne déjà présente au concile ou qui s'y achemine, ne doit, sans l'assentiment du concile, être par quiconque, même par le pape, rappelée, envoyée ailleurs ou empêchée de quelque manière que ce soit de se présenter à Bâle. Quant aux peines dont ceux qui sont déjà au concile ou qui s'y rendent seraient menacés pour les en détourner, elles sont nullese ts ans valeur. » En outre : « Les prélats et tous ceux qui sont tenus d'assister au concile ne doivent pas quitter Bâle avant qu'il soit terminé et sans sa permission. » Enfin : « Attendu qu'il est néces- saire d'augmenter le nombre des promoteurs, le concile nomme à cette charge Adhémar de Roussillon, chanoine de Lyon, et Henri de Bebenheim, officiai de Bâle. Pierre Bruneti, chanoine d'Arras, est nommé notaire supplémentaire 1 . » 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 21-23 ; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1121 sq. Ailleurs, cet officiai de Bâle est nommé Henri Beyne. Louis de la Palu et Henri Stader, en se rendant à Rome, devaient s'aboucher avec le duc de Savoie, avec le duc de Milan et avec le roi des Romains, Sigismond. Les Pères réclamaient la présence de ce dernier et celle de Guillaume de Bavière, duc protec- teur du concile. Ils entretenaient Sigismond d'un certain évêque de'Parenzo, soi- disant trésorier du pape, porteur d'une prétendue bulle de dissolution à laquelle ils n'entendaient aucunement se soumettre. Ils envoyèrent le doyen de Strasbourg aux électeurs ecclésiastiques et autres prélats de la région rhénane, pour leur recom- mander de n'en tenir aucun compte, et Nicolas Lami, avec une mission semblable, vers l'université de Cologne, puis en Angleterre et en France. Nous avons cité les encycliques du 21 et du 23 janvier par lesquelles les Pères de Bâle protestaient contre le coup d'Etat pontifical et l'escamotage du concile. N. Valois apprécie avec une hostilité surprenante l'attitude des Pères de Bâle, op. cit., t. i, p. 141 sq., qu'il nomme avec une impatience à peine déguisée « les gens » de Bâle, des « gens » qui n'étaient pas les premiers venus. « Ainsi la poignée de clercs et de prélats qui prétendait, en vertu de la quadruple institution de deux papes et de deux conciles, représenter à Bâle l'Eglise universelle, engageait, dès ce premier mois de l'an- née 1432, la lutte contre le souverain pontife. Elle se disait concile et, comme tel, à partir de son ouverture canonique, ne connaissait plus de maître sur terre. Armée du fameux décret de Constance de la V e session, elle consentait encore à solliciter du pape une rétractation; mais prévoyant déjà le refus du Saint-Père, elle proclamait son droit à la désobéissance; bien plus, elle prétendait que la chré- tienté lui obéît. Pour provoquer aussi la révolte de ce petit groupe jusque-là si soumis, il avait suffi de la menace, non pas de le disperser définitivement, mais de l'ajourner à une époque et dans un lieu peu éloignés. Qu'allait donc accomplir de si considérable l'assemblée de Bâle avant le mois de mai 1433 ? Car telle était la date du rendez-vous fixé à Bologne par Eugène. Mais, indépendamment de l'ur- gence de certaines affaires qu'il semblait impossible de retarder, le souvenir des 14 LIVRE JCLVI1 785. Assemblée des évèques français à Bourges, 1432. Onze jours plus tard (26 février L432 . les évêques de la France e1 du Dauphiné, Bur l'ordre du roi Charles \ II. tinrenl à Boui une assemblée, bous la présidence >i r< bien des circonst mees obscures, bien des malentendus -. La bulle d i il h 18 décembre avait mis plus de vingt-trois jours à venir de Rome à Plai- ; il lui en fallut environ cinquante poui arrivera Bftle. D I intervalle, 1 nombre des P< n - B'était encore accru. Le duc Guillaume d< ail venu prendre >mi poste de protecteur «lu concile •"• février), tanédéi \lll. duc di Savoie, «Ion t le rôle devait avoir une bî étrange importance, une ambassade, encourageant les Pères, promettant son concours, annonçanl le départ représentants el de quelques-uns des principaux membres du clergé de - 1 tats. D'Allemagne étaienl venues d'autres nouvelles rassurant'-. D'Italie, le roi des Romains écrivail aux Pères: Courage! Nous sommes avec vous qu'a la morl !... S'il fallait voir ce concile se séparer comme l< - préi • dents, -.m- n mitai • i sans motif, poux la perte de la chr< tienté, Il nous paraîtrait fade de vivre plus longtemps parmi les fils des hommes ! Et non Beulemenl il exprimait 1 la iction qu'Eugène, mieux informé, se raviserait, d'une : iche indélébile, mais il Insistait lui-même auprès du pape, i d faisant vi que !-• concile d niant par la plupaii des prû il comme de i surances, qu - mond lui-même communiquait -. devaient rmir dans leur résolution. Tous ici, écrivait-on de Bftle ricr, entendent continuer le concile; car non seulement l'empereur, mais que tous les princes d'Allemagne et le duc de Savoie Insistent dans mptent l nouveau aux prélats e1 autres pour qu'ils bc bfttcnt nir, en les i nt d'uni ■ ore pi que la première. ' 'n Be • nds pr paratifs. Palacky, Handschriften sur Geachichtt \u milieu de cette Gèvre, quel accueil pouvaienl à la seconde bulle de dissolution ? Le pa] le ton, fait un éclat, r : en q e ait-il la situation d'un» assembli ute personne, i ondition pa| i ' 1 i à l'adresse d'Eugène une troisième > pltn . dans laquelb . • d ré] au reproche de la bulle, il se justifiait longuement itifiail l> concile d'avoir voulu donner audienci ns Monum. , t. n, p. 111-117). Sui- -. L'Allemaj inte et furieus< . evait . - . rc qu'à su< • • l'argt nt d lui importe la i . la foi, l'intérêt général ! Le Beul effet <1< la bulle de 785. ASSEMBLÉE DES EVEQUES FRANÇAIS A BOURGES 715 voqué, qu'il comptait des évêques de presque toutes les parties du monde, et que la célébration de ce concile était hautement nécessaire à cause des Tchèques. Ceux-ci avaient répandu le bruit que les catholiques refusaient de les entendre, tandis qu'eux- mêmes étaient disposés à se soumettre à la décision d'un concile œcuménique 1 . Il est par conséquent indispensable de les admettre à la dis- cussion, afin que l'Église catholique ne paraisse pas impuissante à les réfuter. Les évêques français décrivent ensuite les progrès incessants de l'hérésie hussite; la doctrine qui interdit le paie- ment d'aucune dîme à l'Église rencontra de très nombreux adhérents; en Bohême, les églises sont partout incendiées, les prêtres maltraités et tués, les sacrements méprisés, etc. C'est ce qui rend pressante la nécessité d'un concile général. Le (précédent) roi de Bohême et d'autres princes ont trop longtemps toléré la propagation de l'erreur et l'emploi de la violence; aussi les héré- tiques ont avancé ce monstrueux principe, que celui qui a péché 464] mortellement ne peut plus avoir d'autorité sur les chrétiens, et dissolution était de faire accourir à Bàle de nouveaux Pères qui se fussent sans doute abstenus d'y venir dans d'autres circonstances. De jour en jour l'audace croissait : les Pères se disaient prêts à mourir plutôt que de se disperser. Il y avait plus : on contestait tout haut à Eugène IV le droit de dissoudre l'assemblée; on alléguait « certains décrets faits à Constance » sur lesquels le légat n'osait point dire son sentiment, mais dont, chose singulière, il jugeait à propos de mettre le texte sous les yeux du souverain pontife, comme s'il se fût agi de documents peu connus. Pour conjurer tous ces périls, le pape n'avait qu'à prononcer un mot, cette rétractation n'aurait rien de honteux pour lui : elle serait, au contraire, son éternel honneur. » (N. Valois, op. cit., t. i, p. 141-144.) (II. L.) 1. Labbe, Concilia, t. xii, col. 813-817; t. xni, col. 1495; N. Valois, op. cit., t. i, p. 152 sq. ; Eugène IV avait pensé que la France se rendrait à Bologne sans hésitation, ayant cru à la légère l'opinion formulée par Philippe de Coëtquis, sans mandat sur cette question (N. Valois, Hist. de la Pragmatique Sanction de Bourges, p. lix; Deutsche Reichstagsaklen, t. x, p. 389). En réalité, avant toute décision, Charles VII voulait interroger les prélats de son royaume. Des lettres données à Chinon, le 14 janvier 1432, convoquaient les évoques de langue d'oïl et de langue d'oc à Bourges pour le 26 février. La discussion commencée en retard se prolongea peut-être jusque vers le mois d'avril et ses résolutions furent prises, dit- on, à l'unanimité. L'assemblée de Bourges était terminée le 12 avril et le résultat communiqué à Issoudun aux conseillers du roi. La lettre d'Amédée de Talaru à Louis de la Palu est datée de Pierre-Scise, le 28 avril, cf. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xxix, col. 634. Celle du même archevêque au concile de Bàle porte égale- ment la date du 28 dans le ms. 10S 2 de Douai, fol. 100 r°; dans le ms. Strozzi 33 de la Laurentienne, fol. 13 v° et dans l'édition Labbe, t. xn, col. 1001, mais porte par erreur la date du 18 dans le ms. lat. 1575 de la Bibl. nat., fol. 59 r°. (II. L.) , I 6 LIVRE XLVU \\v uni commis d'effroyables forfaits contre les nobles, les couvents, les hommes e1 les femmes. Bien plus, le poison hérétique s'est répandu hors de Bohême el s pénétré en Fran< Il \ ;i peu d'années, dans le Maçonnais e1 dans le Forez, le peuple B'es.1 révolté contre Bes Beigneurs, s brûlé les registres des impôt multiplié les actes de violence, e1 déclaré hautement qu'on n'avail plus besoin dans toul le pays que 1 1 premier moyen, on ne 0teu1 attendre rien de sérieux ni été Invités à Bâle. Qu'on les entende en présence du concile général «pii ne i. auquel elle rappelle l'exemple de ses prédécesseurs qui Be sont toujours efforcés d'éteindre les < I i \ i^i< »n -• dans l'Église, de faire <•!■ sort»- que l'inimitié qui règne entre l<' pape h les Pères de Bâle, prenne lin avant que la scission ne soil sans remède; '-11'' l'invite aussi à envoyer au pape, en son nom h au nom «lr l'Église galli- cane, une ambassade solennelle, pour lr prier «le continuer le acile. (rite ambassade aura aussi pour mission d'< er les cardinaux à user dans i e sens de l'influence qu'ils <>m sur !<• Saint- Père. Le i "i voudra bien également écrire au roi des Romains, aux [4i ducs de Savoie e1 'I" Milan, afin qu'ils s'intéressenl au concile el l.< ru, 19; cf. \ . ! I ■ aard, // Montbrison, 1 - t. ii, p. 44; A. Steyert, Lyon, in-4°, I.j 1897, t. h, p. 6< 786. NÉGOCIATIONS ENTRE LES PERES DE BALE ET LES TCHEQUES 717 veillent à ce que personne n'entreprenne contre le pape, la curie, Rome ou l'État de l'Église, rien qui puisse irriter le pape contre le concile. L'assemblée désigna sans délai l'archevêque de Lyon pour être envoyé à Rome en son nom, et pria le roi de choisir le même prélat pour remplir de sa part la même mission. En outre, elle lui demanda de bien vouloir dépêcher sous peu des représentants au concile de Baie et de permettre aux évêques de son royaume de s'y rendre. Enfin, on décida que les frais nécessaires de voyage et autres seraient couverts par un impôt levé sur le clergé et représentant le quart d'une décime; par contre, il fut entendu que le roi s'opposerait à toute contribution que le pape voudrait faire peser sur l'Église de France, sans l'assentiment du concile, et que la participation du clergé de France au concile n'entraînerait pour lui aucun autre sacrifice d'argent 1 . L'archevêque de Lyon communiqua aux Pères de Bâle les réso- lutions de l'assemblée, les suppliant d'agir avec douceur envers le pape, parce qu'il était le chef de l'Église et que sa conduite était irréprochable 2 . 786. Négociations entre les Pères de Bâle et les Tchèques au printemps de 1432. Pendant ce temps on avait poursuivi sans relâche les négocia- tions avec les Tchèques. Peu après la publication de la lettre d'invitation à eux adressée le 15 octobre 1431, le concile envoya deux députés, le prieur des dominicains de Bâle, Nider, et le cister- cien Jean de Maulbronn, en Bavière, en Franconie et sur les frontières de la Bohême : leur mission avait pour objet d'empêcher quelques princes et seigneurs de conclure, par crainte, des traités de paix particuliers avec les hussites, et aussi d'inviter personnel- 1. Bibl. nal., ms. lat., 1575, fol. 19-23; Bibl. de Douai, ms. 198 2 , fol. 100-103; Bibl. Vatic., ms. Reg. 1017, fol. 139-143; Monum. concil., t. n, p. 137 sq. ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 401-406; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1458 sq. ; Kaynaldi, Annal., ad ann. 1432, n. 6. Cette pièce dans Mansi et llardouin porte la date du 26 février 1431, d'où il est résulté que beaucoup d'his- toriens, même le continuateur de Fleury, ont placé l'assemblée de Bourges en 1431. Ils n'ont pas remarqué qu'on ne commençait en France le nouvel an qu'à Pâques [stylus Francix), et qu'ainsi le 26 février 1431, style français, est le 26 février 1432, selon notre manière de compter. 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 634-637; llardouin, Concil. coll., t. vni,col. 1640 sq. Sur Amédée de Talaru,cf. N.Valois, op. ci!., 1. 1, p. 154-155).(H. L.) 718 l 1VH i. JCLVII lemenl ces hérétiques à s.- rendre à Bftle. Partis de Bâle le 28 no-[' vembre L431, les députés rencontrèrent le meilleur accueil M h ii ic h. à Nuremberg, à Bamberg e1 à Wurtzbourg. Il- Be couvain- quirenl qu'aucun prince ni évêque '!«• ces contrées ne voulail traiter avec les Bohémiens; publièrent à Nuremberg, le 5 jan- vier 1432, leur premier message aux Tchèques h envoyèrent le même j<"ir un rapport aux Pères de Bâle lettre du Père Nider à lean de Raguse . Ils avaienl appris, disent-ils, à Nuremberg, que les habitants de Prague avaienl très favorablement accueilli la lettre d'invitation du concile, et avaienl vu avec beaucoup de satisfaction !<■ désastre des taborites el des orphelins, qui furent bj mal accueillis lors de leurs brigandages en Hongrie. Pi pe le Grand avail occasionné ce désastre en B'éloignant avec ses amis e1 un riche butin, tandis qu'il laissait le reste de en proie à la vengeance des Hongrois. Depuis lors <>u le tenail pour infâme, et comme peu après il exprimait le désir d'avoir un médecin de Prague, on lui lii répondre i qu'on lui enverrait le bourreau . Su 1 1 «>ui Jean de Rokyczanj le principal théologien des hussites, et curé de l'église de Teyn à Prague] s'esl prononcé très favorable- ment à l'endroil de la lettre d'invitation. Lorsqu'il a lu cette Iritre à l'église ci «Mi es1 venu à ces mots : i Nous vous prions «le nous envoyer des hommes donl <>n puisse espérer que l'espril de Dieu es1 en eux, » il B'est écrié en langue tchèque : • Comme cette demande es1 sainte el légitime! Mais où ti : de tels hommes parmi nous, quand il y a au milieu de \nih tant d'assassins, de voleurs, etc. ? Ce Jean de Rokyczany a déjà ramené ses audi- teurs de plusieurs erreurs professées par les hussites, el ne tienl plus qu'à la communion laïque sous L'espèce du vin. Il \ a beau- coup d'autres Bohémiens dans ces sentiments, notammenl dai !<• quartier de Prague qu'on appelle la vieille fille. - Partout, ajoute Nider dans >'>n rapport, on es1 contenl en Bavi re el en Pranconie) que I»- concile se boîI proposé 1rs trois l»ut> connus; il Be trouve pourtant un assez bon nombre de clei i juliers el sécu- liers qui ne peuvenl pas souffrir le mol Réforme . Que le concile ne permette à personne . Vindol \ t. i. p. \ rf. lea documents dam Mansi, Concil. ampliss. <"//.. t. xxix, col. 141: t. nxm. col. 169 sq.; Hardouin, l "-//.. t vm, col. 14 786. NÉGOCIATIONS ENTRE LES PERES DE BALE ET LES TCHEQUES 719 au pape, le 23 janvier 1432 (non 1437), et appuya de ce document sa nouvelle demande de ne pas dissoudre le concile au moins avant le mois de juillet suivant 1 . £67] Le 31 janvier 1432, le baron Ulric de Rosenberg, grand seigneur bohème, envoya de son côté au roi Sigismond une relation sur l'accueil bienveillant que les habitants de Prague avaient fait à la lettre d'invitation : il ajoutait que les citoyens des quartiers de ville neuve et de vieille ville étaient actuellement d'accord (les habitants de ville neuve s'étaient montrés jusqu'alors plus fana- tiques), et qu'ils réduisaient leurs prétentions à quatre articles. Quant à Procope et aux taborites, ils ne s'entendaient nullement avec les autres, et ils préféraient entretenir des divisions san- glantes même parmi les Tchèques. Le dimanche après la fête de sainte Dorothée (10 février 1432) on devait arrêter dans un con- grès la réponse au concile 2 . Jean de Raguse nous donne au complet dans son deuxième écrit (Tractatus de reductione Bohemorum) le texte du manifeste fulminant que les taborites adressèrent aux Allemands (en langue allemande) dès le mois de novembre 1431. Ils y excitent les Teutons à se méfier du pape et de ses prêtres, à expulser ces derniers, et y tiennent le langage le plus virulent contre toutes les institutions ecclésiastiques. A les entendre, églises et couvents sont « des lieux infâmes, repaires de simonie et écoles d'hérésie ». Ils énumèrent en vingt articles le catalogue des vices réels ou supposés de l'Eglise et joignent à cette énumération quelques preuves en faveur des articles tchèques (interdiction aux clercs de la propriété tempo- relle, liberté de la prédication, châtiment de ceux qui sont cou- pables de péchés mortels, et communion sous les deux espèces). Ils terminent par le souhait d'une délibération prise par le concile de Bâle sur les mesures utiles au salut de l'Église, mais ils appré- hendent que les Pères ne se soient réunis que dans le but de couvrir du manteau de l'hypocrisie leurs propres ignominies et leurs injustices, et d'empêcher et d'opprimer la justice, qu'ils ont en horreur 3 . 1. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 6G5 sq. et t. xxxi, col. 171, et par conséquent deux fois. La deuxième fois la date exacte, 1432, est donnée, mais la suscription est fausse, en ce que Mansi dit que la lettre est anonyme. 2. Monumenla conciliorum gênerai, sec. XV, t. i, p. 144 sq. 3. Monumenla concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 153-170; Cf. Palacky, Geschichle von Bqhmen, t. ni c, p. 23 sq. 7'JU LIVRE XI.VII Le concile fil traduire en latin ce pamphlet incendiaire, el le lécembre \\"<\ en publia une courte réfutation 1 . C'esl juste 4, iiinii ;i!..r^ que l'évêque de Parenzo, Daniel, arrivail à Bâle, pour opérei au nom du pape la dissolution du concile. I b nouvelle des mesures que venait de prendre le pape inquiéta aucoup le9 I chèques; le prieur Nider et son collègue 'lurent leur donner l'assurance que le concile tiendrail ferme, et les invitt encore à \ envoyer leurs députés, pour la Bécurité desquels "n prendrait d'efficaces précautions. IU avaient entamé dans ce but (Icn négociations avec le margrave de Brandebourg, de qui il- réclamaient un sauf-conduil pour les députés tchèques, el une attitude ferme et fidèle sur l'affaire du concile. Le margrave avail sur ces deux points promis de faire de Bon mieux. Le Père Nidi i i I son collègue notifièrent toutes ces particularités au concile le Ifi février L432, ajout an1 < ] m <■ le n ve de Brandebourg et l'évêque d'Eichstâdt étaienl fort bien disposés pour l'assemblée el qu'il était du devoir "ii collègue d< se rendre à Eger, afin de traiter avec les députés bohémiens poui le Bauf-conduit el la liberté de parler el d'être écoutés qui leur sérail octroyée à Bâle. Jean de Maulbronn envoya sur-le- champ copie i\ .ut .i i tenir un congrès de princes à Nuremberg*. I. Mo umenta concil. gênerai, sec. tv, i. i. |>. 170-174. ' Jl •!-*!»- • lu 2 mbre 1432. d'après la coutume du moyen âge, suivant laquelle on 1' nouvel an au -•"> décembre. Pai Béquenl le - m- 1432 corn ipond à notre 28 d 1 ''•"•! . umenta oncil. gênerai, sec. *»*, i. i, p. 149-152, el 181-185; Mansi, cil. ampliss. mil., i. xxix, col. 143, 613 sq. ; t. xxx, i le même texte n du t. \m\. col. 443 . Hardouin, ( onciL • "II., t. vin, col. 1495 el 1621- Palacky, Geschichte von Bôhmen, t. m <. ; \i ■ • enta conciL général. $ee. rv, t. i. p. 190-195. Deux autres l^tiirs 787. DÉBATS RELATIFS A LA CONTINUATION DU CONCILE 721 Pendant ce temps, le concile, suivant le vœu du roi Sigismond, avait écrit aux Tchèques le 8 mars 1432, les assurant que, malgré le décret pontifical de dissolution, le concile poursuivrait ses opérations, jusqu'à ce qu'il fût arrivé à une entente avec eux. Le 469] 20 mars, Nider et son collègue répondirent aux Bohémiens qu'ils viendraient dans l'octave de Pâques avec le margrave de Brande- ! ourg et le duc Jean de Bavière pour les négociations en question. Mais comme leur lettre tarda beaucoup, les Tchèques se plai- gnirent amèrement, le 27 mars, qu'on les laissât si longtemps sans réponse. En même temps, 27 mars 1432, le concile envoya au Père Nider et au Père Jean de Maulbronn les sauf-conduits pour les Tchèques, et leur adjoignit quatre nouveaux collègues, à savoir : Henri, abbé de Saint-Gilles de Nuremberg, Albert, curé de Saint-Sébald (de la même ville), Henri Toke, chanoine de Magdebourg, et Frédéric de Parsberg, doyen de Ratisbonne. On donna des instructions pour les six députés. Le concile pria en même temps Frédéric, margrave de Brandebourg, Jean, duc de Bavière et la bourgeoisie de Nuremberg et d'Eger, de donner leur protection aux députés synodaux; il demanda aussi au margrave de Bade et à d'autres princes des sauf-conduits pour les Tchèques L Le concile, n'ayant pas encore de sceau propre dans cette cir- constance, employa celui de Tévêque de Coutances, Philibert 2 . 787. Débats relatifs à la continuation du concile et troisième session. Quelques jours plus tôt, le 17 mars 1432, les envoyés de Sigis- mond avaient été reçus en audience publique par le pape 3 , mais on ne se pressa pas de leur donner réponse; au contraire, Eugène IV avait préféré députer lui-même une ambassade au roi Sigismond. des magistrats d'Eger et de Prague aux envoyés du concile du 7 mars [feria VI ante Invocavit) et du 27 lévrier 1432 se trouvent dans Mansi, op. cit.. t. xxix, col. 643- 645. 1. Monumenta concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 197, 214; Mansi. Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 406-415, 417, et t. xxx, p. 99, 115; Ilardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1463, 1471, 1472. (Ici encore Mansi donne quelques pièces deux fois.) 2. Le concile eut bientôt un sceau particulier, cf. N. Valois, op. cit., t. î, p. 164, fig. (H. L.) 3. Voir leur allocution dans Mansi, op. cit., t. xxx, col. 105 sq. Il faut se garder de confondre cette ambassade avec celle du concile, composée de Louis de la Palu et Henri Stader. (IL L.) 722 LIVRE XLVIl Cette ambassade, annoncée comme on l'a vu, dès le mois de IY-\ rier, arriva vers le milieu de mars à Parme, "ù le i"i en route pour Rome s'étah arrêté. I ea envoyés pontificaux l'évêque de Maguelone el l'abbé de Sainte-Justine à Padoue devaienl faire des proposi- tions relatives au couronnement de l'empereur, el en même temps justifier la bulle de dissolution. IU Brenl surtoul valoir que l '" 1 le pape aurail voulu assister personnellement au concile, mai <|ur -.mi étal maladif notoire lui rendait impossible le voyage de le. Us ajoutèrent, pour atténuer l'esclandre, qu'il m issail pas à propremenl parler de dissoudre le concile de Bâle, mais simplement u à Nuremberg, ou dans toute autre ville <|ni conviendrait aux princes électeurs ecclésiastiques et au légat. Ce concile achevé, les prélats allemands auraienl à venir à Bologne, où ils rencontreraient le pape avec toul le Sacré-Collège 1 . Sigismond répondil aussitôl que si le pape ne trouble pas !<• concile de Bâle, il ira à Rome sans armée, selon le vœu «k- Sa Sainteté, prêter le serment prescrit, recevoir la couronne des mains du pape et lui assurer que la canonicité :<>j [Vilhelm 111 ^on Bayan, dai ' ■ . I. n, p. S > ■ 787. DÉBATS KELATIFS A LA CONTINUATION DU CONCILE 723 pauvres qui voudraient venir à Bâle, on aurait soin d'eux J . Quelques jours plus tard, les Pères de Bâle reçurent avec une vive satisfaction une lettre du duc de Bourgogne (7 avril) : il pressait le départ de ses prélats pour Bâle et avait utilisé en faveur 1. Mansi, op. cit.. t. xxx, col. 121. Les ambassadeurs du concile arrivèrent à Rome le 28 février, Monum. concil., t. n, p. 160, et présentèrent à Eugène IV la première lettre de Cesarini qui aura pu indisposer le pape par sa franchise, ainsi qu'il arrive ordinairement. L'évèque de Lausanne obtint audience pontificale le 6 mars et parla avec tout autant de clarté que Cesarini (Bibï. nat., ms. lat. 1575 fol. 44-48; Bibl. de Douai, ms. 198 2 , fol. 34-38 ; Ampliss. coll., t. vin, p. 69; Monum. concil., t. ii, p. 160). Si le pape s'illusionna encore, il fut soumis à une troisième épreuve lorsque, peu de jours plus tard, de nouveaux envoyés de Sigismond eurent fait entendre des paroles peu différentes et annoncé que leur maître prenait le concile sous sa sauvegarde et déclarait ne pouvoir assister en spectateur indifférent à la ruine de la foi, à la destruction de l'Eglise. « Le danger donc dut apparaître aux yeux d'Eugène IV; mais, avec son optimisme et, pourquoi ne point le dire ? son obstination habituels, il résolut de l'affronter. La lutte contre les Pères, contre Cesarini, contre le roi des Romains, le schisme même qui pouvait en être la con- séquence, tout lui parut préférable à la prolongation d'un concile général siégeant, légiférant dans une contrée perdue, hors de sa vue et de son contrôle. Qu'on y songe, en effet, ce n'étaient pas seulement la distance et les Alpes qui entre Rome et Bâle constituaient une barrière difficile à franchir: c'était encore, c'était surtout l'hostilité milanaise. Sait-on qu'en ce moment, pour empêcher qu'un second ordre de rappel parvînt à Cesarini, qui eût été tenté peut-être d'y obtempérer, Philippe- Marie faisait surveiller les routes de Lombardie, intercepter les lettres, arrêter les courriers et conseillait à Sigismond d'agir de même du côté du Trentin ? Entre le Saint-Siège et son légat, le fil des communications était virtuellement coupé. Pour mettre un terme à une situation aussi périlleuse, le pape persistait à ne voir qu'un moyen : ramener le concile en' Italie. Et c'est ainsi qu'au bout de trois mois, l'évèque de Lausanne et le doyen d'Utrecht rentraient à Bâle les mains vides : ils n'avaient rien obtenu. Ils rapportaient pourtant quelque espérance. Eugène, disaient-ils, serait amené tôt ou tard à modifier son attitude. La pression continue qu'exerçait Sigismond opérerait à la longue. Puis, chez les cardinaux, ils avaient rencontré des dispositions favorables (J. Haller, op. cit., t. i, p. 253; Monum. concil., t. n, p. 160). Un parti du concile existait dans la curie — on s'en était bien aperçu dès le mois de novembre — il gagnait du terrain, il finirait par l'emporter, pour peu qu'on fût inébranlable. Ce n'est donc pas seulement par dévouement à leurs principes, mais aussi dans l'espoir de les faire triompher, que les Pères tinrent bon en apprenant l'échec de leur ambassade, se raidirent contre la difficulté et enhardis en apparence contre une résistance plutôt propre à les décourager, passèrent de la défensive à l'offensive. Leurs prévisions, d'ailleurs, ne les avaient pas trompés : le printemps leur amenait des recrues. Au nombre d'une soixantaine vers la fin de février, ils dépassaient maintenant le chiffre de quatre-vingts. Une dizaine d'évêques rehaussait l'importance de la congrégation ; le groupe des abbés était encore plus compact : les mitres, au nombre de trente- quatre à trente-sept, faisaient fort bon effet dans les cérémonies. Enfin, le roi des 724 LIVRE \ i.vn du concile son influence sur l'Angleterre, ou alliée 1 . Les Pères [^71] de Bftle et le pape avaienl recherché avec ardeur l'appui île l'Angleterre et j avaienl envoyé < 1 <•-» ambassadeurs. Des deux côtés "M a \ ;i ii agi de même vis-à-vis d'autres nations *. Le 8 avril 1432, le n>i Sigismond aotifia au concile qu'il avail pris « I < -^ mesures pour empêcher les bourgeois de Bâle «le spéculer -m la cherté roi ajoute qu'on devail maintenant citer à Bàlr les cardinaux, donl un grand nombre étaient bien disposés pour le concile. Il lit peut-être avantageux, à Bon avis, d'y citer aussi le pa Romains, par Bes lettres ou par la bouche du «lm- protecteur, ne cessait de I - ■ . les exhortait .'• procédi r par voie de citation, répétait qu il si rait > • n\ jusqu'à l.i mort, et se taisait fort de les garantir contre toute éventualité. • Deutsche Reichstagaaklen, t. \. p. 109, 111 Bq., 138 sq.; J. Haller, op. cit., t. », ,.. 92-94; N. Valois, op. cii., t. i, p. 149-150.] [H. L.). 1 . M.ni-i. < onciL ampliss. colL, t xxx, col. I 22. 2. Mansi, op. cit., i. \\i\. col. 372 sq., t22, §63; Hardouin, ( onciL colL, t. rm, .. i ',::. 1513. revocet) e1 de rendre cette rétractation aussi publique que la dissolution elle-même; en outre, de ne plus créer à l'avenir d'obstacles au concile, mais plutôt, ainsi qu'il convient, de le favoriser el protéger; enfin de se rendre en personne au concile dans le délai de trois mois, délai que les Pères déclarenl péremp- toire, si sa Banté le lui permet. S'il ne peul venir lui-même, <|u'il envoie un ou plusieurs représentants munis iit - de l'Église, selon la justice et l'inspiration de l'Esprit-Saint, et procéderait en conformité avec le droil divin et humain. Il prie et adjure les cardinaux avec semblables instances de peser sur le pape dans cette affaire, d'appuyer le concile, el de s'y rendre eux-mêm< dans les trois m<>is délai péremptoire), bous peine d'être poursuis m me «!«' droil el traités en contumaces. Seul le cardinal Sainte-Croix Aibergarti) il<>ii en être dispensé pendanl la durée de û \ - fonctions de négociateur entre la France e1 l'A l . M.tn-i. >)/'. cit., i. xxx, col. i :. Leur lettre du 8 mai 1 rouvent d Mansi, <>/>. ri/., t. xxx, col. 133 sq. 1 cardinal Dominique Ram, évêq Lerida, qui étail ie pour iblir la paix . a, la N et la Castill'-, demanda et obtini la 787. DÉBATS RELATIFS A LA CONTINUATION DU CONCILE 727 Quant aux cardinaux déjà rendus dans le voisinage de Bâle, le concile leur accorde un délai de deux mois. Dans cette session les Pères exhortent, en outre, tous les chrétiens à notifier cette déci- sion au pape et aux cardinaux. Si l'on ne peut parvenir jusqu'à eux, on doit afficher le décret aux portes des palais apostoliques et des basiliques de Saint-Pierre, de Saint- Jean de Latran et de Sainte- Marie Majeure à Rome, et, si cela également est impossible, on l'affichera dans les églises cathédrales de Sutri, de Viterbe et de Sienne *. » On présume que le duc de Milan, Philippe-Marie Visconti, ennemi politique du pape, avait poussé les Pères à cette démarche hardie 2 ; le cardinal Capranica avait aussi agi dans ce sens, et, bien plus, comme nous l'avons vu, le roi Sigismond leur avait donné le même conseil 3 . Les relations de ce prince avec le pape étaient alors très tendues ; sa situation — sans argent et sans armée sérieuse — était fâcheuse, et son espoir de recevoir la couronne impériale était à ce point compromis que, le 18 mai 1432, dans une lettre à son représentant à Bâle, le duc Guillaume, il lui confiait secrètement qu'il lui était impossible de tenir plus long- temps en Italie. Aussi priait-il le duc de faire en sorte que le concile demandât instamment au roi de se rendre à Bâle en personne le plus tôt possible. Cette invitation seule pouvait le sauver de la honte d'une retraite. Le concile devait ignorer toutefois que le roi désirait être appelé auprès de lui. Cependant le duc Guillaume ne devait pour le moment que préparer l'affaire. Avant d'en presser la conclusion il devait attendre une nouvelle lettre de Sigismond. — Cette lettre parvint heureusement à sa destination; mais une autre adressée au duc par Sigismond, le 23 avril 1432, tomba entre les mains des partisans du pape, et fut mise à profit même dispense. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 148 sq. Avec le cardinal Albergati se trouvait alors iEneas Sylvius, qui alla dans cette circonstance en Ecosse et en Angleterre, cf. J. F. Dùx, Der deuische Cardinal Nikolaus von Cusa und die Kirche seiner Zeit, t. i, p. 171 sq. 1. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 23 sq. ; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1123 sq. Le décret demeura pendant trois heures affiché aux portes de la cathédrale de Bâle. Au bout d'un délai de quatre mois la monition et les citations sortiraient leurs effets, quelle qu'eût été la valeur réelle de la signification. Monum. concil, t. ii, p. 188; J. Haller, Concil. Basil, t. n, p. 102; N. Valois, op. cil, t. i, p. 151. (H. L.) 2. Baynaldi, Annal, ad ann. 1432, n. 9. 3. Cf. yEneas Sylvius, dans Fea, Pius II a calumniis vindicaius, p. 44. concii.es — vu — 47 I l \ I : I \ ! \ 1 1 «huis une bull hostile è Sigismond adr< i tousles i princes. Mais le me ei papal porteur . Selon la convention faite, 1rs envoyés du concile, avec Le margrave de Brandebourg et le iluc h de M;i\it'-ic. arrivèrent à Eger, le dimanche In albis, 21 avril 1432; ils n'y trouvèrent pas les Tchèques, mais seule menl une lettre d'eux lea informant que Le magistral de Pilsen et «Ji \ « i ^ autres seigneurs de cette contrée ne leur avaient pas encore donné de sauf-conduit. Ce dernier point enfin réglé, les députés tchèques arrivèrent à Eger, le 8 mai, avec quatre-vingt-dix chevaux. 1 ea plus notables d'entre eux étaienl Jean de Krajnic, Jacques de \Yi isowic, Benas de Mokrowaus, Jean Welwar de Prague, Mathias Lauda de Chlumcan, Laurin de Hradist, Grégoire de Kôniginhof, Nicolas Humpolecky, notaire à Prague, M. Jean de Rokycaany, M. Pierre Payne, Procope I'- Grand, Nicolas Biskupec 'le Pilgram, Markoll de Zbraslawic e1 Martin Lupac de Chrudim. Dès le jour suivant les deux partis se réunirent dans le palais du margrave de Magdebourg, et Henri Toke, chanoine de Magdebourg, un des envoyé: du concile, prononça un beau discours sur ces paroles : Paz vobis. Jean de Rokyczam répondit au nom des Tchèques, cherchant .'> établir qu'ils avaient i té forcés de prendre Les armes, qu'on n'avail pas voulu les entendre. Maintenant le concile à lea 'lie. mais avant tout il leur faut - . i \ » 'i r '| . sécurité leur accordée. Avanl 'i' 1 répondre sur ce point. envoyés de Bâle exprimèrent le désir, confoi I à L< instructions, d'une vérification réciproque des lettrea d •, 1. Kluckhi ] Il ilhi lin III. en tur d \., t. ii, p. S -'. Mansij ( oi ciL ai . colL, t. xxix, oL 41 a, Concil t. vin. col. 1474-1477. 788. convention d'eger en 1432 729 et ils exhibèrent les leurs sur-le-champ. Les Tchèques n'avaient aucun document de ce genre, parce que ce n'était pas l'usage de leur pays, et on se contenta de leur déclaration verbale, que tout 476] leur parti sanctionnerait ce qu'ils auraient décidé. Les délibé- rations relatives à la garantie de l'audience à Bâle et au sauf- conduit commencèrent aussitôt. On rencontra beaucoup de diffi- cultés, et les envoyés synodaux se virent obligés de s'écarter de leurs instructions sur deux points. Les députés de Prague inter- posèrent leur médiation, et prièrent instamment les députés synodaux de céder tout ce qu'il faudrait pour amener les orphelins et les taborites à prendre part également à l'ambassade au concile. Enfin, le 18 mai 1432, on tomba d'accord, à la grande satisfaction des deux partis, sur les onze articles suivants : « 1° Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Les envoyés du royaume de Bohême et du margraviat de Moravie qui seront députés au concile général de Bâle, aussitôt qu'ils seront arrivés et qu'ils le demanderont, auront une audience pleine et libre devant toute congrégation du concile, aussi souvent qu'ils le demanderont durant leur séjour à Bâle. On leur accordera la parole sans délai, et on leur donnera le temps convenable pour exposer leurs affaires et notamment leurs quatre articles. Pendant ce temps on ne fera rien au concile, par ruse ou par fraude, qui pourrait être un obstacle à cette audience ou à la poursuite de cette affaire. 2° Si les Tchèques le désirent, le concile désignera des hommes bons et savants qui délibéreront fraternellement avec eux ou avec leurs députés sur les proposi- tions qu'ils voudront présenter, aussi souvent qu'il sera nécessaire. 3° En vue de cette audience garantie ci-dessus, il sera attribué aux Tchèques au concile une place honorable, tant que l'union ne sera pas consommée; l'union faite, de droit ils occuperont les sièges qui leur reviennent. 4° On leur assurera sur leur demande un délai d'un, deux ou trois jours, pour peser mûrement les motions qu'ils auraient à produire et les réponses qu'ils voudraient faire. 5° On leur donnera toujours copie des arguments avancés contre eux, s'ils le demandent. Ils agiront de même à l'égard du concile. 6° Aucun canon, décret ou statut, etc., porté par qui que ce soit, aucun arrêt contre les criminels ou les hérétiques, aucune menace de la bulle de croisade ou des sentences d'excommunication contre les seigneurs tchèques et nioraves et leurs adhérents, spéciale- ment aucun décret des conciles de Constance et de Sienne ne peuvent et ne doivent porter atteinte au sauf-conduit ni à l'au- 730 LIVRl xi. vil dience mentionnés plus haut. 7° En ce qui rne les quatre articles, on admettra au concile de Baie, comme juges véridiques et impartiaux, la loi divine, l'usage du Chrisl et de l'Eglise primitive, les concilia < t l< ■- docteurs qui s'appuient sur ces autorités. Les bussites en appelèrent souvenl à ce judex compactatiu in Egra.) [477] 8° Il es1 permis aux deux partis d'exposer au concile «l'une manier.' digne, charitable et modeste, les vices de certains états et, leurs fautes réciproques. ! |0 Comme les députés tchèques ont insisté pour que les crimes publics soient extirpés «le l'Eglise h spéciale- nirnt du lieu où se tient le concile, nous, les députés du concile, ferons tous nos efforts pour que ces réformes et toutes les autr- soient graduellement opérées avec l'aide de Dieu dans l'Eglif 10° Duranl tout le temps que le sauf-conduit sera valable, on ae cessera le service di\ in dans aucun lieu où viendront les Tchèqui où ils séjourneront et d'où ils partiront : l'interdit porté à cause de leur présence sera levé. 1 1° Nous veillerons à ce qu'ils ne soient pas inquiétés dans leurs demeures pendant la célébration de leurs olliees 1 . » On convint aussi (Tune formule pour' le^ sauf-conduits que devaient donner le concile, le margrave de Brandebourg et le duc Jean de Bavière; et l'affaire se termina à la grande satisfaction de tous, tellement que plusieurs dans les deux partis versèrent des larmes de joie 2 . La coin eut ion conclue, trois des député- synodaux partirent sur-le-champ pour Bâle (les deux Nuremboui e1 le doyen de Ratisbonne s'en allèrenl chez eux-, et Grenl en c< iiion aérale, le 2 juin L432, un rapport sur tout ce qui s'était passé. <>n donna lecture des onze articles convenus el du texte projeté • les sauf -Conduits ; tOUt d'abord certaine- choses déplurent, mais en fin de compte on approuva et on confirma le tout, i e cardinal- légal fut chai i e s'occuper d< aduits que devaienl oner le roi S ond et d'autres princes; ur ce poinl le duc Guillaume de Bavière, comme protecteur du concile, montra égale- ment une très grande activité. On envoya .ban de Maulbronn ismond à Sienne, el le 'i juin on quiconque appartenait au concile, de ormer dans i urne et tout le 1. Monumcntu eonciliorun ». t. i. p, aze articles mil. amplist. coll., l. xxx. col. 145. Le sauf-conduit du in.ir_'ra\ e, etc., ibid. col. 17'.' sq. 2. Ils eussent fait r. If. L.) 788. CONVENTION d'eGER EN 1432 731 reste, afin de ne laisser aux Tchèques aucun sujet de scandale. Le protecteur et les magistrats veilleraient aussi à ne pas laisser . circuler des filles de mauvaise vie dans la ville, à interdire le jeu, la danse 1 . En même temps (5 juin 1432), le cardinal Julien adressa au pape [478] une nouvelle lettre dont voici le contenu 2 :« Le Saint-Père peut à présent montrer devant tout l'univers son zèle pour la maison de Dieu et ses vertus de bon pasteur; car la convention d'Eger offre l'occasion de réaliser l'union avec les Tchèques. S'il y mettait obstacle, tout le monde l'accuserait d'impiété (impietatis) et l'abandonnerait. Maintenant moins que jamais il ne peut dissoudre le concile : bien plus, si le concile n'existait pas, il devrait le con- voquer à cause des Tchèques. Il ferait chose très digne d'éloges, s'il quittait actuellement l'Italie, et tout, pour venir à Bàle en personne. La défense du patrimoine de Saint-Pierre peut bien être confiée à des légats et à des vicaires : le vrai bien de l'Église est de gagner des âmes. Ce n'est pas pour garder des fortifications et des murailles que Dieu l'a établi, mais pour paître les âmes; il doit donc s'occuper par lui-même de ce qui touche le plus au Seigneur et laisser le reste à des représentants. On s'aperçoit que, par la grâce de Dieu, la santé du pape s'améliore, et s'il peut actuellement visiter à pied plusieurs églises, il pourrait peut-être venir à Bâle à cheval ou, au besoin, en voiture. D'ailleurs il ne saurait rien entreprendre de plus utile. Si toutefois il lui est abso- lument impossible d'y venir lui-même, qu'il veuille au moins pour une si grande affaire envoyer au concile la majorité des cardinaux, et ordonner à tous les prélats de s'y rendre. On a encore appris tout récemment un autre fait (outre la convention d'Eger) qui doit détourner de la dissolution. L'archevêque de Lyon a annoncé que les prélats français réunis en assemblée à Bourges s'étaient déclarés pour le concile de Bâle et sa continuation. Pourquoi le pape hésite-t-il plus longtemps à le reconnaître ? Il a tout fait 1. Momimenta conciliorum gênerai, sec. xv } t. t, p. 219, 224; Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayern, dans Forschungen zur deutschen Geschich., t. n, p. 544, 573. Il est regrettable que ces interdictions ne se présentent qu'au moment où on redoute le scandale qui peut en résulter. C'est en tout temps, semble-t-il, que la fornication, le jeu, la danse devaient être mis hors de la portée des Pères de Bâle et de leur suite. (H. L.) 2. N. Valois, Le pape et le concile, t. i, p. 160-161; ms. lafe. 1575, fol. 114 r°; ms. lat. 1496, fol. 114 r°; ms. Mazar., 16S4, fol. 127 r°; ms. 198 2 Douai, fol. 28 r°; ms. Dijon 579, fol. 12 r°; Monum. concil, t. n, p. 203. (11. L.) LIVRE \l.\ Il mr détruire le concile, mais il voit combien le nombre que personne fût présenl à Bâle, il <-n résultait que, le terme canonique étanl p la célébration «lu concile [4791 devenail illicite. Le cardinal répond qu'Eugène IV lui-même lui avait enjoint, assez longtemps après l'expiration «lu ilélai . anonique, «l'aller à Bâle e1 d'y présider le conc ile. Il montre ;mssi i imbien il esl absurde d'affirmer, comme on l'a fait à 1!< s, cju'il . n'avail pas le pouvoir d'inviter les prélats à Be rendre à lïàle. Julien termine en montranl que la dissolution prononcée p;ir le pape est nulle, et assure que son amour pour le pape le force à le dire, même au risque '■'•-. a. •">. L'épîlre ■ liini nu vi.'nt de lir.' l'analyse Bommaire contenail aussi 1.: réfutation de certaine ■ lans des instructions qu'Eugène ne destinai! >;m< doute pas a être placée bous les yeux .lu concile. C'étail un.' série d'arguments en faveur de la ilutioo que devail dé^ elopper un nonce en\ oj \ rs le roi «1 '. rro. Argu- bons el mauvais. Que a'alléguait-on pas ? L'ineonvcnane. de l'invitation adressée aux hussites à l'insu du souverain pontife; la faveur inquiétante témoi- ■ 4iques; la pression exercée par certains princes (lis./. Charles VII) dont la cour de Rome avait repoussé les injusti - deman qui, «!«■ dépit, i mi- ienl li - prélats a s'acheminer rers Baie; la difficulté d'ordonner d'une ville Ulemagne la levée d'un Bubside général but toute la chrétienté; l'impuist i • dix ou douze prélats composant le concile à réalisi r la réforme du clergé alle- mand; le peu de liberté donl jouissaient à Bâle Italiens n<>nd. i! comptait ouvrir le concile à Bologne dès qn< Il prélats l'y trou\ • unis en nombre suffisant, 780. IV e , V e ET VI e SESSIONS A BALE 733 Le lendemain 6 juin 1432, Nicolas Albz de Yawitz, du dio- cèse de Veszprim, procureur de Sigismond, afficha devant quelques témoins aux portes de Saint-Pierre de Rome la citation du pape et des cardinaux émanée des Pères de Bâle 1 ; en revanche, le roi Sigismond, voulant aller de Parme à Sienne (juin 1432), fut assiégé dans Lucques par les troupes pontificales et faillit être fait pri- sonnier. 789. Quatrième, cinquième et sixième sessions à Bâle. Tentative d'accommodement. Le 20 juin 1432, on célébra à Bâle la quatrième session géné- rale, dans laquelle on garantit aux Tchèques qui se rendraient au concile (leur nombre ne devait pas excéder deux cents per- sonnes) pleine sécurité pour le voyage, le séjour, les négociations. On leur permit aussi de tenir leurs services religieux dans leurs demeures. On leur accordait de défendre devant le concile les et il s'engageait à ne le dissoudre qu'une fois la réforme achevée : il se figurait ainsi répondre péremptoirement à ceux qui l'accusaient de renouveler la duperie dont on se plaignait d'avoir été témoin à Constance et à Sienne (Monum. concil., i. ii, p. 156). Ce mouvement compromettant avait été confié à un jeune docteur qui se chargeait volontiers de missions aventureuses : on se souvient du rôle joué à Bâle, au mois de janvier, par Jean Ceparelli de Prato. Après qu'il était parvenu, tant bien que mal, à produire en pleine congrégation la première bulle de dissolu- tion, on l'avait laissé repartir sur l'assurance qu'il s'emploierait désormais en faveur du concile. Et voici qu'au mois de mai, sa présence était signalée de nou- veau dans le voisinage de Bâle : il venait, disait-on, de traverser Constance avec de mauvaises intentions. Aussitôt le duc protecteur fut prié d'écrire aux seigneurs et aux villes des pays environnants : avant la fin du mois, Ceparelli fut arrêté, on le mit aux fers, sa captivité dura plus de trois mois et demi. C'est ainsi que les Pères eurent la révélation des arguments de valeur inégale dont Eugène IV faisait usage auprès des souverains étrangers. Peu de jours auparavant, l'attention des Pères avait été mise en éveil par une lettre de Sigismond qui signalait aussi comme artisan de dissolution un autre nonce, Jean Macet, évêque de Mâcon, que le pape envoyait dans le diocèse de Liège avec une mission pacificatrice. Un homme de la suite de Jean Macet fut arrêté; il fut question de saisir les papiers du prélat (Mansi, op. cit., t. xxx, col. 124; Deutsche Reichstagsakten, t. x, p. 411; J. Ilaller, Concil. Basil, t. n, p. 120). Les gens de Bâle, on le voit, se tenaient sur leurs gardes, prêts à braver tous les dangers. Leur audace croissante explique les mesures prises dans la session du 20 juin 1432. » N. Valois, op. cit., t. u, p. 163- 165. (H. L.) 1. Mansi, Concil . ampliss. coll., t. xxx, col. 147. 734 LIVRE I i vil quatre articles auxquels ils tenaienl tant, de vive voix h pai écrit, selon qu'il leur plairait, de répondre aux objections «lu concile, de discuter avec les Pères, etc. rYussitôl qu'ils en manifesteraient le désir, ils pourraient librement s'en retourner chez eux, soit ensemble, soit en particulier. Si un Tchèque commel un crime en rendant :'i l'Aie mi dans celte \illc. il ne devra être puni «pie par l ro pics nationaux, Bans que pour cela le sauf-conduit soit \ îolé, et c. l , I e concile exprime ensuite aux Tchèques, dans nue lettre s] « iale, la grande satisfaction à lui causée par la convention d'Eger; il ajouta «pie le sauf-conduil avait été rédigé dans la forme deman- [480] dée par les Tchèques à Eger et qu'on l'avail envoyé à la confirma- tion du roi Sigismond. Que les Tchèques achèvenl donc heureu- si nient ce qu'ils onl si bien commencé et rendent à 1'Kglise l'unité de la pais Dans cetie même session le concile promulgua une série d'autres décret s. 1° Si le Saint-Siège vient à vaquer pendant la durée du con- cile, la nouvelle élection ne pourra avoir lieu que dans le lieu où le concile est réuni 3 . — On voulait par là ùter aux cardinaux l'excuse qu'ils ne pouvaient quitter Rome à cause de l'éventualité d'une vacance du Siège pontifical. 2° Aucun cardinal, évêque, prince, ni personne ne peut être empêché de se rendre à lîàle, par suite d'une promesse qu'il aurait faite au pape ou à qui que ce soit. Toutes les peines portées contre ce prélat, prince, etc., sont nulles et de nul efTet. 3° Les actes du concile doivent être désormais scellés d'un 1. l 'n avait fait du progrès dans le respect des sauf-conduita depuis celui de D IIil.li. i. wi\. col. 27-32; Hardouin, ConeiL coll.. t. vin, col. 1126 1130; Monwnenta concilier, général, sec tv t Yindob., 1857, t. i. p. 9 3. Cf. N. Valois, op. cit., t. i. p. l( L Jugeant arec raison que ce décrel serait mal \ u .1 Rome, l< 1 oncile crul devoir 1 1 rire au ■< aal • I au peuple romain : Non $ii vobit molt ttum... neqtu agro anima euscipiaiie... < ordinal* 1 ad hoc S. Con- cilium ovocamuê, quoniam in utilitatem ipsUu Urbis procul dubio redundabit,.. JVfl vobis utiliits... quarn quod in paris et unilatis duleedinr unico Homano ponlifici unwersui orbit obedial.... I • cai é< béant, le concile priail les Romains d'exhorb 1 les cardinaux .1 se dirigi r vers! tâii en toute bâte • t di ne jan innaître aucun pape élu contrairement au décret. Bibl. Laurentienne, ma. Strozzi 33, fol. 18 v°j Ribl. Vatic, ms. lat. Vat. US ! . toL 1 1 r II êcrivil dans le même sens à Cliarles VII. (II. L.) 789. IV e , V e ET VI e SESSIONS A BALE 735 sceau conciliaire particulier. Ce sceau portera d'un côté l'image de la descente du Saint-Esprit sous la forme d'une colombe, et de l'autre l'inscription : sacrosancta generalis synodus Basileensis 1 . 4° Pendant la durée du concile le pape ne doit créer aucun car- dinal, à moins qu'il ne soit présent à l'assemblée. 5° Le concile se permet dans un autre décret 2 d'établir pour 1. Une gravure sur cuivre de ce sceau se trouve dans Lenfant, Hist. de la guerre des hussites, t. vi, sous le portrait du duc Amédée de Savoie, et dans N. Valois, op. cit., t. i, p. 164 : Dieu bénissant du haut du ciel; au-dessous, un pape, un car- dinal, plusieurs prélats, plusieurs docteurs, sur qui descend le Saint-Esprit. Arch. nat., L. 371, n. 13. Diamètre réel : 35 millimètres. (H. L.) 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 32-36; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1130-1134. « L'année 1431 avait vu vaquer simultanément l'évêché d'Avignon, le rectorat du Comtat-Venaissin et le vicariat général apostolique au temporel de la ville d'Avignon et du Comtat-Venaissin. Pour remplir ce dernier poste les Etats du Comtat avaient supplié le pape de choisir quelque prélat capable de bien gouverner et de bien défendre le pays, comme avait fait précédemment Jean de Poitiers, évêque de Valence, dont la longue administration avait laissé de bons souvenirs. En même temps, ils sollicitaient la désignation d'un cardinal, tel qu'Alphonse Carillo, comme légat en Gaule, ou tout au moins dans le Comtat f J. Girard, Les États du comté Venaissin depuis leurs origines jusqu'à la fin du XVI e siècle, in-12, Carpentras, 1847, p. 88, 238). Eugène IV eut le tort de repousser ces demandes : il ne désigna aucun légat, et, quant aux trois fonctions d'évêque, de recteur et de vicaire général, il imagina de les réunir sur la tête d'un ancien apothicaire, son neveu, pour le moment décoré du titre de sous-diacre de Sa Sain- teté et remplissant les fonctions de châtelain du château Saint- Ange, le Vénitien Marc Condolmerio. Les tristes conséquences de ce fâcheux acte de népotisme ne tardèrent pas à se faire sentir.... Bientôt Condolmerio, ayant rendu son séjour impossible dans le Comtat, dut se réfugier en Provence. 11 n'était pas jusqu'à la forme de la bulle conférant à Marc le vicariat, qui ne fût propre à blesser les sus- ceptibilités avignonnaises. Par une étourderie singulière, le scribe avait copié une bulle remontant à l'époque du Grand Schisme (sans doute les lettres de Jean XXIII, du 28 août 1410, nommant vicaire Jean de Poitiers) : il en résultait que les déten- teurs actuels du palais des papes étaient qualifiés par Eugène IV de schismatiques. Les Avignonnais s'en plaignirent, comme aussi du peu de cas qu'on faisait de leurs privilèges, comme aussi du cumul des deux offices de vicaire et de recteur qu'ils réputaient incompatibles (17 avril 1432). Le pape, cette fois mieux inspiré, rassura les plaignants et consentit à remplacer Condolmerio comme recteur. 11 devait même le remplacer également comme vicaire, sinon par Carillo, qu'il réservait à d'autres emplois, du moins par son collègue Albergati. Plein de sollicitude, il pro- mettait de prendre des mesures salutaires aux habitants de la vallée du Rhône dans le concile qui allait s'ouvrir incessamment en Emilie. « Continuez à nous respecter, écrivait-il en terminant, nous et l'évêque d'Avignon (c'est-à-dire Marc Condolmerio). En vrais fils de l'Église, admettez-le à l'exercice des missions dont il est chargé en vertu des pouvoirs que nous lui renouvelons. » Ce bref conciliant porte la date du 2 juin 1432; le 21, il parvint à ses destinataires. C'était malheu- Livm kl vu Avignon el le Comtat-Venaissin un aouveau légal e1 représentant! en la p ae dn cardinal u île ■! i onstance, le rôle le plu» remuant, parfois le plus tun « .ir.i'i •!■!-<■ |'.ir mi'' complaisant ■ ■ ■ \ il ird du chel de l'empire, Jean Mau- roux, patriarche d'Antioche, rivail alors a Avignon : il tte occasion de rentr r brusquement en Bcène cf. II. Pinke, Zur Charakterittik des Patriarchên Jokannes Mauroaii, dans Rômi .t. 11, p. 167). Le 20 mai il écrivit à Bâle, pourannom r. en informant de sa v< nue, I envoi de motions urgentes que l'archevêque de Milan el l'abbé de Bonnecombe Be chargeaient de présenter 1 part au concile. La lecture de ion mémoire eu1 lieu le 7 juin Buivant. 11 proposait aux Pèi - de confier le gouvernement d'Avignon et du Comtal à un 1 distinct ilu Fonctionnaire apostolique, au cardinal Carillo -t. Haller, op. i(7. . 1. 11. p. 139 I ■ rdinal espagnol, qui avail 1 u di - \"ix dans le dernier concl contribué plus que personne peut-être à l'élection d'Eugène, joui .i|or< tout à I» fois '1 • la i.ivi ur du pape, de l'amitié du roi de Franco et de la confiance des populations de la vallée «lu Rhôni . Si. depuis de longs mois, 1 1 il. ut en Avignon, c< a'était pas seulement à la demande des habitants [Monum. corail., t. u. p. 497), c'était but l'ordre d'Eugène IV <[ui l'avait chargé d'une enquête au Bujet de graves conflits entre les Vvignonnais 1 ' les officiers de Char- les \ 11 (cf. F. Ehrle, Der Cardinal Peler de Fois der JEUere, dans irehiv fur I ratur-und Kirchengeschichte, 1. vit, p. 467, note 1 , La situation était critique : il y avait eu empi des officiers royaux Bur la rive gauche du Rhôi Bailles exercées sur la rive droite par les Avignonnais, suspension du comni appel au Parlement, armements, razzia?, escarmouches, morts d'hommes. L'inter- vention «lu cardinal amena la cessation des voies de fail et la nomination de coin: qui préparèrent la pacification Monum. conciL, t. n, p. 497). Si les officii •!- languedociens, dans leur intransigeance, y trouvèrent à r.-. 1 ir'-. ! lui-même fut si loin d'en Bavoir mauvais gré à Carillo qu'il tâcha de le faire nommi r vicaire du pape en deçà des Monts, lit appuyer sa demande par les Avignonnais ri déclara qu'il n'accepterail point d'autre désignation. Il passail pour ne prendre, >.m> l'avis il" <'..irillo. aucune décision grave dans les ecclésiastique! (J. Eialli r, op. cit., t. t, p. 271 D'autre p irt, Eugèm I V si mblail fort satisfait des si rvices du cardinal espagnol, et, plein de confiance dans le jugement de < .irillo, exhortail les Avignonnais à profiter de >.i présence pour recourir à ses conseils. 1 ■ pourtant ce cardinal qu'on voulut opposer au pr. '-l.it nommé par Eu§ IV, ii dont on prétendit du concile, pour ruiner dans le Comtal l'autorih du pa \&y ur auprès du roi. bs popularité, Bon mérite, tout hii rendait facil ingulier, lition qu'il s'y prêtât. 11 Bemble q Mauroux eut de bonni - raisons de compter Bur ses dispositions '■ ivor 1 I | aux Pères, ils t une occasion de faire 1 tuverain pontife en affir- mant leur puissance; ils si ml d< 1 r. D'ailleurs, le neveu d'1 était mal noti à Bâle, comme ayant refusé di Ire à ce qu'il appelait un conventicule di commi exerçanl une influence réputi I e -ur le cl< rgé di la région : l'on avait requis contre lui 789. IV e , V e ET VI e SESSIONS A BALE 737 seil d'Avignon remercièrent le concile de cette décision; mais quelque temps après Avignon rentra de nouveau sous la domina- tion-du pape Eugène et de son légat 1 . déjà l'excommunication (J. Haller, op. cit., t. ni, p. 136, cf. p. 146). Au contraire, Carillo donnait des espérances, et la ville d'Avignon, très zélée, se faisait admettre par procureur dans un concile qui, en principe, ne comptait que des ecclésiasti- ques [ibid., t. ii, p. 59, 126, 136, 144). Autant de raisons pour que les Pères lissent bon accueil à la motion du patriarche d'Antioche. Le décret fut donc rendu dans la session du 20 juin. 11 alléguait « certaines raisons urgentes et nécessaires » qui empêchaient la ville d'Avignon, pourtant si fidèle à l'Eglise, de reconnaître le vicaire chargé par le pape de la gouverner. Les habitants avaient imploré vaine- ment le changement de ce fonctionnaire; après l'échec de plusieurs ambassades, ils désespéraient de l'obtenir. Le vicaire en question s'efforçait cependant de s'emparer du gouvernement; il rassemblait des troupes : la guerre était imminente et l'Eglise risquait de perdre une partie de son patrimoine. Désireux d'y pourvoir, le concile, prétextant l'éloignement du pape, nommait le cardinal Carillo « vicaire général au spirituel et au temporel pour le concile et l'Eglise en la ville d'Avignon et dans le Comtat-Venaissin »; mesure, à vrai dire, provisoire, dont les effets devaient cesser quand un complet accord serait intervenu à ce sujet entre le pape et les Pères. Notez que Carillo n'était pas laissé libre de décliner cette mission : d'au- torité, on lui enjoignait de l'accepter humblement, en esprit d'obéissance. Bien entendu, l'on suspendait l'effet de tous serments qui eussent pu empêcher habitants, capitaines ou gouverneurs d'admettre l'autorité du nouveau vicaire (Mansi, op. cit., t. xxix, col. 34; Monum. concil., t. n, p. 194, 200; J. Haller, op. cit., t. n, p. 145). « Cesarini chercha plus tard à justifier cette ingérence du concile dans le domaine purement administratif en insistant sur le caractère provisoire de la mesure et en alléguant que 1' « Eglise » avait bien le droit de faire ce que le pape ne faisait que comme son « chef de service », tanquam caput ministérielle. Singulière théorie qui aboutissait à substituer l'autorité du concile à celle du souverain pontife, non seulement dans les trois cas prévus par les décrets de Constance, mais dans tous les menus détails de l'administration quotidienne ! Transmis à Avignon, le décret du 20 juin fut présenté aux habitants et au cardinal Carillo par les ambassadeurs que le concile députait alors vers le roi de France. Les magistrats avaient jugé cette précaution utile pour triompher de la répugnance du « très prudent légat » : répugnance sincère ou feinte, qui en tout cas céda au bout de deux jours de réflexion (J. Haller, op. cit., t. n, p. 271, 272).... Après l'acceptation du cardinal Carillo, la soumission des habitants ne pouvait faire de doute. Récapitulant leurs griefs contre Marc Condolmerio, qui ne les avait, disaient-ils, jamais traités qu'en ennemis, les Etats du Comtat déclarèrent se soustraire à son obéissance, sans préjudice de leur fidélité à Eugène IV. Ils ne s'adresseraient plus désormais qu au vicaire nommé par le concile et, pour commencer, ils supplièrent Carillo de leur donner comme recteur l'évêque de Valence. Quant aux syndics et conseils d'Avignon, ils envoyèrent à Bâle de pathétiques remerciements pour cette « heureuse et glorieuse nomination » qui sauverait du désastre l'état pontifical. » N. Valois, Le pape et le concile, t. i, p. 166-175. (H. L.) 1. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 169; Christophe, Histoire de la papauté pendant le XV e siècle, t. i, p. 121 sq. LIVRE XLVII A cette époque (28 juin 1.432), le roi Sigismond étendil bui sa \si] demande tes pouvoirs LIVRE XLVI1 lis Boumettre à la confirmation du pape, el ri on ne pouvait s'en- tendre, "ii laÎ8serail la Bolution du litige au futur concile général, préaidé peu le pape; 3° sous les mêmes réserves (confirmation papale] les Pères avaienl encore la faculté de faire des démarchi dans le luit de rétablir la paix parmi les princes chrétiens; 1° tout* les menaces de châtiments faites par les Pères 'l<' Bâle contre le pape, contre ses adhérents, e1 vice verset, seraienl nulles e1 effet; 5° 1»' pape es1 disposé à devancer la convocation du concile m'-ral de Bologne, .1 même, si les Pères le désiraient, à le célébrer dans une autre ville, mais seulemenl de l'Italie et de l'Étal de L'Église 1 . Le pape avait demandé au roi Sigismond de jurer qu'il aban- donnerait les Pères de Bâle, s'ils u'acceptaienl pas ces proposi- tions, l'assuranl qu'il lui l'a voir complètement oublié t »• sessions de Constance. II. L.) - \in~i le pape pouvait déroger an décret Frequenê en vertu de son autorité. 7S9. IV e , V e ET VI e SESSIONS A BALE 745 les Pères de Baie ont déjà fait pour rabaisser le prestige de l'Église romaine; mais le pacifique et paternel pontife les exhorte et les adjure de quitter leur voie funeste et de travailler avec lui pour la paix et l'union, la réforme du clergé et des laïques et le rétablisse- ment de la liberté ecclésiastique, si souvent violée. Comme eux, le pape veut aussi qu'on célèbre un concile général; il le désire encore plus ardemment qu'eux, puisqu'il a décidé d'en tenir un qu'il présiderait lui-même, et qui opérerait la réforme. Cette réforme commencera par le pape lui-même; elle s'étendra ensuite aux princes et aux prélats, et le concile ne se séparera pas avant que l'hérésie ne soit extirpée, la paix entre les princes chrétiens rétablie, et la pureté de la vie évangélique reconquise. Mais puisque les Pères n'acceptent pas la ville de Bologne comme lieu de réunion du prochain synode, qu'ils choisissent eux-mêmes une autre ville de l'Italie sous la domination immédiate du pape; le pape renon- cerait pendant la durée du concile à son autorité temporelle sur cette ville, et la remettrait entre les mains du synode. Que si le délai à courir jusqu'à l'ouverture du prochain concile paraît trop long (un an et demi), le pape est disposé à se rendre incessamment à ce nouveau concile avec de nombreux prélats. Les princes y enverront aussi en grand nombre des ambassadeurs. La réforme de l'Église allemande et l'affaire hussite peuvent être traitées dans le nouveau concile général et en présence du pape, aussi ^k/]bien et même mieux qu'à Bâle. Du reste, l'union avec les Grecs a plus d'importance que la réduction des hussites; or les Grecs ne peuvent ni ne veulent venir en Allemagne. Du reste, si les Pères de Bâle persistaient à soutenir que la réforme de l'Allemagne et l'entente avec les Tchèques peuvent plus aisément être réalisées à Bâle que dans le futur concile, le pape veut bien leur céder sur suprême, voilà qui n'était pas fait pour enchanter ceux qu'on nomme les « gens » de Bâle, cf. N. Valois, op. cit., t. i, p. 181, note 2, qui cite une thèse analogue déve- loppée dans un traité contemporain : De auctoritate concilii. « Modifier le lieu, l'époque fixée pour la tenue d'un concile, c'était un de ces droits inhérents à la puissance apostolique, qui pouvaient s'exercer sans que le décret Frequens cessât d'être en vigueur. Autant valait avouer que l'indiction du concile de Bologne violait la constitution de 1417: c'est ce que le souverain pontife avait nié jusque- là. On se souvient de l'argumentation subtile à laquelle il recourait dans sa bulle de dissolution. Il n'avait pas convaincu les gens de Bâle, il ne semble pas avoir beaucoup mieux réussi auprès de l'archevêque de Tarente. Son propre nonce abandonnait, dès la première escarmouche, la position défensive dont il avait fait choix, la considérant comme intenable. » N. Valois, op. cit., t. i, p. 181-182. (H. L.) 74G LIVRE XLVI1 ce poinl el permettre que son légal s'occupe encore & Bftle de ces deux affaires, d'accord avec lea Pères; mais, cei questions une fois ceux-ci Beraienl tenus de e rendre au nouvrau concile. I ;i ii n du discours es1 une vigoureuse exhortation à la paix el à la condescendance '. ]);uis la coi ênérale du '■'> septembre L432, le concile répondil aux envoyés pontificaux d'une manière à la fois très détaillée el tr< - âpre*. Il reproche au pape de contrister l'Esprit- Saint, lui rappelle le jugement de Dieu, et B'étend longuement pour montrer l'énormité de sa faute. Si les envoyés pontificaux ont adresse au concile cette parole: Non sit schisma in cor) ils auraient dû, à plus juste titre, l'adresser au pape: en tout qu'ils l<- latent encore à leur retour à Rome. Les Pères de Baie demandent que le pape retire le décrel de dissolution; ils assurent que la réconciliation avec les Grecs leur tienl aussi à cœur, mais c'est précisément le pape qui y me1 obstacle. Car s'il dissout le concile de Bftle, les Grecs ne voudront, désormais venir à aucun concile général, par crainte d'une dissolution. D'ailleurs Bftle n'est pas déjà si loin de Bologne : que les Grecs s'y rendent donc, comme ils se sont rendus à Lyon (pour le quatorzième concile général), et connue ils on1 envoyé des ambassadeurs à Constance. De plus, en dissolvant le concile, le pape est aussi responsable de la continuation des guerres hussites. Attaquant plus spéciale- ment le discours de l'archevêque de Tarente, les Pères exposent leur opinion sur l'autorité des conciles, fis admettent sans doute pression vocati in partent sollicitudinis, etc., mais ils afiirn que le papeesl soumis au concile général en trois points, à savoir 1. ciL amplis*. colL, t. xxix, col. 182 192; Hardouin, Concil. •■ t. vin, col. 1580 sq. Cf. Augustin Patrizzi, HisL corn . Basil., dans Hardouin,op. cit., t. IX, col. 1091. 1 .n somme, c'était, ce que Hefeli rdededire, une capitulation. onçail à Bologne, laissait le choix d'une nouvelle ville aux P< r abandonnait le délai d'un an et demi; il laissait le concile de Bftle vaquer en paix au règl ment de la question tchèque el à la réforme du allemand, à aise; enfin il promettait la réforme do la cour de Rome, ce qui, à vrai dire, oo le ■\ i rr.i bientôt, était devenu un refrain peu compromettant. (H. L.) 2. Le cardinal Capranic-.i .iv.iit ; lans ce sens les membres du concil.', comme le dtl BJ Sylvius dans son ouvrage Comment aria s de rébus Basile* . dam l ■ i, Pius If 'j calumniis vindicatuê, Borna), ls:M. p. ' ( 'i. Bibl. nai.. ma, lat I BibL Mazar.,ms. 1688, foL 111: ma. 1684, foL 9; M -. ampliss. colL, t. xmn. Monwn. eondL, t. n, p. 284 réponse était faite d'accord avi I rini, J. Haller, Cône. /•' if., i. i, p. 60; Monum, concil, t. n, p. 22G; N. Valois, op. cit., t. l, p. 182. H. !.. 789. IV e , V e ET VI e SESSIONS A BALE 747 en tout ce qui touche la foi, l'extirpation du schisme et les réformes [48S] générales de l'Église selon les définitions de Constance. Seuls Dieu et le concile général sont infaillibles : les anges eux-mêmes peuvent errer. D'ailleurs, plusieurs papes se sont trompés et ont été pour cela punis par l'Église, tels Anastase et Libère. Ici, les Pères font appel à l'histoire de l'Église, aux écrits des Pères, aux décrets de Constance et à quantité de déductions scolastiques afin de démon- trer la supériorité du concile général sur le pape, lequel est bien le caput, mais seulement le caput ministérielle de l'Église. Le concile réfute ensuite les raisons des envoyés pontificaux en faveur de la dissolution. S'il n'y avait que très peu de prélats à Bâle, le pape aurait dû précisément y convoquer les autres. De plus, Bâle est à une distance de quinze jours de voyage de Prague, capitale des hussites; c'est une ville parfaitement sûre et protégée, tandis que la guerre sévit en Italie et aux portes mêmes de Rome. L'invita- tion au concile, adressée aux hussites, est une bien moindre faute contre les décrets de Constance que la dissolution de l'assemblée de Bâle. Au reste, le pape lui-même a récemment chargé l'arche- vêque de Gnesen de négocier avec les hussites x et, si l'on ne doit plus admettre ces derniers à audience, on ne doit pas davantage entamer de négociations avec les Grecs. D'ailleurs la conduite des Pères dans cette affaire est en tout conforme à la pratique des anciens conciles ainsi qu'à la doctrine de saint Grégoire le Grand et de saint Thomas d'Aquin. Le concile veut ensuite montrer qu'il a eu raison de continuer ses opérations malgré le décret papal, attendu que le pape a agi contrairement au droit, et qu'on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le décret de Constance Fre- quens et de nombreux textes des Pères sont favorables au concile 2 . Les Pères en viennent ensuite à l'affaire du cardinal Dominique Capranica, qui s'était plaint à Bâle d'Eugène IV, parce que celui-ci 1. Raynaldi, Annal., ad ann. 1432, n. 10. 2. « Comme on avait observé qu'au Saint-Siège appartient d'expliquer les parties obscures des canons : « Peu importe, répliquaient hardiment les Bâlois ! Dans les décrets de Constance, il n'y a rien d'obscur. » (Monum. concil., t. n, p. 253.) C'est assez dire qu'ils repoussaient les propositions d'Eugène IV et, de leur refus, ils indiquaient très franchement la raison : « Ce serait nous déjuger. Ce serait abroger les décrets de Constance, non seulement le décret Frequens, mais ceux des iv e et v e sessions qui subordonnent le pape au concile. » (Ibid., t. n, p. 257.) Les Pères terminaient par une allusion plus menaçante encore que tout ce qu'ils avaient pu articuler jusque-là contre Eugène : pour la première fois ils faisaient mention de l'affaire Capranica ! » N. Valois, op. cit., t. i, p. 184. (H. L.) 74S LIVRE X i.\ il av;tit refusé de le reconnaître comme cardinal e1 l'avait dépouillé de se- revenus, bien qu'il fût cardinal m ]>ctt<> de Martin \. Ils avaienl déjà nommé une commission pour examiner cette affaire '. 1. Cette affaire était des plus gravis : liominiqui < apranica, évêquedi Fcrmo, avait été élevé au cardinalal par Martin V dans le consi du 24 mai 1426 ;|\. Eubel, Zut Cardinale Ernennung .i r mi mot, soil par un /• ite, Boil par un chai m. ut quelconque dana ses habitudes, le nouveau caractère dont il étail revêtu Michel Catalano, De vita et acriptU Dominici de Capran p. 195). M. us le même jour, Martin V ordonnait que, s'il mourait avanl d'avoir rendu publique la nomination de Capranica, ou celle de tmi- autret cardinaux qui étaient dana le mime cas (Dominique Ram, Prospei Colonna, Julien CesarinJ . l'onsuppléftl immédiatement au défaul de cette formalité : il en faisail une obli- gation Btricte .iux membres du Sacré-Collège, leur enjoignanl d'ouvrir leurs rangs aux quatre nouveaux venus el de les admettre s l'exercice de tous les droits cardinalices. 11 attachait même à cet ordre une sanction des plus graves ; tout cardinal //.. t. wi\. col. 377 i i k07; llardouii t. vin, col. 1489; cf. A. Patrizzi, HisL conciL Basil., dans Hardouin, op. cit., Une, col. Il locument poi uivante vendredi, 21 1430 ». Ni en lioO ni en 1431, Le 26 septembre n'< il tombé un vendredi, mais bien 790. DÉPUTÉS TCHÈQUES. RÈGLEMENT DU CONCILE 759 Bientôt après le concile tint le 6 novembre 1432 sa septième session générale *. Elle compléta le décret rendu dans la quatrième session sur l'élection du pape, en décidant que si la vacance du t96] Saint-Siège se produisait pendant le concile, les cardinaux, dans un délai de soixante jours à dater du moment de la vacance, se présenteront au concile pour le conclave. Les cardinaux qui ne se conformeraient pas à cet ordre seraient punis par la privation de leurs bénéfices 2 . Le lendemain les Pères de Bâle envoyèrent aux cardinaux des copies de cette décision en les accompagnant de nouvelles exhortations et de nouvelles menaces. Ils les aver- tirent en même temps que tous les princes chrétiens en avaient été informés 3 . Quelques jours plus tard on apprit des nouvelles fâcheuses d'Autriche. Le duc Albert informa en effet le concile que les Tchè- ques, en dépit des négociations de paix, avaient subitement envahi ses domaines et s'étaient livrés partout à d'horribles attentats : pillage, incendie, meurtres et viols 4 . C'est le traité d'alliance qu'ils avaient conclu récemment avec le roi de Pologne (surtout contre l'Ordre teutonique) qui les avait rendus si audacieux et si insolents. A la même époque l'évêque de Nevers, ambassadeur du duc de Bourgogne, dans une congrégation générale du concile, prononça un discours des plus prétentieux dans un latin à demi barbare. Son maître, la ducalis maj estas (!), l'avait chargé de remercier les Pères de Bâle de leurs missives, de protester de son attachement au concile et d'engager les membres à accomplir leur devoir. Il les informait en même temps qu'il avait également envoyé une ambas- sade au pape pour le prier de venir au concile en personne ou de s'y faire représenter par des procureurs. Que le concile agisse cum omni reverentia en tout ce qui a trait au respect dû au pape. En termi- nant, il offrait le secours de ses armes dans le cas où les négociations de paix avec les hussites n'aboutiraient pas 5 . en 1432. Une autre prescription du concile concernant la conduite des membres se trouve dans Mansi (deux fois), op. cit., t. xxix, col. 382 sq. et t. xxx, col. 251 sq.; Hardouin, op. cit., t. vin, col. 1443 sq. 1. Le cardinal Julien semble avoir présidé de nouveau (cf. sup., p. 707) : mais dans les procès-verbaux du synode le président n'est mentionné qu'à partir de la xvn e session. 2. Mansi, Concil.ampliss.coll., t. xxix, col. 42,43 ; Hardouin, op. «ï.,t.vin,col.l 140. 3. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 195. 4. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 194, 196, 249. 5. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 197 sq. CONCILES VII 49 760 LIVBB XLVI1 Dans une congrégation tenue du peu plus tard, ce même ambi deux bourguignon s'efforça de prouver que son maître » ! <■ n : i i î avoir lf p i 1rs jirinri's électeurs allemands. Son duc descendait, en effet, e1 d'un prince troyen <-t du patriarche Noô; «le plus,. la Imur^ii^iie avait eu (mur apôtre sainl Lin, disciple de sainl Pierre '. ( ' i Bans doute dans cette même congrégation que le chapelain du roi d'Aragon prononça un panégyrique du concile 3 I e 20 novembre,le concile se vit dans l'obligation de restreindri un pri\ il''. ■'■ accordé à 1 évèque de liât i si h. une et à d'au très évêques. Sur leur demande, le concile a\ ail ai cordé \ êques le droit de taxer leurs clercs exempts et non exempts, pour Bubvenir aux frais de leur séjour à Baie, et aussi pour les remboui ser des avances faites à l'occasion des hussites; mais les clei empts s'étant plaints en se reportant à leurs prh ilèges, on fut obligé de les libéi i de cette taxe 3 . Cependant, pour Bubvenir à ses propres besoins, le concile exigea du clergé dépendant dr^ évêques ralliés au C< la moitié d'une décime, soit un vingtième des revenus ecclé- siastiques. On peut voir par une lettre du clergé d'Auxerre, demandant d'être libéré de cette taxe, combien elle fut subie à contre-cœur 4 . Le roi de Portugal refusa également de livrer au concile les sommes recueillies dans son royaume sur l'ordre du pape dans le but de subvenir aux frais d'une guerre contre [< hussites 5 . Sur ces entrefaites arriva à Rome l'ambassade 'i' 1 Sigismond dont nous avons déjà parlé; elle apportait au pape les document- relatifs aux négociations conduites avec ses nonces à Bâle à la lin d'août et au commencement de septembre, et le priait d'usi i\r condescendance envers le saint concile et d'éviter un Bchisme. 5 gismond l'avait aussi chargée d'annoncer qu'il viendrait bientôt a Rome, recevrait des mains du pape la couronne impériale et protégerait l'Église romaine conti ennemis, el qu'il voulait, en somme,' prouver qu'il était un fils dévoué de l'Eglise 6 . ismond informa les Pères de Bâle, vers la fin de novembre, de ces [''solutions, protestant à nouveau de son fidèle attache- 1. Bianri, ( u il. ampliss. > "IL. \. i. Rfansi, op. cit., t. kxx, col. 3. Mann, op. cit., t. kxx, col. 211-213. 'i. Mansi. np. cit., t. \\\ 621. ".. Mansi, op. cit., i. xxx, col. 6. Mansi, np. cit.. t. xxx, coL '-13. 790. DÉPUTÉS TCHÈQUES. REGLEMENT DU CONCILE 761 ment 1 ; ceux-ci eurent encore la satisfaction de recevoir les 26 et 27 novembre les humbles excuses des archevêques Conrad de Mayence et Thierry de Cologne qui avaient été invités à paraître au concile sous peine de sanctions. Les deux archevêques adjoi- gnirent de nouveaux procureurs à ceux qu'ils avaient déjà envoyés à Bâle 2 . Le 29 novembre le vicaire de Mayence, au nom des princes 498] électeurs d'Allemagne, prononça un discours des plus flatteurs pour le concile; il réclama cependant la suspension provisoire des débats contre Eugène IV, d'autant plus que les princes électeurs avaient l'intention d'envoyer des ambassadeurs à Sigismond et au pape pour rétablir la paix. Dans un deuxième discours plus bref, le vicaire fit remise de ses lettres de créance 3 . Les ambassadeurs français et espagnols mirent également les Pères de Bâle en garde contre toute démarche violente contre le pape, les menaçant même de partir 4 , tandis que d'autre part le roi Sigismond et les princes électeurs prièrent à plusieurs reprises, et avec les plus vives instances, Eugène IV de se montrer accommo- dant 5 . Trois lettres envoyées de Sienne à cette époque par Sigismond nous prouvent à quel degré ce prince s'intéressait au concile et à la question des hussites. La première, sans date précise, engage tous les princes chrétiens à venir au concile soit en personne, soit en se faisant représenter, car de sa dissolution résulterait la ruine de l'Église. Dans la deuxième, du 22 novembre 1432, il renouvelle au concile l'assurance de son attachement toujours fidèle. Dans la troisième, du 3 décembre, il annonce à l'univers qu'une imposante députation de Tchèques et de Moraves se dispose à venir au concile, et il désigne le duc Guillaume de Bavière et Jean, évêque de Coire, comme ses fondés de pouvoir dans les délibérations avec les Tchèques. Il leur donne les pouvoirs les plus étendus pour conclure tout traité, en particulier pour décider sous quelles conditions il 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 595 sq. ; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1606 sq. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 214-217. 3. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 217-223. 4. Mansi, op. cit., t. xxxi, col. 160. 5. Mansi, op. cit., t. xxxi, col. 139. Ce document sans date est bien de l'année 1432, car un anonyme le mentionne dans une lettre (Mansi, op. cit., t. xxxi, col. 159) écrite évidemment le 4 décembre 1432, qui parle de l'arrivée prochaine des Tchèques. Ceux-ci arrivèrent au commencement de l'année 1433. I.ivr. 1 M.vii pourra r< en possession de bod royaume de Bohême, et déciare qu'il Bouscril d'avance à tout ce qu'ils décideront '. Quelques juins après, le 18 décembre 1432, les Pères de Bàle tinrent leur huitième session générale, pour terminer L'année, comme il-- L'avaient commencée, en prenant position contre le pape. Dans le premier décret, ils déclarenl que le concile aurait dû depuis longtemps prononcer la contumace du pape et «les cardinaux, mais il avait voulu se mont ni- bienveillant et tenir compte des négociations encore pendantes entre Sigismond et Eugène IV. Ils voulaient encore faire preuve de la même bienveillance et ainsi I lire mieux ressortir l'obstination d'Eugène. Ils lui accordaient [ donc un nouveau délai de soixante jours pour retirer le décret de dissolution du concile, en intimer une nouvelle indiction et pro- clamer sans réserves son attachement au saint concile. Passé ce délai, le concile, sans autre citation, agirait contre lui suivant l'inspiration du Saint-Esprit et les prescriptions du droit positif. Toutes les collations d'évêchés et autres bénéfices ecclésiastiques qu'Eugène pourrait faire pendant ce temps au détriment du concile, seraient nulles; de plus, on ordonnait à tous les cardinaux, patriarches et clercs de la curie romaine, sous peine de privation de leurs bénéfices -, d'abandonner la curie vingt jours après le terme du délai (de 60 jours) fixé et de se présenter aussitôt devant le saint concile. Tous les autres prélats de la chrétienté devaient aussi, sous peine des menaces les plus sé\ e hâter de partir pour Bftle. I n deuxième déçut dit qu'il ne peut y avoir en même temps plus d'un seul concile général : or le concile de liâle ayant été • invoqué comme tel conformément aux décisions des saints con- ciles généraux de Constance et de Sienne et de deux papes, on ne peut tenir un autre concile général (à Bologne) pendant la durée «lu premier. Personne ne peut convoquer un pareil conventicule hismatique, personne ne doit y assister ou y adhérer; tout contre- venant Bera excommunié ipso facto t dépouillé de se- bénéfices et laré incapable d'en acquérir d'autri Pour donner toute le rapporl financier aux parti- sans du concile, un troisième décret prescrivit que quiconque 1. M.in-i. op. ci ' . ' Monumenta concilior. général, sec. m, i. i. p. 21 2. Un témoin oculaire «lit qu< non paa faite scu- ! >m< nt pour les intimider. I' i, Cuncil. ampli?-. ColL } t. xxxi. col. 471. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 763 accepterait du pape ou de n'importe qui un bénéfice appartenant à un partisan du concile, serait ipso jure dépouillé de toutes ses charges ecclésiastiques et ne pourrait en recevoir de nouvelles. Enfin on interdit au pape de vendre ou d'hypothéquer un domaine quelconque des Etats de l'Église ou un patrimoine de l'Église romaine, et de lever de nouveaux impôts dans les États de l'Église; on voulait ainsi le priver des ressources pécuniaires qui pourraient aider son action contre les Pères de Bâle (par exemple pour effec- tuer à son profit l'union avec les Grecs) 1 . 500] 79-f Les trois cen t s Tchèques à Bâle en 1433. Dans les premiers jours de la nouvelle année, 1433, arrivèrent enfin à Bâle les députés tchèques accompagnés d'une suite nom- breuse, en tout trois cents personnes. Depuis le retour des deux précurseurs Nicolas Humpolecky et Jean Zatecky, les partisans de l'opposition à une députation au concile de Bâle avaient gardé le silence en Bohême. Comme nous l'avons vu, les députés qui devaient se rendre à Bâle avaient été élus à la diète de Kutten- berg; certains pourtant ne partirent pas, pour des causes que nous ignorons, et finalement l'ambassade proprement dite se composa des quinze personnages laïques et ecclésiastiques dont les noms suivent: a) Membres laïques : 1° Guillaume Kostka de Postupic, capi- taine de Litomysl; 2° Benas de Mokrowaus, seigneur d'Ulibic; 3° Georges de Recic, seigneur de Kluk; 4° Jean Welwar, bourgeois de Prague; 5° Matthias Lauda, capitaine de Pisek; 6° Grégoire de Kôniginhof et 7° Laurin de Tabor. b) Membres ecclésiastiques : 1° Jean de Rokyczany, curé de l'église de Teyn à Prague, principal théologien des hussites; 2° M. Pierre Payne, d'Angleterre; 3° Procope le Grand ou Rasus = tondu, prêtre des taborites et « général invincible »; 4° Nicolas de Biskupec de Pilgram, évêque des taborites; 5° Markolt de Zbras- lawic; 6° Martin Lupac de Chrudim; 7° Pierre Nemec de Saaz; 8° Ulric de Znaim, prêtre des orphelins, curé de Caslau. Tous les partis des hussites se trouvaient donc représentés. A ces envoyés se joignit également une ambassade du roi de Pologne allié des Tchèques. Ils passèrent par Cham, Nuremberg, Ulm, Saulgau, Schaffhouse, guidés par des princes et seigneurs allemands, et de 1. Mansi, op. cit., X. xxix, col. 43-47; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1141 sq. 764 LIVRE XI.VII Saulgau jusqu'à Stockach par Jacques Truchsess de Waldburg, fidèle conseiller du protecteur du concile. Celui-ci était venu lui- même à leur rencontre à Stockach. Dans maintes localités ils entrèrent en grande pompe et d'une manière véritablement provocante; notamment à Nuremberg où ils entrèrent portant le drapeau des taborites sur lequel était représenté un calice avec l'hostie surmontés de l'inscription : Veritas omnia vincit. Même les voitures portaient des couvertures du même genre; il fallut les instances réitérées des princes qui les accompagnaient pour les décider à faire disparaître ces insignes. Lorsqu'on apprit à Baie leur prochaine arrivée, on nomma le 30 décembre 1432 une commission composée de membres de toutes les nations pour conférer avec les légats sur la manière dont on les recevrait. Cette commission jugea tout d'abord nécessaire de distribuer à tous les membres du concile une copie des points concédés aux[501] Tchèques et consignés dans leurs sauf-conduits, ce qui eut lieu le 2 janvier 1433. En même temps on enjoignit aux chefs de la bour- geoisie de Bâle, de par le concile, d'avoir à maintenir l'ordre dans la ville, d'empêcher toute prostituée de se montrer dans les rues, et d'interdire les danses et les jeux, car tout cela scandaliserait les Tchèques qui se vantaient de leur religion plus excellente. On décida en outre qu'un certain nombre de prélats se rendraient au devant des Tchèques lorsqu'ils approcheraient de la ville, afin de leur faire un cortège d'honneur. Craignant qu'ils n'eussent l'in- tention de pénétrer également à Bâle en déployant le drapeau des taborites, le cardinal Julien leur avait envoyé le P. Jean de Maul- bronn pour les en empêcher. Mais les Tchèques ayant laissé leurs équipages à Schafïhouse étaient arrivés par bateau à Bâle dans la soirée du dimanche 4 janvier 1433, tout à fait à l'improviste, si bien que la réception solennelle préparée pour eux ne put avoir lieu. Cependant les rues fourmillaient de curieux, et on s'étonnait de leurs costumes bizarres et de leurs visages farouches. En particulier Procope le Grand attirait tous les regards K Tout d'abord on assigna aux Tchèques à Bâle quatre hôtelleries publiques; mais le 7 janvier 1433 ils louèrent pour leur usage quatre maisons. C'est ce que rapporte le journal du prêtre des orphelins 1. Monumenta conciliorum gênerai, sec. xv, p. 257 sq. ; Palacky, Geschichte von Bohmen, t. ni c, p. 65-68 ; Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayern, dans Forschungen zur deutschen Gesch., t. n, p. 576. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 765 Pierre Zatecensis (de Saaz) 1 . Aussitôt après leur arrivée le cardinal Julien leur adressa ses salutations cordiales 2 , et le lendemain ils furent salués par une importante députation du concile sous la conduite de l'archevêque de Lyon, et par le magistrat civil de la ville, qui mit à leur disposition une grande provision de vin et d'aliments. Le jour de l'Epiphanie, les Tchèques célébrèrent le service divin dans leurs hôtelleries, chaque secte suivant ses coutumes, en présence d'un grand nombre de curieux. Pour La secte modérée on ne remarqua rien de particulier, car les adeptes i élébraient la messe à la manière habituelle, sauf seulement que les laïques communiaient au calice. [502] L'étonnement provoqué par Procope et les taborites fut d'au- tant plus grand, car ils ne firent usage ni d'autel, ni d'ornements sacrés, ni d'aucune cérémonie; tout leur culte se borna à la récita- lion de quelques courtes prières, suivies d'un prêche et de la com- munion (sous les deux espèces). Chez le* orphelins ou prêcha en allemand et parmi les auditeurs se trouvaient de nombreux habi- tants de la ville. Ce fait occasionna une grosse émotion et on pr< vivement le cardinal Julien de faire cesser un pareil scandale. Les Tchèques ayant refusé d'accéder à son désir et de ne plus prêcher en allemand, puisque beaucoup d'entre eux ne compre- naient pas le tchèque, on défendit aux habitants de Bàle d'assister à leurs cérémonies; bientôt d'ailleurs cette défense devint inutile, la curiosité ayant disparu. Le 7 janvier, Procope le Grand invita à sa table Jean de Raguse et deux autres membres du concile, et dès lors les discussions commencèrent. Jean de Maulbronn dut chaque jour prendre ses n re< les Tchèques et servir aussi d'intermédiaire entre eux et te concile. Le 8 janvier on célébra une grand'messe et une procession solennelle pour attirer la pro- tection divine sur les discussions qui allaient s'ouvrir avec les Tchèques, et dans le même but on prescrivit aussi des jeûnes et des prières. Aussitôt après, le 10 janvier 1433, trente députés tchèques se présentèrent pour la première fois devant la congréga- tion générale au couvent des dominicains. On leur avait fait préparer deux bancs au milieu de la salle, en face du siège de Julien 1. Publié pour la première fois par Palacky, dans les Monumenta concilioruni gencralium sec. xv, p. 289. 2. D'après Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 200, le cardinal Julien alla aussitôt visiter Jean de Rokyczany dans sa demeure près de Saint-Léonard, et ce dernier adressa à cette occasion au légat un discours des plus courtois. 766 LIVRE XLVII et des cardinaux. Julien, qui avait repris la présidence, prononça un beau discours qui dura deux heures et émut plusieurs fois jusqu'aux larmes quelques-uns des Tchèques, tandis qu'il aurait déplu à quelques autres. L'orateur y fit parler l'Eglise et prouva qu'elle est exempte d'erreurs, et que sa meilleure représentation est un concile général. Les décrets d'un concile général doivent être considérés comme des articles de foi. Que les Tchèques reviennent donc dans le sein de cette Église, car hors de cette arche il n'y a point de salut; c'est pourquoi leur venue au concile est un événe- ment très heureux 1 . Aussitôt Jean de Rokyczany répondit par un discours également fort éloquent. Au début, il implora l'assistance divine sur les tra- vaux du concile, afin qu'en union avec les Tchèques il pût réaliser un progrès général dans l'Église. C'est pourquoi ils sont venus, [503] eux les délégués des Tchèques et des Moraves, répondant à l'invi- tation du concile, et ils sont prêts à discuter les quatre articles connus, pourvu qu'on prenne comme guide dans l'assemblée, con- formément au traité d'Eger, les témoignages de la sainte Écriture et l'enseignement des docteurs fondé sur ces témoignages (locum censoris et prœceploris obtinebunt) . L'orateur rattache le reste de son discours au texte de saint Matthieu : Ubi est qui natus est rex Judœorum ? Vidimus stellam ejus in Oriente et çenimus adorare eum. Ces paroles étaient alors répétées chaque jour à l'église, pendant l'octave de l'Epiphanie. « Nous Tchèques, ajouta-t-il, nous sommes maudits, persécutés, tournés en dérision, représentés comme des hérétiques, et cependant nous avons reçu de Dieu des grâces nombreuses. Mais vous, vénérés Pères et maîtres, nous vous conjurons de nous juger avec bienveillance et affection, de croire que nous recherchons Jésus-Christ et que nous sommes venus ici pour lui offrir l'or, l'encens et la myrrhe. » Il poursuivit en faisant ressortir combien il était admirable d'avoir bonne opinion de son prochain, et combien le contraire était fâcheux. Ce manque de charité est la plus mauvaise herbe que le démon sème parmi les fidèles et surtout parmi le clergé. Il renouvela ensuite la prière d'avoir bonne opinion des Tchèques, car en tout ils recherchent le Christ et disent : Ubi est, etc. La première proposition, Ubi est rex Judseorum, signifie l'attachement à la vérité chrétienne et la 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 492-512, et 679-700 (deux fois); Palacky, Geschichte von Bohmen, t. m c, p. 68-74. Palacky dit de ce discours qu'il est un des plus beaux produits de la littérature théologique de ce siècle. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN i'i33 767 recherche zélée de cette vérité. La deuxième proposition, Vidimus stellam ejus in Oriente, se rapporte à l'Eglise primitive qui brillait comme une étoile et dont diffère tant l'Église actuelle. Cette diffé- rence provient de ce que nous vendons constamment le Christ dans ses charismes et dans ses sacrements. Enfin la troisième pro- position, Venimus adorare eum, indique l'humble service que nous devons rendre au Christ et à son Église, de façon à consacrer tous les dons de la nature et de la grâce à secourir notre prochain et à glorifier Dieu et son Église, allant, s'il est nécessaire, jusqu'à offrir notre propre vie et à renoncer à toutes les gloires du monde, et<\ '. Les sources tchèques dont s'est servi Palacky et qu'il a ensui' e mises à notre portée 2 affirment qu'à cette époque les relations plus amicales existaient entre quelques-uns des Tchèques les plus éminents et certains membres du concile, en particulier l'arche- vêque de Lyon, mais elles mentionnent aussi des dissidences parmi [504] les Tchèques eux-mêmes 3 . Le vendredi 16 janvier 1433, les Tchèques furent de nouveau invités à une congrégatioi raie au couvent des dominicains. Matthias Lauda exprima en leur nom toute leur reconnaissance qu'on leur eût donné l'occasion de se justifier d'accusations calom- nieuses, et ils firent remise des lettres de pouvoirs reçues de la diète de Kuttenberg et de l'université de Prague en septembre et décembre de l'année précédente 4 . Puis Pierrt- Payne prit la parole et compara la doctrine hussite au soleil, assurant que quiconque la connaissait ne pouvait que l'adopter. Après ces préliminaii les Tchèques demandèrent qu'on leur permît d'exposer et démontrer en détail leurs quatre articles, et Jean de Rokyczany leur premier orateur reçut la parole 5 . Dans un long discours qui dura trois jours (16, 17 et 19 janvier) il chercha à démontrer la nécessité de la communion sous les deux espèces 6 . Lorsqu'il eut terminé, Procope le Grand crut devoir inviter le concile à recon- 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx. col. 2G2-2o'J; Palacky, Geschichle von Bôhmen, t. m, c, p. 74. 2. Dans Monumenta concil. gênerai, sec. M y. 3. Monumenta concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 291. 4. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 255-258; Monumenta concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 262-264. 5. /Eneas Sylvius dit de lui : Magna facundia, sed ingenio pessimo prseditus, dans son Commentarius de rébus Basilccc geslis, dans Fea, Pius II a calumniis vindicatus, p. 51. 6. Reproduit dans Mansi, op. cit., t. xxx, col. 269-306. LIVRE JCLVI1 ttre la vérité sur-le-champ el à admettre la communion sous |< deux esp le cardinal Julien exprima le désir que les Tchèques < il d'abord à exposer leurs autres articles avanl de i e< i ■■> "ii réponse '. I es 20 ai 21 janvier, l'évéque taborite Nic< Biskupec, de Pilgram, parla dudroil e1 «lu devoir de châtier, même par des peines uli< . les personnes coupables de péchi Son discou* lut ii. Ime i i moins respectueux que celui de Rokyczany, el sorties grossières sur la hiérarchie provoquèrent des murmur< el des sifflets u\ . dam Maori, ( oneiL ampliss. coll.. i. x\x. col. 306-337. 4. Momimciila concil. paierai, sec. IV, t. i, p. 9 ■; Palacky, Gcsrliulilc VOfl Iluhrnin, t. m r. p. 81 tq. Encas Sylvhu l'appelle un \rrsipcllis cai'illatoi - : dans CommenlarUu de rébus dam I ;i. Pins II h calumniis vindicatus, p. 51. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 769 du 26 au 28 janvier, que la loi de Dieu ne permettait pas au clergé de posséder des biens temporels. Son discours fut aussi insultant que celui de Nicolas Biskupec de Pilgram;il fit, en particulier, l'éloge de Huss et de Wiclef et parla des luttes qu'il avait lui-même soutenues à Oxford à propos de la doctrine de Wiclef; ce qui l'avait obligé à fuir sa patrie et à chercher asile en Bohême. Ces paroles provoquèrent une discussion entre l'orateur et les Anglais présents à la séance. En terminant il remit, sur la demande du concile, un abrégé de son discours et le texte de ses propositions fondamentales : l'usage des biens temporels est permis au clergé, mais à l'exclusion de tout superflu, et cet usage (la jouissance) doit se maintenir dans les limites fixées par l'Évangile. Une gestion de biens qui est un obstacle à l'administration d'une charge ecclé- siastique n'est pas admissible. Un dominium civile ne convient pas au clergé et un clerc ne doit pas l'exercer en personne (civiliter dominari). Le bras séculier peut priver de leurs biens temporels les clercs qui s'obstinent dans leurs fautes 1 . Les autres orateurs hussites avaient également remis par écrit leurs propositions au membre du concile chargé de leur répondre 2 . 506] Lorsque Payne eut terminé, Jean de Rokyczany, au nom de ses compatriotes, remercia le concile de sa bienveillante attention, et assura qu'ils étaient tout disposés à l'union et à la réforme de toutes leurs opinions erronées, si, selon qu'il avait été convenu à Eger, on leur en prouvait la fausseté per validas rationes. Il demanda aussi que les membres du concile chargés de leur répondre communi- quassent par écrit leurs propositions, comme ils l'avaient fait eux- mêmes. Le Tchèque Guillaume Kostka de Postupic, et le protecteur du concile, le duc Guillaume de Bavière, échangèrent encore quel- ques paroles courtoises et le cardinal Julien demanda à l'assemblée si les propositions des quatre orateurs tchèques avaient l'appro- bation de tous. La réponse ayant été affirmative, Julien prononça un important discours : il se félicita d'avoir entendu Jean de Rokyc- zany affirmer les bonnes dispositions des Tchèques pour l'union et reconnaître que l'Église est bâtie sur le roc. Il ne faut pas attacher trop d'importance aux vivacités qui marquaient les discours de certains orateurs tchèques, car leur intention était bonne et l'on 1. Monumenla concil. gênerai, sec. XV, t. i a, p. 269 sq., 296 sq.; Mansi, op. cit., t. xxx, col. 260. Le discours de Payne n'est pas imprimé. 2. Monumenta concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 269, en haut. 770 LIVRK XLVI1 doit 1. lisser tomber quelques paroles un peu rud< , l ependanl pou i jmmoir arriver à une véritable union, il ea1 m ire de se mettre d'accord but tous les points sur lesquels on différait; or, on a |>n constater que les Tchèques sont en rd sur bien «les points, outre les quatre articles. Par exemple, !<• deuxième orateur, maître Nicolas, avait appelé \\ ielef un maître évangélique. Si l( Tchèqms professèrent à l'égard de Wi clef une telle opinion. qu'ils en admettent aussi la doctrine. On in- veul pas se livrer à une disoussion détaillée, mais sut- chaque article mis en question en leur demande seulement ruris ac bcatsc Virginis it Sanctorum I>n .sunt venerandse, sed confringendm et combu- in'.i . Similiter ini, sit utilis multum et saluti expediens toti credentium populo, necessariaque et a Domino prsecepta. Après qu'il eut terminé pour ce jour-là, maître Payne parla delà proposition hussite: à savoir que les clercs qui s'obstinent dans leurs fautes doivent être dépouillés par le bras séculier de leurs biens temporels (sans doute, supplé- ment à son discours des 26 et 29 janvier) et il remit par écrit sa proposition sur ce point. On lut alors une lettre du roi Sigismond au concile (datée de Sienne, le 16 janvier) dans laquelle il faisait savoir que les hérétiques tchèques avaient promis d'assister le roi 510] de Pologne contre l'Ordre teutonique si méritant, et contre tous les autres ennemis de la Pologne. A cette courte lettre Sigismond en avait joint une autre, aussi courte et très peu courtoise, de la diète tchèque de Kuttenberg (du 8 septembre 1432) qui contenait juste- ment la promesse en question 5 . Le 4 février, Jean de Raguse poursuivit son discours et formula les trois conclusions suivantes : 1) Communio divinse eucharistise sub utraque specie... toti credentium populo non est necessaria, primo modo accepta necessitate (c'est-à-dire, comme si sans la réception du sacrement il est absolument impossible de faire son salut). 2) Communio... non est necessaria... secundo modo accepta necessi- tate (comme si une seule espèce ne suffit pas), nec a Domino prœcepta. 3) Communio... sub specie utraque, panis scilicet et vini, consue- 1. Son discours se trouve dans Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 1271- 1280; cf. Monumenla concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 297 sq. 2. Imprimé dans Mansi, op. cit., t. xxix, col. 699-86S (presque 85 pages in-folio) ; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1655-1760. 3. Monumenta concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 275. 4. Monumenla concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 298. 5. Monumenla concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 275 sq. 7 , \ LIVRB XLVIl tud statuio Ecclesim stantibuê in oppositum non est multum utilU pedieru t'>iL eredentium pu [min, imm > est multum inutilis et rnlrm nociva. L'orateur no crut pas nécessaire de s'arrêter sur la preuve de ta première conclusion puisqu'elle n'était pas nécessaire, l'ai- contre, en ce qui concerne la deuxième conclusion, il . longuement les preuves tirées de l'Ecriture sainte, de L'usage des apôtres, des conciles, des coutumes de l'Eglise, d< P res, au point qu'il ne put même pas terminer son exposition le joui- suivant, 5 février 1 . Il laissa complètement 'le côté la troi- sième conclusion [postergata tertia) car elle dépendait ex secundiè -. En terminanl la dernière partie «le son discours il s'efïor<;a de réfu- ter les objections «le ses «adversaires. Lorsque le 4 février Jean de Raguse eut expose la partie de ion long discours fixée pour ce jour-là, Procope le Grand, au nom de ses collègues, formula des plaintes contre lui et contre l'abbé cister- i ien, parce qu'ils avaient tous deux Messe à différentes reprises les sentiments des Tchèques. L'abbé, en les exhortant à rentrer dans le sein de l'Église, avait laissé entendre qu'ils étaient hors de l'Église, et prononcé d'autres paroles outrageantes. Les Tchèques, loin d'être hors de l'Église, veulent au contraire ramener dans le sein île l'Eglise d'autres personnes, par exemple les membres «lu [511] concile. (Rires.) Jean de Rokyczany ajouta alors qu'il ferait con- naître son opinion et celle de ses collègues (sur le concile) lorsqu'on traiterait la question de Ecclesia. Du reste, le pape ne reconnaît pas la légitimité du concile et ni le chef de l'Eglise, ni de nombreux cardinaux n'y sont présents. Quant à Jean de Raguse, Jean de Rokyczany se plaignit de son introduction, puis de ses sorties contre Wiclef et de sa prolixité, car il avait parlé d'une foule de choses inopportunes. Il demanda si Jean de Raguse avait parlé au nom du concile ou en son propre nom; dans ce dernier cas, ils refuseraient de continuer à l'entendre, car ce n'était pas au maître 1. !.' "> tévriei il n'alla que jusqu'aux argumenta ex doctoribus, c'est-à-dire jusqu'aux mots : (Juin!» principalitcr probatW /« r sanrlorum doctorum ail' tioncm, etc., «lue M.m-i, Concil. ampliss, ct>IL, t. xxix, col. 7.".1 ; ll.mlouin, Concil. coll., t. vin. col. 1687; cf. Monumenta c<>n. L i, p. 279. '1. Mausi, op. cit., t. xxix, col. 771 ; I I.u.louin, op. cit., t. vm, col. 1699. En fait la tr. illusion se résolvait d'elle-mêo olémique contre l'asser- tion de Jean de Rokyczany : quod communia... sud $pecie utraque... ulitië multum • tpedien*. Mansi, op. cit., t. wi\. coL 792; Elardouin, op. cit.. t. vm, col. 1713. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALF. EN 1433 775 Jean, mais au concile qu'ils avaient été envoyés. D'ailleurs il fallait observer le traité d'Eger et donner la parole à quelques députés au nom du concile. L'abbé cistercien répliqua qu'il n'avait nullement eu l'intention de les offenser; Jean de Raguse entama alors une longue discussion avec Procope, Jean de Rokyczany et Payne sur la doctrine de Wiclef (les Tchèques contestaient qu'elle fût hérétique) et finalement déclara que lui non plus n'avait voulu avancer quoi que ce soit qui pût porter préjudice aux Tchèques : il affirma qu'il n'avait rien dit d'inopportun. Le légat Julien engagea alors les deux parties adverses à faire mutuellement preuve de patience, et observa que Jean de Raguse n'aurait rien dit qui pût paraître à côté du sujet si les Tchèques avaient répondu aux 28 articles. Jean de Raguse fit aussi remarquer que les Tchè- ques avaient au préalable consenti à ce qu'il parlât proprio nomine. Le légat ajouta enfin qu'il voulait observer exactement le traité d'Eger, mais au cas où les Tchèques persisteraient à demander que le concile leur répondît immédiatement per se, il fallait désigner de chaque côté des hommes de confiance qui décideraient ce qu'il y aurait à faire. Jean de Raguse devait en tous cas poursuivre son discours même si les Tchèques ne voulaient plus l'entendre; fina- lement ceux-ci consentirent à ce qu'il continuât à parler 1 . C'est ce qu'il fit le vendredi 6 février. Le célèbre confrère en religion de Jean de Raguse, Jean de Turrecremata (Torquemada), avait fait placer sur une table les ouvrages des docteurs sur lesquels Jean de Raguse voulait s'appuyer, mais celui-ci les fit enlever pour ne pas blesser les Tchèques (en ayant l'air de supposer qu'ils voulaient recourir à des dénégations). Cependant Jean de Rokyc- 512] zany ne tarda pas à accuser Jean de Raguse d'avoir faussement rapporté plusieurs passages ou de les, avoir mutilés, en particulier un passage de Nicolas de Lyre. Pour le prouver, il apporta lui- môme un exemplaire de l'auteur en question et eu commença la lecture; lorsqu'il voulut s'interrompre, Jean de Raguse le força à continuer sa lecture et on acquit ainsi la preuve que Nicolas de Lyre ne s'était jamais prononcé pour la communion sous les deux espèces. Le jour suivant, 7 février, Jean de Raguse fit apporter lui-même les ouvrages des anciens docteurs et y lut les passages dont il voulait se servir, faisant remarquer que Jean de Rokyczany lui- 1. Monumenla concil. gênerai, sec. xv, t. î, p. 277-279 et 299-301. conciles — vu — 50 77G LIVRE I i \ 1 1 même l'obligeail s user de ce procédé susceptible d'allonger les débats. Il termina, ce même jour, la première partie de son argu- ii icut.il in h. ;'i savoir que la communion sous les deux espèce* n'avait pas été prescrite par le Christ (propos. 2 . Le lundi 9 février, il dé ntra inut (l'abord que la protestation des Tchèques «'- 1 ; » î t el insuffisante ils prétendaient admettre lea articles < I < * la foi dans le sens prescrit par la >i i ii i <■ rrinité el par Jésus-Christ, el croire à la Bainte Eglise répandue dans toul l'univers) 1 ; puis il parla de l'Eglise, démontrant qu'elle ne se composait pas seule- ut drs prédestinés, et quelle ae pouvail se tromper en matière de foi ni sur ce qui est nécessaire ausalul des âmes. Comme dans son discours il avail Bouvenl traité d'hérétiques les adversaires de ion opinion, les Tchèques se montrèrent de nouveau forl irrités, et lorsqu'il eu1 terminé la partie de son discours fixée pour ce jour-1 Jean de Rokyczan) Be plaignil qu'on eût violé le sauf-conduit et le traité d'Kjxer. ' 'n avait affirmé aux Tchèques que pendant les délibérations sur les quatre articles on ne permettrait rien qui pût troublei les délibérations. Jean de Raguse violait chaque jour cette promesse, car il avail nus en question, en plus des quatre article cinq et même six autres points (de controverse): il avail également laissé entendre que les Tchèques étaient hérétiques, achismatiques, qu'ils étaient sortis de l'Église, ce qui était une violation du sauf- conduil par lequel on leur avail promis un traitement honorable. Procope s'associa aux récriminations de Bon collègue et ajouta que les Tchèques ue seraient pas venus s'ils avaienl prévu un pareil accueil. Jean de Raguse répondit, comme il le dit lui-même, avec [513 plus île calme qu'on n'aurail pu s'j attendre étant donnés Bon aspect «-i son tempérament : I i II n'était pas Buperflu de pari' l'Eglise, puisque Jean de Ro^yczany en avail parle et avail a Un : qu'elle se composait «les seuls prédestinés; on ue pouvail pas epter une pareille opinion sur un point fondamental. - l.n employant le terme hérétiques . d u'avail pas eu l'intention de blesseï les Tchèques, d'autanl mieux que Jean de Rokyczany et partisans s'étaient eux-mêmes souvent servis du même terme, et avaienl même traité les catholiques de chiens et de sacrilèges (non pas sans doute dans leun discours prononcés devant le i i«ile, mais dans leurs pamphlets antérieurs). Procope Be leva 1. Cf. Mansij ConciL ampliss. coll., t. xxix, coL 77!; Hordouin, Concil. coll., t. vin. col. 1700, en haut. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 777 1 de nouveau, les yeux pleins de colère, et prit à témoin les commis- saires du concile qui avaient signé le traité d'Eger que ce traité avait été violé. Un de ces commissaires, Henri Toke, répondit qu'il n'en était pas ainsi; mais le légat imposa silence aux deux partis et s'efforça de calmer les esprits : on ne devait pas prendre en mauvaise part tous les mots un peu vifs prononcés de part et d'autre : de même qu'une femme, lorsqu'elle a enfanté, oublie toutes ses souffrances, de même le concile, après avoir enfanté l'union, oubliera toutes les amertumes antérieures : du reste Jean de Raguse avait dû nécessairement parler de l'Eglise puisque Jean de Rokyczany l'avait définie comme l'assemblée des seuls prédestinés 1 . Les Tchèques quittèrent alors la réunion et retour- nèrent chez eux. Après leur départ, le légat fit connaître qu'il avait la veille convoqué une députation pour répondre au désir des Tchèques de voir les orateurs parler nomine concilii. Il avait égale- ment demandé aux Tchèques de se réunir au concile sans autre discussion et de laisser à celui-ci le soin de trancher les points de désaccord. Mais ils avaient déclaré vouloir encore entendre les quatre orateurs, et d'autres encore, désignés par le concile. Le même jour dans l'après-midi, les députés du concile choisis par le légat, c'est-à-dire l'archevêque de Lyon, l'évêque de Ratis- bonne, et deux autres Pères, eurent une entrevue avec les Tchèques pour examiner ce qu'exigeait le sauf-conduit. Les Tchèques se plaignirent de nouveau vivement de Jean de Raguse et deman- 514] dèrent qu'il leur donnât satisfaction et qu'il fût puni. Les membres du concile répliquèrent que Jean de Raguse leur avait déjà donné satisfaction en déclarant qu'il n'avait pas eu l'intention de les offenser, mais les Tchèques ne furent pas satisfaits de cette réponse. Le lendemain, 10 février, dans la congrégation générale à laquelle assistaient également les Tchèques 2 , l'archevêque de Lyon parla de nouveau de leurs plaintes, et Jean de Raguse ayant affirmé une fois de plus qu'il n'avait pas voulu leur faire injure, Jean de 1. Palacky [Geschichle von Bohmen, t. m c, p. 87) place ces événements le 7 février au lieu du 9, en se rapportant au journal du prêtre des orphelins, Pierre de Saaz (Zatensis), Monumenla concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 304. Pour la suite des événements, Jean de Raguse et Pierre de Saaz diffèrent également parfois en ce qui concerne la chronologie. 2. Excepté Procope et Guillaume Kostka de Postupic, qui ne vinrent plus tant que Jean de Raguse eut la parole. Monumenia concil. gênerai, sec. XV, t. i, p. 306; Palacky, Geschichle von Bnhmen, t. in c, p. 88. 778 LIVRE XLV11 Rokvc/jmy se déclara satisfait, et Jean de Raguse put continuer sud discours. Lorsqu'il eut terminé, maître Payne lui demanda n l'eau bénite consacrée par le pape Alexandre V avail plus < r « • H i - ité que les espèces «lu sainl Bacremem de l'autel. Jean île I! voulail répondre Bur-le-champ, mais comme il était déjà tard, il dul différer sa réponse au lendemain. Ce jour-là. Il février, il acheva son grand discours but la communion sous le- Jeux espèces, ei demanda, au cas où il aurait émis quelque opinion erronée, qu'on voulûl bien le corriger. Il affirma aussi qu'il a'avail eu l'intention d'injurier personne, en particulier aucun des honorables députi du royaume de Bohême, et exprima tous §es n_i,is d'avoir pu leur laisser croire qu'il a\ ail eu eet te intention. <»■- paroles furent accueillies avec joie par les Tchèques. Pour terminer, le' cardinal Julien fit connaître que, suivant le désir des Tchèques, le concile axait désigné irois orateurs pour parler des trois autres article- : maître Gilles Charlier devait traiter le deuxième, Henri de Kalt* I \ s en le troisième et Jean de Palomar le quatrième ; mais le concile n'entendait p.is approuver d'a\ame tOUl ce qu'ils pourraient dire, - 5 1 5] premier point de sa thèse: la suite e1 la conclusion remplirent l< des 14, 16 et 17 février. Le Tchèque Nicolas Biskupec, de Pilgram, contre lequel il avail parlé, demanda i copie des pi - positions de Charlier; «m la lui promit :: . Il en fut «le même du dis- coHirs de maître Menu de Kalt-Eysen, de Coblentz, dominicain, professeur de théologie à l'université de Cologne et inquisii hsereticoc pravitalis. Son discours sur le troisième article de Praaru< 1. Monumenta concti. gênerai, aec. m. t. t. p. 2 ;09. 2. S<>n discourt se trouve dans Ifansi, I onciL amplis», mil., t. wi\. ■ 971 ; Hardouin, ConeiL coll., t. vin, p. L 759-1 824. 3. Monumenta coneiL général ■. t. i. ; . i 309-313. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 779 la libre prédication de la parole divine, dura les 18, 20 et 21 février 1 . Lorsqu'il eut terminé, le légat annonça que Jean de Palomar, archi- diacre de Barcelone et auditor causarum S. Palatii, commencerait son discours le lundi suivant, après quoi les Tchèques devaient se tenir prêts à répondre sur les 28 autres articles, suivant leur promesse. Pierre Payne répondit que ses collègues n'étant pas tous présents, ils ne pouvaient donner leur réponse à cette invitation que le lundi suivant, après en avoir délibéré ensemble. Le lundi 23 février, Jean de Palomar commença son discours sur la possession des biens temporels par le clergé. Il parla pendant quatre jours et termina le dernier jour du mois. Il donna aussitôt une copie de sa thèse à Pierre Payne contre lequel il avait parlé 2 . Toutefois le 23 février, les Tchèques avaient déclaré qu'ils ne répon- draient sur les 28 articles que lorsqu'on aurait terminé la question des quatre articles. Le 28 février, Jean de Rokyczany fit connaître que lui et les trois autres orateurs tchèques désiraient répondre aux quatre orateurs du concile; Jean de Raguse lui dit qu'il leur était loisible de le faire, mais qu'ils devraient alors entendre aussi sa réplique et celle de ses collègues. Là-dessus s'engagea une dis- cussion, les Tchèques soutenant que le traité d'Eger leur avait donné l'assurance que le concile les entendrait quand ils le désire- raient. Après plusieurs délibérations, Jean de Rokyczany com- mença le lundi, 2 mars, sa réplique au discours de Jean de Raguse. Il parla pendant cinq jours et ne termina que le 10 mars. Jean de )16] Raguse réclama aussitôt le droit de répondre et demanda à Jean de Rokyczany de lui donner sa réplique par écrit, suivant les conventions du traité d'Eger. A une question du légat, Jean de Rokyczany répondit que les députés tchèques observeraient fidè- lement ce traité. Ainsi s'acheva cette congrégation 3 . C'est aussi par cette relation que se termine l'ouvrage de Jean de Raguse que nous avons si souvent utilisé. Pierre de Saaz, au contraire, continue son journal jusqu'au départ des Tchèques de Bâle et c'est à cette source que nous allons emprunter le récit de ce qui va suivre. Reconnaissant qu'en procédant comme on l'avait fait jus- qu'alors, on n'atteindrait pas le but désiré, on décida de nommer 1. Son discours se trouve dans Mansi, op. cit., t. xxix, col. 971-1104; Hardouin, op. cit., t. vm, col. 1825-1909. 2. Son discours se trouve dans Mansi, op. cit., t. xxix, col. 1105-1168; Har- douin, op. cit., t. vm, col. 1909-1950. 3. Monumenta concil. gênerai, sec. xv, t. i, p. 284-286, 313-323. IVR1 KLVI1 une députation de membres des deux partis pour s'efforcer de faire l'union. Le concile désigna à tel effet les trois cardinaux, Julien irini, Branda C.asti^lione, cardinal de Plaisance, el Cervantes, dinal de Saint-Pierre-aux-Liens, l'archevêque de Lyon, les èvéques de Ratisbonne e1 de Meissen, le D r Toke, Jean de Palomar, en t < m 1 1 17 personnes. I o protecteur du concile, le duc Guillaume de Bavière, Buivanl Burtoul les conseils de Nicolas de (n>a devenu plus tard sî célèbre '. Be rendil le I I mars 1 133 pr< - des Tchèques •■t les décida à nommer aussi des députée. Le même jour, le cardinal Julien renouvela sa proposition que les Tchèques devaienl sans délai s'incorporer au concile (entrer au concile en qualité de mem- bres), <î laisser au concile le soin de trancher les points de contro- verse. Jean de Rokyczany répondit en indiquanl les motifs qui s'opposaient à l'adoption de cette mesure, et les discours pom e1 contre continuèrent également le L2 mars. Entre autres arguments, J( i de Rokyczany déclara qu'ils ne pouvaient Be fier entièrement à un coin île depuis «pie le concile de Constance les avail si mal I I .lit es -. Le 13 mars, les députés élus se réunirent dans le réfectoire des dominicains. Le cardinal Julien ouvrit la séance par une prière, puis B'adressa aux Tchèques: « Puisqu'ils refusent de faire partie du concile, on ne peut les y obliger, mais s'ils veulent savoir si le concile approuve entièrement les discours de ses orateurs, OS entend y apporter çà et là des corrections, on ne pourra leur répondre que lorsqu'on aura entendu les autres répliques (comme 517 on l'a vu, Jean de Raguse avait déjà annoncé une nom elle réplique à dean de Rokyczany). Le concile n'a jamais entendu lai offenser les Tchèques, mais eux-mêmes ont aussi employé des expressions blessantes, telles que « chiens » et « faux prophètes membres du concile ont écouté ces expressions Bans perdre leur «aime. Jean de Rokyczany s'efforça d'excuser ces mots « chiens et faUX prophètes dont il B'étail Servi lui-même, et ajouta que le meilleui moyen d'arriver a la paix, était de conclure une entente 1. Sur la pari que put Nicolas de Cusa à la réunion dea huaaitea, >i bui lettres qu'il leur envoya, cl. Scharpff, Der Cardinal und lii^'-lioi Nikolaut von t. i, p. '.M -'].: et D ' p linal Nikolausvon Cu$a, 1847, t. i, p. 142 -■(. Cea deux savants ne connaissaient paa do reste le journal de Pierre de Saaa dans Monumenta conciL général, sac i quenl les détails que dous y -i\ ons pui- 2. Monumenta coneiL f v, t. i,p -T. „ _, 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 781 sur les quatre articles au moyen d'un arbitrage, comme il avait été convenu à Eger. Les discours et les répliques ont perdu beaucoup trop de temps sans arriver à aucun résultat, or les Tchèques vou- laient retourner dans leur pays. Le cardinal Julien fut d'avis qu'une solution si rapide n'était pas possible, et on prononça de part et d'autre des paroles que le récit de Pierre de Saaz, qui est souvent obscur, ne reproduit pas clairement. Nicolas de Cusa demanda alors aux Tchèques, sur l'ordre du duc, si, au cas où on leur accorderait la communion des laïques sous les deux espèces, ils consentiraient à se déclarer satisfaits sur les autres points. Ils soupçonnèrent un piège dans cette question et ne répondirent pas sur-le-champ. Pour terminer, le cardinal Julien déclara que le concile ne voulait employer aucun autre moyen de trancher le différend que ceux convenus à Eger : si cependant la question devait être soumise à l'arbitrage, il fallait en tout cas entendre les arbitres. La hâte manifestée par les Tchèques à vouloir quitter Bâle était inopportune. Dans la réunion du lendemain (14 mars), les Tchèques firent tout d'abord une réponse évasive à la question posée par Nicolas de Cusa, mais le duc Guillaume l'ayant renouvelée, et leur ayant en outre demandé si, le premier article une fois résolu, ils consen- tiraient à s'incorporer au concile, Martin Lupac de Chrudim, au nom des Tchèques, réclama une rédaction écrite de cette propo- sition; Nicolas de Cusa expliqua alors clairement de vive voix le sens de cette proposition et les Tchèques délibérèrent à son sujet; puis Guillaume Kostka de Postupic sollicita en leur nom du concile lui-même une déclaration écrite du sens dans lequel il fallait entendre l'incorporation, car ils ne voulaient pas traiter cette question à la légère. Le duc leur assura qu'ils n'avaient à redouter aucun piège et qu'il s'entendrait avec le concile pour qu'on leur remît la forma incorporationis 1 . 518] Le dimanche 15 mars 1433, Nicolas de Cusa donna lecture aux Tchèques de la déclaration du concile relative à l'incorporation, mais les Tchèques répondirent qu'ils ne pouvaient l'admettre, parce que ce serait renoncer au traité d'Eger, et qu'ils seraient obligés de se soumettre aux décisions du concile sur des questions pour lesquelles ils n'étaient pas autorisés à le faire. Ils priaient le concile de se prononcer enfin une bonne fois sur les quatre articles, 1. Monumenta concil. gênerai, sec. xv } t. i, p. 327-330. 782 LIVRB XLVI1 afin que de retour dans leur pays ils pussent faire connaître la décision. Nicolas de ('.usa répliqua «pic seule la commumv $ub UtTOOUe SC rapportait à un article cit.- foi, ;uis>i in- «le ma ndait -on pas que le ^<>in de la résoudre fui confié a des mains humaines (la majorité du concile). Quant aux trois au h es points, ils concernaient l.i réforme des mœurs et à leur sujet on pouvait fort bien s'en remettre à la décision «lu concile. Jean de Rokyczanj et les aùtri Tchèques contestèrent que les trois articles ne fussenl pas des matières de foi, et cette fois encore on ne put arriver à aucun résultat. Le lendemain l'évêque taborite commença sa réplique .'< (iillcs C.harlicr, et la poursuivit les 17 et 18 mai-, non s.nis être fréquemmenl interrompu par Charlier l , 1 >ès le 17 mars, Guillaume, duc de Bavière, fil dire aux Tchèques qu'il regardait une délégation plus restreinte comme préférable à celle qu'on avait choisie et qui comprenait vingt-huit par- Bonnes. Aussi, le jeudi, L9 mais, dans la maison du légat on nomma de chaque enté quatre délégués, lesquels reçurent pour mission de négocier pro aliquali concordia '-. Pierre de Saaz n'indique ni les noms de ces huit délégués ni ce qu'ils ont fait. Il se contente de dire : « Après une semaine entière de délibérations, ils décidèrent que les députés tchèques rentre- raient chez eux, et que les répliques de leurs orateurs devaient être i ei minées 3 . » Palacky n'a trouvé que quelques autres détails dans un manu- Bcrit de la Bibliothèque de Paris. Voici ce qu'il en dit : « Le seul résultat incontestable des efforts (de cette commission) fut la [519] conviction réciproque qu'il serait impossible d'arriver à Bftle à une solution complète et définitive. Les Tchèques axaient jus- qu'alora caressé l'espoir de faire entrer dans l'enseignement de l'Eglise une partie au moins de leur doctrine maintenant connue du concile, et ils espéraient contribuer ainsi à l'amélioration générale du dogme: mais le concile se montra U. . i. w\. col. 338-388 • _'. Monumenta conciL général. *ec \». t. i. p. 330-333: Kluckhohn^ Ilcrzog Wilhelm III von Bayern, dans I m chungen znr deuiach* ■ ichte, t. n, p. 577. 3. Monumenta anal, général, -sic. ai, l. i. p, 3."..''.. en bas. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 783 nuer à négocier à Bâle en fut refroidi, et ils cherchèrent à dégager le plus tôt possible leur responsabilité vis-à-vis de leurs compa- triotes. « Ils demandèrent donc au concile d'envoyer en Bohême une ambassade qui traiterait directement avec le peuple réuni à la diète : car ils n'avaient pas le pouvoir de consentir aux choses importantes qu'on leur demandait. La conviction avec laquelle ils s'exprimèrent dans cette circonstance finit par persuader le concile de la nécessité absolue de faire cette nouvelle démarche, quoiqu'elle dût entraîner bien des retards et occasionner bien des frais désa- gréables; on décida donc qu'une ambassade du concile accompa- gnerait les Tchèques lorsqu'ils rentreraient dans leur pays, pour continuer en Bohême les négociations entamées à Bâle. Pendant les préparatifs pour cette nouvelle ambassade, les théologiens des deux parties continueraient à discuter 1 . » Le samedi 28, et le lundi 30 mars 1433, le bouillant prêtre des orphelins, Ulric de Znaïm, parla donc contre Henri de Kalt-Eysen, sur la question de la liberté de la prédication; mais il parsema son discours de toute espèce de sorties. Ainsi il appela Henri de Kalt- Eysen marchand d'huile, sous prétexte qu'il avait parlé avec bien- veillance des clercs corrompus; le concile lui-même, prétendit-il, voulait couvrir comme d'un manteau les prêtres licencieux, tandis qu'en Bohême on leur couperait les genitalia (rires). Le titre de pape n'est pas le titre officiel de l'évêque de Rome. C'est un titre honorifique qui convient également à d'autres évêques, par exem- ple saint Ambroise et saint Augustin en ont été honorés. Les titres d'archevêques, d'archidiacres, etc., sont des souvenirs du paga- nisme, etc. Enfin Ulric s'éleva contre la pluralité des messes et des autels 2 . Pierre Payne commença le lendemain, 31 mars, son discours contre Jean de Palomar sur la possession des biens temporels par les ecclésiastiques; discours également très violent. Il traita ses 520] adversaires d'hérétiques qui falsifiaient l'Écriture. Les clercs possédant des biens temporels sont des voleurs; le clergé actuel fuit le martyre. Un docteur anglais, présent à la séance, riposta que Payne lui-même avait fui le martyre et que c'était là la raison qui lui avait fait quitter l'Angleterre. Cette repartie souleva un 1. Palacky, Geschichte von Bôhmen, t. m c, p. 93 sq. 2. Monumenta concil. gênerai, sec. .xv, t. i, p. 333 sq. Son discours se trouve dans Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 456-475. 7- l LIVRE XLVII tnd rire dans rassemblée. I e légal ayanl rétabli le calme) Payne continua son discours. Lorsqu'il eut terminé pour ce jour-là, Jean de Palomar demai à lui répondre. I e mercredi L ei avril, Payne continua sa haranj ne avec toutes sortes de paroles amères el de personnalités contre Jean de Palomar, «gui possédail Lui-même des biens temporels. Un pareil clerc, iil Payne, esl moitié clerc, moitié hypocrite. 11 parla égalemenl contre L'autorité des conciles el des Pères de V Eglise '. j Vint alors Le tour des orateurs du concile; Jean de Raguse commença le jeudi 2 a\ri! sa réponse à La réplique de Jean de Rokyczany. Il dit avec beaucoup de raison qu'en Bohême La com- munion sous une seule espèce «'tait aussi en usage, e1 ajouta «|ue l'Eglise enseignait si 1 1 ■ ] • l « meut que la communion BOUS les deux espèces n'est pas prescrite. On reçoit le Christ tout entier en com- muniant bous une Beule espèce : aussi V Kglisc pourrait-elle ordonner la communion sous la seule espèce du vin. L'adversaire doit prouver que La communion sous les deux espèces est nécessaire, et cela lui est absolument impossible. Quant aux injures que Jean «le Rokyczany s'était permises contre lui ou à proprement parler contre l'Église, il n'était pas disposé à y répondre par d'autl injures. Jean de Rokyczany devait maintenant Le Laisser parler librement; le lendemain, dans l'après-midi, il aurait la faculté de lui répondre. I e même jour arriva à lîàle le cardinal de Bologne, et deux femmes qui axaient été bannies le saisirent par BOn manteau pour obtenir Leur grâce. Le 3 avril, Jean de Raguse continua son dis- cours contre Jean de Rokyczany. A cette occasion quelques mots fuient échangés de part et d'autre : Jean de lt;iL r 'i^<- ne vou- lait pas remettre immédiatement à Jean de Rokyczany le manu- scrit «le son discours, comme celui-ci le demandait, avant de l'avoir recopié, parce qu'il renfermait quelques expressions vigoureuses qu'il avait omises dans son discours. En revanche Jean i\>- Rokyc- zany accusa Jean de Raguse de vouloir effacer quelques parties de son discours, pour pouvoir soutenir ensuite qu'il ne Les avait pas dite-. Payne demanda également la parole pour défendre son hon- neur attaqué; mais on ne La Lui donna pas i e jour-là '-'. 1. Monumenta c>nrt. L'après-midi à trois heures, une autre discussion B'engagea entre Jean de Ra( 1 el .Iran de Rokyczany. Le concile désirait qu'on s'en désistât, mais Jean . I es Tchèques étaient d'ailleurs tellement pressés de quitter Bftle, que le jour de Pâques, 12 avril, ils refusèrent de rester encore quelques jours, connue on le leur demandait, pour attendre les node qui n'étaient pas encore prêts. Le lundi de Pâques, 13 avril, .Iran de Rokyczany prononça le discours d'adieu, . :;'iô-3i0. 791. LES TROIS CENTS TCHEQUES A BALE EN 1433 789 à fixer leur départ au lendemain, 14 avril. Le cardinal Julien pro- nonça alors un beau discours d'adieu et tendit la main à chacun des Tchèques. Quelques-uns acceptèrent cette poignée de main, notamment Jean de Rokyczany qui s'écria : Benedicat et con- scrvet Dominus locum istum in pace et quiète. Les Tchèques ren- trèrent ensuite dans leur logis, où ils reçurent de la part d'un membre du synode une dernière exhortation écrite pour rester jusqu'à la Pentecôte. Les clercs au moins devaient rester jusqu'à cette date, tandis que les laïques pourraient rentrer en Bohême avec les députés du synode. Dans l'intervalle (c'est-à-dire jusqu'à la Pentecôte) il serait possible de décréter à Baie la réforme de 525] l'Eglise. Vers la Pentecôte aurait lieu une éclipse totale du soleil, comme on n'en avait pas vu depuis la mort du Christ, ce qui indiquait une mutatio universalis omnium statuum, par conséquent une réorganisation de l'Église également. Vincent Ferrier avait aussi prédit de grands changements pour 1433. Enfin, on pouvait présumer que le pape Eugène IV viendrait en personne à Bâle. Que les Tchèques restent au moins jusqu'au dimanche Quasimodo geniti (premier dimanche après Pâques), et laissent au synode jusqu'à la Pentecôte deux d'entre eux, le curé de Prague (Jean de Rokyczany) et Pierre d'Angleterre (Payne). Sans se rendre à ces exhortations, les Tchèques quittèrent Bâle de bonne heure, le mardi de Pâques, 14 avril 1433. Là s'arrête le Liber diurnus de Pierre de Saaz 1 . Avec eux partirent les députés du synode. C'étaient Philibert, évêque de Coutances, le comte Pierre de Schaumbourg, évêque d'Augsbourg (créé cardinal par Eugène IV en 1439), Jean de Palomar (Polemar), Frédéric de Parsberg, prévôt de Ratisbonne, Gilles Charlier, l'archidiacre anglais Alexandre Sparur, Thomas Ebendorfïer de Haselbach (chanoine de Vienne et écrivain bien connu), Henri Toke, chanoine de Magdebourg, Martin Berruyer, doyen de Tours, et Jean de Geilhausen, cistercien de Maulbronn. Ils reçurent partout un accueil empressé et arrivèrent à Prague le 8 mai 1433 2 . 1. Monumenta concil. gênerai, sec. xv } t. i, p. 350-357. 2. Le principal document pour l'histoire de cette ambassade du concile et de son activité est le mémoire important de Gilles Charlier, qui en fit partie : Liber de legalionibus concilii Basiliensis pro reduclione Bohemorum. Cet ouvrage a été imprimé pour la première fois d'après un manuscrit de Paris par Ernst Birck, dans Monumenta concil. gênerai, sec. X.V, t. i, p. 361-700. Palacky avait déjà y'. M) LIVRI XI.VII 7U2. De la neuvième à la douiième session à Bâle; suite du conflit avec le pape jusqu'à la publication de la bulle o Dudum sacrum i sous sa première forme. Pendanl les trois mois et demi que durèrenl les négociation! lea députés tchèques, les Pères de Bâle continuèrent à traiter leurs autres affaires, notamment l'importante question de leurs rapports avec le pape. Tout d'abord ils crurent devoir donner une satisfa - lion au roi des Romains Sigismond, à L'égard duquel ils avaient plusieurs fois et récemment encore marqué quelque défiant qui avait provoqué une lettre de récriminations où le roi ênumérait les services rendus au synode et les peines qu'il s'étail onées '. Cette lettre sans date fui lue à I>àle le 20 janvier I i-'> deux jours après, le 22 janvier L433, le concile tint sa neuvième sion générale. L'assemblée prit Sigismond sous sa protection êciale, déclara nul h sans valeur tout ce que le pape pourrait faire contre lui, contre son représentant, le protecteur du concile, ou contre quelque autre partisan du concile à cause de leur atta- chement à ce concile, comme par exemple, la dépossession du trùn le retrait de provinces, la confiscation des biens, etc. *. C'était sans doute Guillaume, duc de Bavière, qui avait décidé le concile à eette démarche trop si^nifiealive pour n'y pas voir le • aïeul d'exercer une pression certaine sur le pape ; . Quelqui jouis plus tard, 29 janvier, une lettre de re merci menl fut em au roi Sigismond 4 et il semble que l'on songeât dès lors à déposer Eugène et à faire élire un mun eau pape par le concile 6 . largement utilisé ce travail dans sa Geachichte von B . Lea instructions de te ambassade Be trouvenl dans Monumenta conciL gentrùL sec. tv, t. i, p. :;78 sq. ; Bfansi, ConciL amplis», coll. t. xxix, col. 387 sq. 1. làansi, ConciL ampli»». calL, t. x.w. col. 188 sq. 2. M .-•;>. p. cit., t. xxxi, i ol. 174. D puis longtemps l'hypothèse de la dépo- sition d'Eugèn IV était cir. 'le sang-îroi-l. On l'occupait déjà de régler 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 791 A cette même époque, les Pères du concile de Bâle s'immis- cèrent dans les affaires de l'évêché d'Utrecht d'une façon qui fut désapprouvée même par leurs propres partisans. Après l'éloi- gnement et la mort de Sueder, évoque d'Utrecht 1 , Rodolphe de Diepholt lui avait été donné pour successeur par le chapitre, et Eugène IV avait confirmé l'élection. Mais quelques chanoines d'Utrecht exilés opposèrent à cette élection celle de Walram de Mors, frère de Thierry, archevêque de Cologne; de là une division, et même une guerre civile dans le diocèse d'Utrecht. Le pape envoya comme nonce l'évêque de Mâcon, qui parvint à rétablir la paix et à soumettre tout le monde à l'évêque légitime. Quelques mécontents, parmi les partisans de Walram, s'adressèrent alors au 27] concile de Bâle, lui demandant de désigner l'évêque légitime, et ceux-ci s'empressèrent d'examiner la question, bien que résolue. Le motif de cette fausse démarche du concile provenait de son antipathie à l'égard du pape, dont Rodolphe était partisan; les Pères songeaient aussi à fortifier leur parti en flattant l'archevêque de Cologne qui pouvait leur être d'une grande utilité. Le duc de Bourgogne et Jacqueline, duchesse de Bavière, prièrent instamment le concile de ne pas fomenter des troubles dans l'évêché d'Utrecht; de même le clergé, les barons et les magistrats de ce diocèse, et plus tard Eugène IV lui-même, lorsqu'il se fut réconcilié avec les Pères de Bâle. écrivirent à l'assemblée en faveur de Rodolphe Les négociations traînèrent en longueur; le 3 juillet 1436 le concile donna sa décision portant que Rodolphe n'avait aucun droit à l'évêché d'Utrecht, et que si quelque irrégularité s'était glissée dans l'élection de Walram, le concile y remédiait par la présente ordonnance 2 . la façon de procéder à l'élection d'un nouveau pape, et le 25 janvier 1433, on lut une série d'articles prescrivant, par exemple, que le futur pontife serait gardé au secret, dans sa chambre, pendant huit jours, et qu'on emploierait ce temps à dresser des statuts qu'il jurerait d'observer sous peine d'être déchu ipso facto et châtié comme hérétique. Ibid., t. xxxi, col. 173. Enfin, il était question de confier à une délégation le gouvernement des villes ou provinces de l'Etat pontifical qui adhéreraient au concile de Bâle (21 février). J. Haller, op. cit., t. n, p. 356. » N. Va- lois, op. cit., t. i, p. 206. (H. L.) 1. A. cause de querelles avec la ville et le pays il avait été transféré à un évêché in parlibus. Il continua néanmoins à toucher un traitement à Utrccht. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 854. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 247, 529, 839, 854, 866; t. xxix, col. 414, 646; Ilardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1470, 1650. Du reste Rodolphe resta en pos- conciles — vu — 51 i ivnE xi. vu Le 17 février I i terminait le délai de soixante jours accordé an pape le 18 décembre, lors de la huitième session; aussi les pro« moteurs ii i i.iin. ss décisions pris< - 1 ambre; ■ ainsi qu'on pi adé uniment la prise au »uj< i d< a collations pré- judiciables au il la peine de l'inhabilité aux membi chapitres « i des mon irichis d dépouilles de membn - du concile. J. Haller, op. rit., t. n. p. o.">0, 851; Monum. oonciLf i. ii. p. 'l.iii-i. op. ci/., t. xm\. col. i&\ S. Valois, op. eit. } t. i. p. 21 I. II. L.) Vfansi, ConciL ampliss, coll., t. xxix, col. 48-52; llardouin, ConciL coll.. t. vin. coL 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 793 de Sainte-Justine à Padoue, et Nicolas, abbé de Sainte-Marie de Moniacis (diocèse de Monreale, en Sicile), et avait consigné dans cinq bulles les instructions qu'ils devaient observer 1 . La première bulle, datée du 14 décembre 1432, leur prescrivait d'exhorter les Pères de Bâle à se trouver à Bologne pour le nouveau concile au délai fixé. D'ailleurs cette assemblée n'était pas un nou- veau concile, mais la continuation de celui de Bâle. C'était dans ce sens et non à la lettre qu'il fallait entendre la dissolution dont il était parlé dans ses lettres antérieures. Les Pères de Bâle devaient en outre abroger tous leurs précédents décrets. En revanche, le pape s'engageait à laisser au futur concile de Bologne, pendant toute la durée des sessions, un pouvoir absolu sur l'Etat et sur la ville de Bologne. Les nonces avaient également reçu ordre de déli- vrer des sauf-conduits à tous ceux qui voudraient se rendre à Bologne. Dans le cas où les Tchèques n'y voudraient pas venir, le concile de Bâle pourrait continuer encore quatre mois sous la pré- sidence de Julien, pour s'occuper exclusivement de ramener les hussites dans le sein de l'Église. Cependant le concile pourra s'oc- cuper, mais seulement sous l'autorité du pape, à rétablir la paix entre les princes chrétiens. Les quatre mois écoulés, les Pères de Bâle devraient, sans autre délai, se rendre à Bologne. Le pape enfin consentait à ce que les Pères de Bâle choisissent pour lieu de réunion du concile une autre 29] ville d'Italie, si Bologne leur déplaisait. Il y mettait toutefois pour condition que cette ville ne serait pas située dans les territoires du duc de Milan (alors en guerre avec lui) 2 . On voit qu'Eugène avait fait une nouvelle concession : car, auparavant, il ne voulait entendre parler que d'une ville dans l'État de l'Église. En rapport avec cette nouvelle concession, Eugène IV donna à ses nonces, par une seconde bulle datée du 15 décembre 1432, plein pouvoir pour traiter avec les Pères de Bâle la question de la ville où le synode devrait se tenir, ainsi que celle de la date de l'ouverture, et pour résoudre toutes les autres difficultés ana- logues 3 . Une troisième bulle, datée du 2 janvier 1433, accordait aux nonces le droit de pardonner entièrement à tous ceux qui jus- 1. Dans ses notes sur Raynaldi (1432) Mansi ne parle que de quatre bulles; mais nous verrons plus loin qu'il y en avait cinq. 2. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxx, col. 508. 3. Raynaldi, Annal, ad ann. 1432, n. 19; au lieu de m v kal. fan., il faut lire xix. 794 LIVRE M. VII qu'alon avaient été le-> adversaires du pape '. Dana la quatrième, Eugène alla plus loin : il acceptai comme I i * ■ 1 1 il*- réunion du concile même une \ill<- allemande, si à Baie douze prélats impartiaux, d'accord avec les ambassadeurs des rois el les princes, déclaraient férable de tenir le concile sans le pape en Allemagne plutôl 1. i;.i\ naldi, . \uihii, ad .uni. 1 '■:;:;. n . ::. Si le premier semestn de 1482 déjà vu 1 ugène IV inquiet, déconcerté, taire on paa en arri< n . dans quel devait Le jeter la suite indiscontinui de déboin i, d'échecs qui s'étaient jusqu'au début de l'année 14331 Ses non induits, ses proposition gnousement - pouvoirs restreints, son : commencé, sa légitimité , ■ mise on doute : autant de signes auxquels il devail forcémi ni re< onnattre l'inflexible résolution des Pères et leur bostilité implacable. Puis, pour m< la force de leurs coups, il n'a vail qu'à jeter les yeux autour de lui. A pari quel bommes à l'espril entier, au tempéramenl tenace qui lui i onseillaienl encore la ou du moins la temporisation, dans l'espoir de parvenir à déplace i même à supprimer an concile dont Le b< soin ae se taisail pas si utir. il ne voyail parmi Bes proches que lassitude e1 épouvante. On se souvient de la désapprobation qu lui avaient marquée six cardinaux, en osant, de Rome même, faire adhi au concile. L'un d'eux, le dominicain espagnol Jean Casanova, lui adressa tout un mémoire, plein de dures ^ érités, pour lui prouver l'inutilité de poursuites contn i Pèi -. l'obligation, au contraire, sous peine de péché mortel, de révoquer la dissolution Bibl. nat., ms. lat. 111:. fol. 12-23; Bibl. Valic, ms. lat Vat \ Bibl. Angélique, m>. IIS, fol. 1-18). Ce prince de l'Église lui taisait entrevoir le renouvellement du schisme, l'amoindrissement de la papauté, un déchaînai ! contre Le clergé et le S. un; Siège, cl le pri.nt de s'informer de la façon dont Le publie appréciait sa politique : les uih attribuaient La dissolution au quiver la réforme, les autres à la crainte d'éviter une y rie matérielli . . l.i estimaient que, par orgui il, Eugène refusait d< -• déji ix-< i qu'il - méûait des tendances de quelques-uns ■ * reporter le siège de la papauté au del i Tous, Casanova l'atteste, disaient du mal du pape et d irdinaux, ; iii ni d'< ux pis encore et pn - i : aienl les plus graves scandales, si l'on d j r< médiait Bans tard. t. Aux remontrances se joignirent bieutôl li - désertions. Dès ' 1 132, le cardinal Louis AJcman fil pari à Bon pan nt 1 noble n intention de le rejoindre -«>n - pi u. Pour obti nir du pa| - la p< rmission de linaux invoquaicnl de plausibli - ra sous de santé; puis, à monts, il- gagnaient du tir. un el Be rapprochaient Jean C rvantès j parvint le 21 novembre; An ti loigna di S|>'>;. lans La direction du nord, el Eugène pénétrail -i biei intentions qu'il envoya au gouvi neur de Bologne l'ordre de le retenir au i u d'il- iger, ma ritla routi i "> pai i - Vénitien! et ne pul arriver Bàli que le - avril. Il y devança de quinze ienl Jean d< Bochetaillée, également fu aux ordres de idjurations j t d'Eugène IV. Puis le mouvement de d gnail jusqu'aux modestes i mplo; • i de 1« curii . entamait armi e d< fonctionnai] jusque-là par l< s Liens de L'intérêt autani que du devoir à fense d romain nanl aux 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 795 qu'en présence du pape dans une ville italienne. Dans ce cas, les nonces pouvaient accepter une ville allemande quelconque, excepté Bâle. Enfin, dans la cinquième bulle datée du 1 er février 1433, Eugène IV autorisait ses nonces, au cas où les Pères de Bâle n'accepteraient pas ce compromis (celui des douze prélats, etc.), curiaux d'abandonner leur poste, les avait démoralisés : entrevoyant le cas vrai- semblable du triomphe des gens de Bâle, ils se voyaient déjà privés de tous leurs bénéfices. Un indice bien curieux de la gravité de la situation est la peine qu'on se donna pour retenir ces troupes déjà toutes prêtes à se débander. Le 29 jan- vier 1433, longtemps avant l'expiration du délai fixé par le décret, les curiaux furent rassemblés dans la chambre du parement; deux des cardinaux demeurés fidèles au pape, Ciordano Orsini et Ardicio délia Porta, présentèrent devant eux la défense d'Eugène IV, agrémentée d'attaques violentes contre les hommes de Bàle : Cesarini lui-même ne fut point épargné, ce « cardinal qui croyait être plus sage que tous les autres ;>. On eût dit que ces salariés étaient juges du conflit entre le pape et le concile. Eugène IV s'abaissait à leur demander conseil; il invitait, d'une part, les prélats et protonotaires, d'autre part, les auditeurs, avocats, scribes, etc., à délibérer entre eux sur les moyens de sauvegarder l'auto- rité du Saint-Siège. On poussa la flatterie jusqu'à leur dire que, plus nombreux que les Pères de Bâle, ils pouvaient à plus juste titre compter, quand ils étaient réunis, sur l'assistance du Saint-Esprit. [Monum. concil., t. it, p. 329-332.) « L'attitude de la France, de la Castille, de l'Angleterre ne pouvait pas ne point contribuer également à produire chez le pape un découragement profond. Parmi les princes qui, depuis un an, ne cessaient de réclamer le retrait de la bulle de dissolution, il en était un d'ailleurs dont la voix commençait à être un peu mieux écoutée. Tant que Sigismond avait été l'hôte et l'allié de Philippe-Marie, Eugène, voyant surtout en lui un ennemi de Venise, avait prêté peu d'attention à ses conseils. Un jour il invitait le prince à se mêler de ses affaires et à laisser là les questions de droit canon qui lui étaient étrangères : cruelle leçon pour un monarque qui se glorifiait d'avoir mené le concile de Constance et terminé le schisme d'Occi- dent ! Une autre fois, dans un mémoire remis à Jean Ceparelli, le pape faisait de dures allusions à la conduite du prince à l'égard des hussites. Comme le roi s'ap- prêtait à descendre en Toscane escorté de ses soudards hongrois et allemands, il fut question de lui barrer le passage avec les troupes pontificales. Eugène, en tous cas, demeurant l'allié des Florentins, Sigismond put confondre avec l'armée du pape les troupes de la Bépublique qui, durant son séjour à Lucqucs, curent le mauvais goût de dévaster les alentours de sa résidence et de lui tuer des hommes. Et, plus tard, parvenu à Sienne, il eut réellement maille à partir avec les gens du pape, qui en voulaient aux Siennois de ne s'être point détachés du parti milanais. Malgré ces heurts et ces griefs, le roi des Romains avait si grand besoin d'Eu- gène IV, qui seul pouvait ceindre son front de la couronne rêvée, que les négo- ciations continuèrent et finirent par aboutir. Lorsque Sigismond eut promis qu'avant de mettre le pied sur les terres du pape, il prêterait serment de défendre l'Eglise romaine contre tous ses ennemis, Eugène, rassuré, commença à juger ses avis moins déraisonnables. Or, le langage du roi n'avait pas varié; pour conjurer le schisme, il fallait que le pape se résignât à laisser vivre le concile de Bâle. Un l.iv i: ! \ i.\ I l ;i désigner eux-mêmes une ville allemande convenable, BAle excepl •■»■. pour la tenue du con< lie '. Pendanl que les nom rendaient à BAle, Eugène se décidai but II-- instances du roi Sigismond e1 des électeurs J . à une nouvelle non, eu acceptant la ville de B&le comme lieu de réunion du concile; mais il le fil en termes qui laissaient facilement voir nul- le concile ne sérail légitime qu'A partir de ce moment. Eugène annonça cette décision dans une bulle du I 'i îè\ i-it-r 1 \ .'!•'! dont voici le contenu : Ses craintes touchanl le Bynode de Bâle ayant été dissipées, par la lin de I - ■ guerre dans le voisinage e1 l'arrivée d'un nul nombre de prélats e1 de savants, de plus le i"i des Romains! el 1rs princes électeurs .1 > ;t n t intercédé pour le concile, le pape veut el mande [volumus et mandamus) que le saint concil»- < I * * BAle soii célébré par ses légats qu'il allail envoyer sans délai, «-t qui devaienl présider en son nom. En attendant, les prélats déjà présenl - à BAle devaienl s'employer «lo toutes leurs forces à détruire l'hérésie des hussites, à ramener les Tchèques dans le soin de l'Eglise el à rétablir la paix dans la chrétienté toul entière. Le pape 1 ail donc tmis les prélats du monde catholique à se rendre à BAle sans retard pour assister au concile 3 . Dans d'autres lettre-, l.ii-èiie engagea les princes chrétiens à envoyer à I>àle des représentants; enfin, il pria surtoul les princes électeurs d'Alle- magne de Be faire les protecteurs de l'assemblée e1 de ses membres. Eugène annonça naturellement au roi Sigismond cette nouvelle décision et celui-ci envoya aux l'ères de BAle la nouvelle bulle pontificale, en leur 1 en un manda ni de nouveau d'éviter un schisme 4 . conseil toul semblable allah bientôl être donné au pape par les mx électeurs de l'empire, et, comme la goutte d'eau faisanl déborder le \ te exhortation <1< princes qui n'étaient pas encore intervenus dans le conflit, allail peut-être, en s'ajoutanl à t an 1 d'autres iii~. amener Eugène s consentir aux derniers ssteri- N. Valois, op. < il., t. 1. p. 206-21 1. (H. L.) 1. Mansi, ConciL amptûs. <«//.. t. xw. coL 510 »q. el 512. 2. J • d I asanova, c urdinal de Saint Sixte, donna aussi vers > ■ tte époque }>■ cit., t. xxix. Raynaldi, Annal., ad ann. 1433, du 24. op. ni., 1. xm\. col. 569; Hardouin, ConciL colL, 1. vin, ru!. 1 iinl.li. AnnoL,Bà ann. ! '1 33, n. 5; N. Valois, op. ciL, 1. 1, p. 213. 1. Raynaldi, A m, al., ad ann. 1433, n. 6, ~ ; M nciL «//■/■^v < "//.. t. x eoL 1' 1 - sq. Voir dans Mansi t. xxxi, eoL L61 une lettre de lélicitati lu cardinal ini 1 propos di la nouvelli décision pontificale, Après un an d'eflorts pour empécheT le concile de se tenir hoi 1^ s'apercevail que l'advenain dont il dédaignait la lai étail devenu plus 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 797 Le roi mandait en outre à son représentant, Guillaume, duc de Bavière, de veiller à ce que la bulle du pape Eugène fût bien reçue 1 . La lettre de Sigismond n'arriva à Bâle que vers la fin du mois de mars 1433, alors que les nonces pontificaux y étaient déjà arrivés depuis le commencement du mois. Les 7 et 10 mars, ils avaient remis quatre des bulles à eux adressées, et à cette occasion avaient prononcé un discours dans le sens de Rome, disant que le pape n'avait pas de juge sur la terre, que le décret Frequens du concile de Constance avait été tacitement abrogé par l'Église; que le terme fixé à Sienne pour l'ouverture du concile de Bâle était déjà écoulé lorsque le concile s'ouvrit et que, par conséquent, ce concile était illégitime dès son début 2 . Les Pères de Bâle répondirent par un très long discours pour arriver à cette conclusion, qu'ils ne pouvaient accepter les propositions du pape 3 . fort que lui, et que poursuivre la lutte serait inutile ou désastreux. Il renonçait à la fois à présider le concile et à le ramener en Italie. Il ratifiait le choix de Bâle. C'était revenir au point de départ. Que ne pouvait-il, en même temps, effacer toute trace de ce qui s'était dit et fait dans l'intervalle de ces quatorze mois. » N. Valois, op. cit., t. i, p. 214 et p. 215, note 1. (II. L.) 1. Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayern, dans Forschungen zur deutschen Gesehiehte, t, n, p. 560 sq. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 495-507. Les légats du pape ne firent pas connaître la huile du 2 janvier 1433, parce qu'elle ne leur accordait qu'éventuellement le droit d'absoudre les adversaires du pape. 3. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 512-524. Eugène IV avait envoyé à Bâle Tudeschi, Christophe, évêque de Cervia, et Louis Barbo, abbé de Sainte-Justine de Padoue. Le nom de Jean de Mella apparaît, pour la première fois, dans une bulle du 2 janvier 1433 donnant aux quatre ambassadeurs le pouvoir le réconcilier avec l'Église les cardinaux, patriarches, prélats, etc., de la congrégation de Bâle qui seraient disposés à rentrer dans l'obéissance du Saint-Siège. Une nouvelle bulle, du 5 janvier, les accrédita tous quatre auprès des « ecclésiastiques et séculiers assemblés à Bâle » et une autre bulle du 6 janvier les accrédita auprès des magis- trats de Bâle. Ils arrivèrent, à Bâle le 4 ou le 5 mars et communiquèrent aux Pères de Bâle les lettres pontificales dont la suscription déplut; elle portait : « Aux seigneurs assemblés à Bâle. » Les paroles mielleuses des envoyés pontificaux ne purent rien gagner. Les s gens de Bâle», comme on dit de nos jours, n'étaient ni de sottes gens ni de méchantes gens, mais des prélats instruits et déterminés que l'éloquence tortueuse des Piomains laissait très calmes. Ils laissèrent causer, ensuite ils firent observer qu'Eugène IV ne prétendait à rien moins qu'à déplacer à son gré un concile, méprisait la constitution Frequens ou du moins l'interprétait à sa fantaisie, d'accord avec les cardinaux à sa dévotion, ce qui substituait le Sacré- Collège au concile de Bâle; en outre, Eugène pensait faire aux Pères une grande grâce en leur envoyant des « messagers de paix », au lieu de juges délégués chargés i.ivr.i xi \ 11 Us furent très froissés lorsque, le 28 mars, arriva à Bftle la [531 lettre r«ii n t de lui complaire, prenanl s cœur Bes intérêts et ceux de sa ramille. Une année B'était écoulée, année « 1 « • luttes Bourdes ou violentes, de colères à demi concenl N i - : la mentalité a avail Bingulièremenl changé. A leurs yeux, désormais, la permi de demeurer à 1 ï A 1 « - ne comptait plus pour rien, «In momenl qu'elle n'était pas accompagnée de la ratification de tout ce qu'ils avaienl lait dans l'intervalle et du désaveu <1<- ce que le pape avait l'ait de son côté. L'envoi de présidi nts Bpi liiin nt désignés par Eugène ne constituait plus pour le concile une force, mais une gêni L'affluence même qu'on annonçait paraissait dang< r< use, i ar i Ue risquail « 1 < ■ déplacez la majorité. C'ist que la lutte était portée maintenant sur le terrain de* principes : il y allait «le la suprématie «lu pape ou «lu concile. L'occi paraissait tr««p bonne pour qu'on laissât échapper la victoire. Ces décrets de < onstance > tal>Ii-~ant la subordination de la papauté, c«s décrets de Bftle, renou- velant, amplifiant les premiers, décrets vengeurs, libérateurs, il s'agissait d'en imposer l'acceptation au pape. A c< piix seulement Eugène contenterait l'assi m- bléc. Or la bulle «lu 14 lévrier était muette sm tous les événements qui avaient suivi la tentative de dissolution; elle ne parlait qu'au futur de l'existem concili' : par conséquent elle ne la laisail réellement commencer qu'au jour où les nouveaux légats inaugureraient leur présidence. Autant dire qu'elle al. roi. - ' ait l'oeuvre de toute une année et au nombre d< annulés par prétention Ogurait la Bérie des décrets essentiels sur lesquels I le Fondaient l'espoir tenace d'un affranchissement définitif. La bulle du 14 révri r Bouleva donc aussitôt des réclamations. < epi ndant le concile n'en ayant pas t a* on n çu transmission officielli . on - <■> > upa . 1 . 1 1 .. ■ i . I de répondre aux proposition apportées par les nonces \ avril). N. Valois, op. ci/., t. n, p. 219-221. H. L. 1. Mansi. op. rit., t. xx\. I ol. '>'.''.'. sq. '_'. Les ami adeurs des princes électeurs avaienl remis à Bftle la bulle du nier, afansi, op. cit.. t. xxix. col. -t''. 1 ; t. xx\. col. I 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 799 députèrent à Rome l'un des leurs, Févêque de Cervia, pour y travailler à de nouvelles conditions de paix 1 . Pendant ce temps les Pères de Bâle s'occupèrent de nouveau de l'affaire de Pévêché de Trêves; de tous les côtés arrivaient des plaintes contre Ulric de Manderscheid. On l'accusait de bru- talités, de vols et de violences de toutes espèces, et à ces accusa- tions Ulric n'avait qu'une réponse : tout était faux. L'enquête d'ailleurs traîna en longueur, et ce ne fut qu'en 1435 que Raban d'Helmstadt, nommé à l'archevêché de Trêves par Eugène IV, obtint l'assentiment du concile 2 . Vers cette époque, c'est-à-dire entre la dixième et la onzième session, arriva au concile une lettre des princes, des nobles et des villes de Lithuanie; elle renfermait des plaintes contre le duc Sigismond, qui, après avoir juré fidélité à leur grand prince Boleslas Swidrigal, avait cherché à le tuer et ravagé tout le pays. Les Russes demandaient protection au concile et le priaient de défendre leur droit. Le 6 mars 1433, le comte Villa Andrado écrivit une autre lettre au concile pour lui offrir ses services 3 . Le 27 avril 1433 eut lieu la onzième session générale 4 , qui pro- mulgua huit décrets complétant ceux qui avaient été portés par le concile de Constance de la troisième à la cinquième session, et dans la trente-neuvième. 1. Aux termes du premier de ces décrets, le pape doit assister en personne à un concile général ou s'y faire représenter par un ou plusieurs légats, nommés par le pape, non tout seul, mais d'accord avec les deux tiers des cardinaux. Quiconque a droit de prendre part à un concile général, est par le fait même obligé d'y assister, et cela sans une citation particulière. Quiconque ne vient pas dans un [532] délai de quatre mois sera frappé d'une suspense temporaire, même le pape; dans ce dernier cas le pouvoir du pape passe au concile. Si l'absence se prolonge encore pendant deux mois, des peines plus 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 270; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1346. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 486, 524, 536, 960. Quant aux autres discussions touchant la possession de bénéfices dont les Pères de Bâle s'occupèrent durant le mois de mai 1433, voir Mansi, op. cit., t. xxxt, col. 175. 3. Mansi, op. cil., t. xxx, .col. 528 et 494. 4. « Entre temps, pour achever d'élargir le fossé qui les séparait du Saint-Siège, les Pères, profitant de la présence effective de six cardinaux, de quarante-quatre prélats et de deux cent soixante-quinze votants, tinrent leur onzième session. » Monum. concil., t. n, p. 352. (H. L.) 800 I l\ I! I M VII Béi i . jusqu'à li déposition, Beronl prononcées aussi bien contrs le pape qu< 2. Le pape ne doil empêchai par- onne, paa même rdinaux, de se rendre au concile d. 3. Les mots du concile de Constance nullatênu» prorogetur premier décret de la trente-neuvième sessi loivenl s'entendre <-n ce sens que pas même le ! ,; i|"' n'a !<• droil • !•• prorogea le terme de la celé- ttion d'un concile général, el qu'un concile imemenl uni ne peul être ni dissous ni prorogé pai lui Bans l'adhésion de ce ncile. Tou1 ce qui «-^ i fail contre un concile général ou contre v < - partisans el v '-^ adhérents esl nul. i. Le quatrième décret a un caractère beaucoup plus Bpécial. Se fondant, dit-il, Bur de bonnes raisons, il déclare que le présenl concile ->^ même par le pai à moins que les deux tiers de chaque députation, ainsi que les deux rs il»- l'assemblée générale n'j consentent. En outre, \>i au collège des cai les deux tiers d'entre eux Boni d'accord sui ce point, e1 si toutes autres conditions ^<>iit rempl • ! •• sixième décrel prescril qu'à l'avenir, lors des élections à la papauté, chaque électeiu devra jurer, ;i\;nii l'entrée au conclave, que s'il esl élu, il observera fidèlemenl ces décrets el ordonnanci I ment ajouté aux promesses prescrites au pape par le concile de 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME Session v i. m ., Si I I Constance; le nouvel élu devra le renouveler dans le premier consistoire public qu'il tiendra, en ajoutant que s'il manque à 8a parole, il se soumettra au jugement d'un concile général. 7. Ces ordonnances seront publiées par tous les archevêques et évêques dans leurs synodes provinciaux et diocésains, et par tous les chefs d'ordre dans leurs chapitres généraux. 8. Enfin, seul nulles et non avenues toutes les défenses et toutes les menaces faites par le pape, ou qui que ce soit en son nom, pour empêcher les membres de l'officialité romaine et les employés de la curie de se rendre à Bâle l . Voyons maintenant ce qui se passait à Rome. Après s'être résigné à la tenue du concile de Bâle, le pape désigna, le 1 er mars 1433, pour présider l'assemblée, les deux cardinaux-évêques Jean de Sabine et Pierre d'Albano et les deux cardinaux-prêtres, Nicolas Albergati de Sainte-Croix et Angelotto de Saint-Marc 2 . Divers motifs empêchaient ces cardinaux de quitter Rome en ce moment, notamment l'arrivée imminente de Sigismond, pour recevoir la couronne impériale. Aussi par une lettre du 7 mai le pape manda à ses nonces à Bâle Jean de Mella, Jean, archevêque de Tarente, Thomas, évêque de Trau (en Dalmatie), Louis Barbo, abbé de Sainte- Justine à Padoue. et Nicolas, abbé de Sainte-Marie, de présider provisoirement en son nom et à la place des cardinaux désignés 3 . Dans un décret du lendemain, le pape adjoignait à ces présidents provisoires le cardinal Julien Cesarini, et le 10 mai il fit 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 52-5G; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1149-1152. « Tels étaient les nouveaux principes que proclamaienl les Pères, pour achever de faire le vide autour d'Eugène IV, établir qu'il avait encouru ipso jaclo une sorte de déchéance, justifier leur immixtion dans le gouvernement de l'Eglise et montrer qu'ils ne reculeraient devant aucune mesure extrême. Ils joignirent à ces délibérations une explication du décret Frequens qui, suivant eux, ôtait au pape le pouvoir de proroger ou de dissoudre un concile malgré lui. Ils affirmèrent la nullité de toute mesure préjudiciable à un concile ou à si-s adhé- rents. Ils allèrent enfin jusqu'à prendre des précautions contre eux-mêmes : la dissolution ou la translation du concile ne pourrait avoir lieu que si ces projets réunissaient les deux tiers des suffrages dans chacune des quatre « députations • et dans l'assemblée générale, et tous les membres présents et futurs du concile furent conjurés de ne se prêter à semblable mesure qu'une fois la réforme aches N. Valois, op. cit., t. i, p. 222-223. (II. L.) 2. Raynaldi, Annal, ad ann. 1433, n. 8. A la place de Cesarini. Nicolas Ail. i gati; Pierre de Foix; Giordano Orsini et Angelotto de Foschi. N. Valois, -\u'\\ allait se rendre prochainement à Rome pour se faire couronner et pour traiter avec !<• pape des affaires importantes de la chrétienté, ••' de la paix de l'Italie. Sur ces entrefaites, il envoya à Rome le comte Matico et son vice-chancelier Gaspard de Schlick, pour faire homma en s "ii nom au pape, lui prêter sermenl de fidélité, etc. et cujuslibet alterius generis juramentum) e1 lui demander de vouloir bien l'oindre et le couronner. Ces ambassadeurs devaient déclarer que leur maître était entièrement disposé à prêter ce Berment en personne Le 7 avril, les ambassadeurs jurèrent en présence du pape sur l.i Bainte croix el sur les évangiles que leur maître conserverait el défendrail loyalement, avec honneur e1 avec zèle l'Église catlio- lique et la foi; qu'il s'appliquerait de toutes ses forces â détruire ii. nies les hérésies; qu'il ne ferail jamais d'alliance avec les Sarra- sins, les païens, les schismatiques, les ennemis de l'Eglise ni avec ceux qui sont fortement soupçonnés d'être hostiles à l'Églisi qu'il défendrail le j»apc contre tout agresseur, qu'il maintiendrait et renouvellerait tous les droits e1 privilèges accordés par ses pr< décesseurs à l'Église romaine et à toute autre église. Ils pro- mirent également que Sigismond reconnaissait l'existence des Etats temporels de l'Église; qu'il ne B'en approprierait aucui portion; qu'il ne porterait pas atteinte aux biens de l'Église, mais au contraire qu'il protégerail et défendrail toutes les libertés de 1' I iglise '. I e lendemain 8 avril, les ambassadeurs de Sigismond conclurent avec le pape Un nouvel accord, dont voici la substance: I" da le couranl «lu présent mois d'avril Sigismond v <' rendra à Viterl e, I. M.m-i. ConciL amplist. <•«//.. t. vin. col. •'• Mans», op. cit.. t. xxx, i ol ". 541. p. - /'.. t. xxix, col. 597; 1 1. ir.li.ii i n. < oneil. mil.. L vm, col. 1612 op. rit., t. xxix, col. 598; Hardouin, op. cit., i. vin, col. 1608. 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A. BAIE 803 où il séjournera quelque temps avec le pape; 2<> il prêtera en pi .-- sonne serment de fidélité entre les mains du pape et lui rendra les honneurs accoutumés; 3° il se contentera de venir avec la cour qu'il a actuellement à Sienne; il entrera à Rome sans armée, surtout il n'amènera aucun ennemi déclaré du pape; 4° après le couronne- ment il restera quelque temps avec le pape pour traiter avec lui [535] des intérêts de la chrétienté; 5° il tient- Eugène pour le pape U time et s'emploiera à ce que tout le monde le reconnaisse comme tel; 6° en revanche, le pape promettait de faire à Sigismond un bon accueil, de le faire recevoir par les cardinaux et les prélats à la limite des États de l'Église et de le couronner au plus tard le 15 juin. Sigismond pourra quitter les États de l'Église sans encom-. hre et quand il le voudra avec la même escorte 1 . Tout étant réglé, Sigismond en informa les Pères de Bâle le 15 avril en faisant remarquer que le pape ayant donné son assen- timent au concile, il ne se faisait plus scrupule pour recevoir de lui la couronne impériale. Sigismond écrivit encore dans le même sens, le 9 mai 1433, de Viterbe en se rendant à Rome 2 . Le couronnement eut lieu à Rome le 31 mai, et fut l'occasion de grandes fêtes. Dès le 4 juin le nouvel empereur informa de cet événement le concile de Bâle 3 . La nouvelle ne réjouit guère l'assemblée; mais Guillaume de Bavière sut tirer un bon parti des murmures qui se manifestaient à cette occasion 4 . Néanmoins, le 16 juin 1433 5 , les Pères de Bâle rejetèrent les 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 572 et t. xxx, col. 532; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1585 sq.; incomplet. 2. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 375 et 592; t. xxx. col. 533 (la même lettn imprimée deux fois); Hardouin, op. cit., t. ym, col. 1603. 3. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 60G. 4. Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayent, dans Forschungen zur deutschen Geschichte, t. n, p. 565. 5. « La veille, le concile avait tranché en faveur du duc de Bourgogne le conllil pour la préséance survenu entre ce prince et les princes électeurs allemands. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 408; t. xxx, col. 612; t. xxxi, col. 173. Le 5 juin. Jean de Mella, Nicolas Tudeschi et Louis Barbo produisirent la bulle du 1 i février et réclamèrent le droit de partager la présidence de Cesarini. Ils ne disaienl plu- rien de la révocation expresse des décrets, le pape estimail que l'existence cano- nique du concile allait seulement commencer, mais cela n'était point «lit. tout au plus sous-entendu. On ménageait les susceptibilités, on glissail s;ir 1rs pointa délicats. On donnait même à espérer que le temps achèverai! d'jsffacer toute trace de malentendu, et, comme l'insinuaient les nonces quelques jours plus tard, les pouvoirs qu'allaient apporter l'archevêque de Tarente el l'évéque de Iran tran- 80^ LIVRE XLV11 propositions du pape et refusèrent de reconnaître Jes présidents nommés par lui. Leur déclaration était ainsi conçue : « Ils avaient espéré que le pape, vaincu enfin par leur douceur, viendrait au concile général; mais ils devaient avouer, non sans verser des larmes, qu'ils s'étaient amèrement trompés. Dans sa dernière lettre du 14 février, Eugène présente la situation de telle façon qu'en fait il ne rétracte pas la dissolution prononcée contre le synode, et refusant d'admettre l'existence du concile jusqu'à ce jour, il ne veut le reconnaître qu'à compter de sa lettre: aussi ses propres nonces (dont les reproches contre l'assemblée étaient traités de jrivoles) avaient-ils délégué un des leurs à Rome, l'évêque de Cervia, pour demander des instructions plus accom- modantes. «Depuis son départ le synode avait attendu plus de deux mois, [536] espérant que l'évoque de Cervia rapporterait une complète adhé- sion du pape. Maintenant ils sont bien obligés de convenir qu'Eu- gène persiste dans ses sentiments hostiles contre le concile. Après de longs délais il avait, il est vrai, envoyé trois lettres. Il y nomme d'abord comme présidents quatre cardinaux, puis cinq autres pré- lats, et enfin le cardinal Julien; mais, quant au pouvoir qu'il leur concède, il s'en réfère à sa lettre du 14 février, par laquelle il refu- sait de reconnaître l'existence du concile jusqu'à ce moment. Cette dernière restriction, il la maintient encore. En outre, il a accordé à ses légats beaucoup trop d'autorité vis-à-vis du concile : ainsi, dans sa bulle aux quatre cardinaux, il dit : Les présidents doivent tout décider et parfaire cum consilio concilii; par conséquent, le concile qui devrait être juge est réduit à l'état de simple conseiller. Enfin, dans cette même lettre Eugène indique qu'à Bâle on ne peut s'occuper que de la simple rejormatio membrorum, mais non pas capilis ; car il dit : Les légats doivent décider et doivent faire tout ce qu'ils jugeront utile pro rejormatione in omnibus membris. Céder maintenant serait sacrifier l'autorité du concile de Cons- tance, mais ils préféreraient mourir plutôt que de commettre cette faute. C'est un article de foi (fi'dem concernit) que le pape est soumis au concile général; aussi le pape Eugène serait-il un païen et un publicain, s'il n'écoulait pas l'Église, c'est-à-dire le synode. cheraient les dernières difficultés. A ces réticences diplomatiques, à cette finesse italienne, les gens de Bàle qui voyaienl clair et qui ne transigeaient pas, opposèrent une franchise brutale. » N. Valois, op. cit., t. r, p, 225. (II. L.) 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 805 Dans ces circonstances ses légats ne peuvent pas être admis comme présidents; que Dieu adoucisse le cœur du pape 1 . » Dans ce même mois de juin les nonces du pape remirent un mémoire, pour demander que l'on différât le procès du pape, au moins jusqu'à l'arrivée de l'empereur à Baie. Les légats avaient fait cette démarche à cause d'un nouveau décret très violent que les Pères de Bâle préparaient contre Eugène 2 . Le théologien espagnol Jean de Torquemada, plus tard cardinal, remit alors aux Pères de Bâle un mémoire en faveur du pape et contre les principes du concile de Constance 3 . D'autres membres de l'assemblée se montraient à ce moment mieux disposés en faveur d'Eugène; mais ne formaient pas un parti solide, et manquaient de chef 4 . Le cardinal Julien chercha à s'entremettre, et le 18 juin [537] il adressa à l'empereur Sigismond ses pressantes instances de mettre tout en œuvre afin de décider le pape à donner son adhésion au concile, déjà reconnu par toute la chrétienté, suivant une formule, maintenant perdue, qu'il priait l'empereur de vouloir bien pro- poser de nouveau au pape 5 . 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 267-273; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1343 sq. ; Monum. concil., t. n, p. 373-377; N. Valois, op. cil., t. n, p. 225-227. (H. L.) 2. Mansi, op. cit., t, xxx, col. 613 sq. ; N. Valois, op. cit., t. n, p. 227. (II. L.) 3. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 550-590. 4. Mansi. op. cit., t. xxxi, col. 173. 5. Mansi, op. cit., t. xxxi, col. 163 sq. Les nonces n'étaient pas de taille à se mesurer avec les Pères de Bâle. « Tudeschi essaya de soutenir que la fameuse bulle de dissolution était l'œuvre collective de toute l'Église de Piome. C'était jouer de malheur : deux des cardinaux présents, Correr et Rochetaillée, avaient une manière différente de raconter les faits, et un troisième, Castiglione, qui avait jadis, de loin, désapprouvé la mesure, émit l'opinion que, ce jour-là, comme d'autres, Eugène IV s'en était rapporté à lui seul. Les nonces osèrent aussi, mais assez timidement, se risquer sur le terrain de la doctrine. Ils citèrent saint Jérôme, saint Ambroise, Gratien, pour prouver la supériorité de l'Église romaine et l'obli- gation d'obéir au souverain pontife. Ils tentèrent, par un exemple d'ailleurs fort mal choisi, de ruiner la théorie de l'infaillibilité conciliaire. Mais là ils se heurtè- rent à un adversaire trop redoutable. Cesarini, celui-là même que le pape venait, d'investir, en même temps que les nonces, des fonctions de président et qui refu- sait d'user de cette investiture, se retournant violemment contre ses prétendus collègues, réfuta une à une toutes leurs allégations. Qui nie l'autorité de l'Église ne marche pas dans la voie du salut : c'était le cas d'Eugène IV. Le plus grand de l'Eglise, il l'était, oui sans doute, mais non plus grand que toute l'Église. Que de papes avaient été déposés avant lui ! Et ici Cesarini, comme précédemment, en était réduit à alléguer, outre les exemples récents de l'époque du Grand Schisme, les cas imaginaires de Libère, de Jeau XII et du prêtre Anastase. Les nonces, 806 LIVRE XLVII Ce ne fut pas sans peine que le duc Guillaume empêcha l'ouver- ture du procès contre le pape Eugène dans la douzième session géné- rale, tenue le 13 juillet 1433 l . Le synode publia alors deux décrets 2 ; continuait-il, avaient cité un texte favorable à la suprématie romaine : il eût pu facilement leur en opposer beaucoup d'autres; mais, sur ce point, la divergence des doctrines avait fait place à l'unité depuis la définition de Constance. Au surplus, Eugène IV avait-il notoirement scandalisé l'Eglise ? Oui, certes, en adressant à tous les princes sa bulle de dissolution et, malgré tant d'instances, en refusant de la retirer. Comment osait-il donc se présenter en juge devant un concile réfor- mateur, qui devait le juger lui-même, et comment parlait-il de faire présider ce concile en son nom ? A entendre les nonces, il ne s'agissait que d'une vaine ques- tion de point d'honneur : non pas, mais de réparer le scandale de la dissolution et d'obliger le pape à reconnaître l'autorité de l'Eglise, représentée par le concile de Bâle ! Cette fois les nonces se turent et leur silence prolongé fut interprété comme l'aveu de leur impuissance à répondre (16 juin). Les Pères exultaient. » Monum. concil., t. ii, p. 381-383; J. Haller, t. n, p. 429; N. Valois, op. cit., t. i, p. 227-229. (H. L.) 1. Kluckhohn, Herzog Wilhelm III von Bayern, dans Forschungen zur deut- schen Geschichte, t. n, p. 567. 2. Le concile subissait alors une sorte de crise de croissance, les recrues qui avaient tant et si longtemps hésité à le joindre arrivaient nombreuses, telle- ment qu'on put compter trois cent quatre-vingt-six votants à un scrutin du 10 juillet [Monum. concil., t. n, p. 355, 393; Conc. Basil., t. v, p. 56); mais ces retardataires n'étaient pas seuls à prendre le chemin de Bâle, les ambassades commençaient aussi à y arriver. Après bien des retards, le duc de Bourgogne laissa partir son ambassade le 10 mars 1433, elle comprenait Jean Germain, évêque de Nevers, Guilbert de Launoy, seigneur de Villcrval, Jean de Fruyn, trésorier de Besançon (remplacé probablement dans la suite par Bobert d'Anclou, chanoine de Paris). Peu après arriva l'ambassade du roi d'Angleterre composée de John Kempe, archevêque d'York, et de Thomas de Winchester; au mois d'avril, ce fut le tour de l'ambassade du comte d'Armagnac; au mois de mai, l'ambassade du roi de France qui comprenait Amédée de Talaru, archevêque de Lyon, les archevêques de Bourges et de Tours, les évêques de Lavaur, d'Orléans, de Digne et de Senlis, et Jourdain Morin, maître en théologie. Tout ce beau monde n'était pas aisé à mettre d'accord et, somme toute, ces protecteurs magnifiques étaient plus encom- brants qu'utiles; les Pères allaient se trouver dans l'obligation de ménager les susceptibilités, de louvoyer entre les querelles, de s'épuiser en combinaisons pour satisfaire les préséances sans froisser les droits, bref, obligés à perdre un temps précieux et à écouter des opinions qui ne s'accordaient pas précisément avec les leurs. Tandis que les Pères n'hésitaient pas dans la voie choisie et y témoignaient d'une logique qui pouvait amener de graves résultats, les ambassadeurs se mon- traient pacifiques et timorés. Dès le 16 mars 1433, Jean Germain, évêque de Nevers, chef de l'ambassade bourguignonne, s'exprimait en ces termes : « Le duc ne connaît rien de plus scandaleux, de plus monstrueux que la séparation des membres et du chef, et l'absence du pape Eugène est profondément regrettable. Il est à craindre que ce léger dissentiment actuel ne s'aggrave, qu'il ne compro- 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 807 le premier était une menace contre Eugène; le second enlevait à peu près entièrement au pape la collation de presque toutes les hautes dignités ecclésiastiques réservée depuis longtemps au pape. En tête du premier décret, qui ressemble de très près à celui de la huitième session, le concile avait placé les principes de l'assemblée de Constance : qu'un concile général tenait son pouvoir immé- metle l'union, bien fragile encore, qu'il ne renouvelle Le schisme ancien. Le duc exhorte les Pères à user de tout respect, de toute mansuétude en ce qui touche l'autorité, l'indépendance, l'honneur du pape et du Saint-Siège, ayant confiance qu'Eugène IV, touché par les prières des princes, se rendra prochainement favo- rable à leurs vœux. » Le gou d1 anglais faisait également le jeu du pape contre le concile dont il entravait de son mieux les opérations. Il faudrait bien se garder de croire que cette conduite B'inspirait du respect ou de la sympathie plus grande pour le pape que pour le concile; eDe n'avait «l'autre mobile que le dépit. « Les Anglais se souvenaient que L< - précédents conciles avait m été divisés par « nations », et qu'à Constance notamment cet te manière de \ oter leur avait permis de jouir, malgré leur petit nombre, d'une aussi grande influence que s'il- euss int constitué le quart ou le cinquième de l'assembli par sections ou dépu- tations », inauguré à Bâle, réduisait, au contraire, leur rôle presque à rien. I ne protestation avait été élevée à ce sujet, dès le début, par un clerc parlant au nom de Henri VI. Elle fui renouvelée à Londres en 1 -uiit-1'aul. au nom de tout le clergé de la pro\ ince de Contorbéry (16 septembre 1432), et ailleurs encore, avec onsentement du duc de Gloucester, par l'e\ êque de \\ inchester, un d< - ami sadeurs du roi. D'autre part, le serment imposé par Les P n - de respecter et de défendre lea décrets antérieurs révoltait les consciences anglaises. La colère du goût e me me m éclate dans une lettre qu'on Gl écrire au jeune 'Henri VI le 17 juil- let 1433. S'il avait diffi ré, disait-il, L'envoi de nouveaux ambassadi urs, c'est qu'il lit 1" rôle passif et humilié auquel étaient réduits les premiers. N'avaitron refusé de les incorpore r à moins qu'ils a - imissent à une condition dont il n'avait jamais été question auparavant ? Dans quel ancien concile avait-on es des princes pared serment ? C'est porter atteinte à leur indépendance. De t< innovations n'étaient pas de nature à concilier aux Pères la laveur générait . serait plutôt, pour beaucoup de princes, de prélats, de nations même, une caus d'abstention et Lé concile cesserail d'être réputé œcuménique. Après avoir in- pour que ses ambassadeurs fussenl dispensés d ■ ce Berment compromettant, le jeune roi. dans la même Lettre, abordait un autre sujet de mécontentement. Quel- ques membres de L'assemblée, disait-il. perdant toute mesure, attaquent le Saint- Père d'une façon inconvenante : ce sont les brebis se ruant insolemmenl sur 1 i pasteur, les fils relevant la tête contre leur père. On renonce volontairement à paix qui est près de se conclure, on rend inutiles les efforts du roi des Romains, on brandit contre le pape l'arme terrible d'un de «es procès qui ne pardonnent pas. » N. Valois, op. cil., t. i, ]>. ^;;2-233. Les ambassadeurs de France parlaient un Langage très différent. Avec une haute indépendance de jugement ils alliaient vœux pacifiques de l'assemblée de Bourges et les recommandations conciliai du roi à une appréciation juste de l'œuvre du concile et du but auquel ses memi tendaient, afin de ne pas se séparer de leurs collègues des autres ambassades, ils conciles — vu — 52 SMS LIVRE XLV1I diatemen! de Jésus-Christ; <|nr chacun était tenu de lui obéir, même le pape, sur trois | ii^. ;"■ s;ivmr, les matières concernant la foi, l'extirpation de l'hérésie e1 la réforme générale de l'Eglise dans son chef ft dans sea membres. mêlaienl à leurs démarche >ciei inl d'intervenir d'une façon plus efficace dani le sens des opinions avancées de l'assemblée. « Tandis que les ambassadeurs bourguignons el anglais affectaienl tanl d'atta- chement aux intérêts du pape, il- faisaient bon marché de la papauté. Selon eux, I\ pouvait regs r sa situation .1 condition de consentir .1 quelq saorificea. Les ambassadeurs bourguignons i'abouchèreni plusi un fois ave \ du roi des Romains, des Electeurs, de t barles VII, de Henri VI, du duc de Savoie, du duc d' Autriche, du margrave de Misnie et tous tombèrent d'accord de demand 1 au P< >•• - mi sursis qu'Us utiliseraient pour peser sur la volonté du pape, fis lui écrivirent donc li 23 juin une lettre collective le pressant d 1 naître la cano- nicité du concile depuis son ouverture, sinon il ;i\.iii tout à redoul a'étaienl guère dispo favoris r cette démarche, bien que les ambassadeurs fussent engagi s, pour I' urs maître s, en cas d'échec à Rome, de consentir as procès d'Eugèn IV. On en était là, quand arrii èrent les deux nonces retardataire • h. archevêque de Tarentc et Barthélémy Zabarella, archevêque de Sp mplaçanl l'évêque de Trau. Ils s'imaginèrent qu'on attendail après eux pour se faire prêcher la patience. Au moins pouvaient-ils dire s'il- apportaient ce que 1' Pères n'avaienl cessé de réclamer, l'adhésion du pape pleine e1 entière? • in le leur 'Lin. nul. 1 à plusieurs reprises, bien qu'on bû1 à peu près à quoi s'en tenir à cel égard. Il- refusèrent di r» pondre. Cependant il- Laissaient entendre, au grand Bcandale de I esarini, qu'ils étaient autorisés à émettre des protestations, interjeter des appels. L'un d'eux, à bout, parla même de faire connaître les dessous de l'assemblée. Cette attitude, à la fois sournoise et menaçante, re de nature à rament r le calme dans les esprits. Nul d'ailleurs ne mani- eur aux ai ordinaux présents ■> Bêle. Cesarini iranica énumérèrent tous les Bursia déjà consentis par les Pèr s. I on r fit remarquer que Jean Berardi et I larlhélemy Zabarella B'étaient dispense - d'adn --'-r leur Balul au concile. Castiglione prêta au pape l'intention d'acheter à prix d'or la complicité du roi de Pol de tenir à Ancône un concile où il annule- rait l'œuvi du synode actu etaillée confirma le fait. Carillo 1 de dénon ■ r 1 ai tous les efforts de l'assemble . Plu et plus violent I rvantès s'écria qu'il connaissait les proce lés d'Eugène et qu on voulait snui incile avw des mots. La patiene e n'était plus de saison, ajoutait-il, il s'agissait de la 1 de l'Égli [u'il Boutie adrait m»" me -1 tous les prit iris contraire, mais s'ils marchaient sur Baie, il voulait iqu'au martyre. G fut aussi l'avis du patriarche • Vntioche et du patri 1 I fui même celui des ambassadeurs de Frai II n'est pa 1 aux prélats vénitiens qui ne 'liuin.i--.-nt leur assenti- at .1 la mesure de rigueur proj 11 compatriote. Quand on pai au vote réunit que quatre-vingt-trois voix Bur trois cent 10 juillet. tint donc au jour fixé, 13 juillet.* N. Valois, op. cit., Lu, p. 11. L.) 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 809 Venait ensuite un exposé des négociations qui avaient eu lieu jusqu'alors entre le concile et le pape; plus le concile s'était montré conciliant, plus le pape avait été opiniâtre et sourd; ses discours et ses actes laissaient supposer qu'il voulait uniquement détruire l'Église, s'arroger le droit d'empêcher la tenue de conciles généraux, de les dissoudre à son gré et de casser leurs saints décrets promulgués avec le secours du Saint-Esprit. Le devoir du concile était donc de procéder contre le pape Eugène par des remèdes plus énergiques (acrioribus remediis) ; toutefois, à la demande de l'em- pereur et se laissant guider par sa maternelle affection, l'assemblée lui accordait encore un délai de soixante jours. Elle l'adjurait et le priait, elle lui ordonnait même de rétracter entièrement pendant ce temps son scandaleux décret de dissolution du concile de Bâle; d'en reconnaître la légitime existence jusqu'à ce jour, et d'en accep- ter la continuation; enfin d'adhérer simplement au concile, et cela par des bulles solennelles. Si le pape ne le faisait pas au nom du pouvoir divin, dans le délai donné, l'assemblée alors comme maintenant et maintenant comme alors, le dénonce ouvertement comme contumace incurable et comme un scandale pour l'Eglise. Elle le suspend, et le déclare suspendu de tout exercice de la puis- sance papale in spiritualibus et temporalibus. Elle procéderait plus )38] loin encore, même jusqu'à une sentence définitive, si cela devenait nécessaire. Ce délai de soixante jours une fois expiré, tout exercice du pouvoir papal revient au concile qui ordonne que personne n'obéisse plus au pape. En outre, si dans le délai de ces soixante jours le pape confère des bénéfices ecclésiastiques au préjudice du concile, ces collations sont nulles et sans valeur. Il est prescrit à tous les cardinaux et employés de la curie de quitter Rome et de se rendre au concile dans les trente jours qui suivraient le délai expiré # des soixante jours. Tous les autres prélats devraient du reste se rendre à Bâle le plus promptement possible; enfin, ces soixante jours écoulés, le concile s'adjugeait sans exception toutes les affaires pendantes à Rome, de sorte que tout ce que le pape Eugène déciderait alors serait comme non avenu. Le second décret de la douzième session devait restreindre à tout jamais la puissance du pape; il rendait la liberté électorale aux chapitres et aux communautés; à l'avenir les évêques seraient élus par les chapitres de cathédrale, les abbés par les moines, etc. Les réservations par lesquelles les papes s'étaient attribué le droit de nomination aux églises archiépiscopales, épiscopales, collé- S lu LIVRB XLVI1 îles, abbayes, etc., Beraienl abolies, et U réservation papale limitée aux cas prévus par le Corpus jurië canonici et aux bénéfice • les territoires appartenant médiatemenl ou immédiatement au - int-Siège. Le pape ut- pourrail suspendre !<• droil électoral dans certains cas que ex magna rationabili et evidenti (n choisira «les hommes d'à canonique, de bonnes mœurs, instruits et répondanl par ailleurs ;ni\ exigences du droit canon. Si l'on ne fait pas un choix de i genre, ou si l'élection est entachée de simonie, elle Bera nulle ip jure. Les électeurs coupables de simonie, outre les autres peint perdront à toul jamaisleur droit d'électeurs. Quanl à ceux qui seroi élus d'une façon simoniaque, ils seront excommuniés ipso facto, e\ ne pourronl recevoir l'absolution qu'après avoir résigné leur chai acquise d'une manière scandaleuse. En outre, ils Beronl à tout jamais inhabiles à ces mêmes charges. Le synode exhorte et supplie ensuite tous les princes et Beigneurs «le respecter la liberté des élec- tions; de ne pas intercéder en faveur de candidats détermim encore moins de faire des menaces, etc.; l'élection terminée, celui qui a le droit de confirmation doil B'assurer qu'aucun autre can- didal m' se |ui ■ t finit • élu. Mais, que l'élection suit nu ne soit | attaquée, celui qui a !<• droit de confirmation doit toujours exami- ner l'élection conformément à la constitution de Boniface VI 11. Aux termes >\>- cette décret aie, il ne demandera ni ne recevra aucune rétribution, pour confirmer l'élection, s.mf les taxes mod pour les nol rétaires. Qui< inque aura été confiri manii noniaque, c'est-à-dire à prix d'argent, Bera excom- munié e1 ne pourra être absous que pai le pape, Bauf à l'article <\'' la mort. Le pape lui-même, s'il a le droil de confirmation, ne devra recevoir aucune ta ir exercer ce droit. Avant de ^c dissoudre, 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 811 le concile votera une indemnité suffisante au pape pour les frais généraux nécessités par le gouvernement de l'Église universelle, pour l'entretien des cardinaux et autres employés nécessaires. Tant que ces indemnités ne seront pas votées, chaque nouveau prélat devra payer à Rome la moitié seulement des taxes habi- tuelles 1 . 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 56-64; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1152-1159. Les envoyés impériaux arrivés à Bàle le 12 juillet au soir ne négligèrent rien pour troubler cette douzième session; la scène est curieuse : « Exhi- bant lettres sur lettres, alléguant la fatigue du voyage, annonçant la venue de Sigismond, n'interrompant leur bavardage que pour céder la parole soit à l'official de Bâle, soit à Henri Fleckel, soit à l'évêque de Coire, qui, au nom des Bâlois, du duc-protecteur ou de Sigismond, réclamaient aussi l'ajournement, ne réussis- sant qu'à provoquer des clameurs impatientes : Expediatur sessio ! Expcdiatur ! 1- lût ! Fiai I reconnaissant, à la vue des chapes et des mitres que s'apprêtaient à revêtir les prélats, l'inutilité de leurs efforts, mais ne battant en retraite que pour reparaître l'instant d'après, et arrêtant bruyamment la lecture des décrets, sans se soucier des vociférations, des sifflets, des trépignements, des menaces. Il fallut que l'évêque de Lectoure, désigné comme lecteur à cause de son bel organe, haussât la voix pour dominer cet assourdissant tapage. Enfin, se reconnaissant vaincus, nonces et ambassadeurs sortirent de l'église. La ecture fut achevée, le placet habituel retentit sous les voûtes et les décrets purent être placardés aux portes. » Monum. concil., t. n, p. 396, 398; Concil. Basil., t. i, p. 66; t. n, p. 488; t. v, p. 59; N. Valois, op. cit., t. i, p. 239. Il y eut plus et mieux dans cette même douzième session. Avant la lecture des décrets, le cardinal Castiglione déclara que l'élection d'Eugène IV était douteuse, le cardinal de Rochetaillée se rallia à cette manière de voir et l'archevêque de Tours, Philippe de Coëtquis, ajouta que le roi de France partageait ce doute. Cet incident avait eu pour résultat de faire grand'- peur au pape à qui, décidément, la question de sa légitimité apparaissait non plus simplement importune, mais redoutable. Par un étrange revirement, Eugène IV était maintenant allié étroitement avec Sigismond dont il espérait se servir contre les autres rois et princes. Sigismond ne manquait pas de tirer parti de ce retour de faveur et se faisait payer 5 000 florins par mois par le trésor pontifical et cou- ronner en grand gala liturgique. Naturellement, roi des Romains ou empereur, Sigismond toujours « décavé » soutirait l'argent du pape, entortillait les Pères de Bâle de son mieux et se moquait du reste. Il n'était pas homme à installer son logement dans la maison qui brûle et, en ce moment, la situation d'Eugène IV devenait tellement précaire qu'on ne pouvait plus guère croire à son succès final. Deux nouveaux cardinaux avaient déserté : Jean Casanova et Louis Aleman, partis déguisés, de nuit, à Ostie, sur une galère envoyée tout exprès par le duc de Milan. Le départ de Louis Aleman privait Eugène IV d'un homme intelligent, énergique, lucide, qui allait porter à la réunion conciliaire des qualités et l'appoint précieux d'une, fermeté à toute épreuve. Ainsi Eugène IV était du moins arrivé à ce résultat d« faire le vide autour de lui, à peine pouvait-il encore compter sur un seul cardinal de quelque capacité, le vieux Giordano Orsini. Celui-ci imagina une démarche larmoyante auprès de son collègue Julien Cesarini, légat au concile de 812 1 i \ i: i \ 1 \ il Au mois d'aoûl L433, les Pèrei <«<• Bftle envoyèrent des copies ilrcici .'i différents princes pour leur en donner connaissance et leur demandèrent « I « - les soutenir; la pluparl >l<- ces princes étaienl favorables à l'assemblée, quelques-uns pourtant, notam- iinni le roi d'Angleterre, furent d'avis que ces décrets étaienl trop Bévères contre le pape. I n Bynode convocation des évéques anglais '!<• la province de Cantorbéry déclara à l'unanimité que, malgré 1<- décrel Freouens t la translation du concile par le pape Bftle, el lui écrivit an long mémoire, d'ailleurs en pure pert< : J'avais ton I" n--. lui disait il. que le scie 'i l'amour de Dieu inspiraient » nduite ■ < Bftle, el que vous n'aviez i n n m- que 1'- maintien 'I 1, l'unité, la déf< nsc dt - inl de l'Église. Beaucoup, à votre Bujet, pensaient ou parlaient différemment : je m'en rapportai moins sus propos d'autrui qu'à IV \j ■! votre i. de rotre bonté. Aujourd'hui, j<- suis fon • •: concevoir quelque d» Vous refuses la président qui vous esl offerte par notre S. mit 1'. n i Etrange chose, ri vraiment vous vous soucies de l'unité de I : ' Je ne vois pas i|n> ll< i \i use m. h- pouvez Invoquer. N'est-ce pas au nom du pape que i ouvert li' concile de Bftle .' N'étiez.- voua pas Bon légat ? N vous ètes-vous n main h - circonstant t - couvert de b< h autorité '.' Et maintt nant vous de présider t d -mi nom ! Pourquoi ce changt menl ? je l'ignore. Je pi i ■ |" adant à croire e1 à soutenir que votre bonté, votre vertu vous empêchent de vouloir qu'un scandale éclate... Il Bemble bien que je boîb BÛr de vos botmee int< u- tions : et pourtant, \<- vous t n supplie du fond 'lu cœur, j*< n < onjurt la m corde divine, m' songez, ne travailles qu'à la pacification ••! an salut de l'Eglise, ■i" \ .îi- lai i iiiiaiin r à ce qui pourrait conduire .m schisme. I.' - cir< tances soni plus que jamais critiques, 1'- moindre accident peul «■• u» r uni pertur- bation étrange. Vous voua souvenez des maux produits par 1'- Bchismc pi combien la loi en a été ébranlée, la piété amoindrie. Si. ce qu'à Dieu ne p : pai ';t par 1<> mêmes épreuves, -a bit -un cette foie serait irrt diable. Prenez garde, mm seulement à m- pas voua t rom p e r, ma:- aussi ■ ce que d'autres ne p le vous pour Fomenter la discorde, pu voquer le senn- dale ' Voua êtes citoyen romain, vous êt< - cardinal : or. les Romains ■ onsabli - 'lu dernier b< hisme et l'on r< | iramment qt s< an- dalca qui ont éclaté proviennent 'I'- cardinaux. Double raison pour éviter toul capable d'engendrer -mi 1'- scandale, soit lt jehisn C'est l'amour «pu' je porte a l'Église de Dieu, l'afft ction «pi' ur voir.- personne qui me forcent à roua • ■ rire ainsi. I l • ils d ami : i I' - '-n bonne pari. < • - pi- ira radotages ne pouvaienl impressionner lt cardinal Cesarini, moins l'ébranler au moment même où il écrivail au marquis de Mantoue 13 juillet) el jusl nduite .1 Pérès et la si< nne. La paix, il n'était paa en Bon pouvoir '1.- l'im- poser. Cesarini envoyait en même t. p pa ■■>> papt la formule 'l ract stion qu'on attendait de rai. < 'n l'imitait a révoquer sa bulle '1'- dissolution, a affirmer très) nettement l'existence continue «lu concile depuis son ouverture, à reconnaître l'inefficacité absolue «!■ - tmtativ«s ,\,< translation «ai « 1 . dissolution, à adhérer enfin avec loyauté et sans faux-fuyants au concilt . a le soutenir, a le favoi L'ncquii'scrmcnt du pap tte formula enlèverait tout Ités. H. L.) 792. DE LA NEUVIÈME A LA DOUZIEME SESSION A BALE 813 était légitime; ce synode conseilla en outre aux Pères de Bâle de ne pas se montrer si accommodants à l'égard des Tchèques *. Le 3 août, le délai des soixante jours étant écoulé, l'empereur Sigismond écrivit, de son côté, aux Pères de Bâle pour leur deman- der de ne pas commencer le procès contre le pape avant qu'il ne se fût rendu lui-même à Bâle; enfin, les nonces du pape à Bâle remirent à l'assemblée, d'accord avec les ambassadeurs de l'em- pereur et d'autres princes, un mémoire contenant des propositions de paix 2 . La nouvelle des décisions de la douzième session du concile de Bâle n'était pas encore arrivée à Rome que le pape Eugène, sup- posant que ses propositions avaient été acceptées, et par consé- 5401 quent que le concile existait dans la forme décrétée par lui, rendit, le 1 er juillet 1433, un décret pour limiter l'action du concile aux trois affaires principales déjà énumérées et pour défendre à l'as- semblée d'entreprendre d'autres affaires, surtout de se mêler des conflits de droit ecclésiastique 3 . Une seconde bulle contre les Pères de Bâle (Inscrutabilis) fut promulguée par Eugène IV, le 29 juillet, pour défendre sa personne et son siège, et quoiqu'elle ait paru seize jours après la célébration de la douzième session, il n'y a aucun rapport apparent entre elles 4 . Cette bulle déclare nul et sans valeur tout ce que les Pères avaient fait et décrété contre le pape et ses partisans, comme aussi tout ce qu'ils avaient fait en dehors des affaires qui leur avaient été confiées, surtout les collations de bénéfices, etc., qu'ils avaient faites 5 . Toutefois, pour répondre aux désirs de l'empereur et, comme il le croyait, pour faire preuA^e de la plus grande modération, le pape publia quelques jours plus tard, le 1 er août 1433, la célèbre bulle Dudurn sacrum générale Basileense concilium dans sa première 1. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 836 sq. ; t. xxxi, col. 141 sq. et 179. 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 631 et 617-621. 3. Ampliss. coll., t. vin, p. 619; N. Valois, op. cit., t. i, p. 250. (H. L.) 4. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 624. 5. Cette bulle, abrogée plus tard par le pape, se trouve dans les Actes de la seizième session de Bâle. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 79-81 ; Hardouin, Concil. coll., t. vm, col. 1173 sq.; N. Valois, op. cit., t. i, p. 249. Promulguée le 29 juillet, la bulle Inscrutabilis est en contradiction avec la bulle Dudum sacrum, promulguée le 1 er août suivant, en ce qu'elle flétrit les entreprises illicites des bommes dépourvus d'autorité qui ont osé, malgré la défense du pape, s'arroger les pouvoirs d'un concile général. Monum. concil., t. n, p. 566. (II. L.) 8 I \ i l\ .1 XLVIl forme. 11 disail avoir i depuis longtemps, pour les motifs les plus sérieux e1 -ni- l'avis des cardinaux, transfert à Bologne 1<- -;cint incile général convoqué à Baie, conformément aux prescriptions de Constance el de Sienne, et aussi conformément à sa propre ordonnance el à celle de Bon prédécesseur. Toutefois, cette trai lation ayanl suscité de nombreuses discussions el plusieurs «les motifs qui l'avaient fait désirer n'existant plus, e1 le pape n'ayanl rien plus à cœur que de faire cesser toute discorde, afin de travailler activement à l'extirpation de l'hérésie et à la réforme des mœui il consent et accepte volontiers volumus et contentamur) ' que le su «ht concile général de Bâle ait continué depuis son ouvertui (|u il se poursuive en vue des affaires indiquées; comme Bi aucune i lification, dissolution <>u translation, etc., n'avait eu lieu. Il rétracte formellement cette translation, etc., h adhère simplement, franchement e1 cordialement au concile de Bâle; il le soutiendra et le favorisera de toutes ses forces, à la condition toutefois que ses ats soienl acceptés comme présidents el que toul ce qui avait été fail par le concile contre sa personne, Bes adhérents, et l'autorité du Biège apostolique soit abrogé, e1 que les choses soienl remis* •■il l'ét at aui érieur -. » Poui compléter cette bulle. Eugène IV donna, !«• 13 août L433, ;i Barthélémy, archevêque de Spalato, à Christophe, évêque de[541] < ervia, e1 à Nicolas, abbé de Sainte-Marie, pleins pouvoirs pour abroger également toul ce que le Saint-Siège avait décrété <"nire les Pères de Bâle et cont re leurs partisans 8 . bulle Dudum sacrum avaii été rédigée d'après la formule qi e l< cardinal Julien avaii envoyée au pape au mois <\r juin par l'intermédiaire de l'empereur Sigismond; sauf que cette formule contenait les mots decernimus et declaramus, au lieu de volumuê et contentamur. Le pape Be déclara contre la première expression et choisit la seconde, avec l'assentiment de Sigismond \ qui, en pré- I . Dani la formule à lui présentée par le légal < esariui de la pari des Pères «le r I ugèm 1\ substituait cca deux mota volumua 'i contentamur •> ceux n .'i laquelle il n'était paa tenu; cl. N. Valois, "/>. cit., t. i. p. 248 el note 3. H. !.. _'. Manai, op. cil., t. wîn. col. 574; Hardouin, "/-. cit., t. viiij col. 1586 sq. Phrase ajout''- par Eugèi IV. N. \.il"i-. <42] volumus, etc., Sigismond avait avancé que le pape avait fait plus qu'il ne devait, etc. » Eugène explique ensuite au doge la portée des termes decernimus et declaramus, notamment qu'ils confirme- raient tout ce que les Pères de Bâle avaient fait contre le pape. Le cardinal Julien, en assurant qu'on ne ferait rien d'hostile à Bâle contre le pape, avait parlé loyalement, mais il ne pouvait en donner aucune garantie. Pour démontrer son désir de conciliation, le pape envoyait au doge une copie de sa lettre à l'èvêque de Cervia, qui renfermait la condition : si revocante quseque, etc. Mais si les Pères de Bâle promettent d'abord d'abroger et abrogent réellement ce que le pape désire voir abroger, Eugène a préparé, et tient prêt un second formulaire qui ne contient pas cette condition. Enfin le pape priait le doge d'user de son influence sur l'empereur 4 . Les Pères de Bâle, au mois d'août 1433, avaient envoyé au doge l'èvêque d'Utique et l'abbé de Conques, pour lui représenter la conduite du concile sous son plus beau jour, et lui demander 1. On était le 1 er août, ne l'oublions pas, Sigismond venait de toucher son mois, 5 000 florins; pour ce prix-là il eût déclaré bien autre chose encore et tout ce qu'on eût demandé. (II. L.) 2. Raynaldi, Annal., ad ann. 1433, n. 19; c'est Eugène IV qui raconte cela au doge de Venise. Deutsche Reichstagsakten, t. xi, p. 67; N. Valois, op. cil., t. i, p. 240. (IL L.) 3. Mais non, il n'avait rien oublié, mais il se disait que le mois étant échu, et déjà écorne, il pouvait bien tenir sa parole à Eugène comme il l'avait tenue à Jean Huss. (IL L.) 4. Raynaldi, Annal, ad ann. 1433, n. 19. * 816 LIVBB XLVI] d'employer en leur faveur son influence roi le pape. Dans sa réponse, le doge recommanda aux Pères de Bâle de ne pas cauter un schisme, ■ > cause surtoul des dangers menaçants «lu côté de la Turquie, el il protesta de son inaltérable attachemenl à Eugène IV, (ju'il connaissait depuis sa jeunesse el tenait pour un excellent bomme. Il promit oéanmoins de l'entremettre '. 193. Les députés du concile en Bohême et leur retour à Bnle. Été de 1433. Sur ces entrefaites, les députés envoyés en Bohême par le concile étaient revenus à Bâle. I e récit de leur mission à Prague a été fait par deux d'entre eux, Gilles Charlier, doyen de Cambrai, dans son Liber de legcUionibus, el le docteur Thomas Ebendorm de Haselbach professeur à Vienne), dans son Diarium*. I ae troi- sième relation des aégociations des députés du concile avec les 543] Tchèques se trouve dans le Registrum de Jean de Tours, secrétaire de l'ambassade 8 . Cette troisième relation ne devient importante el détaillée que pour les événements à partir de juillet L435. x us \ voyons que ce ue lui <|u';ivec beaucoup de peine et seule- ment au ! i m n s de juin L433 qu'on réussit à obtenir des Tchèques des sauf-conduits pour les aml>;i--.oleurs du concile et pour «eux d'Albert, duc d'Autriche: du reste, jusqu'à l'ouverture de la diète de Prague, le L2 juin 1433, il ne se lit rien d'important. I.e seul fait digne de remarque c'est qu'un prédicateur de Prague nommé Lupus attaqua et injuria publiquement dans une église et à plusieurs reprises le concile et ses députés, Bans que ceux-ci pussenl obtenir que le prédicateur lui puni. I e 12 juin s'ouvril la diète générale dans la grande salle des cours de théologie i ampo >, rtaminiê die xilî menai» proxime prasteriti acta sunt (hc. cit., col. G87). _'. Palacky, Gesehù /i<-n>. < Ce -'•' juin, les corn- missaires tchèques remirenl aux députés du concile une rédaction des quatre articles telle que le concile l'avait désirée. Toutefois les députés du rouelle ne se tinrent pas pour satisfaits el résolu- rent de revenir à Bâle. Auparavant ils eurent le I er juillet une ivelle conférence avec les nobles dans la maison de Jean de Rokyczany; ceux-ci leur remirenl une déclaration écrite ainsi conçue: Parati sumus uniri... et adhserere fcw offerimus inisr nos et vos, et supponimus 793. LES DÉPUTÉS DU CONCILE EN BOHEME 819 concludenda, expeditis ?iostris quatuor articulis secundum judicem in Egra compactatum. Ils donnèrent de vive voix quelques explications plus adoucies et promirent d'envoyer des députés au concile. Dans la séance géné- rale de la diète tenue le 3 juillet, Jean de Rokyczany fit part de cette dernière décision des nobles et des négociations qui avaient eu lieu, et les députés du synode firent leurs adieux. Toutefois ils ne quittèrent Prague que le il juillet 1433, accompagnés par trois députés tchèques, Matthias Lauda de Chlumcan, taborite, Procope de Pilsen (vir bonus) et Martin Lupac 1 . Martin Berruyer, doyen de Tours, arriva à Bâle deux jours avant ses collègues, et, dès le 31 juillet, fit un rapport sommaire sur la mission en Bohême; les 5 et 13 août, Philibert, évêque de Cou- tances, et Jean de Palomar donnèrent des détails plus circons- tanciés sur ce qui s'était passé. Dans la séance secrète du 13 août, Jean de Palomar dit notamment que certains Tchèques cherchaient à entraver les négociations pour la paix, parce qu'ils craignaient de perdre le pouvoir; car les nobles, ainsi que le clergé et le peuple, étaient complètement dominés et asservis par quelques chefs. Il parla encore de la profonde désunion qui existait entre les 461 habitants de Prague, les orphelins et les taborites, qui se trai- taient mutuellement d'hérétiques. Ils n'étaient unis que pour demander l'usage du calice pour les laïques, quoique tous ne fussent pas d'accord pour affirmer que l'usage du calice était indispen- sable au salut. Du reste, l'ambassade du concile avait eu un double résultat utile : elle avait prouvé la fausseté du bruit déjà répandu en Bohème, que les hussites avaient eu le dessus dans les discus- sions au concile de Bâle; de plus, elle avait permis aux habitants de Pilsen de rentrer leurs récoltes avant de subir un nouveau siège de la part des hussites 2 . Deux jours auparavant, les trois députés tchèques avaient eu une audience à Bâle pour remettre la formule des quatre articles acceptée par la diète tchèque et protester de leur désir d'arriver 1. Monumenia co/icil. gênerai, sec. xv } t. i, p. 303-377, 380 sq., 390-444 et 703-714. A la p. 722, se trouvent deux discours que Thomas Ebcndorfïer de Haselbach prononça alors à Prague. Ci". Palacky, Gesch. von Bohmen, t. in c, p. 114-122. 2. Palacky, Geschichte von Bohmen, t. ni c, p. 122-124, d'après un document contemporain inédit (Jean de Ségovie). Les documents, publiés dans les Monu- menia concil. gênerai, sec. xv } ne disent rien sur ce point. 820 i I \ i: i XLVI1 j l'union-, ils s 'exprimèrent comme il mil : Nous vous remettona ces articles, vénérables Pères, pour que voua leur donniez... votre adhésion, el pour qu'ils puissenl être libremenl enseignéa et obser- vés dana le royaume de Bohême, le margravial de Moravie et lr> .iiiii. - lieux où se trouvenl leurs adhérents : 1" que les pr< très administrent librement la communion de la trèa sainte Eucharistie utile e1 salutaire bous les deux espèces «In pain el «lu vm, à tous les fidèles, en Bohême, en Moravie el dans lea autrea lieux où se ouvent leura partisans; 2° que tous les péch< '-s mortels ••• notain- iiiciii tes péché8 publics - »ienl empêchés, punis el extirpés, raison- nablement h suivant la loi de Dieu, par ceux à qui il appartient (ncr eoa quorum interest) ; 3° que la parole de Dieu soil librement e1 (idèlemenl enseignée par lea prêtres el par de dignes lévites 4° qu'il i e Boit pas permis au clergé auper boni* temporolibu ulariter dominari. Pour ce qui concerne l'union, noua déclarons que nous sommea prêts à i a unir el à être un e plus, le concile interdira à tous les ('-vèques. tous les princes, etc., de nous décrier comi les hérétiques, el de nous faire la guerre jusqu'à la décision finale de l'affaire. No prions aussi le concile d'opérer une réforme au sein de I Eglise dans -..h chef et dans ses membres, et de permettre aux ecclésiastiques de Bohême el de Moravie qui n'observent pas encore de fait I quatre articles <\<- b'j conformer librement '. I e concile nomma ensuite une commission de cinquante mem- bres poui examiner plus à fond deux questions : 1" Peut-on accor- der aux Tchèques la communion s, .us 1rs deux es . tandis que le reste de la chrétienté communie soua une seule .' 2° Mans quel sens le concile peut-il acquiescer aux articles tchèques? » 1. Monurm m.i.i.I'. \ \ \ -•].: M.m-i. Concil. ampl ">'/.. 1. \w. : -■].: l'.ii GeschichU von Bohmen, t. m e, p. 124 sq 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 821 Les opinions furent très divisées; non seulement quelques théolo- giens isolés mais des universités entières, celle de Vienne par exemple, se déclarèrent opposés à ce qu'on fît aucune concession aux Tchèques 1 . Jean de Palomar n'en plaida qu'avec plus de zèle la cause de la condescendance, suivant lui impérieusement récla- mée par la situation. Cette manière de voir, que partageaient aussi le cardinal Julien et le protecteur du concile, finit par prévaloir et fut formulée dans une courte schedula que Thomas Ebendorfîer d'Haselbach 2 nous a conservée. C'est cette schedula qui servit de base aux instructions plus étendues qui furent données à la nou- velle ambassade du concile en Bohême. Du reste cette résolu- tion fut tenue encore strictement secrète, et, le 2 septembre 1433, on déclara aux trois députés tchèques « que le concile accéderait à tous leurs vœux, en tant qu'ils seraient conciliables avec la loi divine, et qu'il ferait part de cette décision par l'organe d'une députation particulière qui allait partir incessamment pour la Bohême. » On ne leur donna pas une réponse formelle aux quatre articles; mais Philibert, évêque de Coutances, Jean de Palomar, Henri Toke et Martin Berruyer furent envoyés de nouveau à [548] Prague. Ils quittèrent Bâle le 17 septembre 1433 3 . 794. Continuation du conflit. Septembre à décembre 1433. XIII'. XIV e et XV e sessions générales. Le même jour (11 septembre 1433), les Pères de Bâle célé- brèrent leur treizième session générale, à laquelle assistaient sept cardinaux. Les représentations de l'empereur Sigismond, du roi de France Charles VII, des princes électeurs allemands, et surtout les efforts du protecteur Guillaume de Bavière, avaient encore une fois induit les Pères de Bâle à temporiser, et à ne pas fulminer la suspense décrétée contre le pape le 13 juillet, mais à en proroger le terme de trente jours. En effet, une congrégation générale s'étant prononcée dans ce sens le 6 septembre, le 13 on en fit un décret formel en séance générale. Les nonces pontificaux, l'archevêque de Spalato et l'évêque de Cervia, protestèrent pen- 1. Nous avons deux autres rapports de Thomas Ebendorfîer de Masclbach sur cette question. Monumeiiki concil. gênerai, sec. xv. t. î, p. 723-731. 2. Monum. concil., t. i, p. 732. 3. Palacky, Geschichte von Bùhmen, t. m c, p. 126-129. B22 LIVRB ZLVII liant la session contre tout ce qui sérail décrété au préjudice on délégi 1. Bfansi, ConeiL ampliss. eolL, t. \\\. col. I txi,col. 165; Klu holm. Forachungon zur deulschen Geschichte, t. n. p. 568 sq. 2, |.. - l'. i- - de Bâle étaient plu- décidés que jamais de pasa r outre .'i la • ■ I .i i ii ii.i i i< > ii du pape, maie leur ardeuz étail entravée par l'intervention des puis- ,i; pendanl cette Bollicitude dea princes accule, aon moine BÛremenl que 1rs menaces dea Pères, le siège de Rome ;'i une issue déslionoranti . Les puissan n'avaienl pu \ <>ir que 'l'un mauvais œil cea décréta comminatoires '1- la ■ !" .-i,,n contre lesquels, d'avance, elles s'étaienl Insurgées. Leurs efforts concert adirenl naturellement à en conjurer les effets, admettre les présidents, sus- pendre 1'' procès, ne plus songer pour le momenl qu'aux u de la toi, di [orme, de la paix : c'esl ce que, en tèmoignanl beaucoup il'' mauvaise humi les ambassadeurs des princes Buggérèn ut aux Pi res. Ils si taisaienl fort, d'ailli urs, d'obtenir la ratification de ceux dea di en ta 'lu concile qui ne portaient att< b ni à î.i dignité du |>;ij>'' ni a l'autorité du S. uni Siège. En d'auti . il- ditaii-ni l'S j . 1 1 . [ .i . - 1 1 i i . i i - il'Kugène I\. (Bibl. Angélique, Rome, ms. // v . ici. 142-149; M.ui-i. Conc. ampliss. colL, t. xxx, col. 617-621; -1. Hall t. M. p. 165 177; Monum. conciL, t. ii, p. HO; Deutsctu Reichslagsakten, L p. 57, 72, 74 ; N. Valois, op. < U., L i, p. 270-271. Sigismond réclamail qu'on attendit son arrivée, Henri VI m. aaçait de rappeler Bes ambassadeurs. Cbarli - VII, joi misérable aux m. un- de Bon entourage, prenait, Bans se rendre compte très i xac- temenl pourquoi, la déf< u-.- de l'Église et du pape. L< - légats de celui-ci enten- dant, au début de la session, les promoteurs du concile dénoncer la contuma d*] t que I'- délai de soixante jour- n'était paa expiré, il - [allait de quelques h* les questionna -i cea quelques b< u . il> remettraient l'adhésion du pape, mais .« l ■ »r-i il< gardèrent le silence et le < ardinaJ i »ix : Voil > bi a comme depuis deux sais le pape noua amuse par dea phrauv - • vasû compte -ur notre lassitude pour nous faire dé* rter le poste, il Be trompe bien : noua aimons mieux mourir qu< no rer avant l'achèvement de n b . Onlut le décrel d'ajourn Monum. concil., X. u, p. 44 J. Haller, op. cit., 1. 1, p. 71; t. u. p. k77. H. !•■) 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 823 Quiconque, étant chargé d'exécuter cette sentence, s'en abstient, est passible de la même peine; mais, afin que personne ne puisse, frauduleusement, se soustraire au châtiment, tous les prétendus [549] titres de collation de bénéfices portant une date antérieure à l'ouverture du concile, seront sans valeur, s'ils n'ont été publiés antérieurement à cette ouverture. A la fin de la session, le duc Guillaume remercia le concile, en son nom et au nom de l'empereur, pour le nouveau délai accordé au pape 1 : ce que fit personnellement Sigismond lui- même (lettre datée de Mantoue, 26 septembre), ajoutant qu'il avait tout tenté près la république de Venise, afin que le cardinal de Bologne, qu'elle avait rappelé, pût demeurer à Baie 2 . Mais le concile fit une réponse assez peu courtoise aux princes électeurs allemands, qui avaient pris les intérêts du pape 3 . Cependant le texte des décrets de la douzième session était arrivé à Rome, et avait déterminé le pape à publier une réponse courte et violente. Il déclara donc, le [11] septembre (bulle In arcano), invalide et nul dans tout ce qu'il contenait le décret hostile dirigé contre lui, exprima la même réprobation touchant le deuxième décret des Pères de Bâle, relatif au rétablissement des élections canoniques, et menaça de l'excommunication toute personne, fût-elle empereur, roi, prince ou cardinal, qui oserait, en vertu de cette ordonnance synodale, molester aucun clerc adhérent au pape dans sa personne ou ses bénéfices 4 . Quant à ceux qui accep- 1. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 64-72; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1159 sq. 2. Mansi, op. cil., t. xxx, col. G41. 3. Mansi, op. cit., t. xxix, col. 425; Hardouin, op. cil., t. vin, col. 1479. 4. Ce fut entre le 3 et le 10 août qu'Eugène IV eut connaissance des décrets de la douzième session du 13 juillet. Son vieux conseiller Orsini fit dresser devant témoins un acte de protestation (3 septembre), arguant de nullité l'assignation adressée aux cardinaux demeurés à leur poste par les Pères de Bàle, revendi- quant au contraire l'efficacité de la dissolution prononcée en 1431 par Eugène IV. « Des inférieurs, dépourvus de toute juridiction, ne sauraient semondre le pape, encore moins le suspendre. Le devoir des cardinaux n'était pas d'abandonner le souverain pontife. Quant à lui, Orsini, vieux et malade, il se trouvait hors d'état d'affronter le voyage. Il en appelait donc au Saint-Siège, à Eugène IV, à Jésus- Christ, subsidiaircment au concile de Bàle canoniquement assemblé sous la prési- dence des nonces. (Bibl. Laurentienne, Plut. XVI 13, fol. 78 v°; Mansi, Conc ampliss. coll., t. xxxi, col. 181.) Pour le pape, il expédia, sous la date du 10 août, une lettre au roi d'Angleterre (ms. 198 2 de Douai, fol. 312 v°; Ampliss. coll., t. vin, col. 629), dont des^copies presque semblables furent envoyées à divers conciles — vu — 53 82 S LIVBB S i vu teraienl de qui <|ue ce Boil un bénéfice enlevé à an adhérent au pape, ils seraienl excommuniés, deviendraienl à jamais inhabilee .1 recevoir aucun emploi, charge ou bénéfice ecclésiastique 1 . Une autre bulle, Pens wn'it, datée «lu [13 septembre], plus étendue el plus énergique encore que la précédente, contient une défense du pape contre différentes attaques des Pèrea du concile! mais elle a été déclarée formellement apocryphe par le pape lui- même*. Peut-être le I" septembre «lrux rédactiona furent-elles soumises à la signature «lu pape, l'une plus succincte et plus modérée, l'autre plus développée et plus violente. Le pape choitil la première et un quidam prit sur lui de faire circuler la seconde, qui passa pour authentique, en sorte qu'Eugène lui-même se vit oblipé de la déclarer expressément sans valeur :! . En voici le princes. Les décréta du 19 juillet n'y étaient mentionnée que i omme la plus grande iniquité et la plus grande absurdité qui Be tussent jamais vuea dans l'histoin de l'Église, i d'ailleurs Eugène allait user d'un intermédiaire pour convaincre les Pèrea «le Bâle, intermédiaire qui n'était autre que Sigismond en personne. La bulle Jn arcano es1 du 11 septembre : tertio il: par l ne IV. Dans certains manuscrits, la copie de cette bulle l précédée dea mots : Lettre du pape Eugène <\r entre le concile de Baie et • ii\ i tou< les prince- chrétiens. » [BibL Laurentienne, m-. Sirozzi 33. foL BibL Varie., nos. lat Parie. U84, fol. 133 v\, Il semble bien établi qu'elle fut au induis publiée ou < ommenfc . .> Vann s, en pi du duc de Bretagne, et in de l'Université laid, n a t.. fonds lot. J 'il 1 . fol. 132 r°). On n'en cite cependant aucun exemplaire authentique. Eugène IV la désavoua. Il n'était, affirma-t-il, pour rien dans la i onfi i tion de cette lettre : il ne l'avait point com- mandée, elle -était faite •> son insu. Sur les observations de deux de s . s nonces, U défendit même au rédacteur ; en plu- répandre la copie. Ce serait un simple 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 825 contenu : « Le pape a soigneusement cherché à éviter un schisme, mais en vain. Tout le monde voit que les Pères de Bâle ont le projet de se séparer du Saint-Siège, et de déchirer la robe sans couture du Christ, notre sainte mère l'Église. La douceur et la longanimité du pape n'ont fait que rendre les Pères de Bâle plus insolents. Il est faux que le Saint-Père soit opposé à un concile général destiné à réformer l'Église, à extirper l'hérésie et à rétablir la paix parmi les princes; au contraire, dès son élection il a donné ordre au car- dinal Julien de se rendre à Bâle. Mais, le concile réuni dans cette projet, n'ayant jamais reçu l'approbation pontificale; œuvre de quelque secrétaire, de quelque membre zélé de la cour de Rome. Jean Berardi, arcbevêque de Tarente, disait connaître ce rédacteur, mais ne voulait pas le dénoncer (Monum. concil., t. h, p. 561, cf. p. 565). On s'est perdu en conjectures. On a même douté et l'on doute encore de l'existence de cet auteur distinct, indépendant du pape et seul responsable de la composition du document. Un chapitre inédit de l'Histoire de Jean de Ségovie nous révèle, il est vrai, un nom qui fut prononcé, celui d'Antoine de Roselli d'Arezzo, auquel beaucoup de contemporains, paraît-il, attribuaient la rédaction de la bulle. Mais ce n'est là qu'un faible indice, et nous serions encore plongés dans l'incertitude qui régnait en 1433, si l'auteur lui-même de l'ency- clique ne se dénonçait dans une lettre qu'on peut lire, à Florence, dans un manu- scrit de la Bibliothèque Laurentienne. Antoine de Roselli (c'est bien de lui qu'il s'agit) écrivant à Eugène IV et rappelant la lecture faite à Bâle de la bulle Deus novit, non seulement en défend la doctrine, en vante la clarté lumineuse, l'impi- toyable logique, mais en revendique expressément la paternité : « la lettre fabriquée par moi, » dit-il en propres termes, epistola a me connecta quse incipit Deus novit. Bibl. Laurentienne, Plut, xvi, 13, fol. 128 r° (cf. N. Valois, op. cit., t. i, p. 289, note 2). Cet Antoine de Pioselli n'est pas le premier venu. Juriste, fds de juriste, il s'était fait connaître par un grand nombre d'ouvrages de droit. Martin V, puis Eugène IV l'avaient honoré de leur faveur. Comme avocat consistorial, on l'avait vu mêlé à des procès retentissants. On prétend qu'il avait également fait preuve de talent diplomatique dans les récentes négociations engagées avec Sigismond. En tout cas, sa situation à la cour de Rome le désignait pour prendre part à la lutte contre le concile de3âle, et l'on n'est point surpris d'apprendre qu'il fut un des témoins de la protestation du cardinal Orsini et qu'il argumenta devant le pape, en présence de l'empereur, contre le projet d'adhésion pure et simple au concile. Roselli reparaîtra plus tard dans ce récit. Un essai qu'il tenta en 1435 a quelque rapport avec le fait qui nous occupe : comme il avait imaginé l'encyclique Deus novit, il jeta sur le papier le projet d'une autre bulle, également destinée à réfuter les thèses bâloises et qui n'eut pas non plus d'existence réelle. Il s'agit d'une Responsio concepta per dominum A. de Rosellis ad petitas indulgentias pro facto Grecorum, qui se trouve transcrite aux fol. 204-207 du recueil provenant du cardinal Orsini. On cite de lui surtout le traité Monarchia ou De poteslate Imperatoris ac Papse, dédié d'abord à Sigismond, puis allongé notablement et dédié à Frédéric III. Les thèses impérialistes qu'il y développe provoquèrent, après sa mort, une condamnation du livre. Cependant les idées qu'il y exprime i !\ LVU ville n'offrant aucun avantage, il ae l'a p joua, comme on le soutient ;'i Bftle, mais seulement transféré à Bol \ vrai » 1 i re, on ni. le que le pape ail eu de I o1 if> pour ai mais iinii le monde Bail que, huit mois après la dat< à l'ouverl me du concile, il n'y avait dans i ette ville que ti éques dix prélats. Personne o'ignore <'n outre la guei ail entre la Bourgogne et l'Autriche, el quels dangers on a\ ourir «lu côté des hu En outre, le pape n'a transféré I acile que Bur l'avis des cardinaux, et même de la plus grande partir de ix ^vm\>h réunie dans cette ville soit considérée comme telle dans son étal présent; mais auparavant on devra retirer tous le- décieis porh contre le pape, son siège el ses adhérents, et recevoir ses légati en qualité de présidents. <>n bc plaint des mott les légata doivent boni régler et décréter cum coruiUo concilii; cependant cette expi'c»-n>n est irri''|'i im h.ihle, tous lei décréta conciliairea « 1 « » i x * • r 1 1 et re > "ii in TMts et promulguée par l«- pape ou son légat i onctUuaniur atque pronuilgentur) hmcto concilio consulenU cive etiam approbantê, et -i le concile et le pape (ou son légal ion1 d'un lentimenl difft rent, on doit obéir de préférence au pape ou à son légal parce que le pape cuper omnia concilia habeai potestatem, Baul deux cas: ■ un poinl «le foi est en question, ou si, par l'ajournement d'une résolution, il j ■ lieu de craindre un trouble dana l'Église univer- relie ni .si /"/7c ijuse statut nda forent catkolicam fulem respicerent, i •i non fièrent, statum universa&u Ecdesise principaliter perturbarent, 5! 2 qxna hmc concilii sententia eeeet potiiu attendenda). Quanl à l'asser- tion émiae à Bâle, que le concile es1 en toutes choses au-dessus du pape, elle est hérétique e1 profane. i Martin \ ;i lui-même employé la formule ci-dessus, attaquée par les Pères de Bâle 1 . Enfin Eugène dit <|ue son élection à la papauté, dont plusieurs à Bêle contestaient la validité, ;i\;iit été parfaitement canonique. Précisément parmi lea Pères de Bâle, lei uns avaienl pris pari à son intronisation el à son couronnement, lea autres a vident consenti à recevoir de lui Lea insignes épiscopaux, ainM que d'autres grâces e1 bénéfices. En terminant, il adjure li I i us de Bâle de quitter la voie Buivie e1 de reconnaître ses prési- dents; -'il- s' j refus ut. les j rinces chrétiens doivenl leur résister -. car i esl leui devoir d'empéehet un Bchisme 8 . » 1. Aussitôt après Bon éle< don, le pape Martin \ Gl • a torte que les déert ts «lu concile del al publiés en son nom avec l'adjonction suivante : tacro opprobanti ou consi ntiente concilio. Il prescrivit la même formula i gatspour le concile de I Dans le décret d< nomination du cardina] Julien Cesarini cornu al • ! 1 1 con< iii de Bâle le pape Eugène dît : qu'il a le droit dr prscmissU hecrestan, etc., cousit quomodolibei cum consibo dieti concilii oï.sMansi, ■ i7. amplis», coll., t. \mx. col. 1-': Hardouin, (orteil, coll.. i. mu. coL 1113. 2. De f.iii Eugène eut i cours b plusieurs d'entre eux, même au roi «le Dane- mark Eric, bien qu'il fût on ennemi de 1 I Voir le bu i qu'il lui adri Ma, dana ■lu. r. /• ilachrifi fur hist. TheoL, 1846, p. 161. ( I. Raynaldi, A m ml., ad ann. 1433, n. '11. p. cit.. t. xxix. t les auditeurs bienveillants i nt à l'expliquer par l'igj .lu latin ou même par une inadvei . attribu ce so r d'attin r plus forti ment leur attention. Bri i. li - huil jours furent votés pn unanimité et S ranl les deux main-; au ciel. Au moù 'ût 1 t : « Si f, ce sera non la r V' um. conciL, t. u. p. 164-466; J. . t. i, i. u, p. 501; .' Sylvius, D rébus Ba p. 55: Deutsche . t. m. p. s'. I 10 V \ t. i. i'. : H. L.) I. Dai /' lia calumniit uindicalus. 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 831 On était si heureux de son arrivée, que le jour même on lui accorda l'objet de sa demande 1 . Le 14 octobre, les envoyés pon- tificaux prièrent le concile d'accepter les propositions de leur maître 2 . Conformément à un vœu souvent exprimé, l'empereur ménagea le 16 octobre une entrevue en sa présence entre les envoyés pontificaux et une députation du concile 3 . Le cardinal Julien parla au nom de l'assemblée, et l'archevêque de Spalato au nom d'Eugène; les actes de la discussion qui se produisit alors sont venus jusqu'à nous. Le cardinal Julien Cesarini, prenant le premier la parole, contesta au pape le droit de dissoudre un concile général. Il le prouva par les décrets du concile de Cons- 1. Le 13 octobre, Sigismond essaya de faire accepter le principe des concessions réciproques devant une assemblée composée de cardinaux, de délégués et de diplomates; mais lui, d'habitude si disert, s'exprimait péniblement. Il finit par céder la parole aux deux nonces. Ceux-ci, l'archevêque de Spalato et l'évêque de Cervia, se sentant soutenus, redevenaient arrogants. Ils eurent l'impudence de déclarer qu'il ne s'agissait que d'une révocation générale de ce qui avait pu froisser ou contrister le pape et les cardinaux; plus tard on verrait à préciser les actes réformâmes que le concile serait juge d'annuler. Cesarini, auquel on n'en contait pas, et surtout de pareille force, réclama la communication des écrits contenant les offres d'Eugène IV; il fallut s'y résigner et donner lecture de la bulle Dudum sacrum du 1 er août et des pouvoirs du 1 3 dudit mois. Les nonces imaginèrent de présenter les propositions du pape d'une manière engageante: beaucoup des actes du concile ne tombaient-ils pas d'eux-mêmes parsuitede l'adhésion d'Eugène IV ? Parmi les autres il y en avait qu'il était gênant de maintenir, louable de modifier. En tous cas, une fois les présidents admis, les questions douteuses seraient tranchées d'un commun accord. Tout ce verbiage n'obtint pas le moindre succès. (H. L.) 2. De tous les cardinaux, de tous les délégués qui se réunirent pour délibérer dans la soirée du 14 octobre, pas un ne fut d'avis que les bulles du mois d'août constituassent, de la part du pape, une adhésion pure et simple, et répondissent, par conséquent, aux injonctions du dernier décret. (H. L.) 3. Le 15 octobre, Sigismond avoua au concile qu'il n'entendait rien aux ques- tions canoniques et s'était fait de grandes illusions sur la portée des bulles ponti- ficales. Eugène IV l'avait tenu dans l'ignorance de ses desseins et lui aAait fait lire une bulle Dudum sacrum très différente de celle que les nonces avaient exhibée, toute la fin contenant les clauses restrictives y manquait. Monum. coiicii. t. n, p. 473, 474. « Cette bulle tronquée, ou, si l'on veut, cette bulle presque entière- ment conforme au modèle envoyé par Cesarini, existait en effet. Eugène l'avait fait expédier en même temps que l'autre bulle, comptant la garder par devers lui et ne s'en servir que si les Pères, d'eux-mêmes, abrogeaient leurs décrets. Ibid. } t. ii, p. 471. Il n'est donc pas impossible qu'il l'ait montrée à Sigismond. Quoi qu'il en soit, celui-ci poursuivant son mouvement de retraite reconnut que le procès intenté à Eugène intéressait la foi et la réforme, rentrait par conséquent dans le cadre de la triple mission assignée au concile. Les Pères triomphaient. » N. Valois, op. cil., t. i, p. 282. (II. L.) 832 lu h i \ i.\ h tance; puis, ]H>ur établir la haute autorité eu: ire, etc. L îd< ntique dans la rvail à la pi Ibid.f p. 186 ~'|. I ii son étourdi rii rini, l'archet eque Zabarella si fi i que, lui fut-il dit, les pi at tenu analtre leurs arl i et qu'il ne sied pas à un rêque de répondi ne un 1. .V ' '.. i. i. p. 286. n. !.. 2. i. p. 286. II. !.. 3. Mai il. ampli&s. coll.. t. wx. col. 656 sq. '. . N. \ p. cit., L i, p. S • I .'.. Man \ \ . col. I ■ énorme : 11 faut non s votants, que < haque votant 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 835 à la paix; il dit qu'on devait laisser de côté toutes les questions de droit ecclésiastique concernant les relations du pape et du concile, et cesser de se quereller sur des mots; qu'il valait mieux accepter la bulle dans laquelle Eugène reconnaît le synode, et si des additions paraissent nécessaires, les demander encore au pape 1 . Enfin, l'empereur déclara en peu de mots que, de concert avec les députés des autres princes, il voulait rechercher quelque voie d'accommodement, qui ne porterait atteinte ni à l'autorité du concile ni à l'honneur du pape 2 . Afin de leur donner tout le temps, le délai fixé au pape fut pro- rogé de semaine en semaine 3 , jusqu'à ce que le 7 novembre, dans la xiv e session générale 4 , à laquelle assistait Sigismond revêtu représente. Il y a ici tel ambassadeur qui parle au nom de tout un royaume : son suffrage l'emporte sur celui de trente prélats. » Décidément Eugène IV avait d'étranges interprètes. Cesarini bondit en entendant cette assertion et réfuta Zabarella avec verdeur. La conclusion de ce débat aurait été, en somme, désas- treuse pour le Saint-Siège sans une intervention bienveillante des ambassadeurs vénitiens. Toutes ces discussions ne menaient à rien, selon eux, et la bulle Deus novit était apocrypbe. (H. L.) 1. Ampliss. coll., t. vin, p. 666; Deutsche Reichstagsakten, t. xi, p. 91, cf. p. 93; J. Haller, op. cit., t. n, p. 505; N. Valois, op. cit., t. i, p. 287. (H. L.) 2. Mansi, op. cit., t. xxx, col. 663 sq. 3. Monum. concil., t. n, p. 458, 466, 467, 498; J. Haller, op. cit., t. i, p. 255; Deutsche Reichstagsakten, t. xi, p. 169; iEneas Sylvius, De rébus Basilese gestis, p. 55. Ce fut d'abord huit jours, jusqu'au 19 octobre, puis huit autres jours, jusqu'au 27, enfin le 7 novembre un sursis de trois mois. (M. L.) 4. Avant de passer ainsi à la xiv e session générale il est nécessaire d'observer que les délais successivement consentis par les Pères de Bàle furent utilement employés à achever la conquête morale des puissances. Sigismond, par suite d'une confidence reçue d'Eugène IV pendant leur rencontre à Rome, insista pour que le pape fût rassuré sur les suites possibles de l'affaire Capranica. « Le concile pourrait lui garantir l'assoupissement du procès et, pour calmer tous les scrupules, suppléer conditionnellement à ce qui manquait peut-être à la validité de son titre. » Cette proposition ne fit qu'égayer les Pères : elle leur révélait à quel point ils tenaient le pape dans leur dépendance. « Dites-vous cela de vous-même, demanda Cesarini, ou le Saint-Père vous en a-t-il chargé? — Bien mieux, il m'en a prié. — C'est donc que la papauté lui plaît et qu'il ne trouve pas le fardeau trop lourd ! » Un autre, l'abbé de Vézelay, fit observer ironiquement qu' Eugène IV ne pourrait plus reprocher au concile de pourvoir à des bénéfices, puisqu'il lui demandait de le pourvoir lui- même de la papauté. D'ailleurs, le cardinal Cervantes dénonça le caractère simo- niaque de l'expédient; il objecta aussi l'accusation d'hérésie pesant actuellement sur Eugène, d'où résultait qu'il eût été téméraire de donner à ce pape la moindre garantie. Bref, bien que la motion présentée par l'empereur comme favorable à l'Eglise plutôt qu'à un pontife dont il était le premier à déplorer le choix, eût rallié 83G l I \ i;i \1 \ il de set habita impériaux 1 , on votât une longue pniro^.itiun «Je quatre-vingt-dix jours; on ajoutail qu'Eugène tomberai 1 00 ipso les BuJTrag teurs, d( barons allemands, des ambassadeurs de France . i d \ . etc., le concile l'écarté impitoyablement. Monum. conciL, t. n, p. 500, 50 '. Haller, »i>. cit., t. h, |». 5t0, 518; Dêuttehe RwrftatagaaJht t. xi, p. 169; N. Valois, "/•• cit., t. i. p, 287, 28 '■ pendanl le 17 octobre, le l •>) 1 i •■ Dtut i •• ' lui luedevanl 2000 pi rsonni - ; la stupéfaction pn céda l'indignation, cette doctrine avoie ou par \<- mi de l ran< . Mais cette i"!-. : * î t d'une démarche collective de toutes les puis •• Bâle el d était bien Btipulé qu'en « ta de résistance de la part d'Eugène elles l'abandonneraient à son sort, n'importuneraient plu- le concile '1'- leurs demandes, souscriraient au déer> i pro suspension. Pour pin- de BÛreté, l'on définitivemeul les précis de la formule qu'on entendait imposer a Eugène. Seuls, Bour- gnons .: Savoyards basardèren! encore un.' timide réserve : Leurs pouvoir disaient-ils, ne prévoyaient pas ce cas. Ce qui Leur attira de la pari de Sigismond trophe indignée encore plus stupide qu'insolente] : « Comment vous donc entrés ici, n'ayant p"im la robe nuptiale Quant à l'empereur, il n'avait p tint d - bésitations. S rsion était de celles dont le com île avait l<- plus lieu de s'enorgueillir. Le mosiarque avait totalement perdu !<■ souvenir tes épanchements de Rome et d<- ses pro m m> diation; il ne se rappelait même plus qui . qilinse jours auparavant, il avait déclaré vouloir mourir avec le pape . Eugène IV, à ses yeux, n'était qu'un entêté. N. Valois, op. cil., t. i, p. 290-291. M. L. 1. En dalmatique et chape, mitre ea tète, couronna -ur la mitre, et des don tiques tenant le sceptre, le globe, l'épée, toute la panoplie. Ce dut être un vrai 794. XIII e , XIV e ET XV e SESSIONS 837 sous le coup de toutes les peines dont on l'avait antérieurement menacé, si, dans le terme de ce nouveau délai, il n'avait pas accepté une des trois formules de révocation que le concile lui prescrivit dans cette même session. Le concile réclama quelques modifi- cations à la bulle Dudum sacrum (la bulle d'adhésion); aux mots volumus et contentarnur on substituerait le terme decemimus, on retrancherait le passage relatif au retrait des décrets conciliaires, enfin on donnerait à la bulle la forme prescrite dans cette session 1 . L'assemblée exigea en outre que le pape levât toutes les censures dont il avait frappé les Pères et leurs adhérents, et retirât tout ce qu'il avait fait à leur désavantage, notamment qu'il rendît leurs places aux cardinaux de Chypre, de Saint-Sixte et de Fermo 2 , qu'il rétablît tout sur l'ancien pied, adhérât cordialement au con- cile, enfin qu'il reconnût l'affection et les bonnes intentions de 357] l'assemblée. Elle pardonnerait et oublierait tout, si Eugène répon- dait à son appel; chaque Père baiserait ses pieds comme ceux de saint Pierre, et l'honorerait comme le vicaire du Christ; il serait la tête du concile, tous les regards seraient fixés sur lui, tous s'efforceraient à l'envi de lui plaire, de lui obéir et de le servir 3 . Aussitôt partaient pour Rome des ambassadeurs délégués par l'empereur, le roi de France et le duc de Bourgogne, afin de décider le pape à accueillir ces propositions 4 . délassement de regarder cette représentation gratuite; il est pénible de penser que l'assemblée la plus auguste de l'Eglise du Cbrist servait de prétexte et d'occasion à ces exhibitions de mauvais goût. Pour que rien ne manquât, Sigismond avait fait conseiller aux nonces de s'abstenir d'assister à la session. (H. L.) 1. Le pape n'obtenait le sursis de trois mois qu'à condition d'annuler les deux bulles Inscrutabilis et In arcano et l'encyclique Deus novit. (H. L.) 2. Cardinaux Casanova, Lusignan et Capranica. (IL L.) 3. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. xxix, col. 72-74; Hardouin, Concil. coll., t. vin, col. 1 167 sq. 4. Raynaldi, Annal., ad ann. 1434, n. 1. « Cette fois, le concile, avec la conni- vence des princes, ne laissait à Eugène IV que cette alternative : la soumission complète ou la suspension. Les ambassadeurs ne tardèrent pas à se mettre en route pour l'Italie; ils se donnaient tous rendez-vous à Pérouse vers le commen- cement du mois de décembre. Et parmi eux, les plus pressés d'amener Eugène à composition, ceux du moins qui prirent les devants, sans attendre leurs collègues, et qui, bravant les dangers, surmontant les obstacles, parvinrent à Rome les premiers, dès le 5 décembre, ce furent précisément ces envoyés vénitiens dont Sigismond jugeait naguère si important de s'assurer le concours. Venise ne croyait pas trahir son compatriote. Elle l'avait connu dans sa jeunesse, disait-elle, honnête et vertueux et supposait qu'en s'élevant jusqu'au rang de pontife, il avait égale- ment grandi en sainteté. (Bibl. Laurent., Plut. XVI, 13, fol. 82 r°.) Résolue, dans son L I V R 1 X L Vil longue prorogation 58] ment leur règle, et spécialement ne possèdent aucune propriété et n'exigent pas d'argent pour l'admission des novices. Surtout l'évêque devra rechercher si son diocèse n'est pas infecté par quel- que hérésie ou doctrine suspecte, ou par la divination, la magie, la superstition, etc. Qu'on choisisse pour témoins synodaux des hommes honnêtes, distingués et zélés pour la religion, qui prê- teront entre les mains de l'évêque ou de son vicaire le serment de parcourir pendant l'année le diocèse, et d'indiquer aux supé- rieurs les améliorations à y faire. Dans chaque province ecclésias- tique on célébrera un synode provincial dans les deux ans à comp- ter de la fin du concile général, et ensuite tous les trois ans. Tout évêque suflragant, qui ne s'y rendra pas sauf excuse valable, sera puni par la soustraction de la moitié de son revenu annuel, qui sera appliquée aux besoins de l'Eglise. L'archevêque présidera en per- sonne, et s'il est canoniquement empêché, il se désignera un rem- plaçant. A l'ouverture du synode, il fera aussi par lui-même, ou par un autre en son nom, un sermon sur les devoirs de la charge épiscopale; il exhortera notamment ses collègues à n'imposer les mains à aucun indigne et à ne pas dissiper les biens ecclésias- tiques. On examinera ensuite dans le synode comment les évêques se sont comportés pour l'investiture des bénéfices, la collation des ordres, le choix des confesseurs, le ministère de la prédication, les punitions infligées à leurs diocésains, en un mot pour tout ce qui concerne leur administration in spiritualibus et iemporalibus, et spécialement s'ils n'ont pas commis le crime de simonie. Qui- conque aura failli sera puni par le synode. On fera aussi le même examen sur l'administration de l'archevêque. S'il a failli, le synode devra lui adresser des avertissements et envover les actes, en vue i IVRB XI. vu d'une pénalité à lui infliger, au pontife romain ou à son supérieur immédial (le primat), s'il yen a un. Le synode provincial ai rangera égalemenl à l'amiable les • ■ > n il 1 1 ^ survenus entre les évéques <»u entre les princes dans le ressorl de la province ecclésiastique. Dans le concile provincial qui précédera immédiatement un synode œcuménique, on examinera t • » 1 1 1 ce qui * 1 * * î t être traité dans ce dernier, t'n y ('•lin ceux qui seron1 envoyés au concile pour représenter la province, et on les dédommagera de leurs frais. Les métropolitains et les évéques négligents ù tenir les synodes provinciaux et diocésains, sans avoir un empêchement légitime, Beronl privés de la moitié de leur revenu annuel. S'iL persistenl dans leur négligence pendant trois omis encore, il-* seronl suspens ipso facto, el à la place du métropolitain le plus ancien des sulTra^ants, à la place de l'évêque le prélat immédiatement inférieur dans le diocèse, auront à eonvoquer le synode. Enfin les supérieurs d'ordres monastiques doivent aussi, aux époques fixées, tenir leurs chapitres généraux l . Sur la recommandation et avec l'autorisation du synode, l